France Déter : la matinale aupostienne. Ce lundi : Jean-François Corty (Médecins du Monde) et Nadège Abomangoli (LFI)
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Amis du café, amis du café bonjour, amis déters bonjour. Amis des damnés de la terre bonjour ! Nous sommes lundi, il est 7h, nous sommes le 22 septembre 2025. C’est un énorme jour puisque la Palestine va être reconnue par la France. Et on va en parler dans quelques secondes avec Jean-François Corty, le directeur de Médecins du Monde. Je panique parce que je n’ai pas les sons Bonjour à tous ! Deux heures ensemble, avec d’abord Jean-François Corty, le directeur de Médecins du Monde. Je vois que le sidechain ne marche pas, le sidechain ne marche pas. Que se passe-t-il ? Jean-François Corty sera avec nous jusqu'à 7h15 et à 8h05, nous serons avec Nadège Abomangoli, député LFI, vice-présidente de l’Assemblée nationale et qui a la particularité. Absolument exceptionnelle et importante d'être la première vice-présidente noire à l’Assemblée nationale. Nous parlerons avec elle de la situation politique en France. Il y aura la météo des luttes, la météo normale, la météo du tchat. On va faire la radio police, on va faire notre revue de presse antifa ici Londres et on est là jusqu'à 9h. J’essaie de voir si Jean-François est bien avec nous. Une petite seconde, je rajoute la vidéo. Allo Jean-François, est-ce que tu m’entends ?
Ouais salut, tu m’entends ?
Alors attends, moi je ne t’entends pas pour l’instant. Moi je t’entends. Bonjour Jean-François, merci beaucoup. Bonjour ça va ?
Ça va très bien.
Tu es le président de Médecins du Monde, très favorablement connu de nos services. Tu es venu plusieurs fois. Merci beaucoup. Je sais que tu auras un train dans quelques instants. Donc tu vois, on a jusqu'à quelle heure avec toi ? 7h15 ? 7H15. 7H et quart, impeccable. Que se passe-t-il à Gaza d’un point de vue humanitaire ?
C’est une situation terrifiante. Je crois qu’il n’y a quasiment plus de mots pour décrire la situation, qui d’ailleurs cet été a été caractérisée notamment par les Nations Unies, notamment sur Gaza City, dans la ville de Gaza qui est en train d'être détruite. Une situation de famine, objectivée, sachant que ça fait depuis plusieurs mois que le programme alimentaire mondial, Médecins du Monde, que MSF et d’autres alertent sur les taux explosifs de malnutrition rencontrés dans nos centres de consultation depuis au moins octobre 2024. Donc la famine, créée par l’armée de l’homme, on ne s’y trompe pas, créée un blocus délibéré de l’armée israélienne. Et puis, la semaine dernière, l’objectivation aussi d’un génocide par les Nations Unies. Donc ce n’est pas des hurluberlus, c’est une commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Faites d’experts, d’acteurs impartiaux qui ont caractérisé la situation de génocide. Et d’ailleurs, cette caractérisation s’ajoute déjà à des rapports d’Amnesty International, d’Human Watch qui, fin 2024, parlait de génocides. Et je le rappelle aussi, la Cour internationale de justice, début janvier 2024, disait qu’il y avait un risque plausible de génocide. Et si la situation ne changeait pas, si le blocus ne se détendait pas s’il ne rentrait pas de manière massive.
Alors, si tu veux, on va continuer là-dessus et on reviendra ensuite sur l’aspect purement humanitaire. Hier, il y a donc l’Angleterre. Ce n’est pas rien en Angleterre puisque c’est le pays mandataire au début du siècle dernier. L’Angleterre, le Canada qui ont reconnu enfin l'État palestinien. La France doit le faire cet après-midi de la bouche d’Emmanuel Macron. Alors évidemment, c'était extrêmement tardif, nous sommes bien d’accord, c'était le dernier pays qui est resté, mais ça pour toi, ça veut dire que c’est trop tard et c'était insuffisant. Quand tu dis que la communauté internationale ne fait pas assez, qu’est-ce qu’elle devrait faire pour toi ?
Alors, il y a plusieurs choses. Il me semble que tout est bon aujourd’hui pour mettre la lumière sur un génocide en cours au travers de différentes actions, que ce soit les flottilles et les sociétés civiles ou autres, et que ce sois aujourd’hui la reconnaissance d’un État palestinien, d’ailleurs ce qui est assujetti à de nombreuses conditions. La libération des otages, la libération aussi des milliers de Palestiniens prisonniers. On oublie souvent d'évoquer dans le langage populaire ou des médias mainstream, et c’est des milliers de Palestiniens qui sont enfermés dans une logique coloniale sans raison propre. C’est sécuriser la région, y compris l'État d’Israël, c’est faire en sorte que la colonisation s’arrête, qu’on revienne aux frontières de 1967. Donc il y a plein de conditions qui sont mises aussi pour cette reconnaissance de l’Etat palestinien.
Est-ce que vous, en tant que humanitaire, vous devez prendre position sur la question du nombre d'États, puisque ça ouvre la voie, cette reconnaissance maintenant quasi mondiale, et en tout cas avec des grands pays, parce que j’ai oublié que l’Australie également a hier reconnu l'État palestinien. Est- ce que ça relance d’une solution à deux États, c’est quelque chose que vous avez à débattre en tant qu’ONG, puisque je rappelle que tu es le président de Médecins du monde ou pas du tout ?
Non, ce n’est pas forcément dans nos cordes. Je dirais, on n’a pas forcément la légitimité pour être dans le détail des montages diplomatiques et politiques. Ceci dit, aujourd’hui, moi j’ai 120 personnes sur le terrain qui essaient de bosser comme elles peuvent, 50 qui ont dû évacuer à l’arrache de Gaza City. La plupart des équipes, et ça c’est un contexte quand même exceptionnel, qu’on a vraiment vu dans les plus contemporains, les humanitaires, ils cherchent à manger et à boire aussi. Et ils sont potentiellement sujets à la faim et à la famine. C’est quand même 400 humanitaires qui ont été tués depuis deux ans. Donc il y a quand même sur cette situation une spécificité, une dramaturgie, une cruauté, un impact sur les humanitaires et sur la société civile, évidemment, palestinienne, qui est majeure et qui nous oblige à, comme je le disais, activer tous les leviers pour faire en sorte que le génocide qui a été objectivé par les Nations unies dernièrement s’arrête. Et donc c’est pour ça qu’aujourd’hui, je n’ai pas de mal à répondre à tes questions sur cette reconnaissance de la Palestine avec l’intérêt et les limites aussi que j’y vois par rapport à un récit sur ce qui se passe là-bas depuis 50 ans. Donc voilà, en tant qu’humanitaire, l’objet aussi au travers de la reconnaissance, et c'était toutes les conditions que j'évoquais qui sont aussi impliquées dans cette reconnaissance, c’est… De rappeler qu’il faut cesser le feu, qu' il faut arrêter la colonisation et laisser l’aide humanitaire rentrer, que voilà, il faut travailler sur un processus de paix dont on espère qu’ils auraient un impact favorable sur la survie des civils.
Merci Jean-François, il est 7h14, 7h15, tu vas avoir un train et de toute façon, tu reviens le 7 octobre justement à 9h pour parler de ton livre Géopolitique de l’action humanitaire avec en débat quelqu’un qui travaille avec toi, si j’ai bien compris, mais qui pose quelques questions dérangeantes sur l’humanitaire. Alors je ne vais pas les poser maintenant parce que ce dont tu viens de parler c’est l’urgence, mais le 7 Octobre on va prendre le temps, évidemment, de revenir sur Gaza, mais aussi de revenir sur le rôle et la responsabilité des ONG humanitaires et de l’instrumentalisation dont elles peuvent faire l’objet parce que c’est important. Juste un tout petit point, si il reste 30 secondes, qu’est-ce qu’on peut faire pour aider les Gazaouis concrètement ? Là, les gens qui nous regardent ?
Ils peuvent descendre dans la rue faire des manifs quand il y en a, ils peuvent donner, faire des dons à des Assos comme Médecins du Monde et d’autres pour nous aider à bosser. Et puis quand il va falloir voter prochainement, municipal et dans les autres temps, il faut bien voter, il faut voter pour les partis qui s’intéressent à la défense du droit international humanitaire.
Bon voyage, Jean-François. Merci infiniment d'être venu. Salut, merci. Merci beaucoup. Merci pour l’invitation. Merci. Merci, Jean François. Voilà, chers amis, il est 7h, 7h16. Je vais essayer de mettre un peu de musique. J’espère que vous allez bien. C’est le moment de faire justement les informations puisque en règle générale, je fais les infos au début, mais là, Jean François ayant un train, eh bien, on change chou, et puis de toute façon, on est une toute petite matinale, donc on ne va pas imposer nos horaires à nos invités. C’est déjà extraordinaire qu’ils soient là. Tout à l’heure, nous serons avec la présidente, la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Nadège Abomangoli, députée LFI Ce sera vers 8h10 à 8h20, je ne sais plus. Et donc, je suis obligé de, comment dirais-je, d’un tout petit peu jongler avec le conducteur. Bonjour, bonjour à tous et à toutes. Oui, c’est un t-shirt des thugs, absolument. Le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont reconnu officiellement l'État de Palestine hier, avant la France et d’autres pays européens qui doivent annoncer leur décision à l’ONU. Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a insisté sur la nécessité de relancer une solution à deux États. Le Canada et l’Australie ont justifié leur geste par l’impasse et par le gouvernement israélien. Tandis que Macron, Emmanuel Macron, conditionné à leur attaque. Voilà, voilà. Je vous mets les petites sources en même temps. Je vous rappelle que toutes les sources sont données par Euryale, que je salue et que j’embrasse dans le tchat, et également sur auposte.media. Je vous rappelle qu’ auposte est un média, un média libre, indépendant, en tant que tel.
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Allez, très rapidement, je vous donne la petite météo du jour, la météo du jour avec donc, vous vous démerdez. Le matin c’est comme ça, la carte. L’après-midi c’est comme ça. Voilà, très bien, vous regardez chacun votre ville, votre village, votre bourgade. En soirée c’est comme ça et la tendance, hop, je vous le lis, pour la semaine du lundi 29 septembre au dimanche 5 octobre, les températures seront de retour au niveau des normales de saison, la tendance pour les précipitations est également pour un rapprochement des normal sur cette semaine, il n’y a que ça de normal, c’est la météo, la météo, voilà, ce sera vite fait. Par contre, tout à l’heure, on va faire la météo du tchat, un peu avant 8h, donc préparez-vous pour nous dire combien il fait chez vous, quel est le temps derrière la fenêtre.
Bonjour à tous ! Super ! C’est un peu speed pour moi le matin ! C'était pour ça que je vous ai posé la question ! Merci beaucoup à Mathieu qui apprécie France Déter ! A Esther qui nous dit sur YouTube ça me plait ! A tel point que j’ai mis mon réveil ! Merci ! Oui c’est excellent ! Elie nous dit que la riposte c'était moi ! Merci beaucoup ! Il y a plusieurs auteurs et autrices de montage mais notamment il y a Nayan ! Il est l’heure de commencer ! Radiopolice ! Radiopolice française ! Je te le remets ! Attention je remets le jingle de Radiopolice
Assurez-vous madame Bourdelle c’est français ! C’est la police française !
Revue de presse de la maison Poulaga et France Déter sur auposte.media Nous allons parler de quatre affaires aujourd’hui La première c’est celle qui a eu lieu à Marseille La voici ! La gendarmerie Qu’est-ce que je raconte à Marseille ? C’est la dernière justement ! La première a lieu en Seine-Saint-Denis Une gendarmerie C’est le Monde qui nous apprenait cette semaine C’est la dernière ! Un commandant du fort de Rosny-Sous-Bois vient d'être sanctionné à 20 jours d’arrêt 20 jours seulement alors que l’inspection générale de la gendarmerie a documenté un management toxique humiliant, sexiste, assorti de fichages de femmes voilées.
Voilà, donc cette vidéo, vous l’avez sans doute, vous l’avez sans-doute vue, archi vue, elle a tourné en boucle. Le Monde nous apprenait que le lendemain, que le parquet ouvrait une enquête à la suite de cette vidéo qu’une autre enquête interne à la police avait également été ouverte vendredi après la diffusion de ces images. Ces images, évidemment, elles posent un vrai problème. C’est que pour la jeune femme, elles sont particulièrement humiliantes. Mais la pixellisation fait qu’elle n’est pas reconnaissable. Donc, voilà, on peut la diffuser, mais c’est toujours un choix moral. Et pourquoi je vous montre ça, c’est parce que, en fait, ça m’a rappelé une autre chose. Nous étions en 2020. Il y avait eu, rappelez-vous, ceci. Hop, je vais vous le montrer.
Hop, hop, hop ! C’est reparti ! Eh bien, c’est l’heure de la météo du tchat. Bonjour à tous, bonjour à toutes. J’espère que vous allez bien. Il est 7h54. C’est le moment où ne jamais de nous dire quel temps fait-il derrière votre fenêtre. Et en attendant, eh bien, nous allons regarder quelques caméras de surveillance offertes par le site d’Infoclimat Association. Né en 2001, spécialiste dans la météo amateur et citoyenne. Eh bien, voici des images qui nous parviennent de Belin-Béliet. C’est du côté de Bordeaux. Une image à 6 heures. Belle traînée de nuages. A Niort Voici une corde. Il est très étrange, cette petite corde, c'était à 6h du matin également. Passons en Bretagne. Allons à Binic. Oh là, regardez comme c’est beau. Oh la Bretagne, bravo.
Voilà, le film sort ce mercredi. Peut-être que vous vous rappelez-vous, cette jeune photographe va mourir quelques jours après l’annonce de la sélection dans la section de l’Acide au Festival de Cannes. Ce n’est pas la sélection officielle, mais c’est une section tout à fait reconnue. Et appréciée d’ailleurs, l’Acide, avec la quinzaine des réalisateurs, c’est les deux catégories les plus pointues. Cette jeune femme va voir sa maison détruite et va mourir. Sauf et hors de ma part, on ignore aujourd’hui encore si elle avait été visée suite à la sélection du film, dont elle est l’héroïne ou pas.
Bonjour, David.
Ça fait longtemps que vous êtes en attente ?
Non, ça fait une minute, en fait. J'étais un petit peu en retard, mais je ne me suis pas signalée.
Mais vous savez que la Révolution…
Je n’ai pas une super connexion.
Ce n’est pas grave, on vous entend. Bonjour, Nadège bonjour. C'était un plaisir d'être avec vous. Vous vous n’entendez pas bien ? C’est de votre côté, malheureusement. Oui, c’est de mon côté, je sais, je suis malheureuse. Comment on va faire la Révolution si vous êtes en retard et que vous n’avez pas le bon matériel ?
Oui, ça commence pas très bien cette semaine, mais en fait, je ne suis pas une super adepte de tous ces trucs-là, donc en fait je me suis connectée aux mauvais liens.
Voilà. Ce n’est pas grave, on vous entend. Vous êtes là, c’est super. Je vais faire votre petite présentation. Peut-être que vous pouvez monter un peu le son le temps de la présentation ? Vous êtes née le 15 septembre 1975 à Brazzaville, au Congo. Vous êtes députée LFI de la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis depuis 2022. Vous êtes la 3e vice-présidente, c’est à dire femme, de l’Assemblée nationale depuis le 19 juillet 2024, mais vous êtes surtout la première femme noire à présider une séance, c'était le 21 octobre 2024. Vous êtes membre de la commission des affaires étrangères. Est-ce que vous allez suivre ce qui va se passer à l’ONU cet après-midi ?
On va essayer de suivre, mais cette semaine, c’est les journées parlementaires de la France Insoumise. Nous avons nos journées de travail de rentrée. On va évidemment se connecter. Je crois qu’il y a un petit décalage pour la France. La fin, c’est 21h, 21h30, quelque chose comme ça. Mais effectivement, on va suivre. Évidemment, c’est un moment historique, très attendu. En même temps, c est un jour de célébration, mais on célèbre aussi la reconnaissance d’un État, d' un peuple qui a été ravagé, qui subit un génocide. Donc, les sentiments sont ambivalents, mais on va le suivre avec attention. Ce sont des revendications portées par des millions de gens dans le monde depuis des décennies, parce que c’est une demande qui ne date pas de ces derniers mois. Je rappelle d’ailleurs que la France avait reconnu l’Assemblée Nationale lors d’une résolution, avait reconnu l'État de Palestine en 2014.Donc, finalement, ça traduit bien aussi cette situation. Là, évidemment, il y a le génocide, le massacre, après cet octobre 2023, mais la reconnaissance de la Palestine est une question coloniale, qui est une situation de mettre fin à un système colonial, à un système d’apartheid, et en fait, évidemment d'émancipation et de droit à des peuples à disposer d’eux-mêmes. Donc, on va suivre. On va suivre avec attention, mais avec un petit goût amer. Parce que finalement, il y a 148 pays qui reconnaissent la Palestine en tant qu'État, mais ça n’a pas empêché que la Palestine subisse le génocide. Donc, après, qu’est-ce qu’on fait de ça ? La France va reconnaître. Qu’est ce qu’elle fait de cela ? Elle met dans la reconnaissance de la Palestine des conditions qui ne sont pas celles de la mise en œuvre d’un État souverain, c’est-à -dire un État démilitarisé. Donc, il ne peut pas se défendre au moment où Netanyahou dit qu’il va annexer la Cisjordanie. Et puis finalement, les conditions impliquent qu’un certain nombre d’acteurs politiques ne soient pas présents dans les élections à venir. Or, on ne choisit pas les représentants d’un peuple qui est libéré. Donc, on est contents et en même temps, on est vigilants par rapport à ça. On voit que quand même, moi, je suis finalement les Palestiniens, les premiers concernés. Et quand je vois l’ambassadrice de Palestine en France sans réjouir, je m’en réjouis à ses côtés.
Quelle rupture immédiate aimeriez-vous mettre en place sur les ventes d’armes, sur les échanges commerciaux ? Quelles seraient les mesures coercitives ?
Déjà, les mesures coercitives, c’est effectivement les ventes d’armes. Alors, la France vend des composés pour des armes, on ne sait pas trop, en fait. Il y a toujours eu un petit peu un flou sur ce qui était vendu très concrètement à Israël, mais c'était un flous volontairement entretenu. En tout cas, il y a quand même un soutien militaire des ventes de l’arme. Voilà, c’est régulièrement documenté. Ensuite, évidemment, la rupture des accords commerciaux entre la France-Israël et l’Union européenne, et Israël surtout. Dans la mesure où nous parlons de génocides et que différentes ONG, Instance multilatérale, la Cour internationale de justice, la CPI parle de crimes de guerre contre l’humanité et de génocide, moi, je pense que là, il faut être à la hauteur de ce que c’est. C’est-à-dire qu’il faut construire une force d’interposition à Gaza, parce que là on a des centaines de pays sont partie prenante de la Convention de lutte contre les génocides. Pour le génocide, ce n’est pas une phase ultime de crimes de guerre, si je puis dire, des crimes contre l’humanité.
J’aimerais vous demander qu’est-ce qui se dit à la Commission des Affaires Étrangères de l’Assemblée nationale dont vous êtes membre sur ces questions-là. Est-ce que parfois, dans les couloirs, vous arrivez à dialoguer plus que devant les caméras ? Ou est-ce vraiment tranché ?
Non, non, mais en fait, vous posez une question qui est intéressante parce que, parfois, et c’est ce que je reproche souvent à la droite ou aux macronistes, c' est qu’ils disent des choses par cynisme, par cynismes, par électoralisme, et que c’est vrai que parfois, dans les couloirs, les propos sont un peu plus modérés, mais en concernant cette guerre génocidaire…
Question personnelle maintenant, vous êtes donc vice-présidente de l’Assemblée nationale, ce n’est quand même pas rien, et il se trouve, ça se voit, que vous êtes noire. Vous avez reçu des lettres de menaces, des lettres racistes, est-ce que vous pouvez nous dire concrètement comment ça se passe pour vous à l’Assemblée nationale ?
Les courriers, c’est un peu différent, parce que j’ai envie de dire que les courriers racistes, c’est le raciste qui a fait un effort. C’est-à-dire qu’il a quand même moi, j’ai déjà reçu un courrier aussi, où le type, je dis le type ça peut être pas un type, mais ça ressemblait quand même où la personne avait…
Ça, c’est votre côté féministe prononcé. Ça ne peut pas être une femme. Je déconne.
En fait, la personne avait découpé des lettres comme dans les films des années 80, ou en fait, elle fermait des phrases avec des lettres découpées de journal, comme les psychopathes dans les films des années 1980. Donc, j’ai déjà reçu des courriers comme ça. C’est le troisième que j’ai reçu, là. Mais celui-là, le contenu était un peu plus hardcore que précédemment. On reçoit aussi énormément de mails, de messages sur les réseaux sociaux de racistes de sexistes, évidemment, quand on est une femme, je pense que toutes les femmes en politique en reçoivent. Sauf qu’on est plus particulièrement enfin, les députés racisés en reçoivent.
Mais, Nadège j’ai un truc que je ne comprends pas. On ne vous voit pas beaucoup au perchoir, si ? Ou alors ce n’est pas retransmis ?
Non, non, non. En fait, le système du perchoir. Donc, déjà, en fait, Yaël Braun Pivet est une présidente qui préside beaucoup, apparemment, par rapport à d’autres présidents. Et ensuite, on est six vice-présidents. Et, au contraire, les services de l’Assemblée veillent à ce qu’il y ait également un nombre de séances et voire un nombre d’heures. Donc, on a à chaque, tous les deux mois, je crois, ou trois mois, un bilan du nombre de séances, du nombre d’heures…Alors, parfois, il y a des séances qui finissent plutôt que prévu. Parfois, il y a des séances qui n’ont pas lieu parce que le calendrier a bougé. Mais, n’empêche qu'à la fin, il a un bilan. Et après, dans la prochaine séquence, vous devez rattraper, en fait, un peu les heures que vous n’avez pas pu faire. Il y à un temps présence de président. Alors, peut-être que la raison pour laquelle on ne voit pas, franchement, les vice-présidents ou vice-présidentes c’est parce que les séances de questions de gouvernement, les débats de motion de censure, les débats de politique générale, certains débuts de débats sont présidés par Yaël Braun Pivet. Et donc, du coup mais non, en termes de présidence ça va
Est-ce que vous pensez que votre présence modifie le regard sur les gens…
En tout cas, je pense que c’est important pour les gens noirs eux-mêmes. Alors, je ne vais pas non plus en faire des caisses et moi, je ne suis pas dans l’unique politique de la représentation, parce que ça ne suffit pas, évidemment. Moi, avant d'être vice-présidente de l’Assemblée Nationale, j’ai quand même déjà été élue. Avant d'être la France Insoumise j'étais au Parti socialiste, j’ai eu des mandats, j’avais des fonctions même dans le parti. J’ai une formation professionnelle, académique, voilà. Donc, ça ne suffit pas. Et je trouve que surtout, je porte des combats. C’est un choix. Et d’ailleurs, je suis à cette position parce que j’y ai été au bout de mes choix et de mes combats, mais n’empêche quand même que oui, je sens que ça étonne parfois. Et donc, en fait, dans une histoire française, où la position du noir, c’est une position subalterne qui a été esclavagisée, colonisée, je pense que c'était important.Vous savez, moi, dans ma vie militante, j’ai déjà entendu un élu socialiste, aujourd’hui, maire d’une ville, et qui était dans disons, l’aile gauche de ce parti, avant que je fasse mon intervention lors d’un meeting, demander à un de ses collègues, mais est-ce qu’elle sait parler ? Donc, c’est très bien qu'à ma position aujourd’hui, lorsque je suis au perchoir ou dans l’hémicycle, c’est bien que des gens comme ça qui ont des préjugés et qui perpétuent, en fait se disent, ben oui, il y a des gens ici et bien les noirs ont un cerveau aussi. Les noirs peuvent être militants, peuvent être députés. Ils sont nos égaux. C’est important.
Madame Nadège Abomangoli, comment voyez-vous la suite de la saga gouvernementale dans les prochains jours, vous demande Sentier Battant, dans les prochaines semaines ? Vous préparez le combat comment ?
Ça serait bien si on savait tout. Bien déjà, nous, bon, alors, le casting n’est pas très intéressant parce qu’on sait que c’est à peu près la même. Enfin, à peu prêt même, quasiment la même, les mêmes lignes politiques et les mêmes orientations, celle de budget d’austérité, de nous prendre en compte des questions fondamentales de notre temps, c’est-à-dire les questions écologiques, les questions de santé. Quand même, quand on a attendu le cornu, on a pu vous expliquer qu’en fait, le déficit, c’est parce qu’on a vraiment fait trop de dépenses de santé, en fait, vraiment, c'était assez à la fois déplaisant et assez irrespectueux pour les gens qui, dans ce pays, voient que le système de santé se dégrade. Donc nous, au combat, on a déjà annoncé, d’abord, on exige qu’il y ait un discours de politique générale, est-ce qu’il va faire comme Bayrou ? Et s’il fait le discours politique générale, enfin, un discours politique général avec vote, de la confiance, bon..
Vous avez évoqué et après, je vous laisse, parce que j’imagine que vous avez une journée bien remplie. Vous avez évoqué votre passé au Parti socialiste. Évidemment, ça m’intéressait, parce que comment on passe du PS à LFI et qu’est-ce qu’on en dit aujourd’hui vu les rapports entre les deux ? Et au-delà de ça, la question de l’unité. Si vous n’avez pas beaucoup de temps, la question l’Unité. Soit vous répondez aux deux, comment on passe de l’un à l’autre et l’Unité.
Je vais répondre J’ai toujours été, dans mon fort intérieur, une progressiste, quelqu’un qui maintenant, j’ai du mal à dire que je suis de gauche, parce que la gauche m’a beaucoup à la fois déçue, la gauche est très décevante Non, mais quand on vient justement de mon milieu prolétaire, on veut des avancées. Et donc, on est souvent dans l’idée qu’il faut être dans des partis qui veulent gouverner, des partis de gouvernement. Et évidemment, comme beaucoup de gens, j’ai été très déçue par le quinquennat de François Hollande. Et la rupture, évidemment, c’est l’orientation politique, la politique économique, la politique de l’offre, la loi travail, certes, mais aussi la déchéance de la nationalité. Là, je me suis dit, bon, ce truc est foutu. Et en plus, il y avait quand même des gens qui soutenaient ça. Et ça, et puis un penchant réactionnaire, le vallsisme. Toutes ces tendances Printemps républicain qui ont émergé au PS et qui étaient finalement soutenues par toutes les ailes, aussi bien aile gauche ou aile droite du Parti socialiste. Et la France Insoumise, pour moi, c’est un parti qui a compris l'époque dans laquelle nous vivions, quelle analyse, quelle modalité d’action pour des gens qui se disent de gauche. Non, mais moi, en fait, justement, peut-être que comme j’en viens du PS, je ne suis pas dans le truc tous les jours à dire, oh là, PS, traître. Bon, sur certains sujets, sur certaines fois, parfois aussi, il faut riposter sur ce qui est dit sur la France Insoumise, sur nous, oui. Mais après, moi, je pense qu’il ne faut pas en faire plus que c’est aujourd’hui. Enfin, voilà, on sait ce qu’est le Parti socialiste. On sait qu’il y a toujours cette volonté d'être un peu dans la notabilité. Attention, d’ailleurs, l’ordre de vie contre-budget, ce n’est quand même pas, on va négocier avec notre programme. C’est, on ne va négocier avec notre programme rabougri et sur des points fondamentaux. Bon, alors voilà, une fois qu’on a dit ça, OK, je pense qu’on parlait tous les jours, je pense, que c’est leur faire parfois un peu trop d’honneur.
Merci beaucoup, il y a quand même quelqu’un qui dit, ah mais alors vous êtes l’aile droite de LFI.
C’est très drôle, en fait je ne pense même pas, je pense même pas en fait, d’abord nous il n’y a pas de courant. Et ça on a cru comprendre. Alors peut-être que comme j’aimais bien Vincent Peillon quand j'étais au PS, peut- être que ça fait aile droite, mais moi j’aime bien les républicains conséquents donc je me suis bien à ma place à la France Insoumise, bien au milieu.
Je ne me trompe pas, vous avez quitté le PS à cause de la déchéance, au sujet de la déchéance de la nationalité.
Ça a commencé à cheminer à ce moment-là, moi j’ai quitté formellement le PS au moment des Gilets jaunes, au moment, ce qui correspondait d’ailleurs au dernier congrès auquel j’ai participé. C’est quand même pas facile de quitter un parti quand on a eu deux mandats, j’étais conseillère régionale, conseillère départementale, voilà ça a cheminé et les Gilets Jaunes ça a été quand même le point de bascule parce que encore une fois avec les Gilets jaunes ça été un moment où on a vu que les partis de gauche dit traditionnels étaient dans un, je trouve un mépris de classe assez vertigineux. Et donc là je me suis dit bon, une fois le congrès terminé, ciao et puis j’ai créé mon groupe au conseil départemental avec deux élus communistes et on a fait le groupe Insoumis en Seine-Saint-Denis.
Merci beaucoup, je vois une ombre qui passe derrière vous, il faut faire attention, mais tout va bien, tout va bien, il a failli avoir un petit incident diplomatique. Merci beaucoup, Nadège, ça a été un plaisir de converser avec vous, on s'était croisé cet été aux Amfis de LFI et vous avez donc tenu promesse, vous êtes venue au poste un bon matin. Merci beaucoup. Bonne journée à vous et j’espère à très bientôt.
Merci Free Palestine. À bientôt, merci beaucoup.
Voilà, chers camarades, nous sommes en direct. Il est 8h43, France des Terres, la matinale de poste. Attention, petit message à caractère promotionnel.
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Mince, pardon, voilà, vous savez que ça fait partie, ça fait partie à la fois des plaisirs et des difficultés, ce qu’on appelle la programmation, c’est à dire trouver des invités, leur envoyer des consignes pour se connecter, C’est ce qui m’excite dans notre matinale. Mais alors, je peux vous dire que c'était du boulot. Deux heures, comme ça, au moins deux jours. Comment dirais-je, de préparation. Sans compter les angoisses. Merci, merci beaucoup. Alors, merci, elle est bien cool, nous dit Amira. Merci, Darly nous dit, Olivier Faure n'était pas, n'était même pas un fondeur, son land rien à attendre, deux contre un contre budget. Timorofil nous dit, je me permets de remarquer, qu’une matinale existante donne la parole qu’aux parlementaires. Cela me semble dommageable dans une séquence où ce champ est bloqué et que d’autres perspectives émergentes dans l’intersyndicale ou d’autre forme d’autorisation depuis le 10 septembre. Et ce n’est pas un pas de côté avec les autres matinales. Même chose avec d’autres cosmologies politiques, anarchistes.
C’est en direct, à l'époque. Voilà, je voulais montrer cet extrait parce que 1982, c’est il y a longtemps. Et en même temps, c’est tout proche. Et si jamais vous allez à Paris, si jamais vous vous promenez dans Paris, je vous invite à aller rue des Rosiers. Je vous invite à aller dans cet ancien restaurant qui est devenu, je crois, aujourd’hui, un magasin de mode. Il y a encore une plaque. Voilà, c’est le restaurant de Jo Goldenberg. Et voilà, c'était la rubrique INA de la semaine de France Déter. Excusez-moi. Et je trouve important, là aussi, qu’on revienne sur le passé. Ça éclaire le présent. Et puis, ce que je trouve intéressant dans cette séquence aussi, c'était de voir comment l’information se fabriquait à l'époque. Il y a un calme extraordinaire. Là, on est en direct. C’est le flash spécial de, je crois que c’est de Antenne 2 à l'époque. Il y a beaucoup de calme. Les gens s'écoutent, les gens se parlent. Il n’y a pas de bandeau-criard. Là, on mesure, on mesure quand même. Les dégâts intellectuels que font les chaînes d’infos. Vous écoutez France Déter Alors, nous allons passer maintenant à la rubrique Radio Londres. Radio Londres.
