Kamel Daoudi, l’homme le plus assigné à résidence de France
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Amis, amis du café et amis, des réglages techniques avec les assignés résidentiels.
C’est Pierre
Mais oui, c’est Pierre Guerinet. Comment allez-vous ?
Très bien. Salut, Floréal ! Salut Pierrot. Salut, Dave Duff. Salut, les gars. Tous les gens de la Brigade Auposte.
Donc tes éditeurs sont venus faire un petit coucou. On les avait vus il y a quelques semaines, quelques mois à propos du bouquin sur Autour des lettres de prison.
Jamais aboli.
La peine de mort n’a jamais été aboli. On s'était dit qu’on referait des émissions ensemble et vous m’aviez envoyé un fichier. Mais moi je vous ai dit non, il faut faire de la vidéo les amis, il faut lire, il faut lire à l'écran. On verra ça un autre jour, on verra ça un autre jour. Donc voilà deux avocats pour Monsieur Bâton. Et alors je peux vous dire qu’il a. Et il en a épuisé un paquet, parce que dans les remerciements et dans les remerciements, à la fin, il y a un an, il y a ça. J’ai lu ça hier soir en m’endormant. Là j’ai bien rigolé, j’ai bien rigolé. Ça en dit long quoi. Euh à mes avocats. Remerciements à mes avocats qui m’ont fait confiance et ont ferraillé à mes côtés, notamment Maître Frédéric Belanger, Maître Christophe Monsieur, Maître Joseph Briand, Maître Marie Dosé, Maître Guillaume Gosset, Maître Bruno Vinay, Maître François Pinatel, Maître Emmanuel Dowd, Maître Hugo Partouche, Maître Étienne de Castelbajac, Maître Léon Goudron Morini. Mon cher Camel, cette litanie d’avocats en dit long sur ta vie.
Oui mais là, quand je dis mes avocats, ce n’est pas une simple expression, c’est une réalité. En peinture sur 21 ans de lycée, il en faut au moins autant pour pouvoir essayer de se départir un peu de la situation dans laquelle je me trouve.
Et sois pas stressé hein ! Tout va bien à
Stressé mais tout se passe bien. Je veux dire, vous entendez bien, la connexion est bonne, c’est surtout ça. Nous on en fait, il y a un temps orageux et je crains que. Et des petits problèmes techniques.
Tout va bien, tout va, tout va très bien. Tu viens de parler d’Odyssée et cette odyssée, elle démarre en 2020. Est ce que tu peux nous aider ? Est ce que tu peux nous raconter brièvement ce début d’Odyssée qui est extrêmement important ? Je vais dire des extraits du livre. Et donc les éditions du Bout de la ville publient un recueil de textes. Le rapport qualité prix est absolument imbattable puisque c’est 10 € et chaque page est super. Donc c’est imbattable, je le dis. Et en plus, vous avez décidé de faire gagner des exemplaires au poste aujourd’hui, ça révèle aussi des éditeurs 100 % Pourquoi ils font la gueule et.
Je ne les ai pas mis au courant mais je pensais utiliser quand même mes tweets à l'épreuve, alors ils valident donc il n’y a pas de problème.
Bon alors j’ai écrit L’homme le plus assigné à résidence de France depuis 2001. Tu t’es retrouvé là pour le coup ? Ce n’est pas un cliché. Tu te retrouves tel Monsieur K dans le Procès de Kafka. Sa vie, sa vie, sa famille, ça n’est que ça. Ça démarre en 2001, il y a a ce recueil de textes qui vient tout juste de sortir et on est là pour parler de ça. Qu’est ce qui se passe en 2000 alors ?
En 2001 ? Bon bah on est juste après les attentats du 11 septembre. Voilà. Tout le monde, paraît-il, se souvient de là où il était et de ce qu’il faisait au moment des attentats. Donc moi je suis à Paris, je suis exactement à Corbeil-Essonnes, la ville où j’habitais jusqu’alors, et je suis revenu d’Angleterre, de Londres. Et auparavant j'étais au Pakistan et encore auparavant en Afghanistan. Quelques jours après les attentats du 11 septembre, j’apprends qu’un certain Djamel, Bégueule, a été arrêté aux Émirats arabes unis et qu’il a été torturé dans une prison secrète par plusieurs services de renseignement. J’apprends ça dans Le Monde, le fameux quotidien de référence, paraît-il. Et là, je prends peur et je décide de partir me réfugier en Grande-Bretagne, au Royaume-Uni. Alors je prends peur parce que malheureusement, je sais, je connais un petit peu les méthodes de la galerie Saint-Eloi qui est la galerie antiterroriste française et je sais qu’en général.
On appelle ça la galerie Saint-Eloi, parce que c’est dans le. Dans ce qu’on a aujourd’hui, on appelle l’ancien palais de justice de Paris. C’est des boiseries, c’est en rose et sous les toits. Et en fait, c’est là où il y a le parquet antiterroriste. Et pour y entrer, pour y être convié, je peux vous dire s’il y a plusieurs portes à peu compliqué. Là, c’est un endroit très, très, très protégé.
Alors, le Saint-Eloi en question, c’est bien celui de la chanson du Roi Dagobert. Le bon Saint-Eloi lui dit Ô mon roi, eh bien, c’est ce Saint-Eloi là qui était le conseiller du prince, donc dans le haut Moyen Âge. Voilà pour la petite référence. Donc là, je me réfugie en Grande Bretagne et je suis interpellé à la fin du mois de septembre par les services spéciaux britanniques qui me mettent en garde à vue. Et donc là, il me pose tout un tas de questions, notamment sur la raison de ma présence en Grande-Bretagne et donc à la fin de cette garde à vue. Alors bien sûr, l’arrestation s’est faite dans des conditions un petit peu rocambolesques, exactement comme on peut voir dans des films un petit peu style 48h, des séries ou des films avec des forces spéciales. Donc je vous laisse un peu imaginer le contexte de mon arrestation. Donc je fais trois jours de garde à vue auprès des services britanniques et à l’issue de la garde à vue, donc, les autorités françaises, en l’occurrence deux officiers de la DST, parce qu'à l'époque, la DGSI se nommait la DST, la direction de surveillance et la direction de surveillance du territoire. Et donc là, je suis pris en charge par des officiers de la DST. Je suis expulsé via un Falcon de Sa Majesté et j’arrive avec deux paires de menottes sur le tarmac de l’aéroport de Villacoublay lorsque je mets le premier pas sur le tarmac. Les officiers du renseignement britannique retirent leurs menottes et je me retrouve pris en charge par les officiers de la DST. Donc direction le siège de la DST dans le 15ᵉ. À l'époque, c'était là que se trouvait le siège des services intérieurs français. Pour l’instant, ça changeait de passer à Levallois-Perret. Et donc là, nouvelle garde à vue cette fois-ci. Quatre jours, quatre jours, donc quatre 20 16 h de garde à vue avec des méthodes destinées à désorienter le gardé à vue, en l’occurrence moi. Donc manque de sommeil, manque de nourriture. Aucune notion du. Et les officiers du renseignement me disent que je suis sous le statut de témoin assisté. Donc on me demande si j’ai envie de prendre un avocat. Je rétorque que oui, étant donné qu'à l'époque je n’ai aucune connaissance ni des méthodes de la police, ni des méthodes du renseignement puisque j’ai un casier judiciaire vierge. Donc je prends un avocat commis d’office. Alors lui, il me conseille de parler et de répondre à toutes les questions. Ce que je fais dans la mesure où ces questions ne sont pas orientées
Ben je me permets de t’interrompre puisque. Le tout début du livre Y qui vaut ta présence ici s’intitule Ce que l’on me reproche. Et d’entrée de jeu, tu expliques Parce que ça, c’est quand même très important de le dire. Pourquoi les flics ? Te tiennent ? C’est parce qu’ils ont un. Ils ont un doute. Et ce doute, c’est celui- ci. Il y a 17 ans d'écriture, je me suis retrouvé pris bien malgré moi dans l’affaire dite du projet d’attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Ou à faire bégueule. La seule chose que les réponses des services de renseignement sont parvenus à me reprocher, donc, c’est ceux qui sont en ce moment en train de te retenir dans ton récit, c’est de m'être rendu au Pakistan et en Afghanistan pendant environ quatre mois avec un passeport contrefait. Plus loin, tu parles de page 39 je crois. Tu parles de oui, du rapport falsifié et de passeport falsifié. Et revient à peu près à la même chose. Donc en fait, ce qu’on te reproche est d'être terroriste.
Oui, tout à fait. Mais alors au début, je suis quand même sous le statut de témoin assisté. C’est à l’issue de la garde à vue, donc à la dernière heure pratiquement des quatre 20 16 h, que deux magistrats instructeurs de la galerie Saint-Eloi, qui sont Jean-Luc Bruguière et Jean-François Ricard, viennent et me disent Monsieur, vous n'êtes plus sous le statut de témoin assisté. Vous êtes désormais sous le statut de mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Donc là, l’enquête du renseignement se termine et je suis évacué vers le dépôt de Paris, donc pas loin de là, enfin sur l'île de la Cité et par ailleurs. Donc l’enquête cette fois-ci continue, mais avec les magistrats instructeurs qui sont deux, qui sont Jean-Louis Bruguière et Jean-François Ricard. Jean-François Ricard est la cheville ouvrière du dossier Jean-Louis Bruguière. C’est un petit peu celui qui s’occupe du public gestion puisque lui va gérer en fait tout cet après en septembre, en en créant une sorte de récit assez particulier, à savoir que la France avait prévu les attentats du 11 septembre, que la France que le gouvernement français avait ou plutôt l’antiterrorisme français avait une certaine expertise en la matière, etc. Et donc c’est à ce moment là, en fait, que chacun des services de renseignement connu dans le monde va essayer de vendre ou de montrer patte blanche auprès des services de renseignement américain, américain, la CIA et la NSA. C’est vraiment une psychose internationale et il va y avoir une espèce de branle-bas de combat de l’ensemble des services de renseignement, des démocraties, des dictatures, des pays un peu en faillite, comment dire, qui, qui ont des gouvernements faillis. Enfin bref, chacun va essayer de sortir un peu son épingle du jeu. Et moi je me retrouve pris dans tout ça.
Alors il y a des questions indiscrètes dans le tchat. Oui, pourquoi un passeport contrefait ? Te demande Pimiko ? Tu ne réponds pas à ça dans le livre ? Tu n’es pas obligé de le faire.
Je peux le faire.
Ici, c’est un entretien amical, Ce n’est pas un interrogatoire. Mais c’est vrai que la question se pose encore une fois, t’es pas obligé d’y répondre et tu dis réponde.
Moi, rien que je n’y réponds dans le livre, sauf un point que je connais que je citerai est la page 39.
Oui à la page 39, j’ai en face de moi. Mais alors. Alors je ne sais pas, hein ? Alors en fait, pourquoi j’utilise un passeport contrefait ? Là pour ça, il faut connaître un petit peu ma vie antérieure. Donc en 2001, en fait, je suis. J’ai un emploi auprès d’une espèce de désir, donc une entreprise informatique, une grosse boîte d’informatique à la Défense, dans le quartier de la Défense, en région parisienne. Je suis marié avec une ressortissante hongroise qui depuis est devenue française. Et ça se passe mal, aussi bien au niveau du travail qu’au niveau de ma relation de couple. Et puis depuis plusieurs mois déjà, je suis dans une espèce de recherche un peu identitaire et je prends l’initiative comme ça de partir un peu à l’aventure. Alors oui, je sais, la destination peut paraître un peu exotique, mais j’ai une histoire familiale un petit peu particulière qui fait qu'à ce moment-là, je me suis un petit peu perdue dans une recherche. Je. Un peu compliqué et l’utilisation et quand je suis à l'époque, je suis ressortissant français et ressortissant algérien. Pardon, je ne sais pas encore que j’ai acquis la nationalité par naturalisation. J’ai peur en fait, parce que ce voyage là que je fais au Pakistan, puis ensuite en Afghanistan, j’avais aucune intention d’y rester. Je suis parti vraiment pour quelques mois. Et c’est-à -dire j’ai pris un billet ouvert sur une année pour pouvoir revenir lorsque je le souhaitais. Donc là, je pars là bas sans motivation autre, si ce n’est de prendre le large, voire de te ressourcer.
Un peu plus vert ailleurs. Oui, me ressourcer. Alors bien sûr, l’Afghanistan, ça peut paraître une destination assez exotique pour un Européen. Pour moi, l’Afghanistan, déjà, c’est un pays. J’aime beaucoup au niveau de sa culture, au niveau de son histoire, au niveau de ses paysages et surtout, c’est un pays. C’est l’un des rares pays dans la sphère arabo musulmane et les Pakistanais, pardon, les Afghans ne sont pas des arabes Il y en a des pages tout essentiellement, donc c’est une autre ethnie. Mais c’est un pays qui m’intéresse parce que justement il a le rapport au colonialisme qu’ont pu avoir d’autres pays, notamment l’Algérie. Donc pour moi c’est un peu un c’est le pays. Rappelez-vous quand tout se passait bien, les gens qui combattaient l’ex U.R.S.S, on appelait ça des combattants de la liberté. Comme ça, du jour au lendemain, ils sont devenus des terroristes. Donc moi, à l'époque, j’allais au pays des combattants de la liberté, J’allais surtout au pays, du proche orient et au pays de toute l’histoire, de toute l'épopée d’Alexandre le Grand. Bref, c’est un pays qui a une très grande histoire qu’on appelait avant Arianna. D’ailleurs, j’ai fait un petit texte là-dessus, que je publierai peut-être prochainement. Donc voilà, c’est vraiment moi pour me changer un peu les idées. J’ai vraiment mal à ce moment-là.
C’est beau, c’est gros, c’est beau, on a compris, y a pas de soucis, l’objet de ton livre est l’objet de ton combat de l’Odyssée dont tu nous parles et que là, on a compris les raisons pour lesquelles tu étais là bas. Mais quelles que soient les raisons, de toute façon, ce que tu subis depuis 20 ans et qui va être l' objet là, de notre conversation et qui. L’objet du livre, c’est sans commune mesure avec ce qui t’est reproché, sans preuve d’ailleurs, puisque il n’y aura jamais de preuves de quoi que ce soit. Et depuis 20 ans en fait. Alors moi je dis 20 ans alors que dans le bouquin tu dis treize ans fait c’est depuis 2008 et ça donc depuis 2008. J’attends juste si tu veux bien, je vais dire la quatrième de couverture qui met bien la table. Quant à tes avocats éditeurs, j’ai ajouté leur nom, maintenant ils sont en sous titre et vous pouvez intervenir à tout moment, chers amis, n’hésitez pas. Voilà. Et ils sont habitués maintenant. Ils coupent leur micro pour ne pas faire de parasites et tout d’un horizon. Forêt sombre et sans foi Pour les gauchos, ils sont forts, on peut dire ce qu’on veut. Bon, ce monde est dans la merde mais bon. Alors on continue. Quatrième de couverture la radio. On va faire ça très professionnel. Est ce que c’est un trio ? Ah, tu vois, là, tu vas la monter toi aussi. Très bien. Tu sais quoi ? Le mieux, c’est que toi, tu la lises.
Tu l’as dit
Ça te va ?
Moi ça me va très bien. Si ça vous convient, moi ça va. Et si ça convient à mes éditeurs Floréal et Pierrot que je salue.
Placement marketing, c’est bon je pense.
J’ai refait mes comptes. Je suis assigné à résidence depuis le 24 avril 2008, soit depuis treize ans, dix mois et 23 jours, c’est-à -dire 5065 pendant 5075 jours. Sur ces 5075 jours, j’ai effectué 256 jours de prison ferme, 126 jours pour m'être éloigné de 18 kilomètres de mon lieu d’assignation à résidence et 130 autres jours pour 25 minutes de retard à mon couvre feu. J’ai effectué 26 040 pointages au poste de police ou de gendarmerie. J’ai parcouru 57 759,8 kilomètres, soit près d’une fois et demie la circonférence de la Terre et de 40 075 kilomètres. Cette. Cette distance, je l’ai tantôt parcourue à vélo, tantôt à pied, et c’est signé Kamel Daoudi, paraît-il.
La quatrième de couverture, c’est les éditeurs qui l’ont écrite pour faire Garage Hôtel. Et ils disent non. Voilà on a un aperçu de ce que tu vis et voilà ce que je te propose. Assez qu’on parte d’abord de ton assignation. Il y a des passages que j’ai relevés et que je vais lire, et d’autres dont on pourra parler sur qu’est ce que c’est que d'être assignés à résidence depuis autant d’années ? Il y a aussi précisément le volet de l’incarcération, parce que tu as vécu des choses terribles à Fresnes, notamment à la prison de la Santé. Et puis, si tu veux bien aussi, on pourra peut être parler à un moment donné de qu’est ce que c’est que de vivre avec des voisins qui te suspectent, avec des maires qui te regardent de travers jusqu'à des fachos qui viennent à tes portes manifester contre ta présence dans tel ou tel, dans tel ou tel village. L’assignation, ça veut dire que dans en fait, dans 30 minutes, on va être obligé d’interrompre cette émission. Donc c’est super que Florian des Pierres soit là parce que ce sera 10 h et à 10 h tous les jours, tu fais quelque chose.
Oui, 10 h tous les jours et à 17 h également. Je vais pointer. Donc là, en ce moment à Aurillac, j’en suis à deux pointages quotidiens pour vraiment tous les jours, y compris les jours fériés, les jours de fête, le jour de mon anniversaire, le jour de Noël, enfin bref, absolument tous les jours. Là, ça va un peu mieux parce qu’il y a des moments où je pointais jusqu'à quatre fois par jour. Donc là, je peux vous garantir que quand vous pointez quatre fois par jour au comico, et bien ça devient vraiment une routine complètement délétère où à peine arrivé au commissariat pour pointer une première fois, il faut y retourner pratiquement aussitôt. Sachant que mes lieux d’assignation à résidence étaient tantôt éloignés, tantôt plus courts. Mais j’avais jusqu'à quelques fois cinq kilomètres à parcourir entre mon domicile assigné et le poste de gendarmerie ou de police. Donc je vous laisse imaginer. Bon, quand vous faites cinq kilomètres quatre fois deux parce qu’il y a l’aller et le retour, ça fait huit fois par jour, ça fait déjà 40 kilomètres tous les jours. Bon alors savoir que je suis un peu sportif, donc 40 kilomètres, ça me va. Mais c’est surtout en fait la notion du temps et de l’espace qui est complètement différente de celle que vous pouvez appréhender au quotidien. Moi je vis carrément dans une autre dimension. Pour moi le temps et l’espace, il ne s’agit pas de la même façon. Ils ont leur propre logique. Et c’est ça en fait. La chose la plus dure en termes psychologiques de l’assignation à résidence, c’est qu’on est à la fois le prisonnier et le maton. Je ne sais pas si vous connaissez la chanson Le maton te guette là. En fait, le maton c’est le prisonnier. Donc on se retrouve dans une espèce de situation complètement schizophrénique où on est à la fois son geôlier et la personne enjôleuse.
Tu écris page onze. Il y a des gens qui s’inquiètent. Ils sont cons. Jamais. Ah mais alors si ces bonnes âmes, alors ils loupent la fin de vos post à chaque fois. Ça, ça va.
Non, non.
. Non, non mais ça va. Je vais écrire au général Rodriguez, le général de gendarmerie. On va peut-être déménager ça, ce n’est pas possible. Il faut onze pages onze, tu écris parce que. Alors, il faut le dire. C’est très bien écrit. Très bien, très bien, très bien, très bien. Être assigné à résidence, c’est avoir les principaux inconvénients du prisonnier sans avoir les caractéristiques distinctives de l’homme libre. C’est être captif d’une administration mise sous tutelle par un État. Bien qu'étant adulte et sain d’esprit, constamment entre deux eaux et sans aucun statut réel. Page onze L’assignation à résidence est une sorte de prison mentale et un des chapitres bagne. Donc on est à la fois le prisonnier, le maton et on n’est pas vraiment un homme libre ou une femme libre.
Oui, tout à fait. En fait, l’assignation à résidence est au carrefour de beaucoup de problématiques. Il y a un peu on est prisonnier, on est gardés à vue, on est surveillé, donc surveillé sur tous les plans par la police mais aussi par la Technopolice. Donc c’est pour ça que je m’intéresse beaucoup aux questions de libertés publiques et de libertés fondamentales. Et c’est pour ça que le ton Auposte est vraiment venu au bon moment. Ça m’a permis en quelque sorte d’avoir une espèce de prise sur son quotidien et de voir qu’il y avait d’autres personnes qui réfléchissent sur ces problématiques. Donc en fait, les libertés publiques et libertés fondamentales sont au carrefour de l’assignation à résidence mais à également les problèmes d’enfermement, de l’enfermement, pas simplement dans la prison, mais également en centre de rétention administrative, par exemple au carrefour de Racine et sur la résidence. Il y a également tout ce qui concerne les violences policières, les tentatives, les violences judiciaires. Il y a également tout ce qui concerne les libertés publiques, donc par exemple, la liberté de manifester, la liberté d'être présents dans un périmètre donné. Et c’est en fait le sens du titre de mon livre qui a été choisi avec l'équipe éditoriale, notamment Floréal et Pierrot. Et en fait, le titre c’est Je suis libre. Trois petits points dans le périmètre pour moi signé Les trois petits points ont leur importance. Ils n’ont pas été choisis au hasard. C’est déjà un petit peu une marque de mon style littéraire. Ce sera un bien grand mot, mais du fin de mon style. Et ensuite les trois points sont là pour faire réfléchir.
Pourquoi je dois aller à des embrouilles ? Pourquoi ce serait un bien grand mot est un style littéraire, cher ami, bien sûr, mais bien sûr, il faut l’assumer. Attends, c’est quoi ces conneries là ?
Donc je suis libre et en fait trois petits points. Et en fait, j’essaie d' interloquer le lecteur et la lectrice dès la couverture pour dire, pour le faire réfléchir ou la faire réfléchir.
Quand je dis que c’est un style littéraire, c’est qu’effectivement on retrouve souvent ça dans tes phrases, c’est à dire un début de phrase qui nous emmène quelque part et tout de suite on bifurque sur autre chose, ou tu, ou tu nous renvoie sur autre chose et bien souvent tu nous renvoie finalement sans agressivité à nous mêmes, à nos propres libertés, alors que tu parles de ce de la tienne qui est malmenée quoi. Voilà. Et donc il y a souvent ça dans ton dans ton texte, avec une forme d’ironie ici ou là.
Qui est assumée.
Assumée, qui parle, qui permet d’ailleurs de tourner des pages parce que sinon c’est quand même complètement infernal ça.
Mais en fait, ce que j’essaie d’explorer, c’est aussi le périmètre, le périmètre que l’on assigne à tout un chacun. Oui, parce qu’en fait, ce périmètre là tout de même, toi, David Dufresne, même Pierrot, même, même Floréal, même tout ce qui nous regarde en ce moment sont assignés à résidence. En réalité, chacun a une forme d’assignation à résidence. Ça peut être son travail, ça peut être son ethnie, ça peut être ses orientations sexuelles, ça peut être. Là, par exemple, j’ai un ami récemment qui a perdu son permis, alors il n’a pas perdu parce que c’est un alcoolique quand même. Combien y sont alcooliques ? SA ? Le problème n’est pas là, c’est le fait d’avoir perdu son permis. Ça a complètement chamboulé son quotidien. Donc il est prof et il est obligé de partir soit dans une voiture sans permis, donc il doit en acheter une ou bien demander à des copains de l’accompagner jusqu'à son travail. Et en fait, c’est en perdant un certain nombre de libertés qu’on se rend compte à quel point cette liberté est fragile et qu’il faut la défendre coûte que coûte. Ça peut être aussi, par exemple, avec l’expérience grandeur nature de l’assignation à résidence qu’on a pu constater que dans les deux ou trois années que.
Tu évoques la Crise Sanitaire, voilà que tu évoques dans le livre, puisque le livre est un recueil de textes écrits au cours, au cours du temps, tantôt sous pseudonyme dans le journal L’envolée. Quand tu te retrouves en quartier d’isolement, on parlera tout à l’heure de ça de temps en temps dans ce petit blog très défavorablement connu de service intitulé lundi matin sur d’autres blogs ici ou là.
Voilà qui m’apporte du soutien notamment.
Et celui de Mediapart aussi.
Dans le genre stage très défavorable.
On connaît tous ces jours-là les coléreux. Tu vas voir, ça sera pour voir ce qui va se passer. Qu’est ce que je voulais dire ? Et il y a effectivement un texte qui doit dater, je crois, de 2020 sur le finalement, le confinement où Voilà où tu fais des. Des analogies qui ne sont pas déplacées parce que c’est toi qui les fait.
Je vais te tuer toi.
Ça change tout. Que toi tu le fasses. Tu vois, moi je le fais, toi, tu le fais. On écoute
Bah écoute, je te laisse lire dans ces cas là.
Mais figure-toi, je ne retrouve pas la page. Est ce que des éditeurs sont là ? Je ne retrouve pas la page parce que je ne pensais pas en parler. Mais si vous attendez 2021, c’est là, je me demande. Non, ça c’est dans les pages 60 67.
C’est vers une assignation à résidence massive de la population.
Allez, je vais le faire. David. J’ai trouvé la page. Bien. J’ai longuement hésité avant de vous livrer mes quelques réflexions et je ne suis pas plus légitime qu’un autre pour le faire. Pourtant, ma sensibilité, après douze ans d’assignation à résidence, m’oblige à partager avec vous ces quelques idées intimes. Je ne sais pas où je vais et peut être que mes phrases seront confuses, imprécises, brumeuses. Mais je me lance quand même. Lorsque j’ai appris la nouvelle, j'étais dans un café associatif en train de regarder un spectacle sur l’expérience de deux personnes dans une commune, dans une communauté autogérée. À l’entracte, un responsable annonça que désormais. Tous les lieux ouverts au public devraient fermer à vie. Je m’enquis auprès de la personne qui avait annoncé la nouvelle pour lui demander s’il s’agissait d’une mesure suite à un événement particulier de la soirée qui aurait justifié cette décision. Il me répondit que non. Il s’agissait simplement d’une mesure liée au coronavirus. Devant moi même revenir avant 21 heures pile à mon domicile, je décidai de m’acheter un sandwich, comme pour conjurer le sort. Comme si ce geste anodin prenait presque un air de défiance. J’entendais les commentaires des gens autour de moi, répétant la nouvelle presque pour s’en convaincre. Je vis à Aurillac, une petite ville de province. On a vite fait de quitter le cœur de la ville pour se retrouver seul à entendre ses propres pas résonner et rythmé tel un métronome, ces pensées fugitives qui se résumaient à cette antienne jusqu'à nouvel ordre. Je sais plus que quiconque ce que signifie cette phrase. L’Ordre, après une mesure bâillonnée dans une liberté publique, n’est jamais le même après qu’avant. L'écho de ce qu’on appelle l’effet cliquet produit le même effet que celui du chien de la roulette russe, tout aussi métallique, tout aussi stressant, tout aussi suffocant. L’effet cliquet d’une mesure privative de liberté ne vous ramène jamais à l’entrée. Statu quo. Il vous conduit à coup sûr vers une fuite en avant, vers un état de sidération, puis d’acceptation. Alors oui, me direz vous, il y a urgence. Ce coronavirus est dangereux. Il vaut mieux prévenir que guérir. Soit. Tout cela est audible. Mais une chose est sûre, quand un pouvoir a l’opportunité d’asseoir son emprise, il le fait avec le plus grand empressement. Une phrase de l’allocution du président résonne encore dans ma tête. Nous tirerons toutes les leçons de cette situation. Fin de citation. En trois mois, cette merveilleuse expérience de confinement, de désocialisation à bas bruit de paranoïa low-cost est une occasion rêvée pour un pouvoir moribond. Cette expérience de nation building en Afghanistan ou au Mali, mais ici chez nous, va laisser des traces et des ministres d’y aller de leur couplet. On pourrait faire des tests de traçage avec de l’intelligence artificielle et de la reconnaissance faciale. On pourrait tester le télétravail à grande échelle. J’en passe et des meilleurs. Je vous rappelle qu’une nouvelle mouture de la loi Surveillance intérieure et lutte contre le terrorisme est sur la table. Elle passera comme une lettre à la poste, comme la précédente. Les gens seront trop préoccupés à ne pas figurer parmi les victimes du virus tueur. Et ça a été écrit le 14 mars 2001 sur Twitter.
On te dit je crois que c’est le thread qui m’avait marqué.
Oui, exactement. Et d’ailleurs, David, on pourra faire éventuellement une version audible de nos livres respectifs, ça peut être sympa.
Toi, tu as une belle voix
Mais toi aussi tu trouves que la lecture a été correcte ?.
Non ! C’est bien, c’est bien, c’est bien,
j’ai encore dix minutes.
Faut te dire les chaussures de foot, dis ?
Bon alors moi en fait, j’ai effectué l’intégralité de ma peine pour des faits que j’ai toujours contesté. C’est à dire qu’on m’a accusé en gros d'être le logisticien d’un groupe de personnes. Toutes ces personnes là sont libres aujourd’hui, c’est-à -dire toutes les personnes du groupe. Il y en a qui ont été relaxés, il y en a qui ont eu un non-lieu. Même la figure de proue de cette histoire, qui n’est jamais légale, est en Algérie et elle est libre. Il est libre. Après avoir effectué de nombreuses années de prison, avoir à vivre va être passé chez les services de renseignement algérien, etc. Mais lui est libre, moi je ne le suis pas. Alors que donc voilà. Et parmi toutes ces personnes, en fait, le seul qui reste avec un fil à la patte, c’est moi. Et pourquoi ? Parce qu’en fait, on m’a retiré la nationalité française alors que j'étais en pleine instruction. Ceci au détour d’un article de loi qui date du code Napoléon. Vous savez, le personnage historique, un certain le. M’Bia. Donc, dans ce code civil, il y a un article qui est resté et qui dit que lorsqu’on est de mauvaise vie et de mauvaises mœurs comme toi David, eh bien on peut rapporter le décret de naturalisation. Alors toi t’as eu la chance d'être né sur le territoire français, donc t’as la nationalité française et on ne peut pas te retirer la cité française. Moi vu que j’ai acquis cette nationalité française par naturalisation, eh bien on a utilisé cet article donc qui date du code civil et qui est resté dans le code de la nationalité de Charles Pasqua et qui a été ensuite utilisé par madame Guigou et ensuite Monsieur Fillon pour me retirer la société française alors que je n’avais pas été encore condamné ni en première instance, ni en appel. Donc en fait, déjà là, il y a un problème sérieux, c’est à dire qu’on est censé, comment dire, être innocent tant qu’on a kidnappé, que notre culpabilité n’a pas été prouvée. Mais là, avant même que je sois condamné, c’est-à -dire en pleine enquête, le service des affaires sociales, le ministère des Affaires sociales me retient. C'était français. Et ça, ça se fait suite à l’intervention d’un certain député qui s’appelle Monsieur Millard, aux questions du Gouvernement, où il interpelle Monsieur Chevènement. Et donc Monsieur Chevènement donne la garantie à l’ensemble de l’hémicycle que, bien sûr, Monsieur Kamel Daoudi, qui a obtenu la Cité française alors qu’il était en Afghanistan et dont on lui retire la cité française parce que c’est scandaleux. Et c’est ce qui fait donc que lorsque je vais être condamné en première instance et de façon définitive, on va non seulement me condamner pour des faits que je n’ai pas commis, mais en plus on va me retirer la société française et je vais me retrouver sous écrou traditionnel. Donc, à l’issue de ma peine, le 21 avril 2008, au lieu de sortir librement, je sors avec les menottes et je suis pris en charge par une équipe du GPM, le groupement d’intervention de la police nationale. Je suis remis à la préfecture, cette fameuse préfecture où exerce un certain préfet Lallement que j’ai connu, enfin je ne l’ai pas connu directement, mais il était directeur de l’administration pénitentiaire avant de sévir à la préfecture de police. Et je peux vous dire que les méthodes qu’il a utilisées, notamment contre les gilets jaunes, il les avait déjà utilisées contre nous en 2003, lorsque j'étais à la prison Saint-Joseph de Lyon et lorsqu’il avait mis en classe les fameuses IRIS qui sont des équipes d’intervention type un peu à ce qu’on voit là avec les bras et c’est tout. Ce genre de brave équipe policière, voilà ce qu’on appelait à un certain temps un certain moment. Mais bon sang, vous l’oubliez ! On les appelait ça les Voltigeurs. Ils n’avaient pas de moto dans les quartiers d’isolement, mais taper aussi fort. Et ils utilisaient les mêmes méthodes. En fait. Tout ça pour vous.
Dire que ce qui veut dire, ce qui veut dire que aujourd’hui et aujourd’hui, tu n’es pas, comme on disait, des sans papiers dans les années 90, tu n’es ni régularisés ni expulsables, c’est ça ?
Exactement. Je suis dans une situation un entre deux. Je suis. En fait, j’ai tous les inconvénients. Euh en fait, je suis en quelque sorte un sans papier, ou même un, comment on appelle ça ? Parce qu’en fait, ni les autorités françaises ni les autorités algériennes ne veulent de moi en réalité. Et donc je me retrouve dans une espèce de zone de non-droit, une espèce d’entre deux. Et donc la France ne peut pas m’expulser parce qu’une décision de la Cour européenne des droits de l’homme, la CEDH, qui a demandé à la France de surseoir à une expulsion. Les autorités algériennes ne souhaitent pas non plus mon retour en Algérie et même si elle le souhaitait. De toute façon, la. La CEDH considère que selon la convention, ma vie est exposée sérieusement puisque il y a des risques de traitements dégradants et inhumains au sens de la Convention européenne des droits de l’homme. Et surtout, j’ai toute ma famille qui est en France. Ma femme est creusoise depuis d’innombrables générations. Il y a quatre enfants sont tous nés sur le territoire français. Effectivement, j’ai une belle fille et trois enfants, mais je les considère tous comme mes enfants, quatre dont les deux plus grands.
. Si j’ai bien compris ils t’accompagnent parfois quand il y a des procès ou des choses comme ça. Les deux plus grands sont là quoi. Voilà. Donc on les voit, on les voit un peu grandir dans le dans le texte, même si ce n’est pas forcément chronologique, c’est plus thématique, mais on parlera avec les éditeurs quand tu seras à la maréchaussée comment as-tu constitué le bouquin ? Tu dois y aller ou pas ? J’ai encore quand j'étais nettement plus haut dans la journée.
Donc on n’a rien écrasé.
. Louise, Michel.
Louise Michel, Ie personnage que j’aime beaucoup.
La révolution sera un matin.
Je te laisse encore un peu.
On n’est pas très bien, on y va très bien à la trappe. Le point se fait. La révolution sera la floraison des noms. Je n’arrive pas à dire je suis désolé.
La collection La Révolution sera la floraison de l’humanité, comme l’amour est la floraison du cœur. C’est une belle citation, non ? Adèle, tu parlais tout à l’heure de ma femme.
Voilà la belle première citation. Il y a plein de questions dans le tchat. Moi j’en ai. On a à peine commencé en fait. J’en ai aussi, il y en a plein, mais je ne veux surtout pas te mettre en retard. Est ce qu’on fait comme on regarde ce qu’on va faire ?
Ce que je te propose, c’est que je vais faire mes petites affaires. Donc là, tu vois, je vais bouger un peu la caméra je vais enlever mon téléphone. Je l’installe là.
En fait, l’idée, l’idée c’est que tu voudrais qu’on t’accompagne jusqu'à la gendarmerie.
Ouais, alors là par contre, le temps que je reprenne mon vélo parce que en fait, j’ai le casque, je vais mettre mes chaussures, je vais me préparer, comme ça je vais laisser un petit peu les éditeurs parler parce qu’il n’y a aucune raison, ils sont là.
Sachant que tu laisses aller là bas quelques mots. Là, ça fait un peu commissaire politique. Ils écoutent les gens.
Ah bah oui.
Qu’est ce qu’il raconte notre auteur ? Voilà, tu vas y aller.
Oui, oui, moi je vous entends. Je vous passe le relais, le temps de me préparer et puis vous verrez quand toute façon, quand je serai prêt, vous verrez que je suis à vélo, que je suis dehors et en plus il pleut. Alors j’espère, Je ne vais pas prendre un éclair sur la tête parce que là j’ai déjà les cheveux assez hirsutes ici,
Les cheveux hirsutes, on aime bien, on aime bien ici, on aime bien les choisir, c’est bien. Et puis on te suit, on est même, on accompagne, voilà, on accompagne. Pierrot Floréal. L’idée du livre vous est arrivée comment ? Pourquoi ? Vous vous êtes dit Tiens, on va éditer Kamel.
Déjà, au premier point, on n’est ni gauchiste, ni des commissaires politiques. Après, on est bien, on est là aussi.
Vous êtes des marchands.
Ou alors peu de cette école, de cette grande allée ? Non, on est content d'être là aussi, parce que c’est toujours l’occasion de passer un petit moment avec Kamel aussi. Parce que oui, le principe de l’assignation à résidence, c’est quand même, c’est quand même un éloignement, y compris de voilà et avant tout de toutes les personnes qui constituent l’entourage quoi. Et du coup il n’y en a pas beaucoup, donc plus d’occasions comme ça. Il faut créer ces situations là, elles sont rares, elles sont précieuses. Comment l’idée est- elle valable ? Elle vient parce que, comme on l’avait un peu raconté déjà une fois. La dernière fois que tu nous avais très chouette m’a invité ici, qu’on avait passé 3h à boire beaucoup de café en plein qu’Ovide. Donc c'était, si je me souviens bien. Et bien assez simplement parce que nous, le travail qu’on fait depuis maintenant dix ans avec les éditions, c’est de c’est publié des gens qu’on appelle des paroles, comme disait Foucault, ce grand mot de Foucault, c’est à dire des paroles infâmes, c’est à dire infâmes dans le sens qui non, qui n’ont pas peur, qui ne peuvent pas, qui ne sont pas connues, qui sont interdites, qui n’ont pas le droit de cité, en fait nulle part. Et Kamel, je veux dire, on est au seuil. C’est l’extrême de cette parole infâme puisque comme, comme tu l’as dit et comme il l’a dit tout à l’heure, ça fait quand même 20 ans qu’on continue ou qu’il doit continuer à parler des choses qui l’ont conduite, à le mettre dans une situation judiciaire dont il est censé être sorti pour être prisonnier ensuite d’une situation administrative, mais en fait il en sort jamais. Et cette décision a été prise par un État qui passe, qui ne peut pas revenir en arrière, qui a créé une folie, une espèce d’impasse du tu as dit tout à l’heure le cas de Kafka. Quoi tu qui est une référence que Kamel propage en lui et qui dans le qui est dans le livre quoi, mais qui pour le coup, tu sais, on dit souvent kafkaïen pour n’importe quoi, comme on dit surréaliste pour n’importe quoi. Et moi ça m’agace. Mais là, pour le coup Tiens, voilà, il y a eu Kamel, on te voit, on te suit. On dirait un président de la République. On est des motards, on te suit. Je ne sais pas si tu nous entends. On te suit, te suit. Voilà, on ne rentrera pas dans la gendarmerie, on s’arrêtera avant et on reprendra. Et donc oui, en effet, dans le procès de Kafka, ça s’applique vraiment à Kamel. C’est très clair quand on lit le livre.
Bah oui, voilà, c’est une situation illicite car elle cite le Truman Show et Kafka, énormément d’anciens du de mélange entre les deux et six fois en disant il y a un texte qui s’appelle incisif, incisif actuellement, qu'à la fin du livre, qui dit, qui dit cet éternel recommencement là, la situation qu’on est en train de voir ou d’accompagner un peu comme ça, c’est de partager un quotidien qui dure depuis 20 ans. C’est à dire qu’éternellement tu repousses, fait voler au-dessus de la montagne et puis retombe pour t'écraser quoi ! Et donc non. Donc oui, il y avait une nécessité de publier. Pour nous, c'était très important, publier cette parole. La deuxième raison, c’est aussi comme tu le pointait alors, le style, le style de Kamel, c’est à dire que c’est une écriture et qu’on n’est pas que dans du témoignage pur et simple qui serait un espèce de truc, une litanie victimaire d’une certaine manière, en disant regardez ce qu’on fait, moi au Canada, vous dites pas du tout ça c’est un point de vue et stylisé et analytique et très politique en fait sur.
Le monde, c’est autant Sentier battant que sentier combattant. Je veux dire, il n’est pas mal. Oui, il n’est pas dans la complainte.
On n’est pas dans la complainte, on est dans le type de textes que nous on aime publier. Alors du coup, on a un champ très large d’auteurs et d’auteures pour ça. Donc ce dont qui parle à la fois d’une histoire singulière, particulière, très incarnée et en même temps un point de vue sur le monde. Et c’est à mi -chemin entre ces deux paroles, entre ces deux endroits, qu’il y a des textes très particuliers qui nous. Pour nous, ils ont un goût, ils ont un goût parce qu’ils font résonner notre monde à nous, aux autres gens qui ne vivons pas cette réalité là beaucoup mieux que n’importe quel journaliste, quand bien même y fera super boulot, bien sûr. Soit c’est on n’est pas au même endroit, le journaliste fera un type de travail, amènera un type d'écriture et d’analyse et de récit qui amène Il fait autre chose quoi ? Et alors.
Attention ! Je ne sais pas si tu nous entends, mais nous on te voit. Ne sois pas en retard.
Il a coupé, ce qui est très beau dans ce bouquin, c’est qu’il y a une vraie fraternité avec tous les enfermés, c’est à dire qu’on y raconte son passage en centre de rétention, ce qu’il a vu avec vraiment une grande humanité et aussi en prison aussi.
Ouais, je vous entends, moi je suis à vélo.
Là bas à vélo, alors ?
Ouais et il pleut.
Il ne faut pas qu’on se trompe. C’est très plaisant, très agréable. C’est très rigolo qu’on se retrouve comme ça là, tous les quatre. En réalité, ça ne l’est pas. On est bien d’accord. Je veux dire, ce n’est pas c’est pas du tout anecdotique, mais voilà, c’est une façon de renvoyer à l’envoyeur la situation qui fait ah tiens, ben voilà.
En fait, la base pour agir. Est-ce que tu dis là, David ? C’est que quand on a des. Quand on préparait le bouquin avec Kamel quasiment une fois sur deux, qu’on était au téléphone avec lui, il était sur son vélo en train d’aller pointer. C’est à dire que c’est tellement pas drôle que c’est tellement quotidien et c’est tellement régulier que. En fait, c’est pour ça qu’il y a une naturalité pour lui et une naturalité pour nous aussi, d’une certaine manière, a ironisé. C’est. Mais on est au cœur de cette folie. On est au cœur d’une folie administrative quand on est sur ce vélo là, c’est deux fois par jour en ce moment, il y a très peu de temps, c'était encore quatre fois par jour, et ça au gré de décisions à la fois politiques. On peut vraiment détailler parce qu’historiquement, elles suivent aussi les évolutions des différents ministères de l’Intérieur. Et d’évolutions administratives qui aboutissent à des situations où effectivement, on peut commencer à se dire aujourd’hui que le. L’enfermement administratif assignations à résidence est un outil extrêmement pratique.
Ouais, ouais, voilà désolé parce qu’il y a de la pluie, donc ça goûtait. Et du coup ça me fait couper la caméra
Tout va bien
Vous avez une bonne qualité de son. Là, ça va ?
Ah bah c’est mieux que chez toi, c’est la 5G Kamel donc on est à Aurillac. T’es parti de chez toi, tu vas à la gendarmerie ? Il y a quelqu’un dans le chat Sergent Dac qui dit Je ne pense pas qu’il serait très fan de l’idée, mais techniquement, Kamel aurait il le droit de rester sur place sur son lieu de pointage, à lire le journal comme dans un hall de gare ou tel Snowden dans l’aéroport en Russie ? Ou est ce qu’il le force coûte que coûte à faire des allers retours ? Alors juste une précision Kamel au départ me proposait de tout filmer, y compris à l’intérieur de la gendarmerie et je pense ce n’est pas une bonne idée pour lui parce qu' il y a des chances qu’il soit un peu regardé. Voilà. Et donc pour le euh, je ne voudrais pas qu’on prenne le risque qu’il y ait des mesures de rétorsion après voilà, tu vois. Donc on s’arrêtera, on s’arrêtera avant la gendarmerie. Mais là voilà, on a concrètement ton avis, on a concrètement ton avis, c’est à dire qu’on est en conversation, on est tranquille, on boit du café et en fait tu dois dire je dois y aller.
Pas si vous voyez la pluie là, sur la caméra, c’est vraiment pas une. Il y a de l’orage et voilà, ça c’est mon quotidien. Même point. Je vais aller pointer et quelques fois je pars pour cinq kilomètres. Alors là, il y a seulement deux kilomètres. Mais j’ai la chance d’avoir un vélo. Je te donne critique en permanence parce que à part ça, des vélos, j’en ai eu au moins trois ou quatre, dont deux qui m’ont été volés, dont un juste devant le poste de police. Voilà. Donc là, récemment, par exemple, j’allais couper les cheveux et j’allais non en vélo, en traînant en évidence. Il a deux petits jeunes qui sont nuls et à d’autres moments le coiffeur barbier me faisait la barbe. Donc voilà, ils ont été arrêtés alors qu’ils étaient jeunes. Dans treize quatorze ans, la police est passée en procès. Je ne vais pas les accabler davantage, mais ça fait partie des inconvénients du métier assigné à résidence. Parce que là, je peux vous dire que pendant. Pendant une semaine, la mission a été forcée de faire du pointage. Appeler et faire des kilomètres. Il n’y en a plus. Et sous la pluie, c'était quoi dans quinze ? C’est assez éprouvant en fait. Voilà, je ne sais pas si vous avez vu dans la vidéo de présentation qui a été percutée. Et non une reprise de poids en fait par une voiture. La 10ᵉ fois, j’ai failli y passer. Alors là c’est pas grave, c'était pas volontaire, mais voilà. Donc là, c’est ce que les gens ne voient pas forcément. Ils ne voient pas tout cet aspect là. Ils croient que la création d’une danse est une mesure.
Comme on en parlera tout à l’heure, parce que la taille des pages terrifiantes sur les centres de rétention administrative on en parlera après. Là, qu’on comprenne bien. Rendez-vous à 10 h à la gendarmerie, c’est ça ?
Bien il est 57, tu vois, je n’ai pas une minute là. Et si j' ai trop de retard, par exemple la carte qui fait une voiture en ville, ça risque. Voilà, donc la dernière fois, j’avais. Merci. La dernière fois, j’avais 25 minutes de retard. On m’a collé un an de prison ferme. Alors ce n'était pas 25 minutes au pointage, mais au couvre feu. Donc en réalité, hormis les en plus et de pointage quotidien à 10h et à 17 h, il y a un couvre feu entre 21h et 7h du matin. Je suis obligé de rester dans ma chambre d’hôtel, soit au domicile qu’on m’a signalé. En ce moment, c’est un domicile, mais pendant très longtemps, ça a été une chambre d’hôtel de neuf mètres carrés, donc la taille d’une cellule et que en plus, il fallait partager avec ma femme et mes enfants. Donc à six. Parce que voilà, le ministère de l’Intérieur n’en a rien à faire de votre femme et de vos enfants. Il a fallu que je sache la Cour européenne des droits de l’homme pour que je puisse avoir des privilèges entre guillemets et pouvoir avoir une maison au lieu d’une chambre d’hôtel. Donc il fallait quelque part en partager un neuf mètres carrés. Il faut garder un petit peu mon. Vous verrez à quoi ça ressemble. Pendant ce temps-là, les gens pensaient que vivais en tant que chef d'état. Parce que ce soir là. Euh non madame, ce n’est pas une bonne idée. Ce n’est pas une bonne idée, madame, ce n’est pas comme ça. Une date est en train de traverser le paquebot de l'éternité, au contraire. Enfin bref, voilà donc partager une chambre pendant des années. Un appartement à l'étage égal, trouver ma femme de mes enfants et qui raconte en parlera plus tard de l’intérieur a utilisé plupart d’entre nous, on ne parle pas. On prenait là dessus revenir à libérer. C’est vrai que certains hauts fonctionnaires sont capables de faire terroriser par une famille. Ça dure depuis quatre ans, ça ne va pas être que moi. À la rigueur on dira que c’est de bonne guerre. Il y a, comme disent les flics, il a joué, il a perdu. Bien fait pour sa gueule, ma femme, mes enfants. Pas choisi de vivre pour que ça arrive à tout le monde. Ma femme, par exemple, elle a failli être dégagée de l’obligation vaccinale. Ma belle fille qui avait dix ans à l'époque, est mise en examen. Enfin, il y avait une enquête préliminaire pour la mettre en examen pour apologie publique d’actes de terrorisme bien sûr. Lieu parce que c'était complètement bidonné et ça vous donne un peu une idée. Le cadre dans lequel j'évolue.
Pour moi t’arrives dans les temps j’ai vu arriver une bombe H près de carrière, le truc c’est tu coupes la caméra, tu fais tes petites affaires, on te retrouve après, tu nous montrera et après tu vois là on verra tout ça.
Ben non mais David, on va faire printemps parce que déjà fait, donc d’une façon c’est une perte d’intérêt, pas compensé la même chose et portant plainte contre moi avec bénéficiera de l’effet J’ai pas gardé la caméra, j’ai caché la caméra, mais vous aurez le son, comme ça vous vivrez un petit peu à bout de ce qui n’est pas évident à assumer, qui va aller loin, qui vous direz Vous savez, ça fait quatorze ans et on calcule et fait la place des Google à moi et à ma famille. Et voilà, ça suffit maintenant, Basta ! Donc je prends mes responsabilités. Alors j’espère enfin je vous comprends, c’est une décision de ma part
David tu le sais, on l’a publié. Quand il y a beaucoup de gens qui nous ont dit "De toute façon, en faisant ça, vous faites. Parce qu’en fait, ce truc de suspicion dans lequel il est toujours enfermé. Tu as 20 ans après ou de toute façon, lui et lui, il lui sera toujours reproché des intentions. Tu sais, c’est ce principe de la mauvaise intention qui serait qui serait tapi dans l’ombre en fait, quelque part. S’il a une vie intégrée, il cache une autre vie. S’il a une vie où il subit avec calme et qui continue à essayer d'écrire ça calmement, on dira que c’est parce qu’en fait derrière, c’est un manipulateur, etc. Il est coincé dans ce dispositif là. Donc nous, comme toi, de toute façon, donner la parole et l’accompagner dans ces moments-là constitue aussi un acte de complicité manifeste en soi, forcément pour un non.
Objectivement, ce n’est pas du tout pour moi. Si c’est pour lui, je pense que oui. Je comprends très bien. Pris dans le voilà, dans tu vois, dans l'émotion, dans la vitesse, dans le pédalage. Voilà, il y a du monde, il y a beaucoup de gens qui écoutent. Voilà. Je comprends qu’il ait envie de vivre ça seul.
Oui, bien sûr, mais regarde, il n’est pas seul, on est plus de 400 là.
Dessus en temps normal, bien sûr, mais je pense que ça, tout le monde se le prend autant dans la gueule en arrêtant la caméra pour la gendarmerie. Pour le coup, je pense que tout le monde réalise assez fort à ce moment-là. Qu’est ce que ça veut dire et qu’est ce que ça veut dire aussi de pouvoir être emporté comme ça vers ce truc là en disant mais j’en ai marre en fait, j’en ai marre bien sûr.
Mais c'était et c'était très bien ça.
Ça répond un peu à un autre bout de la question que tu posais alors en disant. En fait, on fait œuvre d'éditeur. Bon, c’est notre boulot, c’est de faire ça, c’est précisément de faire exister une parole comme celle de Cabrel et de rendre le plus tangible, le plus, comment dire ? De même, qui fait du travail, lui ? Il faut un énorme travail pour rendre ça audible. Pour lui.
C’est fini, je crois, allo Kamel ?
Oui, voilà, je suis là, alors j’essaie de me connecter.
Donc ça veut dire que toute ta vie est organisée autour de une minute à 10 h 01 à 17 h. Pas le temps de transport, la préoccupation mentale et ainsi de suite.
Bah ouais, ben ça en fait. Tout le temps organisé en fonction des pointages. D’ailleurs, quand il ya du monde avec moi en petite, ils se rendent compte à quel point la situation est délétère quand justement tu en fais 100 %, ça fait avec n’importe quoi. Mais si jamais c’est appointé, c’est entre un an et trois ans ferme. Ils attendront et voilà, c’est hyper fréquent. Les habitants ne sont pas plus à part quelques mannequins.
est ce qu’on montre d’autant plus ton entourage.
On lui a donné une peine de prison par exemple. Aucun rapport administratif.
Ouais, là tu parlais d’un truc super important.
Oui. Qu’est ce qui t’a conduit à être assigné à résidence et pas une décision
Alors, ce n’est pas tout à fait ça. Je me permets d’intervenir pour elle, ce truc. C’est ça qui est fou en fait. Alors en réalité, c’est lorsque j’ai été condamné en première instance et en appel. Il y avait la décision judiciaire et dans la décision judiciaire, en fait, il peut encapsuler une décision administrative qui est cette fameuse interdiction définitive du territoire français. Donc, cette partie de la décision est gérée par la police administrative, elle est gérée par le ministère de l’Intérieur. Et en fait, c’est là qu’on voit petit à petit, en réalité, que la justice est en réalité une dépendance de la police. Et quand on a un territoire public, le problème de la police, la justice, en réalité la vraie et la vraie réalité, il y a pour comparer les budgets de la justice et les budgets de la police et vous verrez que le détenteur de la place Beauvau a beaucoup plus de pouvoir illimité que celui qui l’est. Alors je suis, je me rappelle plus le lieu du ministère de la Justice, mais elle a beaucoup plus de pouvoir que ministre de la Justice. Et donc moi, des ministres de l’intérieur dont les comiques attendent de libérer le gouvernement confondu et derrière ses ministres de l’Intérieur, il y a des hauts fonctionnaires. Par exemple, la haute fonctionnaire qui s’occupe de mon dossier, c’est la même qui a rédigé le mémoire concernant le groupe GAL, le groupe antifa de Lyon et des environs. Et cette même personne qui a rédigé le on peut la nommer, c’est madame Pascal, Léglise de sinistre nom. Il n’y a qu'à voir l’article de madame Camille Polony et vous vous rendrez compte à quel point cette femme a du pouvoir. Ça fait 17 ans qu’elle n’a que 17 ans, ça fait 21 ans. Moi, depuis que je suis assignée à résidence, elle est numéro un. Elle a été d’abord numéro deux, ensuite numéro un de la Direction des libertés publiques et des affaires juridiques, et c’est elle qui est chargée, donc, comme son nom l’indique, d'écrire tous les mémoires. Lorsqu’il y a des gens qui sont accusés de ne pas être des bons citoyens, en fait, qui sont accusés d'être des, voilà, des terroristes, des fascistes, parce que maintenant les antifascistes, on les appelle fascistes. C’est la nouvelle mode, hein ? Voilà donc entre la peste et le choléra, le choléra, je préfère la Gale ou le Gale, plutôt le Gal. Voilà, c’est mon petit côté humour noir, humour bien anarchiste pote.
Alors il faut l’appeler la gale. Ah tu sais, on avait reçu les avocats. Mon cher Kamel, puisque malheureusement tu n’es pas chez toi et que tu ne vas pas nous faire cette lecture avec ta voix lourde et chaleureuse. L’Avenue des contrées pluvieuses d’Aurillac.
Vachement chaleureux où clairement je les laisse volontiers faire la lecture.
Alors, alors donc ? Alors tous les deux, les amis, est ce que vous pouvez aller page.
Douze sur le blog.
J’espère ? Parce que des éditeurs qui n’ont pas de bouillotte m’ont dit.
Mais c’est suspect. David toi aussi tu as une voix chaude et chaleureuse, Arrête tes conneries, il faut bien que tu d’arcanes pour notre version audible.
Bon alors.
19 h 59 était de moins de la moitié en pensant à ce que je faisais là.
Déjà il y a des gens qui trouvent que la prose ressemble. Physiquement. Ben oui, c’est vrai de temps en temps.
Mais pas le petit clip. Alors là où ils chantent ensemble, j’adore.
Je me suis fait striker l’autre jour. Le truc depuis la matinée.
Bon alors la télé c’est pas payé par Quick au temps du noir.
On revient aux choses sérieuses. Page douze Est ce que ce qu’on vient de vivre. Alors ça. Je euh. Tu reverras la rediffusion. Les gens qui te suivaient dans le tchat TT étaient avec toi. Ils disaient : Si on n’est pas rentré dans la gendarmerie, on était avec toi dans le cœur.
Et donc je pense que dans l’esprit public tout ça..
Je pense que tout le monde a saisi ce que tu écris. Page douze L’assigner à résidence vie marginalisée à l’intérieur d’un milieu ouvert pour les autres et clos pour lui-même. Et c’est chez toi, c’est la route que tu as empruntée pour aller à la gendarmerie. On voit la souffrance de cette forme insidieuse de claustration n'éveillent que peu d’empathie, car les murs de cette prison sont invisibles pour les autres et dramatiquement tangibles pour soi. Eh bien, ce que tu as fait ce matin, ce que tu m’as proposé qu’on fasse, de t’accompagner en direct. Je pense qu’on a rendu pendant quelques instants visibles cette souffrance qui est le cœur de ton bouquin.
Oui, ça c’est une partie émergée de l’iceberg. Parce que hormis cette souffrance qui existe, il y a aussi celle de mes enfants. Par exemple, il y a ma fille lorsque j’ai été éloignée la première fois de ma famille, donc ma fille cadette, donc la seconde dans la fratrie. Voilà, quand j’ai été éloigné de plus de 400 kilomètres du domicile familial, elle a tapoté sur la porte. Alors il y a moins d’un an, elle disait Papa, papa, papa, comme ça, en boucle pendant plusieurs minutes, passe t elle avec moi dans cette même si là qui, lorsqu’elle en avait honte, s’est. Elle était conviée à. Il a parlé. Elle avait une compétition de judo. Et donc moi je venais d’avoir été, comment dire, Raflé parce qu’il n’y a pas d’autre mot de Carmaux pour aller à la Saint-Jean d’Angélique. Il a donc sa prof de judo A quand elle a appelé sur le tatami pour venir faire sa compétition au lieu de l’appeler par mon patronyme à l’appeler par le patronyme de sa mère pour être plus discrète. Donc elle est allée faire sa compétition. Elle a gagné une médaille. Et à la fin de la compétition, elle est allée voir sa mère et puis elle dit c’est maman. Finalement, c'était pas mal que ma prof. Elle m’appelle par ton nom parce que si elle m’avait appelée par le nom de papa, bah c’aurait été la honte. Voilà. Alors moi je dis que la honte, la vraie honte, ce n’est pas celle que doit avoir ma fille vis à vis de moi. La vraie honte, celle que devrait avoir madame Pascale. L'Église, c’est elle qui gère mon dossier depuis 21 ans et particulièrement les divers ministres de l’intérieur. Il y en a eu quatorze. Donc le ministre de l’Intérieur n’en a aucun qui a une conscience professionnelle. Je ne demande même pas d’avoir de l’empathie, de la sympathie, mais juste un peu de conscience professionnelle, de remettre un peu mon dossier à jour. Et c’est pour ça que j’ai saisi la Cour européenne des droits de l’homme pour la seconde fois. Et j’espère bien gagner une seconde fois puisque malheureusement, il faut faire appel à des tribunaux transnationaux pour avoir un peu de justice. En tout cas, c’est ce que je souhaite à travers cette audience qui j’espère aura lieu. Parce que là, je suis. Au troisième filtre. Donc là, la Cour européenne des droits de l’homme va bientôt dire si, si, Il est loisible ou pas d’avoir une audience qui m’oppose, moi, au gouvernement français pour la seconde fois. La première fois, c'était pour que je reste sur le territoire français. Parce que ma famille, parce que j’y vis depuis l'âge de cinq ans. Et la seconde fois, c’est pour dire que l’assignation à résidence au Liban telle que je la vis, c’est tout simplement inhumain. En tout cas, c’est dégradant et inhumain au sens de la Convention européenne des droits de l’homme. Mes avocats ont fait du bon boulot. J’espère que je serai entendu devant des juges de la CDH puisque je n’ai pour l’instant pas été entendu devant des juges français.
Alors à propos de ta famille, tu en parles, tu en parles souvent puisque par exemple, page 19 aujourd’hui, écris tu je suis toujours. Est ce que tu veux rentrer chez toi pour te sécher ?
Le problème, le problème. Tu ne sais pas si tu vois mais. Mais en fait, je ne vais pas rentrer chez moi parce que si je vais rentrer là, je suis sous un porche. Ouais, regarde, je suis sous un porche et là il pleut des cordes là est il rentré chez moi, Je vais prendre une douche froide.
D’accord
Je m’abrite. En fait, je n’ai pas le choix, je suis à deux kilomètres de l’ennemi, c’est en montée. Je vais. Ça va être beaucoup plus pénible de rentrer chez moi. En même temps, les choses à faire en centre ville. Donc voilà, il n’y a pas de problème. David J’ai l’habitude. Là encore, il pleut parce qu’on a eu la chance qu’il n’y ait pas de la neige.
C’est Aurillac
Ah ouais mais Aurillac c’est pas mal en hiver. Tu sais que j’ai eu de la neige en plein mois de juin à Aurillac ?
Ça me fait penser à tous ceux qui sont là. Kamel a aussi une chaîne Twitch. Ah oui, et je t’avais. Je t’avais suivi et il fallait y aller. Il suivait Sacha de ses amis et là vous avez, vous avez droit.
Un peu plus.
Vous avez le droit à Aurillac by Night Aurillac by Snow avec Bayonne.
À peine Aurillac plage.
Il y a tous pas Twitch qui attendent.
C’est un peu comme les Martino.Twitch TV slash, sentiers battus en. Hiver dans la montagne, sorcier bâton fait du vélo Sentier en a marre du ministère de l’Intérieur qui tient tant Auposte..
Alors aujourd’hui, écris tu page 19 Je suis toujours éloigné de 150 kilomètres du domicile familial et le ministère de l’Intérieur ne paie que les frais de logement tout en interdisant d’habiter avec ma famille et de travailler pour subvenir à mes besoins. Comment ça tu es interdit de vivre avec ta famille ?
Eh bien, en fait, ce qui s’est passé, c’est qu’il y a six ans, donc après les attentats, de nombreux attentats qu’il y a eu dans la période 2015-2017, il y a un couple de policier encarté au front au Front national qui a décidé de manipuler les pouvoirs publics parce qu’ils ne supportent pas d’avoir acheté leur maison à proximité de la nôtre. Et donc ils ont inventé toute une histoire de toute pièce. Au départ, ça commence par le fait qu’ils ne supportent pas que mon fils et leur fille soient à la même crèche. Donc ils essayent d’exercer des pressions sur la directrice de la crèche pour interdire l’accès à la crèche. Ça ne fonctionne pas. Donc là ils font une lettre au maire en me diffamant, moi, ma femme et mes enfants, en disant par exemple que mes enfants divaguent sur l’espace public comme si l’espace public leur appartenait, comme si c'étaient des animaux. Est ce que le terme divague ? Et je crois qu’on ne l’emploie plus pour des chiens que pour des enfants. Ils prétendent que je jette mes poubelles dans les containers de l'école et que, on sait jamais, peut être qu’il y a des choses dangereuses dans mes poubelles. Enfin bref, ils vont, ils vont faire un travail de sape pendant plusieurs mois. Résultat des courses, je vais avoir une brigade de gardes mobiles qui vont être postés devant la maison qu’on était en train de retaper, ma femme et moi qu’on venait juste d’acheter. Donc on a pas vu tout ça venir parce qu’on était occupé par les travaux et pendant deux mois et demi donc on va avoir douze gardes mobiles par équipe de six qui vont se relayer toute la nuit de 21h, en gros jusqu'à six 7 h du matin et tout moteur allumé. Donc ils sont là, ils s’ennuient, donc ils téléphonent à leur famille et téléphone à leurs proches. Et bien sûr, ça crée un trouble à l’ordre public. Alors le trouble à l’ordre public, il n’est pas de mon fait. Il est en fait de ces gardes mobiles qui sont là soit disant pour assurer ma sécurité, mais en réalité pour me surveiller, en tout cas pour me mettre un coup de pression. Parce que lorsque normalement, lorsqu’on veut surveiller quelqu’un, on se met pas à son sens, à sa vue et on se met pas à 100, tu as vu quoi au vu et au su des pas de la personne qui sont censés surveiller ? Donc là, une note méticuleusement les plaques d’immatriculation des personnes qui viennent me voir, les noms éventuellement aussi les voisins qui viennent me voir ou pas. Et voilà, s’ensuit une perquisition administrative qui est ordonnée par le préfet du Tarn. Et donc on embarque tout mon matériel informatique et tout mon matériel téléphonique, le mien, celui de ma femme, celui de mes enfants. Toutes les choses qui, de près ou de loin, peuvent être un matériel électronique, des clés USB, des cartes, etc. Je vous laisse imaginer tout ce qui peut se lire avec un ordinateur. Et puis. Donc ils prennent même les tablettes des enfants et on les rend au bout de 17 jours. Il n’y a rien. Y a rien y trouve absolument rien. Il n’y a rien pour pouvoir qualifier un quelconque délit ou un quelconque problème. Et donc, en fait, suite à cette perquisition administrative, très peu de temps après, ils vont dire que je suis. Je représente un danger pour le voisinage que je suis paraît-il dans la mouvance salafiste. Enfin bref, tout un ensemble de d'éléments qui sont pas du tout factuels, qui viennent clairement d’esprits malades et qui sont consignés dans des notes blanches. Parce que ces fameuses notes blanches, en fait, ce sont des documents qui sont mis d’atténuer, signé et qui permettent pratiquement de dire tout et n’importe quoi sur sur des gens qui aspirent juste à une vie normale. C’est par exemple avec ces notes blanches que la gale a été. A été inquiété. Alors heureusement qu’il y a un conseil d'état, donc quelques fois ça marche, quelques fois le conseil d'état fait le boulot, quelques fois bon bah il ne fait pas le boulot. Alors ça aussi c’est à Kamel.
Et je t’en prie, sur le point de départ, tu nous expliques et en fait c’est un c’est un couple de jours pour National. Alors je pense que c’est celui dont tu parles page 34 Un fils de terroriste ne mérite pas de fréquenter la même crèche que leur fils. Une pétition avait circulé pendant près d’un an pour dénoncer cet état de fait après que ce brave couple a posé un ultimatum à la directrice de la crèche. Parce que ça fait partie des du sous texte de ton ou de ton livre, de ton ouvrage et la question de la question du regard des autres, des voisins, pas de soi, de la presse. Parce que sitôt que tu es assigné à résidence dans un petit village ou dans une petite commune, t’as droit évidemment aux honneurs de la presse.
Exactement ce qu’on appelle la stupeur.
La presse quotidienne régionale par la presse quotidienne régionale. Ah, c’est pas mal en mode comme ça, c’est pas mal de le lire. Le plan ? Eh oui, oui, c’est pas mal.
Hein, hein ? Je ne comprends pas pourquoi, mais c’est bien, on va là. CRAN beaucoup.
Donc. Donc voilà, tu as ça, etc. Mais alors on a aussi des voisins, si j’ai bien compris, qui ils sont, qui sont plutôt sympathiques, qui sont plutôt.
Ah oui, bien sûr, il n’y a pas que des fachos dans mon voisinage. Mais le problème, c’est que quand on a un couple de fachos qui vient instrumentaliser tout un voisinage, eh ben ça, ça laisse des séquelles irréparables. Parce qu' en plus, ils ne se sont pas arrêtés là lorsque moi j’ai été déplacé à Saint-Jean d’Angélique, à 450 kilomètres de Carmaux, la patrie de Jaurès, pas loin d’Albi et Toulouse. Tu sais Jaurès, celui qui a écrit le discours, enfin bref sur la liberté, etc. Et que Monsieur Cazeneuve s’est empressé de lire à un moment à l’Assemblée, vote à l’Assemblée nationale juste une semaine après que j’ai fait un billet de blog sur Mediapart. Vous le lirez, vous verrez, c’est quand même assez cocasse. Enfin bref, trêve de digressions, je disais oui, ça ce ne sont pas contentés simplement de m'éloigner parce qu’ils voulaient également éloigner ma femme et mes enfants. Et donc ils ont été à l’origine d’une autre manipulation des pouvoirs publics. Cette fois-ci, c’est l'équipe de déminage de Toulouse. Moi j’ai envoyé un colis en fait, qui était adressé à ma femme. Ce colis contenait des livres et des jouets. Il n’y avait pas de jouets électroniques. J’envoie le colis et le colis se retrouve sur le perron de la porte de ces braves personnes. Aucun défaut d’acheminement. Donc normalement, comme toute personne normalement constituée, on trouve un colis qui ne nous est pas destiné. On le vend à la Poste, c’est terminé, il est bien acheminé, c’est fonctionnaire de police. Qu’est ce qu’il en fait ? Nous, on a appelé le commandant de police. Ils ont été appelés, donc ils ont abusé de leur pouvoir. Ils ont appelé la préfecture et ils ont dit qu’il y en avait. Une forte probabilité que ce colis soit piégé. Donc ils ont la préfecture à utiliser cet événement là pour. Donc branle bas de combat, tout le quartier est bouclé et donc y’a l'équipe de déminage de Toulouse. Il y en a cinq ou six dans toute la France qui vient et ils appellent ma femme. Le problème c’est que ma femme est allée voir une copine, elle a oublié son téléphone à la maison, ils entendent le téléphone sonner. Et donc l'équipe d’intervention s’imagine que ma femme est en train de faire une connerie, etc. Donc ils essaient de la joindre au niveau de son travail, elle n’y est pas. Ils essayent de joindre tous les directeurs et directrices des établissements où sont scolarisés mes enfants. Y a personne. Ils appellent également le directeur de la Poste. Rien. Et ils demandent finalement à une voisine qui nous connaît un petit peu d’essayer de rentrer par effraction. Donc ce sont les policiers qui demandent quand même à une voisine de rentrer par effraction dans notre maison, dans le jardin de la maison pour voir si ma famille. Chose qu’elle fait à moitié en fait. Et donc là, ils n’ont pas d’autre choix que de m’appeler. Moi qui suis censée être la personne qui a préparé méticuleusement ce colis, piégé dans leur esprit malade bien sûr. Donc ils m’appellent donc je suis en correspondance avec le chef de l’intervention. Et ils me disent voilà, on est devant votre maison, il y a un colis qui a été apparemment qui était destiné à votre femme, qui se retrouve chez d’autres personnes. Bon, là ils me disent enfin, je finis par comprendre que le colis. Alors c’est bizarre quand même qu’ils se retrouvent sur le perron de la porte de mes voisins, mais je me dis peut être que c’est possible parce qu’en fait, ils habitent au même numéro que qu’habite ma femme. Mais il y a une rue qui est contiguë à la rue où habite ma femme. Donc on se dit on se dit peut être c’est possible. Donc là ils font. Il y a tout un protocole à respecter, ils vérifient le colis et on s’aperçoit, comme je leur ai dit, que simplement des livres et des jouets. Et donc le colis n’est pas détruit et il le redonne au commandant de gendarmerie de Carmaux. Et donc là il reconditionne le colis et on se retrouve avec des gens, des fonctionnaires de l’Éducation nationale, des fonctionnaires de la Poste qui mentent sous serment pour cacher cet événement et le commandant de police qui me dit que c’est un non-événement. Enfin, il dit à ma femme C’est un non-événement. Tout ce qui s’est passé là, c’est un non évènement. Donc en fait, on découvrira après que ces fonctionnaires de police avaient tout manigancé et que leur but, c'était. De mettre à mal ma femme et de l’accuser en fait d’avoir posé le colis devant chez eux. Par provocation ou pour leur faire peur ? L’idée, c'était elle-même de la mettre en examen pour qu’elle se retrouve dans la même situation que moi. Et ils ont instrumentalisé les pouvoirs publics, donc pour dégager tout le monde, non content de me dégager, juste moi, ils ont voulu dégager ma femme et mes enfants. C’est ça l’extrême droite en France en 2002. Alors à l'époque, ce n'était pas en 2022. Mais c’est pareil quand vous avez des fonctionnaires de police qui sont encartés au Front national et Dieu sait combien ils sont nombreux. Ça donne ça, ça donne des gens qui se croient au dessus de la loi. Ça donne des gens qui manipulent les pouvoirs publics droits dans les yeux, qui instrumentalisent la préfecture ? Qui instrumentalise le ministère de l’Intérieur ? Et après tout ce scénario là, digne des séries Netflix ? Eh bien, tout ce scénario se retrouve validé par des notes blanches. Enfin, ils ont pas trop essayé en fait là, parce que là, ça les arrangeait pas. Le ministère de l’Intérieur a vu que là, c'était trop. Et d’ailleurs, ils essayent par tous les moyens. De cacher cette affaire. Le problème, c’est que moi, j’ai gardé des traces. Parce que moi, je me suis fait passer pour un avocat et j’ai enregistré la conversation. Alors je sais que c’est peut être un peu illégal, mais je n’avais pas d’autre moyen pour prouver la manipulation. J’ai enregistré la conversation avec le chef du groupe d’intervention Note. Et je l’ai cette conversation si. Ministère de l’Intérieur. Pouvez vous continuer encore à me faire des saloperies comme là ? C'était en 2017-2018. Et bien voilà, moi aussi j’ai une blanche et je sais m’en servir. Voilà à comprendre qu’il veut comprendre.
À propos de facho, il y a dans le livre donc je me rappelle, parce que là il y a, il y a beaucoup, beaucoup de bons moments sur Camel Pain.
C’est dense, loin, mais bon hein, faut que ça sorte. Bon, ça me va.
Regarde, ça sort tranquillement, tranquillement, tranquillement.
Sans que ça sorte ici par la parole autrement. Moi je suis quelqu’un de très calme, de très pacifique. Mais là, ça fait quatorze ans que ça dure. Et surtout. Moi je veux bien faire. Moi je suis respectueux du droit, mais quand ça va trop loin, quand ça frise la barbouzerie, là je ne peux pas me permettre de rester comme ça sans rien dire. Parce que là ça touche à ma femme et mes enfants bien sûr, ma femme et mes enfants, ma femme, on a essayé de la dégager de l'éducation nationale aussi, ça il faut le savoir. Il y a eu plein d’instrumentalisation, il y en a eu. Il y a également l’extrême droite qui a envoyé des menaces de mort. Pas contre moi seulement, mais contre mon fils aussi.
Alors précisément.
La génération identitaire qui est venue manifester devant chez moi.
Précisément Camel, happening fasciste page 49, ces 300 pages qui sont extraites d’un entretien paru dans Sur un lundi matin je crois, avec un dénommé Mathieu lundi. Et dans le tchat, je le. Je le salue. C’est paru.
Encore.
C’est paru le 9 septembre 2019. Et donc tu. Tu, tu racontes. Je vais dire le passage, comme ça tu vas pouvoir souffler un peu à moi, à moins que ce soit Pierrot ou Floréal qui veulent l’avoir bien raison.
Regardez, je suis à la plage.
regarde alors la plage d’Aurillac.
La plage d’Aurillac, Aurillac plage. Profitez-en pour.
Compte ! Alors à lundi ! Lundi ? Ah non, je n’ai pas vu le jeu de mot lundi. Matthieu ? T’as vu ça ?
Le mec il se couche bien, il est malin. C’est ton moment du matin. Lundi, Mathieu dit Mathieu, il n’y a pas de mot. Lundi matin, toi.
Il te dit Salut. Bon bref. Alors, Pierrot Floréal, est ce que vous voulez bien dire page 51, ça démarre. Ah le problème avec les idéologies et ça s’arrêterait à cabinet ministériel. Messieurs. Messieurs ces dames. Quatrième page Malheureusement, le problème avec la quatrième ligne, je veux dire, malheureusement le problème avec l’idée là ou pas avec 51.
Malheureusement, le problème avec les idéologies d’extrême. Droite, c’est moins leur radicalisation que leur diffusion à tout le reste du spectre politique. On pense évidemment au rôle de L’alt. right aux États-Unis. Mais si on regarde l'évolution des discours politiques et médiatiques en France et en Europe, qu’ils soient de gauche ou de droite, les problématiques imposées par l’extrême droite gagnent toujours plus de terrain. Y compris chez ceux qui prétendent combattre cet extrémisme là. Mais il y a, il n’y a certainement pas à désespérer, tant nous avons pu voir ces derniers mois en France que la Sagesse émanait davantage de la Rue que des plateaux télé ou des cabinets ministériels. Par delà la communication politique, les éventails et la langue de bois, il y a la réalité de ce que tout le monde vit et que désormais tout le monde voit. En 2019 donc c’est au moment des gilets jaunes.
Voilà, c’est ça puisque les gilets jaunes ne sont pas à citer à ce moment là. Mais c’est de ces deux dont tu parles, alors il faut nous parler si tu veux bien Kamel de ce qui se passe. Génération Identitaire, un jour arrive chez toi pour faire comprendre décrit de ton quartier que c’est.
Génération identitaire, ils ont décidé de faire une personne comme qui aime bien les faire alors qu’ils que c’est avec des migrants. Et puis là, ils avaient décidé que moi je faisais. Enfin, j’avais une bonne poire en fait. Donc ils sont venus avec des banderoles à mon effigie. D’ailleurs, ils ont volé la photo puisque la photo a été publiée par. Je crois que c'était les jours, le journal, les jours, les jours. D’ailleurs, je crois qu’il y a avait, ils avaient attaqué en justice un truc comme ça. On est. Donc voilà, en fait, pour décrire un peu les méthodes de l’extrême droite, c’est que ça les dérange pas de violer les droits d’auteur. Tout ça, ils s’en contrefichent. Ils sont venus avec des banderoles, la photo était belle, au moins à mon effigie avec des ailes.
Cela dit, quand tu fais les mêmes tendances, un info des droits d’auteur que je diffuse et je me suis retrouvé dans ce groupe. Moi je croyais que ton pays, Coppola, Scorsese et tous ces gens là, mais je pensais que tu avais des accords avec ces gens là.
Ah ouais mais Queen, je croyais que c'était dans le domaine public, non ?
Heu heureusement non Queen, ça ne devrait pas exister. Donc déjà dans le domaine public encore moins.
Oui bon, c’est vrai que ce n’est pas très respectueux alors Docteur Université un peu des routeurs un peu à géométrie variable. Moi je suis un peu dans la philosophie, un peu hacker donc bon voilà, c’est tout est relatif. Et puis bon, dans un monde numérique unifié encore les droits d’auteur. Bon, enfin ça c’est un autre débat. Tu pourras peut-être me réinviter là -dessus ? Non, je peux venir avec plaisir, hein Coco ? C'était quoi déjà ?
Génération identitaire ? Donc ils arrivent.
Génération Identitaire, donc ils viennent avec des banderoles à mon effigie. Ils viennent avec des porte-voix et ils font leur cirque là où j’habite en fait, et avec des slogans. Alors inspiré de la chanson de Macron. Donc vous connaissez la chanson et Emmanuel Macron, etc. On vient te chercher chez toi. Sauf que là, ce n’était pas Emmanuel Macron, c'était Kamel Daoudi. Je sais plus quoi faire, je n’ai pas retenu les paroles mais bon, au début je me dis tiens, les gilets jaunes y connaissent Kamel Daoudi. Et puis en fait non, c'était une ruse. Comme d’habitude, ça ne les arrange pas de voler des photos, de voler des slogans, etc. Bon, Far West, on est dans un monde très subversif où des slogans du NPA deviennent des slogans de La République en marche. Enfin bref, c’est le nouveau monde. Enfin pour. Voilà donc qui vient, ils viennent et donc ils font leur petit show et là, les gens sont apeurés. Donc moi d’autant plus que dans le quartier, attention.
Je ne chanterai pas parce que je ne sais pas chanter ou alors comme ridicule comme Freddy Mercury si tu veux, Donc. Kamel Daoudi toujours islamiste, on vient te chercher chez toi. Kamel Daoud dit Maintenant c’est fini, tu retournes en Algérie. Voilà.
Voilà.
Islamiste over. Pareil chez Goethe.
Amis, on salue nos amis cheminots et cheminotes qui sont qui ont été bornés récemment, sans mauvais jeu de mots par rapport à la problématique de retraite, etc. Bon voilà. Donc une autre forme de bornage. Donc pour moi, c’est au niveau de la techno police, mais aussi c’est plus concret. Il s’agit de leur retraite et de leur pouvoir d’achat. Mais c’est le même combat, donc c’est le périmètre qui change le périmètre.
C’est ton affaire. Donc tu as ces gens de Génération identitaire qui. Il faut une opération commando parce qu’il n’habite pas le coin, donc ils viennent pour t’emmerder. Pour faire cette vidéo, on me dit qu’elle est toujours disponible je ne sais où. Et ce qui est évidemment intéressant, c’est aussi ce que tu racontes de ce qui va se passer juste derrière, c’est-à -dire l’utilisation ou la réponse ou l’instrumentalisation. Tu nous diras comment tu appelles ça politique des choses.J’ai plein de questions Du chat pour toi Soraya, si vous voulez intervenir, n’hésitez surtout pas.Mais surtout, n’hésitez pas dès que vous voulez apporter des précisions. Alors il y a aussi plusieurs textes sur l’incarcération, puisque avant d'être assigné à résidence, ils étaient entre quatre murs, notamment à Fresnes, où tu nous expliques que Fresnes est aux mains, grosso modo, qu’il y a beaucoup de matons proches du FN on va dire. Tu nous parles de la prison de la cité, tu nous parles là aussi, Alors tu ne dis pas torture blanche, mais il y a un peu de ça. Est ce que tu peux nous expliquer là, à quel, à quel régime tu as été soumis à certains moments ? Les douches glacées en plein hiver par exemple, et ainsi de suite. On ne le sait pas.
Oui, alors bon, moi je suis incarcéré en fait, pendant la guerre en Afghanistan, c’est-à -dire pendant les bombardements en Afghanistan. Je suis incarcéré puisque de ma garde à vue, elle commence le 3 octobre et se termine. Donc voilà, on est vraiment les bombardements en Afghanistan et moi entre temps, je suis, je suis incarcéré à titre préventif. Donc, dans ces dossiers-là, on fait de la prison immédiatement après la garde à vue, là, c’est vraiment exceptionnel d'être relâché. Et donc je me retrouve à la prison de Fresnes, de sinistre mémoire, puisque la prison de Fresnes, c’est là notamment que les SS ont fermé les résistants. Ils ont les. Et puis ensuite les autorités françaises, à l'époque de Maurice Papon, ont fermé également les résistants algériens. Donc c’est une prison qui a une certaine mémoire. D’ailleurs, c’est encore des gravures qui datent même des cours de promenade. Moi, je m’amusais à les lire, à essayer de les déchiffrer. Les gens qui ont écrit ce n’est pas il y a beaucoup de qualités. Le public à qui il chante, New York, New York dans Un Américain atypique. Je me retrouve avec un statut particulier qui est celui de l'épaisseur, une partition entre un isolement
Parlons du président de la prison. C’est à dire que dans le bouquin, il y a quelques lettres précisément dans la Choisy, que quelques unes, parce qu’il y en a eu beaucoup à l'époque déjà. Kamel a beaucoup écrit sous différents pseudonymes, parce que, comme il l’a dit là, il était dans la préventive et est plutôt actif à l’intérieur de la détention active. Ça veut dire solidaires, ça veut dire solidaires des autres prisonniers qui essayent de. En fait, il apprend notamment la mort d’un prisonnier alors qu’il est à l’intérieur. Pour ça, il déclenche un mouvement. Enfin, il participe à un mouvement avec d’autres genres de blocage de coups en refusant de remonter promenade, etc. Pour faire connaître l’histoire à l’extérieur, que la famille puisse obtenir des renseignements sur ce qui s’est passé sur la mort de ce prisonnier. Il y a ça, y a on y est. Je pense qu’il y a un petit passage qu’on a gardé précisément sur ce que tu disais là, sur l’histoire de du caractère particulièrement fasciste. Ah, on peut vraiment le dire d’un certain nombre de surveillants qui tiennent la détention à ce moment-là à Fresnes. Et puis, et un élément sur lequel Kamel revenait tout à l’heure, c'était le fait qu'à l'époque, le patron de l’administration pénitentiaire, c’est bel et bien l’allemand. Et c’est une période où, en fait, on lui avait demandé de mettre de l’ordre dans les quartiers d’isolement français un peu partout et. Et du coup il durcit les détentions et il applique ça et il invente ce système de dirigeants qui sont donc des surveillants cagoulés, cagoulés pour pas qu’on voilant leur visage, donc à la fois pour faire peur et puis pour préserver une forme d’anonymat dans les exactions qu’il pourrait commettre pour casser toute forme de mouvements sociaux à l’intérieur des prisons. Parce qu’il faut au fond véritablement parler de mouvements sociaux, C’est des mouvements politiques. Ensuite, bien sûr, si elles se passent à l’extérieur des murs sont considérées comme des grèves, des blocages ou de l’action sociale. Mais quand c’est en prison, comme c’est des personnes dont on a droit, auquel on dénie encore plus le droit et la parole politique, on leur dénie le droit de s’organiser collectivement. Et de fait, qu’est ce qu’on leur fait dans ces cas là ? On envoie des matons cagoulés qui sont là pour faire des d’honneur en tabassant les gens à la matraque, rentrer dans la cellule en pleine nuit, transférer Baluchon ce qu’on appelle palucher, c’est à dire se faire sortir de sa cellule à 4 h du mat pour se faire emmené menotté dans le dos, en caleçon, dans une autre prison ou amené au quartier d’isolement, etc. Et ça aide l’ambiance dans les quartiers d’isolement du début des années 2000, donc période à laquelle Kamel se retrouve dans ces endroits-là. C’est une période de contestation très forte. Après, c’est une protestation qui n’a pas d’histoire parce que. Pas grand monde ne se soucie d’action, mais pourtant elle est très importante. C’est-à -dire qu’il y a des textes très forts. On en avait parlé à l’antenne justement il y a quelques temps dans le bouquin La peine de mort n’a jamais été abolie. On a parlé ensemble. Ici, il y a. C’est la période où sortent des textes qui sont très forts, très puissants, des textes politiques très forts qui analysent de l’intérieur des prisons en disant envoyé ce qu’on est en train de nous faire. Nos parents, nos grands-parents étaient de chair à chair, à canon et aujourd’hui, nous on est devenu. Ensuite on a été chair à chair, à l’usine et puis aujourd’hui on est en prison. Ils font l’analyse des 30 ans de durcissement sécuritaire dans les quartiers populaires et d’enfermement de masse de la population prolo du pays. Quoi ? Et. Et du coup, il y a une période de contexte d de contestation assez fort à cette époque là en prison.. Après dans le bouquin ça repart pas là dessus en grand détail, mais juste pour ça que je le précise, je le rajoute autour parce que c’est une période assez importante.
Alors Sentier Battant, nous dit dans le chat et excuse moi, je te coupe, je profite du répit de l’orage pour rentrer chez moi.
Bon bah comme ça on peut, on fait un peu le on sert à quelque chose du coup un tout petit peu à faire le plein et on ne parle pas mieux que lui. Mais on peut du coup juste rajouter un peu d’éléments de contexte. De même, je voulais ajouter quelque chose pour le jeu sur l’histoire de l’assignation à résidence elle-même, c’est-à -dire ? Qu’est ce que c’est que ce projet de l’assignation à résidence et d’où il vient historiquement ? En fait, historiquement, on a juste rajouté une petite note à la fin du livre qui dit, qui rappelle en fait la trajectoire de cet outil et cet outil, il est. Il est utilisé massivement et principalement pendant la guerre menée contre l’indépendance, contre les indépendantistes et la population algérienne par l'État français à la fin des années 50 et au milieu des années 60. Et c’est. Et l’assignation à résidence, c’est un dispositif de masse qui est développé à ce moment-là dans le cadre des pouvoirs spéciaux et des lois des pouvoirs spéciaux, et qui ensuite va suivre une espèce de trajectoire sans jamais rentrer tout à fait dans le droit commun. C’est à dire c’est toujours le l'état d’exception qui permet l’usage de l’assignation à résidence de masse, à masse, etc. Et puis, et c’est donc il y a une filiation dans le droit, dans ce droit là, dans le droit de l'état d’exception, et puis l’autre, c’est ce que j'évoquais tout à l’heure au Kamel qui est qui est le droit des étrangers. Dire que bien sûr, souvent le droit expérimental ou en fait sur ces populations et ces gens dont tout le monde se fout et qui kiki, qui appartiennent à une sous humanité, en fait pour une grande partie de la population et encore plus dans cette drôle de période fascisante que nous vivons, eh bien. Et bien sur ces populations là, sur ces gens là, c’est plus que testé, hein, ce n’est pas un droit d’exception, c’est le droit commun du droit des étrangers qui est un sous droit commun. En fait, d’une certaine manière, dans lequel l’assignation à résidence est très souvent utilisée parce qu’il n’y a pas assez de places dans les centres de rétention. Non pas qu’on veuille plus de place, attention, mais c’est à dire que c’est une sphère dispositif qui s’ajoute aux capacités d’enfermement. Eh bien, et voilà ce qui se passe, c’est ce qu’on voit dans la période là, en ce moment. Et c’est pour ça que sortir le bouquin de Kamel, c’est très important aussi aujourd’hui, pour lui comme pour les autres, comme pour le reste de la population, c’est qu’il y a fort à parier que l’assignation à résidence soit utilisée dans les années, dans les périodes à venir, massivement pour des types de populations, en fonction des évolutions historiques. On peut très bien imaginer qu'à un moment ou là où le pouvoir se sent un peu menacé, ou l'État se sent un peu flagellé, un peu des gens type comme ce qui s’est passé pendant le mouvement des gilets jaunes, tu vois si ça devrait exister ce type de mouvement. On peut imaginer que l’assignation à résidence utilisée plus massivement, ça avait été le cas pendant la COP 21, il y a quelques années, où des militants écolos avaient été assignés à résidence à Standing 19, voire un petit peu partout en France pour leur éviter de venir à Paris. C’est le cas, s’est appliqué très régulièrement aux hooligans ou aux supporters de foot un peu organisés qui sont assignés à résidence les jours de match. C’est appliqué et appliqué de plein, plein de manières, mais de manière un peu diffuse, sans qu’on n’en parle jamais vraiment. Comment on en fait quelque chose qui est déjà pratiqué régulièrement et qui pourrait être amené à se pacifier encore plus ? Quoi ? Et Kamel, il est le bout du bout de l’avant garde en fait, de ce traitement policier et administratif et judiciaire. Tout ça imbriqué dans une drôle de mixture que personne ne comprend vraiment. Voilà, c’est ça qui est très compliqué aussi. Et du coup, le boulot sur les textes de Kamel, ça a été beaucoup de ce qu’il a beaucoup écrit pendant dix ans, pendant douze ans.
Alors voilà, l'éditeur se réveille. Alors voilà le travail que nous avons fait.
Voilà, c’est juste qu’il ait beaucoup écrit. Mais bien sûr, bien sûr, comment faire pour réussir à mener à but d’ailleurs des bites du monde pour qu’on comprenne le Maïs l’expo Le Château de Kafka dont tu parlais tout à l’heure.
D’ailleurs, je trouve que votre choix de faire un livre court qui fait 90 pages est un très bon choix. C’est-à -dire que vous auriez pu faire beaucoup plus parce que Kamel produit beaucoup. Non pas que les textes ne soient pas intéressants, mais là il y a comme il y a un côté, c’est comme une décharge tout d’un coup qui dit on prend en pleine figure les choses sans forcément rentrer dans les détails. D’ailleurs, ce matin, c’est l’occasion pour lui de préciser des choses qui ne sont pas dans le don dans le livre. Et il a aussi donné d’autres entretiens. Puis si j’ai bien compris, il y a des rencontres en librairie, mais à distance.
Personne n’est parfait. Donc l’idée c’est qu’il est donc en visio. Donc déjà ça commence. En fait, on commence à parler de son livre à partir du moment où il apparaît sur l'écran, donc partie de son statut. Et nous on sera dans la salle aussi pour discuter peut-être, on parlera plus que maintenant en tout cas.Donc, puis, ah et puis il y a d’autres, il y a d’autres dates que je n’ai pas sous les yeux. Aussi, à Aurillac, elles sont sur le site je crois. Voilà le cas le quatre, le quatre, le 4 juin à Aurillac et on est en tournée. Donc après les libraires si ça les intéresse.Vraiment pas et ne faut vraiment pas hésiter à nous contacter, à contacter Kamel aussi. Ça serait indispensable si c'était important ou ce qu’on a l’habitude d’accompagner plutôt des auteures ou des autrices en librairie. Et là, ça marque déjà le coup. Et en liberté vendeuse, il y a cette idée et du coup de dire on va quand même ramener et essayer de faire en sorte que Kamel puisse se promener par l’intermédiaire du bouquin un peu à droite à gauche, ce qui s’impose un peu dans les maisons, dans les librairies, Comme on arrive à ouvrir cette porte là.
Mais qu’on comprenne bien, il y a beaucoup de questions sur le régime auquel il est soumis. Euh, si, si vous aviez des moyens supersoniques qui pourraient venir et revenir dans sa ville pour pointer où il n’a pas le droit de quitter son territoire. Ce n’est pas clair pour moi.
Ouais bah alors je pense que le mieux pour baliser juste le truc, c’est ça. C’est-à -dire que s’il avait des moyens supersoniques et qu’il en faisait la demande et qu’elle était autorisée, il pourrait. Voilà. Donc autant dire qu’il ne peut pas. Parce qu’en fait, le droit prévoit que oui, il peut déposer en fait pour toute, pour toute sortie de son périmètre autorisé et officiel. Là oui, il peut le faire. C’est-à -dire qu' on peut suspendre, on peut dire bon bah voilà, entre deux pointages, théoriquement il pourrait déposer et dire oui, j’ai besoin de faire ça. Si un jour il a un rendez- vous médical pile au moment du pointage par exemple, il fait une demande. Il explique que le rendez-vous médical, il ne pouvait pas l’avoir à un autre moment. Donc ça île pointage de la journée, mais il faut que ce soit validé en amont. C’est-à -dire que s' il le fait. Bon voilà. Et ça c’est vrai pour un, pour un, pour une histoire médicale. Mais là, l’idée c’est qu’il demande quand même pour Kamel, il dit justement un peu comme il voulait faire. Alors en rentrant dans la gendarmerie si je comprends bien, mais c'était dire je. Il veut aussi, je pense, se servir un peu du bouquin pour remettre les pieds dans le plat quoi. La suite ? Dire du coup bah là je vais demander à avoir le droit en fait d’avoir un permis exceptionnel, d’aller défendre mon livre dans une librairie, ailleurs en France, en France, en. Comment dire, en imaginant que ce sera sans doute pas autorisé, mais il faut en faire la demande. Quoi ? Mais c’est comme dans et c’est marrant. Enfin c’est marrant si c’est triste, mais là ça rejoint beaucoup d’histoires qu’on a pu pour le coup relayer ou publier, notamment des histoires qui ont été publiées par le journal L’envolée quoi, En disant que quand et face à l’administration pénitentiaire m’enquiquine l’administration Ubuesque. Mais la cantine face à l’administration de l’intérieur, toute demande est bonne à prendre. C’est-à -dire que tu demandes, t’essayes. Et parce que sinon, tout ce que tu acceptes d’avouer que t’as perdu, ben tu l’as perdu en fait. Du coup, toi, c’est une espèce bien sûr fourre tout. C’est une espèce de bagarre permanente, de petites résistances qui s’appliquent à tout quoi. Et là, je pense que ça m'étonnerait que Kamel soit autorisé à faire une tournée triomphale avec son bouquin en France partout en librairie. Mais ça vaut le coup. Et puis ça rappelle aussi à ce point là, ça redit au ministère et il y a de ces gens là qui sont derrière des bureaux que on ne l’a pas enterré, quoi, et qui refusent de se laisser enterrer éternellement dans cette cour, dans ce linceul administratif.
Là, le livre est sorti en attendant que Kamel revienne. Le livre est sorti y a quelques jours, c’est l’accueil. Bon là j’ai l’impression que l’accueil est bon..
Je rajouterais que nous on était dans un gros salon international à Barcelone. Avec plein d'éditeurs un peu comme nous et qu’on a beaucoup parlé de ce livre dit que c’est très probable que d’autres éditeurs s’en saisissent pour le publier aussi dans d’autres langues. Donc on en perd à suivre parce que globalement, toujours, les autres pays hallucinent de ce qui se passe en France. Voilà, il y a toujours un décalage dès qu’on parle avec quelqu’un qui est.
Et il y a eu une question politique qui tombe dans le chat, c’est la question de savoir où sont passés les intellectuels qui s'étaient mobilisés pour l’affaire dite de Tarnac et Sabrina Berkane ? Qui dit qui dit ça ? Kamel, tu es de retour chez toi ?
Ouais, je suis arrivé
Pour finir un peu sur ce que sur l’espèce De genèse qu’on a tenté. De faire de l’assignation à Résidence, hein ? Il y a quand même un Moment évidemment central c’est la loi qui a été votée en France, qui s’appelle la loi Silence du 30 octobre 2017. Donc celle-là qui fait rentrer tranquillement un ensemble considérable de mesures exceptionnelles dans le droit commun et qui, euh, qui va, qui vont, qui vont aider Tous les types de Pouvoirs, les préfets, etc. À prononcer des assignations à résidence. Manière très simple en fait, ça va, ça et ça, ça va être 100 Ans sans grosse procédure. Et je vais juste citer la loi. Donc cette assignation à.
Et ça compte, ça compte pour les bouquins. Alors puisque vous êtes là tous les trois les amis, je vais en profiter pour faire une petite pause. Ça y est, c’est ici le placement de produit, la couverture.
Le texte de texte de Kamel, il s’inscrit dans une petite série qu’on est en train de monter et lue. C’est pour dire qu’on constitue des bandes de gens aussi avec nos éditions.
Ben oui, regardez, regardez derrière lui. Il avait tout préparé, les DVD, les bouquins, il a écrit tout un décor très professionnel. Alors celui-là, oui. Ça, c’est votre nouveau bouquin Abattoir à domicile et après cabine, il y a plein pour toi, un abattoir à domicile qui est un livre sur le rock’n’roll.
. On est dans les années 80, c’est des concerts sauvages avec un camion scène partout en France et voilà, avec des gens obsédés par la gratuité, ça croit aussi. Toute L’autonomie Politique de ces années là. C’est une espèce de roman choral extrêmement joyeux Dans une période où la fête est plutôt quelque chose d’interdit et sous contrôle. On a voulu sortir un peu ce bouquin un petit peu plus joyeux que nos textes de Prison et nos textes d’assignation à résidence.
Waouh, Qu’est ce que tu bois Kamel ?
Ça va pas mal,bissap donc des fleurs d’hibiscus, du citron évidemment, et c’est vachement bon pour moi.
Je vais me faire un café les amis et on va reprendre l’entretien. Kamel parce que je vais te dire tu, ne connais pas, je vais te répercuter sur Google, il y a des questions du chat. Voilà. Mais, avant ça, il faut lancer notre concours puisque généreusement, les éditions du Bout de la ville vont offrir trois exemplaires du livre de Kamel.
Je plaide coupable, j’aurais un peu forcé la, mais en fait je n’avais pas retenu moins. Mais y a pas de gêne, on part quand même. C’est un super concours, on annonce Zap. Ouais, c’est le côté France Inter, un peu ça. Français c’est cool.
C’est ça ? Ouais, il y a à côté France-Inter ce matin, un sketch.
Particulièrement important.
On entend plus, on est un peu, on entend plus rêver un peu le sombre. Alors euh Kamel, je vais te demander, est ce que tu peux faire le décompte pour que je lance la. Le tirage au sort. Non, non, non, non. Attacher une connerie. Bon, normalement c’est parti. Alors le tirage au sort est lancé. Pour y participer, vous devez taper description dans le tchat séance tenante. Pour rappel, tous les tirages au sort d’OPA s’effectuent sous le contrôle de l’IGPN. Merci aux donateurs qui nous permettent de payer les frais de port. Mais là en l’occurrence ce n’est pas vrai, c’est les éditions du bout de la ville. Merci et bon bref, voilà, vous tapez corruption les amis, on va faire trois tirages au sort et pendant ces trois tirage au sort, on. Je vais répercuter les questions du tchat, mais là il faut absolument que j’aille me faire un petit café. Je vous laisse entre vous les amis, vous avez l’hôtel.
c'était mieux tout à l’heure.
Voilà des relents comme quoi la 5G est meilleure que le Wifi, mais on la trouve un peu piquée au voisin avec son accord.
Donc c’est emprunté.
Oui emprunté ou qui n’a pas été piqué. C’est une manière de parler. Parce que ouais, parce que quand on est assigné à résidence, on ne peut pas faire de contrat. C’est compliqué pour moi d’avoir ma propre box, ce en fait de l’appartement, il ne m’appartient pas. Il est payé par le ministère de l’Intérieur. Il en fait en gros le ministère de l’Intérieur, mais souvent quelque part, quelque part. Appartenir à une sous. Je ne paye rien mais ce n’est pas grave. Et puis il dit que ça lui coûte plus cher, demande de louer des chambres d’hôtel et de solliciter la préfecture pour trouver un appartement.
Là c’est plus France Inter. La CSC c’est Radio entre Poitiers Ouest 1982.
J’adore. Ouais, on est quand même d’avis. J’aimerais te rappeler que cette prime la plus punk de Tristan.
Alors justement, je vous laisse, vous faites ce que vous voulez. Vous faites ce que vous voulez ? Je vous laisse juste une journée pour deux minutes, le temps d’aller me faire un petit kawa et je reviens avec les questions du chat.
C’est Florian qui dit que les questions se concentrent sur mon aventure. Ça va passer. Ça va Kamel ? Est ce que tu veux dire que ça va bien ?
On envie de parler de quelque chose en particulier, là, sur ton livre ?
Ben écoute, déjà ça me fait dire qu’il y a un essai donc bon accueil du bouquin, Pas un moi j’ai pas d'écho direct, je sais pas ce qu’il vaut au niveau de la maison d'édition que vous avez, donc je fais déjà quelques petits événements en direct, donc à la une pièce notamment qui est un café associatif avec une douzaine de personnes. Donc j'étais censé faire une petite prime justement de l’ordre de la présentation. Mais bon, vu qu’il n’y avait pas beaucoup de personnes, j’ai préféré que ça reste un peu intimiste. Du coup c'était vachement intéressant. Il y avait des gens qui me connaissaient déjà mais qui ne connaissaient pas toute l’histoire. Il y avait des personnes qui ignoraient complètement l’histoire. En ce moment, c’est concentré d'émotion et c'était sympa. Ça m’a fait chaud au cœur. Bonjour, merci d’avoir contribué à ça en relais et suffisamment bossé pour permettre à fait là sur Aurillac.
Là, c’est l’arrivée de ton livre. Est ce que tu sens quelque chose dans les conversations avec les gens que bientôt tu vas avoir une rencontre en librairie dans la librairie d’Aurillac.
Il n’y en a pas quinze en librairie. S’il n’y en a pas quelques-unes, mais c’est la librairie la plus cotée en matière s’appelle le point Virgule. La radio qui s’occupe de ça et maintenant, très sympa. En plus, ça y est, il y a un gars qui s’appelle Cyril Renard qui est qui anime un atelier d'écriture à la Loupiote à Le café associatif Rue où on a présenté mon livre là, le dernier jour. Donc là, il va m’accompagner. En fait, il ne connaissait pas tout, pas complètement mon histoire. Il a lu le bouquin au milieu, ça lui a vraiment coupé les jambes et du coup il a essayé. Il a voulu s’investir vraiment pour essayer de faire découvrir ce bouquin à Aurillac et puis même dans la région environnante. Donc voilà, c'était un point d’honneur de laisser le servir en quelque sorte. Imprésario un petit peu ça.
D’ailleurs on en profite pour le redire à tous les gentils qui écoutent et qui nous regardent l’ont répété clairement Faites vous les relais de ce. Faites-vous le relais de ce bouquin auprès de vos proches, auprès de chez vous ? Et puis. Et on organisera avec grand plaisir des ces espèces de Visio à distance où Kamel, tu pourras être là comme on va le faire à l’atelier, à Paris, à la librairie, essayer de le faire le plus possible partout en France, c’est à dire peu plus. L’idée du bouquin c’est de mettre en valeur tous les textes que t’as raconté, que t’as écrit font une grande partie de ses textes depuis dix ans, puis dix ans, douze ans plus ceux qui remontent au début des années2000 et de redonner aussi aujourd’hui, de te redonner, contribuer à reconstruire une tribune en fait pour que tu puisses. Je disais tout à l’heure parler de linceul administratif, tu vois, a maintenu dans une espèce de linceul administratif, dans les couloirs de cryogénisation, tu vois, Et là, tout faire et tout ce qui serait fait autour du bouquin et là pour réchauffer. En fait, l’appareil est peut être déchristianisé, tu vois, on est dans la métaphore. C’est de faire des métaphores. Elles sont moins bien que les tiennes, mais j’essaye quand même.
Non, bien sûr que j’adhère pleinement. J’aime beaucoup la formule de la salle administrative, je trouve qu’elle n’est pas exagérée. Et puis bon, j’aime beaucoup la finesse. Tu parlais de cryogénisation, ça me rappelle le film commencé en avril Algérie, il y en a pas. D’ailleurs, dès qu’on va parler de cryogénisation, il y a dire qu’il était apparu.
Je doute d’ailleurs que ce soit arrivé pour parler de moi. Je parlais de Louis de Funès. Ah mais c’est quoi ce bordel ? Je voulais faire trois minutes et on passe.
C’est 23 romans.
Alors je disais idéalement à Louis de Funès c’est bien. Ah, je vois que l’image de la France à l'étranger, ça a très occupée.
Alors maintenant c’est le théâtre.
Alors j’ai fait le premier tirage au sort et je prends les questions est ce que tu vas faire le décompte ?
Eh bien, on va commencer à 20. Voilà, vas y. Vendredi 22, 21, 20 19, 18, cinq, quinze, quinze, quatorze, douze, onze, 19.
Huit.
Cinq, six, cinq, quatre, trois, deux, un bout.
Boum ! Alerte à toutes les voitures. Le tirage au sort désigne un gagnant, barbaque qui est par ailleurs abonné. Alors voilà, ça c’est le premier tirage au sort.
Bareback.
Alors bareback, tu vas recevoir un message, mais par contre il faut que tu te manifestes. Trop cool bareback. Au bout de quinze secondes, tu vas recevoir, faut que tu m’envoies ton adresse, ton adresse postale, que je passerai à Kamel qui t’enverra le livre. Moi ou Pyro et Floria, Laurie, ils feront leurs petites boutiques. Bravo à toi ! On refait un tirage alors attendez, je recommence Et ensuite ? Voilà, il y a trois tirages aujourd’hui. Hop, c’est parti ! Alors Kamel, si tu veux bien des questions en rafale et en désordre, parfois politiques, parfois pratiques. Est ce que assigné à résidence inclut les bracelets électroniques.
Alors non, en fait, le bracelet électronique dans la langue française, on peut le porter au cou pendant la période maximale et aussi à des problèmes sanitaires en fait qui sont liés aux ondes, aux comètes. Ces objets, on ne peut pas porter le bracelet avec plus de quatre ans, c’est six mois renouvelable une fois au complet. Le fait d’avoir un bracelet conique accolé à la peau comme ça pendant de nombreux mois, sans ça, est la cause de problèmes de santé. Et donc c’est pour ça qu’on ne va pas imposer par décret. Mais en fait moi j’ai un bracelet électronique, je subis de façon encore plus féroce parce que je suis sous surveillance. Il y a souvent la techno police qui s’exerce contre moi, donc bien sur mon téléphone ou mes ordinateurs. Tout ça c’est surveillé à chaque fois que j’ai des ennuis. Parce que le matin, par contre, j’ai 25 minutes de retard. Non seulement on m’a mis un enfer en première instance en 41 quatre mois en appel, mais en plus on a perquisitionné le domicile en chef. C’est la résidence, le domicile, le chef. Il n’y a rien de garanti qui n’est pas truffé de micros puisqu' il est loué par Méditerranée intérieure. Donc je ne suis même pas chez moi. C’est-à -dire que quelquefois je me sens pire qu’avant. Alors bon, je ne veux pas rentrer non plus dans des complotistes aigus, mais au bout de quatorze ans, j’ai vu quand même des choses très bizarres à mon encontre et à l’encontre de ma femme et mes enfants. Par exemple, ma femme à son bureau, là où elle travaille, a été visitée à deux reprises au moins et rien n’a été volé. Par contre, on lui a fait comprendre que ça a été visité. Donc voilà, ça c’est le genre de choses que je subis. Donc le bracelet électronique, je ne l’ai pas, mais avant je l’ai autrement puisque déjà je ne peux pas quitter la commune, j’ai des pointages réguliers, donc la cour double le contrôle du temps et de l’espace. Il est extrêmement fin me concernant. Et il y a également le cyberespace qui est contrôlé. Donc mes réseaux sociaux, bien sûr, sont contrôlés. Je m’auto censure quelquefois, donc dans mes paroles, dans mes tweet. Là, je me suis un petit peu relâché aujourd’hui parce que j’avais une opportunité et je me suis dit Bah, si jamais. Voilà, je. Il y a quelques temps, qui grâce principalement via l’office présent qui me protégera peut être un peu, mais je me dis que peut être que les gens contre qui je pousse un coup de gueule ne n’auront pas trop intérêt à souligner ce que j’ai dit pour vous, pour ne pas me donner encore davantage de vous, de voir. Donc c’est pour ça que je me suis permis de me lâcher un petit peu aujourd’hui, mais en revanche, je ne le fais pas habituellement. Voilà qui, dans ce que vous avez dans un bouquin, c’est sur 80 ou quatre 20 pages. C’est une infime partie de vous demander de se demander si c’est carcéral de monopoliser en en centre de rétention administrative aux demandes d’icelui via l’assignation à résidence de l’odyssée de la famille. Mes enfants, j’aurais tellement de choses à raconter, ça viendra peut être dans un prochain livre, ça c’est à voir. Mais il y a énormément de choses qui se posent dans ma problématique personnelle. Quand je vous disais tout à l’heure c’est au carrefour de beaucoup, beaucoup de choses, je suis au carrefour par exemple de la Technopolice, on en a pas beaucoup parlé donc. Le ministère de l’Intérieur en a utilisé 800 à 20 h. Or, il y a beaucoup de gens qui sont un peu dans l’ombre dans la théorie du complot. Mais en fait, il n’y a pas besoin de théorie du complot ou une histoire plus tard, il a des solutions toutes prêtes qui sont sous le coude au point qu’il a l’opportunité de les mettre en œuvre. Il le fait mais avec le sourire. Donc il n’y a pas besoin d'être dans la théorie du complot pour dire que dès que le ministère de l’Intérieur a l’opportunité de faire passer une loi, on l’a vu par exemple avec des drones, on essaie de faire entrer les drones par la porte, si j’ose dire. C’est pas passé, on les a fait rentrer par la fenêtre et voilà maintenant les autorités de police, la police nationale. Mais peut être qu’un jour aussi la police municipale sera habilitée à utiliser des drones. Voilà, c’est devenu quelque chose de normal. Et je ne parle même pas des affaires de drones. Vous avez peut être vu la petite vidéo qui tourne en ce moment sur les réseaux sociaux Des sortes de drones dans une forêt en Chine qui sont capables de se mouvoir automatiquement. Ça, ce sera peut être une réalité dans l’année prochaine dans nos villes. Mais ça dépend aussi de la mobilisation des gens. C’est pour ça aussi ce bouquin là. Moi, mon histoire, elle est hyperbolique, c’est tellement dense qu’on se dit maintenant ce n’est pas possible de garer sa moto. Il n’y a pas vécu tout ça, je vous assure, C’est tout est vrai. Sauf quand il y a des. Quand j’ai fait mes lettres en prison, j’ai toujours utilisé des pseudos par rapport à la censure, mais autrement, tout était. Tout est strictement vrai. Et j’ai vraiment raconté. Mais 1 % de ce que j’ai vécu là par exemple, je pourrais faire un livre entier sur moi et la Technopolice, ça sera peut être l’objet d’un livre. Là, je suis en pourparlers avec quelqu’un qui a acquis la parole. Dans le domaine, on peut avoir, mais il y a beaucoup de choses. Il y a. Je pourrais faire un bouquin sur moi et le centre de rétention administrative, énormément de choses à dire.
Tu sais. Que vais- je faire maintenant ? Je compte.
Alors oui, en fait moi j’ai eu une mesure administrative qui émane d’une décision judiciaire, une interdiction définitive du territoire français. Cette mesure est une mesure administrative qui a été accolée à une décision de justice, donc elle s’applique théoriquement depuis mon enfance, ma sortie de prison. Or, entre temps, comme le gouvernement français m’a retiré la nationalité française, je me suis retrouvé donc étranger,expulsable. Dans ce cas, j’ai fait un tour au centre de rétention administrative. En partant, je crois que j’ai un truc qui crame. Là, je vérifie quand même. Alors là, voici la pilule bleue, tout s’arrête là et si je choisis la boule de gomme, je reste positif, c’est bien ça ? Et puis Caféine. Et oui, c’est bon, vous voyez, honteuse et mal en point.
Vous voyez, vous avez entendu la voix. C’est la voix de Kamel en fait que vous avez entendu la pilule bleue, la pilule rouge. Tout s’arrête. Voilà. J’ai profité de ton souffle hors du fauteuil pour envoyer en même temps.
Mais je m'étais mis un coup à faire réchauffer, tu vois, j’ai complètement zappé ce qu’est le café. Voilà, donc j’en profite donc, j’en reviens beaucoup à mon propos. Je sais plus où j’en étais. La question est donc oui, en fait, c’est l’interdiction définitive du territoire de français qui a été dit. En fait, la CEDH a demandé à la France de surseoir à cette décision
Mais il faut rappeler ce que c’est la cour européenne des droits de l’homme.
Donc c’est une cour supranationale qui n’a rien à voir avec l’Union européenne, avec qui on a une convention, et que plusieurs pays ont signé. Donc des pays de l’UE, de l’Union européenne, mais également des pays comme la Suisse, la Russie, l’Azerbaïdjan, etc. Donc c’est une cour, c’est une cour transnationale supranationale qui est chargée de juger les conflits qu’il peut y avoir entre des états. Ou bien enfin l'État est une personne raciste. Donc moi j’ai saisi la compagnie. Madame la Fontaine des droits de l’homme a donné raison et elle a demandé à la France de surseoir à sa décision, c’est-à -dire d’attendre que. Et en quelque sorte, donc, il y a un moment favorable pour l’expulser. Donc ça, là, n’est pas vraiment l’expulsion, mais l’argumentaire quand même. Et ce n’est pas bon que le ministère de l’Intérieur décide de l’appliquer à résidence. Mais l’assignation à résidence à la base, le droit, c’est à dire qu’on assigné à résidence quelqu’un en attendant soit expulsé et en général soit depuis trois mois, ça dure depuis Symphorien. Donc là, j’ai saisi de nouveau la Cour européenne des droits. Donc vos héros, la France visiblement, ne peuvent pas maîtriser ça. Donc depuis quatre ans, je n’ai pas fait l’objet de ne fait l’objet d’aucune condamnation depuis ma sortie de prison. Donc là c’est une mesure abusive et en fait on dit non, ce n’est pas une mesure restrictive de liberté que c’est pardon, ce n’est pas une mesure de tir en France, c’est une mesure qui restreint la liberté. Toute la nuance est là. Et donc le gouvernement français a beau jeu de dire ah bah écoutez, Monsieur Daoudi, en fait, il peut trouver un pays d’accueil. Le problème, c’est qu’il est de mauvaise volonté. En réalité, moi, j’ai eu j’ai démarché une quarantaine de pays à différents bien sûr, des pays qui n’ont pas de d’accord avec l’Algérie qui est mon pays d’origine et qui est le seul en réalité qui pourrait m’accueillir puisque l’Algérie ne me retire pas la nationalité à ce retour, si des ressortissants. Mais justement, la compagne des droits de l’homme a dit à la France Vous ne pouvez pas l’expulser vers l’Algérie parce que si vers l’Algérie montrent des traitements dégradants, inhumains au sens de la Convention, et donc là c’est là qu’est le cercle vicieux, c’est à dire que l’assignation à résidence par l’interdiction définitive du territoire français qui n’est pas réalisable, entretient l’assignation à résidence
Alors je pense qu’il faudrait que tu reprennes quand même le début et qui n’est pas drôle. Mais par contre une blague assez drôle, je la mets dans le bain. On te demande de me rassurer. Aucun café n’a été maltraité pendant ce tournage.Tu ne peux pas me rassurer sur le café ?
Je coupe, je fais de la veille. C’est un café qui a demandé l’euthanasie. Et puis bon, voilà, il a obtenu et qu’il a obtenu, il a obtenu le talent pour le travail.
C’est une émission service après vente ici.
Et je suis désolé. Ou peut être qu’elle est mauvaise parce que l’euthanasie, c’est quand même un sujet sérieux. Pas trop grave pour en plaisanter. Mais voilà, j’ai essayé d’avoir de la répartie.
Tout va bien, tout va bien se passer. Je ne suis pas le dernier à faire des blagues, continue. Ou plus exactement peut être il faudrait que tu reprennes par rapport à ta situation algérienne parce qu’on ne comprend pas très bien, c’est vraiment important.
Alors en fait. En fait, lorsque j’ai été condamné aussi bien en première instance qu’en appel, il y avait une décision judiciaire et il y avait une décision administrative qui était couplée à la décision judiciaire. La décision judiciaire dépend du ministre de la Justice. La décision administrative, elle, dépend à la fois du ministre de la Justice et du ministère de l’Intérieur. C’est ça en fait Leyla, la petite fille. Donc en fait, du coup, mon assignation à résidence est en quelque sorte un prolongement de mon incarcération sous d’autres formes. Voilà. Et donc moi, j’ai saisi la Cour européenne des droits de l’homme pour éviter l’expulsion. Donc la Cour européenne des droits de l’homme m’a donné raison. Le siège de la Cour européenne des droits de l’homme se trouve à Strasbourg. Donc la France bien sûr ne va quand même pas le faire. Elle respecte a priori les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme. Ça serait bien mal vu de prétendre, afin d’avoir le siège de l’administration. Donc en fait, étant donné que la France ne peut pas m’expulser, elle m’a assigné à résidence. L’assignation à résidence est une mesure qui est censée être provisoire. C’est-à -dire qu’on a assigné à résidence une personne pendant un mois, deux mois, six mois, un an grand maximum. Et puis après, bon bah voilà, on ne va pas la signer toute sa vie. Moi le problème c’est que ça dure depuis quatorze ans. Depuis le 21 avril. En fait, le 24 avril, parce que j’ai fait un petit passage en centre de rétention administrative à Vincennes. Donc, depuis le 24 avril 2008, je suis assignée à résidence. Donc ça fait plus de quatorze ans maintenant. Donc moi je saisis la Cour européenne des droits de l’homme pour une deuxième fois pour dire Vous demandez en fait à la Cour de droits de l’homme deux. Prendre une décision. Est ce que la mesure d’assignation à résidence qui me concerne ? Est ce qu’elle est privative de liberté ou bien est ce qu’elle est restrictive de liberté ? C’est ça la question fondamentale. Le gouvernement français dit non. Cette mesure est restrictive de liberté. Monsieur Daoudi ne l’empêche pas de voir sa famille. On l’empêche pas de s’exprimer sur les réseaux sociaux, on l’empêche pas de si celle ci veut voir ses avocats. A ses avocats, donc à se déplacer. S’il veut voir sa famille, sa famille, on ne lui interdit pas de se déplacer. Il arrive même à écrire un livre à ses élèves qui pourraient même très prendre prétexte au fait que j'écris un livre. D’ailleurs, vous voyez, Monsieur l’abbé, il va bien. Vit bien, sa vie est géniale. Moi je dis non. Je dis que mon assignation à résidence n’est pas restrictive de liberté, elle est privative de liberté. Parce qu’on m’empêche beaucoup de choses m’empêchent d’avoir une vie de famille digne de ce nom. On m’empêche de travailler, on m’empêche de voir mes proches. Mon père, ça fait plus de dix ans que je ne l’ai pas vu, alors il a des ennuis de santé, il ne peut pas se déplacer. Ma mère, elle vient quand elle le peut, mais c’est pareil, elle ne peut pas conduire. Et donc la dernière fois que je l’ai vu, ça remonte à trois ans. Ma femme et mes enfants viennent me voir un peu régulièrement, mais ça n’a pas été toujours le cas quand j'étais assigné à résidence dans des chambres d’hôtel. Vous imaginez bien vivre le même un weekend, passé un weekend dans le carré à six, ce n’est pas possible. Et puis surtout, il y a tous les à côtés. Parce que l’assignation à résidence, on a l’impression que c’est une mesure comme ça qui est facile à vivre finalement. On vit chez soi, on est tranquille, on ne travaille pas. Mais que demande le peuple ? Mais non, ce n’est pas ça l’assignation à résidence, c’est une prison mentale. C’est une manière de voler effectivement, de m’habiller avec un linceul et de me dire pourquoi écoute, tu vas rester comme ça. Nous, on a le temps, donc tu finiras par en avoir marre, toi et ta famille. Ta femme va finir par te quitter parce que bon, voilà, tout n’est pas vraiment un bon parti. Tes enfants, ben y vont grandir, vont devenir adolescents, on aura plus aucune prise sur eux et peuvent les abandonner. Et c’est ça en fait que cherche le ministère intérieur ? Je fais à peine un procès d’intention, je grossis peut être un peu le trait, mais le but c’est de m’essouffler. Le problème c’est que j’y arrive pas depuis quatorze ans, il n’arrive pas même dans encore quatorze ans. Donc il va bien falloir prendre une décision. Cette décision, les magistrats français ne sont pas capables de la prendre. Est ce que c’est une décision éminemment politique ? Lorsqu’on voit que la Cour européenne des droits de l’homme, par exemple, considère que les procureurs, par exemple, français, elle considère que ce n’est pas des magistrats, parce que voilà, ils. Ils ne sont pas complètement indépendants du pouvoir exécutif. Euh voilà. D’ailleurs je vous rappelle qu’en France on dit qu’il y a un pouvoir judiciaire, il n’y a pas de pouvoir judiciaire. D’ailleurs, Monsieur Macron l’a dit. La justice n’est pas un pouvoir en France. La justice ? C’est une erreur. C’est une administration, mais c’est une. Elle n’a pas vraiment voix au chapitre parce qu’il y a un pouvoir exécutif, un pouvoir législatif. Mais la justice, elle, n’est pas entièrement autonome en France. Et donc bien sûr pas les magistrats. Pour un cas comme le mien, il y en a plein qui se sont cassés les dents. Et donc voilà, il y a un manque de courage. C’est un manque de courage politique de la part de magistrats qui ne font pas de politique, qui font du droit. Mais le problème c’est que quand ils veulent appliquer le droit, eh bien on leur dit non, ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Donc voilà, je ne suis pas en train de critiquer tous les magistrats, il y en a qui sont très bien, il y en a qui je pense sont au-delà de ma situation purement administrative. Je pense qu’ils ont une certaine empathie, voire peut-être même une certaine sympathie. Mais le problème c’est qu’on leur met tellement la pression qu’ils sont incapables de prendre une décision qui permette de mettre fin à cette assignation à résidence.
Je profite de ton petit silence pour mettre un même réalisé sans trucage par Kamel.
Par exemple, l’un est inculpé pour être le logisticien, la logistique n’est pas au rendez- vous. Juste pour savoir si c’est juste pour jouer un rôle.
La question, c’est quelles sont les suites juridiques ? Qu’est ce que tu attends là, pour éventuellement casser ce cauchemar ?
Alors concrètement, le 22 juin, et d’ailleurs, pour les gens qui peuvent venir le 22 juin prochain, à 10h du matin, je le préciserai de façon sur Twitter, abonnez-vous à mes tweets, comme ça vous avez toutes les dernières infos. Le 22 juin, je passe devant la cour d’appel de Paris qui doit statuer sur l’interdiction définitive du territoire français. Donc moi, j’ai fait ce qu’on appelle une demande de relèvement de l’idée TF à l’interdiction définitive du théâtre français. Donc, la cour d’appel de Paris m’avait répondu sommairement et en gros m’a dit circulez il n’y a rien à voir. En ne tenant même pas compte de l'évolution de la situation. Je suis allé devant la Cour de cassation. La Cour de cassation a cassé la décision de la Cour d’appel de Paris. Donc là, le 22 juin prochain, il y a une nouvelle formation de la Cour d’appel de Paris qui va se réunir des autres magistrats, des nouveaux magistrats qui vont devoir statuer sur votre décision définitive du territoire français. Est-ce qu’elle continue ? Est ce qu’elle s’arrête si elle continue ? Et bien, j’allais dire comme rien ne change. Si elle s’arrête là, ça signifie que l’assignation à résidence n’a plus aucune raison d’avoir lieu. Alors ça ne veut pas dire que pour autant, le ministère de l’Intérieur ne sortira pas quelque chose du chapeau. Parce que maintenant, je ne sais pas si vous avez remarqué toutes les mesures, il y a beaucoup de mesures qui étaient dans le droit d’exception. Le voilà qui est passé dans le droit, le droit courant. Donc, à la faveur d’une nouvelle loi, plein des lois faites depuis 2015, il y a eu énormément de lois qui concernent les libertés publiques, les libertés fondamentales. Et donc il y a beaucoup de lois qui étaient dans l'état d’urgence, qui sont passées dans le droit commun. Mais donc là, le 22 juin est une possibilité, on va dire qu’une nouvelle formation de juges statue que voilà, mon idée était mon interdiction définitive du territoire français. Cette pensée n’a plus lieu d'être. Voilà donc j’espère que ça va bien se passer. Et voilà toutes ces personnes qui veulent venir pour me soutenir. N’hésitez pas, c’est capital, c’est déterminant. Si aider beaucoup de gens qui viennent, même si là l’audience est à huis clos, il y a beaucoup de gens qui se massent devant. Donc ça se passera au palais de justice de Paris
Pour rappel, le rendez-vous c’est le 22 juin à10 h,
, Je communiquerai dessus quand l'échéance se rapprochera. Donc voilà, le mieux c’est ici. Si vous vous intéressez à la situation, suivez-moi sur Twitter, c’est là où je mets des infos importantes. Bien sûr qu’il faut jouer un peu aussi de vider des trucs comme les maires la queue et j’attends vos post pour faire sourire la duchesse. Mais hormis ça, je n’ai pas des informations intéressantes et d’ailleurs les réseaux sociaux aussi, ça permet aussi d’avoir un petit espace de liberté. Voilà, donc c’est vrai quelques fois j’ai peut être des interventions un peu intempestives, les gens qui connaissent un petit peu ou un petit peu de chouette clown, un petit peu, etc. Mais, c’est plus une carapace en fait. Parce que je ne suis pas libre dans le pré espace, donc j’essaye de me trouver des libertés dans le cyberespace, alors ça passe pas ce genre de choses.
Alors je suis en train de noter le 22 juin, 10 h. A priori, pour l’instant, il n’y a pas d’invités. On fera peut être un live devant le Palais de justice
Pourquoi pas, ça peut aider. Et puis il y a une seconde échéance. Alors si tout se passe bien, si la Cour européenne des droits de l’homme estime que ma requête est recevable, là, j’ai passé les deux premiers filtres. Il reste un troisième filtre dont je vais avoir une réponse dans les prochains mois. Donc, si la Cour européenne des droits de l’homme estime que ma requête est que mon assignation à résidence est restrictive ou bien privative de liberté ? C’est ça la question fondamentale. Donc, si la Cour européenne des droits de l’homme estime que cette question est recevable sur le plan du droit international, eh bien je devrais avoir une audience aussi dans les prochains mois. Et là, peut être aussi, ça sera l’occasion de changer
Le Haut commissariat, c’est quoi les relations que tu as avec les gens ?
Écoute les relations, écoute les fonctionnaires de police ou les gendarmes. Ce sont des fonctionnaires ou bien des militaires qui appliquent les ordres qu’on leur donne. Ils ne sont pas là pour juger de la situation. Et puis grugent et contrôlent une partie, en fait, de mon assignation à résidence, qui sont les pointages. Il y a par ailleurs les services de renseignement qui eux me surveillent. Donc ils ne me surveillent pas tout le temps, mais lorsqu’il y a des choses. Par exemple, là, si j’ai l’autorisation de me déplacer au Palais de justice de Paris, je vais être fixée, je vais être filature d’Aurillac jusqu'à Paris, par divers services en civil ou en uniforme. Et donc c’est plusieurs dizaines de policiers en tout genre qui assurent la surveillance soit physique, soit technique, ou j’allais dire de façon techno policière, puisque maintenant il y a tous les outils technologiques pour poreuse pour suivre quelqu’un à la trace grâce à son téléphone ou grâce aux caméras de surveillance, ou grâce à la reconnaissance faciale puisque ça se met en place petit à petit en France que ce sera, ce sera la panacée d’ici les Jeux olympiques en 2024. Donc, il y a plein d’entreprises qui sont en train de développer des solutions de reconnaissance faciale couplées à des caméras de surveillance. C’est pour ça tout simplement que vous avez même des villages de plus de quelques centaines d’hommes qui se pourvoient des derniers moyens technologiques. L’idée, c’est de faire un maillage très fin sur toute la France pour qu’on puisse suivre n’importe quel individu à la trace, où qu’il est, où qu’il aille. American. Je ne sais pas si j’ai répondu à la mienne. Elle est en train de faire un peu cette plongé
C’est ta voix, on dirait un mec qui double.
C’est moi, mais qui joue le verlan de Brando.
Avec les droits d’auteur bien sûr, qui sont respectés. J’adore ce même du Parrain, Exactement. Alors je précise juste qu’il y a des trolls et pas que des trolls. Il y a aussi des gens qui posent légitimement des questions. Vous avez les réponses à vos questions à 9 h du matin. Ce qui était reproché à Kamel à l'époque sans preuve, le fait que tous les gens qui ont été accusés sont aujourd’hui libres, y compris le principal. Et ce n’est pas le cas de Kamel. il n’est pas un djihadiste, pas un terroriste, mais vous avez les réponses. Là tu sais la réponse, la question elle a été posée, on y a répondu. Elle est également dans le livre. Là, on parle de la question de la privation de liberté, de jusqu’où un Etat de droit, au nom de l'État de droit, est capable de créer des failles juridiques qui permettent d’enfermer à l’extérieur des gens pendant quatorze ans de leur vie. C’est de ça dont on parle.
Regarde, ça fait plus de 3h qu’on est ensemble. Ce n’est pas une promesse. Le 22 juin, on peut se retrouver devant le palais de Justice. Alors évidemment, on ne pourra pas, parce que c’est huis clos, on pourra refaire un peu le point, on sera là. Donc pour te contacter, c’est Twitter en fait.
Ouais, ouais donc c’est Twitter, mon réseau social vraiment privilégié, c’est Twitter. Là, entre-temps, j’essaye de trouver une autre manière de vous joindre.
Alors, es- tu libre de travailler ? Te demande Sabrina, de gagner ta vie, d’avoir la main sur ton argent ou tu dépends complètement de l'état ? Si ce n’est pas trop indiscret bien sûr.
Eh ben alors Non, en fait, il y a beaucoup de gens qui croient que je profite des largesses de l'État. Pas du tout le ministère de l’Intérieur en fait. Lui, il a demandé à la préfecture de me trouver un appartement. Cet appartement là, je n’ai pas balancé mes heureux et paix aux femmes fait état les pas ne paye pas vraiment. Je viens d’apprendre que l'état de ne pas honorer pas ses dettes depuis plusieurs mois d’ailleurs, au point que l’organisme qui loue en fait le bailleur a même envoyé un huissier enfin menacer d’envoyer un huissier à la place Beauvau. Alors cet homme, je l’ai appelé complètement par hasard. En fait, y' a un courrier qui est arrivé dans ma boîte aux lettres qui n’aurait pas dû arriver, et c’est comme ça que j’ai su que, en fait, le ministère de l’Intérieur m’a assigné à résidence et payait même pas les loyers de l’endroit que j'étais assigné à résidence.
Question de Nat la gitane. Où en est ta réflexion autour du travail ? Après treize ans de privation de liberté et aussi de travail, tu viens de dire. Est ce que tu réfléchis à ces questions là, par exemple, ou c’est devenu très loin ?
Matrix sans liberté ?
Non, Le travail, Le travail ?
Oui, le travail en fait, c’est le problème c’est que je ne suis pas payé, mais quand je travaille, j’essaie de me maintenir à flot.
Alors en attendant une question pour toi Floréal, si on veut organiser une rencontre autour de ce livre, comment on vous contacte ?
N’hésitez pas à nous contacter aussi sur Twitter. En nous on est donne l’adresse. On a un site aussi sur lequel on a des contacts.
Et on peut acheter le bouquin directement sur votre site, non ?
On peut acheter directement le bouquin, et puis dans les librairies aussi, dans toutes les librairies de France grâce à notre diffuseur OBO Diffusion.
Voilà qui refuse, je le rappelle, d'être sur Amazon. Tout à fait. Il me semble. C’est bien ça ?
C’est exactement ça.
Alors je profite que Kamel soit en train de taper ses mots de passe pour faire le tirage au sort numéro deux.
Ça fait partie des méfaits de l’assignation à résidence. Soit ça c’est les défauts cachés et du coup après on discute avec un écran, puis au bout d’un an, il disparaît complètement dans l'écran. Le mec y dit et voyez, j’ai une vie sur internet. Du coup voilà, c’est fini, On l’a perdu.
On l’a perdu, on l’a perdu j’ai l’impression qu’on l’a vraiment perdu.Il a essayé de se connecter par son nom, par son téléphone, par son ordinateur.
Est ce que tu as des questions ? Est ce qu’il y a des questions auxquelles on peut répondre ?
La dernière qui restait : a t il toujours tenu à vouloir garder un comportement calme et exemplaire face aux forces de l’ordre pour éviter le pire ? Donc voilà, c’est plutôt une question pour lui.
Ça a toujours existé en fait, très longtemps. C’est qu’en fait les centres de rétention administrative, comme c’est administratif. De fait, comme on tourne autour de ça dans l’émission depuis le début, c’est ça, c’est le ministère de l’Intérieur. Donc en fait, c’est des policiers, les gardiens ne dépendent pas de l’administration pénitentiaire. Et donc ministère de la Justice, c’est une haute administration et du coup, souvent, on retrouve ça aussi dans d’autres centres de rétention en France, dans d’autres prisons pour étrangers, c’est des élèves et on en profite. Comment dire ? C’est cette manière assez pour dire. Dans ces moments-là, je trouve que l'état est d’une limpidité très claire sur les niveaux d’humanité, qui concède aux différentes populations et donc pour les élèves. Eh bien on a des migrants, qu’on a enfermés, on a des gens qui ont traversé la planète pour se retrouver enfermés là. Et du coup on peut s’en servir un peu comme matière première pour le travail de formation des flics. Là où par exemple Il y a à Fresnes c’est des élèves matons qui travaillent très souvent jusqu'à l'école. Du coup c’est des élèves. Mais pour à la limite, une espèce de continuité, c’est normal, c’est leur boulot, ça va être de garder des gens. Donc ils commencent par garder des gens à l’endroit où ils sont formés. Là, le principe du centre de rétention de Vincennes, c’est qu’on confie la garde en fait, ce qui fait que c’est particulièrement arbitraire en termes d’accès aux fouilles, d’accès aux familles, il faut que les familles viennent, il y a des espèces de séances collectives comme il y a très souvent dans l’armée. Tu as dans tous les corps, en fait, composé d’hommes en grande partie, qui se bizutent mutuellement en leur faisant faire plus ou moins des trucs dégueulasses à des gens. Ce qu’on a vu à l’extrême dans les prisons évidemment de Guantanamo à l'époque ou d’Abou Ghraib. Mais là, à petite échelle, je ne compare pas tout à fait, hein, on n’est pas au même endroit. Tout à fait. Mais il y a de ce type de toi, de bizutage, d’exactions. On ouvre toutes les portes en même temps, on fout des jets d’eau, on se retrouve à pas filer à bouffer, Les gens font une grève de la faim du coup, bah très bien, on les laisse crever, on s’en fout et on ne parlera pas de cette grève de la faim, n’empêchera qu’un médecin rentre, etc. Et cette déshumanisation là, Eh ben allez, dans le cadre de la formation en fait. C’est-à -dire que la formation intègre cette déshumanisation sur des gens dont personne n’a que faire. Et là j’ai envie de rebondir sur un truc, sur une question qui a été posée tout à l’heure dans le Tchad, sur la question de où sont les intellectuels ? Oui, une époque à cette grande question les intellectuels y sont ils ont ils ont disparu, ils ont disparu de ce point de vue là. C’est à dire que sur les questions de prisons, sur les questions d’enfermement des immigrés, sur les questions d’assignation à résidence et de délire administratif, de critique de la justice ou de critique sociale sous l’angle du droit et de l’enfermement. Et ben il n’y a personne. En fait, ce n’est pas compliqué, il y a des avocats hein, en général, qui se retrouvent d’ailleurs très souvent invités au poste, hein, mais c’est tout en fait. Parce qu’encore une fois, et nous, c’est un peu notre sujet, une forme d’obsession un peu chez nous, C’est-à -dire ? La question sociale a été dissociée de la question de la sécurité, de la question de la justice et la fin, et c’est une victoire de l'État. Ce truc là, c’est une victoire dans la mesure où précisément, aucun intellectuel, aucune personne ne fait aucun mouvement, même pas un intellectuel, je dirais même mouvement, mouvement d’idées. En fait, il n’y a pas de brassage d’idées sur ces questions-là. Il n’y a pas énormément d'échanges. Je veux dire des endroits comme ici où pendant 3 h, Kamel peut parler, On n’a pas, en fait, il n’y a pas d’endroit comme ça.
Et du coup tu dis ça, mais je vais me faire l’avocat du diable, tu sais que j’adore ça. Par exemple, on remercie chaleureusement à la fin du livre de Kamel tout un tas de gens d’Amnesty International.
C’est une amnistie en fait. Et en fait, c’est toujours des pays étrangers qui font des rapports pour pas que ça se passe bien. Mais suite les gilets jaunes, c’est les premiers rapports qu’ils ont fait sur la France, donc ils commencent à s’intéresser sincèrement.Mais ce n’est pas du tout ce qu’on appelle les dents des intellectuels.
Non, bien sûr. Ce que je veux dire, c’est que c’est une ONG qui a pignon sur rue, qui est respectée, qui est respectable et respectée on va dire. Tu vois ce que je veux dire ?
Hyper soutenant. Bah tiens, justement, Kamel revient, mais peut être jamais tu nous entends ?
Oui, je vous entends.
Pour ton prochain contrat d'édition négocie quand même avec ton éditeur, tu vois tout de propre en termes de promo.
C’est le côté salon.
Vous avez écrit un remake de Kafka du Procès.
Vous voyez en quelque sorte. Enfin, je ne sais pas si ça arrive parce que. Kafka a écrit Bon. Un de mes auteurs préférés d’ailleurs. Euh non, en fait ce livre là, c’est un encontre d’abord, et ça je tenais à le dire et je tenais à rendre hommage. À Floréal et à Pierrot Floréal. En fait, ils savent pas qui suit blog parce que j’ai deux blogs, un ancien qui était pas très connu, un deuxième qui est un peu plus connu à Mediapart, et bien c'était un lecteur attentif de milliers d’hommes et il s’est dit à un moment ça serait dommage que tous ses billets de blog restent un peu confidentiels. Parce que si il faut, faut dire les choses, j’ai beau, j’ai bossé ma vie, j’ai un peu sur Mediapart mais il n’y a pas beaucoup de retours. Donc du coup, ça, ça ne m’encourage pas trop à écrire parce que je me dis ce n’est pas lu, donc à quoi bon ? Donc du coup j'écris pour moi et Floréal a eu l’idée de prendre un billet de blog. Je ne suis pas du tout seul
Dans les petites chroniques, il y a un rapport vital.
En fait, l'écriture je la vois plus comme un médicament, donc c’est une manière un petit peu d'échapper à la condition et de me retrouver dans un espace qui n’est pas, qui n’est pas l’espace de la réalité, qui est un autre espace encore, qui n’est pas un espace. Je suis un peu à la croisée des chemins, là, des sentiers, je dirais même de la vie réelle qui m’est interdite de fait d’une vie dans le cyberespace qui est un peu, voilà un peu, on va dire, et d’une vie, des idées, une vie un peu littéraire qui est vraiment mon jardin secret, là où j’essaye de. D’expliquer un petit peu ce que je ressens à moi -même et j’essaie de communiquer aux autres personnes. Donc en fait, j’ai cherché à faire un livre parce que ça fait quatorze ans que je suis à résidence, ça fait 21 ans que je suis, que ma vie est en pause et c’est une manière un peu de déjà déconstruire le récit de la place Beauvau. Oh ! Déconstruire le récit médiatique, le bruit médiatique. Comme dirait un certain David Dufresne qui en parle admirablement bien dans un roman.
On n’a pas le temps.
Je n’ai pas encore la chance de lire, mais je vais essayer de me le procurer. Et donc voilà. En fait, l'écriture, c’est une manière aussi d'échapper à la condition de poser des choses et surtout à des échéances qui arrivent le 22 juin qui arrive devant la Cour européenne des droits de l’homme. Voilà, ça me permet de nourrir un peu ma réflexion, de prendre de la distance par rapport à la réalité et de vous faire partager un certain nombre de choses qui comptent. C’est le rapport aussi de celui qui a son lectorat et les éditeurs et le lectorat. Mais je préfère parler de lectrices et lecteurs et de lectrices et d’auteurs. Donc voilà, je pense que cette relation, elle reste aussi à construire et c’est une relation intéressante parce qu’elle va dans l’intimité et puis elle va dans l’intimité et elle est surtout rétroactive. Elle est rétro. Un rapport ? Il y a j’essaye d’apporter des choses et les je paye et de d’en prendre aussi de la part de mes lectures et des lectrices. D’ailleurs je fais quelques dédicaces à des personnes qui me suivent maintenant depuis plusieurs années et j'étais heureux qu’ils me fassent un petit mot qui prenne une photo. Bon, moi c’est pour les besoins de la promo, du foot, du bouquin, mais surtout qui mettent un petit mot pour me dire ce qu’ils ont ressenti. Je pense que c’est important d’avoir ce retour des lecteurs et des lectrices pour qui on ne se sent pas volé juste en tenant compte de ses idées. Mais qu’on sente qu’il y a des que nos paroles voyagent, qu’elles sont libres et qu’elles peuvent atteindre des cibles, mais elles atteignent des cibles au bon sens du terme cible. C’est-à -dire quel peut être le réveil des consciences. Peut-être qu’elle interpelle. Peut être qu’elle permet d’avoir un pouvoir d’empathie par rapport à des situations méconnues. Peut être qu’elles permettent aussi de réfléchir à sa propre, à sa propre condition de lecteur. Et c’est cet espace là, en fait, qui n’est pas encore, qui n’est pas encore scellé, qui n’est pas encore, et j’espère qu’il ne sera jamais, qui n’est pas encore inséré, qui n’est pas encore assez qui m’intéresse. C’est cet espace littéraire et qui m’intéresse que la pratique là où on a des points de vue. Que je sais que lui aussi, qu’il cherche à faire au-delà de la fiction, au-delà de la fiction qui s’inspire, s’inspire de faits réels. C’est de faire réfléchir sur des problématiques éminemment intéressantes.
Alors tu nous as montré et on essaye de le faire comme on peut.
. Et donc par rendre hommage à David Dufresne et à tous les modos, tous les technos.
Alors donc on va arriver, Kamel, au moment des remerciements et tout ça. Mais juste je te fais un retour qui répond exactement à ce que tu viens de dire à l’instant dans le chat. Chacun lit Kamel avec ses univers que tu crées, avec ses univers que tu crées J’ai perdu le truc dans un palace. Tu agrandis le périmètre géographique imposé. Quelle ténacité et quel courage !
Je pense que c’est la meilleure et ça me va droit au cœur.
Il est temps maintenant de faire le dernier tirage au sort et après de se quitter.
laisse tomber la neige.
Message de Robin La neige d’Aurillac. À demain, Sentier battant. Merci de dire merci monsieur, de sortir votre énorme courage à Kamel. Merci pour ce live. Allez, maintenant je commanderai et vous avez intérêt à commander les amis.
Merci Robin.
Merci à Olivier, Jessy, Robin et Euryale on comprend mieux son pseudo un battant. Bravo et merci à Pierre et Florian pour ce super boulot d'éditeur.
Je vous remercie toutes et tous vraiment, ce livre là, il a été fait dans l’esprit que chacun d’entre vous s’en saisisse. Et mon histoire, même si elle est un peu hyperbolique, est anecdotique. Ce qui compte vraiment, c’est ce qui est dans les idées qui sont développées dedans. Et j’aurai réussi à faire passer un petit message, si vous comprenez chacun et chacune, toutes et tous les enjeux, bien au-delà de l’assignation à résidence sur les libertés publiques et les libertés fondamentales. Et ça se joue maintenant. Il y a des échéances électorales très bientôt. Ce livre-là, c’est aussi une façon de participer au débat public. Et voilà ! J’espère que vous apprécierez ce livre. Et si vous si vous l’appréciez, moi ça me donnera aussi envie de peut être de faire d’autres livres.
Mon cher, Kamel, merci infiniment à toi pour ton petit mot.Merci à toi Kamel et merci aussi je te le dis. Merci d'être aussi présent dans le chat d’Au poste. Tu fais partie de ceux qui participent à cette élaboration de l’intelligence collective. Tu apportes énormément d’informations, tu vas puiser des choses partout.
Salut !
Salut les amis !
