De barricades en barricades : l’Histoire des droits racontée sans concession
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ici, j’ai le nouveau livre de Mathilde. On s’est battues pour les gagner (Éditions du Détour) Droits humains. Politiques sociales. Travail. Corps. Égalité. Dignité. Histoire de la conquête des droits en France et c’est illustré, comme vous le voyez, par un dénommé Sochard Fred, qu’on connaît bien ici, je te donne un peu la parole. Comment ça va ? Et tu es content de retrouver ce studio et cette fois-ci en tant qu’invitée.
Oui, après c’est sympa d'être en face aussi hein. Mais oui, oui, non, je suis contente. Juste il fait un temps de merde, on est dans un gouvernement de merde.
Parfait alors je ne sais pas si t’as vu, mais j'équipe le studio. Nous avons maintenant une caméra qui est automatique, qui suit tes mouvements si jamais tu te mets à bouger, Vas y, bouge pour voir elle te suit
Non mais je n’ai pas l’intention de bouger comme une malade non plus.
J’enlève le tracking parce qu’hier ça m’a fait peur. Bon bref, je suis très heureux de te retrouver. As-tu eu des échos de ta première émission que nous avons diffusée en direct il y a quelques jours ? La première Du passé faisons table basse.
Bah écoute, plutôt bonne après si tu veux, c’est mes potes, donc en général mes potes disent que c’est bien parce qu’ils sont sympa avec moi, mais je crois que Julie aussi elle avait eu des bons retours et il y a des gens qui disaient qu’ils avaient découvert le bouquin grâce à l'émission, donc je suis super contente pour elle. Et voilà, c’est parfait.Je suis vraiment une bosseuse en fait. Et puis j’aime bien quand c’est calé et en fait, tu vas entre les cours et tout ça. J’ai quand même vraiment pas mal de trucs à faire, donc faut que ce soit calé, il faut que je sache que je suis comme ça, j’y peux rien, c’est moi, je passe, je ne suis pas en stress, je ne suis pas freak, mais j’aime bien quand c’est organisé.
C’est un livre qui part d’un coup de gueule, celui de voir constamment l’histoire des droits à être racontée comme une liste de dates, de lois, de noms de leurs ministres, comme autant de cadeaux tombés du ciel. Celui qui alerte des menaces. Hop ! Attends, qu’est ce que c’est que ça ? Oui, voilà, c’est ça. Un livre qui rappelle l’appel Ambroise Croizat était le Ministre du Travail.
Alors en fait, il paraît que ce n’est pas lui qui exactement ? Et ben voilà. Et bien moi je pensais que c'était lui qui avait dit ça. Mais. Mais j’ai un copain en manif qui m’a dit mais en fait non, on a jamais trouvé l’endroit où il l’a dit et donc c’est sans doute pas lui qui l’a dit.
Il se trouve qu’on s’est croisé en manif l’autre jour et tu étais là aussi très occupée. Tu m’as dit je fais mon relevé, ma récolte. A ta récolte, on relève, ta récolte et ça te sert dans le bouquin. C’est quoi les récoltes alors ?
En fait, c’est vrai que j’ai une espèce de fascination et intérêt pour toutes les pancartes qu’il y a dans les manifs, parce que je trouve ça politique, poétique, inventif, impertinent. Enfin, il y a, c’est extraordinaire tout ce qui peut s'écrire, il y a un humour des fois dedans, des fois c’est grinçant. Et donc effectivement, je les prends en photo, je les prends en photo aussi dans un but militant parce que je les poste, que ce soit sur Instagram ou sur Twitter. Je ne dis pas que ça me fait chier dire que j’ai l’impression d'être à poil. Donc je dis Twitter et puis en plus c’est l’autre donc ça permet de diffuser. Il y a un côté diffusion militante et par ailleurs, ce n'était pas le cas dans la manif où on s’est croisés, mais dans les manifs féministes. Là, je fais vraiment un relevé ou une récolte extrêmement précise, parce qu’avec la bibliothèque Marguerite Durand, en fait, j’archive tout ça.
Marguerite Durand la bibliothèque féministe à Paris ?
Ouais,
La Fabrique des femmes
C’est la bibliothèque des archives féministes, parce qu’il y en a d’autres, mais c’est la principale bibliothèque des archives féministes à Paris. Et en fait je avec la conservatrice Carole, on va essayer de faire un fond de toutes les photos de pancartes parce que voilà, c’est des sources, C’est intéressant de savoir dans 50 ans ça sera intéressant de voir tout ce qui pouvait s'écrire sur des pancartes féministes, donc je ne peux pas les faire pour toutes. Mais là, ce qui fait que c’est un peu chiant parce que si tu vas aux manifs féministes alors que j’aimerais être avec les copines à hurler des trucs, je suis là à courir dans tous les sens et à faire des photos de pancartes, de pancartes ou de graffitis ou de collages.
Je termine ma présentation et d’ailleurs, c’est donc à ce devoir de mémoire, celui dont tu viens de parler, qui est ton livre, que tu nous invites, toi La pétroleuse historienne Mathilde Larrère J’aime bien t’appeler La Pétroleuse et un jour tu m’as dit que tu étais d’accord avec ça. Oui, on va faire ça. Méthode Larrère C’est quoi ?
La méthode Larrère c’est quoi ? On ne s’étend pas indéfiniment.
C’est ça la méthode Larrère la méthode, Larrère c’est : je suis payée pour 1 h, je fais 1 h.
En même temps, c’est bien.
Mais c'était l’autre jour, pour ceux qui n’avaient pas suivi l’autre jour, tu as fait l'émission et effectivement ton émission c’est la tienne. Carte blanche, tu invites qui tu veux, tu fais comme tu veux, Tu m’as dit non, on va faire qu’une heure et j'étais surpris. Au début, je me dis tiens, pourquoi ? Et en fait j’ai écouté, j’ai compris pourquoi. Parce que ton idée c’est de dire on donne envie à ceux qui vont participer dans le tchat, à ceux qui sont actifs là et aux autres, à tous et à toutes en fait, d’avoir envie de lire le livre ou de voir le film et pas nécessairement de balayer tout le propos. C’est ça la méthode, Larrère
Ouais ben surtout qu’en plus, si tu veux, moi mon objectif c'était effectivement que les gens aient envie d’acheter, de lire le bouquin de Julie Pagis parce que voilà, je le trouve super et que, tant qu'à faire, autant lire son travail. Et donc, si on résume moi ça m’est arrivé d'écouter des émissions au poste ou ailleurs et où en fait c’est bon. En fait j’ai tout lu, je n’ai pas besoin, ou alors même je l’achète, mais je le lis pas parce qu’au bout du compte, j’ai entendu suffisamment. Donc il y a un côté amuse bouche, tu vois.
C est l’art de la mise en bouche sur Twitch, Twitter, You Tube. Et je termine la présentation et on vous le rappelle, pour que l’information libre tienne, il faut la financer. Merci 1000 fois aux donatrices et donateurs pour défendre la liberté. J’ai fait rapidement parce qu’il ne reste plus que 58 minutes. Je rigole évidemment.
Mais je ne me transforme pas en citrouille à 19h pétantes.
La citrouille, ça irait, ce serait raccord avec le décor. On va on va raconter, on va rentrer dans quelques chapitres et pas tout exprès parce que tu peux le temps, gérer la caméra, nous dire en fait comment est chapitré ton bouquin ou sinon, je peux le dire, les droits naturels sur lesquels nous allons revenir, les droits politiques, les luttes. Pour moi, les luttes, à chaque fois, c’est du temps.
Parce que moi c’est sur ça que je travaille, je fais une histoire,
C’est à dire que moi, ce que je veux raconter, c’est pour ça qu'à un moment je dis c’est une histoire populaire des droits. Ce qui m’intéresse, c’est de raconter comment les droits ont été conquis, arrachés, défendus. Parfois, ça bouge beaucoup, parfois perdu, ensuite regagné. Moi, ce qui m’intéresse, c’est la dimension histoire des luttes dans cette histoire plus générale des droits. Donc voilà, ce n’est pas un bouquin de juriste, c’est un bouquin d’historienne du politique et du social. Donc moi je veux des hommes et des femmes. Voilà le couteau entre les dents, la pancarte au bout de la main, le cheveu au vent et qui se battent.
Et ce n’est pas parce qu’il y a un personnage, il y a là, il y a beaucoup de femmes dans la vie.
Il y a beaucoup de femmes dans la vie aussi, et la moitié de l’humanité. Et puis c’est une revanche sur leur invisibilisation.
Leur invisibilisation et sur qui écrit l’histoire. Et évidemment, selon les époques, selon les autrices et les auteurs, il n’y a pas la même dose de ceci et de cela. Alors amis de droite ce livre n’est pas pour vous, c’est à dire qu’il n’y a pas d’acquis sociaux par la droite.
Non, Après ça, ils peuvent lire et changer d’avis mais de fait, je pense que quelqu’un de vraiment de droite n’aime pas trop mon livre, mais mes de fait et je l’ai pas non plus écrit pour eux, on va être honnête mais bon, c’est un livre d’histoire.
Non ce n’est pas du tout un reproche, mais je me suis dit ce matin tiens, au fond, un historien de droite, comment il raconterait tout ça ? Est ce qu’il raconterait ça ou il raconterait autre chose ? Parce qu’on va voir qu'évidemment la droite et la gauche, tout ça c’est une histoire de luttes et de réactions, de révolution, de contre réaction. C’est absolument passionnant. Grosso modo, ça part de 1789, même si on va voir du plus avant, jusqu'à aujourd’hui, jusqu'à ce qui s’est passé ces dernières semaines quasiment,l’actualité, on va en parler aussi, mais de plus en plus, je me pose la question mais comment les gens de droite voient ce que nous nous voyons ?
Mais alors c’est juste que tu dis. C’est à dire qu’en fait un historien de droite ne s’intéresserait pas forcément à ça, il aurait une autre approche et par ailleurs, il pourrait écrire des choses extrêmement intéressantes sur un sujet différent, sur, je ne sais pas, moi, le rôle de la Cour de cassation dans la définition des droits, l’importance de la justice, c’est une autre approche. Et enfin, c’est-à-dire que moi, je suis historien de gauche, c’est bon, tout le monde a pigé. Il n’empêche que je lis des historiens de droite et j’apprends énormément de choses dans des ce n’est pas droite gauche, ça ne veut pas dire que je fais un barrage. En réalité non, à condition qu’ils fassent de l’histoire, on est d’accord. C’est à dire que ceux qui sont des faussaires de l’histoire, là, évidemment, ça ne m’apprend rien. Mais un historien de droite et il se trouve que dans les historiens du droit, il y en a beaucoup qui par ailleurs sont de droite. Et j’ai lu pas mal de choses pour comprendre des choses sur les droit, leurs spécificités. Mais moi, là où la personne de gauche agit dans l'écriture de ce bouquin, c’est que je choisis de raconter les luttes qui ont conduit à ces droits. C’est un choix de sujet en fait.
Alors les luttes…
Je choisis, je suis chiante et je choisis dans les luttes de faire super attention à n’invisibiliser personne qui lutte, c’est à dire à ne pas raconter que les luttes des hommes, que les luttes des privilégiés, voilà de faire très attention à ce qu’il y ait des femmes et tous les dominés, donc des racisés, des étrangers, des homosexuels je raconte toutes les luttes.
Et pour dresser la table, comme on dit au Québec, il y avait donc les premières luttes dont j’ai parlées, sur lesquelles on va revenir, mais et d’autres, les luttes pour les droits des travailleurs travailleuses, les luttes pour les droits reproductifs, les luttes pour les droits des sans papiers, les luttes pour les droits LGBTQ c’est tous ces droits là. Et grosso modo, de 1789 à aujourd’hui, j’aimerais te faire lire un passage. Tu es d’accord, toi qui a l’habitude de lire les choses ?
Oh oui, je te l’ai !
Alors page 29 donc tu l’as ?
Oui, oui, je l’ai page 29
Un petit peu après et on va voir que ce n’est pas droite ou gauche, en réalité c’est trois pattes.
Et oui, on peut imaginer la Révolution française comme un animal à trois pattes. La première patte est celle des députés libéraux qui cherchent à transformer l’ancien régime en une monarchie constitutionnelle, une société d’individus libres et civilement égaux et à libérer l'économie. La seconde pâte est celle des classes populaires. Elles veulent du pain à bon prix. Moins de taxes, moins de devoirs. Donc je tourne la page L'égalité sociale et politique, la fin du système féodal et la répartition des richesses. La dernière jambe n’est guère notre animal puisqu’elle le freine, cherche à reculer. C’est celle de la contre révolution d’une partie de la noblesse et du clergé accrochés à la société d’ordres, celle du roi arc bouté sur ses prérogatives de monarque absolu. Quand la première jambe, donc les libéraux, si tout le monde a suivi, c’est bon. Quand la première jambe fait un pas en avant. Par exemple. Transformation des États généraux en Assemblée nationale constituante le 17 21 juin 89, La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en août. La troisième rétro pédale tente le croche pied. C’est quand, par exemple, le roi fait fermer la salle de réunion du tiers, fait masser les troupes autour de Paris à la veille du 14 juillet, renvoie Jacques Necker. Il paraît qu’on dit "Nècre", ministre favorable aux idées libérales en juillet 1789. Voilà, je les liste. Eh bien, dans ces cas- là, en gros, quand les libéraux sont coincés par la deuxième jambe avant la première jambe est coincée par la jambe de la contre-révolution. Alors là, la deuxième jambe parce que la troisième c’est le roi.
Ah ben oui, c’est vrai.
Alors c’est alors la deuxième jambe, la jambe populaire qui permet de relancer la marche.
Expliquez-vous. Est ce que vous écrivez comme vous venez de lire ?
C’est dans ma tête. Alors en plus, si tu veux ce truc des trois jambes, c’est quelque chose que je sais quand je fais mon cours sur la Révolution française à la fac pour l’expliquer aux étudiants, parce que c’est pas évident d’expliquer comment, comment, comment fonctionne et comment on avance par à coups Cette révolution et comment la foule, les classes populaires tout à la fois aide les libéraux et en même temps leur fout la trouille. Et donc c’est vraiment une avancée difficile. Et pour l’expliquer aux étudiants et aux étudiantes, j’ai trouvé cette image et en plus en général en bas de l’amphi, je fais comme une conne avec mes grandes jambes et j’essaie d’avancer une troisième jambe. Résultat ça attire l’attention, ça fait qu’ils écoutent plus.
Ça et la caméra s’affole.
Oui la caméra s’affole et c’est quelque chose que j’ai repris d’une expérience pédagogique pareille. Je crois que c’est un peu avant. J’explique la question des droits de l’homme et le fait que là on prend la déclaration des droits de l’homme et pas on déclare les droits naturels en prenant la métaphore d’une partie de cartes où en fait le roi a dans son jeu une carte merveilleuse qu’est la légitimité divine, et que face à ça, les révolutionnaires qui ont un jeu plus faible ont besoin d’avoir une carte qui est aussi forte que légitimité divine. Et cette carte, c’est les droits naturels. Donc voilà, des fois j’utilise. Ce n’est pas facile de faire comprendre la révolution et comme je l’enseigne depuis un petit bout de temps, j’ai des espèces de techniques qui marchent bien en amphi en tout cas.
Mon cher Robin, si jamais le dernier truc, si jamais tu peux mettre le chat. Elle aimerait le voir, on le voit tout petit. On nous dit quelqu’un t’as eu en cours et à l’UPEM.
C’est l’université Paris Vallée Maintenant ça s’appelle Gustave Eiffel parce qu’on en avait marre d'être la fac Mickey Mais ouais, c’est à Marne la Vallée.
Voilà. Et je l’adore ! C’est Disneyland deux fois. Alors justement, les droits, les droits, les droits naturels, qu’est ce que c’est que cette histoire ? C’est l’article 18 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 26 août 1789 tu nous dis voilà, c’est la carte maîtresse du bon peuple
Alors pas du bon peuple,
Ouais, c’est au fond, c’est incroyable. Ah non, là, important. Aidez donc Fred Sochard dans ses œuvres illustrées. Et je disais voilà, ça marche, ça marche à la lecture. C’est à dire que cette forme de légèreté, parfois il y a des onomatopées
parfois oui je fais des « pafs ».
Pouf et paf et boum Voilà comme tu viens de lire. Donc c’est intéressant de t’entendre dire vas y.
C’est marrant parce que les gens qui me connaissent quand ils lisent, ils disent je t’entends. Alors c'était quoi des droits naturels ? Les droits naturels, on a le droit naturel, Ça, évidemment, c’est pensé avant la Révolution française. C’est pensé par tout un tas de philosophes qu’en général on regroupe sous le terme de philosophe et philosophie du droit naturel, L’idée. Je fais encore un peu l’idée qui est défendue par les philosophes et la philosophie, disons naturelle à grands traits Dieu crée les hommes et les femmes. Enfin, en fait, ils s’en foutent un peu des femmes. Donc en général, ils disent Dieu crée les hommes, les hommes se retrouvent comme des cons sur la terre et si on les laisse comme ça, ils se bouffent les uns les autres. État de nature, violence. Là, les plus forts l’emportent, c’est la cata. Résultat les hommes décident de se mettre en société, de contracter, de se donner un gouvernement. Selon les philosophes, les termes changent, mais il faut que ce gouvernement s’engage à respecter leur droit naturel, puisque c’est Dieu qui leur a donné ces droits naturels. Et donc le gouvernement doit être institué. Le contrat social doit garantir ces droits naturels. Résultat ce qu’exprime très bien Locke, par exemple, à la fin du XVIIᵉ siècle si un gouvernement venait à renier ou à violer les droits naturels, eh bien les hommes seraient en droit de changer de gouvernement pour pouvoir garantir leurs droits naturels.
Donc, Michel Barnier, si tu nous écoutes.
Oui, tremble, tremble Michel. Et donc on peut penser c’est ça, c’est ce qui va être après, formulé comme le droit de résistance à l’oppression. Absolument. Les hommes et les femmes, je rajoute parce que je ne suis pas je. L'évolution vers de 1789, les hommes et les femmes ont le droit de résister à l’oppression et de changer de gouvernement pour s’en donner un qui respecte leurs droits naturels et donc en fait tout ça, ça permet de justifier. Et c’est d’ailleurs pour ça que l’OC aussi le fait juste avant que la révolution anglaise renverse le Stuart absolutiste et mette à sa place un orange beaucoup plus orange comme ça. Oui mais voilà Guillaume d’Orange qui accepte une pas une constitution, mais un Bill of Rights plus libéral. Eh bien c’est pour dire que pour légitimer le renversement d’un souverain, fût-il légitime, ce souverain, c’est plus légitime que la légitimité dont peuvent se prévaloir les souverains.
Alors tu nous parles d’une dame, et c’est pour ça que j'étais surpris dans la présentation, parce que tu as parlé d’elle en fait, sans la citer, il s’agit de Anne-Josèphe Théroigne Un pistolet, un sabre à la ceinture à la tribune de la Société fraternelle des Minimes, le 25 mars 1792.
Les armes et les armes.
Elle dit donc, armons, nous, nous en avons le droit par la nature et même par la loi.
Alors je te raconte ça : Anne-Josèphe Théroigne
raconte un peu. Et juste derrière cette idée que de pouvoir posséder des armes, un acquis c’est un conquis de la révolution. Mais quand il va y en avoir plus. Il y a plusieurs révolutions Anglaise, américaine, française. Et on va voir que l’Américaine dans sa constitution, tout le monde le sait l’amendement numéro deux, le port d’armes, c’est toujours d’actualité, alors qu’en Europe, on va se séparer des armes on va désarmer.
Ok, ça fait plein de trucs, là. Allez hop, à Anne-Josèphe Théroigne. Celles et ceux qui nous écoutent connaissent peut-être plus un autre nom par laquelle on la désigne qui est Théroigne de Méricourt. Souvent, c’est comme ça qu’on l’appelle. Moi je ne l’appelle pas Théroigne de Méricourt. Parce que l’expression le mot Théroigne de Méricourt, c’est le nom qui lui a été donné par ceux qui l’attaquent, elle est née à Méricourt. C’est près de Liège et en fait elle était révolutionnaire. Et donc on fait du Méricourt comme si elle avait une particule. Or, pendant la révolution, avoir une particule, comment dire, ce n’est pas un futur. Donc, alors que son vrai nom, c’est son prénom, c’est Anne Joseph et son nom de famille c’est Théroigne. Il y a plusieurs autres cas donc moi j'écris Anne-Josèphe Théroigne mais je ne m’embrouille pas.
Et qu’est ce qu’a fait cette Anne Joseph Théroigne ?
Eh bien Anne-Josèphe Théroigne quitte sa Belgique elle même en révolution mais en contre révolution par la suite et se retrouve en France elle va se battre,d’abord uniquement dans les prises de parole pour l'égalité femmes hommes et y tenir tout un tas de propos que plus tard on qualifierait de féministes. Mais le mot existe pas à ce moment là et entre autres, mais parce que ça, c’est ce qu’a bien montré les travaux de Dominique Godin. C’est la première historienne qui a travaillé sur les femmes pendant la Révolution française. Ce qu’on demandait majoritairement les femmes pendant la Révolution, c’est cette question des armes. Alors attention, ce n’est pas la possibilité que chacun ait une arme. En fait, c’est la possibilité de rentrer dans la force publique. Tu sais, toi tu cites très souvent l’article douze de la Déclaration des Droits de l homme mais oui, l’article douze qui permet la constitution d’une force publique qui doit agir non pas en fonction des intérêts de ceux qui la composent, mais de ceux qui l' emploient, mais de notre loi qui est pour le bien public et pour la défense des droits. Et en fait, ce que réclament les femmes, Pauline, Léon, Claire Lacombe et tout un tas de pétitions qu’a mis à jour Dominique Godin, c’est de rentrer dans la garde nationale. Et quand la guerre éclate à partir de 1792, de rentrer dans l’armée. Donc ce n’est pas, ce n’est pas un droit individuel, c’est la participation à la force publique citoyenne et qui est en plus à cette époque avoir le droit d’y participer. C'était une citoyenneté intensément vécue. C’est en fait être citoyen, c’est avoir le droit de participer, de pouvoir se battre pour son pays et de pouvoir se battre pour défendre les droits. Et c’est ça qui est marrant d’ailleurs parce que là, la seule, la femme la plus connue de la Révolution française, celle qui est enseignée maintenant en première, c est Olympe de Gouges c’est la seule qui ne demandait pas ça.
Voilà, tu le rappelles.
Donc oui, l’article douze de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, c’est d’une rédaction extrêmement difficile parce qu’elle ne veut pas demander d’armes.
Alors rappelons Olympe de Gouges c’est celle qui va féminiser.
Qui va féminiser en 1791.
Qui féminise la fameuse déclaration des droits de l’homme qu’on connaît tous et tu dis il y a un article
C’est le douze.
Elle ne le touche pas, c’est sur la santé publique.
Alors qu'à l'époque la Garantie des droits de l’homme nécessite l’instauration d’une force publique pour l’intérêt de tous et non pour elle et non pour l’intérêt de ceux qui la composent.
Voilà, t’as vu, c’est ceux qui l’emploient.
Ah oui, tu as vu les photos de la déclaration article douze des droits de l’homme
Effectivement, elle ne féminise pas en tout cas.
Enfin en tout cas c’est ça alors que tout le reste est féminisé avec des stratégies de féminisation différentes, des fois en ajoutant hommes et femmes, des fois en féminisant, il n’y a plus que les femmes, mais celui là, non. Alors que c’est le droit, mais que ça continue, hein ? Je veux dire, quand j’imagine sur le chat, il y en a un certain nombre qui connaissent la photo de Louise Michel en uniforme de la Garde nationale. Si elle est en uniforme de la garde nationale, c’est parce que ça participe de cette demande des femmes d’avoir des armes. Andrée Léo qui va se battre qui est communarde mais qui va dire à la commune : Mais armez nous, armez nous, on va bouter les Versaillais hors de Paris. Si les femmes sont avec les hommes. Mais il y a un refus, en tout cas des autorités de la commune d’armer les femmes.
Tu viens d’employer au détour d’une phrase pétaradante le mot pétition. Voilà, ça a été une révélation pour moi. J’ignorais totalement que la pétition, notamment pour les femmes, va être le véhicule pour s’imposer pour faire partie du débat public et tout d’un coup, ces pétitions d’aujourd’hui, qui me semblent toujours un peu désuètes, concilient sans trop y croire. En fait, c’est un acte fondamental et ça, je trouve ça chouette qu’on prenne deux trois minutes pour que tu nous expliques ce que c’est que ce caractère très particulier de la pétition et des pétitionnaires.
Ouais, alors ça, j’ai vraiment voulu le mettre parce qu’en fait, moi j’ai travaillé quatre ans sur les pétitions, c'était mon équipe de recherche. Pendant quatre ans, on a bossé sur les pétitions envoyées aux chambres et équipes de recherche.
. Ça veut dire que ce sont des étudiants qui travaillent pour toi ?
Non, pas du tout. Ça veut dire qu'à l’intérieur du labo, on s’est mis à quatre profs plus un informaticien parce qu’on voulait faire une base de données et c'était notre projet de recherche et on a travaillé dessus pendant quatre ans. Donc c' est vraiment quelque chose auquel je tiens beaucoup. Et j’ai lu beaucoup de pétitions, j’en ai vu beaucoup et c’est des sources hyper belles, hyper intéressantes et à mon sens beaucoup trop peu utilisées, mais parce qu’elles sont très dures d’accès. C’est à dire que voilà, t’as un carton et dans ton carton tu as 300 pétitions, donc un peu noyé très vite dans la source. Bref, le droit de pétition ce n’est pas le droit de pétition change. Et puis c’est lancé dans l’espace public et en fait il s’agit surtout de se compter. Voilà, ce n’est pas ça le droit de pétition. Le droit de pétition, c’est le droit d'écrire à nos représentants ce que les démocrates appellent nos mandataires. Ce n’est pas la même chose d'être un représentant et un mandataire, en tout cas d'écrire à la chambre soit unique sous la révolution, soit chambre basse chambre haute par la suite. Ce droit de pétition est assorti d’un devoir de traitement par les représentants du peuple. Donc ils doivent lire ce qui monte d’en bas et ils doivent y apporter une réponse. Réponse qui ne sera pas forcément satisfaisante pour ceux qui ont écrit. Mais en tout cas il y a cette obligation si tu veux, c’est une forme d’intervention. Alors on parle de tout le monde dans le processus parlementaire, voire dans la fabrication de la loi. Donc, c’est un truc très important et ça a été l’enjeu d’un débat très important sous la Révolution française, au début de la Révolution française. Les révolutionnaires, les constituants, ils sont hyper contents des pétitions, ils trouvent ça génial. Pourquoi sont-ils contents ? Parce que le fait que partout de France on écrive à l’Assemblée nationale constituante alors qu’avant on écrivait au roi, ça veut dire qu’on légitime l’Assemblée nationale constituante par les écrits qu’on lui envoie. Et d’ailleurs, pas mal de ces pétitions sont : Je vous écris parce que vous êtes le nouveau pouvoir. Au début, ils sont très contents et puis au bout d’un moment, ils en ont ras le bol d’avoir toutes ces pétitions. D’autant qu’au départ, on pouvait même dans certains cas, lire sa pétition à l’Assemblée.
C’est ça.
Voilà, vous pouvez les lire en présence et donc assez vite ils ont un peu envie de légiférer. Donc il y a une volonté de limiter le droit de pétition et là il va y avoir un débat entre deux hommes, un que tu auras compris je n’aime pas beaucoup qui est Le Chapelier, qui est qui est celui qui par ailleurs va priver les travailleurs et travailleuses du droit d’association et du droit de grève ?
Et l’autre c’est un Maximilien.
Et l’autre c’est un Maximilien, Robespierre qui a ses défauts mais qui a quand même un certain nombre de qualités.
C’est du solide de gauche, là, ça met en avant.
. Et donc en fait, Le Chapelier, il veut que le droit de pétition soit un droit politique. Et Robespierre dit non, ça doit être un droit naturel. Alors c’est quoi l’enjeu derrière ? C’est qu’en fait, quand le débat a lieu en 91, un droit politique, c’est ce que j’explique dans le chapitre d’après. Absolument. Un droit politique plaisir peut être réduit. On n’est pas obligé de donner des droits politiques à tout le monde. D’ailleurs, preuve en est, des femmes ont été exclues de pas mal des droits politiques pendant un long moment, alors qu’un droit naturel, puisque c’est la nature de l’homme, doit être donné à tous. Et donc en défendant ce qui se joue dans ce n’est pas juste fin le terme c’est qui aura le droit de pétition et Robespierre gagne. C’est rare parce qu’en fait il ne gagne pas très souvent vu qu’il n’est pas très maso. Non, il n’est pas maso, il n’est pas maso, ce n’est pas un looser.
Et donc.
Il fait ce qu’il peut. Et bref, c’est un droit naturel. Ce qui fait que dans les cartons tu as des pétitions de femmes alors qu’elles n’ont pas le droit de vote, Alors il y a moins évidemment de pétitions des classes populaires que des classes supérieures d’avant. Elles ont moins le temps d'écrire. Et puis pendant longtemps il y a moins d’accès à l'écrit, mais il y en a. Tu as des pétitions d’esclaves T’as des pétitions de colonisés, plein de pétitions qui viennent des colonies à la fin du 19ᵉ. C’est extraordinaire et ce droit ne sera pratiquement jamais remis en cause. Pendant tout le 19ᵉ siècle, il n’y a que l’Empire qui va le supprimer mais enfin là on est quand même à un bon gros niveau de dictature. Et en fait. Après il va tomber un peu en désuétude de nos jours, il existe toujours la tu dois t’en souvenir. La pétition pour les BRAV M c'était une pétition dans le cadre du droit de pétition.
Et d’ailleurs tu en parles dans ton livre. Et oui, d’un coup on fait un saut dans le temps.
Oui mais parce que plus de 240 000 signatures je crois.
Donc les députés s’en sont saisis et la réponse qu’ils ont apportée, c’est de l’enterrer. Alors ça a existé aussi avant, mais en tout cas il y a. C’est-à dire que jamais les députés ne sont obligés de se saisir d’une charge. De fait, ça n’a pas toujours été fait, mais en revanche, une pétition à la Chambre, maintenant, on dit l’Assemblée nationale et ils sont obligés d’y apporter un traitement. Et par ailleurs, il y a un droit de pétition au Parlement européen. Et en fait, les pétitions au Parlement européen, c’est passionnant. Ça m’est arrivé et quand je bossais beaucoup sur la pétition, de lire des travaux plutôt de politistes ou de sociologues sur les pétitions envoyées au Parlement il y a un il y a un vrai travail de lecture des pétitions, beaucoup plus que chez nous et c’est très intéressant. En fait, c’est vraiment la pétition, c’est la petite musique de ceux qui n’ont pas accès aux ors de la République et qui et qui essaient de se faire entendre.
Franchement voilà, en te lisant, j’ai changé d’avis sur les pétitions des uns et des autres en me disant ben il y a ce que tu n’as pas dit, c’est que si j’ai bien compris, les femmes se saisissent de la pétition parce que tu viens de le dire à l'époque, il n’y a pas de député femme, non ?
Bah non, il n’y a que des il y a que des gars.
Oui, on discute. Il y a le festival de la couille dans toute sa splendeur.
Ah ben voilà
Il ne fallait pas me faire venir, c’est comme ça.
Et donc les femmes comprennent que par la pétition, puisqu’elles ont la possibilité de lire la pétition à l’assemblée à la Chambre, elles saisissent l’occasion pour finalement être présentes.
Alors oui, sauf que le directoire va mettre fin à la possibilité de lire sa pétition en public. Mais effectivement, c’est Pauline Léon je crois, qui est allée lire une des très célèbres pétitions de femmes pour demander des armes et de rentrer dans l’armée en mars 92 est elle est à l’intérieur, les femmes sont dans l’enceinte de l’assemblée de toutes façons, puisque les femmes ont le droit d’assister aux séances de l’assemblée, un droit qu’elles vont avoir jusqu’en 95 jusqu'à ce que le Directoire les en prive. Mais celles qu’on a appelées les tricoteuses pour ramener ce qui était finalement une pratique militante et extrêmement engageante. Allez, écouter, je demande aux gens d’aller tous les jours écouter les séances parlementaires et ensuite de rentrer, de faire à bouffer parce que c’est le travail des femmes et après d’aller au café pour expliquer ce qui a été dit, de discuter et de retourner le matin pour écouter tout ça. Et on les a appelés tricoteuses pour les vider du sens politique de ce qu’elles étaient en train de faire.
Mais elles étaient là à tricoter, c’est ça ?
Elles tricotent parce qu’elles se trouvent à joindre l’utile à l’agréable. Et puis de toute façon, voilà, comme ça, elles en profitaient pour faire des pulls, des bonnets. Il y a quelqu’un qui lance une pétition pour une caméra fixe Je ne comprends rien, je ne vais pas bouger comme ça, je gêne personne.
Je vais la ralentir pour la prochaine émission. Alors la lutte pour la liberté de la presse ne faiblit pas et peut mobiliser jusqu’aux classes populaires politisés et bien conscients du pouvoir de la presse comme de l’importance de sa liberté comme symbole et instrument de la démocratie. La lutte se mène dans des hémicycles parlementaires, dans les prétoires, dans les brochures, dans les journaux que l’on publie à l'étranger, dans la rue aussi parfois. Alors si au moment de la révolution, c’est tout le XIXᵉ siècle, etc. Et est ce que c’est un prisme personnel ? Tu es une amoureuse de la presse. Tu accordes beaucoup d’importance à la presse ou réellement. Il y a derrière les enjeux de presse des enjeux citoyens dès le départ, dès la prise du pouvoir par le peuple.
Fromage et dessert les deux. C’est à dire qu’effectivement il y a des enjeux essentiels : l’expression des opinions, la liberté de la presse, elle est essentielle dès le départ surtout que sous l’Ancien régime, on est dans des situations de censure. Mais, elles le restent, et par la révolution de 1830 n’est pas qu’une révolution pour défendre la liberté de la presse, mais en partie c’est extrêmement important. Et par ailleurs, pour ces raisons, parce que la presse et les médias indépendants de façon générale, c’est absolument considérable dans une démocratie, et donc j’y suis attachée en bonne démocrate que je suis chevillée au corps.
Et justement alors, tu n’en parles pas dans le livre, mais sur Twitter, tu fais de la retape à n’en plus finir pour une rencontre le 30 septembre.
Le 30 septembre, c’est-à dire lundi prochain, c’est le Fonds pour la presse libre qui organise ça. J’en profite pour en parler donc c’est à l’espace Reuilly.
L’idée, c’est éventuellement de faire un petit clip avec ça pour appeler les gens à s’inscrire parce qu’il reste quelques places.
Il reste quoi ?
Alors vas y. Ouais, de manière tonitruante.
C’est à -dire que le fond pour la presse libre, qui défend tous les médias indépendants, qu’ils soient écrits comme télévisuels, comme à eux, comme radiophoniques, les podcasts, etc. Contre là, dans un contexte qui favorise les médias qui ne sont pas, qui ne sont pas indépendants, invitent à une soirée, une soirée où il s’agira en fait en rencontrant un grand nombre de médias indépendants, dont Au poste, mais aussi Reporterre, Mediapart, le Vert, Rue89. Je ne pourrais pas les citer tous, mais il y en a évidemment beaucoup. Et de se poser la question. Qu’est ce qu’on fait ? Qu’est ce qu’on fait face à cette crise climatique ? Qu’est ce qu’on fait face à cette crise démocratique ? Et surtout comment les médias, ces médias indépendants, traitent de cette information et pourquoi il est très important de les défendre ? Parce que dans les crises qui sont les nôtres, leur traitement en fait est nécessaire à mettre en regard du traitement des médias dominants, des chaînes de milliardaires Si t’es d’accord avec ça.
C’est parfait on va pouvoir faire un petit clip pour amener le plus de gens possible parce qu’il reste quelques places.
Il reste quelques places, par ailleurs, il faut aussi donner parce que c’est le moment de la campagne de subventions du Fond pour la presse libre et c’est super important de filer pour le fond, pour la presse libre parce que, en fait, chaque année, cet argent est ensuite versé sous forme de subventions pour des projets de médias indépendants et ça a permis de développer parfois un média, parfois aider à s'équiper un autre. Ensuite, on crée des nouvelles rubriques et certains qui sont connus, d’autres qui le sont moins. Par exemple, je pense à l’Arlésienne qui est un super journal d’Arles et qui fait un magnifique travail d'édition et d’information dans cette région, il y en a plein et voilà, le fond pour la presse libre, est là pour aider tous ces médias indépendants et la campagne de subventions c’est en ce moment.
Alors on va continuer à parcourir le livre. Sauf qu’il se trouve que j’ai perdu mes questions. Je vais les retrouver et je vais, avant de rentrer dans le deuxième chapitre des luttes pour les droits politiques, je voudrais te lancer sur une idée qui est qui est la suivante je lis ton livre et. Au départ, je me dis mais ce livre, il file la banane parce que c’est que des victoires. Finalement, à la fin, on gagne. Le peuple de gauche gagne. Et puis après, il y a un chapitre celui sur les sans papiers. On y reviendra peut être si on a le temps, qui lui est assez décourageant d’ailleurs, tu le dis toi même puisque tu en fais un autre derrière un peu après. Et puis après on se dit non, c’est un effet de loupe, parce que tout ça c’est plusieurs siècles, en réalité, ce que ton livre démontre, c’est que rien n’est jamais totalement acquis.
Rien n’est jamais acquis, mais rien n’est jamais perdu c’est ça. C’est à dire qu’effectivement on ne peut pas dire qu’on soit dans une bonne séquence. On ne va pas se mentir, je pense que si je prends à peu près tous les droits les uns après les autres, ils sont soit déjà attaqués soit menacés, les droits naturels sont pour le moins menacés. Par exemple, la liberté de la presse qui en relève. On ne peut pas dire que ce soit en très bonne note. Alors pas pour des questions d’interdictions légales, quoi qu’il y a des journaux qu’on a essayé de faire fermer mais la concentration capitalistique.Enfin voilà les droits naturels : la liberté est attaquée, la liberté, le droit de manifester est attaqué, le droit de vote, il n’est pas attaqué, mais vu qu’ils en ont rien à foutre, c’est une façon de l’attaquer. Les biens, les droits des sans papiers, on en reparlera pour le moins. C’est extrêmement dangereux le droit à la santé. Ils veulent supprimer la remise en cause des droits à la santé qui est quand même un droit humain. Les droits homos, quand on voit qu’ils ont à peu près pour une grande partie voté contre le mariage pour tous les droits des personnes trans. Enfin je veux dire là on est dans une vrai C’est un blitzkrieg réactionnaire, mais, mais il y en a de fait, il y en a eu d’autres dans l’histoire et d’ailleurs on s’est rebattus pour les arracher.
Et d’ailleurs, l'époque étant ce qu’elle est, tu nous expliques à la toute fin de ton livre que tu as dû reprendre la plupart des fins de tes chapitres pour essayer de te l’actualiser.
Puis je l’ai terminé, c'était avant la dissolution
Avec cette idée qu’en fait ça a beaucoup régressé en réalité.
Oui, oui, là c’est clair. Évidemment, moi j’ai fait ce bouquin pour donner la pêche, mais je ne vais pas faire croire qu’en ce moment et toutes les raisons de l’avoir, hein, c’est extrêmement préoccupant, chaque fois que je regarde un bout d’info qui traîne, j’ai envie de pleurer. En ce moment, ce n’est juste pas possible de voir tous ces droits détricotés.
Et puis alors on va pleurer d'émotion.
. Non, non, non, Il faut qu’on arrive à se battre.
Mais on va de non émotion parce que tu vas lire Victor Hugo.
Ah, tu veux que je lise Victor Hugo ?
Si tu veux bien Ah, c’est fantastique, là ! C’est donc le chapitre sur les droits politiques, le droit de voter, de s’associer, de se réunir, de manifester. Évidemment, c’est le chapitre avec lequel tout le monde a bloqué sur Victor Hugo.
C’est drôle, assez extraordinaire
Tu dis attention à Victor Hugo, ce n’est pas non plus garanti sur facture etc. Mais là il y a un passage si tu veux bien le lire, ce serait ce serait super
Donc on est en 1850, en 1850. Depuis 1848, le suffrage universel masculin, ils disent universel, mais en fait voilà, ce n’est que des hommes a été arraché, conquis par la révolution de 1848. Sauf qu’une partie des libéraux conservateurs n’ont pas du tout envie que l’ensemble des classes et notamment les classes populaires votent. Et donc ils vont essayer. Ils vont réussir à faire passer le 31 mai 1850 une loi qui prive les classes populaires du droit de vote et comment ils vont le faire. Ils vont le faire sur des critères de domiciliation. Comme les ouvriers bougent beaucoup, ils vont dire que pour avoir le droit de vote, faudrait résider depuis trois ans au même endroit et donc ça exclut les ouvriers tout en gardant les paysans qui sont plus conservateurs. Donc en fait c’est voilà un an, mais les libéraux, c’est malin, c’est ça qui est énervant. Bon bref, Victor Hugo décide de défendre le suffrage universel, mais en réalité masculin. Victor Hugo, ce n’est pas ça qui lui pose problème non plus. Et donc voilà, c’est le combat pour le maintien du suffrage universel. Sur cette terre d'égalité et de liberté. Tous les hommes respirent le même air et le même droit. Mouvement parce qu’il est un tribunal. Et les députés, à ce moment-là, il y a dans l’année 1 jour où celui qui vous obéit se voit. Votre pareil, ou celui qui vous sert se voit votre égal, ou chaque citoyen entrant dans la balance universelle sent et constate la pesanteur spécifique du droit de cité où le plus petit fait équilibre au plus grand. Bravo, crie-t-on à gauche, on rit à droite. Il y a un jour, dans l’année où le gagne pain, le journalier, le manœuvre, l’homme qui traîne les fardeaux, l’homme qui casse les pierres au bord des routes, juge le sénat, le prend dans sa main durcie par le travail, les ministres, les représentants, le président de la République et dit La puissance, c’est moi. Il y a un jour, dans l’année où le plus imperceptible citoyen, où l’atome social participe à la vie immense du pays tout entier, où la plus étroite poitrine se dilate à l’air vaste des affaires publiques. Un jour où le faible sans lui, la grandeur de la souveraineté nationale, où le plus humble sans lui l'âme de la patrie. Applaudissements à gauche, à droite. Regardez l’ouvrier qui va au scrutin. Il y entre avec le front triste du prolétaire accablé. Il en sort avec le regard d’un souverain.
Extraordinaire.
Oui, et après c’est Barnier Premier ministre.
Et voilà, c’est ça, c’est ça le problème.
Ben voilà, c’est ça le problème. Oui, ça s’appelle un coup d'État.
As-tu fait de l’histoire contemporaine tout d’un coup ?
Ouais, non mais c’est chaud. Je ne m’en remets pas. En fait, je suis très en colère, on va rester avec Hugo qui à ce moment-là n’est pas encore l’auteur des Misérables qui, deux ans avant, était favorable à la répression de l'émeute de juin, quand tout était en train de changer. Le gars, il évolue doucement. Tu sais, il est intéressant Hugo, parce que la plupart des gens dans l’histoire y commencent à gauche. En vieillissant, ils sont à droite, je crois que ça va nous arriver.
Non ? Enfin, en ce qui me concerne, c’est trop tard. Mais toi tu es encore jeune.
Donc voilà, mais je ne veux pas, mais il ne faut pas : Mon fils, si je deviens de droite, tu me mets sous un oreiller ou tu fais quelque chose, tu m’empêches. Donc bref, Hugo il commence à droite. Son père est un général d’Empire, ensuite, il soutient la restauration des bourbons de la monarchie de Juillet. Il retourne un peu sa veste. Il est plutôt favorable à la monarchie libérale. Mais bon, quand arrive 148, il reste conservateur. Dans sa première candidature, il n’évoque même pas le terme de république et ensuite il fait un discours et un discours terrible. Très intéressant. Alors j’adore filer, en TD mais ça va être le discours des deux République qui est à la bonne, qui est la libérale et à la mauvaise qu'évidemment la République rouge, la République qui te donne vraiment l’impression d’attendre les hommes politiques ? Maintenant sur il y a les républicains qui ne sont pas dans l’arc républicain, c’est à dire la gauche, au pire l’extrême gauche. Et puis t’as les bons, c’est-à dire les macronistes. Et en fait après Hugo, il change c’est-à-dire qu’avec l’Empire il ne va pas soutenir Napoléon, il ne soutient pas Napoléon, il se casse. Quand Napoléon amnistie dit bah non, moi je reste à gerber. S’il n’en reste qu’un, ce sera celui-là. Donc lui parce qu’il parle de lui à la troisième personne et ensuite il est républicain, donc c’est un type qui dans sa vie est passé de bien à droite à gauche et il a écrit Les misérables, ce n’est pas rien comme ca. Donc c' est intéressant. Bon après avec les femmes c’est un connard. Se dit elle se dit, se dit alors dans cette, dans cette période. Donc là, on est au milieu du XIXᵉ siècle, il y a une tradition qui est magnifique que tu racontes là, c’est comment la lutte s’organise depuis le début. On a parlé de la presse, on a parlé des pétitions et là on va parler des banquets. C’est quoi ces banquets ? Ces toasts que l’on donne.
C’est beau ça aussi.
C’est magnifique.
C’est beau, alors pendant les monarchies constitutionnelles aussi, sous l’Empire. Mais il y a une interdiction des réunions publiques. Le droit de réunion est très limité. On ne peut pas faire un meeting pas possible. En revanche, il y a des choses qu’on ne peut pas interdire dans l’espace public. On ne peut pas faire de manifestations. Mais l’une des solutions qui va être trouvée par les oppositions, c’est de faire des enterrements politiques. Ça, c’est les travaux d’Emmanuel Fureix qu’il est, qui les ont montré tout ça dans La France des larmes. Mais là, tu ne veux pas parler des enterrements ?
Ah non, mais les enterrements ! Tu veux dire que les enterrements sont des prétextes.
À faire des manifestations.
Oui des manifestations ?
Ça, mais ça.
C’est extraordinaire. Ça c’est un détournement complet.
Parce qu’en fait, tu fais comment quand tu n’as pas le droit de manifester ? Il y a un truc, un cas où tu ne peux pas empêcher des gens d’aller d’un point X à un point Y et d’y aller même en en parlant, c’est quand on enterre quelqu’un. Tu vas de la demeure là où il est mort jusqu'à sa dernière demeure, c’est-à dire sa tombe. Donc tu marches et si c’est une personnalité de l’opposition, si c’est une victime d’une violence policière du passé, c’est le cas par exemple. Alors, c’est rigolo parce que c’est un étudiant qui se fait tuer par la police lors des manifs de 1821,
C’est rigolo,
Tu vas voir, il s’appelle Lallement.
Oui.
. Donc c’est quand même une histoire assez étonnante.
Donc tu penses que c’est de l’atavisme ?
Non, je pense que c’est une coïncidence.
Et je reprends un terme du XIXᵉ siècle.
Et donc les enterrements sont utilisés par l’opposition pour faire des manifestations. Et donc là je vous renvoie vraiment à tout dans les articles ou les bouquins d’Emmanuel Fureix Mais tout est fait c’est-à -dire que la façon dont on s’habille, les cris que l’on peut pousser pendant la procession funéraire, sur la tombe, il est très important. Normalement, c’est des employés du cimetière qui prennent le mort et qui le déposent, mais là on le prend soi même. C’est un hommage. Il y a des discours sur la tombe et alors les discours sur la tombe sont des discours éminemment politiques. Et là d’ailleurs, ce que dit Fureix, on voit que ces enterrements sont politiques, c’est que normalement, dans un enterrement, un enterrement qui n’est pas politique, il y a autant de femmes que d’hommes. Alors que dans les enterrements politiques, tiens, c’est marrant, il y a beaucoup moins de femmes. Parce que justement, comme les hommes de l'époque excluent les femmes, elles sont moins présentes. Bref, il y a les enterrements, les banquets, les banquets.
Les banquets. Mais ce que je veux te dire, c’est que là, en t'écoutant, j’ai eu le même plaisir. En te lisant, je me suis dit Eh ben, ils peuvent rétrécir nos libertés.
Oui, on trouve toujours, mais c’est de la liberté quand même.
Ah bien sûr !
Alors oui, on trouve, Mais tu vois bien, par exemple, c’est l’enterrement de Victor Noir à laquelle va Louise Michel et c’est depuis la mort de Victor Noir qui est un journaliste républicain tué en duel. En plus, ce n’était même pas en duel, il était le témoin du duel. Donc par un membre de la famille de l’empereur Napoléon III. Et c’est pour ça que Louise Michel dit On est en noir parce qu’elle porte le deuil de Victor Noir. Et son enterrement a failli tourner à l'émeute. Trahison. Donc d’abord, ils ont commencé par enlever les chevaux du corbillard. Ils l’ont porté, ils ont porté le corbillard à la main. Et puis, en fait, un certain nombre de républicains radicaux voulaient marcher sur Paris et en fait, ça ne s’est pas fait. En 1832, c’est à l’enterrement du général Lamarque que débute l'émeute révolte de 1839. Donc les enterrements, c’est essentiel. Alors les banquiers, donc pas le droit de réunion, même pas le droit de meeting qui est un droit qui existe en Angleterre au même moment, mais pas en France, en fait que l’on ne peut pas empêcher les gens de se rassembler dans des lieux privés et de bouffer ensemble. C’est impossible de les empêcher. Et donc les banquets vont devenir dès la restauration et ensuite sous la monarchie de Juillet, des espaces de vie, finalement c’est des meetings politiques, mais où on bouffe Alors là, c’est les travaux de Vincent Robert qui lui, a le plus travaillé sur les banquets. C’est-à-dire que ce qu’on bouffe est politiquement connoté. Par exemple, sous la Restauration, on mange systématiquement du rôti de porc patates parce que comme Louis XVI était associé au roi cochon, c’est à la fois dévalorisant comme animal, alors que le pauvre Duchamp, il a rien demandé. Mais. Et quand il est revenu de sa fuite à Varennes, il était dessiné comme un cochon, le roi cochon. Donc on bouffe du cochon parce que c’est comme si on mangeait le roi et les patates parce que c’est Louis XVI qui avait avec Parmentier l’histoire archi connue de la patate. Donc on mange du rôti de porc patate, voilà tout comme si il y avait un buste du roi dans la salle.
Mesdames et Messieurs.
Mesdames et messieurs, mangez du rôti
Si Mathilde peut être aussi précise, c’est parce que page 56 elle balance ses sources et ce n’est pas joli : toasts, menu décor d’atout pouvait être politique. Eh oui, ce que ne manquait pas de consigner les mouchards de la police dans leurs rapports et tu ajoutes les historiens
Mais oui, mais de toute façon, les archives de la police, c’est un miracle. Tout ce qu’on a grâce à eux, c’est vrai. Et de fait, ils s’appuient en permanence donc on sait tout. Et c’est marrant parce que j’imagine le flic en train de bouffer et de tout consigner dans sa petite tête. Donc voilà, il y a et puis il y a les toasts. Ils portent des toasts En 1847 48 toasts à la souveraineté populaire, toast au suffrage universel. Mais ils ne disent pas masculin, mais Toast, toast à la liberté, un toast aux Polonais et. Mais voilà, c’est un repas dont ils louent des très grandes salles. Ils font des repas et donc c’est difficile à interdire. Sauf que, en février 48, le régime tente d’interdire un banquet bien mal lui en coûtera puisque le roi tombera de son trône.
Absolument et ça va, ça va vite se passer. Alors qu’il dit qu’ils veulent un banquet, ils ont des miettes. On est au premier chapitre, presque au deuxième, les droits politiques. Mais je te dis, on ne va pas tous les faire pour ne pas tout déflorer. Mais là vous avez, vous avez le style, le ton. Et puis je t’ai dit pendant que tu arrivais, il y a un personnage, une femme que j’ai trouvée extraordinaire : Louise Weiss.
Ah oui ? Alors elle est drôle.
Alors, est ce que tu veux lire ou je lis comme tu veux ?
Vas y si tu veux.
La femme nouvelle de la militante Louise Weiss. Alors là, on est en train de parler d’un combat qui fait l’objet évidemment de très belles pages de la part de Mathilde qui est celui du conquis, du vote des femmes. Et ce n’est pas de Gaulle, ce n’est pas de Gaulle qui a filé le droit et c’est aux femmes de voter, c’est elles même qui l’ont arraché. Après, on peut dire facilement deux siècles de combats du siècle et demi,
Même presque 150 ans.
L’Association La femme nouvelle de la militante excelle dans les actions spectaculaires propres à attirer l’attention de la presse. Là, les amis, écoutez bien, parce que ça pourrait faire penser à Greenpeace, à Extinction rébellion, à tout ça. Nous sommes en 1936. Elles font un lâcher de ballons rouges, lestés de tracts pour le droit de vote des femmes lors de la finale de la Coupe de France de foot, envoient aux sénateurs des chaussettes avec l’inscription Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées, envahissent le champ de courses lors du Grand Prix de Longchamp avec des pancartes La Française doit voter. Elles s’enchaînent rue Royale à Paris pour bloquer la circulation, s’imposent sur un stand de cuisine du Salon des arts ménagers qu’elles décorent d’affiches suffrages. Louise Weiss appelle ça sa campagne d’ironie. Alors moi je découvre ce personnage, franchement, tu vois je trouve extraordinaire de se dire ces actions ont quasiment un siècle Mais alors en fait, elles sont d’une grande modernité.
Oui mais ça aussi, quand tu regardes les luttes des suffragistes anglaises, c’est encore un niveau au-dessus. Elles n’ont plus aucun scrupule à utiliser des formes plus violentes, même dans les années 30. Mais par exemple, en 1904, pour protester à l’ordre du nom d’un colloque sur le centenaire du code civil, le code civil étant une pourriture absolue en matière de droits des femmes, elles balancent des ballons violets dans l’hémicycle de la Sorbonne où se tient le colloque. En fait, les féministes ont un peu besoin d’avoir recours à des répertoires d’action particuliers voyants pour attirer l’attention, vu qu’elles sont plutôt l’objet d’un manque d’attention. Et d’ailleurs, c’est ce qu’explique Louise Weiss sa compagne d’ironie ça faisait que comme en plus c’est assez visuel, elles étaient en permanentes filmées et dans les actualités qui avant étaient avant les films, les fameuses actualités ça veut dire qu’on parlait de nous tout le temps. Et alors que si elle avait eu des répertoires d’action, des moyens de lutte plus classiques, on aurait beaucoup moins parlé d’elles.
Je te propose de passer sur les droits sociaux, de passer sur les droits reproductifs pour laisser la surprise. Et il y en a à celles et ceux qui vont qui vont lire le bouquin. Mais quand même, dans les droits reproductifs, j’ai retenu page 156 la joie militante qu’on retrouve chez la cinéaste Carole Rousseau.
Ah, c’est génial.
Alors peut être que tu peux retracer l’histoire. C’est l’histoire du MLAC qui a été racontée ici par une des pionnières du MLAC dans l'émission de Pauline
J’ai adoré cette émission, après j’adore aussi le bouquin.
Et donc rappelle un peu où nous en sommes à ce moment-là. Nous sommes en France dans les années 70,
nous sommes en France dans les années 70, nous sommes avant la loi Veil et donc l’interruption volontaire de grossesse est interdite et il y a un mouvement qui monte pour réclamer le droit à l’IVG. On est à un moment où le droit à la contraception a été reconnu par la loi Neuwirth de 67, mais où les décrets d’application tardent. Et donc en pratique, c’est cela reste difficile d’avoir accès à de la contraception. Et en fait, dans ce contexte, des groupes féministes vont décider de ne pas simplement se battre pour réclamer le droit, mais de le mettre en pratique et donc vont pratiquer des avortements. Et elles vont pouvoir le faire et ils vont pouvoir le faire. S il y a des hommes aussi parce que une nouvelle méthode d’interruption volontaire de grossesse vient d’arriver, qui s’appelle la méthode qu’on appelle en France la méthode Karman, mais qui est une méthode par aspiration qui est beaucoup moins difficile à pratiquer techniquement, qui est beaucoup moins douloureuse et qui par ailleurs s’accompagne de tout un environnement surréel et féministe. Et ces groupes, c’est ce que raconte le film que j’ai absolument adoré, qui s’appelle Annie Colère.
c’est un film récent
Oui, mais c'était il y a deux ans, voilà trois ans. C’est Blandine, Lenoir.
La question c'était où en sommes nous ?
C’est ça c’est l’homme qui pratique ces avortements dans des dans des appartements. Donc voilà, l’actrice Delphine Seyrig a souvent prêté son appartement pour pratiquer des avortements on dit avortement, karman,
Et donc il y a une réalisatrice que tu cites qui est bien connue qui a notamment fait ce film qui s’appelle Les Insoumises et tu la cites.
C’est vrai
Pas ton tempérament, bordel de merde, qui est joyeux, jovial et tout ça ? Ou est-ce que tu crois vraiment que les luttes sont faites ce que moi je pense ?
Écoute, je te renvoie au texte de Simone Weil Pas celle qui a donné l’IVG mais la philosophe de 36 et qui est un texte absolument magnifique qui a été publié y' a pas longtemps d’ailleurs aux éditions Libertalia et qui commence par c’est La grève est une joie et ensuite c’est, comme on dit une anaphore quand tu reprends toujours le même truc,
Ouais mais tu sais, elle dit tout le temps la joie…
La joie, ça c’est Macron, c’est Sarkozy
Oui, François Hollande.
Quand je serai président.
Oui mais alors avant lui. C’est plein de poètes quand même Moi je lis souvent ce texte, cette joie, cette grève est une joie de rentrer la tête haute quand les contremaîtres doivent baisser la tête, la joie de marcher quand les machines se sont tues, elle raconte cette joie. Et franchement, quand évidemment, dans la lutte, il y a des moments durs, des moments, des moments stressants j’en ai fait plein des luttes, évidemment à petite échelle, mais il y a des moments quelle poilade ! Mais quelle joie ! Et d’ailleurs, une des preuves de ça, d’un seul coup, ça a été moins drôle. Après les révolutions, après les grandes grèves il y a un taux important de suicides parce qu’en fait on a eu une telle décharge d’adrénaline.
Je vous propose qu’on tweete ça : Larrère nous dit non, non, ne vous battez pas si vous vous êtes suicidés.
Mais non mais pas du tout ! Mais c’est effectivement, c’est très joyeux quand tu lis le tout, que ce soient les sources de l'époque, les féministes des années 70, mais qu’est ce qu’elles ont dû se marrer ! Mais il y a un truc que je raconte à un moment quand là c’est le FAR, c’est penser le commando saucisson qui va ensuite créer le phare mais qui rentre à l'émission de mini Grégoire pour foutre le bordel, l'émission qui est : L’homosexualité ce douloureux problème. Et donc ils viennent foutre le bordel et il y a une photo. En sortant, on voit ces meufs, c’est essentiellement des meufs, des lesbiennes qui sortent et elles sont pliées de rire. Les meufs il y en a pas mal là aussi, des lesbiennes qui sont allées déposer la gerbe à celle qui est plus inconnue que le soldat inconnu sur la tombe du soldat inconnu à celle qui est plus inconnue, donc sa femme. Voilà, je me mélange et à un moment ou on…
Arrête sa femme.
Oui, sa femme.
Voilà, c’est la presse qui va dire c’est le mouvement de la libération, des femmes c’est la presse qui donne ce nom à cette manifestation,
Elles sont mortes de rire et après elles sont dans le camion
Vous allez trop vite. C’est ton côté la méthode Larrère
Bon bref, elles déposent, elles essaient de déposer une gerbe sur laquelle il y a écrit : A celle qui est plus inconnue que le soldat inconnu, sa femme. Elles se font arrêter par les condés parce que les gens ne savent pas forcément mais dans une des jambes de l’Arc de Triomphe, il y a un commissariat, bien sûr. Et donc ils sortent, ils les arrêtent et ils font venir des camions, enfin des paniers à salade, Elles vont dans les paniers à salade et ça part, au début, ils ont mis la sonnette. Et en fait au bout d’un moment ils sentent que c’est débile, elles ne sont pas dangereuses donc ils arrêtent la sonnette et en fait elles ne sont tellement pas contentes de ne pas avoir l’honneur de la sonnette qu’elles se mettent à hurler par les fenêtres des pavillons, des camions, des paniers à salade. Il y en a plein des trucs comme ça. Évidemment, ce n’est pas toujours le cas. Je ne suis pas, je n’ai pas d’angélisme de la lutte
Je te dis ça parce que par rapport à l'époque, donc si je l’ai pas assez dit, je le reprécise, tu renvoies très souvent à aujourd’hui, notamment dans les fins de chapitres où là on a l’impression que c’est moins drôle. Alors c’est ça que je veux savoir, c’est est ce que c’est la vue, les vues de l’historienne ou finalement on peut à 50 ans, 100 ans, 200 ans de distance, rire de certaines scènes là où au moment de la lutte, c’est à dire par exemple aujourd’hui on est rappelle toi ce terme, de sinistrose. C’est mieux. Pardon, pardon pour la référence, mais avec presque même l’interdiction d'être heureux dans la lutte quand même, il y a quand même ce moment je trouve. Il y a quelque chose de l’ordre de la suspicion quand tu es, quand tu déconnes dans la lutte parce que c’est trop grave
Alors les luttes féministes, c’est toujours marrant. Une féministe, tu rentres, t’as été pêchu tellement il y a de trucs. Mais même les mouvements retraites, le nombre de fois où on s’est marré, où tu vois quand t’avais les libraires qui ont fait le bouquin, le book block et qu’ils étaient tous là avec des pancartes boucliers de livres subversifs, la moitié de ce "t’as la quoi, hein ?" Enfin, t’as dans le bloc, t’as aussi des clowns qui arrivent en manif déguisés en clowns et il y a plein de choses, donc il n’y a pas que ça. Évidemment, je ne voudrais pas qu’on imagine que je pense que la lutte c’est forcément hyper marrant, ça peut être très dur et j’ai absolument aucun aveuglement là dessus. Mais il y a cette dimension et moi, franchement, pour les retraites ça s’est durci avec le 49 3 et à la fin on ne rigolait plus trop au début. Mais c’est une joie. Moi je vais en manif, je t’assure, je pleure de joie quand je vois qu’il y a du monde. Enfin tu sais ce que c’est hyper habitant de lutter je trouve.
Alors il y a un chapitre qui pour le coup n est pas drôle, c’est celui sur les sans papiers. Tu mets, tu mets trois guillemets, alors tu as la bonté de mettre des guillemets français. Merci beaucoup. Parce que moi je ne supporte pas les guillemets américains.
Ben là ce n’est pas moi, c’est l'éditeur, mais moi naturellement de fait, je mets des guillemets français.
Pourquoi tu mets trois guillemets à sans-papiers ? Donc d’ouverture et de fermeture ?
Ouais alors les guillemets, c’est marrant parce que l'éditeur faut avouer qu’au début, quand il a vu arriver, il n'était pas super d’accord, puis il a compris quand il a lu le premier guillemet sans guillemets de citation parce que sans papiers, c’est un terme qui a été imposé par les concernés, c’est à dire ceux qui se sont désignés comme sans papiers. Et alors ça commence avant l’occupation et l'évacuation de saint Bernard en 96, mais c’est à ce moment-là qu’il faut qu’ils le font et qu’ils le justifient. Je ne pouvais pas le citer de mémoire, mais il y a, je cite, une citation de Clissé qui explique pourquoi ils l’utilisent. Ils utilisent le terme de Sans-papiers parce qu’en fait ça montre la responsabilité. En fait, le sans papiers, c’est quelqu’un qu’on a privé de papiers. Donc voilà. Donc je mets ça parce que c’est comme ça que les sans papiers de Saint Bernard se sont désignés. Donc c’est un guillemet de citation. Le deuxième guillemet, c’est un guillemet de mise à distance, parce que ce que l’on dit sans papiers ne sont pas sans papiers. Et ce que je pense que j’explique, c’est quelque chose de. Je l’ai vu dans plusieurs expositions aussi, on le rappelle. Mais pour moi, il se trouve que j’ai été marraine de plusieurs filleuls, de deux filles et un garçon dans le cadre de Réseau Éducation sans Frontières. Et quand on est marraine, on nous donne le dossier de son filleul ou sa filleule. Et en fait, c’est des chemises comme ça de papiers. Il y a plein de papiers en fait. Les sans papiers ont plein de papiers, ils n’ont juste pas les papiers que l’administration voudrait qu’ils aient et qu’ils que l’administration reconnaît comme valables. Mais en fait, des papiers, il y en a plein. Et les troisième c’est parce qu’en fait ça m'énerve tellement qu’on les prive de papiers que les troisième sont. C’est ce que j'écris des espèces de point d’exclamation que j’aurais pliées tellement ça m'énerve.
Tu sais que j’ai deux dernières questions. Tu sais qu’il y a une très jolie coquille dans ton livre.
Il y en a quelques unes, non ?
Mais il y en a une qui est jolie, c’est page 211 Et il est question du phare du Front homosexuel d’action révolutionnaire qui, dans la revue Tout dirigé par Sartre, réclame le droit à l’homosexualité le 27 avril 1871.
Oui, oui, oui, oui. Alors c’est 1900. Oui, c’est là.
Je me dis ça, c’est la 19ᵉiste qui aime tellement la commune.
Oui, je sais
Juste une petite question et je te libère, je te promets. Je voudrais quand même te répercuter des choses que j’ai pu lire sur ton travail qui est évidemment celui de vulgarisateur, notamment sur Twitter, etc. Maintenant ici même, et c’est un régal pour moi. Mais certains considèrent que finalement tu ne ferais plus œuvre vraiment d’historienne dans le sens où tu ne ferais plus de recherche. Là, tu cites abondamment tes sources. Donc par loyauté, je te pose la question est ce que tu considères que tu es toujours une historienne ou est ce que tu considères que les historiens et des historiennes sont uniquement ceux qui font des recherches ?
Alors par ailleurs, je ne considère pas que les historiens, les historiens sont uniquement ceux qui font des recherches. Il y a plein de manières différentes de faire de l’histoire et l’histoire. Être historienne, là pour ça, je vous renvoie au bouquin de Guillaume Bazoches sur Auguste qui s’appelle l’histoire aux éditions Anamosa où il y répond ça, pour moi, il se trouve que moi je fais par ailleurs des recherches. Simplement, les recherches, ça ne se publie pas là, c’est de la publication de vulgarisation. Il y en a un où j’ai mélangé les deux par exemple dans Guns and Roses, les objets des luttes féministes
Tu étais venue au poste.
Il y a des éléments qui viennent de mes recherches. Par exemple, j’avais commencé et c’est ce que je continue à faire, un travail sur les crinolines et les femmes qui brûlent parce qu’elles sont avec des crinolines. Et ce qu’il y a, c’est qu’au lieu de le passer par un article scientifique, je le mets directement dedans. Même chose d’ailleurs dans Rails de Gaines où j’avais alors Il se trouve qu’après j’ai poussé. Il y a une étudiante qui a fait un truc dessus, mais avant que l'étudiante travaille sur le centenaire de 1904, j’avais trouvé en faisant des recherches moi même ce centenaire et j’en avais mis les premiers éléments dans le bouquin, là, sur celui là. Là, ce n’est pas c’est un bouquin de vulgarisation. Donc là je m’appuie sur le travail d’autrui, sauf quand c’est sur mes travaux. C’est marrant parce que les questions que tu vas poser les armes chez moi, je vais travailler sur la garde nationale. C’est ma thèse. La pétition, c'était le travail de l'équipe de recherche. Donc c’est là, c’est des recherches personnelles. Par ailleurs, à côté de ça, je fais des recherches, simplement, ces recherches, et bien elle n’est pas publiée aux Détours. C’est-à dire qu’on va les retrouver dans des revues, on va les retrouver, je vais, je vais les communiquer dans des séminaires. Il y a des choses qui d’ailleurs m’intéressent beaucoup moins parce que c’est plus précis, donc ce n’est pas la même logique. Donc je suis les deux en fait simplement, la personne publique, c’est la personne qui vulgarise et qui s’appuie sur les travaux d’autrui que j’ai insuffisamment cité au début. Je n’ai pas fait attention à ça, je m’en veux et je le juge. Je m’excuse auprès de ceux que j’ai cités, même si la première fois ce n’est pas de ma faute. J’avais fait une biographie, mais elle n’a pas été imprimée. Mais, Mais ça, c’est une partie de mon travail,
Elle s’est retrouvée sur le site.
Oui, c’est ça.
Et ensuite, dans la réimpression, il y a des liens.
Mais bon, c'était une connerie, je ne suis pas contente de ce que j’ai fait et j’aurais préféré ne pas le faire. Et voilà, j’ai fait et après j’ai fait super gaffe. Je n’ai plus jamais revu ça. C’est voilà, on fait des conneries et j’en suis désolée. Mais ça n’empêche pas qu'à côté de ça, je fasse de l’histoire simplement parce que les gens ne voient pas que je fais de l’histoire.
Mais en fait la question c’est la question de la hiérarchie. Est ce que est ce qu’on a raison de faire une telle hiérarchie
Moi je ne pense pas, parce que quelque part ça fini par être pris en compte. Pendant très longtemps, les travaux de vulgarisation n'étaient pas du tout pris en compte dans l'évaluation et des laboratoires des chercheurs et des chercheuses. Maintenant, en fait, c’est pris en compte Alors, on ne va pas appeler ça vulgarisation. On appelle ça diffusion de la culture humaniste. Mais cette diffusion est importante C’est important parce que c’est ce que je dis souvent, le capital culturel, c’est comme tout capital, comment dire, ça ruisselle pas tout seul, il faut le passer. Donc voilà, ça fait aussi partie de nos missions. C’est-à-dire que je pense qu’en le faisant, je travaille aussi en tant que prof à l’université il y a les deux.
Et ce livre là comme les autres, c’est une mission réussie. C’est comme ça que commencent ces révolutions.Enfin, l’idée, ce n’est quand même pas d’assommer les invités non plus. Qui plus est, quand ils sont animateurs animatrices d’autres émissions ici même, on a le sentiment qu’il y a de plus en plus de déterminisme sur le positionnement politique droite gauche des historiens, des historiennes. Est ce que vous confirmez ? Est ce qu’aujourd’hui, si je comprends la question, on somme les historiens de se situer avant de parler ? Est ce qu’ils le font de manière plus facile qu’avant ? Ou alors avant, c'était une science humaine au sens scientifique, donc je vous apporte le savoir et je ne vous avais pas dit interprétation.
Même l’inverse, c’est à dire qu’avant c'était on était les historiens historiennes, mais je dirais aussi dans les autres sciences humaines, on se situait beaucoup plus facilement. Je veux dire, quand il y avait très clairement des historiens marxistes, des historiens, ils ne se cachaient pas, Mathiez ne se cachait pas. Les premières historiennes des femmes étaient très claires dans leur choix, dans le fait que c’est par militantisme qu’elles avaient fait de l’histoire des femmes. Ce qui n’empêchait pas de faire de l’histoire et d'être, d'être des très sérieuses quant à leur discipline historique. Et en fait, ça s’est un peu arasé, ça s’est un peu disparu et un certain nombre d’historiens et d’historiens ont réaffirmé cette position. C’est le cas de Ludivine Bantigny qui a soutenu son HDR. Il y a ce qu’on appelle, on appelle ça l’ego histoire. C’est rentré dans les trucs et elle explique qui a été publié
Ludivine qui est venue plusieurs fois ici pour ses différents travaux et qui est notamment la rédactrice en chef comme on dit, d’une somme absolument fabuleuse, ses auteurs étaient venus Révolution fait un pavé à la découverte qui est sorti l’année dernière, l’année dernière vraiment extraordinaire sur les révolutions dans le monde.
Mais oui, tout à fait. Ce deuxième texte, que l’on présente et dans lequel elle dit que voilà, là où elle est située, d’où elle parle et pourquoi c’est important, c’est aussi, par exemple, Fanny Gallo qui, dans l’introduction de son HDR aussi qu’elle a publié l’année dernière
Pour moi, c’est HDR, c’est les caméras
Est ce que quelqu’un qui ai dit-je regarde s’ils ont le titre du bouquin va être dans ma tête ?J’ai motivé mais ce n’est pas motivé de Fanny Gallo, qui est sous titré Une histoire féministe des luttes des femmes et dans son intro, elle est hyper claire dessus ou elle dit Eh bien en fait je ne sais pas. Elle explique que les premières historiennes des femmes ont revendiqué cette dimension féministe et qu’ensuite, parce qu’on est délégitimé en tant que militant, Il y a eu une volonté de faire croire que c'était beaucoup plus neutre. Alors, je ne me souviens plus des phrases exactes, mais elle dit très clairement que non, En fait, c’est une approche féministe et qu’en fait, même le féminisme, c’est une expertise. Parce que quand on a lu beaucoup de traités féministes, il y a quand même une énorme littérature. On a un regard qui nous permet de voir des choses qui fait que finalement on a une expertise plus importante que des gens qui n’auraient pas cette connaissance de toute l’approche féministe. Donc voilà, j’ai l’impression que c'était quelque chose qui était très clair il y a plusieurs années. Il y a eu plutôt une diminution, même s’il y en a toujours qui ont continué à être très clairs dans leur positionnement. Parce que les historiens de gauche sont délégitimés au nom de leur casquette militante et que maintenant on reviendrait un peu plus. Mais je peux me tromper sur une reconnaissance du fait qu’on est situé mais que le fait de se situer nous pousse à choisir certains sujets et à privilégier certaines approches, mais qu'à côté de ça on fait de l’histoire, donc on a, on a une discipline. Deux Croisement des sources de recherche, d’exhaustivité, des sources de recherche de la vérité. Et d’ailleurs parfois ce qu’on trouve, ça plaît pas aux militants.
Affirmatif. Tu reviens ici, à ma place, pour présenter la deuxième. Du passé faisons table basse, Fais nous rêver. C’est quand ? C’est avec qui ?
Alors c’est le 9 octobre et on parlera sabotage. Ça sera avec Dominique Pinsolle sur un livre qu’il a écrit sur l’histoire du sabotage, de la création d’un patron, de la pratique, mais en tout cas où on commence à la nommer. Et on va voyager d’Angleterre en France, puis aux Etats-Unis et on va voir comment différents corps de métier ont essayé d’inventer un répertoire d’actions qu’ils pensaient parfois plus utiles que la grève ou en appui de la grève et ont saboté on verra comment.
Les journaux de droite ont poussé des cris d’orfraie face à cette possibilité du sabotage on verra aussi comment les journaux de gauche ont permis la circulation et la diffusion de ce sabotage. Merci beaucoup pour ton bouquin, pour ta joie, pour être avec nous, pour être là. Voilà. « On s’est battues pour les gagner ». Histoire de la conquête des droits en France, Mathilde Larrère, Éditions du Détour c’est magnifiquement décoré, illustré par Fred Sochard,
