Fleur Breteau : le cancer est affaire politique (et son combat, une leçon de vie)
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Amis du café, amis du courage, amis du cosmos, vous allez comprendre pourquoi. Quel bonheur de recevoir le courage incarné.Fleur Breteau, bonjour.
Bonjour, David.
Alors tu sais comment on tient les micros. Là, c'était pas trop mal. Comment vas-tu Fleur ?
Écoute, ça va, un peu crevée à cause du ministre de l’Agriculture, mais sinon ça va.
Tu es l’autrice de ce livre hyper bien écrit.
Merci.
Ah si, c’est vrai. Oui. Ah si c’est vrai, qui est assez terrible parce qu’il dit, mais qui est encourageant par l'énergie qu’il déploie, la force qu’il déploie. Cancer, Colère, la santé, les pesticides ne sont pas une affaire d’opinion. Alors là, franchement, le sous-titre, il n’est pas terrible.
Oui. J’aurais dû dire ce que tu dis partout, c’est une affaire politique. Je crois que c’est l'éditeur qui voulait que ça soit le plus compréhensible possible.
Mais tout va bien.
Voilà, mais non mais je comprends ce que tu dis.
Deux cancers du sein, une loi qui réautorise des pesticides interdits et un cri dans l’hémicycle. “Vous êtes les alliés du cancer.” Fleur Breteau figure du collectif Cancer Colère au départ, c’est un collectif individuel, écris-tu dans ton livre ? Puisqu’au départ, Cancer Colère va devenir ce truc magnifique de pétition. Au départ c'était des peintures que tu fais des dessins que tu fais tu as transformé ton combat, intime en guerre politique. Pour toi, aucun doute, le cancer est une affaire politique, le Seuil pour la deuxième édition, mettez-le comme ça !
C’est super, bravo.
Alors, quand ta fine équipe et toi-même, ont décidé de la date aujourd’hui, ni toi, ni moi, ni ta fine équipe ne savions qu’en fait, on va être en plein dans l’actualité. Quelle est cette actualité ?
L’actualité, c’est qu' hier, il y avait le débat à l’Assemblée nationale sur la pétition contre la loi Duplomb, les bancs de l’hémicycle étaient quand même hyper clairsemés je ne sais pas si tu veux que j’en parle un peu plus.
Si, si, vas y !
Et on a eu donc des prises de parole assez méprisantes malheureusement, on n’est pas très surpris Annie Genevard a suggéré que ce sont des robots informatiques qui ont généré les signatures pour la pétition. Sachant que pour signer la pétition il fallait se connecter sur France Connect, c'était tout un bazar donc c’est impossible en fait. C’est vraiment encore une fois, face à un mépris du gouvernement qui cherche même pas à être crédible, c’est juste, il ne faut surtout pas questionner les arguments pour leurs lois, parce qu’ils en ont pas, donc ils sont prêts à nous raconter n’importe quoi, une invasion de nounours, je sais pas. C’est juste, il faut pas qu’on débatte de leurs lois, parce qu’ils n’ont aucun argument pour dire que c’est bien, et que c’est une validité, puisqu’il n’y a que les industriels qui en bénéficient.
On précise, il y a cette pétition que tu lances, que ton collectif a lancé l'été dernier. Vous arrivez à atteindre 2 millions, la pétition qui est sur le site de l’Assemblée nationale.
Oui qui a été déposée par Eléonore Pattery, qui est une étudiante de 23 ans.
Voilà, cette pétition recueille 2 millions de signatures. Hier, comme le veut la loi, puisque, au-delà d’un certain seuil, les députés sont obligés d’examiner cette pétition. Et bonsoir, bonsoir, c’est quoi ce peuple qui décide de dire « Eh, on aurait bien un peu de démocratie directe ». Et là, il y a donc effectivement la ministre de l’Agriculture, parce que toi, tu ne dis pas qui elle est tellement tu la connais, mais c' est donc Annie Genevard, qui nous dit, hier après-midi, voici la citation exacte, « J’invite tous les députés, notamment ceux ayant encouragé cette pétition, aux côtés de tous les robots qui ont tourné allègrement à soutenir la ministre que je suis lorsque je défends dans les enceintes européennes l’homologation et non plus l’homologation européenne et non plus nationale des produits phytopharmaceutiques. Et ensuite, elle est obligée, quand quelqu’un, Delphine Batho, je crois la questionne, lui dit qu’est-ce que vous racontez ? C’est quoi cette histoire de robots qui ont tourné allègrement ? Elle répond, vous le savez bien, des algorithmes qui font monter les choses. Donc là, déni de démocratie.
Désinformation totale.
Est-ce que tu as pu être à l’Assemblée, ou pas, ou tu es…
J’ai pas voulu y aller, on m’a proposé, il y a d’autres membres de Cancer Colère qui y sont allés, mais j’ai pas voulu, j’en peux plus, en fait je ne peux plus les écouter, j’arrive plus à me mettre en colère, je préfère mettre mon énergie dans la mobilisation, dans la lutte, là je sature et j’attendais rien de spécial, j´attendais quand même à ce qu’ils aient un peu plus de dignité personnelle et qu’il y ait un peu de monde, et là vraiment c’est le dernier, pour eux c'était des cacahuètes quoi un message envoyé par plus de deux millions de français, moi je trouve ça hallucinant, et ça ne leur fait ni chaud ni froid.
On voit bien que, ce soir, pendant qu’on parle, il y a une loi, une proposition de loi qui est déposée pour la protection des points de captage d’eau potable. Et ça va être hyper intéressant de voir quel est l’objet du vote, donc la semaine, politiquement, elle est forte, parce que là, comme on est en train de dire, c’est quand même la santé publique, c' est l' intérêt général, ce soir la loi, la Duplomb du nom du député qui la dépose. L’eau potable, si c’est pas un bien commun et si ce n’est pas l’intérêt général absolu, je ne sais pas ce que c’est l’intérêt général. Et une députée, un sénateur et un ministre doivent défendre, c’était dans leur charte de déontologie, j’ai vérifié, ils doivent défendre l’intérêt général en toutes circonstances avant tout intérêt privé. Donc là, ce soir, on va voir qui vote pour la protection de l’eau, je suis sûre qu’il y en a plein qui vont voter contre et voir que cette loi ne sera pas adoptée. On n’est même plus dans une démocratie, ils nous l’ont capturée. On n’a plus de moyens d’exprimer notre colère, nos inquiétudes nos peurs. Ça n’est pas possible, c’est verrouillé de partout et on le voit depuis plusieurs années. C’est délirant. Donc on met un pied dans la porte mais là nous on a envie d’opérer autrement puisque moi et d’autres malades on a perdu totalement confiance dans ces gens là. Quand on creuse et c’est un peu ce que je raconte dans le bouquin,quand on politise la maladie et qu’on se rend compte que non seulement ils ne nous protègent pas, ils ne protègent pas notre santé, mais en plus ils aggravent les causes du cancer et d’autres maladies, quand tu es en chimio et que tu réalises ça, il y a un moment de sidération, tu mets du temps à réaliser que c’est la réalité, même si on sait, mais c’est tellement grave, parce qu’il s’agit de l’eau potable que tout le monde boit, et eux aussi, qu’elle soit en bouteille ou du robinet. Et il s’agit des enfants aussi, parce que les contaminations in utero sont de plus en plus nombreuses. C’est prouvé et c’est le cas de l’acétamipride d’ailleurs, que Laurent Duplomb s’obstine à vouloir réintroduire au mépris de l’intérêt général. Et c’est fou.
Le sénateur Laurent Duplomb, du nom de la loi, enfin la loi porte son nom, a déposé il y a quelques jours, le 1er février dernier, un nouveau texte qui entend réintroduire de manière encadrée, alors moi j’ai un mal fou à dire les noms des produits acétamipride et flupyradifurone sur des cultures spécifiques, betterave, pommes. Répondant à la censure de 2025, alors ça c’est très important parce que par rapport au déni de démocratie dont on parlait tout à l’heure. Donc là on voit les députés se sont assis, pas tous puisque certains ont défendu évidemment la pétition, notamment les Verts, mais grosso modo l’hémicycle s’est assis sur la pétition des citoyens hier. On a un député qui, pardon un sénateur, veut revenir en deuxième semaine alors qu’il a été censuré. Ce que j’ai compris dans ton livre, au milieu du livre, tu expliques qu’en fait, la première loi qui était passée, ils avaient voté contre.Alors raconte ça, c’est absolument incroyable.
C’est incroyable parce qu’il y a aussi tout ce langage législatif qui n’est pas évident. Et les porteurs de la loi Duplomb, de l’Assemblée nationale, ont organisé la motion de rejet de leur propre texte. Ce n’était jamais arrivé. C’est incroyable pour qu’elle ne soit pas débattue publiquement et qu’elle soit discutée en commission mixte paritaire et qu’est-ce que c’est une commission mixte paritaire ? C’est 7 députés et sept sénateurs choisis par les présidents de chambre et ils se mettent dans une pièce fermée et ils discutent et ils auditionnent des gens, par exemple la FNSEA, et ils discutent d’une loi mais il n’y a pas de débat public et ce qui est fou c’est de se rendre compte qu'à toutes les étapes de la création de cette loi, il y a eu des manquements évidents à la démocratie, à la déontologie et c'était en fait, de se dire ça.
Alors, si le cancer est politique, on va le comprendre, on vient déjà de le comprendre avec toi, est-ce que je pourrais te dire que la colère, elle, pourrait presque être transpartisane, c’est-à-dire qu’il n’y a pas une colère de droite ou une colère de gauche par rapport à ça, ou si ?
Mais en fait nous on est là, on n’est pas là pour discuter avec les partis politiques, on est là pour informer les citoyens et les citoyennes et dire vous n'êtes pas responsable de votre maladie. C’est les pouvoirs publics qui doivent porter la honte et la culpabilité qu’on soit tombé malade. Première chose et la deuxième chose c’est que si vous êtes angoissé par la maladie, que vous êtes bien portante ou bien portant et que vous vous êtes angoissé et que ça heurte votre santé mentale, c’est normal en fait parce qu' on n' est pas protégé. Donc nous, on fait un travail parmi les citoyens et on essaye de mobiliser, de rassembler pour mettre la pression sur le gouvernement et les pouvoirs publics.
Dont on va comprendre avec ton témoignage tout à l’heure, que ces industriels en fait gagnent sur toute la ligne parce qu’ils vendent le poison et ils vendent les traitements, le remède. Donc c’est absolument vertigineux. Je voudrais juste qu’on termine sur la loi Duplomb parce que c'était quand même elle qui a fait éclore d’une certaine manière le débat pour rappeler ce qu’elle voulait faire cette loi puisque la loi elle a toujours un caractère, un objectif. L’objectif officiel de cette loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur. C'était ça, la loi Duplomb visant à lever des contrainte à l’exercice du métier d’un agriculteur, alors assouplissement des seuils d'élevage intensifs, facilitation du stockage d’eau, ça c'était les méga bassines, fin de la séparation entre la vente et le conseil de produits phytosanitaire, réautorisation temporaire de l’acétamipride comment, autorisation de l'épandage des pesticides par drone dans certains cas, et d’autres choses. Toi, qu’est-ce que tu voudrais qu’on retienne de cette loi contre laquelle tu t’es dressée ?
C’est une loi qui est fabriquée par des industriels pour des industriels. Donc quand on parle, quand il y a le mot agriculteur dans ce texte, on devrait dire pour lever les contraintes liées à l’exercice d’industriel et de l’agriculture parce qu’aujourd’hui, les agriculteurs ont un problème de revenu digne. Mais ce ne sont pas eux qui bénéficient des subventions publiques. Les industriels sont massivement subventionnés par l'État, Et là on leur donne quel privilège avec la loi Duplomb, c’est-à-dire qu’ils peuvent augmenter la taille des fermes-usines. Ce ne sont pas les éleveurs indépendants en France qui ont les fermes usines, ce sont les industriels. On leur permet d’accéder plus facilement aux méga bassines.
Alors c’est là où on arrive au nœud du problème. Je vais être obligé de me faire l’avocat du diable, donc en espèce de Duplomb lui, en gros, ce qu’il sous-entend, c'était un, s’il veut réintroduire tout ça malgré la censure, enfin pour contourner la censure, c’est justement parce que les agriculteurs étaient dans la rue et qu' il faut bien les soutenir que, c' est ce qu' a dit la ministre de l’Agriculture hier, et c est toujours le discours en disant : Oui, mais en fait le droit français, la réglementation française est plus contraignante que la réglementation européenne. Donc pour ajuster l’agriculture française à l’agriculture européenne, ne parlons même pas des accords du Mercosur, il faut lâcher du lest.C’est le premier point, qu’est-ce que tu réponds déjà à ça ?
Déjà ce n’est pas l’acétamipride qui va régler le problème du revenu des agriculteurs. C’est-à-dire qu’il y a des agriculteurs qui sont passés en bio dans la noisette ou la betterave, qui sont mis en coopérative notamment dans la betterave et qui font de la betterave sans l’acétamipride et une coopérative. Donc c’est du sucre sans produit chimique et ça marche et ils gagnent leur vie. Pourquoi est-ce qu’on n’en parle jamais de ça ? Et il y a, et il y à des exploitants dans la noisette qui font pareil. En Turquie, ils font travailler les enfants et les migrants, donc ils ne payent pas le coût du travail. C’est pour ça que c’est les moins chers sur la noisette, sur le marché international.
Donc il y a un mensonge organisé autour de l’agriculture.
Et c’est grâce au Coaadep, le collectif en soutien aux victimes du chlordécone, que j’ai compris, je connaissais ce scandale, mais quand on met le nez dedans, c’est glaçant.
Rappelle-nous en deux mots.
En deux mots, le chlordécone c’est un produit fabriqué aux États-Unis, qui est fabriqué très vite il est interdit parce que les ouvriers qui le fabriquent tombent malades. Donc, substance interdite, ce qui arrive rarement aux Etat-Unis. Quelqu’un rachète le brevet et c’est le président de la fédération des exploitants de bananes aux Antilles. Et il ouvre des usines au Brésil, il dit « je fabrique du chlordécone, j’en balance partout dans les exploitations qui sont donc détenues par les békés, les descendants des colons. Ils en balancent partout dans leur bananeraies contre le charançon, les ouvriers n’ont aucune protection, ne sont pas au courant des risques. Ils versent ça dans des boîtes de sardines à mains nues. Il y a des images qui le montrent et ils ont fait ça pendant 30 ans grâce à des dérogations obtenues via le ministère de l’Agriculture. Résultat, les Antilles sont empoisonnées pour des décennies voire des siècles et les corps de plus de 90 % de la population sont abîmés et ça se transmet de génération en génération.
Page 132 de ton ouvrage, tu donnes les noms des stars mondiales des pesticides. Alors il y a BASF européen, Bayer-Monsanto européen, Sintetica qui était Suisse qui est devenu chinois et Cortevat qui est américain, enfin étasunien, voilà. Donc ça c’est important de savoir ces gens-là dont on va parler. L’autre point qui vous est opposé, notamment par le sénateur Duplomb, c’est de dire qu’aucune étude sérieuse, j’emploie ces termes, n’a démontré que ces pesticides, ceux que vous combattez, sont cancérigènes ; là, il y a une bataille d’experts.
Alors non, ça, ça s’appelle la désinformation. La première chose, c’est que là, l’acétamipride que tient tant le sénateur Laurent Duplomb a deux effets très toxiques pour la santé humaine. Et ça, c’est la science qui le dit, elle est unanime et c'était sur cette base-là que cette substance a été interdite par l’ANSES. L’agence sanitaire française, qui a été mise récemment sous tutelle du ministère de l’Agriculture. Comme ça, il n’y a plus de garde-fou entre nous et les industriels, c’est super. Et donc, il y a deux effets délétères. La première chose, c’est que c’est une substance, si une femme enceinte se balade près d’un champ où il y à un épandage d’acétamipride, ça va dans son sang. Ça passe au travers du placenta et cette substance va se retrouver dans le liquide céphalo rachidien dans lequel baigne le cerveau de son enfant qui est en développement. Ça crée des troubles du neurodéveloppement, on a retrouvé de l’acétamipride dans le cerveau de personnes atteintes de maladies neurodégénératives. C’est une étude suisse, c’est hyper inquiétant. Par ailleurs, ça provoque des troubles de la reproduction, ça perturbe le système hormonal. Pour cette raison-là, on ne va pas débattre, c’est un peu comme le sketch de Coluche. Est-ce que c’est mieux le gaz ou la corde ? Je ne vois pas le rapport, en fait, Monsieur Duplomb.
C’est ce que tu appelles le cancer, une affaire politique qui est donc le résultat d’un système toxique et pas d’une fatalité individuelle. Donc ce n’est pas parce que je ne choisis pas les bons aliments que je vais être malade, c’est parce qu’en fait tout est fait pour que je mange mal.
Exactement. Plus de 70 % de la nourriture dans la distribution, c’est de la nourriture ultra-transformée. Et après on va vous dire, quand vous tomberez malade, oui mais fallait manger mieux. Mais c’est une blague en fait. Si les pouvoirs publics veulent vraiment régler le problème de l’alimentation, et bien ils vont enlever les pesticides, ils vont interdire la nourriture ultra- transformée dont il est prouvé qu’elle rend malade. Elle augmente un nombre de maladies hallucinantes et elle a un lien avec la dépression d’ailleurs. Donc c’est très grave et il n’y a pas que ça, il y a aussi, si l'État avait vraiment envie de faire de la prévention contre le cancer, il interdirait les produits chimiques dans le tabac par exemple. C’est-à-dire qu’il y aurait juste du tabac dans le tabac. Mais il y a des marques de cigarettes qui ont près de 900 produits chimiques. Donc on pourrait arrêter ça par exemple, il y a des produits chimiques dans l’alcool. On est entouré par la violence chimique, donc si l’État voulait vraiment faire de la prévention, mettez au pas tous ces industriels, parce qu’on ne va pas attendre que les industriels du tabac, de l’alcool, de la nourriture ultra-transformée se disent :Oh ! Mais quand ils reculent, ils ont trop raison !
On va en parler. Absolument. Common Source te demande dans le tchat pourquoi pas plus d’indignation du côté des médecins ?
Alors il y a des médecins indignés, alors il y à plusieurs niveaux d’indignation, merci, c’est une super question.
On n’est pas chez les cons ici.
Non mais c’est génial, merci beaucoup. C’est une très très bonne question. En fait, il y a un réseau qui s’appelle Alliance Santé Planétaire, c’est plein de médecins généralistes et des spécialistes qui se mettent en réseau et qui disent que la santé de la terre, des animaux et humaines, c' est la même santé. Donc c' était une bonne santé. Il y a aussi un autre réseau, qui s’appelle Alerte Médicale contre les pesticides et les perturbateurs endocriniens c’est un réseau de médecins généralistes qui s’informent. Ils alertent les pouvoirs publics en local, au niveau national, et ils diffusent de l’information auprès des médecins. Ce qui est compliqué, c’est que parce qu’ils ont vu dans leur patientèle ces 10 dernières années, des malades avec des âges bizarres. C’est-à-dire que des enfants de 6 ans qui arrivent avec des polypathologies, ils n’avaient jamais vu ça. Et ils diagnostiquent trop de jeunes femmes avec des cancers du sein. Ils ont dit ça, ça n’existait pas avant. Il y a plein de choses que je ne vais pas égrainer parce que c’est déprimant. C’est dur et ils sont en révolte et il y a ces réseaux-là, il y en a, et ça je voudrais le saluer aujourd’hui, il y a des chercheurs et des grands noms comme le professeur Fabrice Barlesi qui est le directeur de Gustave Roussy, l’institut en région parisienne de recherche et de lutte contre le cancer et c’est le cancer campus numéro un en Europe, le quatrième au monde où j’ai été soignée.
Où t’as été soignée et tu en parles, avec parfois dureté, parfois amour, mais…
J’ai beaucoup de reconnaissances, mais c’est sûr que c'était un rapport particulier, le rapport entre les malades et les oncologues.
Je fais juste un petit point parce que c’est au début tu as l’impression d'être dans un driving du cancer quoi.
Alors ça c'était à l’institut Curie mais en même temps, c’est un peu ça, parce qu’il y a tellement de malades, les salles d’attente, elles sont blindées. On se croirait à la gare un jour de départ en vacances, hein. C’est ça aussi l’oncologie, maintenant. C'était flippant, hein ! Donc le professeur Fabrice Barlesi a dit il y a un an, qu’ils s’attendaient à un tsunami de cancer chez les moins de 50 ans, il s’est fait taper dessus par le gouvernement. Ce que j’ai appris, pas par lui, ce que je ne l’ai jamais rencontré, mais c'était un homme courageux. Tu protèges tes sources, c’est bien. Je trouve que c’est courageux de prendre position comme ça, il y a Marc Billot, qui est un directeur de recherche contrôle cancer au CNRS, qui se positionne, qui a pris la parole hier. Il y a des mutuelles qui prennent la parole aussi, qui ont peur de l’effondrement du système de santé. Il y à d’autres chercheurs en fait, mais c’est vrai que beaucoup de soignants n’osent pas dire s’indigner et je suis d’accord avec cette personne qui a fait ce commentaire. J’aimerais qu’il le soit plus, je ne sais pas comment faire et avec Cancer Colère on va en discuter cette année et on a une oncologue qui nous a contacté une oncologue des hôpitaux de Paris en disant qu’elle aimerait bien en discuter avec nous donc c’est intéressant il y a des mains qui nous sont tendues.
Alors, tu disais, je ne veux pas donner trop de chiffres parce que c’est décourageant. Dans ton livre, il y en a beaucoup, mais je l’ai dit en préambule, le livre est très bien écrit, donc on n’est pas assommé par les chiffres, on est assommés par le découragement, donc là, je préviens les aupostiens et les aupostiennes qui nous écoutent, s’il y a des enfants qui entendent, c’est mieux qu’ils n’entendent pas ce que je vais dire là parce que, c’est assez angoissant, page 58. Donc voilà, là j’ai laissé le temps aux enfants d’aller plus loin, et je m’adresse plutôt aux parents. En France, écris-tu, le cancer est aujourd’hui, la première cause de mortalité par maladie chez les enfants. Le cancer est aujourd’hui, la première cause de mortalité par maladies chez les enfants. Chaque année, 2 300 enfants et adolescents de moins de 18 ans sont diagnostiqués, dont la moitié ont moins de 5 ans. 500 décèdent de leur cancer, soit l'équivalent de 20 classes. Donc déjà rien que ça, ça devrait calmer un peu les ardeurs des industriels.
C’est pire que ça en plus, David.
C’est pire que ça ?
Ce qui se passe, c’est que les cancers pédiatriques sont exactement le contre récit. En fait, bien connaître les cancers pédiatriques, ça permet d’avoir un contre récit face au discours de justement qui veut dire que le cancer est normal ou qu’on fait le buzz sur le cancer, qu’il y a des hystériques du cancer, etc. Le registre national du cancer de l’enfant n’est pas rempli de même que celui de l’adulte et il n’y est rempli que dans 19 départements.
Nous avions reçu Jean-François Corty et Valéry Gaillard il y a un an à peu près à propos du film qu’ils avaient réalisé autour de l'épidémie de cancers pédiatriques. Enfin moi j’appelle ça l'épidémie, évidemment le terme est discuté. En Loire-Atlantique, phénomène dont tu parles allègrement dans le livre. Mais justement là ce que tu viens de dire sur François Bayrou me donne envie de rebondir. Comment expliques-tu que l'État soit,, on va être sympa, aux fraises, par rapport à ça, c’est de la corruption ?
C’est la volonté, c’est en fait une stratégie d’invisibilisation, on a bien compris, pas de données, pas de chiffres, ça veut dire qu’on n’a pas de cartographie de la maladie, ça veut dire qu' il n’y a pas de problème. Ce sont les mots de Laure Marivain, donc c’est ça. Pour l’adulte, c' est pareil, le registre national du cancer n’est rempli que pour 24 % du territoire et sans comprendre, sans Les chiffres actuels du cancer, quand on dit qu’il y a 433 000 nouveaux malades par an, ce sont des estimations calculées à partir de 24 % du territoire qui sont les zones les moins urbanisées de France. Je ne comprends pas très bien en fait. Comment on peut se dire, ah bah c’est ok.
Alors, le chat nous signale qu’on est à 192 166 signatures sur les 500 000 requises contre la nouvelle loi Duplomb qui a été mise en ligne hier ou avant-hier. Page 30. Un soir d’octobre 2024, écris-tu, je rentre en métro de l’hôpital et découvre l’histoire de Laure Marivain sur mon téléphone. Et comme tu l’as déjà cité deux fois, qui est cette Laure Marivain ?
Laure Marivain c’est une femme, fleuriste, de profession, et qui était enceinte de sa fille. Et quand sa fille est née, très vite, elle a déclaré, enfin quelques années plus tard, elle a déclaré une leucémie, dont elle est morte après plusieurs années de traitement, à l'âge de 11 ans d’une leucémie, oui. Et sa maladie a été reconnue comme étant en lien avec les pesticides présents dans les fleurs que sa maman manipulait pendant sa grossesse. Ça me fait penser aux agriculteurs et aux agricultrices qui tombent malades des pesticides. C’est-à-dire que non seulement ils sont malades, mais est-ce qu’on se rend compte de l’enfer que c’est ? De la détresse, de se dire qu' on se sent responsable de la maladie de quelqu’un, de la mort de quelqu’un. Ça arrive à des agriculteurs qui, par exemple, leurs épouses, vont décéder d’un cancer et ils se sentent, ils ont l’impression qu’ils l’ont tué. C' est une détresse psychique immense. Et c’est pour ça que Laure et d’autres parents d’enfants malades se mobilisent et prennent des risques aussi parce qu’il y a des gens qui n’ont pas envie que ces personnes parlent.
Et je poursuis la lecture, la réalité de ce monde plein de couleurs et de parfums, le monde des fleurs, c’est de ça dont on parle, pour ça que c'était si frappant, si parlant, c' est que cette filière est plus permissive et moins contrôlée que celle de l’alimentation, là, on bascule dans la mondialisation en une phrase. 85 % des fleurs et plantes d’ornement viennent des Pays-Bas qui les importent aussi de cultures intensives en Amérique Latine ou au Kenya avec des taux record d’agro toxiques.
Donc, ils empoisonnent les pays du “sud global”. Ils leur volent des terres agricoles pour faire pousser des fleurs bourrées de pesticides. Ils contaminent tout le monde, via ce réseau mondialisé, on est contaminé. Donc, quand on est dans…et je ne veux pas agresser les fleuristes bien sûr. C’est évidemment pas ça c' est que c’est, je sais que c' est compliqué. Mais en fait, on peut aussi parler des cancers professionnels, parce qu’il s’agit de ça aussi. Donc, déjà, le colonialisme chimique qui va de pair avec la mondialisation. Il y a des pesticides et des produits chimiques dans tous les produits qui traversent le globe en fait, c’est ça le problème. Et les cancers professionnels représentent entre 16 et 24 % des cancers. Parce que beaucoup de gens, notamment des intérimaires, parce que c'était des intérimaires qu’on envoie au charbon, quand il y a des produits chimiques à balancer, on préfère que ce soit des intérimaires plutôt que des gens en CDI, parce qu’après il faut leur payer des arrêts maladies.
À peu près, ce que je veux dire, c’est que c' est dur à entendre, mais moi en chimio j’en ai eu besoin de mettre des mots et des chiffres sur une réalité pour me dire ok, c est ça la réalité, ok j' en dégouline de transpiration, de sueur, de rage, de colère, d’angoisse, de tout ce que vous voulez mais à un moment donné c’est ça qui a fait que je me suis mobilisé et ça fait, c’est ça qui à fait que je m suis retrouvée entourée dans une joie et dans le passage à l’action Et c’est important de se dire, on ne peut pas s'épargner l’information. Aussi grave qu’elle soit, aussi terrible qu’elles soient, ça nous aide à comprendre nos adversaires.
Page 63 on rentre dans ta vie avec en fait ton deuxième cancer. On comprend que c’est le deuxième du sein.
Et c’est mieux en écrit comme ça. Non, non, les deux sont bien.
C'était l'émotion par le sourire et par l'énergie, par le langage corporel, donc c’est bien d’avoir les deux.
Voilà. Non mais c’est vrai que c'était un socle. En fait, la colère, on ne peut pas être en colère tous les jours ou alors ça finit par nous rendre malades. Et la colère, elle doit avoir un socle et le socle de cette colère c’est des faits, c’est comprendre, c est une compréhension de ce qui se passe. Et une fois qu’on a construit le socle de la colère, et bien en fait on la nourrit avec notre envie de vivre de dingos. On va à la rencontre d’autres gens et là, il se passe des choses assez dingues et on se retrouve en mouvement et on n’est pas seul parce que c’est ça en fait qui nous ronge. À Cancer Colère, depuis fin mai ou juin l’année dernière, on a reçu des milliers de messages. Il y a des moments où on n’arrive pas, enfin franchement on n’arrive pas à tout traiter, c’est compliqué et il y a une partie de ces messages sont des témoignages, dans la plupart des témoignages, les gens nous disent que l’impuissance les rongeait.
Alors il y a un jour où tu vas non plus le montrer mais tu vas l’exposer, tu vas exploser ta colère, le chapitre s’intitule « Un cri », c’est le chapitre 9. Est-ce que tu serais d’accord pour lire la page ou pas ? Oui si tu veux. Alors il y a toute la page et puis juste après il y a trois lignes. D’accord, ok ça marche. Voilà et tu verras il y à un petit dessin, c'était l’invité quand je fais une petite tête avec des cheveux. Mais c’est pour tous les invités, c’est comme ça.
Je ne le prends pas mal, tout va bien. Allons-y.
C’est aussi bien lu qu'écrit, et j’aime bien entendre les auteurs lire leurs textes parce que le rythme qu’ils mettent, on peut peut-être revoir. Alors, à ce moment-là, au moment où t’as commencé, en fait, déjà on dit son intervention à l’Assemblée Nationale ça m’avait fait un bien énorme, bon voilà, c’est ce qu’on raconte là. Peut-être, Nayan, si tu es prêt, si tu peux mettre le petit extrait que l’on a retrouvé, parce que je ne sais pas, c’est saisissant nous dit Canard-Tichaud, il y a des cœurs qui sortent dans le tchat. Nayane si tu es prêt, tu peux mettre un petit extrait de l’Assemblée nationale, donc ce 8 juillet 2025. On l’entend à peine, parce que évidemment, tu n’as pas de micro,
Et puis c’est interdit de filmer et de prendre des photos à l’Assemblée nationale donc moi je pensais pas que j'étais filmée.
Je ne sais pas si on nous entendait commenter ? On nous entendait commenter ou pas ? Non, alors voilà, on n’entendait pas la phrase. Alors voilà, en fait, ce qu’on se disait pendant qu’On regardait n’a pas été entendu. Alors vas-y, restitue le moment.
Alors en fait quand je me suis levée et que j’ai hurlé vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir je les ai regardés en levant le poing je les ai regardés, j’avais l’impression que mon corps était en chêne massif c’est à dire que c'était dingue et je les ais regardés je me suis retournée pour sortir, et là, j’entends des rires. Et là, je me suis dit, je n’ai pas rêvé, je me suis retournée, je suis revenue. Et c’est là où on voit la vidéo. Et je leur dis, regardez-moi, regardez moi. Et je les pointe de nouveau et je leur dit, on se reverra. Et de me dire qu’ils sont capables de se moquer de quelqu’un dans ma position, sachant qu'à côté de moi, il y avait des parents d’enfants morts et malades du cancer, il y avait des agricultrices et des agriculteurs victimes des pesticides.
C’est délirant, quoi. Alors, c’est un point intéressant parce que tu racontes ce que tu fais là, mais c' est aussi dans ton livre, c' est à dire, tu raconte le hors champ, ce qu’on ne sait pas. Alors déjà, là, tu es donc dans les bancs du public, c’est n’importe qui, il a le droit de venir ici. Les députés savent que tu es le peuple, je veux dire, tu es citoyenne, voilà. Ils ne savent pas nécessairement qui tu es. S’ils savaient. Alors voilà, ce qu’il faut raconter.
Alors, il y a plusieurs députés qui ont fait des prises de parole et ont dit que nous étions là. Et c'était l’idée de Cancer Colère. Cancer Colère, Avenir santé environnement, Stop aux cancers de nos enfants, le collectif en soutien aux victimes des pesticides de l’ouest, qui travaille avec les agriculteurs et les riverains, voilà. Donc c'était Jean-François Corty, médecin du Monde, les médecins d’Alliance Santé Planétaire et d’alliance médicale contre les pesticides, voilà, on était nombreux. Notre présence était censée apporter une sorte de gravité au vote. Bon, ça n’a pas marché, donc ça a été dit à plusieurs reprises pendant les prises de parole que nous étions là, ça ne changeait rien, il y a même des députés qui nous regardaient et qui se parlaient à l’oreille en souriant, en rigolant.
Et alors justement là, ce qu’on appelle des rires féroces, là on pourrait retourner en dire la férocité de ces rires. Parce que c’est féroce quand même. Ça va quand même bien au-delà de ce que t’appelais la non-réflexion de ces gens-là, au début tu as parlé de ça, la non réflexion.
Oui, oui, bien sûr.
Ça va au- delà du cynisme, enfin.
Mais ça en fait c’est une protection pour eux parce que, encore une fois, nous on sait à Cancer Colère, ces gens-là n’ont aucun argument pour, en fait, pourquoi ils veulent pas qu’on débatte de leurs lois, pourquoi est-ce qu’ils ne peuvent pas se prononcer et discuter avec moi ou avec quelqu’un qui n’est pas d’accord avec eux. C’est qu’il n’a aucun argument. Comment peuvent-ils justifier ces lois-là s’il y a quelques uns, si on a des nouvelles règles où on leur dit qu’eux ils n’ont pas le droit de mentir. C’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas ! Ce sont des lois qui ne sont faites que pour les industriels de la chimie, de l’agriculture, au détriment du monde agricole indépendant et de toute la population.
Et que vous dit le rire dans l’Assemblée, les flics dans la rue, donc voilà.
C’est ça, mais c’est vrai, absolument, et il a raison, mais, c’est voir le niveau en fait, ils peuvent même plus, nous, on peut même plus échanger deux phrases avec eux. C’est à dire qu’ils ne peuvent répondre que par le mépris, le silence ou le rire. Ou la répression policière. Et c’est vrai que c’est très inquiétant, ou des lois forcées des 49.3.
Alors il se trouve que le rire, mais là peut-être qu’on peut laisser les oppositions et les oppositions le découvrir dans le livre, mais le premier mot, le premier titre, le 1er chapitre, voilà la première page, le titre c’est Cancer Comedy Club. Voilà, et on comprend, on l’a vu, le mot blague a été employé 3-4 fois depuis le début t’as cité Coluche. Je dis pas qu’on rit en lisant le livre. Il y a des gens qui me disent qu’ils ont ri. Il y a des moments, il y a des moments. Mais en tout cas, il y a une forme d'énergie qui n’est pas celle du désespoir, qui est celle du rire qui est, pour moi, pas le rire des députés, ce rire là c’est le rire de l’intelligence.
Voilà, bien sûr.
Donc on le voit alors, je voudrais quand même qu’on reste dans l’hémicycle une seconde, parce que je trouve que c’est aussi tout le combat que tu mènes avec tes copains. C’est cette question de la représentation, de la politique, de peser sur le débat public. Donc là, on a quand même en une heure deux exemples. Un, les rires féroces des députés qui ne sont pas tous fachos, certains ne sont pas tous, donc voilà. Et puis hier, ces députés qui s’asseyaient sur deux millions de signatures, c’est-à-dire que, en gros, des citoyens qui sont des bons citoyens, qui essaient d’aller sur les bancs du public ou qui essaient de signer, en fait, on leur rit à la gueule. Oui. Donc déjà, qu’est ce que toi tu réponds ? Où est-ce que tu trouves ton énergie pour te dire « C’est pas grave, je vais quand même continuer ».
Et bien on est au bon endroit parce qu’ils nous feraient des discours, ils nous sortiraient des chiffres de la science ou des réalités ou alors le monde agricole indépendant nous dirait non nous on a besoin des pesticides ou les agriculteurs bio repasseraient aux pesticides en disant c’est comme ça qu' on veut faire etc je sais pas enfin là ils n’ont aucun argument et on sait que le mépris, le rire c’est les armes qu’on utilise quand on a le pouvoir, ils ont l’espace médiatique, c’est eux qui votent les lois, ils connaissent tous les industriels et partent peut-être même au week-end ensemble, je sais pas, peut-être pas. On se sent, en fait, pourquoi est-ce qu’on a une énergie ? C’est que déjà on se sent à l’endroit juste, parce qu' on sent qu’ont dérange, pour plein de raisons. C’est-à-dire que, voilà, ils ne savent pas comment s’y prendre, ils sont très emmerdés quand même. Et la deuxième chose, c’est qu’on se sent connectés les uns aux autres et ça nous donne une énergie dingue et surtout qu’on a un écho médiatique et merci les médias indépendants. Oui que tu sais, que tu salues. Oui, je ne l’ai pas mis au poste lamentable, j’ai vu, je ne sais plus.
Non non mais lamentable, non mais t’as raison.
En plus on s’est dit, en plus je me suis et ta famille en passant, moi ce n’est pas grave. Lamentable, non non mais voilà donc Mais c'était vrai que sans les médias indépendants, on n’arriverait pas à parler de tout ça sereinement. Tu vois ? Et c’est ça aussi qui est important.C’est-à-dire que les médias indépendants sans vous, on n’y arrivera pas. Donc c’est les médias indépendants d’abord, donc c’est à chaque fois nous, quand on a des prises de parole, c’est en priorité les médias indépendants. Déjà c’est notre stratégie, c’est que ce sont des alliés. Dans le sens où vous avez une façon d’aborder ces sujets qui est intelligente, qui est saine, voilà, on se sent respectés, voilà. Ça, c’est très important.
Mais on te répondra, oui mais ça ne pourra pas nourrir toute la population si on a…
On a la France à la capacité de nourrir 130 % de sa population, donc ça va, on est ok, tout va bien. Tout va bien, ça va bien se passer. Non mais donc on a les techniques d’agroécologie, on a une science publique qui est assez géniale pour ça, et effectivement il y a des sols qui sont tellement abîmés qu’ils vont mettre des années sans doute à se régénérer, mais peut-être qu’en attendant on garantit, l'état garantit aux éleveurs, aux agriculteurs. Un revenu digne, jusqu'à ce que leurs sols redeviennent sains, leur permettent de regagner leur vie décemment. Mais on va remettre les agriculteurs et les éleveurs indépendants au cœur de notre société, en dehors des industriels, et la science, les citoyens et les citoyennes, et rendre la nourriture bio accessible à bas prix à tout le monde. Moi je ne sais pas, moi ça me donne envie ça. Donc quand on sait que c’est possible, Parce que c’est vrai ! Tous les rapports le disent, parce qu’en plus, les pesticides, ça crée un coût pour la société. C’est-à-dire qu'à chaque euro gagné par l’agrochimie, ça coûte 10 euros aux pouvoirs publics pour décontaminer, pour la santé publique, pour décontaminer l’eau, les sols. Donc c’est un truc de fou et ça ne fait qu’augmenter. Donc moi, j’ai envie de dire, déjà, si on fait une loi Contaminateurs /Payeurs déjà en fait ils vont s’auto-détruire parce que ça coûte tellement cher. Et qu’ils auront plus de pognon.
En 2023, écris-tu page 48, là on revient en arrière, le cancer est le premier poste de dépenses maladie en France avec, bon là tu fais la maligne, tu mets 2, 7, 1, 5, 5 0, 0,0, 0 0 0 d’euros et là tu rajoutes, oui, 27 milliards Non mais moi j’y croyais pas quand même 27 milliards et 150 millions d’Euros sur une seule année juste pour le cancer les dépenses moyennes de soins remboursées pour un cancer du sein actif par malade sont de 15 660 euros par an, cela représente 2 % des dépenses totales de l’assurance-maladie et ce coût augmente de 6,91 % chaque année depuis 2015. Voilà et je voudrais dire parce que je l’ai pas dit tous les chiffres sont sourcés en fin de chapitre, ça c’est extrêmement important, comme ça, si on conteste, il y a la source. Tout est sourcé. Donc il y à cette idée-là qui serait de dire, ça paye pas finalement le cancer à la société.
En fait, c’est un coût, c’est-à-dire qu’on est empoisonné aux pesticides et aux PFAS, enfin à différents polluants, mais les principaux sont les pesticides agricoles et les pifasses et l’industrie. Et les PFAS, c’est ce qu’il y a dans le revêtement imperméable, tout ce qui est imperméabilisant, et les adhésifs des poils à frire, les trucs anti-adhésifs des poil à frire, les retardateurs de feu, tout ça, c’est des PFAS, c’est des polluants éternel. Si tu veux, ces substances-là, elles génèrent un coût délirant, délirant. Et si demain, on demande… Enfin en fait, comment dire ? Je suis un peu submergée là, tu vois ? Mais c’est vrai que quand on met le nez dedans, on se rend compte que non seulement les gens qui fabriquent ces substances, pour certains fabriquent aussi des traitements contre des maladies, notamment le cancer. Donc on se retrouve dans une situation où ils contaminent, aux pesticides et aux PFAS, on en trouve partout, il y en a dans l’eau, on ne sait pas décontaminer l’eau, les sols, il y a en a dans les nuages, il en a au fond des mers, il y en a dans nos corps, parce que les pesticides et les PFAS se stockent dans la graisse, donc ça veut dire dans notre cerveau, dans les seins, dans les fesses, donc le cerveau et les seins c’est quand même un peu problématique,il y a beaucoup de gras dans le cerveau, faut savoir. Donc, après, quand on tombe malade, on rapporte de l’argent aux laboratoires pharmaceutiques et c’est payé, tout ça, par les pouvoirs publics qui ont l’argent parce qu’on paye des impôts, contrairement à d’autres n’est-ce pas ? Donc, on est dans une situation qui est intolérable. Et quand on est malade et qu’il sait que nos corps malades rapportent de l’argent, c’est hyper dur de guérir. Enfin moi, pour moi, ça a été difficile, il fallait que je fasse un effort mental et c’est pour ça que rencontrer d’autres malades et me mobiliser et lutter à ma manière mais chacun fait comme il veut aussi je ne suis pas en train de dire que c'était une recette miracle
Alors il y a une petite bataille là dans le chat, Auguste qui dit avoir eu un cancer te demande si ça frise un peu le complotisme.
De quoi le…
C’est celui qui vend ?
Alors non c’est sur le site de BASF et sur le site de Bayer-Monsanto.
Il faut que tu rentres un tout petit peu dans les détails, notamment sur les slogans que je ne retrouve pas à la page où tu écris tout ça.
Donc il y a les sources, donc elles sont dans mon livre et je pourrais prendre une photo et te l’envoyer et tu pourras le mettre. Mais c’est sur le site de BASF, il y a une page qui parle du fait qu’ils fabriquent les traitements de base pour les chimiothérapies parce que le cancer c' est quand même un moment très difficile dans la vie humaine et qu’il y a trop de choses merveilleuses à faire dans la ville que d’avoir un problème de cancer. Bayer Monsanto a racheté des startups qui sont à la pointe sur certains traitements, et qui sont à la pointe sur les traitements anticancéreux, en parallèle, Bayer-Monsanto a 67 000 procès sur le glyphosate, et BASF 4500 procès sur les PFAS, c’est quand même un peu, c’est dans le livre, donc oui, je suis d’accord, on peut croire que c'était du complotisme, moi j’arrivais pas à y croire, et on se dit que ce n’est pas possible, tellement c’est énorme.
Parce qu’au fond, et on connaît le passé de certains groupes chimiques, mais en fait tout ça, ça reste de la chimie pour eux.
Alors oui, sauf qu’en fait il y a un conflit d’intérêt démocratique, c’est-à-dire qu’on ne peut pas répandre des maladies, des produits toxiques, et gagner sa vie aussi en fabriquant des traitements. Il y a quand même un problème politique là-dessus. Je pense que c’est incompatible avec la démocratie. Ça, pour moi, c’est un business de régime autoritaire. On ne peut faire les deux, ça me semble, je ne suis pas la seule, ça s’appelle un conflit d’intérêts.
Donc, dans ton livre, tu évoques la question de l’inégalité face au cancer. Et encore une fois, pour les femmes, vous n'êtes pas à égalité devant le cancer des hommes, je crois que le cancer touche plus les femmes que les hommes, si j’ai bien lu.
Alors, attends ce n’est pas que ça touche plus les hommes que les femmes, c’est que les femmes sont un peu en première ligne pour une raison biologique. C’est à dire que le corps féminin a une majorité de tissus qui répond aux hormones, qui est sensible aux hormones et une grosse partie des pesticides sont des perturbateurs endocriniens. C’est ça, le corps féminin va développer plus potentiellement de dérèglement et de pathologie liée au pesticide parce que notre corps répond encore plus à tous les niveaux aux perturbations endocriniennes. Donc c’est ça le problème. Par ailleurs, il y a d’autres choses, c’est qu’il y a des discriminations, des inégalités d’accès aux soins, donc il y a un problème avec les mères seules qui doivent faire face à la maladie. J’en ai croisé plusieurs, c’est hyper difficile, c’est d’une cruauté, voilà, c’est hyper compliqué, c’est une charge mentale délirante. Les femmes ont six fois plus de chances qu’un homme de se faire quitter dans son couple après l’annonce d’un cancer. Donc oui, il y a d’autres formes d’inégalités. Mais on peut aussi parler des inégalités sociales, c’est que les gens et puis il y aussi la notion d’aidantes, pour terminer.C’est-à-dire que la plupart des aidants sont des aidantes et on voit beaucoup plus souvent des femmes seules à l’hôpital pour leur traitement que des hommes seuls.
Je m’en voudrais d’oublier de te faire raconter la suite que tu racontes de ce qui se passe le fameux 8 juillet, là je reviens en arrière, le 8 juillet où tu as ce coup d'éclat, cette colère, en fait on te voit quitter l’hémicycle et tu raconte la suite en fait et il y a une petite dame qui vient, qui vient souvent sur ce canapé, qui vient un peu à ton secours, Sandrine Rousseau, est-ce que tu peux raconter ça ?.
Oui parce qu’en fait quand je descends, enfin je sors de l’hémicycle, on descend des escaliers, moi je n’avais pas ma canne donc j'étais vacillante mais il y a des gens qui me soutiennent. On arrive au vestiaire, je fais la queue pour récupérer mes affaires, il y a des jeunes qui étaient, parmi les visiteurs aussi, qui étaient en larmes, ils n’avaient pas 20 ans et commencent à me dire qu’ils sont hyper émus. Moi j’ai été assez bouleversée aussi, il ya une huissière qui vient, qui nous interrompt et qui dit madame, est-ce que je peux vous parler ? Donc on sort du vestiaire, dans une courette, et elle me dit voilà, on m’a demandé de relever votre identité.
Mais il y avait le risque que tu deviennes indésirable, c’est ça ?
Oui, oui, oui. À l’Assemblée nationale, je ne sais pas si c’est le cas.
C’est pour ça que tout à l’heure je t’ai demandé si t’y étais hier…
Je n’avais pas envie mais j'étais tentée en me disant que ce serait pour vérifier si je suis indésirable ou pas, mais voilà je le saurais peut-être un jour ou pas.
Pour terminer, je voudrais répondre à une ou deux questions du tchat que je n’ai pas relayées. Il y a notamment celle-ci, la Sécurité sociale de l’alimentation. Est-ce que ce serait le meilleur médicament contre le cancer ?
Alors oui, en fait, la sécurité sociale de l’alimentation, donc merci beaucoup pour cette question, c’est hyper intéressant, mais c' est une modalité qui arrive, effectivement, une fois qu’on a aidé massivement les agriculteurs et les éleveurs indépendants, on les rassure en fait. On les désendette, on leur permet d’accéder au foncier, de ne plus être dans la main des grands propriétaires et des industriels, et qu' on les assure qu' on leur donne un revenu digne et qu’on investit massivement, oui, là, la Sécurité sociale de la l’Alimentation c’est génial, c’est un super vecteur, mais ce qui va être indispensable, c' est un plan national de l’alimentation, de transformation de l' agriculture en profondeur, et de virer les industriels de virer, d'écarter les industriel des subventions publiques et de tout ça. Mais effectivement c’est un outil extraordinaire, et l’idée c’est d’aller vers la sécurité sociale de l' alimentation, évidemment ça doit être une base de même qu’il y a des projets avec l’ordonnance verte sur les mille premiers jours de vie, c’est-à-dire que normalement pendant la grossesse et après les premiers mille jours de la naissance on diminue le risque d’exposition aux produits chimiques, c’est très, très important. Donc, c’est les paniers bio donc, il y a des ordonnances vertes qui se mettent en place dans différents départements et c’est hyper intéressant c’est soutenu par des réseaux de malades, de médecins. Et voilà, allons-y gaiement, des réseaux de médecins et d’autres types de réseaux et c’est vachement bien.
Autre remarque, autre suggestion, la réappropriation des terres agricoles, façon Terre de Liens.
Alors là, formidable Terre de Liens, bien sûr.
Alors, c’est qui Terre de Liens, vas-y.
Terre de Liens, c’est un organisme qui a plusieurs missions dont une, c' est de comment éviter que les fermes qui ne sont pas reprises par des agriculteurs ou agricultrices ne tombent pas dans l’escarcelle des industriels pour étendre et refaire des monocultures ou des fermes-usines partout. Donc ils rachètent, ils font des collectes et ils achètent des terres et ils aident aussi, ils accompagnent des municipalités, des projets. Pour recréer des communs, c’est-à-dire acheter ensemble des prairies pour en refaire des prairies communes, des biens communs comme c'était jusqu'à 150 ans.
Oui, bien sûr.
Et pareil, créer des fermes municipales par exemple ou améliorer les réseaux mais ils sont beaucoup sur le foncier mais il y a beaucoup de choses et ils travaillent en lien beaucoup avec des gens en local mais c’est hyper important, ils sont géniaux Terre de Liens. Moi j’ai découvert leur dossier sur la souveraineté alimentaire qui est téléchargeable sur leur site mais on peut l’acheter 5 euros en physique et en papier. C’est on comprend tellement de choses sur l’agriculture et sur les alternatives qui existent. Dont on ne parle pas puisque sinon les industriels si on en parle et ben en fait ils vont plus exister ils ont plus de raisons d'être quoi c’est comme si un rhume vous disait que c'était lui l’avenir quoi enfin je veux dire c'était être en bonne santé que d’avoir un rhume c'était pareil les industriels ils ils sont voilà ils nous empêchent de parler des alternatives mais il y en a plein dans ce rapport de Terre de Liens et c’est génial
Et alors, est-ce qu’il y a une course contre la montre qui est en train de s’opérer ? Là, je la déduis de la question qui était de dire la vieille génération, l’ancienne génération d’agriculteurs qui va arrêter. Effectivement, les terres, les fermes peuvent se retrouver.
Ça fait quelques années que c’est comme ça.
Et il faut aider les jeunes, la jeune génération.
Ça prend, ça nécessite environ 500 000 euros pour s’installer dans une ferme. Qui peut le faire ? Moi, je ne peux pas le faire, par exemple. Même si je vendais toutes mes possessions qui ne sont pas nombreuses, je ne pourrais pas en fait. Donc c’est ça aussi. C’est que comment on permet aux jeunes de s' installer à plusieurs pour pas que tout repose sur seulement une paire d'épaules. Comment rendre ce métier plus flexible aussi. Il y a plein d’agriculteurs et d'éleveurs qui nous ont dit ça. Qui puissent partir en vacances de temps en temps. Enfin voilà, c' est. Qui souffrent, qui respirent, qu’un jour ils puissent changer de métier aussi. Pourquoi pas, ils ont le droit. Et qu’il y a un métier à réinventer, un métier d’agriculteur, d’agricultrices, et d'éleveurs à ré-inventer. Mais pour ça, il ne faut pas qu’ils disparaissent. C’est ça et il faut qu’on soit avec eux, quand ils descendent dans la rue, il faut aller avec eux, il faut aller à leur rencontre, il faut discuter en disant « OK les gars, mais quand est-ce que vous avez un revenu ?
Reprendre la main, est-ce que ça passe par les échéances électorales municipales et présidentielles ? C’est une question d’un dénommé Sentier battant d’Aurillac dans le centre de la France. Comment comptez-vous peser sur les prochaines échéances électorales municipales ? Il a écrit, bon, c’est très rare qu’il fasse des fautes mais la présidentielle, là il n’y a pas de fautes, c’est parfait.
Alors c’est vrai que les municipales c’est très particulier, on ne peut pas s’insérer mais en tout cas on fait du tractage sur les marchés, devant les hôpitaux, on discute, on va faire des réunions publiques, voilà, ce n’est pas évident. L’idée, c’est qu’en local, il y a, dans les milieux ruraux, des agriculteurs et agricultrices malades. C’est l’omerta, ils n’en parlent pas, ce n’est pas très difficile. Donc on ne peut pas arriver avec nos t-shirts de Cancer Colère « Ah les gars on va parler de cancer ! » Ce n’est pas comme ça que ça se passe, avec une boule à facettes on n’est pas complètement fous et folles. Donc voilà, l’idée c’est que c'était comment on recrée, on sort de la culpabilité, on sort la honte et on leur dit mais en fait on vous accusera jamais de rien quoi. Les accusations, elles sont envers le gouvernement uniquement.
Attention à l’industrialisation de la lutte !
Non mais c’est génial parce que c' est un collectif, c’est vivant, c’est fluide, c et tant qu’on respecte la charte quoi, c’est génial et ça nous a illuminé notre week-end et donc voilà, mais c chacun sera libre dans sa localité d’en parler selon ce qui se passe chez lui ou chez elle. Après les présidentielles, là ça va saigner. C’est -à -dire que l’idée est de perturber, on veut perturber le législateur, les députés, les sénateurs, les gens en campagne. Et on ne va pas les entarter, évidemment pas, mais on va leur demander enfin soit on va dire qu’ils sont les alliés du cancer parce qu’ils auront voté les directives Omnibus, les lois Duplomb, etc. Soit on leur demandera des comptes en fait. On leur dira mais quels sont vos engagements sur la prévention des causes environnementales, du cancer et des autres maladies ? On est en train de se préparer à ça.
Fleur, Breteau, c’est l’heure de se quitter. J’ai deux questions quand même rituelles. Je voudrais dire, avant de laisser la parole, que l’interview est un peu comme je trouve comme ton livre, c’est une leçon de vie quoi, ah, je te dis ça tout de suite. Maintenant, tout à fait autre chose. Auriez-vous, madame Breteau ? Auriez-vous un conseil culturel ? Quoi que ce soit, ça peut être un film, un disque, voilà, ça peut être un vieux machin, ça peut être quelque chose que tu as découvert là, à nous donner et ensuite il y aura une question rituelle et après on se dit au revoir.
Moins vite pour que Euryale puisse retrouver. Est-ce que tu peux redonner le premier titre ?
« Lorraine brûle » de Jeanne Rivière et un livre de Constantin Alexandrakis « L’hospitalité au démon ». voilà ces deux auteurs et autrices incroyables on écoute tous Prince comme des dingues et du punk et de la Tech et voilà, ils sont des gens géniaux et en fait lire leur livre, c’est comme si on écoutait un disque..
Alors la première référence, ok, elle a été captée par Euryale, mais la deuxième, donc est-ce que tu peux redonner le nom qui est à l'écran ?
Constantin Alexandrakis avec un K « L’hospitalité au démon ».
Voilà ça y est c’est bon, là elle va le mettre dans le tchat, voilà tu vois Sentierbattant a trouvé, c’est publié chez Verticales Gallimard 2025.
Déjà, on s’est fait du bien, je trouve, parce que mettre des mots sur la réalité, ça ne peut jamais faire de mal. Et moi, j’ai un peu senti les gens qui regardent, les aupostiens et les aupostiennes, je les ai un peu sentis là, les vibes, donc moi, ça me fait du bien en tout cas pour moi. Je trouve qu’on s’est donné de la force, je trouve et moi j’ai un peu accompli un vieux rêve aussi, un vieux rêve, ça fait quelque temps que j’avais envie d'être ici, sur le canapé en face de toi.
Merci beaucoup.
Merci à toi, bonne soirée.
