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L'écologie politique. En 2023. Table rase ? Marine Tondelier convoquée Au Poste

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Transcription de l’émission

David Dufresne
On va en parler avec Marine Tondelier. Elle est là, dans les coulisses Bon matin à tout le monde. Bonjour tout le monde, Vous êtes les bienvenus. On va lui dire bonjour Est ce qu’on vous entend ?
Marine Tondelier
On entend très bien.
David Dufresne
Je crois qu’on vous entend très bien. Super ! Vous avez une belle affiche derrière vous donc !
Marine Tondelier
Oui.
David Dufresne
Vous vous radicalisez sur internet ou quoi ?
Marine Tondelier
Selon le ministre de l’Intérieur ? Oui, selon la CGT non.
David Dufresne
C’est-à -dire ? J’ai promis qu’on ne ferait pas de politicaillerie, mais là. Bonjour, merci, Merci de nous accueillir chez vous, dans le donc vous et tout là dans le local des Verts, c’est ça ?
Marine Tondelier
C’est exactement ça. Dans mon bureau, au siège du Parti d’Europe Écologie les Verts, près de la Gare du Nord.
David Dufresne
à Paris. J’avais préparé un peu comme les congrès chez vous. Je pense à ce poste ce matin.
Marine Tondelier
Bien non, pas pour rien. Au congrès, il y a du son.
David Dufresne
Bien sûr, j’ai cru que bien au contraire,. C’est dit. J’ai cru que vous alliez dire il y a du sang, Non, il y a du son.
Marine Tondelier
On est non violents, vous savez.
David Dufresne
Absolument. Absolument.
Marine Tondelier
Il n’y a pas de limite puisqu’on est végétarien, donc tout va bien.
David Dufresne
Ah oui, il paraît. J’ai lu ça, j’ai tapé votre nom et dans France Info, il y a cinq choses qu’il faut savoir sur vous. La première chose, c’est que vous êtes végétarienne. C’est étrange.
Marine Tondelier
j'étais allé à Copenhague, donc c'était la COP 15 de première grosse manifestation pour le climat en 2009 et. Et j’aimais déjà pas beaucoup l’avion parce que depuis toute petite, quand il y avait du sang dans l’assiette et tout, c'était un peu par sensiblerie. Et je suis rentrée en me disant qu’en plus, comme ce n'était pas bon pour le climat, ce n’était pas la peine de trop forcer. Depuis 2009, je ne mange plus de viande.
David Dufresne
Vous avez 36 ans, vous êtes chef de file d’ EELV c’est-à -dire que vous êtes secrétaire national, je crois, c’est ça ? Vous avez été élue avec un score soviétique, 90 % des adhérents ont voté pour vous au dernier, au dernier congrès. Vous avez manifesté à 100 % de solides et on va en parler, évidemment, parce que votre témoignage a été déterminant sur ce qui a pu être dit ensuite. Vous combattez le RN depuis toujours, depuis que vous avez peur du sang finalement, sur les terres même du RN, puisque vous êtes élue d’opposition au Conseil d’Hénin-Beaumont. Et j’aimerais beaucoup qu’on parle de votre travail, de ce que c’est que le RN au quotidien. Est ce qu’il est différent du RN ? J’ai un peu ma réponse, mais du RN médiatique. Vous avez des choses à nous dire sur le nucléaire, sur le partage de l’eau, sur les richesses ? On prend le café avec vous Marine autour de lui, même s’il est très tôt puisque votre ami François A, qui est donc votre assistante, m’a demandé de raccourcir. Et on ne versera pas une goutte dans la politicaillerie, si vous en êtes bien d’accord.
Marine Tondelier
Avec grand plaisir.
David Dufresne
C’est ça ? Ça n’a aucun intérêt. En plus.
Marine Tondelier
Si vous permettez, juste moi c’est du thé, ce n’est pas du café, mais à part ça va
David Dufresne
. Et allez, on regarde, on est tellement contents de vous parler. Il y a aussi pas mal de questions qui sont venues par Twitter et qui vont venir par le pas par le tchat. D’abord, qu’avez vous vu à Sainte Soline ?
Marine Tondelier
Alors j’ai été deux fois Sainte Soline. J’ai fait la manifestation en octobre qui pour le coup était très compliquée parce que pour le coup, on avait eu à faire aux forces de l’ordre une quinzaine de fois entre le départ de la manifestation et la bassine. Et donc il y avait eu des lacrymos quasiment de manière constante pendant 3 h. Le sens du vent nous aidait Mais c’est vrai que c'était un exercice un peu plus intensif dans la durée. Là où à Sainte Soline le 24 mars, nous avons finalement fait un pèlerinage de dix kilomètres en mode Saint Jacques de Compostelle sans croiser aucunes forces de l’ordre. On a même visité. C'était assez pittoresque de nous dire regardez sur votre droite, il y a un tumulus. Mais qu’est ce qu’un tumulus ? Mais c’est des constructions funéraires de 4000 ans avant Jésus-Christ. Alors tout le monde a visité le tumulus. C'était assez, vraiment très pittoresque. J’ai dit à la première ministre que c'était saint Jacques de Compostelle pour certains. Et puis tout d’un coup, arriver devant cette bassine, voir toutes ces forces de l’ordre amassées. Et c’est la grosse différence de point de vue que j’ai, notamment avec la première ministre que j'étais. J’avais demandé un rendez vous sur le sujet qui a eu lieu et elle me dit Vous comprenez, on est obligé de mettre des vendeurs pour protéger les manifestants. Je vous dis que je connais cette logique, mais pour le coup, ce que j’ai vu là, ce n’est pas vrai. Si protéger la manifestation, on les aurait croisés pendant la manifestation, Il se trouve que là, il protégeait la bassine, c’est à dire un trou que cette opération de maintien de l’ordre a coûté 5 millions d’euros, c’est à dire le coût de deux bassines complètes et que vraiment. Alors après, je peux comprendre qu’ils ont envie de protéger une bassine. Il n’y a pas, il n’y a pas de problème. Mais ce n’est pas vrai qu’ils disaient pour protéger les manifestants et que de manière indistincte, tout le monde s’est fait gazer et qu’il y a eu surtout ça. Vous l’avez suivi dans les jours qui ont suivi énormément de mensonges. Et donc ma présence, celle de la LDH, celle d’autres parlementaires écologistes insoumis, a été beaucoup critiquée. Je pense qu’elle a été critiquée parce qu’ils n’avaient pas intérêt à ce que ce soit là, à ce que l’on voit. Est ce qu’on peut raconter la vérité ? Moi quand il a commencé par dire qu’il n’y avait pas d’armes de guerre, bah si y avait des armes de guerre, c’est la définition dans la loi, ne lui en déplaise. Quand il a dit qu’il n’y avait pas ni il n’y avait pas eu de lacrymos ni sur et de grenades, ni sur les élus, ni sur les blessés que nous protégions. Si c’est faux. Et je me rappelle avoir mis une photo sur le bureau d’Élisabeth Borne de David Corman. Vous connaissez peut-être des parlementaires européens, écologistes, notre ancien secrétaire national. Et donc on le voit en train de prendre une photo et au-dessus de sa tête, une grenade. On disait c’est bien David Corman, il est député européen, c’est une grenade au-dessus de sa tête. Donc j’ai assuré la première minute que j'étais nul en informatique et donc je ne savais pas faire de Photoshop. Donc c'était une vraie photo. Et donc je me dis voilà Fab, peut être que vous ne saviez pas la main, Donc vous avez cette photo, vous ne pouvez plus dire qu’il n’y a pas eu de grenades sur les parlementaires en sachant que les blessés que nous protégions était juste derrière, donc CQFD. Et donc je pense que ce qui m’importe dans la vie, c’est la vérité. C’est un mot qui a été choisi à la soirée des soulèvements de la Terre, où chacun devait choisir un mot pour défendre les soulèvements des terres. La vérité, j’y tiens, ce n’est pas un truc idéologique, c’est pour le coup, c’est après un événement pareil. Les gens ont le droit de savoir ce qui s’est passé. Et surtout la vérité. C’est ce qu’on doit à Serge notamment, qui est encore entre la vie et la mort. Et en réalité, lui, ses proches, sa famille, celles et ceux qui ont manifesté à ses côtés ont le droit de savoir ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Du côté des manifestants, on le sait en partie du côté des. L’Ordre, c’est encore un peu obscur.
David Dufresne
Et est ce que vous pouvez nous dévoiler la mine de la première ministre ou sa réaction si elle en a eu quand vous lui avez parlé de l’arsenal policier des violences policières ? Qu’est ce qui s’est fait dans le secret des dieux ?
Marine Tondelier
Non, mais c’est une ancienne préfète, donc vous savez, elle n’est pas là pour être émotive ou expressive. Elle prend acte. Je l’ai trouvée extrêmement mal à l’aise sur le sujet suivant, qui était suivi du fait que son ministre de l’Intérieur qualifie ses opposants politiques de terroriste, ce qui a un sens. Outre que c’est une tendance politique dans les fonctions qu’il occupe, ça a vraiment un sens et c’est dangereux. Je lui ai dit qu’il finirait par y avoir un mort et qu’il serait écologiste vu la tournure que prenaient les évènements dans plusieurs régions de France. Et voilà, on sent qu’elle n’est pas forcément à l’aise. Après, y a une première ministre, elle est là pour tenir la ligne et elle le fait à merveille. Mais nous aussi, nous savons tenir le climat dans un registre et dans un style différent. Et voilà, au moins cet échange a t il eu lieu. Et je pense que depuis et de mémoire, je ne l’ai. Je ne l’ai plus entendu, ni elle ni Gérald Darmanin asséner les mensonges que je leur avais pointés dans ce rendez vous. C’est toujours ça de pris.
David Dufresne
Justement, il y a cette accusation de terrorisme qui vous vise, pas vous directement, explicitement, mais qui d’une certaine manière. N’est pas assez général. Voilà quelques questions : Qu’est ce que vous répondez à ça ? Qu’est ce que vous ? Est ce que vous êtes réunis, les Verts, en vous disant Bon, qu’est ce qu’on répond là.
Marine Tondelier
Qu’une association de malfaiteurs ou en bande organisée ? Est ce qu’il y a un moment où, quand on commence à. Je ne sais pas, on se dit à un moment est ce qu’on doit louer des caves pour se réunir dans la clandestinité dans trois semaines, puis qui vont dissoudre les soulèvements, les terres qu’on en fait partie, que peut être vous dites dissout tout le monde la Ligue des droits de l’homme, la Confédération paysanne de Belleville et après qui ? On ne sait pas. Il y a une forme d’outrance. Est ce que je vous disais à l’instant ? C’est que ce n’est pas juste, que le débat politique est devenu outrancier, ça aussi moi je le déplore parce que ça n’aide pas trop à avancer les choses. Mais quand c’est un ministre de l’intérieur, c’est à dire celui qui est en charge de l’ordre et de combattre le terrorisme et de désigner qui est terroriste ou pas dans ce pays qui désigne ses opposants politiques, nous comme des écoterroristes, tout le monde comme des terroristes intellectuels, sans faire de distinctions, sans faire de nuances. Là aussi, la Premier ministre m’a dit je ne pense pas qu’il parlait de vous. Je dis premièrement si. Et deuxièmement, il ne fait pas trop l’effort de distinguer les uns des autres, et c’est un vrai problème. C’est ce qu’on appelle la stratégie du bouc émissaire et en réalité un bouc émissaire. Il a plusieurs caractéristiques. La première, c’est qu’il est innocent. La deuxième, c’est qu’en général, quand on doit désigner un bouc émissaire, c’est qu’on est un peu fébrile, acculé, et que comme on ne sait pas expliquer un truc, bah hop, il faut détourner le débat. C’est quand même un peu ce qui s’est passé. Le problème, c’est que comme il est ministre de l’intérieur, il nous a mis une cible dans le dos. Et pour des personnes qui ont peu de recul sur la situation, il y en a quand même dans ce pays. C’est nous désignés comme les responsables directs de leur problème. Et donc je prends un exemple puisque j'étais ensuite dans le Lot et Garonne, poursuivi par la Coordination rurale, qui sont des syndicats en gros agricole d’extrême droite Geeky qui en mode premier degré, on dit on vient de se venger de censure ligne, donc on va vous mettre du lisier partout, Vous ne mettrez pas un pied dans le Lot et Garonne.
David Dufresne
Quelques jours après c’était ?
Marine Tondelier
Deux jours après, si vous descendez du train embourbé dans le train, si vous descendez, si vous sortez l’autoroute, on mélange autoroute. On a dit bon je dois venir en jet privé, je n’aime pas trop ça, mais pas de problème. Et voilà, on l’a fait quand même cette exacerbation de la violence. L’huissier normalement, pour garantir l’ordre, un mot qu’il aime et la cohésion de la société, il fait quand même exactement l’inverse. Le problème, c’est que ce que j’expliquais aux agriculteurs, ce que, outre la Coordination rurale du Lot et Garonne, j’ai rencontré la FNSEA, les Jeunes agriculteurs pour faire la transition de ce pays. On va quand même devoir convaincre plus de gens que juste la Confédération paysanne et Europe Écologie les Verts. Donc pas de problème, on discute. Et je leur disais mais vous pouvez supprimer tous les écologistes de France et même du monde, vous aurez quand même un problème de ressources en eau, vous aurez un problème de changement climatique et votre maïs dans une France à plus quatre degrés nous poussera quand même pas aux mêmes endroits. Donc je leur démontrer que leur problème dans la vie, ils n'étaient pas exactement les écologistes et que s’ils le pensaient, ils avaient le droit de le penser mais que ça ne ferait pas avancer leur problème. Et je pense que voilà, des ministres, normalement, il doit être un peu au dessus de la mêlée et qui sont là pour raconter la vérité, mot qui me tient à cœur, voulaient compris aux gens et pas pour faire des boucs émissaires, surtout pas quand ils sont mis de l’intérieur pour mettre en danger les personnes qui présentent comme des boucs émissaires. Il y a quand même des écologistes qui, dans ce pays, sont menacés de mort, sont intimidés. Morgan Large, qui est journaliste sur l’agrobusiness en Bretagne, a fait l’objet de deux tentatives d’assassinat en deux ans. Elle n’a jamais, malgré ses demandes, fait l’objet d’une protection policière. Je constate que la bassine de Sainte Soline avait, elle, eu 3200 forces de l’ordre pour la protéger ? Pas Morgan. Après sa première tentative d’assassinat, il y en avait eu du coup une deuxième. Donc je pense que dans la vie, il y a la paille, la poutre, Il y a un sens de la mesure à avoir et que. Je. Constate que pour les agriculteurs, on a mis en place des cellules, des mystères pour reconnaître que vraiment ils étaient très menacés et que ça leur a finalement conféré une forme de confiance ultime en eux, d’impunité, de reconnaissance que eux, c'était très grave. Qui vivait et les autres ? Et ça ne les autorise pas, ni les agriculteurs, ni je ne sais qui dans ce pays, à menacer des écologistes à saccager leurs locaux parce qu’ils ne sont pas d’accord avec leurs idées.
David Dufresne
Est ce que paradoxalement, le fait que. Certains militants sont taxés de terroristes. Ça ne donne pas une importance de premier plan, si je puis dire, aux combattants écologiques.
Marine Tondelier
Ah ben c’est sûr que ce que je dis souvent à mes collègues écolos, c’est qu’il fut un temps où on parlait quand même beaucoup moins de nous. Donc je me dis qu’il y a eu plusieurs phases dans l'écologie. Quand René Dumont, notre premier candidat à la présidentielle en 1974, a cette image en tête. Il a un pull rouge, un peu comme Ben voilà. Et vous savez, c’est l'équipe officielle. En 1974, il n’y avait pas Facebook, pas les réseaux sociaux, donc les campagnes. C'était ce clip officiel qui passait à la télé et qui montrait son verre d’eau en disant ceci est un verre d’eau, l’eau est précieuse et bientôt elle viendra à manquer, vous verrez. Et tout le monde se moquait de lui en disant mais merci papy idk Roch, je ne sais pas si ce mot existe en dehors du Pas de Calais, mais vous avez compris. Et puis et puis de dire voilà. Et avec son eau il y aura plus d’eau, n’importe quoi. Et puis 40 à 40 ans après on y est. Donc pendant 40 ans, on l’a dit sous les risées générales. Et puis maintenant qu’on y est, les gens disent Ah, alors maintenant, les écolos, alors, vous faites quoi maintenant ? On vous écoute, Il y a plus d’eau là maintenant. C’est quoi ? C’est assez intéressant. Ce que je peux vous dire surtout, c’est que tout cela nous fédère énormément. On a derrière moi les affiches, Fruits, Soulèvement, la terre, dont moi. Pendant quelques semaines, on me dit Mais toi t’es membre des soulèvements de la Terre ? Je n’en sais rien, je fais des manifestations. On ne m’a jamais demandé de prendre une carte, de signer un truc. Je ne sais même pas vous dire officiellement si je suis membre ou pas. Voilà, je ne sais même pas comment ça marche et je pense que c’est fait pour qu’on ne sache pas et que ce n’est pas très grave. Ça passe par un parti, ce n’est pas une association, c’est un collectif, c’est assez informel et le fait qu’on dise c’est des terroristes, il faut les dissoudre. Qu’est ce qui s’est passé dans un grand élan de solidarité et aussi parce que des partis comme le nôtre, il faut le dire, ont pris le risque, sont pas restés dans le confort des charentaises en disant ouh là, ils ont l’air un peu dans l'œil du cyclone. On va se tenir à l'écart, les laisser se débrouiller et puis on verra à la fin si ça se passe bien, on viendra les voir. Et puis si ça se passe mal, on aura été loin des problèmes. En fait, c’est ça, il y a des gens qui vivent à l'écran des problèmes. Ce n’est pas le cas des écologistes, Notre histoire le démontre et je pense qu’on a bien fait que ça a aidé beaucoup de personnes assez institutionnelles, qui n'étaient pas trop dans ces luttes là à venir. Soutenir le fait que Valérie Masson, Delmotte du GIEC, par exemple, soient présentes à la soirée de soutien. Et tout le monde le sait, c’est quelque chose de très fort qui a réussi. Gérald Darmanin. Vous voyez, en critiquant même parfois son bilan, et même souvent, on peut lui reconnaître des réussites. Il a réussi à fédérer les foules, les soulèvements de la terre, à faire cette pétition, à signer même par le fondateur des Pink Floyd, Gérald Darmanin l’a fait. Vous vous en bien faites. Et puis à faire en sorte qu’on a quand même démontré, et d’ailleurs les mandataires ne sont toujours pas dissous. Et ce n’est pas juste une question de fond, parce qu’eux ils ne savent pas comment s’y prendre. C’est aussi que si i moi je suis allergique à Gérald Darmanin, quand je dis trop de fois son nom, j'éternue et donc voilà, il y a un moment oui, et je pense qu'à la fois ils sont gênés parce que on dissout pas comme ça les associations à même en France. Et même quand on est Gérald Darmanin et que n’a pas exactement les éléments pour le faire et que surtout il a compris que ce ne serait pas allez, on dissout. Ah, ils sont calmés, on passe à autre chose, ça mettrait un peu de poudres et il y a quand même le feu à beaucoup de poudre aujourd’hui dans ce pays, notamment le combat de retraites qui continue. Donc voilà. Je pense qu’il n’y arrivera pas et c’est aussi grâce à la solidarité dont on a fait preuve tous ensemble et dont je suis extrêmement fier.
David Dufresne
Alors pour préparer cette émission, j’ai demandé sur Twitter je vais vous le dire si vous n’arrivez pas.Reprenez cette photo. On me dit pourquoi offrir des fleurs aux flics alors qu’ils sont racistes, antisociaux, ultra violents, etc. C’est une question qui vous a été posée ? Et alors ? Moi je n’avais pas l’arrêt figurez vous. Mais de deux, à quoi vous faites allusion ? Excusez-moi mais je ne connaissais pas votre photo, mais il se trouve que voilà, elle s'était vantée d’offrir des fleurs à la police en mode "faisons la paix, pas la guerre. Deux jours plus tard, les mêmes envoyaient, ils. Attendaient des coquelicots, pas des lacrymos. Voilà, donc on voit la photo devant. Ça m’a l’air d'être à Paris. Ah non, C’est où ça, en ligne exactement ça ?
Marine Tondelier
Sur votre droite, vous avez la place de la République. Et cette rue ? Moi je suis nulle à Paris, je ne connais pas les noms des rues, ce n’est pas le Faubourg saint je ne sais pas quoi.
David Dufresne
Tombeau du Temple.
Marine Tondelier
Non, non, non, c’est assez, C’est Bastille En plus, je suis vraiment très nulle. C’est Bastille sur le côté et donc ça doit être faubourg Saint-Antoine, non ?
David Dufresne
D’abord ça. Tantôt c’est le faubourg et c’est le faubourg du soulèvement du petit peuple parisien. Voyons, voyons. Le 14 juillet 1789, les petits artisans disaient. C’est ici qu’il y a un. C’est vrai que. C’est quoi ça, les coquelicots contre les lacrymos ? C’est quoi votre idée
Marine Tondelier
Ben vous savez, c'était au moment de. C'était après le 49 trois. Donc il y a eu cet embrasement, cette brutalisation du débat politique et tout d’un coup une montée en tension dans la rue. Il faut quand même souligner que les neuf premières manifestations s'étaient passées extrêmement bien, dans le plus grand calme que d’ailleurs on n’arrêtait pas dire Alors, Monsieur Lunel, on peut dire maintenant qu’il organise bien une manifestation. On peut aussi dire que l’intersyndicale les organise bien. C’est pas quand ça ne marche pas, c’est à cause de nous. Quand ça marche bien, c’est grâce au préfet. Donc c’est intéressant comme vision de la vie. Peut être que c’est grâce à tout le monde des fois. Et en tout cas, on a bien vu qu’il y a eu un avant et un après 49 trois, que les manifestations sont devenues très compliquées, qu’elles sont devenues dangereuses pour les forces de l’ordre et pour les manifestants. Et qui qu’ils soient, puisqu’on voit que les grenades, les lacrymos, la répression frappe assez indistinctement les gens, en fait, dans les manifestations. Et donc, le groupe Europe Ecologie-Les Verts de Paris avait voulu en organiser une. Vous savez, nous, chez les Verts, on a une tradition de non-violence. On appelle ça la désescalade, la désescalade des conflits. Et donc on s’est dit. Ce sera votre ministre de l’Intérieur Octave, vous verrez.
David Dufresne
Ce n’est pas Jadot. Mais vous savez qu’on ne va pas gagner. Parce qu’on sait bien que Jadot aime bien aller manifester avec les flics. Mais vous ne prenez pas Jadot.
Marine Tondelier
Il a fait une fois ? On n'était pas entièrement d’accord sur le sujet. Je pense d’ailleurs que je ne dis jamais de mal aux écologistes sur les réseaux sociaux. Je dis souvent quand on dit du mal d’un des colons dit du mal de l'écologie. Donc quand tu as un truc à dire, tu le dis à la personne tu crois que c’est la seule fois que j’ai dit du mal dans les écologies, sur les réseaux sociaux donc voilà. Mais en fait, que ce soit la place Tienanmen, la Woodstock, les gens qui donnaient des coquelicots ou des tournesols ou ce qu’ils veulent comme fleurs à des policiers, c'était pas par amour de la police, c'était aussi un symbole qu’ils étaient dans une répression par les armes et que nous nous étions pas dans une répression par les armes et que ça met aussi en lumière la force d’un côté et le pacifisme de l’autre. Ça montre. Voilà une différence de méthode et que nous, nous avons nos idées à opposer et que nous sommes très nombreux à le faire et que de l’autre côté, ce qu’on voit germe. Gérald Darmanin, c’est des forces de l’ordre. Voilà. J’ai fait une déclaration d’amour à ce policier en particulier, même si au demeurant, il est fort sympathique. Ce n’est pas ça le sujet. Mais cette photo a beaucoup fait parler et vous voyez, en fait, je pense et c’est quand on fait cette action des coquelicots, pas du lacrymos. Il y a à la fois on se fait attaquer par des gens qui disent ah bah maintenant c’est plus des pavés que vouloir jeter dans la gueule, c’est des fleurs. Quelle hypocrisie de Marine qui soutient les casseurs. Et de l’autre côté des gens qui disent comment tu leur déposes une fleur, te mettent à genoux devant ces connards de flics,. Et en fait, la vérité peut être quelque part au milieu. Et évidemment, moi je suis la première à le dire, y compris face aux experts police justice de BFM, à les plateaux de télé, qu’on a un problème structurel de maintien de l’ordre dans ce pays qui d’ailleurs ne maintient rien du tout et qu’il y a aussi des problèmes de racisme, de violences policières et que ce n’est pas un gros mot que de dire ça et je continuerai à le dire, mais que tous les policiers ne sont pas mes ennemis. D’ailleurs les membres des forces de l’ordre sont aussi des travailleurs et qu’il y en a certains qui font mal leur travail, qui sont dans des choses qui sont inadmissibles. Pas juste parce que humainement c’est inadmissible. Et parce que quand on est forces de l’ordre, on a un devoir d’exemplarité et qu’on peut encore moins se permettre ça. Sinon c’est un danger pour l'état de droit. Je continuerai à le dire, mais il y a aussi des personnes qui font ce métier pour de bonnes raisons qui voient que c’est un travail. Et quand on protège les travailleurs, on n’est pas là pour dire que tous les policiers de ce pays doivent se prendre des pavés dans la gueule. Voilà, c’est comme ça. Donc je continuerai à le dire. Et je vous signale que je pense que c’est parce que je fais ça que je peux être assez solide et être crédible. Quand je raconte ce que j’ai vu à Sainte Soline et que je peux aller à une aussi parce que j’ai fait ça et que je trouve que tout ça est lié et c’est ma position, c’est l'équilibre que j’ai trouvé sur le sujet où tout le monde n’est pas équilibré et y compris notre ministre de l’intérieur. Et voilà. Et je. Par ailleurs, la violence sur les réseaux sociaux, vu où je milite et avec qui j’ai été formée, en tout cas en face de qui j’ai été formé et j’y suis habitué. Et comme dirait l’autre, ça m’en touche une sans bouger l’autre. J’ai été formé à la dure, comme on dit. Papa dit que ça forge une forme de carapace. On peut. Faire l’unanimité. Je ne vais pas bien sûr, si on commence à stresser à chaque fois que les gens ne sont pas contents d’un truc confus sur les réseaux sociaux, on finit par ne plus rien dire. Parce que le propre de Twitter, c’est quand même qu’il y a beaucoup de gens pas contents de base et que voilà, on ne fait pas l’unanimité. Et quand on est écologiste, on ne fait pas l’unanimité, on est habitué et on continue quand même.
David Dufresne
Alors tout à l’heure, entre deux interviews, si vous voulez revoir l'émission, vous lirez le tchat parce que votre point de vue a beaucoup partagé et c’est vraiment très intéressant de voir ce que les uns et les autres disent. Mais il y a quand même un petit message. Bodyguard, ce sont d’abord les jeunes écolos de moins de 30 ans. C’est nous qui avons proposé des. Coquelicots, pas des cétacés. Et ça a été repris par les vieux. Et vous faites partie des vieux maintenant en disant Voilà.
Marine Tondelier
Eh oui, on vieillit très vite.
David Dufresne
Débrouillez vous entre vous.
Marine Tondelier
De moins en moins jeunes, mais que je l’ai été il y a pas hyper longtemps.
David Dufresne
Ah, comme Usul. Alors qu’est ce que je veux dire ? Est-ce que distribuer des fleurs à la police a été utile pour réduire les violences policières ou juste un geste inutile, voire un geste qui les accepte en voulant les intégrer à la lutte ? C'était une question qui était, qui était posée.
Marine Tondelier
Très sincèrement, je n’ai pas fait une dissertation philosophique de 6 h sur le sujet. Les jeunes écolos et élevés à Paris ont proposé cette action qu’ils avaient organisée, qui aurait lieu avec ou sans moi. J'étais à cette manif à Paris parce que je venais de faire la conférence de presse de la nuit et que du coup j'étais dans les parages et m’ont dit que enfin, est ce que tu veux venir à notre action ? La réponse est oui. J’ai posé ces fleurs, je n’ai pas offert de fleurs aux policiers pour qu’ils mettent un bouquet sur la table de sa cuisine. C'était une action symbolique des lacrymos, pas des coquelicots. Et je continue à penser que s’il y avait moins de lacrymos dans ces manifs, ça se passerait mieux. On a appris que la personne n’y trouvait que c’est une bonne idée, ni de faire tout ça dans toutes les manifs de France. Il se trouve que c'était notre mode d’action. Et en fait, je pense qu’il faut arrêter de penser dans ce pays qu’on a la vérité seule dans ce mouvement social, dans l’intersyndicale, dans les cortèges de manifestations, dans les partis politiques, on n’a pas exactement les mêmes histoires. On a beaucoup de valeurs communes, mais on n’a pas les mêmes modes d’action, on n’a pas les mêmes philosophies tout le temps. Et en fait, chacun est à son poste, chacun et à son poste, là où il se sent à l’aise et fait avec ses armes. Et des fois à remettre une fleur, ça peut être nos armes à nous, on nous violente, c’est comme ça. Vous pouvez trouver ça contre une union, tout ce que vous voulez, ces modes d’action qu’elle avait choisi, les jeunes écolos et les partis et je trouve que c'était une image intéressante de clivage. Et le fait que ça fasse parler monde justement, que ça interpelle, c’est comme de l’art contemporain. Vous êtes devant le tableau, Il y en a qui comprennent pas, il y en a qui comprennent, il y en a. Et pendant 6 h ils vont dire mais qu’est ce qu’ils ont voulu dire ? Un an ? Et au moins ça a posé une forme de solennité dans le moment où cette image, elle interpelle, elle montre bien quand même pas une confrontation, justement, mais une différence d’approche du mouvement social entre d’un côté les forces de l’ordre, de l’autre côté nous avec nos fleurs et puis voilà. C’est une action qui nous ressemble, qui ne ressemble pas à tout le monde dans ce mouvement social. Et ça tombe bien, parce que ce mouvement social, il est riche de sa diversité et c’est pas un truc qu’on doit bannir. C’est un truc qui est extrêmement précieux qu'à mon avis on doit cultiver.
David Dufresne
Voilà, je me permettais de revenir sur cette photo grâce, grâce, grâce au chat et à Twitter. C’est parce que il y a quand même cette question importante qui est celle de la police en tout cas qui nous ici nous préoccupe beaucoup, mais qui est aussi qui a traversé tout votre parti depuis, depuis le début. C’est à dire qu’en réalité les Verts ont toujours été un peu dans le collimateur des services de renseignement, etc. On se rappelle des grands frères des grandes manifs dans les années 70 où il y a eu le Larzac, Creys-Malville. Il y a quand même des morts.
David Dufresne
Vital Michalon était Prof de physique chimie à Clichy, qui est l’un des premiers à mourir pour la cause nucléaire justement. Et on voit maintenant l’extrême droite qui ne parle pas d’Hénin-Beaumont. Tout de suite, on avait parlé après, si vous voulez bien, mais l’extrême droite qui vient un peu vous draguer, enfin draguer le mouvement écolo, en tout cas, la pensée écologique, la pensée environnementale. Donc est ce qu’il y a une vision selon vous de l'écologie par rapport à la police, par rapport à l’ordre prétendu, par rapport à l’extrême droite ? Est ce que vous, on peut définir des choses de ce point de vue là ou pas ?
Marine Tondelier
Je vous répondrai pas la même chose selon qu’on parle de la police ou qu’on parle de l’extrême droite, il y a sûrement des policiers qui sont d’extrême droite et ça fait partie du problème à se le dire. J’ai été un collègue la fois dernière parce en fait beaucoup. Il y a des policiers qui sont adhérents d’Europe Ecologie-Les Verts, comme il y a des policiers à la CGT ou partout. En fait, il y a Il y a un collègue de Je ne savais pas qu’il était policier et qui me dit Ouais, la fois dernière, je t’ai vu au boulot à 6h et je dis ah mais comment ça au boulot à signaux ? Stress imminent ? Mais dans le bureau, au travail, il y a toujours des signaux. Et Libé, Pourquoi ? C’est quoi ton travail ? On me regarde si on me dit Ah oui, je suis policier et je le suis bien. En fait, tu ne vois pas le problème dans ce que tu. Il dit oui mais c’est vrai, c’est bizarre. Mais bon, voir les policiers, c’est comme ça. Moi j’ai du recul avec l’image chez nous.
David Dufresne
Mais ce n’est pas faux. Et d’autres malheureux. Il doit être malheureux quand même.
Marine Tondelier
Il est très chouette pour le coup. Et des fois ça me rassure de dire qu’il y a aussi des gens comme ça dans la police. Et puis il peut nous raconter et puis je me sens plus en sécurité quand c’est lui qui assure les fonctions de forces de l’ordre que d’autres. Mais voilà. Et du coup, la question est ce que j’ai fait plein de blagues sur ces news ?
David Dufresne
Sur l’extrême droite et le fait qu’il y ait des policiers d’extrême droite, c'était une partie du problème. On termine sur les policiers. Est ce qu’il y a une vision un peu élevée de la police ?
David Dufresne
Donc en fait, on a une commission sécurité qui travaille. D’ailleurs, il t’avait invité à une journée d'été, je crois. Ça y est, c’est open bar. C’est moi qui l’ai organisée. Je me rappelle. Absolument, absolument. C’est la première projection publique d’Un pays qui sort sage c'était chez vous.
Marine Tondelier
On était beaucoup. Il y avait Sabrina, ce n’est pas ma valeur ajoutée des questions sécuritaires, mais c’est le Forum français de la sécurité, c’est ça auquel. Oui, il y a bien Pierre Hurmic qui est maire à Bordeaux, qui est, je crois, qui est vice -président de ce forum. On a un adjoint aussi à la sécurité à Lyon et en réalité, voilà, on a toujours une commission de sécurité qui mène un travail, pas juste d’alerte ou de tweet quand ça se passe mal, mais un travail doctrinal sur le sujet, ça c’est hyper important. On est parce qu’en réalité, on ne peut pas juste dire tous les flics, c’est des connards. Les manifestations, il faut nous laisser faire ce qu’on veut. Et enfin voilà, il y a un vrai sujet et notamment quand vous vous retrouvez en fonctions de maire, bah vous avez toute la journée dans votre bureau des administrés qui vont à qui, qui veulent plus de sécurité, qui. Il y a quand même dans ce pays des gens qui vivent des choses compliquées dont il faut s’occuper. Et donc il y a. C’est très facile comme je. Suis, j’ai. Pour être amené aussi à le faire parfois à être dans la rue en disant oui, c’est un scandale machin truc, mais quand vous rentrez en fonctions, vous devez gérer une ville et ça fait partie des sujets. Donc il y a un gros travail doctrinal sur le sujet qui je pense, est lucide sur le sujet, à la fois sur le fait que là on ne peut pas juste dire qu’il n’y a pas besoin de sécurité et qu’on s’en fout et qu’il n’y a pas de propriété privée, et que tout ça on s’en fout, mais qu’on peut aussi avoir beaucoup de recul sur ce qui dysfonctionne dans la police et le dire y compris. Je pense que quand c’est des élus qui le disent, ça a parfois plus de force parce que ça s’invite dans le débat public et voilà, je trouve qu’on essaye de caricaturer le débat en disant il y a ceux qui détestent la police, ils veulent cramer des flics et tout ça. Et puis après il y a Gérald Darmanin qui lui est sympa, Il y a des gens au milieu et pour convaincre l’opinion publique, et ça, c’est une bataille culturelle. Tout est une bataille culturelle. L'écologie, c’est une bataille culturelle. Mais ce qu’on essaie de démontrer, qui ne fonctionne pas dans ce pays, dans le maintien de l’ordre, qui n’a de maintien de l’ordre que le nom, en fait, c’est une bataille culturelle. Et quand vous avez des avocats, des associations centenaires comme la LDH, des partis politiques, institutionnels qui gèrent des villes en France, là qui le disent, ça donne aussi du poids, ça. Moi, j’ai été assez stupéfaite. Dans ces manifs retraite, il y a un soir où j'étais à BFM, je crois que c'était l’avant dernière manif et même Dominique Reiser, l’expert police justice de BFM avec qui j’avais parfois eu des débats un peu houleux. On assistait à une nasse en direct à l'écran, ils disaient non mais là ils font n’importe quoi, c’est interdit, ça ne devrait même pas exister. Et je me dis dans ma tête, je me suis dit mais la bataille culturelle, elle progresse parce que même l’expert police justice de BFM qui trouve toujours des circonstances atténuantes à tout et qui par ailleurs, dont la source quasi exclusive d’information et les services communication de la Préfecture de Paris et des forces de l’ordre même. Même lui, là, il reconnaît qu’il y a un problème. Donc je pense que c’est on en est là aussi pour mener cette bataille culturelle et qu’on le fait bien. On est là pour dénoncer quand il y a des atteintes aux droits fondamentaux. Et moi, notamment dans cette émission, j’expliquais quand même que dans les premières arrestations, les gens disaient même si je restais 300 arrestations le soir du 49 trois, je crois que c’est 80 % des personnes qui ont été relâchés comme ça, sans qu’aucune charge ne soit retenue. Et ce pas des classements sans suite, faute de preuves. C'était des classements sans suite. C’est onze ou 21. Là, pour absence de charges, ils ont été relâchés sans même savoir. Ils ne sauront jamais pourquoi ils ont été en garde à vue. Il y a eu un truc d’arbitraire, le pouvoir en fait a paniqué et comme ils avaient plus d’arguments, ils sont passés à la répression. Il fallait intimider. Il ne fallait pas que le mouvement prenne chez les jeunes. Voilà. Et là, j'étais encore sur les réseaux sociaux avec papa. Je ne sais pas si vous avez vu à Nantes, il y a une jeune fille qui a reçu un éclat de grenade dans l'œil et son papa qui lançait un SOS en disant Est ce que quelqu’un a vu ce qui s’est passé parce qu’elle peut perdre son œil ? Et je veux savoir ce qui s’est passé, On n’en restera pas là. Je discutais avec ce papa en message privé à Manosque des nouvelles et il me disait ben voilà, ma fille, elle a 17 ans, elle est. Elle commençait juste à manifester dans sa vie, elle avait participé à bloquer son lycée, mais sur un raisonnement de fond sur la réforme et disent qu’ils ne savent pas ce qui viennent d’en faire une guerrière. En réalité, ils sont en train de contribuer à radicaliser et moi je refuse de juste placer ça sur un débat. Nous n’aimons pas la police. En fait, ce n’est pas ça le sujet, c’est est ce que. Est ce que le maintien de l’ordre maintient vraiment l’ordre ? Est ce qu’on peut manifester en étant sans avoir à craindre pour sa vie dans ce pays ? Est ce que les parents doivent déconseiller à leurs enfants d’aller manifester à l’avenir et s’inquiéter pour eux toute l’après 12 h ? C’est ça le sujet.
David Dufresne
Jean Macquart nous dit J’ai l’impression qu’ils les flics induisent plus d’insécurité que de sécurité. D’autres disent mais on dirait qu’elle n’a pas de connaissance du financement de la police. Alors évidemment, on ne peut pas faire 1h sur la question de la police. Mais tu as une thèse sur le sujet, mais je reviendrai. Ah bien non, je me permettais de vous poser cette question parce que ce n’était pas clair au moment des présidentielles. Le positionnement élevé de Yannick Jadot sur la police était plus de droite que de gauche quand même.
Marine Tondelier
Non mais à la primaire, j’avais soutenu Eric Piolle qui était maire de Grenoble. Il se trouve que beaucoup suis quelqu’un de loyal, de loyal à mon parti et plus qu'à mon parti, à mes idées, que je suis loyal à l'écologie. Et donc une fois qu’il y a eu la primaire écolo, j'étais à la direction d’Europe Écologie les Verts. On m’a proposé d'être sa porte parole de ce que j’ai fait le plus loyalement possible pendant toute la campagne. Et on voit bien à ce moment-là qu’on avait un problème d’image qui était Moi, je ne vais pas dire que c’est à cause des gens qui n’ont pas compris notre message. En fait, quand on fait de la politique, si les gens ne comprennent pas ce qu’on fait ou ce qu’on dit, c’est que le problème c’est nous. On ne va pas changer les gens.
David Dufresne
En tout cas on se change nous.
Marine Tondelier
Il se trouve que depuis que je suis secrétaire national d’Europe écologie les Verts, j’ai l’impression qu’il y a des procès contre vous et les semaines d’avant et que je n’entends plus. Notamment, il faut se rappeler qu’il y a six mois, on nous disait qu’on était coupés des luttes, qu’on était plus dans la radicalité que Baal. Et les luttes écolos, elles se passaient sans nous parce que c'était des jeunes qui avaient pris le relais, d’autres méthodes et que nous, on comprenait rien à ça. Et moi je trouvais ça hyper injuste. Je suis venu à ce mouvement. Je veux dire, j’adhère en 2009 parce qu’il y avait José Bové aux Européennes et que j’avais trouvé ça hyper classe quand ils avaient des montres Mac Donald. Et je suis venu pour sa facilité. Avec Dominique Planque dans le Nord-Pas-de-Calais, qui avait fauché des OGM et on buvait pendant des années. La seule bière que je buvais, c’est la bière des Faucheurs parce que c'était la bière qui avait été brassée par la Confédération paysanne pour payer les amendes et les procédures des copains qui étaient en garde à vue, ce. Qu’on appelle boire utile. En fait, la désobéissance, on est né dedans. Moi, je suis dans la non-violence, mais dans la désobéissance, je ne confonds pas légalité et légitimité. Il n’y a pas de problème là dessus. Et donc je pense que là, six mois plus tard, après tout ce qui s’est passé dans les manifs retraites à centre Soline et pas quand on a beaucoup parlé de censure le 24 mai. Mais c'était le moment médiatique. Mais en fait, des copains qui prennent des risques juridiques, qui sont élus dans des endroits où ce n’est pas simple, genre les copains qui sont dans le Lot et Garonne, pas juste 48h comme j’ai fait, mais toute leur vie, qui sont menacés de mort chaque jour par des mecs qui leur expliquent qui vont finir au fond du lac de Caussade. C’est le lac illégal, la retenue illégale qu’ils ont creusé là bas, la confédération, la coordination rurale. Voilà, ce n’est pas un truc de planqué d'être écolo. Donc je pense que là, les gens, peut être qu’on ne donnait pas assez à voir et que l’incarnation qu’on s'était choisie à la présidentielle ne reflétait pas ça. Mais la réalité, c’est que même Yannick Jadot, malgré tout ce que certains peuvent penser de lui, prend ses risques. Quand il était à Greenpeace, il était sur écoute du fait de ses travaux sur EDF, il a fait des actions qui étaient la désobéissance civile, en fait des gardes à vue, il en a fait des prises de risques juridiques qu’il en a fait et ce n'était pas pour la gloriole, pour je ne sais pas quoi. C’est un moment où personne ne le connaissait et il en faisait pour la cause. Donc en réalité, voilà, on est quand même nombreux. C’est peut être que l’erreur de la présidentielle est d’avoir voulu se dire que pour être accepté dans le jeu de la cinquième République, pour que les gens nous fassent confiance, il fallait qu’on gomme tout ça et qu’on ait l’air d’un gendre idéal bien sous tout rapport. Je pense que c’est ça l’erreur. Et en plus ce n’est pas ça qu’on est vraiment. Donc voilà, je pense que c'était raté parce que le message n’est pas arrivé et que c'était raté, parce que ce n’est pas vraiment qui nous sommes et puis et puis voilà, on continue, il n’y a pas de problème. Mais reconnaître ses erreurs pour avancer, c’est souvent un bon début.
David Dufresne
Alors. On va on va on va venir à Hénin-Beaumont, puis après on viendra d’extrême droite. Je vais je vais dire à l’extrême droite et d'écologie. Hénin-Beaumont, c’est. Chez lui et chez les terroristes intellectuels.
Marine Tondelier
Alors moi, depuis, en fait, pendant cinq ans, j’ai été délégué général d’une fédération d’associations écolos sur la qualité de l’air pour ceux qui connaissent. Et donc ça, j’ai fait ça à plein temps jusqu’en décembre, tout en étant élu. Donc j'étais élu d’opposition à Hénin-Beaumont et puis j'étais depuis juin conseillère régionale des Hauts de France, également dans l’opposition, car j’habite un territoire qui est un peu difficile et ça ne va pas aller en s’arrangeant. Donc ça, c’est mes activités militantes. C'était ça. Et puis j'étais à la direction d’Europe Écologie les Verts, et notamment j’organisais les Journées d'été dont les Fantastiques ont été de Toulouse et l’avant première de dit documentaire. Mais quand j’ai été élue secrétaire nationale, j’ai évidemment arrêté de travailler aussi parce que ce sont des associations qui sont agréées par l'État pour pouvoir. Il y avait un truc. Pas. Possible, il y a des trucs qui ne sont pas compatibles. Et puis en termes de temps, j’estime qu'être secrétaire national d’un parti, c’est un boulot à plein temps. Je ne sais pas comment font mes collègues qui sont parlementaires. En même temps, très sincèrement, je ne sais pas comment ils font. C’est vraiment un travail à plein temps. Parce que aussi, quand on est peut être que je travaille comme une meuf et donc je prépare tous mes trucs à mon oral du bac français à chaque fois que rien. Que faire ? Les médias, se préparer sur un tas de sujets qui changent à chaque fois, être présent sur le terrain, répondre aux sollicitations de militants. Parce que je pense que le score qu’on a fait au Congrès, c’est aussi parce que tout le monde me connaît que depuis des années, j’organise des journées d'été, que je connais toutes les forces vives de ce mouvement. J’ai beaucoup fait le tour de France pour mes vacances et mes weekend pour aller aider toutes les luttes de ce pays où chacun dit non mais moi j’ai le plus gros entrepôt Amazon. Non, maintenant c’est le plus grand trou pour Amazon et chez moi faut aussi que tu viennes chez moi, Il y a des plus gros entrepôts partout et en fait c’est un C’est hyper riche. Je travaille donc ici. Il se trouve que j’ai choisi d’y consacrer ma vie et donc oui, je suis secrétaire nationale dans ce bureau. Je vous confie que je ne suis pas souvent dans ce bureau en fait, parce que l’essentiel de mon travail se passe à l’extérieur et c’est tant mieux et du coup, le travail sur l’ordi et tout ça se passe souvent dans des trains ou dans un café entre deux rendez- vous. Et puis je continue à habiter à Hénin-Beaumont. Ce n’est pas Il y a des gens qui disent c’est parfois assez courageux d’avoir choisi d’aller méditer là bas. Je précise que je suis née là, que mes quatre grands parents, j’ai de la chance, qui sont encore en vie et sont tous les quatre d’Hénin-Beaumont, enfin particulièrement deux de Beaumont en Artois qui étaient rurales et deux de Hénin liées tard qui était la ville minière. Et puis à la fermeture des mines, les deux villes ont fusionné. Donc un peu métisse, j’ai deux côtés de. La ville. Et on a fait des recherches généalogiques. Quelqu’un les a faites pour nous, a envoyé vers l’histoire de votre famille en 1730 et il était déjà là. Donc c’est là que j’ai grandi. Et c’est qui je suis. Ce territoire dont je me sens souvent assez mal à l’aise à Paris. J’ai quand même confondu tout à l’heure à Bastille et République, donc vous voyez qu’on est mal barrés. Le côté quartier de la gare du Nord, je maîtrise vachement mieux. Et voilà, c’est ça mon quotidien le TGV.
David Dufresne
Et alors ? Hénin-Beaumont sous le joug de l’extrême droite, c’est ici. Comment ? C’est quoi ?
Marine Tondelier
Ben Ça a changé depuis 1730. Pas au début. Moi je me rappelle de ce jour de 2014 qu’on a perdu en 2014 au premier tour. Alors pour ceux qui connaissent pas l’histoire de la ville, c'était une ville minière, les mines ont fermé, désindustrialisation derrière on est les. Moi ce qui m’a touché, ce qui fait que j’ai adhéré chez les Verts, c’est que c’est l’endroit de pays en droit de ce pays où, à part l’outre mer, on a l’espérance de vie la plus faible. C’est à dire que quand vous êtes, quand vous naissez à Hénin-Beaumont de base, vous avez cinq ans de moins d’espérance de vie avec un Parisien. Donc c’est comme si c’est l’une des injustices les plus graves possibles. Et s’y ajoute évidemment la précarité et le chômage. Mais il y a aussi des trucs super bien comme le RC Lens parce que je regardais ce match hier et vous savez que nous sommes en passe de passer devant Marseille et peut être d’aller défier le Qatar Saint-Germain avant la fin de la Ligue un. Le foot aussi c’est sympa, mais voilà, il y a des il y a le foot, il y a la solidarité, il y a les frites, il y a tout ça, il y a plein d’ambiance. Mais c’est quand même un territoire qui est un peu difficile. Et il se trouve qu’en plus, à Hénin-Beaumont, on avait un maire, un champion du monde puisqu’il avait 18 chefs d’inculpation. Et ça c’est la totale. Et que moi, à l'époque, j'étais étudiante en sciences politiques à Lille et je me rappelle de ces allers retours en train est on me disait mais toi t’es à Hénin-Beaumont, c’est là où on a vu. Vous savez, il y avait la voix du Nord gratuit à l’entrée de Sciences-Po Lille et les gens qui étaient à Sciences-Po, lui, il y avait très peu de gens du Nord, évidemment, et ils disaient tous C’est quoi cette ville à Hénin-Beaumont ? C’est la vie, là, qui, en une de La Voix du Nord. Le Maire Eh bien oui, c’est ça. Exactement. Et voilà. Quand je dis souvent que le Rassemblement national, c’est un parti autour qui, en fait, il laisse faire le pourrissement, il laisse les autres se planter et mourir de même ou s’entre déchirer entre eux, ce qui est en train de se passer en retraite. Et puis eux, ils sont là, ils attendent le bon moment, puis ils se jettent sur la carcasse. Quand tout le travail est fait pour un animal opportuniste, comme quand on dit à des vautours et d’autres carnassiers et charognards Mais, mais voilà, donc c’est cette ville. Elle était détruite par la corruption politique qui venait du parti du paternalisme des mines qui se transforme en clientélisme politique. Et puis ça se termine rarement bien. Et donc, de 2009 à 2014, il y a eu un peu en intérim. On était sous tutelle quasiment de la préfecture. Les impôts augmentent de 85 %. Le maire est en prison, c’est terrible. Et l'équipe qui a fait cet intérim, c’est une équipe un peu citoyenne, centre droit qui s’est retrouvée là. Ils n’avaient pas forcément prévu de faire ça. Il y avait une municipale partielle et ils ont fait tout le travail ingrat. Ils ont nettoyé les écuries d’Augias. Donc c'était Il y avait plus de papier dans les imprimantes. Il y avait 50 jardiniers, mais 1 h 01 camionnette. Il a un peu augmenté. Et puis on ne pouvait rien dépenser, donc c'était horrible. Et puis en 2014, la Chambre régionale des comptes dit ça va mieux la situation ? N’importe quel maire qui gagne pourra baisser les impôts pour dépenser tout ça. Et voilà, Quand vous faites quatre ans comme ça, du sang de sueur et de larmes, je trouve que c’est le Rassemblement national qui gagne. Et ce soir où on perd au premier tour, à 30 100 voix près, il y a ce truc. On se dit comment ça va être demain matin ? Et moi je me rappelle le lendemain matin d’aller acheter ma baguette en disant ça va être hyper bizarre, il va y avoir un truc de chape de plomb de deux. Et en fait, ce qui était le pire du pire, c’est qu’en fait tout était normal et que. Et que nous, ça nous stressait. Parce qu’on est militant politique, parce qu’on savait tout ce que ça impliquait et que ce n'était pas juste Hénin-Beaumont, mais que ce seraient bientôt des villes autour. Une menace pour la région, une menace pour le pays. Et peut-être qu’on réfléchissait beaucoup, beaucoup trop par rapport à d’autres qui étaient juste là pour acheter leur temps et qui parlaient comme d’habitude de leur petite fille, demandaient des nouvelles de l’autre et la maîtresse d’un tel qui est malade et la vie continuait. En fait, pour plein de gens, c’est. Et c'était. J’avais lu la nouvelle madame Brun qui m’a beaucoup touchée et qui raconte justement comment ton petit à petit dans le fascisme et que le pire en fait, c’est cette normalité quelque part des choses, le silence, des pantoufles, le confort de tout le monde. Les gens payent leurs impôts, il va lui, la fille gratuite, Jennifer, Mon trottoir est bien propre. Qui a des problèmes, madame ? Et donc ça, ça a été très dur. Et il se trouve que j’ai raconté dans un livre qui s’appelle Les Nouvelles du Front, je ne sais pas si encore disponible, il y a plein de gens qui m'écrivent pour me le demander, donc je pense qu’il doit plus l'être trop. Mais j’ai fait le choix.
David Dufresne
Libre en 2017.
Marine Tondelier
C’est ça les liens qui libèrent. Et de raconter Ah ben tiens, c’est hyper professionnel.
David Dufresne
Ah non mais attendez, ici c’est tout un métier.
Marine Tondelier
Quelqu’un qui disait mais c’est quoi de vivre dans une ville ? Et Rennes ? Et il y a des choses qui sont très dures, notamment quand vous êtes opposants politiques. Mais en fait, il y a des choses qui sont très déstabilisantes parce qu’elles sont justes normales. En fait, c’est ça qui est dur. Donc dans ce livre, je raconte à la fois ce que c’est que la vie des employés municipaux de cette mairie où il y a beaucoup de harcèlement, etc. Ce livre a au moins contribué à ce qu’une fois que. Vous avez gagné votre procès par ailleurs. Vraiment, j'étais en procès et j’ai gagné tous mes procès. Ils ont attaqué 18 passages du livre. Ça fait partie des stratégies d’intimidation. Et notamment quand j’avais lu leur Vous savez, leurs mémoires, là, pour leur écriture, pour le temps, pour le procès. Bruno Bilde, Vous connaissez ? Qui est député maintenant à Liévin, qui était adjoint à la sécurité d’ailleurs à Hénin-Beaumont à l'époque, et qui disait oui à un moment, elle dit que je suis la police des opinions en mairie. Donc il a acquis passage, police des faits, il fait la police des opinions, donc c’est diffamatoire. Sachant que les trois pages d’avant racontaient pourquoi je disais ça. Notamment il dit à une employée un moment vous vous n’êtes pas fiché S, vous êtes fiché comme gauchiste. Bon, il n’attaque pas ça, mais il attaque la conclusion et il dit je l’attaque parce que quand elle dit que je suis la police des opinions, elle me compare à un taliban. J’abats Non mais ça montre. Et tu projettes sur les autres tes propres turpitudes quand même, parce que je ne vois pas je. Bref. Mais c'était assez édifiant. Et en fait, j’avais fait venir à la barre des employés municipaux qui ont raconté à ce moment-là, quand j’ai sorti ce livre, je savais comment ça se terminerait. Et tous les. Vous savez, tous les gens que je citais, je leur ai fait remplir des attestations pour le tribunal avant même la parution du livre. Je savais exactement comment ça se terminerait. Et donc du coup, les juges voyaient que j’avais quand même fait un travail magnifique et sérieux. Et le Rassemblement national fournissait des notes. Il y avait des notes secrètes du PS au maire qui montrait que Intel qui parlait un livre qui était adhérent de chez eux et c'était quelqu’un d’extrême droite qui avait trouvé à ça où j’ai pu quoi, qui était tenu responsable juridique en mairie et qui a fini par partir, très fâché avec eux parce qu’on visait à faire des choses pas normales en fait. Et y avait une note secrète qui montrait qu’il avait été vu dans je ne sais plus quel bar en train de boire des bières avec la CGT. Et donc ils disaient vous voyez, ce n’est pas un mec fiable. La preuve, il y avait des notes secrètes à son sujet avant que Mariton ne lui écrive son livre et nous dit Ce que vous me dites, c’est que vous fliquer pas les gens et la preuve c’est qu’il n’est pas fiable parce que vous avez une note secrète du DG au maire. Jamais vu aucun maire faire ça, qui dénonce qu’il a bu des bières avec la CGT. Donc en fait, quand je vous parle un système de surveillance généralisée, de pression extrême, que vous mélangez tout l’opinion politique des gens qui travaillent, qui peut faire en mairie votre note, c’est CQFD et toute la défense que vous avez depuis 3 h démonte tout ce que je dis dans le livre trois et même en fait, il y a encore plus. J’ai encore plus peur. Manon, J’ai fait le procès qu’au moment où j’ai enquêté. Donc voilà, ces gens sont égal à eux mêmes. Après, ce qui est compliqué avec mon maire, c’est marrant de dire le mot compliqué, mais en fait il fait tout pour. Pour être le gendre idéal et pour avoir l’air le plus normal possible et que tout ce qu’ils ont essayé de faire sur la LDH, ils avaient pris le local de la LDH. C’est pas Darmanin le précurseur, sauf qu’avant il y avait que le Rassemblement national qu’ils faisaient. Ils ont fait ma commune sans. En disant qu’il coupe les vivres à toutes les associations qui aidaient des migrants. Ils ont vraiment fait des trucs de fachos d’extrême droite, y compris sans prendre personnellement et familialement leurs opposants politiques. B En fait, le schéma qu’on dénonce, bah du coup en fait ils sont coincés, ça les dessert, donc ils finissent par se normaliser aussi. Sous la pression de nos critiques et parce qu’ils ont envie d'être réélu le plus massivement possible. Et tout ça lui a coûté sa place quand même, il faut le dire à la direction du Rassemblement national puisque mon maire a été éjecté au dernier congrès par Jordan Bardella.
David Dufresne
Maintenant il vous donne des infos.
Marine Tondelier
Mais vous voyez, vous voyez, je suis très quelqu’un de très empathique et là où je m’en suis aperçu, c’est quand j’ai vu les images de lui, les larmes aux yeux en sortant de ce congrès qui disait la presse Mais vous ne comprenez pas ce qu’ils font, ils font un virage d’extrême droite. Je ne dis pas qu’ils ont mis la direction et moi il me jette comme ça. Ils ont mis des gens très dangereux à la direction. Bah oui, c’est un parti d’extrême droite. Si on arrêtait pas de te dire Et voilà. Et ce qui est, ce qui est vraiment qui ? Ce qui m’a saisi, où je me suis dit qu’ils sont vraiment tous très siphonnés. C’est Bardella, qui dans une interview au Figaro où deux ou trois mois après on lui demande mais pourquoi vous avez fait ça ? C’est d’une extrême violence etc et dit non mais moi je vois comment ils se comportent au conseil municipal d’Hénin-Beaumont et je n’ai pas envie qu’ils me traitent comme ils traitent Marine Tonnelier. Et en fait, il y avait un truc dans la violence de leur traitement au conseil municipal. Moi je me suis souvent dit en fait que s’ils sont comme ça avec moi, ils sont comme ça dans leur parti, ils font ce. Bile, je l’appelais Max la menace et c’est un peu ça quoi. Mais là, tout le monde tout le temps. On a tous comme ses anciens collaborateurs parlementaires qui viennent nous dire on fait des trucs qu’on ne peut pas vous dire, on a peur pour notre vie, C’est quand même un monde hallucinant. Et la réalité, c’est qu’ils ont fini par fatiguer. Moi, ils ne me fatiguent pas parce qu’on a une petite résilience, une petite formation écolo, mais on finit par même fatiguer les gens de leur propre parti, Donc voilà, ils n'étaient plus assez d’extrême droite pour eux et mais, mais tout aussi pénible.
David Dufresne
Ce que vous racontez là ? Vous n’avez jamais le temps de le raconter vraiment dans les dents, dans les grands médias. Et donc cette idée d’accoutumance à la fois de vautours qui attendent l’horreur, là, l’horreur, l’accoutumance ou l’habitude, comme en Italie aujourd’hui, est le fait de porter beau, de faire le gendre idéal comme à l’Assemblée nationale. Est ce que. Est ce que, en fait, est ce que vous venez de nous raconter à l'échelle d’Hénin-Beaumont ? C’est en train d’arriver à l'échelle du pays. Est ce que c’est ça ?
Marine Tondelier
D’ailleurs, ce qui est intéressant, c’est qu’ils ne disent pas on est normaux, ils disent on fait une stratégie de dédiabolisation. Moi, ça me fait rire parce que c’est une stratégie de type diabolisation. Et on voit bien que Marine Le Pen, si elle veut gagner le pays, ce n’est pas pour élever des chats. En fait, ça paraît assez manifeste. Ou comme si le gendre idéal, quand il dans ses premiers écrits militants et dans ses premières interviews, lui raconte quand même qu’il a adhéré au rassemblement Front National à quinze ans. Et ce n’était pas le Rassemblement national de Marine Le Pen. Il a adhéré à quinze ans au parti de Jean-Marie Le Pen, de Jean-Marie Le Pen, parce qu’il avait dit parce qu’il y avait trop d’Arabes dans ma classe.
David Dufresne
Ce n’est pas pareil que d’aller à la politique pour le démontage de MC Do,
Marine Tondelier
Moi quand je vois des jeunes et quand je vois des jeunes aujourd’hui, ou des femmes ou des gens qui sont dans la précarité et qui disent ben moi je trouve que Marine Le Pen, c’est elle qui me défendra et en plus elle élève des chats. Je trouve ça sympa et elle a l’air gentille. Ce n’est pas la même chose que ceux qui ont adhéré à quinze ans au parti de Jean-Marie Le Pen et pour le coup, ça l’illustre assez bien. Et puis surtout, ce que ça a élu, c’est la force du populisme. Et c’est sûr que c’est intéressant. Quand vous avez dit vous n’avez pas souvent le temps d’expliquer ça dans les médias traditionnels. C’est vrai, en fait. Et on voit qu’eux, ils ont une simplicité de message du populisme qui eux. Ce qui se dit s'énonce clairement, rapidement, quitte à dire n’importe quoi Voilà pour eux, pour. Satisfaire qu’ils ont en face. Et puisque j’ai vu que vous étiez sensible. Aux. Comparaisons animalières, ce que je suis en tant qu'écologiste, vous avez le parti Vautour, mais c’est aussi.
David Dufresne
Mais alors là, on vous a engueulé dans le chat en disant les vautours sont utiles, c’est pas une bonne. Référence, mais c’est quand même un animal opportuniste. Non mais je suis sympa. D’accord que les vautours sont beaucoup plus sympa que Marine Le Pen et donc je vais vous faire un autre animal qui est beaucoup plus sympa que Marine Le Pen, c’est les caméléons. En fait, ils ont cette force. Moi quand ils ont gagné en 2014, ils faisaient un calendrier en jouant en janvier. Donc les élections sont au printemps et en janvier dans toutes les boîtes aux lettres de la ville. Steeve Briois, candidat à la mairie avec Marine Le Pen, fait un calendrier. Vous savez, c’est des trucs en carton que vous avez tous les jours de l’année et donc les gens sont contents.
Marine Tondelier
Oui, on voit, on voit ce que c’est. À Paris aussi, je prenais. Un truc gratuit aux gens de clientélisme, donc ils ont un petit calendrier. Et la citation au dos était Jean Jaurès. Ils mettaient une citation de Jean Jaurès et passent toute sa campagne à expliquer que le vrai héritier de Jean Jaurès aujourd’hui, c’est lui. Que si Jean Jaurès était vivant, il voterait pour lui, que les socialistes au gouvernement, il n’avait pas tort là dessus, sont en train de dévoyer le socialisme et de mentir à leurs électeurs. Et deux Et pour le coup Jean Jaurès aurait honte et que du coup, si Jean Jaurès était là aujourd’hui, c’est lui le vrai héritier. D’ailleurs, le jour où il gagne les municipales, l’un des premiers. De la première chose qu’il fait, c’est qu’il va chercher dans un placard, dans des toiles d’araignées et met en scène ce truc, un vieux buste de Jean Jaurès qui était planqué dans un sous-sol de la mairie. Il le nettoie et le met. Il le fait trôner au centre du hall de la mairie d’Hénin-Beaumont en disant Vous voyez même, même la gauche, il avait planqué Jean Jaurès et moi je me considère comme son héritier. Mais le buste de Jean Jaurès dans son bureau, il fait visiter à toute la presse, pendant des mois et des mois, ce buste de Jean Jaurès. Ça, c'était quand ses ennemis étaient socialistes. Et donc il fallait être plus socialiste que les socialistes sur une terre minière qui n’aurait jamais gagné en faisant l’argumentaire de Racine à Fréjus. Et puis il se trouve que moi j'étais là, assez présente et assez vénère. Et donc son opposant devient écologiste et mon maire, petit à petit, devient Greta Domergue. C'était génial. C’est-à -dire que les premiers trucs ils. Aimez-vous les nanas sur wiki ? Vous êtes complotiste ? Sauf que quand toute la population se mettra à être content parce qu’on a fait des réunions publiques sur le sujet, il organise lui même une réunion contre le Linky pour dire exactement la même chose que nous, sauf qu’il dit eux ils sont d’extrême gauche, ils font des réunions avec Michèle Rivasi qui est d’extrême gauche. Moi je vais faire une réunion apolitique sur le Linky. Donc Michèle Rivasi, écologiste, c’est l’extrême gauche et lui qui est Rassemblement national, c’est apolitique. C'était génial. Et petit à petit a développé son concept de ville jardin. Alors l'écologie pour lui, c’est essentiellement planter des fleurs. Rassurez-vous, voyons- y. Son slogan des municipales, c'était plus Jean Jaurès était Hénin-Beaumont, une ville jardin. Sachant que j’avais gagné des procès contre lui parce qu’il avait abattu des arbres et tout ça. Mais il voyait que ça lui coûtait politiquement. Et tac, qu’est ce qu’il fait ? Il dit Bon, en fait, voilà le petit ton de lier ces conneries là. C’est en train de pendre sur les arbres et Jean dit Bah oui, pourquoi il a battu les arbres ? Donc maintenant je suis la vie, le jardin et je vais en planter 100 000. Et y a un truc comme ça de parti caméléon et aussi de boule à facettes. Parce qu’en réalité, comme un caméléon s’adapte à la couleur locale et que la couleur locale n’est pas la même partout en France. En fait, un maire comme Rachline à Fréjus se bat en justice contre la construction de la mosquée en criant et en des propos très clairs contre la communauté musulmane de sa ville. Parce que si c’est ce qui est demandé par ses électeurs. Sauf qu'à Hénin-Beaumont, où 60 nationalités travaillaient ensemble au fond de la mine, ce n’est pas pareil. Et donc, à Hénin-Beaumont, le lendemain de Charlie-Hebdo, il va à la mosquée dire Je voulais voir si tout allait bien pour vous parce que j’ai peur que vous soyez victime de tensions. Il y a des jours où il y avait des hommages nationaux un peu partout dans le pays. Hi fi. Je suis Charlie avec l’imam sur les marches de la mairie. Et donc, vous voyez bien, il y a ce truc de caméléon. Je prends la couleur locale, je fais exactement ce que les gens attendent de moi dans ma ville. Mais quand on doit gouverner un pays au niveau national, ce que ne pourront pas faire les deux en même temps réalité. Donc voilà, il y a ce truc et j’ai fait un débat.
David Dufresne
Oui, Alors le chat est en train de dire que vous ressortez des éléments de langage de si ce soir ce n’est pas bien.
Marine Tondelier
Ce n’est pas le truc. Moi je suis pour l'économie circulaire, je ne fais pas des éléments de langage jetables, donc je l’ai dit une fois, j’ai plus droit de le dire, c’est la vérité. Je l’ai même écrit dans mon livre. On pourrait revenir une troisième fois mais. Mais en réalité, cette dame du Rassemblement national qui parlait de la devise Jihad. Et puis il y avait, vous savez, il y a des intellectuels, il y avait Monsieur Garrigues, historien et essayiste. Puissiez tout ça. Il faut noter l’extrême plasticité du discours du national. Ça et ce mot plasticité revient tout le temps. Il y a moi je dis quand vous dites plasticité, ce que vous voulez dire, c’est qui disent tout et son contraire, ce qu’ils ont en face et qui changent tout le temps la vie en fait de se dire c’est ce qui est intéressant. Ce mot plasticité, c'était un peu la manière très diplomate de dire qu’en fait ils disent que les gens ont envie d’entendre et que quand les gens ont envie d’autre chose, ils changent. Joly parce qu’elle lui, Diaz, qui a parlé d’ailleurs bien peu des travailleurs en ce jour du 1ᵉʳ mai sur le plateau, elle finissait par dire oui, le travail sur la retraite, on est extrêmement clairs, j’y vais pas. Vous êtes clair aujourd’hui, mais excusez moi, c’est quand on reprend vos programmes des 20 dernières années. C’est assez fluctuant et je ne sais pas ce que vous diraient les 20 prochaines. Et c’est pareil sur plein de sujets sur le secret des affaires ou voter contre parce que tous leurs potes planqués du fric un peu partout dans le monde sur ça en fait, il elle se veut populaire aujourd’hui dans le discours, parce que c’est là que sont les voix à aller chercher. Mais leur programme, ils sont. C’est loin d'être populaire et les intérêts qu’ils servent ne sont pas les intérêts du peuple. Je pense que chacun l’a bien compris, mais ça fera sans doute l’objet de notre émission. Alors ça, c’est le rêve aujourd’hui.
David Dufresne
Alors voilà. Alors, c’est ça, c’est que là, j’imagine que votre collaborateur François est en train de vous regarder en disant Normalement, c’est fini, là, c’est ça.
Marine Tondelier
Oui, mais il sait que je suis pour la désobéissance civile. Et donc voilà, et puis et puis voilà. Alors, il fait son travail. Par ailleurs, ce n’est pas mon assistant, il est chargé de la communication.
David Dufresne
Et il est parti. Et je peux vous dire qu’il est très pro Mais bon allez, on avance, on avance. Ce n’est pas pour accabler Hugo. Clément on s’en fout d’Hugo Clément, Voilà, c’est ça. Qu’est ce Qu’est ce que. Qu’est ce que ça vous fait justement ? Est ce que c’est Vautour ? Est ce que c’est caméléon cette idée que l’extrême droite vient sur l'écologie ? Nous, nous avons reçu il y a très longtemps Antoine du Bio qui a écrit. Magnifique bouquin Femme magnifique. Terrible bouquin sur l'écofascisme. Est ce que par exemple, c’est une question que vous vous posez, vous les Verts aujourd’hui, sur comment réagir à cette OPA ? Par l’extrême droite dont Hugo Clément est au mieux un instrument. Mais on s’en fout.
Marine Tondelier
Non mais moi j’ai grandi là dedans. C’est-à -dire qu’on venait me dire. Il est notamment la responsable de tout un réseau d’associations environnementales du Nord-Pas-de-Calais qui finit en 2015 sur la liste de Marine Le Pen aux élections régionales. Ce qui fait un grand émoi dans le mouvement écolo. Enfin, le mouvement associatif écolo. Et j’en ai aimé quelques-unes. Cette histoire et elle. J’avais plusieurs débats avec elle, où elle et Marine, on avait fait plusieurs combats ensemble contre la ligne haute tension sur les suites de Metaleurop ou la seule suite où est pollué au plomb et les enfants. 20 ans après la fermeture de cette usine, on détecte encore des cas de saturnisme etc. Et M.C. Mais Marine, merci, c’est super ce que tu fais. J'étais très jeune à l'époque, quand j’avais 25 ans et un peu d'écolo quand même sur mon territoire, mais me disait tu vois ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi tu aides les Rom et les migrants aussi. Je ne vois pas le rapport avec l'écologie. Je ne sais pas, moi je le vois parce qu’en fait, quand on est écolo, on est là pour travailler sur comment un écosystème vit en fait. Et il n’y a pas de raison qu’on protège le Yorkshire et les baleines, à moins que des êtres humains enfin. Et c’est un truc qui lui échappait complètement aisément. Plus. Super débat en faisant ça, mais je m’en fous, ce n’est pas ce n’est pas électoraliste, je le fais parce que c’est des humains en fait. Donc je ne vais pas dire ça, c’est des humains qui me disent qu’il y a des animaux qui me rapportent des voix, je m’en occupe, il y a des humains qui ne m’en rapportent pas, je les laisse crever. J’habite à à 1 h de voiture de Calais. J’y vais dès que je peux. Je ne vais pas m’arrêter d’y aller parce que c’est confortable électoralement, c’est porteur électoralement que de pas s’en occuper. Donc je pense qu’il y a une différence de conception sur l'écologie. Et en fait il y a l’environnement, les fleurs et les petits oiseaux. Le RN ils ont fait l’avenue Brigitte Bardot qui tenez vous, est bordée d’arbres à chat. Il n’y a pas longtemps, il y a eu la maison Anne Frank en fait, dans cette avenue Brigitte Bardot et on a inauguré au sein de la maison Anne Frank l'école de musique Michel Polnareff, avenue Brigitte Bardot. Et quand j’ai vu l’invitation Inauguration de l'école de musique Michel Polnareff, Maison Anne Frank avenue Brigitte Bardot. Je me suis dit dans mes valises que c’est les moments où j’ai le plus les boules. En fait, il y a la commémoration du 8 mai où ils entonnent le chant des partisans et toi, tu pleures des airs de soleil avec le chef d’orchestre de l’harmonie municipale Qui est qui est le fils de la résistante qui a libéré la ville en 45 ? Et tu dis que t’es devant la stèle de Jean Moulin qui doit se retourner dans sa tombe. Il y a des moments comme ça assez vertigineux donc en réalité. Enfin voilà, il y a en fait, leur environnement c’est les oiseaux, c’est le cadre de vie quoi.
David Dufresne
Non mais pardon, je reviens sur l’idée. Est ce que c’est une ligne de front, cette idée que l’extrême droite pourrait aller sur le terreau et le terrain écologiste ? Est ce que ça vous pose problème ?
Marine Tondelier
En fait, on mène une bataille culturelle. Ce que je constate, c’est que. Y compris. J'étais en réunion hier avec Fabien Roussel, dans un tout autre registre, qui n’est pas le premier écologiste de France, mais qui. Amène Fabien Roussel auposte Non, mais voilà. Parce qu’on écrivait en étant en réunion avec les chefs de parti du PS et puis on disait oui, bien sûr, on est d’accord, on peut affirmer les retraites, les retraites et mouvement social. Et je leur disais bon bah sympa l'écologie, on va s’en occuper tout ça alors, parce qu’il y a fin du monde, fin du mois, même combat, mais là on ne parle pas trop de la fin du monde qui va quand même arriver en fait. Et c’est aussi notre devoir de nous en occuper. Et Fabien disait oui, oui, on peut mettre la transition écologique. Merci Fabien. Et il y a un truc comme ça de deux de nos idées écolos qu’on était bien seul à porter il y a 40 ans. Elles ont. Elles ont essaimé aussi parce que l’urgence est de plus en plus présente et que tout le monde a compris que ce qu’on disait, ce n’était pas un truc de barbu complotiste et que ça allait vraiment nous tomber dessus. Et les enfants qui naissent en 2023, on ne sait pas leur garantir aujourd’hui que la planète sera encore habitable quand ils auront 30 ans. Donc voilà, c’est un fait. Et évidemment que nos idées, elles ont politisé certains partis à gauche mais aussi d’autres, c’est une évidence. Et par ailleurs, l’opinion publique souhaite qu’on parle de sujet. Donc les partis opportunistes vautours en parlent, les partis caméléons en parlent également, c’est comme ça. Après on ne parle pas de la même manière. Enfin franchement, les trucs quand on dit à Hitler aussi étaient végétariens je ne sais pas quoi. Super les mecs, il y a une vraie histoire quand même chez certains, le retour à la terre, c’est Pétain qui disait la terre, elle, le monde, pas elle. Il y a tout un truc comme ça, la nature qui ne ment pas. Il y a aussi une écologie raciste en deux les frontières. Il faut rester. Nous, quand on dit les circuits courts, c’est pour ne pas émettre de CO2. Certains quand il dit circuits courts, c’est pour dire que quand ça vient d’Allemagne elle est traîtresse et quand ça vient de France, c’est super made in France. On dit juste que ce n’est pas la peine, que les trucs viennent de Chine, eux, il faut que ce soit français. Jean Moi j’habite dans les Hauts de France. Si j’achète mon truc à Mouscron ou de l’autre côté de la frontière belge, il est plus sérieux pour dire que si Marseille en fait ici c’est un autre pays. Ce n’est pas ça le problème. Ce n’est pas la frontière à un kilomètre près de ce que c’est, français ou pas français. Donc on ne porte pas de chaussures. Pareil, mais il est sûr qu’ils viennent à l'écologie. Après le problème d’Hugo Clément, ce n’est pas qui débattent avec Jordan Bardella évidemment qu’il faut débattre avec eux. Le problème c’est qu’ils fassent la valeur actuelle et qu’ils aillent servir à l’opération de com de Valeurs Actuelles. Et il y a un truc qui m’a interpellé quand j’ai fait, c’est ce soir, y a quelqu’un sur Twitter qui a répondu il y a eu l’annonce de l'émission parce que ce soir, il y a un mec qui met en dessous un bâton de lié. Comme Hugo Clément, elle accepte d’aller débattre avec le Rassemblement national. Mais en fait il y a des endroits où je n’ai pas envie de débattre parce que ce n’est pas des endroits de débat si news, valeurs actuelles, etc. Et puis en fait, pour le coup, des réactions à ce moment, ça c’est mon quotidien. Après faut que je fasse quoi, Faut que j’aille au conseil municipal qui fait un beau monde. Quand on fait une politique, faut aussi se confronter à l’altérité mais aussi le pousser dans leurs retranchements.
David Dufresne
Allez, on fait encore cinq minutes de désobéissance civile, si vous êtes d’accord, cinq minutes. Je faisais semblant. Il n’est pas vraiment là et vous le faites bien, Vous le faites bien.
Marine Tondelier
Mais vous savez ce que j’ai appris ? J’ai une interview avec « Le vent se lève ».
David Dufresne
C’est la maison de la désobéissance civile ici.
Marine Tondelier
Ouais, mais par contre là, j’ai des problèmes. Donc j’ai rendez vous à 11 h 30
David Dufresne
Alors deux minutes. Est ce que ce qui ne vous a pas comme sur les côtés rigorisme tout à l’heure ? Est ce que ce qui ne vous différencie pas, ce serait d’aller au fond des choses et d’aller sur le capitalisme ? C’est notamment le chat qui vous dit ça en disant vous êtes très sympathique, Je prendrais bien des bières avec Tondelier mais quand est ce qu’on parle du capitalisme ? Pour le capitalisme, faites quoi ?
Marine Tondelier
Eh ben écoutez, c’est évident que le capitalisme et l'écologie ne sont pas tout à fait compatibles. Je vous prends l’exemple d’une forêt, une forêt. L'écologiste veut la protéger, le capitaliste veut l’exploiter, Ce n’est pas les mêmes logiques, donc non, ce n’est pas compatible.
David Dufresne
Voilà. Et maintenant, une dernière chose, c’est Monsieur François justement. En plus, si le conseil essaye de venir me couper qu’il voit ce visuel, il sait qu’il ne pourra pas. Alors ce visuel, c’est quoi ? C’est des états généraux de l'écologie ? Une minute 30 pour tout comprendre. Et après j’ai quand même une petite blaguounette à vous faire. J’ai remarqué que le slogan est celui de Mac Donald. J’ai bien remarqué, puisque vous savez que j’ai de la suite dans les idées.
Marine Tondelier
Je vous ai parlé du RC Lens, Je leur parle une deuxième fois, PAF, placements produits et le MacDo. Et en plus c’est le sponsor du harcèlement. Donc c’est le drame de ma vie. Mais non, je ne vais pas manger au Mac Donald. J’ai plutôt Confédération paysanne et démontage que démonter les. Comme vous êtes Macdonald. Mais il se trouve que ce slogan en fait, il n’appartient pas à Mc Donald Venez comme vous êtes, c’est ça ? En fait, ça vient de Nirvana comme rasoir. Et je trouve que les gens qui font du marketing pour Mac Donald qui doit être très grassement payé pour le faire, l’ont repris parce que c’est un slogan qui est très efficace et qu’on dit souvent qu’il faut que l'écologie soit plus populaire, qu’elle soit plus accessible, qu’on dise des choses, que les gens comprennent, qu’on soit chaleureux, qu’on soit bienveillant. Et quand on réfléchissait à comment l’expliquer en quelques mots, il y avait soit bien, il y avait des gens qui proposaient bienvenue. Et moi je disais moi, lui ça me fait chier, j’ai l’impression que c’est un paillasson, que je dois m’essuyer les pieds dessus. Et donc j’ai cherché un truc un peu moins convenu que Bienvenue. J’arrivais sur Venez comme vous êtes, on m’a dit Ah, ces slogans, Jim, on s’en fout, ça ne leur appartient pas. Les mots ne leur appartiennent pas. C’est Nirvana. Kurt Cobain, ça ne nous retient pas, Ils ne nous enlèveront pas. Et donc on revendique que ça n’appartient pas. S’ils veulent nous faire un procès, ils le feront. Il se trouve que je suis allé à la prime. Vous connaissez la prime à Marseille qui a été reprise en coopérative ? Voilà. Et ce qui est hyper intéressant, c’est que leur slogan vous savez ce que c’est aujourd’hui, c’est comme vous êtes venez.
David Dufresne
, MC Do leur fait des procès parce qu’ils continuent à utiliser le local. Mais le thème de la prison. Il faut préciser que c’est un ancien MCDO qui a été transformé.
Marine Tondelier
Un MC Do a voulu partir de ce quartier populaire. Les salariés qui depuis 20 ans ont dit bah nous on reste, on le squatte, on en fait un restaurant solidaire et MC Do pétant car ils ne voulaient pas leur vendre les locaux. Il y a eu des mois et des mois de bataille juridique là-dessus et aujourd’hui ils ont ouvert ce restaurant avec de la bouffe locale bio machin truc hyper populaire. Ils ont fait leurs propres armes de regard, mais ils ont gardé et ils ont gardé les machines à se vider, les machines à frites, les trucs de commande. Ils ont tout gardé des réquisitions du peuple et ils s’appellent Venez comme vous êtes. Et voilà ! En fait, vous revendiquez ce Rien ne leur appartient plus qu’un slogan est ce qu’on a voulu faire ? C’est se dire que, en fait, Bruno Latour, ce qu’il y a un spécialiste, un, c'était un sociologue de l’environnement, on va dire un spécialiste du philosophe aussi de l’environnement qui est décédé il y a quelques mois, qui disait de l'écologie, elle est potentiellement majoritaire dans ce pays. Si elle ne l’est pas, c’est que, en fait, il y a une classe écologique dans ce pays qui, contrairement à d’autres classes, n’est pas. Alors ça ne remplace pas les classes sociales, il y a la lutte des classes, vous n’inquiétez pas, ça continue. On boit chaque jour à 12 h. Il y en a en plus qui rassemblent des personnes de toutes ces classes. Une classe écologique qui est consciente de ses problèmes mais qui n’est pas fédérée, qui n’est pas consciente d’elle-même, donc pas fière d’elle-même, qui n’est pas structurée alors qu’en face ils le sont. Et si nous on ne fait pas ce travail là, alors personne ne le fera à notre place. C’est la mission que je me suis fixée de mener cette bataille culturelle, de fédérer cette classe écolo chacun à son poste et on n’est pas dans un truc de fusion absorption en disant toutes les Assos, tout ça, maintenant c’est à nous, vous votez pour nous, vous faîtes comme on dit, mais il faut bien qu'à un moment est des endroits où on se parle, on s’organise parce qu’en face ils ne se privent pas de le faire quand c’est contre les intérêts écologiques. Et donc on s’est dit qu’il fallait créer un grand mouvement de l'écologie, pas que politique dans ce pays, qu’on est en 2023, que beaucoup de personne ne veut plus adhérer à un parti politique, ni le nôtre, ni les autres, parce que ce n’est pas ce qu’ils cherchent. Et donc, plutôt que se dire on a la vérité d’en haut, on va faire nous mêmes ce mouvement. Parce que si on fait à notre image, nous on est déjà là. Donc en fait on s’en fout vu qu’on est déjà là. Le but c’est que tous ceux qui ne sont pas encore là et un endroit où ils se sentent bien et donc on fait avec nos méthodes, c’est-à -dire la méthode ultra démocratique bien plus que celles du gouvernement et que certains parfois à gauche, qui sont en blocs logiques que je respecte aussi. Mais ce n’est pas les miennes. Moi, la démocratie, je pense que c’est une richesse. Et donc on a lancé une phase d'écoute de 150 jours où toutes celles et ceux qui se sentent écologistes dans un coin de leur tête quelque part en France et qui ont un truc à nous dire, doivent pouvoir le faire. Donc sur ce site, les écologistes pour y faire un. Vous venez comme vous êtes, ça vous avez compris. Vous nous dites tout ce que vous voulez nous dire, Que ce soit agréable ou pas, il n’y a pas de problème. Vous pouvez le dire par courrier postal. Il y a encore des gens qui font ça, mais je pense que ce n’est pas eux qui nous suivent sur Twitch en ce moment, il y a des On peut écrire des trucs par PDF ou trois phrases, on s’en fout. Il y a des gens qui nous envoient des messages vocaux, des messages vidéo. On a prévu ça aussi. Puis il y a des personnes qui sont moins à l’aise avec l'écrit et je veux qu’elles puissent aussi s’exprimer. Sinon, on a toujours les mêmes qui sont capables d'écrire des trucs de trois pages aussi qui s’expriment. Et en fait, c’est pas juste pour qu’on lise ce que vous nous avez envoyé, c’est qu’on va non seulement l'écouter, l’entendre et le prendre en compte pour créer le futur mouvement, à l’image de celles et ceux qui pourraient y être et qui n’y sont pas encore. Donc ça, ce sera la deuxième phase. On travaille vraiment avec des experts de la démocratie ouverte. On a un comité de pilotage où plus de la moitié des membres ne sont pas élevés. Ce sont des experts. Il y a Arnaud Chiche, du collectif Santé en Danger et Clotilde Bateau, qui est du collectif Nourrir et qui est membre de notre affaire à tous. Il y a, il y a, il y a des sociologues, il y a de tout, des artistes. Émilie Le Fur est championne d’Europe de VTT. Il y a plein de gens qui sont écolos, pas forcément politiques. Ce n’est pas ça le problème. Moi je ne demande pas à tout le monde de distribuer les tracts pour les élections. Chacun son truc. En fait, l'écologie, c’est un travail d'équipe. On a besoin de chacun au poste, mais aussi chacun à son poste et est fidèle au poste surtout. Et voilà. En fait, il faut qu’on structure ça. Et c’est ce que je dis souvent aux gens, c’est que ceux qui viendront dans ce futur mouvement, les écologistes, on leur demande pas une relation exclusive tout ça. En fait, on a le droit de faire d’autres choses dans la vie et c’est même souhaitable. Mais on veut trouver un endroit où celles et ceux qui ont besoin de formation le trouvent, celles et ceux qui ont besoin d’accompagnement juridique, psychologique. Parce que des fois, l'écologie, c’est dur. Le trouve on en train de créer un observatoire des violences contre les écolos pour pouvoir objectiver, accompagner celles et ceux qui vivent ça, il faut que celles et ceux qui veulent chercher plutôt un endroit de rencontre pour discuter ne trouvent que celles et ceux qui veulent rencontrer plutôt un endroit où ils peuvent se mobiliser en ligne le trouvent. Que ceux qui veulent donner 24 h par semaine puissent les donner, mais que ceux qui n’ont que quelques minutes à donner par mois puissent trouver aussi leur place. Voilà, on veut créer cette maison commune. Je pense qu’on fait notre part. Ça n’empêche absolument pas tous les débats qu’on aura sur Il faut être ensemble en 2027. Oui, il faut être ensemble en 2027. Pas parce qu’on est tous pareils dans la passée, mais parce qu’en fait on veut gagner, qu’on ne gagnera pas séparément. Donc c’est comme ça. Mais ça n’empêche pas qu’on ait chacun notre travail à faire. D’ailleurs, je terminerai là dessus, on a fait 25 % la nuit passée aux législatives. Même ceux qui sont nuls en math comme moi savent que pour gagner en 2027, il faudra faire 50 %. Et ça nécessite en réalité que les communistes soient pour faire que les insoumis soient plus forts, que les socialistes soient plus forts et que les écologistes soient plus forts. Mon travail, c’est que les écologistes soient plus forts. Je fais ma part et j’ai bien conscience que ça ne suffira pas. Mais c’est ce que moi je peux faire de mieux pour l'écologie, pour la gauche et pour la France.
David Dufresne
Eh bien merci, Merci beaucoup Marine, Je mets une photo de moi, je suis désolé. Prise à Aberdeen il y a deux mois, la ville natale de Kurt Cobain, comme Azusa et j’ai hâte. J’ai un tee shirt des Thugs, un groupe français qui était sur le même label que Nirvana, cette pop avec un album qui s’appelait Strike en grève. Merci beaucoup ! Merci, merci à vous. Bonheur. Bonne journée. Salutations.
Marine Tondelier
Venez sur les écologistes fr nous donner votre avis. Ça nous fait ça nous fera rire, ça nous fera sourire. Et même si ce n’est pas toujours agréable, on prend, ça nous aide à nous améliorer.
David Dufresne
Mais par contre faudra revenir qu’on ait plus de temps. Merci beaucoup ! Bonne journée. Merci beaucoup. Je vous embête plus. Merci beaucoup, à bientôt.
Marine Tondelier
Merci avec plaisir.

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