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« L’appel des militaires » avec Jean-Do Merchet

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café amis de la police, amies de l’armée aujourd’hui. Eh bien, bonjour, il est 8 h 58. Il y a quelqu’un d’autre qui chez lui boit tranquillement son café il m’a dit qu’il avait le temps. C’est une vieille connaissance de nos services : Jean-Dominique Merchet, journaliste à L’opinion. Moi, j’ai dit défense, mais en fait je crois que c’est plutôt affaires militaires. On va lui demander comment il préfère qu’on l’appelle, quand je vous dis que je le connais depuis longtemps, c’est qu’il a été mon chef à Libération. Et comme quelqu’un a dit dans le chat hier Chef et Libération, ça ne va pas toujours ensemble. Mais même si on n'était pas toujours d’accord avec Jean-Dominique, on s’entendait bien. Tu es avec nous. Bonjour. Ah ça y est, le V de la victoire ! Déjà, attention, est ce que tu sais si tu es dans un drôle d’endroit à un très haut poste ? Une réunion de contestataires, on va dire ça comme ça ? Ça me fait très plaisir de te voir.
Jean-Do Merchet
Et moi aussi.
David Dufresne
Alors tu es là aujourd’hui parce que tes amis de la grande Muette Comment dirais je, nous tirent un peu par la tribune, la fameuse tribune des « dite des généraux » ou des militaires. Et je me suis dit que ce serait bien de t’inviter. Parce que toi, tu suis ça,tu suis les affaires de l’armée depuis 30 ans.
Jean-Do Merchet
Ouais, en fait, même un peu plus que ça va y avoir une trentaine d’années, une trentaine d’années.
David Dufresne
Tu as alors un an, tu as un blog que tu tiens depuis longtemps. Et ça, j’aime bien chez toi. Parce que ce blog, tu le tenais à Libération, T’as quitté Libé, tu dis Je garde mon blog, tu es à Marianne, tu as quitté mon blog, tu arrives à l’Opinion, Moi j’aime bien. Bon, j’aime bien lire. À côté, il y a un côté je garde le contrôle. Donc à chaque fois que je donne un mot, je parle d’un lien ou quelque chose comme ça. Si c’est donné dans le tchat où les gens vont nous donner leur ressenti, te poser des questions, etc. Et donc alors je vérifie juste un tout petit truc savoir si tout marche bien côté régis, a priori c’est bon et tu me connais hein, c’est toujours un peu. Ah non, je vois qu’on me dit qu’il y a un petit souci. Attends, je regarde où je vais. C’est bon, c’est bon, c’est bon. Donc et là, depuis six ans, sept ans, tu es à l’Opinion, le journal, ce n’est pas très connu. Qu’est ce que tu peux nous en dire ? Moi je peux te dire comment vous vous définissez sur Twitter, mais toi tu dirais comment ?
Jean-Do Merchet
Écoute donc l’Opinion c’est un journal qu’on a créé il y a huit ans maintenant. On a d’ailleurs fêté hier 2 000ᵉ numéro. Donc c’est un quotidien qui est à la fois sur le papier et sur internet, comme tout le monde d’ailleurs. Par tout le monde, comme beaucoup. Voilà. Et. D’abord, l’idée, c'était de lancer un nouveau journal dans un contexte où tout le monde nous avait dit, disait Mais c’est absolument impossible de lancer un quotidien en marche. Vous allez mourir, vous allez faire dix numéros, vous allez faire six mois. Bon, huit ans après, on est toujours là. L’idée, ce n’était pas forcément d’avoir une énorme audience parce que on est réaliste et l’idée c'était en revanche d’avoir de l’influence, de dire on va s’adresser à des gens. Donc c’est un peu ça, on va dire que c’est un peu un journal un peu haut de gamme, avec surtout des papiers, des articles d’analyse de tout, mais aussi de l’humour. Par exemple, on a un dessinateur qui est aujourd’hui un des bons dessinateurs de la presse quotidienne qui s’appelle Jacques, car un certain succès. Et puis politiquement, on doit dire qu’on se situe au centre droit. Le journal se définit comme un journal libéral en libéral. Qu’est ce que ça veut dire ce que ça veut dire ? Qu’on est les suppôts du grand capitalisme ? On nous reproche d'être ça en même temps, libéral, c’est aussi défendre la liberté, les libertés, y compris les libertés publiques. Et ça, évidemment, moi, c’est quelque chose, quelque chose à laquelle je suis très attaché. Et puis finalement, passer d’un journal qui s’appelait Libération à un journal qui se définit comme libéral et a peut être une certaine cohérence au fond
David Dufresne
Mais on n’est pas là pour aller sur la droite comme il fallait sur la droite et a le droit. Et ça me fait plaisir que tu sois là.
Jean-Do Merchet
Si tu veux, comme je t’ai honnêtement suivi pour te parler très librement quand j'étais à Libé, je te jure très nettement à l’aile droite de Libé. Là, je dois plutôt me situer sur l’aile gauche de l’Opinion. Mais ça, ouf ! Au fond, à vrai dire, pour moi, ça n’a pas d’importance. Ce qui pose l’importance dans l’exercice de notre métier, c’est d'être libre de le faire. J’ai été extrêmement libre de faire mon métier, comme toi d’ailleurs à Libération, et je suis totalement libre également de le faire à l’opinion. Et ça, ça, c’est un vrai privilège qu’on con qu’on a, tout le monde n’a pas dans cette profession. Donc voilà, j'écris exactement ce que je veux. Je le faisais à Libération et je le faisais à l’Opinion.
David Dufresne
Alors dans le chat, il y a quelqu’un qui te dit que ce n’est pas toi, ce n’est pas lui qui suit l’armée, c’est l’armée qui le suit depuis 30 ans. Donc voilà. Alors j’endosse. Alors par ailleurs, bon, moi évidemment, tu le sais l’Opinion, juste pour être clair, ce n’est pas forcé et ce n’est pas ma tasse de thé quand là dedans ce n’est pas grave du tout. Il y a écrit libéral, pro-business, européen. Bon voilà. Mais je dois dire que dans l’opinion il y a deux personnes que je suis. Il y a toi sur les affaires militaires. Alors je ne veux pas écorcher son nom Ivan Tripette.
Jean-Do Merchet
Donc ça me fait très plaisir que tu le dises voilà.
David Dufresne
J’ai l’impression que toi, une jeune journaliste qui suit des affaires de près, n’a pas 30 ans. Elle n’a pas 30 ans, qui suit les affaires de police et qui est qui a un regard et des infos qui sont critiques. Et donc c’est intéressant de voir que dans ce journal, il y a ça. Voilà, j’ai plus qu'à vraiment à de nombreuses reprises j’ai, j’ai lu des papiers d’elle et des enquêtes d’elle où il y avait plus d’indépendance que dans d’autres, dont d’autres journaux qui suivent les questions de police. Donc on n’est pas là pour parler de journalisme, mais on est surtout là pour parler du…
Jean-Do Merchet
Général, des lettres des généraux.
David Dufresne
La lettre des généraux d’abord. Toi tu la découvres comment cette lettre ?
Jean-Do Merchet
Écoute donc elle est en ligne. Elle a été mise en ligne par Valeurs Actuelles mercredi dernier, donc de mémoire le 21. Et honnêtement, moi je ne la vois que deux jours après. J’en entends parler que deux jours après le vendredi, lorsque ça commence à monter avec elle, avec Marine Le Pen qui dit qu’elle les soutient. Voilà, donc là je vois ça. Et honnêtement, je connais quelques noms de signataires et je n’accorde pas plus d’importance que ça dans les premiers jours. Le weekend arrive et je vois que ça monte et je m’y suis vraiment collé lundi ce lundi. Donc voilà. Et là bas, j’ai commencé à travailler parce que j’ai vu que ça devenait un vrai phénomène politique. Et donc voilà. Mais depuis hier, en fait, depuis lundi, je ne fais quasiment que ça, ce qui me semble un peu surréaliste. Mais ça dit quelque chose non pas de l’armée, mais de la politique française et de la société française. Et c’est ça qui est intéressant.
David Dufresne
En deux mots, tu dirais qu’on ne parlait que de ça en fait. Mais on là comme ça, comme introduction à l'émission, tu dirais que ça dit quoi de la politique ?
Jean-Do Merchet
Sinon ça dit qu’il y a quand même une grave crise politique en France pour qu’un texte aussi merdique caricatural, révèle dans l’ombre entre nous, nul venant d’une ou deux, d’un petit tout petit groupe de types, d’anciens, vraiment d’anciens, identifiés depuis longtemps comme étant des ennemis, des gens d’extrême droite qui ressassent leurs trucs comme ça depuis des années, des années. Qu’un texte comme ça prenne une telle ampleur politique. En France et même à l’international, j’ai reçu cette semaine des coups de fil de la presse de journaux brésiliens ou britanniques qui voulaient savoir ce qu’il en était et dit que la la, il y a une crise politique en France profonde parce que, et ça n’a pas de sens que quelque part cette lettre, qui est anecdotique en fait, a frappé quelque chose dans l’inconscient politique des. Et c’est ça qui est intéressant, est ce qu’elle a frappé dans la conscience politique des Français ? Qu’est ce qu’elle dit ? Pourquoi ça ? Pourquoi ça résonne dans la société française, dans la politique français ? Et donc moi, c’est ça qui m’intéresse. Et je pense que ça traduit un état de crise politique très grave. Donc on pourra peut être développer, mais voilà, c’est pas un phénomène militaire en soi, c’est un phénomène politique parce que ce n’est pas l’armée française qui est en train de se préparer un coup d'État. Ce n’est absolument pas ça. C’est une bande d’anciens qui se réunissent entre eux, qui font un texte. Et ça, ça a un effet politique. Donc, c’est ça qui est intéressant.
David Dufresne
Alors, on va regarder de près qui qu’ici, ce texte. Alors, en fait, j’ai lu tous tes papiers, que ce soit dans l’opinion ou sur le ou sur le blog. En fait, j’ai appris une chose, c’est qu’au départ ce n’est pas Valeurs Actuelles. Au départ, c’est sur un petit blog qui s’appelle https ://www.place-armes.fr/blog Alors pour la petite histoire, c’est un site fait avec Wix, ça dit, ça dit quand même que le côté amateur de l’affaire, enfin l’article, l’article est là, on va, on va quand même donner pour ceux qui l’auraient pas lu quelques phrases. Donc en fait, il est surtout question du délitement. Donc voilà. Et notamment Alors ça démarre par délitement qui, à travers un certain antiracisme, s’affiche dans un seul but créer sur notre sol un mal être, voire une haine entre les communautés. Donc là, il est question de racialisme, de théorie coloniale, etc. Il y a le délitement avec l’islamisme et les hordes de banlieues. Le terme quand même, enfin il est. Et dès lors qui sort de son cercle habituel de l’extrême droite, c’est quand même extrêmement violent. Et puis évidemment, je le dis évidemment parce que moi, ça m’a particulièrement parlé. Il y a un troisième délitement dont on parlera après sur les éléments de l’ordre et sur les gilets jaunes.
Jean-Do Merchet
Alors, le jugement est très intéressant.
David Dufresne
Qui est très intéressant, qui est évacué dans les débats sur cette lettre en règle générale, mais que je trouve intéressant, mais qu’on se garde pour la pour la fin avec. Avec évidemment cette phrase et après c’est toi qu’on va entendre. Avec cette phrase, nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prennent en considération la sauvegarde de la nation. Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs si je ne peux pas le dire, c’est tellement loin de moi l.
Jean-Do Merchet
Mais déjà je n’arrive pas non plus.
David Dufresne
Après tu vois, c’est notre côté Libé, on peut dire bon c’est un Quarteron de généraux en retraite. C’est l’extrême droite, enfin c’est quand même. C’est quand même un appel à la prise d’armes. Enfin sinon il y a quelque chose de séditieux là dedans ou pas ?
Jean-Do Merchet
C’est compliqué à répondre. Je pense qu’il y a objectivement, il n’est fait état que de d’intervention. L’intervention de Le camarade d’Active, qu’est ce que ça veut dire intervention ? Alors ça veut dire qu’ils vont prendre le pouvoir, ça veut dire qu’ils vont être appelés par le par un pouvoir politique pour agir. Il y a une ambiguïté sur ce thème d’intervention. Ce n’est pas un appel explicite à la prise du pouvoir par l’armée, peut être, y compris pour des raisons juridiques, parce que si ça avait été le cas, le texte aurait été un texte qui ou qui relevait du code pénal. Donc, il y a peut être une prudence dans la rédaction qu’il y ait derrière. Que d’abord c’est un texte d’extrême droite, non dans toute sa force, sa rédaction et son idéologie, Il n’y a aucun doute là dessus. Qu’il y ait dans le. Chez les auteurs un fantasme. De du. Rétablissement de l’ordre et de la défense de notre civilisation contre les hordes sauvages par l’armée. Ça semble évident, mais ça relève en partie du fantasme. Mais c’est ça qui est intéressant, c’est que j’ai employé tout à l’heure le terme le terme d’inconscient, et je crois que l’inconscient comme psychanalyse, je crois que c’est une dimension importante dans cette que dans cette affaire, parce que ça renvoie à deux, à de vieilles traditions de vieille tradition politique française depuis, en fait depuis la Révolution française, depuis 1789, Il y a toujours cette image ou cette idée que quand le désordre s’installe dans le pays, on peut faire appel à un général ou à l’armée pour sauver. Ça commence, ça commence très très tôt. Ça commence dès les premiers jours de la Révolution française, en 1789. Avec Lafayette, ça va évidemment se concrétiser de manière spectaculaire avec Napoléon Bonaparte, dix ans plus tard, en 1799, qui, de fait, rétablit l’ordre. Dans une France qui sort de dix ans de révolution, on fête le bicentenaire de sa mort cette année, avec en plus cet argent des polémiques. Et puis il va y avoir plein de cas dans toute l’histoire Cavaignac sous la deuxième République, Louis-Napoléon Bonaparte, d’une certaine manière, le général Boulanger, même s’il n’arrivera pas au pouvoir sous la troisième République, et évidemment, évidemment, Pétain en 1840 et de Gaulle au même moment, puis en 58. A chaque fois, il y a cette idée que quand ça va vraiment mal, on va chercher un général, un sabre comme on disait. C’est l’appel au soldat qui va résoudre les problèmes de la France.
David Dufresne
Justement, là dessus, tu as interviewé un dénommé Eric Béraud qui dit l’appel des généraux, Vous allez voir dans le pire des cas, la croûte du gratin, mais ça bouillonne en dessous. Donc qu’est ce que ça veut dire ? Il ne faut pas minimiser.
Jean-Do Merchet
Il ne faut pas minimiser du tout. Et c’est ça qui est intéressant. Il ne faut pas minimiser dans deux aspects différents. Il ne faut pas minimiser le dans la sphère militaire et il ne faut pas minimiser dans la sphère de l’opinion publique, dans la sphère militaire. Ce sont quand même des idées qui sont, quoiqu’on dise, la ministre, quoiqu’on dise, le chef d'état major des armées. Ce sont les idées qui sont largement partagées. On ne dispose que d’une seule étude, non ? PAL Non pas le fait que l’armée va prendre le pouvoir, mais le fait que le désordre s’est installé dans le pays, qu’il y a des menaces qui vont et qu’il y a quand même une aspiration à une politique plus autoritaire. La solitude électorale. Enfin la solitude. Le sondage dont on dispose à peu fiable, c’est celle que l’IFOP a réalisée au lendemain de la présidentielle de 2017.
David Dufresne
Le premier tour 40 %.
Jean-Do Merchet
Qui montre que 40 % de l’agrégat militaire familles, militaires, militaires, policiers, gendarmes ont voté au premier tour pour Marine Le Pen, c’est à dire deux fois plus que la moyenne nationale.
David Dufresne
C’est comme les gendarmes, on parlera tout à l’heure des gendarmes.
Jean-Do Merchet
C’est la même chose, c’est le même, enfin c’est le même social, c’est le même agrégat quoi. Parce qu’en fait, c’est très difficile de savoir comment votent les militaires parce qu’on ne peut pas faire des sondages sur les militaires. Donc il faut avoir des biais méthodologiques, allez voir certains bureaux de vote et puis recouper des.
David Dufresne
Choses à côté des casernes et tout ça.
Jean-Do Merchet
Je pense que Jérôme Fourquet de l’IFOP a fait sur ce bouquin un très bon bouquin qui s’appelait l’Archipel français a réussi à faire et honnêtement, je pense que ça correspond à une réalité. Donc il y a ça. Donc c’est vrai que comme le dit Eric de Ros, ça bouillonne, ça bouillonne en dessous. Pas forcément dans ces mêmes terres, mais voilà. Et puis il y a surtout cet incroyable sondage qui a été publié hier par elle. Si tout va trop vite, d’ici un an, une majorité de Français les approuvent.
David Dufresne
Tu vas trop vite, tu as le temps, t’as le temps. Non mais effectivement, on va parler de ce sondage que tu cites et qui m’a sciée 53 % des Français déclarent soutenir les militaires signataires. Mais d’abord, avant d’arriver à ça, revenons deux secondes sur l’origine de ce texte. Donc au départ, il y a un capitaine qui est le capitaine Fabre, Bernard Jacques, sur lequel tu as enquêté. Et est ce que tu peux nous dire si c’est lui qui tient le blog que j’ai montré tout à l’heure, là oui. Est ce qu’on a oublié de préciser ? Donc cette tribune sort sur ce blog, ça ne fait ça n’arrive même pas à tes oreilles qui sont pourtant grandes.
Jean-Do Merchet
Non, non mais en fait ça arrive.
David Dufresne
Et c’est parce qu’aujourd’hui est un jour très particulier, tu vas nous dire lequel publie et met en avant, met en scène cette tribune qui là, il y a un écho.
Jean-Do Merchet
Oui. Alors donc, la séquence est la suivant Donc il y a ce jeune homme, ce gamin, qu’est ce monsieur qui s’appelle Jean-Pierre Fabre Bernet, donc, que je ne connaissais, dont je n’avais absolument jamais entendu parler ? Qu’est ce qui se présente comme le capitaine qui est. Sauf qu’il a quitté l’armée. Il a quitté l’armée en 1987 et il a 34 ans. Ce monsieur a 70 ans. Il a fait une assez brève carrière, d’abord dans l’armée de terre, puis il a été. Il est passé comme c’est possible dans la gendarmerie, puis il a quitté la gendarmerie à la suite d’une affaire pas très claire. Il était en poste à Lyon. Et puis il avait déjà manifestement des liens avec des élus d’extrême droite, du racisme du Front national de l'époque. Il aurait donné des informations dans le cadre d’une enquête judiciaire. L’affaire est totalement éclaircie par moi même et il quitte l’armée, la gendarmerie, donc la section militaire puisque les gendarmes sont des militaires et quittent en 87. Et il rentre dans le privé comme pour faire de la sécurité dans un grand groupe français de luxe. Par ailleurs, il va être l’un des responsables du service d’ordre du Front National dans les années 90. Donc c’est quelqu’un. Et d’ailleurs, quand je lui demande, je lui dis d’où venez-vous ? Politiquement, il vous dit Quand j'étais à Sciences-Po Toulouse, donc au début des années 70, j’imagine. J'étais dans ce qu’il appelait les mouvements patriotiques, dans les mouvements patriotiques. Après 68 à Sciences-Po Toulouse, c'était clairement des mouvements d’extrême droite. Donc c’est quelqu’un qui vient de l’extrême droite, alors il ne s’en cache pas et dit ma mère est pieds noirs, mon père était attaché à l’Algérie française. Il est de cette de cette mouvance là. Bon, il fait un carton. Pour moi, c’est un nain. Je ne connaissais pas. Je découvre qu’il a écrit des bouquins, il a écrit des. Il a notamment écrit qui m’a beaucoup amusé, qui s’appelle les String de l’Armée rouge, les chaussures. Il m’a toujours. Tu sais, il y a toujours un côté farce et là ça manque pas. Il a écrit x pour les strings de l’armée rouge à AOC et en fait il a créé ce blog https ://www.place-armes.fr/blog et là il y a quinze jours. C’est un truc tout à fait nouveau. Il a créé pour cet appel en fait. En même temps, il sort un livre à compte d’auteur en expliquant un livre de programme politique en quelque sorte, en disant tout fout le camp dans ce pays et il fait un coup, il fait un coup et il sort un livre à compte d’auteur. Donc il a envie de. Il a envie de diffuser un blog. Et puis parce qu’il a art, il a. Il est présent dans ses réseaux d’anciens intimes qui ont tous 70 80 ans pour la plupart. Il est mobilisé, il mobilise son réseau et il arrive à regrouper 25 24 généraux en retraite, en retraite hors activité et quand même 1000 200 200 signataires. Ancien militaire, réserviste, on a découvert cette semaine à hier et avant hier qu’il n’y avait que 18 militaires d’active dans cette liste et Valeurs Actuelles, donc hebdomadaire d’extrême droite. C’est très dur à dire. On va dire que l’extrême droite a récupéré le truc, récupère le truc la semaine dernière, le met en ligne et le publie à la date d' anniversaire du putsch des généraux d’Alger. Voilà, c’est ça l’histoire. Match, donc c’est la rencontre d’un gars qui a envie de faire des trucs de son côté, avec ses copains, avec son réseau. Tu veux exister Valeurs Actuelles qui fait comme d’habitude un ramdam médiatique assez remarquable. Il faut reconnaître que ce journal, qui était un journal totalement inconnu, peu connu il y a dix ans, est devenu une des stars de la presse. Mais ça marche pas et. Et ils ont le coup de faire ça au moment du 60ᵉ anniversaire du putsch des généraux, ce fameux Quarteron de généraux en retraite d’un côté que dénonçait Charles de Gaulle en 64 et donc le 22 avril. Ouais mais le feu dans la pampa. Parce que Marine Le Pen, de manière je pense assez habile en fait. En réalité, contrairement à ce qu’on a pu lire. Hop je chope le truc. Et puis Mélenchon, et puis la ministre, et puis le premier ministre, et puis pour le monde et voilà. Bon, le jeu est parti, mais ça part d’un truc tout petit, tout petit. Et eh mais comme, comme au fond, comme les incendies. Mais pourquoi l’incendie prend ? Il y a un peu une étincelle. Mais si l’incendie prend, c’est que le terrain est prêt à brûler, et enflammer est prêt à brûler.
David Dufresne
Alors on va venir sur l’analyse, il y a plein de questions dans le chat qu’on est en train de garder. J’en oublie de saluer Jessica, François et Robin qui sont les modos. Ce qu’il faut quand même un peu d’ordre dans ce désordre qu’est Auposte. Et donc on met les questions de côté. Il y a notamment la question de la rémunération de ces gens là. Mais on va en parler. Il y a Blast qui nous a raconté un petit peu combien nous avons gagné et certains des signataires de cette lettre. Toutes ces questions, on est en train de les mettre de côté. Je voudrais juste qu’on revienne quand même sur ce capitaine. Je n’avais pas compris que c’est un capitaine de gendarmerie, donc au départ, en fait non.
Jean-Do Merchet
C’est un capitaine. Il a d’abord été lieutenant ou capitaine dans l’armée de terre au premier régiment d’infanterie, puis, comme c’est possible, il a demandé son passage dans la gendarmerie où il est resté quelques années. Et puis il est parti très vite. 87 Je n’ai pas les dates en tête, mais il a cette petite carrière, capitaine. Et il n’est pas resté longtemps.
David Dufresne
Et alors l’armée a identifié, 18 militaires d’active, dont quatre officiers le grand chef, le général Lecointre. Voilà quelqu’un que tu connais ;je ne vois pas le chef d'état major des armées, donc c’est le boss.
Jean-Do Merchet
C’est le numéro un, oui c’est le Numéro un.
David Dufresne
. Ça veut dire que sur les milliers, puisqu’en fait aujourd’hui il y a le site annonce, je crois, plus de 15 000 signatures. 17 805 signataires. A 8 h du matin ce matin, il y a.
Jean-Do Merchet
Combien ? Tu dis.
David Dufresne
17 805 signataires ?
Jean-Do Merchet
Les noms ne sont pas en ligne je crois.
David Dufresne
Voilà, il n’y a que les 1500 premières signatures et là effectivement, on ne voit pas d’après ce que disent les armées, en fait il y a il y a que 18 militaires d’active, donc le reste ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si c’est des nostalgiques, c’est des anciens ?
Jean-Do Merchet
C’est des anciens ou des réservistes, c’est à dire d’ailleurs anciens et réservistes, plusieurs ne sont pas forcément ça peut être les deux en même temps. C’est à dire c’est des gens qui ont été un temps dans l’armée, qui ont quitté l’armée. Voilà pour le 18 000 raisons, parce qu’ils sont partis faire autre chose, parce que leur contrat est terminé, parce qu’ils ont été atteints par les limites d'âge, parce que voilà et mais qui vont et qui ont toujours gardé un lien dans les associations d’anciens ou qui ont simplement fait leur service militaire et ensuite qui sont restés comme réserviste dans l’armée pendant plusieurs années. Voilà donc c’est ça le vivier.
David Dufresne
Alors, j’ai vu aussi, et on n’a pas fait, on n’a pas d'éléments statistiques sur qui sont-ils ?
Jean-Do Merchet
On voit et ils sont classés par ce qu’ils sont. Tous y vont et y mettent tous leurs grades militaires en avant. Donc ça part du général de corps d’armée, donc quatre étoiles jusqu’au aux militaires du rang au soldat de deuxième classe qui a dû faire son service militaire. Et il y a peut-être il y a 40 ans ou 50 ans et qui donne son grade de l'époque. En fait c’est ça le truc.
David Dufresne
Oui. Alors il y a aussi d’ailleurs pour puisqu' ici Auposte, on parle avant toute chose d’affaires, de police, de gendarmerie aussi. Mais je tiens à dire qu’il y a aussi des policiers, des commandants de police, des capitaines de police qui ont signé. Alors sont-ils à la retraite ou sont-ils en activité ? Je ne sais pas. Mais il n’y a pas qu’eux. Il y a aussi des policiers.
Jean-Do Merchet
Ouais, il y en a eu. Je ne crois pas qu’il y en ait beaucoup, mais on ne voit pas beaucoup. On me dit que c’est en train d’augmenter et que peut être faut pas exclure qu’il peut y avoir des policiers en activité qui par ailleurs ont eu une qu'à un, ont fait leur service militaire, ont été un temps dans l’armée avant de devenir dans la police et peuvent utiliser ça peut utiliser leur grade militaire, alors qu’aujourd’hui, ils ont un autre métier peut être policier, mais. Mais honnêtement, en apparence. La seule chose dont on soit sûr. Parce que là, le ministère des Armées et les armées ont fait une enquête interne. C’est que sur la liste publiée sur le site. Dont le nombre exact doit être entre 1200 et 1500. Il y a 18 militaires en activité, dont quatre officiers.
David Dufresne
Sur combien de militaires en activité ?
Jean-Do Merchet
Militaire en activité ? Ces 2000 220 000 je crois. Sans les gendarmes et les gendarmes, tu tues. Mais 100 000 de plus. En gros, des militaires, militaires de l’armée ou militaires de la gendarmerie, c’est 300 330 000 à peu près en France.
David Dufresne
Sauf que l’immense difficulté, c’est qu’on ne peut pas savoir. On ne peut pas fouiller dans les âmes de l’armée puisqu’il y a le devoir de réserve. Car pour le sac sacro-saint au sein de l’armée, normalement dans la police, on est beaucoup moins respecté. Donc est ce que. Est ce que c’est vieux ? Ce n’est pas l’avant-garde. Est ce que ce n’est pas la vitrine légale comme on disait autrefois ?
Je ne pense pas qu’ils soient instrumentalisés à aucun moment ou non. Sans être instrumentalisés par la hiérarchie militaire. Aujourd’hui, il les pose et il ne les aime pas. Il faut, il faut bien comprendre. Que ce sont des gens, ces anciens qui n’ont sans doute pas eu les carrières auxquelles il aspirait, qui et ou qui ont conçu une certaine frustration et des regrets, et qui au fond détestent profondément la génération de ceux qui ont réussi à arriver en premier. Et donc il les accuse toujours de complicité avec le pouvoir. Ce sont des vendus au pouvoir de droite ou de gauche qui ont conduit la France dans la situation de délitement dans lequel elle est. On entend souvent oui, de toute façon, ce sont les réseaux maçonniques se sont adaptés et donc ils n’aiment pas ça. Ils n’aiment pas les chefs de l’armée de gentils, ils ne les aiment pas vraiment. Et les chefs de l’armée d’aujourd’hui ? Ils n’aiment pas ces gens là parce qu’en gros, il s’emmerde quoi ? Qu’est ce qu’ils viennent nous emmerder avec leurs histoires ? Voilà, on a d’autres soucis, on a géré la guerre au Mali, on a géré nos budgets, on a géré je ne sais pas quoi, les menaces rouges et qu’est ce que ces vieux viennent nous emmerder, voilà tout. Alors il faut sûrement imaginer qu’il y a une complicité entre eux. Bien au contraire. Il y a vraiment des guerres, des idées, vraiment. Il y a des rivalités entre eux très fort à des rivalités, des oppositions très fortes entre s’installer entre gens.
David Dufresne
Les révélations de Mediapart d’il y a quelques semaines sur les néo nazis au sein de l’armée. Quand je te parle de vitrine, je veux te dire est ce que ces gens là, qui sont qui sont moins soumis au devoir de réserve que ceux qui sont en activité.
Jean-Do Merchet
C’est justement ce que les gens ne peuvent pas penser. Alors l’affaire des de Mediapart. Je crois que c’est très différent. Vraiment. Qu’il y ait des quelques néo nazis dans l’armée française et dans la Légion étrangère notamment, c'était notamment particulièrement la Légion étrangère qui était visée. Oui, à l'évidence. Mediapart a révélé une histoire vraie, mais on parle de quelques dizaines. Je pense qu’il y a. Ils n’ont pas été surveillés assez bien. Les armées sont beaucoup plus inquiètes de l’infiltration possible de radicalisés. Pas de radicalisation islamiste dans leurs rangs. Que. Que d’Ukrainiens ou de Polonais néonazis dans la Légion, ça c’est manifeste. Néanmoins, bon, ils ont été sanctionnés alors après. Je pense que c’est une histoire assez différente. Ils ne sont pas représentatifs de quelque chose. C’est les gens qui ont été dénoncés, découverts par Mediapart, mais ce n’est pas vraiment représentatif. En revanche, c’est plus compliqué dans l’affaire de l’appel des généraux et des militaires, parce que c’est ce qu’on disait tout à l’heure.
David Dufresne
Car naturellement plus gros, des militaires votent pour Marine Le Pen en 2017, combien seraient ils ?
Jean-Do Merchet
Combien seront-ils en 2022 ? Si elle est candidate, ça peut être beaucoup plus. Peut être majoritaires. On voit quand même que dans les sondages de données et sondages qu’on a aujourd’hui Marine Le Pen au deuxième tour a 40 8 %. Donc, s’il y a une surreprésentation des militaires, des policiers, des gendarmes dans l'électorat de Marine Le Pen. Et on ne voit pas pourquoi ça aurait changé, ça aurait changé depuis 2017. Et bien évidemment, on peut, peut-être dire aujourd’hui que cet électorat, par simple construction intellectuelle et majoritairement voté majoritairement pour Marine Le Pen. Donc ça c’est ça. C’est un phénomène politique majeur, beaucoup plus que trois nazillons qui refont, qui refont la bataille de Berlin tous les soirs dans leurs chambrées. Svetlana, ça ne compte pas. Il y a toujours des dangers dans les dents dans la jeunesse, les dents dans ses dents, ses larbins. L’Armée a toujours attiré des gens, un peu, parfois des gens un peu fêlés, et l’armée doit en prendre garde. En revanche, quand c’est propre.
David Dufresne
Pourtant, elle n’a pas voulu de moi. Je suis fêlé, je suis pas mal, je ne sais pas pourquoi. Alors je t’entends. Toi qui suit les affaires des armées depuis 30 ans, est ce que la lepénisation de l’armée, au sens où c’est de plus en plus massif, qu’est ce que ça change pour l’armée ? Qu’est ce que ça change pour le général ?
Jean-Do Merchet
Féminisation de l’armée, c’est ça ? C’est là dessus qu’il faut être dans la nuance, la nuance et la précision. Je ne pense pas qu’il y ait une lepénisation de l’armée. Je pense que les militaires font un métier, qu’ils sont légitimistes. Massivement légitimistes, ils obéissent au pouvoir, quels qu’il soit, dans le cadre de la République.
David Dufresne
Y compris si c’est un pouvoir de droite ?
Jean-Do Merchet
Le souvenir atroce on s’était posé la question en 1981 est ce que les militaires vont obéir à un gouvernement avec Mitterrand des ministres communistes ? Il n’y en a jamais eu. Il y a toujours trois ou quatre généraux. Mais globalement, l’institution est légitime, légitimiste et d’ailleurs souvent les ministres de gauche et les ministres la Défense de gauche ont été des ministres plus populaires dans les armées que les ministres de la Défense de droite. Si on prend les 40 dernières années, Charles Hernu, Pierre Joxe, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Yves Le Drian ont été et sont restés dans l’imaginaire des militaires comme des grands ministres de la Défense beaucoup plus souvent que les ministres de droite. Donc, on a là un phénomène. La première chose, c’est une armée qui est légitime. Si demain Marine Le Pen est élue à la présidence de la République, l’armée obéira à la chef des armées comme président de la République ou la présente République, il n’y a aucun doute là-dessus. Aujourd’hui, l’armée est légitimée, c’est l’armée de la nation. Mais je crois vraiment que ce ne sont pas des mots en l’air. C’est l’armée de la République, ça c’est proche. Après, les militaires sont aussi des citoyens et ils votent. Et c’est vrai qu’il semble qu’ils votent nombreux, en tout cas plus nombreux que la moyenne des Français. Pour le Rassemblement national ou les partis de droite. Ça s’explique pour des raisons sociologiques en réalité. Pourquoi ? Soit parce que c’est la base sociale. Je veux dire, les catégories hiérarchiques les moins élevées de l’armée viennent des milieux populaires. Et on sait qu’il y a une surreprésentation du vote Rassemblement national dans les milieux populaires par rapport aux classes moyennes et aux classes supérieures. Donc voilà, quand le jeune qui s’engage, il vient d’une famille ouvrière et donc il représente son milieu social et son milieu social est surprenant et est surreprésenté à une surreprésentation du vote par l’Assemblée nationale. Le corps des officiers est un corps traditionnellement ou plutôt marqué, a marqué à droite avec de fortes influences catholiques de forte influence. Et il y a une sociologie de droite. En plus, quand quelqu’un a envie de s’engager dans l’armée, c’est qu’il adhère à des normes, je l’admets.
David Dufresne
Je te retourne la même chose en revenant vers la lettre.
Jean-Do Merchet
. Les valeurs d’ordre, de discipline, de tradition, de cohésion, de patriotisme, qui sont plutôt des valeurs que l’on trouve sur la droite de l'échiquier, que des valeurs qu’on trouve à l’extrême gauche ou chez ou dans les mouvements. Et donc il y en a forcément une. Dans tous les pays, l’armée en général est plus à droite que le reste de la société.
David Dufresne
Alors là, je peux te dire, tu fais réagir dans le dans le tchatcheur, mais c’est bien moi, c’est bien parce que moi ce qui m’intéressait c’est comment stopper ça ? Je te le dis franchement, c’est -à -dire comment est ce que. Ou alors je vais te dire autrement passons à l’opinion. Est ce que ce qui est en train de se passer autour de cette tribune est le signe avant coureur d’un durcissement dans les rangs de l’armée sur des questions sociales et politiques ? C’est à dire que si l’armée se met à faire de la politique comme la police est en train depuis maintenant 20 ans, mais de manière, alors là, aujourd’hui vraiment systématique, quotidienne, faire de la politique, ça commence à nous intéresser directement si tu veux. Bon. Est ce que. Est ce qu’il faut être prudent en disant ce que tu sembles nous dire depuis le début ? Et comme c’est des gens à la retraite qui font la pagaille ?
Jean-Do Merchet
Bon, ce n’est pas ce que je dis et je crois qu’il y a deux choses différentes. Il y a cet appel, ce sont des gens à la retraite, identifiés, connus. Et puis il y a. Et à ce qui se passe dans le pays et ce qui se passe dans le pays. C’est effectivement la montée d' idées de droite dure, surtout dans une grande partie de l’opinion. C’est ce que montre le sondage un riche interactivité 70 % des Français considèrent que le constat fait par l’appel des généraux sur le délitement du pays, sur l’antiracisme qui favorise la montée des tensions, sur les hordes. Le désordre dans les banlieues, c’est, si on en croit le sondage, est approuvé par une forte majorité de Français.
David Dufresne
Donc je suis juste en train de le chercher. On va le mettre dans l’ordre dans le chat.
Jean-Do Merchet
Ce que je veux dire, c’est que, à ce niveau là, l’armée ressemble à la nation. Et que le problème, il n’est pas dans la rue, il est dans la nation. Le problème n’est pas spécifiquement militaire. Le problème, c’est que dans l’armée, il y a des Français. Le problème, le truc, c’est que dans l’armée. Les militaires sont des Français ils sont des citoyens français et donc ils sont comme les autres. Je suis français et peut-être un peu plus que les autres.
David Dufresne
La seule chose, c’est que.
Jean-Do Merchet
En revanche, en tant que corps organisé.
David Dufresne
Eh oui, c’est là !
Jean-Do Merchet
Oui, mais ça, pour l’instant, vraiment, ça n’existe pas. C’est à dire que pour l’instant, les armées en tant que corps organisés, je parle pas des militaires individuellement, je parle de l’institution militaire, l’institution militaire sage aux US aussi clairement que quand je dis le reste, elle est légitimiste et elle obéit au pouvoir. Et elle n’a, au cas où, aucune propension à faire de la politique au-delà ou de la je et juge de deux sujets. Son budget. Et là, elle est plutôt contente parce que depuis que Macron est là, la bourse a été. Les cordons de la bourse ont été déliés et l’argent arrive et en gros il ne se plaint plus. Il y a beaucoup d’argent qui arrive dans l’armée et en gros sans exigence de réforme ou de modification, donc ça leur va bien. Et les questions mémorielles obscures ? Par exemple, le Rwanda, la guerre d’Algérie, on l’avait vu au moment de la commémoration de 14-18. Quelle place accorder aux maréchaux ? Ça, c’est des sujets. Ça, c’est des sujets sur lesquels les sur lesquels les armées en tant qu’institution entendent peser, mais certainement pas, par exemple, sur un engagement politique, un engagement physique dans la répression, dans les banlieues. Au contraire, il y a eu une grande crainte de l’institution militaire de s’engager dans cette affaire. Tu connais mieux que moi les questions de maintien de l’ordre lorsque dans la rue, à la fin des gilets jaunes, dans les derniers ou dans les derniers mouvements, Castaner, à l’heure qui est à leur mise en intérieur, avait évoqué le fait que des militaires pourraient venir suppléer des policiers dans des services. Ça n’avait vraiment pas plu aux militaires, aux militaires, à l’armée en tant qu’institution, parce qu’ils n’ont pas envie de s’engager là-dedans. Ils considèrent qu’ils en font déjà assez ailleurs, avec eux, avec le Mali
David Dufresne
J’endosse absolument passionnant, mais je te le dis, nous reste, Il nous reste. Alors je voudrais juste donner, voilà le résultat du sondage. Parce que moi, généralement je me moque des sondages, mais celui-ci m’a glacé. 158 % des Français déclarent soutenir les militaires signataires 58 %. Cette tribune d’écriture remporte un franc succès à droite avec 71 % des sympathisants LR et 86 % de ceux du RN. Bon, donc en effet, voilà, les choses sont là par rapport à ce que tu dis que dans ce que tu nous dis, c’est finalement les militaires sont comme la société française, la société française se droitise ou c’est extrême droitiste, l’armée se droitise, c’est extrême, droitiste mécaniquement.
Jean-Do Merchet
Non mais c’est ça
David Dufresne
est enfin d’accord. Bref, tu m’as compris. Le seul truc, c’est que c’est comme la police, ce n’est pas un secteur anodin. L’Armée, ce n’est pas tu vois ce n’est pas la confrérie des menuisiers. Donc la question est ce que tu penses que l’armée peut servir et comment, si elle le fait à l’accession du pouvoir par l’extrême droite ?
Jean-Do Merchet
En tant qu’armée ? Non en tant qu’armée ? Non, absolument. J’en suis totalement convaincu. En revanche, quand une fois les militaires peuvent majoritairement voter pour la candidate d’extrême droite en 2022, peut être, ça on le verra. Mais ça, on ne peut pas le savoir. On sait ce qui s’est passé à peu près en 2000. En 2017, on peut extrapoler. Donc ça, c’est la première chose. Et ce dont je suis également sûr, c’est que, et comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est que si Marine Le Pen ou n’importe quel autre président, mais ce serait vrai avec Jean-Luc Mélenchon était élu président de la République, l’armée obéira au président légitime de ce pays, au président légitimement élu. Quel qu’il soit. Y aura, y aura peut être trois ou quatre officiers qui diront généraux, qui auront moi à jamais jugé. Je voudrais appliquer les ordres de Marine Le Pen qui s’en iront et ou si c'était Mélenchon, D’autres diront jamais je travaillerai pour ce gauchiste machin. Ils sont. Mais globalement, l’institution restera légitime si jamais le pouvoir politique, quel qu’il soit, quel qu’il soit, et ça peut être un pouvoir, ça peut être l’actuel pouvoir demande un jour à l’armée de faire. Du maintien de l’ordre pour aller vite. Et bien elle le fera. Il n’y a aucun doute. Elle ne le fera peut-être pas de bon gré, parce qu’elle sait ce que ça coûte. Elle sait que ça lui posera des problèmes. Mais si en gros, on redemande à l’armée française de faire ce qu’elle a fait dans le passé, par exemple la bataille d’Alger en dix 956 à 57 et qu’elle on lui demande de le faire en Seine-Saint-Denis, elle le fera, elle le fera parce que elle est aux ordres du pouvoir. Politiques, quels qu’ils soient. Et je te rappelle que la bataille d’Alger prépare déjà des généraux avec tout ce qu’on a su sur la torture. C'était à la demande d’un gouvernement socialiste. Donc elle, le ça je n’ai pas de doute, je l’ai. Mais en tant qu’institution, elle ne pousse pas vers ça en tant qu’institution et ne pousse absolument pas vers sa fin. Elle est légitimiste avec tout ce que ça veut dire de fidélité et aussi de possibles dérives si le pouvoir politique le lui demande. C’est ça le problème. Le problème, il est politique, il n’est pas militaire, il est là.
David Dufresne
Quand tu dis que les cordons de la bourse ont été déliés par Macron, est ce que c’est pour acheter une paix sociale ? C’est pour calmer ça ou c’est autre chose ?
Jean-Do Merchet
Oui, il y avait Macron a assez mal commencé avec le militaire, avec le le le avec la manière non ? Dans le clash avec le Charles de Villiers et un 14 juillet 13 juillet 2017, quelques mois, quelques mois après son élection, M. Et il a. Et ensuite il s’est engagé. Il s’est engagé à dire que je remettrais de l’argent et il a mis de l’argent. Alors, c’est une demande assez forte des armées qui voulait de l’argent et de l’industrie de défense. Et il a tenu sa promesse. C’est un pas lui. Ce que je voudrais dire sur le rôle de l’armée. Tout à l’heure, j’ai évoqué le fait qu’il y avait ce fantasme chez les Français de l’appel au soldat et au général. Oui, depuis La Fayette jusqu'à de Gaulle, ou même Pierre de Villiers à qui on a prêté des ambitions politiques. Ce sont à chaque fois des généraux, des individus. Ce n’est pas cela, ça n’a jamais été en France, l’armée en tant que telle. C’est-à -dire que l’armée en tant que telle en France, n’a jamais pris le pouvoir. Des gens issus de l’armée ont pris le pouvoir, parfois avec l’aide de l’armée. Mais l’armée en tant que telle n’a jamais pris le pouvoir. C’est pas la France, c’est pas ce n’est pas le Chili
David Dufresne
Il est beaucoup question du Chili dans le jugement. Dans les journaux, c’est plus On n’est plus à Libé, mon vieux. Je reprends parce que la je voudrais donner la parole au chat
Jean-Do Merchet
Je suis allé tout seul.
David Dufresne
Est ce qu’on ne peut pas imaginer que des généraux décident de montrer les muscles pour mettre une ambiance de travail au moment des élections, histoire de pousser dans un sens ?
Jean-Do Merchet
C’est un peu ce qu’ils ont fait là. On est dans la campagne et c’est ce groupe de généraux. Oui, on peut tout imaginer. Oui, il y aura des choses. Il va encore se passer des choses avec les militaires, avec les policiers. Il va se passer plein de choses dans cette campagne
David Dufresne
On est tous les deux de la même génération. Il me semble que ça n’a jamais été d’actualité, sauf maintenant.
Jean-Do Merchet
Si on il y a toujours en 81, il y avait eu des généraux qui avaient dit en gros que si Mitterrand est élu, les chars russes seront sur les Champs Élysées. On fait des conneries. Je vais prendre le maquis. En 88, j’ai eu encore des appels de généraux disant qu’il ne faut pas que Mitterrand soit réélu après mai et tout ça. Honnêtement, tout ça c’est anecdotique. Honnêtement, tout ça, c’est vraiment, c’est anecdotique. Il n’y a pas de vis à vis à part par rapport aux problèmes massifs auxquels on est confronté, c’est à dire effectivement une crise politique majeure dont un homme dont je pense que l'élection de Macron a été à la fois la panique, la conséquence de la crise et lui a été un accélérateur de cette crise par rapport à cette crise politique, d’en connaître ça, je trouve que c’est totalement anecdotique, mais ça c’est mon opinion personnelle.
David Dufresne
Alors il y a aussi, même si c’est anecdotique, c’est important. Il y a plein de questions sur Qu’est ce que les réservistes, qu’est ce que c’est déjà deuxième section ou je ne sais pas quoi dans la deuxième section ? Et j’en profite pour montrer un des premiers parce que voilà, Blast s’est lancé et multiplie les papiers, les enquêtes et notamment hier, ils ont publié Généraux séditieux, front au portefeuille. Certains des signataires gagnent à peu près 4 000 € par mois, 48 000 par an.
Jean-Do Merchet
Oui mais voilà, ce n’est pas ce n’est pas là, ce n’est pas gentil. Oui, mais c’est ce que gagne un haut fonctionnaire si tu ne veux pas à niveau de responsabilité, un niveau de responsabilité équivalent après un an administrateur civil dans un grand ministère.
David Dufresne
Est ce que tu peux nous expliquer ? Ces gens là ne travaillent plus, ils n’y sont pas vraiment à la retraite ?
Jean-Do Merchet
Ce statut très particulier que je trouve honnêtement ? Inutile et bizarre ? Moi ça c’est mon avis. Mais bon, il y a ce qu’on appelle la deuxième section. Donc un général, il fait sa carrière et un jour il est atteint par la limite d'âge, le choix de son poste plutôt que de prendre sa retraite comme. Un fonctionnaire civil fait et bon bah il prend sa retraite. Bah voilà, ça devient monsieur, Monsieur Untel, le retraité de l’administration, les généraux que les généraux, pas les pâles et les autres militaires moins gradés passent dans une chapelle. La deuxième section deux s. Ça se dit quand on voit deux ça et là, ils sont et ils restent et ils conservent un lien de dépendance avec le ministère de la Défense. Ça veut dire que le ministère des armées peut, si besoin, faire appel à eux pour des missions qui leur confient jusqu'à maintenant à l'âge de 67 ans. En gros, un général, il part à la retraite entre 58 et 61. Donc, pendant une petite dizaine d’années, ils restent utilisables, mobilisables par l’armée, par le ministère pour remplir des missions. Ils peuvent être nommés dans une commission, ceci chargé d’une étude. Il reste utilisable. Ils ne perçoivent pas une retraite, ils perçoivent une solde de général sur lequel il y a quelques petits avantages. Par exemple, il y a un abattement fiscal qui est l’abattement fiscal de tous les salariés. Que les salariés perdent le jour où ils deviennent retraités, ils voyagent, d’où leur surnom, ils bénéficient du quart de place à la SNCF, payent le lait et les billets comme tous les militaires y paient. Trois Y paye le prix du billet SNCF quatre fois moins cher, d’où le surnom quart de place. Et puis ils ont le droit de porter l’uniforme et d’utiliser leur titre. De se présenter comme étant le général Intel et non pas le général en retraite. Donc c’est ça la deuxième section. Honnêtement. Alors, c’est ça une contrainte pour eux, c’est que comme ils restent en lien avec l’institution, en principe, ils sont toujours tenus au même devoir de réserve que les militaires en activité, que les généraux en activité. En réalité, j’ai un statut un peu hérité du passé que je ne vois pas tellement. Je pense qu’il faudrait sortir une fois qu’ils ont servi le pays berrichon et ils ont quitté l’armée, ils sont en retraite et puis point à la ligne et place aux jeunes quoi. Mais bon, voilà, c’est ça me semble, ça me semblerait être une mesure judicieuse. Je sais bien que tous les généraux qui entendront ça diront mais ça va pas ou et vous êtes fou, monsieur Merchet ?
David Dufresne
Mais, tant pis, ils disent des choses comme ça, ces gens-là. Alors tu as beaucoup parlé de légitimité de l’armée qui serait légitimiste. Ce serait un débat absolument passionnant à aborder avec toi. Mais glissons sur la légalité. Par exemple. Cette tribune est elle légale et demande à JM Roussel. Est ce que cette tribune des militaires est légale ou non ? Et sur la question de la légitimité, y a Rachid qui te demande aussi quels sont les pouvoirs de l’Assemblée sur l’armée, l’Assemblée étant élue étant légitime et l’armée étant au service, au service de quoi exactement ? D’un État, d’une nation ou d’un gouvernement ? D’où l’armée tire sa légitimité ?
Jean-Do Merchet
Alors attends, rappelle moi la première question.
David Dufresne
La première question Monsieur Merchet, la première question c’est légal ou pas légal ce texte ?
Jean-Do Merchet
Oui, oui et honnêtement, je pense que peut être que la justice ramenée à ça a tranché. Les juristes que j’ai pu la voir ou lire, oui, ou ils trouvent qu’ils n’ont pas franchi un pas
David Dufresne
On est dans le pamphlet politique.
Jean-Do Merchet
La ligne rouge de l’illégalité, le fait de parler d’une intervention de l’armée. Le mot intervention n’est pas en soi un appel à la sédition, à l’insurrection, au coup d'État. Donc je pense qu’ils y sont. Ils sont encore du bon côté de la ligne jaune. Si ça monte un jour jusqu’au Conseil d'État, il y a de fortes chances que le Conseil d'État leur donne raison. Mais bon, il y a un juriste de droit public sur un site qui s’appelle. Un site de droit qui vend du décollé, surligneur et surligneur. Très bon site de factchecking comme on dit maintenant en bon français le dit et je crois que c’est assez convaincant. Mais moi je ne suis pas juriste. D’après ce que je vois, ils sont. Elle peut être à la limite, mais du bon côté. Sur la légitimité, le parlement, le Bon et l’armée. Le Parlement sous la cinquième République, tout le monde a compris que c'était une chambre de. Et de plus en plus, le Parlement est devenu une chambre d’enregistrement. Enfin, en tout cas, l’Assemblée nationale est devenue une chambre d’enregistrement. Son rôle est anecdotique en matière militaire. On n’est pas en Allemagne où l’armée et l’armée du Bundestag, on n’est pas en Allemagne. L’armée, elle, a un chef qui est le chef des armées et le chef des armées. C’est le président de la République élu au suffrage universel direct par les Français. Donc elle obéit au chef d'État, mais aussi au chef des armées qui est le président de la République. Elle est entre les mains du président de la République de manière extrêmement directe. Elle n’est pas entre les mains du ministre des Armées ou de la Défense qui est là pour faire fonctionner le truc. Mais elle, elle obéit au président. Voilà, il se trouve que le président chinois est élu au suffrage universel direct, ce qui lui donne quand même une vraie légitimité pour faire ça. Après, on peut toujours s’interroger sur l’absence de contrôle. C’est ce que je fais personnellement, mais ça n’a pas l’air de gêner grand monde dans ce pays à droite et à gauche que les choses se passent.
David Dufresne
Par exemple, toi, tu souhaiterais qu’il y ait plus de contrôles de l’armée, de contre-contrôles ?
Jean-Do Merchet
Je pense que le Parlement devrait jouer un rôle plus important. N Parce que je pense que le Parlement devrait. Même si dans le système majoritaire, le Parlement est au et obéirait au haut à ce que dit la majorité présidentielle, je pense qu’on pourrait avoir un équilibre des pouvoirs un peu plus, un peu plus favorable au parlement qu’au final. Globalement, moi je critique et je trouve que je critique et je trouve que les institutions de la cinquième République ont dégénéré dans un sens hyper présidentialiste où le président concentre tous les pouvoirs sur sa tête. M Mais c’est vrai dans tous les domaines. C’est vrai dans le domaine militaire, mais c’est encore plus vrai dans le domaine. Enfin, c’est aussi vrai dans le domaine sanitaire. On voit qu’on attend la décision du président pour savoir si le 3 mai ou le 18 mai, on aura le droit d’aller en terrasse. Et je pense que les démocraties libérales, le parlement devrait avoir plus de poids et. Mais bon, c’est diable si c’est vraiment un problème plus général.
David Dufresne
Alors dans la tribune dont on parle depuis ce matin, il y a un passage assez peu commenté me semble-t -il à propos du commentaire et de l’opinion publique et des sondages. Reproche nous est effet dans le chat finalement de dire est ce qu’on n’est pas en train de gonfler une affaire qui intéresse surtout les éditorialistes, les chaînes d’infos et finalement pas forcément le citoyen ? Je passe pour dire que nous, on lit, on lit. Il y a quand même un passage qui m’a étonné, qui m’a étonné, je vais le lire. Donc c’est dans la lettre des généraux délitement, donc c’est une succession de délitement. Et là, la haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations. Alors en plus, ça c’est assez drôle parce que la fraternisation avec les manifestants, c’est justement ce qui a pu être reproché à l’armée il y a plus d’un siècle et que on a séparé en France l’armée du maintien de l’ordre en théorie pour éviter la fraternisation. Mais c’est assez drôle que ces militaires disent car la haine prend le pas sur la fraternité lors des manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leur désespoir. Ensuite, il y a une analyse très extrême droite faite par les signataires de la tribune. Je la lis ceci alors que des individus infiltrés, encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives parfois contradictoires données par vous gouvernants. Donc évidemment, moi, ça, ça m’interpelle, si je puis dire, puisque c’est une question de maintien de l’ordre. Comment toi, ce passage là, tu le lis ? Donc en gros, c’est la vision qui est assez faible mais qui existe de dire dans les gilets jaunes, il y avait une parti d’extrême droite et donc c’est cette partie là que ces généraux veulent récupérer en disant nous sommes vos frères. Et pardon de vous avoir tapé, mais ce n’est pas de notre faute, c’est les ordres politiques en gros, c’est comme ça qu’il faut le comprendre. Et vous, vous avez été manipulés par le Black Bloc ? Bon, on est dans le degré zéro de l’analyse, mais enfin, c’est quand même dit dans cette tribune.
Jean-Do Merchet
Oui, bien sûr.
David Dufresne
Et qu’est ce que toi tu fais sur les échos de nos deux camarades, colonel, généraux, maréchaux ou je ne sais quoi ? Qu’est ce qu’ils disent de ça ?
Jean-Do Merchet
Ce passage m’a frappé comme toi. Et en même temps, je pense qu’on est dans une rhétorique d’extrême droite très traditionnelle. Il y a d’un côté les bons Français, le peuple français qui a été celui des gilets jaunes, qui à l'évidence était plus. Plus blanc ou plus français de souche comme certains disent que les claques que les classes populaires françaises dans leurs moyennes. En gros il y avait, y avait. Il y a une sous représentation des classes populaires issues de l’immigration d’en bas dans le mouvement des gilets jaunes. Donc. C'était visible, c'était visible au premier, au premier, au premier sens du terme, comme d’ailleurs. Moi, ça m’avait frappé quelques mois ou avant, on avait eu exactement la même chose lors des obsèques de Johnny Hallyday. C'était une scène, même si c'était le même peuple en réalité, un peuple blanc, modeste et des gens modestes et blancs qui correspondent pas, qui ne sont pas, qui sont très nombreux dans notre pays, mais qui ne. Qui ne recouvre pas l’ensemble des classes populaires, voire toute une partie des classes populaires français et toute une partie des classes populaires françaises aujourd’hui est issue de l’immigration. Donc c’est le discours qu’il porte dans ce genre. Le passage que tu cites c’est il y a les bons français qu’on a vu en gilet jaune et puis ça l’armée ne doit de doit rien faire contre eux et la police non plus et il faut les protéger. Justement c’est le sujet. Et il y a les mauvais français ou les mauvais étrangers qui sont les gauchistes casseurs, le black bloc et les hordes sauvages issues de l’immigration. Mais c’est une rhétorique. Je pense que c’est vrai que ce soir il y a le repas citoyen traditionnel et c’est un moment
David Dufresne
C’est du séparatisme, du séparatisme pur.
Jean-Do Merchet
C’est du séparatisme pour établi. Absolument, mais absolument, c’est du séparatisme. Oui, vraiment, c’est dit et je suis d’accord avec toi, mais c’est sa nature et cette analyse n’a rien de spécifique. Encore une fois, elle n’a rien de militaire, c' est un discours.
David Dufresne
Ça m’amène à la question des gendarmes puisque des gendarmes. Alors d’ailleurs, tu dis dans un article hier je crois que tu parles de Jean-Luc Mattei qui est un de ces gendarmes de mémoire qui avait brisé la loi du silence il y a maintenant une vingtaine d’années, quelque chose comme ça qui avait été sanctionné ni radié.
Jean-Do Merchet
Oui, donc Jean-Luc Mattei, c'était un lieutenant-colonel de gendarmerie, oui, qui s'était engagé. Par ailleurs lieutenant colonel le Gendre et par ailleurs juriste, et qui faisait de chaque côté ses activités de gendarme de l’art de la recherche universitaire, qui participait à des groupes de travail universitaires. Il s'était et il s'était engagé très fortement, à la fois pour la liberté d’expression des militaires et pour le droit d’association des militaires sur le terrain que les militaires. On a créé des non pas des syndicats. Parce que si quelque chose s’apparente à des syndicats pour défendre les intérêts catégoriels des militaires, il s’est beaucoup engagé. Il avait eu à un moment une phrase un peu limite dans des émissions de radio d’ailleurs, c'était amusant facial, j’avais un abuseur, mais à laquelle je participais aussi jour là, et il avait une phrase à polémique lui avait mis. Un vrai. Alors là, pour le coup, un vrai souci puisque c’est allé jusqu'à, je crois, sa radiation des cadres de l’armée. Il a perdu son emploi à cause de ça. Il avait contesté ce que la politique de du gouvernement à l'époque de Nicolas Sarkozy et ça lui a valu le rassure. Sauf que comme c’est un juriste, il ne s’est pas laissé faire, il a fait des recours, il a gagné et il a gagné et il a été réintégré.
David Dufresne
Alors, il a notamment travaillé avec Christian Moulin, un gars qui est sociologue de ces types de questions de police. Seulement voilà, c’est quelqu’un a priori, comme ça, de loin, sur lequel on a un avis favorable. Mais là tu le fais parler et lui, il te dit finalement qu' il n’y a pas d’appel à l’insurrection dans ce texte. Oui, il se calme.
Jean-Do Merchet
C’est un juriste et il regarde Et donc il y a une jurisprudence Martelly au Conseil d’État et sur son cas, en disant on ne peut pas. Et il y a eu, comment dire, licencier parce que ça reviendrait à licencier. Quelqu’un a quand même, en termes perdus son emploi pour avoir signé un tel texte, serait pourrait être considéré comme assuré, considéré comme disproportionné et que donc je serais sanction disproportionnée et le niveau de la peine serait beaucoup plus beaucoup trop élevé par rapport par rapport au à la faute commise. Donc dans ce cas là, on ne peut pas ce qu’on ne peut pas faire n’importe quoi, y compris avec des militaires. On est dans un état de droit, il y a des règles et lois qui s’appliquent et elles doivent être respectées. Donc ça va être intéressant de voir comment. Quelles sanctions pourraient être prises, comment les choses vont se passer parce que et parce qu' on est en désaccord dans un état de droit et que c’est très bien que ce soit comme ça, ça ne va pas être une réussite. Ça peut être une décision administrative, mais une décision administrative peut être contestée devant un tribunal administratif et devant le Conseil d'État. Donc on va voir. Et lui qui est un juriste libre, honnêtement, ça va être difficile vu la jurisprudence Martelly, la sienne. Et vu la jurisprudence général Piquemal qui est à 1 à 1 les signataires de l’appel qui a été déjà sanctionné, mise à la retraite. Mais il a été mise à la retraite d’office, non pas parce qu’il avait dit ou signé quelque chose, mais parce qu’il avait participé à une manifestation interdite contre les migrants
David Dufresne
Les migrants à Calais.
Jean-Do Merchet
Non seulement il a manifesté, donc ce n'était pas simplement un texte signé, c'était une participation physique avec prise de parole dans un haut parleur machin. Et qui plus est, la manifestation est interdite. Donc le niveau d’engagement était bien supérieur à celui d’un texte où on évoque comme ça d’une phrase, un ton un peu ambigu, une intervention de l’armée. Donc il dit et il est assez convaincant, d’autant que Jean Luc Mattei n’est pas le passeur. Donc. Donc on a un élément, un homme d’extrême droite, mais certainement sexiste et il dit non, ça ne tient pas quoi.
David Dufresne
On te dit que nous ne sommes pas dans un état de droit, mais plutôt dans un état de droit.
Jean-Do Merchet
Eh oui. C’est vrai, mais en même temps, gardons cet état de droit quand même. Un jour ou on le sera, plus on rigolera et on ne pourra pas dire les choses qu’on dit en ce moment.
David Dufresne
Eh oui, c’est pour ça qu’on les dit aujourd’hui, pour pouvoir aller dire tout en essayant d’en conserver le droit.
Jean-Do Merchet
Voilà, c’est un fait.
David Dufresne
Comme tu as évoqué la bataille d’Alger, tu as réveillé beaucoup de choses dans le dans le chat. Alors là, aujourd’hui, c’est sur le droit, je suis scié par la qualité des interventions et là c’est sur l’aspect historique, il est beaucoup question de la bataille d’Alger et question de l’Indochine. Et on a une idée. Alors pardon pour le pseudo, c’est rigolo. Vaseline, Renault, Vaseline. Renault te demande est ce que la doctrine de guerre anti insurrectionnelle est appliquée en France ?
Jean-Do Merchet
Non. D’abord parce que je pense qu’il n’y a pas de doctrine anti insurrectionnelle chez ces gens. C’est jouer contre l'école française, ça n’existe pas. Bousculer, bousculer quelques certitudes. C’est à la fois un fantasme de gauchiste et un fantasme de d’anciens militaires qui rêvent que ça existe. La réalité est beaucoup plus prosaïque que ça. Vraiment beaucoup plus prosaïque que ça. Et on a vu revenir des idées de. Il y a eu des choses pendant la guerre d’Algérie, clairement. Mais on parle d’avant 61. On parle même d’avant l’arrivée du général de Gaulle, puisque quand il est arrivé très vite, il a dit Arrêtez vos conneries, c’est bon. Et du coup, ça a créé un putsch. Donc on parle de choses qui ont existé. Et mais que le Charles de Gaulle a totalement cassé et qui a fait des choses qui ont surgi au moment de la de l’engagement français en Afghanistan parce que ben on ne savait pas y faire. Et on a cru qu’en allant rechercher les textes de l'époque de la guerre d’Algérie avec Gallou, là, avec des méchants comme ça, on allait savoir y faire. Bon, manifestement ça ne marche pas très bien, les Américains ont essayé de le faire en Irak, manifestement, ça ne marche pas très bien non plus. Donc tout ça, honnêtement, tout ça, c’est d' la daube, de la daube intégrale. Et on voit bien, au Mali, on n’essaie même plus de faire de la contre insurrection parce que parce que on a compris que ça ne marchait pas, on fait du contre terrorisme. Bon, ça marche à peine mieux, mais tout ça c’est du mou, c’est des trucs que les gens se racontent pour se faire peur ou pour se faire plaisir. Mais est ce que c’est heureux ? Est ce que c’est malheureux ? À chacun le soin d’en juger. Soyez sûr d’une chose, c’est que sans ça, c’est la réalité est beaucoup plus prosaïque que ça. Ça bricole beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et sur le territoire national, alors il n’y a rien, rien de tel sur le territoire national. Ce que vous voyez, c’est simplement des gars qui meurent mais qui font l’opération Sentinelle, qui se baladent dans des 4x4 coûteux. D’ailleurs, bien que et pour faire des missions de sécurisation d’un pont dont on ne comprend pas toujours le sens, ça ne va pas au-delà. Peut être oui. Là, quoi qu’on entende et quoi que je puisse lire sous la plume de certains qui aimeraient que ça existe, mais il se trouve que je crois que ça n’existe pas.
David Dufresne
Alors il se trouve que ce sera Auposte dans quelques semaines. On va développer et on va regarder ensemble d’ailleurs un film et on développera exactement l’inverse de tout ce que tu dis, tout ce que fait bien la presse. Voilà, et ça me semblait important de te poser la question. Maintenant, quand par exemple, prenons un exemple très simple, parce que ça m’a frappé tout à l’heure, comme exemple que tu as donné, tu as dit Et si l’armée allait faire du maintien en Seine-Saint-Denis ? Si c’est le département qui était venu à l’esprit pour des raisons tellement évidentes que ce n’est même pas la peine d’en parler. Mais c’est ça aussi la question. Quand la BAC est créé et que ça porte un autre nom par des anciens d’Algérie et que c’est en Seine-Saint-Denis en 71, je crois que c’est fait pour toi. Il y a aucun rapport entre une armée colonialiste, des méthodes contre-insurrectionnelles C’est du fantasme pour toi ?
Jean-Do Merchet
dans l’armée d’aujourd’hui. Oui, c’est un fantasme qu’atteint l’armée. Mais l’armée d’aujourd’hui n’est pas l’armée d’aujourd’hui en Seine-Saint-Denis. Qu’est ce que c’est que l’armée française en Seine-Saint-Denis aujourd’hui ? C’est quelques patrouilles de rats, à mon avis, de. Sentinelle Et c’est des bureaux de recrutement qui recrutent pas mal. Voilà, c’est ça l’armée française aujourd’hui en Seine-Saint-Denis, ce n’est pas une armée qui est là pour faire du maintien lors de la chasse, alors qu’après ça c’est un autre débat et sur lequel là, je serai sans doute plus en accord avec un certain nombre de gens, de gens autour de toi. Qu’il y ait dans le traitement de deuil des populations d’origine immigrée, un héritage postcolonial, oui, je pense que ça existe. Je suis assez proche, je pense. C’est ça, Oui aussi, mais ce n’est pas quelque chose fondamentalement qu’on retrouve dans l’armée. il n’y a pas une dimension militaire particulière.
David Dufresne
Et puis on en terminera là après une heure et demie qu’on est ensemble. Mais c’est vrai, la gendarmerie, c’en est où la gendarmerie en France ? Donc on est comme en ce mariage depuis plus de dix ans, ce mariage forcé avec la police. Aujourd’hui, il faut dire que la gendarmerie dépend dorénavant du ministère de l’intérieur. Ils n’ont plus la misère des armées, c’est à dire que ce sont des militaires qui sont quand même au service de l’intérieur. Est ce que ça a changé beaucoup de choses dans leur état d’esprit, dans leur doctrine, dans leur recrutement, dans leur façon d’entrevoir leur mission ou pas ? D’après ce que tu sais.
Jean-Do Merchet
Pas tant que ça. Alors d’abord, que des militaires soient au service d’un ministère civil. Il y a aussi par exemple des sapeurs pompiers de Paris. C’est pas mal. Ce n’est pas en soi une impossibilité. Mais quand les gendarmes étaient au ministère de la Défense, c'était un peu les plus civils du ministère. La défense parce que, en gros, un gendarme à qui il obéit au quotidien dans ses missions, au quotidien, il obéit soit au préfet, donc à une partie civile, soit à des magistrats dans le cadre de la police judiciaire. Et il obéit. Dans ce cas, comment dire. Dans son ensemble, il obéit à sa hiérarchie. Genre de gens larbins mais pas à pas dans son travail concret de tous les jours. Dans ce travail concret, tous les jours, il est aux ordres d’un préfet ou d’un magistrat. Donc qu’il soit rattaché à un ministère civil, en soit, ce n’est pas un problème. Quand il était au ministère, la défense y passait pour des civils humiliés de tous les militaires. Il est militaire globalement. Nos gendarmes n’aiment pas du tout les militaires et il ne faut pas oublier cet aspect. Il y a une vieille rivalité entre les militaires, notamment de l’armée de terre, et les gendarmes.
David Dufresne
Ils s’entendent alors ? Personne n’aime les gendarmes. Ce sont des policiers,
Jean-Do Merchet
Et finalement, c’est bien comme ça. C’est pas mal les rivalités, vaut mieux que des rivalités que trop de complicité. Dans une démocratie, c’est bon les rivalités, les conflits entre les institutions.
David Dufresne
C’est comme ça qu’il y a des armées pour jouer.
Jean-Do Merchet
Ça crée du pluralisme et le pluralisme c’est toujours bien. Et maintenant qu’ils sont au ministère de l’intérieur, d’une certaine manière, ils se sont militarisés parce qu’ils sont plus, ils sont ils sont les militaires dans un monde de civil, donc ils ont retrouvé son trou un peu plus. Une identité militaire, c’est assez. C’est un peu paradoxal. Écoute, écoute, Globalement, ce qu’on peut dire, c’est que la gendarmerie, ça va beaucoup mieux que la police. Voilà, si on doit faire un résumé brut, la gendarmerie, c’est une maison à peu près bien tenue qui fonctionne à peu près. Il n’est pas pire. Il y a de temps en temps des problèmes. Il y en a eu avec l’affaire Traoré dans le Val d’Oise, il y a eu l’histoire du silence, mais encore ils sont venus face, mais on a eu et globalement, c’est une maison tenue. Et assez bien tenue en réalité. Dans les gilets jaunes, on a bien vu que la plupart des bavures que tu dis, que l’on usait chaque jour la comptabilité ne venaient pas de la gendarmerie pour l’essentiel. Elles ne venaient d’ailleurs pas non plus des CRS dans la mesure où les CRS sont la formation la plus militarisée de la police. Elle venait au contraire de gens qui ne sont pas militarisés dans leur structure. Ça aide parfois d'être militarisée pour tenir des gens dont le métier est quand même un rapport avec la violence. Je pense que c’est aussi quand tu es dans des choses de violence. Le système militaire est supérieur au système civil pour tenir les gens et éviter les conneries pour aller vite. Donc le modèle du gendarme mixte me semble être meilleur que le modèle policier. Si, tu veux un avis, mais ça c’est mon tropisme militaire qui compte.
David Dufresne
C’est ça
Jean-Do Merchet
Mais je l’assume assez bien. Je pense quand même que quand tu fais la comparaison d’ailleurs, L’Armée est une institution plus populaire que la police et ce n’est pas un hasard et ce n’est pas un hasard. Je pense que. Alors après elle est comme la police, comme les sapeurs pompiers, comme toutes les. Elle est au front quotidien de ce qui ne va pas dans notre pays, comme le personnel des hôpitaux aussi, comme le personnel des prisons comme là. Ces gens-là, comme les assistantes sociales, comme les hôpitaux ou les urgences, ces gens-là sont au front tous les jours de ce qui ne va vraiment pas dans notre pays, dans toutes ses violences, dans tous ses dysfonctionnements, dans tout et évidemment ça a des effets sur eux, cela a des effets sur les gens, donc ça a des effets de dépression, ça a des effets de radicalisation parfois, parce que par moment, les gens, la nuit, quand tu passes ta journée à affronter ce qui va à affronter, à être confronté à ce qui ne va pas dans notre société, c’est pas confortable. Et donc évidemment qu’il y a des phénomènes, évidemment que ça se traduit par des phénomènes individuels de difficultés personnelles à assumer ça et que ça, ça ne peut, ça ne peut pas ne pas avoir des effets politiques. Et les effets politiques, bah oui, bah on les voit les faits politiques, c’est une sorte de bien. Il faudrait que ça, il faudrait que ça change, ça ne peut pas continuer comme ça. Et donc ça traite plutôt le lieu dans un univers où l’on privilégie les valeurs d’ordre et de discipline et tradition par nature, ça privilégie une radicalité. Avoir un vote de droite ou d’extrême droite et c’est comment peut-on imaginer que ça ne se passe pas comme ça ? Voilà, c’est ça que je demande aux gens comment on pourrait faire, comment, comment peut-on imaginer que ça ne se passe pas comme ça ?
David Dufresne
Mon cher Jean-Dominique, tu liras avec, avec plaisir dans la rediffusion, si t’as envie, toutes les remarques qui sont faites et je pense que ça peut être intéressant pour toi. Moi je te remercie d'être venu. Je te remercie d'être venu porter la contradiction et porter aussi des éclairages très précieux sur l’armée sur cette tribune, d’où viennent ces généraux, etc. Voilà c'était un plaisir. Je dois te proposer maintenant, comment dit- on ? Rompez, c’est ça ?
Jean-Do Merchet
Allez, on ajoute Repos. Mais il y a un truc qu’on ne peut plus dire. Mais comme on est entre nous, on peut dire : Repos vous pouvez fumer, mais je ne fume plus c’est mauvais pour la santé.
David Dufresne
Alors repos et vous pouvez aller vous resservir du café parce que c’est ça que je vais faire maintenant avant la suite de l'émission. Donc merci, Merci beaucoup.
Jean-Do Merchet
Bonne continuation et à bientôt.

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