Clémentine Autain convoquée Au Poste : et la république, bordel ?
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Bonjour Clémentine, Je dis la vache parce que tout ça est très raccord avec le code graphique d’Au poste, ce rouge orangé sur les murs sur le haut là..
Bonjour,J’ai écrit un tout petit livre. “Les faussaires de la République”, c’est la nouvelle collection du Seuil Libelle, j’adore cette collection parce qu’elle est pas chère. C’est 4,50 € qu’on peut lire vraiment vraiment facilement. Et c’est sur les faussaires de la République et où justement je m’en prends alors à l’arnaque de la période des marrons sur Manuel Valls qui a en particulier fracturé à gauche sur cette question là, mais en marchant dans les pas de l’extrême droite et en vidant de sa substance le mot république qui est devenu synonyme de laïcité, d’une laïcité comprise dans un sens très différent de celui de ses concepteurs de la loi de 1905 et banalisant au final, je résume à l’affaire par ce que j’imagine n’est pas le sujet de ce matin un suicide qui.
Du moment qu’on est dans le flou
Dont on peut parler.
Ah bah bien sûr, bien sûr, c’est comme ça que je vis.
Alors je développe aussi.
Développe, développe.
je développe du coup. Donc je démarre en fait sur eux, sur le moment où j’ai pris conscience d’une forme de holdup, de holdup qui a été fait sur la République. Alors c'était et ça remonte un peu puisque c'était en 2016, en décembre 2016 et en fait j'écoutais France Inter à l'époque chez moi et là j’entends Manuel Valls qui était l’invité et il dit je, il parle de moi d’un seul coup et dit que Clémentine Autain a noué des accords avec les Frères musulmans. Alors oui, je suis vraiment jeune, j'étais assommée en me disant mais breaking news quand même. Une femme, une féministe qui a noué des accords avec les Frères musulmans quand même balaise. Il y a bien un journaliste sur place qui va me faire relever quoi ? Juste relever et dire mais qu’est ce que vous êtes en train de raconter ? Pas du tout,à ce moment-là, il y a Cohen qui est là et qui, au contraire, on l’entend. J’ai réécouté depuis, on l’entend et il lâche un bref oui, enfin bref, oui. Et donc j’ai demandé un droit de réponse que je n’ai pas eu et en fait c'était que le début, c'était avant qu’on ait cette espèce d’acharnement avec ce mot complètement vide d’islam gauchiste qui est une étiquette qui évite le débat politique de fond. Et Manuel Valls, avec le Printemps républicain qui a participé à cette opération de grande ampleur, marchant encore une fois idéologiquement dans les bras de l’extrême droite, a voulu faire une opération politique qu’on n’a pas assez vu à mon sens, qui est de disqualifier, de discréditer tous ceux qui, à gauche, ont critiqué le quinquennat Hollande. Parce qu'à partir de là, le débat a été déporté du bilan de cinq années où la gauche a été massacrée par un gouvernement qui se revendique de la gauche, qui a fait une politique de droite. Mais au lieu d’avoir ce débat là, Manuel Valls a dit Attention, tout cela, ce sont des ennemis de la République, sans argumenter, sans qu’on ait un vrai débat. Or, ce que je dis dans Les faussaires de la République, c’est qu’en réalité, c’est nous qui défendons un idéal républicain qui s’inscrit dans une histoire, celle des révolutionnaires de 1789, de 48 et de de la commune, c’est ça, nous, on a ce fil historique qui est très fort et qui rappelle, comme le disait Jaurès, que la République doit être laïque et sociale. Mais elle ne restera laïque que si elle est sociale et que ce qu’il oublie absolument dans les fondements républicains, c’est tout ce qui relève de l'égalité de la justice sociale et qui est un ferment considérable de cohésion et de lutte aussi contre l’obscurantisme. Et donc voilà. Donc c’est un livre vraiment sur le fait que nous devons être fiers de notre filiation républicaine, ne pas s’excuser, ne pas arrêter un peu de d'être amis. Mais non, je n’ai pas dit ça. Mais oui, vous avez raison, non, on n’est pas d’accord.
Est ce que ces critiques là de Wokisme pour parler de tout ce qui a pu être dit de manière dégueulasse en 2016 sur l’antenne de France Inter ? Est ce que c’est des choses qui qui t’empêchent, qui vous empêchent, vous les gens du Parlement populaire, de l’Union populaire, de la France Insoumise, d’avancer vraiment ou pas ? Est ce que vous pourriez vivre ?
Non, parce qu’il y a eu un tournant. Il y a eu un moment, oui, parce qu’il y a eu un moment où on s’excusait, où on se divisait. A entre nous beaucoup là dessus. On s’est écharpés sur l’interdiction du voile, dans les écoles ou ailleurs, etc. On s’est échappé. Et moi, ce que je dis dans Les faussaires de la République, c’est qu’il faut regarder absolument ce qui nous rassemble comme projet profondément républicain. Je veux dire à part des toutes petites marges dans nos grandes familles politiques d’un côté ou de l’autre d’ailleurs, l'écrasante et est profondément attachée à la laïcité, l'écrasante majorité et pour une République est une république sociale. L'écrasante majorité veut qu’on fasse une nouvelle République qui intègre la question écologique. L'écrasante majorité, en fait, défend un projet républicain. Or ils ont réussi à nous diviser en nous faisant et en faisant que nous nous polarisions sur les questions qu’ils mettent à l’agenda et qui sont là pour nous, qui sont là pour, pour, pour faire qu’on se convainc, on s'écharpe. Donc j’ai l’impression qu’on est sorti de ça, qu’on est sorti de ça et qu’on a maintenant une posture qui est beaucoup plus offensive par rapport à tous ces faussaires de la République, c’est à dire ceux qui ont le mot à la bouche du matin au soir, mais qui en réalité ne font que la massacrer parce que la République, elle, peut mourir de ses ennemis véritables, par exemple ceux qui sont des royalistes, ou alors les terroristes, notamment hétéros et islamistes, qui évidemment s’en prennent à la République. Mais elle peut aussi. Mais enfin, la majorité, l'écrasante majorité des Français ne sont pas là dedans, ne sont ni royalistes, ni terroristes. Donc il y a bien ça, c’est ça, ça rassemble. Mais elle peut aussi se nécroser de l’intérieur, c’est-à-dire qu’elle peut mourir parce que les principes qui sont affichés au fronton des bâtiments publics liberté, égalité, fraternité sont en train d'être maltraités par les politiques publiques. Moi je dis toujours la liberté. En fait, elle est morte parce qu’elle est devenue un synonyme de libéralisme économique, que l'égalité en réalité marche en arrière et que la fraternité, elle est morte dans la mer Méditerranée, donc vous avez là un cocktail qui est un cocktail de mise à mal de la République par ceux qui nous font du matin au soir des. Son de République,ce qui moi me met extrêmement en colère.
Hier soir, Macron, un moment donné, a dit à Marine Le Pen qui avait tromperie sur la marchandise. Où est ce que tu trouves qu' il y a le plus de mensonges au fond dans ce qu’on a entendu hier et dans ce qu’on entend depuis des mois et des mois ?
Marine Le Pen, le plus gros mensonge, c’est le visage social de compréhension du peuple, d’empathie qu’elle affiche au regard d’un programme qui est un programme anti-social. Tout ce que nous proposons pour améliorer les conditions de vie du grand nombre, que ce soit la hausse du SMIC à des salaires comparables, mécaniquement la hausse des minima sociaux, la retraite à 60 ans. Parce que quoi que l’on dise, elle n’est pas pour la retraite à 60 ans, la consolidation des services publics, bon j’en passe. Et même la lutte contre l’austérité budgétaire qui permet justement de redistribuer les richesses. Tout cela n’est pas dans son programme. Donc elle peut avoir des mots d’empathie, ce qu’elle a fait encore hier en parlant de souffrance du peuple, mais elle n’a pas un programme qui permet de répondre concrètement à cette souffrance, voire même elle va accroître parce qu’elle va voir,par ailleurs, elle va accroître les souffrances parce que la mesure de préférence nationale, c’est très concrètement des millions de gens qui vont être, qui vont basculer dans l’extrême extrême pauvreté, qui vont être chassés. Donc, ça, ça ne résout pas les problèmes concrets de la majeure partie de la population qui est en souffrance. Donc, ça, pour moi, c’est le mensonge majeur de Marine Le Pen. Si. C’est vrai qu’elle a fait une espèce de mue par rapport à Jean-Marie Le Pen, son nom ? Son père, elle a fait une mue parce qu’elle a réussi à être banalisée sur les plateaux, à ne pas apparaître comme néonazie, d’une extrême droite extrêmement violente, etc. Elle s’est banalisée, elle s’est banalisée aussi à la faveur de discours aux accents sociaux qui masquent la réalité de son programme. Quant à Macron, je ne sais pas si on peut vraiment parler de mensonge, c’est-à-dire qu’il raconte n’importe quoi tout le temps, Il y a une espèce d’agitation. Non mais je veux dire, la semaine dernière, il était pour la planification écologique. Je veux dire, les mots n’ont plus aucun sens, quoi. Mais, mais souvenons-nous qu’il a été élu il y a cinq ans, alors qu’il était candidat. Il avait écrit un livre qui s’appelait Révolution. On ne vient pas pour pour au final accélérer les politiques qu’on a depuis 30 ans, c’est à dire faire pas exactement la même chose, c'était aggraver. Mais ce qui a été fait, aller un peu plus loin dans ce qui a toujours été fait. Aucune révolution, c’est parce que c’est la révolution. Donc il y a une capacité à prendre un ton. On dit maintenant à trianguler en fêtant avec les termes, mais je crois que ça ne. Je ne sais pas qui est dupe de ça. Tout le monde voit bien. Il a dit marcher, marcher, marcher, marcher plein de fois hier soir, donc au moins on est au clair. C’est un projet light, libéral qui n’a aucune intention de s’affronter aux normes européennes qui sont édictées. Et donc il nous laisse dans le dans le carcan de ce, de ce, de ce triptyque austérité budgétaire, concurrence libre et non faussée. Et du coup, j’ai envie dire contrôle social à tous les étages. Est ce que pour faire avaler ces politiques néolibérales, on le sait au moins depuis Thatcher, qui sont très violentes sur le plan social, La contrepartie c’est qu’il faut mettre tout le monde au pas et donc pénaliser les militants, comme on l’a vu aussi bien dans le mouvement social traditionnel qu’avec les gilets jaunes. Aussi, c’est quand même un gouvernement qui n’a pas hésité à éborgner, qui n’a pas hésité à être du niveau d’une répression très très forte et de faire vivre ça. C’est vraiment typiquement Macron, une forme de monarchie présidentielle avec beaucoup d’autoritarisme. Donc je ne sais pas s’il y a ici de la tromperie. Je dirais que ça fait partie du jeu, ça fait partie du personnage de Macron pourtant depuis cinq ans.
Je suis obligé de me faire l’avocat du diable. En plus, j’aime bien ça, est ce qu’on ne peut pas dire d’une certaine manière il est plus, il est plus il est plus transparent qu’en 2017 ou en 2017, Il il vendait un programme qu’il n’a absolument pas fait par la suite, où il donnait un peu des gages de barrage républicain. Justement, pour reprendre ce que tu disais tout à l’heure.
Si il n’y a rien, c’est la promesse de la poursuite de ce qu’il a fait. D’ailleurs, il n’y a pas de mesure saillante là, la seule mesure saillante c’est la retraite à 65 ans et honnêtement, c’est une catastrophe. C’est aussi une catastrophe parce que ça nous met en danger face à Le Pen de dire si ça nous met en danger avec des mesures pareilles parce que on peut avoir des gens, des gens de peu comme on dit, qui, qui, qui disent bah écoutez, il y en a une, c’est la retraite à 62 ans, l’autre c’est la retraite à 65 ans. Donc c’est quand même dangereux d’avoir pris une telle mesure violente socialement. Alors on peut dire qu’il s’est cru sans doute si fort et ayant tout pouvoir et donc en capacité de promettre ça pour mieux l’imposer aux parlementaires ensuite, mais en même temps. Un projet qui a vraiment sa cohérence dans le projet de Macron pas dans la forme, pas dans les mots. Parce qu’il y va d’un bout de logo, d’une chose, puis dit l’autre. Il est même fatigant d’agitations en termes de concepts, de façon de s’adresser à nous. Mais je crois qu’il a frappé les gens par son arrogance. Et encore hier, il avait des postures très arrogantes par son arrogance, par son mépris profond. Et c’est ce qui a généré une haine en moi. Je suis impressionnée par la haine qu’il dégage, au point qu’effectivement l’idée d’aller remettre pour certains, mettre ou remettre un bulletin Macron dans l’urne contre l’extrême droite est devenue un geste. Voilà un pique nique qui nous est insupportable, qui nous est insupportable. Alors chacun le règle d’une façon ou d’une autre, en y allant quand même ou en y allant pas. Mais en tout cas ce qu’il a généré de façon extrêmement massive, qu’on y aille ou qu’on y aille pas, c’est le le vraiment que c’est que c’est insupportable ça. Et ça participe du coup banalisé l’extrême droite. C’est un duel qui qui maintenant devient convenu entre le pouvoir en place et l’extrême droite. Et il y a quelque chose qui tourne plus rond avec ça. Comment les gens repérer quand les mots sont à ce point utilisés à l’envers de ce que ça veut dire ? Incroyable ! Interdire le voile au nom des libertés ? Que c’est faux !
Voilà, Sir.
William.
C’est le roi de l’amour,oui.
Exactement sir William. Mais nous, on a l’habitude avec Macron du Orwellien parce que pendant cinq ans à l’Assemblée nationale, mais c'était quasiment à chaque débat, on se dit mais ce n’est pas possible, c’est Orwell, Orwell, Hamster Wolf. Quand ils ont fait la loi asile immigration, il nous répétait sans cesse que c'était au nom de l’humanité. Voilà, on est en train de débattre de tests osseux, de liberté réprimée avec le droit d’asile cassé, etc. Mais ils nous ont répété que non, non, c'était pas ça le sujet puisqu' il y avait de la fermeté mais beaucoup d’humanité dans ce texte. D’ailleurs, j’avais terminé en disant au ministre, Monsieur le ministre, nous avons bien vu la part de fermeté. Ce que vous pouvez nous dire, Où est l’humanité ? Jamais eu de réponse, jamais de réponse et pas d’humanité dans ce texte. Mais ils sont capables, par la rhétorique, de nous raconter une chose Et à des moments, mais les marcheurs y croient, ils n’ont pas lu les textes, ils ont lu que les éléments de langage, ils croient vraiment que dedans il y a peut être des choses qui vont dans le sens de l’humanité, mais en réalité non.
Patient Kadath demande : Vos mots sont justes, mais comment se fait il que des Français n’y adhèrent pas vraiment ?
D’abord, c’est pas complètement vrai, parce que là, on a vu que le paysage politique, il s'était profondément redessiné. Je pense que c’est pas nouveau parce que moi, il y a longtemps, je l’avais écrit dans Regards, cette histoire de tripartition. C’est à dire que maintenant on a trois gros blocs, on a le bloc central, celui qui gouverne en gros, qui d’ailleurs fracture la droite classique et la gauche classique en ramenant au centre ceux qui ont gouverné depuis 30 ans à peu près les politiques néo libérales, l’extrême droite ou la droite dure qui elle aussi se reconfigure, s'élargit avec Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan et au fond, une petite partie de la droite classique. Et j’attends de voir ce que va faire monsieur Ciotti, ça va être intéressant dans les temps qui viennent. Donc ça fait un deuxième et un troisième bloc. Nous, l’Union populaire, qui avons fait 22 % à cette élection et probablement un peu plus, parce qu’avec les communistes, on partage beaucoup, parce qu’avec une partie des Verts, on a aussi des points, des points de convergence. Et donc ça, ça nous fait trois grands blocs et je crois du coup que nous ne sommes pas. C’est pas con. Voilà, on est un peu nouveau dans le paysage politique par rapport aux deux autres blocs, donc c’est peut être ce qui fait qu’on n’a pas réussi à être au second tour,enfin, je me rappelle d’un seul point, c’est pas considérable non plus et que nous avons une responsabilité maintenant à faire grandir et à éviter absolument la majorité. Parce que cette gauche qui est forte, qui est une gauche radicale au sens de prendre à la racine les problèmes, elle n’a pas vocation à jouer les utilités auprès d’une autre force, plus modérée, qui elle, serait dominante. Ça, c'était le schéma classique. Donc là, c’est complètement un paysage nouveau qui apparaît, c’est-à dire que c’est cette gauche forte, franche. J’aime bien parler de gauche, franche. Je pense que c’est ce qu’on est, une gauche franche. Cette gauche franche est celle qui à l’avenir peut porter.
C’est à dire gauche franche. Qu’est ce qui fait le plus dur ? Pour preuve pour toi à ton cœur et d'être récupéré par Macron ou par Le Pen ? Ils viennent chasser sur vos terres.
Ce qui est insupportable avec Le Pen quand elle vient chasser sur nos terres, c’est comme si elle voulait faire oublier que leur projet, le nôtre, c’est. Mais c’est une opposition frontale, frontale, point par point. Or, elle utilise en effet ça, ça fait très très mal au cœur parce qu’on voit bien, on l’a vu depuis le traité constitutionnel européen, parce qu’il y a malgré tout des en effet, des mots, des phrases entières qu’on pourrait dire comme un certain nombre de leaders de l’extrême droite. Pour autant, ça masque ce que je disais tout à l’heure, c’est à dire à quel point nous n’avons absolument pas la même vision de la société, la même vision du monde. Et du coup, il y a une espèce de d’arnaque profonde qui fait, qui est insupportable en moi, qui m’est particulièrement insupportable, je dois le dire, je trouve ça insupportable et je l’ai vécu beaucoup au moment du traité constitutionnel européen, puisqu’il y avait le oui, le non non et que nous on se retrouvait dans le non pas avec façon de parler, mais en tout cas voilà. Et la bonne idée qu’on a eue à ce moment-là, c’est de constituer cette dynamique du non de gauche qui a permis d’ailleurs de polariser le non autour de nos questions à nous et non pas de celles, xénophobes, de replis racistes rétrogrades de l’extrême droite. Donc ça, ça a été très très fort. Mais aujourd’hui, on voit bien qu’il y a une dispute aussi de cette nature. Donc oui, ça m’est insupportable. Mais Macron, je dirais que j’ai le sentiment que ceux qui sont avec nous ne vont absolument pas se faire entourlouper par ça. On ne voit que la manip, qui peut croire que Emmanuel Macron, qui n’a rien fait pendant cinq ans sur l'écologie, qui a mené une politique de violence sociale, va demain être fort sympathique avec les gens qui ne sont rien, pour reprendre son expression effrayante, ou qu’il va d’un seul coup sortir du greenwashing. Qui peut croire ça ? Voilà, donc je ne crois pas que ça fonctionne et je pense que si des gens de notre famille politique vont voter Macron, de toute façon, c’est malgré Macron parce que c’est et quelque part c’est quoi qu’il dise, c’est quoi qu’il dise, parce que c’est une réflexion, là, mais je veux dire, c’est une réflexion qui a à voir avec la menace de l’extrême droite, mais à aucun moment à une adhésion à Macron.
Tu disais tout à l’heure, tu te rappelles fort justement en 2002 21 avril 2002 a immédiatement des manifestations sauvages, puis après des grandes manifestations contre Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, ça, c’est fini et même aujourd’hui, on a ce slogan Ni ni Le Pen, ni Macron, c’est-à dire on met sur le même pied d'égalité les deux, là. Est ce que ce n’est pas l'échec de la gauche franche que d’avoir laissé cette chose là se faire ?
Je pense que la première responsabilité, pour moi, elle est. Elle est liée à l’ambiance générale qui a banalisé l’extrême droite. Je veux dire, c’est pas d’abord nous qui avons banalisé l’extrême droite, c’est notamment le pouvoir en place en installant en Europe une habileté de Marine Le Pen déjà, qui a donné un visage plus rond, qui a axé sur le social en mettant moins en premier lieu toute sa haine raciste, etc. Donc il y a d’abord une amie. Il y a aussi, je dirais, une habileté de l’extrême droite. Mais le pouvoir en place, en reprenant ces thèmes là, a contribué à la banaliser. C’est à dire que quand on voit que le pouvoir en place explique oui, il y a de l’islamo-gauchisme dans les universités que je ne connais pas, on pourrait prendre 1000 exemples, mais qui marchent vers l’extrême droite idéologiquement, c’est ça qui est qui a sauté, c’est les verrous idéologiques et on ne combat les droite qu'à la condition de la combattre véritablement sur le fond politique, là pour le coup, je n’ai pas le sentiment qu’on ait lâché là dessus. On va continuer, on va continuer à s’opposer idéologiquement, frontalement à cette extrême droite qui gangrène les têtes, et notamment dans le monde populaire, parce que c’est cette dispute là qui est très importante. Une dispute profonde, c’est que l’extrême droite, elle a aussi grandi sur le ressentiment lié aux politiques néolibérales.
On nous dit : Est ce que Marine Le Pen ne porte pas d’empathie uniquement pour la souffrance, transformant les gens en martyrs et en fait, le cas échéant, en faire valoir l’instrumentalisation de la souffrance puisque le programme de Marine Le Pen ne modifierait pas du tout cette souffrance, au contraire, elle aggraverait.
Exactement mais elle utilise cette cette empathie qu’elle donne. Et aussi une autre chose qui met en colère le fait d'être une femme. Et d’ailleurs, il y a un sondage qui est tombé qui dit que les Français pensent que Marine Le Pen aura un programme plus féministe que Emmanuel Macron. Alors là, les bras m’en tombent. Heureusement, il y a plusieurs médias qui ont fait des papiers. Je pense en particulier à un papier du Monde qui explique très concrètement les positions et les votes de Marine Le Pen sur. Les droits des femmes. Évidemment que l’extrême droite est un ennemi absolu des droits des femmes. Il n’y a pas de doute, dans son projet et dans son programme, avec Le Pen, il n’y aura pas d’amélioration des conditions de vie du grand nombre. Il n’y a rien dans son programme qui va permettre de mieux gagner sa vie, d'être davantage protégée en termes de droits. Ce n’est pas le projet de Marine Le Pen, absolument pas. Le projet de Marine Le Pen est structuré autour de la préférence nationale de la chasse aux immigrés, de la chasse aux musulmans. Et qu’avec ça, on n’améliore pas les conditions de vie du grand nombre. Ça n’est pas le sujet, par ailleurs, non seulement on va avoir notre vie quotidienne qui ne va pas bouger, par exemple le blocage des prix, elle est contre. Lutter contre la libéralisation des services publics, c’est pas son sujet, ça fait beaucoup. J’ai dit tout à l’heure qu' elle n’est pas pour la hausse du SMIC, elle n’est pas pour la hausse des minimas sociaux,je ne trouve pas dans son programme de mesures qui soient de mesures de nature à bouleverser la donne et donc à faire qu’on vive mieux avec elle, en particulier dans le monde populaire. Donc ça c’est une arnaque numéro un. Deuxièmement, on va avoir en revanche un contrôle social et des surveillance accrue très fortement. Donc si vous n’avez pas aimé chez Macron la pénalisation des mouvements sociaux, le fait qu’on ait des éborgné dans les dents, les gilets jaunes et qu’on ait une monarchie présidentielle avec Marine Le Pen, ce sera sans doute bien pire. Vraiment bien pire. Parce que l’autoritarisme fait partie intrinsèquement du projet politique de l’extrême droite. C’est Marine Le Pen, mais c’est aussi tous ceux qui vont venir avec. Il ne faut pas oublier que si on donne l’appareil d'état à des gens qui viennent du GUD, à des gens qui ont une idéologie de Zemmour,. Croyez bien que l'état de droit, ils vont faire des cocottes en papier, des cocottes en papier. Donc on a un sujet liberté République qui est démocratie, qui est très important avec l’extrême droite. Enfin, troisième sujet majeur, c’est que sur l'écologie, alors là c’est le néant. Mais vraiment le néant, ça ne les intéresse pas.
La seule chose, c’est que c’est quand même le Front National qui, depuis 20 ans, avec Marine Le Pen ou quinze ans, présente une femme à l'élection présidentielle. La gauche franche ne fait pas tellement ça.
Effectivement, c’est un sujet dont on a besoin à gauche. Alors il y a eu. Après ça suffit pas d'être une femme, mais mais on a besoin que ça change. Bouffi comme on dit.
Ça changerait beaucoup, non ? Tu crois pas ?
A la fonction suprême à la candidate, à la candidature. Président de la République. Oui, je pense que c’est important que des femmes puissent être candidates et incarner notre famille politique. Ça c’est clair. Ça, c’est clair et c’est important. Mais de manière générale, à la fonction suprême. Mais plus globalement, je pense qu’on a besoin de féminiser notre représentation politique, ça c’est clair.On faut aussi que il y a beaucoup de blanc et les images qu’on voit, c’est beaucoup beaucoup et très blanc aussi. Donc ça, ça me soucie également. Et il faut diversifier les profils. On essaie de le faire c’est pas si facile, ça pose plein plein de questions, mais il faut en avoir une volonté farouche.
Tout à l’heure, c'était très intéressant ce que tu disais. C’est à dire que vous, en tant que député, vous avez eu une mandature, vous avez eu une difficulté à débattre parce qu’en face vous aviez Orwell. Je pense que ça va être pareil lundi, pas pas lundi, mais au mois de juin, quand vous allez être réélus, ceux qui vont être réélus.
Alors moi, je me bats pour qu’on ait une majorité en juin. Donc je ne renonce pas à me projeter dans une opposition à l’un ou à l’autre, ce qui ne serait pas tout à fait la même chose, non ? D’abord dans l’ambiance du pays aussi, mais disons que je sens qu’il y a en germe une colère très grande, donc moi, je ne sais pas dans quel état on est en septembre, en octobre, si on gagne pain, je sais pas, je sais pas parce que. Parce que je sens encore une fois que, avec la hausse des prix, l’inflation est un vrai sujet, un très très gros sujet quotidien. La panique devant la hausse des prix fait que les gens vont commencer à stocker. Voilà pour commencer à stocker. Donc ça donne une petite ambiance du pays. Moi, à chaque fois que je fais ça, chaque fois j’ai pas beaucoup fait. Mais là, depuis que ça a explosé, que j’ai rempli, j’ai fait le plein d’essence dans ma voiture. Jimmy J’ai été ahuri donc je voyais mais comment peuvent faire les gens ? Et là ils vont être pris à la gorge,quand on est pris à la gorge à ce point et qu’on va avoir des politiques qui ne vont pas répondre à cette urgence sociale, je ne sais pas où ça va aller. Même si c’est Macron qu'élu, ça ne va pas être un qui et qu’il a une majorité. J’en suis pas sûr. Un C’est pas parce qu’il est élu dimanche qu’il a une majorité en juin. Soyons prudents et visons vraiment la victoire en juin. Et ça, c’est mobilisateur aussi, notamment pour le monde populaire qui est qui souvent ne va pas voter que quand il pense que ça peut concrètement changer sa vie. Je crois que c’est très, très dynamisant la proposition qu’a faite Jean-Luc Mélenchon de viser ce troisième tour. Et par ailleurs, je pense qu’il faut le faire parce que parce que la situation est pas stabilisée, on n’a pas réglé la question avec cette élection où on voit qu’on a un deuxième tour. Macron Le Pen, c’est pas vrai. Il y a quelque chose qui reste coincé, il y a une colère qui reste vivace et si on perd tout ? Je n ai pas envie de me mettre dans cette hypothèse là. Mais après il y a un quatrième tour social.
Qu’est ce que la France Insoumise répond aux critiques d’hégémonie, de volonté hégémonique de votre part de vouloir écraser les autres, les cocos, les Verts ?
Je réponds qu’il faut lire la déclaration que nous avons faite de l’intergroupe parlementaire parce que la proposition qui a été formulée là est une proposition, je crois, ouverte et qui n’est pas hégémonique. Après, il faut être très attentif à ça, à la fois regarder les rapports de force sortis des urnes 22 % et des candidats qui n’ont pas franchi la barre des cinq, ça plante quand même un décor politique à l’attitude hégémonique. Elle, elle est par nature, elle n’est pas une bonne attitude, voilà. Mais il faut malgré tout intégrer les équilibres politiques, essayer de comprendre le sens aussi du vote. Il y a une stratégie qui a été mise en place par Jean-Luc Mélenchon et que cette stratégie a été validée. Donc il faut quand même l’entendre. C’est ça que je veux dire. Et après il y a de la marge de discussion, il y a de la marge de discussion, Il faut créer un cadre qui respecte le pluralisme politique et qui sache faire vivre le pluralisme autour d’un projet partagé qui dégage une cohérence d’ensemble. Je veux vraiment dire qu’aujourd’hui l’attitude n’est pas la même et que la main est réellement tendue aux communistes. Et j’espère que très vite, il y aura un accord aux législatives avec les communistes. Elle est tendue au NPA et elle est tendue à Europe Écologie les Verts. Génération a répondu déjà favorablement et la discussion est ouverte avec Europe Écologie les Verts. Donc moi je reste. J’ai toujours été une femme de rassemblement. J’espère vraiment qu’on va réussir ce rassemblement. Et je sais aussi que pour qu’il fonctionne, on a besoin que chacun et chacune soit respecté. Mais je veux ajouter une chose, c’est qu’il faut entendre que notre main tendue, c’est pas simplement aux organisations politiques parce que ça ne suffira pas.. Elle ne suffira pas de s’entendre entre états majors d’organisation politique. Donc, on a un besoin d’aller chercher dans la société à mobiliser, comme on a su le faire remarquablement, notamment dans les territoires d’outre mer et dans les banlieues populaires comme la Seine-Saint-Denis, où on a eu des scores absolument incroyables au-delà de 50 %. Mais on n’a pas fini, le travail n’a pas été fait,. On a bien analysé les résultats et on sait que Landais, on en a discuté avec François Ruffin pour savoir exactement comment on nomme cette France périphérique, cette France de la diagonale du vide, cette France des gilets jaunes. Voilà, c'était il y a un peu le débat sur ça, mais je crois, je crois qu’on voit bien parce que c’est à la fois le monde rural, mais il y a beaucoup de villes dans ce monde rural aussi, mais qui sont plutôt des sous préfectures ou des petites villes et qui se sentent délaissées, là, dans ces territoires, il y a, je crois, des habitants que nous avons encore à convaincre. Et ça fait partie de l’extension de notre force que d'être capable aussi de trouver des médiations pour que se lèvent là aussi des masses de personnes qui viennent voter pour exprimer leur adhésion à un projet qui nous fait avancer vers le partage des richesses, vers le partage des pouvoirs, le partage des savoirs, mais mais qui réponde aussi aux problématiques posées par les gilets jaunes notamment un fondamental qui est l'égalité entre les territoires. Jusqu’ici, la gauche, elle, a pensé l'égalité sociale, l'égalité des droits, pour moi, une des thématiques fortes qui doit être plus centralement, enfin centralement, plus au cœur en tout cas de notre discours, c’est la question de l'égalité entre les territoires. Ça, c’est fondamental et je pense que c’est une des clés. C’est une des clés pour réussir à être audible dans notre projet auprès de deux populations qui ne se sentent pas forcément, aujourd’hui encore représentées par nous.
Tu parlais là de territoire malgré tout. Le PS et aussi les collectivités locales, c’est aussi tout un tas d'élus, un maillage d'élus locaux qui pourraient peut être répondre à ce dont tu es en train de parler ou pas du tout.
C’est un sujet. Moi je dois dire sincèrement qu’on est sorti de cette présidentielle dans un état de colère maximale vis à vis d’Anne Hidalgo et de la campagne des socialistes qui s’est quand même bien obsédé contre Jean-Luc Mélenchon, seul candidat qui pouvait accéder au second tour et qui a prononcé des injures quand même d’un niveau assez inégalé. Tu viens expliquer qu’on est les amis de Poutine, les amis des textos, les amis des dictateurs. On est des petits, nous insoumis qu’on est ambigus avec la République. Et du jour au lendemain, embrassons-nous ! Comprenez quand même que voilà, il faut voir et dire c’est pas évident Et donc on avait déjà un débat politique de fond depuis le quinquennat Hollande, très franc et très frontal au sens où nous nous disons que la gauche progresse. Et d’ailleurs cette élection en a fait la démonstration. Elle doit être en rupture avec les politiques néolibérales. Est ce que vous faites comme nous ce constat Clairement. Et donc vous faites un agir lamento par rapport à ce qu’a été le quinquennat Hollande. Je n’ai pas le sentiment qu’au cours des cinq dernières années, cet agir lamento ait été particulièrement bien énoncé, c’est à dire qu’il ait été audible, qu’il était argumenté dans dans, dans des livres ou des interviews qui donnent la mesure de ce pourquoi le quinquennat Hollande a échoué. Donc ça, c’est un problème politique de fond de fond. Et s’ajoute à ce problème politique de fonds structurels un problème qui est un problème de la nature de la campagne qu’a voulu Anne Hidalgo et qu’ont soutenu les socialistes et qui ne crée pas tout à fait une ambiance de dialogue, une ambiance chaleureuse d'échanges. Donc voilà la situation à laquelle le centre. Donc du coup, nous. Dans la déclaration, ce qu’on a fait, c’est qu’on commence par le fond politique. Parce que si on veut dénouer cette situation, y compris avec des socialistes partout à ce moment là, du programme du fond politique dans la lettre, et c’est pourquoi je vous invite vraiment à lire cette lettre, nous disons qu’il y a un certain nombre de points de programme sur lesquels nous proposons de nous entendre et qui est une forme de préalable. C’est pas tout le programme, ça veut pas dire qu’on demande à tout le monde de se rallier à nous je ne sais plus combien en mon âme et centaine de propositions, mais il faut quelques marqueurs, quelques points clés sur lesquels on s’entend. Et ces points clés sont clairs : la retraite à 60 ans, nous on veut pas caner sur la retraite à 60 ans. Est-ce que les socialistes sont prêts à défendre ? C’est parce qu’on a défendu la candidate Anne Hidalgo. Ce n’est pas ce qui a été défendu au moment de la réforme des retraites à l’Assemblée nationale. Donc est ce que c’est ça ? Est ce qu’on est ok pour taxer les profits et faire une réforme de la fiscalité qui soit plus juste ? Est ce qu’on est capable de mener la planification écologique, c’est-à-dire d’avoir un ensemble de transition en profondeur ? De notre modèle de production. Est ce que ça c’est ok ? Est ce qu’on est d’accord pour en finir avec la loi El Khomri de l’abroger et d’arrêter avec la casse du code du travail ? Ce que je sais et est ce qu’on est d’accord avec la sixième République, ce qui n’est pas pour l’instant la proposition politique du Parti socialiste ? Est ce qu’on est d’accord ou est ce qu’on n’est pas d’accord avec tout ça ? Donc nous, on pose ces grands marqueurs et dirais que de ce point de vue, on a besoin d’entendre aussi les socialistes, pas simplement dans un vote qui dit on est ok pour bosser avec vous et on aurait l’impression qu’il s’agit juste de sauver des députés socialistes en perdition. Mais est ce qu’on est ok pour avoir un accord politique ? Nous on veut pas un accord technique, on veut un accord politique pour construire dès juin 1 majorité capable de gouverner. C’est ça notre enjeu. Donc il ne faut pas faire preuve de sectarisme, y compris à l'égard des socialistes. Je suis d’accord, mais reconnaissez que ça vous a pas été imposé.
Il y a des gens qui te trouvent très conciliante alors qu’ils ont été hardcores.
Je ne suis pas bien conciliante ce matin. Non j’hésite pour un esprit d’ouverture parce que. Alors je veux bien répondre là dessus. J’essaie d’avoir un esprit d’ouverture parce que notre responsabilité, parce qu’on est en tête. Mais comme vous l’avez entendu, je suis aussi assez ferme sur les prix, hein, C’est à dire que je pense qu’il faut cet esprit d’ouverture, mais il ne faut pas raconter d’histoires, on ne va pas faire un bricolage et c’est pas notre état d’esprit de dernière minute avec des socialistes qui ont pour préoccupation de sauver leur siège. Voilà, Nous, ce qu’on veut, c’est construire une majorité politique cohérente.
À partir de combien de députés ça devient intéressant de mettre un groupe ?
Qu’ensuite, quand il n’y a pas de groupe, il n’y a pas de militants à l’Assemblée nationale. Si vous n’avez pas quinze députés, vous ne pouvez pas former un groupe. Et nous, notre jeu, c’est pas c’est pas de nous adresser aux uns et aux autres uniquement pour savoir s’ils vont sauver leur groupe ou pouvoir constituer un groupe. Comprenez que là, on est en train de parler de l’avenir des Français. On est en train de parler de programme politique et c’est vrai que nous, on ne lit cet accord des places qu'à la condition qu’il y ait un accord de fond. On tiendra, on tiendra bon sur le contenu. Et que celles et ceux qui nous ont fait confiance justement pour incarner cette gauche de rupture a plein des gars. On n’a pas l’intention, sur l’autel d’un petit accord au dernier moment pour des postes aux législatives, de mettre tout ça à la poubelle. Non, on veut rester ferme sur ce qui a été, ce qui a créé de l'élan, ce qui a créé de l’espoir et on ne veut pas le dilapider. Maintenant, la porte est ouverte parce qu’on sait qu’il va falloir agréger plus encore. On ne va pas y arriver tout seul. Il faut qu’il y ait encore plus de monde. Alors ça passe d’abord par des citoyennes et des citoyens que nous avons à convaincre. Ça passe aussi avec d’autres sensibilités politiques qui à qui on doit tendre la main s’ils veulent nous rejoindre encore une fois sur des bases programmatiques claires.
Ici, je ne sais pas s’il y a beaucoup de socialistes, il y a beaucoup de gauche franche qui, qui participe aux chartes et parmi eux, il y a ceux qui ne croient plus tellement en la démocratie représentative, en tout cas telle qu’elle est aujourd’hui. C’est-à dire qu’elle pose souvent la question plusieurs fois. Est ce que l’Union populaire pourrait passer d’un rôle politique à celui d’une organisation citoyenne ? Est ce que quand on veut participer à la chose publique, mais sans forcément passer par le vote, c’est quelque chose qui vous intéresse à la France Insoumise ou pas ?
Bien sûr alors pour nous, ce n’est pas une fin, c’est que la politique ne s’arrête pas au vote comme je le dis, mais très clairement pour nous, la politique, pour moi, pour moi, depuis très longtemps et pour nous, je crois à l’Union populaire. On est tous absolument convaincus que la politique, elle, se joue dans notre capacité à faire vivre des idées, dans notre capacité à se mobiliser, à créer des rapports de force avec les différents pouvoirs en place. Donc évidemment que la politique ne se joue pas qu’au moment du vote. En revanche, on pense que le moment du vote est un moment décisif et très important parce que sinon, on n’arrive pas à créer la majorité qui change structurellement la donne. Donc il y a une limite aussi à l’action syndicale, à l’action de mobiliser, car même quand on fait, il y a tout un tas de choses hyper utiles qu’on peut faire à l'échelle de son quartier, à l'échelle de son village, et qui politisent et qui participent à la politisation. Mais il nous semble que, en tout cas, l'échelon du vote est un échelon qui permet d’avancer plus fortement et plus structurellement. Alma Dufour Je ne sais pas si certains la connaissent, qui est une activiste écologiste que j’ai rencontrée, moi, dans cette campagne et que j’ai trouvé absolument remarquable. Elle a réussi à énoncer pourquoi elle a basculé justement de l’activisme à la politique parce qu’elle dit qu'à un moment donné, elle avait l’impression de se confronter à un mur et de se dire d’abord on arrivait pas à gagner. Elle a mené des luttes, celle qui a été notamment connue parce qu’elle a mis des chaises dans une banque est condamnée pour ça. Mais aussi les tableaux de Macron. Voilà de l’activisme, vraiment que nous on a soutenu et qui est, qui est utile, qui est vraiment utile. Mais à un moment donné, elle a passé le pas parce qu’elle a vu aussi la limite de cet activisme là et elle s’est dit il faut faire quelque chose de qui permet justement qu’on ne soit pas simplement en train de nous adresser un, mais d'être en responsabilité pour pouvoir transformer plus structurellement. Et ça ne suffira pas, ça ne suffira pas. C’est à dire que si on gagne en juin, par exemple, si on a une majorité, faut pas croire que nous tous seuls, en nous déléguant des postes de ministres et une majorité au parlement, la messe est dite et on peut rentrer chez soi et attendre que ça se passe. C’est pas du tout comme ça que ça va se passer. On aura toujours besoin de cette action au quotidien, de cette mobilisation populaire au long cours moi j’ai en tête 36, par exemple 36. Les congés payés ne sont pas dans les programmes politiques. Il le deviennent parce qu’il y a un grand mouvement social qui le réclame. Et c’est cet aller retour entre la mobilisation de la société et l’action au sommet de l'État qui est de nature à transformer la société en profondeur. Donc moi, je ne vois pas la politique comme étant juste le moment des élections et on gagne. Et puis merci, rentrez chez vous, mais plutôt comme quelque chose qui irrigue l’ensemble de la société et donc qui peut se faire par différents biais qui se complètent les uns les autres. Mais moi j’invite quand même à ne pas rater la marche, la marche du 20, le moment du vote qui est quand même un moment, je crois, très important pour pouvoir s’exprimer, même si quand on est pas content, on a voté blanc. Ce qu’il faudrait d’ailleurs comptabiliser ces votes.
Ah oui, ils ne le sont pas aujourd’hui. Nous on est favorable à cette comptabilisation et on a le droit aussi à ce moment-là de dire au témoin y a rien qui me gène.
Comment la question médiatique par exemple est ce que est ce que tu joues ? Tu trouves que les choses ont changé ? Le regard des journalistes et des médias mainstream a changé sur vous ?
Moi j’ai trouvé les médias mainstream moins violents qu’en 2017. Alors dans le mainstream, il y a aussi la gauche mainstream. C’est à dire que la dernière fois on a pris cher de la part de médias qui étaient des médias, comme par exemple la Une de l’Obs en 2017 ou avec un texte d' Onfray qui lui casse la tête, ou des éditos Libération extrêmement violents contre Jean-Luc Mélenchon. J’ai trouvé que là, c'était quand même moins rude et tant mieux et tant mieux après.
Et ça a de l’importance ou pas pour vous, évidemment, mais au delà de vous.
On cherche pas non plus à être totalement normalisé. Je veux dire, si d’un seul coup on devient les coqueluches des médias mainstream, faudra s’inquiéter quand même. Installer un truc qui ne tourne pas rond.
Mais entre ne pas être les coqueluches des médias mainstream et se prendre des tabous. H24 c’est pas tout à fait la même, c’est pas tout à fait la même. Donc je dis pas qu’on est sorti des caricatures, je dis pas que on s’en prend pas plein la tête etc. Ça, ça continue. Mais il me semble que le climat cette fois ci a été moins hard.
Et la presse indépendante alternative.
C’est une presse indépendante qui fait son travail. Donc elle, elle doit impérativement le faire avec ses termes et je crois qu’on ne peut pas demander à cette presse indépendante qui est proche de nous, qui est proche de nous, de ne faire que des papiers expliquant qu’on est formidables du matin au soir. Ça je pense que ça n’est pas correct d’un point de vue démocratique, ça n’est pas correct. Et si on croit au travail journalistique. Donc moi en tout cas, pour ma part, évidemment, dans une campagne électorale, la presse indépendante kinky qui pense que ça serait quand même mieux que ce soit nous qui gouvernons que que les fachos ou où la manif bon a aussi une responsabilité à ne pas en rajouter dans ceux dans ce moment là. Voilà. Mais faisons attention à aussi accepter qu’une presse indépendante et donc indépendante, même si elle nous est proche, ne sont pas nos laquais. Je ne sais pas si je suis claire,
Si si, très clair, c’est très bien.On garde. Merci infiniment d’avoir pris le temps.
Merci à toi, merci à tout le monde et bonne journée.
Et puis on se retrouve avant les législatives quand même.
On se retrouve avant les législatives.
Une nouvelle convocation, merci beaucoup.
