En Iran : le Soulèvement. En France : les librairies attaquées par l’extrême-droite
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Amis du café, amis de la police, amis des libertés, bonjour, bienvenue sur France Déter. C’est l’heure, 7h04, debout les déters au menu de ce lundi nos invitées, deux femmes : en quelques mois une dizaine de librairies indépendantes ont été attaquées partout en France. Les acteurs du Livre Indépendant attribuent ces violences à l’extrême droite. Avec nous pour en parler Clémence R. qui s’occupe de la branche Métiers du Livres du Syndicat Sud Solidaire dans la branche culture. En fait il y a la branche culture et dans la branche culture il y a la branche Métiers du Livre. Clémence sera avec nous à 7h30.A 8h30, l’anthropologue Makaremi Chowra, que nous connaissons bien ici parce que nous l’avions déjà invitée il y a deux ans, viendra nous dresser le bilan provisoire, le bilan humain, l apolitique du nouveau soulèvement révolutionnaire en Iran. On lui doit le remarquable livre « Femmes, vie, liberté » écho d’un soulèvement révolutionnaire en Iran, c'était en 2023. Sans oublier la météo des luttes, sans oublier notre revue de presse Antifa, les convocations de la semaine, Radiopolice, la revue presse de la maison Poulaga, et aujourd’hui le Marine Le Pen Quiz offert aux abonnés de Mediapart dont nous sommes grâce à vos dons. Nous ferons ce quiz à un moment donné ou à un autre dans cette matinale.Comment ça va ici, ici-bas ? Bonjour Supermugeman, Bonjour Euryale, Bonjour La Belle Hélène, Bonjour Kaoof, Bonjour Groland, Bonjour Zalo, Bonjour Éternel Fugace À nous deux, Trump ! T’es où, Trump ? Où te caches-tu, Trump, tu dors toi ? Chaque lundi matin Au poste, tente de remettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages, des oiseaux, des luttes, explore le passé, trille le présent. C’est en direct, c’est fait maison, préparer le café, j’espère que tout le monde va bien et que tout le monde est prêt.Nous allons commencer par la petite revue de presse. Alors, où est-ce qu’elle est, la petite revue de presse ? Aujourd’hui, petit tour de ce que la presse amis camarades, parfois un peu moins, mais toujours intéressante, nous donne. On va commencer par Frustration, la violence sociale des conversations ordinaires. Il est paru il y a quelques jours sur le site Frustration. Il y a également une interview de Fleur Breteau. Vous savez, c'était cette dame atteinte d’un cancer qui avait été à la tête de la pétition contre la loi Duplomb et elle est interviewée. Elle sort un ouvrage dans peu de temps, nous attendons l’ouvrage.Les Jours, ah là là, les Jours, ils ne sont pas sympas les Jours avec Bolloré. CNews, la chaîne bénie des vieux, l’audience de la chaîne Info a considérablement vieilli, relève Les Jours. Une tendance concomitante de sa radicalisation à l’extrême droite. Nous sommes normalement abonnés, voilà, je vous donne rapidement le truc. C’est la bonne nouvelle du jour, les fachos vieillissent. Très bien, donc là c’est les chiffres qui sont donnés, c'était les chiffres officiels, mais attendez, là je vais vous donner, voilà. Alors, en 2025, les plus de 60 ans représentent 68 % de l’audience de la chaîne. 68 % contre 17 % pour les 50-59, 10 % pour 35-49, 4 % pour 15-34 ans et 1 % pour 4-14 ans. C’est une bonne nouvelle. Les annonceurs aiment bien les vieux, parce que les vieux ont un pouvoir d’achat. Ils vieillissent mais pas encore, hors d'état de nuire, nous dit Éternel Fugace. Alors il y a une chose qui est étonnante, c’est que moi j’avais toujours lu que l'électorat français moyen, quand il vieillit, il ne vote pas à fachos, il ne vote pas extrême droite, il voterait plutôt à droite. Bon, alors effectivement comme aujourd’hui la droite se mue dans l’extrême droite ça devient un peu compliqué mais ce serait intéressant de superposer. L’audience de CNews et les votes électoraux sur la classe d'âge uniquement. Ça, c’est donc la une de les Jours.StreetPress revient sur la condamnation à sept ans ferme, on en parlera tout à l’heure dans Radiopolice, du policier qui a tué Aboubacar Fofana en juillet 2018 à Nantes, policier condamné à sept ans ferme.Le portail des médias indépendants, on a toujours le même problème pour nous les matinaux du lundi, c’est que le portail de médias-indépendant, eh bien, il se met en congé le week-end. Donc ce que je vous montre là, c' est ce qui est sorti vendredi. Mais du lundi au vendredi, le portail des médias se met à jour. Je ne saurais que vous conseiller d’aller le voir. C’est donc une sélection des meilleurs articles parus en France, en Europe et dans le monde du côté de la presse indépendante. Merci beaucoup le Séditieux pour ton petit message dans le tchat.Alors Reporterre, l’avenir du Groenland, symbole du capitalisme, du désastre, c’est la une de reporter quotidien des médias de l'écologie. La ruée des États-Unis sur le Groenland incarne le stade avancé du capitaliste où s’affranchit du droit et de l’humanité, la quête des ressources, l’appât du gain et le techno-fascisme attise la catastrophe écologiste. C’est la une de Reporterre. France Info dossier ukrainien, présence de Donald Trump et d’Emmanuel Macron. À quoi faut-il s’attendre lors du forum économique de Davos ? De nombreux dossiers brûlants. J’adore cette expression. Des dossiers « brûlants » seront en discussion. Il n’y a pas que les dossiers qui brûlent. La planète aussi, chère amie de France Info.Oxfam dénonce dans un rapport, c’est le deuxième titre de manchette de France Info aujourd’hui, la fortune des milliardaires a atteint en 2025 son plus haut niveau historique. Libération sur le Groenland, Donald Trump et la doctrine de la force brute. Mediapart, Frères musulmans, le plan secret des émirats pour influencer le débat public. Dans une note interne que révèle Mediapart, la diplomatie des émirats arabes détaille un plan d’action destiné à renforcer l’activisme de la France contre les Frères musulmans. L'Élysée, le Parlement, des médias et plusieurs chercheurs sont identifiés comme les relais d’une vaste opération aux frontières de l’ingérence. C’est à lire chez les copains de Mediapart.On parlera de plusieurs articles de Mediapart au cours de cette matinale de France Déter. L’Humanité : municipales 2026 risque de basculement des villes vertes, jeu dangereux de LFI. Tout comprendre au piège de la désunion de la gauche, c’est la une de l’Humanité. Les partis progressistes espèrent s’appuyer sur leur politique locale pour démontrer leur capacité incarnée d’alternative au néolibéralisme et à l’extrême-droite. Mais les divisions entretenues par le PS et par LFI pourraient conduire à de sévères échecs électoraux. J’ai dit, David, pardon, c'était Davos en Suisse. Le Monde, titre sur le déraillement en Espagne de deux trains, 21 morts.Et ce matin j’ai lu ce papier absolument passionnant sur Trump. L’isolement des États-Unis prête à la guerre commerciale avec l’Europe pour obtenir le Groenland. Et en fait, ce qu’on apprend au détour de cet article, c’est que la base Maga,les copains de Trump les Trumpy Boys et les Trumpy Girls, ils ne sont pas d’accord avec Trump. Ils commencent à trouver que ça chauffe trop. Ils sont 70 % chez les Républicains et plus de 80 % chez le peuple américain sondés à être opposés à ces conneries, notamment au Groenland. Et il y a une décision de justice qui est attendue par rapport aux surtaxes douanières qui pourraient empêcher M. Trump-Donald de faire joujou avec les pourcentages.Et indiscrétion de Trump, je vous dis tout ça de mémoire, il aurait dit à ses camarades de jeu, ceux qui ont le doigt sur la couture, nous sommes fichus. Voilà, si la décision de justice passait. On sent quand même que ça commence à se réveiller sévère aux États-Unis, notamment à Minneapolis. On essaiera d’en parler tout à l’heure. Ça c'était donc la une du monde, on a fait à peu près le tour de la situation et aujourd’hui je ne vais pas sur le compte BlueSky des des Graffiti, qu’on a l’habitude de visiter le Radical Graffiti compte Blue Sky, non aujourd’hui je vais aller sur le compte BlueSkye de la bonne amie Mathilde Larrère près du commissariat du 20e arrondissement où El Hacen Diarra est mort en garde à vue. Voici une photo prise par Mathilde Larrère hier lors du rassemblement qui a vu à peu près 300, 400 personnes, en tout cas plusieurs centaines de personnes protester contre la mort en garde à vue d’El Hacen Diarra on en parlera tout à l’heure dans Radiopolice.Mais voyons, mais voyons alors la météo, la météo, demandez la météo, vous voulez la météo, voici la météo, il fait chaud aujourd’hui, puisqu’il fera 5 degrés à Amiens dans la journée, enfin dans la matinée 7 à Paris, 9 à Rennes, 10 à Bordeaux, 10 a Toulouse, 13 à Marseille, 14 à Ajaccio, Belfort, 4 degrés, Strasbourg, 1, Metz, 1. Reims-cinq. Pixel, je pense que ça ne sert à rien de répéter les mêmes choses dans le chat. Nous ferons la météo du tchat tout à l’heure, mon cher Ronan. À tout-à-l’heure pour la météo du tchat. Voici donc à peu près la carte de la météo, les prévisions de cet après-midi. Et bien, vous voyez sur le quart comme on dit, nord est, et bien, un petit peu de soleil avec un petit peu de nuages, le reste, le reste il pleut. Voilà,à gauche, à gauche il pleut. À droite, à droite il y a des nuages.Voici la météo des oiseaux, tous les petits oiseaux qui chantent, dont le chant est capté en Europe, qui vous est offerte par le système libre et distribué BirdNet, qui permet à n’importe qui d’installer un système de détection basé sur la reconnaissance des chants des oiseaux. Mais alors je ne sais pas pourquoi, vous n' entendez pas le chant des oiseaux. Donc le principe c’est qu’il y a des capteurs disséminés partout en Europe, vous pouvez en mettre chez vous, qui reconnaissent les chants des oiseaux et qui les identifient sur une carte. C’est absolument magnifique ! Bonjour Optimistik ! Voici donc maintenant la météo, la météo des luttes. Attendez, je vais chercher ça. Et voilà type 1 que la machine se met à se lancer au moment même où la carte apparaît bonjour, c’est la météo des luttes. Météo des lutte que vous ne trouverez nulle part ailleurs que sur France Déter et auposte.media Alors Lille le 16, le 16 janvier, c’est-à-dire aujourd’hui. Apéro de la résistance à l’agression publicitaire, tu peux plus encadrer la pub, viens discuter avec les membres des groupes résistance et agression publicitaires de Lille métropole et préparer les prochaines actions, notamment visiblement le 7 et 8, prochaines action contre la pub automobile, prochaine action contre la pub sexiste, c’est disponible sur Paris, le 30 janvier, présentation du livre « Nous ne sommes rien, soyons toutes » qui est le prochain ouvrage de la camarade Ludivine Bantigny. Depuis la Révolution Française, les femmes n’ont cessé de lutter pour l'émancipation et pour la liberté. Elles parlent, écrivent, manifestent, chantent, résistent et s’engagent pour leurs droits, l'égalité et la justice. Elles sont ouvrières, domestiques, esclaves affranchies, journalistes, ménagères, artistes. Elles descendent dans la rue, battent le pavé à la porte des usines et rédigent les tracts, distribuent les manifestes, mènent des actions insolites. Elles transmettent le flambeau de génération en génération. Histoire incarnée dans les luttes féminines et féministes, socialistes et politiques que Ludivine Bantigny narre dans son nouveau livre. "Nous ne sommes rien, soyons toutes". Présentation à la fin du mois de son bouquin. Ça se passera à Paris à la librairie du monde libertaire chez Publico Je pense que ça lui vaudrait une petite convocation.Ranik nous cite Olympe de Gouge dans le tchat : « Si nous pouvions monter sur l'échafaud, nous pourrions monter à la tribune. » Du côté de Bure je vous l’annonce pour la deuxième ou troisième fois, parce que ça semble assez important, il faut se préparer. Ça se passera les 14 et 15 mars, week-end anti-répression. Les informations sont à retrouver sur burebure.info.Je rappelle que tous les liens seront donnés par Euryale après l'émission sur le site auposte.fr qui est notre site, notre média. Nous ne sommes pas une chaîne Twitch, nous ne sommes pas une chaîne YouTube. Twitch et YouTube sont simplement des modes de distribution pour nous, mais nous sommes avant tout un média en tant que tel, à part entière, avec un site propre, au poste.fr, avec nos propres serveurs, notre propre autonomie, et vos dons, et vos dons, qui nous permettent de vous préparer ces émissions, et d'être là depuis, le mois prochain, ça fera 5 ans.Donc à Bure, week-end anti-répressions, 14 et 15 mars, je vous rappelle qu'à Bure dans la Meuse, il y a ce projet d’enfouissement de déchets nucléaires et une répression quasi sans limite qui s’abat sur les militants anti-nucléaires. Week-end anti répression, 14, 15 mars. Il y a des dortoirs qui sont prévus, il y a des cantines solidaires. Donc voilà, si ça vous dit de préparer votre un week-end de mars, vous pouvez aller par là-bas.Bourg en Bresse 19 janvier, alors attendez, hop, pour une cuisine publique bio et gratuite dans les écoles, attendez je regarde, je regarde ce qu’il se passe par rapport à nos invités.Notre première invitée devrait arriver d’un instant à l’autre. Alors, Bourg-en-Bresse, le 19 janvier pour une cuisine publique, des repas bio et gratuits dans toutes les écoles, les paysans et les paysannes de la Confédération paysanne du Cher appellent les candidats aux prochaines élections municipales à s’engager à la création d’une cuisine centrale approvisionnée par une agriculture locale. C’est donc une réunion publique tout à l’heure à 10h.Clermont-Ferrand, demain, nuit du militantisme, cinéma et débat. Alors là, je suis un peu emmerdé parce que cette nuit du militantisme a été proposée dans le Discord et un grand merci à ceux qui me permettent de préparer cette météo des luttes en me donnant quelques liens. Donc, j’ai dit, ouais, super, très bien, j’ai vu une nuit du militantisme, Clermont-Ferrand mardi 20, 20 heures et en fait il se trouve qu’il y a deux documentaires dont un bien connu de nos services puisqu’il s’agit de « Un pays qui se tient sage ». Mais avant il y a la fiction mais qui est largement documentaire, 120 battements par minute réalisé par Robin Campillo un film de 2017 qui dépeignait avec vraiment avec brio, les années Act-Up, enfin les années 90 d’Act-Up et donc c’est à Clermont-Ferrand. Désolé pour autopromotion, c’est à Clermont-Ferrand, c’est demain et merci infiniment à Hans pour cette petite recommandation.On continue, on accélère, mon petit bonhomme, à Bordeaux : Libérez, libérez-vous. Comment, comment, comment faire un site libre et pas cher ? C’est une réunion qui a lieu à Bordeaux, mercredi, à 20h. Bon, il est encore 7h28, donc il y a encore un petit peu de temps pour notre invitée de 7h30.Alors, ensuite à Toulouse collecte solidaire et cantine avec Wazy What.Soirée de soutien Boituzat, lundi 19 janvier, tout à l’heure, 18h22, à La Chapelle, à Toulouse collecte solidaire, tombola solidaire c’est à voir, donc tombola solidaire pour notamment Utopia à Toulouse. A Narbonne, repas solidaire pour le collectif Accueil migrants. C’est le 25, dimanche, c’est à midi, ça se passe à Narbonne. Les bénévoles et les bénéficiaires du collectif préparent pour nos papilles un repas au bénéfice du collectif accueil migrants de Narbonne,chorba et feuilletés végétariennes à 8 euros, chorba à 10 euros, dessert au choix, 2 euros la part,donc, à Narbonne, repas solidaire collectif, accueil des migrants.Enfin, dernier rendez-vous, merci à Pimiko, rendez-vous Place Sébastopol le 23 à 18h pour se rencontrer et se compter contre l’extrême droite, Bars Info, mobilisation contre l’extrême droite pour soutenir les personnes menacées. Place Sébastopol à Marseille le 23 à 18h.À Paris, j’ai également le 28 janvier 2026 à 19h une conférence à la Flèche d’or, logiciel espion, un marché industriel France-Israël, conférence sur la surveillance numérique et les outils pour s’en protéger, c’est à la Flèche d’or, petite garde, la petite ceinture le 28 janvier à 19h,Je vois que notre invitée est arrivée. Je crois qu’elle nous entend, parce que quand j’ai dit notre invitée est arrivée, elle a souri. Donc à mon avis, déjà techniquement, on devrait être pas mal. Oui, même un pouce en l’air. Très bien, très bien. Je crois qu’on peut y aller.On va rejoindre Clémence R. de la branche métiers du livre de Sud solidaire. Mais d’abord, un petit jingle pour la saluer.Alors, alors je cherche, impeccable, merci, voilà. Est-ce que vous m’entendez ? Merci beaucoup Clémence, merci d’avoir été aussi rapide puisque j’ai contacté le syndicat hier à midi et à midi 30 c'était calé, ça c’est de l’efficacité.
Oui, il faut dire qu’en ce moment on est aux taquets, c’est un peu le moment effectivement, on sort de la conférence de presse, il y a pas mal d’actualités sur les librairies en France actuellement, donc on essaie d'être très actives et de communiquer un peu partout.
Alors avant de parler de ce qui se passe, des menaces, du harcèlement, de saccages de rayon, de bruit de vitrine, de jet de peinture, dans différentes librairies indépendantes partout en France par des nervis d’extrême droite, il faudrait quand même qu’on présente non pas Sud-Solidaire, ça tout le monde connaît, mais votre département culture et plus exactement le sous-département branche du livre de Sud-solidaire. Vous défendez qui, vous faites quoi exactement ?
Alors c’est une branche qui est assez récente, on l’a créée au printemps dernier et dans une volonté en fait de rassembler tous les acteurs et actrices de la chaîne des métiers du livre. Parce qu’en fait la chaîne du métier du livre rassemble vraiment des métiers très très variés.
Oui, c’est bon, voilà, excusez-moi, oui, oui.
D'éditeurs à ouvriers dans des centres de distribution qui font les 3-8 ou alors des libraires isolés en France. On avait pas mal de gens qui étaient syndiqués chez Sud culture mais du coup qui n’arrivaient pas vraiment à trouver un endroit ou un lieu où se rassembler et faire remonter des revendications. Donc on a créé la branche comme le spectacle vivant ou le cinéma à sa propre branche. Donc ça permet effectivement de mieux viser les revendications et de faire des réunions plus constructives.
Voilà, alors vous avez tenu vendredi une conférence de presse, c’est ça qui m’a alerté, concernant 9 librairies, alors peut-être qu’il y en a eu plus, qui ont été attaquées ces 8 derniers mois. Est-ce que vous avez des exemples en tête, sinon moi j’ai mes petites notes, mais est-ce-que vous pouvez nous dire quel genre d’attaque subissent certaines librairies indépendantes et pour quelles raisons ?
Oui, alors il y a, en fait, nous on a recensé depuis le mois de mai dernier neuf attaques de librairies effectivement, c’est un peu plus d’une par mois, et c'était encore que les libraires qui se sont manifestées, et c’est une fois que les attaque par exemple sur les vitrines ou les attaques physiques ont commencé. Il faut se dire que ces librairies, avant, ont été victimes de plein de harcèlements, que ce soit physiquement, directement dans la librairie, ou alors par téléphone ou sur les réseaux sociaux. Donc là, nous, on en a neuf, on a par exemple la librairie Violette & Co, qui est dans le 11ème arrondissement à Paris, et qui est une libraire féministe et LGBTQIA+, qui a été plusieurs fois visée par, effectivement, des nervis, et aussi par les autorités et la politique pour avoir mis dans sa vitrine un livre de coloriage pour enfants qui s’appelle "From the River to the Sea" et qui parle de la Palestine, de l’histoire de la Palestine et qui a subi beaucoup de dégâts à cause de ce livre de coloriage.On a aussi la librairie Transit à Marseille qui a été visée trois fois l’année dernière en très peu de temps avec à la fin une croix celtique taguée à la peinture sur la vitrine.Les librairies parisiennes Petite Egypte et Violette & Co on vu leurs vitrines recouvertes de messages à l’acide. Il faut savoir que la peinture à l’acide, en fait, sur une vitrine, ça ne part pas. Il faut changer la vitrine. Et pour une librairie indépendante, c’est un coût pas prévu qui peut vraiment mettre à mal l'économie de la librairie il y a aussi des violences physiques ou alors il y a certaines librairies qui ont aussi des manifestations devant. Il y a des gens qui veulent forcer l’entrée de la librairie pour retirer les livres problématiques, selon eux.
Il y a donc à Marseille, vous l’avez dit, il y a Périgueux, une librairie qui s’appelle les Bulivores à Nantes, les Vagues, à Paris il y a cette libraire Violette & Co dont vous avez parlé mais il y en a eu d’autres, il y a eu la Brèche, il y en a eu la ailleurs. Là, je parle des attaques physiques,des serrures qui sont collées, des vitrines qui sont pétées. Est-ce qu’on sait qui sont les gens qui attaquent la littérature, qui attaquent les livres, qui sont, juste grosso-modo, est-ce que l’on sait qui sont ces gens ?
Alors ce sont des gens qui sont souvent partisans d’une répression de la culture, donc partisans, d’une pensée autoritaire, un peu totalitariste. On a parfois les auteurs des crimes, on ne se cache pas, avec des croix celtiques, mais on a effectivement des groupes qui sont affiliés à la pensée d’extrême droite et fascisante qui attaquent le plus souvent ces librairies. En fait, ce sont des gens qui viennent carrément de ce milieu ou alors qui attaquent les librairies sans se cacher.
Il y a quelques jours, le Nouvel Obs. a publié une tribune avec 400 libraires des éditeurs, des auteurs, des collectifs, c'était le 2 décembre, intitulé « Vitrine brisée, démocratie fissurée, les libraires et le monde du livre lancent l’alerte ». Et je dois dire que cette tribune, j’en ai entendu parler en préparant cette émission. J’avoue que je n'étais pas tout à fait au courant qu’il y avait une prise de conscience oui, une riposte de la part des librairies. Alors c’est pas de votre fait, c’est pas de votre faute, mais comment vous expliquez ces attaques semblent ne pas susciter beaucoup d'émoi ?
Alors effectivement, c’est quelque chose qu’on déplore aussi et on travaille très fort pour essayer de faire de plus en plus de ces attaques.Déjà, je pense que quand on se fait menacer par des groupuscules, des gens qui font peur quand même, parce que souvent l’extrême droite, l’extrême droite c’est violent physiquement, On l’a vu juste pour rappeler les lignes. Dans l’histoire avec les librairies attaquées, il y a eu la Plume noire en 2020. La Plume noire en 2020, il y a eu 50 personnes qui sont entrées dans la librairie, deux attaques, une en 2021, et ça c’est fini, et ils ont attaqué des librairies, les personnes sont reparties en faisant des saluts nazis. Il y a une enquête suite à cette seconde attaque, il n’y a eu un non-lieu, enfin, pas sûr qu’il y ait un non lieu, mais l’enquête n’a rien donné.
Et du côté du ministère de la culture, du côté du centre national du livre, du côté des éditeurs, on va dire sur la face industrielle du bazar, est-ce que là je ne parle pas des des éditeurs indépendants plus ou moins grands mais je parle des grandes maisons d'édition très puissantes qui appartiennent à quelques milliardaires. Est-ce qu’elles lèvent un sourcil, est-ce qu’elles s’intéressent à ce qui se passe ou c’est l’indifférence ?
On a vu passer quelques communiqués, effectivement, de grandes maisons d'édition ou effectivement d’instances officielles qui représentent le milieu de l'édition. On aurait aimé quelque chose de peut-être un peu plus prononcé, en fait, parce que ces personnes déplorent effectivement une censure, une volonté de museler la liberté d’expression sans vraiment dénoncer quoi que ce soit ou qui que ce soit. Donc c’est un premier pas, mais pour nous, ce n’était peut-être pas suffisant. Parce qu’effectivement, le propos aussi de notre conférence de presse et aussi des premiers propos de notre petite guide d’autodéfense qu’on a réalisé, c’est ne pas rester seuls et il faut chercher du soutien partout, il faut en parler autour de soi, en fait. Et aussi, pour ne pas rester isolés face à sa peur et à la menace. Il faut se regrouper en collectifs, il faut aller voir des syndicats, aller à des réunions, des tables rondes, s’informer et se regrouper.
Alors, ça va jusqu'à un truc incroyable, que vous m’avez envoyé hier à midi 29, quand vous m’avez dit oui. C’est ce truc-là que je suis en train de montrer à l'écran. C’est un PDF de 4 pages, petit guide d’autodéfense contre l’extrême droite à l’usage des libraires. C’est-à-dire qu’on en est là, on est le 19 janvier 2026 et voilà donc un syndicat, le vôtre, qui est obligé d'éditer une brochure de quatre pages. On va rentrer un peu dans les détails. Voilà, pourquoi vous avez estimé nécessaire de publier un tel guide ?
Alors ce guide, on l’a sorti en novembre, il me semble fin novembre et en fait on l’a rédigé aux côtés d’un avocat du barreau de Bordeaux qui est spécialisé dans la lutte contre l’extrême droite. On l’a rédigé après effectivement un constat sur de plus en plus d’attaques et d’agressions de librairies. Elle disait mais qu’est-ce qu’on peut faire effectivement déjà concrètement et qu’est-ce que l’on peut faire aussi pour rassurer les gens en fait, l’outil juridique est parfait puisqu’en fait ça répond à des logiques qui sont après plus ou moins bien menées, mais ça répond des logiques et c’est un outil qui est en réalité accessible à toutes et tous. Et donc on s’est dit que donner des premiers conseils avec des textes de loi en fait sur qu’est-ce qu’on a le droit de faire ? Qu’est ce qu’on n’a pas le droit de faire ? Qu’est-ce que les gens en face avaient le droit ou pas le droit de faire, en fait, ça rassure beaucoup les gens de voir qu’il y a un cadre légal, en fait. Et qu’on peut faire des choses et riposter, en face à toute cette menace, via un cadre légal.
Alors il y a le chat qui réagit, il y à Timorofil qui nous dit première page de guide, le manche de pioche sous le comptoir.
La violence n’est pas une réponse à la violence, mais…
Voilà, donc il n’y a pas ça en fait. Il n’y a pas ça dans le guide, il y a la loi. Dans le guide il y a plusieurs conseils qui sont donnés. Premier réflexe, ne pas effacer de preuves ou d’indices en cherchant spontanément à ranger le désordre ou la dégradation. Aussitôt l’agression passée, prendre un maximum de photos, de vidéos, appeler directement un cabinet connu pour accompagner ce type de dossier, alors vous donnez même le nom d’un avocat. Avant de contacter la police, ne pas hésiter à mener une enquête de voisinage au plus tôt après l’effet bon voilà le guide est absolument complet. Est-ce que vous avez eu des retours de libraires sur ce guide ?
Alors oui, il a très bien, on est assez contents parce qu’il a très très bien circulé. On l’a vu passer effectivement sur les réseaux sociaux. Quand effectivement, nous on entendait parler effectivement de librairies qui subissent des intimidations, ce qu’on fait c’est quand on peut, on passe les voir pour les rassurer, pour discuter avec la majorité du temps, on nous dit « Ah oui, c' est vous, on a déjà reçu avec elle ou avec eux. » ou sinon les appels, et telle librairie nous a transmis votre guide.Donc après voilà, on garde un peu la librairie, un peu dans un coin de l'œil pour vérifier si tout se passe bien. Et voilà, après c’est aussi libre à la librairie de venir vers nous, nous on ne force personne, parce que bien sûr, ça peut faire peur. Donc il y a des gens qui préfèrent effacer et passer ça sous silence en espérant que ça ne se reproduise pas. Mais voilà, il y en a qui se saisissent de ce guide et qui n’hésitent pas à nous contacter et à solliciter notre soutien.
Nous avons là encore des réactions à nouveau de Timorofil pour être un peu plus sérieux. N’ont-ils pas peur que la police face à ça enquête, en mode en mode léger ou peu sérieux, en mode c’est mérité, ce sont des librairies de gauchistes ? Est-ce que vous savez comment les plaignants, les libraires qui font appel à vous sont reçus dans les commissariats ?
Mais on a un exemple qui est criant, et qui a fait beaucoup parler de lui ces derniers jours. C’est toujours la librairie Violette & Co qui a publié vendredi matin, juste avant notre conférence de presse, un communiqué sur le fait qu’elles avaient été perquisitionnées le 7 janvier par cinq agents de police et un substitut au procureur de la République. Alors c’est quelque chose d’inédit qu’on n’a jamais vu en France, une perquisition dans une libraire. Sauf il y a plusieurs décennies, peut-être pendant la guerre d’Algérie, mais encore, c’est à vérifier. Et en fait, lors de la perquisition, lorsque les libraires ont demandé « OK, une perquisition, mais qu’en est-il de la plainte qu’on avait déposée il y à quelques mois concernant les tags sur notre vitrine ? » En fait, on leur a répondu que la plainte avait été perdue.Donc, c’est pour ça aussi, c’est que maintenant, on se dit qu’il ne faut plus que les plaintes soient perdues. Il ne faut pas lâcher, il ne faut demander des nouvelles à la police tout le temps, il faut être plusieurs, il faut avoir un avocat, et même là, avec un avocat, les plaintes sont perdues, donc on espère qu’au bout d’un moment, ça soit vraiment pris au sérieux et que les plaintes arrêtent de se perdre.
Alors, le tchat fait remonter une petite polémique qui est née hier à propos du livre saisi par la police dans la librairie, le livre de coloriage dont vous parliez, je ne sais pas si vous êtes au courant de ça, Clémence, il semblerait, je donne la polémique sans prendre position parce que je n’ai pas réussi à confirmer les choses. Mais enfin, il semblerait que l'éditeur en question, ou en tout cas pas l'éditeur, mais le un des co-éditeurs du livre, soit pas génial, soit assez proche des milieux révisionnistes. Alors évidemment, ça ne justifie en rien l’opération de police qui semble assez traumatisante, qui est arrivée à la librairie Violette & Co et que ces policiers armés jusqu’aux dents qui viennent à plusieurs, comme vous l’avez raconté, saisir un ouvrage. Enfin, c’est complètement fou, symboliquement, mais voilà, je précise qu’il y a cette histoire à propos du livre. Je ne sais pas si vous voulez réagir, si vous étiez au courant de ça ou pas ou si ça vous inspire quelque chose ?
Alors effectivement, le titre du livre est très polémique et effectivement, c’est un slogan qui a des usages pluriels, mais qu’on ne peut pas juste réduire simplement à une volonté juste de détruire Israël. Après, je comprends que le titre fasse polémique et c’est ça qui a causé beaucoup de problèmes, entre autres. La Librairie Violette & Co, représente aussi tout ce que l’extrême droite craint. Mais effectivement, là, c’est une info vraiment toute fraîche, dont moi je n’avais pas encore entendu parler en fait, cette polémique sur l'éditeur, la question. Si les gens ont plus de questions, la librairie est représentée par un avocat.
D’accord et le tchat a bien compris, on fait la distinction entre ce qui est arrivé à la librairie et éventuellement autour de ce livre qui aurait été donc coédité par une ONG dont on dit que certains membres sont proches des cercles antisémites et évidemment ça passe pas si tel est le cas. Alors on revient à la raison de votre présence. C’est donc toutes ces attaques faites soit maintenant par la police. On se souvient de Darmanin à Nice. La justice a donné raison à la libraire qui était venue chez nous. Vous voulez peut-être rappeler cette histoire, puisque c’est tout frais, il y a une décision de justice.La devanture de la librairie à Nice, dont tout d’un coup le nom m'échappe. "Les parleuses, c’est ça, avait été recouvert pour éviter que Gérald Darmanin, qui passait ce jour-là dans le coin, voit les affiches contre lui et contre les soupçons d’agressions sexistes et sexuelles le concernant. La justice vient de donner raison à la librairie. Enfin, c'était déjà un coup de butoir qui était donné par la justice. Donc il y a la justice, il y a la police, il y a les fachos.Question du chat de JB Fox. Est-ce qu’il y a des librairies de droite ou fascistes qui sont attaquées de la sorte ?
Alors, on a fait quelques recherches là-dessus quand même parce que, on parle aussi de curiosité, il y a une librairie en fait de droite qui était dans le 5ème ou 6ème arrondissement de Paris et qui a fermé en fait, mais la fermeture qui a déjà été attaquée effectivement, mais effectivement à base du tag. On n’en recense qu’une, il y a quelques années, où les libraires n’ont pas été pris à partie.
L'écodubitume nous dit que ce guide, votre guide, est utile car il cite les articles des lois et les procédures légales et c’est ce qu’il faut, rester dans la légalité face à l’illégalité des actes contre ces librairies.
Oui, oui, et c’est ça qui est rassurant, je pense, parce qu’il y a quand même beaucoup d’incohérence, mais je pense que le cadre légal rassure aussi, puisque quand on est dans une librairie, quand on n’est libraire à la base, on ne pense pas qu’on fasse un métier à risque, et avoir la boule au ventre les matins quand on lève son rideau, parce qu on se doute qu’y va y avoir quelqu’un qui va arriver et demander des livres de chez Fayard. Et si on n’en a pas ou qu’on en a quelques-uns, on va se faire insulter ou alors qu’aujourd’hui on va ouvrir sa page Google et on va subir des raids de mauvais commentaires, ou subir d’avoir des appels des menaces. C’est complètement fou en fait, c’est dystopique. On a pensé qu’un cadre légal en fait était aussi très rassurant.
L'écolo nous dit à Metz une librairie, voulait faire une séance dédicace du livre de Sarkozy, avec et par Sarkozy. Je parle de la séance, pas forcément du livre, on ne sait pas si c’est lui qui l’a écrit. Ils ont annulé après moult commentaires en ligne. Qu’est-ce qu’on fait quand on est de gauche face à ce genre de situation ?
Face à quoi ?
Le fait qu’il ne puisse pas signer son livre.
Alors, il a fait d’autres signatures sans problème dans des endroits en France. Donc, je pense que M. Sarkozy n’est pas à plaindre et enfin voilà, je pense que M.Sarkozy n’est pas à plaindre et qu’en fait, il y a eu plein d’autres librairies où il a pu signer sans faire de problème. Après, j’espère que ces libraires n’ont pas subi de stress face à ces menaces. De toute façon, il ne faut pas s’en prendre aux libraires. Le libraire est un commerçant et on ne s’en prend pas aux libraires si on est un peu intelligent.
Est-ce que tout c’est, alors je ne parle pas de ce qu’on vient d'évoquer, mais des premières choses dont on parlait tout à l’heure, est-ce qu’il y a finalement un bien pour un mal ? Est- ce que ça ne dit pas encore l’importance du livre comme objet intellectuel, comme arme intellectuelle, si des gens considèrent qu' il faut retourner en librairie ? Pas pour acheter des bouquins, mais pour les faire fermer, les empêcher. Est-ce que du côté du monde de la librairie, il y a cette idée-là qui est de dire qu’au fond, nous dérangeons, donc c’est que nous sommes dans le vrai.
Alors oui, il y en a qui disent ça, et c’est très bien, et effectivement, en fait c'était de l’intimidation, et à tous les niveaux. C’est des nervis, c’est les autorités, c’est la police, effectivement, c’est qu’on appuie là où ça fait mal et qu’il y a une volonté de faire peur et de censurer et de faire des exemples avec des librairies qui sont attaquées. Et je pense qu’il faut, alors c’est difficile de ne pas céder à la peur, et je comprends que certaines librairies s’ auto-censurent et annulent des événements ou retirent certains livres de leur table. C’est compréhensible, on n’a pas envie de se faire menacer ou d’avoir ça.
Bien sûr.
Effectivement, il y a quelque chose aussi, je ne vais pas dire d’agréable du tout, mais de se dire « oui, en fait, on les dérange vraiment » et leur seule réponse en fait c’est de la répression et c' est de la violence en fait. C’est pour cela qu’il faut rester solidaire, il faut s’assembler, il faut se former et surtout ne pas rester seul.
Alors il y a une autre forme d’attaques plus sournoises qui est en train de s’opérer et là j'évoque notamment la subvention qui a été sucrée par Dati en conseil municipal de la ville de Paris, c'était le 20 novembre, on rappelle que Dati est candidate à la mairie et elle a profité de l’absence de la majorité municipale pour rogner d’une importante subvention une quarantaine de librairies, au seul motif que figurait parmi elles la vaillante librairie Violette & Co, dont on a parlé à l’instant à plusieurs reprises, que dit cette affaire ?
C’est cela, c’est qu’en fait, je précise aussi que finalement, la subvention est passée en décembre. Tout le monde a touché la subvention, mais en fait, face à une mobilisation, une riposte hyper rapide et organisée de la part d'élus, de libraires et de personnalités, de l'édition. Cela montre en fait que le gouvernement suit la violence qui se passe dans les librairies. Nous aussi ce qu’on veut faire passer comme message, c’est qu’il faut faire très attention parce que l’extrême droite n’est jamais arrivée seule au pouvoir. On lui a toujours tendu la main, fait un marche-pied, et là c'était un peu ce qui se passait avec ce retrait de subventions par la droite parisienne, dont fait partie la ministre de la Culture. C’est très préoccupant pour nous, et pour effectivement l’avenir de la culture de la ville de Paris aussi, puisqu’elle est candidate aux municipales. Et c’est qu’effectivement, il faut s’organiser tout de suite et être prêts et prêtes pour les prochaines municipales, parce qu’en fait, si les mairies d’extrême droite, et maintenant on peut se dire juste à droite, passent, c' est ce qui risque d’arriver à la culture.
Dernière question Clémence.
Encore merci pour les retraits de subvention et c’est comme ça que petit à petit on va se faire étouffer.
Mille fois d'être là avec nous, quel est l'état de l’industrie, on va dire, ou des libraires indépendants en France aujourd’hui ? On sait qu’après le confinement, il y a tout un tas de librairies qui ont éclos et que certains nombres sont en train de fermer. Il y en a beaucoup en cessation de paiement. On sait que Sterin essaie de racheter quelques libraires.Ça, c’est la face noire, mais est-ce qu’il y a d’autres choses à savoir sur l'état actuel de la littérature en France, dans toutes les littératures au sens large ?
Effectivement, il faut se dire que la librairie, c’est un des commerces qui dégage le moins de marge en France avec fleuriste.
Avec fleuriste ?
Oui, fleuriste et libraire, c’est romantique, mais ça ne rend pas riche.
Ah merde alors !
C’est assez difficile parce qu’effectivement, on a vu en 2021, après le Covid, il y a eu un boom en fait de l’ouverture de librairies, de ventes de livres, mais cela n’a pas duré effectivement, c’est retombé dès 2022. Et maintenant en fait, on fait face à une augmentation du prix du livre, mais à une baisse des achats de livres.On a aussi l’inflation avec des hausses de loyer, tout augmente. Donc effectivement, pour les librairies, c’est toujours prêt. C’est quoi ?
Ce que vous entendez c’est le bruit de la machine à café, ne vous inquiétez pas, vous pouvez continuer. Moi j’ai coupé mon micro pour le studio mais vous vous entendez directement.
Vous entendez et personne d’autre n’entend ?
Voilà.
Il y a vraiment des dépenses, les librairies ont vraiment augmenté, donc c’est très difficile de tenir. Il faut aussi dire qu’il y a aussi un contexte de surproduction de livres. J’avais récolté des chiffres hier en 2000, on sortait moins de 40 000 nouveaux titres par an. En 2024, on en a sorti 65 000.
Attendez, là vous parlez du nombre d’exemplaires ou du nombre de livres différents ? Du nombre de titres de livres différents. 65 000 titres. Nouveau. Donc il y a des éditions, des choses comme ça. Attendez, ça fait.Attendez je prends ma calculette. Attendez 65 000 par an attendez où la calculette ici ? Voilà. 65 000 divisé par 365 jours, ça fait 178 titres nouveaux par jour, dimanche compris.
Donc après, ça prend tous les ouvrages possibles et imaginables.
Bien sûr, c’est énorme.
Donc c’est pour ça aussi qu’une librairie ne peut pas tout avoir sur sa table, qu’il faut faire des choix. Mais effectivement, il y a des temporalités dans la production de livres, on sait que ça s’accélère beaucoup avec la rentrée littéraire en septembre et aussi Noël. Et donc les librairies font face à une surproduction qu’il faut gérer. Et en attendant, les murs des librairies ne sont pas extensibles, en fait on ne peut pas démultiplier leur surface en suivant l’emballement productiviste de la chaîne du livre.
Merci beaucoup Clémence de la branche Métiers du Livre Solidaires. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir ce matin dans France Déter.Voulez-vous ajouter quelque chose ? Merci madame pour votre passage au poste, nous dit Optimistik. Merci beaucoup nous dit Charlie Toucourt. Merci pour votre travail qui s’avère si précieux pour lutter contre les fachos et leur violence, nous dit Tiziano. A vous la parole si vous voulez préciser quelque chose Clémence.
Je voulais dire, ne restez pas seuls, n’hésitez pas à parler autour de vous, à vous rapprocher de collectifs, de syndicats, et vous pouvez trouver le tract en PDF téléchargeable sur le site de Sud Culture.
Merci beaucoup, bon lundi à vous, bonne semaine et n’hésitez pas à me contacter si il y a une actualité particulière, ce sera un grand plaisir. Merci beaucoup. Merci, au revoir. Au revoir, au revoir. Voilà les amis, ça me semblait important de faire le point sur,on va dire à bas bruit, on va le dire, neuf agressions en huit mois. Bon, à l'échelle nationale, ce n’est pas non plus énorme, sauf que ça commence comme ça. Voilà, ça commence, comme ça, et il ne faut pas laisser passer ça. Et on ne va pas laisser ça passer. Attention, voici Radiopolice.C’est l’heure de notre revue de presse spéciale Police, je mets un peu de musique pour me sentir un peu moins seul, je vais maintenant chercher. Alors Nous allons démarrer par des images qui sont terribles.Donc, je vous préviens, si vous écoutez Au poste en famille, que c’est l’heure de partir à l'école, d’accompagner les enfants, baissez le son. Et puis, si, vous pouvez affronter ça. Voilà, je vous propose de regarder cette vidéo qui a été enregistrée la semaine dernière en direct. Ce sont les cris d’El Hacen Diarra. Quelque temps après ce que vous allez entendre, son corps sera retrouvé sans vie. C’est ce qu’on appelle de la violence d'État. La famille a porté plainte pour violence ayant entraîné la mort. Et je vous montre les images de policiers interpellent, un jeune homme d’origine africaine. Et voilà ce que ça donne.
Voilà, je voulais vous montrer ces images qui ont été filmées la semaine dernière. L’avocat de la famille dénonce un fonctionnement qui n’est pas normal dans un état de droit, 35 ans et mort d’un malaise cardiaque officiellement dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, alors qu’il était en garde à vue quelques instants après ces images. Ce que vous avez vu, entendu, ce sont des coups de poing d’un policier, probablement pour faire taire El Hacen Diarra Un autre policier si l’on comprend les images qui est debout sur les chevilles de M.Diarra a eu lieu hier après-midi dans la capitale, vous pourrez lire notamment sur France Info les derniers éléments de l’enquête.En 2018, mort d’Aboubakar Fofana à Nantes, l’ex CRS, auteur du tir mortel, a été condamné à sept mois de prison ferme, huit ans après les faits La Cour criminelle de Loire-Atlantique nous raconte Streetpress a condamné donc à sept ans de prison avec mandat de dépôt immédiat l’ancien CRS Rabah pour la mort d’Aboubacar Fofana, 22 ans, tué d’une balle dans le corps lors d’un contrôle routier en 2018 dans le quartier de Breil à Nantes. Une décision rare, plus sévère que les réquisitions du parquet, qui brise partiellement l’habitude mécanique de l’impunité policière. Le procès a mis à jour un enchaînement de défaillance, version mensongère des policiers, « trou » dans l’instruction indulgente du juge d’instructions qui autorise l’auteur du titre à entrer avec son équipe malgré un contrôle judiciaire. La thèse du tir accidentel tardivement avancé par l’accusé a été méthodiquement démolie par les expertises balistiques. Moment clé de l’audience, le policier qui finit par lâcher à la barre. C’est une énorme bavure, faut assumer. C'était la semaine dernière la décision de justice, rarissime, sept ans de prison ferme. Est-ce que les choses sont en train de changer ? En tout cas, ne jamais se résigner, toujours filmer. À propos de filmer, ça dépend évidemment qui tient la caméra. Je voudrais vous parler de cet article de l’Humanité qui nous parle de Bac Fend, un policier influenceur de la BAC 94 qui s’est transformé en influenceur TikTok, Insta et YouTube, diffusant depuis plus de six mois des vidéos de courses poursuites filmées pendant ces heures de service. Alors c’est tout à fait illégal, parce que quand un policier est filmé pendant ses heures de service, et bien il filme pour la justice, à des fins de suites judiciaires éventuelles. Il ne filme pas comme un citoyen qui voudrait raconter ce qui se passe. Au volant, gyrophares allumés, sirènes hurlantes, ils poussent régulièrement les compteurs au-delà de 100km/h en centre-ville jusqu'à 160 sur le périphérique. Évidemment, ça produit des images saisissantes. Au mépris total des risques pour les tiers, la mise en scène éclair, exaltation de la vitesse, glorification de la chasse policière, banalisation de l’usage de l’arme lors des interpellations finales. Ces images montées et monétisées s’inscrivent dans un contexte explosif depuis l'élargissement des conditions de tir avec l’article 435-1, des refus d’obtempérer mortels se sont multipliés. Ici, la police ne se contente plus d’injurier, elle se filme, elle raconte, elle met en spectacle. C’est à lire dans l’Humanité, un article du 16 janvier, refus d’obtempérer les inquiétantes courses poursuites de Bac-Fend, le policier influenceur de la Bac 94, à lire à l’Humanité. Non si j’ai dit sept mois, non, non il a été condamné. Je reviens à la mort d’Aboubacar Fofana. Le policier a bien été condamné à sept ans. Si j’ai dit 7 mois, c’est une erreur, c’est sept ans ! Je pense que, enfin en tout cas, je vous ai montré tout à l’heure la page YouTube, elle existe toujours, mais je pense que le flic qui fait ça devrait quand même entendre parler un peu de la discipline. Mais c’est quand même dément. Et à propos de démence, lire cet article dans Le Monde par l’envoyé spécial Nicolas Chapuis à Minneapolis, nouvel épicentre de la révolte contre Donald Trump. L’ICE ne s’attendait pas à ça. La principale agglomération du Minnesota vit depuis plusieurs semaines au rythme de l’opération Métro Surge, le déploiement de 2 000 agents de l’immigration. Depuis la mort de Renée Goode le 7 janvier, la tension est à son comble avec la population locale. Regardez cette photo là aussi absolument saisissante, prise par Madison Swart pour le Monde. Je ne sais pas si vous voyez bien, ce policier, cet agent cagoule, lunettes fumées, impunité, garantie, Ice, ce sont des terroristes, reste en paix, Renée Un doigt d’honneur devant le bâtiment fédéral Bishop Henry Ripple où sont emmenés les personnes arrêtées par l’ICE à Minneapolis. C’est l’avocate des agents fédéraux, face aux manifestants devant le bâtiment fédéral. J’ai vu aussi passer la résurgence des Black Panthers. Et là, il y a cette photo qui est absolument dingue, que je voulais absolument vous montrer. Il s’agit d’un dénommé Grégory Bovino. Allo Place Beauvau Grégory Bodineau, chef de la police des frontières, devant le bâtiment fédéral Bishop & Reaple le même, amené à police. Non mais regardez. Je ne pense pas que ce soit tout à fait le fruit du hasard que ce monsieur porte un long manteau comme ça. Lui, il est à visage découvert, c’est le seul. Ah oui, le cosplay nazi, nous dit Trognon dans le chat. Alors l'économisme nous dit qu’effectivement, il y a l’assaut du Capitole il y a quelques années Il y a différentes personnes qui ont participé à cette police. Bien vu Adrénis, à gauche sur la photo, il y a écrit RIP Good, pour le nom de Renée Good, cette dame assassinée par un policier. Voilà les nouvelles du monde libre. C’est un bon café et il fait chaud ! Alors, c’est l’heure de la bande-annonce de la semaine. Alors cette fois-ci, on passe de Trump à Poutine, avec le film, j’envoie la sauce.
Le mage du Kremlin.
Voilà, ce sera sur vos écrans, mercredi, alors le tchat est animé, oh là là, ça sent la propagande de ouf ! D’autres disent, et je trouve ça très intéressant, signe des temps après le biopic sur Trump, un biopic sur Poutine, le livre est évidemment l’adaptation cinématographique du roman documenté du même nom, 'Le mage du Kremlin" qui était sorti il y a quelques années. Le film sort donc mercredi. Est-ce que vous êtes allé au cinéma ces derniers temps ? Est- ce que vous avez des conseils à donner ? Pas fan d’Olivier Assayas nous dit Satrappe. Ça dépend. Non, ça dépend. Vous allez au cinéma, avez-vous vu des choses que vous nous conseillez ? Documentaires, fictions ? Animation, ce que vous voulez. Dans dix minutes, nous parlerons de l’Iran avec Chowra Makaremi, anthropologue, qu’on avait déjà reçu au poste il y a deux ans maintenant, et avec qui nous allons pouvoir aborder le soulèvement révolutionnaire en Iran. Je voulais voir Palestine 36, pas encore vu. Est-ce que c’est conseillé ? Je ne l’ai pas vu. Le Magellan nous dit, je suis allé voir le dernier Amaouche hier et j’ai vu cette bande annonce, très cool. L'Écodubitume nous dit le cinoche, j’ai à peine de quoi survivre,effectivement, le cinéma est devenu extrêmement cher. L’agent secret dit kaoff. Pareil, c’est pas mal. Pareil c'était pas mal l’agent secrèt, vu Punishment Park, extraordinaire, dans le cadre du week-end antifa à Saint-Étienne. J’ai vu tout à l’heure que quelqu’un évoquait 1984 dans le chat, et bien figurez-vous, et c’est un bonheur, qu’Au poste recevra le mois prochain Raoul Peck, l’immense documentariste Raoul Peck, pour son nouveau film "Orwell : 2+2=5 " consacré justement à George Orwell. Ce sera vers la mi-fin février, c’est un honneur pour nous de recevoir Raoul Peck. Jimmy Fox nous dit la dernière chose que j’avais vue c'était Une bataille après l’autre et j’avais absolument adoré. Il est l’heure de passer aux choses sérieuses. Pourquoi je n’ai plus mon truc, là ? C’est bizarre, ça. Non, je sais pourquoi, attends, bouge pas : les convocations de la semaine. Les convocations de la semaine au poste. Alors, au Poste, cette semaine : que reste-t-il quand tout est faux ? Alors la vignette n’est pas prête, donc j’ai mis une vignette d’attente, mais ça n’est pas la tête de Raphaël Liogier, qui est notre invité jeudi de 8h à 9h30 nouvel horaire, attention, 8h. Ce sera notre première émission d’interview matinale à 8h, d’habitude c’est 9h ou 18 h, mais maintenant on laisse le choix aux invités de prendre également le créneau de 8 heures, ce sera jeudi. Et si la réussite n'était plus qu’un mirage dans ce succès, l’industrialisation du mensonge est publiée par les liens qui libèrent. Le philosophe et sociologue Raphaël Liogier démontre la grande machine du succès avec une lucidité qui fait mal ou plutôt qui fait du bien. Il décrit une société où la vérité ne vaut plus rien face à l’effet produit, où la sincérité cède le pas à l’impression. Où l’on fait impression massivement plutôt que d’exister véritablement où le Trumpisme nous guette et nous gagne. C’est le règne de l’apparence. Le mensonge devient norme, rituel, injonction morale, industrie même, un monde de dupes, s’impose où les professionnels de la semblance règnent en maître. Liogier ausculte cet univers avec ironie, colère et précision, et pose une question vertigineuse. Que reste-t-il quand tout est faux, même la vérité de soi ? Ce sera jeudi à 8 heures. Et le 26 janvier, il y aura des émissions d’ici là mais c’est surprise, le 26 janvier, Nora Bouazzouni va recevoir Stéphanie Ouillon et Camille Teste bisexualité à la marge de la marge. C’est le 26 janvier à 18 heures, curieuse, indécise, immature, très sur la cause, bien que nombreuses en France, 10 % des moins de 30 ans revendiquent cette identité. Les personnes bisexuelles sont encore victimes de préjugés, même au sein des communautés LGBTQIA+, et d’un manque de représentation de la pop culture au sujet de la recherche, en passant par les médias et les politiques de santé publique. Pourquoi ? Que produit la marginalisation et l’effacement de celles et ceux qui n’ont jamais cessé de militer dans les mouvements queers ? Dans ce nouvel épisode de « Qui va faire la vaisselle ? »Nora Bouazzouni, notre Nora à nous, reçoit donc Stéphanie Ouillon, autrice de "Quelle bisexualité radicale ? Sur les traces de la bisexualité politique en France". C’est paru chez Tahin Party, et créatrice de la newsletter Bi, ainsi que Camille Teste, autrice « d’embrasser la bisexualité » aux Renversantes en 2025". Ce sera le 26 janvier j’attends la confection de quelques vignettes pour pouvoir vous mettre d’autres petits rendez-vous au poste. Merci aux agitateurs et aux agitatrices d’Auposte, je pense à Marc, à Mathilde, à Nora, à Hélène, à l'équipe d’Orient 21, d’Afrique 21, qui font d’Auposte, et bien, un lieu de diversité sur les thèmes, sur les sujets, sur la façon de les aborder, parfois un même sujet peut être abordé différemment selon l'émission que vous regardez. Et bientôt, dans le nouveau site d’Auposte, nous allons mettre en avant toutes ces émissions qui font la gloire de la presse indépendante d’Au poste. C’est l’heure de la météo du tchat, les amis. Ouvrez la fenêtre, ouvrez les volets, dites-nous quel temps il fait. Dites-nous où vous êtes. La poésie est la bienvenue, l’heure de la météo du tchat tandis que je vais vous mettre les cartes des webcams d’info climat on va se balader le temps que vous arrivez dans le tchat.Auxerre c’est joli comme image. Ah oui, un branchement des webcams Infoclimat. Celle-là, elle était déjà venue. Alors attends, tiens, si on allait en Corse. Des nuages en Corse. C’est écrit, calme à Paris, 19 nous dit J.B. Fox, temps de merde, Il drache, nous dis Masto alors c’est il drache, on est dans le sud. Merci beaucoup. Oui, c’est vraiment une belle équipe autour d’Auposte. Ça veut dire beaucoup. Oui, bref. OK. C’est une super équipe chez Auposte. Merci beaucoup. Alors, à Vaux en Vélins, dans le 69 il fait gris, mais il ne pleut pas. Gris et 3 degrés en Alsace du Nord, nous dit NBtwitch67, Trognon dans le Nord, la drache. La drache, c’est dans le nord, non ? Oui, c’est ça. Les sanglots longs de l’hiver pleurent sur la côte d’Azur, nous dit Rolland que j’embrasse, le roi du verbatim, le prince de la retranscription, le baron du texte. J’ai dit le sud, oh pfff ça va pas, ça va pas ce matin, ça ne va pas ! Frisquet à Amsterdam nous dit Supermurgeman. Ici dans le Calvados, nous dit David brumes matinales sur le marais, ciel nuageux, 60 centimètres de neige attendus sur le Canigou, pluie et 6 degrés plus bas Diway quelques nuages filandreux sur le ciel de Rouen. Est-ce que j’ai une caméra, là, du côté de Rouen ? Ouais, là par là, hop ! Ah ouais, c’est vrai. Et voilà, maintenant, je vais vérifier la météo du chat grâce aux webcams. Alors, on attend notre invitée, où est-elle ? Il est 8h30. Je regarde si j’ai un message. Alors, je vous propose, en attendant que Chowra Makaremi nous rejoigne, peut-être de démarrer la rubrique « Ici Londres »et puis ensuite qu’on pourra peut-être interrompre quand elle arrivera et après on reprendra. Attention, ici Londres, la rubrique tant attendue, il est 8h32, nous sommes le 19 janvier 2026. Ah bah la voilà, la voilà la voilà donc j’interromps ce générique que je remettrai tout à l’heure je crois qu’elle m’entend parce qu’elle a son sourire éclatant, comme il y a deux ans. On vous entend, on vous voit, c’est merveilleux. Bon, je n’ai pas arrêté d'écorcher votre nom, c’est une catastrophe. Comment prononce-t-on votre prénom, votre nom ?
Chowra Makaremi
Merci beaucoup. Comment ça va depuis deux ans ?
Moi ça va bien, même si les temps sont vraiment, vraiment rudes.
Vous êtes là, vous êtes anthropologue, vous avez publié, il y a deux ans, "Femmes, Vie, Liberté" sur l’insurrection en Iran et vous nous avez fait la gentillesse d’accepter derechef notre invitation. Qu’est-ce que l’on doit savoir quand on est des gens bien informés par Auposte de ce qui se passe en Iran ? Qu’est-ce vous aimeriez qu’on sache principalement sur ce qui ce passe en ce moment ?
Alors, le peuple iranien est totalement isolé et une surveillance quasi militaire s’est mise en place, c’est-à-dire qu’il y a certaines villes qui sont sous couvre-feu. Et la population vient de vivre le pire massacre répressif depuis, finalement, depuis, je ne peux même plus compter, en fait. Je ne pouvais pas dire depuis 1979, parce qu’il y a eu beaucoup plus de morts que pendant la révolution de 1978-79. Et il y a même eu, j’ai discuté avec des historiens ce week-end, et on estime que même durant les pires heures de la répression post-révolutionnaire sur laquelle moi j’avais travaillé, et à travers laquelle s’est institué la République islamique, il n’y a pas eu autant de morts en si peu de jours. Massacre à ciel ouvert dans les rues qui ciblait indistinctement apparemment manifestants et passants et qui est destiné à maintenir le pouvoir en place par la pure force et la terreur parce qu’aucun autre levier de gouvernement n’est plus fonctionnel aujourd’hui et la population iranienne est extrêmement isolée elle a besoin de notre soutien même si c’est un soutien moral, je trouve un bon début au moins de croire dans la réalité de sa lutte
Sur le massacre, les chiffres sont très très variables, il y a des ONG qui évoquent 3428 morts, enfin ça c'était hier, mais il y a des estimations qui vont jusqu'à 20 000 victimes, qu’est-ce qu’on peut dire sans s’avancer avec trop d’erreurs ? Et à quel moment ça compte qu’il y ait 3500 morts ou 20 000 morts en fait ?
Merci pour votre deuxième question. En fait, par rapport aux chiffres, c’est vrai que dans le monde médiatique persanophone, qui a aussi une pratique journalistique, experte, juridique assez poussée. Donc dans ce monde-là, les chiffres aujourd’hui qui circulent sont entre 12 000 et 20 000 avec ce chiffre de 16 500 qui a été avancé hier par des hôpitaux en Iran. Les autorités quant à elles ont parlé de 5 000, sachant qu’il y a toujours des formes de sous-estimation. Mais en tout cas, peut-être que si les autorités elles-mêmes donnent le nombre de 5000, on peut au moins s’accorder sur ce minimum. Après, l’idée, ce n’est pas de gonfler les chiffres pour essayer de montrer qu’il y a beaucoup de morts. Je pense que nous, enfin moi en tout cas, à mon niveau, mon devoir, c’est plutôt de rappeler quelques faits de base. C’est qu’en Iran, comme à Gaza, comme au Soudan, nos façons de compter les morts sont toujours très en dessous des chiffres réels. Parce qu’on compte uniquement les morts purs, on va dire, sans parler de tous les blessés, notamment graves, de toutes les personnes qui n’ont pas eu accès aux soins, parce que les hôpitaux étaient totalement saturés et que les rues n'étaient pas sûres, de toute façon, nos façons de compter les chiffres sont toujours, enfin, il y a des politologues comme Patrick Ball, si certains sont vraiment intéressés par ce défi qui est de chiffrer les victimes. Patrick Ball aux États-Unis, qui est un politologue qui a reçu beaucoup de prix pour ses travaux, a justement développé des méthodes pour chiffrer, notamment au cours de la révolution et de la guerre civile en Syrie. Et ils rappellent que c’est très inégal parce qu’il y a déjà un black-out total d’Internet, mais par ailleurs il y a des endroits où les gens vont reporter, vont parler de leur mort et d’autres endroits où les gens vont se taire et ne vont pas le faire. Et généralement, bien sûr, comme on peut s’en douter, les villes les plus petites, les plus périphériques et les populations les moins privilégiées, qui ont le moins d’accès aussi aux réseaux qui peuvent compter ces morts, et bien, ils ne vont pas forcément parler de leurs morts. Sachant que par ailleurs, là, il y a des témoignages qui sortent de la part de familles en Iran puisque l’Internet est un tout petit peu rétabli par intermittence depuis hier ou depuis samedi après-midi, mais vraiment très faiblement. En tout cas, moi, je me renseigne surtout à travers les fils Telegram, les chaînes Telegram, les témoignages font état d’autorité qui menace les familles si elles divulguent le nom de leurs proches tués, d’effacer les noms et les identités de ces personnes des bases de données nationales en matière des disparus.
Tout ce que vous nous dites, vous le savez comment ?
Je me renseigne à travers des chaînes Telegram, c’est une méthode que j’utilise depuis le soulèvement de la famille liberté au moins. Ça nous permet d'échapper aux algorithmes qu’il y a sur les réseaux sociaux et Telegram est une application qui permet aussi d’archiver les vidéos, les discussions.
Bien sûr.
Donc ça permet un travail au long court, ça permet de revenir et de référer à ses sources. Et en effet, c’est la voie qu’a choisi la Société civile iranienne, qui compte encore une fois beaucoup de journalistes, beaucoup de reporters en exil ou des gens qui sont très en contact avec des réseaux à l’intérieur du pays. Et donc c'était à travers les chaînes Telegram où en fait des témoignages reviennent. Et quand on voit qu’un témoin revient plusieurs fois, Ben là, moi, oui, en effet, j’y crois. Par ailleurs, pour répondre à votre question, est-ce que c’est important ? En fait, oui, c' est important bien sûr de chiffrer la répression, surtout que là, en fait, le saut, la rupture quantitative, pour moi, devient une rupture qualitative, c’est à dire qu’on est dans le registre du massacre à ciel ouvert et c’est différent. Il y en avait eu un lors du soulèvement "Femme Vie Liberté" dans la ville de Redon à la sortie de la prière du vendredi le 30 septembre 2022. Où la population, il y avait plus de 90 morts, les gens avaient été fusillés de façon indistincte quand ils sortaient de la mosquée. Et donc, pour finir ma phrase, c’est important de chiffrer les morts. Mais j’ai l’impression ces derniers jours que la question de savoir combien de morts il y a eu est aussi la suspicion que fait peser le fait de ne pas pouvoir savoir et d'être dans le flou, qui fait qu’on a l’impression qu' on ne sait plus rien. Ça a obnubilé l’espace médiatique et le temps d’antenne, disons le temps de discussion qui était imparti à informer sur l’Iran, au détriment de choses qu’on savait et qui ne sont pas passées. Donc le fait qu’il ne puisse pas chiffrer les morts, ça jette le doute sur tout le type de savoir. Mais on a des témoignages par contre qui disent quel type de violence c’est, donc on peut raconter des choses qui se sont passées Et aussi je pense qu’il est important de garder en tête que le fait de ne pas savoir combien de morts fait un massacre, c’est une technique de pouvoir qui a toujours été utilisée. Et notamment dans l’histoire iranienne, on ne peut pas chiffrer les massacres des années 80. Et on ne peut toujours pas les chiffrer aujourd’hui. Et tout comme aussi au Soudan, l’estimation du nombre de morts de la guerre depuis 2023, aussi entre 125 000 et 400 000, c'était quand même une grande fourchette on est entre 800 mille et un million de morts pour l’année 2022 donc en fait le fait de ne pas savoir chiffrer les morts c’est quelque chose qui a toujours eu lieu qui nous confronte à notre propre volonté de contrôle sur les récits et le fait qu’on ne peut pas contrôler des événements on ne peut en tirer des récites claires donc ça c'était ça je pense qu’il faut l’accepter et surtout quand les choses se font à huis clos et à distance et qui a un brouillard communicationnel, par ailleurs la dernière chose que je voudrais dire c’est qu'à quoi ça nous sert de savoir qu’une barre a été franchie qui permettrait en fait de dire que voilà on a affaire à un autre type de violence, 780 morts c'était une chose, 16 500 morts, c’est autre chose en deux jours, et bien à quoi ça nous sert puisque de toute façon les outils du multilatéralisme et du droit international sont cassées, notamment depuis la guerre génocidaire d’Israël à Gaza. Et que, apparemment, par exemple, la France qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU ou d’autres pays européens n’ont aucune volonté de porter la question de l’urgence de la situation iranienne devant le Conseil des sécurité qui pourrait être un des mécanismes, mais ce n’est pas le seul. Donc en fait, ces questions-là de ce qui peut être fait ne sont jamais discutées au détriment d’une espèce de mise en scène médiatique de notre propre impuissance à avoir prises sur les faits puisqu’on n’arrive pas à les chiffrer.
On reviendra sur la répression tout à l’heure, mais d’abord, parlons du début, du déclenchement. Si j’ai bien compris, le mouvement de protestation qui débute il y a peu de temps, fin décembre, au départ c'était contre l’inflation, c’est contre la crise économique, inflation absolument galopante, et ça a été ensuite élargi à une contestation du régime. Est-ce qu’on peut raccourcir le soulèvement comme ça ou est-ce qu’il y a d’autres raisons ? Et si ce sont les bonnes raisons, est- ce qu’on peut un peu les détailler ? Sachant que c’est le cinquième soulèvement depuis 2017.
Oui exactement, en fait l’explosion de colère contre une nouvelle inflation n’est pas une émeute de la faim. C’est à dire que bien sûr ce sont les classes populaires, il y a beaucoup de classes populaires et notamment dans les petites villes qui se sont soulevées les premières. Et quand je parle avec des gens qui reviennent d’Iran ou qui ont pu avoir des informations de l’intérieur. Ce qui les étonne, c’est la façon dont il y a eu des soulèvements dans des toutes petites villes qui jusque-là ne s'étaient pas soulevées, il y a eu des morts vraiment dans un maillage extrêmement disparate et à travers tout le territoire, y compris dans des petites villes et dans des villes très périphériques où vivent les classes populaires.
Qu’est-ce qu’on doit comprendre, oui, c’est ça. C’est à dire que ce que vous dites, c’est qu’en fait, ça touche l’ensemble de la population, des paysans, des citadins, des gens très pauvres, des classes moyennes, c’est ça ?
C’est une révolte qui a commencé par le bazar, par des vendeurs de téléphones portables du bazar. Ce sont des commerçants qui appartiennent à cette classe moyenne. Le bazar c’est un milieu marchand traditionnel, c' est un système, c’est un réseau de commerce traditionnel qui est un acteur important, qui a structuré les villes iraniennes au cours du 19e et du 20e, qui a joué un rôle important, notamment au moment de la révolution de 1979, où le bazar était l’espèce de colonne vertébrale de la République islamique et du khomeynisme. C'était un grand allié du projet théocratique. Voir que le bazar prenait beaucoup de distance avec l'état iranien, l'État théocratique et notamment le bazar s'était mis en grève, si on se souvient, lors du soulèvement "Femme Vie-Liberté" en 2022 et 2023 pour contester la répression notamment. Et donc l’inflation, cette nouvelle inflation rend la vie vraiment difficile en Iran, c’est-à-dire qu’il y a une paupérisation. Depuis 20 ans, des classes moyennes, qui ont vraiment du mal à joindre les deux bouts et la plupart des fonctionnaires accumulent deux voire trois emplois. Les familles moyennes n’ont plus accès à de la viande à tous les repas ou même à du riz qui est l’aliment traditionnel en Iran et donc les Iraniens voient leurs enfants avoir un avenir bien plus mauvais qu’ils l’avaient eux-mêmes. L’inflation qui est décidée par politique économique, parce que la première réaction du gouvernement du président de la République perse, après le début des manifestations, ça a été de licencier le gouverneur de la Banque Centrale iranienne. Et cette inflation, donc qui est un choix économique, et c’est vraiment contre l’inflation comme choix économique qu’ont protesté les commerçants du bazar. L’inflation, comme choix économique, permet de continuer, pour l'État iranien, à payer ses fonctionnaires en vendant son pétrole, c’est-à-dire que ça favorise les exportations et ça rend les importations encore plus difficiles. Donc tous les acteurs qui vivent de l’import, comme par exemple ces commerçants du bazar, ont le couteau sous la gorge et ils payent le prix fort pour que l'économie iranienne puisse continuer à tourner à travers les exportations. Or, qui se charge des exports dans un pays sous sanction très, très dure, notamment américaine et internationale, depuis 2018 ? Eh bien, qui ce charge des exports ? Tout est contrôlé par l'État iranien. Et donc, notamment, cette inflation très forte et cette monnaie qui ne vaut plus rien ne permet de continuer à payer ses fonctionnaires, donc de garder un minimum, une clientèle qui n’a pas intérêt à ce que l’État tombe. Et par ailleurs, permet à des entreprises qui sont soit possédées par les Gardiens de la Révolution, soit possédées par leurs proches, de continuer à s’enrichir parce que, en fait, moi ça je l’avais étudié dans mon livre « Femme vie liberté » mais j’y reviens un tout petit peu dans le dernier "Résistance Affective". Ce n’est pas parce que les gens ont faim de façon insupportable qu’ils se soulèvent, mais c’est parce qu'à un moment, ça crée de l’indignation chez eux, parce qu’ils voient de l’inégalité. Et ça, c’est très important. C’est l'économiste Amartya Sen qui rappelait que des gens pouvaient mourir de faim devant des vitrines pleines en Inde. Ce n’est pas le fait de mourir, de faim, qui va provoquer une révolte. Une révolte va être provoquée et l’historien des classes populaires anglaises, HP Thompson, le disait aussi. Didier Fassin, l’anthropologue, l’a repris cette idée qu’il faut qu’un seuil d’insupportable soit franchi. Dans une économie morale, ou en tout cas dans un sens moral qui est partagé, il y a un seuil d’insupportable qui est franchi et c’est à ce moment-là qu’on va se révolter. Et cette inflation c'était ce seuil insupportable qui était franchi et donc ça a tout de suite été une révolte contre le régime, c’est à dire que les gens ont tout de suite crié, les bazaris ont tout de suite crié : à bas la dictature.
Alors, les bazaris, ce sont…
Les commerçants du bazar.
Le régime, qu’est-ce qui est reproché au régime par le peuple iranien en dehors de la politique économique ?
Oui, ça me permet d’aussi développer un deuxième point en réponse à votre question précédente, mais qui va répondre à celle-là aussi, c’est que les révoltes précédentes, notamment par exemple le soulèvement de Femmes vie liberté, n’ont pas été uniquement sociales. Il n’y a pas des révoltes uniquement sociales et des révoltes uniquement économiques. Et donc ça, c’est important de replacer ces révoltes. Par exemple, il y a eu une révolte des Assoiffés. C'était contre la crise de l’eau dans le Roumestan, donc dans le sud-est iranien, une région arabophone, parce que, notamment, depuis la fin de la guerre en Irak en 1988, le système de canalisation d’eau n’avait pas été restauré proprement parce que toute la reconstruction avait été donnée à des sociétés, des Gardiens de la Révolution, passés dans le civil après la guerre et en Irak, et qu’au lieu de reconstruire le système de canalisation et d’approvisionnement en eau, il s'étaient rempli les poches et il n’avaient rien fait. Et donc c’est cette question de la corruption et d’une économie de prédation qui juste fait main basse sur les ressources et s’en met plein les poches, sans assurer le fonctionnement minimal d’un pays qui, à la base, est pourvu de ressources, c’est ce système-là contre lequel se dresse la population. Et vous voyez bien que c' est un système qui est à la fois politique, économique et social. Parce que c’est un système de répression très dure et de sécurité qui permet de maintenir cette construction économique où tout est passé dans les mains des Gardiens de la Révolution à travers une privatisation forcenée dans les années 90-2000 pour s’aligner sur les politiques du FMI. Et à travers une redistribution uniquement aux mains des Gardiens de la Révolution qui gère l'économie de façon extrêmement néolibérale, c’est-à-dire qu’on a aussi un marché, un droit du travail qui a été totalement démantelé, saccagé, tant et si bien qu’aujourd’hui, entre 70 et 90 % selon les secteurs des employés sont, non pas seulement en CDI, mais en intérim donc, les leviers d’organisations, de négociations, de protestations, que par exemple pourrait être la grève, ou d’autres formes d' organisations, sont impossibles. Donc du coup, c’est volcanique il y a quelques années, il y a une révolution qui est matée dans le sang, et donc ça continue à couver sous les braises jusqu'à la prochaine éruption. Mais de toute façon, les causes systémiques ne sont pas…
Comme le tchat, je vous écoute avec passion.
Elles ne sont absolument pas, comment dire, gérées.
Est-ce que vous pourriez m’expliquer, je crois qu’il y a plusieurs centaines de milliers de Gardiens de la Révolution, c’est bien ça ?
Entre 100 et 200 000, 165 000, 185 000 ça dépendait.
Est-ce que ça veut dire que dans toutes les familles iraniennes, il y a un gardien de la révolution, c’est-à-dire qu’il y a un rouage de ce système ? Et est-ce-que ce n’est pas une partie du problème ? C’est très difficile quand c' est le cousin, quand c' est l’homme, quand c’est le frère.
Absolument. Alors, il y a 90 millions d’habitants en Iran, donc non, clairement non. Il n’y a pas un Gardien de la Révolution dans chaque famille. Et au contraire, c’est un corps d'élite qui se marie entre soi, qui est extrêmement endogame et qui se marie entre soi avec les bassidjis au début et de plus en plus avec le clergé, avec les enfants du clergé. Et donc, en fait, il y a des études quantitatives qui ont pu être faites. Ce que les chercheurs appellent la prosopographie, c’est-à-dire qu’on va faire la biographie très fine de certains acteurs, par exemple, Borougiardi aux États-Unis, qui est un politologue irano-américain a pris les almanachs du parlement iranien et a fait la biographie très fine, et notamment la généalogie matrimoniale des parlementaires sur les dernières deux décennies, et a montré comment est-ce qu’ils étaient mariés, soit entre eux, les enfants du clergé se mariaient avec les enfants des Gardiens de la Révolution, avec les vétérans de la guerre, et donc avaient créé une nouvelle élite, ça avait créé un tissu qui est une nouvelle élite politico-économique, qui n’est pas totalement ouverte sur le reste de la société. Ce n'était pas comme s’il y avait un gardien de la Révolution dans chaque famille, mais il y a ce tissu, cette élite-là qui est nouvelle élite, qui est complètement nouvelle par rapport aux élites sociopolitiques et culturelles plus traditionnelles en Iran, et qui tient le pays, qui tient toutes les ressources, qui envoie ses enfants à l'étranger. Notamment avec énormément de cet argent qui a été pillé au pays. Donc, les enfants sont envoyés pour faire des études, mais aussi pour investir énormément à l'étranger. Et c’est un des systèmes de contournement des sanctions, sauf que ces enfants-là, généralement, ne reviennent pas. C’est très intéressant parce qu’il y a des anthropologues qui ont un petit peu étudié les Gardiens de la Révolution et qui montrent comment est-ce que leurs enfants, ont un rêve, c' est de sortir d’Iran. C’est-à-dire qu’ils ont créé un système qui est invivable.
Vous êtes absolument passionnante, je ne sais pas, et alors il nous reste 4 minutes. Bon, comme on a démarré la matinale 4 minutes en retard, ça nous laisse 8 minutes, si vous voulez.
Je vais amener mon fils à l'école, voilà.
Ah non non, mais il n’y a pas de souci. Non non, c’est moi qui ai démarré l'émission à 7 heures en retard. Vous avez employé le terme « clergé » et je ne voulais pas aborder d’entrée la question religieuse, mais elle se pose, donc une fois qu’on a pu vous entendre nous parler de la situation sociale, économique, politique, qu’est-ce qu' on doit savoir de la question religieuse dans ce qui est en train de se passer en Iran ?
Je vais répondre à votre question.
Vous savez répondre aux questions.
Comme il y a 4 minutes de plus, je pense que c’est important pour compléter.
Allez-y !
C’est qu’à côté des Gardiens de la Révolution, il y a les milices bassidjis qui comptent entre plusieurs centaines et un à six millions de personnes selon les chiffres officiels. Donc là, on a un maillage beaucoup plus large, les milices bassidjis sous l’autorité des Gardiens de la Révolution. À la base, le bassidji c’est comme une jeunesse hitlérienne, c’est une jeunesse khomeiniste. C'était beaucoup les gens qui se sont fait sauter sur les champs de mines ou qui ont été la chair à canon de la guerre en Irak. C'était les bassidjis, mais ils tenaient aussi à travers le système des comités, qui étaient des bureaux de surveillance vraiment partout dans toutes les villes, ils avaient instauré un système de surveillance extrêmement fin. Le bassidji est présent dans les syndicats officiels, il est présent dans les lycées, dans les écoles, il est présent dans les entreprises, dans les administrations, c’est les volontaires armés du Basij qui sont envoyés en première ligne de la répression. Et ce qui est important, c'était que de plus en plus, il y a des témoignages de plus en plus vastes, des familles même de ces bassidjis qui se désolidarisent de leurs proches. Et il y avait des témoins lors du soulèvement “Femme vie Liberté” de parents qui ne laissaient pas leur fils bassidji rentrer à la maison le soir quand il était allé réprimer des manifestations. Et donc il y a de plus en plus de honte, alors que c'était que le bassidji tenait le haut du pavé, on va dire, idéologiquement et moralement en Iran pendant quelques décennies. Il y a, de plus, en plus, une honte à appartenir à ce corps-là. Quelque chose qui m’a marqué par rapport aux peu d’images qui ont filtré de la répression récente, c’est le fait que les forces de répression étaient masquées, comme les escadrons de la mort, par exemple, en Amérique latine. Ils étaient masqués avec un bandeau vert, « Khomeini larbal », « Khomeini guide ».Donc je pourrais revenir à ma deuxième question, c’est important, et il y a ces rumeurs…
Je vous rappelle qu’il n’y avait qu’une seule question, c’est vous qui en avez fait deux, vous êtes maline quand même !
Non mais je pense que c’est important
Bien sûr, on vous écoute.
Il y a énormément de rumeurs et de témoignages, on va dire, mais c'était le cas dans les manifestations précédentes qui circule sur le fait que les forces de répression ne sont pas seulement le Basij, les Gardiens de la Révolution, mais il y a aussi des milices armées qui sont emmenées d’Irak ou bien les Fatemi qui sont des combattants afghans formés, entraînés par la République islamique pour aller faire le maintien de l’ordre en Syrie, en fait, ces technologies de violence qui ont été expérimentés dans le laboratoire syrien, qui étaient extrêmement cruels, peuvent expliquer aussi la nouvelle forme de la répression et notamment sa dimension sanguinaire et massive. Et ça, je pense, c’est important, c’est-à-dire que oui, on a une répression, mais elle tient aussi parce que ce ne sont pas, en tout cas, ce que les Iraniens ressentent, c’est que ce sont pas des gens qui viennent du corps, de l’intérieur de la société, qui sont en train de réprimer leurs proches. Il y a ce phénomène d’immunité, c’est militaire, on est rentré dans une confrontation entre ennemis, le peuple est devenu l’ennemi du pouvoir et entre les deux un fleuve de sang. Pour revenir à cette question du pouvoir, et du rôle du clergé, bien sûr il y a le guide suprême. Je fais une pause, je laisse tout le monde respirer.
Merci beaucoup alors le guide suprême.
Ali Khamenei, président de la République durant les 10 premières années de la république islamique, qui est devenu guide depuis 1989, qui a le contrôle sur le corps des Gardiens de la Révolution, qui a construit en haut toute cette architecture de la République islamique. Et le clergé est un acteur socio-politique à double face, on va dire, parce qu’au cours du XXe siècle, il n’a pas toujours été pour une intervention directe dans les affaires politiques. Il y a toute une tradition quiétiste du clergé chiite. Mais historiquement, le clergé chiite est un allié du pouvoir. Et depuis le XVIIe siècle en Iran, c’est un corps qui a l’habitude de gouverner. Donc en fait, il y a une habitude de gouvernement et c’est pour moi un des malentendus, pas seulement pour moi, pour aussi l’historien Maxime Rodinson par exemple, un des malentendus de la révolution de 1979, c' c' que les gens ont fait la révolution, ont vu l’islam politique comme une force de contestation des subalternes, comme c' est aujourd’hui le cas dans beaucoup d’endroits dans le monde. Et au nom des promesses d'égalité et de justice que portait l’islam qui permettait de re-spiritualiser, de re moraliser la vie politique, il y a eu cette utopie, cet appel utopique à une république islamique dont on ne savait pas trop ce qu’elle était. Mais derrière, il y avait l’Ayatollah Khomeini qui lui avait une idée très claire de ce qu’il voulait mettre en place. À travers justement cette architecture républicaine avec un guide suprême qui a le contrôle sur l’ordre militaire et sur l’architecture politique. C’est un islam extrêmement rigoriste chiite et totalitaire, c’est un projet totalitaire la théocratique, la république islamique. Et donc le clergé a été impliqué dans ce projet là. C’est un clergé, contrairement au clergé sunnite, qui est hiérarchisé, et donc le guide suprême, qui à la base n’est pas une personnalité religieuse si forte que ça, est devenu un acteur politique de premier plan et donc aussi a atteint le degré suprême, est devenue grand ayatollah pour pouvoir être guide suprême. Je ne sais pas si c'était clair ce que je raconte là, mais en fait il y a eu un investissement et une reconfiguration du clergé chiite pour le rendre ; pour le faire devenir un appareil de gouvernement totalitaire, une classe dirigeante de la théocratie. Et le conseil des Gardiens de la Révolution, le Conseil de sécurité, il y a plusieurs organes qui ont un rôle très important dans l’architecture politique de la République islamique dont les membres dirigeants sont des membres du clergé proches du guide suprême. Ce n’est pas l’idée de tous les religieux, le fait qu’on devrait gouverner à travers une théocratie stricte, mais je pense que ce qu’il est important de retenir, en dehors de tout ça qui sont peut-être des détails pour nous ici, c’est deux choses. C’est qu’au-delà de la sociopolitique des élites et du clergé, la théocratie a réussi cet exploit qui est de séculariser une société au cours de ces 47 ans d’existence. C’est-à-dire que la République islamique s’est instituée en s’appuyant sur une base sociale très large parce qu’on avait une société extrêmement pieuse et très compatible avec les idées du Khomeynisme en 1979 et la société iranienne s' est développée de façon un peu autonome par rapport et divergente par rapport à ce que voulait la république islamique, aujourd’hui, on a une société qui est très largement séculière, c’est-à-dire pour une séparation de l'Église et de l'État. Et moi, je l’explique par animosité à l’idéologie totalitaire théocratique, mais aussi parce que le fait de faire de l’slam une idéologie d'État Et donc que tout le dispositif de l’islam dans la pratique quotidienne soit finalement gouverné par l’État, soit étatisé, ça implique que ce que Weber appelait le rationnel légal imprègne toutes les dimensions du religieux et mettre le religieux sous la coupe réglée. Juste un exemple, l’eau qui est dans les mosquées qui sert à faire les ablutions et c’est une eau qui purifie. Sauf qu’au moment du Covid et bien avant, l'État a estimé que non, cette eau-là pouvait faire circuler des microbes et donc devrait être interdite ou asséchée. Donc tout ce qui est de l’ordre de la croyance finalement a été comme siphonné par le rationnel légal et la République islamique a réussi à séculariser sa société. Donc on a aujourd’hui un pays de 90 millions d’habitants au cœur du Moyen-Orient pour laquelle, et une société extrêmement éduquée, pour laquelle l’islam politique n’est plus une force de contestation, ça, c’est une nouveauté.
Ultime question, elle vient du tchat et après je vous libère. Alors non seulement vous êtes claire, mais vous êtes passionnante et il faut que je vous réinvite, voilà ce que dit le tchat. Deux petites questions, alors là, plus en termes de géopolitique. Comment appréhendez-vous les lectures de la situation qui ne parlent que des sanctions américaines comme explication au mouvement ? Supermurgeman dit que pensez-vous de la question de la stabilité régionale au nom de laquelle les voisins de l’Iran appellerait Trump à la prudence ?
Très rapidement, en fait, les sanctions américaines ont saigné le pays. Mais ce que j’ai essayé d’expliquer, c’est qu’il y a tout un appareil de gestion économique capturé par les Gardiens de la Révolution qui gouverne sur le dos du régime des sanctions, pour s’enrichir encore plus et contraindre encore plus la population creuser ces gouffres d’inégalités qui renvoient la majorité des Iraniens, y compris la classe moyenne, sous le seuil de pauvreté. Donc c’est pour ça qu’aujourd’hui les Iraniens ne se retournent pas contre les États-Unis qui sont quand même, et surtout Trump, qui est personnellement responsable de ce régime de sanctions, mais contre leur gouvernement. Parce que c’est clair pour tout le monde en fait, ce système fonctionne sur le dos du régime des sanctions. Quant aux lectures campistes, écoutez-moi, j’ai essayé pendant plusieurs années et je pense que sincèrement j’avais envie de convaincre et d’informer pendant très longtemps et essayer de faire en sorte que la gauche soit plus à l'écoute de ce qui se passait en Iran sans y calquer des grilles de lecture binaires qui ne prenaient pas du tout en compte le pouvoir d’action, l’autonomie, la subjectivité du peuple iranien. Je suis de plus en plus fatiguée par cela, c’est-à-dire que ça ne m’affecte plus. Je ne suis pas triste, je ne suis plus frustrée, je m’en fiche totalement du fait qu’il existe encore à gauche un grand nombre de personnes qui décident de fermer les yeux ou de considérer les Iraniens comme des pions, c’est-à-dire de leur donner aucun pouvoir d’action et de décision et de garantir ce pouvoir d’action et des décisions qu'à l’Occident, ce qui est pour moi une forme ultime d’absorption du regard colonial, d’intériorisation de la suprématie occidentale. Mais peu importe, ce qu’il me semble, c’est que pour ceux pour qui ça compte encore, Et bien, tout comme moi, en tant que chercheuse et militante franco-iranienne, je fais attention et je lutte pour que le discours féministe iranien, le discours d'émancipation iranienne, ne soit pas repris par des pro-israéliens et des membres de l’extrême droite, et bien la responsabilité revient dans le camp de la gauche à faire attention à ce que le discours anti-impérialiste ne récupère pas à son profit que l’on ne devienne pas promoteur de la République islamique et complice de sa répression féroce en voulant être anti-impérialiste. Donc ça, je pense que c’est à chacun une responsabilité, ça compte, je fais ma part du travail, j’attends de vous que vous fassiez votre part du travail et voilà, chacun doit œuvrer pour faire, disons, progresser les idées d'émancipation au-delà des grilles binaires. Sur la question de la stabilité régionale, en effet il y a deux choses, c’est que je pense que les voisins de l’Iran qui sont ses rivaux, régionaux notamment l’Arabie Saoudite qui est son grand rival régional, la Turquie qui est sa rivale historique, on va dire de beaucoup plus long terme, avec l’Empire Ottoman et l’empire Perse, ces rivaux régionaux ont un intérêt, y compris Israël, à ce que l’Israël reste faible, on sait que si la société iranienne arrive à une forme d’autodétermination, et bien ça va déclencher une puissance énorme. Si le marché iranien s’ouvre à une plus grande liberté, si tous les savoir-faire et les 8 millions d’Iraniens qui sont en exil participent à la reconstruction de leur pays, bien sûr que ça va déclencher quelque chose, sachant encore une fois. Comme je l’ai dit tout à l’heure, on aura une société de 90 millions d’habitants qui n’a plus l’islam politique comme perspective de contestation. Donc là on est dans un moment de passage et vraiment qui peut avoir des effets régionaux très très importants. Mais il y a un autre versant, il n’y a pas que ça, sur la question de la stabilité, c’est qu’en effet une intervention militaire, ce qu’on a vu, ce que l’on fait les interventions militaires par le c’est de créer des situations de guerre civile, de mener à des situations de guerre civile qui sont extrêmement, extrêmement violentes, extrêmement sanguinaires et qui, au-delà d’un nombre de morts qui se comptent par centaines de milliers, déstructurent en fait la société en mettant en panne le système de santé, le système éducatif, tant et si bien que je voue une haine extrêmement claire à Saddam Hussein, Mais sous son règne, il y avait 98 % de la société qui était alphabétisée et aujourd’hui on a toute une génération de jeunes irakiens qui n’ont pas pu fréquenter l'école du fait de l’insécurité qui a suivi l’invasion américaine en 2003. Donc en fait quand il y a la question de la stabilité régionale et la question des possibilités de conflits civils suite à une intervention sont bien réels. Mais il y a d’autres possibilités, d’autres schémas de développement des faits qui sont beaucoup plus positifs, mais qui eux aussi ont peur et ne sont pas souhaités par ces rivaux régionaux.
J’ai une ultime question, cette fois elle est de moi, elle est peut-être débile, mais je voudrais quand même vous la poser parce que c’est le sentiment que j’ai eu. J’ai eu l’impression il y a quelques jours que Donald Trump incitait les Iraniens à se soulever, qu’il y a eu des massacres et que finalement il a dit « bah, je ne veux pas intervenir ». Qu’est-ce qu’on peut dire de cette manipulation ? Est-ce que c’est le moment d’en parler ou est- ce que c est un détail par rapport à ce mouvement extraordinaire qui est en train de s’opérer ou est-ce qu’on peut pointer du doigt deux secondes ce cynisme absolu, là me semble-t-il, mais peut-être que j’ai une mauvaise interprétation des choses.
Oui, Reza Pahlavi aussi a incité, et d’ailleurs il a été entendu, ce qui a montré aussi l’importance qu’il avait pour la protestation iranienne. Son appel à aller dans la rue a été suivi de manifestations relativement massives. Je ne sais pas si c'était le cours normal des protestations qui s’enflait ou bien le fait que son appel a eu un effet de cristallisation. Moi, j’ai lu des témoignages de gens qui disaient, voilà, j’ai interdit à mon fils de sortir manifester le soir où il a été tué. Il est sorti en disant, Trump a dit qu’il allait intervenir, t’inquiète pas, c’est bientôt la fin. Donc, en effet, je pense que ça a eu un effet énorme. Et d’ailleurs, Khamenei, dans son dernier discours, a nommément pointé du doigt condamné Donald Trump comme étant le responsable du massacre qui a eu lieu. Moi, je fais attention à une chose, parce que c’est un discours qui se répète. Et pour moi, ça fait partie, c’est une des étapes du déni d'État. Le déni, c'était de dire que les massacres n’ont pas eu lieu. Il y a eu 500 morts et pas 500 000. C'était la faute des Américains qui ont appelé les gens ou qui ont soutenu les protestataires et donc les ont bercés de fausses illusions, les ont envoyés à la mort, et puis la dernière étape sera inverser la place des bourreaux et des victimes, de dire en fait c’est les manifestants soutenus par le Mossad qui ont tué 5000 forces de l’ordre iranien. Ça va venir, je pense que c'était la vie normale, quasi biologique, des politiques de déni. Mais pour revenir à cette question-là, je crois que c’est très important. Le même raisonnement avait lieu avec l’organisation des moudjahidins du peuple au début des années 80. C’est-à-dire que cette organisation d’opposition à la République islamique, qui était révolutionnaire, islamiste mais marxiste, avait une base extrêmement large. Ces leaders ont appelé leurs manifestants dans la rue. Il y a eu beaucoup de manifestants qui ont été arrêtés. Et puis ensuite, la tête des moudjahidins s’est déclarée en résistance armée et entrant clandestinement à commencer à faire des attentats terroristes contre le clergé. Et tous ces prisonniers qui avaient été arrêtés lors des manifestations pacifistes ont été exécutés, ont été tués au nom de lutte anti-terroriste de l'État iranien. Et donc on a responsabilisé, en tout cas on a dit voilà, ces massacres et cette violence d'État, c’est la faute des moudjahidins qui ont poussé tous ces jeunes à la mort. Et donc, si tant est que cette responsabilité est réelle, je pense qu’il y a un discours ici qui est très fort et qui est de dire, c’est comme si le fait que l'État iranien, pour se maintenir, massacre, c’est une donnée. C’est normal, c' est dans l’ordre des choses. Après, comment est-ce que les gens sont exposés à ce massacre qui, lui, on n’a rien à en dire ? Et bien, c’est là qu’on va déterminer des responsabilités c’est ça qui me gêne dans ce raisonnement. La responsabilité première, c’est les gouvernements iraniens qui l’ont, qui ont envoyé des milices et des forces de sécurité, massacrer la population à ciel ouvert. Plusieurs milliers de personnes ont été tuées dans les rues en deux jours.
Merci beaucoup. Il est 9h17, vous avez du travail, j’en ai aussi, le chat vous remercie. Alors il y a quelques personnes qui contestent votre analyse, mais dans l’ensemble, merci Chowra Makaremi.
Merci beaucoup, énorme merci, merci Au poste d’avoir pris un peu plus de temps.
Franchement, c’est tellement dur de savoir, oui, alors là ça répond au fait que tout le monde n’est pas d’accord avec votre analyse.Voilà, merci beaucoup. Je pense qu’on va se revoir si vous en êtes d’accord ah, vous êtes bloquée non ?
J’essaye de lire ce qui se dit dans le chat.
Merci pour cet entretien, merci très pertinent, vous pourrez voir dans la rediffusion. Merci beaucoup, vraiment, c'était très clair, nous dit Jimmy Fox merci beaucoup, nous dit Tartoufic de Gloubignac. Qu’est-ce que c’est que ce nom ? Merci beaucoup, dit Anaïs Graffiti. Voilà tout. Voilà, merci, merci et à très bientôt, j’espère. Je dois évoquer, alors je n’en ai pas parlé, mais vous avez sorti un livre là, en fait, récemment, non ?
Oui, oui, en septembre dernier.
Alors voilà, mais je ne l’ai pas reçu. Quel est ce livre ?
"Résistance affective, les politiques de l’attachement face aux politiques de la cruauté".
Et c’est paru ?
À la Découverte.
À la Découverte en 2025. Merci beaucoup, bonne journée à vous. Et puis, s’il y a un moment où vous dites « Tiens, il faudrait revenir au poste », vous êtes comme toujours la bienvenue.
Merci, merci.
Merci, à bientôt, à bientôt. Voilà les amis, c'était la matinale d' Auposte, c'était France Déter, il est 9h19, il y a plein de trucs que j’ai mis à la poubelle, que j’avais préparées, mais c’est pas grave, c´est le lot du direct des matinales, place aux intervenants, aux intervenantes, j’espère que cette matinale vous a plu. Moi, j’ai beaucoup de plaisir à l’animer. J’ai eu beaucoup de plaisir et de travail à la préparer. C’est super dur de caler des rendez-vous, si tôt le matin. Et puis, je suis obligé d’attendre genre vendredi, samedi, hier, c'était un peu la cata, quoi. Il manquait un invité mais voilà, on y arrive. Merci beaucoup, merci à vous tous et à vous toutes d'être aussi nombreux et nombreuses, vous vous en êtes peut-être rendu compte, mais aujourd’hui, exceptionnellement, Euryale n'était pas là. Mais je dois dire, qu'à part un troll, et bien le tchat s’est bien tenu. C’est dire, la force de la communauté aupostienne, c’est que vraiment il y a quelque chose de l’ordre de l’intelligence collective qui se passe ici, même quand on est très nombreux, je dis, même parce qu’il y a quand même un seuil critique au delà duquel il ne faut pas aller si jamais on veut rester dans quelque chose d’intelligible. Merci à vous tous, on se retrouve jeudi pour parler philosophie, pour parler mensonges, industrie du mensonge. Merci au tchat qui se tient sage. Je vous dis à jeudi, peut-être une émission d’ici là qui pourrait être impromptue. Merci à toutes et à tous pour vos dons, vous savez que ce sont vos dons qui nous permettent de payer les locaux, le matériel, de préparer les choses, de les produire, de les post-produire. Nous avons été rejoints et renforcés par l’arrivée de Théophile que je salue pour les réseaux sociaux. N’hésitez pas à nous suivre et à partager, merci à vous tous, j’envoie les crédits, merci encore.
