« La France est une délinquante européenne » selon Marine Tondelier #AuPoste
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Attends, excuse moi, j’avais coupé le micro parce que c’est Augustin que je ne connais pas qui accompagne Marine Tonnelier qui est en bas et qui voudrait savoir où est ce qu’il devait se rendre Voilà donc ils arrivent d’un instant à l’autre, ils vont trouver.
Donc j’en profite, c’est la fin mai pour remercier Hervé Kempf qui, j’en ai parlé, a tout de suite été emballé. C’est un projet qui me tenait à cœur de rencontrer quelqu’un de enthousiaste, c’est toujours sympa.
Super ! Alors il faut peut-être ranger les bouquins.
On va quand même juste montrer celui là de son biographe si vous voulez un truc sur sa vie.
Le biographe de René Dumont, Jean-Paul Besset, que tu cites plusieurs fois.
C’est l’autobiographie de Dumont, mais c’est des questions réponses.
Entrez, entrez, entrez !
Donc alors Marine, est ce que vous pouvez vous installer ici ?
Alors on va vous voir, monsieur,je suis super content !
Je rentre à Hénin-Beaumont pour une fin de campagne mouvementée Tournée des bars avec Benoît de Vito de toutes les terrasses lilloises et on termine de 23 h à 0 h par le collège. Vous savez, il faut tenir les panneaux, dont celui de la place de la République, bien sûr. 23 h à 0 h. Voilà, pour que ce soit Marie Toussaint plutôt que Jordan le mytho sur les panneaux tout le samedi parce qu’on a plus de colis à partir de minuit
Et là on a le droit de parler. Oui, sur Twitch on peut parler quand on veut
Toi par ailleurs, t’as toujours fait ce que tu voulais donc c’est l’avantage. Mais on ne va pas mettre mal à l’aise Arthur Nazaret qui suit scrupuleusement les règles. Mais merci beaucoup pour ton livre que je dois lire cet été. Ah évidemment,
C’est ça, on fait comme vous voulez.
Ce n’est pas désuet, mais ça fait partie de son charme.
Mais c’est parce que c’est moi.
Je suis pas très désuète alors.
Donc Arthur a une toute petite question pour toi.
Je crains le pire.
On n’a pas eu tout ça vraiment et le bouquin est super, alors je suis désolé, c’est un peu le bazar. Il y a une caméra ici qui fait et qui nous filme ensemble. Il y a ces deux là qui vous filment
Je reviens de Sud Radio où pendant mon interview avec Mr Bourdin, tout s’est éteint, genre black out. Il n’avait jamais vu ça en 50 ans de radio. Et là, il n’y a pas d'électricité non plus. Non, il ne s’agit pas de toi.
Est ce que tu portes la poise ? Alors cette question. Bon, alors la question.
Maintenant, c’est une question toute bête, parce qu’on parlait tout à l’heure de l’héritage de Dumont et comment la mémoire a été transmise ou non. Et j’ai cru comprendre que vous aviez demandé pour le lancement Les écologistes son mythique pull rouge et je n’en avais pas. J’avais cette info mais l’info que je n’avais pas celle ci le musée du vivant avait accédé à cette requête.
Alors en toute transparence. Oui, René Dumont, c’est important dans notre histoire, dans notre vie. J’ai encore parlé de lui dimanche au grand meeting de campagne de Marie Toussaint en disant qu’il avait écrit L’utopie ou la mort.
On va libérer Arthur si tu veux rester dans les coulisses pour Politico
Bien y a pas de problème.
On il n’y a pas de problème, mais alors si tu peux te mettre au milieu. Voilà. Merci beaucoup. Je suis désolé, c’est la première fois que ça va. Il y a des gens qui n’apprécient pas la blague sur les factures dans le château. Pourquoi payer vos factures ? Ce n’est pas la meilleure blague du monde.
Mais je parlais de vous. Mais en fait, j’ai été très surprise à Sud Radio parce que j'étais en train de parler de Jordan Bardella, en disant Jordan le mytho, le député Toctoc, etc. Et là, paf, tout se coupe. Donc j’ai crié à la fois au sabotage, on m’a répondu que j’avais carte pour le nucléaire. Bref, il y a eu un quart d’heure de blague sur cette situation où les techniciens étaient. Ça ne leur est jamais arrivé. Personne ne savait trop quoi faire, donc on a fini par faire une vidéo dans le couloir avec Jean-Jacques Bourdin qui va mettre sur tweeter. Parce qu’en plus, pour les règles de temps de parole, d’Art com, de fin de campagne, le fait que cette interview n’ait pas existé du coup est un problème en plus.
Alors voilà, nous nous ne sommes pas soumis à nous, on fait ce qu’on veut, alors comme on fait, on fait ce qu’on veut. Il faut que je retrouve mes notes te concernant grosso modo. Et j’aimerais partir de l’entretien qu’on a eu avec Arthur pour son livre passionnant sur René Dumont à l'époque pionnier de l'écologie politique, premier candidat national à une élection, il est marqué. Il est, il est comme t’as ta veste, il est, il est vert, il est très vert, Il est à Gauche, mais l’un plonge.
Toi, C’est pas vrai ?
Non, vous ne savez pas où vous êtes.
Vous savez, je sais où je suis.
Toi oui, mais le parti ?
Je pense que c’est assez clair. Les débats sur le ni-ni de ce que l'écologie c’est de droite ou de gauche ou tout ça. Ils ont été tranchés depuis bien longtemps d’ailleurs. En réalité, nos alliances se font plutôt à gauche parce que parce qu’on ne va pas s’allier avec la droite, voilà, mais que toute la gauche n’est pas écologiste. Il existe encore une gauche productiviste assez puissante dans ce pays et que pour nous l'écologie ne se résume pas non plus au clivage gauche droite. L'écologie c’est autre chose. L'écologie est pour nous un nouvel axe structurant de la vie politique, pas juste française l'écologie.
Alors on ici, on fait généralement pas de la vie politique, voilà de la com. Je ne sais pas comment on appelle ça.. Mais là bon voilà, on est à quelques heures de la fin de la campagne électorale, il y avait cette possibilité pour vous. On avait proposé semble t il le défi, avait proposé une liste commune.
Ça fait six mois qu’on n’a pas posé cette question. campagne.
Mais est-ce si proche de la fin de campagne ? Vous ne dites pas merde, on adhère, on a déconné, On aurait du le faire, non ?
C’est le jeu de qui va cligner des yeux ou pas Exactement, Ce ne sera pas moi. Je sais, c’est moi. Mais moi je n’ai rien à perdre et à gagner.
Bon, tu parles très vite oui, 828 000 Vues, 128 000 millionnaires.
Millionnaires.
Parce qu’on aurait pu penser que les 828 millionnaires.
Non, non, il y en a plus.
Si comme tu le dis vite.
828 000.Millionnaires en France qui ont plus qu’un million.
Aujourd’hui,et quel patrimoine ?
C’est un chiffre qui est sorti cette semaine.
Jean-Luc Mélenchon en fait partie ?
Mais tu peux arrêter de dire du mal de nos partenaires stp.
Je ne sais pas si chacun d’entre vous vous balancez plein de trucs justement. Moi aussi, mais ça ce n’est pas très gênant.
C’est de la calomnie.
Un exemple peut être pas toi, mais bon. Non mais qu’attend-on ?
Et je trouve ça problématique de dire que la vie politique française se résume à ça aujourd’hui. C’est un vrai problème.
C’est pour ça que passons.
C’est pour ça que je ne fais pas ça.
J’ai regardé votre programme, j’ai reçu le Programme hier et puis le bulletin de vote, etc. Et j’ai regardé celui de la France insoumise. La France insoumise propose notamment une planification écologique européenne, c’est-à dire quelque chose d' assez, d’assez fondamental. Qu’est ce que vous vous proposez de très fort.
Sur le plan environnemental, sur le plan social ? Un pot pourri du que veux tu ? Sur le plan environnemental, oui. Sur le plan environnemental, on propose un traité environnemental. Alors on peut se dire que c’est complètement chiant comme proposition, ça ne sert à rien, ça ne va pas nous aider. En fait, si. Parce que quand dans la hiérarchie des normes, tu mets le sujet au niveau du traité, alors ça oblige si tu veux tout le travail de l’Europe derrière parce que tu le mets en haut de la pyramide à ce sujet, et je pense qu’on n’a pas le choix que de faire ça. Est ce que je peux te citer aussi comme mesures dont on a parlé dans cette campagne ? C’est le droit de veto social. C’est une mesure vraiment que tout ça a mis sur la table. C’est une des rares mesures un peu nouvelles en fait de cette campagne.
On a eu le bonheur de célébrer les 100 ans de Total avec les copains D’extinctions Rébellion. Il y a eu tout un débat, toute une soirée.
J’ai vu qu’il y avait de l’ambiance.
Il y avait de l’ambiance et justement, sur cette histoire d’actionnariat porté par vous, il y avait des critiques qui était porté notamment par Maxime Combes en disant mais en fait ça sert à quoi d'être actionnaire de Total puisque on va être obligé de faire la même politique ?
Alors par exemple ?
Avec eux ou malgré.
Oui sur Total, prenons vraiment cet exemple précis sur Total, on prend le contrôle, les citoyens prennent le contrôle. Qu’est ce qui se passe ? On arrête le greenwashing de Total, on demande à Total d’arrêter.
Nous même des campagnes publicitaires. Ça, ça va être bien.
Oui, mais ça veut dire j’essaie de pousser le raisonnement.
En rigolant parce qu'évidemment ce n’est pas la qualité du sujet. Mais moi, quand je vois passer des publicités, j’ai plus les chiffres en tête précisément, mais je pourrais les retrouver en les mettant dedans. On avait titré parce qu’il y avait en fait Total. Il avait fait toute une campagne pour montrer que maintenant il était écolo. Regardez, d’ailleurs, on a fait quatre éoliennes et demi, on vous les prend en photo, on les met en gros. Et donc c'était vraiment de la publicité mensongère. Ils expliquaient que maintenant ils avaient changé, que Total, c'était l’avenir, qu’ils avaient sauvé Vos enfants, l’air que vous respirez, votre énergie, tout quoi ? Sauveur du monde.
Et donc j’imagine que si tu viens dans l'émission, c’est pour essayer de convaincre les autres.
Oui, mais quand on est ce que tu penses que c’est un argument ? C’est à dire que prendre le contrôle financier de Total. Est ce que c’est la compagnie ou est ce que c’est révolutionner Total ?
L’Union populaire propose de passer au 100 % énergies renouvelables d’ici 2050. Quelle est votre proposition par rapport à ça et quelle est votre réaction devant les déclarations hier d’une autre Marine bien moins sympathique ? Pas du tout. Le Pen qui a dit les énergies renouvelables.
On arrête de vous parler de la dame qui déjà aux régionales de 2015, elle a été tête de liste dans les Hauts de France, disait que les éoliennes, c'était du terrorisme paysager. Il y a les gens qui emploient, qui emploient des mots, qui dévoilent le terme de tourisme, qui est quand même un mot qui a, qui a un passé lourd, des mots importants. On ne peut pas jouer avec ces mots là pour critiquer les éoliennes. Moi déjà, ça, ça me dépasse. C’est des gens que j’ai appris à ne plus écouter. Sur l'énergie renouvelable, oui, il faut du 100 % renouvelable. C’est ce que les écologistes portent depuis longtemps.
Pour vous, quel serait votre pouvoir de coercition ? En quoi Bruxelles peut faire appliquer ce que Bruxelles a décidé ?
Alors ils ont pas décidé ce sont les États membres qui se sont fixés les objectifs. Moi il faut quand même dire ça va plaire aux auditeurs de haut poste que la France est une délinquante européenne. Si on avait Gérald Darmanin mis de l’intérieur de l’Europe, il devrait sévir contre les multirécidivistes de la France parce qu’ils sont quand même condamnés très régulièrement au gouvernement français par l’Europe ou sanctionnés par des amendes parce qu’ils n’atteignent pas leur objectif. Cela a été le cas sur l'éolien, c’est le cas très régulièrement. Je ne sais pas s’il y a des chasseurs dans ta fan base, mais très régulièrement la France j’ai hésité pour te faire réagir, c’est mon côté taquin. Très régulièrement la France, elle est sanctionnée, c’est-à dire que l'état français ou des autorités sur les territoire prennent des arrêtés de chasse illégaux. Par exemple chez moi dans le Pas de Calais, bon, il y a Willy, je le connaissais et donc pour lui faire un petit cadeau, outre que les combats de coqs sont encore autorisés dans quelques villages du Pas de Calais, c’est légal. Ils lui ont fait un petit cadeau, ils ont dit allez, on ouvre la chasse à la belette.
Formule que tu as préparée pour l'émission.
Je reste et je suis sur l’Europe et sur les éoliennes. Ce qu’il faut aussi penser c’est la politique industrielle. Moi, quand je suis devenue militant écolo, on se battait pour les quelques quelques salariés qui fabriquaient des panneaux solaires en France et qu’on a laissé crever en fait, on veut faire du renouvelable et non renouvelable, fabriqué en France, en Europe. Et aujourd’hui on prend tellement de retard que on voit bien qu’en fait on va vouloir faire du renouvelable et qu’on sera pas souverain pour le faire et qu’on va devoir importer encore des choses qui viennent d’où je ne sais pas ou qui sont très longues.
Maximum au minimum.
C’est entre un ça a changer parce qu’ils sont et enfin ça dépend les projets. Et là vous savez qu’ils ont fait une loi qui va faciliter les choses. Donc je peux pas vous donner un chiffre, d’accord ?
Ok, Alors.
Dans quelques années, je propose qu’on prenne peut être moins longtemps.
Quelques questions du chat qui est survolté parce que le chef, ça a pas l’habitude
Comment nos enfants, nos sociétés sont drogués à l'énergie ?
Alors il y a quelqu’un dans le chat ? Malheureusement, je ne sais plus où elle est passée la question mais qui dit ce qui plairait, ce qui plairait aux gens d Au poste C’est une ligne vraiment anticapitaliste.
Par contre, il y a quelqu’un qui a écrit J’ai envie de crever, donc je lui explique qu’on va s’en sortir quand même. Il ne faut pas qu’il soit déprimé.
Donc il nous reste douze minutes.
On n’a pas terminé ni parlé de bonnes nouvelles pour que tout le monde aille bien
Mais ça ne va pas, non ? Donc la question de ligne anticapitaliste.
C’est un débat vieux comme le monde. On voit bien que de toute façon, tout va devoir changer. Il va y avoir une rupture. Alors soit c’est une rupture qu’on prépare politiquement avec les chercheurs, les intellectuels, la société civile, les partis politiques progressistes. On réfléchit ensemble à un autre système, on gagne et on le met en place. Soit on n’arrive pas à faire ça et de toute manière, des changements radicaux vont arriver, mais pas à notre initiative. Pas consentie, pas préparée, mais subie, subie de manière très violente. Et donc, oui, je le sais, je pense qu’en douze minutes, on n’a pas le temps de refaire tout programme économique pour la France. Mais on va arriver à un moment où on n’aura pas le choix.
Quelle différence profonde avec LFI ? Demande la Belline à propos des élections de dimanche, le programme parle du programme.
Alors oui, il y a quand même des différences de style qui n’ont échappé à personne, mais sur le programme.
Le fond et sur le fond.
Je sais bien, c’est pour ça que je suis venue sur sur le truc. Déjà, nous on est très pro-européen, on s’appelle Europe Écologie,pourquoi on n’est pas ? On est très européen. C’est pas qu’on est des Européens béats qui trouvent que l’Europe fonctionne bien, on veut la changer, l’améliorer. Il y a beaucoup de choses qu’on veut changer dans cette Union européenne. Mais parce qu’on sait que les écologistes ont besoin de l’Europe, on a besoin de l’Europe parce que c’est un échelon dont on ne peut pas se passer si on veut vraiment sauver le monde. Je vous donne un exemple de déforestation. On pourrait avoir un président de la République écolo. Soyons fous un premier ministre écolo, un gouvernement tout écolo peut être avec quelques-uns de nos amis, même si on avait ça et qu’on était très très fort sur notre politique de déforestation, ça ne suffirait pas pour interférer avec le problème au niveau mondial. L’Europe est le deuxième importateur mondial de produits issus de la déforestation. Donc quand nos collègues écolos se battent au Parlement européen pour prendre des mesures qui interdisent d’ici telle année l’importation de produits issus de la déforestation en Europe, alors ça oblige toutes les filières à se réorganiser. Les mecs disent que je ne peux pas me passer du marché européen, donc du coup je change tout, là c’est un effet de levier formidable.
Sur la profession de foi, c’est sur toi, tu l’as vraiment lu là ? Oui, c’est important de le dire.
Quand vous avez 100 %
100 % par les associations environnementales et par d’autres assos, mais vous voyez, c’est important de le dire parce que des fois on envoie des gens. Et le cas de Bardella là, toi qui sert à rien, il a écrit zéro rapport en cinq ans le gars, c’est la politique Tiktok là ça marche, mais ça ne sert à rien au parlement européen. Donc quand on parle de vote utile, déjà voter utile c’est envoyer des gens qui vont être utiles à l'écologie, à l’Europe et nos députés le sont. Et puis surtout, j’ai vu vos auditeurs sur une chose, c’est que les sondages, les sondages, moi je crois plus dans les électeurs faut être.
On n’est pas chez Bourdin.
Pourquoi je te le dis ? Parce que si on se réveille, non, non mais on s’en fout des sondages.
D’accord.
Mais on s’en fout pas des résultats,donc ce que je voulais te dire, c’est que moi je crois plus dans les électeurs que dans les sondeurs, mais il.
Il y a un risque..
Je pense que c’est chiant pour Macron, faut que je vois, faut que je me concerte là, il faut que je me réconcilie avec moi même. Mais non, mais en tout cas il est possible qu’on se réveille lundi matin au dimanche soir avec plus de députés écologistes français au parlement européen. Et moi je croise plein de gens. Je suis en porte à porte, là, cette semaine à Roubaix, qui ne savaient pas encore s’ils allaient voter, ni vraiment pour qui, mais qui disait en fait, on ne peut pas imaginer un Parlement européen sans écologistes français dedans, ça n’a pas de sens, ça n’a pas de sens. Et donc qui disait Ben moi j’allais voter pour un tel ou pour un tel ou pas voter ? Mais en fait je vais aller voter pour vous parce que voilà, je veux vous mettre ce petit coup dans l’eau. On a vu d’ailleurs qu’on la retrouve que la route où on roule avait appelé à voter pour nous hier, suivi par pas mal d’influenceurs qui ont relayé Voilà, en expliquant
Pourquoi on parle nettement moins d'écologie aujourd’hui dans les médias ? Les gens s’en foutent aujourd’hui ou les journalistes esquivent volontairement ces questions légitimes. Et j’ajouterais c’est ce qu’on appelle le backlash, alors que paradoxalement, tu l’as dit toi même, tout le monde sait dans quel dérèglement climatique nous vivons, là où nous allons. C’est-à-dire qu’il y a un paradoxe au moment où la menace est présente. Elle n’est plus sujet, pourquoi ?
On sait premièrement que l’actualité fait les élections. Ça, on le sait. On l’a vu en 2019. Alors ça s’organise aussi. C'était les marches climat, on ne parlait que de ça à la télé, les enjeux. Donc les gens avaient ça en tête. Ils sont allés massivement voter écologiste, là. Quand Marie Toussaint dit qu’elle fait campagne avec le vent de face, c’est qu’on voit bien que le sujet, quand il y a un agenda politique, est très mal pour mettre le sujet immigration dans les médias. Et ça, on en a soupé. Moi franchement à Marion Maréchal, la j’en peux plus. J’ai l’impression qu’elle cherche des dalmatiens pour faire un manteau avec quoi vraiment ? C'était pénible à regarder.
Ils se posent la question de l’idée. Vous vous réclamez de l’héritage de René Dumont. Qu’en est il de son héritage politique à l’international et particulièrement sur son tiers-mondisme ? Même si je désavoue ce terme péjoratif, en particulier sur Gaza.
Oui.
Alors un héritage de René Dumont.
Alors, René Dumont, il faut savoir
À 30, 40 ou pas, ou peu.
Maintenant, je fais dans la Politique, là, qui dit que dans le fond, on a toujours une petite marge, non ? Sachez que je n’ai jamais et je n’ai jamais raté un train parce que je cours très vite. On accélère dans les derniers kilomètres. Mais en tout cas, Monsieur ne prend pas le train, bien sûr. Donc non, messieurs. René Dumont, Ce qu’il faut savoir, parce que l’actualité, ça a été la crise agricole. Oui, avec le gouvernement qui disait c’est de la faute des écolos. Il disait que c’est la faute des écolos. Sauf que René Dumont, il était agronome, il bossait beaucoup sur ces sujets et c’est justement parce qu’il bossait là dessus qu’il était devenu écologiste.
Et c’est vraiment partagé par les gens du parti.
Oui, après, je veux dire, il faut accepter aussi que chacun et ces mots et ces modes de manifestation, pas le fait de brandir un drapeau palestinien dans l’hémicycle, c’est le mode d’action de la France insoumise, c’est pas celui que nous on a choisi, mais il faut respecter le fait que c’est pas parce qu’on choisit pas ce mode d’action là qu’on est nul, qu’on sert à rien et qu’on pense rien sur le sujet. C’est pas vrai. J’ai été claire du premier au dernier jour sur le sujet. Tu as dit la même chose
Mais je te laisse répondre à Diallo sur le backlash.
Sur le backlash écolo. Bah oui, en fait on voit bien que la progression de l'écologie dans les il faut que vous voyez cette scène, c’est assez drôle. Tu rêvais de la victoire.
Donc en fait il y a un côté chiraquien
C’est exactement on en parlait justement.
C’est les années 70 qui reviennent.
Donc nous étions sur le backlash écolo. Il y a une progression de l'écologie dans les mentalités, c’est sûr, et aussi dans les élections, dans les urnes. Et donc c’est normal que le vieux monde se réveille. C’est normal que celles et ceux qui ont des intérêts financiers lourds se coalisent et veuillent nous défoncer la gueule avec des moyens financiers et des moyens politiques qui sont beaucoup plus forts que les nôtres. C’est ça qui est en train de se passer. Et donc c’est simple, dès qu’il y a un problème quelque part en Europe, c’est de la faute des écologistes. Et ce qui se passe, ce qu’on dénonce depuis 40 ans. La réponse des gars en face, c’est de la faute des écologistes, mais c’est vraiment un truc de bouc émissaire.
Augustin frénétiquement regarde son téléphone. Il est 10 h 39, il reste une minute.
Je suis persuadée, le meilleur pour la fin
Alors voilà, on va prendre rendez- vous. Tu as dit que le dix, pas le dix, le onze au matin, tu travaillerais.
Mais j’y travaille déjà très bien.
Il faudra revenir.
Avec grand plaisir en dehors des campagnes électorales.
Tu es déjà venue et je te remercie d’avoir pris 40 minutes, même si c’est évidemment frustrant. Tu pars à Hénin-Beaumont, tu as expliqué tout à l’heure pourquoi, mais je ne sais pas si tu avais bien le micro. Est ce que tu peux dire. Qu’est-ce que tu vas faire à Hénin-Beaumont puisque tu y es ? Voilà, il faut rappeler ce que ce c’est pour toi
C’est une ville dans laquelle je suis,j’y suis né et j’ai grandi. Et depuis, je suis militante depuis 2009 parce que j’habitais là et j’ai milité pour l'écologie. Parce que quand on est à Hénin-Beaumont, le jour de sa naissance, on a déjà cinq ans d’espérance de vie de moins que si on était né à Paris par exemple. Donc j’ai grandi dans un territoire où on devient écolo en observant, et il se trouve que ma ville est ensuite tombée aux mains du Front national en 2014 et donc j’ai fêté le printemps. Tu ne m’as pas souhaité mon anniversaire, mais dix ans dans l’opposition à Hénin-Beaumont, c’est quelque chose de très violent dont on reparlera peut-être la prochaine fois que je viens.
Je voulais en parler.
On a fait une réunion publique évidemment pour Marie Toussaint avec différents candidats de la liste et on a tracté sur le marché. Et donc là, comme c’est le dernier soir, outre cette réunion en mairie, comme je l’ai dit, après je vais à Lille pour faire la tournée des terrasses avec Benoît Bideau. Donc notre paysan qui se bat pour une politique agricole commune plus juste. Aujourd’hui, 80 % des subventions que donne l’Europe aux agriculteurs et c’est le premier budget de l’Europe, c’est beaucoup d’argent 80 % des sommes, c’est pour 20 % des agriculteurs les plus riches. C’est hyper injuste, donc moi, je suis très fière d'être “Benoît Bitos”. On a fait plein de choses ensemble dans cette campagne : la tournée des fermes, etc. Il vient à Lille et après je rentre tôt pour faire mes petits collages sur les panneaux pour qu’il y ait plus de Marie Toussaint et moins de Jordan Bardella je pense que c’est plus utile là-bas pour le coup ce soir, mais hyper contente d'être venue chez toi.
C’est Super !.
Tu sais, ça se joue beaucoup au moral sur l'écologie, ça fait 50 ans que ça joue au moral et ce n’est pas fini. Donc des moments comme ça, c’est aussi important et des communautés comme la tienne sont précieuses. Donc je dis bon courage à tout le monde parce que ça va être dur dimanche soir pour tout le monde, il n’y aura pas de gagnants et de perdants à gauche dimanche soir. Ceux qui diront j’ai fait un point et de plus donc je suis le grand winner et les autres c’est des connards. Ils se trompent parce que vraiment c’est à moi que je peux dire que sur ton antenne tu fais un peu. Mais vraiment, soyons tous vigilants. Dimanche soir, parce qu’il y a une suite à écrire et c’est encore une fois, ce n’est pas pour nous, c’est pour des personnes qui en ont sincèrement besoin dans leur vie que l’on gagne et que ce ne soit pas un choix au deuxième tour entre des fachos et de la droite qui leur a couru après pendant dix ans.
Reviens quand tu veux, on posera les choses, on prendra une matinée entière.
Parfait pour une nuit de l'écologie.
Ah, vous allez faire ça ?
Non mais c’est toi qui va l’organiser !
Ah bah d’accord.
