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Eric Coquerel : comment barrer la route à l’impossible ?

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour tout le monde, tu viens un peu plus tard que prévu et tu dois partir plus tôt que prévu parce que t’as du boulot.
Eric Coquerel
Il y a différentes choses, il y a des médias et ma circo, il y a l’Assemblée où je dois rentrer. Et puis il faut aussi que je prépare le fait d’aller aider des copains dans des circonscriptions compliquées.
David Dufresne
Alors justement, après toi, vers 11 h et demie, nous aurons des gens des convois de la Victoire et de circo pivot qui vont nous expliquer comment on peut venir en aide aux candidats qui sont dans des circos un peu compliquées. J’aurais voulu parler avec toi du fond, j’aurais voulu parler avec toi de finances, du programme du nouveau Front populaire quand même, en deux mots. Et puis après on va parler de la situation dans laquelle on est. En deux mots, qu’est-ce que le programme du nouveau Front populaire d’un point de vue financier, puisque je rappelle que tu es un ancien président des finances de l’Assemblée nationale, en quoi le nouveau Front populaire a une proposition intéressante ?
Eric Coquerel
Bah en fait, il revient sur la manière dont les richesses ont été partagées depuis une trentaine d’années et plus particulièrement depuis l'élection de Macron. Pour aller vite, elles sont parties vers le capital. Pas n’importe quel capital, le capital investi, celui des ultras riches. Quand je dis ça, ce n’est pas du tout caricatural, hein, mais il faut voir les ultras riches, 500 personnes dans ce pays qui ont 45 % du patrimoine. Tu as 150 milliardaires qui payent moins de 2 % d’impôt sur le revenu et qui, grâce aux cadeaux fiscaux d’Emmanuel Macron notamment. Tu sais, la flat tax qui est un bouclier du capital en quelque sorte plus la suppression de l’ISF, payent en tout ce qu’ils ont. Ils ont renversé une partie de leur revenu personnel vers leur revenu professionnel qui est moins taxé. Et donc ces gens-là paient en gros 25 % imposés autour de 25 % quand les mêmes personnes au niveau de l’impôt sur le revenu, le même type de tranches, sont à 50 %. Avec ça, ça coûte 18 milliards par an à l'État de perte. Donc Macron a organisé ça par des cadeaux fiscaux, par des politiques qui attaquent le monde du travail. Et donc on a eu une très forte migration, on va dire, du partage de la valeur ajoutée vers le capital. Donc principalement, si j’avais une chose que je vais résumer, le problème, c’est de faire l’inverse. Ça, ça se fait par deux biais, ça se fait par le fait d’augmenter les salaires, le fait d’augmenter tous les revenus du travail, les pensions de retraite au niveau du SMIC. Mais ça se fait aussi par une fiscalité où on reprend, j’allais dire de l’argent dans les poches de ces ultra riches pour permettre de redistribuer.
David Dufresne
C’est 18 milliards.
Eric Coquerel
Là, c’est un exemple. On va dire que globalement, il y a 60 milliards par an qui ont été dilapidés comme ça par Macron et on sait qu’une grosse partie de ces 18 milliards, j’ai dit 60 milliards pardon, ont été versés aux 10 % les plus riches. Et plus tu avances dans la tranche, plus tu montes, on va dire entre guillemets, plus cet argent se concentre aux mains de quelques-uns. Donc il fallait le reprendre par une fiscalité différente pour pouvoir faire de la transition écologique, pour pouvoir s’occuper de nos écoles, pour pouvoir s’occuper de la santé, etc. Et en plus de ça, cette politique de la demande, bah ça va créer de l’emploi. Chacun comprendra si tu augmentes les salaires puis augmente la consommation populaire parce que les gens, ils ont besoin de consommer. Alors bien sûr, il faut le faire de manière écologiquement soutenable, mais ils ont besoin de consommer. Et si tu fais des travaux, tu construis des hôpitaux, tu rénoves des hôpitaux, tu construis des écoles, tu embauches des fonctionnaires, que tu payes mieux, etc. Chacun comprendra que c’est de l’activité économique, donc dans tous les cas c’est mieux. C’est mieux pour l’intérêt général, mais aussi évidemment pour l'égalité. Parce que ce qu’on peut reprocher le plus à Macron, et je crois que le résultat de dimanche, c’est l’explosion de ça, c’est qu’il a mis à mal la promesse républicaine de liberté, égalité, fraternité. Et ça, en sept ans, il l’a considérablement abîmée.
David Dufresne
Michael Zemmour que tu devais connaître était sur ce canapé il y a quelques jours et il disait finalement à la gauche ce qu’on peut lui reprocher parce que partant du principe que vous allez avoir la majorité absolue, c’est un principe.
Eric Coquerel
Mais je compte bien que ce soit encore la réalité. En tout cas, je me bats pour.
David Dufresne
Et je vois bien que tu es là pour ça. Admettez-vous avoir la majorité ? Michel Zemmour, en fait, ce qu’il reproche à la gauche, c’est de ne pas faire une politique de gauche, c’est le tchat, c’est de ne pas faire une politique de gauche assez longtemps pour qu’on puisse mesurer si elle est si merdique que ça. On est tous fatigués, donc on emploie des mots familiers puisque c’est un peu grosso modo ce qu’on vous dit. On vous dit que la gauche ne sait pas faire en termes d'économie, la gauche ne sait pas faire les affaires, etc. Qu’est-ce que tu réponds à ça ? Sachant que ce que tu viens de proposer, c’est un modèle keynésien tout ce qu’il y a de plus.
Eric Coquerel
Euh si je puis dire, euh non, orthodoxe parce qu'à la différence de Keynes, ce moment où il a, il a produit sa théorie, la différence, c’est que oui, juste de crever, en tout cas, au moins de manière figurée, une partie de la planète à cause de la question environnementale. Absolument. Donc ça ne peut pas être juste une relance de la croissance pour la croissance. Oui, il y a quelque chose d’autre de fondamental dans notre programme, qui est l’idée qu’on planifie l'économie en fonction de la règle verte, c’est-à-dire ne pas consommer ou produire plus que la Terre ne peut absorber. Ça, ça a des indications, ça veut dire qu’il y a des secteurs de l’activité économique où il faut décroître, et puis il y en a d’autres où il faut relancer l’activité parce que c’est, je le disais. Alors, construire des usines, c’est l’Est. Mais garder aussi des industries, ça l’est aussi. Il vaut mieux garder ici des industries. D’abord, c’est de l’emploi de choses qui vont être fabriquées, on va dire, dans des règles sociales et écologiques qu’il faut évidemment améliorer plutôt que d’avoir le grand déménagement du monde où on a un coût carbone en plus pour amener ces marchandises, on produit du chômage. Ici, on exploite à l’extérieur les salariés de manière inique parce que tout est fait pour baisser ce qui s’appelle le coût du travail que j’appelle le prix du travail. Et en plus, dans des conditions écologiques souvent catastrophiques. Donc ça, c’est aussi le fait d’assumer, d’empêcher les délocalisations. Je te cite un exemple en Seine-Saint-Denis, je soutiens une entreprise qui est sous-traitante de Stellantis qui s’appelle EMA France. Eh bien, c’est le dernier fabricant automobile de pièces pour automobiles en Seine-Saint-Denis. Cette boîte fait des bénéfices, comme les milliards de bénéfices, dont la moitié est distribuée en dividendes. Et je ne te parle pas du salaire de Tavares soi-disant. Bon, il décide de fermer cette entreprise, pas parce qu’il ne fait pas de bénéfices, ils vont délocaliser en Turquie, ils pensent que ça va être plus rentable. Par exemple, un programme, un gouvernement populaire. Moi, j’ai pris mon engagement devant ces salariés, ne doit pas fermer son entreprise, quitte à ce qu’on la nationalise de manière temporaire. Et puis quitte aussi à ce qu’on fasse payer beaucoup plus cher ces produits, s’ils ont la mauvaise idée d’aller délocaliser. Ça, ça peut se faire par des taxes kilométriques aux frontières, par exemple sur des produits importés alors qu’ils étaient fabriqués en France.
David Dufresne
Le principe de taxe kilométrique, c’est quoi ? C’est plus un produit qui vient de loin, plus les taxes.
Eric Coquerel
Oui, c’est ça. Plus il vient de loin, plus il est taxé. Et on peut aussi rajouter des critères de la manière dont il est construit socialement, écologiquement. Moi, je pense qu’il faudrait carrément interdire certains produits de rentrer en France. Alors je sais qu'à partir de là, on a un débat au nouveau Front populaire. Nous, on est prêts. Et les fiches, là, on est prêts à le faire dès maintenant aux frontières françaises. Je pense qu’il y a un débat chez nous pour savoir si c’est d’abord aux frontières européennes, pourquoi pas ? Je n’ai rien contre. Mais en réfléchissant à une chose, c’est que la plupart des délocalisations se passent au sein de l’Union européenne qui est, comme on le sait, d’abord un grand marché de libre-échange où on peut produire sans harmonisation sociale et fiscale. Donc moi, je suis pour avoir des mesures de ce type et qui sont des mesures non seulement sociales mais profondément écologiques. Donc c’est pour te répondre. Oui, c’est une sorte de Kennedy, mais mâtiné de marxisme et avec la réflexion écologique, l’objectif écologique toujours ancré au cœur du projet.
David Dufresne
Il y a aussi la question du blocage des prix.
Eric Coquerel
Ça, c’est indispensable.
David Dufresne
Alors vous voulez bloquer quoi ?
Eric Coquerel
Tous les produits de première nécessité. Alors ça, ça se fait assez facilement. La Réunion le fait. L'Île de la Réunion. Tu as un comité. Tu m’excuseras, je ne me rappelle plus le nom. Enfin, qu’importe, où il y a des associations de consommateurs, il y a l'État qui fixe un panier de prix qui ne doit pas être bloqué parce que sinon on considère que les gens… ce sont des produits de première nécessité. Eh bien, on peut faire la même chose en France. Pourquoi faut-il faire ça ? D’abord parce qu’on est à nouveau dans une période où l’inflation existe. Alors je sais bien que du côté des macronistes, on nous dit : pas de problème, tout ça, tout ça va se régler. Mais sauf que moi, je constate qu’elle est remontée encore un peu. Donc tant que l’inflation existe, c’est normal qu’il y ait un blocage des prix. D’autant plus que contrairement par exemple au RN, le RN propose de baisser la TVA sans bloquer les prix. Alors là, on connaît la conséquence : non seulement ça coûte à l'État…
David Dufresne
C’est des marchandises.
Eric Coquerel
Mais c’est les marchands qui se goinfrent. Il y a des exemples dans la restauration.
David Dufresne
La restauration, c’est ce qu’on avait vu.
Eric Coquerel
Mais même aujourd’hui, si tu veux faire une mission en Corse, en Corse pour essayer de faire en sorte que les prix ne font pas suite en lien avec la question de la discontinuité territoriale, ils ont une TVA bien plus avantageuse et les prix à l’achat sont plus chers que sur le continent, donc tu ne peux pas le dire, il y a le transport.
Eric Coquerel
Ce n’est pas que ça, c’est surtout qu’il y a des monopoles. Là encore, c’est surtout des phénomènes de monopoles de distribution, mais qu’importe, ça veut dire que si tu ne bloques pas les prix à un moment donné, il y a ceux qui peuvent profiter de ce qu’il y a des marges libérées par la TVA pour finalement se mettre plein les poches. Et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec l’inflation récente. C’est-à-dire que l’agrobusiness, l’agro-industrie, une fois que l’inflation a démarré avec la question de l'énergie, a augmenté l’inflation en augmentant les marges. Donc c’est évidemment pour ça qu’il faut bloquer les prix. Ça, c’est évidemment essentiel parce que le problème numéro un qu’on a, mon pays, pour l’instant, dont je parle, c’est le problème du pouvoir d’achat et le problème du pouvoir d’achat. Pas n’importe lequel, celui de ceux qui ont leur force de travail pour faire vivre les salariés. En 2022 et 2023, les macronistes nous disent sans arrêt « ah mais le pouvoir d’achat a augmenté » et ce qu’on regarde là, je parle de statistiques de l’Insee. On s’aperçoit qu’il a augmenté grâce aux revenus du patrimoine, grâce aux revenus du capital. Si on regarde uniquement les revenus du salaire, il a baissé. Voilà, donc c’est ça le constat. Moi je résume autrement, je te donne deux chiffres. Je ne sais pas. En 2010, depuis 2017, le salaire réel moyen, c’est-à-dire le salaire réel, c’est une fois la TVA déduite, il a baissé de 2,5 %. Les dividendes du CAC40 ont été multipliés par 2, à 7 et les rachats d’actions de 50 à 98 milliards d’euros. Voilà, ça, ça dit tout du macronisme. Eh bien, il faut faire le chemin inverse et c’est ce qu’on organise avec le nouveau Front populaire.
David Dufresne
Je t’ai laissé parler sans t’interrompre parce que je pense que ce sera un petit clip que nous sortirons tout à l’heure pour tweeter, parce que je me doutais de ta démonstration. Le tchat s’emballe en disant « on tient notre ministre de l'économie ». Moi j’aimerais savoir, ça te vient d’où ce goût pour le pognon, les finances, l'économie ?
Eric Coquerel
Pas le pognon, pas un goût spécial pour le pognon, pour l'économie ? Je ne sais pas. Je suis un militant politique élevé au marxisme, mais comme tout militant politique, je m’intéresse à l'économie, je m’intéresse au partage des richesses, je m’intéresse à la question du capital et du travail. Tu sais, ça me fait marrer parce que quand j’ai été élu président de la commission des finances, il y a eu toute une espèce de réflexe de classe de la part des macronistes et autres, disons. « Ah mais c’est quand même incroyable, il a sa licence. Mais qu’est-ce que vient faire quelqu’un qui n’y connaît rien ? »
David Dufresne
Je me souviens bien.
Eric Coquerel
J’ai 40 ans de militantisme derrière moi, tout en bossant d’ailleurs, ce qui est pas mal aussi. Je dis ça parce que je pense qu’il ne faut jamais faire de la politique une carrière.
David Dufresne
Là tu dis ça entre autres, donc.
Eric Coquerel
Donc bombarder, là, oui, oui, oui, mais là je reviens, je reviens, je veux dire que ça donne une formation que des gens qui sortent de grandes écoles ou de là où on pense que ce qu’on fait des ministres de l'économie, n’ont pas.
David Dufresne
Est-ce que tu as appris des choses ? Est-ce qu’il y a des choses qui t’ont surpris ?
Eric Coquerel
Surpris ? Non, je ne sais plus. En tant que président de la commission des finances, est-ce qu’il y a des rouages économiques, des rouages financiers ? Sauf que tu touches du doigt à quel point Macron est le président de la République du capitalisme financiarisé. Quand je dis ça, c’est clairement parce que tu ne peux pas t’expliquer autrement pourquoi il faisait de la politique. Alors au départ, il te donne des prétextes. J’aime bien, par exemple, les sorties qu’il a faites sont vraiment scandaleuses, mais j’aime bien débattre avec Le Maire. Le Maire, au moins, assume sa politique. Il ne fait pas de l’Orwell. Orwell, c'était ce que nous ont fait les macronistes. Ils cassent le code du travail, disent que c’est pour protéger les salariés. Tout au moins Le Maire assume, il dit voilà, on va améliorer la compétitivité de la France, ça consiste à faire venir les capitaux, donc il faut les avantager. Donc, c’est ce qu’il a fait. Ils ont fait ça pendant sept ans, ils ont considérablement augmenté. Alors là, il n’y a pas de problème, ils ont considérablement avantagé les capitaux. Je viens de te donner l’exemple des dividendes. On est devenu recordman d’Europe des dividendes, d’accord ? Bon, et donc cette politique ? Après, on regarde ce que ça donne. Alors contrairement à ce qu’ils disent, il n’y a pas une étude, y compris, je cite souvent France Stratégie, qui est en gros un organisme lié à Matignon, dont les accusés ont été soumis. Ils ont fait une étude à un moment donné sur toutes les aides aux entreprises, sur cette politique de compétitivité. Ils n’ont pas vu trace d’une création d’emplois ou quasiment pas, peu liée à ça. Donc l’idée que défend Le Maire, qui est bien connue, cette étude, tu as connu toi aussi quand même, même si tu es plus jeune que moi et nous.
David Dufresne
Oui, bien sûr, mais les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain, les emplois d’après-demain.
Eric Coquerel
Cette politique-là, elle n’existe pas, c’est les dividendes d’après-demain, ça c’est sûr. Mais elle n’existe pas. Mais au moins, il défend ça. Moi je crois qu’il y a quelque chose de plus large. Je pense qu’Emmanuel Macron défend la politique de son milieu. Et sinon, tu ne comprends pas pourquoi tu te retrouves avec, comme ça, l’acquisition de BFM par le patron de la CGM qui lui-même a largement pu acheter BFM grâce aux cadeaux fiscaux. La question d’une niche fiscale qui s’appelle celle du tonnage qui lui a rapporté des centaines de millions d’euros. Cette politique-là, c’est la politique du capital. C’est une politique de classe on va dire. Mais vraiment de cette manière, ça, tu touches du doigt et c’est à ça qu’on a affaire. C’est ça qui a délité notre République dans le pays. Mais ça, tu le touches du doigt. Après, je te réponds juste, moi ce qui m’a stupéfié, bah c’est que la raison d'être première d’un parlement, ça a été de voter les budgets pour la Révolution française et on n’a pas voté le budget. Ils sont passés en force pendant deux ans parce qu’ils n’avaient pas la majorité. Ça m’a marqué à chaque fois que dans ma commission, on a pu voter dans la commission, de la voter dans l’hémicycle, on a battu le budget du gouvernement, on a même voté des amendements, y compris avec des Modem. Je cite souvent Jean-Paul Mattei, qui est un député Modem, que je trouve honnête et correct, grâce à une compréhension de ce qu’il fallait faire, de voter des amendes à hauteur de 15 milliards sur des super dividendes, ça aurait fait du bien au budget de l'État puisque même Macron admet aujourd’hui que s’il y a déficit en France, c’est pas parce qu’il y a trop de dépenses publiques, c’est parce que les recettes ont baissé. On aurait amené 15 milliards à ça. Ce gouvernement était incapable de l’entendre tellement il est dans une logique idéologique de soutien au capital, ce qu’on appelle le grand capital.
David Dufresne
Tu te rappelles dans les années 70 ?
Eric Coquerel
Les années 70, j’entendais mes parents parler. Je ne peux plus, je ne peux plus avoir vu.
David Dufresne
Si tout va bien, le 20 juin. Il me semble qu’avec Boris Vallaud, il me semble, c’est avec lui le PS. Vous étalez devant les grands patrons. Comment c'était ?
Eric Coquerel
Écoute, au début, je me suis dit, au début, je me suis dit je suis dans la peau de Bruno Le Maire entrant à un congrès de la CGT, c’est ça ? Voilà. Et puis ça a été assez poli. Bon. Moi, ce que j’ai essayé de faire, on s’est, on a. On a aussi assez bien équilibré avec Valéo. Moi, ce que j’ai essayé de faire, c'était de dire qu’il n’y a pas d’homogénéité du patronat. Ce n’est pas vrai. Le patronat n’est pas. Dans la logique marxiste, oui, mais en fait dans la réalité du capitalisme financiarisé aujourd’hui, non, le patronat n’est pas homogène entre. Moi, j’ai été chef d’entreprise, je tenais certaines des personnes qui m'écoutent. J’avais une petite boîte, je travaillais dans la communication sportive, j’ai eu une petite boîte pendant une quinzaine d’années, donc je sais très bien.
David Dufresne
C'était pour quel club ?
Eric Coquerel
Je m’occupais de courses de bateaux, de voile.
David Dufresne
Ah ben oui, c’est vrai que toi tu es un marin.
Eric Coquerel
Oui, d’accord plein de marins.
David Dufresne
Fleury Michon, c’est toi.
Eric Coquerel
Pas Fleury Michon.
David Dufresne
Non, mais je crois que c’est Isabelle Autissier.
Eric Coquerel
, Michel Desjoyeaux ou plein de choses comme ça. Oui, voilà, des gens que j’aime beaucoup, toujours. Donc oui, je l’ai dit, je ne suis pas là pour ça.
David Dufresne
Donc je disais juste que toi et tes petits patrons, tu sais qu’il y a des différences. Oui. Pourquoi ?
Eric Coquerel
Alors ça ne veut pas dire que, idéologiquement, des fois, les petits patrons ont des réflexes aussi de grands patrons. Mais d’un point de vue économique, aujourd’hui, avec le capitalisme tel qu’il est, le capitalisme financiarisé, c’est quand on s’aperçoit qu’en réalité, pour nourrir la rente capitaliste qui nourrit à un niveau historique qui n’a jamais été aussi haut dans l’histoire, c’est-à-dire qu’on se soucie moins éventuellement du côté patrimonial de l’entreprise, de la maintenir, etc. Que dès lors qu’il y a des actionnaires à nourrir, la rente capitaliste prime plus que son voisin et donc un résultat en dessous de chiffres est quelque chose qui n’est pas normal. Et c’est nouveau. C’est pas ça le capitalisme, c’est pas toujours construit là-dessus. Et donc, qu’est-ce qui se passe ? Bah le Medef et autres, leurs problématiques à eux, ce qu’ils défendent, c’est justement ceux à qui on veut prendre de l’argent, c’est-à-dire ces 30 capitalistes qui se nourrissent, qui se transforment en dividendes, pas en investissements, pas en emplois et qui, j’allais dire, ont un coût beaucoup trop important pour nous tous. Mais le petit patron qui est dans sa boîte, alors des fois, il porte des rapports catastrophiques avec ses salariés, je ne le nie pas, ce n’est pas le cas.
David Dufresne
Ce n’est pas le cas ici,
Eric Coquerel
Mais le petit patron qui est dans sa boîte et qui pense d’abord à essayer de savoir, d’avoir des marchés, qui pense à garder ses salariés parce que ce n’est pas une fois que tu as des salariés avec qui ça se passe bien, tu as envie de les garder, donc si tu peux, tu les payes mieux, etc. Il n’a pas les mêmes problématiques quelque part. Même moi je l’ai vécu. Il est au bout d’une chaîne où ses donneurs d’ordres sont ces grosses boîtes qui, à un moment donné, vont faire en sorte de baisser ses devis pour justement nourrir également une rente capitaliste. Il a presque plus d’intérêt commun avec ses salariés qu’avec ses capitalistes. C’est l’anti. Donc c’est ça que j’essaye de dire en fait. Ah ! Oh ! Ce n’est pas que le Medef, le Medef, l’organise avec… J’ai essayé de dire « écoutez, PME, TPE, notre programme, parce qu’il va justement permettre que les salaires soient plus importants, vos produits vont être mieux achetés. Notre programme, parce qu’il va faire en sorte qu’il y ait des travaux engagés par l'État dans la bifurcation écologique, le fret ferroviaire, l’isolation thermique, la construction d'écoles. C’est aussi des carnets de commande qui peuvent se remplir chez vous. Donc vous avez plus d’intérêt à nous écouter, nous, plutôt que la politique aujourd’hui qui avantage sans arrêt la rente capitaliste et qui finalement met une pression sur tous ceux qui produisent des richesses dans ce pays, sur tous les salariés, mais pas qu’eux. »
David Dufresne
Alors il y a énormément de questions, faudra absolument que tu reviennes pour avoir plus de temps, mais chacun comprendra que depuis que tu es speed up, tu as dit la Révolution française. La première des choses, c'était de voter les finances. Là, on n’a pas pu. Il se trouve, il se trouve que le candidat Front populaire se retire dans la circo d'Élisabeth Borne. Donc là, parlons politique, parlons à la fois du fond et de la forme. Qu’est-ce que ça te fait à toi de te dire ? On va se retirer pour que madame 49.3 puisse être élue ?
Eric Coquerel
Déjà, tu peux peut-être penser à la personne qui se retire parce que ce doit être extrêmement dur et non, moi je dis je n’imagine même pas un élu à 65 % des voix, je n’imagine même pas ce que ça doit être. Mais pourquoi c’est nécessaire ? Parce que. Si on veut essayer de garder un espoir pour que le Nouveau Front populaire ait une majorité absolue, les fachos ne doivent pas l’avoir. Les fachos ne doivent pas l’avoir. À partir du moment où on sait que les macronistes ne peuvent plus l’avoir. Il n’y a pas de sortie. C’est un problème arithmétique. Donc ça veut dire qu’il faut faire baisser le nombre possible de députés du RN. J’espère que madame Borne, elle sera de toute façon pas majoritaire dans cette assemblée. Le RN peut l'être. Moi, ma logique, elle est là. Alors plus en plus dans la logique qui est quand même que je ne mets pas un trait d'égalité, même si du côté macronistes, j’ai entendu à ta lecture qu’il était un peu plus clair. Ils ont tendance à banaliser le RN vis-à-vis de nous notamment. Mais quand même, je ne mets pas un trait d'égalité entre ceux qui, comme première mesure, ils l’ont dit, prendront un décret pour abroger le droit du sol. Et puis les autres. Voilà, je fais une petite différenciation encore, même si en même temps, disons-le. Ils ont préparé le terrain, d’accord, la loi immigration qui, s’ils n'étaient pas intervenus, intégrait la préférence nationale. Ils ont banalisé, ils sont responsables de la montée du FN. Mais n’empêche, je ne mets quand même pas un trait d'égalité. Et surtout, surtout arithmétiquement, je préfère qu’un député ne sache pas d’où, venant, chacun le comprendra, puisse être élu plutôt qu’un député du Rhône parce que sinon les Rennes vont être majoritaires. Mon premier combat, c’est éviter qu’il soit majoritaire et permettre éventuellement que le nouveau LR le soit.
David Dufresne
En l’espèce, Borne s'était fait taper sur les doigts par Macron parce qu’elle avait rappelé les origines collaborationnistes du Front National, sur le RN c'était plus clair à l'époque des fachos pour nous.
Eric Coquerel
Je me rappelle de propos blessants aussi. Donc si tu veux, ils ont joué, il faut le dire, ils ont joué à un jeu dangereux. J’ai écouté Attal hier soir. Enfin, qui dit quand même qu’on ne peut pas tracer un trait d'égalité et que la priorité après ce que je viens de dire, la priorité c’est de faire en sorte que le RN n’ait pas la majorité absolue. Enfin, j’ai aussi entendu des déclarations vis-à-vis de nous, avec toutes les calomnies, insultes possibles, politiques, qui ont banalisé le Rassemblement national. Pourquoi ? Parce que dans un électeur RN qui, à un moment donné, hésite à voter RN, si on lui dit sans arrêt que finalement la France Insoumise c’est pareil, bah ça le décontracte quand même puisque ça banalise le RN. Donc non, le RN c’est spécifique, l’extrême droite c’est spécifique, l’extrême droite, quand tu leur donnes le pouvoir, tu ne sais jamais quand tu la reprends. Et moi, je pense notamment à tous mes concitoyens, tous ceux qui défilent, populaires des quartiers populaires. Les autres paieront aussi puisque d’un point de vue économique, c’est guère différent du macronisme lui aussi. Ce n’est pas étonnant qu’il y ait des grands patrons qui finalement trouvent que Mr Bardella, là, tout est hyper… que le Front populaire, tu connais. Mais moi je pense à tous mes concitoyens qui ont peur et ils ont raison d’avoir peur parce que ça reste l’extrême droite, ça reste une extrême droite raciste, ça reste une extrême droite même, je vais dire le mot, même si ils se servent de la question de l’antisémitisme pour eux parce qu’ils ont choisi une autre forme de racisme pour l’instant. Mais le racisme ne se divise pas : quand tu es raciste à un moment donné vis-à-vis des Arabes ou des Noirs, tu redeviens antisémite à d’autres moments quand le sale travail est fait par rapport aux premières victimes. Donc je pense que vraiment ça dénote et que non, il ne faut pas mettre de trait d'égalité. Raisons pour lesquelles je pense que quand on n’est plus en capacité de pouvoir l’emporter, quand on est plus en capacité pour l’emporter, je le précise, dans ces cas-là, il faut faire en sorte qu’il y ait moins de députés RN possibles.
David Dufresne
Il y a Monsieur Alric qui nous dit : « Une question sur les votes de barrage dans ma circo. C’est un duel entre un RN et un macroniste, qui a voté toutes les lois les plus racistes mains dans la main avec le RN. Le choix est très difficile au-delà des consignes de vote. » Et il y a Nicole qui te dit : « Dans mon village lui aussi, quand je discute avec les parents, ils veulent surtout plus de service public au niveau école, plus de périscolaire, plus de justice. Ils votent RN en expliquant que les filles veulent plus de démocratie alors que la direction des défis n’est pas démocratique. Voilà comment. Comment allez-vous faire face à toutes les accusations qui vous sont faites depuis quatre jours ? Vous avez passé votre temps à y répondre ou vous essayez de faire rêver les gens parce qu’on a l’impression que vous êtes sur la défensive depuis le début. »
Eric Coquerel
Non, moi je ne suis pas sur la défensive. Moi je dis aux gens, quand on a un projet, on a réussi comme une performance que n’attendait pas Macron, non seulement de s’unir, mais de s’unir sur un programme réellement qui on est, le seul programme que nous avons chiffré. Les autres ne l’ont pas fait à raison. On dit n’importe quoi, les autres. On a un programme qui tient la route, on a un programme, je l’ai dit. Alors qui partage des richesses, qui permet d’aborder la transition écologique de manière efficace, qui rompt avec toutes les lois racistes et qui se fait fort aussi de refonder par exemple la police qui a servi beaucoup trop, j’allais dire de contrôle social au gouvernement précédent. Donc on a, on a un programme complet, on a un programme humaniste, on a un programme républicain. Donc moi j’y crois. Je crois que c’est comme ça qu’il faut d’abord essayer de convaincre les gens. C’est comme ça que les gens dans ma circonscription sont venus voter et même ailleurs, j'étais là. Je parlais avec Sébastien Jumel, député, que je soutiens pleinement. Il faut vraiment lire Sébastien, c’est un super.
David Dufresne
Il est déjà venu dire qu’il vient de recevoir l’onction de Xavier Bertrand.
Eric Coquerel
Mais au-delà de l’onction. Sébastien, il faut qu’il soit à l’Assemblée ou plus. C’est le RN qui est devant lui. Il faut qu’il soit sur lui. Pourquoi je dis ça ? Parce qu’il me disait que les chiffres quand même, il a beaucoup de voix. Ce n’est pas comme si moi, par exemple, ce n’est pas comme si moi j’ai eu 27 000 voix. Si le record de ma circonscription a été battu depuis très longtemps, les gens sont venus voter, oui, lui aussi sont venus voter. Simplement, il y a une poussée urbaine tellement importante qui fait qu’il est quand même derrière. Pourquoi je dis ça ? Parce que moi, je reste persuadé que partout en France, on a bénéficié, partout en France, même dans les endroits où on est deuxième. On a bénéficié quand même de cette aide, de cet espoir. Le nouveau Front populaire fait beaucoup plus de voix qu’a fait la NUPES, je ne sais plus si c’est avec des millions, donc cet espoir est là. Donc pour te répondre, non, moi je suis sûr, je suis sur l’offensive. Alors en même temps, quand tu as dit quand des gens comme Édouard Philippe expliquent que… Pas moi, j’en tombe de ma chaise. Quoi dire ? Quand il explique que c’est ni renié, ni soumis, ça veut dire une chose arithmétiquement, ça veut dire que tu donnes une majorité absolue au RN. Parce que si, vu la manière dont sont les deuxièmes tours, si tu dis nier et les Fillon représentent à peu près 30-40 % des deuxièmes tours du nouveau Front populaire, ça veut dire que… Je donne la victoire aux autres. Voilà donc il est prêt. Une majorité absolue avec Le Pen, c’est ça que ça veut dire. C’est ce qu’ils préfèrent. Ils préfèrent ça plutôt que de risquer d’avoir une majorité claire qui va faire certes une politique de gauche, mais une politique de gauche en rompant avec les principes de la République. On lui prend ses décisions. J’ai aussi entendu Aurore Bergé. Mais ces gens-là sont irresponsables. Effectivement, tu as raison, on ne peut pas être sur la défensive, on va alors répondre qu’on a essayé de leur éclairer. Édouard Philippe, par exemple, il parle très bien, il parle à Paris. Je regarde la première circonscription de l’Indre. François Jolivet, qui était commissaire aux Finances Horizons, que toi, auquel cas j’apprécie, avec qui je peux parler des deuxièmes. Je crois que François Jolivet, il n’est pas content que notre troisième candidat se soit retiré, bien évidemment. Donc tout ça, c’est ce genre de coup politicien qui, en réalité, n’en a cure. Du fait que le RN soit la majorité absolue. C’est quelque chose que je trouve totalement irresponsable.
David Dufresne
Il y a le personnel politique, mais en fait il reste quatre minutes. Je m’attendais à ce que tu parles de la machine médiatique, toi qui es quand même un peu rompu des plateaux. La preuve, c’est que t’es capable d’organiser ton prochain plateau tout le temps en terminant cette interview.
Eric Coquerel
Non, je suis en train d’organiser un envoi.
David Dufresne
Est-ce que tu as senti, comme tu as vu, l’hostilité grandissante qui vous est faite sur les plateaux par la presse ? Parce que là, il y a quand même quelque chose de particulièrement grave ou je me trompe ?
Eric Coquerel
Ça a toujours été, c’est gravissime. Je ne pense qu'à la grosse différence. La grosse différence entre notre moment il y a 20-30 ans, c’est qu’il y a 20-30 ans vous aviez des journaux plus ou moins qu’on mettait derrière les stands des kiosquiers.
David Dufresne
Ultime question. Admettons personne n’a la majorité absolue à l’Assemblée. Là, je m’adresse au député, au connaisseur. Est-ce que ça peut être chouette une France ingouvernable ? Est-ce qu’il peut y avoir une prise de pouvoir par la société ? Tu vois, si les choses sont bloquées ?
Eric Coquerel
Écoute, je préfère une France gouvernable. Oui, je dis ça parce que j’ai entendu hier Glucksmann faire un appel. Pourquoi ne pas laisser penser que le tout c’est de battre le RN. Oui, ça ne me pose pas de problème. Sauf qu’il ajoute que finalement, ça lui… finalement, ça lui… Il trouverait presque bien finalement qu’il y ait une espèce d’assemblée qui irait de la droite à la gauche et qui pourrait faire cruche, je ne crois pas, je pense qu’il ne faut surtout pas renvoyer l’idée qu’on est le système. Or, on ne va pas gouverner avec les macronistes. Enfin, chacun comprendra que c’est impossible. Sur les mecs macronistes, on fait un filet d’eau tiède et on ne change rien. D’ailleurs, il l’a dit lui, il a dit « on sera le barrage à ceux qui veulent augmenter les impôts », ça veut dire « on fera barrage à ceux qui veulent taxer les plus riches ». Donc ce n’est pas possible, il ne faut pas laisser croire ça. Donc on verra bien si jamais ça se terminera comme ça. Qu’est-ce qui se passe ? Mais moi, d’ici dimanche, je dis qu’il faut qu’on puisse avoir un gouvernement de nous. Et je voudrais dire quelque chose : les sondages, regardez bien les chiffres, les chiffres, on est à 1 %. Vous voulez du RN ? RN, ceux-là ? Parce que dans les sondages, on a donné les chiffres, pas les sondages, les résultats, on a donné le RN plus à la droite Ciotti. Alors certes, on peut les aligner, mais n’empêche, on est qu'à 1 %. Donc il y a la possibilité.
David Dufresne
Pas du résultat des votes.
Eric Coquerel
Si, si, je te parle du résultat du vote du Rassemblement national seul, on est à 1 %. Les résultats que tu vois à la télé depuis quelques jours, c’est RN plus les Ciotti plus divers extrême droite et 33 % montent à trois, d’accord, mais du RN seul on est à 1 %.
David Dufresne
Il y a 400 000 voix.
Eric Coquerel
Il y a 400 000 voix. Oui, c’est à peu près. Moi je suis aussi certain que parmi les gens qui se sont abstenus, le taux a été très haut. Mais il reste des gens comme qui ne veulent pas en entendre parler. L’extrême droite qui se réveille pour se réveiller. On ne peut pas laisser ce pays qui a suivi la Révolution, la République, être gouverné pour la première fois par les urnes, par l’extrême droite. Si c’est quelque part une antithèse par rapport à ce qu’on est, je pousse un cri du cœur, je le dis même à ceux qui hésitent. L’extrême droite n’est jamais une solution. Qu’ils regardent le programme économique de l’extrême droite, c’est un programme économique qui tape sur le monde du travail. Pareil que le macronisme et en plus qui nous rajoute encore plus de racisme, d’autoritarisme. Donc voilà, je n’arrivais… et je voyais qu’il y avait quelqu’un qui me disait « Qu’est-ce que j’ai ? » au moins un argument pour voter pour le candidat de droite qui se maintient ou candidat macroniste. Je le redis, l’argument c’est : on peut le faire. Un député d’extrême droite en moins, c’est une possibilité de plus pour que le mouvement populaire soit majoritaire puis après on fera le bilan ce week-end.
David Dufresne
Finito, je te prends en photo, merci.
Eric Coquerel
C’est moi qui te remercie.

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