Double live ! A l’assaut maritime de l’ile de Bolloré et débat : comment contrer son empire médiatique
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Donc, on va commencer avec cette première table ronde. Donc, moi, je vais animer la table ronde. Je suis Vivi ou Victoria Berni-André Berni-André. Je suis journaliste, militante, féministe et écologiste. Donc, comme le disait le camarade, on va parler de l’empire médiatique de Bolloré, les alternatives, les résistances à la centralisation des médias. Je vais présenter les invités tout de suite, que je vous remercie d'être venu si tôt, alors qu’on commence si tard. Mais avant de vous présenter, une petite introduction. Depuis plusieurs années, l’Empire Bolloré incarne la concentration extrême des médias et de l'édition dans les mains d’un milliardaire, aux coïncidences idéologiques assumées avec les forces les plus réactionnaires, l’extrême droite. Notamment de Canal Plus à CNews, de Hachette au journal du dimanche, d’Europe 1 au groupe Prisma. On assiste à une normalisation de l’extrême droite, à une précarisation des journalistes, à une dépolitisation des grands médias ou plutôt une politisation vers l’extrême-droite et une violence idéologique très concrète et matérielle également. On pourra en parler ensuite. Du coup, on va se poser la question de comment faire face à la centralisation de ces médias du monde de l'édition dans les mains de milliardaires. Comment les maisons d'édition et les médias indépendants se battent aujourd’hui pour faire face aux logiques fascistes ? Parce que justement, la table ronde, ça ne sera pas juste de planter le décor de l’Empire Bolloré et des forces réactionnaires, mais aussi comment on se bat, comment on s’organise pour continuer à vivre dignement. Donc on va passer pas deux heures, mais une heure et quart, une heure et demie, finalement, pour comprendre, déconstruire, imaginer des résistances concrètes à Vincent Bolloré, mais pas qu'à Vincent Bolloré, à tout un monde réactionnaire. Vincent Bolloré et son monde, finalement sur des pans entiers de l’information, de la culture, de l'édition et donc sur notre imaginaire collectif. Donc avant de vous présenter les intervenants qui sont là avec nous aujourd’hui, et je vous remercie encore, il y aura d’abord un temps donc pour planter le décor de c’est quoi l’Empire de Bolloré avec des exemples concrets sur les vies en fait, parce que ce n’est pas juste dans l’imaginaire, ce n’est pas juste des chiffres, ça a des impacts concrets sur les vit, ensuite on va élargir, on va parler du coup des forces réactionnaires qui accompagnent l’Empire Bolloré parce que le fascisme c’est la concentration des différentes oppressions systémiques, c’est la solidarité, l’alliance, la coalition entre le colonialisme, le racisme, le patriarcat, le validisme, l’homophobie, etc. Et donc l’agro-industrie également et on va pouvoir explorer ça avec aussi des expériences concrètes et ensuite on va parler de contre-offensive. Ça sera quand même dans la présentation. Du coup, je vais vous présenter les intervenants. Merci à vous d'être là. Donc Caroline Fontaine, tu es journaliste. Tu es journaliste. Après 20 ans à Paris Match, tu as vécu la violence de la prise de contrôle par Vincent Bolloré du groupe Lagardère et tu as été licencié peu de temps après en raison de ton travail de membre de la société journaliste de Paris Match.
Je suis éditeur indépendant depuis plus de 42 ans. Je suis représentant de Massot Éditions et membre fondateur et administrateur du média Blast, le souffle de l’info
Je suis journaliste et fondatrice du média féministe Breton Lisbeth
Diego, tu es contributeur au média Nantes contre-attaque, un média local indépendant et engagé, dont l’objectif est de documenter les luttes. Et enfin Sylvain Ernault,, journaliste et cofondateur du média d’investigation breton Splann ce média se distingue par son approche politique bilingue français et breton et produit des enquêtes journalistiques d’utilité publique en Bretagne et dans le monde. Et avant de rentrer dans le sujet, j’ai fait une petite coquille, j’ai oublié de présenter les médias qui retransmettent la table ronde, je suis désolée. Donc on est diffusé normalement en direct sur le média au poste. Sur le média de David Dufresne ou en tout cas sur le réseau David Dufresne, sur Fracas, je vais les présenter et après on pourra applaudir, sur la relève et la peste, sur les soulèvements de la terre. Et sur les parasites. L’Empire Bolloré, donc on constate la concentration médiatique et éditoriale par l’empire Bolloré, ça provoque des dangers pour la démocratie, la pluralité, la culture, ça a des impacts sur les conditions de travail, les lignes éditoriales, des sciences sur internet, la réalisation des éditeurs indépendants. Caroline Fontaine, tu as vécu ça de l’intérieur, tu travaillais pour Paris Match, tu t’as travaillé pendant 20 ans et tu as été licenciée au printemps 2023. Est-ce que tu peux nous parler de comment s’est passé pour toi l’arrivée de Bolloré à Paris Match ? De tes missions à la Société de journalistes. Qu’est-ce-que c’est une Société des journalistes ? Est- ce que ça peut avoir de l' impact ? Oui, est-ce tu peux raconter ce passage ?
Bonjour, merci, merci d’avoir invitée et je suis très heureuse d'être là. Donc, moi, j’ai travaillé 20 ans à Paris Match qui appartenait au groupe Lagardère, qui avait des difficultés. Donc, Vincent Bolloré et Bernard Arnaud sont rentrés au capital. Et à un petit moment, on ne savait pas lequel des deux allait gagner. On pensait plutôt Bernard Arnaud, qui est beaucoup plus riche. Mais finalement, non, c’est Bolloré qui est devenu actionnaire majoritaire du groupe Lagardère. Mais même avant qu’il soit actionnaire majoritaire, ça a changé très vite. Et donc, moi, j'étais élue à la Société des journalistes. Donc la Société des journalistes, c’est sous le régime de l’association et dans chaque rédaction, il y en a, sauf dans les rédactions de Bolloré. Et ce sont des journalistes bénévoles qui ne sont pas des élus. Ce n’est pas des syndicalistes. On n' est pas protégés et qui, sur leur temps libre, essayent de vérifier que l’indépendance de leurs titres, de leurs médias soit respectée, que la déontologie… Le soi aussi. Donc autant dire qu’avec l’arrivée de Bolloré, enfin de Vivendi dont Bolloré est actionnaire principal, on a eu beaucoup à faire. Donc, bon, je ne vous fais pas toute l’histoire, c’est pas forcément le plus important, mais très vite, il y a eu beaucoup d’atteintes à notre indépendance avec des unes, réactionnaires, etc. Donc, on a fait ce qu’on pouvait pour se battre. Et moi, j’ai été licenciée trois ans après son arrivée, un an après qu’il soit devenu officiellement majoritaire. Pour mon implication au sein de la société des journalistes, c’est pas moi qui visais, mais c'était aussi le collectif, parce qu’au fond, notre seule force, dans un moment où les médias sont assez précaires, où les journalistes sont de plus en plus précaires, on a beaucoup perdu au sein des rédactions de notre pouvoir de résistance, de notre force, et il ne nous reste plus que le collectif. Nous, on avait très peu d’armes à notre disposition. Et donc je pense que la raison pour laquelle il me licencie de manière très violente, parce que en fait, j’ai été pas mal, bon bref, ça a été très dur sur la fin. Et la médecine du travail, les syndicats ont fait des alertes à la personne, sont venus alerter la direction. Ma rédaction a voté un texte à 100 % pour s’indigner des pressions et des intimidations dont j'étais l’objet. Et ça, ça s’est passé en trois jours et trois jours plus tard, ils m’ont envoyé ma lettre de licenciement. Donc ça, c’est l’autre leçon de sa façon de gérer ces journaux. C’est qu’il est au-dessus des lois, c’est-à-dire qu’ils s’assoient sur les lois qui protègent les salariés. En plus, je venais pour la première fois de ma vie d'être en arrêt de travail. Donc, il s’assoit sur les lois qui protègent les salariés, mais aussi ceux qui sont un peu particuliers des journalistes sur la liberté d’expression, etc. Il s’en fout complètement. Et ça, c' est très inquiétant. Il est vraiment au- dessus des lois. Et du coup, c' était. À la fois pour me débarrasser de moi, mais surtout pour faire peur au collectif, pour dire qu’on est capable de virer quelqu’un qui est là depuis 20 ans, qui n’a jamais eu aucun reproche sur son travail, qui est une journaliste respectée au sein de la rédaction. Donc ayez peur et taisez-vous tous. D’ailleurs, ça a très bien marché, puisque quelques mois plus tard, la Société des journalistes s’est auto dissoute et désormais, il n’y a plus de contre-pouvoir au sein du journal. Donc, je ne sais pas si j’ai répondu à toutes les questions.
Oui merci. C’est intéressant ce que tu notes sur la stratégie de la peur qui est clairement un élément constitutif du fascisme, c’est de dominer par la peur, donc de désigner un ennemi intérieur aussi et en l’occurrence c'était toi. Donc il y a eu cette éviction. On entend l’hélicoptère, on voit aussi cette stratégie la peur encore. Tu parlais de la force du collectif. Est-ce que toi, tu as eu le sentiment d'être isolé au sein avec tes collègues, j’allais dire tes camarades, mais ce n’en est peut-être pas vraiment. Est- ce que tu as été isolé ? Comment il y a une force collective qui a pu se constituer ou pas ? Parce que par exemple, on a vu au journal du dimanche, avec l’arrivée de Geoffrey Lejeune, il y avait quand même une grève de quart de jour, il me semble, mais qui a sauté au bout d’un mois. Ils ont démissionné pour la majorité. Comment s’est passée cette résistance interne avant l'éviction ?
C’est assez difficile. Moi, donc, Paris Match, vous le savez, ce n’est pas un journal réputé pour son gauchisme. Et donc, en fait, quand Bolloré arrive, quand tout ça se passe, déjà, la rédaction, elle est fragilisée parce que la direction, elle s’inquiète. Qui sera mon prochain actionnaire, etc., etc. ? Donc, déjà elle essaye de donner des gages un peu à tout le monde. Donc, on est dans une situation très particulière qui n' est pas forcément très jolie à voir. Et dans son ensemble, la rédaction, au début, elle a beaucoup de mal à se mobiliser. C’est ce qu’on appelle le biais de l’optimisme. Elle se dit, mais non, il s’est attaqué à Europe 1, il s'était attaqué à I télé, il s’est attaqué à Canal. Mais nous, ça va aller. Et moi, j’ai toujours pensé qu’il n’y a pas de raison que nous, ça aille. Et du coup, j’ai appelé des anciens d' I télé, de Canal, d’Europe pour leur demander qu’est-ce qui se passe ? Et eux, ils m’ont dit en gros, ben en fait, toi, là, en ce moment, t’es au stade 2. Et après, il y a le stade 3 et le stades 4, c’est mort. Donc, assez vite, au sein du bureau, j'étais pas toute seule. C'était déjà un collectif, le bureau des élus de la société des journalistes. On a essayé de mobiliser et au début, c'était dur. Et puis ensuite, Bolloré, il fait pas dans la demi-mesure. Donc quand même, au bout d’un moment, il s’est mis à faire des choses qui étaient pour nous inacceptables, qui contrevenaient. À ce qu’ils faisaient et l’identité de notre journal qu’on aimait, qu’il y a une histoire, qui est ce qu il est, mais qui est quand même un très beau titre, à mes yeux. Est-ce que je peux donner des exemples ? Oui, par exemple, à l'été 2022, il y a eu une Une, donc l' été, c’est plutôt nous, des couvertures people. Enfin, c’est des mois où on vend beaucoup. Et pour lancer la saison estivale, il met en une le cardinal Sarah, qui a un cardinal réactionnaire. Et c’est un papier écrit par Philippe Labro, parce que c'était aussi sa façon de tisser sa toile, ce qu’il fait dans ses médias au début, intervenir, enfin il fait vraiment des synergies avec tout le monde, donc Philippe Labro à l'époque déjà commençait à signer des éditos dans le JDD, et pour mémoire, enfin c' est important à mes yeux, mais en 2022 il est majoritaire dans le groupe Lagardère, mais il n’est pas encore à la tête du groupe parce qu'à pas l’aval de l’Union européenne, donc il n à pas le droit d’intervenir. Mais bon, évidemment, qui d’autre que lui peut avoir mis en une le cardinal, Sarah. Donc dans cet article, il n’est pas écrit que le cardinal Sarah est un cardinal homophobe, raciste, réactionnaire, etc. C’est un papier plutôt à sa gloire. Et ça, c’est en une de Match. Il n’y a jamais eu, je pense qu’il n’a même jamais eu de religieux en une de match, jamais cardinal, jamais de pape, jamais rien. Et donc évidemment que ça signifie que Bolloré est là. Donc nous, tout de suite, on se mobilise. La rédaction en chef aussi se mobilise. Mais la machine est lancée et c’est ça aussi que fait Bolloré, c’est qu’il tend des pièges. Parce que son but était de faire son grand remplacement. C’est que la rédaction se vide pour pouvoir mettre des gens à lui après. Et c' est ce qu' il a fait partout, Europe 1, le JDD, CNews. Donc en fait, à la fin, on perd à tous les coups. Néanmoins, il faut quand même se battre. Et notamment le JDD, en fait, quand une grève commence dans l’Empire Bolloré, je ne crois pas qu’il y ait d’exemple qu’elle se termine de manière favorable. Et pourtant, le JDD, ils ont fait leurs 40 jours de grève et il fallait qu’ils le fassent parce que grâce à eux, on a enfin un peu parlé de ce qui se passait. Et ça a été discuté, etc. Néanmoins, et ça c’est, moi je trouve ça un peu dur à voir, mais néanmoins ça n’a pas empêché malgré tout ça. Que des politiques, que des gens reviennent dans le JDD d’extrême droite. Parfois, moi, j'écoute le matin François Sinter, parfois j’entends le JDD cité comme un journal normal, alors qu’on ne citerait pas minute. Enfin, c’est plus un journal, c’est plus du tout un journal. Donc voilà, donc en fait, c’est ça aussi que fait Bolloré, parce que s’il crée un journal d’extrême-droite, à titre perso, je le regrette, mais c’est son droit, c’est le pluralisme. S’il respecte la législation à l’intérieur. Mais lui, c’est pas ça qu’il fait. Lui, il assèche le paysage médiatique en rachetant des journaux qui ont une identité, qui sont respectés, qui ont des lecteurs et donc qui captent ce lectorat. Et il en fait des journaux d’extrême droite. Et ça, c’est ça qui est aussi pas acceptable. Et du coup, en face du JDD, maintenant il a le JDD. En face, il y a la tribune du Dimanche. Bon, bref, il a dit au Parisien Dimanche, mais il a pris un titre, il l’a enlevé. Et ça aussi, c’est très dangereux.
Merci. On peut aussi se poser la question sur le pluralisme médiatique. Est-ce que l’extrême droite peut faire partie du pluralisme médiatique, sachant que l’extrême droite est basée sur des idéologies qui sont racistes, colonialistes, patriarcales, etc. Et qui, normalement, ne devraient pas relever de la liberté d’opinion ? Là tu parles, on voit dans ce que tu décris aussi le manque de législations, de cadres juridiques qui permettent de se protéger de cette prédation. Est-ce que tu peux en parler un peu de ces vices juridiques ou de ces lacunes ? Tu parlais de l’aval de l’Union Européenne. Est- ce que je peux décrire un peu ce qui manque aujourd’hui, qu’est-ce qu’il manquait en fait en termes de cadre juridique pour protéger justement la liberté éditoriale ? La pluralité d’expressions tout en ne tolérant pas l’intolérance.
En fait, il manque tout. Les lois, elles sont plus adaptées. La loi sur la concentration qui a été un peu reprise dans les années 2000, elle date de 1986, c’est-à-dire avant même Internet. Donc là, il manque tout pour protéger les journalistes. C’est pareil. Il manque tout en fait. À un moment, on a été, nous, une profession puissante où il n’y avait pas de difficulté pour trouver du boulot. Et donc, on avait beaucoup de pouvoir à l’intérieur des rédactions. Mais aujourd’hui, c’est fini. Les rédactions se sont vachement précarisées. On n’a aucune arme, on a mis en place aucun outil. Alors il y a certaines rédactions, le Monde,Libé, qui eux, je parle pas des journaux de la presse indépendante, mais tous ces journaux-là, merci, ont mis en en place des choses pour les protéger. Mais pour mémoire, je ne sais plus, c’est plus de 90 % de… Des journaux qui sont détenus par des milliardaires aujourd’hui et là il n’y a pas grand chose et donc oui il faudrait redonner des armes aux rédactions pour qu’elles puissent se défendre et pour ça il faut une volonté politique et moi ce que j’ai repéré dans ce combat là et que vous savez tous c’est qu’on est très seul en fait il y a absolument aucune volonté politique de protéger la presse et pourtant sans sans la presse sans l’information on peut pas voter on peut choisir en conscience ce qu’ont fait dans sa vie il faut être informé Et là vraiment, il y a un travail actuel qui est très inquiétant pour saper tout ça et surtout pas protéger notre mission à nous qui est un bien public, qui est le devoir d’informer. Donc là, j’ai un peu perdu le fil de ma pensée, mais c’est très clair.
Il n’y a pas tout l’importance de créer des contre-pouvoirs.
J’en profite pour vous dire bonjour chers amis, j’ai pu régler mes histoires de micro, ça devrait aller. Bonne journée à tous, on est là pour toute la journée jusqu'à 22h. À Quimperlé pour trois débats, ceci est le premier, et ce soir à Paris, au poste mobile, il n’existe pas encore, mais c’est comme si ça l'était. Merci infiniment aux copains de Levons les Voiles qui organisent à la fois tout ça, et le stream que nous pouvons retransmettre. À tout de suite.
Alors, déjà, le contexte général, c’est qu’effectivement, aujourd’hui, 90 % d'éditions est détenu par 10 oligarques et Bolloré, c’est à peu près 40 % de l'édition aujourd’hui. Donc, ça veut dire que 4 livres sur 10 qui sont en librairie, c' est Bolloré derrière. Hachette a toujours été une pieuvre qui a essayé de s'étendre, donc, déjà dans les années 60, 70, 80. La différence avec aujourd’hui, c' est qu’il y a un plan politique. Alors que jusque-là, il était financier. Moi, j’ai eu Hachette comme actionnaire minoritaire à 34 % dans les années 2000. C'était pas encore Bolloré, mais on pouvait encore s’associer à voir des distributeurs qui viennent de ces grands groupes parce qu’il y avait une liberté totale sur le plan éditorial. On pouvait faire ce qu’on voulait. Et j’aime bien citer cette phrase de Lénine qui dit que le capitalisme vendra la corde qu’il pendra. À l'époque, personne n’hésite. S’il y avait un bouquin qu’il pouvait vendre, il le prenait. Donc, l'évolution, c’est ces quatre, cinq dernières années où on voit effectivement avec le rachat du groupe Hachette par Bolloré, mais aussi Média Participation qui a racheté le seuil et qui a viré Hugues Jallon, qui était trop à gauche, dans cette maison traditionnelle du seuil, qui publie beaucoup d’auteurs pourtant très, très, intéressant. Donc on voit effectivement plusieurs oligarques, plusieurs institutions financières qui commencent à intervenir sur les programmes éditoriaux. Moi, j’ai eu la chance, en fait a un peu viré dans les années 2010. Ça a entraîné la faillite de la maison, mais ça m’a permis de repartir sur des bases plus saines et de me dire que plus jamais je ne me lirais avec ce genre de groupe à l'époque financière, bien évidemment aujourd’hui. Politiquement, ça serait complètement impossible. Mais cette concentration fait qu’aujourd’hui, les éditeurs indépendants, on est réellement autour de 8 à 9 %. Donc, 8 à 90 % des livres en librairie sont des éditeurs indépendants. Alors, qu’est-ce qu’un éditeur indépendant ? C’est quelqu’un, déjà, qui a le final cut, qui peut choisir ses propres livres et donc, sans passer par un actionnariat qui va pouvoir… alors, ce n’est jamais complètement frontal. En général. L’actionnariat comme celui de Bolloré au départ va vous donner des arguments financiers en disant oui mais là ta collection elle est un petit peu déficitaire donc on veut plus publier tel bouquin ou tel autre et donc c’est comme ça que commencent un peu les premières censures et puis ensuite ce qu’on a vu donc notamment au seuil avec avec Jalon mais aussi chez Fayard avec Hachette c'était qu' on va remplacer des Éditeurs qui étaient de différentes sensibilités mais qui, en général, quand on pense à des éditeurs historiques, publiaient vraiment tout le monde en fait, et à l'époque, en plus, très peu d’auteurs d’extrême droite mais très variés, aujourd’hui, ils sont remplacés par des gens qui ne sont pas forcément des éducateurs, qui viennent d'écoles de commerce, et c'était André Chiffre dans les années 90 qui avait écrit un qui s’appelait l'édition sans éditeur. Et qui disaient aux Etats-Unis qu’on était en train de remplacer les éditeurs par des commerciaux. Donc ça, ça a été le cas aussi en France et puis on va dire qu’aujourd’hui, au-delà des commerciaux, ce sont des idéologues aussi d’extrême droite. Et donc moi, j’insiste vraiment sur un point. En 42 ans de métier d'édition, je pense qu' on est arrivé à un point qu’ont J’ai jamais vécu jusque-là de contrôle, de censure. De diffusion puisque, en plus, Bolloré détient, par exemple, les relais, toutes les librairies qui sont dans les gares et les aéroports. Donc ce sont des points qui sont complètement contrôlés. Nous, nos bouquins, on ne les trouve plus dans les relaies. Moi, je n’ai plus de livre en relais et il faut savoir que c'était notre plus gros point de vente dans les livres de non-fiction parce que la librairie traditionnelle vend plutôt de la littérature, mais les livres d’enquête On les trouvait beaucoup dans les gares et ce sont des livres qu’on lit en quelques heures et qui sont assez proches d’une prolongation de la presse et donc de pouvoir être vendus dans des points où on trouve de la Presse c'était important. Aujourd’hui nous n’avons plus ça et nous sommes en train, chaque jour, chaque semaine, chaque mois, on voit un recul, une invisibilité, on est de plus en plus invisibilisé. Moi, de la même manière, avant j’avais accès à Canal+. On avait des auteurs qui venaient régulièrement sur Canal. Aujourd’hui, c’est fini. Moi, je n’ai plus de visibilité de nos livres sur les médias classiques. Alors c' est pour ça que, heureusement, on crée, il y a aujourd’hui une belle illustration de tous les médias. On a nos amis de Contre Attaque, nos amis du Monsieur Mondialisation, d’autres qui relaient nos livres. Et puis Blast, bien sûr, dont j’ai participé à cette formidable création. Mais heureusement que nous avons nos propres médias aujourd’hui pour nous faire connaître, mais il y a une invisibilité, il y à une mise en place en librairie qui est réduite par 5, c’est-à-dire que nos livres, aujourd’hui, quand ils sortent, ils sont autour de 1 000 exemplaires, voilà. Après, l'édition, elle a besoin effectivement de financement de fonds. Alors le problème, c' est que comme tous ces oligarques, ils vont vers une édition d’extrême-droite, comment nous on peut créer une économie parce que c’est souvent assez déficitaire et la plupart des livres qu’il publie on ne se pose pas la question de savoir s’ils vont gagner de l’argent ou pas l’idée c' est ce que le livre est intéressant est ce qu' on a envie de le partager et donc il faut aller au delà bien sûr des considérations économiques mais quand bien même nous sommes des entreprises à un moment donné faut avoir un bilan alors moi j’ai fait deux fois faillite et bon heureusement sans planter les fournisseurs C’est les banques qui ont été plantées à ce moment-là, et c'était ma manière de financer. Et le problème, c’est que, du coup, vous allez avoir d’un côté des rentiers ou des gens qui ont beaucoup d’argent, mais qui vont peut-être eux-mêmes, dans l'édition indépendante, orienter une certaine… Par exemple, ils ne vont pas forcément être pour une fiscalité, taxation des riches, si eux-même font partie des riches. Et du coup comment est-ce qu’on pourrait avoir une édition indépendante aujourd’hui ? Qu’ils puissent être présentes dans les grandes librairies, dans les réseaux et avoir autant de retentissement que ces 90 %.
On va passer à cette partie de comment on peut créer une économie indépendante, comment justement la force du collectif, comment à gauche les éditeurs, les librairies indépendantes de, les diffuseurs peut-être indépendants. Parce que là en fait, ce à quoi on assiste, c’est donc la concentration aussi des secteurs autour de la culture en fait avec les points de vente, les espaces de création, les éditeurs, impressions diffuseurs et en fait c’est à cet endroit qu’il y a toute la chaîne du produit qui est engloutie par l’empire Bolloré,et les forces réactionnelles. Justement, il n’y a pas que Bolloré, on peut parler aussi de Pierre-Edouard Stérin qui est un millionnaire ou milliardaire, je n’ai plus en tête, mais en tout cas qui est aujourd’hui en train d’acheter des instituts de sondage, qui est en train de financer des chercheurs idéologues, qui va à contre-sens total de la recherche scientifique et pour avoir leurs propres statistiques, leurs propres études. Il y a aussi l’acquisition de l'École supérieure de journalisme de Paris par Bolloré. Donc on a vraiment une chaîne de produits complète avec leurs propres camarades. Par exemple, Monique Pinçon-Charlot disait que la Grande bourgeoisie est très organisée et très solidaire. Et que c’est à nous aussi, à gauche de lettres, pour être en riposte. Est-ce que Pierre-Édouard Sterin ou ses autres forces réactionnaires, par exemple Caroline, toi tu as pu voir cette mécanique mise en place, notamment avec tes anciens collègues, est-ce-que tu as encore des contacts avec elles et eux, est-que-tu vois un peu cette déliquescence qui continue de s’opérer ?
Malheureusement en fait ça va très vite moi j’ai j'étais licencié il y a deux ans et après j’y ai fait un documentaire qui s’appelle Dictionnaire amoureux du journalisme et qui était avec pour but d’alerter sur ce qui est en train de se passer et quand je l’ai fini tout tout était déjà arrivé enfin c’est ça qui est très très flippant c’est la vitesse à laquelle ils prennent contrôle de même de nos pas de nos esprits mais disons qu’ils ont réussi à imposer leur discours réactionnaire fasciste etc à une vitesse que je n’imaginais pas. Et ensuite, c’est vrai que se posent avec Bolloré, mais aussi avec les autres, mais surtout avec Bolloré, des problèmes de concentration horizontale et verticale, et ça, la loi, elle l’a pas vraiment prévue, mais Bolloré, il a aussi Havas, c’est-à-dire la pub, donc la pub qui met dans les journaux, d’où le peu d’enquête sur Bolloré dans les mass-médias. Il a les relais, il les journaux, il a l'édition, il est à la télé, il est au cinéma. Il a aussi des festivals, il est à Venise, enfin bon, donc on voit très bien une espèce de toile d’araignée qui tisse autour de la culture et donc une tentative de vraiment de nous faire changer notre culture, et ça c’est très très inquiétant et c' est ce qu’on a vu dans tous les pays où il y a désormais des gouvernements réactionnaires, le premier marchepied c’est toujours les médias, c’est toujours la culture. Et c’est pour ça que, merci aussi à la presse indépendante ici, tout ça de mener ce combat, d’essayer de produire des contre-récits parce qu’on n’a que ça qu’on puisse faire, je crois.
Justement, la presse indépendante, toi, Diego, tu es membre de Contre-Attaque. Contre Attaque, anciennement Nantes Révoltée, c’est un média résolument anti-fasciste qui existe depuis 2012 et qui documente les luttes. Je parle de Nantes révoltée parce que justement Contra Attac a changé de nom, enfin Nantes Révoltée a changé de nom en 2022 pour devenir Contre Attaque, après 10 ans d’existence. En fait, je parle de cette date et de ce changement de nom parce que ça renvoie à la menace de dissolution qui a été émise, formulée par Gérald Darmanin, qui était alors ministre de l’Intérieur. Malgré le fait qu’il soit mise en accusation pour des violences sexistes et sexuelles, on connaît. Est-ce que tu peux nous raconter cet épisode de menace des dissolutions, parce qu’en fait ce qui est intéressant là-dedans, c’est que ça fait partie d’un même empire, ils se soutiennent entre eux.
Il y a un continuum répressif, alors j’ai envie de dire fake news par rapport à la dissolution parce que finalement on n’a jamais rien reçu, ce n’est pas la première mensonge qu’aura raconté Gérald Barman s’il annonçait la dissolution de Nantes Révoltée qui est devenue Contre-attaque mais c'était déjà prévu, ça n’as rien à voir avec la dissolution, c’est justement parce que nous on est un peu particulier dans le paysage des médias c’est qu’on est un média militant avant tout et on est même militant d'être un média. Nous, on n’a pas de formation de journalistes, c’est peut-être un avantage aussi pour Contra-Tac, c’est que les écoles de journalisme, elles déforment, ou en tout cas elles fixent un cadre. Pierre Bourdieu, il parle des lunettes des journalistes. Nous, n’avons pas de lunettes, mais ce n’est pas les mêmes. Nous, nous avons le prisme militant avant tout et on est là pour raconter des luttes, on est là pour partager des informations qui nous semblent nécessaires pour les porter. Et je pense que c’est dans ce sens-là que Gérald Darmanin s’est attaqué en priorité à nous, peut-être officiellement. On a beaucoup parlé du contrôle des médias par les milliardaires, on a assez peu parlé de l'État pour le moment. Et finalement, l'État, il s’attaque aussi aux médias, au paysage médiatique, que ce soit les petits médias comme Nantes révoltée Voltaire et puis Contre Attaque, ou que ce soient des grands médias comme France Télévisions, actuellement avec Nathalie Saint-Cricq qui a accédé à des postes de responsabilité à France Télévisions. Clairement on a des idéologues au pouvoir qui veulent contrôler toutes formes d’informations et la moindre critique, elle doit être tuée. Soit par la menace, c’est une technique policière que tu as subie, qui est bien connue dans le patronat. On en vire une pour terroriser les autres. C’est le même fonctionnement avec les armes de la police, c'était le même avec les patrons qui font de la répression syndicale. Nous, ça a été un petit peu différent. C'était directement, ce groupe n’a pas lieu d’exister, ça n’est pas un média. Donc on va dissoudre. Heureusement, on a eu un soutien populaire très important, aussi des camarades des médias indépendants et finalement, cette dissolution n' a jamais eu lieu. Notre projet, c’est avant tout d'être lu. En fait, Nantes Révoltées s’est créée il y a 13 ans maintenant. L’objectif, c'était d’avoir un journal gratuit, partagé gratuitement. C'était l'époque des métros, vous savez, les journaux qu’on distribuait aux arrêts de tramway ou dans le métro. Nous on s’est dit, puisque ces journaux là c’est les torchons publicitaires et qui propagent une propagande clairement réactionnaire, nous on va faire la même chose, et on a fait une cagnotte sur internet, c'était la grande époque des cagnottes, et on va financer notre propre média, notre propre journal gratos, et ça n’a pas fonctionné, on n’as pas eu assez de sous. Et la page Facebook d’Appel Odon est restée, et finalement on s’est dit pourquoi pas diffuser des informations sur Facebook, et puis ça a grossi. Et finalement, on a fait un site internet, on s’est diffusé sur plusieurs médias, on s’est mis à faire des revues papier aussi en 2017, avec toujours le même objectif, c’est d'être lu un maximum, c’est pas de gagner de l’argent, on sait qu’on n’a pas forcément les moyens de combattre Bolloré et les autres par nous-mêmes, mais diffuser comme ça une sorte de contre-propagande, une contre-culture, et en même temps montrer ce qu’ont fait en tant que militants et militantes. Dans nos luttes, raconter nos manifs, raconter, voilà, dégoupiller un petit peu les grenades lancées par le pouvoir, se réapproprier le langage, se réapproprier une histoire des luttes aussi. Donc voilà, nous on s’intègre vraiment dans cette bataille culturelle là et Darmanin, quand il lance la dissolution, bah lui, il l’est dans sa batailles culturelle aussi, c’est-à-dire que notre discours, il va avoir, il va poser problème pour le pouvoir et donc, voilà. Je ne sais pas si t’as vu une autre question.
Oui, très bien, merci. Justement cette bataille culturelle, on va l 'approfondir aussi quand on va parler de Lisbeth Média et un média féministe Breton. Mais d’abord, on va parler de ce plan. Juste une petite parenthèse aussi sur la question de la dissolution. On le voit aussi comme de la répression administrative de l’intimidation qui en fait sort un peu du cadre de la loi. Ça fait des formulations juste faites comme ça. Et qui empêchent d’avancer, on le voit aujourd’hui avec Urgence Palestine, la jeune garde, les Soulèvements de la Terre qui ont été menacés, enfin même pas menacées de dissolution, là il y a vraiment une procédure qui a été mise en œuvre et enfin gagnée par les Soulèvements de La Terre. Donc en fait, ça fait, c’est toujours des stratégies de musèlement. Je vais rebondir là-dessus.
Nous, par principe, on est contre les dissolutions, que ce soit pour Nantes révoltée, pour la Jeanne-Garde, pour Urgence-Palestine, mais y compris pour les groupes d’extrême-droite, en fait. On pense que la dissolution, c’est une mauvaise pratique, tout simplement, que c' est pas comme ça qu’on combattra l’extrême droite et que, en réalité, les procédures répressives, c est un outil dans les mains du pouvoir, principalement pour attaquer l' extrême-gauche. Actuellement sur l'île de Bolloré, la personne qui est chef du gardiennage de l'île de Bolloré,. C’est un type qui était chef des zouaves une organisation dissoute, ça ne l’empêche pas de commettre des exactions, ça ne lui empêche pas de s’en moquer littéralement de son contrôle judiciaire. Et finalement, il n’a pas de problème, il y a une impunité pour l’extrême droite. Donc ce qu’on remarque, c’est que c'était principalement la gauche qui s’organise surtout, qui subit ce type de dissolution. Et je rebondis, tu parlais de législation tout à l’heure, il faudrait des outils législatifs. Il faudrait quand même rappeler qu’historiquement, on en a eu des outils législatifs pour empêcher le contrôle comme ça de la presse, des médias. Il y a des outils législatifs qui peuvent exister, sauf qu’ils se sont obtenus ces outils, les armes à la main. C’est le Conseil national de la résistance dans son programme qui interdisait, c'était plus de 10 % je crois, de capitaux industriels dans les grands titres de presse. Radio, journaux, télévision à l'époque, ce n'était pas encore trop le cas. Ce point-là du CNR, du Conseil National de la Résistance, c’est un des premiers à sauter. Dès les années 60, il y a des modifications de ces lois, il y a des assouplissements jusqu'à la loi de 1986 où finalement le problème ça devient juste la concentration des médias qui va être encore petit à petit assoupli. Nous on pense qu’il faudrait revenir à un système où les médias ne doivent pas être contrôlés par des propriétaires tout simplement. Alors je sais qu’on va aborder la question du financement après, tu en as déjà un petit peu parlé. Mais voilà, le financement indépendant des médias, notamment par les lecteurs et les lectrices, c’est quelque chose qui va être fondamental et qui protégerait aussi en partie de la répression et du contrôle. C’est-à-dire qu'à partir du moment où on est vraiment indépendant, y compris le pouvoir, on n’a pas de prise sur nous. Par exemple, la contre-attaque, nous on vit, on a pas de publicité, on vit seulement de ce qu’on vend sur la boutique et des dons de nos lecteurs lectrices. On est peut-être… Un petit peu particulier, y compris dans le paysage ici, c’est que nous, on n’a pas de récré fiscal. Quand les gens nous font un don, c' est un don total. Ils ne sont pas remboursés par l'État à 66 % dans leurs impôts parce qu’on considère qu' on ne doit rien à l’État si on veut lutter contre. Et même, ce n’est pas seulement les milliardaires, c’est aussi que l' État ne doit pas avoir de prise sur nous. On ne veut pas signer la charte du séparatisme de Darmanin. On refuse que l’État mette son nez dans nos affaires parce qu’on veut être indépendant. Alors ça coûte plus cher pour nos donateurs et donatrices. D’ailleurs, s’il y a des milliardaires dans la salle, n’hésitez pas à nous faire un chèque. Mais au moins ça nous permet de faire ce qu' on veut, quand on veut avec aucun contrôle. Et au final, toutes les procédures répressives qui ont été annoncées sur notre dos n’ont jamais abouti. Il y a la procuratrice
Parce que vous m’entendez ? Oui, vous m’entendez. Là, je m’insurge. Mon cher Diego, le rescrit fiscal n’a absolument rien à voir avec la loi séparatisme et on ne doit absolument rien à l'État quand les dons sont déductibles des impôts. Là, c’est une vue de l’esprit que je ne partage pas du tout. Le rescrit fiscal, justement, c’est un héritage. Du conseil national de la résistance et c’est bien dommage de s’asseoir dessus.
Même si la dissolution a mis un gros coup et ça nous a fait stresser, on ne va pas mentir.
Sylvain, donc toi tu es membre de Splann
Sylvain, bien connu de nos services.
Journaliste d’investigation, tu documentes la réalité de l’agriculture, du secteur agroalimentaire, les positions anti-trust et minières, la destruction du bocage, l’artificialisation des sols, autant de dommages contre lesquels les soulèvements de la terre luttent. C’est un plan. Est-ce qu’on peut dire que ça a été lancé en réponse aux pressions exercées sur les journalistes locaux, notamment en soutien à Inès Léo et Morgane Large, après la BD Les algues vertes ? Est- ce que tu peux nous raconter cet épisode et un peu les conditions d'émergence de ce plan ?
Oui, merci, bonjour à toutes et tous, ravi d'être avec vous. En 2020, on a un déclic qui intervient avec les procédures contre Inès Leraud autrice de la bande dessinée Enquête Al-Guevert, l’histoire interdite, qui a été adaptée au cinéma quelques années plus tard. Une plainte qui concernait la bande-dessinée, déposée par un lobbyiste… Qui contestait ce qui était rapporté à son sujet dans l’ouvrage et également par un propriétaire d’une entreprise grossiste en légumes qui s’appelle Sherry Tell à Guingamp et dont Inès a révélé dans Basta les pratiques illégales en matière de travailleurs détachés vulgaires qui étaient employés dans des conditions illégale mais aussi de trafic de tomates, qui étaient francisées, alors qu’elles étaient importées de l'étranger. Ces plaintes, qui sont en fait des procédures bâillon, visent donc à museler les journalistes en leur mettant des bâtons juridiques dans les roues et en leur faisant dépenser de l’argent, sachant qu'à ce moment-là, Inès travaillait en tant que journaliste rémunérée à la piste. Pas intégrer dans une rédaction avec un média qui peut prendre en charge certaines dépenses et aussi les relations avec les juristes par exemple, mais son travail a été déjà reconnu à ce moment-là depuis plusieurs années, elle a réalisé le journal breton sur France culture, une série d'émissions qui permet de comprendre le fonctionnement du complexe agro-industriel pour beaucoup de bretons. Et donc elle a suscité du soutien de la part d’un collectif d’abord de syndicalistes, de militants environnementaux Et entre journalistes, on se disait qu’il fallait qu’on fasse quelque chose, qu' on réagisse nous aussi Et donc on a publié une lettre ouverte et c’est le point de départ de cette aventure qui s’adresse aux responsables politiques mais en fait à toute la population pour leur dire, on est entravés dans notre travail, on ne peut pas tout dire et surtout ne pas avoir les moyens de le dire, parfois de pousser certaines portes, d’obtenir des réponses de certains interlocuteurs, y compris de l’État bien sûr, et cette lettre ouverte a connu un soutien massif, elle a été signée par le biais d’une pétition par plus de 40 000 personnes en ligne. Et on s’est dit il faut qu’on continue, il se passe quelque chose, on voit que d’une part ce combat nous porte et il y a un soutien du public, des lecteurs. Donc en quelques mois on s’est dit on va fonder un média qu’en imaginait plutôt dans un premier temps comme étant une cellule d’enquête qui publie très ponctuellement en fait des grands dossiers. Et qu’ils soient confiés à des journalistes rémunérés à la pige, mais de façon, en dehors de ce travail d’enquête, tout à fait bénévole. Mais là aussi, on a reçu un soutien par le biais d’une campagne de financement participatif assez remarquable. Et c’est à ce moment-là que Morgan Large, qui est donc une journaliste implantée dans le centre-Bretagne, qui travaille pour Radio Craze Breitz, à ce moment-là c'était à Cindy Codem, maintenant la radio est à Rostrenen, donc on est sur un territoire très rural. Elle suit un déboulonnage de ses roues de voiture dans son domicile, dans la cour de sa maison. En lien très probablement même si l’enquête qui a été conduite par un juge d’instruction ne l’a jamais prouvée par vengeance suite à des propos qu’elle a pu tenir notamment dans un documentaire télé sur France 5 et qui s’intitulait « Bretagne, une terre sacrifiée, sacrifié à l’agro-industrie » et donc elle dénonçait notamment l’arrondissement des piliers industriels. Donc ça, ça intervient et ça s’ajoute et ça confirme que non seulement les difficultés qu’on a connues elles sont parfois judiciaires, elles sont diffuses, mais elles peuvent être très concrètes et aiguës parce qu’il y a parfois un risque pour sa propre vie, on ne pouvait pas forcément l’imaginer, mais en Bretagne. Et on a là aussi soutenu notre camarade, organisé d’ailleurs un rassemblement et puis promis qu’on allait mener des enquêtes qui allaient être les plus indépendantes possible. L’indépendance est toujours relative mais en tout cas indépendant des pouvoirs politiques et économiques et donc ça c'était en 2021, un an plus tard voilà nous voilà en 2025, quasiment cinq ans après le Le déclic dont je parlais tout à l’heure, on a une rédaction, somme toute encore modeste, mais avec des journalistes qui sont maintenant salariés, qui est situé à Guingamp, et on publie trois enquêtes au long cours, plus de nombreuses alertes qu’on ne trouve pas en fait dans les médias régionaux, sachant qu’avec certains, en particulier France 3, on est partenaire de diffusion, avec d’autres noms. Parce que c’est aussi un constat qu’on a fait au lancement de Splann et qui s’est confirmé malheureusement par la suite. On a des médias qui sont là pour maintenir l’ordre, à l'échelle régionale également. Donc on espère que l’arrivée de Splann dans le paysage médiatique breton représente une possibilité de lire des contenus approfondis, fouillés, qu’il ne trouve pas ailleurs.
Merci. Toi, Florent, t’as aussi fait face à une procédure bâillon. Est-ce que tu peux nous raconter rapidement cet épisode avec Anne Lauvergeon ?
Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce soit quelqu’un qui a une maison d'édition ou a un titre de presse, s’il est attaqué pour diffamation, il va passer en cours pénal et en tant que personne. C’est-à-dire que vous êtes mis en examen en tant que personne et plus en tant qu’entreprise. Donc ça, c’est le principe de la procédure bâillon puisque, effectivement, avant de publier un bouquin, on va réfléchir parce qu’on peut risquer effectivement la faillite totale personnelle sur ses biens propres. Et souvent, je ne sais pas, dans une famille, dans un couple, la personne va parler à son conjoint ou conjointe et dire est-ce qu’on prend la décision ensemble puisque sur ses biens propres, ça veut dire que ça va avoir des répercussions. Ça peut être sur les enfants, sur la famille, etc. C’est très bien ficelé pour ça, et donc la Chambre à Paris qui traite des procédures de diffamation à régulièrement comme ça des procédures. Nous on avait publié un livre enquête sur le nucléaire et sur le détournement d’argent. Il y avait avec Areva tout un système pour financer la campagne notamment de Sarkozy. Il y a une enquête en cours d’ailleurs. Qui se poursuit par rapport à ça et donc on avait quelqu’un qui avait vraiment enquêté à l’intérieur chez Areva et on a été donc poursuivi une première fois, premier procès qu’on a gagné et puis après on appelle deuxième procès que nous avons gagné aussi. Il faut savoir que Anne Lauvergeon, elle avait, on sait qu’elle a dépensé entre 70 000 et 100 000 euros d’avocats donc on avait en face de nous un gros cabinet avec cinq avocats. Et moi j’ai pris le parti de me défendre tout seul, parce que comme justement j'étais condamné, enfin condamnée, poursuivi en tant que personne, je me suis dit je vais aller devant le tribunal et les deux fois j’aimais plaider en disant voilà moi je suis fauché, je n’ai pas d’argent, je suis un petit éditeur et en face de moi quelqu’un qui est poursuivi pour évasion fiscale pour je ne sais plus combien de centaines de milliers d’euros. Qui a gagné beaucoup beaucoup d’argent, qui a un gros cabinet avec plein d’avocats et c’est vrai qu'à chaque fois on a gagné. On a gagné pourquoi ? Parce qu’on pouvait montrer le sérieux de l’enquête. C’est-à-dire que la notion par rapport à tous ces livres d’enquêtes, c'était de montrer que ce n’est pas une opinion, c'était un travail sérieux qu' on a fait, documenté, avec des preuves. Après, voilà, c' est la justice qui va décider ou pas. Mais c’est vrai que c' est forcément, pour un éditeur, je pense que Bolloré l’a beaucoup, beaucoup poursuivi d'éditeurs et de livres. On avait publié crépuscule avec Juan Branco, et on s’attendait effectivement à ce que Bolloré nous attaque. Et en fait, il y a eu un changement en 2019, à peu près, où les gens ont compris quand même qu’il y avait ce fameux effet "Streisand", qui est que si vous poursuiviez. Vous donner de la visibilité à l’histoire. Et donc il y a aujourd’hui, heureusement, beaucoup de gens qui hésitent à nous poursuivre parce que ça fait une caisse de résonance et le choix qu’a fait Bolloré et les autres, c’est plutôt de nous invisibiliser. Donc on sort aujourd’hui des bouquins avec des enquêtes complètement incroyables, avec des sources d’informations, etc. Mais le problème, c’est que les gens ne sont pas au courant. C’est ça le problème aujourd’hui de cette répression. Elle est plus sur ce terrain que sur un terrain judiciaire. Mais bon. La menace existe quand même et c’est vrai que moi, heureusement, je n’ai aucun bien propre. C’est le gros avantage, je le dis toujours, mais c’est la première des libertés, d’avoir juste un découvert. Moi, je ne suis propriétaire de rien, je n’ai même pas de voiture, on ne peut rien saisir. La seule chose qu’on pourrait saisir, c'était mes dettes et donc ça, j’en ferai un grand cadeau volontaire.
Merci pour ce conseil, Florent. C’est émancipateur. On voit, du coup, dans les stratégies de l’Empire Bolloré et des forces réactionnaires, qu’on va avoir à la fois les menaces de dissolution, les licenciements, les intimidations, les procédures bayons et que ça demande d'être solide sur les enquêtes qui sont faites. Que ce soit des enquêtes militantes, des enquêtes journalistiques avec des personnes qui ont éprouvé le métier, que ça demande aussi d’avoir une forte camaraderie à gauche en tout cas. Donc là on a un peu planté le décor, plus que planté, l’idée là c’est il nous reste un peu plus d’une demi-heure puis on passera aux questions. L’idée c’est d’ouvrir une perspective de riposte idéologique, on l’a déjà vu avec Spline, avec Contre-Attaque, avec les éditions, avec Massot Éditions. L' idée c'était comment on peut construire un contre-pouvoir culturel et narratif face à la domination des médias, notamment par rapport à l’extrême droite. Sur quels ancrages, sur quels fondements on peut élaborer un contre-discours ? Est-ce que ça va être un fondement antiraciste, écologiste, féministe, un ancrage local, un ancrage au niveau de la classe, sur la lutte des classes ? En fait, voilà, là où j’aimerais vous emmener, c’est sur qu’ils ancrage on peut développer un contre-narratif avec quel format, quel format on utilise, parce que là on a parlé de la presse, et il y a aussi la question des réseaux sociaux, quel format qu’on peut utiliser sur les réseaux, pour toucher un public large, et comment, enfin comment ? Est-ce que déjà, on peut avoir un agenda qui est différent de celui de l’extrême-droite ? Est- ce qu’on peut avoir notre propre agenda ? Est- ce qu’on peut avoir élaboré nos propres récits et pas juste être en réaction ? Et pour répondre à cet ensemble de questions, on va commencer par Sarah. Donc Sarah Andres, merci d'être là. T’as sur la rédaction du média, enfin tu es rédactrice en chef du média Lisbeth depuis sa création en 2020. En 2024, le Média s’est étoffé d’un comité éditorial, dont on composait une dizaine de membres, dont la majorité sont journalistes, mais pas qu’eux, il me semble. Vous êtes implanté dans diverses régions, même en Belgique, et les membres qui composent ce comité militent dans diverses organisations, et donc ça serait précieux que tu puisses nous parler de ça. Et aussi de la ligne éditoriale, donc la ligne est un positionnement assumé féministe intersectionnel J’aimerais aussi que tu puisses nous parler du du nom du média, pourquoi avoir choisi comme nom Lisbeth Médias, voilà un peu l’histoire de ce média, pour quoi tu as choisi de le fonder la ligne éditoriale
Merci, merci déjà aux Soulèvements de la Terre et à l’invitation. Alors concernant Lisbeth, donc c’est effectivement un média que j’ai lancé toute seule en 2020 qui était toute simple à la base. Moi c'était parti d’un parcours assez personnel en fait. C’est-à-dire que je suis une meuf bi, je l’ai grandi en Bretagne, j'étais dans un milieu prolo. Mes parents ont arrêté l'école à 16 ans, je suis la seule à faire des études universitaires dans ma famille. Et du coup je trouvais qu’il n’y avait pas de récit qui me ressemblait en fait dans les médias et c'était important pour moi de créer quelque chose. Mais en 2020, je ne pensais pas que j’allais parcourir autant de chemins et créer un média tel qu’il existe aujourd’hui. C'était vraiment une somme de news-letters et je me suis dit, bon, je vais intervertir des initiatives un peu à droite, à gauche en France, les mettre en avant et puis voir un peu si ça prend, si il y a une communauté qui se crée, etc. Et le truc a assez pris assez vite et alors c’est un média de niche, c’est-à-dire que ce n’est pas grand public mais ça n’a pas vraiment volonté à l'être non plus. Mais il y a quand même une communauté assez solide qui s’est créée autour de Lisbeth assez vite. Ça, j’en suis assez contente. Les Newsletters, depuis le début, ont des taux d’ouverture très très bons. Elles sont toutes ouvertes, à plus de 50 %, autour de 50 %. Le nom, tu m’as parlé du nom. Alors, à la base, pour l’anecdote, en 2019, j’avais dans l’idée, du coup, de lancer cette Newsletter. Et je pensais l’appeler Némésis. Voilà donc le Lisbeth, le média des luttes des territoires et des voies qui a failli s’appeler Némésis. Oui, alors on va peut-être parler de fémonationalisme après. Du coup, fin 2019, je reçois plein de textos et de mails en me disant Sarah, est-ce que tu as dû passer ça ? Et donc du coup, elles ont fait leur action en novembre. Je crois que c'était pour le 25 novembre, je ne sais plus, à Paris, où en fait c’est un groupe fémonationaliste. Donc le fémonationalisme, c' est quoi ? Elle a été définie par la chercheuse Sarah Erfaris. En fait, l’instrumentalisation des questions des droits des femmes par des groupes nationalistes à des fins idéologiques, racistes et xénophobes. Et donc Némésis c’est le parfait exemple, Alice Cordier, etc. On en a encore parlé le 8 mars, elles ont essayé de s’imposer à la Manif à Paris, elles ont été heureusement repoussées. Mais du coup j’ai changé le nom, heureusement parce qu’en fait il est pourri comme nom. Et du coup je l’ai appelé Elizabeth parce que nous sommes en direct de Quimperlé, millénium de Stieg Larsson. Stieg Larson qui était donc un auteur communiste, féministe. Qui est morte il y a pas mal d’années maintenant. Et donc la saga Millénium, si vous n’avez pas lu les bouquins, vous avez la flemme, je comprends. Si vous voulez regarder une adaptation de mon film, pas celle avec le mec qui joue James Bond là, l’autre, parce que c’est vraiment nul. Bref, mais du coup, elle est beaucoup plus proche des livres, celle avec Numeri Pass, mais du tout, moi c'était un personnage qui m’a touchée, j'étais un peu amoureuse d’elle parce qu elle a vraiment un parcours hyper marqué par le patriarcat en fait, que ce soit avec la violence familiale, la violence judiciaire, les violences psychiatriques, la violence institutionnelle au sens large. Et du coup, je me suis dit, ben voilà, je vais la préparer en fait. Parce que du coup oui, voilà, moi quand je rédigeais mes tout premiers newsletter chez moi, en fait j’avais en tête comme personne qui allait me lire. Un peu une lectrice type, et dans ma tête, c'était ma mère, parce que ça, c’est un peu émouvant. Moi, j’ai subi des violences en centre familial quand j'étais jeune, quand j'étais enfant, et ma mère aussi, et en fait, ma mère ça a toujours été un peu une gauchiste qui s’ignorait, mais en fait elle n’a pas vécu pour elle pendant plus de vingt ans, pendant près de trente ans, elle n’a pas la vécue pour elle, et quand elle a fini par sortir de ça, J’avais envie de créer un média qui lui parle, elle n’a pas fait d'étude, elle n’a pas du tout gravé dans les milieux militants, elle avait pas les codes, elle avait le vocabulaire et je voulais écrire des choses qui lui parlent et qui soient à sa portée. Et du coup les premières nouvelles latérales je les ai écrites en ayant ça en tête. Voilà, désolé ça un peu.
Voilà, et je sais plus c'était quoi d’autres questions. Je vais y aller, en fait déjà, merci Sarah de partager tout ça. L’intime est politique, vraiment, c’est important. Et justement, je trouve qu’en termes de, on parlait de contre-narratif et justement de ne pas être uniquement dans la réaction au discours d’extrême droite et repartir de la matérialité des vies, repartir du quotidien, repartir des récits intimes qui soit émancipateur et là clairement ce dont tu parles, le chemin de Lisbeth Média l’inspiration par rapport au parcours de ta mère c’est comme ça aussi qu’on peut lutter contre le fascisme parce que justement c'était que nous le fasciste étant tellement fondamentalement masculiniste après l’extrême droite n’a pas l’apanage du masculinisme on peut le voir aussi à gauche c’est un sujet nous l’oublions pas et donc est-ce que tu peux raconter comment qu’est ce que c' est de qu' est ce que ça de porter un média féministe en Bretagne Est-ce que tu peux raconter un peu ce parcours et aussi peut-être la difficulté à se faire une place, ou pas ? En tout cas, comment faire sa place avec un positionnement tel, à gauche, face à l’extrême droite ? Ouais, merci.
C’est vrai que porter un média seul, c’est super chaud. Maintenant, moi, je suis motivée. Mais ça n’a pas vocation, je n’ai pas vocation à rester seule dessus. Tu l’as évoquée. Du coup en fait en 2023 on a réussi à avoir la bourse pour les entreprises de presse émergente alors du coup c’est l’un des biens de la culture mais tant qu’on peut choper leur thune moi je dis allons-y et du coup ça a permis de refaire tout le site web la charte graphique et j’ai commencé à me payer un peu et depuis octobre 2024 on a un comité éditorial bénévole composé de journalistes un peu partout en France la plupart sont membres de la JAR l’Association des journalistes antiracistes et racisées à l’asso des journalistes LGBT, prenons la une, mais aussi des militants militants. Et la difficulté, il y avait beaucoup de choses à dire, mais je dirais qu’en Bretagne, il y a un milieu militant qui est tellement riche et tellement diversifié que c’est très facile de trouver du relais, je trouve. Maintenant c’est David contre Goliath quoi, enfin moi je suis toute seule à porter mon truc avec une petit bras depuis plusieurs années et en fait même pour avoir je trouve de l'écho et pour réussir à se faire entendre au sein de nos communautés, de médias indépendants et tout à ce sujet je me permets juste de dire, alors moi j’ai trouvé beaucoup de solidarité, il y a plein de médias hyper chouettes Alice Bette est adhérente du SPP et le syndicat de la presse pas pareil depuis quelques mois aussi Maintenant quand on est une meuf assez jeune, moi quand j’allais lancer j’avais moins de 30 ans et qu’on est toute seule à le représenter, des fois on nous prend un peu pour un jambon, et du coup c’est juste pour dire que même dans nos milieux, très chouette, il y a quand même des billets à déconstruire toujours. Voilà, je pose juste ça là. J’ai oublié la question du coup
Oui la question c’est, tu étais en train d’y répondre, comment se faire une place justement quand on a un positionnement féministe face au fascisme, les invisibilisations ou comment on ferait sa place mais aussi dans les milieux de gauche.
Tu réponds totalement à la question. C’est ça, c’est s’appuyer vraiment sur tous les collectifs et toutes les raisons militantes qui existent. Moi je suis militante depuis plus de 15 ans, depuis mon adolescence, donc c'était se faire porter aussi par ces milieux-là et avoir de l’entraide. Oui, l' entraide c' est important quoi.
Euh, Diego, toi à contre-attaque.
Je suis un peu d’accord avec toi, ça part un peu dans tous les sens et puis ça manque un peu de contradiction et de friction. Ce n’est pas nécessairement être dans une contre-argumentation par l’extrême-droite, comment nous, à gauche, on peut avoir dévoilé…
Est-ce que vous travaillez dessus à contre-attaque ?
Pour nous, ce qui compte, c’est le faire, en fait. On est un média qui considère que l’information n’est pas… C’est l’objectif, l’information, c’est le moyen. Et le moyen pour faire des trucs émancipateurs, pour tout le monde. C’est ça qu’on entend par porter-les-luttes. Dans nos articles, c’est se réapproprier par la pensée des concepts, se réapproprier des histoires. Mais c’est aussi se réapproprier des rues, enfin nos environnements. C’est pour ça qu’on travaille aussi sur l’urbanisme par exemple. On essaye de se réapproprier nos modes de pensée. Et puis c' est une contre-attaque à la fois informationnelle, médiatique, c’est aussi une contre attaque culturelle, artistique. Donc on propose aussi des fresques, des banderoles. Là, on a une table où on a posé des banderoles en manifestation. On essaye de faire rêver les gens. D’avoir de développer un imaginaire qui donne envie de rejoindre les luttes, qui donne envi de s’y activer, de prendre part à ce qu’on essaye de faire. Donc c’est pas seulement l’information, dire il s’est passé telle ou telle chose, voilà ce qui est bien, ce qui est mal, c’est rejoignez nous dans telles luttes. Là j’en profite, on a parlé de ce terrain tout à l’heure, ça serait pas mal de rejoindre les manifestations contre les bienvenues du bien commun à Nantes, c’est le 5 juin. Il y en a actuellement dans un peu toutes les villes, ça a commencé à Tours. Voilà, ces contre-attaques évidemment seront présentes là-bas. C’est y prendre part et faire rêver, proposer des argumentaires pour structurer cette lutte-là, proposer des stratégies aussi quand il y a eu une forte inflation en 2023. On a fait quelques articles sur l’histoire des auto-réductions par exemple, sur les supermarchés, voilà qu’est-ce qui pourrait arriver si les gens décidaient de s’attaquer aux supermarchés ? Comment est-ce qu’on pourrait bloquer ? Et l’objectif c’est de proposer des idées, pas seulement de réflexion, mais aussi des pistes d’action. Après nous on décide de rien, c'était les gens qui s’en emparent ou pas. D’ailleurs les gens s' en n'étaient pas trop emparé sur Nantes, on trouvait ça dommage, mais bon tant pis. On lance des pistes et puis parfois les gens s’en emparent et ça fonctionne. Par exemple, nous on est un des rares médias, en tout cas du côté de l’extrême gauche, à avoir dit dès le début, les gilets jaunes, bon oui, il peut y avoir plein de critiques, et oui en effet c’est assez confus et tout ça, mais il faut y aller quand même, parce qu’il peut y voir des idées intéressantes, des pistes intéressantes. Et l’histoire clairement nous donne raison, parce que quelques semaines après, la France était en ébullition. Alors même si ça restait confus et critiquable, il y a plein de problèmes aussi au sein des gilets jaunes, mais les gens ils étaient dans le fer, ils construisaient des cabanes au milieu des ronds-points, ils se rencontraient. Et c'était un mouvement qui était porteur, enfin qu’on voyait un imaginaire de rêve. On a eu des instants géniaux avec les gilet jaunes. Et j’espère qu' on y a au moins contribué, on a mis une petite pièce dans cette machine pour inciter des gens à se dire, ah non mais c’est un truc d’extrême droite là sur CNews. Ils n’arrêtent pas d’en parler, ils font monter la sauce, ben oui mais non parce qu’il y a peut-être que c’est news en parle mais nous aussi on trouve que ça peut être porteur d’espoir éventuellement si on arrive à en faire quelque chose donc voilà, nous on est plutôt dans le faire et dans l’inciter à faire et je pense que c’est ça la riposte, c’est pas seulement la pensée, c’est vraiment l’action et les deux ils doivent s’articuler ensemble et pour ça qu’on est un peu le média charnière Je pense que dans tout ça, ce n’est pas seulement l’information, c’est aussi être au milieu, être participant au milieu des luttes et contribuer concrètement.
Justement, dans le faire, toi, Florent, t’as été le premier éditeur à publier Virginie Despentes, qui a ensuite été édité par le groupe Bolloré, mais elle est en train de créer sa propre maison d'édition, a priori. T’as aussi oublié, par exemple, la dessinatrice Emma.
Ah non, alors c’est pas tout à fait exact, elle a d’abord été publiée par Grasset, qui n’appartenait pas à Bolloré et qui appartient à Bolloré depuis deux ans.
Du média indépendant Mister mondialisation, pour lequel je travaille, est-ce que tu peux nous dire justement comment tu choisis les sujets, comment tu choisis les autorités avec qui tu travailles, comment tu participes à ce contre-narratif ou cette bataille culturelle, cet imaginaire à créer à gauche, à consolider ?
Alors moi je me suis lancé dans l'édition, j’avais 17 ans et en fait j’ai envie de rencontrer les gens qui font l'époque. Mais un peu de toutes les strates, toutes les corporations, tous les métiers, tous les modes de vie, les grands témoins en fait. Et donc je ne suis pas, il y a beaucoup d'éditeurs indépendants qui sont plutôt en sciences sociales et moi j’en ai plutôt pris le parti de faire parler des témoins, donc de faire un travail sociologique à travers l'édition. Donc, ça a donné, par exemple, le premier témoignage d’un triangle rose. Pour moi, il n’y avait jamais eu de témoignage sur la déportation des homosexuels dans les camps, et c'était hyper important. Voilà, ça, c’est typique du livre où il y a un avant, un après. C’est-à-dire que même si on n’en vend pas beaucoup, à un moment donné, c’est repris. Et puis, ça donnait une viralité. Permis ensuite à une reconnaissance officielle de la France de la déportation homosexuelle. Et donc ça c’est le genre de choses que j’aime bien publier. La légitimité de l’histoire, c' est tout sauf les clichés.
Casper, c’est les copains de Levons-les-Voiles, c’est une opération, il y a des Soulèvements de la Terre, il y a Déborder Bolloré et vous voyez les bateaux que vous voyez en haut, c’est les bateau qui sont en route pour qu’ils font cap sur l'île de Bolloré. Il faut croiser des informations, faire un travail de recherche.
Et nous ont demandé si on était partant pour diffuser en direct, et bien évidemment.
Si on prend certaines précautions, voilà, cet ancrage dans la matière, dans le livre, qui est un objet dans lequel on va pouvoir graver cette mémoire. Donc ça c’est le travail principal que je fais, d’essayer un instant T, d’avoir cet instantané de l'époque. Donc effectivement Virginie Despentes représentait en 94, j’ai publié Baisse-moi en 94. Donc elle était refusée par toutes les maisons d'édition. Il faut savoir ce qui est assez fou, c’est qu’il n’y avait quasiment aucune femme qui était publiée sauf quand elles étaient dans un carcan de livres historiques ou dans des choses très très classiques mais des romans d’autofiction, des témoignages personnels je crois qu' il y avait juste Alina Reyes qui avait fait quelque chose donc Virginie est la deuxième et c'était incroyable de se dire qu’aujourd’hui bon voilà ça a ouvert quand même la porte à pas mal Ce sont des éditeurs indépendants qui peuvent créer ces espaces, ouvrir des brèches.
N.C.Nouvelle nous dit qu’il est, ou qu’elle est, je ne sais pas, je suis sur place, malheureusement la météo n’est pas très favorable, pas mal de petits navires ont dû annuler. N’hésite pas à nous donner d’autres nouvelles.
Il ne faut pas s’installer, théoriser avec des auteurs, c’est vrai, je dis toujours, mon but c'était pas de devenir l'éditeur de Virginie Despentes toute ma vie en fait, donc d'être le premier, d’ouvrir cet espace complémentaire aux autres, voilà, je pense que ce premier petit pas. Et donc par rapport à l’imaginaire, nous aujourd’hui, on passe beaucoup par la bande dessinée, tu parlais des algues vertes là, donc on va faire une bande dessinée sur les bouts rouges. Moi je suis basé dans les Bouches-du-Rhône et donc c’est un des grands scandales autour des calanques et des Bouches-du-Rhône sur le déversement des boues rouges aluminium dans le parc naturel des calanques. Et là on fait une bande dessinée, on utilise vraiment la beauté de l’atrocité dans l’esthétique. C’est-à-dire qu’on voit des couleurs, on voit des choses complètement qui peuvent être fascinantes et on passe par la bande dessinée parce qu' on se dit que la même chose, livre enquête sur les bouts rouges toucherait pas le même public. Et là en plus il y a un aspect direct, tu rentres en librairie, tu vois sur une table ou même sur un compte Insta, un extrait et tu sais tout de suite si t’as envie d’aller plus loin.Parce qu’en plus on n’a pas beaucoup de temps, on est vraiment dans la merde, donc je pense qu’on est tous conscients de ça. Et donc on n’a pas 10 ans pour faire découvrir des bouquins ou des histoires. Donc il faut aller vite, il faut être efficace. Et la bande dessinée est un bon moyen pour ça.
On va inviter les gens de “déborder Bolloré” début juin, le bouquin sort le 6 juin.
C’est un bouquin de fantaisie, donc on essaie de sortir un peu de l'époque mais tout en traitant vraiment les problématiques de l'époque. Donc la fiction nous permet de créer aussi des nouveaux imaginaires, d’essayer de rêver à des nouveaux fonctionnements de société qu’on va retrouver dans ces fictions.
On va arriver sur la fin de cette table ronde, il reste 10 minutes et après on passera aux questions. Caroline, toi tu as été évincée de Paris Match il y a 2 ans. Comment tu te reconstruis après cette éviction ? Qu’est-ce que tu mets en place justement dans ta nouvelle vie ? Est-ce-que tu rejoins les rangs de la gauche ?
Alors ce que Florent Massot ne dit pas, je le connais bien Florent, ce que Florent ne dit pas c’est qu’il a eu aussi parmi ses associés des gens avec qui ça s’est très mal passé.
Un monde s'écroule, moi j’avais mon quotidien qui était à match, reportage j’adorais ça, et mais en même temps c’est assez salutaire parce que j’ai réalisé…
C’est-à-dire que même chez les indés, il n’y a pas de du bon ?
À jongler entre tout et que jamais j’avais le temps de réfléchir. Donc, j’ai eu la chance de faire ce Dictionnaire Amoureux du Journalisme, qui était un cri d’alerte dépassé à sa sortie, malheureusement. Bref, qui était vraiment… Je voulais alerter sur les dangers. C’est un film dont elle parle qui nous menaçait. Et puis, pareil, j’ai repris en parallèle mes études. Je fais un Master 2 en adaptation au changement climatique. Et donc, maintenant, je suis intégrée à un labo de recherche. D’ailleurs, on sera à Nantes. Pour un colloque sur les sciences dans la tourmente, parce qu’il n’y a pas que les médias qui soient, c’est du 10 ou 12 juin. Et dans ce labo de recherche, je réfléchis beaucoup à comment créer des récits performatifs qui poussent à l’action, parce que j’ai aussi fait malheureusement le constat de l'échec de mon métier, à alerter sur ce qui se passait, l’extrême droite, le changement climatique, etc. En plus, c'était quand même toujours les mêmes personnes en face. Et donc, j’ai réfléchi. Maintenant je réfléchis là-dessus, alors je suis au chômage, je gagne pas ma vie, mon chômages s’arrête fin novembre et je ne sais pas ce que je ferai après mais je sais que je ne reviendrai plus jamais dans un média comme celui pour lequel j’ai travaillé même si je pense qu’il ne faut absolument pas les abandonner parce que malheureusement, enfin malheureusement parce que eux ils ont quand même du public, ils ont les lecteurs et qu' il faut créer des liens avec cette presse-là qu' Il faut ne pas les regarder de haut, qu' y a des gens qui font un boulot extraordinaire dedans Mais je pense que oui, je vais changer, j’espère assez radicalement, ma façon de vivre, en allégeant aussi, en ayant moins de charge, etc. Et en essayant de réfléchir à comment faire face à ce qui se profile.
Donc on est en direct de Quimperlé, c’est les copains de Levons Les Voiles qui font ça avec en partenariat les soulèvements de la Terre.
On est là toute la journée. La raison pour laquelle on fait confiance, enfin on croit quelque chose, on adhère à ce qu’on nous dit, c’est parce qu' on a confiance. Et nous aujourd’hui en plus de l’invisibilisation, en plus la violence, on est désormais assez décrédibilisé. Il y a vraiment un grand mouvement islamo-gauchiste, écoterroriste. Pour saper toute la confiance que pourrait avoir le public vis-à-vis de nous. Et ça encore, c’est un autre piège de cette fachosphère emmené par Bolloré, de nous décrédibiliser en nous mettant des étiquettes qui sont considérées négativement. Et du coup, il y a une rupture de confiance et c’est ça aussi qu’il faut essayer de regagner. Et je pense que vous, ce que vous faites en créant des territoires, dans le faire, c' est hyper important, mais c’est aussi quelque chose sur lequel il faut réfléchir, comment réussir sans tomber dans un autre piège de Bolloré et de la fachosphère, comment le réussir. À ce que notre parole soit crédible en dehors des cercles militants.
Sylvain, Splann, c’est surtout des enquêtes, des investigations. Est-ce que vous voulez développer aussi du contre-narratif ? Tu parlais de la BD, Florent. Est- ce qu’il y a cette idée à Splann ou est-ce-que vous explorez ces pistes-là de contre-narratif ?
En tout cas de contre-agenda, parce que tu parlais d’agenda et l’agenda politique que ça soit à l'échelle nationale ou à l'échelle locale, c’est-à-dire les rendez-vous qui vont être fixés par les élus, les instances, les institutions, et déterminent la grande majorité des sujets, des reportages qui sont proposés. Donc après on a les aléas, typiquement les inondations, des choses comme ça, ça complète mais dans un, aujourd’hui dans ce paysage médiatique, les journalistes sont plutôt à la remorque plutôt qu’en force de proposition et nous on souhaite au contraire être l’anti agenda, c’est peut-être la définition de l’enquête en quelque sorte. Puisque les gros dossiers d’enquête ont forcément des liens avec la vie contemporaine mais ils sont décidés déjà parfois six mois voire un an avant leur publication. Parfois ils entrent en résonance avec des luttes, ça a été le cas sur la mine d’Imerys de Glomel puisque la publication de cette enquête a coïncidé avec une manifestation qui se déroulait à Glomel, c'était au mois de novembre dernier, forcément les collectifs, les associations déjà établies des fois des citoyens plus isolés se saisissent de nos enquêtes et ça va même parfois déboucher sur la création de groupes locaux, d’actions revendicatrices et je trouve que c’est la promesse aussi éditoriale de ce plan en fait. C’est-à-dire qu’on n’est pas un média qui se veut surplombant. Non, en fait, on souhaite provoquer des changements en matière de défense, protection de l’environnement, de la biodiversité, de la santé, en fait aussi des populations, comme c’est le cas par exemple sur Saint-Nazaire, où on a publié une dossier d’enquête sur les industries polluantes de l’estuaire de la Loire. Et c’est pour ça aussi qu’on participe à pas mal de rencontres quand on est invité par ces collectifs, ces associations locales pour expliquer un peu les coulisses de l’enquête, puis parfois aller plus loin, parce qu' on ne peut pas tout dire, tout écrire, ne serait-ce que pour des questions de, parfois, de compréhension à l'écrit, même si les dossiers sont assez riches déjà. Donc c' est aussi peut-être une forme de contre-récit, en tout cas on souhaite occuper l’espace public et par ailleurs, sur les médias, comment faire, comment riposter. Nous, on croit aussi à la force du collectif à l'échelle plus inter, déjà on est un collectif. De base, on est une association, je ne l’ai pas précisé, mais parmi nous, on a beaucoup de personnes qui interviennent à titre totalement bénévoles. On a un comité éditorial aussi et il est totalement bénévole. Et on participe à des collectifs de médias, de médias indépendants. On essaye notamment, on a eu les états généraux de la presse indépendante de l’an passé, le collectif structure, une COP qui s’est créé, la COP des médias qui souhaitent, à partir des expériences déjà vécues dans d’autres secteurs de l'économie sociale et solidaire, mettre en réseau ces petites structures. Pour avoir des actions en commune et peser aussi sur le débat public. Donc on a acheté des parts sociales très concrètement, vu que c’est une COP. Pour l’instant, on n’y a pas contribué, mais on pense que c’est une bonne direction pour que déjà ça essaie aussi à l'échelle nationale qu’on ait d’autres médias d’enquête régionaux, ou pas seulement d' enquête, nous c' est le genre journalistique qu' on défend, mais en tout cas qu’il y ait une presse locale qui soit bien visible également. C’est un gros enjeu, la visibilité, nous on souhaite toucher le plus de lectrices et de lecteurs possibles, pas être dans un milieu militant, on souhaita toucher le plus grand nombre, avec quel moyen ? Avec justement le ressort qu’on peut avoir, c'était la force là aussi des électrices et des lecteurs du collectif qui peuvent partager, faire connaître, le bouche à oreille. On a imprimé des livrets qui sont disponibles aujourd’hui dans quasiment 30 librairies indépendantes de Bretagne. Ça permet de les faire circuler. Je veux dire qu’on ne gagne pas d’argent sur la vente des livres très concrètement. Mais on essaye de multiplier les initiatives pour rendre nos sujets d’enquête visibles. Faire bouger les choses récemment sur les mines. J’ai l’impression que dans le Sud-Bretagne, ça bouge pas mal en ce moment autour des projets miniers qui sont déposés par Breitz Ressources, qui est une multinationale basée au Canada et qui a son argent aux Bermudes. Et si on peut contribuer aussi à apporter des éléments le plus précis possible aux personnes qui s’interrogent sur ces questions, on aura considéré qu’on aura fait une partie de notre travail.
Merci, il est midi, donc on arrive à la fin de cette table ronde ou en tout cas pour les échanges là, les questions-réponses. Merci à tous et toutes. Là on a dû du coup, la stratégie de Bolloré Les forces réactionnaires qui l’accompagnent, les menaces, les intimidations. On a vu aussi comment on peut essayer de contribuer à un contre-pouvoir narratif en termes d’agenda, comment l’ancrage des luttes sociales, des luttes féministes peuvent être un contre pouvoir essentiel, et pas simplement face à l’extrême droite, mais aussi dans les milieux de gauche. C’est le temps des questions. Je sais qu’il fallait finir à m’aider, mais comme la technique, je me permets, a eu un peu de retard, on va se laisser un peu de temps pour les questions-réponses, même si c’est pas retransmis. Tant pis, hein ! C’est transmis, c' est super, on adore ! Voilà, on peut se laisser souffler là.
On sera de retour à 13h30-14h pour la deuxième table ronde au fur et à mesure de l’empire colonial de Bolloré Donc je vous rappelle, on est en direct de Quimperlé, au village antifasciste, qui a été monté par en partie les soulèvements de la terre et d’autres collectifs.
Est-ce que vous avez eu le temps de réfléchir à des questions ? N’hésitez pas à lever la main.
Ouais, là-bas, mais tu le vois pas du tout.
Levez la de façon bien visible.
Ce que je trouve étrange c’est que les gens sont très très loin de la scène, c' est bizarre, c' est bizarre. Donc 150 navires étaient attendus, semble-t-il à cause du mauvais temps, il y a un peu moins de bateaux
Vous avez pris comme exemple quelquefois Instagram, Facebook.On voit actuellement aussi une fascisation de ces médias sociaux détenus par des multimilliardaires qui voient Bolloré de très haut. Qu’est-ce que vous pensez de ces média sociaux qui me semblent être responsables On parle de Cnews, il y a eu Elon Musk aussi
Merci pour la question. Est-ce que Caroline et Sarah, vous avez envie de dire quelque chose par rapport à ça ?
Merci pour la question. Nous en tout cas à Lisbeth on n’est pas sur beaucoup de réseaux sociaux, beaucoup parce que c’est beaucoup de moi qui gère et que ça me fait chier de ouf, mais le principal réseau social sur lequel on est c'était Instagram, parce qu’en fait on s’est mis là dessus à la base, effectivement il y a une grosse partie du trafic de notre site qui vient de là, pas que mais en partie, du coup c’est vrai qu’on a en fait une dépendance vis-à-vis de ce type de réseau. Depuis quelque temps, il y a de plus en plus de cross-posts qui se font avec plein de comptes gauchos. Donc ça, c’est assez intéressant. On essaie de développer ça le plus possible pour gagner en visibilité et se donner un peu de solidarité entre nous aussi. La question va peut-être se poser après d’aller sur d’autres types de réseaux sociaux, mais moi je ne connais pas très bien Mastodon, tout ça, je ne sais pas, j’imagine qu’il y a aussi d’autres enjeux là-dessus. Mais du coup, nous, l’intérêt, c’est de vraiment, en tout cas, on essaie de développer parce que c’est notre principal moteur, enfin notre principal canal de communication. Et en fait on arrive directement dans la boîte-mêle des gens et en fait on est beaucoup plus indépendants à ce niveau-là et puis ensuite de passer aussi par d’autres moyens pour se faire connaître mais pour le moment Instagram on aurait du mal à s’en passer. Je sais pas trop si ça répond à la question mais c'était un peu en discussion mais pour l’instant on reste dessus quoi. Par contre on n’a jamais voulu aller sur Twitter, même quand c'était encore Twitter.
Bonjour, c’est une vaste question en fait, est-ce qu’il faut abandonner ou pas ces espaces-là qui sont des espaces grands publics. Moi à titre privé, je n’y suis jamais allée, j’ai aucun compte sur les réseaux sociaux, j'étais un tout petit peu sur Twitter, mais plus comme fil d’actu, mais c'était comme les mass-médias, est ce qu' il faut arrêter ? Voilà, donc moi je crois que non, je crois…
Voilà, j’ai transmis quelques messages de votre part, on va voir si la régie peut les balancer.
Nous, à Contre attaque forcément on est concerné parce qu’on est un média qui s’est créé sur les réseaux sociaux et on y est encore beaucoup. En fait, on est très dépendant des réseaux sociaux et surtout des algorithmes. Quand on pose la question des réseaux, c’est surtout les algorithmes qui sont derrière et qui visualisent ou non. T’as beaucoup parlé de l’invisibilisation, ça y participe. Nous, sur Facebook, on a été restreints pendant très longtemps, notamment après le G7 à Biarritz. On n'était pas la seule page, il y avait Cerveaux non disponibles, il avait l île insurgé aussi, plusieurs médias comme ça locaux et alternatifs un peu à l’arrache sur les réseaux sociaux qui risquent justement de faire monter la sauce sur la lutte contre le G7, ont été subitement restreintes et d’un seul coup on est passé de 100 000 vues par jour à 1000, quelque chose comme ça, j’ai pas les chiffres en tête, mais l’effondrement a été total et c’est revenu très très lentement. Même chose sur Twitter, on était très très invisibilisé, on avait 80 000 abonnés avant de quitter Twitter. Et chaque tweet était vu en fait 3000 fois, donc nos abonnés ne voyaient même pas nos tweets. Alors ceux qui ne sont pas abonnés à nous, c'était encore pire. Et ça pose un vrai problème dans la structure de nos médias parce que l’objectif de contre-attaque, c’est de parler à un maximum de monde possible et de ne pas être dans un entre-soi militant. On essaye de vulgariser et de diffuser au maximum les idées. Ça veut dire que si on fait face à des algorithmes capitalistes qui ne sont pas nos alliés, très clairement, on est un peu dénudé. Pour ça, on a une présence quand même sur Mastodon, qui est un réseau social pour le coup alternatif avec des algorithmes camarades. Mais il n’y a pas suffisamment de gens, de contributeurs qui participent, pas encore en tout cas, j’espère que ça viendra. Et je pense qu’un maximum de médias, et en particulier les médias indépendants, devraient se mettre sur ce type de réseau, ne serait-ce que pour alimenter les algorithmes. C’est une des raisons qui fait qu’on est parti de Twitter. Ce n’est pas tant que ça changeait quelque chose, en réalité sur notre site la fréquentation n’a quasiment pas baissé. Les gens qui nous suivaient déjà sur Twitter passent juste sur d’autres réseaux. On est toujours aussi élu, même si on est parti. Par contre, ça a arrêté d’alimenter le fil Twitter et on estime, il y a eu du débat y compris dans le contre-attaque, mais on estimes que si de plus en plus de médias, de plus en plus, de personnalités lâchent ce type d’espace quand il n’y a pas d' alternative, enfin quand il y à des alternatives au contraire, ça permettra de idéalement ces algorithmes-là et donc de laisser finalement l’extrême droite-sol et elle la cloisonner dans un entre-soi. Quand nous, on aura des espaces où on pourra proposer du contenu plus varié et donc parler à un maximum de monde possible. Or, c’est un doux rêve et c’en est encore loin d'être accompli, mais on pense qu’on peut aussi avoir notre rôle à jouer là-dedans.
J’insisterai sur les info-lettres, les newsletters, comme chez Lisbeth Media, chez Splann, on a développé une newsletter qui est notre canal de communication, d’information préférée avec notre lectorat, la communauté qui s’est créée, mais il faut toucher plus largement. On a une logique d’impact qui est clairement assumée, on a quitté X..on n’est pas sur Tik Tok, on est sur Mastodon mais c’est vrai que pour l’instant il y a beaucoup d'écho quand on parle parce que la pièce n’est pas très remplie mais on est très dépendant effectivement des algos donc le conseil et celui que vous pouvez donner autour de vous c’est de s’abonner puisque c' est plus difficile de contrôler les les boîtes mails en fait pour le moment donc c’est le petit conseil.
Une question qui était similaire, mais je vais pousser un peu plus loin, c’est le rôle de YouTube et des médias numériques dans la diffusion de nos idées et notamment des plateformes de diffusion qu’on utilise. Et donc ça vous a répondu un peu à cette question là du coup par contre c’est son rôle ans tout ça, des partis politiques, comment ils vont pouvoir nous défendre et rendre fin, créer de l’indépendance des médias et des plateformes par les partis politiques aussi, comment on peut essayer de travailler avec ça quoi.
En fait, je crois qu’il faut faire un travail de lobbying. Il y a beaucoup d’associations qui se sont créées. Je pense notamment à l’Observatoire des atteintes à la liberté de la presse, à Art. 54, qui est fondé par les anciens du JDD, parce qu’on ne peut rien attendre du politique. Ils ne feront rien, ce n’est pas dans le débat public.
Je vous rappelle que nous sommes sur Peertube en ce qui nous concerne.
Silence assourdissant qu’il y a eu autour de ces questions, même au moment du JDD. Et un responsable de gauche m’avait dit, mais en fait, le problème c’est que nous on ne veut pas intervenir dans ce débat-là parce que d’abord vous avez une mauvaise image, vous les journalistes, donc on ne veut pas être trop associés avec vous, mais en plus on a tout à y perdre parce que si moi j’interviens là-dedans, je prends position, je ne serai plus invité sur Europe, je n’irai plus, j’aurais des papiers que négatifs dans le JDD, etc. Donc on n’a pas d’autres solutions, comme d’habitude, de créer du collectif. D’adhérer dans toutes ces associations qui sont créées et qui font un boulot incroyable et d’essayer de ce que font là celles que je viens de citer et tant d’autres de faire du lobbying auprès des politiques et pour essayer d’obtenir des changements législatifs mais voilà mais c’est un très très long combat parce que pour l’instant le politique semble quand même avoir intérêt à ce que on puisse pas avoir des médias libres et indépendants Je rappelle que 25 % des journaux gagnent de l’argent, enfin de leur entrée financière, au moins c’est des aides de l'État qui ne sont assorties d’aucune contrainte. Moi l’année où j'étais licenciée, Lagardère recevait 2 millions d’euros d’aide à la presse, en dehors des aires à la distribution, etc. Sont gratos, comme ça. Et tout ça, ça devrait évidemment être assorti d’un respect de l’indépendance, de la déontologie, des SDJ. Pour l’instant, c’est un peu open bar. Donc là, il y a une grosse lutte à mener et que la presse indépendante mène et pas que. Donc voilà, c’est ça que j’avais à dire, je sais pas.Mais objectivement c’est moins l'État qui n’a pas intérêt aux médias indépendants que le bon peuple, le bon peuple ne se tourne pas non plus vers les médias indépendants, il faut quand même, voilà, ce n’est pas que la faute des autres.
Les syndicats font un travail de très longue date, d’ailleurs historiquement sur beaucoup de lois en France de la protection de la liberté de la presse. Ce travail c'était de faire du plaidoyer vis-à-vis du grand public, mais évidemment d’une action de lobbying aussi. C'était dans le contexte des États généraux, des médias. De l’information lancée par Macron, qui se tenait encore il y a un an et qui n’a débouché sur évidemment rien du tout, surtout on avait des grosses craintes que ça puisse encore nous enlever des droits parce qu’il en reste quelques uns qui protègent la profession et qui permettent à des petits journaux de subsister, donc c’est Il y a un bon travail qui avait été fait, si ça vous intéresse vous pouvez aller voir sur le site du Fonds pour une presse libre tout l’argumentaire qui a été déployé y compris sur la question de la distribution des aides à la presse il y avait des contre-modèles qui étaient tout à fait intéressants et possibles à mettre en pratique.
Merci pour vos réponses. Florent, tu voulais dire quelque chose, on passe à la question suivante ?
Je voulais parler de l’importance du papier, quand même, du livre papier, parce que le jour où les réseaux sociaux seront contrôlés, nous on a quand même la possibilité et on travaille à cette idée d’autonomie en cas de grosses difficultés, de censure, d’avoir nos propres machines à imprimer pour pouvoir faire nos bouquins et les distribuer, que ce soit des tracts, des revues ou le livre. Il a encore cette importance aujourd’hui.
1000 fois d' accord avec Florent malheureusement là aussi chute libre du lectorat ces derniers mois, mais une vraie chute libre.
Je réponds à la question. Une citation d’un philosophe connu qui s’appelle Cyril Hanouna Lorsqu’il insulte Louis Boyard, Cyril Hanouna dit les choses très clairement : on ne mord pas la main qui nous nourrit et je pense que ça veut absolument tout dire. Les médias ont du mal à mordre la main qui les nourrit, c’est-à -dire celles des milliardaires par exemple ou les aides gouvernementales. Les partis dans le même ordre d’idée vont avoir du mal, à mordre la main, qui les nuit en visibilité. Donc il faut rien attendre d’eux à moins qu’ils n’y soient contraints et forcés par des mouvements sociaux, par une demande populaire forte. Donc je pense que les partis politiques peuvent y penser, mais n’ont absolument pas les moyens à l’heure actuelle d’imposer quoi que ce soit à la presse. Je ne sais même pas si ça serait souhaitable, enfin d’imposer une nouvelle structure législative à la Presse, parce qu’il n’a pas de mouvement populaire fort, derrière il n' y a pas de demandes populaires.
Merci. Ouais, là on va vous partager des questions qui ont été posées par des internautes sur le live du Média Au poste, le Média de David Dufresne, et ensuite on reprendra une ou deux questions dans la salle, mais uniquement des personnes sexisées, donc des personnes qui se reconnaissent comme queer ou les 967. Je vous remercie. Oui, je me fais relai de trois questions qui ont été sélectionnées sur le tchat d’Auposte. La première est adressée à Florent et la question c’est « Peut-il nous dire par qui les livres qui sont édités chez toi sont distribués ? » Avec une sous-question qui est « Est-ce qu'être édité chez un éditeur indépendant, ça signifie d’accepter que nos livres ne soient pas visibles partout autant qu’on le voudrait ? » Et les deux autres questions, c'était une question concernant l' ARCOM. Faut-il réformer l’Arcom ? Pour avoir un Bolloré, moins nocif et une dernière question qui pose la question, est-ce que la multiplication des médias indépendants est-il la bonne stratégie avec en peu en sous-texte la difficulté de financer un gros nombre d’acteurs différents ?
Pour répondre, pour notre maison d'édition, on est distribué et diffusé par Interforum aujourd’hui. Inter Forums appartient à Krestinsky et on est en train de réfléchir à mettre en place un système de diffusion-distribution indépendant parce qu’on voit bien qu’avec la tension, on ne va plus pouvoir passer par ces distributeurs à terme et donc il faut vraiment créer notre propre autonomie. Moi j’ai eu un peu toutes les formes. Un moment donné j'étais auto diffusé donc j’allais moi-même avec mon vélo dans les librairies le problème c’est que quand vous avez un succès la logistique devient infernale en fait et donc j' ai fait des burnouts à cause de ça donc on est obligé de passer par des distributeurs mais c' est vrai que c’est à nous de la distribution c' est vraiment la logistique qui livre avec les camions partout en France la diffusion c' est plus les commerciaux qui vont visiter les libraires et faire connaître vos livres pour que les livres les commandent. La diffusion est plus facile à maîtriser, mais la distribution, c’est vraiment une question de logistique. Il faut qu’on arrive à un nombre, il y a déjà des distributeurs indépendants qui commencent à se mettre en place, mais il faut qu' on arrive à nombre suffisamment fort pour se distribuer de manière autonome, parce que nous-mêmes, effectivement, on est dépendant de ces grands groupes.
Merci. Est-ce que pour les autres questions et peut-être qu’on fait un intervenant par question maximum puisque le temps passe.
Oui c’est là où nous sommes.
J’ai été désignée pour répondre sur l' ARCOM, mais bien sûr qu’il faudrait réformer l’Arcom. On a vu que ça marchait mal, CNews existe toujours et ça pose un problème parce que des gens mettent de l’argent pour acheter un journal d’extrême droite, ils payent, mais là on zappe sur la télé et on tombe sur une chaîne d’externe droite qui est sur un canal qui appartient à l'État. Donc là, très clairement, il y a quelque chose qui s’est mal passé. Donc oui, le réformé, après je ne suis pas du tout spécialiste de ça, mais oui, c’est quelque chose, je ne sais pas, voilà.
Ça sera exploré peut-être dans un autre temps, non ?
Sur la troisième question, en fait, c’est un peu est-ce qu’il y a trop de syndicats, trop de partis politiques, mais je dirais que les médias indés, ça ne se divise pas, ça s’additionne ou ça se multiplie aussi parce qu’on peut faire des collaborations. Et de toute façon, en ce qui concerne l’expérience de Splann elle ne peut être menée que par un collectif, actuellement on est à peu près 30. On ne peut pas imaginer cette initiative dans un cadre beaucoup plus gros. On a besoin d'être proche de notre territoire. Je dis ça par rapport à la démocratie interne, aux questions de proximité, de relations interpersonnelles. Pour nous, c’est très important. Et je pense que la… La bonne voie, c’est d’avoir de nombreux médias de ce type qui quadrillent le territoire.
On va bientôt clore les échanges, je prends encore des questions de personnes qui se reconnaissent comme queer ou 9-6-hétéro.
Alors moi, j’ai une question par rapport à l’IA, parce que j’avais eu une conversation avec des potes l’autre jour et il y en avait un qui avait dit qu’il avait vu une vidéo d’IA qui était tellement réaliste qu’après ça, toutes les autres vidéos qu’ils regardaient, ils s’en doutaient si c'était vrai ou si c'était généré artificiellement. Du coup on est un peu arrivé à la conclusion que finalement on est devenu tellement technologisé qu’on redevient un peu analphabète dans le sens où on peut plus croire ce qu' on voit avec ses propres yeux sauf si on est vraiment sur place et on le voit vraiment, on est témoin mais si c’est sur internet on peut pas le croire et comment est-ce qu’avec les médias on peut lutter contre ça s’il n’y a vraiment plus du tout ? De vérité sauf si on le voit
Merci pour cette question et avant de répondre, en fait le live se termine là, donc on va remercier les, je remercie les intervenants, intervenants de voilà, qui ont été diffusés dans le live, les médias qui ont suivi, sachant que les transmissions continueront sûrement cet après-midi avec une table à 13h30 et à 16h, mais je ne souviens plus des thématiques et ça va être super, donc n’hésitez pas à venir. Et n’hésitez pas à répondre à la question qui a été posée.
Alors 13h30, l’enfer colonial de Bolloré s’enracine ses opposants. À 16h, lutter contre l’extrême droite au quotidien. Et ensuite, on ira à Paris. 19H30 Guerre à la guerre, opération extérieure et coopération militaire. 20H30 guerre à la Guerre France, complice du crime. 21H, guerre à La Guerre, ennemie de l’intérieur. On est en direct toute la journée, quasiment. Enfin, pas toute la journée, parce que les tableaux rondes sont entrecoupés évidemment de moments calmes, là j’ai demandé à la régie s’ils ne pouvaient pas nous mettre les bateaux en grand, ça serait génial, ce que vous avez vu sur ce chapiteau c’est en haut, mais ça serait super qu’on puisse la voir.
Pour truquer l’information, mais pour des pures raisons économiques, c’est que ça fait gagner du temps, et le temps c' est de l’argent.
Après 13h30 nous serons avec Lola Keraron, journaliste de la revue Silence, avec Mariamah Ktah et Arthur Baron de l’association Survie qui lutte contre le colonialisme français.
Quelle est la confiance qu’on place dans les médias. Et je pense que l’indépendance du média, c’est la première des garanties en réalité d’une information non biaisée. Je vois par exemple la dissolution de contre-attaques, pour parler du cas précis, ça a été annoncé juste après une manifestation anti-fasciste à Nantes qui avait pété la vitrine d’un Zara. C’est très certainement pas la manifestation la plus violente qu' on ait vue à Nantes. De la casse qu’on a déjà eu et qu’il y en a eu après. Mais là, ça a été l’occasion de dissoudre contre-attaque parce que visiblement on faisait partie des organisateurs avec des syndicats, un tas d’organisations, mais c'était C'était notre faute, ils cherchaient un truc.
A16 heures, lutter contre l’extrême droite au quotidien avec Erwan Chartier, journaliste et spécialiste de l’Extrême-Droite en Bretagne, le Planning Familial, la Ligue des Droits de l’Homme, le collectif Vigilance Inter-Syndicale Antifasciste et le média auto partisan L’Orient La Combative.
Il y avait eu une vitrine pétée avec deux slogans pour libérer les ouïghours, et puis basta, on passe à autre chose, la manif continue en fait, mais le lecteur de Ouest France qui ouvre son journal se dit, oh là là, les sauvages antifascistes ont tenté d’incendier un Zara, il n’y a aucune confiance à mettre entre les mains de Ouest France, qui tire ces informations directement du commissariat, donc au final, est-ce entre le lecteur, la société, le monde militant, et le journal est rompu, très clairement. À grande échelle, des images plus longues sont beaucoup plus fascinantes.
Savino qui nous parle sur le tchat YouTube merci à vous d’exister merci à vous tous là tout cumulé on est 500.
c’est ce qu’on fait avec les personnes qu’il y a aujourd’hui entre les mains elles sont pas plus malhonnêtes qu’avant c' est juste que leur malhonnêteté fait plus de ravages peut être< ;
Merci pour cette réponse. On ne va plus prendre de questions parce que le temps passe trop et qu’on s’approche de la prochaine table ronde alors avant peut-être une ou deux. C’est des questions live ou c’est les questions de la salle ? Les questions de sa salle avant donc de prendre une ou 2 dernières questions, avec toujours la même condition que je vous ai posée tout à l’heure. Peut-être, c'était quoi vos dernières actualités ? Et ensuite on se quittera avec des questions, et toi aussi dans ton parcours de journaliste, as-tu des choses à nous partager ? Voilà, un peu la pression du coup.
Il y aura Lola Keraron, la revue Silence, qui sera parmi les intervenantes. Elle a signé le dernier article qui est paru sur notre site sur les violences sexistes et sexuelles au Cameroun. Sur les femmes et la façon dont les femmes s’organisent au Cameroun parmi les riveraines et dans les plantations Socfin détenues par Bolloré à 40 %. Voilà, donc ça va lire sur notre site. Le mois prochain, on lance notre première vraie campagne de dons aussi. Si vous voulez nous aider à nous payer un barnum, allez-y, abonnez-vous à la newsletter et faites des dons et allez découvrir. Et puis je fais un petit teasing, mais je ne sais pas si je devrais, il y a potentiellement, parce que tu parlais du papier, et donc il y à le projet de faire un mag-papier Lisbeth sur les initiatives féministes intersectionnelles de Bretagne d’hier et d’aujourd’hui. C’est en cours, ça vient tout juste de se lancer, on ne sait pas encore trop, pour 2026 peut-être, mais on en aura besoin…
Merci à celui qui a lu Bolloré, marionnettiste d’un monde fasciste. Donc ce sont des bateaux, normalement il y en avait 150 qui étaient prévus, qui partaient ce matin de Quimperlé
Ça s’appelle Déborder Bolloré avec 130 maisons d'édition en coédition donc c’est un premier événement éditorial ne s’est du jamais vu
Ça sort le 5 juin
Et voilà, on est une vingtaine d’auteurs, des libraires, des éditeurs.
Donc là il y a des bateaux qui vont sur l'île de Bolloré, voilà, c’est une manifestation maritime.
Et donc c’est un livre qui sort le 6 juin, en librairie, vous pouvez déjà l’acheter chez Divergence, pour ceux qui sont à Quimperlé. Première et ensuite juste le prochain livre que je vais sortir sera sur Hiroshima donc ça sera l’anniversaire de cette atrocité créée par par l'être humain avec un livre de Charles Pellegrino qui est qui est un scénariste et qui raconte seconde par seconde ce que c’est que l’atrocité du nucléaire voilà donc ça c' est le prochain que nous sortons
Alors du côté de Contre-attaque, nous on va avoir une actualité militante, j’en ai parlé tout à l’heure contre Stérin le 5 juin, avec les Nuits du bien commun et comment financer des associations à travers des réseaux réactionnaires. Je vous invite, je ne vais pas épiloguer, mais je vous invite à vous renseigner sur Pierre-Edouard Stérin qui est un autre milliardaire que Bolloré, qui est moins riche mais qui n’est pas forcément plus gentil. Sinon évidemment il va y avoir l’actualité des antimilitaristes avec la coalition guerre à la guerre qui va se réunir au Bourget au mois de juin.
Et ce soir Au poste.
Donc je vous invite là encore à vous renseigner et à venir au Bourget
Ce soir, Au poste, un autre chapiteau, le cirque électrique à Paris.
C’est Important parce que la militarisation va de pair aussi avec la fascisation de la société et puis du côté média on a plein de projets peut-être trop donc je sais pas encore ce qui va sortir en premier mais ça fait un moment qu’on a pas sorti de revue donc ça serait bien que ça sorte il ya des carnets artistiques qui devraient être publiés bientôt un camarade qui publie des carnet une fois tous les dimanches des carnets artistiques sur l’actualité des luttes. Et puis possiblement aussi un podcast, ou en tout cas une sorte d'émission de radio où on ne sait pas encore trop quelle forme ça va prendre, mais on réfléchit aussi à des nouveaux formats pour raconter les luttes d’hier, d’aujourd’hui, à Nantes et ailleurs.
Moi, je n’ai pas vraiment d’actualité, je finis un stage pour mon master autour d’une tournée.
Pourquoi ces médias demande le tchat ?Tout le monde ne peut pas être invité, puis c’est bien que la parole tourne, que ce ne soient pas toujours les mêmes. Et là, les organisateurs ont fait un point d’honneur et ils ont eu raison d’inviter des médias bretons, locaux, Splann par Sylvain, Lisbeth et puis Contre attaque. Non, non, c' est cool, c' est cool que la parole tourne.
On a publié il y a quelques semaines, très récemment, une enquête au sujet des violences, y compris sexuelles, commises dans un établissement catholique qui se trouve à Saint-Pol-de-Léon, qui s’appelle le Le Kreisker. Donc des révélations qui vont amener ou qui vont renforcer un collectif là aussi qui se crée, je pense qu' on va suivre ce dossier qui nous éloigne pour une fois de l’agro-industrie, mais on y reviendra. Et puis, sur une note beaucoup plus festive, vous êtes toutes et tous conviés le 28 juin à Châteaulin, aux ruines Arpens, où on va fêter nos 5 ans avec des tables rondes. Sarah sera présente. Ines Leraud, Morgan Large entre autres, des amis de Splann et puis ça se terminera par un Fest Noz concert Donc voilà, le 28 juin, on se donne rendez-vous aussi
Si ça vous intéresse, Sterin, on a fait deux live sur ces "non auditions".
Nous sommes ici depuis 9h30, ça fait trois heures donc lutter ceux-ci, prendre soin de nous, des intervenants, de vous, de moi. Donc je propose qu’on en reste là. Si vous avez envie de continuer à échanger, peut-être que je peux inviter les personnes à venir vous voir et je vous remercie énormément pour votre attention.
Eh c’est génial l’opération là !
Pour les personnes il y a des toilettes sèches, pour les personnes qui font du soin émotionnel, et pour nos camarades qui sont sur la plage, dans la flottille. Et je vous souhaite une très bonne après-midi. Merci à toutes.
