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La Quadrature du Net versus Loi Sécurité Globale

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Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonsoir. C’est Auposte numéro sept, ce qui est un gros numéro puisque on va avoir de tout un tas de gens et des gens à tous recommandables, mais dans ce type regardant l'écran, bien au contraire, que des gens recommandables, puisqu’il y aura Benoit Piédalu qui est membre bénévole de la Quadrature du Net et ô combien vaillant, ô combien travailleur, ainsi que Martin Drago qui est un juriste de la même Quadrature du Net et ô combien juriste et précis. On va parler de ce qui va se passer à partir de demain au Sénat, c’est-à-dire l’examen de la loi Sécurité globale. Et bien évidemment, nous ne parlerons pas, ou très peu, de l’article 24. On profitera d’eux pour parler des autres articles qui sont, qui sont tout aussi tout aussi inquiétants, embêtants, Puis on parlera plus généralement aussi de La Quadrature du Net et probablement une des associations les plus en pointe sur les libertés fondamentales, les libertés publiques Donc c’est un bonheur de les recevoir. Donc, Benoît Martin, détendez vous, Vous êtes à l'écran bonsoir, bonsoir à vous deux. Est ce que vous êtes bien la Quadrature du Net ? Je veux dire physiquement là ? Vous êtes où exactement en fait ?
Martin Drago
Mais on est chez moi.
David Dufresne
Dans un loft dans le 16ᵉ arrondissement, c’est bien ça ?
Martin Drago
C’est ça, en fait, je suis vraiment bénévole.
David Dufresne
Donc sur votre gauche, c’est Benoît et sur votre droite, c’est Martin. Alors je vais quand même rapidement rappeler ce qu’est la Quadrature. La Quadrature du Net promeut et défend les libertés fondamentales dans l’environnement numérique. La société lutte contre l’obédience, que celle-ci vienne des États ou des entreprises et elles questionnent la façon dont le numérique, le numérique et la société s’influencent mutuellement. Elle œuvre pour un Internet libre, décentralisé et émancipateur. Voilà, ça c’est pour la présentation de votre de votre passion. Est ce que vous pouvez me rappeler et nous dire depuis combien de temps elle existe en fait, cette association, les amis ?
Martin Drago
Suite aux différents combats qu’il y a eu autour de la loi Hadopi, entre autres, il y a eu aussi le paquet télécoms au niveau européen, mais c'était une période assez charnière sur la mainmise, la tentative de mainmise des Etats sur Internet et donc un certain nombre de personnes ou de personnalités qui travaillaient dans le lieux d’Internet à l'époque, qui se sont dit Mais il faut absolument qu’on défende un certain nombre de lieux importants sur l’Internet, que ce soit la neutralité du net, le droit d’auteur aussi, donc pour la copie. Et donc ça a un peu focalisé un certain nombre de combats dans une association qui s’est créée à l'époque et qui était toute petite à l'époque. Aujourd’hui, on est, on est un peu plus gros, mais à l'époque c'était vraiment autour d’une personne, puis deux, puis trois. Voilà. Et quelques co-fondateurs. Ils se sont mis ensemble pour créer ça.
David Dufresne
Au départ, c'était très lié en fait à l’Internet, aux usages numériques. Et aujourd’hui, vous êtes bien au-delà de ça, en fait.
Martin Drago
Ouais, je pense que ça date d’il y a dix ans, on va dire trois ans. On s’est un peu plus intéressés qu’avant à la surveillance de l’espace public. Je pense que c’est vraiment un changement assez majeur dans l’histoire de l’Asso. En gros, petit à petit, il y a cette histoire de droit d’auteur, d’internet, etc. Puis petit à petit, on commence à s’intéresser à tout ce qui est surveillance, enseignement, censure de manière plus générale États ou entreprises privées. Et puis, il y a trois ans, on en a lancé un. J’ai toujours du mal à le définir. On a envie de dire campagne, mais en même temps, ce n’est pas tellement une campagne où est ce qu’elle continue à un mouvement, on va dire Technopolis qui reste particulièrement la surveillance sur l’espace public. C’est rendu où ? On s’est rendu compte en tout cas qu’on pouvait apporter une expertise ou en tout cas une connaissance sur cette lutte là qui devenait de plus en plus importante. Pourquoi ? Parce que nous, on a vu, on va dire, des nouveaux outils développés qu’on connaissait, c’est-à -dire de nouveaux outils de surveillance utilisés par la police qui était un peu fondé sur. Je mets des guillemets sur l’intelligence artificielle, les Big data eux mêmes enjeux massifs de données. Et puis petit à petit, on s’est intéressé du coup à la vidéo surveillance vidéo, surveillance automatisée des trucs qu’on connaissait mais sur lequel on a décidé de mettre pas mal de moyens.
David Dufresne
Alors ça, Martin, on va en parler et on va en parler longuement parce que je trouve effectivement le virage techno que vous avez pris. Il y a un site, là, que je suis en train de montrer, parce que vous, vous ne voyez pas, vous et que moi, mais en fait. Aux gros moyens quand même, c’est do it. Sur celle-ci, gros moyens donc le site est à jour et Euryale est une modératrice absolument hors pair.
Martin Drago
La magie d’internet.
David Dufresne
La magie d’internet qui est absolument extraordinaire et qui est en train de mettre tous les liens au fur et à mesure.
David Dufresne
Où vous allez parler,donc c’est super. Alors dans vos actions, tu l’as dit, je le répète parce qu’en fait, à 19 h 08, c’est le moment où les gens commencent à répéter. C’est assez étrange de se retrouver dans cette position là, mais si c’est après avoir passé la quinzaine commerciale, alors vous occupez technologies, données personnelles, censure, surveillance, Technopolice. On va évidemment parler, là, de la loi sécurité globale. Il y a juste un truc qui m’a halluciné ce matin même sur votre sur votre site, c’est un papier. Justement, le Sénat doit s’opposer à la reconnaissance faciale des masques, un papier qui est paru aujourd’hui avec une très belle illustration comme vous aviez l’habitude de faire. Et comme ça on va pouvoir rentrer directement dans le vif du sujet du sujet puisque le. Il y a quelques jours, en fait, le ministre des Transports a autorisé par décret les gestionnaires des gares de métro, de bus à déployer leurs caméras de surveillance des logiciels de détection de masque, prétextant un besoin statistique dans la lutte contre le qu’Ovide. Donc là, on est en plein dedans. Alors je vous écoute. Et évidemment, l’idée c’est que dans le chat, les gens vont réagir
Martin Drago
Alors les caméras qui détectent la présence de masques, c’est quelque chose qui n’est pas nouveau aujourd’hui, l’autorisation qui a été donnée par décret, elle fait suite à une première tentative des industries de ce milieu là, lors du premier confinement, de déployer des outils comme ça de surveillance et de port du masque et de distanciation physique entre les individus. Voilà, il y a eu tout un tas de tentatives lors du premier confinement qui justement bénéficient un peu de cette recette, ce choc finalement sanitaire sur la population qui se retrouve confinée pour la première fois depuis très longtemps sur une très longue période avec des gens qui étaient tous les jours on faisait la somme des morts. Et puis ben il y a tout un tas d’entreprises qu’on connaît bien, de la campagne Technopolice qui se sont lancées sur des campagnes de promotion finalement, parce que c'était pratiquement offert, on allait voir les mairies, les départements et puis à dire ah bah voilà, on va, on va vous filer de la technologie qui va vous permettre de lutter contre la pandémie. Et donc on la voit arriver au niveau gouvernemental maintenant. Moi, je trouve ça intéressant. En gros, c'était des entreprises effectivement qu’on connaissait déjà avant sur le terrain de la sécurité pure. Et du coup, la crise pandémique vous a donné l’occasion de réutiliser leur technique vers la santé et du coup, politiquement, bizarrement, ça passait un peu mieux. Si je prends par exemple une entreprise qu’on connaît souvent, qui fait beaucoup de marketing autour de ces questions s’appelle Troyes, qui est basée à Metz, ça faisait longtemps qu’on la voyait qui proposait de la détection automatique de comportements suspects. Elle avait fait une expérimentation dans les tramways à Nice
David Dufresne
Alors il y a parmi les gens qui nous suivent sur le Stream, qui demandent si c’est vous qui avez l’oiseau tweeter chez vous. Beaucoup de mots qu’on entend. Si tel est le cas, on fait un petit geste. Il y a plusieurs questions qui reviennent évidemment. Notamment 154 LTF Rad Wolf. Que fait la CNIL du coup ? L’autre répond que la CNIL fait de la figuration. Vous avez vous a appris avec la CNIL en fait un depuis que vous existez ?
Martin Drago
je ne sais pas franchement le rôle de la CNIL, si c’est une super question. Moi je pense c’est hyper intéressant. Ce qu’on peut dire de bah c’est qu’elle a des grands pouvoirs qui lui sont donnés par la loi. Elle a des pouvoirs de contrôle sur place, elle peut dépêcher des agents pour voir ce qui se passe. C’est ce qui se fait vraiment dans une entreprise ou dans un service de la préfecture. Ce qu’elle a fait par exemple pour quand la préfecture utilisait des drones. Pas fait grand chose, mais en tout cas, on sait qu’elle est allée faire des contrôles sur place pour voir comment la police de Paris, par exemple, utilisait les drones. Et derrière, elle a des pouvoirs de sanctions administratives et des pouvoirs aussi. Un peu plus loin, c’est-à -dire je ne sais pas. Imaginons qu’un jour elle condamne Google pour à la violation de la vie privée sur Internet. Elle pourrait aussi demander la suppression, par exemple, de toutes les données récupérées par Google. Donc elle a des grands pouvoirs et eh ben elle ne les utilise pas tellement. Si elle réagit, on va dire la pression politique quelques fois. Nous par exemple, sur Technopolice, on lui a mis la pression sur les capteurs sonores qui étaient développés à Saint-Étienne, des portiques de reconnaissance faciale dans le sud, etc. À l’entrée du lycée, à l’entrée du lycée. Mais en fait, souvent, ne la voyant pas réagir ou la voyant réagir mal, très doucement, c’est-à -dire se limitant, la CNIL a un discours très légaliste, en mode en gros hein, je caricature. Mais oui, la reconnaissance faciale, effectivement, c’est dangereux. Donc on va essayer de l’encadrer légalement. Mais moi, si vous me mettez un cadre légal, c’est bon, je ne dis plus rien. C’est un peu ça le discours de la CNIL. Bah nous, ça nous oblige à aller de l’avant et à défendre une vraie position de défense des libertés. C’est-à -dire ? C’est pas parce qu’il y a un cadre légal que il b’y a plus de problème éthique, moral ou politique qu’on sait pas si c’est très clair, la réponse est non. C’est ça. En fait, le gros problème qu’on a avec la CNIL, c’est qu’aujourd’hui elle a plutôt l’air de donner la clé au gouvernement pour faire passer des systèmes de surveillance généralisée, étendre les bases de données, multiplier d’ailleurs les bases de données plutôt que de dire à l’État en fait bah non, c’est non, ce n’est pas acceptable en démocratie. En fait, elle a les bonnes analyses juridiques en général, on est plutôt content du contenu juridique de ces analyses. Par contre, les conclusions politiques sont plutôt orientées vers Bah si vous voulez vraiment le faire bien, voici comment il faut tourner la loi ou un texte de loi pour le faire passer, alors que nous on serait plutôt ailleurs. Mais en fait, la création de la CNIL à l’origine de la CNIL, c'était quand même pour empêcher l’Etat de déployer des systèmes de surveillance de masse, c’est-à -dire le faire, le croisement de données de toutes les bases de données d'État. C'était en 68 quand elle a été créée, et donc elle avait plutôt un rôle de contrôle, vraiment, pour empêcher cela. C’est ce contrôle généralisé de la population. Or, aujourd’hui, elle a totalement perdu cet objectif de vue. Et elle a l’air de quoi ?
David Dufresne
Et pourquoi est ce que c’est l'âge ? Si c’est si l’embourgeoisement c’est. Les intérêts bien compris ? Qu’est ce qui fait qu’un organisme, un organisme comme celui-ci ? Elle ne tient plus vraiment ses promesses ?
Martin Drago
Moi je crois pas mal. Il y a un manque de courage politique et d’ailleurs on le voit encore quand je prends l’affaire des drones par exemple. Ou du couple ne voyant pas agir la CNIL, on est obligé d’aller nous au contentieux administratif et donc de faire arrêter le déploiement des drones par la police.
David Dufresne
Donc il faut préciser vous êtes allés au Conseil d'État pour dire qu’est ce qu’elle fait la préfecture de police avec ces drones sans cadre légal ? Le Conseil d'État vous a donné raison. La préfecture de police a été obligée normalement de laisser au garage. J’aimais bien la rage, vous aussi d’ailleurs, de laisser au garage leurs drones et ces drones. Et finalement, elle ne le fait pas pour l’instant à l’heure qu’il est. Les drones utilisés par la préfecture de police et d’autres services de police, notamment dans le cadre de manifestations, c’est fait de manière illégale.
Martin Drago
Ça commence pendant le premier confinement où nous on dit Non, vous n’avez pas le droit de déployer des drones. Le Conseil d'État dit effectivement à la préfecture de police que si vous n’avez pas le droit de déployer des drones pour respecter le confinement et même de manière générale, pas de drones du tout. Et en fait, on se rend compte pendant l'été, après le premier confinement, que la préfecture de police de Paris joue un peu sur les mots, sur les décisions du Conseil d'État. Et il fait semblant de rien et continue à surveiller les manifestations avec les drones. Du coup, nous devons voir que là, ça fait quand même quasiment huit mois, on voit toujours pas la CNIL se bouger, donc on repart au contentieux voir qu’on est quand même une petite Asso. On est à l'époque en tout cas, on était sous salarier une vingtaine de membres. La CNIL a quand même sorti un communiqué de presse juste après la première décision du Conseil d'État contre son mail en disant ah non mais quand même, on travaille sur le sujet, on va sortir quelque chose. On est un peu surpris, quoi. Du coup, on retourne au contentieux, on regagne devant le Conseil d'État une deuxième fois. Et là, deux semaines après la décision qui était du coup non décidée en décembre 2020 et deux semaines après cette fois-ci, la CNIL. Et c’est pour ça que je raconte cette histoire. C’est bien, c’est vraiment du courage politique. La CNIL, voyant finalement que le Conseil d'État deux fois de suite, a dit oui, les drones, c’est bien illégal. Et bien cette fois-ci, la CNIL de la CNIL arrive à dire ah oui effectivement, les drones c’est illégal, plus personne ne l’utilise, mais on vous prévient attention, c’est illégal. Il y a cette question de courage politique et puis il y a une question de déterminisme technologique qui est, qui est, qui est frappant. C’est à dire qu’aujourd’hui on a l’impression qu'à la CNIL, ils n’arrivent pas à réfléchir à un monde sans une technologie de surveillance, et que donc, si la dictée, la technologie de détection des masques existent, eh bien, en fait, on va et on doit l’utiliser. Et ça leur paraît, je pense, incroyable de se dire Mais en fait non. Cette technologie de biométrie, par exemple, de surveillance biométrique, est trop dangereuse, on ne doit pas l’utiliser. Et ça, en fait, il y a ce déterminisme technologique qui lui fait dire bon bah non, ce n’est pas possible d’interdire une technologie. Tout ce que tout ce que nous, notre rôle c’est de l’encadrer, c’est ça. En fait, il y a vraiment l’idéologie derrière laquelle nous essayons de combattre, de dire que finalement toute technologie est neutre. En fait, c’est un gros, gros débat dans nos milieux là dessus. Bien sûr, toute technologie est neutre et donc. Mais c’est juste les gens qui l’utilisent mal qui sont un problème pour nous. Ce qu’on dit sur la sur la reconnaissance biométrique, c’est qu’en fait non. En fait, l’usage immédiat de la reconnaissance biométrique, dans l'état actuel de la société, ce sera forcément contre la population, ce sera forcément un usage négatif pour la démocratie. Et ça, on aimerait bien que la CNIL, elle le reconnaisse. Elle le dit et l’affirme clairement. Eh bien ça, ce n’est pas possible parce qu’il y a une espèce de croyance qu’il ne faut surtout pas stopper la technologie. Il ne faut surtout pas que les entreprises se voient contraintes finalement par un cadre législatif qui empêcherait une évolution technologique et tout. Et d’ailleurs qu’on entend au plus haut sommet de l'état puisqu’on a eu en décembre 2019 quand même Cédric au MIT, qui est la secrétaire d'État numérique au numérique, qui dit qui a quand même déclaré, ce qui est assez surprenant, qu' il fallait absolument mettre en place un test national, c’est à dire sur l’ensemble du territoire français, a de la reconnaissance faciale pour aider nos chères industries à pouvoir améliorer leurs algorithmes et à pouvoir enfin les vendre et être compétitifs par rapport à la Chine. Je suis désolé. Enfin la CNIL, elle n’est pas là pour valider une compétition du pire état policier entre la France et la Chine. Ce n’est pas notre idée.
David Dufresne
Alors je pense que là vous me donnez une super idée d'émission. On fera une rencontre annuelle avec la CNIL, la Quadrature et la CNIL. Parce que là, l’idée c’est de ne pas passer 1h sur la CNIL. Eh bien que ce soit absolument passionnant parce qu’effectivement toute notre question de contre pouvoir, on va dire officielle, qui bat, qui semble de moins en moins agir ou ne pas pouvoir agir selon. Et en tout cas, c’est pour ça que c’est important qu’il y ait des associations indépendantes comme la vôtre. Alors il y a vraiment plein de questions sur le sujet, sur la CNIL, si jamais tu veux y répondre. Martin Mais la CNIL des pouvoirs, mais quels moyens ? Athènes ? Qu’est ce qui rend la CNIL indépendante ou pas ? Voilà. Est ce que vous voulez répondre à ça ? Sinon, il y a encore des questions aussi sur le prix de la technologie, ça va chercher dans les combien l’implantation d’une technologie comme celle de data CADA pour une ville comme Nice. Est ce que vous allez répondre à ça ou est ce qu’on passe directement à la loi sécurité globale ?
Martin Drago
Moi j’ai juste un rapidement sur la CNIL parce que c’est intéressant je trouve. On a demandé un doute sur la CNIL, c’est intéressant. Donc juridiquement, c’est une autorité administrative indépendante, c’est à dire qu’elle a un budget indépendant de celui de l’État, ce qui lui donne normalement une indépendance. Et puis ses membres, sa présidente et certains de ses membres sont nommés de façon spécifique. Mais si on prend une autre autorité administrative indépendante qui est la défenseur des droits, mais en fait elle, bizarrement, dans ses avis sur la sécurité globale par exemple, on va avoir un avis beaucoup plus tranché et beaucoup plus vraiment protecteur des libertés que là la CNIL, alors qu’ils ont le même statut juridique. Si je prends l’exemple d’un des drones par exemple, le défenseur des défenseurs des libertés n’a pas osé. Elle n’a pas eu peur de dire dans son avis que les drones par intrinsèquement, c'était peut être trop dangereux pour la surveillance de l'état de l’espace public, parce que ça permettait trop de choses à la police. Ça c’est jamais quelque chose qu’on malheureusement qu’on entendra chez la CNIL et le voir dans une autre autorité administrative. Là, on se dit ah ok, c’est cool, il y en a qui font leur boulot. Et alors pour terminer sur ce sujet, parce que tu pourrais parler à la fois de sécurité globale, euh moi j’ai un exemple qui me paraît que je parle régulièrement parce que je les suis pas mal depuis que je les ai rencontré lors d’une conférence. C’est la CNIL belge et en fait, j’ai été très surpris de voir que la CNIL a fait l'équivalent de la CNIL en Belgique.
David Dufresne
Comment ça s’appelle pour qu’Euryale trouve le lien ?
Martin Drago
Acronyme de quatre lettres la base, mais en tout cas qu’ils avaient une liberté de ton qui n’a mais qui n’a rien à voir avec la CNIL française. Ils vont sur les plateaux télé pour dégommer le gouvernement et les actions du gouvernement, pas Ils vont dire que c’est inacceptable. En l’occurrence, un des derniers, un des derniers sujets, c'était justement sur la le moissonnent des données liées aux Covid et aux vaccinations et autres, et en disant que ce qui était préparé par le gouvernement était inacceptable, que c'était beaucoup trop large, que le gouvernement n’avait pas assez défini exactement à quoi ça allait servir qu’eux, ils ne comprenaient pas. Et là, dernièrement, la semaine dernière, ils ont carrément attaqué, attaqué la dernière loi proposée par le gouvernement ou votée par la part votée par l'État belge. Ils l’ont attaqué, ce que ne fait pas ce que ne fait pas la CNIL française et est qu’effectivement, à ce que disait Martin tout à l’heure, on a été obligés nous mêmes d’aller au contentieux devant le Conseil d'État, ce qui nous prend du temps. Est ce qu’il y a beaucoup de ressources humaines et autres ? Et la CNIL belge, en fait, elle y va. Et moi je suis toujours très surpris de dire mais pourquoi eux ? Ils se permettent de dire un certain nombre de choses publiquement sur les réseaux, même sur Linkedin, sur Facebook et autres. Alors les réseaux Twitter permettent de donner un certain nombre de choses au gouvernement belge.
David Dufresne
Euryale toujours magique a trouvé le nom ainsi que un des une des personnes qui nous suit. C’est assez PV bien ça la CNIL belge et PvP.
Martin Drago
Ça me paraît faisable.
David Dufresne
Bon super, on va aborder la loi sécurité globale, mais je trouve qu’il y a un débat qui. Se lancer dans le tchat est très intéressant. Grosso modo, ils se reconnaîtront parce que je ne vais pas aller chercher tous les noms à chaque fois. Sinon en plus c’est toujours des noms prononçables donc bon. Bref, il y a cette idée, mais au fond, on se laisse, on se laisse surveiller parce que les gens vont dire grosso modo bah moi j’ai rien à me reprocher donc on peut me surveiller. Qu’est ce qu’on peut répondre à ceux qui disent ça ?
Martin Drago
À ce stade de ce fameux débat, il y a plein de choses à répondre à ça. Il y a plein de choses. D’abord, ce que dit généralement Snowden, c’est bien. Ce n’est pas parce que vous n’avez rien à cacher qu’il faut surveiller tout le monde. Parce que ce n’est pas parce que vous n’avez rien à dire. Qui veut supprimer la liberté d’expression ? Ça, c’est ce que dit assez ce que dit Snowden. Maintenant, on peut répondre aussi que, en fait, ne rien avoir à cacher, c’est totalement faux et tout le monde a des choses à cacher. Vous avez tous des choses à cacher à vos parents, vous avez tous des choses à cacher à vos amis. Vous ne dites pas tout à tout le monde, à votre employeur. Demain, votre employeur, vous n’allez pas lui dire de lui déballer toute votre vie. Ah si vous êtes malade, si vous êtes homosexuel, si vous êtes, si vous avez des amis dans un pays en Iran machin et que ça ne lui plaît pas, je n’en sais rien. Vous, vous avez forcément des choses à lui cacher. Ou alors vous êtes vraiment incipit Vous n’avez pas de pote, vous n’avez pas de famille, vous n’avez rien du tout. En fait, si vous vivez normalement, vous avez forcément des choses à cacher à quelqu’un et en particulier à l'état. Si à un moment, qu’est ce qui justifie que l'État ait accès à toutes les informations de vos vies ? Et c’est d’ailleurs une des une des questions qui arrive souvent Ah, c’est si on a rien à se reprocher, alors pourquoi on est surveillant ? Et voilà, c’est un retournement de retournement de la question finalement, pourquoi est ce qu’on vous surveille puisque les gens n’ont rien à cacher ? Pourquoi ? Pour quelque personne qui aurait quelque chose à cacher, on irait surveiller toute la population ?
David Dufresne
Et puis d’ailleurs. Au nom d’une sécurité, je me fais l’avocat du diable au nom de la sécurité.
Martin Drago
Oui, mais la notion de sécurité, on va tous avoir une vision différente. Moi, j’aime plutôt bien cet exemple. On a souvent eu ce débat à Marseille par exemple, où on a pas mal de mômes là bas et il y a pas mal malheureusement de projets de surveillance qui sont là bas où on va avoir l’ancien maire, donc Gaudin qui parlait tout le temps de sécurité, sécurité, sécurité, qui met la vidéosurveillance partout, etc. Et en même temps, d’un autre côté, on a malheureusement des immeubles qui s’effondrent à Marseille et on voit finalement qu’on n’avait pas la même notion de sécurité. Parce que nous, la notion de sécurité qu’on pouvait avoir, c’est la notion justement que les immeubles s’effondrent, pas que l’air soit pollué et qu’on ne se fasse pas taper par la police. Ça, ça peut être aussi une définition de la sécurité. Et qu’est qu’on entend moins à droite de l'échiquier politique ? A Paris, on a des enfants qui dorment dans la rue par exemple. Je sais, ça n’a pas l’air d'être la priorité non plus. Et par contre, quand on a vu les micros à Saint-Étienne qui voulaient écouter la population dans les rues, on voyait bien très exactement le type de sons qui était choisi par les autorités politiques pour dire ça, c’est un problème. Alors on va appeler circulaire.
David Dufresne
On va parler de ça, on va parler de ce truc. Absolument. Non, non, non, mais c’est super. On va dans tous les sens comme en face, ça va dans tous les sens. C’est à dire que quand même, il y a en ce moment une profusion sécuritaire qui est démente, c’est à dire on est quand même. Il suffit d’aller sur votre site pour comprendre qu’on a totalement basculé, totalement basculé dans une technologie. Et puis là, je trouve qu’en 20 ans, il y a des gens en une demi heure, on a quand même abordé effectivement le rôle de l'État. L’arrivée massive des sociétés privées, le mélange du sécuritaire et du marketing, tout ça, tout ça crée quand même une société. Absolument. Il faut, il faut quand même qu’on en vienne à la. Au cœur du débat d’aujourd’hui.
Martin Drago
Justement sur l’arrivée de toute cette techno sécuritaire.
David Dufresne
On ne sait pas, ce n’est pas de la Quadrature ici. Attendez, c’est une maison qui se tient ici
Martin Drago
Ouais, ça c’est vrai. C’est important parce qu’en fait on en a discuté pas mal avec les autres associations qui sont un peu dans les domaines de protection des libertés fondamentales LDH, Amnesty International et d’autres, d’autres associations aussi, et qui ressentent exactement ce que ce que tu dis en cette impression justement d’attaques globales massives. Toutes les semaines, on a une nouveauté, on a un nouveau décret de libéralisation de l’extension des charges, du fichage de décembre, la sécurité globale, etc. Et en fait, toutes les associations avec lesquelles on discute se sentent, se sentent dans un état de burnout total vis à vis de ces attaques régulières, sécuritaires. Et je ne suis pas certain qu’au niveau de la société, il y a un besoin. Il y a eu un changement important de la société qui justifie finalement qu’en 2019 2020 est un besoin.
David Dufresne
Alors il y avait Veuvechyco justement, qui a été la toute première à s’abonner c’est le geste incroyable qui nous dit que la pandémie a accéléré grandement l’utilisation des outils numériques, notamment le traçage. L’idée de tracer, détecter et isoler. En pratique, on n’a pas tant tracé que cela. A quoi ont servi les données des personnes qui ont téléchargé les applis qu’Ovide ? Ce n'était pas exactement ce que je voulais dire, mais il y a quelqu’un d’autre. Alors il y avait Veuvechyco qui est dit ça, et d’autres qui disent évidemment que autour de la sûreté sanitaire, laquelle on est à peu près tous d’accord, il y a effectivement bien que vous aviez fait, je me souviens, il y a plus d’un an, un communiqué tonitruant par rapport à l'époque ça s’appelait pas. Stop qu’Ovide, etc. Mais effectivement, est ce que la crise sanitaire, la pandémie mondiale qui est là qu’on ne conteste pas ? Est ce que effectivement, ce n’est pas le cheval de Troie aussi qui manquait finalement pour cette profusion sécuritaire dont je parlais et qui fait que des associations comme la vôtre, vous êtes en plein out quoi !
Martin Drago
Ouais, après c’est un peu bizarre parce qu’effectivement c’est celle ci, mais c’est un autre cheval de Troie, de plein de technologies dont on a parlé à un groupe de détection des masques, etc. Mais si je prends par exemple un peu l’offensive sécuritaire qu’on a eu dernièrement. Bien bizarrement, ça ne va pas bien avec la santé, donc on a plus l’impression de comment dire, On attire l’attention sur quelque chose, pas pour faire d’autres trucs derrière. Je sais, j’ai plus le mot qui me vient en tête. Diversion. Oui, et pour faire justement aller dans ton sens pour aller sur le sujet, la loi sécurité globale et les décrets de fichage. Donc rapidement, en décembre, on a eu trois décrets qui ont étendu les capacités de fichage, énormément de la police, notamment aux opinions politiques, relations sexuelles, etc. Ça n’a pas de lien avec la santé et ça, c’est assez, assez, c’est assez bizarre. Donc ça fait un peu deux sous en même temps.Toutes les technologies qui arrivent avec la pandémie. Et puis de l’autre, cette espèce d’offensive sécuritaire dont la loi sécurité globale, on va l’appeler la proposition de loi sécurité globale qui n’est toujours pas votée. On peut rêver, et un peu le parangon sur cette offensive sécuritaire de l'État. Je t’ai fait la transition comme ça.
David Dufresne
C’est parfait. La loi de sécurité globale. Donc, effectivement, proposition de loi. Donc, je rappelle à tous ceux qui nous écoutent normalement, une proposition de loi, ce sont les députés qui la formule, à l’inverse d’un projet de loi, ou si le gouvernement trouve qu’on a compris assez vite qui demande à ce que les députés votent telle ou telle loi. En fait, on a assez compris. C'était une proposition projet. C’est-à -dire que, au départ, il y a cette proposition de loi sécurité globale qui est portée notamment par Fauvergue, donc l’ancien patron du RAID qui était au départ sur les sociétés privées et. C'était principalement ça des sociétés privées et des polices municipales. Là dessus, ça, c'était la proposition de loi. Et là dessus, le gouvernement a rajouté des amendements qui sont particulièrement dans votre collimateur. On va y venir. L’article 21, 22, 24, etc. Mais globalement, vous avez beaucoup à dire sur cette loi, cette loi qui, à partir de demain, va être discutée au Sénat. Donc, je ne vais pas le faire. Je crois qu'à 10 h, ça va être en trois jours, seize, 17, 18 mars. Probablement que l’article 24, le fameux. Et donc on parlera assez peu ce soir, ce sera plutôt jeudi, demain à 16h, devant le Sénat. La Coordination nationale contre la loi Sécurité globale et d’autres collectifs appellent à un rassemblement non loin du Sénat. Et là, en gros, on a une petite heure pour parler de ce qui te tracasse à raison évidemment Alors là, je mets l’article Sécurité globale et nos arguments juridiques du 15 février 2021.
David Dufresne
Alors je pense qu’après je vais vous laisser parler. Et puis il y aura sans doute et j’espère des questions de la salle, c’est à dire en gros, si j’ai bien compris, Pour la Quadrature du Net à gauche, c’est Benoît le bénévole du mois et de l’année de l’association. Et à droite, c’est Martin, le juriste de La Quadrature. C’est lui qui pond les papiers extrêmement. Et il y en a peut être d’autres,
Martin Drago
Mais on est plusieurs.
David Dufresne
Ah, c’est pour ça que c’est aussi génial. Donc voilà, j’insiste beaucoup.
Martin Drago
Et surtout, il y a les textes de loi,
David Dufresne
un truc que moi je n’arrive pas à lire les textes de loi et tu arrives tu arrives à les traduire ce que fait la quadrature.
Martin Drago
Voilà, c’est ça.
David Dufresne
Si j’ai bien compris pour vous, mais alors peut être que ça date. Ce qui ce qui vous inquiète avec la loi Sécurité globale, au-delà de tout ce que l’on sait, c’est l’intensification de la vidéosurveillance fixe, notamment avec les articles 20, 20 bis à 20 bis et 20 ter, l’autorisation de la vidéosurveillance mouvante. Et il va falloir nous dire un peu ce que c’est que les articles 21, 22 et 22bis et l’ensemble de ces dispositions qui pourraient avoir pour effet d’intensifier la reconnaissance faciale. Est ce que c’est bien ça, les trois points sur lesquels vous êtes le plus ?
Martin Drago
Plus inquiet en fait, t’as lu l’article ? Tu veux qu’on développe ?
David Dufresne
Oui, bien sûr. Commençons par l’intensification de la vidéosurveillance fixe.
Martin Drago
Alors historiquement, il est intéressant de voir qu’au début, au début sur la PPL, on s’est un peu PPL, drones propositions. Désolé donc sur cette proposition de loi qui est, comme tu l’as dit, une fausse proposition, un mélange de propositions projet tel que tu peux expliquer les différences de propositions.
David Dufresne
Et là je viens de le faire.
Martin Drago
Donc on répète merci madame, mais du coup, effectivement, au début on s’est intéressé aux drones. Pourquoi pas, parce que nous on avait fait du contentieux dessus et c'était un des arguments juridiques. Juste une précision, ça veut pas dire que parce que c’est un argument juridique qu’on développe face au Conseil d'État, derrière on poursuit un but politique. Donc nous, un des arguments juridiques qu’on a avancé devant le Conseil d'État pour faire tomber les drones, c'était effectivement l’absence de cadre juridique. Pourquoi ? Rapidement, parce que l'État ne peut pas capter des données personnelles sans être encadré par un texte de loi ou un règlement d'État. Et du coup, bah nous on se bat contre les drones. Et puis là, tout d’un coup, on voit en fait le gouvernement qui arrive avec une proposition pour légaliser les drones. Donc c’est un peu une réponse à notre contentieux. Donc au début, on se focalise sur ça, mais c’est vrai qu’en creusant, en fait, on voit que cette PPL sécurité globale avait bien d’autres problématiques effectivement, notamment les articles 20 à 21 jusqu'à 20 20 bis. Cette intensification de la vidéosurveillance fixe très rapidement la vidéosurveillance. Elle est autorisée en 95 sur la voie publique. D’accord. Et puis, petit à petit, elle est développée. Elle est massifié notamment par un plan de financement de Sarkozy entre 2007 et 2012. Et puis maintenant on cherche à intensifier encore plus. Comment ? Je ne sais pas si je rentre à ce point dans les détails, mais en gros, l’article 20, c’est de permettre notamment à la police municipale d’avoir accès aux images de vidéosurveillance de la voie publique. D’accord, alors que normalement c’est la police nationale, là on permet aux permis municipaux d’avoir cet accès. Et puis il y a d’autres agents, notamment la SNCF et la RATP. Voilà aussi la SNCF et la RATP. Dans un certain une certaine limite, on permet aussi, et ça c’est assez intéressant aux petites communes d’avoir accès à la vidéosurveillance. Comment ? En fait, en permettant à des syndicats de commune mixte de vraiment pas rentrer là dedans pour pas endormir tout le monde, mais en gros pour permettre à des petites communes de se mettre ensemble pour pouvoir développer la vidéosurveillance. Nous on avait tracté au congrès des maires de la HEM l’Association des maires de France et on était tombé sur plein de petites mairies, de très petites mairies, moins de 1000 habitants, moins de 100 habitants quelquefois, qui disaient que eux, elles, elles voulaient mettre de la vidéosurveillance, notamment pour surveiller la déchetterie du coin, mais qu’elle ne pouvait pas parce que ça demandait trop d’argent. Et la gouvernement y répondu elle ne faisait que vous mettre tous ensemble et du coup vous pourrez développer et on mettra un centre de supervision urbain. Qu’est ce que c’est ? C’est là où on voit les écrans des caméras pour vous permettre de voir tout ça. Donc ça c’est un peu la première partie, et puis une autre partie aussi. Je m’arrête ?
David Dufresne
Non, c’est parfait on t'écoute. On a le temps ici.
Martin Drago
Ça qui est assez intéressant, mais qui a été enlevé pour l’instant par le Sénat, mais qui malheureusement va réapparaître. C'était la surveillance des immeubles. Notamment quand on est les bailleurs ou les bailleurs sociaux ou même les gérants d’immeubles peuvent installer des caméras dans les immeubles. D’accord ? Normalement, seules ces personnes peuvent regarder les images de vidéosurveillance dans des conditions assez strictes. Et là, on va permettre une transmission en direct de ces images à la police. Avant, c'était jamais on pouvait transmettre ces images. Ensuite, en 2011, le gouvernement a essayé de dire ah bah si, quand il y a un danger imminent. D’Atteinte à une personne physique. Et puis là, la loi sécurité globale, c'était qui ? Un jeune dans le hall d’immeuble, on peut transmettre la surveillance et les images de vidéosurveillance à la police. Donc ça, c’est un peu la première partie. C’est pour ça qu’on va parler de l’intensification. C’est encore plus de gens qui peuvent regarder des images de la vidéo sur un public, encore plus de personnes qui peuvent faire personnes physiques ou morales, qui peuvent faire de la vidéosurveillance. Et puis on va un peu plus loin, plus seulement la voie publique, mais on va même dans les halls d’immeubles sous certaines conditions. Ça, c’est la première partie et ensuite mouvante, c’est parce qu’on a cherché en non même pas seulement de mouvante. Mais c’est quoi en gros la PPL alors ? Alors voilà, la question c'était mobile ou mouvante ? Et pourquoi on n’a pas choisi mobile ? Parce que mobile, c’est l’article 21. Et en fait, les caméras mobiles dans le débat public aujourd’hui, c’est les caméras que porte la police,
David Dufresne
Ce qu’on appelle les caméras piétons.
Martin Drago
Voilà. Caméras, piétons, caméras mobiles, ça change un peu, je vois pourquoi. Et là, qu’est ce qu’elle apporte la PPL sécurité globale ? C’est que. Non seulement on va dire les inscrits dans la loi, mais surtout elle permet la retransmission en direct des images filmées par la police. Un centre de supervision urbain. A partir de maintenant, je la saisis pour être plus rapide. Et ça, c’est hyper intéressant cette transmission en temps réel. Ça, ça, ça peut paraître un truc un peu minimal, mais un peu logique. Mais en fait, la transmission en temps réel, qu’est ce que ça permet ? Mais ça permet surtout l’analyse de l’image. À partir du moment où vous avez un flux vidéo qui est renvoyé à une salle où on peut faire marcher des logiciels d’analyse d’images. En fait, là, ça permet effectivement des technologies comme la reconnaissance faciale notamment. Donc, ça, c’est l’article 21. Et après j’ai rappelé des questions pour que j’arrête de parler tout seul comme ça très longtemps.
David Dufresne
Non, c’est bien, c’est bien, ça donne envie. J’avais dit je vais te laisser souffler. Alors moi, j’ai suivi la conférence de presse des deux rapporteurs et du président de la commission des lois au Sénat. Donc, en effet, sur la transmission en temps réel, y sont et y sont tout à fait favorables, notamment pour des raisons de manœuvres, notamment lors des manifestations. En revanche, ils sont tout à fait opposés à l’utilisation de ces images dans le dans un contre feu médiatique, en disant les policiers n’ont pas à devenir des journalistes, des auxiliaires de journalisme ont eu la gentillesse de nous à dire si l’inverse était possible, si les journalistes pouvaient être des auxiliaires de police. Là dessus, ils se sont arrêtés. Mais j’en profite quand même. Il y a On va y venir tout à l’heure avec Anne-Sophie Saint-Père qui a démontré un thread qu’elle a fait sur tweeter sur certains amendements des sénateurs. Est-ce que lundi soir, 19 h 44, on n’est pas un peu emmerdé quand même par rapport à ce que les sénateurs vont discuter à partir de demain par rapport à ce que les députés avaient fait ? Est ce qu’il n’y a pas un peu de mieux de la part de certains sénateurs dans certains amendements ? Est ce que. Ou est ce que vous pensez que de toute façon la philosophie de cette loi sécurité globale est intacte et que c’est juste à la marge qu’il y a eu des modifications qui ont été faites à l’article 24, mais pas seulement.
Martin Drago
C’est la deuxième proposition qui est la bonne, c’est à dire que le rôle du Sénat et un peu la personnalité du Sénat, ça a toujours été ce sérieux juridique entre guillemets. Donc là, c’est exactement le rôle qu’ils ont joué en disant à l’Assemblée.
David Dufresne
Eux, ils disent du droit robuste.
Martin Drago
Robuste, ce sera toujours ça de la part du Sénat, c’est à dire de dire nous, on sait faire du droit parce qu’on a le temps, parce qu’on est des sénateurs et sénatrices je sais pas quoi, puisque la commission des lois du Sénat, qui a fait ce travail dont tu parles, est assez connue pour ça, pour cette expertise juridique. Et donc effectivement, ils ont apporté, on va dire, un cadre où là où il y en avait vraiment pas avant, mais n’empêche qu’on est exactement dans le discours d’avant, c’est à dire que le cadre ne veut pas dire que c’est forcément bien. Effectivement, ils ont un peu plus cadré les drones, effectivement, ils ont un peu plus cadré la vidéosurveillance. Ils ont d’ailleurs enlevé ce qui est vidéosurveillance du hall d’immeuble, ce qu’ils savaient en militaire contre une jurisprudence du Conseil constitutionnel. Mais n’empêche que dans cette loi, on a toujours l’intensification de la vidéosurveillance fixe, on a toujours les caméras mobiles, on a toujours les drones, on a toujours les hélicoptères. Un autre sujet sur lequel on a bossé, hein, mais c’est là qu’on oublie. On parle beaucoup des drones, mais les caméras mouvantes dans les airs, c’est aussi les hélicos de la gendarmerie qui ont un matériel de surveillance extrêmement puissant, qui sont légalisés à travers cette proposition.
David Dufresne
Alors l’agent, je mets à l'écran le papier du 5 mars, la police en hélicoptère ou la surveillance militaire des citoyens en ça vaut le coup qu’on y qu’on con, qu’on y revienne. Mais finis sur ton idée et on reviendra sur les hélicos.
Martin Drago
Si c’est ça, c’est que l’on peut encadrer comme on veut et autant qu’on veut cette loi. N’empêche qu'à la fin c’est toujours plus de vidéosurveillance de la voie publique et ça on ne peut pas l’enlever. Et tant qu’on n’aura pas enlevé ces articles, en fait je pense que là on se rend pas compte que l’esprit de la loi c’est vraiment l’augmentation de la vidéosurveillance et et finalement l’avènement d’une surveillance de masse. On peut toujours aller plus loin dans la surveillance de masse, mais l’idée elle est là. Et ce n’est pas en encadrant avec des petits et des petits articles à droite à gauche que ça va changer l’esprit. Ce n’est pas ça.
David Dufresne
Et vous, vous voulez parler des hélicos maintenant ? Il y a LTF, Rad, Wolf. Je ne savais pas qui est arrivé ce soir et qui est très en verve et je le remercie. Qui dit énorme circulation d’hélicoptères de gendarmerie en Lorraine par exemple. C’est quoi le problème avec les hélicoptères ? D’abord ? C’est quoi ? Combien pour l’intendance ? Combien d’hélicoptères ? Qu’est ce qu’ils font ?
Martin Drago
Je pense qu’il faut, il faut revenir aussi. Je pense que c’est important de dire en fait, quand on parle de lutte contre les drones, en fait, ce n’est pas les drones eux même qui posent problème. Le problème c’est les caméras qui sont sur les drones. Est ce qu’on fait du flux vidéo qui est sur les caméras ? Donc en fait, que ce soit un drone ou quoi que ce soit, la question, elle est sur la caméra, ce qu’elle filme, est ce qu’on en fait derrière. C’est ça le gros problème. Que ce soit des petits, des petits hélicoptères de 50 grammes ou des énormes hélicos qui bouffent du kérosène à n’en plus savoir. Que faire pour aller chercher trois personnes qui n’ont pas porté leur masque ou qui sont passés à travers le couvre feu ? On a toujours cette même question mais à quoi servent les images ? Comment elles sont utilisées, combien de temps elles vont être conservées ? De ces caméras sous contrôle de la police ou de la gendarmerie sont prises des personnes physiques, qui qui se baladent et qui ne sont pas encadrées aujourd’hui par un quelconque texte. Et sur les histoires de l’hélico, c’est exactement cette pensée-là. C’est à dire que nous on s’intéresse aux drones, on se dit ah mais en fait, ça fait dix ans que la police déploie des drones pour surveiller les manifs et du coup. Et du coup, la police et le gouvernement légalisent ces drones pour répondre à notre contentieux. Mais en fait, les hélicos c’est le même sujet, c’est à dire que c’est même le même sujet encore pire, c’est à dire en gros ce qui se passe. La gendarmerie a des hélicos qu’elle prête ou qu’elle loue à la préfecture de police de Paris par exemple, qui va ensuite faire de la surveillance de manifestation. Et c’est sûr que dans l’article on essaye de le décrire, mais là le matériel qu'à la gendarmerie, c’est un matériel militaire, à la gendarmerie, c’est l’armée évidemment, mais c’est aussi un matériel qui est déployé, notamment par exemple en Syrie. Si on fouille un peu. Mais c’est même plus des caméras, c’est des boulots uniques qui peuvent identifier quelqu’un. Là, je cite La gendarmerie a 1,5 à 2 kilomètres de distance, ce qui me paraît beaucoup plus fort, en tout cas de ce qu’on sait que les drones. Et donc en fait, on revient sur cette question et moi, c’est ça qui m’a vachement intéressé, c’est que les drones, il y a eu un débat politique en disant après les drones, qu’est ce que la police fait des images, ce n’est pas encadré. Du coup faut les encadrer. Mais en fait, les hélicos, la gendarmerie, ça fait 20 ans qu’on est filmé par la police sans aucun cadre juridique. On n’a eu aucun débat, il n’y a eu aucun papier. J’ai bien fouillé sur qu’est ce que fait la police avec les hélicos faits. Ça fait 20 ans qui peuvent faire ça ?
David Dufresne
On a une idée précise des images qui sont prises et de leur utilisation où c’est opaque. Alors tu as dit et tu as dit c’est militaire. En fait, c’est plus compliqué que ça parce qu’en fait, la gendarmerie depuis plus de dix ans et maintenant rattachée au ministère de l’Intérieur et donc n’est pas forcément couverte par le secret défense comme c'était le cas avant. Est ce que vous, vous avez pu par exemple demander à voir quel genre d’images a été pris, quel genre d’images a été utilisé ? Ou est-ce totalement opaque ?
Martin Drago
Il y a rien. Si tu veux, il y a un discours, il y a un discours marketing de la gendarmerie dans des journaux, la gendarmerie ou la police qui se vantent de la précision des images. Mais il y a un truc qui m’avait marqué, c'était qu’on a les mêmes images que sur le Tour de France. En manif, c’est la même qualité d’image pour le français et c’est des belles images des tours de France, donc j’imagine qu’il doit y avoir des belles images, mais dans la suite il y a il y a aucun. En tout cas moi ce que je sais, il n’y a eu aucun travail ou aucune enquête de qu’est ce qu’a fait la police de ces images. Et c’est aussi un truc qui fait réagir parce que nous, comme justement, bah on a un peu tapé sur la CNIL et sur son manque de réaction sur les drones et. Et au bout d’un moment la CNIL il y a vous avez vu, mais j’ai travaillé là, j’ai dit à la chef de police de Paris d’arrêter d’utiliser ces drones et en fait Mais dis moi, même les hélicos, c’est le même souci, ça fait 20 ans, on sait qu’ils sont utilisés et personne n’a rien fait quoi. Alors un drone, allez chercher un peu, ça fait plus. Ça fait bien quinze ans que les drones sont utilisés, qu’on a déjà fait les premiers tests en banlieue. Évidemment, comme d’hab., on a fait les premiers, les premières utilisations de drones avec des caméras basses définition à l'époque, mais en fait ça fait très longtemps quand la CNIL arrive et dit ah mais nous on a travaillé dessus. En fait, ça fait plus de quinze ans qu’ils auraient dû travailler dessus. Et les hélicoptères, c’est pareil.
David Dufresne
Alors 20 photos qu’il y a souvent sur le chat et qui m’interdit de la citer plus d’une fois. Donc je vais citer que maintenant on parle effectivement des hélicos, notamment à la ZAD et nous dit que les images de ces hélico ont servi à faire la communication, à faire de la communication de guerre lors de l’intervention contre la route des chicanes. C’est intéressant l’idée du sport et du Tour de France. Je n’avais pas du tout la gendarmerie avait fait ça parce que le sport est aussi. Par les sénateurs qui vont demain examiner la loi Sécurité globale. Le sport est aussi mis en avant, notamment la Coupe du monde de rugby en 2023, les Jeux olympiques de 2024, sur lesquels, je crois vous travaillez également comme deux événements majeurs, évidemment festifs, puisqu’il faut rappeler toujours que le maintien de l’ordre, c’est aussi bien sportif, festif que social. Et ce sont les mêmes hommes qui s’occupent de ça. Donc ce qui sera à l’insert à l’autre, etc. Et donc la Coupe du monde de rugby, comme les Jeux Olympiques sont utilisés par les pouvoirs publics, par l'État pour dire qu’on a besoin d’hommes, on a besoin de moyens pour ça. Et dans la loi sécurité globale, en fait, c’est ça qu’on fait monter les entreprises privées en disant bah finalement, peut être qu’on pourrait donner aux vigiles sécurité, aux boîtes de sécurité privées. Alors leur donner un rôle que la police ne ferait plus pour en faire autre chose. Donc il y a un lien assez proche entre le sport et la surveillance.
Martin Drago
Il y a même un site, je ne sais pas, c’est juste que du coup je ne vois pas le chat Et même un site assez impressionnant là dessus, c’est le SEF cluster. J’innove pour les J.O. Euh. Donc si on tape ça dans le monde dans un moteur de recherche que je ne citerai pas, on tombe assez vite dessus et c’est assez intéressant. C’est un truc en gros dérivé d’un truc qui s’appelle le comité filière et sécurité, le COFI Congrès, Ce SEF cluster et c’est en gros un groupement d’entreprises spécialisé dans la sécurité qui s’allient avec l'État pour faire un partenariat bénéfique aux deux parties et qui ont créé cette page qui s’appelle J’innove pour les J.O. Ou en gros c’est un appel les entreprises à dire on va gagner tous les appels d’offres sur les JO 2024 pour faire de la France la vitrine des technologies de sécurité pour les légions. Et donc c’est exactement ce que tu décris. C’est ça un partenariat affiché, reconnu et où il appelle à développer la reconnaissance faciale. Par exemple pour les stades de foot, c’est parfait, on n’a pas besoin de fouiller les gens, on fait juste un portique de reconnaissance faciale et on pourra reconnaître tous les supporters.
David Dufresne
Et alors ? La seule chose, c’est qu’on vous reproche d’agiter les peurs. Par exemple la reconnaissance.
Martin Drago
De l’effort de la grenouille.
David Dufresne
Monsieur, Monsieur, je le redis, ce n’est pas la Quadrature ici.
Martin Drago
Non mais c’est vrai, finalement, pourquoi utiliser toutes ces technologies là ? C’est parce qu’on nous fait peur, parce qu’on nous dit c’est hyper dangereux, il y a du terrorisme, les gens sont, les gens sont dangereux, il faut se protéger des gens. Les gens c’est nous. Et donc il faut au plus nous surveiller pour plus nous protéger. En fait, finalement, c’est l’État qui travaille sur ces peurs-là.
David Dufresne
Un cas précis la reconnaissance faciale dont vous parlez beaucoup et à juste raison. En fait, elle n’est pas dans la loi sécurité globale.
Martin Drago
Là, il y a un creux en creux et c’est hyper intéressant. Il y a en creux déjà une part, cette question de transmission directe des images. Encore une fois, si on va un peu et on va chercher ailleurs. Moi, j’avais fait ce travail là d’aller rechercher ce qu’avait dit les rapporteurs de la loi avant la loi, avant cette PPL, et on avait déjà eu cette question et cette remontée apparemment, de certains de certaines personnes de la police qui disait On a besoin de l’analyse de la transmission en temps réel pour faire de l’analyse d’image. Et donc la loi, encore une fois, c’est la transmission en temps réel des images, des caméras piétons, des drones, des hélicos et des caméras embarquées directement embarquées sur des caméras, sur un véhicule à la police par exemple. Donc ça, elle y est déjà en filigrane. Et ensuite, elle a été avancée pendant le débat à l’Assemblée nationale, où on a plusieurs députés du centre et de gauche, centre gauche, gauche sur la DIA qui parle débat politique sur les drones. On dit attendez pour les drones, mais il faut interdire la reconnaissance faciale pour les images captées par les drones. Et là, on a eu les rapporteurs à l’Assemblée nationale qui ont dit non, non, non, non, La reconnaissance faciale, ce n’est pas le débat, ce n’est pas le sujet. Nous, on ne parle pas de reconnaissance faciale, c’est vraiment pas le sujet de la loi. Et donc en fait, il y a et évidemment, ce qui s’est passé au Sénat et assez intéressant, c’est que les sénateurs de la commission des lois ont notamment modifié l’article sur les drones en disant pas de reconnaissance faciale pour les images captées par les drones. Et ça, c’est hyper intéressant. C’est-à -dire qu’un ils font arriver le mot reconnaissance faciale dans la loi, ce que le gouvernement et les rapporteurs ne voulaient surtout pas faire. Et deuxièmement, il y a un truc un peu bizarre, c’est que, alors qu’on parle de vidéosurveillance fixe, de caméras mobiles, de caméras piétons, de caméras embarquées, ils sont juste interdits pour les caméras sur les drones. Et ça, c’est un peu bizarre parce qu’on se dit pourquoi, si on interdit la reconnaissance faciale, autant l’interdire partout, non ? Juste pas sur que sur les drones.
David Dufresne
Et d’après toi, pourquoi ?
Martin Drago
Ben ça, c’est un débat qu’on a entre nous. Certains vont dire qu’en fait, les drones et la reconnaissance faciale, ça ne marche pas très bien en ce moment.
David Dufresne
Moi j’ai lu l’article 22 qui ne marche pas médiatiquement dedans, dans l’opinion publique,
Martin Drago
Techniquement oui, il y a un article, y a une entreprise israélienne qui s’appelle Énergie jeunes, qui bosse beaucoup sur toutes ces questions, qui a sorti un papier cette année sur la reconnaissance faciale et sur les drones. C’est un papier qui est sorti il y a quelques semaines où ils disent ah bah nous on y arrive, on va y arriver. Donc on peut se dire que peut être que la police en fait, pour l’instant, elle en a un peu rien à faire qu’on lui interdit la reconnaissance faciale par drone est qu’elle le fait majoritairement par la vidéosurveillance fixe ou par les caméras. Mais c’est un classique finalement de s’afficher comme ça en protecteur des libertés, alors qu’en fait c’est des problèmes techniques ou politiques qui les empêchent. On se fait, on se fait interdire d’un côté en disant non mais de toute façon, je n’avais pas l’intention de faire. C’est ce qu’on a vu par exemple l’année dernière sur tout un tas de grosses firmes IBM, IBM, Google et Amazon particulièrement. Je sais qu’il y en avait d’autres qui ont dit non, mais on comprend la reconnaissance faciale, c’est hyper dangereux. Donc nous, on a proposé des outils pour pouvoir le faire. Mais bon, on fait, on fait une pause, on va on s’arrête pendant un an, un an et demi, deux ans et on en reparle après. Et en fait, on sait que finalement il y a eu tout un tas de scandales, ça ne marche pas du tout. Ils trouvent tout un tas de tests qui montrent que ça ne marchait pas bien, en particulier sur tout un tas de minorités, sur les femmes, sur les noirs. Intéressant, ça, ça ne marcherait pas bien. Et donc au final, cet affichage politique là qui est Ah bah oui, on ne va pas, on ne va pas vous mettre la reconnaissance faciale sur les drones ou on arrête pendant un certain temps la reconnaissance faciale de vendre nos outils. Finalement, ce n’est qu’à un moment précis qui ne les dérange pas ou qui montre que finalement c’est voilà, ça ne fonctionne pas. Donc ils attendent un peu d’améliorer, que le cadre juridique soit prêt et donc c’est finalement un prétexte, c’est une situation de prétexte.
David Dufresne
Alors 19 h 59 C’est l’heure où des gens arrivent, des gens partent, il y en a qui mangent, qui ont mangé, il y en a qui ne savent pas ce qu’ils vont manger. Et donc bientôt nous aurons les menus dans le chat. Mais sachez que vous êtes écoutés, je crois, avec gourmandise, par les fins gourmets d’Au poste. Il y aura des questions qui sont en train d'être triées sur le volet que je vais vous poser tout à l’heure.
Martin Drago
Il y avait quand même un truc sur le sport. Il y a un qui est important à rappeler, c’est que mi novembre, il y a quand même un texte très important qui est sorti sur le site du ministère de l’Intérieur, qui est le Livre blanc sur la sécurité intérieure et écrit noir sur blanc dans le texte décrit les J.O. De 2024 comme objectif d’installation des technologies sécuritaires. Et ça, c’est un objectif. C’est vraiment l’horizon aujourd’hui du ministère de l’Intérieur, c’est 2024 avec, c’est marqué un livre blanc.
David Dufresne
Absolument. Et c’est marqué dans le Livre blanc. C’est en creux dans la loi sécurité globale. Enfin, ce n’est pas en creux, c’est-à-dire. La loi sécurité globale est une arme pour arriver à ça. C’est une première étape, c’est dit par les sénateurs et c’est dit d’ailleurs avec quelque chose d’assez intéressant, c’est de prendre l’exemple anglais des derniers Jeux olympiques en Angleterre où, semble t il, je crois, sur parole du peuple. Ils ont raison, hein, les sénateurs. Ils nous expliquent qu’en fait, les Anglais avaient dû utiliser l’armée parce que la police n’avait pas pu et les moyens policiers étaient insuffisants pour les Jeux olympiques qui avaient lieu à Londres en quelle année ? Et que ce serait pour éviter ça que la France mettrait en place la loi sécurité globale, Le continuum sécurité dont il faut rappeler qu’il s’agit en fait de faire en sorte que police nationale, police municipale et entreprise privée travaillent de concert à la sécurité. En gros, c’est à peu près ça si on veut résumer la loi.
Martin Drago
Je crois que je vais me rajouter. C’est un test. Moi j’invite vraiment les gens à aller voir les s’ils ont le temps et s’ils ont quand même du temps malheureusement, d’aller voir les débats du Sénat sur la loi sécurité globale et de ne pas oublier que le Sénat est majoritairement à droite et que ce n’est pas lui qui a le dernier mot juridique, ce n’est pas lui qui aura le dernier mot sur le texte ou le texte. Normalement, le dernier mot, c’est la majorité à l’Assemblée nationale qui décidera à la fin de ce qui est dans le texte et si c’est la majorité nationale à l’Assemblée nationale, c’est à dire que c’est le gouvernement. Donc, en fait, il faut bien lire le débat au Sénat en ayant ça en tête, c’est à dire que ce n’est pas le Sénat qui va faire cette loi, et toutes les modifications apportées par le Sénat risquent fin de ces modifications avec lesquelles le gouvernement n’est pas d’accord, risque de sauter et qu’il va falloir voir ce que va dire le ministre de l’Intérieur Darmanin au Sénat, puisque c’est lui. En fait, on va voir un peu ce que c’est, ce que Darmanin va dire oui ou non au Sénat. C’est un peu là, finalement, qu’on va peut être avoir un peu une idée de ce que veut faire finalement le gouvernement du texte.
David Dufresne
Alors j’ai repéré, comme vous sans doute, le travail d’Anne-Sophie Saint-Père qui s’occupe du plaidoyer Liberté, Amnesty, Amnesty France. Elle a regardé l’heure. C'était, il y a quelques jours déjà. Avant ce weekend, elle a regardé les amendements qui ont été déposés à propos de l’examen en séance. Donc, là, au moment où je vous parle, je montre son entrée à l'écran 329 amendements, pas moins de 104 mentions de garde des gardes champêtres. Alors, oui, en effet, il y a des grands fans, des gardes champêtres qui aimeraient que je participe à la fête sécuritaire. Alors, grosso modo, les sénateurs communistes écolos ont déposé onze. On peut être pas vent debout, mais un petit peu quand même. Contre cette loi. Ils ont notamment déposé une motion pour arrêter. En gros pour dire non à la loi de sécurité globale. Côté amendement de Bonne nouvelle, nous dit Anne-Sophie Saint Père. La reconnaissance faciale après son exclusion. Vous venez de le dire pour les images des drones. En commission des lois, les sénateurs communistes, écolos, PS veulent son interdiction des mots et moratoire dans les autres situations de surveillance. Est ce que vous pensez que cet amendement là peut passer ?
Martin Drago
J’aimerais bien, J’aimerais bien, mais la majorité du Sénat étant à droite, ça va être un gros combat. N’empêche que c’est. C’est quand même bien qu’il soit là. Ça montre qu’il y a une opposition et ça c’est toujours important. Je pense que ça, ça monte et puis surtout ça fait arriver ces sujets là dans le débat public. Et on a enfin des personnes investies d’un pouvoir et d’un pouvoir qui débattent de ces sujets là. Et donc on a. Et ça donne des réactions au gouvernement. Du coup, Darmanin, obligé de se placer par rapport à ce qu’il pense de la reconnaissance faciale et l’innocence de Mathilde. Donc rien que là dedans, c’est quand même hyper cool. Je ne pense pas malheureusement, mais je suis quelqu’un de plutôt positif donc je préfère ça.
David Dufresne
Qu’est ce qu’elle nous dit d’autre Sophie ? Donc là aussi, les drones et la surveillance, on en a, on en a parlé dans les amendements qui sont déposés. Alors donc, elle nous dit que des sénateurs communistes, PS et écologistes déposent aussi plusieurs amendements de repli entre guillemets, c’est-à -dire sauver ce qui peut être encore l'être si la surveillance, pardon est actée. Alors, par exemple, ils ne disent pas d’identification des personnes, pas d’armes sur ces drones, y compris pas de lacrymos, pas dans les manifestations à. Fait des grands gestes. Que signifient ces paroles sur les drones ?
Martin Drago
Moi, c’est un truc dont j’ai vachement peur. C’est quand même, ce serait une bonne étape qu’heureusement que pas d’armes sur des drones. Mais. Mais j’ai peur que le sujet arrive dans quelques années. On nous dit ah bah on arrive, je ne sais pas, par les balles de peinture pour les manifestants sur les drones, puis ensuite on dit ah bah les drones ils peuvent balancer les lacrymos, les balles de peinture pour pouvoir retrouver les manifestants. Et puis quand on vise un manifestant, on dit celui là je vais suivre et le drone va le suivre, paf, lui envoie une balle de peinture et comme ça, la police peut ensuite le récupérer. Et derrière, il y a plein de technologies qui peuvent arriver à travers les drones et pas seulement les caméras de surveillance. On l’a vu d’ailleurs sur les drones militaires, c’est vraiment sur les drones militaires. On a commencé par la surveillance. On va mettre une caméra comme ça. Google, ça va nous permettre de reconnaître le terrain. Et puis, assez rapidement, les Américains ont dit ah ben pourquoi on ne mettrait pas des missiles dessus ? Ça nous permettra d'éviter d’envoyer des gens sur des terrains. Et finalement, aujourd’hui, on s’oriente carrément là dessus vu la militarisation des polices aujourd’hui, particulièrement en France, mais dans d’autres pays qu’on peut voir arriver, il y a assez fortes chances que si on cède aujourd’hui et qu’on veut que ces textes passent dans deux, trois, quatre ans, ça paraîtra finalement normal à tout le monde de passer à la suite et dire bah maintenant qu’on a des drones finalement dans nos rues qui surveillent pourquoi on mettrait pas des balles de peinture ? Parce que comme ça on va pouvoir suivre les délinquants. Et puis dans les manifs, ça évitera, ce sera plus propre que des policiers qui jettent des machins, ce sera automatisé, etc. Et de proche en proche, on va arriver à cette technologie là. C’est aussi un choix de société qu’on fait aujourd’hui et on décide que les drones n’ont rien à faire dans nos rues.
David Dufresne
Est ce que La Quadrature du Net a été entendue par les sénateurs communistes ? Est ce que vous avez participé à des auditions comme ça se fait avant chaque mois normalement ?
Martin Drago
Alors, à l’Assemblée nationale, on a peut -être dormi, on a entendu parler de la proposition. Du coup, on a regardé s’il y avait des auditions Fauvergue et j’ai oublié le nom de notre rapporteur, mais avaient commencé leurs auditions avec, je crois, cinq ou six syndicats de police, la RATP, la SNCF. Et puis il y avait la LDH, peut-être, qui avait dix minutes pour parler au milieu. Mais nous, on n’a pas été auditionné, on a demandé à être auditionné, on nous a refusé. Donc ça, c’est quand même assez fou de voir à l’Assemblée nationale alors que normalement non. Mais souvent on s’engueule avec les rapporteurs de loi, mais on est quand même.
David Dufresne
Et pourquoi ? Pourquoi là, on vous a refusé ?
Martin Drago
Je pense que t’as suivi comme nous, les débats en commission des entretiens avec Fauvergue. C'était une violence du rapporteur, un des rapporteurs de la loi contre toute opposition qui pouvait se lever contre des articles avec un mépris et une violence. Je pense qu’ils sont vraiment fous quoi ! Et c’est grave et triste. Mais malheureusement, c’est le cas au Sénat. On a beaucoup plus été auditionné ou auditionné par la commission des lois. On a aussi été auditionné par les sénateurs. Donc oui, on a plus été entendus au Sénat. Mais encore une fois, c’est un peu rageant parce que le Sénat, il l’a pas, il n’a pas de pouvoir, il ne faut pas l’oublier. À la fin, c’est l’Assemblée nationale et donc le gouvernement qui a le pouvoir. Donc c’est cool de la part du Sénat d’essayer de faire mieux. Mais, mais c’est toujours triste parce que dans un système parlementaire, en ce moment, c’est Monsieur Macron qui a le dernier mot et ça il ne faut pas l’oublier quand même.
David Dufresne
Alors on fait en fait un petit point de calendrier. Donc effectivement, à partir de demain, pendant trois jours, les sénateurs vont regarder cette loi, à la fin ils vont voter normalement donc jeudi soir. Ensuite, début avril, il y a une commission mixte paritaire députés sénateurs pour se mettre d’accord. Et donc cette commission est conclusive, c’est-à -dire que la loi est adoptée. Soit ils ne se mettent pas d’accord et elle retourne chez les députés.
Martin Drago
C’est ça, C’est exactement ça. La commission mixte paritaire, donc, c’est certains députés et certains sénateurs qui essaient de se mettre d’accord sur les articles où il y a eu des problèmes entre les deux chambres. Donc, typiquement, article 20, article 24, ça, ils ne sont pas d’accord, donc ça sera au sujet, voir qu’il y a quand même un peu plus opaque que le Sénat ou que l’Assemblée, parce que si je ne me trompe pas, ce n’est pas public. Donc c’est-à -dire que c’est un peu on s’entend nous pour finaliser parce que ça a duré depuis trop longtemps et on finalise le texte.
David Dufresne
La commission paritaire, non, je ne crois pas qu’elle soit publique en revanche. Donc en revanche, à partir de demain, logiquement c’est public. On verra si le Sénat aura réparé ses problèmes techniques parce qu’il a déposé le Sénat. Des petits problèmes techniques parfois pour certains, pour certains débats. Alors on s'était posé la question avec l'équipe d' Auposte, avec François, Robin et Euryale Est ce qu’est ce qu’il faut faire ça en live ou pas ? Je pense que pour l’instant il vaut mieux écouter et puis débriefer plutôt que de le faire en direct comme si c'était un match de football. Parce qu’il faut sentir toutes les nuances, etc. Alors justement, à propos de nuances, je reviens sur le travail d’Anne-Sophie Saint-Père d’Amnesty, qui a notamment remarqué que le Rassemblement national est évidemment va à l’encontre de ce qu’on disait tout à l’heure sur l’idée de surveiller par les drones les lieux privés. Notamment un des rapporteurs. Le président de groupe. Hervé, lui, veut préserver les élèves du privé et Anne-Sophie Saint Père nous dit à contre courant Au Rassemblement national, on se dit que les entrées des domiciles ne devraient pas être protégées contre la surveillance. Donc, c’est un amendement du Rassemblement national qu’elle a repéré quand il s’agit d’immeubles d’habitation. Le droit à la vie privée, oui, mais surtout quand on habite une maison individuelle, point d’interrogation. Oh, il est très subtil, Anne-Sophie. C’est à dire qu’en gros hall d’immeuble, oui, mais les maisons…
Martin Drago
Pour le reste, ça va dans la continuation un peu ce qu’a proposé le gouvernement à ce truc de transmission en direct de la caméra du haut d’un immeuble. Ça fait vraiment penser à si y a des jeunes dans la cave de l’immeuble qui embête les propriétaires, et bah du coup, il faut, c’est légitime de les surveiller. Oui parce que on sait, on s’adresse dans ce cas là plutôt aux bailleurs sociaux, donc aux HLM finalement, donc toujours aux mêmes populations, pas à ces populations là qui sont visées par ce texte, par cet article 120 bis, c’est ça ? Alors, un bis même qui a disparu entre temps,
David Dufresne
Je vais prendre des questions du chat parce qu’on est là pour lui Voilà, c’est comme ça que ça marche, Alors, sur la loi Sécurité globale Murat Zetkin qui nous demande qu’est ce qu’on peut faire pour bloquer cette loi ? Et nous parlons aussi de la loi séparatisme. N’y a t il pas des problèmes similaires de sécurité et de respect de la vie privée dans la loi séparatisme
Martin Drago
Alors il va y avoir un contrôle contre cette loi. Il y a entre autres, la possibilité de rejoindre un peu les mouvements qui se sont ligués avec la coordination contre ce texte, par exemple une manifestation demain mardi seize à 16 h, devant le Sénat, pour rappeler notre opposition générale à l’instauration de cette loi. Et voilà que dans toute la France, on était déjà dès samedi dernier et. Et en fait, toute cette semaine, il y a des manifestations un peu partout en France. Samedi prochain aussi. Voilà, donc il y a un moment, il y a des. Il y a un certain nombre d’associations, de groupes, de syndicats qui sont vent debout devant cette loi et qui font un certain nombre d’actions. Il y en a encore une. Aussi une émission ce soir à 21h qui sera sur le site de la Coordination A pour raconter un peu les combats contre la contre cette loi de la SI. Une soixantaine d’organisations. Et vendredi soir aussi sur Mediapart, c’est vendredi soir à 20h il semble que ce sera sur. Mediapart sera aussi une émission. C’est vraiment l’idée. C’est. C’est déjà qu’il faut que la population comprenne les enjeux de cette loi. Il faut, il faut que tout le monde comprenne l’impact qu’elle peut avoir sur la société. Ce que je disais tout à l’heure, c’est ça, c’est aujourd’hui ce qu’on. Ce qu’on pose comme débat, c’est Mais finalement, dans quelle société est ce qu’on veut ? C’est un débat de société. Est ce qu’on veut une société où il y a des caméras partout qui sont retransmises à la police ? Et la police peut aussi filmer ce qu’elle veut. Quand en parallèle, nous, on ne peut plus filmer le travail des policiers. C’est un peu, c’est un peu cette question là. Et finalement, la police va se servir de ces images pour faire totalement ce qu’elle veut faire de la reconnaissance biométrique, Faire de l’usage pour ces médias, c’est-à -dire reconstruire l’histoire, c’est à. C’est construire le discours d’une manifestation pour dire vous n’avez pas tout à fait raison, il y a un monsieur là bas qui nous a fait un doigt. C’est pour ça qu’on a on est rentré sur la manifestation et tout est à reconstruire. Tout ça avec leurs propres images. Finalement nous nous sommes battus face au public qui était, qui avait ses propres images pour raconter les violences policières et tout. Et c’est vraiment ça qu’on essaye de construire aujourd’hui et d’expliquer aux gens, à travers nos articles, à travers ses émissions et autres, pour que la population comprennent l’importance aujourd’hui de ce virage sécuritaire qu’on a depuis des mois.
David Dufresne
Sangaré pose la question si la loi passe au Sénat. C’est à dire que si malgré les millions de gens qui vous écoutent et qui seront demain devant le Sénat à 16 h, Merci à ceux qui nous écoutent de nous renseigner qui de droit. Petite question pour vous : si la loi passe au Sénat, y a t il une possibilité qu’au final le Conseil d'État lui oppose son veto ?
Martin Drago
Pas le Conseil d'État et le Conseil d'État du coup, c’est la juridiction administrative, donc ce n’est pas elle qui s’occupera de ça. Par contre, vu que c’est une loi qui a fait quand même un gros débat public, il y a une forte chance qu’il y ait 60 parlementaires qui saisissent le Conseil constitutionnel. Et donc du coup, la loi, effectivement, ira devant le Conseil constitutionnel. La nous, on en a déjà préparé notre texte que, à ce moment-là, en gros, tout le monde va envoyer son avis au Conseil constitutionnel, aussi bien les groupes parlementaires que les Assos, etc. Et oui, il y a une chance, effectivement, et on espère fortement que le Conseil constitutionnel va bien casser une grande partie de cette loi. Ce n’est pas qu’un fantasme. Si je prends la loi Avia dite la loi sur la haine en ligne par exemple, qui date de l’année dernière, il y avait eu la même chose, c’est à peu près le même truc à une énorme mobilisation contre la loi. On avait énormément de syndicats, d’Assos, d’organisations qui disaient que cette loi était dangereuse. Le gouvernement nous avait dit Je sais très bien ce que je fais et ce soir je m’en fous. Et là, le conseil communal l’avait censuré à 95 %. Donc ça, c’est une énorme qui reste, quoi ? Un article, une page, un article qui est sorti, je ne sais même plus, et ils l’ont censuré quand même par fierté, mais, mais donc du coup voilà, c’est possible de douter. Franchement, je pense que le Conseil constitutionnel sera saisi, mais il faut qu’il y ait 60 parlementaires qui se motivent pour le faire. Tu ne sais pas qu’est ce que je n’avais pas dit ? Qu’il le saisissait quand même. Ou alors ce gouvernement qui semble que le gouvernement avait dit qu’il promettait qu’il allait le soumettre au Conseil constitutionnel puisqu’on me disait qu’il y avait des problèmes et du coup. Ah et du coup on a que le Conseil Constitutionnel derrière en fait se mobilise pour censurer et derrière ce n’est pas la fin. Si on reste dans le légal, on peut encore sur l’application réglementaire de la loi, on pourra encore aller saisir les instances européennes, la Cour européenne des droits de l’homme et tout ça ce ne sera pas la fin. Mais même c’est cool si le conseil considère le fascicule. Mais ouais mais même.
David Dufresne
Pendant que vous parlez, je viens de mettre le site de la coordination contre la loi Sécurité globale, site qui a été mis à jour, j’imagine, par Benoît. C’est la cheville ouvrière de cette quadrature du Net, de la Quadrature du Net. J’aime beaucoup les glitchs que vous avez pris.
Martin Drago
L’emballage du site a été modifié récemment par un membre de la coordination qui n’est pas de La Quadrature du Net. Voilà, je le remercie.
David Dufresne
C’est super ! Et pendant qu’on se parle, là, maintenant, maintenant, je mets la page de la Ligue des droits de L’homme qui, en effet, a créé une plateforme d’interpellation des sénateurs et des sénatrices. C’est absolument. C’est extrêmement simple et tout est prêt, très rempli. Il n’y a plus qu'à mettre son email, son nom, soit par email, pour interpeller son sénateur, le sénateur de son département, soit par email, soit par les réseaux sociaux. A Donc je pense que la raison pourrait nous nous mettre tous ces liens et je rappelle juste comme ça vous allez pouvoir et j’ai l’impression que votre oiseau on l’entend plus.
Martin Drago
Où il dort.
David Dufresne
Il dort il est en cage ?
Martin Drago
De temps en temps.
David Dufresne
Et c’est un problème ?
Martin Drago
en général Il se balade au dessus et pendant les pendant les visio il tourne autour. C’est très compliqué.
David Dufresne
Donc je précise à ceux qui nous rejoignent qu’on a aussi un discord dans lequel on remet tous les liens qui sont donnés chaque semaine dans Auposte. Au minimum tous les lundis, il y aura un sondage tout à l’heure pour vous demander à quelle heure vous avez envie qu’on fasse l'émission. Parce que attendez, on est, on est là, on a envie de savoir si ça vous intéresse le plus. Donc en ce moment, il y a la page de la Ligue des droits de L’homme. Je vous redonne la parole, messieurs.
Martin Drago
Je précise juste en gros nous on avait fait pour l’Assemblée nationale un et plusieurs autres organes avaient fait une plateforme pour appeler directement, appeler au téléphone les parlementaires. Vous notez qu’on n’a pas réussi à le faire pour les sénateurs sénatrices parce que leurs numéros ne sont pas publiés et ne sont pas à jour. Et donc c’est un peu bizarre. C’est-à -dire que, à l’Assemblée nationale, on peut facilement contacter les députés, mais au Sénat, c’est beaucoup plus compliqué. Ce qui fait qu’on est un peu limités à ce truc de mails et de réseaux sociaux qui est moins fort que le téléphone. Moi je voulais rajouter sur la question du Conseil constitutionnel c’est un outil assez puissant parce que la loi sur laquelle on s’est battu pendant un an et ça a été un combat assez acharné à coups de à coups de médias, à coups de communiqués de presse de notre part avec le gouvernement et d’autres associations. En effet, on n’est pas tout seul là dessus. Et à la fin, le Conseil constitutionnel censure à 95 % le texte. Ok, très bien. Mais en fait, c’est quand même un aveu d'échec pour notre démocratie parce qu’on a quand même les deux chambres, le Sénat et l’Assemblée nationale, dont une majorité de parlementaires de nos représentants ont finalement voté un texte qui est inconstitutionnel à 95 %. Et on leur disait alors voilà, alors que nous, on est derrière en disant Mais vous êtes en train de voter un texte hyper dangereux qui va à l’encontre de tout, à la qui nous, toutes nos libertés fondamentales. C’est notre travail, on vous le dit. Alors bon, ils peuvent ne pas nous croire parce que on est quand même un peu souvent à dire qu’il y a des problèmes et des problèmes de libertés, mais. Mais en l’occurrence, on a quand même, et c’est démontré là, une majorité de députés et de sénateurs qui ont voté pour un texte qui était majoritairement à 95 % constitutionnel. Et là, en fait, ils continuent à dire que ce texte, on nous, on le déclare, on le dit et on essaye de le dire partout où on peut, qu’il est extrêmement dangereux, que c’est un changement de société et qu’on ne peut pas laisser faire les choses comme ça. Et finalement, on n’est même pas écouté à l’Assemblée nationale, on n’est pas auditionnés, on est gentiment écoutés au Sénat, mais bon, ça continue à pratiquement envenimer un certain nombre de textes, même s' il y a quelques petites choses qui sont améliorées. Et là, là, pour nous, c’est un signe. C’est quand même un signal fort qu’on a un problème de représentativité dans notre pays, puisqu’on est obligé de compter sur la dernière des dernières institutions possibles. Alors après on peut y aller au niveau européen, enfin un mot, mais en beaucoup qui sont pas élus. D’ailleurs le conseil constitutionnel nommé avec en plus les anciens présidents qui peuvent y siéger, etc. Donc c’est quand même un truc hyper opaque et on est obligés de compter sur eux finalement pour faire le travail législatif qui devrait être et le travail critique législatif qui devra être entre les mains des législateurs. Et ça, pour nous, ce n’est quand même pas une grosse victoire. C’est un problème, ça, c’est vraiment.
David Dufresne
Alors le temps file et je vous propose qu’on continue encore pendant une petite demi-heure, mais je vous propose la partie Technopolice
Martin Drago
Ce sera très long.
David Dufresne
Donc je vous propose que la partie Technopolice qui est absolument passionnante, qui a un travail magnifique, je vais montrer notamment, il y a une carte. Car pour eux pas besoin. Ceci va être donné immédiatement dans le chat, puis rappelé dans le discord et la carte que vous êtes en train d'élaborer avec votre réseau de militants et de correspondants. Donc toutes les nouvelles technologies, les caméras parlantes, les caméras thermiques, les capteurs sonores, les drones, la police prédictive, la reconnaissance faciale, la vidéosurveillance automatisée. Mais objectivement, je trouve que c’est mieux qu’on se prenne rendez-vous dans un mois ou quand vous pourrez. On en parle en détail. Mais pour ce qui nous regarde, sachez que la techno carte, ça existe. Tout le travail de la techno police, c’est quelque chose que vous êtes en train de faire. Donc la Quadrature du net, ça n’est plus quatre gus dans un garage qui s’occupent du web, mais c’est bien plus que ça aujourd’hui. Et donc voilà, j’invite tous ceux qui nous suivent à la regarder, mais je pense qu’on pourra en parler plus tranquillement. Il faut qu’on revienne sur la loi de sécurité globale. On a David Chase. Il vous dit Quid de l’authenticité du drone ? Qu’ils soient bien ceux de la police ? Et quid du piratage des drones ?
Martin Drago
Je pense que c’est une super question. Par exemple, on sait qu’en la manifestation sur par exemple sur l’authenticité de drones. C’est sûr que bon, à la quand c’est quand c’est en manif et que souvent on voit par exemple un policier avec une télécommande avec des drones dessus. Bon, on se doute qu’effectivement c'était les drones de la police, mais par exemple, la manifestation du 8 mars qui a eu lieu à Paris. Là on nous a signalé aussi sur l’Observatoire parisien des libertés, qu’il y a un truc entre la LDH et le Syndicat des avocats de France et qui a signalé un drone au-dessus de la manifestation au moment où ils sont arrivés au Palais de justice. C’est sur que c’est un tweet avec une photo sur la sur Twitter. Euh ben là c’est une super question parce qu’en fait. Est ce que c’est la police ? Si c’est la police, c’est illégal. Comment identifier les drones ? En fait, le seul moyen, c’est d'être sur place et d’aller à la chasse aux délits pilotes de drones pour voir si vraiment la police est en train de nouveau pour la troisième fois de violer la loi. Clairement. Donc effectivement, cette question de l’authenticité est un peu cruciale et pas facile à répondre. Il faut vraiment être sur place pour être sûr que ce soit un drone de la police et le piratage. Moi je n’y connais rien,
David Dufresne
A la quadrature et s’y connait pas en piratage.
Martin Drago
Ouais, c’est pour ça qu’on est plusieurs. Non, non Il est toujours possible en effet de pirater des flux vidéo qui sont envoyés. On se rappelle de flux vidéo. Des drones américains, même militaires qui étaient avec elle, étaient récupérés pour la retrouver sur les réseaux parce qu’en fait ce n’était pas chiffré du tout. Aujourd’hui, il y a quand même un peu de chiffrement dessus. Mais. Mais rien ne garantit que ces vidéos resteront à travers, ce ne sera pas piratable. Alors non, je ne parle pas du piratage du drone lui-même, c’est encore un autre sujet à nous. Notre question, notre sujet, il est vraiment sur les images elles-mêmes. Et aujourd’hui c’est le problème de l’histoire de l’encadrement, c’est que ces vidéos, on ne sait pas ce qu’elles vont devenir. On parle de piratage, mais en fait la question c’est même ces vidéos est ce qu’elles vont être copiées, ce qu’on va être utilisé ? Est ce que voilà, elle grandit, elles vont être envoyées à différents services. En fait, il n’y a pas de suivi. Et ce problème de l’encadrement de la vidéo, c’est combien de temps elles vont être conservées ? Qui va les copier sur son Smartphone, sur son machin ? Voilà, on a, on a une question par exemple en ce moment avec nos police qui est sur le potentiel usage de la reconnaissance faciale directement par les policiers quand ils se baladent dans l’espace public, c’est trahison et ils ont une application pas qui vous prennent en photo et ils auraient des informations sur vous. On est en train de poser des questions pour savoir, pour creuser un peu sur ce sujet là. Et on a avec ça des.
David Dufresne
Comme il y a des caméras, il y a des caméras intelligentes sur certains véhicules de police, il permet de regarder les plaques minéralogiques et d’identifier très rapidement si la voiture est volée, s’il y a un défaut d’assurance ou des choses comme ça.
Martin Drago
Mais là on l’a.
David Dufresne
Bien sûr, mais attention, dispositif quand même qui coûte, ça coûte un bras, ce n’est pas pensé non plus. Cette technologie peut être tout à fait déployée massivement du jour au lendemain.
Martin Drago
Toutes ces technologies, en fait, ont un coût qui diminue de jour en jour. La reconnaissance faciale, c’est un coût pratiquement nul. Aujourd’hui, il y a toute une batterie d’outils extrêmement facile à prendre en main. On a fait une démonstration. D’ailleurs, dans le cadre de nos travaux de la diapo de l’exposition à Technopolice qui fait de la reconnaissance faciale en démonstration pour montrer un peu quand quelques dizaines, allez peut être 200 lignes de code. On est capable de faire un outil de reconnaissance faciale, d’attaques arabes ou françaises. Il y a des outils de reconnaissance faciale qui peuvent être branchés dès aujourd’hui sur votre sur vos caméras, dans votre ville, vous brancher juste sur les flux. Il n’y a même pas à changer les caméras, c’est déjà mis en place avec la puissance des machines, la baisse du prix des disques durs et tout. Évidemment, la surveillance de masse a un coût qui diminue de jour en jour et qui facilite. En fait, c’est une espèce d’appât à surveillance généralisée. Parce que, et je vous le disais et je voulais terminer l’assurance sur l’image qui nous avait été envoyée sur cette histoire de l’outil de reconnaissance faciale dans la rue utilisée par la police. C’est quand on montrait des policiers qui, avec leur téléphone personnel, prenaient parce que c’est des téléphones tout rose avec des petits machins dessus et tout. On disait mais c’est par là, ce n’est pas un appareil de la police. Et ils prenaient les manifestants en photo avec. Et donc aujourd’hui, il y a des outils qui sont très faciles à déployer, même sur leur téléphone personnel et qui peuvent permettre de faire ça. Et donc ça, c’est un problème aussi. Mais il y a des duos. D’ailleurs, augmenter le coût politique d’un seul coup, c’est exactement ça. C’est ça, c’est notre truc. Juste que j’aimerais dire, c’est que du coup, les manifs qui vont avoir lieu cette semaine, ben j’engage vraiment les gens qui vont y aller à six voix, des télés pilotes de drones et des drones. Des idiots, vraiment de nous signaler. Et enfin, on est là en photo et en vidéo. Tout sera hyper intéressant et important. Et si vous voulez des policiers et des pilotes de drones, faut vraiment les prendre en photo et aillent totalement le droit et si important de le signaler. Et le deuxième truc, tu parlais et je trouve ça très intéressant du coup d’un tel dispositif.
David Dufresne
Je mets, juste la carte des manifestations qui sont répertoriées par la coordination nationale de cette loi sécurité globale, parce que là on parle beaucoup de Paris demain 16h, mais en réalité il y en a partout sur la carte qu’on peut retrouver sur leur site.
Martin Drago
Non, moi je trouve ça intéressant parce qu’on sait aujourd’hui, par exemple, qu’il y a un dispositif de reconnaissance faciale qui est déployé par la police nationale. On n’est pas dans le fantasme
David Dufresne
à partir du moment où on vient de subir un arrêt de 55 personnes lancé par Matthieu Coq que nous remercions. Ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait pacifiste, pacifique et pacifiste. Ça veut dire que 55 personnes sont arrivées d’un coup, envoyées par quelqu’un d’autre. C’est en quelque sorte du renfort trouvé.
Martin Drago
Et du coup, c’est hyper intéressant parce que justement, c’est un truc qui n’est pas assez connu on trouve. Il y a aujourd’hui la police nationale pour faire de la reconnaissance faciale et c’est marqué dans le code de procédure pénale à partir d’un fichier qui s’appelle le fichier des traitements, des antécédents judiciaires. Chaque fois que vous avez été concerné par une enquête, c’est vraiment un terme un peu flou. Et vous avez été suspecté à un moment ? Du coup, on prend votre photo et on la met dans ce fichier. Vous pouvez avoir été innocenté a posteriori. C’est par exemple le fichier. Malheureusement, votre photo est déjà dans ce fichier et c’est le seul fichier aujourd’hui où la police peut faire explicitement dans le code de procédure de la reconnaissance faciale, c’est à dire typiquement, elle prend votre photo en manif et elle va voir si vous êtes déjà fiché dans ce fichier. En 2019 2018, on savait qu’il y avait à peu près 8 millions de photos dans ce fichier. Et du coup, tu dis oui, aujourd’hui, la reconnaissance faciale, ça va coûter énormément à déployer massivement, mais pas tellement parce qu’on a pas mal de témoignages de justement de policiers qui prennent en photo les manifestants et en fait qui prennent en photo, ils envoient au service du tag par mail.
David Dufresne
Là, c’est ça. Parce que là il y a une confusion, il y a une confusion dans le tchat. Certains parlent du STIC. En fait le STIC c’est le tag maintenant, c’est ça ?
Martin Drago
Exactement.
David Dufresne
Mais le STIC, c’est l’ancien. C’est l’ancien fichier qui avait été, qui avait été dénoncé par un parent, par un policier. D’ailleurs, Pichon qui avait fait deux bouquins dans le passé,.
Martin Drago
C’est plusieurs fichiers qui ont été qui ont été mêlés. En gros, c’est compliqué, c’est opaque un 8 millions de photos, 18 ans de fiches. Et il y a un chiffre assez frappant je trouve. C’est conséquent en 2019, la police, elle, a fait 375 000 traitements de reconnaissance faciale à partir de ce fichier. Plus de 1000 fois par jour. La police fait de la reconnaissance faciale à partir de ce fichier où il est quand même compliqué de savoir. Un 8 millions de photos, ça peut être plusieurs photos d’une même personne, mais c’est compliqué de savoir. Et du coup bah ce truc de prendre en photo avec son téléphone, de l’envoyer par mail au service TAGE pour faire de la reconnaissance faciale, c’est déjà. C’est déjà assez puissant comme outil. Et ce qui est assez fou, c’est que dans nos débats, on a été auditionnés à plusieurs reprises dans des sujets ou des sujets connexes, et puis on a débattu dans les médias et autres. Et puis là bas, dernièrement, dans les débats sur la loi, les réponses qui nous ont été faites quand on a régulièrement, qui nous ont été faites quand on parlait de reconnaissance faciale, c’est pourquoi vous nous parlez de reconnaissance faciale ? C’est interdit par la loi. Aujourd’hui c’est pareil, il n’y a pas de reconnaissance faciale, ce n’est pas possible. En fait, les gens ne se rendent pas compte qu’en réalité la reconnaissance faciale est déjà appliquée. Aujourd’hui, 375 000 appels à la reconnaissance faciale en 2019, soit plus de 1000 par jour, comme Martin, c’est finalement c’est énorme pour une technologie qui, dans l’esprit même de nos politiques et de nos législateurs, c’est un truc qui va autoriser des technologies d’envois massif de vidéo à la police. C’est censé ne pas exister et en fait ça existe déjà massivement.
David Dufresne
Ubik vous demande, elle nous dit je n’ai pas compris, elles viennent d’où les photos ?
Martin Drago
En fait, c’est des photos si vous avez été concerné ou suspecté dans une enquête. En fait, vous êtes, vous êtes à la potentielle photo et on vous prend votre photo et on vous met dans le fichier et ensuite pour se faire enlever, si vous avez été innocenté, c’est la croix et la bannière, c’est à dire la justice ne vous enlève pas parce que ils ont bien d’autres choses à faire et la police est très contente de conserver un fichier qui concerne plein de gens qui vont certainement pas le mettre à jour. Je ne sais pas, c’est ce fichier a d’ailleurs que la CNIL avait vérifié en 2013 quelque chose comme ça et qui comportait quelque chose comme 80 % d’erreur, les fiches étaient à 80 % erronées.
David Dufresne
Et c'était notamment le scandale du STIC alors des questions en rafale Qui t’ont vexé tout à l’heure ? Parce que je n’ai pas dit le plus grand bien quand il a posé des questions, je me dis Ah, bonne question. Si la loi est votée, est ce qu’elle pourra être votée à un prochain changement de gouvernement ?
Martin Drago
Ça, c’est une question. C’est une question récurrente. C’est une question qu’on avait déjà et à laquelle on nous invitait, avait déjà répondu dans la précédente émission. Ça suffit ! Et en fait non. En fait, il y a de fortes chances que cette loi et les autres d’ailleurs, toutes ces lois auxquelles on s’habitue les unes après les autres, la patience sécuritaire existe. D’abord parce qu’on s’habitue. Effectivement, la population s’habitue à ça, finit par trouver normal qu’on la surveille. Je vous rappelle qu’il y a, il y a la loi de programmation, la loi de finances 2019 qui autorise le ministère des Finances à surveiller les réseaux sociaux pour vérifier si vous ne faites pas de l'évasion fiscale. Voilà, ça n’a dérangé personne. Finalement, il n’y a pas eu, il n’y a pas eu trop de. Là, le décret est passé il n’y a pas si longtemps que ça. Il y a plein de choses qui passent les unes après les autres et qui dérangent de moins en moins la population. Nous, on a l’impression finalement d’essayer de ralentir les choses, d’essayer de ralentir, mais en fait, on va toujours plus loin. Donc il y a peu de chances qu’un prochain gouvernement ose faire quelque chose qui, lors d’un prochain attentat, pourrait lui être proche. Mais vous avez retiré ça. Vous comprenez comment on a essayé avec Marseille, par exemple ? Marseille s'était engagé à arrêter ou à diminuer la vidéosurveillance, un temps marseillais. Celui qui a été élu après la droite de Gaudin, effectivement, ne tient pas toujours ses engagements de retrait, la vidéo surveillance. Et moi je voudrais être sur un truc là. Si je prends par exemple 2007 2012, c’est Sarkozy qui fait passer plein de lois 2012, 2017 c’est Hollande, c’est la gauche et là on a la loi renseignement avec nous tombe dessus qui est une des pires lois pour les libertés. Et il n’y en a eu aucune. Je ne sais pas, ils n’ont pas enlevé la loi de 95 sur la vidéosurveillance. Donc malheureusement il y a un effet cliquet qui à chaque fois en fait grimpe, mais c’est très difficile de redescendre. Ou alors ou alors voilà, il faut, il faut. Je ne vais pas donner donc je vais aller dire non, mais il faut faire. Voilà. On sait qu’aujourd’hui le PS avec Hollande a voté exactement dans le même sens que la droite sur les questions sécuritaires. Si on continue à avoir des gouvernements de ce type là, il n’y a à peu près aucune chance pour le pays. Aujourd’hui, ce n’est pas du tout dans leur scope politique de revenir en arrière sur des questions de surveillance généralisée de la population. Et maintenant ?
David Dufresne
Alors petite question.
Martin Drago
Je te parle très personnellement mais c’est personnel, d’un côté c’est vrai que d’un côté c’est déprimant quand il y a tous les textes qui s’enchaînent. Et je ne sais pas moi, là, en ce moment, bosser sur la sécurité globale, il y a le décret sur la vidéosurveillance automatisée dans les transports et puis ensuite il y a un décret sur les types de fichiers biométriques qui est sorti aujourd’hui. Bref. Mais il y a aussi à chaque fois, finalement, chacun de ces textes, pas un mouvement d’opposition qui se crée et un mouvement collectif d’opposition et collectif de lutte. Et ça, je trouve ça vachement, euh, presque enivrant parce que je prends le collectif, la sécurité globale ou les manifestations qu’on a. On a vu sur la loi Sécurité globale, mais en fait, ça a fait naître un mouvement de lutte. Et même, et même quelquefois, ça, ça revient à lutter contre des trucs qu’on pensait un peu déjà, comment dire, oubliés au passé. Si je prends la vidéosurveillance automatisée, la reconnaissance faciale. Sujet sur lequel on a lancé ce truc Technopolice et ce forum Technopolice où on disait bien les gens vont juste s’intéresser à la reconnaissance faciale et non pas du tout parce que ça lance aussi un mouvement d’opposition contre la vidéosurveillance, simple entre guillemets. Avec un peu cette visibilisation de la vidéosurveillance qu’on avait oubliée. Et donc il y a moyen un truc assez enthousiasmant là dedans de voir qu’on n’est jamais tout seul finalement. Ouais, aujourd’hui pour moi, pour moi, on est quand même dans une situation, on est dans une période assez charnière. C’est vrai que c’est des fois un peu motivant de travailler sur des sujets. On a l’impression que le pouvoir politique n’écoute absolument pas les associations de défense des droits humains. Si on a l’impression de parler dans le vide, à chaque fois, on est sauvé. Heureusement, de temps en temps par le Conseil constitutionnel, par la justice de l’Union européenne. Ouais voilà. Par la CJUE, la Cour de justice de l’Union européenne qui. Là, on a gagné. On a à peu près gagné sur un texte, là, en septembre dernier, mais ça prend des années et des années. Donc, ouais, on est devant aujourd’hui, comme dit Martin, c’est assez. C’est assez enthousiasmant de voir que ces sujets-là sont pris par la population. Il y a une politisation de la population régulière sur ces sujets-là et il faut que ça continue. Il faut que les gens se rendent compte de l’importance que ça peut avoir. Et là, ce mouvement qui est porté aujourd’hui sur la loi sécurité globale va peut être permettre finalement qu’on ait un mouvement de fond, un contre ces textes sécuritaires. On parle très souvent de la Chine en disant Ah mais vous en faites pas, on n’est pas la Chine, regardez la Bastille ! Ouh la machine ! En fait, en fait, c’est une espèce d'épouvantail pour éviter de rappeler que toutes ces technologies là, tous ces outils là, toutes ces politiques de surveillance, en fait, elles sont déjà chez nous, elles sont déjà ici. Et une fois que la population se sera aperçue que finalement on est dans cette situation là de surveillance globalisée par un État qui veut tout savoir de nous, tout ce qui se passe tout le temps pour chercher des boucs émissaires parmi nous, pour empêcher les manifestations, pour empêcher que les gens sortent. Parce que c’est ce qu’on redoute aussi. Saint-Père, il me semble que tout à l’heure on en parlait que si les gens vont dans la rue manifester et qu’en fait en permanence on a toute leur information, on peut savoir qui ils sont.
David Dufresne
Mais c’est la question que j’allais te poser. C’est-à -dire, j’entends votre enthousiasme, j’entends votre optimisme, mais est ce qu’il n’y a pas beaucoup de tendresse dans ça ? C’est à dire que finalement, interpeller par Twitter, par e-mail les sénateurs, allez demain à 16 h devant le Sénat ou manifester un peu partout en France, est ce que tout ça c’est quand même pas des méthodes tendres, gentilles, face à face à des déversoirs absolument incroyables de moyens sécuritaires ?
Martin Drago
C’est la manière dont fonctionne la Quadrature du Net. En tout cas attaquer au niveau juridique, faire des campagnes, des campagnes politiques, faire des communiqués de presse, s’informer, aller dans les médias et autres. C’est sûr que c’est une question qui revient, mais que nous, en tant qu’association, on va dire on ne sait pas, mais en tout cas respectueuses des délais. Voilà, on essaye, mais quand c’est la légalité ou l’illégalité, c’est à dire que c’est vrai et surtout c’est une réaction qu’on a vu sur les réseaux sociaux, que je trouvais hyper intéressante, c’est à dire en fait la police sur rien, sur ce truc, rien que sur les droits des hélicoptères. Elle ne respecte pas la loi, elle est dans l’illégalité complète depuis 20 ans et nous, elle le revendique en plus. Alors c’est gentil, c’est à voir.
David Dufresne
Alors je voulais terminer sur trois choses. Il y a une question du chat je montre en ce moment à l'écran, la page d’appel aux dons de la Quadrature, pour l’instant, vous avez 76,10 % de vos besoins, 150 000 €. Cette année, nous avons besoin de récolter 150 000 € en plus des dons mensuels déjà programmés par nos donateurs. Merci à eux. Depuis le début de la campagne, nous avons récolté 114 152 dons.
Martin Drago
C’est parce qu’il est embarrassé par l’une des définitions, une des définitions qu’on donne à notre lutte assez augmenter le coût politique. Et ça, je trouve ça hyper intéressant. En tout cas, moi, ça m’a pas mal aidé dans mon travail, c’est de dire effectivement peut être qu’en face, ils deviennent de plus en plus forts, de plus en plus experts, etc. Euh. Mais on va les embêter pour rester très polis au maximum pour que. En fait, le fait de prendre cette loi, de prendre des décisions sécuritaires, c’est de plus en plus dur et ce n’est jamais facile pour eux quoi. Et moi c’est une bonne définition que je trouve qui nous aide pas mal et je pense que j’ai quand même l’impression que moi ça fait trois ans que je suis dans l’Asso à temps plein. J’ai quand même l’impression que nos idées diffusent pas mal aussi et que les questions qu’on a réussi à soulever sur la reconnaissance faciale, eh bien en fait, si je prends juste ce sujet là, ça a permis quand même de soulever le débat public et donner un angle des habits qu’on aurait peut être pas eu. Très, très modestement, ce sont peut être certaines de nos interventions assurent, allant jusqu'à interdire la reconnaissance faciale. Oui, c’est possible. Oui, on peut se combattre, on peut combattre contre ces technologies. Demandons leur interdiction. J’ai l’impression que ça a eu un rôle vraiment positif au-delà de ce que toi tu présentes. Mais bon, c’est un peu flou et peut être que t’as raison. Non mais là est la question.
David Dufresne
Alors donc c’est notre prochain invité. Nous terminons notre premier débat et ce sera au collectif Justice pour Ibo tout à l’heure, après une petite pause. J’espère que vous avez cinq minutes pour patienter. Super ! Merci beaucoup !
Martin Drago
La question par exemple sur les drones, de savoir est ce qu’on aurait dû faire ? Est ce qu’on aurait dû ne pas pointer cette illégalité juridique qui leur a permis d’intégrer un article dans la loi sécurité globale légalisant les drones ? Ben en fait, c’est quoi l’alternative ? C’est qu’on laissait la police utiliser les drones au quotidien pour pouvoir surveiller tout le monde. Et puis de plus en plus, parce que si on les laisse faire, ils vont continuer à avancer. Alors que là on est bien, on leur met un coup d’arrêt déjà, ce qui est resté une chose assez importante. Je rappelle que le ministère de l’Intérieur avait lancé un appel d’offres sur l’achat de 700 drones pour je sais plus combien de millions d’euros et qui a et qui a été obligé d’annuler son appel d’offres. Donc si maintenant il l’a passé avec parce qu’il voit la sécurité globale arriver à l’outil, c’est bon, mais on met un coup d’arrêt et on met le débat sur la place publique. C’est aussi l'évènement. Si, si on avait, si on ne l’avait pas fait, en fait, ce serait juste. Il continuera exactement comme et comme ils veulent, comme ils veulent. Il fera exactement comme ils veulent ce qu’ils veulent, des images et autres. Et en fait, on aura beau jeu de revenir en arrière d’ici un ou deux ans ou trois ans, mais quand même, comment ça se fait qu’on en soit arrivé là ? Bah vous n’avez rien fait. Non ? Enfin, je pense que de toute façon c’est important d’y aller. Et évidemment, c’est à ce moment-là qu’y voient les failles. Ben oui mais bon, l’alternative ce n’est pas de rien faire en fait, ce n’est pas possible.
David Dufresne
Dernière question. Pour finir sur une note légère, c’est une question de panel. Est ce que l'équipe de La Quadrature recommande des films, une série ou un livre pour s’intéresser au sujet ?
Martin Drago
Des livres. Oui, des livres sont utiles. J’ai lu le bouquin d’Olivier Descola sur l'état d’urgence sécuritaire qui découle état d’urgence sécuritaire, état d’urgence sanitaire qui est sympa.
David Dufresne
Je l’ai quelque part, il va venir Auposte. Mais là il y a la loi sécurité globale pour l’instant, et sinon, en film ?
Martin Drago
Bon, moi aussi je suis en train de lire ça, c’est super intéressant aussi.
David Dufresne
C’est bien ça ? Jérôme Thorel C’est vieux ça.
Martin Drago
C’est 2013. Mais c’est bien. Mais je ne sais pas à quel point je retrouve les combats d’aujourd’hui C’est à dire que le bouquin a été sorti en 2013 et les questions qu’ il pose c’est vraiment super intéressant parce qu’il se base sur tout un tas de faits qui se passaient déjà à l'époque et on voit que toute cette construction qu’on a aujourd’hui, elle était déjà en cours à l'époque et on s'était déjà penchés sur cette question à La Quadrature du Net on pas assez mélangé à travers tout un tas d’autres thèmes. Et donc ce bouquin est extrêmement intéressant. Alors comme film des barbus à la fin d’un film, d’un documentaire, après ça, ouais, il y avait des documentaires.
David Dufresne
Ou juste comme ça, parce que je ne savais pas du tout. Voilà une interview de Jérôme Thorel que je mets sur l'écran que j’avais réalisée en 2013 avec lui, figurez-vous. Et là, on le voit, Jérôme, on le voit, c’est drôle parce qu’il a il a des lunettes de soleil. Et le titre, c’est Se masquer pour brouiller les pistes. Et en fait, il ne donnait jamais d’interviews, mais il était déjà dans « comment on fait pour pas être reconnu facialement » d’une certaine manière. Et donc là, vous pouvez le voir, vous pouvez retrouver cette série de vidéos, ça date de 2013.
Martin Drago
Il y a un documentaire qui est assez cool sur les frontières de l’Europe et la surveillance sur les frontières de l’Europe que je recommande vraiment. Alors je n’ai vraiment pas le nom et je crois que c’est les murs de l’Europe et surtout le business de Frontex et en fait de tout ce que notre travail dont on parle sur Technopolice où en fait on se rend compte qu’énormément de ces technologies sont expérimentées sur les migrants. En fait, aux frontières de l’Europe où en fait Frontex finance un max Thalès et toutes les entreprises de sécurité pour développer des techniques de surveillance qui sont ensuite petit à petit intégrées à l’intérieur des frontières. Et ça, c’est un documentaire que je recommande vraiment, Ce qui m’a beaucoup frappé et aidé à comprendre tout le système économique et politique à l’aide de ce type de surveillance.
David Dufresne
Merci beaucoup. Je vous remercie.
Martin Drago
Il y a tout autant « Surveiller et punir » aussi.
David Dufresne
Je vous remercie tous les deux infiniment d'être venus. Je pense qu’on se reverra notamment sur la Technopolice Je ne sais pas si vous serez demain devant le Sénat à 16 h, mais j’imagine que la Quadrature y sera représentée. Est ce que vous avez un petit mot à ajouter ou je vous libère ?
Martin Drago
Merci et merci à toi et à demain, à tout le monde, on compte sur vous.
David Dufresne
Merci. Merci ! Merci beaucoup.

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