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France Déter : la matinale aupostienne avec François Piquemal (député LFI) et Nicolas Camier (Portail des médias indés)

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Un,deux, un, deux allo. Vous voyez tout ? Qu’est ce que vous entendez bon alors moi je ne m’entends pas Oh c’est le bordel, la porte est ouverte. Alors attention, attends, on va baisser la caméra, je vais baisser en direct bonjour.Attention, est-ce que vous êtes partis ? Il est 6h59, à ma montre, j’ai une minute d’avance, je me suis moi-même surpris, oh la vache, je suis content d'être avec vous les amis, on a deux invités aujourd’hui, on à deux heures, on du cœur à l’ouvrage. Amis de la police et du café. Amis, que je ne me trompe pas, bonjour ! Il est 7 heures, nous sommes le 20 octobre 2015.
Bella Ciao
David Dufresne
Météo des luttes, c’est sur France Déter et c' est nulle part ailleurs. Semaine danse entre mobilisation sociale, culture militante, solidarité internationale, focus sur les luttes féministes. Allez, je te coupe, camarade ! La semaine danse donc entre mobilisation sociale, culture militante et solidarité internationale, focus sur les luttes féministes anti-répression et contre la complicité française dans la guerre à Gaza. Alors, nous serons ici, alors, le 26, Ciné, débat avec contrepoint sur l’autodéfense féministe, c’est à Lille. Ce sera donc le 26-10, je vais essayer de vous en dire plus, projection suivie d’un débat sur l’autodéfense féministe. Le collectif contrepoint milite pour l'émancipation et la lutte contre les violences de genre. Auberge végan, film en version originale sous-titré, participation Lille,
Jingle
Je suis désolée, est-ce qu’on pourra couper cette partie ? J’ai vraiment pas compris cette question. Désolée. Alors on peut pas couper parce que c’est pas possible.
David Dufresne
A Gap,le 26 et merci merci à Robin qui m’a mis à nouveau les petits mèmes comme ça, ça me permet de boire un petit truc, de me reposer deux secondes sans que vous vous y disiez, un gars qui est là il garde devant son écran, j’espère que ça vous plait. A Gap dimanche prochain le 26, table d'écriture aux prisonniers et aux prisonnières, rendez-vous mensuel pour écrire aux personnes incarcérées, alors vous pourrez, vous pourriez écrire à Sarkozy, action symbolique et solidaire contre l’isolement carcéral, lettre, dessin, échange libre. C'était France Déter, là rubrique, qu’est-ce que je raconte, c'était la météo des luttes, est-ce-que j’ai autre chose ? Non, je crois que je vous ai à peu près tout dit, comment allez-vous ici et là ? Absolument tout ça c’est sur le discord ça va bien ça va merci beaucoup la chouette merci beaucoup
Jingle
Assurez-vous madame, c’est français, c’est la police française.
David Dufresne
C’est la police française, c’est Radiopolice, alors aujourd’hui je dois vous dire que j’ai pas grand-chose à vous proposer.
David Dufresne
Je suis mute, oui je suis sans voix, je suis sans voix devant ce talent, c’est absolument extraordinaire. Alors, avez-vous vu ce film personnellement ? Non, mais j’avoue quele titre, “Soundtrack to a coup d'état”, la bande annonce, l’histoire, le graphisme, bon sang de bonsoir, ça fait du bien de se lever pour France Déter et regarder un truc pareil, qu’est-ce que vous en dites ?
Jingle
J’emmerde les gendarmes Là-haut, là-haut J’emmerde les Gendarmes Et la maréchaussée et la maréchaussée
David Dufresne
Alors, nous attendons Nicolas Camier, alors je vais vous dire pourquoi j’ai invité Nicolas. il est responsable du développement à la belle maison Basta, et Basta a publié cette semaine, a sorti. Son portail des médias indépendants. Nicolas était à la manœuvre depuis de nombreux mois voire peut-être d’années là-dessus et il va venir nous expliquer de quoi il s’agit ce portail des médias indépendants qui est une espèce de revue de presse de la crème de la Crème de tout ce qui est médias indépendants. Français, francophones et également étrangers, avec une petite revue de presse éditorialisée, il n’y a aucun algorithme, il va nous expliquer tout ça, alors c’est Basta, on est lundi, on est encore là sur la une-dieu de vendredi, bon, ces gens-là, ils respectent le droit du travail, c' est des conneries. Donc il ne sera pas le week-end, portail des médias indépendants. Alors qu’est-ce que tu fais, Nicolas ? Viens, viens, je t’attends, je te t’attend. Il est 7h30, tu devrais être là. Nicolas, Nicolas, je vais peut-être aller chercher mon téléphone parce que j’ai peur qu’il me laisse un message sur mon téléphone.
Nicolas Camier
Ouais, je t’entends.
David Dufresne
Alors moi je ne t’entends pas, j’ai l’impression que tout le monde t' entend, mais moi je n’entend pas.
Nicolas Camier
Deux secondes, je reviens. Bouge pas, j’ai un truc avec le micro.
David Dufresne
Nicolas, c’est donc le directeur, le responsable du développement, chez Basta, c'était lui qui a pensé qu’on s’eût travaillé sur ce portail, l’idée c' est que Nicolas va nous présenter leur travail, comment vous pouvez utiliser ce portail, et je crois que, je crois vraiment, enfin vous le savez, vu ce qui est en train de se passer dans le monde entier. Vraiment, soutenez les médias indépendants, ceux que vous voulez, ceux qui vous intéressent, ceux que vous aimez, n’importe lesquels, mais du moment que vous les soutenez, parce que franchement, sans médias-indépendant, il n’y a aucune résistance qu’ils puisse tenir.
Nicolas Camier
Écoute, ça sort d’un constat que les médias indépendants sont aujourd’hui assez nombreux, que c’est un écosystème riche et qui produit pas mal, mais qui s’en est habilité et pour une bonne part qui souffre encore d’une grande nombre de reconnaissances. Pour une bonne part, c’est dû à la manière dont l’information aujourd’hui se diffuse et c’est-à-dire les contraintes que font peser en gros les géants du monde. Je dis souvent qu’aujourd’hui les médias indépendants sont indépendants parce qu’ils décident que ce soit les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux. Ils décident de ce dont ils vont parler et de comment ils vont en parler. Par contre, ils ne décident pas du tout de qui va les lire. Et ça, la plupart du temps, c’est quand même l’algorithme de Google ou des réseaux sociaux qui va décider en fait que tel le contenu mérite d'être poussé ou pas auprès des utilisateurs et tout ça de manière assez obscure. Et en plus on joue pas à jeu égal nous les médias indépendants qui sont des plus petites structures qui publient un article par jour parfois moins parfois un peu plus En tout cas, très difficile de rivaliser avec le Monde, avec le Figaro, avec des gens qui finalement produisent des dizaines et des dizaines d’articles tous les jours. Pourquoi je dis ça ? Parce que, de plus en plus, Google a tendance à associer qualité et quantité. En tout cas, plus tu produis un sujet, plus t’es considéré comme un expert par Google, du coup, c’est très difficile quand on a un article par jour ou un article par semaine de remonter dans les moteurs de recherche malgré la qualité d’un article. Et l’autre menace qui pèse aujourd’hui sur les médias indépendants, je pense que tu dois en parler souvent dans toutes ces émissions, c’est le poids des milliardaires qui s’achètent de l’influence en achetant des médias, et qui prennent une place de plus en plus importante dans le paysage médiatique, et ça fait passer un petit peu les médias indépendants pour un village d’Astérix qui résiste encore et toujours. Et voilà, notre place, elle est comme ça aujourd’hui un peu écrasée entre des médias qui sont connus, visibles et de plus en plus mis au pas de manière idéologique par certains de leurs propriétaires, et de ces gens de l’Internet avec lesquels on se bat pour être un peu plus vus. Voilà, ça part de ce constat-là et on s’est dit qu’il faut faire autre chose pour reprendre la main sur notre diffusion.
David Dufresne
Alors quand tu dis « on », c’est donc les gens de Basta, est-ce que tu peux nous rappeler qui vous êtes ?
Nicolas Camier
Basta, c’est un média qui s’est créé il y a une quinzaine d’années, en même temps que Mediapart, en ligne avec un modèle économique, entièrement financé par les dons. On est une petite équipe, aujourd’hui on est à peu près 10 salariés. Plutôt un petit média, mais qui a réussi à construire son autonomie financière, une ligne éditoriale et un public. On n’est pas les seuls dans ce cas-là à être tourner à peu près, on fait pas des bénéfices extraordinaires tous les ans, on ne fait pas des pertes extraordinaires et on a un public aujourd’hui de à peu près entre 300 et 500 mille personnes qui viennent nous lire chaque mois, plus sur les réseaux sociaux. On a un modèle économique. C’est l'équipe de Basta qui a réfléchi à ce projet-là en se disant, il y a un truc à faire, il n’y a pas de plateforme aujourd’hui sur laquelle les utilisateurs peuvent retrouver l’ensemble de la presse indépendante, parce qu’une des faiblesses du indépendantes qui fait aussi souvent sa richesse, On peut utiliser le mot diversité si on veut mettre l’accent sur sa richesse, ou éparpillement si on met plutôt l' accent sur sa faiblesse. En tout cas, les gens ont du mal à tous nous connaître, tous à nous lire et surtout à nous soutenir c’est des messages qui nous reviennent.
David Dufresne
Alors donc, en gros, depuis plusieurs mois, peut-être même un peu plus, tu as cogité, tu as travaillé pour que ce portail des médias indépendants existe, il a été ouvert en petite pompe, mais en grand plaisir, parce que vous allez faire une fête le 22, on va en parler, là ce sera en grande pompe la semaine dernière, là je crois que c'était le 15, quelque chose comme ça, moi je dis c’est déjà une réussite, c' est déjà mortel, franchement, si j’ai bien compris, vous sélectionnez chaque jour une quinzaine d’articles, vous avez trois éditions, 9 heures du matin, 12 heures, 17 heures 30, où vous avez privilégié l’actualité récente, la diversité des sources, tu viens de le dire, et les formats. Alors, les sources, je les ai montrées quand on t’attendait tout à l’heure, elles sont ici. Il y a des sources françaises, il y a des sources internationales, il y à des médias, pour ce qui est des sources françaises, il y a des médias nationaux, il y a des médias locaux. Moi ce qui m’intéresse c’est votre travail humain, comment vous allez sélectionner sur quels critères les papiers que vous allez donc, si j’ai bien compris, mettre en avant sur la home.
Nicolas Camier
Écoute, tu as bien résumé comment ça marchait, c’est effectivement un journaliste qui fait ce choix chaque jour, avec plusieurs éditions dans la journée. Alors les critères, nous nous sommes basés sur les attentes du public. Ce qui passe de manière abstraite, c’est qu’on a fait des études d’audience, on a demandé aux gens quand on a commencé ce projet à quoi ça pourrait leur servir, qu’est-ce qu’ils voudraient lire, et voilà, qu’est- ce qu' on pourrait offrir comme fonctionnalité et tout ça. Une des choses qui ressortait c'était En fait, il consultait la presse indépendante pour deux choses très différentes. La première, c'était, il y a une grosse actu en ce moment. Je suis sûr que j'échappe à des points de vue et à des voix pertinentes sur ce sujet-là si j'écoute seulement France Info ou BFM pour aller vite. Donc je vais regarder ce que disent les médias indépendants. Et l’autre aspect, c’est, il y a une grosse actu en ce moment qui écrase un peu tout le reste.
David Dufresne
À partir de quand on n’est plus un petit média ?
Nicolas Camier
Bonne question, il y a un média qui nous a écrit en disant, je trouve que vous ne faites pas assez de la place aux petits médias, il faudrait un encart spécial, un endroit où il y aurait que les petits médias pour qu’ils nous voient.
David Dufresne
C’est Blast ça !
Nicolas Camier
C’est un peu impossible, c’est assez supputatif, disons que je vais poser la même question, mais oui, mais à partir de quand on est à l’intimidation, ça va poser des problèmes, on sait qui sont les grands médias, il n’y en a pas tant que ça.
David Dufresne
Oui, bien sûr.
Nicolas Camier
Il y a Blast, il y a L’Huma, il y a Reporterre, il y a Mediapart, AlterEco et Politis. Voilà, peut-être que ça c’est un peu les plus connus, et après il y en a des dizaines d’autres.
David Dufresne
Alors, pourquoi avez-vous fait le choix de trois éditions plutôt qu’en continu ? Puisqu’une fois qu’un article est sélectionné, il pourrait être tout de suite mis là. Est-ce que c’est l’idée du rendez-vous ?
Nicolas Camier
C’est plutôt l’idée d’un processus de travail pratique et du fait que les médias indépendants produisent la journée en fait. On ne peut pas se dire, voilà, on va bosser de 7 à 8 heures on va poser un truc et il y aura toute notre sélection, ce sera très bien. Bon, déjà, il aurait fallu que notre journée se lève très tôt, si on veut qu'à 8 heures il ait eu le temps de lire des dizaines et des dizaines. Quand il en sélectionne 15, il les a tous lus, mais il en a aussi lu pour faire son choix. De plus, il a lu 500 titres d’articles pour lesquels il s’agit. Le matin, première sélection, il se concentre un petit peu sur l’actualité du jour, il propose cinq ou six articles, ça lui permet de faire ça assez rapidement et de proposer quelque chose à lire dès 9 heures. Ensuite, il prend tout le temps de la matinée pour vraiment lire plein d’articles, prendre plus de temps pour approfondir, pour sortir de l' Actu. Et là, à midi, il va proposer en général une douzaine d' articles et il va aussi présenter, donc je pense que tu vas les voir et que tu a montré. À tout le monde comment ça fonctionnait, il y a un petit paragraphe où le journaliste présente un peu cette section et dit voilà voilà ce que je vous conseille aujourd’hui rapidement et pourquoi.
David Dufresne
Voilà, alors j’ai été un peu méchant, parce que je lui ai dit, ouais, Basta ils ne bossent pas le week-end, donc effectivement lundi matin mais il est très tôt tu verras, en une c’est l'édition de vendredi voilà et donc c'était Théo Cire qui a sélectionné des articles ce jour là et qui fait un petit chapeau pour expliquer pourquoi, un petit descriptif mais je ne doute pas que le succès aidant, ça va être les trois 8 bien entendu, bientôt mais pour l’instant on respecte le repos des braves voilà. Alors il y a une autre chose parce que ça c’est déjà absolument formidable mais vous vous proposez en plus qu’on en reçoive ça par émail et que l’on personnalise, alors ça me rappelle le web d’il y a 20 ans, mais qu' on personnalisait en fait l’expérience. Est-ce que tu peux nous dire comment ces deux choses-là fonctionnent ?
Nicolas Camier
La personnalisation c’est pareil, c'était quelque chose qui est venu quand on a posé la question à des lecteurs de Basta, qu’est-ce que vous devriez sur ce portail. Là aussi c'était un peu contradictoire, c'était quand on leur parlait de personnalisations, ils nous disaient, ah mais en fait non, à part tout le web, sur toutes les plateformes, je suis profiles, on me propose des choses en fonction de critères, de préférences que j’ai pas choisi, j’aie pas envie de ça, et en même temps quand on demande aux gens, est-ce qu’il y a des… Des sujets qui les intéressent plus que d’autres, souvent c’est le cas. Donc ce qu’on s’est dit, il faut une personnalisation active, c'était l’utilisateur qui décide, et ce n’est pas nous qui décidons, voilà, c’est pour vous en fonction de ce qu’on sait de votre historique de navigation ou de recherche, on sait quoi.
David Dufresne
Et dans les critères, il y a mes préférences d’accès, tous les accès, accès libres, accès payants. Et plusieurs fois on voit que vous signalez ce qui est payant de ce qui est en accès libre. Est-ce que c’est quelque chose qui était remonté aussi quand vous avez étudié ? Les désirs des uns et des autres, les besoins des uns ou des autres ? Est-ce que cette question là d’une information qu’on doit payer, de toute façon on la paye d’un manière ou d’autre, mais que l’accès soit immédiat ou pas, est-ce-que c’est quelque chose qui est remonté fréquemment ?
Nicolas Camier
Oui, c’est quelque chose qui a remonté fréquemment, après on a aussi interrogé des gens qui lisent Basta et donc qui ont l’habitude de me dire en accès libre. Et donc forcément il y a un petit biais mais ça nous est remonté, voilà, ce serait quand même important qu’il y ait une plateforme où je puisse pas lire grand chose parce que derrière tout est sur accès abonné. Donc là aussi dans l'équilibre de la sélection, on essaye d’avoir au moins la moitié, plus de la moindre partie des articles en accès libre, mais on ne se limite pas non plus. Je veux dire, voilà, les Jours, Politis et tant d’autres sont sur abonnement et produisent super articles, donc on va pas se saigner à tête à les sélectionner mais on s’arrange pour qu’ils pour que ce soit équilibré dans la sélection. Et c’est quelque chose qui nous a été demandé aussi de pouvoir dire voilà moi si je vois plein d’articles que je peux pas lire ça va être frustrant donc est-ce que vous pouvez faire un petit bouton pour que j’aie que les accès dépendant. Donc on a utilisé cette fonctionnalité là. Il y a quelque chose d’autre qui nous a été demandé qui serait vraiment génial là ce serait le portail 2.0 mais c’est quand même très compliqué, c'était des gens qui me disaient moi je ne suis pas contre de payer
David Dufresne
Alors Nicolas, depuis le début de cet entretien, on parle de médias indépendants, mais on ne les a pas tout à fait qualifiés. On a parlé des grands et des petits, tas d’ailleurs une question dans le tchat, le tchat qui est bouche bée. Ou alors ils sont tous en train de s’inscrire et ils n’ont pas le temps de poser des questions dans le chat, c’est là où l’autre, on verra. Il y a quelqu’un dans le chat qui disait « off investigation, est-ce que c'était petit ou grand par exemple ? » Mais avant même de savoir si c’est un petit ou un grand média, on a bien compris votre idée de pondération, d’essayer de mettre en avant à peu près tout le monde, de rester équilibré, ce qui est vraiment génial. Comment vous qualifiez, comment vous qualifiez un média indépendant ?
Nicolas Camier
Des définitions qui ne sont pas forcément que les nôtres, parce que il y a le SPIL, donc le syndicat de la presse en ligne, de la pression indépendante, qui a sa définition, il y à le Fonds pour la presse libre de Mediapart qui a sa définition, voilà, tout le monde essaye de définir des critères.
David Dufresne
Alors le SPIL c’est le syndicat patronal, le syndicat des éditeurs, le fonds pour une presse libre, pas tout à fait exact, ça a été créé par l'équipe de Mediapart, mais c'était quand même indépendant de Mediapart, qui est un endroit qui donne beaucoup d’argent, qui récupère beaucoup de dons et qui redistribue chaque année à tout un tas de médias locaux ou nationaux. Donc tu disais ces deux-là ont leur définition.
Nicolas Camier
On leur a emprunté certains critères, on peut dire, en tout cas on a des critères en commun. Il y a un critère qui est facilement vérifiable, c’est celui de la propriété. C’est assez simple et le propriétaire d’un média ne doit pas avoir des intérêts majoritaires dans d’autres secteurs que la presse. C’est vraiment une définition à minima. Ça veut dire que si… Tu fais la majorité de ton chiffre d’affaires global en vendant des téléphones ou des canons et que aussi par ailleurs tu possèdes des médias, on peut supposer légitimement que les médias que tu postes ne sont pas tout à fait indépendants parce qu’ils sont pris dans des réseaux de conflits d’intérêts. De même, on a fait le choix de ne pas mettre de médias du service public et ce n’est pas un jugement sur leur qualité, c’est de se dire votre représentant de l'État, votre directeur est nommé par la puissance public du coup par des politiques. Complètement non plus indépendants, en tout cas vous êtes pris dans des conflits d’intérêts potentiels. Donc ça c’est assez vérifiable à qui votre média c’est quoi votre structure juridique. Premier critère, le deuxième c’est aussi la question du modèle économique. Ça c’est un peu plus difficile à vérifier parce que les informations ne sont pas toujours disponibles mais grosso modo si, ok ton propriétaire, il est propriétaires simplement d’un groupe de presse très bien mais 99 % de ton chiffre d’affaires La publicité, et c’est pas la publicité c' est un seul annonceur, par exemple, total, via ses publicités, finance, l’entièreté de ton média, on peut supposer total. Donc ça c’est la question du modèle économique.
David Dufresne
Est-ce qu’il pourrait y avoir des médias indépendants de droite ?
Nicolas Camier
Il pourrait, honnêtement, on ne serait pas contre. Nous, l’idée aussi, c’est de donner un peu une richesse de point de vue et pas quelque chose de monolithique. C’est l’intérêt de cette diversité de médias dépendants, c’est de se dire des fois un sujet ne va pas être traité de la même manière et il peut y avoir des points de vue qui sont même irréconciliables au sein de médias dépendants et ce n’est pas intéressant de dire tous ces points de vues-là. C’est pour ça qu’on fait des dossiers aussi, par exemple, il y a un dossier en ligne sur le gouvernement Lecornu. On va essayer de faire ça régulièrement, de rassembler des articles qui parlent d’un même sujet pour que les utilisateurs et les utilisatrices puissent se faire un avis eux-mêmes en disant Ah bah tiens !
David Dufresne
Non mais attends, attends, alors là Nicolas je comprends rien, je veux dire vous allez faire trois éditions par jour et le premier dossier c’est Lecornu, mais Lecornu ça change toutes les minutes, vous vous mettez dans la sauce là !
Nicolas Camier
Oui, c’est sûr.
David Dufresne
Alors attends, excuse-moi, je ne vois pas le dossier, Lecornu, ce serait où ?
Nicolas Camier
Il y a un blog,
David Dufresne
Oh mais oui ! Pardon ici !
Nicolas Camier
Tu lis, tu scrolles,
David Dufresne
Ah oui, vous ne voyez pas, gouvernement Lecornu, mais oui bien sûr, voir tout le dossier,
Nicolas Camier
Tu vas voir tout le dossier, t’arrives sur une page avec quelques éléments de contexte qui m’expliquent pourquoi on parle de ça et tu vas retrouver tous les articles sélectionnés par ordre de parution, donc le plus récent en haut voilà, on s’est dit ça, ça permet à quelqu’un de faire un peu son choix. Alors là, bon, je ne sais pas s’il y aura une grande variété de points de vue sur Lecornu, c’est tellement affligeant que tout le monde est assez d’accord, mais en tout cas c'était l’idée. Donc, pour revenir à ta question, pourquoi pas, oui. Un média de droite qui ferait du travail sérieux et qui serait entièrement indépendant, franchement, il n’y aurait pas de problème pour l’ajouter au centre, “recherche”.
David Dufresne
Dans le tchat si vous avez des idées n’hésitez pas à aider nos copains de Basta à essayer d'œuvrer pour le pluralisme tout en sachant que ce sentier battant dans le tchat nous dit qu’est ce que la droite pour moi elle commence très tôt. Alors évidemment il y a eu des vannes mais c'était avant que tu expliques que vous aviez un code d'éthique et de déontologie. Il y a eu des vannes en disant mais est-ce que frontière c’est indépendant bah quand ils se font passer pour au poste et oui mais sinon non enfin bon en Ils ont beaucoup de podium, puisqu’on avait vu ça la semaine dernière, puisqu’ils utilisent les services de la good connection désormais. On boit du café en trouvant tout ça vachement bien, c’est la raison pour laquelle nous avons assez peu de questions. Est-ce qu’il y aura des liens vers des articles de l'étranger, genre Maïda Stach ou Democracy Now ? Alors je vais te laisser répondre tout en montrant la réponse.
Nicolas Camier
Ça aussi on s’est dit, là il y a une richesse, c’est du côté de la presse étrangère parce qu’il va y avoir des personnes qui lisent suffisamment la presse indépendante, qui disent oui, bon cet article de Mediapart, je l’avais déjà vu, par contre, cet articles de tel media colombien, il y en a pas beaucoup. Et là moins de facilité d’accès à la presse internationale, à part Courrier international, il y a peu de médias qui se font le passeur entre un public français et ce qui se produit ailleurs, et l’actualité internationale en même temps est non plus explosive Donc en gros chaque jour sur les 15 articles, on s’est donné comme règle d’avoir à peu près 20 % d’articles étrangers. Et si tu vas dans les sources, tu peux dire ça à ceux qui commentent,
David Dufresne
Je suis dans les sources et je suis comme le chat absolument admiratif parce que pays par pays, vous avez trouvé à minima un média indépendant sur tous les contenus. Volet de sources absolument incroyable, absolument incroyable
Nicolas Camier
Et encore, il en existe encore beaucoup plus, on était obligé de se restreindre et puis on en a fait tout à fait. Mais effectivement, en fait, il y a des tas de médias qui sont créés en France depuis les dernières années avec l’explosion du web. Évidemment, c’est pareil partout, dans d’autres pays. Il y a les médias de grande qualité qui ne sont absolument pas connus et on se dit voilà, là, c’est un endroit où on peut leur donner de la visibilité et surtout accéder à des points de vue de première main parce que c’est intéressant de savoir ce que disent les médias français sur le conflit ukrainien, mais que disent-ils polonais, roumains, biélorusses, parce qu’il y en a, sur ce qui se passe en Ukraine, et là c’est parfois des sons de cloche assez différents, ou que disent des médias israéliens de ce qui ce passe aujourd’hui au Proche-Orient.
David Dufresne
Alors Nicolas, le point important, c’est que là j’ai cliqué, tu parlais de l’Ukraine, j’y ai cliqué sur un article. Le dernier contenu, alors pour l’instant comme le Média, le portail est tout neuf, il n’y a qu’un article concernant The New Voice of Ukraine. Mais voilà ce que l’on voit, la traduction du titre en français. Et ensuite on voit que le lien amène évidemment dans la langue d’origine, alors ça peut être l’anglais, ou ben là c’est l’ukrainien, mais disons qu’on a une partie déjà de l’information qui est traduite, et par ailleurs, bon voilà, vous avez décidé, c'était Google ça, voilà. B, vous nous proposez directement la traduction, normalement ça devrait marcher, par Google, du site en question, ce qui veut dire que même si on n’est pas polyglotte, on pourra absolument bénéficier de toute cette richesse d’informations mondiales.
Nicolas Camier
Oui, tout à fait. C’est la dernière frontière en fait, c’est la frontière de la langue. C’est ça qui va faire que je ne vais pas lire un article en ukrainien. Donc on a proposé cette traduction automatique par Google parce que c'était le seul outil qui permet de faire ça très facilement juste en un clic sur une URL. Ensuite, il existe aujourd’hui plein d’extensions de navigateurs qui permettent de faire des traductions de bonne qualité et qui sont gratuites. Et d’ailleurs, on a écrit un petit article de guide de traduction. Pour aider les gens à installer les plugins qu’il faut et à ne pas passer par Google ensuite, on a laissé le lire en VO parce qu’on se dit, il y a des gens qui parlent anglais, qui parlent espagnol, qui parlent allemand, ils peuvent aller lire l’article tel qu’ils l’ont été publié.
David Dufresne
Alors, deux petites questions pour terminer, une question de notre ami Olivier Azam de la maison Les Mutins. Est-ce que vous allez voir du côté de Substack ? Substack, tu sais, les newsletters et une question d’Unkimini, la liste est-elle évolutive ? La liste de vos sources.
Nicolas Camier
Oui, la liste est active, on en ajoute régulièrement, soit parce que les utilisateurs nous signalent, soit parce qu’il y a des médias à la porte, donc oui, elle est amenée à évoluer. N’hésitez pas, on a une page contact, et si on a un contact sur un média géorgien qu’on n’avait pas repéré, n’hésitez-pas, on l’a re-bougé assez régulièrement.
David Dufresne
Est-ce que vous allez voir du côté des newsletters du type celles qui sont publiées, tu sais, par cette plateforme américaine s’appelle Substack, il y a Marc Endeweld qui en a une, je crois d’ailleurs qu’Olivier Azam en a un, c’est-à-dire du contenu on pourrait dire indé de chez indé puisque c'était vraiment de l’auto édition à travers cette plate-forme, newsletter qui sont plus ou moins payantes, et un certain nombre de journalistes sont allés dans cette plateforme en pensant trouver peut-être leur planche de salut. Il semblerait que ce soit moins sûr, mais en tout cas est-ce que vous allez aller de ce côté là ?
Nicolas Camier
Il y a deux contraintes, la contrainte technique, c’est que le portail s’appuie sur les flux RSS. On récupère tous ces articles, on les récupère dans une interface via les flux RSS. Or, je pense que sur ce tableau, ce n’est pas évident, il faudra que je vérifie, là tu me poses un peu de poils, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse récupérer parce que ce n’est pas forcément des données publiques. Deuxième les barrières éditoriales, c’est, voilà, nous notre critère c'était produit par des médias en écrans. Est-ce qu’un journaliste tout seul, qu’il y a un journaliste indépendant, c’est beaucoup plus difficile de lui appliquer tous les critères qu’on a évoqué tout à l’heure, de qui est son propriétaire, quel est son modèle économique, et du coup pour nous, ça ajoute une difficulté de savoir qui est légitime en tant que… Vous verrez le portail comme pour l’instant, on n’a pas ouvert cette porte-là, parce qu’on se dit derrière, c’est très compliqué en fait. On a la même question avec les vidéastes. On a envie, c’est une possibilité d'évolution, d’avoir des sélections de vidéos sur le portail. On pourrait sans finir produire les médias dépendants, on tournerait peut-être un peu plus sur le web, on place le média au poste, à l’air libre, voilà. Il y a déjà une richesse aujourd’hui de ce qui se produit en vidéo, mais c'était quand même une petite partie des médias. Et par contre, il se produit plein de trucs intéressants aussi sur YouTube ou même aujourd’hui sur Instagram. Comment on fait pour aller chercher ces contenus-là de vidéastes indépendants qui ne travaillent pas pour des médias et qui du coup mettent un peu le bazar dans nos critères ?
David Dufresne
Mon cher Nicolas, le son commence à être un petit peu haché, je voudrais juste qu’on termine d’abord en te saluant, en te remerciant, en vous félicitant toute l'équipe, mais aussi pour dire que le 22 octobre, c’est-à-dire après-demain, vous faites une petite surprise partie avec les gens de la presse libre que nous avions invités lundi dernier. Une table ronde sur le thème, pourquoi les médias indépendants sont-ils indispensables, co-animés par Sophie Chapelle et Daniel Schneidermann. Alors Danny Schneidermann., un animateur, c’est une mauvaise idée, il parle tout le temps. Enfin bon, faites comme vous voulez. Donc il y a Mathilde Larrère, historienne, Usul, vidéaste, Arie alimi avocat, Kaoutar Harchi sociologue. Tous ces gens-là sont bien connus de nos services et d’autres que je ne connaissais pas. et c'était très bien de découvrir des gens. Maison des lanceurs d’alerte et Valérie Masson-Delmotte, climatologue. Est-ce que tu peux nous dire deux mots sur ce petit truc ? Euryale va donner le lien pour les gens qui veulent réserver leur table. Dans ce cabaret des médias indépendants, qu’est-ce que vous allez faire ?
Nicolas Camier
On fait une petite fête pour célébrer un petit peu le lancement de notre plateforme et en fait il s’avère qu’on est sorti exactement d’un autre projet qui s’appelle la presse libre qui fonctionne un peu différemment, c’est plutôt un kiosque d’abonnement, N’empêche que le… L’horizon politique c’est le même, c'était de donner de la visibilité à la presse électorale. On s’est dit, on sort à peu près en même temps, on va faire un petit événement en même temps. Et du coup, l’idée c’est de questionner un petit peu ces invités que tu as nommés sur leur rapport à l’information, comment ils s’informent, comment les médias indépendants alimentent leurs réflexions dans leur domaine, comment aussi la sphère des voies de communication, là on parle de climatologues, c’est à savoir de la questionner sur comment cette question a l’air d'être dans les médias en général et dans les médias indépendants en particulier. Il y a quand même des sujets qu’on traite à la fois beaucoup plus ou mieux que la presse traditionnelle. Il y peut-être des sujet où ce n’est pas le cas, voilà donc l’idée c'était de questionner un peu pourquoi l’apport de la presse indépendante en fait, qu’est-ce pour aller à l’air indispensable.
David Dufresne
Merci beaucoup mon cher Nicolas, le site est vraiment impressionnant et lisible, je découvre plein de nouveaux médias, Sentier Battant te donne une astuce pour suivre une newsletter substrat via RSS, il suffit d’ajouter slash feed, voilà du travail pour toi, t’es heureux t’as de te lever tôt le matin ! Merci beaucoup et bravo et c’est super ! Et nous allons évidemment surveiller la cadence d’apparition d’auposte sur ce portail, tu penses bien ?
Nicolas Camier
Merci, bonne journée David.
Jingle
La riposte c’est vous, suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste. Soutenez-nous sur auposte.media
David Dufresne
8h10, 20 octobre 2025. Dans 10 minutes, un député LFI venu de Toulouse sera avec nous, François Piquemal, qui était à bord de la “flottille de la liberté”. Il va nous parler de son arrestation, il va nous parler de l’armée israélienne, il nous parlera d’actualité. On parlera sans doute aussi de campagne électorale puisqu’il est candidat à la mairie de la ville rose.
Jingle
C’est le café de M. Martinaud. C'était celui-là. C'était le café M.Martinaud ;
David Dufresne
Et bien voilà, c’est le café de Monsieur Martinaud, donc Monsieur Martinaud, c’est François Piquemal que je vais mettre à l’antenne dans une seconde.
François Piquemal
Là c’est bon ?
David Dufresne
Tout à fait, vous êtes plus beau qu'à BFM où j’ai l’habitude de vous voir, mais par contre vous êtes coupé. Alors normalement sur votre écran vous devriez voir un petit visage qui vous dit qu’il faut se mettre là. Bonjour Monsieur François Piquemal, bonjour, je vais vous présenter, vous êtes né ? Le 28 décembre 1984, est-ce que c'était exactement ?
François Piquemal
C’est juste.
David Dufresne
A Besançon,très bien, c’est votre fiche. Vous êtes enseignant d’histoire géographie en lycée professionnel depuis 2012. Vous avez été militant au DAL, le droit au logement. Vous l'êtes toujours d’ailleurs, je crois.
François Piquemal
Alors, je suis toujours enseignant officiellement, mais je ne suis plus militant du DAL,. J’ai quitté le DAL, quand j’ai commencé à faire de la politique.
David Dufresne
Ah mais ça y est, je comprends, votre accent, c’est Besançon.
François Piquemal
Ah non, pas du tout ! En fait, de temps en temps, j’y suis resté juste 24h, 48h pour rentrer. Mais on me dit souvent que j’ai un accent non identifié.
David Dufresne
Vous êtes élu député LFI de la quatrième circonscription de Haute-Garonne ?
François Piquemal
Oui
David Dufresne
Depuis 2022, vous êtes ancien membre du conseil municipal de Toulouse et on va parler avec vous si vous voulez bien d’abord de la flottille humanitaire. Vous étiez sur la dernière embarcation pour Gaza et de votre arrestation. Ensuite, on parlera de votre candidature aux municipales de Toulouse et éventuellement de l’actualité politique. Mais d’abord, pouvez-vous nous parler de ce qui s’est passé le 1er octobre 2025 quand vous avez été arrêté par l’armée israélienne alors que vous participiez à la flottille humanitaire pour la liberté ?
François Piquemal
Alors moi, j’ai été arrêté le 2 octobre à 6h30 du matin exactement. Donc suite à une course poursuite avec les bateaux de l’armée israélienne, qui a duré de 20 heures à 6 heures 30. Et donc on a été arrêtés par trois bateaux. Il y a un bateau qui est, on pourrait dire, une frégate militaire qui vous éclaire en fait et qui vous envoie des ordres, là en l’occurrence l’ordre d’arrêter de bouger sous peine d’essuyer des tirs. Et ensuite vous avez un autre bateau qui vous fixe et qui souvent va être proche d’un zodiac, qui va envoyer un zodiac. Et dans le zodiac il y avait un commando de sept soldats israéliens qui nous ont accostés, qui sont montés sur le bateau, qui nous ont contrôlés, envoyés sur le pont avant qui ont pris possession du bateau pour l’acheminer au port d’Ashdod.
David Dufresne
Est-ce que vous pouvez rentrer dans les détails quand vous avez été acheminé ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
François Piquemal
Je peux vous raconter évidemment.
David Dufresne
Vous allez être détenu cinq jours.
François Piquemal
Ou, si vous voulez, des précisions sur tel ou tel aspect. Une fois qu’on a été arrêté par ce commando militaire, en fait, ce qui s’est passé, c’est que si vous le voulez, ils vous contrôlent, ils vous envoient sur le pont, ils prennent le contrôle du bateau et donc ils mettent en pilote automatique vers le port d’Ashdod Nous, on a eu un acheminement qui a été long, puisque initialement, on était à 40 miles de Gaza. Gaza est juste au sud d’Ashdod
David Dufresne
On l’a reçue au poste.
François Piquemal
Ce livre-là et ils l’ont balancé à la poubelle. Donc j’avais le droit aux deux livres de conserver les deux livres, mais ils tiraient aussi les livres pour vous dire dans quelle démarche intellectuelle ils étaient. Bien sûr les keffiehs je ne vous en parle même pas, ça finissait à la poubelle. Donc ils prennent vos photos, ils fouillent vos sacs, ils les mettent de côté, vous n’avez plus qu'à vous remettre. Ensuite ils vous envoient voir un officier judiciaire. Cet officier judiciaire est chargé de prendre votre déposition. Il se trouve qu’on était très nombreux, puisque c’est 400 volontaires qui arrivent en l’espace de 2-3 heures dans ce grand hall.
David Dufresne
À laquelle vous étiez préparé ou pas ?
François Piquemal
Oui, on était préparé puisqu’on avait des entraînements préalables sur l’interception, sur l’arrivée en Israël, sur le potentiel enfermé. Une fois que vous avez fait ça, vous arrivez dans des services carcéraux qui eux vont vous enlever vos chaussures, enfin vous les découper avec un couteau, vont vous remettre un coup de pression pour savoir si vous voulez bien aller en prison. En gros, vous ne voulez pas filer le papier, vous allez en prison, vous savez ce que vous faites, oui oui oui. Et donc là, le ton monte encore un peu parce que là vous avez des insultes. On va vous dire « Motherfucker », des choses comme ça. Que vous êtes antisémite. Voilà. Et ensuite, vous montez dans un camion prison. Camion prison, ça fait à peu près, c’est comme une bétaillère en fait. Ça fait 9 mètres carrés. On est 17-18 dedans, assis sur des sièges métalliques. Il n’y a bien sûr pas assez de sièges pour tout le monde. Et à ce moment-là, tout ce cheminement nous a pris quand même du temps. Il est environ une heure, une heure du matin. Je dirais quand je monte dans le camion prison, qui est déjà rempli. On sait qu’on va partir en prison, donc on va voyager de nuit. Et tout le monde, en fait, dans le Camion, tous les défunts qui sont avec moi, tous les volontaires, On n’est qu’utilisés. On est épuisés parce qu’on a fait déjà plusieurs nuits blanches quasiment, depuis la navigation, où on craignait une attaque ou une interception. Donc tout le monde dort sur ses coudes, et il y en a quelques-uns qui dorment à même le sol parce qu’il n’y a pas assez de place. Ce sera mon cas, notamment. Et on va faire environ trois heures de route en pleine nuit, et on est réveillés vers 4 heures, 5 heures du matin. J’ai du mal à évaluer, peut-être 5 heures. Parce qu’il y a une heure d’attente avant de démarrer,. Donc on arrive à cinq heures dans ce qu’ils appellent la prison du désert et on va être sorti des camions mis dans une cellule. On a des serres, pas des menottes mais des Serflexs exactement. Ils vont nous appeler un par un, nous enlever nos Serflexs et nous refaire passer devant un certain nombre. C’est là qu’on quitte définitivement nos vêtements, qu’on va mettre des uniformes de prison, c’est-à-dire des vêtement gris, qu' on va passer devant les services administratifs carcéraux, où vous pouvez préciser si vous avez besoin d’un traitement médical ou pas, mais il n’en tiendrait pas du tout compte durant l’ incarcération, où il vérifie votre identité. Il n’y pouvait, c’est là que j’ai dit, moi que j'étais parlementaire français. Mais ils s’en fichent totalement, du moins en apparence. Puis ensuite, vous êtes acheminé dans une cellule avec d’autres volontaires à l’arrivée en prison.
David Dufresne
On va peut-être parler de la deuxième.
François Piquemal
Voilà pour la première phase, on va dire, du port d’Ashdod
David Dufresne
Il y a une question de Francis qui vous demande est-ce que vous aviez un quelconque contact avec les autorités françaises à ce moment-là et je voudrais insister sur le fait que vous disiez qu’il s’en fichait que vous soyez député, ce qui veut dire que vous n’aviez, députés français, vous n’aviez aucune immunité parlementaire si je puis dire ou est- ce que vous en aviez quand même une mais qu’on ne voulait pas vous la montrer.
François Piquemal
Il n’y en avait aucune. C’est-à-dire que je vous ai donné l’anecdote des écharpes tricolores. Absolument en fait, ce qu’il faut comprendre, c’est que Marie la portait, par exemple. Donc le gradé est venu lui dire, c’est quoi ça ? Elle lui a dit, c’est mon écharpe parlementaire. Il l' a arraché et il a vraiment voulu ostensiblement la lancer devant tout le monde. Pour ma part, elle était dans ma sacoche. Donc, à un moment, j’ai fait une fouille pendant qu’on était à terre de ma sacoche. Ils sont tombés dessus. Et ils m’ont dit, c’est quoi ça ? J’ai dit, ben moi, je suis parlementaire français.
David Dufresne
Les autorités françaises, est-ce que l’ambassadeur, les services du consulat, du Quai d’Orsay est au courant de quelque chose ou pas du tout ? À la fois en tant que député ou est ce que vous êtes tout simplement citoyen français ?
François Piquemal
Le jour-même, le consulat est venu vers 13h, donc on a pu être un certain nombre à voir le consul, qui lui marquait évidemment une symbolique sur le fait qu’il y avait des députés dans la prison. On était quatre à ce moment-là avec qui, je dois dire, le contact a été bon, même si on sentait qu’ils n’avaient que très peu de pouvoir en fait.
David Dufresne
Alors François,
François Piquemal
Oui en impunité totale par rapport à la communauté internationale.
David Dufresne
Votre collaboratrice Inès qui est absolument parfaite, une dizaine de minutes, nous on a tout notre temps mais vous vous avez peut-être pas tout votre temps. Alors comme il y a d’autres sujets à aborder, est-ce que vous vouliez nous terminer sur ce qui s’est passé ? Je ne vous ai pas demandé évidemment les motivations parce qu’on les connaît, vos motivations c’est d’essayer de briser le blocus à Gaza.
François Piquemal
Moi, déjà, David, je peux rester encore 10 minutes, 15 minutes sans souci. Donc, est-ce que je pense oui de la critique a été faite à la flottille ? Bon, je pense, que la flotte humanitaire avait été montée dans des conditions exceptionnelles. C’est-à-dire qu’il faut imaginer que c’est des gens qui n’ont pas d’expérience de ce type de flottille. D’ailleurs, elle est assez unique, qui n’avaient pas d’expérience pour beaucoup dans l’humanitaire et qui ont réussi en deux mois, trois mois à peine, à monter une flotte de 50 bateaux avec 500 volontaires, 45 nationalités, et je pense que cette flottille dans beaucoup de pays du monde a eu un écho médiatique assez retentissant.
David Dufresne
Mais ça, ça ne fait absolument aucun doute, François, que ça doit être une aventure vertigineuse. Alors, il y a aussi malheureusement, je suis obligé d’en parler, il y a aussi malheureusement des rencontres pas terribles. Je ne sais pas si vous voyez à l'écran, je mets les révélations de StreetPress de la semaine dernière concernant le porte-parole de la flottille qui a été viré par l'équipe, je m’empresse de le dire. Pour des propos antisémites et homophobes, il s’agit de Mustapha Kakissi, l’auteur d’une centaine de publications, de centaines de publications haineuses antisémite sur les réseaux sociaux. J’imagine que vous êtes au courant de ça. Comment vous avez perçu ça et qu’est-ce qu’on répond ?
François Piquemal
Très mal parce que je l’ai découvert moi quand StreetPress m’a appelé en fait et ce qu’il faut comprendre c’est que les députés insoumis par exemple n'étaient pas avec la délégation française. C’est-à-dire qu' il y a plein de délégations internationales et on est chacun parti avec une délégation différente. Emma Fourreau est partie de Sicile, donc la délégation italienne.
David Dufresne
Le tchat demande, est-ce que c’est le directeur de la flottille c'était l’un des porte-parole.
François Piquemal
C'était un porte parole et là-dessus, je tiens à dire que la délégation a été exemplaire dans le traitement qui a été fait. On est tous écœurés en certains de ça parce que je pense que comme l’a dit Rima d’ailleurs dans une des boucles internes, ça dessert la cause palestinienne totalement ce genre de personne avec ces propos-là. Et c’est tout ce qu’on combat au quotidien et historiquement. Donc maintenant, ça doit aussi servir de, je pense, d’exemple, en tout cas de préalable, c’est que le travail de recherche sur les personnes qui participent doit aussi se concentrer sur leurs déclarations passées afin qu’elles n’attachent pas en fait le but collectif qui était le nôtre.
David Dufresne
Le tchat rappelle la journaliste Clothilde Marko qui expliquait la semaine dernière sur Mediapart que les Palestiniens et les Palestiniennes suivaient les flottilles, qu’ils sont enthousiastes et c’est vraiment de l’espoir pour eux, d’autant plus qu’il faut évidemment faire le ménage et vous l’avez fait, et voilà, il fallait le dire. François, il nous reste deux, trois minutes.
François Piquemal
Allons-y sur Toulouse !
David Dufresne
Toulouse, puisque vous êtes donc candidat à la municipale, il y a Peace dans le chat sur YouTube qui nous dit que Piquemal il ne répond pas aux demandes des rendez-vous des citoyens de sa circo,
François Piquemal
Ah bah je connais pas Peace, mais je suis pas du tout d’accord…
David Dufresne
Il ne se montre qu’au moment de quémander les voix des électeurs.
François Piquemal
Avec lui parce qu’on traite environ 500 demandes de doléances par an mais ce qu’il faut comprendre c’est qu' on n’a pas des moyens illimités. Moi j’ai une attachée parlementaire en circonscription, mes deux autres sont à Paris et elle n’est pas sur Ruben et moi non plus et malheureusement oui on répond pas toujours en temps en heure aux demandes parce qu' on en a beaucoup trop parce qu’il y a beaucoup trop de problèmes pour les personnes. Soit des problèmes de papiers, des problèmes de logements, des problèmes administratifs. Mais on essaie de le faire au mieux, ça m’arrive effectivement de recevoir des gens à ma permanence, mais je ne peux pas recevoir tout le monde et j’en suis désolé.
David Dufresne
Et comment vous pouvez concilier votre radicalité militante, celle d’où vous venez et qu’on apprécie ici, sachez-le, et votre présence sur la flottille, et ainsi de suite. Comment vous pouvez concilier ça et une crédibilité électorale, au sens où le bon peuple doit avoir peur de vous, vous devez être effrayé. Vous êtes un gauchiste, vous êtes un Lfiste, vous êtes mélanchoniste, enfin vraiment, le bordel incarné. Comment on fait pour concilier les deux ?
François Piquemal
Quand vous dites le bon peuple, ce n’est pas trop le bon peuple, c’est plutôt la bonne bourgeoisie, éventuellement.
David Dufresne
Mais pas uniquement, pas uniquement, honnêtement, pas uniquement.
François Piquemal
On a voté pour nous, pour plein de raisons, parce que si elle est attachée par exemple à des valeurs comme l’honnêteté, l’intégrité, elle doit rompre avec le maire actuel de la ville. Donc en fait le but c’est de parler à tout, quand on parle à l’ensemble d’une ville, on parle évidemment à ses fractures, donc en premier lieu à ceux qui subissent ces fractures. Mais ceux qui subissent ses fractures, celles et ceux qui vivent bien, ont intérêt à ce qu’ils aillent bien aussi. S’ils veulent avoir une vie en commun qui soit agréable et qui soit, on va dire, la plus harmonieuse possible. Donc en fait, mais par rapport à ce que vous disiez, sur le fait que j'étais au DAL, la flottille, moi depuis que je suis revenu à la flotte, et pendant, je n’ai eu que des messages positifs. C’est-à-dire, celles et ceux qui font des messages, enfin, qui sont sur des postures négatives, déjà, c’est très minoritaire. Et ensuite c’est les soutiens habituels de la politique israélienne menée depuis deux ans. Donc c'était surtout assez classique. Et ensuite, je pense qu’on est dans une période où justement avoir des personnes en politique qui montrent qu’ils salissent les actes aux paroles, c' est aussi moi, en tout cas personnellement, quelque chose auquel j’attache beaucoup d’importance. D’ailleurs, dans mon groupe parlementaire j’ai la chance d’avoir eu des personnes qui sont issues de cette histoire sociale-là. Je pense à Rachel Keke, à Raphaël Arnault ou à d’autres qui étaient militants avant dans des associations, dans des collectifs. Il y a Mathilde Digne aussi qui était ouvrière agricole, syndicaliste agricole qui, à mon avis, apporte quelque chose, une sorte de “fraîcheur” et surtout à qui on ne peut pas reprocher un engagement qui soit juste « politique » ou « politicien » même si les autres aussi sont sincères, évidemment. Donc je pense que c’est assez important et que finalement, c' est assez reconnu. En tout cas, moi, ça m' est reconnu.
David Dufresne
Vraiment, dernière question François, je vous l’assure. Dans la presse locale, j’ai lu que vous avez rencontré,“toutes les composantes de la gauche jusqu’aux socialistes sincères”. Alors, socialiste sincère, c’est votre expression. Alors oui, je vois que vous vous marrez. Alors d’une part, c' est quoi ? Enfin, comment on mesure la sincérité d’un socialiste ? Vous avez deux heures.
François Piquemal
Là on a eu un cas concret la semaine dernière, c’est-à-dire qu’il y a ceux qui ne votent pas la censure et il y a ce, comme je crois que c'était Paul Christophe et d’autres, qui ont voté la censure. Et il y aussi des sections de jeunes socialistes ou de militants socialistes qui se sont émus et qui ont déclaré qu’ils allaient voter la censure. Et pour moi, un socialiste sincère, en fait, Moi, je le puis un peu aussi dans l’histoire de la ville, c’est-à-dire que Toulouse, contrairement à ce qu’on dit, n’est pas une ville dirigée par la droite localement et à gauche nationalement.
David Dufresne
Merci beaucoup François, c'était un plaisir de discuter avec vous, merci beaucoup de vous être rendu disponible.
François Piquemal
Si je peux dire juste quelque chose ?
David Dufresne
Bien sûr vous n'êtes pas à BFM vous avez le temps ici.
François Piquemal
David, est-ce que vous m’entendez ?
David Dufresne
Je vous entends très bien.
François Piquemal
Oui, je voudrais juste vous remercier avant que ça coupe parce qu'à 20 ans, moi, j’ai lu un gros livre qui était « Maintien de l’ordre », Et je vous en souviens très bien de cette lecture, donc je tenais à vous remercier de ça. On ne remercie pas assez celles et ceux qui nous construisent intellectuellement, et du coup vous en avez fait partie.
David Dufresne
Ah bah zut, salut, bonne journée à vous, merci beaucoup, à bientôt, à sûrement, merci.
Jingle
La riposte c’est vous, suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste. Soutenez-nous sur auposte.media
David Dufresne
Et oui, je ne fais pas partie de la génération, c’est absolument, bah oui, bah oui, ben oui. Écoutez, j’ai vu dans le chat, quelqu’un qui disait, ah tu devrais l’inviter tout le temps, enfin l’invite seul, écoutez c' est le charme de la matinale, moi j’invite des gens, parfois ça dure dix minutes, parfois ça durait vingt minutes, ça explose tout ce que j' ai préparé, mais ça n’a aucune espèce d’importance, ce qui compte, c est l’instant, c' est la rencontre, c’est le direct, je vous le rappelle. Nous sommes le seul média indépendant à être toujours en direct, nous croyons aux directs, nous croyons à la rencontre. C’est vrai que parfois il y a des choses qui m'échappent, c’est le prix du direct et bah voilà c'était des moments comme ça qui sont qui sont bien chouettes. Alors qu’est-ce que je fais là ? Je vais faire peut-être la nouvelle rubrique éco-terrorisme. Qu’est ce que vous en pensez ? Éco-éco terroristes, les éco écoterroristes.
Jingle
Et vous savez ce qui va se passer, et bien nous allons bientôt manquer de l’eau et c’est pourquoi je bois devant vous un verre d’eau précieuse puisque avant la fin du siècle si nous continuons un tel débordement elle manquera. Lundi je vous dis au revoir et j’espère vous revoir pour vous expliquer notre projet global d’avenir. Merci mes amis.
David Dufresne
René Dumont, 1974, c’est l’heure des éco-écoterroristes. Donc la revue de presse, les terroristes de l'écologie ne sont pas ceux que l’on dit. Une semaine sous tension écologique, les hybrides rechargeables démasqués par leur pollution réelle, les coraux atteignent leur point de bascule planétaire, l'État réclame 163 000 euros. À deux militantes climatiques et la ligne Bordeaux-Toulouse, la LGV. On était à Toulouse à l’instant sans lice dans ces fantômes géologiques.
Jingle
T’es en train de me parler ? T’es en train de me parler à moi ? Mais qui est-ce que tu parles ? Tu parles de moi ? Je suis le seul ici. Who the fuck do you think you’re talking ?
David Dufresne
À qui tu crois que tu parles ? Eh bien nous allons terminer avec les convocations de la semaine !On sera à Mediapart, pour Extremorama, ou pas ? Je le saurai à midi !

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