Exclusion, greenwashing et validisme : le bilan accablant des Jeux de Paris 2024
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Bonsoir à toutes et tous, Bienvenue sur Au poste pour cette nouvelle saison de la barricade. Ce rendez- vous mensuel durant lequel j’ai l’honneur d’animer. Enfin animer ? Je ne sais pas trop parce que ça part toujours dans tous les sens, mais que j’ai l’honneur en quelque sorte de construire à chaque fois la barricade avec du bric et du bloc. Ça part dans tous les sens, mais c’est un peu le principe d’une barricade. Et l’idée à chaque fois, c’est d’inviter la plupart du temps, le plus souvent du moins, des gens qui sont issus de ma génération, qui sont assez jeunes, qui sont nouveaux dans l’engagement, dans le militantisme, dans l’activisme et qui portent tout un tas de combats sur le plan écologique, sur le plan social, sur le plan démocratique. Et voilà, c’est un peu l’objectif de faire entendre une voix, une parole politique et dissonante vis à vis des de la doxa qu’on entend, qui est diffusée à foison dans les médias dominants. Donc voilà, c’est un moment que mon cher Dave Duff, le capitaine Dufresne, dont m’a confié la mission d’animer. C’est un honneur, c’est un plaisir et je le remercie pour sa confiance, pour le renouvellement de cette deuxième saison. Ce n’est pas de tout repos pour moi parce que j’ai ajouté des casquettes comme si je ne faisais déjà pas assez de choses. Et il s’avère que maintenant, je suis également assistant parlementaire de la députée. Merci. Je tenais à le préciser dans un souci d’objectivité. Parce que vous savez, dans les médias dominants, il y a tout un tas de journalistes qui se disent objectifs mais qui en réalité ont beaucoup de conflits d’intérêts. Alors, moi, je ne prétends pas l’objectivité, je fais du journalisme avec la subjectivité du cœur. Et donc je vous précise en vous disant d’où je parle, comme le formule si bien mon cher David. Donc ça c'était le préambule. Il y a aussi quelque chose d’extrêmement important pour le début de cette saison, c’est qu’on est encore plus nombreux dans l'équipe. Il y a des nouveaux que j’ai hâte de rencontrer. David D’ailleurs, j’espère que j’aurai l’occasion de venir assister à leur émission, notamment notre chère historienne qui elle aussi est souvent sur la barricade Mathilde Larrère qui anime un nouveau rendez vous au post mensuel si je ne m’abuse. Et donc il faut nous soutenir, il faut des sous parce qu’on n’a pas les milliards de Monsieur Bolloré. Donc n’hésitez pas à faire des dons. Voilà, Ceci étant dit, je vais d’ores et déjà vous présenter cette émission et mes invités. Elle est intitulée Premier bilan politique et critique des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Ce n’est pas la fin. En ce moment, on est dans les Jeux paralympiques. C’est la raison pour laquelle en fin d'émission, on aura des camarades anti validisme, une ou deux qui viendront nous parler de cet enjeu central et que la question du validisme dans le sport. Mais en préambule, on va commencer avec trois de mes invités. On va commencer sur ma droite, évidemment, avec Merlin Gautier de chez PEP’S, Pep’s qui est un mouvement dont je fais aussi partie. Voyez une entrave à l’objectivité supplémentaire. Merlin, comment vas- tu ? C’est un plaisir. On a Mathilde de chez Us for Climate avec mon magnifique accent anglais. Comment vas- tu ?
Ah ça va ?
est heureux d'être ici au poste. Et on a Paul Alauzy si je ne dis pas de bêtises Du revers de la médaille qui est un collectif
Bon alors on va parler des J.O. Des Jeux Olympiques, rien que ça, à Paris. On en a parlé tous les deux et on nous a saoulés avec ça. On a même le monarque présidentiel qui a décrété une trêve olympique. C’est-à -dire que le mec qui pensait les J.O. On ne parle plus de politique, c’est interdit pendant l'été et d’ailleurs je pense déjà qu’on peut lui donner une médaille. C’est la médaille olympique du déni de démocratie. Parce que le mec, il s’est quand même permis de nommer 60 jours après. C’est historique et inédit dans l’histoire de la quatrième et la cinquième République. Un président qui n’est pas issu de la coalition majoritaire à la coalition arrivé premier aux législatives, à savoir celle du nouveau Front populaire. Mais on va commencer cette émission en reprenant les choses depuis le début, à savoir on va commencer par évoquer la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Ça a fait beaucoup parler. Ah, c’est beaucoup parlé parce qu’il y a eu beaucoup d’hypocrisie entre ce qui a pu être montré, ce qui a pu être mis en scène et la réalité politique de ces Jeux olympiques. Et je suis sûr que vous avez beaucoup de choses à dire en la matière. Et donc on va faire un premier tour de table en vous posant une question. Quand je vous dis que cette cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, elle renvoie à pas mal d’hypocrisie par rapport à ce que sont les J.O. Ça vous fait penser à quoi tout de suite ? Et on commence par Mathilde.
En fait, il y a eu du coup beaucoup de mise en scène et de spectacle qui montraient du coup des personnes queer. Il y a eu des drags Queens, etc. Et c’est déjà une grosse hypocrisie parce que quand on voit que les personnes trans sont interdites de compétitions, ça n’a aucun sens d’après se montrer inclusif, etc. À la cérémonie et en plus de ça, il y a une grosse hypocrisie au niveau des organisations queer. Pas tout le temps. Bon, juste certaines qui en fait ont fait la pub des JO tout l'été, qui ont dit ouais c’est super, c’est incroyable, c’est tellement inclusif. Alors qu’en vrai, dans les faits, il n’y a pas du tout d’inclusivité dans le sport, en tout cas dans ce sport là de compétition qui exclut des personnes trans alors qu’il n’y a aucun cas, il y a aucune raison biologique à ça.
Merci Mathilde. Paul et toi, en quoi tu juges que cette cérémonie était hypocrite ?
Donc oui, cette cérémonie d’ouverture a eu un fort coût social. Parce que pour avoir des berges de Seine qui font rêver tout le monde, on a expulsé énormément de personnes de ces berges de Seine. Donc des personnes sans abris qui prennent les ponts comme refuge et comme toi. Et donc toute l’année, nous on intervient avec plein d’assos du collectif. Nous c’est avec des médecins, mais sur les berges de Seine pour aller voir des personnes exilées, sans abri, des mineurs non accompagnés notamment enquêter sur ces lieux là. Et en fait, je ne sais pas combien de fois j’ai dû me lever à 5 h du matin parce qu’on savait qu’il y avait un de ces lieux qui allait être évacué souvent. Les lieux étaient ensuite remplacés par d'énormes pierres, par des grillages. On va là par du mobilier dissuasif et anti SDF. Donc moi, la cérémonie, clairement, je ne l’ai pas regardé. Je l’avais un peu en travers de la gorge de savoir ce qui s'était passé toute l’année pour qu’elle advienne. Et puis on a eu de la chance, parce qu’au revers de la médaille, il y a des musiciens de l’orchestre, d’un des orchestres qui nous a contactés et qui jouaient juste devant la tribune présidentielle où il y avait Macron, le Thomas Bar, le chef du CIO et 80 chefs d’Etat. Et donc ils sont sortis de leur devoir de réserve pour faire, pour glisser des logos de notre collectif dans leurs affaires, passer tous les contrôles et se filmer devant Macron au moment de son discours avec le logo du collectif comme acte de désobéissance devant Macron. Donc c'était assez chouette, on était content que ça se fasse.
Merci Paul merci Merlin. Cette cérémonie d’ouverture, c’est aussi beaucoup d’hypocrisie sur le plan politique et symbolique. Il y a eu des figures qui ont été mises en avant et qui apparaissent en totale contradiction avec le pouvoir actuel. Est ce que tu peux nous en dire plus ?
Oui, bah nous on s’est engagé contre les Jeux Olympiques parce qu’on a conscience que c’est le cœur de la bataille culturelle contre le capitalisme. C’est la vitrine souriante. Et notre devoir en tant que brigadiers, normalement face à une vitrine, c’est de la fracasser. Et ce n’est pas de l’applaudir. Et moi, je n’ai pas non plus regardé la cérémonie d’ouverture parce que comme toi, j’avais le seum. Non mais il faut dire les termes quoi. Parce qu'à un moment donné, ils viennent récupérer tous nos symboles, toute notre culture, notre culture populaire, notre culture queer déviante, etc. Et ils font une super fête avec ça. Alors respect au metteur en scène et aux artistes parce que, à la rigueur, l'œuvre qu’ils ont produite, elle était quand même incroyable. Mais pour qui ils l’ont fait ou qu’ils l’ont fait ? Les Jeux olympiques, dans l’Antiquité, on les faisait pour les dieux de l’Olympe. Aujourd’hui, on le fait pour les dieux de l’argent et pour le petit Jupiter. Mais, mais en fait, c’est à nous qui appartient à cette culture, et je pense notamment qu’ils ont mis une sculpture de Louise Michel. Et pendant que vous parliez, je repensais à ces paroles d’une chanson commune Paris suintait la misère et nous allions être gouvernés par les mouchards et les gendarmes. Et je trouve que ce qui est particulièrement grave, c’est effectivement qu’ils ont mis la misère, qui est pourtant criante à Paris sous le tapis pour déployer le tapis rouge. Et surtout que derrière, pendant deux mois, on a eu toute la flicaille de France qui a contrôlé systématiquement tous les noirs, tous les arabes, tous les étrangers au faciès. C’est un juste pour faire plaisir au rassemblement national et à Macron faire semblant qu’il y avait de l’ordre et ça a été horrible. Et je veux dire, moi je ne peux pas comprendre que les artistes extraordinaires et les figures historiques qui ont été convoqués pendant cette cérémonie d’ouverture viennent légitimer cette politique policière absolument sordide.
Merci Merlin. Quel sens de la formule déjà ?
Qui veut réagir à ce commentaire ? Bon, personne ne réagit.
Moi je peux réagir.
Merlin !
Non mais je suis d’accord. Bravo aux artistes, bravo aux artistes. Je n’ai pas de problème avec le fait qu’il ait affiché une autre culture que celle qu’on a sempiternellement dans les médias, etc. Mais cette culture, c’est la nôtre et on ne peut pas être heureux que cette culture, elle soit récupérée par Macron et les puissances de l’argent qui détruisent la planète et qui saccagent nos vies partout. On peut se féliciter de l'œuvre en elle-même, mais la séparer de son contexte, ça me paraît quand même un peu dur.
Oui, il y a quelque chose d’assez orwellien dans la mesure où le pouvoir montre à voir quelque chose qui est en contradiction totale avec les politiques qu’il mène dans la pratique et dans les faits. C’est un peu une vérité parallèle. Ceci étant posé, je rappelle que pour celles et ceux qui viennent de nous rejoindre et ça va faire plaisir à David car m’a dit que c’est toujours important de rappeler pour les camarades qui arriveront en cours de live qui est avec nous ont avec Paul Alauzy du revers de la médaille ont avec Mathilde Guillemette et ont avec Merlin de BEP qui sont tous les trois engagés dans la lutte anti olympique qui a été engagée contre les JO de Paris 2024. Et alors on a commencé à entrer un peu dans le sujet, pour évoquer de manière critique la cérémonie d’ouverture de ces JO. Maintenant, j’aimerais qu’on prenne le temps de décrypter les multiples saccages sociaux, écologiques et démocratiques qui se cachent derrière ces Jeux olympiques. Mais un clin.
D'œil à ces 2024 qui n’a pas pu être présent mais qui a avec nous, a été indispensable et omniprésent dans la lutte contre les Jeux Olympiques. Gros Big up à eux parce qu’on a travaillé tous ensemble et on est, on est avec vous.
On les salue fort. Et du coup l’idée c’est qu’on on chapitre ces trois, ces trois pôles thématiques et critiques et qu’on commence notamment par la question sociale. Il y a eu un certain nombre de saccages. Alors il me semble que toi, Paul, donc tu disais tu fais partie du revers de la médaille qui regroupe tout un tas d’ONG comme Médecins du Monde et vous avez notamment beaucoup fait, vous avez introduit une notion dans le champ de la contestation des JO, qui est la notion de nettoyage social. Est ce que tu pourrais nous expliquer le choix de ce terme ?
C’est ça ? On était assez content que ça prenne. D’ailleurs, c’est chouette d’amener une nouvelle arme politique et un terme qui a été repris pas mal après dans le vocabulaire. Ensuite, ce n’est pas nous qui avons inventé le mot, c’est d’autres chercheurs, militants, ONG. On a trouvé ça dans un rapport du COR sur les J.O. Qui était une ONG sur le droit au logement qui a fermé depuis, mais qui avait documenté qu’entre 1980 et 2007, donc en cette occurrence des Jeux Olympiques, il y avait 2,5 millions de personnes qui avaient été déplacées. Et donc en fait, ça commence en 1980. C’est vraiment là que les épisodes de nettoyage social commencent à être documentés dans les J.O. Modernes avec les J.O. En Russie, à ce moment-là, on est sous Brejnev dont le règne ne finissait plus. Et on parle de ces J.O comme une parenthèse enchantée dans le règne de Brejnev à ce moment-là. Et. Et donc ils ont fait partir en fait les mêmes personnes qu’aujourd’hui pour les J.O. De Russie, c'étaient les travailleuses du sexe et toutes les personnes qu’ils considéraient comme déviants. Donc, c'étaient les personnes identifiées comme Tsiganes, comme sans abri, et qu’ils ont fait partir de la capitale. Et en fait, il se passe la même chose, malheureusement. Il faut comprendre qu’avec chaque méga événement sportif, l’espace public va être complètement saturé. On le sature de forces de l’ordre, on le sature par le passage de la flamme, on le sature par des épreuves, par des fanzone, on le sature de touristes, de gens qui n’habitent pas ici mais qui vont profiter à fond de l’espace pendant deux semaines. Sauf que cet espace public, c’est une ressource vitale pour les personnes qui y vivent ou y travaillent ou qui consomment. Donc ce qui s’est passé à Paris, c’est qu'à la base, ne nous on comptait pas vraiment se mobiliser pour les JO. Il y a un an, je me connaissais un an et demi, je ne connaissais rien aux Jeux Olympiques et en fait les J.O nous sont un peu tombé sur la tête parce que donc dans le collectif, il y a à la fois des ONG, mais il y a aussi des petites Assos, il y a des Assos communautaires. Et le point commun, c’est qu’on est tous à intervenir, à bosser et à militer avec les personnes qui sont à la rue, en habitat précaire, dans la région. Si on doit faire des catégories, bon, c’est un peu c’est un peu rude de faire des catégories, mais il y a plein de gens qui évidemment sont à l’intersection, etc. Mais ce seraient donc les personnes identifiées comme exilées, comme Rom ou voyageuses, comme travailleuses du sexe, usagères de drogues ou sans abri, et toutes, même les femmes, nos SDF sur lesquelles l’extrême droite, tout le pouvoir, fait beaucoup de communication. Tous ont subi des actions de nettoyage social. Donc le nettoyage social c’est le déplacement, l’invisibilisation, le harcèlement ou les violences policières. Et il y a une logique de double dispersion. En gros, on dit à ces communautés et aux gens qui sont solidaires avec eux si vous êtes 20, 30, 50, 500 quelque part, donc un squat, un bidonville, un campement visible, ça ne nous va pas. Et donc il y a deux logiques de dispersion possibles soit vous vous dispersez dans l’espace public, vous partez en groupes de deux ou trois, comme ça on casse des communautés. Donc tout le travail d’accès aux soins, d’accès au droit, est complètement mis en péril. Les communautés, elles, ont beaucoup plus de mal à se mobiliser, à faire valoir leur parole. Et ensuite il y a une dispersion à ce. A l'échelle de l’Etat et du pays. Et c’est le fameux système des SAS régionaux. Vous avez peut-être entendu parler de celui d’Orléans parce que le maire d’Orléans a dit que la colline de Craquelin arrivée chez nous est problématique à plein de points de vue. Mais là, on a pris des gens qui étaient dans des campements à Paris et on les a envoyés dans d’autres régions de France avec 40 % d’entre eux qui sont pris en charge et les autres qui, après trois semaines, se retrouvent à la rue dans des villes où il n’y a pas les mêmes réseaux de solidarité.
Enfin, il y en a énormément d’autres. Ça, c’est en lien avec la loi qui d’ailleurs est passée un peu avant les JO. Sûrement avec en tête le fait que pendant les yeux on pourra expulser comme ça beaucoup plus de gens, etc. Il y a aussi les expulsions des étudiants ayant quand même 3000 étudiants du Crous qui ont été expulsés de leur logement, qui n’avaient aucun logement pendant l'été, qui ont dû se débrouiller. Parfois c’est pendant leurs examens même qu’ils doivent gérer un déménagement et tout pendant leurs partiels, ça n’a aucun sens. Et puis juste tout simplement la gentrification de la capitale et de son alentour, par exemple à Saint-Denis, là, avec le village des médias, bah c’est une gentrification assurée. C’est des gens qui vont plus pouvoir se loger, qui auront plus les moyens d’habiter à cet endroit là. Ça, c’est aussi en lien avec tous les transports qui nous ont rajouté la ligne quatorze, etc. Et il y a zéro mesures contre la gentrification qui est mise en place. Il y a aussi le village des médias, donc à La Courneuve, qui expulse énormément, due à la gentrification. Il y a énormément aussi pendant les JO eux mêmes. Il y a beaucoup de personnes qui ont été expulsées par leur propriétaire juste pour pouvoir faire des Airbnb. Ça, ça n’a aucun sens aussi. Bon bref, c’est juste les JO des expulsions de manière générale, de la gentrification alors qu’on connaît déjà une gentrification énorme. On le dit. Il y a une crise de logement sans précédent.
Est ce que tu pourrais nous dire en quoi cette gentrification est nécessaire dans une perspective capitaliste ?
Bah déjà, commencer par pointer l’hypocrisie d’une femme, Anne Hidalgo, qui d’abord a été élue quand même et en faisant la promesse qu’elle ne ferait pas des Jeux olympiques et qui a retourné sa veste directement après et qui pendant ces deux mandats a dit qu’elle combattait Airbnb qui est un des outils majeurs de la gentrification, ce qui permet à des propriétaires de louer leurs logements de façon très régulière à des touristes, donc beaucoup plus cher en termes de revenus qu'à des étudiants ou des personnes qui ont pas les mêmes sources de revenus que des touristes qui sont prêts à dépenser fortement de l’argent pour être bien accueillis à Paris. Et ça, ça conduit à faire qu’il y a des quartiers entiers de Paris qui sont quasiment vides d’habitants pour être assez clairs. Et ça, ça fait encore plus monter les prix du loyer en périphérie, puis en banlieue, etc. Ça pousse les classes populaires toujours plus loin. Et Anne Hidalgo, elle a longtemps prétendu combattre Airbnb. Sauf qu’on l’a bien vu. Airbnb, c'était un des sponsors majeurs des Jeux olympiques et un de leurs organisateurs principaux a porté la flamme olympique. Un bordel. Enfin bref, on a droit à des super trucs. Et moi, ce qui me semble important à comprendre, c’est que Paris utilise les Jeux Olympiques, certes pour son prestige, mais toutes les villes de Seine-Saint-Denis qui ont accueilli des espaces, des jeux comme le visage des médias, le visage des athlètes ou des stades, etc. S’en servent pour augmenter leur prestige et les aménités du territoire. Ça, c’est une logique qui est très importante pour un certain nombre de partis sociaux démocrates qui sont faits libéraux, qui pensent qu’il faut attirer les classes créatives et les classes d’argent par un territoire bien aménagé et que c’est ça qui produit de la valeur. Pas c’est pas les pauvres, c’est pas les ouvriers, ce n’est pas ces gens là qui produisent de la valeur, non, ce sont les bobos en fait, et il faut les attirer avec des choses jolies, prestigieuses, etc. Et c’est pour ça qu’on fait tous ces éco quartiers, tous ces trucs là. Et les Jeux Olympiques, ils servent vraiment de cheval de Troie pour amener tout ça ? Et ça a quoi comme conséquences ? Parce que tout ça est prétendument au nom de l'écologie et de la sobriété carbone et tout ce que vous voulez. Ça crée une extension urbaine majeure qui fait qu' aujourd’hui, on est obligé de construire partout, notamment dans le 77, etc. Et dans tout le bassin parisien. Et on étend, on étend en étant la ville, la pollution, etc. Et c’est une fuite en avant continue. Et c’est ça le principe même du capitalisme.
Vous savez, on ouvre les portes de logement. C’est pour cela que j’ai utilisé ce terme. C'était nul comme vanne. Aux droits, aux droits des locataires et au droit du logement. Et donc non, effectivement, les protections qui étaient dont on pouvait jouer tout un tas de population en termes d’habitat, de logement. On a pu y porter atteinte et avec la loi également sur l’organisation des J.O. Il y a eu des dispositifs et des dispositifs d’exception. C’est des choses que vous avez dû suivre et documenter. Est ce que vous pouvez nous en parler un peu ?
Alors je crois que les gens ne t’entendent pas. Je ne suis pas sûr. C’est bon, on a encore un petit problème technique, mais on nous avait prévenu.
Alors je suis désolé. Alors les amis, maintenant c’est bon, c’est nickel. La seule chose, c’est qu’il faut que vous parliez avec la technique. Guillaume Meurice qui a expliqué ici même sur ce canapé le micro, il faut mettre sur le menton, il ne faut pas le diriger vers les autres, sinon il y a de l'écho. D’accord. Voilà. Et on ne fait pas ça. Donc tout va bien.
Les mesures d’exception contre les locataires et contre l’habitat avec les J.O.
C’est ça. Il faut, nous, ce qu’on a documenté dans notre premier rapport qu’on a sorti en mai, juste avant les Jeux, parce qu’on savait que pendant les jeux, il y aurait moins de choses à montrer et ils ont vraiment fait place nette avant. Ce qu’on disait, c’est qu’en fait, les J.O. C’est vraiment un moment d’opportunité pour les gouvernants. Alors moi, assez naïvement, je pensais que c'était l’année où on obtiendrait plein de choses parce que le monde entier regarderait Paris et la France et que donc les gouvernants feraient un peu mieux que d’habitude. Pas du tout. Ils sont vraiment dit que c'était un moment d’opportunité en effet, pour faire partir les indésirables, pour museler la contestation, pour faire tout un tas de choses. Et donc il y a un répertoire de l’action publique et c’est ce que j’ai expliqué tout à l’heure, qui s’est radicalisé à l’encontre des plus précaires et des plus fragiles. Et donc c’est la loi anti squat depuis un an avant les jeux, c’est la loi immigration six mois avant les jeux. C’est le fameux système des SAS régionaux dont je parlais de délocalisation, un peu de la misère qui arrive en Ile de France. Et donc toutes ces dispositions là, elles vont rester après les Jeux, évidemment, ça, les lois, le mobilier anti SDF, après les jeux, ça ne va pas changer du jour au lendemain. Et les caméras.
Héritage social ?
Ben voilà, c’est l’héritage antisocial des Jeux, justement, cette espèce de société dystopique, là, qu’on nous met en place et surtout qui vont à l’encontre de toute la communication qu’a fait le gouvernement parce qu’on nous a vendu les Jeux à grand renfort de. Il y a écrit sur leur site en première page la promesse de léguer une société plus inclusive après les J.O. Que ce serait les jeux les plus inclusifs, les plus vers les plus sociaux. Enfin, chaque fois, c’est incroyable quoi, ça fait, ça fait rêver tous ces effets d’annonce. Mais vraiment, faut comprendre. C’est un moment d’opportunité pour les gouvernants pour radicaliser leurs réponses envers le mouvement social et les plus exclus sur la question précisément des baux. Pour répondre à la Cigale, en fait la loi case Varian elle cible particulièrement les personnes qui sont dans une situation précaire. C’est à dire que jusqu'à présent, avec les lois DALO,., on avait quand même des choses qui protégeaient les locataires quand ils ne pouvaient pas payer un loyer, etc. On ne pouvait pas les chasser de chez eux rapidement. Avec l’expérience, ça a été considérablement accéléré et il a présenté ça comme anti squat. Mais en fait c’est d’abord anti locataires précaires. Sauf que quand on voit d’une part l’augmentation des loyers, mais l’augmentation de tout le coût de la vie, en fait, il y a de plus en plus de gens qui sont dans la précarité, qui se retrouvent en difficulté pour payer, qui doivent sauter des repas pour arriver à peu près à boucler leur loyer, etc. Et ben en fait, ça augmente considérablement le nombre de personnes qui sont comme ça, victimes d’un claquement de doigts d’une mise à la rue. Et ça, c’est particulièrement grave.
Alors Mathilde.
Je voulais juste rebondir sur la loi immigration. Donc déjà, en plus d'être une loi absolument horrible qui va littéralement tuer des gens, c’est d’autant plus hypocrite parce que tous ces gens, ils ont été construits, tous les bâtiments, tous les stades des jouets ont été construits par des travailleurs sans papiers qui d’ailleurs ont fait grève, qui ont bloqué la construction des J.O. Notamment au stade Arena, genre quelques mois avant l’ouverture. Et ils n’ont toujours pas obtenu ce qu’ils voulaient. Ils ont eu des promesses de la part du gouvernement qui leur ont dit c’est bon, on va vous régulariser etc. Mais ils n’ont toujours pas eu ce qu’ils voulaient, ils n’ont toujours pas de droits en fait. Parce que quand tu travaillais sans papiers, t’as quasiment pas droit au niveau au niveau du travail.
Et bah c'était justement la question que je voulais te poser savoir. Mais tu m’as devancé, c’est très bien. C’est quand on a structuré la lutte autour des mêmes thématiques, c’est quand on parle de saccage sociaux. Il y a une partie colossale de ces saccages qui repose sur l’exploitation des travailleurs sans papiers, des personnes exilées qui sont exploitées, qui n’ont pas de statut. Et il y a eu des personnes sans papiers qui sont mortes aussi sur les chantiers.
Non Il avait des papiers.
Amara Non, mais il y a la mare en l’occurrence. Mais il y a eu, je pense, parmi les travailleurs qui sont morts. Des personnes qui étaient en situation de précarité, sur le plan administratif en tout cas, et qui n'étaient pas forcément régularisées. Et c’est aussi sur ça que s’est appuyé les Jeux olympiques, la construction des infrastructures. Et je sais qu’il y a eu beaucoup de luttes qui ont été menées avec les gilets noirs notamment, etc. Vous avez participé, il me semble. Est ce que vous pourriez nous en parler ? Tous les trois, on va commencer par Paul et on fait un tour.
C’est vraiment bien. Ça a beaucoup été porté par les collectifs de sans papiers, les fameux CSP. On a fait des manifestations en commun. Nous, à chaque fois qu’on organise des conférences de presse, on les a invités pour qu’ils puissent expliquer justement la lutte qu’il y avait en cours. Vous comprendre que c’est même pas que les travailleurs sans papiers qui sont sur les chantiers. Les travailleurs sans papiers, c’est ce qui cuisine vos repas au resto, qui livre vos repas, rubrique qui font tout un tas de chantiers à côté dans l’hôtellerie pour que les hôtels soient retapés à temps par les touristes. Donc c’est évidemment extrêmement hypocrite et on aurait pu se dire que dans une société qui va un peu mieux, il y aurait eu un peu de reconnaissance et que toutes ces personnes auraient pu être régularisées par milliers. Parce que c’est évidemment le seul traitement possible et digne qu’on aurait pu avoir de cette affaire.
Mathilde de votre côté, chez les Justes, vous avez participé à ces mobilisations ?
Oui, bah du coup, on était présents aux manifestations. On a aussi aidé au blocage, évidemment. Et en fait, je voulais juste rajouter sur les travailleurs sans papiers. Ce qui est aussi absolument hypocrite, c’est que eux, ils ont fait, ils ont porté toute une lutte, surtout au niveau de l’Aréna et on leur a fait énormément de promesses qui n’ont pas été tenues, donc ils ont bloqué leur chantier, ça n’a pas été tenu, etc. Et en fait, tout ça c'était un désastre, énormément pour eux. Et en fait, ils ont ils ont jamais eu ce qu’ils voulaient, Donc c’est absolument n’importe quoi.
Mais c’est juste.
Pour avant, pour que de laisser la parole. Je sais que chez Pep, ils ont fait partie d’un réseau écosyndicaliste qui s’est beaucoup penché, qui a essayé d’accompagner ces mobilisations mais qui, au -delà de ça, essaie de structurer les liens entre le syndicalisme, les travailleurs et l'écologie. Est ce que tu pourrais dans ta réponse nous en parler un peu ?
Bah je vais revenir sur plusieurs thèmes, mais je vais faire juste. Je reviendrai là dessus juste après. Nous, on a aussi été dans les manifestations et à l’occupation, dans les occupations d' Arena avec les travailleurs et les travailleuses. Et ce qui est important, c’est effectivement de dire que c’est la préfecture, donc c’est vraiment l'État qui bloque systématiquement cette question là. C’est à l’idée que Macron serait plus libéral que Le Pen, notamment sur les questions de racisme, etc. Non, il est très, très dur dans le blocage de l’accès aux droits, y compris des personnes qui devraient être dans une situation régulière. De fait, c’est le blocage administratif en préfecture qui est le principal problème. Et aujourd’hui, il faut bien comprendre que Darmanin parle beaucoup, beaucoup d’immigration irrégulière. Extra. Cette immigration irrégulière, elle est fabriquée, fabriquée. Il y a une fabrique des sans papiers en France qui est décidée et qui est appliquée systématiquement par les préfectures. Et c’est ça le mur sur lequel ils sont tombés, sur lequel on est tous tombés. Moi ce que je trouve particulièrement hypocrite, c’est quand elle a dit cela, ça. Rien n’a été construit à la porte de la chapelle. Et il se trouve qu’avant de m’engager en politique, en faisant mes études de géo, j’avais fait une petite analyse de quartier de Porte de la Chapelle et c'était encore la colline du Crack, la fameuse colline qui en fait était cet ensemble de petits îlots de verdure qui se trouvent au milieu de l'échangeur entre le périph et l’autoroute un. Donc peut être, si vous voyez un échangeur, il y a plein de petits bouts entre les routes comme ça, qui étaient difficiles d’accès à pied ou ce qu’est et sur lequel s’est réfugié beaucoup de migrants qui cherchaient notamment à l’hiver vers la Manche avec l’autoroute qui montait dans le nord est. Et c’est donc là aussi que le crack et les mafias ont prospéré sur cette misère là. Une misère qui était principalement parce qu’on refusait d’accueillir dignement ces personnes, de leur donner des conditions normales de vie, où il y a eu énormément de drames qui se sont produits et on les a chassés avant les Jeux pour construire ce beau stade, pour construire un beau quartier à côté. Maintenant, on va construire un campus et tout ça pour qu’ensuite ce soit d’autres sans papiers qui construisent le stade et qu'à la fin personne, personne n’ait ne serait ce que droit un titre de séjour, même pas la nationalité. On parle d’un titre de séjour, du droit d’habiter ici alors que ces gens payent des impôts, évidemment. Donc c’est ça qui est absolument fou. Et alors, tu t’as parlé tout à l’heure des morts, il y a, il y a un mort emblématique sur la question des Jeux olympiques et sur lequel, avec le réseau syndicaliste et d’autres, on a on a aidé. Est ce que ses camarades à la CGT peuvent mettre en avant ce qui s'était passé ? Et à ma radio, qui est mort sur le chantier de dépollution de la Seine, un chantier qui avait été visité une semaine plus tôt par un hidalgo et qui s’est fait renverser par un camion. Lui, il était alors travailleur régulier, d’origine malienne, vit à Aubervilliers et pour dépolluer, on sait à quel point ça a bien marché cette scène pour ce beau spectacle. Lui, ça lui a pris. Ça lui a pris sa vie et il n' a eu aucune reconnaissance. Ils ont même envoyé tout de suite le corps afin de cacher, cacher le drame. Et ça, c’est quelque chose qui me révolte très profondément. Et peut être juste pour répondre aux gens en commentaires qui parlent des lois sur les boites privées etc. Ce qu’il faut savoir c’est souvent sur un chantier de métro, il va y avoir un énorme entrepreneur, quelqu’un du bâtiment Lafarge etc. Mais en fait ils vont utiliser plein de prestataires. Donc ce qu’ils font, c’est que tout est délégué à de petites boites, de petites boites, de petites boîtes qui souvent ont un temps de vie très court. Potentiellement, on va ouvrir une boite pour à peine quelques mois qui permet d’engager complètement n’importe comment sans papiers. Et nous on envoie en consultant et on leur donne des jobs type à dix étages de cet immeuble où il n’y a pas encore d’ascenseur, faut monter deux tonnes de ciment, c’est des sacs de 50 kilos. Vas y toute la journée tu montes, puis à la fin on te donnera 40 balles en cash. Enfin voilà, c’est comme ça que ça fonctionne et c’est pour ça que les gens arrivent à échapper à la loi pour les chantiers des J.O. Ils ont dit qu’ils allaient être exemplaires. Et donc, quand il y avait des inspections, il y avait moins de travailleurs sans papiers que sur d’autres chantiers. Mais. Mais c’est quelque chose qui continue de perdurer, malheureusement.
C’est vrai qu’on voit que c’est hyper important d'évoquer les JO à travers la question du travail et que ça touche à beaucoup de sujets. On vient de le voir avec notamment les travailleurs les plus fragiles et les plus précaires, un travailleur sans papiers. Il y a aussi de nombreuses atteintes aux droits du travail en règle générale, avec des horaires supplémentaires, avec des conditions de travail délétères. Est ce qu’il y a un de vos collectifs qui a documenté cette question là ou qui s’est penché sur ces sujets ? En tout cas, si ce n’est pas le cas, je voulais l'évoquer parce que c’est aussi un enjeu. Et l’idée à travers cette émission, c’est que s’il y a des gens qui ont envie de creuser et d’explorer certaines choses parce qu’on n’aura pas le temps de tout approfondir, c’est un des éléments aussi, me semble-t-il, à creuser. Alors il y a beaucoup d’autres saccages sociaux, mais on y reviendra peut être dans un peu plus tard, à la fin de l'émission, si y a des questions dans ce sens. Mais j’aimerais aussi qu’on se penche sur les saccages environnementaux, sur les saccages écologiques, parce qu’il y a aussi beaucoup, beaucoup de choses à dire. Et là je sais qu’avec Merlin, Mathilde aussi, avec le climat, il y a eu tout un tas de mobilisation autour de l’artificialisation, autour de soi-disant dépollution de la Seine, que vous pourriez nous parler de ces mobilisations.
Juste un tout petit peu rebondir sur cette question du droit du travail et puis te laisser commencer sur l'écologie. On ne s’est pas énormément penché sur la question parce que c'était très flou et ça concerne beaucoup la question d’une part de la sécurité des jeux et d’autre part des bénévoles. En fait, ils ont besoin d'énormément de bénévoles et le CIO et tout ça ont profité du fait que les gens sont extrêmement contents de venir là pour imposer des conditions de travail qui ne sont pas et qui ne sont pas légales, quoi, et en profitant de ce statut de bénévoles. Bon, ça a été pointé du doigt parce que c’est des conditions qui sont indignes, qui ne respectent pas nos lois, mais dans le fond, les gens ont beaucoup accepté ça pour le plaisir de participer aux Jeux. Parce qu’il faut comprendre que le mouvement sportif, c’est un mouvement qui génère énormément de bonheur pour les gens qui y participent. Et il faut voir que c’est un cynisme supplémentaire que de profiter de la passion des gens pour les exploiter. Par ailleurs, il y a eu aussi tout un moment où ils manquaient cruellement de vigiles et ils ont fini par faire appel à l’armée d’un certain nombre de pays étrangers. Donc des régimes aussi démocratiques que le Qatar. Mais initialement, comme ils manquaient tellement de vigiles, ils ont fait pression sur les pôles Emploi France Travail pour essayer de forcer les gens à s’engager en tant que vigiles avec, alors que notamment des personnes qui n'étaient pas du tout en capacité de faire ce boulot là. Et c’est ça, eux autres, à quel point tout ça a été un immense appareil qui n’a aucune limite. Alors évidemment, ça ne marche pas du tout. Ils ont été obligés de trouver d’autres solutions, mais c’est pour montrer qu’ils n’avaient aucune frontière dans la façon dont ils voulaient appliquer leur jeu avant tout. Et il y a une enquête de Mediapart qui est sortie la semaine dernière parce que c’est encore en cours. Mais la CGT accompagne des salariés du COJO, donc du comité d’organisation des jeux qui ont eu plein de contrats jours, mais en fait, ils faisaient 60 heures semaine et on leur avait promis qu’ils seraient payés. Et là, ils commencent à comprendre qu’ils ne vont être payés que pour du 30 5 h semaine. Et donc ils sont en train de la CGT en train de se saisir de cette affaire.
Comme quoi vous aviez des choses à dire et que vous êtes de vrais experts des J.O.
Et aussi s' il y avait un calcul qui avait été fait, si on rémunérait tous les bénévoles des J.O. En fait c' était juste moins de 1 % du budget des J.O. Donc c’est vraiment une hypocrisie totale. En plus les gens qui travaillent et qui ont vraiment un travail, qui ne sont pas bénévoles, sont payés au SMIC et ils y voient, ils ont fait 60 heures alors qu’eux ils n’ont pas été rémunérés de leurs heures supplémentaires.
C’est bien qu’on l’ait évoqué. Je pense que ça avait l’air extrêmement important pour les bénévoles du Puy du Fou.
les J.O. C’est le Puy du Fou géant, hein ?
Bon, blague à part, peut être que le patron de ce truc là d’un truc propagande, il va peut être nommé ministre dans le gouvernement de M. Barnier. Bon, on évoquera ça un autre jour, mais sur le plan des saccages écologiques, y. Une nombreuse mobilisation peut être. Mathilde, pour commencer, tu pourrais nous parler de certaines d’entre elles.
Euh ouais bah déjà en fait c’est les J.O. C’est vraiment l’artificialisation des sols de manière olympique. Donc pour commencer, en 2021, il y a le début de la construction du solarium, donc c’est sur les jardins d’Aubervilliers. En fait, c’est des jardins partagés qui sont hyper populaires, qui sont un lieu vraiment collectif de vie, super sociale, etc. Et ils ravagent totalement ces jardins pour y construire un solarium. Donc c’est juste un endroit où les athlètes pourront bronzer littéralement, genre ça ne sert à rien et ce ne sera pas utilisé plus tard. Et donc il y a une mobilisation énorme contre ça. Il y a une ZAD qui a été faite, il y a eu beaucoup de militants, une grosse lutte et au final, le solarium a été abandonné, mais après qu’ils aient détruit les jardins. Du coup. Donc les terres ne sont pas totalement artificialisées, mais elles ont quand même détruit toute la biodiversité. C’est dommage. Voilà. Et puis sinon, enfin juste il y a beaucoup d’artificialisation. Par exemple au parc de la Courneuve où avant se tenait la fête de l’Huma bah oui, le parc départemental de la Courneuve et donc que ça construise le village des médias donc qui bétonne encore un max. Puis toutes les constructions en fait, c’est énormément de pollution. Il faut savoir que le béton, le BTP, l’industrie du béton, c’est 8 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, donc c’est énormissime. Et juste après, d’un point de vue écologique de manière générale, faire un événement qui accueille autant de touristes, autant de personnes qui vont se déplacer en avion, etc. Ça n’a rien d'écologique et ça ne pourra jamais être écologique de faire un événement autant.
Mais il y a d’autres enjeux écologiques sur lesquels il y a eu des mobilisations.
Oui, mais je veux revenir d’abord sur cela parce qu’on a été très, très investis dans la lutte de la ZAD, les jardins à défendre. Et pour nous, ça a été quelque chose d’extrêmement important de se tenir auprès des habitantes et des habitants concernés par ces destructions. Et un des trucs qui nous a mis vraiment la haine, c’est l’hypocrisie des gouvernements locaux, c’est à dire la municipalité, etc. Qui venaient dire qu’on apporte une piscine au pauvre peuple de la Seine-Saint-Denis qui ne sait pas nager et c’est pour ça qu’on va détruire les parcelles alors qu’en fait c'était effectivement pour le solarium. Alors t’as dit c’est pour les athlètes. Mais c’est surtout dans cette logique d’aménité que tu vois des territoires avec des bons aménagements pour que les plus riches et le but c’est vraiment qu’il y ait le métro. Donc on veut que ce quartier fort d’Aubervilliers, qui est un quartier très populaire, avec des tours, etc., puisse dégager tous ces pauvres et qu’il y ait enfin des personnes sages en a qui vont et qui vont venir habiter ici où ça rassure tout le monde. Et cette volonté de dégager les pauvres, dégager leur lieu de vie, leur lieu de subsistance. Et en venant dire en plus que c’est pour eux qu’on construit ça, ça me révolte. C’est si ce n’est même pas de la bienpensance et Dieu sait si c’est du mensonge, c’est du vandalisme. Et bon, ils font ça, ils vont savoir où ils ont coupé plein d’arbres pour ça, ailleurs, dans Pantin et dans d’autres villes de Seine-Saint-Denis. Un des trucs aussi qui m’a marqué, c’est quand la France est encore un empire colonial et qu’on a des confettis impériaux un peu partout dans le monde, on a fait les épreuves de surf à Tahiti. T’es ou Pau précisément ? Et là bas, les populations locales et les surfeurs qui considèrent cet endroit comme les plus belles vagues du monde ont dit Surtout, surtout, ne construisez pas une tour des juges en acier sur la barrière de corail. Et ils l’ont fait. C’est con, ils l’ont fait. Pourquoi ? Pour que des juges puissent aller aux toilettes pendant des épreuves. Vous vous rendez compte ? On détruit des bouts de trucs hyper précieux en termes de biodiversité dans une colonie juste pour le confort de trois messieurs pendant 48 h. C’est gravissime le niveau de l’extractivisme colonial que ça représente. Et. Et moi, ça m’a profondément choqué et fut étonné, évidemment, mais pas si étonnant que ça qu’on en ait si peu parlé. Parce que même les sportifs étaient contre cette tour. Il y avait évidemment une tour locale démontable qu’on pouvait mettre, mais non, ce n'était pas assez. C’est J.O. De Paris. Voilà. Donc on pourra revenir ensuite, peut-être qu’on fera un autre tour. Mais il y a aussi des questions de racisme environnemental, etc. Mais je laisse peut-être un peu la parole.
Oui alors justement, c’est vrai que Paul, par exemple, toi, avec le revers de la médaille surtout, vous avez fait un focus autour des questions sociales, mais forcément, vous avez dû faire des alliances concrètes en termes de mobilisation avec les militants écologistes, autour de quels sujets ça a pu se faire ?
Ce qui est intéressant, si tu regardes l’histoire des JO, c’est que la première résistance politique aux enjeux d’ampleur on va dire, qui met en péril une première édition des JO, c’est dans les années 30 et c’est une résistance écologique. Alors ce n’est pas des collectifs hyper déteres. C’est des bourgeois dans les montagnes des Etats-Unis à qui on dit on va faire les J.O d’hiver et qui sont dit mais nous on a fui la ville pour venir ici et vous êtes en train de nous dire que vous allez bétonner tout, tout, tout ce qu’on regarde le matin en se levant alors qu’on s’est payé d’incroyables maisons avec des vues sur les sur les montagnes des Etats-Unis. Et donc ça commence, je crois que ce sont les Jeux de 1932 où il y a une première résistance à ça. Et en fait, les Jeux où le CIO se rend compte qu’avec évidemment toute la mobilisation sur le réchauffement climatique, les alertes qui sont passées, ils doivent intégrer ça. Donc, en 91, les Jeux adoptent une espèce de convention 21. Donc, c’est leur convention XXIᵉ siècle, en disant maintenant, on va vous faire les J.O les plus verts. Donc à chaque fois c’est les J.O les plus verts. Les camarades de Vancouver, ils ont eu les mêmes promesses en 2010 et nous quatorze ans plus tard. Et c’est quand il y a eu les seuls J.O. Qui, une fois qu’ils avaient été donnés à une ville, ceux de Denver en 72, qui ont été annulés, c’est aussi grâce à l’impact environnemental. Donc on voit que quand même, c’est une problématique qui est prise très au sérieux par les organisateurs des Jeux et par les opposants aux Jeux. Et donc, pour ceux qui viennent se mobiliser sur d’autres thématiques, c’est inspirant parce qu’on se dit bah si y a ça qui est possible, ça veut dire qu’il y a des moyens de pression possibles et que c’est là dessus on peut appuyer. Quand on a rencontré après notre première action, le comité d’organisation des jeux, ils n’ont fait que de nous parler de l’excellence environnementale. Donc ils avaient une directrice à l’excellence environnementale qui nous disait bon, je sais que pour des gens comme vous, quand je dis Coca-Cola, ça vous inspire des choses négatives au-delà, mais alors des gens comme nous. Désolé d’avoir des yeux pour voir, mais lui disait voilà, rendez vous compte, on va diviser par deux les émissions plastiques de coca. Puis tout le monde a dû voir les bouteilles verser dans des éco-cup. Elle nous a parlé des saucisses végan dans les stades, etc.
Repeint en vert aussi.
Ce genre de chose. Il y a énormément de greenwashing et en même temps, ça veut aussi dire que la lutte paye. Ça veut dire qu'évidemment tout ce que font les camarades écolos, ça paye, qu’ils sont obligés de faire des choses. Après, évidemment, les idéaux les moins polluants, ce serait des bio qui n’existent pas et qui n’ont pas lieu. Et il y a plein de chercheurs et d’experts des jeux et d’experts environnementaux qui font des propositions pour que les jeux idiots aient lieu chaque année. Ça éviterait de refaire des infrastructures ou que chaque pays, soit on fait tous les mêmes jeux au même endroit chaque année, ça correspondrait bien à leur espèce de méga événement sportif, de ce truc de gloutonnerie industrielle d’avoir tout au même endroit. Et sinon, le plus écologique, ce serait d’avoir chaque épreuve qui se fait chaque année dans le même pays. Et c’est juste les équipes qui viennent faire leur géo de lancer de javelot en Allemagne, le saut deux en France tous au même moment. Parce que la télé permet à tout le monde de le voir mais qui limiterait au maximum les déplacements et les infrastructures.
Contrairement à ce que dit madame Thatcher, il y a des alternatives.
Mathilde Justement tu parles des J.O d’hiver, mais en fait en France là on va se retaper encore les JO d’hiver en 2030 parce que bah il n’y a pas d’autres pays en fait qui se propose vraiment à les accueillir et qui sont en capacité de le faire parce que ça coûte hyper cher et qu' en fait, il y a de plus en plus de pays qui en ont marre des J.O. Et donc là, en gros, ils vont faire des JO alors qu’il y a plus de neige globalement, genre ils vont faire des JO d’hiver alors qu’en 2030 on sait très bien que les glaciers auront énormément fondu. C’est déjà le cas, ils sont déjà obligés de faire de la neige artificielle dans énormément de stations, donc ça assèche totalement la montagne, ça défonce la biodiversité locale, ça crée en fait des méga bassines dans les montagnes. Ils appellent ça retenu collinaires, mais en vrai. Alors c’est juste un autre mot pour dire méga bassine. Euh voilà. Fin genre ça n’a aucun sens. Et à ce sujet, il y a aussi des luttes locales qui sont en place. Donc y a eu une ZAD contre la construction d’une retenue collinaire méga bassines à La Clusaz, donc une énorme station de ski hyper touristique en plus de ça en fait, juste les J.O 2030, ça va amener encore plus d’hôtels, de trucs pour les touristes, pour une industrie qui est grave, polluante, qui n’est pas du tout durable. On sait que dans quelques décennies, il y en aura plus du tout et en fait. Enfin juste faut changer l'économie locale dès maintenant et là et faire vers autre chose au lieu de continuer dans ce.
Jeu sur les JO d’hiver, on va avoir l’occasion de vraiment développer. Tout à l’heure c’est prévu parce que ça s’inscrit dans la continuité des bienfaits d'évoquer le sujet. Mais juste pour terminer notre évaluation de ces de ces Jeux Olympiques, et notamment à travers les saccages écologiques. Tout à l’heure, Merlin, tu as évoqué la question du racisme environnemental et tout à l’heure Paul, tu parlais de l’expulsion de tout un tas de populations racisées comme les personnes exilées ou encore les voyageurs et les Rom. C’est vrai que cette notion de racisme environnemental à l’intersection des mobilisations sociales et écologiques, est ce que c’est quelque chose qui vous parle ? Et si oui, parlez-nous-en.
Ouais bon, je cite un autre collectif qui était encore des nations anti géo qu’on a formé à tout plein, qui est le comité de vigilance -13 etc. Qu’ont beaucoup documenté ce qui s’est passé, notamment un espace Pleyel. Le Carrefour Pleyel, c’est l’endroit. Du coup, ils ont construit une grande tour d’hôtel, un super centre commercial et surtout le village des athlètes. Et. Et là, on a eu un exemple hyper criant de racisme environnemental. Pourquoi ? Parce que dans le village des athlètes, eh bien ils ont installé des arbres artificiels pour dépolluer l’air. Ils étaient très fiers de leur truc. Vraiment une inauguration de ça en mode c’est le must en termes d’aménités des pollutions, de l’air, wow, etc. Sauf que 50 mètres plus loin, je dirais je suis, j’arrondis bas les chiffres. T’as une école, un complexe scolaire et ils ont construit un échangeur autoroutier qui connecte cet espace au périph, etc. pour permettre le passage plus rapide des athlètes, pour qu’ils quittent le village et qu’ils aillent jusqu’au et jusqu’au stade, etc. Et donc devant une école, on fout un échangeur autoroutier et d’un village olympique, on fout des arbres artificiels pour dépolluer. Vous comprenez bien que le fait que ce soient des enfants du neuf trois, des enfants de population ouvrière incisée, etc. Ça n’a pas de valeur, ça n’a pas la même valeur à leurs yeux que les athlètes et surtout les futurs habitants qui espèrent bien riches dans le village olympique. Et que le fait que dans la cour d'école, on respire des particules fines dans des quantités totalement illégales, ça ne leur pose pas de problème, mais pas de problème. Et ça, c’est quelque chose qui est assez grave et qui témoigne vraiment de ce que je garde dans son livre.Donc il y a une journaliste à Mediapart qui a écrit un très bon bouquin sur Paris 2024, une ville face au saccage olympique qui a retracé vraiment tout ça avec énormément de précision. Elle parle d’un extractivisme immobilier, c’est à dire qu’on prend des espaces comme ça, où il y a souvent des friches industrielles, etc. Dans des quartiers peu. Et on va, grâce au jeu, grâce à ces constructions-là, créer de la valeur à la fois sur le dos des habitants et au mépris total de leurs conditions de vie et sans chercher du tout à les améliorer. Et cet extractivisme là, il est. Il est l’ADN des jeux, des jeux modernes. Partout où ils ont eu lieu, que ce soit à Paris, on l’a bien documenté, mais aussi à Pékin, à Londres, à Rio. Et ça va continuer, ça va continuer. Et les Jeux d’hiver en seront également un exemple absolument criant, puisque ce qui est produit par ces Jeux, c’est ce qu’on appelle des grands éléphants blancs, donc des infrastructures complètement inutilisables Le lendemain des Jeux, et on le voit, il y a énormément de stations de ski qui sont aujourd’hui vides parce qu’il y a plus de neige. Voilà. Et moi, un truc qui me choque, c’est qu’il y a un monsieur qui est maire écologiste d’une grande ville qui s’appelle Eric Piolle, s’est déclaré favorable à ces Jeux d’hiver et il veut même les faire chaque année là bas. Enfin, pas chaque année, mais à chaque édition là bas. Alors qu’il sait bien que ces montagnes, elles sont en train de fondre. Et il nous sort ça. Et le mec, il nous dit non mais on va faire la même chose qu’il y a. Hidalgo, ça va être sobre. C’est super et super de mentir aux gens comme ça. C’est un dingue quoi. La fameuse sobriété du capitalisme vert quoi.
Euh Mathilde, chez les jeunes, pour le climat, vous ne portez pas la même écologique Eric Piolle ?
Non, c’est sur nous, il n’y a même écologique élevé de manière générale.
Mais d’ailleurs, justement, est ce que vous, en tant que militant écologiste, vous en tant que militant écologiste au sein de lieux, se réclamer de ce que vous vous êtes pas senti un peu seul dans le monde de l'écologie politique autour de cette mobilisation sur les J.O.
Honnêtement, non. Parce que de manière générale, tous les groupes militants écologistes, que ce soit extinctions, rébellions, les soulèvements de la terre, Alternatiba ici, ils étaient tous contre les géo. Parce que juste déjà, on ne fait pas d'écologie sur la question sociale parce que ça n’a aucun sens. On peut, voilà. Et puis enfin, c’est des J.O. Du greenwashing, tout simplement. Donc là, peut être qu’il y a trois personnes a élevé qui sont contents des J.O. Ou Anne Hidalgo qui dit super, on va faire quelque chose de vert. Mais en réalité ça n’a rien d'écologique. Et quand on est vraiment un militant écolo, on est opposé aux J.O.
Merci pour cet énoncé d’un cas peu clair sur le plan écologique.
Pour te répondre sur le racisme environnemental, ce n’est pas trop un concept qu’on utilise, mais en tout cas quand tu poses cette question là, je ne sais pas. Quand tu vois dans nos modes plaidoyer on a ça. C’est vrai qu’on m’a, on m’a jamais amené le concept, mais du.
Coup je sens une peur que ça fasse polémique.
ou non. Non, pas forcément, mais, mais, mais il est intéressant et intéressant. Donc moi, dès que tu me parles de ça, ça m’a évoqué toute la question du non accueil. En fait, on a le gros, un des gros problèmes à Paris qui permettrait de diviser vraiment le sans abrisme par deux du jour au lendemain, c’est le non accueil des personnes exilées qui arrivent sur la capitale. Et donc on est un des seuls pays à faire ça. Cocorico ! Elles arrivent d’abord par la rue. Elles doivent appeler un numéro de téléphone qui est payant, qui souvent ne répond pas. Donc il faut trouver un téléphone, il faut trouver de l’argent, il faut faire les démarches tout en étant dans la rue, en se faisant harceler par les forces de l’ordre Bien souvent, et c’est comme ça qu’elles arrivent en France et qu’elles doivent faire leur demande d’asile. Évidemment, tout ça c’est fait pour les dégoûter et les faire partir. Et pendant les J.O. On a eu ce fol espoir de se dire bah peut être que pendant les mesures exceptionnelles, ils vont accepter de mettre un premier accueil en place. En plus ils le font déjà pour les personnes ukrainiennes. Donc c’est vraiment là que la question de racisme évidemment se pose et énorme. Moi, le centre ukrainien, je l’ai visité plusieurs fois. Ça m’a complètement choqué parce que je me suis dit mais en fait c’est possible. Bon, ce n’est pas complètement dingue, mais par rapport aux campements, c’est beaucoup mieux. C’est des grands parcs, des expos, il y a des lits picots et en fait il y a tous les services. Quand les gens arrivent le même jour, il y a des interprètes, ils peuvent avoir le titre de séjour, la carte d’assurance maladie, une orientation Pôle emploi. Comme ça ils arrivent sur le territoire, ils sont pris en charge, ils sont intégrés. Et donc quand une des fois où je suis allé au cinéma pendant des années, quand j’ai vu les pubs des J.O. En disant nous sommes prêts à accueillir le monde, mais j’ai failli m'étouffer avec mon popcorn, je me suis dit mais c’est complètement dingue à quel point c’est faux ! Et toute l’année. Moi, hier soir, j'étais en maraude sur les berges de l’Ile Saint Denis. On nous avait signalé des Afghans qui seraient installés sous un pont de l'île Saint Denis. Donc on était sur les berges de l'île Saint Denis. En face de nous, il y avait un village olympique et vu qu’il y avait quatre personnes en maraude sur les berges et la police fluviale qui a commencé à patrouiller vers nous et à nous checke et on vit un truc complètement dystopique quoi, où les personnes étrangères, si elles ne sont pas de la bonne nationalité, se cachent dans des conditions mais des conditions de vie dignes du Moyen-âge, Franchement, hein, c’est pas autre chose. Alors quand on a été capable de créer 14 000 places d’hébergement alors qu’on estime un minimum de 3500 personnes sans abri à Paris, Enfin bref, c’est une vraie question pertinente.
Alors juste avant de rebondir là dessus, pour les gens qui viennent de nous rejoindre sur la mission, je précise qu’on est donc dans le cadre de la deuxième saison de la barricade pour une émission, un bilan critique et politique des jobs de Paris 2024, des Jeux olympiques et paralympiques. On reçoit Paul Alauzy du revers de la médaille Mathilde de Husson et Merlin de PEPS. Je profite de cette recontextualisation pour aller vers le tchat. Merlin Je crois que ça s’adresse à toi. Il y a quelqu’un qui Il y a ver de terre qui dit c’est pas mal comme pseudo. La balle sur Eric Piolle ne me semble pas trop fondée. Il a été critique il me semble.
Alors moi j’ai vu un tweet de Piolle qui date pas de cette année mais où il disait qu’il était oui pour des jeux dans les Alpes à condition qu’il soit sobre et on pourrait même le faire régulièrement. Tu peux retrouver le tweet qui me semble qui circule. Euh. Mais après la question c’est que pour moi il devrait être sur le principe contre, ne serait ce que parce qu’il voit l'état de ses montagnes. Après tu peux aller toquer à sa porte et voir pour qu’il prenne une position radicalement contre d’ailleurs. Si lui et tous les élus de gauche un peu sérieux de la région Auras et de la région PACA, se fédèrent pour demander un référendum, pour savoir si les gens sont vraiment pour ces jeux, eh bien ce serait un acte de courage. Ce serait un acte de cohérence avec ses idées et qu’il prouve qu’il n’est pas pour les Jeux Olympiques dans les Alpes. Moi j’ai aucun problème avec ça. Je serais le premier à l’en féliciter. Je pense malheureusement qu’il ne le fera pas.
Et il y a notre camarade Dave Duff qui précise et bien Paul, tu parles aussi au nom de Médecins du Monde. Parce que dans le revers de la médaille, comme tu l’as dit, vous êtes un certain nombre d’ONG. Peut-être que tu peux nous parler des spécificités de Médecins du Monde.
Et bien oui, en gros, moi je suis coordinateur d’une mission qui fait des maraudes et des permanences psy auprès des personnes exilées. Donc tout à l’heure, il y avait des piques sur le bénévolat. Nous sommes bénévoles, médecins, infirmiers, psy, retraités, on ne ferait rien. Donc s’il vous plaît ne démotiver pas nos bénévoles soignants. On a besoin d’eux pour assurer l’accès aux soins dans la rue, dans les campements et dans les squats. Mais blague à part, moi, je coordonne cette mission. Donc mon taf sur le terrain, c’est de faire de la médiation, la logistique et après il y a le taf de plaidoyer derrière. Donc les ONG, souvent on a du. Ils voient ça comme des campagnes de plaidoyer, des campagnes de com. Pour moi, c’est important de leur dire non, c’est de la lutte, on fait partie du mouvement social et donc on va faire des alliances avec les acteurs du mouvement social. Et donc on est content cette année d’avoir réussi à faire monter ce collectif et ensuite à tirer le collectif vers l’interrogatif. Sachant que politiquement, je ne sais pas si ça si ça captive tout le monde de savoir ça, mais nous on sait, on sait, on était l’acteur qui s’inscrit en disant on n’est pas contre les jeux. Mes camarades sur le canapé, son représentant du mouvement international qui a autour des Jeux du No Olympics ce mouvement sont vraiment complètement anti Jo. Et nous on a pris un angle différent de dire les JO, en soi, pas de problème. Par contre, c’est vraiment le nettoyage social sur lequel on a tabassé toute l’année.
Mais c’est important parce qu’il y a une vraie complémentarité. J’en profite pour faire un moment d’auto promo parce que dans mon cas, dans mon bouquin arrachant une vie meilleure qui est sortie chez les éditions Massot le 29 août en librairie. Non mais je dis ça parce qu’il y a un vrai rapport, c’est que ce qui est très intéressant avec la mobilisation anti olympiques autour des JO. Il y a vraiment eu une conjugaison de différentes formes de lutte et aussi de du fait de différents discours, de différents plaidoyers qui ont été portés. Il y a eu des militants qui effectivement étaient très opposés à la nature même des JO, d’autres qui ont critiqué les sévices que ça a causé sur le plan social, écologique et démocratique, et donc face à des catastrophes telles que les Jeux olympiques, eh bien l’articulation et la conjugaison des différentes formes de luttes, c’est important et j’en parle dans ce bouquin. Bon, on a parlé d'écologie, on va en parler aussi tout à l’heure, au moment des questions sûrement. Mais je pense qu’il faut aussi parler des multiples sources d’indignation démocratique et en termes de libertés publiques autour des Jeux olympiques sur la question.
Ah voilà pour la promo. C'était dingue de faire semblant. Jusqu’au bout. Ah voilà, voilà. Et que le temps de.
L'émission un peu abusé.
Tu lui donnes ça, il prend.
Bon. Je pense qu’ils y sont comme ça.
Bon.
La question maintenant que je veux poser, bien, c’est la question des uns, des problématiques autour de la démocratie que posent les Jeux olympiques. Et en termes de libertés publiques, il y a beaucoup, beaucoup de choses à évoquer là aussi. Donc on va essayer de chapitrer, peut-être en commençant par. Déjà, par le principe même de l’organisation de la décision, de l’organisation de ces J.O. Il n’y a aucune consultation, il y a ici totalement antidémocratique. Je passe la parole à Merlin pour commencer, pour commencer à commenter cela et on va faire un tour de.
En fait, il faut comprendre que dans la période moderne des jeux, le principal problème on l’a pas encore évoqué, c’est un problème de coût. C’est-à -dire que les villes candidates, les États candidats font des budgets prévisionnels complètement mensongers. On parle de dépassements de coûts, de parfois plus de 200 % et des trucs complètement délirants. Et notamment ils vendent le mythe selon lequel il y a des retombées économiques et ses retombées économiques, on les a pas beaucoup vu, y compris parce qu’en vrai, quand les touristes viennent pour voir les épreuves, ben il passe la plupart de leur temps dans les attractions olympiques et y retournent dans leur hôtel et ils prennent rarement le temps de réellement visiter la ville, les lieux, etc. Donc du coup, il y a très peu de retombées économiques sur le plan local. Et puis surtout le COJO et le CIO, le CIO. Le Comité international olympique prend énormément de temps, notamment en termes de droits TV, etc. Donc en fait, les Etats et les villes sont toujours complètement déficitaires sur l’organisation des jeux dans des proportions affolantes, et ça se répercute sur les populations en termes d’impôts locaux, etc. Ce qui fait que les gens adorent les jeux à l’international, mais ils n’ont jamais été aussi populaires en termes d’audience, etc. Par contre, quand tu demandes à quelqu’un, est ce que tu vas organiser les jeux chez toi et qui regarde la facture, il fait Ah ben non. Et en fait, les Jeux de Paris, Paris les a eus parce que des. Il y avait trois villes, trois villes où il y a eu des consultations et les habitants ont dit non, ce n’est pas possible. En fait, on ne va pas se faire pigeonner comme ça. Et la France a précisé dans sa candidature au CIO que nous organiserions, pas de consultation. Et ils ont refait la même chose avec les Jeux des Alpes. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas en organiser parce qu’en fait, c’est un contrat. Un contrat, ça se résilie et ça coûtera quand même beaucoup, beaucoup moins cher que la facture finale, qui n’est pas seulement économique mais aussi sociale et environnementale. On l’a déjà bien assez précisé et il faut avoir conscience qu’aujourd’hui les jeux galèrent systématiquement à trouver des villes. Les Jeux des Alpes, pourquoi ont-ils lieu dans les Alpes ? Parce que les Japonais, après s'être pris les Jeux du qu’Ovide à Tokyo, ils ont dit non pour que ça se passe à Sao Paulo. Et il a suffi que ce soit juste deux candidats anti J.O qui n’ont même pas gagné dans la ville de Sao Paulo, au nord du Japon pour qu’il annule la candidature. On voit quand même que les niveaux de démocratie ne sont pas les mêmes et que la France se gargarise de ne pas organiser de consultation, de ne pas donner demander l’avis des gens. Et moi je suis convaincu qu’aujourd’hui, si on arrivait à organiser un référendum, je veux dire, les socialistes ont bien organisé un référendum dans le 44 contre Notre Dame des Landes. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas en faire un autre contre ces Jeux Olympiques et ça éviterait un saccage environnemental et une facture énorme pour les habitantes et les habitants de ces régions. Donc c’est un vrai enjeu de ramener de la démocratie face à ça ? Parce qu’on peut se revendiquer des Jeux olympiques de l’antiquité grecque, mais moi je préfère quand même la démocratie athénienne.
Mathilde est ce que toi aussi tu pourrais nous dire à quel point ces jeux c'était un scandale sur le plan démocratique vis à vis de l’organisation, mais également en termes de manque de transparence.
Oui, complètement. En fait, au niveau de la transparence, il me semble que c’est le COJO qui, quelques mois avant les Jeux, a reçu bas dès à une perquisition ou quelque chose comme ça à leur siège. Parce que, en fait, il y avait eu des détournements de fonds et des problèmes comme ça, un peu habituel malheureusement en France, juste de politiques qui vont faire des abus de pouvoir, etc. Donc oui, il y a complètement un problème de transparence au niveau de ces jeux et au niveau de la démocratie et du choix de ces jeux à Paris. J’ai rien à ajouter à tout en fait.
C’est très complémentaire. Paul Sur le plan de la démocratie, sur le plan de la transparence, vous, qu’est ce que vous avez pu observer du côté du revers de la médaille ?
Nous, ce qu’on a pu voir, c’est on en a déjà parlé un petit peu moins, mais les mensonges des autorités sont assez complexes à notre égard. C'était avec. C'était avec les préfets avec qui on n'était vraiment pas d’accord sur la situation que nous on constate sur le terrain. Et c’est un constat des premiers concernés, des gens qui les accompagnent, des chercheurs, des journalistes. Et en face, on a des préfets qui peuvent aller à la télé nationale et dire Non, non, non, ce n’est pas vrai, Il n’y a pas de nettoyage social, tout va bien. On n’a expulsé personne, pas.
Un monsieur en particulier.
Je pense à Marc Guillaume. Ici, on a fait une petite réponse vidéo. Vous pouvez aller voir les réseaux sociaux du revers de la médaille. On s’est bien fait plaisir en lui répondant Mais déjà il y a ce problème là ou nous on est assez démunis et même le préfet de police. Monsieur du Conseil de Paris, il assume l’expulsion d’un campement de mineurs non accompagnés à côté de la Seine et les élus lui disent mais en fait les élus parisiens le disent. Mais en fait, ce campement, il était là depuis plus de trois semaines puisque lui annonce un campement qui était là depuis 48 h. Donc c’est du flagrant délit. Donc on pouvait les expulser. Et donc au prochain Conseil de Paris, il revient, il dit ah oui, c’est vrai, on les a expulsés de manière illégale et on est désolés. Donc c’est quand même.
Une pièce toujours au service des pires horreurs.
Et donc en fait, il y a quelque chose d’un peu dingue dans ces moments là où nous on est démunis. Alors on fait tout ce qu’on peut faire, on se mobilise, on en parle, on saisit le défenseur des droits, mais on peut, rien ne se passe. Et ensuite, en termes de démocratie, il y a eu ce qui s’est passé. Je ne sais pas si tu voulais en parler plus tard ou si on peut en parler maintenant, mais à tous les gens qui ont essayé de faire des actions justes.
Avant le sujet.
Eh bien, et pendant les Jeux, il y a eu des auditions organisées par la France insoumise à l’Assemblée nationale. On a envoyé un avocat qui a récolté la parole de plein de mouvements qui se sont organisés, pendant lesquels là, il y en avait plusieurs. Il y a Alexis, et nous, on a mandaté Mohamed Saïd, avocat au barreau de Paris. Merci à toi Mohamed, si tu regardes au poste. Et donc ils ont pu tirer un bilan de ce qui s’est passé. Déjà lui il a fait une centaine de gardes à vue en étant avocat commis d’office pendant les jeux. Il a par exemple été pour une garde à vue de gamins de treize ans qui ont fait la blague qu’on a tous fait quand on était gamins, de courir dans un quartier, de sonner à une porte et de partir en courant. Ils ont été mis en garde à vue pour ça, il a fait des gardes à vue de journalistes qui s'étaient rendus à un toxique autour de sa cage 2024 et des journalistes ont été mis 11h en garde à vue alors qu’il avait une carte de presse. Donc il y a. Il y a eu un usage abusif de la garde à vue et globalement il y a eu extinction. On voudra peut-être en parler après des perquisitions, etc surtout, ce qui est intéressant, c’est que si on regarde le répertoire d’actions que nous on a mis en place, c’est des collages, c’est des banderoles, c’est des rassemblements statiques. On ne parle pas de poser des peintres C4 sur les installations olympiques, on parle vraiment de modes d’action qui sont Bisounours. On projette des trucs avec des lasers, on apparaît à des endroits où on n’a pas trop le droit d'être. Ça va quoi, C’est pas complètement dingue. Et en face, c’est la garde à vue. Perquisitions, intimidations, contrôles d’identité, amendes. Donc c’est complètement dingue et c’est le boycott des chercheurs des J.O qui dit tout le temps voilà, tout est justifié par le terrorisme. Il y a eu deux attentats terroristes pendant les J.O. Une fois 72 à Munich, une fois à 96 ans en 96 à Atlanta. Et depuis on fait, on sécurise les jeux. Mais en fait, quand les terroristes ne viennent pas, les activistes viennent systématiquement et donc les flics n’ont rien à faire. Et nous on a eu des moments où les flics nous ont dit mais on est trop nombreux, on a rien de mieux à faire donc on va rester là quoi.
Merci Paul, tu me fais une très belle transition parce que dans ce chapitre en quelque sorte des saccages démocratiques et sur le plan des libertés publiques, il y a aussi la question sécuritaire, à savoir des moyens gigantesques en termes de criminalisation des luttes de répression qui ont été mises à disposition, une quasi impossibilité de se mobiliser durant la période. Et je sais que vous, vous l’avez vécu, notamment avec Climate. Vous avez de nombreuses actions et tout de suite il y a eu beaucoup de répression. Est ce que tu pourrais nous raconter ça ?
Mathilde Oui, donc l’action, il y a eu le plus de répression je pense, c’est celle de rébellion où ils ont voulu faire un rassemblement contre les Jeux. C'était vraiment très pipeau leur action à Orléans, le max de dégradations, c'était de la craie au sol, donc ce n’est même pas de la dégradation ça. Mais voilà. Et il y a eu des dizaines de gardes à vue juste pour ça. Ils ont aussi fait un atelier groupe dans des arbres au parc au bois de Vincennes et donc juste pour monter dans des arbres avec des cordes et tout. Ils ont eu des. C’est pour ça qu’il y a vraiment une surenchère sécuritaire absolument horrible pendant les jeux que tous les militants ont vécu et tout. Et nous on a aussi un camarade par exemple juste, qui faisait du tag le soir, qui a eu une garde à vue et une perquisition pour ça alors que c'était totalement illégal et que bah c’est quand même fou de s’imaginer que, en tant que militante, une perquisition t’as plus ton ordi, c’est un outil de travail, Bah t’es un peu dans la merde quoi. Et c’est des choses illégales, à tel point qu’après, les charges sont totalement abandonnées contre les militants parce que les flics n’ont pas le droit de faire ça et qu’ils font absolument n’importe quoi.
C’est ça. Et en fait, il y a cette idée qu’ils vont tout justifier par le risque terroriste et en fait le fait de museler toutes les contestations et toutes les voix dissidentes au nom du risque terroriste, c’est leur faire gagner la bataille. Parce que les terroristes, c’est ce qu’ils souhaitent. Ils souhaitent des sociétés complètement muselées et donc en fait, c’est leur donner gain de cause que de faire ça.
Alors je crois que. Alors là, tu veux nous lire quelque chose ?
Alors en fait, s’il y a quelqu’un. J’ai cité la démocratie athénienne et qui dit à très juste titre que le principe de l’agora c’est très bien, mais que les femmes, les esclaves ont été exclues, c’est très.
Bon, t’accorde un droit de réponse.
C’est très bien et en plus tu étais chez toi.
Ici et il a sorti le livre et tout. C’est incroyable ce qui se passe. Effectivement, on ne sait pas si c’est au peuple de répondre parce que c’est notre référence en termes de démocratie. Ce n’est pas tant la démocratie athénienne que la Commune de Paris. Et je voudrais rebondir puisque dans le livre de Jeanine Garde, elle exhume, c’est assez incroyable, un certain Pascal Grousset, donc, qui est un contemporain de Pierre de Coubertin, l’inventeur des J.O. Donc qui est un mec qu’on qualifierait aujourd’hui sobrement de nazi parce qu’il a vraiment salué les JO de de 1936, pas assez clair, qui correspondait parfaitement à sa vision des jeux, des jeux faits par des hommes blancs riches.
En Excluant tout le monde pour le culte du corps et de la force. Et donc ce contemporain, ce Pascal Grousset qui était un communard qui a été enfermé au bagne de Kanaky, y a travaillé sur d’autres types de jeux, sur les sur de l'éducation physique populaire pour les classes populaires, etc. Et ce n’est pas lui qu’on met en avant, c’est, c’est évidemment son contemporain, un noble et raciste. Et il y a des. Il y a une autre histoire du sport, il y a un autre sport qui est un sport avant tout populaire. Et moi, ce que je trouve tragique avec les Jeux olympiques, mais pas seulement avec tout le monde du sport business dont le football est évidemment le plus emblématique pour nous. Mais il y en a d’autres dans d’autres pays, je pense, le baseball, le foot américain, etc. C’est que, en fait, on dépossède les classes populaires du sport qui est un outil formidable de loisir, d'émancipation, etc. Et on en fait un business, un moyen d’exploitation des gens et surtout une fausse vitrine de la méritocratie. On dit quand tu veux, tu peux, tu peux t’extirper de ta condition sociale, etc. C’est un mensonge et la plupart des athlètes vous en parleront. Et moi je suis pour qu’on se réapproprie le sport comme notre culture populaire et qu’on ne laisse pas à nos adversaires le loisir d’en faire leur propagande.
Alors Merlin, c’est très intéressant, mais tu déstructure vachement cette émission parce que moi qui tiens à ce qu’il y ait un minimum de structure, Sinon après je vais me faire engueuler par le patron. Eh bien non, je rigole.
C’est une barricade, on ne sait jamais.
Mais maintenant, juste pour terminer, et peut être on pourra parler ensuite de la question d' une autre vision du sport sur la question sécuritaire, il y a Katia Doze qui dit dans le tchat il y a Romain Molina qui a expliqué dans sa vidéo bilan des J.O que le contrat signé entre le CIO et le COJO impose au COJO de s’assurer que l’Etat qui accueille les Jeux mettra tout en place pour empêcher les manifs avant, pendant et après les Jeux. C’est tout bonnement anti-démocratique et écrit noir sur blanc ce commentaire. Il est très intéressant dans le Tchad parce que, au delà de la simple répression pendant les JO, il y a et il y a une loi préparation des JO qui a été, qui a été votée et il y a eu des moyens hallucinants où il y a les landers anti-terrorisme qui surveillent les militants, où il y a la reconnaissance faciale qui a été expérimentée. Enfin, je vais vous laisser évoquer la suite, mais je pense que vous, vous avez été sensible tous les trois à ces questions là. Est ce que va t il ? Par exemple, tu pourrais nous apporter plus d’informations en la matière ?
c’est aussi tout simplement l’augmentation énorme de la vidéosurveillance. Donc il y a des caméras qui ont pop un peu partout en Ile de France avec ces jeux et aussi justement la reconnaissance faciale et l’usage des artifices des intelligences artificielles pour tout simplement contrôler la population et surveiller tous les faits et gestes qu’on fait dans la rue, dans le métro, dans les transports en commun. Et c’est déjà quelque chose qui, en termes de mobilisation sociale, va être un outil très puissant pour la police, pour tout ce qui est manif sauvage ou quoi. Avant, avec les caméras et l’intelligence artificielle, ils pouvaient arriver encore plus vite. C’est aussi un outil qui est très utilisé, par exemple le validisme. Donc juste quelqu’un qui va se déplacer de manière considérée comme anormale. Il y a aussi qu’il va être repéré plus vite par les caméras et il va être face, il va pouvoir enfin il va peut être subir de la répression à cause de ça. Et il y a aussi un enjeu social parce que les caméras, c’est quelque chose qui détecte aussi les sans-abris qui vont s’installer à certains endroits. Donc ce sera quelque chose aussi qu’on pourra en utiliser a posteriori des pour déloger encore plus vite des gens qui n’ont pas de logement, quoi.
Et on a aussi vu les images qui ont fait beaucoup parler, celles de Paris, si je puis dire ainsi, avec des milliers de barrières. On a vu aussi les QR Code gérer. On parlait tout à l’heure d’une pièce par la préfecture de police de Paris. Tout ça, c’est extrêmement choquant. Est ce que c’est des sujets sur lesquels vous avez essayé de réfléchir, que ce soit Merlin ou Paul par exemple ?
De quel côté est ce qu’on entend ? Et. Et qui donc parlait de ça ? En fait, s’ils ont parlé de cet aspect QR code et de cet aspect barrière.
Et pas de son accès
Ce qui n’est pas le plus choquant en soi. Et quand on voit les sujets, quand on voit les sujets, c'était vraiment justement des gens qui se rendent à leur travail, qui sont en mode oh là, je vais devoir faire un détour, C’est assez terrible, mais en même temps c’est ce qui a beaucoup tourné avec. Ah bah oui, le pauvre propriétaire d’un café qui va avoir son chiffre d’affaires, qui baisse mais qui pourra être dédommagé par l'état après. J’espère que beaucoup, en tout cas des gens qui regardent post ont pu voir les images du mobilier anti SDF parce qu’on essaie de le documenter pas mal. Et ça c'était l'étape au dessus, un peu pour nous intéresser.
Moi les médias.
Ça intéresse un peu moins les médias. Il y a énormément de journalistes qui sont venus le documenter. La presse internationale était à fond, mais c’est clair que nous, on le voit immédiatement, ce n’est pas la même entreprise et ils ont les mêmes.
Lois intéressent plus que ceux des opprimés et des dépossédés.
Alors que juste avant les jeux, il y avait des murs de ciment sous les arches du métro, il y avait des tables de pique nique et des péniches à la place de lieu de campement. Il y avait des blocs de béton avec des pics. Enfin, il y a eu un arsenal entre ces SDF qui étaient complètement.
C’est hyper grave et souvent on se sent totalement impuissant face à ces trucs qui suscitent beaucoup d’indignation. Alors si cette émission intéresse nos camarades qui sont sur le tchat, sur YouTube, sur Twitch et ailleurs, on va continuer et notamment on va continuer sur la dimension pratique de ces luttes et je pense que c’est hyper important. Pierre II Où est ce que ça part, les collectifs, les mobilisations que vous avez initiées parce qu’on part de loin, comment vous avez pu et que vous avez essayé de structurer des mobilisations autour des J.O. Est ce que ça a été évident ? Quelles difficultés rencontrez-vous ? J’aimerais qu’on explore tout ça et comment concrètement, il y a eu de l’organisation, il y a eu des fiches de renseignements aussi, des services de renseignement qui ont été rendus à plusieurs reprises, où ces mobilisations étaient très surveillées. Et je pense que pour les camarades d’autres pays qui devraient accueillir les Jeux olympiques, les Jeux olympiques et qui voudraient organiser des mobilisations, c’est important, pourquoi pas ? Qui se servent de la discussion qu’on va avoir pour réfléchir à la structuration des luttes. Et voilà. Alors eux, ils ont leur prétendue héritage social qui est totalement asocial. Mais nous, on peut avoir notre héritage en termes de luttes. Et donc, qu’est ce que vous retenez vous ? de votre activisme pendant ces J.O.
On commence. Je l’espère, à Transition, puisque tu as parlé un peu de l’héritage répressif. Et je pense que la première chose que nous, on a remarqué, c’est quand même le niveau de répression qu’on a subi ou qu’on surtout subi nos camarades. Moi, je pense à la fois aux camarades de saccage et aux camarades d’extraction de rébellion qui ont été fichés, nommés par Darmanin, qui ont suivi une répression complètement démesurée. Surtout que nous, on les connaît bien, nous on sait à quel point c'était quand même fou quoi. Les mecs qui s’inventent comme ça des ennemis de l’intérieur, complètement terroristes alors que c’est des collectifs citoyens qui font de l’obéissance civile. Je ne veux pas dire gentille, mais qui en tout cas et pas du tout violente. Ça c’est une certitude. Ce qui est violent, c’est ce que c’est. Ce qu’on veut, c’est ce qu’il inflige aux plus démunis, c’est ce qu’il inflige à la population, c’est ce qui est dit à tout le monde. Pour moi, il faut quand même voir au travers de ces Jeux Olympiques à quel point c’est en face de nous que sont les voyous, ceux qui ne respectent pas la loi, ceux qui n’attendent même pas des décisions de justice pour détruire des jardins, pour expulser des campements, etc. En fait, les petits fours, un fric public dans les poches. Dingue quoi ! La corruption autour de ça, on a des voyous en face de nous et on va nous expliquer que c’est nous les écoterroristes, Les délinquants et des lois long comme le bras sont conduits à l’assemblée pour faire de la répression et pondre un appareil répressif complètement hors sol qui est une sorte de super état d’urgence dont la première réaction c’est de dire on va le pérenniser, ces fameuses caméras de surveillance aux mouvements biométriques, etc. Elles étaient illégales. La loi anti JO les a rendus expérimentales. Mais sauf qu’avant ça, Darmanin, il avait fait plein de congrès, des méthodes de sécurité, etc. Et il avait dit mais vous n’inquiétez pas, vous n’inquiétez pas, ce sera très bientôt possible en France et grâce aux jeux et le premier truc qu’ils vont vouloir faire, c’est pérenniser le truc. Et de façon ils ont déjà installé les caméras donc on va galérer de ouf à leur dire bah non, vous n’allez pas les utiliser si on installe des caméras avec des super bandes surveillance, évidemment ils vont pas, ils ne vont pas éteindre la lumière, c’est pas vrai. Donc cette répression, elle est quelque chose aussi qu’on ne mesure pas mais qui a une grosse dimension de découragement et je crois qu’on l’a beaucoup vécue. Alors moi, revers de la médaille, parce que vous avez des associations qui ont des besoins, des moyens très importants pour eux et pour eux, non mais qu’est ce qui est une force ? Moi j'étais hyper content de vous voir arriver avec ces moyens là et qu’on puisse faire des choses ensemble, c’est clair. Par exemple, on a fait une petite contre cérémonie d’ouverture, mais on était tous très fiers, en grande partie grâce à vous, etc. Donc c’est très important. Mais nous, dans les collectifs qui font vraiment ça à la force des militants, le découragement, le sentiment qu’on ne va rien réussir à faire à cause de la répression, de la surveillance totale, etc. Ben oui, ça fait qu’il y a plein de gens qui ne vont pas se mobiliser là dessus alors qu’ils sont contre etc. et ou on va beaucoup s'épuiser à contourner les dispositifs, etc. Parfois pour ne même pas réussir à aller jusqu’au bout de l’action. Donc c’est quelque chose dont on ne mesure pas le fait que la violence répressive a aussi un effet dissuasif et donc elle brime encore plus la liberté d’expression des gens quoi.
Alors Mathilde, les prochains Jeux Olympiques et Paralympiques, c’est aux États Unis dont vous avez, vous qui êtes expert, c’est dans quelle ville ?
C’est à Los Angeles,.
Los Angeles.
45 000 personnes sans abri.
45 000 personnes sans abri. C’est très important d’en parler, car ils font partie des premières victimes de ces Jeux olympiques et paralympiques. Du coup, j’en profite pour te poser une question Mathilde. Tu as été engagée dans la contestation anti olympiques, ils seraient les conseils que tu leur donnerais pour préparer les mobilisations ?
Bah déjà de commencer dès maintenant en fait. Parce faut vraiment aussi prendre beaucoup de retard. On s’y est pris un an avant de commencer à critiquer. Bon, il y avait bien sûr les jardins d’Aubervilliers qui avaient déjà fait une hutte avant et sa cage de milliardaire qui était là depuis plusieurs années. Mais globalement, tout le monde a commencé à se poser des questions là-dessus, en avant. Et en fait, c'était trop tard. Il y avait déjà tout construit quasiment, donc il restait juste un coup de peinture sur les dernières constructions. Donc c’est vraiment se mobiliser dès maintenant. Quatre ans, ce n’est déjà pas beaucoup pour lutter contre un événement aussi énorme. Et dire aussi que ce qu’on a eu comme facilités, nous, dans la lutte, c’est au niveau de la com. et de juste tout le monde. Personne n’aimait les JO globalement et tout le monde était assez d’accord avec nos arguments. Et ça c’est comment ? Ça faisait plaisir quand même si on n’existait pas médiatiquement. Parce que les médias vont de Bolloré et tout, ils n’en parlent pas globalement, mais juste au niveau des réseaux sociaux et tout. On voyait très bien qu’il y avait un engouement pour critiquer les Jeux Olympiques et ça, c'était assez incroyable. Mais dans les actions, concrètement, que ce soit pendant ou un peu avant, il y avait quand même souvent un découragement avec l’augmentation de la sécurité des flics et tout. Et ça, ça s’inscrit aussi de manière générale dans une répression de plus en plus forte au niveau des mouvements sociaux en France, et aussi beaucoup à Paris où il y a de plus en plus de forces de l’ordre et de garde à vue de manière complètement démesurée.
Paul toi, quelles sont les leçons pratiques que tu tires en termes de mobilisation autour de cette séquence ?
Alors clairement, s’y prendre plutôt que nous parce que nous, on sent et on s’y est pris en octobre 2023, donc c'était déjà trop tard. Il faut s’y prendre le plus tôt possible. Tu as complètement raison. Ensuite, nous, on recommanderait en tout cas aux collectifs qui ne vont pas s’inscrire dans le cadre vraiment complètement anti J.O. Nous on recommande pas mal de faire un peu ce retour à la force de la com. des J.O contre les gens en disant pour nous ça a hyper bien marché de dire on n’est pas contre les valeurs des jeux, l’amitié entre les peuples, accueillir le monde entier, etc. L’inclusion, on trouve ça formidable. Par contre, on est contre l’exclusion sociale, le harcèlement policier. Donc c’est aussi un conseil qu’on donnerait à certains groupes. S’il y en a qui ne savent pas trop comment se positionner politiquement. Le fait de retourner ce truc de com., pour nous, ça a bien marché. Et ensuite les actions, la propagande par le fait, franchement, pour toutes celles qui ont des accointances anarchistes, c’est ce qui a marché le mieux pour nous, c’est d' agir.
Au poste, on fait de la com, c’est de la propagande. On vient dénicher des concepts de l’anarchie sortis tout droit du XIXᵉ siècle.
Paul c’est ça ?
Non mais d’avoir à chaque fois des actions coup de poing avant chaque demande de plaidoyer. Nous avons vu qu’on a dit qu’on n’était pas anti J.O. On a passé notre temps à. On a passé notre temps à leur faire des propositions, à leur dire Bah vous pourriez faire un centre de premier accueil, vous pourrez créer des places d’hébergement, mais à chaque fois avant de le faire, on avait une action et donc on est allés. Il faut vraiment profiter de la fenêtre de tir politique vu que les jeux vont aller partout à Los Angeles, regarder où va passer la flamme, quels sont les monuments qui vont être utilisés et allez faire vos images avant eux. Et on fait les images avant nous. On court pas après personne d’ailleurs, mais personne ne court après les gardes à vue. Mais nos actions, des fois elle prenait cinq sept minutes, on allait quelque part banderoles, lasers, fumigènes, écritures, que sais je. Et après on se barrait avant que les flics arrivent. Et en fait, on vit dans un monde de com., évidemment. Donc les médias ont énormément suivi là dessus. Ça a permis de faire passer le message et de mettre énormément de pression aux autorités. Donc ouais, franchement, des actions coup de poing en s’inspirant de méthodes des soulèvements de la terre, de méthode d’ultras des stades de foot, chacun fait son petit mélange. Et nous maintenant, on a notre petite méthode au revers de la médaille qui nous convient bien. Et ça, ça permet aussi de lutter dans la joie et de se faire aussi un peu plaisir. Ce n’est pas que triste de militer autour des J.O. Ça a été un moment assez émancipateur pour nous.
On est bien d’accord et je pense qu’on va rester en contact. On a plein de choses à préparer dans les médias. C’est alors juste qu’il y a notre camarade La Citadelle, Je te construirai qui dit un truc assez et qui pose une question très intéressante. Je trouve qu’il demande que vous preniez contact avec Médecins du Monde et y KFC à Los Angeles pour partager vos expériences ? En somme, pour reformuler, est ce que vous envisagez de prendre contact avec celles et ceux qui vont préparer des luttes là bas ?
Alors on ne l’a pas fait. Mais c’est une bonne remarque et ce serait bien qu’on le fasse effectivement.
Et aux postes où il y a des gens pertinents.
Dont on a des idées. Le collectif olympique Los Angeles qui a commencé à nous envoyer sur Twitter des images d’expulsions. Et au niveau du revers de la médaille, ce qu’on va faire, c’est qu’on est en train de. On veut aussi documenter l’après J.O. Les un mois, un mois et quelques après les Jeux. Et on veut faire un petit guide militant en disant justement ce qui n’a pas marché pour nous, ce qui a marché, un truc en dix principes pour les futurs collectifs. Et un truc aussi de bilan à envoyer à tous les futurs organisateurs pour vraiment rester le caillou dans leur chaussure le plus longtemps possible.
Très bonne initiative. Il y a Sadrunner qui dit on n’est pas chez les cons ici. Et je crois que tu as raison. Alors il me semble que du coup on parlait de Los Angeles, mais chez nous il y a aussi il va se passer des choses ici dans le territoire, beaucoup plus près, de manière beaucoup plus proche avec les. Vous en avez parlé tout à l’heure, Mathilde notamment les Jeux d’hiver. Il y a. C’est un véritable scandale, vous l’avez dit, sur le plan écologique, sur le plan démocratique, et vous devez être informés ou pas d’éventuelles mobilisations qui ont commencé ou qui s’organisent. Si c’est le cas, j’aimerais que vous puissiez, vous nous en parliez de ce qui structure en termes de mobilisation autour de ces Jeux d’hiver, et à quel point revenir aussi sur à quel point ils sont problématiques. Du coup, on fait un tour de table. On commence par la droite, cette fois-ci.
Merlin ?
Ça me fait sur ma droite, la droite ça pique, ce n’est pas très sympa. Je fais remarquer que je suis dans le même mouvement que toi.
Quand tu montes dans ce mouvement, tu es à ma droite.
C’est complètement fou.
Bon voilà, écoute, je ne vais pas dévoiler Le secret.. C’est sur n’importe quoi, mais on ne dit pas PS. Non mais. Écoute-moi sur la mobilisation dans les Alpes. Je sais qu’elle est en cours de construction parce qu’en fait les gens découvrent en fait un peu là depuis quelques semaines ce que c’est que ce que leur a concocté la droite, ce cher Ludo, qui est ce merveilleux personnage Lui aussi, ils aiment bien la corruption. Pour ce qui est de l’aspect humain, il a senti l’argent avant, avant tout qui allait pouvoir se mettre dans les poches avec ça. Moi il me semble qu’ils ne sont pas encore à un stade où ils ont prévu des actions typiques etc. Et moi je veux vraiment leur recommander d’essayer de se concentrer sur ces histoires de référendum, mais aussi pour aller un peu dans le sens de Paul sans moi, prendre position sur le fait pour ou contre les jeux. Je considère que malgré tout les jeux, leur histoire avec Pierre de Coubertin, etc. Et quand même pas de notre côté, mais qu’il faut être capable par contre d’avoir un récit sur le sport, la fête, le loisir autour qui soit qui soit très important, et un truc qu’on avait essayé de faire, qu’on n’a pas réussi à faire parce qu’on s’est pris trop en retard, c’est d’essayer d’organiser des Olympiades populaires. Et moi je pense que ça tenait. J’y tenais et c’est une grande blessure dans mon cœur. Mais si, S’ils en ont la possibilité. Je pense que c’est le meilleur moyen effectivement de retourner le récit et y compris. Et tu avais dit ça aussi dans une conférence, je me souviens essayer de voir avec les athlètes, mais pas les athlètes qui sont en ce moment en compétition, parce que pour eux c’est toute une vie qui se joue sur ces épreuves. Mais ceux qui sont en retrait et qui peuvent avoir un regard critique, y compris sur la dimension environnementale. Et moi je veux quand même dire une chose, y compris aux athlètes qui sont dans les épreuves. Parce que même si c’est absolument vrai que pour eux, c’est quelque chose qui dépasse tout. Souvenez-vous de 1968 des Jeux de Mexico, de qui on se souvient ? Est ce qu’on se souvient de tous les gagnants des épreuves de fleuret, de basket et tout ça ? Non. On se souvient de deux athlètes qui sont montés en chaussettes sur le podium.
Je t’interromps parce qu'à Paris, il y a un raid qui est en cours. Un RCC. C’est qui David qui vient nous assiéger ? Je te remercie avec ta horde de viewers qui arrivent sur le live. Et pour contextualiser, vous êtes sur une émission qui fait un bilan critique des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Et là on en était à la question des Jeux d’hiver et à quelle lutte s’organise-t-on autour des Jeux d’hiver ? Et on avec Pôle Jalousie de Médecins du Monde et du revers de la médaille ? Mathilde avec Merlin de peps ! Merlin. Désolé pour cette interruption.
Je reviens donc à l’histoire et à ces deux athlètes qui ont brandi le point noir en plein mouvement des droits civiques sur le podium des jeux qui ont été exclus. Ensuite de toutes les institutions sportives de leur pays et international à cause de ça. Donc évidemment, les Jeux ne tolèrent pas qu’on fasse de la politique sur cet espace. Mais le sport est éminemment politique. Et ces deux héros, ils resteront à jamais dans l’histoire pour ce qu’ils ont fait, pour ce qu’ils ont montré comme visage du sport. Et je crois honnêtement que, à notre époque où il y a encore tant de problèmes sur le racisme, tant de problèmes sur le sexisme et surtout la crise écologique qui est quand même une menace pour l’ensemble de l’humanité, eh bien on peut quand même prendre cette vitrine d’assaut et essayer de dire non, non, on ne cautionne pas l’extractivisme qui est fait par les sponsors des jeux comme Coca Cola et autres. Non, on ne soutient pas ce que font nos états. Aussi en termes de saccage et en tant qu’athlète, on se préoccupe de l’histoire de l’humanité. Parce que moi, je vous pose une question : à quoi ça sert d'être les plus forts si il n’y a plus d'êtres humains pour se souvenir de nous ? C’est un peu tragique et un peu grandiloquent de dire ça. Mais c’est vrai de quoi ? Grandiloquence ? Non mais voilà, moi je crois que fondamentalement, il faut aussi pouvoir s’adresser aux athlètes, parce que je crois pas que ce soient des personnes hors de la société, inconscientes des enjeux, de tous les enjeux qui entourent leur vie. Et. Et peut être qu’ils peuvent aussi se rendre compte que leur sport a du sens si le mettre au service de valeurs qui permettent à la vie de continuer.
Alors Mathilde, on n’a pas réussi à faire capoter Paris 2024. Est ce qu’on peut réussir à saborder et saboter ces Jeux d’hiver qui s’annoncent catastrophiques sur de nombreux plans ?
En vrai. Oui je pense, il faut avoir de l’espoir. Et puis ils vont aussi saboter tout seul sur beaucoup d’aspects vu qu’il n’y aura pas de neige. Donc déjà c’est compliqué. Mais en fait la lutte a commencé dans les Alpes actuellement, donc il y a déjà des groupes d’extinctions de rébellion locaux qui ont commencé à se mobiliser pour faire un référendum sur le sujet. Il y a un collectif qui s’est créé il y a quelques mois qui s’appelle Le Noyau 2030. Donc ils ont commencé la lutte, il l’a commencé plutôt que nous, parce que je pense qu’ils ont vu l’expérience qu’on avait avec 2024 et c’est super. Ils commencent à se mobiliser, ils ont déjà fait des actions. Pour l’instant, c’est des choses assez festives, assez petites désobéissance civile sympathique et tout. Mais on peut aussi penser pour plus tard, quand ils commenceront vraiment à faire les infrastructures à du sabotage. Ce n’est pas très compliqué je pense de couper des canons à neige, ça doit être un petit tuyau et fin. Du coup ça a déjà commencé et il faut que ça aille encore plus vite. Et au niveau des organisations sociales, je ne sais pas s’il y en a qui ont commencé à se mobiliser.
Mais nous on a une antenne de Médecins du Monde à Briançon parce que c’est un lieu où il y a beaucoup de passage de personnes, de personnes migrantes qui arrivent. Et il y a le refuge à Briançon. Voilà. Donc il y a un médecin du monde qui y est. Il y a tous les migrants. Donc les copains des communs de la vallée de la Roya n’arrêtent pas de m'écrire. Mais bon, quand est ce qu’on fait le bilan de vous à Paris pour justement potentiellement faire resurgir le revers de la médaille là bas et leur faire une passation ? J’avais lu une déclaration d’un des pères, des militants du collectif No JO2030 qui disaient Ils sont en train de nous organiser un suicide collectif, mais ils ne sont pas en train de demander au collectif s il envie de se suicider. Et nous, sur notre dernier rapport, on va faire un petit kit pour la presse en leur donnant toutes les données qui n’ont pas été rendues publiques au niveau social. Et on va demander il y a de l’EHPAD qui est en train de compiler tout un tas de données écolos qui ne sont pas faites pour le donner à la presse et leur dire Mais en fait, il y a plein de données déjà qui ne sont pas libérées. Et donc pour que les jeux aient lieu en 2030, il faudrait déjà que les gens et une information transparente de qualité et qu’ensuite ils puissent se positionner. Et vraiment, s’il y a des militants des Alpes qui nous écoutent, c’est une fois par siècle qu’on peut se mobiliser localement, pas sur les JO. Et en plus, franchement, on peut aussi se faire plaisir quoi. Ça donne lieu, enfin, ça donne accès à un imaginaire, à des métaphores, à plein de choses qu’on peut faire. Oui, il maraude avec nous à Médecins du Monde. C’est vrai. Je réponds aux commentaires des familles.
Ils sont efficaces.
Il fait cela parce qu’il est aussi médecin et donc il fait des maraudes à la frontière. Mais donc ? En tout cas, c’est aussi un bel objet militant des Jeux Olympiques parce que ça permet de faire des choses dans les actions. On fait des courses, tu peux faire des remises de médailles, en fait, tu peux imaginer plein de trucs et c’est beaucoup moins terne que ce qu’on a habituellement. Donc vraiment, c’est une fois par siècle, il ne faut pas rater ce moment de mobilisation.
Alors, chers amis, j’espère que cette émission vous la trouverez instructive, intéressante et j’espère qu’elle pourra nourrir des réflexions autour des mobilisations à venir, que ce soit pour les Jeux d’hiver ou pour les Jeux à Los Angeles. On va continuer l'émission, notamment en recevant Odile Morin, notre camarade qui est Gilet jaune, qui militant anti validisme avec une de ses camarades qui s’appelle Gwen, qui est également militante chez Pep Odile. On va la recevoir à 19 h 45 pour nous parler de l’hypocrisie qu’il y a autour des Jeux paralympiques qui seraient inclusifs. Ce n’est pas du tout le cas. Donc on va les recevoir à 19 h 45, mais juste avant il me semble. Enfin vous savez, moi quand j’anime les émissions de la barricade chez notre pote David, à chaque fois j’emmène des camarades dans le public en studio parce que j’aime bien. Enfin, j’aime bien faire taper l’incruste à des gens, Il n’y a pas besoin d’invitation en fait. Et du coup, il me semble qu’il y a Margot qui est une camarade militante très engagée autour des mobilisations en solidarité auprès de la Palestine, du peuple palestinien qui aimerait évoquer la répression. Il me semblait que tu y étais allé. Il faut prendre confiance.
Et allez Margot
Parce que Margot, en fait, je trouve que c’est important et on ne pouvait pas parler des Jeux Olympiques sans, sans parler, sans parler autour de la. Ah, parfait !
Parce que alors je suis désolée,.
mais ça me paraît très important. Pourquoi ? Parce que c’est vrai qu’on n’a pas parlé et pourtant c’est peut être un des enjeux le plus vital au sens littéral du terme. Les mobilisations en termes de solidarité auprès de la résistance du peuple, des résistances du peuple palestinien. Parce qu’il y a eu beaucoup de mobilisations, notamment autour des JO, pour demander soit l’exclusion, soit le fait qu’Israël et les délégations de sportifs israéliennes participent sous bannière neutre au vu du génocide dont orchestré par l'État génocidaire israélien et colonial. Est ce que tu pourrais nous parler de ces mobilisations et aussi parler de la répression qui a eu autour de ces mobilisations ?
Alors déjà, là, comme ça mobilise près de chez moi.
C’est vrai qu’on s’est mobilisé tout l'été, même avant du coup, le début des JO devant le COJO.
À la fois au début des J.O. Vraiment, on s’est fait interdire les rassemblements devant le COJO, donc on a continué à Nation. On s’est fait aussi interdire à Nation, donc on a patienté tranquillement et on a demandé d’autres lieux un petit peu partout dans Paris. Et ça avait vraiment pour but de à la base, avant le début des J.O. De faire exclure Israël de ces Jeux Olympiques ou au moins de les faire participer sous bannière neutre, neutre comme. Comme pour la Russie en fait. Et même pendant tout le long des J.O. Tous les rassemblements, toutes les manifestations mobiles en fait, ont été interdites. Donc on s’est complètement fait réprimer, même pendant les épreuves. Pendant la cérémonie d’ouverture, il était quasiment interdit d’avoir un drapeau palestinien sur soi, alors même qu’il y avait une délégation palestinienne. En fait, même s’il était trop tard,.
juste deux secondes pour saluer les camarades qui viennent avec Pierre Lapin qui nous font un raid sur ce live Twitch et on les remercie. Cette émission suscite de l’intérêt. Donc c’est très bien que tu sois venu et je te laisse la parole pour continuer.
Désolé.
Non mais faute de Tweets, je suis obligé de m’y faire.
Moi je sais.
Pas, mais pour moi c’est une première Twitch donc j’avoue que je ne connais pas trop les codes. Mais c’est vrai qu’on s’est fait beaucoup réprimer pendant tout le long des J.O et je pense que ça va continuer malheureusement.
Vous parlez du deux poids de mesures entre les athlètes russes, biélorusses qui on impose de participer aux J.O sous bannière neutre tandis qu’on ne le fait pas pour les athlètes israéliens. Qu’est ce que tu en penses ?
Pour moi ce n’est pas normal du tout parce que. Le combat est quand même différent entre l’Ukraine et la Russie et la Palestine et Israël. La Palestine est quand même. Un État, bien qu’il ne soit pas reconnu par de nombreux pays.
Qui est sous emprise, qui est sous blocus israélien depuis 1948, ça fait 76 ans et depuis le 7 octobre, on marque quand même des choses répression, traitement, génocide en fait de ce peuple là. Et Israël devrait continuer à vivre normalement à. Peut être accepter une totale impunité. Comme ça ils bénéficient d’une totale impunité et ce n’est pas normal. Alors que la Russie a totalement été mise au ban. Israël ne peut continuer tranquillement à génocider.
Merlin, J’ai envie de réagir.
Ouais, parce que ça me rappelle l'épisode historique.
C’est vrai que David nous précise qu’il faut en oublier de préciser dans quel collectif s’est engagé Margot.
Pour nous le rappeler. Je suis engagé au sein d’Euro Palestine.
Et nous présenter un peu aux Palestiniens.
Euro Palestine c’est une association qui a été fondée il y a plus de 20 ans par Olivia Gauthier. Oui, il faut faire attention. Donc ça a été fondé il y a plus de 20 ans par Olivia et est mort et du coup son mari Nicolas qui se bat, joue depuis tout ce temps pour la justice.
Merci Margot
Je voulais juste rappeler l'épisode qui montre bien l’hypocrisie du Comité international Olympique puisque l’Afrique du Sud a longtemps été exclue de la compétition olympique à cause de l’apartheid et grâce à un très important dispositif de boycott par les athlètes, y compris des athlètes de ce pays. Et moi, ce que je trouve fou, c’est qu’aujourd’hui, alors que les associations sportives palestiniennes, etc. Pointent du doigt. Ce qui se passe dans leur pays, comment Israël cible aussi méthodiquement la question du sport palestinien, etc. Pour les empêcher de rayonner à l’international, etc. En plus des crimes de guerre et des génocides qu’ils pratiquent. Et bien le CIO est complètement sourd à cet à ces appels à l’aide et ne défendent pas du tout le mouvement sportif international en prenant une position très claire du côté des génocidaires. Donc c’est particulièrement grave et la complicité du CIO et du pays organisateur. La France est et est à dénoncer comme étant de premier ordre. Surtout que c’est possible d’exclure un pays comme l’Afrique du Sud pour ces questions là.
Mathilde, est ce que tu aimerais réagir à ces mobilisations ?
Euh bah ouais, en fait il y a eu beaucoup de mobilisation de manière générale sur beaucoup de sujets, y compris la Palestine. Du coup, et oui, on se rend compte qu’en fait il y a partout le même, eu la même répression au niveau des flics. Ils vont toujours nous saquer, nos mobilisations, interdire les rassemblements déjà, ensuite vous envoyer en garde à vue ou nous gazer, etc. Et. Et oui, enfin genre c’est complètement hypocrite de la part du gouvernement de juste d’exclure la Russie, mais pas d’exclure Israël qui fait des choses absolument pires. Et il y a vraiment deux poids deux mesures entre les blancs et les non-blancs. Enfin du coup ça c’est horrible. Et au delà de ça, il y a aussi beaucoup de personnes qui ont essayé de brandir des drapeaux palestiniens dans les stades pendant les compétitions et tout, et qui ont eu aussi beaucoup de répression de la part des vigiles et des policiers qui leur ont tout de suite arrachés, qu’ils ont sorti du stade, etc.
Donc s’il me semble bien, ce n’est pas censé être interdit ? Parce que toutes les délégations qui participent aux J.O ont le droit de brandir des drapeaux, les drapeaux.
Alors moi je suis allée au match Mali, Israël.
C’est juste Margot avant qui nous raconte. Je précise que les amis ont maintenant quatre minutes 45 à 10 h 45, on a Gwen et Odile qui militent dans l’association antisociale qui a une association anti validisme. Qui vont venir nous parler des jeux paralympiques. Donc je précise et je te laisse la parole.
Adam. Je disais quand on a été au match Mali Israël et déjà c'était très angoissant parce qu’on savait qu’on allait être entouré de personnes qui allaient beaucoup contre nous. Mais on a quand même réussi à sortir les drapeaux. On a même sorti une banderole, mais on ne l’a pas gardée très longtemps, j’avoue. Mais on a réussi à la sortir. Mais on ne s’est pas fait sortir du stade. La seule personne qui a vraiment pendant les JO voulu aller sur le stade. C'était un activiste italien. C'était dans le sud, c'était à Nice, au stade à Nice. Lui, par contre, a subi une énorme répression. Ils lui ont mis. Il a été placé en garde à vue. Ils l’ont lues aux toilettes. Ils ne l’ont pas laissé manger, ils ne lui ont pas donné d’eau. Rien du tout. Et c’est vrai, je crois qu’il est sorti au bout de 48 ou 60 12 h, ce qui est énorme et a écopé du coup de 500 € d’amende.
Mais alors, juste avant de donner la parole à Paul, il y a quelqu’un qui dit dans les commentaires pour réagir est ce que tu as dit semble ou c’est chaud ? La Russie ? Moins pire qu’Israël ? Il n’y a pas de compétition du pire dans la guerre. Il me semble que ce n’est pas ce que t’as voulu dire non ?
Enfin évidemment, ce n’est pas ce que je voulais. Je voulais dire mais c’est juste que fait à partir du moment où de la Russie ? Bah Israël c’est totalement logique parce que bah il y a eu énormément de morts en Ukraine. Là il y a une frappe qui a fait genre plusieurs dizaines, voire centaines de morts effroyables il y a quelques jours et en et en Palestine. Fin il se passe la même chose. Mais en plus de ça, il y a aussi un génocide actuellement. Et donc c’est hyper chose qui est ce qui se passe. Et je voulais aussi rebondir sur le fait de faire 72 h de garde à vue. En fait, à partir de plus de 48 h de garde à vue, quand tu fais 72, c’est soit pour vraiment parce que t’as de la drogue sur toi ou soit parce que t’es considéré comme terroriste et comme vraiment dangereux. Et en fait, il y a vraiment deux poids, deux mesures qu’on retrouve de plus en plus, où on va mettre des militants sous 60 10 h en garde à vue qu’on va considérer comme terroriste. Il y a aussi de plus en plus de gens qui se font convoqués par l’antiterrorisme, notamment avec la Palestine, mais avec aussi des mouvements écolos.
Avant d’accueillir dans un instant Odile Morin et Gwen du collectif Luttes et handicap pour l'égalité et l'émancipation, J’aimerais peut être que Paul, si tu le souhaites, tu réagisses alors que le studio n’est pas fait pour qu’on soit cinq ou plus normalement. Mais peut être que tu réagisses à ces mobilisations ci, Comment tu les aperçus également autour dé colonial, au sein des mouvements ? Oui, ça ne va pas.
Normalement, mais en tout cas, pour parler des alliances qu’il y avait à faire à la cérémonie d’ouverture, il n’y a pas eu que notre action. On avait été contactés par des militants pro-palestiniens qui me disaient : On a bien aimé la banderole que vous avez déployée à l’arrivée de la flamme, est ce que vous avez un plan similaire ? Et le jour même, j’ai été contacté par un gars qui me disait "J’ai vu les affiches du revers et mon balcon donne sur la Seine, Allez y ! Et donc on a filé le plan qui était tout préparé aux camarades pro-palestiniens. Nous, Médecins du Monde, on est présents à Gaza. Moi, je viens d’avoir 29 ans et j’ai un collègue qui à mon âge, qui devait avoir entre le 20 qui les a pas eu parce qu’il était médecin palestinien et il est mort sous les bombes avec sa famille là bas. Donc on est évidemment très engagés sur ça sur ce territoire. Et je pense que si on doit noter le plus de répression qu’il y a eu, il y a eu une enquête de Mediapart sur le passage de la flamme et sur les 400 personnes qui ont été écartées du passage. C'était très majoritairement des gens qui avaient des drapeaux et des symboles de la Palestine.
Beaucoup de gens, est ce que tu es basé dans la rue ? Merci beaucoup les amis, alors restez avec nous. On va juste accueillir Gwen et Odile grâce à notre génie de la technique, notre cher Davduf qui sans qui on ne pourrait pas faire toutes ces émissions
Alors je prends le micro deux secondes, on va être obligé de faire pause quelques instants pour les réglages techniques. Et seul toi Ritchy, tu vas pouvoir entendre tes invités. Je suis désolé, on n’a pas de matière.
Il faut donner des sous pour qu’on ait les moyens.
Absolument. Mais aussi parce que Ritchy arrive avec des invités qui ne sont pas prévus. Mais c’est parfait, ça fait partie de la sauce et c’est parfait. Donc voilà, alors là, il va y avoir Odile et Gwen et je vois que Robin est aux manettes, donc vous n’allez pas les voir ni l’entendre. Je suis vraiment désolée, mais Robin lui, va les entendre. Odile Bonjour, Est ce que tu. Est ce que tu m’entends ? Est ce que tu es de retour ? Pour l’instant, tu n’as pas de retour. Est ce qu’elles ont le retour au deal ? Et j’ai l’impression qu’elles n’ont pas le retour. Elle a bougé oui, prise en photo et ce n’est pas bête, ils vont en profiter pour faire la pose photo. Je pose donc le chat et là je me mets avec mes camarades. Ah ben oui, alors là, ça, ça devient. Donc, en fait, là, là, il y a toute la jeunesse engagée sur Paname en tout cas je veux pas être du tout ! Non, non, moi je ne veux pas augmenter la moyenne d'âge. À moi tout seul. Voilà, c’est parfait. Oh la vache, la barricade Ikea ! Au début, il y avait une personne, maintenant il y en a deux : Odile et Gwen. Est ce que vous nous entendez ? Euh Ritchie, Faudrait mettre le casque pour voir. Ah là, ça devrait marcher dans quelques instants. Est ce qu’on entend Odile ? Est ce que tu peux me faire un signe de tête si tu m’entends ? Non, elle n’entend pas. Vous ne vous inquiétez pas. Il y a Robin qui est ici depuis le maquis belge, a pris à distance mon ordinateur et va pouvoir nous donner le son.
Mais David, est ce qu’on n’a pas battu un record avec dans ce studio quatre personnes sur canapé. Deux personnes en visio ?
Ici, en studio, on bat le record parce qu’en règle générale, on prévoit. Et donc il y a une autre chaise pour la quatrième personne. Parce que la quatre sur le canapé, ça doit être un peu serré. Rose Ça va, ça va. Alors Mathilde, je tiens à te dire que ta jolie chevelure et plein pot dans la caméra. Mais ce n’est pas grave, ce n’est pas grave, on est en train de faire les petits réglages techniques de Pierre là.
La maîtrise technique est impressionnante.
Odile qui dit qu’elle entend moi je n’entends pas. Oui, tu entends Odile ? Dans un moment, j’entendais.
C’est le casque, aucun problème.
Donc toi, tu cherches vraiment à ce qu’il y ait des dons ? Alors Odile, est ce que tu peux. parler
C’est bon.
J’attends, je me dis il va annuler l'émission parce qu’il veut céder la place à Michel Barnier. En fait, pas du tout. Il me dit Ouais, ce serait bien qu’on rajoute des invités. Voilà Odile. Alors sachez qu’Odile et plein écran. Ricky, tu es petit. Merci Mathilde tu sais, puisque maintenant on voit Ritchy, on voit Odile et vous vous entendez à l’antenne ! Vive la jeunesse !
Parfait ! Alors Bonsoir Odile et Gwen également, Il me semble que vous êtes deux, c’est ça ? Si je ne m’abuse.
Oui, il y a Gwen du club qui m’accompagne puisque le club a pas mal travaillé. Le sujet des paralympiques aussi.
Eh bien très bien. Je suis très heureux de vous recevoir dans ce premier numéro de la deuxième saison de la barricade. L'émission que j’ai l’honneur d’animer sur vos postes est une émission cette fois ci qui est dédiée à un bilan critique politique des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Alors c’est vrai qu’on a beaucoup parlé des désastres que ces J.O. Ont engendré sur le plan social, écologique et démocratique. Mais là, on est encore en plein Jeux paralympiques et il nous semblait extrêmement important d'évoquer la question du validisme à travers ces Jeux paralympiques, et notamment de faire émerger une voix dissonantes à la petite chanson qu’on entend dans les médias consistant à dire que ces Jeux paralympiques seraient exemplaires en termes d’inclusivité, etc. Vous connaissez mieux que moi, Odile et Gwen en la matière. Donc peut être que dans un premier temps, je vais vous laisser vous présenter chacune et en présentant le collectif ou l’association dont vous êtes membre, et ensuite j’aurai une question à vous poser.
D’accord alors donc, Odile Maurin, je suis présidente d’une association de défense des droits des personnes handicapées Lutte contre la glisse qui s’appelle antisociale et qui existe depuis une vingtaine d’années. Et je suis aussi élue municipale et métropolitaine et je viens de créer un groupe en Haute-Garonne à Toulouse pour justement mettre en avant les luttes intersectionnelle et cesser de hiérarchiser les luttes, mais plutôt de les articuler les unes les autres. Parce qu’en fait on a un ennemi commun, c’est le capitalisme. Et je. Je laisse Gwen se présenter, puis c’est elle qui va commencer par parler. Je complèterai.
Après. Merci Odile.
Merci.
Alors Gwen, à toi.
Oui, vous m’entendez bien ?
Oui.
D’accord donc je suis Gwen du CLEE, donc Collectif Lutte et handicap pour l'égalité et l'émancipation. Notre position c’est d'être un collectif anti validisme et politique en uni. C’est à dire qu’on ne va pas seulement parler de handicap, on va parler de la structure de la société et comment elle exclut systématiquement les personnes handicapées et le handicap du discours, du discours et de la vie de tous les jours. Est ce que vous voulez que j’explique ce qu’est le vieillissement ?
Alors oui, je pense qu’on peut commencer par expliquer ce qu’est le validisme et en quoi les Jeux paralympiques sont valides.
Donc le validisme, c’est un système d’oppression, c’est un système d’oppression qui va se baser sur le rejet des personnes handicapées, sachant que ce n’est pas un rejet uniquement sur des bases de biologie ou de problèmes de santé. Car le handicap n’est déterminé pas seulement par. Ta santé ou ta réalité biologique. Le cap est déterminé par la façon dont la société décide ou pas de t’intégrer. Par exemple, la vieillesse et tous les problèmes qui viennent avec l'âge sont des handicaps, mais la plupart des personnes âgées refusent ouvertement d'être qualifiées handicapées parce que pour elles, c’est un mot très négatif. A partir de quel âge on est handicapé ? Eh bah ça dépend de l’organisation de la société autour de toi. Est ce que tu peux sortir de chez toi sans te cacher, sans te casser la figure dans des escaliers en colimaçon ? Est ce que tu as accès à des transports à partir du moment où avec l'âge, tu ne peux plus conduire ta voiture ? Est ce qu’il y a des aménagements pour les malvoyants vu que quasiment toutes les personnes âgées ont des problèmes de vue avec l'âge ? C’est ce qui va déterminer ton handicap. C’est le fonctionnement de la société qui va le déterminer. Et bien c’est pareil avec les personnes qui ont une maladie, un handicap, un problème de santé aiguë ou chronique. Les politiques. La politique est complètement et même parfois plus importante que notre réalité biologique.
Alors merci pour cette définition Gwen. Je me permets de vous faire remonter une question qui est dans le tchat de Citadelle Je te construirai qui dit ? Je me fais l’avocat du diable, mais il me semble que c’est la première fois que toutes les épreuves paralympiques sont diffusées et font de si bonnes audiences. Au risque de vous mettre en colère, est ce exact ? Qu’est ce que vous aimeriez répondre à cette question ? Odile Gwen.
Alors c’est vrai qu’il y a une meilleure diffusion des Jeux paralympiques. Mais on diffuse quoi ? On porte quelle image on porte, quelle représentation des personnes handicapées ? C’est ça la question. Est ce qu’il s’agit simplement, tous les quatre ans, de montrer quelques personnes handicapées et de faire de l’inspiration porn C’est quand même une vision très dépolitisée du handicap. Ou qu’est ce qu’on montre au monde que l’individu seul devrait se dépasser ? Le handicap est toujours perçu comme une tragédie personnelle. Et puis l’idéologie validisme postule, coalise, postule que les corps non correspondant jugés handicapés ont moins de valeur et ils sont naturellement considérés comme inférieurs et discriminants. Et ça imprègne tous les pans de la société et ça fait subir aux personnes handicapées des oppressions structurelles. Et en fait, cette médiatisation, elle est délétère. Pourquoi ? Pour les personnes handicapées ? Parce qu’elles présentent le handicap comme un problème contre lequel on doit lutter, qu’il faudrait surmonter pour atteindre la norme valide. Et c’est comme ça qu’on ressasse tous les clichés du validisme qui oscille entre l'érotisation et la compassion. Et ce qui pose problème aussi, c’est que pour avoir le droit d’exister en tant que personne handicapée dans l’espace public, il faudrait qu’on soit exceptionnel, inspirant et qu’on se dépasse. Il y a un mécanisme de comparaison par le négatif aussi. Ils sont tellement courageux et courageux, Je n’aimerais tellement pas être à leur place. C’est tout ça que ça véhicule. Donc en fait, les Jeux Olympiques, ils vont renforcer ces Jeux paralympiques, ils ont tendance à renforcer les préjugés et les clichés du Validisme. Et c’est Ariette de Gouges, une de nos camarades, qui dit que les Jeux olympiques, ils ont été créés pour donner de la dignité. C’est ce que disait le premier fondateur des Jeux Olympiques. C’est comme si on considérait qu’on n’est pas digne. Pourquoi est-ce qu’on doit nous donner de la dignité ? On n’a pas à nous donner la dignité. Il y a aussi, ça pose aussi tout le problème du mythe des capacités. Parce que le sport, et encore plus le sport de haut niveau, il porte en lui le culte de la performance, de pousser les corps à l’extrême, d’aller jusqu’aux limites de leurs possibilités, de susciter une admiration collective qui finalement érige les sportifs et les sportives en demi-déesse. Et le sport, ça permet de différencier les êtres humains selon la performance. Le gagnant, c’est le plus fort et on exalte encore une fois les jeux des notions de mérite et de juste concurrence. Et c’est une injonction pour les personnes handicapées à devoir se dépasser. Or, le problème, c’est que pour pouvoir se dépasser dans le sport, pour pouvoir sortir de chez soi, pour pouvoir s’habiller et tous les défis quotidiens auxquels on est confronté, ceux-là, ils ne sont pas mis en avant. Donc ça pose quand même aussi la problématique de l’image du bon handicapé d’un côté, c’est-à -dire celui qui ne se plaint pas, qui va essayer de dépasser sa situation, de garder le sourire, d’avoir plein d'énergie. Et de l’autre côté, il y a le mauvais handicapé, celui qui se laisse aller dans son handicap, qui n’essaye pas de surmonter. Donc c’est tout ça que ça renvoie. Et puis après, c’est aussi pour la France l’occasion d’essayer de faire croire qu’elle est inclusive et qu’elle mène des politiques en matière de handicap. Non, elle organise la charité. Très mal d’ailleurs. Et. Elle nous maintient dans des systèmes ségrégatifs avec la complicité, il faut bien le dire, des organisations gestionnaires d'établissements spécialisés.
En France, parlent à la place des personnes handicapées. C’est à dire que si demain Orpi disait je représente les personnes âgées, ça ferait un tollé parce que tout le monde sait très bien que personne ne représente les personnes âgées. Il les maintient dans des conditions dégueulasses, dans des lieux de privation de liberté. Et pourtant, quand les gestionnaires d'établissements médico-sociaux qui gèrent des établissements spécialisés pour les personnes handicapées parlent à notre place, ce sont les interlocuteurs du pouvoir public. Tout le monde trouve cela normal. C’est aussi ça le validisme. Et un peu. Et puis je pourrais vous dire après comment ça se passe sur Paris, quelles conséquences y en a eu, voilà, qu’est ce qui se passe pour les personnes handicapées qui sont sur Paris et comment est ce qu’elles peuvent continuer à vivre pendant qu' on communique sur leur dos ?
Alors Odile et Gwen, je vous remercie vraiment. Alors je vais te laisser la parole dans un instant. Gwen, je tiens vraiment à vous remercier de porter cette parole anti validisme parce qu’on l’entend peu et notamment dans cette séquence des jeux paralympiques où on fait croire qu’on est dans le meilleur des mondes pour les personnes handicapées. J’aimerais juste vous faire remonter deux ou trois commentaires du chat et ensuite vous laisser la parole pour toutes les deux pouvoir conclure. Parce que ensuite, on va bientôt clôturer l'émission et je donnerai juste avant de clôturer la parole, aux camarades qui sont présents au plateau. Alors avant de vous laisser la parole Odile et Gwen, je vais faire remonter deux ou trois commentaires. Allez, pour faire court, on a. C’est Brown qui dit ce que je ne supporte plus, même si je sais que ce n’est pas méchant. C’est le qu’est ce que tu es courageuse et j’admire ta force. On n’a juste pas le choix. Je préfèrerais que ma vie ne soit plus un parcours du combattant, donc c’est un témoignage extrêmement pertinent. Et ensuite y a beaucoup de gens qui vous remercient Odile et Gwen pour votre argumentaire très bien structuré, je cite. Alors je vous laisse la parole parce que vous êtes que toutes les deux. Gwen, tu voulais réagir et Odile tu voulais compléter sur les conditions en ce moment pour les personnes en situation de handicap à Paris. Alors Gwen.
Donc je voulais déjà répondre un peu plus directement à la première question, c’est si on sait, on réagit comme ça. Vous avez les Paralympiques ? Ce n’est pas parce qu’on n’aime pas le sport pour un topic que je n’ai pas vérifié mais le fait. Et vous me dites que ça n’a jamais été autant diffusé que cette année. C’est très bien si les sports paralympiques sont plus diffusés que d’habitude. D’accord, je suppose que pour les athlètes c’est super, mais ce n’est pas vraiment la question. La question c’est que les Jeux paralympiques, c’est tous les quatre ans. Et pendant quatre ans, il va se passer quoi pendant les quatre prochaines années ? On va à nouveau retourner dans notre grotte, dans notre cave. Je ne sais pas d’où est ce qu’on est censé sortir. Les athlètes paralympiques eux-mêmes, ils sortent d’où ? Parce que les sports, les clubs sportifs, pour faire du sport en étant handicapés, il n’y en a pas énormément. Et les personnes handicapées étant les plus mal logées et parmi les plus pauvres, c’est-à -dire sous le seuil de pauvreté, comment elles sont censées vivre dans des grandes villes qui donnent accès à ce genre de clubs de sport qui sont presque toujours situées dans des vêtements. Et après, c'était la question du. Les gens qui te disent vous êtes tellement courageux et on n’a pas le choix. Effectivement, c’est à dire que c’est comme disait Odile, on a le choix, soit on fait pitié, soit on est inspirant, soit on est un super héros handicapé qui fait qui est champion, je ne sais pas, d’athlétisme, de basket, ce que vous voulez. Soit on ne fait pas assez de sport et quand même on devrait en faire plus. Parce que faut savoir que le sport c’est aussi quelque chose qui est instrumentalisé par nos soignants et par. Les gens qui ont autorité sur nous quand on est dans une institution. Le bon indicateur, il fait sa rééducation. Le bon handicapé passe sa vie chez le kiné, le bon handicapé, il fait du sport et parfois t’as juste envie de faire autre chose de ta vie. Et on a des gamins qui vont être éduqués dans cette idée. Il faut absolument guérir. Peut être qu’un jour tu vas marcher. Vous avez tous vu le Téléthon dans le Téléthon ? Ils ont vraiment cette idée de Oh, peut être qu’un jour tu vas marcher, tu vas marcher comme si c'était la seule chose qu’on peut faire dans sa vie de se mettre sur deux pieds et d’avancer. Il y a d’autres choses plus passionnantes dans la vie. Sauf que ce gamin, au lieu d’aller faire des activités comme tous les autres enfants, son mercredi après 12 h, il va passer en rééducation pour peut être un jour marcher.
Et mal pour faire quoi ? Bien souvent.
Alors au travers, on se sent très loin. Parce que la myopathie, ça fait mal. Non mais c’est vrai, qu’est ce qu’on a en dehors de cette statue en fait ? Pour des lectures complémentaires, je vous suggère déjà l’article Superwoman d’Elisa Ora sur son blog aux marches du Palais. Le blog entier d’ailleurs. Donc c’est un article sur la notion de super héros handicapé et vous avez un article d’Alina Chamorro sur le Club de Mediapart qui s’appelle La Vie Acrobate. Parce que quelque part, les Jeux paralympiques tels qu’ils sont, tels qu’ils sont présentés aujourd’hui, tels qu’ils existent aujourd’hui, on n’est pas allé très loin depuis les Freak Show, parce qu’avant les handicapés, tu les voyais pas, tu les voyais soit dans une institution, soit à la rue, soit dans un freak show. Vous connaissez l’histoire des freaks show, Vous savez ce que c’est ? C’est le cirque, c’est le burlesque. Et on montrait ces gens bizarres, ces gens qui étaient trop grands, trop gros, qui avaient une jambe en plus, une jambe en moins. C'était du spectacle, c'était du spectacle et c’est On en est encore là finalement. On fait du spectacle, mais un peu plus politiquement correct.
Merci Gwenn. Je vous remonte quelques interventions dans le tchat et notamment une remarque si je dis pas de bêtises au niveau du pseudo qui dit tout ce qu’on a fait pour transformer la ville après 1945 afin qu’elle soit adaptable à la voiture et qu’on a jamais cherché à prendre en compte pour le handicap. Ensuite, tu as la citadelle, je te construirai qui demande à ce que votre intervention soit anti validisme et qui est si précieuse et qui est si rare, sous titrée est rediffusée. Donc on y est, on y veillera. Alors on va prendre un peu plus de temps que prévu, notamment Odile pour quinze minutes de plus. Odile pour te laisser revenir sur la situation en ce moment à Paris.
Alors merci. Il y a quand même un truc aussi important à dire, c’est que les Jeux paralympiques ne concernent pas toutes les personnes handicapées. Par exemple, les sourds sont exclus. Les diff olympiques se déroulent dans un autre lieu, à une autre date. Tout ça parce qu’on a rien fait pour rendre accessible avec la langue des signes française tout le sport pour les personnes sourdes. Et puis il y a des classements. Pour pouvoir concourir, il faut savoir par exemple qu’il y a 20 catégories qui existent avec le sport paralympique. Il y en a trois qui concernent le handicap mental, cinq. En fait, on voit quand même, et c’est ce qu’on retrouve aussi, la médiatisation. On va mettre en avant des corps différents, des handicaps visibles où la performance, je dirais, est plus éclatante. Mais le handicapé mental, on ne va pas le prendre en compte. Et puis en plus, ces catégories, il y en a qui disparaissent, il y en a qui apparaissent. Cécile Deste qui est une sportive paralympique médaillée. Sa catégorie a disparu. Bah non, parce qu’il n’y avait pas assez de gens pour concourir avec elle. Oui, c’est plein de choses comme ça et on met en avant les lions. Et puis il y a une seule fédération pour tous les sports et donc ils ne sont pas du tout traités à égalité avec les autres sportifs. Et donc ce qui serait pas validé, ce serait d’avoir des Jeux Olympiques où toutes les personnes, quelles que soient leurs différences, participent et qu’il y a la même cérémonie d’ouverture et de fermeture pour tout le monde. Alors évidemment, il y a des processus de sélection qui sont aussi humiliants, arbitraires. Pareil sur le sur la question du port de la frappe de la flamme, on a vu une personne paralysée marcher avec un exosquelette. Alors là, on célèbre leur capacité à imiter les capacités des valides grâce à la technologie. Mais ces exosquelettes, combien y en a d’entre nous qui on va en avoir ? Alors qu’aujourd’hui on en est à ne pas financer nos fauteuils roulants. Le Conseil constitutionnel en France considère qu’avoir un fauteuil roulant, avoir un véhicule adapté, ça ne relève pas de l'égalité. Ce n’est pas grave si on n’a pas cela. C’est l'égalité qui est prévue par la Constitution française, ne s’applique pas aux personnes handicapées. Et tout ça après dans une ville Paris où je rappelle que 3 % du métro est accessible et pourquoi 3 % du métro est accessible ? Encore une fois, parce que des organisations gestionnaires comme l’APF ont considéré en 2005 qu’effectivement ça allait coûter trop cher de rendre accessible le métro parisien et que donc on allait s’exonérer de cette obligation. Voyez nos bons représentants, c’est sûr que les pouvoirs publics préfèrent les choisir, eux, que nous, parce que eux, ils moufte pas quand il y a des problèmes. Et après Paris, qu’est ce que fait Paris ? Bah Paris a lancé l’idée de quartiers d’accessibilité augmentée. Donc en fait, ils nous disent vous avez le droit de vivre dans tel quartier dont on va augmenter l’accessibilité. Les autres allez vous permettre ? C’est un peu ça le message quand même, c’est les bus accessibles à nous. Ils ont annoncé par exemple qu’il y avait 10 % de lignes accessibles. Ce que je pense qu’ils ont oublié de dire, ben, c’est qu’en fait une ligne est déclarée accessible à Paris quand il y a quinze pour 100 de denrées accessibles. Bon, nous on n’a pas besoin d’avoir tous les arrêts accessibles, on est sensé alors que beaucoup d’entre nous ont des périmètres de marche très limités. Euh, on est censé avoir encore moins d’arrêts auxquels on peut se rendre que les valides. Ça aussi c’est l'égalité. Euh c’est aussi la question du logement. On nous a dit que ça allait être un accélérateur pour l’accessibilité du logement. Sauf que les logements qui ciblent, qui ont été construits, euh, ils seront hors de moyens sur le plan financier. Parce que ça aussi, comme l’a dit Gwen, les personnes handicapées, globalement, en termes de niveau de revenus, elles sont quand même bien dans les choux. Quand on vit avec, on vit sous le seuil de pauvreté. Qu’est ce que vous croyez qu’on a comme choix pour se loger ? Surtout qu’en plus, dans le logement social en France, un des scandales qui existe aussi, c’est que les quelques logements accessibles, on peut dire qu’il y a peut être 1 % maximum de logements accessibles dans tout le parc HLM en France. Les quelques 1 % de logements accessibles y sont loués aux valides. Donc bah nous on peut courir derrière.
Mais alors on doit passer pour un gars qui perd une opportunité d’avoir l’appartement de ses rêves.
Mais merci Odile et Gwenn, je fais juste remonter une remarque de chatte de l’auvergnat relou. Putain mais les gens ils ont. Ils ont du goût dans les pseudos. David qui dit-il faudrait une émission entière avec elle en parlant de vous Odile et Gwen. Donc moi j’annonce d’ores et déjà que peut être le mois prochain ou dans les prochains numéros de la Barricade, on fera une émission dédiée à l’anti validisme. Vous serez conviés ou on essaiera d’inviter le maximum de personnes concernées pour porter cette parole qui est extrêmement importante. Et je sais à quel point c’est important à titre personnel, parce que moi aussi je fais partie d’une population qui est opprimée, stigmatisée, invisibilisée les voyageurs, les Rom, les Manouches et les Yiddish Et je pense que c’est important de développer cette solidarité et de travailler à cette visibilisation. Alors peut être que pour. Pour conclure, je vous entends plus de mon côté, c’est normal. Si c’est bon, peut être que pour conclure votre intervention ici, je pourrai reprendre une formule pour décrire le validisme et j’aimerais que vous puissiez me dire si ça convient. Je dirais que finalement le validisme c’est un peu dire que c’est les personnes handicapées en situation de handicap qui doivent s’adapter à la société et non l’inverse. Et du coup, à travers ces jeux paralympiques, c’est si je ne me trompe pas exactement le message qui est véhiculé aux personnes concernées.
Oui, parce qu’on reçoit beaucoup le message de si tu veux, tu peux, regarde lui, il arrive à être champion de sport et lui il est champion d’athlétisme, alors pourquoi toi t’arrives pas à descendre tes trois marches d’escalier ? On est toujours comparé à ça en fait, c’est soit on peut, mais dépasser le handicap, c’est cette idée du dépassement qu’il y a aussi dans le sport des valides. Un nouveau corps a des limites. Si on les dépasse, cela a des conséquences sur notre santé à long terme. Vous savez très bien ce qui arrive aux sportifs quand ils ont abusé de l’entraînement des grands croisés. Et puis on tue, on ne voit plus ça. Ce qu’on nous demande, c’est de mettre notre santé en péril pour le droit d’accéder à une rue. Enfin, c’est pour aller où ? C’est pour. C’est pour faire quoi ? Où aller où ? C’est quoi le projet de vie derrière ?
Je vous remercie Odile et Gwen pour vos interventions importantes dans cette émission, parce que sinon elles auraient été totalement incomplètes. Donc le rendez vous est pris pour une émission complète, un numéro de la barricade au sujet des luttes anti validisme. Alors on va conclure l'émission en faisant un dernier petit tour pas avec les personnes qui sont présentes sur le plateau ou ailleurs. Il y a le vide qui prend le micro.
Je prends le micro. C'était juste pour remercier infiniment Odile et Gwen. Je ne sais pas si elles m’entendent.
Mais moi je n’entends pas ici les assistantes en attendant.
De m’entendre pour leur dire que effectivement, on doit vraiment les remercier et dire que le tchat a été très attentif à leur passage. Odile j’ai mis, je t’ai fait confiance, j’ai mis les liens sans les lire, ils sont apparus. Et puis on vous donne rendez vous toutes les deux le mois prochain je pense. Oui et puis on verra comment on s’organise. Si vous pouvez monter sur Paris ou si on fait sans visio. Là, c'était très propre. Enfin, on va se démerder, on va se démerder, on va organiser tout ça, venir et ça fait bien plaisir de te revoir.
Gwenn nous disait qu’elles ne peuvent pas venir à Paris parce que ce n’est pas accessible.
Mais ouais, c’est ça, c’est ça. Alors on fera en visio, mais on sera à Paris.
Allez on sera à Paris. Enfin, je serai à Paris le 23 octobre pour un procès pour une audience de la Cour de cassation. Parce que tu le sais, certains d’entre vous le savent, les activistes d’anti social ont dû bloquer les pistes d’un aéroport et bloquer un TGV pour se faire entendre en 2018. Et on a été condamné, histoire de dire aux méchants handicapés calmez vous, restez à votre place, allez dans vos établissements spécialisés et fermez votre gueule. Donc on est poursuivis. On a été condamnés à des peines de prison avec sursis, puis à des peines d’amende en appel. Et on est devant la Cour de cassation pour demander notre relaxe parce qu’on a fait de la désobéissance civile non violente et qu’on est tout à fait légitime parce qu’on a agi dans le cadre de la liberté d’expression, de la liberté de réunion et dans le cadre de l'état de nécessité. Et alors voilà, on espère faire jurisprudence pour que tout le mouvement social puisse utiliser, comme le demande la Cour européenne des droits de l’homme, le droit à la désobéissance civile l'État bafoue nos droits.
Alors j’explique juste ce que tu viens de nous dire aux camarades qui sont présents sur le plateau et notamment à David, parce.
Qu’il faut que tu comprennes que Ritchy a poussé la barricade. Je pensais que c'était pour la société. Non. La barricade, il la monte dans le poste. Il invite des gens dans tous les sens. Maintenant, il y a en plus des invités qui sont là.
Pour dire en visio quoi ?
En présentiel ? Voilà, c’est ça. Il a ajouté Vous en visio. C’est une grande première, c’est un grand bordel. Mais figurez vous que dans le studio, on n’a pas d’enceintes, donc il y a que lui qui vous entend en casque. Donc il va, il va un peu me répéter.
Et voilà ce qu’il disait. Et bien c’est que le 23 octobre, si je ne dis pas de bêtises, il y a un procès politique avec un caractère éminemment politique contre les militants anti sociales suite à une action désobéissance civile pour alerter sur le fléau du validisme. Et donc à cette occasion, on pourrait peut-être essayer de caler l'émission à ce moment-là. On va réfléchir en tout cas et on vous remercie. En avril, le 23 octobre à Montauban.
Ben oui, alors il va falloir prendre le temps. Et bien oui, et l’audience se tient le quinze devant la Cour de cassation.
Devant la Cour de cassation avec Arié Alimi.
Donc on va voir, on discutera de ça de manière plus organisée. Monsieur Thibault, si vous laissez un peu le souk.
On vous remercie à bientôt.
Merci beaucoup ! C'était génial !
Merci d’avoir pris du plaisir. Merci beaucoup d'être venues. Il faut susciter de la réaction pour booster l’algorithme. Mais oh là là, on ne peut plus rien dire, comme diraient nos amis réactionnaires. Alors peut-être qu’il y a une question, mais c’est dommage que notre ami ait dû partir. Mais bon, en même temps en maraude, c’est pour la bonne cause. Et bien maintenant une question qu’on pose toujours en guise de clôture de ces émissions sur Au poste : qu’est ce qu’on a fait pendant ces 2 h ? Quelle est l’utilité de cette émission, de cette discussion ? Voilà, qu’est ce qu’on a fait ensemble, collectivement, ici, sur ce plateau, dans ce studio
Vraiment. Franchement, c’est super intéressant. C’est un peu une première pour moi, comme je l’ai dit tout à l’heure. Déjà c’est ouf de faire ça avec un média indépendant. Merci beaucoup de nous avoir invités et de faire un peu quelque chose de différent que les médias des milliardaires. Insupportables et injustes. C’est super important de se rappeler qu’en fait les J.O. Ce n’est pas juste une cérémonie d’ouverture qui est jolie, où il y a des petits feux d’artifices et des paillettes. C’est vraiment des conséquences sociales et écologiques absolument désastreuses. Et il faut être en lutte constamment contre ça parce que le principe est toujours nul. En fait, aucun JO n’a été organisé de manière éthique. Et pour les prochains ? Bah ouais, Los Angeles, 2030 dans les Alpes, il faut qu’on soit près d’attaque pour leur défoncer leur cérémonie.
Un bon cap, un bon mot d’ordre.
C’est un cap Clair. Mais merci Ritchy, Merci David. C’est tellement plaisant d'être ici, de pouvoir parler de fond, parler de tout ça. Et moi je suis convaincu qu’ici on est dans une des citadelles de la bataille culturelle, mais de notre côté.
On peut reprendre Gramsci, peut être qu’on peut conclure ainsi. Ce qu’on fait sur Au Poste c’est qu’on participe à la guerre de position qui s’ouvre contre les citadelles du capitalisme et du fascisme ? Voilà, on a les nôtres et c’est important, merci à toutes et tous de nous avoir suivi sur cette émission. Vous allez pouvoir rapidement la retrouver en rediffusion grâce aux petites mains, grâce aux camarades de l'équipe qui bossent beaucoup.On les remercie et j’en profite encore une fois. Peut être qu’on est un peu relou avec ça, mais c’est un peu le nerf de la guerre comme on dit. Comme le dit le vieil adage populaire, il faut donner des sous pour ce qu’ils peuvent et il y en a qui le peuvent plus que d’autres pour qu’on continue à faire ça, pour qu’on continue à mener la bataille sur le ring des idées et de l’information. C'était chouette. Merci beaucoup David pour la gestion technique et la gestion de cette belle émission et de ce beau média. Il va falloir qu’on pousse les murs je crois et puis merci aussi à notre public en présentiel, Mano, Flo etc. Ça rime en plus, Voilà. Et puis on se retrouve le mois prochain pour un nouveau numéro de « la Barricade ».
