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IGPN, BAC, Préfecture de Police : dissolution ! Ugo Bernalicis est convoqué Au Poste

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café, Amies des amis de la police. Amis de la démocratie. Amies du Parlement. Amis de l’Assemblée nationale. Ce soir, nous recevons Ugo Bernalicis. Bernalicis, Ugo, député France insoumise du Nord, pour nous parler du programme de la France insoumise concernant la flicaille, concernant la justice. Bonsoir Monsieur Bernalicis Ugo, vous êtes né le 25 septembre 1989 à Lille. Vous êtes député de la France insoumise, deuxième circonscription du Nord. Dans la vie civile, vous avez été attaché d’administration au ministère de l’Intérieur. On va essayer de vous poser des questions sur cette période trouble de votre vie. Et vous avez fait des filtres comme ça vers tout ça ?
Bernalicis Ugo
Non, normalement, c’est censé sortir.
David Dufresne
Attaché d’administration du ministère de l’Intérieur. Mais, J’ai regardé en 2006, lycéen tempétueux Vous avez travaillé à l’anti-France puisque vous avez été dans ce qu’on a appelé le mouvement anti-CPE. Contrat première embauche, il se trouve. Et après ? Je vais bientôt terminer la présentation. Il se trouve que vous êtes donc également des tweet. On va parler de ça et vous êtes probablement le futur ministre de l’Intérieur du gouvernement Coquerel.
Bernalicis Ugo
Je ne sais pas qui sera Premier ministre.
David Dufresne
Ah, ça commence j’étais sûr qu’on aurait des problèmes. On s’est vu plusieurs fois. Ugo Bernalicis. Notamment en 2020 à l’université d'été Philippe Seguin. Et pas des choses différemment. Aux amphis de la France insoumise, où tu présenter avec Danièle Obono et moi même un pays qui se tient sage c’était la deuxième projection et ça a été complètement dingue. Il y avait un monde fou. On a une histoire ensemble. On sait que tu viens souvent dans le tchat. C’est vrai. Qu’est ce qu’un député vient faire dans un tchat Twitch ?
Bernalicis Ugo
Je cherchais du réconfort, essentiellement. En vérité, y a un côté on se rend pas bien compte. On peut le penser, mais on se rend pas bien compte de ce que ça signifie. Et dans l’hémicycle un peu, je vais dire seul contre tous, mais c’est un peu l’idée quand même. Et des fois, ça fait du bien de savoir que les arguments qu’on porte sont entendus ailleurs que dans l’hémicycle et par des gens que ça peut intéresser les arguments qu’on déploie et qui voient bien comment s’organisent les débats parlementaires. Et puis des fois, ça m’aide aussi à pister des énormités ou des trucs qui vous font réagir dans le chat et ne m’ont pas fait réagir dans l’hémicycle. Donc cette interactivité là, elle me plaît. Ce soutien me plaît, même si du coup des fois c’est aussi critique et tant mieux. Mais je dois dire que ça, ça donne de l'énergie.
David Dufresne
Est ce que tes collègues dans l’hémicycle savent, puis aussi ailleurs que toi aussi, dans un texte, dans un chat ou pas ?
Bernalicis Ugo
La masse de mes collègues ? Absolument pas. Mais les copines et copains insoumis qui sont avec moi dans l’hémicycle, je pense notamment à Danielle. Et d’ailleurs des fois c’est pour ça que je me dis mais qu’est ce que tu es encore en train de faire derrière ton PC là ? Et est ce doute que je suis sur Twitch ? Je lui dis Viens, je suis sur le live de David et c’est à ce moment là où elle nous rejoint en direct aussi sur le tchat pour nager et faire passer son énervement la plupart du temps et vous le faire partager.
David Dufresne
Pour tout te dire, dans le tchat, la première fois qu’on a vu des boulets. On n’en revenait pas au poste. Ça fait maintenant des mois qu’on regarde ce qui se passe dans l’hémicycle et au Sénat. Et aussi un peu au chaud quoi. On s’est un peu au chaud parce qu’on est un peu, on est un peu déprimés par tout ce qui, par tout ce qui se passe, tout ce qui se passe. C’est important que des gens regardent Public Sénat, que des gens regardent Jean Messier ou ici ou ailleurs. Ou est-ce que vous vous en foutez complètement ?
Bernalicis Ugo
Non, en fait, c’est primordial et central pour nous. Ça fait partie de nos stratégies politiques. Cette stratégie, on l’a depuis le début. On doit être le groupe politique qui balance le plus de nos extraits vidéos, de ce qui se fait dans l’hémicycle, sur nos propres réseaux sociaux, avec cette intention de faire savoir ce qui se passe à l’Assemblée nationale et ce qu’on y raconte. Et c’est d’autant plus important pour des députés de l’opposition qui n’ont que le ministère de la parole, en fait. En réalité.
David Dufresne
Quand Darmanin dit pour les gens qui nous écoutent ou quand toi tu dis ça ou d’autres députés à qui vous faites allusion.
Bernalicis Ugo
Bah moi je le dis pas, je pars du principe que les gens ils m'écoutent tout le temps mais. Nan mais c’est vrai parce que je le fais et je le fais davantage pour l’extérieur parce que sinon ça pousserait à lâcher l’affaire. En fait, si je ne parlais pas pour les gens qui sont dehors, c’est-à -dire que je m’adresserai à qui à ce moment-là ? Au ministre. Bon, c’est vrai, des fois je fais l’effort d’essayer de lui expliquer des trucs, de le convaincre. Bon, ça ne marche pas souvent.
David Dufresne
Ça ne marche jamais.
Bernalicis Ugo
Les députés de la majorité, des fois quelques-uns, il y en a à la buvette qui viennent te voir, disant c’est intéressant ce que t’as dit tout à l’heure, mais bon, tu comprends, je ne peux pas voter pour juste Voilà. Donc on le fait bien pour les gens qui regardent de l’extérieur, qui vont suivre les débats, les spécialistes des curieux, les citoyennes et citoyens, le Journal officiel, enfin toutes ces choses là quoi. Et il ne faut jamais le perdre de vue. C’est pourquoi, à chaque fois, nos interventions, on les considère comme étant aussi des points d’appui à l’extérieur, des arguments à faire, à faire circuler. Des fois, l’objectif est de démasquer ce que veut l’intention réelle du gouvernement de prendre leurs propres extraits vidéos, les réponses qu’ils eux, vont nous faire et qu’on va mettre en circulation. J’en ai fait quelques unes comme ça avec Dupond-Moretti ou celui qui parle dans ma vidéo, c’est essentiellement pas moi, mais le ministre pour l’afficher auprès des avocats et d’autres ou des magistrats qui ensuite vont relayer leur indignation contre telle ou telle mesure. Donc c’est vraiment un outil de la bataille politique. Et quand on dit ça, moi je m’adresse, je m’adresse à tous ceux qui peuvent être susceptibles de regarder ça et pas forcément juste aux militants. On fait, on fait ce qu’on appelle traditionnellement de la propagande, c’est-à -dire un message à portée générale.
David Dufresne
Et là, là, tu fais de la propagande.
Bernalicis Ugo
Ce soir, mais toujours moi je suis sur Twitch parce que parce que pendant le confinement, je me suis dit mais faut que j’y aille parce que c’est un endroit où je suis sûr d'être à l’aise pour streamer du contenu et surtout streamé du jeu vidéo. Parce qu’une bonne moitié de mes live sur Twitch en fait je streame du jeu vidéo où je parle politique en même temps, mais c’est comme ça que j’ai lancé ma chaîne Twitch pour faire du contenu plus politique 100 % politique. J’avais déjà mes réseaux sur YouTube, sur Facebook, sur Twitter, qui fonctionnent bien, où j’ai, où j’ai de l’audience. Donc c'était un petit truc en plus, une petite dizaine de liberté avec une autre forme, manière de parler, d'échanger et l’interaction avec le tchat qui est quand même qui est quand même primordiale.
David Dufresne
Comment ça se retrouve nulle part ailleurs ?.
Bernalicis Ugo
Franchement, l’interaction sur le tchat c’est vraiment la marque de fabrique de Twitch. Et c’est marrant parce que finalement il n’y a pas d’obligation pour les gens de se comporter comme ça sur le tchat, mais c’est ce qu’ils font dans l’interaction avec celui qui est là. A la différence de Facebook ou Twitter. Quand je streame sur les différentes plateformes YouTube, Facebook, Twitter et Twitch et que je mets les quatre chattes côte à côte pour regarder, on m'écrit. Il y a celui de Twitch. Il est. Il est singulièrement différent parce que dans l’interactivité avec celui qui parle.
David Dufresne
C’est le meilleur le chat de Twitch.
Bernalicis Ugo
Exactement.
David Dufresne
Ugo Bernalicis, ministre de l’intérieur. Quelles sont les trois premières mesures qu’il prendra en tant que… Je n’aime pas cette expression là. Mais premier flic de France.
Bernalicis Ugo
On va faire un truc qui va aller extrêmement vite, qui va être très simple, c’est qu’on va arrêter. On va arrêter de faire des contrôles d’identité matin, 12 h et soir. Et on va revenir au point de départ de ce qu’est l’article 78, tiré deux du code de procédure pénale. C’est que le contrôle d’identité ne fait que si on constate une infraction ou qu’on pense qu’il y a une suspicion avérée d’infraction. Enfin, quelque chose d’un peu sérieux et pas juste tiens toi, viens là par là, mon pote, et ta pièce d’identité, ça va permettre de faire en sorte que les policiers fassent d’autre chose que ça et qu’on arrête d’embêter, qu’on fasse des contrôles au faciès, centre et autres. Et très concrètement, à défaut de mettre en place le récépissé pour contrôles d’identité qui demandera peut-être un peu plus de temps pour le mettre en place, sans doute une loi aussi pour le voter, ce serait mieux que ce soit dans un cadre législatif, évidemment. Et le corollaire de ça, d’arrêter les contrôles d’identité tels qu’ils sont fait aujourd’hui, c’est d’arrêter la politique du chiffre, la politique du chiffre.
David Dufresne
Il faut, il faut dire ce que ça veut dire.
Bernalicis Ugo
Oui, y a bien un jeu, je le fais.
David Dufresne
Est ce que ça veut dire Mais quand je vous rappelle les règles d’une garde à vue, Euh, si c’est vous, c’est vous qui êtes convoqués, c’est vous qui après moi et je pose des questions.
Bernalicis Ugo
Il a le droit de garder le silence aussi, mais je ne vais pas beaucoup.
David Dufresne
Ah bah ça, si vous êtes là pour faire de la propagande cher ami, le silence ne sera pas très efficace. Il y a quoi dans votre tasse là ? Bien, on est dans la politique du chiffre.
Bernalicis Ugo
La politique du chiffre repose sur deux choses. Un c’est le fonctionnement interne de la brigade avant de partir dans une patrouille, même que ce soit police secours. Alors pour les secours, essentiellement des appels dix, c’est donc pas trop le temps de faire du chiffre, m’enfin quand même un peu, mais c’est surtout les bacs qui sont le premier outil instrument pour fournir du chiffre. Et donc moi je l’ai vu de mes yeux vu parce que j’ai eu de la chance en arrivant. Oui, si j’ai la chance au ministère de l’Intérieur comme attaché d’administration, de faire une semaine d’immersion dans le service actif et de faire un peu le tour des services de police ici à l’hôtel de police de Lille. Et j’ai vu le chef de la BAC à l'époque expliquer. Alors déjà, il y avait le tableau accroché au mur avec les petits bâtons et les bâtons. Infractions, législation des stupéfiants, proxénétisme, cambriolage, etc etc. Et j’ai vu le chef dire ben voilà, ce soir, vous me ramener d’ici deux. Donc vous me faites dix interpellations pour infraction à la législation des stupéfiants. Vous vous débrouillez, mais il me faut mes dix bâtons. Qu’est-ce qu' on va arrêter ? Vous arrêtez de faire ça en fait, tout simplement. Je veux plus voir de bâtons, de chiffres, de machins. Les chiffres doivent être juste la conséquence de votre activité et pas l’objectif de votre activité. Ça ne peut pas être l’objectif. Et le corollaire de cette politique du chiffre, ce sont les primes qui vont avec. Et donc on va supprimer les primes, ce qu’on appelle les primes de résultats exceptionnels qui sont corrélés à ces activités là, et les primes et les primes spécifiques des commissaires en fait un des chefs de la police, puisque eux, c’est encore plus directement indexé sur ce genre de résultats. Donc arrêter les contrôles, arrêter la politique du chiffre, ça s’apprend, ça prend très peu de temps. Et là, le l’ARPE, le remplacement des brigades anti-criminalité par la remise en place d’une police de proximité. Même si on va commencer à lancer les choses rapidement, il va falloir un tout petit peu de temps pour qu’on sache quoi faire des actuels effectifs des bacs. Clairement, qu’est ce qu’on leur fait faire demain ?
David Dufresne
Blabalaude te dit bon courage pour les discussions avec les syndicats. On va aborder tout à l’heure les syndicats.
Bernalicis Ugo
Ben oui, oui non, mais pas de difficulté avec ça. D’une part, dans un premier temps, on va leur tenir tête. Clairement, on va leur tenir tête en leur disant que c’est comme ça qu’on va faire, parce qu’on a été élu, parce que c’est notre foi en politique. D’ailleurs, je ferais remarquer qu' on a fait un sondage, là, pour nos universités d'été, les amphis de la France insoumise sur 42, des propositions que défend que défend Jean-Luc Mélenchon avec l' avenir en commun. Et il y en a une sur ces 42 propositions. C’est remplacer la BAC par une police de proximité et 60 pour 100 des gens qui sont favorables à ça. Donc moi, je ne m’en fais pas dans l’absolu. Et puis ceux qui ne seront pas contents, ce sera pareil, mais il ne faut pas le faire de l’intérieur. Ils sont là pour obéir au ministère de l’intérieur. S’il faut, si ça ne leur convient pas, ils font autre chose.
David Dufresne
Bah oui mais justement c’est 31 te dit oui mais les bacs ne sont pas compatibles. Un convertible. Un lapsus ?
Bernalicis Ugo
Ils ne sont pas qui ne sont pas cons. Ce n’est pas les mêmes qu’on va prendre pour faire la police de proximité, ça j’en conviens. Quoi que. Il y en a peut être certains qui dans les bacs en ont ras le bol de faire ce qu’ils font. Le service le plus coté, le plus en vue, le plus, celui dans lequel tout le monde veut aller, en théorie, c’est la BAC. C’est là où il y a les plus grosses primes. C’est la pensée, c’est là où on fait les plus grosses affaires hors police judiciaire, puisque la police judiciaire, c’est une autre direction. Après, il y a des choses à faire là-bas, peut-être, qui pourront aller. J’en sais rien moi, dans d’autres types d’unités, certains retourneront peut-être dans le judiciaire. De toute façon, il faudra qu’ils repassent par la case formation pour leur dire ce qu’on attend d’eux. Très concrètement et que si ça ne convient pas et qu’il ne respecte pas le nouveau cadre dans lequel on les inscrit pour faire leur travail au quotidien, ben ce sera soit direction la porte, soit les sanctions en fonction. S’il y a de trop grandes difficultés par rapport par rapport aux heures qui sont données. La troisième mesure, c’est la lutte contre la délinquance économique et financière. Et là, en fait, ce n’est pas compliqué. Il faut qu’on multiplie au moins par deux les effectifs spécialisés dans la lutte contre la délinquance économique et financière. Et pour ça, on passera par des recrutements dédiés parce que personne au sein de la police en personne. J’exagère, mais pas tant que ça. Pas grand monde au sein de la police nationale ne veut faire ces métiers là de lutte contre la délinquance économique et financière. C’est parce que les policiers qu’on recrute aujourd’hui, si tu veux, ils pensent qu’ils sont dans un film. Qui sont là pour arrêter les méchants, les voyous, faire des courses poursuites, intervenir dans les quartiers.
David Dufresne
qui est dans le bac Nord. Ils sont petits, ils ne veulent pas être Maigret ?
Bernalicis Ugo
C’est exactement ça. Et puis surtout, une bonne partie des meilleurs effectifs, on va dire des meilleurs procéduriers en matière de procédure pénale, vont dans les services qui sont les plus en vue, où tu as le plus de moyens pour bosser, où t’as les plus grosses affaires et où est ce qu’on fait ça en matière de lutte contre les stupéfiants ?
David Dufresne
Tu as parlé de la police de proximité qui devrait supplanter là bas. C’est quoi pour la police de proximité ?
Bernalicis Ugo
Alors, c’est plein de choses mais il y a plein de critères pour qu’une police de proximité soit une police de proximité. Ce n’est pas juste la police de sécurité du quotidien. C’est pas juste que vous ayez un policier à chaque coin de rue, ça ce n’est pas de la police de proximité, ça, c’est des effectifs qui sont là. Parce qu’aujourd’hui, je pense qu’avec les recrutements café Emmanuel Macron, pour moi il y a plus de sujets d’effectifs. C’est bon, on est à on, on a suffisamment de policiers et de gendarmes dans ce pays, ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est qu’est ce qu’on leur demande de faire et qu’est ce qu’on leur fait faire concrètement et qu’est ce qu’on attend d’eux ? Et en fait, la police de proximité, celui qui l’a encore le mieux défini, en tout cas, qui a le mieux pointé ? Quels étaient les éléments constitutifs d’une police de proximité ? Et je le dis parce que je l’ai allègrement pompé très sincèrement, c’est Christian Mona dans son bouquin La police contre les citoyens.
David Dufresne
qui est donc un chercheur du 16ᵉ et qui a été long et qui a même dirigé le SDIS et qui est le laboratoire du CNRS sur ces questions là.
Bernalicis Ugo
Exactement. Et parce que du coup, lui l’a analysé sur le temps long, les différentes expériences de police de proximité à la fois de celle de Joxe et celle de Chevènement. Et donc une pour moi, une police de proximité, c’est une police, dit l’otage. Donc, avec des policiers qui sont assignés à un territoire à taille humaine. Et de faire en sorte que les policiers connaissent les habitants et que les habitants connaissent les policiers. Et pour moi, cette police là n’est pas une police, c’est une police en tenue. Ce n’est pas une police d’intervention, c’est une police de présence et c’est une police qui doit jouer son rôle, son rôle social, assumer le rôle social du policier et d’interlocuteur à la fois pour gérer des conflits mais aussi pour faire en sorte que ça se passe bien. C’est ce qu’on appelle communément et c’est pour ça qui s’appelle comme ça en théorie, les gardiens de la paix qui sont là pour garder la paix.
Bernalicis Ugo
Ça, pour moi, c’est important parce que ça veut dire que cette police de proximité, dans une bonne partie de ses effectifs, doit être non armée d’armes à feu, dans une logique de désescalade et de reprise, de contact avec eux, avec la population.
David Dufresne
est en train de nous dire que le spécialiste police de la France insoumise que tu représentes, que tu es dit il faudrait une police de proximité désarmer.
Bernalicis Ugo
Non sans arme à feu. Sans arme à feu, il n’y a pas besoin, ils sont LBD. Si je peux pousser le curseur plus loin, mais qui sait, une matraque télescopique, ça ne gêne pas en soi. Un tonfa à ça va, tout va bien. Tout va bien se passer. Mais utiliser des menottes. Bon voilà, ça ne me choquerait pas non plus, mais pas d’arme à feu. Parce que l’arme à feu, c’est quelque chose de symboliquement. Qui joue de l’escalade ou quoi ? Bon, et puis on a fait le constat aujourd’hui, la circulation des armes à feu parmi les policiers, c’est la première cause de mortalité des policiers.
Bernalicis Ugo
Moi je veux bien qu’on tourne autour du pot, mais c’est la réalité là. Les principales victimes des armes des policiers sont les policiers eux-mêmes. Le policier de proximité, ce n’est pas à lui de faire des opérations d’interpellation, de démanteler des réseaux de stups, etc. Comme ce que pense devoir faire la BAC. En fait, pour moi, il n’y a pas, il n’y a pas d’enjeu d’assainissement du quartier. Il y a un enjeu de connaissance du quartier, de connaissance du quartier. Et donc pour moi, le policier de proximité, demain, un coup. De temps en temps, il va à la sortie de l'école, il discute avec les parents, il fait, il fait traverser des gamins, il se balade, il va voir les commerçants, il boit un café au bistrot et très bien. Il discute, il papote, il voit qu’il y a un problème madame Michu, il y a des gens qui zonent, il va voir. Bon, vous ne faites pas les gars, vous ne faites pas de bêtises, hein ? Voilà. Merci, bonne journée, au revoir. Ça participe de l’apaisement, en fait, tout simplement.
David Dufresne
En réalité, quand on regarde l’histoire de la police dite de proximité, ces artisans, ces promoteurs ont toujours dit que finalement, la gauche à l'époque Chevènement, même Joxe et Chevènement. Finalement n’avaient pas donné les moyens à cette police d’exister. Et Sarkozy a supprimé un truc qui existait qu'à moitié. Donc là, quand tu parles de police de proximité, tu parles d’un peu de chimère.
Bernalicis Ugo
Non, justement, j’ai bien conscience de ça par curiosité, pas juste par curiosité, mais par sens de proposer des choses qui puissent être opérationnelles, faisables et ne pas retomber dans les écueils des précédents. En début de mandat, j’ai rencontré Pierre Joxe pour discuter avec lui et échanger, de parler de ça précisément. Et j’ai rencontré Jean-Pierre Chevènement aussi pour parler de ça.
David Dufresne
Joxe, qui était pour le désarmement de la police, vient d’une partie des policiers.
Bernalicis Ugo
. Ouais, tout à fait, notamment des policiers de proximité. Et d’ailleurs, il a sorti un bouquin, Ça fait partie des bouquins que je dois lire et que tu dois lire aussi.
Bernalicis Ugo
Et ici. Souvent, je vois que monsieur est équipé.
David Dufresne
On n’est pas chez les cons ici, on en a déjà parlé.
Bernalicis Ugo
C’est avec ça qu’on l’a gardé à vue.
David Dufresne
On en a déjà parlé. Pierre Joxe Sécurité intérieure, ancienne menace et nouveaux risques.
Bernalicis Ugo
C’est pour ça que moi, je sais qu’une police de proximité, il faut au moins 30 000 bonhommes en fait. La vérité c’est ça.
David Dufresne
30000 bonhommes et évidemment. Mais vous êtes honnête.
Bernalicis Ugo
Mais parce que s’il dit bonne femme.
David Dufresne
Après ça, je n’ai pas dit ça.
Bernalicis Hugo
Non mais je sais bien. Mais hommes et femmes, 30 000 dans la police de proximité. C’est pour ça qu’on a tranché en disant qu’on va incorporer les effectifs de police municipale à cette future police de proximité parce qu’ils ont déjà un peu une expérience de ce qu’est la proximité. Pas forcément une excellente expérience, d’accord, mais une expérience quand même, puisqu’ils sont nécessairement territorialisés, les policiers municipaux, et ils sont nécessairement obligés, à un moment donné ou un autre, de faire usage de désescalade ou au moins de leur capacité à gérer le conflit et à faire en sorte que ça baisse d’un ton parce qu’ils n’ont pas de prérogatives judiciaires et donc ils ne peuvent pas passer à la suite sans la sans l’appui de la police nationale. Les policiers municipaux, aujourd’hui, c’est 23 000 effectifs. Ça ne veut pas dire qu’on prendrait les 23 000 parce qu’on fera quand même un petit examen professionnel pour voir qui ont gardé et qui ont qui on ne garde pas. Mais, mais l’idée est bel et bien celle-là. Et si on en termes d’effectifs, on supprime la BAC, c’est pareil, c’est à 8000, on doit pouvoir arriver assez vite à 25 000, voire 30 000 policiers. Et l’objectif c’est que demain la police de proximité soit le premier et la première strate du fonctionnement de la police nationale.
David Dufresne
Le modèle de police par consentement mutuel, est ce que c’est ça qui est un concept anglo-saxon ?
Bernalicis Ugo
L’objectif, c’est que ce soit une police. Qui vivent dans la cité. Normalement comme les autres quoi. Et quand je disais aux gendarmes, par la force des choses, bah c’est ce qu’ils font. C’est vrai quoi, c’est globalement vrai. Les gendarmes sont de proximité parce qu’ils n’ont pas le choix. En plus, ils sont dans la caserne qui vit par ailleurs. Ils vivent là, au milieu des gens. Les gens y croient, des gens qu’ils côtoient ou que potentiellement ils doivent arrêter pour ou dont ils doivent arrêter s’ils commettent des infractions. C’est des gens qui demain ils vont croiser au supermarché, qui vont croiser à la sortie d'école de leurs gamins ? Alors que du côté police on est, on est vraiment sur une police de projection qui s’est éloignée du citoyen, qui s’est renfermée sur elle-même, dans sa bulle, dans son d’omerta. Et ça et ça, ce n’est pas bon. Une police de consentement. Pour appeler ça du consentement, en tout cas qui soit, qui semble légitime. Et donc qui est de l’autorité. Euh oui, ça me semble, ça me semble très bon. Alors après, ce qui va être le plus dur en vérité, c’est d’accepter qu’il y ait une marge d’appréciation du policier sur le terrain. C’est ce que dit Christian, au moins là, dans son bouquin de 2011 la police contre les citoyens, où il dit Le corollaire de la police de proximité, c’est qu’il faut accepter que le policier, dans bien des cas, il règle le problème sans s’en entamer de poursuites judiciaires, alors même que la justice, le parquet, la loi en tant que telle, lui, il lui donne injonction d’agir différemment, c’est à dire d’agir de manière répressive. Mais à la limite, ça, ça me va bien. Parce que si la marge d’appréciation du policier, c’est pour moins judiciariser et régler les problèmes, comment je vais dire ça de manière transactionnelle ? Bon, euh ma foi non. Mais j’veux dire, si ça tape, si ça se passe par. Par juste une remontrance en disant c’est la prochaine fois. C’est la dernière fois que je vous ai repris, ça me va. Ça veut dire qu’on aide le système judiciaire à ne pas être engorgé de petits trucs à la con quoi. Ça demande que derrière il y ait quand même des services spécialisés à la fois de la police judiciaire pour faire les enquêtes dont on a besoin. Donc ça c’est pareil. La PJ aujourd’hui, c’est 5300 bonhommes, elle 5500. C’est compliqué de faire des chiffres dans ce ministère, donc. Donc, on va mettre là, c’est le paradoxe.
David Dufresne
C’est le ministère du chiffre et c’est difficile d’avoir des chiffres.
Bernalicis Ugo
Non mais c’est lunaire en vrai. Pareil la PJ doit doubler les effectifs. Donc il faut moins de place ailleurs et il faut une police judiciaire compétente et efficace. Tu parlais tout à l’heure de bagnole, alors c’est drôle ce que je suis allée le voir hier. Moi aussi j’ai fini par céder à la pression et donc. Et donc ce qui m’a frappé, c’est que le seul moment où on voit apparaître un magistrat, c’est quand il y a l’enquête qui est ouverte à la fin. Pas un problème. Ah bon ? Les mecs débarquent dans le quartier avec des gaines dans tous les sens ? Il n’y a pas un procureur qui s’occupe de ce qui se passe. Bien sûr que dans le monde réel, en théorie, il y a un procureur qui s’occupe de ce qui se passe. Enfin j’espère. Sinon, sinon, on a un vrai gros problème et on voit bien comment eux mêmes le dire.
David Dufresne
Le problème de la police, c’est que s’il n’y a pas de justice. C’est ça, oui, et l’inverse du slogan, oui.
Bernalicis Ugo
Mais bien sûr que c’est l’inverse. Mais bien sûr que c’est l’inverse. Je rappelle que quand on fait une enquête judiciaire, et même en flagrance, est le premier cadre d’enquête qui est laissé à l’appréciation, on va dire directement immédiat du policier. C’est sous le contrôle du parquet, même pendant la période de flagrance, et tous les actes sont censés être montés au parquet sans délai. Alors bien sûr que dans le monde réel, c’est exactement comme ça que ça se passe enfin, la philosophie, c’est celle-là. J'étais à l’hôtel de police de Lille en immersion en tant que jeune attachée d’administration, donc en plus, je fais et je fais une tournée avec la BAC. Et y voit un véhicule volé. Il passe, il passe la plaque au fichier et il voit que oui, il voit le véhicule volé une Audi je crois. De mémoire un gros machin. Et ils savent qu’en ce moment il y avait des mecs qui essayaient de taper des DAB, d’arracher des distributeurs automatiques de billets avec des avis, des casquettes. Et donc ils se sont dit bon ben si on prend le dab, si on prend la voiture, certes ça va faire un bâton dans une caisse parce qu’on a récupéré une voiture volée, mais quand même, ce serait plus classe d’avoir en flagrant délit un quatre-quatre qui va faire un DAB. Donc on va planquer, on va planquer parce que peut être que le quatre-quatre, ben il y a quelqu’un qui va monter dedans, on va pouvoir le suivre, etc. Faire un truc, tu vas voir. Là, on n’a pas du tout contacté le parquet et là, là, le parquet est au courant de rien quoi. Or la procédure, elle veut que tu détectes une voiture volée, tu fais remonter à ta hiérarchie, donne les instructions et donc il faut remonter au parquet. Soit on ouvre une enquête. Bah oui les gars, vous planquez machin et on va essayer de voir. Mais c’est le parquet qu’il demande. Soit le parquet décide non, c’est bon, vous prenez la voiture pour trouver son propriétaire, vous la saisissez enfin. Histoire quoi. Mais ce n’est pas à eux de prendre toutes ces initiatives là comme ils le veulent. Parce que la police, ce n’est pas la justice, précisément mais c’est non mais c’est n’importe quoi ! Et alors ? L’ironie du sort de cette histoire, c’est qu’au bout d’un moment donné, si tu veux, je crois qu’on a un planqué jusque 4h du mat donc.
David Dufresne
Alors ça c’est intéressant et on me dit qu’on a planqué. C’est à dire qu'à ce moment-là, tu t’es considéré comme auxiliaire de police, ou peut-être même policier.
Bernalicis Ugo
Je me dis ben je me suis pris au jeu mais quand même filé un gilet pare balles et quand j’y repense, c'était complètement déglingo.
David Dufresne
Ah c'était Benalla qui sortait des armes ? Ah ben non, moi j'étais là en touriste, moi.
Bernalicis Ugo
Tu vois, j'étais là, je regardais quoi ? Mais oui, oui mais ça m’a d’autant plus fait sourire l’affaire Benalla que moi j’avais déjà fait cette immersion et je savais et je sais qu’elle se fait très régulièrement dans les services de police. Donc tous les ans, quand il y a des nouveaux attachés d’administration, on leur propose de passer une semaine en service de police opérationnelle et c’est bien que ce soit fait en fait pour voir ce que je ne regrette pas du tout de l’avoir fait. Et si je l’ai pas fait, il y a des choses que j’aurais jamais vu sinon et que je peux. Je pourrais plus faire aujourd’hui parce qu’aujourd’hui, si je le faisais, s’ils embarquent le député dans la voiture, l’exercice est biaisé directement.
David Dufresne
Bon déjà, c’est-à-dire par exemple toi en tant que député, est ce que tu as refait l’expérience et comment on a truqué la photo ? Comment ? ?
Bernalicis Ugo
Oui, je l’ai fait avec les gendarmes, je l’ai fait que les gendarmes, mais en fait ils n’ont pas trop truqué et je ne veux pas trop les balancer parce qu’ils ont fait des trucs pareils. Là pour le coup, ils ont fait ce que j’attends d’un policier de proximité. C’est-à -dire qu’il y a un moment donné où ils ont dit normalement, au regard de la loi, ils auraient dû mettre l’amende pour suivre le type machin. Bon, il est 2h du mat, je vois que le type, certes il a bu un peu trop, mais bon, il est à 500 mètres de chez lui, il va rentrer et c’est bon, Tu ne vas pas lui casser sa vie parce que Parce que ça y est, il a05 au lieu de quatre. Bon, eh bien c’est bien ça. Voilà, c’est bien, mais c’est marrant parce que ce qu’ils ont cherché à me montrer, c'était ça quand j'étais avec eux, y compris chope un type avec des passes, son contrôle technique ou un pneu qui n'était pas, qui n'était pas d'équerre. Et donc au lieu de lui dresser une amende en mode vous avez une infraction au code de la route, ils lui ont donné un papier disant vous avez 60 12 h pour venir présenter votre véhicule à la caserne de gendarmerie avec vos réparations, si vous n’êtes pas dans 72 h, l’amende est dressée. Eh bien ça, c’est bien quoi ? Ça, c’est bien.
David Dufresne
Est ce que c’est ça ?
Bernalicis Ugo
Parce que l’objectif, c’est que le véhicule soit réparé.
David Dufresne
Est ce que c’est ça le truc de gendarme ?
Bernalicis Ugo
C’est là où j’ai le HK, G36 aussi, là que j’ai mis dans le visuel puisqu’ils m’ont fait essayer la tenue des Sabres. Leipzig, en fait, c’est l'équivalent de la BAC en gendarmerie. Et c’est avec eux que j’ai fait une tournée. Ils étaient tout à fait tranquilles en vrai et ils leur ont dotés d’armes, de fusils d’assaut, en l’occurrence, au cas où une attaque terroriste suite aux attentats. Et donc ils m’ont fait essayer la tenue. La tenue d’assaut, c’est. Mais il faut s’attendre à ce que le casque, qui fait le casque, qui fait cinq kilos, le gilet pare-balles, il fasse quinze kilos, le fusil d’assaut fait dix kilos et j’ai moi, juste été là. Je souris sur la photo. Mais en vrai, en vrai, c’est n’importe quoi.
David Dufresne
Et juste une petite chose parce que ce tweet.
Bernalicis Ugo
Attends, je n’ai pas fini mon histoire. Oui, mais de tout à l’heure, je ne voudrais pas. Non, le fils. Parce qu'à la fin, le cas de ce qui s’est passé, c’est qu'à 4 h du matin, la ronde s’est terminée. On devait rentrer puisqu’ils avaient fini de faire leurs heures. Il y a un autre équipage qui devait prendre le relais pour continuer la planque. Et puis en fait, dans le cas de Kate, entre les deux, il a disparu. Et voilà, ils ne l’ont jamais trouvé. Donc ils n’ont pas arrêté la voiture parce qu’elle en voulait. Donc ils l’ont même retrouvée. Et il n’y a pas eu non plus de distributeur automatique de billets. Ah les gars, c’est chouette !
David Dufresne
Et j’ai montré ce tweet tout à l’heure qui en fait a été exhumé par quelqu’un suite à ton annonce de ta présence ici, qui n’avait pas l’air très content que tu enfiles la chasuble des gendarmes que tu poses avec les gendarmes et que tu en parles comme tu en parles là. Est ce que tu peux comprendre que pour des gens soient choquants en fait ?
Bernalicis Ugo
Ouais, je peux ou non, mais je peux comprendre. Surtout quand on a une défiance envers la police et la gendarmerie et dans leur fonctionnement et ce qu’on fait pour bien pouvoir critiquer une institution, un mode de fonctionnement, bah il faut y regarder de près. Tu sais, c’est le jeu avec l’arme celle-là, cette photo là, en fait, c’est les trolls et l’IRM qui continuent de la mettre régulièrement quand je critique la police. Hier, j’ai fait un tweet sur les violences policières machin C’est scandaleux. Oui, ça va Bernard, ici on connaît. Et monte la photo aussi avec la tenue d’intervention. Gérard Collomb était le premier à avoir dit que les gens qui en manifestation resteraient sans rien faire face aux casseurs, face aux Black blocs étaient les complices des casseurs. Et donc j’avais publié cette vidéo en taguant Gérard Collomb en disant Tiens, salut Gérard, je suis prêt pour la prochaine manif. T’inquiète.
David Dufresne
On a bien vu là pendant 1 h ton sérieux. On va en reparler sur la police, sur la justice. Tu es vraiment un connaisseur, mais il y a quand même cette idée qui te colle de copinage. Tu es le copain de la police, tu es l’ami de la police.
Bernalicis Ugo
Je ne suis pas l’ami de la police, je ne suis pas non plus l’ennemi de la police. Je ne suis rien, je suis juste un militant politique qui se dit comment on pourrait faire pour faire en sorte que d’avoir une police républicaine au service des citoyens, un véritable service public en fait de la police dans ce pays ? Donc ça, ça demande effectivement de discuter avec tout le monde. D’ailleurs, à Lille, il y a quelques zozos que je connais bien qui me reprochent ça d'être proche des policiers, etc. Mais la plupart des gens font la part des choses et savent que quand je vais dire bonjour aux agents du renseignement territorial lors de la manif, c’est plutôt moi qui vais aux infos qu’eux qui me soutirer des informations.
David Dufresne
Comment se fait-il qu’il y a 32 ans t’intéresses autant à la police quand même ? C’est quoi ta rencontre avec la police pour qu’elle soit centrale dans notre travail.
Bernalicis Ugo
On aurait peut être, on aurait peut être pu commencer par là. Alors en fait, tout ça est le fruit du hasard. Je n’ai pas de parents ou de grands parents dans la police ou la gendarmerie, je n’ai pas baigné du tout dans cette culture là. Pour moi, la police c’est à la télé d’abord et ensuite la police dans mes expériences entre quatorze ans et 22 ans et si pas de bêtises. Ouais c’est ça pour moi la police est en face de moi dans les manifs. Tu l’as dit, j’ai été un lycéen un peu trublion, etc. Ma prof, une de mes premières expériences concrètes et immédiates avec la police, c’est à mon lycée. On est sur les réformes Fillon de 2005. Je mobilise mon lycée à Calais. Un matin avec deux ou trois acharnés, on se dit allez, on va bloquer le lycée. Donc j’arrive à 4 h du matin, je mets des chaînes aux portes machin et tout. Bon, puis je me barre en espérant qu’ensuite à l’arrivée, on puisse. Si des gens se disent ah bah tiens, les portes sont fermées et puis on essaye d’enclencher le mouvement. Mais des poubelles alors ça n’a pas fonctionné. Je me suis fait capturer. Ils savaient que c'était moi sans savoir vraiment que c'était moi. Les flics sont venus au lycée, je savais qui c'était, moi qui cherchais. Mais bon, ce n’est pas, ce n’est pas allé plus loin. Et après j’ai eu des méthodes plus classiques de mobilisation.
David Dufresne
Et donc ce n’est pas une rencontre violente.
Bernalicis Ugo
Non, parce qu’à ce moment-là, il n’y a pas de pas d'échange. Par contre, la deuxième rencontre où il y a un échange, c’est à la récré, tu je sors de cours et t’as un numéro qui t’appelle, tu ne connais pas, tu décroches. Bonjour, ici la police, nous sommes des renseignements généraux, il paraît que vous organisez une manif machin, etc. Donc à mon époque, en 2005, si tu veux les mouvements lycéens, on n'était pas dans le même niveau de répression qu’aujourd’hui. Vraiment, vraiment. Donc j’ai quand même goûté aux lacrymos un petit peu à ce moment-là, mais ce n’était pas conflictuel et j’avais une responsabilité un peu particulière parce que comme c’est moi qui. Après.
David Dufresne
Si je peux me permettre, on a oublié, mais en 86 il y a des yeux arrachés en 2000, en 2006, il y a aussi eu des mains arrachées, il y a eu, il y a déjà des mutilations.
Bernalicis Ugo
Pas en 2006.
David Dufresne
Il y a déjà des mutilations.
Bernalicis Ugo
Mais pas en 2005. C’est un mouvement assez. Il ne fait pas peur au gouvernement, vraiment. Il y a des lycéens qui manifestent. Et puis moi je manifeste à Calais et à Calais. Ça faisait très longtemps que les lycées ne s’étaient pas mis en mouvement. En fait, il y a ce n’était pas arrivé depuis le début des années. Donc au début t’as les policiers du coin qui ont. Quatre les cortèges et puis fin de l’histoire quoi. Y cherchent pas à bloquer, empêcher. Sur l'île, ça se passait un peu différemment et c'était beaucoup plus répressif. Et sur Paris, évidemment, c'était déjà tout à fait répressif. Mais. Mais la police, elle est quand même là pour nous empêcher d’aller de tel autre côté de la manif, nous dire ah mais là, vous arrêtez, vous allez avoir des problèmes, Monsieur Bernalicis, c’est vous qui avez appelé à la manif. Si y en a un qui pète une vitrine, ce sera de votre faute. Enfin, les coups de pression, les machins, on connaît. Mais c’en était resté à ce niveau là. Après, il y a le CPE, là, là, là, c’est monté d’un cran, y compris parce qu’on a bloqué le périph à Calais, donc. Et puis le périph, c'était celui qui menait tous les bateaux aux ferries. Ce n’est pas ce n’est pas juste n’importe quel périph, ça crée deux, trois difficultés et quelques petits soucis. Bon, et c'était moi qui étais en pole position avec mes camarades de classe d’un petit groupe bien animé. Et là, la répression s’est faite sentir. La ça a tapé lacrymos etc. Pour moi le mouvement, le gros mouvement suivant, c’est la loi et les rues, l’autonomie des universités. En 2007 donc, j'étais à l’université de Lille trois, Charles de Gaulle où les policiers sont venus dormir dans le parking de l’université quand, occupés, en fait, ils ont profité d’un moment où on était partis en manif en centre ville pour pour occuper eux mêmes l’université et nous empêcher de la réoccuper. Ça a fini en bataille rangée sur la passerelle de Lille trois. Moi en première ligne en plus sur les affaires éculées, la presse est partie complètement en cacahuète Donc si tu veux. Jusque là, mon expérience de la police est une expérience plutôt frontale, inamicale et donc je chante comme tout le monde. Qu’est ce que tu gens ? Tout le monde déteste la police, c’est police partout, Justice nulle part, Police nationale, milice du capital. Pétain, reviens ! T’as oublié tes chiens. Faire des amabilités, évidemment. Voilà. Derrière ce qui se passe, c’est que j’ai. En 2012, je réussis le concours, désireuse à l’Institut national d’administration de Lille et donc je fais une année d'école pour devenir fonctionnaire d'État, un cadre intermédiaire de la fonction publique de l'État. Il y a mon époque, il reste encore un an. Il y a deux stages et le premier stage. On nous dit voilà, faites nous des vœux de nous demander dans quelle administration vous aimeriez bien être. Deux mois en stage, je demande à faire un stage auprès du commissaire au redressement productif nommé à Lille et le directeur de l'école me dira que c’est une bonne idée. Mais non, en fait je ne savais pas faire ça. Je vais vous mettre en stage. Vous allez deux mois à l’École nationale de police à Roubaix.
David Dufresne
Celle là même où Macron a fait son discours il y a quelques jours.
Bernalicis Ugo
Exactement un an.
David Dufresne
, Bilan du bureau de la sécurité. J’ai été là d’ailleurs
Bernalicis Ugo
Ben Exactement. Exactement oui, j’y étais. En vrai, je ne voulais pas y aller.
David Dufresne
Ça se passe comme ça le reste, franchement… Ah ben oui.
Bernalicis Ugo
Oui ben non mais sinon j’y allais pas, je faisais un live stream de ce qu’il racontait et puis voilà. Donc j’arrive à Roubaix en 2012 en stage
David Dufresne
Mettez vous à l’aise monsieur, vous allez, c’est très bien comme ça.
Bernalicis Hugo
Non mais je me dis, je me dis mais qu’est ce que je fais là ? En vrai, coup dur. Au début. Je me dis mais qu’est ce que, Qu’est ce que c’est que cette histoire ? Je vais faire comme à l'école de police.
David Dufresne
N’hésitez pas à en profiter pour poser des questions, il y en a plein, plein !
Bernalicis Ugo
Et parce que je n’ai pas fini mon histoire.
David Dufresne
En plus à l’Assemblée, comment ça se passe quand vous avez pu le micro ? Le président de séance, il coupe le micro. Comment ça se passe ? Ouais, moi les trois mesures que tu a données tout à l’heure, elles sont pas fracassantes. Elles ont été portées par la gauche de gouvernement pendant un certain nombre d’années.
Bernalicis Ugo
Ils ont même supprimé la BAC. Ça a été porté par personne jusqu'à présent. Je vais quand même en signaler un.
David Dufresne
Oui, c’est vrai, supprimer la Bac. Tu aimerais bien avec ton groupe refaire ici et ton groupe avec ton mouvement. Créer un observatoire des violences policières ?
Bernalicis Ugo
Oui, bien sûr, même si je suis en vrai. La vérité c’est que je n’aime pas les observatoires.
David Dufresne
Je trouve que les observatoires, c’est bien. J’ai cru entendre dire. T’aimes pas les violences policières ?
Bernalicis Hugo
Non mais en vrai, moi je trouve ça insupportable quand même. Violences policières, le terme n’est pas forcément le bon. D’autres disent violence illégitime, c’est du foutage de gueule. Franchement, de mon point de vue c’est des violences illégales quoi. C’est illégal ce qu’ils font, c’est tout. C’est illégal, ils ne respectent pas la loi. Bon, et moi, quand on dit illégitime, je vais dire que j’ai envie de rigoler. Non ce n’est pas vrai. Illégitime, ça veut dire ah pardon, je n’ai pas fait exprès. C’est vrai que ce n’était pas légitime à le faire. Non, c’est illégal. C'était pardon, c'était mon cri du cœur. Je n’aime pas les observatoires parce que souvent les observatoires ont été créés justement pour ne rien faire. Et puis au bout d’un moment les supprimer parce qu’on dit bah finalement ça sert à rien et puis ça ne fonctionne pas d’un tas de moyens, etc. Là on le fera parce qu’il faut qu’on puisse les objectiver, etc. Mais je crois pas que ce soit la mesure qui sera la plus à même de régler le problème des violences policières. Pour régler le problème des violences policières, il y a deux choses. Il y a une fois qu’elles ont été commises, comment on fait pour les repérer et les sanctionner ? Et comment fait-on pour qu’il y en ait moins ? Qui s’en commettre ? Comment fait-on pour qu’il y en ait moins qui s’en commettent ? Rappel des conseillers, une formation initiale formation continue, responsabilisation des chefs et aussi faire en sorte qu’il puisse y avoir une responsabilité sans doute pénale qui puisse être engagée de la hiérarchie quand il y a des violences policières. S’il y avait des gens qui étaient un peu facétieux dans le château, je dirais oui. Mais ça, Emmanuel Macron l’a proposé en 2017.
David Dufresne
Et commence pas à attaquer le chat parce que là, ça va très mal se passer pour toi. Je te dis.
Bernalicis Hugo
n’a même pas peur parce que je m’en fous, je suis, je suis sur le chat quand même.
David Dufresne
Des gens facétieux, tu en a un paquet. Si on n’est pas chez soi.
Bernalicis Ugo
Parmi eux il y avait Macron. Je ne sais pas si tu te souviens, il était allé chez Yann Barthes des jeunes qui l’avaient interrogé sur les violences policières. Il avait dit que le problème de la grosse policière, c’est que celui qui a fait une connerie y prend, y prend, mais la hiérarchie est jamais inquiétée. Et c’est vrai, il avait raison quand il disait ça et c’est un problème. Il faudrait aussi que la hiérarchie puisse être inquiétée dans ces manquements. Et on pourrait imaginer dans le code pénal que l’infraction des policiers qui commettent des violences puisse obliger le magistrat à mener une enquête sur la responsabilité de la hiérarchie dans les manquements, dans les manquements commis par des femmes, les infractions commis par les policiers sous sa responsabilité. Et ça pourrait être un beau, un beau pas en avant. Donc ça, c’est sur la montre. Comment faire pour les éviter ? Et sur l’aval ? Eh bah on supprime les GPS, dit une excellente table ronde que j’ai faite filmer à l’Assemblée qui sur ma chaîne YouTube s’appelle….
David Dufresne
Stop pas de placement de produit ici. S’il vous plaît, s’il vous plaît monsieur. Ici c’est comme le Parlement, ici c’est des citoyens qui vous regardent. Et si c’est des citoyens followers, alors pas de placement produit pour vos chaînes YouTube. Ne bougez pas.
Bernalicis Ugo
Quoi IGPN, supprimez l’IGPN parce que l'émission d’inspection peut être utile à l’intérieur d’une administration. En fait l’IGPN ce n’est pas juste les signalements sur le disciplinaire, il y a aussi. C’est aussi une inspection tout à fait classique. Moi je les ai vus quand j'étais en poste puisque je gérais mon poste en derrière parce qu’après la suite de l’histoire, c’est qu’après dira à la fin, je choisis un poste mixte amateur parce que ça m’intéresse de creuser le sujet et parce que je me suis dit merde, on propose rien à gauche. Mais c’est quoi ce truc ? Est ce qu’on a qu'à dire Il faudrait que les policiers soient gentils avec les gens et utilisent des moyens. Ça me semblait tellement déconnecté des vrais enjeux et des problèmes réels et auxquels on est confronté à la police. Donc j’ai bossé, j’ai bossé sérieusement par GPS. Je disais aussi des missions d’inspection sur les aspects budgétaires et comptables. Est ce que le pognon est bien dépensé ou est ce qu’on n’a pas utilisé trop de munitions parce que ça coûte cher les missions pour des trucs à la con comme ça ? Et ça, ces missions là, elles peuvent très bien être faites par l’Inspection générale de l’administration qui est l’inspection du tout, de tout le ministère de l’Intérieur, de la police en tant que telle. Et on ne fait qu’un contrôle externe, mais un vrai contrôle externe. Alors moi ça m’a fait marrer quand Macron, mais en fait ça ne m’a pas fait marrer, mais c’est une expression. Quand Macron a dit qu’il faudrait un contrôle externe de la police nationale et de la gendarmerie nationale. C’est pourquoi je crée une délégation parlementaire à ce machin d’avoir une délégation parlementaire à la déontologie je pense. Il y a pas vraiment de nous à Roubaix, à Roubaix, il y a l'école de police un. Comme quoi la boucle est bouclée. Dans ma petite histoire personnelle, il dit ça et moi j’ai dit mais c’est grand, c’est vraiment c’est une insulte à Claire et donc c’est une insulte au Défenseur des droits. Il y a un contrôle externe de la police, de la gendarmerie, de la sécurité privée et de la police nationale dont la mission est dévolue au Défenseur des droits. C’est sa mission.
David Dufresne
, Défenseur des droits qui n’a absolument aucun pouvoir coercitif. Je te rappelle que Jacques Toubon, quand il est parti, il a dit j’ai fait 31, 31 2036, l’inflation et tous ces gens là, quoi. Et y' a jamais rien eu. Il n’y a même pas eu de réponse de la part de la police. Il y a des trucs. Ils ont répondu le 36 du mois de juin.
David Dufresne
36, 36, 36 du mois. Bah c’est ça. Mais en gros, circulez, y a rien à voir qui est une autre phrase policière.
Bernalicis Ugo
Le sujet c’est que le contrôle externe, il a les moyens de mettre les sanctions.
David Dufresne
Qu’est ce que tu réponds aux policiers par exemple ? La porte parole du ministère de l’Intérieur, qui était à ta place l’autre jour et qui répète qu' il n’y a pas de corps plus contrôlé, plus surveillé que le corps policier. Donc en gros, c’est fait nous emmerder pas. Et deuxièmement, seuls des policiers peuvent savoir ce qu’est le travail policier, donc il ne peut pas y avoir de contrôle externe. Qu’est ce que tu réponds à ça ?
Bernalicis Ugo
Je réponds que c’est vrai, Faux à la fois sur la première, la première chose qui est dite, c’est à dire ça, n’a jamais été aussi contrôlé. Et c’est quand le plus contrôlé, où il y a le plus de sanctions et où il y a le plus de révocations. Parce que, d’un point de vue numérique et même en pourcentage, en proportion de toutes les administrations, quelles qu’elles soient, c’est vrai, c’est factuellement vrai. Bon d’accord, on leur met des sanctions, des blâmes et on les vire. Pourquoi on les vire ? Pourquoi l’armée ? Les sanctions ? La plupart du temps, c’est pour des histoires internes. De désobéissance vis-à -vis de la hiérarchie et des affaires externes, c’est-à -dire le type policier qui a fait une connerie en dehors du service, qui a conduit bourré, qui s’est fait choper par les gendarmes.
David Dufresne
C’est ballot quand même.
Bernalicis Ugo
Non mais c’est des histoires vraies ça ! Et donc le mec ensuite va se faire disciplinaire. Une sanction, un blâme, un machin, voire pire, parce qu’il a porté atteinte à l’image de la police. Par contre. Par contre, quand c’est pour avoir défoncé la gueule d’un gars qui était déjà menotté. Là, bizarrement, il n’y a pas des masses de sanctions. Quoi ?
David Dufresne
Pourquoi ?
Bernalicis Ugo
Et là non, tu comprends, les collègues on ne peut pas, etc. Et puis au fond, ils pensent que ceux qui se sont pris une bonne rousse, et bien ils le méritent peut être quand même un peu, hein. C’est ça la vérité. Et que pour beaucoup, vu qu’ils pensent foncièrement, fondamentalement, ils pensent que la justice dysfonctionne et que la justice ne fait pas son travail dans ce pays. On pourrait partager une partie de ce constat, mais toute petite partie on pourrait. Ils se disent que ben finalement, en faisant ça, on se rend justice par soi même directement. D’ailleurs, y a eu des témoignages pendant les mouvements des gilets jaunes, des policiers qui mettaient des gros coups de matraque télescopique dans les jambes, dans les tibias ou aux articulations et qui accompagnaient ça en disant la comme ça, la prochaine fois, tu ne pourras pas revenir. Sous entendu je vais rendre justice moi même, mais tout de suite, immédiatement.
David Dufresne
Mais comment, expliques tu Ugo, que la question du contrôle de la police, qui est une question ? Bon là on en parle avec passion etc. Mais qui est relativement simple. Enfin je veux dire qui tombe sous le bon sens du boucher charcutier de Tourcoing. Je veux dire comment se vendre ? Mais comment se fait-il qu’une question relativement simple fait, je veux dire, qui pourrait être abordée par la gauche, par la droite, soit repoussée très loin ? Parce que si cette question là est repoussée, toutes les autres sont repoussées, on est bien d’accord. Alors que si c'était le curseur le plus facile. Et d’ailleurs, Macron. Avait fuité des rumeurs comme quoi, peut être qu’il ferait quelque chose par rapport à Ben. Finalement, il ne fait rien. Comment tu expliques ça ?
Bernalicis Ugo
Sept sur dix Qui fait rien ? Il fait une délégation parlementaire.
David Dufresne
Monsieur Bernalicis, maintenant vous allez répondre à mes questions Pourquoi l’IGPN ? Le contrôle de l’IGPN ? Ce n’est même pas abordable comme question, alors que c’est ça.
Bernalicis Ugo
Oui, oui, vous pouvez vous habiller, vous n’allez pas parce que c’est ce qu’on peut voir et c’est le seul peut être utile qui est raccord avec la réalité. Dans Bac Nord, et parce que j’ai vu Camille Chaize qui en parlait du film.
David Dufresne
J’ai vu aussi
Bernalicis Ugo
Et qui disait en fait le film de Bac Nord, la violence extrême auquel peuvent être confrontés les policiers. Ça, c’est vrai et c’est du vrai. Et effectivement, les histoires de policiers qui se retrouvent. Alors Bac ou pas Bac d’ailleurs, peu importe qui se retrouve au milieu d’un quartier populaire où il y a un trafic de stupéfiants à des machines à laver, des frigos, des micro-ondes qui volent du cinquième sixième étage vers des toits et qui tombent sur le pare brise de la bagnole et qui fait une marche arrière à toute vitesse en appelant le talkie. Des renforts, ça existe. Et donc ils ont une tolérance vis à vis de ça en disant bah si si si un collègue déconne, dérape et met des grosses droites à quelqu’un qui est déjà menotté au sol. Bon, c’est pas bien, mais on comprend. Il y a cette tolérance, cette tolérance là et qui est par ailleurs par-dessus le marché, couverte par les organisations syndicales.
David Dufresne
Anthony Caillet, qui est porte-parole de la CGT Policiers dans le chat Et donc on va aborder la question des syndicats, là, maintenant, vas y.
Bernalicis Ugo
Les syndicats couvrent ça. Je me souviens. Alors je sais plus quel commissariat en région parisienne, c’est le gros des gilets jaunes, Un mec dans un quartier qui chauffait les jeunes, un policier qui chauffait les jeunes. Il y a un éducateur qui c’est qui s’est un peu interposé en disant aux policiers : Arrêtez de faire ça, arrêtez de faire ça ! Et je ne sais pas si vous savez, ces images. Le policier se met en mode boxeur comme ça. Oui, et y' a l'éducateur en face et bon bah il a perdu le policier par l’occurrence. Mais avant il enchaîne, il essaye de mettre des coups sur l'éducateur, etc. Et y en a. Et le flic avait été suspendu. C'était ce qui est, ce qui devait être fait en fait. Là, pour une fois, la procédure avait été suivie. Le mec avait déconné, il avait frappé un mec alors qu’il ne devait pas. Il est suspendu. Ayez une manif commune SGP Police, F.O. Alliance Police nationale du commissariat. Ils ont tous arrêté de bosser, se sont mis devant pour demander au préfet de police et en l’occurrence au ministre de suspendre la sanction, ce qu’ils se sont dépêchés de faire immédiatement. Et donc là, je me suis dit Wow, il y a un vrai gros problème, quoi. Ça fait système quoi, ce truc ? Et donc cet effet là fait système. Les syndicats SGP, Police et FO et Alliance les protègent. Et parce qu’on est sur un truc aussi en plus tout à fait viriliste, où on serre les coudes, on laisse ne pas tomber un des siens qui est tombé au combat parce qu’ils sont déjà dans cette rhétorique des deux camps. Il y a le camp des délinquants dans les banlieues islamisées radicalisées à la Zemmour et la pureté policière qui vient et débarquer et résout tout ça. Emmanuel Macron et ses ministres de l’intérieur successifs. À partir du moment où ils ne veulent pas s’opposer aux syndicats, ils sont obligés, à contrario, de leur manger dans la main. Et c’est là où je vais un peu débriefer ton entretien avec Kamikaze. Il y a un truc qui m’a éminemment intéressé dans ce qu’elle t’a dit, c’est comment elle concevait ou comment elle concevait Abou et ce qu’elle en avait retenu. Parce qu'à un moment donné, tu lui dis il n’y avait pas, il n’y a pas d’expert, il n’y a pas de souci.
David Dufresne
On se tutoie, pas de kamikaze.
Bernalicis Ugo
Ouais, non.
David Dufresne
Attendez, j’ai dû dire attendez un détail, c’est un détail.
Bernalicis Ugo
Tu lui as dit en gros ils sont où les citoyens critiques, les gilets jaunes, les sociologues qui s’appellent Critique de la police ? Ils sont où tous ces gens là ? Et là, elle te répond que ça non, non, ça c'était déjà prévu dans le Livre blanc de la sécurité et que d’ailleurs les citoyens avaient été associés parce que l' IFOP a fait un panel pendant trois jours, machin, etc. Toi et moi on avait bien entendu et Macron et Darmanin. Non, c’est le Beauvau en disant que leur volonté c'était de faire des grandes réunions avec les experts, les citoyens, les machins, etc. Et que c’est comme ça qu’ils avaient vendu. Et elle, elle continue. Elle poursuit son argumentation en expliquant que l’objectif du Beauvau de la sécurité était de faire des réunions avec les syndicats. Mais filmer est publique et transparente et qu’enfin ce ne soit pas une discussion des syndicats dans un bureau du ministre de l’intérieur. Mais à la vue de tous. Et donc on voit bien comment l’objectif initial du Beauvau de la sécurité et finale est bien de répondre aux syndicats et pas de répondre aux problèmes posés dans la population.
David Dufresne
Quels sont les syndicats de police dont la France insoumise pourrait être proche ?
Bernalicis Ugo
Il y en a dans le chat CGT Police. On a pas mal bossé avec une intérieure où on a eu des échanges un peu moins maintenant, mais avec eux, avec Alexandre Langlois.
David Dufresne
Je dois quand même avancer un petit peu quand même. Dans le Discord, je te dis que le poids et l’assurance ont pris les syndicats ces dernières années. Ne craignez-vous pas que des syndicats de police ne fassent preuve d’ingérence lors de la prochaine présidentielle, par exemple en menaçant de grève ou de grève du zèle en cas de victoire de certains candidats, notamment Mélenchon ? Jean-Luc, qui a pu être très critique envers certaines de leurs déclarations ou actions.
Bernalicis Ugo
Je prolonge la question même, par exemple en faisant une manifestation à côté de l’Assemblée nationale par exemple, qui essaierait de s’immiscer dans le débat public de cette manière là. Ils l’ont déjà fait et bien sûr qu’ils vont le faire. Bien sûr qu’ils le font et qu’ils sont hyper politisés et qu’ils ne sont pas du tout de notre bord. En tout cas, les directions syndicales, les directions syndicales. Depuis les perquisitions au siège de la France insoumise, ils ne veulent plus parler. Il ne va plus parler, ni recevoir, ni discuter, ni échanger. D’ailleurs, il avait même refusé de venir à l’audition à la convocation de ma commission d’enquête que je possédais et la commission d’enquête sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Si tout le monde se souvient bien, j’ai dû faire un communiqué de presse pour leur rappeler que c'était pénalement répréhensible que de ne pas se présenter une convocation d’une commission d’enquête et qu’en plus je pouvais délivrer un mandat d’amener et demander à la police de m’amener les gens convoqués. Donc, est ce qu’ils vont nous laisser faire si on arrive au pouvoir ? Non. Est ce qu’ils ont laissé faire Joxe quand il est arrivé et qu’il a voulu faire des réformes, etc. Non, il y a eu des manifestations devant. Devant les ministères. Qu’est ce qu’il a fait ? Il a envoyé les gendarmes.
David Dufresne
Vous pourriez mettre au pas des policiers par des gendarmes ? Oui. Je ne sais pas qui remplit ta tâche, mais c’est toujours. Avec des petites gorgées. Et c’est ça les syndicats de police qui ont des scores quasi soviétiques qui feraient pas mal de candidats à l'élection présidentielle. En fait, c’est moins pour des raisons de carrière puisque c’est de la cogestion que pour des raisons de conviction. Néanmoins, le centre de gravité politique passe à droite, voire à l’extrême droite. Donc quand Jean Ferraille dans le chat te dit qu’est ce qu’on fait des syndicats d’extrême droite ?
Bernalicis Ugo
Quand tu vois que c’est une des professions où il y a le plus fort taux de suicide ? Tu ne peux pas juste dire ah, il y a que des salauds tordus d’extrême droite là dedans et nier tout ce qui représente souffrance au travail parce qu’il y a de la souffrance au travail, il y a de la souffrance au travail parce que on en a fait une police uniquement répressive et d’intervention et qu'à un moment donné, quand tu passes tes journées dans un truc anxiogène et dans le conflit permanent et dans la surenchère permanente, bah ouais, ça peut pas aller quoi. Oui, on parle de la bravoure pareil, ça dissout ça, ça, ça va prendre cinq minutes aussi.
David Dufresne
Ils ne sont pas très nombreux.
Bernalicis Ugo
On peut très bien, oui, mais symboliquement. Et en plus ça ira d’autant plus vite et ça sera d’autant plus efficace qu’ils ne sont pas encore trop nombreux.
David Dufresne
Monsieur Bernalicis, votre avocat ne va pas venir tout de suite. On va continuer la convocation. La petite garde à vue. Je ne vous ai pas lu vos droits, mais vous les connaissez. Lapin Est ce que la relation entre le syndicat de police Alliance et le ministère de l’Intérieur se rapproche de la relation entre le FN, la FNSEA et le ministère de l’Agriculture ? C’est à dire que finalement, le ministre est quasiment le représentant du syndicat auprès du gouvernement et toi en tant que député ? Est ce que tu subis des pressions de cet ordre là ?
Bernalicis Ugo
Le seul qui a osé mettre un coup de pression et je pense qu’il s’en souvient encore, c’est Mathieu Vallet. Darmanin avait donné une envergure nationale à un hommage à un policier qui était décédé sur Villeneuve d’Ascq sur ma circonscription, et pour lequel on rendait hommage à l’hôtel de police. Il a voulu en faire un truc national pour faire son discours, faire de la bonne récupération comme il se doit. Et il avait invité toutes les huit le syndicat. Et donc il y avait Mathieu. Tu vois qui c’est ? Tout le monde disait c’est celui qui est qui est chauve et qui est tout le temps sur CNews.
David Dufresne
Syndicat des commissaires minoritaires, kit de formation, gardien de la paix
Bernalicis Ugo
Pour poursuivre son pédigrée et qui a grandi à Lille-Sud, dans le quartier populaire, juste derrière le commissariat de police, ici à Lille. Et donc on rend cet hommage. Et puis à la fin, il vient me voir et me dit : Qu’est ce que vous faites là, vous les insoumis ? Là, vous avez la haine anti-flics et puis vous vous permettez de lui rendre hommage. Bon, déjà on ne parle pas comme ça parce que sinon je vais répondre à peu près sur la même tonalité. Et puis je lui dis moi ici je suis chez moi, moi tu vois, on réagit au ministère de l’Intérieur. L’Hôtel de police, je le connais comme ma poche. Les gens ici me connaissent aussi. T’es qui toi ? Oui, moi je suis du syndicat des commissaires le dé zingage des commissaires. Toi tes commissaires et tu viens m’insulter, Moi élu de la République, Une écharpe bleu blanc rouge pour un hommage d’un de tes collègues qui est mort. C’est ça que tu viens faire ? C’est ça que t’es en train de faire là ?
David Dufresne
Qu’est ce qu’ils te disent de ceux qui ne sont pas de la maison par exemple, qui sont dans le djihad ? Ou certains sociologues ou certains écrivent des horreurs ?
Bernalicis Ugo
Ils disent des horreurs qui se disent on fera une discussion avec les syndicats et moi je vais leur expliquer que les conditions de travail de la masse des policiers dans ce pays vont s’améliorer parce qu’on va dégonfler, actualiser un certain nombre de choses et que déjà, comme on va légaliser le cannabis, encadrer sa production et sa vente, c’est 30 % de l’activité policière qui va s’effondrer du jour au lendemain et donc 30 % de temps de travail qui vont pouvoir être utilisés à faire des choses utiles. Les violences intrafamiliales, ça peut être les petites nuisances du quartier pour les policiers de proximité, pour aller voir l’agent, pour que ça se passe bien. Ça peut être les vraies enquêtes pour les cambriolages, s’ils veulent faire des vraies enquêtes, parce que des fois quand même pas ça.
David Dufresne
À quoi bon Alors c’est quoi là, ras le bol.
Bernalicis Ugo
Ras le bol et c’est un gilet jaune en fait. C’est un gilet jaune qui me l’a offert.
David Dufresne
C’est le gilet jaune. Est ce qu’il y a une surexposition ou est ce que les syndicats de police ont vraiment le pouvoir ? Par exemple, un gars que j’aime beaucoup, un ami, Fabien Jobard, sociologue, lui, il n’est pas loin de penser ça et pas loin de dire finalement, les syndicats ont pris le pouvoir sur le politique au ministère de l’Intérieur. Est ce que c’est ton ressenti ?
Bernalicis Ugo
C’est juste qu’ils partagent le même projet politique, ils sont d’accord en vrai. Donc il n’y a pas de volonté politique de s’opposer à eux. Donc ils ont le pouvoir qu’on leur laisse et qu’on veut bien leur laisser. C’est le ministre de l’Intérieur, les ministres intérieurs successifs, qui décident d’abandonner leur pouvoir et de manger dans la main des syndicats. Mais en même temps, ils ont été pris dans leur propre tenaille. Politiquement, je veux dire, à partir du moment où tu as les gilets jaunes dans le pays, il y a un mouvement et les mecs arrivent sur l'Élysée. Et que toi même t’explique que le dernier rempart de la République, en fait, c’est pas du tout le dernier rempart de la République, c’est le dernier rempart des fesses du gouvernement que le dernier rempart des fesses du gouvernement, ce sont les policières et les policiers qui sont là.
David Dufresne
Ça s’appelle un caleçon rouge et bas.
Bernalicis Ugo
Et bien tu fais comprendre aux organisations policières que, en fait, si tu leur donnes pas gain de cause et qu’ils se mettent à faire des arrêts maladie tous ensemble, à refuser d’aller bosser, etc. Et bien c’est à poil.
David Dufresne
Mais c’est du chiqué. Où c’est ? C’est concret ? De quoi est-ce que tu es en train ? Qu’est ce qui est si insurrection. Tu penses vraiment que les policiers vont aller prendre l’Élysée fin juillet ?
Bernalicis Ugo
Il y a une ou deux manif où s’il n’y avait pas les policiers, ils prenaient l’Élysée, les gilets jaunes et ça aurait été un cataclysme pour Macron et pour ce gouvernement. Les directions syndicales en ont conscience. La masse des policiers, je ne suis pas sûr qu’ils en aient vraiment conscience. En fait, eux, ils sont là, ils ont fait des heures pas possibles, ils étaient crevés, ils s’en prenaient plein la tronche, ils en avaient plein la tronche aussi. Bon, si tu joues le jeu d’améliorer leurs conditions de travail, la masse des policiers, il y a une masse de policiers qui est prête à obéir, à remplir ses objectifs politiques là et qui aspirent à plus de tranquillité aussi. C’est la vérité. Donc encore une fois, il ne faut pas survaloriser nous mêmes. Le poids des directions syndicales des GP policiers, FO et d’Alliances Police nationale.
David Dufresne
Sentier Battant demande. Traditionnellement, le ministre de l’Intérieur est coopté par les syndicats de police. Ou bien est-ce une légende urbaine ?
Bernalicis Ugo
Non, je pense que c’est vraiment une légende urbaine.
David Dufresne
Est ce que pour toi il y a une police de droite et une police de gauche ?
Bernalicis Ugo
Est ce qu’il est possible de préciser la question, Monsieur l’enquêteur ?
David Dufresne
Vous commencez à vous rebellez ?
Bernalicis Ugo
Alors, par la force des choses et par observation empirique et successive, oui. Et la grande différence, elle est très bien expliquée justement et encore une fois, à ce bouquin de Christian Mouhanna en 2011 La police contre les citoyens est un condensé de l’explication de la police selon la droite, comment elle fonctionne et comment elle fonctionne selon la gauche. Et deux visions en fait de son rôle dans la société. La droite pense que la police est un outil uniquement de contrôle social et de répression. Il y a un code pénal, il y a des infractions et donc il faut interpeller les gens qui commettent des infractions et les mettre en prison. Ce n’est pas uniquement que ça pour la droite, parce qu’en plus c’est les infractions commises dans les parmi les classes laborieuses, classes dangereuses et donc essentiellement dans les quartiers populaires. Parce que si je bien des infractions dans le 16ᵉ et pour en trouver aussi peut être pas exactement les mêmes, mais on trouverait sauf qui cherche pas là bas alors que la gauche est pour que le policier assume son rôle social et son rôle de prévention dans la société et pas uniquement de répression. Et c’est là une grosse différence. Très concrètement, Nicolas Sarkozy la l’a extrêmement bien théorisé.
David Dufresne
C’est bizarre concrètement, et Sarkozy dans une même phrase
Bernalicis Ugo
Il l’a théorisé, avec des gens comme Alain Bauer, etc. Ce modèle de police qui est appelé police de projection et en plus il l’a rationalisé, il a réduit les effectifs. Et cette police de projection, c’est ça son modèle. C’est une police répressive qui se fait respecter uniquement par la force. Et donc à la fin ne se fait pas respecter. En réalité, c’est ça la fin de l’histoire. Et c’est pour ça que je pense que de toute façon la droite a tort. Sinon je répète, je serais de droite si la droite n' allait pas tant dans ce sens.
David Dufresne
Le courant abolitionniste défaire la police, défaire la police s'éteint. C’est un ouvrage des éditions Divergence. Et il y a aussi celui qui abolit la police. Et figure toi que les auteurs seront au poste bientôt.
Bernalicis Ugo
Je pense que c’est tout à fait stimulant pour l’esprit et que, au fond, moins il y a de police et mieux ça veut dire que mieux ça va. Après, il y a une limite à l’exercice. En 2016, j’organise Nuit Debout à Lille, donc c’est François à l'époque, Y est qui organise ça sur Paris contre la loi El Khomri.
David Dufresne
François Ruffin. Ruffin Il faut des noms, surtout quand on commence à constituer la bande organisée.
Bernalicis Ugo
Il faut qu’on mette les tonnelles, les machins, les trucs, on fait des commissions action, les causes et il y a une commission tranquillité pour que ça se passe bien sur le site de Nuit Debout, au cas où il y a un problème. Parce qu’en plus brouillard, forcément, il y en a qui picole, qui machin est donc bon pour que ce soit autogéré, autogéré, certes, mais il faut pour que ce soit géré. Donc c'était déjà une forme de police interne, la fonction même de régulation sociale que représente la police aujourd’hui. Elle est consubstantielle de n’importe quelle société humaine. La question, c’est comment on résout ces conflits là et à qui on a qui on donne les moyens de les résoudre. Alors on peut dire que c’est que c’est l’auto-organisation permanente. Et puis adviendra que pourra. Enfin, moi je crois à une certaine forme de professionnalisation de ces de ces missions là et de la déontologie qui va avec et du caractère républicain que tout cela représente et en fait de la notion de service public. Et ce que je ne je ne partage pas dans les propositions abolitionnistes est de défaire la police. C’est que finalement la police devient juste une forme de mission privée interpersonnelle. Je n’ai pas les bons mots, mais j’espère qu’on comprend ce que je suis en train de dire.
David Dufresne
Mais ce n’est pas tout à fait ça et les auteurs viendront Auposte, on pourra l'écouter.
Bernalicis Ugo
Et je lirai attentivement leur bouquin parce que je l’ai pas lu, donc je suis bien en peine de raison d’en parler. Ça donne à réfléchir. Effectivement, plein d’endroits dans la société où aujourd’hui on pénalise, on judiciarise et où ça ne sert à rien. Et donc je peux partager un certain nombre de choses, notamment dans là, les objectifs de déflation pénale et le corollaire étant la déflation carcérale. Parce qu’aujourd’hui, dans ce pays, on incrimine trop, on poursuit trop, on incarcère trop. Voilà. Et donc ça, il faut parler de la décroissance, la décroissance, y compris là dedans. Dans une de nos précédentes universités d'été, j’avais demandé aux militants dans quels cas vous seriez prêt à collaborer avec la police pour prendre un peu le contre pied. Parce que oui, et ça me fait marrer.
David Dufresne
C’est toi qui pense la police, toi qui es coresponsable avec Danièle Obono de ces réflexions là pour la France Insoumise dont vous avez une certaine responsabilité. Moi je voulais juste savoir si ce courant abolitionniste pesait sur vos réflexions ou pas.
Bernalicis Ugo
Oui. Je l’ai déjà rencontrée. Il n’y a pas qu’elle, mais il y a Vanessa elle a aussi des propositions qui sont proches de l’abolitionnisme. Il y en a plusieurs autres, c’est Mathieu Rigaud. J’ai vu qui avait montré un de ses bouquins. Ça fait partie aussi des lectures que j’ai déjà eues. Donc évidemment que je m’intéresse à tout ça, parce qu’au fond, et je vais dire comme je le pense, moi, je ne suis pas prédestinée à être ministre de l’Intérieur. Enfin, ce n’est pas ça l’objectif dans ma vie en vrai. Encore une fois, je suis tombé là dedans par hasard et je me dis bon ben j’ai bossé sur le sujet, je suis peut être un je suis, peut être, je peux peut être être utile à un moment donné, à un endroit donné, pour justement apaiser les choses et pratiquer cette déflation pénale et carcérale et cette désescalade qu’on veut dans la police mais aussi dans la société.
David Dufresne
La question que posent les abolitionnistes, c’est la question de la réforme de la police. Et là tu viens de me dire que je suis là pour apaiser. Donc ça veut dire que c’est vraiment un discours et ce n’est pas péjoratif. Au moment où je le dis, là, ça pourrait l'être à d’autres moments, mais c’est un discours que tu portes qui est réformiste, ça se réforme la police, tu crois vraiment que ça se réforme ?
Bernalicis Ugo
Oui, oui. Et puis si j’y arrive pas bien, vous pouvez tous dire que je me suis planté et que mais, mais y compris moi, j’ai envie d’accomplir cette mission là. Demain, quand Jean-Luc Mélenchon sera président de la République, parce que je vois le potentiel contre révolutionnaire de l’affaire. C’est-à -dire que je vois très bien comment les syndicats de Ah ! Je m'étais juré que j’arrêterai de dire syndicat et donc que ces organisations policières au peuvent avoir la capacité de nous planter tout le reste de notre gouvernement et de notre action au politique, juste en faisant n’importe quoi et en faisant des cas concrets. Donc il va falloir les mater et je le dis très tranquillement et s’ils veulent et par contre, s’ils veulent discuter raisonnablement, on discutera. Je n’ai pas de difficulté avec ça, mais à la fin c’est le programme qui s’applique.
David Dufresne
On nous dit alors j’ai quelqu’un en qui j’ai confiance. Donc je pense que ce qu’il dit est vrai. En début de semaine, il a publié dans le Monde, je l’ai pas lu, une tribune où il demande l’unification police nationale, Gendarmerie nationale et préfecture de police sur le modèle de l’armée. Il réitère deux fois l’intérêt de cette homogénéisation pour échapper aux aléas des alternances politiques. Comment interpréter ça autrement que la volonté affirmée d’un appareil d’État de s'émanciper de toute tutelle ? On n’est pas chez les cons.
Bernalicis Ugo
On n’a pas du tout le même projet politique fiction. Michel Fauvergue Ça c’est sûr. En plus, on se déteste comme ça. Ça tombe bien, depuis une grosse altercation en commission des lois au tout début de mandat sur le projet de loi Sécurité intérieure lutte contre le terrorisme, où il avait expliqué que j'étais l’allié des terroristes. Et du coup, il y a eu une interruption de séance et on est monté dans les tours. Il a refusé de s’excuser et depuis ce jour-là, il ne faut pas qu’il me parle parce que sinon ça va mal se passer. En fait, il propose un truc qui peut avoir des côtés intéressants. Moi aussi je suis pour la suppression de la préfecture de police et que ce soit une direction normale du ministère de l’intérieur, soit direction territoriale classique. Je ne vois pas vraiment l’intérêt de la préfecture de police. Je ne le voyais déjà pas quand j'étais à l’intérieur même du ministère et je n’en vois encore moins depuis, et surtout pas depuis ce qui s’est passé ces quatre dernières années.
David Dufresne
Est ce que toi, tu es par exemple très favorable à une fusion complète police-gendarmerie ? Oui, donc c’est pour ça que j’imagine que cette tribune de Fauvergue t’intéresse.
Bernalicis Ugo
Elle m’intéresse, mais en fait, elle est pour elle pour des mauvaises raisons et des mauvais objectifs politiques. Moi, je veux fusionner la police et la gendarmerie pour deux raisons. La première, c’est que les choses qui sont à régler à l’intérieur du territoire doivent être faites par des civils et pas par des militaires. Pour moi, les militaires, c’est pour l’extérieur du pays et ce n’est que dans des situations particulières, exceptionnelles que la militarisée peut avoir ce rôle et sa place pour régler les affaires à l’intérieur du pays. Et deuxièmement, je vois plus d’inconvénient à la guéguerre entre police et gendarmerie que d’intérêt sur la soi-disant émulation entre les deux forces ou la concurrence positive, notamment pour les magistrats, pour pouvoir choisir soit les gendarmes pour faire une enquête ou les policiers. Dans bien des cas, tout ça, c’est avéré, est une vaste, vaste blague. Et ne pas changer, ne pas changer grand chose le statut sous lequel je souhaiterais. Fusionner la police et la gendarmerie. C’est sous un statut où il y a des suggestions, où il y aurait des suggestions particulières qui se rapprocherait des suggestions de la gendarmerie sans avoir la militarisée. Et évidemment, ce n’est pas du tout pour les mêmes raisons que Jean-Michel Fauvergue et les Sur la militarisé. Pour revenir un peu là dessus, je garderai quand même parce qu’on n’est pas les on n’est pas chez les fous. La gendarmerie a des missions un peu particulières quand même. Il y a la Garde nationale, la garde républicaine. Pardon. Oui, je souhaite que ce soit toujours la gendarmerie demain. Je souhaite que les missions de Prévôté puissent continuer à être celles de la gendarmerie. La prévôté c’est la les missions de police judiciaire interne à l’armée en Isère. C’est comme ça pour schématiser vulgairement. Et puis la garde des sites sensibles type centrale nucléaire et tout ça.
David Dufresne
Petite anecdote dans un passé lointain maintenant, quand j'étais à Libé ou à Mediapart, à l'époque où j'étais journaliste on va dire, c'était quand même bien utile qu’il y ait une guerre de service police gendarmerie. Donc de ce point de vue là, il y avait, et je crois que c’est toujours le cas. Euh voilà, pour avoir des infos sur ce qui s’est passé à Redon, j’imagine que les policiers parlent, et puis quand on veut savoir des trucs sur eux, je pense qu’il y a un équilibre. Alors c’est peut être pas pour le pouvoir très intéressant, mais pour le peuple. C’est pas inintéressant que ce soit bon, voilà. Et puis il y a Pierre B qui te dit mais alors du coup, si tu fusionne, qui va aller chercher les policiers qui manifestent illégalement ? Tout à l’heure tu disais c’est les gendarmes, mais si tu les fusionne,
Bernalicis Ugo
Il y a vraiment un souci, il reste l’armée.
David Dufresne
Ah ben voilà. Ça, c’est la France Insoumise.
Bernalicis Hugo
Non, mais.
David Dufresne
C’est le vrai visage de la justice. Je suis désolé mais à un moment donné…
Bernalicis Ugo
Ben non mais t’as les types qui déconnent, reste armée quoi. Pour revenir au sujet de ce que tu racontes, c’est vrai, mais en fait la guerre entre police et gendarmerie, à la limite, ce n’est pas la pire. La pire c’est la guerre entre les directions de police au sein du périmètre police. Donc demain y aura encore un service de police qui sera une autre direction qui te regardera sur ce qu’a fait la direction d'à côté, sur ce qui s’est passé dans tel ou tel endroit, etc.
David Dufresne
Là, il va falloir faire pause, sinon je vais m'énerver. Faut qu’on fasse la pause. Là, j’ai besoin d’une petite pause technique, café et autre.
Bernalicis Ugo
Allez, c’est parti, Je fais une petite pause.
David Dufresne
Ok, là c’est reparti pour le deuxième round, ça fait déjà 3 h.
Bernalicis Ugo
Une des premières mesures, c’est qu’on donnera l’ordre à tous les policiers de ce pays d’arrêter de faire des contrôles d’identité. Sauf si c’est en flagrant délit et qu’ils ont vu un type qui l’arrête et qu’ils ont besoin d’avoir son identité et point. C’est pas plus compliqué que ça.
David Dufresne
Ceux qui vous accusent de draguer la jeunesse ou de draguer les quartiers populaires en proposant ce genre de choses, tu leur réponds quoi ?
Bernalicis Ugo
Qu’ils ont rien compris. C’est pas juste une affaire de quartier populaire et d’ailleurs je pense que les gilets jaunes en auront fait la démonstration que ce n’est pas une affaire de quartier populaire, c’est une affaire de contrôle social et qu'à un moment donné, on va plus avoir une activité policière sur telle ou telle partie de la population, parce que classe laborieuse, classe dangereuse, et c’est même plus classe laborieuse puisque c’est plutôt le chômage.
David Dufresne
Ah ça c’est ça, C’est un concept du XIXᵉ siècle.
Bernalicis Ugo
Non ? Mais oui, oui, mais là, c’est même plus que ça, c’est classe. Chômeuses, classes dangereuses quoi. Si je devais refaire reformuler un peu le slogan tel que nos adversaires, le seul, figurent.
David Dufresne
Je vois que la pause a été bonne pour monsieur. Euh. Tu as repris du poil de la bête, mais la question que je te pose, c’est la question de l’intérêt politique, du calcul politique à venir sur des T, sur des sur des sur le domaine policier. Est-ce que ça vous fait gagner des voix ou pas ?
Bernalicis Ugo
En fait, je ne le propose pas pour ça, mais j’espère que ça nous rapporte des voix. Mais pas juste dans les quartiers populaires. Ça nous rapporte des voix dans le pays tout entier et y compris dans les gens qui n’habitent pas dans les quartiers populaires et qui pensent que c’est insupportable qu’il y ait une police comme ça qui soit répressive. Faire les contrôles au faciès et qu’on contrôle les gens parce qu’ils sont noirs, arabes ou ou je ne sais pas quoi. Je pense qu' on a tout intérêt à ce que ça se passe bien partout dans le pays. Et on a intérêt aussi collectivement, tous à ce qu’il y ait des policiers pour aller chasser les délinquants en col blanc qui une mauvaise appellation par ailleurs. Mais bon. En tout cas pour aller chasser la délinquance économique et financière, ce n’est pas pour mettre plus de gens en prison, ce n’est pas ça le sujet, c’est justement pour qu’il y ait moins de gens en prison.
David Dufresne
Alors il y a tout un volet de la politique pénitentiaire qui est assez si étonnant, qui vient de la France insoumise, mais qui est cohérent avec ce que tu dis là. Mais moi, c’est quand même la question de la police, parce qu’on a l’impression que toute la gauche. A part quelques îlots c’est courtisé par rapport à ça. Et donc je te pose la question aussi est ce que la fameuse manifestation où tout le monde a défilé pratiquement à gauche, à droite évidemment, mais à gauche aussi avec les policiers le 19 Mais vous, vous n’avez pas fait de point. On me dit que certains d’entre vous auraient pu y aller et qu’en fait. Deuxième point. Par calcul politique, on a dit non, il ne faut pas y aller. C’est vrai.
Bernalicis Ugo
Alors la première partie est vraie et la deuxième partie est fausse. La première partie est vraie pour une raison bien simple, c’est que le rouleau compresseur médiatique syndical, relayé par ses news et tout le tralala, nous apprenait que cette manifestation était une manifestation d’hommage sortie sans genre marche blanche et que, au fond, pourquoi on n’irait pas dans une marche d’hommage à des policiers qui se sont fait assassiner par un dealer ? Je ne sais pas pourquoi on assassine des policiers, donc ça ne me choque pas d’aller au chômage. D’ailleurs j’y vais à chaque fois qu’il y a eu des commémorations de policiers qui ont été tués. La manif du 19 mai, donc des collègues se sont dit il faut qu’on y fasse un truc machin. Je suis sollicitée par les médias, par les syndicalistes et tout le monde. Mon premier sentiment, c’est de ne pas y aller parce que ce ne sera pas un hommage. Voilà, moi je vous le dis, ce que j’entends syndicalement qui vont sortir des revendications. Il faut simplifier la procédure pénale, les voyous en prison, augmenter les peines de prison, on va tout le tralala qu’on combat déjà depuis trois ans, ni donc qu’on a rien à faire là dedans. Et donc effectivement, on a on a cherché un maximum d'éléments syndicaux, revendicatifs, de ce qui comptait annoncer pour pouvoir bien dire pourquoi on y allait pas. Pourquoi ? Pour les raisons de fond, pourquoi on n’y allait pas ? Et par ailleurs, on en a profité pour mettre une petite couche sur ce qu’on aimerait bien réformer dans la police nationale, la gendarmerie, dans les missions de police en tant que telle, en mode contre représentant une alternative. Et personne dans le groupe n’a dit ah bah non finalement, faudrait y aller quand même ou pas. C’est sur ça c'était l'évidence pour tout le monde et donc on ne l’a pas fait par calcul politique, mais juste par analyse de la situation politique, par rapport à ce qu’on pense, ce qu’on revendique et ce qu’on souhaite faire derrière ça.
David Dufresne
Par exemple, comment ça se passe dans un parti politique, à quel moment vous discutez de ces choses-là ? Commencez dès boucles Telegram, c’est il y a des autorités, tu es une autorité parce que tu t’intéresses à ça, comme Danièle Obono, Comment ça se passe ?
Bernalicis Ugo
C’est le bordel. Mais organiser ainsi ça, Il y a à la fois des boucles Telegram pour l’immédiateté, collecter les infos, les faire circuler, etc. Il y a moi qui effectivement suis personne ressource sur ces sujets là particulièrement. Et donc du coup on va me demander mon avis et à la fin ça a été tranché tout simplement avec un groupe et le communiqué de presse par le jour ou le mardi de notre réunion groupe, parce qu’on le valide à ce moment-là. Est ce que ce que raconte Jean-Luc Mélenchon quand il fait son point presse en direct du siège de la France insoumise ? En fait, c’est moi qui aie rédigé en réalité.
David Dufresne
Alors là, je vais prendre des questions de la brigade de la.
Bernalicis Ugo
Attends juste sur le calcul, sur le calcul politique. Juste, c’est un peu merdique comme calcul politique de se dire je ne vais pas à la manif des flics parce que comme ça, les quartiers populaires vont voter pour moi. Parce qu’aux dernières nouvelles, les quartiers populaires, ils ne votent pas beaucoup. Le calcul politique, il est justement des socialistes, des autres qui renoncent à ce que devrait être la gauche en disant ah bah regarde dans les sondages, 68 69 % de la population aime sa police et c’est d’ailleurs ce qui les amène à être dans cette manif.
David Dufresne
Seulement ? Oui, bien sûr. Tout d’un coup, vous êtes démarqué de tout l'échiquier politique j’ose te dire que peut être vous auriez fait un calcul politique en un an à la manifestation.
Bernalicis Ugo
Non ce n’est pas ça. Non mais ce n’est pas ça, ce n’est pas ça. Le truc c’est que les autres organisations politiques, je pense à Europe Écologie, les Verts Générations, etc. Ils attendent qu’on prenne position pour prendre la leur. Ils attendent qu’on prenne position pour prendre l’air pour la. On est. On est les premiers à communiquer en disant qu’on ne va pas à cette manifestation et qu’on en fait un sujet politique.
David Dufresne
Il faut vraiment que je me pose des questions parce qu’il y en a plein. Donc tu ne vas pas te coucher là, je te dis si réponds toujours aussi longuement. Moi ça me passionne, mais il y a beaucoup de questions. Qu’est ce que vous pensez de Déméter ? Cellule de la gendarmerie, bras armé au service de la FNSEA et du spécisme ?
Bernalicis Ugo
Il ne faut pas oublier qu’il y avait déjà avant la cellule des Météores, il y avait déjà des. Un dispositif, ça s’appelle Vigie Agri. Qui existait en fait sur place et qui était des contacts directs entre les agriculteurs qui le voulaient bien et les gendarmes du secteur dans les casernes. Et normalement, ce n’est pas du tout pour les intrusions dans les ports. Pour les L214 et tout ce qui s’ensuit. L’objectif, c’est Il y a un type qui vient la nuit pour dans le champ de patates pour prendre des patates et voler des patates pour le signaler. Du coup, ça existait déjà ce machin, et ils l’ont repeint en Déméter pour y donner une connotation et un objectif politique particulier de répression des mouvements antispécistes qui d’ailleurs font bien de dénoncer ce qu’ils dénoncent, c’est à dire cet élevage intensif qui en plus, ce qu’ils dénoncent, ce sont des illégalités, des illégalités au vu de la réglementation que sont censés respecter les éleveurs pour avoir tel ou tel label ou tel ou tel machin, ou juste pour respecter un minimum les animaux quoi. Moi je défends L214 au titre des lanceurs d’alerte.
David Dufresne
Cette chose autour des lanceurs d’alerte, c’est quoi exactement ? Ça passe à la télé, c’est ça ?
Bernalicis Ugo
Ouais, y a eu une directive. Du coup, maintenant, elle date de 2019. Si je dis pas de conneries, le Tchad va sans doute retrouver ça. Donc une directive au niveau européen sur les lanceurs d’alerte au fixant, obligeant chaque gouvernement à avoir une législation pour protéger les lanceurs d’alerte. Et donc nous, ça modifie deux ou trois bricoles. Par exemple les lanceurs d’alerte aujourd’hui en France pour pouvoir faire une divulgation publique ou à les divulguer chez le Défenseur des droits puisque c’est aussi une des compétences du Défenseur des droits. Doivent d’abord avoir prévenu leur hiérarchie en interne. C’est une condition sine qua none pour être lanceur d’alerte, ce qui est complètement couillon puisque souvent la hiérarchie est un des problèmes du lanceur d’alerte et une des raisons pour lesquelles ils lancent l’alerte. Juste pour ne pas trop dévier sur les lanceurs d’alerte. On refera si tu veux, tu me convoques et on suivra le débat à l’assemblée.
David Dufresne
Dealer te demande face à la refonte envisagée par la France Insoumise de la police du Sol Grenier, que deviennent les préfets dans votre nouvelle police ?
Bernalicis Ugo
Ben c’est ce que j’ai dit tout à l’heure. Dans notre esprit, les préfets sont rattachés aux services du Premier ministre. Ils n’ont pas en charge exclusivement la sécurité, ils sont plus en charge du ministre de l’Intérieur. Ce que vous ne savez peut-être pas dans l’organisation administrative actuelle du pays, mais toi, tu dois le savoir. David C’est qu’il y a dans ce pays des hommes de défense. En fait, en réalité, avec des préfets délégués à la défense et la sécurité qui ont déjà cette mission uniquement interrogative des dispositifs opérationnels de police, et bien on pourrait imaginer qu’il y ait dans le corps préfectoral des gens qui soient dédiés aux questions de sécurité et de police en fait, mais qui ne soient pas le préfet en tant que tel, le préfet. Pour moi, il a une mission interministérielle et il conduit l’ensemble des collectifs publics sur le territoire. Il ne doit pas y avoir de tropisme sécuritaire ou de sécurité. Il doit être le représentant du gouvernement sur le territoire, pas de la police, du gouvernement dans son intégralité, de tous les ministères.
David Dufresne
Quand le gouvernement axe sa politique sur beaucoup sur la police, de fait, il devient le représentant de cette politique là. Très politico policière.
Bernalicis Ugo
C’est à dire que si aujourd’hui, en l'état actuel du gouvernement, le corps préfectoral a été rattaché au service du Premier ministre, ça ne changerait pas grand-chose à la politique sécuritaire, je vous l’accorde. Mais, mais, mais on ne va pas changer une politique conduite par un gouvernement, par une modification administrative insane. C’est pas comme ça que ça marche et c’est la politique qui commande. Alors que si on veut changer de politique, il faut mettre d’autres bulletins de vote, il ne faut pas changer les préfets.
David Dufresne
Petite idée du chat, on verra si elle apparaît un jour dans un débat pour les candidats à l'élection présidentielle sous la bouche de Mélenchon. Jean Luc. Et si la police, comme les politiques, étaient des citoyens tirés au sort et limités à un seul mandat ?
Bernalicis Ugo
C’est là dedans. Mais c’est à ce moment là que je recase habilement mon histoire de service citoyen obligatoire.
David Dufresne
Mais attends, mais ce n’est pas fini ! Vas-y dans la réserve ! C’est quoi ça ? Qu’est ce que c’est ?
Bernalicis Ugo
Donc les services citoyens obligatoires se présentent de la manière suivante C’est un service que l’on doit à la nation pour neuf mois entre ses 18 et 25 ans, payés au SMIC. Le service citoyen obligatoire n’est pas un service militaire obligatoire, mais dans le service citoyen, une partie de ceux qui le voudront, encore une fois à qui le voudront, pourront faire leur service dans l’armée, chez les militaires. Parce qu’on pense que le fait que le peuple puisse être même savoir manier les armes et être en armes le moment venu, c’est une garantie démocratique. Et ça a été vérifié à travers l’histoire quand même, y compris ne pas avoir d' armes à la maison. Je ne parle pas de ça. Non, c’est un sujet parce que les chasseurs sont un peu sur qui. Bref, on ne va pas se fâcher tout le monde ce soir. Donc le service ça serait mal, ça fâcherait beaucoup de monde.
David Dufresne
Non mais il y a des élections et je dis ça pour toi.
Bernalicis Ugo
Il y aurait une composante civile qui pourrait être à la fois chez la masse, chez les policiers, chez les gendarmes, mais aussi dans la sécurité civile en tant que telle. Et il y aurait surtout une grosse partie des gens qui ferait le service citoyen obligatoire, qui en fait le ferait, soit dans le l’associatif environnemental préservation de l’environnement. Soit dans l’aide à la personne. Et donc pendant neuf mois, tu vas aider tes concitoyennes et concitoyens, tu es déjà et tu vas être payé au SMIC et ça va être utile pour le pays. Et l’objectif est que, à la fin, on ait des gens qu’on puisse mobiliser en cas de crise pour prendre soin des autres dans tout un tas de prérogatives, que ce soit encore une fois les prérogatives environnementales, les prérogatives des métiers du lien et des soins à apporter aux personnes et des prérogatives de l’ordre public et de tranquillité publique dans la l’armée si besoin, mais surtout dans la police et dans la gendarmerie. Il y a une grosse différence entre la police et la gendarmerie, c’est la réserve opérationnelle. Et tu m’as entendu d’ailleurs l’autre soir batailler avec Darmanin sur la question de réserve opérationnelle où j’essaye de lui faire comprendre des trucs intelligents. Mais oui, il était trop tard pour lui pour le coup, il avait déjà déconnecté, débranché les circuits.
David Dufresne
Là tu m'étonnes. Dans le chat ici même vous avez écrit C’est pénible quand il se fait plus idiot qu’il ne l’est Darmanin. Ouais, tu l’as écrit ici. Attention à nous, on a des preuves.
Bernalicis Ugo
Déjà, il est idiot et en plus là, il est encore plus idiot qu’il ne l’est. Donc c’est quand même. Il a fait des efforts pour ne pas comprendre ce qu’il est en train de lui dire. Non mais c’est vrai. En plus, ça allait potentiellement dans son sens entre guillemets puisqu’ils veulent mettre en place une réserve.
David Dufresne
Mais alors c’est là où c’est là, Honnêtement, on ne comprend pas.
Bernalicis Ugo
Je vais continuer à expliquer, si vous voulez bien, monsieur l’enquêteur. Je le jure. Et donc, ce qui se passe avec la réserve opérationnelle de la gendarmerie, c’est que la gendarmerie, du coup, redevient perméable à des gens qui, en dehors de leur mission.
David Dufresne
Juré que la main gauche, là.
Bernalicis Ugo
C'était pour être dans le cadre. Bon, mon je rejoins là dans le jeu
Bernalicis Ugo
Donc ce qui se passe ? La réserve opérationnelle de la gendarmerie. Ouais, c’est qu’on a des citoyens qui par ailleurs ont un métier, une vie sociale machin, une famille qu’on chasse de leur vie, qui a un coup de temps en temps, vont voir les gendarmes et vont travailler avec eux. Ce qui fait qu’on y voit ce qui se passe dans la gendarmerie. Alors qu’ils ne dépendent pas de ça leur carrière, leur vie ne dépend pas de ces missions là. Et donc qui regarde ce qui se passe. Et les gendarmes sont sous le regard de quelqu’un qui est extérieur à la gendarmerie, qui vient de temps en temps bosser avec eux, ce qui les oblige à avoir au moins les apparences, si ce n’est à tout le moins dans les actes, une certaine forme de retenue, de s’assurer qu’on fait les choses dans les règles de l’art, etc. Et n’en parle pas d’Ellana. Le colonel qui n’a jamais fait une mission de réserve de sa vie ne laisse pas de sujet.
David Dufresne
Vous allez vous énervez.
Bernalicis Ugo
Attention en plus de Benalla, on a un octogone encore sur le feu donc attention. Donc ça j’ai vu ça et ce sont des camarades qui me le racontent de leur expérience personnelle dans la réserve, dans la gendarmerie. Et puis il y a un autre indice. Je me souviens d’un certain Arnaud Montebourg on est dans les présidentielles 2017, donc on est en 2016, il est candidat aux primaires et y proposer qu’il y ait la création d’une réserve opérationnelle de la police sur le même modèle que la gendarmerie, en disant il faut qu’il y ait des citoyens qui puissent participer aux tâches de police avec une formation, etc. Et puis c’est aussi un moyen de contrôler l’activité de la police au quotidien, qui ne va pas dans l’entre soi, dans l’omerta et dans leur truc. Et là j’ai vu il lui avait mis un syndicaliste en face de SGP Police et Faux et je m’en souviens parfaitement bien et qui lui avait dit mais nous on n’a pas que ça à faire s’occuper de plein de petits jeunes qui viennent nous voir. Et puis en plus, nous on a un vrai métier, puis c’est compliqué, puis qui va les protéger ? Puis c’est quoi cette volonté là ? Suspect de vouloir nous mettre des gens dans les pattes qui contrôlent ? Qu’est ce qu’on fait ? Qu’est ce que c’est encore que cette histoire ? Et donc, c’est ce syndicaliste là qui m’a convaincu qu’il fallait le faire. Et je me suis dit Ah, s’il ne veut pas qu’on le fasse pour ces raisons-là, c’est qu’il faut le faire, qu’il est urgent qu’on le fasse. Pour moi, une réserve opérationnelle, c’est sans arme à feu.
David Dufresne
Je groupe deux questions de Frédéric et de même en rajouter une troisième. Pourquoi ne pas supprimer la police nationale pour ne garder que dans une compétence municipale et conserver la gendarmerie ? Cette compétence nationale d’adjointe demande que pense ce que pense t il de l’exception française du fait que la police nationale et Marcel qui est à Montréal, je le sais, que je salue en dehors de la France, qu’est ce qui se fait de bien dans la police ? Existe-t -il une police modèle ?
Bernalicis Ugo
Je n’ai pas l’impression qu’il y ait vraiment de police modèle.
David Dufresne
Il semblerait. D’après VB 74, l’idée de fusionner la police et la gendarmerie nationale, c’est un peu sur le modèle de ce qui a été fait en Belgique auparavant.
Bernalicis Ugo
C’est suite à l’affaire je ne sais plus à quelle affaire judiciaire que les gendarmes ont complètement planté et que j’ai recherché hyper connu.
David Dufresne
Je vais retirer l'émission. Que faire de la police pour la dissolution ? Parce que l’invasion…
Bernalicis Ugo
Non. En deux mots dissolution. Voilà, on joue sur l’ambiguïté et on joue sur l’ambiance.
David Dufresne
Vous êtes forts, vous les politiques.
Bernalicis Ugo
Donc cette police municipale, on l’a, on l’a vu comme ça. Et pourquoi ? Parce que ça permet de joindre l’utile à l’agréable. Si le policier municipal trouve que le maire lui demande de faire n’importe quoi, paf son sa véritable autorité hiérarchique, c’est le préfet. Imaginons qu’on veuille faire des élections pour élire le chef de la police. Comment est ce que ça permettrait ?
David Dufresne
Attends.
Bernalicis Ugo
Tu spoile aussi.
David Dufresne
Là je me suis dit il faut que l’enquête avance, là. On connaît les suspects comme vous, là ça ne sert à rien.
Bernalicis Ugo
Mais est ce que ça résout le problème ? On voit bien que le fait d'élire le chef de la police ne résout pas le problème. On voit aux Etats-Unis et toujours du raciste, du machin, même s’il est élu. En même temps, il y a un truc que moi qui me tient à cœur, c’est légal application de la loi sur tout le territoire et qu’il n’y a pas une police par ville et qu’on obligera et qu’on obligera ces comités locaux de sécurité et de prévention de la délinquance de se réunir au moins une fois par an en assemblée plénière avec les habitants du périmètre concerné, de sorte à ce qu’ils puissent dire ce qu’ils veulent comme police ou ne veulent pas comme police, et qu’on oblige les policiers et les policières ainsi que des élus à rendre des comptes directement auprès de la population de leurs actions.
David Dufresne
Mésange a bien demandé de fournir des primes pour ceux qui sont formés à accueillir les femmes victimes de violences.
Bernalicis Ugo
Il n’y a pas besoin de primes en l’occurrence, mais il y a besoin d'énormément de formation initiale et de formation continue. Et je pense qu’il y a des tas de gens, femmes et hommes dans la police, qui sont prêts à faire ce boulot là un peu consciencieusement et sérieusement, pour peu qu’on leur donne à la fois la mission et les moyens et les prérogatives. Il serait peut être temps qu’on passe à deux ans de formation initiale, ce qui serait déjà la moindre des choses.
David Dufresne
Et dans l’idéal, pour l’instant on a huit mois, on va revenir à douze et vous voudriez 24.
Bernalicis Ugo
Voire même 36, parce que les tâches de police sont des tâches éminemment complexes. Enfin, aller sur un différend familial, ça demande un niveau de technicité et de connaissances et des compétences à la fois judiciaires, civiles, de positionnement humain, de savoir comment on intervient, qui sont autres, qui sont extrêmement importantes. Donc ce n’est pas effectivement en prenant des gens à six de moyenne, en les formant huit mois, dont zéro quasiment zéro heure d’accueil du public, qu’on va y arriver, ça c’est clair, c’est sûr et certain. On s'était dit la même chose sur les comptes, la délinquance économique et financière. Il manque des enquêteurs en économie et financier et paf ! Mettons une prime sur la lutte contre la délinquance économique et financière. Mais non, faisons des recrutements dédiés, Il y a des gens que ça intéresse.
David Dufresne
Moi, il y a un truc que j’adore à l’Assemblée, c’est pourquoi vous jetez vos micros.
Bernalicis Ugo
Ce n’est pas trop la classe.
David Dufresne
De jeter le micro là ? C’est quoi ça ?
Bernalicis Ugo
Ça dépend. Ça dépend. Il y a des fois, des fois on le jette vénère parce qu’on est vénère. Donc là c’est vraiment une intention. Des fois c’est juste parce que le truc et le truc qui se tord c’est l’envie de tordre, je ne sais pas. Et comme c’est comme les trucs pour se détendre, c’est les balles en mousse que tu mets.
David Dufresne
Parce que pour nous c’est pas du tout détendant hein. Il y a un vrai problème quand on vous écoute.
Bernalicis Ugo
Et je sais, je sais, désolé. Ben ouais, j’ai pu le faire
David Dufresne
, De tous bords. Vous faites ça Comme c’est une police, dit l’otage. La difficulté, c’est de dire qu’il y a un moment où on peut verser dans le clientélisme.
Bernalicis Ugo ne
va pas tout résoudre. Enfin, quand on fait des propositions politiques, on essaie de. Comment je vais dire ça ? D’avoir un maximum d’effets positifs et un minimum d’effets négatifs, mais un modèle idéal où il n’y aurait pas de corruption, de clientélisme, de copinage, etc. Je ne sais pas, je ne sais pas comment on fait quoi. Moi ce que je sais, c’est que comment on pourrait faire quand on voit du copinage pour le résoudre. Et donc, si un organe indépendant de contrôle des forces de déontologie et qu’un citoyen qui signale qu’il y a du copinage, clientélisme machin, et bien qui une vraie enquête derrière et des sanctions qui soient prises, Je dois dire très sincèrement que entre une police sécuritaire qui fait que du répressif machin qu’on aide comme on l’a aujourd’hui et laisser des marges de manœuvre aux policiers de proximité et faire en sorte qu’ils fassent du copinage pour ne pas judiciariser quelque chose. Quitte à choisir, je préfère ça. Voilà, j’en ai discuté beaucoup avec Christian Moinard..
David Dufresne
De ce point là précis à brûle pourpoint, je te dirai que c’est miser sur l’intelligence. Que nous fassions la formation initiale.
Bernalicis Hugo
Non mais c’est vrai. Et ça fait un peu Bisounours. Mais c’est la vie, c’est pour de vrai.
David Dufresne
Je me demande d’où vous vient votre énergie De croire qu’on peut mettre de l’intelligence dans ces questions là. Ici, on peut le faire, mais parce qu’on est 300, ce qui est énorme, mais ce qui n’est pas grand chose. Je veux dire que sur Cnews n’aura jamais le temps de faire ça sur BFM non plus sur France Inter.
Bernalicis Ugo
Après j’ai des punchlines pour remplacer, ça vaut ce que ça vaut ou des sophismes, j’en ai en stock.
David Dufresne
Dissolution, c’est ça ? Voilà deux dernières questions sur ce qu’on disait là. Sur l’intelligence et sur le fait de parier à l’intelligence. On est fatigué, c’est le mot qui vient, mais sur la complexité, on va dire.
Bernalicis Ugo
Je n’ai pas d’autre choix que d’y croire. On discute ensemble, polis, sécurité, machin, etc. Mais je ne crois pas qu’on va sauver le pays parce qu’on aura réformé la police de la gendarmerie. Mais j’y crois pas un seul instant. Mais moi, ce qui me semble capable de faire changer le loup, ce qui se passe dans le pays, c’est de mettre le SMIC à 1 400 € et le mettre dans le vert dans la constitution, c’est de faire la sixième République, c’est de bien gérer nos forêts dans le pays, de reconstituer des filières industrielles, de mettre le protectionnisme solidaire aux frontières, enfin tout le reste. Or, sécurité Police PJ.C’est pas compliqué, il faut qu’on renforce les effectifs, là, énormément. On aimerait, au moins pour partie dans un premier temps, la rattacher directement à la magistrature. Et je dis à la magistrature et pas au ministère de la Justice. C’est une piste à discuter, mais parce que je propose qu’il y ait une forme d’indépendance plus aboutie de la magistrature qui dépend directement du Conseil supérieur de la magistrature. Donc, il faudrait que les policiers dépendent aussi de cette danseuse, de ce giron là. Peut être qu’ils seront gérés administrativement par le ministère de la Justice. SPA privée ? C’est pas très important ça, mais en tout cas, fonctionnellement, il faut qu’il soit en détachement au ministère de la Justice, de sorte à ce qu’il y ait une police judiciaire qui soit judiciaire, quoi. Si on veut avoir un minimum du secret de l’enquête et le secret d’instruction, je pense qu’il faut s’en donner. Il faut s’en donner les moyens.
David Dufresne
Et c’est comme par exemple, si c’est une demande de policiers que tu as pu auditionner.
Bernalicis Ugo
Des syndicats vont dire Non, non, non, je leur ai demandé dans la commission d’enquête sur l’indépendance de la justice, la question leur a été posée. Ils ont tous été formels Non, hors de question. Nous voulons rester au ministère de l’Intérieur. Tu parles ! On comprend pourquoi. Quand tu vois les budgets du ministère de la Justice et du ministère de l’Intérieur. Comme en 1995, il a été décidé que Navarro, inspecteur Maigret, tout ça, c'était terminé puisqu’avant 95, il y avait la police en tenue. Donc les types que vous voyez dans la rue, qui pouvaient éventuellement procéder à des interpellations, y voyaient un flagrant délit. Et les policiers en civil qui menaient des enquêtes, et les enquêteurs et les inspecteurs de police avec un corps d’enquêteurs et un corps d’inspecteurs. Et c'étaient deux univers à part, y compris dans le commissariat, il y avait d’un côté la police en tenue et de l’autre côté, la police en civil. Et donc c'était déjà une première forme de séparation des pouvoirs, puisque ce qui faisait le judiciaire et faisait du judiciaire et rendait compte aux magistrats et leurs collègues interpellés et pas à savoir ce qui se passait dans l’enquête et tout, etc. Et puis arrivent en 95 des types. Je crois que c’est un certain Charles Pasqua de mémoire qui dit oui, faut rationaliser tout ça, c’est bon, ça suffit A. Et donc il crée ce qu’on appelle la qualification d’officier de police judiciaire aux PJ. Et moi je voudrais faire ce truc là à l’envers, parce que le capitaine Marleau par exemple, et bien Marleau, ça c’est bien ça. Tu vois, ça, c’est ça, c’est à l’ancienne. La philosophie générale, c’est de se dire il y a des gens qui font la procédure judiciaire et de reste décorrélé du reste de la police, C’est important, c’est déjà, c’est le premier point du point de départ de la séparation des pouvoirs. Si on veut que le principe de sûreté soit le premier principe qui nous anime et pas celui de sécurité, alors il nous faut une police judiciaire digne de ce nom et positionner correctement parce que la quintessence de l’or, de l’or, de leurs bugs et de leurs bêtises à gérer la police, c’est qu'à la fin ils se disent tout le monde doit être au pays pour pouvoir faire une procédure judiciaire, pour que le petit fumeur de shit on puisse lui faire sa belle procédure judiciaire. Ce que je veux dire, c’est que la police judiciaire, c’est une garantie démocratique fondamentale et qui est le corollaire du principe de sûreté. C’est pourquoi il faut la rattacher au ministère de la magistrature, en tout cas au ministère de la Justice, et la déconnecter le plus possible de la police administrative qui est aux mains du ministre et du préfet. Voilà, je ne veux pas faire de la pub pour la chaîne YouTube, mais quand même un peu. Allez voir, il y a d’excellentes vidéos, ça fait.
David Dufresne
Deux fois en quatre ans. Est ce que tu dirais que la gauche paie la fameuse phrase de Jospin sur la naïveté ?
Bernalicis Ugo
Il s’est complètement planté là dessus. Qu’est ce qui s’est passé avec la petite police de proximité qu’a remise en place Chevènement sous le gouvernement Jospin ? Ils ont ouvert des commissariats de proximité, etc. Et en fait, quand tu trouves des commissariats de proximité, les gens, ils font quoi en fait ? Bah juste y vont déposer plainte là ou avant et ne dépose pas plainte. Quant à une augmentation du nombre de plaintes traduction ministère de l’intérieur où il y a une augmentation des délits, regardez, il y a plus de plaintes alors qu’en fait non, c’est juste que tu les captais pas avant. Et aujourd’hui, avec les enquêtes de victimation et notamment sur le domaine des viols et des agressions sexuelles, on le sait d’autant plus que le taux de plaintes est extrêmement faible et donc que le phénomène entre guillemets délinquants ou un fractionnelle comme tu veux, il ne correspond pas au dépôt de plainte. Et donc, là où Jospin aurait dû se répandre, les attendez, moi j’ai rouvert des commissariats, les gens peuvent déposer plainte là où la droite ne voulait même pas prendre les plaintes des petites gens dans les quartiers populaires. Et donc nous ne sommes pas naïfs, nous sommes conséquents et nous faisons face aux problèmes.
David Dufresne
Sentier Battant demande tout à fait autre chose. Est ce qu' en tant qu'élu, tu a visité des prisons ou des cellules de garde à vue ? Puisque les élus ont le droit de le faire ? Un Vous avez le droit d’aller dans les lieux de privation de liberté sans même vous annoncer.
Bernalicis Ugo
Exactement Les derniers locaux de garde à vue que j’ai visités, c’est à Roubaix et bizarrement, trois mois après, ils ont fait des travaux et j’en ai fait pas mal dans le pays au gré de mes déplacements de réunions publiques. Et pareil pour les visites de lieux de privation de liberté sans les centres de rétention administratif aussi que j’ai fait plusieurs fois.
David Dufresne
Raconte nous ce que tu vois.
Bernalicis Ugo
Alors les locaux de garde à vue, c’est dégueulasse, ça pue la pisse et le caca une vieille couverture de survie. Des fois dans un coin bouché dans le trou des chiottes, C’est immonde, non ? C’est inhumain et dégradant pour quelqu’un qui est présumé innocent. C’est pas terrible quoi. Il y a des marges de progression substantielles. Après, c’est vrai que c’est compliqué de maintenir correctement entretenu des locaux de garde à vue parce que les gens comme en garde à vue, ils sont rarement contents, donc ça pousse à quand même un peu dégrader les lieux et une manière pour ceux qui sont à l'écoute, garde à vue de pas se laisser faire quoi de réagir vis à vis de l’institution ? Donc je le comprends et c’est pourquoi je pense qu’il faut moins de gardes à vue aussi dans ce pays et qu’on fait trop de gardes à vue et pas assez d’audition libre par exemple. Et pourquoi on fait trop de gardes à vue ? Parce que la garde à vue, au moins, ça fait un bâton dans l’activité du service, hein ? Alors que l’audition libre, c’est nul, quand on dit quelqu’un de manière libre est nul, donc d’appareil. On a eu ce débat sur le fait qu’il fallait moins de garde à vue. C’est Daniel qui a enfoncé la porte la première et d’harmonica à raconter n’importe quoi derrière en disant oui, ce n’est pas les policiers qui décident de mettre en garde à vue. Alors là, c'était la grosse poilade. Ah ouais, parce que c’est censé être sous le contrôle du parquet. Mais bon, des blagues, ça va cinq minutes les centres de rétention, là, on enferme. Typiquement, on enferme des gens comme s’ils étaient en prison alors qu’ils ne commis aucun délit au sens du code pénal. Ils sont juste en situation irrégulière administrativement et pour autant ils sont privés de liberté et traités en bonne partie comme des animaux. Donc ça c’est insupportable. Sans compter le fait qu’on puisse y mettre des enfants dans les prisons. Il y a plein de choses à en dire, mais c’est bien de s’intéresser à la détention dans des bonnes conditions matérielles, parce que ça permet de se concentrer sur ce que ça représente la détention pour quelqu’un, le fait d'être enfermé, de ne pas avoir d’activité, de pas avoir de pas de pas, de pas, de pas avoir de vie, de vie normale, d'être régi par les routines au sein de l’administration pénitentiaire pour aller au parloir, pour aller à la promenade, pour aller aux activités, etc. Et de se concentrer vraiment sur ce que représente la prison. À Bonneville, la prison a été refaite, tout est neuf. Et pour autant, ils sont quand même en surpopulation carcérale. Et le directeur me disait qu’il y avait des gens, des détenus, des personnes détenues qui préféraient être à trois avec un matelas au sol plutôt que d'être tout seul en cellule. Parce que beaucoup de détenus, quand ils sont en cellule individuelle, qui sont dans les établissements pour peines, les centres de détention où ils sont effectivement en enseignement individuel et entre 20 h du soir et 7 h du matin, quand les portes sont fermées, qui sont dans leur cellule, bah ressentent ce cette solitude qu’ils ne ressentent pas en maison d’arrêt, là où c'était surpeuplé. Donc c’est très. Il y a plein de choses qui se mélangent. C’est très ambivalent ce qui se passe en prison.
David Dufresne
Est ce que dans l’hémicycle, vous voyez comment les uns et les autres se renseignent pour vous répondre ? Est ce que, est ce qu’il y a un jeu qu’on ne voit pas parce que la caméra n’est pas braquée sur vos bons à vous à ce moment là ou sur ceux du gouvernement ou sur ceux des députés de la majorité, etc. Est ce que. Est ce qu’on sait comment les répliques arrivent ? Parce que parfois on sent que le type vient bien répondre après avoir consulté. Alors comment ça se passe ? Voilà, c’est juste une question personnelle.
Bernalicis Ugo
J’aimerais bien qu’il y ait le ministre. Il a derrière lui des conseillers ministériels. Qui lui font des petites fiches en fait pour l’aider à répliquer les quatre ou cinq types que tu vois derrière lui. Il y a à la fois des conseillers du ministre qui sont des membres de son cabinet et il y a aussi qui sont mobilisés sur ce genre de débats, les directions, les directeurs d’administration centrale. Donc quand ils ont des voix, un argument, un truc, il fait une petite fiche pour me faire la réplique. Après au micro, on a vite fait l'équivalent parce qu’on essaye de pas trop esclavagistes les gens qui travaillent et les honnêtes travailleurs qui travaillent pour nous et qui sont bien plus performants que nos adversaires.
David Dufresne
Au député comme toi tu as la tête bien faite, mais il y a quand même personne pour t’aider.
Bernalicis Ugo
Il n’est pas impossible que j’ai des boucles WhatsApp ou Telegram avec des syndicalistes qui connaissent bien leur sujet, qui suivent le débat en direct live et qui me filent quelques munitions.
David Dufresne
Voilà très bien.
Bernalicis Ugo
C’est pour ça, c’est, je vous le disais au début, à quoi ça sert le chat. Quand je dis que ça donne du courage pour le moral, c’est important. C’est pour ça, quoi ? Parce qu'à un moment donné, vous avez beau être le meilleur des combattants, etc. Il est 4 h du matin et ras le bol. Envie d’aller vous coucher. Vous savez que j’ai encore 18 amendements parce qu’ils vous ont mis tous vos amendements propositionnels pour faire des demandes de rapport sur des sujets que vous trouvez importants à la toute fin du texte. Bon, abandonnez. Vous êtes seul face à vous même, à votre capacité physique et mentale à encaisser tout ça. Et donc, au bout d’un moment, c’est insupportable d’entendre des rejetés, mais on sait qu’on le fait pas. Pour les gens qui sont dans l’hémicycle, on le fait pour les gens qui regardent, qui sue ça et pour essayer de convaincre et donner du courage.
David Dufresne
Question écolo sécuritaire. Donc là pour le coup hyper sérieux. Comment un ministre de l’Intérieur appréhende le fait de la montée des eaux et des grands déplacements de population ?
Bernalicis Ugo
Il y a deux questions en une pour un ministre de l’intérieur. La première qui est immédiate, c’est la gestion de crise. Comme je vous l’ai dit, le ministre de l’Intérieur y gère la sécurité civile. Tout ça est très bien cadré dans ce qui s’appelle les plans Orsec, qu’il faudrait peut-être un peu mettre à jour, mais peu de moyens là-dessus sur la prévention des risques et des risques climatiques. Nous pensons utile par ailleurs du tout boucler dans la boucle qui dit Tu crois que tu crois qu’il y a toi.
David Dufresne
Comment ça, toi ?
Bernalicis Ugo
Un service citoyen obligatoire pour que des gens soient formés à la gestion de crise par ailleurs, pour que le moment venu, ils puissent être mobilisés. Et deuxièmement, sur l’accueil des réfugiés climatiques et des réfugiés tout court. La position est très simple.
David Dufresne
Jean-Luc Mélenchon.
Bernalicis, Hugo
Mélenchon et Jean-Luc insistent souvent pour commencer à dire Moi, je veux que les gens ne partent pas de chez eux. Ce n’est pas comme ça. Une caricature en plus. Mais c’est con de devoir. Quelles sont les causes des migrations ? Parce que les gens préfèrent rester chez eux. C’est pas juste par gaité de cœur qui se met à bouger, etc. Et pourquoi on dit ça ? Parce que souvent, la France a une responsabilité dans les raisons pour lesquelles ils vont bouger chez eux : responsabilité économique, responsabilité militaire et responsabilité écologique et environnementale. La deuxième chose, c’est qu’une fois que les gens sont là, on les accueille, on les accueille, point. Il n’y a pas de discussion. Bah oui, mais bon, faut voir si lui, les grands et les petits, les chauves, on s’en fout, on les accueille parce que ce sont des êtres humains et puis c’est tout. Aujourd’hui, le budget des reconduites à la frontière, je vais quand même en parler. C’est un demi-milliard d’euros. Un demi-milliard 500 millions par an. Pour reconduire des gens. Je ne sais pas trop. Est ce que ce demi milliard là. Est ce qu’on ne peut pas l’utiliser pour l’investir sur des structures d’accueil ? Déjà pour le premier accueil et ensuite dans la machine économique, pour que chacun trouve puisse trouver sa place ? Moi je crois que oui. En fait, j’en ai même la certitude. Passe un petit coucou au maire, je n’ai plus son nom là. En tête, le maire italien qui a été poursuivi pour avoir accueilli les migrants. Ce qui est proprement dégueulasse.
David Dufresne
C’est le fait qu’il a été condamné qui est dégueulasse.
Bernalicis Ugo
Ben oui. Sûr Oui, mais c’est le fait qui a été condamné qui est dans le PV. Il faut que je retranscrive correctement.
David Dufresne
La question sous-jacente, c'était comment vous faites avec ça, ce jeu médiatique, Jusqu’où vous allez le jouer ? Jusqu'à quand est-ce que vous croyez vraiment qu’il faut le jouer ?
Bernalicis Ugo
J’en reviens à une des questions du début que tu m’as posée : Quand on parle à l’Assemblée, est ce qu’on parle entre nous ? Quel est l’objectif ?
David Dufresne
Je te demande justement Ugo Bernalicis, ça a mis en avant beaucoup de propositions de réorganisation de la police ce soir. Est ce que la totalité de ce qu’il a dit finira par être écrit noir sur blanc quelque part d’ici l'élection du huit ?
Bernalicis Ugo
On ira dans un niveau de détail qui n’ait jamais été, dans lequel personne n’est jamais allé. En fait.
David Dufresne
Faut que je te demande pourquoi il est nécessaire de contourner les mass media.
Bernalicis Ugo
Les mass media, c’est un endroit où on a un format médiatique qui contraint le débat, contraint les choses en fait, et qui fait quoi ou qui fait qu’on est que sur la surface. Et même des émissions longues comme l'émission politique Un truc de France deux. Le truc est séquencé de telle sorte à ce que ce soit ultra rapide, chaque séquence machin et là ça vous tient en haleine pendant 2 h parce qu’ils pensent que sinon les gens vont se faire chier. Ce que je sais, c’est qu’il y a une appétence pour la discussion politique dans ce pays et qui n’est pas nourri par les médias mainstream.
David Dufresne
Mon cher Ugo, je dois absolument faire une petite pause de quelques minutes.
Bernalicis Ugo
Je reste avec le CSA.
David Dufresne
Vous êtes seul avec le futur ministre de l’intérieur, faites le parler, il va être en confiance puisque c’est vous les gentils.
Bernalicis Ugo
Allez là bas, ça vous a plu ?
Bernalicis Ugo Imitation Sarkozy
Je voudrais vous dire que j’ai rencontré monsieur Bernalicis. Ça m’a l’air d'être quelqu’un de bien. Il s’y connaît en police. Moi, je ne connaissais rien. Quand je suis arrivé, j’ai fait le cacou, la comme ça j’ai rationalisé, mutualiser, supprimer.Bon alors on a fait ce qu’on a pu. Visiblement, la police de projection que j’ai proposé, là, ça ne vaut pas un clou, ça fait monter les tensions dans le pays, ce n’est pas lutter contre la délinquance. Alors c’est sûr qu’électoralement ça fait voter à droite, mais je crois que, Monsieur Bernalicis, il a 1000 fois raison. Alors votez, votez pour lui, votez Bernalicis et reprenez en chœur avec moi.Ugo à Beauvau et Ugo à Beauvau et à Beauvau. Voilà Vive la République et vive la France !
David Dufresne
Mais qu’est ce que c’est que ce bordel là ? Qu’est ce que c’est que ce bordel ?
Bernalicis Ugo
Ça va Tout va bien ? Je vais bien.
David Dufresne
Tout va bien. Tu veux être ministre ?
Bernalicis Ugo
Et oui.
David Dufresne
C’est une drôle d’ambition quand même.
Bernalicis Ugo
Ouais.
David Dufresne
Est ce que tu as un regret ce soir ?
Bernalicis Ugo
C’est ce que je disais. On était parti, on n’a pas parlé maintenant.
David Dufresne
Et je suis là.
Bernalicis Ugo
Tu connais la ligne ? Désescalade, Désescalade, Désescalade, Unité spécialisée. Formés pour ça et arrêter d’avoir une conception où on essaye d’empêcher les manifestations. Il faut qu’elles puissent avoir lieu. Garantir la présence des observateurs, quels qu’ils soient, les journalistes, la prise d’image et comme on l’a dit, une épine supprimée avec un contrôle externe qui a les sanctions disciplinaires à la clé qui fonctionne.
David Dufresne
L’as, tu nous l’as fait un peu à la CNews. Bon, très bien. La désescalade, c’est un peu une tarte à la crème en réalité.
Bernalicis Ugo
Le maintien de l’ordre, tu l’as dit, je le répète Tout est là et tu l’as dit à Camille. Ce qu’il a dit aux autres, c’est une matière première politique. Donc le maintien de l’ordre dépend de la direction politique dans le pays et de ce qu’ils veulent en faire. Voilà. Et donc c'était une réponse de crétin ou de réponse sécuritaire, une réponse autoritaire, une réponse de crétin sécuritaire, autoritaire.
David Dufresne
C’est tout. Est ce que quand Darmanin replace les drones dans une loi sécuritaire, donc là il vient de refaire sous prétexte qu’il a commandé 600 drones et que c’est quand même un peu ballot que ce soit cloué au sol. Mais est ce que ça te fait marrer ? Mais est ce qu’il y a vraiment des hauts fonctionnaires qui ont peur quand on voit la militarisation du maintien de l’ordre, quand on voit le budget qui est alloué, quand on voit l’armement qui est mis en place, quand on voit la doctrine qui se durcit. Est ce que ça veut dire qu’il y a des gens qui. Sincèrement craignent.
Bernalicis Ugo
Puis il y en a qui ont peur que cette situation parte en vrille. Parce que de toute façon, quand tu te dote d’outils, c’est pour t’en servir.
David Dufresne
C’est moi qui dis ça en parlant de maintien de l’ordre parce que c’est quelque chose de visible, de documenter, de filmer. Pendant qu’on fait ça ? Est ce qu’on n’est pas en train de laisser passer une techno police qui est impalpable, qui est invisible, de reconnaissance faciale, d’ultra technologie…
Bernalicis Ugo
Par la force des choses. Je n’ai pas d’autre choix que de mener tout de front. Les textes s’enchaînent tellement sur tous les sujets que bon bah je suis obligé de répliquer quoi. Bien sûr que la Technopolice c’est un sujet et un sujet central, mais il paraît tellement impalpable et insaisissable qu’aujourd’hui je ne le vois pas comme étant un outil politique qui permet de mobiliser massivement.
David Dufresne
C’est quoi les deux trucs qu’il y a là
Bernalicis Ugo
C’est le pin’s de l’Assemblée nationale qui se fait à la boutique de l’Assemblée nationale. Tout le monde peut acheter une cocarde bleu blanc rouge et ça, c’est le triangle rouge. Voilà, on ne voit pas parce que je suis en noir et blanc avec des filtres, un machin avec des réglages chelou là. Mais c’est le triangle rouge qu’on met tous symboles antifascistes.
David Dufresne
Monsieur le député du Nord, deuxième circonscription à très bientôt. Merci beaucoup.
Bernalicis Ugo
Merci beaucoup.

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