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« L’avocat des libertés » Yassine Bouzrou convoqué Au Poste !

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café, Amis de la police. Bonjour Amis des avocats. Bonjour Amis de la liberté. Bonjour. Comment allez-vous aujourd’hui ?Bonjour Cher Maître, Vous êtes attendu à la barre alors je suis très content de vous recevoir. Ça fait des années que je rêve, je dois dire de vous rencontrer. Comment allez-vous d’abord ?
Yassine Bouzrou
Ça va très bien.
David Dufresne
Ça va très bien, super. Alors je fais très rapidement parce qu’on a beaucoup de retard votre portrait et après on attaque directement votre ouvrage. Avocat des libertés que j’ai terminé cette nuit et que j’ai lu avec passion et parfois surprise, je vous dirai. Alors là, vous ne l’entendez pas, mais ce n’est pas grave, il y a un bruit de machine à écrire qui vous serait familier si vous l’entendiez. Nous sommes dans un commissariat. Vous vous appelez Bouzrou ? Yassine Vous êtes né le 30 mars 1979 à Bezons, dans le Val d’Oise. Vous êtes un avocat pénaliste. Vous avez plaidé dans de très nombreuses affaires criminelles. Votre cabinet est connu pour des affaires de violences policières, alors qu’en réalité, ça ne représente que 5 % du volume traité par votre cabinet. Vous nous direz de quoi il s’agit pour les 95 autres pour 100. Vous défendez évidemment la famille d’Adama Traoré, la famille des douanes. Tous les gens qui sont ici vous connaissent par ces deux affaires et sans doute par un par d’autres. Vous avez été classé comme l’un des 30 avocats les plus puissants de France par le magazine GQ. On me dit que de passer au poste n’est pas toujours très bon pour ce classement. Bon, vous verrez. Dans votre ouvrage, j’apprends que les objets qui vous entourent appartenaient au bureau, au cabinet de Maître Jacques Vergès. J’aimerais bien que vous montriez à un moment donné un de ces objets comme ça, pour savoir ce que vous avez. Les syndicats de police regrettent que le Clairefontaine ne vous ait pas ouvert les portes. Alors Clairefontaine, c’est l’endroit où l'équipe de France de football s’entraîne. Et oui, parce que vous vouliez être footballeur, chef d'équipe. Vous avez accepté que les syndicats de police se portent mieux. Jeune, jeune, jeune, vous étiez passionné, si j’en crois votre biographie, par les pages faits divers du Parisien au Point, au point que vous remerciez dans votre livre la journaliste qui aujourd’hui fait des articles sur vous et que vous lisiez quand vous étiez douze ou treize ans et vous abreuvez de deux fictions pour terminer. Pour terminer, on les a vus tout à l’heure. Vous n’avez pas de wifi, vous avez du mal à vous connecter, mais vous avez trois code de procédure pénale : un dans votre sacoche, un dans votre bureau, un dans votre voiture. Je trouve.
David Dufresne
Ça fait quand même beaucoup.
David Dufresne
Voilà, vous êtes ici et c’est un immense plaisir de vous recevoir pour votre ouvrage Avocat des libertés. Un livre nuancé. Je disais voir surprenant sur vos combats frontaux. Alors là où vous êtes, vous êtes iconique. La lumière derrière vous comme ça, qui balaye complètement votre visage. Est ce que. Est ce que vous m’entendez ? Est ce que vous m’entendez ?
Yassine Bouzrou
J’entends très bien.
David Dufresne
Est ce que le portrait vous convient ?
Yassine Bouzrou
Parfait.
David Dufresne
Je vous en prie, je vous en prie. Alors je vais démarrer par une page, par la page 23 de votre de votre ouvrage. Parce que je pense que c’est absolument essentiel d’expliquer quelle est la vision qu’on a de la police. Vous êtes. Alors je n’ai pas noté la bonne page car comme ça, ça commence très bien. Nous sommes en 1992, vous avez treize ans et c’est votre première rencontre avec la police. Vous en. Vous en parlez dans votre ouvrage. Est ce que vous pouvez nous raconter ce qui s’est passé et les insultes que vous avez reçues ?
Yassine Bouzrou
Oui. Donc premier contrôle d’identité de ma vie, Je suis avec des amis. Nous partions dans un match de basket que nous étions allés voir. Il devait être aux alentours de 20 et 1 h 30 de 22 h pour Highlanders et donc contrôles de police. Et les policiers nous demandent car, nous disent elles, un des policiers nous dit Allez, dégagez, rentrez chez vous les bicots ! Et sinon, je suis et je suis très étonné d’entendre votre nom. On ne m’avait jamais insulté de ma vie. Des insultes racistes, je dis bien c’est la première fois, la première fois qu’on insulte comme ça, c’est un policier qui le fait et donc je constate l’hostilité gratuite de certains fonctionnaires. En effet, ça m’a beaucoup, beaucoup, beaucoup énervé. D’autant plus que j’ai bien compris que si l’un de mes camarades ou de moi même avions. Décidé de dire un mot. Et de me plaindre. Je sentais qu’il avait la matraque à la main et qu’il avait très envie. J’ai très envie de te faire du bien. On a en plus cette idée de penser que les choses aillent plus loin. Me concernant en effet, j’ai été très choqué pour une première rencontre avec un gardien de la paix.
David Dufresne
Est ce que vous pensez que cette première rencontre qui pouvait être positive ou qui peut être comme celle ci traumatisante, Est ce que vous pensez qu’elle est qu’elle peut agir sur. Sur les histoires que vous avez à traiter, sur les relations entre vos clients et la police ou vous même avec la police ? Ou pas du tout. Ça peut être refoulé, ça peut être absorbé, ça peut être oublié.
Yassine Bouzrou
Le lancer, C’est un. C’est un événement qui a été, qui m’a beaucoup aidé dans mon métier parce que très souvent, la justice, les magistrats, de manière générale, ont beaucoup de mal. à en croire Les gens lorsqu’ils disent qu’ils ont été agressés absolument verbalement physiquement gratuitement par des policiers. Les juges n’arrivent pas à entendre ça et ils disent toujours Mais attendez, vous avez forcément fait quelque chose. Le policier ne se réveille pas le matin en souhaitant violenter les gens. Ce que je peux entendre et je dis grâce à cet épisode et d’autres épisodes qui ont concerné des ados, des connaissances, des amis à moi plus jeunes, je sais malheureusement que certains policiers n’ont besoin d’aucune excuse pour avoir un comportement inadmissible, que ce soit des violences verbales ou des violences physiques. Malheureusement, ça existe et c’est très dur pour des victimes de violences policières illégitimes de se voir reprocher des faits imaginaires et de ne pas être crue. Lorsqu’ils disent que tout a dégénéré, tout a dérapé sans aucune raison valable, juste parce que certains policiers, en effet, ont peut être choisi ce métier pour régler des comptes. Peut-être que s’en amusent certains. Il y a peut-être aussi derrière des préjugés parfois racistes, mais en tous les cas, il y a parfois des comportements violents totalement gratuitement, sans le début d’un commencement d’explication.
David Dufresne
Alors c’est très bien parce que vous mettez la table par rapport à votre à votre ouvrage. On va parler justement de la nature de la police, on va parler du racisme dans la police, on va parler de l’impunité au nom de la police. Et je disais tout à l’heure que votre livre lu et nuancé et d’ailleurs alors j’ai trouvé pourquoi je me suis bourré ? Parce que votre souvenir d’enfance, c’est page 23. Ici également, page 25, il y avait un passage qui m’intéressait. Vous expliquez que non seulement vous n’avez rien contre la police, mais que vous défendez beaucoup de policiers. Alors j’avoue que je vous connais peu. Avocat de policiers, je ne vous demande pas de nom parce que voilà, ce n’est peut être pas l’objet, mais j’aimerais bien connaître la nature des affaires de police comme vous que vous défendez. Est ce que sont des lanceurs d’alerte au sein de la police ou est ce que c’est des policiers justement accusés ? Et vous ajoutez et même par respect pour l’institution et pour ce métier, que je combats les brebis galeuses avec l’approbation, je le sais, de nombreux policiers ou gendarmes, parfois gênés par l’absence de sanction visant ceux qui ont failli. Et là, je dois vous dire, on va rentrer dans les dossiers. Je vais vous dire, j'étais étonné de voir l’expression brebis galeuses reprises par vous même. Qu’en pensez-vous ?
Yassine Bouzrou
Je défends et je défends les policiers. Pour vous citer un exemple récent qui a fondé le fameux Horus en symbolique, il a déjà été accusé d’avoir vendu des informations Darknet. Et oui, je défends beaucoup de péchés qui commettent des infractions ou qui sont parfois accusés d’avoir commis d’infraction à tort. Je n’ai pas défendu deux policiers accusés de violences policières illégitimes. C’est plutôt des policiers qui commettent des infractions, soit dans le cadre de leur vie privée, soit dans des fonctions, mais autre chose que des violences. Certains sont accusés de vol, d’autres sont accusés de malversation. Donc moi, de toute façon, je défends tout le monde. Mais disons que les mois, les dossiers que je traite, le profil des policiers que mes clients accusent de violences policières, ici, c’est souvent, ce sont souvent des policiers de maintien de l’ordre public, donc des policiers, du commissariat, des policiers de bac de deux de ceci, un de brigade spécialisée et souvent des policiers en uniforme par la BAC. Et lorsque je traite des dossiers avec la police judiciaire pure, ce soit des brigades du banditisme, de la brigade criminelle ou d’autres brigades. Il est beaucoup moins de problèmes de violence policière ici. Il y en a, mais beaucoup moins que les policiers. Entre le début, et notamment pour moi, ce sont vraiment les pires, c’est les BAC. Il n’y a rien de pire je pense en France en service public. Et souvent en effet, je croise souvent des policiers qui apprécient mon travail et qui me disent que qui ne comprennent pas pourquoi certains de leurs collègues ne font jamais l’objet de sanctions. Et surtout, il y a une injustice totale dans l’institution policière. Je m’explique. Le policier qui a volé un téléphone portable pendant une perquisition va être 100 fois plus sanctionné que le policier qui va éborgner, que le policier qui va fracasser le crâne d’une fillette avec un LBD, que le policier qui va tuer tout simplement. Donc il est plus facile permis dans la police de commettre un homicide des violences volontaires ayant causé la mort avec des sanctions existantes, une absence de mise en examen et absence de procès. Donc aujourd’hui, il est plus facile pour un policier de causer la mort que de voler un téléphone portable en perquisition.
David Dufresne
Quand vous dites qu’il est plus facile D’expliquer son supérieur, je Voulais dire qu’il est plus facile pour lui de se défendre de ça. Ce n’est pas plus facile que de voler des fruits. Au niveau des conséquences Au niveau des causes.
Yassine Bouzrou
Au niveau des conséquences, il est devenu moins risqué. Il est moins risqué pour la police et au niveau des poursuites pénales, de connaître certains faits que d’autres.
David Dufresne
Et ça, vous l’expliquez comment ?
Yassine Bouzrou
Je pense qu’il y a des mentalités, il y a des. Il y a une culture judiciaire qui a tendance à prendre parti et à considérer qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs et qu’on ne doit pas trop embêter les forces de l’ordre parce qu’ensuite les forces de l’ordre peuvent éventuellement lever le pied. Et il y a les syndicats qui exercent aussi une très grosse pression pour dire Voilà, vous ne pouvez pas en prendre à nos collègues qui ont un travail très difficile. Il y a un contexte et donc, malheureusement, on est dans un système judiciaire que vous l’aurez sûrement remarqué. Yvan je m’attaque moi, frontalement à l’institution judiciaire qui pour moi est la seule responsable des policiers qui commettent des infractions. Il y en aura toujours. Le rôle de la justice est de les sanctionner. Et tant que justice refusera de sanctionner même les affaires les plus emblématiques, les affaires les plus marquantes avec des preuves évidentes. Pour moi, le problème est judiciaire.
David Dufresne
C’est effectivement une des un des axes qu’on va développer tout à l’heure dans votre livre. En réalité, par rapport aux violences policières. Alors, je rajoute illégitime on va y venir parce que, pour vous, vous revenez souvent sur cette définition là, mais vous semblez dire qu’en effet, c’est surtout le volet judiciaire qui pose problème, plutôt même que le volet police des polices, bien qu’il y a des chapitres là dessus. Le livre s’articule sur trois gros volumes on va dire le premier qui est votre biographie, tout ce qui vous amène au barreau, puis les grandes affaires emblématiques et à la fin, les chapitres les plus, les plus politiques. On pourrait dire ou vous parlez de manière globale sur l’IGPN, sur la justice, sur le rôle du parquet. Alors on a plein de questions. Déjà dans le château, Christian Moles vous demande quelle est la première affaire de violence policière dans laquelle vous êtes intervenu. Euh je crois que c’est celle qui ouvre un peu le bouquin.
Yassine Bouzrou
Oui, c’est l’une des affaires qui m’ont le plus marqué dans ma carrière et même dans ma vie, tout simplement. C’est la femme Aboubacar Li Tamedia, qui était un sans papier de 30 35 ans, qui avait été accusé à tort de commettre des vols sur les voitures dans les véhicules, qui a été conduit en garde à vue dans la commune de Courbevoie qui va vite et grandi et qui est tombé dans le coma pendant sa garde à vue. Et il est décédé quelques jours plus tard. Et les policiers ont dit qu’il avait pris son élan et qu’il avait couru dans la cellule de garde à vue, qu’il avait sauté la tête la première contre le mur et que suite à ce choc, il était tombé dans le coma. Et à vrai dire, lorsque j'étais moi à cette époque là, j’ai été amené à aller voir des clients dans ce commissariat que je connaissais bien. Et donc je savais dès le départ que la version policière était tout simplement impossible. Les cellules de garde à vue sont très petites. Personne ne peut faire un sprint dans une cellule de garde à vue et encore moins celle de Courbevoie. Donc je savais dès le départ que l’action policière ne pouvait pas être un obstacle. Et donc cette affaire m’a beaucoup marqué. Et. Et surtout, il y a eu tellement de rebondissements dans cette affaire que j’ai dû me frotter à et à toutes les méthodes qu’on voit aujourd’hui avec des juges d’instruction qui refusent beaucoup d’actes élémentaires, même si à l'époque on acceptait plus ou moins, à l'époque, on a eu le droit à une reconstitution, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, ça n’existe quasiment plus de reconstitutions. Les juges ne veulent plus pour des raisons que j’ignore. Mais il y avait eu des expertises médicales de complaisance, une mauvaise foi policière énorme et ça avait duré plusieurs années. Et malheureusement, la justice n’avait pas tout mis en œuvre pour poursuivre les policiers qui avaient, selon moi, causé la mort de Monsieur Tamedia. Il y a eu un colloque d’experts avec les plus grands experts français que nous avions désigné, qui avait indiqué clairement que la version policière était impossible et que le DST résultait de violences commises sur lui. Mais elle avait dit ça tout balayer. Elle a même mis en cause les médecins. Elle a convoqué les médecins à confronter les médecins. Des méthodes vraiment à des méthodes scandaleuses et l’on ne sait pas faire qui a duré plusieurs années. Ça m’a beaucoup marqué et j’ai compris à ce moment-là qu’il y avait un problème et que la justice organise l’impunité des forces de l’ordre dans ces cas-là.
David Dufresne
Si mes souvenirs sont exacts, ce drame a eu lieu en 2007 et en 2008. Il y a l’affaire Fofana sous homme qui et qui va jouer aussi un rôle important dans votre carrière ? Je ne sais pas si vous voyez ce qu’on va. Abdoulaye Fofana voulait partir de manière administrative.
Yassine Bouzrou
De Montfermeil, qui a fait de Montfermeil sa cité. C'était une affaire très importante parce que c’est là, c’est une des premières fois, voire la première fois, qu’une vidéo de violences policières illégitimes est aussi est aussi claire et tout aussi évidente. Et surtout, à l'époque, on n’avait pas trop les réseaux, on n’est pas encore les réseaux sociaux, mais il y avait les vidéos, les vidéos sur YouTube notamment, et cette vidéo était devenue virale. Et puis la personne qui avait filmé est une personne avec beaucoup de talent, caméra à la main puisque c’est la vie qui a qui a réalisé Les Misérables. Donc nous avions la chance d’avoir ces images de très bonne qualité où il n’y avait aucune, aucune, aucune, aucune, aucune possibilité pour les policiers de dire que les violences étaient légitimes. Ils l’ont fait quand même, Ils l’ont fait quand même. Le procureur de Bobigny a beaucoup été dans son sens, mais les procureurs à Bobigny et malheureusement, c’est ce que nous avons de pire en France au niveau du haut niveau des parquets. Mais à l'époque déjà, ils avaient tenté d’inventer une histoire alors qu’ils avaient violenté un jeune homme sans raison devant sa mère. On lui avait craché dessus, on l’avait humilié. Alors c'était vraiment, vraiment. À ce moment là, j’ai compris qu’il y avait vraiment des idées, des types, des gens qui chaque fois, même si depuis longtemps pour l’uniforme et là on avait des voyous, des voyous qui avaient la haine en fait, vraiment la haine que pour frapper quelqu’un qui n’a absolument rien fait devant ses parents ou devant ses petites sœurs, devant ses petits frères, lui cracher dessus ? Ah vraiment, j’ai compris qui allait, qui avait une haine extraordinaire de certains policiers là dedans, ça va, je me suis un petit peu radicalisé. Là, j’ai compris qu’on avait l’air qu’on avait un niveau supérieur de voyous. Vraiment, cette affaire Merah, Ils ont été condamnés à une peine ridicule d’emprisonnement avec sursis alors qu’ils avaient fait des faux procès verbaux, des violences en réunion avec barre filmé. Et là on a eu des peines avec sursis et un procureur à l’audience qui a expliqué qu’il y avait des circonstances explicatives, des violences parce que nous étions à la cité des Bosquets, à Montfermeil, qui est une cité réputée en Seine-Saint-Denis. En d’autres termes, le procureur expliquait que certains habitants avaient peut être, entre guillemets, qu’il était possible pour les policiers de frapper gratuitement certains habitants de certains quartiers. Donc là, ça devenait officiel, donc extrêmement choquant. Et vraiment, je ne comprends pas comment des gens comme ça peuvent exercer des fonctions aussi importantes en racontant des choses pareilles, des choses aussi choquantes. Voilà pour la petite parenthèse. Le procureur de l'époque, le procureur qui aujourd’hui est respecté par moi. Je commence mon livre sur lui M. François Molins, c’est François Molins. C’est le procureur le plus connu de France, qui a un poste en France, qui a le poste le plus lourd en France pour un poste pour un procureur. Il est procureur à la Cour de cassation. Il est également procureur de Paris. Donc ce procureur que tout le monde adore, je suis désolé mais moi je constate objectivement qu’il a menti dans un de mes dossiers d’une manière pitoyable. Il est parti inventer les antécédents du policier à mon client qui était un étudiant en BTS qui n’avait aucun antécédent. Et Monsieur Eolas a, en conférence de presse, dit que le nom Fofana est très connu au parquet de Bobigny. En réalité, il pourrait avoir un nom.
David Dufresne
J’y vais et je vais dire page 271
Yassine Bouzrou
Donc lorsqu’un procureur de la République dit des choses comme ça et qu’on a un organe de presse qui travaille pour, qui reprend in-extenso ensuite, malheureusement, tout mon propos actuel. Et nous avons donc un mensonge qui devient officiel de dire qu’un étudiant qui n’a pas d’antécédents, qui se fait tabasser, cracher dessus est un individu voyou délinquant alors que c’est faux. Mais nous avons malheureusement un procureur qui était prêt à dire n’importe quoi, à salir n’importe qui et je constate malheureusement qu’il a fait une très belle carrière. Donc ça donne peut être un mauvais exemple à d’autres procureurs de se dire qu’en mentant et en diffamant des gens innocents, ça permet de faire une belle carrière. C’est scandaleux et honteux. Et voilà, Moi ça, ça me dégoûte.
David Dufresne
Alors on sent, on sent ce dégoût dans les pages. Effectivement, ce chapitre là est particulièrement dense parce que vous ne lâchez pas vos mots sur l’instant. Mais quelle ne fut pas ma surprise Page 56. Vous écrivez la bavure, nous dit le Larousse. C’est l’erreur regrettable. Or, je n’ai jamais vu des policiers admettre avoir commis une erreur, même quand les faits ont été filmés. Ils ont même au contraire tendance à dire que si c'était à refaire, ils procéderaient de la même façon. Ça, c’est le premier point. Je trouve ça très intéressant. Mais surtout, vous, vous revenez à plusieurs reprises dans votre livre sur le terme violences policières que vous récusez, et c’est assez étrange parce que vous le récusez tout en en faisant la démonstration presque à chaque page que ça existe. Mais, et je vous cite et vous allez pouvoir vous défendre, a priori, vous allez faire quoi ? Violences policières, un terme là encore trop imprécis puisqu’il englobe la violence déployée, par exemple pour prendre d’assaut l’Hyper cacher de la porte de Vincennes ou neutraliser Mohamed Merah. Légitime au regard du droit. Ce que vous nous dites, c’est débile de parler de violences policières, il faut parler de violences policières illégitimes et vous revenez à plusieurs reprises sur ce point là, pourquoi vous vous sentez obligé de le faire ?
Yassine Bouzrou
Tout simplement parce que la question des violences policières, comme de manière générale, la manière dont les gens parlent, est une question très politique. Il y a une guerre de communication, il y a une guerre dans l’opinion publique. Et je pense qu’en utilisant l’expression de violences policières, donner des arguments aux syndicats de police et aux politiques de certains bords pour venir contester, contester, avec des arguments légitimes d’ailleurs sur une espèce de guerre de mots, le policier. Un policier a le droit malheureusement d'être violent selon la loi. Si sa violence est justifiée, proportionnelle et compagnie, c’est la loi. Donc le problème, c’est que nous, contre ce que nous contestons, en tous les cas moi en tant qu’avocat, c’est le c’est le policier qui commet des violences illégitimes. Donc je pense qu’il faut être précis et doit être précis. C’est extrêmement important. Si vous arrivez dans la rue et que vous y allez, c’est du bon sens que ce que je dis en réalité, c’est juste pour ne pas me faire piéger dans une espèce de guerre de mots. Donc vous voulez nous piéger ? Ils ont joué à ça. D’ailleurs, le président Macron ou ministre de l’Intérieur s'était fait un plaisir de dire je ne peux pas laisser parler de violences policières. Donc moi, j’abandonne ce combat là qui n’a aucun intérêt. En mettant de la précision et en dénonçant les violences policières illégitimes. Si on met dans la rue un individu qui crie, qui se met à agresser les gendarmes dans la rue, les policiers vont arriver sur lui, ils vont l’attraper par les cheveux, vont le jeter au sol. Ça, c’est de la violence. Mais elle va être légitime, vous voyez ? Donc je pense que c’est important. Et vu que nous avons quand même des syndicats de police qui peuvent être parfois qui, qui vont, qui sont invités sur certains plateaux, et voilà, avec eux, avec les honneurs et compagnie, ils se font un plaisir de mettre en avant la défense des victimes. Et ensuite le citoyen lambda qui n’a jamais été concerné ni de près ni de loin par des violences policières illégitimes Y vas y, vas y, vas y, vas nous taxer entre guillemets des gens comme moi, des gens comme vous, des gens comme nous autres, personnes d’illuminés qui ne reconnaissent même pas la légitimité de certains d’intervention et de l’usage de la force en certaines circonstances. Ce qui n’est pas le cas. Vous comme moi, ce que nous dénonçons, ce sont les violences policières illégitimes. Moi, je suis juriste et j’ai tendance à utiliser les bons termes parce que sinon, je pense que nous sommes que nous mêmes. Il y a un piège. Il y a un vrai piège dans cette guerre des termes et des expressions. Mais moi je pense que rajouter le mot illégitime, ça ne mange pas de pain. C’est assez simple et ça nous permet d'être précis et de clouer le bec à tous les individus de mauvaise foi qui viennent nous dire qu’on ne peut pas parler de violences policières.
David Dufresne
Je vous écoute, mais il me plaît de faire l’avocat du diable face à face. Un avocat. Vous vous imaginez bien ma position. Je comprends tout à fait ce que vous nous dites là. Après, je pense qu'à un moment donné, il fallait employer ce terme violences policières qui avait l’avantage d'être rapide, de rendre les choses assez claires. De la même manière, quand on parle de violences conjugales, on ne dit pas que tous les maris sont violents, mais tout le monde comprend de quoi il s’agit. Je pense que c'était ça. Et en fait, je me suis demandé si votre co-auteur Frédéric Péloquin, qui a recueilli, je pense, votre témoignage et ait, avec la collaboration de Frédéric, bloqué Frédéric Bouquin. C’est un journaliste qui, depuis plus de 30 ans, multiplie les ouvrages avec des policiers et connaît très bien la maison Police, mais de mon point de vue, a quand même une vision indulgente, on va dire. Pour la maison police, c’est mon point de vue. Je pense que lui il pense l’inverse de moi, donc ça me permet de le dire. Je me suis demandé s’il savait pas de temps en temps un peu déteint sur vous.
Yassine Bouzrou
Alors je vois. C’est très intéressant ce que vous dites, parce que vous avez donné le pire exemple possible. Vous avez comparé les violences conjugales, vous savez que les violences conjugales, il n’y a pas de légitime ou de légitime, toutes les violences conjugales sont illégitimes. Donc justement, vous donnez l’exemple qui qui, qui démontre que la distinction est hyper importante. Il n’y a jamais, en aucun Cas dans la conscience Des surveillants sur police.
David Dufresne
Oui, mais du coup
Yassine Bouzrou
Mais du coup comme c’est intéressant parce que vous donnez justement cet exemple là. Et justement, sur la question des danses conjugales, il n’y a aucune distinction à faire parce qu’on leur donne, on donne jamais ce droit là de commettre ces violences là. Par contre, le policier malheureusement. Malheureusement, je ne dis même pas. Malheureusement, le policier dispose de l’usage de la force lorsque c’est légitime. Donc pour moi c’est important. Ensuite, pour vous répondre concernant Frédéric Logan. Alors c’est mon livre. Ce n’est pas un livre d’entretiens avec Frédéric l’auteur non, du tout. C’est avec la collaboration de Frédéric, bien malin qui garde. Donc ce n’est pas ce ne sont pas des conversations. Donc il a, il a, il a, il a aidé et c’est lui qui a, qui a écrit à la fois la présentation, la présentation, la préface difficile à présenter. Il a. Il a également rédigé la quatrième de couverture. Voilà. Et il a. Et il a aussi l’idée que le titre vient de lui. Voilà, donc c’est assez vague. Moi je trouve qu’il a une position assez directe assez, assez large, assez. Il connaît lui, l’institution et moi je trouve ça hyper intéressant de critiquer une institution avec en prenant la vie et en étant aidé par des gens qui connaissent bien la série, surtout qui connaissent bien l'évolution qu’il y a dans l’institution. L'évolution selon moi, la régression. D’ailleurs, sur toutes ces questions là depuis 30 ans maintenant, une fois, c’est intéressant. Donc voilà. Mais sur le cas vraiment, c’est pour qu’il y ait de la précision, la précision, moi j’ai, lorsque je dénonce tout ça, lorsque j’ai 20 minutes pour discuter avec quelqu’un, je n’ai pas envie d'être parasité pendant quinze minutes sur la question des violences policières. Mais oui, mais dans ce cas là, vous ne savez pas que dans certains cas, les policiers, puis ça, je vous le laisse. Et maintenant, avançons sur le débat. Moi je dis qu’un policier n’a pas le droit de fracasser quelqu’un, qu’un policier éborgne quelqu’un. Il n’est pas normal que le policier ne soit pas poursuivi n’est pas normal que la justice permette l’impunité, ça permet d’avancer parce que sinon nous perdons ce combat là alors qu’il y a tellement d’arguments pour dénoncer les comportements policiers que voilà, moi, les combats stériles, je les mets de côté et tout comme je déteste le mot bavure, le mot pareil pour mineur, il n’a pas sa place parce que c’est lui. C’est un mauvais terme qui permet d’atténuer l’action des policiers en disant que c’est toujours involontaire, alors que moi, dans tous les cas que je traite, ce sont des violences volontaires, illégitimes.
David Dufresne
Alors entendons nous, je pense que c'était bien qu’on ait un peu de sémantique entre nous. Comme ça, tous les gens qui nous écoutent réfléchissent à ces questions là et je trouve ça très pertinent d’avoir votre point de vue. J’en viens évidemment à ce que vous appelez l’affaire emblématique Adama Traoré. Que vous vous expliquiez par le par le menu, l’histoire que beaucoup, beaucoup, connaissent. Est ce que ce qui revient quand même beaucoup dans cette histoire, c’est que vous nous rappelez qu’il y a eu Douze Juges d’instruction et c’est toujours à l’instruction qu’il y a donc une haine, une lenteur absolument incroyable. Il y a une bataille d’experts. Donc ça aussi, c’est un point qui est extrêmement important. Si, si, vous deux. Et puis après on parlera du rôle de la presse parce que vous avez parlé de l’AFP, mais il y en a d’autres. Si, en deux mots, qu’est ce que vous voudriez faire passer comme message sur cette affaire qui ne serait pas forcément connue de tout le monde ?
Yassine Bouzrou
C’est affreux. Beaucoup de gens ont des points de vue différents sur ce dossier là. Moi, j’affirme aujourd’hui. Qu'à partir du moment où nous avons fourni à la justice des éléments. Ce qui démontre clairement que l’interpellation a causé la mort d’Adama Traoré. Pour moi, c’est une certitude aujourd’hui. Je le disais tout au début parce que j’ai attendu de voir certains, certains éléments, notamment médicaux. Aujourd’hui, nous avons tous les éléments. Nous avons une bonne vingtaine de médecins qui affirment clairement que c’est le plaquage ventral qui. La justice a décidé aujourd’hui d’utiliser une méthode. La méthode radicale, c’est celle de la déloyauté, de la mauvaise foi. Et donc nous avons des nouveaux juges qui ont été nommés exclusivement pour enterrer l’affaire. Voilà un bon article, C’est comme ça, ça a été décidé, malheureusement, c’est très triste. Voilà. Lorsque les médecins disaient lorsque les médecins que j’ai moi même désignés indiquent que les gendarmes avaient tué les juges qu’ils aimaient. Ce sont des médecins choisis par l’avocat. Donc on va choisir, nous, nos propres médecins. Ils ont trouvé des médecins. Pardonnez-moi, l’expression est des médecins en carton qui ont fait des expertises de complaisance. Tellement de complaisance et tellement c'était tellement honteux que ça a été annulé par la justice parce qu’on allait beaucoup trop loin dans l’incompétence de ces médecins choisis par les juges avec des médecins qui travaillaient clandestinement sans donner leur nom, vraiment, mais des méthodes, mais c’est même plus, c’est de la barbarie, de la barbouzerie judiciaire. C’est pathétique. Donc suite à ça, les juges ont décidé de faire appel à des Belges. Là encore, c’est très étonnant. Les Belges indiquent clairement que l’interpellation a causé la mort de Maître. Alors que font les juges au lieu d’en tirer des conséquences ? Est ce que n’importe qui aurait fait ? Ils ont demandé aux Belges de revoir leur copie sur la base d’un arrêt de travail. L’expertise aurait dû être rendue il y a maintenant un mois, même plus d’un mois. Et la juge d’instruction refuse de nous donner cette expertise, refuse de répondre lorsqu’on demande si le délai a été prolongé. Donc là, on a de la mauvaise foi absolue et je pense qu’on a des juges qui exercent des pressions sur des médecins pour obtenir quelque chose. Et là, vraiment, ça, c’est tellement flagrant, tellement flagrant que c’est moi. J’ai même j’ai l’impression qu’on a avancé. Je ne sais pas quel est l’objectif qu’on a de provoquer des tensions dans notre pays pour provoquer des émeutes. Je sais pas, mais lorsqu’on a des juges qui se comportent comme ça, vraiment je ne comprends pas la. Sinon il faudrait nous dire il faudrait nous.
David Dufresne
Alors j’en profite et j’en profite pour vous demander une question un peu morbide mais à laquelle vous ne répondez pas aujourd’hui, quand il y a cette bataille d’experts, les experts qui certains disent c’est le plaquage ventral qui a causé la mort d’Adama Traoré et d’autres qui disent autre chose. Bon bref, en fait, les rapports se basent sur les rapports précédents.
Yassine Bouzrou
En fait, il y a eu douze dossiers de grippe, donc il y a eu deux autopsies avec un examen du corps, un examen des lésions, un examen de l'État d’Adama Traoré lorsqu’il est décédé. Donc tout ça, ce sont des éléments. Maintenant, certains, notamment grâce à la contre autopsie qui était quand même différents, et toutes les expertises médicales par la suite se basent sur ce qui a été fait à l’autopsie, mais également sur les pièces médicales, sur les antécédents médicaux, sur des fous, sur le possible de pathologie et surtout sur les faits, sur les gestes décrits par les gendarmes. Donc il est possible de travailler sans le corps, Heureusement d’ailleurs. Donc il y a eu que deux examens sur le corps, ce sont les deux autopsies. Mais ensuite ce sont toujours des expertises sur la base des pièces médicales et ce qui a été constaté objectivement d’un point de vue médical. C’est d’ailleurs pour ça que nous avons été très virulents à l'égard de l’ancien procureur de Pontoise, qui a été muté par la suite à Monsieur B. Parce qu’il avait, lui, les éléments objectifs de l’autopsie qui parlaient clairement d’une asphyxie et qu’il avait volontairement éludé ce point précis devant la presse, donc en divulguant des fausses informations sur cette affaire. Voilà un petit peu. Mais. Mais. Nous avons donc un travail médical de qualité
David Dufresne
Il y a un passage qui m’a passionné parce qu’il parle, il parle de vous, il parle de votre travail, de comment vous voyez les choses. Et je trouve ça absolument passionnant parce que ce n’est pas ce n’est pas commun, tous les avocats ne travaillent pas comme ça. Donc, je me permets de dire que c’est page 132, comme ça vous pouvez boire une tasse de café. Je pose cependant mes conditions. Donc vous dites Voilà, quand un client vient vous voir, vous posez vos conditions. Oui, j’interviens. C’est comme je le fais habituellement pour tous les autres dossiers de violences illégitimes des forces de l’ordre. Donc ça c’est intéressant. Enfin, point important, j’insiste pour ne traiter que du volet judiciaire. Je sais que des proches d’Adama Traoré envisagent d’organiser des manifestations et autres rassemblements. Ce n’est pas mon rôle que d’y participer ou de gérer des autorisations préfectorales, des manifestations et rassemblements. Et je trouve ça très intéressant parce que vous êtes évidemment plusieurs fois reconnus sur la Place de Paris, plus ou moins connus, etc. Vous n’avez pas forcément la même vision des choses. Je ne veux absolument pas vous opposer. Je veux comprendre votre logique. Est ce que vous pouvez expliquer pourquoi ça vous semble important d'être seul ? Pourquoi ça me semble important de rester sur le juridique et de ne pas forcément même cibler et ne pas forcément aller au-delà de ça.
Yassine Bouzrou
Alors sur le sur le choix de travailler seul, quand je dis seul, c’est mon cabinet, c’est ça. Si j’ai une équipe avec moi, je travaille avec trois avocates extrêmement brillantes, donc nous faisons tout en équipe. Mais quand je dis seul et par plusieurs cabinets, c’est parce que nous avons dans C’est dans ces dossiers là, dès le départ, un combat frontal, médiatique avec l’autorité judiciaire et surtout, et le premier combat dans ces dossiers, c’est face au procureur de la République qui eux vont communiquer de leur côté. Et dans les dossiers que je traite souvent, des procureurs qui vont mentir. Le procureur de Marseille, monsieur Karembeu, sur la personne idoine, a menti devant la presse. C’est un menteur, c’est comme ça. Il a menti en disant que la grenade n’avait pas causé la mort de madame Redouane. Dans l’affaire Adama Traoré, le procureur de Pontoise, monsieur Yves Jacquier, pour ne pas le citer, a menti par omission en indiquant pas à la presse qu’il y avait eu une asphyxie dans l’affaire de la fillette qui a reçu un LBD en pleine tête à Versailles. La procureure La pute de Versailles, madame Caillebotte, encore une fois, a fait des choses totalement déloyales en refusant d’identifier l’ADN sur le projectile de LBD. Ce sont des comportements inadmissibles. Voilà, ce sont des exemples. J’en ai, j’en ai comme ça des dizaines. Et je ne veux pas, moi, avoir à mes côtés un confrère qui ne pensera pas comme moi, qui n’aura pas la même stratégie que moi et qui serait en quelque sorte qui serait utilisé par un para, par mes adversaires pour atténuer les choses ou pour un petit peu opposer écrit peut être un petit peu la zizanie chez les parties civiles sont les choses que des procureurs ont déjà tenté dans mes dossiers. Voilà, lorsqu’il y a plusieurs avocats. Donc moi je veux vraiment avoir les mains libres. Moi je vais au bout de mes convictions. Si j’estime qu’un policier a fait un faux procès verbal, je porte plainte. Si j’estime qu’un procureur a mal agi, je peux saisir le Conseil de la magistrature. Je l’ai fait dans plusieurs dossiers. Si un magistrat instructeur commet ce que j’appelle une infraction pénale, je porte plainte contre le magistrat. Je l’ai fait dans l’affaire et je ne juge personne. Mais disons qu’il faut être sûr de soi. Il faut aussi être prêt ensuite à en subir les conséquences. Parce que les acteurs judiciaires, nous croyons et ça peut avoir des conséquences sur d’autres dossiers. Moi, j’assume tout ce que je fais quand je rentre dans un dossier et que je constate que je suis face à des gens malhonnêtes qui veulent protéger des policiers, qui ont tué mes clients, qui les ont handicapés à vie ou qui les ont gravement blessés. Je suis prêt à aller à la guerre jusqu’au bout et je ne veux pas avoir à avoir.
David Dufresne
Est ce que c’est convaincre ou si une question par le monde des avocats est un monde redoutablement concurrentiel ?
Yassine Bouzrou
Absolument pas. Je ne mens pas d’ailleurs.
David Dufresne
Je vais le dire.
Yassine Bouzrou
Non mais je n’aime pas. Je vais vous dire à quel point je m’en moque complètement. Même la théière qui faisait la une de l’actualité, on parlait que de ça et compagnie, les fusées à la base, la Perrier et j’en passe. Beaucoup de dossiers parce que les conditions ne sont pas réunies. Il y a d’autres affaires très connues que j’ai refusées lorsque les partis, lorsque la famille m’a dit qu’ils étaient proches de tel ou tel homme politique. Lorsqu’on m’a dit qu’on voulait se faire aider par telle ou telle politique, moi, tout ça, je refuse. Dans ces conditions, il y a ça aussi. Moi, si des parties civiles on décide de se faire soutenir par telle ou telle politique, je refuse le dossier. Moi, je veux être totalement indépendant. Je ne veux pas que quelqu’un d’extérieur puisse venir interférer dans mon dossier. Voilà. Et donc mon confrère, s’il était dans cette situation de concurrence, j’accepterais de rentrer dans tous les dossiers en règle et ensuite éventuellement d’essayer de mettre un coup d'épaule à l’autre. Je ne travaille pas comme ça. Moi, mes dossiers, je les prends en défenseur exclusif et pas franc, ça ne me dérange absolument pas. Y’a aucune difficulté à cela.
David Dufresne
Alors là, on dit l’affaire. J’ai horreur de ça. Disons l’affaire Traoré. C’est l’occasion pour vous de revenir à plusieurs reprises pour le rôle de la presse. Je vous lis page 255 en cas de soupçons de violences policières illégitimes. Donc vous êtes constant, comme on dirait un article de presse et généralement très rapidement publié. Cet article de presse donne une première version des faits qui reflète le plus souvent celle des forces de l’ordre ou du ministère public. En effet, ce sont les seuls à être à ce moment là en possession des éléments du dossier, la procédure n'étant pas à la disposition de l’avocat à ce stade là, c’est page 155 et page 171. Toujours dans le même chapitre, vous avez vous expliqué avoir ainsi décidé de dénoncer le manque total de neutralité en critiquant l’AFP via Twitter ? J’ai eu en réponse un courrier de l’AFP me demandant de retirer mes tweets. Je trouve ça dingue. J’ai compris que j’avais affaire à des gens croyant pouvoir restreindre ma liberté d’expression. Alors ça, je trouve ça passionnant et je ne suis pas du tout corporatiste. D’ailleurs, je ne suis plus journaliste depuis très longtemps, mais ça m’intéresse beaucoup votre rapport à la presse. Parce que vous savez, quand vous voulez être jeune footballeur. Moi, j'étais à Libération et un journaliste de Libération bien connu m’avait dit N’oublie pas que avocat, c’est une profession libérale qui n’a pas droit à la publicité, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Et donc il y a un rapport très étrange entre les avocats et la presse, les uns servant les uns aux autres.
David Dufresne
Vous vous en foutez complètement.
David Dufresne
J’ai beaucoup apprécié ces moments-là dans le bouquin, derrière La bonne blague. Quel est le rôle de la presse dans les affaires médiatiques que vous avez à traiter ? En quoi c’est un problème ou en quoi c’est une chance ?
Yassine Bouzrou
Ça peut être dur, ça peut être une chance, ça peut être très positif. Lorsque les journalistes d’investigation reprennent un dossier et mettent en avant les différents éléments qui démontrent que les enquêtes sont mal réalisées par exemple. Donc c’est que c’est plutôt utile. Après, c’est entendu, dans ces dossiers là, ça permet de dénoncer. Moi, ce que je ce que je constate depuis le tout début de ma carrière, ma première affaire, c’est que. Lorsqu’il y a donc soupçon de violences policières illégitimes, il y a tout de suite un article de presse, généralement par article. Agence France-Presse. Ça commence généralement par eux. Ou parfois la presse locale à tel ou tel endroit. Et là, on a vraiment, vraiment toujours une version qui dit que la victime est un voyou, soit un dealer, soit un braqueur, soit quelqu’un d’hystérique, soit quelqu’un qui a commis des infractions très graves. Et lorsqu’on ne peut pas critiquer le comportement, on va s’attaquer tout de suite aux antécédents. Donc on va dire cela. C’est une personne archi- connue des services de police, c’est une personne connue pas pour longtemps et très souvent, en vérifiant par la suite, on constate que c’est faux en plus. Donc les gens sont salis. Et le problème, c’est que l’Agence France-Presse déteste recouper les informations. C’est normalement ce que font tous les journalistes sérieux et donc ils vont avoir une seule source. D’ailleurs, ils n’auront même pas le courage de citer leurs sources en disant que c’est le procureur qui m’a dit ça, ça va être une source proche du dossier bidon. Ou le parquet. Et ensuite, lorsque tout le monde a eu une première vision de la crêpe, si on a commencé à dire que la victime est un dealer ou un braqueur ou ceci, c’est très compliqué ensuite. Malheureusement, la presse aura tendance à reprendre ces dépêches là. Et donc il y a un manque total d’objectivité. Et l’AFP considère que le que la parole du procureur est une parole officielle et que la parole de l’avocat n’existe pas. Donc ça pose une difficulté parce qu’en réalité, vous savez, ils ne comprennent peut-être pas, mais dans une affaire judiciaire, il y a ce qu’on appelle des magistrats du siège qui doivent être à équidistance entre le parquet d’un côté et les parties de l’autre. Ce sont des gens qui font partie civile. Bien sûr qu’on ne peut pas, comme ça, considérer que la parole du parquet est une parole d'évangile et la mettre comme ça en avant. Mais sur certains dossiers, elle est même allée plus loin dans l’affaire Adama Traoré. L’Agence France Presse, vraiment, se comporte comme un organe de presse de la gendarmerie nationale. C’est vraiment flagrant. Même les propos des avocats des gendarmes en titre d’une dépêche à l’AFP. Moi, je ne savais même pas qu’on pouvait avoir une déclaration de l’avocat en titre d’une dépêche AFP. Bien entendu, ça va être les déclarations des avocats des gendarmes et pas mes déclarations. Voilà, pour vous donner un exemple. Un collège de médecins internationaux, l’année dernière, avait travaillé sur l’affaire de Maître Doré. Il y avait notamment le médecin qui a travaillé sur George Lloyd, le docteur Haden, des médecins brésiliens, italiens, donc un collège international à être payé. Ils ont été. Et ensuite il y a un travail de synthèse qui a été réalisé par un médecin français. L’inculpé, contrairement à toute la presse qui a titré un collègue médecin de plusieurs pays, indique que le package central, les gendarmes Traoré, l’AFP, Il décide de titrer en indiquant Un médecin du Val d’Oise met en cause des gendarmes parce que le médecin qui a. Il a fait le travail de synthèse entre tous les médecins internationaux est un médecin qui exerce dans le Val d’Oise. Et donc, là où c'était important de mettre en titre, c’est un médecin. Il a le droit d’avoir un mépris pour la banlieue. Mais c’est pour dire que nous ne parlons pas aux Américains ou Brésilien aux Italiens. C’est un petit paysan du Val d’Oise qui a travaillé ça, c’est l’Agence France-Presse. Voyez-vous ? Et voilà ce que sont ceux qui reçoivent.Soi disant que c'était un violeur.
David Dufresne
Ce que j’aimerais comprendre, Maître, je suis désolé si dans votre travail d’avocat, de défenseur, le rôle de la presse est il, par exemple dans ce cas là et est il vraiment un obstacle ? Est ce que ça, ça vous crame des heures de travail ou vous sentez que l’enquête peut être influencée par telle ou telle révélation qui serait plus ou moins fondée ou pas ? Ou est-ce que c’est pas si important que ça ? Et ça, c’est plutôt la comédie humaine et l’agitation, le bruit médiatique on va dire. Quelle est la part d’importance réelle ? Du rôle de la presse dans tout ça ? Selon vous ?
Yassine Bouzrou
Dans les affaires dans les affaires de bien spécial estime. Le rôle de la presse est extrêmement important. Le procureur de Pontoise dans la rue a été muté. Beaucoup ont vu ou ont vu là une mutation disciplinaire. Suite aux articles très virulents contre lui dans l’affaire et devant le procureur de Mars et Tabarot a été muté du côté de Metz. Ça ressemble à tout sauf à une promotion selon moi. Au moins. Interprétation Ce qu’il a payé pour sa communication désastreuse et scandaleuse de l’affaire. Voilà des exemples. Dans l’affaire Adama Traoré, il y a carrément dans le dossier d’instruction une cote presse où des magistrats photocopies impriment tous les articles de presse et mettent ça dans le dossier judiciaire. Donc oui, les médias ont un rôle important dans ces affaires là. On constate souvent que c’est après l’article. Est ce que le parquet ouvre après préliminaire dans une affaire récente où une fillette qui a reçu un prix qui le fasse battre Chanteloup les Vignes ? Il y a quelques mois, les parents, j’avais porté plainte et pour mes clients au mois de décembre. Il a fallu attendre un article du Canard enchaîné du mois de février pour que le parquet ouvre une enquête. Et notamment l’affaire Un jeune d’un jeune Colombien, un mineur qui avait été tabassé aussi. Sa mère avait filmé. On l’avait mis en garde à vue. Sa mère pareil. La plainte datée du mois de décembre et enquête a été ouverte seulement lorsque la presse. Donc oui, la presse a un rôle extrêmement important et ça permet de faire avancer un dossier ou non. Et d’ailleurs, petite parenthèse sur l AFP avait fait, avait fait des dépêches pour indiquer que les gendarmes vont s’orienter vers un non-lieu des gendarmes dans l’affaire. l’AFP a titré ça ans au mois de au mois de mars 2019. Il y a trois ans, alors que le dossier était en cours, alors que j’avais remis, moi, des éléments qui à quiconque obligeait les juges à continuer d’instruire. Mais l’Agence France-Presse, donc, avait décidé d’annoncer que les gendarmes allaient voir un non-lieu. C'était il y a trois ans. Vous imaginez un peu le manque d’objectivité ? Ils ne prennent même pas la peine de respecter les délais. En plus, ce qui rend fou, moi, c’est que l’AFP se présente comme un média objectif et neutre. Donc dans ces affaires là, ça devient des militants pro-police gendarmerie. Ils vont jusqu'à ne pas respecter les délais pour annoncer un non-lieu qui n’existe pas. Vous rendez compte ? La nullité ou l’absence de d’objectivité ? D’avoir envie de faire plaisir à ce point aux forces de l’ordre que d’annoncer leur non-lieu qui n’existait pas à l'époque et qui n’existe pas encore aujourd’hui. Ça, c’est l’Agence France Presse, l’Agence France Police, France, Préfectures, France, Pipeau, France, Paperasse, France, France transparaissent. Malheureusement qui pose ces problèmes là ? Et donc la presse a un rôle important. Aussi bien la mauvaise presse a un rôle important. Notamment l’AFP qui a taxé Adama Traoré de violeur. Ils sont allés jusqu'à dire qu’admettre, alors que les. Que les faits de viols contre Adama Traoré, dont il a. Pour la faire très courte, il y a un codétenu qui avait porté plainte pour viol contre mètres. Il n’y a jamais eu d’enquête dans la mesure où Adama Traoré est décédé. Donc il n’y a jamais eu d’enquête construite, n’a jamais été entendu, donc n’a jamais pu se défendre. Et l’AFP a titré l’affaire de De Gaulle. Les faits sont avérés entre guillemets alors que personne n’a jamais dit ça. Donc c’est vraiment de la mauvaise foi totale du mensonge dont ils ont voulu faire croire aux lecteurs que le parquet de Pontoise avait affirmé ça, ce qui est faux. Il y a juste une décision de la Syrie qui est la commission d’indemnisation des victimes d’infraction qui a indiqué que le jeune homme avait subi un préjudice. Mais on ne sait pas. Son préjudice vient des violences qu’il a pu subir en prison, c'était bien autre chose. Donc voilà encore un exemple de l’Afrique. Il avait vraiment très envie de salir Adama Traoré. Je pense que c'était une commande à l'époque, on en parlait beaucoup et il y a eu les rassemblements devant le palais de justice et que l’opinion publique était très sensible à ce dossier là. Donc l’AFP, je le pense sur commande, avait décidé de détruire l’image d’un mort d’Adama Traoré. On voit encore l’article l'élégance, la classe de cette belle agence. En tous les cas, voilà, c’est important pour moi de le dire et l’expérience unique.
David Dufresne
Alors d’après le chat, vous avez rhabillé pour l’hiver prochain vont arriver ce matin. Je tiens à dire que les bruits de sirènes de police, ce n’est pas un effet sonore, un bruit que je rajoute. C’est à chaque fois que Maître Bouzrou prend la parole et tout ce qui passe dans la presse, je fais un saut.
Yassine Bouzrou
Alors pour la petite, pour la petite histoire, oui, et mon cœur, mon cabinet juste à côté du palais de justice, à côté de l’assemblée. Donc ça me permet d’entendre, notamment lorsque mes clients sont déférés. Donc il y a beaucoup de sirènes en bas de l’escalier.
David Dufresne
Eh bien, c’est un bon choix, c’est un bon emplacement. Page 317 Je fais un petit un petit saut et à. On parlera évidemment de cinéma idoine que vous avez cité plusieurs fois. Il y a beaucoup et il y a beaucoup de questions dans le chapitre. Page 317 toujours sur la presse. Vous expliquez. Vous parlez du cas des médias d’extrême droite ou des sites spécialisés dans l’actualité des forces de l’ordre. Ces derniers relaient exclusivement la parole des forces de l’ordre pour lui donner de la visibilité et de l’importance. C’est quelque chose qui est rarement évoqué. Vous pensez à qui, la.
Yassine Bouzrou
Je prends ça. Il y a des médias spécialisés comme l’essor de la gendarmerie qui a fait beaucoup d’articles sur nous. Il y a les sites internet aussi, Actu 17 je crois. Donc ce sont des sites de forces de l’ordre entre guillemets. Donc je comprends à la limite, vu le vu la présentation de ces médias, ils n’ont pas l’ambition d'être notre objectif, mais ça me choque beaucoup moins. Bien sûr, quand je dis média d’extrême droite, je pense notamment à l’heure actuelle qui est qui a fait beaucoup de dossiers, notamment sur la RAI ou d’autres, et qui en effet on sent qui prennent position pour les forces de l’ordre. Mais je vais vous dire une chose moi je j’ai beaucoup plus de respect pour le travail des sites de ces médias, donc médias, les forces de l’ordre. Et je vais même vous dire dans l’affaire Adama Traoré par exemple, pour être bien précis, j’ai beaucoup plus de respect pour le travail de Valeurs Actuelles que pour l’AFP, parce que, à l’heure actuelle, on sait très bien que c’est un média plutôt l’extrême droite, même bien comme bien d’extrême droite, qui assume, qui assume nos forces de l’ordre en toutes circonstances. Ils n’ont pas l’ambition de se présenter comme une agence de presse objective. C’est pour ça que pour moi, le plus grand, l’ennemi le plus important est vraiment l’organe de presse qui fait le plus de mal à tout ça, c’est l' AFP.
David Dufresne
J’en viens à madame Wane. Vous êtes l’avocat de la famille et votre chapitre onze intitulé Cinéma et douane et la grenade anonyme dans le chat. Morgan vous demande quelles sont, selon vous, les raisons pour que l’homicide volontaire ou non de madame Redouane devienne une affaire d'État ? Et il y a un peu d’explications page 210. Mais je vous, je vous, je vous laisse, je vous laisse répondre.
Yassine Bouzrou
Affaire d'État Parce que les plus grandes autorités de l'État, c’est à dire le Président de la République et des ministres importants, je pense notamment au ministre de l’Intérieur de l'époque, c’est à dire Monsieur Castaner, qui est le pire ministre de l’intérieur qu’on a eu en France. Je pense que c’est le pire ministre de l’Intérieur en Europe. Parce que pour aller aussi loin dans la nullité professionnelle, dans la mauvaise foi et dans le mensonge, je pense qu’il faut aller chercher très loin. Pour moi, c’est ce qui se fait de pire en politique et vraiment, je n’ai pas d’autres mots pour parler de Castaner. Et donc, lorsque Monsieur Castaner va à la radio, il va affirmer très tranquillement qu’on ne peut pas accuser les forces de l’ordre d’avoir tué en tout temps tout en indiquant, tout en indiquant au cœur cela que la queue que la grenade n’a pas tué madame Redouane, mais que cette dernière est décédée suite à un choc opératoire à l’hôpital. C’est ce qu’on appelle un mensonge flagrant devant les médias. Et donc, lorsqu’il ment comme ça, c’est apparemment en buvant un verre de vodka en boite de nuit et de le voir ici et là. En tant que ministre, il est invité en tant que ministre à la radio lorsqu’il nous arrête. Donc là, nous avons une des plus hautes autorités de l'État qui prend position dans une affaire judiciaire en cours. Au passage, la séparation des pouvoirs, je pense qu’il ne sait pas ce que c’est, il ne respecte pas et ne voit même pas comment on peut être ministre lorsqu’on ne maîtrise pas un minimum de droit constitutionnel. Donc il prend position sur une affaire en cours pour mentir dans le cadre d’une affaire où une dame de 80 ans a été tuée dans des conditions atroces. Donc lui a dit ça femme, il a pris position. Le président Macron a affirmé en interview que durant le mouvement des gilets jaunes, aucun décès ne pouvait être attribué aux forces de l’ordre. Là encore, et je le dis très tranquillement, Monsieur le Président de la République a menti car le jour même, Redouane est touché par la grenade. C’est lorsque les rassemblements qui dénonçaient l’habitat insalubre et les gilets jaunes se sont retrouvés sur la Canebière. Donc les CRS qui interviennent ce jour là, c’est pour mater les manifestations et notamment les gilets jaunes. Donc le président de la République a également menti en disant ça. Donc, lorsque nous avons les plus hautes autorités de l'État qui mentent dans une affaire, lorsqu’on a un procureur de la République qui est sous le pouvoir hiérarchique du pouvoir exécutif, le procureur n’est pas indépendant. Ce monsieur est mort également en conférence de presse en disant que le décès résulte d’une erreur médicale, ce qui est une erreur médicale. Généralement, il faut une instruction qui dure cinq ans dans sept ans. Donc là, lorsqu’on a des espèces de charlatans qui viennent vous dire au bout de 24 h 48 h, on peut mettre en cause un hôpital, c’est du grand n’importe quoi. Madame Radouane est opérée en urgence avec un pronostic vital qui est en jeu. Les médecins sont obligés de l’opérer pour essayer de lui sauver la vie et c’est dans le cadre de l’opération qu’elle décède. Bien entendu, la grenade a causé sa mort. Donc lorsqu’on a les plus hautes autorités de l'État qui prennent position pour mentir et que l’affaire est étouffée de la sorte, on peut parler d’une affaire d'État.
David Dufresne
Donc je vois que leur fils, mais j’ai tellement de questions se posent. Allez, un peu de temps encore. Maître, j’ai entendu qu’il y avait de l’agitation dans votre cabinet, mais en réunion.
David Dufresne
Vous avez du temps.
David Dufresne
Il y a Jihad.
Yassine Bouzrou
Alors j’ai dit Allez, je vais juste fermer la porte de ces deux emmerdeurs.
David Dufresne
. Vos questions sont remontées par Jessie que je remercie. Je vais essayer de déposer au fur et à mesure, mais d’abord je conduis l’entretien et à la fin je les poserai. N’hésitez pas à bien poser une question, c’est à dire d'être sur une forme interrogative ça m’aide beaucoup à remonter vos questions. Il y en a déjà 19 qui sont mises de côté par Jessie. Voilà, je m’en remets à des conseils et je vous remets à l’écran.
Yassine Bouzrou
Non, non, c’est pour moi, C’est pour pouvoir être sur la même page.
David Dufresne
La page 208 du code de procédure Pénale.
Yassine Bouzrou
Lorsque j’ai écrit mon livre ou que j’ai gagné 336 pages, qui est un gros livre, vraiment c’est super. Mais pas que. Je voulais que ce soit un livre. Qui permette de mettre en avant des cas précis des cas que j’ai traité moi même. Donc c’est vraiment tout ce que je dis. C’est pour ça que je suis très virulent à l'égard de plusieurs personnes et je l’assume totalement. Si quelqu’un n’est pas content, qu’il m’attaque en diffamation, je me ferais un plaisir de remettre une triple couche sur toutes les personnes qui ne sont pas contents. Donc je me base vraiment sur mes affaires, toutes mes affaires. Et donc moi, dans mes dossiers, je peux me permettre d’affirmer certaines choses. J’ai eu la chance d’avoir des clients de toutes origines, de tous milieux sociaux et je le dis moi même, mon combat dans ce livre, parce que je peux être quelqu’un de pragmatique, je veux faire avancer les choses et mon combat, vraiment, je le dis, moi, la justice, c’est la justice qui a un comportement honteux sur tous ces dossiers. Et je constate sur la base de mes affaires que lorsque j’ai des victimes. Avec des cheveux blonds, avec les yeux bleus, avec des postes importants, je pense notamment à une proviseure d’un lycée des Yvelines. Le traitement judiciaire de ces affaires là est exactement le même que le traitement judiciaire de madame Anne et de Fofana. Parce que nous avons une justice qui organise l’impunité totale quasi totale des forces de l’ordre dans ces dossiers de l’inspection ultime. Et c’est important de le dire parce que beaucoup de gens pensent à tort que seules les victimes d’origine maghrébine d’origine africaine ne seront pas respectées par la justice dans ce dossier là, ce qui n’est pas le cas. Et donc c’est très important de le dire, ce qui n’est pas le cas sur la base de mes dossiers. Et donc je reprends beaucoup de dossiers que je traite maintenant depuis quasiment quinze ans. Et le constat que j’ai pu faire avec des policiers blanchis par la justice des victimes qu’on a accusé de choses et d’autres où Macron a criminalisé des affaires anormalement longues, tout ça, toutes ces méthodes utilisées par des vestiges les dénoncent. Elles existent dans toutes ces affaires et les gens peuvent voir aujourd’hui, que ce soit l’affaire Traoré ou d’autres affaires connues, même lorsque les victimes ne sont pas originaires de tel ou tel ou tel endroit. Vous voyez que les policiers ne sont jamais suspendus, qu’il n’y a pas de procès, qu’il n’y a pas de condamnation. Malheureusement, et même parfois avec des éléments plus évidents, avec des parents, c’est comme ça. Donc, c’est important de le dire. Ensuite, si un jour je décide d'écrire sur le racisme systémique ou non systémique parce que là on peut, je devrais moi, me faire aider par des confrères qui ont plus de dossiers que moi, qui le démontrent clairement afin de pouvoir affirmer des choses et ne surtout pas généraliser. Sur la base de ce que je peux entendre à droite et à gauche. Voilà, vraiment dans ce livre, c’est important pour moi de parler, mais je parle tout de même du racisme. Je me base aussi beaucoup sur ce qui a été écrit par des vrais spécialistes de la question. Je pense que Monsieur Fassin a des études qui ont été réalisées. Donc voilà, je peux mettre en avant ce que je connais, ce que je maîtrise, mais ma matière à moi, ma plus value entre guillemets en tant qu’avocat pénaliste qui traite ces dossiers là, c’est de vraiment dire ce qui se passe dans mes dossiers.
David Dufresne
Et c’est entendu, effectivement, vous parler des travaux de Fassin va parler aussi des travaux de Fabien Jobard, etc. Sentez-vous une demande à propos du racisme ? Mais là, ça vous concerne vous ? Est ce que vous, Maître Yassine, vous avez été la cible de discrimination lors de votre formation ? Le métier d’avocat lorsque vous avez commencé à plaider au barreau ? Et si oui, comment cela s’est il manifesté et quel a été votre positionnement ?
Yassine Bouzrou
En tant qu’avocat, je n’ai jamais été victime de discrimination ou de racisme. En tous les cas, je n’ai jamais constaté et je n’ai jamais me jamais ressenti ou perçu. Par contre, lorsque j'étais étudiant, j'étais allé à l’université d’Assas, malheureusement connu pour la présence importante de groupes d’extrême droite. Voilà. Lorsque j'étais à SAS, j’avais un chargé de TD de travaux dirigés qui m’avait clairement fait comprendre que j’avais clairement compris qu’il me dit qu’il me discriminer. Donc il me mettait des notes ou il enlevait carrément dix points encore lorsque je devais avoir quinze, lui il marque carrément dix points pour mes origines. Et alors ? Moi je suis quelqu’un d’assez impulsif et je pense que j’ai été rarement victime de racisme en face parce que je suis peut être de cette qualité là. J’ai eu cette chance. On voit à mon visage que je peux très vite m'énerver et que je peux très agir et je ne touche à rien. En effet, j'étais à deux doigts de faire une très grosse bêtise que je regrette aujourd’hui. J’avais décidé d’agir. Je ne pouvais pas le supporter. En fait, c’est une personne qui aime, qui aime, qui me discrimine et qui me met dix points en moins, qui veut faire en sorte que je ne réussisse pas mes études et mon année universitaire. Donc j'étais à deux doigts de faire une très grosse bêtise. J’avais commencé à travailler de 1000 points et je pense que je l’aurais fait très mal. Et c’est une étudiante, une collègue, une copine de promo qui est venue me ceinturer, qui m’a dit "Le fait surtout pas ça, c’est tout ce qu’ils cherchent. Et donc en effet, j’ai eu beaucoup de chance ce jour là que cette fille soit là. Mais nous voilà de A à ça. Et j’ai eu un chargé de TD raciste qui assume clairement son racisme. Un imbécile d’une bêtise extraordinaire en plus, qui servait vraiment à rien, qui ne maîtrisait même pas sa matière, un sorte de clochard du droit et qui était là et qui a écrit et qui avait très envie de se prendre des coups. Et heureusement, je ne l’ai pas fait. Et donc je me rappelle, je me rappelle très bien de lui et c’est quelque chose que je retiens. C’est pas le seul, mais lui c'était vraiment officiel, C'était vraiment. Je suis un charismatique extrémiste et je ne j’aime pas. Je n’aime pas avoir des étudiants de votre couleur de peau qui vient d’une ville de banlieue. Donc clairement, c’est comme ça. Et j’invite tous les étudiants qui subissent ce genre de choses à vraiment de ne pas faire beau, à essayer malheureusement de prendre sur soi, d’aller dénoncer ça aux autorités des universités et de ne surtout pas se faire justice soi même. Ce que j’ai malheureusement failli faire et je ne l’ai pas fait.
David Dufresne
Non, il faut, il faut passer par un avocat.
Yassine Bouzrou
C’est toujours subir le racisme, la discrimination. C’est tout à fait. Mais voilà. A l'époque, j'étais ivre. J’ai failli faire une grosse bêtise, mais je ne l’ai pas fait. Et je suis le.
David Dufresne
Maître quand vous y êtes footballeur ? Vous étiez quoi vous ? Plutôt le défenseur qui tacle ou l’attaquant qui joue des coudes ?
Yassine Bouzrou
J'étais buteur maintenant le temps en égoïste sur le terrain de foot. Je t’ai ajouté avant centre, je ne pensais qu'à marquer des buts, je faisais très peu de passes et c'était pour ça aussi que j’aime travailler seul et que je ne suis pas très bon en tout ce qui est collectif. Mais voilà, tout s’explique dans la vie.
David Dufresne
Eh bien, très bien, Vous étiez, vous étiez Thierry Henry. Bon, très bien. Page 237, vous écrivez Les violences. Les victimes de violences policières illégitimes me font penser à certaines victimes dans les affaires sexuelles lorsque leur agresseur appartient au cercle des gens puissants. Et ça, c’est le chapitre du côté des faibles. En fait, ce que vous nous expliquez à partir de ce moment-là, c’est qu’il y a un surcroît de crédibilité. C’est le terme qui revient assez souvent. Vous expliquez que la justice croit beaucoup plus le policier, même quand il y a des éléments flagrants qui laissent entendre qu’il y a des mensonges de la part des policiers et que l’on se trouve dans une dans une, dans une position extrêmement déloyale. Est ce que vous pouvez revenir sur ce point là ?
Yassine Bouzrou
Oui, parce que c’est qu’on est amené, nous, à accompagner un peu nos clients et les combats. Et c’est vrai qu’il y a des individus et des notables dans les affaires sexuelles. Moi je trouve moi que la justice dysfonctionne totalement. D’un côté on va avoir. Des gens contre qui le début d’un commencement de preuve et il y aura même des éléments démontrant clairement leur innocence, mais qui vont être mis en examen, qui va être poursuivis. Je pense notamment à Van Branco, que j’ai l’honneur de défendre, qui a été mis en examen dans une affaire scandaleuse où tout démontre qu’il n’y a absolument rien à lui reprocher. Et donc là, la justice va foncer sans réfléchir pour le mettre en examen. Et à côté de ça, on a des dossiers avec des individus accusé de viol,. Avec des preuves et d’une lourdeur extrêmement importante, mais qui vont avoir un traitement particulier parce qu’ils exercent telle ou telle profession, parce qu’ils sont, ils viennent de tel milieu. Et ça, c’est scandaleux. Et lorsqu’on est, lorsqu’on a des victimes en face de nous, on ressent cette injustice et c’est quelque chose que je veux que je constate. Donc le parcours du combattant d’une victime de viol sur les dossiers qui vont être instruit pendant cinq ans, six ans, avec une absence de mise en examen, avec un refus des juges d’organiser certains actes d’enquête et avec la parole du la personne poursuivie qui va être considérée comme une parole beaucoup plus forte que celle de la victime. C’est quelque chose que je vois. Exactement de la même manière dans les dossiers de violences policières illégitimes. Vous trouvez cette comparaison intéressante parce qu’il y a un parcours du combattant qui ressemble beaucoup.
David Dufresne
Il y a une boutade dans le tchat que je vous donne parce que je l’ai ressenti en lisant votre livre. C’est Sylvie qui dit qu’en fait, ils ont raison. En fait, ils ont raison. Le problème de la police, c’est la justice. C’est un peu, c’est un peu le sentiment qu’on a quand on vous lit. On a l’impression que la justice. N’aide pas la police à être meilleure, au contraire, et valide tout, tout, tout, tout. C’est pour le bien. C’est vrai, on se dit ça, c’est un peu le truc. Et notamment Alors à l’inverse, vous n'êtes pas tout à fait d’accord avec l’idée de dire qu’il y a une impunité totale. Page 225 Vous, vous vous racontez une histoire et vous vous ajoutez. Cela permet au passage de dire qu’on n’est pas dans une situation d’impunité totale puisque des policiers sont condamnés. Voilà, j’ai trouvé que c'était un petit peu léger de votre part, si je puis me permettre. Il y a effectivement quelques condamnations de policiers, mais enfin, elles sont quand même extrêmement rares. Donc oui, en effet, c’est est ce que ce n’est pas l’arbre qui cache la forêt et qui vous force un peu la main, là, Page 225 et vous les retrouverez côte à côte page 220.
Yassine Bouzrou
Parce que ce que je sais, ce que je veux, ce que je veux dire, et c’est important de le dire, c’est qu’on a. Alors oui, c’est clairement l’arbre qui cache la forêt. Moi, je fais toujours très attention aux termes que j’emploie et je fais toujours l’effort d'être extrêmement précis. Et je ne peux pas dire qu’il y a une impunité totale dans la mesure où en effet, il y a des condamnations. Alors, il n’y en a pas beaucoup, mais il y en a, et j’en parle d’autant plus. C’est d’autant plus important d’en parler qu’il y a même parfois des condamnations excessives. Je m’explique. C’est que dans certains tribunaux, on va prendre le policier qui sera maintenu par sa hiérarchie qui éventuellement peut être à la ressemblera pas à tous ses collègues. Il y a beaucoup de dissimulation à la police. J’ai beaucoup de clients policiers aussi qui vivent un véritable enfer. Avec leurs collègues. Donc il y a parfois des policiers lâchés par l’institution qui eux, par contre, à la moindre infraction, vont comparaître devant la justice et vont être condamnés et vont prendre en fait comprendre pour tout le monde. Et ça c’est scandaleux. Et c’est même le seul point sur lequel je suis d’accord avec M. Laurent Franck Pinard qui a écrit le livre Avocat des flics dans la même maison d'édition. Ils dénoncent ça également. Et moi, je suis contre l’injustice, quelle qu’elle soit. Et si un policier est condamné lourdement parce que politiquement, on a demandé à tel procureur de faire l’exemple pour ensuite mettre cette affaire en avant pour dire qu’il n’y a pas d’impunité, Je trouve ça également scandaleux et c’est important de le dire. L’idée, c’est vraiment de dire que la justice dysfonctionne sur ces dossiers là. Alors bien entendu, ce que je dénonce est l’impunité quasi totale des policiers. Mais parfois, ils vont prendre un exemple qu’ils vont mettre en avant. Et là, ils vont le. Ils vont le pulvériser judiciairement. Et je ne trouve pas ça normal. Moi je ne demande absolument pas la justice. Moi je veux que la justice se comporte de la même manière avec tout le monde, qu’il n’y ait pas de passe droit et qu’il n’y ait pas d’apnée.
David Dufresne
Alors vous, vous venez de le citer effectivement, votre éditeur, Nouveau-Monde Éditions, fait un petit coup en publiant le même jour 2 livres, le vôtre, dont il avoue qu’il y a des libertés, et un autre que je mets ici, Avocat des flics de Laurent Franck Lienard, c’est l’avocat des policiers. Ils sont deux. Qui ? Qui ? Qui ? Qui en défend beaucoup ? Je mets ma main parce que j’ai demandé le livre. Je ne l’ai pas reçu, ni l'éditeur, ni l’avocat. Et je suis très triste parce que j’aurais vraiment voulu lire son livre. Donc si vous avez l'éditeur au téléphone, dites-lui que bon. Et que Maître Lienard et de Bienvenue au poste, ça me plairait beaucoup de ferrailler avec lui. Mais bon, je ne sais pas, il n’a pas donné suite. Bon bref. Donc j’ai trouvé ça intéressant comme coup éditorial de mettre deux bouquins qui ont l’air, qui ont à peu près la même, la même maquette. Bon voilà, c’est une sorte de vis à vis, j’espère qu’on pourra le faire. Page 245 DGPN Le travail de l’IGPN ou de l’hygiène qui est donc l'équivalent gendarmerie. Là vous donnez un élément dans le chat de vous, vous vont découvrir le travail de la discipline et de l’hygiène et concurrencés par celui d’un service de police classique qui a souvent pour objectif de s’assurer que les investigations qu’ils mènent sur leur propre collègue contrebalance celle des bœufs carottes susceptibles de trouver des preuves de violence illégitimes. Alors c’est un passage cote 245 mètres. Et je trouve que c’est un passage extrêmement intéressant parce que d’abord ça permet de dire que vous trouvez que DGPN ou l’IGN peuvent parfois bien bosser, mais qu’il y a d’autres services qui viennent les concurrencer. Est ce que vous pouvez détailler ?
Yassine Bouzrou
Oui, en fait, il y a Les procureurs de la République souhaitent garder la main sur les affaires, donc ils ont tendance à ouvrir deux enquêtes en même temps l’IGPN, confiée à une brigade locale qui va souvent parasiter le travail de IGPN. Donc ça je le constate. Dans la forêt par exemple, il y avait deux enquêtes, une de l’IGPN, des gendarmes et une de la section de recherche du Val d’Oise. Voilà. Et donc avec des agents qui vont auditionner quasiment à quelques jours d’intervalle, une chose qu’on va avoir des auditions différentes et compagnie. Et là, vraiment, l’idée, c’est de permettre au parquet d’avoir la main sur l’IGPN travaille souvent sous pression. Ensuite, moi ce que je pense de Ben, c’est qu’ils peuvent être très bons et redoutables dans tout ce qui nous concerne, pas les violences policières illégitimes. Lorsqu’un policier, par exemple, est accusé de corruption, de malversation, de vols de cellules, de vol de drogue au commissariat par exemple, la DGPN peut faire une très belle enquête et je l’ai vu dans plusieurs dossiers, notamment lorsque j’ai défendu des politiques. Par contre, leur style de violence policière illégitime DGPN n’a qu’une seule fonction malheureusement, c’est celle d’exonérer les forces de l’ordre. Je le vois dans tous mes dossiers, mais encore une fois, je le disais tout à l’heure, moi je préfère m’attaquer au Bon Dieu qu'à ses saints. Et en réalité, le gibet en est un, c’est un service très faible. C’est vraiment le bas de l'échelle. C’est un service qui est faible. Ils font ce qu’on leur demande. Le problème, selon moi, ce n’est pas les peines. Et si j’avais dit Si on me demandait de le réformer, de faire évoluer les choses, je ne modifierais même pas. Ben Ali libère est un bras armé d’un magistrat, soit du parquet, soit du siège. Si le juge d’instruction demande à DGPN blanchir un policier, il le fera. Si le procureur donne la peine de blanchir un policier, il le frappe. Si le ministre de l’Intérieur demande à DGPN, saisie de manière administrative, de blanchir telle brigade, tel groupe, tel policier, DGPN le fera en réalité sans prendre la peine en tant que tel n’a pas beaucoup de sens dans la mesure où ils n’ont même pas le droit. Ils n’ont même pas la capacité, ils n’ont même pas le pouvoir. Ils n’ont même pas un gramme d’indépendance pour pouvoir prendre position dans une affaire. En réalité, ils ne servent à rien, sauf à faire ce qu’on leur demande de faire. Donc je ne comprends pas pourquoi on peut les critiquer.
David Dufresne
Pourquoi vous ne feriez pas les réformer ou les rendre indépendants, par exemple en les mettant sous la tutelle du ministère de la Justice et non pas de l’intérieur ? Vous considérez que ça n’a pas d’intérêt ?
Yassine Bouzrou
Mais ce serait la peine. Mais ce serait là, ce serait la pire chose du monde. Le l’ennemi principal des violences policières illégitimes en France, ce sont les procureurs. Il suffit d’avoir un chapitre sur eux, sur le rôle dévoyé du parquet.
David Dufresne
Absolument.
Yassine Bouzrou
Le parquet est sous l’autorité de qui ? Du ministre de la Justice ? Le ministre de la Justice ? Est ce qu’il y a de pire en violence policière illégitime ? Donc, vous voudriez mettre fin à vous même ? Si on mettait l’IGPN aux ordres du ministère, ce serait encore pire. Ça veut dire que là où il serait, il serait dirigé par les mêmes personnes que les procureurs. Ce n’est pas possible en fait, Surtout pas. Et le problème, c’est que si on fait une réforme, les gens vont se dire ah bah ils ont enfin répondu aux revendications des droits de l’homme et compagnie. Il y a une réforme aujourd’hui. Par contre, on expliquera plus lisiblement. Bien sûr que non, ça serait même pire qu’aujourd’hui comme les choses sont officielles. Il ne sert à rien, il sert uniquement à blanchir ou à faire ce qu’on leur demande. Donc au moins, nous le savons. Et puis, grâce à toutes les affaires des gilets jaunes, ça a permis aussi de. L’opinion publique a compris à quel point Juppé était une blanchisseuse et ne servait à rien. Il faut surtout ne pas faire une réforme bidon qui ne changerait absolument rien. Parce qu’en apparence, l’opinion publique pensera que la réforme va dans le sens de l’arrêt de l’impunité, ce qui n’arrivera pas. Donc que j’ai dit.
David Dufresne
En introduction que votre bureau est décoré d’objets que vous avez racheté au cabinet de Maître Vergès, c'était le grand avocat de la rupture. Ce que j’apprécie beaucoup ce matin et dans votre bouquin, c’est que vous êtes, vous êtes un avocat de rupture sur le discours classique autour des violences policières autour de lui. Et je trouve que ça nourrit singulièrement le débat. Vraiment, je vous remercie d'être là. Maître Bouzrou Ce matin. Alors, il y a un autre truc quand même. Cote 248 La rédaction des faux procès verbaux est quasi systématique dans les dossiers de violence illégitime des forces de l’ordre, et notamment pour criminaliser la victime et justifier leurs actes. Ça, vous avez expliqué l’histoire de noircir les victimes, de criminaliser les victimes. Mais est ce que vous pouvez dire deux mots sur cette histoire de rédaction, de faux procès, de faux procès, patrons de faux procès verbaux ou c’est ça dans lequel vous rappelez que par ailleurs, normalement, ce serait une circonstance aggravante du fait que ce soient des policiers qui les rédigent, mais qu’en fait on oublie toujours ça et que quand parfois il y en a un qui est pris la main dans la confiture, dans le pot de confiture on correctionnelle, c’est à dire qu’on fait en sorte que ce sera moins grave que ce pourquoi il pourrait être poursuivi. C’est quoi un faux procès verbal dans une affaire de police, de violence illégitime, policière ?
Yassine Bouzrou
Parce que tout simplement le fait de mentir sur un document qu’on appelle un procès verbal. Par exemple, un policier qui va, qui va, qui va, qui va mettre des coups de poing à une personne qui l’interpelle. Le policier, au lieu de reconnaître qu’il a mis des coups de poing pour justifier les blessures, il va dire par exemple que l’interpellé s’est cogné la tête contre les murs. Le fait d'écrire sur un procès verbal que ce que le l’interpellé s’est cogné la tête tout seul en omettant de parler des coups de poing qu’il a lui-même pu mettre. C’est un procès verbal. Ce qu’on appelle un faux intellectuel, c’est le pan. Le contenu est faux. On parle de faux procès verbaux. C’est une infraction extrêmement grave parce que ça vient. C’est vraiment la confiance entre guillemets. Les policiers sont assermentés et les magistrats travaillent sur la base des procès verbaux. Nos dossiers sont composés de procès verbaux et donc, s’il n’y a pas cette confiance, la justice ne peut pas fonctionner. Et c’est la raison pour laquelle le législateur a prévu que cette infraction est l’une des plus graves. C’est un crime passible de quinze ans de réclusion criminelle. Normalement, un policier, et ce n’est pas possible, devrait passer devant une cour d’assises. C’est la loi, c’est la loi. Il y a même beaucoup de policiers qui passent à des vidéos par exemple. Ils sont obligés de reconnaître qu’ils ont menti. Mais le problème, c’est que les magistrats refusent systématiquement de respecter le code pénal et donc systématiquement refusent de poursuivre les policiers sur la base de ce crime. Et donc, la seule misérable méthode qu’ils ont trouvé, c’est en enlevant la circonstance de personne dépositaire, l’autorité publique. Comme si le procureur ignorait qu’un policier est un policier. C’est quand même un peu du monde. Pour parler correctement, lisez, voyez. Et donc les magistrats font ça. Et donc la conséquence, c’est que les policiers se retrouvent devant le tribunal correctionnel pour être jugés d’un faux et d’un petit faux entre guillemets correctionnalisation. Et là, on a toujours des peines d’emprisonnement avec sursis. Donc voilà, en voilà un peu la fleur qu’on leur et que la magistrature a fait. C’est qu’un policier qui commet une infraction extrêmement lourde pour laquelle il en avec quand même, en la reconnaissant, même en démontrant que l’infraction commise, il aura au mieux quelques mois avec sursis. Donc là c’est vraiment de l’irrespect total de nos actes. Et moi c’est quelque chose qui me choque, que je dénonce. J'étais encore à Bordeaux il y a quelques semaines, ça pas que devant l'École nationale de la magistrature. La honte forme les magistrats. Il y a. Il y a à Paris un parvis qui s’appelle le parvis des droits de l’homme. Et sur ce, Paris, les droits de l’homme. Au sol, il y a tous les articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Et moi je m’interroge. Je m’interroge sur comment peut-on être formé face au parti des droits de l’homme et ne pas être aussi loin du respect des droits de l’homme en tant que professionnel ? Je trouve ça choquant. Ça pose un vrai problème. Et donc voilà l’exemple concret d’infraction régulièrement commise par les forces de l’ordre, où les poursuites sont quasi inexistantes. Et vraiment, je le vois dans beaucoup de dossiers où on démontre clairement que le policier parisien fait un faux procès verbal, je le cite pas dans mon livre, mais il y a parfois des procureurs courageux. Donc ça avait été le cas à Bobigny lors d’une affaire où des policiers avaient kidnappé un individu la nuit Dans voiture, ils ont conduit dans un terrain vague, ils l’ont tabassé et massacré, ils l’ont laissé sur place et ensuite ils ont rédigé des faux procès verbaux en disant que cette personne avait été violenté par d’autres personnes. Donc pas vraiment en inventant toute une histoire sur des procès verbaux. Et à l’audience, la substitut du procureur, la République, avait comparé ses méthodes à la Gestapo, donc je l’avais trouvée. Pas courage ces procureurs. Pas suite à sa colère, les syndicats de police et la ministre de la Justice de l'époque, madame Alliot-Marie, avaient ouvert une enquête disciplinaire contre cette histoire du parquet qui ensuite a eu de gros problèmes pour avoir dénoncé des choses logiques, a dénoncé parce qu’elle a été choquée, en tant que magistrate, de voir des méthodes pareilles. Voilà que l’une des rares magistrates du parquet de l’histoire de Bobigny qui il me semble mettre que l’on suit, il me semble l'être que vous en parlez dans le livre enquête ici. Il me semble que vous en parlez dans le livre. Après, cette histoire me dit quelque chose.
Yassine Bouzrou
Alors je l’ai tellement, j’ai tellement écrit me relire que j’ai dit bon si les riches, je vais arrêter de le dépecer pour que laisser la surprise à ceux qui voudraient le lire.
David Dufresne
Est ce que vous avez encore quelques minutes ? Il y a un certain nombre de questions du chat Vous pouvez répondre au débotté, comme un peu comme du pingpong. Vous venez de parler des syndicats. Veuve Chicot vous demande Question rhétorique, mais que pensez-vous de la profession des candidats ? Ou plus exactement la convocation des candidats à l'élection présidentielle à la demande des syndicats de police ? Vous savez qu’il y a un syndicat de police qui a reçu un certain nombre de candidats à l'élection présidentielle Alliance. Donc, qu’est ce que vous avez pensé de ça ? Est ce que ça signifie ? Est ce qu’on peut en faire un bilan ?
Yassine Bouzrou
J’ai une autre particularité, c’est que je déteste la politique. Je n’en fais pas. Voilà, je déteste tout ça.
David Dufresne
Donc c’est votre vie de footballeur.
Yassine Bouzrou
Et là, c’est la coupe. Mais bon, celle-là c’est de la politique. Ensuite, sur la question plus large influence de syndicats de police, il est évident qu’elle est allée beaucoup trop importante selon moi, et qu’on a conduit en effet des politiques qui ont peur, qui ont peur de la réaction des syndicats de police, qui à qui en effet arrivé à exercer une pression énorme et on le ressent sur les dossiers. Et ils le font bien. Parce que quand vous voyez l’impunité aujourd’hui policière, quand vous voyez que même sur les affaires les plus emblématiques, on n’arrive même pas à obtenir la suspension des policiers qui ont tué, par exemple, les syndicats de police ont un sacré travail, ils sont sacrément suivis et je trouve ça moins anormal.
David Dufresne
Je vous demande qui juge de quelle violence est légitime.
Yassine Bouzrou
C’est la justice sur la base des éléments qu’on nous annonce pour nous soumettre. Il faut normalement apprécier si les violences sont proportionnelles, si elles sont justifiées par une atteinte, par une atteinte aux personnes. Mais on le constate grâce aux témoins et grâce à d’autres choses. Voilà. Ensuite, bien entendu, les policiers vont tout faire pour dire que cette victime soit qu’ils auront du mal à justifier de l’usage d’une arme à feu face à une personne qui lui permet par exemple de justifier des violences à plusieurs policiers sur une personne virulente. Mais pourquoi se mettre à plusieurs et frapper pendant longtemps ? Ensuite, on apprécie, c’est vraiment du factuel. Mais en effet, les policiers ont tendance à mettre ça en avant en indiquant que même parfois ils vont, ils vont violenter des individus qui ne sont pas du tout violents et ils vont avoir le toupet de dire qu’ils ont remarqué dans le regard de la personne un regard agressif. Donc parfois, des policiers se permettent de frapper les gens C’est une sorte de légitime défense parce que j’ai senti dans son regard qu’il voulait peut être me frapper. Donc moi, quand je lis ça, normalement c’est bien, ça me fait rire. Je me dis que l’explication est quand même fantaisiste. Et malheureusement, nous avons des magistrats qui prennent ça comme un argument très fort, très puissant. Et qui décide en effet de ne pas poursuivre le policier en estimant qu’un regard d’une personne interpellée peut être suffisant pour laisser entendre qu’il va être violent. On est dans l’anticipation d’une violence possible par le regard. Donc voilà des versions aussi pathétiques que ce que je viens de vous dire. Malheureusement, c’est souvent validé par les magistrats.
David Dufresne
Alors moi j’ai dans le chat des gens qui ont des pseudos un peu à mon avis, comme certains de vos clients. Le dealer de slip par exemple, vous demande que faudrait-il faire pour améliorer le contrôle de la police ?
Yassine Bouzrou
C’est une question très vaste. Selon moi le fait. Je ne sais pas qui pourrait contrôler la police dans le pays. Je ne vois pas. Si quelqu’un a une idée intéressante, moi je suis preneur. Mais je ne me vois pas moi, qui pourrais contrôler la police. Pour moi, le seul, la seule institution qui peut contrôler par la sanction, c’est la justice. Donc le contrôle ne peut se faire que par la sanction. Soit vous respectez la loi et vous n'êtes pas sanctionnés, soit vous commettez des infractions pénales et la justice vous sanctionne. Et moi, je pense que le seul contrôle possible, c’est par la sanction pénale lorsqu’une infraction est commise. Et c’est pour ça que mon livre cible clairement, selon moi, l’unique responsable des violences policières légitime en France, c’est à dire la justice.
David Dufresne
Alors précisément, j’ai deux questions sur la justice. L’idée du monde quand il y a étouffement des affaires, est ce qu’il y a des commissions qui sont distribuées ?
Yassine Bouzrou
Je ne pense pas qu’il y ait des commissions, ce genre de chose. Je pense que c’est une mentalité. Il y a une mentalité judiciaire aujourd’hui qui consiste à croire le policier qui consiste à opposer un peu les individus. S’il y a bien, le policier dit forcément la vérité et l’autre ne dira pas la vérité. Cet argument, j’ai pu l’entendre à une époque où je me disais bon, qu’un magistrat préfère croire un policier qui travaille tous les jours plutôt qu’un voyou par exemple. Bon, humainement, je peux le comprendre, je peux comprendre comme moi je pourrais facilement croire un de mes collègues de travail qui se moquent de moi. Le problème, c’est que lorsque vous avez un dossier avec une fillette qui est gravement blessé, qui a le crâne fracassé par un LBD, une fillette de cinq ans, lorsque vous avez madame Redouane, 80 ans, qui n’a jamais fait parler d’elle, qui est juste à sa fenêtre et qui veut fermer ses volets lorsqu’on a des victimes ou compte, qu’on ne peut même pas criminaliser entre guillemets, Là, je ne comprends pas comment un magistrat peut d’un côté penser que le policier de la vérité est une victime. Pour le coup, qui n’a qui n' a eu aucun comportement répréhensible puisse mentir en accusant les forces de l’ordre ? Ça, je ne peux pas, je vois un politique qui ne regarde que la loi.
David Dufresne
Alors le chat vous donne peut être une piste et c’est justement la piste politique, celle que vous ne voulez pas emprunter.
Yassine Bouzrou
Il y avait, et c’est un sujet tellement, tellement vaste. Il y a forcément des choses à faire, forcément des choses à faire. Dis donc, moi, avec mon activité professionnelle, j’ai déjà tellement de dossiers à traiter et c’est déjà extrêmement difficile d’obtenir gain de cause sur des cas précis que voilà. Mais en effet, je pense qu’il faudrait notamment là, sur les cinq dernières années, lorsque je vois le nombre de personnes qui ont été éborgné et qui l’ont été, qui ont été agressées. Et lorsqu’on voit les ordres qui ont été donnés, notamment les dossiers de gilets jaunes où on a les échanges radio des policiers, on demande aux policiers d’impacter un maximum de monde. C’est à dire que là on a un ordre policier qui dit clairement je vous demande, vous policiers sur le terrain, d’impacter un maximum de monde avec des plans, mais on est vraiment sur un ordre totalement illégal puisque normalement le LBD c’est dans un cas très précis de légitime défense et donc on a des ordres illégaux qui ont été donnés. On a en effet beaucoup de victimes. Je pense que sur les éborgné il y aurait quelque chose de collectif à faire. Voilà, ça ce n’était pas assez simple justement. Beaucoup de réflexion. Mais oui, je pense qu’il faut, il le faut. Moi je ne, je ne je ne lâcherai pas les responsables, qu’il soit policier et politique ou n’importe quoi jusqu'à la fin de mon existence. Toutes les personnes qui ont une responsabilité de près ou de loin sur les violences policières illégitimes, que ce soit des éborgnés sur d’autres. Moi je ne lâcherai pas tant avec tous les moyens juridiques et toutes les possibilités de rouvrir les dossiers et tout ce qu’il est possible de faire, moi je le ferai jusqu'à la fin.
David Dufresne
Deux dernières ultimes questions qui sont plus personnelles.
Yassine Bouzrou
Il faut voir ce que je fais de la boxe, ça me fait beaucoup de bien. Ça me permet de frapper sur un sac ou sur un boxeur et ne pas le faire sur d’autres personnes. Donc ça me fait du bien et on me conseille fortement depuis quelque temps de faire du yoga, il y a un bouillonnement intérieur face à l’injustice et face à l’impunité. Donc en effet, je suis heureux si je veux continuer à me sentir bien et avoir une bonne santé. J’ai intérêt à faire du yoga et à trouver des activités qui permettent un petit peu de me détendre. C’est important.
David Dufresne
C’est bien. Moi, je fais du café. Et dernière question, dernière question
Yassine Bouzrou
Si j’ai décidé de devenir avocat, c’est pour faire respecter les libertés et les droits fondamentaux dans nos textes juridiques. On donne ce rôle aux juges. On estime que les juges sont les garants des libertés des juges qu’on appelle le juge, de la juge des libertés, de la détention. Mais en pratique, on dit le juge des libertés, alors qu’en réalité ce sont les juges de la détention puisqu’ils passent leur temps à prolonger des mandats de dépôt, des incarcérations, à mettre les gens en prison, et ils passent beaucoup moins de temps à remettre des gens en liberté. Donc, j’estime qu’au niveau des acteurs judiciaires, le seul acteur judiciaire qui se bat vraiment pour les libertés, parce que dans mon livre, je parle principalement des victimes des victimes, mais je parle aussi beaucoup d’affaires criminelles avec des innocents qui ont été jetés en prison. Je fais notamment un long chapitre sur l’affaire Michel Courtois, qui m’a beaucoup marqué, bien sûr. Et donc j’estime aujourd’hui que le combat pour les libertés, c’est de faire respecter nos droits fondamentaux, notre combat, nos libertés au sens propre, en obtenant la remise en liberté de nos clients qui, je le rappelle, sont dans la majorité des cas présumés innocents. Et normalement deux sont introduits. Mais on pourrait tous être des acteurs des libertés, mais des dossiers etc. Je me rappelle que ce n’est pas mon idée de RTL éditeur, car qui a qui a proposé ce titre ? Ça aurait été un peu prétentieux de ma part de le prétendre avocat des libertés. En tous les cas, le combat de tous les jours est pour les libertés. Et vu que vous m’avez indiqué que c'était votre dernière question, vous deviez me parler de l'étude de l’histoire des 5 % de ces traités et des autres dossiers que je traite effectivement.
David Dufresne
Et il est fort le loustic, parce que moi je peux vous garder encore 2 heures. C’est par respect pour vous et vos clients.
Yassine Bouzrou
Alors on a un journal un portrait de moi il y a quelques jours sur France3 on me présente comme ça en disant que les violences policières représentent quatre 5 % de mon activité. Euh oui, en fait j’ai été beaucoup médiatisé sur certaines affaires comme Adama Traoré, mais en vérité oui. Mon travail pour les violences policières, c’est 5 % de mon activité. Je ne pourrais pas dire je ne pourrais pas faire 50 % de ces dossiers là. C’est trop frustrant. C’est un combat qui est beaucoup trop, beaucoup trop fort pour ne faire que ça. Sinon, il faudrait vraiment que je me fasse à ma manière de traiter ces dossiers. Et je refuse la résignation. Je ne peux pas faire que ça, donc je refuse beaucoup de dossiers. Mais moi, ma spécialité est ce qui m’a permis de devenir ce que je suis devenu en matière pénale, c’est la défense dans les affaires criminelles, c’est la cour d’assises, c’est la correctionnelle, c’est vraiment la défense des accusés d'être en défense. Il n’y a pas été les seules affaires où je suis du côté des parties civiles, ce sont les affaires de violences policières parce que nous sommes face à tout le monde. Lorsque vous dites lorsque vous défendez une victime policière, vous avez en face de vous tout l’appareil judiciaire. C’est un peu pareil. Lorsque vous défendez un accusé, vous aurez en face de vous le procureur, vous aurez en face de vous des magistrats et vous aurez toute une marine en fait, d'être du côté du faible, entre guillemets, face à l’appareil judiciaire et face aux institutions. Mais ma spécialité est ce que je traite le plus, ce sont des dossiers criminels, donc contaminer ma clientèle, C’est beaucoup de gens accusés de crimes et de délits.
David Dufresne
Et bien en tout cas, merci infiniment d’avoir passé 2h avec nous.
Yassine Bouzrou
Un mois.
David Dufresne
C’est un livre absolument passionnant qui prend parfois par surprise. Donc voilà, c’est bien. J’espère qu’on aura l’occasion de vous revoir Au poste et peut-être même ailleurs
Yassine Bouzrou
Avec plaisir.
David Dufresne
Merci beaucoup.

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