Gaza : la trêve, la non-vie et maintenant la sidération Trump
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Amis du café. Amis de la Palestine. Amis des Israéliens de gauche. Bienvenue à tous bonjour Rami, peux-tu nous dire d’où tu parles à l’heure qu’il est ?
Là, je parle de la ville de Deir al-Balah Je suis dans la maison de la presse. Il y a un peu de soleil. Il y a internet et l’électricité. Aujourd 'hui, d’après la météo, il va pleuvoir des cordes et les températures ne sont pas très bonnes. J’espère que la connexion aura toujours du soleil pour que la connexion soit bonne pour continuer à discuter avec nous.
Merci beaucoup Rami. Tu n’as pas le retour à l’écran. Tu ne rates rien ne me voyant pas, ça, ce n’est pas grave. Je vais évidemment te remonter les questions du chat. Tout le monde est revenu. Kaof te dit, heureuse de vous entendre à nouveau. Un grand bonjour, Rami, te dit petite plantation. Bonjour Rami, dit Florent. Comment prononce-t-on ton nom d’ailleurs ? Parce que moi, je le prononce vraiment à la française sans accentuer quoi que ce soit. C’est quoi la vraie prononciation de Rami. ?
Il faut rouler le R. C’est mignon avec Rami, C’est mignon.
C’est mignon aussi, C’est essentiel. Mon cher Ami, j’ai lu ton journal de bord que tu tiens toujours. Je rappelle que tu es journaliste palestinien. Tu es à la maison de la presse, C’est -à -dire un local pour les journalistes. Tu as été longtemps ce qu’on appelle fixeur pour des journalistes occidentaux, notamment français. Et puis la guerre a fait que tu t 'es transformé en journaliste à part entière. Et de quelle manière ? Ton journal de bord à Gaza a été publié en livre par Libertalia et Orient 21. Et sur le site d 'Orient 21, tu écris très régulièrement, toutes les semaines, un billet pour nous tenir au courant. On va évidemment parler du plan Trump dans quelques instants, mais d’abord, on va prendre des nouvelles, des nouvelles de ton fils, de Walid, de ta femme qui est enceinte, si j 'ai bien compris. Voilà, vous en êtes où ? Vous, vous n'êtes pas partis à Gaza Ville ? Est-ce que tu peux nous le dire un petit peu ?
Oui, après le cessez le feu on pouvait, pour ceux qui ne connaissent pas trop ce qui se passe, mais on peut rentrer chez nous, C’est -à -dire les déplacer, comme moi, les 1,6 millions de personnes. Ils pouvaient se déplacer vers le Nord par deux façons. La première, c’est à pied dans ce qu’on appelle la route côtière et en voiture avec la fouille de présence de deux compagnies américaines et une commission Qataro -égyptienne pour la fouille. Et on peut retourner au Nord. Donc, il y en a beaucoup, presque la majorité des gens sont partis pour retrouver chez eux. Quand j 'ai dit chez eux, C’est retrouver des chambres parce que, malheureusement, 80 à 85 % des habitations de Gaza étaient détruites. Donc, il y en a beaucoup, malheureusement, qui sont rentrés. Ils n’ont trouvé que des ruines et que des chambres de chez eux. Il y en a même qui n’ont pas reconnu chez eux. Et moi, j 'ai pris la décision avec Sabah parce que Sabah, on entre un peu dans le compte à rebours pour l 'accouchement. Normalement, on entre dans le même mois, mi -février. Chez moi, l’immeuble où je suis, il est toujours debout. Il y en avait beaucoup. Il a été bombardé au 10e étage, juste au -dessus de moi. Moi, je suis au. Le 12e étage, le 13e étage. Et à cause de ces bombardements -là, il n’y a plus de citernes d’eau sur le toit. Et donc, on a un vrai problème d’eau parce que c’est vrai que nous, on a déjà un puits. Donc, on peut pomper l’eau si on a un peu de fioul qui rentre pour les groupes électrogènes pour pomper de l’eau. Mais malheureusement, on ne peut pas pomper parce qu’il n’y a pas de citernes pour les pomper. Et donc, on a un vrai problème d 'eau, plus de problème d 'électricité, plus de problème de reconstruction. Donc, j 'ai pris la décision avec Sabah de dire on va rester un peu sur Deir al-Balah, On n 'est pas pressé pour la non -vie parce qu’on était dans la période de la mort. Et là, on est dans la non -vie et on va avoir beaucoup de problèmes. Donc là, je me suis dit, puisqu’on est dans une tente depuis presque un an, donc ce sera un an, plus deux semaines ou trois semaines, ce n 'est pas grave l 'essentiel c‘est que la machine de guerre s 'est arrêtée. Et puis, on verra comment on va rentrer au Nord quand tout va arriver, surtout l 'eau. Parce que sans eau, on ne peut pas vivre. Et c’est pour ça que la majorité des gens sont partis précipitamment parce qu’ils voulaient justement trouver un endroit à côté des sources d 'eau, des stations de purification. Comme ils ont fait la même stratégie, le même système quand on est parti du Nord vers le Sud, C’est de trouver toujours un endroit pour loger. Le problème que les gens ont eu, c’est que les 1,6 million de personnes, quand elles sont allées au Sud, il y avait quelques grandes surfaces vides au Sud. Il y avait Al -Mawassi, il y avait Khan Younès, il y avait au bord de la mer, il y avait al -Bafa, al -Hajar al -Bala. Ce n 'est pas du tout le cas à Gaza. Gaza, c’était déjà surpeuplé, le Nord aussi. Maintenant, les gens vont rentrer chez eux, il n’y a plus de chez eux. Il n 'y a pas d 'endroit pour faire des comptes comme on a fait ici, des comptes de fortune parce qu’il n 'y a pas de place, il n 'y a pas d 'endroit. C’est pour ça que les gens sont partis parce que les premiers arrivés, ce sont les premiers servis. Ils veulent trouver un bout de terrain pour mettre leur tente ou tout ce qui reste de leur tente. Malheureusement, leur tente a été utilisée pour la 1e fois, montée et démontée, à force de se déplacer plusieurs fois pendant ces 15 mois. Et malheureusement, d’après l 'accord, il fallait faire rentrer des dettes humanitaires et surtout des dettes pour les habitations de secours, C’est -à -dire des caravanes, des tentes pour que les gens puissent un peu avoir un abri. Surtout, on est toujours en hiver, il fait froid, il pleut. Mais malheureusement, tout ça n'était pas encore fait. Tout ce qui est passé pour le moment, c’est de la nourriture. Et la moitié des camions qui passent sont dans le secteur privé, ils sont fait passer des chocolats, des biscuits, des jus, il y a à voir avec vraiment les piliers de vie dont on a besoin. Moi, par exemple, chez moi, dans notre appart, à cause du bombardement, les fenêtres ont sauté, il n 'y a plus de verre pour faire des fenêtres, il n 'y a plus d 'aluminium. Ce qu’on a fait un peu système D, on a couvert, mes amis l 'ont fait, je les remercie. Ils ont mis du plastique, du nylon pour fermer les fenêtres pour qu’il n 'y aura pas de l 'eau qui peut rentrer pendant la pluie ou bien du vent, et pour préserver un peu l 'appart. Mais malheureusement, on ne trouve pas souvent ce truc de plastique ou bien ce nylon. Donc les gens, ils ont vraiment commencé avec la période de la non -vie. Ce n 'est pas la mort, mais C’est la non -vie où il n 'y a pas de piliers de vie. Tout a été détruit, l’infrastructure, les canalisations de l 'eau. Quand je parle de l 'eau, je ne parle pas que de l 'eau potable parce que l 'eau potable, C’est déjà rare, mais de l 'eau en général, les canalisations d 'eau ont été bombardées, quelques stations de purification de l 'eau ont été bombardées aussi. L’infrastructure, les rues, il n 'y a plus d 'écoles, jardins d 'enfants, universités, il n 'y a plus rien. Les enfants sont dans la rue. Les quelques écoles qui étaient toujours intactes ou bien qui sont un peu debout, sont partiellement touchées. Maintenant, ils abritent des déplacés parce qu’il n 'y a pas endroit où y aller. Donc vraiment, là, on commence dans la non -vie. C’est très dur quand on vit dans la non -vie, mais on a résisté à la machine de guerre, on a résisté à la non -vie, et on va crier la vie petit à petit. Mais il faut beaucoup de temps et surtout la clé de la reconstruction est dans les mains des Israéliens. On trouvera toujours des solutions pour s 'adapter et surtout pour rester sur notre terre.
Ah ben voilà, C’est de ma faute. J 'avais coupé mon micro. Tout va bien, on t 'entend très bien, C’est parfait. On te voit, on t 'entend et on t 'écoute. Et le tchat t 'envoie beaucoup de force à toi et au tien. Juste pour bien préciser, toi, tu vis toujours dans ce que tu appelais ta villa, dans ta tente. Toi, tu n 'as pas bougé. Et quand tu parles de ton appartement, C’est celui de la ville de Gazaville, C’est ça ? Quand tu parles, tout a été détruit. 80 % des habitations, tu parles de Gazaville ou de la bande de Gaza ?
Je parle de la bande de Gaza. Mais la population, C’est -à -dire la plus grande densité populaire, C’est à Gazaville, au nord de la bande de Gaza. Là, au sud, C’est un peu où il y avait des terres d 'agriculteurs ou bien d 'agricoles. Donc, un peu d 'espace. Et surtout, on avait une autonomie aussi au niveau de légumes. Maintenant, malheureusement, même cette terre agricole a été détruite. Cette terre -là a été soit accueilli des déplacés, soit ils étaient détruits directement, surtout à l 'est de la rue Salah al -Din, où C’est vraiment les terres fertiles qu’on a, où il y avait beaucoup d 'eau et beaucoup de terres fertiles. Ça a été terrassé par les Israéliens. Donc maintenant, on a une autonomie de rien du tout. On est dépendant d 'aide humanitaire. Et quand je parle, je parle de toute la population de Gaza,
Du nord au sud.
On est tous dépendant d 'aide humanitaire et surtout d 'aide alimentaire. C’est vrai qu’il y a certains secteurs privés qui font passer des fruits, des légumes, un peu de poulet. Mais les gens, ils ont pu le pouvoir d 'achat, surtout pour tout ce qui est poulet ou bien une viande, du bœuf. Il n 'y a que du congelé ou bien du surgelé. Il n 'y a pas d 'électricité. Ce sont des conditions un peu pas très saines pour consommer. Mais on n 'a pas le choix. Si quelqu’un a de l 'argent, il profite. Parce que ça fait un peu moins que 15 mois que l’on est privé de tout ça. Mais malheureusement, la majorité de la population de Gaza sont devenus pauvres. Et ils sont dépendant à 100 % d 'aide humanitaire. Et l’aide humanitaire est toujours dans l 'aima des Israéliens. C’est toujours de compte à goutte. On parle de 600 camions par jour. C’est -à -dire 300 au Nord. Parmi ces 300 camions, la moitié C’est le secteur privé. Donc il faut payer pour acheter. Et l 'autre moitié, C’est bien parce qu’on n 'est plus dans la famine. Surtout au Nord. Mais ce n 'est pas du tout suffisant pour les besoins qu’on a. Et surtout pour les besoins de survie. Pas que pour manger et boire. Mais aussi d 'avoir un abri. Surtout pendant l 'hiver.
Rascal te demande dans le chat, secteur privé, est -ce que ça veut dire qu’il faut payer ? Ça veut dire qu’il faut payer pour avoir l 'aide humanitaire ? Ou est -ce qu 'en fait ce sont des épiceries et puis il faut payer à prix élevé les denrées ?
Oui, quand je parle de secteur privé, je parle de commerçants palestiniens qui font de l 'importation. C’est -à -dire qu’il faut payer. On les trouve dans les épiceries, dans le marché. C’est des produits qu’il faut payer pour ça. L 'aide humanitaire normalement on ne paye pas. C’est distribué par les ONG, que ce soit international ou bien local. Mais là, le secteur privé, C’est payé. Et C’est pour ça que là, on a vu une vraie baisse de prix. Mais même avec les baisses de prix, les gens, ils n 'arrivent pas à acheter parce qu’il n 'y a pas de travail. Si je dis que 80 à 85 % de la population, des habitation de Gaza a été détruite, je parle aussi de business. Les gens qui avaient des business, des ateliers, des usines, des entrepôts, ils ont tout perdu. Donc toute la main-d'œuvre qui travaillait dans ce business -là, ne travaille plus. Maintenant, il n 'y a que les fonctionnaires de l 'autorité palestinienne qui touchent toujours leur salaire à 70 %. Mais c’est déjà bien. Mais à part ça, tous les autres, on parle d’ouvriers, agriculteurs, même ceux qui avaient des business privés parce que tout a été détruit. Il y a juste quelques commerçants qui font de l 'importation. Ils sont choisis par les Israéliens. On parle de 10 à 11 commerçants. C’est à eux seuls qu’ils ont ce monopole d 'importé. Mais tout le reste, malheureusement, ils ont perdu leur business. Donc c’est pour ça que même si les produits ou bien les prix ont baissé, mais ce n 'est pas à la portée de tout le monde. Les gens, ils n 'ont plus d 'argent. Celui qui avait de l 'argent à côté, il a tout dépensé pendant les 5 et les 15 mois. Celui qui avait un travail, il a plus de travail. Celui qui avait un business, il a perdu son business. Et c’est pour ça que toute la population de Gaza dépend de l 'aide humanitaire. Et maintenant, c’est l 'arme des Israéliens. C’est l 'arme d 'aide humanitaire. On a fini avec l 'arme de la bombe, la destruction totale de l 'arsenal. Maintenant, on a fini avec l 'arme de la famine. Mais là, on est dans l 'arme de l 'aide humanitaire parce qu’ils savent très bien que toute la population de Gaza, C’est -à -dire tous les survivants de ce génocide, dépendent d 'aide humanitaire. Et on parle à peu près de 2 millions de personnes qui ne peuvent rien faire qu 'avoir de l 'aide humanitaire pour vivre. Il y à l’aide humanitaire alimentaire mais aussi l 'aide humanitaire d’hébergement parce que la majorité des gens sont dans la rue, malheureusement. Je ne peux pas vous décrire les images, même si vous voyez des images des gens qui sont sur la décombre et comment ils vivent dans des conditions très dures, ce n 'est pas comme si vous êtes sur place. Il y a beaucoup de détails. Par exemple, moi, j 'ai des amis qui sont partis au Nord. Ils habitent à Tahrat al -Zahrafar. Ils me disent « Ami, pour charger mon téléphone portable, je fais un trajet de Tahrat al -Zahrafar juste à Sherwadoad, C’est -à -dire à peu près 5 kilomètres, et puis il n 'y a pas de moyens de transport parce que la route a été cassée par l 'armée israélienne. Donc, soit il y a des charrettes, soit à pied, pour charger son téléphone. Et pareil, pour trouver à manger, il faut faire des kilomètres, des kilomètres pour trouver à manger ou bien pour acheter à manger. Et il y a des gens qui passent la journée hors des décombres. Et la nuit, ils essaient d 'aller de ce côté à droite et de ce côté à gauche chez des amis pour ne pas passer 24 heures sur 24 chez eux. Et pareil, au Nord, il m 'a dit, il n 'y a pas d 'eau, donc il n 'y a pas de toilettes. Il dit même si on veut creuser un système D comme on a fait au Sud, des toilettes, faire un seau, creuser un trou pour faire de toilettes, mais il n 'y a pas d 'eau pour le nettoyage, il n 'y a pas d 'eau pour l 'utiliser, et C’est ça le vrai problème. Il n 'y a pas d 'eau, il n 'y a pas de vie. Et les Israéliens au Nord et dans la ville de Gaza, même au Sud, ils ont détruit la majorité des nappes d’eau, les nappes de pompe d 'eau qui pompe l 'eau de ce qu’on appelle de municipalité sur toute la bande de Gaza, mais surtout à Gaza Ville au Nord. C’est pareil à Rafah. Rafah, C’est une ville maintenant, il n 'y a plus rien à Rafah. 95 % des habitations à Rafah ont été détruites. Et pareil, les gens aujourd 'hui, ils ont déjà du mal à arriver chez eux parce qu’il y a une partie de Rafah qui est toujours récupérée, on ne peut pas se rapprocher. Si on se rapproche, il n 'y a pas de sommation ou bien des tirs, on tire tout de suite sur la personne. Ce matin, il y a eu un garçon qui a été tué parce que ça m 'a rapproché de ce qu’on appelle un point long. Il n 'y a pas de limite visuelle, C’est -à -dire, il n 'y a pas des barbelés pour dire qu’il ne faut pas se rapprocher. Une fois, tu te rapproches d 'un truc, il te tire dessus parce qu’on te dit tu es rapproché de l 'armée israélienne, donc on te tire dessus, il n 'y a pas de sommation. Et C’est ça le problème, C’est que même au Nord, pareil, le Nord, il y a toujours cette zone qui maintenant, avant, était 500 mètres avant la guerre, 300 mètres. Aujourd’hui, on parle de 1 ou 1,5 km de largeur où C’est un no man’s land, plus la destruction et tu ne peux pas se rapprocher. Par exemple, moi, la famille de mon époux Saba, ils habitent dans le quartier de Chajaya. Déjà, leurs maisons ont été détruites comme tout le quartier, mais même la famille de Saba, quand ils sont rentrés au Nord, ils ne pouvaient même pas arriver à leur décombre. Donc, C’est toujours une zone où C’est interdit. Si on s 'en rapproche juste quelques mètres et là, ils commencent les tirs, ou bien avec les quadri capteurs, ils lancent des bombes. Donc, on n 'a pas le sentiment de rentrer chez soi parce qu’on ne peut pas arriver chez soi. Et C’est ça ce qui est grave, c’est que maintenant, je répète à chaque fois qu’on est vraiment dans la non -vie parce qu’il n 'y a pas de pilier de vie. On trouve à manger dans le marché, on trouve à boire dans le marché, mais on n 'a pas la possibilité d 'acheter parce qu’il n 'y a plus à boire d 'achat et il n 'y a plus de travail et surtout, on ne trouve pas un endroit où dormir. La majorité, ils sont démontés leurs tentes, ils ont mis à droite et à gauche, mais on ne peut pas faire comme ici des comptes de fortune, coller les uns des autres, ou bien les tentes collées les unes des autres, ça ne se trouve pas. Et C’est pour ça qu’il y a des gens qui réfléchissent, ou bien qui pensent de revenir au Sud parce que le Nord vient de diviser la famille en deux, il y a ceux qui restent au Sud, C’est -à -dire les enfants, les femmes qui ne peuvent pas soutenir la vie dure et les mecs et les hommes, ils restent dans le Nord parce qu’ils peuvent supporter un peu cette nuit dure, quoique la vie au Sud aussi, C’est une vie dure, se vivre sous une pente, tandis qu’on a de fortune, tout ça, pour nous, c’était vraiment catastrophique, C’est des conditions de vie très très dures, mais même, on est dans des conditions de vie très dures, alors que maintenant on est dans la non -vie, donc même ces conditions de vie, on ne les trouve pas.
Il y a aussi dans ton journal de bord, on t 'écoute, j 'allais dire religieusement, je te laisse parler parce qu’on a besoin de t 'entendre, voilà, et peut -être toi tu as besoin de parler, mais nous on a vraiment besoin de t 'entendre et de nous informer, donc il n 'y a aucun problème. Je lisais dans ton journal de bord que même ceux qui ont de l 'argent n 'ont pas les billets, C’est -à -dire que les billets de banque manquent pour racheter. Est -ce que tu peux nous expliquer en quoi ça bouleverse les échanges, tout simplement ?
Oui, malheureusement, toutes les banques sont fermées et du coup, il n 'y a plus de cash, avant on pouvait retirer de cash, que ce soit de la banque ou bien des machines, l 'estimation du billet et tout. Là, ça a depuis presque un an, parce que c’était au bien 12 mois, c’était juste le 2e mois quand ça a continué les banques, donc depuis un an, presque, il n 'y a plus de liquide, on ne peut pas retirer. Et C’est pour ça, on a trouvé des gens qui profitent de ça. C’était eux pour avoir de liquide, moi je ne peux pas faire ça, je ne peux pas avoir retiré de l 'argent de la banque. Il y a des commerçants qui font de l 'importation, ils mettent leurs marchandises dans le marché, les gens ils payent avec le liquide, parce que il faut payer en cash. Cet argent liquide, ils ne peuvent pas le retourner à la banque, parce qu 'à la banque, C’est fermé les banques. Donc ils ont cet argent -là, C’est -à -dire, moi, je veux retirer 1000 euros, on va parler de 1000 euros, et le mec lui dit, ok, je te donne 1000 euros, tu me fais un transfert dans ma banque du mon compte vers son compte de 1000 euros, mais lui, il va me donner 700 euros à la place. Donc il déduit 30 % de commission, lui, il appelle sa commission, et comme ça, lui, il a l’argent dans son compte -banque, C’est qu’il revient dans sa banque, et il peut faire le transfert de son compte vers le compte des banques israéliens on vient de ce jour -là, où il importe la produit, et du coup, il gagne l 'argent qui vient, qui gagne de sa marchandise, et l 'argent qui ne peut pas le mettre dans la banque, il gagne aussi 30 %. Et C’est ça le problème, C’est que la majorité des gens, ils n 'ont pas cette possibilité d 'avoir 30 % de commission déjà, et en même temps, ils n 'ont pas de l 'argent dans leur banque, donc pour avoir du cash, ça devient un vrai problème, un grand problème pour avoir du cash. Aujourd’hui, maintenant, avec un peu l 'entrée d 'aide du secteur privé, on trouve dans les épiceries des produits, des épiceries, maintenant, on peut payer avec la carte de crédit, ou bien on va se faire d 'un compte à un autre, mais il faut toujours du cash, parce que il faut monter, par exemple, dans la bétaillère, il faut monter dans les charrettes, il faut payer ces gens -là, parfois on ne trouve pas tout dans l 'épicerie, il faut acheter d 'autres marchands, et dans l 'autre marchand, il faut payer cash, et ça devient un vrai problème, parce qu 'avant, il n 'y avait pas d 'économie à Gaza, mais il y avait un peu un cercle commercial, aujourd’hui, il n 'y a plus de cercle commercial, il y en a malheureusement des profiteurs, ce sont des Palestiniens des Gazaouis qui profitent de cette situation, et qui, au lieu de faciliter un peu la vie pour les Gazaouis, ils font au contraire, ils font gagner beaucoup d 'argent sur la souffrance des gens, et C’est pour ça qu’on ne trouve pas de cash. Pour le moment, après le cessez -le -feu, les banques, ils ont ré-ouvert leurs portes, mais ils ne distribuent pas de billets, juste pour des formalités, des papiers et tout ça, mais pas de distribution de billets, parce qu’il n 'y a pas de cash déjà dans la banque elle -même, et en même temps, parce qu’ils ont peur que ça reprend à n 'importe quel moment, et ils ont peur de mettre des cash dans les banques, alors que ça peut être pillé, ou bien volé, ou même bombardé par l 'armée israélienne.
Tu parlais à l 'instant des charrettes, ces charrettes, elles vous servent, on va dire, de bus, l 'équivalent ce serait ça, sauf que ce que tu racontes, C’est que ces charrettes sont parties dans le Nord, et donc pour ceux du Sud ou du Centre, de la bande de Gaza, vous n 'avez plus trop de moyens de locomotion. Comment tu es venu de chez toi, à la maison de la presse, pour venir nous parler ce matin ? Comment ça s 'est passé ? Ça a mis combien de temps pour faire combien de kilomètres ?
Aujourd’hui malheureusement c’est à pied, mais avant je fais quelques kilomètres, et après je trouve une petite voiture ou bien une charrette qui fait l 'autre moitié de la route. Malheureusement ces charrettes -là, C’est un peu le nouveau business qui a été créé avec les déplacés, parce qu’il faut avoir un revenu, donc du coup chacun il avait une petite voiture, ou bien une voiture, une ancienne voiture qui fonctionne sur le huile végétale ou bien sur le gaz de cuisine, parce que le carburant C’est interdit. Donc ils font toujours ce système -là, et ça devient un peu rentable. Ils mettent derrière une bétaillère ou une charrette, ou une charrette, ou bien une charrette tirée par des animaux, et ils mettent des centaines de personnes toujours ça reste un peu rentable pour lui pour gagner de l 'argent. Et malheureusement ces gens -là, ils sont presque tous partis au nord, il reste quelques -uns, mais c’est pas comme avant, la majorité des gens ont fait ce business parce qu’ils veulent gagner de l 'argent, donc ils ont trouvé ces moyens de transport. Aujourd’hui malheureusement c’est de moins en moins, et moi par exemple je suis sur la zone côtière et dans la zone côtière ça devient vite et normalement C’est la normale. Mais pour nous la normale devient étrange ou bizarre, parce que là on voit vraiment la mer, si on marche un peu sur la route côtière on peut voir le coucher de soleil, on respire l 'eau, le vent, la brise de la mer et ça devient quelque chose de calme, ça devient quelque chose d 'étrange. Sabah à la dernière fois me dit je sens que je suis dans le désert parce qu’il n 'y a plus personne autour de nous, elle commence à avoir un peu peur elle dit si je vais accoucher à n 'importe quel moment, il n 'y a plus rien à côté de nous, il n 'y a pas de moyen de transport, et C’est pour ça que là je suis en train de chercher à louer une voiture pour se déplacer avec cette voiture -là et on peut se débrouiller un peu avec nos carburants, mais C’est quelque chose d 'agréable, ce qui reste dans cette zone -là C’est des chalets qui existaient, C’est des villas avec des piscines que les gens ils faisaient pour profiter avec toute intimité et une vie privée dans ce genre de chalet. Pendant la guerre ces chalets étaient plutôt des guest houses ou bien des locaux pour les ONG internationales. Aujourd’hui il reste toujours ces gens -là qui sont là parce qu’ils ne sont pas tous déménagés vers le nord, mais tout l’entourage qui était là, les bâches, les toits de fortune, 90 %, 80 % ils sont partis, donc C’est un peu le désert, et au contraire on est revenu à la normale, mais justement on a peur de la normale qui était avant quelque chose d 'agréable.
Walid, ton fils il a quel âge maintenant ? 3 ans ? 2 ans et demi toujours ? 3 ans et demi, pardon,
3 ans et demi. Au début de la guerre il avait 2 ans, là ça fait 1 an et demi, donc on est à 3 ans et demi.
On est à 3 ans et demi. Tu nous avais dit il y a 2 mois qu’il rêvait de poulet, que tu achetais parfois du poulet de mauvaise qualité, et là il se gave de quelque chose, est -ce que tu peux nous en parler ?
Maintenant il y a, avec le secteur privé qui entre, et on a trouvé du poulet, bien sûr, C’est voulu congeler, qui vient de l 'Egypte, donc les moyens de transport décongelés, congelés, ça reste beaucoup de temps devant les frontières pour aller à Kerem Shalom et puis revenir à Rafah et rentrer par Rafah, je sais très bien que ce n 'est pas de la bonne qualité, mais depuis qu’il y a eu du poulet tout le jour, on mange pas du poulet, tous les jours, C’est pour Walid et pour Sabah, parce que Sabah elle est enceinte et malheureusement elle n 'a pas eu de nutrition saine pour cette période de grossesse, mais là, depuis qu’il y a eu de poulet, je n 'arrête pas d 'en être tous les jours des poulets, on trouve aussi, puisqu’il y a du poulet, on trouve de shawarma, et maintenant Walid devient un peu adepte au shawarma, tous les jours il m 'a dit papa je veux de shawarma, je veux du shawarma, C’est cher, C’est toujours cher, mais je ne peux pas me permettre de ne pas lui donner ce plaisir, déjà je me rappelle très bien, pendant la guerre, quand il m 'a dit baba Jaja et C’est quelqu’un qui m 'a brisé le cœur, ou bien qui a mis un couteau dans mon cœur, parce que je ne pouvais pas amener un truc simple, un peu de poulet pour mon fils, alors que C’est vraiment, dans le monde entier C’est rien du tout, et moi je ne pouvais pas lui faire ça, et C’est pour ça que maintenant je, comment dire, je rentabilise un peu, compenser un peu cette période de non rien, on a rien mangé, et aussi il y a des sucreries maintenant, on trouve des chocolats, je me rappelle très bien quand une amie de la France nous a envoyé une tablette de chocolat pour Walid, C’est régalé, comme il a vu le père Noël, le plus grand cadeau du monde, aujourd 'hui je n 'ai pas arrêté de lui amener du chocolat, tous les jours du chocolat, je ne l 'interdis pas, tu manges comme tu veux papa, ce n 'est pas interdit, il se regarde, parce qu'à chaque fois il y a des chocolats, j 'ai toujours les larmes des yeux quand je le vois ça, et comme on dit pour un enfant, le truc le plus banal du monde, avoir un peu de chocolat ou des bonbons pour un enfant, ça devient un rêve pour lui, et C’est pour ça je ne le prive pas, tu manges comme tu veux, j 'amène du chocolat, j 'amène du poulet tous les jours, et tu fais ce que tu veux, et moi je fais partie des gens qui sont chanceux, parce que je travaille, je gagne un peu d 'argent, je peux me permettre de faire tout ça, mais il y en a d 'autres malheureusement, ils n 'ont pas cette chance là, ils n 'ont pas d 'argent pour donner une voie dans les épiceries, il y a du chocolat, il y a des jus, mais ils n 'arrivent pas à acheter ce truc à ses enfants, alors qu’avant l 'enfant il ne voyait rien, donc on peut lui dire qu’il n 'y a rien, mais aujourd 'hui l 'enfant il voit, mais malheureusement son père il ne peut pas lui fournir ce petit bout de plaisir d 'avoir un petit bout de chocolat ou bien de jus, ça fait 15 mois qu’il n 'a pas vu, maintenant il le voit mais il ne peut pas l 'acheter, C’est ça qui est grave, et moi je suis vraiment très chanceux que je peux donner ce plaisir à mon enfant et à ma famille, mais il y en a d 'autres malheureusement, ils n 'ont pas cette chance là, on peut dire un privilège d 'avoir un peu d 'argent pour acheter tout ça et pour faire plaisir à leurs enfants.
Vous avez une expression qui a servi de titre à l 'une de tes chroniques que j 'invite vraiment à lire, est -ce que le chocolat c’est une brindille ?
Oui, malheureusement oui, on est arrivé à un point où trouver un peu de chocolat c’était un rêve, c’était vraiment un rêve, nous ici quand il y avait des sucreries, parce qu'à chaque fois il faut amener quelque chose à Walid pour lui faire plaisir quand je rentre de travail, d 'habitude je lui amène des sucreries système D, fabrication locale, C’est un peu de la cire pour l épilation avec un peu de sucre et colorant et il voit ça comme C’est un grand truc énorme et moi j 'ai toujours des larmes aux yeux quand je l 'amène ce petit truc de cire que normalement ça ne doit pas servir à ce genre de truc, mais au moins je lui dis ok, il est satisfait, il est content déjà bien et le jour où il a reçu cette tablette de chocolat j 'avais filmé cette scène là quand il a vu cette surprise et je ne te dis pas comment ses yeux ils ont brillé quand il a vu le chocolat, on avait deux tablettes de chocolat j 'en ai caché un pour ses frères parce que je sais que Walid il va tout avoir donc je cachais un et l 'autre je donnais à Walid, il l 'a mangé d 'un seul coup il me parle de tablette de chocolat C’est pas un bar de chocolat ou bien un petit truc tablette de chocolat, il l 'a mangé en cinq secondes avec les yeux qui brillent et à chaque fois il dit brava chocolat, merci brava merci mes amis parce que lui il sait très bien que ça vient de la France, donc à chaque fois il dit mes amis, mes amis, parce que moi à chaque fois je l 'amène un truc de la France, je lui dis voilà mes amis ils t 'ont envoyé ça et ça et lui il a pris ça, il dit merci mes amis il faisait des bisous le téléphone il a la caméra quand j 'ai filmé il était très content, il a pas arrêté il a fini tout ça en cinq minutes et aujourd 'hui à chaque fois quand je lui amène de chocolat qui existe déjà, il me dit C’est des amis il me dit oui C’est mes amis parce que pour lui chocolat C’est quelque chose qui n 'existe pas et ça vient de l 'extérieur et C’est grâce à mes amis qu’il mange ce chocolat
L’expression que vous avez C’est comme on dit chez nous, quand on se noie on s 'accroche à une brindille quelle serait ta brindille à toi ?
déjà c’était l 'arrêt, le cessez le feu et surtout pour moi C’est continuer à protéger Walid moi je remercie Dieu que j 'ai presque réussi ma mission pour le moment que Walid n 'a rien senti de la guerre tout ce qui s 'est passé en tant que guerre, massacre, bombardement les drones, tout ça j 'ai pu le faire vivre dans un monde parallèle et jusqu 'à présent ça a marché très bien quoi que Walid commence à comprendre un peu là il commence à me dire qu’il y a des Israéliens, ça bombarde et il entend ce qu’il dit les gens autour à droite et à gauche, avant c’était que moi l 'interlocuteur, maintenant il a beaucoup d 'amis, donc il entend à droite et à gauche, mais je remercie Dieu que cette mission est finie et que Walid n 'a rien senti et qu’il n 'est pas traumatisé, il n 'est pas choqué il n 'est pas comme les autres enfants moi je vois les enfants de mes amis, il y en a qui souffrent de traumas, il y en a d 'autres qui ont toujours peur, il y en a d 'autres qui n 'arrivent pas, qui sont contrôlés quand ils veulent faire pipi ou bien je sais pas le terme en français mais il y en a beaucoup qui ont beaucoup de problèmes, il y en a d 'autres moi j 'ai un ami à moi, quand son fils il entend un bombardement ou bien un 9 -16 et il commence à se faire des gifles sur son visage son visage devient tout rouge, moi je me dis merci Dieu j 'ai pas ça avec Walid il n 'y a pas la peur et C’est ça ce que je vais vraiment éviter, que Walid n 'aura pas peur, à Walid qu’ils ne sont pas déjà à la peur, avant que l 'on passe au choc ou bien d 'autres maladies et pour moi C’est vraiment que tout ça, ça s 'arrête et qu’il y aura une continuation d 'ouverture de terminaux pour reconstruire Gaza
Justement, on va parler de la reconstruction de Gaza mais d 'abord il y a le chat qui te pose des questions très matérielles en fait est -ce que tu peux nous faire un point sur ce qui arrive demande Altaz, ce qui arrive à rentrer et à sortir ça vient de quel pays ? les commerçants palestiniens de la bande de Gaza, avec qui ils commercent ? Est-ce que c’est avec l 'Egypte ? Est-ce que c’est avec l 'Europe ? Est-ce qu’on sait comment les rares denrées arrivent à rentrer ? à sortir il n 'y a pas grand chose mais comment ça se passe ?
il faut expliquer un peu comment on vivait avant pour faire le lien entre l 'avant et après. L 'avant la guerre les commerçants ils pouvaient faire du business d 'une façon plus ou moins fluide C’est à dire juste qu’il faut être commerçant, avoir tous les papiers nécessaires on s 'inscrit au ministère de l 'économie à l 'autorité palestinienne et là tu peux faire de l 'importation l 'importation C’est à dire tu fais rentrer tout dans la bande de Gaza depuis l 'extérieur de la bande de Gaza mais cette importation ça doit toujours passer par Israël que ce soit tu importes depuis la Chine il faut que ça arrive à Sderot à Jdod et puis de Jdod ça vient à Kerem Shalom et ça rentre à Kerem Shalom tu veux faire par exemple de la Turquie pareil tu fais ça arrive à Jdod ou bien par avion première destination C’est Israël et puis ça rentre par Kerem Shalom. Avant Kerem Shalom c’était le terminal, le seul terminal qui peut faire passer de la marchandise et avant la guerre on était entre 600 à 800 camions par jour secteur privé. Je parle pas de secteur humanitaire ou bien d 'aide de l 'Unrwa ou bien d 'autres agences, c’était vraiment le secteur privé et c 'était, voilà, on peut trouver presque tout sauf tout ce qui est matière de construction parce que c’était interdit par l 'Israélien et là aujourd 'hui C’est la même chose mais ça s 'est évolué petit à petit, C’est à dire au début quand la guerre a commencé Kerem Shalom était fermé donc on faisait rentrer de ce secteur privé de la marchandise qui vient d 'Egypte ce secteur privé, au début c’était 5 personnes qui pouvaient faire de l 'importation C’est l 'Israélien qui les a choisi il contacte un commerçant égyptien, il dit voilà, j 'ai besoin d 'un container ou un truc de combien de palette de X ou Y il lui envoie de l 'argent via les banques il reçoit la marchandise une fois à Gaza et il revend dans le marché et puis, voilà, avec le système de 30 % de commission il revient l 'argent revient dans son compte à banques de mont pour que les gens aient un peu de cash, et puis C’est rebelote après, quand l 'armée israélienne ils ont récupéré Rafah, le terminal Rafah a été coupé, le nombre de commerçants qui étaient 5, C’est élevé à 11 entre 10 et 11 personnes qui peuvent apporter d 'Israël et C’est ça, C’est vraiment l 'ironie du truc, C’est que l 'Israélien le bombarde et après ils font bouger leur économie ils font passer tout ce qui est d 'humanitaire et de secteur privé tout ce qui est secteur privé, d 'Israël C’est -à -dire nous on paye des Israéliens pour qu’ils nous donnent à manger alors qu’ils en même temps ils sont en train de nous bombarder après, là quand le terminal quand il a eu cessez le feu, le terminal Rafah était parmi les conditions d 'accord d 'ouvrir le terminal Rafah et faire passer l 'aide humanitaire depuis l 'Egypte, bien sûr on dit depuis l 'Egypte mais ça doit toujours passer par Kerem Shalom le terminal Rafah égyptien il prend de l 'axe de la Philadelphia il entre à Kerem Shalom, il font de l 'inspection ça retourne à Rafah et puis ça entre à Gaza donc C’est toujours la même chose donc là, les gens ou bien ces commerçants là ils peuvent importer d 'Israël ils peuvent importer de l 'Egypte, ils peuvent importer d 'où ils veulent mais les destinations maintenant, soit ça vient de l 'Egypte soit ça vient d 'Israël et surtout, la nature de la marchandise, elle doit avoir un accord d 'Israélien, C’est -à -dire moi si je suis parti de ce 11 personnes je dis aux Israéliens, je vais faire une livraison par exemple de tomates les Israéliens, ils disent ok, vous pouvez passer le tomate non, le tomate C’est interdit donc C’est eux qui décident toujours la main supérieure pour dire qu’est -ce qui rentre et qu’est -ce qui ne rentre pas
Et ces 11 commerçants dont tu dis, ce sont des personnes ou C’est des, j 'imagine C’est comme des structures parce que 11, C’est pas lourd
Le problème C’est le business, C’est toujours un business familial donc bien sûr, C’est 11 personnes mais chaque personne, il a une compagnie C’est pas une personne qui n 'a rien avant ils étaient des transporteurs C’est -à -dire, ils avaient des camions de transporteurs et pendant la guerre, ils sont devenus commerçants parce que les Israéliens, ils ont décidé ça il y en a 2, 3 qui avant, ils étaient pas dans le commerce mais plutôt des transporteurs, C’est eux qui transportent C’est -à -dire, ils ont des camions de compagnie, de camions de transportés de Kerem Shalom, de VR, Gaza si par exemple moi j 'ai fait une livraison depuis Israël il y a un chauffeur Israélien qui prend la marchandise depuis là où il est, par exemple elle arrive à Kerem Shalom, et depuis Kerem Shalom il y a un camion palestinien, C’est un transporteur palestinien qui prend cette livraison, bien cette marchandise pour l 'amener dans mon entrepôt à Gaza ville, au nord, où là et il y a des gens qui faisaient ce business là, maintenant ils sont devenus malheureusement des millionnaires à cause de ce monopole et ils sont devenus des commerçants alors qu’il y a des vrais commerçants de père en fils, qu’ils ont tout ce qu’il faut les Israéliens, ils m 'ont interdit de faire ce business et ils ont juste choisi ces personnes, et tout ça, ça fait partie de la stratégie d 'Israël d 'avoir des nouveaux riches, et toujours ce monopole pour qu’on d 'une façon ou d 'une autre, on peut avoir des nouveaux riches et rendre les riches pauvres et changer tout le tissu social de Gaza, et surtout pendant la guerre et ils ont réussi à le faire
Et est -ce qu’il y a des révoltes de la population contre ces commerçants dont certains sont des profiteurs de guerre ou pas encore parce que d 'abord il faut se nourrir
Une révolte non, mais il y a une grande colère la révolte pour le moment, les gens ils ne sont pas dans l 'état d 'esprit de faire des révoltes ou de boucher, quoi que ce soit, parce que ils sont trop fatigués, épuisés mais la colère, oui ils sont furieux depuis la guerre, C’est pas que après la guerre parce que pendant la guerre les prix, ils ont augmenté de 50 fois, voire 100 fois le prix à cause de ces gens là, et C’est pour ça que les gens, ils en veulent à ces commerçants ils en veulent aux Israéliens parce qu’ils ont choisi ces gens là, là ces commerçants C’est toujours les mêmes qui font de l 'importation ils ont baissé les prix d 'une façon comment dire, un chute de prix énorme donc ils faisaient vraiment de bénéfices de 1000 % et 10 000 % et C’est pour ça que les gens ils sont de plus en plus furieux ils commencent à colère contre ces gens là parce que ils ont bien profité des gens pendant la guerre alors que normalement, en tant que palestinien il fallait un peu être un peu solidaire entre nous, mais c’était pas le cas ils ont bien profité, ils ont fait des millions de dollars pendant la guerre alors qu’il y en a d 'autres qui ont perdu des millions de dollars à cause de la guerre
Question du chat :Est -ce qu’il y a des ONG Israéliennes qui vous aident, qui souhaiteraient vous aider et qui ne peuvent pas ?
Je suis sûr qu’il y aura des ONG Israéliennes qui vont nous aider parce que la population Israélienne il y a beaucoup de ONG qui veulent toujours nous tenir la main ils veulent toujours nous aider mais ils peuvent pas le faire parce que l 'Israélien les empêche, les autorités, l 'armée tout ça les empêche mais malheureusement il n 'y a pas de ONG Israélienne qui peuvent faire ça et je crois pas que C’est bien reçu chez nous si on trouve une ONG Israélienne même si C’est une bonne volonté ou bien c’était vraiment une bonne intention d 'aider la population, mais C’est pas bien accueilli par la population parce que on est en train d 'être bombardé par l 'Israélien et en même temps ils sont en train d 'aider il y en a beaucoup de Palestiniens qui font recours à des ONG Israéliennes pour avoir un permis pour partir avant il y a l 'association très connue qui est des Palestiniens et qui sont toujours là il y a beaucoup d 'associations qui vraiment savent qu’on est dans l 'injustice et qui sait nos idées même s 'ils sont des Israéliens mais il y a d 'autres qui ont porté des plaintes dans des tribunaux Israéliens mais malheureusement il n 'y a pas des ONG ici qui peuvent nous aider soit de façon directe ou indirecte soit pendant la guerre ou après la guerre
Est -ce qu’on peut revenir quelques instants sur ce qui s 'est passé avant le dimanche 19 janvier le moment de la trêve les quelques jours qui ont précédé parce que contrairement à ce qu’on pourrait imaginer C’est un moment où la paix va arriver mais où la guerre redouble
Oui, C’est ça c’est toujours cette stratégie là mais cette fois -ci c’était un peu différent parce qu’il y avait quelques jours d 'habitude C’est 48 heures ou bien 24 heures pour déclarer à cesser le feu là Trump il a fait la surprise il a annoncé une trêve dans 3 jours, 4 jours et on savait que dans ces 4 jours Trump il a forcé tout le monde à faire la trêve, même l 'Israélien parce que les clients ne voulaient pas arrêter la guerre mais le fait d 'annoncer ça il fallait respecter son discours donc tout le monde voulait respecter Trump surtout Netanyahu et on savait que ça va être le moment le plus difficile pour les gens et l 'intensification des bombardements les pertes humaines l 'instruction totale parce que j 'ai un ami à moi juste avant de cesser le feu trois jours avant de cesser le feu son bâtiment était toujours debout son quartier, pas que le bâtiment quand il est rentré le premier jour de cesser le feu il n 'y a plus de quartier donc ils ont profité à la dernière minute de tout détruire, surtout au nord tout détruire tout le temps cette politique de fait accomplie ils ont tout détruit alors que lui son rêve c’était le jour où Trump il a annoncé la trêve son bâtiment était toujours debout il était très content qu’il va rentrer chez lui qu’il va trouver un endroit pour se loger et prendre un brité mais malheureusement quand la guerre C’est fini ses amis sont allés sur place ils lui ont envoyé des vidéos parce qu'à l 'époque on ne pouvait pas entrer tout de suite au nord ils lui ont envoyé la vidéo et c’était vraiment la catastrophe pour lui parce que C’est juste quelques heures entre sa maison qui était toujours debout
Depuis le cessez -le -feu il y a eu quatre échanges d 'otages d 'otages côté palestinien et de prisonniers côté israélien tu racontes dans ton journal de bord qui paraît régulièrement sur le site d 'Orient21 qu’il faut soutenir, parce qu 'en soutenant Orient21 vous soutenez Rami si vous voulez aider Rami C’est une façon de saluer son travail et C’est ce qu’il y a de mieux pour l 'estime de soi vous pouvez saluer son travail en donnant à Orient21 tu racontes dans ton journal de bord de Gaza une cérémonie justement d 'échanges de prisonniers de part et d 'autre avec une mise en scène qui m 'a assez saisi est -ce que tu peux nous en parler ? je parle du deuxième échange avec ces trois ou quatre soldats israéliens entourés de soldats du Hamas est -ce que tu peux nous raconter cette mise en scène ?
Ce n 'est pas vraiment une mise en scène mais C’est plutôt le choix du Hamas à chaque fois qu’il y a une échange de prisonniers déjà ce qu’ils font le Hamas dans ce jour là quand il y a des échange de prisonniers C’est toujours transmettre des messages tout ce que vous avez vu ce n 'était pas pour nous, ce n 'était pas pour les Palestiniens pour les Gazaouis mais C’est plutôt pour Netanyahu, pour l 'armée israélienne et pour la population israélienne parce que tout a été transmis en direct sur la place des otages ou bien des prisonniers à Tel Aviv et donc ils font ça très bien il y a des messages qui sont transmis vis -à -vis du Hamas à Netanyahu et ils sont très forts et C’est pour ça que Netanyahu à chaque fois il change d 'avis parce qu’il est furieux de ce qu’il a reçu comme message et le Hamas ils sont trop forts à jouer sur ce genre de message déjà vous avez vu, il y avait des strates C’est écrit en hébreux il y avait la présence aussi des jeeps que dans les mêmes jeeps ils ont fait le 7 octobre ce genre de jeeps C’est un peu le cauchemar pour l 'armée israélienne ils ont montré ces jeeps là ils ont montré un grand nombre de combattants, bien des militaires bien avec un uniforme uni bien repassé très bien fait, tout est bien organisé et bien sûr il y avait aussi quand il y avait les trois soldats qui sont sur une strate, il y avait deux à droite et à gauche, ce soldat combattant du Hamas, qui avait l 'arme qui s 'appelle Tavor, C’est une arme israélienne très connue pour la force spéciale israélienne dans l 'armée et ça a été confisqué pendant le 7 octobre et pareil avant de faire C’est à dire avant de faire des changes, ils ont pris le Hamas, ils ont pris les trois prisonnières les soldats sur le port de Gaza ils ont parlé en arabe, ils ont remercié les cassables bien sûr tout ce qu’ils disent pendant la détention on ne peut pas dire qu’il en fait de mauvaise volonté parce qu’on est toujours dans une prison on peut demander aux prisonniers de dire ce qu’on veut mais je parle de messages qui ont été envoyés après les cadeaux, il y avait un collier avec la carte de la Palestine C’est vrai que l 'israélien utilise aussi parce qu’il considère C’est l 'Israël mais là C’est écrit en arabe Palestine il y avait aussi un bracelet avec le drapeau palestinien, ils ont donné un cadeau chacun et ils enseignaient à un papier il ne faut pas retourner à l 'armée israélienne donc il y a beaucoup de messages que les Hamas s 'y sont envoyés et surtout le grand message C’est que on est toujours là ils ont fait beaucoup d 'échanges dans plusieurs endroits, une fois à Jabalya une fois dans le centre ville de Gaza à Khan Younès et à chaque fois à Gaza à la fois on est en train de parler des trois soldats c’était la place Palestine, C’est symbolique aussi parce que C’est une grande place après il y avait à Jabalya sous les décombres et ça fait sortir la soldatte sous les décombres donc des messages pour l 'israélien et ça a rendu la population israélienne furieuse parce qu’ils ont commencé à dire qu 'est -ce qu’ils faisaient l 'armée pendant 14 mois qu’est -ce que vous étiez en train de le faire vous avez tué les prisonniers qui étaient chez le Hamas et à la fin ceux qui ont eu toujours la chance de rester vivants, C’est parce que le Hamas s 'est protégé et parce que vous ne pouvez pas y arriver à ces soldats ou à ces prisonniers là et il y a tout l 'opinion publique qui a changé en Israël, même ceux qui étaient contre l 'arrêt de la guerre et qu’il fallait continuer jusqu 'au bout quand ils ont vu qu’il y avait toujours des soldats et des prisonniers vivants et ils veulent que ça continue parce qu’ils ont bien compris que 14 mois de guerre il n 'y a que l 'accord de cessez -le -feu au échange des prisonniers où il a pu faire sortir des prisonniers il a fait sortir 3 ou 4 prisonniers vivants mais le reste était tous morts et le Hamas depuis le premier jour il l 'a dit, vous n 'aurez pas à vous poser le mien qu 'avec un cessez -le -feu et à l 'échange des prisonniers et bien sûr on parle toujours de ce qu’on appelle les buts déclarés les buts déclarés de Netanyahou les buts déclarés de Netanyahou c’était éradiquer le Hamas en même temps libérer les prisonniers par la force, vivants mais il a échoué on parle de tout ce qui est déclaré bien sûr les buts non déclarés on est en train de le voir rendre le Gaza non vivable et expulser ce qu’il reste 2,3 millions de personnes qui sont toujours les survivants de ce génocide pour qu’ils partent ailleurs et prendre notre territoire Trump continue ce plan non déclaré que maintenant il devient sur la table ce qui est bien chez Trump C’est qu’il ne fait rien sur la table lui C’est un peu l 'arrogance je suis l 'homme le plus fort donc je fais tout sur la table je fais du business et il a parlé clairement des buts non déclarés de cette guerre
Alors Rami est -ce qu’il te reste un petit peu de temps ou pas ? si on va parler de Trump il y a John qui nous dit pardon mais ces soldats ont été violés on a des images de Namalevi les cuisses ensanglantées comment dire qu 'elles ont été bien traitées je te transmets ce que le chat dit et le chat me demande de te demander de faire un petit point de vocabulaire est -ce que tu dis otage ? est -ce que tu dis prisonnier pour ceux qui sont dans les geôles israéliennes pour ceux qui sont dans les mains du Hamas est -ce que pour toi il y a une équivalence ou est -ce que tu fais un distinguo otage d 'un côté, prisonnier de l 'autre ? ou est -ce que ça n 'a pas d 'importance ?
Non ça n 'a pas d 'importance pour la première question.Au début on a vu comment elles étaient traitées des soldats, comment elles s 'est arrêtées et après le Hamas et d 'autres groupes qui ont arrêté ces gens là et on voyait très bien qu 'elles étaient mal traitées il y avait une soldate qui était le son partout, la tirer par terre par les cheveux mais après demandez à cette même soldate comment elle a été traité pendant la période de détention ou bien de prison chez le Hamas moi je vais vous demander à elle directement elle va vous dire que C’est pas parce que le Hamas ils sont très bien, le Hamas ils disent que notre religion nous demande de bien traiter le prisonnier, surtout le prisonnier de la guerre et en même temps pour eux C’est un trésor si on peut utiliser le terme un prisonnier vivant pour Netanyahu ça coûte beaucoup plus cher qu' un prisonnier mort et C’est pour ça que Netanyahu, il veut tuer tout le monde parce que pour lui il savait très bien dès le début qu’il ne peut pas les faire sortir tous vivants et au contraire, C’est pas moi qui l’ai dit vous pouvez voir les Médias israéliens qui disent qu’il y a une volonté de la part de l’armée de tuer les soldats ou bien les prisonniers qui étaient chez le Hamas parce que ça coûte moins cher et C’est pas moi qui le dis vous pouvez voir les Médias israéliens et tout après pour le vocabulaire oui, si on veut utiliser le vocabulaire prisonnier ou pas, C’est aussi il faut appliquer ce vocabulaire sur les deux côtés C’est à dire, qu 'est -ce que ça veut dire otage et qu 'est -ce que ça veut dire prisonnier est -ce que les prisonniers qui sont dans les tunnels ou bien dans les prisons israéliens, ce ne sont pas des otages ou pas otage, qu 'est -ce que ça veut dire être kidnappé sans tribunal sans passer par un jugement, sans que ce soit quoi que ce soit, oui, C’est ce que les israéliens le font avec les palestiniens et parmi ceux qui étaient libérés, il y a des centaines qui sont dans les prisons C’est juste la loi martiale, sans jugement, sans rien du tout et là, ce qui se passe entre le Hamas et l 'Israël, C’est la guerre entre les deux, donc C’est pareil, ce sont des prisonniers que le Hamas l 'a pris, il n 'y a pas eu de de cour ou bien de tribunal ou quoi que ce soit, ils l 'ont pris ils ont attaqué la périph, ils ont kidnappé ces gens -là ils ont pris, ils sont dans une prison de Hamas, et C’est exactement ce qu’ils font l 'Israélien, si nous on considère que les prisonniers palestiniens qui sont là dans les prisons israéliennes, ils sont des criminels, ça C’est grave C’est vraiment grave, quelqu’un qui est même l 'Israélien lui -même à Haaretz, le média israélien, le journal israélien à Haaretz, il a dit, nous on est demandeur de liberté, on n 'est pas des criminels, on n 'a pas fait un truc contre la loi ou quoi que ce soit, C’est juste, tous ces prisonniers là, ils voulaient juste l 'indépendance de la Palestine et avoir un état palestinien donc si on veut parler de vocabulaire et tout ça, il faut mettre le truc dans les deux camps, que ce soit le camp israélien ou le camp palestinien … C’est pour ça que la majorité malheureusement, même dans les médias, tout le monde parle de la libération de cette soldate, X et Y et ils ont commencé à parler de sa vie comment elle a vu son père son mari, etc. personne ne parle des palestiniens il y a plus de 7000 prisonniers palestiniens, je parle avant la guerre maintenant ils sont plus, mais pendant la guerre il y a 7000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes qui sont là juste parce qu’ils voulaient ils se sont révoltés contre l 'occupation mais il y en a beaucoup qui sont là aussi ce qu’on appelle l 'arrestation
Mais peut -être que vous avez parlé de l 'arrestation administrative
Voilà, on arrête une personne sans passer par un tribunal sans savoir pourquoi il est là et parmi eux il y a Raleh Dajabal la grand chef du FPLP, ça fait 3 ans dans les prisons, sont passés par un tribunal, on ne sait pas est -ce que C’est un otage aux prisonniers, donc il faut utiliser le vocabulaire dans les deux côtés pour mieux voir les choses C’est pas un kidnapping qui a été fait par je parle toujours de ce cas de Raleh Dajabal, elle est venue chez elle, ils l 'ont pris ils l 'ont mis dans la prison, vous avez vu dans quelle situation elle est sortie et pareil pour les prisonniers palestiniens qui s 'en sont arrêtés et qui sont passés par la prison de Sde Teiman, regardez le viol, l 'état de viol C’est pas moi qui l 'ai dit, C’est les Israéliens qui l 'ont dit, et moi j 'ai écrit une fois sur l 'Orient 2021 en parlant de l 'arrestation des soldats qu 'un jour ces soldats là, ils vont parler de l 'atrocité qu’ils ont fait et qu’il y aura des cas de suicide, il y aura des associations comme Breg -Lausanne après 2014 qui vont parler de ce qu’ils ont vu ce qu’ils ont vécu, là regardez l 'état des prisonniers palestiniens qui étaient libérés à Gaza, comment ils sont tous torturés, ils sont sortis directement à l 'hôpital on voyait très bien les traces de sang et des séquatrices et tout ça, jusqu 'à présent ils souffrent, donc si on veut parler de qu’ils étaient bien traités par rapport à ce que le Hamas ils ont fait pour les prisonniers Israéliens quand ils étaient chez eux je ne parle pas au moment du kidnapping mais en faisant la comparaison je ne crois pas que pendant la période de l 'arrestation ou bien des prisons, ils ont eu des cas de viol ou des cas de mal de maltraitance mais il faut voir les deux côtés ce ne sont pas juste des côtés Israéliens, Israéliens, Israéliens et personne ne parle des palestiniens on est des êtres vivants ce qu’on veut C’est juste vivre en paix et vivre dans un état indépendant on est l’occupé, on n’est pas l 'occupant C’est tout
Le tchat t 'interroge sur le Hamas il y a notamment Florent qui te demande et le Hamas dans ce désastre alors là c’était au moment où tu parlais de la non vie dans laquelle vous êtes plongé aujourd 'hui est -il en capacité d 'aider est -ce qu’il organise la non vie justement est -ce qu’il est soutenu, est -ce qu’il est détesté est -ce qu’il est admis par la population comment la population Gazaouie le voit et le conçoit est -ce un mal nécessaire ou un mal déjà là quel niveau de responsabilité du Hamas dans la destruction de Gaza Selon la population, ça fait beaucoup de questions, mais elles sont essentielles.
Je peux répondre à cette question dans cinq minutes, parce que là, j 'ai un direct. Je fais le direct et on revient à la discussion, si vous voulez.
Il n 'y a aucun problème. Tu fais un direct avec qui ?
BFM.
Alors vas -y, sois bon. Transmets le message et on t’attend tranquillement, à tout à l’heure. Merci beaucoup. Voilà donc Rami va revenir. Je vais aller me chercher un petit café. Si vous voulez bien, les amis, je vous laisse discuter entre vous dans le chat. Vous pouvez aller voir Rami sur BFM,c’est quand même bouleversant. On va reparler, évidemment, avec Rami à son retour, on finira la question sur le Hamas. Et puis, on va évidemment parler du délire Trumpien. Vous savez sans doute que Trump a décidé, enfin, a dit que c’était les Américains qui allaient prendre en charge la bande de Gaza et qu’ils allaient la transformer en Riviera. J' emploie le terme Riviera, C’est -à -dire Côte d 'Azur. Et que ça va être un lieu touristique et que les Gazaouis pourraient aller en Egypte ou en Jordanie….
Je crois que Rami revient.
Oui.
Oh, je t 'en prie, je t 'en prie,
Attends.
J 'étais en train d 'essayer de voir sur BFM si je te voyais, mais je ne t 'ai pas vu, mais on m 'a dit que tu étais passé.
Alors attends.
Rami est donc de retour il était il y a quelques instants sur BFM. Qu 'est -ce qu’ils t 'ont dit ? Qu’est -ce qu’ils ont fait ?
Désolé pour le retard, parce que j 'ai fait maintenant mon intervention et ils m 'ont dit : restez avec nous parce qu’on va reprendre, on va redonner la parole. J’ai attendu, j 'ai attendu.. à la fin, ils m’ont dit merci. C’est bon comme ça. C’est pour ça que j’ai tardé. Donc désolé pour le retard.
Je t’en prie, Rami. Est -ce que tu as pu dire ce que tu avais envie de dire en quelques minutes ou pas ?
Oui, Mais bon, j 'aurais bien aimé avoir la parole comme les autres, parce que les autres, ils avaient des aller -retour. Et surtout, on parle de Gaza juste une petite voix de Gaza de quelques minutes. Et puis, c’est d' autres qui parlent qui ne sont pas de Gaza. Mais ce n 'est pas grave. C’est déjà bien de parler, de donner quelques minutes. Au moins, je vais parler de la voix de Gaza là où je suis.
Si jamais ils te rappellent, nous, on t 'attend. On n 'a pas de problème.. Donc si BFM décide que c’est quand même important de t 'écouter un peu plus, on sera ravis de patienter.
Voilà.
Je reviens sur les questions qui étaient posées par le chat concernant le Hamas. Si tu veux, je peux te les reformuler. Que fait le Hamas dans ce désastre ? Est -il en capacité d 'aider ? Organise -t -il la non -vie dont tu parlais ? Est -il soutenu, détesté, admis par la population ? Est -ce un mal nécessaire ou un mal qui est déjà là ?
Non, C’est un mal en tout cas. Mais est -ce que nécessaire ou pas ? Bien sûr, il n 'est pas nécessaire. Personne ne veut la guerre. Personne ne veut la destruction totale. Personne ne veut tout ce qu’on a vécu là. Personne ne le veut, ni pour lui, ni pour quelqu’un d 'autre. Est -ce que le Hamas, ils sont en train de faire quelque chose ? Ils essayent, mais je ne crois pas qu’ils ont les possibilités de faire quoi que ce soit. Ils n 'ont pas d 'argent, du militaire, ça passe par Israël. Ils sont là. C’est vrai que le Hamas, ils sont là. Mais qu 'est -ce qu’ils peuvent faire ? Ils ne peuvent rien faire. C’est Israël qui décide de tout. Ils décident qu’est -ce qu’ils peuvent en faire entrer ou pas. Que ce soit Hamas qui est au pouvoir ou notre autorité, l’autorité palestinienne aussi. Ils essayent de faire quelque chose. Ils essayent d 'intervenir. Ils les empêchent d 'entrer à Gaza, d 'intervenir à Gaza. Parce qu’ils veulent que le Hamas continue à gouverner Gaza, même s 'il ne le dit pas. Mais C’est son truc préféré d 'avoir la division entre Hamas et Fatah, entre la Cisjordanie, entre Gaza. Et pour lui, moi je le considère comme un vampire. Il vit avec le son. Tant qu’il y a de la guerre, il est toujours là. Quand il n 'y a pas de guerre, C’est sa carrière politique qui va sauter. Et donc la présence du Hamas, C’est la meilleure hypothèse pour lui. Pour dire qu’il y a toujours un danger à Gaza. Alors que l 'Autorité Palestinienne, ils ont proposé de venir, de reconstruire, d 'aider la reconstruction. Et on sait très bien qu’on est toujours sous occupation. C’est eux qui décident. Mais le Hamas, est -ce qu’ils sont aimés ou pas par la population ? Est -ce que les gens, ils ont voulu le Hamas ou pas ? Bien sûr, il y a des gens qui en veulent le Hamas, parce qu’ils considèrent que tout ce qui s 'est passé, C’est à cause du Hamas. Mais la majorité des gens, ils pensent d 'une façon très simple. C’est -à -dire, et moi je donne toujours cet exemple -là, C’est -à -dire, vous êtes avec votre famille dans une maison, il y a quelqu’un, un voisin qui est venu, il a cassé la maison, il a tué vos frères, votre père et tout. Et après, on est toujours dans cette maison comme une prison. Un de tes frères, il a eu l 'occasion de donner un coup de poing ou un couteau à ce voisin -là. Et ce voisin, tout de suite, il a réagi, il a tout détruit, il a tué tout le monde, il a tué tout le monde, il ne restait plus personne. Est -ce que toi, tu en veux à ton frère qui a donné ce coup de couteau, ou est -ce que tu en veux à la personne qui a tout détruit, qui a tout tué autour de toi, ta famille, tes enfants et tout le monde ? Et c’est ça, c’est ce qui exactement s 'est passé. Le Hamas, ça fait partie de leur logique ou leur idéologie, C’est la résistance militaire. On est toujours sous l 'occupation. Personnellement, je ne suis pas pour la résistance militaire. Je crois plutôt à la résistance populaire. Mais C’est légitime, en tant que sous -occupation, d 'avoir la résistance militaire. Les Israéliens essaient trop fort de changer les termes, la terminologie en disant, C’est des terroristes et ce n 'est pas des combattants. Même les Israéliens disent qul y a l’ancien chef de sécurité israélien. On continue à poser la question en disant, si vous étiez palestinien, qu’est -ce que vous êtes ? Il a dit, je vais me battre jusqu 'à la dernière minute. C’est la nature humaine. Chacun, peut -être en France, la majorité maintenant, ils n 'ont pas vécu l 'occupation allemande et tout ça, donc ils ne savent pas ce que c’est une occupation. Ils ne savent pas que ça devient quelque chose de normal et d’humain de résister à une occupation. Après, C’est juste quand on a fait le 7 octobre, ils ont présenté le 7 octobre comme C’est le début de l 'histoire, comme C’est la Russie qui a attaqué l 'Ukraine. Ce n 'est pas du tout ça. Il y avait une occupation, il y avait des gens qui occupaient notre territoire, mais non seulement ils étaient occupés, ils étaient en train de décider de tout dans notre vie, ce qu’on mange, ce qu’on boit, comment partir, se soigner et tout. On est dans une cage et on est surveillé, on est puni dans cette cage -là. C’est pour ça que même vous mettez un chat dans une cage et à chaque fois vous le torturez ou privez de manger, de boire, ce chat -là, quand il va trouver le moindre moment, il va vous attaquer. Et C’est un peu ça, la réaction. Je ne justifie pas ce qu’il a fait le Hamas le 7 octobre, mais je dis que C’est quelque chose de normal chez les occupations de se défendre contre cette occupation -là.
Mais Rami, pardon de t 'interrompre, tu as employé le terme populaire et je crois que c’était le sens des questions qui étaient posées. Là, tu as donné ton point de vue, mais les Gazaouis ont -ils le temps de s 'interroger sur cette question -là ? C’est -à -dire, est -ce que le Hamas continue, puisqu’il a été élu, est -ce qu’il continue à être populaire ou est -ce que ce ne sont pas des questions qu’on se pose en temps d 'occupation ?
Non, mais être populaire, C’est -à -dire si on va avoir des élections aujourd’hui, est -ce que le Hamas va gagner des élections ? Non, ils ne vont pas gagner d' élections. Mais la base populaire du Hamas n 'a pas changé. La base populaire du Hamas est toujours là. Moi, je ne sais pas, je ne suis pas très dans les statistiques, mais je crois qu’on est dans les 30 à 35 % de la population qui vont voter pour le Hamas. Et en plus, là, on parle de Gaza, mais aussi en Cisjordanie. En Cisjordanie, il y a des gens qui se tiennent toujours du Hamas, parce que c’est le symbole de la résistance, parce qu 'en Cisjordanie, ils sont en train de faire la même chose que à Gaza. Regardez ce qui se passe à Jénine, regardez ce qui se passe à Tulkarem, regardez ce qui se passe à Naplouse, il n 'y a pas le Hamas. Il y a l’autorité palestinienne qui tend toujours la main pour la paix. Et malgré ça, regardez ce qu’ils font aux Israéliens. Annexer des territoires, faire des colonies, agrandir les colonies, affaiblir l 'autorité palestinienne. Il n 'y a pas ce prétexte du Hamas, ça n 'existe pas en disant que le Hamas qui gouverne en Cisjordanie, ils font la même chose, ils font pire. La majorité des prisonniers qui vont être libérés, qui sont libérés, sont partis de la Cisjordanie. Ce n 'est pas de Gaza. Et donc c’est juste la mentalité d 'occupation et d 'occupé. Mais les gens, malheureusement, et surtout en France, ils n 'ont pas cette perception d 'occupant et d 'occupé. Ils croient que c’est juste un État israélien, que c’est un État, et que nous les Palestiniens, on veut finir les Israéliens, on veut prendre leur place, on veut prendre leur territoire. Pas du tout. On veut juste, nous, on a accepté les territoires de 1967, C’est -à -dire on a accepté le partage de la Palestine. Même pas parce que le partage de la Palestine en 1948, c’était beaucoup plus de territoires pour les Palestiniens qu 'aujourd’hui. Mais on a même accepté les 20 % de la Palestine historique. Et malgré ça, Netanyahou, il ne veut pas faire la paix. Là, on parle du projet de Trump. Il faut carrément, un nettoyage ethnique, expulser la population de Gaza vers d’autres pays pour qu’ils résolvent le problème. C’est exactement ça, ce qu’ils veulent les Israéliens ils voient, C’est Netanyahou, les vrais buts de la guerre, C’est ça. C’est faire fuir ce qui reste de 2,3 millions de personnes qui sont les survivants de ce génocide, et les faire sortir en disant qu’ils ont choisi de sortir. Bien sûr, si on tue, on casse ta maison, on ne te laisse plus rien, on ne te donne pas à manger, après on te dit, oui, si tu veux partir, c’est volontaire, tu peux partir. Mais bien sûr que tout ça, c’est le nettoyage ethnique. Et bien sûr, il y a des gens qui ne vont pas supporter tout ça. Il y en a d’autres qui ont un peu la patience ou la capacité de résister, de rester sur place. Mais il y en a d 'autres qui n 'ont pas cette capacité de résister, ils veulent partir. Et bien sûr, à la fin, on va dire, oui, ce n 'est pas un nettoyage ethnique, c’est une migration volontaire. C’est eux qui ont choisi de faire ça. Et même maintenant, ce qu’il y a en train de faire à Netanyahou, c’est Trump. Je sais très bien que ce qui se passe aujourd 'hui, c’est vraiment l 'entourage de Trump, les proches de Netanyahou qui ont proposé ce genre de trucs. Et justement, C’est continuer ce qu’ils n 'ont pas pu faire depuis 48 et expulser la population palestinienne. Si ça marche très bien à Gaza, ça peut marcher en Cisjordanie. Et en Cisjordanie, voilà, les habitants de Cisjordanie vont partir en Jordanie, comme les habitants de Gaza, ils ont pu partir en Jordanie, en Egypte. Et comme ça, la Palestine sera tout entière et elle sera occupée par les Israéliens. Ça va s 'appeler Israël à Gaza. Et nous, on va être des citoyens en Jordanie ou en Egypte ou ailleurs. Et c’est ça.
Excuse -moi, Rami, précisément, moi, j’ai appris ça confortablement, si je puis dire, en me réveillant. J’ai entendu à la radio, j’ai été sidéré, comme visiblement le monde entier l 'est, comme visiblement les déclarations des différentes capitales dans le monde sont quand même un peu sidérées. Toi, tu as appris ça, comment le plan Trump est arrivé à tes oreilles, de quelle manière, à quel moment, et qu’est -ce que tu as pensé d 'entrée ? Et ensuite, quelle analyse tu en fais ? Mais d’abord, comment as-tu appris ça ?
Moi, je l 'ai appris aujourd’hui quand je suis arrivé à la Maison de la presse parce que malheureusement, à la villa, j 'ai pas de connexion internet, donc je n 'ai pas suivi tout ce qui s 'est passé depuis que je suis rentré hier jusqu'à aujourd’hui ce matin. Je l 'ai appris aujourd’hui quand je suis arrivé, j 'ai ouvert Internet, j 'ai vu mes amis journalistes, on a commencé à discuter. C’est le grand choc de, comment dire, de ces propositions. Il commence à un orgueilleux qui est en train de vendre, d 'acheter des territoires qui ne m 'appartiennent pas à lui. Personnellement, je ne vais pas dire que j 'étais choqué, mais je n 'étais pas surpris parce que je sais très bien que Trump est capable de tout faire. Il a regardé ce qu’il dit pour le Canada. Il veut annexer le Canada. Donc, je sais très bien cette façon de penser, mais après, c’est plutôt comment on va passer à l 'action. Et surtout, pour Trump, bien sûr, annexer le Canada, ce n’est pas quelque chose de… Il ne va pas le faire du jour au lendemain. Ou bien, on ne va pas dire qu’il y a un terrain qui est un peu fertile ou préparé pour ça. Mais à Gaza, le terrain est fertile. On est dans la non -vie. Et on ne sait pas combien de temps on peut fermer. Il suffit juste que ces 600 camions qu’on est en train de manger et boire, que ça s 'arrête et que ça soit 200 camions par jour. On est morts. Et c’est pour ça que les gens vont avoir peur pour leurs enfants, pour leur famille. Ils disent, OK, s 'il y a la possibilité de partir, on va partir parce que je ne veux pas mourir. Et c’est ça qui est en train de se jouer avec Trump. C’est que là, ils ont préparé le terrain, C’est -à -dire une destruction totale. Il n 'y a plus rien dans la bande de Gaza. Plus rien, plus rien, mais vraiment plus rien. Et il n 'y a que les habitants qui sont toujours là. Et je répète, ce sont les survivants de ce génocide qui sont toujours là. Et maintenant, il faut se débarrasser de ces gens -là. On va les laisser dans cette prison, casser, démolir. Et on ne va plus rien faire du tout. Et après, c’est à leur choix s 'ils veulent partir et rester. Et C’est ça, C’est qu’il a profité de ce terrain fertile pour faire ce qu’il veut. Et c’est exactement ce comportement de promoteur immobilier qu’il a trouvé un immeuble qui est à moitié détruit. Mais il y a des gens qui sont toujours dans cet immeuble -là, donc il a commencé à dire ok, si vous voulez rester, vous restez, mais ça va casser votre tête, vous allez être morts sous des décombres, etc. Et petit à petit, il amène une petite pelleteuse de creuser à droite et à gauche de ce bâtiment -là. Le bâtiment commence à écouler, les gens commencent à fuir, ils disent voilà, vous êtes sorti, C’est vous, moi j 'ai rien fait, mais moi j 'ai acheté ce bâtiment -là, je vais le refaire, je vais le reconstruire, mais pas pour vous. Vous allez chercher ailleurs, je vais le reconstruire et faire de lui une côte d’azur, mais ça ne sera pas pour vous. C’est exactement ce qu’il est en train de faire Trump. Et moi je considère, bien sûr, c’est choquant ce qu’il a dit et tout, enfin c’est son fantasme, mais il faut prendre ses propos vraiment au sérieux. Parce que c’est un mec qui peut faire très mal avec son orgueil, l' homme le plus fort du monde. Il se moque des Nations unies, des trucs humanitaires, et tout, donc c’est un mec qui dit voilà, C’est moi la loi, C’est moi qui fais ce que je veux. Peut -être qu’il n 'est pas quelqu 'un qui veut faire la guerre, mais il l 'a fait d 'une autre façon, pire que les bombes. Parce que les bombes, ça se voit, il y a l’opinion publique qui peut bouger parce qu’on voit le son, les cordes éjectées, mais la non -vie, on ne le voit pas, on la sent, il faut venir sur place pour sentir la non -vie, pour sentir comment on vit aujourd 'hui. On ne peut pas le filmer, on ne peut pas le décrire avec des mots, il faut venir sentir tout ça. Et ici, on va être à fond de ça pour continuer les vrais buts de cette guerre -là.
Si, évidemment, on peut comprendre que des Gazaouis se disent finalement, je peux échapper à la guerre et à la misère, 80 % du territoire, disais -tu, tout à l 'heure a été détruit. Est -ce que tu penses vraiment que l 'Egypte ou la Jordanie pourraient accepter ce nettoyage ethnique, comme tu l 'as dit, le chat parle de déportation, C’est massif, C’est 2 millions d 'individus, d 'hommes, de femmes, d 'enfants. Est -ce que tu penses que l 'Egypte et la Jordanie peuvent accepter, peuvent ne pas accepter, dans quelle position ces deux pays sont aujourd’hui, d 'après toi ?
Oui, mais si tu veux, on ne peut pas voir les choses comme ça. Ça va pas se passer du jour au lendemain avec 2 millions de personnes qui vont faire la queue pour partir de Terminal Rafah pour atteindre le Sinaï. Non, non, C’est un truc qui va se faire d’une façon fluide, si on peut dire ça. C’est -à -dire, de but, on va ouvrir le terminal de Rafah, après on va dire pour les gens qui veulent partir, vous signez un papier, vous retournez plus, si vous voulez partir ailleurs. Et bien sûr, là, il a proposé pour l 'Egypte et pour la Jordanie, mais il y aura d’autres pays qui sont prêts à faire ça. Il a toujours la carotte, lui, parce qu’il sait très bien que la Jordanie et l 'Egypte vivent avec les fonds de pension américains, l’aide des Marocains, que ce soit l 'arsenal ou bien l 'aide financière. Et donc, voilà, la carotte, on ne donne plus, on arrête et on donne beaucoup plus d 'argent. Voilà, je ne sais pas, les dettes de l 'Egypte, elles sont à 30 milliards de dollars, on vous donne 70 milliards de dollars pour vous, on va donner 100 milliards de dollars pour les Palestiniens pour reconstruire les villages ou bien les villes où vous êtes. Et petit à petit, ça peut se faire. Et ça peut toujours se faire avec le mot magique humanitaire. Prenez -les, regardez, ils sont en train de crever de faim, ils sont en train de mourir, mais prenez -les, soyez un peu humains. Ça va se passer d 'une façon fluide, entre guillemets, à cause du terrain qui est fertile. Et 2 millions de personnes pour l 'Egypte, l 'Egypte peut absorber les 2 millions de personnes facilement. On parle de 140 millions de personnes d 'habitation, 2 millions de plus, ce n 'est pas comme en Jordanie. La Jordanie, C’est vraiment le trône du roi qui va être bougé parce qu’il y a toujours des comptes démographiques contre les Palestiniens, les Jordaniens. Donc lui, son trône, il est en danger. Après, c’est toujours la carotte. Voilà, on te donne de l 'argent, C’est combien les dettes de la Jordanie, C’est 40 millions de milliards, on vous donne 150 milliards, on donne 150 milliards pour les Palestiniens qui vont accueillir. Et surtout, pour la Cisjordanie, la majorité des Cisjordaniens ont un passeport Jordanien. Il y a une grande partie de la Cisjordanie et ils ont déjà un passeport Jordanien. Donc ils peuvent aller vivre en Jordanie sans se sentir qu’ils sont en train d 'être partis ou pas. Et le truc que Netanyahu et Trump sont en train de faire, ce n 'est pas un truc du jour au lendemain. C’est un truc stratégique qui va prendre des années, mais si le terrain est toujours fertile, ça va continuer. Et le problème, c’est que même au niveau médiatique, on est en train de poser la question est -ce qu’on peut reconstruire Gaza et évacuer les habitants de Gaza ? On utilise le mot évacuer. On n 'utilise pas le mot nettoyage ethnique. C’est un nettoyage ethnique qu’on transfère, mais on peut changer les termes. Et en changeant les termes et les vocabulaires, ça peut être plus facile pour les gens. Pour l 'accepter, déjà pour le comité international, pour les Palestiniens eux -mêmes, quand on cherche les termes et tout ça, ça peut être absorbé, ça peut être faisable. Ils sont forts, à changer les termes, ils sont très forts. Regardez, un combattant, ça devient un terroriste. Un occupé, ça devient un terroriste. Et tout le monde le dit. Le mouvement terroriste Hamas et les machins, tout le monde le dit. Et tout le monde, ils ont considéré que le Hamas est un territoire, une faction ou bien un groupe terroriste, alors que le Hamas, il n 'a jamais fait quoi que ce soit hors la Palestine. Je parle militairement. Rien du tout dans le monde. Et malgré ça, on l 'a considéré comme un groupe terroriste. C’est juste parce qu’ils ont choisi la voie militaire qu’on nous voit pour résister contre l 'occupation. C’est tout à fait, C’est exactement ce que vous dites aux habitants de Kiev. Sortez de Kiev, tous, parce que Poutine va faire de Kiev une principauté de Monaco. C’est exactement la même chose. Quand il s 'agit de la Palestine, tout le monde accepte. Mais quand il s 'agit d 'autres trucs, le droit international, le droit humain, ce n 'est pas faisable. Mais quand il s 'agit de la Palestine, avec la propagande israélienne et surtout tout ce qui est des médias et tout ça, on change les termes et c’est bon. Déjà, on a changé de terme politique humanitaire. Aujourd 'hui, on parle de Gaza que de cas humanitaires. On parle d 'aide humanitaire, on parle de soins humanitaires, on parle de largages humanitaires, on parle d 'occupation humanitaire et évacuation humanitaire, nettoyage ethnique humanitaire. On utilise toujours ce mot magique qui peut tout faire juste parce qu’on a utilisé le mot humanitaire.
Question du tchat, est -ce que, selon toi, une deuxième Nakba était déjà dans la tête de Netanyahou le 8 octobre ? Est -ce que tu penses que c’était ça son but ? Bien sûr,
Mais bien sûr, depuis, c’était vraiment un grand cadeau pour Netanyahou. Moi, je l 'ai dit, je l 'ai dit le premier jour, j 'étais invité sur les plateaux et tout ça. Depuis le premier jour, j 'ai dit ce qu’il s 'est passé aujourd 'hui, C’est Pearl Harbour et après Pearl Harbour, C’est la bombe atomique. Il n 'y aura plus personne à Gaza. Et j 'ai dit à tous mes amis, au début, surtout les journalistes, le premier jour, les mêmes heures, on va se trouver bientôt au Sinaï. Ils croyaient que je plaisantais, mais C’est exactement ce que Netanyahou, depuis qu’il a pris le pouvoir, n 'arrête pas de dire ça, qu’il faut faire transférer tous les Palestiniens, et surtout à Gaza, maintenant, C’est le moment ou jamais, mais tous les Palestiniens en général, il faut les transformer, les transporter ou les déporter. Tout le monde me parlait de l 'après -guerre. Je dis, cette guerre -là, ce n 'est pas comme les autres guerres où chacun va se retirer, il y a une chance mais pas du tout. Ça, ça va changer la géopolitique de tout le Proche -Orient. Mais moi, je suis sûr aussi que Netanyahou, il ne va pas être parmi le nouveau Proche -Orient. Je crois que Trump, là, il est en train de dire on va faire ça, mais ce n 'est pas avec toi. On ne va pas le faire avec toi. Parce qu 'un nouveau Proche -Orient, il faut que Netanyahou s 'efface de la carte.
Cette nuit, ces déclarations de Trump, il veut faire de la vente de Gaza une Riviera. Je te sens fatigué, là. On va bientôt arrêter, Rami.
On peut reprendre, si tu veux. Je peux faire 5 minutes de pause, parce que là, depuis ce matin, je n 'ai pas arrêté les directs et tout. Donc si tu veux, je peux m 'arrêter 10 minutes et puis on peut reprendre, ou bien dans l 'après -midi, on peut reprendre, si tu veux.
Non, mais arrêtons -nous 5 minutes ou 10 minutes, même si tu veux, il n 'y a aucun souci, on t 'attend.
Non, mais encore 10 minutes, C’est juste encore 10 minutes.
Encore 10 minutes merci, merci beaucoup. Et on est tous extrêmement touchés et bouleversés par ce que tu nous dis. Hier soir, tu te couches avec les perspectives dont tu nous parlais tout à l’heure. Et ce matin, il y a ça. Comment réagis-tu réagis ? Est -ce que tu penses que le peuple palestinien peut encore avoir sa destinée en main ? Parce que quand Trump parle de vous, de la bande de Gaza, c’est de la marchandise. C’est rien.
Oui, justement. C’est un businessman, il est en train de parler de business. Et nous, c’est de la marchandise. On va enlever la mauvaise marchandise, on va mettre une nouvelle marchandise dans un meilleur entrepôt. Mais le jeu, déjà, avant lui, il y avait Belfort. C’était sa promesse. Et puis il y avait le mandat britannique, il y avait l’occupation israélienne. Et on a résisté à tout ça. On appartient à cette terre. Cette terre, c’est à nous on n’a pas de problème s 'il y avait des juifs qui sont venus vivre chez nous. Et justement, l’immigration juive était en Palestine et nous, on les a accueillis avec grand cœur. Pour nous, la Palestine, c’est pour tout le monde. C’est un territoire pour tout le monde. Mais, ce soit pour les Palestiniens, que ce soit juifs, chrétiens, musulmans, ou n’importe quelle autre religion, mais à la fin, il est Palestinien. Et là, non, il veut nous expulser de cette terre -là et dire que le mot Palestine n’existe plus, le mot Palestine n 'existe plus, les Palestiniens n 'existent plus. Il ne va pas réussir à le faire. C’est vrai qu’on va passer dans des conditions très difficiles, des conditions horribles, des situations horribles. Mais on a déjà vécu des massacres. On a vécu des massacres 24 heures sur 24, pendant 7 heures sur 7, devant les écrans de tout le monde, en direct, retransmis en direct. Et malgré ça, on a soutenu, même tout le monde nous a abandonnés. Et pareil, pour Trump aussi, il peut faire ce qu’il veut, mais à la fin, c’est notre terre. Et l 'injustice ne va pas durer. L 'injustice, un jour, ça va se terminer. On va revoir notre État palestinien et notre territoire palestinien. On va faire avec les mains palestiniennes beaucoup mieux que la Côte d 'Azur, beaucoup mieux que Singapour, avec les mains des Palestiniens, avec les mains palestiniennes, on va reconstruire tout ça.
Le chat te reprend un petit peu en te disant, on ne peut pas dire ça, les juifs au début du XXe siècle n’ont pas été accueillis, les bras ouverts.
Je parle chez nous, tant que les Palestiniens, on les a accueillis avec les bras ouverts. Regardez tous les juifs qui sont venus, même ceux qui sont devenus des Israéliens, ils ont tous dit qu’on était des Palestiniens, ils ont montré leur passeport palestinien et nous, on les a accueillis. Comment ? Est -ce que nous, on a fait la guerre contre les juifs ? On n 'a pas fait la guerre contre les juifs. On a fait la guerre contre Israël, contre les Israéliens, ils ont voulu prendre notre territoire et créer un État d 'Israël. On a fait la guerre, pas on a fait la guerre, C’est défendu contre les milices de Hagana et autres qui ont été tués, les gens dans les villages et les villes palestiniennes, justement pour reprendre la fuite, C’est exactement ce qu’on est en train de vivre aujourd 'hui. Ces milices -là, elles sont devenues une armée officielle et nous, les descendants de ces réfugiés -là, ou bien ces déplacés, on est en train de se déplacer à nouveau. Mais nous,on est en train de payer ce qu’ils ont fait l 'Europe des juifs, mais pas nous. Au contraire, on les a accueillis. C’est pour ça qu’ils ont choisi la Palestine, parce qu’on les a accueillis. Il y avait des juifs palestiniens, des juifs palestiniens, même ceux qui sont venus émigrer ici, mais au contraire ceux qui vivaient ici. Regardez Pérez, il a montré sa carte d 'identité quand elle était en Palestine, c’est écrit une carte de séjour en Palestine. Il est venu depuis, je ne sais pas, c’était Budapest, je crois, ou la Pologne, ou un truc comme ça. Il est venu de Pologne, il a eu une carte de séjour chez nous. Golda Meir, elle avait un passeport palestinien. Elle a dit, regardez, on était palestiniens, je suis palestinien. Il avait un passeport palestinien. Ils pouvaient voir tout ça. Ils peuvent le voir sur Internet. Ce n 'est pas moi qui l 'invente. C’est des documents, tout était documenté. Il fallait juste réviser un peu l’histoire. Bien sûr, si on n 'est pas dans une idéologie, si on est dans une idéologie, ce n 'est pas la peine de voir l 'histoire. Mais si on voulait vraiment chercher la vérité, regardez, tout est dans le monde des petits avec Internet, vous pouvez voir comment ces gens -là, ils disent qu’on est des palestiniens, on était des palestiniens, mais il faut créer l 'État d 'Israël parce qu’on est des sionistes.
C’est tout. Rami, justement, le monde est petit. Il y a la guerre du vocabulaire. Tu en parlais à l 'instant, qu 'est -ce que nous pouvons faire, nous, les petits Français, à l 'autre bout d 'Internet ? Comment peut-on vous aider ?
C’est juste laisser votre humanité parler. C’est juste rester humain. C’est amener un petit garçon de 9 ans, 10 ans, montrez lui ce qui s 'est passé sans parler de tout le contexte en disant Israël, Palestine, machin. Il va vous dire, mais qu 'est -ce qu’il y a ? Pourquoi il y a des gens qui sont en train de tuer des gens de cette façon ? C’est juste ça. Il ne faut pas oublier qu’on est sous occupation. C’est ça le problème. Je ne veux pas dire que vous êtes manipulés, bien sûr, il y a toujours ce côté idéologique, ceux qui sont dans l’idéologie du sionisme, tout ça. Pas tout le respect parce qu’ils le font très bien, ils font de la propagande comme il faut, ils sont trop forts pour changer les normes et les vocabulaires et tout. Mais ceux qui ne sont pas dans cet état -là, il suffit juste de laisser leur humanité parler et de chercher un peu. Le monde est petit, maintenant regardez ce qui se passe. Je ne parle pas que de ce qui s’est passé à Gaza, mais on peut commencer parce que C’est passé à Gaza ce génocide, regarder comment une population qui souffre depuis 70 ans, plus que 70 ans sous occupation. Juste comparer ce qui se passe aujourd 'hui en Palestine avec ce qui se passe en Ukraine. C’est quoi la différence ? Les Israéliens ont même réussi à nous comparer à des Russes. Ils considèrent que nous, les Palestiniens, on est Russes et on est Poutine et on est en train d’occuper l 'Ukraine qui est Israël. Ils étaient tellement forts que les gens ont accepté cette idée -là en croyant que nous, on est l 'occupant, à l 'occupé. À chaque fois que les Israéliens parlent de ce qui se passe à Gaza, ils disent que c’est la même chose que ce que font les Russes. C’est vraiment hors normal, mais justement, je sais qu 'en France et en Europe, les gens ont d 'autres choses à faire, ils ont leurs propres problèmes et tout, mais quand ils vont parler de cette question -là, ils s 'intéressent à cette question, au moins qu’ils lisent un peu l 'histoire. Pourquoi est-on arrivé là ? Pourquoi C’est qui l’occupant, est -ce qu’ 'un occupant a le droit de vivre et de se défendre, et l 'occupé n 'a pas le droit de se défendre ? C’est juste reformuler les normes et les vocabulaires pour comprendre ce qui se passe ici.
Mon cher Rami, je voudrais vraiment du fond du cœur te remercier d 'être venu une nouvelle fois. On avait prévu de faire une conversation hors de l 'actualité, et puis il y a ce machin qui est arrivé cette nuit, qui vous tombe dessus, Petite question d 'Althoz, toute simple, beaucoup de gens relaient des cagnottes en ligne sur les réseaux, les réseaux sociaux, est -ce que les gens sur place, vous, les Palestiniens, vous arrivez à récupérer cet argent, est-ce qu’il y a des cagnottes que tu conseilles, on en avait un peu parlé de ces questions -là au mois de décembre, mais elles se posent à nouveau aujourd’hui.
Il y a toujours du bon et du mauvais. Pour les cagnottes, pareil, il y a des cagnottes qui n’arrivent jamais à la population palestinienne, il y a des cagnottes qui arrivent à la population palestinienne. Mais moi, je ne peux pas faire la distinction, si je rentrais dans ce genre de choses mais laissez votre cœur parler, il y a d’autres moyens de nous soutenir, à part les cagnottes, il y a 36 000 moyens, et nous, on n 'a pas besoin d 'argent des cagnottes, C’est vrai qu’on a besoin d 'argent, mais nous, on a besoin d 'autres supports, besoin de parler de nous partout. Chacun, s’il peut parler à sa maman, à son frère, à sa cousine, à son ami, à son fils, C’est beaucoup plus fort que l 'argent. On aura de l 'argent, on ne va pas mourir de tout, mais le fait de parler de nous, de notre cause, de parler de ce qu’on vit, de notre question juste, C’est beaucoup plus fort que l 'argent, C’est un soutien beaucoup plus fort, parce que la force de parler avec ce genre de chaînes, de relations, ça peut monter jusqu’ 'où ? Ça peut monter jusqu’ 'à la présidence, le gouvernement, etc., et ça peut changer la position de la France ou d 'autres pays étrangers, et quand on change de politique, on peut faire pression sur Israël, on peut faire pression sur Trump, que là, j 'ai appris que la France, ils ont condamné les propos de Trump, nettoyage ethnique, mais ça suffit pas les mots, il faut passer à l 'action, C’est plus fort que l 'argent, C’est plus fort que les cagnottes, C’est plus fort que tout ça, parce que nous, si on va avoir un état indépendant, nous, on est capable, on a tout ce qu’il faut pour reconstruire la Palestine, on a la richesse humaine, on est diplômés, on a des ingénieurs, des architectes, des intellectuels, on a tout ce qu’il faut pour une population pour rendre notre ville, notre pays riche et reconstruire à nouveau, mais on veut le soutien pour arriver à notre indépendance.
Merci Rami, te dit Hélène, merci Monsieur Rami, te dit Cyrano, merci Rami, te dit Altos, merci, merci, merci, te dit Loulou, merci beaucoup à lui pour son témoignage encore, te dit Trank, merci beaucoup cher Rami, c’était très instructif, courage au peuple palestinien, nous dit Twitcher, merci Rami, force, chance et courage à lui et à ses proches, merci beaucoup pour le temps pris et courage à vous, bravo Monsieur pour votre engagement humaniste, merci de vos propos, Allah ibarek Rami, je ne sais pas ce que je viens de dire, mais je pense que C’est bien, merci d 'être venu ce matin, conclusion, être humain avant tout, merci Rami pour le témoignage, ne vous inquiétez pas, on va vous défendre partout, ils ne vont pas noyer, notre cerveau comme ça, merci en majuscule, merci infiniment Rami, j 'ai plus de mots, merci, force et courage, merci beaucoup, mille, merci Rami, courage, merci pour cette parole, force et respect, merci, merci, je me sens encore plus éclairé après cette conversation, on en parle partout Rami, merci et courage, merci Rami, j 'en peux plus d 'entendre autant d 'horreurs, force à toi, force camarade, bisous à Walid, nous dit Fabienne, C’est aussi notre job, nous dit Altos, merci, et voilà, on partage merci Rami, Je conseille aussi à celles et ceux qui nous écoutent qu’on peut offrir le livre de Rami, C’est un livre magnifique, terrible, et on peut prolonger la lecture avec le journal de bord de Gaza de Rami, qui est publié sur Orient 21, Je voulais vraiment te le dire merci.
Merci tout le monde, merci de m 'avoir donné la parole, de laisser la voix d 'un palestinien qui parle depuis Gaza, depuis cet endroit que Netanyahu et Trump veulent transformer en Côte d 'Azur, moi je peux dire qu’on va le transformer en Côte d 'Azur mais avec les mains des palestiniens, et on va y arriver, C’est le bout du tunnel, et on va pas rester dans l 'injustice à vie, et vous allez venir chez nous à la Côte d 'Azur, on a une plage superbe, vous allez adorer ça, et ça va être un peu une rivalité pour la Côte d 'Azur, on va piquer beaucoup de touristes à la côte d Azur.
C’est tout le mal que je vous souhaite, absolument mon ami, piquez-nous, piquez-nous tous les touristes. Permets-moi de t’embrasser, on ne se connaît pas, mais je te serre dans mes bras. Voilà, merci beaucoup. Merci beaucoup. Et à bientôt. Au revoir.
Et à bientôt, au revoir.
Et ben voilà les amis, il vient de raccrocher. Ah, je suis tout retourné, je vous propose qu’on se laisse là -dessus.
