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Didier Lallement : Au Poste lui offre son pot de départ

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café amis de la police amis de la préfecture de police. Bonjour, Nous sommes le 20 juillet 2022 et enfin, après trois ans, trois ans de règne de Didier Lallement. C’est le pot de départ. Le thermomètre est descendu et j' espère qu’il n’y aura pas de surchauffe. Aujourd’hui, il n’est pas question de surchauffe puisque nous avons deux invités de marque dont l’un se racle la gorge il s’appelle Arié Alimi très très très défavorablement connu à la fois de Didier Lallement et de nos services, Attention maintenant les amis, je vous mets à l’antenne Raphaëlle Rémy-Leleu.Bonjour madame la préfète.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Bonjour !
David Dufresne
Bonjour Raphaëlle. Alors, Arié on le connaît puisque c’est un peu comment dirais-je notre partenaire privilégié, notre partenaire premium, il est avocat Et c’est l’emmerdeur numéro un de Didier Lallement sur les plateaux télé, dans les prétoires, etc. Toi, Raphaëlle, tu es conseillère de Paris, tu es aussi la cheftaine des Écolos Ile de France c’est pas ça. ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
Non, je suis juste porte parole.
David Dufresne
Raphaëlle tu as bataillé pendant deux ou trois ans, c’est ça ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
Deux ans
David Dufresne
Deux ans avec Didier Lallement. Il faut expliquer en fait, parce que c’est une partie de la préfecture de police qu’on ne connaît pas, c’est que le préfet siège au Conseil de Paris. Il est invité en fait, c’est ça ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
Alors même un peu plus qu’invité parce qu’en fait, à la fois la loi Paris Lyon Marseille qui gère le statut de la Ville de Paris, mais aussi le règlement du Conseil de Paris, prévoit que le préfet de police soit là pour une raison très simple c’est que la ville de Paris abonde et cofinance le budget de la préfecture de police. Donc il est censé être là pour répondre à nos questions d’actualité, par exemple pour les sujets qui le concernent, notamment l’exercice partagé des compétences de police sur le territoire parisien et pour présenter ces délibérations. Sauf que Didier Lallement, il a tendance à être là quand ça l’arrange et uniquement quand ça l’arrange.
David Dufresne
C’est à dire vrai que maintenant il faut nous raconter comment ça s’est passé.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Ah ça oui, on peut tout dire.
David Dufresne
En venant, mais là, c’est parti et c’est parti.
Raphaëlle Rémy-Leleu
En fait, c’est le statut de la préfecture de police de Paris. C’est un truc très étrange en fait. La préfecture de police de Paris n’a pas de statut en tant que tel. C’est le préfet de police qui fait ça. Ça, c’est vraiment une incongruité démocratique. C’est un vrai souci.
David Dufresne
Et ça, ça date de Napoléon, en fait.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Oui, ça a été, ça a commencé à être codifié sous sous Napoléon. Et le problème, c’est que du coup, moi, j’appelle ça le préfet de Schrodinger. Le préfet est à la fois représentant du gouvernement, du pouvoir de police sur le territoire parisien et en même temps, il est aussi quasiment membre de l’exécutif parisien parce qu’il exerce un certain nombre de compétences partagées qui normalement sont des compétences de police municipale. Donc il joue sur les deux tableaux membres du gouvernement et ou exécutif parisien. Et là, ce qui nous a fait en début d’année, c’est qu’il n’est pas venu au Conseil de Paris en arguant du fait que comme il était haut fonctionnaire et préfet de police, il ne pouvait pas, comme les autres représentants du gouvernement, être présents à des manifestations politiques. Ce qui fait que pendant la campagne présidentielle, pendant la campagne législative, alors qu’il y avait plein de soucis, y compris avec la préfecture de police, la gestion de la finale de l’UEFA par exemple, on ne pouvait pas poser de questions à Didier Lallement. Il n'était pas comptable, d’après lui, devant la démocratie parisienne de ses actions. Ça, c’est un exemple parmi tant d’autres. En tout cas, c’est le plus récent.
David Dufresne
Et ça, c’est parce qu’il faut rappeler la préfecture de police de Paris. Si c’est Napoléon, hein, on la doit à Napoléon. Napoléon voulait mater le roi qui se méfiait du bon peuple de Paris. Ah ! Il en savait quelque chose, puisque c’est grâce au bon peuple de Paris qu’il était là. Enfin bon, bref. Et c’est quand même une spécificité mondiale. La préfecture de police de Paris ou pas ? Parce que là je viens de parler par exemple de Arié et on n’est pas dans un tribunal. Tu peux nous interrompre quand tu veux. Voilà, tu peux faire tes grands gestes, tout ça. Moi je suis, je viens.
Arié Alimi
D’où je viens, vous écoutez, vous avez de belle voix et puis vous en parlez si bien. Didier alors écoutez.
David Dufresne
Tu l’appelles Didier
Arié Alimi
Voilà, c’est dit.
David Dufresne
Allez, pot de départ,, Allez, on sort le meuble pot de départ pour Didier Lallement, Il y a du monde qui arrive préfet de police de Paris. Euh oui, c’est une spécificité depuis depuis Napoléon et ce que tu viens de dire c’est c’est ça aussi depuis l’existence de la préfecture de police où le préfet a eu un rôle différent au long des siècles.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Alors oui, il y a eu un rôle différent selon les siècles, là, et encore quelques années. Il a un peu absorbé en fait le pouvoir de police sur un des départements de petite couronne et avec l’installation de la zone de défense parisienne, c’est lui qui s’en occupe aussi. Ensuite, la préfecture de police. Je vous conseille sur la qui sont vraiment passionnés par le truc, c’est la thèse d’Olivier Renaudi qui a été publiée sur l’histoire et la tension institutionnelle autour de la preuve de police. Il y a des moments dans l’histoire où la préfecture de police a été supprimée, puis elle est revenue. Enfin, si aujourd’hui est un vrai souci, c’est que cette préfecture de police ne connaît pas de contre pouvoir. Est ce que véritablement unique en France et dans le monde, je crois, c’est que le préfet de police est à la fois à la tête de l’administration, mais il est aussi à la tête de la hiérarchie policière, du fonctionnement opérationnel de la préfecture de police. Et ça, ça pose un vrai problème de partage des pouvoirs, d'équilibre des pouvoirs. En fait, il est seul maître en sa demeure..
David Dufresne
Quand on dit du préfet de police, il a un poids particulier parce qu’il saurait tout de ce qui se passe dans Paris. Il aurait des notes tous les matins. En fait, c’est moins ça. Qu’est ce que tu viens de dire moi, c’est mon métier
Raphaëlle Rémy-Leleu
En fait, c’est les deux. C’est aussi son statut qui permet ça. Il faut imaginer quand Didier Lallement arrive à la préfecture de police de Paris en 2019, il a une lettre de mission d’Emmanuel Macron. Le premier point, c’est rétablir l’ordre. On est sur un moment extrêmement tendu pour la préfecture de police de Paris avec les gilets jaunes. Il y a eu des actes qui sont considérés comme absolument insoutenables. Et le deuxième point, c’est réformer l’institution de la préfecture de police en notamment en donnant raison, un rapport du Sénat, un rapport de la Cour des comptes qui dit qu’il faut réorganiser tout ça. Et parmi la réorganisation, il y a deux choses qui sont particulièrement frappantes, c’est que la préfecture de police a sa propre direction de police judiciaire et a sa propre direction du renseignement. Donc Didier Lallement devait remettre tout ça un peu dans le cadre général parce qu’ils ont les dossiers. Moi, j’ai tendance à rajouter que le recteur de l’Académie de Paris est celui qui a les dossiers scolaires de tous les enfants, de tous les ministres.
David Dufresne
Ça, c’est une appréciation personnelle du fonctionnement de la préfecture de police, parce qu'évidemment on va parler du maintien de l’ordre, on va parler des violences policières et tout ça. Mais là, sur le fonctionnement de la préfecture de police de Paris, c’est quoi ton ton regard ?
Arié Alimi
Alors c’est un fonctionnement effectivement très centralisé. C’est une deuxième maison, c’est l'État dans l'État, c’est comme ça qu’on l’appelle préfecture de police de Paris. Ils ont une vraie autonomie. C’est ce que disait Raphaël. Très, très grande autonomie par rapport au ministère de l’Intérieur. D’ailleurs, je pense qu’il y a. Il y a souvent des guerres entre le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police qui permettent quelquefois à des avocats d’avoir des informations pour des journalistes, pas forcément pour les avocats, mais pour les journalistes. Et ce qui permet, dans la lutte qu’on mène contre le caractère un peu autocratique, alors d’ailleurs qu’on retrouve au sein du ministre de l’Intérieur mais également au sein de la préfecture de police de Paris, ça nous permet d’avoir des moyens de lutte. Voilà ce que je peux dire, moi, sur le fonctionnement de la préfecture de police. Je peux vous donner une anecdote. Jamais. Je ne dis pas que les victimes de violences policières, mais je défends aussi des policiers qui sont harcelés au sein de la préfecture de police. Donc il n’y a pas qu’eux. La violence ne s’exerce pas que à l'égard des tiers ou des manifestants ou ou des personnes qui étaient contrôlées. Elle s’est exercée au sein même de la maison. Il y a eu plusieurs cas de harcèlement, dont le préfet Didier Lallement a reconnu et maintenu le caractère de harcèlement. Il y a un dossier qui va partir dans pas très très longtemps. On va voir un policier de la préfecture pendant cinq six ans pour ne pas pouvoir reconnaître son statut. De maladie à la suite de la demande de la préfecture. Et on voit Didier Lallement ne jamais accepter d’exécuter les décisions du tribunal administratif. Qui reconnaît sa maladie professionnelle à ce monsieur. Donc on a aussi. Moi, j’ai vu un policier convoqué dans une commission de discipline de la préfecture de police de Paris. C’est la première fois que j’ai assisté à un conseil de discipline. C’est assez impressionnant et une vingtaine de personnes. Il y a les syndicats de police qui sont autour de la table. Les syndicats sont main dans la main. Finalement, avec la préfecture de police, il y en a aussi certains.
David Dufresne
Il y a les syndicats, sur la gauche, il y a la loi.
Arié Alimi
Oui, oui, bien sûr. La droite appelant l’ordre de la table peut changer. Sur la droite, il y avait les syndicats, majoritairement d’alliance.
David Dufresne
D’ailleurs, ce sont les victimes, c’est uniquement les syndicats majoritaires.
Arié Alimi
Il n’y a pas les actionnaires, uniquement les syndicats représentatifs et qui avaient un quota suffisant en termes d'élections. Donc il y avait majoritairement Alliance et SGP main dans la main avec le représentant de la préfecture et. Et puis il y avait pas mal d’administratifs avec en moyenne une trentaine de personnes, donc c’est assez impressionnant quand on rentre au conseil de la ville pour défendre un policier. Et on sent que ce n’est pas la même ambiance qu’ailleurs. C’est à dire que moi, dans un tribunal, j’ai l’habitude d’une certaine façon une certaine correction à l'égard des avocats, à l'égard des personnes qui sont jugées. On a un processus qui est respecté, on a une directive qui résulte du code de procédure pénale. Il y a ce qu’on appelle le principe du contradictoire. En gros, on respecte les gens qui viennent être jugés. Là où j’arrive avec ce policier, je m’installe, j’allume mon ordinateur, je fais un peu comme tout le monde parce que tout le monde a son ordinateur allumé devant lui. Et j’ai le droit à des ordres comminatoires du représentant de la préfecture de police de Paris me disant d'éteindre mon ordinateur. Et en fait, ils avaient peur que juste que je sois en train de les filmer, ils sont dans une véritable paranoïa ou je les enregistrent, ce qui n’est pas forcément mon habitude et encore moins dans le cadre d’une audience disciplinaire. Donc voilà un peu les anecdotes que je peux vous donner sur le fonctionnement de la police. Quelque chose de très fermé qui crée ses propres règles, hein ? Y compris des règles différentes du fonctionnement du ministère de l’Intérieur ou des règles générales. Quelque chose d’un peu paranoïaque. Je crois qu’il y a une histoire de renseignement et la paranoïa qui va avec et et quelque chose d’extrêmement violent, y compris contre ses propres membres. Donc pour résumer un peu le côté pratique et l’expérience que j’ai pu en avoir.
David Dufresne
Dans les années 90, il y avait un préfet, Yves Bertrand qui Kiki qui était assez connu pour noter tout un tas de choses, etc. Et c’est l’action. Je vais vous poser, c’est à dire que la ce dont vous parlez c’est le fonctionnement de la préfecture en temps normal ou y avait une spécificité, mais on peut parler au passé de Didier Lallement.
Raphaëlle Rémy-Leleu
En fait, c’est la seule chose intéressante, je dirais, avec le bilan de Didier Lallement, c’est qu’il a poussé jusqu’au bout la logique de la préfecture de police et du coup, grâce à lui, on voit à quel point le fonctionnement et le positionnement de cette institution est un problème. Par contre, oui, il l’a dit dès son arrivée, il a surjoué le bad cop. Le fait de dire je suis pas là pour me faire des amis, le fait de revendiquer d'être brutal, le fait de revendiquer, d'être dans la confrontation, dans la provocation. Ce que raconte Arié sur la gestion en interne de la préfecture de police ne m'étonne absolument pas. Mais il l’a fait aussi dans le positionnement public de la préfecture de police pour se souvenir de cette déclaration. Madame, nous ne sommes pas du même camp.
David Dufresne
Pour nous, en 2019.
Raphaëlle Rémy-Leleu
2019 sur la place d’Italie, il faut imaginer le degré de mépris de Didier Lallement pour les institutions parisiennes, la démocratie parisienne, la ville de Paris, une famille qu’on voyait siéger au Conseil, c'était absolument délirant. Donc c’est vraiment l’alliance des deux. casser le problème institutionnel de la préfecture de police et en exercice de la part de Didier Lallement, de la fonction qui a été particulièrement brutale, autoritaire et méprisante.
David Dufresne
Je crois que Jean Massiet est dans le chat, Ici, c’est le mur police politique.
Arié Alimi
Je vais dire un truc que David à propos de ça, là, il s’agit de la spécificité de Didier Lallement et je vais te déplaire parce que parce que on va penser qu’il faut noircir totalement et complètement le trait. Mais avant lui il y avait un autre préfet que l’on pensait que l’on voyait un peu plus bonhomme.
David Dufresne
Michel Delpuech.
Arié Alimi
Et nous, les dossiers de violences policières, ils commencent pas avec Lallement ils commencent avec des brèches. L’usage des LBD et des grenades de manière disproportionnée, notamment à côté du champ des Champs Élysées. Les poulets, les crânes fracassés, ça commence avec Delpuech, les ordres. D’ailleurs, il y a des vidéos des du bas, des instructions qui sont données pour le maintien de l’ordre et qui sont faites au sein de la préfecture la veille de chaque acte. Les gilets jaunes le vendredi et on voit. Y compris à l'époque de Delpuech, les instructions qui vont être données par la suite et qui vont se perpétuer avec Lallement Donc c’est quand même un fond commun entre les différents préfets et donc de la préfecture. Donc évidemment le sieur Lallement. Ah ça je suis totalement d’accord avec Raphaëlle à pousser le trait jusqu’au bout, y compris dans la communication et dans le côté je suis un épouvantail. Son rôle c’est de focaliser les regards. Et évidemment de donner des instructions encore plus lourdes en matière de maintien de l’ordre et de montrer une sorte de côté un peu débonnaire je je-m’en-foutiste. Il peut y avoir des violences, il peut y avoir des blessés. Je dis des horreurs comme effectivement on n’est pas dans le même camp et on a quand même l’impression que il est là pour focaliser les regards et détourner les regards du ministre de l’intérieur et l’exécutif aussi là dessus.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Il l’a même théorisé. En fait, c’est pour ça que moi aujourd’hui, j’ai beau être contente que Didier Lallement s’en aille, je crois pas à en effet une rupture entre les différents préfet de police, que ce soit Delpuech finalement et même maintenant nièces. Et puis en plus c’est pas une victoire en fait, on a pas réussi à le faire partir avant alors que pourtant il en a fait des choses dégueulasses qu’elles soient théorisées ou mise en action, des violences policières jusqu’au maintien de l’ordre. Mais oui, l’Allemand avait vraiment théorisé cet aspect fusible. Ce côté je vais être détesté pour que Darmanin et Macron soient moins détestés que moi. Le mec avait vraiment endossé ce rôle de père fouettard de la République à Paris et du coup il était tellement dans ce rôle là qu’il n’y avait pas besoin de le faire sauter pour le faire passer pour le méchant flic. C’est pour ça aussi qu’il a pu rester aussi longtemps. Est ce que tu peux tout faire endosser à Didier Lallement ? Il l’assume et c’est arrivé jusqu'à la finale au Stade de France. La finale de la Ligue des champions ou la dernière conférence de presse entre Lallement et Darmanin. J’avais l’impression que c'était Darmanin qui protégeait Lallement et plus l’inverse. On était vraiment sur un truc assez tout à fait étonnant quoi.
David Dufresne
On est d’accord que ça c’est un ressenti ce que tu dis, On a aucune trace écrite d’un ordre quelconque venant. Au départ de Castaner parce que c’est Castaner qui qui place Lallement puis de Darmanin, puis de Macron. C’est plus les observations semaine après semaine qui te font dire ça, où est ce qu’on a des éléments tangibles ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
Alors déjà, il y a quand même dans toute l’histoire de la préfecture de police et des préfets de police où la fonction fait que le lien à l’exécutif est extrêmement fort. Ensuite, je vous invite à lire les déclarations de Lallement lui même en fait sur sur justement le fait qu’il est pas là pour se faire des amis quand il dit par rapport à la la gestion du Stade de France qu’il est révocable toutes les semaines en conseil des ministres, c’est c’est quand même un faisceau d’indices graves et concordants. Et en fait c’est lui même qui allait dans ce sens là, dans ses déclarations de d’assumer qu’il est là pour oui, pour pour jouer au Père fouettard, à l'épouvantail, ce qui est un ce que tu préfères. On verra si ça s'équilibre un peu, mais en plus l’Allemand a joué à fond ce rôle de manière très isolée face à je suis seul maître en ma demeure et je ne parle avec aucune partie prenante de la sécurité à Paris, à part à part lui même. Et tu vois, même dans les derniers jours qu’il a balancé sur la ville à propos du 14 juillet, c’est flagrant qu’il est dans une stratégie de tension.
David Dufresne
Quand tu parlais tout à l’heure de mépris de sa part lors du Conseil de Paris, lors des conseils de Paris, ça, ça se caractérisait comment ce mépris ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
J’ai tellement à vous en dire. En fait, je ne sais pas. Je ne sais pas à quel moment Didier Lallement n’a pas été méprisant. Il y a eu au tout début du mandat, donc juillet 2020. On a démarré très fort le mandat avec un site appelé l’affaire Girard, notamment avec un discours fin, et des membres du groupe écologiste ont critiqué le fait que Christophe Girard puisse à nouveau être adjoint à la culture de la maire de Paris. Bon, ce truc passe à peu près, on va dire humaniste. Où ça se dit ce truc là ? Vivre sa propre vie ? On verra bien et arrive l’heure des questions d’actualité. Donc la question d’actualité, c’est le moment où tu poses une question soit à la mairie, soit à l’exécutif, soit au préfet de police. Et nous, on a une question d’actualité sur un jeune qui a été éborgné par un tir de LBD dans le 18ᵉ arrondissement. Donc sujet grave la question d’actualité. On a travaillé avec Anne-Claire Brooks, notre adjointe à la politique de la ville et normalement, c’est moi qui devrais la poser au préfet de police. Là, on apprend qu’en gros, si c’est moi qui pose la question, il va y avoir des incidents de séance. Bon, déjà, bonne ambiance de début de mandat. Donc c’est ma collègue voisine et amie Aminata Diakhaté qui pose la question sur ce jeune éborgné par le tir de LBD. Et là, la Didier Lallement qui ne répond absolument pas à la question mais qui en profite pour dire et d’ailleurs je vais saluer un des serviteurs de la République etc etc. Et en fait, il fait se lever le Conseil de Paris pour applaudir Christophe Girard.
David Dufresne
On se souvient de ça face à un délire total avec Anne Hidalgo elle-même.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Hidalgo qui se lève avec lui, qui applaudit face à un manquement au devoir de réserve qui est assez dingo. Mes collègues me racontaient ce qui était là lors du précédent mandat que lors du départ du précédent général de la brigade des sapeurs pompiers de Paris de la BSPP, le général Gontier, qui notamment avait à gérer les opérations lors de l’incendie de Notre-Dame, il y avait eu une standing ovation également du Conseil de Paris pour saluer le général Bouchet. Et là, par contre, Didier Lallement ne s'était pas levé en arguant qu’il n’avait pas besoin d’applaudir ses hommes parce qu’il en connaissait la valeur. Vraiment tout. Toujours un double standard dans la provocation. Après, il y a aussi ce que je vous disais tout à l’heure sur le fait qu’il n' est pas venu pendant la campagne législative et pendant la campagne présidentielle. Moi ce qui m’effraie aussi, ce sont les documents budgétaires. Alors ça peut paraître technique, j’essaye désespérément dans la vraie vie.
David Dufresne
Vas y, vas y passionne nous !
Raphaëlle Rémy-Leleu
Plutôt que de la grosse cuisine, de documents budgétaires, du de la préfecture de police, qu’on vote à chaque conseil de Paris. On a les marchés, on a le budget chaque année, on a le compte administratif. A chaque fois que je travaille sur les délibérations de la préfecture de police, il manque des annexes. Les tableaux sont vides, les documents ne sont pas envoyés à l’heure et c’est un délire. Et à chaque fois je pose la question, y compris à des collègues de la majorité et de l’exécutif, des gens qui gèrent les finances. Je leur dis mais mais qui vérifient les documents que nous envoie la préfecture de police. Il y a quand même beaucoup de moyens. Les documents sont toujours très bien bosser quand on les reçoit.Enfin, il me fait Mais je crois que tu es la seule en fait, et ce n’est pas normal. En fait, c’est un tel mépris de la démocratie parisienne, un tel manque de préparation. Didier Lallement refuse de venir dans la commission, on parle des sujets sécurité pour préparer le Conseil de Paris. De la même manière, après beaucoup de tensions en 2020, il y a l’exécutif parisien décide de démarrer une série d’auditions sur le maintien de l’ordre à Paris. Le but, c’est de à la fois de mieux gérer du point de vue municipal, par exemple pour prévenir les commerces, mais aussi de faire remonter des observations, des analyses sur le maintien de l’ordre dans le cadre du Bureau de la sécurité. Ah oui, j’avais répondu par cette commission.
David Dufresne
Je me souviens
Raphaëlle Rémy-Leleu
Voilà, exactement. Et donc ça a été lancé en grande pompe par le premier adjoint, Emmanuel Grégoire et l’adjoint chargé de la sécurité, ce que la normale et en fait la préfecture de police a refusé de participer aux travaux.
David Dufresne
C’est ça.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Donc on avait des scientifiques, on avait des journalistes, on avait des avocats, des associations et on n’avait pas la préfecture de police qui a pourtant eu comme mission le maintien de l’ordre à Paris. Donc, à chaque fois, on a soit du refus, soit du mépris. Les blagues de Didier Lallement, ce sont ses cartes de vœux. La fois où en décembre 2020, on demande sa démission, on adresse, on est 70 élus franciliens et franciliennes, a adressé un courrier au président de la République demandant le départ de Didier Lallement Et du coup, on reçoit les vœux de Didier Lallement, d’où sa main avec la citation de Trotski et un truc disant en gros je suis là pour durer. Et puis cette année, c'était la citation de Clemenceau :Vous, vous ne vous êtes pas fait des ennemis, c’est que vous n’avez rien fait, voilà tout le temps, tout le temps, dans la provocation, le mépris. Le problème, c’est qu’on a jamais travaillé avec Didier Lallement. Et là où je rejoins Arié sur l’aspect le but ce n’est pas de noircir le personnage à outrance, il a fait suffisamment de saloperies comme ça, mais de dire même moi je veux un préfet de police, si tant est qu’on veut garder la préfecture de police de Paris. Mais je veux un préfet de police à qui il est possible de travailler, d'échanger. Il y a des choses qui auraient pu être faites en concertation. Et en fait, on a à chaque fois eu une fin de non-recevoir.
David Dufresne
Alors, on va parler tout à l’heure de la réforme Pépy, la future police telle que tu voudrais qu' elle existe. Mais il faut quand même qu’on aborde la question du maintien de l’ordre. Arié a rappelé fort justement que le bilan de Michel Delpuech qui précède Didier Lallement n'était pas bon. C’est-à-dire que les débordements les mains arrachées, c’est beaucoup sous Michel Delpuech, Michel Delpeuch saute. Après mars 2019, quand le Fouquet’s est attaqué et qu’il y a ce moment étrange du Black Bloc est applaudi par les gilets jaunes et où effectivement, là on est, on est au l’acmé de la tension on va dire sur les Champs Élysées. Donc Delpuech il est viré Lallement modifié un peu la donne.. Il y a un peu moins de LBD. En revanche, il met le paquet sur les motards. Mais là aussi, les motards, c’est quand même une réactivation par Michel Delpuech. Sous un autre nom, ça s’appelait la DARES. Le Dard ou la DARES explique ça devient à la BRAV M. Il faut dire que Didier Lallement. C’est la seule chose en commun que j’ai avec lui c' est un motard, c’est un fan de moto. Oui, c’est ça son importance. Par contre, ce que Didier Lallement va faire là, on parle du maintien de l’ordre social. Ce que Didier Lallement va faire et ça arrive. Je pense que tu ne vas pas mal d’affaires là-dessus. C’est qu’il va officialiser la nasse, comme la réponse au quasi automatique, à l’engagement comme disent les les flics, l’engagement des manifestations avec un maximum d’arrêté pour empêcher les manifs. Il y a aussi cette cette pression exercée par Didier Lallement. Est ce que je me goure en disant ça ou pas ?
Arié Alimi
Alors il y a une institutionnalisation de plusieurs techniques qui était encore un petit peu informelle sous Delpuech et Guy Mollet. D’abord, c’est les ancêtres des braves hommes qui sont eux mêmes. Quand on remonte un peu dans l’histoire, ont aussi d’autres ancêtres sinistres sur les voitures bien sûr, c’est à dire ceux qui ont fait les équipages des équipages qui étaient des voltigeurs qui ont tué Malik Oussekine en 1986 dans une dans un porche de la route de Bresse. Et donc on réactive ce lieu, ce type de fonctionnement, c’est-à-dire avec une moto et deux personnes dessus, avec une forme de célérité dynamique. Ce n’est pas Lallement qui l’institue puisque c’est Delpuech qui le commence, c’est ce qui démarre. Ce sont souvent des bacs ou des CSJ volontaires, donc il n’y a pas quelque chose de très très très formalisé encore dans les DA. Et au fur et à mesure, ceux qui souhaitent participer à ce fonctionnement du maintien de l’ordre un peu vieux, violent, très violent, de contact, qui ont envie finalement d’en découdre. Et c’est ça qu’on va chercher dans ces bac et dans ces saisies viennent et participent pas ça. Attaque initiale si toujours volontaires, mais qui vont être formés, qui vont constituer des équipages très importants. Puis on voit parfois une vingtaine ou une trentaine de motos arriver. Donc voilà, il y a une forme, la sexualisation. Il y a aussi une assimilation de la doctrine de la nouvelle doctrine, du maintien de l’ordre. C’est à dire que jusqu'à il y a jusqu'à même Delpuech, on avait quand même une volonté de rester à distance. Et on se souvient d’ailleurs d’un 1ᵉʳ mai où les policiers n'étaient pas véritablement intervenus alors qu’il y avait un peu de casse et ont préféré rester à distance.
David Dufresne
Et là, on voit, on sent que c’est le fameux 1ᵉʳ mai 2018 où un faux policier lui va au contact. Il s’appelle Benalla Alexandre, tandis que la préfecture de police de Paris, effectivement, avait fait ce qui était un peu pour aller très vite, la doctrine dite à la française qu’on peut discuter, mais de tenir la foule à distance, de ne pas intervenir pour pas qu’il y ait de casse physique.
Arié Alimi
Il n’a pas de mal. C’est la doctrine depuis fait qui avait été elle-même théorisée par le préfet Grimaud en 68, qui consistait à rester à distance pour éviter le maximum de blessés et de contacts entre les policiers et les manifestants. Et là, on sent que c’est totalement l’inverse qui est institutionnalisé, qui est même qui apparaît dans les instructions qui sont données la veille du maintien de l’ordre, probablement dans certaines notes. Mais ça, on est en train d’exhumer, dans les dossiers de violences policières, les notes et les instructions qui sont données, et y compris verbalement, et on sent que l’idée maintenant, c’est d’aller au contact des manifestants, de cesser, de faire du mal, d’intimider et d’ailleurs ça se ressent dans l’usage des matraques. Il y a beaucoup de dossiers où on voit beaucoup de manifestants se faire matraquer au sol violemment. L’usage inconsidéré du gaz lacrymogène.Alors là, ça va vraiment devenir une technique à part entière de paralysie des manifestants pour les étouffer et pour faire paniquer parce que ça va entraîner en plus un sentiment de panique. Et donc ça va créer encore plus de violence. Parce que quand on panique et quand il y a encore plus de violence et de confrontation. Et puis enfin cette technique dont tu parlais, David, qui est devenu pratiquement systématique, qui est la technique de la nasse technique qui était un peu utilisée avant, avant allemands, qui permettait dans certains moments des idées, on pourrait ce que la préfecture de police considérait comme des groupes violents, mais de manière ponctuelle. Là, on voit que progressivement, ce sont toutes les manifestations du début jusqu'à la fin qui vont être entourées par des cordons de CRS, avec donc un afflux massif de CRS et de gendarmes mobiles qui vont empêcher la manifestation de se dérouler normalement. Je vais vous donner un exemple. J'étais avec le papa de Cédric Chouviat dans une manifestation. Il a dit allez y, vous y allez, c’est bon. Et puis il essaye de sortir du cordon pour dire ouais, je vais aller aux toilettes et on lui dit voilà, on pouvait pas sortir sinon au bout d’un lien. Et je vois le papa de Cédric qui commence à s'énerver parce que évidemment, à chaque fois qu’il se retrouve avec des forces de l’ordre maintenant depuis le décès de son fils, c’est pas évident pour lui et ils veulent rien savoir pratiquement en mettant la main sur la matraque ou sur l’arme et en venant à plusieurs uniquement parce qu’il veut aller faire pipi. Donc voilà un peu ce qui se passe depuis un moment déjà statique, avec un afflux massif de CRS dans la ville, impossibilité de manifester correctement, on se sent complètement oppressé et le droit de manifester est bien évidemment particulièrement entravé. Le Conseil d'État et la Cour de cassation se sont prononcés sur cette nasse et cet engagement un peu différemment, parce que la Cour de cassation, dans un arrêt place Bellecour, à Lyon, il y a plus de douze ans maintenant et il y avait eu justement l’utilisation de la nasse intégrale à Nice à l'époque était encore des familles avec des poussettes et c'était une manifestation sur la voie pour une réforme de l’enseignement avec des hélicoptères au dessus et ils avaient menacé pendant plusieurs heures. Et évidemment, des plaintes avaient été déposées par plusieurs organisations qui avaient organisé la manifestation. La Cour de cassation, récemment, a considéré que ce n'était pas forcément immédiatement considéré comme une infraction pénale, c’est à dire une violation de liberté individuelle, l'équivalent d’une séquestration, si on peut comprendre. Mais pour des personnes dépositaires de l’autorité publique, c'était pas systématiquement une infraction pénale, ça dépendait des circonstances. Le Conseil d'État a été un peu différent par une appréciation un peu différente qui considère que par principe, une nasse est illégale parce qu’il y a une privation de liberté, parce qu’elle n’est pas encadrée légalement justement elle même et qu’il n’y a pas de garanties à à la réalisation de la loi sans que personne ne parle de la durée ni contesté qu’elle doit être faite. En revanche, ils considèrent que dans certains cas aussi, elle peut se justifier. Pour résumer un petit peu ce que la situation où on a été obligé finalement de faire appeler, de faire appel au Conseil d'État pour essayer de réglementer les pratiques souvent illégales, Il y en a d’autres, mais on va en parler du préfet Lallement
David Dufresne
Toi, Raphaëlle, pendant tout ce temps au Conseil de Paris, la question du maintien de l’ordre est évoquée à plusieurs reprises, avec quand même, il faut le dire aussi, une pression exercée par le Conseil sur la préfecture. On se souvient de passes d’armes, si je puis dire, parfois entre Hidalgo et le préfet, parce qu’il y avait les associations de riverains ou de commerçants. Il y avait des histoires d’assurance où j’ai entendu dire qu’il y avait des commerçants qui demandaient absolument d'être dans les périmètres interdits pour pouvoir faire jouer les assurances au cas où les vitrines seraient très brisées. Donc c’est aussi ça le maintien de l’ordre. Mais comment Le Conseil de Paris a vécu ça ? Cette évolution du maintien de l’ordre que vient de décrire si brillamment alors qu’il se réveille Paris a mal.
Raphaëlle Rémy-Leleu
On l’a mal vécu,déjà parce qu’on est nous même Parisiens et parisiennes. Autant vous dire qu'à la gauche de l’hémicycle en Conseil de Paris, on est souvent en manif aussi, donc on le subit. On essaye également de faire tampon. Pour moi, c’est ça aussi la vraie différence. Une fois que t’es élu, c’est que t’as l'écharpe et en fait l'écharpe. Pour moi, ça doit servir aussi de facteur de sécurisation, de tampon, de médiation pendant les manifs. Et bah c’est dur. Un soulagement parce qu’il y a cette omniprésence, parce qu’il y a des gens qui s’en foutent en fait, du respect de l'état de droit et de la désescalade. Moi j’ai vécu plein de moments très très étranges en manif au printemps. Ça fait quelques temps que j’en fais des manifs, mais ça y est, on a peur aux manif. où j’essaye de discuter avec eux avec des forces de l’ordre et alors que je suis identifié et que j’ai ma carte d'élue. Et il n’y a pas de réponse ou il y a des insultes et des trucs assez graves et un sentiment d’impunité qui me paraît trop dangereux, véritablement dangereux. Et en Conseil de Paris, on a essayé plusieurs fois de parler de maintien de l’ordre, que ça soit sur l’usage des LBD, que ça soit sur les nazes, que ça soit sur le Rio. Et en fait, à chaque fois disait la non refusait de nous répondre en disant que ça c'était au titre de ses fonctions d' ordonnateur en réalité de la police nationale sur le terrain parisien. Donc si il refusaient de participer à cette discussion et refuser tout ça.
David Dufresne
C'était en gros si je suis. Le chef et je n’ai pas à justifier devant vous mes ordres.
Raphaëlle Rémy-Leleu
C’est ça ou ma doctrine, mais en très grande partie, et même pour des choses qui se passent sur le parvis même de l’Hôtel de ville, par exemple. Il y avait un campement de personnes sans abri réfugiés, notamment à l’initiative de l’association Utopia 56 sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Et pour faire le lien avec ce qu’on disait tout à l’heure sur les Braves. M. Didier Lallement a envoyé les braves hommes pour déloger ce campement de fortune qui est en réalité une trentaine de tentes. Quoi ? Il faut imaginer au-delà.
David Dufresne
Alors que rappelons que presque précisément, les braves aiment leur justification, c’est dire que les manifestants sont de plus en plus mobiles, donc il faut pouvoir intervenir le plus vite possible.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Effectivement, ce que j’allais dire, c’est qu’on n’est pas face à des unités manifestantes mobiles et dangereuses. Enfin, on était face à une association et des familles avec des enfants en bas âge sur un campement de fortune devant l’hôtel de ville. Et ne serait ce que donc voir débarquer les braves hommes qui commencent quand même à être connus du mouvement social et connus en mal. Il faut imaginer aussi l’aspect extrêmement anxiogène parce que les Brav M interviennent avec leurs casques. Avec leurs casques à terre. Face à ces unités totalement déshumanisées qui sont parties à la fois de la compagnie d’intervention de la préfecture de police, mais aussi de la BAC. Et donc il y a un truc très très violent, allez voir intervenir et enfin et juste extrêmement anxiogène quoi. Ça c’est générateur de beaucoup de tension. On lui a posé la question de la même manière qu’on lui a posé la question, par exemple de l'évacuation du campement à République, où on a aussi des élus qui ont été traînés par les forces de l’ordre. On n’a jamais eu de réponse. Et des journalistes, bien sûr. Alors je pense que ça, ils oublient étant donné que c’est tellement, c’est tellement régulier. Et vraiment, il y a eu quelque chose sous Didier Lallement de pousser jusqu’au bout la logique et véritablement de sortir la préfecture de police et ses actions du champ démocratique. C’est comme ça que je l’ai vécu pendant ces deux dernières années de mandat, que ce soit sur l’aspect institutionnel, l’aspect statutaire, l’aspect gestion RH, l’aspect maintien de l’ordre ou même sur l’aspect financier. Alors j’ai eu l’impression qu’on était hors démocratie, qu’on parlait de la préfecture de police.
David Dufresne
Alors je vais me faire l’avocat du diable. Et comme il y a un avocat professionnel ici et qu’il faut bien que quelqu’un se dévoue. Est ce que finalement ce que vous êtes en train de dire sur sur Didier Lallement tu l’as un peu esquissé tout à l’heure, mais en réalité, on l’a toujours dit quasiment de tous les préfets, en tout cas ceux qui étaient les plus à poigne et la plupart sont à poigne. Est ce que la différence avec Didier Lallement, c’est peut être le fait de l’affichage, de la visibilité de ça et notamment le maintien de l’ordre. Mais pour le reste, s’affranchir du regard des autres, ne rendre de compte finalement qu’au ministre et même pas au directeur de la police nationale puisque c’est le ministre de l’Intérieur qui le nomme et même parfois d'être au dessus de lui et d’aller directement à l’Élysée. Ça, en fait, c’est de tout temps que ça a été comme ça, non ? Je ne me trompe pas ?
Arié Alimi
La quête du peuple.
David Dufresne
La solution au savoir à vous deux.
Arié Alimi
Non, moi je veux bien aller un peu plus loin que ce que esquissait Raphaëlle. Il disait tout à l’heure qu’il y a quand même une continuité dans la préfecture de police et je parlais quand même de la singularité de l’allemand. Et effectivement, sortir du champ démocratique, c’est pas que sortir du champ démocratique, c’est sortir du champ légal. Dire que Lallement il a, il a pas que théorisé, il a mis en pratique ajouté une technique qui consiste à appeler la stratégie de l’illégalisme et qui consiste à sortir du champ de la loi, donc à commettre des infractions pénales pour essayer de tester le législateur et l’opinion publique Je vais vous donner des exemples. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais pendant le colis de cœur réel du commis de la première période du confinement, on ne pouvait bien évidemment pas sortir, ou en tout cas dans certaines situations. Et Didier Lallement a mis en place le dispositif drone qui faisait circuler au-dessus de nos têtes des drones. Et je ne sais pas si vous vous souvenez aussi de cette de cette petite vidéo où on voit rue de Rivoli pas très loin du Louvre, des personnes se faire héler par un drone avec un haut parleur en lui en leur rappelant les obligations en matière de confinement. Un peu un film de science fiction appliqué à la réalité. Ce qu’il faut savoir, c’est que les drones, ils n’avaient pas le droit de circuler à ce moment-là et encore moins pour le site. Pendant cette période, et pour faire circuler des drones, il faut un texte légal avant ça. Et le préfet, Lallement qui régit, qui fait partie de l’exécutif, ou en tout cas du réglementaire, il ne tient son pouvoir que de la loi. Et là, on voit le préfet, l’allemand faire sortir les drones. D’abord, il n’avait même pas le droit forcément de les avoir, ni de les acheter et encore moins de les faire circuler et de l’utiliser. Évidemment, il les avait déjà utilisés dans des manifestations pour essayer de surveiller les manifestants et les opposants politiques. Et ce que je vous dis, c’est n’importe quoi puisque le Conseil d'État a été saisi et par La Quadrature du Net et par la Ligue des droits de L’homme pour faire reconnaître que l’utilisation de drones dans le ciel parisien était totalement illégale. Le Conseil d'État a condamné le préfet Lallement. Et le problème, c’est que le préfet, il n’en a rien eu à foutre. C’est-à-dire qu’il a continué à utiliser ces drones. Et là, on a un franchissement rarement atteint dans l’histoire de l’administration. C’est un préfet qui n’en a rien à cirer des décisions du Conseil d'État alors même qu’il est déjà dans l’illégalité et qu’il continue encore plus à l'être puisqu’il refuse d’exécuter une décision du Conseil d'État. Et il va continuer après ça.
David Dufresne
À sortir jusqu'à jusqu'à arriver que la loi soit changée et lui donne carrément raison.
Arié Alimi
C’est ça la technique exactement, et c’est ça la stratégie du légalisme qui a été utilisé pour les drones. On pousse le législateur ou les députés à l'époque des Fauvergue sur la loi sécurité globale à essayer de légaliser les dispositifs drones. Et puis comme ça n’a pas fonctionné parce qu’avec la mobilisation de sécurité globale, eh ben ils ont pas pu. Il y a eu une censure par le Conseil constitutionnel du dispositif de drone. Eh bien ils l’ont quand même repassé dans un autre texte, dans un autre texte. Donc maintenant les propos sont légaux. Et juste pour finir, il n’y a pas que les drones, l’usage. Les manifestants qui n’ont pas fait grand chose, l’usage des gaz de manière massive, l’usage des matraques, le fait qu’on donne des instructions d’aller frapper et de casser du manifestant. Et ça aussi c’est documenté. Tout ça, c’est illégal puisque c’est un usage illégitime de la violence policière. Euh ouais, parce que l’allemand, il a une particularité, c’est que, en plus de se foutre du champ démocratique, de se foutre de ses interlocuteurs comme Raphaël, comme la mairie, comme les avocats, comme comme les journalistes ou comme les manifestants, il se fout complètement de la loi. Et il aurait pu aller beaucoup, beaucoup plus loin à mon sens, hein, s’il avait pas été plus ou moins arrêté par le travail de la société civile.
David Dufresne
Tu penses que c’est le travail de la société civile ? Parce que je lisais avec passion Pascal Pasqua, rigolo, très défavorablement connu de nos services, journaliste à Mediapart, qui a dressé hier soir en une de Mediapart un portrait de Didier Lallement. Et ce qui est intéressant, c’est que les langues commencent à se délier. C’est à dire qu’on sent au sein de la préfecture de police de Paris qu’il y avait aussi quand même des gens qui n'étaient pas tout à fait d’accord avec ce qui se passait. Alors c’est peut être plus facile aujourd’hui qu’il y ait le pot de départ que les langues se délient. Mais est ce que toi, Raphaël, par exemple, tu as senti ou tu avais des gens surtout appuyé sur son site et qui bien sûr est malheureux ou pas du tout ? Ou la préfecture suivi d’un seul homme, l’homme solitaire.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Ah non, non ! Et il y a beaucoup de gens, enfin la préfecture de police, qui ont été choqués à la fois par la politique de dizaines de à la fois par la politique de Didier Lallement et sa manière de l’appliquer. Et clairement pas des gens du camp progressiste, mais qui pour autant ont vu une part, une dérive, mais une manière très autoritaire et très brutale de faire les choses. Je voulais juste donner un autre exemple en termes d illégalismes, parce qu’en fait on s’est retrouvé dans une situation très étrange où on a fait, en échange d’un préfet de police qui est censé être un élément de légitimité légale, C’est lui qui est censé assurer le respect de pas mal de réglementation par les uns et autres. Et finalement, nous, parmi nos meilleurs alliés contre Didier Lallement, on avait la Cour des comptes et le Conseil d'État qui ne sont pas des institutions gauchistes par essence. Donc c'était assez étrange de voir comment décaler le spectre politique à ce point là. Pas tout, tout banalisation, mais c’est quand même assez bizarre à vivre.
David Dufresne
Alors alors Raphaël, je suis suis pervers, j’ai longtemps pensé comme toi et jusqu’au jour où je me suis rendu compte Alors peut être que t’arrives avec pas pas d’accord avec moi, Je ne sais pas le Conseil d'État souvent ce qu’il dit c’est revoyez votre copie pour le Conseil constitutionnel, revoyez votre copie pour que ça passe. C’est pas uniquement. C’est tout pourri ce que vous faites. Vous pourriez mieux faire pour que ce soit acceptable. Il y a un peu ces deux choses-là.
Raphaëlle Rémy-Leleu
C’est un peu mitigé en effet. T’as raison, parce que ça peut aussi conduire à des évolutions législatives qui donnent raison ensuite, par exemple à l’usage de drones. Par contre, là où c’est un énorme appui, c’est que, en fait, c’est en termes de moyens dont je parle. Je ne sais pas pour Ariez hein, mais moi j’ai pas les moyens de faire les enquêtes et les analyses du Conseil d'État à chaque fois que je prépare une intervention sur la préfecture de police. Donc moi, c’est un vrai appui en termes de travail, y compris sur des éléments techniques, mais dans une gestion telle que celle de la préfecture de police, les éléments techniques peuvent. Aider à mettre le doigt sur là où là où ça pêche en termes de politique. Là, par exemple, ce que je suis en train de préparer, c’est une demande de contrôle de légalité sur le compte administratif de la préfecture de police. Alors là, pour le coup, on rentre dans le financier, dans le comptable. Le compte administratif, c’est d’exécuter du budget de la préfecture de police en 2021 et j’ai trouvé une ligne au milieu de tout ça qui en fait 135 000 € pour financer ce qu’on a appelé le mur de la honte, le mur qu’a décidé de construire Didier Lallement entre Pantin et Paris parce qu’il déplaçait les populations usagères de crack en créant le chaos dans le Nord-Est parisien, sans concertation, de manière extrêmement brutale. Et à un moment, il a décidé tout seul de construire ce mur qui est, en termes de droits humains totalement délirant et même du point de vue comptable et administratif. Vous imaginez, il fait financer ça par la ville de Paris alors qu’on est contre alors qu’on fait ériger contre alors que a priori le terrain ne lui appartient pas. Donc on va se servir des éléments techniques pour essayer de la casser et de mettre en difficulté l’aspect politique.
David Dufresne
Question du choix de jamais. Est ce que alors je vais prendre l’intitulé Exact. Donc c’est jamais qui vous demande. Est ce que malgré son heureux départ, Didier Lallement pourra toujours être poursuivi pour ses mots gestion alors notamment des violences policières ou de ceux dont vous êtes en train de parler.
Arié Alimi
Alors juste d’abord te dire que je suis pas d’accord avec toi et parfois Sylvain, moi même j’aime bien pas être déconnecté de ce que cette soirée, mais étant un étudiant extrêmement rapide, je sais à quoi tu fais référence et notamment à la vision globale que vous pouvez avoir de l’usage des drones en disant Bon, tant que les garanties fondamentales ne sont pas trouvées, l’usage des drones doit être prohibé et on met en gros le Conseil d'État qui dit c’est pas à un type comme l’Allemagne de faire la loi. C’est ça que rappelle le Conseil d'État. Donc ils ont une vision beaucoup plus, beaucoup plus conciliante lorsqu’ils à l'égard du travail du législateur, lorsqu’ils rendent des avis préalables sur des lois, par exemple. Et il essaie de trouver un équilibre entre les restrictions aux libertés et les garanties fondamentales qui doivent être accordées aux différents et aux justiciables. En revanche, quand il s’agit d’un type qui franchit les bornes, il lui rappelle souvent Et le Conseil d'État ? Il a été assez sévère avec l’amende, et pas que le Conseil d'État. Je ne sais pas si vous vous souvenez pour le tribunal administratif, au moment de la marche des libertés, pendant la mobilisation, la loi sécurité globale C'était juste après l’affaire Zeclair Parce qu’il faut rappeler aussi que c’est sous l’Allemagne que la guerre éclair a soulevé bien sûr, le néant, Le laxisme et l’impunité à l'égard des policiers relevant de la préfecture de police de Paris explique beaucoup aussi du déni des violences qui ont été commises et de l’extension de la violence.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Juste un petit ajout là dessus. Après faut se souvenir aussi, après les manifs qu’il y a eu contre les violences policières suite à la mort de Georges Foy. Didier Lallement avait envoyé un courrier à l’ensemble des policiers parisiens. La preuve de police intitulée Ne doutez pas et disant très clairement que ceux qui accusent la police d'être structurellement violente ou raciste mentent. Et ça, vraiment, dans le genre courrier orwellien, j’ai rarement vu mieux ou pire.
David Dufresne
C'était quand ce courrier ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
C'était j’ai la date quelque part, mais de mémoire, c’est novembre 2020.
Arié Alimi
Ce sont les journalistes de préfecture.
David Dufresne
Je ne réponds pas aux journalistes de préfecture.
Arié Alimi
Rappelons aussi notamment qu’il y a eu des plaintes ont été déposées pour la manifestation du 12 décembre 2020 où il y a même un avocat qui a été interpellé sans aucune raison. Il y a beaucoup de gens qui qui utilisent des nouvelles techniques, ont été utilisées par assez de monde à ce moment-là. Les fonctionnaires et les agents du maintien de l’ordre venaient directement dans le cordon. Interpeller des gens en fonction de la couleur de leur vêtement ou de la couleur de leur parapluie. Rappelons l’affaire. Oui, bien sûr, si on est dans un déni total. Donc il y a des plaintes qui ont été déposées le 12 décembre. C’est en cours d’instruction. Il y a des plaintes qui ont été déposées à chaque fois qu’il y a eu des usages d’armes. Rappelons-nous, pour l’une des instructions qui est en cours, qui pourrait aboutir à la poursuite de Didier Lallement, parce que ça prend un peu cette orientation. C’est l’anniversaire des gilets jaunes, place d’Italie, Manuel Kwan qui prend une grenade. Pourquoi est-ce que le préfet Lallement peut être visé en tant que hiérarchie ? C’est que c’est lui qui donne alors que le rassemblement vient de commencer. Il est pacifique, il décide. D’ailleurs, ce n’est pas anodin d’organiser ou de faire organiser ce rassemblement place d’Italie alors qu’il y a des travaux et donc des des produits de chantier qui sont sur le sol. C’est un peu le bordel. Donc il décide d’endroits qui peuvent être, qui peuvent être stratégiques pour créer la confusion et le bordel au chien de Didier. Une de ses techniques et il y fait une nasse de toute la place d’Italie alors que la manifestation n’a pas commencé et il interdit la manifestation. Alors on le saura plus tard, au moment de son début, qui prévient même pas les organisateurs. Et donc ça crée un climat terrifiant où les personnes ne peuvent pas sortir de la nasse et ils commencent à gazer des gens qui ne peuvent pas sortir de la nasse. Et évidemment, on a ce drame de Manu Kwan qui perd un œil. Donc c’est lui qui a donné les instructions qui ont conduit à l'événement de Manu Kwan. Et c’est pour ça qu’il y a une instruction qui est en cours, et il y en a pour tous les dossiers, surtout si l’instruction a son concours. Évidemment, c’est moins évident pour la préfecture des juges d’instruction d’entendre et de faire poursuivre quelqu’un qui est en fonction. Et on peut le comprendre parce qu’on a une volonté de la justice de ne pas entraver le bon fonctionnement de l’administration. Et c’est une coutume française depuis la Révolution française, même si ce n’est pas forcément légal. En revanche, on pense véritablement et on l’espère tout au moins que dans les années qui viennent, il l’aura à rendre compte et que sa retraite ne sera pas facilitée évidemment, par des procédures pénales.
David Dufresne
Alors à propos de retraite, Sorcière vous demande dans quel poste votre mission ou confort va t il se retrouver ? Est ce qu’on va parler de son successeur dans quelques instants ? Mais est ce qu’on sait ce que Didier Lallement va faire tout à l’heure quand il va quitter la préfecture ? La Cour d’honneur ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
Alors moi, pour tout vous dire, l’année dernière, j’avais eu une forme d’inspiration. Au mois de juin, je me suis dit mais quel âge a Didier ? Et c’est là que j’avais vu que son anniversaire était au mois d’août
David Dufresne
Tu l’appelles pas Dédé ?
Raphaëlle Rémy-Leleu
Je l’appelle Didier et je l’appelle Didier au complet. S’il commence à m’appeler Rafou, je vais mal le prendre. Que je l’appelle Didier. Et. Et donc, prises de cette inspiration subite, je vérifie sa date d’anniversaire. Il est né au mois d’août. Il va atteindre l'âge de 65 ans et je me dis Yes, c’est bon, il va devoir partir de la préfectorale. Quelques collègues et contacts qui se demandent si, comme un ancien préfet de police de Paris avant lui, il finirait pas ministre d’État à Monaco. Parce que franchement, dans le genre, dans le genre placard de pré retraite, c’est plutôt sympa. Donc voilà. Mirage Je ne sais pas en fait qui serait en mesure d’accueillir Didier Lallement à son erreur et sans effroi, parce que ça a quand même mûri, ça a donné une image exécrable de la préfecture de police de Paris. Et puis même en interne des institutions, il y a une forme de grand ouf de soulagement général à le voir partir.
David Dufresne
Arié, tu ne vas pas l’accueillir dans ton cabinet comme conseiller, comme un. Conseiller spécial pour les écouter. Imagine un peu.
Arié Alimi
. Comment lui donner un nom ? J’aimerais bien le prendre comme stagiaire, lui donner un code et lui enlever son pipi. Et puis qu’il aille faire quelques photocopies lui aussi, ça peut être rigolo. Non mais non, je ne sais pas ce qu’il va faire. J’ai pas forcément envie qu’il fasse quelque chose, ni qu’il aille sévir ailleurs parce qu' il a fait beaucoup beaucoup de mal. On a théorisé un petit peu, on a vu un peu ce qu’il a fait, mais je pense qu’il faut quand même rappeler la douleur et la souffrance de toutes les victimes. Parce que pour le coup, c’est dans l’absence de continuité, il y a quand même eu, et je pense que tu le sais mieux que n’importe qui David, puisque tu as recensé les victimes pendant le mouvement des gilets jaunes. Mais moi je les vois qui sont obligés de vivre avec un œil en moins, avec une main en moins, avec leurs vies qui ont été détruites en partie au bout. Ils les construisent, évidemment. Mais c’est extrêmement compliqué. Et oui, le préfet y est pour beaucoup. Et oui, il a, Il a un cynisme total à l'égard de la souffrance des êtres à qui l’essence dont il est censé assurer la protection. C’est, c’est son rôle premier normalement, d’assurer la protection des manifestants, des personnes qui sont dans la rue, dans le ressort de la préfecture de police de Paris. Son rôle n'était pas de détruire leurs vies et il l’a fait volontairement, en conscience, en donnant des instructions qu’il savait générer. C' était à Bordeaux, ça avait déjà été le cas. Il y avait déjà eu des blessés graves à Bordeaux.
David Dufresne
Le tchat rappelait ça tout à l’heure que quand Didier Lallement arrive à Paris, il est précédé d’une réputation qui n’est pas très bonne puisqu’il y a même Alain Juppé qui, droit dans ses bottes comme on le sait, et qui est très content que Didier Lallement parte de Bordeaux. Je crois même que c’est le surnom qui était donné à Didier Lallement. Je ne le dis même pas ici tellement il est. Il est terrible, il était terrible. Donc c’est là aussi où quand même on se dit, On se rappelle aussi à la vue du discours de comment il s’appelait Castaner. Encore un oubli celui là ! Ne tremblez pas, n’ayez pas la main qui tremble Quand, quand, quand il arrive, quand il le nomme dans la cour d’honneur.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Toujours la référence à Clémenceau.
David Dufresne
D’ailleurs Georges Marchais il a été traité de nazi. Oui, c’est ça, c’est le gauchiste Alain Juppé du quinze 94 qui se souvient sans doute de sa lecture du Canard Enchaîné, puisque c'était Le Canard Enchaîné qui avait révélé que Alain Juppé, le gauchiste appelait Didier Lallement le nazi, ce qui est quand même ce qui est sur son blog, mais quand même de livrer un dernier point outre la douleur des personnes qui ont été blessées, bien sûr, il y a beaucoup, beaucoup d’avidité là, parce qu’on ne parle que de ceux qui ont eu des des blessures graves ou des mutilations.
Arié Alimi
. Mais ça, ça concerne des milliers de personnes dans les manifestations. Mais il y a aussi une dernière chose, c’est qu’il a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de mal aux institutions. Il a une logique du mensonge terrible. Il a utilisé le mensonge à chaque fois qu’il y a eu des morts ou des blessés. Alors certes, ce n’est pas sa caractéristique, par sa singularité, puisque l’État aussi fait la même chose, mais il a été dans l’outrance, il a organisé le mensonge dans les dossiers à la suite de la mort de Cédric, à voir comment la préfecture de police de Paris communique en disant que Cédric est mort d’un simple malaise cardiaque alors qu’ils savent dès le début qu’il a été tué, étranglé et plaqué par des policiers. Et ça, on voit que ça vient directement du haut de la préfecture de police de Paris, dans le Nord, dans les éléments. Donc ce que je veux dire, c’est que l’usage de ce mensonge, ça décrédibilise les institutions à l'égard des justiciables, des administrés qui ont de moins en moins confiance dans les institutions parce qu’ils découvrent un mensonge que l’on sait existant depuis toujours, mais là qui est manifeste, qui est grossier et qui empêche les victimes d’obtenir leur vérité. Voilà, c’est pour ça que ça fait du bien quand même qu’il parte et qu’on n’ait plus ce type. Et on espère qu’il n’y aura pas une pérennisation de ce qu’il a créé au sein des institutions. Et la préfecture de police de Paris.
David Dufresne
Justement. Donc là, on y reste deux petits thèmes à aborder. La collection flanche un peu. Mais alors Raphaëlle, il y a un professionnalisme extraordinaire, elle a raconté dans le tchat ce qu’elle avait dit à certains, elle avait entendu, d’autres n’avaient pas entendu.
Raphaëlle Rémy-Leleu
J’essaye, mais je vais devoir vous quitter dans pas trop longtemps.
David Dufresne
Dans pas trop longtemps. Alors je parlerai peut être de Dugny avec Arié et toi Raphaëlle. Je voudrais savoir si tu as encore deux minutes, quelle serait pour toi la réforme de la préfecture de police souhaitable. Deux minutes comme à l’assemblée. Sinon je coupe le micro.
Raphaëlle Rémy-Leleu
En fait, c’est le grand sujet. C’est le grand débat. On a un communiqué de presse du groupe écologiste de Paris. Je ne vous ment pas. Qui est prêt à être envoyé dès que la nouvelle du départ à Didier Lallement est officielle ? Et en conclusion, en ouverture, on demande un vrai débat sur le statut et les missions de la préfecture de police. Parce qu' il y a une vraie tension et je vous avoue, mais moi je ne sais pas encore entièrement. Est ce qu’on veut supprimer la préfecture de police de Paris et rentrer dans le cadre commun dans le cadre du droit ordinaire ? Ou est ce qu’on veut véritablement codifier son fonctionnement, son rôle, ses statuts pour permettre aussi d’en penser à des contre pouvoirs et des instances de contrôle démocratique ? En tout cas, ça mériterait d'être discuté. Il y a eu des recommandations du Sénat, de la Cour des comptes qui, à minima, demandaient la normalisation sur les deux directions dont vous parlez, la direction régionale de la police judiciaire et la direction du renseignement. Ça n’a pas été fait. Qui a demandé la normalisation ? Si, vis à vis des pouvoirs de police dans les départements de petite couronne, ça n’a pas été fait non plus. Là, on approche des JO 2024. On voit que les problématiques de sécurisation vont être terribles, qu’on n’est pas prêt. On n’est pas prêtes que le recours à la sécurité privée va être massif, mais que même ce secteur là n’est pas prêt, sachant que ce n’est pas un bien en soi de laisser faire au privé. Bref, les enjeux sont énormes et je vous avoue que, en termes de moyens, qu’est ce qui serait le plus démocratique et le plus efficace ? Je ne suis pas certaine. En tout cas, on ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas continuer d’avoir à avoir un préfet, qu’importe que ce soit Lallement ou Nunez qui est seul maître en son palais, qui ne rende compte à personne. C’est extrêmement dangereux et on le voit si bien sur l’opérationnel, sur les drames, sur les vies détruites par les violences policières, par le maintien de l’ordre extrêmement brutal que par rapport à la destruction du discours public et des institutions. On est face à un exercice du pouvoir extrêmement dangereux. Donc il va falloir que ça change. Le problème, c’est que je ne fais pas confiance à Didier Lallement pour être un un préfet de police respectueux des institutions et bienveillant dans sa politique. Je ne fais pas non plus confiance à Gérald Darmanin Un jour aussi et toujours un tweet sur deux. Est ce que je réclame la démission ? Et je ne pense pas que la macronie soit appelée à faire une réforme, ni de la préfecture de police, ni de la police en fait, qui pourrait être satisfaisante. Mais on va essayer de porter à porter ce débat au moins au moins de clarification de ce qu’est la préfecture de police. Est ce que tant qu’on n’a pas cette clarification, en fait, on n’aura jamais une réponse et on va essayer d’avoir des voies de recours par notamment par le droit ? Alors, c’est probablement insuffisant. C’est pas entièrement satisfaisant politiquement, mais on fait avec ce qu’on a pour le moment.
David Dufresne
On a compris que tu tu dois te rendre à des rendez vous
Raphaëlle Rémy-Leleu
On avait bien dit que la police municipale serait le prétexte au chantage de la part de la préfecture de police et du ministère de l’Intérieur dès lors qu’il serait lâché par Lallement. Eh ben la maire de Paris serait seule avec sa police municipale. Et là, le dernier tacle de l’allemand sur la sécurisation du 14 juillet et l’insuffisance de la police municipale, on est en plein dedans. Moi je suis assez flippée par ce jeu de mise en concurrence de la sécurité. C’est d’autant plus précaire et d’autant plus autoritaire.
David Dufresne
Je te propose de te convoquer au poste, n’est ce pas ? Pour parler, pour parler de ça. Merci.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Je passe place de la Contrescarpe
David Dufresne
. Mes amitiés à M. Benalla. Si jamais il passait dans le coin puisque c’est sa place préférée. Donc en fin de journée, c’est ça un pot de départ.
Raphaëlle Rémy-Leleu
Oui, ils ont déclaré en préfecture, on va voir comment ça se passe. Alors ça, j’en ai aucune idée.
David Dufresne
Très bien, merci. Merci beaucoup, Maître, est-ce que vous pourriez rester encore quelque temps ? Est ce que tu peux rester encore quelques minutes ? Je voudrais qu’on parle de l’ennui et de l’avocat.
Arié Alimi
Je n’ai pas de réunion.
David Dufresne
Donc Nunez Laurent, est celui qui à priori va succéder à Didier Lallement. Il a été le grand patron du contre-espionnage. Il a été l’adjoint. L’homme à tout faire, en réalité la cheville ouvrière de comment il s’appelait Castaner. C'était quand même lui qui était à la manœuvre quand le maire était plutôt le VRP on va dire celui qui était le vrai chef. D’une certaine manière, Jusqu’alors, à l’heure qu’il est, il est le patron de la Coordination nationale du renseignement. Pour ceux que ça intéresse, j’y pense, là, c’est un personnage qu’on retrouve dans un petit roman qui s’appelle 19 h 59, puisque c’est donc le patron du contre espionnage, du renseignement, on va dire, qui est juste à côté de l'Élysée et en face de l’avenue de Marigny. Et il pourrait être le préfet, celui qui va remplacer Lallement. Il y a quelques papiers qui sont parus. Évidemment très souvent laudateur en disant que lui, il est sympathique. Il appelle les journalistes qu’il leur répond même à 0 h, qu’avec lui la communication va être plus fluide. Est ce que tu lui donnes des gages ?
Arié Alimi
Moi je l’ai rencontré déjà et j’ai eu l’occasion même de lui serrer la main. C’est lui qui me serrait la main. Je ne pense pas que le préfet Lallement en aurait fait autant. Non, vraiment, on sent effectivement quelqu’un de plus avenant, de plus politique, qui a plus l’habitude des institutions et c’est aussi quelqu’un de terrain. Ce que le préfet Lallement n'était pas forcément. Lui, il est considéré par les policiers comme faisant partie de garde du corps policier et très proche des hommes. Donc je ne sais pas ce que ça va donner. On a un exemple quand même. C’est effectivement lorsqu’il était second de Castaner connaît le terrain et le corps. Un homme politique au sens propre du terme, Mais. Ça n’a pas changé grand chose en fait. Et qu’on a une ligne, que la ligne est dans une volonté de tendance autoritaire. Globalement, que ce soit l’allemand ou ministre ministre de l’Intérieur, on a cette ligne au sein du gouvernement Macron qui était déjà présente avec Valls et qui consiste à restreindre de plus en plus de libertés de manière générale, la possibilité d’expression et de tenir la population parce que c’est finalement par l’intérieur et par la préfecture de police de Paris spécifiquement s’agissant de Paris, que l’on arrive à faire taire les colères et les exaspérations. Le mieux, il a parfaitement intégré. Je pense que la seule chose qui va changer avec Nunez, c’est lui qui devient préfet de police de Paris. C’est la façon de faire et la communication. Et je pense qu’il va être bien meilleur communicant que Lallement qui lui avait pour vocation à s’attirer, à attirer les foudres. Et puis il prenait un malin plaisir à raconter n’importe quoi pour qu’on regarde comme un épouvantail. Je pense que c’est plutôt ça qui va changer avec Nunez, Plus qu’une ligne, même si beaucoup attendent qu’on revienne sur un maintien de l’ordre plus traditionnel. Je ne pense pas que ça va changer. Oui, mais alors il ne faut pas oublier une chose. Et auquel on assiste et qui va être nouveau à prendre en considération dans le maintien de l’ordre et dans la gestion des populations, notamment par la préfecture de police de Paris. Là, on assiste à des canicules, c’est -à -dire que le réchauffement climatique. Nous y sommes pleinement et les conséquences sont immédiates, avec probablement peut-être des déplacements de population violents dans le cadre des confrontations à venir sur les gestions des catastrophes climatiques et sanitaires.
David Dufresne
Pour terminer, quelles sont les les affaires sur lesquelles tu travailles, dont tu pourrais nous dire deux ou trois choses, ou il pourrait y avoir des éléments importants ? Est ce que les procès à venir ? Est ce qu’il y a des demandes d’actes qui ont été acceptés, là, je parle d’instruction. Bon, ben tu reviendras, tu reviendras puisque le DGPN change demain. C’est une magistrate qui va prendre la tête de l’IGPN. Je ne sais pas si tu es au courant qu’il est quitté il y a encore peu.
Arié Alimi
Oui, j’ai lu l’article du Parisien hier qui a eu la primeur, mais visiblement de l’annonce du départ de Brigitte Julien. On voit qu’il y a un changement dans les têtes de ces institutions à la Préfecture de police et également DGPN qui sont deux rouages majeurs de la politique sécuritaire, liés notamment l’IGPN. Pour vous dire deux ou trois mots sur. Il y a plein de procédures en cours, y compris contre les fonctionnaires de police de l’IGPN parce qu’on s’en rend compte. Et nous, c’est notre stratégie de lutte et judiciaire et politique que la seule manière de freiner ces tendances et les dérives personnelles, c’est le déposer des plaintes. Et qu’il y ait une épée de Damoclès sur la tête. S’agissant de DGPN, la volonté est claire et affichée. C’est de montrer que, y compris au sein de l’IGPN, dans le cadre du déroulement des enquêtes, il y a des mensonges et des falsifications d’enquêtes par les enquêteurs de l’IGPN donc on dépose les plaintes pour faux et usage de faux et pour obstruction à la manifestation de la vérité. Il y en a de plus en plus, notamment dans les retranscriptions de vidéos et d’audio. Donc voilà ce que je peux vous dire parce que je suis soumis au secret d’instruction aussi à des éléments venant d’un ancien journaliste, ça veut pas dire grand chose de plus que l’instruction.
David Dufresne
Des journalistes dont je ne suis plus depuis plus de dix ans, je le rappelle, ne sont pas soumis au secret de l’instruction
Arié Alimi
Mais il y a une tolérance légale inhibée, qu’on poursuit patiemment. Et on condamne pas vraiment les journalistes parce qu’ils ont le secret des sources pour être, c’est aussi quelque chose. C’est quelque chose qui doit être respecté dans le secret des sources.
David Dufresne
Absolument. Et ici, vous savez, on adore les secrets, mais du moment qu’ils sont partagés avec le chef, Bon, mon cher Arié, merci beaucoup.

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