Cinéma français : sa crise, ses luttes. Avec la Société des réalisatrices et réalisateurs de films
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Alors voilà, j’ai devant moi trois réalisateurs et réalisatrices de films et ils m’ont demandé, ce sont les seuls invités. Au bout de 620 invités à me demander comment ils étaient cadrés, on voit là les professionnels. Aujourd’hui, on va parler du cinéma d’auteur. Tellement honni ce cinéma d’auteur. Et d’autres disent qu’il est à la croisée des chemins. Crise économique, défection publique, bataille politique. Quid de la continuité des revenus des artistes auteurs, autrice ? Quelle part prendre dans la dette ? D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi on dit autrice et pas autrice, mais on verra par prendre dans la bataille contre Bolloré qui détient Canal+, le grand argentier historique du cinéma. Comment contrer les raids fachos sur Allo ciné, Instagram et autres Et les violences sexistes et sexuelles ? Où commence la résistance ? Où s’arrête la complaisance ? Et la production verte dans tout ça ? La production carbone, c’est monsieur qui s’occupe de ça. Vœu pieux ou réel possible ? Au poste a donc la joie de vous recevoir. Vous préférez que je dise relais et réalisatrices, réalisateurs et réalisatrices, qu’est ce que vous préférez ? Parce que ça fait pas longtemps qu’il y a le mot réalisatrice, Élisabeth, dans votre nom ?
Oui, ça fait à peu près un an. On s’est bien battu entre filles, surtout à la SRF, pour que les réalisatrices, c’est difficile à dire, apparaissent clairement dans l’intitulé de la SRF pour les visibiliser. Parce que ce qui n’est pas nommé n’existe pas, c’est bien connu. Et effectivement, aujourd’hui, les auteurs et les autrices on dit autrice. Pourquoi on dit autrice ? C’est simplement la contraction d’auteur et autrice. Donc on fait un seul mot pour nommer les hommes et les femmes autrice de films, de livres, etc. Toute cette grande famille des artistes et des autrices.
Alors vous êtes tous les trois des réalisatrices et des réalisateurs.
Auteurs, réalisateurs.
Auteurs, réalisateurs rices.
On peut dire cinéastes.
Si on peut dire. Ça a joué, bien joué, on peut dire des cinéastes. Il faut rappeler ce que c’est la SRF, Ça arrive en 68 mai 68. Il y a quelques uns de vos aînés qui disent c’est quoi ce bordel à Cannes ? Pourquoi on fait Cannes alors qu’il y a la Révolution à Paris et ailleurs ? Et de là, la SRF Secret, c’est ça ?
Oui, c’est un ancrage politique très fort dès le début. La SRF, c’est déjà à droite. c’est une association qui est regroupe à peu près je crois 450, un peu plus de 450 mêmes cinéastes qui vont, qui sont dans tous les formats et dans tous les genres, c’est à dire à la fois du court métrage, du moyen métrage, du long métrage, du documentaire, de la fiction, de l’animation, parfois même de l’expérimental. Et on travaille sur tous les sujets graves, importants ou complètement futiles, liés au cinéma. Quand je dis futile, ça peut être du pur plaisir. On a par exemple un ciné club de la SRF et on a des groupes comme ça qui sont liés au vrai plaisir du cinéma, au plaisir de la salle, au plaisir de se rencontrer, au plaisir de partager. Il y a des écoles de la SRF, il y a des ateliers de la SRF et il y a donc tous les sujets qui concernent le financement du cinéma, l’encadrement du cinéma, notre rapport au CNC, nos rapports aux distributeurs, aux diffuseurs, etc. Et puis surtout, oui, tout ce qui encadre le travail des autrices justement, tout ce qui, tout ce qui va encadrer aussi les tournages, à la fois effectivement sur le problème des VHS ou à partir depuis quelque temps, en tout cas sur la question de l'écologie. Tout ça sont des chantiers qui sont des chantiers ouverts et continus, on va dire à la SRF, représentée par des groupes de travail, qu’on décide un peu nous mêmes chaque année, dont certains sont des groupes hyper anciens, d’autres sont des groupes tout nouveaux. Et voilà.
Camelle dans le tchat te dit que tu penches un peu trop à gauche, c’est-à dire que ton oreille masque. C'était bien la peine de demander comment vous étiez cadré.
C'était pour savoir si on pouvait avoir des ordis là pour.
Avez vous fait.
Antisèche ? Ou si ça va.
Bien, vous pouvez avoir des TD, des antisèches.
Où il faut rajouter la SRF et aussi filles de la politique des auteurs, c’est-à-dire la politique des auteurs. C’est ce qui dit que l’auteur d’un film c’est le cinéaste. Le réalisateur c’est pas le scénariste, ce n’est pas les acteurs, ce n’est pas le producteur, c’est la place. La centralité, c’est nous. On défend la centralité du réalisateur dans le cinéma et on est là aussi. Et c’est dans les statuts de la SRF pour défendre la liberté de création, de diffusion des œuvres.
Voilà Liberté des auteurs et des autrices parfois à l'étranger, qu’on peut soutenir aussi. Liberté qui est plutôt mise à mal en ce moment. On va on va dire. Alors pourquoi Au poste invite des gens nantis ? Ah oui, dans le cinéma, c’est très riche, Vous avez plein de pognon, Qu’est ce que vous foutez poste ? Est ce que vous voulez répondre à ça ? Parce que peut être qu’il faut simplement, avant d’entamer les dossiers dont on a parlé, expliquer non pas vos revenus, mais le financement du cinéma. Quelle est la réalité de tout ça ? Parce qu’il y a énormément de fantasmes, de saloperies qui alimentent d’ailleurs une partie de ce dont on va parler tout à l’heure.
Ouais, je peux peut être démarrer justement sur la question des auteurs, les autrices, euh, les nantis, les nantis du cinéma, les nantis de l’art et de la culture. Ben c’est un petit peu pour démonter, pour démentir cette idée reçue d’auteurs autrices qui se gavent d’argent public, qui se gavent de droits, d’auteurs qui se gavent et qui sont absolument nantis et ont une vie formidable. Voilà, en fait la réalité, c’est pas du tout celle-là. La réalité, c’est que bien que les auteurs, les autrices, les artistes soient à l’origine de tout œuvre, il n’y a pas un film, il n’y a pas un livre, il n’y a pas un spectacle sans auteur, sans autrice. C’est eux qui font vivre les secteurs de la culture, tous les secteurs du cinéma, de l'édition, de l’art contemporain, etc. Des secteurs qui génèrent des centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires. Je crois que c’est bon. Je ne sais pas trop. Les chiffres, c’est énorme qui génère des centaines de milliers d’emplois. Je crois que c’est à peu près 650 000 emplois dans le secteur de la culture. Mais eux, ce sont les plus précaires, ce sont les auteurs et les autrices qui sont pourtant le pilier de tous ces secteurs. Sans eux, il y aurait rien de tout ça. Alors en termes de chiffres, on peut, on peut dire que à peu près 75 % des auteurs et des auteurs tous secteurs confondus, on parle des photographes, des arts plastiques, des cinéastes, bien sûr, des chorégraphes, Enfin, tous les gens qui créent 75 % des auteurs et des autrices gagnent moins de 10000 € par an de revenus d’auteur. On est loin de la richesse. Et il y a à peu près, je crois, que c’est 10 % qui vont au delà de 27 000 € par an. Donc vraiment, c’est le revenu médian des Français, 10 % qui atteignent le revenu médian. Donc on est loin, on est très loin du compte. Alors pour rentrer un petit peu dans les détails, comment on a pu en arriver là ? Parce qu’il y a le mythe de l’auteur pauvre, oui, mais c’est un peu inhérent à sa condition, etc. Eh bien non, en fait, c’est tout simplement lié à un mode de rémunération. On est rémunéré en droit d’auteur. Alors le droit d’auteur, c’est un droit, un droit moral, un droit de la propriété sur une œuvre, un droit de propriété morale sur une œuvre qui permet de protéger les œuvres. Et c’est tout à fait eux. Heureusement que ça existe, mais c’est un droit qui. Ce sont des droits qui tombent une fois que l'œuvre est achevée, c’est-à-dire qu’on est payé au résultat. En fait, on est payé au bénéfice des œuvres que nous avons, que nous avons créées, en l’occurrence des films, même si dans le cinéma il y a des avances, des minimums garantis, etc. Mais ça intervient souvent assez loin dans le processus de création. Et puis sinon c’est annexé au droit de diffusion en salle ou à la télévision. Donc tout ça c’est très bien, sauf que voilà, c’est annexé sur les résultats, sur les bénéfices. Donc ça veut dire que les films qui rapportent le plus d’argent, les auteurs gagnent de l’argent, mais tous les autres. Et c’est énormément de gens qui ont des diffusions confidentielles, parfois pas de diffusion du tout, des projets qui n’arrivent jamais à terme. Enfin, ça fait partie du lot du lot commun. C’est tout à fait des processus de création. Et donc.
Effectivement, tout ce que tu dis n’existe que quand le film se fait. Voilà ce qui est déjà une petite portion du travail de tous les auteurs et de toutes les autres. Énormément de films sont écrits. Travailler pendant des années ne se fait pas, auquel cas ils ne généreront pas les droits d’auteur dont parle Élisabeth.
Voilà. Donc ça veut dire qu’il y a le droit d’auteur protège l'œuvre mais ne protège pas les travailleurs et les travailleuses qui ont œuvré pendant ou pendant des mois, voire des années pour pour créer cette œuvre. Donc il y a un impensé, c’est le travail de l’auteur. Et donc à quelques uns depuis quelques années, il y a quand même des gens surtout qui viennent des arts plastiques qui se sont proclamés. Nous sommes des travailleurs de l’art, des travailleurs et des travailleuses de l’art, ce qui permet aujourd’hui de penser le droit social, les droits sociaux des auteurs. Donc c’est comme ça qu’on est arrivé avec plusieurs organisations professionnelles, syndicats, donc les gens des arts plastiques, le Snapcgt par exemple, le CNT Asso, donc des gens plutôt des arts plastiques, mais aussi des auteurs de livres, etc. Le Parti communiste aussi, qui nous a bien aidé sur ce coup là à travers un député.
Alors, Pierre Dharréville, là, tu vas directement sur le sujet de la comptabilité, mais on en reparlera après.
Simplement, voilà, on arrive aujourd’hui à penser aux droits sociaux pour les. C’est nouveau et c’est assez révolutionnaire, mais on y reviendra tout à l’heure.
Voilà, voilà. Je voulais ajouter quelque chose.
Non, c'était pour parler du financement du cinéma, puisque c’est un peu la question que tu posais. Les films sont financés pour une part, non pour une part d’argent public.
Et donc ?
Pour une part d’argent public, pour une part d’argent privé pour ce qui est l’argent, l’argent public, c’est un fonds qui est géré par le CNC, qui redistribue de l’argent, donc ramasse le CNC. Et cet argent qui qui abonde le CNC provient d’une taxe qui est ce n’est pas un impôt, c’est une taxe qui est payée, qui est prélevée sur le billet d’entrée des spectateurs de cinéma et sur la vente des films dans les chaînes de télévision. Donc, c’est le cinéma qui finance le cinéma. En fait, c’est le spectateur de cinéma qui finance les films à venir. Évidemment, plus il y a d’entrées une année, plus le CNC a de l’argent à redistribuer l’année d’après dans les films à venir. Donc c’est un des endroits. Voilà Donc quelqu’un qui ne va pas au cinéma ne finance pas le cinéma, ça il faut le savoir, c’est très important.
Donc ne dites plus si c’est un film de merde financé par nos impôts, c’est pas les.
Impôts.
Alors il y a quand même de l’impôt qu’il y a quand même. Pour être tout à fait honnête et pour déplier l'étape.
Il faut la faire.
Il y a deux endroits où l’impôt arrive, c’est le crédit d’impôt. C’est-à -dire des tournages qui viennent en France peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt au producteur. Ça attire autant des productions étrangères que des productions françaises. C’est pour faire travailler les techniciens français, les hôteliers français, les transporteurs français pour attirer des tournages. Donc c’est de l’argent qui est redistribué. D’une certaine façon, on crée des impôts dans l’activité et le deuxième endroit où il y a de l’impôt, c’est dans les aides régionales. Les régions, les collectivités locales financent aussi le cinéma.Et souvent il y en a. Il y a toujours des critères pour régionaliser les aides. C’est à dire qu’il faut que l’argent qui est donné à un film soit dépensé dans la région. Donc c’est pour là aussi attirer des tournages. Et souvent il y a même des critères. Si l’argent, si une région donnée mettons, 1 000 €, il faut dépenser 1 500 € dans la région. Donc en plus le c’est pour attirer. Donc c’est de l’argent, c’est aussi une subvention, c’est une subvention qui vient de l’impôt, mais qui qui, qui bénéficie aux acteurs locaux ? Pareil, les techniciens évidemment locaux, mais aussi les hôteliers, mais aussi les transporteurs, mais aussi les restaurateurs puisqu’un tournage, c’est des gens qui viennent vivre pendant un certain temps pour faire le film.
Donc ça, c’est quelque chose qui a été chiffré même à un moment. Et c’est vrai que la répercussion des aides régionales qui effectivement viennent, celle-là, de l’impôt sur les travailleurs en région notamment, est absolument colossale. Comme dit Christophe, sur les hôtels, les restaurants, les gens qui vont venir faire de la figuration, les transports, effectivement, tout ça c’est quelque chose de colossal Et juste par rapport à ce que tu disais sur le CNC qui est financé par cette taxe, le prix sur le billet, etc. Faut quand même se rappeler à quel point ça c’est une énorme victoire politique de l’après-guerre, puisque c’est le moment où le cinéma hollywoodien veut absolument inonder le marché international mondial des films hollywoodiens et la France. Et à ce moment là, il peut être le seul, je crois, un pays qui résiste à ça et qui dit très bien mais on prendra une taxe et Hollywood résiste et dit Hors de question. Nos films, c’est nos films, nos bénéfices et nos films, c’est nos bénéfices. Et l’Etat français à ce moment dit c’est ça ou rien.Donc soit il n’y a pas de films américains en France, soit il y a des films américains. Nous prendrons une taxe sur tous les films, pas que les films américains, mais sur les vôtres qui feront sûrement beaucoup d’entrées. Ce sera une taxe qui représentera une somme importante. Hollywood a finalement accepté ça et c’est quand même une immense victoire politique qui a fait que la France, encore aujourd’hui, donc plus de 70 ans après, ça, est encore la troisième cinématographie du monde, alors qu’on est quand même très loin d'être la troisième déjà population ni puissance du monde. Donc si notre cinématographie est aussi riche, si notre vivier d’auteurs et d’autres est aussi riche, vivant et diverse, si le système du cinéma français est engagé dans le monde entier, il a notamment été copié il y a quelques années par la Corée du Sud et tient tout d’un coup On a jamais entendu parler de la Corée du Sud et tout d’un coup on a Parasite Hong Kong, Sun, etc. C’est parce qu’ils ont copié ce système incroyablement intelligent, redistributif, solidaire et incroyablement malin du cinéma français de l’après-guerre. Donc c’est avant tout quand même une grande victoire politique.
Et faut insister sur le fait qu’il y avait un consensus politique de tous les partis à l'époque pour ce système, en fait de la droite et de la gauche. Ça, c’est très important de comprendre que la défense du cinéma, du cinéma français, cette façon vertueuse de faire circuler l’argent et de financer la création, c’est un consensus et ce consensus est peut être en train de se fissurer. C’est ça. Dans les temps.
Actuels, c’est la merveille des unions. De l’après-guerre.
Il me semble que le CNC donne la parole. C’est vrai qu’au départ, le CNC est une émanation du ministère de l’industrie et pas de la culture. On voit bien que c’est quelque chose de massif et qui aujourd’hui perdure encore. Tu voulais dire quelque chose en.
Disant je voulais juste rajouter quelque chose, non pas pour modérer un peu l’enthousiasme et qu’heureusement qu’on a le CNC et c’est grâce au CNC qu’on arrive à faire des films. Mais il faut quand même rappeler que la majorité des aides distribuées sont des aides sélectives extrêmement sélectives. C’est à dire qu’il y a bien moins de gens qui a moins de 10 % des dossiers déposés qui ont une aide. Alors, les aides les plus sélectives, ce sont les aides attribuées aux auteurs. Il y a une seule lettre qui est une aide automatique qui s’appelle l’aide à la conception, mais qui est liée au fait d’avoir sorti un film l’année d’avant, etc. Sinon, ce sont des aides au décret, à l'écriture, au développement qui sont attribuées aux autrices. Mais, mais voilà, ce sont des concours à chaque fois. En fait, on peut dire qu’on passe notre vie à passer des concours extrêmement difficiles sans aucune garantie, avec un travail en amont considérable et là encore une fois très peu rémunéré. Donc voilà, c’est le CNC, c’est super et heureusement qu’il est là. Mais effectivement, il y a quand même encore tout, toute cette notion de travail en amont, pas ou peu pris en charge.
C’est un secteur ultra concurrentiel en fait, ça c’est sûr.
C’est-à-dire que vous êtes concurrents.
On est peut être concurrents, on est peut être très amis, très proches. Ma compagne est cinéaste. On s’est retrouvés concurrents dans une danse par exemple, par exemple, où il y a eu un taux de 10 % de réussite. Alors.
On est pour le désordre, mais pour la paix des ménages, donc on ne va pas non plus. Et l’honnêteté commande de dire d’ailleurs que nous sommes concurrents puisque je suis où j’ai aussi cette casquette de réalisateur et comme vous, j’ai complètement oublié de le préciser. Mais je pense que c’est important de dire comme vous, j’ai été membre du conseil d’administration élargi de la SRF. Vous, vous êtes. Vous êtes membre du bureau et élargi aussi à tous les trois. Non, non.
Moi je fais partie du C.A du même bureau.
C’est pour vous ! La vache, c’est le respect.
C’est avant.
Moi, c’est. Et donc ça avait gagné contre ta femme ou pas ? C’est quoi l’histoire ? Ça ne nous regarde pas.
On n’avait pas eu tous les deux très bien.
Permettez de pester ensemble.
Ça c’est beau ça. C’est très beau aussi cette solidarité dans la défaite. Magnifique. Bon, très bien.
Donc voilà, j’ai sur l’histoire des nantis aussi. C’est une image qui est, qui est une image qui cherche à détruire, qui cherche à rassurer, qui cherche à décrédibiliser et qui est particulièrement pénible. Quand on voit. Là je peux parler du cinéma, mais on peut aussi parler du théâtre aussi. Un où dans le théâtre quand même, l’immense majorité, c’est avant tout des mois et des mois de répétitions pas payés donc le plus souvent quand même, les comédiens, les comédiennes sont payés aux représentations mais ne sont pas arrivées le matin pour réciter leur texte le soir. Il y a un travail colossal. De la même façon, les auteurs, les autrices. Parfois, on peut être impressionné par la somme allouée à un scénario, je ne sais pas, par exemple 20 000 € pour un premier scénario ou 15 000 €. Oui, mais il faut imaginer que c’est étalé. Déjà, c’est brut et il faut imaginer en plus que c’est étalé sur deux ans, parfois trois ans, avec des versions permanentes qu’on nous redemande après. Après une a eu un échec au CNC ou à une des commissions dont parlait Christophe Élisabeth. Donc c’est ça aussi quand même la vérité.
Oui, oui, bien sûr, bien sûr. Alors justement, il y a Ronan dans le chef qui dit que c’est une industrie. Est ce que le malentendu, il n’est pas là ? C’est que c’est une industrie qui repose sur des artisans. Le réalisateur, c’est un artisan on va dire. Tout le monde est artisan, on fait à peu près par le producteur.
Ça a toujours été, ça a toujours été les deux, ça a toujours été et une industrie et un art en fait, oui, quelque part de l’artisanat, c’est une industrie du prototype d’une certaine façon. C’est-à-dire qu'à chaque fois, et c’est bien ce que veulent changer les majors en essayant de sérialiser les façons de faire les films, de les écrire et de les produire. Mais nous, dans ce qu’on fait, nous, dans le cinéma d’auteur, c’est effectivement une industrie, c’est un film, ça coûte de l’argent et c’est incompressible. Et il y a des dépenses incompressibles, mais c’est un prototype à chaque fois, donc à chaque fois, il faut recommencer à zéro. D’une certaine façon. C’est ça qu’il faut comprendre. La fragilité de ce système, il est là.
Alors on va aborder la question de la politique parce que tu disais ça se fissure, et notamment dans les aides régionales, comment le Rassemblement national est en train de redistribuer les cartes du cinéma français ? On va en parler, mais peut-être pour boucler la boucle sur la question des auteurs. En fait, vous menez un combat avec le PC et d’autres sur l’idée de faire un peu des auteurs, la même chose que les comédiens. C’est-à -dire une forme d’intermittence et une forme d’intermittent. Alors, ce que tu disais au théâtre. Les répets ne sont pas payées ici pour. Pour les comédiens. D’une certaine manière, l’intermittence du spectacle, c’est une façon de.
Dans le cas de comédiens ou de comédiens qui auraient fait suffisamment d’heures, il y a des gens sensés dans une très grande précarité. Je veux dire, être acteur actrice aujourd’hui, c’est pas forcément faire ses heures. Certains, c’est faire ses heures. Et pour ces gens là, effectivement, quand les répétitions ne sont pas payées par la compagnie, le théâtre ou quoi qui les engage, ça peut être couvert par l’intermittence, En aucun cas l’intermittence. C’est quelqu’un qui est sur une plage à Goa en train de regarder les doigts de pieds. Alors ça existe peut être, mais pourquoi ?
Pourquoi aller à Goa pour faire ça ?
Au fond, je ne sais pas, c’est un peu l’image typique.
Typique le cinéma. Ouais, voilà, faut tout.
A tout de suite.
De gars
Voilà. Non, je ne pense pas qu’il y ait ça. Moi personnellement, je ne connais personne qui profiterait de ça pour strictement rien faire. Je ne vois que des gens qui travaillent. Alors c’est vrai aussi, parfois il y a un malentendu sur le fait qu’il y a quelque chose qui est parfois notre faiblesse d’ailleurs, c’est qu’on aime ce qu’on fait et l’amour de ce qu’on fait parfois nous fait accepter des conditions nous et parfois peut être un levier pour nous faire faire quand même aussi des choses, nous et mais aussi techniciens, techniciens, non ? Voilà, donc je pense que le combat d’Elisabeth, il est particulier,
Alors Élisabeth, on t'écoute.
Non mais c’est vrai qu’on peut dire on aime notre métier, du coup on est prêt à travailler à n’importe quelle condition. Mais c’est aussi parce qu’il y a un défaut de protection sociale. Il faut, il faut quand même remettre un peu les choses en place. C’est parce que tout simplement, on n’a pas le choix. Alors nous, effectivement, on a. Parfois, on est intermittents quand on quand on réalise un film, on est, on est payé en tant que technicien pendant le tournage, donc on a une phase d’intermittence, mais elle ne dure pas, alors elle dure douze mois. Mais comme on ne fait pas un film par an pour la majorité d’entre nous, eh bien l’intermittence s’arrête au bout d’un moment. Et la très grande. Alors ça c’est la partie. Donc les techniciens, les interprètes ont cette intermittence, mais les auteurs et les autrices et les artistes n’ont pas du tout d’intermittence. Ils sont, ils sont payés, comme je disais, au résultat donc de l’exploitation de leur œuvre ou bien à la pièce pour ce qu’ils sont, je ne sais pas, graphiste, etc. Et puis, et donc il n’y a pas, il n’y a pas, il n’y a pas de protection sociale, il n’y a pas de filet de sécurité, il y a rien du tout, si ce n’est les minima sociaux, bien sûr. Et d’ailleurs il y a les auteurs de bande dessinée, pour la grande majorité d’entre eux à Angoulême, sont aux minima sociaux, ce qui est quand même assez, assez aberrant. Donc effectivement, avec certains camarades.
Vous n’avez pas droit aux congés payés, au chômage. Les accidents du travail ne sont pas reconnus, les maladies professionnelles ne sont pas reconnues, c’est ça ? Voilà, c’est ça. Alors il y a la Sécu, il y en a.
La sécu, voilà. Alors ça, c’est aussi un droit. Je crois que c’est dans les années 70-60, 70 quand même, parce que dans la mesure où effectivement le droit d’auteur n’est pas, n’est pas concédé, n’est pas un salaire, donc c’est une avance sur les droits de l’exploitation des œuvres. Il n’y avait pas, rien du tout. Donc on a quand même réussi à avoir la sécurité sociale, donc le minimum retraite, famille, maladie, etc. Et puis donc aujourd’hui, l’idée d’un certain nombre de mes camarades, c’est d'étendre ces droits sociaux à l’assurance chômage et de faire entrer les artistes autrices dans l’assurance chômage à partir d’un certain nombre d’heures. Parce qu’en fait, comment ça marche ? Pourquoi est ce que nous, on a droit à la retraite, à la sécurité sociale, etc. C’est simplement que nos revenus d’auteur et d’autres sont convertis en heures SMIC, c’est juste une conversion qui permet d’avoir des droits, des droits sociaux et donc c’est tout. Ce sera tout à fait possible de convertir ces rémunérations en heures SMIC, ce qui nous donnerait un seuil pour entrer dans l’assurance chômage. Et donc c’est le combat qu’on est en train de mener en ce moment, avec le soutien d’un certain nombre de députés. Donc en fait, c’est un député du Parti communiste qui s’appelle Pierre Dharréville, qui avait déposé le premier cette loi à l’Assemblée nationale.
Donc, une proposition de loi.
Voilà qui a été déposée aujourd’hui. Ce député est un député sortant, malheureusement, mais le combat est repris par d’autres députés du Parti communiste. Aujourd’hui, c’est soumis à un boiras qui reprend la suite. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’à priori, il y a quand même un consensus au niveau des députés lorsqu’on n’a pas encore la majorité. Mais c’est une loi, une proposition de loi qui serait transpartisane, c’est à dire qu’il y a même des gens de droite qui soutiennent ça, c’est à dire qu’on leur dit Oui, bien sûr, quand vous lisez un livre, quand vous allez au cinéma, vous êtes bien content que ça existe.
Est ce que certains écrivent des livres ? Oui, c’est même l’ex ministre de l'économie qui est un grand. Lui, ça l’intéresse.
Oui, bien sûr.
Mais je ne pense pas qu’il soit un habitant de droit au chômage, surtout avec. Mais bon. En tout cas, il y a. Et donc ça suit son chemin à l’Assemblée nationale. La difficulté, c’est en fait que, et même au Sénat, le Sénat va déposer aussi cette proposition de loi. Donc en fait, on est dans les deux chambres et ça, ça chemine, s’achemine. Alors, ce qui est intéressant, c’est que c’est une proposition qui vient des organisations professionnelles, donc de la société civile, d’un député. On va voir jusqu’où on arrive à aller. Est ce que la société civile arrive un peu à arriver à proposer et à faire voter une loi ? Ce serait. Voilà, c’est ça, ce serait quand même assez formidable. Et ce qui est intéressant aussi, derrière cette proposition de loi que nous, on appelle continuité de revenu, on ne dit pas on veut, on veut le chômage, on veut une continuité de revenu comme un droit à la continuité de revenu, c’est à dire que c’est l’idée qui est derrière ça, c’est de décorréler la notion de la rémunération du contrat de travail et même du lien de subordination. C’est à dire qu’on dit on a droit à une rémunération continue, indépendamment du fait qu’on soit sous contrat de travail ou non et qu’on soit lié par un lien de subordination quelconque avec le patronat quelconque. Donc c’est ça qui est intéressant, c’est ce levier qui vient, cette pensée qui vient de chez Friot qui nous a inspiré pour arriver jusque là. Parmi nos camarades, il y a quelqu’un qui s’appelle Aurélien Cattin, qui a écrit un livre qui s’appelle « Notre condition ». Donc ça nous a donné les outils pour penser cette continuité de revenu. Et ça, c’est assez révolutionnaire. Et si c’est une idée, ça peut cheminer.
Ça se rapproche de l’idée du revenu universel.
Du revenu à la personne, le revenu à la personne qui va, qui est décorrélé.
Est ce que vous pensez que le temps, l'époque se prête à ce genre de débats ? Est ce qu’on pourrait. Est ce qu’on pourrait dire que les artistes sont à l’avant garde du droit social et donc portent cette idée que finalement chacun devrait avoir droit à un revenu minimum, une continuité de revenu ? Mais est ce que vous pensez que l'époque se prête à ça ?
Ben en fait, le paradoxe, c’est qu’en général, les artistes auteurs sont très peu mobilisés pour leurs propres droits sociaux. Vu le niveau, vu le niveau où on en est aujourd’hui, c’est dire qu’on a droit à rien à part la sécu. Mais voilà. Donc pour une fois, on se mobilise et tous secteurs confondus. C’est dire qu’il y a, il y a les arts plastiques, la musique, les phares, les compositeurs de musique, il y a tous ces gens, on est tous ensemble. Donc ça c’est déjà c’est une première. Et en plus, effectivement, c’est une avant garde. On va dire que c’est une avant garde en termes de propositions. Et ce qu’on se dit, c’est qu’aujourd’hui il faut, il faut des propositions audacieuses, ambitieuses au niveau du droit social pour mobiliser les gens. Il ne s’agit pas juste de conserver les acquis qui sont des conquis, mais c’est essayer de faire de nouvelles propositions. Aujourd’hui, on voit bien, même avec l’intelligence artificielle, à quel point nos métiers sont menacés. Et c’est partout pareil. On a besoin de vivre avec une sécurité de revenu. Voilà. Et ça, ça, ça concerne plein de gens. Et je pense que c’est tout à fait le moment de le proposer à un moment donné où il y a très peu de. Il y a très peu d’idées nouvelles en ce qui concerne le travail, on est toujours dans un espèce de vision le cdi, le machin, la valeur travail.
Attention au micro, attention au micro parce que là je vois qu’ils partent tous les deux là, les garçons. Est ce que vous savez combien vous êtes en France ?
On est 350 000
J’ai dit aux garçons, je me doutais que tu avais la réponse. Combien il y a d’auteurs. J’ai lu sur le site de la SRF qu’il y a eu, selon l’URSSAF, 354 000 artistes auteurs autrices en France. C’est énorme.
Tout milieu confondu et on ne parle pas du.
Tout milieu confondu. Mais c’est quand même. C’est une très belle ville.
La grande majorité des écrivains, c’est des gens qui écrivent en fait.
Je crois bien, y a ces trois là.
Non, pas du tout. Au contraire.
J’ai eu peur, j’ai eu peur.
Au contraire.
Ce sont des gens qui peuvent. Ah oui, voilà, Souvent ils ont un autre métier à côté puisque, comme on l’a expliqué, c’est extrêmement compliqué de vivre avec un sous niveau, même pas dix zéro 0 € par an.
Il faut peut être bien expliquer qu’on a on a deux casquettes. Nous, en tant que cinéaste, on a une casquette d’auteur et une casquette de réalisateur technicien. On sait, on a. Donc on a deux types de revenus. Nous, à la SRF, les réalisateurs à monter, j’avais l’impression.
Ce que j’essaie de dire rapidement.
C’est qu’on est en tant que réalisateur, techniciens. On est rémunérés par des salaires quand on fait le film ou qu’on le prépare, ou après on est en montage et on a en plus des revenus d’auteur puisqu’on considère qu’on fait une création. Les scénaristes qui travaillent avec nous, des fois, c’est nous qui écrivons le scénario, des fois on a des scénaristes, on écrit ensemble en tant que scénariste, on est rémunéré que par des droits d’auteur. C’est ça qu’il faut bien comprendre. Donc il y a ces deux types de rémunération. La rémunération de salaire ouvre droit à l’intermittence. Les autres types de revenus, comme vient de l’expliquer, ne donnent pas encore droit à l’intermittence. Voilà ce que je voulais préciser pour que ce soit bien clair. En fait, je voyais passer des messages.
Oui mais tu fais bien.
Alors que tout à l’heure quelqu’un demandait si ici aussi, les musiciens, tous les créateurs. Les compositeurs de musique sont des artistes, auteurs, autrices. Voilà, je ne sais pas s’il y a d’autres questions.
Les droits d’auteur, ça peut avoir deux. Enfin, il y a deux moments du droit d’auteur. Quand on est quand on écrit un scénario, il y a ce qu’Elisabeth a appelé tout ce qui s’appelle qu’Elisabeth a nommé tout à l’heure le minimum garanti. C’est à dire que là, on est engagé par une production, soit nous auteurs, réalisateurs, autrices, réalisatrices ou soit juste le ou la scénariste, et là donc on touche un minimum garanti, c’est à dire il est garanti, quand bien même le film ne serait pas. C’est la suite de la phrase, donc une somme x qui est, qui est négociée et qui est évidemment beaucoup plus importante quand on est un cinéaste important et qui est beaucoup plus basse quand on commence. C’est le premier rapport qu’on a aux droits d’auteur, donc c’est une somme qui va couvrir éventuellement le temps de l'écriture. Et après il y a les droits d’auteur qui, eux, sont ce qu’on touche. Une fois l'œuvre finie est diffusée, qui vont venir, eux, des revenus, ça et éventuellement quand il y a un bénéfice, mais qui vont surtout venir des diffusions de télé. Or c’est ces sommes là qui peuvent être parfois des sommes importantes, sont très, très loin de représenter tous les films. Encore faut il avoir eu un préachat deux, par exemple Canal+ de France Télévisions ou que sais je. Ce qui n’est évidemment pas du tout le cas de tous les films. Beaucoup de documentaires notamment, mais beaucoup de fictions qui vont être des plus petits budgets, etc. Non pas c’est préachat de grandes chaînes ou alors vont avoir des prés achats de plus petite chaîne ou le rapport minute est beaucoup plus bas. Donc là encore, quand même, il y a, il y a un fantasme. Donc effectivement, quand on est un cinéaste qui fait, je ne sais pas, un film tous les ans ou tous les deux ans, avec à chaque fois une télé attachée, alors là oui, on est riche, voire très riche. Enfin en tout cas, on est très confortable. C’est une poignée de cinéastes.
Alors ça, ça nous permet d’aller sur Bolloré, si je puis m’exprimer ainsi, puisque effectivement, la timbale décrocher la timbale, ça a longtemps été, pour les auteurs comme pour les réalisateurs, les diffusions sur Canal plus. D’abord parce que Canal+ a obligation de produire un certain nombre de films à deux films par an. Je vois que les antisèches sont de sortie, donc là, on va voir.
Pour être précis.
Et puis après, effectivement, Canal plus, la multidiffusion fait que bien on peut toucher pas mal d’argent sur un film, mais c’est l’exception qui confirme la règle. Sauf que voilà, là on sort du champ auteur.
Là aussi, comme l’après guerre, c’est au départ, on peut parler d’aujourd’hui, mais c’est au départ une très grande victoire politique à l'époque de Jack Lang, à la création de Canal+ notamment, où d’accord, une télé privée va pouvoir s'émanciper, on va dire, de la chronologie des médias qui existait à ce moment là pour passer les films très peu de temps. Je crois que c’est à l’ouverture de Canal plus. C’est un an, je crois qu’on a été un an pile, La presse est sortie en salles, mais de la même façon qu’il y a eu un mais avec le rapport avec Hollywood. Mais le gouvernement français exige une contrepartie qui est le financement obligatoire d’une très grande partie des films français à ce moment là pour que les films français ne soient pas fragilisés dans leur sortie en salles par le fait que les spectateurs ou les téléspectateurs vont savoir qui sera beaucoup plus vite qu’avant sur un écran de télé. Donc, c’est au départ une très grande victoire puisque même s’il y a un petit creux, la fréquentation à la création de Canal+, parce qu’il y a un effet de nouveauté, un peu comme il y a eu au moment des plates formes, il y a un retour de la fréquentation, je crois, quatre ou cinq ans après la création de Canal plus, qui même dépassé le stade de fréquentation de l’avant Canal+ en salles, tout en étant en coexistence avec Canal+. Donc à l'époque, c’est une très grande victoire et surtout une plus de richesse. Les films sont non pas perdus en salles et sont également visibles ailleurs.
Donc là on parle de la fin des années 80, on parle de 84 sur Canal plus, donc jusqu'à la fin des années 80. En tout cas, on retrouve une sorte d’une fréquentation très élevée. Et alors là, il y aurait évidemment beaucoup de choses à raconter sur le pognon, sur Canal plus. Il y a des difficultés aujourd’hui, Canal plus se dit mais attendez, il y a les nous, on doit donner du pognon, mais vous demandez de passer à Netflix. Mais ce qui nous intéresse là, ce soir, c’est Canal plus. Maintenant c’est Bolloré et Bolloré, c’est une vision du monde. C’est une vision similaire à ces deux civilisations a t il dit devant le Sénat, et qui concorde assez peu avec celle de la SRF et avec celle d’une partie du cinéma. Et donc là, il y a des films qui sont retoqués, il y a des scénarii qui sont retoqués. Jamais. On le dit clairement pour des raisons politiques, mais on comprend qu’il s’agit de ça. Donc aujourd’hui, en fait, il y a tout un pan du cinéma français qui est dans la merde.
Non, non, c’est un peu compliqué parce que nous, on est en train justement de faire une étude un peu précise sur ces rumeurs. Et ce n’est pas tant en fait. C’est pas que c’est pas vrai, c’est je vais y venir. Jusqu'à maintenant, en tout cas jusqu'à maintenant, on n’a pas de preuve absolue. Que des films n’aient pas été financés par Canal+ financent à peu près la moitié des films français. Voilà, voir à peu près ce chiffre en tête. Donc il y a quand même une autre moitié et on n’a pas de preuve que des films n’aient pas été financés par Canal+ pour des raisons idéologiques ou de contenu de scénario, en fait. On a un exemple qui est très précis, c’est que le seul film de François Ozon qui n’a pas été financé par Canal+, c’est le film « Grâce à Dieu » qui est sur la pédophilie dans l'Église. Donc il y a peut être un lien de cause à effet entre le fait que ce soit, euh, que ça parle de l’idée et on a quelques rumeurs effectivement sinon, mais on a rien de tout à fait attesté et jusqu'à maintenant, l’honnêteté, parce que ouais, on est honnête est de dire que Canal+ continue à financer des films de la diversité dans les deux sens du terme. C’est leur obligation dans la diversité, c’est à dire tout type de budget, c’est à dire les films moins riches à budget de moins de 4 millions et des films à plus de 4 millions, et aussi tout type de scénario. Jusqu'à maintenant, jusqu'à maintenant, on n’a pas du tout, en tout cas de façon significative, de censure, pour dire les choses simplement au scénario de la part de Canal plus. Mais ce qu’on est en train d'étudier encore une fois, c’est la structure. Comment se structure la mainmise de Canal+ dans le cinéma français ? Parce qu’ils ont racheté VCS aussi, qui était un concurrent avant, qui permettait par exemple le film de 12 h Factory avant, avant que les flammes ne cessent, la ligne Médiane.
Mais dit on a défendu, on peut en parler, bien sûr.
Parce qu’il avait été attaqué, n’avait pas été financé par Canal+, mais il avait trouvé un financement de CF. En fait, maintenant que c’est racheté par Canal+, est ce qu’il aurait eu aussi un financement de la part CS ? On ne sait pas en fait. Parce qu'évidemment, quand un film est retoqué par Canal+, ils ne disent pas que c’est pour le contenu idéologique du film, ça ne se dit pas comme ça. Donc c’est très difficile à prouver. Mais, mais on peut regarder. En tout cas, si on regarde ces dernières années les films qui ont été financés par Canal+, il n’y a pas moins de films. Disons qu’on a une vue de gauche, même si c’est compliqué parce que des fois, quand c’est une romance, on ne sait pas, mais. Mais il y a pas moins de films qui auraient un contenu sur l’immigration, sur eux, sur les LGBT,
Non mais c’est bien.
C’est important de le dire. Jusqu'à maintenant en tout cas, il n’y a rien de significatif.
Et surtout, et c’est surtout, surtout, mais et aussi c’est un problème, en tout cas une question quasiment existentielle qui est bien plus large que ça. C’est à dire que d’autres sources de financement du cinéma, comme par exemple les régions qui peuvent être dirigées par des gens qui peuvent nous poser problème, mais j’ai envie de dire les SOFICA, qui sont en général des associations de banques qui vont mettre de l’argent dans les films, euh, moi, par exemple, qui suis très attaché à l'écologie, est ce que cette banque a une démarche, une responsabilité écologique ? Bien sûr. Est ce que c’est un problème qui se pose quasiment tout.
Le temps de raconter ? Parce que là, je pense que tout le monde voit Sofica 24 38, Donc, ces associations, et en fait, c’est les premières à être remboursés
C’est ce qui fait qu’un film est très rarement bénéficiaire. Oui, c’est que et qu’on a très rarement, à part un film qui aurait coûté très peu cher, dont la sortie aurait été très peu, aurait coûté très peu aux distributeurs et qui aurait fait énormément d’entrées. Là, on peut imaginer un bénéfice, mais il y a de moins en moins de bénéfices sur les films et donc de droits d’auteur. Les droits d’auteur dont parlait Elisabeth, en tout cas sur le retour salle, puisque quand le film sort, les deux premières personnes qui se remboursons, le distributeur qui va chercher à récupérer tout ce qu’il a mis de publicité, d’attaché de presse, d’affiches, de représentations diverses et variées en festivals, etc. Et effectivement, les SOFICA qui sont des financements qui peuvent arriver tôt mais qui arrivent généralement plus tard dans le financement pour et qui amènent des sommes qui sont immédiatement remboursables. C’est-à -dire qu’au premier euro, c’est eux qui touchent. Voilà, on arrive très rarement en fait, à un bénéfice à. C’est de ces deux remboursements. Et donc effectivement, ces SOFICA qui font partie aujourd’hui du financement des films, de énormément de films. Il y a deux, trois, quatre ou cinq Sofica sur un même film. C’est formidable parce qu’on trouve l’argent pour boucler le financement et voilà. Mais on ne sait pas forcément non plus d’où vient cet argent, pourquoi, comment, quelle est la philosophie de cette banque, etc. C’est un problème permanent puisque oui, le cinéma est une industrie. On n’est pas seul comme un peintre ou un sculpteur. Chez nous, ça coûte de l’argent avec tout ce qu’il y a de merveilleux, c’est à dire qu’on engage des gens. Il y a tout l’aspect humain, il y a tout l’aspect rencontres, il y a tout l’aspect effectivement redistributif de l’argent en région, tout ce que disait aussi Christophe, etc. Mais il y a aussi l’argent.
C’est ça tout ce que ça comporte sur les régions. Vous avez déjà des retours sur les régions avec de plus en plus d'élus, de Baye à Laurent Wauquiez par exemple, dont on sait qu’il a coupé quelques financements soit de festivals, soit de films pour en privilégier d’autres, etc. Est ce que c’est une lame de fond ? On en est où là par rapport à ça ?
Les régions, c’est un des quatre endroits où l’extrême droite attaque le cinéma. 100 Pour en parler tout à l’heure.
Allons-y.
On a identifié quatre et donc le premier endroit où l’extrême droite attaque le cinéma, c’est aux financements. Donc les régions financent le cinéma. Et donc je vais essayer de résumer comment ça se passe. S’il y a des comités, il y a ce qu’on appelle un comité d’experts qui se réunit, qui examine les projets qui lui sont soumis et qui décident d’aider tel film et pas tel ou tel projet et pas tel autre. Cet avis est un avis consultatif et doit être agréé par l’assemblée régionale, donc par les politiques. C’est normal dans une démocratie, ce sont les politiques, les élus qui décident de finalement alloué la subvention ou pas. Et jusqu'à ces dernières années, ça se faisait de façon quasi automatique, c’est-à -dire les conseils régionaux, quand ils se réunissaient, acceptaient, disons l’avis des experts et donnaient au film et tout. Depuis que l’extrême droite monte dans notre paysage politique, ils regardent en fait les intitulés des films qui sont aidés et les résumés des films. Et donc ça concerne particulièrement le documentaire, parce que dans le documentaire, c’est souvent des sujets alors qu’on fiction avant, comme je l’ai dit tout à l’heure, une romance, même s’il y a un point de vue politique derrière. Et dès qu’il y a le mot Palestine, le mot LGBT ou quelque chose qui a un rapport à l’immigration, qui sont les trois gros sujets ou, comme vous le savez, qui contre lequel l’extrême droite s’attaque. Il y demande un retoquer le projet en fait.
Par exemple, pour l’histoire du Pakistan,Il faut l’attacher chez les amis, Il faut qu’ils appellent ça chez des amis. Le résumé du film est l’histoire de Tintin qui va dans un pays formidable.
C’est oui.
Donc ils ne vont pas plus loin.
Que le nom, ils ne vont pas plus loin et le résumé.
Et aussi parce qu’ils n’ont pas le temps.
Oui, bien sûr, voilà.
Ils regardent ça. Et donc on a des cas très précis de films comme ça qui ont été attaqués et dont les subventions ont été retirées, puisque le personnel politique, par ailleurs, est relativement lâche par rapport à lui-même. Leurs adversaires politiques et d’une certaine façon, laissent faire ce type de censure. Donc on a des cas assez précis dont on peut parler éventuellement, mais on sent une montée, une montée très forte comme ça, de cette pression.
Si tu as des cas précis.
Ben il y a un film qui s’appelait Voyage en Palestine l’an dernier, qui avait été en même temps assez compliqué parce qu’il avait reçu un avis positif du comité d’experts qui leur avait été signifié C’est en région Sud, donc c’est la région PACA, PACA, je ne sais plus comment on dit parce qu’elle a changé de nom. C’est l’ex région PACA et ils n’ont plus de nouvelles pendant six mois en fait. Et leur dossier se serait perdu comme ça dans les arcanes de la région. Et en fait, on a retrouvé, il y a eu deux tweet de deux députés d’extrême droite contre ce film parce que ça s’appelait Voyage en Palestine dans le résumé puisqu’il était un ancien activiste qui était venu vivre en France depuis dix ou quinze ans je crois, et qui est retourné. Donc c'était avant, avant le 7 octobre, qui retourné là bas et qui retrouvé des amis. D’une certaine façon, il y avait le mot activiste palestinien de.
Renommer un. Militant palestinien Ça fait beaucoup.
Donc ils ont ils ont crié au terrorisme. Enfin bon. Et. Et donc le film a, comme ça a disparu dans les arcanes pour finalement être retoqué. Et on a appris à ce moment-là qu’il y avait une troisième commission qui était entre les experts et entre les experts. C’est souvent des professionnels du cinéma.
Ben oui.
Qui la composent. On n’est pas toujours d’accord sur les compositions, nous en tant que défenseur du cinéma d’auteur. M’enfin, ça reste quand même essentiellement des professionnels du cinéma. Entre eux et les politiques, il y a une espèce de comité fantôme qui s’est créé, qui. Voilà qui fait que le film n’a pas eu finalement la subvention. Donc ça c’est un cas très précis qu’on a. On en a d’autres, là aussi c’est des rumeurs, c’est très compliqué.
Très compliqué.
Bien sûr, c’est très compliqué. Bien sûr, le manteau.
Et Élisabeth, voilà.
Ce que je veux dire. C’est juste cette commission d’experts, comme tu dis. En fait, ce sont des commissions qui sont censées être indépendantes, composées de professionnels du cinéma ou de l’audiovisuel, qui sont des gens, des producteurs, des réalisateurs et réalisatrices. Enfin, voilà tout. Un certain nombre de gens, des diffuseurs aussi. Enfin voilà, ils sont censés émettre un avis artistique, donc le jugement artistique sur un projet. Et après il y a une validation politique et l’ingérence. Elle est effectivement de plus en plus forte, présente dans plusieurs régions. Il y a effectivement PACA. Euh parce que c’est vrai que là on a ce qui se passe aussi, c’est une espèce d’autocensure aussi politique. Plus ça va, plus au-delà même de l’extrême droite, en fait, il y a les espèces. Les politiques disent oui mais attention, on ne va pas prendre de risques, etc. Et donc la censure, effectivement, la censure est présente.
Même chez les auteurs autrices.
Mais c’est peut être c'était presque moi. Je pensais en parler à la fin, de toutes ces pressions de l’extrême droite, puisque ça contribue au fait que ces films marchent moins en salles quand même.
Alors oui, parce que tu as dit il y a quatre moyens et on en a la liste et aucun, je serais d’accord pour qu’on aille, qu’on lise les trois autres.
Les quatre endroits. Donc il y a celui là, il y a celui du financement, du.
Financement.
Il y a la sortie des films à la sortie des films et c’est là où c’est le plus visible. Alors où il y a des attaques sur Internet, sur les réseaux sociaux, sur Allo ciné. On a même eu là le cas de quelqu’un qui s’est fait un thé.
Il y a Joseph Paris.
Oui, je.
Suis en train de dire qui est en train de Joseph Paris qui s’est fait intimider physiquement lors d’une. Lors d’une projection à Limoges en avant première de son film qui est sorti il y a pas ce mercredi là.
Alors Joseph Paris oui
Voilà qui s’appelle « Le repli »
Il a été menacé dans une salle, il a été menacé physiquement dans une salle par des fachos.
par des fachos qui tournaient autour, qu’on tournait autour de son hôtel et de la salle de projection. Donc il a eu quand même assez peur.
Ouais.
Et là, il y a une campagne. D’ailleurs, on est en train de finaliser. J'étais avec lui et avec les producteurs, le syndicat des producteurs, le SPI et le SDIS, le syndicat des distributeurs. On va faire un communiqué commun pour raconter ce qui se passe autour de ce film parce que c’est assez scandaleux. Voilà, puisque les pages Facebook du film You Tube sur le sujet se font pilonner, pilonner, pilonner de mes d’insultes, ce n’est pas le film n’est pas bon, c’est des insultes que j’ose pas rapporter ici qui sont abjects en fait, pour essayer de faire en sorte que les gens aillent pas voir le film et comme les gens ne vont pas voir le film, le film est moins bien distribué. Comme il est moins bien distribué, il y a moins de spectateurs. Et ils ont beau jeu de dire bah vous voyez, c’est des films qui intéressent pas. Et c’est là qu’on en vient à l’idée de l’auto censure, c’est qu’après les distribuer évidemment sur le film d’après, comme ce type de sujet, il ne faut pas y aller parce que ça ne marche pas ou qu’il y a un risque d'état. Voilà, c’est donc ça, c’est le deuxième monde.
Alors juste pour préciser, excuse moi, puisque vous avez, vous avez défendu, écrit pour avant que les flammes ne s'éteignent là aussi. Bon bref, il y en avait aussi. Lola qui vont pour le film Rodéo qui s'était fait insulter carrément en direct à la télévision.
Je peux faire la liste des amis de Philippe Faucon, Rodéo, Lola qui vaudront les engagements des Lamy, Frêche, les « Rascals » de Jimmy, La Porte, Le Trésor, « Ma France à moi » de Benoît Cohen, Monsieur le Maire de Karine Blanc et Michel Tavares, avant que les flammes ne s'éteignent de mes écrits. Quelques jours, pas plus de Julie Navarro. Il y a beaucoup de films qui se font attaquer de manière abjecte. Encore une fois, moi je crois qu’on est tous pour la crise, pour l’exercice critique, mais quand même, même virulent, on est même très friands de discuter des choses parce que c’est des objets chauds. Les vrais font, ils font parler avec passion, mais là on dépasse l’exercice.
Alors je ne sais pas si on sait où ça en est. Si tu connais Elisabeth ou Christophe, ça nous a fait demander du coup à Allo ciné que les commentaires ne soient possibles et portables uniquement sur preuve d’un biais. On apprend que l’immense majorité de ces gens qui insultent n’ont pas vu le film.
Et on se rend compte.
On a rencontré, on les a rencontré Allo ciné à l’occasion du film de Julie Navarro. En fait, et c’est une discussion de sourds parce qu’ils nous disent qu’ils n’ont pas les moyens techniques de vérifier que les gens aient vu le film. Parce qu’il faut expliquer aux gens qu’on peut poster un avis sur un film sans l’avoir vu en fait. Et c’est contraire au code de la consommation. On n’est pas du tout dans l’art mais dans le code de la consommation. On ne peut pas donner un jugement ou une note sur un produit qu’on n’a pas consommé. Si vous allez à l’hôtel et que vous dites que cet hôtel est pourri, vous mettez trois étoiles. Il y a des preuves que vous avez bien séjourné dans cet hôtel en fait. Au cinéma sur Allo ciné, on ne vous demande pas des preuves. Scannez votre billet d’entrée par exemple, ou quelques questions pour voir si vous avez vu le film. Donc n’importe qui peut aller parler d’un film sans l’avoir vu en fait. Et évidemment, c’est Red de la fachosphère. Profite de ça. Ils sont parfois des dizaines à aller poster sur un film et ça fait baisser la note et ça le déconsidère. Et Allociné nous dit voilà qu’ils n’ont pas les moyens. Par contre ils ont mis ou ils ont mis en place des. Pour être honnête, là aussi des systèmes de modération qui font que dès qu’un film a des notes extrêmes, il y a un bandeau sur le site qui dit attention, il se passe quelque chose sur ce film de pas de pas normal. Et il y a un système aussi de modération des avis, c’est-à dire qu’il faut en poster régulièrement pour être.
Il y a une forme de pondération.
Il y a une forme de pondération qui n’est pas suffisante.
Le site Sens Critique qui je trouve est de meilleure qualité mais qui n’a pas ou plus. Plus tu poste de commentaires, plus tu postes de notes, plus ton avis compte. Parce que ça veut dire que d’une certaine manière, tu es à peu expert, tu ne viens pas et tout d’un coup à descendre un film à vivre, alors tu viens de mettre ton compte, Allo ciné, c’est essentiel, notamment pour les films qui coûtent un peu d’argent, parce que si ça fait, ça fait presque la pluie et le beau temps mine de rien.
Nous, on a appris que c’est le principal critère. Maintenant pour que les gens aillent en salle et surtout n’y arrivent pas. Voilà la note Allo ciné aux spectateurs.
Et alors sur le site de la SRF, j’ai vu qu’il y avait quelque chose de particulier. C’est Lola qui dont tu as parlé ? Le film Rodéo. Elle non seulement elle a fait face à des raids sur Allo ciné, mais il y a un extrait d’une interview qu’elle va donner, je crois à Konbini qui est un peu dénaturé. Et pour le coup, les médias Bolloré s’emparent de ça, hein, parce qu’en gros, a dit les rodéos, s’il y a des morts, c’est à cause des flics, enfin quelque chose dans ce goût là. Et là, campagne contre le film par des gens qui n’ont pas vu le film. Et donc là, pour vous, auteurs, autrice, réalisateur, réalisatrice, vous dites là, il y a, il y a, on est plus dans le droit à la critique, on le sait, il y a un coté de vie ou de mort économique, finalement.
C’est sûr. Et la pression est telle. C’est-à-dire que maintenant, quand on. Quand on parle de nos films en interview, pour la presse écrite, pour la presse radio, pour, etc. Le langage doit être d’une précision incroyable. Et si, pour peu que notre film soit un endroit de politique ou d’histoire, ou que sais je. C’est une pression énorme et je le comprends tout à fait. Je ne dis pas que je comprends les propos qui vont encore. En l’occurrence, je n’avais pas vu l’interview, mais je connais très bien la problématique qu’elle a vécue. J’imagine tout à fait qu’elle a été complètement dépossédée. Peut être qu’elle a dit une connerie, mais c’est possible. Ça existe de dire une connerie et bien sûr, autant ne pas l’avoir pensé. Peut être qu’elle a vraiment pensé que ça a été dans tous les cas, c’est une opinion, c’est une cinéaste, elle n’est pas politologue, elle n’est pas en train de..Je veux dire, ces 1000 films avant celui là ont été des films qui ont parlé, je ne sais pas, d’insurrection de n’importe quoi, comme d’autres films, on parlait de choses tout à fait correctes. Enfin je veux dire, c’est le cinéma, mais il y a 1000 choses comme ça. Effectivement, à l'époque des réseaux sociaux et de et de médias complètement pyromanes soient utilisés, malheureusement ne m'étonnent pas beaucoup. Juste pour revenir sur aussi l’histoire des financements en région dont parlait Christophe, une des coupes de Laurent Wauquiez, ça a été le festival de Clermont-Ferrand et c’est une des coupes les plus je trouve, les plus douloureuses parce que c’est vraiment la jeunesse du cinéma. Le festival de Clermont-Ferrand, c’est un festival de courts métrages, c’est le Cannes du court métrage et c’est un festival qui a énormément de public. C’est un festival de joie et c’est vraiment la jeunesse. C’est l’avenir du cinéma à couper à cet endroit là. C’est un endroit vraiment de cruauté pure, je trouve, par les mêmes personnes qui vont exiger après des champions. Il y a ce mot systématique à la bouche et notamment au Tour de France 2030, etc. On veut des champions et sur les et sur les plateformes, on veut des grands cinéastes. Mais pour prendre par exemple trois femmes Rebecca Motoki, Justine Triet ou Céline Sciamma par exemple, elles ne sont pas nées championnes. Ce sont des femmes qui ont fait des courts métrages. Ce sont des femmes qui ont fait des premiers longs métrages, qui ont été peu ou pas vus. Je ne sais pas. La bataille de Solferino, je n’ai même pas si c’est 10 000 entrées, le un peu plus ou peut être un peu plus, mais en tout cas, ça reste un tout petit public. Les premiers signes de Céline Sciamma aussi. Et tout d’un coup, ce sont des réalisatrices superstars. Elles sont championnes et tant mieux pour elle. Mais en tout cas, c’est des choses qui ont été des carrières qui ont été construites. C’est d’ailleurs là l’incompréhension totale des propos de Justine Triet au moment de sa Palme d’or. Au contraire, elle disait justement qu’elle non seulement elle crache dans la soupe, mais justement, elle reconnaît le système qu’il a apporté. Et c’est quand même un système merveilleux, mais qui vient justement de cet accompagnement de la jeunesse, de la création et aussi du droit à l’erreur. Dans le cas de Lola qui rompt, c’est une erreur sur une interview, mais on a aussi le droit de faire un film. A t’on le droit ?
D’une certaine manière, avant que les flammes ne s'éteignent ? L’attaque portait sur la comédienne principale, Camélia Jordana, qui avait effectivement dénoncé deux ou trois ans plus tôt les violences policières. Et ça, ça a suffi pour énerver ces Red de gens qui n’avaient pas vu le film. Ils n’étaient pas sortis, mais où déjà ? La note était catastrophique.
Donc le matin de la sortie du film et la note était descendue. En fait en 24h, c’est ça, à 1,2 ou 1,3. Donc on avait une preuve très concrète qu’il y avait eu un raid pour faire descendre la note avant que les gens voient le film.
Alors, il reste deux points sur lesquels l’extrême droite attaque les films.
Il y a deux autres points qui sont moins importants mais qui sont plus insidieux d’une certaine façon. Le troisième point, c’est sur la programmation, c’est-à dire toutes les salles qui sont en région, en particulier, qui sont des salles municipales parfois, où il y a des pressions sur les programmateurs pour qu’ils passent tel type de films, pas tel autre. Parfois des politiques comme quand les politiques changent dans les salles, parfois des spectateurs qui viennent dire attention, cite, si tu passes ce film, nous on viendra plus voir les autres, etc. Donc il y a une pression qui s’exerce comme ça, qui est réelle là aussi, qui monte en gamme d’une certaine façon. Et la quatrième, c’est dans le comité de classification des films, parce que les films reçoivent un visa d’exploitation avec une classification tout public interdit au moins de douze ou moins de seize ou -18 ans. Et si on est moins de seize ans aux moins de 18 ans, on a moins de possibilités de diffusion et de distribution des films. Et dans ces comités de classification, il y a une surreprésentation des associations familiales. Et dans les associations familiales, il y a une politique d’entrisme très assumée et très explicite de l’extrême droite. De la même manière, entre parenthèses, qu’ils ont décidé d’entrer. Les associations de parents d'élèves. L’extrême droite, ils le disent explicitement là aussi. Donc ils rentrent dans des associations. Évidemment, ils cherchent à influencer pour faire interdire des filles de moins de seize ans, moins de 18 ans qui normalement n’auraient pas dû être interdits à ce niveau là. Donc il y a une façon, là aussi, d’exercer une censure sur le cinéma. Donc, il y a ces quatre endroits. Les deux principaux sont les deux premiers, évidemment, financements et sorties des films, mais les deux autres ne sont pas moins.
Est ce que vous avez le sentiment que c’est une revanche qui est faite par l’extrême droite contre l’esprit, d’une certaine manière que vous incarnez ? C’est pour ça que je vous ai parlé de 68 tout à l’heure, la naissance de la SRF, etc. Est ce que c’est une revanche ou est ce que c’est parce qu’ils voudraient placer leurs gars et leurs filles et faire leurs films à eux ?
C’est un peu des deux. Si on a des déclarations d’Eric Zemmour qui disent très explicitement On va attaquer le cinéma français, il l’assume totalement en disant c’est des nantis, etc. L’opinion publique sera avec nous, c’est des gauchos qui ne foutent rien, qui vivent des subventions publiques, etc. Et donc ils pensent que c’est très bénéfique d’attaquer le cinéma français. Pour le RN et le reste de l’extrême droite, il y a un côté revanchard. La politique du RN en fait n’est pas de supprimer l’intermittence, ce n’est pas supprimer le CNC, mais c’est effectivement d’en prendre le contrôle d’une certaine façon et de faire par exemple la préférence nationale. Il y a eu un projet de loi au moment des européennes donné par le RN qui était que si il y a un Français qui peut avoir un poste, on ne doit pas embaucher un étranger. Tu sais, il y a, il y a eu comme ça sur les plateaux. Ce serait terrible si moi je mangeais mon chef op espagnol ou coréen avec lequel je travaille. Et si il y a un français qui peut avoir le poste ou quand chef op on en a en France. En fait, je pourrais plus travailler, il y aurait plus de liberté artistique. Donc on voit très bien que le RN en fait aimerait se servir de la puissance du CNC d’une certaine façon de son fonctionnement pour placer leur propre. Ce qui fait que nous, ce qu’on défend, ce n’est pas une vision de gauche de chaque film. En fait, c’est une vision de gauche de la culture, c’est à dire c’est la pluralité. Ce qu’on défend, c’est la pluralité des regards. On est des inventeurs de formes et ce qu’on défend, c’est la création, c’est-à-dire inventer des formes. Ce qu’on veut, c’est des films qui inventent des formes d’une certaine façon, point de vue politique évidemment, en dehors du fascisme.
Un rééquilibrage aussi. C’est à dire que par exemple, quand on a un moment sur le genre, on a beaucoup parlé du mail James Bond et on a beaucoup attaqué des visions d’hommes. Mais moi j’ai envie de dire que j’ai presque plus de problème avec les regards qui n’existent qu’avec ceux qui existent, que certains films. Et ça peut remonter à Buñuel, à Hitchcock, etc. Et des visions de femme très contestable et contestée. Ok, mais le vrai problème, c’est surtout qu’il n’y a pas de films de femmes beaux, en tout cas beaucoup moins. Le vrai problème, c’est qu’il n’y a pas de point de vue de cinéaste racisé. Donc moi j’ai un vrai problème avec les regards qui n’existent pas ou pas encore assez. Donc c’est avant tout un rééquilibrage.
Et est ce que tu fais allusion au livre de Geneviève Sellier ou pas du tout ?
Non, je ne fais pas allusion à ça, mais j’ai pensé un peu le.
Culte de l’auteur. C’est ça qui c’est sorti la fabrique il y a quelques semaines, qui quitte, qui est une charge contre le cinéma d’auteur français, et notamment sur l’aspect masculin, voire masculiniste de ce cinéma là.
Mais je rebondis sur ce que disait Christophe sur les ladies, la différence des points de vue, et ça peut être des points de vue politique, ça peut être des points de vue de genre, ça peut être des points de vue de philosophie, ça peut être des points de vue de tout ce qu’on veut. C’est vrai, là on est vraiment dans. Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me défendrai pour que vous le disiez. On est vraiment à cet endroit là et c’est ça qui est le plus important. Et juste parce que je rebondis sur ce que tu disais, est ce que tu penses que c’est est ce qu’on pense que c’est une revanche ? Moi je pense qu’il n’y a pas de revanche, il y a juste un règne qui n’en a rien à foutre de la culture. Faut quand même ne pas se leurrer. Effectivement, très simplement, ils pourraient prendre le contrôle du CNC. Comme disait Elisabeth tout à l’heure quand on parlait des commissions, on pourrait très bien ne rien changer. L’architecture du CNC, il suffit de changer les membres de commissions. C’est toi qui parlais des membres de commissions, suffit de changer ça. C’est quelque chose qui a été vécu. Par exemple la LICRA qui est l'équivalent du CNC au Portugal. Une année, ils se sont dits tiens, et si on changeait tout le monde et qu’on mettait que des gens de télé ? Rien n’a changé, Lui qui a exactement le même, avec les mêmes noms d’aide, les mêmes films d’auteur, premiers films, etc. Mais sauf qu’on change ça, on change strictement tout. Donc je pense que c’est.
D’une certaine manière ce que tu dis vaut pour presque toutes les institutions.
On d’accord, on est d’accord.
C’est là le danger et c’est là.
Le vrai danger, parce qu’effectivement il n’y a pas besoin dans la rue puisque concrètement le CNC n’a pas changé. Les noms et les architectures sont les mêmes, les pas sont les mêmes, les aides.
On a deux adversaires, deux ennemis. C’est le marché qui veut mettre à mal ce système de redistribution. Ça c’est très clair. Le libéralisme d’une façon et de l’autre l’extrême droite. Qui ne veut pas forcément le mettre à mal totalement, mais qui veut le récupérer pour être au service de sa propagande. Puisque l’idée de l’extrême droite de la culture, c’est une idée patrimoniale, c’est-à-dire on est là pour refaire le passé.
Le Puy du Fou, c’est ça, c’est une vision rance de la culture.
Il y a un film, il y a un film qui a été produit par une société de production d’un des fils de Philippe de Villiers, le film qui est sorti il y a deux ou trois ans. Le film s’appelle Vaincre et mourir et il a fait des entrées et le film n’est pas bon du point de vue de ce qu’a dit Antoine, c’est-à-dire qu’il y a plaisir et aucune invention de forme. Il y ayant plus d’un film révisionniste sur la guerre des Chouans. Mais, c’est. Il est mauvais des deux côtés et qui a eu une subvention et ça, il faut le dire, une subvention qui est passée, qui a été imposée aux membres d’experts de la commission, donc 200 000 € par le Conseil régional des Pays de la Loire. Donc, ce qui prouve que l’extrême droite n’est pas contre subventionner la culture, ce n’est pas comme le libéralisme, c’est vraiment deux attaques différentes qui nous sont faites.
Attention, le micro, le micro de n’oublie pas le micro ondes.
Non mais non mais c’est ça, C’est non mais c’est une vision de la culture. Voilà, c’est ça, Ils ont fait une culture patrimoniale, franco française Antiféministes, anti tout ce qu’on connaît de la une de l’extrême droite en effet, sinon on aurait les moyens. Tout à fait.
Est ce que. Est ce que vous estimez après on va passer aux deux autres sujets parce qu’il nous reste 20 minutes. Si on veut faire le tour de la question Est ce que vous estimez qu’il y a déjà un cinéma d’extrême droite en France ? Il y a déjà des cinéastes qui ne se revendiquent pas forcément, mais dont les valeurs peuvent se retrouver dans les films.
Il y a un truc qu’on n’a pas dit, c’est l’attaque sur l’audiovisuel public du RN aussi parce que l’audiovisuel public, quand même a financé le cinéma et ils veulent privatiser l’audiovisuel public. Donc déjà, ça, ce serait quand même très juste. Ce serait déjà quand même une démarche qui mettrait à mal le cinéma, le cinéma, Voilà qu’on défend.
Qu’il n’y a pas que Canal+ qui finance le cinéma. Les chaînes publiques financent beaucoup, le cinéma aussi.
Pour clore sur l’idée de revanche, en fait, ce que tu disais tout à l’heure, moi je pense qu’il y a avant tout des gens ivres de pouvoir et je crois que c’est vrai autant en France qu’aux États-Unis, qui ont senti une envie de revanche. Parce que la vie est dure, parce que l’inflation, parce que. Et donc dans la vie dure, on a envie. En tout cas, ces gens ivres de pouvoir, ont senti une envie de revanche, ont senti une envie de coupables et capitalisent tout sur ça en se foutant totalement du peuple et de la culture. Je pense aussi bien à l'équipe nommée en ce moment par Trump que le RN. Ici, il y a juste une capitalisation, une carte jouée sur la revanche. C’est la revanche d’absolument personne. Je veux dire, moi je 100. J’en parlais tout à l’heure avec Elisabeth et Christophe. Je sens même au sein de ma famille une haine de la culture mais absolument délirante, alors que moi même je travaille dans la culture. Ils me voient bien travailler, ils me voient bien galéré pour ci ou ça, mais une haine fondée sur rien, fondée sur ce qu’on leur met dans la bouche, ressentie à dire le ressentiment dont tu parlais tout à l’heure de nantis, de ci, de ça, de je ne sais quoi, une haine absolument effrayante de gens proches à ma table, c’est complètement sidérant. Donc oui, il y a une carte jouée, jouée entièrement dans une hypocrisie absolue et assumée. Aucune de ces personnes-là ne sera bénéficiaire de ça, mais par contre elles auront un poste de pouvoir, ce qui est la seule chose qui est voulue. Donc revanche de personne. Revanche orchestrée, oui.
Et sur un cinéma d’extrême droite. Sans citer de nom.
Sauf que cette fois, il y a des. Il y a des producteurs de très à droite, comme il y a des éditeurs très à droite. Mais un film, c’est très cher à faire. Donc pour le financer, il faut quand même s’agréger des gens. Et puis il faut qu’il soit vu aussi français. Après, il y a des films qui n’ont pas d’idéologie affichée mais qui a un fond, un arrière fond d’extrême droite. Je pense qu’on peut dire ça comme ça, mais pour l’instant, il n’y a pas à part vaincre et mourir. Il n’y a pas. Parce que là, c’est franchement un film d’extrême droite et même révisionniste, encore une fois, historiquement.
Mais parlons de ce film qui ouvre le débat, mais que moi j’aime.
On peut en parler du moment qu’il y a d’autres films.
Plein d’autres films, bien sûr.
C’est ça ce que disait Christophe aussi sur cette diversité. Et c’est ça qui est le plus important à défendre je pense.
Alors les deux sujets, on s'était dit qu’on pourrait aborder, il y a d'écologie et puis il y a les. Les violences sexistes et sexuelles au sein du cinéma. Vous, les conf, on aborde lequel en premier ?
L'écologie, peut être.
L'écologie Pour Antoine, puisque tu es à la tête du. Je ne veux pas écorcher le nom de ce podcast L'écologie et la pratique du cinéma six épisodes sur la SRF. Je me suis dit tiens, c’est marrant pourquoi ils font un podcast ? Normalement, c’est des gens d’images. Bon, peut-être des problèmes d’argent. Bref, il y a tout, tout un tas de gens du cinéma qui essaient de réfléchir à la question de l’empreinte carbone. Et déjà, première découverte des tournages. C’est seulement un quart de la pollution. Parce qu’en plus de nous polluer nos esprits, vous polluer la planète. Alors que je pensais que c'était des tournages qui étaient le plus carboné, je sais pas comment on dit, c’est toute la chaîne du cinéma qui.
Je pense que tu parles de tout l’audiovisuel a pas forcément que du cinéma et tout l’audiovisuel c’est 60 ou 60 ou 61ᵉ industrie la plus polluante, c’est ça ? Pas tout de suite, c’est à peu près 11 à 12 millions de tonnes annuelles. C’est colossal, mais c’est très, très, très, très, très, très, très loin d'être l’industrie la plus polluante. Cela dit, c’est extrêmement peu lent et je pense que l'écologie, ce qui peut être assommant, c’est de se dire qu’on doit agir sur tout et en même temps. Non, Je pense qu’on doit agir à son endroit, notamment son endroit professionnel. Et si tout le monde le fait, et de fait, il se passera quelque chose. Donc de ça est venu aussi la prise de conscience que les cinéastes sont extrêmement en retard sur la prise de conscience écologique pour plein de raisons. C’est à dire qu’un cinéaste est souvent considéré sur un tournage un peu comme un gros bébé qu’on amène sur le lieu de tournage et qu’on ramène et à qui on cache, pour des très bonnes raisons, les trois quarts des problèmes du tournage. Sinon, y mettre un câble.
Ouais.
Donc en tout cas, il peut y avoir une sorte de. En tout cas sur le cinéma de fiction ou en vrai du tout sur le tournage de documentaire. Mais cela dit, le documentaire ne pollue quasiment pas, c’est tout à fait négligeable par rapport à la fiction. Déjà, on peut bien libérer les gens du documentaire et des fois on fait beaucoup de voyages en avion.
. Oui mais alors là, franchement, même, prends l’avion Christophe, pas de souci. Tu vois par rapport à ton film, par rapport à un film de fiction, il y a vraiment aucun problème.
Alors qu’est ce qui pollue dans le cinéma ?
Ce qui pollue énormément, c’est effectivement les transports. Mais effectivement, le transport d’un seul réalisateur ou d’une seule réalisatrice par un documentaire, c’est négligeable par rapport à des transports qu’il peut y avoir. Par exemple, sur un très gros film français récent, il y avait plus de quatre fois le tour de la terre en essence deux voitures individuelles, quatre fois le tour de la Terre. Bon, là, soit on arrive dans des délires quand même, c’est absolument n’importe quoi. Pourquoi ? Parce que ce sont des voitures individuelles, parce que ce sont parfois des comédiens ou parfois des producteurs ou d’autres qui ont une voiture pour eux. Et donc ça, c’est une des premières choses, là, il faut absolument, quand c’est possible, regrouper les repérages sur un rayon d'à peu près dix kilomètres qui permet d’utiliser soit le vélo, soit d’y aller à pied, soit les transports en commun. Et dans le cas où c’est impossible d’avoir des voitures, des vans, en tout cas où on est cinq, six, 18. Donc par exemple, réfléchir à ses repérages, c’est quelque chose qu’il faut repenser complètement différemment par rapport, par exemple, au bureau d’accueil de tournage en région où avant ils étaient formés et c'était très bien puisqu’on se posait pas la question avant de l'écologie pour vous dire ah bah donc pour je ne sais pas, la grotte, j’ai trouvé un truc là bas.Et puis pour le bureau de quand elle travaille je ne sais pas quoi, j’ai trouvé ça à 300 kilomètres et il n’y avait pas de problème. Aujourd’hui, il y en a un aujourd’hui. Il faudrait savoir quel est son propre. Quel est son décor principal et prendre la décision artistique. Mais je veux dire, immédiatement, les cinéastes hurlent sur leur liberté de création. Mais je veux dire, faire un tournage, ce n’est qu’une succession de contraintes. Pourquoi pas celle-là, puisqu’en plus elle est quand même intéressante pour la survie de notre planète et qu’elle peut être, pourquoi pas, ludique comme toutes les contraintes et qu’elle peut ramener du collectif et qu’elle peut même ramener. On s’en est rendu compte sur les premiers tournages éco responsables. Un vrai plaisir et un vrai esprit de tournage à une époque où, quand même, la souffrance au travail est un vrai, une vraie problématique. Retrouver du plaisir à travailler ensemble, ce n’est pas négligeable. Bref, tout ça pour dire qu’on a remarqué qu’au fur et à mesure du temps, plusieurs corps de métiers du cinéma avaient pris conscience de la dimension écologique. Je parle par exemple des chefs déco, des cantines, du catering. Ça peut être aussi des directeurs et directrices de production, ça peut être au costume, ça peut être parfois même au maquillage coiffure. Des gens en ont pris conscience, mais comme souvent dans.
Est ce que c’est parce que ces gens portent des choses ?
Porter des choses.
Physiquement.
Physiquement. C’est des gens en tout cas qui. Qui sont dans le concret de ce que c’est que du déchet de par exemple dans le décor. Ouh, c’est vrai. Vas-y Valero, par exemple, qui est décoratrice sur le film Mariage sur la vie, m’a parlé du fait que dans les années 50, en France, on avait des lieux de stockage, des décors qui étaient constamment recyclés. Et puis le prix des locaux, le prix des transports pour conserver et transporter ces décors a fait qu’on a commencé à jeter. Tout est devenu jetable. On a commencé à utiliser des feuilles de décor et des feuilles, des décors, des foyers décoratifs et tout balancer. On va en revenir à ce système. Donc c’est des gens qui effectivement, quand on fait la cantine, quand on fait le catering, on voit la viande de bœuf qui est jetée. Donc un autre poste extrêmement énergivore, voire éco sidère. Effectivement, c’est l’endroit de c’est l’endroit de la cantine, c’est-à-dire qu’on a un repas de bœuf avec une mousse au chocolat par rapport à un repas végétarien et on hurle quand on entend végétarien. Mais on ne devrait pas y aller. Quand on entend végétarien, on devrait rouler. Quand on entend végétarien, pas bon. Mais aujourd’hui, les nouveaux qui travaillent sur le végétarien qui doit être équilibré et bon, mais on est sur un rapport de 1 à 14. C’est à dire que pour un repas végétarien, quatorze, l'équivalent c’est quatorze fois ça quand le repas n’est pas. Donc vous imaginez multiplier par une équipe de parfois 30, 40, 50, 80 cents personnes et ça sur 40 jours ? 50 jours ? Question de tournage.
Est ce que cette prise de conscience il y a une contrainte ou pas du tout puisque il y a des référents, il y a des nouveaux métiers.
Métiers et contraintes, les contraintes vont arriver, mais en tout cas, la prise de conscience des cinéastes, notamment à la SRF, a été que certains de ces de ces corps de métier avaient pris conscience de la dimension écologique, avaient commencé à changer leurs méthodes, mais que, n'étant pas légitimé par le haut de la pyramide, on pourrait dire que ce soit le ou la cinéaste ou la productrice avait beaucoup de mal et c'était souvent des métiers exercés par des femmes et donc se rajoutait. Ne soyons pas avares d’un peu de sexisme, un peu de sexisme par dessus et un peu de violence de. Pourquoi ? Je ne sais pas. L'écologie est considérée comme féminine. Aucune idée pourquoi, mais c’est comme ça. Donc le sexisme a joué plein pot. Tu nous emmerdes avec ta fait de décor, tu nous emmerdes avec ton tofu, tu nous emmerdes avec je ne sais pas quoi et ta voiture a six. Bon. Donc les personnes qui ont commencé à mettre en place ces mesures éco responsables sur les tournages se sont pris en pleine poire la hiérarchie et n’ont et n’ont pas réussi, étaient parfois moquées, parfois de façon insultante dans leur pratique. Et en gros c'était le chieur ou la chieuse du tournage. D’où l’importance. Et c’est là que ça recoupe avec les VSS, c’est que quand même, les formations sont devenues obligatoires, sauf pour les cinéastes. C’est quand même là qu’on nage en plein délire. C’est à dire que moi j’ai fait cette formation, mais je ne l’ai fait que comme intervenant Fémis, je n’ai pas eu à la faire comme synapse, on marche sur la tête.
Donc voilà, ça c’est des gens qui cuisine, c’est quand on a des subventions.
Par exemple on te dit. Ils deviennent conditionnés aux aides, aux aides. Enfin les aides sont conditionnées.
Et les cinéastes, ils n’ont pas de jus.
Alors ça y est, c’est devenu, c’est devenu obligatoire pour les cinéastes. Et je ne dis pas que les cinéastes sont toujours les agresseurs, je dis juste que le cinéaste ou la cinéaste est en haut de la pyramide et va donc insuffler une philosophie et une façon de fabriquer le film qui va irriguer tous les rapports humains et professionnels de la chaîne de tournage. Même chose pour l'écologie quand le ou la cinéaste, le ou la producteur productrice, idéalement les deux mains dans la main vont dire c’est un film écolo, ça vous plaît, ça vous plaît pas, vous avez le droit de ne pas travailler dessus si ça ne vous plaît pas. Tout le monde est légitimé pour dire que plus jamais on va dire à la chef des gros tu nous emmerde avec ta fiche de décor, plus jamais on va dire, etc. Et donc c’est un changement fondamental.
Mais pourtant quand je dis que quand je lis le site de la SRF, je trouve quand même qu’il y a un côté un peu focus. Vous êtes vous posé la question comment concilier la richesse de notre création cinématographique avec la diminution des émissions carbone ? Comment ne pas nous sentir diminués ou empêchés dans nos élans artistiques ? Comment transformer une contrainte inéluctable en une dynamique inventive et généreuse ? Là, on sent qu’il y a eu des discussions parce que je sais pas comment.
Mais moi je dis le mot écolo.
Quand ce n’est pas faux culs.
Ce n’est pas faux.
C’est si on est, on est des créateurs, des inventeurs de formes. Donc il faut, il faut intégrer ces contraintes, comme très brillamment dit Antoine. Mais faut qu’on reste maître de ce qu’on crée et qu’on puisse faire les choses. Donc je pense que je pense que. Je ne vois pas ce qu’il y a focus là dedans. En fait, c’est juste intégrer la question de la création dans l'écologie.
C’est la première et la plus petite des réactions dès qu’on dit écologie tous les médias et ma liberté création, tu vois ? Ben oui, donc c’est pour ça que j’ai fait ce texte. A dit comme ça ; pas faux. Non mais c’est bien, il va falloir apporter des réponses à ces gens-là. La première, elle est déjà que l’immense majorité des mesures que tu peux prendre sur ton tournage n’est pas visible à l’image, tu vois ? Donc déjà que ce soit les transports, que tu sois arrivé tout seul dans ta bagnole à avoir fumé ou que tu sois arrivé dans un van assise, que t’aies mangé du tofu ou du bœuf ne se verra pas à l’image, tu vois ? Donc déjà, ça, ça peut rassurer énormément. Après, si tu as envie d’aller plus loin et que tu as envie et plus loin, ça peut même vouloir dire pour certains ou certaines le récit. Il y a des gens qui vont commencer à vouloir faire des récits éco sensibles, que ce soit je pense à la sauvage, de l’eau de barrage, aux algues vertes. Je pense à plein de films qui ont ou qui même ne sont pas forcément des thématiques directement écolo, mais qui ont envie en tout cas de montrer un autre code de la vie et de la normalité. C’est à dire qu'être riche, ce n’est pas forcément prendre un jet privé, c’est à dire que le succès, c’est pas forcément les trois bagnoles. Commencer à changer un peu les codes de représentation de ce qu’on voit à l’image que de jeter du plastique partout où il y a des. Mais aujourd’hui, personne ne t’oblige à faire ça. Dans ton film, par contre, tout ce qui est backstage, tout ce qui est ton tournage et qui est déjà absolument colossal et qui est l’immense majorité de ce qui est énergivore sur un tournage, ne se verra pas à l’image. Donc ça c’est quand même des choses de pure pédagogie. Moi je ne trouve pas ça focus. Je trouve que tu vas en l’occurrence pas moi, mais des gens comme toi, des gens formidables. Tu vas vraiment travailler sur le truc pour se rendre compte. Et c’est vrai que dans l’audiovisuel, en fait, les seules sociétés qui sont liées aux accords de Paris ou aux accords du GIEC, sont les grandes sociétés. Donc en fait, si tu veux, non seulement on est en retard dans le cinéma, mais on est en retard dans l’audiovisuel. C’est à dire qu’aujourd’hui les productions Netflix, les productions France Télévisions, les productions Amazon sont éco responsables. Pas par choix. Pas qu’ils se soient dit non par obligation, mais comme des grandes entreprises.
Dès qu’il y a des contrôles.
Ça veut dire qu’ils ont des obligations. Et ça parce qu’ils sont une grande dans une grande entreprise. Donc ils ont été obligés. Et donc quand tu vas aux assises de l'écologie, de l'éco production, en tout cas, les prochaines seront le 10 décembre à l’Académie du climat métro Hôtel de Ville à Paris. Et quand tu vas là bas, C’est ça qui est étonnant, c’est qu’on y aller L’année dernière avec Thomas Salvador, Caroline de Race notamment, on était les seuls cinéastes. En fait, sur une 400 ou 500 personne, c'était que Netflix est super, Tant mieux, mais juste c'était ça, hurlait le retard des cinéastes si tu veux. Parce que supposément notre liberté de création, voir même des producteurs vont penser pour nous Ah ben non, on ne veut pas trop toucher à ça. Mais ne pensez pas pour nous, les gens ne voudront pas faire de l'éco responsabilité et les gens voudront bien.
Posons la question est ce qu’après on passe au dernier sujet ? Non, c’est bon. Non, non mais c’est super ! Est ce que vous allez jusqu'à envisager un label ?
Quand t’as un label, un label, il y a un prix et co-prod. J'étais membre du jury cette année, mais c’est un prix qui est donné depuis trois ans ou quatre ans je crois. Pendant le festival de Cannes par est co-prod et il y a deux grandes sociétés et co-prod c’est quoi ? Mais il y a énormément d’initiatives comme le collectif CUT car il y a Nausicaa, il y a l'écran de l'écran, il y a énormément d’initiatives absolument formidables qu’il faudrait d’ailleurs connaître et regrouper. Mais aujourd’hui, oui, bien sûr, il y a des formations pour tous les corps de métiers du cinéma et on a participé à la SRF à la conception de la formation pour les cinéastes et oui, oui, bien sûr.
Très bien. Impeccable. On aborde le dernier sujet, peut-être. Je ne sais pas. Elisabeth.Parce que tout à l’heure je te disais que tu ne parlais pas assez au début tu étais sur les chapeaux de roue, puis là tu ne les laisses parler
Il y avait une question sur Arte en faisant Arte ne peut pas être privatisée en fait, parce qu’elle ne fait pas partie de l’audiovisuel public et que c’est une structure qui est franco allemande. C’est sûr, c’est plus compliqué. C’est pour ça que Le Pen ne parle pas de privatiser Arte parce qu’elle ne peut pas être avec l’Allemagne. Je voulais juste dire que c’est peut être parce que c’est le statut juridique d’Arte très différent.
Ce qui ne les empêche pas d'être quand même inquiets.
Si ça ne les empêche pas d'être inquiets pour rien.
Par ailleurs. Mais effectivement, il y a une forme de. Ils ne sont pas en première ligne sur la question de la privatisation. Absolument. Est ce que c’est un traité franco allemand ? Donc non, ce qu’on voulait aborder. Mais peut être qu’on pourrait faire ça une autre fois où c’est la question des violences sexistes et sexuelles au sein du cinéma. Évidemment, tout le monde le sait, ça a explosé au grand jour il y a quelques années. La question que je voudrais vous poser aujourd’hui, c’est est ce que vous sentez un backlash arriver type une forestisation du dit du cinéma ? C’est à dire que on voudrait finalement aller ces quelques coupables sont tombés ou vont tomber et puis on remet le couvercle sur tout ça ou au contraire le débat est ouvert, il est lancé, les prises de conscience sont faites et on ne reviendra pas en arrière. Où en est-on ?
Moi je peux juste me projeter juste pour la SRF pour dire où en est la SRF. Judith Gonnet est membre Intégrer notre conseil d’administration cette année, donc c’est vraiment un sujet central. Elle n’est pas que ça, Judith Bien sûr, et c’est un sujet central et laissé. Elle va être auditionnée par la loi, par l’Assemblée nationale, par le. Comme on dit, la commission dirigée par Sandrine Rousseau début décembre. D’accord, on a une délégation qui va être là. Et nous, à l’intérieur de SRF, ce n’est pas du tout un sujet passé, c’est au contraire un sujet encore à venir. Je voulais juste dire ça pour les.
Noms, mais moi je ne sais pas ce que je peux ajouter. En fait, c’est un sujet évidemment qui concerne et agite la SRF depuis quelques années, comme tout le milieu du cinéma. Et c’est vrai que là on a vécu une situation assez paradoxale. Le président du CNC, Dominique Boutonnat, a été accusé de violences sexuelles. Donc pendant quelques années, le patron du CNC était dans cette situation et dès le départ, la SRF a été l’une des organisations professionnelles qui s’est prononcé clairement pour son éviction. On était un peu un peu les seuls au début, un choix qu’on n'était pas très nombreux. Voilà. Ensuite, il y a eu Depardieu. On a été aussi parmi les seuls à réagir à un article de Mediapart en disant qu’on soutenait les victimes et les témoignages, etc. Il n’y avait pas grand monde non plus à ce moment-là pour réagir. Donc on a pensé à un sujet qui nous tient vraiment à cœur. Et cette année, effectivement, il y a celui de Godrèche qui nous a rejoints et élargis. Donc bien évidemment, ce sujet restera un des sujets majeurs de la SRF. Moi je ne pense pas du tout. Enfin, je pense que c’est un chemin qui ne fait que commencer et qu’on va et qu’on va vu que ça va, ça va continuer aujourd’hui parce que bon, il y a eu des scandales ont explosé les uns après les autres. Donc, donc voilà. Et aujourd’hui donc évidemment, c’est un changement de comportement qu’il faut qu’il faut mettre en place, mais c’est en train de se mettre en place, Il y a des, des, comment ça s’appelle, des coordinateurs d’intimités, C’est ça qui vont arriver sur les tournages, ça va peut être même devenir obligatoire.
C’est déjà fait. Et la SRF et à porter aussi. C’est ce combat qu’il y a des coordinateurs. Là aussi, il y a eu un peu comme l'écologie, il y a eu un débat sur la liberté du créateur. S’il y a un coordinateur.
C’est quoi ?
C’est un coordinateur, Un invité, c’est quelqu’un. Quand il y a des scènes de sexe sur un plateau en fait, qui vient vérifier qui, que les acteurs, qui est présent et les raisons tout simplement qui ont vérifié que les acteurs sont d’accord avec ce qu’on leur demande de faire.
Qui est présent, qui peut conseiller le conseil, Voilà qui est, qui est une sorte de vigie pour s’assurer que tout se passe bien, que tout le monde est bien au fait de ce qui se passe et qu’il n’y ait pas d’abus, quels que soient ses abus, etc. Donc pour sortir, pour sortir de cette violence qui effectivement a concerné le cinéma et concerne toujours le cinéma, mais on espère de moins en moins et plus du tout dans les années à venir.
Le désacraliser a quand même été un objet de fascination. Cette violence. C’est ça, c’est ça. Je pense qu’il faut absolument défaire, déconstruire, partir sur d’autres bases. Il y a même un lien, un endroit où l'écologie, en tout cas l'éco responsabilité et la prise de conscience des VHC se recoupent. C’est sur, la représentation du pouvoir. Parce que finalement on voit aussi qu’aujourd’hui il y a plus de femmes cinéastes et tant mieux, j’espère qu’il y en aura de plus en plus. Mais les femmes sont également tout à fait capables de perpétuer les violences parce que ce ne sont même plus tellement des violences sexuelles, même quand elles sont sexuelles. Ce sont avant tout des violences de pouvoir. On agresse en général une jeune comédienne.
Alors à la SRF, il y a eu, il y a eu des membres féminins qui ont brûlé. Avec ça, on est.
On est une association de plus de 450 cinéastes et c’est des choses qui ont été discutées. Et évidemment, ça s’appelle Société de cinéastes. Donc on est une société et on représente ça. Mais en tout cas, là où ça se recoupe avec l'écologie, c’est que l'écologie, elle va, elle va agir à un endroit qui, lui, qui va déplaire dans un premier temps, qui est la perte d’une hégémonie, la perte d’un pouvoir et du et de et surtout de la de la représentation de l’image du pouvoir, c’est à dire la voiture individuelle à verres fumés, c’est à dire la pièce de bœuf qui dit je vous emmerde tous, c’est à dire lui. Et donc des gens vont lutter contre ça de la même façon qu’il y a la perte d’un pouvoir qui était le pouvoir sur un corps, un corps jeune, encore de femmes ou encore d’adolescents, peu importe. En tout cas, c’est un endroit où les choses vont devoir se repenser. Mais si vous faites du cinéma pour avoir cette bagnole à verres fumés, si vous faites du cinéma pour avoir ce rapport sur un corps, mais ne faites pas de cinéma, allez vous faire foutre en fait. Moi c’est ça que j’ai envie de dire
Et on verra quand ces choses qui sont en train d'être mises en place vont et vont l'être encore plus. On verra qui veut faire du cinéma ? Qui a vraiment envie d'être acteur quand ce sera plus une histoire de collier et de voiture ? Qui a envie d'être réalisateur ? Quand on ne pourra pas toucher ou mettre sa main dans la culotte d’une jeune fille qui a envie ? Ces gens là, ils feront du cinéma et ce sera peut être les jeunes d’aujourd’hui. Non ? Déjà les gens qui ne voudront pas s’en mêler.
Voilà, c’est ça.
Alors là je sais, mais je pense que c’est important parce qu’il ne faut pas jeter le cinéma d’auteur avec sur l’autel de ces violences, en fait. Et là dessus, évidemment, nous allons au cinéma et le cinéma d’auteur. C’est pour ça que j’ai dit que la SRF était fidèle à la politique des auteurs. C’est très important parce que, autant on est très treize, je pense à la pointe de ce combat sur contre les violences sexistes et sexuelles, autant on veille à protéger l’idée que le créateur est alors le cinéaste. Et je veux juste rajouter un tout petit mot là dessus. Le réalisateur ou la réalisatrice peuvent aussi être l’objet de harcèlement. Et ça, faut aussi le comprendre. C’est-à-dire que nous, on est dans les deux endroits. En fait, on peut aussi harceler par des producteurs, par des financeurs. C’est arrivé. On a plusieurs cas aussi de femmes en particulier qui ont été violentées par leur producteur. Donc on a aussi une circulation du pouvoir. Donc le cinéaste ou la cinéaste a un pouvoir sur un plateau. Mais il n’est pas le seul à avoir un pouvoir sur un plateau. Les grands chefs de poste ont aussi des pouvoirs et les producteurs, évidemment, ont aussi un pouvoir sur ce plateau. Les cinéastes sont au centre de ces questions en fait. Et ça, c’est important aussi de le comprendre.
Alors justement, ce sera la dernière question. Après, je voudrais revenir sur le livre de Geneviève Sellier dont je parlais tout à l’heure Le culte de l’auteur, les dérives du cinéma français, paru il y a quelque temps. Sa thèse. Si j’ai bien compris, c’est pour une professeur de cinéma. Sa thèse, si j’ai bien compris, c’est de dire que le cinéma d’auteur, avec sa posture assumée de génie solitaire, c’est lui qui a généré en partie les conditions de ces violences.
On va dire Weinstein, ce n’est pas un auteur solitaire.
Hitchcock non plus.
Hitchcock non plus. Et Alain Resnais n’a jamais eu de plainte. Rivette Ça a tourné.
Vous n'êtes pas d’accord avec ça ?
On écoute cette fille de Rohmer retournée toute sa vie avec une jeune fille qui a été un maître absolu. Rohmer n'était pas sur ses plateaux et tout ça. Il n’y a jamais aucun problème. Ce n’est pas le cinéma d’auteur. La question, c’est ce qu’a très bien dit Elisabeth, c’est délégation de pouvoir. C’est quand il y a un pouvoir, il y a potentiellement.
C’est que l’auteur en France, justement, il a, il est tout puissant.
C’est faux, il n’est pas tout puissant, c’est faux, mais c’est objectivement, historiquement faux. Ce n’est pas vrai. Un auteur n’est pas tout puissant, ce n’est pas vrai. Il y a des auteurs qui ne sont pas tout puissants et des très grands cinéastes. Resnais, Rohmer, c’est parmi les plus grands cinéastes du monde.
Bien sûr.
Je ne veux pas comparer pour être gentil avec ceux qui sont accusés de violences sexistes et sexuelles, quand même, on n’est pas au même niveau d’invention, etc. Donc on a suffisamment d’exemples pour dire que c’est faux. En fait, ce n’est pas le cinéma d’auteur le problème. Il y a un dévoiement. Antoine l’a très bien dit. Il y a des gens qui pensent qu'être un cinéaste, c’est avoir un pouvoir sur le corps des femmes. Mais ce n’est pas le cinéma d’auteur. Ça, c’est un dévoiement du cinéma d’auteur. Il ne faut pas confondre. En fait.
Comme il y a deux sujets. En fait, il y a un sujet des violences qui a parlé, il y a le sujet du regard sur le monde. Et c’est bien évident que le cinéma français, c’est un regard masculin, a un regard masculiniste, a eu un regard masculiniste, en particulier au cinéma des années 60, 70, 80. C'était des réalisateurs hommes entre eux, pour leur très grande majorité. Et bien évidemment, ce ne sont pas des films féministes, loin de là. Et aujourd’hui, quand on regarde certains films, on a du mal à les regarder. Ils présentent une vision du monde et de la femme qui n’est pas ou des femmes qui est absolument insupportable. Mais ça, je pense que c’est très juste.Les violences, c’est un autre sujet, mais c’est un sujet extrêmement important parce qu'évidemment c’est le reflet de la société en. Et j’espère qu’on est en train de tourner la page et qu’effectivement, l’arrivée des femmes, il y a de plus en plus de réalisatrices. Mais j’espère que le regard des hommes va changer. Mais c’est une réalité. Et moi j’avais l’impression qu’elle était plutôt sur ce sujet là. C’est à dire qu’attention, enfin, toute l’histoire du cinéma, en tout cas de ces 40 50 dernières années, est quand même un cinéma, on va dire largement masculiniste, machiste, avec un regard dégradant, un peu dégradant sur les femmes. Ça ne veut pas forcément dire qu’il y a toujours des violences, mais c’est en fait et c’est ça qu’il faut changer aujourd’hui. Il faut une pluralité des regards, une diversité des regards qu’on avait auparavant, donc une diversité de classe, une diversité de genres, une diversité d’origines sociale, ethnique, je ne sais pas, et ça, c’est évidemment extrêmement important. Il faut sortir d’un cinéma français, d’hommes blancs. C’est là le sujet.
C’est aussi le sujet de son livre.
Oui mais je pense que le vrai sujet après sur les violences, effectivement, les violences, les. Effectivement, c’est un peu. On trouve là le moyen d’attaquer le cinéma d’auteur par ce biais là, mais je pense que c’est aussi une façon d’attaquer une fragilité.
Ernaux, elle dit très bien aussi qu’on demande une exemplarité aux victimes souvent et le cinéma d’auteur. Quand on dit cinéma d’auteur, on est, même si moi je pense qu’il est un auteur aux clés. Certains films commerciaux sont faits par des auteurs ou des autrices. Quand on dit cinéma d’auteur, on parle d’un cinéma qui est ce cinéma vulnérable et donc on attaque une vulnérabilité et on demande aux vulnérables une exemplarité. Et ça, ça, il y a quelque chose qui, je trouve, est complètement insupportable et qui est à côté du problème. Le problème, c’est ce que vous venez de dire et ce qu’on a dit, c’est un problème de pouvoir. C’est un problème de pourquoi on est venu là. Ça n’a rien à voir. Comme disait Christophe, l’auteur ou l’autrice doit absolument rester capitaine de sa barque du film. Quand on réalise un film de fiction, ce n’est pas le dernier film que j’ai fait. Tout le monde est au courant que c’est moi le réalisateur. Je n’ai aucun autre pouvoir à exercer ou à vouloir ou à fantasmer que celui de la clarté.
Le chat ne comprend pas. Quand tu dis que le cinéma d’auteur serait victime.
Le cinéma d’auteur depuis sa création, si j’ose dire, c’est-à-dire avec concomitante au CNC. Sa reconnaissance, c’est la critique française qui, dans les années 50 et 60, a reconnu la question en disant l' auteur d’un film. C’est le réalisateur, y compris dans l’industrie, John Ford et l’auteur du film, ce n’est pas le scénariste, etc. C’est ça. Et donc ça a donné la politique des auteurs. La politique des auteurs a donné ce système français qui fait que le créateur sur un plateau, c’est le c’est le cinéaste. Et ce point de vue a toujours été attaqué par le marché qui, lui, veut sérialisé par les producteurs qui disent c’est nous, c’est nous qui décidons. C’est vraiment une lutte de pouvoir qui a le final cut sur un film, qui décide la version finale du film, est ce que c’est le réalisateur ou est ce que c’est le producteur ? Et quand c’est le producteur, c’est l’argent. Il y a des producteurs qui sont des artistes qui ont été des grands créateurs aussi, mais voilà. Mais c’est soit le pouvoir financier qui décide puisque c’est le côté industrie. Si on veut, c’est soit l’industrie qui décide en fait quel est le produit final, soit c’est l’auteur qui décide quelle est l'œuvre finale. La bataille, elle est là et ce n’est pas une petite bataille. A l'âge des plateformes, à l'âge de l’industrie culturelle mondialisée qui veut mettre à mal et qui veut rabaisser les cinéastes au rang de techniciens. En fait, c’est ça. Donc quand je dis le, quelqu’un se demandait si le moteur est victime, il est victime de ses campagnes en fait, qui veulent que le cinéma devienne une industrie comme une autre.
Allons y on va ajouter quelque chose.
Mais c’est bien sûr que le cinéaste est attaqué. Aujourd’hui, on parle des plates-formes, etc. Le statut d’auteur réalisateur est complètement différent selon qu’on fait un film pour la télévision, pour une plate forme ou pour le cinéma. Donc ça, on le sait, On sait que les auteurs réalisateurs sont, sont, sont attaqués. C’est une lutte de pouvoir qui a le pouvoir sur un film. Est ce que c’est aujourd’hui ? C’est le diffuseur qui a le pouvoir sur un film et le réalisateur ou la réalisatrice ? Et rabaisser, rabaisser, considérer ou rendre un faiseur parmi d’autres. On est dans une industrie.
Il y a l’ACID vôtre, votre concurrent.
Non, non, c’est des partenaires.
C’est des partenaires, non.
Moi j'étais à l’ACID.
Non, non. Je rigole. On n’est pas vraiment sur le même champ, on n’est pas sur les normes.
Ils ont eu un communiqué il y a quelques jours, qui moi même m’a beaucoup intéressé sur l’idée de les films de peut et sur l’idée de qui irait un peu dans ce que tu disais décarboné, voire décroissant, c’est à dire en disant il faut, il faut réfléchir à faire des films avec très peu d’argent. Est ce que ça, par exemple, c’est une solution par rapport aux questions de pouvoir dont tu parlais ?
On a monté un groupe de travail là dessus.
Moi, c’est un truc qui m’obsède. Le cinéma et la décroissance par exemple, c’est vraiment un truc. Je crois qu' aujourd’hui, partout sur la planète, on peut prendre son sous. Ça a commencé avec Eric Rohmer. Effectivement, Nicolas Pérez aida au Mexique, Astruc en Espagne, Godard, les voilà. Comment s’appelle-t-on en France ? Qui a fait embarquer Damien Manivelle ? Des gens comme ça ? Je crois qu’aujourd’hui on voit des films qui ont été faits pour des sommes absolument ridicules sur des Pierre Creton, L’immense Pierre Creton, qui ont été faits sur des toutes petites sommes qui ont été parfois tournées en quelques jours, en quinze jours hectare et qui sont dans les plus grands festivals du monde. Pierre Creton était quand même à la Quinzaine il y a un an, un an et demi. On voit régulièrement des prix à Cannes, à Berlin, etc. Et qui sont des immenses films pour le coup de vraiment d’auteur ou d’autrices. Je crois que oui, ça pose la question. Mais par exemple, quand on voit deux cinéastes accusés de violences sexuelles d’un côté, Jean-Claude Brisseau de l’autre côté de Polanski, il y en a un qui est, après avoir, on pourrait dire payé sa dette à la société s’est rendu compte qu’il ne pouvait plus faire des films produits, qu’on n’allait plus le produire, etc. Il a fait un film, plusieurs films décroissants, il a fait des films pour quasiment rien et c’est un cinéaste qui est redevenu intéressant. On peut lui reprocher ce qu’il a fait et en l’occurrence, la justice à la fin, l’a condamné. Et on peut aimer ou pas ses films. En tout cas, c’est quelqu’un qui s’est remis en question. Dans le cas de Roman Polanski, on voit bien qu’il n’y a strictement aucune remise en question qui n’aura jamais et qui a surtout l’impossibilité absolue, fondamentale, centrale, de quitter ses privilèges et donc dans les privilèges, les coûts pharaoniques de ces films. Et donc il fait son dernier film qui fait deux entrées dont tout le monde se fout, et à l’inverse de Brisseau par exemple, qui a quand même eu un léopard d’or à Locarno, à Locarno près de dix ans après. Alors, je ne suis pas là en train de défendre Jean-Claude Brisseau. Je dis juste qu’il y a des cinéastes et aujourd’hui, par exemple pour l'écologie, mais pour plein d’autres raisons, on peut être intéressé par une forme de décroissance, qu’elle soit d’abord énergétique, mais elle peut être aussi budgétaire. Elle peut être aussi sur l’idée du pouvoir, elle peut être aussi sur l’idée du sujet. On peut par exemple travailler sur des petites choses, des petites histoires pour autant, mais elles sont larges et ça ne peut pas être tout le Cinéma non plus.
Tout le cinéma, mais c’est une direction passionnante en tout cas, et complémentaire et diverse.
Tout à fait. Et on réfléchit à une à nouveau un nouveau modèle qu’on porte tous les trois avec d’autres qu’avec Nicolas Klotz par exemple, qui lui aussi fait des films avec très peu d’argent, et des grandes œuvres aussi avec Pedro Costa, etc. Et on réfléchit à essayer de trouver une façon d’aider ces films, en fait. Parce que dans la nomenclature des aides actuelles, c’est très compliqué pour un pour un. C’est assez paradoxal, mais c’est très compliqué pour un film à petit budget et petit budget, c’est moins d’un million. Pour revenir voir aussi autour 300 500 00 0 €. Alors, c’est le documentaire. Nous, on le connaît, le monteur, on fait 500 000 €.
On est content.
Budget mais pour voilà, pour des films de fiction et c’est normal, avec des acteurs, des décors, etc. C’est forcément plus cher. Donc c’est dans ces échelles de prix, il y a finalement peu d’aides qui peuvent bénéficier à ce type de projet. Donc on est en train de réfléchir à ça. L’ACID le fait aussi, on est en contact avec eux.
Donc oui, c’est pour tourner de façon plus rapide, ça, de façon plus rapide, plus légère, et ça nous permettrait aussi d’avoir une nouvelle liberté de création. C’est quand même moins dépendant des financements de la durée parce que c’est de plus en plus long de faire un film. Donc on passe énormément de temps à écrire, réécrire, etc. Et on a besoin de cette bouffée de liberté, de création. Et ça passe par un nouveau modèle, un nouveau modèle de production qui serait évidemment qui ne va pas remplacer celui qui existe, mais qui nous donnerait une bouffée d’air frais et de nouvelles possibilités de création. Et ça, c’est effectivement un enjeu aujourd’hui extrêmement important et qui rejoint les préoccupations écologiques. Mais pas seulement.
Mais c’est ce qu’a fait Cavalier, par exemple. Et le dernier film de Lynch aussi a été fait en toute petite équipe. Il disait qu’il en avait marre de ses grandes équipes et tout ça, que c'était trop pesant, que ça l’empêchait. Voilà, donc il y a quelque chose à penser de ce côté là. C’est en chemin, d’une certaine façon.
Eh bien super ! Merci beaucoup à tous les trois d'être venus, d’avoir porté la parole de la SRF. J’espère qu’on pourra faire le point dans quelques temps. Où est ce qu’on en est ? Donc il y avait toujours du bœuf ou plus de bœuf à la cantine parce que j’ai bien vu que le bœuf.
La viande de bœuf, c’est une des choses les plus écocide et on le sait maintenant, on.
Le sait, on le sait. Merci beaucoup. Merci à vous personnellement. Vous êtes sur des projets ? Vous voulez dire deux ou trois mots ?
Moi j'écris un film de fiction, donc je ne fais pas que des documentaires. Qui est en train d'être développé, comme on dit. Il est fini d'écrire et on commence à chercher les acteurs et les premiers financements.
Aïe, aïe
Ça va être un peu long et c’est un film qui n’est pas à petit budget. Tout à fait pour moi, en tout cas à mon échelle, qui vient du documentaire qui était bien financé, mais quand même, ce n’est pas un petit budget, donc ça c’est très long, c’est toujours.
Très long, c’est très long.
Non mais moi aussi j'écris pareil de la fiction, donc ça va être très long. Et on va voir quoi ?
Antoine.
Pas mieux.
D’un coup, ça devient.
David, est-ce que tu veux parler de tes projets ?
Je suis dans le même cas que toi, je suis sur une fiction.
On va s'épauler.
On va essayer de voler ou alors on ne sera pas dans une concurrence fort, ça s’arrête là. Alors tu passes à quelle commission ? Ah non attends, il y a l’achat, On.
Essaye de s’organiser avec les copains, mais on y arrive
Et j’avoue que moi je suis quand même assez effaré par les sommes puisque là je parle de fiction comme toi, quand on vient du documentaire, il y a quand même un truc.
Il faut quand même payer les gens. Oui, oui, bien sûr, des conventions collectives en ont entendu parler, qui sont importantes, sont importantes. Est ce qu’on est. On est aussi pour la défense des gens qui travaillent sur le cinéma et les conventions collectives ont fixé des barèmes et des salaires minimums sur les plateaux. Et heureusement que ça glisse parce que sinon il y a des abus, il y a des gens qui font trop d’heures sup, etc.
Non, non, ça coûte de l’argent, ça je suis d’accord, mais le casting génère finalement le financement, moi ça m'étonne, je pensais que c'était l’inverse si tu veux dans ma pensée. Et je pensais que tu avais ton argent, tu pouvais avoir tel ou tel acteur. Bon c’est l’inverse. Et là, quand on commence à te sortir les fiches des acteurs et des actrices en te disant je sais pas si vous connaissez cette application que les producteurs ont. Moi je vais en parler parce que je trouve ça sidérant où tu as non seulement le box office de tel ou tel acteur ou telle ou telle actrice, mais tu as aussi par exemple un acteur inconnu qui a fait 2 millions d’entrées, mais en fait il a joué dans James Bond et en fait il y a zéro virgule 2 % dans le film. Donc tu comprends que c’est bon et que t’arrives avec un projet, tu portes une histoire et on te dit si tu veux tel acteur.
Après le cinéma de fiction, j’ai envie de dire aussi, il y a un jeu qu’il faut avoir envie de jouer. Si tu veux. Je pense que quand tu penses que même Hitchcock qu’on lui a imposé, je crois Julie Andrews au moment du rideau déchiré si tu veux, c'était déjà être COC depuis 50 ans. Si tu n’as jamais aimé Julie Andrews, il n’a jamais voulu aller à un total Maskass dans son film. Et pourtant. Et pour autant, c’est ça. Voilà, ça.
Tu sais, je peux me prendre pour une nonne, ça me fait Plaisir que je leur ai offert de tout temps.
Tu ne sais pas quoi non mais ce que je veux dire, c’est que de tout temps, le cinéma de fiction coûtant un certain prix a quand même été, oui, c’est vrai, dépendant du casting. Et tout à l’heure on parlait aussi des éventuelles censures de l’extrême droite au cinéma. Et ça, moi, ça me faisait penser aux éventuelles faveurs. En tout cas de différentes façons. Ça me faisait penser au documentaire de Scorsese sur le cinéma américain qui a déjà plus de 25 ans, documentaire je crois, où il parlait des cinéastes contrebandiers. Il parlait notamment de Fritz Lang et de cette époque où, dans le cinéma américain, que ce soit au moment du maccarthysme ou au moment du code Hays, il a fallu trouver des solutions pour dire quand même des choses. Et c'était en ça qu’il était contrebandier. C’est à dire qu’il Fritz Lang notamment, faisait semblant de faire un film policier, un film noir ou je ne sais pas quoi, et derrière il disait quelque chose et c’est devenu une sorte d’art. Alors c'était merveilleux. Ça a même donné une des plus belles scènes de baiser du cinéma dans Les Enchaînés d’Hitchcock le fait que le Godard refusait des baisers de plus de dix secondes. Donc du coup, il a fait 50 secondes. Pour autant, ce sont des moments d’immense tristesse bien sûr, et de censure, même si une créativité peut en ressortir. Et c’est vrai que si on revient vers ça, ça va être difficile et on créera quand même.
Mais on parlait aussi tout à l’heure des films à petit budget et de ce que tu viens de dire sur le mode de financement. La Nouvelle Vague, c’est ça. C’est la nouvelle vague qui vient contre la qualité française, qui est haute, qui sclérose le cinéma avec beaucoup d’argent aussi, mais sur les plateaux, avec des acteurs qui sont figés, qui ont des marques au sol sans arrêt. Et c’est des films à très petits budgets au début, la Nouvelle Vague, les 400 coups sur souffle. C’est des films qui ne coûtent rien et peut être qui on est à l’aune d’un nouveau souffle, d’une certaine façon, qui viendrait mettre un coup de pied dans la fourmilière du cinéma français qui effectivement est financé par des acteurs stars. Il faut avoir l’acteur avant d’avoir le financement. Mais c’est compliqué parce que les acteurs ne nous considèrent que si nous mêmes on a déjà quelque chose à faire. Voilà.
Et puis ça crée une relation marchande.
Et le cinéaste n’a plus le pouvoir. Ce qui n’est pas très agréable
Voilà, mais bon, on en reparlera une autre fois. Merci beaucoup à tous les trois et puis tenez nous au courant de la suite.
