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Gaza en cases, chaos au RN, statut AESH à la ramasse : le lundi d’Au Poste

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Transcription de l’émission

00:00:00Audio
Jingle
00:00:13David Dufresne
Amis du café, amis des streams du matin, du lundi matin, amis de France Déter, amis aupostiennes, aupostiens, bonjour, comment allez-vous les uns et les autres, nous sommes lundi matin, c’est l’heure de France Déter la matinale d’auposte. Aujourd’hui nous allons recevoir à 7h30 un bon ami du tchat, un pilier du tchat, un grand dessinateur, Florent Calvez, qui vient pour sa BD, L’Embrasement. Voici la bande dessinée L’embrasement, l’histoire de la guerre entre Israël et le Hamas. Dans l’enfer de Gaza, Florent sera avec nous dans quelques instants. À 8h30, nous serons avec Coline Wiatrowski co-secrétaire fédéral de SUD Éducation, avec elle, on parlera calicule dans les classes, statut des AESH, toujours du mal à le dire, accompagnant d'élèves en situation de handicap qui sont toujours à la recherche d’un statut alors qu’ils représentent 145 000 à peu près employés d'éducation nationale et aussi des vies scolaires à l’arrêt. Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse Antifa, les convocations de la semaine, Radiopolice, la revue presse de la maison, Poulaga. Comment allez-vous les uns les autres ? Voilà comment allez-vous les uns les autres on va démarrer par la revue de presse par la main courante il faut simplement que je prépare bien la scène réveil gluant ça veut dire quoi ça ? J’espère que vous allez bien, bonjour tout le monde, bonjour Euryale, chaud ?D’accord. Justement, à propos de chaleur, on parlera de canicule dans les salles de classe dans quelques instants. Et on va démarrer la revue de presse, Olympe presse 12 nous dit qu’elle est fatiguée, sur les rotules nous dit bonjour, Ficelle bonjour. Bonjour aussi à tous les nouveaux aupostiens qui se sont mis à suivre la chaîne suite à notre retentissante causerie avec Manu Bompard la semaine dernière, deux heures sans filet, deux heure de vérité, deux heures déconnantes, extrêmement sérieuses sur le programme de LFI, sur la candidature de Mélenchon, sur l'équipe qui l’accompagne. Je vous invite vraiment à voir cette émission si vous ne l’avez point vue.
00:04:43David Dufresne
Le Monde, le Monde, tiens, c’est marrant la page est toute petite, voilà ! Le Monde justement fait sa une, il y a plusieurs journaux qui font leur une évidemment sur Gaza et Israël. Aujourd’hui, enfin plus exactement, pardon, sur le Liban, la prise du château de Beaufort au sud du Liban. Un atout stratégique, mais un fardeau historique pour l’armée israélienne. C’est la une du monde, 26 ans après leur retrait, les soldats de l'État hébreu ont investi la forteresse croisée qui surplombe le fleuve Litani, dimanche, c’est-à-dire hier, une carte de plus dans les négociations avec les Libanais qui doit reprendre à Washington les 2 et 3 juin. On verra que d’autres journaux font leur une sur le sud Liban. Et si j’ai bien compris le monde, la prise de ce château n’a pas un grand intérêt stratégique, mais historique, oui, semble-t-il. Bon matin, Bouloute ! Ce qui m’effraie, c’est le silence sur Gaza, nous dit Samobivan, alors tu remarqueras qu’au poste, avec nos petits moyens, nous essayons régulièrement de parler de Gaza. Il n’y a pas si longtemps, nous avons fait un ciné-débat avec les flottilles de la Liberté. La une de l’Humanité consacrée au PSG. PSG, victoire historique du PSG Israël capture la forteresse Beaufort, ce qui ne fallait pas rater dans l’actu du week-end, nous dit l’Huma. Et la une c’est marrant, ça a changé par rapport à il y a quelques minutes quand j’ai regardé tout à l’heure. En gros ils en voulaient à l’extrême droite essayer de récupérer les violences qui ont émaillé la victoire du PSG. Libération, les bombes sont toujours partout autour de nous, au sud Liban. Israël accroît son occupation, pas les négociations, c’est la une de Libération. Politis met en une la disparition d’Edgar Morin, résistant centenaire, décédé ce week-end à l'âge de 104 ans, résistant centenaires et inlassable curieux. Edgar Morin est décédé ce 29 mai, né en 1921, ancien résistant communiste, le sociologue et philosophe a construit une méthodologie pour tenter de comprendre nos sociétés complexes faite d’interactions entre l’individu, le social, les écosystèmes, la production de représentations culturelles dans une perspective transdisciplinaire. C’est la une de Politis,Reporterre parlait également de la mort d’Edgar Morin. La voix de l’espoir dans un monde qui brûle, c’est l’heure du jour. Médias indépendants à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financés par les dons de ses lecteurs lectrices à on dirait au poste. Et bien non, c’est Reporterre. Le ministre de l’Agriculture à un dîner avec l’extrême droite, pas de problème pour le gouvernement. Ça se voit, ça se voit. Bon pote, il faut politiser les canicules. C’est l’article de Thomas Wagner, c’est bien ça, Thomas Wagner qui nous demande de ne pas être que dans la météorologie mais également de réfléchir aux causes, aux raisons, aux remèdes de tout ça. La rumeur d’Orléans, un livre tellement essentiel, nous dit Thimorophile. Là on revient, dans le tchat, là on revient à Edgar Morin. Alors là, la Rumeur d' Orléans c’est absolument incroyable, moi j’ai eu le bonheur d'étudier ça en classe. "Alors comme beaucoup une vieillesse quelque peu problématique". Alors j’avoue que je ne l’ai pas suivi ces derniers temps. J’ai vu passer ça, qu’il y avait des propos. Un bémol sur Edgar Morin, ses pas extatiques sur sa jouissance de frotteur dans le métro. Merde ! Qu’est-ce que c’est que ça ? Merde. Moi j’en suis resté à la Rumeur d’Orléans. Le Portail des médias indépendants, à la une de vendredi dernier, l'épidémie d’Ebola se rajoute au conflit armé à l’est de la République démocratique du Congo. Afrique 21, nos copains relaient l’alerte d’experts sur le manque d’aide humanitaire. En France, Next revient sur l’adoption au Sénat d’une loi prévoyant notamment l’extension d’une surveillance par IA censée être temporaire. Les scrutins éminents de 2027 poussent Politis à interroger les syndicats sur d'éventuelles prises de positions officielles contre les fachos. Et avant même le début de la présidentielle en Colombie, ce dimanche, AOC liste des problèmes structurels auxquels font face les élus, l’heureux ou l’heureuse élue. C’est la une des médias indépendants réalisés par BastaMag. Est-ce que vous entendez la petite musique derrière moi où je la monte un peu ? StreetPress fait sa une sur la loi qui pourrait être discutée au Sénat 10 ans après la loi pénalisant les clients. La sénatrice écolo Anne Souyris propose de décriminaliser le travail du sexe, un texte coécrit avec les concernés qui pourrait bousculer un parlement tenté par de nouvelles lois coercitives. Un reportage sur la salle de boxe d’Argenteuil et un article terrible qui était paru la semaine dernière, en fin de semaine dernière, que j’avais repéré, en Seine Saint-Denis, le cri d’alarme des avocats de plus en plus précaires. Car l’aide juridictionnelle, figurez-vous, commence à tarder entre retard de paiement et rejet quasi systématique des recours en urgence. Les relations sont tendues entre les avocats du 93 et le tribunal de Montreuil. Une crise de l’aide juridictionnelle qui menace l’accès à la justice des plus précaires. StreetPress, c’est-à-dire sur leur site Les Jours, le travail c'était la santé mentale, pour l’interrogation, entre tabou et stigmatisation, le monde professionnel est souvent inadapté aux personnes souffrant de troubles psy, certaines préfèrent même leur diagnostic Une enquête de Catherine Mallaval et de Mathieu Nocent dans Les Jours qui fêtent leur 10 ans. Alternative économique Isabelle Ferrara la sociologue pour résoudre les crises il faut démocratiser les entreprises pour la sociologues l’entreprise est devenue une condition pour faire face au grand défi qui se pose à nos sociétés contemporaines notamment les crises écologiques et démocratiques. Le Canard enchaîné, un peu sexiste la une, Ségolène Royal, plus d’un corps d’un monarque, bon ça c’est bon, c’est validé. C’est le portrait du Canard enchaîné. La finaliste de la présidentielle de 2007 se serait bien vue candidate à une primaire socialiste pour 2027, c’est mal parti, mais cela ne l’empêche pas de se prononcer Rien à dire ? Et là, en direct de sa cuisine ou de son jardin ? Bon, c’est un nouveau sujet favori, les relations franco-algériennes. C’est la une du Canard enchaîné. Tous les liens seront en bas de la page du live, nous rappelle dame Euryale, je vous rappelle qu’au poste est avant tout un média indépendant, muni de son site, de son propre serveur, de son autonomie, de son indépendance. N’hésitez pas à suivre le poste.média, à vous inscrire à la newsletter que nous envoyons chaque dimanche matin. Le site, enfin plus exactement, le compte Radical Graffiti de BlueSky, sur BlueSky nous montre, vous savez, des graffitis du monde entier jour après jour et j’ai repéré cette affichette absolument magnifique. Le vieux monde est en train de mourir, qu’est-ce que nous sommes en train de construire ? C’est un poster qui a été vu sur le stade du Azteca Stadium à Mexico City où aura lieu, entre autres, la Coupe du Monde de 2026. Magnifique affichette, magnifique affichette, j’adore ce compte un peu petit. Attends, je peux te le remettre plus grand si tu veux. Non, là, ça va être trop grand. Voilà, voilà c’est magnifique ça non ? C’est magnifique, magnifique, magnifique. Voici pour la Revue de presse de France déter. À propos de revue de presse, moi j’aime beaucoup le football, bravo le PSG, mais je suis quand même sidéré par le manque de rappel de ce qu’est le Qatar. Le Qatar, certains disent, est une dictature, d’autres disent que ça s’apparente à une dictature. En tout cas, la liberté d’expression est extrêmement contrôlée. La liberté de manifester n’existe pas. L’homosexualité est réprimée. C’est une monarchie depuis les années 70, on est dans un modèle absolument catastrophique et le PSG sert évidemment de sport washing et c’est quand même sidérant que ce ne soit jamais rappelé. Bon, j’avoue que là, quand je vous ai lu la presse, je me suis dit, mais qu’est-ce que c’est que cette époque ? Qu’est ce que c’est que cette période ? Tout va mal, tout va très très mal. Donc on pourrait dire, bon ok, alors un petit peu de joie, un petit peu de joie pour les supporters et tout ça. Et puis, voilà-t-il pas que je ramène un peu de politique là-dedans, mais enfin, quand même. C’est quand même sidérant. À propos du PSG, je vous annonce que Ana Pich, notre magnifique illustratrice chroniqueuse judiciaire qui avait déjà chroniqué le procès des CRS du Burger King, va pour nous cet après-midi, aux comparutions immédiates à Paris, justement pour nous raconter ces jeunes gars, parce qu’en règle générale ils sont très très jeunes, qui ont été pris par la police dans les rues de Paris. Alors en fait, il y a eu des arrestations un peu partout en France. Ana sera cet après-midi donc au tribunal judiciaire de Paris et devrait nous livrer vers 19h ses premiers dessins, ses premiers croquis, ses premières chroniques judiciaires. Ça se passera sur auposte.media N’hésitez surtout pas à venir regarder ces dessins en toute subtilité, en toute beauté, en tout humanité qu’Anna peut faire et je la remercie vraiment de venir nous raconter ça parce que moi je suis très intéressé de savoir qui sont, qui sont ces jeunes supporters qui, pris par la tourmente, pris la folie, se sont retrouvés dans les rues de Paris coursés par les flics, pourquoi, comment, comment s’est passé leurs arrestation etc etc. Grands moments sur BFM de commentaires en direct par de prétendus spécialistes, certains le sont, d’autres un peu moins, d’images en direct, d’images de feu de poubelle par exemple. C'était assez sidérant, certains étaient aussi sur le toit du drugstore Publicis qui est en face de l’Arc de Triomphe où il n’y avait strictement rien. Donc ces gens passent d’une guerre à l’autre, donc là ça fait 90 jours qu’ils nous bassinent tous les soirs enfin, qu’ils nous bassinent, je veux dire, bien sûr qu' il faut traiter et couvrir cette guerre israélo-américaine sur l’Iran. Mais nous passons dans le sens où c’est vraiment de la platouille, du blabla, etc. Et là, ils sont passés donc d’une guerre à l’autre, directement. Récupération de l’extrême droite comme d’habitude.
00:21:19David Dufresne
Alors je vous ai mis la météo Il fera 26 ° à Bourges, 24 ° à Rennes, 18 ° à Brest où il va un petit peu pleuvoir, à Montélimar 28 °, à Jassion 26 ° et à Metz 24 °. J’ai tous mes jingles qui ne marchent pas. Et voilà mon souci depuis ce matin. C’est quand même marrant cette histoire. Nous attendons Florent Calvez dans un instant, je vais regarder comment ça se passe. Je vais regarder s’il est là, peut-être est-il déjà arrivé, mais oui j’ai l’impression qu’il est déjà là dis donc, ah oui il est déjà là et puis alors attention c’est un professionnel, il connaît Auposte donc il se dit une chance sur deux que David ne m’entende pas donc je fais un signe de tête, oui je suis là, voilà bien joué. Alors moi, je t’entends attention, attention, bonjour et à nouveau, je ne sais plus comment on dit "calvaise" ou "calvé" ?
00:23:05Florent Calvez
Calvez
00:23:07David Dufresne
Comment vas-tu mon cher, mon cher Florent star, pilier du tchat. C’est pas la raison pour laquelle tu es convoqué ce matin. Mais enfin, il me plaît de rappeler à ceux qui connaissent ton pseudo que voici ton visage.
00:23:24Florent Calvez
C’est tellement important !
00:23:27David Dufresne
Alors comment vas-tu ?
00:23:29Florent Calvez
Et bien écoute, ça va, c’est tôt pour tout dire, c’est le jeu de la matinale quoi.
00:23:39David Dufresne
Voilà et la matinale tu la regardes ou pas ?
00:23:41Florent Calvez
Oui, bien sûr.
00:23:42David Dufresne
Tu la regardes en replay ou tu la regardes en direct ?
00:23:45Florent Calvez
Ça dépend à quelle heure je me lève en fait, mais disons que le lundi… Ouais non, ça va,.
00:23:55David Dufresne
Bon super, alors je trifouille mes petites scènes pour pouvoir montrer la raison pour laquelle tu es là. La raison pour laquelle tu es là, c’est celle-ci. Voilà, hop, ça s’appelle l’embrasement. Il est publié chez Delcourt, La guerre Israël Hamas dans l’enfer de Gaza. Magnifique album, comme toujours chez toi, on ne sait pas si tu fais de la BD ou si tu fais de la peinture, si tu fais des tableaux ou si tu fais des cases, mais c’est vraiment de toute beauté. Je tiens, je tiens à le dire. Combien de temps Camarade Florent ? Non, je précise que c’est un livre coécrit avec Michel Goya. On va y venir. Il fait partie de ceux qui bavassent sur les chaînes d’infos. Mais cette fois-ci, LCI mais on en parlera plus tard. D’abord, on travaille on parle de ton travail.
00:25:02Florent Calvez
Écoute, précision, c’est qu’en fait, cette bande dessinée-là, elle se base sur un livre de Michel Goya et pour tout dire, la bande dessinée, je l’ai écrite tout seul, vraiment. J’avais son bouquin sous le coude, j’ai eu des contacts réguliers avec lui où j’envoyais des pages pour qu’il voit l’avancement de mon travail, mais il n’est pas intervenu plus que ça.
00:25:31David Dufresne
Alors, combien de temps ça t’a pris ?
00:25:35Florent Calvez
Alors grosso modo, j’ai commencé, c'était en juillet 2024 et je l’ai fini au moment de l’accord à Gaza avec Trump et Netanyahou, donc c'était en octobre 2025. Donc ça fait un peu plus d’un an.
00:26:00David Dufresne
Alors, je comprends mieux pourquoi, pendant un an et demi, dans le tchat, dès lors que nous parlions de Palestine, de Gaza, d’Israël, tu surgissais dans le chat avec une connaissance absolument incroyable, maintenant je comprends, Monsieur bachotait chez lui, pour faire cette bande dessinée, ce roman graphique. Alors, Roxane nous dit, ça a l’air magnifique. C’est pas que ça a à l’air, ça l’est, tu démarres par le 7 octobre 2023, il est 5h54, c’est la première case. Donc l’idée de cette bande dessinée, c' est de revenir un peu plus que 150 ans, mais grosso modo sur 150 ans d’histoire entre Israël, la Palestine, les Juifs, les Arabes.
00:27:06Florent Calvez
C’est un peu ça. Disons que le 7 octobre, c’est comme le 11 septembre, il y a un effet de choc et le truc c'était que jusqu’alors, je me tenais assez éloigné de la question palestinienne, des conflits au Proche-Orient parce que je me sentais culturellement assez élevé de tout ça. Si bien que le 7 octobre, ça a évidemment été un choc pour tout le monde. Et du coup, ça à levé des questions et finalement, quand on m’a proposé le projet en 2024, donc en juin-juillet, d’abord, j’ai eu un moment où je me suis dit… Qu’est-ce que je vais faire là-dessus, quoi, et puis finalement c’est un peu comme pour Global Police. Quand un sujet me pose question, quand un sujet pose problème plutôt, je me dis de faire une bande dessinée, ça me permet aussi de travailler et de satisfaire ma curiosité et d’essayer de comprendre en fait, et l’histoire et les problèmes structurels. Et c’est pour cette raison-là en fait que je me suis lancé là-dedans pour avoir une vue un peu globale et puis en me disant aussi que si moi j'étais dans ce cas-là, probablement d’autres personnes l'étaient aussi, donc j’ai enquillé le sujet comme ça.
00:28:44David Dufresne
Alors, j’essaie de remettre la caméra de table de sorte qu’on puisse mieux voir tes deux pages parce qu’il y en a certaines qui sont absolument magnifiques. Donc, tu as parlé de Global Police à l’instant, Global Police était la raison pour laquelle tu étais déjà venu au poste, c’est un magnifique travail que tu avais fait avec Fabien Jobard sur l’histoire de la police. Cette fois-ci, l’embrasement, la guerre Israël-Hamas dans l’enfer de Gaza, et paru il y a quelques semaines aux éditions Delcourt, tu l’as dit, c’est l’adaptation en fait du livre du colonel de troupes de marine et historien Michel Goya qu’il avait publié chez Robert Laffont en 2024, et que tu adaptes. Alors, il y a déjà dans le tchat des remarques en disant que le titre est problématique, d’autres disent que le sous-titre est problématique. Alors le sous titre c’est parce que par exemple, certains disent non, ça n’est pas contre le Hamas, c'était contre le peuple palestinien. Et en fait, il ne s’agit pas de te demander de te justifier là, de justifier ton titre, mais en fait de comprendre la démarche avec laquelle tu as travaillé parce que c’est un volcan, évidemment, ce sujet-là. Ça ne satisfait jamais personne. Donc comment on prend ça à bras-le-corps ?
00:30:07Florent Calvez
Bon, alors par rapport au titre
00:30:10David Dufresne
Tu veux quand même défendre le titre, alors vas-y.
00:30:13Florent Calvez
Expliquer en tout cas. Le titre, l’embrasement, c’est le même titre que le bouquin de Goya. Voilà donc c' est l’adaptation en bande dessinée. Le sous-titre, pour tout dire, je n’y suis pas vraiment pour grand-chose. C’est l'éditeur qui l’a défini en fait. Voilà. Il se trouve que dans l’enfer de Gaza, bon, disons qu' il y a un thème sous-jacent dans l’enfer de Gaza, c’est qu’il n’y a pas que les Gazaouis qui sont dans l’enfer. Ça, je pense qu’on comprend un peu à la fin du livre, c' est que toute la région est plongée dans l 'enfer.
00:30:55David Dufresne
C’est ton approche ?
00:30:56Florent Calvez
J’ai oublié ta question, c'était ? Ah, mon approche, oui. En fait, l’idée, ce n'était pas de faire une histoire complète d’Israël ou du Proche-Orient. Il y a pas mal de bouquins qui le font. L’approche du bouquin de Goya, c'était sur le conflit, donc plutôt une question militaire, une question qui a priori, comme ça, me semblait aussi éloignée, mais c’est un biais d’approche pour comprendre la situation, y compris géopolitique. Donc ça, c' est le premier point, c’est l' angle d’attaque parce qu’il faut toujours un angle. Ensuite, on sait que la question est brûlante, qu’elle peut vite devenir explosive. Si bien que j’ai, on est parti sur un principe de neutralité.
00:31:59David Dufresne
Voilà, c’est là où je voulais en venir.
00:32:01Florent Calvez
Alors c’est une neutralité qui est assez étrange, le truc c'était qu’au-delà des gens qui sont déjà formés une opinion, il y a une masse parmi nous qui n’ont pas formalisé un avis propre, qui n’est pas renseigné par l’histoire ou par le contexte. Et comme c’est une histoire qui part de très loin, qui part à la fin du XIXe siècle, l’idée n’est pas de désigner de manière hémiplégique les méchants, les gentils, et de rester juste sur les faits. En se disant aussi que probablement par un peu à un effet Koulechov si on peut dire. Les gens vont se formaliser leur propre avis en mettant l’effet les uns entre les autres.
00:33:06David Dufresne
Alors, je te propose qu’on feuillette le livre, on va s’arrêter sur certaines pages. Le premier chapitre s’appelle Laboratoire du chaos et en gros tout le long du livre tu vas nous emmener dans ce chaos. Page 10 nous sommes nous sommes chez Alphonse, Alphonse Allais, c’est bien ça, non Daudet, pardon nous sommes à Alphonse Daudet en France avec le théoricien du sionisme, qu’est-ce que tu veux nous dire à travers les 4 ou 5 pages le concernant, Herzl ?
00:33:51Florent Calvez
Alors en fait, le truc c’est que tu as reçu Michel Feher il n’y a pas très longtemps et j'étais heureux de voir confirmer ces pages-là dans ses propos. C’est le sionisme, c'était aussi une alliance avec les antisémites. La formation d’un État des juifs en Israël, c’est un projet qui satisfait les sionistes et les antisémites. C’est un peu le truc, on le retrouve après de loin en loin des accords un peu curieux entre les antisémites et les sionistes.
00:34:32David Dufresne
Alors il y a notamment le grand Mufti de Jérusalem qui va aller chercher chez les nazis une alliance. On va avoir des sionistes qui vont demander à ce qu’il y ait le plus possible de gens qui débarquent juste avant guerre pour renforcer l'État d’Israël. Ce que je voulais dire ici, c’est qu’en fait tu nous expliques dès les premières pages que comme disent la phrase préférée des historiens, c’est plus compliqué que ça. Tout est plus compliqué que ça et je me demande comment tu as pu faire ce travail de synthèse. Parce que la BD est un petit peu bavarde, on te l’a dit je crois, mais néanmoins t’arrives quand même à ramasser incroyablement cette histoire-là.
00:35:37Florent Calvez
Alors le boulot de synthèse, c’est beaucoup de lectures de toute façon, c’est beaucoup de documentation et puis après c'était trouver une ligne directrice et puis un propos qui soit le plus fluide possible, alors probablement la bande dessinée est peut-être trop bavarde néanmoins, et j’en suis désolé, mais sinon il m’aurait fallu faire le double et puis m’en donner la fainéant qui se parle. C’est le dessinateur qui dit non, et puis c’est le scénariste qui préfère écrire quoi. Mais disons que en fait dès lors que le fil systémique des événements devient clair dans mon esprit, alors je peux plus facilement montrer les différents aspects, voire les contradictions, les choses qui semblent éventuellement paradoxales quoi.. Quand le fil rouge est clair, après je peux montrer les différents aspects et montrer la complexité des situations.
00:36:46David Dufresne
Quand tu vas parler de documentation, là je montre par exemple un attentat que tu traduis comme ça, c’est absolument magnifique. Ici la liste, nous sommes dans les années 30, c’est ça, Ben Gourion, Pérez, Golda Meir, Béguin, Rabin. C’est juste en 48 en fait. Oui 48, pardon, pardon 48.
00:37:20Florent Calvez
Là par exemple sur la double page où tu es, là je montre l’attentat qui est contre l’hôtel King David à Jérusalem, l’hôtel est le siège des britanniques qui ont encore la mainmise sur la Palestine et l' attentat est fomenté par la droite extrémiste sioniste. Et l’idée, c’est de montrer que là dans la liste des premiers ministres qui sont dessinés là, ce sont tous des intervenants dans la guerre contre les Britanniques d’une part, mais aussi contre les Arabes. Ça montre que tous les gens qui ont tenu les rênes de l'État d’Israël sont avant tout des chefs de guerre.
00:38:18David Dufresne
Question du tchat, il y a-t-il une ? Et on verra que Rabin, plus tard, la détestation de l’extrême droite contre Rabin vient de cette période-là, de 48, son assassinat 50 ans plus tard prend sa source, on pourrait dire, ici, c’est ce que tu nous racontes dans la bande dessinée. Question du tchat, y a-t-il une planche pour les Juifs d’Europe qui sont venus au début du XXe siècle sans penser faire un État mais en essayant de faire des expériences socialistes utopiques ? Très bien, très bien, c’est formidable, c’est formidable !
00:39:01Florent Calvez
Non, mais le truc, ça mériterait un bouquin à part entière sur le sujet.
00:39:12David Dufresne
C’est-à-dire ?
00:39:14Florent Calvez
La formation des proto-kibboutz, c’est un sujet passionnant, mais c'était vrai que je ne l’ai pas traité parce que l’angle était toujours l’implantation des juifs, mais aussi le côté militaire qui sert de fil rouge à la bande dessinée. Or, les implantations des kibboutz ou des proto-kibboutz. C'était pas dans une vision, dans une vue militaire où était-il.
00:39:46David Dufresne
Je fais un saut dans le temps avec cette double page, le livre est chapitré de cette manière-là. Je parlais tout à l’heure de tableau. Intifadas, elle est évidemment au pluriel, avec cette petite case ici. L’intifada c’est la guerre des pierres, l’arme télégénique du pauvre.
00:40:09Florent Calvez
Oui, j’imagine que tu te rappelles, mais toutes les polémiques dans les années 80 sur les gamins qui balancent des pierres sur les soldats de Tsahal ou sur la police israélienne, la réponse médiatique d’Israël sur le fait que ce sont des terroristes qui se plantent derrière les gamins, etc. Ça devient une bataille qui remplit le champ médiatique. Donc c'était important de faire une image là-dessus. Là, dans la double planche, l’idée c’est aussi de montrer que la première identifiée d’avant, en tout cas, c’est d’abord un mouvement social avant de devenir une image télégénique, un truc, une image repère. C’est d’abord un mouvement social et en particulier un mouvement des femmes et des jeunes.
00:41:06David Dufresne
Alors le tchat te répond, oui, enfin c'était des gamins tués et emprisonnés d’office, et d’autres discutent des premiers kibboutz qui étaient une expérience socialiste ou libertaire, absolument. Alors ça c’est par exemple l’intifada et là tout d’un coup tu fais un retour en arrière, c' est-à-dire que très souvent tu as ce procédé où on croit avancer et finalement si je puis dire on recule, on recule dans le temps puisque là par exemple c' est l' occasion pour toi de nous parler du Hamas et de ses origines, on voit ici, donc pendant l’intifada, un graffiti et Dieu sait qu’on aime les graffitis ici, un graffiti du Cheikh Yassine, est-ce que tu peux nous rappeler comment et d’où vient le Hamas ?
00:42:07Florent Calvez
En fait le Hamas, c’est l'émanation des frères musulmans qui sont nés dans les années 30 en Egypte et dont le projet était d’orienter le nationalisme arabe en fait de toute la région, du Maghreb jusqu’au Proche-Orient et de le faire quitter le côté laïque et de gauche quoi. Et en fait les frères musulmans ont donc travaillé dans plusieurs pays, et en particulier en Palestine, constatant les échecs militaires des pays contre Israël en 67 et en 73, et ont commencé à travailler à la société pour faire un travail d’acculturation religieux, sociale et de rentrer pleinement dans la société arabe et palestinienne, en construisant des mosquées, des centres sociaux, des hôpitaux, en travaillant pour avoir la société de cette manière-là, et de s’implanter réellement, notamment en Gaza, sous l'égide du Cheikh Yassine.
00:43:25David Dufresne
Éruption solidaire, si tu veux être plus précis sur ce que tu nous dis dans le tchat, je le relierai sans problème on revient sur les expériences des premiers kibboutz en disant oui, mais c'était déjà colonialiste, un socialisme entre guillemets pour les juifs blancs. C’est toute cette difficulté que tu essaies de retranscrire pour moi magnifiquement. Dans la bande dessinée, mais je ne vais pas faire le malin, je ne suis pas du tout un spécialiste de ces questions-là, je les suis évidemment, peut-être un peu plus que tout le monde, mais je les suis. Mais là, j’ai eu des éclairages grâce à ta bande dessinée que je ne connaissais pas. Maintenant, il est possible qu’il y ait des débats, n’hésitez pas dans le tchat. Oui, non, je ne parle pas arabe, donc je dis pas "ramas" parce que je ne sais pas comment ça se prononce exactement. Dont je dis le Hamas. Et alors là, par exemple. On arrive, alors là, c’est une fresque, puisqu’on parlait des frères musulmans, etc. Et là, tu nous dresses en une case le schisme religieux entre… Regardez comme c' est magnifique, entre les sunnites et les chiites. Est-ce que tu peux nous dire en deux mots, nous rappeler en deux mot, là, ces cases-là, en fait. Est-ce qu’on est censé savoir qu’en fait on ne sait pas ?
00:45:09Florent Calvez
En fait, le truc, c’est que je ne suis pas non plus spécialiste. Je ne parle pas arabe, je ne parle pas hébreu, je ne sais pas lire l’arabe, je ne suis pas un théologien distingué. C’est vraiment ultra résumé, c’est juste pour montrer et dans la suite après, c’est de montrer que le et les chiites, ça date de très longtemps. C’est une vision de l’islam qui se voit par une question de succession du prophète, des questions familiales, des question claniques, et des visions de la société par les clairs ou sans les clairs. Grosso modo c’est ça. C' est la lignée du prophète ou pas la ligne du prophète et ça a des implications, c’est une lutte de pouvoir en fait, et ça des implications qui sont, qui parfois s’effacent en fonction des moments. C’est que finalement le Hamas c'était un mouvement sunnite des frères musulmans mais qui sont alliés pendant très longtemps avec les chiites d’Iran, comme le Hezbollah. Donc finalement, le schisme n’est pas si important que ça.
00:46:39David Dufresne
Alors, Éruption nous dit, donc c’est Kamel en fait, Éruption nous dit : parler d’arabes pour désigner les palestiniens reprend le narratif de l’extrême droite israélienne, un peuple sans terre pour une terre sans peuple. Voilà, je transmets..
00:46:58Florent Calvez
Peut-être, mais ce n’est pas du tout mon intention.
00:47:01David Dufresne
Est-ce qu’il y a un plaisir particulier, honteux, malsain, ou au contraire, voilà, à dessiner la violence ? Parce que tu le fais magnifiquement, là, par exemple, il y a ce mitraillage, tu arrives toujours d’une certaine manière, à sublimer la violence, on a parlé tout à l’heure des pierres et du fait que c'était télégénique, il y a quelque chose, je parlais tout à leur de BFM et de LCI qui sont en boucle depuis 90 jours sur la guerre, parce qu’il y a quelque chose d'éminemment esthétique, quelles sont les questions que tu te poses ? Alors d’abord, réponds à la première question, est-ce qu' il y a un plaisir particulier, honteux ou pas, malsain ou pas à dessiner la violence.
00:48:01Florent Calvez
Alors un plaisir, non, clairement pas et je pourrais revenir, la violence c’est l’illustration d’une action, c' est le produit d' une action et quand je fabrique un récit, j’ai besoin d’action quoi, sinon je passe mon temps à dessiner des gens qui se parlent à une table et dessiner c’est un enfer à lire aussi quoi, donc montrer des moments un peu de climax, c’est super important, puis c' est un rythme de récit, et puis voilà. Maintenant, là, par exemple, l’image de l’extrémiste qui flingue les gens dans la mosquée à Ramallah, là j’ai repris la pose de Tony Montana par exemple. Voilà et je l’ai fait tel que, en me disant, oui effectivement il y a une esthétique de la violence et je pense que beaucoup de personnes sont nourries par ça. Donc le montrer comme ça, c’est pas totalement gratuit. Maintenant, de là à parler de plaisir, c’est compliqué.
00:49:19David Dufresne
Paul Pelt nous dit, je ne vois pas l’intérêt de la question, la question n’a pas d’intérêt mais la réponse, elle vient d’en avoir et c’est ça qui compte, merci Florent. Et alors juste à droite, cette page très sombre, très noire, on en parlait il y a quelques instants, c’est l’assassinat de Rabin.
00:49:41Florent Calvez
Et en fait le truc c’est que je pense que là j’ai, il y a un effet miroir avec, parce que les images ont été filmées il y a un film amateur et j ai repris les images telles que. C’est le moment Zapruder en fait pour Israël.
00:49:59David Dufresne
Alors là, il faut que tu dises qui est Zapruder.
00:50:03Florent Calvez
Le type qui a filmé l’assassinat de Kennedy en 1963 à Dallas. Je pense que c’est peut-être aussi le moment où on arrive vraiment à la violence et à la guerre en direct. Ça nourrit les archives et ça produit comment dire ? Le live, en fait, le live, le vrai live. Ça veut dire la guerre, la violence et la déchirure dans la société israélienne.
00:50:40David Dufresne
Précisément, le tchat nous dit qu’on peut imaginer que l’image de télévision est sidérante, par exemple celle de l’assassinat de Rabin, et que la bande dessinée fait, elle, appel à l’imaginaire, à l’interprétation. C’est-à-dire qu’en fait, il y a le filtre artistique qui donne de la profondeur à l'événement.
00:51:07Florent Calvez
Ouais Alors, ça rejoint un peu le truc dont tu parlais, tu disais, la violence est télégénique. Les chaînes d’infos en continu travaillent la question et montrent des images télégéniques. Finalement, des missiles dans un ciel étoilé, c’est beau en fait. Même une explosion, c’est beau. C’est triste, c’est terrible, mais c’est beau. Comment dire ? Le truc un peu sous-jacent à la bande dessinée, c’est un peu ce que pourraient ou devraient faire les chaînes d’infos. Ça veut dire ne pas se départir du côté télégénique, mais de travailler le fond et d’expliquer le pourquoi, et de ne pas juste montrer des missiles qui explosent.
00:51:56David Dufresne
Alors justement, on en vient à la question un petit peu épineuse, c’est celle du colonel Goya, Michel Goya qui a son rond de serviette à LCI, qui est donc un colonel de profession, qui était un historien, qui est un spécialiste de la spécialité, comme je les appelle sur LCI. C’est son ouvrage que tu as adapté, disions-nous, au début de cet entretien. Comment as-tu travaillé avec lui ? Est-ce que ça a été pour toi une difficulté de le mettre en scène ? Est- ce qu' au contraire tu as… Non c’est pas le peintre Goya, c' est l' expert. Le peintre, le peintre c’est Florent.
00:52:46Florent Calvez
En premier lieu, Michel Goya, moi je ne le connais pas, j’ai parlé avec lui.
00:52:56David Dufresne
Ils disent tout ça quand ils arrivent au poste, alors je ne le connais pas.
00:53:01Florent Calvez
J’ai eu une visio avec lui, qui a duré un quart d’heure, de présentation on va dire. Ensuite, j’ai pris son bouquin, pour ce qu’il est, c’est-à-dire un bouquin d’un technicien. Et j' ai travaillé à partir de cette base-là. Ensuite, au fur et à mesure que j’avançais dans les chapitres, j’envoyais en même temps à l'éditeur et à lui. Et c’est tout. Mes contacts se sont limités à ça. Il n’a pas fait de remarques, mis à part qu’il avait l’air d'être content du bouquin, mais sans plus. Si je l’ai mis comme ça, ce n’est pas parce que j’ai travaillé avec lui, c'était aussi pour circonstancier et délimiter sa parole, pour pas que sa parole ne soit pas embarquée par le bouquin en lui-même, y compris les passages qui ne sont pas dans son livre. Parce que toute la première partie, c’est un travail qu’on ne retrouve pas dans les faits qu' il avance. C’est un travail que j’ai fait avec d’autres sources. Donc l’idée de le montrer en conférencier ou en spécialiste de la spécialité, comme tu dis..
00:54:45David Dufresne
Florent, je vais être honnête, j’ai sauté ces pages-là. Et en fait on peut, me semble-t-il, tout à fait, après j’y suis retourné pour les lire et après je pense qu’on peut tout à fait savourer et apprécier la qualité de ton travail sans ces pages-là, je sais pas, moi j’ai eu une petit réserve, je crois que je te l’avais dit par email, est-ce que tu as eu des retours de lecteurs qui vont dans le même sens ou pas du tout, je suis le premier ?
00:55:23Florent Calvez
T’es le premier. Mais en même temps, j’ai pas eu beaucoup de retours de lecteurs d’une part. Il n’y a pas non plus une masse importante de critiques ou de chroniques sur le bouquin. J’ai une vague sensation que le sujet ou est passé un peu à l’as par l’actualité en Iran et au Liban. Où le bouquin pose sur un sujet tellement brûlant que les médias ne souhaitent pas s’y coller.
00:56:05David Dufresne
Ah non, il est tout sauf raté, non, non il est absolument magnifique, c’est peut-être ma perception, si tu veux, des spécialistes de télé qui me donnent une petite réserve, tu vois. Quand bien même, Goya, au début de la guerre, je trouvais que c'était un des plus intéressants, quoi. Mais il y a un moment donné, mais là ça dépasse ton travail et ta bande dessinée, mais il y a un moment donné où ça fait tellement partie d’un système de bavardages que ça en devient un peu insupportable. Et en fait, si tu veux, je me suis permis de te dire ça parce que en fait ce que tu viens de nous dire sur comment tu as travaillé finalement sans lui. Voilà, ça m’est passé par là.
00:56:51Florent Calvez
Maintenant mais alors attends maintenant si on revient en 2024 quand j’ai commencé à travailler sur le bouquin même si ça faisait déjà plusieurs mois ou années qu’ils travaillent sur les chaînes télé ne serait-ce que par en travaillant sur le conflit en Ukraine c’est peut-être que le dispositif des chaînes télé, des chaînes de plateau, contamine quoi, et fait qu’en fait ils dépassent peut-être, parce que en même temps moi j’arrêtais de regarder les chaînes d’info. Il y a un effet tellement répétitif, tellement redondant avec des gens qui commencent à dépasser leur domaine de compétences que ça devient insupportable, ça a plus le glissement, on va dire, politique des chaînes télé.
00:57:48David Dufresne
Alors je m’en veux parce que cette petite caméra là qui filme ne rend pas hommage, en plus il y a du reflet, ne rends pas hommage à ton travail. Par exemple, cette double page, je veux dire, à elle seule pour moi, justifie l’achat de ton livre. Et pour tout te dire, mon cher Florent, j’espère qu’un jour j’aurai un sujet de bande dessinée, que j’aurais le bonheur de travailler avec toi parce que je suis vraiment admiratif. Cette double page par exemple. Combien d’heures ou de jours de travail ? C’est 10 minutes, 10 minutes mon gars c’est mon métier.
00:58:33Florent Calvez
C’est pas si simple que ça mais en vrai, si je te dis deux jours, tu vas te dire bah finalement ça va. Sauf qu'à un moment donné, comme je passe pas mal de temps à me documenter et puis à travailler la question, au moment de passer au dessin, je suis souvent très vite à la bourre. En signant nos contrats, j’ai une deadline qu’on peut plus ou moins adapter quoi. Et puis, quand ça commence à presser pour un bouquin qui fait 130, 130 ou 140 pages, je sais plus, à un moment donné… Donc tu vois mes journées elles font 18 heures. Donc finalement, tu vois, celle-là, j’ai peut-être mis en tout 30 heures.
00:59:15David Dufresne
Graphiquement, c’est incroyable, nous dit le tchat. Est-ce que c'était par exemple cette double page à partir d’une photographie ?
00:59:22Florent Calvez
Oui, j’ai travaillé beaucoup à partir de docs et de photographies et tu parlais de l’esthétisme de la violence, je me suis aussi coltiné les images des massacres et durs, si bien que je n’ai pas voulu non plus les dessiner, mais je me suis tapé toutes les images sur le 7 octobre. Sur les enfants dans les hôpitaux, les victimes des bombardements, enfin j’ai vu toutes ces images là que j’avais pas voulu dessiner tel que parce que, enfin disons que je suis là un peu en éclaireur quoi et j’y ai vu des trucs vraiment dégueulasse quoi, vraiment.
01:00:19David Dufresne
À la toute fin de ton ouvrage, tu prends la plume, sans dessin, avec un texte où tu nous dis combien tu as été bouleversé. Je pense qu’on le sent ce matin en t'écoutant.
01:00:37Florent Calvez
C’est ma première intervention sur le livre.
01:00:47David Dufresne
Mais qu’est-ce qu’ils foutent, les autres ? Non mais t’es pas responsable moi non plus !
01:00:49Florent Calvez
Non, mais bon, je ne sais pas si c’est le sujet qui invisibilise le bouquin, mais c'était vrai qu’il est largement passé à l’as. Bon, après, je vois des rapports de lecture, des chroniques de lecteurs qui en parlent. Certains soulignent même le courage qu’ils auraient fallu pour traiter du bouquin. Donc c’est un peu comme si le bouquin était rempli d’acide et qu’ils avaient peur de le renverser. Bon, je sais pas, la plupart du temps, quand je sors une bande dessinée, on en parle même localement. Ouest France, Télégram, et là rien, walou, que dalle. Je ne sais pas. Peut-être que le sujet est trop compliqué à traiter, surtout sur un temps court, je ne sais pas…
01:01:49David Dufresne
Je donnerai peut-être une autre explication qui est celle de la paresse journalistique puisque ton livre sort, je crois, en février, au moment où les États-Unis et l’Israël déclenchent la guerre à l’Iran. Et donc, pour les médias, c’est une autre histoire, c’est une autre affaire, c’est de celle-là dont on doit parler, et plus de Gaza.
01:02:16Florent Calvez
Ouais, c’est possible, c’est possible. Oh, j’en suis certain. Mais bon, en même temps, tu vois, le truc, c’est que le temps médiatique et les événements.Enfin, quand j’ai travaillé la fin du livre, j'étais quasiment en direct. Tu vois ? Je travaillais sur les dernières planches au moment où t’avais le cessez-le-feu. Quasiment deux ans après le 7 octobre, c'était vers le 15 octobre 2025 et je travaillais en direct en me disant qu’est-ce que ça va donner sur la sortie du bouquin. Qu’est-ce que ça va donner ? Exactement comme Global Police, on l’avait fini pas mal de temps. On l’avait fini au printemps, le bouquin est sorti en septembre. Entre temps, il y avait eu l’assassinat de Nahel en juillet, quoi et en me disant qu’est ce que ça a donné deux mois après ce genre d'événement. C’est simple, le bouquin, il est remisé, le sujet est passé, on n’en parle plus, on a déjà traité de la question, c’est plus la peine de revenir dessus.
01:03:32David Dufresne
On voit qu’il s’agit d’un travail colossal, nous dit éruption solidaire, pour un vaste sujet où il n’y a que des mauvais coups à prendre, surtout au regard du contexte actuel. Et c'était effectivement ce courage-là, celui de Florent, que je voulais saluer ce matin par cet entretien, parce que je pense qu’on a besoin de gens comme toi qui prennent à bras le corps ces questions-là et qui le font de manière, me semble-t-il, avec un point de vue extrêmement humaniste. Et le plus honnête possible. Alors évidemment, la neutralité dont tu parlais tout à l’heure, évidemment Michel Goya, etc, ça peut faire tiquer telle ou telle, mais n’empêche que la démarche, je trouve, est tout à fait loin. Peut-être, peut-être qu’au poste, cet entretien va déclencher des petites choses. C’est déjà arrivé dans le passé. Il y a quelques éditeurs qui me disent que, en tout cas, du côté des libraires, ça déclenche des pulsions on va dire, j’espère qu’il y a des petits camarades de jeu qui auront la bonne idée de lire ton œuvre et de la critiquer dans le bon sens du terme.
01:04:57Florent Calvez
Oui, alors après le truc c’est que, pour revenir, un dernier mot sur la neutralité. La neutralité c' est que je n’ai pas écrit un essai ou un pamphlet. J’ai essayé en tout cas de ne pas donner mon opinion en fait dans le bouquin. Parce que l’opinion qu’elle fait tout le monde s’en fout et elle a raison. C’est que, je n’ai pas de mandat, je ne représente personne. J' ai travaillé de la manière la plus honnête possible en tâchant de garder mes opinions le plus loin possible. Par exemple, dans le bouquin, il n’y a qu’une seule fois le terme génocide. Une seule fois, pourquoi ? Parce que le mot est piégé ? Et que si je l’employais plus, du coup, peut-être que ça aurait donné plus d’indices sur mes opinions. Or, c’est pas ça que je voulais. Donc, on peut le critiquer, je comprends parfaitement. C’est une question qui m’a travaillé pendant le long de mois. J’ai mis du temps à trouver une solution, qu’elle soit bonne ou mauvaise, aux lecteurs de le dire. Si un jour j'écris un pamphlet, il y aura mon opinion et puis il y aura ce que je pense. Mais je pense qu’on le saisit entre les pages, entre les cases disons. C’est tout l’intérêt de la bande dessinée, c’est qu’il y a quasiment autant de contenu entre deux cases que dans chaque case, c’est le lecteur qui fait le travail. Mais là j’ai juste essayé de faire un cadre commun pour que les gens puissent comprendre au temps possible, à partir de fait pour que le dialogue puisse se faire. Exactement comme avec Global Police, c'était un peu l’idée. Donc Global Police c’est pas mon opinion, ou une part de mon opinion. On essaie d’abattre les cartes et chacun prend la sienne et chacun choisit la sienne.
01:07:14David Dufresne
Mon cher Florent, merci beaucoup, c'était un plaisir et un honneur que de discuter avec toi et maintenant je vais être salaud, je vais te demander de nous jouer un accord avec la petite Fender qui se trouve à tes côtés.
01:07:29Florent Calvez
Alors, je suis en train de commencer à apprendre la guitare.
01:07:32David Dufresne
Ah bah justement, c’est super, on veut t’encourager, vas-y, allez, joue, un petit air, allez ! Oh l’artiste, bon…
01:07:41Florent Calvez
L’ampli n’est même pas branché.
01:07:44David Dufresne
Même pas branché à moi, bravo, merci beaucoup, bonne semaine à toi, c'était un plaisir de te lire, de t'écouter, d’avoir de tes nouvelles et à chaque fois que tu surgis dans le tchat, moi ça me fait du bien quoi, parce que ça y est, l’intelligence collective se renforce, vous êtes quelques-uns comme ça à apporter beaucoup au poste par votre présence. Merci beaucoup Florent, nous dit Optimistik.
01:08:12Florent Calvez
Le poste m’apprend beaucoup et en fait tu finis par me coûter cher en bouquins.
01:08:21David Dufresne
Ah en bouquins !
01:08:23Florent Calvez
Mais oui, mais oui !
01:08:26David Dufresne
Ben ouais, alors figure-toi que je… Comment dire, j’ai pas mauvaise conscience parce que je suis en train de préparer la Bollo Night, une nuit Bolloré, que nous allons faire le 9 juin. Et en fait, ce que je lis sur le monde de la librairie est catastrophique, et donc il faut acheter des bouquins. Enfin là, il y a deux choses qui sont peut-être en passe de disparaître, pas uniquement à cause de Bolloré, mais en partie, c’est le cinéma et l'édition. On parlera de tout ça le 9 juin, mais oui, oui, je suis désolé. Je suis désolée, je sais que ça donne envie. Est-ce que parfois t’achètes un bouquin et t’es déçu par rapport à ce que t’avais entendu dans l'émission ? Tu te dis, putain, ils ont survendu, c’est quoi ce bordel ?
01:09:11Florent Calvez
Ouais, parfois, ouais. Évidemment, je n’ai pas donné de noms, mais des fois oui.
01:09:22David Dufresne
Bon, tu m’enverras un mail pour me dire.
01:09:25Florent Calvez
La question était plus intéressante aussi parce qu’elle était plus vaste ou qu’elle dépassait un tout petit peu les frontières du bouquin mais bon c’est rare, et puis il n’empêche que ça c’est largement rattrapé par les pépites notamment de Michel Feher, moi qui me passionne.
01:09:48David Dufresne
Merci à toi Florent, bonne journée, on a plein d'émissions cette semaine, on plaisir de te lire peut-être dans le tchat cette semaine ou une autre. Encore bravo et à très bientôt !
01:10:01Florent Calvez
Bonne semaine, salut !
01:10:04David Dufresne
Voilà, chers amis, nous allons maintenant passer à la bande-annonce de la semaine. J’espère que tout va bien, il est 8h13, vous êtes sur France Déter.
01:10:14Audio
Tu parles à moi ? Tu parles de moi ? Vous parlez de moi ? Mais qui dit que vous parlez ? Vous parlez à moi ?
01:10:41David Dufresne
Nous parlons de ceci, nous parlons d’un festival de cinéma qui nous est cher, dont ce sera la première édition à Paris, le festival Frida Film Festival, festival et rencontres itinérantes du film d’art. C’est du 27 au 29 juin, c’est à Paris, mais comme son nom l’indique, ça se balade un peu partout en France, mais là c’est l'édition parisienne, et le 27 juin il y aura la masterclass du monteur de ce film magnifique qui s’appelle Soundtrack to a coup d'état, on va regarder la bande-annonce dans quelques instants, Une plongée exceptionnelle dans le travail de quatre ans du monteur Rik Chaubet,qui a travaillé sur des images absolument incroyables. Je vous envoie la bande-annonce. Dans quelques instants, attention. Alors, il a une particularité ce film, c’est que tout le monde en parle, tous les gens dans le Cinoche en parlent, dans les sciences extraordinaires et tout, pas beaucoup l’ont vu. Donc c'était l’occasion, séance de rattrapage, ce sera le 27 juin au Saint-André des Arts, cinéma à Paris, je vous mets la bande annonce.
Audio
[01 :12 :07 Bande annonce.
01:13:48David Dufresne
Voilà, un film absolument magnifique qui sera donc visible le 27 juin. Ça fait partie du focus musique du festival. Il y aura donc une projection spéciale avec une masterclass dédiée au montage et à la musique de ce film de jazz. C’est un jeune monteur, Rik Chaubet,qui est également musicien, qui sera donc là, le film est à 18h le 27 juin, une petite pause et ensuite la master class, un film fulgurant. Absolument fulgurant, et figurez-vous que si vous voulez venir au poste vous offre 10 places. Alors pour cela il faut aller sur le site de Frida Film Festival, je vais essayer de le retrouver, dont je dois dire que nous sommes partenaires, alors voilà le site, je le fais ici, hop, dans la billetterie, hop, et ici vous pouvez réserver votre place. Et on a 10 places offertes, il suffit de mettre le mot de passe au poste, tout attaché en capitales et c’est gratos, voilà ! Ça se passe le 27 juin, samedi 27 juin, à partir de 18h, au cinéma Le Saint-André des Arts. Il y a aussi des projections qui auront lieu au Grand Palais, d’autres au MK2 grande bibliothèque, d’autres peut-être à La Clé qui nous est chère. Allez-y ! Est-ce que vous avez bien entendu parler de ce festival ? Encore une fois, au poste et à l’avant-garde, dites-nous, dites nous, dites nous. À 8h30, nous serons avec la co-secrétaire nationale fédérale de Solidaire Éducation pour parler de la canicule dans les salles de classe, pour parler du statut des accompagnants pour les personnes, les élèves en situation de handicap, enfin, faire un petit tour d’horizon social dans le monde de l'éducation nationale. On en parle peu dans Auposte et pourtant c’est tellement central. Alors Tancrède Ramonet il est déjà venu au poste,voyons.
01:16:47David Dufresne
Je voudrais vous mettre la météo des luttes, je la cherche, elle est ici, tac à tac, tac à tac. On va faire la météo des luttes, et ensuite on aura notre invitée, j’ouvre Firefox, la météo des luttes, elle est ici. Je vous rappelle que vous pouvez nous donner des coups de main. Alors attend, affiche, téléchargements, ouais mais c’est ça. Vous avez un formulaire, si vous voulez que vos activités conspiratrices soient présentées sur Auposte, vous avez un formulaire qui nous aide beaucoup, que vous pouvez remplir, parce que je ne vous cache pas que préparer cette météo, c’est beaucoup de travail. Alors attends, hop, voilà. Tendance de la météo des luttes de cette semaine, une semaine qui s’ouvre justement sur la grève nationale des AED mardi. Alors justement parce qu’on va en parler aussi tout à l’heure dans une dizaine de minutes avec délectation. Avec un foyer chaud à Amiens où six collègues ont été réprimés pour avoir osé faire grève. Donc là il s’agit des gens qui travaillent pour la vie scolaire. La semaine se referme sur deux journées antifascistes vendredi-samedi à Paris, 13 ans après l’assassinat de Clément Méric. En dehors de la région parisienne, le photovoltaïque industriel s’impose comme une ligne de front des luttes territoriales. Alors d’abord, mardi 2 juin à Amiens. Il y aura une intersyndicale, salaire plancher, sous-effectifs chroniques, aucune dotation d’emploi annoncée pour la rentrée 2026. Là on parle des AED. La CGT éducation de la Somme signale un cas concret de répression au lycée Delambre-Montaigne Amiens. 6 AED et maîtres d’internat sont menacés de non-renouvellement de contrat après leur grève du 5 mars contre des conditions indignes. Amiante, radon, chauffage défectueux. Précédent inquiétant punir des agents pour faire grève vous retrouverez les liens à la fois en direct dans le dans le chat et tout à l’heure sur le site d’auposte. À Toulouse mardi, exposition, démarrage d’une exposition qui sera visible jusqu’en juillet, exposition des 90 ans de la une révolution espagnole Donc une exposition de dessins et d’art graphique produit de 36 à 39 pour la révolution espagnole à Toulouse, vernissage vendredi 12 juin à 19h, mais ça démarre dès demain. Auberge espagnole, grillades, projection du documentaire, chants révolutionnaires livret fourni, c’est à Toulouse. À Rennes, vendredi 5 juin, à 9h30. Jusqu'à 17h, formation à l’animation d’Arpentage. L’Arpentage, qu’est-ce que c’est ? C’est lire collectivement, c'était lire autrement. Une journée pour saisir les enjeux sociaux de la lecture et expérimenter des pratiques collectives en vue de produire de la compréhension et de l’action collective gratuits, ouverts à toutes et à tous. C'était organisé sur inscription. C’est à Rennes, c’est vendredi. Vendredi, à Paris, et notamment au rassemblement antifasciste en mémoire de Clément Méric, militant et à solidaire étudiant, à l’action antifasciste Paris-Banlieue et Act Up, il avait été assassiné, on s’en rappelle, le 5 juin 2013, en plein Paris par des néonazis, 13 ans après les organisations antifascistes appellent un rassemblement. C’est donc ce vendredi à 18h00 et notamment au métro Havre Caumartin. On rappelle qu’une attaque de 150 nazis à Paris a eu lieu il y a quelques jours par des supporters de l’OGC Nice. Voilà, ça se passe donc vendredi 5 juin. Je regarde un clip d’au poste, que se passe-t-il ? Alors je vois qu’il y a des questions qui sont posées pour tout à l’heure, je pense. Alors n’hésitez pas. Alors Émeric, je n’ai pas vu ta réponse dans le formulaire. Alors attention, il faut toujours que l'événement que vous proposez ait lieu à partir du lundi de la matinale, évidemment. Parce que parfois je reçois des annonces pour des choses qui ont lieu le lendemain ou le surlendemain avant France Déter, donc je ne peux pas les annoncer, je ne sais pas si c’est le cas pour toi. Samedi 6 juin, lieu à confirmer, Pride des banlieues, marche pour un logement digne pour les personnes queer des quartiers populaires, la Pride des banlieues articule lutte pour le logement, antiracisme, droit LGBT+, La crise du logement est nommée pour ce qu’elle est, une crise politique reflet d’un pouvoir qui gouverne contre les classes populaires, sans logement, il n’y a pas de dignité, sans rupture avec le macronisme, il y aura pas de justice sociale, samedi, le lieu est encore à définir, ce sera soit à Paris soit en région parisienne, dimanche à Paris également, librairie Publico rue Amelot Projection débat par la fenêtre ou par la porte, affaire France Télécoms Orange, un documentaire de Jean-Pierre Bloch qui retrace le long combat syndical contre le plan NEXT de Didier Lombard qui avait poussé 22 000 agents au départ entre guillemets volontaires entre 2004-2009 et une flopée de suicides. Le 30 septembre 2022, le procès en appel se clôturait sur la première condamnation pénale de dirigeants du CAC 40 pour harcèlement moral institutionnel. Le film raconte cet épisode par celles et ceux qui ont mené la lutte. La semaine prochaine, mardi 9 juin, Tchernobyl, 40 ans, quels enseignements pour aujourd’hui ? Ce sera dans le Gard, c’est la libre pensée du Gard qui organise une réunion publique pour tirer les leçons actuelles dans un contexte de relance nucléaire assumé par l'État français. Le 11 juin, discussion sortir les médias des mains des milliardaires du CNR à aujourd’hui, ce sera à Rennes, jeudi 11 juin. C’est un débat autour de Acrimed et du collectif René, les jours heureux, et ça aura donc lieu le 11 juillet à Rennes. C’est tous les samedis, bon ben écoute, je l’ai pas vu Émeric, je suis désolé. Il a échappé à ma vigilance. Cajarc dans le Lot ! Du vendredi 12 au dimanche 14 juin, le printemps photo révoltée, festival national des résistances au photovoltaïque, 3 jours d'échanges, de réflexion, d’organisation et de fêtes contre la colonisation des terres par l’industrie photovoltaïque, table ronde avec un dénommé David Machin, mais également Laurence Marandella de la Confédération Paysanne, François Dufour d’Attac, des juristes, des forestiers, projection de documentaires, des spectacles, des concerts, des carnavals, du vivant, participation libre organisée par la Coordination nationale photorévoltée, et la Confédération Paysanne, Lot et Occitanie. Ça se passe donc à Cajarc, c’est dans l’Aveyron. Cajarc, vous vous souvenez de Cajarc, non ? Le Schmilblick ? Bah oui, c’est là ! Papy Moujo ! Il est là ! Et putain, putain ça remonte tout d’un coup. Voilà, très bien, Seine-Saint-Denis, 13 et 15, du samedi 13 au lundi 15 juin, mobilisation contre Euro Satory, c’est le Lot, pas l’Aveyron. C’est à la limite, c’est à la limite Oxymus. J’ai dit Aveyron parce que, ouais, c’est à la limite quoi, voilà. La ville de Pompidou, oui je crois que oui, je crois que c'était sa ville natale absolument. Donc du 15 au 19 juin, Euro Satory, le plus grand salon d’armement du monde, se tient à Villepinte pendant que les dirigeants du G7 sont à Évian. La coalition Guerre à la guerre appelle à un week-end de mobilisation, d'échanges et de formation les 13, 14, 15 juin en Seine-Saint-Denis. Programme complet sur guerre à la guerre point net vous aurez le lien dans le chat et sur le site auposte.média tout à l’heure et je me dis que c’est pas mal d’annoncer parfois longtemps à l’avance qu’un jour avant comme ça ça permet à chacune et à chacun de prendre leur disposition s’ils le veulent et justement du 26 au 29 juin à Bagnolet premières assises du communalisme et de l'écologie populaire On passe à la fascisation, au racisme décomplexé, au renoncement écologique, des organisations appellent à franchir un seuil, quatre jours de rencontres, de débats, de constructions collectives à Bagnolet, ça se passe les du 26 au 29 juin. Alors, je crois que notre prochaine invitée est déjà là, c’est absolument incroyable. Ça roule ce matin, mais ça roule, c’est incroyable ! Hop, attends, on va voir ça deux secondes.. ouais, c’est bon, c’est bon !
01:27:35David Dufresne
On va juste faire très très très vite la météo du tchat et ensuite ce sera à vous Coline dans quelques instants. Mais d’abord la météo du tchat, ouvrez les volets, ouvrez les fenêtres, dites-nous quel temps il fait par chez vous. Et dans quelques instant, Coline Wiatrowski qui est donc, que je ne me trompe pas, parce que co-secrétaire fédéral de SUD Éducation sera avec nous. Vois qu’elle est déjà à mon avis dans les locaux de sud. Quel temps fait-il par chez vous les amis ? Il fait beau là oui, mais là c’est où là Tildia ? Où est-ce que tu es ? Paris, Bruxelles, 23 degrés, nous dit Medbell. BOUH ! chaud à Clermont, au secours on va encore fondre, nous dit Trogol, gris et frais dans le Finistère, nous dit Fille de Papier, le fond de l’air est pas assez rouge à Paris, oh ça c’est bon ça, ça c’est bon Timorophile, grand beau sans calicule, nous dit Rolland, ça c´est du côté du sud-est. Dans la vallée du Dromistan, il fait beau et plus frais, ouf ! Nous dit Émilecheval, la reine, la reine de ces pots extraordinaires. Merci à toi Emilecheval, je vais te répondre à ton email. Il fait bon en Maine-et-Loire, mais pas trop chaud, dit nono, beau temps à Revel, 31, frais ce matin, nous dit Verobe, 31. A Bordeaux, temps gris et plus frais, après les 38 degrés de la semaine dernière, on respire, frais dans le jus, c’est quoi ? C’est le jus ? Le jus ? Le Jura ? Le quoi ? Frais mais pas un nuage, mais dites-nous où ? Près de Prades, il fait encore beau, nous dit, la Belle-Hélène, fait bon à Nantes, nous dit, Piscopathe. Attention, Coline Wiatrowski, est-ce que vous êtes prête ? Ah voilà, elle vient de se redresser. C’est parfait, c’est parfait bonjour, bonjour. Est-ce qu’on vous entend ? C’est parfait, comment ça va ?
01:29:49Coline Wiatrowski
Bien, merci, merci pour l’invitation.
01:29:53David Dufresne
Je vous en prie, vous êtes donc la co-secrétaire fédérale de SUD Éducation. Avec vous, on va parler justement de canicules dans les classes, du statut des AESH, à chaque fois, j’ai du mal à le dire, accompagnant d'élèves en situation de handicap qui font un travail formidable qui n’est pas reconnu et 8 scolaires qui sont à la ramasse. Est-ce que ça vous convient comme petit programme ? Oui. Alors, on va démarrer par la canicule, sept départements étaient placés en vigilance orange canicule le 28 mai et le ministère n’avait rien prévu. En tout cas, pas de fermeture de classe, c’est bien ça ?
01:30:39Coline Wiatrowski
Oui, oui c’est exact. Oui ben effectivement, enfin, année après année on voit que ces épisodes de canicule se répètent et que le ministère ne prend toujours pas les mesures à la hauteur. On a des bâtiments qui sont totalement inadaptés pour une grande majorité d’entre eux à ces périodes de canicule et qui ne nous permettent absolument pas d’avoir des conditions décentes pour nos élèves et pour le personnel.
01:31:08David Dufresne
Alors, en juin 2025, 2000 écoles avaient dû fermer face à la canicule, le 1er juillet 2025 c'était même 2200. Là, la semaine dernière, aucune école n’a fermé.
01:31:22Coline Wiatrowski
À notre connaissance, effectivement, il n’y a pas encore eu de fermeture d'école pour cette année.
01:31:30David Dufresne
Est-ce que vous pouvez me raconter comment vos collègues arrivent à pallier aux insuffisances de l'État ? Concrètement, dites-nous. Dites-nous pour ceux qui n’ont plus d’enfants en âge d’aller à l'école. Voilà, dites nous.
01:31:50Coline Wiatrowski
Et bien dans les choses très concrètes justement, puisque le ministère et l'État, les collectivités qui sont censées gérer les bâtis scolaires, donc parce que les personnels sont gérés directement par le ministère de l'éducation nationale, mais les bâtis eux sont géré par les collectivités territoriales, donc pour les écoles ce sont les mairies, pour les collèges, les départements et pour les lycées, les régions et donc il n’y a pas du tout de plan de rénovation du bâti scolaire à la hauteur, mais même quand on parle de petites mesures, on a beaucoup de mal à obtenir ne serait-ce que des ventilateurs dans nos salles de classe. Et donc, tout simplement, des personnels amènent leur propre ventilateur dans les salles de classe pour parler de petites mesures qui sont très concrètes et très basiques. Mais surtout, en fait, les personnels sont invités à amener leurs élèves dans des salles plus fraîches dans les établissements sauf qu’en fait la plupart des établissement ne disposent pas de telles salles que les établissements sont pour beaucoup occupés à plus de 100 % donc il est très difficile de pouvoir faire des aménagements enfin des aménagements d’occupation des lieux puisque nous n’avons pas l’espace suffisant et globalement, les collègues essayent aussi de pallier. Sur des choses très concrètes, essayer de fournir de l’eau aux élèves parfois, parce qu’enfin on a une démultiplication des malaises, mais ces malaises touchent nos élèves mais aussi les enseignants et enseignantes et le personnel de manière plus générale. Donc voilà, les personnels sont dans des situations qui ne sont pas tenables, à essayer de prendre soin de leurs élèves mais sans avoir les moyens pour le faire. Par exemple, il y a aussi des collègues qui essaient d’amener leurs élèves plus dehors, notamment dans le premier degré. Mais là encore, on a des difficultés avec des cours d'école qui ne sont pas du tout suffisamment végétalisés. Donc finalement pour beaucoup, les cours ne peuvent pas du tout fournir les îlots de fraîcheur nécessaires pour les élèves. Donc voilà, les collègues sont dans des situations difficiles pour essayer de faire face à ces périodes de canicule pour nos élèves. Et on tient aussi à souligner que l’an dernier, quand il y avait eu des fermetures d'écoles, pour nous ce n’est pas non plus une mesure satisfaisante parce qu’en fait elle est source de grandes inégalités sociales puisque ce sont souvent les écoles dans les zones les plus défavorisées qui sont les moins adaptées en termes de bâtis scolaires. Et donc ce sont les élèves issus des milieux sociaux les plus défavorisés, qui sont le plus privés d'écoles. Alors que l'école aurait vocation à lutter contre les inégalités, au contraire, on voit qu’elle les renforce à nouveau en période de canicule.
01:34:56David Dufresne
Alors, Kaof nous dit, pour info, c’est la prof de primaire de mon petit loup qui a dû acheter un ventilo avec ses propres deniers pour la classe. Est-ce que vous voyez des différences à la fois, alors, entre les niveaux, c’est-à-dire, est-ce-que, d’une manière générale, les villes sont plus proches de l'école primaire, sont plus proches que les départements qui eux-mêmes seraient plus proches que les régions, c’est-à-dire école, collège, lycée. Est-ce que vous voyez déjà une distinction qui pourrait se faire par rapport à ça ou pas ?
01:35:33Coline Wiatrowski
Alors il y a peut-être un petit peu plus de volonté directe de la part des élus à l'échelle municipale, mais en fait concrètement ça ne débouche malheureusement pas sur plus des rénovations. On a mené une grande enquête parce qu’on a mené une campagne, on mène toujours une campagne sur la rénovation thermique justement du bâti scolaire avec l’Alliance écologique et sociale, dans laquelle sont aussi pour les syndicats enseignants la FSU et la CGT Éducation, ainsi que Greenpeace, les Amis de la Terre en association. Et on a mené une grande enquête auprès de nos collègues l’an dernier. Et pour le coup, les retours, que ce soit dans le premier degré comme dans le second degré, pointent les mêmes manquements vraiment basiques. Notamment, nous n’avons pas dans la plupart des établissements scolaires, ne serait-ce que des volets pour pouvoir faire un petit peu d’ombre ou des brise soleil pour pouvoir limiter la chaleur. Il y a même un certain nombre de salles, que ce soit dans le premier degré ou dans le second degré, où il n’est même pas possible d’ouvrir les fenêtres parce que les huisseries sont condamnées. Voilà, donc des choses très, très basiques, vraiment, pour pouvoir aérer un petit peu et ne sont pas possibles dans certaines écoles et briser le soleil non plus. Et ça, malheureusement, que ce soit dans le 1er, comme dans le 2nd degré. Même si on peut effectivement constater que dans le premier degré, les maires et les mairesses ont tendance à peut-être se sentir un petit peu plus concernés par le sujet, mais manquent aussi de moyens. Cette année, notamment le Fond vert, qui permettait aux collectivités territoriales d’avoir des moyens pour, même si c'était totalement insuffisant, mais pour rénover, entre autres, les bâtis scolaires, ce Fond Vert a été mis à mal par le nouveau budget et donc les collectivités territoriales n’ont pas non plus suffisamment de moyens pour entreprendre ces rénovations.
01:37:42David Dufresne
Alors le tchat dans sa grande sagacité nous fait pan sur le bec car il y a eu des classes qui ont été fermées en Martinique, il y a eu une classe à Soustons, alors je ne sais pas où ça se situe, je suis désolé, il nous dit Véro31, donc 31 si c’est par rapport à Toulouse, voilà ça devait être dans le coin. L'école a été fermée le 28 et 29 mai, donc il y a quelques écoles qui ont fermé la semaine dernière. Enfin, pour terminer sur la canicule, il y a deux petites questions. D’une part, là, on a fait un distinguo des degrés et des responsabilités des collectivités territoriales. Est-ce qu’il y a une différence entre une région, par exemple, qui est au moins d’une gauche et une région au moins de la droite ? Est-ce qu’il y a une différence entre une mairie communiste et une mairie RN, par exemple, sur ces questions-là ?
01:38:37Coline Wiatrowski
Alors oui effectivement, on constate des différences selon le bord politique de la collectivité territoriale dont on dépend. A titre d’exemple, en région Auvergne-Rhône-Alpes, dans laquelle je travaille à titre personnel, on constate que beaucoup de moyens sont attribués aussi, quand il s’agit de rénover le bâti scolaire, que les moyens sont fléchés très différemment en fonction des lycées publics et des lycées privés. Et que les lycées privés sont privilégiés, et que le lycée public est resté dans un état qui relève parfois de l’insalubrité, avec une totale inadaptation aux enjeux en termes de chaleur, mais pas qu’avec de nombreuses infiltrations et ce genre de choses qui nuisent également à la santé de nos élèves et des personnels. Donc effectivement, on constate qu’il y a des différences selon les bords politiques des collectivités territoriales, mais malheureusement, c’est quand même rare de trouver des collectivités dans lesquelles la situation serait totalement satisfaisante.
01:39:56David Dufresne
Soustons, commune française située dans le département des Landes en région Nouvelle-Aquitaine. Alors, ça c'était pour la canicule. Alors maintenant, dites-moi comment ça se prononce parce que le chat m’explique qu’on dit A-E-S-H- C’est ça ? Je sais pas, comment vous dites ?
01:40:18Coline Wiatrowski
Les AESH, donc effectivement les accompagnantes et accompagnants d'élèves en situation de handicap.
01:40:23David Dufresne
Alors, je ne vous félicite pas parce que figurez-vous que sur votre acte c’est pas dit. Et j’ai été obligé d’aller chercher ce que désigne cet acronyme accompagnant des élèves en situation de handicap. Là, on sent que vous parlez à votre monde, très bien.
01:40:45Coline Wiatrowski
Mais malheureusement, on a parfois tendance à utiliser beaucoup de sigles dans l'éducation nationale.
01:40:50David Dufresne
C’est l’enfer ! En plus vous êtes 50 syndicats, ça fait des sigles à rallonge, des trucs et des machins, mais quand même, on vous donne la parole parce que c’est absolument essentiel. Le ministre envisage une fonctionnalisation limitée de 10 à 20 %, si j’ai bien compris vos tracts, qui par ailleurs sont très complets, des accompagnants d'élèves en situation de handicap, alors que vous nous rappelez que ces accompagnants constituent le deuxième métier de l'éducation nationale. 94 % du métier est féminin, il est sous-payé, il est à temps un incomplet contraint. Déjà première question, quelles sont vos revendications et qu’est-ce qui est en train de se passer avec le ministère par rapport à ça ?
01:41:46Coline Wiatrowski
Alors ça c’est une lutte qui nous tient vraiment à cœur depuis de nombreuses années à Sud-Éducation parce qu’effectivement nos collègues AESH ne sont pas du tout reconnus à la hauteur de leur travail et du rôle central qu’elles jouent dans notre école puisque l'école a vocation à être inclusive pour les élèves en situation de handicap et que le rôle des AESH est absolument central là-dedans. Comme vous le rappeliez, c’est le deuxième métier de l'éducation nationale et pour autant, ces personnels essentiels à notre ministère sont maintenus dans une situation de précarité totalement inacceptable puisque ce sont des personnels, comme vous le rappeliez, qui sont en très grande majorité des femmes et à qui on impose des temps C’est-à-dire comme leur temps plein est considéré comme étant à 35 heures hebdomadaire mais les élèves qu’elles accompagnent ne passent pas 35 heures en classe et donc on leur impose des temps partiels parfois très fractionnés, parfois sur plusieurs établissements pour aller accompagner divers élèves dans différentes classes puisque très peu sont les élève qui sont suivis sur toute la semaine et même par rapport aux notifications qui sont émises par les MDPH, donc les Maisons Départementales pour les personnes en situation de handicap. Les préconisations dans de très nombreux départements, enfin dans la totalité en réalité des départements ne sont pas suivies pour l’ensemble des élèves par manque de personnel AESH, donc les AESH sont obligés de composer, de jongler d’un d’une élève à l’autre et voire de s’occuper simultanément de plusieurs élèves. Donc elles font un métier qui est vraiment éprouvant et pour autant on les maintient dans cette situation de précarité. Donc nous, en termes de revendication, il y a la création d’un vrai corps de fonctionnaire et surtout la reconnaissance d’une temps plein à 24 heures hebdomadaires puisque les AESH, comme les enseignants et enseignantes, ont besoin de temps pour préparer les séances, justement pour être en lien avec les enseignants et enseignantes pour pouvoir accompagner au mieux les élèves dont elles sont accompagnantes. Et là-dessus, le ministère fait la sourde oreille et justement nous répond que ce corps de fonctionnaire, c’est compliqué parce que finalement ce serait un corps de fonctionnaires qui correspondrait à uniquement des temps partiels, enfin voilà, donc plutôt que de prendre ce problème à bras le corps et de reconnaître un temps plein comme étant à 24 heures en présence d'élèves en classe par semaine pour les AESH, et bien du coup le ministère te plutôt en touche de ce côté-là.
01:44:48David Dufresne
Alors ministère avec lequel vous vous réunissez, vous avez des groupes de travail qui est prévu le 17 juin et donc vous faites vous Sud, vous faites grève, le 9 juin c’est grève.
01:45:04Coline Wiatrowski
Exactement, donc le 9 juin effectivement, ce sera grève pour faire entendre la création, enfin pour faire entendre nos revendications, mais c’est pas seulement SUD qui fait grève, c'était une grève qui se fait en intersyndical avec bon nombre des syndicats de l'éducation nationale, mais effectivement pour nous cette grève elle est importante pour faire entendre nos revendications et qu’enfin nos collègues qui sont essentiels à l'éducation nationale soient enfin reconnus.
01:45:40David Dufresne
Verobe nous dit, c’est pourtant un super métier, je l’ai exercé quelques années, j’en garde de très bons souvenirs. Des questions du tchat, beaucoup d’amis profs et syndiqués me disent que les équipes enseignantes méprisent largement les AESH et ne les mettent que rarement dans leur lutte tout en minorant la spécificité de celles des AESH. Est-ce que vous confirmez ?
01:46:07Coline Wiatrowski
Alors, je ne serais pas aussi sévère que ce qui a pu être dit. Par contre, effectivement, de fait, l’ensemble des personnels sont tellement sous pression que ça peut générer des situations où justement, plutôt que de travailler ensemble, parfois il peut y avoir ponctuellement des tensions qui peuvent émerger et effectivement une absence de reconnaissance de la part de certains et certaines collègues, enseignants et enseignantes, mais c’est loin d'être la totalité. Enfin, on a quand même un certain nombre de collègues qui se mobilisent aux côtés des AESH parce que, justement, enfin, on est nombreux et nombreuses à nous rendre compte que ces collègues sont totalement essentiels à l'éducation nationale.
01:46:56David Dufresne
LZ aussi nous dit
01:46:59Coline Wiatrowski
Il y a du travail à faire.
01:47:00David Dufresne
LZ aussi nous dit, Fabienne dans le chat, les autres élèves de la classe, ce sont des personnes généreuses, sorte des médiatrices, m’ont colporté mes enfants, Fabienne dans le tchat. Dernier point qu’on voulait aborder, parce qu’il est déjà 8h50 et il me reste encore plein de trucs à faire, c’est, alors, c'était un autre acronyme, c’est les AED, alors là c' est pareil, AED il a fallu que j’aille chercher ce que c' était, bon ben en gros c’est les pions ?
01:47:27Coline Wiatrowski
Oui, alors on va éviter d’utiliser ce terme qui peut justement être un petit peu dévalorisant.
01:47:37David Dufresne
Ça se dit plus, ça se dit plus, très bien, ok, bon, alors, on dit quoi les surveillants ?
01:47:44Coline Wiatrowski
On dit les assistants et assistantes d'éducation parce que c’est une façon aussi de reconnaître leur réel rôle éducatif.
01:47:50David Dufresne
Ah oui, c’est comme gardien de la paix, quoi ! C’est quand dire gardien pour dire flic ! Non, je rigole, je suis en train de rigoler ! Je plaisantais, c’est un point important et en plus brûlant d’actualité puisque là aussi vous vous mobilisez demain deux juin et là encore c' est tout un pan de l'éducation nationale sans ces gens là les choses ne marcheraient pas qui se retrouve blackboulé.
01:48:24Coline Wiatrowski
On se mobilise demain pour les assistantes d'éducation qui sont nos collègues qui font tourner les vies scolaires dans le second degré et qui, elles et eux, jouent un rôle essentiel dans nos établissements, dans nos collèges et nos lycées qui sont au contact direct des élèves et qui participent au climat scolaire, à avoir un bon climat très activement. Et qui, elles et eux, sont, comme les AESH, pas du tout reconnues à la hauteur de leur travail et maintenues surtout dans une situation de précarité, puisqu’il s’agit d’emplois qui ne permettent pas d'être fonctionnaires à ce jour. Donc ça, ça fait partie de nos revendications également que les AED puissent bénéficier d’un corps de fonctionnaires et puissent être titularisés dans la fonction publique. Actuellement, c’est quelque chose de récent, mais au bout de six ans de CDD, les AED peuvent accéder à un CDI, mais c' est loin d'être automatique. Et voilà, il n' y a pas beaucoup de métiers quand même dans lesquels la période d’essai dure six ans.
01:49:48David Dufresne
Ici au poste, c’est, ça fait 5 ans qu’on est en période d’essai.
01:49:54Coline Wiatrowski
C’est beaucoup !
01:49:56David Dufresne
En tout cas, merci beaucoup Coline Wiatrowski d'être venue ce matin et plus encore d’avoir accepté au débotté hier après-midi cet entretien. Depuis le vendredi, je réclamais quelqu’un de chez vous, je n’arrivais pas à vous joindre. Merci beaucoup d' avoir eu le temps de me répondre et d’accepter cette invitation. Tenez-nous au courant Il y a Euryale la modératrice qui a peur de perdre son taf, mais non, bien sûr que non, mais, non. Merci beaucoup, bonne journée à vous. Vous étiez dans les locaux de Sud là ou pas ?
01:50:40Coline Wiatrowski
Non.
01:50:42David Dufresne
Ah ! Parce que, bon alors je vous demande pas…
01:50:47Coline Wiatrowski
J’ai dit non, désolée.
01:51:12Coline Wiatrowski
Merci à vous !
01:51:13David Dufresne
À bientôt, à bientôt chers camarades, il nous reste, ah la vache, il ne reste les convocations, il nous reste Radio Londres, il ne reste Radio Police, on commence par quoi ? Allez hop, on va faire Radio Police alors, je voulais vous parler d’une interview très intéressante publiée dans l’Humanité. C'était ce week-end, le temps qu’elle charge. C’est donc dans l’Humanité que les partis d’extrême droite ont toujours été leur fervent soutien, police extrême-droite, un mariage vieux de 300 ans. C’est donc l’historienne Jeanne-Laure Le Quang qui revient sur plusieurs épisodes marquants de l’institution. Ça a été publié il y a un petit peu plus, oui je vous ai dit la semaine dernière, non c'était le 21 mai, mais je ne vous l’avais pas signalé donc je voulais le faire avec vous mai j’ai pas mon abonnement. Ah, quel dommage, c’est vraiment une interview absolument passionnante, je vais juste vous lire le tout début. J’ai pas le login pour aller sur l’Humanité. En 2026, la question du racisme systémique au sein de l’institution policière n’a toujours pas été réglée. Dans le même temps, ces syndicats majoritaires revendiquent davantage de marge de manœuvre comme une présomption de légitime défense apparentant à un droit de tuer ou encore un droit d’regard sur les décisions de justice, le tout avec l’appui du Rassemblement national de Reconquête et même d’une partie des républicains depuis l'époque napoléonienne jusqu’aux années 80, en passant par l'époque coloniale, l’histoire de la police et de la gendarmerie française est jalonnée de choix politiques qui l’ont façonné et de revendications professionnelles qui l’ont rapproché de certains mouvements. Désolé, j’ai vidé le cache et je n’ai pas le mot de passe pour me loguer pour l’entretien, Mais si vous êtes abonné à l’Huma et que cet article vous a échappé, et bien n’hésitez pas à aller lire cet entretien absolument passionnant qui balaie en effet 300 ans d’histoire.
01:54:23David Dufresne
On va passer à Radio Londres, alors deux articles, mais là c’est pareil si je suis si j’ai pas le login ça va pas faut que j’aille le chercher, attend c'était quoi ce truc là, faut que j’allais le chercher c’est pas possible, attend attend attend, vous me laissez une petite seconde, je pense que ça c’est celui là, attendez attendez, Vous me laissez une petite seconde, je vais chercher le login, je me refais un petit café et je reviens. J’ai deux articles à vous lire. Avant la présidentielle, entre Marine Le Pen et Bardella, c’est Tandem, moi non plus. C’est l’enquête que je voulais vous lire, qui a été publiée samedi par Libération. Et j’avais aussi un autre article dans l’Humanité. Vous m’attendez ? Je reviens tout de suite.A tout de suite.
01:55:35Audio
On a essayé de déconstruire des idées en s’appuyant sur des travaux de sciences sociales et d’apporter une meilleure connaissance des quartiers populaires…..
01:59:20David Dufresne
Et voilà, et voilà, et voilà Est- ce-que c' est bon, de votre côté ? Il y avait en double, c’est bon, super. Florent, t'étais très bien, t'étais très bien, j’ai vu ton petit message tout à l’heure dans le tchat, Mais comme j'étais avec l’autre invitée, je t’ai pas répondu, mais c'était très bien. Donc ici, Londres, la rubrique Antifa de France Déter, la matinale de auposte Extrême-Droite avant la présidentielle entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. C’est Tandem, moi non plus, porté par les sondages, le RN affiche son unité, mais des inquiétudes pointent. Les deux pré-candidats du parti sont notamment suspendus à la décision de la Cour d’appel qui déterminera le sort politique de leur chef de file. Hop, j’offre gratuitement cet article. Dans la salle, certains députés, alors c’est une enquête de Charlotte Belaïch, publiée le 30 mai 2026 à 7h52 par le journal Libération. Dans la salle, certains députés regardent leurs pieds. On saura qui parle à la presse, menace Marine Le Pen qui, ce mardi d’hiver, elle les met en garde en réunion de groupe à l’Assemblée. Même si les journalistes vous disent que c’est du off, ça reviendra comme un boomerang dans un an ou deux ! Est-ce l’effet de ce rappel à l’ordre ? Aujourd’hui, tout va pour le mieux au Rassemblement national. Peu importe si le parti ignore encore qui, de la patronne des députés RN ou de Jordan Bardella, sera son candidat à la présidentielle suspendue à la décision de la Cour d’appel qui va déterminer le sort politique de Marine Le Pen du 7 juillet. Peu importe si les autres candidats se lancent de Mélenchon à Attal et Édouard Philippe, Marine Le Pen dit-on, et serait dans cette candidature hybride un quasi-lux ! Qui d’autre à deux candidats solides testés à plus de 30 % interrogent les cadres du parti. Alors ouais, j’adore le terme de tester, c’est quelque chose comme ça. Nous on ne veut pas tester, on connaît l’extrême droite. On sait ce que c’est. Bon bref, donc là ils parlent des sondages évidemment. En effet, les adversaires aussi, ayant bien du mal à définir lequel des deux est le moins bon candidat. Elle a l’expérience, il n’a pas son nom. On ne concurrence pas à la marque RN, admet un zémouriste, c’est devenu un mastodonte, ce n’est plus qu’en 2022. On pourrait présenter une vache qu’on ferait un score, s’amuse un eurodéputé, convaincu comme beaucoup que la moisson approche. Il se passe ce dont nous rêvions, raconte Carl Lang, ex-fidèle de Jean-Marie Le Pen. Les conditions historiques s’imposent aux hommes et elles sont réunies. Nous sommes en crise économique, sociale, sécuritaire et identitaire et les partis du système sont en faillite. Alors ça, je peux vous dire que c’est le discours du FN depuis sa création 72. Le RN est en situation de récolter ce que Jean-Marie Le Pen a semé. Tiens donc, il suffit d’attendre que la pomme tombe. Dis donc, entre la pomme, la vache. J’espère qu’ils n’ont quand même pas … Ah bah même avec eux mêmes, ils sont un peu crus. Bref ! Certains aimeraient les opposer, mais ils travaillent tout le temps ensemble, elle lui a donné sa chance, il est loyal à suivre Julian Sanchez, directeur de campagne des deux candidats. Le mec, hyper à l’aise, pour afficher leur unité, Bardella et Le Pen ont décidé de nommer ce militant historique classé parmi les légitimistes au service de l’un ou de l’autre. Pour l’instant, pour moi, c’est la même campagne, affirme l’eurodéputé, qui va commencer à constituer son équipe et organiser les meetings et déplacements du binôme. Mais l’optimisme affiché craquelle parfois. Et c’est la raison pour laquelle auposte surgit cet article. Tout le monde à la trouille, avoue un élu. Certes, les deux têtes du RN parviennent à maintenir une unité de façade, mais leur camp s’inquiète, constatant, comme tout le monde, les nuances qui s’expriment. Il a ainsi fallu résoudre leur position, début mai, quand l’un et l’autre se sont démarqués sur la question des super-profits. Marine Le Pen, je ne peux pas me résoudre à l’appeler Marine, donc je rajoute le Le Pen. Marine Le Pen colle plus au discours de Bardella que l’inverse. C’est une élue mariniste qui note l’utilisation du mot assistanat par la députée pour la première fois le 1er mai, alors que l' eurodéputée représente une ligne plus droitière. Pour Bardella justement, le chemin est droitier, non, est étroit et droitier. On a tous du respect pour Marine Le Pen. Jordan suscite peut-être les critiques de ceux qui peuvent perdre leur influence, analyse un parlementaire qui estime toutefois que l’enjeu est trop fort et les planètes trop alignées pour entrer en guerre. Donc,je rappelle le mot d’ordre aupostiens, aupostiennes, il faut mettre de l’huile sur le feu. S’il y a une petite guerre possible entre les deux, on y va ! Moi je leur fais confiance pour ça, moi je leur fais confiance pour ça. Le président du RN doit tout de même s’affirmer sans trop gêner, se préparer sans heurter, dès qu’il bouge le doigt. Marine Le Pen s’agace donc il ne peut pas vraiment être chef de meute observe une élue qui alerte, il est persuadé que si Marine Le Pen n’est pas candidate tout le monde le suit. Mais est-ce que les gens vont tous être actifs ? La vraie question, c’est : est-ce qu’on est capables d'être autonome, de vivre sans elle ? Tout tourne autour d’elle aujourd’hui. Elle fait, elle défait les carrières, elle est la cible de nos ennemis. Certes, le jeune patron du RN écrit Libération est désormais plus acclamé par les militants que celle qu’il a mise en selle, c'était aussi le cas avec Marion Maréchal-Le Pen, précise la même élue. C’est comme ça avec les dauphins avant le couronnement. Et bien voilà, c'était la bonne nouvelle propagée par Libération. On sent que, comme dit Florent Calvez, 50 nuances de vert de gris, on sent quand même que c’est pas hyper serein au RN. Alors évidemment, on n’est pas hyper satisfaits de se dire qu’on a envie que les loups se dévorent entre eux. Je veux dire que si on en est à ça pour éviter le pire, c’est qu' on a quand même un peu merdé. Donc il faut par ailleurs construire un imaginaire de gauche. C'était la question que je posais à Manuel Bompard la semaine dernière, mais en même temps toujours observer, suivre à la trace ce que fait le RN qu’ils se bouffent le nez.
02:07:16David Dufresne
Voilà, chers camarades, est-ce qu’on a fait le tour de la question quelle heure est-il ? 9H11. Nous sommes ensemble depuis un peu plus de deux heures, les convocations de la semaine quand même, et oui bien sûr, parce qu’il y a des belles, à propos d' imaginaire de gauche, il y en a un pas mal, c’est le Front Populaire, je vous en parlerai tout à l’heure, c'était le 4, mais d’abord le 2, c’est-à-dire demain, le grand retour de notre ami Nayan, Nayan Chowdhury qui est donc, vous le savez, notre réalisateur, sauf pour les matinales, mais qui était également agitateur de l'émission Silence Plato, émission consacrée au cinéma. Et bien demain soir à 18h, cinéma, Regards bourgeois et actus cannoises, voilà-t-il pas que Nayan invite trois personnes, Rob Grams pour son livre sur le bourgeois gaze dans le cinéma, Paf le meilleur et Yuna, qui sont deux critiques et deux streamers ou podcasteurs autour du cinéma. C’est donc demain à 18h. La première était rudement bien, je suis persuadé que la seconde sera aussi, donc c’est demain, à 18h, Silence Plato et le 4 à 9h. Front populaire, fantôme d’hier et d’aujourd’hui, c'était Mathilde Larrère, l’historienne, agitatrice de l'émission du passé, faisons table basse qui reçoit deux historiens, Jean Vigreux et Serge Wolikow, qui viennent nous parler de ce fantôme d’hier et d’aujourd’hui qui est le Front populaire, de tous ces fronts populaires du monde entier qui ont, entre autres choses, combattu le fascisme. Voilà, ce sera donc le 4 à 9 heures du matin.
02:09:31David Dufresne
Est-ce que j’ai fait le tour de la question ? Je crois que oui. Qu’est-ce-que vous voulez que je vous dise d’autre ? Avez-vous des petites questions de votre côté ? Voulez-vous qu’on débriefe un tout petit peu cette matinale ou les autres émissions ? Je vous rappelle que Auposte n’existe que parce que vous nous soutenez. Vous pouvez nous soutenir, tiens, je vais aller directement sur la page, je soutiens auposte. Soit par des dons qui sont déductibles des impôts au nom du pluralisme de la presse et de l’intérêt général ou l’abonnement, pour nous c’est l’idéal, l' abonnement avec différentes formules, soit mensuelle soit annuelle. Vous avez des abonnements à 5 euros, à 10 euros, 20 euros et à 2 euros pour celles et ceux qui ont grand cœur mais peu de sous. Et c’est vraiment pour nous le meilleur moyen, c’est l’abonnement. Si vous faites des dons, vous pouvez panacher, on en a vraiment besoin. Merci Mr. Coltrane, comment c’est au niveau dons en ce moment ? Justement abonnement. JBFox le mois dernier, le mois de mai était pas mal, on commence, vous savez il y avait eu ce glissement, un certain nombre de donateurs sont devenus abonnés. Mais donc on perdait des dons qui étaient remplacés par des abonnements mais ça arrivait presque à une somme nulle. Là maintenant on commence à avoir des abonnés qui n'étaient pas donateurs ou donatrices donc c’est super quoi. Ah Bruno Valeur Anarchiste merci pour la matinale en format audio. Faudrait juste s’expliquer les choses quand il y a des visuels, monsieur machin. Ah c’est pas con. Alors pour les BD c'était ouais ouais d’accord je comprends c’est vrai Alors ça par exemple on reçoit, enfin on voit qu’il y a de plus en plus d’aupostiens et d’aupostiennes sur les podcast audio,Spotify notamment, podcasts addicts, il y a quand même pas mal de monde. Alors pour la soirée Bolloré ce sera donc le 9 juin, ce sera à 20h à Césure dans le 5e arrondissement de Paris, ce sera en plein air, ce se sera en public. Je suis en train de préparer trois plateaux, un plateau édition, un plateau cinéma, un plateau médias de 20h à 22h30. Normalement il y aura la buvette, s’il fait bon bah c’est vraiment un chouette endroit et ce sera aussi l’occasion de discuter avec l'équipe si vous le souhaitez. À propos de discussion, on sera aussi samedi prochain au festival de Mediapart où nous sommes invités comme à un bon nombre de médias indépendants. On aura notre petite table et donc vous êtes les bienvenus pour discuter ensemble d’auposte, de la suite, de ce qu’on peut faire pour la campagne électorale, quel modeste rôle, néanmoins vaillant, pouvons-nous tenir dans cette campagne électorale. Voilà, chers amis, je pense que j’ai fait le tour. On se dit donc à demain, 18h pour l'émission de Nayan. Alors, les prochaines émissions, question de Lucie, les prochaine émissions seront-elles en direct sur YouTube ? Non, parce qu’on doit encore attendre au moins cette semaine, peut-être même deux, pour voir. Alors, peut-être êtes-vous au courant ? Une petite seconde, une toute petite seconde alors, donc, alors faisons le point, faisons le point sur l’algorithme YouTube. Bon, comme tout le monde, on a constaté une baisse considérable de visibilité, c’est- à dire de suggestions sur sur YouTube. Au début, on n’avait pas fait gaffe que c'était le cas pour pour tout le monde, mais c’est le cas, pour le Média, c' est le cas pour Blast, c’est le cas pour tout le monde. Et donc on a essayé, on essaye Auposte de trouver non pas la parade, mais enfin une petite alternative. Donc actuellement, depuis 15 jours, ce que nous faisons en dehors de France déter et des événements exceptionnels type Manuel Bompard En fait, on revient au système d’avant qui consiste à faire le direct sur auposte.media et sur Twitch et ensuite à faire ce que YouTube appelle des uploads, donc c’est des vidéos. Alors, il y a plusieurs raisons à ça. La première, c'était que YouTube a l’air de rendre les vidéos plus visibles, plus longtemps. Le direct est favorisé au moment du direct. De fait, mais en fait très vite l’algorithme de YouTube ne le présente plus ou le présente très peu. Là où, et a priori c’est ce qu’on est en train de voir arriver, là où les vidéos qui sont envoyées et qui sont considérées comme des vidéos et non pas comme des directs, comme de la production si vous voulez, et non plus comme des directs, combien même ce sont nos directs qu’on met en vidéo, mais voilà. Là le robot n’est pas capable de le voir, lui ce qu’il voit, c’est la première fois qu’il y a ces images sur YouTube donc je considère que c' est une vidéo, bien, très bien, et qu’elle n' est pas transmise en direct. Et bien là, déjà, on constate que ces vidéos font un peu plus de vues, et notamment parce que YouTube les propose, les présente plus longtemps. C’est ça le bordel. Donc, pour nous c’est plus de travail, c' est à dire que les émissions en direct, c' est déjà beaucoup de boulot mais au moins en post production, hormis enlever le début, le temps d’attente, il n' y a plus rien à faire. Là c' est différent, ça nous fait faire un peu plus de travail, mais pour l’instant, ça semble plutôt payant. Les vidéos courtes, non pas nécessairement, justement ce que YouTube apprécie beaucoup, c’est la qualité d'écoute des vidéos sur auposte. C’est-à-dire qu’on fait des émissions longues, mais le temps d' écoute moyen est très très long, très élevé. C' est pour ça que ça favorise les vidéos. Parce que le temps d'écoute est élevé. On est incapable de savoir la raison de l’invisibilité. Donc voilà, on est en train de réfléchir à tout ça, donc je suis désolé pour celles et ceux qui sont sur YouTube et qui aiment le direct, mais pour l’instant, on n’a pas encore tranché, mais il semblerait effectivement que YouTube privilégie les vidéos uploadées comme ça. Pour nous c’est extrêmement important, c' est à dire que la qualité d'écoute, ah oui j’ai oublié de vous le dire, la durée d' écoute est plus longue dans les vidéos uploading que dans les directs. C’est logique, le direct, les gens arrivent, tiens c’est en direct, j' ai pas le temps, je viendrai plus tard, voilà on reste 2-3 minutes, là ou sur les vidéos longues, ça peut être la moyenne 30-40 minutes quoi, sur des interviews d’une heure et demie. Donc il y a des gens qui restent une heure et demi, d’autres qui restent moins longtemps. Mais voilà, c’est quand même très très très élevé quoi, voilà. Les voies de l’algorithme sont absolument impénétrables. Voilà, j’espère avoir répondu à vos interrogations. Je vous dis à la semaine prochaine, si ça me concerne, mais peut-être qu’il peut y avoir des lives surprises dans la semaine. Merci beaucoup à vous tous, merci infiniment à Euryale toujours là, merci à Théophile qui était également en régie aujourd’hui pour caler les entretiens en visio et il a fait ça de main de maître. Bonne journée Florent, bonne journée, merci à vous toutes, à vous tous, on se retrouve enfin au poste rouvre demain à 18h pour parler cinéma. Merci à tous et à vous,hop, les crédits Euryale je te laisse faire le raid.

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