Johann Chapoutot : « la bordélisation du pays, c’est Macron »
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Au moment où je le dis, j’entends la porte. Prends ton temps, Johann tout va bien. Veux-tu que je te prépare un café ou pas ?
Non, merci.
Johann qui a été le premier, je dois dire, à réagir au quart de tour quand je lui ai écrit Yohann, le charpentier vient d’arriver, puisque c’est ainsi que nous l’appelons ici. Ça va ?
Oui, bonjour David, Oui, oui, ça va.
Alors je souffle un peu et j’ai préparé de l’eau Tu as publié hier dans Libération un papier qui nous va nous servir un petit peu d’ossature pour notre conversation.Tu connais la maison ? Ici, il y a le tchat. N’hésite pas à y répondre. Si c’est l’idée, n’hésite pas à discuter. Il y a déjà beaucoup, beaucoup de monde. Tu m’as répondu très gentiment en me disant. On se serre les coudes.
Oui.
C’est-à dire que ta vie s’est arrêtée depuis la dissolution et était à fond sur le nouveau Front populaire et à fond sur le débat public. C’est ça ton idée ?
Oui, enfin à fond. Non, je ne suis pas du tout en première ligne parce que ce sont les gens sérieux qui le sont. François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière et puis toute la gauche qui s’y est mise de manière ultra responsable. Il faut quand même le dire. On a décidé de mettre sous l'éteignoir les querelles de personnes, les divergences de programme, etc. Pour faire une union comme ça s'était passé en 1936, parce que de fait, on parle beaucoup de Front populaire. Au passage, c’est un coup de génie de François Ruffin d’avoir lancé ce terme là. On parle beaucoup du Front populaire en 1936 et on oublie à quel point ça a été très difficile pour les parties prenantes à l'époque de s’allier.
Lorsque ça, non, on va y venir. On va demander à l’historien. Vous allez faire un cours et il y a déjà plein de monde.
Il y a plein d’autres gens qui seraient capables.
Mais il y a d’autres gens qui viendront dans les jours qui viennent. Ne t’inquiète pas, si tu dis des conneries, tes pairs vont le dire
Bon pour lire sur le Front Populaire, lisez Jean Vigoureux et lisez Serge Volkoff dans son roman. Les deux meilleurs historiens de cette période ont des livres très accessibles qui sont publiés en poche maintenant, qui racontent très bien cette histoire et notamment, les difficultés qu’il a fallu surmonter pour pouvoir s’allier.
Alors Jean Vigoureux, j’ai essayé de le contacter, mais il est en région on va dire.
Il est pris aussi par le jury de l’agrégation.
Eh oui, c’est ça.
Et ça, c’est difficile pour certains universitaires
Est ce qu’on peut te demander de nous dire ton ressenti avant de parler d’histoire et de ta chronique d’hier ? Ton ressenti sur la situation aujourd’hui, en 2024 ? Qu’est ce que tu as ressenti d’abord à 20 h avec les résultats et à 21 h avec la dissolution ?
Les résultats étaient attendus. Il n’en reste pas moins que ça reste un choc de voir le Rassemblement national à plus 30 % des suffrages exprimés des suffrages exprimés. Un C’est important de le dire parce qu’avec un taux d’abstention plus faible que d’habitude, mais quand même, qui est à 40, 40, quasiment 48 %, on a un Front national, un rassemblement. Maintenant on a à. Plus de 15 % des inscrits.
Du corps électoral
Du Corps électoral et donc c’est le choc parce que on voit cette progression avec. Depuis. Depuis le début des années 80 qui n’a rien d’irrésistible contrairement à ce que l’on dit, mais qui est pour le coup très encouragée par les médias et maintenant mainstream. Les chaînes de télévision, les chaînes de radio entre les chaînes de télévision qui sont possédées par des milliardaires ou désormais un service public qui a très peur. Avec d’abord l’abolition de la redevance de la législature qui avait été votée par les macronistes, par LR et par le FN. Généralement d’accord sur beaucoup de choses ces gens là avec l’abolition de la redevance et maintenant le projet de. De fusion dans une entité unique qui serait mieux contrôlée par le pouvoir régissant le. Les médias du service public. On l’a vu avec le licenciement de Guillaume Meurice hier à France Inter
Quand tu dis cette ascension n’est pas irrésistible. Si c’est la méthode Coué.
Non, non, non, Sérieux Quoi ? Oui ? Non ? C’est une analyse structurelle très froide, en fait. De la même manière que je reprends ce que disait Bertolt Brecht quand il parle de la Résistible ascension d’Arturo Oui, c’est une pièce des années 40 où il met en scène métaphoriquement l’ascension d’un chef mafieux allemand, métaphoriquement Hitler, dans le Chicago de l’entre deux guerres. Il parle de résistible ascension parce que de fait, il y avait plein d’autres possibilités qui s’offraient. Il s’ouvrait pour. Pour les acteurs de l'époque. Et d’autre part, l’ascension du fascisme à l'époque de l’extrême droite aujourd’hui était poussée par des médias. A l'époque déjà possédé par des milliardaires qui ont droitiser et extrême droitiser la culture politique de la République de Weimar. Lorsque l’on fait des sondages qualitatifs aujourd’hui sur ce que. Ressentent sur ce que désire ce que rêvent les citoyennes et les citoyens. Personne ne vous dire je veux l’exclusion, je veux le passage à tabac, je veux des flics ultra violents, je veux la concurrence libre et non faussée, la compétition, l’absence de solidarité, bref, tout, l’imaginaire sordide est charrié par les macronistes et l’extrême droite. Personne n’en veut. Idem sous Weimar, personne ne voulait la guerre. Tout le monde voulait plus de solidarité face à la crise, mais on a eu un système médiatique qui a été acheté notamment par un milliardaire qui s’appelait Alfred. Gamberge était un homme d’extrême droite qui a acheté une centaine de titres de presse et a acheté les studios de l’UDF qui sont les grands studios cinématographiques de l'époque. Il faisait en plus la Halas, la petite séquence d’information dans les cinémas avant la diffusion du film. A l'époque, il n’y avait pas d' actualités cinématographiques. A l'époque, il n’y avait pas de télévision.
Et je vous jure pour la caméra. On m’explique que tout est un peu flou, mais c’est l’image qui est floue. Ce n’est pas le propos ne t’inquiète pas.
Et cet achat de média a permis de diffuser de manière brutale, vulgaire des thèmes d’extrême droite. Bref, où gamberge dans les années 20. C’est l'équivalent de Bolloré. Et il avait C’est à nous, non ? Et c’est Pascal Praud à sa botte. Et dans ce contexte là, c’est vrai que c’est très difficile pour la gauche d’exister et de promouvoir son message. Il n’y a qu'à voir le comment dire le déferlement d’insanités auquel on assiste depuis lundi soir, depuis que les plateaux télé ont appris que les organisations de gauche, quasiment toutes les organisations de gauche. Ralliées dans un Front populaire.
Mais alors comment ? Tu n’as pas dit comment la pièce de Brecht se termine parce que s’intitule La résistible Ascension ? Comment on aurait pu résister à l'époque et on grosso modo aujourd’hui, comment on peut rendre irrésistible, pas irrésistible la montée du fascisme ?
Et c’est très difficile. On nage à contre-courant. Ou alors on mène ce que les Anglais appellent Appeal Battle, c’est-à dire que l’on doit franchir la colline, monter sur la colline sous le feu de l’ennemi, en permanence. Est ce que le fait des idées de gauche qui sont pour le coup pas très radicales, une justice fiscale plus sociale, plus de services publics ? Ça va beaucoup moins loin que le Front populaire de 1936. Mais rien que ces idées là, qui sont de bon sens et de percées tempérées face à ce que des politistes, des sociologues, du politique, des économistes appellent la radicalisation du bloc bourgeois et ont fait passer gens qui ont été entre eux. Est ce que centriste en 1936 pour des trotskistes, des staliniens, des hommes au couteau entre les dents qui veulent tout détruire ? Ce n’est pas du tout ça. Donc on fait vraiment face à quelque chose de très puissant, de très violent aussi. Et la violence va s’accentuer au fil de la campagne parce que l’Union de la gauche n'était pas du tout prévue, ni par les macronistes, ni par l’extrême droite et par leurs représentants médiatiques. Donc ça va taper, ça va taper très fort. Et face à ça, il faut beaucoup de courage, beaucoup d’abnégation, beaucoup de sang froid pour des gens qui, à gauche, font face à l’ignominie en permanence. Moi, j’ai une admiration folle pour des gens comme Jean-Luc Mélenchon, Aymeric Caron, Corbière, Gaîté, Clémentine Autain, François Ruffin, Sarah Legrand, toutes et tous qui en permanence affrontent la totalité du plateau contre eux. Ils sont traités d’antisémites, sont traités de fous furieux, de radicaux, d’extrémistes, alors qu’ils ne sont rien de tout ça. Donc effectivement, c’est très difficile, mais on peut compter quand même sur des aspirations à la base, on va dire, comme on disait dans les années 30, des aspirations à la base qui sont tout le contraire de ce que les macronistes et les fachos veulent nous vendre, c’est à dire l’absence de solidarité, la lutte à mort entre des atomes individualisés. Dans une société qui a détruit l’Etat-Providence, qui a érigé la compétition, la compétitivité, la performance et la création de richesses. On a le fait l’oméga de la fin de la vie. Très peu de gens veulent de ça en France, au fond. Donc on peut compter là dessus.
Alors oui, il y a beaucoup de choses que tu dis. Comment on se défend des accusations d’antisémitisme ?
Tout simplement en étant rationnel et raisonnable et en reprenant les déclarations. Elles circulent d’ailleurs sur les réseaux sociaux.
Quand Mélenchon fait un parallèle entre un directeur d’université et Eichmann. Est ce que là on n’est pas dans une dinguerie ?
Écoutez, déjà, il faut voir la fatigue, la tension nerveuse qui est imposée par le contexte aux femmes et aux hommes de gauche. Moi, je serai à leur place. Je pense que je serai déjà incarcéré parce que j’aurais pété un plomb beaucoup plus tôt sur des plateaux de télévision. Donc ils sont quand même costauds. Ils ont des nerfs d’acier, il faut en être conscients. Mais de temps en temps, effectivement, l'émotion prend le pas. Ce sont des gens généralement très intelligents, qui lisent beaucoup et qui parfois font des propositions comment dire, dans la chaleur du moment qui surprend alors que c’est étayé par des lectures et des raisonnements très charpentés ? Pour le coup, Mélenchon compte, par exemple, il y a quelques années, avait dit la République, c’est moi, ma personne est sacrée. Tous les plateaux télévision avaient hurlé à la mégalomanie, à la folie Pardon, mais ça repose sur une culture politique et historique très profonde, de celle de la part de celui que tout le monde maintenant appelle affectueusement, affectueusement, sur les réseaux sociaux "Le vieux". Le vieux, il a lu. Il a une sacrée culture d’histoire romaine notamment. Et de fait, il était député à ce moment-là. Il fait référence à ce que Rome on appelait la sacro sainte Rita, le caractère sacro saint du tribun de la plèbe, seul tribun du peuple. On ne touche pas, on ne touche pas physiquement le tribun de la plèbe à Rome sous peine de mort. Donc c’est ça que Mélenchon disait à des flics et à des substituts du procureur qui étaient en mission commandée par le pouvoir à ce moment-là pour perquisitionner sur 17 sites en même temps. La France Insoumise. Pour Reichman, c’est la même chose. On a affaire et personne ne le liera avec Jean-Luc Mélenchon à quelqu’un qui a une immense culture historique, philosophique et politique. Il a lu Hannah Arendt et ce qu’il dit à ce moment-là, c’est qu’il développe tout simplement la pensée d’Hannah Arendt. Les plus grands crimes adviennent moins par la férocité de ceux qui veulent activement le crime que par la médiocrité de celles et ceux qui temporisent, attendent et voient dans quel sens le vent va tourner. Et ce sont les zélés serviteurs de la machine. La banalité du mal, c’est également Veil et Adèle Van Red qui ont licencié Guillaume Meurice hier. C’est-à dire des médiocres qui sont là pour servir le pouvoir du moment à leurs fins propres. Avant d’aller ensuite. Je ne sais pas moi, terminer dans un cabinet de conseil, dans un conseil d’administration quelconque et faire de la thune ailleurs dans le privé. C’est ça la banalité du mal. De ce point de vue là, Jean-Luc Mélenchon était parfaitement fondé à le dire le problème, c’est qu’il y a une collision des scènes en fait, entre la scène intellectuelle universitaire et une scène qui est habitée par des gens comme Mélenchon, comme Autain, comme Guetté, comme Ruffin qui sont des vrais intellectuels en politique. Et la scène médiatique, Vous avez forcément des petits fennecs de plateaux qui vont tout de suite se jeter à la gorge de quelqu’un qui dit quelque chose d’intelligent en n’ayant évidemment pas du tout la culture de cette personne là. Et comment dire, détruire la personne en question On ne peut pas reprocher à des gens de gauche de lire, de penser, d'écrire et de vouloir élever le débat. Et parfois ça surgit à un moment qui semble inopportun sur un plateau de télévision, mais ça reste fondé intellectuellement.
Et est ce que tu considères que c’est la bonne arme, les bonnes armes aujourd’hui pour lutter ?
Être intelligent, Oui, ça sert toujours.
Oui, évidemment.Mais ce que je veux dire, c’est quoi faire le pari de l’intelligence ? Est-ce que face à l’extrême droite, faire le pari de l’intelligence, c’est jouer gagnant ?
Si on considère le contraire, on ferme la boutique tout de suite. Parce que de fait, la démocratie électorale, c’est le pari de l’intelligence, toujours. Ou alors sinon, on abolit la démocratie. Ou alors on en revient à un suffrage censitaire qui estime que seules certaines personnes ont le droit de voter sur le fondement de leur origine sociale, de la richesse, etc. Mais à partir du moment où on donne le suffrage universel, c’est précisément parce qu’on a confiance en la faculté de chacune et de chacun à s’instruire, comprendre les débats, poser les termes du débat et ensuite voter en conscience et en intelligence. Alors sur qu’ensuite vous avez un système médiatico politique qui fait le pari contraire, le pari de l’abrutissement, le pari du matraquage, c’est clairement le pari Bolloré si vous voulez, qui est un parti d’extrême droite, c’est du Hanouna et du Pascal Praud. Fascinant d’ailleurs de regarder ces émissions là, mais pas pousser quand même quelques extraits de ses émissions pour voir à quel point c’est du moins disant intellectuel en permanence. Et vraiment, on dirait des abrutis qui veulent abrutir le téléspectateur. C’est le pari de l’extrême droite. C’est très clair, c’est classique et c’est structurant dans l’histoire du XXᵉ siècle. Mais aussi c’est le pari des libéraux autoritaires, Stefano Marini, Bruno Amable appellent le bloc bourgeois le pari du moins disant intellectuel.
Je vous demande comment analysez-vous le basculement de l’accusation d’antisémitisme du RN vers LFI ? Comment, historiquement, peut-on expliquer un tel tour de passe-passe ?
Ça, c’est une des impostures les plus grotesques et les plus grossières. Ils dénotent d’ailleurs la panique qui s’est emparée du public bourgeois. Face à des gens qui ont très peu d’arguments pour. Pour promouvoir une politique sociale et fiscale injuste au pouvoir, pour promouvoir la destruction des services publics, pour promouvoir la dévastation de l’environnement et la fin du vivant. Vous avez des députés, femmes et hommes qui ne se résignent pas à ça et qui un ne joue pas le jeu. Cadrage médiatique des questions qui leur sont posées et deux demandent à leurs contradicteurs de se justifier rationnellement. Ça, c’est insupportable pour quelqu’un qui arrive sur un plateau de télévision parce qu’il est parce qu’il estime y avoir un droit divin, soit par naissance, soit parce qu’il a toujours grenouiller dans les arrondissements centraux de Paris. Et ça, on le voit dans toute la dans tout le spectre de ce qui est décliné sur les plateaux de télévision la France Olivier Giesbert qui raconte n’importe quoi en permanence et qui se retrouve sec et muet dès qu’il a quelqu’un de sérieux en face, comme Michaël Zemmour, économiste et qui montre que ça passe. Il n’est pas fondé à dire ce qu’il dit et donc les députés LFI jouent à ce jeu là, Jeu de la raison et de l’intelligence dont vous parlez. Quelles sont vos sources ? Est ce que vous avez travaillé sur le sujet ? Sur quelles études vous fondez-vous ? Quelle est la rationalité de ce que vous dites ? Ça, c’est insupportable pour. Leur contradicteur. Et encore une fois, estime avoir la science infuse. Par droit de naissance. Raphaël Glucksmann, par exemple, qui est le fils de son papa, a été lancé en 2007 par son papa qui lui faisait faire la tournée des plateaux des matinales pour faire la promotion de Sarkozy à l'époque. Donc quand vous avez des gens intelligents en face qui travaillent, ça se passe mal. Donc ces gens-là, il faut les disqualifier. C’est quelque chose de l’ordre de la répulsion ou de la révulsion. Lorsque vous avez un député LFI en face, très clairement. Et pour ça, ce qu’on a trouvé de mieux, plus infamant et à juste titre, c’est infamant. C’est l’antisémitisme. C’est ce qui a été utilisé dans la dernière décennie en Angleterre, dans le Labour Party, pour éliminer l’aile gauche. Au prétexte que traditionnellement, l’aile gauche du Liban avait une tradition pro-palestinienne et anti extrême droite israélienne. Parce qu’on reste dans le. Domaine du raisonnable. On peut tous s’accorder là dessus. Et bien, de manière assez stalinienne finalement, on a utilisé le dire l’imputation infamante d’antisémitisme pour éliminer toute voix de gauche au sein du. Au sein du Labour Party. Et là, c’est ce que les plateaux de télé montrent depuis lundi.
Fascinant, fascinant.
Ils essaient de faire mais en se fondant sur quoi ? Je ne sais pas. Parce que moi, j’ai réécouté les déclarations de Jean-Luc Mélenchon ces dernières années. Et quand j’entends Jean-Luc Mélenchon dire. Tout juif me trouvera à ses côtés s’il est agressé, s’il est menacé, s’il est attaqué. Je cite de mémoire je n’ai pas l’impression d’entendre un antisémite.
Alors que j’ai vu passer un appel de Ludivine Bantigny hier sur Twitter. Elle a raison en demandant, proposant d'étudier ces accusations et d’y répondre de manière honnête intellectuellement. Je cite de mémoire, mais je pense qu’elle pourra retrouver le tweet de ceux qui veulent la voir dans le chat. Qu’est ce que tu as pensé de cette initiative ?
Et c’est une excellente idée. Je lui écris tout de suite à Ludivine pour lui dire qu’elle avait éminemment raison parce qu’il est temps de remettre un peu de rationalité là dedans, parce que c’est l’accusation infamante prime captive ultime pour disqualifier la gauche. Et ça ne repose sur rien. Parce que là, on est ressorti sur les plateaux de télévision, on reprend, sur le service public, sur France cinq, le tweet de Jean-Luc Mélenchon à propos de Pie V allant à Jérusalem selon laquelle elle allait camper à Jérusalem. On dit est antisémite. Mais qu’est ce qu’il y a d’antisémitisme là dedans ? rien. C’est une expression familière qui consiste à dire qu’elle est allée poser ses bagages là bas au lieu de défendre la République en France au même moment. Voilà, c’est ça l’idée d’y voir une allusion quelconque, un camp de concentration. Mais Et encore, qu’est ce que ça voudrait dire ? Volontairement, elle est allée dans un camp de concentration. Mais ça n’a aucun sens. Aucun. Donc tout repose sur des supputations, sur des insinuations qui sont, comment dire, à la fois malhonnête et grotesque. J’ajoute pardon. J’ajoute que pour quelqu’un qui est de gauche humaniste. Même si le terme a été un peu délavé ces derniers temps, un humaniste vraiment universaliste. La notion même d’antisémitisme est physiquement répulsive et on ne peut pas penser qu’une personnalité de gauche qui passe son temps à se battre pour les minorités, pour les faibles, pour les pauvres, pour la justice sociale, pour la justice fiscale, pour l'état de droit, puisse avoir quoi que ce soit à faire avec l’antisémitisme. C’est un non-sens logique et c’est une insulte. Et, et ça ne repose, ça ne repose sur rien.
Il y a quand même des courants antisémites dans l’histoire de la gauche et même l’antisémitisme peu à peu, on peut avoir des jalons de penseurs de gauche.
Mais revenons. Ça, ça existe effectivement.
Mais ce que je veux dire, c’est que je suis. Et de dire je suis de gauche, humaniste.
En gros, je suis le camp du bien. Non, non, non. De quel, de quelle gauche s’agit-il ? Quand on parle des antisémites de gauche à la fin du XIXᵉ siècle ? Est ce que c’est à ce moment là que ça se cristallise dans un contexte de dépression économique ? Dans les années 1880-90, mais des gens qui développent ce que certains appelleront le socialisme des imbéciles, c’est à dire taper sur les juifs en prétendant taper sur les sur les capitalistes, alors que la totalité de la population juive en Europe à cette époque plus misérable que millionnaire, ça c’est très clair. Donc voyons qui sont ces gens là qui utilisent l’antisémitisme contre le capitalisme. Ce sont des gens qui ne sont ni universalistes, ni internationalistes, ce sont des nationaux. Ça, c’est éternel, l’a très bien montré dans tous ces ouvrages où ils étudient la naissance de l’idée d’un socialisme national que d’autres appelleront le national socialisme qui se limite uniquement aux frontières d’un État, d’un peuple, voire pour certains, d’une race. Ce ne sont ni des internationalistes, ils sont tout le contraire, ni des universalistes. Donc lorsqu’on est vraiment de gauche parce que ces gens là ne sont pas de gauche, la gauche est par définition, elle est universaliste, elle est internationaliste, elle est humaniste et elle épouse le genre humain. Lorsque l’on est vraiment cela. Les notions de racisme, d’antisémitisme, de sexisme n’ont absolument aucun sens. C’est une répulsion physique, mais c’est un dégoût physique.
Dont l’origine ne protège de rien. Ce n’est pas parce qu’on est. Je me fais l’avocat du diable puisque le chat dit ça va être un entretien d’anthologie, je donne tout. C’est ce que les gens disent, mais moi, je veux encore plus.
Donc je donne tout. Tout va bien. Je donne ce que j’ai lu, ce que j’ai compris et ce que bien d’autres politistes, économistes, historiens, historiens ont pensé. Je me fais le relais.
On fabrique des armes intellectuelles tous ensemble, les gens du Tchad et moi. Voilà. Oui, l’origine ne protège de rien. Ce n’est pas parce qu’on vient de la gauche qu’on est de gauche qu’on ne peut pas, à un moment donné, vriller.
Et la notion même d’origine n’a rien à voir avec la gauche. Si on doit parler d’origine familiale, moi je viens d’un milieu de droite.
Ça se voit parfois.
Bon, c’est ça. C’est gentil, mais l’origine n’a rien à voir avec ça. Le fait d'être de gauche est une démarche intellectuelle et c’est l’immense mérite. C’est pour ça qu’il est détesté qu’il soit détesté. Jean-Luc Mélenchon et de tous ses soutiens à gauche, de tous ses compagnons de route, même s’ils ont pris leurs distances aujourd’hui, c’est leur immense mérite d’avoir dit que de rappeler que c’est un travail qu’il faut lire, qu’il faut penser. Est ce que je cite à nouveau cette petite phrase du philosophe Alain qui est très juste La pente est à droite et toujours à droite l’avachissement, la fainéantise, l’abandon ou c’est comme ça et c’est pas autrement, ça peut pas changer, ça a toujours été comme ça ou l’avachissement dans la. Comment dire Dans la vulgarité abrutissante d’un Hanouna de C8 de Pascal Praud La pente est à droite. Être de gauche, c’est vraiment un travail, un travail quotidien et parfois y compris contre soi-même, contre ses préjugés, contre ses premières idées spontanées. Et donc lorsque l’on fait vraiment ce travail là. Évidemment qu’on est prémuni contre cette lèpre intellectuelle et morale que constitue l’antisémitisme ou le racisme, bien entendu.
Florent Calvez, dans le tchat vous demande "Pensez vous que nous sommes dans une époque où les gens dopés à la dopamine par les internet et les chaînes d’info ont envie de sang ? Au-delà même des convictions politiques, y a t il eu d’autres époques semblables, pertinentes ?
Je ne sais pas si c’est une question de dopamine parce que j’observe que aujourd’hui, sur les plateaux télé justement, on a tendance à faire la à réhabiliter la sociobiologie. Par les sciences cognitives, par une espèce de génétique sociale. Donc à ramener tout à des corps que l’on pourrait influencer par la bonne dose de chimie de telle une chimie symbolique sur les plateaux de télé. Je ne sais pas si c’est vraiment les bons termes, mais par contre, ce qu’on observe, ça c’est très juste, c’est qu’aux mêmes causes, les mêmes effets. Lorsque vous avez un paysage médiatique à l’unisson qui ne pose pas les vraies questions et les bonnes questions, qui font du sensationnalisme imbécile alors qu'à l'époque ce n'était pas les réseaux sociaux, c'était pas la télé, mais c'était des unes en gras et en rouge. Il tapait sur les juifs qui tapaient sur les étrangers et qui tapait sur la République. Après cette douce gamberge dans les années 20, évidemment aux mêmes causes, les mêmes effets. Quand vous saturer un espace cognitif public par les mauvaises questions, par des idées dégueulasses et par des raisonnements frelatés, forcément vous aboutissez au résultat logique. Regardez les statistiques qui ont été faites ces derniers temps sur la présence médiatique des différentes têtes de listes aux élections européennes et bardées là de mines de manière éhontée. Il est deux fois plus présent que les deux suivants cumulés. Mais parce que de fait, le simplisme, la bêtise, la violence du rassemblement national correspond mieux à une certaine télé qui va jouer le moins disant culturel et social, mais aussi parce que ça correspond à ses intérêts à la fois sociaux, sociaux et financiers. On le sait maintenant, ça a été abondamment montré, prouvé par les votes du RN à l’Assemblée, par les votes du RN au Parlement européen. Le RN vote toujours pour l’injustice sociale, pour l’injustice fiscale, contre les droits des femmes, contre les droits des faibles, contre les droits des étrangers. Toujours. Ils votent toujours avec la Macronie. Le bloc réactionnaire, autoritaire, national, autoritaire et le bloc bourgeois sont d’accord sur à peu près tout.
Je voudrais qu’on parle de 36 et évidemment, j’ai beaucoup, beaucoup de questions avant quand même. Enfin une qui me vient à l’esprit. C’est vrai que d’un côté, on pourrait. Vous avez combien de temps ? Pas de problème. C’est vrai qu’on peut tout à fait superposer la puissance des réseaux sociaux, la carte des réseaux sociaux avec la carte de l’extrême droitisation du monde. Là, il y a quelque chose d’absolument frappant de Trump à Orban. Donc c’est pour ça que je demande comment on peut lutter contre cette démagogie, comme l’appel que vous dénoncez, vous expliquer comment on peut faire. C’est-à-dire qu’on pensait avoir trois ans, on a trois semaines.
Oui. Ensuite, il y a eu un électrochoc qui a permis une réponse immédiate. François Ruffin qui parle tout de suite le Front populaire à la télévision et les partis de gauche qui reprennent tout de suite cette idée là, en mettant d’ailleurs les rancœurs à la rivière de manière ultra responsable. Ils ont toutes et tous été à la hauteur du moment historique. Je ne parle pas de Glucksmann qui évidemment, lui. Achronoshollandisme rebouilli si vous voulez. Et c’est normal qu’avec les Cazeneuve, les Vals c’est tous les comment dire ? Tous les spectres si vous voulez, de la Hollandie, c’est-à dire ceux qui a produit ont un il soit contre ça, c’est normal, ils sont droits. D’ailleurs au passage, c’est intéressant de voir le nombre de gens qui sont de droite et vous disent plus jamais je voterai à gauche mais je vais voter à gauche. J’inclus un Glucksmann également parce que je ne sais pas ce que des gens comme ça ont de gauche, puisque les luttes sociales, ils s’en fichent. Les droits des plus faibles s’en fichent, la justice sociale généralement et fiscale, ils s’en fichent au moins. On doit à la rafraîchissante candeur d’un Glucksmann nous avoir dit clairement les choses. On peut lui reconnaître ça, il nous l’a dit. Moi, faire des manifs contre les allongements du départ à l'âge de retraite, ça ne me fait pas vibrer, dit-il. Dont acte. Et c’est normal. Parce que lui, par sa position sociale, sa fortune personnelle familière, ses réseaux, il a besoin du système de retraite universel par répartition, il n’en a pas besoin. Donc évidemment, il ne peut pas manifester pour ça. Il ne va pas s'élever à la à l’impératif catégorique universel.
On pourrait dire plus précisément pour aller manifester pour les autres,
Il n’est pas de gauche, c’est ça ? CQFD. Donc on entend des gens comme ça dire ah bah c’est fini, je voterai plus jamais à gauche mais n’ont jamais voté à gauche, ça ce n’est pas grave. Là, il faut rester entre gens sérieux, entre adultes. Et de fait, on a pu voir que Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, Marine tondue et puis tous les 30 voix, toutes les grandes voix de la France insoumise, François Ruffin, Clémentine Autain, Clémence Gaîté, Sarah Legrain Ils ont toutes et tous été au rendez vous. Et vraiment bravo pour ça. Parce que ce n'était pas évident. Ce n'était pas évident comme ce n'était pas évident en 1936. Je peux vous assurer que pour faire l’Union entre la S.F.I.O. À l'époque Parti radical d’Édouard Daladier et le PCF de Maurice Thorez étaient sur une ligne ultra stalinienne vraiment beaucoup plus difficile qu’aujourd’hui. Bravo à eux.
On va parler de ça. Justement, quelqu’un parle de parle de Sandrine Rousseau ? Impeccable. Sandrine Rousseau sera au poste la semaine.
Alors là, impeccable, oui.
Et sa petite sortie face à Ciotti hier. Je ne sais pas si vous l’avez vu devant le siège des Républicains en lui disant honte à vous, honte à vous. C'était quand même un morceau de bravoure.
Et de courage, et de courage. Et de courage physique aussi. Bien sûr, il faut voir qui sont ces gens là qui sont entourés. Non, vraiment, bravo.
Alors, qu’est ce que je voulais dire sur le monde des médias dans les années 30, dans les années 20-30 ? Il y a sur le rôle des médias ou L’anti héros, il y a les travaux de Daniel Schneidermann qu’on avait reçu pour ceux que ça intéresse. C’est ce cocon qu’on termine sur les médias parce que je vois que ça vous tient à cœur. Est ce qu’il n’y a pas aussi une façon du monde intellectuel que nous représentons de penser que les gens ne votent pas par eux mêmes, ne pensent pas par eux mêmes, qu’ils sont manipulés par les médias, alors qu’en réalité ils font face à une réalité qui est extrêmement dure et à laquelle ils n’ont aucune réponse. Les gens qui vivent mal, qui bref qui sont dans la merde. Et est ce que d’attaquer bille en tête Bolloré, évidemment, pour le fermer ? Est ce que là on est on n’est pas hors sol ?
Non, non, parce que le sol, justement, il est fécondé par des idées. Lorsque vous êtes dans une situation sociale difficile, vous vous posez des questions sur les portes de sortie, les portes de sortie. Elles vous sont offertes par de fait des médias qui vous proposent des idées. Et quand ces médias là ne posent pas les bonnes questions et ne donnent pas les bonnes solutions parce que, au lieu d’inviter Félicien Faury qui fait une analyse magnifique des motivations de l'électorat FN, ils ont invité Christophe Barbier ou Franz-Olivier Giesbert. Au secours ! Évidemment, on aura Boomer comme on dit. Maintenant, ils vont bavasser en racontant n’importe quoi et on. Le sollicitant. Je ne sais pas quel institut de sondage en carton va leur sortir les chiffres qu’il faut.
Alors Faurisson était là et il était ici sur ce magnifique travail, comme Bruno Amable, comme Stefano Marini, comme Hugo Balta qui était d’ailleurs, mais qui font tous et toutes un travail absolument magnifique. Et pour les médias d’ailleurs, j’aimerais juste citer deux références. On parlait de Daniel Schneidermann avec arrêt sur image et très important. Et du côté universitaire, on a Christian Delporte.
Oui.
Christian Delporte qui est un très grand historien des médias et on a également ce collègue de Reims dont, pardon, je suis fatigué parce qu’on est tous fatigués.
Euryale si tu peux noter Christian Delporte et l’auteur de…
De Jupiter et Mercure et pardon à lui parce que le nom m'échappe, mais là ce n’est pas grave,
Ce n’est pas grave. Alors parlons en fait de 34 parce que le Front populaire, c’est 36, mais tout démarre en 34. Tout démarre après le 6 février 34, c’est-à dire la menace fasciste. Là, les fascistes qui manifestent à Paris au bout, aux pieds, sur la place de la Concorde et au pied de l’Assemblée nationale. Et là, justement, il y a tous les courants de gauche qui, comme aujourd’hui, se mettent d’accord. Mais qu’est ce qui se passe exactement ?
Alors là, je parle en relayant les travaux de Serge Volkoff et de Jean Vigoureux sur le Front populaire. Ce qu’il se passe, c’est que, de fait, la manifestation antiparlementaire du 6 février 34 fait tomber le gouvernement. Parce que Daladier, il vient pourtant d'être investi par la Chambre des députés, décide face au carnage. Il y a plus de quinze morts dans les rues de Paris, de démissionner.
Pour Daladier, à l'époque qui est-il ?
C’est très intéressant, c’est un radical. On pourra sans doute repartir du parler du Parti radical parce que son histoire est très intéressante et elle éclaire beaucoup de choses. L’histoire du PS aujourd’hui, je trouve que c’est un membre du Parti radical. C’est un vrai homme de gauche. Daladier, il est fils de boulanger à Carpentras. Il a été boursier. Il a été le plus jeune agrégé de France, agrégé d’histoire. Il a fait. Il a été combattant pendant la Première Guerre mondiale. C’est un ancien combattant héroïque de la Grande Guerre et c’est un homme vraiment de gauche et qui incarne l’aile gauche du Parti radical. Pense que quand on voulait faire une carrière politique à l'époque, c'était le PS. Il y a dix temps, dans les années 20 et 30, le véhicule c'était le Parti radical, donc il est allé là.
Qui sont les centristes de l'époque ?
Alors justement, l’histoire est intéressante parce que le Parti radical, comme son nom l’indique, a été radical. A la fin du Second Empire et pendant les débuts de la troisième République, c’est vraiment l’extrême gauche, le parti des gens qui veulent la République. A une époque où être républicain, c'était être d’extrême gauche sous le Second Empire et ensuite qui ont voulu l'école gratuite, laïque et obligatoire. Ce qui fait scandale à l'époque, qui ont voulu la laïcité, ce qui était un scandale. L'époque y encourage la création du ministère du Travail, des embryons de droit du travail que l’on crée à la fin du XIXᵉ siècle. Et il se trouve que c’est un parti qui ensuite a été déporté vers le centre. Parce qu’au fond, avant 1914, son programme est fait. La laïcité, c’est bon, l'école gratuite, laïque, obligatoire, c’est bon. C’est même le Parti radical qui a tenté les premiers linéaments d’un impôt sur le revenu en 1913 et pendant l’entre deux guerres. C’est quelque chose. Enfin, c’est un parti qui s’est un petit peu recentré, mais il y a une aile gauche et Daladier est la figure de proue. C’est très comparable au PS parce que c’est un parti plutôt tempéré, modéré, un parti plutôt bourgeois, un parti d'élus, un parti de cadres où s’affrontent une aile gauche Daladier et une aile droite très puissante autour de gens comme Georges Bonnet par exemple, y seront des admirateurs convaincus du troisième Reich qui sont des antisémites rabiques Car par ailleurs, il y a vraiment à boire et à manger dans le Parti radical. Mais voilà, pour la situation du 6 février 34, Daladier démissionne le sept au matin. Et ce qu’il se passe, c’est qu’on a une gauche ultra divisée, infiniment plus qu’aujourd’hui. Ce que la CGT était fracturant de la SFIO, s'était fracturé en deux entre les socialistes et communistes sur le fondement.
C’est ça la fracture, c’est les léninistes d’un côté, les communistes d’un côté et les socialistes de l’autre.
C’est ça la fracture. Elle s’est faite en 1920 sur les 21 points du Komintern, les 21 points de Lénine à ce qu’on adhère au Komintern, c’est-à dire à l’Association communiste internationale. Est ce qu’on veut la révolution ou pas ? Alors d’un côté, il y a les. Léon Blum appelle les gardiens de la vieille maison qui décident de rester sur une ligne sociale réformiste. Donc c’est les socialistes et c’est la CGT. Et de l’autre côté, vous avez la CGT et le parti à la section française de l’Internationale communiste qui est beaucoup plus favorable à une ligne révolutionnaire. Donc le fossé était béant entre les deux, infiniment plus qu’entre LFI et l’aile gauche du PS. Aujourd’hui infiniment plus. Et pourtant, les appareils ne voulaient pas s’unir. Mais c’est la base qui l’a imposé par des manifestations le 9 février, puis le 12 février 1934, où les cortèges. Opposés des deux fractions de la CGT se rejoignent ou les cortèges des socialistes et des communistes se rejoignent. Et là, les appareils disent qu’il est en train de se passer quelque chose.
Johann Petit souvenir d’avant hier, j'étais rue des petits hôtels où il y a le QG des Verts, où se tenait la réunion des partis. Vers 22 h 30, annonce que le Front Populaire est né. Le Front populaire deux zéro est né et je discute après. Et à ce moment-là, il y avait des centaines de jeunes. C'était vraiment des jeunes qui étaient là, qui réclamaient l’union. Et en lisant votre article hier, j’ai vraiment, j’ai pensé tiens, c’est comme en 34, quand le peuple force les appareils. Et il se trouve que. On me dit en effet alors ils sont là, j’ai plus de batterie et on me dit c’est pas LCT. Et un autre qui te dit qu’en effet le fait que des jeunes soient venus et scander pendant 2 h ou l' Union, ça les a forcés à sortir un truc plus vite qu’ils ne voulaient. Voilà, petite anecdote.
Complètement et Marine dont de Lille a dit d’ailleurs à la presse c’est parce qu’il y avait cette pression des élus que ça c’est ça, on a fait l’Union, ce qui d’ailleurs rappelle, et c’est Mathilde Larrère et l’usine Montigny qui le rappelle incessamment depuis lundi que l' Union s’est faite à gauche et le Front populaire a pu non seulement gagner des élections, mais faire un programme de gauche sur lequel nous vivons encore aujourd’hui. Congés payés c’est parce qu’il y a eu un mouvement social puissant, il y a eu des grèves, il y a eu des occupations d’usine, donc c’est un tout. Clémenceau disait La révolution, c’est un bloc de fait. Là, c’est un tout. L’Union à gauche, elle se fait également par les ONG, par les associations, par la base citoyenne, par les syndicats. Et de ce point de vue là, un immense bravo à Sophie Binet également qui vient de Briançon je trouve, et qui elle aussi a tout de suite été à la hauteur de l’histoire, tout de suite été à la hauteur de l'événement en appelant au Front populaire et en disant que la CGT, le mouvement syndical, participera à cette œuvre là.
Vous avez son livre sur le CNR, le Conseil national de la Résistance.
Non, je ne sais pas, je n’ai pas d’idée.
Très bien. Et elle est venue en parler et c'était très bien. Cours mais c'était très bien, ce qui est quand même brillant.
Sophie Binet Enfin, quand vous voyez la médiocrité du personnel politique en Macronie comme au RN, des gens qui ont et qui ne savent même pas ce que c’est qu’un livre, qui ont une distance, voire un mépris pour la lecture, pour l'écriture, pour la réflexion intellectuelle, parce que c’est des gibiers de. Parce que ce sont des gens qui, au fond, ne sont intéressés que par la vulgarité, le fric, le matérialisme, etc. Quand vous voyez ça et quand vous voyez l’extrême qualité et l’extrême dignité du personnel politique à gauche. Sophie Binet a démenti, Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, François Ruffin. Là, on a affaire à des gens qui pensent
Mais on va vous répondre pas du tout. Ce sont des gens qui sont pour le bordel, Ce sont des gens qui sont pour le désordre, Ce sont des gens qui sont pour qu’on mette le feu.
Eh bien, c’est une blague. Alors ça, ça fait partie des. C’est comme l’antisémitisme, ça fait partie des croquemitaines qu’on agite sur les plateaux mais qui ne correspond à rien. Quand Darmanin, Macron et d’autres parlent de La Borde du pays, d’ailleurs, on remarque que lorsque Macron a fait son élocution, il a dit je fais ça contre le désordre et le désordre, c’est les fils, c’est pas du tout le RN hein. Pas du tout. Les associations de fachos qui font le coup de poing dans les centres villes, pas du tout. Ça, ça va. D’ailleurs, on voit que lorsqu’il y a des manifestations de fascistes en pleine rue à Paris, l’accompagnement policier est tout à fait agréable à Maine et Courtois. Par contre, quand il y a des antifascistes qui défilent, or là, ils sont défoncés à coups de LBD. Bon, ça c’est une parenthèse, mais la bordélisation du pays, c’est Macron quand même. Qu’est ce qui précipite les gilets jaunes ? C’est un petit imbécile qui couvre son petit copain Benalla, qui est un voyou complet, qui a usurpé les insignes de police pour aller frapper des gens dans la rue le 1ᵉʳ mai 2018 qui est couvert par un irresponsable. Je comprends pas que des gens intelligents qui avaient pu voter Macron par indolence on va dire, ne se soient pas détachés immédiatement de ce type dont on voyait qu’il était. Je reprends le mot de François Ruffin barré parce que pour un gardien des institutions, un gardien de la paix civile. Le responsable, c’est moi. Venez me chercher. C’est lui qui a provoqué pour le coup le pays. Regardez en Nouvelle-Calédonie ce que l’ignorance, la bêtise, le mépris ont provoqué. Presque 40 ans de paix foutu en l’air pour des histoires de tambouille électorale locale, pour se gagner le soutien des loyalistes qui votent Macron en rangs serrés. Voyez ce que ça donne. C’est eux, les organisateurs, qui est-ce qui désorganisent tout ce qui détruit le service public scolaire ? Qui est-ce qui détruit le service public hospitalier ? Qu’est ce qui met sous tension de manière irresponsable les forces de police et de sécurité au moment des J.O. Un peut oublier les calendriers, mais la rentrée de l’Assemblée nationale, ça va se faire jusqu’au 1ᵉʳ août, c’est à dire précisément dans un périmètre où il faudrait des QR code. Mais comment on va faire avec plus de 1000 assistants parlementaires, plus de 500 députés ? Qui sont les bordélisateurs. Ce sont des gens qui, pour le coup, eux, sont complètement déconnectés. Pour reprendre une métaphore informatique qui leur va très bien parce qu’ils ne cessent de parler de logiciel, de se révéler eux-mêmes à la dignité de machines et d’ordinateurs. C’est eux, les bordéliques amateurs.
Revenir à 1000 934 936. Mais c'était un bon passage. Si une bonne émission, une bonne émission. Il y avait beaucoup de monde. Ça donne des armes, ça donne des armes. Alors je reprends, je reprends. Donc le Front populaire, c’est les congés payés. Vous l’avez dit, c’est des droits syndicaux, c’est la semaine de 40 heures, c’est là, c’est tout un tas de tout un tas de choses. Je fais vite. Il y a donc le peuple de gauche qui fait pression sur les appareils. En 35, il y a les premières élections législatives, municipales, qui sont remportées par la gauche et ensuite il y en a 36.
Oui.
Donc qu’est ce qui se passe en 36 avec ce qu’on a derrière ? C’est plutôt Hitler que Blum puisqu’on dit c’est plutôt le tiers que le Front populaire. Mais dans votre article deux, il.
Y a les deux.
C’est les deux qui existent.
Et il y a les deux. Les deux expressions, c’est une formule qu’on trouve chez Emmanuel Mounier était un chrétien démocrate centriste et qui, en février 1938, écrit dans la revue Esprit Etienne Donc c’est vraiment pas des gauchistes. Jean a écrit Dans la revue Esprit, on entend la bourgeoisie française murmurer plutôt Hitler que le Front populaire. Et il caractérise véritablement ce que Palombarini et Amable appellent le bloc bourgeois ou ce que Paul Elek appelle l’arc réactionnaire et le choix qui a été fait par les possédants de privilégier la droite extrême et l’extrême droite contre la gauche qui à leurs yeux, est vraiment une abomination. Mais c’est exactement ce qu’on voit sur les réseaux sociaux de droite et sur les plateaux télé depuis lundi soir. Parce que le Front populaire, il faut rajouter à toute la liste que vous avez énuméré et qui est très juste, un élément supplémentaire qui est la dignité retrouvée. La fierté et la dignité retrouvée pour des gens qui étaient écrasés par le capitalisme et étaient humiliés par la crise, la fierté d'être à nouveau quelqu’une ou quelqu’un. Et ça, c’est la philosophe Simone Weil. Après Simone Weil, philosophe dans les années 30. C’est cette Simone Weil
Celle, avec le W.
Avec le W qui a pour le coup décidé d'être une établie, c’est-à dire de travailler en usine et de vivre la condition sociale, physique, morale des ouvriers, des derniers, des derniers à l'époque. C’est ce qu’elle a fait et elle parle de 1936 comme d’un moment de fierté retrouvée. Ce que la droite conspuée sous l’expression les salopards en casquette, salopards en casquette, qu’est ce que c’est ? Ce sont ces ouvriers qui subitement se croient tout permis. Ça y est, Avec leur casquette, leur salopette, ils ont pris possession de l’outil de travail, ils occupent l’usine, ils ont séquestré le patron ou ils l’ont fichu dehors. Et ça, c’est inacceptable. Ça a été un traumatisme terrible pour la droite et pour les possédants. Le Front populaire, et on en parle encore aujourd’hui. J’ai connu des gens de 80 ans, 90 ans qui étaient des bourgeois et qui se souviennent. Traumatisme de juin 36 où ils ont vu qu’ils n'étaient plus les chefs. Au fond c’est pour ça que la réaction a été si violente. C’est pour ça que, en 1938, ce que j’explique dans l’article de Libé, le Parti radical se retourne comme il l’a fait en 1926, comme il l’a fait en 1932 34. Il se retourne vers la droite. Il fait alliance avec la droite. À ce moment-là, il met Paul Reynaud, qui est un ultralibéral aux finances. Daladier décide d'épouser une politique sécuritaire libérale de droite, ouvre les premiers camps de rétention. Pour les réfugiés espagnols qui ont fui le franquisme et où vont être incarcérés ensuite les antinazis autrichiens et allemands qui avaient fui le nazisme et qui se retrouvent incarcérés en France par la République française. Il faut, il faut, il faut bien s’en souvenir. Politique de répression, politique de désagrégation des acquis sociaux, mais qui était voulue par une droite ultra revancharde. Où les laver ? L’affront de 1936. Et face à cela, face à 36, c’est à dire face aux communistes qui soutiennent le gouvernement, face à la CGT toute puissante, face à un juif socialiste qui est chef de gouvernement et qui fait les congés payés et relève le salaire minimum, qui fait des accords d’entreprise, etc. Face à ça, vous avez Hitler. Il faut bien s’en souvenir. Je ne cesse de le répéter que dans la perspective des années 30. Pour la droite, pour le bloc bourgeois, Hitler, c’est quelqu’un de bien, c’est quelqu’un de raisonnable, c’est quelqu’un avec qui on peut parler et à qui on peut faire affaire au sens littéral du terme. Regardez les Citroën, les Renault, etc. Ils se précipitent tous en Allemagne à cette époque. Pourquoi ? Parce que ce que fait Hitler fondamentalement dans les années 30, avant la Shoah, qu’est ce que c’est ? C’est une politique de régénération sociale, de réarmement moral, terme qu’on a un petit peu entendu ces derniers temps. Et c’est une politique qui détruit la gauche la plus ancienne, la plus puissante, la plus structurée au monde : la gauche allemande, le SPD, le KPD, les syndicats allemands qui sont balayés en quelques semaines. Et dans ce contexte là, c’est quelqu’un qui adresse des commandes massives à l’industrie d’armement allemande, c’est à dire les fondamentaux l'économie, l’acier, le charbon, le pétrole, la chimie, la pétrochimie, l'électricité et qui fait retravailler tout cela pour équiper une armée qui va passer de 200 000 hommes à 3 millions, puis à 5 millions d’hommes dont les besoins sont immenses. Donc, dans ce contexte là. L’Allemagne est redevenue, et peut être plus qu’elle ne l’a jamais été, une zone optimale d’investissements. C’est-à-dire que pour un investisseur étranger, quand on met son argent en Allemagne, on sait qu’on aura un retour sur investissement. Il n’y a plus de gauche, il y a plus de syndicats. Les trains arrivent à l’heure et les commandes d’armement sont massives. C’est pour ça que, évidemment, toutes les bourgeoisies occidentales ont évidemment fait le choix d’Hitler plutôt que de Blum. Les affaires ont été fructueuses avec les nazis jusqu’au début de la guerre et pire que ça, parfois même après la guerre. Parce que les États-Unis, enfin les investisseurs américains, continuent à mettre de l’argent en Allemagne après 1939, après 1940 et même parfois après 1941, c’est-à dire après même l’entrée en guerre des États-Unis.
Vous écrivez dans votre dans votre chronique publiée dans Libé, que les « libéraux », des libéraux et l’extrême droite, ont toujours le même ennemie la gauche redistributive. Donc là on peut plaquer 36 et 2024 ?.
Et bien sûr, les structures sociales et les intérêts des acteurs sociaux n’ont pas beaucoup changé au fond. En analogie, beaucoup de mouvements sont plus les mêmes etc. Mais les questions qui se posent sont toujours les mêmes : comment est-ce que l’on partage les richesses ou pas ? Est ce qu’il doit y avoir un état providence ? Est ce qu’il doit y avoir des services publics ? Est ce qu’on ne doit pas tout abandonner à la nature, comme disent les darwinistes sociaux et au fait que ceux qui sont pauvres, ils sont malades, sont promis à la mort et c’est normal, c’est la loi naturelle. Ou est ce qu’on doit au contraire dire que tout ça c’est des constructions sociales contre lesquelles on doit aller pour rétablir la justice ? Par humanisme et par humanité ? Simplement par pure logique si vous voulez. Donc les questions sont toujours les mêmes et les acteurs sociaux sont tout à fait comparables. Vous avez toujours une bourgeoisie d’affaires industrielle, bancaire, médiatique, qui a un certain agenda, comme on dit maintenant, qui n’est certainement pas prête à partager, partagé quoi que ce soit. Regardez à quel point ils sont insatiables, ils n’en ont jamais assez. On balance 160 à 200 milliards d’euros d’argent public par an pour aider une économie privée et redistribuer ensuite 100 milliards d’euros à ses actionnaires. Et qui va hurler à la perspective qu’a la gauche de revenir sur la flat tax créée par Macron ou de recréer un ISF ? C’est délirant. Et dans ce contexte là, si vous voulez, les situations sont toujours comparables. Les libéraux, je les mets entre guillemets parce que. Pas des libéraux au sens politique du terme, sont des libéraux au sens économique du terme. Donc ils sont pour les vite pro-business et pro intérêts privés. Ces gens-là s’accommodent très bien d’une absence totale de libéralisme politique. Regardez le choix des penseurs néolibéraux dans les années 70 qui applaudissaient Pinochet.
Bien sûr.
Et avant ça.
Les Chicago Boys et tout ça.
Et regardez avant ça, en 1922, qui met. Mussolini au pouvoir. Contrairement à ce qu’on dit, l’extrême droite n’arrive jamais au pouvoir. Électoralement, elle n’y arrive jamais. Mais par contre on la met au pouvoir. Qui met au pouvoir Mussolini ? C’est le leader italien qui met au pouvoir Hitler à un moment où les nazis sont en train de s’effondrer électoralement. Ce sont les libéraux autoritaires autour de Von Papen qui est à l'époque un des plus hauts responsables politiques, qui a été chancelier jusqu'à très récemment, et toute son équipe de juristes, d'économistes, d’idéologues qui veulent ce qu’ils appellent le nouvel état d’un Neustadt, c’est à dire l’absence de démocratie. A l'époque, c'était le 48 deux. Aujourd’hui, c’est le 49 trois. Et une politique de l’offre par la subvention massive d’argent public aux entreprises privées. C’est fascinant. J’ai fait l’expérience récemment. J’ai mis sous les yeux de mes étudiants un discours de tenu alors qu’il était chancelier en novembre 1932. Une association de patrons. C’est du Attal Macron. Le maire dans le texte. Le risque d’entreprendre. Nous aimons l’entreprise. Nous menons une politique de l’offre. La meilleure politique sociale, c’est la politique de l’emploi. C’est transposable terme à terme. Et ça va, c’est, comment dire ? Ces affinités électives entre les libéraux autoritaires. Pour. Nous avons des caricatures en France depuis 2017 et l’extrême droite ? Elle remonte non seulement historiquement à très loin, mais idéologiquement. Elle est très profonde. Parce que fondamentalement, ils partagent la même vision du monde social darwiniste. La vie est un combat. La survie du meilleur. La sélection naturelle. Et Macron quand il parle de ceux qui ont réussi versus ceux qui ne sont rien. C’est du darwinisme social pur. C’est un imaginaire de la lutte, de la concurrence, de la compétitivité. Et c’est au-delà du darwinisme social, un univers mental totalement sordide. C’est glauque, ça fait de la peine pour eux.Mais qu’est ce qu’il y a dans la tête d’un Attal, d’un Macron, d’un Darmanin ? Vous imaginez un peu le monde mental dans lequel ils vivent ? La vie qu’ils ont ces gens là pour dire autant d’insanités, pour promouvoir une vision aussi sordide des rapports sociaux de la société. Mais c’est terrible. Ces gens là sont, sont, sont habités par un imaginaire morbide, macabre. Ça se voit d’ailleurs très clairement dans leur rapport aux vivants et à la question de la destruction, de la dévastation du monde. Ils n' ont rien à faire parce qu’ils ne savent pas ce que c’est que j’imagine. S’allonger dans une prairie, caresser l’herbe, regarder le ciel, respirer un arbre, voir couler une rivière. Ils passent leur temps sous des projecteurs ou à l’arrière de Berlin, entourés par des motards. Mais c’est horrible. Qu’est ce que c’est que cette vie là ? C’est sordide.
Je voudrais juste revenir sur Daladier, parce que c’est à lui que je pensais en début d’entretien, quand on parlait de venir de la gauche et que ça n'était pas forcément une garantie. Donc Daladier, qu’est ce qu’ il va faire ce gouvernement ? Il vient de la gauche du Parti radical. Et puis il fait donc ce gouvernement totalement qualifié de macroniste aujourd’hui. Juste comme ça.
Quoi. Alors c’est important de le dire.
Ça ne va pas s’arrêter là.
J’ai vu un tweet vraiment navrant, consternant d’une ancienne sous ministre de Hollande. Elle s’appelle Juliette Méadel, peu importe haut fonctionnaire, mais une bêtise effarante où elle dit attention, le Front populaire annonce les heures sinistres ou funèbres de 1939. Donc déjà pour elle, le Front populaire, il y a même pas Blum, il y a rien, c’est nul. Dès que la gauche se met à parler, ça annonce ça. C’est un discours qu’on entend beaucoup, mais c’est grotesque parce que. C’est terrible, mais au fait que ces gens là ouvrent un livre d’histoire et moins dormir en cours d’histoire parce que y a plus de Front populaire en 1938, c’est terminé. Dire qu’il y a une alliance de raison entre les trois blocs de gauche. À l'époque, le Parti radical a fait un effort pour s’allier avec les socialistes et communistes aussi beaucoup pour sauver des sièges. Il y a toujours cette dimension là à 136 qui voit très bien que c’est la dynamique unitaire qui permettra de sauver les sièges des. Des députés radicaux et d’en gagner quelques-uns. Mais une fois que tout cela est acquis et une fois que le Parti radical s’aperçoit que les communistes sont sérieux et que vraiment ils font des réformes sociales généreuses, toute l’aile droite du Parti radical se rebiffe. Et le dernier cabinet du Front populaire, c’est le cabinet Blum deux. En mars avril 1938, il chute parce que la majorité, La majorité. Radicale au Sénat. Vote emmené par Joseph Caillaux. Vote contre la demande qui est présentée par Léon Blum et Pierre Mendès France, qui fait partie tout jeune ministre et fait partie de ce cabinet. Secrétaire d'État, sous secrétaire d'État au Trésor, je crois. La demande qui est faite d’obtenir les pleins pouvoirs financiers, c’est à dire une délégation législative qui permettra aux gouvernements Blum de et autres de faire une véritable politique de gauche. Les radicaux disent non. À partir de ce moment-là, on appelle la principale figure de gauche du gouvernement de Front populaire qui est Édouard Daladier, mise de la guerre. Onze. Pour former un gouvernement, ce qu’il fait. Et lui, il résonne avec les politiques. Il a vu que le vent a tourné, il a vu que globalement le vent a tourné aussi. Franco est en train de gagner la guerre. Les fascistes sont en train de gagner un peu partout. Il décide de faire un revirement vers la droite, ce que, encore une fois, le Parti radical a fait à de multiples reprises dans les années 20 et dans les années 30. Et donc, lui, il met Paul Reynaud à la justice d’abord, mais très rapidement, il le met aux finances. Et là, on revient sur les acquis sociaux de mai juin 1936 dans l’idée de Daladier, c’est au nom de la guerre. Et ça, c’est très important parce que Daladier est quelqu’un qui a été, il y pendait et c’est lui qui a signé quelques semaines plus tard les accords de Munich.Mais il faut bien voir que Daladier ne voulait pas les accords de Munich. Lui, Daladier, voulait résister par les armes et Hitler parce qu’il avait compris. C’est un historien, c’est un ancien combattant de la Grande Guerre. Il a compris qu’avec Hitler, on avait affaire à quelqu’un qui n'était pas du tout fiable. Sauf que Daladier, il a tout contre lui. Il a l’armée française qui ne va pas y aller. Il a l’opinion publique tout à fait exaltée. Premier sondage IFOP tombe au moment des accords de Munich pour montrer que deux tiers de la population française approuve les accords de Munich. Et on les comprend. 20 ans après la fin de la Première Guerre mondiale. Donc, il a l’opinion publique contre et il a les Anglais contre lui. Puisque Chamberlain est persuadé que, avec de la raison et du bavardage, on peut, on peut raisonner Hitler.
Je reprends le fil de votre article dans Libé hier. Vous écrivez. Dernière leçon à méditer plusieurs leçons. J’invite celui qui nous qui discute dans le tchat d’aller lire la chronique. Dernière leçon à méditer : le pari de l’usure au pouvoir. Vous écrivez Levons l’hypothèque selon laquelle, en leur donnant les clefs, ils prouveront leur nullité et seront discréditées à l’avenir, puisque c’est ce qu’on prête à Macron. C’est l’idée de dire pas puisque le bon peuple dit on les a jamais essayé le FN, on va leur laisser les clés et puis les gens vont comprendre qu’ils sont totalement incompétents. Ah, vous dites ça ne marche pas ?
Ah non, ça ne marche pas parce que c’est comme cela que beaucoup ont raisonné 1932 Dès 1933, en Allemagne, il y avait cette idée selon laquelle on avait affaire. Hiérarchie. Il y a des agitateurs de tréteaux, des orateurs de brasserie à des gens qui étaient de bons agitateurs politiques, mais pas du tout des gens sérieux au gouvernement. D’ailleurs, Von Papen, qui a élaboré la solution d’un gouvernement de coalition droite extrême droite, formule qui existait déjà en Allemagne dans les Lander, mais au niveau du Reich, c'était la première fois. Votre papier a rassuré le président de Bourg en disant Vous inquiétez pas. Je suis vice -chancelier, je vais flanquer dehors ou je vais marquer la culotte comme on dit en football. Et le prochain de la politique, c’est moi. En amateur, il y a même eu cette phrase mémorable qui est : On va tellement l’acculer dans un coin de la pièce qu’il va finir par couiner. Exactement le raisonnement des libéraux en 1848, lorsqu’ils prennent fait et cause pour Louis-Napoléon Bonaparte. Et leur dictatorial, les libéraux autour d’Adolphe tirent, disent Votre problème, c’est un idiot que l’on mènera. Puisque ça a été donné aussi avec le Second Empire. C’est un pari qui est toujours très dangereux, d’autant plus que vous avez des médias quasiment à l’unisson des médias qui ont décidé que Satan, c'était LFI. Alors que bon, un parti fondé par des Waffen SS et des miliciens, quand ça va, c’est acceptable pour le bloc bourgeois. Bon. Quand vous avez des médias comme ça et quand vous avez aussi des forces de sécurité où l’on sait que votre FN est raide. Crise ou va au-delà des 50 %, c’est très dangereux. Parce que je parle de désordre dans le pays. On parlait, on parlait volontiers sauvagement. Mais l’ensauvagement, c’est d’abord les forces de l’ordre. Est ce que depuis 2017, concrètement, vous avez un pouvoir de libéral qui fait une politique qui est défavorable à plus de 95 % de la population ? Cette politique, et c’est théorisé d’ailleurs par les néolibéraux depuis les années 30. Cette politique, elle ne peut s’imposer que par la violence à convaincre les gens que c’est bien de fermer des hôpitaux, des écoles, des services publics, de baisser les impôts des riches, ça ne marche pas. Il faut de la violence et on le voit de manière paradigmatique depuis 2017. Dans ce contexte là, vous avez un pouvoir faible, néolibéral, qui dépend entièrement du bon vouloir et de la volonté de cogner des gendarmes et des policiers et qui, dès lors, va en sauvagerie des forces de l’ordre. Ça, c’est très bien montré par certains, comme Arnaud ou par des sociologues qui travaillent sur le sur la police. On va, comment dire, s’en remettre non pas à la police, mais à ce qu’il y a de pire dans la police. C’est-à dire sept. Ce blanc seing, ce permis de frapper, voire ce permis de tuer. On le voit là aussi de manière très claire. Pas vous ? Je vais, je vais le dire, sept ans sauvagement de forces de l’ordre, une partie des forces de l’ordre qui se croient tout permis et qui, avec l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, vont. Se sentir d’autant plus légitimé. Donc vraiment attention à ne pas faire sortir ce diable là de la boîte.
Lundi soir, on était place de la République, on était en live et j’ai été très étonné par l’intelligence de la préfecture qui n’avait justement envoyé personne. Alors je suis allé jusqu'à la Bastille. Je ne suis pas allé après, mais je crois que ça s’est plutôt bien passé, pas de problème, etc. Mardi déjà, un autre son de cloche rue des petits hôtels. Tout d’un coup cordon de CSI, lacrymos, puis la BRAV M et puis là, c'était parti. Les coups ont commencé à pleuvoir donc le deuxième jour, ça montre un côté Judge Dredd de la police, c’est-à-dire je fais la police et la justice, je te tape et je te laisse au sol. Ça y est, on a eu ta punition. Alors que ce n’est pas le rôle de la police si on veut. Donc on voit que là, il y a effectivement une progression. Tout à l’heure, vous avez dit ça va être de plus en plus dur les trois semaines. Est ce que vous pensez que ça va être aussi dur dans la rue ?
En ceci, c’est cohérent. Regardez la débauche de moyens qui a été envoyée samedi avant la dissolution contre les protestes. Les. Ceux qui protestent contre la 69 dans le sud ouest ont envoyé des blindés et les fameux blindés 100 or qui étaient acquis récemment. Ce monstre technologique de fer et de feu pour faire face à des gens qui venaient manifester en famille. On avait vu à Sainte Soline ce qui s'était passé. Donc oui, ça fait partie de la radicalisation du bloc bourgeois. Avec Dominique Bourg, on avait fait paraître un texte sur l'écologie il y a deux ans chez Gallimard et où on faisait cette analyse, mais encore une fois, qui est confirmée par tous les collègues politisés, sociologues, historiens, d’historiens qui ont fait face à ce qu’on appelle, nous, des forcenés. Des gens qui se sont retranchés dans leur Fort Chabrol et qui vont tirer à vue sur quiconque va prétendre mettre en péril ou en question cette politique parfaitement injuste qui détruit le vivant, qui détruit les services publics, y sème le malheur, qui détruit des vies tout simplement pour une radicalisation cumulative du profit. On a affaire véritablement à des forcenés et des forcenés qui parfois vivent dans un monde nettement irréel. On spécule beaucoup sur les raisons des solutions. Depuis dimanche, là encore, ramenons tout sur monarchique à une personne et un tout petit groupe de conseillers, ce qui est un vrai parallèle d’ailleurs avec la République de Weimar finissante un tout est réduit à un cercle de moins d’une dizaine de personnes. Ce qui s’est passé pour la dissolution.
Selon Le Monde, ils étaient huit à décider de la dissolution par Macron.
C’est absolument grotesque.Bref, c’est ce que je dis aussi dans le papier de Libé, c’est vraiment la rencontre d’institutions monarchiques. Rappelons que c’est elle qui aurait voulu qu’elle ait été faite par des militaires pour un militaire, mais pour un général quand même, vraiment. Ce général qui d’ailleurs était de tradition d’extrême droite, d’Action française, qui ensuite a changé, a évolué, mais dont il restait quand même quelques petits réflexes autoritaires. Il était entouré de gens qui étaient des gens de droite et qui ont estimé que l’idéal constitutionnel, c’est la Constitution de la République de Weimar dans sa pratique institutionnelle après 1930, c’est à dire un régime ultra présidentiel où tout dépend, mais littéralement de la lippe d’un vieillard de 84 ans. À voir s’il a bien un petit déjeuner, s’il a fait son gros, s’il est content, s’il va nommer tel ou tel chancelier. On en est là. Une espèce de dégénérescence démocratique n’a rien à voir avec la démocratie. Donc on a affaire. Je ne sais plus ce que je voulais dire, mais en tout cas j’ai un petit peu perdu le fil. Mais on a affaire à des forcenés, à des forcenés.
Ils sont huit à décider.
J’essaie de remonter le fil et qui servent des intérêts sociaux, fiscaux, de patrimoine. Bien identifiés.
Alors je prends des questions si vous voulez Est ce que c’est cette union de la gauche là, soudaine ? Est ce qu’elle doit s'élargir aux républicains sincères entre guillemets, c’est à dire à des gens de droite, à des gens du centre, mais qui ne veulent et ne voudraient pas d’un Bardella, Premier ministre ?
Là, les choses vont jouer dans les urnes en fait. Toutes les organisations de gauche, au-delà des partis politiques, des syndicats, des associations, le syndicat, la magistrature, par exemple.
Quand l’extrême droite menace, que pensez vous historiquement d’une Union des gauches élargie aux républicains sincères et forces de progrès selon les expressions consacrées nécessité ou dénaturation ?
Alors les organisations de gauche et les partis ont fait une union, un candidat unique pas le cas dans toutes ses conceptions. Parce qu’il y a des dissidences il y a des gens pas contents. Il y a l aile droit du PS qui, comme l’aile droite du Parti radical à l'époque qui va se rebeller. Mais en gros ça va être. Ensuite, les électeurs qui vont décider.
Et oui, mais pour faire décider les électeurs. Tout le monde se met dans l’arène, on parle à son voisin, on parle au poste, on parle à France Inter. Voilà, chacun prend part au débat public. Donc est ce qu’aujourd’hui il faudrait accepter qu’il y ait des républicains, par exemple ? Je pense à un type comme François Sureau,
Mais il n’est pas candidat.
Non, non, il n’est pas candidat.
, Mais toutes les bonnes volontés, toutes les intelligences sont les bienvenues. Et François Sureau, qui est un libéral au sens noble du terme, au sens du XIXᵉ siècle, qui est vraiment attaché aux libertés, aux droits fondamentaux, à la République, à l'État de droit, et qui, après avoir été un compagnon de route dans les premiers temps de Macron, a été horrifié par la dérive libérale autoritaire de ce pouvoir assez abject. François Sureau, évidemment, est amené à jouer un rôle important dans cette campagne. Le moment politique pour faire barrage à l’extrême droite ? On verra. Au niveau des électeurs. Il est possible que des électeurs de gauche qui sont habitués à dépasser leurs préjugés et qui sont habitués à réfléchir et qui ont voté généralement sans trop sourciller pour des candidats de droite contre l’extrême droite, il est possible que ce comportement des électeurs de gauche ne soit pas toujours suivi par des électeurs macronistes qui, en cas de duel RN, pourraient être tentés de au mieux de la pêche, au pire de voter contre la misère.
Alors c’est peut être l’historien qui peut répondre quel est le degré d’efficacité ? C’est un grand silence qui vous pose la question de l’action directe contre dans la lutte contre le fascisme. Grand silence qui, une minute après, vous demande si le Front populaire n'était-il pas armé ?
Alors oui, il est certain qu’il y a eu un mouvement social d’ampleur. Dans le Front populaire et que le Front populaire, ce ne sont pas que des accords de partis, ce n’est pas qu’une victoire électorale, mais également des grèves dans les usines, des occupations d’usines, etc. Plus le rapport à la violence, il est, il est écarté assez rapidement par le Front populaire qui est lui-même victime de tentative d’attentat d’extrême droite. La cagoule veut assassiner quand même le ministre de l’intérieur Marx Dormoy, etc. Mais du côté des organisations de gauche, non. Il y a une volonté de transformation par la loi dans le cadre des institutions républicaines. Et de fait, ça a marché, a marché pendant quelque temps, jusqu'à ce que le Parti radical, encore une fois l'équivalent fonctionnel au niveau idéologique et sociologique du PS à l'époque, parce que le Parti radical décide de la casaque.
Nous avons encore un petit peu de temps ou pas cinq minutes.Je vais en poser une dernière, à l’historien, Vous avez déjà eu la question rituelle qu’est ce qu’on fait ici ? J’en ai une nouvelle. J’ai une question que je voudrais poser maintenant jusqu’au 30 juin à tous les invités. Comment conjurer Marx qui disait « Tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. La première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce »
C’est une phrase qu’on cite beaucoup et qui fait partie des classiques de la citation. Mais je ne pense pas que dans l’idée de Marx, ça va au-delà du bon mot. En fait, on pense, je pense, un petit peu ennuyé par cette phrase là, parce que ce n’est pas toujours bien d'être compris.
Justement, comment faut-il la comprendre ? Parce qu’elle nous est envoyée là en ce moment dire le Front populaire version c’est une farce par rapport on entend ça à longueur de plateaux. Et puis évidemment, le truc qui est malin, c’est dire c’est Marx lui-même qui l’a, qui l’a dit.
De la part de gens qui lisent par Marx.
Donc comment on répond à cette phrase ?
On répond tout simplement en voyant ce qu’il y a derrière la phrase qui est un bon mot, un de Marx. Derrière cette phrase là, il y a l’idée qu’on peut faire des comparaisons d’histoire, il y a des analogies de structure. C’est ce qu’on a essayé de faire aujourd’hui, par exemple en montrant que dans les années 30, en France, en Allemagne, face à la gauche, il y avait des acteurs sociaux comparables avec des intérêts sociaux, fiscaux, patrimoniaux comparables à ceux d’aujourd’hui. Et que dès lors qu’on ne peut pas assimiler et dire que tout se répète ou que tout est identique, mais qu’on peut, en prenant conscience de la différence de temps, faire des analogies de structure et voir comment on peut comprendre une situation historique présente par la comparaison avec ce qu’il se passait se passait à l'époque.De ce point de vue là, effectivement, la séquence les séquences des années 30 en Allemagne, en France sont tout à fait éclairantes pour aujourd’hui, on a un bloc national conservateur ou national réactionnaire qui s’allie avec un bloc bourgeois pseudo libéral parce qu’il est libéral uniquement économiquement, mais qui ensuite s’accommode très bien de la répression policière, etc pour défendre ses intérêts patrimoniaux. Et il y a une coalescence de ces blocs-là parce qu’ils partagent une vision du monde social darwinienne, concurrentielle, compétitive, purement économiciste, purement matérialiste, assez sordide, qui aboutit à la catastrophe, à la catastrophe sociale. On le voit dans la misère de masse et à la catastrophe environnementale. On le voit avec la dévastation du monde. Et ça, c’est quelque chose que j’aimerais creuser un petit peu pour après.C’est voir comment, de fait, dans les années 30 et pour revenir aux questions écologiques, le nazisme est un paradigme et le paroxysme de l’anthropocène. Ils sont extractivistes, ils sont darwinistes sociaux, ils sont capitalistes, ils vont jusqu’au bout, ils détruisent jusqu’au bout pour tirer à chaque fois la dernière goutte de pétrole ou la dernière goutte de suc de profit d’une situation, d’un territoire ou d’une population. On en est un petit peu rendus à ça aujourd’hui. Et c’est pour ça que, pour terminer sur Marx, je pensais à ce que m’avait dit il n’y a pas très longtemps Eric Vuillard et quelqu’un qui lit beaucoup Marx, auteur de l’Ordre du jour, un prix Goncourt.
Extraordinaire écrivain.
. Mais c’est un écrivain majeur, pour « l’ordre du jour. », « Sortie honorable »
Une sortie honorable, ce livre magnifique et celui sur la prise de la Bastille, c’est ?
« 14 juillet »
L’enjeu d’Eric Vuillard, c’est parce que là encore, c’est comme avec, les députés ou les responsables de gauche. On a quelqu’un qui travaille, qui lit, qui pense, qui réfléchit, qui essaie de qualifier le moment que nous vivons et de spécifier les moyens d’agir. Eric vient me dire un jour qu’au fond, c’est très juste. Pourquoi est-ce que le complotisme se répand autant ? Il se répand parce que on nous a privés depuis les années 90 de peut être la seule matrice herméneutique interprétative efficace pour le monde contemporain, c’est-à-dire le marxisme. Les analyses sociologiques, économiques de Marx telles qu’elles sont posées dans le Manifeste de 1848 ou dans Le Capital en 1867, c’est comment dire, ces raisonnements, ces concepts, les logiques qu’ils mettent au jour. Avec Engels, on nous en a privés et le reste.Ça c’est une chance. Staline avait une moustache en broussaille et désormais on est dans le monde de la mondialisation heureuse et de la coalescence harmonieuse entre la démocratie libérale, le libéralisme économique, un ère de profit et de prospérité indéfiniment. On en est revenu depuis, mais on a toujours pas osé revenir à la liste de Marx qui reste tout à fait pertinente pour aujourd’hui en termes d’acteurs sociaux, d’intérêts sociaux, d’affrontement de structures et donc de légitimité de l’analogie dans la comparaison historique.
Je dois faire votre photo et l’ultime question ultime question qui est passée dans le chat est : vous avez un conseil de lecture justement pour nous armer, pour en discuter avec nos voisins d’ici le 30. Est ce qu’il y a le choix soit dans votre champ à vous ? Historique. Voilà autre chose. Et puis je fais la photo en même temps, comme ça on ne perd pas de temps.
Des choses très accessibles par le web, en l’occurrence des entretiens ou des articles d’un politiste aussi aiguisé que Paul Elek par exemple. Le cas où tous les entretiens que vous pourrez trouver de Stefano Marini, de Bruno Amable, d’Ugo Palheta de Ludivine Bantigny, il y avait chez ces gens là qu’il faut aller voir les analyses aussi toujours pertinentes et enthousiasmantes, d’un Olivier Besancenot également.
Alors le NPA a rejoint hier le Front.
Mais bien sûr ! Mais ils ont raison. Et ce qui est terrible, c’est qu’on a vendu à des médias installés tout ça, absolument n’importe quoi. Et scrogneugneu imbécile comme François Bayrou et facho complet alors qu’il y a une telle intelligence qui est là, disponible dans le pays, une intelligence politique, sociologique, historique. Donc voilà, ces gens là que je viens de citer ont d’excellentes adresses, mais il y en a bien d’autres et heureusement. On a les médias dits alternatifs comme vous, comme Blast, comme le média, comme chaîne, comme les lucides, etc. Pour nous permettre d’avoir accès à cette réflexion là.
Merci. Il faut, il faut reprendre des forces mon cher Yohann, il faut prendre des antihistaminiques.
Faire une bonne sieste
C'était un bonheur vraiment de vous recevoir à nouveau. Merci infiniment d’avoir réagi au quart de tour avant hier.
Merci surtout à vous David, parce que c’est vous qui faites tout le travail. Nous on vient 1h et demie, on se pose ici, on discute avec vous. Mais tout le travail logistique, structurel, de préparation, de lecture, c’est vous qui le faites. Donc bravo et merci.
Merci encore. Yohann. Voilà. Merci beaucoup, Je vous libère.Alors les micros vont encore marcher parce que j’ai mon petit bouton. Alors vous vous êtes demandé pourquoi j’ai appuyé tout le temps ? En fait, neuf fois sur dix quand j’appuie, c’est pour dire à Pauline qui est de l’autre côté : Ça, c’est un passage intéressant pour faire des petits clips. Et donc j’ai passé la matinée à le faire.
Des amitiés à Pauline aussi.
Alors voilà. Et puis je vais essayer de ne pas faire ce qu’on avait fait l’autre fois où je vous avais sorti un tweet qui avait fait un buzz pas possible J ai envie de sortir le truc sur la bordélisation.
Les gens qui nous disent l’ordre, l’ordre, l’ordre et fustigent le désordre. Mais pardon, mais qui a mis le désordre depuis 2010 ? Le désordre absolument partout, dans tous les services publics, dans la rue, sur le front écologique, en Nouvelle-Calédonie même.
On va prendre la première prise, D’accord. Merci beaucoup, à bientôt.
