France Déter : la matinale aupostienne avec Aïssa Ghalmi (Les Écologistes), Daniel Schneidermann et Marie Allenou (La presse libre)
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C’est France Déter Bonjour les gens, bonjour il est 7h02, à midi café. Amis de la police, bonjour, amis du punk rock et amis de ceux qui ne savent pas ce qu’est le punk rock. Bienvenue sur France Déter la matinale d’au poste. C’est l’heure, debout les déters, comme chaque lundi auposte tente de remettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages, des oiseaux et des luttes, explore le passé et trie le présent. C’est en direct, c’est fait maison, c’est bordélique et c' est plein de vie. Préparez le café. Bonjour à tous, bonjour à toutes. J’espère que vous allez bien. M’enfin, c’est pas France Déter qu’il faut censurer, voyons ! C’est le nouveau gouvernement. Bonjour à tous. Aujourd’hui, nous avons trois invités. Deux en même temps, vers 7h20, 7h30, en la personne de Daniel Schneidermann, vieux briscard du monde des médias de la Maison Arrêt sur image, flanqué de Marie Allenou de Rue89, Lyon.
Comment est-ce que nous nous serions comportés si, comme du jour au lendemain, le 10 mai 1940, l’armée allemande débarque ? Pourquoi je pose cette question ? Parce que je pense que c’est une question à laquelle nous sommes peut-être susceptibles de devoir répondre dans la situation géopolitique que nous connaissons aujourd’hui. J’ai très très peur et j’ai ce sentiment que les années 30 ressemblent terriblement à nos années d’aujourd’hui. Sur le plan humain, ce n'était pas si simple. Vous savez, pendant que je traitais le dossier du Qatar, on est quand même rentré dans mon appartement. Le col blanc est un atome de la molécule. La criminalité financière, c’est une molécule épouvantable avec des tas de particules et d’atomes qui se mélangent. Mais je vous assure que la situation aujourd’hui n’est pas préoccupante. Elle est catastrophique. Les organisations criminelles sont à ce point maintenant compétentes et riches que nous avons encore 10 guerres de retard sur le plan de la technologie.
Bonjour, bonjour Marie, est-ce que vous m’entendez ?
Oui, je vous entends. Est-ce que vous m’entendez ?
Alors je vous entends, je vous entend doucement, je m’entends en double. Est-ce que là, oui, dans là on ne vous entend plus, c’est pas grave. Alors Daniel Schneidermann n’arrive pas à se joindre. J’espère qu’il va se joindre à nous dans quelques instants. Et là, j’ai l’impression que vous… Oui, moi je vous entends.
Vous vous entendrez toujours en tout coup, ou pas ?
Oui, moi, je suis en écho, là. Alors, attendez. Là, je vois que Daniel Schneidermann est connecté. Allô, Daniel ? Oui, tu m’entends ? Je t’entends, Daniel. Alors c’est parfait. Il y avait un écoute avec Marie. Alors, on fait des petits réglages, comme d’habitude, c’est le bazar. Je vous ai invités il y a quelqu’un qui est en écho. Alors, attends, attendez, attendez. On va avancer, on a le temps. Marie travaille, à rue89, Daniel Schneidermann était le vieux briscard d’Arrêt sur image et tous les deux sont là pour nous parler du portail d’abonnement qui s’appelle la presse libre, qui va sortir mercredi. Je m’entends en triple dans la tête, c’est l’enfer. Alors, je vais essayer de trouver un système.
Salut Marie !
Alors on vous entend bien tous les deux.
Bon, ben c’est déjà ça.
Et là, a priori, il n’y a plus d'écho.
Écoute, formidable, formidable. Alors Marie, il faudrait juste mettre votre caméra et après, c’est parti.
On a réussi un strike là.
Marie, vous êtes journaliste associée à Rue89, vous avez une obsession pour l’extrême droite et la politique locale, vous avez aussi un œil sur le sans-abrisme, les migrations, les violences sexistes et sexuelles, mais pas que, dit votre bio BlueSky. Mon cher Daniel Schneidermann, très favorablement connu de nos services, et encore pas tous les jours ! Mais vieux complice depuis le temps, vieux briscard d’arrêt sur image, Et là, vous arrivez pour nous présenter le portail de la presse libre. Qui va tuer au poste. On vous écoute.
On n’a pas du tout envie de tuer auposte, on a envie de d’imiter au poste, c’est-à-dire offrir aux abonnés une possibilité de contre-agenda médiatique tous les jours, comme tu le fais là dans ce remarquable matinale que je découvre, en même temps que j’ai l’honneur d’y participer sur France Déter. Non, de quoi s’agit-il ? Il s’agit du fait que depuis que l’on a créé Arrêt sur Image en 2008, si tu veux, on croisait un certain nombre de gens qui auraient pu s’abonner et qui nous disaient « mais non, mais c’est trop compliqué, la presse en ligne, c'était formidable ce que vous faites, c’est génial, continuez, mais enfin, c’est trop compliqué il faudrait s' abonner à tout, prendre trois abonnements, avoir trois mots de base, trois identifiants, on s’y perdrait, ce serait cher ». Donc, avec une dizaine de sites de presse indépendants. On a eu l’idée mirobolante de créer un portail d’abonnements uniques avec un tarif d' abonnements unique, à prix d’où, évidemment, beaucoup moins cher que si on s’abonnait aux immédiats séparément, et d’essayer d’aller trouver ce public qui restait éloigné de nous parce qu’on était trop cher et parce qu' on était dispersés, et en même temps, essayer de donner davantage d'écho, d’impact. À tous les papiers, à toutes les émissions, qu’on peut faire sur cette dizaine de médias.
T’abuses, tu dis une dizaine, vous êtes huit. Voilà, c’est plus juste.
Alors, je vais donc énumérer cette petite dizaine de médias dont il y a un arrêt sur image de Pierre Macron. Il y a Politiste, qui est un grand généraliste de gauche depuis très très longtemps. Il y à Médiacité, qui était un site d' investigation locale. Il y a les trois Rue89 Strasbourg, Bordeaux et Lyon. Lyon avec son équipe de choc dont Marie Allenou qui est avec nous ce matin. Et il y a enfin Next, qui est un excellent site, surtout en ce qui concerne la Tech, les aspects têtes, les aspects juridiques, les aspects économiques, les aspects libertés, vous voulez tout avoir au jour le jour sur Elon Musk, c’est là. Et il a enfin Reflets, qui est, pour ceux qui ne le connaissent pas, C’est le site qui a sorti les Drahi leaks, ce qui était arrivé à entrer dans les fichiers secrets de Patrick Drahi.
Alors, Marie, pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement ? Après, on va débattre du fond, mais restons dans le fonctionnement. Il y a un prix d’entrée qui est fixé à 14,90 euros par mois jusqu'à, je ne sais pas quand, est ce que c’est jusqu' à mercredi ou pas, pour la période de lancement. Ensuite, ça passera à 19,90. Et quel est votre objectif du nombre d' abonnés ? Et concrètement, avec 14.99 balles, j’aurais droit à quoi ?
Alors, oui, donc il y a une offre de lancement de 14,90 €. Je ne saurais pas dire jusqu'à quand elle est, mais en tout cas, elle est pour six mois. Une fois que vous la prenez, c’est six mois à 14.90 et ensuite vous repassez à 19.90.
J’ai donné le scoop, c’est jusqu'à fin septembre.
Jusqu'à fin septembre, nous serons en octobre Daniel.
Il est très, très tôt
Jusqu'à fin octobre, vous pouvez profiter de l’offre de lancement à 14.90, sachant que la plateforme est lancée mercredi 15 octobre. Concrètement, quand vous avez cet abonnement à 14,90, vous pouvez vous connecter sur le site de la presse libre et là, vous aurez les derniers articles publiés par les médias partenaires. Et vous pouvez aussi vous connecter directement sur les médiapartenaires pour accéder à l’ensemble de leurs archives, puisque toutes les archives ne seront pas disponibles sur la presse libre. Sur la presse libre, il y aura une sélection, une forme d'éditorialisation des contenus pour les mettre en avant, pour que ce soit aussi plus agréable à la lecture pour les personnes. Et l’idée, c’est qu’au lieu de soutenir un média indépendant, vous en soutenez huit, et puis vous avez accès à beaucoup plus d’informations. Nous, c’est aussi pour ça qu’on a rejoint en tant qu'éditeur la plateforme, c' est qu' on publie tous des enquêtes, des informations d’intérêt public, qui, parfois, ne trouvent pas leur écho suffisamment et avec cette plateforme elles pourront avoir une plus grande diffusion.
Ah, il y a Trognon dans le tchat qui vous demande, il n’y a pas un tarif pour les pauvres, point d’interrogation. Il y a Fils de Zup, le pseudonyme. Ah merde, c’est réservé aux riches !
Alors, et c’est vrai qu’au lancement, on n’a pas prévu de tarifs pour je ne dis pas les pauvres, pardon, je dis les étudiants, les précaires et les chômeurs, c'était la formule qu’on a adoptée à Arrêt sur Image pour faire justement ce tarif étudiant-précaire-chômeur, mais on va le mettre en place très rapidement.
Marie, est-ce que c’est Daniel qui va faire l'éditorialisation, vous demande Supermageman, ou est- ce que vous allez prendre le pouvoir ?
Non, on a des personnes qui sont embauchées par la presse libre et qui sont chargées de faire ce travail. Donc ce n’est pas seulement Daniel, je crois que Daniel va mettre un petit peu sa touche mais en tout cas c’est des personnes, des journalistes qui ont été embauchés pour ça.
Il y a une équipe dédiée de trois personnes qui sera chargée tous les matins de faire l'éditorialisation, c’est-à-dire de mettre en avant les trois cap contenus vraiment intéressants du moment, et aussi d’envoyer les newsletters, parce qu’il y aura des newsletters, il y en aura une par jour, il y aura une plus développée chaque week-end. On pense faire aussi des petites vidéos de promotion des contenus de nos adhérents avec une équipe dédiée. C’est pas simplement une plateforme d’abonnement, c’est une plate-forme qui sera un lieu où nos abonnés pourront se retrouver dans une safe place de l’information. Ou qui sont sur un poste et qui s’entendent dans une « safe place » de la matinale.
Oui, alors justement, vas-y Marie, allez-y, pardon.
Je peux rebondir sur le petit commentaire qu’il y a eu dans le tchat. J’imagine qu’ils étaient un peu ironiques en disant que c'était pour les riches. Nous, la presse indépendante, on vit que des dons et des abonnements. Et c’est difficile de financer une presse qui n’a pas d’actionnaires derrière elle. Donc parfois, ça peut sembler un peu cher. Nous, par exemple, rue89Lyon, notre offre mensuelle, elle est à 6 euros par mois, c’est-à-dire moins qu’une pinte. On a bien conscience que ce n’est pas accessible à tout le monde, mais pour nous, faire moins, c’est compliqué pour pouvoir financer derrière des journalistes, financer le développement de notre site. Et donc, c’est aussi pour ça qu’on a rejoint la presse libre en se disant, mutualiser, ça permet de faire accéder le plus grand nombre à une information, à un tarif qui est quand même énormément réduit, parce que si on devait ajouter tous les montants de tous les médias mensuels pour faire une offre… Où on n’est pas réduit, ce ne serait pas 14,80, ce serait pas 19,90. Donc, oui, on planche sur une offre pour les plus précaires, mais cette offre est déjà assez réduite par rapport à ce que nous, on fait, enfin, les tarifs qu’on pratique par média.
Alors, il me plaît, Daniel, vas-y.
Non, mais je voudrais juste dire quelque chose sur cette offre. Je pense que notre public, à nous, Presse Libre et aussi le tien, David, est un public qui ne gruge pas. Arrêt sur image, quand on a, dès le départ, lancé cette offre pour les étudiants précaires chômeurs, on l’a lancée sur simple demande. Ce n'était pas nécessaire de fournir un justificatif utilitaire d'étudiants, des papiers de Pôle emploi,. Et on s’est rendu compte, à l’usage, que ce qu’il me demandait, c'était vraiment ce dont il avait besoin. Donc je pense qu' il faut garder ça en tête.
Alors, on nous dit qu’on parle trop d’argent et on se casse. Néanmoins, puisque c’est une matinale, il me plaît pour la première fois de ma vie. J’ai attendu 57 ans pour le faire. Je vais faire du télé-achat. Alors, admettons, je suis déjà abonné à Reflet, par exemple. Qu’est-ce qui se passe pour moi si je m’abonne au Portail Libre ?
C’est la séquence télé-achat d’au poste.
Quelle autre question tu veux répondre Marie ? Vas-y, Daniel Alors, ce qui se passe pour toi, David, si tu es déjà abonné à Reflet, c’est qu’il y a une offre spéciale pour les abonnés. Les abonnés sont déjà abonnés à un site fondateur. C’est-à-dire que si tu viens t’abonner par Reflet tu seras le bénéficiaire d’une offre spéciale à 9 février 90. Donc tu garderas ton abonnement à Reflets bien évidemment. Et pour le reste, tu auras toute la presse libre en indemnité.
Ah je pense que oui, et si je ne suis pas abonné, qu’est-ce qui se passe ? Si je suis abonnée à rien du tout ?
Jusqu'à ce qu’il soit en octobre, je dis bien octobre, et ensuite en 19.90.
Ok, et alors pour aller lire les différents médias, les différentes plateformes, il va falloir passer par le portail où j’irais directement chez Reflet, chez Médiacité, Rue89 Strasbourg, comment ça se passe en termes de logging ? Votre affaire d’usine à gaz, comment vous avez résolu ça ?
Oui, les deux sont possibles, on peut se connecter soit sur la presse libre, le site la presselib.info je crois, soit on peut aller sur les médias partenaires et il y aura un petit plugin, un petit endroit où on peut se connecté avec ces codes de la presse libre.
Vous faites des réponses trop courtes, j’ai pas le temps de me faire mon café. Alors, c’est pas grave, je continue. J’ai lu dans votre FAQ que si le modèle par don garantit tout autant l’indépendance, il ne nous a pas été possible, du moins au démarrage, pour des raisons de répartition des revenus, d’intégrer les médias ayant choisi cette formule. Par exemple, auposte, qui est sur les dons, ça c'était pas dans la FAQ. Je le rajoute, je fais le sous-titre. N’entrez pas, comme d’autres médias, dans votre portail. Alors il ne s’agit pas de vous accuser de quoi que ce soit mais d’essayer de comprendre les raisons. Pour lesquels c’est comme ça. Est-ce qu’il y a un calendrier ? Est- ce que vous planchez sur cette question-là ? C’est-à-dire, est-ce que vous planchez sur la question d’intégrer les médias qui ne sont que sur dons dans le portail, dans la presse libre ?
Même à cette heure matinale, je pense que tout le monde peut comprendre que quelqu’un qui veut regarder au poste n’a pas besoin de payer un tarif préférentiel puisqu’il paye ce qu’il veut en fait. Il donne ce qu’il veut ou éventuellement même il ne donne rien. Donc je dirais qu' a priori tu n’as pas besoin d’eux. Alors ça c’est vrai pour le lancement, c’et vrai pour les règles économiques du lancement. Cela dit, ce que certains d’entre nous souhaitent, c’est que Oui, la presse libre vient d’une espèce de carrefour. De toute l’information indépendante quotidienne. Donc, à terme, oui, même les nombreux et excellents médias qui fonctionnent sur le don et pas sur l’abonnement auront vocation à être dans la presse libre. Alors, ils le sont déjà, puisque en même temps que la presse libre, tu as peut-être vu que le portail de Basta, l’excellent portail Basta sort aussi,
Ils seront là la semaine prochaine. Je ne peux pas faire tout le monde. Vous avez décidé tout le monde de faire ça le 15 octobre
Franchement, on s’est rendu compte de ça il y a un mois et donc il y a eu un échange de visibilité. C’est-à-dire qu’il y aura un espace, le meilleur du portail de Basta sur la home de la presse libre et Basta, quand il citera des contenus de la Presse libre, renverra sur la presse libre. Donc voilà, on est super copains et la preuve en est qu’on fait une soirée de lancement commune. À laquelle tu es cordialement invité avec tout ton attirail de reporter, le 22 octobre à la Bellevilloise, c’est à 19h.
Et si le service des ressources humaines ne parle pas d’attirail en parlant des troupes ? On ne dit pas l’attirail de reporter, qu’est-ce que c’est que ça ?
Je t’ai vu faire, il y a un peu de quincaillerie.
Ah, oui, à ça, il y a de la quincaillerie, ça, c’est vrai. Alors, est-ce que la presse libre est nécessairement à gauche ? C’est une question que Libération vous a posé, sur laquelle tu as rebondi. Là, je voudrais que Marie réponde après, puisque toi, Daniel, tu as ta chronique qui est d’ailleurs..Je ne sais pas si elle est sur abonnement ou pas, la chronique, non. Je crois qu’elle est en accès libre. La presse libre est-elle de gauche ? Ma chère Marie, est-ce que sur le portail de la presse libre, on va trouver des journaux indépendants de droite ? Et d’abord, est ce que ça existe ?
Et voilà, déjà, est-ce que ça existe, David ? Qu’est-ce qu’il y a des exemples ?
Je voudrais que Marie répondre, M. Schneidermann, s’il vous plaît.
C’est vrai que ces derniers temps, quand il y a eu des articles sur la presse libre, on nous a beaucoup dit qu’on était un portail d’abonnement de presse de gauche contre Bolloré et ses médias de l’extrême droite. Je pense que ce n’est pas ce qui nous définit premièrement. Ce qui nous définit en premier, c’est déjà qu' on est des presses indépendantes, c' est -à -dire qu’elles vivent essentiellement des dons et des abonnements de nos lecteurs. Et je pense que c’est aussi une vision des journalistes qu’on partage, c’est- à dire un journalisme qui n' est pas le journalisme. Qui n’est pas le journalisme qui cherche le clic ou le buzz ou enfin pas c’est assez caricatural de lire comme ça mais voilà aujourd’hui il ya beaucoup de médias que ce soit télé ou même presse écrite qui font du fait divers qui font voilà des petits articles pour fournir un flux et qui font pas du fond. Nous c' est ce qu’on fait on fait des enquêtes on fait des reportages on fait les décryptages voilà on travaille sur le fond et surtout on travaille sûr les faits et sur le fait de révéler des informations d’intérêt public. C’est ce qui nous lie tous à la presse libre et il s’avère que oui, on a des lignes éditoriales de gauche. Alors après, nous, on a une charte interne qui fait qu’on s’engage à être des médias qui luttent contre les discriminations ou en tout cas, qui n’acceptent pas les discriminations en leur sein, ce qui exclut de fait certains médias qui se diraient indépendants ou qui voudraient rejoindre. Est-ce qu' on peut dire que Frontières est un média indépendant ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, s’ils tentent d’adhérer, je pense qu’ils ne rentreraient pas dans cette charte.
On examinera, on préjuge pas, mais effectivement, à la lumière de cette valeur que Marie vient de rappeler et qu’on a inscrit dans nos statuts d’ailleurs, une espèce de lutte et de vigilance contre toutes les discriminations, il est permis, sans préjuger, de dire qu' on peut être sceptique sur les chances d’un média comme frontière d'être accepté.
Alors ça dépend, parce que je sais pas, ça vous a peut-être échappé, parce qu'à Ré-sur-image on n’a pas parlé, pourtant je l’avais fait « Eh coucou » quand même. Je sais pas si vous savez, mais Frontière s’est fait passer pour auposte aux Amfis de LFI. Ils ont interviewé des gens disant qu’ils travaillaient pour auposte. Alors là, pour le coup, on peut parler de quincaillerie. Voilà, donc faites gaffe, faites gaffes si Frontières candidate qu’il se fasse passer pour quelqu’un d’autre. Et ça a marché ? Hélas, hélas, mais on a déposé un petit recours au Conseil de déontologie. Il y a plusieurs victimes des méfaits de frontières qui se sont reconnus, qui nous ont contactés. On monte un petit dossier là-dessus. Non, non, bien sûr. Oui, oui, ça, ça hélas marchait. Ils avaient à la main le tract d’au poste et ils allaient interviewer les gens. Et ils n’avaient pas leur petite bonnette frontière
J’espérais que la presse libre sera plus vigilante que le service d’ordre des Amfis.
Alors, dans votre manifeste, le manifeste de la presse libre, vous écrivez « Si l’indépendance porte de belles valeurs, Marie, vous venez d’en parler, la presse indépendante a un boulet au pied, elle est morcelée, chacun dans son coin, ses voix sont bien faibles, sous les grosses caisses et les trombones d’une polyphonie médiatique comme le groupe Bolloré ». Question. Vous ne croyez vraiment pas ni l’un ni l’autre pour être des artisans de longue date ? Aux vertus des rhizomes, aux vertus du réseau, aux vertus de l’effervescence de petits médias, moyens médias qui chacun dans leur coin essaye de, comme auposte et d’autres et beaucoup d’autres, vous croyez vraiment qu’il faut une forme de fédération pour que ça pèse ?
David, il n’y a aucune fédération des contenus. Bien évidemment que chacun des médias de la presse libre garde toute sa personnalité éditoriale, sa couleur, sa saveur, ses marottes, ses obsessions, son petit vélo. Voilà. En revanche, je pense que ça peut être très utile, oui, pour les gens qui sont les destinataires de cette information, d’avoir un lieu central. Dans lequel effectivement leur regard, quand ils seront en train de consulter, je ne sais quoi, Reflets ou Next, leur regard sera attiré sur telle info sortie par Rue89lyon, au hasard, et à laquelle ils auraient évidemment échappé. Alors depuis qu’on travaille à prévenir, moi j’ai eu une consultation beaucoup plus régulière des médias locaux, des médias indépendants locaux notamment des 3 Rues 89 et des médias cités. Et en fait je me suis rendu compte qu’il y a énormément d’infos qui figurent par exemple sur Rue89 qui sont très intéressantes au niveau national, parce qu’elles ont un impact national absolument évident, notamment tout ce qui touche à l’extrême droite, à l’expression publique de l’extrême-droite, à l’infiltration de l’extrême-droite, je pense que c’est dans un lieu comme Lyon ou comme Strasbourg, je pense qu’ils intéressent aussi le public de Brest ou de Toulouse.
Marie, une dernière question, elle est pour vous, mais il faut faire attention aux vieux lions qui ne rugissent pas d’un coup. C’est la question de la cannibalisation. C' est-à-dire qu' est-ce que vous ne craignez pas qu’il y ait une forme de cannibalisation par la presse libre sur d’autres médias ? Par exemple, là, ce matin, les millions de gens qui nous écoutent se disent « Ah ben tiens, je vais arrêter de donner des milliards au poste pour aller en donner à la presse libre ». Comment faire en sorte pour que les médias qui ne sont pas dans le portail de la presse libre ne pâtissent pas de la générosité des Français qui se lèvent au haut ?
Donc je pense que déjà le mécanisme du don et le mécanisme de l’abonnement, il n’est pas le même et qu’aujourd’hui on a quand même une communauté qui suit la presse indépendante, qui jusque-là a fait vivre tous ces médias. Donc je vois mal tous ces gens se dire d’un coup, non mais en fait, moi, j'étais abonnée à AuPoste. Enfin, en tout cas, je donnais à Au Post que pour des raisons utilitaires. Et je ne vais plus donner maintenant qu’il existe un portail d’abonnement. Je vais uniquement aller m’abonner à ça, et puis surtout que Poste a une offre éditoriale qui est différente. Vous faites de la vidéo, nous on est surtout sur de l'écrit. Donc je pense qu’il y a un public pour tout le monde. Je pense que les gens qui donnent à la presse indépendante, ils le font parce qu’ils sont convaincus de notre utilité et pas seulement,enfin de notre utilité sociale, j’entends, et démocratique, et pas uniquement de ce que ça peut leur apporter à eux. Donc j’estime qu’il restera un public pour tout le monde, même après le lancement de la presse libre.
Daniel, sur la cannibalisation, et après on arrête.
Là tu fais allusion à la cannibalisation externe, c’est-à-dire très très hypothétique où effectivement des donateurs d’auposte se seraient donnés à auposte. Je n’y prends pas une seule seconde, je veux dire là par exemple qu’on est en train de faire une contre-matinale, c'était quelque chose que moi j’ai rêvé de faire depuis toujours, mais c' est compliqué. Aucun des médias de la presse libre ne le propose pour l’instant. En revanche, ce qui aurait pu être un problème, c’est la cannibalisation interne. C’est-à-dire que des abonnés de Reflets ou de Next se disent « tiens, je vais résilier mon abonnement à Reflet et à Next, et je vais m’abonner à la presse libre ». C'était évidemment un risque, une petite alerte pour un certain nombre de médias de la presse libre. Et on a prévu toute une série de mécanismes, si vous voulez, qui sont des amortisseurs. C’est-à-dire qu’ils font que, si un abonné résilie – je ne vais pas rentrer dans le détail parce que c’est quand même super technique et on a mis quand même des semaines pour arriver à un truc à peu près satisfaisant – mais si un abonné résilient son abonnement natif pour venir apprécier, il y aura des compensations pour le médium natif, ce qui fait que ça a rassuré tout le monde. Et de toute façon, les quelques expériences qu’on a faites, par exemple d’abonnement couplé entre Arrêt sur image des politistes, on a fait des initiatives là dans le passé, on montrait que la cannibalisation est très faible et qu’en fait on va surtout chercher des gens qui n'étaient abonnés ni à arrêt sur images, ni à politistes et c’est évidemment tout ce qu’on souhaite pour l’après-suit.
Merci beaucoup à tous les deux, passez une bonne journée, recouchez-vous si vous avez envie. Écoutez, France Déter, la contre-matinale, rêvée par Daniel Schneidermann et réalisée par l’attirail d’au poste. Merci beaucoup, Marie, bonne journée à vous, et c'était un plaisir de discuter avec vous et de vous filer un petit coup de main. Pour l’instant, je n’ai pas vu de nouvel abonné, le compteur est resté le même, Mais à mon avis, les gens attendent 9h la fin de la matinale pour se précipiter sur le portail.
David, le compteur il est manuel, c’est un secret, tu ne le dis à personne. Donc ça veut dire que le gardien du compteur n’est pas encore levé.
Ah bah ça commence bien, ah bah d’accord, ah ben bravo c’est manuel, allez, salut, bonne journée, amusez-vous bien, merci, merci d'être venu, de votre venue, merci.
! France Déter ! Il est 7h53 ! Je vais vous mettre la météo des luttes dans quelques instants. Voilà ! La météo des luttes ! Le Cornu est toujours Premier ministre, il est 7h53, vous ne rêvez pas, le Cornu vient de battre son propre record. Oui, les amis, allez, voilà, si vous le pouvez, allez vous abonner, allez filer un petit coup de main. Les temps sont durs pour tout le monde, évidemment, donc voilà, ça s’adresse uniquement à ceux qui peuvent, mais ceux qui peuvent, faites-le vraiment soutenez la presse indépendante plus que jamais. Quand on regarde le vertige aux États-Unis, la rapidité avec laquelle Trump a bouleversé les contre-pouvoirs en faisant une pression monstrueuse sur les médias conventionnels, on va les appeler comme ça. Il n’y a aucun doute là-dessus, sans presse indépendante, il n’y a pas de démocratie, c’est clair, net et précis. Il n y a pas de rapport de force, il n y pas de lutte. Et justement, c’est la météo des luttes. Alors, aujourd’hui 13 octobre à Strasbourg, à 17h, permanence du Kiosque qui propose une diffusion de textes indépendants, de fanzines, de brochures à prix libre, ainsi qu’une bibliothèque de prêts et d’archives, cet espace est autogéré, il vise à diffuser des idées critiques et désintéressés. Le mardi 14, c’est-à-dire demain à Toulouse. Alors, est-ce que j’ai la petite page ? Bien sûr, j’y aille à cette petite page. Permanence d’entraide et d’information du DAL, le droit au logement, le DAL accueille toutes personnes mal logées ou menacées d’expulsion tous les mardis sans rendez-vous au 10 bis rue du colonel Driant. Les permanences offrent un accompagnement collectif pour faire valoir les droits face aux politiques d’exclusion. Le soir même, et cette fois-ci, ce sera au Mans. Projection du film de Martin Bourboulon sur l'évacuation de Kaboul en 2021, suivie d’un débat avec une journaliste afghane, organisée par la LDH de la Sarthe et le cinéma Les Cinéastes. L'événement. À bord de la situation géopolitique actuelle de l’Afghanistan. Et figurez-vous que jeudi, nous aurons, je vous en parlerai en fin de matinale, nous allons accueillir l’association Singa qui s’occupe des journalistes en exil, des voix en exil. Émission spéciale avec deux jeunes journalistes afghanes. Et l’un des responsables de l’association, on fera un spécial Afghanistan, ce sera jeudi soir et ça me tient vraiment à cœur car je me souviens, je me souvenais des promesses des talibans qui disaient, ne vous inquiétez pas, quand on reviendra, on ne refera pas pareil. L’Occident avait applaudi et on sait ce qui s’est passé. Je vois que notre prochain invité est déjà là, je vais lui demander de patienter un tout petit peu puisqu’il est en avance mais c’est merveilleux, il est là, c' est génial. Je coupe deux petites secondes, je continue la météo des luttes. Vendredi 17 à Villefranche de Rouergue, charmante bourgade de l' Aveyron. Une projection débat, La part des autres, organisée par le collectif pour la sécurité sociale de l’alimentation. Soirée au café associatif, les hauts-parleurs qui interrogent l’accès à une alimentation de qualité et durable. La projection du film, la part des autres, sera suivie d’un débat et d’un pique nique paysan. Samedi, cette fois-ci, dans l’est de la France, réunion publique sur la sécurité sociale de l’avenir à la salle de la rôtisserie. A la salle de la Rôtisserie, c’est magnifique, à la Halle des Houblons, la CGT de Hugonot, la Marge et les Becs rouges célèbrent les 80 ans de la Sécu. Enfin à Paris, samedi 18 octobre, pour ceux qui le peuvent. Soirée de soutien au collectif des Jeunes du collectif du Barque de Belleville. Pardon, excusez-moi. Soirées solidaires avec danses, concerts, discussions, repas pour financer la lutte et du collectif. Depuis deux ans, vous le savez, ces jeunes militent pour l’accès à l'école, au logement, au transport, à la santé. Et puis, puisque nous en sommes là, et bien, mercredi à Montreuil, si vous êtes dans les parages, J’aurai le plaisir de converser avec Charlotte et Nicolas de la belle maison Libertalia. L'éditeur qui est aussi libraire, c’est à Montreuil. Rencontre avec David Machin autour de son livre « Remember Fessenheim Enquête sur Françoise D’Eaubonne, pionnière écoféministe et impossible grand-mère ». L'événement, écrivent les gens de Libertaria, s’inscrit dans une réflexion sur les héritages militants et les luttes écologistes. Pourquoi je fais pas ça à chaque fois, j’oublie. Regardez, je suis tellement content. Je passe tout mon dimanche après-midi à vous faire ça. Regardez. Rencontre. Voilà. Il est 7h59. Vous écoutez France Déter. Bonjour, bonjour, Aïssa Ghalmi, bonjour. Alors là, vous avez coupé le son, vous avez coupé le son. Voilà, là, je crois qu’on va avoir le son mais alors on ne voit que le bas de votre visage.
Ah, vous m’entendez ?
Oui, oui, oui. Moi, je vous entends. Par contre, la connexion n’est pas très bonne, Aïssa Ghalmi est une figure montante de l'écologie. Alors attendez, Ah vous savez, mais c’est dingue. Ces écolos qui ont des casques Bluetooth, c'était quand même pénible. On vous le dit, il ne faut pas prendre le Bluetooth. Attendez, je vais essayer de trouver, je vais voir si je peux trouver un système. Alors attention, attention, c’est le numéro 2 d’EELV qui essaie de nous parler, figurez-vous.
Je vous entends très bien.
Oh ça y est, c’est nickel, oh je suis vraiment désolé, bravo bonjour, bonjour monsieur, comment allez-vous ?
Ça va très bien et vous ?
Parfait, je suis très heureux de vous recevoir toutes mes excuses pour ces déboires. Des boires. Asseyez, asseyez. On m’a dit, tu vas voir, il va te plaire, ça commence bien. Alors, A.S.A. Galbi, bonjour, figure montant des écologistes, ex E.E.L.V, ex Les Verts, en octobre 2025, vous occupez le poste de secrétaire national adjoint au projet, au sein du parti, aux côtés de Marine Tondelier, c’est elle, c'était elle qui m’as refourgué votre téléphone hier en disant, tu va voir, il va, te plaire, le secrétaire national, vous avez été élu à ce poste lors du congrès des écologistes en avril 2025 et vous êtes notamment, vous avez un rôle actif, semble-t-il, dans la défense de l’inclusivité, de l’intersectionnalité des combats écologiques, notamment en direction des quartiers populaires. Et vous êtes aussi co-secrétaire départemental des Écolos. En Ile-de-France et membre du bureau exécutif du parti. C’est bon, j’ai donné toutes les médailles.
Les médailles, même certaines qui n’existent pas, mais on prend toujours.
Lesquels, par exemple.
Je suis secrétaire départemental du Val-de-Marne, pas d'île de France, mais c’est pas très grave.
Ah pardon, pardon, bah oui, oui, bien sûr, bien sur. Alors, on va commencer à ça, si vous voulez bien, parce qu’il se trouve que mercredi, vous étiez à Matignon.
Oui, tout à fait, très honnêtement, je ne sais pas si on peut passer beaucoup de temps là-dessus, parce que j’imagine que les gens se font leur idée de ce que sont ce type de rendez-vous. La réalité, c’est que c'était quelque chose de très protocolaire, donc on est reçus par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui est quelqu’un de très poli, en tout cas, très respectueux d’un point de vue du comportement politique, et rapidement en réalité on se rend compte, bien entendu on s’y attendait, qu'à la fois on n’est pas exactement la cible de celles et ceux qu’il voudrait embarquer avec lui, et on entre dans un dialogue de sourd puisque le premier ministre nous dit d’entrée que le président de la République l’a chargé d'être une sorte de préfigurateur de la république pour trouver des majorités et faire en sorte que les gouvernements ne tombent plus. Et ils nous posent la question, quelles sont vos lignes pour une non-censure ? Pour nous, ce n’est pas du tout la position des écologistes. En réalité, avec Cyril Chatelain, la présidente du groupe à l’Assemblée, Guillaume Gontard, le président du groupe au sénat et Marine Tondelier, Marine lui expose un petit peu nos revendications. Et nous, pour le coup, quand on est allé à Matignon, c'était pour lui dire qu' après avoir épuisé Gabriel Attal avec une dissolution, Michel Barnier au bout de trois mois, François Bayrou, qui sait ? Fait à hara kiri un petit peu tout seul et Sébastien Lecornu qui s’est lui-même, j’ai envie de dire, démissionné au bout de 24 heures, il serait peut-être temps d’arrêter la mascarade et de nommer un gouvernement de gauche. Ce à quoi le Premier ministre nous répond, qu’il ne faut pas sortir de, ce qui est assez ironique par ailleurs, de l'équilibre des institutions et que lui, d’après ce qu’ils voyaient à l’Assemblée nationale, la coalition la plus stable, c'était le socle commun, puisqu’ils avaient 210 députés et que le Nouveau Front Populaire n’en avait que 191. Donc s’engage un peu en réalité un dialogue de sourds qui ne dure pas des masses de temps puisque je crois qu’on passe une heure dans le bureau du Premier ministre. Quand ces rendez-vous-là comptent un petit peu en général, on y passe beaucoup plus de temps, je dois le dire, au moins deux heures. Et là, pour le coup, ça s’est arrêté, je ne vais pas dire assez rapidement, mais je vous dis au bout d’une heure où on constate qu’en réalité, les points de vue sont assez éloignés.
Alors attendez, parce que vous avez commencé en disant, on va pas rester trop longtemps, on va venir au gouvernement cette nuit. Mais moi, j’adore être une petite souris. Donc vous vous dites, c’est très protocolaire. Moi, je veux savoir exactement comment ça se passe. Est-ce qu’on se vouvoie, est-ce que on se tutoie, est- ce qu' on se donne du café, est ce qu' on se donne du sucre ? Alors, vous savez que vous aviez un petit souci, je vais vous dire lequel, parce là, vous ne voyez pas, mais il faut baisser un tout petit peu vos yeux. Vous avez un petit souci, je vais montrer à ceux qui nous regardent. Si vous voulez qu’on vous reconnaisse, il faut qu' on vous voit mieux. Vous voyez par exemple, là sur BFM, vous étiez masqué, vous êtes à gauche de l'écran, vous êtes masqué par les logos BFM en direct, édition spéciale, c'était mercredi d’adieux. Faites très très attention à ne pas vous mettre à gauche de la caméra, sinon on ne vous voit pas, faites gaffe. Voilà c’est un conseil d’habit. Bon, sérieusement, comment ça se passe précisément ?
Vous savez moi ça me va quand on me voit pas
C’est vrai ? Bon, non mais sérieusement parce que si c’est pour la galerie, pourquoi est-elle là ? Est-ce que Mélenchon n’a pas raison en disant mais vous êtes les dindons de la farce ?
Alors, vous voulez que j’y réponde d’abord à cette question ou à la précédente, la petite souris ?
Les deux, les deux, la petite souris et le gros lion.
Exactement. La petite souris, en réalité, c’est très protocolaire. On est reçus, on rentre par la grande porte de Matignon, on rentre ensuite dans l’antichambre du bureau du Premier ministre, mais il n’y a pas du tout de petit four, pas de tutoiement, pas de tape dans le dos. C’est froid, c’est le protocole de la République, et on est reçu par le Premier ministre qui est entouré de… Quelques collaborateurs, je dirais six ou sept collaborateurs. Et pour la blague, en tout cas, moi, ça m’a un petit peu fait rire, parce qu’en plus, il est député du Val-de-Marne. Et vraiment, pour moi, il incarne le pire du macronisme. Il y avait Mathieu Lefebvre, Mathieu Lefebvre qui était éphémère au ministre des Relations avec le Parlement pendant 24 heures du coup. Et il était présent, donc on n’a vraiment pas compris pourquoi, surtout qu’il n’ait pas pris la parole et donc qu’ils ne servaient à pas grand chose dans cette réunion. Et donc vraiment, je vous dis, c’est quelque chose de très encadré, très protocolaire. Et en plus, le Premier ministre, quand il fait ça, il reçoit, il reçoit vraiment la chaîne. Et nous, quand on arrive, il y a les communistes qui sortent et les socialistes, juste avant qu’ils soient sortis. Donc nous, pour le coup, c’est une réunion de travail avec le Premier ministre, donc on se vouvoie, bien entendu, puisque personne n’est pote avec le premier ministre, a priori, chez nous. J’imagine qu’avec le peuple commun, c’est un peu plus convivial, là, ça doit l'être moins. Et sur le fait d’y aller, moi, je dois dire qu’on en a beaucoup discuté entre nous. Après, moi je mets une différence, moi j’entends parfaitement le point de vue de Jean-Luc Mélenchon. Et pour le coup moi je suis pas loin de le partager, seulement Jean-Luc Mélenchon il dirige une organisation où ces débats-là n’ont pas tellement lieu en réalité. C’est-à-dire, et moi pour le coût, chaque organisation s’autogère comme elle le souhaite, mais il n’y a pas ces débats-là à la France Insoumise. Chez nous, il s’avère que l'écologie politique est diverse, on a des instances et pour le cou, il y a quand même une ligne majoritaire qui tente de dire que quand le premier ministre nous invite, a priori on y va. Et si c’est pour lui arracher la gueule, on y va aussi. Nous, ça dure pas longtemps aussi avec Sébastien Lecornu parce qu’on lui dit clairement les choses. On lui dit que c’est guignolesque ce qu’il est en train de faire puisque au bout de 24 heures, il y a le Socle commun qui se délite et qu' on enregistre des démissions de ministres par Twitter. Il y a Bruno Retailleau qui fait sauter le gouvernement et qu’il est temps de terminer la farce. Donc en réalité, moi, c'était un peu ambivalent, mais si c'était pour ne rien lui dire, là, je rejoins parfaitement, ça sert à rien d’y aller. Si c’est pour lui envoyer un petit peu quelques vérités utiles comme disait le camarade Robespierre, je pense que c'était toujours utile d’y aller.
Oui, mais vous n’avez pas l’impression que, malgré tout, ça participe à une espèce de jeu auquel plus personne ne croit. C’est une espèce de, je vous montrais tout à l’heure, BFM qui est en direct, c’est même plus protocolaire, là. C' est un jeu de dupes dont vous êtes quand même acteur, puisque même quand vous sortez, vous ne dites pas exactement ce que vous êtes en train de dire. Ça reste policé, ça reste raisonnable.
C’est un jeu de dupes dans le sens où, c’est la politique qui veut ça entre guillemets, mais la scénarisation autour de ces rencontres, moi je dois dire sincèrement que c'était plutôt le fait des chaînes d’infos. Et d’ailleurs il faudrait s’interroger là-dessus, puisqu’on est en live depuis à peu près une semaine, que les infos, quand il n’y en a pas, on les invente et quand il y en a, on déforme pour le coup. Mais moi je vous invite à regarder ce qu’on dit un petit peu au micro tendu à la sortie de Matignon. Très sincèrement, vous retrouverez l’intervention de Marine Tondelier, c’est à peu près ce qu’elle dit, c'était à dire que nous on lui a demandé la cohabitation, on lui à dit que ça tenait plus, et on lui dit qu'à défaut la position des écologistes, ce serait la cohabitation ou le départ du président. Et c’est ce sur quoi on s’en est tenu a priori. Quant au fait de dire que les macronistes, ou en tout cas le premier ministre ne négocie pas de bonne foi, je vous l’accorde, mais c' est le jeu de ces rendez-vous entre guillemets protocolaires. Mais moi, j’entends parfaitement qu’on n’y aille pas, par ailleurs. Et c’est pour ça que je pense que la France Insoumise n’a pas été conviée par ailleurs par le président de la République vendredi. Il y a une part de scénarisation du pouvoir dans laquelle nous, on est vigilants de ne pas tomber, parce que pour le coup, franchement, je vous dis, on n’est pas tendre avec eux.
Alors il se trouve que cette nuit, pour nous faire plaisir, le Cornu a donc nommé son nouveau gouvernement. Continuez sans langue de bois, le tchat adore. Un verre sans langue, j’adore, nous dit Rolland que je salue. Le Cornu, Le Cornut 2, en deux mots, qu’est-ce que vous en pensez ? Le nouveau gouvernement ?
La clownerie continue, très honnêtement, Moi, je vous dis ça de manière un peu directe, mais je suis vraiment triste pour mon pays, parce qu’on en arrive à des extrémités où globalement, enfin, on a un premier ministre, il faut se rendre compte, avant même d’entrer dans la composition du gouvernement, on a premier ministre qui est nommé il y a à peu près 4 semaines, si mes souvenirs sont bons. En tout cas Bayrou se suicide politiquement vers le 10 septembre, si mes souvenirs sont bons. Donc il y a un mois qu’il est là. Le bonhomme, il met un mois à nommer un gouvernement, sans dire grand-chose par ailleurs. Et vous remarquerez que ce n’est pas un hasard parce que Lecornu est resté très très silencieux. Je crois qu’on n’a même pas entendu parler pendant trois semaines. Il nomme un gouvernement et au bout de 24 heures, je sais pas si les gens réalisent, parce que quand on nomme des ministres, il y a des décrets qui partent. Il y a des cabinets qui sont nommés. C’est quelque chose d’officiel dans la République. Ça ne dure même pas la nuit, ça ne dure même pas. Ce même premier ministre nous dit qu’il démissionne. Il remet sa démission au président de la République. Là encore, c’est un acte fort du point de vue des institutions. Le président accepte la démission du premier ministre. Celui-ci nous dit qu' il accepte la mission que le président lui confie d'être un préfigurateur, mais qu’il ne reviendra pas en tant que premier ministre et vendredi, il est renommé. Je ne sais même pas, ça n’a pas de précédent dans l’histoire.
Ce qui me dérange, vous savez quoi, c’est que là, on fait comme les autres. C’est-à-dire qu’on ne parle que de nomination. Et c'était moi qui vous ai amené là-dessus. Moi, j’aimerais qu' on parle du fond des choses. C'était ça que vous devriez peut-être dire et ramener à chaque fois. On s’en fout de la question des chaises musicales. Vous ne pensez pas ?
Mais moi, nous, alors là, je vais vous le dire tout de go, nous on s’en contrefout même, la réalité. Mais c’est que, sincèrement, il faut étudier ce qu’est l’espace médiatique quand il y a des remaniements.
Absolument.
Aller parler de fonds sur les plateaux pendant un remaniement, ça n’existe pas. On va vous poser des questions sur Sabrina Agresti Roubache, qu’est-ce que vous pensez d’elle ? Et Prisca Thévenot, vous pensez que est-ce-que c’est une ouverture vers la gauche ?. Donc on nous fait des trucs complètement bidons que les gens n’achètent plus, ce genre de choses. Donc en réalité, c'était très dur de parler de fonds, mais nous, de fond, on en parle tout le temps. Nous, on essaie de parler de la baisse du fond vert. Au début de l’année, vous savez, c’est drôle, on a essayé de lancer une mobilisation avec les organisations de la société civile autour d’une nouvelle constitution. Parce que nous, on pense vraiment, et en tout cas moi, pour le coup, je trouve que la séquence nous rend un petit peu justice, que c’est la forme même des institutions qui fait que le blocage advient. Et pour le coût, les gens, ça, et les Françaises et les français, c' est une erreur de penser qu’ils ne sont pas intéressés par la forme du gouvernement. Une des, je me souviens, enfin, ce qui était marquant, c' était une des revendications principales des Gilets jaunes, c'était le RIC, si mes souvenirs sont bons, c’était le RIC, la réforme des retraites qui est rejetée par une majorité de Français. Elle est rendue possible par quoi ? Par l’usage du 49.3. C’est un outil institutionnel. Moi je pense qu' en parlant du fond, notamment des sujets écologistes, des sujets autour de la justice sociale, vous l’avez dit, moi je suis un militant des quartiers populaires pour le coup, et des sujets institutionnels, moi je pense qu’on a un espace politique. La réalité c’est qu’aujourd’hui, quand il y a des remaniements, et on a un remaniement perpétuel, que ce soit sur les chaînes d’info ou ailleurs, on ne nous pose pas de questions et quand on en parle, on nous dit qu' on élude la question des personnes.
Alors, très sincèrement, c’est la première fois que j’entends un vert parler de constituante,.Ou alors, c’est parce que j’ai de la bouille dans la tête.
C’est-à-dire dans le projet des Verts, il y a une trentaine d’années.
Ah oui, ça je sais, il y a une trentaine d’années, ça, je sais mais il n’est pas… Si vous voulez, il me semble que les vers ont passé plus de temps à se droitiser qu'à se gauchiser. Bon bref, voilà, c’est peut-être pas votre câble, enfin…
Ça c'était une bastos gratuite, qui n’est pas totalement vraie en plus.
Elle n’est pas gratuite, c’est une balle perdue, c’est vrai, c’est une balle perdue. Mais alors par exemple, allons-y, constituante, qu’est-ce que vous aimeriez emmener, donc une sixième république, ce serait quoi ? Le président ou la présidente n’auraient plus de moyens, est-ce-que comme Besançon vous dites ah non, il faut même plus de président et de présidente, on passe à autre chose, qu’est- ce que vous aimeriez ?
La réalité, c’est que nous, on a nos idées sur cette question-là, mais c' est plus important, c' est ce que les Français en pensent. Et pour le coup, nous, ce qu' on essaie de susciter et ce qu' on défend, c' est un processus de constituante. Ça veut dire des citoyens, notamment tirés au sort. Ça ne peut pas être des politiques, ça ne peut être des parlementaires sortants. En tout cas, des Françaises et des Français, qui réfléchissent à ce que doit être le pays. Et nous, pour le cou, on ne fait pas de mystère sur ce que l’on pense. La figure du président de la République.C’est daté. C’est issu de la Constitution de 58, pour le coup, dans un monde qui n’existe plus. Et on le voit aujourd’hui, le fait que le président soit encore la clé de voûte de tout le système, c' est-à-dire que Emmanuel Macron, aujourd’hui tout seul, avec sa propre volonté, avec son propre entêtement, il est retranché à l’Élysée, en mode forcené, et il peut décider de bloquer le pays, il peut décidé de renommer 54 premiers ministres macronistes, même s’il est défait dans les urnes. Il a perdu en 2022 la majorité absolue, il a perdu, en 2024, les élections européennes. Il a été très minoritaire à l’Assemblée, mais il peut décider de bloquer le pays. Donc nous, on pense effectivement que le fait que le président soit la clé de voûte de ce système, ça doit prendre fin. Ça doit prendre faim et on doit passer à une forme de parlementarisme, pour le coup, où, nous, c’est pour ça qu’on défend sa cohérence, on défend la proportionnelle depuis des années. La proportionnelle c’est pas un gadget pour que les partis soient assurés d’avoir des places. C’est le fait la juste représentation de ce que les Françaises et les Français votent soit au pouvoir. Et pour le coup, le fait que le président de la République ne soit plus la clé de voûte des institutions et qu’on remette le jeu au Parlement, ça, c’est quelque chose de fort. Et après, moi, je pense qu' on a des nouveaux outils à imaginer. On ne peut plus penser au monde d’aujourd’hui avec les débats d’hier sur, en gros, c' est quoi le pouvoir du Président ? Et est-ce qu' on maintient l’article 49.3 ? Il faut une irruption du peuple, pour le coût, dans ces phases-là. Et nous, c' est ce qu’on défend notamment avec le fait que ce soit des gens. Qui soient dans ce processus de constituante et pas des politiques professionnelles et certainement pas des parlementaires.
Qu’est-ce qui vous distingue de LFI ?
Sur cette question-là, peut-être qu’on se rapproche beaucoup, mais vous savez, moi je ne vais pas jouer le jeu des différences.
Ah non mais là, je fais le jeu des rapprochements.
Vous n’avez même pas besoin, moi, sincèrement, il n’y a qu'à voir le pourcentage de texte que l’on vote en commun à l’Assemblée nationale. Moi, je vais vous dire, je pense que la France Insoumise, c’est le parti le plus convergent avec les écologistes. Donc moi, j’en dis qu’on ne vient pas pour le coup. C’est quelque chose sur lequel, en tout cas, on partage une grande partie de l’analyse avec la France insoumises.
Alors précisément, là on revient à l’actualité, désolé, mais c’est ça le jeu des matinales. Est-ce que vous allez voter la censure qui est portée par LFI ? Je ne parle pas de la censure RN évidemment, et dont vous êtes, je crois, co-signataires. Il me semble que les Verts sont co-signataires de cette motion de censure.
Alors il me semble qu’il y avait un petit peu, hier soir en tout cas, une course parce que Marine Le Pen avait déposé une motion de censure et qu’encore une fois, en parlant des institutions, il y a un jeu qui est très bloqué à l’Assemblée où c’est la motion de censure déposée la première et qui a le plus de signatures qui est totalisée la première. Donc je vous avoue que j’ai pas, au moment où je vous parle, je n’ai vu qu’ils avaient déposé en premier, mais très certainement qu’on signera. En tout cas nous, on a toujours signé toutes les motions de censures de gauche, il n’y a pas de problème.
Alors, qu’est-ce qu’on fait ? Imaginons, si au jeu qui arrive en premier, c’est Le Pen. Vous votez la censure version Le Pen ?
Moi, à mon avis, je ne vais pas vous mentir, je sais qu’il y en a qui disent pour une bonne chose, on vote avec le diable. Moi, personnellement, je ne mettrai jamais mes voix avec Marine Le Pen, je pense que c’est ce qu’il faut préserver. Et pour le coup, il faut être cohérent, si on ne leur sert pas la main, on ne vote pas avec eux. Voilà, je vais pas m'étendre là-dessus. Donc pour le coût, nous, on votera ou on déposera la première motion de censure de gauche. Et si ce n’est pas nous qui sommes à l’initiative, on la votera. Et si c’est nous qui y sommes à l' initiative, je pense qu’il y aura un consensus assez large à gauche.
Comment vous expliquez que nous, le camp de gauche, la gauche de gauche hein, les gauchistes des Verts, pas les autres, nous ayons été aussi tendres, oui c’est une deuxième balle perdue, nous ayant été aussi tends l'été dernier, enfin l'état d’avant, quand Macron n’a pas accepté le jugement des urnes. Comment se fait-il qu’on accepte ce détournement de la volonté du peuple ? En ne nommant pas à Matignon quelqu’un de gauche.
C’est une bonne question, je pense, moi je suis écologiste, pour le coup on est habitué aux luttes un peu compliquées. Moi je pense qu'à gauche on a intériorisé le fait qu’on était minoritaire, défait, que la mondialisation suivait son cours et que les institutions étaient immuables. Je dois le dire, je pense qu'à gauche on l’a intériorisé. Et quand le président de la République nous dit qu’il ne va pas nommer de Premier Ministre parce que c’est les Jeux Olympiques. Normalement, ça aurait dû générer une forme de colère sociale. S’il ne s’est pas passé quelque chose, c’est le symptôme d’un mal qui est plus grand selon moi. Et je pense que, comme vous le dites, le peuple de gauche, comme vous l’appelez en tout cas, ou en tout cas la gauche des écologistes, ou la gauche de la gauche, il y a une forme de renoncement. Parce qu’en plus, moi je crois ce que je crois, mais si on regarde les résultats électoraux, la France est quasiment au deux tiers à droite. La France est aux deux tirs à droite. Donc je pense qu’on a intériorisé une forme de renoncement, et c’est paradoxal ce qui s’est passé pour les institutions, c' est à dire qu' on est un petit peu confus dans quelque chose de très ancien. La forme des luttes à gauche va falloir qu’elles changent si on veut qu' elles soient efficaces. On ne peut plus se satisfaire de mettre 200 000 personnes dans la rue sur une mobilisation, parce que le pouvoir, tu peux mettre un million de personnes dans la rue, s’il a décidé de ne pas bouger, il ne bougera pas. D’ailleurs, on l’a vu sur la réforme de retraite, non seulement il ne bouge pas, mais en plus le pouvoir te fait l’affront de faire passer les choses de 49.3. Donc, je pense qu'à la fois, il y a une forme de renoncement, il y une forme de défaitisme Moi, je vous avoue que c’est quelque chose qui, je le dis très ouvertement dans les cercles de gauche, mais moi, c' est quelque chose qui me dégoûte, je dois dire, le défaitisme à gauche, c est-à-dire que c est perdu, l’extrême droite va arriver au pouvoir. Moi, c’est quelque chose qui me dégoute un petit peu parce que pour le coup, moi, je suis là et sincèrement, la politique c' est dure parce que c’est rugueux, parfois c' est très dur humainement. Moi, je suis vraiment là pour changer la vie des gens. Sincèrement, sinon, moi, je ne suis pas là. Je retourne dans le privé. Je suis là, notamment, je vais vous raconter une histoire. Ma mère, ça fait 40 ans qu’elle est en France. Elle est assistante maternelle. Elle parle français aussi bien que vous et moi. Et dans la France de Retailleau, on lui refuse la nationalité française.
Ah non, pardon, excusez-moi. Vous parlez mieux français que moi, donc elle parle mieux français que moi.
C’est une façon de parler. J'étais français lors de son rendez-vous à la préfecture, parce qu'à la question est-ce que vous connaissez la Marseillaise, elle peut chanter le premier couplet, mais elle n’est pas au courant qu’il y a un second couplet. Et pour le coup, on lui parle de défaut d’intégration. Non. Moi, c'était pour ça. Et moi, sincèrement, c’est pour ça que je me bats. Sinon, ça n’a pas de sens. Sinon ça n’a pas de sens. Et pour ce coup, je pense qu'à gauche, il faut avoir qu’on réfléchisse très sérieusement sur les modes d’action, parce qu’on peut continuer les méthodes de lutte. Et là, je ne critique pas la gauche non écologiste. C’est un nous inclusif. Écologiste compris. La manière dont on porte les choses, ça doit changer, sinon on ne peut même pas être porteur d’espoir pour les gens. Et je pense que c’est pour ça que les nouveaux fonds populaires, c' est à dire quand même un truc historique de Poutou à Hollande, on est bloqué à 30, il faut se poser les questions de pourquoi.
Pépé Jo vous dit, puisque vous avez employé le tu, on se tutoie donc genre de gauche, te dit ce n’est pas la France qui est deux tiers à droite, c’est le Parlement.
Oui, on peut dire ça, mais en tout cas, l’expression populaire qui sort des élections, c’est de tirer à droite. Si on comprend les macronistes là-dedans.
La France est au deux tiers à droite. L'étude de Vincent Tiberge dit l’inverse, nous dit Valbar.
Non, ce n’est pas ce qu’elle dit de l'étude de Vincent Tiberj, et je suis absolument d’accord avec lui, c’est que la droitisation se passe par les élites. Le peuple, dans sa grande majorité, et quand on lui pose des questions sur le racisme, sur l’inclusivité, sur le féminisme, sur plein de choses, effectivement, les Français sont de moins en moins racistes, sont de plus en plus inclusifs, sont de de plus plus tolérants, sont de peu en plus ouverts, mais pour le coup, on en revient toujours à la même chose. C’est le peuple de gauche qui s’abstient et qui ne va pas aux urnes. Et la réalité, c' est que le score du Nouveau Fonds Populaire, est ce qu’il est parce qu' il y a une surmobilisation. Sinon, globalement, c’est les dégoûtés qui vont plus voter. Les gens de droite, les gens du RN, ils vont voter, il n’y a pas de problème. C’est chez nous que ça vote pas. Alors, je veux bien qu’on se dise que la France n’est pas aux deux tiers à droite. En tout cas, l’expression politique de ce que votent les Français depuis quelque temps, ça penche assez clairement à droite. Mais je ne dis pas que ce sont les Français qui sont à droite ! C’est juste que ceux qui votent, t’as les personnes plus âgées, notamment qui sont le socle de l'électorat macroniste, qui sont la classe d'âge qui vote le plus. Et paradoxalement, la classe qui vote plus les 18-24 ans, qui vote la plus à gauche, c’est celle qui vote moins. Donc t’a des masses qui font que, globalement, la gauche est aujourd’hui minoritaire. Et tu vois le score des élections européennes, quand même, je crois que si je me souviens bien, 40 %, je ne parle même pas de la droite, 40 % à peu près au premier tour, enfin il n’y a qu’un seul tour pardon, 40 % aux sortes européennes votent à l’extrême-droite, entre reconquête et le rassemblement national. C’est factuel.
Je sais que tu dois partir dans quelques instants, je voudrais te poser deux questions. Alors une, purement conjoncturelle, est-ce que tu vas écouter demain après-midi, puisqu’on l’apprend, le Premier Ministre qui va faire sa déclaration de politique générale, ou là encore, on va considérer que ça fait partie du spectacle du jeu dupe et qu’on n’a rien à faire, est- ce que tu va l'écouter ?
Je vais l'écouter parce que tu sais quand tu fais de la politique c’est que t’as un peu quelques problèmes et moi ce genre de truc j'écoute, j’avoue, même quand c' est inutile. C’est vrai ? Ouais, en plus là c’est pour le coup je ne peux pas ne pas écouter, mais moi ça m’intéresse de savoir ce qu’il va raconter. J’ai aucune attente, mais rien que sur la forme, sur ce qu' il va mettre en avant, sur la question des retraites. Je vais écouter quand même parce que ça m' intéresse de voir comment ils vont tenter de sortir d’un puissant fond.
Nous sommes le 13 octobre 2025, dans 14 jours. Il y a 20 ans que les émeutes de 2005 ont eu lieu. Je suis toujours ému quand je parle de ça. Je sais que tu es attaché au quartier populaire. Je voudrais savoir ce que tu défends au sein des Verts concernant les quartiers populaires. C’est aussi une façon de parler des abstentionnistes, de parler de ces voix qui n’existent pas. Alors, c’est pas pour aller chercher des voix, ce n’est pas ce que je te demande, mais voilà. Un, les Verts, vous faites quoi pour les quartiers populaires ? De quoi les quartiers populaires ont besoin pour s’en sortir ?
Bah, tu sais, même quand t’en viens des quartiers populaires, j’ai toujours du mal. Moi, je suis le porte-parole, je ne suis pas le porte-parole des quartiers populaires. J’en viens, j’y vis toujours. Mais en tout cas, moi, je m’insurge contre cette manière. Je dis pas que c’est ce que tu fais. Je dis qu' à gauche, on a parfois tendance à vouloir parler au nom des quartiers. Moi, si tu veux, j’ai grandi entre deux villes, Damar et Le Lys et Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne. D’Amaryllis pour celles qui connaissent c’est une ville compliquée où il y a eu beaucoup d'émeutes notamment dans les années 90.
Absolument.
Où il y a eu des bavures policières, où il y a eu des morts. À l'époque, feu paie à son âme, quelqu’un qu’on avait surnommé Crater, notamment, qui est décédé en 1997, Abdelkader Bouzian, tué par la police déjà. Ce que les quartiers populaires veulent, c’est de la considération. Déjà, premièrement, quand tu viens d’un quartier, déjà, premièrement, quand t’es un homme maghrébin, je vais prendre l’exemple qui est le mien. Bah déjà tu dois, c’est caricatural mais c’est la réalité, tu sors de chez toi, tu vas te faire contrôler. Moi la dernière fois je me suis fait contrôlé à Paris, j'étais à vélo et le policier il m’a dit, il m’arrête en me disant vous avez l’air suspect vous. Et pour la blague, tu demanderas à Marine, parce que j'étais en visio avec Marine au même moment, j'étais en réunion politique et je me faisais contrôler. Et le gars me dit vous avez leur suspect. Je faisais du vélo sur la rue de Rivoli. Donc tu te fais contrôler.
Il faut reconnaître que c’est suspects, être en visio pour les Verts à vélo dans Paris.
Ça, il ne le savait pas et il a juste vu la barbe.
Oui, bien sûr.
Donc moi les quartiers populaires, ce que tu veux, ils ont besoin de considération, ils ont besoin de respect, ils ont besoin qu’on arrête d’entendre dans les médias, mais on a déjà déversé beaucoup d’argent dans les quartiers populaires. Alors que tu sais que c’est nous qui vivons dans les passoires thermiques l’hiver, c'était nous qui vivons dans les bouilloires thermiques, l'été. C’est tes parents qui sont prisés à la préfecture quand ils vont demander leurs papiers. C'était ta religion supposée ou réelle qui passe pour être ennemie de la nation H24. Donc les quartiers populaires, mais sincèrement, je le dis du fond du cœur, ils ont envie qu’on leur foute la paix d'être considérés comme les autres. Et pour le coup, moi, ce que j’essaie de faire à mon humble niveau chez les écologistes, c’est de faire en sorte que les thématiques qui sont chères aux quartiers populaires irriguent l’ensemble du projet écologiste et pas qu' on soit sur un truc seulement, pour caricaturer les choses, un département écologistes au sein des quartiers populaires. Faut que ça irrigue l’ensemble du projet. Et récemment, je crois que c'était il y a deux semaines. On était à Montpellier pour les premières rencontres des quartiers populaires et des écologistes qu’on organise. On s’organisait avec l’assemblée des quartiers. Et c'était un week-end où, pour le coup, on a choisi de se confronter. Pour celles et ceux qui connaissent l’Assemblée Des Quartiers, ils savent que ça a été cash et direct. Mais pour le coût, moi, je suis engagé pour faire avancer les choses là-dessus. Une meilleure représentativité également des personnes des quartiers populaires, des personnes racisées. Quand on voit les photos, y compris, moi je parle de mon camp, faut pas croire que je critique la gauche, mais moi je la critique quand elle doit être critiquée, et pour le coup notre camp a un retard là-dessus. Quand tu vois les photos et les vidéos des rendez-vous des chefs de la gauche etc. C’est quand même bien bourgeois, bien blanc, et moi je pense qu’on n’intéressera pas une majorité de français, racisés ou pas, on n’intéressera pas la majorité du peuple de gauche. Si on n’est pas un peu plus à l’image de la société et si on ne défend pas un petit peu plus les aspirations, alors c’est peut-être un peu terre à terre, mais un peu les aspirations quotidiennes des gens des quartiers populaires. Et au-delà des gens de ces quartiers, c'était hyper intéressant à Montpellier quand on a fait cette rencontre avec l’Assemblée des quartiers. C'était même pas fini. Il y a eu une vraie convergence avec les aspirations et les sujets qui animent les gens de la ruralité. Parce qu’un agriculteur qui veut vivre de son métier sur sa terre et qui est écrasé. Par la mondialisation, par le Mercosur qui arrive et par tous les traités d’avant qu’on a laissé passer, il y a quelque chose d'être méprisé qu' on a en commun.
Alors tu verras dans le tchat, il y a des sursauts, puisqu’on dit que non, vous n'étiez pas Montpellier pour les quartiers, mais pour faire campagne avec Delga, etc.
N’importe quoi mais bon ok, je sais pourquoi j'étais à Montpellier et j’invite tout le monde à aller voir les réseaux sociaux des écologistes, c'était la première rencontre des quartiers populaires des écologistes ou à défaut, s’ils les connaissent, de demander à l’assemblée des quartier.
Merci beaucoup d'être venu. Il est 8h32. Je sais que tu dois partir. Merci beaucoup pour cette apparition. Ça m’a fait bien plaisir de faire ta connaissance et j’espère et je pense qu’on se retrouvera en effet.
Il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas, on dit, dans les quartiers populaires. Merci à toi.
Merci beaucoup, bonne journée, merci beaucoup, au revoir. France des terres. La contre-matinale d’au poste. Alors, là je vais mettre le bon jingle, c’est celui-ci. Radio Police, la rubrique spéciale Poulaga, revue de presse de la Maison Poulaga. Aujourd’hui, un seul thème, c’est notre connaissance Amar Ben Mohamed, qui est déjà venu, qui est venu au poste en 2021. Il a fait condamner l'État et malgré cela, le harcèlement institutionnel continue. C’est notamment le Parisien qui nous l’apprenait en milieu de semaine dernière. C'était également la première sur France Info qui en parlait la semaine dernière. La Cour administrative d’appel de Paris a confirmé la condamnation de l'État pour avoir sanctionné le brigadier-chef Amar Ben-Mohamed, lanceur d’alerte, ayant dénoncé des maltraitances, des propos racistes et des vols ciblés au dépôt du tribunal judiciaire de Paris. C'était en 2018 qu’Amar lance l’alerte, ou plus exactement, il dit à sa hiérarchie « Ed, qu’est-ce qui se passe ? » Il parle des vols d’argent, de matériel selon l’origine des détenus, ainsi que les humiliations, les privations d’eau, de nourriture, les insultes racistes du style sale bougnoule, négro, je te lancerai tout ça dans la scène, récompenses. Récompense à l'époque pour Amar, des sanctions disciplinaires pour atteinte au crédit de la police et manque de loyauté. La justice administrative a donc annulé la semaine dernière ces sanctions, estimant qu’elles étaient directement liées à ces signalements et non justifiées par des considérations objectives. Pire, le rapporteur public a reconnu pour la première fois que Amar Ben Mohamed a été victime de harcèlement moral par sa hiérarchie. Voilà, c'était une petite revue de presse sur la maison Poulaga. Mais il me semblait important de le dire et je rappelle que Amar Ben Mohamed était venu au poste. Je crois que c’est ici, là, si j’ai la bonne page. Voilà voilà voilà, il était venu au poste en 2000, ouais c’est ça, oh la vache ça passe vite, le 10 mai 2021, voilà sa tête à Amar, sa bonne tête. Il était venu et je vous avais fait part du fait que ça lui avait été ensuite reproché par la police des polices. Alors qu’est-ce que vous allez faire au poste ? Vous portez atteinte au crédit de la police. Bonjour, il est 7h, 8h35, est-ce qu’on fait rapidement la météo du tchat ? Allons-y, faisons la météo du tchat, chers amis. Allez, Vesoul. Le chat, allez-y, allez y, racontez-nous, quel temps fait-il chez vous ? Tandis que je vous montre une magnifique capture d'écran qui date de la minute qui précède. Ça se passe à Lignerolle, dans le centre de la France. Ce sont des webcams de météo à Niort. Voici une photo prise d’image il y a quelques secondes. Ah, je ne connais même pas ce nom, disons. Bourgougnague, dans l’ouest, dans la région, dans la Nouvelle Aquitaine. Allons nous promener du côté de Reims et plus exactement à Nogent Elle. Ah bah là, c’est bien gris. Alors la météo, la météo du chat, il fait 9 degrés à Pleuville, 12 à Pisseleu. À Clermont-Ferrand, il fait 10 degrés avec du brouillard, mais on attend mais on est déter. Manifestement ce soir, soleil et grand ciel bleu nous dit, donc Twitchop, mais il ne dit pas où. A côté de Lyon, il fait nuageux et moche. 14 degrés au pied du canigou au ciel blanc-bleu. Qui va gagner ? Demande la Belle-Hélène. 10 degrès à Nantes. Tant dégagé, nous dit Piscopat. Le nouveau gouvernement météorologique assure soleil et douceur pour les prochains jours, nous dit Sentierbattant. Sans plus annoncer, la population est invitée à profiter de ces éclaircies dans la sérénité, il fera 22 degrés cet après-midi à Aurillac, 23 à Marseille. On soutient la grève et la manif demain en Belgique, nous dit Vos Machina, à lui 26 degrés. Cet après-midi, normalement quoi, 26 degrés au mois d’octobre, je ne pense pas que ce soit tout à fait logique. Nous allons passer maintenant à la rubrique des agents subversifs. Les agents subvertis, vous savez, c’est la petite bande annonce de la semaine. Je vous la mets, je voulais faire une pause, mais ça ne marche pas. Allez, je la remets au début, je vous explique après de quoi il s’agit.
Il n’y a plus de guerre dans ce pays. On ne va plus le laisser, on va se tuer. Je ne veux plus attendre qu’il y ait une blague. Je veux changer. Je veux m’en sortir de cette douleur. J’ai un rêve, c’est que ceux qui ont fait une blague, ce n’est pas moi qui gère le pays. Il n’y a rien à attendre, si ça se passe, vous allez le prendre de vous-même si vous ne l’avez pas pris. C’est difficile, parce qu’il y a des gens qui sont là, dans notre vie. Je ne pense pas que nous serons capables de voir les changements dans la vie de notre pays. D’accord. Vous voyez, les policiers, ils sont là-bas. Comment ils ont fait ça ? C’est pour ça qu’ils font toutes ces révolutions. Nous sommes la revue publique ! Nous sommes des revues publiques ! C’est la guerre pour les parents ! Je veux qu’ils m’appellent mon père. Je veux juste qu’il m’appelle tous les jours. Qu’est-ce qu’on peut dire à mon père ? Nous vivons dans une tromperie de la guerre familiale. Nous ne savons pas ce qu’elle veut. Nous devons l’apporter à la trompette. Ce qu’elles vivent aujourd’hui. C'était une année d’argent. Cette année ne va pas se faire ni se détruire.
Journal intime du Liban, ce film sort mercredi, maudits sur trois générations dans un pays pris en otage, trois habitants de Beyrouth tentent de survivre, Georges, vétéran hanté par le passé, Jormana, militante candidate à la députation, et Perla Joe, artiste engagé, un récit intime et brûlant, dans un pays en perpétuelle quête de liberté. J’aurais bien voulu inviter sa réalisatrice, mais vous le savez, en ce moment, on fait déjà tellement, tellement d'émissions. Que c’est compliqué, mais en tout cas, sachez que le film sort donc ce mercredi, et voici les quelques villes qui vont le jouer à Carcassonne, à Tournefeuille, c'était à Toulouse, Orléans, Grand-Gervais, Paris 13ème, Avignon, Montreuil, Ivry-sur-Seine, Saint-Ouen-la-Beaune, Marseille, deux fois, il y a deux, une ou deux fois je ne sais pas très clair, Valence, Clisson et Vitry-Sur-Seine Le film s’intitule Journal du Liban. Alors, certains veulent Radio Londres, alors allons-y. J’avais prévu autre chose, mais on va faire Radio Londres, notre revue de presse antifa, les aupostiens parlent aux aupostiennes. Dans deux secondes, je mets le jingle.
Radio Paris ment. Radio Paris est allemand. Radio Paris ment. La radio est allemande. Ici Londres voit ainsi le sixième bulletin d’information de la BBC, veuillez tout d’abord écouter quelques messages personnels. La fortune vient en dormant. Heureux qui, comme Ulysse, a fait un long voyage.
Radio Londres, Radio Londres, c’est notre revue de presse antifa. L’extrême droite intensifie ses attaques, infiltration des associations de parents d'élèves, tentative de normalisation culturelle via des galas réactionnaires et surtout le retour en force de Philippe de Villiers soutenu par l’Empire Bolloré. Mediapart nous annonçait, nous révélé le 10 octobre dernier que des adhérents d’extraites droites déstabilisent les associations de parents d'élèves pour saboter les programmes progressistes, notamment les EVAR, les éducations à la vie affective et sexuelle. Leur méthode inclut désinformation, pression sur les enseignants, mobilisation de parents complaisants pour bloquer toute avancée sociale. C’est à lire sur Mediapart. Et c'était paru le 10 octobre. Pas de ce terrain à Aix ! Pas de ce terrain à Aix, je continue sans accepter, Un article de l’Humanité, grâce à la grève des techniciens CGT, spectacle notamment, et à la mobilisation d’un collectif ex-soi, le gala caritatif de Pierre-Edouard Stérin a été annulé, c'était lundi dernier, l'événement financé via sa plateforme Obol visait à normaliser ses idées réactionnaires dans le milieu culturel aixois. Et à ce titre-là, je vous donnerai tout à l’heure des nouvelles de Mathilde Larrère, historienne, agitatrice d’au poste avec son émission "Du passé faisons table basse" qui justement reviendra sur ce terrain et notamment sur ces spectacles culturels. Alors pour ceux qui sont juste en audio culturel avec des guillemets. Le Média Frontière, c’est à nouveau Mediapart qui nous l’annonce, fait appel au service de la Gud Connexion. Le Média d’Extrême-Droite Frontière collabore avec e-Politik, société dirigée par un ancien cadre du FN, pour professionnaliser sa propagande e-politique. Conçoit aussi le studio de Radio Courtoisie, renforçant les liens entre médias et réseaux militants. Le Média Frontières fait donc appel au services de la Gud Connexion. Et quand on pense que ces gars-là veulent me coller un procès en diffamation, parce que je leur avais dit dans la salle des quatre colonnes qu’ils étaient d’extrême droite, ça me fait doucement rigoler. Petite musique, peut-être Philippe de Villiers, l’aiguillon de Vincent Bolloré en vue de 2027. C’est un très long portrait, passionnant, terrifiant ! Paru dans Le Monde hier après-midi par Clément Guillot. Il est bon ce Clément, il est très très très bon, excellent journaliste à Le Monde. Philippe De Villiers, l’aiguillon de Vincent Bolloré. En vue de 2027 à 76 ans, l’ancien ministre et fondateur du Puy du Fou connaît un retour en gras spectaculaire orchestré par Bolloré Vincent. Depuis début septembre, il a lancé une pétition exigeant un référendum sur l’immigration présenté comme un moyen de, entre guillemets, sauver la France face au grand remplacement. Cette pétition est promue en boucle sur CNews, Europe 1, le JDD. qui appartiennent tous à Bolloré, a déjà recueilli plus de 2 millions de signatures. Alors bon, comme on n’est pas tout à fait sûr de qui signe. Bon, on va admettre, on a 2 millions de signatures sur les organisateurs, bien que leur authenticité soit contestée. Ça nous rappelle d’ailleurs Le Monde. Bolloré met toute la puissance de son empire médiatique au service de De Villiers. Une émission hebdomadaire sur CNews. Des unes dans le JDD, des chroniques sur Europe 1, le système de collecte des signatures permet aussi de récupérer les données des signataires constituant un fichier électoral précieux pour une éventuelle candidature. Alors, qu’est-ce que je pourrais vous dire d’autre ? Je vous laisse lire le portrait formidable publié par Le Monde dans son édition d’hier et qui sera donc disponible dans toute la France sur papier et sinon en ligne dans le monde entier dès maintenant. C’est-à-dire sur Le Monde. Et si ça vous intéresse, vous pourrez également lire les copains d’Acrimed qui en octobre 2025, c’est-à-dire ce mois-ci, pourquoi je lis 2025, ce mois ci, ont publié, pardon, c'était en septembre, c'était le mois dernier, pétition contre l’immigration, la machine Bolloré au service de Philippe de Villiers, comme quoi les médias indépendants, ils ont souvent le nez creux, ils annoncent avant les autres, voilà, papiers d’Acrimed et France Inter le revenant de la droite, point d’interrogation, je refuse, se posait la question lundi dernier, Radio France, par l’entremise de France Inter. 8H48, France Déter, comment allez-vous chers amis ? Ce soir à 18h, ne manquez pas ce soir dans votre ville ! Marc Endeweld et son orchestre seront là pour nous parler. Alors oui, là, je suis un peu bête de plaisanter parce que ce ne sera pas drôle, puisque Élisabeth Borrell, la femme, la veuve du juge Borrell assassinée il y a 30 ans, sera exceptionnellement au poste et ce soir à 18 heures. C’est un triste anniversaire, écrit Marc le 18 octobre 1995. Le juge français Bernard Borrel est assassiné à Djibouti depuis 30 ans. Sa femme elle-même magistrate aujourd’hui à la retraite, travaille patiemment pour faire éclater la vérité et s’active sans relâche pour que l'État et la justice française reconnaissent l’assassinat de son mari. C’est un combat contre l’oubli et contre le silence. Un combat pour la justice et contre la raison d'État. Dans ce nouvel épisode de La Boîte Noire, Marc Endeweld vous propose ce soir donc de revenir sur ce cold case, cette affaire non résolue, une affaire pour le moins sensible entre la France et Djibouti. Depuis bientôt 30 ans, 13 juges d’instruction se sont relayés. Mais depuis quelques années, la justice semble tourner au ralenti. Avec Élisabeth Borrel, qui a repris toutes les pages de ce dossier tentaculaire, Nous allons parler des pressions et des menaces qu’elle a subies, ainsi que sa famille, mais aussi de la difficulté d’accéder à ces documents classés secret défense. Je vais vous en parler à l’instant, Mathilde Larrère sera avec nous mercredi, avec l’historien William Blanc, face au spectacle historique financé par l’extrême-droite La Contre offensive. Ce sera mercredi, à 9 heures du matin. Et oui, Mathilde sera matinale. Le 6 octobre dernier, les salariés en charge de l’installation de la Provence pour le bien commun à Aix-en-Provence, on vient d’en parler. Un événement lancé par le milliardaire Pierre-Édouard Sterin pour recueillir des fonds pour sa bataille culturelle d’extrême droite se mettait en grève. Victoire, la nuit du bien commun de Stérin était annulée. William Blanc, qui est un écrivain, oui, mais qui est historien, viendra parler de ce qui se joue derrière ces fêtes, ce qui ce joue derrière ce financement, cette bataille culturelle qu’entend mener l’extrême-droite. C’est à 9h, c’est mercredi. Et enfin, jeudi, à 18h,l’Afghanistan, notre indifférence coupable. Elles viennent d’Afghanistan et vivent aujourd’hui en exil en France. Journaliste accompagnée par le programme Voix en exil. Elles continuent de témoigner, malgré la distance, dans un pays où l’information peut coûter la paix. Peut coûter, peut coûter la paix, ouais. Peut coûter la vie surtout, tu veux dire. Elle raconte la réalité de l’Afghanistan sous le régime taliban. Voix en exil est un incubateur unique, dédié aux journalistes réfugiés, ce programme. Installé à la Gaîté Lyrique à Paris, porté par un consortium réunissant Singa, Reporters sans frontières, CFI et la Maison des journalistes. 14 journalistes de 9 pays y sont actuellement accompagnés. Ils y trouvent des outils, un réseau et un cadre pour continuer à s’informer. Et nous aurons donc avec nous Aniss du collectif Singa et les deux journalistes afghanes, Mariam Mana et Anoosha Ansari. Ce sera jeudi à 18h, c’est sur auposte, le Média Punk que le stream français nous envie. Merci Dédé Brevois. Lélie Boréa qui nous dit super programme, ah, ça s’annonce,. Alors, je me fais un petit peu de place sur mon bureau, car je vais vous proposer une nouvelle petite rubrique. Au débotté, des nouveautés livres, regardez, j’ai même pas eu le temps de l’ouvrir. Ah oui, alors attends, ça c’est pas bon si c'était comme ça. "Squat et pirates, chronique d’occupation à Barcelone" et ailleurs. Je vous propose qu’on termine cette matinale avec les nouveautés Toutes ces aventures de squat aussi dramatiques, briseuses d’individualité, hardcore qu’elles ont pu être. C’est avant tout de fortes histoires humaines, absurdes, intenses et violentes parfois, mais souvent belles. Je n’inclus évidemment pas les keufs, les huissiers dans cette histoire, car n’en déplaise aux babos, qu’on embrasse bien fort, deux jambes et deux bras ne font pas forcément de nous des êtres humains. Tant qu’il y aura des promoteurs, il y aura des squatteurs, et tant qu' il y aura des squatteurs, il y aura de l’espoir. Big up à tous ceux et à toutes celles qui ne lâchent rien. "Squat et pirate chronique d’occupation à Barcelone et ailleurs". J’ai essayé de vous mettre le livre… Allez on y va, Maudite soit la guerre" du camarade Pierre Douillard Lefebvre, ça sort ces jours-ci. Manuel de résistance anti-militariste aux éditions Divergence. Pierre Douillard qu’on connaît bien du côté de Nantes. Ce bouquin sort tout juste. Les "Charognards, pompes funèbres", enquête sur le business de la mort. C’est Brianne Huguerre-Cousin, et Mathieu Slisse pour Le Seuil qui ont enquêté sur ce business. Je vous lis rapidement la quatrième de couverture. En France, une industrie du chagrin prospère à bas bruit. Deux groupes privés, qui organisent à eux seuls un tiers des obsèques, se partagent une large part de ce marché à 3 milliards d’euros par an. Véritables empereurs de la mort, ils ont quadrillé le pays d’agence de crématoriums et de chambres funéraires afin de gagner des obsèques. Derrière les promesses d’adieu, apaisés, mises en avant dans les agences se révèle une réalité où la mission d’accompagnement des familles passe au second plan. Quitte à ignorer, parfois, le respect dû au défunt. Tarif hors de contrôle, technique commerciale immorale, rentabilité outrancière de certains crématoriums, Personnels à bout et même erreurs irréparables, les endeuillés sont la proie de ceux que les auteurs surnomment les charognards. Ça sort au Seuil. Qu’est-ce qu’un jeu ? Ça, c’est les bouquins que j’ai reçus ces derniers jours. Je vous dis pas, ça sort aux éditions du commun "Usage Politique du Jeu de Société" de Henri Kermarrec. Si jamais vous voyez des bouquins qui vous intéressent particulièrement, que vous pensez que ça vaudrait le coup peut-être d’inviter les autrices et les auteurs, c' est le moment ou jamais de le signaler dans le tchat. Pablo Servigne aux liens qui libèrent "Le réseau des tempêtes" manifeste pour une entraide populaire. Imaginez-vous pris dans une crise majeure. Qui appelez-vous en premier ? Qui allez-vous aider prioritairement ? Ces personnes forment votre réseau de tempêtes, un tissu dense de liens, qui maintiennent un flot dans l’adversité. Et si nous élargissions ces réseaux ? Et si, face aux tempêtes à venir, le lien social devient notre meilleure stratégie ? Ce livre propose une révolution douce, mais déterminée, se préparer aux tempêtes de tout type, non par le repli, mais par l’entraide, la confiance et la solidarité. On appellerait cela le super-vivalisme. Mieux, cette posture permettrait d’améliorer nos vies, dès maintenant, sans attendre les crises. Alors, je vois que le chat demande Clément Viktorovitch. L’invitation a été lancée à deux reprises. Nous attendons la réponse de son éditeur. Victor Collet, vivre sans police du long été aux crépuscules d’exarchia, ah pardon, j’ai toujours du mal à le dire, d’exarchia. Victor Collet aux éditions Agone, les belles éditions Agone. Un jour, la police s’est évanouie en 2008 dans un quartier d’Athènes. Que se passe-t-il ensuite ? Qui ne s' est jamais posé la question ?l’idée que chacun projette ce qu’il entend. Le mythe n’a rien du long fleuve tranquille, ni clé ni paradis pour les âmes perdues, mais autant de tentatives, d’essais infructueux ou de franches réalisations, d’opportunités momentanées et d’expériences de longue durée. Victor Collet nous guide dans ce livre, dans le quartier, dans ses solidarités, pour montrer les possibilités concrètes qui naissent lorsque les habitants tiennent tête au fascisme et à l’idéologie néolibérale. Au fil de son récit, l’auteur parcourt l’histoire d’un pays pour inscrire sa capitale dans le panorama des villes qui résistent. Comprendre Exarchia, c’est s’inspirer des leçons éprouvées dans un îlot en lutte constante contre les logiques d’oppression afin peut-être de recréer ailleurs. Des réseaux de solidarité. On se souvient que Victor Collet avait publié du "Bidonville à la cité en 2019 et du taudis au Airbnb" en 2023. Voilà ce livre a le bon goût d'être aux couleurs d’au poste. Grun, éditeur marseillais, absolument, nous précise le tchat. Il est 8h59, je suis claqué, je me suis levé à 5 heures du matin. Et c'était un bonheur d'être avec vous, vous étiez nombreux et nombreuses, c'était fantastique. On a eu des problèmes techniques, on a eu des rencontres, on a eu plein d’informations, on à eu plein de chaleur humaine dans le tchat. Et c’est ça qui compte. Merci infiniment à tout le monde. À 18h, je laisse la place à Marc Endeweld. On se retrouve dans la semaine. Pour ceux qui sont sur Paris, si ça vous dit, mercredi soir à Montreuil, je serai à la librairie Libertalia pour causer de mon dernier bouquin sur Françoise D’Eaubonne, impossible grand-mère et pionnière écoféministe. J’espère que vous étiez content de cette matinale. Ça semblerait, si j’en crois le tchat. Merci beaucoup. N’oubliez pas, n’oubliez pas que si vous avez écouté tout à l’heure les gens de la presse libre,tout ce travail, tout ce travail de longue haleine, il faut du carburant et le carburant au poste, c’est les dons. Il y aura bientôt des abonnements. J’y reviendrai. Mais ça, c’est pour sans doute le début de l’année prochaine. En attendant, c’est les dons. Merci infiniment, si vous pouvez faire des dons récurrents, c’est l’idéal, c’est comme un abonnement. Je vous rappelle que si vous êtes imposable, les dons sont déductibles des impôts à hauteur de 66 %, au nom du pluralisme de la presse. Merci beaucoup à vous tous. Je vous dis à jeudi en fait, ou à Montreuil mercredi. Merci beaucoup, j’envoie les crédits. Bonne journée à tous et à toutes. Et on tient tête, tête haute.
