Grande marche contre la répression J-2. On bat le rappel avec Attac
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Voilà que l’invitée est arrivée. Bonjour ! Alors attends, installe toi tranquillement je t’en prie, Il y a des chouquettes. Le mieux c’est que tu te mettes sur le canapé. Tu veux un café ?
De l’eau.
S’il y a de l’eau, il faut que j’aille en chercher.
Le café, ça va très bien.
Alors je me permets de te mettre ce petit micro. On est en direct j'étais en train de remercier les donateurs. Je te laisse faire Voilà, normalement, ça devrait être bon. Un café, un grand, un petit café Au poste ?
Parfait.
On va parler de la marche de samedi. La marche pour la justice et contre la répression. Et je suis là pour en parler parce que c’est quand même une séquence. C’est la suite d’une séquence très particulière auquel on doit faire face dans cette crise démocratique. Et. Et là, on arrive à. Oui, il y a un temps important quoi. Et cette marche, elle semble quand même pas mal raisonner parce que sur le site marche, c’est un site unitaire, marche pour la justice, Marches avec un S.
Ce serait un groupe de. 110 marches ont été déclarées pour samedi et il y a plus de 157 signataires. Donc là, on est arrivé à un stade où. On constate qu’il y a vraiment un élan global du mouvement social de prendre position sur cette question du racisme systémique pour en finir avec les violences policières et la défense des libertés publiques. Puisqu’on arrive dans une séquence, nous le savons. Il y a eu la répression du mouvement écologiste, la répression. Du mouvement social et arrive le meurtre de Nahel. Ça agit comme un électrochoc et nous pousse à nous mobiliser, c’est une situation inédite. Chaque jour suffit sa peine pour construire chaque jour, chaque étape. Parce que ce n’est pas juste une marche. On va être les uns derrière les autres. Le but étant que l’on partage des réflexions communes et on mène des choses ensemble sur du long terme. On connaît l’histoire des mouvements sociaux. Traditionnellement, on ne travaille pas sur le même terrain, pas sur les mêmes sujets et. Et du coup, il faut qu’on en arrive à une situation très christique. C’est parce qu’on est dans un niveau extrêmement élevé de dérive autoritaire et de gravité absolue qu’on assiste à des exécutions en règle, des enfermements en règle. Donc, il y a vraiment une urgence à. Travailler ensemble. Il y a une urgence à ce qu’on n’arrive à relier ces luttes ensemble. Il y a. Cette fameuse utopie. La convergence des luttes. On n’est peut être pas dans la convergence des luttes, mais en tout cas de la convergence des justices. Là, c’est la justice antiraciste. On se bat pour la justice, on s’est antiraciste main dans la main avec la justice sociale et la justice écologique, parce que les mouvements écologistes ont répondu présent à cet appel d’unité. Donc, moi, je pense qu’on est dans une démarche d’alliance des luttes. Et que c’est. Justement en faisant ce genre de rencontres, en prenant position sur des revendications très fortes, on ne pourra pas tout traiter parce qu’il y a une telle diversité qui compose ce cadre unitaire qu’on pourra pas aborder tous les sujets, en tout cas pas tout de suite, mais au moins créer un lien, de. Sorte qu’on puisse. Partager des réflexions communes et ensuite mieux se connaître. Parce qu’il n’y a quand même pas les mêmes méthodes, pas les mêmes fonctionnements, puisqu’une organisation comme la CGT, il y a plusieurs centaines de milliers d’adhérents. Donc c’est la. Façon dont le processus de décision est lent et lent et assez complexe, et avec des collectifs qui doivent réagir dans l’urgence parce qu' ils se constituent rapidement face à la situation d’injustice avec les moyens du bord. Et dans une situation émotionnelle très difficile puisqu’il s’agit de faire face à obtenir justice dans un cas profondément dramatique. Donc la façon de faire n’est pas la même puisqu’on ne traite pas des mêmes sujets. Et justement, ce genre d’initiatives, c’est trouver les points d’accroche et les points où on peut faire commun ensemble.
Je te remercie beaucoup. Est ce que je peux prendre tes notes ?
Oui, vas y.
C’est quelqu’un qui prépare les émissions. Donc tu n’as pas besoin de moi en fait.
Non mais voilà. Je suis contente qu’on puisse en parler parce que pour m’impliquer dans les mouvements sociaux, on connaît les difficultés de faire se rencontrer des espaces qui n’ont pas du tout l’habitude. Là quand même, ce qui s’est passé en fait, le lien, c’est quand même la répression et la dérive autoritaire. On a une succession de répression et d’un coup ça fait sens, ça fait comment ? Depuis toujours, on sait que les méthodes policières, la doctrine du maintien de l’ordre, elles se créent, elles se construisent dans les quartiers populaires, dans les zones défavorisées, dans les territoires ultramarins. Et là on voit leur importation dans les mouvements sociaux dits classiques. Ce qui fait que dans la galère, la galère, ça fédère tout d’un coup, on a. Un. Point central à régler, c’est les violences policières, c’est la répression, c’est l’incapacité à faire société et à apporter. Comment dirais je, je ne trouve pas mes mots par rapport à la démocratie. On a une crise démocratique, on ne peut pas exercer notre liberté de manifestation, on ne peut pas exercer notre liberté d’expression. On a empêché des endroits extrêmement alarmants. Et là aussi. On arrive à un contexte où on peut réagir et essayer de peser dans la bataille culturelle, en fait, de construire un rapport de force. C’est ça le but de cette alliance. Parce qu’on est face à un gouvernement extrêmement violent qui utilise, qui instrumentalise la police pour imposer ses idées, ses idées. C’est une politique profondément injuste qui creuse les inégalités, donc qui ne fait que casser la cohésion sociale et activer des tensions. Et sachant que c’est évidemment les quartiers populaires, les tiers. Ultramarins qui sont les premiers impactés par des mesures politiques profondément injustes. Et là, pour le cas de Nahel, on parle aussi des jeunes et les jeunes sont totalement abandonnés. On l’a vu dans le cadre de la crise du qu’Ovide. Ils ne peuvent pas se nourrir correctement, ils ne peuvent pas se loger correctement, ils ne peuvent même pas accéder à une éducation correcte. On a vu la réforme de Parcoursup. Ils sont pris en étau et on leur demande de rentrer dans le rang parce que là, ils parlent de mettre en place un service national, etc. Ils veulent dans les villes maintenant, il y a le comité interministériel Borne. Elle va présenter un plan où ils veulent bien faire de la garderie pour les enfants. Enfin, c’est d’une hypocrisie insupportable. Au lieu de vouloir bien voir ce qui se passe, le problème est structurel, il est profond. Le problème de la police ? Un racisme systémique ? Aujourd’hui, en plus, on est dans une situation qui fait extrêmement peur. L’institution policière semble vraiment hors du contrôle du pouvoir politique.
Alors Samedi, on va revenir évidemment sur le fond, mais c’est juste pour ceux qui viennent d’arriver samedi. Il y a une marche à Paris, mais il y a plus d’une centaine de rassemblements d'événements dans toute la France. Il y a une carte sur le site qu’Euryale va mettre dans le tchat donc une centaine d'événements dans toute la France,, des grandes villes, des préfectures, des sous préfectures, Qu’est ce qui est prévu ? Des rassemblements, des cortèges ? Alors ça implique des prises de préfecture ou comment ?
Alors là, c’est plutôt le format, ça va être soit rassemblement, soit manifestation. on n’a pas vu d’autres types d'événements être déclarés. Ce qui est intéressant, c’est la façon dont se composent ces initiatives. Ça peut partir, c’est comme un mouvement. Moi, je l’ai connu dans le cadre des danseuses pendant la réforme des retraites C’est de là d’où je te connais.
Bien Sûr
En 2019, je suis cofondatrice de ce mouvement. Au début, on en a pris plein la pomme quand même. Mais bon. Ouais, pourquoi on. Prenait pas la lutte au sérieux ? On était des potiches, C'était utilisé la joie c'était déplacé dans un sujet aussi difficile. Puis il y avait un peu La lutte, c’est la lutte des classes. La lutte n’a pas de genre, c’est tout le monde qui va prendre cher. Il ne faut pas attirer l’attention sur l’angle sexiste. Au début, c'était un peu compliqué et puis finalement le côté populaire a pris le dessus. Mais ça donne la pêche, Ça fait chaud au cœur. Pour dire, le mouvement, je connais aussi. C’est un mouvement, c’est un concept qu’on a mis au service du mouvement social et après chacun, chacune se l’approprie à sa façon. Là, c’est la même chose. Il y a un texte d’appel qui permet de cadrer sur quelles positions de fond on prend, sur quel fond on prend position avec des revendications concrètes, vers quel ce cadre viserait à obtenir telle revendication. Après les applications locales, elles sont libres et c’est là où on voit qu’il y a un élan. Il se passe quelque chose, il y a une indignation générale, il y a une volonté de reprendre quand même la rue et c’est le message. C’est reprendre la rue. Puisque les outils. Démocratiquement avec Macron, ça ne marche pas. Donc on reprend la rue quand on ressort quand même. On est dans une dynamique indignée mais aussi victorieuse. Parce que le mouvement des retraites, même s’il l’a passé par tous les moyens possibles, antidémocratiques possibles. Reste qu’on a eu un mouvement historique d’un dynamisme et d’une créativité, d’une dignité extrêmement forte. Le mouvement écologiste, avec les soulèvements de la Terre, c’est pareil. C’est impressionnant toutes les mobilisations qu’il y a pu avoir, leur forme, leur diversité, mais aussi leur détermination. Et elle est dense. Dans cette dynamique de mouvement. Voilà un fait qui est, qui indigne quoi ? Mais donc, sur les marches, ça part de là. Ça peut être des collectifs antiracistes qui appellent à une marche, ou alors des collectifs pluriels, par exemple, ça va être un syndicat qui va plutôt avoir l’habitude de travailler avec une association sur les droits de l’homme, etc. Donc c’est vraiment, c’est pas une marche, c’est une. C’est. Il y a plus de 110 marches déclarées sur le site.
116.
Ah, merci, je. Voilà, j’avais checké hier après-midi, c’est super, ça monte. Et pareil les signataires à la base on a commencé donc l’appel a commencé suite au meurtre de Nahel. Le sept, c’est un appel qu’on a diffusé le 5 juillet qui s’appelait Notre pays est en deuil, en colère et pour la première fois, on a des organisations, des collectifs qui n’ont peut être jamais signé un texte ensemble qui le signe. Ensuite, on a différents membres parce que c’est un cadre qui est souple, donc ça veut dire qu’on prend position sur chaque texte. Une bonne partie de ses membres ont soutenu la marche Adama, qui a été interdite honteusement en juillet, tout comme la marche de la Coordination nationale contre les violences policières la semaine d’après, interdite également. Voilà, ce cadre a permis d' essayer de rendre visible cela et de dire à quel point il y avait une stigmatisation politique, un étouffement démocratique sur cette question là. Et là on a, on a lancé cette marche, etc. On était environ là, plutôt 50, 60, et aujourd’hui on est 157 signataires. Donc, c’est très encourageant.
Qui a écrit l’appel et le texte ? Il y a Sentierbatttant qui est dans le tchat, c’est Kamel dont la femme, Sandra, est en grève de la faim depuis trois jours Kamel est le plus vieux assigné à résidence de France nous dit 20 000 contrôles. On a l’idée derrière. On en avait fait un en direct au poste et je ne sais pas s’il y a une manifestation à Aurillac samedi
Ce serait bien que les camarades regardent sur la carte.
Voilà où vit ou vit Kamel. En revanche, je ne sais pas où Sandra fait sa grève de la faim. Faites du bruit pour Sandra et bon courage à la grève, de la faim, de la soif.
C’est sur l’enjeu.
Et donc courage à toi Kamel, Qui est celui ou celle qui commence à écrire en disant Allez tiens, on va ouvrir un pad, on va ouvrir un truc ? Ah non, Google Docs. Ah non, plutôt autre chose. Bref, à un moment donné, ça se met en branle. C’est qui ?
C’est moi ? T’as une bonne personne ?
Génial. Alors ça aussi c’est marrant. Attac, ils ont l’air, ils ont l’air d’attaque.
Sur le net. C’est moi qui as écrit le texte ?. Au départ, il a été remanié à 1000 mains. C’est normal puisqu' on a encore une fois une diversité d’organisations qui sont pas du tout du tout ça, ni sur le même schéma revendicatif, ni sur la même méthode, ni sur le même terrain de fond. Donc il a été remanié dans un document collaboratif. Voilà. Donc effectivement ça a été commun, il a fait l’objet de plusieurs allers retours, de sorte qu’on est tombé sur un texte équilibré. Donc j’ai fait ce qu’on appelle le premier jet et la tâche n'était pas facile parce que c’est difficile. De montrer les articulations à la fois sur la justice antiraciste, justice sociale et justice écologique, sans que sans que ce soit vécu comme on veut les hiérarchiser, où on va effacer l’autre et sachant que le mot d’ordre quand même, là il y a, c’est pas qu’il y a une priorité sur la justice antiraciste, c’est que ce qui se passe est tellement grave puisqu’on tue dans les quartiers le refus d’obtempérer, on a vu, c’est multiplié par six, le nombre de morts. Les violences policières et puis la loi de 2010 depuis la. Loi de 2017. Donc multiplié par six, c’est complètement fou. C’est fou, à tel point qu’on a des instances internationales type ONU qui tirent toutes les sonnettes possibles pour. On. Mais là il faut, il va falloir réagir, c’est plus c’est plus acceptable dans une démocratie en plus occidental, et ça, ce n’est pas acceptable. Et donc l’idée était un équilibre entre à la Fois. Pourquoi on en arrive là à s’indigner collectivement, à dire c’est plus possible, il doit plus y avoir de Noël et il y en a eu bien d’autres après. Dans le cadre des révoltes, la répression a été féroce avec la mort de Mohamed. Mais il y a eu aussi ensuite un enfermement. Il y a une justice expéditive avec le ministre de la Justice qui donne des ordres généraux de comment on devrait condamner les gens et qui donc de front, menacent l’autorité judiciaire qui, elle, est chargée d’appliquer une individualisation des peines. Et ils n’hésitent pas politiquement à prendre position et à dire qu’il faut enfermer tout le monde. Beaucoup de mineurs évidemment, et un record d’enfermement, plus de 700 d’enfermement. C’est donc sachant qu’il y a une saturation carcérale et qu’en plus. La. La politique carcérale est en échec total et qu’on sait que ça ne fait que multiplier la récidive. Voilà. Donc il y a un problème de fond, un refus de reprendre les choses structurellement. C’est pour ça qu’on a pu prendre position sur le racisme systémique, de voir les choses en profondeur de manière structurelle et pas des mesurettes de surface. Ils sont fatigués les policiers type c’est quoi qu’ils disent aussi ? Il faut les former, ils ne sont pas assez bien payés, non ? Il y a un problème de racisme profond. Il y a un problème de violence profond et un problème d’autorité profond et des armements et des techniques qui sont létales, qui ne sont pas acceptables dans notre démocratie. Et ce n’est pas les forces progressistes qui se prennent de plein fouet cette pression répression et qui le disent c’est l’ONU, c’est la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Voilà, ce sont des organismes externes à la France qui alertent sur ce problème.
Il y a des chouquettes.
Merci.
Elles sont très bonnes.
Ce n’est pas trop pénible ? C’est sûr que la phobie des bruits de bouche.
Ah non mais là, moi je peux plus rien.
Je fais le ménage, je suis ta naturophobe. Pour info, c’est la phobie de la mort, tu sais. Voilà. Donc il y a plein de phobies celle-là, il y en a qui ne la connaissent pas, mais ça c’est particulier.
Alors il y a des gens qui ont la phobie des violences policières puisqu’on a appris hier que deux partis, que c’est à gauche, on est tous d’accord qu’il faudrait revoir le classement. Mais bon, le PS et le PC ont dit qu’ils ne viendraient pas qui ne rejoindra pas les 116 événements ? Pour l’heure qu’il est, il y en a 116. L’idée qu’on avait eue il y a trois semaines à moi, c'était de faire cette petite émission justement deux jours avant, pour expliquer que c’est quoi les enjeux ? Je vais rentrer dans les détails, mais il n’empêche qu’il y a eu donc les déclarations d’Olivier Faure hier du PC en disant on ne vient pas parce que, en fait, le sous texte c’est on ne peut pas manifester contre la police, car manifester contre les violences policières, ce serait manifester contre la police. Raccourci évidemment commode. Comment te prends-tu ? Prends-tu ça toi ?
Ça, ce n’est pas une bonne idée la chouquette.
C’est une excellente idée. Il n’y a qu’ici qu’on peut faire ça. Dans un souci propre, on prend propre parce que Chronophage. Il y a s’attrape qui est chronophage aussi.
Je ne connaissais pas.
Je pense qu’il faut une erreur politique. C’est une erreur politique parce que là il s’agit pas on ne sait pas, ce n’est pas comment dire, ce n’est pas une initiative partisane, c’est pas une initiative électoraliste. On est en dehors de ces considérations là, là, il s’agit vraiment de notre capacité, de notre capacité à prendre notre destin en main et à exercer nos droits. Et pour le cas des quartiers et des territoires ultramarins et des zones rurales défavorisées, c’est vivre. C’est juste le droit de vivre, donc, et dans la dignité. Parce que là on est à un stade où c’est le droit de vivre et dans la dignité, donc. C’est le problème, c’est que quand c’est pour ça que c’est inédit et que on a franchi un pas et je pense que ça prend du temps.
Non mais alors ma question c’est pas du tout une politique politicienne. Moi je m’en fous complètement de la course, des petits chevaux, des jeux, des parties, seulement, ça dit quand même quelque chose qui pose problème à gauche, c’est que grosso modo, les partis de gouvernement à part peut être les affaires, à part les Verts qui ont fait partie du gouvernement, ils ne seront pas là samedi, hein. Et donc ils considèrent que, électoralement, puisque ces gens là ne réfléchissent qu’en terme électoraliste, que électoralement, ça n’est pas rentable. De la même manière que les filles et d’autres considèrent que c’est rentable ou qu’ils y croient, on va dire quoi ? Est-ce que par exemple cette fracture là te semble insurmontable, insurmontable ? Et si elle est insurmontable, alors est ce que ce n’est pas perdu d’avance s’il n’y a pas sur un socle commun
Je suis une éternelle optimiste.
Pessimiste.
Mais parce que c’est vrai que moi j’ai à cœur de toujours voir ce qui rassemble et là on peut faire des choses ensemble et ce qui ne va pas bien. Chacun aboutit sur ce qui ne va pas de son côté et on verra un petit peu plus tard. Et puis on avance progressivement. Donc moi je pense que c’est parfaitement possible. C’est juste que là ce soit fulgurant. Ce qui s’est passé a été fulgurant, On a dû réagir extrêmement vite et pour que ce soit marquant, pour que ça franchisse une étape, il fallait prendre des positions, des positions de fond fortes. Voilà. Donc ça veut dire qu’il faut laisser le temps aussi de voir ce que ça peut prendre comme forme. Ensuite parce qu’on a des revendications, très bien, mais il faut les mettre en œuvre. Comment on va les mettre en œuvre avec une telle diversité ? Donc pour moi, il est possible que, après la marche et une fois qu’on se sera bien posé sur Bon, on en est où, on fait quoi ? On vise comment ? Comment on s’organise concrètement pour mener ça ? Construire ce rapport de force, mutualiser nos moyens, combattre le discours de l’extrême droite et combattre les inégalités sociales comme en fait c’est là, on va voir s’il y a une possibilité de raccrocher les wagons. Voilà. C’est là pour l’instant, à l’instant T, on ne peut pas, mais. Je. Ne pars pas perdante en me disant. Parce qu’admettons, finalement, il n’aura jamais les wagons. Ça n’empêche pas qu’on a un nombre d’organisation très important comme et qui aussi sont en capacité de changer des choses à des endroits, je pense. Sur la législation, il y a le Syndicat de la magistrature qui est signataire, il y a le Syndicat des avocats On va peut être ouvrir finalement aussi, peut être que ça peut se structurer avec des. Le collectif des chercheurs, des chercheuses. Voilà. Donc faut voir les propositions, la façon dont on peut les poser et comment ça peut faire, comment on peut élargir. Là, il faut, on va stabiliser et voir si on peut élargir, mais c’est vraiment dommage. C’est regrettable.
Mais est ce qu’il y a eu un moment où, sans citer de nom parce qu’on s’en fout. Tu as eu des relations ou vous avez eu des contacts avec des gens de ces deux partis qui n'étaient pas loin de dire on vous rejoint ou dès le départ vous saviez qui viendraient pas ? Où est-ce qu’ils ont hésité ?
Il y a eu des hésitations, il y a eu des échanges. Oui, il y a eu des échanges quand même pour savoir comment justement raccrocher les wagons. Mais ça n’a pas, ça n’a pas abouti, même s’il y a eu une vraie démarche, une volonté de le faire. Pour l’instant, ça n’a pas abouti, mais avec quand même le message, le message qui en est ressorti, c’est on verra un peu plus tard. Ce n’est pas, ce n’est pas possible, c’est inacceptable, ce n’est pas ça n’a pas été une fin de non-recevoir avec. Vous êtes complètement perché, vous vous plantez, vous allez dans le mur. Non, c'était quand même là. On ne peut pas. Bon. C’était pas la porte n’est pas fermée, etc. Voilà, c’est pour ça que je garde quand même espoir. Et encore une fois, tout ne va pas reposer, loin de là. Sur ça. On sait que des fois on est capable de porter des choses de manière extrêmement large. Ces sujets-là à porté aussi largement, ça ne s’est jamais vu. On est vraiment dans un cadre inédit, donc c’est nécessairement porteur. Il faut juste voir quelle forme ça peut prendre ensuite. Mais rien que ça. Il y a un moment, si on arrive à construire certaines choses, je les vois mal continuer à faire un pas de côté comme ça.
Alors il y a Florent qui nous dit que le message, c’est de questionner les institutions policières et politiques, pas les individus en bleu. Si le PC, le PC actent le fait qu’un débat sur la police sort du champ démocratique, les choses seront claires.
Oui, alors celle-là, effectivement, c’est bien là où c’est. Ce n’est pas que la question de l’institution policière. Pour eux, c’est la question peut être il y a une lecture, comme je disais, le problème de donner l’impression de hiérarchiser les luttes. Voilà ce que. La justice antiraciste. Je pense qu’il y a cette question là. Alors. Il y a. Aussi un pan très important, c’est la justice sociale. Il n’y aura pas de paix s’il n’y a pas de justice sociale. Ce n’est pas assez, c’est évident. Et sur l’institution policière, oui, c’est, c’est, c’est. C’est une question hautement démocratique parce que quand elle est instrumentalisée par le pouvoir politique, ce qui est le cas, et ça va jusqu'à un aménagement législatif d’exception, c’est à dire utiliser l’excuse de l’antiterrorisme et de l’exception pour faire des lois restrictives à un niveau antidémocratique et pour de la stigmatisation politique. Pour concrètement lutter contre les terroristes et donc l’institution policière, son fonctionnement, sa doctrine. Elle est éminemment démocratique. Donc oui, je comprends très bien cette remarque dans le tchat, il y a un vrai et c’est pour ça que d’ailleurs nous on le dit, c’est un sujet de société qui concerne notre capacité démocratique, qui on est dans une situation où l'état de droit est remis en question. J’aime beaucoup en ce moment, il y a beaucoup de, comme on dit, de notions qui circulent. Il y a Frédéric Lordon qui a parlé, la République policière qui vient de sortir un livre qui s’appelle État hors la loi.
Nous étions avec lui hier soir, on a fait un direct
D’accord ? Ouais, sur son livre, voilà. D’ailleurs il y parle d’un procès qu’il soutient et je pourrais en dire un mot. C’est le procès je ne guette où là bas, justement, ce serait l’occasion de faire tomber toute une chaîne de commandement et pour la première fois, un donneur d’ordre. Le commissaire qui a ordonné la charge policière va passer sur le banc des accusés. Et on n’a pas vu ça depuis 70 ans. Voilà. Donc ça, ça pourrait être intéressant, éventuellement d’en parler.
C’est dans quelques jours.
C’est le 13 octobre, c’est ça. Voilà. Mais on va réussir à articuler ce procès avec la manifestation interprofessionnelle. Les dates, c’est le jour même. Mais voilà, c’est un procès. Nous, on a décidé que ce procès, ce serait au nom de toutes les victimes de violences policières qui, elles, n’ont pas le droit à un procès, particulièrement dans les quartiers populaires. En témoigne le non-lieu pour le comité Adama et. Et donc ce procès sera l’occasion de faire un événement où on réfléchit ensemble comment on en finit avec les violences policières.
Alors justement, par rapport aux revendications on a beaucoup parlé dans ce procès. Si tu veux, je vais t’en charger.
Mais je m’en fiche
Alors, parmi les revendications de l’appel et qui seront portées donc samedi dans toute la France, je vais les prendre dans l’ordre. La première l’abrogation de la loi de 2017 sur l’assouplissement des règles en matière d’usage des armes à feu par les forces de l’ordre, c’est à dire le tiers en cas de refus d’obtempérer, si le policier considère qu’il y a une menace, éventuellement par le conducteur, etc. Donc ça, c’est la première revendication.
Oui, c’est la première revendication. Et bon, faut savoir qu’elle a été adoptée en 2017 sous Cazeneuve, ce qui explique aussi certaines difficultés. Et c’est une loi qui n’aurait jamais dû arriver. C’est une loi qui n’aurait jamais dû arriver. On ne sait pas comment ça a pu arriver, mais les on. Sait. C’est la suite de plusieurs affaires. Les syndicats de police sont montés au créneau et ont demandé à avoir les mêmes règles que les gendarmes. Oui, sauf avec les mêmes. Règle, l’utilisation n’est pas la même. Non parce que justement, les gendarmes, il y a eu il y a ans, il y a des études qui sont ressorties ou ils vont avoir une observation des principes d'égalité de la loi qui est plus élevée, plus forte, alors que non. Dans le cas effectivement de cet assouplissement, la police nationale, non. Et là où ça va très loin sur la police nationale. Mais effectivement, il y a cette loi qui leur donne un permis de tuer quand même, concrètement. Statistiquement, c’est effroyable, C’est glaçant puisqu’on a une explosion des morts à bout portant comme ça, extrêmement élevé. Et surtout, ça révèle le pouvoir des syndicats de policiers. Parce que là, le meurtre de ce qu’on a eu, on a eu un communiqué très sérieux du syndicat majoritaire Alliance qui a eu des propos. Extrêmement alarmant en démocratie déjà des propos racistes avec nuisibles, C'était ignoble. Mais là où sur l'état de droit, on se dit qu’il se passe quelque chose, sédition, remise en question du pouvoir. C’est quand ils appellent à dire que nous on va s’en charger. Nous on va prendre les choses en main. Et arrive aussi les déclarations du directeur général de la police nationale, du préfet de Paris, du ministre de l’Intérieur qui appelle à la présomption d’innocence pour le policier responsable du meurtre de Noël et donc tout simplement à ce que le policier soit jugé en dehors du corps, pas comme les autres citoyens et citoyens. Et là, il y a deux choses c’est déjà s’ils se permettent de dire ça, c’est bien qu’ils n’ont enfin pas la main, mais en tout cas, ils ont une influence considérable sur ce que doit faire la police, comment doit évoluer la police, etc. Mais aussi je parle de l'état de droit. C’est parce qu'à partir du moment où ils remettent en question l’autorité judiciaire, c’est le cas, là, c’est à l’autorité judiciaire de décider. Et l’individualisation des peines, voilà celle de décider. Et puis les policiers sont sous la loi pénale, c’est comme ça. Donc il y a une remise en question directe de la séparation des pouvoirs et donc de l'État de droit. Et ça, associer les différentes violations de droits que fait le gouvernement. Donc les arrestations arbitraires. Actuellement, sous le mouvement retraites, on a vu des arrestations. Par exemple, lors de la manifestation du 16 mars à Paris, on a eu environ 400 arrestations et 96 % ont été classées sans suite. Donc là, ça veut dire que ça a été arbitraire, sans suite, ça veut dire qu’il n’y avait pas de motif, que c'était préventif, et à tel point que c’est dans ce sens du ministère de l’Intérieur même, c’est la contre contrôleuse générale des lieux de privation de liberté qui a elle même signalé un problème dans ces arrestations arbitraires et a dit que la garde à vue était instrumentalisée à des fins de maintien de l’ordre et donc pas pour enrayer ou instrumentaliser politiquement. Et en même temps, on a quoi ? Des arrêtés de manifestation à tour de bras qui eux aussi sont condamnés en tribunal ? À chaque fois on fait des référés, souvent en gagnant en tribunal. Donc ce sont des arrêtés qui portent atteinte à la liberté de manifestation, qui sont donc illégaux et sûrs. Donc j’ai parlé des arrestations arbitraires, des manifestations et c'était quoi J’avais ? Ça ne me revient pas. Mais il y a autre chose aussi qui est Ah oui, sur la stigmatisation politique et syndicale. C’est quoi ? C’est les écoutes, Là, on a vu, il y a eu une enquête qui est sortie sur les écoutes. Donc, c’est la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement.
En fait, c’est elle qui a fait un rapport en disant "On a trop de demandes et il y a un détournement, finalement, des demandes de surveillance ou.
À des fins de contrôle politique.
à des fins de contrôle.
Politique. Syndicales, syndicales. Oui, 700. Signalements de demandes d'écoutes qui sont hors du champ du renseignement et de la sécurité intérieure, mais qui sont dans le champ du contrôle de l’action politique. Exactement. Et donc tout ça, ça signale que on est dans une dérive autoritaire, une dérive autoritaire qui est en train de prendre forme, qui est en train de prendre forme parce qu’elle a toute l’assise législative qui va avec, parce que l’institution policière, elle est vraisemblablement hors de contrôle, ou en tout cas elle peut dire ce qu’elle veut et ça passe. Et en même temps, on a le discours, on a le discours de Macron, son gouvernement qui est extrêmement violent et on voit très bien qu’ils ont pris l’esprit, la rhétorique de l’extrême droite, ils stigmatisent, ils essayent d’isoler. De sorte que toute opposition politique soit taxée de radicale, terroriste et anti républicaines. Voilà nous le quart des Rosi, on a fait une action devant l’Assemblée. Nationale et. On a dansé devant l’Assemblée nationale le 7 février et on a écrit sur les portes de l’Assemblée nationale 60 ans à la craie pour ça. On a été neuf personnes en garde à vue. J’ai écrit à la craie, ça part en frottant à la main et on a été neuf en garde à vue, etc. Bon bref. Puis on a eu un procès. Deux activistes ont un procès, on est toujours, on a fait appel de la décision.
On était passé des contrôles syndicaux. Cela dit, comment s'était passé la garde à vue ?
La garde à vue ? Objectivement, ça s’est bien passé et j’en ai connu d’autres où ça ne se passe pas bien du tout. Mais là, les policiers étaient contre la réforme des retraites, donc on sent la différence quand ils jugent politiquement. Moi j’ai été interpellé pour une question écologique, là ce n’est pas sympa. Déjà, tu sais, l'écologie c’est ça va pas bien se passer. Hein. Mais là, sur la question des retraites, non, ils étaient vraisemblablement contre la réforme et ils trouvaient ça ridicule qu’on interpelle des danseuses. Donc ça s’est bien passé, même si c’est extrêmement désagréable et une atteinte à notre liberté de manifestation et d’expression odieuses.
Et ça, par exemple, après, je vais revenir à vos revendications parce qu’on a dit qu’on avait une 1 h
Ça va,
Et juste comme ça, pour une garde à vue comme celle-là, qui sur le fond, est totalement grotesque. Est ce que ça décourage ou ça stimule ?
Il y a des personnes que ça décourage. Parce que. Ça fait peur quand même. Enfin voilà, on souffre physiquement déjà. Moi je n’ai pas, je ne l’ai pas eu à le vivre. Mais quand on a envie de faire pipi, quand on a des propos sexistes, moi j’ai une garde à vue où j’ai été, je me suis senti menacé physiquement. Le flic a fait exprès de me caresser les mains pendant qu’il prenait mes empreintes. Il a dit qu’il allait conserver mes photos à titre personnel. Ils maintiennent la porte entrouverte quand on fait pipi. Bon, tout ça, c’est Voilà, c’est très dur. Donc il y a des personnes que ça décourage, évidemment. Et ça, c’est fait pour ça. Quand le contrôleur général dit attention, d’instrumentaliser pas la garde à vue à des fins de maintien de l’ordre, c’est penser que c’est une technique d’intimidation, c’est une technique de découragement. C’est pour casser, casser, casser et décourager. Et il y a des personnes comme moi. C’est une bonne attitude. C’est extrêmement grave et ça m’indigne. Et moi, l’indignation, c’est un moteur. Et franchement, la marche unitaire, c’est ça. Moi, je suis très ému. Je me dis qu’il y a une indignation générale, on se sent quand même assez fort de ce mouvement retraite. Déjà, on se sent aussi assez fort pour le soulèvement de la terre, parce qu’il y a quand même une diversité des tactiques au soulèvement de la terre où il y a des orgas qui soutiennent. Ce n’est pas leur délire.
Moi j’aime ton optimisme, mais je n’avais pas senti qu’on était sortis plus forts de la réforme des retraites. J’ai au contraire l’impression que autant les rassemblements, les manifestations, certaines étaient fortes. Oui mais on ne voit pas le résultat. Ben je suis très optimiste. Mais pourquoi je dis plus fort ? Parce que par exemple. Au niveau syndical, leurs adhésions ont explosé. Donc les gens se rendent compte qu’ils ont besoin d’espace, ils ont besoin de se fédérer, d'être ensemble quelque part pour faire quelque chose. De ce ralliement qu’on voit quand même, c’est que je suis d’accord, c’est très optimiste, mais. Reste qu’on est obligé de réagir en fait. Et c’est bête mais quand moi j’ai travaillé dans un service où il y avait un rapport très difficile avec le public, eh bien l'équipe de travail était extrêmement soudée parce qu’il fallait faire face. Donc je vois aussi que plus c’est dur. C’est pour ça que j’ai une lecture positive. Ça c’est sûrement très sûrement sur, moins naïf, mais quand même, plus c’est dur, plus on puise dans nos ressources, on cherche là où ça peut fonctionner et on se mobilise. Donc je dirais que là, ils sont très forts, là, à stigmatiser, autant à essayer de décourager autant, etc. Mais je pense qu’on est justement en train de réagir, Donc quelle forme ça va donner ? C’est difficile de le savoir, mais par contre, la lueur, là où on arrive enfin à communiquer sur certaines questions, et qu’on le veuille ou non, quand on construit des espaces comme ça, on se téléphone beaucoup, on se voit beaucoup, on fait beaucoup de réunions et en fait, progressivement, on efface des malentendus. On clarifie des choses et du coup, on sait, on se connaît. En fait, on apprend à se connaître et c’est cette familiarité là qui crée une complicité et cette complicité là. C’est une vraie force d’action sur le terrain.
Une réforme en profondeur de la police, de ses techniques d’intervention et de son armement. C’est la deuxième revendication. Il a écrit en profondeur.
Oui.
Qu’est ce que vous aimeriez changer dans la police ? Urgemment ?
Alors déjà, c’est toutes les techniques de contrôle.
Imaginons votre ancienne porte parole, Aurélie Trouvé, la présidente de la République. Elle te nomme ministre de l’Intérieur.
Oui. Non..
Alors là, désolé, c’est quand même un peu plus optimiste que toi.
Je crois Oui.
Admettons mais voilà, on aurait des moyens de réformer la police. Qu’est ce que toi tu l’appelles ? On aimerait réformer en profondeur.
Franchement, là c’est une question énorme. Mais en tout cas déjà d’emblée, c’est les techniques d’interpellation, le contrôle au faciès, c’est déjà d’emblée là, faut frapper extrêmement fort. Encore une fois, c’est des organismes internationaux qui signalent que le contrôle au faciès est trop problématique en France. Donc le contrôle au faciès, il faut une action extrêmement ferme. Voilà la stigmatisation des jeunes. Ensuite, c’est les techniques d’interpellation, les plaquages ventraux. On sait que ça a coûté la vie à Damas, à Cédric, je me souviens. Donc il y a des techniques d’interpellation. La technique du plaquage ventral qui est pratiquée en France par exemple, est interdite aux Etats-Unis parce qu’elle est létale. Donc c’est ça qui est assez fou, c’est de savoir qu’on peut interpeller avec une méthode qui tue, alors que aux Etats-Unis et qu’on sait que la doctrine policière, on la connaît, elle est interdite. Voilà. Donc déjà, il y a les techniques d’interpellation. Ensuite, sur l’armement, sur l’amendement, c’est pareil, elles ne peuvent pas avoir des armes létales. On l’a vu dans les manifestations, les flashball français. Donc ce n’est pas une arme à feu, mais l’effet est quand même une balle de caoutchouc à 300 kilomètres heure où surtout, ils ne respectent aucune règle dans le tir, ils font des tirs, c’est les flashball qui font les tirs en cloche.
J’ai un doute si le chat peut corriger.
On a toutes sortes de tirs mais normalement voilà.
Mais là on l’a vu à sainte Soline, ils ont tiré à Bordeaux. Donc quand même c’est à bout portant à Bordeaux quoi. Bon bref. Donc les techniques, évidemment d’interpellation sur l’armement, il y a une refonte profonde. Et puis sur le racisme systémique, il y a ce qu’on appelle en profondeur, c’est que structurellement, la police vote majoritairement rassemblement national. Il y a un problème de racisme profond qui donne ces contrôles au faciès, ce qui donne ces interpellations. Criminel. Je pense à Al Ousen. Il y a eu après Knight, il y avait Al Ousen. Il allait au boulot, il était 5 h du matin mais il n’avait pas la bonne couleur donc c’est bizarre. Un mec qui a autour d’un entrepôt à 5 h du matin parce qu’il est noir, ben voilà, il est mort et ça ce n’est pas possible avec une institution qui est censée protéger la population. Le reste est que là on est dans un contrôle politique et un contrôle politique en plus discriminatoire. Donc il y aurait ça et après sur la doctrine du maintien de l’ordre, et bien c’est. C’est évidemment par exemple s’inspirer du modèle allemand qui, depuis une trentaine d’années, si je ne dis pas de bêtises en 1984, qu’ils ont eu un texte fondateur. Qui vit sur le dialogue, l'échange, l'écoute et pas la confrontation, la répression. Donc on peut émettre. C’est un peu niais, mais ça a porté ses fruits. Mais les sommations doivent être très audibles avec des grands panneaux géants, avec des mégas haut parleurs. Donc il y a, il y a une façon en tout cas, la refonte, ce serait de traiter le manifestant par exemple. Aussi, comme il exerce son droit de manifester, il exerce son droit constitutionnel d’expression et il doit être traité comme tel et pas comme un opposant politique qu’il faut intimider et empêcher d’exercer son droit. Ça, ça demande évidemment une remise très profonde de la vision du maintien de l’ordre.
Remplacement de l’IGPN par un organisme indépendant de la hiérarchie policière et du pouvoir politique. Là, c’est assez clair comme éducation.
Oui, alors ce n’est pas, ce n’est pas une revendication. Des forces progressistes. C’est derrière. Parce que la gauche, ça ne veut rien dire, on le sait. Mais bon, c’est. Comme ça que les gens de gauche sont définis. Donc ce n’est pas du tout c’est vie-publique.fr Faut que ça fasse. C’est vrai. Allez sur ce site, c’est une mine d’or. Donc il faut regarder par exemple opposition politique sur vie-publique fr. Ils montrent que c’est protégé constitutionnellement. Une révision de 2008, c’est fascinant. Donc pour information, moi, dès que je cherche une définition et que je veux critiquer quelque. Chose, je passe par ce que dit l’État. Vie-publique fr et donc Survie publique, point fr. Il y a une critique assez féroce de GPL.
Et vie-publique fr c’est quoi ?
C’est le site gouvernemental. Du gouvernement 110, site d'état d’informations publiques. On veut connaître nos droits. C’est pour connaître toutes les définitions des institutions mais aussi toutes les définitions des services publics. Voilà, c’est la vie, la vie publique en France. Toutes questions qu’on se pose. Il y a l’information. Par exemple, est-ce que j’ai droit même aux impôts ? Surtout, on peut poser toutes ces questions. Il y a les définitions de toutes les institutions et organismes.
Et donc il y a une critique.
Ah oui, une critique de GPL. Et c’est là où c’est intéressant et c’est là où on voit qu’il y a encore des il n’y a pas le contrôle partout. Parce que c’est un sociologue. Qui a été chargé de rédiger cette définition de GPL où on a un vrai problème. Mais ça c’est un vieux monsieur, problème qu’on connaît. Mais comme il est dépendant de l’institution policière, Donc la police des polices, on connaît, mais il se juge eux mêmes. Donc il y a un vrai problème. Il y a un problème d’identification extrêmement complexe, on le sait, et en plus, malheureusement, avec les lois sécuritaires sur l’identification et Rio euh plus la heu, la capacité à se filmer mais pas l’inverse. Et le Conseil d’État qui a rappelé que bon, ce n’était pas très grave qu’on ne puisse pas les identifier quand même. Donc c’est extrêmement complexe d’identifier qui est l’auteur, etc. Et ils sont jugés par leurs pairs. Voilà, excusez-moi. Donc c’est un vrai problème. Et nous, nous disons qu’il faut que ce soit, évidemment qu’il n’y ait pas de conflit d’intérêt, ça n’a aucun sens. Donc pas de conflit d’intérêt. C’est une autorité indépendante et qui est dépendante de l’autorité judiciaire.
Mais qui donc critique ?
Si c’est ça, alors oui, c’est critique. Bon, il essaie de faire le point sur l’institution.
Ce n’est pas le plus critique des chercheurs, non ? C’est pour ça que je suis étonné de voir son nom, mais bon. Mais on a dit qu’il est honnête là dessus, il ne dit pas C’est génial ou ah oui bon bah c’est comme ça en France, il dit la critique, la critique existe depuis longtemps et. Et donc elle pose question, elle fait débat et il est possible qu’il faille vraiment régler cette question. Donc nous disons qu’il est temps de régler cette question. Ce n’est plus possible si on a dit ces affaires de violences policières qu’on n’arrive pas à en avoir à bout, qu’on a tous ces non-lieux, les collectifs de victimes de violences policières, on n’arrivent pas à avoir de serait ce Que le seuil du procès Et qu’on est dans des affaires assez démentes de falsification de pièces. Pour Nahel oui, Nahel, 19 ans, qui a été en plein jour, pris, c’est à Marseille, en train de juste une bagnole sans permis. Bon voilà, paf, il se fait tuer devant tout le monde. Il faut savoir qu’ils sont venus. En pleine nuit essayer de perquisitionner tous les portables des gens parce qu’ils savaient que l’image, on l’a vu avec l’image, est déterminante. Et donc ils n’ont pas essayé de faire une enquête et de savoir ce qui s'était passé. Ils ont essayé de détruire les pièces et on sait que ce n’est pas. C’est pas parano de dire ça, ce n’est pas ce n’est pas de la stigmatisation de dire ça, c’est une réalité. Et cette réalité, elle est possible parce qu’on a des organismes ou comme l’IGPN et parce qu’on a une politique du maintien de l’ordre qui est entre les mains des syndicats de police.
Autre revendication. Moins. Moins connue. Création d’un service dédié aux discriminations touchant la jeunesse au sein de l’autorité administrative présidée par le Défenseur des droits et le renforcement des moyens de lutte contre le racisme, y compris dans la police, donc le racisme dans la police. Tu as tu, tu en as parlé, mais ce serait quoi ce service dédié aux discriminations ? Ce serait un numéro vert ou rose, non ?
Ouais. Alors évidemment, ce serait un dispositif de signalement. C’est un dispositif de signalement, mais aussi un dispositif d’analyse pour proposer des solutions. Parce qu’il y a un problème de visibilité, là, sur la jeunesse, il y a un problème de visibilité sur les discriminations qui touche la jeunesse. Et, on le voit, ce qui se passe à l'école en ce moment, c’est l' abaya Voilà. Donc il faut que ce soit rattaché et visible par un organisme qui peut le signaler de manière ce n’est pas légal le terme, mais de manière institutionnelle. Il faut qu’on voie ces discriminations qui frappent la jeunesse, qui les stigmatise, qui les empêchent d’avoir toute perspective d’avenir. Vraiment, là, on est à un stade, qu’est ce qu’ils peuvent faire ? Je ne vois pas. Moi même je suis. Très inquiète et il faut que ça se voie et donc le rattacher, bien, c’est le défenseur des droits parce que j’ai toujours du mal, mais c’est le défenseur des droits. Donc en ce moment, pour rendre visible cela, et à partir du moment où il y a caractère institutionnel, il y a moyen d’action derrière, parce que là ça n’existe même pas. Donc il faut pouvoir avoir un moyen d’action derrière. Et pour ça, il faut une reconnaissance institutionnelle.
Enfin un plan d’investissement public ambitieux dans les quartiers populaires. Donc là, je suis en train d'égrener les revendications de l’appel pour les Marches et les rassemblements de samedi dans 120 à peu près, dont un à Paris. 14 h 30 Gare du Nord, la place de Clichy.
Oui.
On va venir sur l’itinéraire. Pourquoi l’avez-vous choisi ? Où est-ce que vous avez choisi ? Ou est ce que c’est la préfecture qui vous l’impose ? Mais je termine donc la dernière grande revendication : un plan d’investissements publics ambitieux dans les quartiers populaires et sur l’ensemble du territoire pour rétablir les services publics, le financement des Assos et des centres sociaux.
Bon ça c’est finalement une revendication classique, traditionnelle, logique mais déterminante parce que. On est dans une situation sociale et économique extrêmement grave. On sait que là, il y a ça ne va pas s’arranger. Quoi, L’inflation ? On sait ce qui est en train de se passer. Les gens peuvent même les travailler parce qu’ils peuvent même plus payer de l’essence. L'énergie, c’est pareil. On ne peut plus payer la facture. 16 % des Français, enfin un. Donc il y a eu sous Macron. On a un taux de pauvreté qui n’a jamais été vu depuis 1996. Donc il a beaucoup de records Macron, mais il y a aussi celui du taux de pauvreté. Il s’en est sans moyens. Sans justice. Sociale. C’est évident que ça ne peut qu’on est dans une situation explosive et avec derrière ce discours de stigmatisation, on arrive à un pardon, à un affrontement. Enfin c’est extra. Et donc sur les services publics, c’est la base. On sait très bien que les quartiers populaires, les territoires sont complètement abandonnés, complètement abandonnés. Il n’y a plus rien. Et on l’a vu dans les révoltes. Et ils s’en prennent à des bâtiments qui les méprisent, à des bâtiments qui ne s’occupent pas d’eux, à des bâtiments qui ne représentent rien pour eux. Parce qu’ils n’ont pas de possibilité d’envisager quelque chose. Et quand ils pourraient envisager quelque chose, on sait très bien. Que la. Ségrégation au niveau de l'éducation qui se passe Parcoursup, c’est ça. En fait, ils vont rester dans la technique et ils ne feront rien d’autre. Et puis ils ont mis en place un système d’inégalité des chances quand même. Donc ça fait longtemps qu’on dit l’ascenseur social, blablabla mais alors là c’est vraiment ils ont mis en place un système qui verrouille tout. Donc le service public, c’est la base, c’est le cœur, le service public, c’est la solidarité, c’est la répartition des richesses, c’est la seule façon de lutter concrètement contre la pauvreté. Justement, c’est en jouant sur ce système de protection sociale. On pourrait dire Ah mais on n’a pas les moyens, Sauf que là, c’est pour ça que c’est intéressant, par exemple pour Attac de rappeler les choses en disant que si il y a énormément d’argent et c’est pour ça qu’il y a un vrai souci, c’est qu’on en arrive à des situations de mouvements sociaux aussi forts que ce. Soit disant.
Il y a énormément d’argent, on parle pas ici, hein.
Non,
On a l’impression que c’est très riche, non ? Grâce aux donateurs de Au poste que je remercie et j’incite les autres à donner aide. Voilà.
C’est très dur. Oui c’est pareil. Nous attaquons à plusieurs procès parce que ça c’est aussi. Cette alliance, c’est la mutualisation des moyens. Donc ça veut parce qu’actuellement on a trois procès d’Attac. Donc pour Geneviève Legay, on est à 25 000 € de frais parce que. Geneviève Legay Manifester au nom de la taxe, c’est ça. Oui, elle est porte-parole d’Attac Nice et elle manifeste en tant que porte-parole de son comité local. Donc on a ce procès qui coûte extrêmement cher, on a le procès parce qu’on a bloqué des jets privés au Bourget, on a le procès, ce procès là qui est en cours et parce qu’on a osé écrire 60 ans à la craie à l’Assemblée nationale, et ça ne va pas s’arranger parce qu’on ne compte pas s’arrêter. Pour Attac, il y a un enjeu aussi sur la question de justice sociale et on dit que s’il n’y a pas de justice antiraciste et sociale, il n’y aura pas de paix parce que on a des profits records au niveau du CAC40, on est presque blasés, ça devient banal d’entendre les profits du CAC40, mais par exemple sur les millionnaires. Donc la France vient de se classer troisième au classement mondial qui détient le plus de millionnaires au monde. Et les millionnaires en France ont augmenté leur population de 600 % en 20 ans.
Il y a quand même des millionnaires en France alors j’ai pas le chiffre de combien de millionnaires ? C’est vrai que là je ne l’ai pas vu.
Je vais le chercher aussi dans le chat il y en a trop, il y en a trop. Et en tout cas, et c’est là où on essaye d’en trouver deux qu’il y a un travail sur la justice sociale, Ça passe aussi par reconquérir le consentement à l’impôt et voir comment la solidarité peut être financée. Mais c’est vraiment tout le système politique, fiscale qui mis en place Macron qui est un véritable braquage. On braque. La solidarité. Pour. Orienter vers les ultras riches et les multinationales. Et c’est ou c’est outrancier, on se dit ce n’est pas possible que ce soit aussi grossier.
Enfin voilà, il faut regarder les chiffres depuis 20 ans, c’est édifiant. Il y a une augmentation de 600 %.
À euros constants on va dire, oui, oui, alors ça, ça m’intéresse beaucoup parce que voilà, évidemment, ici au poste, on est plus que concerné par toutes les questions que tu as développées à l’instant et on sera à la marche, on va faire le live et tout ça, ça c’est évident. Mais quand je vois la liste de toutes les organisations, liste impressionnante, c’est vrai, je me demande dans quelle mesure. Je ne sais pas comment formaliser ça, si on n’est pas en train aussi de se replier, de se rétracter. Les forces progressistes, on va dire, sur finalement des choses extrêmement basiques comme défendre les libertés publiques, comme si il nous restait plus que ça, qu’on n’aurait plus le temps de faire le reste, c’est à dire vous attaquer. Est ce que vous avez le temps de vous occuper du de votre fond de commerce ?
Donc oui.
Je vois ce que je veux dire. Nous avons finalement décidé de nous défendre en nous défendant. En fait, on défend les libertés de tous parce qu’on est libre que parce que les autres le sont. Donc quand on défend la liberté, si on défend absolument tout le monde, y compris les adversaires politiques, voilà. Mais voilà, je me dis donc je parle de toi et d’Attac puisque j'étais en face de toi, est ce que vous arrivez à continuer votre travail que vous avez commencé il y a maintenant un certain nombre d’années.
25 ans cette année anniversaire ? Venez toutes et tous le 4 novembre. Le 4 novembre, on fête nos 25 ans à la Flèche d’Or, à Paris, à Paris, il y a plusieurs 25 ans, un peu partout en France. Mais pour le cas de Paris à la Flèche d’Or le 4 novembre.
Très bien sur cette question là, vous ou elle vous traverse ou pas ?
Oui, mais en fait on n’a pas le choix là. Donc je comprends très bien la question et c’est quand même malheureux. Effectivement, c’est même inquiétant, c’est même inquiétant. Mais c’est d’ailleurs pour ça qu’on arrive à des signataires qui n’ont jamais signé un texte ensemble et encore très peu de temps. Je parle de 2017 2018. C'était inenvisageable que certains collectifs signent avec certaines organisations. Il n’envisage jamais vraiment un niveau. Et là c’est comme du coup à la vague féministe en cinq ans, ça a été fulgurant on voit bien ça.
Oui, mais parce que c’est le plus petit dénominateur commun, je voudrais dire, c’est à dire l’idée de défendre Les libertés publiques
Je veux dire, mais il y a quand même un problème pour en finir avec les violences policières contre le racisme systémique, ça non, ça n’a jamais été décidé ensemble. Donc c’est ça votre curseur, notre moteur, notre base, ça va être ça. Donc évidemment que derrière, si on ne défend pas nos libertés publiques, on sera en incapacité totale d’en finir avec les violences et de lutter contre le racisme systémique. Mais évidemment, on a un vrai souci démocratique, là. Nos libertés fondamentales sont profondément menacées à tous les endroits et c’est pour ça que c’est une coalition. Il y a qu’un cadre politique qui permettrait de créer un rapport de force et déjà défendre. Enfin arrêter de reculer entre guillemets, Donc le but est de pouvoir au moins tenir un rempart, c’est à dire on est un rempart contre ça, on tient les rangs. Et puis une fois qu’on s’est consolidé, on peut avancer. Et avec toujours cette ligne qui nous a réunis, en finir avec le racisme et les violences. Mais. Mais je vois ce qu’il y a là sur la défense des libertés publiques. On a un tel niveau d’atteinte qu’on n’a le choix que de que de que de s’unir. C’est une unité qui est vraiment vitale. En fait, ce n’est pas on n’est pas en train de se dire bon, faisons ça parce que là il faut qu’on agisse là dessus, parce que sinon, qu’est ce qui va nous rester ?
Alors, il est 10 h 17, Il y a aucun des trois millionnaires qui sont au poste parce qu’il n’y a pas de dons.
Ben on espère quand même.
Les remontrances ne sont pas terribles.
Voilà, ça ne va pas être la première.
Ça me rappelle quand même le mouvement contre la loi Sécurité globale où il y avait également eu il a été dedans, où il y avait aussi des manifestations. Je disais tout à l’heure dans des sous préfectures, dans des petites villes. Et ça, c’est des marqueurs extrêmement importants. Dès que ça sort des grosses villes, c’est qu’effectivement c’est un enjeu qui imprègne partout.
Ça, c’est ce qui a marqué aussi l’esprit des retraites. On a vu, on avait vu, on s’est dit Ah, ça prend la petite ville, c’est qu’il se passe quelque chose. Et là. Les jeunes de ce que j’ai checké, il y a beaucoup de petites villes,
Rolland demande : le dispositif policier est-il prévu dans les grandes villes ? Bon, j’imagine que tu ne le sais pas, mais qu’est ce qu’ils vous ont dit à la préfecture ?
Je ne sais pas.
Vous cogner dessus puisque vous ne nous aimez pas ou au contraire on va se faire discret.
Bah on va voir la stratégie. Après je ne sais pas du tout. Là, on n’a pas eu de cas particuliers, ce serait extrêmement malvenu. Ce sont les collectifs de victimes de violences policières qui vont être en tête, des personnes qui subissent au quotidien les violences policières et la stigmatisation. Ce serait extrêmement malvenu, extrêmement mal vécu. Donc, je pense que j’ose espérer que. Mais après on s’attend à tout. Parce que quand on voit qu’ils ont osé interdire la marche commémorative pour la mort d’Adama Traoré, on se dit qu’ils sont prêts à tout. Effectivement. Mais après, nous, on est dans une démarche. Revendicative, combative, déterminée, unitaire et avec dignité. Donc, s’il y a cet état d’esprit là, on va dénoncer les choses très clairement, très fermement, très franchement. Mais en même temps, on est dans un esprit donc de manifestation pour faire corps ensemble, pour faire cohésion. Donc par exemple, nous, le camion plateau Assos Syndicats, on va être dedans. Ce ne sera pas joyeux dans le sens déplacé, mais ce sera quand même combatif, positif, dynamique. On dénonce les choses
Peut on parler un peu de musique ?non mais j’en ai marre de Renaud, je ne sais pas quoi.
On cible là, il y a des super héros et tous ces hommages, mon DJ. DJ Ben qui est le DJ Rosier Boy qui a fait toutes nos playlists pendant les manifestations, retraite qui est très pointue sur la musique contre les violences policières, on a quelques tubes assez chouettes qui vont être diffusés.. Donc voilà, on aura France Gall. Marche très bien dans les manifs féministes avec Résiste. Mais on passe de tout, Il en faut pour tous les goûts, Mais là, oui, il y a des tubes sur les violences policières, on en a quand même quelques-uns. Et donc on va essayer de faire une playlist variée et plutôt moderne avec des tubes d’aujourd’hui.
Dernière petite question après je te libère Comment tu définirais ce qu’on vient de faire là ? Qu’est ce que au poste ? Qu’est ce qu’on fait ? Qu’est ce que tu as fait là ?
La question, je ne l’ai pas vu venir. Comment définirais-je cette analyse ? Pour transformer les choses en fait. Moi, j’aime ce genre d'émission. Où on est obligé de répondre aux questions et du coup formuler ce qu’on fait instinctivement je suis vraiment dans l’action, dans l’agir, j’essaie de faire du lien, je veux faire des alliances. Tu l’as compris, je suis très optimiste. J’y crois, j’y crois et du coup ça me permet, moi, ce genre d'émission, de me poser pourquoi ? Pourquoi on le. Fait ? Quel est le sens d’avoir des perspectives, des horizons et même aussi d’identifier là où c’est faiblard, c’est à dire d'être bon Alors ça, c’est peut être pas bien poser la question. Va falloir qu’on se la pose très sérieusement parce qu’elle va nous revenir en boomerang. Et notamment l’avantage, c’est à la fois dire notre message, donc ce qu’on a envie d’en dire,. Mais aussi identifier là où il faut pour bosser un peu sa copie et en même temps bien analyser politiquement ce qui est en train de se passer.
J’ai jamais vu un invité qui arrive comme ça avec plus de préparation, c’est dingue. Et l’autre dernière question, c’est justement une question qui risque de te plaire, toi la grande optimiste. J’ai coutume de citer un surréaliste que j’adore, Pierre Naville qui en 1922 a écrit dans La Révolution surréaliste : Il faut organiser le pessimisme.
Ah, c’est chouette ! Oui, j’aime beaucoup, ça me parle beaucoup. Il faut organiser le pessimisme. Oui, il faut faire avec. J’ai un côté pour les rosiers, mais c’est bête, on s’en est pris vraiment plein la pomme
Je mais je viens de me rendre compte qu’effectivement il y a un petit côté, il y a un petit côté rosier là.
Alors, ce n’est pas ce n’est pas le fichier.
Pas le fichier rouge
Des roses mais j’ai toujours, voyez ce petit fichu c’est de la coquetterie parce que j’ai beaucoup de cheveux et j’aime bien me coiffer.
Moi j’ai beaucoup de cheveux, mais je n’aime pas me coiffer.
Et donc je profitais de ma culture japonaise. Mais au Japon, la coiffure c’est il y a. En fait, il y a en France, beaucoup de boulangeries tout ça. Là bas, au Japon, il y a des coiffeurs, tous les petits qui sont très, très spécialisés. Il faut que tu sois coiffeur.
Sur les rosiers.
Oui sur les Rosiers, mais parce que c’est dur quand on fait quelque chose pour essayer de rassembler, dynamiser et apporter du souffle quelque chose d’un peu différent et qu’on nous taxe de diviser la lutte, de vouloir diviser les travailleurs travailleuses, etc. Venant d’alliés, on a eu ces critiques venant d’alliés. Bon, ça, ça a été difficile. Et puis finalement, le mouvement a pris le pli. Elle a vu tout simplement comme un moteur, comme un espace à part. On peut avoir la patate, on peut revendiquer et moi je suis chef, je suis partisane de la joie. Moi je crois vachement en la joie. Je crois que si c’est ça, je ne raconte pas ma vie. Mais je suis issue d’un milieu français très pauvre, j’ai vécu des choses difficiles et on le fait avec la patate, le sourire en fait face quoi. Et donc je vois en fait l’engagement, les luttes, c’est extrêmement difficile. Ce sont des sujets violents, tristes, déprimants. L'écologie, on n’en parle même pas, on nous. Lève tout de suite, franchement, donc c’est déjà extrêmement dur. Donc si en plus on le fait avec un ton anxiogène, bon, ça veut dire ne pas prendre au sérieux. Et moi je le dis, c’est la lutte. C’est la lutte, on la prend au sérieux, mais pas nous. Nous, on ne se prend pas au sérieux et ça ne veut pas dire ne pas traiter les choses très sérieusement. Et voilà. Mais c’est vrai que moi je suis plutôt partisane dans ce sujet évidemment, des violences policières, la joie ce n’est pas beau. Mais en tout cas combatif. Et y croire quoi. C’est à dire là pour citer ton tonton, ton proverbe Mais c’est ça le pessimisme. Bah ça doit être un moteur. Lutter contre le pessimisme, ça doit nous booster justement. Sinon faut rien faire en fait. Moi c’est ce que je dis quand on dit mais ça sert vraiment ce que vous êtes en train de faire. Ne faisons rien. Bon bah voilà et puis. On verra bien. Moi je préfère tenter. Je trouve que tenter c’est résister quoi.
Dernier point, je pense que c’est une question générale. Je ne pense pas que ça soit par rapport à la marche, mais oui, ça s’est posé puisque vous avez essayé de faire. Faire en sorte que le PS vous rejoigne. Stratégie de travailler à l’alliance avec le PS qui a été un acteur de la répression policière mortelle et de l’injustice sociale.
Oui, c’est une bonne question. Reste qu’il y a la nuance donc sur certains aspects, c’est une réalité. Encore une fois. Quand on crée un cadre inédit comme celui-là. Il y a les choses qui rassemblent, il y a les choses qui divisent, on est bien d’accord. Donc là, pour l’instant, on n’a pas su rassembler, là, sur ça, pour justement, ce qui vient d'être évoqué, c’est bien le problème, on en a conscience quand on demande l’abrogation de la loi 2017 alors qu’on sait que c’est que voilà. Bon, on sait très bien que c’est compliqué. Bon. Mais justement, appeler à l’alliance, ça ne veut pas dire la super méga. Alliance en quelque sorte. Effectivement, si le PS. Était venu manifester, il aurait manifesté contre lui. C’est une réalité. Voilà. Et on connaît on a vu leurs débats on a entendu les histoires au moment de l'élection. Tout ça, c’est une réalité. Il faut faire avec. Et justement là, le fait d'être avec eux, il y a des organisations qui n’auront pas les mêmes revendications que les quartiers. Il va y avoir des revendications au niveau des quartiers qui sont très fortes mais qui pour certaines organisations, ce sera un blocage. Elles n’ont pas encore fait le parcours au niveau de leur adhésion, elles n’ont pas l’adhésion de la base. Donc, comme elles n’ont pas l’adhésion de la base, si elle part en position de posture, ça, ça fragilise. Donc, il y a une différence entre quand on prend position sur quelque chose, on l’incarne et c’est porté derrière. Et pas juste. C’est par là qu’on va. Suivez-moi, ça ne marche pas. En tout cas, dans certaines organisations, c’est catastrophique et en général, il y a une réaction quand la possibilité démocratique arrive. Donc les élections, bien, elles, ça rejaillit et on fait souvent un rétropédalage sur des avancées. Donc là non, ce cadre existe, et puis peut être même justement, là, il y a une certaine liberté pour avoir des revendications et voir où ils rapprocheront les wagons s’ils veulent raccrocher les wagons. J’en suis sûr. Il y a des questions, oui, ils peuvent raccrocher et nous on ne bougera pas. De l'équilibre qu’on a trouvé, d'être à la fois suffisamment rassembleur mais suffisamment ferme dans des revendications. On ne bougera pas, on ne bougera pas de ça.
Merci infiniment de ton sourire, de ton énergie, merci de ton fichu d’avoir essuyé les plâtres de ce nouveau studio qui change tous les jours. Mais là, on commence à trouver un petit truc. Est ce que tu veux une dernière chouquette avant de partir ?
Oh oui. J’en prendrai une quand ce sera coupé. Au revoir à toutes et à tous. Merci de cet échange.
Merci et bravo pour les Roses
Merci beaucoup.
