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Clichy-sous-bois, Zyed, Bouna, Octobre 2005. On oublie pas. Avec le film « Kindertotenlieder »

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café. Amis du retour au bercail à Paris. Comment allez-vous ? Est ce que vous m’entendez ? Est ce que vous m’entendez ? Bonjour tout le monde. Est ce que vous m’entendez ? Bonjour les humains, Bonjour. Alors le néon est allumé, mais il n’est pas connecté. Une chose après l’autre Bonjour tout le monde ! Un petit coup de TGV et me voici dans Paris. Et alors que ce matin même j'étais encore à la gare Saint-Charles à Marseille, ça a été deux jours vraiment super drôles. Enfin pas drôle sur les débats en tant que tel, mais vraiment sympa avec la communauté de Saint-Tropez et de Marseille. On ne donnera pas les noms, ils se reconnaîtront, mais en tout cas, il y avait du monde et ça, ça fait vraiment super plaisir de retrouver des cellules dormantes un peu partout en France. Merci d'être venus nous voir On a fait deux live dans mes zinzins, il y a eu trois live à Marseille. Je vous les conseille si vous les avez pas suivi sur les n’aillent pas et écoutez. Le premier c'était le soir, le lundi soir au cinéma, le jeudi avec Zohra et son frère Saïd qui font partie de ceux qui étaient les organisateurs de la marche, grande marche de 1983, dite proprement la Marche des Beurs. Donc ça a été absolument passionnant. On en a discuté pendant 2h le lendemain matin, c’est à dire hier matin, j'étais avec les copains du site d’information Marsactu Clara et Benoît avec qui nous avons pu parler des trafics, des trafics de drogue et déconstruire un grand nombre d’idées reçues sur Marseille, sur les trafics, etc. Là aussi, 2 h 2 h 40 avec Claire Duport, une sociologue. Donc voilà. Et puis hier soir, débat avec Issam El Khalfaoui,, dont le fils a été tué par la police marseillaise en août 2021. C'était un débat très puissant. Mais en tout cas, sachez que si il y a moyen de faire d’autres postes comme ça, décentralisés, je vais dire ça comme ça, je ne sais pas comment vous allez vous dire, on peut appeler ça des descentes, des descentes de poste ici ou là, ce sera vraiment avec plaisir parce que ça met la patate, ça, ça soude et ça, ça aide, ça nous ressemble, voilà, ça, nous, ça nouveau, ça nous ressemble dans. Donc, dans quelques instants, je vais vous lancer le film de Virgile qui va venir dans une demi-heure, le film dure 27 minutes. Vous allez voir ça. Film très original sur ce qui s’est passé à Clichy sous Bois le 27 octobre 2005, la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré Et ensuite on discutera avec Virgile. Deux Si Virgile verdi deux de ces deux ci, de son film, de son procédé. Vous allez voir, c’est un procédé extrêmement original de ce qu’il reste de ces émeutes. Je vous montre comme promis, le temps que vous fassiez venir un peu de monde. Je suis incapable de prononcer le titre du film, le titre du film. Il est inspiré d’un poème qui lui-même a fait l’objet d’une adaptation par Gustav Mahler. Le titre en français, c’est Chant sur la mort des enfants Kindertotenlieder. Le film que nous allons voir, le court métrage de Virgil Vernier dure moins de 30 minutes. Il est bouleversant. A partir des archives brutes du journal télévisé de TF1 de l'époque, Virgile revient sur l’embrasement de l’automne 2005, survenue après la mort dans un transformateur EDF de Zyed Benna et Bouna Traoré, poursuivi par la police de Clichy sous Bois en Seine-Saint-Denis, expurgée des voix des journalistes qui. Kindertotenlieder., pardon pour l’accent, rend hommage au silence et aux bruits de la ville. On va regarder ensemble le film. Prix Jean Vigo du court métrage de 1022 et ensuite on va débattre avec Virgile sur sa façon d’avoir envisagé tout ça. Je d’avoir travaillé comment, comment il a obtenu de TF1 les rushes. Vous allez voir, c’est absolument bouleversant, c’est brut et c’est très fort. C’est au poste, c’est fait, en accord avec l’auteur puisqu’il sera là en accord avec les producteurs. Vous le savez, on tient beaucoup à ça, au fait de respecter les hommes, les documentaristes, les cinéastes qui travaillent et on ne va pas les piller, quoi. Voilà, je vous passe le film, attention, je mets la scène qui convient. J’espère que le son va être bon et je vous dis. A dans 25 minutes. Voilà les amis. Alors Virgile est là, je vais aller le rejoindre. Je fais deux ou trois petites astuces. Vous êtes très nombreux dans le chat à dire. Pas un mot sur les gamins, pas un mot sur Z. Et Bouna, on va voir si c’est un choix de la part de Virgile. Virgile a eu son petit café, ça devrait aller. Il va voir. J’allume son micro une petite seconde Je mets la bonne scène. Voilà, c’est pas mal ça. Je pense qu’on va être pas mal. Attention, t’as le fauteuil, non ? Voilà. Ok, ça, ça devrait être bon, je tourne mon écran de secours. C’est là où je vais voir les réactions des gens pendant qu’on se parle Est ce que ça réagit ? Comment on fait dans le cinéma, monsieur ? On entend bien, c’est nickel ! Alors c’est génial ! Oh merde, j’ai oublié mes questions, je vais aller les chercher. Virgil donc tu es. Enfin vous êtes en vous en fait on vous voit
Virgil Vernier
On peut se tutoyer ? C’est plus simple.
David Dufresne
Tu es l’auteur du film. Dur de voir ce film dit à l’instant Rolland que je salue. Qu’est ce que ça te fait qu’on le diffuse aujourd’hui ? Par exemple, un film qui est sorti il y a deux ans. Tu as eu le prix Jean Vigo du court métrage avec Mais pour un réalisateur, deux ans, tu es déjà sur d’autres projets. Qu’est ce que ça te fait ? Parce que ça fait plus de six mois que je t’ai dit que j’aimerais qu’on diffuse ce film au mois d’octobre. Tu as eu la gentillesse de dire oui tout de suite. Qu’est ce que ça te fait qu’on.
David Dufresne
Dit qu’on commémore ça ?
Virgil Vernier
Ce qui est particulier pour ce film, pour moi, c’est que c’est vraiment un film qui ne génère pas d’argent, qui a été fait. Tout a été fait gratuitement et je le considère comme un don. Fin au monde, quoi, au monde, à la France, aux archives de la France. Et du coup, je suis très heureux qui circule, qui continue à être un document, qui vient parler de quelque chose d’autre, pour lequel on n’a pas beaucoup d’images quoi. Mais du coup, je suis assez fier qu’il existe que tu m’aies invité. Je suis toujours ravi d’en parler parce que j’ai C'était très douloureux de le faire, mais c'était très très intéressant aussi. Du coup, je suis, je suis. Je suis fier d’assumer ce film.
David Dufresne
Alors il se trouve que ce film est sans être une commande. Il est. Il rejoint Clichy sous Bois puisque je crois que tu as été appelé par un écrivain qui va peut être avoir le Goncourt cette année puisqu’il est dans la liste. Eric Reinhardt Oui, qui est un qui a vu, qui a vécu là à Clichy, que le Journal de Clichy appelle le cueilleur de mémoires. Il a travaillé sur une exposition qui ferme le 28, expo dans laquelle il y a ton film. Exactement. Ce film qu’on vient de, qu’on vient, qu’on vient de voir. Donc c’est quand même avant toute chose un travail de mémoire.
Virgil Vernier
C’est un travail de mémoire. Après, il y a plein de choses dans ce film qui m’intéressent. Si tu veux que je parle du travail de mémoire, je une. Quand le Eric Ménard m’a proposé de faire carte blanche autour de Clichy. Moi, spontanément, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est le souvenir des émeutes de 2005 parce que ce n'était pas passé dans ma tête. Je n’avais pas digéré la manière dont les médias et TF1 en particulier, avaient relaté ces événements, avaient fabriqué un événement et ça me parut vraiment vital de recracher ça à mon tour en me réappropriant ces images, en essayant de changer la narration de celle de TF1.
David Dufresne
Absolument. J’ai vu dans le chat tout à l’heure quelqu’un parce que je donnais le nom du maire de l'époque, Claude Dilain, un personnage extraordinaire, Paix à son âme, qui était pédiatre de profession, qui appelait les émeutiers, les enfants. Enfin, il y avait quelque chose de cet ordre là qu’on voit apporter des fleurs au pied de la centrale d’EDF. Et quelqu’un a dit Ah oui ! Claude Dilain, c’est celui ci, celui qui fait l’objet du prochain film de la Julie. En fait non, ça devait être Claude Dilain. Et puis le prochain film de la Julie qui sort dans les jours qui viennent, que je n’ai pas encore vu, qui s’appelle les indésirables, qui est une forme de suicide des Misérables. Mais en réalité, ce n’est pas tout à fait sur Claude Dilain. Je ne sais pas si tu l’as vu.
Virgil Vernier
Sinon, j’ai vu la bande annonce, je vois ce que c’est. Mais effectivement, ce n’est pas que sur, ce n’est pas sur cet homme. Ben écoute, moi j’ai pas connu cet homme, enfin je sais juste qu’on m’a raconté et je trouve qu’il a une manière hyper noble effectivement de porter un bouquet de fleurs au pré au pied de la centrale, on voit qui il est naturellement mélangé avec la population locale et qu’il est du côté des victimes. Du coup, moi je lui tire mon chapeau quoi ?
David Dufresne
Il y a des images dans le film. On va évidemment parler de comment tu as travaillé. Il faut que j’aille chercher mes questions, même si j’en ai pas mal en tête et. J’attends que le chanteur réagit.
David Dufresne
Pourtant, à une voix qui porte la merde, je ne sais plus ce que je voulais dire, De quoi je parlais à l’instant. Oui, le chêne pointu. Voilà, je voulais parler du chêne pointu. Le chêne pointu, c’est un des quartiers de Clichy sous Bois, mitoyen de Montfermeil, qu’on voit dans ton film, qui est l'épicentre des émeutes de 2005. Ce quartier est en voie de destruction, de rénovation et c’est l’objet en fait de la si j’ai bien compris, de l’exposition dont on parlait au départ. Tu sais Sarah.
Virgil Vernier
Je pense que c’est un prétexte pour faire quelque chose Dans ce lieu complexe, il y a un grand centre commercial qui est quasiment vide, qui va être détruit dans quelques mois et les gens de la ville aussi, ils se réapproprient pour faire l’exposition. C’est un des premiers éléments qui va être détruit dans le cadre de cette rénovation. Du coup, voilà, ils voulaient donner une dernière chance à ce lieu. Après le détail d’urbanisme et du projet urbaniste, je ne connais pas, mais c’est ce que j’ai cru comprendre.
David Dufresne
Alors je vais chercher mes questions. Mais j’en ai une évidente c’est comment t’est venue cette idée de dire je vais prendre ce qui fabrique l’opinion. Le journal de 20 h à l'époque, qui est le premier d’Europe, qui a un peu perdu de sa superbe aujourd’hui mais qui reste massif, faut pas se leurrer non plus. Mais à l'époque, si, ça a fait la pluie et le beau temps de l’opinion, etc. Comment tu t’es dit je vais prendre ce qu’on appelle les rushes des images de ces gens là et je vais expurger les commentaires. Comment ça te vient ? Est ce que t’as un exemple ? Est ce que c’est Chris Marker ? Est ce que t’as un exemple dans le temps, dans le cinéma documentaire ou où c’est une idée de génie comme ça qui arrive ? Le son est meilleur.
Virgil Vernier
Tu peux, d’accord.
David Dufresne
Et tout va bien.
Virgil Vernier
Et j’avoue que je ne pense pas à un film en particulier. C’est j’ai raison, c’est élémentaire comme un jeu d’enfant. Je ne sais pas, c’est débile ce que je vais dire, mais quand j'étais petit, j’adorais couper le son et imiter la voix du présentateur ou des acteurs lors des séries. Et je me suis toujours amusé à jouer avec le son et l’image. Et dans mes autres films aussi, je joue beaucoup à ça. Du coup, là, j’ai compris que c'était sérieux quoi. Il fallait vraiment, sérieusement analyser les images d’un côté, analyser les sons de l’autre. Et ce qui était formidable, c’est que pour raconter comment ça s’est fait, avec tout le mal que je pense de TF1, il faut reconnaître qu’ils ont donné gratuitement tout leur reportage tel qu’il était diffusé et certains rush non utilisés sur des vieilles cassettes beta cam comme ça que j’ai pu numériser et un peu en nous faisant confiance. Il faut dire que c'était en plein accord vide et qu’il y avait d’autres chats à fouetter. Mais j’ai reçu ces roches et j'étais vraiment content d’avoir l’impression d'être comme l’archéologue qui trouve des traces d’une civilisation passée. Et en rentrant les roches dans le numérisant, il y a eu deux pistes sons qui sont apparues en général une piste, un dans lequel il y avait le son direct, des interviews, des ambiances, de ce qui était chopé par le perchman et en piste deux le commentaire en voix off rajouté du journaliste.
David Dufresne
En cabine ce qu’on appelle.
Virgil Vernier
En cabine en cabine connaissait Valmont et j’avais donc la possibilité de désactiver l’une ou l’autre. Et comme évidemment un film qui fait la satire du ton conventionnel et emprunté du journaliste de TF1, ce n’est pas passionnant. Même si j’ai commencé à travailler un peu là dessus, je me suis dit bon, on se débarrasse de ça, on est pas en train d’essayer de faire une satire de ces bêtises là. Concentrons-nous sur quelque chose de sérieux. Les images précieuses qu’on a de ces émeutes, des témoignages qu’on a de l'époque qui sont finalement assez rares parce que, on a beau dire, il n’y a pas beaucoup d’images de 2005 à part TF1, France de France trois peut être. Tu vas me corriger, mais il n’y avait pas grand monde qui allait filmer sur le terrain. Après, ils ont fait ce qu’ils en ont fait, on en reparlera. Mais en tout cas, en tant que matière brute, c'était ça. J’ai rencontré des gens qui ont participé aux émeutes. Personne ne filmait. Il faut se rappeler qu'à l'époque, c'était le début des téléphones portables et les images de mauvaise qualité qu’elle était peu exploitable en tant que témoignage. D’ailleurs, à un moment, on voit quelqu’un qui filme interdit de.
David Dufresne
Et parce que. Je pense que nous n’avons pas le même âge. En 2005, il y a effectivement des téléphones portables, mais peu sont équipés de caméras. Si ce n’est pas encore ce que c’est devenu, c’est-à dire cette espèce d'œil dans la poche. C’est qu'à un moment.
Virgil Vernier
À un moment et au monde, il y a la mosquée.
David Dufresne
Alors voilà, c’est ça. Il y a quelques personnes qui ont des caméscopes, puisque moi j’avais fait un film qui démarre avec des images de Clichy au petit matin du 27, le 28 au matin, les premières nuits d'émeutes quoi. Ladji filme depuis Montfermeil, mais les gens qui filmaient, c'étaient des gens qui avaient des caméscopes, ce qui était très fort, ce qui était déjà rare par rapport à aujourd’hui. Le téléphone. Et en effet, massivement, les images sont des images d’actualités ou de journal télévisé, etc. Il n’y a pas du tout le réflexe caméra qu’il y a aujourd’hui qui change complètement la donne. Ce qui rend ces images encore plus précieuses. Mais comment se fait-il que TF1 ait accepté ? Quand on sait le prix pour un film de cinéma, le prix à la minute, c’est entre trois et 4 000 € la minute. Insécable comme ils disent. C’est à dire que si tu prends dix minutes et c’est 3000 ou 4000 balles, donc là ils t’ont fait un cadeau de plusieurs dizaines de milliers d’euros. D’une certaine manière, c’est vrai..
Virgil Vernier
Non, c’est sûr. Alors c’est Eric Reinhardt, cet écrivain qui d’ailleurs, qui connaissait quelqu’un chez TF1, qui a été très cool quoi, Qui nous a vraiment. Et puis en plus, j’ai été, j’ai été difficile parce qu’ils m’ont. Ils ont envoyé des premiers rushs. Ce n’était vraiment pas grand chose. Il y avait eu 1 h 30 de rush et j’ai dit non, je ne peux pas faire un film, je veux tout, je veux tous les reportages intégralement nationaux. Donnez-moi tout.ils nous ont tout donné gratuitement. Et en faisant, j’ai signé un contrat comme quoi on ne peut pas faire d’argent avec ce film. D’accord, J’ai fait valoir. Le sortir au cinéma, je peux le mettre en DVD, mais il peut.
David Dufresne
Il peut circuler.
Virgil Vernier
Il circule.
David Dufresne
Gêner, ça nous dit non quand même. Sur Euronews, quand j'étais petit, avant les programmes de France trois, c'était de la balle. Tu as connu ça ou pas ?
Virgil Vernier
Euronews Bah le côté Ouest, no comment,
David Dufresne
Le truc ça.
Virgil Vernier
Et ben oui, c’est vrai, c'était assez marginal et c'était assez beau parce que ça ressemblait presque à des tableaux vivants et ça faisait du bien de pas avoir de commentaires à ajouter. Mais il y a une forme d’abstraction aussi. Je me rappelle, on ne savait pas trop comment aborder ces images. Parfois c'était un peu déroutant.
David Dufresne
Oui, c'était aussi ce qu’on appelle les O.V.N. c’est des images du réseau mondial des télévisions d’information où parfois une équipe portugaise va filmer en Chine la prise d’une ambassade allemande par des Vietnamiens. Et donc on ne sait absolument pas de quoi on parle. Mais ça peut et ça peut. Et ça peut être, ça peut être très fort. Pourquoi le tchat devient beaucoup là dessus ? Pourquoi il n’est pas question dans le film ou très peu, à part au début de Zyed Benna et Bouna Traoré ? Est ce que c’est un choix de ta part ou est ce que c’est ce qui est apparu dans les rushes que tu as vu dans la fabrication ?
Virgil Vernier
Si tu veux, dans les rushes, il n’y a absolument rien sur eux. C’est le plus grand invisibilisation comme on dit aujourd’hui, voire mépris à la fois de la part des journalistes de TF1, de la part de Sarkozy, évidemment qu’il les nomme avec un nom, une expression condescendante que j’ai oubliée, voire purement méprisante, voire tout ce qu’on veut. J’ai décidé de les remettre au centre du film par un moment un peu solennel où il y a leur portrait qui apparaît au ralenti comme ça. Une l’image arrachée, vraiment, que j’ai ralentie extrêmement pour lui donner un temps qu’il n’avait pas lorsqu’il a été diffusé à l’antenne de TF1, a été vite fait en images subliminales. Presque. J’ai décidé de donner ce titre qui veut donc dire qui est comme un chant, un chant lyrique. Avoir l’honneur des enfants, des enfants morts parce qu’on ne parlait jamais d’eux justement, et que je trouvais que si il devait y avoir une humeur dans ce film, un. A une idée supérieure. C’est bien à eux. Les grands oubliés de l’histoire, quoi qu’il faille le dédier. Mais effectivement, ils n'étaient que des anonymes d’un fait divers.
David Dufresne
Qu’est ce qui t’a le plus surpris quand tu as découvert que tu pouvais enlever la piste des journalistes ? Qu’est ce qui t’a le plus surpris ?
Virgil Vernier
Bah en fait, la beauté simple d’une parole de la rue, quoi. Le côté un peu des gens ? Pas du tout, comment dire. Poli face aux journalistes de TF1. Ils savent très bien, ils ont une telle colère. Ils s’en foutent de dire la réponse que le journaliste rêve d’avoir. Ils sont cash, sont vrais, ils sont en colère. Et ça, c’est hyper beau d’entendre cette parole parce qu’il y a beaucoup de plans qui étaient vraiment utilisés uniquement pour couvrir le commentaire du journal de TF1. Sur le plan de la personne en train de parler était totalement muet et Or, quand tu enlèves cette parole du journaliste, tu découvres que c’est là, là, là. Je comprends presque aussi pourquoi cette parole était un peu trop polémique pour cette chaîne. Et vous pourrez lire Comme elle est belle, comme dans un très beau film documentaire.
David Dufresne
Parce que c’est ça qui est surprenant. On en parlait pour regarder le film tous les deux vers la fin. Je suis très touché par ce monsieur à la fin et toi aussi, etc. Ce qui. Ce qui est absolument prodigieux, c’est que ton regard rend ces images cinématographiques alors que quand elles sont fabriquées, alors certaines sont très laides hein. On ironisé sur l’interview du gars dans sa bagnole en plongée au feu rouge, le truc qui existe encore aujourd’hui, qui est là aussi admissible. Et puis de temps en temps, des choses qui sont, qui sont très belles quoi. Des choses vues à des plans fixes, avec des silhouettes qui passent. Et pourtant, quand on le voit à la télévision, au moment où on le voit, on n’a pas du tout cet effet là. Comment t’explique ? Que ton film produise cet effet là.
Virgil Vernier
Mais je pense qu’il y a une beauté hyper essentielle et hyper archaïque de filmer une ville frontalement, de filmer des gens, de leur donner la parole et que tout est dans le point de vue. Je ne sais pas si la beauté c’est quelque chose d’esthétique ou si la beauté, c’est simplement la magnifique rencontre entre une morale, une tendresse et la manière dont c’est cadré, dont les choses rentrent ensemble dans l’image. Ce n’est pas comme un tableau où chaque détail compte, c’est juste la beauté, le tragique de voir quelqu’un avec un immeuble en feu derrière lui. Je ne sais pas. C’est comme des tableaux de la Renaissance, c’est comme des scènes de Goya.
David Dufresne
Encore là, il y a quelque chose qui m’avait frappé quand j’avais vu le film il y a quelques mois et qui marche, qui est ressorti là, c’est que j’ai l’impression que le filmage est assez lent, que qu’on n’est pas dans un truc précipité. Alors, est ce que c’est dû au poids des caméras par rapport à aujourd’hui où cavalent peut être plus, où il y a peut être plus d’effets ici ou là, où justement on essaie de faire des effets de cinéma un petit peu avec par exemple la cinglée, etc. Et est ce que tu penses que finalement, par exemple, les opérations de police étaient plus lentes ou c’est la façon de filmer les opérations de maintien de l’ordre quand on regarde ?
Virgil Vernier
Je réfléchis. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. J’ai l’impression que. Il y a un truc très bizarre, c’est que c’est une mise en scène de soi. Les interventions de CRS. On a vraiment l’impression qu’il y joue comme au théâtre. Il joue comme il pense. On doit jouer parce qu’il y a la caméra de TF1 et ce qui est dit, la manière de se comporter, la manière de se tenir à carreaux. Parce que. Parce que cette fois, il y a une caméra qui est là pour être un deuxième œil sur l’intervention. Fait qu’il y a quelque chose que toi tu peux appeler peut être lent, ou peut être trop bizarrement mis en scène ou trop dit dans la parole. Et je pense qu’il imite un peu le cinéma américain. Parfois il imite des scènes qui sont vues ailleurs. Fait cet effet là, quelque chose dont tu parles aussi, je pense.
David Dufresne
Jeannedebrigue nous dit qu’on n’entend pas les mamans non plus. Pimiko revient sur ce que tu disais sur l’invisibilisation et dit : " On fait la même chose avec Nahel Mylène, on dit On donne un peu la parole, on donne peu la parole à ceux qui en parlent. Les jeunes de la cité, tu es d’accord avec tout ça ou pas ?
Virgil Vernier
Alors les mamans, c’est très intéressant et en même temps je trouve ça très genré. J’ai envie de dire, les mamans devraient avoir un certain type de discours. Non, c’est vrai que les journalistes de TF1 sont allés chercher une parole de mamans maternelles, mais il y en a. Je me rappelle quand même de cette femme qui avec une poussette et qui dit qu’on lui reproche de ne pas s’occuper. Mais quand c’est un mineur, c’est un mineur. Quand c’est un majeur, c’est un majeur. Elle se justifie. On a d’autres mères qui sont inquiètes avec leur enfant devant des maternelles. Je ne sais pas quoi dire sur ce que c’est qu’un discours de maman. Et s’il faudrait en particulier donner une parole spécifique à une mère. Voilà, je ne sais pas quoi répondre à cette remarque.
David Dufresne
Est ce que. En enlevant les commentaires, tu as voulu gommer les mensonges. Ou les raccourcis ? Ou les clichés médiatiques ? Ou est ce que ce n’est pas. Ce n'était pas ça ton temps, ton but ?
Virgil Vernier
J’avais envie de rien taper dessus, genre juste de faire comme si ça n’existait pas. Bon, il y a eu ces commentaires, on les connait par cœur, ils sont encore à l'œuvre aujourd’hui. C’est la même, le même verbiage, les mêmes conventions de langage, la même idéologie. C’est un film que j’ai voulu ériger au rang de cinéma et du coup lui donner plus la beauté simple d’une parole brute et presque poétique à des endroits plutôt que retenus. Travailler ce qui n’est pas mon fort ou qui n’est pas mon intérêt. La déconstruction du langage journalistique conventionnel, oui.
David Dufresne
Est ce que malgré tout, tu n’as pas trouvé que parfois, dans les rushes. Une forme de peut être de tendresse ou d’humanité dans certaines équipes de TF1, dans ce qu’elle filmé ? Va-toi ?
Virgil Vernier
Tout à fait, tu avances Amnésia et je sais que tu connais bien ce métier. Je ne sais pas si l’homme a été JRI ou quoi ou il y a simplement à aller chercher une liste.
David Dufresne
Non ? Moi je démarre à 55 ans avec les caméras, j’ai beaucoup tourné mais dans une démarche beaucoup plus documentaire donc c’est différent. Mais là ce que je trouve parce que c’est ce que j’ai ressenti en regardant ton film et je voudrais savoir si je me suis planté ou pas..
Virgil Vernier
Je ne suis vraiment pas un spécialiste de la science du comment se fabrique un reportage d’une minute 30 pour TF1, mais je pense que les rédactions, les envois avec un cahier des charges très précis, ramener des images de voitures en feu, ramener des témoignages de gens pour des gens contre, etc. Que ces gens qui prennent une caméra et une perche, ce sont des gens qui ont, qui ne sont pas des petits fachos, qui ne sont pas, je ne pense vraiment pas. Par contre, une fois arrivés en salle de montage, c’est là que les choses se corsent. C’est là que la rédaction vient mettre son grain de sel et orienter et le montage et le commentaire vers une idéologie choisie. Vous décidez en rédaction et que c’est là que les problèmes commencent. Donc oui, le travail a été un travail de retrouver la simplicité de cet enregistrement du son et de l’image d’un reportage dans le vélo, la fabrication idéologique du montage et du commentaire.
David Dufresne
Mais tu as senti sans trahir quiconque, tu t’es senti dans les rushs… Y a peut être des petites phrases qui sortaient.
Virgil Vernier
Et non parce que je ne vais pas non plus dire que. On avait là des journalistes qui se sentaient émus J’ai pensé que c'était très pressé. Ils n'étaient pas à l’aise d'être là. On sent des journalistes qui ont un peu vite envie de se débarrasser de ces images qui font un peu peur. Il y en a quand même beaucoup malheureusement. De gens qui se disent des questions, qui font mal à entendre, qui irritent, qui véhiculent des clichés, qui confrontent les gens à une condescendance, un racisme par leurs questions. Et ça, ça ne fait pas plaisir à redécouvrir.
David Dufresne
Ah ça, tu l’as vraiment senti ? Oui. Le condescendant du Parisien sur le banlieusard, du blanc sur le noir par exemple.
Virgil Vernier
Puis il va dire de relancer ou d’orienter la question. Vous trouvez pas quand même qu’il exagère enfin tous ces genres de petite orientation discrète, mais quand même, quelqu’un qui a une caméra dans la gueule, il se sent obligé de faire un peu plaisir, même si là, ça ne va pas. Et oui, il joue le jeu
David Dufresne
Même si tu l’as dit tout à l’heure, là il y a des scènes, on voit quand on est pris sur le vif. On est très loin du cinéma direct, mais quand même, et que certains ne jouent pas le jeu. Et ce ne sont pas forcément d’ailleurs les émeutiers qui sont ou qui sont un peu à distance etc. Mais ou qui font les cons comme on voit à la fin le scooter, etc. Voilà qui finalement donne à TF1 ce que TF1 envie. Mais de temps en temps, il y a quelques hommes ou quelques femmes à leur fenêtre qui disent des choses qui ne sont pas.
Virgil Vernier
Tout à fait là. Et c’est vrai que c’est ce que j’ai le plus aimé. Ben oui, j’ai pas envie, je n’ai pas eu envie de remettre. Une couche sur les commentaires, les réponses un peu conventionnelles et pas très senties, pas très sincères. J’ai eu envie de retrouver la parole la plus authentique, comme dans un film de Pialat, quoi. Vraiment ? Les gens ont une langue authentique.
David Dufresne
Pialat qui a fait des documentaires, dont un sur Pigalle que j’adore. Bref, quelle était la durée totale des rushes que vous avez reçus ? Te demande Euryale.
Virgil Vernier
Je ne suis pas sûr exactement, mais je dirais que c’est beaucoup. Il y avait 1 h 30 accumulées, de petits reportages, les événements de tous les deux, de la durée du premier jour des événements jusqu'à la fin des événements. Et quand on sait qu’un reportage dure 30 minutes, finalement c’est beaucoup. Et j’avais en plus dix pièces de fin de cassettes sur lesquelles il y avait des images non utilisées, parfois muettes, et même un son seul. C’est un son sans images que j’ai utilisé un moment qui avait été numérisé comme ça, tel quel. Je ne suis pas très sûr de la durée, ce que j’ai comme matière, mais je pense que je l’ai vu 2 heures après.
David Dufresne
Alors, il y a plusieurs régimes d’images. Il y a évidemment les interviews. Alors c’est vrai que si je voyais les réactions dans le tchat pendant la diffusion du film, quand on voit Laurence Ferrari, quand on voit Sarkozy si jeune, si beaux tous les deux et quand on voit ce qu’ils sont devenus, l’une sur une chaîne d’extrême droite, l’autre qui fait une collection de bracelet électronique. Bon voilà, il y a un effet de sens. Quand tu montes, tu penses à ça, tu souris ou non, tu restes, tu te dis Moi je fais un film d'époque. En fait, c’est l'époque, c’est 2005, il est ministre de l’Intérieur, elle est journaliste en devenir. Elle est déjà la grande star de TF1.
Virgil Vernier
Ben disons que tu ris jaune un petit peu parce qu’aucun montage n’est innocent. On remonte toujours depuis l’endroit où on sait ce que sont devenues les choses. Mais c’est vrai qu’ils sont très cohérents avec ce qu’ils sont devenus. Ils ont, ils ont, ils sont déjà en germe. Tout ce que tu racontes. Et il joue très bien la comédie de la fausse contradiction, elle donnant l’illusion de vouloir chercher. Lui chercher ses contradictions est lui très à l’aise pour répondre officiellement et faire son prêche. Non, non, je pense que personne n’est dupe aujourd’hui de cette mise en scène de soi et du discours sur TF1 à l'époque.
David Dufresne
Et Sarkozy quand il intervient au JT, c’est fou parce qu’il a déjà en lui, il dit déjà tout ce qu’il va dire toute sa vie. La République, quand on voit ce qu’il a fait avec les ors de la République en gros. Quand il fait le distinguo entre ceux qui mettent le feu aux voitures, ceux qui se lèvent tôt pour aller travailler. Enfin, je veux dire, c’est déjà là. À quoi as tu à redire ? 2005, c’est déjà le discours du futur président de la République. Ça, par exemple, je te vois sourire, tu le gardes parce que parce que tu es malicieux ou tu dégages parce que tu penses que ça fait partie de ce rouleau compresseur de l'époque médiatique qui rentre dans les esprits dans les chaumières.
Virgil Vernier
Non, c’est qu’une des raisons pour lesquelles faire ce film, c'était vraiment de réaliser avec distance toute cette rhétorique. J’essaie de pas la juger en termes négatifs, positifs. Mais cette rhétorique du pouvoir, et comment ? Comment ? Comment ils fabriquent un climat en France ? C’est vraiment comment ? Il y a une narration de la France à cette époque qui est fabriquée par le président, par les ministres, par. Comment un pays qui sans doute, comme aujourd’hui, se cherche une unité, a besoin des grands discours presque millénaristes, là, de qu’est ce que c’est que c’est la France ? Qu’est ce que c’est les bons, les méchants ? Qui ? Qui veut la République ? Qui est contre la République ? Toutes ces valeurs irrationnelles qui sont censées être très des piliers de notre pays, mais qui sont en fait des trucs irrationnels qui comme dans une religion ou auxquels on croit, on ne croit pas comment c’est construit. Chaque soir au JT, il y a un truc religieux pour moi.
David Dufresne
Alors je parlais de régime d’image. Il y a aussi des reportages chez les gens. On voit par exemple cette mère de famille qui dit que les enfants, hier, on va les mettre à l’abri, etc. Là où on a l’impression qu’on est quasiment dans de la téléréalité au sens où tout est totalement mis en scène et que c’est vraiment le discours que TF1 veut faire entendre. Ou est-ce que je me trompe ?
Virgil Vernier
Sur ce reportage, je ne dis pas que tu te trompes, mais ce qui est hyper étonnant. Ouais non mais que sur ce couple là, ce qui est assez beau je trouve, c’est quand ça commence un peu, on se dit ah, ça fait un peu petit facho. Y en a qui sont en train de regarder depuis leur fenêtre, peureux. Et en fait le mec se met à dire je ne sais pas, tu te rappelles, il se met à dire tout ça c’est à cause de Sarkozy, c’est lui qui a avec le karcher et ce gars qui a l’air d’avoir un discours sécuritaire. En fait, c’est beaucoup plus anar libertaire et vif et entier que ce que l’on croit. La femme aussi elle est là, genre nous on veut juste. Pourquoi est-ce que vous voulez opposer les gens ? Puis elle dit black, blanc, beur. Enfin, vraiment, il y a un truc très étonnant que TF1 a gardé ou qui n’est quand même assez pas cliché.
David Dufresne
Pas cliché. Alors ce qu’il y a, c’est que ça fait partie du plaisir de ton film, c’est qu’on ne sait pas ce qui a été gardé finalement à l’antenne puisque c’est ton regard sur le travail. Donc je ne savais pas qu’ils avaient gardé ces moments là. Ils l’ont gardé.
Virgil Vernier
Regardé, mais sans doute avec beaucoup de Voice over de commentaires pour dire espèce de petite, je ne sais plus très bien de petit commentaire pour dire à quel point ils ont peur. Ils vont partir. Le climat d’insécurité dans lequel ils vivent. Voilà, ils ont dramatisé à l'époque, ils n'étaient pas de musique. Mais je sais, j’ai vu que maintenant sur TF1, de temps en temps, il met de la musique maintenant pour dramatiser certains, certains paysages, certaines choses.
David Dufresne
Sanseverino te dit J’ai vu une colère, mais aussi parfois une jubilation, des sourires qui contredisent les paroles d’inquiétude.
Virgil Vernier
De la part de moi.
David Dufresne
Dans le film.
Virgil Vernier
Les sourires. C’est sûr qu’il y a plein de gens qui ont envie de montrer, qui sont fiers, qui sont, qui ne sont pas en train de vivre de manière aussi dramatique que TF1 et Le Monde en général. Qui donc voyaient la France comme un nouvel honneur et la région parisienne comme un endroit où une nouvelle révolution commune était en train de devenir. Ils ont, ouais, un peu de légèreté en disant non mais ça va, ce n’est pas si dramatique. Une petite vieille dame le dit avec sa copine des jeunes. Beaucoup de gens sont là un peu à contrecarrer ce discours officiel de. De l’insécurité.
David Dufresne
Alors je vais lire un article paru dans AOC excellente revue en ligne de Sylvain Bourmeau. C’est Chloé Corman ou Corman, je ne sais pas comment on dit qui est écrivaine. Elle dit de ton film. Le résultat permet d’observer crûment une information fabriquée avec un mélange de sérieux, de paresse, de partialité qui rend songeur. Ce que j’aime dans cette phrase, c’est la paresse. Tu ressens, tu as ressenti de la paresse chez les JRI journaliste, reporter, images de TF1, les preneurs de son, les journalistes. Tu as ressenti ça ou pas ?
Virgil Vernier
Presque, elles apparaissent. C’est gentil de leur dire ça, parce que moi je trouve ça un vice kiki qui est assez cool finalement. La paresse. Non, je pense que c’est pire. C’est un mélange de flemme, de je m’en foutisme, de pas avoir envie d’aller chercher vraiment les raisons du problème, de pas se questionner eux même, l’envie de faire du spectacle, l’envie de faire tout à la sauce TF1. Voilà. Donc c’est pire encore que la paresse. C’est pour moi, vraiment TF1 et une des trois forces, il y avait le pouvoir, il y avait les émeutiers, puis après il y avait TF1. En France, c'était des gens qui mettaient de l’huile sur le feu, des gens qui fabriquaient un récit à l'époque, qui faisaient peur à des gens qui ont ou qui sont dans une insécurité psychologique naturelle et qui vont être sensibles à cette insécurité produite par le discours journalistique. Voilà, je ne sais plus ce que j’allais dire d’autre, mais. Enfin bref. Dans les jours les journées sont les responsables de l’enflamment l’embrasement de 2005. C’est évident. C’est sûr, il y a eu un plaisir malsain à montrer ces images, les images les plus spectaculaires. Et si trop d’images mieux que France deux pour faire encore plus peur dans les chaumières ? Et puis ensuite, il y a eu sans doute des jeunes qui avaient envie de faire aussi bien que ce qu’ils avaient vu à Marseille, ce qu’ils avaient vu dans telle cité parisienne. Et il y a eu un petit jeu comme ça de qui irait le plus loin dans le dans le trash, dans le spectaculaire.
David Dufresne
Chloé Corman écrit aussi. Ces images là sur TF1 existent et sont conscientes d’elles-mêmes et de leur tâche. Virgil Vernier C’est toi, à raison de leur faire subir ce traitement, de les malmener, de les passer par le feu alors qu’elle prépare un terrain médiatique qui va polariser la banlieue, qui stigmatise l’adolescence des milieux populaires sans lui concéder l’effort de l’enquête. Les suites sur le long terme ne sont pas anodines. De cette coïncidence entre un certain point de vue journalistique et celui des policiers. Elle dit à peu près ce que tu viens de dire, mais est ce qu’elle exagère ? Et est ce que tu tues quand tu fais ce travail là ? Tu considères que tu malmènes ? Que tu les passes par le feu ces images.
Virgil Vernier
Ce n’est pas les mots que j’utiliserais, mais j’ai l’impression juste que je les redonne à voir. Dans ce cas précieux, vraiment de très précieux de voir des visages, d’entendre des voix, d’entendre des sensibilités qui ont été pas montré à l'époque ont été transfigurés. Et si, si j’ai réussi déjà à faire ça. J’ai l’impression d’avoir un petit peu ramené un tout petit peu de justice dans la. La guerre. Œil pour œil, dent pour dent. Je veux dire, TF1 a fait du mal à la France en 2005 et 20 ans plus tard, au fin 18 ans plus tard, je ne sais pas quoi. J’ai très modestement fait ce petit travail de correction, mais voilà, c’est comment dire. C’est dérisoire à côté du mal qu’ils ont fait. En tout cas, je suis content que des gens se reconnaissent dans cette démarche là en tout cas.
David Dufresne
Qu’est ce qui, d’après toi, a fait le plus mal de leur part ?
Virgil Vernier
Bah. C’est compliqué. C’est un système profond qui commence avant.Je ne sais pas si la fabrication du concept d’insécurité, de montrer des jeunes comme des meutes, de ne pas s’intéresser jamais à les amener à les interviewer pour écouter leurs paroles, juste les filmer comme des vrais, des animaux. Par contre, les flics sont bien interviewés, on entend bien leur discours. Ils sont bien éclairés, bien cadrés, bien au centre, bien pris au sérieux, du coup mis en valeur, voire mis en valeur. Du que ce petit travail de transformation de l’autre en a on en parasite, il a, il a, il a il a fabriqué du racisme profond.
David Dufresne
Il y a eu un certain nombre de films qui se sont inspirés des émeutes. Il y a eu un téléfilm qui s’appelait L’embrasement, qui est sorti l’année suivante en 2006. Je ne sais pas si ça te dit quelque chose. Pas vu sur Arte qui était et qui était quelque chose d’assez extraordinaire dans le sens où la fiction s'était emparée très vite d’une réalité là où c’est que le cinéma français, mais plutôt 20 ou 30 ans pour aller parler d’un truc. Vois, on commence à avoir des définitions différentes, grosso modo si tu veux. Ça s’appelait L’embrasement, c'était sur Arte. C'était le point de vue d’un journaliste dans le film belge qui en réalité est Suisse, celui qui va fonder le monde des blogs parce qu’il est consterné de la couverture médiatique par les journaux parisiens de la banlieue. Donc voilà, il y en a eu d’autres, il y a eu Europa 2005 27 octobre, de Danièle Huillet et Jean-Marie Straub, Clichy pour l’exemple d’Alice Diop, le transformateur. Celui-ci je ne l’ai pas vu de Pierre Edouard Dumora et l’embrasement dont je parlais. Tu avais vu ces autres films ou pas ?
Virgil Vernier
Je les ai vus, j’ai vu celui de Pierre Edouard Dumora j’ai jamais vu bien qu’on soit ami avec Alice, jamais vu celui d’Alice Diop parce qu’elle n’aime pas son film, elle le matin, elle le considère pas comme un film qu’elle a envie de continuer à montrer. Elle trouve qu’elle n’avait pas encore trouvé, je crois, son point de vue. Mais effectivement, elle avait fait des images à l'époque, comme le Chili.
David Dufresne
Voilà. Il y a aussi 365 jours à Montfermeil.
Virgil Vernier
Là je l’ai vu.. Et bon bah ce n’est pas des films qui m’ont paru satisfaisants. Enfin voilà, je le dis et sûrement la personne la plus légitime, la mieux placée pour faire ce film. Et il était vraiment là à l'époque et tout. Mais je trouve que malheureusement, il n’a pas réussi à faire un film qui montre beaucoup de choses. Mais c’est précieux quand même ce qu’il a fait
David Dufresne
Les Misérables par exemple, tu l’as vu ?
Virgil Vernier
Je l’ai vu, bien sûr.
David Dufresne
Et par rapport à ton travail, là, qu’on vient de voir, comment tu le juges, ce film, tu l’apprécies ?
Virgil Vernier
Je pense qu’il y a beaucoup de qualités parce que c’est intelligent, c’est bien écrit. Mais ouais, je suis quand même frustré par plein de choses et. Et. Ça m’a paru que la moitié du chemin, ce qui est encore une déconstruction à faire, à questionner. Si tu veux, je suis vraiment sensible lorsqu’un film. Et difficile à réduire à une idéologie. Et dans ce film qui est dans cet univers, j’ai vraiment essayé de montrer que j’avais moi même des doutes. Je ne savais pas très bien comment comprendre certaines personnes qui, tout en étant prolos, immigrés, vivant dans des injustices, peuvent être réac, demander autant de sécurité, avoir des paroles qui sont des discours que je n’aurais pas sur l’envie de subversion bête et méchante. Et dans ce film, j’ai eu vraiment envie de donner la parole à ce genre de discours aussi. Et lorsque ce n’est pas dit par un blanc que tu identifies comme catho facho tout ce que tu veux, c’est un. C’est intéressant de comprendre pourquoi est ce que ces paroles ont lieu quand même. Voilà pourquoi nous nous posons la question pourquoi ? Bien sûr, comme j’ai dit, pourquoi il n’avait pas d’image à l'époque, seulement TF1 ou France deux ou quelques uns. On a parlé, fait ces images, pourquoi personne n'était allé voir pourquoi ? Et voilà. Tout ça pour dire que je suis sensible à des films qui ne sont pas réductibles idéologiquement ainsi, même si même si ma militante est très importante mais impure. Idée simple, j’ai moi même plein de doutes sur les solutions et je veux faire état de ces doutes dans le film.
David Dufresne
Évidemment. Il y a plein de questions autour de ce qui s’est passé. C’est en juillet, à Nanterre, à partir de Nanterre. Et puis voilà que le cadre affiche enfin. Quel regard as-tu as eu ? Ça fait très longtemps qu’on avait prévu qu’on se verrait à peu près à la date anniversaire de la mort de Zyed et Bouna. Et entre-temps, il y a eu. Il y a eu ces émeutes de 2005. Est ce que tu as regardé les images puisque tu regardais le traitement médiatique, puisque la nouveauté, c’est qu'à l'époque des émeutes de 2005, il y a deux chaînes, mais elles sont complètement dérisoires. C’est LCI et iTélé qui font des audiences minuscules par rapport aux chaînes d’info d’aujourd’hui qui sont devenues les leaders d’opinion. On pourrait dire ça comme ça. Est ce que tu as regardé un petit peu ?
Virgil Vernier
Oui, j’ai regardé. Je n’ai franchement pas grand chose à dire à part des banalités, je veux dire. Oui, voilà, j’ai vu le tragique. Il y a la tragique répétition des événements, il y a la tristesse de voir que les choses parfois ne servent à rien. Est ce que ça recommence ? J’ai vu le gâchis à cause de la destruction de la police de proximité. J’ai vu les conséquences de tout ça. A nouveau, j’ai vu la persistance du racisme, tout ça. Donc ouais, c'était triste quoi. C'était triste. Je vais dire que bizarrement, 2005 aura aidé Clichy, je crois. Je ne dis pas ça par provocation parce que c'était tellement. Les pouvoirs publics ont été tellement impressionnés qu’ils ont vraiment fait un travail de fond pour rendre la ville plus belle. Il y a eu des aides beaucoup plus fortes, financières. Ils ont pu. La ville a pu se doter de services bien meilleurs qu’ils n’avaient. Et donc quand ça a pété, ça a vraiment permis de changer. Mais ce que je dis, ce n’est pas bon pour Clichy, ce n’est pas la France. Et c’est terrible de voir que les choses se répètent et que on a l’impression que les événements, aussi tragiques soient ils, ne servent pas à faire avancer.
David Dufresne
Mais d’un point de vue de cinéaste. Est ce que tu as trouvé qu’il y avait une évolution dans la façon de filmer en 2023 par rapport à 2005, puisque c’est exactement la même chose, un élément déclencheur qui est le même opération de police mort d’un jeune homme, un quartier qui s’embrase, puis d’autres qui s’y mettent immédiatement, un dispositif médiatico policier qui voilà qui Kiki qui prend le dessus. Est ce que dans la façon de filmer, dans la façon de commenter, dans les intonations, ou au contraire, quand tu dis non, ça c’est on fait la fine bouche, mais la permanence, elle est tellement évidente que ce n’est pas la peine d’aller chercher quelque nouveauté qu’il pourrait y avoir.
Virgil Vernier
Non On le sait, tout ce qui est très nouveau, c’est que TF1 est obligé d’intégrer les vidéos amateurs faites par des gens qui filment des bavures, qui filment. Ils ne peuvent plus être les seuls détenteurs des images. Ce n’est pas eux qui avant il y avait un monopole on va dire. En gros, ils avaient un monopole de l’image, c'était c'étaient les journalistes et maintenant ils sont obligés d’intégrer ce contre pouvoir qui est les images qui circulent sur Facebook, sur Twitter. Et là, on avait vraiment effectivement des images qui prouvent que le discours officiel n'était pas vrai. Il y avait des preuves par l’image, on entend des ralentis, on a les différentes caméras. Donc ça, c’est sûr qu’ils sont plus les seuls maîtres à bord.
David Dufresne
Alors je regarde s’il reste des questions. Oui, on te demande si tu as lu le roman de Diati Diallo.
Virgil Vernier
J’ai eu la chance de présenter ce film avec elle parce qu’elle faisait une lecture et je montrais les films. Et je pense que son livre est vraiment très beau.
David Dufresne
Et deux secondes d’Air qui brûle doit être quelque part. Ça fait que les bouquins des invités, c’est que des gens qui sont venus au poste. Mais il doit être quelque part là dedans.
Virgil Vernier
Est, ce qui est beau, juste, voilà ce que j’aimerais être comme elle ou quoi. C’est la littérature, c’est le discours politique. Et là, sourd, désespéré. Mais elle ne vend rien comme discours, Elle essaie juste de faire avec les mots un récit beau, émouvant, mystérieux. Et je suis très admiratif.
David Dufresne
Tu as commis un certain nombre de films, et notamment un certain nombre de films sur la police. J’ai trouvé ça ce matin en regardant deux trois trucs sur toi. Un film s’appelle Commissariat. C’est l'école de police d’Elbeuf, donc c’est Rouen. C’est ça ?
Virgil Vernier
Commissariat, justement, c’est celui d’après. Avec Yvonne Creeper, on a fait deux films. C’est sur la police qu’ils sont présentés comme un diptyque. Le premier qui s’appelle simplement Flic, c’est 1 h 20 dans une école de police, la plus grande école de police de France, à Oissel, près de Rouen, où on a montré comment plein de jeunes de 18-20 ans, des gens assez mélangés. On s’est intéressé vraiment à des gens qui étaient pas le français de base, blanc et tout, qui voulaient devenir flics, mais des gens qui ont rien à voir avec la culture policière habituelle. Pourquoi sont-ils vivants ? Ce sont les policiers. Mais bon, c’est un film sans interview, c’est juste filmé les cours de tir des cours de self-défense. Je trouvais ça vraiment très intéressant. Et. Et le deuxième, effectivement, au commissariat, on a pu parce que ça s’est bien passé avec l'école, filmer le commissariat où ils vont tous en stage ensuite. À Elbeuf, près de Rouen toujours. Et là, pareil, c’est un film d’une heure 30 qui est sorti au cinéma, qui montre principalement des gardes à vue et des discussions absurdes et scandaleuses entre les citoyens de la ville et les policiers. Je te les passerais volontiers.
David Dufresne
Volontiers, volontiers, volontiers. Et qu’est ce qui fait que tu t’intéresses à la police comme ça ? Parce que celui ci aussi, celui qu’on vient de voir, c’est aussi un film sur la police.
Virgil Vernier
Je pense que c’est le nerf de cette guerre. Enfin, tout est là quoi. Tout est là. C’est la contradiction entre un individu qu’est ce qu’y a Un flic ? C’est un individu avant tout. Avant d'être l’uniforme. De filmer quelqu’un qui à la fois à sa vie, sa morale et ses opinions et qui en train de devenir un robot, une machine, ça me ça m’intrigue vachement, ça me fascine. Et c’est ce qu’on voit dans l'école, évidemment, parce que des jeunes sont obligés de prendre sur eux et d’avaler un discours et des manières de se comporter, de se défendre et de sortir de l’enfance d’un seul coup. C’est plus des ados quoi. Et au commissariat, c’est impressionnant. C’est comment des gens peuvent à la fois régler des problèmes de couple ou dès qu’un couple se tape sur la gueule et réussir à les réconcilier comme. S’insérer dans des histoires de vie privée d’une manière très étonnante. Mais c’est dur à résumer. J’espère que les films sont là pour raconter, raconter ça. À l'époque, justement, tu parlais d’ Itélé. Il a une keeper avec qui j’ai coréalisé ses deux films, Travailler chez i Télé et. On était amis d’enfance. Et un jour, j’ai dit "Est ce que je peux venir avec toi voir un reportage que tu fais ? Non, il devait faire un reportage pour l'école justement de Wessel et moi. C'était vraiment un coup de foudre. Je me suis dit c’est génial de filmer tous ces jeunes là et nous leur faire un truc d’une minute 30 faisant vraiment un film d’une heure 30, sans commentaires, sans interviews, juste filmer ce que disent les profs et tout ça, c’est passionnant. Et on a commencé comme ça.
David Dufresne
Qu’est ce qui avait surpris le plus chez les apprentis policiers ? Est ce que c'était la vocation ? Est ce que c'était au contraire la perdition ? Ne vous pas quoi faire de leur vie ? Donc ils font ça, au contraire, ils viennent parce qu’ils veulent défendre la veuve et l’orphelin.
Virgil Vernier
Ça c’est des discours qui se racontent.
David Dufresne
Que t’as pas vu alors.
Virgil Vernier
Non mais disons qu’ils le disent officiellement en début d’année, mais je pense que c’est ce que t’as dit. C’est la perdition, ça c’est vrai. C’est vraiment comment tu peux devenir flic juste parce que tu ne sais pas quoi faire après. Après le bac, évidemment, pas nécessairement le bac qui permet d’accéder à ce métier, mais c’est aussi. Si. Comment est-ce que quelqu’un peut avoir envie de faire ce métier ? Voilà, je crois que c’est ça. Je suis vraiment très intrigué. D’où vient ce goût pour. Les armes. Le pouvoir. Les viols. Les petites violences. Tout ça. C’est vrai que comme je me sens très loin de ça, j’ai vraiment un intérêt pour le comprendre chez les autres.
David Dufresne
Là, tu es sur un projet, est ce qu’on peut en parler ou pas du tout ?
Virgil Vernier
Si c’est vraiment très différent, même si j’ai l’impression que pour moi c’est pareil quoi. Mais là j’ai des projets que j’ai mis beaucoup de temps à écrire. Je me suis beaucoup intéressé à Monaco et pas comme un sujet journalistique, mais comme un sujet, un territoire un peu fantasmagorique.
David Dufresne
Monaco, les Russes, Monaco, la famille princière, l’Urbanisme sauvage, le Monaco, Le Rocher, c’est quoi ? Qu’est ce qui t’as ? L'équipe de foot ?
Virgil Vernier
Pas l'équipe de foot. Mais tout ce que tu as dit. Oui, un peu. Ça fait deux. J’ai fait un premier film à Monaco en attendant de faire le long métrage pour lequel j’avais eu de l’argent. Mais comme ça tardait, j’ai dit je ne sais pas ce que je peux faire. Un premier film. La guerre en Ukraine venait de commencer et j’ai imaginé le journal intime d’une jeune fille, fille d’oligarques, qui vit à Monaco et qui est en école de commerce et qui est russe. Et d’un jour à l’autre, ses parents sont plus les bienvenus, se font taxer leurs yacht et leurs divers appartements à Monaco. Et elle, elle décide de rester et elle vit dans la chambre, dans la salle de sport, des amis de ses parents et elle raconte sa vie au quotidien depuis qu’elle décide de vivre un peu cachée. Ça, c’est le premier film que j’ai fait, qui est principalement en voix off, avec quelques scènes de sa vie et que j’ai un peu fantasmé. Et le deuxième film que j’ai fait, pour lequel j’ai eu un peu plus d’argent et qui est financé par le CNC, tout ça, et un film qui raconte, comme on dit aujourd’hui, les travailleurs du sexe, principalement un garçon qui vit en coloc avec trois autres amis en banlieue de Monaco et qui tapine à gauche à droite à Monaco pour faire de l’argent et qui fantasme un peu sur les très riches et qui le soir de Noël et invité à chez une famille un peu désœuvrés, une famille dont il y a la petite fille toute seule avec sa baby-sitter, il est invité à passer Noël avec la babysitter, la petite fille.
David Dufresne
Donc ça, ce sont deux fictions.
Virgil Vernier
Ces deux fiction qui vont sortir du réel.
David Dufresne
Qui sont déjà programmées, qui sont prévues.
Virgil Vernier
Et c’est fini. Mais c’est qu’on n’a pas de date de sortie.
David Dufresne
D’accord ? Tu nous tiens au jus. Il y a quelques années, on était au courant. Voilà, ça c’est original comme scénario dit Pimiko. Mauvaise méthode. Oui, il y a Mylène qui insiste, mais tu avais déjà répondu à la question. J’ai peut-être raté la réponse. Pourquoi le titre du film que je suis incapable de prononcer Kindertotenlieder tout du long, C’est cruel, mais il l’est. Il a dit danger tout à l’heure, c’est très bien.
Virgil Vernier
Kindertotenlieder C’est le nom d’un opéra, un chant lyrique de Gustav Mahler qui veut dire donc le chant ou pour les enfants morts, parce que ce compositeur avait réellement perdu deux enfants qui sont morts, des enfants à lui, et il a composé une musique en leur hommage. Et j’ai trouvé que c'était important que ce genre de noblesse, de et de et de et de tradition romantique de cérémonie soit attribué à ça. Il y a des nains et même s’il n’y a pas de musique dans ce film, lui aussi, j’ai le droit à leur chant qui crée le scandale de mourir. Un enfant quoi ! J’espère que cette réponse vous ira.
David Dufresne
Ultime question qu’est ce qu’on a fait pendant 1 h là pour toi ? Au poste. Qu’est ce qu’on a fait ?
Virgil Vernier
C’est une question qui se pose à tous.
David Dufresne
Absolument.
Virgil Vernier
Je ne sais pas. On a essayé de comprendre un peu mieux quelque chose qui nous intéresse, mais qu’on n’est pas sûr de comprendre tout à fait. On essayait de mettre des mots sur quelque chose qui. Qui est mystérieux. Qui est problématique ? Dont on pourrait se débarrasser facilement ?
David Dufresne
Superbe. Mais c’est chiant parce que tu as compris pourquoi je posais cette question. C’est le premier.
Virgil Vernier
Mais ça fait très classique sorti de nulle part. Petit jingle.
David Dufresne
Voilà. Super, merci dit Mylène. Merci. Merci pour tout dire, merci, merci ! Où est ce que ? Où est ce qu’on peut voir les films dont tu viens de parler ?
Virgil Vernier
Je sais que Flic est sur YouTube en intégralité et les autres. Tous mes films je crois, sont sur l’univers ciné et je sais plus quel site de VOD. Je crois qu’en tapant dans Google c’est ce qui va se présenter.
David Dufresne
Merci beaucoup ! Je suis très touché qu’on ait pu parler de ces de ce moment là qui a beaucoup compté dans mes doutes, dans ma vie.
Virgil Vernier
Voilà, merci pour tes questions qui m’ont fait dire les trucs qui comptent pour moi.

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