JO 2024 : Paris face à la violence olympique
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Bonjour tout le monde ! Bonjour, Est ce que tout le monde est là ? Bonjour, La vidéo tourne toujours et je me doutais qu’il y avait un souci par rapport à ça, je ne bouge pas. Je vous présente Jade Lindgaard, que j’ai connue j’allais dire en culottes courtes, mais il y a fort longtemps, on s’est connu dans un petit garage qui avait créé Mediapart.
Évidemment, je me souviens.
Je pense que oui et vous vous attaquez un peu à tout le monde.
Voilà un petit garage où nous n’avions pas le téléphone.
Nous parlons du début de Mediapart 2006, c’est ça ?
2007, 2005.
2007, fin 2007 qui n’est pas une autre. Donc peux-tu bien redire la légende qui n’a jamais été écrite ? Ça a bien démarré dans un garage, Mediapart.
Et ça a bien démarré dans un garage. Dans le garage il n’y avait pas de voiture.
Edwy venait avec sa Lamborghini.
Oui, c’est ça. C'était près du cimetière du Père Lachaise. Alors une petite. Ah non, pas du tout. C'était même encore. Attends, je me trompe ? Ça y est, j’ai moi même oublié ceci. C’est ça. Ce n’était pas très loin du Père-Lachaise. Il y en a plus du tout dans le 11ᵉ, alors c’est horrible Comme on dit avec les années. Ouais, ouais, c’est ça qui avait été mis sur un plateau en fait. Un plateau assez sombre. Vous avez raison, je vois deux espaces. Il y avait un espace un peu sur le côté et une grande table. On pouvait aller téléphoner mais avec son propre téléphone parce qu’il n’y avait pas de ligne, il y avait encore des lignes fixes. Je précise à l'époque, puisque maintenant ça peut paraître incongru comme remarque. A l'époque, on utilisait encore les téléphones et je suis sûr qu’on avait Internet au début, c'était un peu un peu basique.
Ouais, on était quoi ? Une quinzaine.
A peine tout début. Même une grosse dizaine. En fait. Il y avait les fondateurs, les fondateurs bien sûr, des mecs.
Avec Martine qui fait pas partie stricto sensu des fondateurs, mais qui en fait est une cofondatrice, en était là depuis le tout début. Voilà. Et puis la directrice générale qui était Marie-Hélène Méjean. Mais sinon, côté journaliste, effectivement, c'était que des mecs. Mais heureusement ça a beaucoup changé aujourd’hui c’est dirigé par deux femmes bien oui, c’est ça. Les femmes ont pris le pouvoir et élu les deux. Les deux sont déjà venus auposte. Valentine est venue deux ou trois fois et elle est née. Et elle est venue une fois pour présenter le bouquin sur les amis là c est le tchat
Oh là ça va, C’est suffisamment proche pour que je puisse lire.
Bon, tu es super Jas, donc tu es une des toutes une des pionnières de Mediapart. On va dire ça comme ça. A Mediapart, tu t’es intéressée dès le départ aux questions écologistes, Entre autres choses, tu tiens toujours la rubrique de haute main et tu nous viens pour ce livre paru aux éditions Divergences. Tu attends, je vais le mettre ici. Voilà. Paris 2024 est une ville face à la violence olympique qui est sortie il y a quinze jours.
Oui
Donc le bouquin est sorti il y a quinze jours et c’est à la croisée. Alors il est peu question, quasiment pas même de sécurité et de surveillance, a mis au poste. Il y a des opposants. Tiens, ce n’est pas de ça dont nous allons parler aujourd’hui.
Je m’excuse parce que je sais que ça vous passionne et ce sont des sujets très importants, mais ce n’est pas le cœur de ma spécialité. Il y a des gens qui font ça très bien.
Le cœur de ta spécialité, c’est à la fois l’environnement et puis le social, l’eau, les logements, les habitants. Et en fait tu accuses, tu accuses. Alors il y a des sigles, je m’y perds tout le temps, tu vas nous dire mais tu as ta trouvaille je trouve. C’est ce que tu appelles l’extractivisme social qui est une thèse qui traverse le bouquin. Tu vois, toutes les pages sont connues juste à peu de temps. On va y démarrer. Mais là, si tu devais mettre le couvert, qu’est ce que tu ? Qu’est ce que tu dirais ? Imaginons, tu es à BFM, tu n’as que trois minutes en fait, tu as 2 h, mais tu as ces trois minutes. Comment tu vends ton affaire ?
Eh bien, je dirais qu’on nous présente les J.O. De Paris 2024 comme un événement qui va à la fois réjouir les foules avec un grand spectacle populaire et à la fois ruisseler sur le 93, le département le plus pauvre de France. Grâce à ces aménagements et à ces constructions, à l’activité que ça va créer. Alors que dans la réalité, quand on regarde dès aujourd’hui les coulisses de ce méga événement olympique, qu’est ce qu’on voit ? On voit des gens qui ont été dépossédés de leur lieu de vie par des expulsions dont on va parler. Et on voit surtout des gens qui ont été dépossédés d’un autre futur possible de leurs quartiers et de leurs villes, et que les aménagements urbains liés à Paris 2024, qui sont en fait la condition de son acceptation sociale, puisqu’il faut que ce qui est dépensé et construit dur. Il ne faut pas ou ne veut plus construire. Les Jeux olympiques ne veulent plus construire uniquement pour deux fois quinze jours pour des raisons budgétaires, écologiques et sociales. Donc il faut que ça dure. Mais ce qui va durer, en fait, a été aménagé comme si c'était simplement pour deux fois quinze jours, c’est-à -dire sans demander aux gens leur avis, sans regarder leurs besoins et avec quand même une vision de la ville complètement complice ou au service du capitalisme immobilier.
Je n’ai pas voulu écrire un livre contre les Jeux olympiques, dis tu en introduction. Nous ne sommes pas onze, mais plutôt une enquête, mais plutôt un récit d'élucidation devenu au fil de l’enquête, une alerte contre les injustices que je voyais se dérouler sous mes yeux avec une indifférence quasi générale expulsion des travailleurs étrangers, de leur logement, pression sur les habitants et les habitantes d’une cité pour quitter leur toit, évacuation d’un squat sans solution pérenne pour ses occupants, construction d’un échangeur autoroutier à proximité d’un groupe scolaire de 600 élèves. Ça, c’est sur la fin du bouquin. On y parlera, on en parlera tout à l’heure. Destruction des jardins ouvriers, arrachage d’arbres dans l’unique grand parc du 93. Il est le fruit, le livre de recherches, d’arpentage, de terrain, d’observation de nombreux entretiens et de mon expérience en scène personnelle en Seine-Saint-Denis entre 2018 et 2023. Parce que figurez vous que madame Lynn Garde a eu maille à partir avec la justice. Enfin, tu es sortie relaxée, mais là, tu étais étudiante, tu as juste empêché des gens, des promoteurs d’améliorer Aubervilliers Et tu le dis dans le livre, donc on va dire Et donc tu t’es retrouvée embarqué par la police.
Par la police j’ai vraiment été au poste en garde à vue.
Et comment ça s’est passé ?
Moi, j’ai eu en tant que moi, c’est à dire une femme blanche, journaliste privilégiée, en garde à vue à Aubervilliers, ça se passe très bien. J'étais devant la télé, j’ai été très bien traitée, mais tu veux que je parle ? Même si ce n’est pas en soi particulièrement spectaculaire ? Mais effectivement, j’ai fait partie d’un collectif qui s’appelait le Collectif de défense des Jardins des Vertus. Les Jardins des Vertus étant les jardins ouvriers d’Aubervilliers qui se trouvent près du fort d’Aubervilliers, dont une partie, pas tout, mais une vingtaine de parcelles, 4000 mètres carrés, ont été détruits il y a deux ans. Pour construire, accrochez vous bien, un solarium, deux piscines d’entraînement des Jeux olympiques, puisque dans cette philosophie d’héritage des Jeux olympiques, il y a toute une série d’aménagements et de construction d'équipements sportifs qui sont prévus. Ça, en soi, c’est super parce que c’est un département qui est tellement sous investi que très bien. Sauf que la manière dont ça se passe, dont on va discuter, c’est-à -dire très verticale, très surplombante, etc, etc, est très dense dans sa ligne, il faut construire et puis ça m’est égal ce que disent les habitants. Bref, un projet de piscine qui est en train d'être terminé, d'être construite aujourd’hui à Fort d’Aubervilliers a été lancé et dans sa première version, était accompagné d’un espace de bronzage, donc un solarium. Et ce solarium devait être construit sur ces jardins ouvriers. Et moi j’ai fait partie. Je ne suis pas jardinier, mais je suis habitante et j’ai trouvé ça vraiment révoltant. Et donc j’ai fait partie avec DOS d’un collectif qui a défendu ces jardins devant la justice par des recours juridiques qui finalement ont gagné. Et puis comme c'était par des manifestations, des rassemblements, etc. Et comme on n'était absolument pas entendus, entendus, au bout d’un moment, on a commencé à perturber très gentiment les chantiers. On est restés à l’extérieur en faisant des petits déjeuners de chantier avec les ouvriers qui était hyper sympa, hyper intéressant. On a vachement discuté avec eux et puis en fait quand même, au bout d’un moment, ça continue, ça a continué. Donc un jour, on a voulu bloquer le chantier et avec des personnes qui se sont accrochées aux bétonnées, à la bétonnière, c’est là qu’on a été arrêté et qu' on était huit et qu’on a été ensuite poursuivi. Parce que pour dire à quel point ce n’était pas notre cas à nous, on s’en fout. Mais c’est révélateur aussi. Je veux dire dans un climat positif.
Parce que vous vous êtes opposés à une exécution de travaux publics ou d’utilité. Publique
Voilà, et c’est ça qui m’a intéressé. Il y a quand même le moment où on considère que construire un solarium sur des jardins ouvriers et cultivés par des gens de quartier populaire, c’est d’utilité publique. Là, il se passe quelque chose politiquement qui est quand même intéressant de manière positive, quand même un peu inquiétant d’un point de vue écologique. Et démocratique. Et voilà. Et puis suite à ça, on a été jugé et relaxé.
Donc voilà, on va parler, on va parler parce qu’il y a au poste, il y a beaucoup de gens qui vivent en région ou qui travaillent, des artisans qui travaillent, qui nous écoutent, qui sont chez eux, etc. C’est pas un public très parisien, ce qui me plaît beaucoup, mais ce que je veux dire, c’est que là on va parler évidemment de Seine-Saint-Denis, de Paris. Mais en réalité, ce dont on parle, c’est vraiment d’une vision du monde et de la société. Ça ne concerne pas que les Parigots et puis les Dionysiens et les gens qui habitent en Seine-Saint-Denis. Juste une petite question de méthode est ce que. Est ce que tu penses que d’un point de vue journalistique, ça a changé ta façon de faire, d'être aussi partie prenante ? Dans la lutte comme tu l’as été, comme tu viens de nous le raconter ?
Ben oui, oui, bien sûr, ça a changé ma manière de faire, ça a déjà changé, ça a changé différentes choses, c’est à dire mon rapport, mon rapport personnel, subjectif, émotionnel, affectif. À ce sujet, puisque je me suis engagée pour la défense de ces jardins, je participe à leur occupation parce qu’il y a une occupation de quelques mois de ces jardins qu’on avait appelé la JAD Jardin à défendre en citant en référence
Alors c’est dans la rue ? Oui, bien sûr,
Non, ce n’est pas moi.Tout le monde, Est ce n’est pas moi qui les ai baptisées du tout comme ça ? Je trouve qu’il y a les deux. Nous sommes pareils mais ne s'écrit pas pareil et ne désigne pas, ne veut pas dire la même chose. J’avais un jardin à défendre. Donc effectivement, avoir donc un rapport affectif et émotionnel à ce sujet là qui fait pour moi qui a été un moteur aussi dans cette enquête et qui a qui a qui a façonné, je ne sais pas, mais en tout cas qui a enrichi j’espère mon regard dans le fait que j’ai essayé de le traiter vraiment. Je me disais oh femme, de parler comme habitante, c’est à dire utiliser mes outils d’enquête de journaliste, L’accès aussi que je pouvais avoir. Accès aux sources du. J’ai aussi fait mon travail à Mediapart, donc de questionner bien, mais là je ne comprends pas. Demander à la SOLIDEO qui construit les Jeux Olympiques, c’est quoi le hockey ? Quels sont les chiffres ? Pourquoi vous faites ça ? Ces. Nous partageons. Voilà qui sont des outils d'élucidation du monde, comme la raison, comme la recherche, comme plein d’autres. Mais l’outil journalistique, moi, l’enquête journalistique, l’enquête de terrain, j’y crois beaucoup. Je pense que c’est quelque chose de très important, mais de lier à ça une expérience sensible la connaît la connaissance personnelle de personnes impliquées et aussi la volonté de me faire entendre et. Et je pense que c’est enfin pour moi, c’est important dans le sens où je ne voudrais pas faire croire. C’est pour ça qu’au début du livre, je dis que je n’ai pas voulu écrire un livre contre les Jeux Olympiques. C’est tout à fait sincère dans le sens. A priori, je n'étais pas contre les Jeux Olympiques, je n'étais pas non plus hyper pour, mais en fait, j'étais je m’en foutais un peu. J'étais assez indifférent en fait au sujet. Je ne m’étais jamais intéressée et donc je ne suis pas partie. D’un point de vue politique, idéologique, on pourrait dire abstrait. Et ce n’est pas un effet contre le principe des Jeux olympiques à des gens. Enfin, on pourrait en discuter, mais moi ce n’est pas mon cas, ce n’est pas ma manière de faire, ce n’est pas et ce n’est pas au fond mon point de vue. Ce qui m’a vraiment intéressé, c’est une démarche très pragmatiste de regarder comment ça se passe. Et dans un truc, c’est pour ça que je me suis présenté comme journaliste et habitante et membre de ce collectif pour situer mon point de vue. Mais, mais pour vraiment dire moi ce qui m’intéressait, c’est partir de là et d’un truc hyper concret.
On se dit moi j’adore ça, alors tu ne parles pas dans le livre et je n’ai aucun écho. Ce sont des pures supputations. A Mediapart, il y a quand même quelques ayatollahs de la déontologie, de l'éthique et on t’a pas emmerdé avec ça en disant ah tu ne peux pas avoir un pied dedans, un pied dehors ?
On en a discuté, on a discuté en fait, surtout après mon arrestation.Parce qu’en fait, ce qui s’est passé, c’est moi qui voulais aller au bout.Je ne sais pas si c’est très intéressant, mais si ça l’est, j’en parle vraiment sans aucun problème parce que moi ça m’a intéressé et je n’ai rien laissé. Mais après mon arrestation. En fait, ce qui s’est passé, c’est qu’après mon arrestation, la nouvelle de mon arrestation a été racontée par Valeurs Actuelles. Parce que ce qu’il faut savoir, c’est que dans notre pays, normalement, il y a un secret de l’instruction.
Mais là dessus quand même. Oui, mais je pense à tes camarades du pôle. Enquête pour expliquer qui t'écoute. Est ce que dans mes fichiers je ne pourrais pas expliquer.
Un mot quand on met quand on est arrêté ? En fait, vous êtes au courant ? Votre avocate, vous êtes au courant, vos amis proches sont au courant quand vous sortez du commissariat, que vous avez récupéré votre téléphone. Parce qu'évidemment, quand vous êtes en garde à vue, vous n’avez aucun contact avec l’extérieur, à part ce fameux coup de fil que vous pouvez passer. Bon bref. Donc personne n’est au courant et en fait, ce sont des affaires qui restent privées quand on est ce qui doit l'être quand on n’est pas. C’est là où je suis. Pas en contradiction avec la position de départ. Quand on n’est pas une personnalité, quand on n’est pas en charge d’un office public, quand on n’est pas quelqu’un dont le sort, en fait, a été important pour la démocratie française. Bon, moi je suis un peu petit, petit maillon dans un coin. Bon bref, mais quand même, ça va quand même vraiment. Enfin, ça m’a surpris, il faut dire la vérité, là, au lendemain de ma libération, ma sortie de garde à vue quand j’ai reçu un appel de Valeurs actuelles : Bonjour, vous êtes bien Jade Lindgaard ? Vous êtes bien journaliste à Mediapart ? Vous êtes bien journaliste sur l'écologie ? Est ce que vous confirmez avoir été arrêté pour le blocage d’un chantier des Jeux Olympiques ? C'était très précis en fait. En écoutant les questions, j’ai enfin entendu, j’ai reconnu en fait la petite feuille avec laquelle j'étais sorti qui me convoquer devant la justice deux mois plus tard. Donc bref. Et donc là, cette chose-là a provoqué toute une fin. On en a discuté, mais j’ai évidemment prévenu tout de suite mes collègues, parce qu’en fait, mon inquiétude, c'était pour moi. J’avais, j’ai su ce que j’ai fait, qui est quand même hyper gentil, vraiment très gentil. C’est-à -dire ? Il n’y a eu aucun dommage matériel sur ce chantier, aucun dommage corporel, personne n’a été attaqué. C'était vraiment une action complètement non-violente, très soft, symbolique quoi, si ce n’est qu’on a été mis dans la machine. Mais c'était vraiment très pacifique, très bref, encore une fois sans dommages matériels. Mais j’assume ce que j’ai fait et je sais que là, à ce moment-là, j’ai fait le choix d’avoir un mode d’intervention qui n’est pas du tout orthodoxe pour une journaliste. Mais ce qui m’embêtait, c'était la perspective que ça ne fasse du mal à Mediapart et que ça soit utilisé contre Mediapart en mode que ça alimente Valeurs actuelles De voir un. Peu importe ce qu’on se dit automatiquement. Voilà, c’est ça. Et en fait, à ce moment-là, on en a discuté et on est arrivés à la conclusion et effectivement, tous n'étaient pas d’accord. J’avais des collègues, je voyais bien qui était, qui était, voilà qui était. Ce n’est pas qu’ils étaient en désaccord avec ce que j’ai fait, mais c’est que ça les mettait mal à l’aise et qu’ils auraient préféré que je ne le fasse pas. Mais pour autant, Antoine était dans le soutien et en fait, on est arrivé, on s’est dit il faut qu’on en parle et on s’est dit in fine, et la conclusion de cette longue discussion que nous avons eue, que ce soit avec la Société des journalistes, l’instance de déontologie, des. Pour expliquer les journalistes, que ce soit. Plus globalement. Ensuite avec l'équipe où je me suis expliqué pas non plus, je ne sais pas comment dire. Séance d’excuses publique et autocritique publique.Je sais pas ça, mais c'était vraiment en mode discussion. On était arrivé à la conclusion que, en fait, les journalistes à Mediapart sont des citoyennes et des citoyens. Ils ont droit de s’engager dans la vie publique et dans l’activisme aussi. si, c’est le chemin qu’ils et ils souhaitent suivre, mais qu’en revanche ça s’accompagne d’une transparence. Donc le dire de manière hyper claire et de se déporter des sujets sur lesquels éventuellement on ferait de l’activisme Et dans mon cas, ce qui s'était passé, pour être tout à fait honnête, je l’ai raconté, donc je n’ai aucun problème pour le faire. Je l’ai écrit même dans Mediapart pour expliquer aux lecteurs ce qui s'était passé de mai. Là où j’ai commis une erreur, quoi que je reconnaisse, je le ferai plus. C’est que j’ai fait un aller retour, c’est à dire j’ai hésité, c’est à dire au début j'étais et j'étais habitant, donc j’ai commencé d’abord à m’impliquer dans ce collectif. Après je me suis dit ah, c’est quand même dommage de pas faire d’enquête. Donc là, j’ai arrêté d'être dans le collectif, j’ai fait des enquêtes et après je me suis dit ah bah quand même, c’est quand même ouais. Donc j’ai arrêté des enquêtes et j’ai refait le collectif, voyez, là, j’ai eu un aller retour, je reconnais une hésitation qui fait partie des difficultés de cette position et de ses pratiques et qui fait que maintenant j’ai. Voilà, c’est plus clair, c’est posé et en tout cas, et en tout cas voilà, moi je considère que voilà, j’ai un point de vue situé comme on dit, c’est à dire qui se situe quelque part et qui à mon avis est du côté Voilà, j’avais un pragmatisme radical. Et pour finir, parce que du coup on me demande beaucoup Ah mais t’es une journaliste engagée ? Ah mais c’est quoi ton rapport à l’engagement comme journaliste ? Pour moi, en fait, j’ai. Pour moi l’engagement n’est pas du tout un gros mot, n’est pas une insulte, mais en revanche, c’est pas du tout comme ça. Je ne dis pas les choses comme ça, je ne me dis pas en tant que journaliste engagée, qu’est ce que quelle bataille je vais mener aujourd’hui ? Je ne me dis pas ça, je me dis plutôt bien si je suis fidèle à cette radicalité pragmatique et pragmatiste. Eh bien si je pense vraiment que quelque chose est très problématique, je ne peux pas me contenter d'écrire dessus. Et c’est là où je pense que ce type de position bouscule en fait les canons déontologiques classiques de notre métier.
Alors, il y a plusieurs institutions dont nous allons parler dans quelques instants. Il y a le COJO, il y a une la société SOLIDEO
Oui, la société de livraison des ouvrages olympiques.
Donc, c’est elle qui pilote l’ensemble des opérations dont nous avons parlé. Ensuite, il y a les promoteurs privés. Et tout ça, c’est le PPP, le partenariat public privé, cette espèce de truc qui existe depuis une vingtaine d’années on va dire, et qui a gangréné à peu près tout, le tout, le système. Il y a eu des actualités toutes récentes, notamment autour d’un gars dont tu parles assez souvent. Est ce qu’on peut faire un tout petit peu le point sur l’actualité et après on attaque la gentrification ? Il y a déjà des questions là-dessus et toute ton enquête. Et pendant que tu réponds, je fais un petit réglage de caméra et après c’est OK, c’est bonnard.
Ok, donc l’actualité dont tu parles, David, c’est celle de Tony Estanguet, c’est ça, j’imagine. Donc voilà donc Tony Estanguet qui est le président,
Que tu trouves un peu prétentieux.
Il l’est un peu. Après, personnellement, ouais, genre je le connais pas, je ne me permettrais pas de juger lui personnellement, mais par contre
Déclarations, tu les trouves un peu grandiloquentes.
Assez grandiloquentes, il y a assez creux en fait. Faire qu’il y a. Oui, il y a une prétention de discours, il y a un discours ronflant quoi. C’est un discours ronflant. Voilà une mise en œuvre qui est quand même très différente de ce qui est raconté. Mais donc, pour répondre à ta question, donc. Tony Estanguet Donc il y a un athlète qui est un sportif qui s’est impliqué dès le début dans la candidature de Paris pour les Jeux de Paris 2024, et qui donc aujourd’hui est le président de ce qu’on appelle le COJO, donc le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques ? Et donc, en gros, c’est la partie privée des Jeux Olympiques pour simplifier, parce que de fait, c’est assez compliqué de s’y retrouver dans les instances olympiques et c’est relativement opaque. Mais pour simplifier, il y. A deux. Grands acteurs, le COJO donc, qui sont les personnes en charge de l’organisation de l'événement. Donc les deux fois quinze jours de compétitions, ça, c’est le privé Donc on en entend plus parler parce que c’est les plus visibles, donc c’est et qui sont financés à 90 %, 17 % à 97 % par du privé. Donc la billetterie, les sponsors et l’argent du CIO. Le Comité international olympique ne l’est peut -être pas. Et à côté, il y a donc la SOLIDEO qui est beaucoup moins connue. Qui est beaucoup plus dans l’ombre, mais qui en fait est hyper importante, au moins autant et peut être même plus qui l'établissement public qui est chargé de construire les équipements des Jeux Olympiques, à savoir donc une grande piscine dite centre aquatique olympique à Saint-Denis, donc pas celle dont je parlais d’Aubervilliers. C’est la grande piscine qu’on voit quand on passe sur l’autoroute. Sur la 1, quand vous n’en passez pas un pour les parisiens ou ceux qui traversent, qui passent par là quoi. On voit cette énorme structure avec un gigantesque toit de bois. Parce que c’est aussi une innovation architecturale, c’est ce plafond. Peu importe. Il y a ça. Par exemple, il y a toute une série d’aménagements, il y a ces réaménagements de gymnases, constructions, piscines, etc. Ça, c’est la SOLIDEO. Et donc, pour venir à Tony Estanguet, Et donc Tony Estanguet est aujourd’hui visé par une enquête.. C’est là où c’est quand même hyper intéressant du parquet national financier qui concerne les conditions de sa rémunération et donc les conditions de sa rémunération. Pourquoi font-elles l' objet aujourd’hui d’une enquête de la justice ? Parce qu’il touche un salaire qui est quand même considérable 270 000 € bruts par an depuis 2018 et que c’est tellement en fait énorme comme montant que c’est le Canard Enchaîné qu’il avait révélé il y a quelques mois qu’il n’a pas pu être salarié directement par le COJO. Le comité d’organisation des jeux a un statut d’association. En fait, son salaire dépasse le plafond autorisé pour un salarié associatif. Et donc il a dû créer sa propre boîte, ce qui en soi, n’est pas nécessairement illégal. Mais en fait, il faut quand même que la justice regarde quand même exactement comment ont commencé à se goupiller cette histoire-là. Et donc, et donc faire passer cette rémunération. Et donc il est aujourd’hui sous le coup d’une enquête concernant ça.. Enfin cette rémunération qui n’est pas un salaire et en fait 270 000 €. Moi je trouve que c’est intéressant par rapport à la question des J.O. Et par rapport à nos interrogations. On nous promet des jeux populaires, on nous dit en fait in fine, ce qui justifie d’organiser des jeux à Paris en 2024, alors que Paris était la seule. Candidate aux Jeux de Paris. 2024. C’est quand même intéressant. Enfin, ça a dit à quel point c’est quand même aussi un modèle, enfin on va dire. Bon bref. Donc ce qui fait ce qu’il a raison, là, ce qui justifie de quand même pour les organisateurs de l’organiser, c’est la grande fête populaire et on fait ça en Seine-Saint-Denis, etc. Et qu’est ce qu’on voit ? C’est que le président du truc touche un salaire quand même gigantesque parce que ça fait en gros un peu plus de 20 000 € par mois de salaire. Ouais, je sais bien qu’il y a des gens qui gagnent beaucoup plus, mais pour organiser des Jeux Olympiques, enfin et pendant des années, en 2008, on est en 2024, 2018, excusez moi, on est en 2024. Fin vous voyez, on voit, on voit d’emblée à travers son cas lui et moi j’en sais pas plus sur son cas.
AOC gagne le double, le double à La Fédération de tennis.
Il dit que la moitié du salaire associé à la tête de la fédération de tennis.
Voyons pour la petite somme. Mais la fillette, qui avait déjà soulevé quelques polémiques. Comme ça ne vous aura pas échappé. Et par ailleurs, encore une fois, c’est pour organiser un événement de deux fois quinze jours. Enfin, ça pose quand même des questions quelque part déontologiques. Moi je trouve que ça pose aussi la question de à quoi sert l’argent des Jeux Olympiques ? Et moi qui a un des fils que j’ai essayé de tirer, c’est à dire tout cet argent parce que c’est quand même 9 milliards d’euros, donc c’est quand même considérable.
C’est 19 milliards d’euros. Tu parles de 9 milliards d’argent. Public non public et privé. Voilà, en gros, il est beaucoup plus privé.
Plus privé que public. Mais aujourd’hui, là, février 2024, on n’est pas capable encore de dire exactement quelle est la part de public et de privé dans toutes ces dépenses, parce qu’en fait, c’est très difficile de s’y retrouver, au point que même la Cour des comptes, qui est la gardienne des comptes publics comme ici je pense, les personnes sont ou sont au courant. Même la Cour des comptes, qui a déjà publié deux rapports sur l'économie des Jeux olympiques, il y en a un troisième en préparation. Mais dans ces deux rapports déjà publiés, la Cour des comptes elle-même dit qu’elle n’est pas capable. L’année dernière, elle n’est pas capable de dire in fine, combien ça va coûter à l'État et à la puissance publique, parce qu’il y a aussi un peu des collectivités territoriales qui. Qui dépense de l’argent. Elle n’est pas capable de dire parce que tout est entremêlé. Et ça, c’est que ce n’est pas stricto sensu un partenariat public privé au sens où, par exemple, a été construit le palais de justice par Bouygues à Paris, à Batignolles. Ce maillage judiciaire.Tous ces grands projets d’aménagement des années 2000 en PPP. Ce n’est pas un PPP stricto sensu au sens juridique. En revanche, c’est complètement l’esprit dans le sens où l’argent public et privé sont entremêlés. Et c’est une des difficultés, je trouve, c’est que, encore une fois, si on adopte un point de vue radicalement pragmatique, de rendre des comptes à rendre des comptes. Et bien c’est très difficile que les comptes soient rendus puisqu’on a beaucoup de mal à s’y retrouver et je trouve ça signe. Un des problèmes posés par cet événement, c’est qu’on sait que c’est difficile d’y voir clair.
On va voir. On peut quand même dire des trucs d’introduction, on va voir que tu vas effectivement buter sur une opacité très bien, très bien organisée. Alors dès le départ, on y prend en point de l’eau, il y a le tchat si tu veux lire pendant que je pose et si tu veux répondre directement, je te disais, il y avait une question d’entrée de jeu de Rémi Flat sur la gentrification Le prétexte olympique est il un écran pour mener une gentrification à grande échelle ou va t il réhabiliter des gens qui se font temporairement exclure ? Et je précise que dès le départ, dans le bouquin, parce que tu vas y revenir longuement plus tard, mais dès le départ, tu parles de cette question là et tu dis qu’au moment où le bouquin et Paris sous presse, on évalue à peu près à 1500 personnes qui ont été délogées par les Jeux olympiques, par l’organisation des Jeux olympiques et qu’il y a peu de chances que ces personnes soient relogées au même endroit. Donc gentrification, écrans, écrans pour autre chose ou temporaire.
Non, mais c’est une question fondamentale et qui m’a vraiment habité. Et quoi pendant tout ce travail d’enquête ? Parce qu’effectivement, la conclusion à laquelle j’arrive, c’est que gentrification peut être, mais en tout cas, et quelque part, c’est encore pire. Je vais employer un mot qui a qui, qui y tient, qui est impressionnant, mais je pense qu’il y a quelque chose de cet ordre là qui se joue taux de remplacement de population, quelque chose d’encore plus violent.
Exactement. C’est exactement ce que j’allais te faire dire. C’est page 23. Difficile de ne pas y voir une forme de remplacement de population, c’est-à -dire les blancs qui remplacent les personnes racisées.
Et pourquoi Je me permets de dire ça ? Ce que je trouve hyper fin d’une brutalité folle quand même. Le dire en fait. Et un peu dur quoi. Mais c’est ce que j’ai constaté. Et là, pourquoi je. Pourquoi je dis ça ? C’est qu’en fait il y a. Il y a d’ores et déjà des personnes qui ont été définitivement délogées de leur lieu de vie en lien avec l’organisation de ces Jeux olympiques de Paris 2024. Et j’essaye d’additionner pour quantifier. Ça vaut ce que ça vaut. Et honnêtement, ce chiffre est contestable. Je le propose en fait pour aussi nourrir une discussion, il ne faut pas réduire les vies à des chiffres. Mais bon, c’est pour essayer quand même de faire un tout petit peu entendre le sort de ces personnes. Parce que 1500 personnes ce n’est pas rien et on en a quand même extrêmement peu parlé dans l’espace public. Il y a eu, il y a eu des articles parisiens, on a parlé un peu du bon blog, un peu Mediapart, mais bon, c’est quand même passé relativement sous silence de qui je parle pour être concrète. Il y a donc ça, c’est clair. Il y a tout d’abord les habitants d’un foyer de travailleurs étrangers, un foyer EDF qui se trouvait dans le périmètre exactement de là où a été construit le village des athlètes. Enfin, dix villages, parce que cette expression est en elle-même fallacieuse, parce que ça n’a rien d’un village en fait, c’est un projet immobilier. Et donc il y avait environ 300 personnes, 300 hommes, 300 messieurs, dont certains jeunes enfants relativement jeunes en tout cas encore au travail, donc plein d’ailleurs sur des chantiers de BTP, etc. Et des personnes aussi âgées, voire très âgées. Donc les messieurs qu’on appelle les chibanis sont des retraités ou bien au-delà. De la retraite pour certains qui ont qui ont travaillé en France toute leur vie et qui reviennent ou plus tellement au pays en tout cas finissent leurs jours seuls en France. Bon bref. Donc 300 personnes. Donc tous ces habitants, tous ces messieurs ont été expulsés. Alors pas au sens manu militari, c’est à dire que la police n’est pas venue les tirer de leurs chambres. Heureusement, ils ont été relogés, en tout cas en deux temps. Donc là, ils sont temporairement hébergés dans des bâtiments qui ont été aménagés par la SOLIDEO. Donc cette fameuse sous les sociétés de livraison des ouvrages olympiques dont on parlait au début et qui les a et qui les a suivis de bout en bout et qui a pris une certaine forme de précaution, enfin je veux dire les chaussures. Et j’essaye de ne pas être caricatural parce que c’est suffisamment problématique pour ne pas charger la barque. Ils sont plus on encore plus. Qu’est ce qui s’est passé ? Pour résumer, ils ont été, ils habitent, Ils ont été relogés dans des hébergements qui sont neufs, donc ils sont plutôt de bonne qualité par rapport à l’endroit où ils étaient. Ce foyer SDF qui était insalubre, qui est un endroit sordide, abandonné par son bailleur. Je dis ça parce que c’est ce que dit la SOLIDEO à raison d’ailleurs. Mais quand même, ils sont ils sont mieux là où ils sont aujourd’hui que dans quoi ils étaient. C’est là où la discussion peut commencer. De mon point de vue, dans le sens où ces personnes ont été délogées contre leur gré, certes hébergés dans des conditions matérielles meilleures en termes de salubrité, mais qui a complètement perturbé leur mode de vie. Parce qu’en fait, compte tenu des modifications des règlements et des lois sur les foyers travailleurs, aujourd’hui, les foyers sont de taille plus réduite. Et donc ces 300 personnes ont été séparées en deux foyers différents. Et dans ces foyers, en fait, vivent aujourd’hui dans des chambres. Je suis allé visiter qui sont toutes clean et tout, mais qui sont des chambres faites pour des étudiants ou des jeunes travailleurs et pas du tout adaptées aux modes de vie collectifs qui existent dans ces foyers, notamment pour faire de la cuisine. Il n’y a pas de salle de prière, il y a une toute petite salle de réunion, donc en fait il y a, il y a, voilà, on leur impose. En fait, malgré tout, ce relogement leur impose un mode de vie qu’ils n’ont pas choisi. Voilà qui s’interroge du point de vue du respect des personnes, des droits et de la manière dont de leur mode de vie, tout simplement. Et dans un second temps, c’est que ça est quand même assez compliqué. Elles seront relogées dans un autre bâtiment après les jeux. Bon, bref. Et ces 300 personnes. Là. leur foyer existaient, Maintenant on peut y aller, on sait pas encore, mais on peut traverser facilement. Enfin, ça se visite quand on est journaliste, mais on traverse maintenant le village olympique très facilement. Moi je vois. Je me souviens très bien de là où c'était d’ailleurs en face, il y avait un hébergement d'étudiant qui a aussi été démoli. Mais lui qui a réussi à être reconstruit dans son école alors que le foyer a été reconstruit ailleurs, bien plus loin. Là, il y a quelque chose qui interrogeVoilà tout l’argent dépensé pour aménager ce village, on n’a pas trouvé la place pour que ces messieurs puissent rester sur place. Je pense que dans le symbole, même si la vie n’est pas faite que de symbole, mais dans le symbole, ça dit quand même déjà une éjection. Voilà t été éjecté, ce n’est pas dans le game. Et pour aller un peu plus rapidement, les deux autres lieux qui ont été directement impactés sont un squat qui s’appelle le Squat Unit Béton, un qui était un énorme squat sur l'île Saint-Denis. Parce que pour les personnes qui nous écoutent, en fait, le village olympique se tiendra sur trois villes. C’est concret, elles sont très proches, mais c’est trois villes. Donc en Seine-Saint-Denis, il y a notamment l'île Saint Denis qui est très jolie. C’est une île comme son nom l’indique sur la Seine. Et voilà, dans un super paysage. Bon bref. Et là, il y avait un énorme squat, là aussi sordide, où les gens vivaient sans électricité, en tout cas en partie, n’avaient pas d'électricité pour pas beaucoup d’eau. Enfin, c'était très dur et eux, c'était juste à la bordure en fait, quasiment du futur du village olympique. Ils ont été expulsés l’année dernière, alors eux pour le coup, pas non plus expulsés manu militari, mais quand même, personne n’a été ré hébergé, si ce n’est les quinze jours réglementaires. Et ces gens aujourd’hui, ben voilà, ont disparu dans la nature, si je puis me permettre. En tout cas, voilà, ils ont été relâchés dans la. Voilà les laisser se débrouiller dans la ville quoi. Beaucoup d’entre eux étaient sans papiers, évidemment. Et enfin, le troisième cas, qui est un petit peu plus indirect, lui, mais que je trouve très intéressant, c’est celui des habitants de la cité Marcel Paul. Donc la cité Marcel Paul, c’est une cité de logements sociaux sur l'île Saint-Denis, une cité qui est très dure, qui était un en mauvais état matériel, largement abandonnée par ses bailleurs. On n’a pas le temps mais typique de plein de cité. Mais voilà, grosse zone de trafic de drogue, enfin vraiment un endroit dur. Je dis ça parce que ce n’est pas du tout pour idéaliser ce qu’il y avait avant, c'était vraiment dur. Et ce qui se passe, c’est que dans cette cité, il y avait un projet de rénovation urbaine assez ancien pour permettre à ses habitants de partir habiter dans un meilleur lieu, un quartier moins stigmatisant et de meilleures conditions de logement. Et c'était avant les Jeux Olympiques. Et ce que dit beaucoup la mairie en disant mais ne dites pas qu’ils ont été expulsés à cause des JO, ce n’est pas vrai. Puis en fait, c’est plus compliqué dans le sens où et c’est là où c’est vraiment intéressant, c’est que du fait, à partir du moment où Paris 2024 a été décidé et donc on a su que les Jeux se passeraient juste à côté de cette cité qui elle aussi est toute proche du village olympique. Il y a eu une accélération, une accélération du processus de relogement de ces personnes qui était un relogement. Mais si on relâche les lois, c’est qu’on les a fait partir et on a mis la pression terrible. Une pression terrible sur toute une série d’habitants pour les obliger quand même. Dans les faits, la petite enquête que j’ai fait, mais les oblige à accepter des propositions qui étaient pour une partie dérogatoire à la loi sur le relogement et surtout qui les a mis dans une grande insécurité psychologique et a créé. Le sentiment d'être vraiment dégagé par les jeux. Et donc aussi. Voilà, pour résumer. Un effet indirect, mais un effet matériel enfin incontestable, et ce en additionnant les personnes habitant dans ces trois lieux. J’arrive au chiffre de 1500 personnes, ce qui, comment dire, ne décrit pas les autres. Les autres cas de personnes à l’abri, habitants de foyers, d’hôtels sociaux, foyers, etc. Qui sont aussi sous pression du fait des jeux mais pour d’autres processus. Donc du coup je ne les ai pas comptés dans ces 1500. Et c’est pour dire. Voilà, moi je trouve que c’est quand même beaucoup de monde. Et bien sûr on me dit oui mais c’est beaucoup moins. Que le nombre de personnes qui ont été expulsées pour les Jeux de Rio, pour les Jeux de Pékin où là c'était monstrueux. Ou de Séoul. Et c’est complètement vrai. Et je ne compare pas numériquement. Le. Désastre social de Rio, de Pékin ou de Séoul avec ce qui se passe aujourd’hui en Seine-Saint-Denis. Mais pour autant, ce n’est pas parce que ce n’est pas d’une telle ampleur qui ne se passe pas. Néanmoins, ce que je considère être une forme de violence. C’est-à -dire voir son quartier se développer, mais sans toit et même à la condition que tu en partes. Et voilà. Et c’est cette question là que j’ai voulu poser par le bouquin. Parce qu' on est d’accord, si des logements ne se font pas vers Paris mais éloignent un peu plus. Donc il y a aussi, ça sert que pour certaines personnes ça les éloigne de leur lieu de travail quand elles sont un de l école pour les enfants et quand on sait surtout quoi, a fortiori dans les quartiers populaires, ça peut être très difficile pour des enfants de familles d’origine étrangère ou qui ne parlent pas français à la maison ou qui sont en galère de bien de s’accrocher à l'école. Mais en plus si on vous fait changer d'école, enfin c’est tout, ça a des répercussions après hyper concrètes dans la vie des gens qui n’ont pas été prises en compte. Et la raison pour laquelle je trouve que ça en vaut la peine, c’est important aussi de s’y attarder. C’est que c’est toujours comme ça. C’est à dire que quand on remonte un petit peu l’histoire de l’organisation des Jeux olympiques modernes dans les dans les villes, là où elle se passe, on a tous les mêmes processus se produisent. Et. Et moi, ça m’a beaucoup interpellé, en fait, en remontant le fil partant de Marcel Paul, donc de cette idée de me dire mais quand même, et comment ça se passe d’habitude, on va regarder Ah bah tiens, à Londres, il y a aussi eu un millier de personnes au délogé Ah Bali, non, à Rio, là c'était la catastrophe dans les favelas. Et puis de remonter, de remonter, de remonter et de voir. Et de voir que voilà, c’est quelque chose de systématique et qui s’explique tout à fait par la manière dont se construisent les équipements olympiques. Ce que je veux dire, c’est que ça interroge d’autant plus sur le fait que ça n’a pas été mis, mis en discussion, c’est à dire pas mis en discussion, donc préalablement et et pas davantage pris en compte dans le dossier de candidature. C’est à dire on aurait pu penser que ce qui serait une forme de cohérence, si on veut continuer à organiser des Jeux olympiques, ce qui peut quand même s’interroger si on veut continuer à le faire, se dire bah puisqu’on sait que pour toute une série de raisons, c’est toujours comme ça que ça se passe, que mettons en place dans notre dossier de candidature par exemple pour éviter que la prochaine fois la même chose se passe. Est ce qu’il n’aurait pas pu y avoir l’engagement à ce que personne ne soit délogé ? Ça par exemple, Et ça n’a pas été pris et ça n’a pas été pris pour des raisons qui sont très claires, qui sont des raisons économiques, peut être sécuritaires aussi d’une certaine manière, mais qui sont des raisons économiques, puisque le financement du village olympique, qui va devenir ensuite un quartier d’habitation, est un financement largement privé, très majoritairement privé. Il y a 2000000000 d’euros qui auront été investis sur le village des athlètes. C’est gigantesque et cet argent y est très massivement privé. Et bien si on en fait un si on veut, on dépend de l’argent privé pour construire un quartier. Eh bien le privé et le privé, il est privé, c’est le capitalisme, donc il faut qu’il s’y retrouve à la fin. Et donc pour qu’il s’y retrouve à la fin, il faut qu’il puisse vendre ses logements au prix qui lui permet de rentrer dans ses frais et de faire des profits. Et donc ça, ça veut dire que l’objectif c’est ça, ça fait sortir des logements à des prix qui sont supérieurs à ceux du marché, même pour la Seine-Saint-Denis, sachant qu’il y a déjà plein de gens en Seine-Saint-Denis qui n’ont même pas accès en fait aux prêts bancaires et donc de toute façon dépendre du logement social où se retrouve en taudis, etc. Bref. Et donc par définition, ça ne peut que conduire en fait à la constitution de logements qui ne sont pas accessibles aux habitants qui sont là. Ça, on le sait, c’est structurel. Ce n’est pas parce que les gens sont méchants ou que Tony Estanguet n’a pas fait son travail, c’est une logique capitalistique en fait qui est imparable. Enfin imparable tant que la puissance publique ne prend pas à bras le corps cette problématique. Et c’est ça, je trouve, qu’on peut reprocher à la France dans l’organisation de ces jeux.
Alors, tu racontes Retour historique. Moi tu me l’as appris parce que je te lis. Je n’ai pas su qu’en fait, toutes les villes qui avaient candidaté pour les jeux Olympiques, finalement se sont, se sont, se sont barrés, ont arrêté de candidater. Donc il s’est retrouvé à Paris. Tu parles de Hambourg ou un référendum de la population avec 50 % de votants renonce à organiser candidater pour l’organisation à Rome. La c’est assez. C’est la mairesse qui dit que cet irresponsable ne va pas aller à Budapest. La même chose. Et tu ajoutes page 37. Finalement, les raisons de l’Obs, l’emballement olympique, restent assez mystérieuses. Est ce que, par exemple, à l’aune des dernières déclarations hier, on a appris que la cérémonie d’ouverture, ça a été une espèce de défilé de mode militaire puisqu’on va avoir la fine fleur de l’aviation militaire, puisque comme il y a des guerres, faut quand même un peu montrer son matos. Est ce que c’est. Est ce que c’est ça finalement ? C’est-à -dire cette idée de l’image de la France dans le monde entier ? Ce serait ça finalement ?
Ben en fait, c’est sûr qu’il y a un investissement En fait, cette candidature de la France de Paris aux Jeux, elle a, elle n’a, elle n’a été décidée, elle n’a eu de sens que par rapport à un projet de volonté de Vinci, un théâtre de grandeur nationale. Donc il y a une dimension pour être gentil, patriotique et peut être pour être un peu plus dur, hyper nationaliste en fait, dans la décision de candidater à ces jeux, il y a vraiment et en tout cas, en tout cas si c’est sous François Hollande que la candidature a été déposée. Donc c’est François Hollande à l'époque qui était président de la République. Pour les plus jeunes, des plus jeunes personnes qui les écoutent, c’est l’ancien président de la République. Et c’est François Hollande. À l'époque, il avait même forcé la main à Anne Hidalgo qui venait d'être élue à la mairie de Paris, qui ne souhaitait pas candidater. Aux Jeux Olympiques. Considérant pour les mêmes arguments qui avaient fait renoncer les autres villes, que c'était trop cher parce que c’est toujours plus cher que ce qu’ont dit les Jeux Olympiques, que ça va, que ça risquait de mettre en danger le budget de la ville, que ces giga projets sont devenus complètement surannés, obsolètes dans le monde du changement climatique. Elle est partie là-bas. Et puis en fait, à l'époque, le pouvoir socialiste dit non, non, non, il faut que la France candidate, c’est bien pour la France dans un truc, voilà la défense de la grandeur de la France. Et depuis qu’Emmanuel Macron a été élu, lui, il a poussé ce discours encore en plus, plus, plus et. Et là, on ne cesse de l’entendre faire des références à l’année olympique et tout son discours de ces dernières semaines sur le réarmement. Donc, c’est cette idée d’un rayonnement de la France. On voit bien que le fait que la France organise ces jeux et donc comme on dit Le monde à Vienne, Vienne, en France, la Seine-Saint-Denis accueille le monde. Enfin toute cette rhétorique de la France comme au centre du monde, la France comme nombril du monde. C’est sûr que là, il y a la tentative, ça fonctionne ou pas, mais il y a la tentative de construire un discours. Ouais, géopolitique de puissance nationale, ça, pour moi, c’est assez manifeste. Et il y a en fait, il a, il a, il a trouvé son fond ou son origine pour être encore plus précis quand même, dans un moment tragique qui est 2015.
Alors j’allais y venir. Tu cites un rapport qui se référait dès son introduction aux attentats Ouvrez les guillemets. Les événements tragiques qui se sont déroulés à Paris en janvier 2015 où, plus que jamais mis en évidence l’enjeu que représente également le vivre ensemble pour la France.
Voilà. Alors là, moi je trouve ça hyper intéressant parce que ça montre aussi la complexité de la chose, c’est-à -dire 2015, donc l’attentat contre Charlie Hebdo, donc atroce attentat terroriste sanguinaire sera terrible. Voilà, si on se remet quelques secondes dans l'état d’esprit de l'époque, ça a été un traumatisme, ça a été un traumatisme. C'était, c'était terrible. Et à ce moment là, il y a, il y a, c’est Le terrorisme islamiste international aux frappes en plein Paris, frappant plus un journal qui incarne la gauche historique française, etc. Enfin, là, vraiment, il y a un moment dont on ne peut pas souffrir. Voilà, il ne faut pas sous-estimer l’ampleur, la tragédie, etc. Et en fait, si on se souvient, dans les semaines qui suivent, il y a une énorme manifestation à Paris. Nous sommes Charlie. 2 millions de personnes qui manifestent dans toute la France et une énorme manifestation à Paris. Je crois qu’on a parlé d’un million de personnes avec plein de chefs d'État et de gouvernement qui viennent marcher à côté de François Hollande. Ils se tiennent par le coude. Il y a vraiment l’image d’un. Un camp occidental démocratique qui fait front contre le terrorisme. Donc un moment quand même, qui est hyper fort historiquement et géopolitiquement. Et en fait, la candidature de Paris est née aussi de ça. Je dirais quelque part pour de bonnes raisons, c’est-à -dire l’idée que bah non, le camp, le camp, la liberté, la démocratie. Il s’affirme et il s’affirme notamment par. Par cette idée de candidater. Et en fait, c’est sans doute un point de bascule pour. Pour la maire de Paris, Anne Hidalgo, puisque suite à ça, elle voit bien qu’il y a un truc qui se passe, qui est hyper fort autour de Paris. Derrière, il y a la deuxième vague d’attentats terribles. Nous voilà Bataclan, Stade de France. Et donc, et c’est vrai qu'à ce moment-là, enfin moi, il me semble, il est déterminant, il est déterminant pour eux. Du côté de la puissance publique, la volonté de défendre la France. Mais je pense qu’il est déterminant aussi dans le fait que finalement personne ne s’est battu pour exiger un débat, une consultation, une votation citoyenne. Enfin, quand on y pense, même les habitants de Paris viennent de voter, enfin s’ils le souhaitent bien. Enfin, ont participé à une votation citoyenne sur la tarification du parking des SCV à Paris.
Question intéressante et pourquoi pas. Mais point de vue pointu.
Il n’y a pas eu de votation citoyenne sur. Est-ce une bonne idée d’organiser les jeux ? C’est intéressant je trouve de comparer parce que ça dit. En fait, il y a eu un effet de sidération, je pense démocratique et politique en 2015. Encore une fois qu’on peut complètement comprendre. Enfin, moi je ne suis pas là pour tout critiquer, on peut comprendre, mais qui fait quoi ? Bah du coup personne n’a trop discuté quoi. Personne n’a trop discuté de ces jeux, de leur opportunité, de leur pertinence et de ces impacts sociaux, de leur impact écologique en émissions carbone, etc. A bien des égards, c’est un projet qui est complètement, qui n’est plus à l'échelle du monde tel qu’il est aujourd’hui. Bon bref, le sécuritaire, tout ce qu’on voit sur le déploiement des caméras de vidéosurveillance, des algorithmes de surveillance, toute la machinerie qui va avec les Jeux Olympiques, qui d’ailleurs accompagne toujours les Jeux Olympiques. Parce que, à chaque Jeux olympiques, il y a une augmentation du niveau de surveillance, de caméras, etc. Dans les villes hôtes. Donc encore une fois, c’est systémique et systématique. Et bref, tout ça n’a pas été. Il n’y a pas eu de discussion là-dessus et à mon avis, c’est un peu lié à ce moment de 2015. Et ce qui fait qu’aujourd’hui, c’est très difficile de contester les Jeux olympiques puisque la contestation n’a pas et n’a pas eu lieu en temps.Du fait de la possibilité ou la non organisation de cette discussion. En fait, ça a eu ça d’un point de vue strictement démocratique, ça a eu des effets retard finalement, et ça a rendu derrière la critique en fait de ces jeux hyper difficile parce qu’il y avait jamais l’espace pour le faire. Il me semble.
Tu vas te transformer, Au fil de l’enquête, en économiste avec un troisième chapitre intitulé Follow the Money et tu rappelles des choses terribles, Tu parles de l'économie dysfonctionnelle des Jeux Olympiques et je ne te remercie pas puisque page 57 tu attaques une ville dans laquelle j’ai passé sept belles années et notamment cette beau hiver Montréal en 1976, où tu rappelles que le budget a explosé de 720 %.
Ils ont mis 30 ans à rembourser.
Oui, à finir. Et j’ai calculé que, en fait, quand je suis arrivé à Montréal, ils disaient comment rembourser ça.
Mais voilà, tu es arrivé au bon moment,
je suis arrivé au bon moment, il y avait plus de dettes et voilà. En gros, là tu l’as dit tout à l’heure, même la Cour des comptes au bout de deux rapports n’arrive pas à savoir où est le pognon commencé, dépensé, etc. Selon ce que l’on sait, c’est que de toute façon ça va déborder, ça déborde.
Alors Montréal, c’est intéressant parce que parce qu’en fait c’est le traumatisme, c’est le traumatisme du sommet du CIO, c’est vraiment le CIO veut continuer à faire des Jeux olympiques. Donc, le CIO ne veut pas que se reproduise le Comité international olympique. À Lausanne, en Suisse, ça Fait Très beau bâtiment, magnifique. Magnifique avec ses escaliers en forme d’anneau olympique a été pensé.
C’est donc un très beau musée.
Et puis tout à fait.
Et puis et puis le lac…
Très beau, C’est très bien, c’est magnifique et donc c’est le traumatisme. Plus sérieusement, Montréal, c’est le traumatisme du CIO et c’est le traumatisme du monde olympique. Ce qui fait qu' après Montréal, quelques années après, vont se passer les Jeux Olympiques aussi.
Nadia Comaneci C’est quand même oui, c’est aussi l’histoire. Mais mine de rien, c’est aussi l’histoire olympique.
Tout à fait, tout à fait.
C’est des jeux dingues.
Des jeux, c’est déjà dingue, c’est passionnant. Ce sujet est passionnant en fait. En fait, ce sujet est passionnant, mais ce que je voulais dire, c’est que, en 1984, donc quelques années plus tard, les Jeux Olympiques de Los Angeles. Et en fait, c’est quoi le lien ? C’est que là c’est l’anti Montréal et on est encore dans ce modèle là, c’est 84 984 Allo santé ! Je laisse s’inventer le modèle des jeux d’aujourd’hui, c’est à dire le privé à fond, le privé, les sponsors, C’est à dire il ne faut pas que justement ça remette une ville au bord de la banqueroute. Donc on lâche tout au privé. Donc ce sont les jeux de Coca cola à l'époque c’est Kodak. Y compris des marques qui ont disparu aujourd’hui. Mais en fait, c’est là où on bascule en fait dans un régime hyper privatisé.
C’est ce que tu appelles les Jeux Olympiques, à la fois reflets du néo libéralisme et accélérateur
Accélérateur ce qui fait qu’on arrive aujourd’hui à un discours de Paris 2024 qui a été le slogan qui a emporté l’adhésion des élus et décideurs. Quand on a. Quand la France a candidaté en 2015, à savoir que les jeux financent les Jeux. Quand on dit les jeux financent les jeux, ça veut dire ça. En fait, c’est le modèle de Los Angeles 1984. Ça veut dire ne vous inquiétez pas, contribuable, ça ne va rien vous coûter en fait, si, ça va quand même coûter. Et d’ailleurs dans le cadre de contrats et contrats, d’accord en fait assez léonin puisque le grand maître d'œuvre de tout ça, c’est que tu reste quand même le CIO, donc le Comité international Olympique qui impose un cahier des charges hyper contraignant aux villes accueillant les jeux et notamment le fait que si jamais il y a des bénéfices à l’issue des jeux, je ne sais pas. Je ne sais pas si ça s’est déjà produit, mais en tout cas, si jamais il y a des bénéfices, c’est pour eux. Par contre. En tout cas en grande partie. Par contre, s’il y a des dettes, c’est pour la ville, la ville hôte. Et ça c’est quelque chose qui a été voté. C’est passé devant le parlement, je crois que c'était en 2018 si je ne me trompe pas, dans la première loi olympique. Donc c’est pour dire en fait à quel point voilà, c’est à la fois très contraint et très contraint et quand même très risqué Budgétairement. On conçoit pour les villes ce qui fait que tant de villes ont renoncé, comme on disait au début.
Et on parlait à l’instant du rapport de la Cour des comptes des deux rapports publiés l’année dernière en 2023, notamment celui de juillet à un an des Jeux de juillet 2023, la Cour des comptes se disait ne pas être en mesure, à ce stade, sans jeu de mots, d'évaluer le coût global des jeux ni son impact final sur les finances publiques. C’est quand même sidérant.Parce que si eux, ils n’arrivent pas, autant vous dire que nous non plus.
Ah oui mais c’est sidérant. Et en fait c’est très intéressant parce qu' en fait, moi je suis confronté à tout le monde, aux personnes qui ont un peu le temps de lire ces rapports de la Cour des comptes.
Non, ça alors c’est non, ça c’est de l’humour Mediapart,
Mais ça me fait rire
Non, non mais t’as raison, la Cour des comptes par exemple sur la police. Bah oui, la Cour des comptes raconte des choses. C’est une des institutions les plus critiques de la police.
Ça décrit, ça décrit, ils essayent, ils essayent de factualité quoi. Le plus possible, ils rentrent dans les chiffres. Et donc ils expliquent pourquoi Est ce que, pourquoi est ce qu’ils arrivent à cette conclusion ? C’est que. C’est difficile. C’est un peu technique, ce n’est pas très intéressant, mais juste pour dire la manière dont les comptes sont tenus et pas clairs. Donc à des moments ils prennent inflation, à des moments ils ne prennent pas l’inflation, les périmètres des dépenses changent. Donc ils ont du mal à additionner d’une année à l’autre les dépenses. Il y a plus. de manière plus importante, le fait que toutes les dépenses qui vont être engagées par l’Etat à la puissance publique ne sont, ne sont pas décomptées, ne sont pas comptabilisées dans les dépenses des Jeux olympiques, par exemple les dépenses de sécurité, par exemple, les traitements des cheminots qui vont conduire les métros et les bus et les RER pendant les Jeux olympiques. Or, on sait que le bon fonctionnement des transports va être déterminant dans le bon déroulé des jeux. Et quand on voit tout ce qui est dit depuis six mois, que ce ne soit pas l’ancien ministre des Transports, Clément Beaune, qui a dit que ça allait être hardcore des conditions de circulation, etc. Que ça va être hardcore les conditions de circulation dans Paris. Jean Castex, Jean Castex, actuel président de la RATP, ancien premier ministre. Je pense que même lui oui.
Objectivement, c’est en lisant ton bouquin que j’ai compris Je pensais c’est une voie de garage.
Non, non, non, non, c’est capital,
C’est capital.
C’est capital parce que lui, c’est l’ancien Monsieur JO du gouvernement. Ensuite, il est devenu premier ministre et ensuite il a été envoyé en soldat JO à la tête de la RATP pour essayer de sauver au maximum le transport public puisqu’une des particularités de Paris 2024. C’est là où encore une fois, on est dans la complexité du truc. Mais bon, c’est ça qui est intéressant.Parce que les gens sont pas sous les pavés, toujours, mêmes plus en plus de monde.C’est marrant. Mais bref, une des particularités de Paris, c’est que 2024, c’est que donc il y a eu peu de constructions, d’aménagements. Oui, ça c’est aussi un des enseignements du mot l’article. Il ne faut plus faire les éléphants blancs. Donc eux aussi sont traumatisés par les images des équipements sportifs d’Athènes, les grandes piscines abandonnées et Sarajevo fermées aux gens qui font de l’urbex pour se balader dans les ruines olympiques. Ça, c’est le traumatisme du CIO. Donc ils ne veulent surtout plus ça du tout. Ils ne veulent que des trucs. On construit le moins possible et le plus possible près des gens. La contrepartie de ça, c’est que ça se passe dans la ville et donc ça se passe dans la ville. Et donc le problème de risque de congestion des transports, parce qu’il y a quand même beaucoup de monde qui va venir, on imagine à Paris pour les Jeux, même si c’est au mois d’août, enfin au mois de juillet août quand il y a moins de parisiens. Bah quand même, là, aujourd’hui, il n’y a toujours pas la certitude qu’ils vont réussir à transporter tout le monde. Et d’où le fait que dans les hypothèses de plan de circulation, à un moment, ils ont même envisagé une forme de confinement. Alors pas en demandant aux gens de rester chez eux, mais en gros, imaginer de réserver le métro, enfin la RATP, les bus, le métro et RER aux. Spectateurs des jeux. Donc là, il y a quand même de gens qui ont dit là, c’est un peu extrême, mais c’est pour dire : Faites corps peut encore venir avec le nombre d’autres. Mais non, mais c’est pour dire avec des prix, avec des tarifs. L’augmentation du prix du pass Navigo, enfin du ticket de métro l’a annoncé par plusieurs annonces annoncées par Valérie Pécresse. Bon bref, j’ai perdu le fil de ma pensée. Je suis désolé, excusez, j’ai oublié la question à laquelle je répondais.
On parlait de Jean Castex Tu as déjà fait le tour. Mais alors justement, à propos de Los Angeles 1984, du libéralisme et de la privatisation, finalement des Jeux Olympiques, il y a un exemple que tu que tu cites, qui est extrêmement intéressant, qui s’appelle le Adidas Arena, qui le port de la chapelle dans le nord de Paris, qui a coûté, je te cite, beaucoup d’argent public financé à la fois par la municipalité, donc la ville de Paris et la SOLIDEO dont on parle depuis tout à l’heure. 127 millions d’euros au total, presque le double à lui tout seul du budget annuel du sport à Paris, 72 millions d’euros en 2023. Alors, il y a une histoire parce que, au départ, ça devait ne pas s’appeler comme ça, ça devait s’appeler Alice Milliat, militante du sport féminin du début du, concurrente de Coubertin. Là, je fais non pas mon Wikipédia, mais tu te régales à nous raconter cette histoire et je trouve que ça vaut le coup parce que c’est aussi la deuxième partie de ton bouquin qui est de dire qu’un autre olympique aurait pu être possible. Alors qui est cette dame qui va avoir son nom pour sur le parvis si je t’ai bien lu, mais pas le stade, parce que le stade, bah c’est Adidas.
Ben voilà. Et en fait c’est une fille chimiquement. Enfin, synthèse de deux d’histoire chimiquement pure, quoi de résumé de l’esprit olympique ? C’est qu’on nous dit enfin ce qui est mis en avant par les organisateurs des jeux, c’est de dire Ah ! Ce qui est formidable avec les Jeux Olympiques, c’est que ça crée une culture sportive, ça met les gens au sport, ça lutte contre les inégalités de genre parce qu’on met en valeur le sport féminin, on veut mettre en valeur le sport paralympique. Donc on a plein de très bonnes intentions qui sont, qui sont proférées et tant mieux quoi, Qui est qui ce discours ? Mais dès qu’on commence à regarder un peu comment ça se passe, les choses se compliquent. Et cette histoire d’Adidas Arena porte de la Chapelle le résumé quelque part dans le sens où c’est le seul équipement sportif construit pour les Jeux à Paris. Donc il a une certaine importance on va dire. Symboliquement, comme tu viens de dire, il coûte quand même beaucoup d’argent et il est donc construit vraiment pour les jeux derrière son usage et pas complètement hyper clair puisque ça pourrait servir à l'équipe de basket de Paris bien connue. Il y a une scène internationale je dis C’est pas du tout pour Critiquer le basket Mais bon, peut être que vous n’avez pas besoin de dépenser 170 millions d’euros pour qui pour qu’il puisse jouer des matchs. Mais vive le basket ! Et. Et en fait ce qui s’est passé c’est que au sein du Conseil de Paris, donc c’est un peu le parlement de la ville de Paris avait été émis, le vœu avait été des élus, avait demandé à ce que ce donc, cet équipement donc qui va être filmé par toutes les caméras du monde entier, donc très médiatisé parce que va s’y passer, vont s’y passer. Des épreuves des Jeux olympiques de 2024 avait été demandé que, de ce fait, il soit intitulé. Il porte le nom d’une femme importante pour le sport et donc au nom d’Alice, Mia était sortie. Car c’est à la fois. C’est à la fois une grande athlète, une grande sportive. Alors elle était multisports. Je ne crois pas qu’elle ait particulièrement excellé dans une discipline spécifique, mais si j’ai bien compris, et elle avait la particularité, surtout cette athlète de très tôt dans début du XXᵉ siècle, avoir voulu inciter les femmes à faire du sport, donc créer des compétitions pour les femmes, ont encouragé des formes d'éducation populaire pour les femmes. Enfin. Elle avait donc une vision féministe,
Je vois dans ton livre, elle est très moderne.
Voilà une femme moderne, donc elle a été hyper de 1024. C’est vraiment la femme féministe. Le sport c’est hyper 2024, hyper Paris 2024, enfin quelque part même, ça aurait été un symbole magnifique, etc. Et en fait donc, des élus de Paris avaient demandé à ce que cet équipement porte son nom, mais, et ça avait été accepté comme l’hypothèse, on avait été accepté. Sauf que, un an après, nouveau vote au Conseil de Paris et là qu’est ce qu’on découvre ? C’est que bien malgré tout, l’argent public a quand même voté pour. Pour cet équipement comme pour tous les équipements, il ne suffit pas d’avoir de l’argent pour la construction, il faut aussi de l’argent pour le fonctionnement. Parce qu’en fait, ces énormes édifices coûtent beaucoup d’argent à faire fonctionner. Et donc un accord avait été signé avec Adidas la femme la très célèbre marque de sport qui est un sponsor historique des Jeux olympiques et évidemment un équipementier sportif. C’est parfait pour eux. C’est génial, c’est une super vitrine pour les Jeux Olympiques. Et donc Bref, Adidas a contribué à proposer de contribuer au financement, y compris après les Jeux. Et ça, c’est un truc que les villes aiment beaucoup parce que. C’est une manière de se protéger du risque de ce fameux risque de déficit. Le syndrome Montréal.
Adidas va payer une redevance. C’est ça ?
C’est exactement ça, un système de redevance. Et donc, comme cela se fait maintenant, beaucoup dans le sport, enfin, vous avez dû voir ça dans vos vies parce que c’est dans toutes les villes de France. On a ce système maintenant dont j’oublie le nom.
Le naming.
Voilà. Ou le sponsor, enfin le sponsor, ou en tout cas l’industrie ou l’entreprise privée qui a contribué au financement ou qui a tout payé en fait, donne son nom à l'équipement. Et là c’est ce qui, c’est ce qui, c’est ce qui va se passer. Et donc au grand regret Notamment des écologistes, des élus écologistes qui s'étaient beaucoup battus pour que l'équipement, l'équipement, oui, porte le nom d’Alice. Mais finalement, il a été abandonné au profit de la Adidas Arena. Et c’est là où, quand même, le symbole, il est extraordinaire quand même. Pour ne pas complètement oublier cette pauvre Alice Milliat, elle donnera son nom à l’Esplanade et en dessous.
Oui, rien que ça. Derrière le grand stade. C’est Adidas et Alice Milliat, c’est l’Esplanade.Et est ce que je l’ai bien lu ? Est ce que j’ai bien compris ? En fait, l’aubaine pour Adidas, c’est qu’Adidas avait été écarté mais n’apparaissait pas comme les grands sponsors. Oui, et donc ça, c’est une façon de dire Adidas qui est quand même l'équipementier pour le parler parce qu’elle est l'équipementier historique justement, depuis la privatisation des jeux. En fait, il y a un truc genre où la boulette, on les avait oublié. Vite, on va leur donner un truc qui a de la gueule, qui va être largement filmé et qui va s’appeler Adidas, Adidas. C’est ça en fait le truc.
Oui, Alors écoutez un lot de consolation. Oui, alors moi c’est mon interprétation, là, je ne suis pas dans le secret des dieux, je ne sais pas, j’ai pas suivi le truc, juste j’ai constaté que Adidas était un sponsor historique et que là il n'était pas. Il ne figurait pas dans la liste des sponsors officiels qui est une liste qui est décidée par le CIO. D’ailleurs, devant en toute opacité il faut bien le dire. Et. Et donc là, on ne peut que constater qu’ils y reviennent dans le jeu par ce biais là. Mais voilà, c’est mon interprétation.
Tu parles beaucoup dans ton livre d’opacité de la difficulté pour toi, journaliste d’investigation à Mediapart d’avoir des informations. Alors le privé, il a le droit de se taire, Il a le droit d’opposer le droit des affaires et il se débrouille justement pour que ce droit des affaires soit totalement renforcé. Enfin, si c’est un vrai, un véritable enjeu démocratique. Là où c’est plus difficile en tant que lecteur de comprendre, c’est quand le public, le l’argent public, oppose finalement les mêmes choses. On ne peut pas vous dire qu’il y a, il y a le il y a un secret à conserver, etc. Qu’est ce que tu réponds à ça, toi.
Moi j’ai moi j’ai fait aussi ça m’a quand même beaucoup, beaucoup frappé dans le cadre de cette enquête, c’est que les élus. Donc moi j’ai comme vous, vous devez le comprendre, beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis. C’est un endroit, mais c’est l’objet, pas le seul endroit où se passent les Jeux, mais c’est vraiment celui. C’est là où il y a le plus d’aménagement.
Donc pourquoi c’est là où il y a le village olympique.
Voilà le village des médias, le Village des médias il y en avait 5000
Tu écris 25 000 journalistes attendus.
Oui, c’est fait. On n’a jamais vu l'équivalent.
C’est un bien grand mot.
Oui, C’est énorme, c’est énorme. Journalistes et leur équipe technique.
Mais 26 000 c’est une ville.
C’est tout à fait ça c’est gigantesque. En tout cas, c’est les chiffres qui sont attendus qui sont ceux qui sont donnés par le COJO.
Donc village olympique, village médiatique en Seine-Saint-Denis ? Oui, donc la piscine, le centre aquatique olympique. Ça, c’est pour les constructions.
L'échangeur Pleyel dont on parlera peut être d’ailleurs. Donc bref. Non mais ce que je voulais dire, c’est que moi, je me suis beaucoup concentré sur la Seine-Saint-Denis. Or, qu’est ce qu’on cache ? Qu’est ce qu’on observe depuis l’annonce de ces Jeux ? Les élus de Seine-Saint-Denis, qui sont majoritairement de gauche, sont complètement en faveur de ces Jeux olympiques, c’est-à -dire l’accompagnent dans leur discours, le soutiennent, etc.
Que quand on dit de gauche, pour être précis, il y a, il y a l’actuel maire socialiste, bon, mais il y a aussi des historiques de la banlieue rouge, ça. Patrick Braouezec, Je cite. Bon, voilà, il y a des gens qui viennent vraiment de la gauche. Oui, oui, oui, on est bien d’accord.
Tout à fait, tout à fait. Même si maintenant des villes de Seine-Saint-Denis passent à droite, notamment Aubervilliers qui est maintenant UDI, et une maire communiste qui avait lancé cette histoire de solarium dont je parlais au début. Bref, ce que je veux dire, c’est que moi, ça m’a quand même un peu étonné, pour être honnête, de constater la difficulté que j’avais y compris. Alors, alors, alors à échanger avec eux, avec ces élus, j’ai vraiment senti un refus en fait de répondre aux questions et que je ne sais pas complètement comment interpréter entre eux, on n’a pas. Entre. On n’a pas besoin de parler aux journalistes. Des journalistes pas minoritaires qui nous embêtent à leur faire un tel grand spectacle. Et quelle est la part de ça ? Un peu de mépris. Et quelle est la part de Un peu gênant ? Je ne peux que faire des suppositions donc j’imagine. C’est un peu les deux. Mais. Mais toujours est-il que c’est très difficile, très difficile de leur demander des comptes. C’est très difficile. J’ai très peu de retour. Difficiles, différentes. Difficile d’avoir des échanges avec les maires sur ce sujet alors qu’ils sont en première ligne, qui sont en première ligne. C’est-à -dire ? Qu’ont bien défendu leurs habitants ? Moi je considère que non, parce que derrière ces villes, elles vont avoir beaucoup de dépenses. Si on est sur l’aspect budgétaire et je ne reviens pas sur ce qu’on disait au début sur les personnes délogées, mais sur l’aspect strictement budgétaire, ça va coûter en fait à ces collectivités, ça leur coûte déjà aujourd’hui, ça va leur coûter en fait
Mais parce que, par exemple, je vois la Méline qui dit que c’est la gauche qui vire à droite. Et est ce que c’est ça ou est ce que tu penses que certains ont cru sincèrement, on va dire, à l’idée que d’amener les Jeux en Seine-Saint-Denis, c'était une démarche populaire, que c'était une façon de désenclaver ce département le plus pauvre et que finalement la realpolitik a pris ses droits. Ou est-ce que tu penses que non ? Il y a un double jeu.
Je ne sais pas, c’est un double jeu, mais en tout cas, je pense qu’il y a un mélange de vieux discours développementalistes. Bon, on va développer la Seine-Saint-Denis, c’est l’occasion de développer la Seine-Saint-Denis. Et là c’est notamment le discours qui a été beaucoup porté par un homme très important pour la Seine-Saint-Denis, qui est Patrick Braouezec, aujourd’hui retraité, mais qui a été maire de Saint-Denis pendant longtemps président de Plaine Commune qu’est la communauté d’agglomération de cette partie du 93 et surtout qui a été le plus grand défenseur du Stade de France. Ça nous remonte un peu en arrière, mais 1998, Coupe du monde de foot de la France, vous vous en souvenez peut-être, Mes enfants s’en souviennent. Je me souviens. Et à l'époque, le Stade de France est construit à Saint-Denis avec l’idée de On va développer cette partie du 93. Et en réalité, ce qui se passe aujourd’hui avec Paris 2024, c’est que dans leur idée, c’est la suite de cette histoire. Et d’ailleurs c’est une image qui est utilisée à un moment par Patrick Braouezec qui dit c’est le deuxième étage de la fusée, on va faire décoller un territoire qui à la fois, je pense qu’il y croit en partie. Donc là on va dire, c’est vertueux dans le sens on va bien, la logique, on crée de l’activité, ça va créer des emplois, ça va créer de la richesse et on améliore l’image de la Seine-Saint-Denis. Donc on ghettoïse la Seine-Saint-Denis en organisant l'événement le plus populaire du monde. Ça, je pense qu’une partie de ces élus y croient, ou en tout cas, ou ont envie d’y croire. Mais derrière, pour moi, il y a autre chose, il me semble autre chose. Là c’est plus c’est mon analyse, je ne sais pas ça, c’est moi qui l’analyse comme ça. En réalité, je pense que ce qui se passe c’est qu’est ce qui est plus triste ? C’est que c’est le seul discours qu’ils ont apporté sur ce territoire. C’est à dire que finalement, à part dire on fait du développement avec beaucoup d’argent privé de manière comme ça très verticale, ou on va décider pour les habitants ce qui est bien pour eux, Au lieu de faire une grande consultation, demandez aux gens mais de quoi vous avez besoin, de quoi vous avez envie, à quoi ressemblerait la ville de vos rêves ? Enfin quelque chose qui serait à la fois plus démocratique, plus proche de la justice sociale, de la justice environnementale, plus participatif.
Plus moderne ?
D’une certaine manière, oui, de faire ça. En fait, on fait un truc à l’ancienne, mais on fait un truc à l’ancienne à la fois. Il y a l’opportunité des jeux, mais je pense que c’est révélateur aussi du fait qu’il n’y a pas tellement d’autres discours pour ces personnels politiques dans leur, dans leur cœur et dans leur esprit. Ça a porté sur la Seine-Saint-Denis et là, il y a quelque chose qui est vraiment à interroger quand on a en mémoire que c’est quand même là que se sont passées des émeutes quand même assez dures à l'été dernier, suite à la mort du jeune elle tué par la police qui. C’est un département hyper jeune, avec beaucoup de difficultés évidemment, beaucoup d’inégalités, beaucoup de violence, beaucoup d’injustice, mais aussi beaucoup de créativité et beaucoup de volonté. Il y a un endroit effervescent qui est absolument incroyable, qui est très riche aussi de cette énergie humaine, culturelle, etc. Et en fait, ça, ça se voit sur plein de sujets, cette énergie, cette effervescence humaine, elle à elle, elle n’est pas prise en compte, pas écoutée, pas répercutée par ce personnel politique. Et donc on continue à plaquer un vieux modèle en fait de développement. Je pense que là il y a un truc qui se joue sur la Seine-Saint-Denis avec Paris 2024 qui en fait se joue par ailleurs en France dans un rapport entre institutions et population, démocratie, sécurité versus sécurité. Et qui est inquiétant parce que c’est un. Il y a un côté un peu ou quoi ? Un peu posé sur une société et que moi je ne sais pas en fait, je me permettrais pas dire J’ai aucune idée si vous dire de savoir si les habitants du département sont contents que les jours arrivent. Moi j’observe juste, je ne vois pas, ce n’est pas manifeste quoi, ce n’est pas manifeste dans la rue et j’entends personne me dire ah j’ai hâte que ça arrive, J’entends plutôt ah là ça va être l’horreur ! Ah ça va être l’enfer. Puis on n’a pas de billet, puis et puis comment on va faire ? Mais bon, je peux être que là je ne me permettrai pas de te dire ce qui se trouve, quels sont les désirs et attentes des habitantes et habitants. Par contre, ce qui est clair, c’est que ça aurait pu se passer autrement et que la manière dont ça se passe en fait pu répéter une vieille façon de faire de La politique. Et ça, c’est sans doute regrettable.
A un moment donné, tu parles de raison d'état et de conquête lucrative, mais je pense que tu viens un peu de l’exprimer. Il y a un point qui m’a un peu étonné dans ton bouquin, c’est que moi je m’attendais à ce que tu sois plus dure sur l’aspect environnemental. Or, c’est surtout, je trouve, sur l’aspect social. On va venir sur l'échangeur tout à l’heure et ce qui se passe avec l'école Anatole France de Pleyel, parce que c’est un cas d'école sans mauvais jeu de mot intéressant sur le social, sur le sur le pognon, sur l'économique, mais sur l'écologie. Tu sembles donner plutôt des gages en disant qu’il y a plutôt des efforts qui ont été fournis.
Oui, alors c’est quoi les zadistes ? Non ? Alors je n’ai pas dit mon dernier mot. Pour moi c’est juste et c’est ce que j’essaie d’expliquer un peu dans le dernier chapitre, il y a un côté attentat à la sobriété de par leur taille, leur gigantisme qui, qui, qui fait que même s’ils font plein d’efforts et y font des efforts. En fait, j’ai essayé d'être, comment dire, d'être le plus juste possible par rapport à ce qui est mis en œuvre par les gens. Alors peut être que je ne suis pas assez critique et tout à fait possible, mais j’essaie d'être la plus juste possible parce que Parce que voilà, si par honnêteté intellectuelle, d’une certaine manière, et j’essaie de les écouter, d'écouter ce qu’ils disaient. Donc y a une directrice de l’excellence environnementale que j’avais rencontrée l’année dernière je crois, et qui m’avait expliqué et je pense, c'était sincère, tous les efforts mis pour baisser au maximum le bilan carbone des jeux, donc le fait d’avoir demandé que beaucoup de repas sont végétariens. Un investissement qui a été fait dans des générateurs pour le Stade de France qui soient alimentés aux énergies renouvelables et non plus au fioul. Je prends quelques exemples comme ça. Le fait que les jeux se passent dans Paris, que les spectateurs au maximum, ils vont prendre les transports en commun parce qu’avec les problèmes que ça entraîne, qu’on a évoqué tout à l’heure. Mais donc ce qui vient, c’est que ce n’est pas, voilà, on est plus en 1984, de fait, ils veulent l’organiser différemment et que par ailleurs, ce qui a été détruit. Bon voilà, je ne reviens pas sur les jardins ouvriers, moi je trouve que c’est désastreux. Bon c’est 4000 mètres carrés, ce n’est pas énorme. Y construire sur le parc de la Courneuve, c’est très problématique parce que ça, ça va amener à faire ça artificialisé. Un endroit qui devrait plutôt être d'évitement végétalise plutôt que artificialisé, mais c’est pas des espaces gigantesques. Donc en fait, ce que je trouve intéressant, c’est qu’il y a quand même un maximum d’effort fait de leur côté de ce point de vue là. Mais pour autant, en fait, quand on rejoint, c’est pas là que le problème principal se loge pour être plus clair et que le problème principal c’est dans le bilan carbone, c’est à dire les émissions de gaz à effet de serre et les pollutions, les flux de matériaux qui vont être générés par ces jeux, que ce soit la venue de toutes ces délégations, de tous ces journalistes et 25 000 journalistes, quand il y a une grande partie d’entre eux, ils vont venir en avion, de même que les délégations nationales sportives, de même qu’une partie des visiteurs. Toutes ces émissions de CO2 ne sont pas prises en compte dans le bilan carbone officiel des Jeux Olympiques. Et. Et donc ça, il va falloir calculer. Et donc toujours là, dans ce type de radicalité, le pragmatisme. On va tout compter, tout se raconter à la fin, soyons précis. Et donc pour moi, c’est un peu ça, peut être la seconde, la seconde étape quoi, de la contre enquête, d’une certaine manière. Mais c’est vrai que moi j’avais ça en tête dès le départ, le bilan environnemental et les destructions écologiques. Et j’ai été tellement saisi en fait par la violence et cette espèce de l’extractivisme là que je pense qu’il est trop tard
Regardez, regardez, à moins que tu lises tes pages, je les connaissais par cœur. C’est le passage évidemment sur lequel je voulais arriver à l’extractivisme olympique qui est en gros le fond de ta pensée. Je me permets de te permettre de reprendre un peu d’eau. Si, si tu as besoin. Tu parles donc de l’extractivisme olympique et là, ça rejoint mes préoccupations environnementales. On va voir comment l’extractivisme, car il s’agit pas seulement de la privatisation de l’utilité publique, c’est un surgissement disruptive de valeur qui efface la mémoire des quartiers remaniés, chasse les plus précaires, uniformise l’espace public avec les mêmes enseignes commerciales, bétonne, remplace une population par une autre. Et l’extractivisme, en gros, c’est le mal actuel en terme environnemental. Mais là tu l’appliques en disant bah finalement c’est cette folie humaine, elle est en train de se passer sous nos yeux. Mais c’est plus des mines qu’on exploite, c’est du c’est des pauvres qu’on chasse.
Et c’est du capital qu’on sort du foncier. Parce qu’en fait, effectivement, l’extractivisme ça vient d’Amérique du Sud cette appellation et historiquement, c’est ce que des militants ont utilisé comme mot pour désigner les industries pétrolières et minières qui venaient sortir du sous sol, de la richesse du pétrole, des minerais divers et variés, des terres rares, etc. Pour ensuite revendre ces matières sur les marchés internationaux et donc prendre la richesse d’un sol pour son propre profit fait sans qu’il ne profite aux habitants de l’endroit saccagé par la mine. C’est ça historiquement l’extractivisme on va dire. Rien à voir avec Paris 2024. En fait, je me suis saisi de ce terme parce que j’ai. Je suis passé par la lecture d’une sociologue qui s’appelle Saskia Sassen, qui a beaucoup travaillé sur la ville et qui parle de l’extractivisme pour décrire la financiarisation du secteur de l’immobilier, et notamment pour dire en fait aujourd’hui la manière dont les quartiers se construisent de plus en plus par des investissements privés, fonds d’investissement, etc. Elle parle beaucoup des États-Unis et a dit c’est une forme extractiviste parce que cette économie fait de l’argent à partir de ce qui devrait être un bien commun, à savoir des logements qui sont vendus de plus en plus chers dans les grandes capitales internationales et qui sortent en fait de la valeur. Des Endroits habités au profit d’un capitalisme international. Je me suis dit qu’en fait, si on regarde plus précisément de quoi on parle quand on parle de l’extractivisme, on peut distinguer différents critères et. Et en fait, il y a une partie de ces critères, quasiment tout ce qui marche pour parler de 1024, à savoir un aménagement des décisions surplombantes, des décisions venues d’en haut qui sont imposées à une population. Là on a vu pas de votation citoyenne, pas de référendum, pas de concertation. On ne demande pas aux gens s’ils sont d’accord, ni comment est ce que le quartier devrait être aménagé. Il y a une forme de brutalité, c’est à dire c’est comme ça et pas autrement. Les contre-propositions des opposants, ou même justes des collectifs d’habitants sont balayés d’un revers de la main. Les manifestations sont réprimées. Voilà. Et. Et là, l’aménagement. Il est, il est il est. Il est rendu brutal aussi par la rapidité avec laquelle il se passe. C’est-à -dire qu’en 2017, Paris obtient les Jeux. Il faut que ce soit prêt pour 2024. En fait, il y a très peu de temps, les chantiers ont commencé très vite. Les expulsions du foyer ADF, ont eu lieu tout de suite. Tout va très vite Et donc c’est un temps en fait qui prend de court la société civile parce que c’est hyper difficile de comprendre comment ça fonctionne. Les gens ont le temps de comprendre SOLIDEO COJO, mais qui défient le rôle des préfectures. Qui est l’aménageur qui a remporté un tel lot ? Quel promoteur immobilier ? Le temps de comprendre, c’est déjà fait. Les chantiers sont déjà en train de se faire, donc il y a une forme de brutalité. Et le troisième point qui est peut être le plus important, il y a ce fait un petit peu complexe mais pas tant finalement, qui est de dire que d’autant plus Euromed et les investisseurs privés dans le village olympique et le village des médias, ils vont d’autant plus tirer de l’argent de leur opération que l’endroit sur lequel ils ont construit était défavorisé. Parce que le foncier, ce n’est pas très compliqué. En fait, le foncier ne coûte pas cher et donc ça ne coûte pas si cher de construire. Je résume à gros trait et c’est ça, et c’est d’autant moins cher que c’est le fait que ce soit si peu cher leur permet d’autant plus finalement de pouvoir en tirer de l’argent. Parce que pourquoi ? Parce que c’est les J.O. Et que c’est l'événement le plus grand événement du monde, le plus médiatique et pour certains certaines, le plus prestigieux, ça crée en soi une valeur en fait. Et on imagine qu’il y aura un prestige attaché à ce village parce qu’il permet de faire travailler des super architectes, de mobiliser les dernières techniques à l’architecture environnementale. Et donc il y a un côté un peu vitrine et là il y a les discours, il y a plein de discours, on a des années de discours. De la SOLIDEO, mais aussi de la mairie de Paris, de la mairie de Saint Denis, enfin de tous ces élus. Sur le fait que ce sera la vitrine du meilleur de la ville du XXIᵉ siècle. On veut vraiment en faire une démonstration de force du génie urbanistique et architectural français. Donc tout ça ajoute de la valeur. Ça veut dire que vous n’avez les personnes qui vont acheter un appartement, pas seulement elles vont acheter un appartement à proximité de Paris, mais ce sera un appartement qui arrivera enrichi de toutes ces attentes et de tout ce discours. Et donc il y a toute cette valeur qui est extraite de ce foncier et qui in fine va profiter à d’autres que les habitants puisque très peu de ces habitants compte tenu de leur niveau de vie. Quand je dis habitants, je ne parle pas simplement du quartier qui était peu habité, mais de ces alentours de la ville de Saint-Denis et de cette partie de la Seine-Saint-Denis, très peu de ses habitants auront les moyens d’habiter sur le village. Et le fait que ceux que ces appartements existent va faire monter, en tout cas, au moins à court terme. En tout cas, c’est déjà le cas. Le prix de l’immobilier, donc le rendre, rend les logements encore plus inaccessibles pour des gens qui ont déjà du mal à avoir accès à un logement. Il y a énormément de personnes sur les listes d’attente des logements sociaux. En Seine-Saint-Denis, il n’y a que 30 % de logements sociaux sur le village des athlètes. Alors on dit oui. C’est un ratio somme toute assez classique, ce qui n’est pas faux. Mais ça aussi, ça interroge. C’est se dire qu’il y a 2000000000 d’euros dépensés pour construire des habitations pour 6000 personnes, sachant que c’est à peine moins que tout ce que l’ANRU, l’agence de rénovation urbaine, dépense dans tout le 93 pour la rénovation urbaine. Alors en argent public, ce n’est pas le même argent, mais juste en comparaison de mon temps, on a 2 milliards d’euros d’argent privé Pour 6000 habitants du village olympique, c’est quasiment autant que les 2 300 000 000 d’euros que l’agence de rénovation urbaine dépense pour la rénovation des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis où vivent 600 000 personnes. Je veux dire, il y a quand même une inégalité, une injustice. On l’appelle comme on veut. Moi je dis extractivisme, mais on peut l’appeler comme on veut et qui est flagrante, c’est-à -dire un décalage de traitement. On a d’un coup un flux de capital qui se déverse sur un territoire déshérité et qui profite majoritairement à des personnes qui n’habitent pas. Et c’est ça que j’ai essayé de décrire par ce mot : l’extractivisme.
Il est 1h du matin. Cette nuit, il me restait un chapitre, et alors là, un retour en arrière. Parce qu’en fait on va parler d’une école, tu vas parler d’une école. Il se trouve que mes enfants, mes deux grands petits, étaient dans cette école, l'école Anatole France, Carrefour Pleyel. Et donc ça m’a fait un choc d’apprendre ce que tu vas nous nous raconter. D’abord, il faut, il faut. Parce que si ce n’est pas pour rien que tu le dis, tu le mets en est en exemple à la fin, c’est le chapitre consacré à l’héritage négatif. Alors il y a une société qui fabrique des purificateurs d’air et qui se réjouit dans un communiqué que, au delà de fournir des ouvrages pour les Jeux de Paris. L’Organisation s’est aussi donné comme priorité de protéger les athlètes de la pollution de l’air, d’autant plus que le village des athlètes est construit en bordure d’une autoroute. Et voilà que tu nous racontes page 124 qu'à quelques centaines de mètres de ce village des athlètes, une école voit elle aussi son environnement direct, transformé par les travaux olympiques. Une double voie d’accès à l’autoroute a été construite à quelques mètres de son bâtiment, prévue depuis plusieurs années, elle a trouvé son financement grâce aux Jeux olympiques. Pendant l'événement, elle servira à transporter plus rapidement les athlètes entre le quartier de résidence de la 86, celle-là même qui loge le village des athlètes qu’il faut préserver de la pollution atmosphérique. Alors il y a tout un tas de raisons. Il faut que les athlètes arrivent à l’heure à la compétition écrite. Il y a un enjeu de sécurité. Faudrait surtout pas que certaines, certaines délégations soient bloquées dans la circulation, voilà, soit à des feux rouges et ainsi de suite. Mais je résume, il y a une petite école qui dit des fois qu’une école, puisque maintenant j’ai vu qu’elle avait grossi, qui était déjà pas mal polluée, polluée et qu’il a va être sur polluée. Tu détailles les particules fines etc Alors que dans le même temps on nous vend des jeux purifiés.
Oui bien ça c’est vraiment. Là pour le coup, tu parlais de la question environnementale.Un des aspects les plus choquants ou même Scandaleux d’une certaine manière, de ces aménagements, c’est donc la construction de cette voie d’accès à l’A86 dans ce quartier.
Et c’est le cas, le quartier Pleyel. La fameuse Tour Pleyel. Voilà qui. Je ne sais pas où elle en est.
Qui est en réhabilitation ? C’est ça ? Donc le carrefour Paillard ? C’est à Saint Denis, au nord de Paris et c’est une partie de Saint Denis qui est donc tout à côté du village olympique, mais qui une partie vraiment très déshéritée, très délaissée et qui en fait un carrefour autoroutier parce que c’est une voie d’entrée dans Paris Une forme de no man’s land où passent les voitures qui sortent de la 86 pour rentrer dans Paris, aller jusqu'à la porte de Clignancourt. Elle passe par là et elle repasse par là pour repartir. Donc c’est vrai que c’est un des endroits en souffrance urbanistique de cette partie de la banlieue parisienne. Et en fait, David parle de la tour Pleyel parce que c’est aussi une tour qui a brûlé dans les années 80 et qui est restée pendant plusieurs décennies au moins 20 ans, si ce n’est plus que 20 ans. Je ne sais plus quand elle a brûlé. Excusez-moi, ça se trouve dans les années 90. Enfin, en tout cas, pendant très longtemps, on a vu cette ruine de Tours qui surplombait le département et qui était vraiment le symbole du délaissement du 93. Eh ben tu auras le plaisir de savoir qu’il y a un magnifique quartier.
Oui, oui, oui.
J’ai un travail. J’aurais dû garder ma baraque. Les lumières de Pleyel, l’espace, les lumières. De Pleyel on est en train d'être construit avec des hôtels de luxe, la tour Siemens. Ce qui fut aussi la tour qui je crois, qui fut aussi la tour Mercedes. Voilà, c’est fait Il y a Hôtel et bureaux qui sont en cours de construction puisque ça va se trouver ce quartier Pleyel, il va se trouver juste à côté de la gare du Grand Paris Pleyel qui va être la plus grande gare du Grand Paris Express. Parce que pour les personnes non parisiennes, on a par ailleurs un énorme projet de métro en train d'être construit autour de Paris, le Grand Paris Express, qui est en train de tout chambouler d’ailleurs, accélérer la gentrification. Mais les effets J.O. Et Grand Paris, en fait, se renforce et se poursuit. En fait, ils échangent et échangent.
Il est au pied de cette tour pour cette tour, tout le monde la voit Et ça c’est de l’autre côté du Stade de France en fait, l’autre côté de la porte. Et là, il y a un échangeur et au pied de cette tour, il y a une école.
Voilà le complexe. Le groupe scolaire Anatole France. Et en fait, ce qui est terrible, c’est que cette école était déjà prise en fait dans des voies d’accès à l’autoroute qui étaient déjà là. Mais simplement, ce qui se passe, c’est qu’il y avait là aussi un vieux projet de bretelle d’autoroute, vieux projet porté cette fois-ci par l’Etat. Donc là, on est vraiment dans la puissance publique et pas dans le privé, porté par l’Etat et par la magie des J.O. Les financements ont été débloqués. C’est là où, encore une fois, il y a un lien avec le processus olympique. Et donc, magie des J.O. Les financements sont débloqués puisque comme c’est tout près du village des athlètes et que l’autoroute permet de rejoindre l’aéroport du Bourget, l’aéroport de Roissy et donc potentiellement de servir aux délégations. Du coup, ça paraissait d’un point de vue d’ingénieur des transports, hyper logique de construire une voie d’accès. Là, le problème, c’est que cet ingénieur des transports, il n’a pas pensé à ce moment là qu’il n’y avait pas que les voitures, il n’y avait pas que la question du service de transport, mais il y avait aussi la question de la pollution, a fortiori à côté d’une école. Et là, quand même, on ne peut que s'étonner. Moi, ça m’a vraiment sauté aux yeux de voir la différence entre ce qui se passe aujourd’hui à Paris, où de plus en plus de voies piétonnes sont ouvertes autour des écoles, c’est-à -dire de plus en plus la phrase dans le bon sens. Les écoles, en fait, les rues qui passent devant les écoles sont vidées de leurs voitures et ça ou non à la fois de la protection des enfants, de la circulation, des risques d’accidents mais aussi respiratoires. A Saint Denis, enfin, on est un peu dans la caricature, mais parfois la réalité, malheureusement, est caricaturale. Saint Denis on a une bretelle d’autoroute qui est construite accolée à une école. Alors certes, il y a une piste cyclable entre la bretelle et la et l'école. Mais trêve de plaisanterie, en fait là on a un aménagement qui est qui est nocif parce que euh, en terme de bruit, de risque, d’accident et de pollution atmosphérique, c’est évident que plus il y a de voitures près d’une école, plus c’est mauvais pour la santé. Et c’est vrai que c’est d’autant plus incompréhensible que cet aménagement se fait alors même que le village olympique que la voie d’autoroute va desservir se présente comme étant un modèle de quartier adapté au changement climatique, etc et à la pollution. Alors la question c’est pourquoi en fait pourquoi ça s’est passé comme ça ? Et c’est là où c’est assez triste, parce qu’en réalité il y a eu un peu de mobilisation, pas beaucoup, mais un peu de mobilisation dans ce quartier, notamment par un parent d'élève soutenu par quelques collectifs du quartier qui s'était créé, qui ont déposé des recours contre l’aménagement, contre la contre cette bretelle, qui ont fait des manifestations soutenues par Internet. Et cette association alternative à Paris.
A Alternatiba, il y a eu un rapport de l’UNICEF sur le danger pour les enfants de l’exposition à la pollution atmosphérique, notamment à cause des voitures. Qui a cité différents cas, notamment le cas du quartier Pleyel. Donc je veux dire, c’est un problème qui a été identifié très vite. Il y a un rapport de l’Autorité environnementale qui est un service de l’Etat qui fait de l’expertise environnementale sur des projets d’aménagement. Il y a un rapport de l’Autorité environnementale qui, a des années déjà, avait calculé des estimations. L’augmentation de la pollution locale serait d’exposer les enfants. Ce que je veux dire, c’est que le problème était identifié, posé sur la table et que pression des J.O. Ah ben oui, peut-être, mais le plus important c’est de faire, c’est d’organiser les Jeux Olympiques.
C’est là où, encore une fois, il y a vraiment Une Violence intrinsèque en fait, à ce processus. C’est que quand bien même la question de la surexposition des enfants à la pollution a été posée, pour autant, rien n’a pu dévier cette espèce de bulldozer olympique. Et la preuve en est la décision du tribunal administratif qui avait été saisie du cas de la bretelle Au nom de la protection de la qualité de l’air. Et qui a répondu. Oui, peut être, mais bon, c’est un peu sérieux sur l’environnement. Mais surtout, qui a dit que, en fait, l’intérêt économique de la construction de cette bretelle était supérieur aux interrogations environnementales qu’on pouvait avoir ? C’est là où encore une fois, on parle de Pleyel. Mais en fait, le raisonnement en fait qui amène à cet aménagement, il est valable pour plein d’autres projets en France. On peut penser à l’autoroute à 69 entre Castres et Toulouse. On peut penser à plein d’autres projets, mais c’est toujours cette idée qu’il y aurait un intérêt économique majeur.
Trognon nous dit dans le tchat pose la question Est ce que je t’en prie ? Est ce que c’est du mépris des pauvres ? Parce que la même décision dans Paris intra muros ferait arrêter l’aménagement ? On ne dirait pas. L’intérêt économique est supérieur au bien être des habitants. Enfin, il me semble. Et il y a là une virtuelle qui pose la question. Tu y réponds dans Libé, tu vas pouvoir le faire publiquement. Est ce que des aménagements sont prévus autour de cette école avec par exemple des panneaux pour baisser le bruit parce qu’on n’a pas parlé de la pollution sonore ?
Oui, oui, oui. Alors oui, il y a des aménagements, si vous voulez, qui sont prévus. Tout à fait. Mais vous voyez, ça ne va pas changer le problème de fond. Ça va peut être un peu atténuer ce qu’il y a un aspirateur à particules qui va être installé dans la cour d'école, dont l’association Air Paris qui est chargée de surveiller la qualité de l’air à Paris, nous dit qu’il y a, mais en fait dans la pensée magique n’existe pas. Comment est-ce que ce truc pourrait fonctionner ? Donc a priori, ça ne sert à rien. Donc il y a un côté un peu communication quoi dans cette décision. Donc il y a quelques aménagements, il y en a. Oui. Donc il y a une rangée d’arbres qui a été plantée, il y a des aménagements, il y a quelques aménagements, mais ces aménagements, en fait, ne retirent rien en fait au problème principal qui est la proximité physique entre la voie, l’axe routier et l'école. En fait, c’est ça le problème, et c’est cette chose là qui n’est pas ça. Et c’est on peut mettre les arbres qu’on veut et les dispositifs antibruit, ça ne changera pas, en fait, ce problème là de fond. Et donc moi aussi je m’interroge sur le fait de savoir est ce que ça aurait été accepté dans Paris intra muros. Dans une ville où il y aurait eu plus de réseaux militants ? En tout cas plus parce qu’il y a beaucoup de réseaux militants à Saint-Denis, mais peut être plus de capacité de ces militants à se faire entendre. Est ce que ça aurait été possible ? Ben franchement, on peut vraiment se poser la question. Moi, il me semble voir là un cas typique de ce qu’on appelle aux Etats-Unis une injustice environnementale. Faire le cumul des inégalités, c’est tu vis dans un quartier défavorisé, t’as moins de moyens que les autres enfants dans ton école et en plus tu es dans un tu es exposé à un environnement pollué et plus pollué qu’ailleurs. En réalité, la seule solution parce que c’est vrai que c’est très compliqué les aménagements routiers. Bon moi je ne suis pas non plus spécialiste de ça, mais là. Mais une solution aurait pu être de déplacer l'école, de se dire bah en fait, là où on est en train de construire un endroit qui n’est pas acceptable, en tout cas pas vivre pour des enfants, on a 9 milliards d’euros et ben onze prends, je ne sais pas combien ça coûte, quelques dizaines de millions d’euros, je dis le chiffre au pif et on déplace l'école et on la construit ailleurs. Et là, on aurait eu un héritage vertueux des Jeux Olympiques. Et c’est vrai que c’est un peu étonnant que ça n’ait pas été fait dans ce sens. Bien sûr, on va dans la difficulté, je veux bien sûr, mais Je veux dire, tant qu'à faire, avec la quantité d’argent qu’on dépense et tout ce qu’on décrit depuis le début, c’est à dire cette puissance de cette puissance de décision, cette alliance entre beaucoup d’argent privé et l’appui de l'État, il y avait de quoi. On avait en tout cas, tous les moyens étaient mis sur la table pour pouvoir réussir à faire ça. La question n’a même pas été posée à. N’a même pas été soulevé, donc ça indique bien, encore une fois pour moi cette dimension extractiviste. C’est-à -dire que les aménagements sont pensés pour l'événement, pour l'événement avant tout et après les conséquences négatives pour les habitants. On essaye de limiter les dégâts mais. Mais il n’est pas plus que ça alors qu’un vrai processus démocratique s’est arrêté. On part des besoins des habitants, pardon de cette école et ensuite on voit comment on adapte l’aménagement olympique aux besoins et désirs de ses habitants. C’est là où ça s’est fait à l’envers de ce point de vue là.
Alors avant de prendre quelques questions du chat parce qu’il est déjà 10h 43 Non, non mais je te donne l’heure pour que tu saches où on en est. Si jamais t’as une Conf de rédac ou je ne sais pas quoi qui t’attends. Ton bouquin est sorti y a une quinzaine de jours. Est ce que tu as déjà eu des échos des intéressés ? Que ce soit par exemple les gens de cette école, que ce soit les gens du COJO ?
Non, des échos de lecteurs, des retours de lecteurs. J’ai des retours d’habitants, oui, d’habitants d’Aubervilliers c’est ma ville ? Enfin, c’est là où j’habite et j’ai des amis. Des gens qui ont été impliqués dans la lutte. Et là je ne suis pas maire d’Aubervilliers.Donc bref, non, je n’ai pas eu de retour, ni du COJO, ni de la SOLIDEO, ni de personne impliquée dans l’organisation des jeux. Pas du tout.
Donc toi et la presse ?
Un très bel article dans Le Monde qui est fait par une journaliste, une super journaliste. Là, j’en profite. Isabelle Régnier Je ne sais pas si elle est venue ici. C’est une super journalistique qui suit Architecture et urbanisme pour le monde et notamment qui avait travaillé sur l’aménagement de la porte de la Chapelle. L’aréna Adidas Aréna dont on parlait tout à l’heure. Voilà quatre Car voilà qui a bien compris l’esprit du livre. Et là, avec quelques interviews dans peut être la chose intéressante à partager, c’est que pour un journal qui s’appelle le un, je ne sais pas si vous connaissez quand un journal papier qu’on reçoit sur abonnement, j’ai la possibilité de discuter avec Patrick Braouezec et on a fait un plan de merde Voilà l’ancien maire de Saint-Denis.
Qui n'était pas la gauche saucisse.
Qui était historiquement communiste, rénovateur au passé, à Macron quand même. Ces derniers temps. Donc il y a eu une évolution politique. Mais qui était le monsieur en partie derrière le Stade de France en 98 ? Donc en gros, qui dans ces élus de gauche de la Seine-Saint-Denis a vraiment incarné était un de ceux qui ont le plus poussé à ces aménagements et qui étaient à fond pour la candidature de Paris 2024. Et pourquoi ça se passe dans le 93, je veux dire, qui a été une cheville ouvrière, à la fois un personnage symbolique, mais aussi une cheville ouvrière de toute cette histoire. Et donc bref, nous avons eu l’occasion de discuter avec lui pour le un et à l’occasion de cet entretien, il a reconnu que lui même aujourd’hui était un peu plus critique face à ces aménagements et donc je trouve que c'était intéressant. Alors on peut dire c’est facile à dire maintenant qu’il est à la retraite, qu’il n’est plus en fonction, certes. Dont acte. Néanmoins, pour moi, ça signifie quand même quelque chose. C’est à dire que, y compris les personnes qui ont le plus défendu ce type d’aménagements supposés moins vertueux.
Elles y reviennent avant, même.
C’est un peu ça, la chose qu’ils voient bien que c’est quand même le tableau et pas celui qui avait été promis.
Hier à ma place, il y avait le jeune Ritchy Thibault qui anime une émission mensuelle qui s’appelle La Barricade, et il était là avant la révolution C’est rigolo. Et ils ont évoqué qu’il y aurait des actions contre les Jeux Olympiques. Alors il y a eu cette histoire de gens qui voulaient se prêter bénévoles et puis qui pour finalement saboter. Est-ce que ça se fera ou pas ? On ne sait pas. Les services de renseignements semblent un peu inquiets. Il y a le tchat qui nous a rappelé tout à l’heure. Alors attends, je vais essayer de retrouver ces modèles. Qui nous a parlé, qui avait un préavis de grève, qui avait été posé, qui court jusqu’en haut, jusqu’en septembre. Est ce que, puisque ton ouvrage est dans une optique critique des Jeux Olympiques, est ce que tu penses que les actions militantes vont être possibles ou tout ça va être complètement étouffé dans l'œuf par le risque ? Un appareil répressif ?
C’est ça, en fait, c’est que le dispositif policier va être massif, va vraiment être massif, donc ça va être hyper surveillé. Au point que dans les annonces qui sont faites, il y a les soulèvements de la Terre. Ils ont dit qu’ils profiteraient des J.O. Pour faire une très grosse action, mais ailleurs.
Donc voilà, Promotion j’imagine. Oui, je pense qu’il y aura des tentatives d’action. Ça me paraissait assez logique. Mais. Mais encore une fois, le cadre policier de la surveillance quand même qui s’annonce et voilà peut aussi être dissuasif. On est quand même aussi dans des quartiers où les rapports entre les jeunes à la police sont hyper conflictuels, aux traits brutaux et très violents. Donc ça peut quand même très vite dégénérer quoi. Du côté de la police, excusez-moi, la personne policière qui nous écoute, mais bon, c’est quand même un gros sujet en Seine-Saint-Denis. Et. Et c’est vrai parce que j’ai vu tout à l’heure, au tout début du tchat, quelqu’un évoquait la candidate parce que Jade a cassé tout le dispositif de caméra chez elle.
Tout à l’heure quelqu’un a posé une question sur les Jeux d’hiver de 2030 ? Et comme vous savez, la candidature de la France a été retenue pour les Jeux d’hiver de 2030. Là encore, la politique retenue le seul dossier de candidature retenue à ce stade. Et pourquoi je dis ça ? C’est que ça m’a beaucoup frappé depuis la fin de l’année dernière et le début de l’année 2024. La différence entre la mobilisation contre les J.O. 2030 et ceux de 2024 et ce qu’on voit que pour 2030, il y a déjà plus de mobilisation, plus de manifestations, plus de présence dans l’espace médiatique de cette critique qu’il n’y en a jamais eu pour eux pour 2024. Et donc c’est vrai que l’opposition, la critique, l’opposition ou la critique, parce que la critique n’a pas forcément été une opposition en soi à 2024. Beaucoup des collectifs d’habitants que j’ai rencontrés, que j’ai suivis, se sont positionnés d’emblée comme on n’est pas contre les J.O. Mais on voudrait que ça nous soit moins défavorable où on voudrait que ça nous profite plus. Il y a à voir. Et en fait, cette critique, elle a eu beaucoup de mal à se faire entendre. Et il y a le collectif Saccages 2024 qui s’est créé quelques années après le CRI, beaucoup plus désobéissants, pratiquant les actions de blocage et etc. Et eux non plus ont pas facilement réussi à se placer, à se faire entendre. Et l’action qui avait été organisée l’année dernière au moment du mouvement des retraites avec des salariés de chantier a été une petite action. Bon bref, tout ça pour dire que j’ai beaucoup de mal à prévoir quelle sera l’ampleur des initiatives militantes et des actions vraiment de blocage ou de ce type là ? Parce que jusqu'à présent, ça a été très tenu sous le sous le boisseau, quoi, Très contenue pour les raisons qu’on évoquait depuis le début, c’est à dire le fait que, comme il n’y a jamais eu de discussion, il n’y a jamais eu d’espaces pour ça. Et après, une fois que c’est parti, les gens se résignent. A fortiori dans ces quartiers là où les gens ont du mal à croire en leur voix politique ou X, ils ont du mal à croire en eux mêmes. Et donc si c'était. Voilà, tout ça est très contraint. Donc on a un gros problème démocratique et donc, qu’est ce que ça va donner pendant les Jeux ? Honnêtement, je n’ai aucune idée. Ce que je vois néanmoins, c’est que là commence déjà à s’organiser toute une série de rencontres publiques. Donc ça, je vois des espaces de discussion, de critiques, des compétitions égalitaires, féministes, anti validisme, ça il y a plein de choses qui vont se faire, des choses plus dures, plus de blocages. Je ne sais pas si ça va pouvoir se produire. Je sais que c'était une menace de certains éboueurs et certains syndicats d'éboueurs. L’année dernière, pendant la manif des retraites, la menace d’une grève dans le métro a fait que la RATP a d’ores et déjà reporté le projet d’ouverture à la concurrence, qui est un projet d'énorme bouleversement des transports collectifs en région parisienne. Ça a été reporté à 2025. Ça a été une des premières décisions de Jean Castex qui a bien compris qu’il ne pouvait pas. Enfin, c'était trop, c'était. C'était des grèves assurées et qu’en fait, tout le monde avait bien identifié les Jeux Olympiques comme un moment de vulnérabilité du système. Et donc tout est fait de la part de ces institutions pour essayer d'éviter le problème. Donc voilà. Bref, je suis désolée J’en sais, j’en sais pas plus, je pense que ça va, c’est compliqué. Et d’ailleurs que ce soit aussi compliqué, c’est aussi un problème démocratique.
C’est-à -dire.
Il faut se faire entendre.
De se faire entendre. Est ce qu’il pourrait y avoir des manifs contre les J.O pendant les J.O ? Ce n’est même pas sûr en fait.
Non. Bien sûr que c’est dans ce sens là.
Mais alors j’ai regardé toutes les questions qui ont été superbement remontées par Pauline, mais en fait, la plupart, la plupart surtout la plupart, ont été. Tu y as répondu naturellement, si je puis dire. Même le long de l’interview, il y a peut-être une sorcière qui demande : "Est ce que le bilan écologique qu’on a, qu’on a esquissé tout à l’heure ? Finalement, est ce qu’on ne pourra le faire que sur un temps long ?Il y a quand même quelqu’un qui se demande si tout ça ne va pas être la foire aux fausses factures.
Bah, il y a six enquêtes du parquet national financier aujourd’hui. Concernant les Jeux olympiques, On a évoqué au début la procédure qui concerne Tony Estanguet, mais en fait, il y a une partie du COJO, d’autres dirigeants du COJO, Les Quatre Mousquetaires comme on dit, qui sont visés par des enquêtes aujourd’hui et service des faits de favoritisme parce que, en fait, une partie des dirigeants du COJO. Donc le comité d’organisation des jeux.
C’est drôle parce qu’en fait je me rends compte, tu regardes le Chat comme si les gens étaient physiquement dans la pièce. Je parle aux gens.
Mais c’est génial. J'étais la première à faire comme ça quoi. Si je suis robotisée, là je suis attirée par les lettres et donc, dans ces dirigeants du comité d’organisation des jeux, en fait, il y a des personnes qui au préalable dirigé, ont été impliqués dans des entreprises qui ensuite ont remporté des marchés liés à l’organisation des Jeux olympiques, que ce soit la cérémonie inaugurale sur la scène, que ce soit d’autres, d’autres marchés. Et donc là, il y a des soupçons de favoritisme. Voilà et après il y a les procédures aussi dont on n’a pas parlé, mais on peut quand même les citer, qui ont été engagées concernant le travail de travailleurs sans papiers, puisque c'était aussi un désengagement des jeux, de faire des jeux qui soient enfin qui respectent les droits des travailleurs. Il y a eu tout un dispositif mis en place, notamment avec la CGT de surveillance des chantiers qui fait que de ce qu’on comprend, c’est des chantiers moins, euh, comment dire, qui pratiquement l’exploitation que sur d’autres chantiers de BTP, il y a moins de morts, ma fille elle à qui j’ai dédié le livre pour. Parce que ce monsieur a été tué sur un chantier de nettoyage de dépollution de la Seine en lien avec les Jeux Olympiques. Mais il y a beaucoup moins de morts par exemple, que sur les chantiers du Grand Paris Express. Donc c’est des chantiers très surveillés. Mais néanmoins, il y a quand même des sans papiers qui ont travaillé, employés par des sous traitants, qui ont manifesté pour faire reconnaître leurs droits.
Aussi à un moment donné. Il me semble que tu croises un chef de chantier qui vote FN
Oui, bon c’est le monde du BTP, c’est à dire qu’en fait ce n’est pas parce que les JO que ça nettoie le monde du BTP, de toutes ces violences et de toutes ces duretés. Mais il y a aussi des procédures qui ont été engagées concernant le travail de personnes sans papiers. Bref, donc fausses factures. Il n’y a pas eu encore mais il n’y aura peut-être.
Je pense qu’on a fait à peu près le tour de la question.. Je voulais te poser la question rituelle d’Au poste Qu’est ce que nous avons fait depuis 2 h ?
Nous avons beaucoup parlé. On a essayé de créer une petite brèche critique dans un torrent unanimiste. J’espère qu’on a réussi.
C’est ça le l’objet de ton livre. Une petite brèche ?
Oui, une petite brèche critique, Et parce qu’il y a plein de choses à raconter. Parce que c’est intéressant. Parce que ça nous touche. Et parce que bien voilà, il faut penser de manière critique les choses qui nous arrivent.
, Merci beaucoup Vivement 2025 ! D’ici là, lisez le bouquin de Jade aux éditions Divergences. Petit éditeur Vaillant. Une ville face à la violence olympique, Paris 2024.merci de la part des Augustins
Je te remercie David de ton invitation.
Je t’en prie, je prends une photo de toi pour faire la vignette. Et voilà, tu vas pouvoir lire le chat
Merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés avec autant de bienveillance.
