Justice expéditive, cellules crasseuses et pressions policières : le vrai visage de la garde à vue
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Amis de la police, amies du café, amis des après-midi, pluvieux, bonjour, comment allez-vous, aupostiennes, aupostiens ?Voilà Ana, la talentueuse dessinatrice Ana Pich qui est déjà venue Au poste pour ses croquis de procès. Elle nous revient avec un tout nouveau court roman graphique sur les gardes à vue, une sorte de guide pratique pour prémunir et alerter citoyens et citoyennes. Institutions également des atteintes aux droits de la défense et à la dignité humaine que subissent les gardés à vue dans les commissariats.Ton livre paraît chez l’ami Florent Massot, est à mettre dans toutes les bonnes mains. Ce soir avec toi, on va parler de tes sources et de tes dessins.Comment vas-tu ma chère Ana ? Est-ce que cette présentation te convient ?
C’est très bien, c’est très bien.
Donc petit guide pratique pour celles et ceux qui luttent pour leurs droits. Est-ce que je suis toujours mute ou pas, ou c’est bon ? Alors, ma chère Ana, je vois que tu as les bonjours de Nantes, mais sauf que, ça y est, tu as trahi Nantes, tu n’es plus Nantaise, que se passe-t-il ?
Ouais mais j’ai décidé de partir un peu en voyage du côté de chez toi, je ne dois pas être très loin.
Tu ne dois pas être très loin du côté de Paris, parce que tu cherches un peu du boulot, c’est pour ça ou c’est pour d’autres raisons ?
Oui, je traîne pas mal dans les tribunaux en ce moment pour changer mais j’aime beaucoup celui de Créteil tout particulièrement, j’ai découvert une cafétéria publique là-bas, c’est incroyable, tu manges à côté des magistrats et tu écoutes leurs conversations, c’est un bel endroit pour déjeuner.
Alors, ma chère Ana, première question toute simple, qu’est-ce qui t’a fait aller sur les gardes à vue, toi dont le travail est connu comme dessinatrice de presse, illustratrice de presse dans les tribunaux, t’étais venue pour ton premier bouquin qui était grand format, ça c’est un petit bouquin, est-ce que c’est une commande de Florent Massot, est-ce que, d’où ça sort ?
Déjà, on y avait réfléchi aussi avec Florent Massot au moment où on avait sorti « Chronique de l’Injustice ordinaire », parce que ça fait partie, c’est dans la continuité, des questions de violences judiciaires, puisque quasiment toutes les procédures judiciaires, aujourd’hui, la garde à vue est utilisée de manière presque systématique. Donc finalement, tout ce qu’on voit aujourd’hui au tribunal, pour la plupart, alors je t’en parlerai peut-être plus tard, à part quelques exceptions. La plupart des prévenus passent par la case garde à vue et énormément de procédures judiciaires reposent sur les éléments qui ont été ressortis pendant cette mesure-là, pendant ce court laps de temps qui peut être très long pour ceux qui le vivent. Et du coup, aborder les violences judiciaires et policières, sans parler de cette phase de garde à vue où il se passe énormément de choses finalement pour la suite de la procédure ça me paraissait important et on l’avait pas mis dans le premier livre et du coup on a fait un petit truc annexe, l’idée c’était de pouvoir le garder dans la poche ou pouvoir le voler plus facilement.
Alors c’est donc un livre illustré puisque tu es dessinatrice mais tu es aussi, tu es quasiment devenue une avocate toi ou en tout cas tu es devenue une casseuse du droit, il y a quelque chose de l’ordre du guide pratique juridique. Tu dis clairement dès le début à qui s’adresse ce livre, et avant de rentrer dans les détails du bouquin, on va voir comment tu racontes les gardes à vue, il y a quelque chose de vraiment notable dans ce petit livre-là qu’on sentait déjà dans le précédent, mais là je trouve que c’est encore plus fort, c’est qu’il y a une très grande empathie pour les prévenus. C’est une question ? Ben oui. Est-ce que c’est vrai ou ce n’est pas vrai ? Est-ce que je me trompe ou pas ?
En tout cas, je me pose des questions éthiques de toute façon, je trouve que les conditions de détention, que ce soit celles des gardes à vue ou d’ailleurs, elles ne sont pas acceptables. Donc oui, il y a de l’empathie effectivement, parce que ce n’est pas normal d’avoir à être placé dans des conditions comme ça.
Alors, je feuillette le livre et on va le regarder ensemble. Bravo pour tes dessins. Il y a déjà des questions sur le dessin, mais d’abord, je te propose qu’on mette la table et ensuite on servira les plats. Les plats étant les questions. D’abord et avant tout, c’est quoi une garde à vue ?
C’est ce laps de temps entre l’interpellation, vous vous faites arrêter par la police et la plupart du temps on va vous priver de liberté pendant un temps qui peut aller de 24 heures renouvelable jusqu’à 48, et pour certaines infractions de criminalité organisée par exemple ou de terrorisme on peut passer à beaucoup plus, à 96 heures et plus. Et du coup pendant ce laps de temps on va être privé à la fois de liberté. Et puis de tous ces effets personnels, on va être placé dans des geôles qui ressemblent plutôt à des cellules comme le mitard, comme me disait un copain, où en fait on est privé de tout et donc toutes les auditions de la police vont pouvoir se réaliser à ce moment-là mais avec des problèmes aussi de conditions qui posent la question de quelle crédibilité ont les éléments qui vont être assemblés pendant la vie de temps. Notamment en termes de s’il y a des aveux en audition, des choses comme ça, quand on connaît les conditions dans lesquelles sont placées les gardes à vue, on peut réellement se poser la question parce que là je parle vraiment de violences policières à la fois physiques mais psychologiques en fait, presque de stratégies mises en place volontairement et aussi sous le regard conscient du parquet puisqu’ils valident et ils, c’est très bien. L’état des geôles, des commissariats, donc c’est aussi placer les gens dans ce type de détresse, c’est aussi une volonté judiciaire en fait de pousser les gens aux aveux et donc de faire reposer après la suite des poursuites et la suite de la procédure judiciaire sur beaucoup d’aveux à la place de, bah ça coûte quand même beaucoup moins cher aussi que de faire des vraies enquêtes avec, voilà, à charge et à décharge et puis avec des éléments de preuve quoi.
Je remercie notre assesseur Glaudioman Olivier qui remonte les questions dans le chat. Alors effectivement, tu l’as dit, il ne faut jamais oublier que la garde à vue c’est une partie déséquilibrée qui se mène à trois, il y a les policiers, donc ça ce n’est pas très utile de revenir là-dessus, tout le monde l’a compris, mais il y a les procureurs et tu en parles dès le début, dès la page 8, est-ce que tu peux nous préciser rapidement ? Le rôle des procureurs, à quel moment il intervient, ce rôle, et qu’est-ce qu’il peut signifier.
Alors le procureur, il a plein de missions hors de la garde à vue aussi, mais c’est quand même lui qui a l’initiative des poursuites. Alors même avant ça, il doit quand même donner son accord à ce qu’une personne soit placée en garde à vue, c’est-à-dire que la police va pouvoir vous interpeller, souvent parfois aussi sans raison, elle a ce pouvoir-là aussi, mais elle doit notifier votre placement en garde à vue et pour avoir l’accord du procureur. Donc le procureur. Je parle de manière générale parce qu’en fait, il y a tous les substituts, enfin voilà, donc c’est ceux qui vont être en permanence téléphonique à ce moment-là et donc ils vont valider à la fois le placement en garde à vue et puis, si besoin, le renouvellement. Donc chaque prolongation de garde à vue doit être validée par ce magistrat qui n’est pas indépendant, mais je le rappelle dans le livre, en tout cas au sens du droit international. Voilà, enfin je ne vais peut-être pas me faire dans les détails.
Tu peux, parce que par exemple, il y a quelqu’un dans le tchat Nord-Homme qui dit le parquet demande un certain nombre d’interpellations dans les manifestations également et tu reviens là-dessus, c’est-à-dire que les parquets obéissent à des circulaires qui leur demandent d’agir dans telle ou telle direction, à tel ou tel moment, sur telle ou telle fraction de la population.
C’est ça, c’est qu’en fait, moi je considère en tout cas que c’est pas un magistrat indépendant, enfin je suis pas la seule à le penser heureusement, puisque effectivement il suit les orientations de politique pénale du garde des Sceaux directement, donc ça fait de lui quand même, en termes de séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire, on a quand même une difficulté à ce niveau-là, surtout que le pouvoir du procureur il est extrêmement… Je sais qu’à la fois, du coup… Pendant cette mesure de garde à vue, ça va être le seul magistrat finalement qui va être au courant de ce placement en garde à vue, qui va demander la prolongation. Souvent en plus aujourd’hui, c’est rare que les procureurs se déplacent directement dans les commissariats pour aller voir, donc soit par écrit, soit en visio à la limite. Et puis après, il va avoir le choix d’engager des poursuites ou non. C’est-à-dire que c’est énorme en fait, toute procédure judiciaire va commencer par là. C’est-à-dire que les opportunités des poursuites du parquet de pouvoir dire non, ça je classe sans suite pour différentes raisons, il y a énormément de conditions possibles, soit je poursuis mais je propose des alternatives aux poursuites, donc on passe un petit accord dans les bureaux, composition pénale, on a aussi d’autres types de procédures qui passent. Comme des procédures de plaider coupable, où finalement on se met d’accord sur une peine, où on reconnaît sa culpabilité. Et puis il y a les poursuites, on va dire, celles qu’on entend souvent, puisque c’est celles qui débouchent sur des audiences normalement publiques au tribunal. Et il va aussi avoir le choix de déférer en comparution immédiate, donc directement après la garde à vue, ce qui pose aussi encore un problème supplémentaire en termes d’accès au droit de la défense. Et puis ou alors de convoquer soit plus tard en correctionnel. Donc c’est quand même un pouvoir qui est énorme, qui est laissé à ce magistrat.
Revenons à la cellule de garde à vue, Salva Graf te demande « Est-ce que vous avez senti un certain mépris des classes populaires venant des juges ou des policiers comme une envie d’exemplarité où il y a une certaine neutralité ? » Alors par exemple là on peut mettre ce petit passage-là, ce petit dessin que je laisse à la curiosité des uns et des autres de le regarder et de découvrir. Ce mépris, tu l’as senti tout le temps, je peux répondre à ta place et toi tu vas détailler et c’est en partie la raison pour laquelle tu as fait ce livre.
Oui, le mépris de classe, il est présent, mais il est même systématique puisque de fait déjà il y a une question de classe qui se joue dans les interpellations. Il y a une grande partie des procédures judiciaires qui reposent sur les enquêtes de flagrance, c’est-à-dire que comme vous le voyez tous dans la rue, il y a quand même beaucoup de flics dans la rue, beaucoup de caméras, beaucoup de contrôles policiers.
Quelle idée aussi de venir vivre à Paris, je veux dire, c’est un peu bête.
Ça marche pas que pour Paris, mais ce qui est beaucoup moins d’enquêteurs et on le voit, voilà, l’auto de classement sans suite en matière de violences sexuelles et sexistes par exemple, bah oui, mais il n’y a pas assez d’enquêteurs, dans le domaine écofinancier c’est pareil, on manque d’enquêteurs, mais par contre sur le terrain ça a des prix qu’il y en a, et donc on est quand même dans une justice qui fonctionne quand même sur une politique du chiffre et donc il faut prouver que la répression est là et que les politiques sécuritaires fonctionnent très bien donc il y a un certain nombre d’interpellations et les contrôles sont faits au faciès et ça a été prouvé par plein de sociologues avant moi donc je n’invente rien et donc déjà le contrôle policier il y a une question de classe et donc après le choix de placement en garde à vue, d’interpellation. Donc finalement dès le début en fait, tout le monde ne se fait pas arrêter, déjà dans la rue, donc tout le monde ne se retrouve pas en garde à vue et donc ça c’est déjà le premier rapport avec le placement. Et puis effectivement, après il y a les questions de garantie de représentation et donc certaines personnes qu’on va accepter de libérer, soit sans aucune contrainte, soit sous contrôle judiciaire et d’autres, voilà si vous ne correspondez pas au stéréotype de la personne insérée socialement avec une famille, un travail, un prêt pour sa maison, si vous ne correspondez pas à ça et que finalement vous êtes considérés en tout cas comme la population un peu indésirable aux yeux de l’État et du capital, vous allez être les premiers à subir la répression policière et donc ces manques de garanties de représentation comme les appellent, ils justifient à la fois les placements en détention provisoire, les déferrements en comparution immédiate aussi, pour dire que ces gens-là pourraient disparaître dans la nature parce qu’ils sont au chômage. C’est ça, en tout cas, ce qu’on comprend de la vision du parquet principalement.
D’où viennent tes témoignages ? D’où vient ton savoir ?
Alors ce livre je l’ai fait avec beaucoup de témoignages et puis évidemment tous les codes aussi, les codes de procédure pénale, le code de la sécurité intérieure, ça c’est pour les questions vraiment de droits parce que je me disais que c’était quand même intéressant même si finalement l’objet du livre c’est quand même de dire voilà vous avez des droits mais voilà aussi comment dans ce huis clos policier et judiciaire, où la violence institutionnelle est absolument banalisée, voilà comment vos droits ne vont pas être respectés. C’est quand même ça l’idée de montrer ces deux choses-là, mais c’est quand même important de connaître ces droits, même quand ils ne seront pas respectés, parce qu’il y a quand même des recours, et que je pense que ça peut être intéressant aussi d’essayer d’utiliser le droit comme outil de lutte politique. Mais oui, oui, alors la question sur les, oui, un recueil de témoignages, moi et mes expériences aussi personnelles avec la garde à vue, je ne les cache pas, c’est aussi ça, les cellules qui sont dessinées, c’est celles que j’ai vues, je ne vais pas vous mentir.
Mais comment as-tu vu les cellules ?
Ah, c’est ça, tu as été en garde à vue, tu n’es pas venue, on t’a pas autorisée à dessiner, ce n’était pas ça le truc.
Mais non, ils ont toujours refusé les carnets de croquis, alors que pourtant je trouvais que c’était un objet quand même important.
Alors on verra tout à l’heure qu’il y a donc ton expérience, il y a ton expérience personnelle, il y a ton expérience de dessinatrice, il y a les codes, mais il y a aussi des gens où tu es allée voir, on en parlera tout à l’heure, il y a tous les procès, toutes les comparutions immédiates auxquelles tu assistes quasiment tous les jours. Evalka Lanantes te demande, est-ce qu’Ana connaît le boulot des Legal Teams et est-ce qu’elle sait aider de leurs ressources pour ce guide ?
Oui, je connais le travail des Legal Teams, mais aussi des avocats militants qui partagent ces connaissances-là. Après, il y a un peu des savoirs qui tournent quand même assez bien dans les milieux militants, à savoir de rien déclarer, de demander à un avocat de préférence militant. Enfin, il y a des choses un petit peu, je pense, qui rentrent quand même un peu dans le savoir commun de beaucoup de militants, quand même. Après, l’idée, ce n’était pas de rester seulement sur un guide pratique, en fait. Et là, le guide pratique illustré, un peu tourné de manière un peu humoristique, c’était un peu un prétexte pour parler de la garde à vue de manière critique, aussi de cette mesure-là, et de toutes les violences qu’elle constitue, et de tous les biais qu’elle cause aussi dans la suite de la procédure pénale. Après, je pense que le guide pratique n’est pas central dans… dans ce petit livre et aussi pour aussi appuyer un petit peu la crédibilité du truc, parce que je voyais bien peut-être des magistrats qui liraient ça et qui diraient « bah oui mais de toute façon c’est quelqu’un de militant qui l’a écrit, donc est-ce que ça a une crédibilité ? » Donc c’est aussi pour ça que j’ai appuyé mon discours avec des témoignages de professionnels, donc plusieurs avocats et avocates qui ont accepté de parler, un interprète aussi qui intervient à la fois au tribunal et en garde à vue, un médecin des SOS médecins qui intervenait en garde à vue puisque dans les grandes villes c’est SOS médecins et du coup et aussi une juge qui est toujours magistrate.
Alors là je montre à droite c’est l’interprète, à gauche c’est une avocate et effectivement ici il y a une magistrate qui parle de son dégoût, de ce qu’elle a pu voir. Alors je continue et je démarre par l’histoire et là j’ai appris un truc dis donc c’est que les gardes à vue c’est très récent. Tu peux nous raconter ça ?
En fait, c’est une pratique un peu qui est rentrée dans la pratique même presque systématique. Je ne suis pas revenue et je ne suis pas historienne, donc je n’irai pas prétendre. Mais en tout cas, au XVIIe siècle même, il y avait une loi, je ne sais pas comment appeler ça, qui disait que la personne qui était interpellée devait présenter un magistrat directement. Donc ça, c’était l’habitude, on avait peut-être assez de magistrats et peut-être moins d’interpellations qu’aujourd’hui. Et donc quelqu’un qui était arrêté, on le présentait à un juge, à un magistrat, je ne sais pas comment on pourrait appeler ça. Je n’ai pas du tout les codes, je ne suis pas du tout historienne, donc je vais peut-être utiliser des mots un peu anachroniques. Et puis, en fait, fin du 19e, il s’avère qu’on commence à exiger un… un avocat pour les auditions devant le juge, et donc cette pratique commence à s’établir où on accepte que la police garde les prévenus un petit peu quelques heures avant les auditions des juges. En tout cas, moi, c’est des documents que j’ai réussi à retrouver, donc j’explique brièvement que je trouve ça assez drôle, que du coup, cette mesure-là, elle est quand même issue d’une pratique un peu illégale où on essayait justement de détourner le droit à la défense en fait, en disant bon ben si on peut garder la personne avant qu’elle aille chez le juge et du coup à ce moment-là, espèce de huis clos et de vie juridique où on n’a pas besoin d’un avocat ben c’est les moments où un peu toutes les violences sont possibles aussi, toutes les stratégies de privation pour aboutir à des aveux avant la présentation de 20 juges. Et donc c’est un petit peu ça qui joue et après je crois que vraiment ça a été légalisé au moment de la constitution de 58. C’est ça, 1958, donc c’est tout récent. C’était un moment pour les avocats et des professionnels de droit d’à chaque fois gagner des droits en termes d’accès à la défense, aux droits de la défense et aux droits fondamentaux. Mais aujourd’hui, il reste encore des problèmes d’accès aux droits de la défense, à la fois parce que de toute façon les conditions dégradantes et humiliantes et les stratégies mêmes de torture physique. On ne peut pas considérer qu’elles peuvent aller de toute façon avec un quelconque droit de la défense. De toute façon, on met les gens dans des situations dans lesquelles ils ne peuvent pas se défendre convenablement parce qu’ils sont dans une espèce de bouleversement total, psychologique et physique. Et puis il y a un réel problème aussi d’accès pour les avocats, en tout cas de ce qu’ils nous racontaient, c’est qu’ils n’ont toujours pas accès au dossier pendant ce temps de garde à vue.
Ils n’ont accès qu’à la notification de la garde à vue, et pour connaître ce qui est reproché à leur client, ils ont le droit à une demi-heure dans les premières heures.
Oui, mais sauf qu’ils ont le droit à une demi-heure avec les gardés à vue, mais sauf que les gardés à vue ne savent pas non plus ce qu’il y a dans le dossier. C’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas savoir s’il y a une caméra qui les a filmés, s’il y a eu des témoins, s’il y a eu des éléments de preuve, autre. Donc, c’est-à-dire qu’on demande à l’avocat de faire son travail, mais il n’est pas en capacité de le faire puisqu’il n’a pas les mêmes outils que la partie adverse. C’est-à-dire que la police détient des informations que nous, on n’a pas. Et donc en termes d’équilibre des armes et de la défense, ça ne va pas.
Et donc, en 1958, la garde à vue est codifiée, etc. et tu écris page 17. « Initialement prévu pour répondre aux nécessités d’une enquête, la garde à vue est devenue quasi systématique à partir des années 2000. » Alors, je te propose qu’on aille voir la page 21 avec les motifs de placement de garde à vue. Je ne sais pas si tu l’as sous les yeux. Est-ce que d’abord tu peux nous raconter cette inflation de garde à vue, comment elle s’explique ? Et après je vais lire tous les motifs de placement en garde à vue. – Ah tu veux que je les lise mais… – Ah bah si tu veux, ça serait encore mieux. – C’était quoi ta question ? – La question c’était l’inflation des gardes à vue, puisque tu rappelles qu’à partir des années 2000… La garde à vue est devenue quasi systématique et est devenue l’alpha et l’oméga des opérations de police alors que ce n’était pas le cas avant. Qu’est-ce qui explique que ça le soit devenu ?
On lui dit que c’est la meilleure douche du monde, la première douche après une garde à vue. Pour être précis, en fait, cette circulaire d’arrestation préventive, en gros c’est ça, elle date des gilets jaunes du procureur Rémi Heitz, je crois, qui aujourd’hui est à la cour de cassation, quelque chose comme ça. Enfin il a grimpé en tout cas, c’était à cette époque. Alors, les motifs du placement en garde à vue, est-ce que tu as ton livre sous les yeux ? Si oui, veux-tu les lire et le lire ta conclusion ?
Alors, ma conclusion, les 6 raisons, c’est soit de réaliser des investigations qui impliquent votre présence, donc tout ce qui a eu question d’audition par exemple, soit de garantir la présentation devant le proc, c’est-à-dire par peur que vous disparaissiez dans la nature du pont ou qu’on vous garde à vue pour que vous puissiez être présenté devant le procureur, pour empêcher la dissimulation des preuves, pour éviter les pressions sur les victimes ou sur les témoins, et puis pour empêcher la concertation entre des potentiels co-auteurs et puis aussi pour faire cesser l’infraction. Et donc je pense que ce que je dis c’est qu’en fait c’est quand même une liste de motifs qui est très large mais du coup qui permet aussi d’être utilisée en toutes circonstances. Moi ce qui me pose problème c’est qu’il n’y a finalement pas d’équilibre entre la gravité, le potentiel de l’infraction, présumée en tout cas parce qu’il n’y a pas de jugement quand même, et puis le préjudice réel quoi, c’est-à-dire que là je pense vraiment à un exemple d’hier par exemple, je me suis retrouvée en comparution immédiate là au tribunal de Paris, je suis tombée par hasard… Tu veux dire en tant que dessinatrice ?
Oui, oui, oui, je fais ça. Tu ne te fais pas arrêter tous les jours non plus pour faire tes dessins, on est bien d’accord ?
Mais non, là il y a cinq jeunes militantes qui se sont fait arrêter sur une action dimanche pour avoir déversé de la peinture au sol et donc elles ont été prolongées, donc ça veut dire qu’elles sont passées plus de 48 heures parce qu’il y a les 48 heures de garde à vue puis ensuite vous attendez dans les dépôts, on appelle ça, donc c’est des geôles du tribunal et on aboie, enfin le tribunal de Paris a beau être tout neuf, les geôles sont pas plus agréables, et tout ça pour avoir sali un trottoir. Donc là, il y a une déconnexion totale entre la gravité qu’est normalement la privation de liberté, on atteint au droit fondamental de quelqu’un, et la gravité de l’infraction. Pourquoi avait-on besoin de les placer en garde à vue ? Uniquement pour la question de l’outil de punition. C’est-à-dire qu’il y a une vraie volonté du parquet de dire, là, on va vous faire souffrir un petit peu. Et en plus, ils les ont déférées en comparution immédiate. Mais vraiment, c’était une question de faire peur, de faire souffrir, d’infliger une sanction hors de tout procès, parce que là, on est avant tout procès. Et la sanction lui est infligée. Et ça, je trouve ça extrêmement grave.
Alors, il y a plusieurs personnages qui vont intervenir dans une garde à vue. Je propose qu’on ne les regarde pas tous parce qu’il faut laisser aux électrices et aux lecteurs qui vont se précipiter tout à l’heure ou demain chez leur libraire pour prendre ton bouquin. Mais au hasard, au hasard, il y a par exemple le médecin. Le médecin, il est là, il est à droite et tu nous dis… Tu nous dis que ce n’est pas forcément un copain.
Oui, c’est vrai que c’est souvent aussi ce qui est dit dans les milieux militants, méfiez-vous des médecins, et déjà ça pose vraiment question, parce que si on ne peut pas se fier à un professionnel de santé qui a quand même prêté un vague serment ou quelque chose comme ça, ça pose question, et donc moi j’étais contente d’avoir l’occasion de rencontrer quelqu’un, un médecin qui avait exercé là-bas, qui m’explique un petit peu quels étaient les biais aussi dans leur profession, parce que nous on se dit que moi je critique beaucoup les vies de la… des professionnels de justice, avec cet impact aussi du politique qui vient dans la pratique professionnelle. Et finalement, c’est intéressant de comprendre qu’il y a aussi des biais politiques, y compris chez les médecins, parce que tout dépend dans quel contexte professionnel ils sont. Donc là, ce sont des médecins généralement, là, je parle vraiment des commissariats de grandes villes. Ce sont des médecins, des SOS médecins qui interviennent. Donc autant vous pouvez tomber sur des gens très bienveillants qui font leur travail. Et autant, vous pouvez tomber sur des médecins qui font ça aussi parce que c’est un payement. En fait, le médecin peut vous voir juste deux minutes et refuse même de vous faire des certificats et il empoche les 60 balles de consultation. Donc voilà, vous pouvez un peu tomber sur tout. Après, je pense que c’est important de savoir qu’on a le droit d’avoir ce médecin et je pense même que c’est très important d’utiliser ce droit-là, c’est-à-dire directement arriver en garde à vue, de demander l’accès au médecin, on a trois heures pour eux. Et donc pour plusieurs raisons, c’est qu’à la fois, déjà ça vous fait sortir de cellule, donc ça c’est toujours bon à prendre, ça vous fait voir un contact humain, ça peut permettre aussi, en cas de panique, de pouvoir demander par exemple un anxiolytique ou des choses comme ça, et vos traitements aussi, si vous avez besoin de médicaments. Et ce qui est important à savoir aussi c’est qu’ils peuvent faire des constatations de blessures mais le problème c’est qu’il faut quand même un peu insister quoi parce que certains médecins disent qu’ils n’ont rien donc mais finalement ça peut être un bon automatisme je me disais de demander quand même quand on n’a rien de faire constater, c’est-à-dire qu’on arrive en garde à vue on n’a aucune blessure, imaginons si on a des blessures on les fait constater, si on n’a pas de blessures on demande aussi à le faire constater parce que si 24 heures après vous avez des blessures c’est que là, on sait très bien où elles se sont produites. Donc finalement, on utilise aussi ce droit-là pour rassembler des preuves et pour se protéger des violences de la police. Et ça, je pense que ça peut être un outil intéressant. Et puis, ça peut être aussi l’occasion de demander au médecin, si jamais vous tombez sur quelqu’un d’intelligent, de demander l’accès au kit d’hygiène, par exemple, même s’il les donne rarement, ou d’insister pour…
Dans le kit d’hygiène, tu parles notamment de ces couvertures jetables, mais que ce n’est pas toujours servi. Parfois, on vous refile des couvertures vraiment crades avec des puces de lit et ainsi de suite. Mais le kit d’hygiène, ça peut être fourni effectivement par le médecin. Et justement Salva, à nouveau lui, te demande est-ce qu’un médecin peut vous faire sortir de garde à vue ?
En fait, la question qui est posée au médecin, c’est : est-ce que la personne est apte à la garde à vue ? En fait, là encore, en gros, c’est seulement si vous êtes mourant qu’on va vous sortir de la garde à vue. Alors, sauf si vous appelez Claude Guéant, mais ça, c’est une autre problématique. Mais effectivement, là, le médecin me racontait qu’à part le fait de dire, là, vraiment, il faut, il va claquer en garde à vue, mais… Mais il y a ce biais-là aussi du lien entre la police et le médecin qui fait que le médecin dans sa pratique ou la médecin, ils vont être un peu contraints en fait par… Voilà, s’ils sont inquiets d’une chute et qu’ils demandent un IRM en pleine nuit, ça veut dire qu’il faut dépêcher toute une… d’une voiture pour emmener la personne gardée à vue à l’hôpital. Et du coup, ce que je trouve assez fou, c’est que dans cette pratique médicale qui est censée être neutre et qui doit être centrée sur la santé des personnes, peu importe qu’elles soient privées de liberté ou non, eh bien vient la question de « est-ce que ça va pas emmerder les flics ? » Et donc ça, c’est extrêmement grave aussi. C’est-à-dire qu’on entend régulièrement des personnes qui ont été violentées et parfois même des morts qui sont gardées à vue. Et donc on se dit, ben oui, quelle responsabilité ont les médecins ? C’est-à-dire que si on pose juste la question de ce que la personne va mourir là dans les prochaines heures ? Et puis il y a eu des affaires, moi je me souviens aussi, après Sainte-Soline, au tribunal de Niort, après la première manif de Sainte-Soline, je crois que c’était en octobre 2022, je ne dis pas de bêtises, oui c’était ça, un type était, je crois, en réa, enfin, on passait une semaine en soins intensifs, et en fait, on est venu le chercher et on a juste demandé à l’hôpital, est-ce qu’il est apte à la garde à vue ? Oui, mais donc la personne est passée des soins intensifs à la garde à vue, avant d’être déférée en comparution immédiate, et ça pose des vraies questions. Là, la personne t’avait montré un dessin d’une femme qui avait subi des violences en garde à vue, enfin vraiment en plus avec des insultes. Elle avait fait la mule en fait de Guyane et en fait là quand même ce qu’elle raconte déjà c’est indigne mais en fait ce qu’on comprend derrière c’est que elle avait avalé un demi-kilo de coke et on l’a laissée en cellule avec des laxatifs, c’est-à-dire qu’on l’a même pas emmenée à l’hôpital pour lui faire enlever la drogue, c’est-à-dire qu’elle aurait pu claquer au commissariat central de Nantes en fait, et ça c’est même pas souligné en fait pendant la comparution immédiate. Elle a le courage, cette jeune femme, de dire voilà comment on m’a traitée, comment on m’a insultée en garde à vue. Mais en fait, du coup, on comprend qu’ils l’ont laissée dans des cellules ou alors que parfois, personne ne passe pendant des heures, en fait. Elle aurait pu… Donc voilà, on comprend un peu mieux comment autant de gens peuvent mourir sous le contrôle de la police.
Autre personnage qui peut intervenir dans une garde à vue, je rappelle que nous sommes avec Ana Pich qui signe « garde à vue », petit guide pratique pour celles et ceux qui luttent pour leurs droits, c’est évidemment l’avocat ou l’avocate, tu gardes un conseil, on va pas tout raconter là encore une fois, on signe pas, jamais signer le PV pourquoi et comment on fait ?
Moi, c’est ce que m’ont dit les avocats, c’est que ça servait à… que l’on s’en foutait un petit peu. Et même les flics, généralement, ils se disent qu’ils s’en foutent un petit peu, vous signez ou pas. Donc quitte à avoir le choix, on ne peut pas signer. Au moins, je veux dire, pour contester ensuite un truc, c’est vachement plus facile vis-à-vis des juges de dire, en fait, je n’ai pas signé parce que je n’étais pas d’accord ou parce que je n’étais pas en état de lire, parce que je n’avais pas mes lunettes, parce que je n’avais pas dormi depuis je ne sais pas combien de temps. C’est plus facile d’essayer de critiquer un document en disant « je ne l’ai pas signé. » Ça nous laisse toujours une chance de plus, même si finalement, je ne suis pas sûre que ce soit forcément déterminant pour faire annuler un… Enfin, ça ne fera pas annuler un truc, mais en tout cas, on pourra plus facilement dire qu’on n’était pas d’accord.
On rappelle 30 minutes avec l’avocat et que ce soit l’avocat ou le médecin la visite est renouvelée dès qu’il y a prolongation de garde à vue. On l’a pas dit tout à l’heure mais ça peut aller jusqu’à 96 heures en cas d’infractions de criminalité organisée. 48 heures dans le cas courant et plus encore pour le terrorisme. Donc l’avocat, le médecin, et alors évidemment il y a une question qui revient toujours, il y en a d’autres dans le tchat que je te donnerai tout à l’heure, c’est la question du code, du code PIN de son téléphone, là c’est délicat parce que ne pas le donner ça peut amener des problèmes dans certains cas et le donner ça peut aussi apporter des problèmes. Alors tu dis il ne faudrait pas se balader avec son téléphone, bon très bien, mais il se trouve qu’on est souvent avec son téléphone portable. Pourquoi, pourquoi il faut ne pas donner son code et comment on peut résister à ça selon les pressions qui peuvent être faites que tu peux nous raconter ?
Après moi je ne dis pas, enfin je me place pas en disant Faites ça, enfin. Ah bah si, c’est un petit guide pratique quand même. Ah bah si. Ouais, c’est un guide pratique dans le sens où voilà, vous prenez vos décisions, mais voilà, consciente de quoi. C’est-à-dire que vous savez que si vous refusez de donner votre code, c’est une infraction pénale. Si vous décidez de refuser les relevés signalétiques, ça peut être une infraction, c’est important de le savoir et donc à chacun aussi en fonction de sa situation. C’est-à-dire que parfois, on n’est pas du tout égaux vis-à-vis de la répression policière et judiciaire quand on en a conscience. Moi, les conseils que je m’applique à moi-même en tant que femme blanche diplômée qui écrit des bouquins, j’ai des privilèges qui font que je n’ai pas les mêmes risques que tout le monde.
Effectivement, à chaque fois, tu t’appuies sur le code pénal, donc filer le code, bon, ça c’est le flic. Le refus peut constituer une infraction, tu nous dis, Cour de cassation, assemblée plénière, du 7 novembre 2022, c’est la décision numéro 21 8346. Mais cela n’est pas systématique, l’article 434-15-2 du code pénal ne parle pas du code de déverrouillage mais de la convention secrète de déchiffrement d’un moyen de cryptologie. La jurisprudence de la Cour de cassation a estimé que le code de déverrouillage d’un téléphone peut constituer une clé de chiffrement si ce téléphone est équipé d’un moyen de cryptologie. Alors on verra, lundi on va suivre les débats autour de la loi narcotrafic qui en fait pourrait généraliser justement les backdoors autour de toutes les messageries cryptées type Signal, enfin chiffrées pardon, type Signal, WhatsApp, etc. Mais enfin oui, on a à peu près tous dans son téléphone au moins une application chiffrée. Donc ça n’est pas inscrit dans la loi, mais tout est dit pour qu’on fasse en sorte que ce soit une infraction si on ne donne pas son code.
Oui, mais l’idée c’est de comparer aussi la pratique, le droit aux jurisprudences sur la question des relevés signalétiques. Il s’avère que l’accord de justice de l’Union européenne, elle a quand même dit que ça ne devait pas être applicable à toutes les infractions. C’est-à-dire que là aujourd’hui, le droit pénal français n’est pas en accord avec le droit européen. Il n’est pas à jour.
Justement il n’y a pas Jacou qui demandait tout à l’heure où se situe la France par rapport au garde à vue versus les autres pays en particulier de l’Union Européenne.
Je ne me suis pas renseignée au niveau interne mais non, je crois.
Ce qu’on peut dire, c’est que l’état des prisons, alors ça c’est après la garde à vue, l’état des prisons est régulièrement dénoncé par des organismes européens. La contrôleuse des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnet qui est déjà venue au poste, est la première à râler contre les conditions indignes de détention préventive et de garde à vue et la France est régulièrement condamnée pour ces choses-là, soit par des avocats qui vont défendre un client qui estime avoir été humilié, avoir été violenté, etc. ou des actions plus collectives. La France se situe mal, pour ne pas te répondre à coup. Là, il n’y a aucun doute là-dessus. Page 33, j’avais noté la douche, mais là c’est autre chose. C’est bizarre, je me suis trompé de toute façon, je peux le mettre ici. La garde à vue doit s’exécuter dans des conditions assurant le respect de la dignité de la personne, mais aucune obligation de vérification n’est prévue par le code mis à part la visite manuelle du procureur. Article 41 alinéa 4 ccp du code de procédure pénale. Alors qui sont les gens qui peuvent éventuellement visiter de manière impromptue les locaux de garde à vue, est-ce que tu sais ?
Alors normalement le PROC aussi doit les contrôler une fois par an et ça doit être inscrit dans un rapport annuel et puis on a la contrôle générale des prisons alors peut-être le défenseur des droits et puis les élus aussi peuvent aller faire des contrôles.
Sans s’annoncer, c’est ça qui est important, donc on voit parfois quelques élus, ça arrive notamment après des arrestations, des rafles on pourrait dire de manif, on voit des élus arriver le dimanche, faire la tournée des popotes, la tournée des commissariats pour essayer de voir comment se passe telle ou telle guerre d’avis. Je poursuis. Alors voilà, c’est la douche dont je parlais tout à l’heure. La meilleure douche et après, après la garde à vue, passez ce qui sera certainement la meilleure douche de votre vie. Page 42, page 42. Présumons les choses essentielles à retenir. Est-ce que tu veux les lire, ma chère Ana, ou est-ce que tu veux que je le fasse ?
Je veux rappeler que chacun prendra ses décisions, je pense que c’est important de connaître le droit, de savoir aussi que normalement ce n’est pas un espèce de huis clos hors de la loi. Ce serait assez bien aussi que les flics s’en rendent compte qu’il y a des droits pendant la vie de temps, mais après chacun prendra aussi les décisions en fonction de sa situation.
Pour résumer les choses essentielles à retenir, dès votre arrivée, demandez un ou une avocate et un médecin. Ça, on en a parlé. Ne donnez aucune autre info que votre pièce, non, petite identité, nom prénom, date et lieu de naissance.
Oui, c’est le minimum. Après, vous décidez en fonction de chaque situation ce qu’il y a de mieux à faire. Là, c’est vrai qu’on dit ça dans un premier temps, notamment sur les arrestations un peu massives en garde à vue. On peut se mettre d’accord dans un contexte militant parce que la plupart du temps, l’interpellation repose tellement sur rien que c’est juste la question punitive de garder les gens un petit peu. Donc, est-ce qu’on a besoin de donner plus d’infos ? Mais après, au fur et à mesure de la garde à vue, de toute façon, il va falloir aussi montrer vos garanties de représentation. Donc en fonction des situations, c’est vrai que la petite identité, ça peut marcher à plusieurs sur des contextes militants où finalement, il n’y a pas de poursuite parce que ça ne repose sur rien. Et donc, comme ça, vous avez donné le moins possible d’informations.
J’avais oublié de lire le petit astérisque concernant les avocats, soit un ou une avocate militante dont vous connaissez le nom, soit commis d’office, mais gardez en tête que si c’est le cas, un commis d’office ou une commis d’office, il n’est pas forcément formé à la défense collective, même parfois pas tout à fait formé du tout. Et puis parfois vous pouvez tomber sur des grands avocats mais c’est rare, mais ça peut arriver.
Il y a des très bons commis d’office, mais il faut savoir que ce n’est pas tous des pénalistes. Il y a des permanences où les avocats s’inscrivent, mais vous pouvez tomber sur un fiscaliste qui n’est pas du tout formé spécifiquement à la question du droit pénal. Il y a des avocats qui vont être très bien pour vous défendre, mais si vous vous faites arrêter dans un contexte militant avec plusieurs autres personnes, il va peut-être vous conseiller de vous en sortir vous et puis tant pis pour les autres quoi. Donc voilà, c’est pas forcément dans une démarche collective, donc voilà, ça dépend. Si vous vous faites arrêter tout seul… Enfin, voilà, il y a ça à savoir quand même.
Faites prévenir un ou une proche et votre employeur ou employeuse. Et donc ça, c’est notamment pour les garanties de représentation. Et ça, c’est extrêmement important.
Refuse catégoriquement les relevés signalétiques et justement voilà Super Titou te demande c’est quoi les relevés signalétiques ? Alors en fait ils sont dans les pages qui précèdent, je ne vais pas montrer pour réserver la surprise mais on peut quand même en parler. Quels sont ces relevés ?
C’est les empreintes ADN, le relevé de l’ADN, et puis les photos aussi, donc vous pouvez refuser effectivement de, alors là j’ai été très catégorique quand même sur cette dernière phrase, mais vous pouvez les refuser, ça peut constituer une infraction pénale, donc si le procureur décide de vous poursuivre pour ça, il a le droit et les flics vous rappelleront que c’est un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
Voilà, c’est ce que j’ai oublié de préciser tout à l’heure à propos du code, du code PIN de nos téléphones. C’est qu’en fait, on peut refuser, mais on se prête à l’éventualité d’une sanction, et évidemment le chantage est immédiat. Et c’est pareil pour l’ADN, c’est pareil pour les relevés. Un an d’emprisonnement et 15 000 euros pour ça, franchement c’est lunaire, nous dit Salva Graff. Ne signez aucun PV, on vient de le dire, mais là on est dans les choses essentielles, de toute façon ça ne sert à rien. Et demandez à consulter les documents, ça ne coûte rien d’essayer.
Oui, en fouillant les textes, je me suis rendu compte qu’on était censé avoir le droit de consulter notamment les notifications des droits. Du coup, c’est intéressant parce que normalement, on doit vous fournir une copie de vos droits. Ce qui est écrit au début avec une liste du code de procédure pénale. Donc déjà, à la fois, c’est important d’avoir en tête qu’on a le droit… à l’interprète, à un médecin et tout ça, et puis ça fait un peu de lecture, moi aussi.
Ça fait un peu de lecture, c’est ce que tu racontes à un moment donné. Alors justement, Gometz dit, c’est nouveau ça, moi j’ai refusé de donner mon code, j’ai juste eu une amende. Et réponse de Nordon Lemoine, pour le tel il me semble que oui, c’est assez récent. Tu as vu passer ça toi, des gens qui ont eu des amendes, parce qu’ils avaient refusé et pas plus que ça.
Oui, de toute façon, quand on dit c’est un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, c’est comme chaque infraction pénale, on donne une peine maximale, c’est-à-dire que les juges ne peuvent pas vous condamner à plus, par contre, ils peuvent condamner à moins. C’est vraiment le plafond, mais après, si on décide de vous condamner qu’à une amende de 200 euros ou à rien, il y a des dispenses de peine qui sont possibles. C’est une indication maximale de peine, un vol c’est trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Heureusement tous les vols ne sont pas punis de trois ans d’emprisonnement sinon ça ferait beaucoup de gens en prison.
Alors, je le disais tout à l’heure, il y a les regards des professionnels sur la garde à vue, on en a parlé avec cette avocate, avec cet interprète, et puis je voudrais revenir sur cette magistrate qui t’a avoué plusieurs choses, et notamment le fait que son procureur, qui était au-dessus d’elle, il était copain comme cochon avec le commissaire et que le commissaire en profitait pour faire pression sur le parquet. Est-ce que tu peux nous raconter ce qu’elle t’a dit ?
C’est hyper intéressant ce qu’elle m’a raconté parce que c’est une magistrate qui n’exerce plus au sein de la magistrature mais qui est détachée au syndicat de la magistrature et donc qui milite pour aussi qu’il y ait une reconnaissance un petit peu de la dimension politique que peuvent avoir les décisions de justice. Et donc ce qu’elle m’a raconté c’est aussi tout ce qui se passe en huis clos quand on ne sait pas sur pourquoi, ce que je vous parlais, du choix de l’opportunité des poursuites et de certaines personnes qui vont avoir une alternative aux poursuites, dans l’alternative aux poursuites, il y a le rappel à la loi par exemple, et d’autres choses, d’autres qui vont être poursuivis, d’autres qui vont être relâchés, et parfois il y a des négociations comme ça internes dont nous on n’a pas connaissance, mais là encore en fait on peut utiliser… Donc là ce qu’elle racontait par rapport au commissaire c’est qu’ils ont parfois des espèces de politiques pénales au sein de certaines juridictions en disant bah là il faut être intransigeant sur tel truc, là on voit à Nantes il y a une espèce de volonté absolue de réprimer toutes les personnes étrangères donc on leur colle un maximum il y a un vrai harcèlement policier et une vraie répression qui s’abattent sur les personnes étrangères, enfin vraiment ça dépend des lieux, dans certaines villes où c’est la question du stup qui va être primordiale. Donc il y a des politiques pénales, et là en l’occurrence aussi il y a des questions un petit peu, je pense, de fierté des parquets en disant non, on ne peut pas relâcher comme ça, donc on va au moins proposer une CRPC, par exemple une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, au moins pour montrer que la répression était là, même si finalement parfois il y a des trucs qui ne tiendraient pas dans un tribunal.
Elle te raconte qu’en fait il s’agit de marchandage entre le commissaire et le procureur, les uns et les autres travaillant évidemment de concert 7 jours sur 7, c’est difficile pour un procureur de se fâcher avec le commissaire, et réciproquement. Donc elle te dit une fois, une fois j’ai demandé la levée d’une garde à vue parce que le contrôle d’identité était illégal, te dit-elle, et le classement sans suite, parce que dans ce cas-là, la procédure, elle tombe. Mais mon procureur m’a dit, vous pouvez au moins faire un rappel à la loi, histoire de faire plaisir au commissaire. Alors donc là, j’ai vu que l’anti-stream, que je salue, faisait des allusions sur depuis quand les flics ont un rapport avec la loi, bah là c’est le bon exemple, c’est-à-dire que… Il y a des rapports de dépendance, puis c’est à la tête du client. Mais là, c’est une ancienne magistrate du parquet qui te le dit.
C’est hyper précieux ce qu’elle raconte de l’intérieur parce qu’il y a quand même une loi du silence au sein du parquet qui est indivisible et tout le monde se protège. Et même quand il y a un procureur, il y a vraiment cette espèce de troupe qui font corps et vraiment ils se protègent en toutes circonstances donc personne ne parle. C’est très précieux d’avoir des témoignages.
Dans les témoignages des professionnels qui gravitent autour des gardes à vue, il y a ce médecin généraliste qui en sort dégoûté.
Ah ouais, il lui débarquait de nulle part, mais ce qui est intéressant, c’est de voir qu’il a quand même hérité des représentations sociales que la police leur a mises en tête. C’est-à-dire qu’ils arrivent dans un contexte policier, en commissariat, où ils ne connaissent pas les médecins, et donc les premières représentations dont ils héritent, c’est celle que la police leur dit. Donc la police, elle en dit, de toute façon, ils vont te demander du subutex pour pouvoir en revendre, et du coup, ils arrivent avec des idées préconçues, de dire que s’ils demandent des médicaments, c’est pour pouvoir les revendre, c’est pour pouvoir les échanger, et donc ça crée des biais quand même, y compris dans la pratique médicale, et moi j’avoue que ça m’a un peu surprise, parce que j’avais un peu cette idée d’une médecine qui devrait être un petit peu indépendante de ces questions politiques, mais c’est là où on voit que les représentations sociales et les biais politiques, même au sein de la pratique médicale… D’ailleurs on le voit dans tous les biais sexistes aussi qui peuvent avoir, le racisme dans les pratiques médicales finalement, ce n’est pas si étonnant que ça.
Alors, il y a quelques suspects habituels dans ton livre, des gens qui sont très favorablement connus de nos services, je vais en citer deux, le dénommé Kempf Raphaël, avocat pénaliste, qu’est-ce qu’il te raconte ce Raphaël ?
Oui, alors il m’a parlé justement du préfet, qu’est-ce qu’il m’a dit d’autre, donc je le reprends parce que ça fait quand même quelques minutes.
La garde à vue n’a qu’un rapport très lointain avec la manifestation de la vérité. Enfermer quelqu’un sans accès aux preuves, soi-disant recueillies, n’a pour seul but que de forcer sa confession ou la dénonciation de tiers. L’autre fonction de la garde à vue est l’humiliation et le pouvoir de punir accordé à des policiers sans réel contrôle judiciaire. Et là effectivement il te parle justement de la circulaire dont on parlait tout à l’heure du procureur de Paris Rémi Heitz qui avait exigé de ses procureurs qu’ils maintiennent des gilets jaunes en garde à vue tout le week-end pour qu’ils évitent, c’était à la grande époque des actes, pour qu’ils ne soient pas dans les rues au moment où il y avait des rassemblements, des manifestations. Donc il y a ce bon Raphaël Kempf et puis il y a même, incroyable, où est-ce qu’il est Ritchy, page 57, qui sera d’ailleurs avec Odile Morin, militante anti-validiste dans quelques jours pour son émission « La Barricade », voici donc un agitateur comme on dit ici d’Auposte il a son émission, « La Barricade » qui se retrouve dans ton bouquin et ce qu’ils racontent n’est pas rigolo.
Oui, ça me faisait plaisir de me proposer à Ritchy de dire un mot là-dessus, puisque je pense qu’il en a quand même particulièrement subi des gardes à vue, mais il garde toujours sa détermination qu’on connaît, donc je voulais finir sur une note combative.
Il reste une petite question dans le chat, à moins qu’il y en ait d’autres qui déboulent en attendant, c’est Donnelapapatte, que je salue également, qui te demande, là on revient au fait d’avoir le droit de se taire et de parler le moins possible, et il pose la question inverse en disant : mais si on a fait le choix de parler, car on estime que le mutisme serait pire, dit-il par exemple à seule version des flics, faut-il signer ou non le PV ? Faut-il signer le PV d’après ce que tu sais de ton expérience, de ce que les avocats ont pu te dire, s’il y a ta version ou pas ?
Ça n’engage à rien de ne pas signer en fait, même si le PV il est écrit, t’as dit ce que tu veux ou rien dit dedans, mais en fait ça n’engage à rien de refuser de signer. Après, je pense que ce n’est vraiment pas des trucs les plus déterminants et puis après c’est vrai que je veux pas me placer,je ne suis pas avocate, je peux pas le prétendre.
Alors le livre est sorti quand ma chère Ana ?
Fin janvier 2025.
D’accord. Tu en es où, toi, exactement dans ta vie professionnelle, j’entends, évidemment. Je disais tout à l’heure que tu cherchais un peu du boulot. Est-ce que tu as quelques pistes ? Est-ce qu’il y a des médias qui s’intéressent à toi pour te faire piger pour tous tes comptes rendus de procès ? J’ai vu tout à l’heure qu’Euryale avait mis dans le tchat quelques dessins de toi que tu peux publier sur BlueSky.
Je continue à documenter en tout cas en dessin à la fois ce qui se passe dans les tribunaux et puis ailleurs, enfin en tout cas utiliser le dessin pour parler un peu de politique quoi. Et donc ouais, ouais, bah je continue à travailler avec certains médias indépendants, voilà, sur des piges pour StreetPress ou des illustrations aussi. Là on a fait pas mal de dessins J’ai fait des dessins sur les articles de Pierre Bafoil « Les Jours », et puis je bosse un petit peu pour Médiacité. Je fais des piges un peu à droite à gauche, et puis on a convenu d’une troisième bande dessinée avec Florent Massot, donc je travaille aussi là-dessus à recueillir des observations pour cette troisième BD qui parlera encore de justice.
On te suggère, est-ce que tu as regardé pour dessiner à l’Assemblée nationale ? Il me semble aussi qu’il y a des illustrateurs, nous dit Graf.
Oui, en fait, on m’a dit qu’il y avait des audiences publiques au Sénat et à l’Assemblée, donc j’aimerais bien aller voir ça. Après, en fait, il y a tellement de choses publiques intéressantes à dessiner. Là, à Paris, il y a encore plus de tribunaux, mais il y a aussi les juridictions administratives qui sont publiques, il y a le tribunal administratif, il y a la Cour nationale du droit d’asile, il y a d’autres trucs, il y a les prud’hommes aussi. Donc, je n’ai pas assez de toutes mes journées pour aller dessiner. Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Surtout que c’est un peu à l’autre bout, les différents tribunaux de Paris du coup, je fais beaucoup de trajets.
Alors on avait dit Ana qu’on ferait court parce que le livre est précis, le livre est dense mais il est court et pour pas tout déflorer d’un coup, je vois qu’on te remercie pour le taf, en audience publique, moi je pense qu’on peut dessiner, tout dépend si tu as une carte de presse ou pas, tu en as une ou pas encore ?
Pas encore. Il faut que je gagne un peu plus d’argent, n’hésitez pas à me payer plus ou à commander plus de piges pour que je puisse avoir la carte de presse.
Voilà donc si vous avez dans vos connaissances des gens qui pourraient employer Ana, faites-le comme ça, elle aura sa carte de presse et tu pourras effectivement à ce moment-là… Parce qu’autant les procès, tant qu’il y a de la place, puisque la justice est rendue en notre nom, elle est publique, après il y a toujours cette histoire de limitation de place. Si tu as une carte de presse, tu rentres plus facilement, tu as les bancs de la presse. Et je pense qu’à l’Assemblée, c’est à nouveau la même chose, parce qu’il y avait eu des restrictions après le Covid. Mais effectivement, normalement, il y a des séances publiques auxquelles on peut assister dans les gradins. Et puis, moi, j’adorerais t’imaginer en train de te balader dans la salle des quatre colonnes et tout ça, et comme tu le fais dans les procès, d’aller chercher des trucs que BFM ne nous montre jamais. Voilà, ce serait super. Les amis, est-ce que vous avez d’autres questions pour Ana ou c’est bon ? J’ai apprécié, c’est bon, on va attendre un tout petit peu, la nouvelle BD c’est pour quand ?
On s’est dit soit en automne, soit janvier, en fonction de l’avancement des choses.
Est-ce que le livre est disponible en librairie ou uniquement en ligne ? Il est disponible partout, bien sûr !
Et là, il y a plusieurs événements à venir à Paris et puis ailleurs dans les festivals de BD. Je ne sais pas, samedi on a fait une dédicace à la librairie La Marge à Montreuil. Et jeudi prochain, on organise une discussion dans le 20e, et donc avec Raphaël Kempf et Alexis Baudelin aussi qui est avocat à la Ligue.
Donc ça c’est jeudi prochain, c’est ça ? Le 20 mars, je crois que c’est la semaine prochaine, nous on fera Extrémorama au même moment à Mediapart. Bon bah, vous choisissez. Allez voir Ana en direct et puis vous regarderez Extrêmorama en replay.
Il y a un autre truc un peu drôle, sinon à Paris le 5 avril ils m’ont invitée au salon du livre politique à l’Assemblée justement. Ils se sont perdus, ils sont tombés en garde à vue, j’ai trouvé ça assez drôle.
Ils veulent peut-être des conseils, ils ont peut-être besoin d’un guide pratique. Je vais inviter Ritchy, j’espère qu’il pourra venir. Alors je ne sais pas s’il peut rentrer à nouveau dans l’Assemblée, je te pose peut-être la dernière question de la soirée. Comment fait-on pour rester calme quand on assiste à toutes ces injustices ?
On s’énerve tout seul dans sa tête, puis on dessine. Le fait de pouvoir le mettre sur du papier, ça aide. Je pense que si on allait voir notamment ce qui se passe en audience et qu’on pouvait rien en faire, là oui, je pense que ça rendrait fou, mais de pouvoir le noter, de pouvoir le dessiner. Et d’ailleurs, il y a quand même pas mal de collectifs qui commencent à s’attacher à aller observer ce qui se passe notamment en audience et à faire des grilles d’observation, je pense à l’Observatoire International des Prisons et même je crois la LDH et tout, ils font des groupes d’observations, ils forment un peu les gens à aller voir ce qui se passe et pas seulement voir en fait, écrire et documenter quoi. Et je pense que en tout cas, peut-être écrire ça quelque part, au moins que ça existe et d’en parler autour de nous, c’est déjà finalement commencer à lutter aussi et puis à dénoncer ce qui se passe.
Ronde Courgette nous remercie, merci à vous deux, Rolland vous dit un grand merci pour votre travail qui illustre un drôle de monde. Merci pour cette découverte, nous dit Optimistik 33 à Bordeaux. Surtout un grand merci, nous dit Bajaj Zou. Merci beaucoup, nous dit Li Jat. Merci beaucoup pour votre taf. Je viens de commander le livre, nous dit Salva. Hâte de le recevoir. Ça déchire. Merci beaucoup, Ana, nous dit Hollande Glaudioman, merci beaucoup pour cet entretien passionnant. Un bon livret d’éducation citoyenne, merci Ana Pich et à la prochaine sortie. Salut Euryale. Loaven dit du sondage qu’on dirait un interrogatoire, est-ce que vous êtes parisien ou pas parisien, dans ta tournée triomphante, triomphale, pardon. Tu n’as pas des dates en région parce que là t’as donné que Paris.
Portnichet le 28 mars pour parler d’expression et bande dessinée donc on parlera certainement aussi de garde à vue et je vais à la bibliothèque universitaire de droit de Nantes le 31 mars je crois et puis après il y a différentes dates à Paris, à Angers je vais le 25 avril et puis à Montpellier, je crois, Où est-ce qu’on peut être au courant de toutes ces dates ? Sur Instagram et BlueSky, je n’ai pas encore trouvé d’alternative à Instagram, donc pour l’instant je continue à publier là-dessus. Et sinon sur BlueSky, je vais mettre les dates.
Voilà, Euryale donne ton compte BlueSky dans le chat. Merci pour ce moment très intéressant, nous dit Hélène. Merci, ce fut passionnant, nous dit Karim. Et puis voilà, merci à vous tous et à vous toutes. Ça va, t’es soulagée ?
Ouais merci beaucoup, c’était chouette. Je suis hyper stressée à chaque fois.
Eh, ça s’est pas vu, t’étais parfaite, tout va bien. C’était parfait, merci beaucoup Ana, bonne soirée à toi, tu reviens évidemment quand tu veux et on attend effectivement comme disait Euryale ta prochaine BD, voilà bon courage pour le boulot, merci.
À bientôt, salut David et puis merci beaucoup à vous tous et à toutes.
