Ciné engagé : faut pas mollir !
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Alors il y a l’invité qui attend Olivier Azam, le Jeff Bezos du cinéma alternatif, d’abord je dis bonjour. Pas de panique, bonjour les politiques, les politiciens et politiciennes, ça fait plaisir de vous savoir ici, vous êtes les bienvenus. Ce matin, on fait de l'éducation populaire. C’est décidé, ce matin, on fait du cinéma engagé. Un des premiers films de cinéma ouvrier jusqu’au premier film anticolonialiste et on va faire ça avec Olivier Azam, des Mutins de Pangée.
Alors je ne suis pas dans le septième arrondissement de Paris.
Monsieur, vous n’êtes pas sur CNews ici. Comment vas-tu ?
Écoute, ça va, c’est le matin.
Dans votre tête cela va, c’est juste qu’on m’envoie des messages à six ou 7 h du matin. C’est incroyable.
On ne dort pas ici. Comment vas-tu ?
Ça va être comme tout le monde en fait.
C’est quoi les bonnes nouvelles ?
Ah mais il ne faut pas regarder à court terme. Vous voulez qu’on retourne dans les années 30 ?
Alors je te présente pour ceux qui ne connaîtraient pas tu es une des chevilles ouvrières, Mais en fait, vous n'êtes que ça dans les mutins de Pangée. Est ce que tu peux nous expliquer en deux mots ce que sont les mutins ? Et ensuite on va attaquer notre ciné débat du matin ?
Les mutins de Pangée, tu connais par cœur. Mais c’est la coopérative ouvrière, donc c’est un monde et c’est une coopérative de production cinématographique et d'édition. C’est à dire que les mutins ça existe depuis 2005 on a commencé par faire produire nos propres films, quelques films qui sont sortis au cinéma et puis on s’est mis à faire de l'édition de supports vachement en vogue qui s’appelle le DVD et on doit être à 80 éditions à peu près depuis 2005. Et puis maintenant on fait beaucoup de DVD aussi, de la diffusion et la vod. Donc sur Ciné Mutins, c’est-à-dire que voilà, on dit on diffuse beaucoup plus de films, dont beaucoup de films engagés, mais pas uniquement, et ça se fait depuis. Enfin voilà, on a commencé en 2014 en fait. Mais sinon ça existe depuis 2020. Voilà, le but du groupe montre qu’on avait plus que ça à foutre. On s’est dit tiens, qu’est ce qu’on pourrait faire ? Parce qu’on ne peut plus rien faire. Puis on a fait ça, on a bien fait.
Pourquoi tu dis que vous avez bien fait ?
Parce que si tu veux, je ne sais pas si t’as remarqué, mais y a eu deux ans que le Covid a bouleversé notre site.
Donc, tu es très en verve ce matin
Tu me poses des questions. C’est bien parce que je te parle tu nous connaît par cœur.
Monsieur, Monsieur the show must go ! Non mais parce que tout d’un coup, il y a plein de raideurs qui sont arrivés et qui ne sont peut être pas forcément toi les mutins. Donc l’idée c’est quand même d’expliquer. En gros, vous êtes une plateforme de vidéo, vous êtes distributeur de films, on vous doit quand même, on n’a pas parlé, mais enfin on vous doit tout un travail sur le film Hacking Justice que vous avez sorti au cinéma, le film sur Julian Assange que vous avez sorti au cinéma.
C'était le retour après les deux ans de Clovis, le retour dans les salles pour nous. Mais enfin un petit déjà là parce que c'était une petite sortie, mais un truc improbable avec une justice dont, euh, tu as, tu as participé à la première, à peine des en a fait encore récemment. Donc c’est un film qui est fait par un Thomas Rubio Lopez et Un corbeau, qui sont des Espagnols qui vivent en Allemagne et qui ont tourné pendant dix ans autour de Julian Assange. Et donc effectivement, il a fait un gros boulot d'édition avec un gros bouquin. Alors je ne dis pas, là, ils le font venir à Londres et en fait on a, on a essayé en fait d’informer sur de la situation de Assange qui était quand même à mon avis un sous évalué en terme de connaissance parce que on entendait tellement de conneries sur lui que l’on s’est dit ce n’est pas possible, il faut qu’on travaille un petit peu. Et ça a été ça l'édition. Et donc l'édition a débouché sur une sortie au cinéma En débat surtout. Et en fait, le film tourne encore. On est sorti en novembre. Des centaines de projections à peu près. Tu vois, ce n’est pas moi qui ait fait 100 ans sans un rond de dates devant la sortie. On a même pas pu engager de programmatrice parce qu’elle était en congé maternité, donc ça s’est fait tout seul en fait, sans l’attachée de presse parce qu’ils m’ont carrément dit ce n’est pas la peine les copains, les attachés de presse Mouse, ce n’est pas la peine moumoute. Ce n’est pas parce que de toute façon on ne va pas avoir un article, je ne suis pas d’accord, donc on ne va pas le faire. Et finalement, effectivement, il y a eu quand même tous les médias indépendants, donc l’un des plus gros partenaires je te signale. Et c’est quand même oppressant et con. Mais il y a eu aussi Blast que tu connais bien là bas si j’y suis, l’Humanité, le Monde Diplo, voilà le truc, c’est fait comme ça. Et en fait c’est assez typique de ce genre. Assez ça rejoint ce dont on va parler.
Absolument, parce que justement on va parler à un moment donné de l’humanité. Alors l'émission de ce matin, Au poste de ce matin, c’est un cycle peut être peu, on va inaugurer sur le cinéma engagé La tasse de café, tu peux la laisser plus longtemps parce que Euryale, quand elle fait des vignettes, elle en a besoin. Voilà aujourd’hui que je suis dans ses clous.
En quoi la voiture est en rade ce matin ? Il y a des problèmes de calage, il faut faire ça.
Voilà, tout s’explique. Donc dans le chat, il y a apparaissait il y a quelques jours une discussion sur laquelle j’ai rebondi de je sais plus qui exactement qui souhaitait. Voilà qui suggérait qu’on fasse une espèce de cycle de ciné club du matin. Bon ben voilà, c’est comme ça sur le sur le film engagé. Et donc tu es parti dans le catalogue des mutins et t’es revenu avec des trésors, j’ai vu des extraits là, tu as préparé, y a vraiment des trésors. C’est ça un peu l’idée.
Ouais, bah c’est tout ça. Et puis en plus, sauf de monde positif, il faut qu’on refasse des choses, on pense ensemble sous moi. Je vous écoute tous les presque tous les matins et. Et donc on se disait bon ben voilà, qu’est ce qu’on fait ? Et à la campagne, on n’avait pas trop envie, voilà. Et puis donc du coup, c’est là qu’on est utile ces gars, à ressortir les vieilleries, mais pas uniquement parce qu’il y a aussi les vieilleries. Elles servent quand même à éclairer le présent, même si je vais le répéter souvent Nuit aux fleurs. Il faut faire attention aux comparaisons, mais parce que l’anachronisme est de rigueur quand on fait des comparaisons. Ah mais ceci dit, là c’est pas mal parce que on voulait partir avec le début du cinéma engagé. Pour moi le cinéma est engagé depuis qu’il existe, mais une forme de cinéma engagé avec la première coopérative qui s’appelait Ciné Liberté mais qui était pour le coup très proche d’un parti qui était le Parti communiste à l'époque et. Et donc c'était marrant pour moi d’essayer de repartir au début pour raconter un petit peu ce que ça veut dire ce cinéma engagé et qu’est ce qu’il a, à quoi il est lié quoi ?
Alors tu voudrais qu’on démarre ? Tu proposes qu’on démarre avec un extrait du film La vie à nous, qui a été réalisé en 1936. Donc inutile de dire ce qui s’est passé en 1936, on va vite le comprendre et on le sait tous. Et c’est Jean Renoir qui signe ça ? Est ce que tu peux nous expliquer de quoi il en retourne ? En fait, ça, c’est un film à la gloire du Parti communiste français.
C’est pour ça que je dis qu’il ne faut pas comparer les époques, il faut les comparer. Et en même temps, quand on parle du Parti communiste français en 1936, on n’est pas dans la même histoire. Tout à fait. D’après des jeunes, c’est un jeune parti, c’est toi, c’est du 1902, la création du Parti communiste après la révolution russe. Donc il y a quand même une dynamique énorme. C’est un parti qui est en train de monter et en même temps, là, on est juste après l’alliance énorme qu’il va y avoir entre le Rassemblement populaire, ce qu’il appelle le Rassemblement populaire avec le PCF, la CGT unifiée. Parce qu’il faut se rappeler aussi que la CGT a été coupée en deux. À l'époque, il y avait une CGT, euh, qui était plus proche des communistes, qui était un peu plus molle, s’appelait CGT et ils ont unifié tout ça. Donc il y a un contexte qui fait quand même, qui a une dynamique énorme et qui n’a rien à voir avec, enfin qui est quand même a avoir avec évidemment le fait que derrière il y a la menace fasciste et que tout le monde se dit bon quand même en Italie. L’Allemagne. Il faut qu’il y ait une victoire. Donc il y a une vraie dynamique à la fois antifasciste et à la fois un espoir, parce qu’il faut quand même voir que. Ce qui compte, la langue, toujours à ces histoires, c’est l’espoir. C’est pas, c’est qu’il y a des gens qui disent que rien n’est possible. Et en face, à Marceau Pivert et certains des gens qui disent tout est tout devient possible. Et c’est cette idée qui va, qui va être celle de l'époque. Et je trouve qu’elle est très importante aujourd’hui à se rappeler. C’est l’idée quand même que quand on commence à envisager, tout devient possible. Eh ben en fait, c’est une réalité, c’est que tout devient possible et. Et là, en l’occurrence, ce film, en fait, c’est une commande, c’est une commande du Parti communiste. Donc évidemment, il y a toute la. Maintenant, on va regarder ça avec un certain recul.
Joie, bien sûr, mais quand même, propagande, ce n’est quand même pas du cinéma. Disons que Renoir a fait plus libre.
Et en même temps, ce n’est pas que ce n’est pas libre, c’est que en fait, c’est la dynamique de l'époque. Je veux dire, il faut voir, ils ne disent pas en fait la promo du parti communiste, ils disent on fait la promo d’une idée et qui c’est qui est en train de porter ses idées ? C’est ces gens-là. Donc effectivement il y a tout le côté c’est commandé, etc. Mais il y a une dynamique. Et en plus, il faut dire quand même qu’il y a une toute petite histoire avant qui est quand même importante. C’est le début de la vie propre des groupes. Octobre au théâtre par exemple, c’est Prévert, c’est ça tout le monde sous sol, ça vous dit quelque chose tout ça ?
On ne connaît rien.
Mais c’est le début de tout ça et Prévert, il fallait y aller. Ils font des trucs par rapport aux usines. Il y a toute une démarche de relations, de liaisons entre Prévert.
On verra Tout à l’heure. J’ai déniché un truc incroyable que je ne connaissais pas de Jacques Prévert par rapport à la grève chez Citroën. Mais là, ce que je te propose, c’est qu’on regarde l’extrait donc de Jean Renoir. On est en 1936, Ciné archives, La vie est à nous. En fait, ce que tu n’as pas dit, c’est que c’est un film collectif.
Je remets le son, Merci Olivier pour cet incroyable extrait. Que voulais-tu dire ?
Non, j’avais oublié de le commencer. Il fallait commencer par là. C’est Ciné Archives qui j’ai mis au générique. Mais oui, c’est tout ça, C’est grâce à ça. Une archive, c’est une archive, une association qui est au sein du Parti communiste mais qui est indépendante, qui s’occupe au sein du Parti communiste indépendant, ça n’existe pas. L’humeur du parti. Mais c’est une association à part entière. C’est ce que je voulais dire. Ce n’est pas le parti communiste quoi. Mais ceci dit, ils font un travail extraordinaire de d’archives de conservation des archives dans le fonds énorme et notamment et c’est eux qui ont sorti ça, la vie amoureux ressorti, restauré dans un coffret magnifique qu’ils ont édité il y a quelque temps avec un livret et tout.
Et alors j’en profite pour dire que le coffret est épuisé, donc je vous montre. Il dit comme toi.
Mais vous l’aurez pas. Parce qu’en fait il y en a plus Pourquoi il m’a plu ? Parce que en fait, le DVD d’accueil là, plus il y en a plus parce que c’est beaucoup trop cher à rééditer
Ça coûte trop cher à rééditer. Et je lisais encore un papier il y a pas longtemps et ça ne cesse de chuter les ventes.
Au moins 80 pour 100 en dix ans, donc on en arrive presque au bout. Non ? On combat pour continuer le DVD, mais parce que c’est essentiel. Vous imaginez le boulot qu’il y a là dedans ? Voilà, je vous le dis tranquillement parce que ce n’est pas nous qui l’avons fait. Donc c’est un boulot énorme. Il y a des historiens, il y a un travail de doc phénoménal, ça coûte très cher à faire, évidemment. En plus, en dehors du bénévolat, tout ça, mais ça coûte très cher parce qu’on pousse en ce moment, c’est dingue, les produits augmentent les devis quand on fait un DVD, ça, ça tient pas une semaine à cause des pénuries de cartons, de papiers, de produits de base, ce qui fait que ça peut bouger de 50 % un devis en une semaine. Alors tout ça pour dire que les aujourd’hui, quand il y en a moins, je vous conseille de garder vos lecteurs DVD et parce que voyez comme y aura plus internet en vrai. Parce que si vous voulez quand même, ça reste quand même le support sur lequel on peut faire un travail vraiment éditorial quoi. Donc si l’archive et si l’archive ils font pleine conservation, ils ont senti dans mon travail avec eux, on a fait plusieurs trucs avec eux, vous trouverez plusieurs films sur eux comme C’est incroyable comment ils ont fait des trucs fabuleux. Et ça, c’est le boulot d’archive qui est très important pour la conservation de la mémoire. Voilà, c'était ce que je voulais dire.
Alors il y avait des réactions dans le tchat qui disaient c’est fou parce qu’on dirait qu’on est en 2022, mais en noir et blanc. Là, je parlais tout à l’heure d’anachronisme quand même. Je vais y aller défiler à 6000 ans, c’est y en avoir un nouveau, mais on commence à les avoir en anglais à. Il y avait une question de jamais. Et est ce que tu sais s’il y avait l'équivalent de ces cinémas engagés du côté de l’extrême droite ?
Non, non, il n’y a rien, Ils sont nuls comme toujours, ils ne foutent rien.
Ben non, justement, aujourd’hui ils ne sont pas nuls.
Non, mais pas au cinéma.
Pas au cinéma. Oui, c’est ça.
Moi, c’est du boulot, ce n’est pas juste des posts comme ça sur Twitter. Il faut bosser, il faut de l’argent par exemple. Il faut même à l'époque du film ne coûte pas très cher pour les pubs, mais quand même, c’est une souscription. C’est une des premières grandes souscriptions. Maintenant, on appelle ça le crowdfunding, mais à l'époque ça existe déjà, c’est la souscription qui est organisée par le PC, la CGT, etc. Alors le PC va filer le pognon qui manque à la fin. Mais enfin, les gens se mobilisent pour soutenir ce film, pour qu’il existe et d’ailleurs il va sortir. C’est vraiment bien parce que le film va sortir dix jours avant le premier tour des législatives en 36, le 7 avril 36, donc dix jours avant celui qui amènera au pouvoir le Front populaire. Le film est en pleine campagne. T’imagine les dix derniers jours ? C’est un film qui est diffusé par les réseaux, alors il y a un gros travail militant pour diffuser ça. C’est de tout ça dont nous sommes tous les héritiers à toi, même quand tu sors ton film. Alors évidemment, maintenant c’est devenu très professionnel tout ça, etc. Mais, mais il y a quand même, c’est l’héritage de ça, à la fois coopératif dans le sens de l’alliance, une coopérative qui part contribuer. Le ciné liberté, c’est la coopérative vraiment liée au parti communiste. Mais la démarche, si tu veux, l’invention de la souscription, la démarche militante pour diffuser le film, etc. Tout est là et là, ça, de ce point de vue là, on hérite de ça.
Ah, c’est à dire qu’au poste, c’est du Front populaire streamé.
Voilà, si tu veux.
Ah oui, libre.
C’est ça. Et alors tout ça avec ce truc de beaux hommes, d’organisations énormes quoi. Et alors ? L’extrême droite, ce n’est pas ça ? Non.
Ça n’appelle pas de commentaire, mais un no bash en disant hé bah alors bon. Au niveau du cinéma d’extrême droite, on demande le niveau écologie. Et c’est quoi ce qui est le plus polluant DVD ?
Ou alors c’est le plus polluant ? C’est ce qu’on est en train de faire sur là. À l'écouter que tout est polluant, que ce soit les. Alors je n’ai pas fait de comparaison, mais on se fait toujours engueuler. Il y a un moment, le slogan de Luminance le plus engueuler maintenant parce que les gens sont peu compris quand même. Ce n’est pas de notre faute si la planète c’est notre environnement y participe si tu veux. Mais il faut arrêter de se flageller, on utilise les outils, il faut lutter pour que ça change. Mais le web, le DVD c’est polluant parce qu’effectivement il y a des matériaux plastiques et machins tout ça. Mais bon, je vous conseille de ne pas jeter vos DVD dans la mer. Et après ouais, le streaming évidemment, c’est très polluant et vous le savez bien. Donc tout ça, moi je n’ai pas fait d'études précises pour savoir quel est le plus polluant, mais tout ça est polluant. Le mieux pour ne pas polluer, c’est de ne pas utiliser, de réutiliser. Mais si tu veux, faut arrêter. Responsabiliser les gens comme ça.
Wonder Sandy sur le plus polluant, c’est en cycle de vie, c’est la vie. Bon alors on continue parce que sinon on va faire, on va faire toute la journée. Et on s'était dit qu' il fallait, il fallait qu’on fasse comment ?
1 h et demie du matin à 1 h et demie ? Quoi qu’il en soit, voilà, c’est ça.
Alors je passe au lien suivant que tu m’as donné Citroën ou Vive les grèves 1933 et non pas 36 comme je présente.
Juste Parce que bien sûr, cet extrait qui est un texte de Prévert dit par Prévert, c’est qu’il inspire le film dont on vient de voir l’extrait La vie de ton père que l’histoire a compté dedans. Alors évidemment, avec le talent de Prévert, la poésie de Prévert, c’est quand même de notre niveau. Je trouve que quand même, le film La vie à nous, mais là c’est très condensé, vous allez voir, c’est le poème que beaucoup d’entre vous connaissent et Citroën qui a été après Vive la grève ! Et ça c’est quand même magnifique. Alors tu sais, il arrive à très peu de mots quand même.
C’est extraordinaire. Donc tu veux que je le montre ? Oui, on voit, on y va en minutes 40, vous allez voir, c’est absolument dingue et c’est dingue je trouve de modernité dans l'écriture quoi. Vous allez voir le travail sur la langue. Enfin bon, c’est Prévert.À la porte, les maisons.Un œil.Sur la langue.C’est une petite lueur qui luit à la porte de.La maison par exemple. C’est une. Petite lueur qui ne dit.Rien. Une grande lueur s'étale, une grande lueur grande sur la tour. Une lumière sous titrée. C’est la lanterne, le bordel capitaliste avec le nom du taulier qui brille dans la nuit. Citroën, c’est le nom d’un petit homme. Un petit homme avec des chiffres dans la tête. Un petit homme avec un drôle de regard derrière son lorgnon. Un petit homme qui ne connaît qu’une seule chanson, toujours la même. Bénéfice net. Une chanson avec des chiffres qui tournent en rond. 300 voitures. 600 voitures par jour. Trottinettes. Caravanes. Expéditions. Auto. Camions. Bénéfice. Million. Million. Million. Million. Citroën. Citroën. Même en rêve, on entend son nom. 500, 600, 500 voitures. 800 camions. 830 par jour, 240 bières par jour. 200 corbillards. Ça roule. Il sourit. Il continue sa chanson. Il n’entend pas la voix des hommes qui fabriquent. Il n’entend pas la voix des ouvriers. Il s’en fout des ouvriers. Un ouvrier, c’est quand même le plus grand. Il y en a un qui crève. On n’entend même pas crever chez toi. Il n'écoute pas, c’est toi qui ne l’entends pas. Les durs de la feuille pour ce qui est des ouvriers. Pourtant, au casino, il entend bien la voix du croupier. 1 million, monsieur, C’est drôle. 1 million, c’est égal, c’est nul, c’est gagné. Mais s’il perd, c’est pas lui qui perd, c’est ses ouvriers, C’est toujours ceux qui fabriquent et en fin de compte, sont fabriqués. Et le voilà qui se promène à Deauville. Le voilà quand il sort du casino, le voilà qui. Il fait le beau sur la promenade des Anglais, avec un petit veston clair. Beau temps. Aujourd’hui, le voilà qui se promène et parler à Paris aussi. Il prend l’air, il prend l’air des ouvriers et leur prend l’air. Le temps, la vie. Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l’atelier, ses poumons abîmé par le sable et les acides, et il lui refuse une bouteille de lait. Qu’est ce que ça peut lui foutre une bouteille de lait ? Il n’est pas laitier. Et les Citroën, il a son nom sur la tôle. Il a des colonels sous ses ordres, des colonels gratte-papiers. Le garde-chiourme espionne. La journaliste mange dans sa main. Le préfet de police rampe sur son paillasson. Citron. Citron. Bénéfice net. Millions. Million aussi. Le chiffre d’affaires vient à baisser pour que, malgré tous les bénéfices ne diminue pas, il suffit d’augmenter la cadence et de baisser les salaires. Baisser les salaires. Mais ceux qu’on a trop longtemps tondus en caniche, cela garde encore une mâchoire de loup pour mordre. Pour se défendre. Pour attaquer. Faire la grève. La grève. La grève rime. La grève.
Vive la grève ! Vive la grève ! Maître ! On vous écoute, on vous écoute viendra.
M’appeler Maître. Alors j’ai une maîtrise en syllabaire, effectivement, mais ça ne fait pas de moi un maître. Par contre, Prévert, c’est un maître absolu. Mais si tu veux, Prévert c’est quand même. Il faut voir l’influence que claqua la culture à l'époque, la poésie dans le monde militant. Enfin je veux dire, c’est de ça dont il faut s’inspirer, à quel point ça veut dire tout ça. C’est un monde qui s’inspire d’ailleurs les uns des autres. C’est très créatif à la fois, c’est créatif sur le plan artistique, mais à la fois sur le plan politique. Il a eu vent de plein de choses. Donc il y a de la créativité. Ce n’est pas juste l’affaire des artistes. D’un côté, des gens font de la politique, de l’autre, c’est un ensemble qui à l'époque fonctionne plutôt pas mal parce qu’il y a une dynamique, parce que simplement les gens disent que c’est possible. Et donc effectivement, au lieu de se dire bah c’est foutu. Ah ben non, on y arrivera jamais. Ben non, Voilà. Donc tout ça, je veux dire, c’est pour ça que je trouvais important d’en parler ce matin, parce que en face, il y a une propagande énorme et qui à l'époque aussi existe, qu'évidemment c’est pas les mêmes moyens, c’est pas la télé, c’est pas là, c’est pas, c’est pas à ce point là, mais de deux, de désespérer les gens, de désespérer en soi, c’est quand même la machine permanente de dire non, non, ça ne marchera pas, c’est pas possible, mais vous rêvez Et vous croyez que vous allez arriver à obtenir ce que vous demandez ? Mais vous plaisantez, ce n’est absolument pas possible. Et en face, la propagande qui est de la propagande aussi, mais qui est de se dire maintenant si, c’est possible, on va arriver. Et donc ils le démontrent par regarder dans des situations, dans des films, pour expliquer. Alors ça nous paraît peut être un peu aujourd’hui, il y a un côté voilà ce qu’on disait. Alors ça fait, tu vois le film, il y a des choses un peu grossières dedans, mais c’est le langage de dire de contre propagande. Et ça, c’est important de nous rappeler que c’est ce qui a fait que ça a été possible puisque finalement le Front populaire va gagner. Finalement, la grève va prendre comme jamais, de façon vraiment énorme dans toute la France, au point où effectivement, en très peu de temps, le patronat va céder deux fois, il va céder à l'élection puisque les accords de Matignon, c’est quand même pas mal de choses qui vont tomber d’un coup, là, en une nuit. Et puis avec la grève surtout. Et là, là, les 40 heures et là les congés payés et tout ce qu’on sait du Front populaire pour les contrats collectifs, c’est-à-dire les conventions collectives. En fait, tout ça va être acquis en très, très peu de temps. Et c’est ça qu’il ne faut pas oublier dans l’histoire, c’est que tout ce qui était impossible en quelques heures devient possible. Et donc là, ce cinéma s’inscrit là dedans.
À quel, à quel à quel endroit ? Les gens voyaient ce film là. C'était il y avait des projections dans les usines, c'était dans les cinémas, C'était ou dans les cirques, c'était quoi ?
Enfin, je ne sais pas si en dehors, je ne sais pas vraiment. Je. Mais les cinémas, il y en avait partout, des cinémas. Quand vous regardez les photos de ces démembrés. Il m’a paru par exemple là, je suis allé l’autre jour où je recevais des photos d’archives des années 20, 30, dessinant et à chaque coin de rue n’avaient comme plus que des boulangeries quoi, il y en avait partout. Donc effectivement, les gens voyaient ça au cinéma. Le film n’a pas demandé de petits indices. Quasiment un supermarché sur deux de Paris. C’est un ancien cinéma en fait.
C’est vrai. Et si vous regardez comment c’est, comment c’est fait, en réalité, c’est évidemment une grande. En fait, une grande salle était des mono écrans et il y en avait énormément. Je crois qu’il y a un bouquin là-dessus qui montrait un article. J’avais lu ça. Il y a des photos assez saisissantes comme ça.
À côté de chez moi, la place de Clichy, le Grand Castorama, si vous connaissez, c’est un des plus gros.
Oui Non mais là, monsieur, c'était le Pathé Gaumont.
Moins magnifique.
Extraordinaire ! Moi c’est pour ça que je vais plus à Clichy.
Camarades, il faut qu’on avance, nous étions en 1933, Jacques Prévert. Donc je réponds au gens lisez du Jacques Prévert et on va revenir à Jean Renoir 1936 avec un deuxième extrait de La Visite à nous. Parce qu’en fait, ce que tu voulais faire de manière très subtile, c'était nous montrer que Prévert avait influencé Renoir, Régine et donc on prononce la. C’est bien. C’est ça que tu veux faire ?
Tout à fait. Mais c’est plus qu’un principe qu’ils travaillent ensemble la même année, ils sortent en janvier. Le crime de Mr Lange, qui a un coût beaucoup plus fiction. On ne peut pas vous montrer parce qu’on n’a pas les droits, c’est impossible etc. Mais c’est un film de Mr Lance. C’est sorti en janvier 36 et là c’est écrit par Prévert donc et là on est plus dans du cinéma quand même un peu moins de monde, voilà, c’est quand même plus le cinéma à l'époque, donc à je rappelle qui est un des plus grands cinémas dans l’histoire du cinéma, le cinéma français des années 30, je dirais, d’avant guerre, mais de ces années là, soit Duvivier par exemple. Marcel Carné, évidemment. Renoir pour certains de ses films, pour beaucoup de ses films. Mais il y a tout un tas de cinéma qui. Ce qu’on appelle le néoréalisme politique français, qui est un des plus beaux, des plus beaux cinémas de l’histoire du cinéma, il ne faut pas l’oublier. En dehors d’ailleurs, c’est des films que vous pouvez revoir. Pas chez nous parce qu’on peut parler droit, mais. Mais en vrai, c’est le cinéma qui tient la route.
J’ai vu à propos que Gaumont, je crois, vient de lancer une plateforme de cinéma de film français noir et blanc.
J’ai vu ça, mais alors pour l’instant, il n’y a pas beaucoup de choses, et notamment il n’y a pas ces films là. Je comprends, moi, pourquoi ils y vont. Il n’y a pas tous les droits des films, je ne sais pas ce qu’ils foutent, mais il y a aussi la cinémathèque. Vous pouvez voir des trucs, Moi je vous renvoie sur scène des mutants, mais bien sûr.
On vous renvoie sur les Mutins.
Alors vous allez voir des fois des trucs sur ciné, La cinémathèque par exemple, ils font, ils ont un cinéma classique, ils ont pas mal de trucs, là.
Alors, c’est ce deuxième extrait, tu veux l’introduire ?
Heureusement, je voulais vous laisser réagir. Non, non, monsieur David. Donc ce qui est marrant, c’est que le film, c’est juste avant. Je suis sûr qu'à l'époque je n’ai pas vérifié, mais il devait y avoir des demandes. Je suis pas réaliste tout ça, ce n’est pas possible. Tout le mec dit ça tout de suite, le patron. En fait, c’est ce qui s’est passé juste après la sortie du film, puisque ce que je disais tout à l’heure, ni les accords de Matignon. Et puis après la grève, il sait tout en très peu de temps. C’est marrant ça quand même, c’est que le film, assez visionnaire malgré son côté un peu on dirait un peu, un peu trop. Maintenant, je ne sais pas trop en fait.
Et oui, il a un petit côté racé, très théâtral, ça reste, ça reste très influencé par le passé, des scènes de théâtre quoi.
Donc c’est pour ça que je dis ce n’est pas le meilleur du cinéma d'époque, ce n’est pas du tout pas aussi théâtral que ça, parce que c’est tourné vite fait. Il n’y a pas que des comédiens professionnels, d’ailleurs on les voit les pros.
Mais, mais alors moi je me fais l’avocat du diable. Tu disais tout à l’heure qu’il faut de la poésie dans le combat, c’est ça ? Qui ? Qui c’est ça qui mène le combat à sa victoire ? Mais est ce qu’on ne peut pas aussi dire que, par exemple, Renoir, puisque c’est de lui dont il s’agit, nous a plus parlé de l'âme humaine dans d’autres films, qui était moins politique finalement au sens au service d’un parti ou d’une idée, mais plus d’une vision du monde qui était celle de l’artiste.
Oui, mais à chaque film si tu veux, évidemment. Je suis tout à fait d’accord avec ça. C’est le meilleur film, ce n’est pas ça, c’est là. C’est évidemment à la grande illusion, la bête humaine, des choses comme ça. Ah mais ceci dit, voilà, là c’est un travail de commande fait avec les moyens du bord et ça remplit la commande. Si tu veux, il faut voir ce que c’est. Entre je présentais un tract ou une émission de télé, comme pour un truc si tu veux, c’est quand même de meilleur niveau que certaines choses qu’on voit encore aujourd’hui qui sont faites avec moi à mon avis, avec mon talent quand même. Donc il faut comparer ce qui est comparable. Et je suis tout à fait d’accord avec toi.
Je fais un saut dans le temps qui n'était pas prévu, mais aujourd’hui en fait, tous les partis ont leur équipe de télé, de tournage et d’ailleurs diffusé là je parle de partis, oui, enfin de partis politiques et diffuse après une campagne par exemple, assez vite leur film officiel, etc. Tu vois là, pardon, je ne l’ai pas vu, mais je crois que Mélenchon dans son film, il y a quelqu’un qui a filmé, etc. Je ne présage de rien, je ne sais pas qui, etc. Mais d’une manière générale, tout ça est assez pauvre quand même. Si ce n’est pas des films, où est-ce que toi tu as vu ? Je parle de films de commande, je ne te parle pas des documentaristes Pérez ou autres qui viennent filmer. Oui, Dolan par exemple. Et est ce que tu as dans un passé récent des bons exemples de films de commande ? De la même manière que Renoir l’a fait un film de commande par le PC, par PC et on peut le regarder 100 ans plus tard.
Non, non, c’est juste que plus ils font, plus ça. Ils achètent même plus de DVD au Parti communiste. Ce que je veux dire, c’est nous. On a essayé depuis des années à avoir des. D’ailleurs, on a essayé dans les entreprises tout ça, d’essayer de promouvoir le travail qu’on faisait de mémoire. Impossible de le monter de partout, c’est plus du tout la culture maintenant, c’est pas du tout le cas. Non, il n’y a pas de il y a plus, ça existe plus ça vraiment, c’est plus autonome, plus tard. Tant mieux, je n’en sais rien. D’ailleurs, c’est par la suite. Bon, je n’imagine pas non plus faire des films, je ne te vois pas toi non plus.
Ah non, pas du tout.
Alors ça ne serait pas du tout si on vous le demandait, on dirait non ? Donc je ne regrette pas du tout ce temps là. Simplement voilà, effectivement le monde de la communication a changé maintenant c’est internet. Alors ce dont j’ai parlé tout à l’heure, ce que je ne me suis pas bien réveillé quand même, vous avez remarqué ? Mais les films, les cinémas, de quoi je parle ? Au cinéma, il y avait évidemment les cinés clubs, ça a été énorme.
Oui, c’est ça.
Et la diffusion des films se faisait beaucoup par les cinés clubs et partout en France. Et alors effectivement, il y avait aussi des concurrences. Ce n'était pas l’extrême droite, mais il y avait des cathos en face et les patronages et tout ça. Donc il y avait les communistes. Les cathos ont fait un gros travail de terrain pour diffuser les films, les cathos de foi, c’est plus ouvert qu’on croit. Mais enfin, ce n’est pas que des films à l'époque aussi, mais quand même. Il y avait une concurrence énorme entre le curé, l’histoire qu’on connaît de Don Camillo quoi. Mais en fait, c’est quand même à l'époque des forces en présence, pas assez. C’est des forces pas importantes dans la société. Aujourd’hui, c’est difficilement comparable. Le poids du Parti communiste français avec. Par contre, on peut comparer d’autres choses, mais il y a des choses qui effectivement sont comparables.
Alors là, tu vas nous faire découvrir un truc incroyable. Moi que j’ai tout découvert, c’est un dénommé Monthétus.
Alors oui, vas y, écoute, moi je ne connaissais pas je t’avoue, mais c’est un copain qui m’a envoyé faire le scénario, je trouve ça hallucinant.
Alors je suis quand même allé voir à Wikipédia. D’abord socialiste modéré, ce chansonnier évolue en 1906 vers un antimilitarisme radical proche du journal La Guerre sociale, avant de rejoindre l’Union sacrée en 1914. Dans les années 30, il adhère à la S.F.I.O. Il est né en à Paris dans le 10ᵉ, le 9 juillet 1872. Il va mourir en 1952 et il est l’auteur de La Butte rouge qu’on connaît de la jeune garde et de gloire au 17ᵉ. Là, tu veux nous ? Tu veux que je montre un extrait qui s’appelle Le décor va changer et sa date de 1936. On est toujours dans l'époque. Et les enfants là, accrochez-vous. Des démons et des démons. C’est un peu du slam, c’est un peu du rap. Et c’est ce que vous voulez, Je crois que ça peut être Gaston le petit bonhomme.
C’est absolument fabuleux. Bravo ! Bravo ! Bravo à toi Olivier. Attention mon cher Olivier, quand je lance un extrait, il faut que tu attendes un tout petit peu avant de mettre le son, sinon il y a un petit écho. Voilà, elle a germé. Depuis ce matin, je bouge. Ça c’est un peu compliqué. Bon, c’est extraordinaire, C’est extraordinaire ce Gaston là,
Il devait reprendre les Nuptiaux pour la campagne. Un super texte.
Très beau texte féministe sur la fin, en fait, d’une modernité incroyable. Alors tu veux nous montrer ça pour nous amener à 20 ans plus tard ?
Alors voilà, on va avancer en même temps, je voulais quand même vous parler pour conclure le chapitre 36
La rediff en avait fait un petit film avec Laure Guillon qui est sur le DVD qu’on a fait sur Grand Prix des Victoire qui est un film sur la grève de 2010. Et comme tout le monde nous demandait sans arrêt mais qu’est ce que c’est cette histoire de pourquoi on fait pas la grève générale du machin ? On avait fait un petit documentaire qui s’appelle Une histoire La grève générale, qui est très modeste mais quand même fait avec des archives. Et pour essayer d’expliquer l’histoire de l’idée de la grève générale qui a amené quand même à 36 mois. Parce que 36, c’est l’aboutissement de cette idée de la grève générale qui était née. Bon, voilà, tout ça c’est un cycle qui part de la commune en fait, qui va de la présure. Il ne faut pas voir l’histoire par décennie, ce serait une erreur. Il faut voir les histoires comme ça. Il y a des il y a des il y a des sites comme ça et puis rien ne s’arrête surtout. Et donc voilà. Donc on a fait ce petit film qui s’appelle L’histoire de la de la grève générale et je voulais vous l’offrir. J’envoie les liens et je vous donne un code promo. Bon, comment faites-vous ? Bah c’est simple, vous vous inscrivez sur le site Ciné Mutins.
Ah oui, tu l’as mis d’accord.
Bon ben si vous voulez à l’avance, alors on se voit. Tu veux qu’on aille directement dans les années 50 ?
On continue alors. La Terre fleurira d’Henri Eisner 1954, je vais te mettre plein pot,
La terre fleurira c’est un film de commande, encore et encore dans la propagande de l’humanité. Ce coup ci du journal qui était quand même calme, le journal et le Parti communiste, c'était quand même un peu la même chose. Enfin, c'était quand même encore plus lié qu’aujourd’hui. Et en fait, on en aura fait une édition il y a quelques années avec une archive dont on a parlé tout à l’heure, hein ? Et ceux qui ont sorti le coffret
Excuse moi, il y a le service clientèle de Auposte qui me pose une question on demande s’il faut créer un compte.
Oui, tout à fait.
Hein ? Techniquement, de toute façon, c’est que tu crées un compte, tu mets ton mail machin, tu confirmes, c’est gratuit et après il faut que tu te connectes toujours pas ton compte et au moment de payer, comme tous les codes promo, tu mets le code et ça te tente, ça te déduit le prix de la location. Et une fois que t’as loué un film, y reste sept jours dans ton truc. Mes films. Donc tu peux le faire aujourd’hui et regarder dans les sept jours ou attendre plus tard.
Et comme le dit jamais dans le dans le chat mais qui n’a pas de compte aux Mutins.
Voyons ! Quand même incroyable qu’on pense vous n’avez pas tout son compte, vous avancerez très vite.
Donc on va régler ça. Le tribunal populaire va se réunir, alors. Donc la terre fleurira. Très belle jaquette d’ailleurs. Tiens, puisque tu peux la remonter, je vais te remettre en plein pot. Un petit camion à l’Humanité. Et donc ce site est en fait une évocation fictionnelle du de l’histoire de l’Huma du journal l’Huma en fait.
Alors tout à fait. Alors nous en avons sorti cinq avec une archive il y a quelques années, avec un très bon livre, avec des historiens, des images. Je montre encore ça parce que ça fait partie du boulot que je défends vraiment, parce que c’est le boulot d'édition qu’on ne peut pas faire en VOD et qu’on peut en là l’envoyer en DVD derrière. Ça, c’est assez original comme thème, comme édition, on en a fait plusieurs comme ça on s’est fait engueuler parce que la. Il faut que je vous avoue un truc énorme, c’est que la faucille et le marteau, elle n’est pas dans le bon sens et donc c’est dans l’autre sens.
Mais là monsieur on va être obligé d’interrompre l'émission, ce n’est pas possible à un tel niveau d’amateurisme, ce n’est pas possible.
Le bouquin est énorme et génial, avec le boulot dedans, il en reste encore. Mais ça, ça fait partie du boulot qu’on défend pour dire que le film est dedans. Par contre, si c’est une perle, alors c’est un film pareil, bon genre que tout à l’heure. Commande faite par Harry Eisner, très bon cinéaste du parti, mais assez talentueux. Et là, c’est vous, c’est des fictions. Il y a une partie documentaire au début que là bas, si vous voulez, on peut voir le premier extrait de deux minutes qui ouvre le film. J’adore ce genre d’ouverture très classique des années 50 ou même d’avant, alors je trouve qu’il est magnifique sur l’Humanité.
. Olivier attends encore trois secondes avant de mettre le son de sorte qu’il n’y ait pas d'écho chez nos amis si tu veux bien. C’est quand même magnifique ce que tu es, ce que tu nous montres.
Surtout, mon argent en profite. Voir la promo, vraiment ? Si Limited, c’est la seule, Vraiment, c’est la seule plateforme coopérative. Oui, une répartition équitable. Bon, ça c’est plutôt des pratiques qui doivent se faire normalement, on a des droits et en plus c’est la moins chère. Alors ça je ne peux pas, sociétés commerciales, je ne peux pas faire mieux, mais en vrai non, en vrai le boulot ce n’est pas uniquement mon boulot, c’est aussi le boulot des gens qui restaurent, des gens qui font des films, qui les produits extras qu’il faut. Voilà, ce n’est pas ici qu’on va le dire. Les gens vous ont compris chez vous depuis un moment que quand même, quand c’est gratuit, c’est pour le produit. Donc sur cinéma, il n’y a pas de collecte de données, il n’y a pas de pub, etc. Donc tout ça c’est effectivement une économie solidaire et sociale et équitable. Et il faut absolument défendre partout où on peut, dans tous les domaines, ces questions-là. Pour moi, c’est si au delà de faire la promo de ce qu’on fait.
Alors on ne va pas montrer la suite mais on va montrer un deuxième extrait plus long de trois minutes 24 de la Terre fleurira.
Au contraire, je voulais dire que le film a été fait à la commande de l’humanité pour les 50 ans du journal. Le principe du film est construit de façon assez basique mais qui marche pas mal. C’est que le journal règle tout.
Parce que Marcel Cachin, ce n’est pas que le nom d’une rue.
Voilà, c’est quand même il y était au départ
On va le voir, Marcel Cachin Est ce que c’est lui ou c’est un acteur qui incarne Marcel ?
Et alors effectivement, un an après, je ne sais pas si l’extrait qu’on va montrer, je ne suis pas sûr qu’il soit. Enfin bref. En tout cas, il y a effectivement assez de petites fictions avec des petites histoires. Et alors, quand on avait revu le film. En outre, vu que ça résonne avec plein d’histoires de maintenant, notamment la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à l'époque, on en est sorti, mais c’est quand même. Mais c’est vrai qu’il y a des histoires qui résonnent, c’est toujours savoureux. Même si je l’ai dit tout à l’heure, un historien sérieux ne peut pas faire de comparaison, n’est pas raison en vrai, mais il y a quand même plein de choses qui résonnent de. C’est de ça aussi qu’il faut s’inspirer parfois dans l’histoire, aller puiser des trucs qui innovent, qui nous stimulent.
Comparaison n’est pas raison. Il me semble que si Édouard Balladur aimait bien cette phrase parfois, alors La terre fleurira. Deuxième Ah ça oui, il faut connaître ces classiques là. On est là pour ça ce matin.
Beaucoup, beaucoup.
Balladur Ah ouais, ça y était, comme la droite. Bon bref. Allez, La terre fleurira trois minutes, 24 j’envoie la sauce, attends cinq secondes pour mettre le son si tu veux bien.
Ma première image, je l’ai vendue sur les barrages. Au moment des grandes guerres. Je la lisais, je la vendais. Je suis même devenu correspondant. Je croyais que je la connaissais. Eh bien non. Et il faut vous dire que je m’appelle Henri Reynaud et que j’habite. Saint-Rémi, un petit village paisible où on croit qu’il se passait rien. Mais enfin, Monsieur le Préfet, vous voyez vous même, il nous reste plus que la ferme Moulin. Et avec un peu de patience et de réflexion, c’est and why not going to be hell dans les châteaux.Forts. Le général Thompson nous fait part de son étonnement devant ce retard inexplicable. Monsieur le Maire, vous allez bien. Dit que tout était. Réglé avec cette veuve Moulin et enfin Monsieur Jean. Moulin. Jean Moulin n’a été d’abord que dans un livre.Le général Thompson vient de vous informer que sous huit jours, les bulldozers procéderont aux premiers travaux de l’aérodrome. Monsieur le Maire, vous avez tous les pouvoirs nécessaires. Agissez ! Non, je ne. Vais pas signer, Je ne veux pas vendre mes terres. Je vous ai déjà expliqué que c’est une bonne opération. Alors je ne vous comprends pas. Madame Moulin, Votre propriété, c’est beaucoup trop grand pour vous. Vous avez appris convenablement, très convenablement. Et franchement, je ne vous comprends pas, madame Moulin. D’autant plus que vous êtes la seule à faire des histoires pareilles.Chacun s’occupe de ses affaires, moi je m’occupe des miennes. Mais enfin, madame Moulin, soyez raisonnable. Un aérodrome, c’est une chose importante, une chose vitale. Pensez donc, Monsieur le Préfet et général Thomson sont venus eux mêmes ce matin en personne. Je vais être obligé de vous expulser, obligé, et je ne pourrai rien y faire. Vous direz à vous et à votre général que ce sont les taxis, ma maison. Elles viennent du père de mon père, et après ma mort, ce sera à ma fille et à mon gendre. Mon fils a été tué, mais mes petits-enfants continueront. Ils font comme moi, ils y font pousser du blé, pas des avions.
Alors attends, je remets et je remets le son dans deux secondes.
Tu as vu, c’est Notre Dame des Landes. Non, tu n’es pas d’accord ?
Ben oui, il y a de ça,
C’est vraiment très frappé parce que quand elle est sortie, c'était vraiment au moment du pic de la lutte. C’est incroyable que tout pour l’aéroport tout court. Alors voilà, le film, c’est des histoires comme ça, tu vois, c’est assez croustillant, même si c’est de la propagande pour vendre le journal, etc. C’est quand même assez croustillant. Mais l’histoire du journal, c'était ça à l'époque aussi. C’est avant d’essayer de trouver des voix que des militants vendaient le journal. Ce n’était pas c'était un vrai, c'était vrai, vraiment puissant.
L’Huma journal l’Humanité dont je peux dire que tu considères que c’est le meilleur quotidien en ce moment.
C’est à ce moment là la campagne électorale. J'étais un peu. Il faut toujours lire entre les lignes le journal quand il y a une campagne électorale. Parce qu’alors, vraiment, il faut les suivre pendant six mois et ils ne te parlent pas de Mélenchon. Après l’Alliance, ça y est, ils ont fait un entretien à Mélenchon. À côté et vraiment il y en aura qui reviennent. Mais jusqu'à maintenant ça a été quand même un journal ou des pages culturelles sont quand même très riches ou il y en a sur le front social. A quand même que c’est dans ces dernières années, c’est les seuls endroits où tu pouvais vraiment voir au quotidien le front social et dans les entreprises qui font le boulot, ce côté là, Après ce genre où il y a peu de pages, où il y a peu de moyens. Donc moi, je crois qu’il faut lire la presse en général, il faut quand même lire la presse, c’est une chose, un bouton, une feuille de quelque de la presse écrite, mais ça reste quand même des endroits où on a des infos. Que tu cliques, sur lesquelles des gens ont fait du boulot, quoi.
Non mais disons que c’est vrai que sur le front d'élus, tout le front culturel, etc. Je trouve que l’Huma part par sa dimension parce qu’alors là on l’a pas bien vu dans l’extrait. Mais c’est vrai qu' à une époque, c’est en très longtemps est un journal qui comptait énormément aujourd’hui. Bon voilà, ils ont, ils ont beaucoup moins de moyens, mais je trouve qu’entre le peu de moyens qu’ils ont, le résultat, ils arrivent à faire un boulot qui quand même, qui est quand même pas mal.
Mais après voilà, c’est comme tous les journaux, il y a le côté éditorial, il faut, il faut toujours faire. Après c’est une carrière, mais c’est ce que je dis à toi. Le Figaro, je lis aussi C’est intéressant parce que le Figaro, il était plutôt assez bon en fait. Je ne sais pas si t’es d’accord avec moi, mais il y a souvent des bons papiers de fond dans les colonnes du journal de reportage ou de même sur les articles politiques. C’est pas toujours mauvais, c’est même assez bien honnête souvent. Mais par contre quand tu les éditos, c’est une horreur.
C’est Ah bah oui, c’est quand même au service d’une pensée.
C’est toujours pareil. C’est pour ça que le journal doit savoir le lire. Toi, c’est pas à toi de le dire ça, mais entre les lignes et entre les colonnes, etc.
Alors faisons non pas un saut dans le temps parce qu’on va rester dans les années 50 puisque les films précédents, la Eisner, c'était 54. Et là on va, on va aller vers un des chouchous, René Vautier, avec notamment ce que tu vas qualifier de premier film anticolonialiste.
Ben c’est pour moi qu’il dit Ah mais c’est René Vautier. Je vais présenter parce que René Vautier, c’est quelqu’un qui est très important dans l’histoire du cinéma français.
Absolument.
Au ciné, c’est le cinéaste qu’on dit être le plus censuré du cinéma français. C’est vrai, on ne sait même pas comment il a fait des films. En plus, c’est à moi qu’il a fait. Mais tous ses films ont posé problème. Et ça, c’est le 1ᵉʳ avril 50. Vautier On vient de sortir le coffret qui est une réédition mais complète parce que la première était épuisée depuis très longtemps. Et là on s’est dit bon, commercialement, c’est un peu fou, mais on va quand même le refaire parce qu’on ne peut pas ne pas avoir le style. Bon. Vautier, d’abord, c’est un ami, on s’est connu, il est mort en 2015, c’est ça, Mais on s’est connu. Moi je le connais les veinards dans sa vie, donc on est assez proche. Il était avec nous dans les combats des télés libres, avec Aléas TV. Tout ça c’est quelqu’un qui a toujours été accompagné, tout ce qui a été dissident, à l' avant-garde.
Je n’arrive pas à voir. J’imagine que vous le voulez. Annonce là. Le bon film peut être le plus connu, c’est Avoir 20 ans dans les Aurès.
Ça, c’est le film fiction qui est effectivement un coffret restauré qui a été à Cannes dans les éditions Début d’incendie sur la guerre d’Algérie. Mais ça, on en parlera dans un prochain épisode.
Absolument. Parce que là, si t’as pas vu le premier épisode de ce nouveau cycle que nous ou que nous lançons, allez y Maître Azam.
Ou alors il y a un très beau livret, mais énorme fait par sa fille Moïra Chappedelaine de Vautier qui a qui a fait un boulot dans les archives allait retomber dans des archives qu’elle connaissait mais aussi qu’elle ne connaissait pas. Et donc y a des trucs fabuleux. Vraiment, on est super content de ce boulot.
Stop au service de service clientèle en direct de Monsieur. Je ne suis vraiment pas content. Vos invités nous donnent beaucoup trop envie de dépenser en livres et en cinéma notre argent durement gagné.
C’est vrai, vous avez raison. Alors vous pouvez l’acheter à plusieurs et vous faire passer. On est d’accord ? C’est vrai que je recommande toujours la version papier DVD parce qu’une fois de plus, ça dans l'étagère, ça va rester à vie. C’est la cinémathèque. C’est ce qui garantie pour nous que vont il ne disparaîtra pas, c’est déjà fait. C’est que le DVD est déjà dans les étagères du monde entier et même que je l’envoie en Afrique. Donc c’est extraordinaire parce que ça en volonté, si tu veux, ce n’est pas possible. Donc ça ne disparaîtra pas et c’est la merde.
De toute façon, de toute façon, on sait très bien que tout ça est extrêmement cyclique. Il y a eu il y a une dizaine d’années le retour du vinyle. En ce moment, il paraît que c’est la cassette, pas la musique, pas la cassette audio. Donc de toute façon, oui, au début. On peut l’acheter. Ouais, mais je suis persuadé qu’il y aura une période VHS dans les couinements de la VHS. Ça peut, ça peut plaire. Bon, on a plus de lecteur de DVD.
C’est une erreur, ça coûte 20 € un lecteur DVD. Soyez sûr que plus d’une fois je vous dis on va offrir un lecteur DVD à tous les gens qui ne souhaitent pas le coffret. ça me vaudrait presque rien,
on dirait le Nouvel Obs.
Cela donne beaucoup. Mais si c’est dingue, comme le disent j’ai plus de lecteur DVD, ça coûte 20 balles.
Alors l’Afrique africaine, parce que c’est de ça dont je voulais vous parler, qui est quand même le premier film anticolonialiste parce que vous étiez la vingtaine, on connaissait ça 20 ans maintenant. Donc t’imagines, le mec, il a seize ans, il était, il a été dans le maquis breton contre l’occupant nazi, il fait partie de la résistance. Alors on lui fait lire des poèmes, il va prendre les armes et tout. Alors il fait quelques actes quand même de militaire, de résistance à la grenade et tout ça. Mais très vite il lit des poèmes et tout. En fait, c’est un mec assez exceptionnel, à seize ans, il est très précoce. Augustin Il est comme ça, mais il a toujours été très indépendant dans le Parti communiste, il a toujours été un électron libre, mais il est quand même à l'époque et à la sortie de la guerre, les croix de guerre, etc. Et ses camarades, anciens résistants avec lui disent maintenant nous, on n’a pas besoin de gens qui tiennent des armes, on a besoin maintenant de gens qui font des petits, qui vont raconter ce qu’on fait. Donc va y apprendre le cinéma. Et donc il va faire l’IDHEC. Il se retrouve premier à l’idée que c'était l’enseignement, l'école Lumière aujourd’hui, qui était l'École nationale de cinéma. Il va être pris et il va être un des meilleurs avec le premier de sa promo. Il est surdoué en tout à peu près. Sauf que lui, tout de suite, il a engagé et il comprend très vite qu’il n’est pas là pour juste rentrer dans une profession. Il va participer à un truc pour avoir sur Archive ou sur la grande grève des mineurs en 48 ans. Qui a qui ? A Jojo dont j’aurais pu vous montrer mais où il filme ce truc qui a été signé Louis Daquin, mais sur lequel Vautier fait des images tout de suite, il se confronte au problème de la police. On est vraiment dans les questions que vous traitez au poste régulièrement, c’est à dire qu’il faut choisir son camp et très vite, il choisit de se filmer du côté de manifestants parce que des flics qui disent non plus. Si vous voulez filmer de ce côté là, vous restez là, sinon on aboutit là dessus. Il lui tire dessus. Et donc Vautier, son maître, ça c’est toujours il a choisi tout de suite son camp et il s’est dit bah je m’y tiens. Et puis surtout, je ne vais pas me laisser intimider par des traités qui nous empêchent de filmer en Afrique parce qu' en Afrique en fait, y part avec la Ligue de l’enseignement avec l’idée de faire les documentaires qu’on faisait à l'époque très folklorique sur les civilisations africaines. C'était très à la fois condescendant et à la fois c'était vraiment la colonisation dans son aspect humaniste quoi. Tu vois, montrer à comment ces noirs font des choses effroyables. Et donc vous dites allez voir comment ça se passe très vite, il sort du sentier, il part, il part sur les sentiers battus et il commence à filmer ce qu’il voit en fait, ce qui est sa formule qu’on a mis sur le bouquin. On en a parlé sur celui-là même. Je filme ce que je sais, ce que je vois, ce qui est vrai, qui est une formule empruntée à Paul Eluard et donc en fait Vautier et la syntaxe. Et puis c’est le sac parce qu’il vient de la résistance dont il dit Sauf que dès qu’il commence à faire ça, il est repris par les autorités françaises en Afrique, là où il est dans les différents endroits en Haute-Volta qui a précédé le Burkina, tout ça, toute l’Afrique centrale dans laquelle il est, il va commencer à chaque fois se confronter au problème. Très rapidement, il est confronté aux problèmes dont il n’a pas le droit de filmer. On lui sort le décret d' un décret de 34 qui est signé Pierre Laval. Alors là, sincèrement ça sent la rengaine.
Laval, c’est un texte du 11 mars 34 qui est signé du monde des colonies parce qu'à l'époque de Laval, des coloniaux 34 Et donc il disait Non, non. Il dit Moi, je ne vais pas respecter un traité de 44 de mecs été fusillés pour trahison, ce n’est pas possible quoi. Et donc ce décret. Donc tu sais, c’est très dur, tu es obligé d'être fini avec un fonctionnaire à côté de toi où tout est censuré, tout est contrôlé en fait. Donc tu sors du truc et alors tout ça est raconté, Il nous raconte ça lui-même dans le bouquin, C’est génial. L’histoire est extraordinaire, je ne vais pas vous la faire, elle est vraiment fabuleuse. Mais les péripéties paisibles qui entourent ce tournage sont encore plus épreuves que le film. Parce qu’il va se retrouver à Il y a un flic. Apparemment il lui c’est pas quand il dit que ce n’est pas qu’il sait pas que c’est un flic mais qui rentre dans sa chambre d’hôtel et qui fouille et qui essaye de piquer les bobines. Alors lui il se bat avec lui.
Il dit je ne sais pas comment il tombe par la fenêtre, il se casse le bras. Et donc à partir de là, il va falloir qu’il dégage, qu’il continue à travailler très clandestinement en Afrique, là, parce que le gamin Vautier, éventuellement poursuivi par toutes les polices de France.
Et pas une patrouille.
Il va y arriver. Et il dit Mais si je n’avais pas fait ça, si ça se trouve, je n’aurais pas pu faire ni. Ce film est un mini activiste, un réseau incroyable de solidarité parce qu’il va trimbaler de coffre en coffre dans les bars d’Afrique et on va lui permettre de filmer. Mais tout le monde va y aller, tous les Africains qui seront plus tard. A Il y a des gens qui après vont dériver, me dit Radio Fred Boigny. Des gens comme ça, qui vont, qui vont à l'époque, qui sont dans la résistance indépendantiste, vont mettre Vautier. Dans un circuit clandestin. Ils vont le soigner quasiment parce qu’il a le palu. Autrement, il a tous les trucs qu’on peut avoir en Afrique et à un moment donné, il filme. Et alors le film est incroyable parce qu' au bout du compte, quand il a filmé, il rentre en France et l’aventure continue. Parce qu’en France, en fait, ça va être un enfer qui va monter clandestinement dans sa mère est instituteur. Il monte dans l'école avec à la main. On va voir le concours. Dans l’extrait, vous allez voir des pelures, c’est-à-dire vous allez voir des sommes importantes. Dans le fond, il pense et voit les couleurs, c’est les petits traits blancs, vous allez voir, c’est la pellicule est collée, il le fait avec. Il n’a rien pour le faire. Alors il le fait avec des aiguilles sur lesquelles j’ai mis des poches avec de la colle, une colle avec les doigts à la fin de devant, les doigts totalement usés par la colle. Et tout ça se fait clandestinement dans l'école, pendant que la police le surveille, lui envoie un petit gamin qui est corrompu avec des bonbons pour récupérer dans les poubelles des éléments qu’il a jeté ou des choses comme des chutes, des bouts de pellicule. Et donc pour établir que il est en train de monter ce film qui a été tourné illégalement.
Ok c’est dingue.
Il va être arrêté, on va on va l’arrêter, on va là, il va faire plusieurs années, il va faire deux trois ans de prison. Je n’en peux plus. Je ne veux pas dire de bêtises, il faut vérifier. Mais il va faire de la prison pour ce film. Mais ce qui est fou, c’est comment il sauve le film. C’est que le film, il a toutes les bobines, il est confisqué, on lui est confisqué en haut, pour établir que c’est bien lui qui a filmé, il assiste à des séances avec la police dans laquelle on lui projette le film. Il doit signer que c’est bien lui qui a fait ces images et lui se prête volontiers à l’exercice parce que très vite, il comprend que les mecs ne sont pas très attentionnés. Il arrive avec un sac de sport et des bobines vides et au fur et à mesure, il remplace à mesure qu’ici il remplace les bobines par des bobines vide Et lui sauve à peu près la moitié de l’ouvrage, je crois. Une vingtaine de bonhomme qui va fouiller dans le sac et qui va dégager de ça dans ce sens, c’est la première étape. Et puis après, au moment de la prise, va être arrêté parce qu’il a diffusé le film qui va être diffusé dans un réseau militant. Toujours pareil, le même, mais alors vraiment les syndicats qui suivent et tout ça. Et donc le film va avoir sa vie sans visa évidemment, etc pendant des années et clandestinement et c’est une histoire extraordinaire parce que c’est neuf et elle a coûté la prison, mais c’est historiquement le premier film anticolonialiste. En tout cas, il y. A d’autres traces. Il y a des gens qui vont contester, sûrement, mais je ne sais pas, on n’a pas d’autres traces de films comme ça. En tout cas, j’ai au moins eu cet impact qui est très franchement qu’il est très franchement. Et je vous raconterai la suite après peut-être on verra l’extrait. Non.
C’est ce que j’ai, c’est ce que j’allais te proposer. Il y a Djiby Fox qui dit qu’il y aurait un bio pic à écrire pour Netflix ou pour les Mutins.
Alors sur Netflix, on fera toute une émission pour vous expliquer en quoi c’est une horreur,
Ah oui, volontiers, volontiers. Alors attention, trois, quatre. J’envoie l’extrait trois minutes 26. Le titre, c’est Afrique 50 ans
Assalamu alaykum les cinéastes français ont tourné à la demande des gouvernements français qui se sont succédé de 1900 à 1980. Un grand nombre de films sur la vocation colonisatrice de la France, sur la pseudo mission civilisatrice des Français. Ce ne sont pas ces films là que je vais vous passer ce soir, mais des courts métrages allant à contre-courant. Nous sommes entre nous, vous, téléspectateurs algériens, moi réalisateur français à qui la télévision algérienne a bien voulu confier la possibilité de vous parler ce soir, alors je vais en profiter pour vous montrer quelques films auxquels j’ai participé et qui ont une caractéristique commune, c’est qu’ils ont tous été interdits aux téléspectateurs français. Et puis j’essaierai aussi de vous raconter dans quelles conditions ces films ont été tournés. Tout d’abord, Afrique 50. Pourquoi Afrique 50 pour ouvrir la série ? Parce que c’est le premier film anticolonialiste français condamné au titre de film anticolonialiste. J’avais 21 ans à l'époque et toutes mes illusions. Je sortais de l’Institut des hautes études cinématographiques de Paris. J’y étais entré quelques années auparavant, en revenant du maquis où je m'étais battu contre l’occupant allemand. La Ligue de l’enseignement m’a proposé de tourner un film sur la vie réelle dans les villages d’Afrique noire, dans les colonies françaises de l'époque le Sénégal, le Soudan français. Qu’est devenu le Mali, la Côte d’Ivoire, la Haute Volta, 21 ans. La possibilité de faire un beau voyage, de tourner un film français. Bien que j’aie sauté sur l’occasion, je partais pour deux mois. C'était prévu par le contrat. J’en suis revenu un an après avec treize inculpations, une condamnation à un an de prison. Et ce film Afrique 50 que vous allez voir. Pas de Leblanc qui sont entrés avant toi dans ce village sont donc bien l’administrateur qui venait prendre l’argent pour l’impôt. Ou bien le recruteur qui venait prendre les hommes pour l’armée. Aussi, le village se méfie, mais chez les enfants, la curiosité est plus forte que la crainte. Voilà un ambassadeur. Pas très rassuré quand même. Et puis les voilà tous. On examine ce détail. Attention, il tire la langue. L’examen est favorable. Tu es adopté. Ils accepteront peut-être de te servir de guide dans leur village. Tu verras des choses très pittoresques sans doute, mais peu à peu, tu te rendras compte que ce pittoresque cache mal une grande misère.
Ah bah voilà que voilà que l’invité a quitté son bureau. Je suis tout seul.
Je voulais montrer cette carte je crois. Que la carte qu’on avait sortie sur qui a eu un succès fou. D’ailleurs, on a tendance à l’envoyer. Tout le monde nous en demande donc.
Est ce que tu pourrais citer la phrase qui dit qu’il est sur la carte.
De son intelligence ? Moins le blanc est intelligent, plus il trouve le noir bête. Ça paraît quand même rigide et c’est pas mal comme l’affiche, elle est phénoménale. A l'époque, il avait fait pour Africa 50.
Un incroyable Noir.
Et donc le film Je voudrais surtout comme on a plus beaucoup de temps, on arrive au bout de ce qu’on avait dit.
Deuxième extrait Tu sais pourquoi ? Parce que dans le premier set, je voulais surtout montrer cette perle qu’on a retrouvé qui est le lancement dans la télé algérienne du film
T’as vu avec René qui montre le film aux Algériens ?
Alors ça c’est une autre histoire qu’on racontera dans une prochaine mort.
Dans une prochaine vie, bien sûr.
Parce que Vautier, c’est le fondateur du cinéma algérien et. Et donc c'était un extrait de la télévision algérienne qu’on a retrouvé, je trouve ça fabuleux. Mais tu vois, le film a pris son temps pour se démarquer, même de façon assez classique, comme un film, un peu à l'époque.
Bon, on y va
Mais ce n’est pas ça le film. Ce qui est intéressant, c’est qui bascule dans le pamphlet et je ne voudrais pas vous laisser sur cette image du début du film, mais sur la suite. Alors je vois un autre extrait un peu plus long si tu veux bien, on l’envoie.
Je l’envoie, tout de suite. Alors il dure six minutes seize et on se retrouve juste après D’abord, on va savourer. Afrique 50 contre des Vautier. Extrait numéro deux.
Ici se trouvait le village de Paracas, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Le chef du village n’a pu payer un reliquat d’impôts 3700 francs le 27 février 1949 à 5 h du matin. Les troupes sont venues. Elles ont cerné le village. Elles ont tiré, elles ont brûlé. Elles ont tué. Ici le chef de village, c’est qu’Ali Ouattara a été enfumé et abattu d’une balle dans la nuque d’une balle française. Ici, une enfant de sept mois a été tuée. Une balle française lui a fait sauter le crâne et c’est du sang sur le mur. Une femme enceinte est venue mourir de balle française dans le ventre. Sur cette terre d’Afrique, quatre cadavres. Trois hommes. Une femme assassinée en notre nom à nous, gens de France. Tu t'étonnes. Les cases brûlées, les habitants massacrés, le bétail abattu, pourrissant au soleil. Ce n’est pas l’image officielle de la colonisation. Ah oui, la colonisation. Ici comme partout. Mais c’est le règne des vautours et des vautours qui se partagent l’Afrique, ont des noms et sociétés commerciales de l’ouest africain. 650 millions de bénéfices en 1949. Compagnie française de l’Afrique occidentale 365 millions de bénéfices en 1949. D’abord 180 millions de bénéfices. L’Africaine française. Le Niger français. La Compagnie française de la Côte d’Ivoire. C’est le trust Anglos saxon Unilever 11 500 000 000 de bénéfices en une année, 40 millions par jour volés aux Africains. En échange, ces missionnaires du commerce ont introduit le progrès en Afrique. Le progrès. Voici le célèbre barrage de Marc à la chanson Digue sur le Niger. Une turbine fournit l'électricité aux maisons des Blancs. Mais il n’y a pas d'électricité pour ouvrir les vannes devant les péniches des grandes compagnies coloniales, car la sueur des Noirs à 50 francs par jour revient moins cher que l’installation et l’entretien d’une turbine. Il paraît qu’il existe au-delà des mers des rouleaux compresseurs qui sont des machines fortes utiles pour faire les routes. Mais en Afrique, pas besoin de rouleau compresseur. Les Noirs reviennent moins chers. Dans les champs de mil, Dans les champs de coton. Dans les champs d’arachide. Les femmes noires. Les enfants en noir. Travail et revenus. Le cœur et d’Unilever montent en flèche. Perfectionner l'équipement. À quoi bon ? Une machine ferait le travail de 20 noirs, bien sûr, mais un Noir à 50 francs par jour revient moins cher qu’une machine. Alors dans le noir ? D’ailleurs, le forgeron est sur place pour réparer les instruments et pour en fabriquer d’autres. Et ses fils peuvent l’aider. Une école ? Pas besoin de savoir lire pour faire marcher ce soufflet 16 h par jour. Que. Les Noirs travaillent dans les plantations. Les Noirs travaillent dans la forêt. Pour 50 francs par jour. Les richesses d’Afrique s’accumulent. Un proverbe soudanais dit Quand le bousier roule sa boule, il peine, mais c’est pour garnir son grenier. Alors les noix, à peine sous le soleil d’Afrique, c’est toujours pour garnir le coffre fort des grosses compagnies coloniales. Et toujours pour remplir les flancs de ces bateaux qui attendent, qui attendent pour s’en aller, chargés de toute la sève africaine. En échange, il faut des poulets pour la maison de Monsieur l’administrateur. Passe sur la tête à tête de noir et sale pour un boulet d’administrateur à bout de bras et plus vite. Une péniche de la compagnie s’est échouée sur un banc de sable. Pas besoin de remorqueurs pour l’aider. Les nègres sont moins chers que le mazout. Silence. Un noir se fait croquer par un caïman. On donnera 500 francs à sa veuve.
Il y a eu pas mal de réactions dans le tchat. Je ne sais pas si tu as vu Olivier révoltant en agitant une grosse claque de bleu à intégrer au programme de l'éducation nationale.
Alors il ne faut pas dire que le truc a été oublié, hein, le film. Ce qui est très marrant, c’est qu’en 89, Vautier est contacté par une société qui s’appelle Intermedia, qui est un truc de l'état en fait, qui est là en 89 ans et sous Mitterrand qui lui dit on voudrait montrer, on voudrait vous tirer une copie, vous donner le visa pour montrer. Alors je lis exactement les propos qu’on voudrait.
J’adore quand tu mets tes lunettes pour lire.
On voudrait montrer que dès 1950, il y avait en France une réaction anticoloniale, colonialiste, conséquente. Il était politiquement important de montrer dans les pays africains qu’un sentiment anti anticolonialiste existait dans l’immédiat après guerre. Alors ça c’est marrant parce que tu vois, avec le recul, alors que Mitterrand avait été ministre, là aussi, le papa parti dans la salle a été une grande période de sa vie politique. En fait.
Quelqu’un dans le chat disait d’ailleurs que Mitterrand, en tant que ministre de l’Intérieur, aurait censuré un certain nombre de films.
Oui, alors ses services.
Non, non bien sûr.
Donc ils ne sont jamais passés à la télévision. Mais ça reste à mon sens quand même un film dans l’histoire très important. Et alors ? Il y a en tout cas un petit détail. Je vais vous raconter un exemple assez marrant à l'époque, c’est que le film a été tiré au labo par une astuce passe par la solidarité. Encore des techniciens au laboratoire français.
Alors tiré au labo, tu veux dire développé en fait ?
En fait, à l'époque, effectivement, c’est de la pellicule et donc ça faisait partie des difficultés. Comment faire sortir le film sans que la censure passe par là avant qu’ils saisissent le négatif et tout ça ? Et donc les mecs au labo qui sont souvent des syndicalistes à l'époque, sont souvent à la CGT, ils sont souvent au PC. Tout ça, ils vont faire comme le négatif avec le tirage des films pornos. Et en fait, le film a été tiré au milieu de films pornos et la seule façon discrète de sortir le truc parce qu’en fait les films pornos se faisaient de façon illégale aussi, mais avec des bakchichs. C’est-à-dire que les flics touchaient pour faire fermer les yeux là dessus. Et les films pornos, ça ne gêne personne. Donc du coup donc le film est accroché dans son système.
Et les films pornos ça gênait personne mais l’obscénité capitaliste oui.
Et donc du coup c'était ça ? Ça fait partie des anecdotes du film. Alors pareil, si vous voulez vous donner un lot avec le même code promo Auposte,
Tout d’abord, merci. Comment situez-vous les statuts des mères ? Et la relation entre Rainer, Chris Marker et Vautier ? Avez-vous un lien pour acheter le film ?
Alors le lien entre effectivement fait partie des cinéastes fondamentaux de ces années-là, des années 50 plus marquées de ça, un peu plus indépendant. Mais il est là aussi. On en parlera la prochaine fois, parce qu’on parlera du magnifique film primé avec Pierre L’homme. Et donc tout ça, c’est un petit monde. Alors évidemment, il est totalement électron libre quand même là dedans. Mais ils ont tous les mêmes écoles, ils se connaissent tous. Mais faut-il être plus engagé ? Qui va toujours se plaindre du manque d’engagement de ses collègues, surtout sur la guerre d’Algérie ? Parce que ça a été compliqué. Mais en fait, René fait partie des gens qui respectent et qui sont vraiment respectables. Les statuts Morton aussi, évidemment. C’est un des premiers films phares de l’anticolonialisme et il fait partie de ces gens là. Après, il y a par exemple vous, tu vas avoir un accrochage avec quelqu’un qui est très respecté aussi, qui s’appelle Jean Rouch.
Oui, bien sûr.
Je dis oui, mais. Jean Rouch Ils s’engueulent tout de suite à Jean Rouch parce que Jean Rouch, moi je ne comprends pas, j’ai jamais été censuré. Mais s ' il dit vrai, c’est peut être que tes films ne te gênent pas beaucoup et. Et donc après ils sont réconciliés. Mais sur le coup, Jean Rouch a très mal pris la réflexion du petit jeune. Et parce qu' en Afrique, quand on voit ce qu’on vient de voir, si tu veux, c’est pas du tout le ton des films de l'époque. Il faut, il faut replacer les choses dans leur contexte, pas tous les films colonialistes ou même je dirais même quand ils sont complaisants, même quand ils sont encore condescendants, ils montrent le folklore africain, cette civilisation très étonnante. Et puis tu vois. Mais ce n’est pas, c’est jamais sur ce ton là. C’est vraiment un film unique de ce point de vue là.
M.A nous dit dans le chat En fait, rien que l’histoire sur l’histoire est passionnante.
Alors c’est pour ça qu’on a sorti le kit, raconte Vautier dans le bouquin que je vous ai montré là. Mais en fait, toute l’histoire de l’histoire du film est fabuleuse. Je vous ai raconté quelques anecdotes, mais toute l’histoire de Vautier est extraordinaire
Alors Maître Azam, je remets la musique, la musique de la promotion. Tu vas nous balancer donc un nouveau cadeau. Attention, c’est parti ! J’avais encore deux petites questions qui n’ont rien à voir avec ce que tu nous as montré. Et d’ailleurs, en attendant de les poser, n’hésitez pas à réagir, à nous dire si, après le premier ciné club. Il faut qu’on en fasse un deuxième, n’hésitez pas à faire des retours. J’ai deux questions Est ce que les mutins vont proposer le film Médiacrates en V.O
Alors tu fais bien de me poser la question.
Ce n’est pas moi, c’est le service clientèle.
Effectivement, on va avoir l’exclusivité en avant première. Euh je ne sais pas la date, mais ça ne va pas tarder. Et donc vous pourrez voir une exclu avant première sur cinéma et nulle part ailleurs. Et alors ? Mmm. On a chaud quand même. Même pas. Je ne sais pas pourquoi ils nous ont proposé ça spontanément. Je sais où c’est. Pourquoi est ce que c’est logique en fait ? Mais c’est génial parce que pour nous, c’est exactement. Bien sûr, on n’a pas fait un deal commercial pour avoir ça. C’est simplement que c’est naturel. Ils l’ont fait naturellement et c’est vraiment ce qui nous plait. Comme quoi. Comme quand toi tu as fait ça aussi. T’as parlé beaucoup de ton film sur scène, t’as un pays qui se tient sage, c’est naturel. C’est pour ça que je vous parlerai de Netflix une prochaine fois.
On parlera de Netflix une prochaine fois.
Par exemple, sur un festival cet été, vous pourrez peut être voir même un certain David Dufresne si je me trompe pas on n’a pas les dates mais l’accord est conclu, En fait, nous on est tous les ans et ça fait deux ans. Mais là, cette année, enfin, on va être de nouveau au festival d’Uzeste. Manifeste dans les stages Agenda de la Harpe, à côté de Bordeaux, dans les Landes. C’est chez Lubat, avec sa compagnie Lubat de Jazzcogne, qui s’occupe de ça depuis 45 ans. C’est un endroit formidable où il y a de la musique, du théâtre, des débats politiques, des projections avec les Mutins de Pangée et d’autres. Et donc on fait ça tous les ans et là on reprend autour du 15 août, vous allez voir sur Uzeste. Voilà donc. Un certain David Dufresne a promis de passer et de participer à des trucs là bas.
Voilà, exactement. Donc mi août on ne sait pas encore, quinze, seize, 17, 18, on ne sait pas encore, mais ce sera la dernière Ultime question de Cheikha J’ai vu le film de Florent Marcie dont votre plateforme fait la promotion. C'était en projet, en projection unique. J’ai adoré et je voudrais le recommander à tous mes potes. Le problème, c’est qu’il ne sort toujours pas en salles. Est ce que Olivier Azam peut nous dire si ce film sera visible bientôt quelque part ?
Vous retrouvez la plupart de ses anciens films sur le ciné mutins et nulle part ailleurs. C’est un cinéaste que je connais depuis une trentaine d’années, qui fait toutes les guerres avant tout. C’est un cinéaste qui fait des films extraordinaires. Là, il est en Ukraine Il est parti d’Ukraine puis montrer son film en Corée du Sud, il repart en Ukraine, tout ça avec quasiment pas un rond. Il voyage avec douceur, avec une chemise, un pantalon, une caméra c’est un mec extraordinaire qui a beaucoup filmé le mouvement des gilets jaunes, notamment à Paris. C’est un film sur un petit robot qui s’appelle Sota, c’est sur l’intelligence artificielle. Le film est génial. On a passé une fois, je vous l’avais dit, il fallait venir. Et en fait, il a eu, il a une existence mondiale, il est sélectionné et fait savoir au monde entier. Là, il va être en Roumanie, il a été aux Etats-Unis, mais en France, aucun festival ne l’a sélectionné, je tiens à le dire. Donc voilà, ça fait partie des problèmes qu’on a en France. Enfin, évidemment, le film, il ne faut pas le griller en faisant des projections sauvages comme ça, il essaye d’avoir une vie
Il faut expliquer à ceux qui nous écoutent les festivals, la plupart du temps demandent la primeur ou alors la primeur mondiale, parfois la primeur nationale, parfois la primeur régionale. Mais si le film est déjà diffusé en sauvage ici ou là, hyper, malheureusement, c’est un truc débile. Mais bon, ceci et l'écosystème ainsi que l’a fait le remarquer j’imagine essayer de le placer dans des festivals
Alors là, je crois qu’il a fait un peu le tour des gros festivals qui étaient nécessaires pour faire connaître le film, qui n’a pas de moyens, et donc ça se passe à l’international. Et donc il reviendra en France après avoir fait son sa vie internationale qui se passe plutôt très bien
Est ce c’est spoiler si je te demande si sa blessure fait partie du film ? Non, ne répond pas, mais, rappelons juste. Ah bon ? Juste que Florent Marcy avait été avait été touché à la joue, par une balle, une cartouche de LBD devant le musée d’Orsay dans l’un des actes des gilets jaunes. Et c'était en fait la seule fois où je l’ai rencontré, c’est qu’on s’est retrouvé tous les deux à Strasbourg, au Parlement européen, pour témoigner de ce qu'était fait aux gilets jaunes à ce moment là par la police française. Et effectivement, c’est un mec éminemment sympathique je crois, un peu farouche, un peu sauvage.
Hors circuit, totalement rincé.
Tu sais, c’est drôle parce que j’avais une discussion avec lui et en fait y m’avait convaincu que c'était bien au cinéma qu’il fallait aller et non et non pas la télé.
J’ai pu entendre parler de ça plus longtemps, mais il a connu d’ailleurs un moment incroyable quand on a fait ses débuts avec lui, sur le Monde du 11 septembre. Ce qu’il a filmé les talibans avant le 11 septembre à Kaboul, en février en Afghanistan, en montrant ce qu’ils allaient faire parce qu’ils ont dit on va attaquer les Etats-Unis et tout le monde s’en foutait à l'époque. Sauf que, après le 11 septembre, tout le monde s’intéressait à ces sujets et donc ça a fait Envoyé spécial Lui, il a pris le fric, il a distribué en Afghanistan ce mec est extraordinaire. Il est reparti là bas avec des liasses de billets, Il a distribué partout, il a continué à tourner comme il fallait, c’est-à-dire sans ronds avec quelques centaines d’euros, dormant par terre, sur une couverture, n’importe où. C’est le mec. L’exception ne compte pas beaucoup dans la vie des gens comme ça dans le monde. C’est aussi assez militant de le soutenir, comme on peut essayer d’en parler autant que possible. On trouve qu’il est vraiment jamais assez connu et son cinéma surtout gagne à être connu. Et malheureusement je pense que c’est très difficile de faire ce qu’il fait.
Mon cher Olivier Lila nous dit : ce thème du jeudi est très intéressant. Plume d’Oie nous dit que c’est passionnant. Merci à vous, vivement la suite nous dit-on merci infiniment à mon cher camarade Azam Olivier.
Salut !
