4 668 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
100 % libre et LIVE
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

Iran : « Ce régime est détesté par sa population »

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Amis, amis du café, amis de la France Déter, bonjour, il est 7 heures 4 minutes, nous sommes le 9 mars 2026 et nous sommes Déter 3, 4. Bonjour Trognon, bonjour Akarrarir, bonjour Satrappe, bonjour Euryale, évidemment, bonjour Eternelfugace, bonjour Labelle Hélène, merci pour ton abonnement Labelle Hélène, bonjour Chuto, bonjour Piscopat, bonjour Pixel sur YouTube, bonjour à YouTube, à Twitch, mais surtout bonjour à auposte.media. Est-ce que le live fonctionne sur auposte.media ? Comme chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. Petit slogan que j’ai vu récupéré sur d’autres chaînes. Mais non, non, les gars, c’est bien ici que ça se passe. Et c'était Jacques Rancière qui nous avait fait l’immense honneur de nous déclarer comme tel. Ici, on met un peu de trouble dans l’ordre dominant. France Déter accueille des invités. Aujourd’hui, on va essayer d’en avoir trois : 1 à 7 h 30, qui est Azadi, réfugié kurde, auteur de Leçons kurdes : Les Damnés des montagnes, paru en fin d’année dernière à La Fabrique ; on parlera avec lui, évidemment, de ce qui se passe en Iran et au Kurdistan. À 8 h 20, nous allons converser avec Mahan Taraj, juriste et fondatrice du podcast L’Iran décrypté, membre du Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran. Et dans l’intervalle, si tout va bien, à 8 h, on va faire chauffer la visio avec Patrick Proisy, maire LFI sortant de Faches-Thumesnil, dans le Nord. Et vendredi, figurez-vous que M. Patrick Proisy a été attaqué, en tout cas son meeting a été perturbé, par des fachos : une dizaine de fachos encagoulés qui ont pris d’assaut l’estrade à coups de pancartes ; il sera avec nous pour nous en parler. Il y a 4 personnes qui sont en garde à vue. Comment ça va, euh, comment ça va à la France Déter ? Ah ouais, je, je ne sais pas comment on dit, voilà. Faches-Thumesnil, ce n’est pas comme ça qu’on dit ? J’ai dit Thumesnil, peut-être, ouais. Oui, oui, je ne sais pas pourquoi. Je sais pas pourquoi. Excusez, je suis fatigué.On aura évidemment la météo des luttes dans quelques minutes. Je vous rappelle que cette météo des luttes n’existe que grâce à vous, comme tout le reste d’Au Poste, c’est-à-dire grâce aux abonnés sur auposte.media et aux donateurs. Et on arrive à l'édifier grâce à vos conseils, à vos suggestions, soit par le Discord, soit sur une petite page qu’on a créée spécialement pour vous, dont Euryale va vous donner dans le tchat la référence. Si vous voulez que vos meetings, vos réunions publiques, vos ciné-débats, vos cantines solidaires et autres apparaissent dans la météo des luttes, eh bien il faut remplir le petit questionnaire. Nous l’envoyer avant le samedi 15 h, car cette matinale, figurez-vous, qu’elle se prépare le samedi et le dimanche pour pouvoir être fin prête le lundi matin. Nous aurons également la revue de presse antifa, les convocations de la semaine, et je peux vous dire que cette semaine on va faire des émissions tous les jours, absolument incroyable, la revue de presse de la maison Poulaga, Radio Police.Comment allez-vous les uns et les autres ? N’oubliez pas qu’il y aura également, à un moment donné ou à un autre, la météo du tchat. Comment ça va avant qu’on démarre la petite revue de presse express ?Alors, hop ! Aujourd’hui, la une du Monde, Motshaba, Khamenei désigné guide suprême en Iran, de nouveaux bombardements. Je ne dis pas frappes ; d’ailleurs, je note, j'étais sur mon petit vélo pour venir au studio, j'écoutais à tue-tête France Info et je note que les gens qui sont, par exemple, au Kurdistan, les envoyés spéciaux parlent de bombardements quand les gens en studio parlent des frappes. Je trouve que c’est assez intéressant de voir la différence de perspective selon qu’on est confortablement installé dans un studio ou à crapahuter sur le terrain. Donc, nouveaux bombardements en Iran, en Israël, au Liban et à travers le Golfe ; vous le savez, qu’il y a également eu, depuis plusieurs heures, plusieurs jours, une pollution atmosphérique extraordinaire avec les puits de pétrole et les usines de pétrole, on va dire, qui ont été bombardées, et ça crée un épais nuage noir, au point qu’en plein jour Téhéran est couvert de suies, de traces pétrolières et le ciel est totalement noir, voilà.Ça, c’est la une du Monde, la une de L’Humanité. Alors, je ne sais pas pourquoi L’Humanité, ils me demandent toujours mes cookies. On ira en face des tentatives d’instrumentalisation d’Israël et des États-Unis. Les forces kurdes cherchent la meilleure voie. Nous en parlerons justement à 7 h 30, avec Azadi, réfugié kurde, et nous verrons avec lui, en France, ce qu’il en est. Alors que les États-Unis et Israël tentent d’instrumentaliser pour faire tomber le régime de Téhéran, tentent d’instrumentaliser les Kurdes, plusieurs partis kurdes iraniens ont formé une coalition, mais ne se sont pas prononcés pour l’heure sur leur engagement dans cette guerre.France Info : marge d’erreur, coût, commanditaire, faut-il se méfier des sondages pour les élections municipales ? Je dois reconnaître que je pensais, en début d’année, qu’on allait consacrer plus de temps aux municipales. Au Poste, eh bien, on n’a pas pu. Voilà, on n’a pas pu, par nos faibles moyens, pris aussi par la fournaise des événements mondiaux. Est-ce que, par chez vous, les municipales, ça passionne les foules ? Est-ce qu’il y a des… quels sont les enjeux ? N’hésitez pas à nous dire dans le chat ; j’essaierai de prendre quelques remarques, quelques nouvelles de la France Déter, grâce à vous. N’hésitez pas dans le tchat, que ce soit sur Twitch ou sur YouTube, j’ai les deux qui s’affichent sous mon écran.À l’approche du scrutin, les sondages et les critiques qui les accompagnent se multiplient dans certaines villes. Face à une recrudescence de fausses études, la Commission des sondages appelle à la vigilance. C’est la une de France Info. Politis : marche féministe nocturne, l’antifascisme est une urgence et une nécessité. Ça tombe bien, vous êtes Au Poste, où nous tenons cet étendard depuis cinq ans, depuis que nous sommes nés en février 2021.41Shot nous dit : chez moi, il n’y a que deux listes, deux droites seulement. Alors précisez éventuellement, si ça ne vous dérange pas, dans quelle commune vous êtes ou au moins dans quelle région, mais même le mieux, c’est dans quelle ville ? L’enjeu, ce sont les sénatoriales, nous dit Trognon, absolument. Je vous rappelle que les grands électeurs sont pour partie les maires de communes, je crois à la hauteur de 30 %. Donc, en fait, quand on élit des maires, on élit indirectement des sénateurs.Reporterre, sexisme dans les médias : environ 75 % des personnes mentionnées dans les articles sont des femmes, nous dit Reporterre ; une équipe de recherche a analysé les prénoms mentionnés dans les journaux pour calculer le taux de masculinité. Bilan : les femmes demeurent minoritaires, y compris à Reporterre, pourtant plus paritaire que la moyenne. Des hommes, qu’est-ce que j’ai dit ? Qu’est-ce que j’ai dit ? Je me suis trompé. Dans les médias, pas trop ; non, je n’ai pas l’impression qu’ils aient beaucoup traité les municipales, nous dit Lassie. Et non. Et on sait toujours à qui ça profite. Pardon, excusez-moi, excuse-moi. Non, non. Sexisme dans les médias : environ 75 % des personnes mentionnées dans les articles sont des hommes. Excusez-moi, ça c’est l’article de Reporterre.Galdian : j’ai du mal à m’intéresser aux municipales : en tant qu’handicapé isolé, on ne me fournit aucun moyen de voter, ce qui limite mon attrait. Un accès au droit de vote pour tous serait assez sympa. Il y a Joël Boyer sur YouTube qui nous dit : là où je vote, il y a aussi deux listes de droite. À Dijon, nous dit Flo, c’est la marionnette de François Rebsamen qui va être élue, vu que la gauche est écologiste, mais n’a pas su faire l’union. Alors, Eternelfugace nous dit : perso, je ne peux pas ; je n’ai pas voté, je ne peux que pour les législatives européennes et la présidentielle. Satrappe nous dit : je n’ai encore rien reçu, ni la propagande ni ma carte. À Paris, c’est le cas aussi, en tout cas dans mon quartier. À Toulouse, l’air de rien, la gauche pourrait passer, ce qui serait bien cool, mais aucune menace RN ici. Alors l’enjeu est moindre, nous dit La Lugaine. Ici, trois listes, pas une de gauche, même fausse, même molle, nous dit Euryale. Deux de droite évidemment ; et dans certaines communes, une seule liste, nous dit Rolland, dans le sud de la France. Rolland, notre secrétaire de rédaction extraordinaire, qui est en train de remouliner toutes les biographies sur le site auposte.media. Bon Pote : municipales ; justement, quel est le parti le plus concerné par les municipales, par l’antisémitisme ? Attention, roulement de tambour : est-ce Mélenchon ? Est-ce LFI ? Eh bien, bien sûr que non ! Les voilà, les voilà. Alors attendez, on va regarder ça tranquillos. Donc c’est le site Bon Pote qui nous donne le nombre de listes par parti rassemblant des candidats ou des colistiers ayant été épinglés pour des propos, ou des actes, ou des partages antisémites. Alors, dans les autres partis : 0 %. Bon, on va plutôt commencer par les autres. Le RN, le RN en rouge : 19. 19 listes, 19 candidats ou colistiers marqués du sceau de l’infamie ; 4 sans étiquette ; 4 divers soutenus par le RN ; 2 LFI ; 2 divers droite ; et 0 pour les autres partis : NPA, divers gauche, Horizons, LR, PS, PC, Les Verts, Les Centristes, etc. Donc on voit que c’est alors les deux LFI, c'était les deux trop ; et les autres, eh bien on voit bien que c’est toujours, comme je le dis, le plat est peut-être différent, Bardella est peut-être différent, mais le fond de sauce du RN est toujours le même depuis 50 ans. 42 Max nous dit : chez nous, à Orléans, je n’ai jamais vu autant les élus depuis 30 jours, depuis 30 ans. Il y a un sacré balai de candidats sur les marchés depuis un mois. Nuit sans lune répond à Satrappe, lui disant que la propagande à Marseille est envoyée aujourd’hui et que sa carte a été reçue il y a une semaine. La loi a changé au 1er janvier ; est-ce que vous le saviez ? Je découvre : plus le droit de panachage, plus le droit d’ajouter ou de rayer des candidats dans les communes de moins de 2 000 habitants. En effet, c’est la proportionnelle qui prévaut ; donc, d’une certaine manière, c’est une forme de panachage, mais à ce moment-là à l'échelle de la commune. « Quoi ? » nous dit Lasirie de Nice concernant le travail de Bon Pote. Enthoven et le Printemps républicain diraient n’importe quoi ? Pourquoi aller voter quand la liste unique est déjà élue ? Ah oui, s’il y a une liste unique, effectivement, ça ne marche pas. Mais l’idée, je pense que c'était de favoriser des listes d’opposition, et la proportionnelle faisant qu’il y avait forcément des gens de la deuxième liste, sauf si la première récolte 100 % des suffrages. Je crois que c’est cette idée-là qui est en germe. Agnès dit bonjour Au Poste : j’habite Frontignan et ici une seule liste, toujours les mêmes depuis 30 ans, soi-disant de gauche, mais les trois dernières élections les gens, entre guillemets, ont voté majoritairement RN. Tommy vous donne ce conseil : en cas d’impossibilité, pensez à la procuration. Et dire que les LR vont peut-être gagner Paris et Lyon. Les mecs, ils ne représentent personne, mais ils pourraient rafler la capitale et la deuxième, troisième ville de France. Les Jours : à Marseille, la razzia des municipales sur la schnouf. C’est une enquête de Anna Rousseau, qui a été publiée hier, absolument passionnante. Violence, argent sale, DZ Mafia, le narcotrafic monopolise la campagne ; les candidats surenchérissent sur la répression, moins sur la prévention. C’est à lire chez les amis des Jours. Autre copain, Frustration, toujours dans la danse : le marxisme, c’est quoi ? Cinéma populaire, les classes populaires sont-elles sous-représentées ? C’est une réponse à Télérama. La violence bourgeoise en littérature, la chronique d’Adeline Dieudonné. Immigration, colonialisme et maladies chroniques : ce que disent les corps de nos mères, c’est-à-dire sur le site de Frustration. Le cinéma français victime de bourgeois ; Quentin Deranque, alibi macabre du coming-out fasciste de la classe dominante. À propos de fascisme, il en sera question à 8 heures avec le maire LFI. Alors que je ne me plante pas, parce que vous allez encore me tomber dessus. Donc Faches-Thumesnil, voilà, dans le Nord, commune de 19 000 habitants qui, je crois, et on lui demandera confirmation, est la commune la plus importante aux mains de LFI. Toujours est-il que vendredi soir, une dizaine de fachos cagoulés sont venus perturber son meeting. Vous en avez probablement peu entendu parler. Il s’est fait enfariner, comme Bardella, mais Bardella, ça fait trois jours sur CNews, et lui ça ne fait rien nulle part. Donc on s'était dit que dans l'écosystème médiatique, il était bon de donner un petit peu de temps d’antenne à cette histoire pour en parler.Alternatives économiques : malgré le retour du chômage, quelques éclaircies dans le ciel gris de l’emploi. Depuis un an, le chômage est orienté à la hausse, mais le marché du travail bénéficie pour le moment de plusieurs effets positifs liés au dynamisme économique qui a précédé et suivi la pandémie de Covid-19. Alors voyons, voyons. Voici donc la fin de notre revue de presse. Le Canard enchaîné nous parle de Claudia Sheinbaum Pardo, qui est la présidente, la première présidente mexicaine, qui a promis de s’attaquer aux cartels de la drogue qui gangrènent son pays, mais qui tiennent aussi une bonne partie de son économie. Aujourd’hui, les narcos pèsent entre 20 et 40 milliards de dollars au Mexique et soignent leur image en finançant des hôpitaux, c’est-à-dire sur le site du Canard enchaîné. Et enfin, notre petite visite du lundi de ce compte BlueSky que j’affectionne particulièrement, Radical Graffiti, qui partage des graffiti, des stickers antifa, anticolonialistes, etc et là, il y a une belle galerie de graffiti à l’occasion de la journée du 8 mars. Merci Makhno, oui, c’est la plus grande ville LFI, Faches-Thumesnil. Nous aurons, à propos des municipales, le mardi qui suit le deuxième tour, nous aurons une émission spéciale Extrémorama autour du vote Rassemblement national ; ce sera à 18 h et donc ce sera, je crois, le 24, quelque chose comme ça, avec Nicolas Lebourg, Sylvain Crépon et d’autres invités qui viendront analyser avec nous le vote RN qui risque d'être assez massif. Alors je voulais vous montrer ce graffiti. Voilà, nous sommes à Copenhague. C’est joli, ces petites pancartes de signalisation.
00:23:14Audio
Parce que votre histoire de merde, plus la fatigue, c’est pour ça que je crois que j’ai besoin d’un petit remontant. Je vais demander un petit café.
00:23:27David Dufresne
Météo, météo, météo. On va dire, alors que je vois que notre invité vient de s’installer dans ses loges, c’est-à-dire chez lui. Donc on va pouvoir démarrer. Je ferai la météo des luttes un petit peu plus tard. Voici la météo du jour. Donc vous le voyez, record explosé, comme toujours. Donc il va faire beau, il va faire chaud, et ce n’est pas normal, et voilà, et voilà. Alors, ce que je vous propose, c’est qu’on parte au Kurdistan avec un petit peu d’avance et on reviendra ici vers 7 h 50 pour faire la météo des luttes. Ensuite, à 8 h, nous aurons donc Patrick Proisy, le maire de Faches-Thumesnil, qui sera avec nous. Et à 8 h 20, nous aurons Mahan Taraj, juriste, fondatrice du podcast L’Iran décrypté, membre du Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran. N’hésitez pas à participer à la conversation sur le tchat, je remonterai vos questions le mieux possible. Alors attendez, je vais voir si notre invité nous entend. Allô, est-ce que vous m’entendez ? Ah oui, super, super. Alors, on démarre dans 30 secondes, même pas. À tout de suite.Alors, hop, hop, hop ! Bonjour, comment je prononce votre nom ? Azadi, c’est ça ? Azadi. Azadi, qui est en fait un pseudonyme et qui a une signification particulière.
00:25:35Azadi
Oui, qui veut dire liberté.
00:25:37David Dufresne
Voilà. Vous êtes l’auteur d’un livre publié il y a quelque temps à La Fabrique, chez les copains de La Fabrique, Les Damnés des montagnes. Vous êtes issu d’une famille kurde alévie, arrivé en France dans les années 90. Vous êtes militant décolonial et votre nom, donc Liberté, est aussi le nom d’un slogan kurde qui est, je crois, central dans votre mouvement : Azadi, femme, vie, liberté, qu’on avait évidemment entendu. Est-ce que je me suis planté dans cette présentation ?
00:26:21Azadi
Non, pas du tout. Je vais rajouter : je ne suis membre du média Parole d’honneur.
00:26:27David Dufresne
Vous êtes membre, c’est-à-dire, ça veut dire quoi être membre du média Parole d’honneur ?
00:26:32Azadi
Des gens, des personnes qui vont penser les émissions, les faire et participer aux émissions régulièrement.
00:26:41David Dufresne
Est-ce que vous pouvez me dire ce qu’est la communauté à laquelle vous êtes membre, dont vous êtes membre, la communauté ? C’est quoi, c’est qui ?
00:26:58Azadi
Alors l’alévisme, c’est une religion qui est présente notamment en Turquie, au Kurdistan et aussi près de la région, qui a pas mal de similitudes avec les alaouites de Syrie, parce qu’il y a aussi quelques similitudes. C’était pour faire rapidement. C’est une religion qui n’est pas spécifique seulement aux Kurdes, mais vraiment dans la région il y a plusieurs millions de Kurdes, principalement ceux de Turquie, qui sont alévis. Il y a aussi des Turcs qui sont Alévis. Et comme on l’a décrit c’est assez proche du schisme, vous pouvez l’appeler, constater comme une branche du chiisme, puisqu’il y a toute une place du chiisme duodécimain qui est très présente, notamment avec l’imam Ali, Hassan, Hussein, avec des figures comme celles-ci. Et donc c’est une forme de chiisme, d’une forme d’islam un peu différente du chiisme un peu principal, mais qui a aussi une forme de syncrétisme religieux avec d’autres formes de religions plus anciennes, qui sont plus proches de la considération de la nature comme un élément de création de Dieu et que tout est création d’un Dieu. Et c’est un peu tout ce genre de croyances-là, pour être rapide, parce qu’on ne va pas rentrer dans le détail, sinon ça va être trop compliqué.
00:28:23David Dufresne
J’avoue, vous m’avez perdu. Je ne sais pas exactement ce que vous m’avez dit. Il faut dire que moi, je ne suis pas religieux, mais je suis très heureux de discuter avec vous. Mais je croyais que vous étiez dans une branche plutôt laïque. C’est le cas ou ce n’est pas le cas ?
00:28:48Azadi
Ça dépend de ce que l’on définit comme laïque. Tout est très compliqué à définir en dehors de la France. La vision de la laïcité en France, en plus encore aujourd’hui, ça fait débat, donc c’est un peu compliqué à définir. Je ne sais pas ce que vous entendez par là, d’ailleurs. Je ne sais trop comment répondre à la question, parce que je ne savais pas trop ce que j’entendais par là.
00:29:10David Dufresne
Eh bien non, non, laïque, ça veut dire, pour moi, ça veut dire qu’on ne met pas en avant la religion dans la discussion.
00:29:19Azadi
Oui, c’est vrai que les Kurdes, de manière générale, même si récemment ça a un peu changé, historiquement les partis politiques kurdes ne se réclament pas d’une quelconque religion, notamment aussi parce qu’il y a une forte diversité de religions au sein des Kurdes. Mais si majoritairement les Kurdes sont musulmans sunnites, il y a d’autres formes de religions. Au-delà de l’alévisme, il y en a encore d’autres, ce qui fait aussi, je pense, partie des raisons pour lesquelles il n’y a pas forcément un mix religieux-politique, même s’il y a quand même des partis qui le font. Mais globalement, principalement, les partis politiques kurdes ne se réclament pas d’une religion particulière.
00:29:55David Dufresne
Alors je vous ai invité d’abord à propos de votre livre, évidemment, avec ce qui est en train de se passer et parce que nous sommes du côté des victimes. Et là on peut dire qu’une fois encore le peuple kurde subit les foudres de la guerre. Qu’est-ce que vous pourriez et prenons le temps d’expliquer qu’est-ce que c’est que le peuple kurde, le Kurdistan, les différents endroits où ce peuple vit, en sachant, si j’ai bien compris les derniers événements du week-end, qu’a priori toutes les coalitions kurdes se sont unifiées pour faire front à la guerre qui est faite aux Kurdes en ce moment ?
00:30:47Azadi
Alors je vais essayer de donner des éléments les plus généraux, sans entrer trop dans le détail. Et s’il y a des questions, n’hésitez pas, sinon ça va être compliqué. C’est un sujet compliqué ; si on rentre dans le détail, il faudrait des heures et des heures. Alors les Kurdes, on est à peu près plus de 40 millions de personnes, réparties entre la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Pour faire rapidement un point : il y a un peu plus de 20 millions de Kurdes en Turquie, c’est à peu près 20 à 30 % de la population turque ; il y a à peu près 10 % de la population en Syrie ; entre 15 et 20 % en Irak ; et entre 10 et 15 % en Iran. Voilà la répartition des Kurdes sur ces quatre pays-là.
00:33:27David Dufresne
Allez-y, bien sûr. C'était précisément la question que j’avais après, c'était votre notion, que je trouve assez fascinante, de colonie internationale que vous mettez en avant dans le bouquin que je viens de mettre à l'écran.
00:33:45Azadi
Justement, ce concept-là va être, j’espère, assez évocateur pour les personnes qui m'écoutent, puisqu’il regroupe à la fois l'état actuel du Kurdistan et aussi l’origine historique de la situation des Kurdes actuellement. C’est-à-dire que le Kurdistan est une colonie internationale. Il faut comprendre cette notion sous son double sens. C’est d’abord une colonie internationale, et là il faut prendre le mot dans un seul bloc : international. Commençons d’abord par un autre bloc, si vous permettez : il faut découper le mot international en deux. C’est une colonie internationale, c’est-à-dire que c’est une colonie répartie entre quatre pays, donc la Turquie, l’Irak, l’Iran et la Syrie, qui chacun va avoir une politique coloniale vis-à-vis des Kurdes.
00:35:42David Dufresne
Alors là je viens de mettre une carte, j’ai tapé OpenStreetMap Kurdistan. J’espère ne pas me tromper, je ne sais pas si vous la voyez.
00:35:54Azadi
Je ne vois pas la carte, donc je vous fais confiance, j’imagine des quatre pays, ce sera le plus important. Oui, c’est ça, c’est ce qui se passe. Voilà. Donc, pour résumer sur la colonie internationale, il y a le premier concept de colonie internationale. C’était le fait d’être soumis à des politiques coloniales sur quatre pays différents, qui vont en plus s’allier contre les Kurdes. Donc dès qu’il y a une révolte des Kurdes, les pays s’allient pour réprimer les Kurdes.
00:38:38David Dufresne
Mais c’était bien qu’on prenne quelques minutes pour avoir cet historique, parce que sinon on ne comprend pas le présent si on n’a pas les racines. Voilà, c’est pour ça que c’était très bien de prendre un peu de temps. Alors, je parlais tout à l’heure de coalition, et je crois que j’ai commis une erreur, parce que je vous ai dit que c’était ce week-end. Je crois que cette coalition, si j’ai bien compris, de 12 partis politiques kurdes, venus donc des quatre régions différentes sur lesquelles votre peuple vit, c’est-à-dire l’Irak, la Syrie, la Turquie et l’Iran. Je crois que cette coalition, elle a été établie en février, face à la menace américaine qui se montrait, c’était bien ça ?
00:39:23Azadi
Alors ce n’est pas vraiment 12, c’est 5 à 6 partis iraniens. En fait, ce ne sont pas des partis kurdes des quatre pays. Là, ce sont les partis kurdes iraniens. Donc il y a une coalition avant la guerre Iran-Israël. C’est une coalition, ça veut dire que c’était une plateforme commune de discussion et de prise de position commune.
00:39:48David Dufresne
Alors là, depuis quelques jours, il se trouve qu’il y a des villes kurdes, notamment, je pense à Erbil, en Iran qui est en Irak, pardon, qu’on considère comme la capitale. Est-ce que c’est vrai ça ou pas ? Ça c’était vachement compliqué votre affaire. Ce n’est pas l’Irak j’ai passé mon après-midi d’hier à essayer de comprendre tout ça. Je vous écoute.
00:40:18Azadi
Si vous voulez, je vous fais le point rapidement.
00:40:25David Dufresne
Allez-y, allez-y. Le tchat dit que c’est très intéressant comme d’habitude, voilà. Allez-y, allez, on vous écoute vraiment.
00:40:31Azadi
En gros, cette coalition qui s’est formée, il faut savoir que les Kurdes en Iran luttent contre l'État iranien depuis des décennies. C’est-à-dire que les Kurdes étaient déjà en lutte contre le Shah d’Iran. Même avant l’existence d’Israël, dans les années 45-46, les Kurdes combattaient déjà l'État iranien sous la forme du Shah d’Iran. À la révolution de 79, les Kurdes ont été en première ligne contre le Shah d’Iran. Donc il y avait les Kurdes, il y a les communistes et les islamistes. Ensuite, avec la mise en place de la République islamique d’Iran après 1979, cette république-là a aussi été répressive avec les Kurdes, et donc la lutte du peuple kurde contre l'État iranien, cette fois-ci sous la République islamique d’Iran, a continué.
00:41:18David Dufresne
Oui, oui, on va être assommé ce serait trop long..
00:41:20Azadi
Mais donc, il faut comprendre cet historique-là. C’est-à-dire que là, ce qui se passe, c’est 1 % de l’histoire du peuple kurde vis-à-vis de l'État iranien. Donc cette coalition des partis kurdes iraniens, elle est aussi dans un contexte de guerre. À l'époque, ce n'était pas encore la guerre, mais quand même il y a eu la guerre des douze jours, des menaces persistantes contre l’Iran. Donc ils se sont dit : on va s’entraider pour voir ce qu’on fera dans l’avenir.
00:43:50David Dufresne
Alors, néanmoins c’était très clair, c’était très clair. Et d’ailleurs Data nous dit : trop intéressant, jamais vraiment entendu parler du peuple kurde. Alors il faut s’accrocher un petit peu parce que c’est une histoire compliquée, mais on a le temps. On a encore une dizaine de minutes, donc on a le temps quand même de développer. Alors, de ce que j’ai compris, dites-moi ce qui est de l’ordre de la propagande ou des faits. Aujourd’hui enfin aujourd’hui et puis hier les Iraniens ont bombardé ce qu’ils appellent des camps de la CIA, alors en Kurdistan irakien, voilà. Est-ce que vous reconnaissez ou pas qu’il y a effectivement des agents américains qui entraîneraient, qui armeraient les Kurdes, puisque une partie des Kurdes c’est une armée de libération, voilà, en tout cas d’essayer de faire en sorte que ce territoire soit un territoire reconnu comme tel ? Est-ce que oui ou non il y a armement par les Américains d’une partie des Kurdes ?
00:45:06Azadi
Alors, sur cette information-là, je ne peux pas vous la confirmer ou la démentir, mais par contre on peut facilement analyser ensemble tous les discours qui ont été faits et l’historique. Si on regarde ça, il faut savoir aussi que les États-Unis et ça je ne vais pas vous apprendre grand-chose mais surtout les États-Unis et Trump, c’est de l’amateurisme à l’état pur. C’est-à-dire qu’ils ont une guerre contre l’Iran et ils vont même penser, au cours de la guerre, à des éventuelles options.
00:45:39David Dufresne
Oui, oui, absolument, oui.
00:45:41Azadi
Donc là, c’est-à-dire que prenons un cas simple : s’ils avaient voulu armer les Kurdes, pardon, ils l’auraient fait avant la guerre, ou pas pendant la guerre, et sans en plus le déclarer au cours de la guerre. C’est-à-dire que le 3 mars, donc il y a maintenant quelques jours, CNN, le média américain, avait déclaré c’était eux qui les premiers avaient donné cette information comme quoi ils essaieraient d’armer les Kurdes. Et ensuite il y a plein d’informations successives qui n’ont aucune réalité. Parce que si ça avait été le cas, on l’aurait su. Les partis kurdes iraniens l’auraient dit, ou on aurait des informations quand même sur Internet. Il y a beaucoup d’informations qui passent, il y a plein de comptes spécialisés sur les questions d’armement. On aurait eu des informations, ce qui n’est pas le cas.
00:46:32David Dufresne
Non, non, non.
00:46:33Azadi
Alors, Azadi, parce qu’après coup, on apprend ça, pas pendant que ça se fait.
00:46:48David Dufresne
Alors effectivement, là-dessus vous avez raison, Azadi, il n’y a pas de souci. Chronologiquement, effectivement, c’est CNN, je crois, comme vous le disiez à l’instant, qui émet ça. En fait c’était Trump qui, en disant en gros : à un moment donné ou à un autre parce que c’est un problème visiblement militaire et tactique à un point donné ou un autre il faudra que le peuple iranien dans son ensemble se soulève pour renverser le régime, puisque les Américains disent : nous, on n’enverra pas de troupes au sol. Bon. Et donc à ce moment-là, il y a cette option kurde qui est sortie du chapeau.
00:48:09Azadi
Qu’est-ce qu’on retient de tout ça ? C’est super intéressant parce que c’est un peu la conclusion, ou peut-être pas encore la conclusion mais une première conclusion, de ce premier moment médiatique qui a commencé avec CNN, qui a révélé les informations de la CIA. Et il y a eu plusieurs médias ensuite qui ont enchaîné. Il y a i24 News qui a même dit qu’il y avait une invasion terrestre. Fox News, enfin vous voyez tout le conglomérat de médias américains pro-Trump, et même israéliens d’ailleurs, puisqu’il y a eu i24 News, qui ont en plus été repris et j’insiste par tous les médias français aussi. Il y a eu BFM TV qui en a parlé, toutes les chaînes télé en parlaient, en disant : il y a une invasion des Kurdes en Iran. Complètement faux, complètement faux. La preuve : regardez, aujourd’hui il n’y a rien, rien ne ressort. Donc ils ont menti pendant plusieurs jours.
00:49:43David Dufresne
Bien sûr, bien sûr.
00:49:44Azadi
Mais il faut savoir aussi que le fait que Trump dise ça dans sa dernière conférence de presse, je pense que c’est aussi le fait qu’il n’a pas réussi à mettre la pression sur les Kurdes, même s’il y a vraiment eu énormément de pression. Il y a eu une très forte pression qui a été faite, médiatique et aussi diplomatique, et les Kurdes ont tenu bon. Et il faut aussi savoir que c’est très compliqué, le jeu : si les Kurdes s’impliquent, la Turquie va vouloir massacrer les Kurdes. C’est assez compliqué comme jeu politique.
00:50:11David Dufresne
Non, bien sûr, bien sûr. Mais je sens que votre venue plaît beaucoup et donc vous reviendrez avec grand plaisir. Je voudrais aborder un tout petit peu avec vous un point : c’est le Rojava, qu’ici on suit avec ce mouvement révolutionnaire magnifique et notamment aussi féministe qui, selon le tchat et selon les informations qu’on a ici ou là, est en péril. Que se passe-t-il au Rojava ? Est-ce que vous avez des nouvelles ?
00:50:52Azadi
Le Rojava, c’est le nom qu’on donne aux Kurdes, au Kurdistan syrien, qui est en fait une bande tout au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie. Alors le Rojava, c’est compliqué puisque je ne vais pas revenir sur les événements de janvier parce que j’espère ou je pense que vous en avez parlé, sinon ça va prendre un peu de temps. Parlons plutôt de l’état actuel.
Kobané,
Dans le même temps, il y a aussi des menaces très persistantes et encore violentes contre des villes kurdes, par exemple la ville de qui est encore dans un régime de blocus un peu étrange. Il y a encore des forces armées qui l’encerclent. Il faut savoir que Kobané est une poche kurde un peu isolée, entourée de zones plutôt arabes en majorité, et pas uniquement kurdes. Donc il n’y a pas forcément une continuité entre toutes les zones kurdes en Syrie.
00:53:29David Dufresne
Merci beaucoup Azadi pour votre venue. Le site de votre éditeur, La Fabrique, nous annonce parce que là le tchat vous réclame à corps et à cri eh bien écoutez, si vous voulez discuter avec Azadi, il sera, alors dites-moi si c’est bon : à Bruxelles le samedi 14 mars, à Liège le 15, à Vence le 27 juin et à Saorges le 28 juin. C’est bien ça ?
00:53:49Azadi
C’est bien ça, oui.
00:53:55David Dufresne
Bon, eh bien merci, merci beaucoup.
00:54:02Azadi
Je vous en prie.
00:54:04David Dufresne
Et puis on se revoit un de ces jours avec grand plaisir.
00:54:07Azadi
Avec grand plaisir. Merci et bonne journée.
00:54:09David Dufresne
À vous aussi, merci, et surtout bon courage.
00:54:12Azadi
Merci beaucoup, au revoir.
00:54:15David Dufresne
Voilà, chers amis. Alors je crois que notre autre invité est arrivé également. Ça se bouscule dans France Déter maintenant. Merci à vous, c’était très intéressant. Merci beaucoup. Courage aux Kurdes. Écoutez, moi je me suis plongé dans l’histoire des Kurdes hier pour préparer cet entretien et déjà, moi je vous avoue vraiment mon ignorance. Je ne pensais pas qu’il y avait 40 millions de Kurdes. C’est-à-dire qu’à force d’entendre toujours parler de minorités, de minorité, de minorité… on croit que le peuple kurde, c’est quelques centaines de milliers de personnes. Non, non, c’est 40 millions. C’est énorme. C’est énorme. Et à travers les Kurdes, il y a des mouvements extrêmement intéressants comme ceux du Rojava, qui prônent une forme d’autonomisation vis-à-vis du prisme vertical de l’État autoritaire, oppressif et qui est, je trouve, extrêmement lumineux. Voilà, je sais ce que vous allez me dire : mais une matinale par jour, ce serait tellement bien, nous dit Personne. Écoute, moi j’aimerais bien faire une matinale par jour, mais pour cela il faudrait qu’on ait un peu plus de moyens. Voilà. Parce que je ne pourrais pas faire et une matinale et des émissions en semaine d’entretien. Mais c’est vrai que de temps en temps ça me titille un peu. Je me dis : tiens, ce serait bien qu’on fasse plus souvent des matinales.60 millions, pardon, me dit Samo Vivant, 60 millions en tenant compte de la diaspora. Absolument, absolument, pardon. Voilà, France Déter, la première matinale de France du lundi matin à 7 heures. Assistez parfois mais oui, assistez, assistez les amis. Alors est-ce que notre deuxième invité est là ? Je vois qu’il y a… Allô, allô ? J’ai l’impression qu’il n’a pas mis sa caméra. Qu’est-ce qui se passe ? Ah si ! Allô, allô ? Ah très bien, vous n’avez pas de caméra en fait. Alors je suis en régie avec le maire alors je vais encore me planter mais alors, Faches-Thumesnil, voilà, Faches-Thumesnil dans le Nord, Patrick Proisy moi je l’entends, vous allez bientôt l’entendre, mais je ne le vois pas. On dirait qu’il y a un cache devant votre caméra. Oui, là c’est pas mal. Alors attendez, j’envoie un petit jingle en attendant. À tout de suite.
00:57:39Audio
La riposte, c’est vous. Suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste. Soutenez-nous sur auposte.media.
00:58:10David Dufresne
Regardez, regardez-moi ce bordel ! Ah voilà, c’est bon, là ! On vous voit, Patrick. Allô, allô ? Vous m’entendez ? Il ne m’entend pas et il a coupé le son. Que se passe-t-il ? On arrive, on arrive. L’idée, c’est de discuter avec Patrick Proisy, qui est donc le maire de Faches-Thumesnil. Allô, allô, est-ce que vous m’entendez ?
00:58:20Patrick Proisy
Oui, très bien.
00:58:25David Dufresne
Ah, génial, impeccable, impeccable. J’aimais bien le bruit de fracas quand vous avez posé votre affaire. C’était sympathique. Ah, c’est vrai que vous avez l’air jeune, vous, hein. Quel âge vous avez ?
00:58:51Patrick Proisy
Merci, j’ai 38 ans.
00:58:53David Dufresne
Et vous êtes le maire de la plus grande commune LFI de France et de Navarre.
00:58:57Patrick Proisy
Alors moi je ne dis pas commune LFI, parce que ça voudrait dire que tout est gagné d’avance et qu’il n’y a pas besoin de se battre. Moi je suis maire LFI, j’ai été élu sur une liste d’union de la gauche et puis donc maire insoumis avec le plus grand nombre d’habitants.
00:59:13David Dufresne
Alors bon, c’est super d’être à la tête de la plus grande commune, mais je ne veux pas être désobligeant. 19 000 habitants, c’est quelque chose, mais ce n’est pas non plus énorme. Comment on explique LFI et pas plus de mairies ?
00:59:29Patrick Proisy
C’est un mouvement qui est quand même relativement jeune, puisqu’il vient de fêter ses 10 ans et qu’il s’est construit d’abord sur des figures nationales, celle de Jean-Luc, et puis après des 40 députés et puis des 80. Et la dernière fois, en 2020, il n’avait pas fait des élections municipales une priorité. Moi, dans le mouvement, j’ai poussé un petit peu pour dire que c’était important de pouvoir s’implanter au niveau local et de réussir à convaincre les gens par l’exemple : on arrive à mettre en place des choses qui sont utiles aux gens. Et c’est un véritable plaisir de voir que pour cette élection la France insoumise a dit : OK, on ne va pas sauter par-dessus, on va vraiment faire quelque chose de bien.
01:00:25David Dufresne
Alors là vous allez entendre ma machine à café. C’est du café ou du thé que vous avez dans votre tasse ?
01:00:31Patrick Proisy
C’est du café.
01:00:32David Dufresne
Alors vous pouvez rester. Après, on va parler de ce qui s’est passé vendredi, la raison de votre présence, et merci beaucoup d’accepter de venir au poste ce matin. Je voudrais juste vous demander : l’affiche qui est derrière vous, c’est Louise Michel ?
01:00:42Patrick Proisy
Louise Michel.
01:00:50David Dufresne
Ah, c’est pas mal, ça a de la gueule quand même. Bon, Patrick, que s’est-il passé vendredi soir dans votre commune alors qu’on me demande de situer, et si vous pouvez bien prononcer son nom, parce que depuis ce matin je me fais charcler dans le tchat ?
01:01:06Patrick Proisy
Alors ça s’appelle Faches-Thumesnil, avec un tiret entre les deux, et donc c’est collé au sud de Lille. On est vraiment frontaliers, en face c’est Lille-Sud.
01:01:17David Dufresne
Impeccable. Alors vendredi, vous faites un meeting. Il y a Aurélien Lecoq en vedette américaine et puis il y a une dizaine de personnes cagoulées qui font irruption dans la salle. Quelle est cette salle, où on en est à ce moment-là ? Racontez-nous.
01:01:35Patrick Proisy
Aurélien Lecoq, c’est le député de la circonscription, puisque sa circonscription c’est Faches-Thumesnil, Lille et la ville de Loos. Et donc on fait notre meeting de campagne, exactement à la même date qu’en 2020 d’ailleurs, le vendredi 6. C’est une petite salle de 150-200 places, petite salle des fêtes qui sert beaucoup pour des lotos, des belotes, des trucs habituels dans nos petites villes.Et donc on a Aurélien qui passe en premier. Ensuite on a un certain nombre de colistiers qui sont censés passer en binôme, et moi en dernier pour clore ensuite ce meeting. En 2020 on n’avait pas fait de service d’ordre, on avait dit : pas de souci. Pourtant on avait un député, un sénateur, enfin voilà, mais il y avait peu de monde aussi. Et là on s’était dit : on va faire un petit service d’ordre. On a demandé à La France insoumise de nous envoyer quatre camarades du service d’ordre.
01:02:32David Dufresne
Je te vois lever la main alors, c’est pour ça ?Non, non, c’est parce que je t’ai vu puisque nous sommes peuple de gauche, on se tutoie je t’ai vu faire le V de la victoire, je pense, à quelqu’un de la mairie, et donc ça m’a fait rigoler.
01:02:42Patrick Proisy
Oui, oui, je suis dans mon bureau et la porte est grande ouverte, comme d’habitude.
01:02:46David Dufresne
Et là tu salues, mais avec le V de la victoire. C’est un geste un peu… enfin bon, on t’écoute.
01:02:55Patrick Proisy
Et ça, ça risque d’arriver plusieurs fois, que je salue des gens qui passent.
01:03:01David Dufresne
C’est la vie de maire.
01:03:07Patrick Proisy
Le meeting commence. Aurélien Lecoq prend la parole et il en arrive à un moment où, dans son discours, il faisait un truc assez bien entre le national et le local. C’était plutôt chouette et il commence à aborder la question de l’extrême droite. Et en fait, à ce moment-là, il y a quelqu’un qui était au fond de la salle, qui est ressorti. Et après, une douzaine, quinzaine de nervis cagoulés il y en avait deux qui avaient leur visage à découvert, tout le reste était cagoulé ont commencé à entrer dans la salle.Alors le SO a essayé de les empêcher en bloquant la porte. Mais bon, quand tu as quatre personnes au service d’ordre et qu’il y en a forcément une qui reste devant avec le député, donc quand tu as trois camarades qui essayent de bloquer douze personnes, c’est un petit peu compliqué. Et donc ils ont réussi à entrer dans la salle.Moi je te décris ce que je vois : je vois le député qui s’arrête, j’entends une clameur et on commence à entendre des slogans. Donc le slogan principal que j’ai entendu, moi, c’est « Justice pour Quentin ». Et puis on les voit remonter. Pour avoir déjà vu ça, notamment au meeting de Guiraud la dernière fois, ils se mettent soit sur un côté de la salle, soit dans le fond. Ils font leur happening avec des pancartes, en scandant des slogans et en restant au fond.Là, la différence, c’est que comme c’était une petite salle et qu’on n’a pas un service d’ordre exceptionnel, ils commencent à remonter l’allée centrale en balançant une espèce de peinture rouge sang par terre et puis un peu sur les gens, et en allant très, très vite vers le député. À ce moment-là, le député est exfiltré et comme moi je n’ai pas forcément de réflexe de préservation personnelle, je reste au premier rang. C’est ma salle, c’est mon meeting, voilà, moi je ne m’en vais pas.Et à ce moment-là, ils commencent à se mettre en ligne devant le petit podium qu’on avait mis, la petite scène, et à sortir des pancartes. Donc je me lève, je vais derrière eux, au niveau du pupitre et du micro. Et puis je dis : « Les amis, surtout pas de violence. C’est exactement ce qu’ils attendent. Donc vous ne leur donnez pas ça. Pas de violence, pas de violence, pas de violence. » Consigne qui va d’ailleurs être respectée par tout le monde. Et ça, c’est plutôt cool. Je redescends du petit podium, je vais face à ces personnes-là avec leurs pancartes. Puis je leur dis : « Bon, maintenant c’est bon, barrez-vous. » Il est possible que j’aie dit « barrez-vous les fachos », bien évidemment, et que je n’aie pas surveillé mon vocabulaire. Mais en tout cas je ne les ai pas touchés, je leur ai simplement dit de partir.
01:05:31David Dufresne
Le mot « dehors » est un petit peu provocateur.
01:05:34Patrick Proisy
Ah, c’est pour faire ma faveur, il ne faut pas me calmer dans mes propos. Et donc « fachos », bon, c’est factuel. Donc c’est à ce moment-là, alors que très pacifiquement je remonte l’issue de secours pour qu’ils puissent partir, que je me suis fait enfariner. Simplement, ils m’ont balancé un sac de farine sur la tronche. Comment dire, c’était que de la farine, il n’y a rien de grave, mais en fait c’est hyper désagréable, parce qu’il y a quelqu’un qui balance un truc, tu ne sais pas ce que c’est, tu ne le vois pas arriver. Et puis tu t’es préparé pour faire ton meeting, tu es dans un état d’esprit, et là d’un coup tu te dis : mais qu’est-ce qui se passe ? On est à Faches-Thumesnil, on fait un meeting où on parle, pardon, mais de planter des arbres, rénover des bâtiments et installer des toilettes publiques autonettoyantes. C’est ça un meeting municipal dans notre cas. Et là tu te retrouves avec des gens qui te balancent de la peinture. Moi j’ai des colistières qui étaient venues avec leurs filles de 17 ans. J’ai une présidente d’Asso de 86 ans qui était venue parce qu’elle aime bien le maire en place, parce que le local est vachement apprécié. Et là tu te retrouves avec des choses qui te tombent dessus, auxquelles tu ne t’attends pas.
01:07:04David Dufresne
Mesdames et messieurs, aupostiennes, aupostiens, cet homme dit vrai, car voici les images. Alors je vais les montrer sans le son, puisque évidemment cette opération a été filmée par les gens en question. Voilà l’entrée dans la salle, voici les pancartes, les pancartes vertes. On parlera à un moment donné de… Alors là, ça c’est le gars de Nouvelle Droite, et ici donc on voit au sol la peinture ou le liquide rouge. Là c’est toi, la farine, elle est là.
01:08:43Patrick Proisy
Le samedi, j’ai répondu à l’AFP, à France 3 et à La Voix du Nord, qui est notre PQR. Sinon je n’ai pas eu de sollicitations supplémentaires pour donner mon avis. Comment j’explique ça ? Le traditionnel deux poids deux mesures dont tu parlais quand il s’agit des événements de type violent.
01:10:34David Dufresne
Oui, oui, mais c’est ce qu’on appelle le minimum syndical médiatique. C’est-à-dire qu’il y a deux et c’est tout à leur honneur si je t’ai bien écouté deux médias locaux qui t’ont contacté. C’est la moindre des choses. Il y a l’AFP, c’est la moindre des choses. Et effectivement après c’est plus ou moins repris, mais c’est dans le plus ou le moins qu’on voit la distorsion qui peut se faire.
01:11:38Patrick Proisy
C’est des camarades en partie qui sont aussi habitués à la lutte syndicale et qui savent exactement comment réagir. Ce qui n’est pas le cas, comme je vous disais tout à l’heure, des habitants qui aiment bien le maire et qui sont venus au meeting pour passer un bon moment et avoir un petit moment collectif sympa. Moi, mon inquiétude a été plutôt pour ça, pour les gens qui étaient dans la salle et qui ont assisté à ça. Le lendemain, j’en ai appelé quelques-uns parce que certains sont repartis choqués. Ils ont été pris en charge par les pompiers parce que vraiment une fille de 17 ans qui était en larmes et qui ne comprenait pas ce qui se passait. Donc oui, c’était un bon réflexe qu’ils ont eu de faire ça.
01:12:18David Dufresne
Alors, Nouvelle Droite, il faut en parler. Nouvelle Droite, en fait, est née sous les cendres de Génération identitaire, qui a été dissous. C’est un collectif facho du nord de la France, de Lille, qui se revendique et c’est extrêmement important de Dominique Venner, puisque leur communiqué, qui revendiquait leur action, mettait en avant Dominique Venner, qui, je le rappelle, s’était suicidé en 2013 devant l’autel de Notre-Dame de Paris pour protester contre le mariage homosexuel et l’immigration.
01:13:39Patrick Proisy
Absolument pas, absolument pas. Peut-être que les camarades.Alors, dans ceux qui étaient là, il y avait une demoiselle qui se prénomme Camille, qui était une des seules où on pouvait voir son visage, et elle avait déjà attaqué la permanence parlementaire d’Aurélien Lecoq il y a 3-4 semaines, et il avait revendiqué, il avait mis des vidéos sur les réseaux pour le revendiquer. Lui, on connaissait au moins cette personne-là. Pour d’autres, ils venaient de Paris. Ils sont revenus à quatre voitures. Il n’y avait que deux voitures qui venaient de région parisienne. Et donc moi, si tu veux, je fais un travail d’élu local simple, qui consiste à être à moitié dans mon bureau avec les services et à moitié sur le terrain avec les associations, avec les gens. Et ce type de personnes, habituellement, ne vient pas nous voir. C’est pour ça aussi qu’il y avait un peu de sidération : mais qu’est-ce qu’ils viennent foutre à Faches-Thumesnil, en vrai ?
01:14:39David Dufresne
Comme dit le tchat, ils ne viennent pas jouer au loto ni à la belote dans la salle. Vous ne les aviez pas vus ?
01:14:47Patrick Proisy
Non, non. Jusque-là, ce n’était pas tellement le cas. Et on n’a jamais eu un événement qui a été perturbé d’une manière ou d’une autre. Ça n’est jamais arrivé en six ans, ce type de choses-là. Et c’est quelque chose qui doit toutes et tous nous interpeller aussi. C’est-à-dire que jusque-là, c’était les figures nationales et les permanences qui étaient attaquées. Là, on s’en prend à l’élu local. L’élu local, c’est l’élu de base de la démocratie. Les libertés fondamentales, les premiers droits de vote, les libertés publiques, au début, sont arrivés dans les communes à partir du Moyen Âge, les communes qui s’étaient libérées du joug seigneurial et qui, plus ou moins, s’autodéterminaient et s’autogéraient.
01:15:57David Dufresne
On peut voir aussi que le même week-end il y a eu une colistière de la liste insoumise de Strasbourg, Jamila Hadoun, qui, accompagnée de ses enfants, s’est faite menacer de mort au couteau parce que colistière LFI. Donc voilà : tu parlais de farine qui pourrait être autre chose, eh bien là il y a menace de coups de couteau.
01:16:20Patrick Proisy
Oui, tout à fait.
01:16:25David Dufresne
Pardon, alors d’accord, alors on t’écoute.
01:16:41Patrick Proisy
Oui, tout de suite après, la police nationale a réussi à en choper quatre. Les quatre ont passé les 48 heures de garde à vue et ils ont été déférés hier soir. Pour l’instant, ils ont une interdiction de nous approcher, un contrôle judiciaire renforcé pour empêcher de les retrouver sur nos meetings et, théoriquement, ils ne sont pas censés se contacter entre eux non plus. Il y en a toujours certains qui sont recherchés, notamment je pense celui qui m’a balancé la farine, mais on a bien sa tête, on a son visage. Et puis la fameuse Camille, je pense qu’ils ont essayé de l’interpeller et ils ne l’ont pas trouvée pour l’instant. Je pense qu’il y a un peu de recherche sur sa personne.
01:17:24David Dufresne
Tu as déposé plainte ?
01:17:26Patrick Proisy
J’étais au poste deux heures samedi, tout à fait.
01:17:31David Dufresne
Et ce qui nous a valu un échange assez savoureux, je dois dire, puisque je t’avais envoyé un petit texto en te disant que je me réjouissais de ta venue au poste et tu me réponds : je sors du poste.
01:17:42Patrick Proisy
Merci beaucoup.
01:17:45David Dufresne
C’est les hasards de la vie.
01:17:48Patrick Proisy
Mais bon, pour le coup on a eu les autorités et on a senti de leur part une véritable inquiétude. Et pour le coup ils ont mis des moyens en interne pour pouvoir aller vite. Ce sont des personnes de la criminelle normalement qui ont récupéré ce dossier-là ce week-end, parce que c’était le week-end et il y a un peu moins de monde pour faire les enquêtes. Et ces gens qui habituellement travaillent sur des viols, sur des homicides, donc ils ont mis des moyens pour se dépêcher de pouvoir faire une investigation.
01:18:20David Dufresne
Mais je trouve ça ce sera peut-être une de mes dernières questions parce que notre autre invité est arrivé je trouve très intéressant en fait la logique que tu nous as mise en avant. Là visiblement, de la part de la justice, c’est justement parce que c’était une petite réunion à l’échelle locale quand je dis ça il n’y a aucun jugement mais c’est ça qui les inquiète finalement. C’est-à-dire qu’on descend d’un cran et ça veut dire que ça se répand, ça se banalise. Ça descend au niveau de la première strate de la vie politique, on va dire.
01:18:56Patrick Proisy
De l’élu à portée de coups de gueule, et on vit ça dans les rues et on n’est jamais protégé. Donc je pense que ça les inquiète beaucoup. Si je puis me permettre, puisqu’après il faut que tu enchaînes dans ton émission, moi j’en ai profité dans mon discours pour improviser un truc, mais on va véritablement le faire. Quand on aura gagné et qu’on sera réélu, moi je vais déclarer la ville de Faches-Thumesnil en urgence antifasciste et en zone antiraciste. Et je vais proposer à tous les maires de France qui ont envie de créer un réseau que l’on puisse créer un réseau des villes antifascistes, antiracistes, pour créer du contenu, pour soutenir les créateurs de contenu, pour faire des conférences, pour mettre des salles à disposition, pour publier des bouquins. Bon, il faut qu’on prenne notre part, nous aussi, les élus locaux, à cette lutte-là. Et si dans 10 ans il y a le fascisme, on pourra se regarder au moins dans un miroir en disant qu’on aura essayé de faire quelque chose. Et puisqu’ils veulent essayer de nous emmerder au niveau local, eh bien il faut que le niveau local s’empare aussi de cette question-là. Donc ça a travaillé, là j’ai juste lancé cette idée-là vendredi soir, mais je pense qu’il y a moyen de faire une dynamique au niveau local.
01:20:00David Dufresne
Florent Calvez dans le tchat a déjà le nom : les ZAF, zones antifascistes. Tous dans les ZAF. Bon, Patrick, une dernière chose. C’est la première fois qu’on se parle. Je m’en voudrais quand même de ne pas te poser cette question, puisque tu parles de sécurité, tu parles d’antifascisme. Il se trouve qu’en tant que maire LFI, t’es plutôt pro-caméras de surveillance. Et ça, on ne comprend pas, nous.
01:20:30Patrick Proisy
Ce n’est pas tellement que je suis pro, c’est que je ne suis pas totalement contre. Nous, quand on est arrivés sur la ville, il y avait déjà 24 caméras d’installées pour une ville de 18 000 habitants. C’est pour le coup assez peu.
01:20:44David Dufresne
On en a rajouté, contrairement à la doctrine du mouvement.
01:20:50Patrick Proisy
Alors pour le coup, La France insoumise, au moins, ils n’ont pas appelé une seule fois dans le mandat pour me dire : qu’est-ce que tu fais ? Il faut que tu fasses tel sujet, il faut que tu mettes ceci en avant. C’était plutôt agréable, j’avais un endroit où j’avais tout le temps la même gêne. Et pour le coup, la caméra, moi c’est ce que je dis : si un élu vous dit que la caméra améliore la sécurité, c’est un menteur, parce que la caméra ne descend pas de son piédestal pour faire l’intervention elle-même. Par contre, à certains endroits où on sait qu’on a tout le temps la même gêne de manière récurrente, là ça peut avoir un intérêt, parce qu’on sait qu’il se passe exactement toujours la même action au même endroit.
01:22:17David Dufresne
Merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous parler de tout ça et surtout de ce qui s’est passé vendredi. Nous serions ravis, au poste, de venir voir l’inauguration, le ruban coupé de la première ZAF de France. En plus c’est vous qui avez trouvé le nom, magnifique. Donc ce serait super. Je dois passer, revenir en Iran. Merci beaucoup d’avoir pris le temps et d’avoir accepté, au débotté samedi, de venir ce matin. C’était un plaisir. Bonjour, merci. Merci Patrick. Bonjour à mon coin dit zafiste. Copyright le boss, non ce n’est pas moi le boss, c’était Florent. Merci pour votre témoignage, courage, etc.
01:24:42Mahan Taraj
Alors, en effet, je suis juriste. Je suis née en Iran. Je suis née à Téhéran. Mes parents ont fui la répression du régime des mollahs pour se réfugier en France parce qu’ils étaient opposants au régime. Moi, j’avais 6 ans quand mes parents sont venus en France. J’ai grandi ici et je suis aujourd’hui, comme on l’a dit, juriste. Et je milite auprès de différentes associations, notamment le comité de soutien aux droits de l’homme en Iran, mais aussi l’Association des femmes iraniennes en France. Et j’ai créé le podcast L’Iran décrypté.
01:26:40David Dufresne
Alors, il est très important de dire ce que vous avez parlé du Shah, donc jusqu’en 1979. Un des slogans, en tout cas le credo de votre comité, qui sonne bien, qui claque bien, c’est : ni Shah, ni mollahs ! Vous êtes pour vous qui avez un attachement, on va dire, à une démocratie laïque. Et ça, c’est pour situer d’où vous parlez. Alors l’idée, évidemment, de vous écouter, c’est de parler de ce qui est en train de se passer. Qu’est-ce que vous savez, vous, de la guerre en cours ?
01:27:20Mahan Taraj
Alors, la guerre, comme vous le savez, les communications sont très coupées avec l’Iran. Moi, j’ai toute ma famille, mes oncles, mes tantes, cousins, cousines qui sont en Iran et on a beaucoup de mal à rentrer en contact avec eux, avec Internet qui est très interrompu. Maintenant, ce que je sais, c’est que les Iraniens, dans leur grande majorité, ne voulaient pas de cette guerre. Les Iraniens sont opposés, souhaitent le rejet dans sa globalité de ce régime des mollahs, ça c’est une évidence. Pour autant, ils ne voulaient pas que ce soit une intervention militaire étrangère qui vienne faire le travail à leur place.
01:28:40David Dufresne
Oui, il y a un petit écho, je ne sais pas pourquoi. Je pense que vous devez avoir un haut-parleur, non ? Vous avez un casque ou comment ?
01:28:49Mahan Taraj
Non, non, je n’ai pas de casque, donc je disais que concernant le fils du Shah, il y a une intense opération cyber-médiatique qui vise à le promouvoir de manière totalement délégitime, parce qu’en réalité la grande partie de la population iranienne ne souhaite pas un retour à une dictature monarchique, même s’il se prétend démocrate.Réza Pahlavi, le fils du Shah, n’a jamais critiqué de manière claire et sans réserve les crimes de la dictature de son père. Ça, c’est très important de le dire. Il n’a jamais non plus, pendant ses plus de 45 ans en exil, été en mesure de créer une organisation d’opposition viable. Il n’a rien fait pendant toutes ces dizaines d’années d’exil et aujourd’hui il s’autoproclame leader de l’opposition iranienne. C’est totalement opportuniste.
01:29:55David Dufresne
Mais vous pensez que l’option de le mettre à la tête du pays tient encore ? On a l’impression qu’elle s’est un petit peu éloignée par rapport à il y a une dizaine de jours, non ?
01:30:07Mahan Taraj
Oui, je vous rejoins là-dessus. Mais moi je pense qu’il faut continuer d’être vigilants, parce qu’on a connu moi je n’étais pas née en 1979 la révolution populaire anti-monarchie qui a été volée par les mollahs. On n’a pas envie que cette nouvelle révolution nous soit volée aussi par un autre mouvement, en l’occurrence le mouvement Pahlavi.
01:30:37David Dufresne
Alors, donc là, c’était par rapport à votre position sur le « ni Shah ni mollahs ». Vous dites que l’écrasante majorité du peuple iranien ne voulait pas cette guerre. Alors au début, on a vu quelques images, non pas de liesse, mais en tout cas de joie à la mort du guide suprême. Est-ce que ça veut dire qu’il faut distinguer cette mort du reste de la guerre ? Ou est-ce que ce jour-là l’élan était global ? C’était à la fois la guerre et la disparition du guide suprême ?
01:31:19Mahan Taraj
Alors, sur la mort du guide suprême, le peuple iranien pouvait éprouver de la joie, et moi il y a un peu de cela aussi. C’est-à-dire qu’on peut être contre la guerre et être satisfait que ce criminel, dictateur féroce, soit mort. Même si, si on prend un peu de recul parce que là ce que je vous partage ici vient un peu du cœur mais surtout en tant que juriste, j’aurais préféré qu’il soit traduit devant la justice du futur État iranien et qu’il soit jugé et condamné.
01:32:00David Dufresne
Alors, les informations que vous allez nous donner, le ressenti que vous nous transmettez du peuple iranien, vous les obtenez comment ? Vous les connaissez comment ? C’est une question que je pose régulièrement à mes invités pour essayer toujours il n’y a pas malice de savoir d’où parlent les gens et quelles sont leurs sources d’information.
01:32:22Mahan Taraj
Les sources d’information qu’on a, ce sont les réseaux qu’on a via la résistance iranienne en Iran. Donc la résistance iranienne quand je parle de résistance iranienne c’est le Conseil national de la résistance iranienne, dans lequel il y a l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran. On a, via cette résistance, des liens avec l’Iran. On a beaucoup de cellules de résistance qui sont organisées à l’intérieur du pays et je vais y venir, si vous le permettez.
01:32:44David Dufresne
Oui, bien sûr, allez-y.
01:32:46Mahan Taraj
Ces cellules de résistance, on n’en parle pas beaucoup malheureusement. Il y a eu un article du Guardian cette semaine qui a évoqué l’une de leurs opérations. Je ne sais pas si vous avez pu le voir. Lundi 23 février, par exemple, il y a eu une opération de ces cellules de résistance liées aux Moudjahidines du peuple d’Iran qui a attaqué le QG de Khamenei, rue Pasteur à Téhéran.
01:33:42David Dufresne
Excusez-moi, je ne l’ai pas vu passer.
01:33:46Mahan Taraj
Alors, l’opération a eu lieu le lundi 23 février, donc cinq jours avant que Khamenei soit éliminé par la guerre. Il y a eu un article du Monde, je vous l’évoquais vendredi dernier, qui en a parlé, enfin c’est sorti un peu tard, mais parce que malheureusement le régime en Iran bien sûr silence toutes les activités clandestines de ces résistants. Et dans les médias occidentaux, ce sont les activités de cette résistance de l’intérieur qui ne sont pas relayées à leur juste mesure, je trouve.
01:35:23David Dufresne
Bien sûr.
01:35:24Mahan Taraj
Il appartient au peuple iranien de le faire grâce à une résistance. Et on a une résistance organisée en Iran. Je vous parlais des Moudjahidines, mais il y a aussi d’autres groupes je crois que vous avez évoqué ces sujets avec notamment les Kurdes, qui ont aussi des forces de résistance sur le terrain. Donc tous ces fronts-là, en fait ces groupes de résistance qui sont sur le terrain en Iran, constituent de facto une alliance autour du principe « ni Shah ni mollahs ».
01:36:13David Dufresne
Alors, est-ce que cette résistance iranienne à laquelle vous faites écho dans votre comité, là je vais mettre votre site, voilà, et ça va être ici votre site où vous faites un rapport tous les mois des droits humains en Iran et des exécutions, avec une précision notamment sur votre fil X du comité. C’est-à-dire que vous avez des photos régulièrement de gens qui ont été abattus, des résistants qui ont été abattus. Et donc là je viens de comprendre : vous êtes en relation directe avec cette résistance. Cette résistance en Iran, ce qui vous permet d’avoir le nom, la date, le lieu de l’exécution, la photo de la personne, voilà, les choses sont…
01:37:05Mahan Taraj
Ne serait-ce que ce que vous dites là, c’est un élément très important pour dire à quel point on a des informations fiables via cette résistance, qui est en mesure, par exemple Vous savez, tous les milliers de morts du soulèvement de janvier, c’était uniquement cette résistance liée au Conseil national de la résistance iranienne qui a été en mesure de partager alors la liste n’est pas encore exhaustive mais de partager les noms de ces victimes, leurs photos. Donc ils sont tellement bien présents en Iran et ils sont en mesure d’obtenir des renseignements de l’intérieur du pays.
01:37:49David Dufresne
Alors concernant cette résistance, est-ce que, d’après ce que vous savez, elle a été actionnée par l’armée américaine ou l’armée israélienne ? Est-ce qu’il y a des liens entre les États-Unis, Israël et la résistance iranienne ou pas du tout ?
01:38:07Mahan Taraj
Pas du tout. C’est une résistance indépendante. C’est vraiment extrêmement important, compte tenu de l’histoire de l’Iran, avec les ingérences nombreuses que le peuple iranien a subies tout au cours de son histoire. Notamment avec, vous le savez j’imagine, le coup d’État contre Mossadegh fomenté par la CIA, qui est venu mettre en place le père de ce fils du Shah qui prétend être le leader de l’opposition. Avant ça, le grand-père de ce Reza Pahlavi avait été lui-même mis en place par les Britanniques.
01:39:36David Dufresne
Justement, les contacts en Iran que vous avez portent quel jugement si tant est que ce soit en ce moment une préoccupation pour eux sur à la fois les pays occidentaux, les médias occidentaux, ce qu’ils savent de l’écho de la guerre qui est rapportée ? Est-ce que vous avez des retours sur ces questions-là ?
01:40:01Mahan Taraj
Est-ce que les Iraniens pensent des médias ?
01:40:04David Dufresne
Des médias occidentaux, des pays occidentaux. Est-ce qu’ils font la distinction entre l’Espagne, par exemple, et les États-Unis, entre la France et Israël, par exemple ? Ou là ils sont sur d’autres préoccupations ?
01:40:19Mahan Taraj
Oui, je pense que là, vous savez, la priorité du peuple iranien, c’est de se protéger contre les bombardements. Et moi, pour avoir toute ma famille à Téhéran, je ne sais pas si vous avez vu les images hier. Et j’entendais encore aujourd’hui, en fait, suite aux bombardements des raffineries, des infrastructures pétrolières à Téhéran, des nuages de fumée noire à travers toute la ville. C’est très dangereux pour la santé des habitants, des civils.
01:41:20David Dufresne
Mais pour ceux qui pensent à l’avenir du pays, quels regards ils peuvent avoir, ou quelles attentes on va dire ça autrement quelles attentes ils peuvent avoir à la fois des gouvernements occidentaux ou des peuples occidentaux ? Est-ce qu’ils savent combien vous êtes quand vous faites des manifestations place du Trocadéro, votre comité ? Voilà c’est tout ça.
01:41:44Mahan Taraj
Il y a eu, justement, samedi 7 mars, une manifestation place du Trocadéro à Paris avec autour de 3 000 personnes réunies autour du slogan « Ni Shah ni mollahs » pour soutenir le peuple iranien et sa résistance. D’ailleurs, hier aussi, lors du défilé pour la Journée internationale des droits des femmes à Paris, de nombreuses Iraniennes et Iraniens étaient présents dans la manifestation pour soutenir ce mouvement « Ni Shah ni mollahs » également.
01:44:26David Dufresne
Au poste, on est toujours attentif à la fabrication de l’opinion et à la manière dont les médias dominants parlent des événements. Il se trouve que je vous ai aperçu dans un ou deux plateaux, semble-t-il, je crois sur France TV Info. Peut-être que je me trompe voilà, c’est ça. Qu’est-ce que vous ressentez, en tant qu’Iranienne, face au discours, à l’info en continu 24 heures sur 24 de cette guerre spectacularisée, avec des généraux qui succèdent à des anciens colonels, à des anciens du KGB, avec des anciens journalistes de Libération qui se retrouvent à faire le relais des services de renseignement pendant des heures sur BFM ou LCI ? Moi je suis absolument fasciné, je tiens à le dire, mais je ne suis pas directement concerné. Vous, vous êtes directement concernée. Comment vous ressentez les choses ? Je ne vous fais pas parler pour que vous ne soyez plus invitée. Moi je serais ravi que vous soyez invitée partout. Mais tout de même, j’aimerais bien avoir votre regard là-dessus.
01:45:35Mahan Taraj
Mon regard, c’est effectivement là, mon impression personnelle qu’on parle beaucoup de l’aspect militaire et peu du peuple iranien. Ça, c’est une évidence. C’est fou, hein ? Et autre point : c’est qu’on a malheureusement toujours aujourd’hui une désinformation qui est véhiculée concernant la résistance iranienne, avec des narratifs qu’on entend de manière fréquente sur beaucoup de médias.
01:47:23David Dufresne
Admettons, il nous reste 2-3 minutes. Qu’est-ce que vous aimeriez transmettre comme message ? Alors justement, j’imagine qu’on ne va pas faire de point stratégique, tactique, militaro, je ne sais quoi, balistique, en se réjouissant du terme « frappe », alors qu’il s’agit de bombardements. Mais qu’est-ce que vous aimeriez que l’on dise, que nous n’avons pas évoqué jusqu’ici, concernant la situation actuelle du peuple iranien dans laquelle il se trouve ?
01:47:55Mahan Taraj
J’aimerais vous voulez que je ne me répète pas, mais pour moi c’est toujours important…
01:48:05David Dufresne
Ah non, mais vous faites ce que vous voulez ! Voilà, je peux vous poser des questions plus précises, mais si vous voulez une question générale.
01:48:10Mahan Taraj
Moi, ce que je veux, c’est qu’on s’intéresse au peuple iranien et à sa résistance. Parce que, en fait, ce régime des mollahs n’est pas viable. Peu importe ce qui va se mettre en place. Cette nuit, j’ai entendu l’information du successeur du guide suprême. Voilà, donc c’était le fils de l’ancien guide suprême, donc Mojtaba Khamenei, qui a été nommé. Donc on est dans une continuité du régime.
01:50:28David Dufresne
C’est tout, et c’est entendu. Ultime question, puisque vous êtes, Mahan Taraj, juriste. J’aimerais évoquer juste un petit point avec vous. Sur les plateaux télé et radio, y compris dans la presse écrite, jamais il n’est fait état du fait que Trump agit sans aucune vergogne évidemment, mais surtout sans le droit international. Avec lui, il le viole à longueur de journée, jusqu’à décider de qui pourra diriger le pays. Donc cette nuit, il a dit qu’il ne donnait pas cher de la peau du successeur, enfin du fils du guide suprême, etc. Cette question du droit, du droit de la guerre, du droit international, qui a totalement disparu : est-ce que vous avez quelque chose à en dire, notamment en tant que juriste ?
01:51:24Mahan Taraj
Oui. Alors de fait, je pense qu’il n’y a pas besoin d’être juriste pour faire le constat que le droit international n’est pas respecté dans le contexte actuel s’agissant de l’Iran. Après, les États-Unis et Trump poursuivent leur agenda. Ils ont un agenda, et cet agenda n’est pas aligné avec l’agenda du peuple iranien et les intérêts du peuple iranien.
01:53:06David Dufresne
Merci beaucoup d’être intervenue ce matin, d’avoir pris le temps d’expliquer votre combat, de donner des nouvelles de votre pays. Qu’est-ce qu’on peut vous dire ? Bon courage à vous, à vos proches qui sont donc à Téhéran.
01:53:26Mahan Taraj
Oui, et avec l’espoir que pas sous les bombardements bien sûr le peuple iranien pourra être maître de son destin et renverser ce régime.
01:53:39David Dufresne
Mahan Taraj, soutien entier à la résistance iranienne, vous dit Cadkol. Courage à vos proches en Iran. Merci, vous dit Fredmi. Merci, vous dit Veuvechyco. Merci à elle, vous dit Sandy. Et bon courage pour un Iran libre, courage, etc. Voilà des messages pour vous donner du baume au cœur. Merci, merci beaucoup. Merci infiniment d’être venue ce matin.
01:54:05Mahan Taraj
Je vous en prie, merci beaucoup.
01:54:08David Dufresne
Voilà les camarades, il est 8 h 58, vous écoutez France Déter. Bon, une fois n’est pas coutume, il y a plein de trucs que j’ai préparés qui passent à la trappe, mais ça n’a aucune espèce d’importance. Ce qui compte, c’est les entretiens, voilà.J’ai vu plusieurs messages disant : ce serait bien qu’il y ait la matinale tous les jours. Alors déjà, il faut soutenir au poste moi je vous le dis : auposte.media, qui a remplacé auposte.fr, notre nouveau site. Allez-y, bon sang, bonsoir ! Allez-y, regardez. Si vous le pouvez, abonnez-vous. Les abonnements démarrent à 2 euros par mois. Voilà, je vous laisse regarder.Figurez-vous que la matinale, c’est là où il y a le plus de monde et où le ratio abonnés-donateurs est le plus faible. Alors j’imagine : vous êtes dans vos Tesla en train de vous garer pour emmener vos enfants au collège et vous n’avez pas le clavier sous la main. Mais vous pouvez tout à fait vous abonner dans la journée ou dans la soirée, vous dire : « Ah tiens, ce matin c’était quand même pas mal, il faudrait soutenir ce petit média qui monte. » Voilà, surtout n’hésitez pas.Oui, France Déter. Perso, je suis dans mon rôle, ça. Oui, oui, voilà, c’est bien, c’est bien. « Au collège, les Américains le matin, des radins ! » Ah là là. Bon alors attendez les amis. Quand même, je voudrais vous faire écouter une musique de notre ami Morful Skank a fait un super morceau. Ça, je vais le faire dans quelques instants : un rap sombre mais sautillant. Ça, je veux vous le faire écouter dans quelques instants.Mais d’abord, juste pour déconner, j’avais envie de vous montrer la bande-annonce de ce qui s’annonce être probablement… bon, ce n’est pas grave. Non, je ne vais pas dire navet, mais pas forcément un grand film. Mais au moins, la bande-annonce est marrante. Attention à la solo : Duo 2, duo deux, toc toc toc. Attends, je la mets. Ça sort mercredi, ça s’appelle Police Flash 80. Voici la bande-annonce.
01:58:23David Dufresne
Et c’est reparti ! C’est con, mais ça me fait marrer ! Ça sort mercredi, c’était ça je crois. Donc c’est signé Jean-Baptiste Sorel, vous l’avez reconnu, François Damiens, Audrey Lamy et Xavier Lacaille. Ça dure 1 h 26. Ça sort ou c’est sorti, je ne sais plus en ce moment sur les écrans.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.