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Iran : « La libération ne va jamais venir par les bombes » + révélations sur Némésis

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Transcription de l’émission

00:00:08Audio
La riposte c’est vous, suivez la chaîne, activez la cloche, donnez aux postes. Soutenez-nous sur auposte.fr
00:00:37David Dufresne
Bonjour les Déters il est 7h02, nous sommes le 2 mars 2026, le monde va mal mais la commu dégage de la bonne humeur, dégage de la joie de militer, la joie de réfléchir ensemble, la joie d'être pas tout seul quoi, t’es pas tout seul aupostiennes, aupostiens. Il est super tôt, je suis super fatigué, on a deux heures qui vont être passionnantes. Il part pas le jingle, qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Trois, quatre… Bam, bam, bam ! Bam, Bam ! Amis du café, bonjour, amis de la police, bonjour, amis de la paix, bonjour. Bienvenue sur France Déter la matinale d’Auposte, c’est l’heure. Comme chaque lundi matin, Auposte va tenter de mettre un peu de bruit dans l’ordre médiatique dominant du bruit et du trouble. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières,donne le temps des nuages, des oiseaux et des luttes et explore le passé, trie le présent, c’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café ! Bonjour Euryale bonjour Psicopat, bonjour Clément, bonjour Zalo, bonjour JamieFox, bonjour rognon, bonjour Aonim, bonjour Agaldian, bonjour à tous sur YouTube, sur Twitch et surtout sur auposte.media, notre nouveau site. À 7h30, rendez-vous avec Somayeh Rostampour pour parler Iran, USA et reste du monde. Somayeh est sociologue spécialisée dans les mouvements sociaux en Turquie, au Kurdistan et en Iran. On lui doit le livre « Femmes en armes, savoirs en révolte, Du militantisme kurde à la Jineolojî » qui a été publié l’année dernière chez Agone. Ce sera à 7h 30 et à 8h20 nous recevrons Thomas Lemahieu de la Maison L’Humanité qu’on connaît bien ici et qui viendra nous causer de ces révélations en fin de semaine dernière autour de Némésis qui ont plongé le collectif fémonationaliste dans la tourmente et du rôle que joue, que joue son bon ami, si je puis dire, Stérin, notre bon ami Lemahieu puisque Stérin a décidé d’appeler une de ses boîtes "Lemahieu Incomparability" ou quelque chose comme ça, on va en parler avec Thomas tout à l’heure, le rôle joué par Bolloré et par Stérin derrière le collectif Némésis, dont l’Humanité a révélé il y a quelques jours, les stratagèmes dits de l’appât, des filles pour appâter des gars à aller bastonner, à les choper, pour reprendre les termes des conversations secrètes, révélées par l’Humanité. Ce sera à 8h20, sans oublier évidemment la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, Radiopolice. La revue de presse de la maison Poulaga. Comment allez-vous, ici-bas ? Comment allez-vous ici-bas ? Regardez comme il est beau, c’est notre nouveau site auposte.media. Oh putain, cinq ans, nous avons fêté la semaine dernière les cinq années d’auposte. Venez donc découvrir auposte.media concocté par le studio Étamin de Clermont-Ferrand, par le graphiste Alexis Hamard de l’ouest de la France, avec des icônes, des avatars d’un dénommé Fred Sochard, bien connu de nos services. Venez donc vous abonner, ça démarre à partir de 2 euros, 5 euros et je vous le rappelle que seuls, seuls les aupostiennes et les aupostiens financent auposte et il y a pour cela plusieurs possibilités. La plus simple, la meilleure, la plus efficace pour nous, c’est l’abonnement.Vous pouvez choisir la formule, le mieux vous pouvez faire un abonnement tous les mois vous pouvez faire un abonnement annuel il y a différents tarifs en fonction de ce que vous pouvez investir ça démarre à 2 euros ça c’est l’abonnement front populaire l' abonnement indépendance à 5 euros l' abonnement résistance à 10 balles l' Abonnement contre-pouvoir à 20 balles et plus ça c’est l’idéal pour nous c' est là où il y a le moins de pourcentage le moins de commission en fait sinon si vous voulez faire un don plus conséquent et bien, vous pouvez toujours le faire, notamment si vous êtes intéressé par la réduction fiscale qui l’offre de 66 %. C’est-à-dire que si vous faites un don de 50 balles, par exemple, il vous coûte 17 balles après déduction fiscale. Si vous vous abonnez, vous avez droit à des petites choses comme le fait de pouvoir voter pour votre émission préférée de la quinzaine, comme le fait de pouvoir choisir votre player préféré, Peertube, YouTube, Audio, différentes choses comme ça. Sinon, vous pouvez toujours faire des subs sur Twitch ou des abonnements sur YouTube. Mais là, sachez que vous financez plus les Gafam qu’auposte. Donc vraiment, l’idéal pour nous, c’est les abonnements on a besoin d’abonnés n’hésitez pas à aller sur auposte.fr. Et je peux vous dire que ça a de la gueule, ça a de la gueule. Dorénavant, regardez par exemple, prenons le France Déter de la semaine dernière avec Thomas Portes. Vous avez le petit résumé de nos deux invités. Et maintenant, nous avons la retranscription totale de l'émission, le verbatim, qui vous est offert par Rolland et c’est Rollandesque. Vous avez toute l’emission qui est retranscrite. Bon, en gros, on déconne pas, quoi. On déconne pas. Alors désemparé par les deux plaisanteries successives de Jean-Luc Mélenchon sur des non-juifs, nous dit Lili Boréa. Sachez que depuis plus de dix jours, j’essaie de caler est un rendez-vous important, disons de deux heures, avec un ou une député LFI, et c’est un peu compliqué. Merci Chocolista, merci pour tout ce taf au poste.fr, merci à toi ! Je vous conseille donc d’aller voir le site auposte.fr Alors la météo auposte.media je déconne, auposte.fr c’est l’ancien nom mais on a décidé de changer de nom pour bien spécifier que nous ne sommes pas une chaîne YouTube, nous ne sommes pas d’une chaîne Twitch, nous sommes avant tout une équipe derrière un média auposte.média. Voilà c' est dit, c’est fait. Alors vous voulez la météo j’imagine, vous voulez savoir quel temps il va faire aujourd’hui, tac tac tac, je vous le balance, je le découvre avec vous, bon ben c’est une catastrophe, c'était un temps du mois d’avril, de fin avril pour début mars grosso modo, voilà il fait beau partout, il fait chaud partout, la planète crame, bonjour à tous, il est 7h11, déconnez pas. Alors non, Florent, on n’a pas encore mis au point le système de live, mais ça ne va pas tarder et je peux vous dire que ça va être fantastique. Le système qui va faire que quand une émission démarre, vous pourrez la voir en direct sur auposte.media, bon, voilà, c’est une petite surprise qui devrait arriver si tout va bien dans la semaine. Bonjour, let’s go, bonjour à toi, merci Jamais. Bravo à Euryale, bravo à toute l'équipe, si ça vous intéresse en une de auposte.media il y a l'émission improvisée, impromptue et fort chaleureuse que nous avons faite la semaine dernière autour de nos cinq ans. Voici donc la météo, je pense que vous l’avez suffisamment vue et regardée. Je me dépêche parce qu'à 7h30, nous aurons Somayeh Rostampour.Donc passons directement à la météo des luttes. Il faut juste que j’aille chercher la petite carte. Ah, qu’est-ce que c’est que ça ? Attends, attends, pourquoi j’ai pas la carte là ? Ah bah mince alors attendez une petite seconde pourquoi j’veux pas ma carte là pof pof bougez pas je vous laisse discuter entre vous deux secondes
00:11:49David Dufresne
Et la voici, la voila, la météo, la météo des luttes, attention on t’envoie le jingle, la qu’est-ce que tu fabriques toi ? Trois, quatre. Je sais, je sais, il y a des plus belles interprétations, de meilleures qualités, mais ce danseur de rue ! Alors, la météo des luttes, c’est aujourd’hui une météo avec une tendance qui s’oriente vers le 8 mars, 8 mars féministe en ligne de mire évidemment avec des grèves, des villages, des marches et même des cycloparades. Montée des mobilisations antifascistes et écologistes en mars de Paris aux Hauts-de-Seine. Voici donc à peu près la tendance de la semaine. Rentrons maintenant, si vous le voulez bien, aupostiens et aupostiennes dans les détails. Strasbourg, mardi, c’est-à-dire demain à 18h, rassemblement. Rassemblement en soutien aux victimes des massacres en Iran, place Kléber. Alors j’ai pris ce petit rendez-vous, on va dire, avant les bombardements américains. J’imagine que le rassemblement est maintenu, même si la tonalité risque d'être un petit peu différente. En tout cas, l’appel était pour se réunir pour les disparus, les prisonniers et leurs familles du régime iranien qui était alors en place. Consigne donnée de ne pas porter de drapeau ni de banderoles, uniquement des photos de victimes. Mobilisation centrée sur la solidarité internationale, la visibilité des prisonnières et des prisonniers politiques. Initiative relayée par Strasbourg Furieuse. Jeudi 5 mars, on descend, on va à Toulouse. Je tiens aussi à vous dire que Euryale va sans doute vous le mettre maintenant, mais nous avons mis en place un petit formulaire qui nous permet d’alimenter la météo des luttes. Si vous avez un rassemblement, une AG une réunion, un repère café, ce que vous voulez, n’hésitez pas à venir nous le mettre directement dans un petit tableau. Ça nous permet de construire cette météo des luttes figure dans la météo des luttes le lundi, nous devons avoir impérativement vos informations le samedi avant 15 heures. Parce qu’il y a tellement de choses à préparer pour la matinale, voilà, la météo des luttes, je la prépare au maximum samedi à 15h. Vous avez normalement le lien qui va être donné par Euryale de notre petit tableau, petit formulaire très simple qui nous permet d’alimenter la météo des luttes. Jeudi justement à repère café à la maison de quartier au-dessus de rue des Camélias à Toulouse-Blagnac réparation de petits électroménagers, de textiles, de vélos. L’objectif évidemment est de lutter contre l’obsolescence, entraide locale, écologie concrète, inscription gratuite, demandée. Toulouse, toujours, le vendredi 6 mars à 18h, ciné-débat féministes voyager seuls, seuls avec un E, seules à vélo. C’est la petite maison du vélo avec la projection d’un film, Une route à soi, suivi d'échanges avec la réalisatrice. Événement organisé à l’occasion du 8 mars. Discussion autour de la sécurité, de l’autonomie, du vécu, des voyages en solo. Ouvert aux femmes et aux personnes s’identifiant comme telles. Vierzon Café Repère, temps d'échanges citoyens, formés à inspirer des rencontres autour de l'émission "là-bas si j’y suis", lieu de débat local sur les enjeux sociaux et politiques vendredi à 11h. À nouveau Toulouse, dimanche 8 mars, départ Jeanne d’Arc à 11 heures, manifestation pour le droit des femmes contre les violences sexuelles. Appels larges de tout un tas de collectifs, les revendications, égalité salariale, défense des services publics, statut pour les AESH.. S-H-A-S-H égalité, critique du budget d’austérité jugé sexiste et des politiques gouvernementales. Alors bien évidemment, des manifs, le 8 mars, il y en a à peu près partout en France. Lundi prochain, si ça vous intéresse, comment un milliardaire réactionnaire utilise sa fortune pour façonner l’opinion. C’est une réunion qui aura lieu dans le 78 à Limay. Avec notre invité de 8h20, Thomas Lemahieu, réunion publique, entrée libre et gratuite, discussion sur les médias, sur l’extrême-droite, sur la fabrication de l’opinion. Je peux aussi vous parler, je parlerai tout à l’heure dans Radio Londres, de la manifestation du 14 mars à 14 heures, Place de la République à Paris, non au racisme, au fascisme, à la violence d'État. On y reviendra tout à l’heure dans la rubrique spéciale fachos, voilà, je crois qu’on a fait à peu près le tour des luttes.
00:18:12Audio
Ça a commencé ? Ça a commencé. L'émission a commencé ! On est à l’antenne depuis cinq minutes.
00:18:20David Dufresne
7H19 Regardons les unes de la presse. C’est notre main courante, alors attends, hop, voici, voilà, un petit coup d’eau, de café plutôt. Bonjour de la réunion, bonjour Frigitz, bonjour à toi. Le Monde, petite revue de presse du matin, Iran, au troisième jour des frappes israélo-américaines. Alors, je cite Le Monde, à titre personnel, j’utilise le terme de bombardements, que je trouve nettement moins euphémistique que celle de frappes, mais la presse entière parle de frappes, quasiment. La crainte d’une régionalisation du conflit, du Liban à l’Irak, en passant par le Golfe. Le Monde est en quasi live permanent sur cette question-là. L’humanité, guerre en Iran, comment l’Europe contribue à enterrer le droit international, mis de côté par les États-Unis sur la question iranienne, les pays de l’Union européenne tient à montrer qu’ils accompagnent le mouvement, posture prétendument humanitaire, écrit l’Humanité. Ils dépossèdent eux aussi les Iraniens de leur destin. En cas de changement de régime, ce sera évidemment toute la question qu’on va aborder dans neuf minutes, si tout va bien avec notre invitée.
00:26:26David Dufresne
StreetPress, Son adversaire Antoine Armand dénonce une bonne vieille haine sous couvert d’humour. Il parle du candidat RN à Annecy qui pose devant des portraits de ses rivaux à attraper mort ou vif. C’est la tête de liste du RN et c’est là une de StreetPress. Voilà la photo du gars V on va peut-être rester sur Streetpress finalement. Voila ! Le délégué RN en Haute-Savoie donné à 14 % au premier tour, Guillaume Roit-Levêque, veut croire que la dynamique est de son côté pour les municipales. C’est un tweet de Radio France repéré par les copains de StreetPress. Les Jours, Magali Lafourcade, que nous avions reçue il y a quelques jours au poste de vice-présidente de la CNCDH, la Commission nationale consultative des droits humains, donne donc une interview fleuve aux Jours. On est dans une période de stigmatisation de la corruption. La rhétorique anti-juges, le populisme et la tolérance accrue envers les scandales politico-financiers fragilisent l'état de droit, prévient la magistrate. C’est un entretien donné à Pierre Bafoil de La Maison Les Jours, terminons cette petite revue de presse radicale et indépendante avec le compte BlueSky de Radical Graffiti et des dernières petites saillies politiques et murales. Guerre à la guerre, bloqué, déserté, saboté. Alors que je vois que notre invité vient d’arriver en coulisse, c’est formidable. À Sydney, ce n’est pas la guerre, mais c’est une guerre des classes "Morts à l’Amérique", ça c’est vu à Minneapolis. Et enfin, ce collage qui justement nous amène à l’entretien que nous allons avoir dans quelques instants. Ce collage, qui nous ramène en Iran, qui a été vu en Iran. Pahlavi est un autre Khamenei, faut du courage quand même pour faire un truc pareil. Voilà, alors là, ça n’est pas situé, on dit juste que c’est en Iran. On ne sait pas exactement où, mais c' est là bas. Moi, je dis, il y a quand même des gens qui ont un courage de dingue. C’est incroyable les amis, il est temps d’accueillir notre invitée. Est- ce que vous m' entendez ? Somayeh Rostampour, est-ce-que vous entendez ? Nous on vous entend …elle est partie ! On vous entend, vous êtes à l’antenne, est- ce que vous vous voyez dans la petite image ou pas ? Super. C’est bon pour vous ? C' est parfait. Merci beaucoup Somayeh Rostampour, est-ce-que je prononce bien votre nom déjà ?
00:32:01Somayeh Rostampour
Oui et je vous remercie pour l’invitation.
00:32:03David Dufresne
Je vous en prie, je vous remercie beaucoup de prendre le temps de venir partager votre savoir et peut-être aussi votre émotion. Je voudrais vous présenter, vous êtes chercheuse au centre de recherche sociologique et politique de Paris, unité mixte de la recherche du CNRS de l’Université Paris 8, et vous êtes l’autrice chez les belles éditions Agone d’un ouvrage intitulé « Femmes en armes, savoirs en révolte, Du militantisme kurde à la Jineolojî » qui est paru il y a quelques mois, en 2025 si mes sous-titres sont bons. C’est bien ça ?
00:32:47Somayeh Rostampour
Absolument
00:32:51David Dufresne
On est tout ouïe, on ne sait pas ce qui se passe, on ne sait exactement quoi en penser, ou plus exactement on a envie de bien penser en ayant des bonnes informations. Déjà, comment vous vous résumez à ce qui est en train de se passer depuis trois jours ?
00:33:11Somayeh Rostampour
Bon, vous savez très bien, c’est une attaque des pays étrangers envers d’un autre pays, du coup c'était une invasion, et en même temps c’était fait tout de suite après une révolte populaire qui s’est passée en Iran, qui a pris l’ensemble des pays, dans 32 provinces de l’Iran, parce que l' Iran est la 32 province, et moi je vois ça vraiment comme un changement d’une mouvement révolutionnaire. Une guerre pour le régime change qui vient de haut, qui peut changer le destin de ce mouvement. Pour résumer ça, je peux dire la guerre contre la politique. Je peux dire, la guerre vraiment contre la révolution, parce que, s’il y a un changement, les gens souhaitent que ça soit fait par eux-mêmes.Ils ont montré en 2022 qu’ils sont capables de faire vraiment des mouvements révolutionnaires massifs. Mais dans le bon sens, c’est-à-dire avec les revendications politiques diverses qui peuvent vraiment inclure l’ensemble de la société et de la population iranienne. Et là, du coup, on est dans une phase où une grande partie de la population vit vraiment la peur, la panique, l’inquiétude pour le futur, alors que c'était vrai que les médias, ils montrent qu’on est une partie de sa population et ils sont en train de manipuler aussi les images. C’est vrai qu’il y a une partie qui est contente de la mort de Khamenei, y compris moi-même. Je suis contente qu’elle n’est plus vivante, elle n’existe plus sur la terre. C'était un criminel de guerre qui a tué des milliers de gens depuis 40 ans. Du coup, tout le monde est content, mais on n'était pas contents qu’ils aient parti dans cette circonstance parce qu’on voulait qu’elles soient jugées par le peuple, qu' elles soient détournées par un moment révolutionnaire et pas par un état génocidaire qui est en train de combler. Du coup, commettre un autre crime dans des autres pays. Du coup, je veux dire, la libération, il ne va jamais venir par les bombes, il n’est jamais venu par les bombes dans des parties d’un monde. On n’a même pas un exemple dans le monde qui nous montre qu’il y a une libération qui est faite par des bombes des pays puissants, surtout des pays qui sont en train de faire des jeunes sites ailleurs ou des États-Unis qui n’ont fait que des grands crimes vraiment dans des pays. Du coup c’est des contradictions de cette situation et nous on est très inquiet. Vraiment on se réveille avec beaucoup de chocs. J’ai des familles partout en Iran, j’ai toute ma famille là-bas, j’ai une partie qui sont au Kurdistan, une partie qui est à Téhéran, une partie qui dans ma ville de Natak qui est juste à la frontière de Kurdistan irakien où ça passe beaucoup d'échanges à la fois de côté de l’Iran qui attaque les partis politiques kurdes de l’Irak, à la foi du côté d’Israël qui l’attaque l’Iran au travers de la frontière de l’Irak. Du coup, je me réveille vraiment avec les nouvelles de tous ces villages. Je me suis réveillée avec les nouvelles d’autres villes kurdes. Sanandaj, une grande province qui a été attaquée fortement ce matin. Alors ma sœur, elle habite là-bas. Je veux dire que c’est vraiment le quotidien des gens de la diaspora. Et j’imagine qu’en Iran, c'était encore pire. En Iran, ils avaient déjà très peur. En fait, en parlant avec les gens, ils étaient vraiment dans un contexte de préparation pour la guerre. La guerre, on peut s’y préparer, mais on ne sait jamais de quoi il s’agit tant qu’ils arrivent, c'était vraiment, je veux dire, qu’il faut entendre aussi cette partie de la population qui est vraiment contre la guerre, qui n’a pas de voix et qui n’a pas de possibilité de se défendre parce qu’on est dans un régime qui ne peut pas protéger non plus sa propre population parce qu’elle est ennemie de population, parce qu' elle est capable de tuer sa propre population il y a quelques semaines. Des milliers de gens en quelques jours, du coup les gens ils sont juste pris en otage entre un régime dictatorial et aussi du coup des pays impérialistes qui attaquent, qui souhaitent de faire les rêves géopolitiques en sacrifiant les populations iraniennes pour le pétrole, pour le changement d’ordre régional, pour plein de raisons politiques géopolitiques.
00:37:34David Dufresne
Somayeh est-ce que vous savez, avant les bombardements, est-que cette population se préparait, était au courant des manœuvres militaires américaines, ou est-ce que d’après ce que vous le savez, les gens ont été pris par surprise ?
00:37:50Somayeh Rostampour
Ils étaient pris par surprise par le moment de l’attaque, le moment de la guerre. Je pense que tout le monde était plus ou moins prêt, prêt dans le sens où on savait qu' ils vont probablement très probablement attaquer. En fait, chaque conversation avec les gens en Iran, c'était autour de la guerre ces derniers jours, beaucoup de blagues autour de la guerre pour aussi calmer la situation, tu vois, du coup, dans chaque conversation on disait, ok peut-être c’est le dernier mot qu’on va échanger avant la guerre. C'était vraiment des choses très régulièrement échangées entre nous et il y avait les militants ils se préparaient par exemple en trouvant une façon d’avoir de l’internet parce qu’en savait la guerre ça veut dire aussi le couper d’internet, ça veut dire de ne pas avoir les nouvelles de nos proches, là Trump il a annoncé que la guerre elle va durer quatre semaines au moins. C’est-à-dire, pour un mois, on ne va pas avoir les nouvelles de nos familles, imaginez. Parce qu' internet va rester coupé. Les gens se sont préparés, par exemple, ma sœur, mes amis aussi, ils ont stocké plein de choses, ils ont acheté plein de choses pour stocker, pour préparer. Mais je pense qu’il y a beaucoup de gens qui étaient à peu près prêts à partir vers de petites villes, quand c’est les gens qui habitent dans les grandes villes. Du coup, il y avait des petites préparations, mais on ne savait pas quelle est l’ampleur de cette attaque. On ne savait pas à quel point là c’est vraiment très intense. En fait, on n’avait que deux jours de l’attaque et hier, c'était encore plus intense qu’avant-hier. Et hier, avant-hier, on avait déjà 165 écolières qui ont été tuées dans une école par les bombardements. C’est même pire que les civils, c’est des enfants qui ont été tués. Et là, hier, ils ont attaqué énormément des petites villes aussi, où il y a des centres armés ou des centres sécuritaires de l'État, etc. Mais il y à beaucoup de civils qui ont été tués dans ma ville natale, dans des villes proches de ma ville natale au Kurdistan, dans plusieurs villes, des grandes villes au centre de l’Iran. Du coup là, c’est sûr qu’on va avoir énormément de civils tués, au contraire des propagandes qui sont en train de dire qu’on va cibler que les centres du régime.
00:40:14David Dufresne
D’après ce que vous savez, comment la population pense, réfléchit à ces attaques américaines et israéliennes ? Qu’est-ce qu’ils disent ? Est-ce que entre l’idée de cette intervention qui était plus ou moins espérée par une partie pour renverser le régime et celle qui craignait à la fois une guerre, voilà, une guerre tout simplement régionale, comment d’après vous les gens peuvent réagir, réfléchissent à tout ça ?
00:40:48Somayeh Rostampour
C’est contradictoire, c’est pas homogène, on a vraiment tout genre, on a vraiment les gens qui sont vraiment contre la guerre, on en a, c’est sûr, bah je veux dire même une grande partie de population elle pensait que tout est bloqué à l’intérieur et c'était une sorte d’intervention étrangère qui peut peut-être débloquer la situation. Mais qui dit intervention étrangère, ça veut pas dire forcément de la part de la population de souhaiter une guerre ou bombarder par les grands puissants mondiales, tu vois, c’est en grande partie, et c’est ce qu’on a vu le mois de juin avec la première phase de l’attaque d’Israël et des États-Unis vers l’Iran, c'était qu’au départ, les gens étaient un peu pour, et tout de suite ils deviennent contre, parce qu’ils voient la réalité de la guerre. Du coup, je pense que c’était à peu près la même situation aujourd’hui, c’est-à-dire déjà en deux jours, on entend vraiment très peu de voir les gens, ils étaient contents pour la mort de Khamenei mais on n’a jamais vu une vidéo où les gens sont contentes pour ces attaques et bombardements envers parce que les plupart des centres de régime, ils sont dans les villes, tu vois. Du coup, en attaquant des centres du régime ils sont en train de d’attaquer les habitants de ces villes parce qu’ils sont côte à côté. Du coup on ne peut pas les séparer, c’est pas juste au bon lieu dans un endroit isolé. Du coup les gens, je pense qu’il y a de plus en plus des gens en deux jours en train de comprendre de quoi il s’agit la vraie guerre, c’est quoi le bombardement. Donc il va y avoir des crises d'électricité. Là par exemple, dans ma ville natale, l'électricité était coupée toute la nuit parce qu’ils avaient attaqué le centre électricité de ville qui était à côté d’un centre armé du régime. Du coup, je pense qu’on va avoir plein de difficultés de ce genre. C’est à dire de couper de internet, c’est le minimum de l’eau, de électricité, la galère pour acheter, pour survivre. Déjà, la population est à peu près, en fait, la population, il y a 40 % de population qui est à peu près pauvre aujourd’hui en Iran. C’est énorme, ça devient, en quelques mois, ça devient catastrophique. Déjà tenir économiquement un mois sous les bancs, c est très compliqué pour la population. Et puis il faut voir qu’avec ces contextes-là, je pense qu’on va avoir beaucoup de voix anti-guerre. Contre la guerre, mais il n’y a pas d’espace pour s’exprimer, c’est là où le rôle de diaspora est hyper importante, c' est là où la diaspora a un rôle historique, mais malheureusement la diasporas iranienne est prise par des gens à droite et extrême droite, des royalistes qui sont d’extrême droite iraniens, qui sont très proches de Trump, qui s’applaudissent pour cette guerre, du coup, et nous, la diaspora qui est à la fois contre le régime et la guerre on fait tout. Mais du coup, ce qu’on a besoin aussi, c’est plus de soutien, plus de voix pour faire entendre cette voix, pour arrêter la guerre tout de suite. C’est ce qu' on veut, c’est ce que l’on entend de l’Iran avec les petites voix qui sortent, c'était vraiment l’arrestation de guerre tout suite. C'était ça qu' on souhaitait pour l’instant et après on verra qu’est-ce qu’il faut faire de plus.
00:43:53David Dufresne
C’est la raison pour laquelle nous sommes très heureux de discuter avec toi, avec vous ce matin et surtout de vous entendre, de vous écouter. Il y a une question du chat qui dit « la levée de l’embargo devrait être mise sur la table immédiatement ». Qu’est-ce que vous en pensez ?
00:44:14Somayeh Rostampour
Tout est possible, en fait, on est dans un contexte que on pense qu’il y a, ouais, tout est possible mais en fait les tweets de Trump et ce qu’ils ont déclaré, on pense qu' il n’y a pas de bonnes nouvelles qui vont arriver. Ce qu’elles souhaitent, c’est vraiment un renversement complètement de régime maintenant et ils veulent faire ça à n’importe quel prix, du coup ça va coûter très cher pour la population, c’est vrai qu’on voulait la chute du régime, la Et puis là, je suis étouffé, il ne peut plus respirer, il veut la chute de régime, vraiment, il le souhaite, mais les moyens, c’est aussi important. Comment on va la faire chuter ? Avec quels moyens ? Et c'était jamais souhaité par les bombes, c’est jamais souhaité. Vous savez, la guerre, c´est-à-dire la destruction vraiment des populations pour des générations. Ce n’est pas juste pour cette génération, pour les générations du futur aussi.C’est toute l’infrastructure d’un pays qui sera attaquée. On l’a vu aussi avec la Syrie quand Israël a attaqué la Syrie, il a tout détruit pour créer un état dépendant du coup aux pays puissants, surtout aux Etats-Unis et Israël et c’est exactement ce qu’ils souhaitent de faire avec l’Iran, c' est à dire de renverser le régime actuel avec un régime qu’eux souhaitent de mettre en place et pas un régime que nous, la population iranienne, souhaitons mettre au pouvoir et comme ça ils vont avoir un régime très dépendant de l’Occident et un pétrole moins cher, bien sûr.
00:45:46David Dufresne
Voilà, il y a la question évidemment pétrolière derrière ça, évidemment. Alors, il y a un nom qui circule beaucoup. Vous avez parlé tout à l’heure de la diaspora iranienne, plutôt à droite, extrême-droite, royaliste. J’imagine que vous pensiez à Reza Pahlavi, c’est ça, les gens qui sont derrière lui, qui est le fils du dernier Shah, donc 1979, voilà, c’est ça la révolution iranienne et là qu’est-ce que vous pouvez nous dire de lui ? Je crois que Trump a déjà annoncé qu’il faisait partie des trois solutions possibles.
00:46:23Somayeh Rostampour
Il n’a pas annoncé.
00:46:24David Dufresne
Il n’a pas annoncé, enfin il a un peu sous-entendu.
00:46:27Somayeh Rostampour
Oui, je pense qu’il y a une différence entre Israël et États-Unis parce qu’elle est très proche de Pahlavi,il est très proche d’Israël, il fait souvent des aller-retour, il a vraiment des liens très forts avec Israël et Israël souhaite vraiment un régime d’extrême droite au pouvoir en Iran et c’est vraiment, c' est la nature de son mouvement organisé en diaspora autour de Reza Pahlavi. Il y a beaucoup d’articles qui montrent qu’ils ont déjà un lien très fort avec toute l’extrême droite des pays, par exemple en France, le groupe royaliste qui organise souvent des grandes manifs, des milliers de gens, etc. C’est un groupe très proche de Némésis, vous pouvez imaginer en fait ils ont fait des actions ensemble depuis quelques années, ce n’est pas juste depuis les actualités de la France ou la révolte actuelle. Depuis des années ils font vraiment des actions ensembles avec Némésis l’année dernière ils ont attaqué la manifestation de 8 mars ensemble, Fama Zaddi et Némésis Et c’est le cas aux Etats-Unis, c'était le cas dans les autres pays. Du coup, c’est une diaspora d’extrême droite iranienne très organisé, très proche des autres extrêmes droites de pays, et très pro-guerre et pro-Occidentaux, et très pro Israël.Et par contre, les États Unis, je pense que ce qu’ils souhaitent, c'était aussi un changement de régime, mais peut-être autrement, ce qu’on analyse jusque là, c'était qu’il souhaitait un pays stable et dépendant de l’Union européenne. Pour avoir le pétrole moins cher et pour ça, ils cherchent plutôt un changement à l’intérieur, c’est-à-dire un peu comme le cas du Venezuela, mais c'était vrai que l’Iran ce n’est pas le Venezuela, mais ils peuvent faire ça de certaines manières. C’est à dire qu’il y a une partie des réformistes surtout, qui sont très pro-occidents, qui ont déjà été au pouvoir en Iran, à côté des conservatifs, très proche de la noyau d’or, de la guide suprême, cette partie réformiste iranienne, ils sont prêts à faire de la coalition avec Trump et faire partie de pouvoirs à venir en Iran et je pense qu’on entend beaucoup en Iran, il y a un sort de coup d'état, c’est-à-dire d’affaiblir le noyau dehors du régime et tout ce qui est des aspects militaires et aussi sécurité de régime et à partir de là négocier avec la négociation, ça a été déjà fait je pense, et à partir de là essayer de choisir les gens à l’intérieur c’est ce qu’il dit souvent en fait, il a dit c’est à vous, après on va affaiblir le régime et c’est à vous de réagir, c est à nous de choisir après, c’est à dire que nous on a des options, on a de gens là bas sur place et je pense qu’ils pensent beaucoup aux réformistes comme Mohammad Javad Zarif Khansari comme Hassan Rouhani, comme des gens qui sont très très pro-occident, qui sont prêts vraiment à faire ça avec Trump.
00:49:19David Dufresne
Est-ce que, là encore, de ce que vous savez par vos proches, votre famille, par vos recherches au sein du CNRS, est-ce-que vous savez ce que la population iranienne a son rapport avec l’Occident. Déjà, j’imagine qu’il y a 40 ans de propagande du régime par rapport à l’occident. Comment la population vit ça, réagit, est-ce qu’elle peut faire de la contre-propagande, trouver ces informations ailleurs ? C’est quoi l'état, en gros, de la conscience iranienne par rapport à tout ça ?
00:49:57Somayeh Rostampour
L’Iran, c’est divers, comme partout.
00:50:00David Dufresne
Oui, bien sûr.
00:50:01Somayeh Rostampour
En tant que sociologue, je le dis, quand on dit iranien, de quels iraniens on parle ? Déjà, de quelle ethnie, quelle nationalité ? Parce qu’il y a des Kurdes, Baltouches, Arabes, Azeris Gilakis etc, c’est un pays très divers, où ça change aussi cette diversité, ça change leur politique, leur positionnement politique aussi. Les Kurdes n’ont pas les mêmes positions que le centre de l’Iran, par exemple, vis-à-vis de Pahlavi. On a à peu près entre 30 à 40 % de population non-perse en Iran, c’est énorme ! Et cette population en Perse, une grande partie, vraiment majoritaire, ils sont fortement contre Pahlavi. Ils sont fortes contre les royalistes parce que Pahlavi a un discours très nationaliste, qui est vraiment équivalent au discours du régime actuel quand il s’agit de minorités ethniques. C’est-à-dire, là récemment, il y avait la coalition des partis politiques kurdes qui ont déclaré l’autodéfense au cas d’un changement de régime, de défendre le cœur des sangs. D’autodétermination pour les Kurdes et là en fait Palhavi il avait exactement le même discours que le régime islamique iranien. Vous voyez et du coup c'était un miroir et il y avait beaucoup de réactions dans les régions non perses. Du coup par exemple même quand on parle de lui, il faut dire de quel iranien on parle, c’est pareil pour la guerre, du coup on a des femmes, on a de hommes qui ne réagissent pas de la même façon, on a des classes sociales différentes qui ne réagit pas. De la même façon, mais si on va voir une vision générale, c’est vrai que le fait que l’Iran, il se présentait anti-occident depuis 40 ans, il fait que mon ennemi c'était mon ami, il marche un peu cette logique pour la grande partie de la population. C’est-à-dire et c’est une population qui était privée de minimum de liberté. Moi j’ai grandi en Iran jusqu'à l'âge de 30 ans à peu près. Vous voyez en tant que femme Mais je peux vous dire, c’est quoi la privatisation de liberté. En fait, on n’a pas la liberté dans aucun espace public. La nouvelle génération, c’est encore mieux, mais notre génération on a survécu vraiment en oppression sociale, énorme aussi. C’est-à-dire, il n’y avait même pas les minimums de liberté, du coup, dans cet espace-là, en fait, les choses qui deviennent banales pour les Occidentaux, c’est à-dire, la liberté de s’exprimer de marcher, dans la rue, comme on veut, de ne pas avoir peur de s’exprimer au sein de l’université, par exemple en tant que étudiant, en tant qu’homme, féministe, kurde, pour les minimums de droits. Il devient banal ici parfois, parce qu’il y avait des luttes qui ont marché ici, c’est pas que les pays au pouvoir en Occident les souhaitent de nous donner des cadeaux. C’est sûr que ce sont les résultats des luttes, mais tu vois, avec les pays post-coloniaux qui sont souvent des conséquences des colonialismes, Et du coup, avec l’arrivée au pouvoir des grands dictatures et des pays autoritaires, bien sûr qu’il y a moins de liberté et les gens, ils souhaitent avoir cette liberté et ils ont de la légitimité de l’avoir. Mais malheureusement, cette liberté, souvent occidentalisée de la société, même pour moi, ce n’est pas pareil. On peut souhaiter la liberté, mais cela ne veut pas dire que cette liberté existe déjà dans l’Occident. On est en train d’occidentaliser la société. Mais c’est vrai que la société souhaite avoir aussi certaines libertés qui existent. Du coup en Occident, et il ne veut pas cette confrontation directe avec l’Occident au prix de sacrifice de gens, c’est-à-dire au nom de l’anti occidentalisme, le régime iranien il a réprimé cette population depuis 40 ans, mais les gens ne veulent plus faire ça, ils veulent juste vivre en paix avec des autres populations mondiales, et aussi c'était un pays très isolé depuis 40ans justement pour la même raison. Les gens souhaitent vraiment un peu l’ouverture vers le monde entier, d’avoir aussi un peu des espaces d’inter action. Juste pour comparer par exemple la Turquie et l’Iran, c’est très proche, c' est la frontière, la Turquie c’est même la frontière de l' Iran mais c' est très différent le lien de la Turquie avec le monde et le lien de l' Iran avec le Monde, l’Iran s’est hyper isolée, du coup la population fait beaucoup d’efforts pour sortir de cet isolement, vraiment c' est une population qui est même pas avancé par rapport à ces gouvernants, j’ai des cousins qui ont 18 ans, qui ont 17 ans, qui regardent les mêmes séries que moi à Paris, vous voyez, mais je veux dire, juste pour vous donner des petits signes sociologiques, ça veut dire, ils essaient, ils font des efforts de vivre dans ce monde dans lequel on vit aussi, mais il faut savoir que tout est interdit en Iran, en fait de l’accès à l’internet, YouTube est filtré. Google est filtré, G mail, et pour créer parfois un compte de mails, on passe des heures, des heures avec les camarades, avec les amis en Iran, pour créer un compte, un mail de G mail, parce que vous voyez, du coup, les petites choses, vraiment, c'était un mouvement pour ce qu’ils disaient, pour une vie ordinaire, qui était privée de gens et les États-Unis, Israël, ils savent très bien ça, du coup ils instrumentalisent cette situation pour leurs objectifs.
00:55:23David Dufresne
Alors, j’aimerais qu’on évoque aussi ce qui se passait notamment en décembre dernier, décembre-janvier, ce formidable soulèvement, parlez aussi des soulèvements précédents, femmes, vies, libertés. Si j’ai bien lu certaines des conversations que vous avez pu avoir, enfin des entretiens que vous avez pu donner ces derniers jours..Au moment où je préparais cette émission, en fait, ces mouvements ont été perçus justement par ceux qui pourraient arriver au pouvoir aujourd’hui, comme des mouvements de gauche, et donc absolument pas favoriser la pensée qui a pu s'élaborer au sein de ces mouvement. Est-ce que j’ai bien compris ?
00:56:06Somayeh Rostampour
En fait, c’est surtout le mouvement de 2022, Femme Vie Liberté, qui était considéré comme un mouvement de gauche, un mouvement révolutionnaire de gauche. Du coup, la droite, l’extrême droite..Oui, du coup, ils se mettaient vraiment en contre-révolution, tout simplement. Et des autres aussi, je pense que même l’invasion de moi de juin d’Israël, moi je l’interprète un peu comme en préparation de contre-révolution contre Femmes Vie-Liberté parce qu’ils avaient très peur de l’ampleur, de l’unité qui existait pendant Femme Vie Liberté. Ils ont tout fait pour changer. Par exemple, ils ont changé le slogan de Femme Vie liberté vers un slogan très, on peut dire, conservative et masculiniste. Homme, patrie, je ne sais pas. Vous voyez, du coup, ils en ont changé même la nature du slogan. Et après, ils l’ont attaqué toutes les composantes, les pionnières du mouvement la famille liberté, des cœurs des Baloutches, comme les séparatistes, les femmes. comme des perverses. Ils ont attaqué vraiment tout, ils ont créé des fractions et après il y avait l’attaque d’Israël au mois de juin qui a vraiment intensifié du coup les fractions parce qu’il y a le nationalisme iranien qui a été gonflé à l’intérieur, à l’extérieur du coup jusque là l’ennemi c'était l'état iranien et du coup avec l' attaque d’Israël au mois de juin l’ennemi est plus l’État iranien l'État iranien il devient protecteur ami de population nationaliste iranien et c’est les Kurdes et les Baltouches qui deviennent ennemis parce qu’on les considère comme des séparatistes mais et là tous ces effets ils sont avancés jusqu’en 2026 et cette révolte de 2026 en fait c'était une révolte déjà très massive et différente par rapport aux révoltes même 2020 en fait ça caractère massif qu’il explique cette distinction parce que c’était énorme et le retour, les revendications qu’on retourne vers le fils du Shah Vous voyez, Palhavi en Iran, qui était à peine à 10 %, qui existait à peine 5 %, 10 % dans le mouvement Femme Vie Liberté. Du coup, c’est les revendications révolutionnaires décoloniales de 2022 qui ont été remplacées par les revendications, juste la chute de régime à n’importe quel prix, et le retour de fils du Shah Du coup ça a changé, mais c'était vrai que c'était un mouvement incroyable aussi, divers aussi. Les gens, en fait, mes sœurs qui étaient dans la rue, ou mes proches qui étaient dans la rue, par exemple, j’ai eu une partie de mes proches qui n’ont pas participé aux autres révoltes, qui ont participé aux révoltes du mois de janvier, pour la première fois de leur vie, ils disaient qu’on a participé parce qu’il y a eu la chute de régime très très proche dans la ville, du coup, ils ont dit que les gens sont venus vraiment en famille pour la première fois. C’est pour ça qu’en a beaucoup d’enfants qui ont été tués, du coup dans cette révolte des 8, 9 et 10 janvier parce que les gens ils allaient dans la rue vraiment en mode familial pour célébrer les derniers jours de régime mais c'était pas le cas parce que déjà la répression elle est arrivée de contrôler la situation avec la répression et deuxièmement la guerre s’il n’y avait pas la règle je pense les gens retournent à n’importe quel moment ils pouvaient retourner dans la parce que ce n’est pas un choix, ce n'était pas un luxe de retourner dans la rue en Iran. Ce n’est pas comme ici, on commence les manifestations, on décide quand est-ce qu’on va dans la rue, quand est ce qu’il ne va pas le faire, mais là c’est vraiment par la force de survie. Ils n’ont pas d’autre choix que d’aller dans la rue et de se manifester dans la rue et de dire qu’ils n'étaient pas contents, qu' ils ne pouvaient plus vivre cette situation. Et je pense qu’elles étaient prêtes à continuer à faire ça, mais la guerre il ne peut arrêter. En fait la guerre c'était contre la politique, l’armée la militarisation, il est contre la politique, il ferme la politique. La politique, c’est-à-dire d’aller dans la rue et revendiquer des choses.
00:59:56David Dufresne
Est-ce qu’on peut rappeler l’estimation du nombre de morts au mois de janvier ? J’ai lu que certains avançaient le chiffre de 39 000 personnes tuées en 48 heures. C’est possible ça ?
01:00:12Somayeh Rostampour
Déjà, on ne peut pas avoir des chiffres exacts, parce que ce n’est pas la FIEB qui nous donne des chiffres, mais selon les chiffres très exacts et selon les organisations de droits humains, etc., on a à peu près 1500 qui ont été vraiment confirmés avec les noms, prénoms, toutes les caractéristiques, et avec les vidéos, etc. Et on a 12 000 qui sont en train d’investir, d'être analysés. Du coup, on peut dire au total, ça va être entre 20 000 de la population qui ont été tués, mais il faut parler aussi des personnes qui ont étés blessées, juste parce qu’il y a en fait un médecin qui a publié une vidéo dans un hôpital, lui il est très connu, c’est un expert très connu et du coup il a annoncé dans la vidéo, juste en 8 janvier, en une nuit, ils ont fait 1000 opérations des œils de population attaquées, 1000 opérations en une nuit, vous voyez, et on a des milliers, on a 50 000 personnes qui ont été arrêtées dans cette révolte, dans leurs conditions aujourd’hui sous les bombardements. C’est très inquiétant, il y a un rapport qui est sorti hier pour parler des situations des prisonniers politiques. Du coup, à ce moment, c’est catastrophique en fait parce que toutes les forces de régime sont dans l’urgence de se défendre contre la guerre d’Israël et du coup, le contexte devient vraiment catastrophique dans les prisons et la situation de personnes arrêtées aussi. Du coup on est vraiment dans une catastrophe où de tous les côtés ils essaient d’utiliser cette population comme ils veulent pour la survie du régime pour sa survie et aussi des autres pour leur objectif politique.
01:02:19David Dufresne
On a vu quelques images ces dernières heures d’Iraniens qui manifestement, si je peux dire sans mauvais jeu de mots, manifestent contre les bombardements américains et pour le régime. Qui sont ces gens ? Ceux qui ont intérêt ? Est-ce que le régiment perdure parce qu’ils ont les mains pleines de sang ? Est-ce que c’est par pure conviction politique, est-ce qu’on a une idée un peu précise de ces gens qui manifestent pour dire leur soutien au régime.
01:02:52Somayeh Rostampour
C’est les deux, les complaisants, c’est à la fois les gens qui sont dépendants économiques, par exemple, au régime. Ce sont les gens qui le soutiennent pour moi, mais c' est, soyons clairs, c est vraiment moins de 10 % de la population, et ça existe dans tous les pays. Bien sûr il y a toujours une partie proche de noyau, de pouvoir, de régime, et c’est vraiment très faible. C’est très petit et ça affaiblit de plus en plus. C' es vrai que la guerre peut changer un peu, tu vois. C’est notre patrie, on le défend, face à l’Israël, etc. Aux Etats-Unis. Mais la population, la grande partie, au moins, si on ne peut pas parler de 99, on peut dire clairement que 80 % de la population est clairement contre ce régime. Il n’y a aucun cas comme un régime qui peut les protéger. Au contraire, là, il y a même en fait, des gens, il y a des choses, par exemple, dans les hôpitaux, il y a eu une attaque israélienne envers un hôpital Khatam-ul-Ambia à Téhéran, hier, du coup les gens sont en mode panique, etc. Il y a des gens qui disaient des slogans anti Khamenei, qui disaient on est contents qu’ils ont tué Khamenei, et il y a les gens du régime qui ont attaqué les gens qui disent ces slogans dans l’hôpital, alors que ces gens-là ils étaient attaqués déjà par Israël, je veux dire c’est vraiment les deux côtés. Et la grande partie de la population n’est pas vraiment dans ce sens-là et c’est vrai que 7, 10 % de population pour parler des gens qui sont proches du régime, je pense que ce sont vraiment les gens qui sont prêts à mourir pour le régime par contre, parmi eux ce sont des djihadistes islamistes qui sont prêts d’aller jusqu’au bout, de donner leur vie pour le régime. Mais ils ne sont pas très nombreux, même dans l’armée iranienne en fait, 60 70 % d’armée iranienne, donc c’est vrai que c'était l’armée des experts, etc. Mais ces 30 %, c'était des gens qui font leur service militaire de façon obligatoire dans l’armée, ces 30 % de population dans l’armée, ils sont prêts, à mon avis, de lâcher les armes à n’importe quel moment, ce sont des gens économiquement très très précaires. Ils ont vraiment des salaires d'équivalent d’un prof universitaire qui est à peu près, parce que ma sœur est prof, elle gagne à peu plus 80 euros par mois. Vous voyez, depuis, il faut voir aussi le contexte économique.
01:05:17David Dufresne
Et 80 euros par mois là-bas, ça permet d’avoir quoi ?
01:05:21Somayeh Rostampour
C’est très difficile la vie économique, les gens, parce qu’on le suit quotidiennement avec nos familles, nos proches et nos amis. Du coup les gens ont trois emplois. Ils travaillent vraiment beaucoup, ils travaillent 16 heures, ils travaillent parfois plus dans la journée, ils l’enchaînent. Et en fait, juste pour vous dire, vraiment ma sœur, elle paye le même loyer à Téhéran que moi à Paris. Vraiment c’est drôle, mais c' est la réalité, on rigole souvent autour de ça, mais, c’est vrai que son mec, il travaille, il gagne en tant que fonctionnaire, il gagne 80 euros et son mec un peu mieux, mais je veux dire qu’il essaie de survie, mais c’est le cas en plus, eux, ils sont de classe moyenne, un peu avoir du capital culturel, économiques, etc. Les gens qui n’ont pas ces capitales sont encore pires. C’est pour ça que je vous disais que la guerre, il faut voir aussi le côté économique. C’est très difficile pour les gens de survivre économiquement dans ce contexte de guerre parce que tout est arrêté, en fait les gens ne vont plus au travail. Déjà avant de le couper d’internet, il y a deux jours, avant que ça coupe, en fait, les deux messages qu’ils m’ont envoyé, une des mes sœurs, c’est qu’on voit une vidéo depuis sa fenêtre à Téhéran où on voit les bombardements. Elle a dit, c'était bon, ça y est, ils ont bombardé et là, je filme depuis ma fenêtre. Et deuxièmement, c’est-à-dire que là, j’suis au lieu de travail. Tout le monde a appelé pour annuler les psychanalystes, tout le monde à annulé son rendez-vous et je suis en train de rentrer à la maison, je pense que je ne vais pas revenir au travail pour quelques jours. Je pense que c’est le cas de tout le monde. Il faut voir comment les gens, et dans ce cas-là, je pense qu’il y a beaucoup de gens qui vont clairement devenir anti-guerre, même si jusque-là ils souhaitaient avoir une sorte d’intervention étrangère.
01:07:12David Dufresne
Dernière question, et puis après on évoquera rapidement votre livre. D’après vous, comment le régime tient aujourd’hui, puisqu' on a les Américains et les Israéliens qui nous expliquent, et je crois qu’ils ont raison, avoir décapité le régime. Le chef d'état-major des armées a été tué, Khamenei, n’en parlons pas, etc. D’après vous, comme ça peut encore fonctionner, c’est à dire, par exemple, qui décide aujourd’hui, ce qu’on appelle les représailles, c’est-à-dire des tirs iraniens un peu partout dans la région, est-ce que l’on sait qui contrôle aujourd’hui ?
01:07:52Somayeh Rostampour
En fait, je pense qu’ils étaient prêts pour cette situation, ils savaient très bien qu’il allait être attaqués. Si on le savait, ils le savaient mieux que nous, et du coup ils se sont préparés, il y avait beaucoup de choses qui ont sorti aussi, tu as même Khamenei,, il avait choisi trois personnes, au cas où il est mort, et je pense que il y a un noyau de gardiens de la Révolution, très proches de Khamenei, qui était prêt pour cette situation, qui ressemble un peu à la façon dont Hezbollah l’a fait aussi : bonne chance à tous et à toutes, je vous remercie pour votre soutien et je vous dis à très bientôt. Suite à l’attaque d’Israël, du coup, je pense qu’ils arrivent à contrôler jusque-là la situation. Ce qu’on dit souvent, c’est que la mort de Khamenei, ça ne veut pas dire la mort du régime iranien. Il faut vraiment être prudent. Le régime est en place. Et du coup si la guerre, si on n’a pas le renversement du régime avec cette guerre, on a que la répression plus intense et on a que la destruction plus intense économiquement pour la population. Mais le noyau, il est prêt pour cette situation, je pense qu’ils ont assez de gens, là il y a la Lijani, le chef de pouvoir juridique, etc qui sont des personnages de puissance très importantes, très proches de noyaux durs du régime, qui arrivent à contrôler la situation, qui sont en communication directe avec des régimes dans la région, en Irak, surtout en Irak et au Liban. Dans certains pays comme Bahreïn, Qatar, etc. Mais de toute façon, jusque-là, je pense qu’ils arrivent à contrôler la situation ils ont certaines bases militaires, même Trump, il a dit qu’ils se défendent très bien. Du coup, je pense qu’ils vont survivre, mais c’est vrai que si ça dure quatre semaines ce qu' a annoncé Trump, elle a dit que la guerre allait continuer pour un mois. Et si ça dure quatre semaines, on va voir, je pense que le régime va être très affaibli. En fait, ce qu’ils ont fait exactement en Syrie, affaiblir et détruire toutes les bases militaires, mais je pense qu’il va détruire l’Iran, il va détruire le Moyen-Orient jusqu’au possible et après il va partir. Il ne va pas partir très simplement comme ça, on ne peut pas être naïf de voir le départ du régime si simplement.
01:10:09David Dufresne
Somayeh, le tchat vous remercie. Le tchat dit : pas entendu de meilleure personne depuis longtemps. Alors, continuons encore quelques instants pour évoquer votre ouvrage sorti,oui, c'était en mai 2025 en fait, donc il y a six mois quoi, un peu plus que ça. Qu’importe, aux éditions Agone, « Femmes en armes, savoirs en révolte,du militantisme kurde à la Jineolojî » C’est un travail que vous avez fourni autour des femmes kurdes et des révolutionnaires kurdes. Qu’est-ce qu’on peut retirer de ce que ces femmes ont fait, font ? Et quelles leçons on peut tirer nous et prendre nous les Occidentaux.
01:10:57Somayeh Rostampour
Du coup c’est un mouvement révolutionnaire, des rares mouvements révolutionnaires qui existent encore dans le monde entier qui portent aussi la lutte armée révolutionnaire, qui parle d' auto-défense révolutionnaires aussi et qui ont une base populaire très massive. Du coup on a aussi la lutte armée, l’organisation, mais on a un mouvement populaire qui s’appelle le mouvement kurde, qui existe vraiment, qui a des millions de partisans, surtout en Turquie et au Rojava, la région kurde de la Syrie, n’est pas que en Iran aussi. En Irak et dans la diaspora kurde qui est énorme aussi et du coup vous avez entendu Femme Vie Liberté, ce slogan il vient de mouvements des femmes kurdes de la Turquie qui arrivent au Rojava depuis 2012 et après il arrive et les Kurdes iraniens ils étaient inspirés par les efforts des femmes combattantes et la résistance dans le mouvement des femmes kurdes au Rojava, du coup c’est aussi un mouvement transfrontière qui essaye de décoloniser le Kurdistan, mais aussi d’avancer un agenda féministe à côté d’un mouvement de libération pour le peuple kurde. Ce qui est rare dans le monde entier, c’est d’avoir deux révolutions en même temps, mais c'était sur les cas des kurdes, les femmes que j’ai interrogées disent souvent que c'était une révolution dans la révolution, c'était une révolution des femmes dans la Révolution kurde contre d’un état qu’ils considèrent comme un état occupant, comme un colonisateur qui apporte la violence envers le peuple kurde. Mais je pense qu’il y a une autre leçon qu’on peut tirer de ce combat, c’est qu' il y a une différence, une forte différence entre un mouvement révolutionnaire en armes et aussi un régime change, des armes, des états au pouvoir qui arrivent qui militarise la région et qui militarise le pays. Du coup, c’est vraiment deux natures différentes. Il ne faut pas, en parlant de l’armée, il ne faut confondre une armée révolutionnaire qui a des revendications d’objectifs, de libération, d'émancipation pour la plupart de la population et contre le pouvoir. Et du coup, des armées qui intensifient justement le pouvoir et les élites au pouvoir et les oligarchies au pouvoir contre la population du coup il faut vraiment aujourd’hui c’est hyper important parce que en fait l'état israélien il se présente aussi comme un état où il y a beaucoup des femmes qui participent dans la lutte armée etc bien sûr quand on peut participer aussi au sein des nazis il y avait des femmes et participez aussi dans le mouvement nazi de Hitler aussi qui prenaient les armes c'était pas la prise par les femmes en soi qui est pour nous vraiment un changement de rapport sociaux et c’est pas ça qui change en soi la division sexuelle de travail révolutionnaire ou de travail militant, c' est qui porte ces armes, avec quelle revendication, dans quels objectifs, du coup les femmes elles se retrouvent en armes et c est quelle arme elles revendiquent quoi les femmes armées ? Du coup les femmes en arme c’est les femmes en arme révolutionnaire qui revendiquent, donc vraiment une émancipation féministe, une émancipation inclusive et une cohabitation dans la région de Moyen-Orient. C’est la première revendication de ce mouvement et il y a plein de choses à apprendre, mais c' est le premier à apprendre vraiment, on a besoin de cohabitation par le bas à travers des mouvements révolutionnaire, à travers de mouvements populaires dans la région du Moyen-Orient et c’est les guerres impérialistes qui nous empêchent de faire ça et c’est exactement l’objectif aussi de détruire vraiment ces mouvements populaires puissants qui existent dans la région.
01:14:58David Dufresne
Merci infiniment, vraiment Somayeh Rostampour de nous avoir accordé 40 minutes, peut-être même un peu plus, ce matin pour nous éclairer sur ce qui se passe en Iran. Je sais que le tchat vous a écouté sagement si je puis dire et va vous remercier dans quelques instants. Voilà ça, ça commence les premiers remerciements. Merci beaucoup, merci, merci beaucoup, voilà. On vous sollicitera, probablement dans les jours qui viennent, et puis si vous avez le temps et la force de revenir, eh bien vous êtes absolument la bienvenue. Immense merci, on vous dit, voilà. Et figurez-vous que le hasard, je n’avais pas du tout fait le lien avec une partie de la diaspora d’extrême-droite iranienne et Némésis, Mais en fait à votre place dans quelques instants va venir Thomas Lemahieu,l’intrépide Thomas, journaliste d’investigation à l’Humanité à qui on doit certaines révélations autour de Némésis comme quoi il y a un lien dans le poste. Merci beaucoup, bon courage à vous, à vos proches, à votre famille et on espère que Internet va être rétabli rapidement pour que vous puissiez être rassurés et rassurer tout le monde. Merci beaucoup. Merci, bonne journée à vous aussi. Merci. Merci beaucoup, merci. Voilà, chers amis, alors Thomas est déjà là. Figurez-vous que Thomas m’avait dit :Ah non, non, mais moi, à cette heure, c’est trop tôt. Il est un petit peu en avance, quand même. C’est formidable. Alors je mets un petit jingle parce qu’il faut que je baisse le rideau. Je me fais un petit café. Et Thomas arrive. Ça vous va les amis ? Restez avec nous, allez sur auposte.media, notre nouveau site en attendant. J’en ai pour deux secondes, laissez-moi reprendre des forces. Deux petites secondes et on sera avec Thomas qui va nous raconter ses révélations autour de Némésis. À tout de suite. Voilà, la machine à café est en train de distiller ma petite drogue. Merci, merci pour vos félicitations pour le site. Allez le voir au poste.media. Inscrivez-vous aux newsletters si vous le pouvez. Abonnez-vous, c’est notre salut. Notre salut, il vient de vous. Alors, Thomas est là. J’attends une petite seconde. Thomas, est-ce que tu m’entends ? Alors Thomas tu m’entends ?
01:17:48Thomas Lemahieu
Oui ça marche.
01:17:50David Dufresne
Magnifique. Comment vas-tu ?
01:17:52Thomas Lemahieu
Ça va, ça va.
01:17:54David Dufresne
Héros du peuple, ah bah si. Bonjour Thomas, tu es journaliste d’investigation à l’Humanité, tu es un habitué maintenant d’auposte depuis le travail extraordinaire que tu as fourni autour de Stérin C’est toi qui avais révélé notamment son plan de propagande et de programme appelé Périclès. Et aujourd’hui tu es là parce que tu a fait des révélations renversantes, je dois le dire, autour de Némésis, la semaine dernière, Thomas le goat nous dit le tchat, voilà. Est-ce qu’on peut d’abord revenir sur tes révélations de vendredi, je crois autour de Némésis ?
01:18:46Thomas Lemahieu
Oui, alors c'était lundi dernier, il y a une semaine, effectivement on a après quand même une dizaine de jours à, comment dire, entendre les témoignages des proches de l’extrême droite et des proches de Quentin Deranque.
01:19:10David Dufresne
Alors Thomas, excuse-moi, il y a un tout petit souci de micro avec toi, me semble-t-il. Est-ce que je peux te demander de te reconnecter ? Ça devrait aller mieux, je pense. Il y a des petites coupures qui sont très très étranges.
01:19:24Thomas Lemahieu
Pardon pour ce faux départ, c’est la gauche, c' est la gauche mais à la fin on va gagner. Oui, donc après une dizaine de jours à être exposé au récit, à la narration de ce qui s'était passé, de ce qu’il s’est passé le 14 février à Lyon. Donc le jour de cette conférence de Rima Hassan à Sciences Po et ensuite la mort de Quentin Deranque exposait un récit qui était en fait…
01:20:03David Dufresne
T’inquiète tout va bien.
01:20:08Thomas Lemahieu
J’ai fait un truc un peu d'équilibriste !
01:20:15David Dufresne
Rassure-toi, Mister Coltrane nous dit, c’est aussi pour ces moments qu’on aime au poste. Voilà, donc tout va bien.
01:20:24Thomas Lemahieu
Oui, il y a toujours des problèmes avec moi, de toute façon. On t'écoute, on t' écoute. Ce sera bancale, voilà. Donc, je disais, voilà, la narration a quand même été pendant des dizaines de jours celle de Némésis et des gens qui avaient participé à ces affrontements qui ont provoqué, qui ont abouti à la mort de Quentin Deranque Et donc, nous, on a mis là-bas sur une conversation qui date d’avant, en fait, ce mois de février, qui date octobre 2025, et qui est une conversation entre un cadre local de Némésis et quatre hommes dont le responsable, le dirigeant, un des dirigeants d’Audace Lyon, qui est donc ce groupuscule. Qui a pris la suite de Lyon Populaire et qui a été dissous et qui discute entre eux. Il y a 154 messages dans cette boucle télégramme, ça dure en fait une demi-journée. À partir du midi, ces gens commencent à discuter de l’organisation d’une action le soir même, une action de Némésis pour laquelle la cadre locale de Némésis sollicite l’aide, l’assistance d’un groupuscule néo-fasciste.
01:22:10David Dufresne
Tu as été coupé une seconde, on n’a plus le son.
01:22:22Thomas Lemahieu
Oui, je disais dans cette conversation, la question c’est de quel type d’actions elles vont faire, où ça se passe. Il faut savoir que la conversation débute avec une référence à une action qui a été faite la semaine d’avant. On est donc mi-octobre 2025 et début octobre, Némésis est allé à l’Université catholique de Lyon pour faire un tractage qui était repéré, elles étaient déjà accompagnées par quelques hommes. Mais, grosso modo, elles veulent remettre le couvert, elles veulent retourner à l’Université catholique de Lyon pour continuer de se montrer dans le paysage, ce qui est un peu le principe de Némésis et donc là, la discussion commence et elle discute de savoir si les hommes, si ses gros bras sont libres ce soir-là. Calixte Guy qui est le leader d’Audace Lyon, leur dit que, grosso modo, ça ne l’arrache pas trop ce soir, ce soir-là il n’est pas tout à fait sûr de pouvoir se libérer et il préférait que ça se passe deux jours plus tard. D’autres facs, donc la conversation se passe un peu comme ça, puis au bout d’un moment, la cadre de Némésis, qui est désignée fait cette proposition qui est un peu celle sur laquelle tout le monde s’est focalisé, elle dit, bon comme c’est un peu compliqué, si vous voulez, on peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les chopper un peu comme pour faire l’appât, dit-elle, vous m’entendez ? Absolument, on t’entend un peu comme faire l’appât et elle ajoute qu’elle ne revendique pas, s’il y a juste deux, trois filles, elles vont faire l’appât pour que ces gros bras puissent tomber sur les quelques mecs de gauche, comme ils disent, ou donc de jeunes étudiants antifascistes ou de gauche qui seraient heurtés, enfin qui voudrait, disons, aller s’opposer en fait à la présence de Némésis dans les facs, ce qui est un peu quelque chose qui se fait assez spontanément. Au bout du compte, ce leader du groupuscule néo-fasciste leur dit que non, il faut qu’elles y aillent. De toute façon, dit-il, vous ne risquez rien puisque vous êtes des meufs, dit-il. Ce qui permet d’ailleurs de contrer un peu un argument qu’on a entendu depuis, selon lequel c’est quand même dingue que la seule présence de femmes provoque des antifascistes. Donc il leur dit « allez-y » et finalement la nature même de l’action finit par être définie, elle est d’ailleurs définie par les hommes de ce groupe qui disent « faites plutôt un stickage » comme ils disent, c’est-à-dire « allez recouvrir des autocollants devant l’Université catholique de Lyon » que « tractage ». Donc c’est les hommes qui décident, autre dimension quand même un peu surprenante, enfin pas du tout en fait, mais dans l’affaire. Et puis voilà, toute la discussion se poursuit, finalement ces quelques filles, elles sont cinq ou six, seront dans les environs de l’Université catholique de Lyon. Elles font leur stickage, malheureusement pour elles, ça ne provoque strictement rien et du coup, les gars leur disent, peut-être que vous pourriez repasser une fois devant la fac. Ils sont quand même un petit peu déçus que personne ne morde à cet hameçon, puisque c’est un vrai hameçon, finalement, le chef de la bande, Calixte Guy siffle la fin de la partie et dit que tout le monde rentre. Voilà, donc sur le moment, disons cette conversation a pris un relief un petit peu singulier, assez fort quand même, après la mort de Quentin Deranque puisqu’elle montrait que quatre mois plus tôt, il y avait une organisation tout à fait routinière, assez habituelle, les échanges sont vraiment tout à fait tranquille, il y a une forme de normalité, de banalité dans cette organisation qui laisse entendre que ce sont des choses qui se font régulièrement. C’est ça qui est intéressant aussi dans toute la conversation, c’est la tranquillité avec laquelle un traquenard, puisque c'était comme ça dont il est question, se prépare. Donc voilà, je pense qu’il y a cette exposition, disons, de l’organisation, tout à fait banale, de ce type d’action, dessinée par les hommes et organisée pour les hommes, pour qu’ils puissent tabasser des étudiants, des antifascistes, ce genre de choses.
01:27:40David Dufresne
Alors, c’est d’autant plus important que tu rappelais dans le numéro spécial que vous avez publié ce week-end, vous rappeliez qu’après la mort de Quentin Deranque, donc c'était postérieur aux échanges dont on parle de plusieurs mois, puisque c'était le 14 février, Némésis avait diffusé et avait été relayé par les médias alliés, Le Figaro, Boulevard Voltaire, Valeurs Actuelles, les titres du groupe Bolloré, avaient expliqué qu’elles avaient été attaquées, qu’elle avait même subi de la part des antifascistes une attaque au couteau par une étudiante qui avait été, disait-elle, identifiée et donc, évidemment, ce que toi tu révèles montre l’aspect provocateur de Némésis, provocateur au sens, ce qu’on savait jusqu’ici, c'était la volonté de faire de l’image. Mais en fait, ça va plus loin que ça. La conversation que tu révèles va plus loin que simplement l’agit prop, qui est une sorte de récupération à la limite de ce que des mouvements de gauche peuvent faire pour aller vers quelque chose de beaucoup plus provocateur.
01:28:58Thomas Lemahieu
Oui c’est ça, dans la conversation il est question de faire une vidéo, c'était quand même le mode d’action de l'émégis, c’etait à dire de faire de l’agit prop comme tu disais, de la propagande à travers des actions qui doivent forcément mal se passer jusqu'à un certain point. Mais là, effectivement, la nouveauté qu’on apporte dans ces articles, c’est que tout ça peut être organisé avec un monsieur qui s’appelle Calixte Guy, dont on dit aussi l’enquête quand même parce que c' est le deuxième aspect des éléments qu' on a publié lundi dernier, c’est que Calixte Guy,, ce n’est pas tout à fait un homme de main, tout à fait comme les autres, c'était effectivement le chef, un des chefs, enfin le chef remplaçant d’Eliot Bertin qui a été condamné, qui a été condammé pour les sondes précédentes, et donc il a remplacé Eliott Burton, et il est surtout, il a été identifié comme un des l’année dernière, il y a un an, contre la projection d’un film de Costa-Gavras, Z, par l’association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie, qui avait abouti à un tabassage, à un lynchage en fait, si on doit utiliser les termes, utilisons-les pour tout le monde, un lynchage d’un militant à 20 contre 1, qui s'était fait, qui avait été bousculé, qui était tombé au sol après des coups de casque et avait été tabassé à coup de pied dans le crâne, dont on sait évidemment que tout ça est très dangereux. Lui, il s’en est sorti heureusement sans trop de contusion, de dégâts, mais ce tabassage, je vous le rappelle, s’est terminé par ces images de fuite des néo-fascistes dans la rue qui avait hurlé “Paris est nazi Lyon est nazi”,donc, d’après l’enquête et l’instruction qui est toujours en cours, Calixte Guy, un des acteurs majeurs de la conversation qu’on a révélée, est aujourd’hui mis en examen dans cette affaire. Pour violence aggravée en réunion. Voilà, et pour avoir donné un coup de pied à la tête, dans la tête du jeune militant antifasciste et cégétiste postier. C’est vrai que le fait d’organiser de l’agit prop et organiser en fait un traquenard avec des gens qui sont des gens, des individus qui sont là de toute évidence.
01:31:36David Dufresne
Oui, oui, on n’est plus dans la désobéissance civile, là.
01:31:38Thomas Lemahieu
Voilà !
01:31:38David Dufresne
Ben oui, absolument.
01:31:42Thomas Lemahieu
Et c’est vrai que, enfin tu disais, la narration qui s’est imposée pendant les premiers jours, qui a abouti d’ailleurs à la minime de silence à l’Assemblée, enfin, je veux dire, on nous a présenté… Comme un jeune étudiant en mathématiques, féru de lecture de philosophie catholique, faisant des maraudes. Le journaliste du Figaro qui a expliqué ça a dit que c'était des maraudes avec le baston social, mais peu importe, donc avec un groupuscule néo-fasciste. Il y a effectivement eu, on a dit qu’il y avait eu des couteaux, Alice Cordier de Némésis a jeté plusieurs fois le nom d’une jeune militante de la jeune garde qui n'était pas là, en pâture et là a provoqué son harcèlement, le harcèlement de tous ses proches. Donc effectivement, notre révélation change un peu la nature de ce récit qui s’est imposé parce qu’on a accepté collectivement ou par sidération. Un récit qui était fabriqué par les Némésistes qui sont des agents de propagande, les amis de Quentin dont on a appris par Mediapart, qu’ils étaient très très néonazis, qu’ils publiaient des tweets antisémites, au point d'être congédiés du rôle de collaborateur parlementaire du député RN. Tout ça a été quand même, je veux dire, on a tout pris au pied de la lettre, et effectivement, on sait, je pense, évidemment, dans des milieux militants que les milices ne font que de la provocation. Tout le business model de son agit prop, on pourrait dire, c’est la provocation. Mais en fait on avait effectivement une pièce bon compte qui est celle de l’organisation.
01:33:41David Dufresne
Alors Thomas, l’honnêteté commande de dire que Némésis a réagi à travers un communiqué, en niant toute directive violente dans ces conversations, et en invoquant, alors je cite parce que je trouve c’est intéressant, une existence immaculée sur le plan judiciaire. Drôle d’expression, donc voilà, ça c'était juste pour nier les conversations que tu révèles, qu’est-ce que tu veux répondre ?
01:34:16Thomas Lemahieu
Elle parle de calomnie, de la publication de l’Humanité, dénaturant des échanges sur une boucle privée, c’est effectivement une boucle privée. Donc elles disent quand même que ces échanges, en creux, laissent entendre qu’elles savent que ces échanges existent bel et bien. Je le dis au passage, l’information qu’on a donnée a été corroborée le lendemain par BFM TV. Donc ce n’est pas une opération, disons, il n’y a pas de journaliste rouge ! Voilà, effectivement les médecins sont beaucoup sur le fait que c’est l’humanitaire, le journal communiste qui a fait donc 100 millions de morts et qui a reçoit des dizaines de millions d’euros de subventions publiques. Tout ça est un peu gonflé et tout à fait grossier. Mais effectivement, l’idée, c’est d’induire le fait que l’Humanité serait partisan,là, de toute évidence, elles sont quand même obligées de reconnaître qu’il y a bien les biens cette pièce. Elles disent simplement, elles laissent aussi entendre que si cette conversation existe, c'était une initiative individuelle qui pourra être condamnée par la charte de Némésis puisque la Charte de Némésis écarte tout comportement violent. Tout ça est un peu téléphoné, on verra les suites qu’elles donnent à ça mais pour le moment elles ont surtout annoncé qu’elles poursuivraient en diffamation les gens qui reprendraient nos informations. Donc oui effectivement elles nient, mais elles nient tout, puis elles admettent l’essentiel.
01:36:07David Dufresne
C’est ça. Tu as parlé de BFM, il y a plusieurs questions dans le tchat qui reprennent. Je pense à l’article de ce week-end d’Arrêt sur image qui s'étonnait du peu de répercussions de tes révélations dans le reste de la presse et notamment dans la presse conventionnelle. La baguette marxiste te demande, est-ce que il, il c’est toi, Thomas Lemahieu du Journal l’Humanité, est- ce que tu as pu en parler sur les plateaux télé ? Est-ce-que tu as été invité ?
01:36:37Thomas Lemahieu
Alors moi je suis allé à France Info le lundi soir, lundi dernier, j’ai pu parler dix minutes à côté de Nathalie Saint-Cricq avec des débatteurs. Bon je crois que j’y ai dit l’essentiel, enfin j’en ai dit deux trois choses quand même, donc là oui on en a parlé.Après j'étais invité sur BFM, au Média, mais je ne pouvais pas, je n’avais pas le temps en fait. Donc bon, c’est vrai que ça n’a pas été repris, je ne sais pas, je n’ai pas vérifié, mais je crois que l’AFP a pas dû faire de dépêche, ça a été repris quand même dans toute la presse, enfin dans beaucoup de journaux de la presse quotidienne régionale, ça été repris par le Progrès à Lyon. Donc oui, il n’y a pas eu de reprise dans les médias, enfin dans le monde. Libé a fait un article, quand même, a repris totalement nos infos.
01:37:28David Dufresne
Mais comment t’expliques ça à toi ?
01:37:31Thomas Lemahieu
Franchement, je ne sais pas, en revanche, moi ce que j’observe, ce que l’observais là, autant qu’effectivement avec un peu le recul des trucs que je peux faire sur ce terrain, c’est vrai que souvent, quand on a sorti des trucs sur ce terrain ou sur ces mouvances, disons conservatrices, réactionnaires.Souvent, j’ai un papier derrière de valeurs actuelles sur quatre pages qui explique que tout est faux, qu’ils essayent de faire un contre-discours. Parfois aussi, il y a Paul Sugy qui est un journaliste du Figaro, qui s’est quand même un peu distingué en faisant un portrait extrêmement unilatéral de comptes à d’euros. Et qui était la semaine dernière sur le service public sur France 5, dans l'émission du soir, pour notamment attaquer Isabelle Sommier qui faisait le décompte des victimes des violences politiques pour simplement démontrer que ces violences sont quand même à 90 % le fait de milices et de gens seuls mais qui sont des militants de l’extrême droite. Donc ce Paul Sugy il a disparu d’habitude, c’est des gens qui essayent d’interagir, enfin en tout cas de pénétrer quand on fait des enquêtes, et à partir de fait, ils essayent de ramener leur science idéologique, disons, pour dire comme ça, leur science de la propagande. Je suis désolé de le dire, effectivement ça paraît un petit peu, ça paraîtra, ça fera peut-être régaler, mais c' est la vérité, je pense, qu’il y a d’un côté quelques faits du journalisme, Et de l’autre, beaucoup d’idéologie, elle est plutôt pas de notre côté, c’est comme ça. Aujourd’hui, on en est arrivé à ce stade-là, en fait, dans le paysage médiatique. Peu disparu frontière, ils n’ont pas réagi, Boulevard Voltaire, ils ne réagissent pas parce que je veux dire, c’est qu’ils n’y arrivent pas, ils le peuvent pas. Ils peuvent dire, ce qu’on a les antifas attaquent des femmes, Mais en dehors de ça, ils n’ont pas de faits à nous opposer quoi.
01:39:47David Dufresne
Alors à propos de propagande, il faut de l’argent, il faut des relais, à partir de tes révélations vous avez enquêté l'équipe de l’Huma sur Némésis et là j’aimerais citer encore quelques instants que tu nous dises en fait les liens avec l’extrême droite radicale et néo-fasciste de Némésis qui est présenté comme comme un collectif féministe, etc. En réalité, Alice Cordier, la fameuse, et d’autres fondatrices ont eu des parcours liés à l’action française, à la génération identitaire, à la Cocarde. Et tu parles aussi d’une autre porte-parole qui a supprimé une page Instagram où elle apparaissait. Est-ce que tu peux nous parler de cette personne et de sa page ?
01:40:33Thomas Lemahieu
Oui, alors ça c’est mon collègue et camarade qui a fait cette révélation. Effectivement, c'était Nina Azamberti, qui est l’une des porte-paroles, enfin, les dirigeantes de Némésis, des salariés, je pense, de Némésis, enfin, salarié, je ne sais pas, mais en tout cas, voilà, dirigeante qui est liée, en fait, au Groupuscule Tenesoun, à Aix-Marseille et qui avait effectivement un compte Instagram sur lequel elle a notamment publié une photo d’elle faisant le salut nazi, revisité pour être plus discret. Elle a supprimé ses pages, elle a par ailleurs de multiples liens avec ces groupuscules Tenesoun c’est pas n’importe quoi dans la mouvance puisque c'était le porte-parole de Tenesoun qui a fait le discours, un discours central, lors de l’hommage à Quentin Deranque l’hommage des néonazis à Lyon, samedi dernier. Et donc, elle a supprimé cette page, et Némésis nous a effectivement répondu, après la publication de l’article, on l’a intégré au web, que ce n'était pas du tout un salut nazi, c'était un geste de motard, puisqu’elle est en tenue de elle est sur une moto en tenue de motard et donc c’est voilà il faut pas confondre les saluts nazis et les saluts de motards
01:42:08David Dufresne
Absolument. Certaines, si j’ai bien lu aussi, certaines ont été embauchées comme assistantes parlementaires auprès de députés RN.
01:42:19Thomas Lemahieu
Oui, c’est ça, elle notamment, cette jeune femme, l’autre militante qui l’a été également.
01:42:29David Dufresne
Alors Clémence Trastour Le Saint et Nina Azamberti embauchée comme assistante parlementaire par le député RN Romain Baubry.
01:42:38Thomas Lemahieu
Voilà c’est ça. Mais ce qu’il faut voir, enfin moi ce que je trouve intéressant, c’est que disons globalement les liens entre Némésis et des groupuscules, effectivement ils sont les groupuscules néo-fascistes, et du coup derrière, parce que ça forme évidemment un continuum, un écosystème contrairement à ce qu’on peut entendre de temps en temps, Les liens avec le RN, avec Reconquête, mais aussi avec l’UDR, ils sont assez établis et à notre avis, enfin c’est ce qu’on essaie aussi d’apporter dans notre enquête de vendredi, il passe maintenant par la structuration avec l’argent, avec d’abord l’empire médiatique de Vincent Bolloré, mais aujourd’hui ça dépasse évidemment Bolloré puisque je parlais du Figaro, il y a aussi des médias qui ont dérivé évidemment vers ces prises de position, mais donc ça passe par Bolloré. C’est l’information qui a été sortie Libé en septembre 2025. Il y avait eu un reportage dans les bureaux du Parisien et le journaliste de Libé, ou la journaliste, avait décrit la scène, les militants de Némésis arrivent, viennent chercher leur denier. Et c’est vrai que moi, je n’avais pas eu trop le temps parce qu’en fait, il y a toujours plein de pistes, tout ça. Je n’ai pas eu le temps d'écrire cette histoire. J’ai contacté Arnaud Rérolle, le directeur général de Périclès, qui me confirme, sans me donner le montant qu’elles ont bien reçu, l’aide de Péricles tout comme l’aide financière. L’aide financière, oui ils ne nous ont pas répondu là-dessus. Mais bon, on peut, on doit quand même voir que l’inscription de Némésis enfin dans la droite, l’extrême droite, les droites extrêmes, enfin ces coalitions qui vont mener à une union de droites radicales, donc qui irait de néo-fascistes pur et durs à toutes les parties, à tous ces partis institutionnels et avec derrière des milliardaires, C’est un phénomène assez nouveau. on l’a vu, vous vous souvenez qu’elle avait reçu les félicitations de Bruno Retailleau
01:45:15David Dufresne
Tu te souviens de la phrase ? “Je voudrais vous féliciter. Bravo pour votre combat. J’en suis très proche”. Bruno Retailleau, alors ministre.
01:45:28Thomas Lemahieu
C’est ça, c'était à l’occasion de l’anniversaire des 10 ans de l’officier de Thibault de Montréal, donc cet avocat spécialisé dans l’immigration, la sécurité, et défenseur des policiers. Et défenseur de policiers, lui-même soutenu financièrement par Stérin, Périclès, et qui est un peu au cœur de ces raisons. Et par ailleurs, on voit, le personnage qui est beaucoup intervenu, je disais dans les journaux, il n’y a pas grand-chose qui a pu être imposé à notre enquête, mais il y a quelqu’un qui a essayé, disons, de contester, c’est Stanislas Rigaud, qui est l’ancien dirigeant qui vient de créer, enfin qui a créé il y a quelques mois, une agence d’influence et de communication de crise, et qui lui, donc Périclès, est actionnaire. Donc en fait, on voit quand même apparaître à tous les stades, disons, on voit sortir des gens qui sont de cette mouvance pour défendre Némésis Et évidemment, Némésis pour moi, et un des agents de liaison, en fait un agent de rencontre aussi de ces mouvements, notamment en revendiquant son « féminisme », qui est effectivement une dimension totalement absente dans ces mouvances et en l’occurrence elles le font de manière très très spécifique en s’attaquant à une seule chose, c’est ce qu’on peut qualifier de patriarcat d’importation, elle s’intéresse pas du tout au patriarcat et d’ailleurs on voit le sexisme, oui vraiment le masculinisme, le sexisme dans tous les Je pense qu’il faut bien comprendre qu’elles sont au cœur de cette mouvance.
01:47:24David Dufresne
Dernier point Thomas, et merci infiniment de nous accorder tout ce temps. Je renvoie évidemment tout le monde, tous les aupostiens, les aupostiennes à la lecture de l’Humanité du week-end dernier avec le gros dossier que j’ai montré plusieurs fois, l’Huma qui est vraiment le quotidien de gauche en ce moment, enfin bravo. Je voudrais te faire parler d’Attac qui est quo-signataire d’une lettre à Laurent Nunez, donc ministre de l’Intérieur, qui demande l’interdiction de la présence de Némésis dans les manifestations du 8 mars, au prétexte que Némésis vient les perturber régulièrement. Je ne te demande pas ton avis là-dessus parce que tu n’as peut-être pas envie de le donner, tu veux rester dans les faits, Mais pour toi, est-ce que ce genre de demande d’interdiction est efficace par rapport à une lutte anti-fasciste, à une lutte contre Némésis ou est- ce que ces groupuscules en fait se délectent de ce genre, de ce genre de choses ? C’est donc la question de l’efficacité.
01:48:31Thomas Lemahieu
Il y a eu deux réactions en fait, il y a la dissolution on n’en a pas parlé mais qui a été posée politiquement d’abord par la LFI puis je crois relayée par des communistes, notamment par le directeur de l’HUMA qui en réaction aux communiqués de Némésis qui s’est avancé en demandant la dissolution de la BG, donc la question de la dissolution, elle est posée, je dis quand même que Laurent Nunez à l’assemblée au Sénat dit que Némésis était bel et bien un groupe identitaire sur lequel il allait être amené à examiner la situation et voir s’il fallait prononcer une dissolution ou pas. Donc c’est quand même pas tout à fait le discours de son prédécesseur, je le dis au passage, de Retailleau, donc voilà, cette question elle est posée Pas simplement à partir de nos éléments, mais en les inscrivant dans un cadre plus global, cette question se pose. Et effectivement, le fait que les organisatrices des manifestations féministes du 8 mars demandent, mais il y a tous les syndicats aussi, je crois, de la CFDT à Solidaire, en passant par la CGT, et surtout les mouvements féministe ça demande effectivement qu’on ne pousse pas, comme ça a été fait les dernières, les quelques dizaines de militantes féministes en marge de la manifestation parce que ça ne sert qu'à faire de la provocation et à provoquer des images qui seront utilisées par les Némésistes et à éventuellement provoqué d’ailleurs, ça paraît une demande tout à fait légitime, puisque là, pour le coup, avant même ce qui s’est passé tragiquement à Lyon, on sait que cette présence est destinée à créer un trouble à l’ordre public. C’est vrai que c’est assez… on peut discuter du trouble à l’ordre public, évidemment, Mais là, c’est vraiment, que ce soit le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police de Paris qui cherchent, qui est cherchée par le passé à permettre ça, c’est quand même un peu problématique. Moi, j’imagine qu’on n’est plus dans la même situation. On sait maintenant quel jeu joue Némésis et donc on peut penser que ce ne sera pas pareil.
01:51:14David Dufresne
Thomas, merci infiniment, il est bientôt neuf heures, l’heure pour toi de rejoindre la rédaction de l’Humanité et de nous concocter un de ces scoops dont tu as le secret et qui nous ravit. Voilà, merci encore d’avoir pris le temps de venir ce matin nous causer, c'était comme toujours super.
01:51:35Thomas Lemahieu
Merci beaucoup à toutes et tous, bonne journée !
01:51:38David Dufresne
À toi aussi, merci, merci Thomas, merci beaucoup. Chers amis, il est 8h57, c’est peut-être l’heure. Merci Thomas, merci beaucoup pour tout ça. Merci L’Huma, mais aussi un grand merci au poste de Trognon. Merci Thomas. Merci, nous dit Sorcière. Merci beaucoup, nous dit la princesse de Plèvre. Il y a Margot qui me fait pan sur le bec et je le comprends tout à fait, qui me dit le truc, c’est qu’on s’en fiche, que ce soit efficace au niveau tactique. C’est pour mettre en sécurité les femmes cis et trans qui manifestent qui se font agresser par le service d’ordre de Némésis. C’est sur la demande de l’interdiction. Je pense que les deux sont possibles, les deux réflexions sont possibles à la fois pour mettre en sécurité les gens, les femmes, les trans qui vont manifester et aussi poser la question tactique et stratégique des dissolutions. On avait reçu M.Douillard sur la question des dissolution des groupuscules d’extrême droite. J’invite aussi à lire la tribune de notre camarade Nicolas Lebourg dans le Monde qui explique combien toutes les dissolutions, en fait, ces derniers et ces derniers mois, vous savez qu’il n’y a jamais eu autant de dissolutions à gauche comme à droite que depuis Macron. Et en fait ça a eu comme résultat d’unifier en fait des groupes qui étaient plutôt concurrents. Donc c’est pour ça que la question, je pense, technique se pose malgré tout
01:53:35Audio 
Je suis désolée. Est-ce qu’on pourra couper cette partie ? Je n’ai vraiment pas compris cette question. Désolé, alors on ne peut pas couper parce que ce n’est pas possible.
01:53:44David Dufresne
Une dissolution du sucre dans le café machin, un superbe soleil sort à peu près de son lit ici en Normandie, nous dit David. Grand ciel bleu à Grenoble, nous dit Trognon, Gard le soleil pointe son nez, nous dit Annonciade. Trop chaud pour la saison, nous dit Euryale. Ressenti doux et particulièrement nuageux à Villefranche-du-Rouergue, nous dit Tizino. Saint-Brieuc, c’est radieux, nous dit L.L.B.D, l'île ensoleillée mais frais, nous dit Blodvin, PACA soleil, des petits nuages doux comme du coton à Lille, nous dit Simus, un bleu vif et frais à Paris quatorzième, bizarrement beau, nous dit Christy, gris à Oslo comme toujours nous dit Pinguini, du bleu à Toulouse, nous dit La Théo, tac à tac, grand soleil en Gironde, grand soleil à Rennes, grand bleu dans la vallée de Munster. Ensoleillé au Pays-Basque. Magnifique, magnifique, tout ça. C’est l’heure quand même de vous donner un petit peu les convocations de la semaine.
01:54:58Audio 
Et bien nous sommes pas dans le même camp madame !
01:55:03David Dufresne
Les convocations de la semaine. Alors, hop hop hop. Regardez sur le site auposte.media. Dorénavant quand on est en live. Hop hop hop, il y a la petite vidéo en haut à droite sur toutes les pages. C’est quand même dément ça, c’est dément. Demain, nous sommes tous antifascistes. Demain exactement à cette heure-ci, à 9 heures, nous serons avec Hervé de la Horde. L’antifascisme a une histoire et des tactiques, des méthodes et des perspectives à l’heure où le fascisme cogne à la porte. Le rouleau compresseur politico-médiatique voudrait écraser celles et ceux qui lui résistent. On va faire le point avec Hervé de la Horde on va faire le point sur ce qui se passe en ce moment, sur où en est l’antifascisme, l’anti-fascisme de rue, l’anti fascisme parlementaire. Mais on reviendra aussi sur l’histoire de l’antifascisme. La Horde est un collectif qui existe depuis une dizaine d’années, à qui on doit un travail de documentation extraordinaire. Mais aussi le jeu Faschorama. Voilà, et donc Hervé qui était déjà venu il y a trois ans revient avec nous pour essayer de nous éclairer sur la situation. Et le 6, nous serons, c’est Hélène Assekour l’agitatrice de l'émission Écoloscope qui invite Léa Hobson “ Désarmons le béton”. Chaque seconde, 150 tonnes de béton sont coulées dans le monde, ce qui en fait le matériau le plus utilisé par l’homme. Sans écriture inclusive, car le béton est aussi affaire masculine. Ce sera le 6 et ce sera à 18h et tout ça vous pouvez le voir sur le site de auposte.media. Sachez que vous pouvez également vous abonner aux agendas soit de toutes les émissions d’auposte soit de certaines émissions comme Écoloscope, comme Extremorama, comme Qui va faire la vaisselle, etc. Voilà, tout ça, c’est aux petits oignons sur le tout nouveau et beau site d’auposte. Merci beaucoup à vous toutes et à vous tous d'être parmi nous aujourd’hui. C’est un bonheur. N’oubliez pas, pour soutenir auposte, c’est simple, vous allez sur le site auposte.media, vous avez deux possibilités. Pour ceux qui sont imposables, et bien vous pouvez faire un don au nom du pluralisme de la presse. Votre don sera déduit à hauteur de 66 %. Autrement dit, si vous faites un don de 10 €, il vous coûtera 3,40 €. 25 €, vous coûteront 8,50 €. Si vous n'êtes pas imposable, ou si vous n’avez pas envie de bénéficier, ou je ne sais quoi, pour quelle autre raison, et bien vous pouvez tout simplement vous abonner, soit un abonnement tous les mois que vous arrêtez à tout moment, soit un abonnement annuel, ça commence à 2 euros par mois, et pour nous c’est la meilleure chose, parce que c' est là où il y a le moins de frais, en fait, le moins de frais bancaires. Vous savez tout, je suis crevé, il est 9h04, c'était un bonheur d'être avec vous. Le don plus abonnement, sorcière, ça c’est parfait. Ça c' est parfait. Un petit abonnement tranquille tous les mois et un don de temps en temps, c’est top. Ça c’est le top. Non, Extrêmorama est revenu à la maison au bercail et d’ailleurs nous en préparons un pour les municipales parce qu’avec Mediapart c'était super, mais c’est trop compliqué pour caler les dates, les invités, tatati tatata, et nous on doit être agiles, on doit à l’air, on est totalement libre comme le, comment dirais-je, comme le punk rock. Je ne sais pas pourquoi je dis ça, mais c’est comme ça, ça me dire comme ça à l’esprit. Merci à vous tous. Découvrez, venez découvrir le nouveau site d’auposte. Il est fait avec amour pour vous, tous et toutes.
02:03:02Audio 
J’emmerde les gendarmes Là-haut, là-haut J’emmerde, les gendarmes et la maréchaussée et la maréchaussée.
02:03:30David Dufresne
Et oui Euryale est salariée, bien sûr, depuis plusieurs années et elle l’est parce qu’il y a des dons, parce qu’il y a des abonnés, voilà. Merci, merci les amis aupostiens, aupostiennes, à demain, 9 heures. Portez-vous bien. Et maintenant, la question rituelle. Qu’est-ce qu’on peut faire ?

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