4 668 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
Sans montage ni formatage
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

Denis Robert : le journalisme, les pressions, le fric, Blast, Macron et les fake news

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café Bonsoir amis des Stream Camping Bonsoir. Allo la Moselle ? Est ce qu’on entend ? Comment ça va ?
Denis Robert
Écoute quand même. Comme un dimanche quoi. C’est une journée un peu calme, ça me change de mes semaines parisiennes. Parce qu’en ce moment, en plus de Blast, je suis en train de tourner un documentaire que j’avais engagé il y a très longtemps avec ma fille Nina. Et donc je suis obligé de combiner des interviews qui sont assez passionnantes en même temps que de passer à Blast, etc. Donc je suis très peu chez moi. J'étais content d’y être ce weekend pour aller un peu me balader avec mon chien, pour souffler un peu parce que c’est assez harassant tout ce tout ce que tout ce que je mène de front.
David Dufresne
La vie de patron, c’est harassant. C’est ça la vie de patrons voyous. C’est harassant.
Denis Robert
Ouais et puis non, mais c’est la vie, c’est quand même. Il y a quand même du plaisir, mais il y a aussi beaucoup de pression. Il y a aussi beaucoup de sollicitations parce qu’en plus de produire des contenus pour eux, pour Bastien, pour les animations des clips, il y a penser au développement, ont réussi des choses assez incroyable mais en même temps notre équilibre financier est fragile. Donc là on est un peu en. Il reste quinze jours de fin de campagne, un peu de financement parce que les dons qu’on fait sont à Blast on défiscalisés, donc on a des vidéos qui tournent un petit peu comme ça quoi. Et puis moi j’essaie de Bref, je suis engagé sur plusieurs fronts quoi. Mais ce que je veux te dire aussi, c’est que je suis absolument ravi de parler du livre et d’en parler avec toi. Et je suis. Si tu savais comme je suis content d'être avec toi. On apprend, on a même pas trop l’occasion de se voir.
David Dufresne
On ne se voit jamais. C’est très simple, Hop, en 30 ans, on s’est vu quoi ? Cinq fois, dix fois.
Denis Robert
Un peu plus.
David Dufresne
Une fois au Canada. Tu n’en parles pas dans ton livre. C’est de cette fois où je suis allé te chercher chez un Père Noël qui était un ancien Hells Angel, tu te souviens de ça ou pas ?
Denis Robert
Ah, je m’en souviens tellement bien que j’ai commencé à en écrire un scénario de cinéma qui est toujours dans mes cartons. Et si je me souviens bien, si tu participais aussi à l'écriture, je crois que ça remonte.
David Dufresne
Un rebours de cerveau. Bon alors mon cher Denis, je. Nous avons un dénommé Matthias Enthoven qui est le directeur éditorial de Blast.
Denis Robert
Grand et programme.
David Dufresne
Directeur des programmes. Il m’a dit Ouais, tu sais Denis, il aimerait bien que tu éditorialistes un peu plus au poste. il comprend pas pourquoi tu n’expliques pas plus, pourquoi les gens sont là, etc. Alors j’ai écrit un petit portrait très rapide de toi. Oh putain mais c’est très rapide. Alors le portrait, je le fais à vous puisque. Vous êtes né le 9 mai 1958 à œuvre grande en Moselle. 60 ans plus tard, les caisses de retraite ont enquêté sur vous, ce qui vous a donné un prétexte tout trouvé pour fouiller vos archives. Travailleur médiatique, tiens, je le prends à l’envers. Travailleur médiatique, ce sont vos archives, C’est votre caisse de retraite. Un recueil de vos éditos de Le média de Le Blast auquel vous glissez des souvenirs, des points de vue, des analyses, vos aînés Libé, le petit Grégory, votre père, le football, le journal Santiags. Alors si je dis santiags, tout le monde a compris que c’est le tout début des années 80 tellement c’est marqué comme terme sur santiags avec un dénommé Fred Thouron et un autre Francis Kuntz, là aussi très défavorablement connu de nos services. Vous expliquez évidemment, vous revenez sur vos enquêtes au cours Clearstream 62 poursuites toutes gagnées sauf une. Vous revenez sur le média, sur Blast. C’est foutraque, c’est très foutraque ce livre, c’est nerveux. S'étendre, c’est vous. Vous dites du mal des autres, mais vous aimez peu qu’il en dise de vous quand même. D’un travailleur médiatique, vous demandez d’emblée Je suis dépité. Où sont passés les journalistes ? Le sous titre Résister à la fabrication du consentement est une allusion directe à Chomsky, Noam Chomsky, dont vous dites que sa rencontre a bouleversé votre vie. Que ce soit vous êtes au poste, vous m’avez juré de dire la vérité, rien que la vérité, et même dans un email, d’aborder les sujets qui fâchent. Je précise vous êtes venus sans votre avocat, pourtant vous en avez un paquet. Pas même le débutant avec lequel vous avez eu des coups il y a quelques années. J’ai bien compris, il y a même fort longtemps et devenu garde des Sceaux, on commence par Dupond-Moretti.
Denis Robert
Ah ben si tu veux bien, de Dupond-Moretti. J’en ai parlé avec ma copine journaliste Isabelle Hors Lance qui travaillait à l'époque à l’Union de Reims et moi j'étais. Je bossais pour Rolling Stone et là on est dans les années 80, je ne sais pas, 86 87 je dirais. Et je vais dans les Ardennes parce qu’une une jeune femme qui s’appelait Myriam, je crois, avait tué son amant. C'était la reine d’une boîte de nuit dans les Ardennes et elle avait tué son amant ou Mylène. Elle s’appelait Mylène et elle avait essayé de tuer son 111. Enfin, un autre type qui a écrit à qui en avait échappé de justesse. Et donc j'étais allé faire ce que je préférais, ce que j’aime toujours faire, c’est à dire le trauma, une capote de province. J'étais allé dans les camps, dans les Ardennes, dans cette boîte de nuit.
David Dufresne
Sachant que Truman Capote lui-même son livre, ça se passe pas à New York, à la limite.
Denis Robert
Je sais. Non mais non. Et en fait, à cette occasion donc, j’ai rencontré Dupont-Moretti qui était, qui était jeune avocat, enfin qui avait mon âge à peu près, et il était l’avocat d’un des types de ce dossier. Et on s'était on s'était peut. Je trôné ensemble dans un dans un, dans un resto. Et il dit Je crois me souvenir, Je ne sais pas. C’est là où je n’en étais plus très sûr qu’il ait, qu’il fût complet. Il était assez fauché et il dormait dans sa bagnole. Alors je ne suis plus très sûr de souvenir là, mais il était vraiment très sympa. Et voilà. Depuis, je l’ai plus, je défends, je l’ai croisé comme ça, de loin en loin, mais je me voilà. C'était un souvenir comme ça. J’en ai parlé un petit peu dans le livre parce qu’effectivement quand tu connais le personnage, le voir aujourd’hui faire la promo de Macron, c’est quelque chose qui fait un peu mal, qui fait un peu mal quoi.
David Dufresne
Est ce que la présentation était convenable ?
Denis Robert
Écoutez la vidéo, elle a été très convenable.
David Dufresne
Non ? Non, mais je parlais du livre. Voilà, c’est ça.
Denis Robert
est sorti. Il y a quoi Il y a trois semaines et un mois peut être ? Et alors ? J’ai beaucoup de. Je commence à avoir des courriers de lecteurs plutôt, comment dire, plutôt encourageant, gentils. Enfin, les gens me disent des choses qui me touchent assez mais. Mais par contre c’est silence radio, ça m’est jamais arrivé. Si tu veux quoi ? Qu’un livre suscite un silence médiatique. En tout cas dans la presse où j’allais lui même quand j'écris mon dernier chiffre, Laurent, Larry et moi, il y avait des papiers un peu partout, il y avait des papiers quoi, tu vois, en disant Tiens, Et là, il y a quelque chose d'étrange autour de ce livre qu’obtient on peut être au commerce du livre, mais qui tient aussi à mon statut, peut être un peu particulier dans le paysage. Je découvre à quel point. Comment dire ? Je suis devenu une sorte de paria ou de mauvaise conscience pour les pour les journalistes, je ne sais pas.
David Dufresne
Je crois surtout qu’il y a, il y a l’idée que la presse est assez peu qu’on la critique. Qu’on l’analyse, qu’on la décortique, tu ne crois pas ? Or, c’est ce que tu fais dans le bouquin.
Denis Robert
Il y a ça et le fait que le fait que. Comment dire ? Je n’ai jamais rien demandé à personne. Quoi ? J’ai toujours fait mon travail contre. Je n’ai jamais rien fait à contrecœur. J’ai été salariée pendant une douzaine d’années à Libération. Puis un jour, je suis parti. Et puis après, si tu veux. Je ne suis pas dans les. Dans les coteries, dans les réseaux, dans les renvois d’ascenseur. Mais mes copains sont. J’ai quelques copains journalistes, mais mes copains ne sont pas forcément journalistes et je pense qu’on me fait payer aussi mon. Ma liberté quoi. Et puis je dois avoir des ennemis puissants aussi, mais ça, je ne m’en plains pas particulièrement.
David Dufresne
Page quinze Tu. Tu démarres avec Bourdieu, le fameux texte sur la télévision de 1996 où il regrette déjà en 96 la domination de l’audiovisuel sur la presse écrite. Mais vous même, Monsieur Robert Denis, toi-même, Blast, c’est avant tout audiovisuel. Je sais qu’il y a un site, on va en parler, mais c’est avant tout, c’est avant tout des vidéos YouTube. Est ce que tu ne penses pas, puisque tu cites Bourdieu qui regrettait l’avènement de l’image sur l'écrit ? Est ce que toi même tu n’es pas tombé là dedans ?
Denis Robert
Ben je pense tout d’abord que si Bourdieu ressuscitait aujourd’hui, il reconnaîtrait difficilement la télévision qui critiquait à l'époque, à l'époque où il écrit sur la télévision ou la misère du monde. Je pense qu’il n’y a pas de. Il n’y a pas d’Internet, il n’y a pas de. Je crois que je crois qu’avec six ou neuf chaînes de télé, au moment où il écrit ça, c'était les tout débuts de 2006 et la seule télévision un peu nouvelle qui existait dans le paysage et. Et Bourdieu mettait en cause la circulation circulaire de l’information et c'était des concepts assez basiques. Mais comment dire ? Il découvrait peut être avant tout le monde à quel point les pouvoirs financiers et politiques dirigés dirigeaient d’une certaine manière les contenus journalistiques, à quel point les journalistes étaient dépendants de ceux qui les payaient finalement et comment les types, comment dire, manquaient d’originalité et d’information décapant. Et il y avait cette idée que. Il commentait entre eux, quoi. Et il y avait très peu de. Il y avait très peu de, comment dire, de deux types ou de personnages qui réussissent à secouer tout ça, quoi. Déjà à l'époque. Mais aujourd’hui, 30 ans après, je ne sais pas ce que tu en penses toi, mais. Mais c’est pire. C’est-à -dire qu’il n’y a pas neuf chaînes, mais il y en a, il y en a 150.
David Dufresne
Non, ça on est d’accord. Toi-même. Moi même, on est allé vers l’image quand même.
Denis Robert
Dans tous mes travaux journalistiques, quand je fais des docs, quand je fais des documentaires. Souvent, ils étaient accompagnés d’un livre. Donc j’ai toujours cherché le double impact, y compris dans Clearstream d’ailleurs. C’est très musclé, c’est une enquête journalistique, c'était des bouquins, mais c’est à côté des documentaires. Donc j’ai compris assez tôt que si on voulait qu’une information, comment dire, sorte que Bush ou quel impact sur le paysage, il fallait jouer le double impact, la lenteur de l'écriture, etc. Et puis, et puis la force des images. Si un type comme André Lucie, le PDG de Clearstream, je le fais démissionner à l'époque, c’est parce que dans une interview, il ment. Et quand tu l'écris dans un bouquin, tu l’as pas à l’image, T’as été pas confronté à ça. A ce mensonge, tu vois ? Et donc. Et donc voilà. Donc très tôt, moi j’ai aussi pensé en termes d’image. Après, pour la deuxième partie de la question qui concerne Blast, si tu veux peser ses mots, mon analyse, mais jamais je l’ai compris en fait, parce qu’on est venu me chercher aux médias avant d'être à l’intérieur de la machine. Je n’avais pas compris l’impact que pouvait avoir une web TV ou une télé sur internet. C’est assez incroyable quand tu commences à comprendre les codes, la manière dont fonctionne les réseaux sociaux, qui sont au départ pas ma culture et mon univers premier. Et quand tu comprends ça, tu vois là, l’impact que ça peut avoir. Et puis t’es pas là, tu sais très bien qu’aujourd’hui. Enfin, je veux dire, si tu veux faire du journalisme qui impacte un maximum de monde, il faut que tu sois sur Internet, il faut que tu sois sur YouTube, sur les réseaux sociaux. T’es un peu moins sur Facebook maintenant, mais il y a quelque chose de bien, il y a un travail à mener. Mais comme on dit à Blast, c’est aussi un site. Et donc les gens qui s’abonnent à Blast le savent. Ils peuvent ils ont accès à des programmes libres que diffuse YouTube, où on doit avoir aujourd’hui 345 000 abonnés. Mais il y a aussi un site et sur le site il y a des idées, il y a beaucoup de textes écrits, on en publie pratiquement un par jour. Et puis il y a aussi toutes les vidéos qu’on peut, qu’on retrouve. Et à terme, il faut qu’on soit indépendant de YouTube, il faut qu’on ait notre application, etc. C’est ce sur quoi c’est ce sur quoi on travaille.
David Dufresne
Donc là, dans le chat, plusieurs personnes disent leur admiration et ils exagèrent pour ce que tu fais sur Blast et tes éditos, etc. Donc je précise qu’on retrouve une partie des éditos de Blast ou même du média dans ton livre, mais que tu en fais habilement assaisonne et puis tu en fais un, tu en fais une trajectoire qui est la trajectoire professionnelle puisque tu refais ta carrière à l’aune de ce que la retraite te demande en te disant voilà, vous avez gagné ça cette année là, vous travaillez là, Ça te permet de recoller les morceaux, c’est ça ? Et c’est un peu l’idée du bouquin. Ben alors arrête de nous parler de place, parlons du bouquin, on parlera Blast après.
Denis Robert
La genèse du livre, c’est en fait une demande de Florent qui savait que, en fait, mes éditos quand j’ai commencé à les écrire, c’est un travail que j’ai improvisé. Je les écris, c’est à dire c’est des textes qui ne sont pas destinés à l’oralité et puis quand je l’ai, quand je l’ai, je l’ai dit et puis petit à petit, quand je les joue presque, puisque certains ça devient presque du stand up, tu vois. Je coupe donc beaucoup de choses de ce que j’avais prévu d'écrire. Et puis je transforme les comment dire. Je transforme un peu le texte pour arriver plus rapidement à ce que j’ai envie de dire. Et les Florent disaient ça serait bien de faire une sorte de best of de TES et de tes éditos puisque certains ont été publiés sur le site et pas tous. Puis j’ai commencé à les rassembler et puis j’en ai beaucoup viré, ceux que je trouvais, qui vieillissaient mal, etc. Et puis rapidement, si tu veux, l’exercice du best off, je trouvais ça pas terrible quoi. C’est-à -dire je n’avais pas envie de faire ça. Et alors le truc qui s’est passé et qui a sans doute déclenché le livre, il y a deux choses qui ont déclenché le livre. Il y a d’une part mes rencontres avec des journalistes beaucoup plus jeunes parce qu’il se trouve que je. En étant dans ces médias là, où je suis souvent sollicité par des écoles de journalistes, où je où je rencontre des gens qui ont entre 20 et 30 balais. Et j’avais quelque chose à leur dire quoi, Qui ? Quand on ne leur dit pas les centres de formation du journalisme. Quand je suis allé à Paris, au CFJ, la dernière fois que j’ai été invité dans les couloirs, il y avait une grande photo de Pascal Praud, tu vois..
David Dufresne
CFJ le centre de formation des journalistes.
Denis Robert
Voilà, c’est ça, je vous dis. Je considère que je suis ou que je suis journaliste. Je pense que lui, il a une carte de presse aussi, mais on ne fait pas du tout du tout le même métier. Donc il y a des choses à dire. J’avais des choses à dire là dessus. Et la deuxième chose qui. Mais arrivé. Sais-tu parler de cette retraite ? C’est à dire que quand j’ai été viré, je n’ai pas envie de développer tellement, Mais les gens qui me connaissent le savent. J’ai été viré d’une manière absolument honteuse et dégueulasse du média. Je me suis dit bon bah je vais me retrouver à Pôle emploi, ça va, ça va pas être trop galère. Et puis je vais me remettre à écrire. Je ne pensais encore pas immédiatement à Blast. Et là, quand j’ai voulu aller à Pôle Emploi aller à Pôle emploi, je me suis rendu compte que j’avais comment dire, J’avais toutes mes annuités, tous mes trimestres pour la retraite, ce que je n’avais jamais imaginé. Et donc je me suis rendu compte que moi, j’ai commencé à travailler à quinze ans comme ouvrier communal, et puis après j'étais animateur de centre de vacances, j'étais éducateur Et donc j’avais j’allais tous mes trimestres. Sauf que je n’avais absolument pas préparé ma retraite et la caisse de retraite. Tu verras quand tu y arriveras mon bon David, il te demandera de reconstituer ta carrière. Et je me suis retrouvé un peu dans la peau de Depardieu dans Mammouth, tu sais. Sauf que je n’ai pas pris ma moto, mais j’ai dû retourner chez mes parents. J’ai dû appeler pour retrouver mes fiches de salaire par exemple. Je me souvenais absolument plus que je gagnais ma vie en 1982 en écrivant des faits divers pour un groupe allemand qui s’appelle Prisma et pour Femme actuelle que j’ai pigé pour Paris-Match, j’ai fait des reportages pour TF1 ou pour France trois. Et donc j’ai retrouvé un petit peu tout ça. J’ai retrouvé aussi des textes à moi, très anciens. Tu parles des santiags et si tu veux, ça ce n’était pas un exercice de nostalgie, mais c'était. Et c’est comme si je découvrais mon propre parcours quoi.
David Dufresne
Il y a un moment où on te sent nostalgique et assez dur je trouve cette libération.
Denis Robert
Tu trouves que je suis dur avec Libé ?
David Dufresne
Tu rappelles à plusieurs reprises que ce n'était pas facile pour toi là bas et que tu ne t’attendais pas forcément au bien. Et tout le monde le sait.
Denis Robert
Ce n’est pas tellement. Ce que j’explique surtout, c’est qu'à la fin, si tu veux, je pense que les journalistes, et à juste titre, ne supportent pas pour beaucoup le statut un peu privilégié que j’avais, qui consistait à habiter en province, à aller très peu au journal et à faire en gros ce que je voulais. Et c’est vrai que quand Serge July m’a demandé de venir à Paris, quand il a lancé la nouvelle formule en 92 93, j’ai tenu un an avant de démissionner, j'étais un des premiers à prendre le guichet départ.
David Dufresne
Pour laisser la place aux jeunes dont j'étais. Et bien oui, oui.
Denis Robert
Et comment dire. J’arrivais plus j’y arrivais plus. J’avais envie d'écrire des livres, j’avais envie d’autres choses.
David Dufresne
Mais par exemple, quand tu lis Libération aujourd’hui, par rapport à ce que tu as connu, c’est-à -dire de Libé des années 80 90, est quand même considéré comme le Libé a grande gueule. Grande période. Quand tu le lis aujourd’hui, est ce que tu le lis encore d’ailleurs par.
Denis Robert
Exemple, et je ne lis pas tous les jours. Le problème que j’ai, c’est que, étant le directeur de la rédaction Blast, je suis abonné à peu près à tout et donc je démarre mes matinées en allant sur Google Actu, en regardant plein de papiers, puis ensuite je vais sur les réseaux sociaux. Ensuite je sais lire, regarder le monde tous les jours ou de ou de chez Paille. Il y a une sorte de et libération. Je le lis généralement, j’y vais deux ou trois fois par semaine et je trouve que je trouve que c’est mieux. En ce moment, je trouve qu’il y a des bons papiers, je trouve qu’il y a de bons journalistes. Je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain quoi. Enfin je veux dire, je fais la part des choses dans le Nouvel Obs. S’il y a des troubles, des trucs que je trouve intéressant. C’est pour ça que ça m'énerve d’ailleurs quand tu dis j’ai été beaucoup avec les gilets jaunes ou avec ton titre, tu t’es dans des débats, Les mecs, les mecs tu sais, généralisent comme ils te disent, mais tous les journalistes sont des journaleux, des salopes. Enfin, tu t’entends tellement à ce discours là maintenant. Et moi, Moi je passe pour une sorte de comment dire. J’ai une image très indépendante
David Dufresne
Natlagitane nous dit sur le discord de l'émission On sent bien toute la tendresse que vous conservez pour le prolétariat médiatique puisque c’est l’objet du bouquin. On y viendra sur la notion du concept de travailleur médiatique qui exécute le sale boulot de Bolloré par exemple. Pourtant, c’est bien eux qui font ce sale boulot. Je vais éviter le point Godwin et je vais prendre l’exemple des soignants qui tente tant bien que mal d'éviter de maltraiter leurs patients dans tous les EHPAD du pays avec le succès qu’on connaît. N’y a t il pas un moment où continuer à faire son travail dans ce genre de conditions engage l’intégrité morale de l’individu et conduit à un jugement par le reste de la société qui serait pour ainsi dire juste un message ?
Denis Robert
Je comprends, mais là je ne parlais pas de Bolloré la pour l’instant je ne parlais pas de CNews ou de toute cette presse là. Et d’ailleurs, pour l’anecdote, j’ai une amie à moi qui se reconnaîtra peut-être, qui travaille pour le groupe Bolloré et qui monte des sujets et qui a lu mon livre et qui m’a dit que le livre l’avait fait démissionner. Quoi ? Elle montait des trucs pour Canal et pour Bolloré. Elle a du boulot par ailleurs, mais elle, elle peut plus supporter ce qu’elle fait. Ce que je peux très bien comprendre quand tu vois que ces médias là font à ce point la promotion de Zemmour, tu te dis même à mon petit niveau, il y a quelque chose de c’est ça ou tu prends un ulcère d’estomac si t’as une conscience, si tu veux, je. Donc je comprends très bien ce que dit ce que dit cette personne. En même temps, ce que je lui ai dit, moi je lui ai dit déconne pas, c’est une femme, il a des enfants en fin de show, faut compter quoi. Personne ne te reprochera jamais de si ce n’est pas toi qui le fait, c’est quelqu’un d’autre. Donc assure toi, t’as des arrières ailleurs avant de partir sur un coup de tête Quoi ? Mais elle était tellement dégoûtée. Puis ce n’est pas la salle quoi. J’en connais des gens, j’en connais beaucoup. C’est-à -dire ? Il y a ce bouquin de Sharon qui vient de sortir, qui dit explique que plus de 10 % des cartes de presse ont disparu en dix ans. Enfin, tu connais ces statistiques. Et à nos âges, à nos âges, on a quand même des..enfin, je ne sais pas comment c’est toi.
David Dufresne
Oui, oui, oui, je suis d’accord Homme ou femme ? Puisque tu as fait une précision sur femme, bon homme ou femme, il y a quand même un moment où c’est un métier dit intellectuel. C’est à dire que si tu ne résiste pas intellectuellement à des ordres ou à une tendance très lourde et que tu es en contradiction avec. …Eh bien je pense que tu dois partir. Ah oui ?
Denis Robert
Non mais là, d’accord. En l’occurrence, elle, elle était et elle était monteuse, donc ce n'était pas du tout la même situation.
David Dufresne
Non, bien sûr.
Denis Robert
Évidemment, tu ne vas pas être journaliste, alors après tu essaies de te trouver des placards. Enfin, tu étais quand même tu dois. Ben moi je suis assez indulgent par rapport à par rapport à ça, parce que si tu veux, faut compter quoi. Ou alors il faut vraiment préparer tes arrières et. Et le type qui est lucide et qui dit moi je fais de la merde chez Bolloré ou dans n’importe quel ou chez Pinault ou chez Arnault. Et qui est conscient de faire ça à un moment où il craque de toute manière. Mais tu ne peux pas te mettre à la place de ces gens là qui ont des enfants, qui te voient, qui ne peuvent pas se mettre en danger non plus. Il y a quelque chose de compliqué, je l’ai dit et je le dis parce que je l’ai vécu assez souvent. Et moi je suis tout sauf un donneur de leçons par rapport à ça.
David Dufresne
, Travailleur médiatique, c’est une traduction d’une expression américaine.
Denis Robert
Ça vient de ça vient de moi. Je l’ai trouvé dans un livre d’Alain Accardo, le sociologue.
David Dufresne
J’allais y venir, j’allais y venir. Et là je me suis dit.
Denis Robert
Non, non, mais il parlait de média Workers quoi ! Et c’est vrai que, en gros, il explique que le journalisme est agonisant et que petit à petit on va, on va être remplacé par des travailleurs médiatiques. Et ça vient des États-Unis, puisque c’est là, c’est là où on a vu les premiers effets de la mort du papier et de l’avènement du numérique, et où les journalistes qui étaient quand même une profession qui était quand même de notables, un peu avec tous les grands modèles qu’on a en tête, le héros du journalisme, de l’investigation, du Washington Post a tout ça à d’autres titres. Petit à petit disparaissaient et devenaient des media Workers. Et c’est cette tendance une, deux ou trois ans après, est arrivé en France, où le pire exemple, c’est comment s’appelle ce groupe série noire du roi qui paye des papiers au enfin qui a racheté plein titré et tu n’as plus de. Puis tu vois sur internet en plus t' as des dépêches LFP qui sont réécrites dix fois par des machines, des robots, etc. Donc la tendance c’est quand même assez lourde à assumer, à devenir des, à être remplacé par des travailleurs médiatiques. Mais c’est aussi une expression à double triple détente. Parce qu’un travailleur médiatique, c’est aussi un journaliste qui, comment dire, qui attire la lumière, qui est médiatique. Et puis et puis aussi c’est quand on est, quand on est Laurence Ferrari ou Léa Salamé, ou quand on est Yves Calvi, On est aussi un travailleur médiatique, c’est à dire qu’on est le produit de celui qui nous paye et on est là pour faire de la propagande, même si on s’en cache. Là c’est Il y a plein de débats autour du journalisme. Mais un des débats qui m’agace le plus quand j'écoute parler ces gens là qui ont quand même des audiences importantes, c’est des gens qui pensent détenir, comment dire, une mainmise sur la réalité. C’est à dire que c’est parce qu’ils sont dans ces médias dominants qui équipent, qui peuvent nous dire le réel et qui, quand ils traitent des gens comme moi, je pense être 1000 fois plus journaliste qu’eux. Si tu veux. Le fond de ma pensée est d’avoir donné 1000 fois plus de preuves qu’eux que je suis un journaliste. Et je le dis comme ça, si tu veux en faire assez rapidement, je te trouve insupportable. Le procès qui nous est fait et qui m’est fait par exemple d'être à un journaliste, des fois c’est gauchiste, des fois c’est d’extrême gauche, des fois c’est proche de Mélenchon, Toutes ces choses qui sont fausses parce que je ne cesse de le répéter, je ne suis pas un, je suis un, je ne suis pas un idéologue. Être journaliste et je suis beaucoup moins propagandiste que ces gens là qui sont dans ces médias dominants et qui sont là pour, pour faire perdurer ce libéralisme là et qui sont là et qui doivent s’ils si leurs patrons, acheter ces médias là, c’est bien pour que eux fassent ce sale boulot et y ils peuvent prendre le problème comme ils veulent, ils font, ils font un boulot de merde, ils sont en train de nous mettre dans la tête des valeurs, des idées qui ils participent à notre à notre asservissement. Tu sais, toi, Moi j'étais pénard. Je sais jouer des scénarios. Je sais ce que toi tu étais en train de faire avec mes potes et on a des amis en commun. Salut Bertrand. Et là, pourquoi je me retrouve dans Ce n’est pas une galère si tu veux, si je n’avais pas envie de le faire, je le ferais pas. Mais j’y suis allé vraiment pour aider. Au début, c’est à dire aux médias, c'était vraiment des types qui étaient dans la merde, qui m’ont supplié quoi. Mais quand je dis supplier, je peux t’assurer que c’est vrai. Et d’ailleurs, ils l’ont dit, les deux mecs qui sont venus chercher du média, Bernier et Cosmo. Et donc moi je les ai beaucoup aidés et je me suis vraiment pris au jeu et j’ai vraiment adoré faire ça. Et puis je n’ai pas vu ce qui est en train de me faire en douce parce qu’ils ont eu peur que je m’entraîne à l’heure. Alors le média, c’est quand même un sacré panier de crabes. Enfin bref, sinon ils m’ont éjecté et si tu veux, je me suis pris des papiers dans la presse.
David Dufresne
Non mais moi honnêtement, je ne te parle pas du média, je comprends que pour toi ce soit c’est plus c’est proche.
Denis Robert
Après il y a eu Blast avec Vinciguerra.
David Dufresne
Nom mais pas par exemple. Moi je trouve passionnant. Dans le bouquin tu racontes qui ? Qui dès le départ t’attaque sur l’affaire Clearstream. Il y a le monde, il y a le Point, il y a BHL, il y a ceci et cela. C’est à dire qu’en fait ça fait très longtemps que tu que tu suscite l’intérêt, on va dire ça comme ça. Et moi la question que je voudrais te poser, c’est comment on vit avec ça ? Est ce que par exemple tu vas sur Tweeter, est ce que tu vas sur Facebook ? Est ce que tu à. Est ce que tu t’en fous ? Tu bloques les gens, tu ne les bloque pas, tu ne les lis pas.
Denis Robert
Je vais sur tweeter, je m’en fous un peu, J’essaie. C’est hyper chronophage et je ne vais pas sur Tweeter. Il y a une raison, c’est parce que un jour j’ai écrit un truc sur Facebook sur un banquier londonien en disant un groupe de gens qui était très insultant, homophobe, qui s’en prenaient aux gauchistes. Avant de partir, c'était des déferlantes de haine et je les ai entre guillemets ajoutés, c’est-à -dire que j’ai donné leur nom, dont l’un d’eux était un banquier franco iranien qui vivait à Londres. Et ces types étaient organisés en réseau. Et dès que je m’exprimais quelque part, je prenais des tempêtes de d’injures. Ils sont allés photographier mes enfants, photographier ma maison, ils ont publié des fausses déclarations fiscales, ils ont dit que j'étais un mec blindé. J’ai eu droit à des procès complètement débiles. Et puis ces types m’ont attaqué en justice. Ça m’a coûté quand même pas mal d'énergie et de temps et j’ai fini par tout gagner, tout. Qu’ils ont été tous déboutés. Et donc si ça m’a un peu dégoûté de tweeter en tout cas. Donc j’y vais. Des fois y a un compte à moi sur lequel je contiens d’ailleurs des éditos, des choses comme ça. Des fois je. Je republie aussi de temps en temps des trucs.
David Dufresne
Comme tu es bavard et que tu m’as dit qu’on n’aurait pas beaucoup de temps. Je t’interromps maintenant parce que c’est bon sang !
Denis Robert
Et David, c’est. J'étais trop bavard. Mais non, je n’ai pas l’occasion tellement de m’exprimer sur ce que je fais et c’est vraiment je suis content, je suis content de le faire.
David Dufresne
Alors, alors, alors le livre, le livre, il est là. Le livre est ponctué de saillies, notamment de sociologues, de chercheurs, etc. Tu viens de parler d’Alain Accardo page on est page 27, tu le cite c’est quatre lignes et c’est assez dévastateur. Si dans le principe, il est vrai qu’il n’y a pas de vie démocratique possible sans liberté de l’information dans son état actuel, la presse est devenue plus un obstacle qu’une aide à une véritable vie démocratique. Monsieur, vous mettez ça à la fin d’un chapitre. On sait ce que ça veut dire. C’est un cri du cœur. C’est pour m’inviter soit à poser livré, à réfléchir longuement, soit à aller vite au chapitre quatre. Mais c’est une phrase qui est très, de mon point de vue, très juste, mais dévastatrice. Quand tu dis ça, pourquoi tu continues ?
Denis Robert
Mais parce que rester en même temps, c’est une invitation à faire le job et à aller contre ça à quoi ? C’est à dire que le journaliste doit être libre de sortir des affaires, on doit, on doit être un contre pouvoir, on doit, on doit contre enquêter et on doit aller se battre pacifiquement contre ces contre ces gens là et contre cette idéologie là.
David Dufresne
Bien sûr.
Denis Robert
Tout était et est bourdieusienne. Il a vu des choses. Ces choses-là, il les a vues il y a très longtemps. Et tu parlais de Chomsky. Chomsky dit à peu près la même chose et il est même beaucoup plus dur parce que lui, il pense que je sais faire, il y croit plus aux juges, j’y crois plus aux gens, à ce journalisme là. Et puis quand on voit le sort qui est fait à Assange, on est vraiment, on a vraiment du boulot.
David Dufresne
Il y a plein de questions par rapport à ça. Pourquoi ? Très peu ou quasi aucun journaliste de renom s’est indigné de la décision qui a été prise là, il y a quelques heures, envers Assange.
Denis Robert
Non mais s’indigne moi Tu vois, c’est facile de s’indigner. Moi, j’ai fait des débats, j’ai été, je dis, soutenu. Le film qui est sorti sur lui.
David Dufresne
Hacking Justice
Denis Robert
J’ai souvent parlé de lui dans des éditos. On a interviewé son père à Blast, mais là on est face à 1 à 1 mécanique. En France à part Le Monde Diplo, et puis la presse indépendante et les grands médias. Enfin tu vois, elles l’ont un peu laissé tomber Assange, et ça c’est quand même il devrait faire la une de tous les journaux télévisés. Tu sais, comme quand il y avait des otages au Liban, tu vois, on a su dire Assange incarcérés. Depuis, j’ai pu le nombre de jours en tête, mais on doit être pas loin de 2000 jours quoi. Enfin si, on les additionne, tu vois. Et puis donc il y a assez. Voilà, c’est. Mais bon, au fond, franchement, les gens qui me reprochent ces assassinats.
David Dufresne
Non mais arrête Denis, on te le reproche.
Denis Robert
Mais attends maintenant sur les réseaux sociaux, je prends quand même ce genre de critiques. Ouais, pourquoi vous ne faites pas ci ? Pourquoi vous ne faites pas ça ? Pourquoi vous ne traitez pas assez du vaccin ? Pourquoi vous n’êtes pas dans les combats féministes ? Pourquoi vous ? Putain, j’ai attaque qu’une vie et qu’une journée ça fait 24 h. Je trouve que ça blaste et en tout cas personnellement j’en fais assez quoi tu vois.
David Dufresne
Je vais page 121. Et alors là, tu parles, tu parles presque de recette. Je ne vais pas citer cuistot ou pas, mais tu expliques en fait à quoi obéit le journalisme et tu dis ce qu'énonce un journaliste obéit à des règles qui sont celles des conversations. Je pars de ce postulat Au fur et à mesure qu’un discours journalistique s'élabore, le locuteur journaliste rectifie Voilà son propos en fonction de stratégies dites illocutoires cachées en fonction des autres journalistes et de la représentation qu’il se forge de son public. Alors là, je pense que les jeunes journalistes qui t'écoutent au CFJ, si tu leur parle de ça, ils ont de la chance, c’est vachement beau, c’est vachement beau.
Denis Robert
Mais c’est un texte. En fait, c’est quand j’ai repris des études. Moi, j’ai fait des études de psycho étude et de psychologie sociale et j’ai commencé une thèse que j’ai reprise à la fin, au début des années 90 et ma thèse était d’essayer d’expliquer le fonctionnement des discours médiatiques et j’ai apparenté un discours médiatique à une conversation dans une conversation, d’essayer de convaincre et dans un dans un discours médiatique, d’essayer de convaincre aussi. Et il y a ce qui dit ce qui est écrit et surtout à la télévision ce qui est montré. Et puis il y a un métalangage, il y a un jeu de geste, il y a des non-dits, il y a des stratégies, etc. Et c'était tout et tout le monde. J’ai fait un débat là-dessus en psycholinguistique et j’ai étudié la grammaire. J’ai dit C’est comme ça que j’ai rencontré Chomsky aussi.
David Dufresne
J’ai vu que de temps en temps, toi aussi tu t’as donné à l’interview Zoom ce qu’on est en train de faire.
Denis Robert
Ouais.
David Dufresne
Et on est bien d’accord que c’est La conversation est très dégradée par cette technologie. Mon langage corporel est particulier, le mien aussi et ce n’est pas très bon. On est ce qu’on est. Est ce qu’on arrive à être quand même dans une conversation d’après toi avant ?
Denis Robert
Absolument. Et tu sais, moi j’ai une vidéo zoom avec la députée Frédérique Dumas. Oui, je l’ai. Le matin au téléphone, elle m’appelle parce qu’elle voulait prendre contact avec, avec justement quelqu’un que j’avais interviewé, un média qui s’appelle Marc échanger et on discute. Et elle commence à me parler. On parle, je ne la connaissais pas et on parle d’Emmanuel Macron parce qu’elle avait été macroniste. Et puis elle avait quitté le groupe et je ne sais pas, il est 11 h, 11 h du matin quand on discute et je lui dis Qu’est ce que vous faites à 14 h ? Et elle me dit rien, Pourquoi ? Elle dit je peux vous faire un entretien ? Zou, on poursuit cette conversation ensemble. Elle me dit d’accord, très naturellement. Malheureusement, aux médias, ils ont censuré. Aujourd’hui, c’est cet entretien que j’ai fait avec elle parce que tout passe. Je ne vais pas revenir là-dessus, mais j’ai fait cet entretien. Il est formidable cet entretien parce qu’il est très naturel. Et elle, elle raconte des choses comme elle. Elle était de l’intérieur de la Macronie. Ce qu’elle raconte prend une dimension de dingue et je crois qu’on y est. Quand ils l’ont censurée aux médias, on était à 4 millions de vues. Quand il se passe quelque chose entre deux personnes, que ce soit Zoom ou que ce soit sur un plateau, franchement, ce qui compte c’est l’interaction et l’intérêt de ce qu’on dit quoi. Après c’est vrai que quand les conditions sonores ou d’image sont dégueulasses, c’est un peu plus dur à tenir. Mais moi je crois beaucoup. Enfin, quand on était sur scène, quand on était séquestrés sous qu’Ovide, là j’en ai fait beaucoup et c'était vachement bien. Là, je viens d’en faire un qui va passer entre Noël et Nouvel an sur Blast avec Piaget. Le syndicaliste de Lip rêve,
David Dufresne
, bien sûr.
Denis Robert
bien Sûr, parce que lui, il est Besançon, etc. Des fois, quand les gens sont à l'étranger, j’en fais de très bons.
David Dufresne
C’est à Besançon, c’est l'étranger pour la Moselle.
Denis Robert
Non, non. Mais Piaget doit voir quel âge il a. Peut-être à 95 ans, tu vois. Donc il se déplace.
David Dufresne
Difficile de dire.
Denis Robert
Voilà.
David Dufresne
Balzac, évidemment tu convoques comme on dit aujourd’hui, et aux presses on dit tu convoques Balzac et notamment à la fin. Et là, ça me plaît beaucoup parce que tu parles de la littérature. Tu dis que la littérature permet de mieux lire le réel et le monde qui nous entoure. Je suis une sorte de Rubempré, donc Rubempré. On rappellera qu’il est aux yeux de certains. Je suis resté provincial. Mon père s’appelle Lucien. Donc Lucien de Rubempré. C’est un des personnages phares de Balzac. C’est. C’est ce journaliste, ce jeune homme d’Angoulême qui vient à Paris, euh, poète génial qui va devenir journaliste. Et Paris va, va le recracher et il va repartir endetté à Angoulême pour aller très vite. C’est ça.
Denis Robert
C’est ça ? Non mais c’est ça, C’est les illusions perdues.
David Dufresne
C’est ça.
Denis Robert
C’est quand même un grand livre que j’ai relu récemment puisque je suis allé voir le film de Giannoli que j’ai trouvé très bien.
David Dufresne
Ouais, c’est bien, franchement.
Denis Robert
Oui. Et alors ?
David Dufresne
Et donc l’idée de la littérature. Je relis, je relis Denis Robert. Donc la littérature permet de mieux lire le réel et le monde qui nous entoure.
Denis Robert
Ben c’est à dire que ouais, non mais pour moi c’est d’une telle évidence. Gégé, si tu veux lire les livres qui m’ont marqué ne sont pas des livres de journaliste si tu veux, mais j’ai dû écrire 30 bouquins. Il y a des scénarios et des choses comme ça. Mais mon travail d'écrivain paraît. Et souvent d’ailleurs, on a dit par exemple un de mes best des bouquins qui a le mieux marché, qui s’appelait "Pendant les affaires, les affaires continues". On a dit un livre de journaliste, mais ce n’était pas un livre de journaliste, c'était l'écrivain que j'étais qui me regardait en tant que journaliste, un journaliste mais en perspective, Un journaliste, pardon, un écrivain met en perspective, raconte une histoire, etc. Et use parfois de fiction. C’est Enter Thompson, la fiction, le meilleur, le meilleur chemin pour dire le réel.
David Dufresne
Tu le cite là dans le bouquin aussi.
Denis Robert
Mais moi j’adore Tom Wolfe, j’adore Richard Brautigan et ce sont ces livres là qui m’ont marqué. Et c’est vrai que la lecture de Truman Capote et de 200 fois a changé ma vie. Comme plus tard la lecture de Cavanna ou de que j’ai rencontré, avec qui j’ai fait un film, etc. Mais mes Truman Capote, si tu veux, quand je lis De sang froid, c’est une amie journaliste qui me le passe. A la fin des années 80, alors que je suis journaliste au bout des ongles à Libération, j’en ai fait la Villemin, je suis dans les enquêtes, etc. Mais quand même, si tu veux, je trouve que les pages d’un journal sont un peu étroites par rapport à la, à la, à la fusion que j’ai dans la tête quoi. ! Truman capote en un sur 203, livre qu’il a mis douze années à écrire quand même. Donc, dans mon premier roman qui s’appelait Char Mathilde, je veux faire mon petit trauma, une capote, mais au bout de six mois, je suis fatigué.
David Dufresne
. Denis Robert Je suis fatigué. C’est une technique de sioux pour faire quatre projets à la fois. Tu passes ton temps à nous dire que j'étais fatigué à ce moment-là, j'étais fatigué. Et puis en fait, la page d’après Ah oui, alors je fais un film. Ah oui, c’est vrai, Troisième livre.
Denis Robert
Non mais tu sais, écrire, c’est écrire ce livre. Enfin, j'étais content de l'écrire. Absorbable, ça m’a occupé de juin à septembre. Cet été, j’avais plein de petits textes, que des choses. Je l’avais en fait. Si je l’avais en tête depuis 30 ans ce bouquin, parce que. Mais il m’a pris, il m’a pris, comment dire. Il m’a pris un peu en traître, mais il y a presque une vie.
David Dufresne
Denis La question que je veux te poser, c’est en effet moi c’est ça que j’aime chez toi, c’est le côté multicartes documentariste, peintre. Derrière toi, il y a une de tes peintures plasticiens, patrons de presse. Maintenant journaliste, romancier, tu as écrit des romans, soit des romans à clés comme celui sur le football, soit des romans érotiques comme Le bonheur, traduit dans 22 livres. Qui a fait et qui a fait ton confort on va dire. Et moi, la question que je me pose, c’est pourquoi, alors que tout ton livre montre combien tu es vigilant sur comment le journalisme est en train de se transformer en. Autre chose. Pourquoi tu restes là dedans ? Pourquoi tu rempile là dedans alors que toi même tu dis à la fin du bouquin Finalement, la littérature pourrait me permettre de raconter de réelles choses.
Denis Robert
Et je vais. Je te réponds en deux mots. Gilets jaunes. C’est vraiment les gilets jaunes. C’est-à -dire que j’habite en province. Je veux voir émerger ce mouvement même avant tout. Au début du mois de novembre 2018, je suis à la station essence, au bistrot de mon village, avec mes copains. Je me rends compte que tout le monde est fauché. Je vois la vie, la violence et la misère et je vois une énergie. Ce mouvement est sur Facebook. Très tôt, je joue, puis je prends un gilet jaune et j’essaie de montrer ma solidarité de travailleur médiatique ou littéraire avec ces gens là. Et si tu veux, moi j’ai beaucoup d’amis, je suis très entouré, j’ai des potes qui sont universitaires, des potes prolos, etc. Mais je ne supporte plus à ce moment-là mon statut d'écrivain, mon confort à faire des documentaires, à me creuser la tête parce que j’ai un éditeur que j’aime infiniment, qui s’appelle Bernard Barrot, qui me suit depuis 30 ans, même plus maintenant. Et Bernard attend mon roman et donc j’ai ça en tête. J’ai plusieurs éditeurs qui me proposent des choses, mais si tu veux, quand je vois ce qui se passe avec les gilets jaunes, la misère de ces gens là et les mensonges médiatiques autour d’eux. Parce qu'à part toi je vais dire ça, mais j’ai une sorte de te. Je me dis je ne peux pas rester mon cul sur ma chaise dans mon bureau à prendre des droits d’auteur, à faire comme si ça n’existait pas. Donc c’est aussi pour ça que je dis oui aux médias et c’est aussi pour ça que je ne lâche pas l’affaire. Et quand je vois si tu veux aujourd’hui Macron Zemmour, je me dis putain, heureusement qu’on est là quoi. Heureusement qu’on est en train d’essayer d’inventer ce média. Il y a comme un devoir, mais il y a aussi du plaisir. Ce n’est pas, ce n’est pas un sacerdoce non plus. J’aime faire mes éditos, j’aime, j’aime aider les gens. J’aimerais bien qu’on soit beaucoup plus. Moi, je n’ai rien à prouver si tu veux. Donc j’aimerais qu’on soit beaucoup plus fédérateur à Blast que tous les médias indépendants. La chance qu’on a chez Condé, on n’est pas sur abonnement. Donc j’ai envie de faire de la promo, j’ai envie de tuer tout le monde, qu’on soit rassemblé parce que l’union fait la force et en face ils sont super forts quoi. Donc il y a ce combat là à mener. Et si je veux me regarder dans une glace, je crois que ma place est là aujourd’hui.
David Dufresne
Alors, à propos de ton éditeur, Bernard Barrot, il y a une lettre magnifique qu’il écrit sur la littérature jeunesse. Je laisse le plaisir de la découverte à ceux qui achètent le bouquin Qui est Qui est qui ? Qui est vraiment super. Les gilets jaunes, c’est aussi de Jacqueline Moreau qui rejoint Zemmour sur scène.
Denis Robert
On peut. Si tu parles d’elle, si tu veux. Dès le départ, elle a fait cette vidéo. Mais il y a des tas de connards chez les gilets jaunes comme il y a des tas de connards chez les profs, chez les journalistes, chez les magistrats, je veux dire, il y a une proportion. Bon, là, les gilets jaunes, c’est toute l’histoire de cette colère ouvrière, quoi. C’est pourquoi aujourd’hui, le Parti communiste est remplacé par le Rassemblement national. Pourquoi la gauche n’y arrive pas, etc. Tu sens que les gens sont perdus et vont et vont au plus facile. Pour moi, Jacky Moreau est une élite, une idiote qui tisse, qui se laisse bercer d’illusions et il y a vraiment un fond de racisme. Enfin je veux dire, comment ? Comment peux-tu soutenir Zemmour ? Donc en gros, la parole de Zemmour c’est les immigrés, dehors c’est la France blanche, etc. C’est comme ça, c’est des gros fachos qui sont derrière lui. Alors après les gens qui font comme si Zemmour ce n’était pas été pas raciste etc. C’est je veux dire le simple recul. L’analyse de ces textes, de ces condamnations judiciaires montre que ce type est raciste. C’est même d’ailleurs le grand rabbin qui a oublié son nom, Gilles qui le dit dans une interview Il est non seulement raciste, mais il est antisémite. Pour un juif, c’est un peu compliqué, ce n’est pas moi qui le dit, c’est donc. Et je pense que voilà. Donc effectivement, il y a les gilets jaunes. C’est facile de dire les immigrés dehors, mais c’est plus facile de c’est plus difficile de lire les dernières choses. Le dernier chiffre de l’OCDE qui te montre que l’immigration en France rapporte de l’argent et non ne coûte pas. Et c’est comme tous ces connards qui font ah ! Tu sais très bien le parallèle en disant yaourt, tu sais quand tu quand tu dis l'évasion fiscale etc. Tu as des gens qui viennent te parler des fraudes sociales en disant oui mais les émigrés, les familles nombreuses, toutes les fraudes sociales, etc. Je dire on parle c’est un rapport de 1 % ou quoi ? Pour 1 million détournés en fraude sociale, il y a 100000000 en évasion fiscale, ça reste le problème numéro un. Et Emmanuel Macron ? J’ai fait un dernier édito là où je dis que l'échec de du journalisme a produit Macron et produit aussi Zemmour. Macron, c’est quand même un président. Depuis cinq ans qu’il est au pouvoir, il n’y en a jamais eu. Il y a eu une interview avec Bourdin et Plenel mais qui était tellement impressionné par Plenel et Bourdin qui n’ont pas été très bons dans l’interview de Macron. Mais Macron est en roue libre depuis cinq ans.
David Dufresne
Je rappelle d’ailleurs qu'à la fin de cet entretien, ils s'étaient tous les trois donnés rendez-vous tous les ans et ça n’a pas eu lieu. Alors moi je pensais que ta réponse j’avais bien senti des gilets jaunes parce qu’il en est beaucoup question dans ton bouquin, mais il a aussi question des milliardaires. Ils possèdent 90 % des titres et les mêmes questions et je pensais que c'était ça qui t’avait ramené dans le game, comme on dit au Québec, des milliardaires et des gilets jaunes. Pas je ne sais plus combien de 39. Tu nous parles de Drahi, BFM, la télé qui enfonce sachant ça te dit ? Les gilets jaunes c’est construite grâce à des fonds provenant de paradis fiscaux. Ces bénéfices filent vers ces mêmes paradis fiscaux via une myriade de sociétés appartenant à Patrick Drahi, son boss. Plus loin, tu écris le journaliste, il est mal barré. Trois milliardaires se tapent dessus Pigasse, Niel que Trotski A propos du Monde et ainsi de suite, très régulièrement, évidemment, tu reviens sur ces milliardaires. Est ce que tu peux nous redonner un peu le topo de la situation ? Est ce que je me goure ?
Denis Robert
Si non tu ne cours pas mais si tu veux c’est quand même tout le monde leur tape dessus dans nos milieux. C’est assez facile de dire de dire que 90 % de ce qui s’est dit est ce qui se publie dans ce pays leur appartient. Quoi ? Mais après, enquêter sur eux ? Moi, en ce moment je cherche des fonds à Blast parce que je veux faire une enquête sur Drahi. Drahi, c’est quand même un des types les plus endettés, non seulement de France, mais du monde. Ils arrivaient à un niveau d’endettement qui est supérieur à celui de Donald Trump au moment où Trump était aux états unis.
David Dufresne
Et d’ailleurs tu dis que tu es plus riche que lui parce que tu as la dette. Ben moi ça me fait marrer.
Denis Robert
Et d’ailleurs je. Dans un de mes précédents livres qui s’appelait Les Prédateurs, j’avais découvert que Albert Frère, le milliardaire belge payer moins d’impôts proportionnellement que sa femme de ménage. Donc s’il y a un vrai scandale par rapport à ça. Mais après quand tu vas dire qu’avec tes petits bras tu vas lutter contre des milliardaires, moi ils me font des procès quoi, tu vois. Donc c’est pour ça aussi qu'à Blast on a besoin d'être soutenu. Et là, le BHL Bernard-Henri Lévy nous a fait un procès, soit parce qu’on a publié des toute cette enquête qu’on a faite sur le Qatar ou on a raconté comment le Qatar avait payé, avait viré 9 millions d’euros à Bernard-Henri Lévy. On connaît l’ordre de virement. Il nous a fait un procès en diffamation qu’il a perdu et en permanence, si tu veux, on est on est sous pression. Donc tu as vu Bolloré ? Dès qu’un journaliste parle de lui T’as des plaintes là ? En tout cas, il y a des bonnes nouvelles dans. Sans blague. Par exemple, L’une des bonnes nouvelles, c’est que Jean-Baptiste Rivoire y a même dit mes copains de Silence off investigation qui font ce documentaire de 40 minutes sur Alexis Colère. On le diffuse sur place. Il fallait. Il a fait. Il en est à 1,2 millions de vues. Ce que je veux dire, c’est que j’y crois beaucoup parce que je pense qu’on en est qu’au début de cette histoire là et que il faut absolument qu’on puisse, et c’est l’ambition Blast, faire des enquêtes et publier des vidéos d’enquête sur Internet et trouver des moyens de les financer.
David Dufresne
Il y a pas mal de questions qui remontent du tchat en disant il y a quelques je dis de mémoire il y a quelques années je ne trouvais pas grand chose à dire sur le web. Aujourd’hui il y en a trop, il y en a partout. Et d’ailleurs quand tu interviewes, y voir un moment donné ça me fait rigoler parce que je ne sais pas si ta langue a fourché, mais tu dis il ne faudrait pas qu’on soit concurrents. Mais est ce qu’en effet, il n’y a pas en ce moment une surabondance de contenus indépendants ? Donc pour les gens, c’est très difficile de suivre à qui donner, quand donner ? Entre Reporterre, Blast, le média QG, Mediapart, StreetPress Off dont tu viens de parler, les ONG. Qu’est ce que tu réponds à ça ?
Denis Robert
Je vais prêcher pour ma paroisse, c’est -à -dire que de ces médias-là, on est le seul média qui en a une. D’abord, il faut financer tous les médias selon son cœur et selon son sens. Son envie d’aider quoi. Je veux dire, les gens, individuellement, font ce qu’ils veulent. Mais ce que je peux dire, c’est que nous à Blast, en télé, on est les seuls à ne pas être sur abonnement ou abonnement au sens où on s’abonne à Blast pour être membre d’une communauté, pour participer à des masters class, pour avoir une newsletter. Il y a des il y a des. Et puis pour avoir quelques microprogrammes privilégiés si tu veux, mais on est le contraire de Canal+. Mais je pense qu’on peut devenir. Si ça marche bien, on peut devenir le Canal plus en terme de réussite économique. Les années 2020, c’est à dire que Canal avait 10 % en clair et 90 % en crypté. Et inciter les gens avec leurs programmes en crypté pour que. En clair, pour que les gens aillent voir du crypté. Et nous c’est complètement l’inverse. C’est à dire qu’ils ont les gens qui s’abonnent à Blast ou qui nous font des dons, sont des gentils qui veulent financer une information libre pour tous et donc qui veulent financer des enquêtes et tout et qui veulent pas que justement qui a un abonnement qui a un tel rôle que pour pouvoir accéder à une information il faille payer etc. Les gens qui financent Blast ils y financent pour que l’information soit libre d’accès au plus grand nombre. Donc la vocation de Blast et je le dis depuis le début mais comme ce n’est pas fait en un jour en gros. Donc ça va, ça va nous prendre du temps, c’est de fédérer. C’est à dire que moi, mouvement, mon rêve entre guillemets, mon ambition, c’est pas du tout d'être chef ou patron, je m’en fous. Le jour où je pourrais m’effacer, j’effacerai si tu veux. J’ai pas grand chose à prouver et je ne me sens pas. Je n’ai pas une mentalité en plus de patron, d’entrepreneur, je suis écrivain, etc. Je le fais par obligation et pas et parce que je sens que c’est une nécessité. Mais je voudrais qu’on fasse un club de la presse. Je voudrais qu’on fasse une émission littéraire.
David Dufresne
Tu es heureux de ce que Blast produit Pour l’instant, ça correspond à ce que tu as envie. Je ne te demande pas de balancer des noms.
Denis Robert
On a commencé à exister vraiment au 1ᵉʳ avril, donc ça fait même pas neuf mois. On a démarré un tout petit peu en mars, mais ce qu’on a fait, c’est quand même on démarre une page blanche, on a zéro abonnés et quand on démarre, il y a la campagne qui esquisse et puis et puis on démarre quoi. Donc quand tu vois la quantité, tu vas sur YouTube et tu tapes Blast, tu vois la quantité de vidéos, ce qu’on a produit en économie, en écologie, en politique, avec en actualités ce qu’on a sorti comme enquête sur le Qatar, les éditos, les entretiens, etc. C’est quand même foisonnant, c’est quand même incroyable et on a des difficultés. C’est dire qu’on a une grosse masse salariale puisque tout le monde est payé, convention collective, etc. Mais comment dire, on est quasi en sous effectif. Moi je travaille pratiquement sept jours sur sept, tu vois. Et tout le monde est un peu au taquet à Blast, tu vois.
David Dufresne
: C’est vrai.
Denis Robert
C’est juste ça. Ouais.
David Dufresne
Ça se confirme.
Denis Robert
Dans notre programme, il y a un directeur de production, il y a, il y a une directrice financière, administrative, une directrice, une personne qui s’occupe des abonnements et des prestataires, etc., etc. Il y a évidemment des monteurs, il y a des cadreurs, il y a on est, on est 20 25 à être salariés tous les mois, on a 150 à peu près 150 000 € tous les mois à lâcher quoi. Et ça, ce ne sont que le produit des dons et des abonnements. Mais on est en train de réussir notre pari et je crois qu’on est en train de gagner, surtout avant la fin de l’année, la com. quand on s’abonne, je fais un peu de pub. Quand on s’abonne à 60 €, on a, on a je crois 30 € ou 25 € de remboursement de crédit d’impôt en plus d'être abonné. Et quand tu fais un don, tu donnes 100, tu récupères 66. Donc là, jusqu’au 31 décembre, c’est pour ça que ça fait des vidéos.
David Dufresne
C’est super, mais c’est valable pour ceux qui payent des impôts.
Denis Robert
Ouais bah ceux qui payent pas d’impôts, même s’ils donnent 1 €, c’est un soutien formidable pour nous. Quoi ? C’est dit. C’est l’idée d’appartenir à une communauté, d'être prévenue avant les autres, etc. Mais c’est vrai qu’on a beaucoup de. C’est d’ailleurs une des choses les plus marquantes et les plus touchantes pour moi, c’est de recevoir des lettres de gens qui me disent voilà, chaud, je suis au RSA ou je suis au chômage.
David Dufresne
Mais, mais toi, toi qui es un styliste, vraiment là on se marre parfois on pleure en fait. Ah bon ? Est ce que tu le considères ? Blast a du style écoutez, parce que des émissions de plateau, ça peut avoir du style
Denis Robert
C’est le fond qui prime. On cherche des formules. Mais moi je suis assez content des éditos qui me prennent beaucoup de temps et beaucoup d'énergie. Donc je l’ai. Après, je donne donc dans ce que je fais. Moi, mes entretiens, il y en a que je réussis, d’autres un peu moins. Je suis plutôt content de ça parce que Serge avec son les émissions politiques qu’il a. Il a un style qui peut sembler peut être. Il a une manière de me faire plaisir qui me plaît bien. Enfin tu vois. Ce que je veux dire, c’est qu’il a 60 batailles. Il y raconte la politique qu’il connaît tellement bien, mais ça a du style Salomé ou Paloma en économie, en écologie, ce qu’elles font, elles, L'écologie par exemple, C’est vachement dur de toucher beaucoup de monde, mais c’est des sujets souvent difficiles. La manière dont elle le fait, c’est vraiment bien. Il y a une sorte de constance. Et Salomé, bon bah elle est très douée, elle explose dans la manière dont elle explique l'économie etc. En plus, après on a le couteau suisse Antoine qui est sur tous les coups et qui y fait des vidéos qui font beaucoup de vues.
David Dufresne
Donc on rappelle à ceux qui nous écoutent que sur le canal YouTube de Blast, l'émission qui marche la moins bien mais de très loin, c’est au poste. Ici, au poste.
Denis Robert
Mais c’est pour ça que j’ai dit à Mathias de te dire le problème des vidéos du post 28. Tu diffuses, ce n’est pas ce que je veux, c’est qu’au début tu fasses une minute, une minute 30 pour donner envie aux gens et de comprendre l’enjeu de la conversation qui la suit. Je t’assure que ça manque et on va faire le test et tu verras que ça va grimper en audience à part.
David Dufresne
Bien évidemment, il va y avoir écrit Denis Robert, ça va, ça va marcher.
Denis Robert
C’est une annonce que je fais, parce que si on l’a pas encore rendu public, mais on va en parler, c’est que le JT à la con de Bruno Gaccio, Etienne et de Patrick Schaeffer et de Aude Reviens, revient en février prochain. On fait les 100 derniers jours de les quatre 20 derniers jours de la de la des présidentielles avec tous les jours en décalés ça n’a pas fait, ça fait entre 50 et 100 000 vues. Mais la formule commence vraiment à être, à fonctionner vraiment bien quoi. Mais c’est lourd quoi. Parce que si tu peux imaginer en production, c’est-à -dire qu’ils écrivent le matin, eux, ils l’enregistrent, puis il faut monter, puis ça sort le soir quoi. Comme quand les Guignols faisaient ça, ils étaient 70 à le faire. Nous on est on est cinq, tu vois. Et c’est un programme aussi en accès libre, mais c’est ça met de l’humour et un peu de distance et c’est très politique finalement. Le JT à la con.
David Dufresne
Tu poses une question à Pujadas, Calvi, Patrick Cohen, Apolline de Malherbe, Bourdin, Elkabbach, Joffrin ? Une question qu’on ne leur pose jamais. Je voudrais juste leur demander de réfléchir à cette question basique. Vos propos, votre esprit critique, votre libre arbitre sont-ils influencés par le salaire que vous touchez ? Est-ce que tu te souviens ? Ça, c’est page 212 de Christophe Castaner qui va être. On revient aux gilets jaunes. A peine interviewé, il est au sommet de sa gloire. Il est ministre de l’Intérieur. Tu écris aussi. Donc il est interviewé sur France deux dans l'émission dont le titre s’appelle l'émission Politique. Ce n’est pas très original donc. Et tu écris ceci On a très peu parlé des gilets jaunes, comme si tout le monde avait admis que le problème était réglé. On était au cœur de l'événement. C'était gênant de voir des journalistes si peu entreprenants, si peu connectés au monde. C'était déshonorant pour eux. Mais bon, on a vu pire. Les violences policières ont été renvoyées dos à dos avec les violences des manifestants. Quinze minutes sur près de 3h d'émission.
Denis Robert
Oui, mais j’imagine que tu partages mon agacement ici. Un mot gentil. Enfin, comment peut être Yves Calvi ? Comment on peut être Léa Salamé et se regarder dans une glace et penser qu’on fait du bon travail, Ça me semble surtout quand on fait ce qui font danser dans ces périodes là, la manière dont ils ont traité avec tellement de dédain ces gens là. Alors peut être la je regardais le reportage photo de Serge d’Ignacio qui dit à l’accablement où tu l’as accueilli. Ah oui.
David Dufresne
Bien sûr.
Denis Robert
Serge fait un travail incroyable. Il est d’une constance.
David Dufresne
D’ailleurs, il s’en veut d’ailleurs, il s’en veut. Et pour ceux qui nous écoutent, qui ont écouté Serge, manifestement tu as joué aussi un rôle dans l’existence de son livre. On est là dont on a parlé longuement avec son éditeur qui est un ami à toi. Il y a des pirouettes, j’imagine que tu les as mis en relation comme ça. Serge s’en veut d’avoir oublié de parler de toi à l'émission.
Denis Robert
Ce n’est pas grave, mais je regardais son portage photo de la de samedi il y a deux jours. Les gilets jaunes étaient encore là quoi. Alors ils sont mangés par les anti-vaccins y sont mais y a quand même été mouvement. Tu vois bien, à tous les samedis, il y a des milliers de gilets jaunes qui continuent à manifester. Il y a des tentatives sur les ronds-points et tout le mouvement a quand même été étouffé. Bon, la police a joué un grand rôle comme tu sais, mais les journalistes ont participé à cet étouffement et souviens toi, t’es bien placé pour ça.
David Dufresne
Là, par exemple, cette émission, j’ai été très heureux de te lire parce que j’ai mal. Si tu as le lien, tu peux le donner parce que figure toi que Castaner, c’est la seule fois où il avait attaqué publiquement mon travail en direct sur France deux, donc avec deux ou 3 millions de personnes et le lendemain je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi Le Monde, Les Décodeurs du Monde ont appelé à la place Beauvau, mais qu’est ce qu’il a voulu dire le ministre ? Et le titre était merveilleux. C'était la confusion du ministre avec confusion entre guillemets, genre les mecs qui rétro pédalaient derrière Catastrophe ! Donc j'étais assez heureux effectivement de lire dans d’autres bouquins ce passage là. Mais la question plus profonde que je veux te poser, c’est est ce que c’est facile de se considérer encore journaliste quand on voit ce que le journalisme est devenu ? Moi par exemple, j’ai du mal à me dire journaliste, je ne le suis plus.
Denis Robert
Écoute, on ne fait pas le même métier eux et moi. Mais je suis plus journaliste qu’eux.
David Dufresne
Que c’est évident.
Denis Robert
Tu l’es toi aussi. Enfin je veux dire, en même temps, toi tu n’as plus d’activité par là, tu fais ou poste. Mais cet été, et dans une période où tu écris des livres, où tu as eu des années, ma vie qui était consacrée uniquement à ça et j’en suis sortie depuis quelque temps, je te dis le hasard et la nécessité quoi. C’est-à -dire ? Donc aujourd’hui, effectivement, oui, je me considère comme journaliste. Après, j’ai commencé à écrire un roman la nuit, enfin tu vois, mais j’ai du mal. Peut être que l’année prochaine j’arriverai mieux à aménager mon temps pour me remettre à écrire. Mais il faut aussi avoir en ce moment la réalité tellement forte. Que j’ai du mal avec la fiction.
David Dufresne
Page 145 Tes copains de Libération. Alors à ce moment là, tu sors plein d’enquêtes, Gérard Longuet et d’autres et certains te disent arrête de tout noircir, tu fais monter Le Pen. Il y a des études sociologiques qui ont démontré qu’en effet, avant les fake news, avant les réseaux sociaux, il y aurait eu un lien entre l’investigation des affaires qu’on appelait politico-judiciaire ou financière à une époque et effectivement la montée des populismes. Comment toi tu vis ça ? En sachant que bien évidemment, tout ce que tu as dénoncé et voilà ce qui n'était pas inventé, tu gagnes des procès, c’est courageux, etc. Mais au-delà de ça, l’effet secondaire.
Denis Robert
Ce n’est pas le médecin qui invente la maladie ou le thermomètre qui décide de la fièvre stupide. Tu vois ce que tu veux dire. Si tu veux les responsables de la montée de l’extrême droite, du racisme. Ce sont d’abord les politiques et ce que les gens sont parfaitement conscients, enfin d’une manière intuitive, de l'état de corruption de ce pays. Et justement, dans un des entretiens que j’ai fait pour Blast et qui va paraître un peu avant Noël, je viens de lire un livre de Vincent Jobert, le journaliste de l’AFP qui s’appelle Mafia d'État. Mais quand tu lis son nom sans son bouquin qui est un bouquin sur la haute fonction publique, la manière dont les gens sont payés, tous ces hauts fonctionnaires et ils parlent de mafia parce qu’il y a une sorte d’organisation où les types se renvoient des ascenseurs et tout des types connus, il y a des noms, etc. Et quand tu dis ça, t’as une sorte de dégoût quoi. Alors, faut-il écrire ce genre de livre ? Faut-il faire cette enquête sur cette mafia d'État ? Et oui, à l'évidence, parce qu’il y a besoin de réformer tout ça, de changer tout ça.
David Dufresne
Je te renvoie à l’idée que tu as le journalisme de dénonciation. On va dire que c’est celui là qui a eu des heures de gloire, qui les a toujours et qui est extrêmement nécessaire, mais qui a avalé ce qu’on aurait pu appeler le journalisme de compréhension, c’est à dire le reporter à celui et tu en a fait des reportages, on en parle dans ton bouquin, celui simplement qui raconte. Qui raconte la zone, qui raconte la vie, qui raconte et qui n’est pas nécessairement dans la dénonciation et qui ne donne pas forcément dans l’impuissance.
Denis Robert
C’est aussi pour ça que j’ai déménagé. J’ai démissionné de Libé, c’est à dire qu'à un moment donné, j’avais l’impression de devenir un auxiliaire de justice et que voilà, en publiant des PV, en travaillant avec des juges d’instruction ou des parquetiers qui voulaient dénoncer les politiques, je, je comment dire ? J’ai créé des alliances qui n'étaient, qui étaient contre nature si tu veux. Donc j’avais envie de savoir que quand tu fais des livres, tu peux, tu peux même quand tu fais des livres d’investigation ou quand tu tues. Moi j’ai toujours eu envie de mettre en perspective l’information et c’est pour ça d’ailleurs que j’utilise souvent la première personne. C’est pas un jeu qui s’exhibe, mais c’est un jeu qui met en perspective et jeu. Et je pense qu’il faut, il faut que le lecteur comprenne pourquoi un auteur s’engage. Parce que souvent, un livre d’enquête, ça prend des années, tu vois. Et c’est Serge Daney. Je le cite, je cite souvent, mais à deux ou trois reprises avant sa mort, qui disait en gros il le dit fois, mais il dit que le journaliste veut toujours faire croire à son lecteur qui vient d’une planète ou s’associer. Et donc le journaliste condescend parfois à expliquer des choses, etc. Il y a comme une sorte de mythe que le journaliste construit lui-même. Et moi je. Serge, quand il expliquait ça ou quand il l'écrivait dans un livre qui s’appelait L’exercice, c'était formidable, monsieur, c'était un super bouquin. C’est lui aussi qui m’a formé. Tu vois, quand je parlais des gens qui montent, qui m’ont impressionné ou souvent je pense à eux et j’en viens à je reviens sur eux. Serge Daney en fait partie. Si je suis devenu le journaliste que je suis aujourd’hui, c’est grâce assez à ses parents.
David Dufresne
Alors parmi les parents, il y a. Il y a Chomsky dont tu dis qu’il a bouleversé ta vie. Tu reviens à plusieurs reprises sur lui et notamment page 247 où tu racontes un entretien, que tu fais un film que tu as fait avec lui qui est une interview. Alors d’abord, il y a un truc que je trouve absolument succulent, c’est que tu dis que lui, il est vraiment sympa et sa femme, elle, elle est à côté, elle milite, ça va plus vite.
Denis Robert
Le livre s’appelait 2 h de lucidité. Je l’ai fait avec Veronica Jacobite qui était aujourd’hui juriste à Télérama et on était allé tous les deux à Sienne, en Italie. On a. On a rencontré pendant une semaine Chomsky dans un dans un monastère en Italie et on a fait trois ou quatre séances avec lui. Et c’est vrai qu’il y avait sa femme qui minutée en permanence et Chomsky était très généreux. Il avait envie de passer du temps avec nous et ça reste un grand souvenir. Et c’est intéressant parce qu’au moment où j'écris, où je vais faire ce livre, je fais la tournée de tous les éditeurs Fayard, Stock, Flammarion, Gallimard. Personne n’en veut parce que c'était On est à la fin des années 90, c’est vraiment Chomsky antisémite qui a fait la préface de Faurisson, etc. Et j’ai du mal. Ce sont des arènes qui vont publier le bouquin qui va être traduit dans plusieurs pays. Et après ? Et le paradoxe, c’est qu’après c’est Fayard qui avait refusé le bouquin. Aujourd’hui, publie Chomsky, ce sont plus les mêmes personnes, mais là il y avait tout le travail du tiers. On trouve toujours les mêmes les Philippe Val, les Bernard-Henri Lévy, les Caroline Fourest, tous ces gens là qui, si on le dit, te sortent l’antisémitisme d’actu. Tu veux faire du journalisme ou les antis complotistes, Tu sais, les conspirations Watch et tous ces mecs là, dès que tu vas sur ces terrains là, de Chomsky et tout, j’ai déjà fait des débats avec eux, ils ressortent ces conneries. Il y a quelque chose qui ne va pas, quoi.
David Dufresne
Alors tu réponds à ça dans le bouquin, mais surtout, et je trouve ça plus intéressant, tu dis tu nous fais part de la pensée des Chomsky et notamment sur ce qu’ils appellent ce qu’on appelle le néo libéralisme un transfert de pouvoir des citoyens à des entités privées. Une multinationale n’est jamais responsable ou quasiment pas devant le public. Ce qui amène 200 pages avant à dire que quand YouTube de censure, alors en fait de censure financièrement, c’est-à -dire la vidéo peut plus être monétisée où elle est interdite aux moins de 18 ans, Tu as cette phrase toute bête, tu dis. Quand ça arrive, on ne sait pas à qui s’adresser. Il n’y a personne chez YouTube et ça, je trouve ça très fort. Parce qu’en effet, un youtubeur, quel qu’il soit, n’a pas de référent.
Denis Robert
On peut en trouver, mais ce qui se passe, c’est que c’est toutes les tentatives de censure de ce pouvoir là, de ce pouvoir macronien avec les lois qui vont et qui sont contre l’incitation à la haine et à la violence. Moi j’ai vu plusieurs de mes éditos qui ont été, qui ont été victimes de ça et j’ai été victime de ça. C’est à dire que parce qu’on publiait des images de manifs violentes, il y avait des plaintes ou des trolls Macronien qui écrivaient sur YouTube. Et soudain une vidéo qui disait Je ne sais pas, moi, 100 000 vues en 3 h donc, était prédestiné à faire deux ou 3 millions de vues. Un édito, quoi, parce qu’un amendement, ça pouvait prendre ça. PAF ! Le, le, le comment dire ? Le courant est arrêté. Et c’est très grave parce que ça veut dire que. Je pense qu’aujourd’hui d’ailleurs, certains mis sur YouTube comme sur Facebook, les algorithmes, on ne sait pas très bien ça. Bien malin et bien intelligent celui qui peut dire comment ça fonctionne, pourquoi ça fonctionne, pourquoi certains programmes sont promus et pas d’autres. Non, ils ne sont pas maudits. Monétiser Pour l’instant, on refuse la publicité chez Blast. Ce n’est peut-être qu’un jour. Au moins, mon idée, c’est que les abonnés, les abonnés puissent avoir des contenus sans publicité et que si pour vivre, on est obligé d’avoir de la publicité ou de monétiser les contenus, et c’est un débat qu’on doit avoir en interne, c’est très démocratique. Blast tu sais, c’est une société coopérative d’intérêt collectif. Donc toutes les décisions, les décisions se prennent ensemble, on se verse pas de dividendes et tout, et tout est réinvesti dans l’outil de travail, etc. Et donc c’est des décisions que je ne peux pas prendre seul, même si moi je les ai. Souvent j’ai envie de choses, j’ai des idées mais elles ne sont pas retenues par l’ensemble de la collectivité. Qui a fondé Blast ? J’ai vu là que Marianne a ressorti un papier avec en expliquant que Blast touchait l’argent des milliardaires. C’est archi-faux. Enfin, on n’a pas touché 0,01 €, la milliardaire. Et puis et puis il y a toute l’histoire avec. Mais j’ai même pas envie d’en parler puisque ne t’en parles pas. Mais avec ce Maxime Drenaï là qui nous a enregistrés à notre insu, ce type.
David Dufresne
Il faut qu’on en parle, parce qu’il y a beaucoup de gens qui en parle dans le chat, dans le Discord. Qu’est ce que tu réponds ?
Denis Robert
J’aimerais que ça leur arrive ce qui m’est arrivé. Vous avez un type que vous, que vous défendez ? Qui ? De qui ? Presque un copain avec qui vous bouffez, que vous invitez chez vous. Enfin, comme l’ont fait tous les salariés de Blast. Et le type vous enregistre à votre insu et va découper les bandes à un moment donné pour vous balancer sur internet des saloperies alors qu’il sait très bien que c’est faux. Il savait très bien qu’on n’avait pas touché l’argent de Vinciguerra, il savait très bien que je me faisais pas payer dix ou 15 000 balles par mois. Mais. Mais malgré tout, il fait ça. Et puis il explique. Il veut être plus vertueux que les vertueux, alors que c’est franchement le C’est le type la pire rencontre de ma vie. Tu vois, j’en ai rencontré des types abjects. J’ai rencontré Imad Lahoud j’ai rencontré des escrocs, des choses comme ça
David Dufresne
D’autres, c'était Clearstream.
Denis Robert
Clearstream. Mais lui, c’est J’ai vraiment. C'était vraiment très difficile d'être à ce point trahi par quelqu’un. Pas seulement moi. Moi, je suis grand mais toute l'équipe quoi. On l’avait accueilli, on était. Et là il balance ça et il nous fait perdre énormément d’argent. Et moi j’ai pas voulu me répandre sur les réseaux sociaux parce qu’il attendait que ça. Mais. Mais c'était vraiment dur quoi. Et sur un truc qui était un tout petit peu vrai, c’est-à -dire je veux bien revenir là dessus si tu veux. Moi j’avais rencontré un milliardaire que j’aime bien qui s’appelle RD Vinciguerra, qui plutôt que de se payer des yachts ou des ou des putes ou des Ferrari, il veut financer la presse libre et donc il nous propose de l’argent. Je te signale que Mediapart a pris l’argent de Xavier Niel et que tous ces gros médias sur lesquels on bat sont financés exclusivement par des milliardaires. Moi je me suis dit si ça peut soulager un peu, on prend de là.
David Dufresne
Tu ne parles pas de Mediapart pour être précis, quand tu dis tous les médias contre lesquels on se bat.
Denis Robert
Au départ c’est Xavier Niel qui leur file je sais plus. 300 000 balles, ça pose pas de problème. Dans le premier tour de table, je ne sais même pas.
David Dufresne
Si je savais puisque j’y étais, mais à mon avis c'était moins que ça. Mais ce n’est pas grave.
Denis Robert
Mais peu importe. En plus je trouve que Plenel a eu raison d’accepter ce fric et puis et puis basta si tu veux. Et donc nous on a eu un débat en interne, moi j’ai dit je pense qu’il faut qu’on accepte l’argent de Vinciguerra. J’ai expliqué pourquoi en disant de toute manière, ça n’aurait aucune incidence sur le contenu rédactionnel de Blast puisque mis en signé, une charte n’intervenait pas du tout là dessus. Et moi j'étais garant de ça. Tu as refusé l’argent Clearstream, ce n’est pas pour commencer à dire que c’est d'être corrompu à 60 balais quoi. Et ça me semblait tellement évident. Mais j’ai. J’ai affronté des. Des gens en interne, à Blast dont Rémy dont Mathias dans tous ses tickets. Dire non, on ne prend pas l’argent milliardaire parce que ça va brouiller notre image. C'était moins pour l’argent que si c’est là où ça devient compliqué que la peur d’un shitstorm ou de comment on allait communiquer là dessus. Et donc bon, voilà, on fait un vote, un vote, je suis mis en minorité et plus on en parle, plus on ne prend pas de blé. Et trois mois après, comment l’appeler autrement ? Que vois-tu ? Je dis que ce type méprisable que je méprise au plus haut point aujourd’hui, nous a tout enregistré à notre insu. Comme Élise Van Beneden qui était la présidente d’anticorps et a balancé sur les réseaux ça en disant regardez ce média qui se veut libre, etc. Il prend l’argent d’un milliardaire, Robert, il a changé le règlement, il veut se payer dix, quinze, 20, 30 000 € en pilier etc. Et donc, et ça si tu veux, on avait, on était en fin de campagne de financement, ça a complètement arrêté la campagne. Mais ce que je crois aujourd’hui, et on est en train de travailler, on est en train d’enquêter là dessus. Je pense qu’on a été victime d’une manipulation et d’un de. Comment dire ? Le pouvoir macronien était en train de vouloir retirer la méditation d’anticorps. Il y avait une stratégie délibérée depuis quelques mois de ne pas donner l’habilitation anticorps. Élise, qui est mon amie et avec qui on a fondé Blast ensemble. Elle faisait partie des actionnaires et des actionnaires, des gens qui ont lancé Blast et Rhénanie d’ailleurs. Et elle eut le prix éthique d’anticorps et il a trahi et elle use de la même manière. Donc ce type est un espion. D’ailleurs il se considère comme espion. Il a, il a, il a. Il a toujours été un espion. Et est ce qu’on n’avait pas compris ? C’est qu’il était aussi un espion chez nous. Et qui est aujourd’hui ? Il est. Il est. Il est espion à Belfort. Il travaille avec ce type quand il arrive quelque part. Le conseil que j’ai à donner aux gilets jaunes, aux cégétistes ou tous les gens qui le fréquentent, c’est Fuyez quoi ? Parce qu’un jour, il vous trahira. Un type qui a trahi toute sa vie, il vous trahira toujours. Et c’est. Et ça je peux le prouver. Ce n’est pas diffamatoire ce que je dis, c’est factuel. Et ils ont en amont en a humainement beaucoup souffert. Là. Blast, là tu me donnes l’occasion d’en parler parce que justement Marianne a ressorti un truc complètement. C'était pas du tout je n’ai pas compris pourquoi il y a eu ce papier, le papier est un petit peu gentil. Puis à un moment donné, il donne la parole, la parole à ce type. Bon, peu importe, c’est une histoire ancienne, mais comme elle revient comme un serpent de mer, si tu veux, je ne vais pas. Chaque fois, on a fait un droit de réponse, on a déposé des plaintes. Il y a le type et sans doute mis en examen aujourd’hui pour à la fois diffamation et puis parce qu’il a utilisé des bandes qu’il a trafiquées pour balancer, pour me nuire. Donc il y a une instruction, il va être entendu par un juge et c’est à la justice de trancher. Mais, mais voilà, c'était vraiment compliqué quoi. Mais je pense que voilà, ça participe à plein de camps quand tu commences à être, à être un tout petit peu puissant, c’est-à -dire sur le terrain des médias à sortir des enquêtes, etc. Y a plein d’ennemis quoi. Et voilà, ça fait partie.
David Dufresne
Mais la question de dit parce que voilà, on s’en était parlé à l'époque au téléphone
Denis Robert
t'étais affecté par ça. Ah bah bien sûr, je comprends.
David Dufresne
Mais la question que je t’ai posé c'était comment toi Denis ? Qui ? Je veux dire ? David contre Goliath ? Qui a terrassé Goliath ? Tu peux à un moment donné te dire Je vais travailler un mec qui a été à la DGSE dans le chat, il y a quelqu’un qui écrit DGSE un jour suspendu, tu connais la suite. J’ai toujours un je ne dis pas qui travaille pour la DGSE
Denis Robert
Mais ce type a sorti un bouquin aux Arènes. Son bouquin était pas mal, il dénonçait des problèmes de fiscalité, mais moi j’avais réellement cru qu’il allait changer. Je croyais en sa sincérité. C’est un mec, voilà en qui. Et je me suis fait avoir parce que je suis trop naïf et que. Et qu’il y avait une sorte de Je sais, on m’avait surtout prévenu, et d’ailleurs ça m’a valu des ennuis que de soutenir ce type parce qu’il y a des gens qui sont détachés de moi. Et moi je n’ai pas voulu les croire, qui m’avaient dit me méfier etc. Mais voilà, avec je vais dire je me suis fait avoir, qu’est ce que tu veux ? C’est douloureux mais en même temps ça m’amuse, ça m’a permis d’apprendre et je reste le même. C’est-à -dire ? Ce n’est pas parce que tu rencontres une fois un connard dans ta vie ou un type qui est un escroc. Je pensais surtout à la route, mais aussi c’est une forme d’escroquerie évidemment, ce qu’il a fait qu’il faut refermer parce que moi je suis un type plutôt tolérant et ouvert aux autres. Donc ce n’est pas parce qu’il t’arrive une histoire malheureuse qu’il faut après avoir confiance en personne, tu vois ? Donc voilà, j’en atteste.
David Dufresne
Écoute, là, c’est bientôt 19 h 30, tu m’as expliqué si je ne pars pas, je me fais buter. Il n’en est pas question.
Denis Robert
C’est sans doute mon livre le plus lu, le plus personnel quoi, finalement ? Parce que je. Compris, mais je parle de mes enfants, je parle de ma famille, de mon père, de mes histoires, de cette retraite là et tout ça. J’ai ressenti le besoin de m’expliquer par ce livre et de et d’expliquer pourquoi j’en venais aux affaires aussi et pourquoi je faisais du journalisme et pourquoi c'était important. Et voilà, pas j’y étais. Et merci en tout cas David.
David Dufresne
Arrête ta connerie ! ! ! Petit hors sujet de Cyclope. Très beau docu bio de Nina sur les effets de Clearstream sur une famille
Denis Robert
Elle a fait un film qui s’appelle « Clearstream et moi » qu’a diffusé France3 Ile de France cette année. Moi, je n'étais pas très chaud à l’idée qu’elle fasse ce film, mais c’est un film super émouvant et assez beau même très beau. Et Nina est vraiment douée. Elle arrive à faire des films, Je fais des films avec elle en ce moment produit par Bertrand Faivre sur une sur la syndicaliste Maureen Turner et on est en plein tournage.
David Dufresne
Bertrand Faivre dont il faut dire qu’il est très défavorablement connu de nos services pour avoir notamment produit et ô combien de main de nombreux films Voilà les amis, j’ai promis à Denis de le laisser partir à 19 h 30. Merci d'être venu.
Denis Robert
On fait une réédition la semaine prochaine si tu veux bien. Je vous embrasse tous et je t’embrasse aussi.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.