« Des idées de génie », voyage chez Gifi. Le docu le plus drôle depuis « Merci Patron ! »
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. Bonjour, bonjour amis du café, amis de la police, amis des films bien foutus, des documentaires qui racontent la vie. Bonjour, On a un invité qui est à côté de moi qui est arrivé à l’heure, ce qui est très rare chez les Mutins car il fait partie des Mutins de Pangée mais ce n’est pas pour cela que Brice Gravelle est avec nous aujourd’hui. Il est avec nous aujourd’hui parce que nous tenons avec lui le film le plus drôle depuis Merci patron. Donc c’est très simple, il faut aller le voir c’est le 4 octobre, la sortie du film en question. Des idées de génie dans les bagages d’un grand patron, en l’occurrence le big boss de Villeneuve sur Lot. Monsieur Ginestet, je crois, de mémoire en tout cas Monsieur Gifi que Brice a suivi pendant des années avec une liberté de filmage absolument renversante à mon avis. Il y a eu un bakchich, il y a eu du pognon, ce n’est pas possible ? Il y a un truc qui n’est pas clair dans ce film et on va essayer de comprendre et nous avons un invité mystère.
Alors je veux m’affaler sur le canapé
Absolument. Je pense qu’on va pouvoir te poser des questions, je le vois qui se gratte avec attention, qui attend,
Attention, je ne suis pas pressé.
Attention, je vais te mettre à l'écran mon cher Brice, es tu prêt ?
Oui tout à fait
Bonjour Brice,
Je m’imprègne de l’ambiance avant d'être passé à l’interrogatoire.
Exactement. Alors mon cher Brice, on se connaît un peu puisque j’ai eu l’honneur, me semble t il, d’avoir le son capté par tes soins pour une interview pour les Mutins Qu’est ce que tu fais aux Mutins de Pangée ?
Bah en fait, on fait un peu de tout au mieux, on est multitâches Là, c’est sûr que le film, ça m’a occupé pendant pas mal de temps, mais en même temps, je m’occupe beaucoup de la plate forme de VOD. Et puis on se donne des coups de main sur nos différents projets, voilà.Je vais partir sur les routes pour quelques semaines pour commencer à présenter le film un peu dans différents cinémas. Voilà la tournée d’avant première et la sortie du film. C’est ça l’idée
Tu es là pour donner un peu envie à ceux qui pourraient aller voir le film en avant-première. On va montrer la bande annonce et les avant première c’est quinze jours non-stop jusqu’au 4 octobre,grosso modo, on peut retrouver ça sur le site du film et aussi des mutins, sur des idées de génie. J’ai un doute sur l’adresse exacte du site.
Sur la page des mutins, il y a l’affiche du film avec le site, donc il y a toutes les dates de projection. Et on commence vendredi, fête de l’Huma puis Argenteuil Toulouse, Groland parce que c’est le festival qui soutient le film depuis le début. Après avoir diffusé juste avant le premier jour du festival qu’on a dit dans un before dans le grand Dimanche soir à Toulouse et après tournée dans le sud ouest, tournée en Bretagne et retour à Paris pour la sortie parce que le festival Groland c’est important.
Quand tu parles de Groland, en fait c’est de Philippe Val du Gros festival international du film Grolandais ?
Voilà, c’est ça
On va mettre la bande annonce tout de suite. Elle dure deux minutes à gauche, vous le voyez, c’est le même homme. Regardez, hop, c’est exactement le même envoyé Et c’est le même Brice Gravelle qui est dans nos studios et qui était, il n’y a pas si longtemps dans le jet privé de Monsieur Philippe pour lequel j’ai la plus grande admiration. Contrairement à ce film persifleur qui entend lutter contre ces entrepreneurs partis de rien et qui arrivent à être milliardaire en vendant des babioles achetées en Chine. Ah ben pour les patrons, on met une chemise. Bravo en effet, en effet, on voit tout de suite la différence. Oui, mais je suis moi même patron donc je suis un peu déçu Alors je balance, je balance la bande annonce pour deux minutes.
C’est une histoire comme on a envie d’en entendre, comme il faut raconter dans les écoles. Le point commun à toutes nos entreprises se résume en un mot. Le plaisir. Et lui, ce qu’il aime, c’est ses salariés la confiance auprès de mes collaborateurs. C’est le changement que tu vis ? Réagit Fix. C’est ça ? Finalement, c’est un patron, mais il n’a rien à cacher. J’ai eu envie de tout vous dire. Oh bah moi je pense que tout le monde a des choses à cacher quand même. Papi. Vu que Michael ici a repris le bazar. Oui, c’est un grand bazar. Un patron qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Dès qu’il a racheté, l’enseigne était morte à ce moment-là. Imaginons une fraction de seconde qu’un des deux entrepôts se mette en grève.
Voilà, vous avez vu la bande annonce
La Genèse, vraiment, c’est 2014 où je m’intéressais un peu à tout ce qui est, ce capitalisme complètement décomplexé, c’est-à -dire tout ce qui est séminaire de motivation, tout ce qui est, qui était quand même très en vogue à l'époque. Et en fait, je découvre dans le métro une campagne d’affichage qui s’appelait J’aime ma boîte où il y avait des immenses affiches dans le métro qui étaient en octobre 1 journée qui s’appelait La fête de l’entreprise qui s’appelait J’aime ma boîte, qui était organisée par une patronne que vous connaissez peut être, qui s’appelle Sophie de Menthon, qui est une patronne très médiatique, qui est toujours un peu invitée dans Elle et elle Cnews BFM vendredi, tous les tous les médias, les médias mainstream, toujours pour défendre la cause du patronat. Et elle avait eu l’idée de créer une journée qui voulait elle-même faire un truc aussi populaire que la fête de la musique qui était la fête de l’entreprise. Et donc il y avait une conférence de presse de présentation de cette journée et donc j’avais décidé d’aller là bas. J’avais fait un petit sujet ensuite de neuf minutes qu’on viendra peut être tout à l’heure et qui était assez ironique, un peu sur quasiment le modèle du documentaire animalier. Et donc je fais ce petit sujet en fait, à la suite de ça m’avait rappelé en me disant on a trouvé ça formidable, Elle avait tout pris au premier degré en fait, elle m’avait dit je trouve ça vraiment fort, J’ai trouvé ce petit sujet génial tout ça. Et donc c'était un peu un premier pied dans le monde merveilleux du patronat décomplexé. Et suite à ça, les années ont passé. En fait, en 2017, je décide de la recontacter parce que j’avais un peu mûri sur le projet et on va faire avec Olivier que vous connaissez bien au poste. Et alors ? Donc les Mutins on va faire une interview de Sophie de Menthon où on lui déroule le tapis rouge pour qu’elle nous explique un peu sa formidable idée. Et l’interview se passe très bien et c’est elle qui nous parle du patron de Gifi en disant qu’il faut absolument que vous le rencontriez. C’est un type absolument incroyable. Il fait des séminaires de motivation dans son chalet à Megève. Elle était complètement fascinée par le bonhomme et donc elle nous a dit Je vais vous mettre en relation. Voilà elle nous a trouvés assez sympathiques et dit je vais vous mettre en relation. Et donc elle, elle a fait les intermédiaires en fait, et elle nous a mis en relation directement avec lui. Et l’idée c'était en fait d’aller filmer un séminaire de motivation dans son chalet à Megève. Pendant c'était cinq six jours parce qu’il y organisait ça avec ses employés, les employés les plus méritants.
On pourra en parler plus tard
Mais toujours est-il que son conseiller m’appelle, me dit ça a l’air d'être une super idée. Philippe Ginestet vous propose d’aller filmer un séminaire à Megève. Rendez vous, rendez vous au Bourget à telle heure. Et donc j’ai rendez- vous à l’aéroport du Bourget. On part avec Aurélie Martin qui était la chef opératrice pendant tout le tournage. On part à Megève en avion avec lui et là, on passe quasiment une semaine à Megève où on fume. On a bu un peu, c’est-à -dire qu’on est entouré d’employés, ils sont une quarantaine, ils font du VTT la journée. Donc on filme ce séminaire et là c’est quand même bon, c’est quand même assez incroyable. C’est-à -dire que lui, il y a des discours de motivation pour ses employés, mais il y a aussi à la fin du séminaire, les employés qui lui chantent une chanson. C’est un paternalisme qui est complètement assumé et un personnage assez incroyable qui est, Philippe Ginestet. Le tournage se passe bien, on engrange plein de matières et en fait on doit s’arrêter à l’issue de ce tournage. En fait, ici, en rentrant à Paris, on se dit on va revoir tout ça. Et c’est en regardant les rushes avec Olivier des mutins, qu’on se dit voilà, il y a peut être un truc à creuser quand même. Le personnage à l’air quand même assez incroyable. Et donc je décide de le rappeler et je lui dis Bon bah le projet a évolué, ça va pas être sur les séminaires de motivation générale. Excusez moi monsieur, je reprends du coup, ça va, mais on va faire un truc plus global qui va être sur vraiment un portrait de vous pour le cinéma, j’aimerais bien vous suivre pendant un an, deux ans, je ne sais pas trop, mais suivre votre quotidien, ce serait vraiment vous le personnage central du film et ce serait un documentaire pour le cinéma. Donc je lui laisse un message vocal, j’explique. Et là, ça n’a pas loupé il m’a rappelé dans même pas cinq minutes en me disant j’ai jamais eu le cinéma on fonce, j’adore l’idée Et donc on part pour une aventure avec de multiples rebondissements. Mais voilà, l’amorce, c'était ce séminaire. Et ensuite, une fois qu’il y avait eu ce tournage, le film a pris une direction complètement inattendue qui n’était en tout cas pas le projet de départ. Donc voilà. Et c’est où la cible ? Elle est là, L’ego parle. Et oui, c’est exactement ça, C’est que si quelqu’un on découvre quelqu’un qui aime bien se mettre en scène et là la proposition du cinéma, parce que lui, il avait une vision du cinéma qui n’est pas vraiment du cinéma, nous on est quand même habitués à tout le réseau de salariés, c’est de faire de très grandes tournées pour péniblement faire quelques entrées, avoir des spectateurs. Mais lui, le cinéma, tout de suite, ça a résonné. Énorme campagne d’affichage tout ça.
Est ce que tu veux qu’on mette un des premiers films dont tu m’avais parlé ?
Ouais, ce serait bien, c’est qu’on peut mettre le court métrage que j’avais fait justement sur J’aime ma boîte parce que ça lance bien le projet de film. En fait, c’est de là que tout est parti. Ça dure neuf minutes. Ah là, c’est des conditions extrêmement extrêmes. J’ai l’impression qu’on fait un commentaire sportif.
La France. Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprise. Mesdames et Messieurs les entrepreneurs. La France a besoin de vous. La France a besoin de ses entreprises. Et moi, j’aime l’entreprise, j’aime l’entreprise. mag dit depuis J’aime les entreprises. Grâce à la traduction, vous entendez ? Mais je veux le dire en anglais d’une autre manière, parce que c’est. Important de le dire ici, à la cité. My government is pro-business. Tu sais, je crois que c’est bien d’en parler. Allez, raconte-moi. Tu l’aimes encore ? Bien sûr que je l’aime. Avec tout ce qui se passe. Tu l’aimes encore. Mais oui, je l’aime. Tu sais, on passe de bons moments ensemble. Et tu lui as dit ? Pas encore, n’est ce pas ? Eh bien, dis, dites à votre boîte que vous l’aimez. Le jeudi 20 octobre, c’est la fête des entreprises. Toutes les infos sur J’aime ma boîte Quoi ? Comment je vais ? Me voilà à Paris, dans un modeste hôtel particulier du septième arrondissement, que la presse avait été confiée à la conférence de lancement de l’opération J’aime ma boîte. La dame à droite en pleine discussion, c’est Sophie de Menthon, une entrepreneuse à l’origine. De J’aime ma boîte. J’aime la boîte. Finalement, j’ai introduit franchement et ça, je suis la première. Euh, le secteur affectif. Quand j’ai lancé ça au CNPF, c'était Ernest-Antoine Seillière et je me suis vu répondre On n’est pas là pour être aimé. Sophie de Menthon parle ici d’Ernest-Antoine Seillière, l’ancien président du Medef, connu pour son franc-parler. Qui assure la place de la France en Europe et dans le monde et qui n’en peut plus d'être ignoré, méprisé, menacé, taxé, surtaxé, suspecté. De ce point de vue là, remarquez, il avait réussi. Mais on n’est pas là pour être aimé. Et c'était ce sentiment. Eh bien, c’est totalement faux. Les patrons ont besoin d'être aimés. Ils n’en peuvent plus d'être flingués et traités de salauds. Donc, l'élément, la dimension affective a envahi l’entreprise du troisième millénaire. Dans cette cabale contre les nantis patrons. Sophie de Menthon avait trouvé un allié en la personne de Philippe Ginestet, ici à gauche, le fondateur de la chaîne de magasins Gifi. La chaîne aurait pu s’appeler Fidji, mais le nom était déjà occupé par une île du Pacifique.Fidji, îles du soleil, de l’eau bleue. Et voici la map, petit village de l'île. Vivre dans un bourg bourg. C’est le nom que l’on donne à une case à laquelle bat est une chose fort plaisante. Chaque matin, en guise de petit déjeuner, vous aurez quelques noix de coco fraîches, un régime de bananes, des papayes, des mangues, des avocats et pour orner l’ensemble, pour faire joli, quelques coquillages. Ici, pas de noix de coco fraîches ou de papaye, mais des macarons et des petites serviettes spécialement décorées pour l’occasion. Si Philippe Ginestet était de la partie, c’est que l’homme était connu pour organiser chaque année une petite fête à la gloire de ses salariés. Et un peu à sa gloire aussi.Mais là. J’ai pris beaucoup de temps. J’ai fait le deuil de l’installer. L’occasion aussi de faire profiter ses employés de ses talents de danseur de jazz, d’aller et venir. Mais ça s’arrête là. Je sais que les ai vus des salariés tenir. C’est l’antidote. Cette petite sauterie est aussi l’occasion de rendre hommage à de vieilles amitiés. Restez avec moi parce que ce n’est pas terminé. Figurez-vous que les lauréats auront l’honneur de se faire remettre leur prix également par Monsieur le ministre du Budget Jérôme Cahuzac. C’est une amitié sincère. C’est une amitié comme toutes les vraies amitiés, on met du temps à se battre. L'œil concentré de Philippe Candeloro et aussi celui d' André Manoukian. Deux mois, ça fait douze ans ou treize ans. Je crois effectivement qu’on peut dire que cette amitié est une réalité. Dans quelques instants, Philippe Ginestet va nous proposer en images ce que Sophie de Menthon appelle la dimension affective dans l’entreprise du troisième millénaire. Lorsque je vous vois ce soir. Je sais que le cœur de Gifi bat fort. Je mesure à quel point nous sommes uniques. Et je sais aussi que notre véritable secret, c’est tout simplement que nous nous aimons. Aimer quel drôle de verbe dans la bouche d’un patron ! Pour les commentateurs avisés, c’est du partenaire paternalisme. Pour d’autres, c’est de la démagogie. Pour la plupart, c’est tout simplement bizarre. Eh bien oui ! Eh bien oui, je vous le dis, je vous aime. Je vous aime avec mes enfants, mes petits enfants. Vous êtes ma famille. Outre les services d’une femme de ménage ici au second plan, dont on ne sait pas si elle aime vraiment sa boîte. L’opération mettait aussi à l’honneur Manolo, le leader du groupe Chico et les Gypsys. Et on le voit, est en pleine tentative de séduction de Sophie de Menthon. Il ne se laisse pas perturber dans sa sérénade par la foule de paparazzi venus capter l'événement. De l’embarras pour un moment donné une belle vague innovante. Alors que l’entrepreneur sombre peu à peu sous le charme. Manolo va leur sortir son arme fatale. Il va mettre de côté les dettes pour aider Judas pour une chanson à la gloire des entreprises. J’aime bien. J’aime, j’aime. Mon Dieu, C’est ainsi que le trio magique Sophie de Menthon, Philippe Ginestet et Manolo ont eu l’idée de ce clip invitant tous les salariés à déclarer leur amour à leur entreprise. S’ils ont une. Bien sûr. C’est là. Oh oui, c’est vraiment. Fais ce que tu aimes, ce que tu fais. Ton entreprise sera en ligne. Je m’en bats. Oui, je m’en bats. Moi, je l’assume. Moi, je la vis. C’est ma vie. J’aime ma boîte. J’aime ma boîte. J’aime ma boîte. Et moi, je l’assume. J’ai ma voiture, ma voiture, ma voiture et mon entreprise. J’aime ma voix. J’aime ma voix. J’aime ma vie et je l’assume. J’aime ma boîte. J’aime ma boîte. J’aime ma boîte. Des mots qui te disent. C’est mon ami. Est ce que tu aimes ce que tu fais, ton entreprise sur ta vie ? Oui, je me vois mal. Moi je la vis et c’est ma vie. J’aime ma voix. J’aime ma voix. J’aime ma voix. Mon Dieu ! J’aime ma boîte, j’aime ma boîte. J’aime mon entreprise.
J’aime, bravo les uns et les autres,
. Il y a quelques images qu’on retrouve. Ça, c’est le prototype en fait. Ah oui, ce n’est pas le film du tout Il y a quelques images qu’on retrouve dans le film. Et donc là on comprend qu’en effet, vous vous disiez ça vaudrait le coup de continuer. Il y a plein de questions dans le tchat qu’on va aborder tout à l’heure, mais je disais en blaguant mais en réalité c’est une blague. Un film comme celui que tout le monde va pouvoir voir le 4 octobre ou avant dans les avant premières, c’est en fait neuf ans de travail, C’est en tout cas neuf ans d’attente, de maturation, c’est après à réfléchir intellectuellement disons et travail d’approche après ça commence vraiment, il fait d’autres réglages, baisse, etc. Ça commence vraiment en 2017, disons le premier tournage qui s'étend sur trois ans. Et après il y a toutes les complications. On pourrait en parler à la fin. Voilà comment le montage du film a été long. Après, le comique est arrivé, donc ça a forcément un peu ralenti tout. Et voilà, c’est du temps long. Donc en fait, c’est un film qu’on n’aurait pas fait, que je n’aurais jamais pu faire si je n'étais pas aux Mutins de Pangée qui soutenaient le projet et qu’on faisait d’autres choses. De toute façon, c’est un peu le temps de nos longs métrages. On les produit avec trois bouts de ficelle, mais sur la durée et en même temps, la durée a permis de suivre Ginestet pendant longtemps. Et ce qui a un vrai intérêt sur le film qu’on aurait pu faire juste 45 minutes sur un séminaire à Megève. Mais là, je pense qu’en le filmant dans la durée, on obtient autre chose que juste cette mise en scène assez excessive et amusante au premier regard Je demande à l’invité mystère qui n’est pas Monsieur Genestet et un monsieur qui n’a pas fait de don au poste, n’a pas empêché que cette émission existe en faisant un énorme don. Il n’a pas envoyé d’avocat, il n’y a personne à la porte du studio. Donc on est on est peinards. Donc Brice est le premier invité qui est face à la régie. Donc je lui ai expliqué regarde qui est là, qui boit, qui parle dans la régie, les modos vont chanter, les modos du poste vont chanter j’aime non pas ma boîte mais J’aime Au poste
Tu dois le faire.
Tu dois l’avoir en tête, reste en tête. Mais je pense que là, tout le monde en a en tête. J’aime le poste. Tu pourrais, mais il y a des droits d’auteur après derrière, attention, ce n’est pas c’est que c’est une chanson composée par Philippe Ginestet. Donc non, je lui laisse cette œuvre. Est ce que l’invité, l’invité mystère est prêt, évidemment.Attendez, bougez pas, Je pense que c'était ça. Bougez pas, J’essaye d’envoyer l’invité mystère, Est ce que nous entendons l’invité mystère ?
Bonjour Brice.
Salut, invité mystère.
Ouais, je suis désolé David je t’entends pas du tout.
. Je vais essayer de faire un truc. Tu es à l’antenne mon cher Olivier. De toute façon, c’est ton heure, c’est à toi. Donc je vais préciser. C’est Glaudioman qui refuse, évidemment comme tout bon modo qui se respecte, d’apparaître à l'écran lui aussi comme les autres, il ne veut pas qu’on le voit. Mais en revanche, Olivier notre développeur maison de la glaudioapp qui permet de remonter les questions que vous posez, il adoré le film. Il se trouve que les Mutins de Pangée que Mr représente ont essayé de débaucher nos deux membres d’Au poste. Et vous, vous avez réussi à le faire puisque vous êtes allés sauver les Mutins de Pangée ? C’est une sombre histoire dont nous parlerons un jour et grâce à Olivier, il s’est passé beaucoup de choses. Et donc voilà, c’est une histoire de fraternité, de camaraderie. Et il se trouve qu’Olivier est un immense cinéphile, il est projectionniste et donc je crois qu’il a vu le film et qu’il vous a envoyé une lettre d’amour. Donc un très long texte magnifique sur ton travail mon cher Olivier, c’est à toi.
Bonjour Brice. Donc oui, j’ai eu la chance de voir le film en avant première au mois de juin et j’ai eu le plaisir de rencontrer Brice à ce moment là d’ailleurs. Donc oui, bah écoute, j’ai vraiment adoré le film comme tu disais, je trouve que la bande annonce reflète très bien le film. On rit beaucoup, on retrouve un peu l’esprit de Merci patron. Et en même temps, un an après, il ne faut pas trop en dévoiler.
Mais il y a un an, on retrouve un peu comme Merci Patron la structure d’un film de fiction.
Et en fait, il y a une grosse surprise à un moment donné dans le film, j’en dis pas plus mais qui remet beaucoup de choses en perspective. Et j’ai trouvé vraiment, vraiment excellent le documentaire. On retrouve le côté un peu bas qu’on voit dans la bande annonce et dans le court métrage un peu démesuré du personnage.
Et j’ai trouvé aussi que ça illustre très bien le bullshit jobs de David Graeber.
Sur le côté entreprise qui cherche plus à avoir l’approbation, à occuper les salariés et à acheter leur amour plus que plus que de fournir du travail en fait.
Et non, non, vraiment, je vous conseille fortement le film. Voilà, j’essaye de ne pas trop en dévoiler non plus parce que je me dis y a vraiment une grosse surprise. Mais non, non,, on retrouve beaucoup cet esprit là, dans la boite où je bosse mais qui est quand même dix crans en dessous. C’est qu’on est de mon côté je suis aussi inondé de petits clips vidéo, de petits sketchs faits par la direction.
Mais voilà, on relativise parce que chez Gifi, ça prend des dimensions vraiment disproportionnées. On voit dans la bande annonce qu’on retrouve limité à des sketches des chevaliers du ciel.
À la gloire de faiblard du patron, certes, mais voilà.
En tout cas le film est très réussi. On rigole beaucoup. En même temps, ça questionne sur le rapport au travail. Quel est le rapport selon avec l’esprit un peu start up ?
Maintenant des entreprises, tout cet aspect là qui essaye d’entrer un peu dans la sphère privée On n’est plus là juste pour fournir un boulot.
On est vraiment là pour être 24h sur 24.
Pour sa boîte adorée, sa boîte sur les réseaux sociaux et tout.
Et on retrouve vraiment cet esprit cette annihilation aliénation du monde du travail.
Je vais un peu réagir déjà. Mais merci Olivier en effet, ce qui est fascinant je pense chez Ginestet, c’est un peu ce que tu disais, c’est que derrière le côté très excessif des séminaires, c’est ce que ça raconte de ce qu’est devenu un peu le monde du travail. C’est à dire il y a quasiment plus de frontière entre la vie privée et la vie professionnelle, ce qui est une vision évidemment très excessive dans le cas de Gifi et Ginestet, mais qui en même temps, je pense, peut parler à beaucoup de gens qui bossent aujourd’hui, qui peuvent être convoqués à des séminaires ou qui la frontière est de plus en plus ténu. Et chez Ginestet, en fait, c’est complètement assumé. Il a un conseiller en communication qui a théorisé ça et c’est il faut, ce n’est pas juste vous signer un CDD ou un CDD Gifi, c’est que vous adhérez à ce qu’il appelle une culture d’entreprise. Et cette culture d’entreprise, c’est aller en séminaire à Megève. Si vous y êtes conviés, c’est se défoncer au boulot, c’est jouer au poker parce que le poker est un élément important. Ça paraît dingue, mais c’est un élément central de la vie d’entreprise. C’est à dire que Philippe Ginestet est un fan de poker et plutôt que de jouer tout seul en ligne, il a créé un gigantesque tournoi en ligne pour tous les employés et les meilleurs sont conviés dans son château pour faire un tournoi en présentiel et après à Las Vegas. Un château d’un goût très sûr, très ancien. Mais on laisse les spectateurs le découvrir. Le Château Cendrillon comme il l’appelle. Oui, c’est ça, ça fait un peu château Playmobil. Cendrillon, certainement. Mais il n’a pas tort. Olivier, je ne sais pas si ils ont tourné le film Barbie dedans d’ailleurs, mais oui, c’est comment ils auraient pu. Ah oui, ils auraient pu tourner le film Barbie dedans. Oui, absolument.
Juste Olivier, une petite question piège pourquoi tu conseilles à ceux qui nous écoutent d’aller au cinéma voir un tel film ? Qu’est ce qui fait que c’est un film de cinéma pour toi ?
Pour moi, ce qui fait que c’est un film de cinéma, c’est un peu comme Merci Patron, C’est-à -dire qu’on est un peu au-delà du documentaire dans la structure du film. Ça peut se suivre comme une fiction en fait. Je pense qu' un jour, on a dû te dire sûrement plus d’une fois en avant première. Le film fait penser un peu à ce que les gros salaires lèvent le doigt qui était un film satirique français. Où c'était une fiction, mais où un patron faisait des plans de licenciement et organisait un séminaire. En fait, tout un week end où il faisait des jeux où licencier et les personnes qui perdaient. Là, c’est pas du tout parce que lui est plus dans un côté bienveillant. Ce n’est pas du tout cet esprit là. Mais on retrouve vraiment, en fait, la fiction dépasse la réalité et c’est des choses qu’on pouvait imaginer il y a 20 ans en délirant, on se rend compte que maintenant c’est presque le quotidien dans les entreprise et le film peut se suivre comme une comédie, comme oui, comme un film de fiction en fait. Je ne sais pas si tu pourras peut être me dire bref, si le montage est dans l’ordre chronologique ou pas, mais tel que tel que c’est monté on retrouve la structure d’une fiction.
En fait, on a au début la présentation d’un personnage, un élément perturbateur à un moment donné et qui remet en perspective. Et on a tous la suite du déroulé, mais en ayant ça en tête, ça remet en cause beaucoup de choses. Ben ouais, en fait on l’a un peu réfléchi comme ça, mais au montage avec le monteur, donc c'était Bernard Sesia qui est là, qui d’ailleurs est monteur de Guédiguian. Donc c’est un de tous les films de Guédiguian qu’il a habitués à monter de la fiction et on l’a un peu imaginé comme ça. Et ce qui est amusant, c’est quand tu évoques la fiction, c’est qu’au tout début, donc dès qu’on a filmé ce séminaire à Megève, le tout premier tournage, nous on a avec Aurélie qui était chef opératrice, on a l’usine complet. On n’en revenait pas de ce qu’on voyait et on s’est dit que même si c'était de la fiction, on trouverait ça caricatural en fait. Et tellement ça paraissait tellement extrême qu’en fiction, je pense que ça n’aurait pas été crédible. Et quand on a fait la toute première réunion avec les conseillers de Ginestet qui étaient un peu bons, bah voilà, on va juste faire une discussion. Eux, ils étaient venus avec deux ou trois idées pour le film et leur première idée c'était : Vous avez budget illimité, on va vous trouver un grand comédien et vous faites une fiction sur Ginestet. Et sauf que lui, il n’a pas du tout. Il n'était pas du tout sur cette idée il voulait être lui-même. Il a dit je ne sais pas qui peut jouer autre que moi, peut jouer mon propre rôle. Et ce n’est pas une fiction, c’est un documentaire forcément, quoi j’ai envie. Il a envie de s’incarner lui-même à l'écran quoi. Et après il y a eu…je ne peux pas tout dévoiler sur le film, Lui fait beaucoup de mise en scène. Il a un côté comédien. Il aurait rêvé d'être comédien et il se met en scène devant ses employés en utilisant, y compris des techniques de fiction. On y joue des personnages, il y a des pièges. Tout ça, c’est quand même assez incroyable. Et donc il y a des fois on sait plus si c’est qu’est ce qui est vrai, qu’est ce qui est faux et ce qui bluffe. Est ce qu’il est sincère ? Parce que selon son côté addict au poker aussi, mais qui a beaucoup de doutes si parfois on sait ce qu’il est en train de nous rouler dans la farine, il y a de la sincérité. PAF ! Est ce que c’est est ce qu’il est toujours en train de bluffer ? Et donc tout le film joue sur sur cette corde là. On est avec lui en même temps, on ne sait pas. Est ce qu’il est en train de nous avoir ? Est ce que c’est nous qui sommes en train de l’avoir ? Enfin voilà, il y a une relation complexe qui se tisse avec une bascule qu’on ne peut pas résoudre avec un dénouement. Bien des personnages se complexifient au fur et à mesure du film. On n’est plus juste derrière la comédie. Je pense qu’au bout d’un moment, on commence à rire un peu jaune.
Bon, mon cher Olivier, merci beaucoup d’avoir pris sur toi. Il s’est fait violence parce que si ça fait juste un breton, il ne parle jamais Olivier et ça a été très difficile. Mais je lui ai dit non, c’est pour symboliser la fraternité qui se dégage d’Au poste. Je n’aime pas ce bordel de merde. Olivier, tu veux ajouter quelque chose ou pas ?
Non, non. Courez et courez voir le film et puis bravo Brice pour le film.
Merci Olivier.
Je ne désespère pas de passer vous voir à la fête de l’Huma.
Tu seras le bienvenu sur notre stand. Voilà, puisque c’est le grand retour des Mutins de Pangée à la fête de l’Huma. Il se trouve, hasard du calendrier que je dévoile ici. Il se trouve qu’en réalité, ce week-end, c’est le premier séminaire d’entreprise du au poste, puisque les modos, eux, vont tous converger vers Paris, dans mon château si, si, cette petite là, cette petite pièce. Et nous allons faire un séminaire d’entreprise. Et franchement, je suis très heureux de t’avoir vu à la baguette parce que ça m’a donné plein d’idées.
Ça promet !
Par contre, il n’y a pas de caméra.
Il n’y aura pas de caméra ni de chanson.
David pas de chanson non plus. Olivier, je t’embrasse et je te dis à ce week-end.
A ce week-end.
Oui, il se trouve que je serai aussi à la fête de l’Huma dimanche avec vous pour un pays qui se tient sage. Mais bon, ça c’est dit, c’est une autre histoire. Il y a beaucoup de questions dans le tchat, Il y en a beaucoup qui s’interrogent sur comment tu as fait pour pénétrer ce monde. Tu as dit tout à l’heure en t'écoutant, on avait l’impression que c'était assez simple. Comment tu expliques que personne n’ait vu le coup venir ? C’est l’ego qui parle ?
C’est le joueur de poker qui mise et qui parce qu’on ne peut pas dire que le film soit les réceptions du film dépendent un peu des spectateurs. J’ai fait quand même des projections en festival où y en a qui trouvent qu’il est formidable, qui viennent me voir à la fin en disant je trouve que c’est un personnage attachant, il est attachant et parfois tu vois le film avec tendresse. Forcément parce qu’en plus on ne peut pas passer autant de temps avec lui sans qu’il y ait une relation réelle. C’est une relation particulière automatiquement. Disons qu’en fait, vu qu’on est passé par Sophie de Menthon, lui il avait une dette envers elle. La vraie histoire, c’est qu’en fait Sophie de Menthon et lui avaient donc fait ensemble ce clip pour J aime ma boîte. Et ensuite elle a voulu continuer à faire des trucs avec lui et il était débordé. Elle n’avait jamais répondu et elle s’est pointée une fois dans son chalet à Megève à l’improviste parce qu’elle a aussi un chalet Megève Et en fait, il avait demandé à ne pas être dérangé. Elle n’a même pas de chalet. Mais bon. Il se trouve que Sophie de Menthon y avait été, et il avait demandé à ne pas être dérangé. Donc l’employé du chalet de la sécurité avait dit Bah non, désolé, là vous ne pouvez pas rentrer, il n’est pas disponible. Et donc elle avait été vexée, il ne l’avait jamais rappelée. Et là, en fait, elle revient vers lui et il s’est dit ah ben tiens, c’est l’occasion de régler ce conflit. J’aimerais que j’avais mis de côté et donc je vais lui dire oui, comme ça ce sera, l’affaire sera réglée. Donc il a dit oui, c’est finalement sur un ton, une histoire de chalet à Megève que nous, on a pu pénétrer comme ça avec lui.
Florence te demande celle qui a aidé à monter le projet. Donc Sophie de Menthon dont tu parles là, est elle ingénue, aveuglée par l’orgueil ou pas forcément clairvoyante ?
En fait, elle va faire le boulot dans tous les médias, de défendre sa cause qui est la cause du patronat. Et donc elle, elle, ouvre sa porte à tout le monde dès lors qu’elle peut exposer ses idées, son projet. Et donc en fait, quand moi je l’ai contactée pour faire une interview, tout de suite elle a dit oui avec avec, avec grand plaisir. Et même, on la voit très souvent. Un débat pendant la présidentielle se débattait avec Nathalie Arthaud sur BFM, c'était une passionaria du capitalisme, elle a fait le boulot. Et donc voilà, je pense qu’elle, elle est se dit il y a des gens qui s’intéressent à J’aime ma boîte, qui s’intéressent à Ginestet je vais les aider, je vais les mettre en jeu, les mettre en relation et ça s’arrête là en fait. Et elle le fait vraiment parce qu’elle se dit que ça peut servir notre cause. On a vu dans l’extrait tout à l’heure donc des employés de Gifi qui se prêtent à une farandole, à des chansons, à des fêtes, etc.
Anonyme te demande s’ils sont obligés, si c’est du bénévolat, si on peut refuser ce genre de séminaires quand on est dans une entreprise, comme je suis fier, suffit, il faut rappeler ça fait la fortune de ce monsieur qui est la 30ᵉ fortune de France. Je ne sais pas si c’est quoi son nom, son patrimoine à lui.
Ben en fait je crois que c’est toute la partie Gifi. C’est à peu près un tiers de sa fortune en fait. Mais lui, ce qu’il faut rappeler quand même quel élément ? Le truc central chez lui, c’est qu’il a commencé sur les marchés et après il a eu un premier magasin, il a eu un deuxième, un troisième. Et en fait, la vraie idée de génie, parce que de toute façon, le film n’est pas une enquête sur comment est ce qu’il a bâti sa fortune, mais sur sa vraie idée de génie. C’est qu'à la fin des années 80, il dit je vais aller directement en Chine pour m’approvisionner sans intermédiaire. Donc il va en Chine pour récupérer la came directement, sans intermédiaire depuis l’Asie et ensuite derrière le nombre de magasins explose. Et en fait, après la fin des années 90, début des années 2000, il vend tout en bourse, il se fait racheter et après, petit à petit va racheter ses actions. Avec le pognon qu’il a et qui touche de la vente en bourse, il va acheter des terrains immobiliers, en fait toutes les zones commerciales et il va racheter les actions une à une de Gifi et récupérer le contrôle de son groupe, et sortir de la bourse. Et en fait, en cinq six ans, il y a eu une bascule. Il devient vraiment milliardaire à ce moment-là. Et donc voilà, la fortune vient de là. Et donc c'était Gifi et maintenant c’est de l’immobilier. Après il a investi dans les casinos pendant qu’on était en cours de tournage. Là, il rachète les casinos. Voilà, y’a, c’est du capitalisme, il y a un point important, c’est qu'à un moment donné, dans le commentaire qui est dit et écrit par toi. Ou non, attends, c’est peut être un personnage qui dit ça a un protagoniste. Pardon, Je ne sais plus si c’est l’un ou l’autre, mais en tout cas c’est le messager, à peu près le suivant. C’est un grand patron au sens large du terme, qui n’est pas issu des familles entrepreneuriales. C’est à dire que le mec, moi je n’ai absolument aucune fascination pour la réussite économique, mais c’est juste pour rappeler ce type là. Effectivement, il vient de Villeneuve sur Lot, il vient des marchés et il est, il n’est pas né avec une fortune. Ce n’est pas le fils de Bernard Arnault, ce n’est pas le fils de Pinault, C’est un élément central en fait, c’est que vraiment, il est parti. On ne peut pas lui enlever ça. Il fait partie des rares dans le club des 30 plus grosses fortunes de France qui n’est pas un héritier en fait. Donc c’est là en fait que lui, il s’appuie exclusivement là dessus. En fait, dans tous ses discours, il va rappeler Je ne suis parti de rien, j’ai réussi. Donc si vous vous défoncez au travail, vous allez pouvoir réussir vous aussi à gagner de l’argent. Il s’y érige un peu en modèle de réussite. Et Sophie de Menthon Elle est à la fois fascinée par lui et en même temps se sert de lui parce que si elle va dire ça, en fait, Sylvie a réussi en partant de rien. Ça veut dire que le système tel qu’il est aujourd’hui est bien fait en fait, puisqu’il permet à des gens de partir, de rien, de réussir. Mais bon, si on regarde les statistiques, évidemment, ça reste toujours une petite minorité. Mais heu, en fait il y a une sorte de caution du système, c’est regardez, on est le système capitaliste, c’est tellement bien fait que même on n’a pas besoin d’avoir des diplômes pour réussir. On apprend, on pourrait dire l’inverse. Alors par ailleurs, y joue beaucoup dessus en disant que lui n’a pas fait ça. Il y a une scène extraordinaire où il dit Moi je n’ai pas besoin de slides pour motiver les troupes, c’est assez génial. Alors ce film là, il s’inscrit dans un genre, on pourrait dire parce qu’en fait, aujourd’hui, il y a eu tellement de films qu’il y a un film qui s’inscrit fatalement dans le jeu, dans les genres. Et donc c’est le genre de film de patrons. Voilà, on va dire, c’est un film qui s’intéresse aux patrons. Après des films en immersion avec des patrons, c’est il y en a d’autres bien sûr, parce que de fait, normalement, ils sont plutôt enclins à rester discrets plutôt qu'à afficher leur réussite
Absolument. Mais est ce que ce que je veux dire, c’est que s’intéresse au patron ? Oui, c’est-à-dire. Voilà, il y a dans cette lignée, il y a une lignée et tu cites d’entrée de jeu. Un film de 1978 je crois, de Gérard Mordillat, me semble-t -il. Et là tu nous a préparé un petit extrait du film en question qui s’appelle La voix de son maître. Est ce que tu veux nous en dire deux ou trois mots ?
Pour moi, c’est un peu, quand je parle de genre, je parle de moi. On a fait quoi pour moi ?c’est un film qui m’avait vraiment marqué quand je l’ai découvert parce que c'était justement le dispositif de Mordillat, c’est Mordillat et Philibert, c'était on va aller filmer des patrons et les écouter, essayer d'écouter le discours des dominants. Il est là et avec un dispositif très intéressant. C'était on va leur dire vous choisissez le lieu de l’interview, le décor que vous voulez, et nous vous filmez et vous nous expliquer un peu votre métier. Qu’est ce que c’est être patron, tout ça ? Et en fait. 1 h et demie. Ça permet d’avoir en tout cas maintenant, historiquement, un document rare de comment le patronat se voyait à l'époque et finalement d’avoir eu cette parole patronale qui n’entendait jamais à la télévision parce que c’est toujours un peu l’entre soi, un peu fermé, bien sûr, minutieux. Et donc ce film de Mordillat, je trouve qu’il est quand même à voir aujourd’hui. En fait, ça explique un peu, on comprend ce que ça veut dire.
Gérard, bien connu de nos services si jamais vu au poste, mais voilà qui est un des documentaristes les plus doués. Et donc là on va regarder un extrait du film qui par ailleurs placement de produit et disponible sur la plate-forme ciné mutins.
Ce titre, La voix de son maître, je le trouve exécrable, fort exécrable. Et ceci pour 40 raisons. Encore une fois, je ne donnerai que deux ou trois. La première, vous avez pris une expression toute faite, connue, rodée, éculée, je dirais. Et cette expression d’abord inclut le terme maître, qui est particulièrement mal adapté et dans l’esprit de tout le monde. Elle fait allusion à un chien. Bien sûr qu’on aime bien les chiens, mais dans toutes les langues occidentales, le terme chien a quelque chose de mauvais. Le mot maître me paraît tout à fait mal adapté. On verra tout à l’heure l’aspect du chien et on verra pourquoi. Parce que je pense qu’il faut approfondir et il est très intéressant de la part des gens quand je choisi ce titre sans même qu’il s’en rende compte parfois. Mais en tout cas, déjà le mot maître, c’est les clichés les plus éculés du XIXᵉ siècle et les anarchistes en particulier. Ni Dieu, ni maître. Ça, c’est l’aspect qui n’est pas l’aspect animalier, mais qui est l’aspect purement humain. Et au XXᵉ siècle, les chefs d’entreprise n’en sont pas à ce niveau là et de façon tout à fait insidieuse. Dans le mot maître dit Roland d’un certain nombre d'élèves, de théories philosophiques de la fameuse 19ᵉ qu’on ressent immédiatement. Deuxièmement, en ce qui concerne le chien, tout à fait évident, quand on pense au chien et au chien, quelle est sa caractéristique ? C’est d’entendre la voix de son maître et d’obéir en principe à la voix de son maître. S’il est bien dressé. On ne peut pas prétendre qu’un titre de quelques mots ou même de quelques lignes soit l’image fidèle d’une œuvre. On peut lui demander d'être authentique, c’est-à -dire que celui qui ce titre a une idée de ce qu’est l'œuvre et bien entendu les chefs d’entreprise, le management. On pourrait faire un titre de trois pages. C’est pourquoi, je le répète, à mon sens, ce film cherche à décrire une catégorie particulière de citoyens dans la pratique et d’appeler les patrons. Et il me semble que si on disait les patrons, certains émettront un ton péjoratif, d’autres une nuance ou au contraire un petit peu au XIXᵉ siècle, comme on le disait tout à l’heure. Mais c’est encore ce qui me paraît le plus honnête, ce qui est une contrepèterie, un jeu de mot ou une pirouette. Et j’en tiens pour ma proposition d’appeler le film Les patrons. J’aime beaucoup le terme patron et pour la raison suivante, c’est que c’est le terme le plus simple, c’est le terme le plus banal, c’est le terme le plus humble. Jamais vous verrez quelqu’un dans une entreprise autour d’une machine qui vous dira oui, chef d’entreprise, ça n’existe pas, ça ne passe pas, ça ne passera jamais. Merci patron de l’image, ça fait ridicule. Et le mot patron en France a un inconvénient, c’est qu’il est chargé de tout. Encore un arrière-plan d’affectivité qui a été appris aux gens, justement très fréquemment aux États-Unis, tel autre pays les gens qui disent bof.
Attends. Voilà. Magnifique extrait, évidemment. Bon, alors évidemment, les gitanes, les gitanes fumées par le gars y font beaucoup.
La morale toujours.
Mais il y a quand même un phrasé qu’on ne retrouve pas dans ton film là. le Philippe que l’on suit avec tendresse et effroi, il faut arrêter, il faut que je kiffe et je dois bien le dire, parce Il y a quand même des moments où on est dans un film que je trouve, ça décrit un monde totalement manipulatoire. Enfin voilà comment on utilise les employés, etc. Mais quand même, ce qui est étonnant. Quelqu’un nous pose la question de savoir est ce que le rachat de Tati est évoqué ?
Évidemment, qui n’est évoqué et que, comme on peut s’en douter, sans avoir vu le film, il va y avoir. On avait la même chose avec Tapie au départ, c’est la lune de miel et puis ça tourne au vinaigre. Ça va être un peu le caillou dans la chaussure, on va dire on achète Tati.
Mais t’as quand même un certain nombre de personnages, y compris des délégués syndicaux, j’en dis pas trop qui marchent à fond ou qui sont derrière le patron ou quoi ?
Ouais, en fait, tout au long du tournage, on a quand même été en tout cas tout le début du tournage avant que ça se complexifie peut-être un peu. On était assez étonné parce qu’on n’arrivait pas à trouver des opposants, en fait, des gens qui disent du mal. Alors bon, en séminaire, c'était un peu normal parce que nous, on était assimilés comme l'équipe qui vient filmer le patron. Et je veux dire les employés, ils n'étaient pas non plus Si quelqu’un avait des choses à nous dire, ils n’allaient pas nous le dire. Ça aurait été peut être un peu risqué de venir nous dire je vais dire du mal du patron. Là, on était dans une position un peu un peu particulière, mais après j’avais beaucoup fait des recherches et si trouvé. Il y avait eu des grèves dans les années 2000 en banlieue, tout ça. J’avais eu des gens au téléphone qui me disaient ah oui mais non, ça s’est très mal passé à l'époque, mais c'était jamais de la faute de Ginestet en fait parce que lui, il est tellement en haut de la pyramide qu’il y a toujours des intermédiaires en dessous qui étaient responsables. Et donc on avait beaucoup de mal à trouver des oppositions. Et ce qui est amusant, c’est que lui nous demandait, il disait Ah, pour le film, j’aimerais bien que vous vous trouviez des gens qui disent du mal de moi parce que ça me donnerait de la carrure, un peu de la stature des opposants qui finalement est en eux. On est jeunes, si forts que quand on a des gens qui s’opposent à vous, en fait, ça lui donnerait de l’importance et on disait d’accord mais nous ne nous donnions pas de noms. Mais on était quand même en recherche d’opposants et ça va arriver un peu avec le rachat de Tati où là ça va se compliquer. Après, on pourra parler de la réception du film qu’il a eu. En fait, c'était marrant parce que tout ce qui n’allait pas, c'était dès qu’il y avait justement des opposants. Finalement, une fois qu’il a vu le film, il lit les passages en disant regardez. On a le temps, vous êtes contre cela ? Attendez, calmez-vous, là, là ! Oh là là. Là ! Il ne vous a pas dit que c'était tout le temps.
J’avais une question Non, c'était plutôt une remarque pour ceux qui nous écoutent. Là, on parle, on parle beaucoup, c’est un personnage énorme et donc on suit ton film. Et alors de bout en bout, il n’y a pas un moment de faiblesse, il y a des moments de rires et des moments de sidération, il y a des moments de stupéfaction. Et puis je pense, il y a évidemment une colère sourde qui gronde. Mais au-delà du personnage, c’est en fait tout un système du capitalisme à « la papa » qui en réalité est saupoudré de développement personnel, de reconnaissance en gros pour faire de séminaires bidons, etc. Donc en réalité c’est un film sur Gifi. Ok sur son patron ok, mais en fait c’est un monde, c’est un film sur le monde du travail, sur le monde de la finance et c’est surtout ça.
Oui, c’est à travers en tout cas moi l’idée c’est qu'à travers le cas de Ginestet, on se pose des questions qui sont au delà du simple cadre Gifi J’ai pas fait un film pour les employés de Gifi et en fait il n’est pas autre chose qui a une image peut être extrême, mais de ce qu’il est, de ce qu’est le système capitaliste en fait, c’est à dire rien à la fois dans son parcours, c’est à dire comment, comment il a fait fortune et surtout pour moi qui est le truc qui m’intéressait le plus, c’est le contrôle, le contrôle employé. En fait comment obtenir d’avoir des employés qui se défoncent au travail sans les payer, sans les augmenter ? Pour moi il y a beaucoup de ressemblance et qu’on pose quand même vachement souvent ce film, un mal du fou, le bénévolat m’inspire beaucoup..
Alors vous verrez qu’il y a une cause, il y a aussi, il y a les bébés Gifi, il y a les mariages Gifi C’est invraisemblable. C’est un paternalisme total, en totale, totale et assumée. Oui mais alors est ce que ce paternalisme tu dirais qu’il est extraordinaire par rapport à l'époque d’aujourd’hui. Où est ce que tu penses que c’est plus fréquent qu’on ne le croit ? Parce que coup on a l’habitude, on a l’image de joie des gosses qui leur dit des machins, c’est des choses comme ça. Cette froideur américaine. Et là, on a, on a tout l’inverse, on a le bon accent du sud-ouest bien bon vivant. Le bruit, le côté Bernard Tapie, enfin c’est le côté on assume tout.
Je pense que ce côté il y a un côté évidemment extrême. Mais que lui assume en même temps ce que ça dit. Je pense que de plus d’entreprises, on voit des employés qui sont convoqués à des séminaires de motivation avec tout un peu aussi réglé, pas réglé par avance.
Il y a quelqu’un qui a dit bah c’est marrant, moi ça m’a fait penser je travaille pour une entreprise de santé, je croyais qu’il en a dû faire une soirée à Noël. Il me dit que je sens que ça commence comme ça, mais dans deux ans, je vais finir en séminaire à Megève. Des trucs d’extra travail Un peu plus loin, une marche que chacun devait arriver au travail avec son pull le plus moche possible. Après, il y avait une espèce de concours, tout plein de mécanismes pour rendre le travail fun, et je pense que c’est théorisé. Ginestet le fait de façon très très extrême. Mais en même temps c’est ça porte un regard sur ce que c’est aujourd’hui, le travail et surtout derrière tout ça, il y a quand même l’idée qu’on oublie toute hiérarchie dans l’entreprise. On est un peu tous tous égaux, bien sûr, on est tous dans le même bateau, il n’y a plus vraiment de différence. J’ai envie de passer d’abord la séquence du yacht avant de parler de Macron, puisque on a passé la séquence suivante, on va montrer la séquence du yacht Mais avant, tiens, je voudrais faire ça, Arrêt sur image sur le début de la séquence que tu nous proposes. Donc ça, c’est un extrait du film pour le coup. On te voit là, à l'écran, on te voit souvent à l'écran, on te voit souvent à l'écran dans ton rôle de preneur, de son. Tu es souvent comme ça, c’est-à -dire les bras croisés parfois même, tu croises les doigts dans l’avion, me semble t il, on te voit. Et bon, là t’es en train de dire, je vais être une déesse. Et la voilà, t’es là. Voilà le langage corporel
L’avantage de faire de Visio Buddha. C’est un massage.
Je vois la gêne c’est génial j’adore. Mais ça, c’est vraiment une question qui m’a taraudé tout le long du film. A quel moment tu es honnête avec lui et à quel moment tu es gêné ? À quel moment tu te dis que je ne dois pas laisser transparaître ce que je pense ? Est ce que tu es toujours honnête et que c’est au niveau de la table de montage ? Tu te dis Bon, j’ai un film à faire parce qu’il y a des moments où on sent que tu es comme un bon garçon et je crois, timide au fond. En tout cas, sur la réserve. Voilà, je ne veux pas te mettre un non-événement en te disant ça, mais je pense que cette question, elle se pose.
Ah bah oui, parce que de toute façon, exposé alors qu’on a embarqué avec lui, c’est la galère. Voilà dans son jeu. Clairement, je n’allais pas arriver en disant en déroulant tout mon cv, est ce qu’on peut venir filmer un séminaire ? Enfin je veux dire, on n’aurait pas eu de porte d’entrée ? Après faut quand même dire que tout le dispositif de tournage, il n’a jamais été question de le piéger. On voulait le filmer en action. C'était presque un patron au travail en fait. Le filmer tel qu’il est et à aucun moment on l’a trahi en fait parce que je pense que pour moi, le film reflète vraiment ce qu’il est. En tout cas, oui, dans une vision mais après, quand on a embarqué avec lui, moi l’idée c'était de toute façon. Je dis entre guillemets, je n’ai pas eu à mentir parce qu’on est face à quelqu’un qui a tellement un ego surdimensionné qu’il n’a jamais demandé qu’est ce que je faisais en dehors de le filmer ? Ce qui était très étonnant en fait, parce qu’on ne se voyait pas non plus tous les jours pendant trois ans. Des fois, il y avait trois quatre mois sans tournage, quatre ou cinq mois. Je l’avais pas au téléphone pendant six mois, on retournait filmer et en fait il ne demandait jamais Mais c’est quoi votre vie ? En fait, en dehors de comme si je pouvais vivre de juste ? Non mais ce que je veux dire c’est la position du documentariste par rapport à son objet, puisque là tu es dans un film au long cours, donc tu passes énormément de temps avec quelqu’un. On passe par plein de phases différentes, on peut tomber presque amoureux de son sujet. Je ne dis pas que c’est le cas là, mais on peut le détester, puis de temps en temps, là par exemple, il y a de la malice. Je me dis mais est ce qu’il se retient de rire ? Est ce qu’il dit Est ce qu’il sait qu’il est en train de tourner une séquence qui probablement sera dans le film ? En fait le truc pour bien comprendre, c’est que le tournage était vraiment très étonnant, c’est qu’on savait jamais vraiment où on allait.C’est-à -dire, c'était lui qui nous appelait, moi je l’appelais. Je disais ça serait bien qu’on peut être qu’on se cale un tournage. Et là donc, la séquence qu’on va avoir, le yacht, c'était juste Venez tourner dans le sud de la France. Je veux comme ça, je prends quelques jours de vacances, vous venez filmer et en plus je vous montrerais nos films d’entreprise. Vous savez un peu le : Eh bah ça aussi c’est très reposant joindre l’utile à l’agréable. Venez donc voir notre yacht !
Alors voilà, je mets l’extrait, On est avec Brice Gravelle. Je dis bonjour à ceux qui arrivent. Brice, reviens, reviens dans le cadre. Voilà Brice que vous voyez à l'écran est le réalisateur de ce film ; Des idées de génie dans les bagages d’un grand patron. Le grand patron, c’est le monsieur juste derrière, Philippe Ginestet, le fondateur, le créateur de Gifi. 30ᵉ fortune de France. Brice a passé en intermittence, rassurez-vous, presque neuf ans avec cette personne là. Être trois ans de tournage pour raison de tournage, mais sur une longue durée. Et il sort un film sur vos écrans le 4 octobre. Absolument terrifiant et notamment parce qu’on rit et là, on va comprendre ce que je suis en train de raconter. Voilà un bosseur qui a bien réussi. Bravo à lui d’incarner les valeurs du travail, nous dit In Memoria. De qui parles-tu ? De Philippe ou de Brice ? Philippe ? Ah non, il en faut quand même de la patience, de la persévérance. Il y a un côté agilité chez toi.
Il a un côté vraiment : Tu vas bouffer les autres quoi. Il l’a pris comme ça. En tout cas, c’est ce qu’il me disait. Il m’a dit "Moi je vous ai dit oui". Je dis que j’ai été très sollicité. Je vous ai dit oui parce que vous êtes un jeune et moi, j’ai envie d’aider les jeunes à réussir. Donc, il y a un côté c’est vrai, Business Angel, Je vais prendre quelques jours de repos. Ce serait bien que vous veniez pour votre film. C’est en ces termes que Philippe Ginestet m’avait convié à bord de son bateau, en compagnie de sa femme Brigitte et de son chien Geoffrey au large des côtes corses. J’allais découvrir la vie à bord d’un yacht, participer à des soirées arrosées jusqu’au bout de la nuit, plonger dans des eaux turquoise depuis le pont du bateau au petit matin. Vivre une expérience unique, celle dont on sait, avant même qu’elle a débuté, qu’on ne les vivra qu’une seule fois dans sa vie.
Oui, mais qu’est ce qu’ils font ?
Le séjour durait. Et il ne se passait rien. C'était certes reposant, mais cela ne faisait pas beaucoup avancer mon film. Mais après une petite balade en jet ski, le patron avait enfin fini par m’expliquer les raisons de ma présence. Il voulait me montrer les nombreux films d’entreprise déjà réalisés en interne. Comme ça, vous comprendrez mieux mon groupe et notre culture d’entreprise, ça peut vous intéresser.
Gifi fête ses 20 ans, Philippe Ginestet fête ses 30 ans de Gifi. Tournée des magasins par Philippe. Je ne sais pas ce que les tournées annonces Gifi ont du talent par Philippe Ginestet. Gifi a dit oui. Eh bien, il faut le prouver, le portail est fermé.
La bouche vous même s’il vous plaît Monsieur le portail. Oui oui. Ouvrir ? Non, non ! On vient pour la pièce de théâtre pour Tandem. Non, il n’y a pas de spectacle. Moi, je suis Jean-Pierre Dupin, comédien, Je suis avec Philippe Ginestet. Me suis je resté ? Là, c’est pour repérer. Et après, on fait une première sélection, on la demande.Et comme à son habitude, Gifi a vu les choses en grand et plutôt en long. Une chaîne humaine de plus d’un kilomètre pour relier la boule à la barrière. Philippe Ginestet et ses collaborateurs se sont lancé ce défi à la fois original et inédit. Est ce que tu aimes ce que tu fais ? Ton entreprise sera je maintiens moi je la suis moi je la vie. C’est ma vie.
Mais voilà le petit carton. Si les Mutins sont nos partenaires. Oui, j’ai complètement oublié de dire qu’en fait nous sommes partenaires au poste pour le lancement de ce film génial ! Et merci à toute l'équipe des Mutins de nous avoir fait confiance. C’est grâce à Olivier qu’il y avait le film à Lorient.
Ah c’est vrai, Olivier, tu parles de Glaudioman. Là on voit un extrait, le mec montre ses jouets comme dit le comme dit le chat, on le voit se regarder, s’admirer. Enfin bon, voilà, là on est dans une des scènes les plus dégoulinantes qui soient ; le parvenu, du mal, du nouveau régime. Disons qu’on est sur le début de tournage et on est dans la phase où il va nous amener un peu à découvrir son univers et sa réussite en fait, et donc nous en mettre plein la vue, c’est à dire le yacht étant le symbole de sa réussite, lui qui est parti de rien et donc il nous convie. On est resté dix jours sur son yacht avec des discussions intéressantes. Parce qu’il y avait notamment Benjamin Castaldi qui est venu sur ce yacht qui disait "Tu ne devrais pas te laisser filmer sur le yacht et lui disait au contraire je tiens à mon yacht, je tiens à mon chalet parce que je n’ai rien à cacher. Alors je ne voulais pas déflorer cette scène, mais quand vous avez vu que vous découvriez. Voilà, il se trouve ici. Il se trouve que cette scène est très forte parce qu'à un moment donné, il y a, il y a un échange qu’on pourrait qualifier de tendre entre toi et le patron qui justement montre que c’est ça aussi le documentaire. C’est à dire qu'à un moment donné où on fait presque corps avec son objet, ça n’empêche pas qu’on ait une distance. Mais c’est là la grande différence quoi. S’il y a une forme d’implication presque physique en fait. Ben oui, c’est pour ça qu' au montage, on a décidé aussi de garder toutes ces scènes où moi j'étais avec lui. Parce qu’en fait, l'évolution de notre relation, je pense qu’elle est intéressante.
Et ce n’est pas un peu ton côté François Ruffin ?
Ouais. Alors donc là je voudrais dire non parce que je pense que je pense que là, ça pourrait occuper autant de place que je disais à l'écran, j’avais encore un peu, un peu de marge, mais avec Bernard, le monteur, c'était aussi de créer. En fait, on lui a dit si jamais on est cul et chemise avec Ginestet, au bout d’un moment, il va épuiser le spectateur. Et en fait, l'évolution de la relation est quand même assez intéressante et surtout montrer comment le film évolue parce que le projet de départ est exposé dans le film. Après, on voit bien que ça évolue vers quelque chose qui n’est pas prévu. Il y a un peu un film, le film en train de se faire. Et je ne sais plus, je voulais dire sur le oui et non et donc sur les scènes de tendresse avec lui en fait. Je l’ai dit tout à l’heure, mais on ne peut pas passer autant de temps avec lui moi 'avais bien sûr de la sympathie, de la tendresse et surtout, dans le fond, je trouve même sur le côté séminaire, on l’a pas trop dit tout à l’heure, mais il y a aussi un côté qui je pense est très sincère chez lui, qui au delà de motiver ses troupes, tout ça en fait, il est content de se retrouver avec ses employés, de faire du sport avec eux et il a un côté humain qu’il il n’y aura pas forcément chez Bernard, enfin que ce que dans ses images j’ai du mal à imaginer d’autres personnes faire du VTT. On a nos caméras chez Bernard Arnault, on va sortir le film là, dans l’ombre dans 20 ans.
Ah non ! Et effectivement, tu as raison, il y a enfin un côté humain. Il y a moins d'écart semble-t -il, sauf évidemment financier entre lui et ses employés, sans doute Bernard Arnault et ses employés. Oui, et puis moi j’avais aussi, enfin là, un des aspects que je trouve que je trouvais assez attachant, c'était ce côté qu’il est parti de rien. Il a réussi et en même temps il ne fait pas semblant d'être, d'être un grand bourgeois quoi. C’est-à -dire qu’il ne va pas. Non, il n’a pas de fondation pour l’art contemporain. Il a été et il est resté très fidèle à son origine sociale, en fait. Et quand on le voit discuter avec ses employés en séminaires de motivation, on sent qu’en fait il y a une. Il y a une proximité intellectuelle, je dirais presque, avec ces employés qui font que les employés aussi sont à l’aise et se sentent considérés par leurs grands patrons. Et ce besoin de considération, en fait, est un des moteurs de pourquoi est ce qu’ils se défoncent au boulot ? Bien sûr. Alors il y a évidemment dans le chat beaucoup de questions sur la réception du film par son principal sujet. Et quelqu’un a posé la question tout à l’heure. Je vais essayer de retrouver la question exacte c’est Hedjaz qui nous disait à 18 h 30 Il me semble que monsieur Ginestet a essayé de faire interdire la diffusion du film. Est ce exact ? Vous pouvez donc nous parler de la distribution du film et de l'éventuelle bataille juridique autour. Alors je ne sais pas si c’est un employé de cinéma qui en parle. Je ne sais pas, je sais, mais je ne connais pas
Non, en fait, nous, on avait signé un contrat de droit à l’image avec lui et surtout à chaque fois qu’on filmait, il prévenait bien les employés si vous ne voulez pas être filmés, vous nous le dites et c’est arrivé dans plusieurs cas que des exemples de nous on ne veut pas être filmés, ce qu’on respectait complètement, au contraire sur ça, là dessus c'était clair. Et après donc il fallait le dire, c’est de lui montrer le film avant qu’il sorte. Donc on a réservé une salle au Grand Action où il est venu avec ses gosses, c’est-à -dire à Paris, où il est venu avec ses conseillers, on l' a montré à Genève. On a fait ça bien à Paris, une salle de cinéma un matin, tout va bien et donc la réception a été assez froide on va dire, globalement c’est difficile de le raconter parce que pour les gens qui n’ont pas vu le film, mais disons, les retours n'étaient pas du tout là où je pensais que ça allait poser problème En fait, c’est toujours pareil, donc c'était vraiment très marrant. J'étais complètement désarçonné parce que les scènes qui pour moi pouvaient poser problème, c'était les scènes que vous préférez. Et quand je dis vous, c’est lui et ses conseillers et inversement, ils étaient sur des points de détails où je trouve le côté sympathique du personnage, c’est-à -dire qu’ils disent oui mais là il dit des gros mots, il faut couper. Si justement, il y a un espèce de côté naturel que vous n’aviez pas pris d’engagement à modifier le montage, Non, non, et simplement à montrer le film avant diffusion. Vous voilà. Et en fait, les retours étaient rares. Il n’y avait pas de trahison en fait, parce qu’il était tel qu’on l’a montré, tel qu’il est, tel qu’il est vraiment. Je ne suis même pas sûr qu’attention n’est pas sous le contrôle du service juridique qui veille, qui est en train de t'écouter, Mais non, on va trouver.
Il n’y a pas eu d’interdiction ou de menace d’interdiction ?
Disons que je pense que Philippe Ginestet n'était pas ravi. Mais lui, il a demandé trois modifications, mais qui étaient vraiment des détails et qui finalement, en fait, servaient le film. Pour moi, apporter des éléments dont c'était vraiment trois éléments à préciser. Donc on l’a fait à la voix off, ça c'était rien. Et après les conseillers qui eux avaient été un peu éjectés du projet dès le début, eux, ils ont vraiment découvert tout le film, ils n'étaient pas là, on les a pas vus pendant tout le tournage et eux, on sentait qu’ils étaient un peu plus embêtés par tout ce qui est avion, yacht parce que c'était rentré dans le débat public entre temps, entre le début du tournage et la fin. Donc ça, ils n'étaient pas fans. Et eux, globalement, ils avaient une vision, ils voulaient qu’on fasse enfin voilà, c'était la vision entre un documentaire tel que je l’ai fait et eux, des films d’entreprise tels qu’ils en font. On a vu la collection de films d’entreprise. Ils voulaient que je mette beaucoup plus de films d’entreprise. Voilà. Y comprenait pas vraiment ce que c'était qu’un documentaire pour le cinéma indépendant, parce que on n’a pas touché, évidemment, il n’est pas produit par Ginestet le film. Mais eux, ils ont une telle culture, des films d’entreprise qu’ils font en interne qu’ils étaient complètement désarçonnés par le documentaire et désarçonnés par la moindre petite critique qu’il pouvait y avoir dans le film. Parce que ça n’existe pas chez eux en fait.
Red Jazz qui intervient nous redit Bonsoir, je ne suis qu’un simple viewers. Oui, ils disent tout ça. Si je me souviens bien, c’est Ruffin qui avait parlé du film sur Twitch. Ah bah justement, peut-être qu’il en avait parlé ici d’ailleurs. Et qui avait dit qu’ils ne savaient pas si le film pourrait sortir ou pas. Le film sort le 4 octobre, vous l’avez déjà projeté ? Vous allez partir demain, tu prends tes bagages, Fête de l’Huma d’abord, fête de l’Huma et ensuite le yacht. Non, donc tu remontes tous les fleuves français pour aller dans toutes les villes pendant quinze jours, trois semaines jusqu’au Gateway.
Après en fait, il y a eu un truc, c’est que Ginestet avait dit, si le film me plait, je voudrais voir avec le distributeur pour acheter 8000 places pour que tous les employés puissent le voir. Bon là le film n'était pas assez fini, en tout cas pas assez à sa gloire. Il n'était pas ravi par le film, donc il n’y a pas eu de deal avec le distributeur pour que les employés puissent aller voir le film. Mais en même temps, c’est plutôt rassurant parce que j’aurais été étonné que le film lui plaise complètement et en même temps, ça aurait été pas très honnête non plus, qui trouve que ce n’était absolument pas représentatif de ce qu’il a donc fait. Finalement, je pense qu’on a trouvé le juste milieu. L’idée ce n’était pas de tomber non plus dans une espèce de caricature où on se moquerait de lui. En fait, c'était pas du tout ça le propos du film et d’ailleurs je ne trouve pas que ça soit ça qui ressort pas du tout
Alors il y a Lulu, qui m’en veut un peu, et qui dit pourquoi on parle de trahison en plus de le mettre dans une situation gênante ? Est ce qu’il n’a pas le droit d’avoir son interprétation ?
Et donc à un moment donné je lui ai dit. Est ce que parce que si c’est une position quand on filme, c’est une position qui est toujours très délicate parce que on sait à peu près ce qu’on est en train de faire là où les gens qu’on filme n’en ont pas forcément conscience et conscience. Et à la limite, un mec comme lui moins que les autres parce qu’il est tellement heureux d'être filmé, Il y a des regards caméra non plus finir, il s’adresse à toi, à n’en plus finir. Donc il y a un plaisir du jeu et un plaisir du jeu. Après, disons que pour moi la question est au lieu de parler de trahison sûrement j’aurais dû parler peut être de malentendu Je pense que c’est vraiment le mot, parce que je pense que moi j’avais un peu près mon idée de ce que je voulais faire. Ce qui n’a pas empêché qu’il y a eu plein de surprises pendant le tournage et qu’on a été embarqués dans des trucs qu’on n’avait pas du tout prévu. Et lui, je pense qu’il n’imaginait pas autre chose que ce qu’ils font déjà en interne, c’est à dire des films d’entreprise où c’est vraiment l’explosion de la mise en scène. Enfin voilà, pour expliquer un peu, ils ont fait par exemple le mariage de son fils sur un bateau de croisière. Il a invité 600 employés de Gifi et lui arrive en hélico. Tout ça, ça fait un film d’entreprise d’une heure. Du coup, ils ont fait un documentaire en interne sur le modèle de Un jour un destin qui était l'émission de Laurent Delahousse. Ils ont fait une parodie de ça avec des interviews des proches de Ginestet pour raconter toute la légende. Enfin voilà, il y a Ils ont une culture de l’image et du film d’entreprise qui est incroyable. Et moi j’arrivais pour filmer quelqu’un qui était finalement trop habitué aux caméras. Et d’où la nécessité du temps long, c’est que parfois, il fallait aussi qu’il oublie un peu qu’il était filmé et que ça soit pas juste dans le regard. Et d’ailleurs il y a très peu d’interviews avec lui en fait ça, le temps long, c’est le cinéma. Voilà. Exactement, c’est le cinéma parce qu’il y a eu un qui ne se retrouve plus maintenant, mais il y a eu une équipe de TF1 pour 7 à 8 qui a été le voir, qui a passé deux, trois, quatre jours à Megève et ils ont fait un truc de même pas 30 minutes, Commentaire qui pour moi est très ironique, un peu foutage de gueule, mais lui a trouvé ça formidable. Et ça c’est assez facile. En fait, quand on a un bon client, on va à la pêche. Là voilà, c'était un peu ces deux ci de comprendre la complexité du personnage parce que je pense que c’est un personnage plus complexe que juste si on regarde un film d’entreprise, il est dedans quoi.
Glaudioman, qui n’est pas satisfait par mes questions et qui prend ma place ici. Il y a un peu de temps, c’est bien. Est ce qu’il ne pensait pas exercer sur toi la même fascination que sur ses salariés ?
Complètement. Et je pense qu’il n’a jamais imaginé autre chose que je pensais. C’est compliqué, ça fait depuis 81 qu’il a son premier magasin et depuis c’est une telle réussite d’un point de vue économique. Il a bâti un tel empire et avec tout ce système de management, vous vous imaginez pendant une semaine à Megève, il y a des employés qui vous disent Vous êtes formidables. Et en fait, je pense que ça fait 30 ans qu’on lui dit vous êtes formidable et c’est tellement bien organisé que toutes les critiques, il y a des pare feu avant lui, donc ça lui arrive jamais vraiment directement et donc il est dans un truc Je m’intéresse à lui donc forcément il est flatté et ça ne peut être que à sa gloire en fait. Et parce que lui estime, je pense qu’il y croit vraiment, sincèrement. Il y croit en ce qu’il fait et il pense faire le bien en fait.
Le tchat qui est malicieux, il cherche le drapeau. Depuis tout à l’heure, je cherche le drapeau du yacht, c’est celui des îles Marshall, un paradis fiscal. Et ça renvoie à Glycine qui demande est ce que dans le documentaire est abordé le sujet de l’optimisation, l’évasion fiscale de Philippe Ginestet révélée en 2017 ?
Alors donc non, il faut être très clair sur ce qu’est le film ce n’est pas une enquête sur l’empire de Ginestet.
Voilà pour les questions fiscales. Le yacht en effet. Alors là, c’est vraiment un public. Bravo puisque ce plan est là pour montrer le drapeau quand même. Et en effet, le yacht est pavillon Maltais. On n’est pas chez les cons ici.
Petit détail quand vous avez un yacht, vous êtes obligé de mettre le drapeau de ou il est pavillonnaire et ça permet de savoir si c’est dans un paradis fiscal ou pas. Sur l’affaire de l'évasion fiscale, moi la seule chose que je sais, c’est qu’il y a eu un article de Mediapart en effet, Je lui avais posé la question et il m’avait dit Moi, Mediapart a essayé de me chatouiller une fois, j’ai mis un coup de pression. Ils n’ont jamais fait ça, jamais été plus loin parce qu’il n’y avait rien. Selon vous, il n’y avait rien de solide. Mais la presse, c'était sa version. Mediapart avait sorti quand même des choses. Bah de toute façon, derrière le côté bon enfant, on est dans le capitalisme mondialisé. Quand on a une fortune estimée à 2 milliards, forcément qu’il y a des trucs à creuser quand on ne sait pas. Ce n’est pas une investigation le film
Masaccio 95 demande Ils vendent quoi à Gifi ?
Bah ils vendent un peu de tout en fait. Vous pouvez acheter des tasses, vous pouvez acheter des balais, des déguisements etc, vraiment, c’est l’idée du buzz qui s’appelle le bazar coincé on sait, tout n’est pas cher.
Je prends la question qui a été posée à l’instant comme elle est venue. Je pense à une question tout à fait sincère, mais c’est aussi une question qui révèle que. On est sans doute nombreux à ne jamais foutre les pieds dans un Gifi. Et est ce que tu t’es dit il faut qu’on évite le regard de classe ? Il faut éviter le regard de. Nous, on est des malins. On ne va pas chez Gifi acheter des babioles chinoises qui sont moins chères qu’ailleurs parce qu’on peut se permettre d’aller ailleurs. Est ce que cette question là du choix d’avoir un regard en surplomb qui serait détestable, que tu n’as pas du tout ?
Mais c’est un peu le souci, même vis à vis des employés, parce qu’en plus pour déjà sur les magasins Gifi en fait je pense que ça, il y a le regard de dire est ce que tu disais quoi dire ? Nous on n’a pas les moyens de parler Gifi tout ça. Après il faut voir. Pour moi il y un vrai truc qui n’est pas écrit dans le film, c’est le plaisir que les gens peuvent avoir de le plaisir de la société de consommation. En fait, ils peuvent. Et voilà le message moi je ne vais pas mais je ne suis pas là pour taper du doigt sur les gens qui y vont chez Gifi ou pas. C’est ça, C’est un système qui fonctionne comme ça. Et moi, le grand souci, c’est de ne surtout pas être condescendant vis à vis des employés qui sont en séminaire. Déjà parce que je pense qu’ils avaient une marge de manœuvre assez limitée, parce que dès lors que vous allez en séminaire, voilà, il y a une chanson à la fin à la gloire du patron, à la fin de chaque séminaire, mais on comprend assez vite que c’est pas un hasard si à chaque séminaire il y a une chanson, c’est que c’est quand même un peu deux ou trois personnes plus haut placé dans l’entreprise qui dirige le truc à chaque fois. Et voilà. Et moi, souvent je me mets à leur place. Si j’avais bossé justifie que j'étais convoqué à un séminaire de motivation, je pense que je me serais mis un peu au troisième quatrième rang au moment de la chanson, mais je n’aurais pas non plus créé un esclandre. Voilà, c’est compliqué. En fait, on est resté au travail. En fait, ils sont sur leur temps de travail. Absolument. Et voilà, ne sont pas tout à fait libres d'être. Voilà exactement comment taper dans un truc. Mais par exemple, cette idée qui est très belle de ne pas être condescendant, est ce que ça veut dire que c’est du boulot dans l'équipe avec le chef op qui prend, qui prend l’image avec des producteurs qui ont la casquette de producteur à ce moment là avec ton monteur. Est ce que par exemple, il y a des moments où tu vous as dit "Bah ça, ça serait drôle, mais c’est un peu un regard classé, donc c’est pas utile ici et c’est plutôt mal venu, donc on le met pas. Eh ben ouais, en fait, il y a eu plusieurs scènes qui en soi pouvaient être bien pour le film qu’on n’a pas mis dans le film. Mais ce qui est assez intéressant, ce n'était pas par rapport à des employés, c'était par rapport à lui-même en fait. Parce que ce que je disais tout à l’heure, c’est que finalement ici se comporte pas comme un gamin. Voilà, il a gardé ses origines populaires et il y a eu deux ou trois scènes qu’on a enlevées parce que ça pouvait donner un regard condescendant. On se moquait de lui, ça n’apporterait pas vraiment grand chose aux propos du aux propos du film. Et voilà. Donc on a fait quand même un peu attention à ça parce que ce n’était surtout pas l’idée, ce n’était surtout pas de faire un Strip-tease, même si pour moi il y a des épisodes de Strip-tease qui sont très bien. Mais bon, ça c’est un autre débat. Mais en tout cas ne pas surtout pas se moquer de lui, non. Et ce qui est marrant d’ailleurs de se dire on ne peut pas avoir un regard de classe condescendant vis à vis d’un milliardaire. En fait, c’est tout le paradoxe du film en fait, c’est que c’est tout près, ou plus exactement du pas du film, du personnage. Mais là je pensais plus au client. Cela dit, dans le château, il y a des bras. Gifi n’est pas spécialement très bon marché, nous dit qu’un an en plus de la camelote, oui, mais pas donné après, je te jure et je dirai voilà, maintenant ils ont été. Oui, voilà, c’est moins cher. Maintenant c’est plutôt Action, le magasin qui a remplacé les Gifi en termes de prix.
Il y a vraiment des questions techniques. Les questions remontent Elle a été prise par Jessy qui l’a mise dans le la super application donc que je trouverai tout à l’heure.
Quand démarre le tournage, la France se dote d’un président. Ben oui, c’est le nouveau tournant. Macron vient d'être élu en fait. Et on sort d’une campagne présidentielle où là, ça, on n’avait jamais vu un discours pro entreprise. Et nous, on commence à tourner le séminaire en juin 2017. Et il y a une espèce de délire, mais c’est du délire. Mais en fait, ça fait depuis les années 2000 que quand même, il y a un discours managérial pro-business qui c’est qui s’est répandu dans la société Macron arrive et c’est un peu l’apogée de tout ça, nous, on a filmé notamment à l’université du Medef, un entretien avec Gattaz et après un entretien avec Roux de Bézieux. Et pour eux, ils étaient dans un état d’excitation total parce que c'était quelqu’un ni droite, ni gauche, pro patron. Et donc si, enfin je pense qu’il y a l’atmosphère, elle se ressent, ça joue aussi dans le fait que Ginestet accepte de le suivre, c’est que le pouvoir politique est tellement avec ceux qui se disent et qui disent il faut réussir. En fait, Macron dit Je rêve de gens qui veulent devenir milliardaires. C’est tellement assumé que lui, en fait, le climat était très propice pour dire oui à une équipe de cinéma qui vient et qui vient le filmer.
Et donc là, je vous ai juste préparé un autre extrait qui est un autre film qu’on met sur cinéma, c’est des bosseurs en Chine, va en avoir préparé un petit peu, un film qui s’appelle L’initiation qui est intéressant. En fait, ce sont des étudiants en école de commerce qui suivent un stage qui doit durer deux ou trois jours pour réussir les épreuves d’accès. Et ils ont un formateur qui vraiment leur apprend à être pro-business. C’est une prépa, c’est une prépa HEC, c’est en 2017, c’est l’ambiance de la France à ce moment là et c’est l’ambiance des profs, des valeurs etc Voilà exactement le film et je crois date de 2000. Mais disons qu’on est dans l'époque où le discours pro entreprise, tout ça commençait à se libérer et c’est ; vraiment maintenant, vous pouvez assumer Choisissez, on assume. Emmanuel Macron. J’ai fait le premier titre put à clic de l’histoire d’au poste en mettant des idées de génie. Le docu le plus drôle depuis Merci patron, c’est 500 000 entrées je crois. Donc l’idée c’est voilà. Si en plus il y a, il y a un parrainage d’une certaine manière, c’est C+. Ce qui ressort c’est sa fortune mais c’est rien par rapport à Arnault, mais c’est beaucoup par rapport à moi avec Les Mutins et au poste, c’est la même relation, c’est bien, c’est parti trois minutes 52 tout de suite !
Donc ça, ce n’est pas dans ton film ?
Non,
Tu voulais le montrer pour raconter un peu la genèse du tien ? Dans quelle époque on est ? Quand tu te lances dans l’aventure ?
Ouais, un peu le contexte d’euphorie générale autour des entreprises. Et c’est sûr que cet ajout, en fait, on voit le libéralisme en train de triompher. La parole se libère. Et là, ce film là, il est un peu plus ancien, mais il fait partie un peu de, justement de ce qui m’intéressait. Là, les réalisateurs, c’est pareil. Ils ont accès à quelqu’un normal maintenant. Je pense que mon idée, ce serait de rester plutôt un peu discret. Là, au contraire, c’est allez y filmer notre formation, regardez comme c’est formidable ! Et donc nous le tournage, en effet, commence donc 2017, Macron est élu et finalement on va suivre ce grand patron sous Macron.
Et bon bah voilà, on va voir que pour lui ça se passe assez bien, il y a la suppression de l’ISF que n’a pas dit ce grand président, ce n'était pas ça. Je suis quand même revenu sur terre depuis la fin du tournage.
Voilà, c’est ça
Mais bon, on va voir que de suivre un grand patron avec un président qui est quand même à leur service, en tout cas fait tout pour qu’ils se sentent bien au pays. Absolument. Il y a un autre extrait que tu nous as concocté qui sera le dernier, qui est en fait inédit, qui n’est pas dans le film. Mais avant ça, j’aimerais parler avec toi de ce génie dont tu nous dis et lui même le dit plusieurs fois, qu’il ne laisse rien au hasard. Et tu te poses quand même la question parce que tout à l’heure, quand je parlais de dérision, il y en a aussi beaucoup. En tout cas, il y a un parfum d’auto dérision concernant toi même, ton équipe et qu’est ce qu’on foutait là à ce moment-là ? Et donc tu dis, tu écris, tu dis qu’ils te laissent filmer avec une liberté déconcertante.
On verra. Je ne dis pas comment la situation va bouger au fil des tournages. Comment tu expliques quand même cette liberté déconcertante puisque c’est presque un aveu de ta part. Tu dis il me laisse filmer avec une liberté déconcertante, une liberté qu’on n’a plus jamais en documentaire parce que tout le monde est formaté. Et on voit bien que ceux qui s’apprêtent à déchirer à saucisson sont absolument formatés. Et notamment un des formatages chez le media training, c’est les mecs de com,. Donc on a plus de sincérité là. Ce qui est formidable, c’est qu’on a finalement un patron dans son jus quoi. On pourrait dire sincère dans son rôle de patron immensément riche en yacht et compagnie, parce qu’il assume complètement en fait. Et donc je pense qu’il y a l’ego, on en a parlé qui fait qu’il est vraiment content. Il a une équipe qui vient le filmer. Je pense qu’il y a même un moment où c’est intéressant ce qu’on voit en fait. Il y a aussi pas mal de scènes où il est seul, ou alors je suis tout seul avec lui dans l’avion et des forces de monde avec Aurélie, on comblait un peu aussi ces moments où il est seul. Il était content, il y avait deux personnes avec lui, il nous trouvait plutôt sympa donc ça lui faisait presque de la compagnie. Et en fait, les seules choses qu’il avait demandé de pas filmer, c'étaient des réunions vraiment business, mais alors très techniques où il nous faisait un signe. Ce serait bien de sortir pour une histoire de secret des affaires qui de toute façon n'était pas du tout le sujet du film. Et donc en fait, quoi qu’il en soit, je pense qu’on serait sortis ou on aurait coupé la caméra. C'était les seules limites qu’il avait fixées, c'était quand je vous dis d’arrêter de filmer, vous vous arrêtez de filmer et c’est arrivé trois ou quatre fois, mais dans des réunions vraiment tellement techniques que c'était sans incidence. Sinon, il nous a laissé filmer vraiment toute cette nature interne. Est ce que je me trompais ? Il me semble qu’il y a une scène où on a montré quand même. Mais ce n’est pas le propos du film. Et puis ça fait partie de l’humain. Du donnant-donnant. C'était la seule limite. Et de toute façon, il n’a jamais été question de filmer en caméra cachée ou de le piéger. On était embarqués avec lui et voilà, c’est le deal on a vraiment respecté ça. Et c’est vrai que je dis à un moment dans le commentaire, une liberté déconcertante parce que je pense qu’il y a des choses qu’on voit dans le film, qui sont très étonnantes et où on était les premiers surpris à ce qui nous laisse filmer. Ça en fait pas bien sûr, mais parce il faut vraiment comprendre si c’est complètement assumé et il estime qu’il a rien à cacher à ce niveau là en tout cas.
Même question de Kiki qui dit que la question laisse suggérer que le film va marcher. Est ce que c’est un film documentaire familial ? Est ce qu’on peut emmener les enfants ? Et figure-toi que Glaudioman répond et fait le boulot à ta place pour adolescents ?
pour adolescents ? Oui, plus jeunes, ils risquent peut-être de ne pas comprendre et de s’ennuyer. Je dirais à partir de treize quatorze ans. Ouais, je pense qu’il y en avait. La projection à Lorient notamment, il y a une employée Gifi qui est venue avec ses enfants, qui devait avoir treize quatorze ans. Le film en fait le film, on l’a voulu quand même accessible. Ce n’est pas du tout un film théorique ou didactique. Donc voilà, il n’y a rien derrière. Ce n’est pas compliqué à comprendre, c’est très accessible. Bon après, à douze ans, je pense,c' est un peu dur pour eux. Mais oui, on peut y aller tout à fait avec des ados. Ce qui est intéressant, c’est que les retours pour l’instant sont assez bons. Je pense que globalement, les gens apprécient le film, rigolent au bout d’un moment, et rient jaune, après le débat souvent dure très longtemps. Après le débat, ça se prolonge bien sûr, et il y a des retours assez contrastés. C’est à dire ce que je disais tout à l’heure, il y en a qui trouvent que le personnage est vraiment fascinant. Et globalement, moi ce qui me plaît, c’est que à la fin en tout casIl y en a pas beaucoup qui disent que ce n’est pas noir ou blanc. En fait, il y a une complexité du personnage. Il y a quand même un attachement pour ce personnage. Pour Ginestet, il a un côté sincère que moi je défendrais toujours. Je pense qu’il y a de la vraie sincérité chez lui et cette sincérité la pousse à accepter qu’on vienne le filmer et être dans le film, même si politiquement on est en désaccord total et qu’il y a des dérives qui sont assez incroyables. Mais malgré tout, il reste cette part de sincérité chez lui que je trouve assez attachante. Et après si c’est compliqué, même là, je vais aller dans le sud ouest, dans son fief. Faut savoir qu’il a gardé tout son siège social à Villeneuve sur Lot, donc ses 900 employés à Villeneuve sur Lot. Donc là bas, évidemment, on ne peut pas dire le baron local, parce qu’il est tellement important pour l’emploi que tout en fait quoi et qu’en même temps ils sont habitués à ses excès, tout ça et que ça fait partie du personnage. C’est un peu le folklore. Pour ce qu’ils sont, ils le trouvent assez attachant. Après, il y a eu une grève, ce n’est jamais arrivé il y a un an, je crois, à Villeneuve sur Lot. C’est la première fois qu’il y avait une grève pour des augmentations de salaire. Donc moi je ne suis plus en lien direct avec Ginestet. Mais voilà, je pense qu' il peut y avoir aussi de la friture sur la ligne à certains moments et peut être que je ne sais pas ce que ça va devenir de ce modèle de management qu’il a tant vanté. Peut être que ça va s’effriter créer la lassitude chez les employés. L’avenir nous le dira.
Mais. Justement, à propos des employés, il y a Romy qui te demande est ce qu’il y a un sujet extérieur au film concernant le traitement des salariés dans les magasins ou les bureaux ? Est ce que son point de vue, le point de vue du patron était et est abordé ? Est ce que le point de vue des salariés a été abordé ou pas ?
Ben en fait, c’est dans le film, pas vraiment son conseil sur Ginestet en tant que tel, il y a un très bon article du Monde Diplomatique où il a été cité Total accord Gifi ou le triomphe de pacotille qui l’avait vraiment plus sur l' empire Ginestet plus ses méthodes de management, d’où le film. Comme j’expliquais, on n’a pas pu avoir une parole vraiment libre des salariés de Gifi, l'équipe suivait le patron, donc en fait ils ne pouvaient pas se confier à nous. Mais on va avoir cette liberté avec les employés de Tati, parce que justement ça va, mais la reprise ne va pas se passer comme prévu. Et surtout chez Tati, il y a une culture syndicale très forte qui n’existe pas du tout chez Gifi et donc eux étaient organisés. La CGT était vraiment puissante chez Tati et donc ils ont cette culture syndicale qui leur permet aussi de s’organiser collectivement. Et voilà la fin de Tati, ça s’est pas fait comme ça, d’un claquement de porte, il y a eu une opposition quand même et une parole des employés qui s’est libérée à ce niveau. Mais les employés historiques de Gifi, c'était très compliqué parce qu’on était. Voilà, on était trop embarqués avec le patron pour qu’ils se confient librement. Après, y' a des gens qui se confient en eux, tout ça, mais qui on ne peut pas filmer. Mais ce n’est pas le sujet du film globalement lui je c’est ce qu’il dit sur ses enfants. On voit quand même une soumission à tous les étages. Et quand il y a révolte, ça ne dure pas longtemps. Non, ça dure pas longtemps une certaine hiérarchie, il y a une certaine gravité, donc ce qu’on sent, on sent le modèle. On a plusieurs personnes qui viennent de Villeneuve sur le Monde, notamment à Cap Requier qui le disent. Je suis originaire de Villeneuve sur Lot. Donc Chamond commune d’où vient le nom le haut. Et c’est là que j’ai travaillé pas mal d’années dans l’insertion professionnelle et beaucoup de personnes, notamment les gitans sédentaires, sont admiratifs de Ginestet parce qu’il les fait bosser en masse. Paradoxe local, un peu le Tapie du coin.
Haka Hara-kiri ajoute plus loin T’es pas obligé de commenter. Voilà des informations qui sont apportées par le récit. Si c’est une question, est ce que vous avez abordé la très bonne réputation qu’il a dans les quartiers populaires du Lot et Garonne Ginestet est très respecté parce qu’il donne du taf aux jeunes des quartiers. En fait, il est très respecté à Villeneuve sur Lot de façon générale surtout, il a une force. On n’en a pas parlé, c’est qu' il a un espèce de flair pour sentir des jeunes motivés et les faire monter dans l’entreprise même s’ils n’ont pas les diplômes qui vont avec. Et nous a Megève, on a filmé des employés qui avaient 20 ans, issus de quartiers populaires et qui étaient déjà à la tête de deux ou trois magasins Gifi. En fait, il les a pris à seize ans. Ils ont commencé comme dans un magasin classique et en fait, il sait voir des gens motivés, les faire monter dans l’entreprise, leur filer la gestion d’un magasin, puis d’un deuxième. Et ces employés en fait, en contrepartie, ils vont avoir une loyauté sans faille envers lui parce que justement, il les a fait monter alors que leurs diplômes ne permettaient pas forcément d’avoir ce statut salarial. Et donc c’est un système de management qui est hyper efficace. Parce que vous avez 26 ans, vous êtes à la tête de deux ou trois magasins, jamais vous ne remettrez en cause les méthodes de votre patron puisque c’est lui qui vous a permis d’accéder à ça en fait. Et lui en fait les séminaires de motivation, il nous l’a dit même. Il y dit des théories comme ça. Il dit moi je vois tout de suite, je passe une semaine avec eux et je vais savoir lesquels parmi les 40 employés, s’il y a quatre ou cinq à faire monter, je sais exactement qui au bout d’une semaine.
Cela dit dans les quelques scènes que tu montres de séminaire on perçoit très bien, je ne parlerai pas de gène, mais en tout cas beaucoup sont mal à l’aise.
En fait, il y a quelque chose, ils ne savent pas jusqu'à où aller, ne pas aller. Il y a une distance ils sont impressionnés, enfin je veux dire, ils sont ils sont à un mètre du patron et et lui surjoue le truc. Oui, avec une familiarité à la fois réelle et feinte par les conditions, puisqu’en réalité il n’y a aucune familiarité. En fait, pour moi, le séminaire, c’est un peu le mot la semaine de tous les dangers. Si vous êtes employé gifi parce que vous arrivez là bas, déjà c’est alcool à volonté. Donc déjà, ça c’est quand même pour vous attirer. C’est comme au poste et moi je te dis Il y a peut être du bon dans ce modèle là. En tout cas, vous avez en fait, vous avez l’impression d'être en vacances un peu au Club Med, vous allez faire du sport tout ça. Le soir, vous allez pouvoir prendre l’apéro. Et globalement, en fait, ça picole, c’est la fête. Mais ce que vous oubliez au bout d’un moment, c’est que vous êtes quand même au travail, il y a votre patron et que vous n'êtes pas juste en vacances.
Avant de mettre l’extrait, je vais remettre la petite bande annonce puisque ça fait presque 2h qu’on est ensemble et que là je pense qu’il y a pas mal de gens qui viennent d’arriver. La bande annonce de ton film Des idées de génie sur Philippe Ginestet, le fondateur de Gifi, 30ᵉ fortune de France, film d’immersion absolument incroyable, film de cinéma mordant, drôle et pathétique par moments, tristes, tendres, enfin tout ce que vous voulez. On passe par tous les trucs, je vous montre la bande annonce qui est vraiment fidèle à ce que vous pourrez voir, soit dans les avant premières qui arrivent là dans les jours qui viennent jusqu’au 4 octobre et à partir du 4 octobre, c’est dans les cinémas,tu m’as pas dit si distribué par qui ?
C’est les films des deux rives, le distributeur les films des deux rives.
C’est parti ! Allez, on est parti pour l’aventure, pas pour le film. Voilà.
C’est une histoire comme on a envie d’en entendre, comme il faut raconter dans les écoles. Le point commun à toutes nos entreprises se résume en un mot. Le plaisir. Et lui, ce qu’il aime, c’est ses salariés. J’inspire confiance auprès de mes collaborateurs.C’est le seul moment. Où que tu te sois marié, Voyage FX, c’est ça ? Finalement, c’est un patron, mais il n’a rien à cacher. J’ai eu envie de tout lui dire. Oh bah moi je pense que tout le monde a des choses à cacher quand même. Depuis que Gipsy a repris le bazar. Oui, c’est un grand bazar, un patron qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Dès qu’il a racheté, l’enseigne était morte à ce moment-là. Imaginons une fraction de seconde qu’un des deux entrepôts se mette en grève. On est mieux on est mûr.
Alors attendez, je reprends Wolfram qui disait tellement hâte que ça sorte. En fait, ça sort dès dimanche en avant première et Brice était en train de lister la longue série d’avant première c’est en présence du réalisateur à chaque fois.
Oui bah là, toutes les avant premières, donc c’est vendredi à la fête de l’Huma, à 13 h le soir à Argenteuil, après Toulouse dimanche et après c’est une tournée autour de Villeneuve sur Lot Marmande, Tonneins…. Et dimanche à Villeneuve sur Lot, le film est projeté au fief dans le cinéma de Villeneuve sur Lot. Donc ça, ça va être intéressant parce qu’on est là avec un décor, c’est un besoin, on y va tranquille ils ont invité Ginestet à la projection, donc à voir peut être qui va venir au débat.
Et là, je vous connais, vous allez tourner.
Non, sauf peut être, mais je pense qu’il viendra pas mais bon. En tout cas, l’invitation a été lancée. Et après en fait, avant première à Montpellier le lundi. Et ensuite on part pour une grande tournée bretonne qui nous amène jusqu’au 4 mai. Il y a sur le site du film, il y a toute la liste des avant premières et le quatre débarque à Paris, Montpellier, Toulouse. Et il y a d’autres villes où la programmation est en cours. Les deux rives bossent dessus et il y a de nouvelles salles qui se rajoutent tous les jours.
Et justement, il y avait des questions par rapport à ça pour savoir si pour la sortie vous savez déjà combien il y aurait des salles
En fait, on en sait beaucoup trop. Ouais, c’est vraiment en train de se remplir petit à petit. Et je pense qu' octobre novembre ça va être rempli de débats. Là, ce qu’on sait, c’est qu’au Saint-Michel, à Paris, il y aura pas mal de soirées Il y a Monique Pinçon-Charlot qui va venir faire un débat parce que c’est intéressant, parce que tout le travail qu’elle a fait avec la bourgeoisie il y a des similitudes. François Ruffin est partant, mais faut trouver une date qui colle parce qu’il est assez occupé. Daniel Linard qui viendra aussi, super sociologue qui justement sur toute la question des séminaires de motivation et l’aliénation des travailleurs, c’est un peu la référence, donc ça viendra faire un débat. Gérard Mordillat Il y a Nicolas Framont aussi qui a fait un bouquin parasite sur les milliardaires, qui viendront faire un débat Enfin voilà, l’idée c’est d’avoir aussi des intervenants extérieurs pour ouvrir au-delà du simple cas de Ginestet. C’est comme tu disais tout à l’heure, c’est une vision excessive, mais c’est ce qui se raconte derrière en fait.
Absolument. Alors tu nous a gâtés avec un dernier extrait qui est celui-ci et est inédit. Il faut juste que je le cache. Je te laisse le préparer, le présenter.Alors ça, c’est un extrait qu’on n’a pas mis dans le film, donc pour le contextualiser, c’est vraiment les employés arrivent à Megève en séminaire, ils vont mettre leurs affaires dans leurs chambres respectives et ensuite il y a un discours d’une heure et demie du patron. Et là, j’ai juste choisi ce petit bout de discours. Déjà parce que je trouve que c’est intéressant de voir comment il s’adresse à ses employés. Voilà, on va voir qu’on n’est pas sur un truc très sobre à la Bernard Arnault, en conseil d’administration. Et surtout, c’est je trouve que cet extrait illustre très bien comment, à travers un exemple, il montre à quel point c’est un paternalisme total dans son entreprise et que finalement la famille ici est plus importante que sa propre famille.
Si vous travaillez chez nous, vous êtes les ambassadeurs de notre maillot mais aussi de notre culture à nos côtés. C’est vous qui faites vivre Gifi à nos clients. C’est vous qui portez les idées de génie. Cette année, il y a une collaboratrice qui m’a fait vivre un moment unique. Un moment qui vous plonge dans un état de reconnaissance mais aussi d’admiration. Il s’agit de. Permettez-moi de citer Sylvie Rongier. Sylvie. Cela fait 20 ans qu’elle travaille chez Gifi et depuis deux ans dans une discrétion totale elle a écrit, écrit et publié un livre sur la vie. Elle me l’a remis en mains propres en me disant, avant de fondre en larmes. Depuis deux ans, vous étiez chaque jour à mes côtés en vous remettant ce livre. Je vais avoir un grand vide. Que puis-je dire à cela ? Aucun mot, aucun mot n’est assez puissant pour dire ce que je ressens. Prenons un autre exemple. J’y suis entré à 18 ans. Il gravit les échelons jusqu’au grand magasin. Il a embauché sa maman. Jusque là, pas de souci, si ce n’est que sa note était en berne. Après analyse, il s’est vite rendu compte que le problème était en caisse et venait justement de sa maman. Elle et lui ont su ne pas confondre sentiments du cœur et réalité business et en tirer les conclusions. Eh bien beaucoup n’auraient pas eu cette lucidité et cette conscience professionnelle. Car dans la vraie vie, au nom de nos clients, on ne peut se permettre de tout mélanger. Aujourd’hui, il continue son ascension chez Gifi puisqu’il est devenu adjoint du directeur de réseau.
Pardon, je ne débute et excusez nous donc un petit peu, dit Balkany. Un petit côté Balkany. Le maire Balkany nous dit Pétroleuse de brigue nous dit on dirait un numéro de cabaret. Alors là, vous allez dire c’est du cabaret. Si c’est de la tradition, c’est à peu près l’ouverture de la Coupe du monde, mais en mieux.
Oui, oui, il y a bien là un cabaret c’est le château.
De toutes les couleurs et derrière, il a fait un cabaret.
Donc l’allusion au cabaret est très bien vue et l’utilité de cette salle qui se transforme soit en salle pour les tours de poker, soit en cabaret pour les habitants de Villeneuve sur Lot.
Il y a un côté très années 70, festif, alors je trouvais très bien que tu le dises, parce que c’est aussi peut être ça qui nous parle et qui rend aussi le personnage attachant. C’est à dire qu' au fond, il y a on est bien d’accord, je ne parle pas de son système économique de grands patrons qui gagnent des milliards avec des smicards là dessus.
Bon, mais il y a une forme de liberté, au moins de ton et de déplacement dans sa gestuelle, dans sa façon de parler qui fait du bien quand même. Et c’est ce que je disais tout à l’heure, il y a une sorte de sincérité. En tout cas, il ne joue pas un rôle, il est vraiment comme ça. Et moi je n’ai pas vu de différence entre discuter avec lui comme ça, librement dans son avion ou quand il discute avec un employé. Il est vraiment comme ça, tel quel. Le seul moment où je pense que jouait un rôle, c’est soit quand là le discours on a vu, il est quand même en représentation parce que tout est écrit à l’avance, ce n’est pas très spontané. Ou alors quand on a essayé, on a quand même beaucoup tâtonné dans le tournage. On a essayé de faire une interview avec lui et lui poser des questions, un peu des questions de fond. Moi j’ai demandé qu’est ce que ça m’intéressait ? Je lui ai dit Mais par exemple, au Medef, qu’est ce qu’ils pensent de vous au Medef ? Et en fait, en interview ici, il se ferme et il répond toujours la même chose. C’est-à -dire que quelles que soient les questions que je posais, il disait Je ne sais pas comment font les autres patrons, mais l’important c’est d’avoir de bons magasins et un bon emplacement. Et je relançais avec une autre question. Il disait Mais le plus important, c’est l’emplacement des magasins, quelle que soit la question. Et donc en fait, on s’est dit bon, l’interview va falloir oublier parce qu’on n’a pas du tout là dessus qu’on va obtenir la sincérité. Et donc c’est là que le temps long au bout d’un moment, la caméra qui s’oublie paie, on arrive à avoir cette sincérité cette liberté de ton qu’il a
Dans la bande annonce, il y a quelques uns de ses lieutenants, de ses seconds, et il faut reconnaître qu’ils sont certains redoutables. Il a quelques conseillers qui sont absolument redoutables à la fois avec peu de prétention. Finalement, ils pensent savoir comment diriger le monde finalement, et c’est à la fois tordant et pétrifiant. Mais il y en a un particulièrement qui aujourd’hui travaille plus pour lui, quelqu’un qui vient de la politique exactement, Qui était député sous François Hollande et que nous on récupère dans l’avion, nous dit un député, Un ancien député qui va travailler pour moi, et qui vient me voir. Il était député sous Hollande, un socialiste. Et là, on n’en revient pas à ce qu’on dit déjà. Alors là, ces personnages-là, c’est une très belle publicité pour le Parti socialiste. Oui, bien évidemment. Déjà à l'époque, ils étaient embarqués avec Macron et c’est bon. C’est vrai, ce n’est pas du tout étonnant. Et en fait, c’est là où je me dis, à l’issue d’un tournage que vous avez l’expérience que j’ai eue pendant ce tournage avec Ginestet et je me dis Mais à la fin, le personnage de Ginestet, pour moi, il sera toujours 100 fois plus sympathique et attachant et sincère que ce député socialiste
Je pense qu’on a fait le tour des questions du genre est ce qu’il y a quelque chose que tu voudrais ajouter ou pas ?
Non, je pense c’est toujours compliqué parce qu’on ne peut pas trop en dire.
Et bien non, on donne envie. Alors attention les amis, Est ce que vous avez d’autres questions pour Brice ? Sinon, aujourd’hui donc, comme c’est le deuxième invité dans notre nouveau studio Donc je vais raccompagner Brice un petit peu, au moins jusqu'à l’escalier. Est ce que tu veux ajouter quelque chose ?
Bah non, Je pense que l’on a bien parlé de l’aventure qu'était le tournage. Dire que bon voilà, ça fait depuis 2017 qu’on est sur ce projet, que ça a été quand même compliqué, que le budget du film est inversement proportionnel à la fortune de Ginestet. Ce n’est pas du tout pour pleurer dans les chaumières parce qu’on a réussi à faire le film. On a été un peu soutenu par la région Nouvelle-Aquitaine qui était quand même super parce que sinon, tout ce qui était CNC tout ça, nous on toujours envoyé bouler en disant c'était marrant d’ailleurs l’argument c'était dire de toute façon vous allez vous faire bouffer par votre personnage, il va emporter la mise. Et on avait beau expliquer que ce n’était pas un combat entre lui et moi, mais enfin que c'était autre chose. Mais bon bref, on ne parlait pas le même langage et donc voilà, là on est content, on a trouvé un distributeur qui fait un travail formidable, qui est Les films des deux rives et qui se défonce pour essayer d’organiser plus qu’une projection débat, On a la chance d’avoir le Saint-Michel à Paris qui joue le jeu à fond. On va pouvoir faire plein de débats autour parce que, comme on disait alors ce n’est pas de parler de Ginestet, c’est parler d’un système économique. Et c’est pour ça que des gens comme Monique Pinçon-Charlot, on est vraiment ravis qu’elle vienne faire un débat. Venez le voir en salle et puis il y aura plusieurs rencontres sympas et surtout, si jamais vous voulez organiser quelque chose près de chez vous c’est toujours possible d’aller voir son cinéma cela signifie que le film existe et qu’il est disponible pour des projections puisque c’est quand même bien de voir le film ailleurs que devant son écran.
. Bienvenue aux raiders Alors là, c’est le moment très emmerdant. A quand le film sur les mutins ?
Quand sa vie commerciale sera terminée. Il sera évidemment disponible sur Ciné Mutins plutôt disons cinq six mois après la sortie en salles.
C’est un film où on se marre à longueur de temps. Je vais vous montrer la bande annonce qui est extrêmement fidèle au ton du film. Donc si la bande annonce vous botte, allez voir le film vous ne serez pas déçus pour un sou. Est ce que tu veux vendre ta sauce le temps que je trouve ?
Ce dernier a dû être très bien introduit. C’est une comédie, c’est un film, une comédie d’une certaine manière, mais qui peut virer un peu au thriller parfois.
Absolument. French shopping, c’est le bon mot que je cherche depuis que j’ai vu le film. C’est un film délicieux, vraiment. C’est un film de critique sociale, on peut dire radicale, mais avec un élan plein d’humour, plein d'énergie. Donc c’est vraiment. super comme shopping. Allez voir le film les amis, on est un peu rincés dans notre nouveau studio. On a fait plus de 2h avec Brice. Je vois qu’Olivier Azam souhaiterait que nous fassions une soirée au poste un débat Voilà, Roland nous dit merci pour ce film, j’espère qu’il sera programmé dans ma région. Et sur ton passage au poste qu’est ce qu’on nous dit d’autre ? J’aime bien les autres interviews mais c’est sympa cette interview dans la même pièce. Vous êtes choupis ! Alors c’est réussi Brice Mylène te dis tu fais sonner deux coups. Brice pour bien dire que tu es rentré. Voilà Spoon Music te demande est ce que des interventions sont prévues en région ? Enfin, tu as dit en province pour promouvoir le film et échanger avec le public.Au festival Le Puy fait face à un gros festival international de Groland qui existe depuis un certain nombre d’années. Le film sera là, Brice sera présent.Merci Brice, bonne soirée te dit Melaine. Satrape demande et Marseille ?
Marseille est en cours mais ce n’est pas encore finalisé. Mais la distributrice est dessus. On espère quand même réussir à faire un projet à Marseille.
Je raccompagne Brice.
Merci pour l’invitation en tout cas, c'était très agréable.
Toi qui rigoles, qu’est ce que tu me conseilles pour le studio ? Qu’est ce que je devrais changer, embaucher du monde puisque ça a l’air de s'être fait tout seul ?
Il faut trouver des bénévoles comme au Puy du Fou. J’ai des pelles, des pistolets, des volets des sifflets pour Au poste, ils sont 2800 bénévoles. Je crois que tu en trouves une centaine qui vient t’aider.
Puisqu’on parlait de Toulouse, je vais vous mettre notre ami Valentin que nous avions filmé en fin de manifestation. Je profite de la vidéo pour accompagner Brice. Merci beaucoup !
Merci beaucoup. Bonne soirée.
