Corinne Masiero convoquée Au Poste
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On n’a pas encore les moyens du cinématographe et donc comment te dire ? Il faut tenir, il faut tenir ses micros soi-même.Bonsoir, bonsoir. Tout le monde est là.Alors c’est quoi les Cams ? Une, Deux Cams ?Alors ici, le plan serré, ici c’est le plan Star.Ça, c’est le plan. Plus large ?Ah bah non, je me goure, ce n’est pas le bon truc, ça ne marche pas.Que se passe-t-il ? Bon sang !Alors là, ça ne marche pas.Bon, je ferais ça en cours de route tout à l’heure, on aura un plan serré tout le temps.Merci beaucoup, Madame vous savez, ou vous foutez les pieds ou pas ?Qu’est ce qu’on vous a dit pour que vous acceptiez ?
il ne faut pas faire de télé, je veux ne pas faire de web. Ouais, on m’a dit ça. C’est vrai aussi.
Vrai, tu fais tout.
Non, non Il faut déjà que les gens transmettent des valeurs qui ne soient pas contre les miennes. Déjà, ça c’est la base. Donc il y a des émissions que je refuse de faire à la télé, à la radio et ailleurs. Même les médias que je ne veux pas rencontrer, ça peut être des gens fort sympathiques, mais il y a des endroits où je ne veux pas aller parce que je n’aime pas non plus les émissions que j’appelle les dîners de cons.
C’est quoi par exemple les émissions ?
C’est des émissions où tu as plein de gens autour d’une table qui sont chez eux et qui invitent une personne, quelle qu’elle soit, et qui le font passer pour une conne ou pour un con et qui. Le principe du dîner de cons t amène quelqu’un chez toi à se foutre de sa gueule. Mais ce n’est pas dit au départ
Et ça t’est arrivé ?
Ah non, moi je n’ai pas de problème avec ça, mais quand je vois ce genre de mission, pas envie d’y aller, je boycotte. Donc non. Et puis après les web et tout, je m’en fous moi, c’est comme dans le cinoche, en faire des courts métrages ou des ou des moyens, peu importe, ça dépend du sujet, ça dépend de la forme et ça dépend de la personne qui fait. Et quand on m’a dit que tu avais pris ma défense lors de ma petite performance aux Césars.
Magnifique en 2021.
Donc j'étais obligé de venir te remercier.
Je t’en prie.
Vraiment, ça m’a beaucoup touché.
Je me souviens. Je ne connaissais pas est ce que tu forces un peu ? C’est ton côté flic. C’est ton côté capitaine Marlow tu tutoies d’emblée.
Alors je ne m’appelle pas Marlow. Je m’appelle Masiero et je ne suis pas flic. Je suis comédienne. Et Ouais, non mais c’est tout le monde dans la rue. Ça va être capitaine ? Je ne m’appelle pas Capitaine. Je n’aime pas qu’on m’appelle comme ça. Et puis non, tutoyer c’est qu’on tutoie les gens qu’on aime en général. Mais après, si ça te dérange chère ami, on peut très Bien, ou cher camarade, comme tu préfères.
Avec Petites mains, le film sort demain un film de lutte doux et tranchant, émouvant aux larmes et agile. Synthèse de femme de chambre et de lutte espagnole dans un palace et de l’Ibis des Batignolles, avec une Rachel Kéké en meneuse de femmes Petites mains place le cinéma là où il se doit d'être. Nous raconter la vie des autres pour qu’elle entre dans les nôtres.Nessim doit nous rejoindre durant l'émission et bonheur total. Tu as toi l’immense Corinne, Tu as accepté la reine du No Culture, No Future. Tu as accepté, tu as fait savoir. Tu as accepté la convocation au poste ? Dans Petite main, tu excelles en chef, épuisée, le cœur sur la main et l’obéissance chevillée au même cœur. Avec toi, on va parler de Lucie. A chaque fois, je mange son mot. Parce que Lucie, Charles, Alfred, elle n’a pas le nom du rôle et va te dire qu’elle n’a pas le nom de sa tête parce qu’elle n’est pas tout à fait blanche. C’est pour ça que tu dis ça. Les autres métisses n’ont pas qu’une tête ?
Je n’avais pas dit non
Au contraire, je trouve ça assez chic, là, elle ne joue pas un rôle. Et franchement, pour moi, révélation, on va parler et on va aussi parler de Kool Shen, parce que ça c’est une autre vie pour moi. Le rap, j’ai écrit un bouquin là dessus et comme tu as joué avec Kool Shen mais je crois pas qu’il y ait de scène avec toi
Lui y gagne. Mais je l’ai rencontré juste à la post-prod. On s’est croisés fumer une clope ensemble, c’est tout. Et non, je ne connais plus son collègue Didier Morville.
Exactement. En 2019, tu le rencontrais dans un épisode du Capitaine Machin. Puisqu’on ne peut pas dire le nom.
Tu peux même. Tu m’appelles pas comme ça, ce n’est pas mon mot.
Tu nous diras peut-être quelle différence y a entre Didier Morville et Bruno Lopez. Kool Shen Tu joues donc le rôle de madame Simone. Comment décrirais-tu ce rôle là ? J’ai déjà montré la bande annonce ce matin. Ne perdons pas de temps, madame Simone, puisque ce n’est pas toi.
Non, ce n’est jamais moi. C’est elle. C’est quelqu’un qui, à l’inverse de ce que j’ai pu faire dans mon boulot, est quelqu’un qui ne va pas s’arrêter en disant stop, je fais grève et je lutte contre une injustice dont je souffre, dont elle souffre d’ailleurs. Euh non, c’est quelqu’un qui va essayer d’aller jusqu’au bout, préserver une espèce de monde qu’elle croit être le sien. C’est un monde dans lequel elle est sous maltraitée puisque ce sont des personnes qui sont en sous traitance, en sous maltraitance, je dirais. Et au départ, non, elle, elle ne veut pas faire grève, elle ne veut pas de ma chance et elle préfère un ado en vrac qu’un ado au chômage comme elle dit. Et puis petit à petit, elle se rend compte que tout ce qu’elle pensait être vrai depuis des nombreuses années en fait, est totalement faux. Son monde s'écroule en même temps que son dos. Et puis petit à petit, elle comprend que la lutte, ça sert à quelque chose. La solidarité, ça sert à quelque chose. Et voilà, c’est ce retournement qui est magnifique.
J’ai oublié de te dire ici que c’est le public qui réagit à l’américaine qui réagit pendant le film, Toi qui siffle à l'écran, qui applaudit les acteurs, les invités. Donc si jamais tu as envie d’un sujet qui ne t’intéresse pas, tu peux réagir à ce qu’on dit de toi. C’est comme toi la punkette, c’est comme une divine qui monte sur scène avec nous. Et donc on nous dit très bien de l’inviter. Peut-on en savoir pour SOS Racisme ?
Oui, c’est SOS majeur, il est majeur. Voilà, c’est un cadeau qu’on me fait, un directeur de casting que j’adore. D’après lui, c’est le soir, ça ressemblait bien à ce que j'étais. J’aime beaucoup le porter parce que parfois c’est plus facile de porter un slogan, un badge ou un tee shirt que de réexpliquer pour la 150 000ᵉ fois ce pour quoi on se bat. Voilà. Et ça, c’est une manière d’envoyer chier bien des gens ou des choses qui contre lesquelles je me bats très modestement bien sûr, contrairement aux femmes du film.
Le concept de monde, c’est sortir. Ce sont des petites mains. Est-ce la même veine que les invisibles ?
Ça pourrait. Il y a des choses qui sont les deux films Nessim et Louis Julien, ces deux réalisateurs que j’aime beaucoup. Ils n’ont pas du tout la même façon d’aborder, on va dire, dans la forme, d’aborder le cinéma. Mais oui, ce sont des questions sociales. Et puis surtout pour les deux, ce qui est commun, c’est que ça parle de gens qu’on aime regarder et qu’on ne voit pas suffisamment souvent, qui ne sont pas assez représentés ni à la télé, ni au cinéma. Des gens, j’allais dire comme vous et moi, mais maintenant je suis transfuge de classe, donc j’ai la chance de ne plus avoir à me lever à quatre du mat pour aller récurer les chiottes et etc. Mais voilà, c’est ça un cinéma qui moi me plaît parce qu’on est dans le casting de Nessim et dans les castings de Louis Julien Petit, il y a des gueules, il y a des gueules qui ne sont pas des gueules lisses. Il y a des on parle de gens, on montre des vies qu’on n’a pas l’habitude de voir au cinéma. C’est ça parle d’autre chose que des bobos qui vivent dans le 16ᵉ, dans des appartements de plus de 20 mètres carrés.
Avez-vous des petits problèmes domestiques ?
Oui, les pauvres petites filles riches et pauvres, petits garçons riches. Voilà douleur, je veux dire, la douleur, quand elle existe, elle existe, mais bon. Et parfois on a envie de dire va voir un peu ce qui se passe en bas de chez toi et ça va te calmer
Alors l’histoire, je l’ai dit au début, est une synthèse en fait de plusieurs luttes. Au départ, je m’attendais à ce que ce soit l’hôtel Ibis uniquement. Rachel Kéké En fait, c’est un mélange avec ce qui s’est passé en Espagne. J’ignorais totalement ce qui se passait dans un palace. Est ce que tu peux un peu raconter l’intrigue, donner envie de venir ? Alors en fait, il faut que je dise qu’il y en a une. Je m’adresse à la commissaire politique. Il y a une avant-première avec Ruffin en France qui était il n’y a pas longtemps iciAlors fin de manif MK2 Nation. Pourquoi la manif s’arrête à Nation alors avec les fumigènes vous pouvez entrer au MK2 Nation et des banderoles et François Ruffin sera là, ainsi que. Jeannette Sambo, la femme de ménage de l’Assemblée nationale qui fait l’objet du film. Debout les femmes ! D un dénommé Perret Gilles qui était venu aussi au poste pour ça.
Voilà donc un grand, grand, grand documentariste.
Oui. Absolument. Alors oui, parce que là, il faut dire les choses. Corinne En fait, tu pousses la perfection de la promo à avoir mal au dos, comme Simone dans le film,un peu fatiguée, mais moi je trouve que c’est quand même extraordinaire des acteurs qui arrivent à faire des trucs pareils.
Alors c’est la méthode Actors Studio ? Pas du tout, du tout. C’est le moment où on en a plein le dos. Le corps parle et voit ce qui se passe en ce moment autour de nous et quand on parle des artistes, je parle des coupures dans le budget de la culture qui va, qui va envoyer au tapis la bonne moitié des petites compagnies moyennes, compagnies de spectacles vivants. Ben voilà, quand on voit tout ça et tout le reste, la montée de certains partis fascistes, disons le mot, eh ben ça fait mal au dos, on en a plein le dos. Et le mien, il a craqué. Voilà. Donc excusez-moi si j’ai une sale gueule et si je bouge tout le temps, c’est que j’ai une côte qui fait la gueule.
Est ce que la question du film qui traverse en partie le film, il y en a plusieurs. Il y a la lutte des classes, évidemment. Donc on comprend que ça t’a plu tout de suite, de par ton ce que tu es. On va parler auprès de toi avant que des cimes arrivent. On reparle du film. Mais il y a évidemment cette idée. On la voit beaucoup dans l’affiche de sororité, c’est à dire cette espèce de respect, une espèce et cette complicité entre les femmes de chambre et femme de ménage, et même, d’une certaine manière, la gouvernante. Et toi qui à qui on donne un rôle de contre emploi que tu assumes très bien. Ah ! En parlant de sale gauchiste, puisqu’il y a une manifestation qui démarre, une protestation qui démarre dans la rue, est ce que la question de par certains membres de l'équipe, est ce que la question de la sororité par exemple, c’est ce qui t’a plu dans le dans le scénario ou ce n’est pas ça ?
Alors, en tant qu’artiste punk ? N’est ce pas messieurs punk ? J’ai un groupe. J’appartiens à un groupe. Un trio punk s’appelle Vaginite. On parle de sororité où on parle de sexisme, de féminisme. Ben en fait, le féminisme, les femmes, on est qui ? On est des prolos, des mecs, Quelle que soit d’ailleurs la classe sociale à laquelle on appartient, on est tout le temps dans la catégorie en dessous. Donc le féminisme, c’est aussi pour moi, ça fait partie de la lutte des classes et des genres, on pourrait dire et puis elle est liée aussi, cette question du sexisme, du patriarcat est lié aussi au capitalisme. Donc tout se rejoint, tout se rejoint et ce film en parle très justement. C’est pour ça aussi qu’il m’a beaucoup plu. Ce n’est pas qu’une question de réclamer des salaires meilleurs, des conditions de travail meilleures, etc. Il y a aussi le fait que ce sont des femmes qui sont surexploitées comme un peu partout dans le monde, dans le monde du travail, dans toutes les catégories, quelles qu’elles soient. Et donc c’est important de le marquer et de montrer que la bataille des femmes, c’est un combat qui tient tout le monde, qui a également les mâles dont vous faites partie. J’imagine, chers amis, qu’ils soient cis genres ou transgenres. D’ailleurs, en ce moment, petite parenthèse, il y a un camarade, Michel Broué, qui est un grand mathématicien qui est à l’origine d’une pétition qu’on a tous signée, qui paraît actuellement dans la presse. Il va passer sur Mediapart quand même.
Michel Broué, c’est un des grands amis des fondateurs de Mediapart.
Absolument. Et là, il a. Il a demandé à des gens, des mâles cis genres, transgenres, de signer une pétition disant qu’il était d’accord pour soutenir les mouvements de sororité et toute la lutte des femmes actuellement, que ce soit dans le cinéma ou ailleurs.
Alors évidemment, on y vient. Ce qui se passe actuellement dans le cinéma, tu vois ça comment ? Depardieu en garde à vue. Le mytho du cinéma. Le collectif 50 50. Les formations obligatoires pour les producteurs, pour les réalisateurs, Pour que ça se passe mieux avec les mineurs, Les femmes actrices.
Mais pas que les actrices.
Moi, je ne pense que les actrices.
Je viens de réaliser un téléfilm et ça a été tout de suite la question numéro un. Déjà sur le plateau, j’ai demandé à ce que tout le monde vienne en jupe, sur pantalon ou pas, que ce soit les mecs ou les nanas. Et quasiment tout le monde a joué le jeu. Et aussi de demander bien sûr des référents harcèlement parce que ça, ça existe depuis pas si longtemps que ça et c’est très nécessaire. Et d’ailleurs, il y a eu à un moment un petit problème de ce genre sur le tournage et ça a très bien fonctionné parce que la parole est donnée et il y a une possibilité de parole qui est donnée aux personnes qui se sentent agressés et des possibilités de solutions, quelles qu’elles soient, à en trouver un moyen de discuter avec l’agresseur ou la dresseuse, etc, etc. Donc dans le cinéma, ça commence à bouger. Pas d’aujourd’hui, ça a commencé. Moi je dirais personnellement, j’ai commencé à voir bouger les choses il y a à peu près deux ans, deux ans et demi ou les comportements. Alors après je parle des tournages sur lesquels je suis, des comportements. En tout cas maintenant les blagues sont beaucoup moins lourdes, en tout cas tendent à l'être et puis tendent à l'être. Et puis je parle mal, putain, mais mal. Il y a par exemple de dire est ce que je peux dire ça ? Est ce que je peux blaguer là dessus ? Est-ce que je peux faire ?
Ouais, mais enfin, si on commence à demander l’autorisation pour faire une blague, c’est compliqué.
Non, ce n’est pas compliqué. Pardon. Non, ce n’était pas mieux avant c'était Minable. Je n’ai pas dit ça. Ça, des fois, ça ne l’est pas, ça ne l’est pas. Et comme disait Coluche, ce n'était pas mieux avant. Avant c'était tarte. Ben oui, parce que moi je pense qu’on est en train de faire un virage. On est dans la. On a commencé le U-turn, comme ils disent, les Nord-Américains, on est dans la tête d'épingle, tout doucement, et là on part vers quelque chose de plus, de plus équitable et de plus respectueux des uns et des unes et des autres, des femmes, des hommes, des non-binaires, des enfants et des autres. Alors c’est certes tout petit un ça ne fait que bouger. Et puis ça, pour moi, ça aussi, ça soulève le problème de comment on appelle ça le conflit de loyauté. Si on parle dans le cinéma des gens qui prennent parti pour un tel ou contre un tel pour untel ou contre une telle. Il y en a à chaque fois. Moi je fais le parallèle avec les familles. On parle de la grande famille, du cinéma qui n’existe pas. Que les choses soient claires. Moi je fais le parallèle avec la famille tout court, la famille on va dire, la famille de sang où quand il y a une agression, qu’elle soit verbale, gestuelle, sexuelle ou autre, économique, morale, tout ce que tu veux, il y a tout le temps, quand arrive la question de l’agresseur qui, comme le disait la grande Adèle Haenel, ce n’est pas ce n’est pas le monstre du coin qui va m’agresser dans la rue. Les monstres, les ogres, ce sont ceux qu’on connaît et parfois ceux qu’on connaît sont des gens qu’on aime, qu’on admire, avec qui on a travaillé, qui on a déconné. On a passé du bon moment et c’est toujours dur à un moment de se dire Cette personne là que j’aime, eh bien elle a fait des trucs pas cool. Alors il y a cette espèce de conflit de loyauté qui arrive et qui est à mon avis aussi beaucoup. Je ne parle pas des trucs économiques qui disent je vais fermer ma gueule parce que sinon je suis blacklistée. Je ne parle pas de ça, je parle de parfois des personnes qui veulent continuer à soutenir des gens qui ont fait des trucs pas cool. Et bien c’est intéressant ce qui se passe. Parce que justement, comment vous feriez les uns les unes les autres, comment vous faites même quand dans votre propre famille ça peut être la famille de sang ou de cœur, des amis, tout ça, Qu’est ce que vous faites ou qu’est ce que vous feriez si quelqu’un que vous aimez ? Soudain, vous vous rendez compte qu’il a fait des trucs horribles ? Est ce que vous vous coupez les ponts et c’est OK ? Est ce que vous ne coupez pas les ponts et c’est OK ? Est ce que vous vous remettez en question ? Vous remettez en question la relation avec cette personne ou est ce que vous dites Bah ok, t’as fait un truc dégueulasse et je vais t’accompagner parce que je t’aime, parce que je te respecte dans cette. Cette traversée du désert, cette galère que tu mérites. Puisque t’as fait le con, je vais t’aider. À supporter ça. Parce que ce n’est pas facile de l’admettre. Et c’est vraiment très compliqué. Je parle encore une fois, je ne parle pas du je ferme ma gueule parce que j’ai peur que ça se retourne contre moi. J’aurais pu être drôle. Je parle de conflit, de loyauté et je trouve que c’est très révélateur de ce qui se passe dans le cinéma. Et c’est très intéressant le questionnement qu’on peut avoir tous et toutes là dessus.
Est ce que tu as vu le film « Une famille » de Christine Angot ?
Non, j’en ai beaucoup entendu parler. J’ai vu le teasing. Enfin la bande annonce parlait du franglais de merde et je trouve ça. En tout cas, ça a l’air très intéressant et de ce que j’en ai lu, je trouve que ouais, c’est super, C’est exactement ce que je te dis et à un moment donné, demander à l’entourage mais putain, il n’y a pas. Il n’est pas question que de l’agresseur ou de la victime, il est question de l’entourage. Qu’est ce qu’on fait quand on sait qu’on a su Ou qu’on s’est douté et qu’on a fermé sa gueule, qu’on a fermé les yeux, qu’on est passé à autre chose ou au contraire qu’on a ouvert sa gueule et qu’on s’en est pris plein la gueule. Moi j’ai connu ça. Ce n’est pas facile et ce n’est pas facile pour l’entourage. Et c’est ok de se dire mais merde, moi je ne peux pas, c’est quelqu’un que j’aime etc. Il y a des trucs plus trash que ça. Jadis, quand je faisais les marchés, il y avait une personne que je connaissais qui avait deux gosses et deux gosses. À quinze ans, on était victime de l'âge de très tôt. Jusqu'à l'âge de quinze ans, on était victime du père incestueux incestueuse. Et au moment où cette personne a été arrêtée puisque dénoncée par les enfants, la mère a dit juste Mais comment on va faire pour payer la maison ? Ici en prison, c’est horrible. Quelque part, à une autre échelle, c’est de se dire Ouais, moi, est ce que je ferme ma gueule ? Je ferme les yeux ou je pense ailleurs juste parce que ça peut me mettre mal à l’aise comme ça me donne ou ça me fait un effet miroir par rapport à l’agresseur ou la victime. Tout ça est très intéressant d’en parler et chacun de se dire mais. Quel est notre rôle ? Nous, quand on n’est pas victime et agresseur, mais qu’on connaît la victime ou l’agresseur, quel est notre rôle ? Qu’est ce qu’on aurait dû faire et qu’est ce qu’on doit faire maintenant pour éviter que ça se reproduise ?
Quand j’ai vu « les petites mains » petites mains, je l’ai vu deux fois. Une fois au cinéma, en projection presse. Confort fauteuil très confortable. Puis une deuxième fois, avant cet entretien, j’ai vu des. J’ai vu des petits signes de toi dedans, mais je me demande si c’est. Si c’est bien honnête de ma part. C’est à dire que connaissant un petit peu ta vie, certains qui la regardent la connaissent aussi. Est ce que. Est ce que je me trompe si je colle des petites choses dessus ou pas ? Je vais être clair quand tu t’adresses à la jeune, au départ, puisqu’elle vient remplacer une gréviste et que tu lui dis. Elle a 20 ans, 21 ans et tu lui dis mais ta route, chose à foutre que de récurer etc. Je me suis dit c’est la Corinne de 20 ans qui parle.
Bah qui parle si tu veux. Moi je l’ai fait ça et pas seulement en étant femme de ménage, en en faisant plein d’autres trucs, le tapin ou autre. Euh. Et quelque part, c’est un message que je pouvais m’envoyer, moi, à moi même. Qu’est ce que tu fous là ? Pourquoi tu fais ça ? Et encore une fois, c’est pas aussi simple de répondre. Ce n’est pas aussi simple de sortir de ça. Comme dans le film de Nessim. Ce n’est pas aussi simple de prendre position. Et d’ailleurs, pendant le film, pendant le tournage, moi j’ai demandé à faire grève à un moment donné parce que c'était une journée nationale de grève et ça a été encore une fois mis sur le tapis. Et ouais, mais si on fait grève, ça va se passer. Si tu prends position, on va se passer ça. Alors, qu’est ce qu’on fait alors ? Sauf qu’on s’est retrouvé en manif l’après 12 h et j’ai réussi à emmener toute la gang là bas. Mais. Mais c’est pas facile, c’est pas facile et c’est ça que le film raconte aussi. C’est pas facile de se dire parce que des fois ça va, tu t’es agressé dans le boulot, on te respecte pas parce que tu fais un boulot de merde ou t’es agressé d’une autre manière, sexuellement ou autre qui s’attend barre toi ou le mec ou la nana avec qui tu vis, la personne à qui tu vis te fout sur la gueule ou qu’est ce que t’attends, barre toi. Ce n’est pas aussi simple de réagir. Mais en tout cas, une chose est sûre, c’est que c’est jamais la faute de la victime et des victimes. Que ce soit dans des histoires du travail comme dans le film de Nessim ou dans des histoires d’inceste ou de femmes battues ou d’enfants martyrisés.
Un autre point qui m’a fait penser à ta vie, à ton itinéraire, c’est Simone que tu incarnes. Et on peut le dire, c’est assez vite dans le film, on comprend qu’elle a un deuxième travail, enfin en tout cas, un deuxième emploi, c’est le même travail, elle est femme de ménage, donc on ne va pas dire quoi pour garder la belle dans une salle de danse. Et elle est envieuse. Et dans une interview, j’ai lu que ce qui t’avait sauvé. Alors dis-moi si le journaliste a déconné ou si c'était le théâtre. C'était ça qui t’avait sorti. Et quand je te vois dans le film, je me dis qu’en fait là, elle est en train de nous jouer ce qu’elle a vécu.
Bien après, ce n’est pas moi qui ai écrit le scénario, mais il se trouve que des coïncidences comme ça qui font que hé ouais, non, ce n’est pas ce n’est pas des farces. Le jour où j’ai mis le pied sur un plateau vraiment par hasard, est ce que le hasard existe ? Je n’en sais rien. Bon, on s’en branle. Mais c’est vrai que le jour où j’ai foutu le pied sur un plateau, ça a duré peut être une demi heure, 20 minutes et j’ai dit je redescends plus. J’ai eu que peut être des gens qui sont croyants, on en a qui racontent ça. Ah ! Je rentre dans une église et soudain la foi me tombe sur la gueule. Ben moi j’ai eu la même chose, mais je me suis dit c’est ça, c’est ça mon issue, elle est là. Ça aurait pu se passer ailleurs, dans d’autres circonstances, pour un autre métier, Là, c'était ça. Et ouais, ouais, comme il y a un moment donné dans ma vie où c'était, je voyais, j'étais au fond du trou. Enfin ça m’arrivait plusieurs fois, mais là j'étais vraiment au bout du bout. Après, effectivement, ce métier là, cette manière de le faire, les gens que j’ai rencontrés, et c’est réellement ce que j’ai ressenti, ça m’a sauvé la vie. Mais il y avait aussi tout un cheminement avant. C’est-à -dire qu’il n’y a pas une baguette magique. J’en parle beaucoup avec les gens qui sont addicts ou qui connaissent des gens addicts et qui me disent mais comment t’as fait pour arrêter ? T’essaye 150 fois. Je dis il n’y a pas de baguette magique et t’es jamais à l’abri de rechuter. C’est la même chose. C’est à un moment donné, il y a plein de gens qui sèment des petites graines qui te tendent la main, T’arrives à toucher le bout des doigts, puis la main, puis après voilà, t’arrives à sortir de la fange. Mais, mais ouais, il y a ça, ça a été très fort, Ça a été le moment où c’est ça, où je crève. Donc voilà. Et puis ça a marché. Alors, est-ce que ça a marché ? Parce que j’ai du bol, peut être est ce que ça a marché parce que j’avais vraiment la rage et qu’il n’y avait pas d’autre issue que pour moi. C'était la seule.
T’as dit tout à l’heure en déconnant, en sous forme d’autodérision, moi qui suis transfuge de classe, etc. Donc ça veut dire une chose, c’est que ces questions là te turlupinent et tu demandes grâce à Pauline, avec qui j’ai préparé l'émission, j’ai appris que tu t’occupais des sans abris, que tu t’occupais de gens en insertion et en réinsertion. Et je voulais profiter de ta présence pour te demander ce que tu pensais de ce qui était en train de se passer dans Paris, où on déloge nuit nuitamment quelques sans abri, quelques sans papiers pour des Jeux olympiques.
Ouais bah déjà ce n’est pas qu'à Paris. De deux, ce n’est pas que pour les Jeux Olympiques. De trois, ça ne date pas d’aujourd’hui. Certes, à Paris, en ce moment, c’est le pompon. Il n’y a pas que les sans abris et aussi les étudiants en fout dehors parce qu’il faut loger des gens, il y a etc. Ça ne date pas d’aujourd’hui. Moi ça m'étonne pas puisque de toute façon la ligne du gouvernement depuis toujours et des gouvernements précédents, on ne va pas se mentir, c’est la gentrification sociale, la gentrification des villes, mais pas que. De la façon de penser aussi qui est mise en route depuis déjà un bout de temps. Et là on arrive à des pics incroyables et dégueulasses. C’est honteux et à gerber. Évidemment que c’est à gerber. C’est encore une fois le mal de dos. Il n’est pas tout à l’heure, j’ai échangé avec Océan qui a accepté de jouer dans mon film qui me disait j’en ai marre, tu ne vois pas tous ces fachos. Ces politiques qui commencent à qui remontent, etc. Putain, j’ai des nerfs ! Ben oui, on a les nerfs. Ouais on va le faire. Moi j’ai une copine qui est paix à son âme qui disait toujours moi j’ai le blues mondial et c’est vrai, on a le blues mondial et quand on connaît la lutte, c’est tous les jours que c’est comme ça. Alors parfois faut savoir faire des pauses aussi. Et heureusement qu’il y a des gens comme Rachel, Kéké et ses camarades, des gens comme Ruffin. Ils sont sur le terrain et essayent de faire un cheval de Troie en politique. D’autres qui comme toi, font cheval de Troie grâce aux médias ou en faisant des défis magnifiques comme celui que tu as fait sur les gilets jaunes. Chacun, chacun fait son petit combat à sa manière et je pense que toutes ces petites graines là vont finir par foutre en l’air les saloperies qu’on voit actuellement à Paris. Énormément mais pas que je dire. Moi je n’habite pas Paris, j’habite dans le Nord, à Roubaix et dans toute la région de Lille, c’est pareil. Tu sors des taudis, des bidonvilles, y en a partout et pas loin à côté de la, à côté de la gare de Lille, il y en a plein et ailleurs. Et c’est. C’est honteux, c’est honteux, c’est honteux et on tape toujours sur les plus faibles. Et quoi faire de tout ça ? Bah voilà, chacun cherche des solutions. Pas chacun, visiblement pas chacun. Mais j’espère qu’on est de plus en plus nombreux et nombreuses à chercher des solutions pour arrêter cette saloperie, ce fléau.
Alors en attendant que Nessim arrive pour reparler du film, tout, tout, tout, tous les trois, je continue. Association d’idées. Roubaix. Tourcoing. Tourcoing. Darmanin. Darmanin. La police. La police. Capitaine. Marlow ! Marlow c’est ça ? Marlow c’est quoi tes rapports avec la police ? Parce que quand on regarde ta trajectoire, tu dois souvent les rencontrer. La maison poulaga.
La maison poulaga ? Ouais, beaucoup. Et puis. Ben les rapports que j’ai, ça dépend où je suis conscient. Manif je suis comme tous les manifestants, ça va m’en donner faut. Faut faire attention aux autres et à sa personne. Y a des moments faut ou se barrer. Il faut alors. Le renouveau des voltigeurs et des voltigeuses aussi. Qui fait, qui fait mal, qui fait peur et c’est fait pour tenir. Voilà ce genre de saloperies, c’est terrible. Après le rapport au Schmitt, c’est rigolo Bien je crois que d ailleurs c'était peut être bien une des manifs. En tout cas, quand on tournait les petites mains, j'étais avec des camarades et puis on a commencé à être nassé. Et puis y a des Schmitt qui débarquent comme ça, qui nassent les gens, puis qui fait Oh capitaine. Faites attention parce qu’il y a des manifestants là, et vous êtes dans une rue où il y a des manifestants. Tenez, passez par là. Et, camarade, Oh non, je vais rester là. Alors, des fois, quand il y a des manifs, j’essaye de. Je suis un peu con, je me dis peut-être qu’il y a des flics qui vont me reconnaître, qui vont pas trop oser cogner. Des fois ça marche, des fois ça ne marche pas. Et puis sinon, c’est des réflexes de mon passé de toxico. Ça m’est arrivé une fois à la gare à Lille. Il y avait les douanes qui étaient là et à un moment, je les vois de loin, comme si j'étais un groupe de quatre ou cinq et j’attendais le train. Et tout de suite putain, j’ai un truc sur moi. Non, j’en ai pas, mais je commence à avoir le palpitant comme ça. En fait, si on me demande si je peux avoir un autographe ou des selfies. Alors ça. Puis après. Et alors ? Autographe Selfies ? Non. C’est très con. Mais non, pas de Schmidt. Je ne veux pas faire de photos et je ne peux pas. Je ne peux pas être en manif ou en action parce que je fais partie des interludes temps et interludes Temps 59 62 deux. Et des fois on fait des occupations, des actions, donc on a souvent les Schmidt devant nous, après nous, autour de nous, etc. Je ne peux pas faire ça. Et puis après c’est comme ça, c’est ça n’aurait pas de sens. Donc c’est peut être, il y a peut être comme dit Didier, Super, il y en a des bien peut être, mais non, ça je ne peux pas.
Entrez, entrez, braves gens ! Je crois que le patron arrive.
Le grand créateur, le grand créateur Salut !
Alors le temps que tu arrives, que tu t’installes, je me permets de te tutoyer je vais faire un petit réglage caméra les amis. Posez vos questions directement à Corinne le temps que Nessim s’installe. Très bien, très bien.
Ça me fait plaisir.
Alors nous sommes en direct. Je vous présente le réalisateur Nessim.
Il y a des gens qui écrivent, il n’y a pas de répétition. Regarde !
Bonsoir tout le monde désolé pour le retard
Nessim Oh, je t’en prie, c’est un plaisir.
Salut ! Salut Daru, C’est génial ce système. Alors il y a une projection au MK2 Nation à 19 h 30. Enfin, il y a un débat à la fin de la projection animée par François Ruffin et avec Jeannette qui est la femme de chambre, enfin la femme de ménage qui apparaissait dans son documentaire Debout les femmes. Très beau documentaire quand tu dis François Ruffin. Animateur, ça m’inquiète. Il y croit plus c est mort.
Il arrête sa politique.
C’est ça ? Pour se lancer dans le nouveau. Drucker
Il a toujours été. Bon alors être à droite je pense comment il doit être de droite je pense. Ruffin Non.
Hein ? Moi je pense que c’est un camarade, on le salue
Est ce qu’il y a une tournée en province ? Vous demande de Glaudioman ?
On a fini ce soir les avant-premières. Non mais oui, on a commencé le 13 mars, on a fait un grand tour de France et voilà, ça s’achève ce soir aux Halles on a fait Rennes.
Il fallait venir à Rennes, camarade !
. Enfin voilà. Alors effectivement, vous avez une avant première. Tout à l’heure, la commissaire politique m’a prévenu et donc il faut que je vous lâche à 19 h.
C’est ça
Alors attends, je prends mes questions il n’y a pas de, il n’y a pas de technicien un peu partout. Alors je vais faire vite. Pourquoi ce choix de comédie sociale ? Pourquoi passer par la comédie ? Parce que je ne dis pas qu’on se marre comme des fous. Mais si, c’est un film. Bon, je. Tout le monde connaît l’histoire, donc voilà. Mais s’il y a un aspect comédie, pourquoi être allé là dedans ?
Parce que je trouve que déjà c’est vraiment ce que me racontaient ces femmes là. Rachel, Sylvie, Fatima, à toutes celles qui ont lutté que j’ai rencontrées, me disaient mais qu’est ce qu’on s’est marré et qu’est ce qu’on rigole ! Et c’est important aussi de mettre ce ton là, cette légèreté aussi. Et puis en plus, je trouve que l’humour et le rire permettent de faire passer des messages différemment. Et aussi, je le dis moi en tant que spectateur, je suis plus dans ce genre de film. En tant que spectateur, je vais rarement au ciné voir des films. Ça dépend de qui. Mais des films français, c’est rare que j’aille voir des films. Est ce qu’on a un peu tendance, comme je ne veux pas dire de nom de nom, mais des films où parfois un peu trop misérabiliste, alors que justement je trouve que, comme dit Corinne, la misère est belle pour la sublimer et non pas en faire un truc plombant, je ne sais pas.
Alors est ce la raison pour laquelle ? Parce que moi au début je me dis mais c’est quoi cette histoire ? L’Hôtel Ibis Batignolles, ce n’est pas un palace ? Pourquoi je suis dans un palace ? Après, je comprends que c’est une synthèse entre plusieurs luttes, notamment une espagnole. Le palace, c’est quoi ? C’est quand même l’idée du cinéma.
Du bas, du clinquant, du bas. Déjà, de vraiment de la différence de classe sociale. C’est important ça, de le montrer.
Ça, vous allez voir, il va parler de l'écart des salaires entre les femmes de ménage et les chambres de nuit.
Pas du tout. Tu vois ça d’habitude, non ?
Déjà, c’est beau de montrer le luxe et c’est beau de montrer que c’est grâce à ces femmes là que ce luxe existe. Elles touchent 800 900 € et la chambre peut coûter 8000 9 000 € la nuit. Donc c’est important. Et puis je trouve que c’est beau, d essayer de montrer dans un film ces classes sociales qui cohabitent mais qui cohabitent, comment dire, bien mal, mais cohabitent en tout cas.
Est ce que c’est vrai qu’il y a des coquillettes à 22 balles ?
Bien sûr.
Tu vas là bas, bien sûr, si un jour ça.
vais te raconter une anecdote. Une fois, je vais aux Caves du Roy, tu sais, à Saint-Tropez.
J’y vais. Ah ouais ? T’es bien transfuge ?
Ce n’est pas pour moi. En fait, j’y vais pour le comment s’appelle enterrement de vie de garçon d’un pote ? Mariage et on va au fini aux caves du Roy à Saint-Tropez. Et là je me chauffe. Mais j'étais éducateur, je gagnais 1 400 € et donc je vais et je suis un peu bourré, tu vois. J’imaginais parce que je n’avais rien payé. Tous mes potes ont lâché, j’y allais, c’est pour moi maintenant. Je dis la tournée, les pourboires. La serveuse dit non, non. Comment ça, non ? Si c’est pour moi rêve, Vexé, je dis bah si c’est pour moi et toi c’est 27 € le coca. Ha non c’est oui mais c’est 25 € le coca. Ben non en fait nous nos prix c’est on lisse tout du plus cher au plus bas Écoute, merci, J’ai pris deux shoots à 2 € et puis ça allait quoi.
Parce que moi effectivement il y a une scène magnifique Eva, on en parlait tout à l’heure quand elle revient dans son logement social et qu’une c’est une de ses colocs lui explique qu’elle est payée moins bien qu’un coca. C’est quand même pas la moitié d’un coca.
Ça vaut la moitié d’un coca. Donc là, on sent le sens de la réplique à ce sujet. Est ce qu’elle est aussi ingénieuse ou pénible sur un plateau à vouloir changer toutes les toutes les répliques ou pas ?
Alors déjà, elle a eu la délicatesse et la correction de me le dire avant. Quand on s’est rencontrés, elle m’a dit je te préviens, moi j’adore l’impro. Mais ce qui m’a rassuré m’a dit mais je ne mets jamais les autres comédiens, comédiennes dans la merde, Jamais. Et ça, déjà, c’est une grande intelligence. Et puis on va dire avec toutes les répliques à ma sortie, voici j’ai kiffé Kim Kardashian. Tu sais Corinne, il y a plein de choses. Eh bien si ce n’est pas lui, c’est un autre ça. Tu sais que ça se marre vachement. Enfin, il y a plein de répliques comme ça et. Mais moi c’est ce que j’aime aussi avec les comédiens, ce qu’ils apportent et tant que le fond et J. La forme, on s’en fout. Tant que ça rapporte quoi
On est des interprètes d’un interprète, ça dit bien ce que ça veut dire. Tu prends un truc et tu l’interprète au travers de ton corps, de ta voix, de ton cerveau, etc.
Je dis pénible parce que pour certains réalisateurs qui en plus sont scénaristes, en tout cas, ils aiment bien être restés sur le texte tel qu’il a été écrit.
Il y en a un, moi je t’avoue que j’ai fait quand même je ne sais pas combien de films dans ma vie, mais quand même une paire et je suis tombé sur trois personnes qui m’ont dit. Anna, faut pas s’en être que c’est moi qui l’ai écrit il y a une fois. Il y en a même un qui m’a dit mais vous ne vous rendez pas compte du temps, de l'énergie que j’ai mis à écrire ça. Et je lui ai dit Mais vous vous ne rendez pas compte du temps et de l'énergie que j’ai mis à les réécrire. Après s’ils ne veulent pas moi je propose, l’interprète propose et c’est le réal qui dispose. Mais pourquoi se priver de propositions ? Moi je me suis permis en plus de me rendre compte qu’après on passe à la caméra, c’est que c’est trop bien. Quand tu as des interprètes qui t’amène, tu vois, c’est pour ça, il ne touchera pas les droits d’auteur. C’est tout bénef, c’est tout.
Ben mais c’est vrai en plus ça apporte des choses auxquelles toi tu n’as pas pensé. Moi qui me chante, franchement, j’ai trouvé ça génial toi ! Et dans la bande annonce en plus, elle a aussi Salimata et Maïmouna aussi. Quand je les ai rencontrées, justement, Franchement, leur personnage n'était pas très étoffé. Et en fait, quand je les rencontre, je me dis ok, je la prends parce que je sais qu’elle va pousser le personnage et elle va apporter comme Corinne. Et tu sais, c’est super pour un réal.
Vous, cherchez, tu as cherché les larmes, moi j’ai pleuré dans ton film. Je ne dis pas que je me marre.
Je ne cherche pas les larmes.
Mais il semblerait que nous soyons plusieurs. Nous avons été comme ça. On se parle avec des gens qui parlent mal, je ne sais plus comment.
Ça avait été dit. Tu m’as fait braire.
Il semblerait. Dans la salle j’en étais plusieurs à avoir pleuré au même endroit. Vraiment d'émotion, de joie pour les personnages. C’est un truc que t’as cherché ?
Bien tu le cherches, mais pas vraiment puisque l’histoire d’elle-même est émouvante. Mais c’est la force en fait, c’est là où ce que je kiffe aussi, ce n’est pas tirer des larmes pour tirer des larmes, parce que ça peut être facile de faire tirer des larmes. Parce que ce qu’on nous dit d’ailleurs, c’est que souvent on pleure tous les mêmes choses, mais on ne rigole pas des mêmes choses. C’est pour ça d’ailleurs, c’est plus dur de faire une comédie, mais là c’est vraiment, c’est la force et la dignité de ces femmes qui est, qui fait tirer les larmes. C’est le défilé de mode. Il y en a beaucoup.
Le moment du défilé en fait, c’est un moment de joie.Le film sort demain. Il est dans la bande annonce, le défilé.Et c’est vrai qu’on pleure et là, on voit ce truc parce qu' on pleure de bonheur, on est submergé. Il y a un truc, c’est une très belle scène.
Merci !
Très belle scène, hyper bien jouée.
La femme de chambre. Parce que l’idée du défilé est venue des manifestantes, des femmes qui ont mené la lutte du parc Hayat. Elles ont eu cette idée que le parquet de Vendôme et donc Vendôme pendant la Fashion Week, c’est pas mal. Et donc elles se sont dit on va faire notre Fashion Week, notre défilé. Donc voilà, c'était leur idée et le but était de le rendre encore plus, plus savoureux, plus grandiose au cinéma quoi.
Quoi de plus émouvant que la solidarité ?
Exactement.
Moi, les moments où j’ai plus, je parle de braire, de joie, de tu vois, c’est quand t’es en manif ou t’es en train d’occuper, ou tu fais une action et que tu te rends compte que t’es pas tout seul. C’est parce que des fois à être en action tout seul, c’est. a Plusieurs aussi. Mais voilà, quand tu vois qu’il y a des gens qui viennent te soutenir. Moi c’est là où les émotions apparaissent. Donc c’est pour ça que dans la séquence du film de Nessim, c’est fort, c’est ça.
Et alors tu dis que tu vas filmer dans un palace. Il se trouve que dans le monde du cinéma, les choses sont très bien faites. Vous faites des autos interviews dans lesquelles vous dites tout ce que vous avez envie que les journalistes racontent ou les questions qu’on vous pose. C’est quand on est fait dire de temps en temps qu’il y a des trucs intéressants. J’apprends donc dans ce dossier de presse que le Bristol, le Bristol vous a ouvert ses portes pour une raison, euh.
Très intéressante parce que tu donnes l’argent.
Ah non, je n’avais pas compris ça.
Ce sont des sciences sociales, Alors, ai je mal lu le dossier ? Non. Alors il se. yrouve que le Bristol n’embauche pas de personnel externe.Ah oui, ça c’est autre chose. Alors c’est du vécu.
C’est du social clinquant.
Pour rebondir sur ça, c’est 90 % des palaces lissent leur femme de chambre, c’est ça ?
Et c’est tout l’enjeu du film, c’est l’enjeu du film et ce qui se passe. C’est quand même aberrant d’externaliser le cœur de métier. C’est ce qu’on dit dans le film, c’est à dire que tu. Enfin, je crois que ce sont les seuls en plus qui sont externalisés, ce sont les femmes de chambre. Tu dis sans ces femmes de chambre, il n’y a pas de chambre nettoyée. S’il n’y a pas de chambre, c’est un restaurant, ce n’est pas un hôtel. Pourquoi externaliser ces dames-là ? Parce que c’est ce que dit souvent Corinne. Parce que des femmes déjà, et en plus des femmes noires ou maghrébines ou d’autres blanches avec des problèmes administratifs. Donc tu as la mainmise. Et pour revenir au Bristol, c’est oui, mais c'était vraiment super. Et puis c’est le seul qui a accepté. Et alors évidemment, puisqu’on a payé. Mais bon, peut être qu’il en avait besoin, je ne sais pas. Mais en tout cas, les femmes de chambre ont vu le film du Bristol et elles sont d’autant plus fières de travailler au Bristol. Je ne leur fais pas de pub ou fiche un peu, mais là tu sais, il faut que j’ai vu. Pour le Bristol, ça va pas, non mais faut juste pas voir, c’est important. C’est con je sais, mais ça ne va pas.
C’est important d'être honnête, c’est que leurs femmes de chambre m’ont dit, moi, qu’elle était très contente. J’ai bossé et ça fait dix ans qu’elles ont des lèvres. C’est des petites choses, mais au moins tu vois, dans cet hôtel il y a ça et elles sont analysées. Donc il est très content de tourner là bas, au moins pour ces choses là. C’est vrai que ça aurait été compliqué de tourner avec dans un hôtel qui ne respecte pas ces femmes là.
On voit dans le film que madame Simone a un aspirateur et qu’elle, quelle, qu’elle le garde, qu’elle a du mal à le lâcher parce que les autres n’en ont pas. Enfin bon voilà, c’est aussi ça externalisé. Et si il n’y a pas des il n’y a pas d'équipe.
Ben c’est toujours très précarisé. C’est quand même précarisé. Les ouvriers, les ouvrières, appelons-les. C’est les ouvriers qu’en précarise au maximum. Tu parlais tout à l’heure des gens qu’on fout dehors, qui sont déjà dehors et qu’on fout de là où ils sont. Mais c’est pareil pour les ouvriers et ouvrières. C’est un monde qui est le plus précarisé qu’on essaye d’invisibiliser. Tu parles des invisibles. Le monde ouvrier est un monde qu’on essaye d’invisibiliser pour pouvoir mieux le manipuler et dire maintenant regardez, ça existe pas, il y a plus d’ouvriers maintenant.
Alors j’ai dit beaucoup de bien du film. J’invite, puisque la commissaire politique m’a dit N’oublie pas de dire aux gens qu’il faut qu’ils aillent voir le film Quand vous allez partir, je vais vous faire gagner des places. Bon, bref, tout est fait pour ça. On a déjà montré la baston, la bande annonce depuis des semaines. Donc ça c’est bon. Mais, mais tu l’as dit tout à l’heure, à l’instant au Bristol, il n’y a pas que les femmes de chambre, souvent ne sont pas blanches. Et c’est ce que tu as dit là. Le rôle titre Les deux personnages principaux sont incarnés par Corinne et par.
Lucie. Charles Alfred qui est extraordinaire. Oui, bien sûr.
Elle le sait. Je ne sais pas, peut être.
Voilà. Elle te tutoie.
. Alors j’imagine qu’on t’a posé la question. Donc dans ce que l’on sait, le combat, c’est plutôt des femmes noires qui l’ont porté. Rachel qui est la plus emblématique aujourd’hui députée LFI. Pourquoi prendre comme personnages principaux deux femmes blanches ? Est ce que c’est la nécessité de l'économie, du financement du cinématographe ? Est ce que c’est ça ?
Non. Déjà pour moi, c’est faux de dire ça parce que celles qui mènent le combat, c’est d’abord les Capverdiennes qui sont quatre et ensuite c’est Safiatou qui mène la lutte. Corinne ne mène pas la lutte et Eva ne mène pas la lutte. Et en plus pour revenir, c'était aussi pour ça que j’ai montré qu’elle est antillaise. Lucie Charles Le fait c’est qu’elle est antillaise et ça c’est important aussi. Elle est métisse, c’est un peu comme moi. Ce que j’ai vécu, c’est que je suis rebeu avec ma tête. J’ai un peu vécu ce double truc de ben non mais t’es pas homo tes blancs. Mais après quand t’es fin, quand t’es arabe pour les autres, t’es arabe. Parce que là j’ai vu des commentaires. Oui encore un film mais en français avec des français sur l’affiche. Donc je ne te dis pas dans quelle partie sûrement. Donc voilà, donc ça dépend, je suis toujours le cul entre deux chaises et Lucie aussi est donc allez en chier. Mais sur l’affiche, c’est rare de voir autant de femmes noires.
On y va quand même un petit peu à Paris d’ailleurs, évidemment.
Mais Corinne ne mène pas la lutte.
On est d’accord, elle ne mène pas la lutte.
Les Bertrand c'était important de montrer les trois. Enfin, c’est un film choral, donc t’as Simone donc qui existe et qui vient d’une classe populaire et qui ça fait 25 ans, même 30 ans je vais. pas vous juger.Et qui se casse le dos. Donc c’est une réalité aussi. Il n’y a pas que des femmes noires dans ce milieu. C’est important de montrer la précarité dans toute sa couleur et dans toute sa globalité. Il y a la petite Lucie sur la moitié antillaise qui est placée en hôtel social. D’ailleurs c’est la suite du film Placé.
Oh là, c’est bien joué !
Et puis il y a Safiatou qui elle est ivoirienne, qui est la seule à travailler et qui a des problèmes administratifs, qui va mener la lutte elle est Cap Verdienne.
Donc pour ce qui est à l’intérieur du film, oui, celle qui mène la lutte c’est exactement celle que tu dis. Mais ce que je veux dire c’est qu’au niveau de l’affiche, est ce qu’elle est dit moi franchement, est ce qu'à un moment donné ça s’est posé la question il faut qu’il y ait des stars ? Et les stars, elles ne sont pas racisées ?
Alors oui, ça c’est posé, mais elle ne s’est pas posée pour financer le film. C’est fait pour qui va représenter le mieux le personnage de Chimène ? C'était Corinne. Pour moi. J’avais écrit ce personnage que je lui avais dit en pensant à ma mère Qui c’est qui était une maman qui a toujours été d’aide à la personne et tout, donc c’est important de montrer ça. Et pour moi c'était important aussi d’avoir ce casting avec Salimata Maimouna et Marie Sona. Mais oui, il y a un vrai truc pour le coup, c’est Corinne dans les témoins, c’est que les médias ne demandent que Corinne écoute Shen Kool Shen qui aura quand même un rôle moindre et ça, ça m’agace, ça m’agace parce que tu dis ce qui est important c’est le message du film, c’est le film en lui même et c’est le talent des actrices. Donc Corinne est très talentueuse. Mais il y a Marie Sona, il y a Salimata et Salimata Camara. Pour reprendre ce que tu dis, c’est une star, mais le problème c’est qu’elle a fait Intouchable. Elle a fait trois. Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu ? Elle fait Sintomer, elle a fait en place. On ne connaît pas, on ne connaît pas. On connaît tous son visage, on ne connaît pas son nom. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est pas invitée sur les plateaux télé. Et donc ça, c’est un vrai problème. Ça, je le dis franchement, c’est insupportable. Il y a même des journalistes qui disent pour la diversité, qui n’ont pas voulu les inviter, c’est une réalité.
Mais alors pourquoi tu ne l’as pas invitée ?
Mais je suis dans la merde. Parce que oui, j’ai aimé te rencontrer après tout. Parce que pour moi, tu comptais énormément. Mais tout à l’heure on a dit que si il y avait trop de familiarité entre nous. Non mais c’est très juste,
Moi aussi je dirais qu’il y a deux choses. Il y a le personnage de Simone, c’est une femme blanche qui voterait plutôt si elle votait plutôt extrêmement à droite on va dire. Et moi ça fait rebondir sur le fait que le monde ouvrier ne doit pas oublier qui est traditionnellement de gauche, de coco. Comme les femmes dont je descends, eh bien la plupart du temps, c’est un revirement extrêmement à droite. C’est ce qui se passe d’ailleurs en ce moment et c’est ce contre quoi il faut se battre aussi parce que désinformation etc. On peut faire l’histoire, il y a ça. La première chose. Donc moi étant blanche, je peux représenter ça. Cette prolo qui est blanche et qui ne voit pas comme un crocodile qui rentre dans une maroquinerie quoi, Je vais, je votais d’extrême droite, tu te rends pas compte que tu es en train de te faire avoir ? Bon bref, ça c’est une première chose. La deuxième chose, ta question sur le cinéma est ce que les personnes non je n’aime pas dire racisées.
Nommément, mais moi je suppose que ça veut dire quoi race ? Il n’y a pas de race, les personnes non-blanches ne sont pas représentées. Les femmes. Alors là, complètement d’accord et je peux te dire que, encore une fois, moi je m’en suis rendu compte en faisant les castings, en passant très modestement en réal comme les Nessim. Ben ouais, au casting déjà quand même, quand tu t’adresses à toutes en fait c’est systémique aussi, tu étudies. Moi je voyais, je voulais prendre des gens qui n'étaient pas connus du tout pour faire le téléfilm. Ah non, faut des têtes d’affiche déjà là c’est de dire têtes d’affiche.
Bon bref. Je dis ok, je vais prendre un tel untel. Ah ouais mais ce n’est pas alors c’est jamais dit comme ça, On ne va pas dire cette personne, tu ne peux pas la prendre parce qu’elle est trans ou tu ne peux pas prendre cette personne parce qu’elle n’est pas blanche. On te fait comprendre mais on te dit pas c’est compliqué et c’est systémique. Pourquoi ? Parce que quand tu demandes au directeur ou directrice de casting, ben propose moi des gens, eh bien tu regardes, tu fais. Hmmmm. C’est très éclairé, c’est très blanc tout ceci. Vous n’auriez pas quelque chose d’un peu plus. Et spontanément, même des gens qui sont de bonne foi, qui ont envie de détruire ce système, vont te proposer d’autres personnes. C’est bête. Et je ne parle même pas des gens.
Mais non plus de toi des directeurs de casting.
Ouais, des directeurs de casting, des prod, des diffuseurs et tout ça qui ont ce côté Ah ben oui, mais.
Rassurant pour eux, dans leurs clichés à eux.
Dans leurs clichés. Et quand ils sont d’accord avec toi, tu dis ah bah oui, tu vois, il y a vraiment du travail à faire là dessus.
Il y a une femme dont on n’a pas parlé, c’est Mariama Gueye qui joue, une gouvernante pète sec. Hyper bien.
Ouais, elle est comme elle pour le coup, elle commence quand même à prendre du galon. Elle était déjà dans une série qui s’appelle Drôle. Oui, elle est sur une série de France deux alors je sais plus le nom de la série et qu’Elbaz soit le boss qui marche bien. Donc c’est une super comédienne et c’est important pour ce rôle parce qu’il n’est pas évident le rôle à jouer. T’es donc une femme noire et qui est chef donc de ces femmes de cette brigade. Et c’est vrai qu’en quand une des femmes peut lui dire tu peux m’aider parce que moi pour les papiers c’est compliqué. Elle dit je sais tout ça et on peut penser peut être que sa mère était femme de chambre ou que ses tantes et même qui ont connu ses problèmes administratifs. Donc c’est bien aussi parce que c’est la vérité, c’est la vérité dans le monde du travail, c’est que parfois t’es de bonne foi, mais il y a des gens au dessus, en dessous et tu dois essayer de jongler avec, avec ces trucs.
Ce problème de couple et ce problème de social traître. Tu vois, on parlait de transfuge de classe tout à l’heure. Il y a ce problème là aussi qui se pose. Et quand tu subis le transfuge de classe, tu te poses à toi même Est ce que je suis une social traître en faisant ci, en faisant ça, en te faisant passer, en te faisant passer, en disant si en disant pas ça, C’est l'éternelle question ?
Tu as parlé de coup de chance. Alors comme je le disais à Corinne, dans une autre vie, j'étais critique, j’ai écrit un bouquin sur le rap, j’ai accompagné.
Monsieur.
, Bruno Lopez, Kool Shen, Didier Morville, JoeyStarr, etc. Donc Corinne ne joue pas de scène avec Kool Shen, elle était dégoutée ?
Alors c’est marrant en plus parce que Joey en ce moment est sur une série et il est scénariste. Mais alors une très bonne.
C’est là où je vois que c est un très bon acteur parce que des deux, c’est lui qui serait le moins syndicaliste. Qui fait le syndicaliste CGT, mais c’est extraordinaire. Il est beau et hier j'étais en avant première.
C’est vous Et à la fin donc on pose une question sur coup de chaîne. Il y a une femme qui est vraiment fan de rap, il dit putain c’est cool Chen. Elle dit j’ai même pas penser enfin je n’aimais pas.
Parce que comme tout le monde il a, il a pris quelques rides
Voilà, elle habite le truc différemment et du coup il l’incarne. Voilà, il l’incarne très bien. Mais c’est ce que j’ai dit. J'étais vraiment fière de le prendre déjà j'étais fan de rap, mais ce n’est pas pour ça que je le prends. Parce que ce qui est important, c’est la bonne, la bonne personne pour le rôle. Ce qui compte, c’est le film. Et lui, il était vraiment bien alors parce que je trouvais qu’il était vraiment doux, il accompagne ces femmes parce que les héroïnes, c’est les femmes. Ce n’est pas le et pas le syndicaliste, ce sont ces femmes là qui décident de lutter et il les accompagne. Il est doux. Et puis en plus, il a toujours eu ce côté syndicaliste que je trouve parce que c'était le syndicat des banlieues et de la jeunesse à l'époque. On les voyait sur les plateaux télé où ils se faisaient un peu matraquer par les journalistes et tout, et ils étaient là, ils défendaient, ils défendaient la cause et donc je trouvais que c'était crédible, Ça avait du sens.
Il est 18 h 56 donc il va falloir que vous ayez un truc sur votre limousine.
Audrey Non mais je suis. Belge, je kiffe. J’adore ce format là. C’est sympa.
Parce que ce n’est pas un format, monsieur.
On a déjà commencé, c’est vrai.
J’espère vraiment que le film sortira en Espagne, nous dit-on
Alors je crois qu’il a été vendu en Espagne il me semble. J’espère, parce qu’en plus le mouvement a démarré là bas avec des Kellys et oui ça serait super ! Ouais mais je n’ai pas suivi les ventes internationales.
Il me semble que j’ai entendu les producteurs diffuseurs au début, puis tout.est ce que ça, ça joue sur le casting ?
Alors ça joue pas, mais c’est eux qui m’ont proposé Salimata.
Comme quoi. Ils m’ont proposé. Et moi j’ai dit non, je n’ai rien dit. Ne commence pas à me donner des noms. Et tout ça commence à m'énerver. Tout parce que je ne sais plus qui m’avait dit non, je ne vais pas commencer à suivre et après je sais plus qui me dit non mais juste rencontré là et je leur raconte mes coups de cœur de fou. JB Heureusement que des fois il ne faut pas être buté non plus pour essayer d’ouvrir son esprit. Et je suis super content, C’est parce qu’elle était en place avec JP a dit oui il y a un amour parce qu’elle est elle a une tendresse et une fin, elle est drôle et tendre dans la même scène et la fin. Je suis vraiment fier de ce casting. Franchement, j’espère vraiment qu’on y arrivera plus. C’est un beau casting avec des femmes supers toutes. Mais enfin, je suis trop fière ! Ouais.
On nous dit, c’est un casting de taré. Qu’est ce que tu en penses ?
Je ne sais pas, Vous demandez aux gens qui m’ont dit que J’ai l’air d’une tête, alors pardon mesdames, messieurs non binaires, on ne peut pas discuter. En même temps, des fois vous vendez des trucs, mais moi je n’arrive pas à faire les deux. Donc pardon si on ne répond pas à vos machins.
En tout cas, vous l’avez bien vendu votre film, camarade, c’est Jean Ferraille. Le film sort le demain 1ᵉʳ mai. Un choix symbolique, un choix mûrement réfléchi avec le Pacte, votre diffuseur pendant des réunions et à n’en plus finir. Quand est-ce qu’on sort le film ? Est ce qu’on le sort avant, après Cannes, etc. Oh, et quelqu’un sort le premier indice tiens, là.
Pour être sincère, c’est que ça devait sortir le 20 mars pour le Printemps du cinéma. Mais parce qu’il y avait aussi une logique, c'était de se dire peut être que notre public, c’est les femmes de chambre, c’est ces gens là, donc c’est moins cher et c’est une réalité. Oui, mais j’ai pas fini le film assez tôt, je l’ai fini mi-janvier et nous, c’est important pour dire aux Bretons Monsieur Breton, qu’on voulait absolument faire des avant-premières en France pour rencontrer le public. C’est un film très populaire, dans le bon sens du terme et on voulait absolument rencontrer le public et donc on a décalé. On s’est dit bon bah parce qu’il y a les J.O, il y a l’Euro, il y a tout ça, il y a du m’attendre, c’est un mercredi et là, putain bah oui, on fonce. Et c’est vrai qu’il y a les charges et la date parce qu’il y a quelques films qui sortent ce jour-là, mais on s’est dit on s’en fout, le symbole est beau et ça a du sens et c’est important. Quand j'étais éducateur souvent, est ce que ça a du sens ? Ça a du sens, ça a du sens. Et bah voilà, là ça a du sens.
Ça a quel sens ?
De venir ici ? Alors que là, toi t as déjà préparé la question rituelle, en gros, là où il y a un rituel ?
Non, non, non, pas de préparation.
Mais de sortir, le jour de l’anniversaire de la défense des droits des ouvriers.À la Fête du travail. On nous dit que c’est ça fait du bien. Ce que je disais tout à l’heure dans la lutte, ça fait du bien aussi des fois de passer la main. On dira là, j’ai besoin de me reposer pour revenir plus tard avec le flambeau et on passe le flambeau. Solidarité, sororité, etc. Je voudrais juste rebondir sur un truc il y a quelqu’un qui a dit Ouais Kool Shen, avant il y mettait le feu et maintenant il fait du poker, il fait la pute avec de la pub. Ce n'était pas ça la phrase, mais le principe.
Sur des sites de poker ?
Juste une chose, je voulais dire posez vous la question les gars, les filles et les non binaires. Si un jour on vous propose un chèque avec plein de zéros derrière pour mettre votre gueule devant une marque, alors moi je le fais pas par conviction, je refuse de faire ce genre de truc. Mais toutefois, c’est très difficile. Moi je me rappelle qu’un jour on m’a proposé de faire une pub pour une banque et j’avais besoin de ce fric et j’ai refusé. Et je vous jure que je les ai eus comme ça ! J’ai putain mes connasses ! Non, non, non. Donc posez vous la question vous, est ce que ça rejoint le film ? Est ce qu’on fait grève ? Est ce qu’on ne fait pas grève ? Est ce que ce n’est pas si simple ? Et l’intérêt, justement, c’est de parler de ça. Comment vous tous et toutes. Vous où vous posez quand il y a un problème comme ça ? Parce que faire grève ce n’est pas drôle de faire grève plein d’entre vous qui doit le savoir. Ça demande beaucoup de courage, Ça demande d'être à plusieurs parce qu’il y a des moments où on craque, il y a des moments où c’est dur, il faut bouffer. Donc vous même, posez vous la question et même au delà du travail, à l’intérieur de vos cercles amicaux et familiaux, posez vous des questions. Est ce que des fois vous avez bien fait de fermer votre gueule ou de l’ouvrir ? Je vous embrasse.
Bravo Corinne, dit Sorcière. Cette personne est formidable, définitivement. Mais moi, je voudrais en faire une présidente. Mais dis moi, pourquoi tu regardes la caméra ?
C’est bien, c’est ça un rêve ? C’est un réflexe d’interprète. Et puis j’aime bien quand des gens me disent des trucs, j’aime bien les regarder dans les yeux et tout ça. Alors j’ai l’impression que c’est vos yeux pour vos yeux que je regarde. Donc c’est un réflexe
Magnifique bisou Corinne te dit Euryale c’est la modératrice, Elle ne prend jamais partie c’est une machine.Et là pour la vache ! Bisou Corinne. Sororité camarade Corinne c’est la claque voilà je pense quand je pense qu’on peut s’arrêter là dessus. Mais j’ai quand même une question rituelle. Après je vous laisse prendre votre hélicoptère qui est en train d’arriver dans l’héliport.
Voilà. Puis c’est Bruxelles qui me l’envoie.
La question rituelle, vous avez fait les avant premières, le film à 9 h, il aura déjà fait combien d’entrées puisqu’on compte maintenant les avant premières ?
Je ne sais pas, je n’ai pas suivi, alors franchement, ce n’est pas ce n’est pas énorme. Je crois qu’on était bien
Moi je vais dire moi je trouve qu’il y en a marre de parler des les audiences des audimats aussi. Dans l’important c’est le message que passe un bouquin, un film, celui de Nessim. On passe un super moment. Donc si vous voulez passer le flambeau du message, allez y les gars, les filles et les non-binaires aussi dans les audimats de merde.
Juste justement plus c’est important, mais je crois que ta communauté le sait. Mais c’est important de soutenir ce genre de film, non pas pour notre petit kiff à nous et nos audiences et nos rires, nos machin chose comme tu disais. Mais c’est pour que ce genre de film continue d’exister. C’est important que ça marche au cinéma parce que ça reste une industrie et donc on a un peu galéré pour le financement, je te l’avoue. Et c’est justement une cette industrie va dire mais pourquoi je vais financer ces films puisque ça ne fait jamais d’entrées ?
Ou on me dit que Kool Shen voulait les mêmes tarifs que pour les sites de poker ?
Non je déconne, je t'écoute.
Et en plus c’est très fort au poker ça.
Oui très fort, très fort
Bien sûr, avec son père bien sûr.
Et on ne peut pas empêcher des gens qui ont été dans la précarité d’un moment vouloir s’en extirper.
Absolument. Donc c'était plein les avant premières ou pas ?
Franchement, ça a été des super avant premières Alors j’ai vu que le champion de France des avant premières c'était Cavanna. Mais lui, même s’il voulait dire bonjour, ça remplissait une salle tu vois, Mais après il se barre quand elle est en montage et en réalisation Mais non mais ce qui était cool nous, c’est que les gens sont venus et surtout ce qui était beau c’est que les gens restaient et ils restaient à la fin pour discuter, pour donner leur émotion. Et c'était beaucoup de personnes à chaque fois. Merci parce que j’ai l’impression de voir ma mère, voir ma tante, de me voir moi. Et c’est ça qui est beau dans ce film, c’est que j’ai l’impression que ça a beaucoup touché parce que ce n’est pas qu’un film sur des femmes de chambre, c’est surtout les travailleurs précaires. C’est sûr, ça pourrait être un film sur les infirmières, sur les personnes comme ma mère qui travaillait aide à la personne. On n’est pas dupe. Et bientôt. Sur les enseignants. Et les artistes en devenir aussi. Exactement. Ouais, c’est un film sur ça. Ce n’est pas que sur les femmes de chambre, c’est sûr, c’est global. C’est pour ça qu’on l’appelait.
Rolland, dit : J’espère pour vous qu’aucune campagne de trolls ne viendra déranger le film
Ça m’est égal, mais un peu flipper.
Est ce que vous avez pris des précautions ? L’extrême droite, en ce moment, ils font ça. Ils dézinguent des films sans les avoir vu sur Allo ciné. Ça fait baisser la note.
Ça faisait un peu pleurnicheuse, mais je disais à la fin si vous avez aimé le film, c’est important de le soutenir en mettant des étoiles sur Allo ciné et en en parlant sur les réseaux et tout.
. C est ce principe de foutre des étoiles sur une œuvre c’est. Ouais, c’est un principe à la con.
Franchement. Ouais mais après tu vois, il y a plein de gens qui ne savent pas quoi regarder. Ils regardent les étoiles.
Et ben ouais, mais la preuve que c’est des conneries.
C’est vrai que c’est insupportable les étoiles. On se croirait à l'école.
Les bons points, les machins, ça va, pensez par vous même. Allez voir le film d’abord.
Question rituelle à laquelle Corinne a donc été préparée. Question qui vaut pour vous deux On la pose Au poste Qu’est ce que nous avons fait pendant 1 h et six minutes ?
On a essayé de parler de la vie de gens dont on ne parle quasiment jamais, quasiment vraiment, quasiment jamais. Et grâce au film de Nessim, vous allez voir que c’est possible d’en parler à grande échelle puisque vous allez être nombreuses et nombreux à aller le voir et en discuter après autour de vous. Il faut faire boule de neige pour faire péter la boule de la connerie en ce moment, on en a bien besoin. Voilà, c’est ça qu’on a fait pendant 1 h.
On a rigolé pendant 1 h et parfois moi j’ai fait une demi heure.
Mais j’ai kiffé.
Vraiment. Le réal qui était arrivé quand tout était prêt.
On m’a dit d’arriver sur la terrasse, j’avais installé les remparts et David a joué les lumières tout seul.
Corinne qui m’a dit viens à 6 h et demie.
Vous avez un problème avec votre équipe, votre armée mexicaine de communication ?
Je suis obligé de vous parler d’un truc parce que tu vas être obligé d’inviter les autres. J’ai vu ça, j’ai lu, tu vas être obligé d’inviter les participants.
À grand plaisir et je vais leur dire qu’ils vont être ravis.Donc y a combien ? Comme combien à toutes les quatre ?
5 Non, c’est toi qui es chez toi.
On va faire ça, on va faire.
. Ben ouais,
Ouais, voilà, ça va être toi, ça va venir par toi la révolution. Il y a un mouvement qui est en marche.
De cette boule dans la terre. La chatte râle.
Pouvez vous expliquer comment un film arrive ou n’arrive pas sur les écrans ?
Comme je le disais, en fait, la date est chargée. Il y a quelques gros films qui sortent avec beaucoup de copies et c’est des négociations faites par les programmateurs du pacte et ils appellent les cinés, ils négocient et puis voilà. Et donc on a 313 salles, ce qui est pas mal parce qu’on couvre pas mal de régions, de petites salles et puis voilà, c’est de la négo. Et donc peut être que si ça marche, si ça cartonne, ils vont ouvrir encore plus de salles, les exploitants, donc les cinémas, on se dira t’entends, il faut que je le prenne. Et voilà. C’est toujours pareil, il faut que ça marche. Les premières semaines sont indispensables, sont déterminantes.
Et ça soulève aussi la question des petits et grands distributeurs aussi et du petit cinéma qui sont bouffés par les grandes. Ce qu’on appelait moi. Moi je suis comme je l’ai dit, je suis de Roubaix et donc à côté, à Lille, il y avait comme ça deux salles.
Jean Gabin et une métropole. Et l’autre il est sorti et le magicien, le magicien, le magicien ont été rachetés par. Voilà. Donc ça aussi c’est un problème. Donc quand vous dites oui, mais moi il n’y a pas chez moi, c’est aussi qu’il y a un problème de système aussi dans la distribution des films. Et ça c’est encore une autre histoire, mesdames, messieurs, et non binaires.
Oui.
Merci, c'était un bonheur, j’avais un peu le trac. Mais voilà donc je vous dis que des conneries, c’est cool. J’invite, on va organiser ça, ça c’est cool, je suis sûr, on va le faire dimanche matin.
Tu ne vas pas les avoir, tu vois.
C’est bien normal..
Avec plaisir ! Je dois faire une photo de vous deux, ensuite je vous libère et moi je vais rester avec les gens du chat
Et super ce truc là, ça j’adore Et il est magnifique !
Alors ça, ça vient du Canada.
J’ai vu la bande tout à l’heure Est ce que c’est la bande ?
C’est la bande d’où ça sort ?
J’ai épousé jadis un Québécois et Montréal était ma deuxième maison pendant longtemps. C’est drôle, tu vois, ce qui est bien, cette lettre…
Ce que Serge dit des « Québécois » dans le film d’ailleurs
Cette télévision vient de Chicoutimi.
Mais non pas que j’ai mon voyage, c’est autre chose que Robert, c’est autre chose mais ça dépend des quartiers
Merci à vous deux.
