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Et la foule clama : « Unité ! Unité ! ». La rentrée politique avec Tondelier, Faure, Peu, Ruffin & Clouet

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Transcription de l’émission

Présentateur
Ce grand débat de la gauche, notre débat traditionnel à la fête, puisque vous savez que la fête est un lieu de discussion, de débat pour trouver des alternatives. Quel meilleur lieu que l’Agora pour amener tout le monde à l’éloge sur comment sortir de la crise sociale et politique. Ce débat est important tous les ans, mais là, évidemment pour la première fois, nous allons donner ce débat sans gouvernement, puisque pour la première dans l’histoire de la fête de l’humanité, nous débattons alors qu’aucun gouvernement n’a été nommé. On va avoir cet après-midi, avant de commencer notre débat, je vous dis un petit peu la suite des événements. Cet après-midi, on aura les popotins qui interviendront avec Fabien Roussel.
Présentateur
On va accueillir tout de suite Olivier Faure, qui est secrétaire du Parti socialiste, député de Seine-et-Marne. Nous allons accueillir également, non pas Mathilde Panot qui a eu un empêchement, mais Hadrien Clouet qui est député de la France Insoumise. Nous allons recueillir François Ruffin qui est le responsable de Debout. Marine Tondelier qui est la secrétaire nationale des écologistes et Stéphane Peu, le président de la gauche démocrate et républicaine au Parlement. Un débat animé par Aurélien Suchard et Julien Mlaoui de la rédaction de l’Humanité. Ils ont commencé le débat en coulisses, il va falloir venir le faire sur scène. Et voilà notre débat sur la crise sociale et démocratique pour l’entre-politique. Juste à toi. Je veux accepter de venir débattre pour échanger sur le fond, sur les idées. Donc on est d’accord sur beaucoup de choses, pas d’accord sur certaines choses. Mais je vous propose qu’on ait un débat respectueux, que ça soit respectueux sur la scène et respectueux dans le public pour avoir le débat le plus fructueux possible. Bon débat à tous !
Présentatrice
Alors bonjour, bonjour et bienvenue à toutes et tous. Vous êtes nombreux aujourd’hui sous cette agora de l’Humanité. Alors on souhaite aussi la bienvenue à toutes celles et ceux qui nous suivent en direct sur notre chaîne Twitch. Alors on a une revendication, première revendication de ce débat. Ceux qui sont devant, est-ce que vous pouvez vous asseoir s’il vous plaît, sinon personne ne va rien voir derrière. Merci beaucoup. Vas-t’en ! Pour tout vous dire, quand on a commencé à lancer les invitations à ce débat, on avait encore comme Premier ministre un certain François Bayrou qui s’apprêtait en plus à présenter son plan d’hyper-austérité à 44 milliards d’euros d’économie. À partir de 2 jours fériés supprimés, de déremboursement de soins, de la 5e semaine de congés payés remise en cause, de suppression de postes de fonctionnaires, et bien sûr, vous le savez, j’en passe, et des pires.
Aurélien Suchard ou Julien Mlaoui
Alors, on en est là, il ne nous a pas échappé, ni à nous, ni à vous, de la fête que le débat à gauche sur la conduite à tenir pour la suite est parfois vif. Il y a un an, vous étiez tous unis au sein du Nouveau Front Populaire avec la volonté de porter Lucie Castets à Matignon. Il y a un an vous avez tous été applaudis pour votre entente lors des législatives de 2024. Les stratégies sont en partie différentes et notre occasion d’échanger sur la question sereinement et sur le fond. Car l’urgence est là pour des millions de Français, l’urgence de rompre avec la politique que le président s’acharne à imposer par les moyens les plus antidémocratiques. Et donc pour ce débat, comme ça a été annoncé, nous avons avec nous le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure. Merci. La secrétaire nationale d’Europe des écologistes, Marine Tondelier. Les députés de l’Après, François Ruffin, Hadrien Clouet, vice-président du groupe parlementaire de la France Insoumise à l’Assemblée nationale. Stéphane Peu, président du groupe GDR et député PCF.
François Ruffin
D’abord, un grand merci à la fête de l’Huma, un grand merci aux communistes, un grand merci pour le travail invisible qui nous permet d’être réunis aujourd’hui et d’échanger sur nos idées. Je voudrais dire que pour ma part, c’est bon de nous voir côte à côte. C’est pour nous voir, côte à côte, communistes, socialistes, écologistes, insoumis.
Présentatrice
Hadrien Clouet, vous parlez de dégoût et d’horizon. Les Insoumis ont estimé lors du vote de confiance lundi dernier que le dégagisme est de retour. Pour concrétiser ça, vous en appelez au départ d’Emmanuel Macron, à sa destitution. Pourquoi est-ce qu’il y a ce chemin plutôt qu’une autre solution par exemple ?
Hadrien Clouet
Eh bien parce qu’il me semble qu’au sortir de l’été il y a deux options devant nous. La première option, c’est effectivement celle de l’union populaire sur la base d’une rupture totale, intégrale, et sans concession avec la Macronie. Pour une telle rupture, il faut une base programmatique. On avait un programme partagé, qui moi me semble une très bonne base de travail. Et sur quel mot d’ordre ? Le mot d’ordre, on ne l’a pas inventé. Il a suffi d’aller sur n’importe quelle boucle d’organisation du mouvement du 10 septembre pour voir que le départ d’Emmanuel Macron est un mot d’ordre populaire, un mot d’alliance générale de toutes les couches de la société aujourd’hui. Je ne dis que le départ pour nous laisse une marge d’interprétation.
Aurélien Suchard ou Julien Mlaoui
Votre parti s’est dit prêt à gouverner et à postuler pour Matignon après le vote de confiance refusé à François Bayrou. Sans succès puisque le Président de la République, Emmanuel Macron, a choisi Sébastien Lecornu. Sébastien Lecornu se dit prêt à discuter. De votre côté, est-ce que vous êtes prêt à discuter ou à le censurer et sur quelle base ?
Olivier Faure
Merci de m’accueillir ici et j’entends effectivement que tout le monde n’a pas l’air d’accord avec ce que je vais dire. Attendez un instant, moi j’aimerais vous donner la parole en réalité. J’aimerais comprendre quelles sont les raisons qui vous poussent à me huer alors que je n’ai pas encore parlé. Qui ici n’est pas prêt à gouverner ? Qui ici veut rendre le pouvoir à la Macronie ? Qui ici n’est pas prêt à mettre en place la taxe Zucman ? Qui ici n’est pas prêt à faire en sorte que nous puissions abroger la réforme des retraites ? Qui n’est pas prêt ici à rendre du pouvoir d’achat à tous les Français et aux Françaises ? Voilà ce que je dis.
Présentatrice
Je vais faire juste un petit rappel à la règle dans cette agora. Évidemment, on sait que la situation est tendue, qu’il y a de gros enjeux. Mais ici, on est là pour débattre. Donc, on évite de huer nos interlocuteurs qui sont venus.
Olivier Faure
Il y a des motifs qui doivent être compris par toutes et par tous. Le 7 octobre, j’ai pleuré avec les Israéliens parce qu’il y a eu un attentat terroriste. Et le 10 octobre, le jour où la présidente de l’Assemblée nationale a parlé de soutien inconditionnel à Israël, j’ai été juste derrière elle le premier à parler et à expliquer que nous n’étions pas dans un soutien inconditionnel. Que la punition collective était inimaginable. Et qu’il fallait ouvrir un chemin de paix. Un chemin qui ouvre à deux États qui vivent côte à côte et qui puissent assurer leur sécurité réciproque. Voilà ce que j’ai dit.
Présentatrice
Le mouvement social a été amorcé mercredi dernier, le PCF estime que le mouvement populaire aura un rôle clé dans les semaines à venir. L’année dernière d’ailleurs, syndicats, associations, forces sociales se sont levés pour soutenir la gauche et pousser le succès du NFP. Reste que dans la situation dans laquelle on est, on l’a vu, les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron sont toujours restés sourds face à la mobilisation alors qu’elle avait pris une énorme ampleur que ce soit avec les gilets jaunes, avec la réforme des retraites. On est ici fixé sur ces deux exemples. Pourquoi et comment ça pourrait être différent cette fois-ci ?
Stéphane Peu
D’abord, bonjour à tous. Rappelons-nous : il y a un peu plus d’un an, l’immense mobilisation électorale et la victoire du Nouveau Front Populaire aux législatives anticipées ont été largement motivées par l’immense mobilisation qui avait eu lieu quelques mois auparavant sur les retraites. L’unité syndicale au moment de la réforme des retraites, les millions de personnes dans la rue, les 80 % de Français qui rejetaient cette réforme, 90 % pour ce qui concerne les actifs, ont été l’ingrédient essentiel du score du Nouveau Front Populaire en juin 2024.
Aurélien Suchard ou Julien Mlaoui
Marine, admettons un instant que Sébastien Lecornu soit à son tour très prochainement censuré c’est parfaitement possible et qu’Emmanuel Macron, ça c’est un peu moins possible, mais admettons, sous pression, ouvre enfin les yeux et nomme un Premier ministre issu du NFP, comme vous le demandiez au moment de la chute de François Bayrou. Est-ce que selon vous, à ce moment-là, la gauche serait vraiment apte, dans l’état actuel, à mener une politique qui corresponde aux aspirations populaires, ou alors faut-il un retour aux urnes ?
Marine Tondelier
Alors, c’est donc un exercice de politique-fiction, j’adore, et déjà, est-ce que vous êtes en forme ? Parfait, moi aussi, qu’on se le dise. Écoutez, puisqu’on fait de la politique-fiction, moi mon secret pour tenir dans ce milieu très dur, c’est la méditation, et donc nous allons méditer ensemble. Imaginez un pays fictif où un président de la République aurait décidé tout seul une dissolution. C’est un exemple fictif. Et il aurait perdu une élection. Mais il n’aurait pas compris le mot cohabitation, c’est-à-dire, pour ceux qui n’ont pas compris, que le Premier ministre doit être d’un camp différent de celui du président de la République.
Présentatrice
Vous avez présenté, Olivier Faure, un contre-budget pendant vos universités d’été qui ne correspond pas au programme du NFP. C’est ce qui vous est parfois reproché. Comment vous l’expliquez et est-ce que vous envisagez par ailleurs une négociation en amont du débat budgétaire à l’Assemblée avec le nouvel exécutif, après l’expérience de l’échec du conclave du printemps dernier ?
Olivier Faure
J’aurais presque envie que vous preniez la parole et que vous me disiez très directement ce que vous voulez me dire. Ce contre-budget, imaginez les choses très simplement : le 25 août, le Premier ministre décide de présenter ce qu’il appelait un vote de confiance après avoir présenté, le 15 juillet, un projet de budget qui est le plus régressif qu’on ait connu depuis des décennies et des décennies.
Aurélien Suchard ou Julien Mlaoui
Il se dit que Sébastien Lecornu serait prêt à rouvrir certains dossiers. Il parle de rupture, de nouvelles méthodes. Avant lui, Bayrou parlait de nouvelles méthodes, Barnier aussi et même Attal et Borne. Croyez-vous, de votre côté, qu’il soit possible d’arracher quelque chose à ce futur gouvernement par la négociation, ailleurs que dans le débat parlementaire ?
Marine Tondelier
Alors, je vais vous raconter ma matinée du 10. J’étais en voiture entre Hénin-Beaumont et Calais, où j’allais manifester avant d’aller rejoindre les manifs à Dunkerque. Et je suis appelée par un numéro inconnu. Je décroche : paf, c’était Sébastien Lecornu. Donc j’ai un peu été prise de court, je suis au volant, et je me mets à discuter avec lui de manière républicaine, sans rien attendre de plus. Et là il me dit effectivement qu’il va engager une rupture, qu’il est là pour faire une rupture. Donc je suis très surprise et je lui dis : d’accord, mais si c’était pour faire une rupture, ce n’est pas vous qu’on aurait nommé !
Présentatrice
Marine Tondelier vient de le dire : Bayrou et ses prédécesseurs instrumentalisent la peur de la dette pour justifier la casse sociale. Mais Olivier Faure disait que la dette, c’est quand même une vraie question. Stéphane Peu, partagez-vous ce point de vue ?
Stéphane Peu
Oui, bien sûr que la dette c’est un sujet. Mais d’abord, il y a dette et dette. La dette peut être vertueuse : construire des écoles, des hôpitaux, réindustrialiser, faire la transition écologique. La dette, dans une politique publique, peut être vertueuse. Personne ne se demande pourquoi en France une telle proportion de la dette est détenue par des fonds étrangers, à des taux exorbitants. C’est une question de souveraineté. Il faut se réapproprier la dette.
Aurélien Suchard ou Julien Mlaoui
C’est aussi la question des recettes fiscales. La taxe Zucman, votée à l’Assemblée, est devenue un symbole. Est-ce que cette mesure est suffisante ou le premier acte d’une révolution fiscale ?
François Ruffin
Il nous faut une révolution fiscale. La Révolution française est née d’une crise fiscale, quand il a fallu faire payer les privilégiés. Aujourd’hui, nous avons de nouveaux seigneurs : du numérique, de l’aérien, du sous-sol. Ils doivent passer à la caisse. La dette a été creusée volontairement, obstinément, par Macron : suppression de l’ISF la flat tax, l’exit tax, baisse de l’impôt sur les sociétés. Il a creusé la dette exprès, pour installer la stratégie du choc.
Présentatrice
Hadrien Clouet, François Ruffin vient de parler de révolution fiscale. La bataille budgétaire qui arrive, est-ce que pour vous c’est une bataille parlementaire ou une bataille de rue ?
Hadrien Clouet
Les deux, et même plus que ça. La bataille budgétaire, ce n’est pas une bataille technique : c’est une bataille politique et populaire. Elle ne se gagne pas dans les bureaux de la commission des finances, elle se gagne dans les cortèges, sur les piquets de grève, dans les AG étudiantes, dans les quartiers populaires.
Présentatrice
Merci. On va bientôt devoir conclure. On voudrait un dernier mot de chacun de vous : quelle est la priorité absolue pour la gauche dans les semaines qui viennent ?
François Ruffin
Transformer la colère en espoir. Offrir un horizon. Et se faire aimer : nos idées sont belles, elles doivent toucher les cœurs.
Hadrien Clouet
Tenir bon sur la rupture. Pas de compromis avec Macron. Destitution si nécessaire, mais surtout programme de transformation sociale.
Olivier Faure
Montrer que nous sommes prêts à gouverner, dès maintenant. Ne pas seulement protester : gouverner, pour rendre du pouvoir d’achat, pour réformer fiscalement, pour redresser le pays dans la justice.
Stéphane Peu
L’unité. L’unité de la gauche, comme en 1936, comme en 1981, comme en 2024. Face au danger de l’union des droites et de l’extrême droite, il n’y a pas d’autre voie.
Marine Tondelier
Ne pas trahir l’élan du Nouveau Front Populaire. On a gagné parce qu’on a su faire front commun malgré nos différences. Rien n’a changé : l’extrême droite est toujours là. Donc on continue, ensemble.
Présentatrice
Les insoumis ont estimé lors du vote de confiance que le dégagisme est de retour. Pour concrétiser ça, vous en appelez au départ d’Emmanuel Macron, à sa destitution. Pourquoi ce chemin plutôt qu’une autre solution ?
Hadrien Clouet
Eh bien parce qu’il me semble qu’au sortir de l’été il y a deux options devant nous. La première option, c’est celle de l’union populaire sur la base d’une rupture totale, intégrale et sans concession avec la Macronie. Pour une telle rupture, il faut une base programmatique. On avait un programme partagé, qui me semble une très bonne base de travail. Et sur quel mot d’ordre ? Le mot d’ordre, on ne l’a pas inventé : il a suffi d’aller sur n’importe quelle boucle d’organisation du mouvement du 10 septembre pour voir que le départ d’Emmanuel Macron est un mot d’ordre populaire, un mot d’alliance générale de toutes les couches de la société aujourd’hui. Je dis que le départ nous laisse une marge d’interprétation : ça peut être une rupture conventionnelle il démissionne, ça peut être un licenciement on le destitue. Je suis très ouvert sur la méthode. Mais face à cette option-là, prenons garde à ne pas glisser dans la deuxième option discutée cet été : l’union bourgeoise et le risque de fusion avec un macronisme pourrissant, sur la base de contre-publics capitulards ou de lignes dites « rouges » à peine rose pâle.
Aurélien Suchard ou Julien Mlaoui
On arrive au bout : en cas de présidentielle anticipée, ou même en 2027, craignez-vous qu’avec une candidature LFI et d’autres candidatures de gauche, la gauche soit dispersée et condamnée à perdre ?
Hadrien Clouet
Il me semble qu’on a déjà fait la démonstration historique à deux reprises qu’on est en capacité d’avoir un très gros score avec une candidature insoumise. Il y aura une candidature insoumise parce qu’il y aura un programme de rupture. Je souhaite qu’elle soit la plus large possible.
Présentatrice
Merci. On parlait de « gagner »…
Hadrien Clouet
Je souhaite que cette candidature puisse rassembler le plus large possible et donc il faut discuter du programme. Tous, on devrait aujourd’hui discuter des revendications : qu’est-ce qui nous met d’accord, qu’est-ce qui ne nous met pas d’accord ? L’unité se fait-elle sur autre chose qu’un programme ? Je ne pense pas.
Marine Tondelier
Alors, on parle du coup de gagner je veux aussi discuter de la réaction potentielle… (très court, le temps file).
Hadrien Clouet
Et je rappelle : les insoumis ont soutenu la NUPES, le NFP, proposé des listes communes, jusqu’aux sénatoriales et municipales. Nous étions même prêts à ne pas être au gouvernement si c’était la condition d’une grande rupture. En revanche, jamais vous ne nous verrez sur un programme de conciliation, de concession ou de capitulation. Jamais.
Présentatrice
Puisqu’on parle d’unité, Olivier Faure, deux gauches irréconciliables ou une unité encore possible ?
Olivier Faure
Moi, je crois à l’unité, une unité de la gauche dans l’action : c’est la condition pour avancer. J’entends aussi qu’il y aura un candidat insoumis : pour gagner, il faut au moins rassembler tout ce qui reste de la gauche avec la volonté d’avancer. Le grand combat devant nous n’est pas seulement contre tel ou tel Premier ministre, mais face à l’union des droites et de l’extrême droite qui se prépare : Laurent Wauquiez Gérald Darmanin jusqu’à Sarah Knafo.
Présentatrice
On va devoir conclure et enchaîner sur d’autres débats. François Ruffin, vous avez plaidé pour une présidentielle « dans six mois ». La gauche peut-elle être prête et comment ?
François Ruffin
C’est simplement parce que je souhaite la démission du Président de la République le plus rapidement possible, mais qu’on ait le temps de préparer des projets, pas que ça se passe sur un coup de tête. Mais bref… vous avez poussé un cri. Il est simple.
Public
Unité ! Unité ! Unité ! !
François Ruffin
Ce cri, c’est celui du 12 février 1934 : le cortège socialiste et le cortège communiste, chacun de leur côté, ont contraint leurs appareils à s’unir et à faire le Front populaire. Unité ! C’est ce réflexe populaire profond qui a barré la route à l’extrême droite en 1934 et permis 1936. Il y aura des comptes à rendre devant le pays et l’Histoire à ceux qui auront choisi la division, le sectarisme, la chasse aux traîtres permanente. Le chemin de l’unité est une demande profonde du peuple de gauche aujourd’hui vous l’avez exprimée avec perfection.
Vous parlez d’un « rassemblement exigeant ». Sur quelle base se construit-il ?
Stéphane Peu
Au diapason du mot d’ordre « Unité ». Mais pas d’exclusions. Ne surlignons pas sans cesse nos différences quand l’essentiel doit nous rassembler, surtout face à l’adversité. Ni « de Ruffin à Glucksman » en ostracisant la France Insoumise, ni LFI toute seule en ostracisant tous les autres. Ce n’est pas à la hauteur. Et ne soyons pas dupes : plus on ostracise LFI, plus on fait entrer le RN dans l’arc républicain qu’ils bâtissent. N’appuyons pas sur nos conflits ; cherchons ce qui nous rassemble. Les communistes doivent être des agents de liaison, des traits d’union pour que 2027 ne voie jamais la France élire au pouvoir un parti fasciste.
Aurélien Suchard ou Julien Mlaoui
Merci à vous cinq, merci au public, merci à celles et ceux qui nous suivent en direct. Le débat continue dans les luttes, à l’Assemblée et dans la rue. Bon courage à toutes et à tous ! Merci à vous tous qui nous avez suivis ici très nombreux.
David Dufresne
Merci beaucoup. Voilà, les amis, là je dois me barrer, j’ai un débat. C’est Robin qui filme, pardon, désolé. Alors, je ne sais pas ce que vous avez pensé de ce débat, Ruffin en ancien bon journaliste à résumer et à rappeler la foule, l’unité, Hadrien Clouet s’est fait mettre dans le coin. Un peu dommage dans la mesure où c’est quand même celui qui portait un discours de vraie gauche, mais j’aime bien, j’aimais bien ces rappels historiques de Stéphane Peu qui rappellent que les appareils politiques, socialistes et communistes avaient été débordés par la base en 34. J’ai bien vu dans le tchat, alors excusez-nous, la caméra elle bougeait parce que figurez-vous qu’on était accroupis, c'était l’enfer, c’est l’Enfer pour suivre le débat, j’ai vu que dans le tchat, il y avait un peu des quolibets, des trucs comme ça pour fort, bon, franchement, c’est pas le café du commerce ici, voilà, des bâtons, des bâtons, et je ne sais plus si c'était Stéphane Peu qui a dit à un moment donné qu’il avait entendu des arguments qui n'étaient pas tout à fait à la hauteur.. Comment on appelle ça ? De la situation.Ah, il hurle le gars, là ! Il hurle le gars, là ! Carabine ! Tiens Robin, regarde, ça c’est beau ça ! Là, je suis à la bourre, je vais au Salon du Livre pour présenter mon prochain bouquin, j’ai un débat à 14h30, je n’ai pas mangé, je suis mort, je voulais remercier toute l'équipe d’au poste qui est là, Euryale évidemment dans le tchat, Robin qui est la à la caméra, dadadocdada, Veuvechyco ! Salut Thomas, on va vous corriger, j’y vais, merci ! Thomas Lemahieu de l’Humanité, celui dont Sterin prend le nom pour créer sa holding à l’instant. Voilà, globalement je reviens, donc il y avait Veuvechyco, Muriel, Ramonazarate qui sont là pour tenir le stand. Mais je voulais dire que je suis comme vous un peu dégoûté par le petit niveau de ce débat auquel on a assisté. C’est du petit niveau, voilà. Et quand on essaie de l'élever, ça ne dure pas longtemps. C'était ça qui m’a rendu triste. Mais c’est vrai que le message central clamé par la foule, c’est que l’unité, voilà. Et objectivement, pour avoir été dans la salle, je n’ai pas eu l’impression que c'était que la CGT où le PC avait mis ses hommes et ses femmes ici ou là.
Sophie Joubert
Alors, c’est une carte blanche dans laquelle on va parler de ton livre.
David Dufresne
Voilà, et tu es Sophie Joubert du Journal de l’Humanité. Et on a un débat dans deux minutes.Est-ce qu’on va faire l’unité ou pas ? Je ne sais pas. Merci beaucoup. Bon, voilà, et ben on va faire.Oh mais qui est là ? Oh mais qu’est-ce qui est là ? Ils sont tous là. Salut Jérôme. Ça va ? Ça va et toi ? Bonjour. Et là Ritchy qui est là en dédicaces. Ritchy Thibault qui est en dédicaces. Au poste, c’est en force. Ouais. Ça va ? Ça va, c’est impeccable. Fidèle. Au poste. Est-ce que monsieur maintenant est maître capillaire ? Salut Jérôme. Bon allez, on rend l’antenne. On ne va pas filmer le débat. C’est le premier débat, je ne sais pas ce que je vais raconter.Merci à vous tous. On se retrouve tout à l’heure à partir de 17h pour la déambulation et je vous filme Robin qui a tenu de main de maître la caméra. Il est 14h25, il reste encore 5 minutes. Voilà le salon du livre. Allez, je vous laisse des amis à tout à l’heure 17h je vous laisse.

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