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Comment les réseaux sociaux manipulent nos opinions. Avec David Chavalarias

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café, Amis de post. Bonjour, bonjour ! Content de vous retrouver pour y rester. J’espère que vous allez bien. On va parler des réseaux sociaux aujourd’hui, singulièrement de Twitter. Et de politique. Voilà, on va parler de ces deux choses à la fois.. Je vais mettre à l'écran dans quelques instants David Chavalarias qui est l’auteur de ce livre Toxic Data que j’ai et que j’ai lu intégralement.. Il nous expliquera tout ça tout à l’heure comment les réseaux sociaux manipulent nos opinions c’est paru il y a quelques semaines chez Flammarion. Comment allez-vous ?
David Chavalarias
Très bien, très bien.
David Dufresne
Ah, c’est ça, C’est ça. Et oui, dans la rue, ça veut dire que vous n'étiez pas fidèle. Depuis, vous découvrez Au poste.
David Chavalarias
Je ne connaissais pas Au poste
David Dufresne
Twitch, ce n’est pas encore dans votre champ d’exploration ? Euh. Je rappelle que vous êtes mathématicien, directeur de recherche au CNRS et au Centre d’analyse et de mathématiques sociales (CAMS) de l’EHESS.
David Chavalarias
C'était ça.
David Dufresne
Twitch, pour l’instant, ce n’est pas encore votre came.
David Chavalarias
Non mais c’est vrai. C’est vrai que c’est un rêve pas très intéressant, mais on n’a pas encore eu le temps d'étudier. On ne peut pas être partout non plus. Mais c’est bien sûr. Je ne connais personne.
David Dufresne
Ça risque d'être peut être plus compliqué puisque là, votre champ d’exploration, c’est quand même principalement tweeter. On est bien d’accord.
David Chavalarias
Alors oui, on a un gros d’Héraclite Brother. Effectivement, on étudie plein de choses. Je travaille aussi sur le côté, en dehors des réseaux sociaux, sur la question de la science par exemple. Donc on utilise les archives ouvertes et en fait tout, tout ce qui est textuel m’intéresse. Mais effectivement, l’art de préparer tout ça parce que c’est un gros terme pour ce qui est à la fois militantisme politique et en général on va dire vis à vis des idées ou des opinions.
David Dufresne
Voilà, c’est ça. Alors l’idée de vous inviter est venue avec la sortie du livre et la piqûre de rappel. Il y avait eu une petite tribune ou une interview, je sais plus que j’avais lu en revue de presse ici dans le dans Libération, sur comment supprimer les électeurs du camp d’en face. Déjà, le titre était assez terrible. Le bouquin Toxic Data, donc, est paru chez Flammarion. Comment les réseaux sociaux manipulent nos opinions. Et alors là, pour une fois, je vais quand même démarrer par la fin, vous poser la question comment sauver nos démocraties de l’overdose numérique ? On en est là, On en est vraiment à une overdose numérique
David Chavalarias
Oui, je pense. Apparemment c’est vraiment mon bon sentiment quand on regarde. Alors ce n’est pas au même niveau dans tous les pays. Mais si on regarde un peu la dislocation du tissu social sous l’effet du numérique, alors ce n’est pas pour dire que le numérique mène nécessairement à cela. Bien sûr que l’usage actuel du numérique mène nécessairement à cela, notamment aux usages régulés par tout ce qui est les GAFAM, etc. Et donc là, moi, je suis intimement convaincu qu' il y a des choses qui ne tournent pas rond, et on le voit ici où commence le livre, parfois un D’ailleurs, suite à tous les constats entre le Brexit, l’ascension de Trump, Bolsonaro, etc. En cinq ans, on a eu toute une série de deux pays qui ont pu basculer soit dans chaos, soit dans des régimes plus autoritaires qu’ils n’auraient dus. Et le numérique a une bonne part de responsabilité.
David Dufresne
En effet, dès le début du bouquin, vous accordez une part, une part importante à l’extrême droite américaine, extrêmement active sur thèses sur ces réseaux là et en partie aux Russes. Donc, on va évidemment parler de tout ça. Je tiens à dire que ça n’a pas l’air comme ça, mais dans votre bouquin, on se marre pas mal et c’est parti. Donc c’est vrai qu’il y de gravité et puis tout d’un coup, hop, un petit truc que je vous ai préparé un petit tableau. Je sais. Oui, c’est bien, j’aime bien, j’ai bien aimé.
David Chavalarias
Et je pense qu’il faut, il faut prendre les choses aussi avec le sourire. Et puis on a même des choses graves, on peut y parler avec le sourire et puis surtout. Je voulais faire quelque chose qui soit accessible et à la fois avec du contenu aussi accessible.
David Dufresne
Absolument. Alors là, de ce point de vue, c’est extrêmement réussi. C’est pas du tout jargonnant, bien qu’il y a des termes dont je vous ai parlé tout à l’heure parce que je l’ai trouvé extrêmement intéressant et extrêmement, extrêmement éclairant. Alors peut être devrais je vous faire d’abord parler de ce par quoi tout a commencé, si je puis m’exprimer ainsi. C’est le Polito SCOP qui est quand même votre, votre, votre. Votre petit trésor de guerre que votre patron mène avec lequel vous travaillez. Est ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous faites avec ça ? Est ce que ce qui est inscrit au scop.
David Chavalarias
Donc obéit déjà en deux mots d’ordres ? Je suis chercheur au CNRS et je m’intéresse particulièrement à la question de la de l'étude de l'évolution des idées et des opinions à partir d’une analyse des écrits et notamment des écrits numérisés qui maintenant sont disponibles à reprendre en abondance. Donc ça fait plusieurs années que je développe des méthodes. Je me suis d’abord intéressé à la question de la science, de savoir si l’on pouvait regarder l'évolution des sciences à travers les écrits scientifiques. Et depuis à peu près 2015, je me suis. J’ai appliqué ces méthodes là qui étaient assez génériques en fait, ou aux réseaux sociaux et notamment à Twitter. J’ai eu la chance et j’ai la chance d’avoir, à la suite de ce complexe, des gens très compétents, une très très belle équipe pour faire ça. Et donc on s’est d’abord intéressé au climat. Donc la question qui on le. Informations climatiques, des informations climatiques. Donc un projet qui tombe toujours. Et puis en 2016, j’ai lancé le proto SCOP qui est une espèce de cri Twitter pour observer le militantisme en ligne. Et qu’est ce qu’on fait ? Alors déjà, il y a un présupposé qui, je pense, est toujours, qui est que Twitter est un des principaux canaux de communication grand public des partis. En tout cas, ça fait partie de la panoplie des militants politiques et notamment des partis pour communiquer, échanger, notamment en période de campagne. Donc, même si tout le monde n’est pas sur Twitter, les militants politiques en général le sont évidemment aux outils de canaux. Et donc l’idée, c'était de dire Eh bien, essayons d’utiliser tout plutôt, puisque maintenant on va tweeter offre depuis toujours des connecteurs pour aspirer. En fait, les contenus tweeter liés à soit à des comptes, soient des thématiques. Donc on se connecte à tweeter comme ça, c’est des données publiques ouvertes. Et donc l’idée est de dire est ce que, en aspirant ces données et en les analysant quotidiennement, est ce qu’on peut comprendre quelque chose du militantisme politique, notamment de la manière dont les différentes forces politiques s’organisent, se répondent à plusieurs niveaux, etc, etc. Ça que l’idée du scoop. Il y a aussi au fond quelque chose d’un peu plus large qui est de dire en fait, il y a toute une industrie qui s’est développée, qui s’appelle, comme on peut l’appeler, des syllabes, la veille sociale par les médias, etc. Qui est souvent utilisée plutôt soit pour de la pub, soit pour du conseil en politique. Donc ce sont des entreprises qui suivent auditeur, crédit, etc. Et qui vendent notamment aux politiques le fait de pouvoir suivre les opinions etc. Et nous on travaille en considération sur ce même matériau aussi, ce qu’on peut faire avec. Et il y avait aussi cette idée de montrer ce qu’on peut faire avec, donc de montrer ce que des entreprises privées peuvent faire avec ce genre de données, pour aussi sensibiliser les gens à ce qu’on peut faire acquérir de données. Donc, il y avait un peu une double volonté à la fois d’un point de vue recherche de. Bah, d'étudier tout simplement la formation d’opinion, de politique et le côté un peu rugueux de sensibilisation pédagogie pour montrer ce qu’on peut faire, qu’est ce qu’on fait avec le scope ? En gros, depuis un an, en 2016, on a commencé en août 2016 pour préparer 2017. On suit les comptes des personnalités politiques élues. Donc c’est les membres de l’Assemblée, les membres du Sénat, les maires importants, les membres de partis importants. Et puis donc tout ce qu’ils disent, tout ce qui le relève, les vœux, les API. Donc c’est ici, c’est connecté en informatique de twitter qui permet d’attraper ça. Donc au point où quotidiennement, en fait, c’est ce monde là, c’est en temps réel, en seconde par seconde, on attrape tout.
David Dufresne
Ça et en gros, si j’ai bien lu votre bouquin, c’est entre 500 000 et 2 millions de tweets par jour que votre institut aspire des comptes que vous avez sélectionné, c’est ça ? Ce n’est pas tous les tweets de tout le monde.
David Chavalarias
Non, non. Donc on sélectionne des comptes, on dit à tweeter que je veux suivre Macron, Marine Le Pen, Mélenchon, etc. Donc quelques centaines, plusieurs centaines et plusieurs milliers de personnes comme ça qu’on suit. Donc on suit ce qu’ils disent, on suit ce qui se dit à propos d’eux. Je suis ce que eux relais sur tweeter. Et puis on suit aussi des mots clés génériques comme par exemple présidentielle 2002, législatives de 2022, etc. Et donc au total, donc effectivement, ça donne entre 500 000 et 2 millions de tweets par jour qui sont tous à caractère politique de près ou de loin. Et donc chaque tweet, en gros, c’est soit un message original, soit un message rediffusé par quelqu’un sur Twitter. Donc c’est sacré, ça génère une grosse base de données qu’on analyse à des fins scientifiques. Alors qu’est ce qu’on essaye de faire avec ça ? Une des premières choses que l’on fait, on pourra sur montrer tout à l’heure et des cartes dont on est libre et sont sur disponibles en ligne. Première chose qu’on fait, c’est d’essayer de calculer en gros la géographie politique du pays à un moment donné. C’est à dire que, à partir des échanges entre une personne en face à des hypothèses de sociologie, ça peut te dire les personnes avec qui vous interagissez vous définissent d’une manière ou d’une autre, et même indépendamment du contenu de ces interactions. Donc, avant même de rentrer dans les interactions, le contenu de partir de ce qui se dit, rien qu’en regardant qui interagit avec qui, il est possible de produire une espèce de carte pour en montrer où on voit en gros les différentes formations politiques et comment les choses s’organisent. Et à partir de ça, il y a tout un ensemble d'études que l’on peut faire à la fois de savoir après qu’est ce qui se fait ce genre de carte là. Donc on zoome.
David Dufresne
Dedans, ce que vous appelez des. Mais je vais noter le mot j’adore Connect Drôle, non ?
David Chavalarias
Alors, alors, il y a. Et alors là, c’est là et on a une carte et après la carte. Donc c’est ce quoi les éléments de la carte, il y a des ronds qui sont en fait des comptes derrière ça, c’est en général une personne, ça peut toucher un robot ou une partie, et puis après il y a des liens pour moi entre les comptes. Il y a une circulation de l’information, donc ça vous donne des cartes, la justesse géographique et on l’appelle connected. Juste c’est un peu comme par analogie avec ce qui se passe.
David Dufresne
Dans ce cas, par exemple.
David Chavalarias
Dans celle de la collecte, comme c’est ce qu’il y avait juste avant ça. Et ça se rappelle des graphes alluviaux où on voit comment un paysage se transforme d’une période.
David Dufresne
Et ça c’est fascinant.
David Chavalarias
Et les connexions, c’est juste montrer la. Des connexions en fait comme comment un cerveau et les connexions entre les neurones là sont les connexions entre les entre les comptes et donc on a ce genre de d’images. Lorsque par exemple, on voit. Par exemple ici, ici, ici, un connecteur homme, et le connecteur est ici. Donc ça, ça va du rouge au bleu. Donc les couleurs, c’est les couleurs, les partis politiques aux couleurs rouges et plutôt la gauche et bleu, plutôt la droite et puis intérieur, donc une structure. Et on voit comment il y a des continuités, continuités idéologiques entre personnes en ligne par leurs interactions, ce cercle assez fascinant. Et ensuite, on peut regarder à la fois comment ces choses-là évoluent parce que ces paysages se déforment. Là par exemple, ce que vous montrez sur la page de gauche en haut, on a le paysage qui est tel qu’il était en 2016. Donc en fait, en 2016, on avait un paysage Apollinaire où on allait de la gauche à la droite, de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par le centre et en bas. En fait, ce paysage tel qu’il est maintenant, qui a complètement changé de rework, c’est la même orientation circulaire au niveau des orientations, c’est toujours Mélenchon ou Le Pen au même endroit pour la carte. Puis après les choses s’organisent autour. En fait, en 2000, le maintenant, en 2022, on passe de Mélenchon à Le Pen et par le bas, c’est-à dire en passant par des groupes qui seront plus extrêmes ou avec des colorations politiques plus exotiques. Alors qu’en haut donc, il y a la tache rose, assez. C’est le même qui est assez isolé et donc on étudie ses déformations, on étudie les circulations, on étudie, on essaye de comprendre comment chaque communauté est structurée parce qu’il n’y a pas la même manière d’interagir au sein de France Insoumise, par exemple au sein du FN ou au sein de ce toutes ces choses là qu’on étudie avec lui, tout ça.
David Dufresne
Alors juste une petite chose, on avait fait avec Mediapart une petite parenthèse. On avait fait avec Mediapart dans le cadre de A la place Beauvau, moment donné, on avait fait Radio Police, on avait essayé d'écouter entre guillemets. C'était ici, évidemment, on avait essayé d'écouter la police, ce que la police racontait. Alors évidemment, on n’avait pas vos moyens, mais on a quand même travaillé avec des laboratoires qui, eux, qui réfléchissent à ces choses là. Et je dois dire quand même une petite déception pour ce qui me concerne. Oui, oui, non, mais je vais vous dire laquelle et qu’en fait je me suis rendu compte que selon la perspective que l’on donne aux données, on y donne tout à fait autre chose. En fait, à voir. Oui, c’est comme les camemberts, les diagrammes ici, en fonction du support que l’on donne. En fait, le message est ici et c’est presque un truisme de le dire, mais je trouve que c’est particulièrement frappant avec les données tweeter. Est ce que. Est ce que je me goure ou pas ? Ou ce que. Est ce que c’est un biais auquel vous faites attention ?
David Chavalarias
Alors oui, bien sûr, c’est un décompte auquel on fait attention, et de deux manières, mais effectivement contraintes sur des données. La manière dont je les présente influence beaucoup la réception de la donnée. C’est évident. Et c’est même c’est ça, c’est la photographie d’une pièce. Vous regardez les lieux quand vous voulez visiter l'église. Vous voyez les photos d’appartement dans les rues, dans les agences immobilières, elles sont prises et puis après vous rentrez dans l’appartement, ce n’est pas pareil.
David Dufresne
Donc effectivement, la présentation, c’est comme ça que vous avez acheté votre maison, là, c’est ça.
David Chavalarias
C’est donc la présentation des données a un impact beaucoup sur nous. On essaye en tant que scientifique d'être le plus, le plus lisible possible. Et enfin, il y a les deux niveaux. Il y a les données que nous on prépare et qu’on présente. Donc. Et donc là on vous donne, on vous présente des choses en public ou dans les revues, sur Facebook. Là on essaie de se soit le plus juste et le moins trompeur possible, on va dire beaucoup plus haut, plus fiable aussi. Mais surtout, nous, on travaille beaucoup sur le fait de pouvoir donner au pouvoir aux autres entièrement pour que ce soit des citoyens, des scientifiques. La capacité de récupération avec ces mêmes données pour pouvoir les manipuler eux mêmes. Et c’est ça qui est très important en fait sur les données, lorsqu’on développe du logiciel, le logiciel libre qui permet de retravailler sur ses données après, de refaire des présentations parce qu’en général, ce qu’il faut bien comprendre sur Twitter, vous avez à moins d’interactions, vous avez octets dans votre base, vous allez avoir 500 000 personnes autour de 30 millions ou 60 tweets représentés. Ça, vous avez plein de manières de représenter ça. C’est un objet très complexe. Toutes les interactions entre tout le monde, c’est pour le travail et donc il y a plein de manières de regarder. Donc en fait, ce qui a. Tant qu’on a ce genre de données, c’est déjà avoir des bons outils de balise de manière à enlever des choses brouillées ou des détails de structure. Et même une fois qu’on a fait ça, ça reste très complexe. Et donc pour le visualiser par exemple, on est obligé de la placer et donc on perd de la donnée. C’est un peu comme pour une photo, vous perdez la 3D follement. Donc ce qui est important, c’est de redonner aux personnes la capacité de reprendre ces données et de les représenter différemment pour se faire une idée. Et quelque chose sur lequel on travaille vraiment ? C’est plutôt en termes d' ergonomie de la visualisation logicielle. C’est comment redonner à donner aux gens d’interagir avec elles. Et là, il y a vraiment quelque chose à prendre. Changé au sens où depuis maintenant cinq ans disons, le côté visualisation interactive s’est énormément développé et donc ça permet d’atténuer un peu cet effet où effectivement on peut dire n’importe quoi. Et je vous recommande en général de le. Quand on a souvent des données pour réfléchir à comment on peut présenter, voire surtout les retracer différemment, etc. Ce n’est pas forcément par la force en fait tout le monde, mais on essaie de faire en sorte que ce soit de plus en plus simple.
David Dufresne
Et qu'à chaque jour on vous demande où sont téléchargeables les datas et les logiciels libres dont vous parlez.
David Chavalarias
Alors bon, en termes de logiciel libre, on en a plusieurs je pense le plus accessible sur ce genre de données. Alors. Par exemple les mobiles et les graphes depuis le scope où on les visualise avec un logiciel libre qui s’appelle le GFX, c’est gfx pour org, le titre. Open Source est un logiciel de visualisation à la source..
David Dufresne
Je suis désolé David, il faut juste que je vous passe VIP pour que vos liens apparaissent dans le jardin des exilés et c’est un scandale écrit.
David Chavalarias
Un modérateur a supprimé votre message direct.
David Dufresne
Non mais nous on est comme le CNRS, on ne rigole pas
David Chavalarias
Voilà, après le casse et ça ce n’est pas logique et un petit peu en bout de chaîne ou quand on a traité les réseaux après on peut les visualiser avec ce genre de nous et on a mis certains, on fait des publications, on met certains réseaux en ligne. Par exemple, sur la publication de 2008 que vous pouvez retrouver, il y a certains réseaux politiques de l'époque qui permettent de visualiser une jeune fille. Alors juste aussi pour mentionner rapidement la fameuse ronéo comprenait au CNRS ce qu’on s’intéresse où on ne s’intéresse pas
David Dufresne
Ça veut dire quoi ça, retenir le CNRS ? On n’est pas chez les contrebandiers.
David Chavalarias
Alors vous allez comprendre et comprendre s’intéresse aux dynamiques de groupe et on n’a pas vocation à regarder les gens au niveau individuel, mais en public il y a aucune donnée personnelle, donc il n’y a pas les noms des comptes sauf pour les comptes qui sont des comptes officiels de politique pour pouvoir se repérer dans le groupe. Mais bon, au lieu de ça, vous avez accès à ce graphe là pour voir la structure. Vous avez donc le repère avec les groupes visibles et vous pouvez éventuellement les relire, imprimer ou spatialiser différemment. Ça c’est avec des FI. Ensuite, donc, on a gardé le texte, je vous donne le lien.
David Dufresne
Alors voilà.
David Chavalarias
Aucune garantie que ça c’est un logiciel qui est classé parmi ceux qui en version structure dit client serveur, c’est à dire qu’il doit être déployé sur un serveur et après vous vous connecter à un service web. Donc ça, ça permet de faire des analyses sur des graphes sémantiques, faire des grappes de termes. Vous pouvez entrer du texte et après avoir des cartes et celui là librement pensé pour l’interaction, représenter les données différemment, etc. Et ensuite donc pour le côté Skype lui-même, à prendre toute une chaîne de traitement qui va capter les tweets. Alors là c'était clair, c’est quelque chose qui s’est fait avec une série, mais par contre comme celle ci, l’infrastructure au sens où vous passez plusieurs serveurs, qui traite la donnée, qui qui les stocke, etc. Donc ça ce n’est pas quelque chose que l’on peut publier comme ça et avec quelqu’un chez soi. Par contre, il y a plein de logiciels, un petit script libre qui permette de faire ça même s’ils n’ont pas toute la chaîne. Donc en gros, voilà, ça c’est les quelques pointeurs, je peux donner d’autres, mais où ? On ne travaille pas avec du logiciel libre, dès qu’on peut on met les suivants libre. Et donc pour les données de Twitter. Donc il faut savoir qu’il y a une politique de données Twitter qui ont obligé la structure qui est que nous on l’enregistre et puis on reste chez nous pour des analyses, etc. On fait des études dessus et quand on publie, on publie donc un jeu de données Nom. Par exemple, en 2018, une grosse étude sur la présidentielle de 2007, on va publier tout le jeu de données Tweeter, mais on est obligé de le publier. C’est uniquement les indices des tweets. C’est à dire que dans mon bureau, c’est un l’identifiant qui après avec un autre outil qu’on fournit aussi, vous permet de récolter le tweet original. Et ça, pourquoi ? Parce que la politique de Twitter dit qu’on n’a pas le droit de. Et avant de diffuser un tweet, en fait, il faut vérifier qu’il n’a pas été supprimé et donc on ne peut pas nuire à notre base de tweet et la remettre à disposition. Ça c’est interdit par Twitter. Parce qu’il faudrait à chaque fois que quelqu’un prend cette base vérifiée que le truc n’a pas été supprimé. Par contre, on a le droit de mettre un identifiant du tweet et la personne peut le retélécharger si jamais elle n’a pas été supprimée. Alors combien on met à disposition ?
David Dufresne
Peut être c’est un détail, mais est ce qu’il vous est arrivé d’avoir des gens qui rouspéter en disant vous êtes en train de faire un fichage politique, vous êtes en train de de mes pister ? Euh donc qui sont en fait des méconnaissances de Twitter ? Parce que tweeter ça n’est que ça finalement. Mais est ce que vous avez eu maille à partir ?
David Chavalarias
Alors en fait, assez peu. Je m’attendais à en voir un peu plus parce qu’il y a toujours souvent des suspicions sur ces choses là, alors que moi, après, on est vraiment très vraiment très attentif. Donc il y a peu de matière pour ça. Mais on l’a eu une fois, mais c'était indirectement en fait, c'était. Il y a eu. Un autre groupe de chercheurs qui a publié. Alors je ne suis pas sûr que les cartes que vous ayez montré. Je vous dis vous n’aurez jamais les noms des comptes sur ces cartes là, seulement les comptes vraiment connus. Il y a un autre groupe de chercheurs qui a fait comme erreur de mettre les noms des absolument et de publier ça. Et en fait, quand on voit ça, on voit les affiliations politiques inférer. On pourra en reparler sur ce graphe là. Et donc ces gens là, ces chercheurs là, se sont fait attaquer par un groupe qui s'était à la fois légitime et en même temps c'était un peu exagéré au sens où visiblement ce n’était pas il n’avait pas fait ça pour ficher les gens.
David Dufresne
Non, bien sûr, le vernis des longueurs.
David Chavalarias
Ils se sont fait attaquer et. Mais le but de cette attaque, c'était plutôt, on va dire créer un peu de polémique. Et ça n’avait pas trop marché. Ils avaient lancé ça n’avait pas trop marché. Donc après ils ont essayé de ré attaquer et comme ils ont vu que nous on faisait pareil. Sauf qu’on ne publie pas les noms, mais on a travaillé sur Tweeter. Il y a eu un long article en disant que le CNRS aussi fiche machin. Y. B Et dans cet article là, en fait, il parlait assez peu. Nous, il reprenait l’intégralité de nos premiers posts dans l’espoir de relancer un peu le truc et ça n’avait pas marché. Donc au final, on est assez peu attaqué sur ce sujet là parce que le placement respecte la confidentialité, mais met les gens de mauvaise foi pourraient le faire.
David Dufresne
Alors si je résume, vous avez identifié des comptes, vous regardez leur activité, le nombre de tweet qu’ils publient, de retweet, qu’ils font leur interaction les uns les autres et aussi, évidemment, les termes, certains termes qui sont employés et notamment certains hashtags. C’est ça grosso modo, votre matière première, on est d’accord ? Ou est-ce que j’ai oublié quelque chose ?
David Chavalarias
Pourtant c’est ça les interactions, les contenus. Mais alors, ce qui est intéressant, et c’est aussi une des choses qu’on voulait montrer, parce que encore un peu, ça rejoint l’idée de de montrer ce que peuvent faire tous les GAFAM avec les données qu’ils ont sur Facebook. Et savoir qu’on axe on a accès à Twitter vous donne au plus 1 % de son flux et c’est une des seules plateformes à ouvrir ces données de cette manière là.
David Dufresne
Toutes les autres plateformes, vous allez dire que vos aspirateurs sont bloqués à 1 % du contenu tiers. Donc vous cherchez à grossir au maximum.
David Chavalarias
On peut avoir 1 % du taux de tiers que si l’ensemble des tweets dans le monde, c’est 100 tweets dans une journée au maximum, on peut récupérer un tweet après, comme on cible sur des sujets précis par exemple, je ne sais pas moi, la politique. Si la politique fait moins de 1 %, on peut avoir tout, mais il y a quand même un filtrage de pudeur. Enfin, pudeur d’une part, mais c’est la seule plateforme à faire ça. Je suppose qu’on montre avec le score de ce que l’on fait, c’est que même avec une toute petite partie d’une plateforme qui en fait est assez minoritaire sur Tweeter et ce n’est pas la plus grosse plateforme des GAFAM. Et sans recouper des données comme peuvent le faire les Facebook et les Google. Avec ça, vous pouvez dire avec énormément de choses et notamment vous pouvez catégoriser politiquement une bonne partie de la population.
David Dufresne
Et donc il y a une vertu pédagogique et de presque de mise en alerte par rapport au fait que nos données en disent tellement sur nous. On se rend pas compte quoi exactement ?
David Chavalarias
On se rend pas compte si à partir du moment, à partir du moment où vous analysez vraiment la structure globale, où vous avez un point de vue un peu extérieur à la société, parce que toutes ces données là pouvaient dire des choses vraiment, vraiment incroyables. Et donc c’est un petit peu ce qu’on essaye de montrer, en bien sûr, évidemment, en respectant, comme je le dis à chaque fois, tout ce qui est confidentialité. Mais faut bien savoir que je pense que beaucoup d’acteurs ne prennent pas ces précautions là.
David Dufresne
Alors j’ai page 24 une définition de votre travail que je trouve très jolie, dite. Le principe est simple : si vous disposez d’une jauge pour observer le niveau d’une rivière, vous saurez si le niveau d’eau monte ou descend, même si vous ne connaissez pas le niveau d’eau dans l’absolu. Ce qui veut dire que vous vous savez quand même avec des pincettes sur votre propre travail. C’est à dire que vous vous rappelez sans cesse que ça n’est qu’un échantillon, un grand tout grand tout, qui est un peu bas, qui n’est pas palpable. Voilà. Et que faut-il ? Faut faire attention dans les dans les conclusions un peu hâtives, peu sûr parfois, les journalistes vous demandent de faire au téléphone, sonne ou le téléphone sonne ou il faut tout de suite. Alors qu’est ce que je dis maintenant sur twitter là ? S’il vous plaît ? Pas fait professeur. Est ce que c’est grave, docteur ? Il n’y a pas de ça.
David Chavalarias
Tout à fait. Oui, alors c’est cela, j’ai pris cette comparaison, le facile que. Ce qui est intéressant, c’est que souvent on se dit est ce que tweeter ce pouvoir, est ce que c’est représentatif de gens, ce n’est pas représentatif en fait, ce corps qu’on regarde tweeter, la manière dont on regarde, on va s’intéresser justement à la question des variations chronologiques. Et c’est là où on a cette idée de cercle. On a tweeter, ce n’est pas l’ensemble des opinions des français qui parle, c’est même pas l’ensemble de la politique. Par contre, comme on a un échantillon que l’on suit dans le temps, on va pouvoir voir les variations de cet échantillon. Et cela, ces variations là sont vraiment très informatives. Et donc on va pouvoir dire est ce que là une polémique enfle ou descend, même si on n’a pas le volume total de la polémique, on va pouvoir voir si un groupe est en train de se séparer, par exemple. On a vu l’effritement de la gauche et même de la droite depuis de longs mois, le ralliement, le ralliement de beaucoup de gens du RN à Zemmour depuis septembre, alors que après, ils se sont déclarés seulement en janvier. Donc en regardant les variations, on peut dire beaucoup de choses et ça nous laisse, et de manière assez générale à faire que quelqu’un qui regarde les données sur votre téléphone, les deux yeux à la télévision parce que le téléphone, même s’il n’a pas toutes les données de géo localisation, seulement en certains endroits où vous essayez de prendre des cartes, etc. Eh bien, ça va suffire pour détecter les moments où vous avez changé, changer de comportement et où ça devient anormal, etc. Donc, cette idée de suivre les variations dans des données chronologiques est assez puissante. Et encore une fois, on revient sur l’idée qu’on en dit beaucoup plus que ce que l’on croit sur nous-mêmes, parce qu’en fait on laisse des traces qui sont persistantes dans le temps.
David Dufresne
Alors il y a au début du livre et à la fin d’ailleurs, il y a tout un lexique au début du livre, évidemment, vous y allez par paliers et donc là vous nous rappeler des choses qui sont un peu connues mais qu’il faut quand même évoquer comme la senteur fine, comme les bulles de filtre. Et vous parlez aussi dans votre travail de la question de repérer les chambres d'échos. Et ça, j’ai beaucoup aimé cette notion là. C’est quoi une chambre d'écho en termes d’analyse data ?
David Chavalarias
Alors ce sont mes commentaires de la newsletter. Donc là on est sur des réseaux sociaux, donc avec des gens qui vont interagir, échanger de l’information. Donc une chambre d'écho, c’est un ensemble de compte qui peut être assez gros, à plusieurs milliers, voire dizaines de milliers personnes qui vont en fait être très connectés entre eux, donc s'échanger beaucoup d’informations entre eux et beaucoup moins avec l’extérieur. Ce qui fait que dans une chambre d'écho, le bon écho, c’est parce qu’il y a une résonance qu’aucune information circule. Elle va circuler un peu comme dans un bocal. Donc vous allez dire quelque chose, puis ça va vous revenir de l’autre côté. Donc, par exemple, si vous entendez quelque chose, vous le répétez un ami, et puis plus tard, vous allez le réentendre. Paradoxal, à la fois modifié, vous allez contre une confirmation de ce que vous aviez dit au début, mais en fait non, c’est juste la même chose qui vous est revenue. Donc chambre d'écho, c’est un peu cette notion où il y a des groupes numériques qui se forment, comme on peut avoir des groupes hors ligne sous forme de groupes d’amis. Sauf que là, c’est des groupes qui n’ont pas de frontière, qui souvent sont très différents en termes de composition, parce que là, en ligne, on peut interagir avec un peu n’importe qui, indépendamment du statut social, des croyances, même de la nationalité, mais que ces groupes numériques, ce n’est pas pour ça qu’ils n’ont pas de structure. Et en fait, il y a cette structuration qui se fait un peu naturellement, souvent les choses par sujet et parfois peut être plus large sur plusieurs sujets en même temps, ou on a des ensembles de groupes qui vont interagir et ou à l’intérieur de cet ensemble de compte. Au final y vont si au cours du temps se faire une représentation un peu homogène de la réalité.Donc avec quelques exemples, on peut avoir eu sur la crise de reveal des représentations très tranchées, du rôle de la psychologie par exemple, du rôle du vaccin, de l’importance du confinement. Et en général, quand on regarde après en ligne qui discutent de ça, on va avoir des groupes assez séparés qui à l’intérieur de ce groupe, tout le monde est convaincu que oui, on entend tout le monde a le même, la même position sur tel sujet, alors qu’en fait c’est la est d’effet de réseau. Et donc c’est ça la chambre d'écho, en fait, c’est votre horizon informationnel quand vous êtes en ligne. Souvent, il y a des effets de frontière invisibles autour de vous que vous ne voyez pas, mais qui sont en fait du fait des connexions entre tous les gens. Vous connaissez et c’est ça le charme.
David Dufresne
Du coup les bulles de filtres. Vous expliquez qu’en fait, elles, elles sont, elles sont plus dues aux algorithmes, si je vous ai bien lu, que nos comportements.
David Chavalarias
Alors bon, y a ces chambres d'écho, c’est des gens qui interagissent beaucoup entre eux. Ensuite, il y a un autre truc qui s’ajoute effectivement dans les environnements lumineux qu’on appelle sa bulle de filtre. C’est pourquoi c’est parce que c’est l’idée que les plateformes sur lesquelles on interagit filtrent d’une certaine manière l’information qui vous arrive. Il y a quelque chose qu’il faut vraiment. La conscience, c’est que quand vous êtes sur une plateforme comme Twitter, Facebook, Snapchat, pas Snapchat, pauvre type talk, etc. Instagram en général, vous recevez les informations de votre environnement à travers ce qu’on appelle un fil d’actualité. Ce n’est pas l’ensemble de ce qui est produit autour de vous, parce que quand vous avez 300, 600 000 connexions, bah vous pouvez ne pas lire tout ce que ces connexions produisent. Donc en fait, les algorithmes de la plateforme vont sélectionner dans cet ensemble là un sous ensemble qu’ils vont vous montrer. Et donc je pense que souvent on a, on fait l’erreur de dire quand je suis sur Facebook, Insta ou TIC tac, etc. C’est un peu comme le téléphone, j’appelle des gens, j’envoie des messages, ils les reçoivent et moi je reçois les messages que les gens m’envoient. Sauf que je peux envoyer à plusieurs et plusieurs en fait, c’est pas du tout ça. L’analogie analogie, c’est y a un endroit où vous parlez sa part, vous ne savez pas où et il y a un endroit où vous les écoutez. Et ça, ça arrive. Mais vous ne savez pas pourquoi ça vous arrive. Et ça c’est vraiment très important à comprendre. Et donc pourquoi ça vous arrive à vous ? Pourquoi ça part à Apple ? C’est les algorithmes que les abonnés peuvent décider. Donc ils vont filtrer dans cet environnement. Et en fait, ils vont filtrer de manière active au sens où y vont avoir des critères de filtres. Alors voilà le beau discours de Mark Zuckerberg, etc. Si on vous apporte l’information qui est plus intéressante pour vous et qui va vous libérer, vous connecter plus sur vos amis, en fait de manière très que ce c’est pas du tout ça, il faut juste optimiser les quantités économiques qui sont hors des temps passés sur plateformes, étant d’engagement, etc.Et donc pour optimiser ces choses là, ces algorithmes là intègrent vos comportements, ils vont apprendre ce qui vous reste, rester connecté ou ce qui fait connectent. Restez connectés à d’autres personnes. Et en effet, en extrapolant à vous et donc en faisant cela, beaucoup y filtre. Et par exemple Shift, il y a un exemple que j’aime bien. C’est un exemple véridique. Quand j’ai été choisi avec quelqu’un qui est ici, qui peut encore discuter du bouton like, la fermer, il dit oui, je comprends bien. Donc le filtre majeur, je suis sur Netflix et puis je n’aime pas trop les films violents etc. Donc si un peu romantique, ça m’intéresse bien. Donc je suis tombé sur des films coréens, j’en ai lu un ou deux quand je l’ai regardé un ou deux et maintenant j’ai que ça comme ambition et il est dit j’en ai marre parce qu’il me propose que ça raconte ça, c’est vraiment, c’est l’idée en fait, ou l’algorithme a appris que vous étiez sensible à quelque chose et il va vous resservir beaucoup plus de cette chose là que ce qu’il y a dans l’environnement en général. Amazon fait la même chose quand vous achetez un bouquin, il va vous proposer un bouquin à peu près 50 similaire. Comment il fait ça ? Soit il à votre historique et y a comprend à peu près les goûts, soit il prend des gens pour des historiques, à peu près les similaires aux autres qui ont acheté le livre et ils vont dire bah c’est ce deuxième livre là que l’autre a acheté. Vous pouvez aussi l’acheter parce que vous vous ressemblez. Donc d’une certaine manière, les algorithmes, il fabrique du même, du pareil en filtrant la réalité et plus de filtres. En fait, c’est le fait que, au fur et à mesure que vous agissez sur une plateforme, l’environnement des possibles que pourrait vous proposer un algorithme se rétrécit. Parce que lui, il a identifié que dans tout ce qui est possible, c’est ce segment là qui va vous rester. Vous attrapez le plus souvent de plus addict à la plateforme et à la promo. Vous avez une vue beaucoup plus restreinte de la réalité qu’elle ne l’est réellement.
David Dufresne
Et vous démontrez avec force d’exemples, notamment les journalistes américains qui prédisent des expériences, qu’en réalité c’est très difficile de percer la bulle de filtre qui a été déterminée par l’algorithme.
David Chavalarias
Oui, alors c’est ça.
David Dufresne
Ou alors il faut complètement la saboter, faire n’importe quoi, comme ce journaliste qui s’est mis à lâcher tout et non tout partout. Donc là, le robot s’affole.
David Chavalarias
Mais le truc c’est que c’est assez puissant. Et même d’ailleurs. Par exemple. Pour l’heure, d’une certaine manière, tous ceux qui ont un compte Gmail et. Qui reste connecté, circuit qui se déconnecte pas de leur compte. A chaque fois qu’il faut nous recouvrir le mail. La revue. Cherchez la faute, elle est modulée par tout ce que je. Elle a appris de vous, mais aussi ça, c’est une manière de faire de bons, de. Et ce qui se passe sur les réseaux sociaux. C’est qu’on a une espèce de synergie entre cet effet de chambre d'écho où des gens qui sont à peu près similaires sont très impliqués. C’est quelque chose sur lequel vous êtes déjà pour certains. En gros, va voir dans l’espace des possibles, des choses qui vous sont proposées en ligne se restreignent énormément. Et moi j’ai vu plusieurs fois, notamment dans la pandémie, des gens qui se sont enfermés dans des dans des bornes pour des sous espaces avec un niveau de désinformation très important.
David Dufresne
Alors vous poser page 86, je balance. La question absolument vertigineuse : les algorithmes ont-ils des opinions politiques ? Et là, à la limite, vous pourriez vous dire que là dessus, parce qu' on a discuté, là, pendant 30 minutes de votre dispositif qui est infaillible, en tout cas qui est très costaud. Comment travaillez-vous sur les données, etc. Et puis finalement on arrive quand même à cette idée centrale de l’algorithme. Et finalement, la question est : est ce que les algorithmes ont des opinions politiques là-dessus ? Vous ne tranchez pas, mais ce matin, il faut qu’on en parle.
David Chavalarias
Oui, alors. Donc en fait, est ce que l’on peut dire, c’est que la question générale, c’est est ce que les algorithmes, d’une certaine manière, favorise un algorithme n’a pas d’opinion au sens propre, ça peut être personne. Est ce que est biaisé en faveur d’une opinion politique particulière ? Et en fait. Alors la première chose que l’on peut dire, c’est que la plupart des algorithmes des grandes plateformes Facebook à tous, en fait quasiment, sont fermés personne n’a accès aux détails de l’algorithme et en fait, personne ne sait exactement comment ça marche.
David Dufresne
C’est la recette de Coca-Cola, que c’est un vrai problème.
David Chavalarias
C’est ça ? Donc en fait, c’est un vrai problème parce que quand vous avez un algorithme comme celui de Facebook qui gère l’information, entre 2,8 milliards de personnes, ça fait plus d’un tiers de l’humanité énorme. Si par exemple, cet algorithme là, à un moment donné, décide de dire allez voter à tous les gens de droite et rester à la maison, tous les gens de gauche en fait en probabilité, une partie des gens vont le faire et ça va complètement changer les élections. Donc savoir comment un algorithme qui est déployé à cette échelle gère la circulation, la circulation d’informations, ça, c’est complètement crucial. Et le fait de se faire fermer cinq portes. Ceci étant dit, on peut regarder dans plafond par plateforme, se poser la question est ce que sur telle plateforme il y a un biais ? Et par exemple, il y a une étude qui est sortie là récemment en début d’année, de tweeter les équipes de Twitter qui sont posées exactement ces questions. Ils ont pris les leaders politiques dans différents pays et ils se sont demandé si leur algorithme de flux, donc de fil d’actualité. Donc ce que je ne sais pas si pour ceux qui utilisent Twitter, mais c’est pareil sur plate forme dans un fil d’actualité, est ce que vous voyez à s’afficher ? Ce n’est pas les contenus par ordre chronologique, mais parfois il y a des trucs d’il y a quatre heures, il y a deux jours. Après il y a encore un truc.
David Dufresne
Sauf si vous le demandez.
David Chavalarias
Ça c’est une dimension de ce comportement, mais par défaut les gens ne le demandent pas et donc par défaut ils font ça.
David Dufresne
Donc ils ont en fait le best of choisi par l’algorithme.
David Chavalarias
C’est par la suite, ce best of là a été déployé par Twitter assez récemment. Je crois que c’est 2016 ou entre 2016 2018. Avant c'était vraiment nord chronologique et ils ont gardé, je trouve cet assez intelligent de la part du futur. Ils ont gardé 1 % de leurs utilisateurs ou 5 % ce petit pourcentage qui est resté par défaut par ordre chronologique. Et donc ça, ça leur a permis de comparer en fait la diffusion d’un message quelconque quand il est diffusé via des canaux chronologiques et compte les diffuser de manière organisée par l’algorithme. Et en faisant ça, et donc en appliquant ça aux messages diffusés par des personnalités politiques dans tous les pays, ils se sont aperçus qu’en fait la parole politique de droite en moyenne était plus diffusée au sens où elle touchait plus de personnes que la parole politique de gauche. Mais ce n’est pas dans l’absolu, ce n’est pas dans l’absolu au sens où une personne de droite touche quelqu’un de plus de gauche. Mais c’est qui des fois que vous ajoutez cet algorithme de recommandation, hein ? Donc le nouvel accord de tweeter, eh bien elle va amplifier plus la parole de droite que la parole de gauche. Et donc du coup.
David Dufresne
Et pour quelles raisons.
David Chavalarias
Hors du commun ?
David Dufresne
Et parceque l’algorithme, en vieillissant, s’embourgeoise.
David Chavalarias
On en parle vite parce que vous avez le profil.
David Dufresne
Après je suis désolé, c’est une blague ? Je voulais faire. Bon bref, j’en fais, mais c’est toujours moins bien la deuxième fois. Est ce que l’algorithme en vieillissant s’embourgeoise et donc favorise la pensée de droite ou est ce que c’est une autre raison pourquoi les algorithmes se réveillent docteur ?
David Chavalarias
Le truc, c’est que c’est un petit peu difficile à dire parce que justement on n’a pas accès au code Lego, même s’ils ont fait cette étude, ne l’ont pas rendue publique. Le code. Un des certaines hypothèses, c’est que ce que l’on peut dire, c’est que. Il y a aussi le type de rhétorique utilisé par les différentes personnalités politiques. Ce qu’on sait donc, c’est que ce n’est pas dans le livre, c’est que. Les algorithmes apprennent de vos actions. On sait que de manière générique, quelque part, il y a un truc d’apprentissage. Or, en fait, les actions qu’on a sur les différents acteurs du web, c’est ça, ce n’est pas elles sont, elles ne sont pas neutres. On est biaisé au sens où cognitivement, donc dans notre cerveau, on a une attirance, par exemple pour les contenus qui sont, qui expriment un danger ou des contenus négatifs par rapport à des contenus qui expriment tous quelque chose de positif ou une bonne nouvelle.
David Dufresne
Si vous avez un cocon consentant, bien ça ce n’est pas propre aux réseaux sociaux, c’est la vous quand vous parlez de ça, vous puisez dans les sciences psychologiques etc.
David Chavalarias
Donc ça c’est dans la nature humaine fait que toutes choses égales par ailleurs, quand quelque chose présente un certain danger, on a envie de savoir son nom, de savoir pourquoi on est en danger pour par exemple ça c’est des choses qu’on a vues circuler quand on a découvert le vaccin, donc quand on a découvert le vaccin contre la qu’Ovide, les premières informations, c'était le vaccin efficace à trois, 10 %, etc. Puis à d’autres, d’autres informations qui circulaient en disant ça rend stérile, ça manipule votre ADN, etc. Si vous n’avez aucun a priori mais que vous êtes en face de deux messages, un qui vous dit que le truc est efficace à 40 % et l’autre qui vous dit ça va voir. Cyril Bah en fait, en moyenne, on clique d’abord sur le deuxième parce qu’on veut savoir quel va être le danger associé à cette peur. Donc ça c’est ça s’appelle un biais de négativité. On appelle ça en psychologie, on a tiré parce qu’il comporte une dose de danger, parce que de manière on pourrait dire, si on veut un peu extrapoler, que d’un point de vue évolutionnaire, c’est bien de savoir où étaient les dangers. Bref, et donc ça se peut, vous avez une petite blague sur les dinosaures, les dinosaures là dessus.
David Dufresne
Oui, il y a des trucs qui passent comme ça, la gazelle qui sait pas se méfier ou.
David Chavalarias
Que c’est la fille de la. Mort à celui qui veut la gazelle et pas le loup qui n’est pas le lion qu’il a tué. Mais c’est ça. Donc en fait, ce truc là qui est de la nature humaine, qu’on est dans des environnements numériques, qui vous apprennent de vos actions, qui vous êtes espionné entre guillemets, tout le temps, qui essaye d’apprendre à vous, eh bien ils apprennent que vous êtes attiré par le danger et donc ils vont vous retirer des choses négatives, apurer les données, vous vous en resservir plus que ce qu’il y a en moyenne dans l’environnement. Et donc, pour revenir à la question de pourquoi les algorithmes abusent la gauche et la droite ? Une des hypothèses, c’est que la rhétorique de pertinente est de droite, plus tournée vers le danger. Il y a l’immigration, il y a le machin etc ou des choses négatives que les verts font de gauche. Mais pour l’instant ça c’est qu’une hypothèse pour que pour la vérifier, il faudrait déjà vérifier que c’est effectivement une intuition. Or, d’après ce que je vois, des prises de parole droite et gauche, mais ça se pontife avant d’aller affirmer ça. Et puis après faudrait mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est que par exemple sur Twitter, donc il y a un biais d’un côté, de l’autre, et même de manière très générique, à partir du moment où vous avez un algorithme qui va gérer la circulation, l’information de manière très, très large sur des millions de personnes, et qui apprend en plus ? Eh bien c’est très facile d’avoir des biais et donc dès que vous avez le moindre biais, ça va biaiser. Et donc si vous avez des différences entre les discours de droite et de gauche, quelque soit, c’est assez probable que, en fait, il y ait un type de discours qui soit favorisé sur beaucoup de questions. Après il peut y avoir un parti pris et hop !
David Dufresne
Petite incise je ne saurai jamais si à un moment donné, l'écho justement qui a pu recevoir le travail que je faisais à l'époque sur les violences policières à la place Beauvau sur Twitter n'était pas aussi dû au fait simplement qu’il y avait des images d’une violence extrême et que ça se partage plus que des images de type peur quoi.
David Chavalarias
Tout à fait.
David Dufresne
Et ça, j’aurais jamais le je, jamais le fin mot de l’histoire. Mais si je compare avec des travaux postérieurs mais du même ordre un sur par exemple les accidents du travail ou les malversations, les corruptions, etc. Ils ont plus de mal à percer la bulle quoi.
David Chavalarias
Je pense à un des seuls contre exemples, ça peut être pas le sommet. Un des contre exemples à ça, c’est les photos de chats sur les photos de chats diffusées.
David Dufresne
Mais c’est vrai que les chats sont devenus de droite, voire d’extrême droite.
David Chavalarias
Parce que ça existe toujours.
David Dufresne
Donc je ne sais pas si c’est le bon exemple
David Chavalarias
Mais en tout cas d’ailleurs c’est aussi une stratégie de communication je pense. Le choix délibéré de choisir qui reconnaissable porte le morceau pour ce. Pas de Marine Le Pen en l’occurrence, mais en tout cas c’est direct. Et quand vous choisissez un contenu un peu choc, ça va diffuser plus. Et même, et ça, je lui rapporte son livre. Quand vous lisez les témoignages de gens de par des documents qui ont fuité de Facebook mais qui rapportent des échanges entre Facebook et des rédactions de journaux par exemple. Je vous ai envoyé une rédaction de journaux, se plaignant depuis, vous avez changé votre algorithme parce qu’en 2018, ils ont changé pour pouvoir parler de lui. Vous auriez changé votre algorithme ? Et bah obligé de changer la proportion de messages négatifs parce que sinon je ne suis pas visible.
David Dufresne
Maintenant, ça c’est cédé. Est ce que le chercheur hautement respectable que vous êtes a oublié de vous représenter le CNRS, et serait d’accord pour aller sur ce terrain glissant dans lequel je vais vous emmener ? Est ce qu’on peut faire ou pas ? Est ce qu’on peut faire une analogie entre la droitisation du monde occidental des dix dernières années et la puissance de plus en plus conséquente des réseaux sociaux ? Ou est ce que c’est trop tôt pour le dire ? Est ce qu’on peut faire un lien de cause à effet là où là c’est vraiment un truc à la con ?
David Chavalarias
Alors disons que le lien de cause à effet, si vous voulez, c’est si difficile d’affirmer ça de manière avec une hausse de la crête. Difficile d’avoir des certitudes sur ce point là puisque selon lui, on est en train de travailler là dessus pour des trucs de grande ampleur, etc. Par contre, ce qui est sûr, c’est que. Donc les développements des réseaux sociaux dans plein de domaines de la vie, c’est assez récent. Vraiment, si j’insiste dessus, dans l’idéal, je pense qu’il est important de le rappeler, c’est que les réseaux sociaux et Facebook, c’est 2004, 2002, 2006. Tuteur c’est hyper jeune, c’est même pas une génération. C’est que ça a libéré toute une parole. Parfois bien, parfois mal éclairées. En tout cas, c'était effectivement très investi par plein de groupes, souvent, qui sont aux franges du spectre politique et que l’extrême droite a le droit de soutenir, surtout l’extrême droite, mais aussi à gauche. Rose France Insoumise sont très efficaces. Pour résumer, l’extrême droite a très bien pris en compte, mais surtout, c’est ça qui a commencé à se faire un réseau international en guerre entre plusieurs pays. Et il y a une espèce de jeu de pouvoir à plusieurs niveaux et on le voit d’une élection à l’autre, il commence à y avoir une espèce d’entraide entre les deux extrêmes droites des différents pays à différentes élections pour essayer de pousser ce courant là.
David Dufresne
Et puis indépendamment vous rappelez vous rappelez très bien d’ailleurs au tout début, un page 21 et suivante, je vais essayer de les démontrer. Vous allez pouvoir répondre justement comment les Macron Leaks En fait, au départ, si c’est beaucoup ou si par l’extrême droite américaine au point d’ailleurs de susciter un peu la confusion en se demandant si c’est bien vrai, comment ça se fait que c’est obscur ? Est ce que c’est ce que vous racontez.
David Chavalarias
Tout à fait.
David Dufresne
Et où vous avez mis en place des mêmes prêts à l’emploi avec des belles fautes de syntaxe d’ailleurs assez rigolotes que vous redonnez ici. Voilà, donc ça c’est les Macron x C’est entre les deux tours de 2017.
David Chavalarias
Avec qui on a, on a cette coopération avec les mêmes et de l’entraide. Et puis il y a aussi la partie intéressante, c’est qu’avec l’image et la vidéo, la barrière de la langue tombe car on peut essayer d’influencer des gens qui ne parlent pas notre langue juste par les images. La vidéo, ça c’est une chose. Et puis après aussi, les réseaux sociaux sont très. Comme il y a ce qu’il n’y a pas sur les réseaux sociaux, ce qui est nouveau sur les réseaux sociaux, est ce qu’il y a ce qui est vraiment, ce que l’on fait ? Tout le monde peut prendre la parole à l'écouter. Très bien. Mais c’est aussi le côté qu’il y a des prises de parole qui sont juste soit fantasmagoriques, soit même mal intentionnées, au sens où on diffuse de la désinformation qui n’est pas vérifiée. Et là, ce qu’on peut voir, c’est que malheureusement souvent l’extrême droite mais aussi on a vu avec la Russie les régimes autoritaires que la Russie, eux, utilisent à fond ce levier là pour déstabiliser les démocraties.
David Dufresne
Et vous parlez de l’affaire des Kremlin Papers dont j’avoue que je n’en avais jamais entendu parler. Soit j’ai oublié celui révélé en 2021 par le Guardian. A la limite, on peut en dire deux mots aussi.
David Chavalarias
Oui, tout à fait. Ce qu’il faut bien voir, c’est que les réseaux sociaux n’ayant pas de frontière, la désinformation sur les réseaux sociaux ou pour parler des différentes techniques a été vue comme une opportunité formidable pour des pays comme la Russie ou même comme l’Iran. La Turquie plutôt à tendance autoritaire, anti anti-démocratique pour déstabiliser les démocraties, faire que ces pays là voient les démocraties comme menace. On voit bien avec la guerre en Ukraine puisque c’est pour contrer. D’ailleurs Kadhafi qui sera son terminé éliminé par un vent de libération démocratique et démocratique. Tous, tous ces dictateurs ou ce dictateur voient ça vraiment à la fois comme une masse parce qu’elles peuvent déstabiliser leur propre pays, leur propre pouvoir. Et puis aussi, si jamais ils tombent à la fin, ils savent que derrière eux, ils peuvent potentiellement y passer quoi. Et donc les réseaux sociaux sont vraiment vus comme un moyen avec un très bon rapport qualité prix pour semer la zizanie dans le pays. Et puis du coup, les affaiblir en fait sont ses adversaires politiques. Et de ce point de vue là, et ça, c’est quelque chose que l’on peut documenter par lui même, par exemple créer la Ligue du Kremlin Leaks et Vladimir Poutine début 2016, qui a, d’après ses fuites et a priori à son authentique, a réuni tout son état major en disant bon voilà, depuis donc c'était en 2016 et depuis 2014. Et les sanctions contre la Russie parce qu’on a envie de la trouver et on est encore dans les suites de ça. Eh bien on va utiliser les élections américaines pour déstabiliser l’Occident et surtout les États-Unis et Israël de nous emmerder en cours ou en tout cas qui nous emmerdent à force. Et donc, ils ont eu le plan B depuis début 2016, d’agir sur l’espace informationnel américain pour favoriser en gros la division entre les deux pays, donc renforcer les l’hostilité entre les différentes communautés au sein des États unis et mettre au pouvoir. Essaie de le mettre vraiment exprès comme ça en disant on va mettre au pouvoir Trump parce qu’il a une personnalité narcissique mégalomaniaque favorable à nos opinions. Il a le pouvoir de le faire, donc il faut qu’il gagne. Et donc ça c’est les querelles d’Alix et tout ce qui est détaillé en fait comme plan, elle c’est savoir où a pirater etc. Et la réalité c’est effectivement ce qui s’est passé. Donc non seulement ces choses là ont été estimées comme très authentiques par des experts. En plus, c’est ce qui est dit, c’est effectivement ce qui s’est passé. Et donc c’est là qu’on peut revenir sur la question de savoir si ça amplifie l’extrême droite, les réseaux sociaux. Ce qu’il faut bien voir, c’est que les réseaux sociaux, c’est la force numérique à côté. Très bien, parce que ça permet de nouvelles choses et d’interactions. Mais aussi, ils peuvent être facilement instrumentalisés. Et ça c’est vraiment aussi le propos du livre, notamment dans le cas d’une économie de marché où en fait les plateformes, elles cherchent juste à optimiser du clic et donc en fait elles s’en foutent si l’utilisation, elles disent qu’elles font attention du fond du ménage, mais en fait, foncièrement, elles s’y intéressent. C’est juste économique. Et donc ces plateformes sont plus facilement instrumentalisées par des régimes comme Poutine qui vont aller faire de l’ingérence. Et ce qui est intéressant, c’est que la stratégie de la Russie pour déstabiliser le pays, ce n’est pas de dire on va favoriser que l’extrême droite ou que l’extrême gauche, c’est de dire ouais, on va semer la division. De manière générale, la, la, la métaphore qu’on utilise, c’est de dire si vous voulez casser un fil de fer, il ne faut pas le piller seulement d’un côté, faut faire comme ça, on plie dans tous les côtés jusqu'à ce que ça casse. Et donc c’est exactement ce qu’il essaye de faire avec les démocraties on va renforcer l’extrême gauche, ensuite à droite le centre, etc. Ont renforcé même les identités, par exemple les LGBT, les musulmans et les chrétiens, etc. De manière à ce que tout le monde se tape dessus et que ça crée la division. Et donc au final, ce que ça fait au sein du pays, c’est que le discours est politique. Le débat politique s’affaiblit considérablement vers des choses qui sont plus des invectives et des noms d’oiseaux. On voit vraiment en termes de discours plutôt que des trucs construits pour s’intéresser aux vrais enjeux entre guillemets. On a quand même de sacrés enjeux dans l’avenir. Et ça, c’est vraiment penser en termes de subversion par le parti et des groupes intérieurs au pays. Pour l’extrême droite qui cherche à prendre le pouvoir, parfois aussi, l’extrême gauche facteur peut aussi en profiter. Ça pour dire tiens, c’est une opportunité, j’ai un coup de pouce et je décide de monter comme ça. Mais c’est une solution pacifique d’une certaine manière, parce que vous pouvez rester pour votre parti sur ses propres idées plutôt que sur des questions de divisions, de pourriture, de débâcle.
David Dufresne
Alors Bingore nous dit : En tout cas, j’ai pris le livre, il me tarde de le recevoir, commandé le livre. Il y a déjà un client chez un client. Si, si, c’est bien ainsi. Est ce qu’il vous reste un peu de temps ? Alors là, à l’instant, justement, vous parliez d'évolution, vous expliquez que ce modo des anathèmes à la salle à monter, etc. Évidemment, c’est un peu aussi l’objet de l’invitation du jour. C’est à dire que qu’est ce qui s’est passé sur Internet, sur Twitter, régulièrement autour de l'élection présidentielle, à grands traits, qu’est ce que, qu’est ce que vous diriez, puisque l’avantage, c’est qu’aujourd’hui vous avez, vous avez du temps, vous avez une expérience temporelle longue qui vous permet de voir les variations justement dont on parlait tout à l’heure..
David Chavalarias
Alors ce que je vais vous dire, c’est que c’est un peu préliminaire parce que justement on vient juste de fermer la séquence et la recherche prend un peu de temps pour vraiment donner les choses avec un peu de certitude. Mais je peux vous dire ça avec les observations et l’intuition que j’ai pour l’instant, il produit déjà. Ce qu’on a vu, c’est que le paysage poétique entre 2016 et maintenant a radicalement changé. Ici, le centre de gravité s’est déplacé à l’extrême du spectre politique et principalement à l’extrême droite. C’est curieux le commentaire qui a qui a paru. Il y a eu aussi une communauté autour de Florian Philippot
David Dufresne
Dont vous parlez beaucoup.
David Chavalarias
Les Anti-vaccins.
David Dufresne
Dont vous parlez beaucoup ? Ce qui semble plus puissant, plus important que dans votre livre, que ce que j’en avais ressenti honnêtement.
David Chavalarias
C’est ça qui est intéressant, c’est que peut tout à fait, c’est ça qui est intéressant, c’est que quand on regarde cet espace politique dans ces espaces politiques, tantôt il y a des événements un peu exceptionnels qui sont la formation d’une nouvelle chambre d'écho dont le charme écho petit cœur, la couleur qui se forme tout le temps, les grosses, c’est assez rare. Et donc en cinq ans, je n’ai eu que deux qui s’en sont formés. La première, c'était au moment de la découverte du vaccin contre la couche 19 et c'était donc Florian Philippot qui a eu son des coups au début, toute petite, qui a beaucoup profité de cette opportunité pour faire campagne sur le thème je veux des les non vaccinés, ça va être la dictature sanitaire etc. Et il a acquis une audience considérable. Il a inspiré les Asselineau, les Dupont Aignan et il a créé une sorte d'écho très important. Je détaille le rôle mais selon moi et la deuxième chambre d'écho c’est autour de Zemmour reconquête. Donc ça c’est plutôt en septembre 2021 ou suite aux débats répétés en son sein. On l’a vu vraiment se faire comme ça. Il a réussi à s’extraire de la chambre d'Écho Le Pen dans laquelle. Il y a peu de gravité et à créer sa propre communauté en arrachant des militants côté Le Pen et des militants. Donc on a eu un paysage en 2022 où les chambres d'écho les plus actives étaient vraiment autour de Florian Philippot sur Tout est en jeu. Encore une fois, oui, bien sûr, Comme on dit tout à l’heure, c’est pas tout, mais c’est en tout cas sur Twitter, son écho. Les plus actifs, c'était autour de Florian Philippot, autour de reconquête. Marine Le Pen, bizarrement, et pas bizarrement parce qu’après en avoir parlé, c’est un peu du joli travail de faire applaudir en entrée. Et après en face, il y avait comme autre chambre d'écho puissant qu’avait François Asselineau qui soit aussi très actif et merveilleux. Et puis LR et parti socialiste, il était quasiment inexistant et d’ailleurs ils ont été quasiment inexistant dans les urnes alors qu’avant il BBD aussi mais son écho puissant en 2017. Ensuite, est ce qu’on a lu dans cette campagne là ? C’est que il y a eu des stratégies spécifiques à chaque chambre d'écho et donc par exemple reconquête sans la on l’a quantifié. Outre de reconquête, ils ont beaucoup utilisé de la structure, finie de la manipulation d’algorithmes de recommandation dans la stratosphère.
David Dufresne
Il faut quand même rappeler ce que c’est.
David Chavalarias
J’entends.
David Dufresne
ils sont bien historiens, Non. Si on sait aussi, on connaît les fractions, c’est beaucoup plus solide, là
David Chavalarias
. Alors la stratégie c’est quoi ? C’est donner l’illusion de l’adhésion d’une foule à une cause pour essayer de convaincre plus de monde. Est ce qu’il y a un autre grand entre guillemets, biais cognitif ? En fait, un réflexe naturel, c’est quand vous n'êtes pas trop sûr de quelque chose, vous regardez autour de vous ce que pensent les gens ou vers l’idée. Et si quand vous regardez autour de vous, tout le monde dit Ah, c’est très bien et c’est très mauvais. Vous allez avoir tendance à dire Ah oui, effectivement, quelques personnes aillent bien et vivent en moyenne ça, c’est-à dire pour les déterminismes et ça veut dire que sa famille influence. Donc la froideur consiste à faire croire que tout le monde est là et rejeter. Alors comment on fait croire ça ? Soit on crée une fausse foule virtuelle, donc on va créer des comptes artificiellement par vous et moi, on créé les profs, les femmes avec Zemmour, etc. Je trouve que c'était une seule personne qui avait créé tous ces comptes-là et qui est pilotée. Et on peut créer des robots, donc aussi des choses avec des robots « fokon ». Qui peut opérer ? Et puis au doyen Saussure, il y a un autre qui a dit vachement efficace Ligue Europa, une sorte d'écho donc. En fait, quand vous parlez sur les réseaux sociaux, en général, vous parlez votre chambre d'écho message qui fait le tour de votre chambre d'écho, y revient et puis y passe, pas ailleurs. Donc pour arriver à passer ailleurs, ce qu’il faut arriver à faire, c’est faire en sorte que par exemple, votre message soit recommandé par la plateforme. C’est à dire que si vous arrivez par mois et tendance Twitter, ou si vous faites en sorte que Facebook le recommande à des amis d’amis, etc. À ce moment-là, vous avez gagné parce que le comptage porte plus loin. Et donc ce qu’on a vu, c’est que la communauté autour d’Eric Zemmour avait industrialisé le fait d’essayer de manipuler l’algorithme de recommandation de Tweeter. C’est en se synchronisant qu’ils ont, en fait c’est d’une certaine manière, c’est la brute qui est mal foutue. Parce que ce qui s’est passé au final, c’est qu’avec en gros quelques centaines de personnes, donc moins de trois 3000 personnes, vous pouvez faire en sorte que, en vous synchronisant au bon moment, vous avec vos contenus sont recommandés à 15 000 personnes. Donc ça, c'était une stratégie qui était bien là. Après, une autre chose qu’on a pu observer, je ne vais pas tout faire pour pouvoir en discuter s’il y a beaucoup de questions. Mais juste pour mentionner un autre truc, c’est que ce dont on parlait tout à l’heure, la guerre des mails. La guerre des mails, c’est en gros, on utilise les mêmes pour attaquer.
David Dufresne
David Si je peux me permettre, parce qu’il y a des questions, par exemple sur Astro, sur Finnegan, Nat de Mouche qui vous demande d’où vient ce mot. Voulez vous le donner d’ailleurs pour le donner dans le bouquin ? Et une autre question que je rajoute, c’est Astrologie qui vous demande si vos méthodes d’analyse détectent les bots. J’y inclus les multi-comptes.
David Chavalarias
Alors donc, à ce moteur fixe d’Astroturf qui est une marque de gazon artificiel. C’est assez drôle, quelque chose qui pousse sur les terrains de foot pour faire croire que c’est du gazon. Et en fait il y a un jeu de mot en anglais. Parce que quand on dit que le mouvement. Et spontanée. On dit qu’il est populaire. On dit qu’il y croit, c’est-à-dire qu’en fait il est. Il est illégitime. Il se concentre donc dans la guerre comme l’herbe dans le terrain. Et donc on a utilisé la première Fing, qui était aussi l’arbre de gazon artificiel pour dire C’est tout sanglant. 600 qui semble s’ancrer dans le terrain, mais en fait, c’est complètement artificiel. D’où le nom astroport. Dans les plafonds, on appelle ça aussi comportement inauthentique, coordonné. C’est à dire qu’on va faire croire à un comportement et que plein de gens commencent à aimer ci ou ça, alors qu’en fait c’est le programme.Alors, est-ce que les méthodes permettent de détecter les robots ? Oui, d’une certaine manière. Il y a plusieurs méthodes qui essaient de détecter des robots. On utilise la temporalité du teaser qui suit, etc. Donc il y a plein de centres de recherche qui développent des choses, mais ce n’est pas notre spécialité. On a développé certaines choses qui permettent de voir qu’effectivement sur telle communauté, il y a un gros, énormément de coordination et notamment dans ce cas sur le côté émouvant. Ça peut ou on peut suspecter d’avoir des robots à des courses qui vont tourner des centaines de tweet par jour et qui vont rire. Systématiquement à discours de leur leader. Tout le temps, par tout temps et à toute heure. Ça, c’est forcément parce qu’on soupçonne que ce sont des robots. Donc effectivement, on peut détecter ça. On avait fait un test en 2017, voir sur les données de 2007 A l'époque, ce n'était pas clair. Dans l’article sur le robot, on avait trouvé que dans notre base, il y avait à peu près 5 % de conformité des robots et qui produisaient en moyenne 100 % des contenus. C’est moins que ce qui est en moyenne en foot. Mais ça, c’est à cause de notre processus de collecte en fait. Au théâtre, aux gens qui interagissent vraiment et donc qui ont l’air d’interagir vraiment et des rebonds. Plus de mal à faire, ça voulait dire un peu naturellement filtrer. Mais c’est ce c’est à peu près le pour répondre à cette question empêche que continuer à juste en train de dire ce qu’on avait observé une fois sur deux.
David Dufresne
Si, si, on peut, on ne sait pas. Parce que tout d’un coup, la connexion est devenue un tout petit peu moins bon à ce moment-là. Daily 5 % des robots font 100 % du contenu.
David Chavalarias
Là dedans, on avait 5 % des robots qui faisaient 5 % du contenu.
David Dufresne
Ah d’accord. Cinq.
David Chavalarias
Oui dans notre base, ce n’est pas tout à fait Facebook quatre, c’est un petit quatre filtrent déjà d’une certaine manière les compte un peu inauthentique parce que on s’intéresse pas aux gens qui ont pas de connexion avec notre genre. Mais. Mais en gros c'était l’ordre de grandeur donc. Mais encore une fois, comme nous, on s’intéresse à ce qui se passe au niveau du groupe, ce n’est pas grave d’avoir 5 % des on ne cherche pas à dire lequel a dit Dieu. Alors voilà, on est plutôt en train de regarder comment les groupes se déplacent.
David Dufresne
Je voulais rebondir On parlera peut être de la guerre des mêmes un peu après d’autres évolutions. Mais là vous avez prononcé le mot magique, si je puis dire, le nom magique Zemmour Eric. Bon, le résultat c’est quoi ? Dupont-Aignan ? Il a un parrainage lui ? Pas Dupont Aignan. Pipeau. J’arrive au même niveau, il peut ne même pas se présenter à l'élection. Et l’autre, finalement, il se ramasse avec 7 %. Est ce que vous allez étudier aussi ça ou pas ? C’est à dire la différence entre le bruit médiatique, ce qu’on appelait le bruit médiatique dans les années 80-90, c’est à dire le nombre d’occurrences dans les cours des matinales, dans les journaux, etc. Et là, le bruit médiatique, effectivement, sert Zemmour pendant six mois, c'était Il y avait toujours un mot avec Zemmour dans le dans le trading de Twitter et au bout du compte ça marche pas vers les C n’est pas transformé. Est ce que vous allez vous intéresser à ça ou ce n’est pas votre propos ?
David Chavalarias
Alors si ceci permet, je n’ai pas la même analyse que vous, alors je pense que ça, ça a très bien marché, au contraire. Déjà, il faut bien voir que Zemmour avec un parti qui a été créé six mois avant l'élection, il a fait trois fois plus que le PS et deux fois plus quasiment que le LR qui en sont les anciens partis ? Qui étaient les partis majoritaires ? Bien sûr, il s’est fait rembourser ses frais de campagne, ça veut dire qu’au frais du contribuable, toute la partie Zemmour est installée. Alors effectivement, en fait, tout le monde le placer à 20 %. Mais ça c'était du délire de suivre. Donc dans les élections, chacun essaie de dire moi je vais faire 20 % parce que comme il y a la question du vote utile, si tout le monde croit que vous êtes à 20 %, les gens de Le Pen vont ensuite Zemmour et vous faites tous le truc de partir en courant vers 20 %. En fait, il n’a jamais été aussi mauvais à un moment donné. Il y a un pic dans les sondages, mais il va rester à peu près là. Ceci dit, je pense que le il n’aurait jamais eu un tel impact si il n’avait pas réussi à combiner cette fois qui faisait sur les réseaux sociaux avec lui. C'était vraiment les mieux organisés. Là on pourrait lui dire bien joué et le soutien de chaînes comme c’est news ou presque à l’heure actuelle. Donc il y a une espèce de synergie entre les différents médias qui ont réussi à faire deux fois plus. Donc après les relais venus des médias, des grands médias qui se sont pris le doigt dans la prise en commençant à relayer ce genre de chose pour ne pas interpréter pourquoi ils ont fait ça. Mais en tout cas, si on regarde donc du côté de Zemmour, 7 %, c’est sûr que c’est plus décevant d’après ce qu’il disait. Mais bon, ils sont quand même remboursés en précampagne, ils sont quand même bien au-delà de LR et des ET. PS. Et puis durant un petit peu de jeu pour négocier avec le FN. Après si on regarde la structure. Donc après Florian Philippot, effectivement il n’a pas eu de parrainages pour Florian Philippot en termes de carrière politique. Il était vraiment sur la pente descendante, il a perdu. Donc c’est ça le fait qu’il ait eu une visibilité avec le critère peut lui faire épouser l’idée. Et au fait, moi je pense qu’il ne visait pas tellement le temps, le. Lui, il a bien aimé. Je pense avoir participé à la présidentielle, mais en fait, le rôle de cette communauté, structurellement, indépendamment des volontés de ses leaders, le rôle de la communauté Philippot, c'était de faire de l’antisystème. Et je pense qu’elle a été, elle a bénéficié de pour ne pas dire soutien. Mais bon, c’est très possible qu’il y ait eu aussi de la structure fine ou des comptes un peu. De sympathies russes, voir opérer directement par cette agence internet. Parce qu’on va vraiment trouver des contres très bizarres dans cette communauté là pour qui visait donc à faire une grosse communauté antisystème dont le rôle en fait, c'était juste de créer de l’anti Macron. Donc ils l’ont fait à partir de la polémique anti vaccinale. Quand on regarde les sujets sur lesquels ils interviennent, surtout à savoir une polémique sur le fait de l’anti Macron et pourquoi c’est intéressant de faire ça, parce que le fait qu’il y ait le deuxième tour Macron contre à l’extrême droite arrivé de manière quasi certaine, ça aurait pu être Mélenchon, mais en fait c’est de la grosse polarité, c’est l’extrême droite. Donc il y a une extrême droite plutôt pro au Kremlin, plutôt anti démocratique pour certains. Et donc le plus le plus intéressant, c'était d’arriver à ce qu’il y ait une communauté qui, entre les deux tours, appelle à voter contre Macron. Et que cette communauté ne soit au départ pas trop politisée pour faire un appel à l’appel en fait de voix qui ne soit pas purement extrême droite. Et donc non, la manière dont je vois l’organisation des forces à l’extrême droite. Si vous avez Marine Le Pen qui s’est mis un peu en retrait de son programme dur, qui a à jouer avec les chats, etc. Et qu’effectivement sur tweeter aussi sa communauté a perdu à écouter les amours qui a joué la ligne dure et qui a un peu dédiabolisé le FN et qui a quand même réussi à faire rembourser ses frais de campagne. Donc ça ce n’est pas une réussite avec cette ligne là. Et malgré le fait que le FN, lui, est absent. Et puis vous avez cette communauté, Florian Philippot qui est quand même assez ancien numéro deux du RN, mais qui a pendant deux ans fait campagne politique, pas du tout sur le thème d’extrême droite, mais plutôt sur des thèmes résistants dictature militaire, etc. Et qui en fait, le moment voulu, a orienté tout, toutes ces toutes ces suiveurs en disant là il faut faire barrage à Macron, donc il faut faire barrage à Macron de son côté pour voter Le Pen. Et donc vous, vous avez une organisation qui est un peu particulière et qui je pense a assez bien fonctionné parce qu’au final, le FN à 40 % et qui peut continuer à fonctionner, je pense assez bien. Un futur c’est une spéciale comme ça.
David Dufresne
Et quelle autre évolution notable vous avez remarqué sur 2022 sur l'élection de 2022 ?
David Chavalarias
Alors on a alors.
David Dufresne
Ou confirmation importante ?
David Chavalarias
Donc à partir de cette tripartite là, on a vu ça, c’est un article, on a proposé les vues préliminaires et puis on est en train de faire l'étude de la finale sur la question de la suppression de l’Etat dont on parlait tout à l’heure. C’est-à-dire que la suppression des électeurs, c’est quoi ? C’est arriver à persuader le camp adverse qui ne va pas voter pour votre candidat de s’abstenir. Pourquoi voter contre votre opposant ? Et donc là, on a vraiment vu à l'œuvre, si vous voulez, la réutilisation de toutes les images, notamment de cliquer sur des choses qu’on sait très bien mais qui étaient et instrumentalisées pour aider au pillage du bac et qui ont été diffusées au bon moment pour dire notamment aux gens de gauche en souvenir de la tension est là pour faire barrage à Le Pen. Ne faut pas voter pour faire barrage à Macron. Donc soit vous êtes Le Pen, soit vous vous abstenez et il y a eu ça et en fait tout tous les segments en fait de réaction épidermique à Macron a été activé, donc il y avait les gilets jaunes, il y avait le vaccin, etc. Donc la question ce n’est pas de savoir si c’est bien ou mal, c’est chacun ses opinions, mais c’est que c’est que si vous voulez, ça a été réactivé de manière en fait à court circuiter une certaine réflexion de fond, parce que le. Et ça, c’est un truc aussi dont je parle dans le livre. Pour moi, le gros problème actuellement, c’est le vote, le mode de scrutin et le fait que, en fait, les élections, c’est surtout on élit le moins pire pour quand vous, élus, vous devez choisir le moins pire. La manipulation électorale vous a manipulé à la perception de ce qui est pire alors que dans la pas alors que de ça à une élection normale. Normalement, on devrait essayer de manipuler ou de convaincre la perception de qui perçoit et de dire voilà, ça c’est le meilleur. Le fait est que la réponse structurelle actuelle doit persuader les gens qu’un tel est pire qu’avant. Et donc toutes ces choses là, le vaccin, les gilets jaunes, etc. Ça a été les trésors de guerre accumulés par l’extrême droite pour dire que le moment venu en fait Macron, il est pire que Le Pen. Et quoi encore ? Et quand on envoie des images de gilets jaunes et éborgner arraché qui sont horribles alors qu’on fait circuler ça juste avant, avant l'élection en disant regardez, on ne faut pas voter pour Macron. Ça, pour moi, c’est une forme de manipulation au sens où même si c’est vrai et que c’est répréhensible et que effectivement, s’il y avait eu Macron contre un autre référendum, l’ensemble des douze initialement, on pourrait se dire bah non, je ne vais pas voter contre pour Macron parce qu’il y a eu ça. Quand vous êtes plus que deux candidats, utilisez ce genre d’images. En fait c’est court circuiter le discours de savoir en fait, c’est quelle est la comparaison effective entre ces deux et alors ?.
David Dufresne
Et est ce que ce n’est pas là la limite de tweeter ? Et c’est la manière, c’est ce que le Lozère vous demande. Est ce que d’après Monsieur le salariat un Que pense t il de Twitter en général ? Est ce que c’est quand même utile pour le débat public ou alors dangereux la nation bon exemple, la simplification à l’extrême de l’enjeu en disant mais regardez voter Macron pour faire barrage à Le Pen, en fait, c’est votre débordement. Et donc là, évidemment, ça coupe toute discussion intellectuelle, échange de convictions, etc. Et donc qu’est ce qu’on fait ? Et j’avoue, si c’est la fin de votre bouquin, vous avez tout un tas de recommandations. Il n’y a pas de recommandation de supprimer Tweeter, mais il y en a notamment une qui est la mosquée. Ben je ne sais pas s’il vous a contacté avant de dépenser son pognon, là. Et vous, vous parlez de surveiller les algorithmes ou de les ou de les rendre transparents, ce qui est un peu sa recette, sa promesse électorale. Mais quand on passe ses journées comme vous à regarder les flux et reflux de tweeter et la construction des opinions. Est ce qu’il en ressort au fond ?
David Chavalarias
Il en ressort que objectivement, si je suis pour le port des ponts, le débat politique est tel qu’il est maintenant en faire avec l’utilisation de cette technique, la politique décrit la surprise, etc. C’est à celui-ci le fusible. Oui, cher petit, si vous avez suivi les gens qui sont à peu près entre guillemets normaux au sens où ils sont sur tweeter pour exprimer leur opinion, et puis il y en a qui sont un peu plus loti, d’autres un peu compatibles Oui, vous avez toujours une partie du kit qui diffuse des contenus un peu trash, mais c’est comme ça et c’est ça, ce n’est pas, ce n’est pas un peu de démocratie ? Si c’est drôle. Mais à partir du moment où il y a une espèce d’ingénierie de comment diviser au maximum les contenus, que ça, ça se couple avec le fait que les contenus trash sont diffusés plus loin, etc. Avec le fait que j’arrive à manipuler les cellules de recommandation, là effectivement, on arrive dans un moment où. Il y a tellement d’hostilité que ceux qui cherchent vraiment le débat démocratique se retirent.
David Dufresne
Et ça, vous le voyez ça ? Est ce que vous voyez des comptes disparaître ou des communautés ?
David Chavalarias
Oui, on voit, on voit des comptes disparaître, mais ça, je ne vais pas quantifier très précisément. Par conséquent, tout ce que ce qu’on peut ressentir parfois, on peut y entendre, en fait, comme j’en dis. Bon, là c’est peut être aussi je me retire, mais même Samuel Laurent qui des Décodeurs a écrit J’ai vu naître le monstre et expliquer qu’il fallait tuer Euro. On voit bien quelle espèce de dérive de ce média-là, alors que pour moi je pense que le principe de twitter, pas forcément le point de rassemblement, c’est vraiment très intéressant. Et donc tel qu’il est utilisé et tel qu’il est, il est valorisé commercialement. Effectivement, je pense que ça pose des problèmes. Après, comme vous dites, il y a pas mal de demandes de recommandations qu’on peut appliquer faire supprimer Twitter, on pourrait supprimer toutes heures, mais à mon avis, l’idée d’avoir du microblogging est intéressante. Il y a des micros blog à encore Mastodon qui sont libres et qui je pense mériteraient d'être beaucoup plus développés aux dépends Twitter, Instagram. Ce serait mieux d’avoir un truc comme ça. Mais même après sur pense en termes de Twitter, y a pas mal de choses que l’on peut mettre en œuvre et qui permettrait d’avoir des échanges plus constructifs en tirant profit du fait que quelqu’un peut parler tout le monde, mais en faisant attention à aux le type de choses qu’on relaye, etc. Et là c’est plutôt après il y a il y a des mesures collectives sur le niveau des algorithmes de transparence, etc. Et puis aussi un certain nombre de mesures individuelles. Je pense qu’on peut mettre en œuvre beaucoup de choses qu’on peut appliquer à soi même. J’ai la plus basique, c’est vérifier ses sources, mais même regarder qui je suis etc. Qui permettrait d’avoir d’aller plus vers le côté débat. Au mois d’avril. Des conflits. Blague et ironie. Mais c’est vrai qu’actuellement, tel qu’il est utilisé, notamment quand. Électorale. A ce que l’on voit, c’est quand on a une tendance à des interactions de plus en plus négatives. Seule l’hostilité entre les militants politiques beaucoup plus sur la couleur, l’invective, l’altercation.
David Dufresne
Et ça, c’est plus vrai en 2022 qu’en 2017 par exemple.
David Chavalarias
Oui. Alors si on applique cette mesure là de docilité entre communautés politiques, effectivement. Donc ça joue sur un peu tout ce qu’on pourrait trouver, la posture qui fait ça pour mesurer cette cité avec une métrique qui est à peu près à peu près correcte. Et on voit que, par exemple. En fait, ce qu’il faut bien voir, c’est que quand vous faites une campagne politique, on distingue la campagne positive et la campagne négative positive, c’est je mets en avant mes idées, mon programme, etc. Négatif si je dénigre mon adversaire. En fait, la structure actuelle du mode de scrutin fait que c’est plus avantageux de faire du niveau l’adversaire. On pourrait revenir si vous voulez, mais en tout cas il est peu quantifié de savoir si sur l’ensemble des militants d’un parti, ils ont passé plus de temps à dénigrer l’adversaire ou essayer de pousser leurs idées. Et ce qu’il faut voir, c’est que donc plus on se rapproche d’une échéance, plus la campagne tend à être négative. Plus il y a d’hostilité parce qu’on se comprend bien. Mais par contre le niveau d’hostilité, lui, est différent. Et donc en 2017, par exemple, en septembre, on était à peu près à cinq, 10 % d’hostilité, et puis après on est monté progressivement jusqu'à 34 % au premier tour en 2021 ans. Dès septembre, en fait, on était déjà à 20 30 % de cité et tout le temps donc on a vraiment mesuré.
David Dufresne
Ah oui, alors donc, donc, la fusion. Donc ce n’est pas une vue de l’esprit pour ma part, et j’imagine pour beaucoup de ceux qui nous écoutent que de ressentir en ce moment un phénomène de saturation. Je veux dire, c’est irrespirable, irrespirable.
David Chavalarias
Heu non, non, c’est ça, c’est sûr, je sais, c’est quantifié, on le voit vraiment en termes de d’invectives entre communautés politiques.
David Dufresne
Et ça, par exemple, les plateformes ne s’inquiètent pas de ça.
David Chavalarias
Bah en fait je ne sais pas parce que je ne suis pas dans leur tête donc.
David Dufresne
Mais Facebook a résolu ça en achetant Instagram il y a très longtemps. Bon, le côté cool s’installe et puis voilà. Mais il n’y a pas un risque de voir, notamment on va dire, dans une partie qualitative pour parler comme les marketeux du public, c’est partir et laisser finalement dans un champ de bataille qui deviendra un champ de ruines. ?
David Chavalarias
Oui, je pense que c’est un vrai risque à mon avis, les plateformes le prennent en compte. Après faut garder les métriques que j’utilise. Dire que par exemple pour Facebook, ils ont changé leur algorithme en 2018 en favorisant ce qu’ils appellent l’engagement, les likes, les commentaires, résultats. Et ils s’en sont rendu compte Ça, c’est une fuite de François Hollande, lanceuse d’alerte, qui a travaillé chez Facebook. Ils se sont rendu compte que d’un côté, sans compter l’hostilité, de l’autre la négativité de sa plateforme, de l’autre côté, ça a augmenté le revenu. Donc ils ont validé le truc. Ce n’est pas forcément anti économique d’avoir une plateforme où tout le monde se tape dessus. Donc tant que ça reste dans l’acceptabilité économique, c’est aussi l’intérêt. C’est assez orthogonal malgré les bonnes paroles en disant au vu de l’humanité. En fait, ce sera autre chose à faire.
David Dufresne
Bien sûr, mais sur la valeur anarchiste qui nous rejoint. Je ne sais pas si le sujet a été abordé, ne l’a pas été, mais que pensez vous des spaces dans Tweeter ? Donc c’est le lieu des challenges vocaux.
David Chavalarias
Et alors les spaces ?
David Dufresne
Alors on remplit l’espace pour vous faire tomber dedans, ça vous file entre les pattes là ?
David Chavalarias
Alors je ne sais pas, parce que je ne sais pas dans quelle mesure ces pays je pense qu’ils peuvent être récupérables. Je n’ai pas encore étudié. C’est l’ensemble, l’intégralité des espaces, des échanges et retranscrites et ce n’est pas impossible que ça soit récupérable. Je n’ai pas encore regardé ça et en termes de modes d’interaction entre nous, ça m’intéresse. On peut être assez proche au fait au final du tweet sur ce qu’il y a par la vidéo ? Oui, c’est sorti. Donc toutes ces nouvelles formes d’interaction, je pense, sont intéressantes d’un point de vue du débat. Il peut y avoir même le fait que d’une forme de médiation et de coup d'échanges peut être un peu plus long, c’est plus intéressant. Peut être que juste des échanges comme ça, parce que ouais, sur Tweeter, c’est qu’il y a beaucoup de turn over. Vous dites, vous dites à nouveau aucun, puis la fois d’après c’est quelqu’un d’autre, etc. Donc n’y a pas, il y a pas vraiment. Et parfois y a des discussions. Mais même si vous regardez les commentaires en gros en bas d’un tweet, ça part du coca. Là il y a des gens qui. Ainsi, alors qu’une fois dans l’espace, comme il y a une modération humaine dans un tweet, ça peut aider je pense, pense le débat. Mais. Mais bon, je n’ai pas assez de recul sur eux pour pouvoir comme on pourrait l'étudier. Et qu’est ce que ça pourrait apporter ?
David Dufresne
Est ce que vous demande Nath, ajoutant Est ce que vous avez pu établir un traitement pour soigner l’addiction à Twitter appelée aussi la tweetant ou est ce que cette problématique vous semble tout à fait indépendante de votre objet d'étude ? Le fonctionnement de la plate-forme ?
David Chavalarias
Alors moi je n’ai pas de danger, moi ça m’intéresse de savoir pour éviter les présentateurs. De manière générale, éviter d'être addict aux réseaux sociaux, c’est comprendre vraiment comment est ce qu’il vous rend addict. Alors parler de quelque chose de très puissant, c’est une notification. Vous avez un bip sur le téléphone, il y a une petite icône, un, deux, trois, le nombre de messages. Donc en fait, ça, ça joue sur votre curiosité naturelle, un peu du cerveau de savoir qu’est ce qu’il y a derrière. Donc la première chose à faire, et ça c’est aussi un des conseils du bouquin, c’est quelque soit votre plateforme en ligne de communication, parce que de toute façon, y' a rien qui ne puisse attendre un quart d’heure dans une journée. Alors je veux dire, on s’en fout.
David Dufresne
Sauf si vous êtes dans une tourmente.C’est ça ?
David Chavalarias
Après, vous pouvez activer ou pas, à ce moment-là, j’ai besoin d'être absolument en ligne. En fait, le jeu des plateformes, c’est d’essayer de vous garder vous, en ligne connecté. Et ça, c’est la révolution en général, l’heure de toutes et de tous les trucs numériques. Si on ne s’en rendait pas compte, on a l’impression que ce n’est pas si grave finalement. Mais en fait, moi j’ai pas eu de téléphone portable, un peu téléphone portable avant 40 ans et moi j'étais toujours scandalisé des gens dont tu parles. Et puis tout à coup, et hop, on appelle et y répond. Et puis après c’est vrai qu’on parlait à quelqu’un d’autre, mais en fait avec les notifications c’est encore pire parce que vous êtes à table ou vous êtes avec un ami. Ping : Vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder qui vous a écrit. Et ça, c’est ça. C’est pas quelque chose qui est de votre contre vous ou ça, ce n’est pas de votre faute, C’est presque un réflexe. Donc par rapport à Twitter, à tous ces trucs là, pour le coup, là, un des points de vigilance notamment, c’est les notifications. L’autre chose que je mentionne aussi, c’est le nombre d’abonnés abonnement et d’abonnés. Oui, là, c’est que. Donc, ça, c’est quelque chose de très important à comprendre, c’est que, quand vous êtes dans un réseau social, donc, comment dire tout à l’heure, le réseau va apprendre de votre connexion pour vous recommander des contenus dans votre environnement social et un petit peu au-delà. Et en fait, plus votre environnement social est grand, plus les connexions peuvent être celles d’amis, etc. Plus l’algorithme ou la plateforme va pouvoir que. Ce qui l’arrange dans ces connexions là. Et donc en fait, d’une certaine manière, quand dis je, pas à ses supérieurs j’ai 500, 100 000 amis.. On a l’impression de gagner en popularité, mais en fait on perd en contrôle, on perd en autonomie l’information. Est ce que ça veut dire qu’on sélectionne moins ce qui va nous alimenter ? Et ça, ça peut aussi mener à l’addiction parce qu’on va être bombardé de plein de trucs. Et puis peut-être pour donner un troisième truc, choses à dire, mais c’est aussi comprendre. Et le côté ça c’est top. La forme de loi doit inventer, il y a quelques graines, c’est le scroll infini avec dit qu’en fait il y a toujours du contenu. Et alors ça, pour le cerveau, c’est terrible parce qu’en fait c’est impossible de s’arrêter. C’est vrai que c’est un peu comme les cacahuètes vous aurez encore une vie, Arrêtez vous le goût de sel dans la bouche d’Isa le faut pour calmer le goût de sel entre un et la voiture dit Mais qu’est ce continue ? Il n’y a pas un truc qui permet.
David Dufresne
Y a ça, c’est auto scrolling. Et puis le fait que si vous remontez, il y a encore des nouveautés.
David Chavalarias
Donc si l’idée est là et là, pour le coup, la future c’est presque et presque d’un coup. Donc c’est un des rares fils où il y a des choses à la fois, des choses au dessus des choses, en dessous de là.
David Dufresne
Oui, c’est ça, Bravo ! Ben ouais, bien sûr, mais ce n’est pas sûr. Sommes-nous en mesure de contrôler les algorithmes ? Vous demande Agatha. Ou est-ce déjà trop tard ? Alors vous racontez, vous racontez dans le bouquin que les ingénieurs de Facebook ont déjà des problèmes quand ils changent un algorithme, une ligne quelque part, ça fait des influences sur des idées, sur des groupes, ça peut avoir des influences sur des millions, par des milliards de personnes. Donc c'était extrêmement sensible. Com comme affaire. Mais est ce que ce n’est pas trop tard ? Est ce que. Est ce que. Est ce que les réseaux sociaux eux mêmes n’ont pas trop d’abonnés comme nous mêmes ? Nous en aurions trop pour pouvoir s'évader ?
David Chavalarias
Ouais, exactement. Alors en fait, il est simiesque, le problème, c’est que c’est le déploiement à telle échelle d’un même traitement informatique qui va s’appliquer à des centaines de milliers, voire des milliards de personnes. Et ça, ça ne dépend que de nous. C’est-à-dire que si demain on décide tous de passer sur Mastodon, qui a couvert Facebook n’aura plus de rangs, plus d’utilisateurs. Comme disait Coluche, si on arrête d’acheter, ça se vend plus quoi. Donc ce n’est pas trop tard. Mais y a vraiment besoin d’une prise de conscience là. On a un peu existé dans ce monde numérique de plus en plus connecté à tout le monde, c’est génial, etc. Mais on a, je ne pense pas assez réfléchi à ce que ça a l’impact que ça sur nous, sur la manière de créer des relations et même sur la relation générale. Faut voir qu’en moyenne, les gens passent 1h sur Facebook à faire du Facebook. Certainement qu’il y a plein d’autres trucs super, on apprend plein de choses etc. Mais imaginez que vous preniez chaque jour 1 h pour aller voir un bon copain au café. C’est ça ? C’est aussi autre chose. Donc vous pouvez dire je. J’ai passé un jour sur deux 1 h à aller au café après si vous préférez bien. Mais. Mais ce que je veux dire, c’est que tout dépend notre usage et c’est un peu comme plein de choses à part le réchauffement climatique. Oui, ce n’est pas trop tard. Si demain on décide de réduire de moitié la consommation d'énergie, tout sur la planète, c’est résolu. Mais sauf que si on a le droit de poser la question,. Et ça, c’est les choses que les réseaux ont très bien compris. C’est ce qu’on appelle les externalités positives ou l’interdépendance sociale, c’est qu’on doit être sur plus terre parce que les autres sont tuteurs. Les poissons sur tweeter ou sur Facebook, c’est l’accueil, l’activité et en fait cette activité est juste générée par leur présence. Si on arrive à se coordonner ou à faire des et des isolats de gens sur d’autres plateformes, c’est ça la manière de se sortir de ces choses là. Utiliser des outils du ciel fera t il des plateformes alternatives ? Diversifier ses sources ? Elles ont moins de pouvoir.
David Dufresne
Donc à la fin de l’ouvrage, il y a tout un tas de recommandations, de pistes pour essayer soit de se désintoxiquer parce que c’est quand le titre même du bouquin Toxic Data, soit d’essayer de contrôler un peu tout ça. On vous demande dans le dans le tchat mais au fond quelle est la ? Je vais essayer de retrouver la question exacte que changerait la publication des algorithmes sur leur influence sur le débat public ? Qu’est ce que ça changerait si on savait exactement comment ça fonctionne ?
David Chavalarias
Alors si on savait exactement, ça ne serait pas suffisant de savoir, mais déjà de savoir, on pourrait comprendre qu’est ce qui est mis en avant par les algorithmes et là où ça peut partir en vrille. C’est pour ça que ce que je défends en fait dans le livre, c’est qu’il faut qu’on développe une recherche et c’est ce qu’on fait dans plusieurs laboratoires sur quelle est l’influence de telle ou telle métrique. Il n’y a pas de rigorisme sur le fait collectif, mais de réseau des gens. Parce qu’en fait il y a une notion qui n’est pas encore parlée mais que j’aborde encore dans le livre, c’est l’idée de capitalisme d’influence. C’est à dire que le problème de ces groupes formés, il y a d’un côté, il y a capitalisme de surveillance, on appelle ça, Donc ça c’est le sous, Alors, bof, qu’il y a un social du bas. Donc c’est l’idée que voilà, plus de vie privée, toutes nos données sont, sont à l’air libre, etc et que c’est utilisé pour vendre des choses. Donc ça c’est un problème, c’est un vrai problème et. Mais ça n’explique pas pourquoi les gens se tapent dessus. Ce qui a changé là ces dernières années, c’est que même la mise en relation des gens, savoir qui va établir avec qui, qui va interagir fréquemment, avec qui d’autre. Ça, c’est régulé par ces nouveaux algorithmes là, et c’est ça qui pose vraiment problème. Et donc. À ouvrir, la rendre plus transparente, les algorithmes permettent de mieux comprendre en fait, quelles sont ces mises en relation. Est ce que ça a pour effet de déchirer le tissu social ou de faire des gros clusters, Et ça permettrait surtout à la recherche et à d’autres organismes peut être indépendants de faire les préconisations, de dire Attention, là, si vous, par exemple, vous donnez un poids trop grand à la popularité du compte qui émet un message dans la diffusion de ce message, à ce moment là, qu’est ce que vous allez créer ? Recréez une espèce de réseau où vous avez des superstars et plein de no body à côté. Et donc en fait, vous créez une espèce de hiérarchie où il y avoir du débat, une espèce d'énorme influenceurs et tout ça, quoi. Et en fait ça, la structure par exemple des influenceurs et de leurs followers, savoir si il y en a en gros, c’est à dire peu, l'écart entre les plus riches et les plus pauvres, On dira ça, ça, ça se régule directement au niveau de la bride. Euh, je dirais, indépendamment de la qualité des gens, dans leur capacité personnelle, en cercle. Si vous changez la manière dont se font les algorithmes, vous aurez toujours des gens qui ont plus de choses à dire, plus intéressantes qu’en plus de montrer aux autres. B En ce moment, vous avez des écarts phénoménaux. Par exemple, il y a une étude qui a montré qu’il y avait douze sages pour les douze salopards. Il y a eu douze cours aux Etats Unis qui ont publié je ne sais plus le chiffre exact, mais c’est 50 ou 80 % de la désinformation vaccin que douze qu’on puisse produire et 54 % des informations sur un sujet. C’est juste dingue. Et ça c’est fait par rapport à transfo du réseau. Donc si on savait en fait comment les algorithmes marchent, on peut aussi dire attention, là il y a danger, là, qu’est ce que vous mettez en place ? Ça va, ça ne peut que partir en vrille, même si effectivement pour, économiquement, c’est mieux pour vous. Là, il faut changer de formule. Et le gros problème, c’est la question de la régulation des algorithmes de pouvoir dire là vous faites un truc qui n’est pas bon pour la démocratie ou les échanges entre les hommes, il faut changer ça, mais tant que ce n’est pas ouvert, on ne peut rien dire.
David Dufresne
J’ai une dernière question parce que sinon ça ce serait ce serait sans fin parce que j’ai dit il y a des gens dans le tchat, on dirait presque des bots. Ils proposent dix fois la question et je dis ça en toute avec beaucoup de tendresse à jamais, notamment. Que pense votre invité de la nouvelle loi européenne ? Le Digital Service Act va t elle changer cette opacité ?
David Chavalarias
Alors ça alors, je n’ai pas eu dans le détail en fait, c’est sorti après longtemps et c’est le. Voilà, ce sont des gros pavés et je vois à peu près ce que ça va dans le bon sens au sens où par exemple, ils ont demandé, ils ont dit que dès qu’une plateforme qui a plus de 36 millions d’utilisateurs, à ce moment là, ce qui se dit sur cette plateforme doit être considéré comme contenu public. Et les mêmes règles que ce qui se passe dans l’espace public doivent s’appliquer. Donc c’est bien sûr, là, de dire à partir d’une plateforme du moment qu’une plateforme est trop grande et elle comporte un risque systémique et donc une régulation particulière qui doit s’appliquer, ça sera dans le bon sens. Est ce qu’il est allé assez loin ? Bah je ne sais pas, faudra voir aussi, ça va assez loin. En tout cas, ce qui est intéressant, c’est qu’on va dans le sens de la régulation des plateformes. Et en fait, si on y réfléchit, toutes les grandes technologies, ça s’est fait un peu comme ça. C’est-à-dire que, au début, le tabac, il n’y avait pas grand monde, c'était un peu il n’y avait pas de régulation, ni de publicité, etc. Pour obliger les gens à avoir des choses sur les paquets ou dans les publicités pour l’alcool. Il y a eu aussi des déréglementations qui sont apparues sur des produits chimiques. Donc à chaque fois que vous avez une nouvelle technologie, au bout d’un moment, on s’aperçoit qu’il y a des risques systémiques au niveau collectif et on commence à récolter. Pour le moment, au niveau des plateformes, il y avait aucune régulation, Ça c'était vraiment un gros problème. Et donc là on commence à aller dans le bon sens. A mon avis, c’est qu’au début on va apprendre à savoir comment vous voulez vous débarrasser. Il ne s’agit pas de faire des trucs, soit on prend le contrôle étatique des trucs, même si on peut tout de suite appliquer à côté des plateformes publiques, mais en tout cas, il faut arriver à avoir une régulation plus fine existante en fait, et ça, c’est le ça va dans le bon sens.
David Dufresne
Et tabler sur la lassitude des uns et des autres qui ferait qu’on passerait à un autre réseau. Autre chose ? Non, ça, ça ne vous paraît pas ça ?
David Chavalarias
Alors ? Bah ça c’est pompeux, mais encore une fois, comme ces choses sont dures, c’est tellement. L’effet collectif est tellement fort. Et le fait qu’on appelle donc les dépendances au schéma, à partir du moment où vous êtes tous sur une plateforme, c’est très dur d’en sortir, sauf à sortir avec le robot. Parce que dès que vous sortez de tweeter, si vous êtes tout seul à sortir tous les gens que vous connaissez, ils continuent à interagir et vous êtes juste coupés. Donc en fait on est vraiment dans des effets systémiques et parfois vous avez c’est plutôt des. La nouvelle génération de nouvelle génération qui va aller sur un nouveau type de réseaux avec plus d’images, etc. Ça, ça peut marcher, mais c’est assez long en fait au final. A partir de quand avez-vous une génération entière qui est sur un réseau en général avant qu’elle reparte ? Ça, c’est très difficile, C’est très difficile. Ultime, si tu veux.
David Dufresne
Non, non, Il y a aussi la lassitude.
David Chavalarias
Oui, la lassitude, oui. Mais je ne terminerai pas sur ça comme principal levier.
David Dufresne
Ultime question est ce que votre travail. Donc je rappelle que vous avez publié le livre Toxic Data qui est sorti il y a quelques semaines, que de temps en temps vous publiez dans Libé ou moi aussi je crois aussi des tribunes, des assurances sur vos recherches. Est ce que vous savez, est ce que vous avez été approché ? Je vous demande par les parties, si c’est le cas, par des partis politiques pour essayer de comprendre votre travail et en tirer bénéfice pour eux ? Ou est ce qu’ils ont leur propre, leur propre usine à gaz, leur propre labo ? Et est ce que vous savez si, tout ça est vraiment industrialisé ou il y a toute la partie de votre bouquin sur le capitalisme, de tout ça, de montre, là, je parle d’un point de vue vraiment politique. Ou est ce que pour l’instant ça reste intuitif ? Ces quelques personnes dans certains partis disent bon là il faut mettre le paquet sur Tweeter, on y va, Mais où est ce qu’ils se donnent vraiment des moyens colossaux ?
David Chavalarias
Alors c’est nous, on ne travaille pas, on travaille pas du tout pour aider les partis, c’est pas du tout notre soi ni la pollution de notre origine. Envie, mais c’est rassurant pour une recherche indépendante. Par contre. Il y a plein de boîtes qui font à peu près le même truc que nous. Puis j’aimerais dire moins bien et différemment on va dire. Il y en a qui font une chose et qui ont accès à plus de données. Aussi connu et accepté vu à la fois du Facebook du plus jeune qui soit différent et qui vendent très cher aux partis politiques. Je veux dire, oui, les partis politiques utilisent ce genre de technologie en Europe. Sans remonter aux Etats-Unis, ses dizaines de millions de dollars sont investis là-dedans. Et donc là, il y a aussi un effet de base : ceux qui ont les moyens sur les moyens d’observer et sur les moyens de savoir qu’est ce qui est, ce qui est et dont on.
David Dufresne
A la vague, il y a plus d’images tout à coup. Dès qu’on parle million, on poste. Il y a un problème de santé publique.
David Chavalarias
Ce que je disais, je disais que oui, c'était des projets sont de plus en plus utilisés. Le problème aussi, c’est qu’ils sont chers à priori, alors que c’est de l’argent public pour montrer comment ça marche. Nous, on n’a pas non plus les moyens d’aider les gros trucs. Et donc lorsqu’on fait c’est peut être 1/10 ou en terme de donné etc de ce que peuvent faire les gros trucs. Et donc c’est vrai, les partis qui ont plus de moyens, qui peuvent utiliser ce genre de technologie, donc ça aussi ça pose question.
David Dufresne
Absolument, Mon cher David, il est temps quand même de vous libérer après 2 h de garde à vue au poste C'était un bonheur. Il y avait encore plein de questions, mais on vous réinvite dans les mois qui viennent. Et puis à la limite, à la lumière de publication que vous allez peut être faire sur ce qui s’est passé en 2022 autour de Twitter. C'était vraiment un plaisir de vous recevoir. Est ce que vous voulez rajouter quelques petites choses ?
David Chavalarias
Alors tout d’abord, merci beaucoup pour les questions, C’est très chouette d'échanger. Effectivement, on continue à publier régulièrement sur le site du British Scope encore en fonction des recherches qu’on peut. Et puis après on cherche des comptes et ça tombe après dans des publications scientifiques où là c’est plus consolidé, on essaye au plus de le partager.
David Dufresne
Alors je vous dis merci beaucoup ! C'était génial.
David Chavalarias
Merci.
David Dufresne
Merci à vous, dit Durdenov Merci pour les explications. Laetitia Merci les David.

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