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La liberté d’informer sous les assauts (répétés) des lois commerciales

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Amis du café, Amis du café, amis de la police, amis de la presse libre, Amis des soulèvements de la terre, de la terre qui se soulèvent. Bonjour, bonjour ! Vous êtes au poste. Il est 9h Nous sommes le 22 juin 2023. Une fois encore, la France a sombré hier. Bonjour les humains, bonjour les humaines. Bonjour Euryale modo en chef Bonjour Les invités sont dans les loges. Ils sont là aujourd’hui pour nous raconter un truc qui peut être vous semble un peu loin mais qui est important, c’est comment l’argent voudrait dicter comment le droit du commerce voudrait dicter le droit de la presse. Voilà c était une petite tendance, comme ils disent dans les chaînes d’info. Une petite musique assez dégueulasse aux oreilles qui sont en train de monter. Il se trouve qu’on est en pleine actualité puisque parmi les deux invités, l’un d’eux est rédacteur en chef de la lettre A. On va vous raconter tout ça. On a appris hier, pas plus tard qu’hier, alors que le rendez-vous est calé depuis plusieurs jours que le groupe Casino demandait plus de 13 millions à ce quotidien qui s’appelle la lettre A dont je dont je vous parlerai tout à l’heure. Et puis vous allez voir comment certains éditeurs attaquent d’autres éditeurs, comment certaines entreprises attaquent au nom du droit des affaires, des journaux, des publications d’investigation locale, nationale, contournent ainsi la loi sur la presse. Et donc il est question, comme toujours au poste de libertés, de liberté d’informer, de liberté d’expression, Voilà. Alors les invités sont là. Je vais leur demander s’ils sont prêts. Vous êtes prêts, messieurs ? Petit signe de tête. Ils sont là. Ils sont là, à gauche. Casquette bleue. nous avons le rédacteur en chef de la lettre A Octave Bonnaud. À droite, nous avons Emmanuel Sanson de Le Poulpe. Je ne connais pas ton titre Manuel je te tutoie parce qu’on s’est croisés. On va expliquer ça tout à l’heure.
David Dufresne
C’est quoi ton nom ?
Manuel Sanson
Sanson Le rédacteur en chef du Poulpe.
David Dufresne
C’est bien On va faire rapidement une petite présentation. Le Poulpe, Tu n’es pas la réincarnation vivante du héros de polar des années 90. C’est quoi le Poulpe ?
Manuel Sanson
Le Poulpe, c’est un média normand d’investigation qui existe depuis plus de quatre ans maintenant et qui enquête sur les différents pouvoirs politiques, économiques, culturels, sportifs et autres à l'échelle de la région normande.
David Dufresne
Quand tu dis normande haute ou basse Normandie.
Manuel Sanson
David, je te rappelle que maintenant il n’y a plus qu’une seule Normandie en perdition. Son histoire est diffusée dans toute la Normandie, toute la Normandie réunifiée.
David Dufresne
Écoute tant que le Mont-Saint-Michel et Normand, moi ça me va.
Manuel Sanson
Attention à tout ça ! Ce que tu dis là.
David Dufresne
Je le sais bien, c’est pour mettre la sauce au début. Octave Bonnaud Vous êtes donc rédacteur en chef de la lettre A. Je vous vouvoie parce que j’ai très peur de la lettre à moi, donc j’ai beaucoup de respect. Il faut expliquer ce que c’est que la lettre A. La lettre A, c’est un quotidien d’information exclusif qui enquête sur les pouvoirs politiques, économiques et les médias. Voilà, c’est ça un peu le credo éditorial, c’est d’aller voir dans les coulisses des grands groupes du CAC40, de ce qui se prépare au gouvernement ou des jeux d’influence dans les médias. C’est ça, si on résume le champ éditorial et donc on est en vie. La lettre A qui est qui avait démarré il y a fort longtemps comme une lettre d’information hebdomadaire un peu confidentielle, qu’on sait changer dans les rédactions de manière très discrète et qui est quand même devenue, me semble t il, un sacré pourvoyeur de scoop et qui est quand même, me semble t il, beaucoup lu dans les rédactions. Et j’ai l’impression, non ? Ou je ne me trompe pas ?
Octave Bonnaud
Ouais, je pense C’est vrai qu’historiquement, la lettre avait été créée en 1978 et c'était avant la lettre confidentielle à l'époque, qui sortait de façon hebdomadaire. Et depuis qu’on est passé en quotidien en 2018, la rédaction s’est considérablement étoffée. On est une rédaction de quatorze personnes aujourd’hui et on a gardé le meilleur des lettres confidentielles. C’est-à -dire qu’on fait que de l’information exclusive. C’est une promesse qui est faite au lecteur de ce qu’il lit dans nos colonnes tous les jours. C’est une information qui n’est pas ailleurs. Tu ne trouveras pas ailleurs. Et on a aussi évolué vers des articles peut être plus longs, sur d’autres sujets, sur une façon différente aussi de présenter les choses. Donc voilà. Donc le document est un mix. On a gardé en héritage des lettres confidentielles, mais aujourd’hui on se positionne comme un, comme un quotidien d’info, vraiment sur les pouvoirs. C’est ça qui nous intéresse.
David Dufresne
Alors il y a quelques temps, on avait reçu les copains de Reflets, Antoine Champagne, qui était venu à deux reprises quand il a été attaqué par Drahi et notamment sur CT et CT. Les attaques étaient basées sur le droit au droit commercial. Mediapart aussi a subi des attaques. Et puis aujourd’hui, vous avez deux titres complètement différents. D’une certaine manière, par votre point de vue géographique, par votre façon, façon de faire. Mais tous les deux, vous êtes l’objet d’attaques que je qualifierais de sournois, c’est-à -dire quand le droit commercial entend dicter le droit de la presse. Alors je ne sais pas lequel des deux veut commencer. Octave, tu pèses 13 millions d’euros à l’heure qu’il est, puisque le groupe Casino qui vous réclame 13 millions d’euros pour des révélations que vous avez faites il y a quelques jours. Au départ, vous n'étiez pas là. Je vous ai pas appelés pour ça, mais pour une autre affaire dont il faut absolument parler, cite un Jeune Afrique à l'éditeur de Jeune Afrique qui vous attaque pour concurrence déloyale parce que vous avez aussi une lettre d’information sur l’Afrique et le poulpe. Si ça se passe en ex Haute Normandie, là où c’est pollué et du côté de Rouen. Et il y a un zélé huissier si j’ai bien compris. Mandaté par un tribunal de commerce qui a essayé de brouiller les emails de vos informateurs pour savoir prétendus, pour savoir à qui à qui il avait parlé. Qui veut démarrer ?
Manuel Sanson
Ben moi je veux bien. Je veux bien parler un peu. C’est ça l’histoire, en fait, nous, l’histoire au niveau du poulpe, elle démarre le point de départ. Vraiment, c’est déjà il y a maintenant plus d’un an en fait, on en sort une grosse enquête. Enfin notre journaliste qui bosse pour nous, une pigiste, s’appelle Laurence de L’heure. Elle sort une grosse enquête sur les conditions dans lesquelles a été supposément dépollué un ancien site industriel rouennais, en l’occurrence celui d’une aura d’une raffinerie de raffinerie Petroplus. Et dans cette enquête là, en fait, elle raconte qu’il y a de gros soupçons sur la qualité de cette enquête dépollution sur le fait qu’il reste des hydrocarbures dans les sols, enfin bref, que tout n’a pas été fait selon les règles. Et donc voilà, on sort cette grosse enquête Naturellement, ça plait pas trop à l’industriel qui est chargé de la dépollution, qui s’appelle qui s’appelle Vago et en fait. Donc voilà, le l’enquête sort. Donc on est au début de 2022. Bon voilà, on n’en entend plus trop parler et en fait plusieurs mois à de longs mois après en fait, on apprend que ben en fait la boîte. Donc Valeo a saisi le tribunal de commerce en catimini si je puis dire, pour le pour essayer de faire pour envoyer un huissier en fait, dans une autre boîte de l’agglomération rouennaise qu’elle soupçonne de nous avoir informés, en fait, à l’occasion de la première enquête. Et donc, pour aller dans cette boîte avec un huissier, des policiers, un expert informatique pour fouiller les ordinateurs avec des mots clés, avec des adresses email, donc, notamment celle de la journaliste ou celle du directeur de la publication du Poulpe. Celle de Edwy Plenel aussi, puisque Mediapart, notre partenaire, avait repris l’article et pour essayer de voir s’il y a eu des contacts, récupérer des messages. Enfin voilà toutes sortes de choses. Et naturellement, nous on découvre plusieurs mois après que Lucie en fait se soit rendue dans les locaux de cette fameuse boîte et. Et voilà. Et on tombe un peu des nues parce qu’on constate que le but du jeu était donc d’essayer de d’identifier de prétendues sources qui nous auraient renseigné et que tout ça c’est fait derrière notre dos, qu’on n’est absolument pas au courant que le tribunal de commerce a validé tout ça. Le Président, maintenant c’est le président du tribunal de commerce, a validé tout ça en se rangeant complètement aux arguments de Valeo et sans aucun contradictoire selon son frère voilà ans sans aucun débat et que donc en gros, ça constitue comme une attaque manifeste au secret des sources ou au principe du secret des sources été voilà qui est consacré dans la loi française est consacré au niveau européen et donc à peu près en résumé, l’histoire au niveau de la justice commerciale qui nous arrive aujourd’hui.
David Dufresne
Le secret des sources, ça veut dire qu’un journaliste, un rédacteur en chef a fortiori, garantit à celui ou à celle qui lui parle que si lui le demande, il ne sera jamais identifié. Et sans ce secret des sources, évidemment, il n’y a quasiment pas de révélations possibles.
Manuel Sanson
C’est ça, tout à fait. Exactement. C’est le seul principe de pouvoir protéger des informateurs qui ont des informations confidentielles et qui peuvent parfois être dangereuses pour eux s’ils les révèlent effectivement de ne pouvoir leur garantir une protection, un anonymat. Et c’est ça qui a essayé d’attaquer Vallejo avec le avec le concours du tribunal de commerce.
David Dufresne
Et est ce que Octave, vous voulez raconter, vous, les deux affaires rapidement ? Et puis après on rentrera dans les temps, les questions que ça soulève en fait.
Octave Bonnaud
Oui, alors. Peut être l’affaire qui concerne, comme le poulpe, euh, le tribunal de commerce et en fait une série d’articles de la lettre 23 précisément, qui ont été attaqués par le groupe Jeune Afrique, euh, qui est une sorte de Newsweek de l’Afrique, qui est un magazine qui traite de tout le continent africain. Donc alors, ces trois articles, c'étaient des enquêtes essentiellement sur l’actionnariat de Jeune Afrique, puisqu' il y avait des incertitudes sur qui allait entrer au capital et sur la santé économique du titre. Euh. Et ce qui nous a quand même étonné, c’est que ce groupe de presse, a priori, aurait pu, s’il le souhaitait, contester éventuellement des informations devant la Chambre de la presse. Mais il a choisi en fait d’aller devant la juridiction du tribunal de commerce pour concurrence déloyale, ce qui considère que la lettre a fait partie d’un groupe qui s’appelle Indigo Publications. Et dans ce groupe, y a plusieurs lettres une louche sur les coulisses du luxe, sur les coulisses du renseignement. Et il y a aussi l'équivalent de la lettre un pour l’Afrique des Africains, une diligence qui a un grand site d’informations exclusives sur l’ensemble du continent africain. Donc, il a attaqué en disant que le groupe Jeune Afrique a attaqué en disant que, à partir du moment où là les trois faisaient des articles sur Jeune Afrique, ça pouvait constituer une concurrence déloyale et un dénigrement de son titre un. Alors nous, évidemment, il y a deux choses qui nous ont surprises. D’abord, c’est qu’un groupe de. Prince essaye de contourner le droit de la presse en allant au tribunal de commerce. C’est ça qui est choquant et qui est quand même pour le moins maladroit. Et la deuxième chose, c’est la question que ça posait. Et ça veut dire que finalement, aucun média ne peut écrire sur un autre puisqu’il pourra toujours dire qu’on a fait un article sur moi parce qu’en fait c’est des concurrents et donc c’est de la concurrence déloyale. Donc il faut fermer tous les services médias de tous les quotidiens du web, il faut fermer arrêt sur image, etc. Parce que le jour où arrêt sur image écrit sur la lettre aura, on pourra aussi peut être leur dire que nous même traitant des médias, c’est de la concurrence déloyale. Donc là on rentre dans le raisonnement dans une logique qui est quand même qui est quand même assez, assez particulière. Euh voilà. Donc c’est ça les bases un peu du premier procès qui arrivait la semaine dernière, parce qu’il faut savoir qu’elle avait trois ans. De temps en temps, des procès, on communique très peu en général. Déjà parce qu’on gagne tous les procès, parfois une fois qu’on les a gagnés et qu’on trouve que c'était un peu abusif, on communique. Mais une fois qu’on a gagné. Mais là, dans les deux cas, que ce soit celui de Jeune Afrique ou celui du groupe Casse Boy, celle-ci, c’est des démarches qui posent problème à mon avis. Au départ sur le sur le principe d’un groupe de presse qui attaque en droit commercial et qui concède d’ailleurs, puisque c’est le patron de Jeune Afrique là, qui l’a confié à l’humanité, qui l’a finalement attaqué devant le tribunal de commerce parce qu’il pouvait pas attaquer devant le droit de la presse, il dit qu’il a raté le V de prescription du Time de trois mois, mais on sent bien que c’est un peu un recours, une sorte de roue de secours en fait, pour faire un procès a posteriori à la lettre et pas sous peu, et éviter surtout de se placer sur le plan de la véracité des faits, puisque c’est ça.
David Dufresne
Et ça, c’est le nœud du problème. En fait, au delà des problèmes que ça vous pose, vous, directement, et ça, on le comprend très bien, si on élargit le propos, c’est qu' en fait, ce que vous considérez l’un l’autre, puis après on parlera de l’affaire Casino, c’est que, en fait, on vous attaque non pas sur le sujet, sur le cœur du métier qui est donc l’information et la vérification de l’information, mais sur finalement des principes qui seraient la concurrence déloyale, qui seraient des idées et le droit des affaires, etc. Qui n’ont rien à voir avec le cœur de métier. En fait, c’est ça le problème.
Octave Bonnaud
C’est que contrairement à la chambre de la presse, n’y sera pas. Je ne juge pas familier moi de cette procédure, donc je ne peux pas. Je ne veux pas trop m’avancer sur ce qui sera discuté, mais en tout cas on voit bien que Jeune Afrique est pas dans la contestation, se place pas sur la discussion sur les faits qui sont dans les articles. D’autant que bon, on a les documents, les articles, tout ce qui a été écrit a été vérifié et annoncé après en interne, la zone Afrique par exemple, le nom des nouveaux actionnaires. Donc on voit bien que Jeune Afrique ne pouvait pas se positionner sur une discussion qui concerne l’exactitude des faits et qui se sont du coup rabattus sur une autre procédure qui est celle du tribunal de commerce et qui amène en débat la position de différentes entreprises. Ça c'était pour Jeune Afrique.
David Dufresne
Juste par part, par honnêteté, je dois citer le directeur de la publication de Jeune Afrique, contacté par l’Humanité. Vous en avez parlé tout à l’heure, qui en gros considère que vous êtes concurrent à puisqu’il dit que depuis une dizaine d’années, il y a eu un ciblage systématique de leur groupe de presse avec des papiers exclusivement à charge sur nous, sur notre santé financière, avec des allégations souvent tendancieuses, erronées ou des fausses informations et le refus systématique de publier nos droits de réponse. C’est ce qu’il a dit.
Octave Bonnaud
Ah non mais vous êtes libre de faire le contradictoire. Peut être juste un point pour dire que vos euh. Vous tweeter. Quel crédit apporter quand même à ces éléments ? Euh. Quand on l’entend en fait, on serait obsédé par Jeune Afrique, on aurait fait beaucoup d’articles sur eux. J’ai regardé quand même dans les archives sur l’année 3, on parle de cinq articles. C’est ça qui depuis 2018, depuis trois ans, voilà cinq articles, depuis trois ans, cinq articles
David Dufresne
On ne peut pas dire que ce soit obsessionnel.
Octave Bonnaud
Sur un total de 600 papiers qui sont parus rien que dans la rubrique médias. Après, il y a la rubrique politique, la rubrique échos, etc. Mais la couverture de Jeune Afrique, elle est très. Elle est quand même très réduite. On est sur cinq articles sur 600 en trois ans, zéro articles entre 2018 et 2020. Donc j’ai du mal à comprendre comment. Comment il peut affirmer que ça relèverait d’une obsession ? Enfin, là, il y a quelque chose qui ne va pas. Ça prouve bien qu’en fait, il ne s’agit pas de la quantité d’articles. Quelconques. Mais le point là dessus, c’est que pour le directeur de Jeune Afrique, un article, c’est déjà trop. C’est ça en fait le message. Quand il dit que c’est obsessionnel, ça veut dire qu’il veut zéro article sur Jeune Afrique. Donc il y aura d’autres articles sur ce groupe de presse. Dans la lettre 20 et on continuera le sujet. Parce qu’en plus, nous on suit les médias aussi comme eux, comme des outils d’influence en réalité. Et on voit mal comment on pourrait éviter de traiter ce sujet sur ce site internet et ce journal dans un suivi des politiques d’influence et du rôle qu’il a aujourd’hui en France et en Afrique.
David Dufresne
Alors ça, c'était pour Jeune Afrique. Et puis il y a Casino,, à bâtir. Gilles je vais vous faire plaisir, je vais, je vais mettre en illustration, j
Manuel Sanson
Peut être que tu parles de Casino. C’est important aussi de préciser justement sur ces deux affaires là. En fait, là où il y a un distinguo entre la nôtre et celle de la les trois, c’est que là, les trois, là, elle est directement citée devant le tribunal de commerce par Jeune Afrique. Tandis qu’au niveau du poulpe, là où c’est encore d’une certaine manière encore plus sournois, c’est que nous, on n’est pas directement visés par la procédure. En fait, c’est quelque chose de détourner que Lavabo attaque l’autre boîte. Je cherche des choses dans l’autre, chez l’autre boîte, mais sans que nous on soit à aucun moment tu vois visé dans la dans la procédure et on la prend par la bande plusieurs mois après. Donc voilà, je pense que c’est important juste de faire ce petit distinguo dans les deux procédures qui se placent dans la sur un sur un terrain différent, que ce soit pour la lettre là ou pour ou pour le poulpe.
David Dufresne
Vous avez écrit le Poulpe que le 28 novembre, donc 2022. Euh oui, c’est bien ça. Un huissier accompagné d’un expert informatique et des policiers s’est effectivement déplacé dans les locaux de la société concurrente pour prendre les guillemets. L’huissier a regardé à l’intérieur de plusieurs ordinateurs, il a pris quelques mails. Sa mission a duré environ 2 h et dans ses mains, il y avait donc ceux de Mediapart par des correspondances.
Manuel Sanson
Alors nous, on sait, on ne sait rien, on ne sait toujours rien de ce qui de ce qu’ils ont trouvé dans les ordinateurs, de ce que ça a donné par la suite, puisqu’en toute logique, l’huissier était censé produire un rapport à remettre au tribunal de commerce et à remettre également, en tout cas que Algo puisse en avoir connaissance pour éventuellement après, entamer une procédure en concurrence déloyale. L’ajustement revient sur le même terrain, mais on ne sait pas si ce rapport-là a été effectué. Qu’est ce qu’il y a dedans ? Qu’est ce qui a relevé l’huissier ? Le entre guillemets ? Intéressant tout ça, mais pour l’instant, on ne le sait pas. On continue à travailler, à enquêter là-dessus, mais on n’a pas ces informations là à cette heure.
David Dufresne
Donc Octave, deuxième lame, quelle lame ? Si c’est donc Casino dont nous avons nous appris hier et notamment, je vais vous mettre le site que vous citiez tout à l’heure. Arrêt sur image Casino réclame 13 millions d’euros à la lettre A, c’est à dire à vous, à vous et à votre équipe. Et vous êtes assigné parce que par votre faute, vous avez fait perdre à Casino d’un coup, vous avez dans les pertes et profits, vous et vous. Il y a là, il y a -13,7 millions pour expliquer pourquoi et pourquoi y attaque. Mais d’abord, l’histoire, c’est quoi ?
Octave Bonnaud
L’histoire, c’est qu’il y a un suivi. La lettre un depuis un an et demi sur tout le secteur de la grande distribution. Et il y a un feuilleton qui s’appelle le Big bang de la grande distribution et qui est en anglais comme ça. C’est-à -dire qu’il y a le constat qu’il va y avoir une grande repose recomposition des acteurs de la grande distribution. En fait, ça veut dire qu’entre Carrefour, Leclerc, Auchan, Casino, il y aura forcément des alliances ou l’une des grandes enseignes du supermarché va nécessairement manger l’autre. Donc il y a ce suivi qui est sur tous les acteurs de la grande distribution. Et arrive. Et évidemment, au bout d’un moment. Enfin, il y a un suivi aussi du coup du groupe Casino qui est confronté à un endettement problématique qui le place dans la main de ses créanciers. Et c’est vrai que le suivi de la lettre aura un effet sur le sur le haut de l’organigramme. Donc au tour de Jean-Charles Naouri, de ses décisions, de son écosystème, de deux conseillers. Et on a une série d’articles comme ça ces trois derniers mois qui décrivent en fait l'étau financier dans lequel Jean-Charles Naouri se trouve et les différentes options.
David Dufresne
Jean-Charles Naouri est donc le PDG de Casino, puisque tout, tout, tout le monde ne suit pas toutes les saisons du feuilleton Casino.
Octave Bonnaud
Mais c’est gentil dans la série on va dire. Voilà, c’est ça un personnage intéressant pour nous. Parce qu’il est énarque, il a été il y a longtemps directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, donc ça date sous François Mitterrand. C’est quelqu’un qui était en politique et qui est né dans les années 80 et rentré comme ça dans la grande distribution et qui dirige le groupe Casino de longue date. Donc on raconte, voilà cet étau financier. Euh, notre journaliste est très bien placé en fait pour suivre cette affaire, quasiment parce qu’elle a. Elle a suivi tous les acteurs depuis un an et demi, y compris des autres groupes de grande distribution ou des acteurs qui se positionnent pour racheter des actifs, des morceaux en fait du groupe du groupe Casino. Il y a quelques informations. Voilà. Effectivement, on écrit noir sur blanc qu’il y a un virgule 5 milliard d’euros de dettes de crédit qui sont plutôt cachées dans les comptes, sachant que c’est des comptes avec des montages financiers très complexes. Voilà, donc il y a toute cette couverture au jour le jour du groupe Casino et on reçoit le 15 juin 1 citation du groupe Casino qui demande 13,5 millions d’euros à la lettre.
David Dufresne
Alors Octave, si je ne me trompe pas, c’est à cause de cet article 46 68 mots, ça fait cher le mot. Eh bien payer votre journaliste Sophie de Cluses à 6.Millions d’euros. À ce tarif là, Baballe. Donc en fait, le 8 juin 2023, si j’ai bien compris, le matin, vous publiez cet article là. Donc sans rentrer dans les détails, quelqu’un qui, qui, qui voulait enfin un groupe qui voulait éventuellement racheter Casino, jette l'éponge et Casino perd en bourse tout de suite. 13,7 millions, c’est bien ça ? Alors là, je ne sais pas trop comment ça fonctionne, mais leur titre perd.
Octave Bonnaud
On publie cet article à 11 h 40. La citation dit que le cours de bourse a chuté en fin de journée. Donc ceci c’est difficile à dire. Bon après, s’ils veulent. Peu importe pour nous, je veux dire, s’ils veulent autre pensée que la lettre un fait baisser le cours de bourse. Nous on n’a pas de souci avec ça. Notre boulot c’est de sortir des informations et on ne va pas retenir les informations parce qu’elles pourraient avoir un impact à la hausse ou à la baisse sur un cours de bourse. Sinon, en fait on ne sort plus aucune information économique. Un an à vivre pour l’ensemble, pour l’ensemble des journaux. Donc voilà, c’est ça l’article un peu à 13 millions d’euros, sachant que de ce que je comprends en tout cas, on n’a pas vu d’autres exemples, on n’a pas trouvé d’exemples donnés de citations devant la Chambre de la presse qui réclament un préjudice économique aussi exorbitant.
David Dufresne
Qui est à la fois habilement et placé à titre personnel, habilement et monstrueusement établi. C’est à dire que l’idée de dire, de faire une relation de cause à effet entre des révélations de faits qui n’ont pas été démentis, si j’ai bien compris la boîte en question, elle a bien jeté l'éponge et elle a dit moi je rachète pas et voilà il me semble..
Octave Bonnaud
Elle l’a confirmé en dehors des horaires d’ouverture des marchés, c’est ça qui est étonnant. C’est clos l’article 120 à 11 h 40 et c’est seulement autour de 18 h que Casino et cette boîte ont confirmé L’information de la lettre va qu’effectivement il se retire de 12 h des négociations sur Casino. Donc l’argent que. Et on trouve bien dans cet article. Le 8 juin est dans la citation. Donc on voit bien que ce qui est reproché, ce n’est pas l’exactitude des faits. L’un sur c’est en réalité le timing de publication de l’article. Donc il faudrait. Dans Le Monde de Jean-Charles Maurer, on ne publie pas une information pendant que la Bourse de Paris est ouverte. Et ce qui nous laisse le weekend pour publier.
David Dufresne
Et la nuit, vous pourriez bosser la nuit comme dit Freud. C’est un peu des flemmards.
Octave Bonnaud
Et encore, il y a peut être la bourse de New York, celle de Hong Kong. Je ne sais pas.
David Dufresne
. Es ce que. Samuel tu veux rebondir sur la question
Manuel Sanson
Moi c’est Manuel.
David Dufresne
Mais Stéphane pardon, pardon, c’est Manuel Samson. C’est pour ça que je dis Samuel pardon.
David Dufresne
Désolé. Ensuite, c’est Oh la faute ! J’arrête l'émission. Stop ! On arrête. Au revoir. Merci. C'était super. Désolé. Désolé. Oui, par rapport aux deux affaires qui touchent les trois, vu de vue du poulpe, ça te dit quoi ? De l’ambiance qui règne autour de vous deux ? De votre travail d’indépendant, d’investigation ?
Manuel Sanson
Moi ce que je trouve, ce que ça dit, c’est qu’il y a un souffle, un vent mauvais quand même, sur le droit de la presse et sur la protection de la liberté de la presse, quoi. C’est vrai, tu l’as rappelé en introduction, il y avait déjà eu Mediapart de Reflets sur des histoires de censure aussi préalable d’article devant la tribune des tribunaux de commerce. Là, la lettre là, c’est encore une fois des procédures qui exonèrent en fait de toutes les garanties et de toutes les protections, et du cadre juridique qui doit entourer normalement le. Voilà les litiges autour de la presse. Et pour nous, le papier, c’est la même chose, mais avec une voie un peu détournée, ce que j’expliquais tout à l’heure. Et donc tout ça, c’est inquiétant, là en l’occurrence, pour la lettre, là, et pour le poulpe, mais en fait pour pas mal de médias, et on sent bien que c’est un truc qui est en train de prendre et de grossir et que donc je pense que toute la profession et tous les médias devraient s’inquiéter de cette tendance là. Qu’est ce qui se matérialise et qui prend de l’ampleur ? Et donc c’est inquiétant pour moi, c’est ça que ça me va. Ça m’inspire comme commentaire.
David Dufresne
Et Octave, vous qui révélez tous les jours par vous emmerder le monde tous les jours quand même, il faut le reconnaître. Quand vous avez reçu la citation à comparaître par rapport à ça, quelle a été votre réaction ?
Octave Bonnaud
La réaction elle était comme je veux dire, on a l’habitude de couvrir les grands groupes. Et on y va. On a quand même l’habitude d’avoir des hommes. Des décompressions et de les gérer, notamment de la part de tout l'écosystème des grands groupes, des agences de communication, etc. Là, ce qui nous a plu, notre réaction, ça a été tout simplement de dire qu’on lançait déjà les nouveaux articles sur Casino. Évidemment, il fallait, et c’est très important de continuer le suivi et de ne pas l’interrompre le temps d’une réflexion. Et après on reste quand même sereins parce que le contenu de la citation de deux de notre point de vue. Et finalement assez fragile. C’est-à -dire qu’il y a un nombre hallucinant d’articles cités. Et souvent quand les avocats n’ont pas grand chose, y font un peu dans la quantité. Donc on a senti que c'était un peu ça la démarche qui était faite par le groupe Casino. Et au-delà de ça, ce qu’on a trouvé intéressant, c’est ce chiffre de 13 millions. C’est. C’est pour ça que je pense que si y avait pas eu ce chiffre. On n’aurait pas été nécessairement liés à répondre aux questions. Mais un chiffre qui est record et le raisonnement qui montre en fait un signe de fébrilité. C’est-à -dire qu’on a un grand patron, un groupe de distribution qui souhaite empêcher toute information qui pourrait faire baisser son cours de bourse. Donc c’est en même temps c’est sa situation, c’est-à -dire qu’il est pris dans. Un étau financier où dès que le cours baisse, ces créanciers deviennent plus menaçants. Donc on est dans une espèce de deux roues comme ça dont il a. Il a du mal à sortir. Et donc l’analyse, ça a été ça, c’est-à -dire que c’est à la fois peut être. Un signe de fragilité plus grand que ce qu’on pensait du placement du groupe Casino. Et le deuxième point est que là, il y avait quand même une question de principe. Vous devez verbaliser sur le fait qu’on a un média, on ne doit pas se poser la question de l’influence des informations, de l’influence prétendue parce que, en réalité, vous avez beaucoup d’autres facteurs qu’un article de la trois qui influe le cours de bourse du groupe Casino sur des facteurs macroéconomiques ou même quand vous avez l’agence Moody’s. Qui c’est qui déclasse le mode casino en mars ?
David Dufresne
Alors ils ont fait pareil avec nous, ca a été terrible, on a perdu plein de donateurs. Quand Moody’s nous a déclassés.
Octave Bonnaud
C’est un système, un nouveau système d’analyse financier. Voilà qui ont des des qui eux ? Voilà, à chaque fois qu’ils sortent une note, ça a un impact direct sur le cours de bourse. Donc. Donc voilà. Mais voilà. Donc notre réaction, ça a été à la fois euh, à la fois, mais à la fois très serein sur le contenu. De cette citation et sur notre capacité à défendre des articles. Parce que la couverture qui a été faite du groupe Casino est assez exemplaire et qu'à chaque fois qu’il y a des choses qui ont été annoncées, ça s’est vérifié dans les faits quelques mois plus tard, à la fois serein sur le fond de la situation et en même temps, euh, on ne veut pas sous estimer le fait qu’il s’agit d’une menace. C’est à dire que le 13 millions, ça veut dire dans l’esprit de gens charmants Oui, soit vous arrêtez de couvrir le groupe Casino, soit j’essaierais de faire fermer le groupe à Indigo Publication parce que le chiffre d’affaires du groupe Indigo publication, c’est 8 millions d’euros. Donc quand vous demandez 13 millions, ça veut dire que vous demandez en fait 1 à 1. Mettre la clé sous la porte, c’est un peu ça. Mais, dans le message qui est donné, il y a quand même une volonté que la lettre publie un article dans la dernière ligne droite ou revienne là, ou que la journaliste retienne sa plume dans la dernière ligne droite des négociations et des deal qui sont en cours sur Casino.
David Dufresne
C’est à dire que ce ne serait pas réclamer ce qui peut être légitime, évidemment, réclamer justice, mais c’est réclamer la mise à mort d’un titre. Et en fait c’est ici et c’est là où c’est complètement. Casino a le droit de vous attaquer en diffamation s’il s’estime diffamé, bien entendu. Tout. Voilà. Mais là, c’est tout à fait autre chose qui se joue. Et de la même manière, le poulpe pour vous, si. Si la justice par des voies détournées, allez chercher vos sources. Au fond, si c’est le cœur de votre métier est atteint. Parce qu’après six mois, j’habite en Basse-Normandie. Je ne dirai plus, sauf si c’est des informations sur la Haute Normandie. J’aurais pu vous les donner de peur. C’est ça qui se joue en fait.
Manuel Sanson
C’est exactement et c’est ça, c’est aussi une manière de mettre la pression sur de potentiels futurs sources qui vont prendre peur. Et sans doute à raison. Si le tribunal de commerce va dans le VA dans ce sens là, du fait que, bien que leur anonymat et leur protection soit plus, soit plus garanti. Donc effectivement, oui, c’est de ce point de vue là, c’est aussi un message d’intimidation d’une certaine manière envoyé aux sources. En fait, il y a ça aussi. J’ajoute quand même, parce que du coup je n’en ai pas parlé plus au tout début, nous étions qu’avec cette histoire avec Volvo, donc y a l’histoire devant le tribunal de commerce où là c’est sournois et indirect comme je disais tout à l’heure. Mais en même temps, nous on est attaqué en diffamation devant la chambre La Presse à Paris, dans une procédure, là, pour le coup classique sur les articles. L’enquête initiale de Laurence de L’heure. Donc il y en a deux. Mais ces deux voies d’action ont été choisies par Balbo et qui sont en cours aujourd’hui.
David Dufresne
D’ailleurs, j’en profite. Donc on fait, on peut, on peut se dire qu’il y a un petit lien entre les deux quoi, voilà, entre l’attaque et diffamation
Manuel Sanson
Bien sûr, et sachant que du coup, là, ça rejoint un peu l’histoire de Casino pour la V3, parce que ça, je ne l’ai pas précisé. En fait, le fameux terrain, là où on a enquêté et où on a montré que la dépollution, manifestement, n'était pas tout à fait effectuée dans les normes. En fait, ce terrain là, il était promis à un géant du commerce, en l’occurrence Amazon. Et en fait, Amazon s’est retiré finalement du projet et donc on ne sait pas exactement. Mais potentiellement, la société Volvo a perdu quand même pas mal de pognon dans cette histoire là. Et donc voilà, il y a aussi des gros enjeux financiers et d’où le voilà la colère aussi de cet algo. Et d’où la double attaque directe et indirecte à la fois devant la loi en matière de droit de la presse classique et aussi devant le tribunal de commerce pour identifier de prétendues sources.
David Dufresne
Alors à propos de pognon, bravo à vous puisque hier soir vous avez franchi la barre de votre objectif de 30 000 €. Là je parle du Poulpe puisque vous avez collecté 30 450 € par la plate forme la meilleure du monde. Ce n’est pas la peine que l’année 3 ayant quitté là dessus, Si j’aime l’info, donne Arbok au poste utilise aussi, c’est la même. C’est exactement cette couleur qui change. Si vous voyez vert, vous ne donnez pas.Si vous voyez orange, vous donnez. C’est l’inverse. Et c’est ce que. Est ce que le poulpe est poursuivi par un industriel de dépollution ? Donc vous avez fait une demande, vous avez fait une campagne de collecte qui est arrivée. On avait un peu quelle est l'émission puisque la campagne s’arrête demain. On a vu qu’il y a des émissions aujourd’hui en se disant Bah tiens, voilà, Si jamais on peut donner un petit coup de main dans la dernière ligne droite. Mais il se trouve que la dernière ligne droite est franchie. Tant mieux. Vous avez laissé ouvert la campagne, Peut-être que vous pouvez expliquer pourquoi et pourquoi vous faites une campagne.
Manuel Sanson
Bon du coup, oui, effectivement, on a lancé la campagne, ça devait être le 23 ou le 24 mai dernier. Oui, c’est ça l’idée, c'était déjà, c'était de mettre un coup de focus sur le poulpe, sur la procédure nouvelle et inédite de tentative d’identifier nos sources, de mettre ça en lumière d’eux, effectivement, de collecter des fonds, là, plutôt pour préparer la défense, parce que là on a pas encore les montants, mais on sait que Volvo va nous réclamer beaucoup, beaucoup d’argent, notamment en lien avec l’histoire d’Amazon, donc de commencer à organiser et à collecter de l’argent pour eux pour assurer notre défense, sachant que le groupe c’est vraiment un tout petit média et que et que voilà, ça peut effectivement, ce genre de genre de procédure peut nous un peu nous mettre aussi à terre en sachant qu’en plus le PDG, le PDG de la boîte Valeo nous avait clairement laissé compte, laissé entendre au moment du contradictoire avant la publication de l’enquête, que voilà qu’il engagerait toutes les démarches pour éventuellement occulter la formule retenue, mais pour qui pourrait avoir des conséquences importantes sur le Pool. Donc voilà, la menace était à peine voilée. Donc voilà l’idée au départ, au départ de cette campagne, c'était ça, ça a plutôt bien fonctionné. Effectivement, comme tu le disais, on a dépassé l’objectif et en fait on a décidé la ADS de laisser la campagne tourner encore plusieurs jours, peut être une semaine ou dix jours pour essayer d’aller encore un peu plus haut dans l’objectif financier avec deux. Là pour le coup, deux nouvelles de nouveaux axes. C’est à dire que d’une part on voudrait et on travaille avec notre avocat à contre attaquer sur le plan juridique pour essayer de faire en sorte d’obtenir la. En gros la suppression, la rétractation faite de l’ordonnance du tribunal de commerce qui autorisait l’expert, l’huissier à venir fouiller dans les ordis. Et puis d’autre part aussi parce qu’on a envie de continuer à bosser et à enquêter sur l’algo en fait, parce que c’est une boîte où il y a plein de choses à raconter après. Et il y a des. Il y a des choses encore à creuser et qui donc du coup aussi, dans une logique, là cette fois ci plus de défense mais de contre attaque, de continuer à faire votre boulot, d’investiguer sur cette brèche, sur cette boîte là et sur la manière dont elle travaille en matière de dépollution. Voilà, donc on va continuer à laisser la cagnotte ouverte et appeler au soutien de tous ceux qui pourraient nous aider pour eux, pour eux, pour aller plus, plus loin encore.
David Dufresne
Voilà, et le lien est dans le tchat. Donc pour ceux qui peuvent. Et il y a aussi matière à enquête pour la lettre aussi, mais j’ai rien dit puisque vos dons sont défiscalisés ainsi du début des problèmes. Si vous donnez 30 € au poulpe, en fait ça vous coûte 50 €, ça vous coûte 17 €.
Manuel Sanson
C’est ça ?
David Dufresne
C’est ça,
Manuel Sanson
C’est 66 %. Je n’ai pas fait le calcul.
David Dufresne
Oui, c’est ça, Si vous donnez dans 50 €, c’est 17 €, on va appeler Casino. Là, ils savent mieux compter que nous. Voilà une question pour vous deux du tchat de sorcière 62 qui ne travaille ni à ni pour Casino ? Est ce que ce sont les premiers signes du naufrage de l'économie de marché dont les protagonistes tentent de ne pas prendre l’eau ? Je pense qu’elle parle par exemple de club de casino
Octave Bonnaud
Non. Je ne pense pas qu’on puisse le généraliser comme ça. Là, c’est la situation dans un groupe. Particulier. Je pense que c’est simplement le signe d’une espèce d’intolérance à ce qui peut être écrit dans les journaux, ou tout simplement avec un. Voilà où on est sur le cas d’un grand patron qui a beaucoup de conseils en communication, qui est un homme qui met beaucoup de moyens dans sa communication financière et peut être une intolérance qui avait, il y a dix ou 20 ans pour des articles critiques sur le plan économique qui vont un peu sous le capot des montages financiers, d’aller chercher les lignes de crédit revolving, etc. Tout ça est jugé insupportable par un état-major d’un grand groupe qui se trouve à un moment très sensible de son niveau de vie, de son histoire en fait, et qui joue là en fait sa survie dans les dans les prochaines semaines.Donc je ne sais pas si c’est d’abord l’action d’un groupe. D’hommes qui sont finalement d’un homme qui est le patron de casino plutôt que quelque chose à généraliser à tous les hommes, à toutes les grandes entreprises.
David Dufresne
Oui, mais il y a quand même un point qu’il y a un qui est intéressant, c’est que vous avez parlé de tolérance et justement depuis le temps que vous existez, la lettre. Est ce que vous pensez que le seuil de tolérance, notamment du monde des affaires, comme on disait, comme disait Jean-Pierre Gaillard ? Est ce que vous pensez que ce seuil de tolérance a baissé et que et que les entreprises sont bardées d’agents, de com., d’avocats, de juristes, etc. Dégainent plus facilement le droit contre, contre la liberté d’informer ou pas ? Est ce que vous avez plus de procédures contre vous plus rapidement ?
Octave Bonnaud
. J’ai demandé à notre référent juridique et à l'échelle du groupe Indigo publication. En fait, il y en a une. Il y a plutôt une stabilité des procédures, c’est à dire qu’on n’a pas vu de pics, là, d’explosion depuis quatre cinq ans un. En gros, donc les procédures ne sont pas très nombreuses, mais le. Sur la lettre 20 mais, mais on voit certains et certaines acteurs qui ont effectivement sur certaines données économiques nous paraissent évidentes. Il y a des contestations dans le dernier procès qui était qui a été fait à la lettre, c'était celui du média qui s’appelle Konbini, et la lettre avait dévoilé il y a quelques années le fait qu’il y a une famille qui s’appelle la famille Perraudin, qui opère dans les produits dérivés pétroliers, qui était actionnaire de Konbini, et ils attaquaient là dessus. C’est d’ailleurs avec le même avocat, le même cabinet d’avocats que ce groupe Casino qui est le cabinet Lombard Bandit. Ils sont là dessus parce qu’on avait simplement révélé le nom des actionnaires de deux de Konbini. Donc voilà. Donc c'était plutôt une procédure étonnante et ils ont été condamnés en droit de la presse pour procédure abusive. Voilà. Donc il y a quand même un risque pour ça.
Manuel Sanson
Pour connaître Octave, il faut reconnaître que…
Octave Bonnaud
Et ça arrive plus souvent comme faussaire qu’on obtient le vraiment du jugement, qu’il s’agissait d’une procédure abusive avec des. Avec des frais. Mais on a aussi des moyens de se défendre contre la presse.
David Dufresne
Alors peut être que j’ai une idée de la part de la justice spécialisée dans la presse qui date un peu. Mais il me semble quand même que la justice, le droit est plutôt favorable aux journalistes puisque on peut à la fois diffamer, ne pas être condamné si on ne peut prouver par exemple sa bonne foi, la solidité de l’enquête, le fait de ne pas vouloir nuire, etc. Est ce que. Est ce que je me trompe ? Est ce que ce droit là a déjà et ce droit là ? Et puis des décisions au fil des années ont plutôt évolué dans un sens qui n’est pas favorable à la presse. Déjà. Qu’est ce que vous diriez par rapport à ça ?
Octave Bonnaud
Moi je ne suis pas. Je ne suis pas un expert au sens où je pense qu' être l’avocat de la lettre répondra bien mieux. Je ne peux pas vous le dire, je n’ai pas l’impression.
David Dufresne
D’accord, d’accord.
Octave Bonnaud
Je veux là-dessus je vois. En tout cas, moi, du point de vue, la France n’a pas tant de procès que ça que dans l’affaire combinée. Le juge a quand même reconnu que la procédure était abusive. Donc il y a eu un effet boomerang pour la famille Perrault, dont on s'était contenté d'écrire le nom sur Jeune Afrique. Alors ils vont au tribunal de commerce. Mais c’est un peu la même histoire. C’est la lettre 20 qui dévoile un actionnaire qui n'était pas connu du groupe de presse. Donc on voit que là, il y a des incertitudes, des euh, comment dire, des réactions épidermiques de certains actionnaires qui considèrent qu'à partir du moment. On écrit simplement qu’ils ont des parts et des intérêts dans tel ou tel groupe, ça mériterait d’aller au tribunal en diffamation alors que les faits sont totalement établis. Donc voilà, ce qui est intéressant, je trouve, c’est qu’il y a quand même des recours qui sont un peu des rencontres textes qui ne portent pas absolument.
David Dufresne
Bien sûr.
Octave Bonnaud
Et la citation En tout cas, on nous défendra tous les articles sur Casino et On et on est évidemment très confiants, mais quand on a vu 13 millions, on s’est dit que ce n’était pas ça le sujet.
David Dufresne
Bien entendu, on en est, on est tout à fait d’accord. Simplement, je me fais l’avocat du diable. J’adore ça pour le diable tout ça. Mais ce que je veux dire, c’est que c'était un avocat à l'époque où je travaillais à Libération qui m’avait dit ça. Faire un procès en diffamation, c’est faire un procès contre soi. C’est assez compliqué en fait d’attaquer un journal. Je parle dans une. Dans le procédé, dans la procédure classique. Là, ce qu’on voit, c’est que justement il y a un contournement, il y a un détournement, il y a un assaut quand même. On le dit au début, il y a eu reflet, il y a eu Mediapart et ou justement, les gens qui attaquent les journaux en dehors du droit de la presse vont aussi chercher, me semble t il, une certaine incompétence des juges qui ne connaissent rien à la presse.
David Dufresne
Il me semble que c’est ça le truc. Alors que devant le privé la 17ᵉ chambre, j’ai pu savoir quel numéro elle porte aujourd’hui à Paris, ce sont quasiment une chambre spécialisée qui connaît bien le travail des journalistes, leur difficulté parfois à enquêter etc. et qui peuvent avoir non pas une mansuétude mais une compréhension, là où des juges commerciaux n’y connaissent rien et sont prêts à. On se souvient des premières décisions contre Mediapart et contre Reflets
Manuel Sanson
Oui mais je suis d’accord avec toi, avec ce que tu viens de dire et sachant aussi que bombe au niveau des tribunaux de commerce qu’il faut pas oublier, c’est que non seulement ils n’ont pas de compétence particulière en matière de droit de la presse, et il y a quand même aussi une forme de porosité, en tout cas de proximité aussi entre le monde des affaires comme tu disais, et les juges commerciaux qui pour la plupart ne sont pas des magistrats professionnels mais issus du monde de l’entreprise aussi. Et donc forcément, on n’est pas, on n’est pas du tout dans le même cadre procédural. Et. Et aussi, pour revenir à ce que tu disais sur le là, le distinguo entre la 17ᵉ Chambre à Paris et le droit commercial. Effectivement, même si moi je ne suis pas un spécialiste, je ne suis pas juriste, y’a quand même, comment dire, beaucoup plus de garanties en défense des médias et des journalistes, le paresseux par ce biais là que devant les tribunaux de commerce, il y a. Il y a beaucoup d’exigences en termes de prescription, il y a tous les critères, effectivement, au-delà de la bonne foi, tout ça, bref, tout ce tout, ce cadre là. Effectivement, une fois que tu es passé à côté de tribunaux de commerce n’existe plus. Et donc effectivement, c’est vrai que c’est peut être plus tentant pour des pour des groupes économiques d’aller sur cette sur ce terrain là en fait.
David Dufresne
Lieutenant, je crois, Lieutenant Caverne de Bar. Ici, chacun ses informateurs. Gorge profonde alors ? Mais du coup, le poulpe ne peut-il pas intenter une action contre Valeo qui vous attaque ? Après tout, leur action risque de vous faire perdre de l’argent à vous aussi. Donc, est-ce que c’est le cas ?
Manuel Sanson
Oui, oui, c’est bien, C’est ce dont je parlais tout à l’heure. Alors après c’est pas forcément. En tout cas pour l’instant. Aux dernières nouvelles, c’est bien si je suis pas, c’est pas moi qui gère ça directement avec l’avocat. L’idée c’est pas forcément d’attaquer Valeo directement, mais par contre c’est plutôt de saisir le ministère public, donc le parquet et en fait le procureur de la République en lui disant voilà ce qu’a fait Valeo. La procédure intentée devant le tribunal de commerce met gravement en danger le principe du secret des sources et que donc il faudrait que vous, ministère public, représentants de la société, interveniez pour mettre un terme à cette procédure, en fait. Voilà, donc pour l’instant c’est plutôt ça qui semble se dessiner, mais pas une attaque directe contre Valeo.
David Dufresne
Alors je n’ai absolument pas fait exprès, mais cette émission est particulièrement dans le cœur de l’actualité puisque hier on a appris qu’une décision de justice favorable à favorable à nommer vos beaux visages pour voir votre réaction à France-Soir. Vous êtes au courant de ça, j’imagine ?
Manuel Sanson
Ben moi j’ai juste vu que ton tweet va sur Tweeter que tu avais, Tu avais mentionné ce truc là, je n'étais absolument pas au courant. J’ai vu ça effectivement. Alors dans le cadre de l'émission.
David Dufresne
C’est assez rigolo car il faudrait que je trouve le tweet. Effectivement, c’est visiblement un aficionado de France-Soir qui dit et ça vous en parlerait jamais du foot et. Et donc ça tombe bien parce qu’effectivement voilà. Donc là on est vraiment dans le cœur du sujet. France-Soir a fait condamner le monde hier pour Je vais rentrer dans les dents, les dents, les dents dans les détails, mais en attaquant Le Monde qui avait dénigré France-Soir. En tout cas, François s’estimait dénigré. François a en partie gagné. Mais justement, François était allé au tribunal de commerce pour réclamer justice. C’est-à -dire que France-Soir a fait exactement comme un précédent par rapport à Jeune Afrique, et il allait être là. C’est-à -dire ? C’est un éditeur qui attaque un autre éditeur. Alors là, on est quand même à un haut niveau de. Comment parler d’incongruité ? Je n’en sais rien.
Octave Bonnaud
Mais je suis à peu près la même démarche, effectivement, que le groupe Jeune Afrique. Ce n’est pas totalement inédit. Nous le. Il y a très longtemps, il y avait un quotidien de presse quotidienne régionale qui avait attaqué la lettre devant la Chambre de commerce. Il avait gagné en première instance. On avait gagné en appel ensuite. Mais. Mais voilà. C’est assez étonnant cette démarche de François. On sent finalement que c’est des médias qui ne veulent pas se placer sur le terrain des faits et qui cherchent un autre moyen. Mais même. Mais je trouve assez inquiétant que le Monde ait été condamné par un média comme France Soir qui a eu des positions, il faut quand même le rappeler, pendant le vide qui était assez intenable et qui était très proche de deux thèses conspirationnistes. Donc bon, c’est quand même étonnant que François ait pu l’emporter en droit commercial sur un quotidien comme le Monde.
David Dufresne
Le Monde a été reconnu coupable de concurrence déloyale par dénigrement. Lundi 19 juin est condamné à verser 25 000 € de dommages et intérêts. Le monde a fait appel immédiatement. Et en fait, le grief de François, c'était que le monde, à une époque, qualifiait la presse avec et en disant avait qualifié France-Soir de blog complotiste. Et c’est là dessus que François a attaqué le monde en disant Mais comme vous êtes un journal, vous nous dénigrez, vous nous faites de la concurrence déloyale, alors que la concurrence déloyale, on va dire, est la concurrence. Elle se fait sur son travail
Octave Bonnaud
Non, c’est que c’est quand même. C’est quand même inquiétant ça, Ça confirme quand même ce type de démarches. Elles vont, elles pourraient. Si, si, si, si. Cette décision confirmée plus tard, bien sûr, entraînerait en fait tous les articles sur les médias. Hors euh, c’est quand même très important que des médias écrivent sur d’autres médias parce que le champ, le champ médiatique est aussi un terrain d’influence, c’est aussi un pouvoir. Donc il faut nécessairement que les médias écrivent les uns sur les autres, pour eux, pour, pour, pour informer leurs lecteurs, simplement.
David Dufresne
Et vous pourrez trouver évidemment sur le site de France-Soir, le jugement qui a été prononcé le 19 mai. On l’a appris hier. Et donc on voit bien que c’est le tribunal de commerce de Paris qui, au nom du peuple français, donne sa démission. C’est-à -dire que ça illustre parfaitement notre sujet du jour. J’imagine que vous, avocats, allez regarder les attendus, ça montre quand même qu’il y a une qui a quand même, si ça cesse, ces coups de boutoirs faits à la liberté d’informer, ça va quand même très loin, ça va quand même très loin. Ah ! Il y a un train qui passe. J’entends un petit. Petit à petit pour terminer. Parce que étonnamment, le château là. Mais il est très discret et je crois qu’il vous écoute. Peut être qu’il découvre qu’il découvre tous ces trous, tous ces problèmes d’un coup. J’ai retrouvé une proposition de loi visant à interdire les ordonnances, censurant la presse sans débat contradictoire parce que c'était ce qui était arrivé, notamment à Mediapart qui avait été censuré a priori en disant vous ne pouvez pas. Diffuser vos prochaines enquêtes sur l’affaire de Saint-Étienne. Or, Mediapart n’avait même pas pu se défendre. Je ne sais pas pourquoi. Est ce que dans le droit commercial c’est possible, mais en tout cas, il y a une Nathalie Goulet, sénatrice UDI, qui avait déposé. Un projet de loi, on va dire proposition de loi qui est restée pour l’instant dans les limbes puisque c'était en novembre 2022. Et pour l’instant, c’est resté. Si le site du Sénat est à jour, c’est resté au stade de la première lecture au Sénat, donc on ne sait pas ce que ça va donner. Est ce que ça, par exemple, c’est quelque chose que vous que vous appuyez ? Vous pensez que le droit doit être renforcé ? Pour les journalistes, pour la presse.
Manuel Sanson
Je pense qu’effectivement tout ce qui va dans le sens de faire en sorte que des commentaires, que des attaques ne puissent pas faire, que des attaques qui devraient éventuellement se placer sur le terrain du droit de la presse classique, mais qui vont aller se déporter sur la justice commerciale. Le fait de pouvoir limiter ça au maximum et a priori, cette proposition là a l’air d’y participer va plutôt dans le bon sens, en tout cas de mon point de vue.
Octave Bonnaud
Je n’ai pas lu cette proposition de loi, mais. En tout cas, qu’il y ait une loi ou pas, il faut aussi que les juges aient en tête de toujours mettre en regard leur décision avec la nécessité d’informer, tout simplement. C’est ce principe là qui doit être prioritaire pour avoir une information qui est libre, qui doit être posée au cœur des décisions. Voilà. Et on a l’impression que tout d’un coup, dans certaines procédures, cette évidence peut être un peu mise sous le tapis ou dans le Concile quand on la considère comme annexe. Donc voilà, c’est peut-être là le point à régler ce soir. Je ne sais pas s’il faut une modification législative ou pas, mais, mais, mais, mais, mais voilà, il y a une nécessité que la justice aussi considère toujours la liberté et la nécessité d’informer comme un point prioritaire.
David Dufresne
Alors sur ce plan là, je ne suis pas très optimiste. Quand on descend, quand on se souvient par exemple que la loi sécurité globale voulait toucher à ce qu’on appelle la loi totem de 1881, celle-là même qui a interdit d’afficher sur les murs, mais qui autorise quiconque pratiquement d’imprimer ce qu’il veut. Cette loi qui n'était jamais attaquée commence à être un peu remodelée. En tout cas, dit il y a des tentatives. C’est à dire qu’on voit bien que le législateur aussi a eu une tentation d’aller un petit peu grignoter la liberté de la presse, non ? Vous n'êtes pas inquiet par rapport à ça ? RSF publie son 104 dans son classement chaque année et la France est 24ᵉ chaque année, elle est entre 20 et 20 et 25. Ce n’est pas bon, ce n’est pas bon. Vous êtes inquiet par rapport à ça ou pas ?
Octave Bonnaud
Moi, ce qui m’inquiète, c’est la tentation des censures préventives, c’est à dire de ne pas tellement attaquer les articles qui ont été publiés, mais de dissuader les médias de faire d’autres articles. C’est ce qui s’est passé. Avec. Mediapart et l’affaire de Gaël Perdriau. L’article était prêt et ils ont eu une injonction de ne pas le publier. Donc on voit bien que quelles que soient les formes, que ce soit des recours des acteurs en droit de la presse ou en droit commercial, c’est toujours cette volonté là d’empêcher de futurs articles qui visiblement est de plus en plus fréquent. Alors après on verra si la jurisprudence. Si, à chaque fois en plus, il y a deux procès qui vont dans un sens, plus il y a de risques, il y a une jurisprudence qui fait bouger les lignes. Donc on verra si la jurisprudence va dans ce sens là. Mais, mais, mais c’est vrai que la décision sur Mediapart d’interdire préventivement la publication d’un article, c'était. C'était du jamais vu depuis. Depuis la loi, la presse depuis. Depuis le XIXᵉ siècle donc. Donc c’est quand même un signal à prendre en compte.
David Dufresne
Vous vous sentez ?
Manuel Sanson
Non, c'était juste pour prolonger un peu ton sentiment quelque peu pessimiste, David. Juste une petite anecdote dans le cadre de la campagne de soutien, nous on a eu pas mal de contacts en fait, avec des organisations dont je n’ai pas les noms en tête, mais de haut niveau européen, de défense, de médias, de la liberté de la presse, de journalistes qui sont en fait là pour ça.
David Dufresne
Balance pas, t’as le mec de la lettre à côté de toi.
Manuel Sanson
Mais voilà, on a eu des contacts avec eux. En fait, c’est plutôt d’ailleurs Gilles, mon rédacteur en chef et en fait dans les échanges, il disait que jusque là, fin jusqu’il y a deux ou trois ans en fait, cette organisation là avait plutôt tendance à regarder vers l’est de l’Europe, à aider. Voilà des pays dans lesquels la liberté de la presse était de plus, plus attaquée, menacée, et que là, depuis deux ou trois ans, en fait, ils commençaient à regarder de nouveau, en tout cas vers l’Ouest plutôt de l’Europe, vers la France, vers les pays. De l’Union européenne plus à l’Ouest. Et donc voilà qui avait quand même une tendance effectivement assez manifeste à avoir de plus en plus de menaces d’attaques en fait, y compris dans des pays qui étaient censés des démocraties pas parfaitement bien huilés, avec un respect des médias, du droit de la presse, de la liberté de la presse. Et donc, pour aller un peu dans ton sens, vu de la tendance pas très bonne du moment quoi.
David Dufresne
Est ce que pour terminer, vous pensez l’un et l’autre que les attaques qui vous sont faites vous sont faites évidemment nommément pour vous, mais aussi pour les autres titres ? Est ce que c’est une façon de figer le travail de d’autres journalistes sur les mêmes sujets que vous ?
Octave Bonnaud
Sur le Groupe Casino, je rebondis parce qu’il y avait en plus une dépêche sur FB qui était assez explicite hier. Il y a aussi BFM Business qui a été attaqué sur un article et plusieurs rédactions qui ont reçu des lettres de du cabinet Attali où là ce n’était pas directement des citations, mais c'était des lettres un peu en forme d’avertissement. Donc là, les trois pour le coup, même si on est ciblés par ces 13 millions d’euros, visiblement, il y a eu une volonté de deux, de dissuader toutes les rédactions. Toutes les rédactions racontent de trop près ce qui se passe autour du groupe Casino et de sa situation financière. En tout cas, il y a beaucoup de coups de fil. Du groupe Casino et de ses communicants qui sont passés dans toutes les rédactions parisiennes pour essayer d’influencer les journalistes ou de leur ou de les ou de les mettre en garde. Donc il y a quand même la volonté de faire de ce procès à la fois une sorte, une sorte d’exemple pour dissuader les autres.
Manuel Sanson
Oui moi je ne suis pas sûr, je donne dans le prolongement de ça. Je pense que effectivement il y a ces affaires là précisément qui nous. Qui nous concerne, nous, le Pool. Mais je pense qu’il y a quand même aussi une volonté, un message au travers justement de la multiplication des cas, là. Donc, on a parlé de, de, effectivement, de mettre la pression sur l’ensemble des médias. En tout cas, certains médias, pour bien avoir en tête que, voilà, il peut y avoir des conséquences, qu’il peut y avoir des procédures avec beaucoup d’argent à la clé. Et c’est aussi une manière de, voilà, de mettre la pression sur les médias en général et pas qu’eux, sur le peuple en l’occurrence en ce qui nous concerne.
David Dufresne
Pour terminer vos échéances à vous deux, à vos deux titres, c’est quoi ? Concernant les deux affaires dont on a parlé, vous rendez vous judiciaires ? C’est quand ?
Manuel Sanson
Et bah non, c’est pas du tout encore puisque sur la procédure au tribunal de commerce, on est complètement hors procédure. Nous on n’est pas directement dedans, donc on ne sait pas exactement comment chemine l’affaire, même si on continue à enquêter, à essayer d’avoir des informations là-dessus parce que ça nous intéresse au premier chef. Et en ce qui concerne la diffamation, on devrait avoir les mises à jour, les mises en examen qui tombent assez prochainement j’imagine, mais on les a pas encore. Et après il va falloir attendre je pense au moins au moins un, voire deux, voire trois ans pour avoir une audience devant la 17ᵉ chambre à Paris.
David Dufresne
Et pour vous Octave ?
Octave Bonnaud
Pour nous, ce sera l’année prochaine. Je pense que les audiences se tiendront.
David Dufresne
Écoutez, vous êtes les bienvenus si vous voulez nous donner des nouvelles. En tout cas, moi je leur donnerai sur Tweeter et parce que ça me semble absolument essentiel. Ultime question justement, est ce que. Est ce que vous sentez ? Ben oui. Est ce que. Est ce que vous sentez une solidarité confraternelle, corpo ou. Pas ? Dites la vérité, rien que la vérité.
Manuel Sanson
Ouais bah écoute, en ce qui nous concerne, nous on a vraiment eu bénéficié franchement d’un large soutien de médias indépendants mais plutôt nationaux ou dans d’autres régions. En revanche, c’est vrai qu’on a eu très peu de soutien au niveau des médias locaux ou régionaux chez nous en fait, où on a été complètement coupés de toute cette histoire là était complètement zappé, n’a été repris par personne, mise à part par RCF que je tiens à remercier ici. Mais sinon tous les autres, silence radio. Par contre au niveau national, effectivement, dans la galaxie des médias indépendants ou de Mediapart d’investigation en région avec Mediapart aussi. Fin bref, il y a eu un bel élan de solidarité en ce qui nous concerne.
David Dufresne
Et pour la lettre A
Octave Bonnaud
Pour la lettre A, notre, souhait, c'était vraiment de faire savoir qu’il y avait cette procédure avec un montant record qui te demandait de 13 millions d’euros. Et oui, on a senti qu’il y avait quand même eu. Un constat commun avec pas mal de rédactions et de journalistes sur le fait que imputer une perte boursière à un groupe de presse, ça posait un problème fondamental.
David Dufresne
Merci. Merci beaucoup à vous deux d’avoir pris le temps de passer Au poste on va vous libérer.
Manuel Sanson
Merci beaucoup pour l’invitation.
David Dufresne
Je t’en prie, Je rappelle que l’abonnement est à 13 700 000 €.
David Dufresne
À la lettre le don est défiscalisé comme au Poulpe. Tout ça n’est quand même pas clair.
Manuel Sanson
Et l’abonnement au Poulpe est à 4 € par mois. On est quand même moins chers que la Lettre.
David Dufresne
Alors figure toi que, après l'émission, la société au poste va s’abonner au Poulpe.
Manuel Sanson
Merci à toi David.
David Dufresne
Merci d'être venus messieurs, vous dit DidyBlue Courage à vous pour un interrogatoire. Est ce qu’il faut vous souhaiter du bon courage ou pas vous dit sorcière ? Voilà les retours pour ce matin. Bon courage à vous et merci beaucoup à vous deux d'être et d'être venus
Octave Bonnaud
Après, si vous voulez, le modèle économique, c’est que le, le, le, nos lecteurs sont abonnés par leur entreprise. L’histoire, c’est souvent aussi un outil de travail dans un certain nombre de secteurs et d’entreprises Donc c’est des abonnements qui sont souvent payés par les entreprises. Voilà Lolo le prix global en général par abonnement, parce qu’en général ça se négocie à un niveau collectif sur fonction des organisations, ça peut être aussi des aides, des associations, des ONG qui s’abonnent, ou des syndicats. Le prix par abonnement est un plus cher que celui des grands quotidiens économiques, si on fait par abonnement. Mais voilà. Mais en tout cas il y a une partie gratuite sur le site
David Dufresne
Voilà, absolument. Et il y a deux jours je crois donc c’est hier même, vous avez fait cette petite révélation qui a fait ma journée. Quand Mohamed Sirfaoui jouait le petit télégraphiste de Beauvau au JDD. Donc en gros, le dimanche, il écrivait dans le Journal du dimanche et la semaine, il était consultant pour la banque. Et le ministère de l’Intérieur. C’est pas mal.
Octave Bonnaud
Et là je tombe dans le dans le JDD et l'écrivain, évidemment, sur la place Beauvau.
David Dufresne
Tant qu'à faire.
David Dufresne
Voilà un truc qui ne risque pas de m’arriver. Pas évident quand on sait combien l’abonnement va coûter. L’abonnement, c’est combien il y a des avantages, mais les prix dessus. Ah, il faut demander un devis.
Octave Bonnaud
C’est des abonnements groupés, c’est à dire que c’est des organisations qui prennent. Ah d’accord, ils sont 200 personnes. Donc. C’est plutôt des abonnements pour les grosses structures, mais on est justement en train de donner ou de revoir nos offres Pour les plus petites structures, c’est en cours de route.
David Dufresne
Mais en plus je disais mais ce n’est pas une blague, on va on va s’abonner au poulpe parce qu’une partie des dons que nous nous avons nous permettent de nous abonner à la presse indépendante, à la fois évidemment pour s’informer, mais aussi c’est un geste, c’est un geste de solidarité, donc. La semaine dernière, on s’est abonné à Marsactu. Eh bien cette semaine, ce sera au Poulpe. Nous ne sommes pas encore une grande entreprise, mais un jour, un jour peut être, quand nous aurons une capacité de travail hors norme digne de celle de M. Sirfaoui, peut-être que nous pourrons faire une demande de devis à la lettre pour les 50 modératrices et modérateurs, journalistes de l'équipe. Vous avez passé une bonne journée messieurs ?
Manuel Sanson
Ouais, merci. Salut !
David Dufresne
Bonjour ! Merci beaucoup. Ciao à tous

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