« L’idéologie des Talibans n’a jamais changé » — Le cri d’une journaliste afghane en exil
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Amis des libertés, amis des hommes et des femmes afghans et afghanes, enfin les sympas quoi, bienvenue au poste pour un numéro spécial. Nous sommes en direct, il est 18h01, le 16 octobre 2025. J’ai en face de moi deux personnes Anoosah Ansari, est-ce que j’ai bien prononcé ? Alors, rassurez-vous, votre français est parfait, parce que tout à l’heure, vous étiez inquiète, mais là, je vous ai entendu parler.
Bonjour, je vous remercie pour nous inviter pour ce programme aujourd’hui, je suis ravie de vous voir.
Et bien c’est nous qui sommes très très très honorés. Et voici l’artisan de cette émission, Aniss Ould Rabah Aniss coordinateur du projet "Voix en exil" chez Singa. Et ça fait plusieurs mois que j’ai des e-mails mis de côté en disant on va faire une émission ensemble, Voix En Exil. On va ce soir parler de l’Afghanistan, de notre indifférence coupable, c’est en tout cas comme ça que je la qualifie l’indifférence occidentale qui a laissé les talibans revenir et qui depuis sont, vous allez nous raconter, vous avez fui l’Afghanistan en 2022 après leur retour, mais juste deux mots pour parler de Voix en exil et de Singa, à toi de jouer.
Bonsoir à tous, bonsoir David, merci pour cette invitation. Donc moi, je travaille chez Singa, effectivement, depuis plus d’un an. Singa c’est une association qui veut ouvrer pour changer le narratif sur l’immigration. Elle le fait par travers plusieurs domaines, c'était créer des activités culturelles pour faire rencontrer des personnes nouvelles arrivantes en France et des personnes locales. Et il y a un autre domaine, c’est un incubateur où elle va accompagner des personnes nouvellement arrivées. À créer leur entreprise, des boîtes, que ça peut être de la tech, que ça peu être de l’alimentation, comme une boulangerie par exemple. Et donc c’est des programmes d’incubation sur plusieurs mois. Et donc depuis un an, avec un consortium composé du CFI, qui est Canal France International, c’est l’Agence de Développement Média Française, de Reporters Sans Frontières et de la Maison des Journalistes, ils portent donc ce projet, Voix en exil. Un incubateur spécial dédié aux journalistes en exil. Le but c’est qu’ils comprennent que les journalistes accompagnés ces quatre promotions de journalistes qu’en 2027, qu’il comprenne un peu les codes du journalisme en France et qu' il puisse retrouver en fait un métier, le métier de journaliste qui n’aille pas faire autre chose.
Anoosha, donc vous êtes journaliste. vous travailliez à l'époque en Afghanistan, pour qui ?
En fait, j’ai débuté ma carrière en tant que journaliste à la télévision Ariane Balch en Mazar-e-Sharif, au nord d’Afghanistan. Nous couvrions 9 provinces en Afghanistan. Ensuite, j’ai acquis d’enseigner les femmes journalistes débutantes aussi. Également, j’ai travaillé pour le centre de soutien aux femmes journalistes à Mazar-e-Sharif et aussi à Kabol. Donc, dans les médias…
Kabol, c’est Kaboul. Oui, Kaboul ! Non, non, mais c'était moi qui le dis de n’importe comment. Parce que tout d’un coup, je me disais, Kabol, c’est quoi ? Oui. Pardon, pardon, je suis désolé. J’interprète. Laissez-vous qu’il y ait de temps dans le vrai, pas moi.
En fait oui, en dari on dit Kaboul, mais franchement en français ou en anglais on dit Kaboul. Donc j’ai travaillé dans ces médias et aussi avec les radios. Donc en Afghanistan quand on travaille dans un média, il faut qu’on soit comme un couteau Suisse. Oui, parce qu’il faut travailler tout, donc j’ai essayé d’apprendre plusieurs choses, de réussir dans mon métier. Donc on a travaillé sur les sujets variés, surtout les droits des femmes, les violences, on a couvert les sujet différents, donc les sujets culturels, politiques, donc vraiment différentes choses.
Est-ce que vous pouvez nous rappeler, en 2021, le retour des talibans, d’abord à l’aune de quoi qui a favorisé leur retour ? Quelle était, je me souviens de leurs déclarations en disant « nous ne ferons jamais ce que nous avions fait avant, nous avons changé », il y avait tout un tas de promesses. Est- ce que vous pourriez rappeler quelles étaient les promesses des taliban qui faisait que, en gros, les Américains et d’autres se sont retirés du pays en disant « on vous croit sur parole », je schématise, mais c'était un peu ça. Pouvez-vous rappeler la situation, qui est pas si lointaine, il y a 4 ans, de l’Afghanistan ? Qu’est-ce qui se passe et pourquoi les talibans reprennent le pouvoir ?
En fait, en 2021, le 15 août, j'étais à Kaboul, je travaillais avec le centre de soutien aux femmes journalistes. Le retour des talibans, c'était un choc pour tout le monde. Mais en fait, le jour qu’ils sont arrivés à Kaboul, J'étais dans le taxi pour aller au bureau, on avait beaucoup de choses à faire. Mais à ce moment-là, ma collègue m’a appelé qu’il faut rester à la maison parce que les talibans sont arrivés à Kaboul. Donc la situation, c'était trop compliqué, stressant et vraiment, c'était quelque chose qui nous a choqué. En tant qu’une femme et journaliste, parce que notre métier c'était quelque chose que les talibans détestent. Car à travers notre média, on a publié toujours des choses contre les taliban, parce qu’il n’y a jamais changé leur idéologie. N’a jamais changé. Dès que les talibans arrivent, notre site supprimer tout de suite à cause d’eau, sauver l’identité des femmes journalistes. Car notre reportage dans le centre de soutien aux femmes journalistes c'était toutes les femmes journalistes qui travaillaient dans différentes villes. Donc les talibans, même si avant d’arriver à Kaboul et dans certaines villes… Ils étaient contre les femmes journalistes, ils ont arrêté plusieurs médias parce qu’ils ont partagé cette idéologie que les femmes n’ont pas le droit de travailler, surtout dans les médias. Donc leur idéologie, leur mental, n’a jamais changé. Donc quand elles sont arrivées, c'était pourquoi les femmes journalistes, elles ont peur de continuer leur travail. Donc c'était les talibans, même si aujourd’hui on a l’expérience de ce que les taliban faits en Afghanistan. Vous voyez aujourd’hui dans plusieurs villes en Afghanistan, les médias sont fermés, il n’y a plus d’opportunités de travail, surtout pour les femmes. Il y a un chiffre qui m’a choqué. 12 000 journalistes aujourd’hui en Afghanistan n’ont pas le droit de continuer leur travail parmi les 90 % des femmes. Donc si les talibans ont changé leur mental, leur idéologie, donc aujourd’hui pourquoi on a cette difficulté ? Par exemple, c’est quelque chose vraiment, c’est un risque pour les femmes, surtout qui travaillent contre les banques en Afghanistan.
si tu veux participer, n’hésite pas, je vais m’appuyer sur un rapport d’Amnesty International qu’a retrouvé Nayan, que je salue, qui est en régie et qui m’aide à préparer. Afghanistan, la situation des droits humains, rapport qui est assez récent, qui rappelle entre autres choses, par exemple qu’en mai 2023, les talibans ont annoncé des baisses de rémunération pour les femmes qui n’avaient plus le droit de travailler pour l'État. Mais là, si je comprends bien… Il y a aussi pour les médias dont certains sont privés où ils sont tous publics en Afghanistan ?.
Pardon, je n’ai pas bien compris.
Les médias, ils sont publics ou privés en Afghanistan ?
En fait les deux, parce qu’en Afghanistan on a plusieurs médias privés.
Et donc c’est le moment, au milieu de l’année 2023, que les talibans promulguent une loi sur la prévention du vice et la promotion de la vertu, qui va interdire aux femmes de faire entendre leur voix en public, d’emprunter les transports sans chapeau masculin. Il y a les inspecteurs des mœurs qui peuvent menacer à arrêter tous les gens dont ils soupçonnerait qu’ils enfreignent, et notamment les femmes, le code de moralité. C’est quand même de ça dont on parle. C' est ça qu’on a dit que l’Otan et les Etats-Unis pour les femmes ont laissé en partant, quand même. Et donc, d’une manière générale, ce n’est pas les journalistes, mais pour les femmes, si j’ai bien compris, l’enseignement primaire, c’est le maximum qui soit autorisé. Les femmes ne peuvent pas aller au secondaire, collège, lycée.
Exactement.
C’est bien ça, ne parlons pas de la pauvreté, mais ce soir c’est vrai qu’on va parler un petit peu plus de la question de l’information, on essaie de briser l’indifférence, le silence, et c' est la raison de votre présence. Donc, au bout de quelques mois, vous allez décider où la situation va décider pour vous. Kaboul, votre famille, comment ça se passe ?
Oui, en fait, mon exil, c'était une question de vie ou de mort parce que si je restais encore à Kaboul, on était sûr que je ne peux pas exercer mon métier. Par exemple, au début, quand le Taliban arrive en Afghanistan, on a déménagé. Pour qu’on change notre quartier, notre logement pour sauver notre famille et pour sauve moi-même. Donc c'était un moment où j’avais pas d’autre choix de rester en Afghanistan et continuer mon métier en tant que femme et journaliste. Comme je vous viens de dire, pour sortir de la maison pendant quelques mois que je restais encore en Afghanistan. Je n’ai pas pu sortir sans mon mari. A chaque fois, il faut sortir avec un homme, il faut être accompagné avec un homme, même si pour faire des courses, pour sortir de la maison. De plus, depuis que les talibans arrivent en Afghanistan, les filles et les femmes ont beaucoup de difficultés. Elles n’ont pas le droit d’accès à l'école. Il y a beaucoup plus de mariages de jeunes filles et aussi de cauchemars de jeunes mamans. Donc franchement, c’est une difficulté qui, même si avec les demandes des organisations internationales… Les talibans n’ont pas fait concrètement quelque chose pour les femmes ou pour les filles. Donc c’est, pour les filles surtout, quand je suis en contact avec un autre proche, je vois qu’ils n’en ont pas quelque chose à faire. Pendant quelques semaines qu’on avait un gros problème sur l’accès d’Internet. C'était un autre choc pour notre pays, pour tout le monde, surtout pour les filles. Parce qu’aujourd’hui, il y a quelques écoles en ligne que les filles ont accès, on peut dire, une opportunité pour les filles, au moins qu’elles peuvent continuer leurs études en ligne.
Pardonnez-moi, parce qu’il faut préciser, donc il y a eu une coupure générale d’Internet, peut-être Aniss tu peux préciser. Il y a quelques semaines, quelques jours, en Afghanistan, cette coupure, on sait si c’est les talibans qui l’ont provoqué.
Je pense qu’Anoosha a des informations beaucoup plus intéressantes que les miennes. Enfin, ce que je sais, c’est que Internet a été coupé dans tout le pays il y a deux semaines, je crois.
Oui, en fait, à l’intérieur du pays aussi, personne n’avait pas accès à, on peut dire, réseau pour contacter, pour informer, surtout pour les médias, c'était un gros problème de partager d’actualité, donc c’est vraiment quand je parlais avec notre proche, surtout les filles. Ils ont dit qu’on n’avait pas accès à notre école en ligne, donc c'était horrible. Mais encore on entend que les talibans ont décidé de faire encore couper l’internet. Je sais que dans certaines villes aujourd’hui, les jeunes n’ont pas accès à l’Internet parce que les Talibans en portent. Quelques activités contre eux. Par exemple en Badarchand, on n’a jamais accès à internet. Au Panjshir, il y a autre ville, on a jamais accès à internet, ni le réseau à l’intérieur de pays.
Je voulais ajouter que la région du Panjshir, c’est une région aussi qui c'était la dernière région, je crois, qui est tombée aux mains des talibans, où il y avait encore une armée révolutionnaire qui a voulu se révolter contre les talibans.
Oui, ils ont peur
C’est la région du commandant Massoud.
Et aussi à Badarchand aussi, il y a beaucoup, par exemple surtout les Tajiks en Afghanistan comme commandant Massoud, donc les talibans ont peur, même si aujourd’hui dans certaines villes il ne faut pas laisser les gens avoir accès à internet ou qu’ils soient par exemple elle va penser de faire certaines choses contre eux.
Alors, vous allez partir. Vous allez où ? Vous arrivez directement à Paris ? Par où vous passez pour être là ce soir ?
Oui, en fait, car mon dernier métier, je peux dire la dernière organisation que j’ai travaillé avec eux, c'était un centre soutien aux femmes journalistes qui, on a travaillé avec RSF, donc c’est RSF qui nous a accompagné, qui était notre pays. Donc il prend neuf mois qu’on peut quitter l’Afghanistan après l’arrivée du Taliban. Donc on avait beaucoup de difficulté d’avoir le passeport pour ma famille, mon mari et mes enfants. Donc c'était très difficile, trop difficile avec les talibans, même si au niveau administratif, Ils ne savent pas comment organiser tout dans le pays, donc c'était une autre difficulté pour tout le monde. Donc nous sommes allés en Iran, on a resté 20 jours en Iran. Ensuite l’ambassade de France à Téhéran, on peut obtenir notre visa à travers cette ambassade. Nous avons quitté l’Iran aussi. Nous sommes arrivés en 17 juin 2022 à Paris. Ensuite, après quelques étapes administratives, nous avons voyagé à Lyon depuis 2022, donc j’habite à Lyon.
Il y a quelques semaines, des médias se sont faits écho de l’interdiction imposée par les talibans dans certaines provinces, notamment celle du, pardon pour la prononciation, du Tachar. Interdiction qui entend de filmer, les êtres vivants, c’est le terme, être vivant, et d’en diffuser les images, au motif que cela… Aller à l’encontre de la loi sur la prévention du vice et la promotion de la vertu. Dans un rapport publié en novembre, la MANUA a indiqué avoir recensé 336 professionnels des médias soumis à une arrestation arbitraire, à des actes de torture ou de mauvais traitement, à des menaces ou à des manœuvres d’intimidation entre août 2021 et septembre 2024.
En fait, les Talibans font des choses vraiment bizarres en le 21ème siècle. Leur pensée et leur, on peut dire, mental, c’est quelque chose de bizarre parce qu’ils ont publié un règlement de 22… Un article, je peux dire, pour les médias, ça veut dire, parmi eux, Elles ont interdit les médias de diffuser des vivants. Au début, ils ont des difficultés avec les femmes. Ils ont dit que les femmes, c’est interdit. Si une femme travaille dans les médias, il faut cacher son visage, il faut porter les vêtements au niveau de, par exemple, comment elle s’habillait. C’est les talibans qui décident. De plus, ils l’ont dit que c'était interdit de diffusé d’autres types, de trop vivants, même si des animaux, des choses… On ne sait pas c’est quoi leur mental derrière tout ça, mais à cause de leurs règlements, en Balkh province, et aussi dans Tahrir aussi, c'était une province nord d’Afghanistan, c'étaient les provinces qui sont surtout, je vous ai dit, les gens qui sont plutôt contre les talibans. Dans certaines provinces, après leur décision de diffuser quelques règlements pour les médias. Il y a beaucoup de médias qui ont fermé. On ne peut pas continuer leur travail. Les jeunes ont décidé d’autocensurer comme stratégie de sauver leur travail et leurs médias Donc ça veut dire que quand les talibans ont interdit de dire certains mots ou certaines phrases dans notre média, donc les journalistes, les médias, ils font auto-censure. Ça veut dire pour sauver leurs médias. De plus, en Balkh province, il y a les bâtiments de médias, ou dans certaines provinces, les bâtiments de médias, transformés dans des écoles religieuses. Par exemple, les talibans ont décidé de transformer les bâtiments de média en écoles religieuses. Donc, c’est d es choses que je voulais dire, c’est à cause de tous les règlements de talibans, on a la censure, on a le fermeture des médias, le chômage, je vous ai dit qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de gens, les médias et les journalistes, qui ne peuvent pas continuer leur travail.
Aniss, normalement, on devait être rejoint par Mariam qui n’a pas pu pour des raisons de santé. Voilà, on va dire ça comme ça.
On la salue.
Quand on la salue, absolument. Est-ce que tu peux te faire éventuellement le porte-voix de Mariam, puisque tu la connais. Est- ce que tu peux nous dire en deux mots quel est son itinéraire à elle et est-ce qu’elle voulait nous transmettre en venant, mais elle n’a pas pu ce soir.
Je vais essayer, et s’il me manque des informations, je pense que Anoosha peut le faire. Mais Mariam, donc elle a grandi entre l’Iran et l’Afghanistan, elle a été journaliste. Et elle est toujours journaliste, elle travaille pour un média qui est basé à Londres et qui s’appelle Afghanistan International. Donc elle publie beaucoup d’articles sur la situation en Afghanistan. Elle, elle souhaite développer un projet qui est un média avec des collègues afghans qui se trouvent un peu partout en Europe. De créer un média sur l'écologie et sur les droits humains en Afghanistan, parce que c’est quelque chose qui n’est pas du tout traité ou très peu traité. Et on lui renvoie à chaque fois qu’elle veut parler de ce média. On lui dit, attends, il y a d’autres problèmes en Afghanistan que l' écologie. Elle, c' est quelque chose qu il lui tient à cœur et elle a raison de le faire. Elle a publié récemment un article sur le séisme au Kunar, une région en Afghanistan il y à quelques mois, où elle avait démontré en avance sur plein de médias en France. Que les talibans, de par leurs lois, leurs lois qui sont basées sur un apartheid de genre, que les secouristes ne pouvaient pas sauver les femmes qui étaient sous les décombres, ils préféraient ne pas toucher, et lorsqu’il y avait des secouristes femmes volontaires qui demandaient à les secouer, donc les femmes sur les décombres, on leur interdisait. C’est-à-dire que les femmes étaient victimes non seulement du séisme et des lois talibanes. Et donc je pense que Mariam aurait voulu parler de ce sujet-là aujourd’hui.
À propos de ce séisme, peut-être que les gens dans le tchat n’en ont pas entendu parler. J’avoue que quand tu m’as écrit, j’en avais pas entendu parlé. Or, c’est un séisme extrêmement important qui a eu lieu il y a quelque temps. Est-ce que vous voulez dire deux mots sur ce séisme ? Sur le nombre de victimes, sur tremblement de terre.
Oui, en fait, c’est une ville en Afghanistan qui est souvent, on peut dire, catastrophique et naturelle. Mais surtout quand Mariam aussi, elle a écrit un article sur ce sujet, c’est plutôt un inquiet pour les femmes. Parce qu’en ce moment-là, les femmes n’ont pas accès à l’hôpital,De plus, les talibans ont interdit des femmes qui sont soignées par les médecins qui sont les hommes. De plus l’université, par exemple, est fermée pour les femmes. Personne ne peut pas faire des études en médecine, des choses importantes On a besoin aujourd’hui ici, on a un accident comme une problématique, comme un tremblement… Comment on peut dire ? Donc c’est vraiment, franchement, en Afghanistan, les femmes ont beaucoup, beaucoup de difficultés.
Bien sûr.
Soit au niveau de l’information, soit au niveau du soin, de la santé. Donc, c’est plutôt les femmes qui sont victimes à ce moment.
Aniss a parlé d’apartheid par genre, c’est-à-dire l’apartheid par le sexe, en fait. Au fond, qu’est ce que les talibans veulent mettre en pratique quand ils font ça ? Quelle est leur position par rapport aux femmes ? Qu’est qu’ils pensent des femmes ?
En fait, c’est quelque chose qu’on ne peut pas comprendre pourquoi les talibans ont contre les femmes. Parce qu’ils ont aussi, par exemple, leur maman, leur femme, leur fille. Mais aujourd’hui, ils ont arrivé à ce que même si dans leur famille, Une femme à difficulté, c’est une personne qui ne peut pas aider. Donc, selon eux, les femmes doivent rester à la maison, faire des choses qui sont, par exemple, seulement à la maison, faire des ménages, garder les enfants. Donc, des choses par exemple très loin de la société, très loin au niveau du travail. Donc, leurs pensées, c’est vraiment quelque chose… Je vous ai dit qu’en le 21e siècle, elles pensent quelque chose de vraiment très ancien. On ne peut pas comprendre quel est derrière tout ce qu’elles pensent.
Si je peux ajouter quelque chose, on accompagne aussi d’autres journalistes afghanes. On est à la deuxième promo. Mais lorsque j'échange avec ces journalistes, elles me disent, en fait, ils n’en ont rien à faire de la vie de ces femmes. Parce que quand je leur pose la question aujourd’hui, donc les hommes n’ont pas le droit de toucher les femmes. En tout cas, un médecin homme ne peut pas toucher une femme. Et les femmes médecins n' ont plus le droit d’exercer. Donc lorsque même un taliban, par exemple, il a sa femme qui est malade. Comment il fait pour la soigner et les réponses qu’on me donne c’est ils ont rien à faire ils vont prendre une autre femme et voilà ces témoignages que qui reviennent souvent.
Tout à l’heure tu voulais ajouter quelque chose
En fait, c’est une autre victime contre les femmes, quand par exemple, la première femme que tu as, elle est malade, tu dois aller te marier avec une autre femme, c’est une victime. C’est vraiment choquant pour moi.
Bien sûr, bien sûr. Tout à l’heure, Anis disait que Mariam se faisait entendre. Il y a plus urgent que de parler de l’environnement en Afghanistan. Et qu’est-ce que vous répondez à ceux qui vous disent il y a plus urgent d’aider des journalistes afghans, afghanes, que la situation sur place est tellement dramatique. Tellement médiéval, tellement reculé qu’il faudrait d’abord s’occuper de ça. Quelle est votre réponse quand vous entendez ces réserves, on va dire ?
J’ai pas bien compris votre question, je suis désolée
Je vous en prie, il faut dire que je l’avais très mal formulé, donc je le refais.
C’est un peu long aussi pour moi !
Est-ce qu’on vous dit à vous, journalistes afghanes, moi je veux bien aider l’Afghanistan, je veux m’y intéresser mais je ne vais pas m’intéresser d’abord aux journalistes afghans mais je vais d’abords m’intéresser à ce qui se passe là-bas. Qu’est-ce que vous répondez à ça ?
Donc, je sais pas, vraiment…
Je peux peut-être réessayer et après tu prendras la suite. Nous, et c’est un peu aussi la journaliste du projet Voix en exil, c'était défendre la liberté de la presse, défendent la liberté d’informer. Ces journalistes en exil, ils sont encore importants dans l’espace public des pays. Ils sont encore les rares voix qui donnent de l’espoir à des personnes qui sont encore bloquées là-bas, en leur expliquant la situation, en leurs expliquant leurs droits. Et le fait de dire en fait que défendre les journalistes en exil, ça c’est une étape qui devra venir après. Défendre le journalisme, les journalistes sont en exil, c'était défendre les droits tout court. C’est ça fait partie des prérequis, en fait, lorsqu’on veut défendre les droits d’un peuple.
En fait, quand on ne supporte pas les journalistes, comment vous pouvez vous informer de ce qui passe en Afghanistan ? C’est la rôle des journalistes qui est importante d’informer le monde. De ce qui se passe en Afghanistan, c’est pourquoi on inquiète de la coupure de l’internet, parce qu’il va couper notre réseau, notre relation avec le monde. Donc aujourd’hui, à cause des Talibans, il y a beaucoup de gens qui, parce qu’il y a la censure, elles ne peuvent pas partager tout ce qui est la vérité en Afghanistan. Donc, on a besoin de certains médias, par exemple, dans un autre pays, pour partager des infos comme elles font aujourd’hui certains journalistes en Afghanistan. Elle va partager les choses importantes avec d’autres médias en étranger, pour qu’elles savent ce qu’il se passe en Afghanistan
Alors, question vraiment toute bête, à l’heure qu’il est, est-ce que Internet est toujours coupé en Afghanistan ou pas ?
Non pas maintenant,
Est-ce que des amis à vous, des gens de votre famille peuvent nous voir en ce moment en direct par YouTube, par exemple, où YouTube est censuré ?
Non, par YouTube, ils ont accès, mais Facebook, certains autres canaux, certains autres réseaux ont coupé encore, ils n’ont pas accès.
Alors j’ai été idiot, je devrais vous laisser 10 minutes pour parler en afghan et leur dire tout ce que vous avez envie de leur dire. Moi je ne comprendrai rien mais je vous fais confiance si vous voulez leur expliquer des petites choses à ces gens là et puis vous pourrez leur dire au bout de la 34ème minute écoute ce que j’aie à te dire depuis Paris. Non, enfin, je veux dire, vous pouvez passer des messages personnels, mais plutôt des messages d’ordre d’utilité publique, si vous avez envie de dire à des Afghans, des Afghanes qui peuvent nous écouter maintenant, ce que vous aimeriez qu’ils sachent de votre travail, de ce qui se dit de l’Afghanistan à l'étranger, en Europe ou ailleurs, allez-y, vous pouvez parler dans votre langue natale. Parce qu’eux, ils comprennent peut-être pas forcément tous le français.
Ah oui, bien sûr.
Alors allons-y, je vous laisse, vous prenez l’antenne.
Nous on vous écoute, on voyage, on ne sait pas du tout ce que vous dites.
Oui, en fait, j’ai expliqué tout ce qu’on était en train de parler et ensuite, j’ai dit, on va parler de quoi et Aniss, c’est quelqu’un qui nous accompagne dans le projet de voie en exil. Et donc, vous m’avez demandé peut-être pour certains afro-américains qui ne comprennent pas la langue française, je dois expliquer. J’ai parlé aussi de mon projet professionnel que je vais reprendre comme journaliste quand je reprends mon métier en France. Donc j’ai un projet, donc je parle de mon projet.
Magnifique, c’est l’occasion de parler de Voix en exil et de Singa, je n’ai pas bien compris. Voix en exil c'était une filiale de Singa ? C’est quoi cette histoire ?
C’est un projet, Voix en exil c’est un projet qui est porté par un consortium. Singa fait d’autres choses, je disais, il y a un incubateur qui accompagne et un accélérateur qui accompagnent des entrepreneurs à monter dans que des boîtes, donc des personnes nouvelles arrivantes, mais pas que. Oui, oui. Et donc, depuis un an et quelques, il y a ce projet qui se montait avec Reporters sans Frontières, CFI et Maison des journalistes. Le but, c'était vraiment de créer un espace, donner accès à des lieux et des formations pour des journalistes qui arrivent en France. Ils sont de plus en plus nombreux, les journalistes en exil, et de défendre la liberté d’informer à l'échelle internationale. C’est aussi un message pour dire que la carrière de journalistes ne s’arrête pas aux frontières. Vous êtes des acteurs de la démocratie dans vos pays et on va essayer d’une manière de… Vous aider à continuer cette lutte. On accompagne là, on va accompagner quatre promotions de journalistes, on en est à la deuxième, il y a à peu près 15 journalistes par promotion. Ils viennent, ils et elles viennent d’Égypte, de Syrie, d’Iran, d’Afghanistan, de Tunisie, de Guinée, d’Haïti, de Russie, de Biélorussie et donc ce sont tous et tous des acteurs et des actrices importantes. Certains sont très connus dans leur pays. Et on essaye à travers ce consortium d’aider ces journalistes à retrouver du travail en tant que journalistes en France. Ce qu’on veut dire aussi, c’est que ces journalistes sont une richesse en fait pour le paysage médiatique français. Moi, j’ai par exemple une anecdote, on a des informations beaucoup plus à l’avance que des médias français. Une anecdote, c’est qu’en a des journalistes syriens, on les accompagne. Et lors de la chute du dictateur Bachar al-Assad, deux ou trois jours avant, les journalistes s’y rien venaient et me disaient c’est sûr, il va tomber. On a des informations qui viennent du pays qui nous montrent que l’armée est en train de déserter, qu’il s’apprête à partir. Et lorsque je regardais sur les plateaux télé en France, on disait encore non, les Russes ne vont jamais le lâcher, ils ont investi beaucoup. C’est pour dire à quel point il est primordial d’avoir ces journalistes parce qu’on peut être au courant en avance et avoir des informations beaucoup plus fiables lorsque ce sont eux et elles qui nous les font parvenir.
Alors justement, est-ce que vous, vous êtes contacté par certains médias de temps en temps pour écrire des médias français, pour écrire des articles, pour participer à des émissions ? Est-ce-que vous êtes sollicité sur l’Afghanistan ?
En Afghanistan, les médias que j’ai travaillé avec eux, c’est fermé aujourd’hui. Donc plusieurs journalistes avec qui j’avais travaillé, ils ont quitté le pays. Mais encore, on est en contact avec certains journalistes, soit qu’ils travaillent en Afghanistan, soit en Turquie, au Pakistan, donc avec beaucoup de difficultés qu’il faut faire. avec les médias pour l’avenir, pour le futur, on va essayer.
Mais par exemple, quand il y a cette coupure massive d’Internet, quand il y a ce tremblement de terre terrible, est-ce que vous avez été appelé par Europe 1, France Inter, BFM, Libération, Le Figaro ? Est-ce qu’il y a des gens dans les rédactions qui se sont dit « bah tiens, à Paris, il y à des journalistes afghanes comme vous, est- ce qu’on vous avait été appelés ? »
En fait, le problème en tant qu’une femme journaliste exilée, c’est qu’on a besoin d'élargir notre réseau. On n’a pas encore en contact avec certains médias en tant que exilés.
Et c’est aussi une des missions du projet Voix en exil, c' est de mettre en visibilité ces journalistes. Donc d’aller voir les médias, de leur dire écoutez, on a une promotion de journalistes en exils. Ils sont compétents et experts sur ces sujets d’expertise et tous les moyens sont bons pour faire parler de ces journalistes. On les fait intervenir en tant que modérateurs de table ronde parce qu’ils les ont été ou alors en tant qu’intervenants experts pour qu' ils puissent montrer toutes leurs sujets d’expertise
Mais est-ce que ça fonctionne ? Est-ce qu’il y a déjà des médias conventionnels qui vous ont appelés en disant « tiens, est-que vous avez des journalistes qui viennent de tel pays, de telles régions, qui pourraient venir en plateau nous raconter ? »
Il y en a certains qui sont, oui, ce n’est pas des faits rares, certains journalistes ont rejoint des rédactions. On a des médias indépendants qui proposent des piges pour des journalistes sur des sujets internationales, mais pas que, mais c’est surtout des médias indépendants pour le moment. On a après, pour faire intervenir ces journalistes là par contre, sur des tables rondes festivals là par contre on est on est beaucoup On est beaucoup appelés pour faire intervenir sur des festivals notamment à la Gaité Lyrique ou l’incubateur a son bureau.
Donc la gaieté lyrique, tiers lieux, on va dire, au centre de Paris. Vous, Anooshah, votre souhait le plus fort, c’est quoi ? C’est de pouvoir parler aux Afghans et aux Afghanes, c’est-à-dire de transmettre des informations là-bas ou plutôt de réseauter en France, de faire en sorte que l’Europe soit à la page, soit sache ce qui se passe. Précisément dans votre pays d’origine, ou peut-être les deux.
En fait, moi, pourquoi j’ai décidé de travailler sur un projet de podcast ? Parce que depuis 2021, à peu près 30 000 Afghans ont fait des demandes d’asile en France. Parmi eux, il y a à peu plus de 50 % les femmes. Donc, j’ai décidé de tisser un pont entre les femmes afghanes et la société française. Donc, c’est important quand une femme est journaliste, on reprend notre métier, on peut mettre en valeur notre voix qui est interdite dans notre pays. Donc, en fait, dans la première étape, je voudrais faire quelque chose ici en France en tant que femme exilée. Et de plus, bien sûr, j’aimerais faire aider les femmes afghanes qui ont encore existé en Afghanistan, mais qu’elles ne vivent pas. Parce qu'à cause des talibans, elles ont quelque chose à faire. Donc c’est leur futur qui est très sombre pour eux. Donc vraiment, j’aimerais faire quelque chose au début en France. J’essaie d’utiliser des opportunités qui existent en France, heureusement. Aujourd’hui, on a plusieurs choix. Heureusement, on à des programmes qui ont pensé à des jeunes qui ont quitté l’Afghanistan, surtout les journalistes ou les femmes qui ont été des fondateurs des droits de l’homme, des fonds d’ordres. Droits de femmes, donc il y a des opportunités. Je souhaite qu’on puisse réussir à notre but.
Alors, je ne sais pas pourquoi, mais le chat est plutôt silencieux, il n’a posé pour l’instant aucune question. On va voir, il y a dix secondes de décalage, donc les aupostiens vont nous expliquer pourquoi ils n’interviennent pas. Mais voilà, j’aimerais bien qu’ils aient quelques questions. Là, on aborde, il reste à peu près une dizaine de minutes, on va dire. Qu’est-ce que tu voulais ajouter par rapport à ce que vient Aniss, par rapport à ce que vient de dire Anoosha, est-ce qu’il y a des choses que tu voulais préciser ?
Non, sur ce point-là, je pense qu' Anooshah a tout dit. Nous, on l’accompagne sur son projet, qui est très important, très intéressant.
Alors le projet, c’est un projet de podcast, c’est ça ?
Oui, exactement.
Qui va parler de…
Oui, en fait, c’est un projet de podcast à travers de ce projet et j’aimerais inviter les femmes afghanes qui ont déjà réussi à faire quelque chose dans leur vécu en France. Donc, dans la parole aux femmes afghane exilées en France et aussi, comme je viens de dire, tisser un pont entre les femmes Afghanes eux-mêmes et la société française. Les épisodes du podcast, ce sera en la langue dari notre langue, donc j’aimerais qu'à travers de ce projet donne l’opportunité aux femmes afghanes de s’exprimer sans jugement, comme un témoignage de leur expérience en France, de plus j’aimerais inviter des avocats, des psychologues je peux dire pour donner des conseils importants aux femmes afghanes arrivées en France. Parce que depuis que je suis arrivée en France, même s’il y avait beaucoup d’opportunités, j’ai vécu quelques difficultés aussi. Au début je ne savais pas comment. Je peux, par exemple, continuer mes études, comment je peux reprendre mon métier. Donc, heureusement, j’ai trouvé des solutions, mais j’aimerais parler de tout ça avec d’autres femmes pour qu’elles savent comment s’installer en France.
Alors le tchat nous dit qu’on apprend beaucoup et voilà et c’est la raison pour laquelle il n’intervient pas, il apprend parce que c'était vrai
Je m’inquiète au niveau de la langue française, peut-être les gens ne comprennent pas vite.
Tout le monde comprend très très bien. Et même tout à l’heure j’ai vu dans le chat que des gens avaient compris, quand vous parliez dans votre langue natale, qu’ils avaient compris exil, auposte, je sais plus, il y a eu d’autres…
Alors, les Afghans, il faut écrire quelque chose, je comprends.
Regardez, vous êtes parfaite, Si on comprend très bien, le français est parfait. Voilà, vous parlez mieux français que nous, ne vous inquiétez pas, vous dit Axel.
Je me sens plus énergique.
Voilà, votre français est parfait madame, donc il n’y a pas de souci à vous faire par rapport à ça.
C’est ce qu’on dit à Anoosah, son français est parfait. Absolument. Et peut-être pour comprendre un peu sur son projet, nous, comment on vient concrètement en aide, c’est donc d’abord des formations, des formations sur le paysage médiatique français. J’ai vu un commentaire qui disait « Anoosha, évitez Cnews ». Oui, on explique un peu à travers les formations sur les paysages médiatiques français comment fonctionnent les médias en France et avoir des formations sur le droit de la presse, sur la structure juridique des médias en France. Et puis des formations un peu avec des… Sur en fait comment faire un budget en France, comment aller faire de la recherche de financement pour monter son projet. Elle est accompagnée par un mentor aussi qui travaille pour un média indépendant en exil, que je salue, c’est Radio RNA. Et on essaie aussi de voir nos alliés en fait en France. Il y a donc la Gaîté lyrique, est-ce qu’il y a un studio où est- ce qu’elle peut faire ses podcasts, il y a aussi Arte qui nous soutient aussi. Des initiatives avec qui on est en contact, ils veulent bien l’accompagner pour remettre en place ce projet de podcast.
Pour ce projet on vous demande sur YouTube justement, non c’est sur Twitch, Catcol, elle vous demande comment on peut vous aider ?
En fait, quand je dois commencer mon projet, j’habite à Lyon. Franchement, grâce à Voix en exil, j’ai déjà rencontré plusieurs organisations, plusieurs experts qui peuvent m’aider. Mais surtout, au niveau financier, on n’a pas encore fait de plannings sur comment on peut, par exemple, financer notre projet. Donc on a déjà parlé d’avoir un endroit pour travailler, comme un studio à Lyon. Après mon séjour à Paris cette semaine, je vais parler avec la personne avec qui, peut-être, je vais commencer mon projet. Donc, au niveau des équipements, en exil nous a préparé quelque chose qui, au début, en a besoin d’enregistrer notre épisode pour moi, ce podcast, pour l'équipe, chacun a un projet. Donc, en fait, heureusement, j’ai raconté, même si les femmes afghanes exilaient en France pendant, par exemple, la Journée mondiale des réfugiés ou d’autres événements, quand j’en ai participé, j’ai rencontré plusieurs femmes afghane avec lesquelles je pensais, par exemples, enregistrer mes épisodes à l’avenir. Donc c’est plutôt, je vous l’ai dit, au niveau du financement, je m’inquiète un peu comment, parce que c'était ma première expérience en tant qu’un projet, que c’est, par exemple, mon propre projet, que je vais travailler moi-même. Donc je m’inquiètes comment je peux commencer, qu’est-ce que je dois faire. C’est un peu ça, on essaye de commencer par là-bas.
Le tchat, vous voyez, cherche des questions et d’abord dit le silence. Là, c’est Karine sur YouTube qui dit, pour ma part, le silence, c' est simplement mon ignorance et une écoute intense. Voilà. Et il y a Opella qui nous dit l’Allemagne a prévu une immigration de 400 000 Afghans, il me semble. Sur quels critères, s’il y en a, sont-ils choisis ? Est-ce qu’il y a effectivement un appel de main-d'œuvre, j’imagine, par l’Allemagne, avec les Afghans, ou pas ?
Je ne pense pas avoir la réponse.
En fait, ça veut dire, si j’ai bien compris, ça veut dire que nous, les Afghans qui ont quitté notre pays, c’est ça, que les pays d’autres pays ont proposé des opportunités, c'était ça.
Oui, oui, l’Allemagne notamment.
Oui, en Allemagne aussi, mais en fait, les afghans qui ont, par exemple, partaient en Allemagne, elles n’ont peut-être pas très contentes, je peux dire, parce qu’en fait, quand on est entre amis, qu’on parle ensemble des… je peux dire ?
Ah bah vous pouvez le dire, bien sûr, c’est un média libre et indépendant ici, allez-y, bien sur !
Donc, au niveau des racistes, c’est beaucoup difficile en Allemagne, mais en fait, il y avait des opportunités pour les femmes, les journalistes. Je connais quelques journalistes et les femmes défendre les droits de l’homme qui ont quitté notre pays et maintenant ils vivent en Allemagne.
Quel regard vous avez sur les médias français dès lors qu’ils évoquent l’Afghanistan, la couverture médiatique en France de l’Afghanistan qui est quasiment inexistante ? Et dites-nous tout, dit le tchat. Mais quand elle existe, qu’est-ce que vous en pensez ?
En fait, peut-être parce que moi je suis quelqu’un qui suis venu en France grâce à une organisation Reporters Sans Frontières. Je suis vraiment contente parce que leur travail, c'était trop valorisé et jusqu'à présent, cette organisation travaille beaucoup pour les journalistes dans le monde, surtout les Afghans et les médias français. Donc, en fait, nous sommes dans un pays qui respecte, je peux dire, la loi de l’expérience. Comment je peux dire ? La liberté de la presse, donc en France, je trouve que les journalistes ont beaucoup moins de difficultés que d’autres pays. Et donc les médias en France je trouve qu’ils fonctionnent au niveau des lois, par exemple la liberté de presse. Accès à l’information. C’est vraiment un pays où on est contents comme journalistes qui nous sont venus en France.
Aniss, vous voulez ajouter quelque chose ? Après, j’aurais une dernière question. Est-ce que vous voulez rajouter quelque chose ?
Le programme ? Comment peut-être, revenir à la question, comment on peut vous aider peut-être ? Une chose aussi que je n’ai pas dite, mais la plupart de ces journalistes, quasiment tous et toutes, ont des projets sur lesquels ils travaillent et on les accompagne à monter ces projets. Donc il y a du podcast comme pour Anooshah, mais il y en a qui travaillent sur des projets plutôt documentaires. D’autres avaient des médias dans le pays d’origine. Ils ont été attaqués, certains de ces médias n’existent plus parce qu’ils étaient en ligne. Et le but, c’est de reconstruire ces médias. Et donc, nous, on cherche des mentors, des personnes qui sont des professionnels du journalisme ou de l’audiovisuel, des réalisateurs, des producteurs aussi, pour accompagner ces journalistes, leur donner en fait les premiers conseils, les codes. Et s’ils veulent donner plus de leur temps, ils sont les bienvenus. Mais voilà, c’est un peu le message que vous voulez faire passer. On a plein de projets et on cherche du monde pour accompagner ces journalistes.
Est-ce que vous vouliez ajouter quelque chose qu’on n’aurait pas abordé, qu' on n’aurais pas discuté ?
Non, je vous remercie.
Non, non, attendez, attendez, j’ai une question. Puis pas besoin de remercier,et moi je suis là pour ça, il n’y a pas de problème. Non, tout d’un coup, je me suis rappelé, puisqu’on a parlé du commandant Massoud, vous n'étiez peut-être pas née, ou alors vous étiez toute petite, vous vous souvenez des circonstances de son assassinat ? Comment il est mort ?
En fait, j'étais enfant, petit enfant. Franchement, je me rappelle pas beaucoup, je ne me rappelle plus, mais en fait, parce que j’ai grandi en Iran, même si en ce moment-là, j'étais en Iran sauf que j’ai entendu qu’il y avait deux journalistes arabes, peut-être, qui voulaient faire un entretien avec lui. Mais c’est ce moment-là qu’il est tué,
Aniss, tu connais l’histoire.
Oui, je crois que c'était une bombe qui était cachée dans des caméras. Et si j’entends bien, c’est des caméra qui ont été volées à une équipe française.
Dans mon souvenir, c'était belge.
D’accord
Pardon, j’ai pas révisé. C’est des mémoires, c’est les souvenirs qui reviennent. Je pense que l’autre chat va pouvoir corriger, mais c'était pour moi et vous qui êtes afghanes et journalistes. C'était quand même un moment, c'était juste avant le 11 septembre 2001, de mémoire, je crois que c’était le 9 septembre. C’était pour préparer, bon voilà, c'était à l'époque Ben Laden, enfin c'était pour préparer le fait qu’il n’y ait pas de contre-attaque tout de suite. Effectivement c’est une équipe de journalistes, enfin de faux journalistes de gens qui se font passer pour des journalistes et qui arment la caméra. Donc le symbole de la caméra comme une arme est extrêmement fort. Et donc je me dis là en vous écoutant, voilà c' est quand même quelque chose qui charge considérablement votre mission je trouve. C’est à dire que le journalisme a tué en tout cas un faux journalisme a tué Massoud, c’est pas rien quoi.
Oui, franchement, c’est horrible ce que, en tant que journaliste, c’est quelque chose qui, par exemple, comme vous venez de dire, c’est notre valeur, notre mission, c’est autre chose. On n’est pas, par exemple, quelqu’un de terroriste ou quelqu’une qui veut jouer avec notre métier. En tant que journaliste, c’est horrible.
Ultime question,. Merci beaucoup, c’est moi qui dois vous remercier de votre présence à tous les deux pour voyager. On a une question rituelle à la fin qui est une recommandation culturelle. Alors peut-être qu’aujourd’hui je vais orienter un petit peu, est-ce que vous auriez un film, un disque, des musiciens ? Un livre, un roman, un essai autour de l’Afghanistan que si on a envie de prolonger cette conversation, qu’est-ce que vous feriez comme conseil ? Ça peut être quelque chose de tout récent, comme ça peut être de quelque chose d’ancien, mais si on s’intéresse à l' Afghanistan, et c’est une question pour toi aussi Annie, si tu veux y répondre, qu' est-ce-que vous pourriez nous conseiller ? Ça peut-être tout à fait autre chose, ça peut-être de la musique de variété, Ça peut être une analyse politique, c’est ce que vous voulez.
En fait, si je veux vous conseiller, j’espère que les gens qui nous entendent nos regards, j’ai lu un livre de Magic of Thinking Big. J’ai adoré ce livre dans mon adolescence.
La magie de la pensée
« The Magic of Thinking Big », c'était le livre que j’aimais beaucoup et quand je quittais mon pays aussi, je gardais ce livre avec moi-même. Mon dernier message, c’est qu’aujourd’hui, par exemple, la cause de mon pays qui est sur le régime de talibane, c’est très important pour moi la solidarité entre les journalistes. Ce que je n’oubliais pas les Afghans, surtout les femmes, les filles et les journalistes.
Merci beaucoup. Merci à vous. Aniss un conseil culturel.
Il y a un livre qui a été écrit par une journaliste qui s’appelle Mursal Sayas que j’arrive plus à retrouver le titre là, c’est un livre
Qui entendra nos cris.
Merci beaucoup Anoosha, exactement ? C’est des témoignages des femmes afghanes et c’est un livre bouleversant. On apprend beaucoup sur le traitement des femmes en Afghanistan.
Franchement, je suis fière de Mursal et toutes femmes afghanes qui ont fait quelque chose en tant qu' étrangers, en tant qu' exilés.
Euryale, que je salue dans le tchat, nous demande si c’est bien ça ce que vous recommandiez, The Magic of Thinking Big, c'était bien celui-là. Donc elle va mettre la référence dans quelques instants. Et le deuxième ouvrage, c'était ?
"Qui entendra nos cris" de Mursal Sayas.
Merci beaucoup à vous deux. On salue Mariam, voilà. Je pense qu’on se reverra.
On espère aussi.
Dans votre promotion, il y a des journalistes Afghans es, et puis vous l’avez dit tout à l’heure, mais peut-être le redire.
Russes, tunisiens, guinéens, haïtiens, iraniens, syriens, égyptiens et voilà je crois que j’ai cité un peu togolais aussi. C’est vraiment des journalistes qui viennent du monde entier. Mais peut-être pour appuyer un peu sur l’Afghanistan, nous on lance des appels à candidature pour les promotions de journalistes et la moitié des journalistes qui candidatent ce sont des afghans
Vous voyez, les Afghanes, toujours elles attendent des opportunités pour montrer qui sommes nous, donc vous voyez, vraiment je suis fière de toutes les Afghanes qui ont fait partie de ce programme, donc s’il y a des opportunités, nous sommes prêtes de faire quelque chose.
Merci beaucoup. Peut-être juste, si vous voulez en savoir plus sur les profils des journalistes, vous pouvez aller sur le Substack, la plateforme Substack "Voix en exil", vous avez les profil des journalistes et les articles qu’ils ont écrits.
Voilà, Euryale l’a mis dans le tchat et ce sera dans quelques minutes parce qu’elle est très rapide sur le site auposte où il y aura la rediffusion de cette interview dont Paul nous dit sur YouTube, merci, bonsoir, merci pour cette interview.
Merci à vous.
Merci à vous, merci à vous. À l'équipe et merci au public.
