« Frontières » épinglé, la garde à vue de la Conf' Paysanne et un roman graphique police/justice
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Bonjour, il est 7h ! Amis du café, amis de la police, amis des matinales déters, bonjour, bienvenue sur France Déter, la matinale, aupostienne, c’est l’heure, debout ! Chaque lundi matin, au poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages, des oiseaux et des luttes, explore le passé et trie le présent. C’est en direct, c’est fait maison, préparez le kawa. CNews t’es foutu pour vous ! Nous voilà, on arrive ! Aujourd’hui au menu, Ana Pich viendra à 7h30. Ana Pich, bien connue de nos services dessinatrices de presse, vient pour son nouvel ouvrage qui sort ces jours-ci. Sans foi ni loi, la police fait face à la justice. Ça paraît chez Florent Massot. À 8h30, Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération Paysanne, sera avec nous. Il a été interpellé violemment vendredi au pied de l’Arc de Triomphe. Il a été mis en garde à vue avec lui on va revenir sur l'événement évidemment, on va revenir sur l’accord avec le Mercosur, la DNC et faire de la lutte avec des gens qui ne sont pas des camarades. Je pense évidemment à la coordination rurale.
Ça a commencé ? Oui, ça a commencé. L'émission a commencé ! On est à l’antenne depuis cinq minutes.
Alors, chers camarades, ah oui, et puis bonjour aussi à Dadadocdada, qui est probablement dans le train. Alors, petite revue de presse rapide, que dit la presse ce matin ? Bon, alors je ne vais pas vous cacher, ça ne s’arrange pas. Alors, Donald Trump affirme que les dirigeants iraniens sont prêts à négocier. Quand je dis ça s’arrange pas, c’est d’une manière générale. Ça, c’est la une du Monde, colère des agriculteurs, barrages filtrants sur l’autoroute A1. On en parlera tout à l’heure avec Stéphane Galais, le porte-parole de la Confédération Paysanne. Et je vois que la série "Adolescence" a chopé des Golden Globes dans la nuit, ce qui est une bonne nouvelle. Quant à Jérôme Powell, on ne le connaît pas, mais il s’arrête de devenir un camarade, bien que son travail consiste à être le président de la Banque fédérale, de la Réserve fédérale américaine, figurez-vous qu’il est convoqué par Trump. Trump, c’est vertigineux. C’est absolument vertigineux. Hier, ils voulaient plus ou moins attaquer Cuba. C’est vraiment un homme du passé, c’est assez extraordinaire quand même. L’humanité, qu’est-ce que vous avez en magasin ?
Parce que votre histoire de merde là, plus la fatigue, c’est pour ça que je crois que j’ai besoin d’un petit remontant. Je vais demander un petit café.
En une de Reporterre cet article, au joli titre et au joli dessin, Trump au Venezuela, nouvel avatar du fascisme fossile, ce que certains appellent le carbofascisme, l’attaque du Venezuela par Donald Trump s’inscrit dans un plan cohérent, écrit Reporterre le Média de l'écologie, les carbo-fascistes veulent s’emparer des dernières ressources planétaires pour prolonger leur mode de vie impérial. De l’or au pétrole, des siècles de pillages en Amérique du Sud, cinq bonnes raisons de ne pas passer à l’acte. Il en manque une sixième, c’est qu’au lieu d’aller dépenser vos sous au soleil vous pouvez faire un don à auposte.media.Je vous rappelle que vous êtes notre unique source de subsistance et on compte sur vous. Voilà, voilà surtout qu’il y a des grosses dépenses à venir.
Mademoiselle, êtes-vous sûr de nous dire absolument toute la vérité ? Pas exactement. Il n’y a plus une goutte de café dans cet avion.
À propos de la presse indépendante, voici la une de Les jours. Les jours, le site qui monte et qui remonte. Site indépendant, ordurier, raciste, homophobe, avec Julien Pichon, candidat à Saint-Nazaire, le R.N. n’a pas changé ! Le RN. n’a pas changé ! Ah, purée ! Voilà, alors, info Les jours, la tête de liste du parti pour les municipales dans la ville de Loire-Atlantique a multiplié les sorties nauséabondes sur X, il a tout effacé, mais trop tard. C’est à lire sur le site des Jours avec également des articles sur la musique, avec également des articles sur les mesures d'éloignement en étape finale. Les spin-doctors du Président quand on parle de frustration, communiste, socialiste, anarchiste ou collectiviste ? Comment, comment nous définir ?
Je suis arrivé, j’ai fait le cacou là comme ça, j’suis rationalisé, mutualisé, supprimé, bon, alors on a fait ce qu’on a pu. Visiblement la police de projection que j’aie proposé, là ça vaut pas un clou, ça fait monter les tensions dans le pays, ça aide pas à lutter contre la délinquance, alors c’est sûr que électoralement ça fait voter à droite.
Voilà, je vous le remontre à votre demande, ce magnifique sticker François d’Eaubonne, l’artificière.Attends, je vais mettre le bon jingle.
Attention, attention, voici maintenant la météo. La météo classique avant la météo des luttes. Alors aujourd’hui, aujourd’hui ça serait chaud, bordel de merde. Voici la météo. Il fait 8 ° à Lille, il fait 3 ° à Bourg-Saint-Maurice, 10 à Nice, 10 à Tarbes, 8 à La Rochelle, 7 à Limoges, 11 à Cherbourg, 11 à Brest. Limoges, j’ai déjà fait, Lyon, 6 degrés. Je vous rappelle que la météo du tchat, c’est tout à l’heure. Vous ouvrirez vos fenêtres et vous nous direz, avec la poésie qui sied au poste, et bien quel temps il fait, s’il y a des nuages de part chez vous, s' il y a les oiseaux, s' il y a du soleil, s’il y a de la pluie, s’il y a de la tempête. Voilà, vous avez vu la météo, c’est bon pour vous, on peut passer à des choses sérieuses, 3 4 !
La météo des luttes, seul au poste vous l’offre, il est 7h23, nous sommes le 12 janvier 2026, bonjour les déters ! Alors cette semaine, la tendance, une semaine dense, marquée par des mobilisations syndicales face aux municipalités RN, une forte activité d'éducation populaire déployée sur tout le territoire, si des débats, conférences internationales, mais aussi des espaces de taux organisation local au taux de l’alimentation, du numérique et de la culture émancipatrice. À Hénin-Beaumont, lundi 12 janvier, c’est-à-dire aujourd’hui, c' est-à-dire dans quelques heures à 11 heures, rassemblement de soutien à Djelloul Kheris représentant du personnel et secrétaire de la section sud, collectivité territoriale menacée de révocation. Par le maire R.N. Steeve Briois. La décision municipale est dénoncée comme une attaque frontale contre le droit syndical et les libertés collectives. Les organisations syndicales alertent sur une stratégie de répression visant à intimider les agents et les agentes et à neutraliser toute opposition. Le cas d’Ennio Boman est présenté comme un signal politique national sur les pratiques autoritaires de l’extrême droite au pouvoir localement. On parlera tout à l’heure de Marine Le Pen qui va passer une sale semaine. Son procès en appel s’ouvre là. Donc à Henin- Beaumont, ça se passe ici, la manifestation tout à l’heure. A Marseille, je vais peut-être un peu trop zoomer là, à Marseille. Hop, Pimiko ! Merci nous avons signalé la rencontre publique sur l’alimentation sociale et solidaire à la Marmite Joyeuse demain à 20h la soirée aborde les enjeux de précarité alimentaire, d’accès à une alimentation digne et de structuration de communs alimentaires urbains. Intervention du Secours populaire. Notamment à de Tomate d’acteurs locaux de circuits courts. L'événement met en lumière des modèles alternatifs face à l’industrialisation de l’alimentation, temps convivial, restauration solidaire en amont, inscription obligatoire en raison des places limitées.
Alors, attention, Ana, est-ce que tu m’entends ? Ah merde, j’ai l’impression qu’elle ne m' entend pas. Ana Pich qui nous vient pour sa nouvelle bande dessinée. Attendez, j’essaie de trouver, elle entend, super ! Bonjour Ana, bonjour ! Attention, on te voit, ça va bien ?
Oui ça va, ça va.
Bonjour, bonjour, Ana, merci beaucoup de t'être levée si tôt pour nous. Je vais bientôt mettre la couverture de ta nouvelle bande dessinée. Enfin, oh là là, qu’est-ce que j’ai dit ? Roman graphique.
Les deux fonctionnent, non ?
Les deux fonctionnent bien, on te connaît bien parce que c’est la troisième fois que tu viens au poste.
Oui, je crois, oui, oui.
Voilà, tu sors ces jours-ci à un recueil d’audience dont tu fais les contre-rendus avec le secret qui est le tien de manière illustrée. Chez Florent Massot, ça s’intitule « Sans foi ni loi – la police face à la justice – ». Peux-tu le dire ? Pourquoi tu dis « Sans foi » ? Tu crois que la justice ne croit pas en elle-même ?
Je crois qu’il y a plus beaucoup de valeur dans les prévenus et les accusés que j’ai rencontrés et que j’ai entendu.
C’est-à-dire plus beaucoup de valeur ?
D’empathie et d’humanité, enfin c’est quand même des violences très lourdes commises par des policiers, en dehors de toute humanité.
Voilà, alors on va prendre quelques affaires que tu as suivies, je crois qu’il y en a une quinzaine, alors ça se passe particulièrement à la 10e chambre du tribunal judiciaire de Paris, à la 14e chambre du tribunal de Bobigny, mais aussi à Rennes, mais aussi à Marseille, je crois, non ?
À Rennes, je t’ai dit Paris, Bobigny, Rennes.
Oui.
Non, pas Marseille.
La grande question que tu poses, et je vais te laisser parler, comme ça je vais pouvoir feuilleter en direct la BD que ton éditeur, le gentil Florent Massot, a eu la gentillesse de m’envoyer ce week-end. En gros, ton truc, c’est d’essayer de voir comment les magistrats poursuivent ceux avec qui ils travaillent. C’est ça ton angle d’attaque, si je puis dire ?
En tout cas oui, c’est de voir comment la police est jugée en sachant là encore que ce qu’on voit en audience c'était une partie infime en fait de la réalité des infractions commises par la police parce que je ne sais pas, on avait dû en parler sur la première BD, moi j’explique aussi qu’il y a énormément d'étapes avant le procès pénal en tant que tel, qui est public, beaucoup de choix judiciaires qui vont être faits notamment par le parquet, le choix de classer sans suite certaines affaires de recourir à des alternatives aux poursuites ou alors d’engager des poursuites et là encore si par exemple il y a une instruction c’est aussi possible qu’il y ait un non-lieu au cours de l’instruction donc en fait il y a aussi plein d'étapes qui font que ce qu’on voit en audience publique ne nous permet pas d’analyser l’ensemble des infractions commises par la police mais ça nous permet aussi d’apprendre le recours aussi à des non- lieux, souvent c'était des familles de victimes ou des victimes elles-mêmes qui font énormément de recours contre des décisions de classement, contre des décisions non-lieues et qui vont parfois jusqu'à elles même se constituer partie civile pour poursuivre elles même le policier à défaut que le parquet le fasse au nom de la société.
Alors, il se trouve que les audiences dont tu parles, la plupart sont très très récentes. Il y a beaucoup d’audiences qui datent de 2025 en fait. Est-ce que tu peux nous rappeler comment tu travailles concrètement ?
Alors je me pointe en audience avec mon carnet et des crayons et donc je dessine tous les procès sur place. Je les dessine et je retranscris, enfin c’est surtout ça le plus important finalement, ce n’était pas vraiment l’esthétique du dessin…
Ah bah si, ah bah si ! Ana, voyons ! Mais là, tu perds toutes tes ventes, bien sûr que l’esthétisme du dessin est important, essentiel. Là, je remonte un, on voit avec tes dessins, on voit l'énergie. Je vois pas du tout l'écran, je ne vois pas. Non, mais toi, tu vois pas, je sais, il y a un petit problème, tu n’as pas de retour, mais fais comme si. Alors là, c’est une avocate de la défense au procès d’un conducteur le 16 octobre 2025. Voilà, et donc si si, on sent très très bien sous ton trait à la fois les coups de théâtre bidon et puis les vrais coups de théâtres, on sent très bien la mise en scène, le spectacle et puis parfois la sincérité et surtout l’urgence de tout ça. Voilà, donc ne sous-estime pas la qualité de ton trait.
Non mais en tout cas il est fait avec des contraintes de rapidité puisqu’il faut absolument que la retranscription soit fidèle en termes d'écrit, que ce que j'écris ce soit exactement ce qui a été prononcé et que j écrive suffisamment de choses pour que tout soit compréhensible. Donc il faut faire attention à bien écrire.
Alors, parmi les affaires que tu nous montres, on va démarrer par celle-ci. « Il ne peut rien m’arriver, ça ne sert à rien, je suis flic, il ne peut rien m’arriver ». Est-ce que tu peux nous dire de quelle affaire il s’agit et dans quel contexte ce policier, puisque là il s’agit uniquement d’audience de policiers mis en cause pour violence policière, pour injures, pour parfois violence sexuelle. Pourquoi tu démarres avec cette affaire-là et que dit-elle ? Ça ne sert à rien, je suis flic, il ne peut rien m’arriver.
Je crois que c'était une des premières affaires que j’avais vue dans la dixième chambre. Donc la dixième chambre à Paris, c’est des audiences qui sont spécialisées pour juger les keufs. Et il y a une fois par mois cette dixième chambre qui est spécialisée sur une après-midi par mois, enfin une après midi parfois qui tombe en soirée. Et donc elle était assez représentative. Et il y avait aussi, donc moi c'était la première fois que je voyais la 10 ème chambre, donc en fait on ne voit que les unes que les autres. Et là ce qui était intéressant aussi c’est que des flics se succédaient à la barre, sur des affaires toutes les plus hallucinantes. Bon on était dans un déni total, donc pour raconter un peu les faits, alors ça fait un petit moment, je crois qu’elle date de 2024 l’affaire, mais c'était un flic qui était sorti de boîte de nuit, je ne sais pas, il roulait n’importe comment, il était bourré. Il y a un type derrière qui lui fait un appel de phare et donc le flic s’arrête en plein milieu de la route, il descend et en fait il défonce le gars, enfin et les témoins interviennent enfin parce que pour l’empêcher de continuer à frapper le gars et puis en fait ils leur répondent en fait, il ne peut rien m’arriver, je suis flic. Et puis là s’ensuit après, il finit quand même par partir, mais alors sans appeler les secours, la police met un certain temps à arriver, enfin il y avait plein de choses.
Voilà, parce que, en fait, tu as la gentillesse de venir nous parler alors que tu dois filer pour suivre un procès dont on parlera tout à l’heure, qui s’ouvre à 9h.
Les risques du métier, ce n’est pas que du côté police.
Alors ça c’est page 29 de ton ouvrage, c' est la dixième chambre correctionnelle de Paris, nous sommes en mai 2025 et en fait c' est un moment où un policier est accusé d’avoir violenté un observateur de la Ligue des droits de l’homme, voilà de la LDH pour qu’il surveille les surveillants, quelque chose qu’on aime bien faire ici. Et donc, qu’est-ce qu’il veut dire, ce policier ? Le premier, on a compris, la première affaire, c’est ce qui ressort quasiment dans tous tes dessins, dans toutes les audiences, ce sentiment d’impunité extrêmement présent chez les policiers. Je suis flic, ça ne sert à rien de m’emmerder, en gros. Là, qu’est-ce que tu veux nous mettre en tête avec cette histoire ? Les risques du métier, ce n’est pas que du côté policier.
Vous allez en manifestation, peu importe votre place, vous prenez le risque d'être frappé, mutilé, jusqu'à plus. Je pense que c’est aussi ce sentiment d’impunité que si on se confronte à la police, d’une quelconque manière, on risque sa vie.
Alors, on voit aussi souvent évoquer l’argument de l’effet tunnel. Tu peux nous raconter comment tu entends des policiers, parce que c’est pratiquement que des policiers, je ne crois pas qu’il y ait de gendarmes, d’ailleurs, dans ton livre il n’y a pas de gendarme, mais il y a que des policiers. C’est un des arguments employés, l’effet tunnel.
Ouais, presque à un point où j’avais proposé qu’on l’appelle comme ça, la BD, au départ, parce que, vraiment, c'était l’argument central. Et en fait, quand c’est la première fois qu’on l’entend, on se demande. Et à force d’aller voir des procès policiers, en fait le terme, c’est vraiment un élément de langage, en fait. L’effet tunnel pour dire qu’en fait, avec l’effet de stress, on se serait focalisé sur un point. Et donc, ça peut expliquer tout, quoi. Ça peut expliquer qu’un n’est plus tiré à balle en pleine tête de quelqu’un parce qu’on était concentré sur autre chose. Enfin, ça n’a vraiment aucun sens, mais les avocats de la défense arrivent très bien à l’utiliser à ce terme-là. Et c’est vrai que ça revient un peu tout le temps pour essayer de justifier des trucs assez injustifiables, en fait. Ça a été beaucoup utilisé sur l’affaire Chassin.
On va y venir. Il y a des questions dans le chat. Est-ce que on peut accéder librement à ces audiences ?
Oui, oui, elles sont publiques comme les autres, donc la dixième, je ne sais plus, il y a un premier jeudi du mois et un troisième jeudi du mois, l’un ou l’autre à Bobigny et à Paris, alors je ne le sais plus quel est la truc, c’est peut-être à Bobigny le premier jeudis ou le troisième jeudi à vérifier.
Alors il y a Elenio qui nous dit, oh ça a l’air super bien comme bouquin, eh bien non, ça n’a pas l’air, c’est super bien. Alors notamment, il y à ce dessin et cet argument que j’ai trouvé extraordinaire, page 37, je ne sais plus exactement quelle est l’histoire en tant que telle, mais en tout cas c'était un policier qui a du mal à se défendre et qui finit avec cette phrase-là, parce qu’il y a la présidente qui le poursuit, parce qu’il fait partie de ces policiers qui sont assez nombreux, qui apparaissent alors qu’ils sont déjà sous le coup de soit d’interdiction, soit de condamnation mais qui continuent à exercer. Donc là, c’est le président qui lui dit mais je ne vois pas comment vous pouvez encore exercez avec un an de sursis. Vous êtes fonctionnaire et lui répond, je ne sais pas, je ne connais pas les textes.
Oui, je me souviens bien de cette affaire-là, c'était les deux qui avaient tabassé…Je ne me souviens plus s’ils étaient plusieurs à la sortie d’un bar.
C’est trois flics qui bastonnent des gens à la sortie d’un bar au petit matin, je crois que c’est ça.
Et il n’y a que deux flics qui se présentent parce que l’un d’eux était trop mal. Alors du coup, vraiment inversement de la victimisation des prévenus, inversement la culpabilité, c’est le policier qui a vraiment du mal à vivre cette affaire-là. Donc il ne se présente pas au tribunal. Voilà, donc, totalement confiance. C’est intéressant parce qu’il y a plusieurs fois, on sent que vraiment il n’y a aucune connaissance de la loi, ou alors, quand ça les arrange, mais c’est vrai qu' il y avait un flic aussi sur une des affaires qui s’est fait piéger lamentablement par la présidente qui lui demande, au moins, car le gars n’arrête pas de parler de légitime défense, donc la président' lui demande mais c’est quoi exactement en fait le texte de la légitime défense, parce qu’il y a des condition qui sont énoncées dans le code pénal à l’article de loi qui définit la légitime défense. Et donc ces conditions-là, il faut qu’elles soient réunies pour pouvoir invoquer la légitime défense et là le flic commence à bafouiller, c'était catastrophique en disant oui, légitime, nécessaire, puis il commence à dire je sais plus, j’ai un trou, aidez-moi. Il est tout à fait décalé en fait avec la légitime défense, ça fait vraiment deux lignes.
Alors je te propose qu’on aille maintenant page 42, c’est une avocate qui est en colère contre la presse et d’ailleurs ça renvoie à une question du tchat, est-ce que tu as eu des menaces suite à tes dessins ? Donc, c’est une avocate qui dit que les citoyens ne sont pas tous traités de la même manière, les fonctionnaires de police sont traités beaucoup plus sévèrement. Je sollicite la non-inscription B2, c’est le casier judiciaire. Il va y avoir un conseil de discipline, il risque d’autres sanctions. Ils ont déjà une forme de sanction comment ça se fait que la presse ait accès au dossier ? Comment ça se fait que le journaliste de Libération envoie un mail à mon client et connaissent tous les éléments du dossier qu’on ne vienne pas me parler de la liberté de la presse ! Ça n’a rien à voir, alors des menaces ?
Écoute pas encore, mais le livre est sorti il y a quatre jours, donc je ne sais pas, je vais peut-être en parler à Lienard tout à l’heure.
Il y a dans le chat Zadistan qui nous parle aussi des dommages et intérêts réclamés par les policiers, mais là en fait c’est pas ton sujet, c’est à dire que ton sujet c’est pas les policiers qui se disent victimes de violences, ce sont les policiers qui sont accusés de violence, donc ils vont pas demander des dommages et intérêts dans ce cas là.
Oui, c’est vrai qu’on a aussi beaucoup l’habitude de les voir du côté partie civile dès qu’il y a moyen de récupérer un 13e mois. Mais là, oui, ils se sont inversés et c'était eux qui se retrouvaient à la barre.
Page 51, le tribunal de Bobigny, j’aimerais que tu nous parles de ces lieux. Qu’est-ce que tu ressens en tant que journaliste dessinatrice, surtout en tant que dessinatrice quand tu es dans une salle d’audience. Là, on voit par exemple ce tribunal de Bobigny qui a dû être créé dans les années 70, 80, qui n’a pas la même gueule que le nouveau tribunal judiciaire de Paris, pas plus qu’il a la même gueule que celui de Rennes. Est-ce que tu penses qu’il y a une sorte d’esprit des lieux ou tu pensais que non, c’est un esprit de la justice qui s’abat partout, de la même manière ?
Est-ce qu’il y a une différence en fonction des lieux ? Non, je pense qu’il y a pas mal de biais qui peuvent impacter chaque affaire, mais je ne pense pas que ce soit le lieu en particulier. Après, évidemment, il y a aussi l’histoire parfois des villes où, par exemple à Rennes ou à Nantes, on vient souvent nous répéter qu' il y a une histoire militante et donc que ça s’inscrit dans un contexte où la police est malmenée. Donc ça peut peut-être biaiser, en tout cas quand j’entends le proc. de Rennes à plusieurs reprises faire ses réquisitions, ça a l’air de chambouler beaucoup le contexte militant de la ville.
Dans ta préface, tu dis que ton travail, en tout cas que tu aimerais que ton travail soit vu comme un outil sociologique. Quelle serait la sociologie de cette justice qui surveille la police, c’est-à-dire qui juge son propre bras armé ? Ce serait quoi l’enseignement principal sociologique que tu aimerais qu’on tire de ton travail ?
Ça, je pense que ça serait à des chercheurs et chercheuses d’en tirer les conclusions, mais c’est vrai que moi je pense en tout cas que la manière dont je le fais, c’est un recueil de données. En fait, la bande dessinée, ces planches-là, elles sont faites en direct avec la retranscription. Je pense en tous cas que c’est un outil dont on peut se saisir pour en tirer une analyse sociologique. Après, moi, j’ai aussi quelques analyses, on va dire, sur la question de l’indépendance, notamment du parquet, dans ces affaires-là. Aussi l’absence finalement d’instances qui soient réellement indépendantes. Je parle de l’IGPN notamment, enfin en tout cas il y a beaucoup de choses, elle a dessiné toutes les briques en amont plutôt qu’en fait du procès.
Chapeau, l’artiste, dit Pixelas, qui fait référence au tribunal de Bobigny. J’aimerais, Ana, si tu veux bien, qu’on termine ce procès. La police n’est jamais à l’origine du chaos et du désordre. L’affaire Chassin, tribunal correctionnel de Rennes, juin 2024. Il s’agit de ce commissaire qui pilotait les opérations de maintien de l’ordre au moment de la mort de Steve Maia Caniço.
Oui, tout à fait du coup, c'était un procès qui a duré cinq jours au mois de juin. Mais en fait, je ne sais pas si tu veux que je fasse…
Vas-y, vas-y.
L’affaire ?
Ce que toi tu as ressenti, qu’est-ce que ta BD nous dit, qu’es-ce tu nous transmets par ton regard, par ton dessin ?
C’est l’affaire qui est peut-être la même, la plus longue parce que déjà elle durait 5 jours et elle est très dense en texte, je ne sais pas si tu as réussi à t’en sortir dans une petite bulle.
Mais si, bien sûr.
Mais ce qui est intéressant dans cette affaire-là, c’est qu’en fait, au départ ont été poursuivis, en tout cas ont été cités comme témoins assistés, plusieurs autres personnes dans la chaîne de commandement. Puisqu’en fait Steve est mort dans la Loire suite à la fête de la musique où la police a chargé une foule. Donc je crois que c'était 14 personnes ou tout qui sont tombées. Il n’y a eu qu’un seul mort mais il aurait pu aussi en avoir plus. Et donc il y a les policiers sur place qui ont eux-mêmes chargé, frappé, tassé, lancé des grenades sur un bord de Loire à plusieurs mètres au-dessus de la Loire, enfin ce qui est extrêmement dangereux, à 4 heures du matin, sur une population, enfin de gens qui sont en train de faire la fête, qui ne s’attendent pas du tout à se faire charger, enfin ce qui s’est passé, c'était criminel.
Donc tu fais œuvre là, évidemment, de travail de mémoire absolument sanitaire et c’est la raison pour laquelle aussi je voulais vraiment que tu puisses venir aujourd’hui pour parler de ton livre. Alors il se trouve qu’effectivement ce commissaire lui sort libre et sans poursuite, mais ce n’est pas le cas des autres. Et en fait, j'étais assez étonné parce qu’en réalité, la plupart des affaires que tu nous narres,que tu nous montres, que tu te dessines, on voit des policiers qui sont condamnés, quasiment tous. Très souvent en sursis, mais très souvent aussi avec des obligations de ne plus exercer alors soit définitivement, soit pendant un an, deux ans leur métier, soit de ne plus pouvoir exhiber leur arme à feu je ne m’attendais pas en fait à ce qu’il y ait autant de condamnations. Est-ce que je me trompe ou pas ? Est- ce que toi aussi tu as été surprise par ça ?
Non, parce que comme je te disais, toute la chaîne de la procédure pénale avec toutes les étapes qu’il y a en amont fait que finalement, cette partie infime d’affaires qui se retrouvent au tribunal, elles sont tellement accablantes pour qu’elles se retrouvent là finalement. C’est que c’est difficile en tout cas à mon sens. En fait, s’il avait eu le moindre doute, tu aurais eu classement et parfois même sur des affaires qui nous paraissent accablantes. Par exemple, l’affaire Rayana dont j’ai pas pu parler plus que ça mais que j'évoque en introduction puisqu’il n’y a que le chauffeur de la voiture, donc Rayana c’est une jeune femme d’une vingtaine d’années qui a été tuée alors qu’elle était passagère d’un voiture.
À Paris.
Voilà en plein paris lors d’un contrôle policier voilà en plein embouteillage dans Barbes enfin c'était hallucinant et finalement là ça fait plusieurs années que donc le conducteur lui a passé trois ans en détention provisoire il a été jugé extrêmement sévèrement et il y a eu un non lieu pour les policiers qui ont tué cette jeune femme et la famille elle fait appel de cette décision donc on sait pas encore si s’il y aura un jour un procès mais c’est cette différence de traitement aussi ce deux poids de mesure et aussi cette tentative d’inverser les culpabilités et là pour le coup ça relève pas seulement de la police, les choix de non lieu ou les choix de classement ou les choix de poursuivre telle personne et pas une autre, donc il y a aussi toute une solidarité de l’institution judiciaire avec sa policière.
Ma chère Ana, je vais te libérer, si je puis dire, parce que tu dois te rendre à 9h au tribunal pour suivre le procès du CRS qui a tué Aboubacar Fofana, c'était à Nantes. C’est ta ville, Nantes, on peut le dire.
Oui
En 2018, le procès a lieu où et quels sont les enjeux ?
Et bien là, ça commence donc cette semaine pour cinq jours. C’est à Nantes, au tribunal de Nantes devant une cour criminelle. Donc, c’est la cour criminelle, elle juge les crimes comme les cours d’assises, mais sans jury populaire. En fait, il y a aussi un débat là-dessus. Mais peut-être je ne peux pas trop rentrer sur le sujet. Mais en fait, on fait disparaître progressivement les cours d’assises avec un jury populaire, avec des jurés qui ont été tirés au sort, un peu le dernier symbole de la justice, enfin en tout cas du peuple dans les choix judiciaires. Donc là, il va être jugé devant cinq magistrats professionnels, pas de citoyen à citoyen. Et il est poursuivi aussi, c’est intéressant, la qualification qui a été choisie, qui a été retenue, “violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Est-ce qu’il y a une qualification moins grave en termes de peine que l’homicide, le meurtre en fait donc là aussi, il y a aussi des choix sur les qualifications, comme on peut parfois correctionnaliser en homicide involontaire. Là, il a eu le choix d’avoir une qualification où le risque de la peine est moins important. Alors, est-ce qu’il y a un choix volontaire aussi que ce policier ne soit pas jugé devant un jury populaire ? C’est une question qui se pose, donc là on part sur cinq jours de procès et le policier a fait le choix aussi d’une défense par maître Lienard.
Merci beaucoup, Ana, tu peux te reprendre un petit café. Bonne journée à toi. C’est comme toujours un plaisir de te recevoir, de converser avec toi. Bravo pour le livre qui est en train d'être acheminé dans toutes les bonnes librairies. Est-ce qu’on peut te retrouver quelque part entre deux ouvrages ? Est- ce que tu es édité ? Est- ce que tu publies quelque part ou pas ? Si ce sont des questions du chat, as-tu un blog ? Travailles-tu pour Mediapart ou d’autres ?
Alors je, oui, je publie beaucoup sur Instagram et j'écris aussi des articles, là par exemple cette semaine je vais écrire pour StreetPress, j'écris pas mal pour StreetPress, pour Les Jours aussi,
Bonne maison dit donc.
Merci.
Bravo, et bravo à toi. Merci, merci encore, passe une bonne journée, le chat te remercie, merci beaucoup, te dit Merlink, et merci Ana, te dis Trognon. Bonne journée à toi !
Bonne journée à vous, à bientôt.
A bientôt, merci, merci. Et voilà les amis, France Déter, il est 8 heures. Alors attention, c’est juste la première partie qui vient de s'écouler, la deuxième arrive. On va faire la revue de presse de la Maison Poulaga, la revue de presse Antifa. Nous serons avec un des porte-paroles de la Confédération Paysanne qui a été violemment interpellé vendredi, Stéphane Galais qui sera avec nous à 8h30. Je vais vous montrer aussi la bande-annonce d’un documentaire qui a l’air vachement bien. Un documentaire russe et je me fais un petit café ! Attention, 20 secondes 8H03, 12 janvier 2026, c’est Radiopolice.
Assurez-vous madame Bordel, c’est français, c’est la police française.
Bonjour à vous petite musique de fond et nous allons passer maintenant à la revue de presse l’ex-patron de la DGSE. Alors attends, qu’est-ce qui se passe, voilà, c’est un article de Le Monde, l’ex-patron de la DGSE Bernard Bajolet, condamné à un an de prison avec sursis pour complicité de tentative d’extorsion. Et oui, à un ancien chef des services secrets, des services de contre-espionnage, condamnés pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle. Ce n’est pas un fait divers, c’est un symptôme Monsieur Bajolet, directeur de la DGSE de 2013 à 2017, a été reconnu coupable pour avoir validé une opération d’intimidation contre un homme d’affaires arrêté à Roissy et sommé de rembourser 15 millions d’euros sous la menace dix ans de procédure pour une peine clémente mais un signal politique fort, même au sommet de l’appareil sécuritaire, la raison d'État ne protège plus totalement. Le tribunal reconnaît explicitement des méthodes illégales hors de tout cadre judiciaire, c’est-à-dire dans le monde à l’audience. Bernard Bajolet a eu cette phrase. « Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû. » On dirait du Macron. Qui aurait pu prédire ? dit Trognon.
Un jet privé, stationné sur le tarmac de l’aéroport de Nice. A bord, une femme de nationalité serbe arrive des Caraïbes. Elle s’apprête à passer la frontière discrètement grâce à la complicité de deux policiers locaux. Dans sa valise, les enquêteurs en sont persuadés de grosses sommes d’argent pour le compte d’un gang de narcotrafiquants serbes qui seraient, selon eux, dirigés par cet homme, Philippe Korac. Son réseau criminel aurait corrompu plusieurs policiers de Nice à Monaco, notamment un fonctionnaire de 47 ans chargé de faciliter le passage de la jeune femme à l’aéroport. En décembre dernier, il est arrêté et interrogé. Il assure avoir été manipulé. Il pense qu’il a affaire à une personne qui possède une agence immobilière, qui est propriétaire de nombreux biens immobiliers sur la Côte d’Azur. Il a des regrets sur la naïveté qui a été la sienne de pouvoir faire confiance aveuglément à des personnes qui visiblement n’avaient pas l’activité légale qu’ils voulaient montrer en France. Les affaires de corruption ne cessent d’augmenter. 167 en 2016, 324 en 2024, elles ont presque doublé. Premier visée, les fonctionnaires, douaniers, greffiers ou policiers par des organisations criminelles de plus en plus puissantes financièrement.
J’arrive, j’arrive ! Excusez-moi C’est compliqué de faire une matinale tout seul Alors, qu’est-ce que vous avez pensé ? Qu’avez-vous pensé ? Mais c’est affreux le ministère de l’Intérieur. Je tombe de mon armoire en pierre, nous dit Satrappe. Et il représente environ 8,000 actifs. La question est-elle au-dessus ou au-dessous de la moyenne ? Ou sont-ils dans la moyenne ? J'étais en train de me dire, vu combien vous êtes nombreux ce matin et c’est vraiment génial, ça fait chaud au cœur, j'étais entrain de me dire, mais en fait, est-ce que les émissions d’auposte classiques avec des invités, au lieu de les démarrer à neuf heures, si on les démarrait à huit heures ? Qu’est-ce-que vous en dites ? Ce serait pas mal, non ? Quand je dis tout seul, je parle tout seul en régie. Bien entendu, il y a Euryale qui est toujours là, évidemment. Mais au poste, c’est Euryale c’est au poste, c’est évident. Qu’est ce que vous en dites si on faisait ça ? Là, je vais vous annoncer une bonne nouvelle, vous allez vous marrer..
Pour s’infiltrer aux universités d'été de la France Insoumise, nous avons décidé de nous faire passer pour des militants du parti. Comme les milliers de participants à cet événement, nous sommes donc inscrits sur le site officiel des Amfis 2025. Cette femme, âgée d’une cinquantaine d’années, va même jusqu'à affirmer que les chaînes comme…
On regarde, on regarde qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce-que je vois là ? Mais c’est le tract de poste que tient dans son micro le journaliste de Frontières on regarde bien, attention 3, 4, je vous le remontre
Voilà notre tract. Eh bien, figurez-vous donc que le Conseil de déontologie journalistique et de médiation, avait été saisi. Je vais vous lire son avis. Alors ce conseil, très sincèrement, c’est un organisme autoproclamé. Tout ce qui est de plus correct sous tous les rapports, mais qui n’a aucune valeur coercitive ou autre, simplement c'était une sorte de conseil de l’ordre autoproclamation, de barreau, on pourrait dire, pour les avocats. Mais qui commence à faire son trou.
Voilà, je vais lire ce que vous nous racontez dans le chat. Mais d’abord, il faut que je vérifie si notre prochain invité est là. Il n’est pas encore là, mais c’est normal. Il est 26. C’est pour ça que j’allais hyper vite. C'était parce qu’on a Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération Paysanne, qui doit nous rejoindre dans quelques minutes voilà, je suis prêt à le recevoir.
Non, Arrêt sur images, objectivement, ils ne s’intéressent pas tellement aux médias. Je trouve qu’ils ont encore une vision un peu passéiste de la fabrique de l’information. C’est-à-dire qu’ils sont toujours sur les télés, les radios, les grands journaux et assez peu sur la presse indépendante. Je trouve ça un peu dommage. C’est drôle. Street Press a relaté hier, l’un des fondateurs de Streetpress, a relayer sur son site LinkedIn, c’est le seul. Oui, ils ont invité Off parce que Streetpress avait fait le travail. Ah non, Black Banzai, non non non, la Vengeance est un plat qui se mange froid, non mais peut-être qu’on va, je sais pas, collecte, je ne sais pas. Non mais attendez, le problème ce n’est pas les autres médias, après tout ils font ce qu’ils veulent. Moi je vous dis juste qu’ils n’ont rien fait, voilà, et que ne rien faire c'était aussi un choix. Mais le vrai problème ce n’est pas eux, c’est Frontières.
Alors notre invité n’est pas là, mais ce n’est pas grave, je vais vous parler d’un documentaire. Le voici, je vais essayer d’agrandir, « Monsieur Nobody contre Poutine », l’incroyable histoire d’un enseignant russe ordinaire qui révèle la machine de propagande de Poutine. Alors que la Russie lance son invasion à grande échelle de l’Ukraine, les écoles primaires de tout le pays, la Russie sont transformées en centre de recrutement pour la guerre. Confrontés au dilemme éthique de travailler dans un système défini je vous mets la bande-annonce. Hop hop hop, bande-annonce, c’est parti.
Alors, nous attendons l’invité Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération Paysanne, qui a un petit peu de mal à se connecter, mais qui va y parvenir, sinon on fera ça à l’ancienne, par le téléphone. Je vais vous montrer en attendant ce qui lui est arrivé, c'était l’autre jour. Vous avez peut-être vu ces images.
Allo Allo !
C’est bon !
Allo Stéphane, voilà, tu es en direct au poste par le téléphone.
Ça n’a pas coupé, j’ai très peu de réseau
Et voilà pourquoi tu n’arrives pas à te connecter. Bon, que s’est-il passé vendredi ? On a vu les images, est-ce que tu peux nous dire ce qui s’est passé quand vous vous êtes fait interpeller au pied de l’Arc de Triomphe ?
Nous, comme vous le savez, on était en mobilisation. On avait des tracteurs sur le périphérique pour faire une opération escargot. Donc il a été négocié avec les forces de l’ordre la possibilité que les tracteurs aillent faire le tour de l’Arc de Triomphe. Donc on rejoignait en fait les tracteurs qui devaient se retrouver sur l’Arc de Triomphe à pied. Et au moment où on est arrivé à pied, les forces de l’ordre ont voulu nous interpeller et nous ont empêchés d’avancer en nous demandant un contrôle d’identité, machin. Donc on a un peu dit, voilà, il y a deux points de mesure, quand la FNSEA débarque devant l’Assemblée nationale, on l’accueille les bras ouverts, alors que les manifs ne sont même pas autorisées. Donc voilà, on a exprimé notre mécontentement et puis du coup, dans le fait, ils nous ont interpellés. On dénonce ce deux poids deux mesures, on dénonce aussi cette connivence qu’il a mise en garde à vue. Donc voilà c’est le reflet de cette connivence permanente avec la FNSEA. Et on dénonce surtout le fait d’empêcher la manifestation des paysans, parce qu’en vrai, tout le monde était très bien au courant qu’on était présents sur Paris, tout le monde était au courant qu' on allait faire cette manifestation, donc on a un vrai problème en France du maintien de l’ordre et puis du respect des syndicalistes en fait.
La garde à vue en tant que telle s’est passée comment ?
C’est pas tellement le sujet, le sujet c'était comment on traite les forces syndicales et les forces syndicales minoritaires comme la nôtre et puis surtout les forces syndicale de gauche et ça aussi la vérité c’et que on réprime, nous on se souvient de tout ce qu’on a pu vivre au grand palais où aussi on avait des collègues qui ont été mis en garde à vue après le fait d'être nassés, je me rappelle aussi moi d’une action à Pôle emploi où on avait été nassés pendant deux heures et à intervalles réguliers où on nous avait bombardés de lacrymaux. Donc voilà, c’est tout, c’est exactement ce que je viens de dire. De bonnes mesures, on traite les forces progressistes toujours avec violence. Donc ça nous est insupportable. C’est d’autant plus insupportable, je vais vous le dire aussi, c'était que moi j'étais dans le bureau du premier ministre mardi dernier et qu’il nous assurait de son dialogue, de son écoute. Voilà comment on est traité. Après, ça n’a rien d'étonnant puisque de toute façon, malgré ce qu’il dit, il n’apporte aucune réponse à la souffrance des paysans et des paysannes. On est assez en colère, mais ça reflète la façon dont ils se comportent avec nous depuis longtemps. À chaque fois qu’on amène un drapeau à nous quelque part dans Paris, on se fait arrêter, nasser.
Alors, est-ce qu’on peut faire le point sur la colère paysanne et qu’est-ce que la confédération que vous représentez, vous êtes un des porte-parole, revendique ? Il y a évidemment les accords avec le Mercosur, il y a, évidemment, l’histoire de la vaccination par rapport à la… Je ne sais plus comment on dit… la dermatose.
Un peu le feu aux poudres, c’est à la fois sur le fond et sur la forme.La dermatose c'était un peu, nous on réclamait une stratégie qui correspond aux volontés des paysans et des paysannes sur le terrain, c’est-à-dire protéger les troupeaux, protéger les paysans, donc la stratégie qu'était mise en œuvre par le gouvernement, c'était surtout pour protéger le libre-échange et le commerce international, donc c'était un peu leur enjeu en tout cas et ce qui a fait qu’ils ont mis en place une stratégies inhumaines d’abattage total. Non sélective, et puis aussi, c’est aussi ça qui a freiné la mise en œuvre de la vaccination. Donc c'était ça qu’on dénonce depuis le départ, c’est ça qui m’a mis aussi le feu aux poudres. C’est rajouté à cela évidemment le contexte politique avec l’UE et le Mercosur qui a été ratifié en partie vendredi.
On va parler de la mobilisation, mais d’abord je voudrais revenir sur l’accord avec le Mercosur. Si j’ai bien compris, vous craignez l’arrivée massive de produits sud-américains, bœufs, volailles, sucres, riz, miels, soja, à bas prix, parce qu’ils ne respectent pas forcément les normes environnementales, sanitaires et sociales européennes, et vous dénoncez donc l’absence de contrôle suffisant sur ces produits. C’est ça ou c’est plus que ça ?
C’est plus que ça. Nous, on est contre les accords de libre-échange. On est contre le commerce dérégulé depuis 25 ans. C’est pour ça qu’on se bat depuis 25 ans. Même s’il y avait une réciprocité des normes environnementales. Structurellement, l’accord, il serait mauvais. Pour prendre un exemple, allez sur les bovins le différentiel, on va dire, de compétitivité. Moi, j’aime pas ce mot-là, parce qu’en fait, on n’a pas à mettre les paysans en concurrence les uns avec les autres, mais bon, le différentiel, il est de 60 % et de 60 % sur le salaire, les différences de droits sociaux, sur les infrastructures, c’est-à-dire que là-bas, dans les pays du Mercosur, vous avez des fermes qui font la taille d’un département chez nous. Sur le pouvoir agronomique, donc ça n’a rien à voir avec le différentiel qui pourrait être sur les normes environnementales. Donc, vous voyez bien, même si on avait fait un travail de réciprocité et qu’on avait les moyens de contrôler, ça ne changerait rien que les produits agricoles qui arrivent de là-bas vont déstructurer nos marchés ici.
Alors, la mobilisation, est-ce que vous pouvez nous dire ce qu’il en est, où tout ça est très secret, ce sont des tractations entre vous pour faire venir les tracteurs sur Paris et ailleurs, ou est- ce que vous pouviez nous annoncer déjà ce sur quoi vous travaillez ?
Ou c’est des fois un peu compliqué d’annoncer quoi que ce soit. Parce qu’évidemment c'était très compliqué à Paris de toute façon. Mais la vérité, c’est aussi que ce qui compte pour nous, c’est les mobilisations qui sont sur les départements. Et là, il y en a plein, il en a plusieurs. Il y a, je pense, en exemple, les collègues de Haute-Savoie qui bloquent depuis plus de quatre jours un dépôt pétrolier. Donc ça, c’est des mobilisations qui sont impactantes et qui sont importantes partout sur le territoire. Nous, on a des collègues qui sont mobilisés. Encore vendredi, moi, j’ai mes collègues juste à côté de chez moi puisque j’habite le pays du Mont-Saint-Michel qui a bloqué le Mont-Saint-Michel. Vous voyez, tout ça fait un effet boule de neige. Tout le monde est mobilisé. Après, sur Paris, voilà, c’est autre chose. Et je ne peux pas toujours, on ne peut pas toujours détailler ce qu’on va faire sur Paris. Bien sûr.
Mais Stéphane, est-ce que vous pouvez nous dire simplement comment vous avez fait pour faire rentrer des tracteurs dans Paris ?
C’est aussi une convergence, vous l’avez sans doute relevé, c’est qu’on n'était pas tout seul à organiser ça. On était avec les copains, les collègues, les camarades des Soulèvements, on était avec des camarades de la CGT, on était aussi avec les jeunes Agro en lutte. Donc c'était tout ça qui permet ça en vrai.
Il paraît que c’est la CGT qui vous a aidé le plus, c'était vrai ?
Pas loin du périph, on a pu aller chez eux, mettre les tracteurs en dépôt.
Très bien !
Oui, nous, je pense que c’est vraiment la force de notre syndicat. C’est qu’on est un syndicat qui n’est pas corporatiste et qui est ouvert sur la société civile, qui est ouvert sur les enjeux qui concernent tous les citoyens et citoyennes. Du coup, on pense toujours à notre projet agricole à partir de là, et à partir de comment ça impacte aussi la société, comment ça affecte notre alimentation à tous et à toutes. Donc c’est pour ça aussi qu’on arrive à faire des convergences. Nous, on en est très fiers, on est très fiers aussi parce que ça a du sens.
Alors, à propos de convergences, Stéphane en est évidemment obligé d'évoquer un truc qui chiffonne beaucoup les aupostiens dans le chat, et pas qu’eux, c’est vos relations avec la coordination rurale qui est donc à l’autre bout du spectre politique. J’avais déjà parlé de cette question-là avec Thomas Gibert il y a quinze jours quand il est venu. Mais qu’est-ce que vous répondez aux critiques qui, je pense, sont légitimes sur cette question là, en disant, mais qu’est-ce-que la confédération paysanne fout avec la coordination rurale classée très à droite, va-t-on dire.
Oui, je comprends les inquiétudes, les remarques, nous on les reçoit parce qu'évidemment nous, sur l’échiquier politique, on est à gauche, on a un syndicat. La coordination rurale, qui est très sur le repli identitaire, avec des accointances, une proximité avec le RN entre autres, mais des idées en tout cas proches des fois extrêmes-droites et du coup le fossé idéologique est énorme, mais il reste toujours énorme. Il n’y a aucun rapprochement, je vous rassure, il n’a aucun rapprochement idéologique avec la coordination morale. D’ailleurs, nous, on a comme objectif de lutter contre les idées d’extrême droite en milieu rural, puisqu’on a un trait d’union aussi pour faire le lien avec tous les territoires, donc pour nous, il n’y a pas d’ambiguïté là-dessus. Il se trouve que sur la dermatose nodulaire contagieuse, on s’est retrouvé par circonstance à lutter dans une cour de ferme pour défendre des paysans, des paysannes, des éleveurs et des éleveuses. Et en fait ce qui nous a fait un peu convergé, en tout cas sur cette lutte-là, c’est la sincérité qu’on a les uns et les autres à vouloir défendre l'élevage.
Merci beaucoup mon cher Stéphane, quelle va être votre journée, en tant qu’agriculteur ou en tant que porte-parole, ou les deux ?
Les journées, elles sont toujours un peu complexes. On dit souvent que je suis à la ferme. Vous voyez, je vous réponds aujourd’hui. Là, je serai cet après-midi à Paris pour répondre à un autre plateau. Et puis entre les deux, je vais aller nourrir les vaches. Et puis dès mardi, mercredi, jeudi, je suis à Paris. On a le comité national, c’est-à-dire un comité national en plus qui s’élargit. On va travailler sur les problématiques des normes et avec les collègues, les camarades des Outre-mer qui seront là cette semaine avec nous pour travailler sur les projets qui les impactent en particulier, notamment sur l’impact écologique. Mais voilà, nous, on est toujours au combat, et il y a un combat encore une fois très ouvert, très large aussi, la Confédération Paysanne, elle embrasse un peu tous les sujets, et on en est assez fiers en fait, donc le boulot, là, il est permanent. Et puis on va continuer les mobilisations, on va voir comment on peut être sur le terrain encore pour mettre pression parce que ce que je voudrais dire aussi c’est qu’on a obtenu aucune réponse du gouvernement sur les questions que je vous ai évoquées, que ce soit sur le revenu mais aussi particulièrement sur la dermatose nodulaire contagieuse. Et voilà on va continuer ce travail-là de mobilisation parce qu’il faut que les choses changent et il faut aussi qu’on mette fin à ce système qui broie les paysans et les paysannes qui suit encore une fois en particulier de la congestion la clé, c’est ça.
Et dernière question, vraiment la dernière, vous aimeriez quoi comme élan populaire ? Qu’est-ce que vous aimeriez que les citoyens et les citoyennes fassent par rapport à cette révolte ? Comment vous soutenir ? Comment vous épauler ? Comment comprendre ? Qu’est-ce vous aimeriez qu’on fasse ?
Je pense qu’un point important, c’est un peu ce que j'évoquais, ne pas voir les agriculteurs comme un bloc, mais bien essayer de comprendre les nuances et les conflits d’intérêts qui nous traversent. Vous voyez, entre la FNSEA et nous, c'était un peu comme si c'était Edouard Leclerc et des épiciers de quartier. Je caricature, mais pour que les gens comprennent qu’il n’y a pas les agriculteurs et qu'à travers ça, qui soutiennent ceux et celles qui sont les plus engagés à défendre l’intérêt général. On pense que c’est notre projet qui est dans ce courant-là et que, en fait, le mouvement des agriculteurs, c'était aussi un mouvement pour les citoyens et les citoyennes. Nous, on était très fiers, par exemple, aussi, qu’avec nous était présent Cancer Colère, donc une association qui se bat pour les gens atteints de cancers, en lien en particulier avec l’alimentation, les pesticides, Donc tous les problèmes agricoles, en fait, c’est des problèmes d’alimentation, des problèmes de l’habitat, donc ça concerne tous et toutes.
Ça a coupé avec Stéphane Galais. Voilà, il revient, c'était coupé. Je vous en prie ce sont les aléas des directs à la ferme.
Écoutez, voilà, ce que je disais, c’est que tous les citoyens rejoignent notre mouvement parce que ça concerne tout le monde, l’alimentation, l’environnement, les habitants. Donc voilà, comprendre un peu les enjeux. Et encore une fois, c’est un enjeu énorme pour nous, pour savoir comment on va vivre dans notre territoire. On ne va pas voir notre monde agricole comme un bloc, mais bien avec ses subtilités et ses conflits d’intérêts.
Merci beaucoup Stéphane, bonne journée à vous et comme ils disent à BFM, c’est le seul mouvement avec lequel ils disent ça, ils disent toujours « bon courage ». Vous avez remarqué ? À BFM ils disent « bon courage ». C’est bizarre. Alors il y a quand même un truc, on vous aime quoi, vous nous nourrissez, c’est la reconnaissance du ventre. Bon courage donc. Merci à vous. Merci, bon courage, merci, au revoir Stéphane, merci. Et voilà les amis, c’est bientôt la fin de cette matinale, mais moi je ne peux pas ne pas tout faire. Je peux zapper plein de trucs que j’ai préparés, mais ça je ne peux pas le zapper. Il s’agit de votre rubrique préféré. Il est 8h56, on va dépasser un petit peu aujourd’hui, ce n’est pas grave :ici Londres.
Radio Paris ment, Radio Paris est allemand. Ici Londres, les aupostiens parlent aux aupostiennes, revue de presse, antifa. Le RN continue de se faire déborder par ses propres casseroles racistes pendant que Marine Le Pen perd la main sur son appareil au profit de Bardella Jordan. En parallèle, la droite extrême médiatique se gave de plateaux de télé TF1 en tête en offrant une tribune complaisante à Sarah Knafo et à Reconquête.
Voilà chers amis, j’ai oublié de vous donner les convocations de la semaine mais c'était quand même extrêmement important.Convocations de la semaine.
Demain, à 9h, une amie, une amie d’Au poste, (regardez-moi cette magnifique vignette,) Monique Pinçon-Charlot sera là pour nous parler de la réédition du livre par lequel tout avait commencé. C'était en 1986, ça s’appelait "Dans les beaux quartiers". C’est la grande enquête qu’elle avait mené avec feu, son mari, c’est réédité. Et nous parlerons avec Monique demain matin à 9 heures. Donc après, Ostpolitik, saluez-le pour moi. Nous parlerons du séparatisme, mais du vrai, du grand, du coriace le séparatisme des ultra riches, c’est demain à 9 heures.
Olivier Azam est dans le chat. Bonjour à lui, bonjour à Émile Cheval qui n’est donc pas loin, ah les amis, qu’il est doux de vous savoir ensemble. Voilà, voulez-vous faire un petit débrief, les amis sur cette matinale, ce qui vous a plu, ce qui ne vous a pas plu, ce qu’on peut améliorer, ce qu’il faut détruire ? Il ne faut pas mollir, effectivement, il ne faut pas mollir. Vous savez que maintenant les Mutins de Pangée ont mis en place un système d’abonnement, très bien foutu pour regarder des films à n’en plus finir. Donc pour le coup ils sont vraiment le « Netflix de gauche » maintenant, là on peut le dire.
Allez les amis, on a du boulot sur la planche, on à la mise en page du site à faire avec tous les liens, toutes les sources citées ce matin dans France Déter, ça c’est Euryale qui va le faire, ensuite il va falloir qu’on prépare la sortie du nouveau site.
