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Haro sur la sacrosainte b*te. Avec Chloé Delaume

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Transcription de l’émission

Pauline Todesco
Bonjour à toutes et à tous, Je suis ravie de vous accueillir pour ce nouvel épisode de notre émission dédiée aux luttes féministes Bonjour Colère et aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir l'écrivaine Chloé Delaume Bonjour !
Chloé Delaume
Bonjour !
Pauline Todesco
Donc Chloé, je disais qu’on se connaît déjà. On s’est rencontrées en atelier d'écriture féministe que vous vous animez avant l'été un cycle d'écriture à la librairie parisienne La régulière autour d’un futur projet de livre autour des Personnalités démoniaques et mythologiques féminines. Voilà, ça c’est juste pour le contexte. Mais du coup, pour ceux et celles qui ne connaissent pas Chloé Delaume, vous êtes autrice d’une imposante œuvre d’une trentaine de livres à la croisée des genres et des esthétiques, entre fiction, autofiction, genre qui vous a valu le prix Médicis en 2020 pour le cœur synthétique à vos heures perdues. Vous êtes aussi essayiste, par exemple, avec Mes biens chères sœurs, aux éditions du Seuil en 2019, et aussi performeuse musicale aujourd’hui, vous nous venez pour cet ouvrage que j’ai dévoré. C’est un court roman qui s’appelle Phallers et qui est vraiment un OVNI dans cette œuvre dont je parlais aussi à la croisée du Despentes et du Solanas avec un peu de Cronenberg. C’est une fable, un pamphlet misandre tragi comique, entre délire jubilatoire et le sérieux philosophique, qui propose une réponse à la question comment fait on pour que les hommes arrêtent de violer ?
Chloé Delaume
Oui, tout à fait.
Chloé Delaume
C’est une réponse effectivement qui est grand guignolesque, mais je n’ai pas trouvé d’autres modes d’expression ni d’autres pistes sur la question. Donc on fait ce qu’on peut.
Pauline Todesco
Alors on va en parler et essayer de le dénouer ensemble, d’exposer toutes les questions justement, philosophiques à la fois, qui peuvent paraître légères ou extrêmement graves que soulève le livre. Mais donc, pour commencer, l’histoire, la situation, qui sont les Phallers ?
Chloé Delaume
Alors, les Phallers, ça, ce sont des super héroïnes, voici tout. En fait, le postulat, c’est que soudain, sans qu’on sache pourquoi, est ce les déesses qui interviennent dans Genesis par exemple ? Est-ce une sorte d'évolution darwinienne qui fait qu'à force d'être victime, il y a le corps qui réagit et qui apporte un super pouvoir ? Toujours est-il que soudain, des filles et des femmes, alors qu’elles sont agressées, ont le super pouvoir de faire exploser ou plus précisément imploser le phallus de l’agresseur et du prédateur. Et donc ces femmes vont s’organiser en sororité, en communauté et vont mener des actions pour essayer de faire. Oui, une sorte de vendetta, à petite échelle d’abord, puis à une très grande.
Pauline Todesco
Alors là, il y a déjà beaucoup de choses dans ce que veut me dire la question de la sororité. La question de la vengeance aussi. Ça c’est un point vraiment intéressant. Mais avant d’explorer ça, il faut, je pense, parler du personnage principal, en tout cas celui par qui on entre dans une histoire qui s’appelle Violette. Est ce que vous pouvez nous en parler et expliquer pourquoi est-elle ? Pourquoi entre-temps ? Par son prisme dans l’histoire ? Pourquoi est-elle différente des autres personnages ?
Chloé Delaume
Alors au début, oui. Parce qu’il y a ce qu’on appelle scénaristiquement un parcours personnage. Violette, elle a 17 ans, elle est dans un milieu social plutôt moyen, moins on va dire HLM. Pas terrible. Une mère complètement dysfonctionnelle, alcoolique. Oui, c’est un peu Cosette dit comme ça au début, le background est un peu lourd, les parents séparés et violence dans la famille et surtout elle est assistée par le beau père en fait, depuis que le père est parti. Enfin, ça c’est la back story qui revient par petits fragments dans le récit avec des flashbacks. Quand le pouvoir se manifeste, c’est parce que le beau père recommence. Et. Et elle est terrifiée par ce qui s’est passé. Faut dire aussi que autant quand ton pouvoir est maîtrisé, que ce sont des actions, c’est jubilatoire, autant la première fois que ça arrive, ça peut être déstabilisant d’avoir souvent l’agresseur qui a le phallus en lambeaux, en viande hachée et tu sais le faire. C’est une image assez récurrente dans le livre. Et. Et donc du coup, elle s’enfuit. Et quand l’histoire commence, quand le récit commence à aller, elle est en fugue. Elle est ensuite dans une sorte de môle à une galerie marchande où elle va être repérée par des valeurs se constituant en communauté. Puisque ça ce n’est pas dit, mais c’est implicite. Elles ont une sorte de capacité télépathique à se retrouver.
Pauline Todesco
Est ce que vous pouvez nous donner quelques noms comme les noms des personnages et revenir au cours de la discussion les noms des autres ?
Chloé Delaume
Alors il y a dans les deux idées les deux grandes sœurs. Il y a Marcia qui elle est un peu la femme de terrain qui va organiser, repérer, aller chercher des jeunes recrues. Effectivement, il y a Sidonie qui est une femme un peu ouverte, une grande rousse. Je verrais bien. Je pense à Isabelle Huppert en fait, quand elle fait vraiment la foldingue avec un chignon très haut tout ça. Et Sidonie, elle, c’est parce que c'était pratique aussi pour l’histoire. Elle a une grande, grande maison et dans cette grande maison, il y a le QG des fleurs, ça et il y a aussi la Lee et elle et Dahlia qui sont les camarades Un tout petit peu plus âgé que Violette, mais de rien du tout et qui elles sont dans la communauté depuis un petit peu plus longtemps. Et donc du coup, on va rentrer dans la reine par le biais de Violette. On va la voir tout d’abord assez rétive. Parce qu’elle n’a pas de rapport à la sororité violette. Sa meilleure amie lui a piqué son mec à 17 ans. La grande, la sorcière. Moi je fais ça, la traumatisée un peu et du coup faire confiance est très difficile. Elle, elle est fille unique, elle n’y croit pas trop à la pas trop confiance. Au début, elle se méfie beaucoup. Elle a même très peur, la sensation d'être kidnappée plutôt qu’autre chose. Et. Et du coup il va. Elle va être convaincue peu à peu et du bienfait de la communauté et de l’utilité de son don, don dont elle se serait volontiers passée, elle aurait préféré le pouvoir d’invisibilité. Sauf que les femmes le sont depuis très longtemps, comme lui répond Sidonie. Ou Marcia, je ne sais plus. Donc voilà, on a affaire à un personnage principal qui va avoir une initiation en reculant un petit peu. Ça permet aussi d’avoir les comme on dit. Les arguments de contre aussi sur la notion de violence. Violette, c’est quelqu’un qui a subi la violence et qui ne veut absolument pas la répéter. Donc pour être convaincue du bien fondé des implosions, il va falloir qu’on lui donne des cours aussi sur ce que c’est que la culture du viol, ce que c’est que là. Le patriarcat. Finalement, à 17 ans, elle l’a toujours subi, mais sans trop s’en rendre compte. Et comme la mère est toxique aussi, elle n’a pas une vision aussi Misandre que l’autrice du livre.
Pauline Todesco
C’est la version adolescente fictive de Chloé Delaume du coup.
Chloé Delaume
Non, parce que je n'étais pas rétive à la violence.
Pauline Todesco
Il y en a une autre. On va vous refaire l’histoire, mais juste par rapport à Violette, y a aussi une autre raison qui fait qu’elle est rétive. Vous expliquez, vous le décrivez dans le livre. C’est qu’elle n’aime pas l’idée d'être une victime.
Chloé Delaume
Oui, ça c’est important, c’est important et c’est un sujet qui a un thème en tout cas dont je ne pourrais pas faire l'économie parce que c’est vrai qu’on a ce problème là avec. Oui, c’est un problème, enfin, c’est une réalité. Rien qu’avec tout, j’ai presque envie d’appeler ça octobre 2017 plutôt que mytho à force, on je crois à la tenue. On est toutes conscientes que dans le script sexuel ou sentimental, ou voire même dans la rue. Dans la vie, on est toutes victimes, on l’a. Tout était, on l’est, on est des proies potentielles et. Et le problème, effectivement, c’est que, une fois que. Et là, tout le monde est lucide, eh bien, est ce qu’on peut faire une société avec des victimes ? Je ne suis pas bien sûre. Donc, c’est aussi cette question de qu’est ce qu’on fait de l’industriel, de cette souffrance, de ce risque ? Et comment ça se gère et quelles seraient les pistes.
Pauline Todesco
D’ailleurs, dans les vous rappeler l’origine étymologique du mot victime. Vous pouvez nous les donner.
Chloé Delaume
Alors victime vient de victima et c’est la bête à sacrifice. En grec ancien, c’est l’animal cornu qui était sacrifié aux dieux. Et je crois que c’est dans ce geste effectivement que je trouve la problématique sur le sacrifice. Si on reste victime, on est sacrifiés sur l’autel du patriarcat, c’est tout, et on ne peut pas s’en sortir vraiment. Donc ou trouver. Mais ça c’est autre chose. Et ce n’est pas dans le livre. Je veux dire, le problème vraiment qu’on a là, en tant que femme ou personne est, c’est comment est ce qu’on fait la bascule, comment est ce qu’on récupère le lead ? Et le mot résilience a beau être excessivement à la mode autant que bienveillant, et ça c’est difficile. Après, moi, je ne suis pas philosophe, je ne suis pas politique et je ne suis pas à même de trouver des réponses à ces questions abyssales. Mais je pense que on ne peut pas rester dans ce statut en tout cas.
Pauline Todesco
Oui, mais ce qui est bien, ce qui est super intéressant justement avec le livre, c’est que certes l’implosion des phallus n’est pas un programme politique, mais philosophiquement, et c’est ça qu’on con qu’on va essayer de voir ensemble, c’est que tout ça, il soulève beaucoup, beaucoup de questions. Donc juste pour revenir sur la genèse du projet, en fait, l’année dernière, vous sortiez un livre qui est un roman qui s’appelle Pauvre folle, et en fait, il n’est pas sans lien avec valeurs. Est ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ? Et du coup, comment en est-on arrivé à ce livre ?
Chloé Delaume
Dans Pauvre folle Clotilde Mélisse, l’héroïne qui est témoin ou Pierre Cloutier. Et elle essaye de faire un court métrage parce qu’elle a des pulsions de ras le bol des hommes et donc du coup, elle visualise quand elle en croise qui sont relous, elle visualise l’explosion de la braguette et à partir de là, elle veut faire un court métrage. Et est ce que je raconte dans l’ouvrage ? Mais c’est très court et ça fait deux paragraphes. C’est ce qui va arriver dans la vraie vie, à savoir qu’en fait cette idée de valeur est née dans le cadre du Caprice chic. Il y a une maison de production de cinéma où Pascal Faure avait une collection qui s’appelait Nouvelle héroïne et on m’a proposé d'écrire initialement le scénario et du coup je pouvais réaliser sous forme de courts métrages. Donc nouvelle héroïne, nouvelle héroïne, je me suis dit tout bon, tout bon bah boum quoi. Je vois, je vous ai. Et en fait on a travaillé trois fois que le cinéma fasse ce cirque a dû durer pendant presque deux ans ou parce que le cinéma, c’est d’une lenteur avec des fins, c’est un cauchemar. Et en fait quand on avait j’avais la prod, on avait la chaîne qui était ok pour la collection, c'était Ovidie qui l a fait d’autres chats à fouetter dans ce cadre là et. Et en fait le CNC va faire écrire trois fois l'édition tous disons. Et en gros, il a semblé très rapidement assez évident qu’on ne touche pas aux sans phallus et que si dans parce que c'était du fer quatre et six et du genre, c'était de toute façon en un court métrage gore à vocation comédie horrifique misandre gore. Voilà, il y avait pas de. Donneuse de leçon ou truc sérieux ou quelque chose d’effrayant l’attend. Mais je pense que symboliquement on ne touche pas à ça. C’est à dire que dans les films de genre, les femmes se font même si c’est dur derrière, violer, torturer, c’est la Scream Queen qui est persécutée Mais on ne peut pas inverser, on peut pas inverser, même quand c’est de la vengeance parce que l’attaque n’est pas venue de la femme. Enfin je veux dire, ce n’est pas des folles qui d’un seul coup ont décidé d'éradiquer la race masculine. C’est vraiment en réaction et c’est sur des proies ciblées, mais symboliquement. Enfin je dis ça en vue des retours qui a été faits, je crois que c’est un peu différent, ça pose un énorme problème, mais il y a même quelque chose qui était perçu comme presque vulgaire de faire exploser un sexe masculin. Et j’ai la sensation que le rapport au phallus, c’est quand même très hallucinant dans cette société. En plus, la France c’est particulier par rapport à la culture du viol, parce que c’est la drague à la française, la gaudriole et et les mecs cul sont quand même à ça en place. Donc je pense qu’au même titre que, au printemps dernier, au moment de la dissolution, il y avait eu sur Instagram les librairies indépendantes qui avaient appelé les poètes et poétesses à contrecarrer les images, l’imaginaire de l’extrême droite. Je pense que valeur, c’est une façon d’essayer de contrecarrer l’imaginaire de la culture du viol.
Pauline Todesco
En fait. C’est exactement ce qu’on ressent quand on le lit, parce que c’est ce renversement de la violence à laquelle non seulement on n’est pas habitué en tant que spectateur spectatrice dans la culture populaire en général et à laquelle on n’est pas éduqué de toute façon, ou sensibilisé d’une manière ou d’une autre. Mais justement, cette question de la violence, elle est au cœur de mes questions. Et donc on avance, Violette rejoint la communauté. Comme on l’a expliqué, elle est d’abord rétive et puis elle commence à changer d’avis. Donc, est ce que vous pouvez nous donner un petit peu les jalons de ces étapes ? Et parmi elles, parce que j’ai l’impression que c’est un petit peu un moment clé. Donc, comme vous allez l’expliquer, il y a les entraînements, une partie des activités et la deuxième partie, c’est les cours. Donc je reviendrai dessus après. Mais donc vous pouvez nous expliquer les entraînements et les cours, avec notamment cette fameuse leçon où on montre sept épisodes de la sitcom ?
Chloé Delaume
Oui, alors en fait, le jeu des valeurs, s’il fonctionne un peu comme une sorte de Poudlard. Voilà, je vous le dis, je sais, je suis multiple. C’est pour ça, il y a les entraînements comme il y a les cours de magie et il y a les cours théoriques. Donc les entraînements consistent à contrôler le pouvoir. Donc en fait, sont kidnappés d' un chef d’entreprise qui a abusé depuis des décennies de son personnel féminin ce genre de profil. On va aller chercher des gros salopards impunis. La notion d’impunité est capitale, alors c’est vital. Et. Et donc le mettre sur un petit diable, l’attacher, tout ça. Et les filles vont à tour à tour Violette Du coup, donc, comme je viens d’arriver et au centre, apprendre à serrer à bord, c’est à dire pas à laisser ça à contrôler le pouvoir comme chez les X-Men. C’est un livre de super héroïne, donc on est aussi avec les codes, des trucs de genre et des trucs des films. Et les comics, ça je ne le lis pas donc. Mais par contre grosse spectatrice de films de genre et type de super héros aussi. Donc c’est plutôt ces codes là et elles vont s’entraîner avec le regard. Parce que quand le pouvoir se manifeste elle baisse le front. Mais lentement, comme une bête cornue qui va charger et les yeux deviennent tout noir et les pupilles dévore les iris Et donc du coup, c’est ça, apprendre à contrôler, ça apprendra à contrôler vraiment sur la douleur quand on voit le serrage s’arrêter avant que ça implose, apprendra puisque évidemment plus tard ça leur sera utile pour faire plier, obtenir. Enfin, c’est un moyen de pression que de pressuriser le phallus. Et donc il y a ces entraînements où des fois ça part un peu en vrille parce qu’elle ne contrôle pas bien les petites et donc ça bloque avant ce qui était prévu. Et puis il y a les cours théoriques dans les cours théoriques, il y a. J’en ai profité pour mettre les litanies qui est un magnifique poème de René Vivien. Son surnom, c'était la Sapho 1921, une sorte de l’hallucination totale dans un épisode de la série Maguy Et effectivement, ben j’ai un ami qui m’a dit Good bye qui est traducteur mais que aussi on dit archiviste, enfin il connaît tout et je lui ai demandé parce que je ne trouvais pas, je trouvais des chansons, des chansons sur la culture du viol, on en connaît plein le côté hyper malaisant, mais je cherchais vraiment un objet culturel grand public qui soit représentatif de la culture du viol, qui passe tranquille. Le chat. Et il m’a mis la main sur cet épisode de ma vie. Donc on est en 87 ou 88 du genre trop euh. C’est un programme qui réunit 7 millions de téléspectateurs sur TF1. Je crois que c'était le dimanche soir et Maggy est une série qui l’incarne. Donc pour les plus jeunes, c’est un peu les deuxièmes couteaux du théâtre de Vaudeville. Tous les braves gens qui sont dans ma vie, c’est une bourgeoise d’une cinquantaine d’années, tapée, qui habite dans sa maison. C’est une sitcom donc on voit jamais l’extérieur avec son mari et sa femme de ménage façon aide ménagère et il lui arrive des aventures par épisode. Elle a un dégât des eaux, elle fait du yoga Et parmi ces ressorts narratifs classiques de sitcom, eh bien il y a un épisode où aller violer. Voilà, donc ça ressort comique comme un autre. Et donc ça commence où ? Elle appelle la police. Il y a les rires enregistrés évidemment dans ce genre d'émission et de programme. Et elle a été violée dans son jardin par ce qui s’avéra être un voisin poète joué par Jackie qui à l'époque avait fait des émissions rock mais aussi surtout des émissions pour enfants. Donc c’est vrai que c’est assez stupéfiant de se dire déjà quand on voit le truc, à quel moment est ce que ce n’est pas un livre de dire c’est une série grand public. Donc il y a les scénaristes, ils sont trois, il y a la production, il y a la chaîne, à quel moment ? 87 on a donc du coup, je ne sais pas, au moins sept personnes. Il y en a pas un qui se dit c’est un peu malaisant quand même comme idée, qu’elle se fasse violer, c’est déjà et à quel moment ? Au casting on se dit un mec qui fait des émissions pour enfants, c’est une super idée qu’il fasse le violeur Tous les clichés sont dedans puisque la femme de ménage lui dit que dans cette tenue alors qu'évidemment elle est en pantalon avec un haut qui a été un peu déchiré. Il y a cette phrase magique du prenez un petit cognac madame Maggy, il n’y a rien de tel quand on a été violé. Il sous -entend effectivement que tout le monde y passe. Le côté ce n’est pas une agression, c'était une séduction puisque évidemment elle finit par être charmée quand il revient avec des fleurs. Pas pour s’excuser, mais parce qu’il est amoureux d’elle. Quand bien même le violeur s’excuse, on aura tout vu en même temps. Depuis le 8 mars, le fameux 8 mars où Libé nous avait fait le magnifique article de la lettre du violeur repenti qui était un magazine en direct. On n’est plus à ça près. Et puis il y a tout. C’est à dire qu'à la fin, on comprend que l’aide ménagère aussi est passée comme tout le quartier. Mais c’est un poète. Alors il cite abondamment Rimbaud. Il donne encore un côté Kamoulox. Complètement. Exacerbée et à la fin, la femme de ménage et Maggie se tirent la bourre pour aller arroser les plantes, puisque c’est comme ça que le viol se passe. C’est là bas. Et là, le mari dit non, il pleut et c’est la chute. C’est un livre qui suscite beaucoup plus de messages Instagram ou sur mon site que les autres. Et en fait, j’ai reçu plusieurs messages de personnes qui, de mon âge, y avaient assisté, qui se rappelait très bien de cet épisode et qui avaient la sensation que c'était presque un effet Mandela, quoiqu’elle avait halluciné le souvenir tellement personne s’en rappelait qu’elle avait éprouvé une malchance extrême à l'âge de onze douze ans, mais que personne n’en avait parlé dans le salon, devant la télé. Et en fait, on en a vraiment, je crois, avec cette histoire de Maggie. La preuve. Une sorte de preuve irréfutable que le viol est complètement intégré comme une donnée. Oui, c’est pour que ce soit un ressort narratif comique.
Pauline Todesco
J’ai ri un peu nerveusement quand vous lui avez raconté. Parce que je n’étais pas surprise. Parce que je l’ai déjà lu aussi. Mais c’est un petit peu ce qui se passe à la lecture en fait. C’est un peu ça tout le livre. C’est-à-dire qu’on pourrait avoir envie de pleurer, mais au final on rit quand même un peu et c’est nerveux. Et c’est cathartique aussi je pense. C’est l’objectif.
Chloé Delaume
Oui, le but du jeu, c’est quand même qu’on arrive à se réapproprier l’horreur en Orient. Enfin, moi j’ai toujours été bon après une burqa, c’est noir en général, il y a des. Peut être que ce n’est pas le cas. Enfin c’est peut être pas. Prends ça intransférable. Peut-être que je ne peux pas demander ça à tout le monde, mais il me semble nécessaire. Enfin, l’action féministe, dans la mesure où je ne suis pas une militante de terrain, je fais avec les outils. Moi c’est les bouquins, je n’invente pas de concepts. Donc du coup, il reste quoi ? Il reste les versions en phase. Car je suis intimement persuadée que si Solanas et le Manifesto est un texte qui est efficace encore maintenant et qui sera toujours, c’est parce qu’elle, elle a le sens de l’humour et qu’elle dit dès le début pour celles qui ont un peu le sens civique et le sens de la rigolade. Et je pense que c’est le frontal. Le frontal ce n’est pas bien, nous ne sommes pas contentes. On voit bien que ça ne marche pas trop, donc je me dis qu’avec des blagues peut être que voilà quoi, si on se fout de leur gueule, ils vont finir par la honte. Change de camp En fait, voilà, le truc c’est ça aussi, c’est comment faire changer de camp si on leur explique que ce n’est pas bien, Si on reste sur le terrain de la morale, ça peut pas être effectif parce qu’ils ne sont pas les mêmes que nous. Alors là c’est le mélange. Se faire engueuler sur le tchat c’est pas bien et ils ne sont pas tous pareils. Mais enfin bon, on est quand même dans une drôle de situation. Enfin je ne sais pas, on sort de Pélicot là, donc voilà, on voit bien que le mot sera ordinaire, on voit bien qu’on a toutes les sept minutes un viol dans ce pays et ce n’est pas le même monsieur, le célèbre « not all men » Donc même sur moi il fonctionne, mais carrément pas que les choses soient claires, ça ne veut pas dire qu’il y a une suspicion a priori sur toute créature dotée d’un phallus, évidemment, mais il y a, il y a problème. Donc du coup, j’essaye de me dire que l’humour en tant qu’art le foutage de gueule marchera peut être plus que la menace ou la morale. Parce qu’ils ne peuvent pas avoir honte, ils ne peuvent avoir honte. La société ne les juge pas. Comme la prédation est encore valorisée. Donc il y a peut être un pauvre débile mental et en hurlant de rire et en dévalorisant finalement leur valeur, que c’est ça ! Comment est ce qu’on renverse ? Donc je ne sais pas, c’est une tentative. Je ne dis pas que ça va être puni. Peut être que je trouverais mieux, mais renverser la vapeur de cette façon là, peut être remettre du grotesque et du coup désacraliser cette bite qui en parallèle sert aussi d’armes de guerre dans certains cas, c’est ça quoi, c’est désacraliser. en fait, c' est ce qu’on peut faire.
Pauline Todesco
Alors. Je voulais vous faire lire par rapport à tout ce que vous venez de dire. Le petit encart que vous avez écrit au début. Parce que voilà pour l’histoire de renverser la vapeur et en même temps être dans le rire, on est exactement là dedans. Mais ce que vous venez de dire me fait faire une courte parenthèse où vous vous dites là, ils ne sont jamais condamnés, jusqu'à maintenant, c’est à peu près le cas, là. L’affaire Pélicot, par exemple, n’est pas finie.
Chloé Delaume
Oui j’attends là.
Pauline Todesco
J’allais parler de Nicolas Bedos, ce qui pour le coup, et c’est et ça a fait pas mal de bruit parce que c’est vraiment quelque chose de nouveau, a été condamné,quelqu’un de connu en France est condamné. On a, aucun exemple en fait et il a été condamné donc il n’ira pas en prison parce qu’il a été condamné un an mais pour agression sexuelle. Et c’est ça qui est dingue.
Chloé Delaume
C’est qu’on a 1 % des plaintes pour viol qui sont reçues.
Pauline Todesco
Voilà qui arrive à des condamnations. Mais là pour le coup, et c’est tant mieux. Mais là la justice a tranché et c’est le cas d’une agression sexuelle, est ce que les choses n'évoluent pas ?
Chloé Delaume
Ca évolue ? Enfin, moi je pense qu’on verra, mais pour ce qui est de Bedos, c’est assez chouette de se dire qu’on explique aux gens que non, on n’attrape pas. Même si Trump, la phrase ou je ne sais plus comment est ce qu’on dit on n’attrape pas les filles par la chatte. En fait non, ça c’est pas seulement pas poli, c’est que ça ne se pratique pas. Donc on est dans une société où nos corps leur appartiennent, l’espace leur appartient. Et avons donné. C’est assez agréable de se dire qu’effectivement la justice dit bah non, les corps ne t’appartiennent pas, tu ne poses pas ta main où tu le souhaites en fait et on va voir ce que ça donnera derrière. Mais c’est bien qu’il y ait une limite de poser une limite ferme avec cette histoire hallucinante du pauvre chaton, il était saoul, il a des problèmes avec l’alcool.
Pauline Todesco
Alors que l’alcool c’est une circonstance.
Chloé Delaume
C’est une circonstance aggravante. Ça me paraît clair.
Pauline Todesco
Est ce que du coup vous voulez l’encart, après je reprends mes questions.
Chloé Delaume
Alors l’encart commence par Calmez vous messieurs, ça va bien se passer. Le trigger Warning est un avertissement au public. Il prévient qu’une œuvre contient des éléments pouvant déclencher le souvenir d’un traumatisme. Personnellement, je ne suis pas pour, mais il faut tout envisager tant la situation est tendue. Certains diront qu'à une femme étant agressée sexuellement ou violée toutes les sept minutes, ce qui se passe dans cette fiction relève du cathartique. Certains agitent en Freud Les tout petits garçons connaissent l’intense angoisse de castration. C’est par égard pour eux que sera cet encadré. Voilà.
Pauline Todesco
Et vous disiez il y a cinq minutes. Oui, voilà ce qui nous met la citation exacte de Trump.
Chloé Delaume
A la base Pussy il y a un groupe de rappeuses féministes où les filles aux États-Unis vont remettre le pussy à ce petit bonnet rose de ralliement, je crois. Ça doit être très triste de rouvrir le placard et d’aller chercher le potentiel pour le remettre face à ses épouvantables. Ce truc. Et effectivement, ce côté t’attrape. Enfin je trouve ça bien
Pauline Todesco
Vous disiez Je me bats avec mes armes etc. vous avez dit je n’invente pas, concept, c’est un peu fou. Et j’en ai trouvé deux sur lesquelles je voulais revenir avec vous. Dans le livre, on a un premier qui s’appelle l’importunator
Chloé Delaume
Ah mais alors c’est beau ! C’est une classification, comme il y avait Buffon l
Pauline Todesco
Alors je vous laisse les expliquer.
Chloé Delaume
Alors est ce que c’est des cons ? Ça c’est des noms. Je dirais que c’est plutôt des terminologies ou des classifications rigolotes. L’importunator, c’est celle qui est importuné, c’est le maxi relou. J’ai tenu à ce que ce soit l’importunator et pas le relou parce que je n’ai toujours pas digéré la tribune de la liberté d’importuner. Je considère que Peggy Sastre et Sarah Chiche ont vraiment été au delà du réel, de la déconnade, même si on a fait porter le chapeau à cette pauvre Deneuve qui avait signé en ne comprenant rien parce que Marie a vu de la lumière. Je ne tolère pas la notion de droit à l’importuner en fait. Et. Et Violette tombe sur cette importune à tort. Au tout début, il la suit, les chiens et ceux qu’il a forcé à prendre un café, la drague lourde, la drague douce du pécheur, du chasseur. Et c’est des profils en plus. Pour ce qui est des importunators qui sont assez pénibles parce qu’ils font quinze fois par seconde. Ils savent très bien qu’ils vont se prendre des vents et quand le vent arrive par là, c’est la blessure d’ego et donc la vulgarité, l’agressivité, on le sait. Enfin je veux dire, une fois que le nom est acté, la réaction est : t’es une espèce de clocharde. Tu crois que tu m’excitais enfin ? Et les filles sont là, elles n’ont strictement rien demandé. Mais le truc surtout, c’est classique. Donc oui, il y a l’importune à tort et elle ne porte pas le feu car le parfum de feu car je me demande si j’en avais pas parlé dans Pauvre folle, quand touche j’ai les classifications. Est ce que tu décris un livre féministe ? Et dedans il y a plein de noms, il y a le vert galant, il y a plein de trucs, je crois que c’est dedans. Le pur Wolf cœur n’est pas vraiment le contraire. Je veux dire Sol un qui n’est pas dedans mais qui rebondit. Là aussi, ça fout le feu au cœur. C’est bien, c’est plutôt j’ai presque envie de dire garçon plutôt qu’un. En général, ils ont les signes extérieurs des alliés et des alliés. Les gens en cuir dans les ongles peints, ça peut porter un petit collier avec des perles ou des trucs comme ça. les stars indépendantes ou ennemies de l’ordre qui dépassent du sac à sortir de Mona Chollet quand ils sont vraiment débutants. Ils tiennent un discours féministe d’allié. Et en fait, c’est une couverture pour pouvoir infiltrer la bergerie. Et en fait c’est des baiseurs de féministes. C’est juste qu’ils vont faire les courses, c’est-à-dire que leurs grands pères, ils jouaient jeux interdits à la guitare au coin du feu le père et jouent les Taz en rêve partie. Et là, le père Paul, shake pour infiltrer les filles. Comme il y a plus de bars pour trouver les groupes, où trouve-t-on les groupes de filles quand on est chasseur ? Donc c’est sûr qu’il y a une réunion féministe, une soirée féministe, on est sûr d’avoir de la poule. Du coup, ça va à la pêche à la belette sous couverture. Et en fait, il est évident que le comportement qui suit est un comportement juste de serials car ils utilisent la fille Ghost par derrière. Mais c’est une catégorie qui est vraiment apparue. Je crois que c’est ceux qui criaient et fantasmaient sur les réunions non-mixtes au début. Et puis tu as un chiffre, mais c’est vrai que c’est rigolo de les voir qui récupèrent et l’attitude derrière, mais c’est inéluctable, c’est logique. Donc ça c’est le partage Après, il y a une nouvelle catégorie qui est un peu intéressante, mais c’est sur la génération X. Sur la mienne, les gamins ne sont pas touchés puisqu’ils n’ont pas le temps d'être repentis. Oui le repenti, mais le repenti qui est plus royaliste que le roi, le repenti qui va limite intervenir à les faire chier et mener l’enquête à la place des femmes. Essayez de dire attention ! Lui, lui, lui et lui. Lui alors. Enfin, j’en ai croisé pas mal ces derniers temps dont je me suis interrogé. Euh. En fait, en fait, souvent ils ont eu un comportement passé. De bonnes céréales Foccart, de bons dragueurs pas obligatoirement relous, mais en tout cas de chasseurs. Ils ne se sont pas réveillés en 2017. Ils se réveillent là, ils se réveillent là parce qu’ils perdent le pouvoir. En fait, ils perdent le pouvoir. Parce qu'à 50 balais, quand on est dans un milieu où le féminisme est actif, bah on sait plus un franc. Parce que les gamines, elles sortent plus avec des mecs de 50 ans. En fait, même s’ils sont au pouvoir et qu’ils ont un bon travail culturel et des sous et de quoi les weekends elles en ont plus rien à foutre. Quant aux femmes de bondage, elles commencent à être super fatiguées. Donc souvent, elles préfèrent être célibataires plutôt que de se taper les emmerdes qu’on connaît. Et du coup, ben c’est embêtant un homme qui se retrouve sans pouvoir, donc ben il va prendre le pouvoir sur les copains en devenant le pseudo super allié et du coup il va exercer, il exercera son pouvoir et aura une supériorité hiérarchique sur le voisin. Voilà la toute dernière théorie.
Pauline Todesco
Alors justement, à propos donc pas de la dernière puisqu’elle n’est pas encore, elle n’est pas dans le livre, pas encore parce que déjà sorti. Mais par contre, quand on parle de Purple fuckers, eh bien il y a vraiment des personnages importants.
Chloé Delaume
Pour jouer et en faire le souci.
Pauline Todesco
Donc est ce que vous pouvez en parler et parler d’où il vient ?
Chloé Delaume
Oui, bien sûr, à la communauté. Alors s’il fallait qu’il y ait en face les super méchants, puisqu’on est dans un truc de super héros. Donc évidemment, je joue sur les clichés classiques, narratifs. Donc en face des en face des Phallers, nous avons les Viritas qui est un boys club dont le chef Charles est un vieux monsieur plein de sous, qui a beaucoup de pouvoirs et qui a comme on dit : un petit-fils qui s’appelle Rodolphe, prénom que j’ai choisi parce que c’est le gros connard de Bovary. C’est le bellâtre qui l’emmène à cheval Rodolphe est un garçon de son époque, en jogging blanc avec des chaînes en or qui brillent et qui essaye de faire du rap. Le petit bourge qui essaye de faire du rap aussi, c’est classique. Rodolphe, lui, doit infiltrer la communauté des valeurs. Donc il va draguer Violette qui va tomber dans le panneau. La pauvre lapine. Alors là, du coup, un peu plus tard que prévu, mais il fallait bien qu’il se passe un truc. Donc voilà, elle tombe dans le panneau et Rodolphe, lui. Disons que j’en ai profité pour faire quelques digressions sur la culture masculiniste. Donc le grand-père lui a appris à chasser et il y a tous les clichés du masculin et il va retourner à la tête de la petite. Il n’a quand même que 17 ans. Bon, il en a, il a une petite vingtaine à lui et puis voilà quoi.
Pauline Todesco
Il s’en sort assez bien j’ai l’impression. Moi, ma perception. Une lecture pour qui s’en sort assez bien pour se faire passer pour celui qui n’est pas. On se dit mais il a pris des cours. Comment il a fait ? Parce que moi, à la place de Violette, j’y crois aussi, hein ?
Chloé Delaume
Oui, oui, bien sûr, c’est facile, il suffit de sortir les références et c’est bon. Il suffit de dire que la prise de conscience a été actée. Il suffit Et les filles sont souvent dans le panneau.
Pauline Todesco
Parce qu’il n’y a pas que les autrices, il a un peu les termes.
Chloé Delaume
Oui, il a les termes, mais ça c’est facile aussi avec Internet.
Pauline Todesco
Et justement, vous dites il fallait bien qu’il se passe quelque chose, mais j’ai l’impression que c’est important et ça rejoint le thème de la sororité où je voulais qu’on arrive et j’ai l’impression que c’est important qu’elle tombe dans le panneau et que ça dit quelque chose de la difficulté. Pas d’impossibilité, mais la difficulté de concilier l’hétérosexualité et la sororité. Parce qu’il y a quand même cette espèce d’obstacle où à tout moment, en fonction de nos caractères, tout ça, on pourrait tout abandonner pour un mec. Et alors bon, ça dépend du mec quoi.
Chloé Delaume
Oui, il y a après la sororité pas incompatible parce que c’est deux univers qui cohabitent on va dire, mais. C’est compliqué. C’est-à-dire que sortir de l’hétérosexualité peut être. Et présenté souvent comme un gage de d'épanouissement total et de bonheur absolu. Mais on ne peut pas nier non plus que pour beaucoup, le sexe mannequinat amoureux est souvent attendu. Le truc, c’est que je ne pense pas tant. Non, même pas, même pas le mythe de la transformation et de l'épanouissement de devenir soi, finalement, passe souvent par le fantasme de la rencontre amoureuse transformatrice. En fait, c’est un peu ça. C’est quelque chose dont j’ai parlé avec Maud. Kristen en mode Kristen c’est une voyante, c’est une vraie sorcière. C’est la plus grande sorcière de France. Maud En fait, ce qui est intéressant, ce n’est pas tant par pour ça, c’est les questions qu’on lui pose et l’intérêt qu’elles sont les. Il n’y a pas plus au centre des secrets des cœurs, une voyance puisque les gens vont demander vraiment ce qui les préoccupe au plus profond d’eux-mêmes. Et les femmes sont toujours dans les questions roses. Toujours, toujours persuadé qu’il va y avoir la chrysalide. Le papillon et les hommes sont que dans des consuls, que dans des questions de travail et d’argent. Et de surface sociale. Donc les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus, Cyrano. Jamais comme dans les années 70. Et du coup, je sais plus pourquoi cette ou cette digression. Mon Dieu ! Rodolphe Oui, la transformation, c’est difficile de casser le mythe. C’est comme le vide de l'âme sœur, le vide de l'âme sœur, c’est quand même Platon, ça nous renvoie très loin et je crois que c’est très difficile, en tout cas dans notre société, de ne pas être en attente. Mais en même temps, c’est pareil chez les lesbiennes je pense. Juste nous. C’est emmerdant parce qu’on est en mode anti patriarcal et que du coup c’est des dissonances cognitives tout ça dans le temps.
Pauline Todesco
Et ça ce n’est pas que c’est pas du tout incompatible, mais ça crée cette dissonance que ça crée quand on est hétéro et que et qu’on veut être dans ce rapport justement. Soral Donc comme je disais dans l’introduction, vous avez publié c'était en 2019, mais bien chères sœur au Seuil et c’est un peu votre cheval de bataille. Et dans le livre donc vous écrivez ces quelques mots de sororité deux points Ni fille ni mère. Oui, et vous développez dans le livre cette idée. Pourquoi c’est important de le dessiner de cette façon ? S’orienter par rapport. Parce que fraternelle, mais entre femmes et filles, ni mère.
Chloé Delaume
Pourquoi ? Parce que, dit Philibert, parce qu’il n’y a pas de hiérarchie en fait. C’est horizontal. Puis Oumar, on a un rapport de dépendance ou ce n’est pas un rapport de 100. Aussi, et c’est un rapport qui se construit, un rapport qui se décide. Donc c’est un rapport volontaire, c’est une construction volontaire. Et ça c’est super important parce que ce n’est pas un héritage, une obligation, un état de fait. On n’est pas obligé d'être seul. D’ailleurs, on l’est plus. Ces dernières années. Mais la notion de rivalité entre femmes, quel que soit le contexte, est quand même quelque chose de très prégnant. Voire hégémonique parfois.
Pauline Todesco
Nous voilà donc, comme on disait aussi en début d'émission. La question de penser la violence.
Chloé Delaume
Oui, est ce que j’en prends un de je couche à l'écran ? C’est super si c’est l’hiver qui frappe.
Pauline Todesco
Est ce que l’hiver est une métaphore de la vengeance féministe ?
Chloé Delaume
C’est l’incendie qui serait une métaphore de la vengeance féministe. Le grand incendie. Déjà que ça commence avec les collages, c’est comme des lettres de feu dans les villes en fait. Donc oui, pour moi, c’est plutôt une métaphore du grand incendie.
Pauline Todesco
Et d’ailleurs, le logo de l'émission Bonjour Colère est un volcan.
Chloé Delaume
Et bien voilà.
Pauline Todesco
Donc je disais que le livre est vraiment euh comment dire, un point de départ pour penser philosophiquement comme je disais vraiment la question de la violence. Et donc maintenant on va parler de ça dans Phallers, Marcia que vous décriviez tout à l’heure. L’une des doyennes cite un article de Molly Fisher dans le New Yorker, et donc je cite Peut être que craindre les femmes, c’est aussi commencer à les voir comme des êtres humains. Pour vous. C’est ça qui manque aujourd’hui aux luttes féministes ?
Chloé Delaume
Oui, on n’est pas prises au sérieux pour ça. Est ce qu’on est encore perçues comme étant inférieures ? Et quand on n’est pas inférieur, on est des emmerdeuses ? Donc nous ne sommes pas dangereuses. C’est ça le problème aussi. Et c’est comme la on ne change pas quand la peur change par exemple. Alors je ne demande pas à ce qui est obligatoire. D’abord je demande parce qu’il y a des cons et je ne demande pas à ce qu’un des deux camps soit obligatoirement terrifié. Simplement, je crois qu’il y a un problème de regard, de perception de. Ils n’ont pas peur, jamais. Mais c’est pour ça qu’ils n’ont pas peur de violer ou de foutre la merde la chatte. Parce que qu’est ce qui risque ? Et puis qu’est ce qu’on a ? Donc je pense qu’effectivement, si la femme avait un potentiel, enfin était perçu comme étant un potentiel, avait un potentiel même de réponse, simplement pas d’agression à priori, de réponse désirée, pas. C’est parce qu’il n’y a pas pour rien que les cours d’autodéfense explosent, etc. Enfin, il y a le truc physique. Ils auront le dessus s’il vous coince. Et puis il y a le pouvoir, il y a décalage de pouvoir et deux. Et même dans les couples qui possèdent l’argent, c’est le cas avec la théorie des pots de yaourt. Les enfants qui ont vraiment des divorces, les femmes sont toujours lésées. Le mec garde l’appart parce que c’est le mec qui a payé les traites de l’appart alors qu’elle elle faisait les courses, elle remplissait le frigo de pots de yaourt pendant ce temps là et tout est déséquilibré tout le temps, encore maintenant.
Pauline Todesco
Elle ajoute aussi que c’est parce que on conçoit l'équilibre économique du couple comme une moitié, alors que les femmes gagnent souvent moins que les hommes et étant souvent amenées à devoir s’arrêter à des maternités ? Et puis souvent, quand il faut s’arrêter de travailler, c’est le plus gros salaire par sécurité et donc celui de la femme elle explique que le problème, c’est que quand il y a des dépenses à faire, on les fait à moitié. Donc ça précarise encore plus les femmes, alors qu’il faudrait les faire proportionnellement. Bien sûr, mais qui le fait ?
Chloé Delaume
Bah je ne sais pas moi je peux avec personne, j’achète mes yaourts toute seule et je paie mon loyer.
Pauline Todesco
Pour continuer sur la violence. En lisant le livre, je me suis fait une réflexion, c’est que je me demande si pour vous, dans le contexte du livre, donc pour les femmes, le projet, donc celui d’utiliser leur don sur les agresseurs. Est ce qu’il est dissuasif ou punitif ?
Chloé Delaume
Eh bien alors, au début il est punitif, puis après il va devenir dissuasif. Euh, l’un ne va pas trop sans l’autre en phase. Et le problème, c’est qu’effectivement je pense que pour que les hommes cessent de violer, il faudrait du dissuasif. C’est pour ça que comme ils ne comprennent pas que tu vas aller en prison si tu es méchant, je pense que l’affaire Bedos s’est. C’est et j’attends beaucoup des procès sur PPDA, Depardieu et compagnie. J’espère qu’on n’aura pas les mêmes non-lieux.
Pauline Todesco
Le procès Depardieu a été reporté parce qu’il est malade.
Chloé Delaume
Ben oui, le pauvre chaton, il ne se sent pas bien.
Pauline Todesco
Sur cette question de la violence, une autre question, je me suis posée en lisant le livre. C’est la question. Donc comment dire un petit peu la. Quant à la frontière, on pourrait dire ça entre patriarcat et phallocratie. Je m’explique dans le livre donc les soit dissuasif ou punitif, les agresseurs se font exploser ou de différentes façons. Ça peut être.
Chloé Delaume
Oui parce que les filles, des fois il y en a, ça fait de la fumée, d’autres ça explose tout de suite. Faut qu’il y ait des variations cartoonesque, sinon ce n’est pas drôle.
Pauline Todesco
Donc d’une façon ou d’une autre, c’est ça.
Chloé Delaume
C’est hors jeu, c’est ça qui est passionnant.
Pauline Todesco
Et donc je me disais est ce que ça ne peut aller chercher loin ? Mais est ce que ça ne sous entend pas que quelque part le problème c’est ce sexe, ce phallus et non pas le patriarcat ? Ça m’amène après. Donc je vous laisserai après un exemple que vous donner dans le livre. Mais cette question est ce que le problème c’est est ce que, en gros, est ce que les hommes arrêteraient de violer s’ils n’avaient pas de pénis ? On sait très bien qu’il y a plein de viols qui se passent.
Chloé Delaume
Oui, qui se passent, que ce soit c’est compliqué. Le truc, c’est plus que la notion de phallocratie. Moi, quand j'étais quand j'étais jeune, le terme de patriarcat n'était pas usité à part par les rôles sociaux et on disait phallocratie. Ce que j’aime bien dans Phallocratie, successivement on entend que c’est phallus tout puissant. Du coup, on entend aussi l’utilisation de la bite comme arme de guerre. On entend comme menace, on entend ou on entend l’arme. Et c’est vraiment le totem du monde. Le patriarcat, c’est l’organisation en fait, la façon dont ça va devenir systémique. Comment cette ceinture bidonnée va s’organiser pour pouvoir se fourrer partout et rester bien droite et dominante ? Il est l’exemple que je donne dans le bouquin, c’est qu’en fait les éthologues. Aussi pas les éthologues, c’est les anthropologues, je crois qu’on lit ont constaté qu’il n’y a pas de viol exclusivement dans les sociétés qui sont matrilinéaires. Donc ce n’est pas qu’une question de bite en fait, c’est une question juste du système de pouvoir de Kiel, de Bizot. je pense.
Pauline Todesco
Est ce que vous voulez expliquer ce qu’est une société matrilinéaire ?
Chloé Delaume
C’est-à-dire que par exemple, j’ai oublié, je cherche désespérément les sociétés qui étaient citées, qui sont des petits groupuscules, les Touaregs par exemple. Une société matrilinéaire. L’homme n’a pas de droit, c’est les femmes qui vont hériter, c’est les femmes qui possèdent les biens et c’est les femmes qui transmettent le nom. Oui, oui, mais l’homme a finalement le statut avait qu’avait la femme sous Napoléon. Donc Napoléon, l’histoire du pommier, tout ça. Citation épouvantable. J’invite les spectateurs à faire Napoléon Pommier et à voir cette histoire de la femme et la propriété de l’homme comme le pommier, la propriété du jardinier. Napoléon C’est fortiche les trucs et le code dans le code où effectivement on est dépossédé de tout et la femme avait autant de droits que les enfants et les fous. Quand on se souvient de ce qu’on faisait des fois à l'époque, voilà.
Pauline Todesco
Et quand vous parlez des fous, ça nous a. Ça nous rappelle aussi, comme on parlait de Valérie Solanas, les violences qu’elle a pu subir de la part du corps médical.
Chloé Delaume
L’arme de décrédibilisassions aussi, il y a dans les insultes régulières on a fait My nazi maintenant parce qu'évidemment ça c’est le point Godwin, donc ça atomise la décrédibilise. Et il y a toujours ce truc de la folle et d’hystérique.
Pauline Todesco
Alors tout à l’heure on parlait des différents, vous avez dit j’ai fait une typologie comme Buffon. Donc on a dit voilà l’importunator et le peuple de repentis, je veux juste vous proposer de lire un paragraphe où on voit les nuances que vous donnez. Il n’y a pas de prédateurs et des mecs bien.
Chloé Delaume
Donc alors c’est aussi la règle.. Et puis il y a les autres, bien sûr, tous les autres qui se découvrent dans le miroir en tremblant sincèrement. Ils regardent défiler leur vie sexuelle en scrutant chaque scène à l’aune à l’aune du cd des pas consentir. Il éprouve des remords, il éprouve des regrets et la honte les dévore. Mais ce ne sont pas des prédateurs. Insistant ou zone grise, ça se joue autre part. Là où le désir rejoint le déni au point d’opérer un forçage. S’il avait eu conscience que le corps en face cédait aux ordures leur don à l’intérieur, beaucoup en auraient débordé. Ces hommes la redoutent, leur reflet. Les prédateurs. Eux, quand on leur tend un miroir, ils s’en foutent complètement. Ben oui, bien sûr. J’ai beau dire que la nature humaine c’est des conneries, évidemment, il y a des nuances. Et d’avant 2017, il y a plein d’hommes qui ont découvert de bonne foi que les femmes étaient livrées en pâture à leurs semblables et que parfois ils avaient pu opérer un forçage ou faire. Et je crois qu' ils se repentent vraiment et contrairement au repenti majuscule, ils vont faire le bien comme ils peuvent. Un vrai allié discret en fait, un vrai allié dans les actes et dans la pédagogie envers ses camarades. Un vrai allié ne va pas demander une médaille. Un vrai allié, ce n’est pas les alliés de la série B. Ils veulent une médaille qu’ils revendiquent. Un allié, ça bosse dans l’ombre.
Pauline Todesco
Si des hommes nous entendent. C'était un petit guide, L’homme pour être un bon allié. Je voulais que vous nous racontiez si vous le voulez bien, parce que je trouve que ça se poursuit bien dans cette question de la violence et de comment renverser encore une fois les choses. Est ce qu’elle se renverse ? L’histoire de Lorna Gallo et John Wayne ?
Chloé Delaume
Bobby à l’affaire Bobby ? Alors là, je ne l’ai plus tellement c’est en 90 dans les années 90 aux États-Unis ? En Virginie 1993 Lorena est une jeune immigrée du d’Équateur, je crois. Je vais dire des bêtises. Elle a passé le mur et a dû travailler. Elle travaille dans une réglerez. Elle se marie avec John Bobby Au début, quand elle épouse et puis qui boit tellement, qui se fait gérer des maris et en fait elle est victime de viol conjugal à répétition. Les flics interviennent souvent à la maison pour des violences. Ils la force à avorter, à faire un peu une vie horrible. Et un soir, il est allé faire la fête. Il rentre complètement bourré, il la viole et ensuite il s’endort, comme dit-elle, un gros cochon Il a des ronflements de porc et là, c’est la goutte d’eau en fait, elle bascule, elle va dans la cuisine, elle prend un couteau de cuisine, elle revient dans la chambre, elle soulève le drap et lui coupe la queue. Il reste ça en fait on voit que ça décompense quand même un peu. Elle prend le sexe coupé le monte dans sa voiture, elle va rouler plusieurs kilomètres et au bout d’un moment, donc à la main, elle a la bite. Donc oui, on a affaire quand même à un petit et une petite déréalisation chez la dame. Et elle balance, elle balance la bite coupée par la fenêtre, ça tombe dans un terrain vague. Elle va être trouvée par la police après. Pendant ce temps-là, John Bobby pisse le sang. Il appelle au secours son meilleur pote qui ne comprend rien quand il arrive, qui lui fait une espèce de garrot. Et ils vont à l’hôpital. À l’hôpital, les mecs hallucinent et lui disent : Ben on va appeler, on va on va appeler A. On est au milieu de la nuit, il y a un chirurgien. Plastique qui coupe d’abord tout le machin. Après, il y a l’opération qui dure très longtemps parce qu’ils retrouvent la bite. En fait, oui, je manque l'étape intéressante. Alors il y a une battue. Ils chopent Lorena qui leur dit : c’est sur ce terrain vague. Ils font une battue avec des pompiers qui ont tous une petite glacière pour mettre la bite dedans, ils retrouvent le membre, ils le mettent dans la glacière, ils vont à l’hôpital. Là, il y a sept heures d’opération je crois, pour lui recoudre.
Pauline Todesco
Après 9 h d’opération, le chirurgien esthétique et l’urologue appelé en urgence réussissent à rendre à John Bobby de sa virilité. Il mettra un mois à uriner normalement et quelques mois de plus à retrouver ses capacités érectiles.
Chloé Delaume
C’est dingo. N’empêche qu’on puisse le remettre.
Pauline Todesco
Alors on se dit tout ça pour ça ? Vous vous exposez finalement ?
Chloé Delaume
C’est pour ça, on avance. On ne récupère pas le bout. Il a fait du porno. et aux dernières nouvelles, sa compagne l’avait quitté parce qu' il la frappait encore. Il lui a cassé des doigts.
Pauline Todesco
Il est devenu militant trumpiste en 2020, tandis que Lorena rejoint les rangs du mouvement MeToo.
Chloé Delaume
Oui, c’est ça, elle est acquittée parce qu’on pense qu’elle n’avait pas toute sa tête
Pauline Todesco
Lorena a été très soutenue par les féministes qui, à la sortie du procès, faisaient avec leurs doigts le V de la victoire, rapprochant Index majeur afin de mimer des ciseaux.
Chloé Delaume
Pour faire coup Couic ! C’est une histoire vraie. Je vois que des gens s’interrogent. Oui, c’est une histoire vraie de 93 aux États Unis, en Virginie.
Pauline Todesco
Je trouvais que ça clôturait bien les questions autour de la violence, parce que dans cette histoire, c est un peu de fou
Chloé Delaume
Mais bon c’est habituel. C’est une belle histoire qui se passe aux Etats-Unis.
Pauline Todesco
Est ce que au final, quand on se pose toutes ces questions, je me suis demandé est ce que finalement l’utopie, il y a un peu cette question autour de votre livre, est ce que c’est une utopie ou une dystopie ? Alors ça, je vous laisse répondre parce que l’utopie, c’est peut être pas aussi cette espèce de Poudlard que vous avez décrit. Oui mais alors moi la génération c’est pour les femmes ou pour les mecs ?
Chloé Delaume
Le Poudlard.
Pauline Todesco
Est ce que c’est ce que ça ne serait pas bien de le faire pour les élèves ?
Chloé Delaume
C’est tout le problème de la nuance c’est que si tu suis la pédagogie c’est à dire qu’évidemment, il faudrait qu’il prenne conscience que ce que c’est d'être dans une société, au regard des maladies qui parlent du viol comme ressort narratif comique, c’est normal. Mais pour ça, il y a ce fameux problème de l’empathie. Et l’empathie ce n’est pas essentialiste dans le fait qu’ils ont des moi, c’est juste la posture du dominant. Se mettre à la place des femmes, ils n’ont pas super envie. Et puis on a dans cette société un problème avec le féminin. Aussi le féminin on voit bien pour les personnes excisées, les gays, ils prennent sur le côté efféminé. Le féminin n’est pas du tout valorisé. Chez nous, c’est toujours la force combative viriliste qui l’emporte. La femme est la soigneuse. Moi j’ai pas du tout envie d'être une soigneuse. Je trouve pas ça du tout valorisant d'être une soigneuse gentille, je ne demande pas non plus d'être la méchante sorcière qui fait tout cramer, mais je ne trouve pas que ce soit. Alors du coup, on essaye là de dire la bienveillance, tout ça c’est des valeurs positives et tout, mais la douceur c’est positif. Toujours est-il que j’ai pas envie d'être assignée au camp des gentilles Poupoune qui donnent le biberon.
Pauline Todesco
Alors que ce soit dans la vraie vie comme on dit, ou dans les séries ou dans les films. Souvent quand une femme fait preuve d’une attitude un peu viriliste, on va dire c’est bien, c’est bien, c’est une femme forte.
Chloé Delaume
Oui, voilà, exactement les femmes puissantes, le truc des femmes puissantes où du coup, quand on a écouté l'émission, ça allait. Mais pour peu qu’on soit une meuf normale, qu’on détend son linge, on a envie de se suicider direct fois que des parcours.
Pauline Todesco
Il fallait être Christine Lagarde
Chloé Delaume
Voilà. Tout à fait. Mais non, c’est chaud ce truc là. Il y a un souci. Et puis bon, voilà la dernière sortie de route de Macron avec les herbivores et les carnivores. Bah oui non, on va se faire manger. Je crois que les végans devaient être hyper contents, mais j’ai pas aimé quand j’ai entendu ça, je me suis dit mais est ce qu’il a capté que par exemple dans les herbivores il y a des éléphants ?
Pauline Todesco
Oui, parce que quand il le dit, on imagine des carnivores que ce sont les grands.
Chloé Delaume
Et puis c’est bête mais le plancton, je ne sais pas comment c’est considéré, mais voilà, les baleines, les éléphants
Pauline Todesco
Les trucs les plus puissants de la terre, souvent ce sont des herbivores
Chloé Delaume
On est dans une situation qui est quand même complètement lunaire.
Pauline Todesco
Il y a deux sujets que je voulais juste aborder. Le premier, c’est Quels sont les retours que vous avez eu sur le livre de femmes ? Bien sûr, vous en avez un peu parlé, mais est ce que vous en avez eu d’hommes ? Et si oui, lesquels ? Et après on parlera de la sortie de l’album qui est sorti en même temps que le livre et des projets qui vont avec.
Chloé Delaume
Bah les retours, une crainte parce que j'étais prête à aller à la guerre Ce n’était pas si mal. Je m’y attendais peut être, mais parce 'il marche bien. J’ai pas eu de retours. Enfin si, j’ai quelques visages de pauvres cinglés, mais ça, j’ai l’habitude. Quoi que je fasse, ce n’est pas très grave. Je crois que ça a été bien perçu et bien compris. En fait, j’ai beaucoup de messages de femmes à qui ça fait du bien, que ça fait rire, qui trouvent ça pas pisseuses maïs et de garçons aussi en fait. Beaucoup moins pour ceux qui font la démarche. Mais ça va évidemment en librairie. La majorité, ce sont des femmes, des jeunes filles même souvent, mais. J’ai presque été surprise de voir que d’autres qu’ils sont nombreux à avoir le sens de l’humour et ils sont nombreux à être conscients de la situation, aussi à faire ce qu’ils peuvent pour que ça s’atténue. Mais il n’y a pas. De toute façon, la paranoïa ne vient que des masques. C’est ceux qui ont à se reprocher qui du coup considèrent que j’exagère. Je crois que dans ça s’est bien passé
Pauline Todesco
Alors à la fin du livre, on a un petit QR code. Est ce que vous pouvez nous expliquer à quoi il nous renvoi ?
Chloé Delaume
Alors le QR Code qui renvoie à l’album Sentiment négatif qui est un disque composé on va dire la moitié, c’est des spoken dépressifs très poétiques, un peu à la Tiphaine dans les textes Vieille période et l’autre moitié. Est ce que ça s’est fait un peu comme ça au niveau du bitchage ? Ce sont des morceaux qui sont dans le livre parce qu’en fait les valeurs sont dans l’histoire, ont une couverture pendant pas mal de temps et un groupe de musique qui s’appelle les Purple Bubble. Enfin, elles ne font pas que de la musique. Violette et ses copines dont le groupe de musique Les Portes de bal est une société de spectacle qui est qui va animer des groupes d'étudiants en commerce, des choses comme ça et en profiter pour faire leurs actions et dans les sentiments négatifs, il y a les trois ou quatre chansons qui sont dedans, les quatre qui sont des chansons féministes un peu vénères. Donc il y a la chanson par Paul Pogba, le Purple feu car il y a une chanson sur le viol conjugal et il y a quatre bougies. Et une chanson dont le refrain, le patriarcat. Il m’a dit : le patriarcat, ma petite, ça n’existe pas et l’autre je sais plus la quatrième.
Pauline Todesco
Donc voilà, il y a ces quatre là et l’album est sorti en même temps que le livre
Chloé Delaume
Il est sorti en même temps. Il est disponible sur les plateformes d'écoute et sur le Bandcamp du label qui s’appelle Dokidoki qui est en fait une des chansons dont on va faire l’objet d’un clip. Puisque voilà, initialement les valeurs, c’est un court métrage. On n’a pas voulu que les bites explosent à l'écran. J’en fais un livre quand même. Et comme je suis épouvantablement têtue, vous allez avoir des phallus qui sautent à l'écran, alors ça sera la braguette qui cessera. Mais on va avoir des entrejambes de méchants masculinistes réduit en bouillie avec des jets de sang et de viande hachée à l'écran. Donc c’est le clip obscène La chanson dure trois minutes 30 ? Donc ça va être assez rapide pour un final bien gore. Comme le gore, ça coûte très cher. On a eu l’aide du CNC mais on n’a pas assez. Donc j’ai lancé un code sur la plateforme pro, voir si on fait un movie pour voir si on tombe dessus et il nous en manque encore. On est à 60 % je crois, de ce dont on a besoin. Là on a de quoi le faire, on a de quoi le faire, un peu de cheap au niveau des effets spéciaux.
Pauline Todesco
Et le tournage ?
Chloé Delaume
Le tournage les 6 et 7 décembre. Oui, donc il sera prêt en janvier ce clip. Et si des gens veulent mettre des sous, ce serait avec grand plaisir. Nous avons de chouette contrepartie avec des qui tient un totebag : Calmez vous messieurs, ça va bien se passer. Il y a des boucles d’oreilles, de chez Jérémie, une bande de boucles d’oreilles hyper chouettes. Elle, elle fait aussi des boucles d’oreilles : Macron démission, Macron destitution, Darmanin démission. À l'époque, c’est très politique et très rigolo. Il y a des trucs, un message et puis il y a plein de cadeaux pour les contreparties, pour essayer de motiver les troupes. Mais c’est vrai que j’ai été très étonnée de voir que le gore coûtait si cher. Figurez vous que le faux sang a augmenté.
Pauline Todesco
Est ce que vous vous y connaissez en course du faux sang dans le chat ? On apprend des choses. Donc voilà, en gros, si vous avez aimé ce livre, si vous l’avez lu, si vous ne l’avez pas lu et que vous voulez le lire et que ça vous plaît, si vous voulez, comme on en a parlé aujourd’hui, renverser les imaginaires. Parce que, comme on l’a dit, les imaginaires où les femmes sont victimes,
Chloé Delaume
Oui, je crois qu’on est au courant. On a eu le temps de voir toutes les facettes de la victimisation à travers les objets culturels.
Pauline Todesco
Donc voilà, si on veut en créer d’autres pour que les futures générations puissent avoir toutes les images possibles et pas seulement un con qui peut être prédateur et qui peut être victime, c’est bien aussi que ça passe par la culture et pas voilà. Alors il y a évidemment la littérature essai mais, mais, mais la force d’un livre comme ça qui, comme je disais pourtant voilà, ce qui est court, c’est de créer cet imaginaire là.
Pauline Todesco
Dans 1902, Bertolucci, le futur fasciste encore tout enfant, mime une prise et dit je cite Ouais, je sais pas quoi faire de ça écoféminisme.
Chloé Delaume
. Donc je ne sais pas si ça vous renvoie à Vendredi ou La vie sauvage il a aussi un il a un rapport sexuel avec la terre dans la terre.
Pauline Todesco
On en a parlé dans une précédente émission sur l'éco féminisme justement, des assimilations entre le féminin et la nature.
Chloé Delaume
Oui mais alors ça, je suis hyper mal placée pour en parler, j’adore Françoise D' Eaubonne grâce au Latinisme phallocratique qui me fait beaucoup rire. Oui alors moi les arbres, ça me fout le cafard, donc je suis désolée.
Le tchat réagit à vos propos : personne ultra passionnante, je bois ces paroles ; Bravo, ça passera par des personnes comme vous pour changer les mentalités et les comportements, super moment d'éducation et d’humour pour un tel sujet. Merci à vous deux. Voilà, j’espère vraiment que ça vous a plu, n’hésitez pas à lire le livre paru dans la collection Points Féminisme, n’hésitez pas aussi, on ne dira jamais assez à soutenir Au poste
Chloé Delaume
Au revoir.
Pauline Todesco
Au revoir. On envoie les crédits.

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