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France Déter : avec les Sleeping Giants & Jean Songe

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Ça commence mal, tout allait bien, il y a encore une minute. France Déter, bonjour. Amis du café, amis de la police, bonjour. Qu’est-ce qu’il se passe ? Mais ça ne marche pas. Il est 7 h du matin. 7 h 01. Nous sommes le 6 septembre. Qu’est-ce que je raconte ? Le 6 octobre. C’est mal barré cette histoire. Attends, là, ça devrait être bon.France Déter. Comment ça, c’est trop fort ? Attends, je vais baisser un petit peu le son. Bonjour, bonjour. France Déter, bonjour, bonjour à tous. La matinale d’Au Poste, c’est l’heure.Chaque lundi matin, Au Poste tente de remettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant.
David Dufresne
7 h 23, France Déter. Météo des luttes.Alors, pour répondre à la météo des oiseaux, c’était bien BirdNe et Euryale va mettre dans le chat, sur auposte.media toutes les références de ces émissions. Donc vous retrouverez ça en replay.
Jean Songe
Jusqu’ici, je travaillais avec des éditeurs renommés Calman-Lévy, Le Seuil, etc. en tant qu’auteur et puis, au fil des années, je trouve que les relations se dégradent.C’est de plus en plus difficile de faire des livres dans de bonnes conditions.D’autant plus qu’au départ, je suis romancier,et qu’ils n’acceptaient plus les romans parce qu’ils ne rentraient pas dans les cases. Et donc, je me suis replié sur une formule que j’appelais des livres d’intervention civique,en faisant des récits en tête sur le monde nucléaire, les multinationales, le procès du Troc, des choses comme ça.Mais à chaque fois, au moment de la parution des livres, j’ai été très triste.
David Dufresne
D’ailleurs, tu étais venu au Poste pour certains de ces livres.
Jean Songe
J’ai essayé de batailler pour les couvertures, plus engageantes,et le degré zéro de la créativité.C’était un peu l’énergie, et un manque total de respect des auteurs et de considération.Donc, à mon grand âge, quitte à vendre, parce que c’est le cas…
David Dufresne
Bon, alors tu te lances avec d’autres choses.Tu as différents auteurs et tu commences par ce texte absolument incroyable que tu as : James Crumley, journaliste américain.Tu étais passé me voir après la tournée promotionnelle d’un de ses polars, Le Canard siffleur mexicain, et Le Gringo magnifique. Et tu dis que c’est une version non censurée.
Jean Songe
Et oui, on se retrouve aussi exactement face à ça, si tu veux,puisque, au départ, c’était un article pour le supplément hebdomadaire de Libération, L’IBMA,qui a eu une brève existence : un supplément du samedi.Ils avaient fait, je ne sais plus, 30 ou 40 feuillets,et puis ils en avaient coupé la moitié, entre autres pour des raisons de longueur,mais aussi des raisons juridiques. J’étais susceptible, de mémoire, de six ou sept procès pour apologie de la drogue, de l’alcool, je ne sais pas quoi. Donc, bref, ça avait été vraiment expurgé, et ça m’avait enquiquiné,parce que je trouvais qu’il y avait vraiment des choses très intéressantes à racontersur les dessous d’une tournée promotionnelle, surtout avec un phénomène comme James Crumley,qui était absolument extraordinaire.
David Dufresne
En deux mots, aussi ?
Jean Songe
J’ai repris mes notes, l’article entier, et je l’ai augmenté.J’ai tout réécrit quasiment, en faisant des digressions sur la littérature noire,la littérature en général, les motifs de réflexion autour de la création chez James Crumley,et l’expérience que j’ai eue avec lui. Je pense que c’est un livre qui dépasse le cadre du simple portrait d’une personnalité. Ce n’est pas littéraire : on entre dans les coulisses et on parle de littérature.
David Dufresne
Alors, deux mots sur l’illustrateur, l’illustrateur bien connu de nos services.
Jean Songe
Le merveilleux Jean-Christophe Chauzy. La chance que j’ai eue, c’est d’être entouré, pour ces beaux livres, d’artistes talentueux que j’ai connus. Et Jean-Christophe Chauzy a accepté immédiatement de faire la couverture de Tingo et la suivante sur Maradona, Dios, Tango pour Maradona. Et donc, il y a une autre couverture pour un court roman de Francesco Piduo,qui est Stéphane Wary, que j’ai contacté, et une superbe couverture mais c’est du grand art.
David Dufresne
Bon, je ne sais pas, on parlera de Stéphane après.Mais d’abord on dit que le son est dégueulasse mais les amis, c’est ça le punk rock !Le son est dégueulasse, écoutez bien, ce qui compte, c’est l’énergie.Et rapport pour d’énergie : Tango pour Maradona.Tu as deux secondes pour nous en parler.Dix chapitres, un prologue, très tango, incisif, vif, mordant, anecdotes sur le foot, digressions, références au roman noir, à Pasolini, aux Monty Python.
Jean Songe
Ça, c’est un livre pareil que Le Seuil avait refusé, parce que pour eux, ça ne rentrait pas dans une case.Ce n’était pas une biographie de Maradona, ce n’était pas un essai sur Maradona :c’est une sorte de délire un peu baroque autour de Maradona. Et je m’adressais surtout aux personnes qui n’aiment pas le football,parce que je pensais enfin, je pense toujours d’ailleurs que c’était une bonne porte d’entrée pour essayer de mieux comprendre le football et ce que ça peut représenter.Bien sûr, ceux qui aiment le football peuvent le lire sans aucun problème.Mais c’était aussi cette volonté de dépasser le portrait. C’est une chose que les éditeurs ne veulent pas, non.
David Dufresne
Alors, je voulais aussi te parler, parce que tu publies en rafale, tu publies à la commande, tu as un site.N’hésitez pas à commander les livres. Soyez sympas.Aidez, aidez l’éditeur.Alors, maintenant, je ne connais pas ce monsieur, Francesco Piduo.Tu dis que c’est un grand livre.Qu’est-ce que c’est que ce roman d’apprentissage,illustré par un certain Stéphane Wary,qui s’est fait remarquer par une magnifique bande dessinée sur la science-fiction ?Et il y a une couverture, et une illustration qui court,mais je laisse celles et ceux qui veulent la découvrir acheter le bouquin.Mais parle-nous de l’auteur.
Jean Songe
Alors, je reviens sur Francesco Piduo.C’est un auteur très connu dans le monde de la littérature jeunesse il a publié de nombreux albums, c’est vraiment une référence,et une production absolument extraordinaire. Il publie en parallèle des romans que l’on peut considérer comme adultes. La violence y est sous-jacente, il y a une menace, une angoisse.Et c’est ça que j’aime : c’est un livre plaisant à lire, mais qui pousse un peu plus loin. Quand je vois chaque année Emmanuel Carrère, Amélie Nothomb, Philippe Djian pavanais à la télé,raconter leur grotte annuelle enfin, leur crotte annuelle, c’est du produit, c’est une marque : on a la marque Carrère, la marque Nothomb, la marque Djian, etc. On s’en fout, quoi !Ça ne vit pas, ça ne vibre pas.On se targue d’être vivant et pour pousser le parallèle, si tu veux, si je prends des écrivains décédés comme Hubert Selby Jr.,qui a écrit Harry Fools dans le monde rock, etc et Harry Crews, je prendrai Harry Crews sans hésiter parce qu’il est beaucoup moins artiste, il pose beaucoup moins,il fait moins de poseur, on le voit moins.Ça frime moins, c’est beaucoup plus direct, c’est plus viscéral,c’est brut, on sent l’artiste, et parfois c’est embêtant.
David Dufresne
Et j’ai lu dans ta présentation que ton inspiration vient plus des éditeurs de disques,comme Crypt Records, Hangman Records, Black and Noir, etc.C’est-à-dire, l’idée de quoi ? De l’indépendance farouche ?
Jean Songe
L’indépendance farouche, c’est une image très forte.Disons que, quand on recevait un disque de ces labels,on avait 99 % de chances que ce soit excellent.On pouvait y aller les yeux fermés et c’est ce que j’aimerais créer : il n’y a pas de collection à La Culottée, c’est un tout.Alors oui, ça fait un peu club de motards, un club qui se retrouve autour d’une passion,mais la nôtre, ce serait la littérature. L’ambition est simple, mais importante.
David Dufresne
Le chat, le chat, vous ne réagissez pas ? Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est le son qui passe ?Je voudrais juste terminer, Jean Songe ton nom déjà, on dirait un pseudo je voudrais terminer avec Raymond Radiguet.Bibi la Bibiste, roman minuscule de 1918.J’ai donné, par exemple, un extrait, parce que c’est le chapitre consacré à l’adolescence.Le chapitre, c’est cette phrase :« Le sang rouge coulait dans ses artères, le sang noir coulait dans ses veines. »Dis-moi, l’adolescence de Bibi la Bibiste ?Texte de 1918, d’où ça sort cette affaire ?
Jean Songe
C’est une vieille passion, que j’ai découverte dans un livre de Léon-Paul Fargue, Le piéton de Paris. C’est magnifique. Il dresse un long portrait de ce jeune homme qui, très jeune,est mort dans des circonstances assez mystérieuses. Sa famille n’a pas été la cause de cela.
David Dufresne
Question, Monsieur Songe, juste après.
Jean Songe
Et, en ce moment, je lis Lettres d’Amérique de Henryk Sienkiewicz,prix Nobel de littérature en 1905.C’est un recueil de lettres de son voyage de deux ans aux États-Unis, dans les années 1867.Et c’est ce qu’il a vu en Amérique : un recueil de textes extraordinaires.
David Dufresne
Alors, questions du chat et je tiens donc mon téléphone au-dessus du micro-tubepour que ce soit dans le replay et il semblerait que ce soit la meilleure position pour le téléphone.Donc, question du chat :d’abord, Ultra Chromite qui dit : « Celui-là, je vais le commander direct à mon libraire. »Sauf que ce n’est pas chez le libraire.Alors, Monsieur Songe, c’est l’instant service après-vente.Comment obtient-on vos livres ?
Jean Songe
Alors, le mieux pour moi, c’est de faire des commandes directes en envoyant un mail je pense que tu mettras le lien éditions la culottée (sans accent).
David Dufresne
T’inquiète pas, t’inquiète pas, Euryale va s’occuper de ça.T’inquiète pas, tout est déjà dans le chat, voilà.Donc, le mieux, c’est d’aller dans la boutique en ligne et de commander.( https ://editions-la-culottee.sumupstore.com/)
Jean Songe
Ça, c’est la deuxième option, je dirais : sur la boutique en ligne,parce qu’ils prennent quand même un petit pourcentage ce n’est pas trop élevé, ils sont très corrects et la présentation est très bien. Mais les futurs acheteurs ou acheteuses auront un bon visuel sur les bouquins,une présentation, des informations sur les livres. Et ensuite, bien sûr, ils peuvent commander sur SumUp, il n’y a aucun souci pour moi.Mais sinon, je te dis : le plus intéressant pour moi, pour pouvoir poursuivre,c’est de commander directement.
David Dufresne
Autre chose : question de Gros T’as Vu, qui est là.Bonjour. Est-ce que tu ferais des dépôts pour des librairies associatives ?
Jean Songe
Oui, je démarche les librairies.Le souci, c’est maintenant les frais de port, qui sont exorbitants.Donc il faut que je trouve un accord, et je n’ai pas encore trouvé la forme définitive. Dans les librairies à proximité de chez moi, ce n’est pas mal faisable : je les emmène en main propre.D’ailleurs, Colis, dès que ça dépasse 500 grammes, je paye huit euros de port. Et c’est énorme.Donc, je veux dire, je perds de l’argent en envoyant des livres.Surtout qu’il y a la question du retour avec les libraires : s’ils ne sont pas vendus, ils me les retournent, mais eux ne prennent pas en charge le port. Donc, je ne peux pas non plus payer le retour des livres si je paye aussi huit euros de retour. Là, le serpent se mord la queue. Je n’ai pas solutionné le truc. Si un libraire a une brillante idée, ou quelqu’un qui n’est pas libraire, a une idée pour contourner la chose, je suis preneur ; évidemment, je ne suis pas du tout hostile aux libraires, loin de là.
David Dufresne
Gros T’as Vu te dit : « Merci, on te contactera, on a une solution. »Je mets la page Facebook, parce que monsieur est sur Facebook : Éditions La Culottée.Nous avons l’adresse e-mail, c’est le plus simple. Parce que monsieur Songe, en termes de marketing, n’est pas hyper balèze. Envoyez un e-mail, et il vous expliquera comment obtenir les livres. Une question, mon cher : Facebook, OK, j’ai noté, Monsieur Songe, on garde.Je suis sûr qu’on aura bientôt une émission sur le monde de l’édition.Les éditeurs indépendants ont raison : les grands éditeurs produisent beaucoup de livres, mais combien en défendent-ils vraiment ?
Jean Songe
C’est vécu, ça, l’auteur ne le ferait pas, eux non plus.
David Dufresne
Mon cher Jean, il y a Jogmax qui te donne un petit tuyau :si tu vendais par Le Bon Coin, tu pourrais utiliser leur option d’envoi à 0,99 €.Eh bien, j’ignorais.Voilà un marché qui s’ouvre :il y a déjà des millions de gens qui vont te commander des livres, des auditeurs de France Déter, mais maintenant, en plus, tu vas faire des économies grâce à Le Bon Coin et grâce au plan de Jogmax.
David Dufresne
Ultra Gromit termine cette interview en te disant que Philippe Djian avait dit en interviewque c’était par nécessité économique qu’il écrivait aussi souvent.
Jean Songe
Oui, oui, ça ne m’étonne pas. Je pense qu’il a un train de vie très dispendieux, donc il a besoin de ça. Mais alors, c’est vraiment la pire des raisons. Honte à lui, l’écrivain rocker, va ! À bientôt. À bientôt à lui.
Sleeping Giants
:Oui, je vous entends, David. Bonjour, bonjour, bonjour !
David Dufresne
Ça y est, c’est génial, je suis tellement heureux. Je ne sais pas à qui je parle, je sais juste que je parle à Sleeping Giants, et ça me suffit. Bonjour, comment ça va ?
Sleeping Giants
:Bonjour David, très très bien. Mais pour information, ça marche très bien sur IOS, sur Safari.
David Dufresne
:Oui, d’accord, bon très bien. Alors, je vais vous présenter : vous êtes un collectif citoyen de lutte contre le financement des discours de haine. Sleeping Giants, c’est votre baseline officielle.Vous êtes connus depuis février 2017.L’idée, c’est que le consommateur ne finance pas les médias privés qui sont des médias de haine, par le biais de la publicité.Vous avez inventé ça. Il y avait, à l’époque, 75 % des apports financiers issus de la publicité. Et à la fin, c’était une maison de puériculture pour bébés et petits enfants. Et ils posaient la question et continuent de poser la question : « Est-ce qu’on accepte de financer ça, vraiment ? » Et ça fonctionne, parce que, vous, vous avez touché Morandini, Zemmour et d’autres.
Sleeping Giants
:Exactement.
David Dufresne
:D’accord. Mais alors, je suis allé sur votre site, et votre site a planté.
Sleeping Giants
:Ah non ! Ça, ce n’est pas notre site. Je pense que c’est le faux site mis en ligne par Bolloré pour nous nuire.
David Dufresne
:Ah bon ? Le site sleepinggiant.fr, ce n’est pas vous ?
Sleeping Giants
:Non, bien sûr que non. C’est M. Bolloré qui a organisé, via une agence de communication, une opération pour nous insulter, pour faire du astroturfing, pour menacer les annonceurs.
David Dufresne
:Ah ! Le site sleeping-giant.fr n’est donc pas à vous ?
Sleeping Giants
:Bien sûr que non. Regardez la qualité du site : elle est tellement médiocre, évidemment, ce n’est pas de nous.
David Dufresne
:Oh là là, quel bordel ce matin ! C’est complètement dingue cette histoire.Bon, alors, parce que j’avais préparé mon entretien en me basant sur un chiffre… enfin bref.Alors, pour que tout soit clair pour nos auditeurs et spectateurs :Sleeping Giants n’a jamais gagné le moindre centime et n’a jamais dépensé le moindre centime. Donc, tout ce qui est payant, comme un nom de domaine ou autre chose, ce n’est pas à eux.
Sleeping Giants
:Nous avons un site officiel, oui, mais il n’est pas payant. C’est un site Google Sites, tout simple.
David Dufresne
:D’accord. Et il s’appelle comment ?
Sleeping Giants
:Il faut taper Sleeping Giants France Google Sites sur votre moteur de recherche.
David Dufresne
:OK. Euryale l’a trouvé, parfait ! Le voici à l’écran.Aujourd’hui, vous considérez que vous avez réussi à faire fléchir combien d’annonceurs de CNews, du JDD, de TV Libertés ?
Sleeping Giants
:En France, nous en sommes à plus de 2000. Petite précision : on ne fait pas fuir les pubs du JDD enfin si, mais il n’y en a plus depuis longtemps. Donc, aussi bien dans le print que sur le site, il n’y a pas de publicité.Mais plus de 2000 côté France, et c’est formidable. Et ce n’est pas notre seul champ de bataille, n’est-ce pas ?
David Dufresne
:Ah bon ? Lesquels ?
Sleeping Giants
:On travaille pas mal sur la veille.Pas du fact-checking le terme est devenu un peu fatigué, mais sur la dénonciation de la désinformation. On traque aussi la désinformation organisée, notamment par la Russie.Et, plus récemment, on travaille sur la recherche et la suppression de contenus terroristes, notamment d’extrême droite, tout en saluant notre famille Lakatiba de Navalos, qui s’occupe, elle, du terrorisme islamiste.
David Dufresne
:Vous avez publié récemment, sur votre page du Club Mediapart, un article :Havas – Bolloré au cœur des campagnes d’influence pro-Israël.Des influenceurs américains payés par le gouvernement israélien pour défendre l’indéfendable. Cela tient à cœur à Benjamin Netanyahou, et le groupe français Havas est payé pour donner corps à cette idée. Donc, pour être clair : le groupe Havas, dirigé en partie par un des fils Bolloré, appartient bien au groupe Bolloré. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous avez découvert ?
Sleeping Giants
:Oui. Un jour, j’ai vu passer un tweet américain parlant du fait que Brad Parscale, un influenceur américain, travaillait pour Israël. Et les gens ont partagé le formulaire FARA, qui est obligatoire aux États-Unis. Dès qu’on est payé par un État étranger, il faut le déclarer.Et là, en le parcourant, on voit le nom Havas. Nous avons vérifié : Havas USA plaçait les publicités du ministère du Tourisme israélien.Havas Europe, dont le bureau est basé en Allemagne,et, apparemment, Havas Group France, ont sous-traité avec d’autres entreprises américaines qui, elles, payaient des influenceurs. On parle de 6000 à 7000 dollars par publication, pour des contenus pro-israéliens.D’autres financements viennent aussi des milieux chrétiens évangéliques,qui cherchent à renforcer leur position pro-israélienne.Et une autre société paye même pour financer des bots destinés à amplifier ces messages,et à manipuler ChatGPT pour influencer les réponses pro-israéliennes.
David Dufresne
:Ah, donc, pour manipuler ChatGPT de manière à ce que le logiciel donne des réponses favorables à la position israélienne ?
Sleeping Giants
:Exactement.C’est d’ailleurs mentionné dans un projet appelé ESTHER,dont le Jérusalem Post a parlé.
David Dufresne
:Oui, le projet Esther. Je montre d’ailleurs à l’écran la photo que vous citez dans votre papier sur Mediapart. Il s’agit de Netanyahou entouré d’influenceurs américains à New York, le 26 septembre dernier. Pouvez-vous confirmer ?
Sleeping Giants
:Il s’agit bien de cette réunion, organisée lors de son passage à l’ONU.Netanyahou a déclaré :« Nos influenceurs sont nos armes sur les réseaux sociaux. »La cible prioritaire, c’est Tiktok et d’ailleurs, il a ajouté :« Nous avons acheté TikTok », car, selon lui, le changement de gouvernance sous pression américaine lui serait favorable il a aussi déclaré vouloir faire de même avec Twitter enfin, X puisque Musk est un de leurs alliés.
David Dufresne
:Donc, pour vous, il y a une stratégie coordonnée : Israël, via Havas, recrute et paye des influenceurs pour diffuser sa communication.
Sleeping Giants
:C’est exactement ça. Et nous avons retrouvé, grâce aux documents FARA, la trace de ces contrats.Ils montrent qu’ Havas agit pour le compte du ministère du Tourisme israélien,et sous-traite avec plusieurs agences américaines pour la diffusion des messages pro-Israël.
David Dufresne
:Et en France, vous avez remarqué des influenceurs liés à cette bollosphère ?
Sleeping Giants
:La question mérite d’être posée. Nous n’avons pas encore les preuves, mais nous surveillons les signaux.Beaucoup de comptes diffusent aujourd’hui la rhétorique pro-israélienne quasi officielle, parfois sans même être rémunérés. Mais certaines incohérences nous laissent penser que cela pourrait venir plus tard.
David Dufresne
:Comment peut-on soutenir ou rejoindre votre collectif ? Vous n’êtes pas une association constituée, n’est-ce pas ?
Sleeping Giants
:Exactement. Nous ne sommes qu’un collectif citoyen.Nous ne recevons pas d’argent, nous n’en demandons pas. Pour nous suivre, il suffit d’aller sur notre site Google Sites Sleeping Giants France ou sur nos réseaux : BlueSky et Mastodon, sous le nom Sleeping Giants France.
David Dufresne
:Impeccable.Alors, j’aimerais vous parler d’un ami à vous : Geoffroy Lejeune,l’ancien directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, aujourd’hui au JDD.C’est lui qui a probablement relancé la pétition de Villiers, non ?
Sleeping Giants
:Oui, exactement.Nous pensons qu’il a repris les vieilles méthodes utilisées pour la fameuse tribune des militaires,celle qui, à l’époque, avait été rédigée par Dornella.
David Dufresne
:Oui, on en avait parlé à l’époque sur Auposte donc, selon vous, c’est une réédition de la même logique :collecte de signatures, mise en avant médiatique, mobilisation politique ?
Sleeping Giants
:Oui, mais cette fois au service d’un référendum contre l’immigration,avec les mêmes réseaux, les mêmes relais.
David Dufresne
:Et à ceux qui disent : « Ces gens de Sleeping Giants empêchent la liberté d’expression,pourquoi les annonceurs ne pourraient-ils pas financer qui ils veulent ? »,vous répondez quoi ?
Sleeping Giants
:C’est une question classique, mais fausse. La liberté d’expression, ce n’est pas l’absence de conséquences.Nous ne censurons personne : nous informons les annonceurs.Nous leur disons simplement : « Regardez, votre publicité est diffusée sur une chaîne condamnée pour racisme. Êtes-vous d’accord pour financer cela ? »Et ensuite, ils décident. Un tweet, un seul, par saison télévisée. Pas de menace, pas de harcèlement.
David Dufresne
:D’accord. Donc, vous informez, et les marques choisissent.
Sleeping Giants
:D’ailleurs, c’est aussi dans l’intérêt du consommateur,puisque c’est lui qui, en achetant le produit, finance indirectement la publicité.Dans un parfum de luxe, 80 % du prix part au marketing.Dans un yaourt de marque blanche, c’est à peine 1 %. Donc, c’est bien le consommateur qui paye les publicités.
David Dufresne
:Parmi les annonceurs, quelles réponses vous ont le plus réjouis, ou au contraire déçus ?
Sleeping Giants
:En neuf ans, nous avons eu quatre ou cinq réponses négatives,souvent écrites par les équipes de Bolloré.Mais, à l’inverse, des centaines d’annonceurs nous ont remerciés.Certains ont même organisé des tables rondes internes,ou modifié leur stratégie publicitaire. Beaucoup découvrent qu’ils financent, sans le savoir, des médias extrémistes à cause du système publicitaire programmatique.
David Dufresne
:Oui, justement, c’est quoi, la publicité programmatique ?
Sleeping Giants
:C’est un système automatisé : les pubs s’achètent aux enchères,en quelques millisecondes, selon le profil du lecteur.Les marques ne savent même pas où leurs pubs apparaissent.Elles pensent acheter un espace sur Canal+, et leur pub se retrouve sur CNews, dans l’émission de Zemmour et c’est comme ça qu’on les informe.
David Dufresne
:Le chat vous écoute attentivement. Un des aupostiens dit : « Faut que vous fassiez trembler un milliardaire comme Bolloré,alors qu’il influence tant le discours dominant ! »Comment expliquez-vous qu’avec vos petits moyens, vous arriviez à le fragiliser ?
Sleeping Giants
:(rires) Eh bien, c’est simple : David contre Goliath.
David Dufresne
Et voilà, visiblement, on a perdu la connexion. David contre Goliath, c’est une belle conclusion ilest 9 h 02. Nous sommes le 6 octobre 2025.Un immense merci à l’équipe de Sleeping Giants d’avoir pris le temps de venir ce matin. C’était court, mais c’était chouette. Et c’est ainsi que s’achève cette interview. Visiblement, il y a eu un problème de connexion pendant ce temps, il est 9 h 02. C’est France Déter. Un immense merci à l’équipe de Sleeping Giants d’avoir pris le temps de nous contacter. C’était court, mais c’était chouette. J’ai aussi une revue de presse spéciale fashion, j’ai une dropship, c’est un peu le bazar. Je ne sais pas comment on va faire. Je voudrais juste faire un rapide point sur les émissions à venir dans la semaine. Ce mardi à 9 h, Gaza et autres présences, avec le président de Médecins Sans Frontières, Bertrand Brequeville,qui est à Médecins Sans Frontières, mais qui publie un livre passionnant, extrêmement critique, sur tout un pan de l’humanitaire. Et le 7 octobre, c’est évident : c’est le 7 octobre 2023.Les copains d’Orient XXI seront là à 18 h pour une soirée spéciale Gaza avec Nizan Perlman Becker, Mouna Chabi, Alain Gresh et Sarah Grira. C’est demain, de 18 h à 20 h, soirée spéciale Gaza. Et l’idée, c’est de discuter avec le chat, et on posera deux questions : Populisme et mensonges historiques. Ce sera l’émission que je prépare en ce moment j’ai une matinale le lundi et des émissions en semaine et le reste, c’est les copains. Populisme et mensonges historiques : la contre-attaque.Gérard Noiriel revient avec Le Peuple français aux éditions Talandier.Cofondateur du Musée de l’immigration et figure majeure de l’EHESS,il décrypte Les dix obsessions des populistes : immigration, laïcité, wokisme, sécurité, armes, archives et données. Il montre que ces crises ne sont que le recyclage de peurs anciennes. C’est Au Poste.Merci infiniment à vous tous. N’hésitez pas à nous soutenir, à rejoindre le Discord.On va essayer de trouver un système pour les invitations du matin, pour être là de bonne heure avec vous.J’ai la crève, mais je m’en fous. Portez-vous bien.Merci à vous tous, et la météo du chat que je n’ai pas pu faire, vous pouvez la publier ici. Merci, bonjour à vous. Merci beaucoup. J’envoie les crédits.

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