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Enquête au cœur de la jeunesse identitaire

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Transcription de l’émission

David Dufresne
M. Nicolas Lebourg m’a dit tu démarres puisque on est chez toi. J’ai dit "On est chez nous, on est chez nous, le club de la presse que toute la presse nous envie sur l’extrême droite, les fachos, Nous avons, les meilleures chercheuses et les meilleurs journalistes. On a un historien, pour moi, le meilleur il est là Nicolas Lebourg, C’est lui le maître de cérémonie Aujourd’hui, nous allons parler de l’extrême droite nouvelle génération, notamment des identitaires, avec ce livre dont je ne vous montre pas les pages, parce que c’est ce qu’on appelle des épreuves non corrigées, même si on a enlevé deux ou trois trucs, le reste est absolument à la fois passionnant et terrifiant.En gros, c’est que des identitaires, la droite et l’extrême droite, c’est la même maison, c’est les c’est les mêmes réunions, c’est copains comme cochons. Et nous allons parler de ça dans quelques instants avec les invités de Nicolas.
Nicolas Massol
Salut.
Nicolas Lebourg
Le titre du livre : Suppôt de l’extrême droite, nouvelle génération enquête au cœur de la jeunesse identitaire ; alors nous avons, de gauche à droite, sur le canapé, Marylou Magal une des auteures, journaliste à L’Express, qui suit les extrêmes droites et Nicolas Massol qui fait le même métier mais à Libération Et puis tout à droite, si j’ose dire, Marion Jacquet Cavaillon, qui est maître de conférences à l’université d’Assas, spécialiste des mouvances radicales, qui a fait une superbe thèse sur les identitaires et qui continue à travailler sur ces problématiques en s’ouvrant également à la question électorale avec la galaxie Zemmour de gauche à droite, on voulait commencer par votre bouquin qui sort le 1ᵉʳ mai C’est vrai que c’est un livre qui a plusieurs thèses. C’est vrai que ça correspond, je dirais alors à une espèce de tradition. C’est vrai qu'à Libération, il y a toujours eu un gros suivi du Front national et que les rares, ceux qui suivent l’extrême droite, ont souvent fait des ouvrages. Il y a eu celui de Jacques Trautmann sur la jeunesse qu’on a évoqué tout à l’heure, une galerie de portraits Camille Vigogne qui vient de publier le bouquin Les Rapaces, il y a quelques semaines, excellente enquête sur la mairie de Fréjus, Mais vous êtes tous les deux dans des rédactions, il y a des traditions. Alors là, vous nous parlez de jeunes ont beaucoup de tradition, celle de se fréquenter, or c’est le livre où on picole le plus depuis Bukowski. Et tu te prends quelques exemples page 239 des grandes tables bien arrosées page 240 un gin tonic à la main page 241. Pense bête pour tous les autres. Ne jamais refuser un verre dans un bar sombre de Saint-Germain-des-Prés Page 243 Ce qui ne rechigne pas à trinquer. Le bar est situé à quelques mètres de leur colocation. Un peu plus bas, dans la même page, les soirées raclette aux apéros page 244, on apprend que Jordan, Bardella, est fana de cocktails à 21 €. C’est vrai ?
Nicolas Massol
Oui. C’est une exclusivité que nous révélons ce soir. Voilà, ça picole à peu près toutes les deux pages.
Nicolas Lebourg
Ce qui est assez surprenant dans les ouvrages de journalisme politique, mais surtout qui est assez révélateur. Parce que ce que vous racontez, c’est qu’en fait, l’unification des droites telle qu’elle se fait, telle que certains tentent de la produire, c’est d’abord un phénomène de jeunesse, donc d’une jeunesse qui se retrouve dans des bistrots qui pensent pareil et qui résultat va pousser ses pions ensemble a Cnews qui porte les identitaires ?
Marylou Magal
Et un peu à la reconquête. Mais Reconquête a absorbé les identitaires depuis
Nicolas Massol
Oui, oui, vraiment. Le truc c’est ça. En fait, c’est concrètement le bouquin, on prend une génération qui a commencé, en fait arrivée en politique à partir de 2010, 2012 et en fait c’est une époque où le FN est encore au sein d’un cordon sanitaire, où LR pense encore pouvoir retourner au pouvoir, où les identitaires commencent en fait à aller sur le toit des mosquées mais sont vraiment groupusculaires et où la spécificité du combat raciste antimusulman n’est pas encore partagée, on va dire par l’extrême droite.
Marylou Magal
Identifiée comme telle.
Nicolas Massol
Et donc en fait, ils n’ont pas l’air de se fréquenter, ils n’ont pas l’air de se voir, mais ils commencent quand même à se fréquenter quand même dans des bars, des pubs.
Marylou Magal
Dans les rangs de la Manif pour tous.
Nicolas Massol
Ça a commencé là vraiment.
Marylou Magal
Où ils se croisent, où les mecs de droite croisent des gens du RN, des identitaires et permet à ces gens peut être plus de groupuscule et se disent bon. On a quand même des choses en commun est là, on défile et on voit que, en parlant assez jeune qu’on ne côtoie pas d’habitude, on voit qu’on pense des choses qui sont assez similaires.
Nicolas Massol
Il y a un chapitre notamment qu’on parle qui a fait scandale à l'époque. C’est un nouvel an la petite amie de Bardella en 2015, dans laquelle vous aviez des gens de droite, donc des gens de LR donc, et qui font partie des personnages et des gens d’extrême droite avec Philippot qui arrive. Et en fait c’est ça, c'était quelque chose qui était interdit, ça a fait scandale chez les cadres.
Marylou Magal
Il a été question d’exclure non pas les militants, c'était vraiment un gate chez les Républicains.
Nicolas Lebourg
Alors que de l’autre côté, chez les Identitaires, il y avait la volonté de se mélanger assez rapidement.
Marylou Magal
Alors il y a toujours eu cette volonté chez les Identitaires, Ils sont vraiment partisans de la stratégie de l’explosion qui ont fait exploser des idées et qui les reprend après tout. L’objectif, c’est que leurs idées soient reprises. Donc quelle surprise par LR, ils s’en réjouissent comme c’est Copé au moment du pain au chocolat, anecdote fameuse sur le racisme anti-blanc, etc. Ils étaient déjà contents comme à un moment ils sont contents quand c’est François Hollande au moment de la déchéance de nationalité pour les djihadistes binationaux. Ils sont contents aussi de combattre les identitaires ou ils font feu de tout bois. L’objectif, c’est de diffuser leurs idées et donc ils vont participer à tous ces combats évidemment. Et donc on les retrouve par exemple à la Manif pour tous. En fait, les identitaires sont déjà derrière une banderole rose et bleu avec marqué l’identité. C’est plus exactement le slogan qu’ils avaient, mais identité, notre première famille ou en tout ou à l’envers dans l’autre sens. La famille, notre première identité. Et donc en fait, on voit bien qu' eux, ils essayent de faire passer leurs idées dans ces cercles là. Parce que bien sûr, quand ils ont participé à la Manif pour tous, ils le font en rose et bleu et pas en jaune et noir et ils le font sans le logo Génération identitaire.
Nicolas Lebourg
Alors en même temps, chez les identitaires, dans les milieux radicaux, il y a tout le temps l’expression de communauté militante. Et ce qui est marrant, c’est que vous, là, vous parlez carrément d’expériences communautaires pour cette génération.
Nicolas Massol
Moi même en arrivant à beaucoup bosser dessus.
Marylou Magal
Donc pour la Manif pour tous.
Nicolas Lebourg
Ils n’ont l’expérience que d’expériences communautaires. Mais cette génération à un moment, et c’est vrai que ce n’est pas forcément quelque chose que les gens qui nous écoutent vont associer à l’idée d’un conglomérat de droite la formule d’expérience communautaire. Donc, qu’est ce que vous entendez par là ?
Nicolas Massol
On parle d’expérience communautaire.
Nicolas Lebourg
Page 204
Nicolas Massol
Oui, la fameuse entre la 203 et la 205.
Marylou Magal
Avec ce livre, nous souhaitons raconter l' avènement d’une génération. Depuis plus de dix ans, les jeunes qui la composent partagent des soirées, des réunions, des formations, des lieux de socialisation, de lutte et un corpus idéologique commun. Ils se sont mêlés en 2013 dans les cortèges de la Manif pour tous et ont cru pour la plupart aux vertus du souverainisme pour casser les anciens clivages et rompre le cordon sanitaire qui enserrait l’extrême droite. Ils ont vécu les attentats. La plupart, comme une alerte, une épiphanie. Et si, au fond, ce qui les rassemblait tous n'était pas le rejet du mariage homosexuel ou de l’Union européenne, mais celui de la menace islamiste et plus généralement de la présence de l’islam en France. Identitaires, ils le sont presque tous devenus. Nous les avons rencontrés, nous avons passé du temps avec eux. Nous avons appris à les connaître, à comprendre leurs idéologies et les raisons de leur engagement. Souvent, notre proximité d'âge a facilité leurs confidences. Et ce qui réunit ces jeunes, ce sont aussi des lieux des bars du sixième arrondissement de Paris. Le siège parisien du mouvement de jeunesse du RN, une école de formation dans le 16ᵉ, où les nouvelles recrues LR côtoient autant les militants du RND que de groupuscules un peu accessoires. Des appareils politiques et des militants et militants aussi, comme la Cocarde étudiante, l’association SOS Chrétiens d’Orient et des personnalités enfin que nous vous présenterons. Des mentors, bien sûr. Ça fait dix ans que cette génération s’organise, se structure sous les radars politico médiatiques et que si, si, et que ses idées gagnent du terrain. Les très jeunes adultes ont grandi et prennent petit à petit le pouvoir dans leur organisation. Ils se font élire ou nommer à des postes prestigieux dans des rédactions influentes. Aujourd’hui, une conviction les animent et sont aux portes du pouvoir.
David Dufresne
Bravo ! C'était pour introduire le propos.
Marylou Magal
Un bon résumé. Je pense que la thèse centrale est l’idée de l’ajustement..
Nicolas Lebourg
D’emblée, c’est simple quand vous partez sur la question de l’expérience communautaire, quand même.
Nicolas Massol
En fait, c’est vraiment ça. Pourquoi est-ce qu’on parle de génération ? Pourquoi est-ce que le terme de génération est important selon nous ? D’abord parce qu’on a fait ce bouquin là en pensant très fort à celui qui s’appelle Génération de Patrick Rotman et Hervé Hamon.
Nicolas Lebourg
Et pour ceux qui l’ont lu, ça se sent effectivement. On retrouve ce souffle, cette envie effectivement de montrer les filaments, les liens entre ces individus qui les dépassent et qui expliquent à une époque.
Nicolas Massol
Voilà, c’est ça, Oui, on le retrouve tout à fait avec des événements communs qu’ils ont vécu ensemble, qui les alliés qui est en fait qui font office de référents communs. Alors chez nous, c’est la Manif pour tous, comme le mouvement souverainiste, et on sait que ça fait longtemps. Mais à l'époque, il y avait toute une partie, une certaine gauche, une certaine droite et une certaine extrême droite qui communient dans le rejet de l’Union européenne. C’est vraiment les années 2015-2016, 2017 en fait, jusqu'à l'échec de Marine Le Pen à la présidentielle.
Marylou Magal
Pardon, qui a tâtonné aussi, qui a tâtonné pendant des années, jusqu'à trouver vraiment ce qui les reliait et ce pour quoi ils allaient s’engager ensemble.
Nicolas Massol
On n’en parle pas assez, On n’a pas encore parlé de ça, mais Zemmour fait office d’expérience commune pour toute cette génération. Ce sont des jeunes qui ont grandi en regardant. On n’est pas couché qu’en regardant les extraits de Zemmour par exemple quand ils se moquent de l’homélie du père. Et ça c’est un truc qui a qui nous a vachement frappés à savoir que ce soit Jordan Bardella, fan incontesté de Zemmour, Sarah Mahfouz qui est donc la numéro deux de Reconquête et la compagne d’Eric Zemmour aujourd’hui, ou les Identitaires, c’est des gens qui sont tous fans d’Eric Zemmour et de sa pensée culturelle,.
Marylou Magal
Comment ont-ils été biberonné tous à ça et ils se retrouvent tous dans les citations. C’est devenu un gimmick que tout le monde connaît. Des codes communs aussi en fait.
Nicolas Massol
Je vous dis juste ça. Il y a un mec qui dit la capitalisation trop marrer, moi, dit La capitalisation politique du rejet de l’Europe a joué un rôle dans l' influence. Oui, justement, c’est aussi ce qu’on raconte, c’est qu’en fait c'était des appareils qui étaient encore très cloisonnés. Et en fait, le rejet de l’Europe correspondait à un besoin de trouver des réponses des europhobes, des souverainistes, de ce qu’on appelle les souverainistes des deux rives. C’est le vieux fantasme de Zemmour, toujours, qui voulait, qui aurait rêvé d’une candidature commune entre Philippe de Villiers et Jean-Pierre Chevènement et Jean-Pierre Chevènement. Et c’est ce qu’ils ont essayé de faire, notamment à Sciences-Po, avec une association qui s’appelle La Critique de la raison européenne, dans laquelle vous avez toute cette génération où vous avez Alexandre Loubet qui aujourd’hui est député RN et qui est donc qui était le fondateur de cette association là et qui est aujourd’hui le directeur de campagne de Bardé, là, bardé, là, s’est pointé, même si il faisait pas d'études à Sciences-Po. En fait l’idée c'était vraiment via l’Europe. On pète le cordon sanitaire et on réunit les gens.
Marylou Magal
C’est toujours l’espoir et il fallait réussir à se désenclaver et à rassembler des gens. Ça semblait être en tout cas le bon cheval de bataille de dire, on va grâce à cette question du souverainisme ce sera ce qui va nous permettre de rompre le cordon sanitaire et de rallier à notre cause, y compris des gens de gauche.
Nicolas Lebourg
Mais c’est les identitaires qui ont été les plus malins là dedans, il me semble. Parce que quand on vous lit, on voit que le souverainisme permet des rapprochements comme il y en a toujours eu depuis les années 80 et que c’est parti pour échouer, comme d’habitude, comme ça échoue d’ailleurs au second tour des départementales et régionales de 2015. Et vous l'écrivez à un moment dans le bouquin, vous dites que le souverainisme est mort, le je le dis de mémoire, le souverainisme est mort le 13 novembre 2015. A partir de là, on passe à une conversion identitaire, à une focale sur l’islam et c’est elle qui va réellement permettre effectivement de casser les digues et créer une culture commune. Donc je ne sais pas, toi, du côté du suivi des identitaires, comment tu le vois ? Est-ce que tu arrivais à la même conclusion qu’eux.
Marylou Magal
Alors à la même conclusion sur l’aspect générationnel clairement fait quand on parle de génération et toujours plusieurs questions qu’est ce que c’est l’effet de l’effet d'âge ? A priori, ça paraît un peu ridicule de parler d’effet d'âge parce que sinon retomberait sur des lieux communs qu’on connaît tous la jeunesse radicale, là. Et on pourrait s’attendre à ce que dans dix ans, ils soient devenus des sages gens de l’UMP ou de LR. Je pense pas qu’on soit sur ce thème là aujourd’hui et je ne pense pas que ce soit ça le destin qui leur soit promis. Même si je n’ai pas de boule de cristal et que chacun est libre de choisir sa voie. Mais a priori, c’est à ça qu’on s’oriente. La deuxième possibilité, c’est d’avoir un effet de génération. Là, pour moi, c’est vraiment ça qui est extrêmement saillant, c’est la génération qui a fait péter le cordon sanitaire et en fait, c’est ça qui les réunit, c’est ça qui fait la génération. En fait, presque je trouve que l’esprit de génération, c’est ça, c’est qu’en fait, ce qui les réunit, c’est qu’ils n’ont pas peur de se parler. Et en fait, c’est parce qu’ils ont réussi à casser cet impératif moral qui était partisan. Mais des deux côtés, je pense que des gens qui auraient été trop chez LR au moment d’une certaine période du RN n’avaient pas forcément été très bien vus en interne non plus parce que considérés comme trop libéraux, trop européistes Et ça c’est vrai pour la dimension LR, RN mais c’est aussi vrai pour la dimension identitaire Ce qu’il faut quand même se rappeler qu’historiquement Jean-Marie Le Pen détestait, les identitaires qu’il appelait les Mao spontex les euros régionalistes.
Marylou Magal
. Oui, en gros, ils n’ont rien compris, ne sont pas nationalistes, donc ils ne savent pas faire de l’extrême droite correctement. Et donc en fait ils étaient hyper détestés en fait en interne. Hollande. Donc Marine Le Pen arrive, change un peu la donne, elle arrive à parler avec les identitaires petit à petit. Philippe Vardon se vend bien et il y a une forme de réconciliation. On en fait bien aussi. Et bien en fait, c’est parce que Marine Le Pen ouvre un petit peu les portes du parti. Le Rassemblement bleu Marine, le RBM, ça serait exactement ça aussi. Et donc peut-être via cette porte du RBM, les identitaires commencent à grenouiller gentiment dans les cercles du RN. Et puis là, il y a une fenêtre d’opportunité énorme. Énormément de fois. Énormément. A l'époque, c'était assez mesuré, mais beaucoup plus d'élus que ce qu’ils avaient auparavant dans des mairies au Parlement européen. Et en fait, à ce moment-là, de quoi a-t-on besoin quand on est un parlementaire ou un élu ? RN On a besoin de jeunes qui soient correctement formés, avec des idées bien à droite et qui soient capables de faire un communiqué de presse et de prendre des photos. Donc on a besoin d’un identitaire en fait, puisque personne d’autre ne sait le faire. Et donc ça, c’est un peu un contexte. Donc tout ça fait que ces événements en pagaille font que toutes les digues tombent et qu’on décide. Mais en fait on a, on a le droit de se parler et à partir de là, non seulement se réunir un peu de facto dans des lieux communs, mais petit à petit construire des lieux pour continuer à se voir. Et ça, c’est vraiment frappant. Je pense que l’exemple que vous avez, quel plus est peut être le plus parlant de ça, c’est l’IEF. Oui, donc c’est vraiment le laboratoire explique Pardon. FB C’est une école qui s’appelle l’Institut de formation politique qui est dans le 16ᵉ arrondissement de Paris. Et c’est vrai, c’est le mec qui a créé, ça s’appelle Alexandre Pezet et son but ultime depuis le début, c’est de faire péter le cordon sanitaire et que tous les hommes de toutes les différentes nuances de droite et d’extrême droite se parlent et se réunissent. Et il a réussi un truc avec cette école Tous, tous et toutes les personnes radicales qu’on connaît aujourd’hui parmi les jeunes Stanislas Rigault, Alice Cordier de Némésis.
Nicolas Massol
Franchement, on a vraiment des idées vénères, vraiment. Des gens qui sont très radicaux quoi. Et en même temps, t’as aussi des mecs de LR, des groupes des grands bourgeois, du Figaro qui viennent de ces cinq ans.
Marylou Magal
de cette formation par des journalistes du Figaro. T’as des mecs de LR qui sont là Guilhem Carayon qui a fait un petit tour aussi.
Nicolas Lebourg
C’est ainsi fait le lien entre ce que vous dites et j’explique un truc.
David Dufresne
C’est juste un petit point technique, c’est pour les demoiselles. N’hésitez pas à mettre le micro sur le menton. Carrément comme Guillaume Meurice nous l’a appris Voilà comme ça. Et en plus, quand vous tournez la tête, le micro tourne avec vous
Nicolas Lebourg
Tiens, je rebondis sur ce que vous dites. J’explique d’abord un truc aux gens au cas où. C’est par rapport à ce que disait Marylou. Ce qu’il faut bien voir, c’est qu’effectivement il y avait des conflits autour de la question du référent régional après la seconde guerre mondiale. Chez les radicaux, on s’engueule avec deux options : ce qu’on appelle les socialistes européens qui veulent démembrer l’Europe au bénéfice des régions ethniques. Et on va aussi soutenir l' Euskadi, la Bretagne, la Catalogne etc. C’est le socialisme européen. Et de l’autre côté, les nationalistes européens qui veulent une grande Europe mais en conservant des États nations. Cette question là, elle est dépassée dans les années 2000 par les Identitaires, avec une formule qui retombe Maurras, Charles Maurras, le doctrinaire, L’action française et tout ce qui est nationaliste et d’autres identitaires. Pierre Vial, le premier, dit tout ce qui est identitaire et un autre, et donc le local, le national, le continental militant, le nationalisme allemand. On avait déjà effectivement cet enjeu d'échelle et d’emboîtement. On fait ça, ça marche aussi pour nous. Mais résultat, sur ce que tu dis là. Voilà, c'était pour expliquer un peu la notion sur ce que tu dis là et par rapport à ce que vous dites là tous les deux sur les FP, c’est à dire quand on vous lit, on a l’impression que c’est une génération où il n’y a pas de querelles de doctrine, c’est à dire là je parle de troupes. Dans les années 50-60, les mecs s’engueulaient là, ils n’ont pas l’air tellement s’engueuler.
Marylou Magal
En fait il y en a, mais ils considèrent que ce sont des querelles anecdotiques, au regard du danger imminent qui les menace, qui est l’islamisation du pays.
Nicolas Massol
Ouais, alors nous, il y a quand même dit ouais, en vrai, pas tant que ça, parce qu’en fait on arrive un peu à la conclusion qu’ils sont tous identitaires. Oui, c’est à dire que globalement c’est globalement, puis c’est plutôt des européistes et c’est plutôt des ethno-racialistes quoi, si tu veux globalement, c’est quand même un peu ça en fait.
Marylou Magal
Et même les dissensions qui pourraient être des sujets économiques par exemple, et encore, ils s’en foutent globalement.
Nicolas Massol
Ouais, c’est moins important,
Marylou Magal
Ils considèrent que ce sont des sujets sans importance.
Nicolas Massol
Dans l’espèce de truc qui à mon avis de vrais débats qui devait traverser le FN à une époque, à savoir un peu entre les héritiers de l’Empire français et les européens identitaires quoi. Ou un type comme Aliot par exemple, est directement issu de l’empire français avec cette idéologie là, l’attachement aux harkis, y a pas forcément un rejet de l’islam viscéral quoi, Mais, mais d’abord etc. Qu’on retrouve d’ailleurs quand Marine Le Pen va à Mayotte, là, ce weekend, en fait, on voit qu’elle est ravie en fait d’aller à Mayotte, etc. Et. Et ça, les identitaires, ils n’aiment pas les identitaires, ils n’aiment pas. Vous allez un peu comment vous allez ?
Marylou Magal
Ça les rend extrêmement mal à l’aise.
Nicolas Massol
Bah ouais, on voit des noirs musulmans.
Marylou Magal
Non mais c’est ça les anciens, j’en avais eu en entretien qui disaient quand même la priorité en gros entre c'était littéralement la phrase que je cite entre un blanc et un blanc athée ou un noir chrétien, nous on choisit 100 % du temps le blanc athée, et ça c’est vraiment la vision, c’est vraiment celle là. Ça c’est vraiment la base de la réduction peut être de ce qu’est l’identitarisme.
Nicolas Massol
Mais attends, je vais entre parenthèse moyen, un identitaire qui m’a dit ça récemment, mais il me dit bon Mayotte ça fait chier. Euh. Mais entre guillemets, c’est un peu pauvre, tu vois. C’est à dire que bon, si y a que Mayotte, ça va, c’est un département, c’est une petite île finalement y a plus important et l’important c’est le grand remplacement, c’est l’islam sur le territoire de la métropole, etc. Donc en fait c’est plus tant que ça, si tu veux un. Repoussoir, etc. Mais, mais, mais quand même. Le maire de Moissac, par exemple, Romain Lopez, qui lui est un fils de pieds noirs. M’a toujours dit que les identitaires, ils s’engueulaient, lui, à l'époque où il bossait autour de Marion Maréchal parce que c’est un ancien, un type qui bossait avec Marion Maréchal. Il s’engueulait avec les Identitaires autour de Marion Maréchal, Damien Rieux qui pour lui étaient juste des racialistes coincés. Pour lui, c'était quand même la nécessité française. Pour ce l’obèse là a été d’abord celle qui s’hérite mais se mérite aussi. L’autre ce n’était pas possible et toute assimilation était impensable. Mais globalement, les Romain Lopez, il y en a quand même de moins en moins. Il n’y en a pas beaucoup et ils sont plus où ils sont. Je trouve qu’ils sont tous d’accord en fait.
Marylou Magal
Aujourd’hui, on débat sur l’islam, sur l’islam et sur la conception d'être français aussi. Zéro refus du métissage. Culturelle et évidemment ethnique la plupart du temps. Mais après tout, très paradoxalement, il faut quand même aussi souligner que les identitaires reprochent à Zemmour d'être encore assimilationniste. Donc de leur point de vue, ils ne sont pas encore identitaires.
Nicolas Massol
Mais ils se soignent
Nicolas Lebourg
En même temps dans leurs bouquins. Je sais que tu l’as lui aussi, il a fini le bouquin, je ne veux pas spoiler, mais avec l’enterrement de Patrick Buisson. Et puis il y a tout le monde qui converge et la scène est incroyable parce qu’on a suivi les personnages pendant tout le bouquin.
David Dufresne
Et monsieur les archives. Monsieur l’historien, il faut rappeler qui est Patrick Buisson.
Nicolas Lebourg
Tu as tout à fait raison. Si tu le fais, j’aurais envie de faire un peu le fameux Patrick Buisson est ce journaliste intellectuel d’extrême droite qui était arrivé à se reconvertir en conseiller stratégique de Nicolas Sarkozy, qui lui a, entre autres, permis de rater sa réélection en lui conseillant de mettre tout feu sur les questions identitaires, ce qui a dégagé un espace à Marine Le Pen et qui a fait perdre Nicolas Sarkozy, qui fait que le génie qui a Patrick Buisson est un génie. Sans vouloir attaquer les morts quelque peu excessif et qui est un homme qui avait su frayer lui-même avec la totalité des droites l’extrême droite. Vous rappelez ses amitiés dans les milieux antisémites également.
Marylou Magal
Et pour l’ensemble, l’union des droites.
Nicolas Lebourg
Dont l’obsession était l’union des droites et qui correspond très bien à une partie des discours qu’on entend aujourd’hui. En plus, maintenant, son nom est devenu un gimmick assez policé. On enlève évidemment toutes les scories après un décès, mais ça converge sur cette question d’identité à minima. Et c’est vrai qu’on se demande un peu. C’est à dire qu' est ce que le groupuscule sur lequel avait bossé Marion quand ça a commencé les identitaires et est quand même arrivé à une espèce d’hégémonie, peut être une hégémonie un peu à minima idéologique, mais est ce qu’il arrivait à une hégémonie culturelle dans le milieu des droites ou pas idéologiques ?
Marylou Magal
Complètement. Aujourd’hui, le discours majoritaire parmi toute cette jeunesse qu’on raconte, c’est le propos du livre d’ailleurs, de dire que l’idéologie commune, c’est une idéologie identitaire étirée de. On met dans le livre le manifeste de Génération identitaire qui avait été écrit enfant unique au nazisme. Il y a énormément d’idées de ce manifeste qui est très restreint et très fort qui sont aujourd’hui utilisés, y compris par Jordan Bardella, je pense à la génération qui meurt pour une cigarette refusée, c’est sûr, mais qui sont utilisés partout et qui irriguent toute la jeunesse aujourd’hui. Ouais, moi je suis d’accord sur le fait que je suis d’accord avec la thèse que vous défendez, que la priorité et ça, c’est une priorité identitaire. Donc, de ce point de vue là, ils ont réussi à redéfinir la priorité. Donc, ça, c’est peut être là dessus qu’ils ont remporté le combat idéologique. Après, est ce qu’ils ont été au bout jusqu’au bout du point de vue purement d’un point de vue purement idéologique, je ne suis pas sûre que ce soit 100 % de l’idéologie. D’ailleurs, je l’ai, je prends vraiment. C’est ce qu’il avait. Il avait appuyé ça pendant la campagne en 2022. Un petit une petite analyse de qui est le plus identitaire ou compatible entre les candidats et les classes avait deux sur 25. Marine Le Pen en avait quatorze et Zemmour avait 18 mais il n’en avait pas 20. Pourquoi il n’en avait pas 20 ? Parce qu’il était encore pour l’assimilation, Et comme ça c’est quand même 20 ans. C’est ce qu’ils ont reproché quand même. Historiquement, c’est ce qu’ils ont reproché pendant extrêmement longtemps au Rassemblement national de rester assimilationniste et de ne pas se convertir en fait purement et simplement à la dimension vraiment non seulement culturelle, mais aussi ethnique de l’identité. Et ça, ils n’ont pas réussi non plus parfaitement à le faire passer. Donc c’est peut être là tu vois qu’il y a encore. Du coup, si pour eux c’est la fin de l’histoire, on va s’en arrêter là. Mais si leur objectif c’est quand même encore de faire passer cette dimension là et donc de faire passer ce vernis ethnique par sous le vernis culturel, c’est peut être ça qui leur reste à faire idéologiquement si on distingue en gros, c’est un peu ça.
Nicolas Massol
Je suis d’accord avec toi. Effectivement, j’ai l’impression quand même que le pur, le vocabulaire ethnicisation trop ethnicisation est encore difficile à avoir, même pour un candidat comme Zemmour. Mais même si Zemmour, juste un an après ou six mois après, je sais plus en fait. Le premier anniversaire de la création du parti Reconquête, donc en décembre 2023, Eric Zemmour dit faire un discours où il dit que les sociétés multiculturelles sont des sociétés multi conflictuelles, les sociétés multiethniques sont des sociétés multi machins et les sociétés multiraciales, etc. Donc en fait il introduit quelque chose qui est violent, qui est violent, qui vient de la nouvelle droite raciste. Marine Le Pen avait dit ça, mais en se bornant au multiculturel, Zemmour prend le côté vraiment ethnique, racial.
Marylou Magal
Effectivement. Mais en fait, l’histoire n’est pas finie.
Nicolas Massol
L’histoire n’est pas finie. Oui voilà, je pense qu’il y a une marge de progression Après je ne sais pas, mais moi j’ai l’impression que tu vois, il y a des il y a des façons de dire culturelles qui ne trompent personne quoi.
Nicolas Lebourg
Tu en fais toujours un mélange entre le culturel et le biologique. C’est ça dans l’histoire de France et même dans le statut du juif de Vichy, ce mélange entre les juifs de race juive selon les pratiques cultuelles de tes grands parents, et le troisième acte qui n’est pas promulgué, le Commissariat aux questions juives, ça va te plaire par rapport à l’histoire de Zemmour, c’est sur un prénom hébreu vaudrait dire race juive.
Nicolas Massol
Ah ouais
Nicolas Lebourg
Alors qui n’est pas promulgué celui-là ? Même statut ? Mais donc on voit bien, ça a toujours été des mélanges de gens qui croient qu’il y a eu un racisme purement biologique et purement culturel.
Nicolas Massol
Oui d’accord.
Nicolas Lebourg
Mais en fait c’est inexact. Mais par contre ça pose une question pour vous trois. Je voudrais bien avoir votre réponse à
David Dufresne
Excusez moi Maître,
Nicolas Lebourg
Vraiment, tu m’as dit je joue.
David Dufresne
Je joue parce que vous êtes absolument parfait, mais place au chat. J’ai une question toute simple : c’est quoi un identitaire ? Parce que là vous parlez en connaisseur mais c’est quoi un identitaire par rapport à un frontiste ? Quand on lit votre bouquin on voit qu’il y a un fort mépris des identitaires pour les frontistes, ça c’est assez plaisant à raconter à mon sens, c’est quoi un identitaire par rapport à un lepéniste, à un frontiste ?
Nicolas Massol
Je demande qui va bien pouvoir répondre à cette question. Tu connais le sujet ?
Marylou Magal
En gros, si on parle déjà de l’adjectif identitaire, deux sens qui se côtoient un peu dans la littérature, c’est le premier, une espèce d'équivalent de l’extrême droite. Donc en gros, c’est un peu utilisé comme ça. Parfois les identitaires, ce serait tout ce qui est identitaire, ce qui est d’extrême droite. C’est un peu en usage abusif et un peu extensif qui veut. Voilà, on l'évite. Le deuxième, c’est en fait. En fait, ce qui est intéressant dans le terme identitaire, c’est que c’est eux qui l’ont fabriqué. Un moment, faut comme aussi le dire, c’est leur terme, c’est un terme. Moi je dis autochtone parce que c'était le peuple que j'étudiais, mais voilà, c’est leur terme à eux. Pourquoi est-ce qu’ils ont créé ce terme ? Le premier usage, c'était au sein d’une unité radicale. Donc la vieille organisation de laquelle était issue alors était en lien, on va dire. Maxime Brunerie, qui avait tenté un petit attentat sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Au sein de l’unité radicale apparaît à un moment un conflit et la moitié une moitié va se déterminer, se définir comme identitaire par rapport à l’autre. Donc c’est un terme en interne pour se distinguer entre deux tendances. Ce terme va faire florès parce qu’en fait ils vont se dire c’est hyper pratique ce terme. On a. Nous, on n’aime pas être qualifié d’extrême droite, on trouve que c’est un terme qui est insultant et qui disqualifie et du coup on va utiliser identitaire à la place. Donc on va plus, on va plus essayer de se définir autrement et on va se dire qu’on est identitaire. Bon, donc en fait, c’est très pratique pour eux, c’est d’un usage assez commun et ils vont le garder. Ça va devenir à partir de 2002 le nom de leur parti et donc à partir de là, le nom d’un mouvement bien précis autour du Bloc identitaire, des Jeunesses identitaires, puis de Génération Identitaire et du think tank, désormais les Identitaires. Donc voilà, c’est un peu cette galaxie là et donc un identitaire, en fait, c’est quelqu’un qui appartient à cette mouvance de ce point de vue là, et du coup s’inscrit à la suite de la Nouvelle Droite dans une vision ethno différentialiste, donc culturelle, ethnique, de l’identité. Voilà, je pense que ça répond relativement succinctement à la question.
Nicolas Lebourg
Ça alors aussi qu’est la différence dans la façon dont ils vivent par rapport au FN ? Je rebondis là dessus parce qu’en même temps, ce qui est intéressant, c’est que le terme d’identité, il est justement mobilisé à ce moment là par des militants d’unité radicale. Mais à la fin des années 1970, utilisé en Allemagne par des radicaux qui eux se réfèrent à Otto Strasbourg qui est un des grands cadres du parti nazi mais qui fait scission avant la prise du pouvoir en 31, qui est un des premiers grands théoriciens d’une Europe des régions qui lui dit voilà, ce n’est pas qu’une question d’un grand racialement, il va faire une grande Europe des régions, entre autres dans les différences idéologiques avec Hitler. Et comme la constitution allemande interdit toute référence à la race. Au fait, on ne peut pas dans la vie politique allemande, faire un certain nombre de références qui rappellent le troisième Reich. Ces radicaux allemands, à partir de la fin des années 60 investissent massivement le terme d’identité. Et on voit comment effectivement, dans les années 70, Guillaume Faille dans la nouvelle droite va prendre aussi le terme d’identité. Et puis comment ? Effectivement, à l'époque du radical, on va voir évoluer les choses et s’imposer le terme. Mais comme dans un contexte d'élection européenne, ça nous permet de rappeler que la vie politique est une vie politique continentale aussi. Au passage, et alors ? Par rapport à tout ça, effectivement, on imagine, on est dans un bistrot pour vous raconter vous deux, vous êtes des identitaires, moi je suis un frontiste. Ai LR J’ai un peu l’impression quand je vous lis, que vous me prenez pour un con. Est ce que vous pouvez m’expliquer pourquoi vous me prenez pour un idiot ?
Nicolas Massol
Basée à l’origine une passion pour les identitaires. Non mais ça m’intéresse parce que. Pourquoi ? Justement parce qu’ils prennent les gens pour des cons. Pourquoi ? Parce que les identitaires se conçoivent un peu comme une sorte d’aristocratie militante. C’est à dire qu’en fait, c’est des gens qui sont donc groupusculaires, qui viennent du radical, etc. Et qui au début même des années 2000, étaient encore groupusculaires, mais qui ont des sessions de formation, des listes de lectures. Ils vivent vraiment comme une famille, une communauté. C’est à dire qu’ils ont des noms des camps d'été dans lesquels ils ont un certain nombre d’activités mais dans lesquels ils sont formés, ce qui est quand même assez rare déjà à droite et à l’extrême droite, ou où globalement la formation doctrinale, militante, etc. Est quand même moins, on va dire, poussée. Peut être que dans les dans les milieux d’extrême gauche, c’est les gens qui disent plus et c’est des gens qui ont vraiment une vision du monde, là où surtout depuis Marine Le Pen, euh. On recrute plutôt du côté. C’est moins politisé, c’est moi. Ouais, c’est un peu ça. À quoi bon un frontiste, si vous voulez un identitaire. En 2015, il a lu Dominique Venner, un frontiste, en 2015, un jeune frontiste. La barre des Là, il y bombarde. Là, il battait des vidéos de Soral, mais il n’avait pas lu Brasillach. Je pense qu’un mec du FN des années 90 avait lu Brasillach.
Marylou Magal
On a aussi le côté, chez Identitaires, le chimiquement pur aussi, vraiment, c’est l’idéologie chimiquement pure et c’est ceux qui n’ont jamais renoncé et qui ont pas trahi, qui n’ont pas fait de concessions.
Nicolas Lebourg
C’est même une dimension un peu initiatique dans la militance des identitaires.
Marylou Magal
Oui, complètement. De toute façon, je te rejoins complètement. Et en fait, moi, ce que je trouve assez fin, assez génial dans leur système de fonctionnement, c’est qu’en fait les types se disent on est dix, du coup on ne va pas dire qu’on est dix, on va dire on est une aristocratie. Et ça je pense que c’est un renversement qui est quand même fabuleux parce qu’en fait ils ne disent pas on est un groupuscule, on est que dix, il dit on est dix parce qu’on est les meilleurs. Et donc ça, c’est que vraiment, c’est quand même assez fascinant en termes de construction du groupe et donc de la viande. C’est pour ça que je rebondis là dessus. Mais de là vient cette dimension un peu initiatique quand on te fait entrer chez les identitaires, quand tu deviens un identitaire, t’as déjà fait tes preuves, c’est à dire que t’as été un nouveau, t’as été un voleur d’affiche. Et petit à petit tu accèdes enfin le droit de participer à des grandes actions d’ampleur. Et donc ça c’est hyper important pour eux, parce que c’est cette progression dans le militantisme, elle donne du sens à leur engagement. En fait, c’est des rétributions parce que parce que t’es toujours là, t’as le droit de militer plus. Ça peut paraître horrible parce qu’en fait la rétribution est un coup t’as droit de passer plus de temps à militer parce que t’es bon, mais en fait pour eux c’est vu que t’es dans un système aristocratique. Si t’es encore là, ça veut dire que t’es suffisamment bon pour être là. Et donc on te donne le droit de rester et de prendre plus de responsabilités. Donc ça c’est vraiment ce que j’avais appelé dans la thèse les effets sur générateurs du militantisme. Donc on va plus militer. Et donc tu deviens formateur, tu commences à encadrer les plus jeunes et il y a vraiment ce système en plus qui est extrêmement important, qui en fait est un peu la colonne vertébrale des identitaires aussi sur le plan organisationnel et idéologique, c’est la transmission en fait. Donc c’est ça le centre.
Nicolas Massol
Je veux juste rebondir sur ce que tu dis. Le collègue Maxime Macé qui va me poser une question. J’arrive un peu en retard. Nico a t-il déjà évoqué François Duprat.
Nicolas Lebourg
Non.
David Dufresne
Alors ça, c’est vraiment un truc de spécialiste, là, tu sais.
Nicolas Lebourg
Faut préciser aux gens qu’en fait Nicolas Massol vient de répondre à un de ses collègues de Libération.
Nicolas Massol
C’est des petites blagues. Et juste là dessus, justement, je rebondis encore pour revenir sur notre livre on raconte deux actions, notamment des identitaires, celle où en fait, qui est un peu leur fonds baptismaux quand ils envahissent le toit de Poitiers le toit de la mosquée en construction
Marylou Magal
Toutes les actions militantes des identitaires, c’est quelque chose qui est pensé, qui réfléchit comme des actions très visuelles et des choses très marquantes et très avec des images qui sont destinées à être médiatisées. Et d’ailleurs, il y a moi. Il m’avait raconté qui contacter la presse avant d’en parler. Par exemple, ils partent à Poitiers en ayant déjà prévenu les gens
Nicolas Massol
Les mecs, les journalistes reçoivent l’info, intéressez vous à ça, etc. Il y avait BFM qui était embarqué et raconte C’est vraiment incroyable.
David Dufresne
J’ai vécu dix ans à Poitiers, donc c’est la banlieue de Poitiers. Mais ce que j’apprends effectivement dans votre bouquin, c’est que BFM est avec eux, c’est-à-dire est embarqué est déjà embarqué. Le reste de la presse arrive après et vous explique pas comment BFM est déjà là. Comment ça se fait ?
Nicolas Massol
Ils ont dealé ensemble alors je n’ai pas tout le truc etc. Mais en gros, les identitaires appellent des journalistes en premier. Le type qui faisait un peu la base arrière, c'était Philippe Vardon, qui envoyait des textos. Donc Philippe Val, c’est le grand frère des Identitaires qui aujourd’hui est avec Marion Maréchal et Eric Zemmour.
Nicolas Lebourg
Et c’est le meilleur technicien des extrêmes droites.
Nicolas Massol
Exactement lui du coup il avait commencé à être un peu trop âgé pour monter sur le toit, mais c’est lui qui était en lien, BFM effectivement à l'époque devait être intéressé par les images. Mais ce qui fait que vous avez un des types, c’est Langé Julien Langé là, qui ensuite bossera dans une mairie FN qui aujourd’hui est dans un truc qui s’appelle Académie Christiana qui essaie de faire s’accoupler le catholicisme c'était son cheval de bataille. C'était déjà son Atelier identitaire qui arrivait et qui lui. Du coup faire un duplex avec BFM etc. Mais, en fait de toute façon il y a toujours eu ce que c’est ce que disait Marylou. Il y a toujours eu un lien d’intérêt entre les chaînes d’info qui a, les images des identitaires coincés. Vous créez le truc en même temps qu’étatisme attaché sur les chaînes d’infos. Là tu ne seras pas invité sur Cnews. Donc il y a vraiment, un truc comme ça. Et effectivement, tout est pensé en termes. Il y a des fumigènes, des banderoles, des machins, etc. Tout est pensé en termes d’image, de chaînes, d’infos, les slogans dans les débats de foot. Et là on voit un peu encore à l'époque, il y avait encore des liens avec les tribunes, c’est ça ? Un petit peu depuis, mais à l'époque on voit encore bien ces signes là ici comme à Aix en Provence les fumigènes, la culture.
David Dufresne
Mais, mais vous dites que Génération Identitaire, par exemple, s’inspire de Greenpeace en fait. Oui, donc ça c’est un point qui me semble important. Nicolas Après je te laisse la conduite, mais il y a une forme de modernité quand même
Nicolas Lebourg
Totalement l’idée, si on peut l’expliquer comme si on pouvait utiliser un coup Greenpeace.
Marylou Magal
Un juridisme ou alors de toute façon, c’est là aussi c’est pareil. Ils avaient conscience qu’il dit Ici on dit on est dix. Comment font les gens qui réussissent en étant dix ? Ils ont regardé ce que faisait Greenpeace. Ils ont dit Greenpeace, ils sont dix, ils font la télé. Du coup, on va faire comme Greenpeace. Donc ça, c'était purement stratégique. Et en fait, à ce moment-là. Alors, moi, c’est des militants qui me le racontent à ce moment là, vraiment, il y a une réaction des plus anciens qui disent vraiment va pas se mettre à faire comme les gauchistes, ce n’est pas possible ça c’est on ne peut pas, on ne peut pas s’abaisser à ça, quoi. Voilà. Et donc vraiment, ça c’est la première réaction. Et eux les jeunes disent bah en fait si, parce que les gars, on est vraiment dix et si on veut que ça marche, il faut qu’on le fasse. Et donc ça, c’est vraiment aussi un peu la rupture de cette dimension stratégique, c’est-à-dire la stratégie, c’est un truc pour être vu. Et à un moment, il faut que si on veut que ça fonctionne, il faut prendre les meilleurs moyens pour le faire. Et donc on s’affranchit un peu de ces barrières, de c’est un truc de gauchiste. Et donc ils le font, explicitement et ils s’inspirent explicitement de Greenpeace. Il y a même des actions, celle sur la Méditerranée où ils vont sillonner la Méditerranée pendant trois quatre semaines avec un bateau. Ils disent qu’ils s’inspirent explicitement de Sea Shepherd. C’est pareil, Il y a à chaque fois un référentiel.
Nicolas Massol
Toute façon, ils sont tous fans de ces méthodes. De la gauche à l’extrême droite a toujours été fan de la fondation du FN qui est calquée sur celle du Parti communiste.
Nicolas Lebourg
Toujours dans la radicalité de droite pour tenter d'être à l'école de haute radicalité n’est rien sans Soral qui vient s’acclimater à l’extrême droite radicale, mais dans lesquelles ils puisent largement. Et alors, une question sur tout ça ? Parce que là, on parle beaucoup des identitaires.
Nicolas Massol
Mais ils ne parlent pas que de ça.
Nicolas Lebourg
Il y a quand même un sacré paradoxe, parce que les identitaires, vous l’avez expliqué tous les trois, c’est une conception d’un nationalisme ethnique et ils sont dix. Mais la dédiabolisation, je crois qu’on l’avait raconté dans l'émission la dernière fois. La dédiabolisation, elle se fait justement sur l’idée qu’il y a deux écueils qui sont tous les dérapages antisémites par rapport à la Seconde Guerre mondiale et tout ce qui renvoie la nationalité à une dimension ethnique ou raciale, que c'était les écueils dans les années 90 qui avaient empêché le FN de progresser. Marine Le Pen, ses équipes, partent avec ces deux idées là quand ils prennent le parti on peut se dire Marine Le Pen arrive à 42 %, Zemmour se taille un petit espace médiatique en parlant du grand remplacement et de Pétain qui sauve les juifs. Il reprend les deux trucs qui n’avaient pas été travaillés pendant longtemps pour faire scandale et créer un espace où tout va bien. Mais quand on regarde le résultat, on a plutôt l’impression que c’est Marine Le Pen qui plie le match et que c’est sa stratégie qui est la bonne. Or, quand on vous écoute quand on lit votre bouquin, on se dit ah ouais, mais c’est les identitaires qui ont gagné la bataille culturelle. Et donc, quel est ce paradoxe ? Que faut-il en penser ?
Marylou Magal
La réponse, c’est Bardella, c’est par delà qui lui pense exactement à accabler de la même manière que tous ces jeunes dont on parle dans le bouquin. Et on parle de lui aussi, tous ces identitaires. Il a été biberonné aux mêmes idées et les humoristes, il reprend ses formules simplement. C’est une différence d’analyse et de constat. Lui, il estime que aujourd’hui, il a une machine à sa disposition qui s’appelle le Rassemblement national, qui est déjà un parti politique construit avec un socle d’adhérents et de votants, et qu’il est plus efficace d’utiliser le RN en lisant un peu son discours s’il le faut et en envoyant quelques signaux aux identitaires. Et son grand truc, c’est de dire que tous les chemins mènent au RN et que lui, il a toujours été biberonné à la culture du parti et il n’a jamais eu ce petit passage un peu folklorique où il était dans un groupuscule quand il avait quinze ans. Et même s' il pense foncièrement la même chose sur les questions d’identité, il est persuadé que la seule façon de gagner, c’est par l’appareil militant.
Nicolas Massol
Là, il dit grand remplacement. Il ne le dit pas beaucoup, mais il envoie des signaux suffisamment forts pour qu’on sache ce qu’il pense. Il a fait une tribune ou une interview dans le JDD. Ce n’est pas celle-là, celle d’avant où il parle du remplacement de nos populations. Il le dit on est plus dans la subversion, la submersion migratoire. Bardella, il a autour de lui des gens dont on fait, dont on raconte l’histoire. Dans le bouquin comme les mecs de la cocarde. Donc la cocarde, c’est ce syndicat étudiant d’extrême droite microscopique qui, après comme après des années 20, plein de tentatives du front de de concurrencer l’Uni, s’est monté en 2015 sur un logiciel plutôt souverainiste, tout en s’appelant pour une nouvelle droite étudiante, un bloc nouvelle droite, on voit bien les soubassements identitaires, etc. Donc ces gens là, c’est Pierre Romain qui est l’ancien ancien patron de la Cocarde, son vraiment sur un logiciel ethnique de rapprochement.
Marylou Magal
Et puis quand il dit en plateau l’Islam n’a pas poussé dans les prairies normandes, ça c’est clin d'œil clin d'œil à tous les identitaires. Vous voyez vraiment ce que je pense ?
Nicolas Massol
Ouais vraiment. Il y a ça, il y a ce truc là, c’est. Il y a une différence effectivement. En fait, il y a un partage des rôles entre Marine Le Pen et Marine Le Pen, on le sait, elle le voit, elle intériorise avec du cynisme ou quoi que ce soit ? Marine Le Pen a le socle. Maintenant Bardella on voit des clins d'œil à la droite et à l’extrême droite identitaire radicale. Et c’est pour ça, oui, oui, oui, voilà. CB Parce que ça va souvent ensemble en fait, les identitaires se sont toujours dit de droite alors que le FN a toujours longtemps et Marine Le Pen a fortiori rechigné à se dire de droite. Donc il y a vraiment un partage des rôles à Marine Le Pen, le côté rassurant, le truc entre deux tours Jordan Bardella les clins d'œil sur le grand remplacement, sur l’islam, Vraiment, il y a le côté Marine Le Pen. Parfois elle a dit des trucs dingues genre ouais en fait moi je m’en fiche de l’islam, ça m’intéresse pas mon truc, c’est l’islamisme lui même.
Nicolas Massol
Ils sont tellement nombreux. Quand il dit que sa phrase l’islam va pas pousser dans les prairies normandes, c’est une façon vraiment de. Voilà, il y a un contenu culturel, civilisationnel. Dans le truc où en fait on ne peut pas avoir 40 millions de musulmans.
Nicolas Lebourg
Marylou évoquait le radical. Il y avait un autocollant d’unité radicale contre le simulationnisme dont slogan était : si Mouloud est français, moi je suis breton. Ce qui permet effectivement de se positionner.
Marylou Magal
Oui, je pense aussi que ce qu’il faut, ce dont tu veux tenir compte, c’est que la situation a grandement évolué. Pour le RN, c’est à dire qu’en fait, en 2021, Marine Le Pen assise sur son socle de personnes d'électeurs potentiellement identitaires, c’est à dire d’accord avec elle sur le fait qu’un putain d'électeurs qui était d’accord avec elle sur le fait que l’immigration devient la lutte contre l’immigration devait être la priorité nationale. En fait, elle n’avait pas besoin de le dire, ces gens-là, ils étaient déjà pour elle. Il n’y a pas besoin de se battre. Elle n’avait personne. Quand les gens votent pour ça, ils votent pour elle. Et c'était ça leur priorité. Il n’y avait que le RN qui vendait ça. Donc en fait, elle pouvait se permettre effectivement de ne parler, de parler que d’autre chose. C’est un peu la situation, C’est un peu ce qu’elle a choisi de faire en 2022. Et d’ailleurs, de ce point de vue là, stratégiquement, c’est extrêmement intéressant. Elle nous a fait une campagne sur le pouvoir d’achat, ce qui a été vu, dit, redit et ce qui est extrêmement vrai. Ce qui lui avait aussi dit, c’est son image sur plein de sujets, etc. Aujourd’hui, ce qui se passe donc en 2022, elle est encore à cette position là. Et Zemmour lui a été utile parce qu’en fait il a été, il a servi de radical et tout en continuant à pousser ces thèmes sans pouvoir lui voler non plus en milliards d'électeurs parce que le vote utile a fait son œuvre, On s’en doutait, elle devait s’en douter. Heu. On fait comme si on n’y croyait pas en parlant de vote caché, mais globalement, tout le monde le savait, non ? A partir de là, qu’est ce qui se passe ? Ils sont deux sur le créneau. Donc qu’est ce qu’il faut faire ? Il faut trouver quelqu’un qui puisse reprendre un petit peu le RN de la radicalité. Et je pense que quand je parle de partage des rôles, c’est là qu’il voit bien que, en fait, maintenant, ils ont besoin de se partager ces rôles. Marine Le Pen ne peut pas changer de discours par rapport à 2022 et donc il faut qu’elle trouve quelqu’un qui soit un peu son bras droit et qui puisse reprendre les rênes sur ces questions identitaires. Et bien sûr, Bardella, en tant que président du parti tout désigné, est là en tant que tête de liste aux européennes aussi, qu’elle a aussi eu l’arrivée d’une concurrence sur sa droite qui a Eric Zemmour qui fait qu' elle ne pouvait pas trop se reposer sur ses lauriers et qu’il fallait rappeler aussi quand même les fondamentaux aux électeurs pour pas trop qui ? Ceux qui partent de chez elle.
Nicolas Lebourg
Mais il y a un truc par rapport à ça aussi qui est dans votre bouquin, ce qui est assez saisissant. Sur la question de génération, on en parlait tout à l’heure, c’est qu’est ce qu’ils sont ambitieux ? Ils sont très carriéristes, parfois brillants. Faut quand même dans une image qu’on vous lit de jeunes femmes effectivement extrêmement brillantes, c’est une des rares femmes. Sinon, c’est quand même un milieu de bonhommes de manière très marquée, très claire. Mais on a quand même l’impression de jeunes hommes qui ont certes des fois à toute épreuve, mais aussi effectivement une assurance absolument certaine qu’il y a des places à prendre par rapport aux bouquins de Rotman. L'époque des étudiants radicaux des années 60. Les types ont des rêves de révolution, mais peu de rêves de carrière à l'échelle personnelle, qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême gauche. Là, on a quand même l’impression qu’il y a une dimension d’aventure individuelle qui est très forte et qui est peut être plus forte qu'à l'époque des identitaires classiques. Je ne sais pas ce que tu en penses, toi, par rapport à ça.
Marylou Magal
Je dis complètement Ils sont tous en fait, ils ont un peu. C’est marrant parce qu’il y a, disons, tout ce côté un peu Rastignac. Il y a le côté arrivé à Paris qui chez Bardella, qui est super marquant. Lui, il arrive, il arrive à Paris, il a 18 ans. Le premier truc qui fait, c’est qu’il enfile son petit costard, il va s’asseoir au fond du forum du FN à l'époque et s’assoit sur les marches. Il prend des petites notes et après il va voir tous les cadres de l'époque qui étaient en vue pour demander s’il peut donner un coup de main, qu’est ce qu’il peut faire ? Et son but, c’est toujours de monter plus haut dans l'échelle du parti et ce n’est pas trop mal réussi aujourd’hui. Mais ils ont tous ce truc effectivement. Peut être à l’exception des identitaires vraiment kikis qui se battent eux pour un idéal commun plus que pour des postes. Mais aujourd’hui, au RN et même à Reconquête, il y a cette aspiration d’avoir une place, une place dans un parti et une place aussi. C’est de l’argent et c’est un salaire. Et aujourd’hui le RN est une force qui permet à ces militants, et c’est assez nouveau d’avoir d'être rémunérés, d’avoir un poste d’assistant parlementaire et de pouvoir vivre de ça. Être tuteur disait la question de génération. C’est la question de l'âge qui est absurde. La question de la génération politique qui s’est fondée autour de cette rupture entre nous dans des droites. Et la dernière chose qui peut faire une génération, c’est un événement ou un moment de rupture, le moment de rupture, en fait, il se fait à quoi ? Peut il se faire au moment où le RN prend tellement d’importance, au moment où le RN trouve son sens, devient le deuxième parti, le parti de second tour quoi. En fait, il se fait au moment où on sait que le RN s’intéresse. C’est déjà le discours. En 2017, on disait en 2007 on a une certitude, c’est que le RN sera au second tour. On ne sait pas contre qui, mais il c’est ça en fait, c’est pour moi, c’est ça le moment de rupture. Et donc forcément, quand tu commences à militer dans cette espèce là, à ce moment là, et bien tu vas où tu vas là, tu vas au RN parce que tu sais que tu vas potentiellement avoir des places aussi dans ce cercle où des acteurs rationnels comme tout, comme tout à chacun d’ailleurs. Et donc du coup, forcément, ils sont, ils sont carriéristes, mais parce qu’en fait ils se disent. Où est ce que j’ai le plus de probabilité de défendre des idées qui sont proches des miennes et potentiellement de pouvoir en faire ma vie ? Donc voilà, je pense que certains ont un peut potentiellement renoncer à une certaine partie de leurs idées ou accepté en tout cas Nanterre une partie pour aller pousser leurs idées en interne au RN trois, il y a plein de plantes identitaires qui ont fait ce jeu là aussi. C’est une histoire d'équilibre. Et justement il y en a qui en sont revenus. Parce que les identitaires aujourd’hui, je pense à Damien Rieu, Vardon qui est chez Zemmour, ils en sont revenus parce qu’ils avaient avalé trop de couleuvres pour eux pendant des années. RN On les avait trop maltraités et chez Zemmour, ils ont trouvé une personne qui manifestement leur permettait d’exprimer leurs idées avec plus de force. C'était plus complet au niveau des idées et c'était plus satisfaisant que le RN.
Nicolas Lebourg
Si j’essaie de faire la synthèse de tout ça, en fait, étant donné que des élections européennes le 9 juin, il y a 30 ans, 40 ans de ça, Roger Greffier, historien britannique, faisait remarquer que dans la reconfiguration des extrêmes droites dans les années 80, il y avait un ethno-libéralisme qui se dessinait un peu partout en Europe, une logique ethnique dans un marché libre, juste compensé par des discriminants nationaux de type préférence nationale.
Marylou Magal
La formule gagnante
Nicolas Lebourg
Est ce que là dedans on sait que Marine Le Pen, elle a eu du mal à s’acclimater au libéralisme, mais qu’elle en va de plus en plus libérale dans son vin de l'État-Providence parce qu’elle comprend que pour faire 50 % plus de voix à droite, c’est important. En même temps, ce que vous nous racontez, c’est que les identitaires font bouger, que LR fait bouger. Est ce qu’on a une espèce d’ethno-libéralisme qui est en train de devenir une espèce de culture commune dans le continent de droite française ? Et ça, je voudrais bien votre avis à chacun.
Nicolas Massol
Il lance alors, ethno-libéralisme également. Un grand mot encore. Moi je pense que le RN y va franchement, si tu regardes concrètement de plus grand monde pour Bardella.
Nicolas Massol
Oui
Marylou Magal
Je pense que Zemmour y est pour beaucoup. Il a repris la winning Formula, c’est le classique, Totalement. Marine Le Pen, elle y va. Elle est encore un peu nous quand on la place sur des insultes, quand on fait nos trucs de politiste ou on place les gens sur des grilles. La dimension économique droite gauche et la dimension autoritaire libérale sur le plan des valeurs, on la met quand même encore sur la ligne, sur le côté libéral, donc elle est à la fois et quand elle n’est pas, elle n’est pas encore passée complètement du côté du libéralisme. Mais de fait, sa migration, elle fait 2012, 2017 2022 donc elle migre quand même de plus en plus, donc elle est de moins en moins. Zemmour dirait socialiste en économie.
Nicolas Massol
Donc oui, elle reste un peu étatiste en fait, c’est ça le truc, c’est qu’il y a un truc de Marine Le Pen pour l'État, je ne vois pas, on ne peut plus dire on ne peut pas dire qu’elle a quoi que ce soit de gauche, etc. Elle ne touche pas au capital si elle veut baisser les ventes de toutes ces mesures. Pour les pouvoir d’achat, ce sont des baisses d’impôts ou quoi ? Donc ce n’est pas la gauche ça. Enfin, c’est compliqué. Alors il y a deux ou trois trucs qui, je vous l’annonce, vont sauter une modulation de la flat tax, une taxation des superprofits. Ça c’est un truc que Jean-Philippe Tanguy qui vient, lui, du gaullisme, Debout la France essaye de mettre. Mais des mecs comme Bardella, ils s’en foutent de ça. Tu vois, c’est une parenthèse parce que tu parlais d’ambition machin etc. Oui, il ne faut pas non plus trop. Alors bon, les mecs de génération, de toute manière, il y en a quand même un certain nombre qui ont mis leurs idéaux au placard et qui en fait il y a Krivine qui a réussi à rester toute sa vie etc. Mais il y en a quand même pas mal qui dans les années 80 ont fait de la pub quoi. Mais c'était vraiment des mecs qui étaient révolutionnaires. Là, franchement, objectivement, il faut, il faut quand même être conscient que c’est des gens pour lesquels la xénophobie, voire le racisme et cette espèce de haine profonde de l’islam et globalement la seule conviction qu’ils aient quoi, franchement, en vrai, bordel, ça n’a aucune conviction économique. Alors c’est évidemment beaucoup plus facile maintenant qu’il est sur tous les plateaux, qu’il est une sorte de bête de scène parisienne, D’être libéral et d’aimer les patrons, ce qu’ils n'étaient pas quand ils étaient avec Philippot. Parce que dans les années 2015, il fallait être Philippot pour, donc il était Philippot. Donc là c’est un type, il n’a aucune conviction sociétale, il se laisse faire. Eh bien alors avec ce fond xénophobe qui s’en sert chez lui, je pense que on peut lui accorder ça qu’il n’aura pas fait carrière au PS, enfin peut être dans celui de Manuel Valls quoi. Mais ouais mais donc globalement, ce n’est pas non plus alors que c’est aussi pour ça qu’on est On s’intéresse un peu aux identitaires, même si le bouquin est vraiment pas que sur les identitaires, c’est que les identitaires, ils ont vraiment un corpus idéologique, une vision du monde, etc. Globalement non, tu ne vois pas. Enfin pas tout le monde quoi. Un type qui m’a dit c’est un mec, c’est votre garage. Ne reculant alors qu’il n’est vraiment pas le plus brillant de cette génération. Un mec qui faisait des soirées, organisait les soirées, qui s’appelaient les Lapinots parce qu’il s’appelle Garenne, donc lapins de garenne. Donc il faisait ça pour faire que pour nous, pour mettre ensemble des jeunes de LR, des jeunes du Front, des jeunes idées, des radicaux. Il faisait picoler l’ensemble et à la fin c’est compliqué de se faire la guerre quand on vient de picoler dans son corps. Et lui, il disait moi je m’en fous, je serai de toute façon si demain je serai toujours du côté de Marine Le Pen, même si c’est un droitard libéral ou ce que tu veux, même si Marine Le Pen est communiste, du moment qu’elle veuille arrêter l’immigration et virer l’islam, je voterai ton côté. Donc c’est quand même ça le nous trompant les différences idéologiques sur des côtés de libéralisme etc. Ils s’en foutent de tout ça.
Marylou Magal
. Enfin, plus généralement, mais c’est une discussion qu’on a déjà eue dans d’autres cercles. Nicolas Non plus, tu sais ce que j’en pense, mais on est quand même face à une génération si on dit comme ça. Et alors là, peut être que je parle plus au sens sociologique et je pense que c’est partagé et que c’est un peu au delà de l’extrême droite. On est aussi face à une génération qui s’intéresse moins à ces aspects idéologiques, qui est plus Tu sais, je passe un peu pour une vieille con, je dis ça mais qui est plus sur le côté culture du buzz ? C’est à dire on va, on va s’unir autour de mots clés, autour de thématiques, autour de petits combats, mais qui en fait peuvent former tous ces petits. Les grands ruisseaux. Mais on n’a pas forcément de référent. Et parfois, ça mène à des incongruités. Par exemple, j’ai vu dans le chat de tout à l’heure quelqu’un qui disait Mais ça ne pose pas de problème d'être catholique aux identitaires. Bah si, c’est un grand débat pour eux, simplement, ils l’ont résolu. Comment ? En disant bon, on va arrêter de s’engueuler, on n’en parle plus comme ça, on est d’accord ? Ouais, c’est ça en fait, c’est ça. C’est à peu près ça. Il intéressant historiquement les idées classiques son paganisme néo paganisme néo païen et parce que c’est la vraie culture et la vraie religion de l’Europe, c’est indoeuropéen, donc on est forcément européen. Forcément, à un moment, ils se sont dit que si on veut recruter, on va devoir s’ouvrir un petit peu. Et donc ils ont arrêté de dire aux catholiques qu’ils étaient des affreux universalistes. Et donc les catholiques ont fini par venir en interne. Alors du coup, ça crée des discussions un peu rigolotes quand tu vas à la Citadelle parce qu’ils ne sont pas d’accord sur eux. Qu’est ce qu’il faut aller sauver les chrétiens d’Orient ? Les vrais identitaires disent bah non, un peuple mérite de mourir et s’il ne défend pas et les autres identitaires, ceux qui sont plutôt dans les fibres catholiques vont dire bah si, il faut les aider parce que c’est nos frères en Christ. Ouais bon bref non du coup au delà de ça, au delà de ces petits néo païens…. Oh là, je me suis lancé dans un truc.
Nicolas Lebourg
C’est une vision du monde, non ? Une foi, c’est une recréation plutôt panthéiste, plutôt sur l’idée d’un esprit de la nature souvent dans Thor, dans Bélénos. Pour de vrai, il ne s’agit pas de croire dans les dieux païens, il s’agit de récupérer la vision du monde du paganisme.
Marylou Magal
Tu peux même dans le rôle du gourou, ça se traduit aussi par des traditions qui remettent, qui remettent au goût du jour. Alors ça se voit par exemple quand ils fêtent le solstice, par exemple le solstice d’hiver autour du 25 décembre, le solstice d'été autour de la Saint-Jean, donc le 21 juin, qui permet de faire des moments un peu clés dans l’année où il revit, comme les traditions des Européens de l'époque. Vous voyez, c’est aussi pour ça que je parlais de l’importance de la transmission dans la vision des identitaires. Du coup, si on rejoue cette tradition, c’est qu’on est vraiment des fils d’Européens.
Nicolas Lebourg
Et avec l’importance que tu viens de dire du rituel, donc plus que de la foi, c’est la même chose chez les catholiques. Le retour de la foi catholique depuis 2015 sous l’effet de la concurrence de l’islam et des attentats de 2015, est clairement chez beaucoup de militants. C’est un retour à une pratique, à des rituels du catholicisme bien plus qu'à une foi catholicisme identitaire pour vivre en tant qu’Européen. Et je crois qu’il y a David qui voulait lire un passage.
Nicolas Massol
Attends, je peux juste faire une toute petite parenthèse pour finir le néo paganisme, Voilà le truc intéressant pour moi, c’est l’intérêt de ces choses. Je vous invite tous au Solstice dans mon jardin le 21 juin. Alors on va sauter par-dessus le solstice, on saute par-dessus le feu. Ouais, je vous le dis, si vous cherchez des vidéos sur internet, ça peut être assez rigolo les vidéos de Nicolas
Nicolas Massol
Non, pour moi, l’intérêt de ces gens là surtout, c’est le côté relativiste en fait anti universaliste des païens. C’est à dire que c’est une vision du monde où il n’y a pas de transcendance, où en fait il n’y a pas d’arrière monde. C’est pour ça qu’il y a des niches, etc. Il n’y a pas un monde après le truc, etc. Ce qui permet en fait de faire qu’il n’y a pas forcément une humanité catholique, ça veut dire universel. Et l’universel est vraiment quelque chose qui défrise les identitaires. L’identité, c’est ce qui, c’est ce qui est aussi, voilà, c’est ce qui est d’ici. Donc ça, ce n’est pas ce qui est partagé. La foi catholique, mine de rien, nous oblige à communier avec un type de voix qui n’est pas le nôtre.
Marylou Magal
. Et ça, je tenterai encore, mais juste pour une note de bas de page, d’arriver ça et ça. Les catholiques arrivent à sauver ça en disant que notre catholicisme, donc celui de l’identité, était mâtinée d’identité européenne. Et d’ailleurs c’est pour ça qu’on fêté Noël au 25, parce qu’en fait c'était une commémoration du solstice.
Nicolas Massol
Et la Saint-Jean ?
Marylou Magal
La Saint-Jean du coup il résulte qu’en fait d’un christianisme imbibé de néo paganisme indoeuropéen.
David Dufresne
Alors je prends la parole, je coupe vos micros pour éviter l'écho pour lire un passage de votre bouquin à propos de Bardella. Parce qu’en fait, je voulais, je voulais parler de Bardella, nous sommes page 95. Sous l’influence de son ancien trotskiste de mentor. Vous nous direz de qui il s’agit. Bardella a compris tout le profit politique qu’il pourrait tirer de sa jeunesse de petit blanc de cité. La légende commence à s'écrire celle d’une mère assistante en maternelle, logée dans une cité HLM qui peine à boucler ses fins de mois, d’une enfance passée à baisser les yeux et à regarder les petites filles voilées entrer et sortir de l'école coranique en bas de la tour. Il y a du vrai dans tout cela, écrivez-vous. Bardella s’attarde moins sur son père, patron d’une petite entreprise de distributeur automatique qui lui offre une Smart car son fils a horreur de prendre le métro.
Marylou Magal
Tout a été co-écrit. Alors ça, ça fait plaisir. Pas le truc du métro, c’est toi. Bon, c’est nous
David Dufresne
Vous n’avez pas le choix, Vous avez signé. Alors bon, il y a plusieurs choses dans la légende qui s'écrit qu’il faut démonter. Je pense que ça vaudrait le coup de venir, même s’il y a des soirées dont vous parlez. Mais là au début je parle d’un ami trotskiste de par delà qui revient quand même régulièrement dans votre livre. Ça nous permettra ensuite, si le maître veut bien qu’on parle de la droite, je veux dire que vous ne parlez pas que des identitaires et de l’extrême droite, mais vous parlez surtout de la porosité avec la droite. Si on peut y venir, je pense. Mais il y a ce trotskyste là Qui veut en parler
Nicolas Massol
Alors c’est un type qui s’appelle Aurélien le Grand, qui maintenant n’est plus en odeur de sainteté et en fait qui fait partie de ces quelques mentors de Bardella des menteries, à Aurélien le Grand. Puis ensuite y a eu Philippe Vardon, il y a eu Pascal Humeau qui est un mentor mais bon En fait, Bardella, se sert en fait de ces gens là. Qui vont l’instruire politiquement. Puis ensuite il passe à autre chose parce que aussi les mecs, et c’est quand on est mentor, on pense par delà comme sa créature. Or Bardella, comme toute proportion bien gardée, comme Chirac n'était pas la créature unique de Marie-France Garaud et de Pierre Jouyet. Et donc ce type, Aurélien le Grand vient du NPA, enfin il vient de la LCR, le NPA et donc anticapitaliste. Nouveau Parti anticapitaliste, il est professeur. Et donc en fait, il a fait partie de ces transfuges comme il y en a plein au FN puis au RN qui en fait arrivent avec un capital politique qui est double Dans le cas d’Aurélien Legrand, à savoir c’est un militant, donc il sait faire de la politique, ce qui est franchement pas le cas de beaucoup de gens du FN vraiment. Et deux il vient de la gauche donc pour un discours de Marine Le Pen qui à cette époque là a dit ni droite ni gauche, on est français.Et donc ce sont les gens qui arrivent. Et puis six mois plus tard, on leur fait une place sur une liste proportionnelle, une place éligible et il devient conseiller régional. Et en fait il monte très vite. Voilà, les transfuges au FN montent très vite. Et donc en fait, il c’est un peu effectivement le grand frère de Bardella. Donc c’est quelqu’un qui va le biberonner, qui va lui expliquer comment rédiger un tract,, ils vont quasiment avancer à deux, ils vont qu’on leur raconte ça, ils vont quasiment à eux deux faire la campagne régionale de 2015.
Marylou Magal
Il fait campagne à Paris, de Valleraugue, de Saint-Just et dans les anciens locaux, justement, dans les locaux qui servaient à l’ancien forum de jeunesse du RN, ils passaient des nuits ensemble dans les locaux pour travailler. Ils ont Le grand a poussé Bardella ensuite pour qu’il soit sur la liste qui il a été élu au conseil régional. C'était vraiment celui qui l’a poussé, qu’il a fait monter et qui a été abandonné. Et il a vécu ça comme une trahison immense parce qu’il avait une relation d’amitié très proche et par delà, comme par delà l’affaire avec ses mentors successifs, l’a lâché au moment où il a senti qu’il n'était plus en odeur de sainteté au sein du parti.
Nicolas Massol
. Donc, ça a été important pour Bardella C'était l'époque Philippot, l'époque où c'était pas mal d’avoir un discours souverainiste, un discours assimilationniste. Bardella, c’est celui qui lance banlieue patriote avec cette idée qu’en fait les banlieues peuvent être patriotes, qu’on peut être noir, arabe, musulman et patriote,
Marylou Magal
Donc c’est vraiment mélanger avec les idées de gauche.
Nicolas Massol
Ouais voilà, ça c’est vraiment le truc des collectifs, mais qui permet d’envoyer des signaux, de se placer en interne. Et donc là, il est encore dans ce sillage là, c’est jusqu’en 2017 2018 à peu près, parce qu’en 2017, il bosse avec Le Grand, mais il bosse aussi pendant la campagne de La Capelle La Capelle c’est un historique du FN, C’est vraiment la génération Marine Le Pen 2012 qui est très ami avec Frédéric Chatillon et Axel Loustau. Et c’est le moment où Bardella commence à sortir avec la fille Châtillon. Donc il se rapproche vraiment du cercle très proche de Marine Le Pen. Et des mecs comme Frédéric Chatillon, c’est des gens qui ont moins de problème avec l’islam qu’avec d’autres religions. Je ne sais pas ce que je vais dire. En fait, il baigne encore dans ce truc là qui pour le coup n’est pas identitaire. Bardella à, l'époque n’est pas en identitaire aujourd’hui, on peut dire que ça a un côté identitaire, vraiment. Je pense qu’il est pénétré par pas par cette pensée là
Marylou Magal
À l'époque de son entourage, je pense qu’il y a un virage
Marylou Magal
Ouais, je pense que je pense que son virage est à la fois une intuition profonde, pas tellement identifiée et le fait qu’il se soit entouré de personnalités radicales qui ont fait infuser en lui une pensée plus construite et identitaire.
Nicolas Lebourg
En fait, ce que vous nous dites, c’est qui fait quand même une espèce de syncrétisme qui enrichit une espèce de sacralité à minima en disant très peu d’idéologie, sans parler d'économie, etc. Mais qu’il arrive à un syncrétisme qui est fonctionnel. Effectivement, par rapport à la question de la redistribution des droites que soulevait David. Est ce qu’effectivement, on n’a pas là quelque chose qui explique ? On a quand même l’impression pour cette campagne des européennes que ni LR ni Marion Maréchal n’arrivent à lui faire ne serait ce qu’une piqûre de moustique.
Marylou Magal
Je me délecte de manière absolue.
Nicolas Massol
Ouais, je pense que le terme syncrétisme, ce n’est pas malin parce que si on est, si on est totalement honnête, Bardella va parler de grand remplacement, il va parler d’islam etc. Mais il va avoir des mots là, notamment avec le ralliement de Malika Sorel qui est d’origine algérienne, qui a vécu en Algérie et qui dit qu’ils parlent, c’est les Français de cœur, que c’est d’abord un acte d’amour. Donc ils le maternent. Donc en fait il est capable de dire un peu tout et son contraire, ce qu’il entend le truc de la de la comment dire l 'intérêt du RN aujourd’hui c’est qu’ils ont pas beaucoup de publications doctrinales etc. Donc en fait globalement, à part quelques formules sur les matinales ou d’estrade, on peut à peu près dire tout et son contraire.
Marylou Magal
C’est un jeu d'équilibriste constant des signaux envoyés aux initiés, mais que le grand public ne captera pas forcément. L’Islam dans les prairies normandes, une personne qui ne connaît pas l’origine, la fibre identitaire de cette expression, on ne va pas forcément tiquer tandis que ceux qui savent ça eux….
Nicolas Lebourg
J’ai vraiment une question pour les journalistes que vous êtes. Pardonnez-moi, mais comment expliquez-vous la façon dont justement le Front National Rassemblement national arrive toujours à passer entre les gouttes d’eau, effectivement, de ces contradictions. Je prends un exemple très anodin mandature européenne à un moment, les députés européens, dont une partie vont choisir Eric Zemmour dans le cadre de la présidentielle, font un texte pour expliquer la conversion à l’euro. Et ils expliquent que, en fait, l’euro, c'était très bien. Ok, d’accord, c’est une très bonne monnaie, super. Mais en revanche, le problème, si ça n’a pas fonctionné pour la France, c’est parce que sa production industrielle était de très mauvaise qualité. Donc sous entendu en fait on s’est trompé, la monnaie est excellente. Le problème c’est que les ouvriers français sont nuls, ce qui pour n’importe quel autre parti serait un sparadrap du capitaine Haddock. Le Parti socialiste se bat encore avec le rapport de Terra Nova fait par un think tank proche de lui. Il y a 20 ans qu’on lui reproche encore. Eux, ils arrivent à passer ça. Et c’est vrai que je n’ai pas ouï dire qu’aucune matinale un journaliste ait dit à Jordan Barda Expliquez nous pourquoi cette monnaie géniale alors qu’elle était nulle la fois d’avant ? Et pourquoi les ouvriers français sont si mauvais ? Et c’est vrai qu’il y a un truc. On a l’impression que c’est toujours une savonnette. Vous vous expliquez comment en tant que professionnel de la com. ?
Nicolas Massol
Est ce que tu parles du traitement journalistique ? Mais il laisse à désirer. Ou parce qu’il y a un truc qui n’est pas clair.
Nicolas Lebourg
En tant qu’objet,
Nicolas Massol
Parce qu’on s’en fout fondamentalement, le cœur du RN, les gens savent pourquoi ils votent ? RN C’est la priorité nationale. Qui dit qu’il y a un truc dingue qui permet à la fois de marier le social.. Et la xénophobie ? Donc à partir de ce moment-là, c’est cette peste de mélange des deux qui a été théorisé par, je crois notamment François Duprat, n’est ce pas ? 1 million de chômeurs, 1 million de migrants ? Et fondamentalement, c’est ça le truc du FN, c’est que malgré tous ces problèmes, ces programmes varient au fil des ans. Tantôt néo reaganien, tantôt on a l’impression que c’est les colbertistes, machin … Et puis la maintenant en fait on s’en fout finalement de l’Europe, ce n’est pas si mal. Frontex Bah non, on était contre Frontex, on est pour la double frontière donc on est pour. Alors qu’avant on disait jamais de frontières européennes, ça se fait. Marine Le Pen le disait en début d’année, cette année, elle se foutait de la gueule de Marion Maréchal qui était à Calais à Lampedusa en disant Parce que voilà, c’est là la frontière de l’Europe. Marine Le Pen disait non mais attendez, on ne va pas aller se plaindre de l’Europe, nous ! C’est ici que ça se passe. Et c’est menton de trois mois, trois, quatre mois plus tard, vous avez Fabrice Leggeri qui est l’ancien mec de Frontex, donc le responsable des frontières européennes, et ils disent ah non, finalement nous on est pour la double frontière, mais on s’en fout. Je sais pas, un truc, on s’en fout, je ne sais pas, mais à mon avis, le cœur même de ce que pourquoi les gens votent Assemblée nationale n’est pas forcément ce qu’il dit, mais est ce vraiment c’est 707 ? Ce truc de lier à la fois le on va dire le statut social, les problématiques sociales, la xénophobie, Un programme de migration quoi ! Je pense que c’est ça.
Marylou Magal
Le mur du son en fait, elle, elle le sait pertinemment et donc il se permet d'évacuer ça. D’autant plus qu’ils sont rarement interrogés là dessus. Quand ils sont sur les plateaux télé et dans les papiers. Personne ne lit les papiers, ils le savent..
Nicolas Massol
Personne ne lit nos papiers, il y a comme une différence. Mais je pense quand même que le truc ne leur a pas fait gagner beaucoup à droite. Je pense que leur discours pro-business leur permet quand même d'être aujourd’hui à 32 % dans les sondages, ce qui, avec un discours un peu plus social étatiste, ne l’aurait pas permis. Je pense quand même que si on est honnête, je pense que ça leur a coûté des trucs.
Nicolas Lebourg
Petite question on passe plus sur un cadre européen et je reviens vers la droite. Résultat on évoquait leur incapacité à trouver un positionnement. Vous, vous les suivez sur la droite, sur les républicains ? Leur incapacité à trouver un positionnement ? Effectivement, on a l’impression entre Zemmour et Le Pen, alors qu’ils sont censés être plus ensemble que les deux, mais qui essayent désespérément de se situer entre les deux qu’ils ne trouvent absolument jamais. Dans votre bouquin, on a des tonnes de jeunes de LR dans un monde qui fiche à LR. Bref, quid de la droite par rapport à ces convergences ?
Marylou Magal
Je pense qu’il y a deux choses. Il y a les jeunes à droite, les jeunes pour la génération Carayon en gros, Guilhem Carayon, le fils de Bernard dont le papa était au GUD. Qui est le chef des jeunes LR et qui n’a jamais été embarrassé du cordon sanitaire. Il connaît très bien Stanislas Rigault, le patron des jeunes avec Zemmour et connaît bien Bardella. Et pour eux, il y a cette question de bon, il n’y a pas de problème à parler avec des gens du RN ou des gens de chez Zemmour. Et il y a aussi la droite qui s’est fait complètement aspirer une partie de son électorat pendant la campagne 2022 par Eric Zemmour justement, et qui du coup se sont un peu perdus parce que Zemmour avait un discours qui était plus radical que celui de Marine Le Pen. C'était un discours plus radical que Le Pen et en même temps il était sur les questions économiques. Ils étaient globalement sur la même ligne que Pécresse et donc toute une partie de l'électorat LR s’est fait aspirer par eux, donc il s’est retrouvé un peu démuni sur le devant et ils savent plus comment. Quelle est désormais la ligne qui les caractérise là dessus ? Ce qui est intéressant. Et moi je fais une minute auto promo au passage, j’ai un article qui va bientôt sortir dans la Revue française de science politique sur le vote Zemmour et sa capacité à faire ou pas l’union des droites. Et en fait, ce que tu vois, ce qu’on voit quand on étudie le vote Zemmour modéré sur le plan idéologique, il a fait ce que j’appelle une triangulation, c’est à dire en fait il a le positionnement de Pécresse libérale et plutôt au milieu, c’est à dire pas très engagé sur les valeurs, ni sur l’autorité, ni sur le libéralisme à la ligne Marine Le Pen que je décrivais tout à l’heure plutôt en bas sur la dimension autoritaire, sur les valeurs conservatrices et conservatrices et pas ni libérales, ni socialiste. Et puis t’as Zemmour, Zemmour, il a fait la triangulation des deux, il a pris la position économique de Pécresse, la position des valeurs de Marine Le Pen, il s’est mis au milieu, c'était beau. Voilà, donc ça, c’est donc de ce point de vue là, il fait une union des droites dures, idéologiques. Et quand tu regardes l'électorat, c’est super intéressant parce qu’il y a autant. Globalement, en 2017, Marine Le Pen et François Fillon avaient à peu près le même nombre d'électeurs à des vaches près sur et en fait à autant de gens dans l'électorat de Zemmour qui viennent de chez Fillon que de gens qui viennent de chez Marine Le Pen. Donc de ce point de vue là, il arrive aussi à faire une forme d’union des droites. Mais sa grande force est là où il a été malin, ce qu’il a réussi à faire venir vers lui des gens et donc vers l’extrême droite. Des gens qui jamais n’avaient voté pour l’extrême droite auparavant. Et même parmi les catégories qui étaient le plus résistantes, les plus âgées, les plus diplômés des cadres et peut être la catégorie qui était la plus résistante aux votes RN pendant des années, les catholiques les plus pratiquants sont en fait la catégorie. Après les échantillons sont petits, tout ça tout ça. Les sondages c’est limité, changeant, mais qui est peut être la catégorie dans lequel le monde est le plus représenté. Ce qui était vraiment une énorme surprise pour tous les analystes du vote des femmes. Et donc ça, c’est quand même, il y a quand même quelque chose de cet ordre là, quoi. Il y a non seulement des gens pour qui, historiquement, ont voté Zemmour, pour qui historiquement, la priorité avait toujours été cette ligne, cette dimension identitaire. Et qui, préférant la winning formula dont on parlait tout à l’heure, libérale, ethnolibérale, on la dit comme ça tout à l’heure, se sont tournés vers lui. Et puis il y a des gens qui en fait privilégient historiquement la dimension économique et donc sont d’abord des libéraux. Mais quand on leur propose une formule libérale autoritaire, c’est quand même vachement mieux. Et donc du coup, se tourne vers Zemmour à ce propos. Et donc j'étais quand même vraiment de ces deux côtés. Après, il ne faut quand même pas ignorer et ça je venais juste pour la dessus pour la dimension de droite, mais il ne faut pas ignorer LR, ils ne sont pas écrasés par Zemmour, c’est leur cinquième problème. Le premier problème de LR c’est non. Alors peut être qu’ils sont disons mathématiquement sur les équilibres électoraux. Le vrai problème de LR c’est Macron c’est Macron qui les écrase et c’est Macron qui leur fait de l’espace et c’est Macron qui débouche sur leur droite. Après le deuxième problème c’est Marine Le Pen et là ils sont en particulier Le Pen. Et ça c’est un truc qu’on n’a pas du tout dit. Et moi, ce que je trouve assez intéressant quand même. En fait, les électeurs LR, ils ne partent pas d’abord chez Zemmour, ils partent d’abord chez Le Pen entre 2007 et 2012. Alors c’est peut être dû à la ligne un peu conservatrice qui était portée par Fillon déjà en 2017. Et du coup, il y avait des gens qui avaient fait des petits allers retours. Mais en tout cas, il y a quand même cet effet là quoi. Et donc en tout cas, ce qu’on voit, c’est qu’il y a un jeu de recomposition dans cette espèce droite extrême droite et surtout entre les extrêmes droites, en réalité, qui est en train de se jouer. Donc ça c’est intéressant pour nous les politiques.
Nicolas Massol
Et puis sur LR, c’est compliqué parce que Pécresse qui pendant 2022 ans parle même de grand remplacement, carrément le terme qui vient de l’extrême droite radicale tout en étant pas trop comme ça quoi. Il y a des mecs de chez Pécresse qui tentent le transfert.
Marylou Magal
Tout en disant qu’en cas de second tour Macron, Zemmour, jamais je ne voterai Zemmour, contrairement à Ciotti qui disait moi je voterai Zemmour. Donc il y avait quand même des incertitudes, un peu de ce qui se passait au sein de LR
Nicolas Massol
Quand je pense qu’ils savent plus trop exactement où ils habitent quoi. C’est ça ? Et franchement, tu vois. Ouais, ouais, il y a ça. Et ce qui est intéressant, c’est que. Enfin, comment dire, disons, ils n’en sont pas vraiment sortis. Ce qui est vrai, c’est qu’il y en avait une. Ce qui est dingue en fait, c’est le voir le rapport de LR avec Zemmour. Si on regarde concrètement, Zemmour est beaucoup plus radical que Marine Le Pen, mais sur tous les plans. Et pourtant, Zemmour, ça reste la famille. Quand tu parles avec des mecs de LR, c’est quand même plus ça.
Marylou Magal
Ouais, en lisant le bouquin, tous ces jeunes de droite, ils ont aussi été biberonné à Zemmour regarder ses émissions et ils étaient là, sur les plateaux, ils regardaient les trucs sur YouTube et il a ce truc de pas s’appeler Le Pen mais en fait pour certains c’est juste ça.
Nicolas Lebourg
Le truc de Bardella
Nicolas Massol
Ce qui est aussi le truc, c’est que Bardella a réussi à faire ce que Marine Le Pen n’a pas fait.
Marylou Magal
Le Figaro aussi,
Nicolas Massol
Ouais voilà, c’est ça Marine Le Pen, c’est la candidate des femmes de ménage, des mecs qui votent Zemmour. C’est ce que disent les lepénistes. Nous, c’est la candidate des femmes de ménage Zemmour, c’est le candidat du Figaro, donc c’est bourgeois. Donc en fait c’est moins grave.
Nicolas Lebourg
Et alors là dessus, c’est d’autant plus compliqué. Tu peux peut être bien l’expliquer aux gens dans le cadre des européennes, c’est qu’ensuite il y a des partis de droite différents et d’extrême droite différents à l'échelle du parlement européen.
David Dufresne
Alors Nicolas, excuse moi, je te coupe, Je sais que tu meurs d’envie de dire aux gens quand tu dis qu’ils sont des millions à regarder l’Europe. Mais je voudrais juste lire une phrase du livre parce que ça m’a semblé très importante. Ça vous paraît tellement évident que vous ne parlez pas. Mais dans le livre que je vais remonter parce que tout à l’heure, la couverture brisée, l’extrême droite nouvelle génération enquête au cœur de la jeunesse identitaire qui sort le 1ᵉʳ mai. Vous nous racontez page 17 tous les deux, là, au fond, ceux qui n’ont pas accès aux coulisses politiques, c’est-à-dire comme vous, n’ont pas conscience du degré de copinage en vigueur entre les élus de toutes les droites encore tabou il y a quelques années. Parce que dans votre bouquin, ce qui irrigue le livre, c’est qu’en fait, la jeune génération des moins de 30 ans, en fait, ils sont tous dans les 20, pas tous, mais ceux qui ont émergé. Et c’est les mêmes beuveries, c’est les mêmes soirées, Ils ont bu des coups ensemble, tu l’as dit tout à l’heure, Nicolas, ça crée des liens. Et donc on peut s’attendre à ce qu’il y ait une union des droites et des extrêmes droites avec cette jeunesse. Et c’est de ça dont parle votre livre en fait, c’est central
Nicolas Lebourg
Ouais, c’est les jeunesses, c’est ce que vous racontez sur cette question de génération. C’est cette jeunesse qui recompose en fait les droites, qui met la pression.
Marylou Magal
Oui, parce que c’est eux qui quand justement quand ils se croisent en soirée et qui discutent cinq minutes et c’est ce qu’ils. Ici tout le temps, c’est-à-dire Pierre-Romain Thionnet, le président des jeunes et Rigault, le président des jeunes Reconquêtes et Carayon, le président des jeunes LR. Ils discutent et en trois minutes, ils se disent OK, en fait on pense pareil, on a des petites divergences, mais globalement, on est d’accord. Et eux, ils sont sûrs que si leur génération arrive au pouvoir, la génération Bardella ils travaillent tous ensemble parce qu’il y a plus de grandes différences idéologiques entre ces trois partis.
Nicolas Massol
On vous raconte un peu l’histoire des cadres que vous verrez en 2027 ou en 2032. C’est un peu ça qu’on souhaite et qui pour l’instant sont dans plusieurs écuries. Mais en fait voilà quoi. Ce seront à priori de temps en temps. Il y a des mecs qui explosent en vol. On raconte l’histoire d’un mec qui traite de sale négro, un videur pour qu’il explose en vol. Alors lui, justement, c’est un type. S’il faisait partie, il était promis. C'était le type qui aurait dû avoir la place de Bardella. Il était assistant parlementaire de Marine Le Pen et de Sébastien Chenu. Il avait fait Sciences Po, ce qui était rare et il était à la critique de la raison européenne qui est le truc qu’est la Critique de la Raison européenne et qui est l’association d’Alexandre Loubet, directeur de campagne de Jordan Bardella, député, et de sa compagne d’Eric Zemmour, numéro deux du parti Reconquête. Ce type là s’appelait David Rodriguez. C'était et franchement, c'était. Il était plus important que par delà quoi ? C'était le serment lui qui était promis à ça. Et puis deux jours avant, le camp s’appelle le Congrès. Où est le congrès de 2018 ? Le congrès de la refondation où le FN devient RN ?, il est bourré, il insulte un videur, il le traite de tous les noms avec beaucoup d’insultes racistes. Et il y a un mec qui filme et ensuite ça clique sur tweeter, sur les réseaux. C’est le mec qui fait fuiter est un mec du FN.
Marylou Magal
Donc voilà, il y a ça c’est que c’est un tout petit milieu où ils passent leur temps à se bouffer les pattes entre eux et à se faire des coups bas.
Nicolas Lebourg
. De même qu'à la convention des droites montées par Marion Maréchal qui en fait va lancer Eric Zemmour, il y a des gars du RN qui sont en planque pour prendre des photos. Et pouvoir dire à la patronne qu’elle aurait osé aller voir Marion Maréchal et Eric Zemmour.
Marylou Magal
Ouais ils aiment bien ça. C'était l'époque où les « marianistes » n’étaient vraiment pas en odeur de sainteté et il fallait surtout ne pas s’afficher avec eux. Et du coup, il y avait des petites taupes envoyées qui allaient rapporter à la patronne ce qui se passait. Ce qu’elle a toujours détesté en fait. La convention de la droite, Toute cette équipe là, c’est grosso modo l'équipe de reconquête qui a toujours méprisée par Marine Le Pen, que Marine Le Pen a toujours détesté, qui le rendait bien.
Nicolas Massol
C’est un long chemin, une longue route vers l’Union finalement.
Marylou Magal
Bon quand même ? Ce qui est marrant quand même, c’est qu'à tellement vouloir faire l’union, ils se divisent un peu plus quoi. Parce que du coup, on avait deux partis, on en a trois chez moi, ça fait en plus. Mais bon, c’est mon côté matheuse et l’autre. L’autre réaction il y avait quelqu’un dans le chat qui disait c’est pareil pour le PS, c’est juste les bourgeois qui se retrouvent entre eux et effectivement mais il faut aussi un peu dire les choses cette question en fait, ce dont on parle là en sciences politiques, on appelle ça la multi position ou la porosité entre les partis, les mouvements. En fait, ça existe partout. Toute la traduction, toute l'évolution de la gauche écologiste et de l'écologie politique, etc. C’est que des histoires, de multiples disponibilités de gens qui sont dans quinze collectifs en même temps et finalement c’en est un qui grossit, qui prend de l’ampleur et où on se réunit. Et donc ça, c’est vrai que de ce point de vue là, ce n’est pas quelque chose de très étonnant. En revanche, et là où c’est intéressant, et c’est ça, je pense que le gros apport de la lecture du bouquin, c’est qu’en fait. Normalement à droite ça n’existait pas. Bon alors en fait oui, c’est comme chez les autres, mais avant ça n’existait pas en multi conditionnalité. Je prends mes gros mots de politesse, mais la finalité c’est l’idée qu’une personne peut être au même moment dans plusieurs partis, plusieurs collectifs, plusieurs mouvements ou au cours de sa carrière militante du début à la fin, dans plusieurs mouvements successivement. Donc si vous prenez tout ça en même temps, c’est-à -dire qu’une personne, elle va peut être faire, elle va peut être dans la même organisation tout du long. Ce que font certains, ce qu’on voit très bien dans le tas. Dans votre cas, il y en a qui sont bavardez là, il est rendu de bout en bout et il y en a d’autres qui passent par des petits collectifs. Si vous regardez par exemple Stanislas Riolo, il est passé un peu, il a, il a fait une fac privée, puis il est passé à l' IEP, puis il est chez Reconquêtes, où sera-t-il demain. Voilà, c’est un peu ça l’enjeu.
Nicolas Lebourg
Et ce qui est marrant, c’est que quand on regarde, c’est quelque chose qui était un trait historique de la radicalité de la droite française. Le premier rapport sur la reconstruction d’extrême droite après la Seconde Guerre mondiale, le rapport de synthèse, Il est fait par la Direction centrale des Renseignements généraux en 1947 pour faire le bilan des trois années passées. Ils disent exactement ce que tu viens de dire. Les gens sont multi encartés, il y a plusieurs centaines de groupuscules qui sont déjà reconstitués, mais un même militant peut être dans dix différents, etc. Et c’est quelque chose qu’on a toujours retrouvé. Et c’est vrai qu’on remarque, ça part de la marge et ça envahit au fur et à mesure l’ensemble du système, ce qui est toujours à mon avis le fonctionnement entre les marges et le centre. C’est toujours comme ça que ça fonctionne. Mais alors là dessus, tu vas me pardonner, cher David, je vais me poser des questions sur l’Europe. Ouais, t’es mon petit gars parce que. Là, Et puis non. Et puis parce que petit B, tu te mets à quelqu’un, justement, un brave homme qui consomme de l’information, qui lit des journaux le matin,. On lui fait des trucs quand même souvent, rapidement ou ce n’est pas forcément évident. Pourquoi Giorgia Meloni et Fratelli d’Italia, c’est tel groupe au Parlement européen et pas Marine Le Pen alors ? Où va LR dans ce cas ? Et où vont ceux de Zemmour où ils se retrouvent dans les partis européens ? C’est quand même de vraies questions qui ne sont pas forcément évidentes. Il ne faut pas déconner cher David, ça ne paraît pas si évident que ça. Donc un petit topo autour de ça, je pense que ce serait sympa.
Nicolas Massol
C’est pour toi.
Marylou Magal
On commence par où ?
Nicolas Lebourg
Non mais les grands partis politiques européens de droite. Et je crois non pas qu’il y ait beaucoup de gens qui hésitent à voter entre Marion Maréchal Barda et François-Xavier Bellamy, mais quand même, mine de rien. En tous les cas, tu vas savoir.
David Dufresne
Où vont se ranger les droites françaises. Et qu’est ce que ça raconte de la recomposition ?
Marylou Magal
Alors je pense qu’on peut commencer par un truc qui est assez paradoxal, c’est que le RN qui est en France en position de force absolue, avec parfois 32,5 % dans les sondages au Parlement européen, fait plutôt un peu parti des losers du groupe. Il fait partie du groupe ID Identité et Démocratie, qui est un groupe qui a déjà peiné à se constituer pendant des années, avait la chimère du groupe européen qu’il a finalement, que le RN a finalement réussi à faire ce que pour recréer un groupe, il faut, je crois, 23 eurodéputés et sept nationalités différentes. C’est ça, je crois. Bref, il a eu du mal à se trouver. Donc il a finalement réussi à créer un groupe. Mais c’est un groupe qui reste un peu frappé de soupçon de la part des autres partis européens, y compris d’extrême droite, parce que déjà il a peu de poids au sein du Parlement européen et en plus il a des alliés qui sont pas tellement fréquentables et qui sont souvent assez russophiles, ce qui n’est pas hyper bien même pour les partis d’extrême droite des autres pays européens dont certains font parti de coalition gouvernementale ou sont à la tête d'états donc ne veulent pas trop s’afficher avec des infréquentables en gros.
Nicolas Massol
Donc l’idée idée c’est cordon sanitaire, vraiment. Si ce n’est pas comme à l’Assemblée nationale. Enfin vraiment, ils n’ont pas de présidence de commission, ils n’ont pas de rapport, ils ont rien et donc un idéal
Nicolas Lebourg
Ils ont piqué le nom de leur groupe à la Revue des Identitaires a précisé là que c'était l' idée et même la forme des lettres l'évoque tout à fait clairement qu’il montre quand même, tout ça.
Nicolas Massol
C’est le moment où Le Pen, Marine Le Pen n’est plus au Parlement européen. C’est le moment où Philippe Vardon est le quasi directeur de campagne de Jordan Bardella, donc c’est le beau-frère de la patronne un logiciel identitaire puisque c'était l’adjoint de Le Gallou. Donc Jean-Yves Le Gallou, c’est le patron des identitaires
Nicolas Lebourg
Et donc le théoricien de la préférence nationale, c’est lui qui a écrit un bouquin où il était beaucoup plus loin que ce qu’a jamais proposé Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, puisque même on pouvait virer les employés par leur nationalité C’est lui qui a inventé la formule et le concept.
Nicolas Massol
Et donc là, c’est vraiment le moment où 2019 ou le pour reprendre la chronologie de notre bouquin, le souverainisme, c’est fini, on est dans un truc qui est plus identitaire, donc avec un RN qui est moins europhobe, qui accepte même le principe de l’Europe. Donc il y a ça. Et en plus, il y a un autre groupe d’extrême droite.
Marylou Magal
Je t’en prie, partageons la parole.
Nicolas Massol
C’est le CRE. Donc les conservateurs et réformistes européens qui en fait un groupe qui aujourd’hui, je pense, on peut dire, est d’extrême droite mais qui en fait est de base créé par les Tories britanniques et les Polonais du parti Droit et Justice en plus pissant. Donc bon, on va aller au tourisme. Difficile de dire qu’ils étaient déguisés les d’extrême droite. En fait, ils ont créé ça parce qu’ils voulaient plus être dans le PPE qui est le parti de la droite, du centre droit ou des démocrates chrétiens. Où sont les Français, où est Bellamy ? Où il y a les Républicains, les Allemands quoi et qui pour le coup là c’est un parti où vous aviez des mecs qui étaient au pouvoir, que ce soit les britanniques et les touristes ou que ce soit les polonais et bon bah voilà, ils se sont radicalisé un petit peu, etc. Ils ont pris notamment Fratelli d’Italia chez eux, qui sont en fait l’extrême droite qui est Mélodie et qui en gros Fratelli d’Italia a ce truc là de commun avec les Polonais, c’est qu’ils sont très atlantistes. Et que c’est différent. Soit avec des idées qui globalement, que ce soit l’AFD, donc les Allemands, l’extrême mentalement, le FPO autrichien ou le RN, ou même la Lega. Parce qu’on se souvient de Salvini, le patron de la Lega, qui est le premier contingent du groupe Idée, donc le tee shirt avec Poutine, etc. Donc le groupe est vraiment très russophile quoi. Le logo, le groupe SCR est plutôt atlantiste, plutôt anti antirusse, pro Ukraine. Et bien bizarrement, ce groupe là de par son histoire qu’on a vu de par sa position, positionnement est totalement intégré au jeu des uns aux jeux. Alors les français essayent de ne pas trop voter. Les macronistes essaient de ne pas trop voter les rapports du CRE parce que là le CRE c’est quand même Meloni. Mais bon, globalement ils sont intégrés au jeu, ils ont des rapports, ils ont des présidences de commissions des eurodéputés, ils rejoindront ce groupe là.
Marylou Magal
Parce que eux aussi, un truc important, c’est que eux, ils sont quand même assez libéraux. Je sais, il n’y a pas de problème pour voter tous les accords de libre échange. On est quand même les deux différences fondamentales entre idée et CR. C’est la question de la Russie et les accords de libre échange. Et c’est pour ça aussi que l’idée d’un super groupe est un peu compliquée par rapport à ces deux facteurs.
Nicolas Massol
En jouant sur les accords de libre échange, je ne suis pas spécialiste de la sujet et du sujet, mais y a quand même des Italiens de la Lega qui votent des accords de libre échange. Donc moi je dirais que c’est quand même vraiment plutôt, là, la Russie quoi, dans le jeu, la Russie, je pense, ouais, ouais, franchement, pour certains de l' AFD.
Marylou Magal
Ou du RN en tout cas.
Nicolas Massol
Effectivement, effectivement.
Marylou Magal
Après en fait c’est intéressant, il y a un article intéressant, je pourrais le mettre quelque part en commentaire quand je le trouverais d’un politiste qui est d’origine néerlandaise mais qui maintenant travaille aux Etats-Unis et qui a fait un truc sur l'élection à venir. Donc ceux qui voudraient lire un truc vraiment bien fichu sur justement tout ces questions là un peu synthétiques et tout, c’est qu’est ce qui a écrit ça ? Et il a fait aussi une petite vidéo pour le présenter, donc ça aussi je pourrais le mettre dans les commissions. Mais en gros, l’idée c’est quand même qu’historiquement on avait le PPE des difficultés à fonder des groupes d’extrême droite au parlement. Le groupe conservateur qui s’appelle Conservateur parce qu’il était à l'époque de droite conservatrice, c’est fondé et en fait très vite, très vite. Et ça, c’est ce qu’il lui montre. Ce groupe a migré vers l’extrême droite idéologiquement. Et en fait, ce que lui dit, c’est qu’aujourd’hui la distance idéologique qui existe, qui existait entre le CRE et le groupe ID, le parti ID s’est vraiment réduite et qu’en fait aujourd’hui elle est quasiment réduite à peau de chagrin. Parce que bon, on voit bien avec la guerre en Ukraine, la position sur la Russie est devenue beaucoup plus consensuelle que ce qu’elle était auparavant. Et donc c’est grand écart idéologique qui séparait les partis se sont réduits. En revanche, ce qui s’est perdu, c’est les stratégies des autres vis-à -vis des deux. Ouais. Et donc il y a effectivement la question du cordon sanitaire qui est vraiment, et c’est vraiment le principe qui est adopté vis à vis de l’idée, et c’est beaucoup moins le cas vis à vis du groupe CRE mais c’est amené à changer peu en seulement parce qu’il y a des migrations qui se font en cours de campagne. Par exemple, Orban est en train de changer d'écurie, de passer d’idées le CRE aussi. Donc, est ce que les dirigeants européens du PPE vont continuer à voter des trucs avec le CRE ? C’est moins sur aussi ? Donc en fait il y a un grand mouvement de plaques tectoniques qui est en train de se jouer dans ces partis européens qui font que la situation en réalité est assez peu lisible. Ce qui est sûr, c’est que, en gros, Reconquêtes et le RN ont choisi chacun leur, écurie pour l’instant, mais ce sera peut être amené à changer. La grande différence en ce qui pourrait se passer là, c’est que pour la première fois, les droites tous ensembles, donc ces deux groupes, sans ce groupe de droite et les deux groupes d’extrême droite que je décrivais pourraient avoir la majorité des sièges, ce qui serait une différence. C’est-à-dire qu’ils pourraient gouverner ensemble parce que de toute façon le PPE gouvernera probablement jamais avec le gros du PPE, ça reste relativement peu probable, mais. Mais en tout cas, c’est un peu cet équilibre là qui pourrait se jouer dans le parlement si les sondages venaient à se confirmer un truc.
Nicolas Lebourg
Au passage, on a vu avec leur bouquin comment chez LR les idées qui viennent d’un groupuscule comme les identitaires avaient pu infuser, influencer le parti qui a dirigé la France pendant des décennies. Ah les identitaires, Toi tu expliques que les branches identitaires, ils étaient dans 18 pays en Europe Est ce que tu constates de même réussite de pression idéologique sur des partis de droite ailleurs en Europe par des groupuscules radicaux de type identitaire comme ça, où tu trouves pas ?
Marylou Magal
En fait, c’est un peu difficile à dire. Déjà parce que la fortune des identitaires a quand même jamais atteint, à part en Autriche qui était un peu devenue la locomotive des ID en Europe.
Nicolas Massol
Il y a eu, il y a eu des millions d’Allemands, là, qui sont descendus dans la rue parce que la FDP, des cadres de la FDP, le bras droit de Vidal, avait assisté à une réunion qui vraiment faisait penser à avant avancer qui secrète avec des néonazis et des identitaires. Qui en gros proposait et se proposait d'élaborer un plan pour émigrer entre deux et 3 millions d'étrangers et de citoyens allemands non assimilés, purement identitaires, etc. Et le mec qui parlait, c’est Martin Selmayr. Martin Selmayr, c’est un très bon pote de Damien Rieu. C’est un type qui a fait quasiment tous les camps d'été des Identitaires je crois, en 2013, 2012 Donc c’est ce type là qui est ultra radical, qui va parler devant des mecs de l’AFD qui sont à 19 % ?
Marylou Magal
Oui. Alors du coup, je n'étais pas parti là dessus parce que Nico parlait plus de la droite que de l’extrême droite je crois. Mais du coup là, de fait non.
Nicolas Massol
Mais on en parle dans notre bouquin donc vraiment il faut le lire, il faut l’acheter. Mais sur Martin Sellner, c’est vraiment une figure assez incroyable en termes de destin, parce que, c’est un Autrichien qui a des parents plutôt CSP+, qui est promis à de grandes études de philosophie, qui commence à militer déjà quand il est jeune, dans des groupuscules peu fréquentables et qui en fait va découvrir à distance les identitaires et va décider de venir en France pour se former. Alors dans une année, il a aussi la particularité qu’il est jeune mais il parle trois langues. Il parle couramment allemand, anglais et français. Donc c’est ce statut là en fait, qui va lui donner une importance absolument fondamentale dans le développement des identitaires en Europe du Nord, va venir en France, va se faire former et va repartir et va fonder les Identitaires en Autriche, puis il va les exporter successivement en Allemagne et dans le monde anglais. Ensuite, il y avait vraiment ce militant là, une force de frappe assez incroyable. Alors ça n’a pas été sans problème pour lui par la suite, puisque du coup, en Autriche, le mouvement identitaire Bewegung a été interdit, les symboles ont été interdits, donc ils sont plus droit de militer avec le lambda qui est alors symbole historique. Donc ça a fait un peu des gros obstacles pour le développement et le maintien en fait des identitaires dans ces pays. Mais ils ont réussi à tracer des lignes assez rapidement, à la fois avec le FSE et à la fois avec et à la fois avec l’AFD en Allemagne et notamment autour de cette idée qui est absolument centrale pour les idées de la remigration.
Nicolas Massol
Et le fait eux aujourd’hui. Le fait autrichien parle de remigration. Il s’est fait taper sur leur projet de remigration secret. Le mec du FPO a dit ouais, le noir c’est l’horizon, c’est la remigration, c’est très bien, il n’y a pas de problème avec ça quoi. Donc même si c’est interdit.
Marylou Magal
C’est rigolo. Et c’est là qu’on voit un peu ce qu’est ce que la question idéologique en fait au Parlement européen ? Elle est mal distribuée partout par certains côtés. C’est qu’en France, celui qui dit remigration et qui avait prévu un ministère de la remigration, ce n’est pas Marine Le Pen, c’est Eric Zemmour. Donc c’est aussi ça. C’est pour ça que cette question du rôle de l’idéologie des idées au sein de ces partis est en fait assez ténue, quoi. C’est à dire en fait et surtout potentiellement moi je ne le suis pas complètement. Je pense qu’il y a quand même une possibilité si l’idée qu’ils ont suffisamment de voix ou qu’ils voient une opportunité de se rejoindre, ça c’est. Du coup les groupes ne sont pas non plus clos. Donc ça c’est aussi un truc à envisager
David Dufresne
J’ai plusieurs questions du tchat que je vais vous passer, je vais les prendre dans l’ordre chronologique, Alors Sorcière 62 nous demande Comment gèrent ils les identitaires ? Donc là je reviens aux identitaires plutôt franco français. Les exactions tels ceux des assassins du joueur de rugby tué par balle. Caroline vous demande est ce qu’il n’y a pas deux galaxies, l’une pro-Poutine nationale, nationaliste, souverainiste, assimilationniste, étatiste ?, l’autre pro occidental, racialistes, régionaliste et libéral. Et il y a plusieurs questions sur les médias, des identitaires et notamment sur le livre noir. Quel est votre avis sur la publication ?
Nicolas Massol
Par quoi commencer ?
Marylou Magal
Il y a un chapitre dans le livre, je pense sur le Livre noir. C’est un média qui s’est créé dans vraiment tout autour de la campagne et pour la campagne. Zemmour par un mec qui s’appelle Erik Tegnér qui était un militant LR à l’origine, militant LR qui a un peu bouffé à tous les râteliers parce qu’il a bossé pour Virginie Calmels. A l'époque, ils écrivaient des tribunes anti-FN, mais ils étaient quand même très amis avec tous les mecs du FN. Ensuite, il a milité pour un mouvement justement, déjà lu à l'époque qui mette fin au cordon sanitaire et qui puisse parler au FN. Et finalement bon, il est parti de tout ça et il a fait un média destiné à servir la campagne de Zemmour qui s’appelle donc Livre noir et auquel on consacre un chapitre.
Nicolas Massol
Ce qui est intéressant déjà, c’est le parcours d’Erik Tegnér qui est un type qui a l'âge de tous nos gars, quoi qu’il fasse parce qu’il y a une autour de 30 ans et il illustre très bien par son média et par son parcours cette porosité entre droite, extrême droite et très radicale. C’est quelqu’un du coup qui a fait la convention de la droite, donc qui a organisé la venue sur scène de d’Eric Zemmour, qui globalement laisse entrevoir l’idée de Le spectre d’une guerre civile où il y avait aussi Marion Maréchal. Et puis le Livre noir, c’est vraiment une création qui est l’idée en gros de ce truc là, c’est une chaîne YouTube pour accompagner, pour accompagner la candidature d’Eric Zemmour. C’est vraiment le média d’Eric Zemmour qui fait les interviews d’Eric Zemmour qui cire les pompes d’Eric Zemmour. Enfin bon, bref, ils font la campagne d’Eric Zemmour. Alors ils ont des audiences qui sont intéressantes sur YouTube, C’est intéressant à plusieurs titres déjà de part en fait que les réseaux Zemmour, ont réussi à avoir des mecs comme Thibaud de Montréal qui est un avocat qui est à la fois proche de Zemmour mais qui était dans la campagne de Pécresse, Xavier de Rayoncour avocat des policiers.
Nicolas Massol
C’est que tu dois beaucoup apprécier. Je crois même qu’il est réserviste. Donc c’est quelqu’un qui aime l’ordre. Donc il y a ça. Il y a un type comme Xavier de Rayoncour qui est tendance, et l’ancien ambassadeur de France en Algérie.
Marylou Magal
Il y a des élus LR. Je me demande si Retailleau n’a pas fait un truc sur livre noir.
Nicolas Massol
C’est possible. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que la couverture de leur magazine, ils ont sorti un magazine, Il y a du Isnard, il y a du Bellamy, il y a du effectivement du Retailleau comme du Bardella du Zemmour.
Marylou Magal
Mais même le dualiste Cordier, il y a en fait, il y a toutes les sphères les plus, les plus groupusculaires et identitaires et extrémistes possibles. Jusque là, c’est vraiment le média de l’union des droites de l’union des droites tel que les gens la conçoivent. C’est elle qui en a rêvé pendant des années.
Nicolas Massol
Et plus précisément, tu parles de l’histoire des militants. Il y a beaucoup de gens dans le chat qui parlent de Conversano, Daniel Conversano qui en gros est un suprémacistes blancs et qui dans la rue, est ce que c’est dans un livre noir ? Je suis quasiment sûr que c’est dans son interview dans le livre noir Daniel Conversano, est une sorte de suprémaciste communautariste, blanc qui donne une interview à livre noir mais au même titre que tu as Retailleau, des gens de droite. Donc en fait, ça fait partie de ces espaces qui n’existaient pas il y a dix ans au début de notre récit et qui aujourd’hui existent et qui réunissent vraiment, réunissent vraiment tout. Enfin toutes les droites, vraiment des plus radicaux, des plus. Conversano, c’est quelqu’un qui se filme en pleurant, en disant à quel point la race blanche est supérieure, jusqu’a des gens de Pécresse, En passant évidemment par le RN, Et deuxième truc intéressant avec Livre noir, c’est qu’ils se sont créés pour accompagner Zemmour, aujourd’hui ils sont dans l’accompagnement de Bardella, ils sont fans de Jordan Bardella. C’est des gens qui n’ont pas de formation idéologique, surtout opportunistes.
Marylou Magal
Oui, opportunistes. Et il y a ce qui gangrène depuis des années tout ce petit milieu militant, une embrouille entre Livre noir et Marion Maréchal.
Nicolas Massol
Oui aussi, Il y a aussi un truc lié à cela un conflit d’associés, d’amitiés Donc ils finissent toujours par se tirer une balle dans le pied pour des engueulades
Nicolas Massol
Il y a des conflits qui ne sont plus. Mais de fait, Bardella, séduit les gens de livre noir, donc des gens qui sont plutôt de droite, s’assumant comme de droite. Alors que Livre Noir n'éprouvait que de la réticence pour Marine Le Pen. Ça c’est quelque chose qui est intéressant
David Dufresne
Sur la question de la violence qui va jusqu’au meurtre ?
Marylou Magal
Il y a plusieurs choses et plusieurs conceptions, je pense là dedans. Chez Zemmour, les jeunes estiment que la présence de Génération Z permet justement de canaliser cette frange très radicale et parfois violente. C’est ce qui nous ont expliqué déjà que le fait que GZ existe et tiennent un discours public si radical, plus radical en tout cas que le FNJ permet de canaliser entre guillemets ces radicaux et de faire qu’il n’y ait pas plus de violence que ça. En fait, ce qui est marrant, c’est que cet argument là, c’est l’argument historique de Génération identitaire qui disait Nous on fait des étiquettes, on est radicaux, mais on n’est pas violents. La violence, c’est celle des extrêmes, les bas de plafond que sont le GUD. En fait, ils ont repris le discours, mais malgré tout, là où on le voit dans les dans les derniers, dans les derniers temps, les deux dernières années, il y a davantage d’actes de violence, notamment de certains très médiatisés. Je crois que le tchat faisait référence tout à l’heure au mur de Archambault, et ça clairement lorsque leur réaction par rapport à ça, c’est de ne pas en parler. C’est pour ça qu’on est tous les trois un peu gênés parce qu’en fait, ils ne disent rien. C’est à dire en fait, en parler pour le condamner, ce serait déjà considérer que ça vient de chez eux. Or, eux considèrent que ça ne va pas chez eux. Donc ça, c’est un premier et un premier truc. Et le deuxième, c’est que du coup, ici, ce n’est pas pour le condamner, il faut répondre en disant bien. Et globalement, ceux dont on parle là, ils ne se considèrent pas comme étant responsables du meurtre de l’ancien rugbyman et ex-international argentin Federico Martin Aramburu, au petit matin à Paris il y a un an et demi.
Nicolas Lebourg
Et je me permets de rebondir sur autre chose, c’est qu’il n’y a pas qu’eux qui n’en parlent pas. Il y a nous. Globalement, dans la société française, il n’y a jamais de retour sur la question de la violence quand elle vient des milieux d’extrême droite. Une fois de plus, tout simplement l’O.A.S, c’est plus de 2000 morts. Il n’y a personne dans les rues autour de nous qui se souvient de ce nombre là ? Et je peux prendre force exemples de vague terroriste d’extrême droite ou d’attentats ayant fait des victimes. Pas d’attaques contre des biens uniquement mais avec des victimes, et on verra qu’ils ne sont pas du tout mémorisés, y compris qu’on a un haut niveau de létalité. Mieux que ça, le musée mémorial voulu par le Président de la République sur le terrorisme envisage le terrorisme d’extrême droite à partir, selon sa plaquette scientifique et qui est disponible en ligne à partir d’Anders Breivik seulement à l'étranger et au XXIᵉ siècle, ce qui est tout à fait stupéfiant au vu de l’histoire du terrorisme d’extrême droite qui, en France, a quand même depuis l’entre deux guerres. Le moins qu’on puisse dire, connu un certain nombre de vagues. Donc il y a quelque chose qui est étonnant avec la violence de droite. Elle est à sujet obsessionnel dans les milieux de la radicalité de gauche, elle est un non-sujet sur l’ensemble de la société française. Et ça, c’est extrêmement particulier. Tu peux. Et ce qui est paradoxal encore, c’est qu’on peut prendre quelqu’un de gauche qui se rappellera que l’action directe a tué cinq personnes dans les années 1980. Cette violence par emploi de gauche, elle va rester dans les mémoires. Et après ? C’est vrai, c’est important, C’est important que de telles dérives restent dans les mémoires. Par contre, celle de droite passe toujours à l’AS. Et là dessus, il y a une vraie réflexion collective à avoir.
Nicolas Massol
On essaye d’aborder la violence, ce meurtre là, précisément ce meurtre du rugbyman qui se passe vers l’Odéon. Donc en fait pas très loin des Caves Saint-Germain, des Prés Mais effectivement, la violence, elle est, comment dire, ambivalente pour les gens. C’est à dire que vous avez, à propos des gens qui peuplent notre récit, c’est à dire que vous avez à la fois beaucoup de gens qui considèrent que le GUD et ces gens là, c’est du folklore, ce n’est pas très sérieux. Ce foutre en noir avec des cagoules, ça fait peur, ça choque le bourgeois. Et bah eux, les y, que ce soit les identitaires ou que ce soit les la génération de Mandela ou même les jeunes de génération Zemmour. Choquer le bourgeois, ce n’est pas leur but, au contraire, il s’agit de le rassurer. Les identitaires vont se mettre en tenue plutôt bleu ciel, joli, à la fois un peu forces de l’ordre mais gentils, etc. En revanche. En revanche, même s’il y a ce côté un les gars vous servent à rien, vous faites plus de mal qu’autre chose. Les liaisons, les relations sont perpétuelles. Je vous prends à un truc auquel on a assisté et un exemple auquel on a assisté avec Marylou. C'était une manifestation organisée par des identitaires. Donc pas de Génération identitaire parce que Génération Identitaire a été dissoute. Mais c'était en décembre, C’est ou c'était sans moi, c'était en décembre. En décembre 2023, devant le panthéon des natifs, ça s’appelle les Natifs. C'était cette petite Assos et en gros, l’idée c'était d’avoir un truc à la fois léché avec des fumigènes pour dire on est avec leur style. Non, ce n’est pas Lola, c'était Thomas, c’est Thomas, c'était Thomas. Et il y avait une foule de 200 300 personnes, à peu près.
Marylou Magal
De 300 de 300 mètres, un truc avec des fumigènes. Il y avait Jean-Yves le Gallou derrière, toujours là.
Nicolas Massol
Et c'était un truc vraiment pour les caméras dans le centre de Paris. Et il y avait tout le monde, il y avait les Gudards. On a vu le type qui est qui s’appelle Vidal, Kléber Vidal qui fait partie des gens qui ont torturé l’ancien chef du groupe qui s’appelle Klein. Et le mec, il fait partie des trois ou quatre qui l’ont torturé et c’est trois quatre avec le type qui a fini par buter Aramburu Donc c’est vraiment ça cette violence. Il y avait les mecs du GUD qui étaient là, reconnaissables
Marylou Magal
Le RN avait interdiction aux militants du RN, interdiction d’assister à ça parce que c'était bien trop infamant.
Nicolas Massol
Mais, mais par contre, il y avait Stanislas Rigaud en tête de pont, son bras droit qui est son meilleur ami, etc. Qui en fait étaient là comme un signal. De leur propre aveu, ils le disent. Alors ils ne le diront pas sur un plateau télé. Mais ce qu’ils disent ça leur montre qu’on est là. C’est à dire en fait cette frange qui certes manie la violence, qui est ultra violente, mais qui est aussi très radicale, permet en fait, je ne sais pas pourquoi, sans doute pour ça, pour plein de raisons, plein de raisons. Mais on ne peut pas s’aliéner. On leur envoie des signaux ? Et alors là, le RN avait interdiction d’y aller, mais le RN leur envoie des signaux tout le temps, que ce soit les mecs de la cocarde qui copinent avec ces gens là, que ce soit via la société de communication politique qui est un prestataire du rassemblement national, qui embauche des gens du GUD lié au GUD, où que ce soit dans les caves Saint Germain qui est le lieu de débauche.
Marylou Magal
Pierre-Romain Thionnet, un ancien de la Cocarde qui envoie des petits signaux aux initiés. Une fois, il avait fait un tweet en reprenant les paroles du Chant des lansquenets, qui est un chant traditionnel de l’extrême droite qu’on ne présente plus. Mais ils avaient dû le supprimer d’ailleurs. Donc c’est autant de petits signes et qu’on retrouve, on a donné dans le livre, on parle de deux mecs, un identitaire et un Gudard, violent pour le coup violent, dont un contre condamné à du sursis pour violence qu’on retrouve dans un truc du FN dans un forum du FN. Donc en fait la violence n’est jamais mise au cœur du truc, en tout cas par ceux qui ont, tu vois qui font profession dans champ électoral Mais en revanche, ce serait faux de dire qu’il y a une coupure les clins d'œil sont multiples entre les hommes vraiment les relations sont multiples. Franchement, on n’est même pas qu’avec les identitaires
Marylou Magal
Il y a toujours eu de la porosité entre les différents groupes. En fait, on en revient à ce qu’on disait tout à l’heure, sauf qu’on élargit un tout petit peu le spectre non seulement aux groupes radicaux, mais même aux groupes violents. Donc voilà. Et là aussi, il y a des militants qui circulent. En réalité, ce qui a changé depuis 2022, c’est que la tendance identitaire, c’est vraiment. Enfin, les identitaires, en tant que militant identitaire, sont intégrés gentiment. La reconquête au centre, en particulier, que du coup on les trouve un peu moins dans la rue, sans étiquette. GZ Ils sont devenus un peu des faits. Ils ont intégré un parti quoi. Donc du coup, ils font plus partie des militants hors parti, ce qui est un peu leur étiquette, leur morceau de bravoure aussi. Donc voilà. Ce qui a laissé aussi plus d’espace à des groupes qui font un usage vraiment politique de la violence. Est ce que cela avait été un peu rétréci par le fait qu’il y a un groupe militant non partisan qui existe et maintenant qu’il n’y a plus ce groupe militant non partisan ? Eh bien ils reprennent un peu d’espace, ils reprennent un peu d’espace. Donc ça, c’est ce qu’on voit. Il y a quelqu’un qui disait dans le chat un peu plus haut c’est comme, c’est comme l’extrême gauche et le black bloc. Oui, il y a quelque chose un peu de ça en fait. Sauf que ce n’est pas le même type de violence. Mais ça, je pense que le jazz en est bien conscient. La violence d’extrême droite se dirige d’abord contre les personnes, la violence d’extrême gauche d’abord, contre les Blancs. C’est ce qui a été montré dans le livre dont j’ai de brillants coauteurs en face de moi. Il y avait une autre question dans le chat, mais je l’ai oubliée. Est ce qu’on peut remonter un peu ?
David Dufresne:
Ah non, on ne peut pas remonter. Mais par contre j’ai d’autres questions du chat. Ont ils de grands argentiers français parmi les oligarques, parmi les milliardaires, parmi les propriétaires de médias et on croise des jeunes de quasiment tout le spectre de l’extrême droite, mais peu de jeunes de L’action française. Comment l’expliquer demande Maxime Macé ?
Nicolas Massol
Parce qu’on sait que c’est les chouchous de Maxime. On ne peut pas leur vouloir de partager ça. Mais pourquoi ? C’est sans doute une des faiblesses du livre.
Marylou Magal
Mais c’est parce que eux, non. Mais en vérité, ils sont assez à la marge par rapport aux personnalités dont on parle. Je pense que ce qui ferait le plus avec L’action française, c’est les mecs de Zemmour. Donc Rigaud les connaît, eux, ils les connaissent un peu de loin et ils les méprisent assez fortement.
Nicolas Lebourg
Je ne sais pas, mais j’ai une autre hypothèse. Pourquoi ne sont pas dans votre livre ? Bah y a pas du tout que vous lisez, oubliez parce qu’au contraire vous êtes très consciencieux. Mais le petit apport qu’il y a eu à L’action Française autour de la Manif pour tous a changé la donne parce qu’on a vu des gens de la classe moyenne rejoindre L’action française. Et ces gens du bas de la classe moyenne, ils ont continué à militer. Or, avec toutes les dissolutions qui ont eu lieu, il y a plus de groupuscules nationaux. Ce qu’on voit, c’est des groupuscules partout en France qui sont des groupuscules. Et tu regardes le groupuscule dans la Mayenne, tu regardes à Rennes, tu regardes à Reims, t’as des groupes avec des jeunes gens dissidents d’Action française qui vont fusionner leur idéologie avec des morceaux qui viennent du nationalisme révolutionnaire type Gudard, avec de la culture identitaire et avec des groupuscules qui, comme ils ne sont qu’une menace, un groupuscule, un territoire, une offre idéologique, sont a minima idéologique et qui par contre peut pousser à la violence puisque comme on n’a pas un groupuscule national, on cherche à développer un programme, on cherche pas à développer une stratégie, on est un territoire. Donc à mon avis si ils ne sont pas dans votre bouquin, c’est parce que justement leur destin sociologique a été complètement différent et a à voir avec le sujet d’avant ? Pas de continuum des droites donc ce n’est pas du tout une faute de votre part.
Nicolas Massol
Non mais effectivement, je pense que tu as raison. On ne les a pas beaucoup croisés
Marylou Magal
Mais effectivement on ne nous en parle jamais procurez vous le livre chez Amazon.
David Dufresne
Qu’est ce que t’as dit là, Amazon ? T’es malade ? Précisément à propos d’Amazon, vous n’avez pas répondu sur les milliardaires et les financiers.
Nicolas Massol
Alors il y a plusieurs trucs. Il y a le FN, puis le RN traditionnellement, puis ensuite.. Ce que tout ce que je voulais dire c’est qu’il fallait se procurer ou en tout cas songer à se procurer le livre qui va sortir de Maxime Macé et de Pierre Plottu qui eux ont une connaissance encyclopédique de tous les groupuscules, en tout cas d’une majorité de groupuscules sur la France. Parce que nous, on s’est concentré sur les grands partis, les grandes forces sur les financiers et le RN, ils ont toujours des problèmes avec ça. En tout cas, nous, dans notre période qui a à peu près 2010, aujourd’hui, personne ne finance le RN. Franchement, ils galèrent, ils sont obligés de faire des emprunts dans des banques louches, ils sont obligés de faire des emprunts aux militants. Et personne ne finance le RN, les riches. Il n’y a pas de grands financiers qui financent le RN, mais Charles Gave fait partie de ces gens qui ont de l’argent mais qui y sont alors Charles Gave a voulu faire un prêt à la campagne d’Eric Zemmour. Mais Charles Gave a une manie, c’est de voir passer sa fille dont personne ne veut, Il a filé du pognon à un truc qui s’appelait Les amoureux de la France. Et en 2019, c’est Dupont-Aignan, une ribambelle de gens qui sont radicaux En gros, ils voulaient les financer. Et il a voulu placer sa fille, il a fait chier tout le monde, etc. Donc voilà Gave, c’est un peu un fantasme parce qu’il a une présence sur les réseaux, Mais en fait c’est un emmerdeur pour tous ces gens là. C’est quelqu’un en plus qui ne prête même pas beaucoup d’argent. Il ne l’aime pas, il ne les aime pas. Mais par contre Zemmour, ce qu’ils ont fait c’est qu’il avait des gens qui étaient beaucoup plus insérés socialement et économiquement notamment. Je parle des deux proches c’est un homme qui s’appelle Madar et le comment s’appelle déjà c’est d’Adler. Alors c’est Mather qui faisait des appels de fond.
Marylou Magal
Les deux étaient plutôt les deux pour s’occuper à la fois du programme des fonds que le RN n’avait jamais imaginé.
Nicolas Lebourg
Et qui va, comme pour la nouvelle droite, toute la grande enquête qui est disponible en ligne de René Menzah qui te montre comment la nouvelle droite a été financée par le fait qu’un certain nombre de ses vieux militants de jadis ont fait de très belles carrières et sont devenus de beaux patrons Et on a l’amitié de faire profiter la mouvance dont ils proviennent, de financements pour les aider à monter des entreprises éditoriales
Marylou Magal
Oui alors après il y a quand même il ne faut quand même pas oublier qu’en France, il y a quand même des lois qui cadrent énormément le financement des partis politiques. Un don individuel, c’est 7 500 € maximum par an. Donc même un milliardaire, il ne peut pas. Alors il peut prêter, mais il ne peut pas donner. Donc il ne peut pas être mieux qu’une banque qui vous prête de l’argent. Il ne peut pas financer tout seul. Par contre, ce qui est intéressant si on regarde les finances de reconquête en 2021, je vais vous donner les chiffres parce que je disais qu' ils ont 7 millions de budget en 2021, donc l’année avant la campagne. Donc ça c’est l’argent qui a été levé entre mars et décembre. 7 millions d’euros, c’est pas mal quand même pour un parti, ça fait de reconquête le septième parti en termes de financement en France sur la myriade de parti qui a enregistré et surtout le seul dans le top dix je crois, de mémoire qui ne bénéficie par de la de l’aide publique. Donc ça veut dire que tout seul il arrive à avoir 7 millions d’euros, donc c’est pas mal. Et en 2022 il avait récupéré 9 millions. Il n'était pas encore éligible au financement public non plus. Donc ça veut dire qu’on a quand même un parti, ça veut dire quelque chose comme tous les gens, on a beaucoup entendu ça à la fin de la campagne de la présidentielle, puis des législatives. Beaucoup entendu de gens qui disaient ça y est, Reconquêtes, c’est fini, c'était une aventure Mais en fait, tant qu’ils ont de l’argent, ils vont continuer à vivre, ça c’est une évidence. Et donc là, ils ont de l’argent parce qu’ils ont des adhérents, ils ont pas mal d’adhérents et en plus ils ont de l’argent parce qu’ils ont les financements publics désormais. Donc il faut quand même garder ça à l’esprit. L’argent, c’est quand même le nerf de la guerre, en politique comme ailleurs.
Nicolas Massol
Il y avait pas mal de questions sur Bolloré, Bolloré, on ne l’a pas trop vu
Marylou Magal
On parle un peu des médias, de Bolloré qui d’ailleurs font partie d’un certain nombre de personnages de notre histoire. Geoffrey le Jeune qui aujourd’hui est à la tête du JDD, participait en 2012 après la Manif pour tous, aux soirées où il y avait les identitaires, les frontistes Bolloré, c’est un personnage essentiel pour cette galaxie, ne serait ce que par le fait qu’il ait propulsé Zemmour star de la télé.
Nicolas Lebourg
Et là aussi, ça picole cinq ans dans les soirées Valeurs actuelles en fait, le truc c’est que bon, peut être que ça a été une époque, mais ils font vraiment de la politique. Le Jeune, c’est quelqu’un qui a toujours fait de la politique et qui se sert du JDD comme d’un instrument politique. Ce n’est pas des gens qui sont mus par la recherche jusqu’au bout. Si j'étais coquin, je dirais que Minute était un bien meilleur journal que le JDD. Si tu veux chercher des scoops alors des trucs affreux Mais ils étaient vraiment mus par la politique. Le JDD, c’est vraiment une courroie de transmission où globalement ils ne sont même pas forcément extrêmement. Ils sont aussi macronistes que d’extrême droite. Ils n’aiment pas la gauche, mais globalement, oui, voilà, c’est comme ça. Et c’est l’intérêt aussi de notre bouquin. Non mais le truc c’est que ces personnages là, comme le Jeune t’as oublié Charlotte d’Ornellas.
Marylou Magal
Bien sûr.
Nicolas Massol
On en est là ceux qui participent aux voyages, il y a plein de personnages qui vont en Syrie Notamment avec l’association SOS Chrétiens d’Orient qui est une association qui est ultra importante pour souder une génération. SOS Chrétiens d’Orient, c’est une Asso qui a été vraiment fondée au lendemain de la Manif pour tous par un mec qui s’appelle Charles de Meyer qui aujourd’hui est assistant parlementaire de Thierry Mariani RN à l'époque, il était dans Jeune droite, plutôt proche de L’action française d’ailleurs, et qui se dit putain mais on est tous dans la rue ensemble, qu’est ce qu’on va faire ? On va donc on va voir, on va avoir une cause commune, cette cause commune qui est vraiment le truc de la droite, qui sont les chrétiens d’Orient. Donc ils créent cette association là, une association qui, en dix ans aura réussi quand même à avoir une subvention de Wauquiez tout en étant l’une des premières. L’une des premières missions de SOS Chrétiens d’Orient est remplie des identitaires. Vous avez Damien Rieu et Jeremy Piano qui sont deux personnages d’un truc lié à Charlotte d’Ornellas qui fait totalement partie de ce truc là donc, et un certain nombre de politiques, etc. Donc c’est vraiment c’est vraiment un écosystème, une génération qui est à la fois politique, groupusculaire, donc dans des partis, en même temps médiatique, il y a pas trop de frontières. Mais comme dans Génération de rock menée à Meaux où on voit qu’il y a un Julie, il y a les mecs de la GZ qui ensuite font Libé, et puis il y a Debray Voilà, c’est une génération
Marylou Magal
Juste pour revenir à Bolloré Le risque qu’il a permis avec Cnews qu’on voit ces derniers temps, c’est de donner une visibilité énorme à ces militants qui jusqu’alors étaient cantonnés à des médias très groupusculaires, genre Radio Courtoisie, TV, liberté, avec tout le « bien » que je pense de ces deux médias. Mais ils étaient cantonnés à des sphères de groupuscules. Et aujourd’hui, ici, une génération qui a une tribune ouverte sur une chaîne d’info avec des heures de prime time. On voit Julien de Brillance qui est une De L’Incorrect, un magazine qui s’est monté auprès de Maréchal qui était un truc tout petit qui aujourd’hui se retrouve sur BFM, sur BFM grâce à Bolloré parce qu’elle était à la percée sur CNews, on a Alice Cordier de Némésis, ce qui fait des heures d’antenne sur CNews. Il a donné vraiment un couloir à tous ces militants groupusculaires et identitaires. Et c’est l’apport de Bolloré à cette génération.
Nicolas Massol
Et c’est ce que tu racontes dans le chapitre que vraiment les mecs, ils arrivent en 2012 2013, y a rien, il n’y a même pas boulevard Voltaire, c’est à dire qu’on est arrivé au bout du bout de Minute, il doit y avoir un peu de Rivarol. Enfin bon, pour un jeune, il n’y a rien, il n’y a plus, il n’y a rien.
Marylou Magal
Et il y a des petites initiatives politiques qui percent pas le mur du son du grand public.
Nicolas Massol
Eh oui, aujourd’hui vous êtes un jeune faf machin, vous avez voulu faire, vous vous faites carrière aussi, vous passez, c’est à dire que vous allez assister à L’Institut de formation politique ou vous vous faites former par des anciens radicaux, des mecs du terrain comme des mecs de LR, comme des mecs de Zemmour, mais aussi des identitaires. Des gens qui sont encore plus radicaux, des journalistes du Figaro. Et puis ensuite, on vous, on vous chope. Donc c’est beaucoup de journalistes du Figaro qui vont à l’IEP. Et ensuite, qu’est ce que vous faites ? Vous allez sur CNews, vous vous faites la main sur CNews, vous faites la petite main au JDD ? Parce que quand on voit que c’est comme le truc de Bolloré, c’est de virer les rédactions et de les remplacer. Donc évidemment, on y va, il faut, il y a un appel d’air quoi.
Marylou Magal
Et donc on va aller là bas et que les seules écoles de formation c’est De Villiers, Philippe de Villiers et l'école de Marion Maréchal à Lyon, ça fait un petit vivier de militants qui permettent ce fonctionnement en vase clos, de cet écosystème médiatique à la Bolloré
Nicolas Massol
Donc ils piochent là dedans et il y a il y a des mecs qui bossent à Cnews ou au JDD, je ne sais pas, mais c’est dur. C’est sûr qu’ils se forment en formation continue. Ils font 3 à 4 weekends sur un trimestre à l’IEP ou alors à l’Institut du journal. Deux journalistes qui organisent des machins où les mecs sont formés, ont des cours. Ils sont journalistes, ils sont formés, ils reçoivent des cours de Stanislas Trigo qui est le patron de Génération Zemmour et Charles de Chrétiens d’Orient l’assistant parlementaire de Thierry Mariani.
Marylou Magal
Ensuite ils deviennent journalistes.
Nicolas Massol
Et ensuite les mecs qui bossent pour ça, c’est dit sur le français. Ici, on est dans un truc de dingue où en dix ans, vraiment, l’espace d’un mec comme Charles de Meyer et est révélateur de ça, c’est un mec qui était assistant parlementaire de Jacques Bompard en 2013, donc Jacques Bompard, un identitaire maire d’Orange ex FN, qui aujourd’hui se met à donner des cours à des mecs de Zemmour. En fait, il en fait le truc de tous, c’est que de cette génération là et qui n’en reviennent pas
Marylou Magal
Les anciens en tout cas, n’en reviennent pas du chemin parcouru en une dizaine d’années, quand ils y étaient, ils battaient le pavé dans la Manif pour tous, c'était inimaginable.
Nicolas Lebourg
C’est-à-dire ? Ce que vous racontez, c’est qu’en fait Bolloré n’a pas besoin de mettre des sous. Il invente un système en économie intégré où on a tout, on produit les gars qu’on met sur des chaînes dont on dispose, qui font des bouquins dont les journaux, parlent et que c’est bien plus un fleuve tranquille
Nicolas Lebourg
C’est un système où tout est intégré effectivement, qui fait que c’est extrêmement efficace. On produit les gens qu’on veut, ils vont produire ce que l’on veut.
Nicolas Massol
C’est exactement ça.
Nicolas Lebourg
Donc c’est extrêmement efficace et pertinent, bien plus que d’aller financer un groupuscule.
Nicolas Massol
Une des premières enquêtes frontales qui était en fait une fabrique d’influenceurs, c'était une boîte de com. dans laquelle Bolloré, avait des parts qui en fait étaient là pour faire monter des mecs et ensuite les faire inviter qui chez Hanouna, qui sur CNews Et puis ensuite, mais vraiment, c'était le truc, ils ont créé des mecs, on crée vraiment des mecs c’est média pro.
Nicolas Lebourg
Je le rappelle ce sont des technologies de l’information chez nos amis russes je crois.
David Dufresne
Je crois que le lien est donné dans le chat c'était l’enquête de StreetPress à l'époque. Alors deux dernières questions, parce que moi je peux rester aussi longtemps, tout de même une question à l’historien et ensuite une question du chat à vous trois Non mais l’historien, ici, ça fait 50 55 ans que tu t’occupes des fachos et tout ce que vous venez de raconter sur la fulgurante percée médiatique depuis une dizaine d’années, c’est ce que les partis d’extrême droite ont déjà eu ça en France ? Est ce que si on regarde le siècle, est ce que l’extrême droite a eu un tel soutien médiatique pour elle comparable ?
Nicolas Lebourg
On avait évoqué à la fois le paradoxe, c’est que lorsque le vote Front national s’installe durablement dans la vie politique française à partir de 84, ça écroule les structures éditoriales. Minute vendait très bien avant. Et puis j’en six, bah je vote Le Pen, ça me suffit pour exprimer mes opinions politiques. Je ne veux pas acheter minute ou autre chose qui fait qu’en fait il y avait le panier de la ménagère. Tu vois, je vais parler comme un expert économique libéral. C' est une satisfaction qui a été faite pour exprimer son rejet de la société multiethnique et multiculturelle qui était faite avec un produit. C'était suffisant. La particularité aujourd’hui, c’est que non seulement on a un espace politique avec, comme tu le disais désormais au contraire, plus de partis politiques qui ont plus de points. Comme tu l'évoquais, on a dépassé les 30 % et puis on a une floraison. Tu rentres chez un marchand de journaux, tu rentres chez un libraire, tu as le choix entre 30 livres sur le fait qu’il ne faut pas fermer les yeux contre l’islam. Tu as le choix entre 50 journaux possibles et imaginables. On est dans une situation inconnue. Il faut. Se rendre compte pour les gens les plus jeunes qu’en 1967, en une dizaine de formations d’extrême droite qui se présentent aux législatives. Elles font tout ensemble moins de 20 % des suffrages. Il faut bien voir de quel désert revient l’extrême droite et à quel point. Effectivement, là, au XXIᵉ siècle, on a une accélération, une accélération extrême qui va crescendo par rapport à des événements géopolitiques. 2001 L’attaque du 11 septembre 2015, le 13 novembre, c’est clairement les accélérateurs.
David Dufresne
Et donc oui.
Marylou Magal
Et en plus, il y a une forme d’injustice pour ces militants d’aujourd’hui. Les jeunes, ils n’ont pas connu ces années de disette, ils sont arrivés et ont récolté les fruits de tout ce que leurs prédécesseurs avaient fait
David Dufresne
Alors je vais poser une question et j’en profiterai pour récupérer le livre de nos invités que Nicolas a voulu me voler. Puisque c’est une question qui va te plaire mon cher Nicolas, puisque c’est une question sur l’Europe et je vous propose qu’on termine là dessus. Mais si le RN devient plus européen, accepte Frontex par exemple. Ce n’est pas parce que l’extrême droite prend le pouvoir un peu partout en Europe plutôt qu’un changement de projet ?
Nicolas Massol
Mais oui, oui, voilà.
Marylou Magal
Jordan Bardella, son nouveau truc, c’est de dire qu’on ne quitte pas la table du jeu alors qu’on est en train de gagner la partie.
David Dufresne
On s’en fout de l’histoire.
Nicolas Massol
Oui, c’est ça, En vrai, l’Europe se droitise. Il y a des gens qui arrivent au pouvoir, il y a Meloni il y a un pacte d'émigration assez restrictif qui a été voté alors que le RN n’a pas voté parce que ce n’est pas assez pour eux mais globalement, oui, effectivement, il y a un vent, un sale vent qui souffle sur nos plaines européennes.
Nicolas Lebourg
D’ailleurs aux Etats-Unis aussi pour la fin de l’année on va y revenir une autre fois
Marylou Magal
Mais en fait, plus que la position du RN vis à vis de Frontex, c’est plus qu’est ce qu’il y a dans Frontex qui devient intéressant pour un Frontex avec frontières ouvertes ? A priori on partira avec un Frontex avec frontières fermées, ça va plus les tenter. Donc c’est plus ça en fait que ce que le RN examine. Faut pas oublier que c’est des politiques tout ça en fait. Donc ça varie d’une gouvernance à l’autre.
David Dufresne
Je te laisse conclure. J’adore ce rendez- vous Extrémorama. C’est le deuxième épisode. Je l’adore aussi parce qu’il y a une forme de joie, Il y a une forme de plaisir à parler. Est ce que c’est l’humour du désespoir, Pourquoi on se marre en fait alors qu’on parle de tout ? Est ce que vous pensez que ce décalage qu’on a entre le sérieux ? Parce que là, pour le coup, il y a aucun doute sur vos travaux respectifs à tous les quatre et la façon dont d’en parler. Est ce que c’est le ton juste ? Je me pose vraiment la question.
Nicolas Lebourg
Qui peut chanter pendant que Rome brûle ? Elle brûle tout le temps.
Nicolas Massol
Comme tu dis
Nicolas Lebourg
Qui peut chanter pendant qu’on brûle, Elle brûle tout le temps, répond-il. Je crois que ça n’a jamais été parce que d’un coup d’un seul, on prend un air sentencieux En fait, qu’on prend un air sentencieux, ça sert à quoi ? Ça sert à faire un prestige de classe. Mais si c’est du prestige de classe de prendre un ton sentencieux et pédant, si tu t’exprimes comme on peut, s’exprimer là, je crois qu’on peut parler de politique, c’est à dire de quelque chose de commun, collectif. Mais pour ça qu’on essaye de parler de choses de fond de manière un peu sympa.
Marylou Magal
Je n’aurais pas dit mieux.
Nicolas Massol
Je pense que ça c’est important. Moi, ce que j’essaie de faire dans mon travail, je pense que toi tu fais aussi un peu la même chose dans ton travail il faut faire attention, enfin c’est le sourire en coin quoi. C’est à dire qu’on parle d’eux, on essaie d'être sérieux il faut les prendre au sérieux. Mais en même temps, faut pas non plus trop les prendre au sérieux tous. Il y a quand même une fin. Comment dire ça ?
Marylou Magal
On essaie de le faire disons dans le livre, on se moque un peu de ceux qui se moquent un peu d’eux parce que le phénomène est inquiétant. Mais parfois, quand on prend les gens individuellement, il y a de quoi se moquer aussi.
Nicolas Massol
Et puis il y a parfois un côté grotesque chez certains, quand même bon. L’humour, l’ironie nous permet à la fois de souffler et de relativiser, de mettre de la distance.
Marylou Magal
L’ironie plus que l’humour.
Nicolas Massol
Enfin oui c’est oui voilà, c’est plus de l’ironie
Nicolas Lebourg
Et en même temps, j’ai souvent entendu des gens d’extrême droite être si drôles quand ils se foutent de la gueule des gens de gauche.
Nicolas Massol
Ah ouais, c’est vrai.
David Dufresne
Bien c’est bon, je pense qu’il faut qu’on arrête l’émission.
Nicolas Lebourg
On salue les auditeurs et on les remercie pour leurs questions.

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