Inauguration de #indEXTREME : site-musée des horreurs et catalogue des symboles #fachos
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Amis, amis du café, amis du café. Amis des streams de travaux bonne année, au Poste reprend saison 5. Bonjour, aujourd’hui.
Bien, je t’en prie.
En tout cas, vous avez déjà des félicitations pour votre travail.
Merci, bien merci pour l’invitation. Content de retrouver Ricardo à distance et puis super belle présentation comme tu sais toujours le faire David, on est à ta disposition pour se faire cuisiner par toi ce matin donc n’hésite pas, balancez vos questions en ligne et on peut te raconter l’origine du projet si tu veux.
Pourquoi ? Comment ? Tout ce que tu veux savoir. Alors tu sais, c’est quand même, c’est quand même rigolo parce que moi j’ignorais totalement que vous vous connaissiez et c'était parce que tu me disais voilà, je suis en train de faire un site, mais tu me disais pas avec qui
Ça a été surtout avec la crise des Gilets jaunes, donc moi j’ai fait beaucoup de travail de photographie journalistique sur le terrain surtout ici à Montpellier. Donc je me suis un moment aperçu, que il y avait une personne qui s’appelait David Dufresne, qui fait un travail de recenser tous les blessés qu’il y avait dans les manifestations. Et moi je trouvais que ce travail était très important et donc j’ai commencé à partager avec David les photos des blessés de plusieurs villes de France que je couvrais, quand je faisais donc les manifestations des Gilets jaunes Montpellier, Toulouse, Marseille, Paris d’autres villes et voilà, et c’est comme ça que j’ai commencé à partager avec David.
Voilà, tu travaillais, tu étais devenu l’un de ceux qui, notamment le samedi, on se connaissait pas, qui étaient devenus un correspondant bénévole, un des plus solides, un des plus sérieux.
C’est d’origine portugaise.
Voilà, c’est ça le tchat demande pourquoi tu es masqué ?
Eh ben donc je suis masqué parce que depuis quand même un moment en France, il y a beaucoup d’attaques d’extrême droite qui ciblent exactement des gens On essaye de dénoncer leurs pratiques violentes donc ici à Montpellier, il y a eu quand même pas mal d’attaques envers des personnes qui essayent d’éclaircir sur des méthodes violentes, extrémistes de l’extrême droite, et donc moi j ai choisi quand même de mettre un masque, parce que moi je travaille sur le terrain je suis photojournaliste. Et je n’ai pas envie, voilà, que mon visage soit pour le moment comme ça et en plus sur le sujet qu’on parle aujourd’hui, c’est quand même assez sensible et donc j'évite que mon visage soit public comme ça pour tout le monde. Il y a des gens qui me connaissent Alors c’est, c’est vrai qu’à Montpellier d’ailleurs, on était venu il y a quelques temps, quelques jours après l’attaque d’un local.
J’ai l’impression que Ricardo a disparu de l'écran et il va revenir.
Attaqués par des fachos donc ça se comprend très bien c’est ça la Barricade à Montpellier, attaquée par l’extrême droite.
Absolument, c'était ça, c'était ça ce que je cherchais. Geoffrey, on va évidemment parler du site, mais qu’est-ce que ça t’inspire ? Le fait que Ricardo soit obligé de se masquer finalement par rapport à votre travail autour de l’extrême droite ?
C’est une problématique qui est récurrente à dire. Comment on peut parler de sujets, comment on peut aborder des questions qui sont d’utilité publique, sociale, qui sont d’intérêt général aussi sur la question de la place de l’extrême droite et de l’extrême droite en France, dans les institutions, et le fait de devoir se masquer parce que Ricardo, en effet, habite dans une très grande ville, c’est pour lui il met en danger son intégrité physique, peut-être ses proches
Oui, c’est pour ça que je me tais.
On s’est permis de te parler de ça parce qu’effectivement hier j’ai scruté donc votre site dont on met le lien là, sur le chat, indextrême.fr, c’est plus beau à regarder qu'à dire, ça c’est vraiment un truc de designer. Bravo Geoffrey, c’est quand tu lis c’est nickel, mais quand tu le dis c’est super chiant, Indextrême, voilà, mais par contre c’est très fort. C’est donc observer, répertorier, faire connaître les symboles graphiques utilisés par l’extrême droite en France.
Et c’est ce que je voulais dire Ricardo, pendant que tu te reconnectes. C’est qu’en effet le masquage de visage, c’est aussi quelque chose que l’extrême droite fait, non pas pour se protéger mais pour faire peur. Donc évidemment ça modifie absolument tout.
Donc en gros, vous avez pour l’instant catalogué 80 symboles et vous avez fait 12 catégories : les phrases, les crânes, les personnages, les croix, les acronymes, les animaux, les drapeaux, les runes, les marques, les chiffres, les gestes et autres,
Je vais répondre sur ce point-là. En fait, on va dire que depuis mes études en graphisme, depuis mon métier de graphiste, l’importance du symbole m’a toujours interpellé. Moi je fais des logos, des affiches, je fais des pictogrammes, enfin voilà tu le sais très bien et en fait on ne peut pas, en tant que designer, ignorer la portée d’un symbole, sa culture, ses origines.
Ricardo, en effet, tu t’es fait connaître notamment par ton travail de catalogueur, je ne sais pas comment on pourrait dire, de répertorier, parce que pendant les manifestations justement, tu as vu des flics arborer des sigles et des signes étranges ?
Réplica.
Réplica, c’est ça, et donc c’est ce travail-là que Geoffrey a vu et c’est à ce moment-là que vous avez commencé à bosser ensemble, c’est bien ça ?
Oui, tout à fait.
Racontez un peu l’histoire.
Effectivement, moi c’est un sujet que je travaille aussi depuis un moment et pour moi ça a été une photo que j’aimerais bien montrer, donc ça a été une première photo que j’ai faite. En 2019 à Paris que j’ai publiée aussi dans Réplica, il sait exactement, si je ne sais pas si on va bien l’avoir, je vais faire mon designer.
Attends, regarde, hop, je te mets en grand. Et donc hop, il y a les, un peu des reflets, je ne sais pas comment mettre ou si c’est visible exactement.
On ne voit rien du tout, enfin on voit, Donc d’un policier, ça c’est un policier de la BAC à Paris avec un tatouage de Captain America ici et ici, il utilise un holster, donc pour mettre son flingue, personnalisé avec un templier des croisades. Ça m’a beaucoup choqué et c’est à partir de ce moment-là que moi je me suis dit, en fait, il y a un travail à faire sur ces sujets. Je travaillais déjà sur la police en rapport à l’armement de police.
Je mets à l'écran justement un des symboles que vous répertoriez sur le site, c’est Captain America dont tu viens de parler, qui était donc sur le holster du flic de la BAC que tu avais pris.
Non, sur le bras, excuse-moi. Donc c’est le bouclier de Captain America, ça a été un premier symbole. En fait, en fait, il y avait déjà tout un travail qui était déjà fait en rapport à des symboles utilisés par l’extrême droite en France, chez les policiers.
Je prends cet exemple-là, on va en prendre d’autres à votre guise, vous choisirez ce que, entre guillemets, vous vous préférez.
Bon courage, j’ai mis les photos en bas aussi hein, donc bien sûr. Il y a des photos, donc le travail, ça a été exactement ça, ça a été de sourcer, et mettre à disposition de nos lecteurs. Des preuves que ces symboles existent en France.
Photos qui ont été retravaillées, on reconnaît bien la patte de Geoffrey pour l’occasion.
J’aurais une toute petite remarque
Oui, vas-y, Geoffrey.
Non,sur le traitement graphique des images. Il y a cette volonté de ne pas avoir mis des photos telles quelles avec les couleurs en JPEG, une haute définition pour éviter de sublimer des acteurs du fascisme et de l’extrême droite et de mettre en avant des personnes.
Geoffrey, est-ce que tu peux parler ? Voilà, on t’entend Ricardo, ce que tu entends ou pas, non. Toujours pas, non, non. Vous voilà, donc là je vous prie, tu étais en train de raconter, si tu veux, comment vous avez fait le choix des photos, de ne pas les sublimer en les pixelisant au maximum. J’aurai une toute petite remarque par rapport aux photos, autant je trouve que les symboles et le texte avec les sources, on est dans quelque chose d’extrêmement identifié, mais pourquoi là par exemple sur les photos ?
C’est moi qui ai fait tout le travail de répertorier et rechercher toutes ces photos.
Alors il y a deux façons d’entrer sur le site. Il y a par catégorie, crânes, personnages, croix, acronymes, on va y venir. Il y a aussi une carte interactive. Quelle est la méthode que vous préférez que nous utilisions ce matin, chers amis ?
Pour moi, la méthode que j’aime bien, c’est la méthode il faut rentrer par catégorie parce que la carte interactive a tendance à être plutôt consultable de façon individuelle, moins collective. On peut venir cliquer, zoomer, se balader.
Est-ce que les gens sont au courant ? Est-ce que c’est volontaire, involontaire ? Pour remettre tout ça en contexte, systématiquement, on reçoit beaucoup de messages sur, tel symbole à l’origine, En effet, il y a toujours cette notion de contexte qu’il faut rappeler. En disant voilà, il y a la connaissance, le contexte et la culture aussi qui est derrière chaque symbole.
Ouais, là je l’ai entendu, alors c’est parti.
Les amis, c’est parti. Alors par quelle catégorie aimeriez-vous qu’on entre ? Les croix, c’est très varié, mais ça peut être intéressant.
Bon après la croix de fer mais tu veux la démarche sous le symbole lui-même ? Ou la démarche, comment on travaille, la méthodologie ?
Les 2
Mais bon donc soit un rapport à la méthodologie.
J’ai l’impression que Ricardo écoute l'émission en replay j’ai l’impression que c’est ce bordel les gars, vous qui êtes si sérieux, si méthodiques, ce que vous avez fait ce matin
Ok, je vais essayer de répondre alors, en fait c’est une très bonne question. Je la vois sur le tchat.
En fait, à quel moment un symbole devient, entre guillemets, la propriété ?
Alors ce n’est pas la propriété, mais devient un élément qui perd son sens initial et devient un symbole d’extrême droite. Comme tu dis David, y a toujours une ambiguïté sur les animaux notamment, moi, c’est quelque chose qui me touche : le coq, l’abeille, la guêpe.
Alors là je sens qu’il y a des Occitans dans le tchat, il y a Occitania Antifascista qui dit : « Désolé Geoffrey, la croix occitane n’est pas une utilisation de masse par les fascistes, bien au contraire. » Donc je vais, je vais la mettre, elle est ici, il y a plusieurs personnes qui s’inquiètent de voir ce symbole-là
Tout à fait, ce sont des symboles qui sont très juste. Merci David de soulever ce sujet-là dans le texte Occitania Antifascista Regarde, lis le texte. En fait, on explique l’origine que c’est une croyance qui sert d’emblème à l’Occitanie. Donc il n’y a pas d’appartenance.
Libertalia, mais disons été repris par les fascistes pour les affiches, tu vas mettre du coup Libertalia sur le site ?
Ah évidemment non, je pense que c’est une question rhétorique qui est posée là, je crois savoir qui est la personne d’ailleurs qui commente. C’est assez rigolo qu’elle soit en pseudo, mais en effet, en fait, là on parle de symboles, on ne parle pas de couverture, de livres ou d’ouvrages. Après, évidemment, on parle de symboles et si les symboles rentrent enfin, s’il y a des nouveaux symboles qui rentrent dans ces catégories-là, évidemment, on propose aux gens de nous les soumettre.
Je suis déjà allé en parler ici à Montpellier, sur la croix occitane, donc ces symboles, Ils sont aussi choisis. Ce n’est pas par hasard, dans une région, dans un local, il y a des symboles, et l’extrême droite, elle ne va pas choisir ces symboles souvent en rapport à son ancrage local
Donc eux, ils prennent beaucoup de choses, ce n’est pas par hasard. Alors, et comme Ricardo ce que je vois dans le tchat, parce qu’y a effectivement des réserves qui sont émises. Je ne sais pas, Geoffrey, si tu le lis.
Je pense que c’est comme ça qu’il faut les entendre. Par exemple, il y a Nicolas Diot qui nous dit que le texte mentionne seulement sa signification, mais ne précise pas justement que la croix occitane, pour revenir à elle, n’est pas seulement un symbole utilisé par les fascistes.
Est-ce que vous entendez les petites réserves qui peuvent être émises, en disant : « Vous devriez être plus précis quand un symbole est clairement d’extrême droite et quand c’est une récupération, d’une certaine manière, une provocation pour aller sur le terrain d’en face finalement ? »
Je vais répondre et je vais laisser Ricardo répondre juste après. Le site répertorie des symboles que l’extrême droite s’approprie. Évidemment, comme on disait tout à l’heure, la plupart des symboles n’ont pas une origine fasciste ou d’extrême droite à la base, comme on parlait de la croix occitane ou du rap, etc.
Ah mais oui, j’ai compris.
Et en fait, j’invite vraiment les gens à prendre le temps de lire les textes, parce que Ricardo a fait un travail vraiment très intéressant, très fouillé sur les textes. Voilà, ça, ça permet de remettre ça en contexte et de mieux comprendre l’utilisation de symboles par l’extrême droite.
Non mais c’est exactement, Tu as fini très bien. Mais à partir de quel chiffre, de quel nombre de personnes ? Nous, on dit : « Ça, c’est un groupuscule d’extrême droite, ils sont 2, ils sont 3, ils sont 5, 10, 20. »
Je ne m’attendais pas. Honnêtement hein, tu vois, je m’attendais pas, je ne savais pas que vous aviez eu ces retours-là
Bon bien sûr et là c’est vrai que ça devient une mélasse absolument indémodable et je trouve que votre site a le mérite, je veux dire, il y a ça qui est en train de se jouer. Il y a dans cette bataille culturelle, il y a cette bataille graphique qui est en train de se jouer, mais tu peux comprendre que ça puisse aussi heurter tu vois ?
Ça en fait partie. Chaque groupe, David et Geoffrey, vous le savez mieux que moi, depuis 1945, depuis la fin de la 2e Guerre mondiale, tout de suite, en 1949, tu as le premier parti d’extrême droite qui se monte en France.
Louli vous demande, enfin dit : « Ça pose aussi la question de quoi faire avec le savoir du site. Est-ce que c’est pour simplement identifier ? Est-ce que c’est pour éviter de les utiliser par erreur ? Est-ce que c’est pour bannir ces symboles de nos usages ? » D’autres disent qu’il faut au contraire récupérer nos symboles et les afficher haut et fort.
Nous, le but, il est écrit clairement quand on arrive sur la page : c’est d’observer, de répertorier et de faire connaître les symboles graphiques utilisés par l’extrême droite. Ce ne sont pas les symboles graphiques de l’extrême droite, mais les symboles graphiques utilisés par l’extrême droite en France. On précise bien et donc de les faire connaître.
Bravo Geoffrey, mais si on ne lit pas les textes et si on ne va pas voir les photos, alors à ce moment-là, on n’a pas le contexte.
Et évidemment comme dirait l’autre, le contexte est primordial. Quand Sylvie Sciurus porte la croix gammée, c’était évidemment pour dénoncer le nazisme, ce n’est pas pour le faire perdurer donc c’est toute la difficulté.
Néanmoins, je vous le dis, je pense que vous lisez le tchat, je trouve que la réaction d’une partie du tchat est extrêmement intéressante, c’est-à-dire que certains disent : « Il faudrait Ricardo, expliquer comment on pourrait dire quelle est la popularité d’un signe ou d’un sigle chez les fachos, telle ou telle chose ? »
Mais certains vous disent : « Bah, il faudrait peut-être quand même les cataloguer un petit peu ou faire des petites astérisques. » D’autres : « Oui, mais alors on ne va pas commencer à calculer la pureté facho parce que… » Bah oui, on n’en sort plus exactement, ça en fait, c’est exactement ça, c’est à partir du moment où on va dire : Ah, ça c’est un bon facho, un moyen facho, un mauvais facho. Un bon nazi, un très mauvais néonazi. Mais sur le fond, on pourrait venir et répondre, c’est répondre plus clairement à la question que tu as posée auparavant.
Je me permets Ricardo de préciser qu’en haut à droite du site, il y a la possibilité de signaler les symboles, les photos, et de vous les envoyer. Voilà, c’est ici. Pour nous informer d’un symbole et vous préservez, vous garantissez, préservez, et je vous crois, l’anonymat de ceux qui vous enverront des photos, des vidéos, des témoignages autour de symboles d’extrême droite.
Moi j’aimerais bien seulement, tu vois, avant qu’on parte dans autre chose, aller dans la cartographie. Oui, donc pour le moment, il y a une cartographie sur le site,on pourra en sortir d’autres.
Elle est à quel endroit ? Si, elle est là ? Pardon, excuse-moi, voilà.
Donc là je ne sais pas si vous voyez en bas à droite, c’est vraiment en bas à droite, y a la croix de Lorraine qui arrive dans les années 70 jusqu'à aujourd’hui et la croix occitane qui arrive. Du côté de l’extrême droite, qui commence à être utilisée par certains fachos à partir des années 2000, c’est-à-dire c’est extrêmement récent.
Il y a quelque chose que j’ai ressenti en parcourant le site l’autre jour, c’est qu’on a d’un côté, depuis 30 ans, une extrême droite qui voudrait se dédiaboliser et qui y parvient, avec la complicité de ceux qui permettent de dédiaboliser, c’est-à-dire les médias mainstream.
À un moment donné, je vais montrer un signe très particulier parce qu’il fait la jonction justement, mais en règle générale, on voit bien qu’aujourd’hui l’extrême droite à la française, 44, 29 députés tu le rappelais Ricardo, ces gens-là justement, c’est costard-cravate à l’Assemblée, ce n’est pas du tout les croix gammées.
Comment expliquez-vous ces deux phénomènes conjoints, parallèles et à quel moment ces phénomènes se rejoignent, se rencontrent ?
D’accord, si tu veux répondre.
Il y a des explications, mais oui, dans mon opinion personnelle, David, le truc c’est que, et comme j’en avais déjà parlé dans mes articles sur la police, et donc là on peut aller jusqu'à la politique.
Le geste « OK » et la suprématie blanche
OK, le signe OK ou geste OK ou signe de l’anneau s’effectue en formant un cercle avec le pouce et l’index et en tenant les autres doigts droits et/ou détendus, loin de la paume. En 2017, les utilisateurs du site 4chan se fixent comme objectif de convaincre les médias sociaux que le geste OK est un symbole de la suprématie blanche.
Mais là, d’une certaine manière, c’est une photo où elle est prise, toute récente, où elle est prise dans un piège à son propre jeu, c’est-à-dire que tout d’un coup, elle utilise un symbole qui est clairement suprémaciste. Mais sauf qu'évidemment ça passe.
Ils font semblant. Comme Trump, il l’a fait aux États-Unis plusieurs fois. Ils font semblant. Ah non, mais je ne savais pas. Vas-y Geoffrey. Excuse-moi, rien que cette nuit, je regardais des vidéos d’un jeune homme sur la chaîne YouTube. Je crois de Valeurs Actuelles, on connaît très bien la direction politique et idéologique de Valeurs Actuelles. Il faut dire qu’il faut dire que par ailleurs, Geoffrey, tu as des nuits étranges, puisque je ne sais pas s’il y a un bébé dans ta vie qui t’empêche de dormir ou si tu es insomniaque ou je ne sais quoi. Mais chaque matin que Dieu fait, il y a un petit tweet de toi avec la découverte nocturne graphique sur Twitter. Et donc bon, parfois tu fais des trucs complètement dingues, et donc vas-y, alors là,, parce que je ne veux pas que les gens aillent faire des clics sur cette vidéo.
En effet, la nuit, là je pensais à notre émission du jour, tu vois, donc cette vidéo ?
Ça c’est génial, c’est ouais, c’est la classe, voilà, bravo celui ou celle qui chope le code en premier va sur le site et s’inscrit, au lieu de payer, avec ce code et il aura un abonnement d’un mois gratos.Merci infiniment Gibus, c’est trop génial. Je t'écoute Ricardo.
Donc ça a été ce moment pour rajouter, donc en rapport à des symboles. Là on a 80 et quelques, donc, mais on a encore au moins une cent cinquantaine de symboles là qu’on a sur la table à étudier à intégrer sur le site Au-delà des cases qu’on a déjà dans le site, c’est beaucoup. C’est beaucoup. Parce que nous, on voit et on lit tous les textes et tout ce qui existe sur le site en rapport à des symboles, on voit que déjà c’est lourd en fait, il faut quand même comprendre que tout ce travail est lourd.
Mais on tient quand même à vous dire, Ricardo, je trouve ça très chouette de ta part si je peux dire comme ça. Et effectivement, il y a une fatigue nerveuse, il y a un découragement, il y a un abattement à travailler sur ces sujets-là à un moment donné, c’est-à-dire que c’est des sujets sales et c’est salissant, en fait ?
Ben moi je le ressens comme ça en tout cas. Et donc c’est effectivement Il faut du courage, Il faut du courage pour passer des heures et des jours, des nuits, des semaines et des mois et même des années à travailler là-dessus de manière acharnée qu’on soit nombreux pour le faire C’est pour ça qu’il faut qu’on soit nombreux. Chacun peut participer, pas forcément sur Indextrême, mais sur tous ces sujets-là, plus on est nombreux, moins c’est lourd pour chacun.
Non mais honnêtement, arrêtons les clichés.
Et quand on dit un front antifasciste, il faut aller vraiment qu’on nous source et comprendre ce que veut dire « Front antifasciste » et dans certaines façons de le réhabiliter et de le renforcer, ils mettent en place parce qu’on a assez de raisons aujourd’hui déjà pour se rendre compte qu’en fait il faut agir.
Nous, on est là. Geoffrey, parce que je vois que tu lis le tchat, si tu veux réagir, n’hésite pas. Et sinon, moi je reprendrai quelques questions du tchat.
Un peu pour justement monter à l’Assemblée nationale, pour monter dans l’Europe, et en même temps, les actions sur le terrain, on va dire, elles sont violentes, elles tuent des gens et elles sont meurtrières. Enfin voilà, et elles sont vectrices d’idéologies qui créent des pierres, qui créent de la régression sociale aussi hein par rapport aux LGBT+, aux droits des femmes, à toutes ces choses-là. Pour moi, il y a toujours cette volonté de gagner du terrain et une fois que le terrain est gagné, on lâche ceux qui font le sale boulot quelque part sur le terrain.
On vous demande : « L’extrême droite fait-elle aussi du retournement de stigmate ? »
Non, tu sais, le retournement de stigmate, c’est d’utiliser le langage de l’adversaire et de se le réapproprier, de le récupérer et d’en faire une fierté. L’exemple, l’exemple c’est « nigger » aux États-Unis, qui au départ est une insulte et qui devient une fierté, parce que c’est évidemment selon qui le prononce, ça n’a pas le même sens.
Est-ce que, dans l’extrême droite, vous demande le chat, est-ce qu’il y a cette notion-là ?
Vas-y Ricardo.
Comme ils sont polis tous les deux, c’est incroyable.
Non, mais en rapport là, on va dire comme ça, on est concentrés, focalisés sur des symboles. En rapport aux symboles, moi je l’ai déjà dit, c’est évidemment oui. Et moi je suis convaincu, et surtout après ces derniers mois, je suis vraiment convaincu que toute la récupération de ces symboles-là, et donc le discours politique qui va avec, c’est voulu, ce n’est pas par hasard.
Légis vous demande, enfin vous dit : « D’abord, merci pour ce travail extraordinaire. Au-delà du malaise que ça procure, quid du même site sur les symboles de gauche ? Pourquoi pas ? »
Pourquoi pas ? On est sur le coup en termes d'énergie, de quantité de travail.
Donc non, pour moi non. Moi je ne vois pas d’intérêt à faire ça, mais bon si lui veut le faire, qu’il le fasse, hein. Jérôme vous demande : « Est-ce que les autorités, ministère de l’Intérieur, ont été alertées de ce problème ? Alors celui des patchs, des écussons de certains flics de la BAC et autres, gendarmerie mobile, »
Donc Jérôme vous demande : « Est-ce que les autorités, ministère de l’Intérieur, ont été alertées de ce problème, pour, soyons positifs, irrémédiables, et renforcer le code déontologique de la profession ?
Ah non, non, j’ai été contacté plutôt par des personnes composant, on va dire comme ça, l’opposition. Pour exactement, on parlait de sujets que moi et avec Geoffrey on traite.
Et où devrions-nous développer notre propre imaginaire symbolique ? Je trouve ça super qu’on se pose ces questions-là par rapport à votre travail. Mésangepictavienne, la tortue serait-elle une tentative de création de symbole, ou la tortue était-elle utilisée avant ?
On pourrait venir un peu derrière. Il a charrié Ricardo, non mais le truc, c’est que, non, mais un peu d’histoire. Regardons, en fait, les anarchistes, les simples anarchistes, et c’est là, c’est là qu’il y a un peu les anarchistes, avec l’anarcho-syndicalisme, ils ont leurs symboles, mais ils ont été tellement stigmatisés, tellement, tu vois, stigmatisés et appelés terroristes, persécutés, aujourd’hui, aujourd’hui, honnêtement je pense que même les communistes ont parfois utilisé les symboles qui font partie de leur histoire. Pour moi, donc le drapeau anarchiste très peu le A d’anarchiste, très peu dans les manifs et tout ça. On voit, ce sont des artefacts utilisés qu’assurent les mieux encore de porter leurs symboles.
Moi je ne suis pas graphiste donc je ne sais pas comment faire. Mais, mais les utiliser ? Il y a des, des propositions dans le chat. Valka évoque notamment Notre-Dame-des-Landes en disant que c'était une lutte, enfin que chaque lutte, et notamment Notre-Dame-des-Landes, est hyper créative en graphisme, comme question de Malou.
Ouais, c’est dans les acronymes. Voilà, il est là, il est là, et donc vous avez trouvé des traces de graffitis, de tee-shirts nazis, fachos qui arboraient le 1312 ou ACAB, Mais Blood & Honour Hexagone, ils utilisaient déjà ACAB. Il y a des photos de Brother Donner très anciennes avec déjà le mot derrière.
Tu vois l’ACAB, c’est la première, je pense. Là, c’est là que tu es, là, à côté de l’origami.
Absolument, absolument. Fichtre vous demande : « Y a-t-il des symboles qui, au contraire, ont été abandonnés par l’extrême droite ? »
Non, je ne pense pas, nous, on n’a pas beaucoup parlé des symboles qui sont récemment créés, les symboles qui sont créés après 1945. Donc entre le soleil noir, ce n’est pas une création nazie, c’est une création occultiste pseudo-néonazie, donc comme certains symboles qui sont issus de la croix gammée, donc il y a plein de symboles aujourd’hui.
Encore une fois je me permets, pour le jeune public qui nous écoute, de citer votre texte, parce que c’est important, parce qu’une flamme, une flamme, très bien. Mais d’où vient cette flamme ? Le travail des historiennes Valérie Igounet et Pauline Picot, spécialistes de l’extrême droite, montre qu’il ne s’agit ni plus ni moins d’un copier-coller de la flamme tricolore italienne du Mouvement Social Italien.
Ouais, je voulais rajouter aussi, parce que je vois le tchat, hein, il y a Maxime qui disait : « Ce n’est pas la flamme d’Italie mais celle du MSI. » C’est bien ça. MSI, Mouvement Social Italien, fondé en 1946 par des anciens fascistes. Voilà, c’est bien la filiation.
Moi ce que je trouve aussi inquiétant, c’est que ces symboles, comme vous l’avez bien montré dans le site, se banalisent. Quand tu dis qu’un policier porte un patch Punisher ou qu’il y a un drapeau confédéré dans un commissariat, on n’est pas seulement dans un signe esthétique. C’est un signe politique, et ça envoie un message clair à ceux qui le reconnaissent.
Alors, peut-être une dernière question du tchat ? Oui, Anne-Lise demande : « Est-ce que vous allez continuer à enrichir le site ? »
Oui, bien sûr, c’est prévu. Comme on le disait tout à l’heure, on a encore au moins 150 symboles en réserve. Et on va aussi faire évoluer la carte interactive, la rendre plus facile d’accès. On reçoit beaucoup de propositions par mail, par le formulaire du site. On ne pourra pas tout mettre, mais on essaiera de compléter régulièrement.
Et est-ce qu’il y a des projets d’ateliers, de formations autour de ça ?
Oui, on y pense. On a déjà eu des demandes d’associations et même de collectivités. Peut-être qu’on fera des conférences ou des ateliers pour sensibiliser à la lecture des symboles.
Bon, messieurs, je crois qu’on arrive au bout. Merci Geoffrey Dorne, merci Ricardo Parreira pour ce travail précieux, et bravo pour Indextrême.
Merci à toi David, merci au tchat, et merci pour l’accueil.
On mettra le replay sur Au Poste, évidemment. Merci encore et à très bientôt.
