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Le cinéma des forces de l’ordre - avec les étudiants en cinéma de Paris-Diderot

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Est ce que vous entendez des bruits, des travaux dans ma dans ma rue ?
Rémi Lovin
Pas du tout.
David Dufresne
C’est parfait. Ah, je vois que vous enregistrez l'émission et tout le monde enregistre tout le monde. C’est absolument fantastique. Bonjour, Bonjour Rémi, Vous êtes professeur, c’est ça ?
Rémi Lovin
Chargé de cours, Fin doctorant.
David Dufresne
Doctorant, chargé de cours en son temps à Paris. Diderot, c’est bien ça ? Oui. Et donc vous occuper d’une chose étrange s’appelle le cinéma cinématographe.
Rémi Lovin
Ouais, je m’en occupe dans la mesure du possible, dans le cadre d’un cours qui s’appelle donc filmer la police, le cinéma des forces de l’ordre, puisque c’est un cours qui porte un petit peu sur ces deux facettes là à la fois le fait d’aller prendre des images de la police et garder en tête que la police fournit aussi elle même ses propres images. Donc s’intéresser aussi aux images qui sont produites et tournées par la police elle-même. C’est un cours d'étudiants de deuxième année, donc aujourd’hui, ils et elles sont 22 je crois. Et alors on a on a regardé votre film avec beaucoup d’intérêt et d’attention et assez en détail, qui avait vraiment plusieurs intérêts combinés pour nous, notamment le fait que ce soit bien sûr assez un privilège assez rare de pouvoir parler à quelqu’un qui est en train de faire, qui a fait un objet, qui est à la fois un objet analytique, un objet qui peut être pris pour un objet d'étude et qui, en tant que tel, propose une sorte de regard, une sorte d’analyse, d’interprétation, de problématisation, en tout cas de la façon dont on voit, dont on lit, dont on donne une autorité à ses images, dont on les confronte, ce sont les ouvre à des discours divergents. Tout ça est mis en scène dans votre propre film, mais on peut aussi essayer de mettre le film en tant que tel en regard avec d’autres. Donc notre idée aujourd’hui, c'était de profiter de cette espèce de rareté qui consiste à pouvoir parler directement en plus sur un canal public et pouvoir vous poser des questions qui partent éventuellement de votre film. Mais pour élargir à des questions d’image en général et de cinéma en particulier.
David Dufresne
Voilà,.
Rémi Lovin
On a compris cette fin, c’est vraiment la volonté d’essayer d’ouvrir un peu, de semer d'étoiles en posant peut-être une ou deux questions au départ qui porteraient sur votre œuvre votre rapport à votre film. Et puis rapidement, essayer de visiter d’autres questions, de problématiques.
David Dufresne
Oui, bien sûr, bien sûr. Alors le court, parce que vous, c’est un court, en fait, là, vous travaillez là, au moment où ça se passe. En fait, les étudiantes et les étudiants travaillent, vous, vous travaillez et ne nous on fout rien. Donc on discute sur le tchat. Tout le monde est le bienvenu à l’idée de saboter ce cours par des questions qui de travers. Euh voilà. Eh bien écoutez, moi je suis. Je suis ravi que vous m’ayez demandé de venir. Attendez juste un petit truc. Je suis et je suis vraiment très content. Eh bien, alors, on peut parler autant que vous voulez, d’un pays qui se tient sage, et à aucun. Il n’y a aucun souci, évidemment. Mais c’est vrai que si on déborde sur le cinéma, sur la représentation de la police dans le cinéma, voire au-delà. C’est à dire que puisque le cinéma, enfin voilà, le cinéma, les séries, les feuilletons, dans le temps, dans le temps. Alors après, ce n’est pas votre, votre propos, mais il y a aussi la police dans la littérature, que ce soit le polar, que ce soit bon voilà. Donc moi je suis, je suis, je suis à vous. Je voudrais juste saluer Euryale, François, Robin et Mélanie qui sont les aides de camp de la brigade Douce d’poste, modérateur, modératrice, aide techno. Et qui me disent d’arrêter de baisser la tête parce qu’en fait, il faut comprendre. Moi j’ai un ordinateur, là, j’ai un écran ici, j’en ai un autre là, Si c’est toute une régie, c’est le bazar, mais c’est chouette, Je vous écoute, on y va.
Rémi Lovin
Mais écoutez, je vous remercie. Et puis alors court, effectivement, mais on fait court.
David Dufresne
Parce que moi je fais jamais court. BBQ, jeux de mots, jeux de mots idiots.
Rémi Lovin
À vouloir être avec mon père, à becter.
David Dufresne
Jeux de mots débiles. Pardon. Excusez-moi. Allons-y.
Rémi Lovin
Mais le but, c’est vraiment d’essayer de briser aussi cette espèce de fatigue. En tout cas dans le format qui est lié à la pandémie du court sur zoom interminable puis de. Que le cours soit une conversation.
David Dufresne
D’accord, super.
Rémi Lovin
M y avait d’abord, alors on a essayé d’organiser un peu thématiquement les questions qu’on pourrait vous poser. Il y a des grands thèmes qui sont apparus : la question du rapport à la parole, la question de l'émotion aussi. Et on avait d’abord une question, je crois, qui porte sur. La primauté des images ou la primauté de la forme, en tout cas dans la dans la construction du film, je crois que c'était une question de licence.
Intervenant (e)
Oui, bonjour, c’est moi. Bonjour. Enchanté. Moi je voulais vous poser une question par rapport à votre film, mais peut être de manière plus générale aussi, c'était. Est ce que ce sont les images qui ont amené votre film qui ont mené le film ou est ce que ce sont les films ? Est ce que c’est le film et la manière dont il s’est créé, déroulé, qui ont mené les images ? Est ce que, dans quel sens cela s’est passé en fait ?
David Dufresne
Alors si vous voulez tout, tout, quel que soit le travail que je fais, que j’abats le fond et la forme sont toujours liés tant que je n’ai pas les deux ou que j’estime ne pas les avoir encore tout à fait. Je ne me lance pas là. J’avais le fond depuis des années, c’est-à-dire la question de la brutalité policière, des violences policières et tout ça. J’avais aussi les images par le travail que j’avais pu faire au préalable sur Twitter avec la place Beauvau, où je recueillais un maximum de témoignages, de procès verbaux, de certificats médicaux, de vidéos, de photos, parfois de dessins, parfois de sons. Donc j’avais toute cette matière et l’idée de faire le film est arrivée très tardivement. En fait, c'était pas du tout prévu au départ. Et c’est arrivé quand j’ai estimé qu’en fait, ces images là, pour aller très vite, qui viennent beaucoup des réseaux sociaux, pas seulement, mais beaucoup en fait, la force des réseaux sociaux, c’est leur viralité. Et ça, c’est leur faiblesse. Évidemment, c’est l’amnésie. C’est-à dire que crawlé soit IP, c’est balayé quoi. Si on traduit puis c’est balayé. Donc ça veut dire qu’on balaye ces images, on les balaye de sa mémoire, etc. Donc là, moi je n’arrivais pas à m’en débarrasser, j’avais des grilles, je les ai encore dans mon sommeil, que j’entends des cris de mutilés, etc. Et donc je me suis dit qu’il faut laisser, il faut que ces images, dont certaines n’ont pour moi vraiment valeur documentaire, voire cinématographique. Alors, vous êtes étudiant en cinéma ? Vous en savez plus que moi en fait. Mais disons qu’il y a quelques plans séquences. Par exemple, je pense aux Da Working je pense. Là, si on parle purement technique, le plan séquence du Burger King qui est filmé par quelqu’un qui à ce moment là est pas tout à fait professionnel, qui est en voie de professionnalisation, mais qui a un travail absolument parfait, c’est à dire qui progresse en marchant au rythme de la progression des CRS à l’intérieur, lui, il à l’extérieur. Eux, ils sont à l’intérieur. Et en fait son travelling descend comme ça tout le temps. Le tout le bar working suivant la progression de la férocité à ce moment-là, des CRS, etc. C’est 40 secondes. Et ces 40 secondes qui sont absolument saisissantes, qui n’ont jamais été montrées comme ça, qui était toujours montré par petits bouts quand elles l'étaient, etc. Ou alors qui étaient oubliées par Voilà. Donc le film, c'était beaucoup, beaucoup d’images, c’est -à -dire l’idée qu’est ce qu’on fait de ces images qui, qui de cette profusion d’images qui arrivent ? Je pense qu’on va en parler plus, plus en détail après sur le statut de ces images, le régime de ces images. Et puis après, évidemment, il y avait la question du fond, c’est à dire qu’est ce qu’on peut retenir de tout ça, sur quoi ça nous amène ? Donc là, c’est la partie on va dire fort en fiction, ça aurait pu être possible aussi, mais une partie plus, peut être plus documentaire si vous voulez. Voilà, c'était vraiment le fond, la forme, les images étaient là et d’une certaine manière, je peux vous dire, c’est un film qui a été réalisé très vite, parce qu'à partir du moment où le producteur a dit Je prends tous les risques financiers, finalement, le film s’est fait en quelques mois. Pourquoi ? Parce que, en fait, j’avais trois ans d’archivage, de travail, etc. Je précise que toutes les images que vous voyez dans le film amateur semi-pro sont payées. J’ai retrouvé absolument quasiment tout le monde, 95 % et tous les gens étaient rémunérés. Et ça c'était possible parce que ça faisait des années que je collectais ces images là sans savoir que je ferais un film là dessus. Je vous avais prévenu, je ne fais pas cours, donc il faut me couper hein, faut pas hésiter à faire des gestes.
Rémi Lovin
Moi j’en avais une. J’avais une question pour rebondir un peu tout ça. Surtout ça vous sur la question du balayage, d’essayer de produire un objet qui soit un peu le remède, cette espèce de passage, de d’amnésie des images. Il me semble qu’il y a deux choses là dedans et on en a parlé un petit peu en cours pour essayer de brancher ce que vous disiez à propos de cette spécificité. Plan filmique. Il y a deux choses qui font en sorte, je trouve, de faire durer le regard. Il y a d’une part la question du moment même où on est en train de voir ces images, le fait que quand on est sur des réseaux sociaux, sur un téléphone, on est potentiellement en train de faire autre chose avec le même dispositif. Et au moment même où on consulte ces images, cette consultation et un peu vraiment tisser dans d’autres activités, tandis qu' au cinéma, on fait une sorte de pacte, enfin une sorte de on accomplit, on adhère à l’idée de se confronter. A des images pendant une durée continue. C’est une première chose, cette espèce de tenue du regard. On a lu un texte de Jacques Aumont, un internaute théoricien du cinéma qui pense que le cinéma, c’est tenir le regard,. Deux en tout cas. Et la deuxième dimension, cette espèce de volonté de faire durer les images. Elle a une fonction qui dit porte plutôt sur un temps long et qui parle plutôt de rapport à l’archivage, à la consultation. Vous parliez de la façon dont vous avez retrouvé toutes les personnes qui ont filmé avec ce générique à la fin, qui est monumental et qui donne vraiment toutes les sources et qui permet de créer un objet de référence, une sorte d’archive en soi je trouve, qui permet de combattre un peu l’espèce de flou, d’anonymat un peu général de ces images qu’on a l’habitude de voir sans se soucier véritablement souvent de qui les a faites à tel endroit, quel était son statut. Est ce que c’est comme vous dites à un journaliste pro indépendant ou un amateur ? Il me semble qu’il y a un peu deux facettes de ce rapport au temps long qui est permis par votre film, Oui, par ou avec le régime médiatique,
David Dufresne
Peu oui, oui, absolument. C’est à dire que. Alors il se trouve que sa fille, ça fait très longtemps, ça fait très longtemps, ça fait dix douze ans que je réfléchis à la question de ce qu’on appelait l’immersion du spectateur. Et pour moi c’est passé notamment par une phase que j’ai adoré vraiment, qui était le web documentaire, le documentaire interactif auquel je continue à croire et d’ailleurs d’une certaine manière, l'émission qu’on fait là, si c’est un prolongement, c’est à dire cette idée que le statut de l’auteur et du réalisateur qui serait au dessus, et puis qui dicterait enfin qui dirait ce qu’il a à dire. Et puis les gens n’ont qu'à prendre ou laisser sans qu’il y ait d’interaction. Bon, je ne trouve pas ça hyper passionnant. Au cinéma, l’immersion. Bon, c’est la fameuse phrase là, vous venez de citer un historien. C’est aussi la fameuse phrase de Godard qu’on ressort tout le temps, mais qui en espèces dans la salle, je crois, est vraiment si avérée. J’ai d’ailleurs offert une petite confidence là, juste avant l'émission, je mangeais sur un banc. Il y a un type qui est venu me voir et qui m’a dit qu’il avait vu le film. Il m’a dit J’ai pleuré dix minutes dans les toilettes après le film. Et bien désolé évidemment. Et en fait, je crois que n’est évidemment pas. Oui, c’est sans doute le film, mais en fait c’est l’effet cinéma, c’est le grand écran, c’est l’immersion totale. C’est à dire que c’est l’idée. Que vous regardez un film a priori sans téléphone, sans notification, sans SMS, sans portable, sans voisin qui vous balance, couinent parce que c’est un portable ou. Enfin bref. Donc, et évidemment que ça change tout. Et c’est même devenu aujourd’hui alarmant. Aujourd’hui encore plus puisque on ne peut même pas s’offrir cela à 8 €. C’est devenu quelque chose d’incroyable de dire je vais m’accorder 1 h et demie, 2 h de mon temps, je vais le suspendre de tout réseaux sociaux, de toute interaction, de tout interface. Ça rejoint la discussion qu’on avait ici avec Damasio et je trouve que plus que jamais, le cinéma est un refuge. La salle de cinéma est un refuge. De ce point de vue là, et c'était ça le geste cinéma, c'était ça, c'était de dire Vous voyez, ces images. Et donc là, j’en reviens à Godard, vous voyez ces images que vous avez vues toute petite, parce qu’elle tenait là dessus sur votre téléphone, que c'était et que c'était. Donc vous étiez beaucoup plus grand que ces images là, c’est l’inverse. Donc c’est la fameuse phrase de Godard La télé, on baisse le regard et l’image est plus petite. Au cinéma, on lève les yeux et l’image est plus grande. Mais là, elle est encore beaucoup plus grande puisqu’au départ, ces images là, vous les avez vues sur Facebook, sur tweeter, éventuellement pour certaines d’entre elles. Et donc là, elles prennent une autre force, une autre dimension. Il y a des gens qui ne sont pas réceptifs à ça. Je ne dis pas que ça marche à tous les coups, il y a du larsen.
David Dufresne
Comment ça se fait ça ? Ah non, c’est un bout de perceuse. Bon, je vais fermer la fenêtre, je vais fermer la fenêtre. Allez, bougez pas, Bougez pas. Euh, Attendez, juste une toute petite seconde. Ce sera plus.
Rémi Lovin
L’effet de réel. Ça a disparu.
David Dufresne
Voilà, ça devrait aller là. Voilà. Excusez-moi. Donc voilà. Oui, oui. Donc, évidemment. Et alors ? Pour être tout à fait honnête avec vous. C'était l’effet qu’on recherchait. Et l’idée d’aller au cinéma, l’idée de dire ces images là mérite. Notre attention mérite un espace mérite d'être vu pour ce qu’elles sont, des documents absolument incroyables. Mais je vous assure que je ne doutais pas de la puissance de la projection. C’est ça le cinéma, c’est la projection. On projette l’image et en projetant l’image, le spectateur se projette. Et évidemment, ça prend une force incroyable. Mais comment vous dire ? Je vous assure que moi je connaissais ces images pour les avoir recueillies, etc. Je Au montage qui était sur une bonne télé on va dire un bon écran, enfin un écran. Moi, ça m’arrivait de pleurer, mais je me disais je pleure parce que je sais ce qu’il y a derrière. Je sais que derrière une telle blessure, telle mutilation, il y a une détresse sociale, il y a une famille qui s’est disloquée ou au contraire il y a eu des belles choses. Mais si vous voulez, j'émets des charges émotionnelles et je me disais c’est pour ça que je pleure maintenant. En fait, au cinéma, les gens se sont mis à pleurer aussi, à être coupés. Et ça, c’est l’effet du c’est l’effet du grand écran, si vous voulez, c’est vraiment cet effet là. Et il y a des jours où je me dis si on avait su que ça allait à ce point, est ce qu’on n’aurait pas été encore plus en retenue pour le pire ? Au début, j’avais de la gêne, je m’attendais pas à ça si vous voulez. Et puis après j’assume, j’assume. Bien sûr.
Rémi Lovin
Ce qui est intéressant, c’est que dans ce que vous racontez sur ce pouvoir qui est propre à à l’expansion des images et à la projection. Ça, cette puissance des images projetées, des images soudain plus grandes que nous. Elle est déjà mise en scène dans la façon dont vous les exposez, dont vous montrez des. Des gens qui sont en train d’assister à ces images agrandies. Quand vous mettez en scène toutes ces personnes qui. Combien ? Jobard, Alain Damasio et tous les autres. Il y en a déjà dans le film. Un témoignage de ce que ça fait que de se retrouver face à des images qu’on a l’habitude de voir réduites et qui soudain sont plus grandes que nous. Et ça, je trouve qu’on le voit parfois. Je pense. La première image qui me revient comme ça, c’est la réaction d’Alain Damasio justement face aux images de je crois que c’est des images de Mantes la Jolie, lisse, ennuyée, qui perd un peu sa contenance d’analyste, de théoricien, enfin de romancier qui est extrêmement. Précis sur ces questions là. Et que d’un coup, nous, on voit un peu se mettre comme ça, avoir une sorte de. Une sorte d'émotion un peu peut être imprévue et qui vient de cette rencontre avec des images déjà connues, mais pas dans cette dans cette ampleur là. Donc cette émotion que vous décrivez à propos de ce spectateur qui pleurait après la séance ou la vôtre lors du montage, je trouve qu’on la voit aussi. Elle est un peu esquissée aussi dans la façon dont les fonds, les intervenants réagissent à ces images. Deux grands écrans dans le film.
David Dufresne
Alors c’est vrai. Alors d’abord, je m’adresse à vous, à vous étudiants. Le professeur. C’est la première fois que quelqu’un me parle de ça. Or, évidemment, c’est absolument incroyable. C’est-à-dire que Damasio a un geste mimétique, c' est exactement ça au moment même où il est en train de voir les enfants qui sont agenouillés, entravés et à qui on demande de mettre la main sur la tête. À Mantes la Jolie, donc. Et alors ça, c’est. Et donc, en fait. Par rapport à ce que je vous ai dit sur l’effet de surprise qui a eu lieu lors de la projection. En fait, le premier effet, c' était lors du tournage. C’est à dire qu’effectivement, la première fois que j’ai projeté, pour les raisons du tournage, des images de violences policières sur grand écran pour les montrer aux protagonistes du film, j’ai dit Ah ouais, d’accord. Ah oui, d’accord, c’est ça qu’on va faire. Et donc on a su assez vite la portée que ça pouvait avoir sans genou que ça pouvait avoir. Voilà. Mais en effet. Cette idée-là, puisque le film c’est évidemment aussi un film sur je, comme je pense, tous les documentaires, c’est aussi un film de pédagogie à l’image. Et donc. Et donc évidemment, qu’est ce que c’est que l’image, etc. Qu’est ce que c’est que la réalité de l’interprétation, etc. Et donc l’idée était de dire voilà, on va mettre chacun sur face à ces images ne va pas pouvoir détourner le regard parce qu’elles vont être plus grandes que lui, mais par exemple, un effet auquel je n’avais pas pensé et qui est ressorti beaucoup dans les débats parce qu’on a fait énormément de débats, c'était le fait que des spectateurs et spectatrices se sont identifiées aux protagonistes du film, quels qu’ils soient, parce que les protagonistes du film sont dans la même position que parfois celle du spectateur, si vous voulez. Et c’est drôle parce que ce n’était pas un mécanisme de cinéma assez simple, sur lequel on comptait ou même qu’on avait escompté. Et voilà, ça. Bon, ça c’est je trouve. C’est aussi le truc qui est assez vu, assez super dans le documentaire de création, c’est que. On est toujours dans l’expérimentation, on est quand même toujours dans le prototypage si vous voulez. Et ce n’est pas « plus belle la vie », c’est pareil. Il n’y a pas de recette qui est appliquée, qui a son efficacité et tout. Et donc en faisant parfois des, on découvre des choses.
Rémi Lovin
On avait parlé justement la semaine dernière en préparation de cette rencontre.
David Dufresne
On a été relire par Thierry Moreau pour ceux qui ne savent pas que Thierry Moreau, il a une chaîne Twitch. Et puis à la fin il a dit on va aller ici, peut y aller et où va où ? Ils sont nombreux, là où j’ai l’impression, qui sont très nombreux. Qu’est ce qui se passe ? Si la régie pouvait me dire j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de monde d’un coup. Super bon. Merci, merci, merci infiniment. Merci infiniment. Vous êtes là, donc je fais un petit point de petit point d'étape. On discute de comment filmer la police, le cinéma de la police et la police au cinéma avec des étudiants de Paris Diderot et vous êtes les bienvenus dans le tchat pour zigouiller tout ce quoi. Voilà, je vous préviens tout de suite, ce ne sera pas fini à 3 h.
Rémi Lovin
. Et je disais, pour rebondir ce que vous venez de d'évoquer que la semaine dernière, en préparation de cette science, on avait, on était plus ou moins venu à l’idée selon laquelle le sujet de votre film, ce n’était pas bien sûr les violences policières, c'était ce que peut une image pour produire, pour délibérer là dessus. Et il y a notamment une séquence qui est. En plein dans cette idée. C’est la séquence de confrontation entre eux, de confrontation des images qui est partagée entre Benoît Barret et ta boîte ou qui à propos du Burger King ou. L’espèce de. Le moment où Benoît Barret semble céder et semble finir par dire là, effectivement. Il insiste, il se défend. Il y aurait une enquête, il faudrait revoir les images dans leur intégralité. Et il finit par dire : Effectivement, au vu des images, ce sont des images choquantes. Et cette espèce de victoire, entre guillemets, de Taguieff, elles restent filtrées par la question d’image. C’est à dire ce sont des images qui sont choquantes et on en vient toujours à évaluer, à mesurer la portée des images et non pas la portée des actes eux mêmes.
David Dufresne
Oui, vous avez, vous avez complètement raison, et d’ailleurs ça a été tout l’objet de l’article 24 de la loi Sécurité globale qui ou même du bobo de la sécurité, dont la première table ronde était sur la communication, sur l’image de la police, où Darmanin a eu grosso modo cette expression la police n’a pas de problème, elle a un problème d’image. Et bien évidemment, pour parler d’image, c’est une façon de ne pas parler, mais on a vu ça sur l'évacuation du camp des migrants, etc. Donc j’ai été heurté par les images, non, les images là, en espèce, ne rendent compte que d’une réalité, et c’est de la réalité dont vous devriez être, vous, sur laquelle vous devriez vous poser des questions. Donc là, évidemment, c’est toujours le c’est toujours le souci, mais on ne peut pas faire. Enfin, comment dirais-je ? On peut faire le procès au documentaire, d'être là dedans en disant finalement mais sauf qu’on ne peut pas. Enfin, je veux dire, on peut, mais. C’est un peu déloyal. Le documentariste Ils portent à la connaissance d’eux et ensuite chacun fait ce qu’il veut de ça. Après, il y a, il y a. Il y a un autre point. Et là dessus, il y a des documentaristes qui ne sont pas du tout d’accord. Il y a ceux qui considèrent que le film doit vivre sa vie et ne pas l’accompagner, ne pas débattre, ne pas, etc. Il y a ceux dont je fais partie qui au contraire estiment qu’il faut qu’il faut y aller quoi qu’il faut et qui font qu’il faut porter le fer partout où il est, etc et débattre. Donc effectivement, c’est ce moment qu’il y a à un moment assez succulent je le reconnais, entre Tabou et Benoît Barré, donc entre un jeune journaliste intrépide et un syndicaliste de police classique droite droite où tout d’un coup, le jeune journaliste arrive à faire dire au policier ce qu’il ne dit jamais, c’est à dire eh bien oui, il y a un problème sur ces images là, etc. Depuis, il y en a d’autres qui ont dit, etc. Mais ce qui est, ce qui est, ce qui se dit. Alors puisqu’on parle cinéma, moi je vais vous dire pourquoi dans le montage on laisse cette scène aussi longtemps. Y a des gens qui ont considéré que c'était déloyal. J’aime bien ce terme envers Benoît Barré, envers le policier, là oui, mais en fait, vous l’accabler sans jeu de mot. Vous l’accabler ? Non. Non, pas du tout. Moi je crois au contraire que, en montrant son désarroi, il me semble une sorte de soulagement. On montre à ce moment là que la personne s’est séparée de la fonction, c’est à dire que le syndicaliste, tout d’un coup, a laissé la place à l'être humain, et tout d’un coup il se dit bon, ouais, lâche, Je suis obligé d’admettre qu’il y a un problème, même si syndicalement, de manière corporatiste, je ne peux pas le faire. Pour moi c’est ça. Et ça c’est deux secondes, c’est deux secondes de montage.
Rémi Lovin
Mais avec ce montage qui dure un peu, et au moment où y a cette espèce de scission là entre la fonction et l’homme, on le voit aussi, on parlait de l’attitude Alain Damasio les bras levés à ce moment là, y a une sorte de tout petit effondrement du corps de Benoît Barret qui se met à tourner un peu sur sa chaise, à tourner un peu le dos, le regard se détourne de l'écran et on sent qu’il y a une sorte de. De sortie hors du costume officiel quoi. Et d’une parole vraiment au premier degré. Vente à l’absolu première personne a fini par sortir, mais qui pour le coup s’exprime par sept petits, sept flottements, 17 sept moments de distinction entre une parole qui était tenue jusqu’ici et tenace, et puis quelque chose qui a une faille, qui se glisse, qui s’ouvre, et une autre parole qui finit par poindre un petit peu. Et c’est pour ça que le montage, dire le temps long qui part de tout début et qui monte, cette espèce de durée, de d’insistance qui est prise pour arriver à ça. Il y a un temps qui dure aussi un peu après où l’aveu a été fait et il y a quelques secondes supplémentaires qui montrent le corps un peu qui suit ce qu’il vient de dire et qui exprime par le corps ce qui vient de l’assumer par par la parole, finalement, quoi. Très fugitivement donc.
David Dufresne
Oui, oui, oui, oui, vous avez raison, je vous écoute tout en tout en lisant le tchat. Voilà qui est d’accord avec vous. Grosso modo, s’il y a un problème d’image, c’est qu’il y a forcément un problème et on est à l’origine, ça c’est Guillaume. Il y a François qui propose une dissertation Faut-il séparer l’homme du syndicaliste ? Vous avez 2h pour le langage corporel. C’est pour ça qu’on fait du cinéma. Je veux dire, est ce que ce que le langage corporel le dit, Alors j’ai pu le pourcentage, mais je crois que c’est plus important que la parole, en fait. C’est ça la force de la caméra. Et vous avez tout à fait raison. Il y a dans l’attitude et là, encore une fois, ce n’est pas du tout dans l’attitude du syndicaliste. À ce moment-là, il y a beaucoup de choses. Il y a ce qu’il dit et puis il y a ce qu’il fait à la main. Il y a des travaux tout à fait dans la rue, ça se rapproche. Et même si mes souvenirs sont bons, il pivote sur son siège comme s’il voulait plus regarder, comme s’il voulait plus regarder l’image, comme s’il était à présent même. On peut dire qu’il filme. Il a besoin de douceur, il a. Il a besoin de pivoter. Je ne sais pas, mais ça, si vous voulez. Alors là, pour le coup, si c’est à la caméra que je ne remercierai jamais assez, je découvrais. C'était la première fois qu’on travaillait avec Edmond. Il n’y avait qu’une seule caméra pour penser conversation et moi je tenais à ce qu’on soit pas du tout dans l'écriture télé où il y a plusieurs caméras, avec l’idée que de toute façon, si cette caméra marche pas, il y en a une autre qui va apprendre et etc. Et en fait, personne n'écoute puisque tout le monde sait qu’on peut se rattraper au montage. Là vous aviez quelqu’un qui était très près des protagonistes et si ils n’étaient pas sur eux, ils n'étaient pas sur eux, ce n’était pas grave. Mais ceux qui parlaient, on sentait qu’il y avait quelqu’un qui les accompagnait, qui était vraiment dans l'écoute, dans la concentration. Et je pense que c’est ça qui a mécaniquement haussé le niveau de la discussion. Si moi je n’ai posé aucune question, les gens ont fait genre à part deux ou trois cons comme ça, et ça c’est très, très important. Et là, Edmond, il a la présence d’esprit de filmer les deux en fait, de filmer tas et barré et de ne pas s’approcher de pas zoomée, de ne pas faire ce que la télé aurait fait tout de suite.
Rémi Lovin
Avec cette puissance supplémentaire, cette intégrité supplémentaire, je trouve, de la caméra unique qui consiste justement à ne pas avoir ce luxe du choix de l’alternance des deux visages simultanément nets par le champ contrechamp entre un visage et l’autre. Là, dans cette séquence, donc la caméra, la caméra est plus proche de ta boîte et on sent que dans le jeu du point et du flou où seulement il y a un choix à faire et il y a l’impossibilité de tout voir à la fois, de voir à la fois le visage, l’attitude, l'émotion de celui qui est en train de parler et l’attitude, l'émotion de celui qui est en train d'écouter et de commencer à négocier sa réponse dans sa tête. Là, il y a une sorte de. C’est en ça que c’est vraiment un. Un film qui assume d’avoir des choix à faire, notamment des choix de paroles et des choix de vie. Le découpage de la tension par le passage entre le point qui est plutôt sur ta bourse ou sur Benoît Barret.
David Dufresne
Si vous regardez dans le dans le DVD, il y a un double DVD, il y a un DVD de bonus et dans le bonus, dans les bonus, il y a, je pense, des choses qui. On aurait pu être dans le film. Enfin bon, c’est très compliqué toutes ces histoires là, mais. Mais qui ne l’ont pas été aussi parfois pour des raisons de choix. C’est à dire que justement la caméra s’attardait peut-être un peu trop sur l’autre. Donc ça a duré quinze secondes sans qu’on le voie. C’est un peu compliqué, c’est un peu difficile, mais c’est pas grave, il y a certains sacrifices, mais qui au bout du compte ? Alors autant j’ai dit que c'était facile, enfin facile, ça avait été assez rapide à fabriquer ce film là. Autant le montage a nécessité beaucoup de temps parce que justement on était à la fois dans une surabondance d’images d’archives et je dirais presque une pénurie d’images dans les conversations. C’est à dire que comme on avait fait un choix qui était très, très, très finalement devenu radical, une seule caméra, un autre choix très, très radical, c’est celui de la lumière. Moi, je tenais absolument à ce que les protagonistes soient dans la pénombre, qu’on ait cette conscience de zone grise, de zone de zone floue, papa pas net. Et l’autre point qui est filmé de très près. Ça, j’adore ça. Surtout le côté grand écran. Ça a ciblé le côté des yeux en images. Je trouve ça magnifique. Bouche rouge, tu sais.
Rémi Lovin
Voilà l’un des luxes du cinéma.. Seulement des possibles en tout cas. Et je me rends compte que je monopolise un peu la parole.
David Dufresne
C’est ce que j’allais vous dire.
Rémi Lovin
Vous pouvez très la passer soit à mes étudiants, mes étudiantes, soit si à des questions sur le chanteur
David Dufresne
Alors il y en a, il y en a une. Alors déjà, on a le docteur Toubib. Dr to Be Baz qui nous dit que 80 % de non verbal pour 25 % de verbal. Je ne sais pas si c’est le cas, mais il me semblait que c'était un peu ça et quelqu’un qui nous pose la question, le même en fait. J’aimerais savoir si le cinéaste et journaliste est préparé à ce qu’il y ait autant de confrontation avec les policiers en exercice captés par une caméra ? Je pense que ça c’est plus général et c’est plus. C’est plus que du cinéma. Non, non, bien sûr que non, non, non. Là, il y a effectivement eu. Des rapports qui n’ont jamais été super, mais qui se sont vraiment durcis ces dernières années, entre les reporters notamment et les policiers.
Rémi Lovin
Si je peux me permettre de passer le bâton de parole maintenant. Il y avait une autre question de Lise qui était un peu complémentaire à la première. Sinon, y avait des questions d’Emmanuel qui portaient un autre sujet que le film. Lise peut être votre deuxième question.
Intervenant (e)
Oui, ma deuxième question portait sur. On a eu un partiel de mi semestre où il y avait justement pour le partiel cette question que je n’ai pas pris le risque de prendre parce qu’elle me faisait complètement peur et que je n’arrivais pas à répondre. Mais la question c'était la police est il un acte légitime ? Et du coup, je voulais vous demander selon vous, est-ce que filmer la police est un acte légitime ?
David Dufresne
A Oui, oui, oui, c’est ici. Et c’est pour ça que je fais lire par Monique Gendreau l’article douze de la Déclaration des droits de l’homme. La garantie des droits de l’homme nécessite l’instauration d’une force publique. Et alors le, après le terme exact, c’est au service de tous et non de l’intérêt particulier de ceux qui l’emploient. Donc l’idée de nos chers révolutionnaires de 1789, c’est de dire s’il y a une police et si elle veut être légitime, elle doit être en fait. Offerte au public, à la force publique. C’est ça que ça veut dire. C'était en contradiction, si vous voulez, avec la police du roi, qui était une police secrète, qui était la. On a arrêté des gens sur des lettres de cachet, etc. Et donc là, l’idée des révolutionnaires, c’est dire voilà, c’est un service public et donc il doit rendre des comptes. Il y a un autre article de la Déclaration des droits de l’homme qui parle bien de ça, que toute personne à fonction publique doit rendre des comptes et donc filmer la police, c’est tout à fait légitime, tout à fait légitime. Et là, toute la discussion qui s’est opérée depuis une petite année sur sur ça, c’est justement la question de la légitimité. Qui a le droit de filmer ? Qui, à quel moment, qu’est ce qu’on fait de ces images là, etc. A partir du moment où une police ne veut plus être filmée, c’est une milice. C’est clair, net et précis. Je veux dire, ce n’est plus une police, en tout cas, ça n’est plus une police publique au service du public qui s’extrait du regard. Et on peut entendre évidemment. C’est d’ailleurs la scène dont on parle. C’est ça, C’est cette idée. Est ce que à deux centimètres. Alors moi je n’ai jamais vu de gens qui filmaient les policiers à deux centimètres. Mais oui, que ça complique la tâche des policiers, ça peut se comprendre. Mais voilà, ça fait partie des. Ça fait partie des risques du métier pourrait-on dire. Merci beaucoup Thierry Moreau pour le. Pour le raid, incroyable surprise et à très bientôt. A très bientôt. Je vous écoute.
Rémi Lovin
Merci pour cette audience imprévue et inespérée. Mais c’est et c’est très chouette. Un mot sur ce sujet. Au départ, c'était une des questions effectivement qui pouvaient être choisies dans le partiel. C'était un petit peu pour forcer à envisager d’autres points de vue qui seraient. Pour aller au-delà de cette réponse assez évidente qui consiste à dire que bien sûr, c’est une donnée légitime et pour aller chercher des poux un peu à cette à cette évidence.
David Dufresne
D’accord, donc ma réponse était un peu simpliste. Alors non, non, non, non.
Rémi Lovin
Votre argument ce que vous avez décrit dans le dans le l’arme des armées, dans l’article qui et dans l’ouvrage Police et repart de cette nécessité de publicité passée. Tout est là, dans le dans le terme public et dans la nécessité de dans la possibilité d’un regard qui peut en garder une trace et permet de rendre des comptes de son action ou pas. La réponse vaut d'être je trouve. Rappelé.
David Dufresne
Alors après pour. Pour préciser, la difficulté par la police est assez claire, c’est qu'évidemment ce que l’on filme. C’est un truisme, mais c’est ce qui est visible, c’est à dire sur la voie publique. On filme assez peu la police scientifique, on filme quasiment pas la brigade des mineurs. Il y a quantité de travail policier qui échappe au filmage et ce qui est filmé, grosso modo, c’est beaucoup. Alors, notamment en France, c’est beaucoup de maintien de l’ordre, c’est à dire c’est ce qui est visible, ce qui est filmé, c’est là bas ce qui est filmé, si vous voulez, c’est sont les interventions dans la rue, les arrestations, les interpellations, le saute dessus, les contrôles, etc. Il y a tout un travail, notamment de tout l’aspect police judiciaire et très peu et très peu filmer. Et c’est là où, par exemple, la fiction est intéressante. Parce que la fiction peut justement nous raconter ça, puisque à priori l’image ne peut pas entrer. Enfin, la caméra peut difficilement entrer chez les enquêteurs, c’est faisable. C’est arrivé, mais c’est assez rare. Et comme par hasard, là où il y a un problème majeur et massif, c’est évidemment sur la voie publique. C’est là que la plupart des critiques se portent. Il serait intéressant de savoir est ce que s’il y avait des caméras dans la brigade des mineurs, dans la brigade financière, dans la PJJ, etc. Est ce qu’il y aurait autant de critiques ? A priori, non. Il n’y en aurait pas autant. Ce qui explique ce qui renforce pour moi la légitimité à filmer la police dans l’espace public. D’autant plus que l’espace public, c’est le nôtre à nous tous, et que filmer, c’est le sauvegarder, mais aussi le revendiquer, si vous voulez.
Rémi Lovin
En fait, on s’est demandé aussi si on n’essaiera pas de revenir un petit peu aux sources de ces ces questionnements là qui traverse votre cœur avec un grand O. Heu. Eh bien, juste le film est vraiment toutes ces toutes ces modes de d’expression, de l’assurance, de visibilité. On parlait de DALO place Beauvau, On apparaît brièvement juste avant cette rencontre, deux de votre livre. Et Emmanuel avait une question à propos de. Dans un premier temps de votre. De votre carrière ? Des ratons ? Emmanuelle : Est ce que vous souhaitez poser votre question maintenant ?
Intervenant (e)
Oui, bien sûr.
David Dufresne
Bonjour, Bonjour !
Intervenant (e)
Merci de nous recevoir. Moi j’avais une question par rapport à une interview que j’avais lu de vous dans. Il semble que ce livre soit une obsession rap où justement il. Cette interview parlait du fait que vous avez été autrefois journaliste rap, si je ne me trompe pas et que vous aviez publié le film Le livre Pardon, Révolution rap.
David Dufresne
Posséder. Ah oui,
Intervenant (e)
Oui, oui. Et du coup, ma question, c'était parce que dans cette interview.
David Dufresne
C’est mon premier bouquin.
Intervenant (e)
Exactement.
David Dufresne
Il est là, il est là. Oh là ! C’est drôle comme ça. Allez. Et vous étiez sur Mars 91. Public Enemy. Regardez ça, c’est la plus grande phrase qui ait jamais été dite sur le rap. Vous arrivez à lire ou pas ?
Intervenant (e)
Pas vraiment.
David Dufresne
Pas vraiment. Le rap, c’est comme au basket. Quatre passes et un panier choc, dit Public Enemy. Un peu le Public Enemy, qui a écrit une chanson absolument remarquable sur Hollywood, sur la représentation des Noirs dans le cinéma américain qui s’appelle Burn Hollywood Burn, troisième album. Je vous le conseille. Vous pouvez faire un cours avec ça.
Intervenant (e)
J’en reviens à mes questions. Désolé. Justement, dans l’interview, vous êtes une simple journaliste, Vous vous posez la question de votre intérêt pour le rap conscient, mais également le rap à plus grande échelle. Et. Et force est de constater que dans l’imaginaire du rap, il y a souvent les questions de violence policière. Et moi je me demandais si justement votre commentaire, votre éveil à ces questions de violence policière était née de votre intérêt pour le rap ou le désir qu’elles ont été nourries par cet intérêt.
David Dufresne
Alors pourquoi le rap ? Et aussi il y a toute une histoire. D’ailleurs je crois qu’il y avait, je crois bien ici d’ailleurs dans le bouquin, il y avait un truc sur Rap et Police, un truc comme ça puisque. On parlait tout à l’heure de la police de voie publique, la police visible, la police dans les ghettos aux États-Unis, la police dans les quartiers. En France, évidemment, il y a, il y a, si je puis dire, un mauvais jeu de mot. Il y a une action directe, donc il y a. La confrontation arrive très, très vite, très tôt, etc. Avec les bacs dont certains disent dans le Tchad qu’ils sont filmés par la télévision avec beaucoup de complaisance, ce qui est tout à fait exact la plupart du temps. Et même, on sait aujourd’hui qu’il y a des conventions entre les chaînes de télévision, les producteurs et le ministère de l’Intérieur. Et pour les filmages, on sait qu’il y a des journalistes qui acceptent de faire visionner l’heure, même des gens qui se disent documentaristes, qui acceptent de se faire visionner, comme c’est apparu l’autre jour dernièrement par un documentaire qui a été diffusé sur France deux, où un des un des auteurs a reconnu avoir montré quelques minutes pour avoir l’imprimatur. Du ministère. Alors non, parce que mon éveil à la police est plus ancien. En fait, il passe par le punk rock qui passe par la musique aussi, mais pas par le pas, par le rap. Mais c’est évident que par exemple, un morceau comme Polisse, des NTM j’ai eu la chance d’entendre avant même qu’il sorte en a capella dans une situation très particulière dont j’ai déjà parlé. Mais je peux le refaire puisqu’on s'était retrouvé en garde à vue. On s'était retrouvé. Regardez, moi j'étais journaliste pour Best à l'époque, c'était juste après le bouquin. Eux, ils étaient le groupe qui était en train de monter et très fort et. Altercation dans un train qui n’est pas de leur fait, je ne vous l’assure. Et un des policiers qui arrive pour s’interposer entre un passager un peu énervé et un des membres du groupe s’adresse à un des deux. Je sais plus, c’est Joey Starr ou Coup de chaîne en lui disant Mais ce n’est pas vous à la télé qui avait dit qu’on avait des têtes de gorets ? Et il ne demande pas. Et donc on se retrouve au poste le temps d’un contrôle d’identité. 4 h. Et c’est à ce moment-là qu’il me rappelle a capella, le morceau Police. Ah ça c’est vrai que c’est vrai que ça forge quelque chose. C’est si vous voulez. C’est vrai que ce n’est pas complètement anodin, ça reste. Il y a eu des choses très fortes dans le rap américain. Je pensais notamment au Public Enemy, évidemment. C’est sur ces questions là, sur la question du contrôle des inégalités par la police, etc. Après ce que je vois, alors je connais plus rien du tout sur ce qui se fait dans le rap aujourd’hui, donc je me permettrais pas d’en parler, mais j’ai trouvé intéressant de voir que parmi les quelques polémiques qui sont apparues ces derniers temps, il y avait cette polémique, je crois à Grenoble, de gens arrêtés, armés jusqu’aux dents, mais en fait c'était des armes factices. C'était pour un tournage de clip, de rap quoi. Donc on voit bien qu’il y a encore un rapport. Et donc c’est le ministère de l’Intérieur qui s'était ému de ça. Et puis je pense à Grenoble ou un truc dans ce goût là. Donc après, ce qu’on pourrait reprocher, si vous voulez, au rap, c’est qu'à un moment donné. Est ce que vous avez parlé de rap conscient, ce qui était le grand thème dans les années 90 pour se démarquer du rap, qui était plus commercial ? Ce qu’on pourrait regretter, c’est que il y a des moments où on pourrait, on pourrait se demander si la confrontation avec la police, c’est pas du spectacle comme autre chose, si vous voulez, comme les belles bagnoles ou les belles gonzesses ou les trucs comme ça. Il y a un moment où ça va, ça ne dépasse pas. En tout cas, dans les gens de ma génération, ça ne dépassait pas forcément cette idée-là. Voilà, on avait prévu, je crois, de parler de la haine, la haine et des mots qui étaient complètement associés à ça. Évidemment, à ce moment-là, avaient au moins ça de positif. C’est que t’as posé la question très clairement. C’est la poésie de manière politique, la poésie de manière frontale.
Rémi Lovin
Il y a une question de soi, je crois. Une proposition. Oui, tout à fait. Je voulais juste rebondir sur ce que vous disiez. C’est vrai que du coup, le rap aussi a fait une sorte de passerelle aussi entre la France des Etats-Unis par les guerres espagnoles. Oui alors voilà, il a senti avec.
David Dufresne
Ses oreilles là derrière vous.
Rémi Lovin
C’est vrai que ça fait justement weekend des séries le plus cité du rap, je pense.
David Dufresne
Ouais.
Rémi Lovin
Et du coup, oui, c’est vrai qu’il y a une routine squat par exemple, qui a été mise en lumière, entre autres par la haine. Un mec a aussi fait un feedback et reste fan et de perpétrer un peu seul, ce sera conscient et un peu. Et qui a un propos particulier par rapport à la police en France et Europe. Je voulais savoir ce que vous en pensiez et si ça a mis en lumière aussi certaines choses par le biais de la musique et cette passerelle entre, entre autres, entre outre Atlantique et la France. C’est vrai qu’il y a eu des. Si je peux me permettre, il y a eu des. La question peut se poser est ce que ces problématiques là sont transférables des Unis à la France ? Je pensais au featuring entre NTM et Nass qui aurait pu peut être de manière artificielle, je ne sais pas. Amenait donc des questions qui étaient plutôt véhiculées par le rire, le rap conscient américain à les nommer.
David Dufresne
Sans trahir de secret, le futur NTM, c’est l’insipide. Ce n'était pas une nécessité, c'était plus un coup de marketing. Je crois qu’ils ne se sont même pas rencontrés et que chacun a fait son truc dans son coin. Ah bon ? Non, non, je pense qu’il ne faut absolument pas. Nier la sincérité de ces groupes là. Après, il y a eu la rumeur, il y a eu Assassin, il y a eu, je ne crois vraiment pas. En tout cas, pour cette génération-là, c'était quelque chose de viscéral, il n’y avait aucun souci avec ça. Et la relation avec les Etats-Unis, vous aviez. Elle était naturelle, Ça a toujours été et il y a toujours eu quelque chose. La France a toujours abrité, euh, depuis, depuis le jazz, depuis les années 20. Paris a accueilli le jazz avant même New York, d’une certaine manière. Vous, vous avez plein de rockers, de punk croqueur qui ont échoué en France, il y a toujours eu, il y a le cinéma, je veux dire. La critique cinéma française a porté aux nues certains cinéastes américains avant qu’ils le soient aux Etats-Unis. Et c'était pareil dans le rap. Vous aviez des fanzines, vous aviez des bons. Moi, je me souviens de gens qui faisaient des allers retours. Paris, New York, c'était aussi parce qu’ils rapportaient des Bombers de Los Angeles, Los Angeles Reader ou des trucs à la mode. Je ne peux pas vous dire. Alors, c’est un temps d’avant la mondialisation instantanée. Alors il y avait dedans, il y avait, il y avait un lien très, très fort. Et d’une certaine manière, il est encore plus fort aujourd’hui quand on voit le cataclysme Django Floyd dans le monde entier, et notamment en France, on voit bien qu’on est tous maintenant sur le même fuseau horaire. Voilà, c’est comme ça, ce n’est pas voilà. Et je crois pas du tout que ce que c'était que c'était fabriqué si volé était fabriqué. Mais moi j’aimais bien qui dans le fond d'écran dans l'écran vert. Parce que Alors là, si on veut parler de bascule, ça sent est sans états. C’est cette j’allais dire cette émission, cette série absolument fabuleuse qui est moi qui me touche aussi, c’est que c’est un ancien journaliste qui l’a fait. C’est à dire que c’est quelqu’un qui, à un moment donné, s’est dit euh, David Simone qui s’est dit un moment donné, en fait, je suis allé au bout de ce que je pouvais faire en journalisme. Si je veux continuer à exprimer des choses, je dois passer par la fiction. Et ça, je trouve ça extrêmement intéressant comme approche.
Rémi Lovin
Je te fais d’ailleurs je conseille un article assez long de sur le site Débordements. En fait il ne gère que la prononciation exacte mais qui porte sur ce voyeur et sur le rapport à l'écriture. Pour la télé de David Simon qui pense serait un chouette prolongement à ce qu’on est, ce dont on est en train de parler. Il y a une question, une intervention de la part d’Emmanuel.
Intervenant (e)
Oui, pardon, je voulais juste revenir sur l’interview dont je vous parlais sur Obsession Rap. C’est une citation de votre part qui n’avait pas même interpellé. Justement, on parlait tout à l’heure du rap conscient et c’est ce qui amenait toute la discussion actuellement. Mais vous parliez aussi, enfin vous preniez un petit peu de recul en disant, je cite le rap, c’est aussi des titres qui ne disent pas grand chose, mais le fait même, le fait même que ces disques, que ces disques existent, c’est un acte politique. Et j’aurais voulu que vous puissiez expliciter un petit peu la démarche derrière cette phrase.
David Dufresne
Alors j’avoue que je me sers plus, plus du tout de cette interview de Kant. Alors si Obsession rap ce sont des gens des BCD et ça oui, ce n’est pas moi, c’est ça. Elles ont un site, un site super bien. Alors je pense que. Je parlais à ce moment-là de l'époque G que j’ai connu dans le rap, à la toute fin des années 80, début des années 90. Où c’est l'éclosion en France du rap. C’est à dire qu’on est ça y est, on est, on est guéri de la série. HP a chopé des émissions de télé qui étaient comiques aussi. La période yéyé du rap s’est finie à ce moment-là. Voilà, on passe à autre chose et on passe notamment NTM qui reste pour moi le tout rock, mais il y a aussi MC Solaar, etc. Et effectivement, à l'époque, ce qu’on peut dire, c’est que si vous voulez, c’est l’irruption. De la banlieue dans le et dans le monde. Des centres villes. Sans passer par la case sport, même s’il y avait certains rappeurs, j’avais hésité entre le sport et la musique. Kool Shen C'était Ça a accouché de moi. J’ai joué au foot avec lui. Je veux dire, je suis très mauvais. Bah je suis très bon. Si il a fait chier trois filles pour lui, le garçon quoi. Mais là justement, on avait, on avait irruption d’une parole qui. C'était une véritable parole. Et donc effectivement, tout n'était pas forcément sensationnel, mais au moins l’effet, l’effet de masse était extraordinaire. Et il faut se rappeler des articles de l'époque, des analyses de l'époque, de la peur que ça a engendré. Tout d’un coup c'était City et NTM, alors que je pense que je crois qu’il y a, je crois qu’il y a, il y a un biopic qui va sortir au cinéma dans pas longtemps, il y a des il y a des documentaires qui se préparent, etc. Je pense que ça a servi assez intéressant parce que, comme toujours, avec le recul, on va se rendre compte que tout ça était relativement bien, ce n’était pas. C'était plutôt cool au fond, mais ça paraissait comme une bombe, parce qu’en fait, on était dans un monde qui était déjà très conservateur, très assoupi. Oui. Je ne m’attendais pas à ce qu’on parle autant de millions. Alors il y a des gens qui parlent du raggamuffin. Ils ont bien raison. Oui, bien sûr, le raggamuffin. Il y avait des choses, bien sûr. Allons-y.
Rémi Lovin
Non mais écoutez, il y en avait une. Alors peut être pour en revenir à des. Au cinéma, on avait des questions de représentation. Vous parliez tout à l’heure de la littérature et on avait une question. Alors c'était Swann, je crois, une fois, qui avait une question à propos des. Et figures de flic ripoux. Bref, un Et je vous laisse le bâton de parole. Ouais, tout à fait. Je voulais savoir, est ce que vous parliez du film ? Ces services s’articulent tout à fait et aux jouissances que vous pensez de ces figures un peu mythiques de flic ripoux au cœur stéréotypé éventuellement. Mais voilà qu’on pourrait retrouver par exemple dans Bal Lieutenant, de nous faire un rat, ou encore le docteur. Merde, je sens que je comprends cette merde, ce type, ce genre de figure. Alors là la question.
David Dufresne
Mais pendant qu’on se parle, je mets en muet la bande annonce de. Bon, Al Pacino, il est là pour moi, c’est absolument un chef d'œuvre, mais alors vraiment un grand, grand chef d'œuvre. Bon, il faut dire qu'à ce moment-là, Sidney Lumet était quand même dans une série absolument incroyable puisqu’après il va faire un après 12 h de chien qu’il y a encore au-dessus, on va dire. Mais. Là aussi, ce qui m’intéresse, c’est que cette histoire de Piccoli est inspirée du livre d’un policier c’est une histoire largement inspirée de faits réels. Et j’aime aussi beaucoup. C’est l’idée que le film a été, a été, a été fait très vite puisque je crois qu’il démarre le tournage en juillet et le film sort en décembre, donc tournage, montage, etc. Donc rien dans la fabrication. Je trouve que c’est des éléments qui me parlent beaucoup. Pour ceux qui nous regardent, c’est effectivement l’idée d’un jeune policier qui sort de frais émoulu de l'école de l’académie de police. Puis l’Académie de police, ça n’existe pas en France, mais si on écoute Gérald Darmanin, ça va peut être arriver. Donc on va s américaniser encore plus. Bref, est ce qu’il sort de l'école et il est plein d’idéal et ça, il faut l’avoir en tête l’idéal des policiers. Je viens à la police, alors certains pour la sécurité de l’emploi, certains pour certaines choses, mais un certain nombre aussi parce qu’ils pensent défendre la veuve et l’orphelin. En fait, il se rend compte que la réalité à laquelle il va être confronté n’est pas celle à laquelle il aspire. Et donc, ce film, c’est le film d’une désillusion. Vous voulez mettre Rémi ?
Rémi Lovin
Non, non mais je vois que vous avez un nom.
David Dufresne
Mais ce n’est pas grave, ça y est, hop, à vous la main ! Ah, je vous laisse la main, comme ça vous pouvez mettre le vôtre. Super ! Bref. Alors donc. Et donc nous, on va se retrouver confronté à ses illusions perdues, etc. Le jeu d’acteur est exceptionnel, les dialogues sont fabuleux. C’est pour moi le cinéma à son meilleur sur le cinéma américain des années 70, ce grand cinéma social Scorsese, Coppola, Sidney Lumet, etc. Est à la fois sociale et grand public. Enfin voilà. Après, évidemment, ce qu’on peut dire, c’est que Al Pacino, on voit un peu sur la photo en bas à droite si c’est l’image de il est un peu christique, il est top, il n’est pas parfait parce qu’il a des petits côtés odieux. Mais bon voilà, ça reste un truc un peu sale. C’est comme souvent avec les américains, une sorte de rédemption, de je m’en sors par le travail, par là, par la morale, par la probité, etc. La grande question, c’est de savoir est ce que ce policier, il est. Qu’est ce qui résume la police ? Ben non, c’est en ça que c’est un héros qui est faux, mais qui est. Il est magnifique, mais il n’est pas tout à fait juste parce que dans l’histoire réelle, il est obligé. Il sait ce qui se passe dans le film. En fait, il est obligé de se barrer et il ne peut pas continuer à être policier parce qu’il dénonce ses copains, etc. Donc lui il sert Picot, il est pas ripou, ce sont les autres qui sont ripoux. Après, vous allez avoir effectivement un certain nombre de films. Vous parliez de lieutenant, vous allez voir un certain nombre de films qui vont commencer à montrer la figure, la face sombre des policiers. Et c’est parmi ces films là qu’on trouve les meilleurs, en fait. Jusque dans les années 60-60, 70, le policier au cinéma américain, il est quand même. C’est une figure extrêmement héroïque. Alors attention, quand je dis ça, j’ai bien conscience aussi de parler de la crème du cinéma qui nous arrive en Europe, du cinéma américain, parce que quand même, grosso modo, l’image du policier reste quand même l’image de la, de l’ordre de la morale, du triomphe, etc. Alors après, quand on regarde les ripoux, les ripoux français, c’est comique hein, c’est les ripoux. Si Philippe Noiret, c’est les ripoux dans le cinéma français. Ils ne sont pas ici. Ils sont très sympathiques. Comment ?
Rémi Lovin
Je trouve quand même que cette espèce de d’arriver de ripoux et dire vraiment, vraiment ravagée. Moi je ne dirais pas qu’elle est aussi si contrastée entre un avant et un après qu’il y avait déjà un peu un avant qui était qu’on trouvait dans la littérature qui était ces détectives. C’est des inspecteurs méticuleux, extrêmement procédures, eux très propres. Et il y en avait déjà dans les années 40, avec les adaptations de des romans qui mettent en scène Philip Marlowe. Ils avaient déjà un petit, une petite tentation du vice et la volonté de représenter des agents. Enfin, pas des agents, plutôt des détectives, des détectives qui passent un peu par mimétisme, par nécessité du camouflage, qui se mettent à ressembler à celles et ceux qui sont censés traquer et potentiellement à adopter un style de vie qu’ils étaient censés garder comme une seconde peau, une sorte de mode d’infiltration et d’intégration de milieux criminels. Mais cette peau se met à coller et on trouve dans Londres, dans l’alcoolisme des personnages, dans l’espèce de morale un peu vacillante de sortie de l’ordre, une forme de d’ordre finalement évidemment plus éthique, plus droit que ne l’est la procédure la plus stricte. Et on trouve déjà dans les années 40-1 certaine inflexion, une certaine flexion, on va dire, par rapport à la figure de l’ordre. Et alors évidemment, ça reste toujours un personnage qui jure.
David Dufresne
Et on a une attitude qui nous dit je m’en souviens plus trop, mais il y avait 36 quai des Orfèvres qui présentaient des flics ripoux dans une ambiance très roman noir. Alors le 36, quai des Orfèvres, est-ce qu’il y en a eu deux ? Je crois que la main du premier de Clouzot, je crois, je crois, je ne sais plus. Euh non, vous avez raison. Bien sûr qu’il y a là je parlais des comment dire des tendances fortes. Voilà, grosso modo, et c’est intéressant de voir que par exemple, des séries américaines, elles vont amener beaucoup plus de complexité, mais aussi pour des raisons de nécessité scénaristique, comme quand vous devez produire 30, 40, 50, 60, 100 heures. Évidemment, tout ne peut pas être féerique quoi. Et je pense que le rythme et la forme vous amènent aussi peut être à aller chercher ce que le producteur, le diffuseur. Et ça me donne. Par exemple, par exemple, j’ai eu une discussion il y a quelques jours avec un copain scénariste qui m’expliquait qu’il travaillait pour la télévision française, qui m’expliquait combien c'était difficile encore aujourd’hui de proposer des scénarios de téléfilms mettant en scène des violences policières. Encore aujourd’hui. En 2021. Donc vous imaginez quand ce n’était même pas dans l’actualité, c'était inconcevable.
Rémi Lovin
Oui, et avec peut être la possibilité d’un écart entre ce terrain télévisé et télévisuel qui reste occupé par des séries qui mettent en scène quand même un certain nihilisme policier comme Engrenages. On l’avait vu il y a un article de Julien Coupat dans le livre Police, on parle de cette nouvelle éthique policière, un peu nihiliste, mais qui évidemment ne franchit pas le pas jusqu'à produire des images de violences policières qui sont véritablement inquiétantes. Ça reste des sortes de brutalités un peu procédurales, un peu. Qui exprime la violence du métier plus que la justice, je trouve.
David Dufresne
Oui, oui, oui, oui, absolument, Absolument. On a d’ailleurs dans le tchat des réactions qui voudront dans ce sens là. Il y a le grand, le grand Luke qui nous dit que le problème des séries françaises sur les flics, c’est qu’elles sont réalisées par un flic I A sont pas tout à fait réalisées par des IA. Olivier Marchal c’est le plus connu, l’ancien policier, qui est passé de l’autre côté de la caméra. Effectivement, il y en a en France, mais aux Etats-Unis aussi, il y en a. Il y a tout un écosystème de policiers à la retraite en disponibilité qui se retrouvent coscénariste, conseiller spéciaux,. On peut comprendre. Sur l’aspect réaliste, on peut moins comprendre quand ça devient vraiment ceux qui tiennent la plume ou quoi, ceux qui tiennent l’histoire. Je trouve que là ça devient un peu un peu compliqué quoi. Et je voudrais présenter mes excuses à Cannes attitude qu’il y a. Je parlais de celui de 2004 36, quai des Orfèvres. Je suis vieux, mais pas responsable. Dont acte. D’autant que je découvre qui est qui ici.
Rémi Lovin
Une main levée de Swann.
David Dufresne
A très bien.
Rémi Lovin
Non, mais c'était plus pour le côté des illusions. La police reparaît dans ce voyage avec Mcnally. Je pense à particulièrement la saison cinq où voilà, les fonds sont insuffisants. Quelque chose aussi où la police est délaissée.
David Dufresne
Alors c’est marrant, c’est marrant parce que Magnéto, pour moi, c’est le personnage le plus faible de la série, si tenté que plus se permettent de juger tel chef d'œuvre. Mais je. Je ne sais pas ce que vous en avez pensé, mais je ne trouve pas que ce soit celui qui nous apporte le plus de choses. Je trouve que les autres. Nous ouvrons un univers beaucoup plus que lui je trouve qui reste. C’est un peu plus attendu. C’est un peu plus attendu. La cinquième saison, c’est celle sur la presse, non ?
Rémi Lovin
Ouais, c’est ça. Tout à fait. Mais alors qu’ils disent je suis d’accord.
David Dufresne
Qui est aussi la plus faible ? En fait, je trouve que c’est. Je trouve que c’est la plus faible. De mémoire, c’est comme si elle n’avait pas pu poser son regard aiguisé sur son propre monde, comme il l’avait fait sur celui de la police, des dealeurs, des travailleurs sociaux, etc. Quoi ?
Rémi Lovin
Mais pas de la vérité.
David Dufresne
J' me goure.
Rémi Lovin
Pas tout à fait. HS d’accord, il y a un magnétisme, un peu le personnage bien particulier et l’immense côté mythique et un monde à part. Un personnage qui est un peu un loup ordinaire. Mais c’est vrai qu’il y a les autres policiers qui travaillent comme le chien là sont plus intéressants, plus de facettes qui nous renseignent sur un sens meilleur.
David Dufresne
C’est ça ?
Rémi Lovin
Il y a une question de Lise aussi.
Intervenant (e)
WE must est peut être pour revenir un petit peu plus au côté films et réalisateurs que vous êtes, et je voulais vous poser deux questions. La première qui était comment fait on pour sauvegarder l’objectivité d’une image et pensez vous être parvenu à la sauvegarder tel quel dans votre film ? Un pays qui tient sage et même. Où êtes-vous ?
David Dufresne
Qu’est ce que vous entendez par une objective ? L’objectivité de l’image.
Intervenant (e)
Que ce soit dans ce cours de Monsieur Lovin ou dans d’autres cours de notre licence, on a pu voir avec le temps qu’une image est extrêmement falsifiable, extrêmement. Mode modulable en fait, en fonction de ce qu’on a envie d’en faire et garder la pure objectivité, c’est à dire le moment où la personne prend sa caméra dans l’urgence et filme quelque chose et elle ne sait pas encore quoi, qu’est ce qu’elle veut en faire ? Mais le film, parce que ça paraît être important. Comment faire pour récupérer cette image et la garder ? Garder cet aspect là sans pour autant lui faire dire plus de choses qu’elle, qu’elle n’en dit pas.
David Dufresne
C’est une question qui est extrêmement vaste et à laquelle il est très difficile de répondre. J’ai lu pas beaucoup, mais quelques critiques assassines sur le film. Disons que justement leur soit on enlevé l’objectivité aux images ou au contraire on n’en mettait trop, etc. Et en fait, je vous dirais que moi je réponds par un par un par la fuite. C’est à dire qu’en fait je m’interroge assez peu sur cette question là parce qu’elle me semble insoluble. En revanche, je m’intéresse à l’authenticité de l’image. Je m’exprime si je vous montre ce qui se passe en mars 2019. Par exemple, Phuket, je peux vous assurer que le guitariste que vous entendez. 30 secondes avant les gens que vous voyez courir sur les Champs-Élysées 20 secondes avant les gens qui s’approchent dix secondes avant tout ça. Ça a vraiment été filmé à ce moment-là. Dans cet ordre là. Et tout est comme ça. Et donc je sais plus combien il y a 199 sources d’images. Il y en a plus que ça. Mais bon, on a plus d’une centaine d’images dont je peux vous certifier l’authenticité. C’est à dire que si elle est là à ce moment là et qu’elle a des raisons d’un point de vue de montage, d'être là après ce que chacun va faire de cette image, je vous dirais la magie du cinéma, c’est justement de vous dire je ne vais pas penser pour vous, je ne vais pas à l’inverse de la télévision qui va tout faire pour vous dire, parce que c’est ses codes à elle. Comment penser et comment penser très vite, comment analyser les choses, etc. Là, on laisse votre. Votre imaginaire, votre curiosité, votre sensibilité s’expriment. La seule chose que je puisse faire, c’est l’authenticité. C’est de garantir l’authenticité de l’image. Voilà. Je ne vais pas me servir d’une image de Toulouse pour la mettre à Bordeaux ou Bordeaux. On pourrait le faire. Ce n’est pas par un crime, mais c’est autre chose. C’est autre chose, si vous voulez. De la même manière, quand on vous montre dans le film les gens en train, là, j’ai montré ce qu’on voit à l’image chez ceux qui regardent Benalla. Donc là ça se voit. Mais ce que je veux dire, parce qu’on voit bien que c’est l’un sur l’autre, mais dans le film, il y a des effets de montage, mais quand je vous montre une image vue par le protagoniste, il l’a vraiment vue. Je ne suis pas en train de vous mettre une image qu’il n’aurait pas vu. En vous faisant croire qu’on lui a montré. Or ça, c’est tous les jours que c’est fait. Vous voyez ce que je veux dire ? Et ça, pour moi, c’est absolument insupportable. Parce que ça veut dire qu’il y a une rupture de contrat avec le spectateur. Ça, ça veut dire ça ne marche pas, quoi.
Rémi Lovin
C’est la logique de l’illustration qui consiste à faire comme si il y avait une sorte de de flottement qui était permis entre le la nature d’une image et l’identité qu’on lui assigne. Tandis que dans le film précisément, le un des objets est d’essayer de restituer une sorte d’unité, de discours, de valeur, de signification et. De la confronter à certaines séquences télévisées où il a justement dévoilé une sorte de lever de voile sur toutes les tentatives de reconfigurer les images dans d’autres significations. Ce qui, à mon sens, est au moins aussi important dans ce que ce que le film rend visible. C’est au moins aussi important de montrer toutes les tentatives de garder le décalage un peu des images que de s’assurer de leur de leur intégrité dans les séquences de visionnage collectif et non.
David Dufresne
Mais. Mais après Bon, moi j’avais titre, je parlais tout à l’heure des web documentaire interactif et une des grandes pertes que nous avions quand nous faisions ça ou. Que peuvent expérimenter des gens qui en font en ce moment. C’est que dans un web documentaire, vous n’avez pas l’effet Koulechov, vous n’avez pas cet effet absolument magistral. Grosso modo, je jeunesse le prof, le prof d’histoire de cinéma nous raconter et peut être.
Rémi Lovin
Laisser couler Tchekhov, c’est une sorte de magie du montage qui consiste à provoquer par l’enchaînement d’images distinctes des effets spécifiques. Et c’est un effet qui démontre que les images ne contiennent aucun sens propre, mais contiennent au contraire explicitement une signification ou une puissance qui est relative aussi aux autres images avec lesquelles on les met en regard, en dialogue. Et l’effet Koulechov, du nom de Lev Koulechov d’un réalisateur soviétique, consiste à confronter un même le l’image d’un même visage et apparemment assez neutre, à trois images différentes. D’abord, quand on enchaîne le visage avec l’image de pied, puis à un plat, on a l’impression que sur ce visage de l’homme, on peut lire la gourmandise, l’appétit. Il y a ensuite la confrontation avec. Avec une femme, je crois. Et on croit pouvoir lire le désir sur le visage de l’homme. Et la troisième image qui est mise en confrontation m'échappe. Mais en tout cas, c’est ça,
David Dufresne
C’est un enfant dans un cercueil par un enfant.
Rémi Lovin
Alors oui, effectivement, dans le dans le web documentaire,
David Dufresne
Voilà, Comme vous maîtrisez moins le montage, vous maîtrisez moins l’image qu’il y a avant. Parce qu’en fait, pour répondre à la question précédente, l’objectivité de l’image, là, la difficulté, c’est que une image en tant que telle n’est rien puisqu' elle n’est qu’avec ce qu’elle a avant, ce qu’il y a avant, ce qu’il y a après. Et c’est là où les chefs nous disent attention ! Parce que donc, selon l’image qu’on met avant le même, le même visage, pour bien faire comprendre, le même visage du comédien, peut exprimer le désir, la tristesse ou le je sais plus ce que c’est le premier. Et donc voilà, c’est très compliqué. Elle fait quoi alors ? Non, pas ketchup. Comment s'écrit son nom ? C’est laid. C’est ça son prénom ?
Rémi Lovin
Lev. Lev. Et Koulechov. Alors soit k u soit k o u lui ont orthographié russe, mais k o u l u ch o v.
David Dufresne
Mais le temps que vous preniez le nom, il y a déjà François un des modos du chat, qui a trouvé la fiche Wikipédia. Et je tiens à dire que oui, oui, similaire à lui et aux autres. Je tiens à dire qu’il y a des questions qui sont mises de côté. Pour après l'émission, on parle plus de la police, donc j’y répondrai après. Mais pour l’instant on reste avec Paris, Diderot, le cinéma, la police.
Rémi Lovin
Et on a encore quelques questions.
David Dufresne
Allez y.
Rémi Lovin
Effectivement, il y en avait une qu’on avait relevée mais que vous avez déjà un peu esquissée, l’a dit à propos de ce que vous disiez sur Serge Picot et sur ce temps au cours de la construction du film. Et cette espèce d’urgence. Alors y a quelqu’un qui en parlait et puis c'était Swann. Oui. Swann. Est ce que vous voulez essayer de reformuler la question ? Vient la remarque, en tout cas sur ce parallèle pas tout à fait demander du pouce par les cervicaux. Le livre est sorti. Six mois après ont déjà commencé. Six mois après, le film est sorti et l’Ouest forme un peu d’urgence dans la production. Ce film, comme avait par exemple Kassovitz dans une interview, dit qu’il a fait Voilà la haine, un peu aussi dans une forme d’urgence. Est ce que ça a été le cas aussi pour fin juin alors que pour elle ?
David Dufresne
Sinon, puisque vous parlez de la haine, je vais. Mais en fait je vais mettre en fond la bande annonce du film. J’espère qu’on ne va pas choper la bombe. Alors moi je crois beaucoup en l’urgence ici, quelque chose de culturel. C’est à dire qu’on a parlé tout à l’heure de rap où j’ai parlé de punk etc. Donc ma culture c’est une culture de l’urgence et je pense qu’on peut tout à fait concilier la profondeur et l’urgence, et je pense qu’on peut être aussi patient et travailler longtemps sur un sujet, etc. Mais il me semble que pour il y a quelque chose de très raccord entre les questions de police et la réalisation rapide d’un film ou d’un livre. Mon roman derrière, je l’ai écrit en même temps que l’actualité existait. On en pense qu’on en veut, mais personnellement, je ne pouvais pas le faire autrement que dans l’urgence. Je pense que les films de La haine sont à la fois son succès et sa réussite. Effectivement. Si je lis beaucoup, alors ça je ne devrais pas dire ça devant dans un monde académique comme le vôtre, mais je lis beaucoup la nécessité à l’urgence et l’urgence à la nécessité. Voilà, je pense que je pense qu’il y a, il y a une idée comme ça qui est très, très, très liée entre en folie entre les deux quoi. Voilà. Mais taxi Driver, je crois que le scénario est le premier que j’ai écrit en trois semaines.
Rémi Lovin
C’est même une semaine.
David Dufresne
Là, vous déconnez. Non, non, parce que là, c’est décourageant.
Rémi Lovin
Si c’est le cas, c’est les rumeurs de Paul Schrader.
Rémi Lovin
Et en une semaine après, Bon. Ça reste à vérifier.
David Dufresne
Euh non mais c’est possible, c’est possible. Je veux dire, s’il a fait jour et nuit, c’est possible. C’est à dire qu’il y a un effet de transe, il y a, il y a aussi quand vous écrivez un scénario, il y a aussi malgré tout une forme de. Il y a quelque chose d’hypnotique dans l'écriture d’un scénario dans le sens où euh, intérieur jour, scène intérieur, soir, scène extérieure, quelque chose qui vous, qui vous fait pédaler. Voyez, c’est comme sur le vélo, vous êtes là en train de rouler et en fait vous ne prêtez plus attention parce que vous êtes pris physiquement. Et donc une semaine, ça me paraît court, mais ça veut dire qu’il a, il a, il a fait que ça, Moi, je suis, J’avais le souvenir de trois semaines.
Rémi Lovin
Voilà, c’est dans un contexte un peu d’urgences, enfin pas de d’urgences, en tout cas de névrose et de psychose.
David Dufresne
C’est ça.
Rémi Lovin
Il me semble, un qui est un peu Névrosé qui vivait dans sa voiture dans des conditions assez particulière.
David Dufresne
Et il a. Oui, oui, c’est ça, c’est ça, oui. D’une certaine manière, il traverse Bacall, De Niro, le. Sert en partie, il y a peu son double, c’est-à dire sa vie. Si lui, c'était son taxi, l’autre c'était sa bagnole, l’urgence de la situation, le retour du Vietnam.
Rémi Lovin
Ce qui est intéressant dans ce dont on parle maintenant
David Dufresne
Je vous coupe les cheveux, je vous reprends juste après. A l’inverse, un film comme Les Misérables, ce serait intéressant de voir comment il a été travaillé. Parce que la vie. On le connaît depuis 2005, depuis qu’il habite et il habite à Montfermeil. Les émeutes de Clichy sous Bois, il est là, il est là, il filme. Et là, je pense que c’est l’industrie qui va faire qu’il lui faut 25 ans. Puisqu’on parle de cinéma, pour moi, il y a. J’allais dire une énigme parce que je vais rester sympa. Pourquoi il faut attendre 25 ans, quasiment deux générations, pour passer de la haine qu’on vient de voir aux Misérables ? Et entre les deux, il n’y a pas grand chose sur ces questions là. Je parle de cinéma français, si vous n’êtes pas d’accord.
Rémi Lovin
Moi, je réfléchis.
David Dufresne
Il y a. Il y a eu les films de Richet à l'époque, eux qui étaient un peu parallèles, qui se faisaient un peu en même temps que la haine. Mais est ce que vous avez eu beaucoup de films ?
Rémi Lovin
Alors de cette ampleur, je ne connais pas de films qui ont été présentés, en tout cas dans cette optique là. Là comme ça, je n’ai pas l’impression. Je ne sais pas si d’autres ont des suggestions, mais en deux ans de documentaires, pour être honnête.
David Dufresne
On nous précise dans Le chat Les Misérables, ça reste un tournage à l’arrache. Dans le monde qu’est ce qu’on pense des misérables ici ? Vous en pensez vous, des Misérables ?
Rémi Lovin
Personnellement, je trouve ça pas très habile, mais j’ai un peu de mal avec le fait. Pas très habile, mais je trouvais que c'était un pas forcément très habile. C’est un peu maladroit ce que je dis, mais c'était. Je pense que c’est le côté fiction et l’aspect romancé qui me dérangeait. A poussé pas trop loin sa maman, sa maman plus qu’un peu plus dans le film. J’en. Oui, il me semble que ça a au moins le mérite de libéraliser la question du rôle des images puisque tout parle. De là à parler d’une image volée et finalement c’est encore une fois, c’est pas tant l’acte que sa captation et le fait que cette image échappe au contrôle des forces de l’ordre, que cette image littéralement un peu volatile, c’est un drone. C’est un film qui s’ancre vraiment dans des problématiques extrêmement actuelles que sont la question de l’accessibilité, de l’art, de la surveillance, sans parler de celle de débat, la capacité à se mettre à tourner, à se procurer et à garder des images dont le contrôle échappe entièrement, ou à la police et l’ancien. Oui bon, je ne sais pas si y a d’autres avis sur la question sur le. Sur Les Misérables. Parmi l’audience, parmi les étudiants et les étudiantes. La jeune femme proche des jeunes Je suis d’accord avec vous parle la. Le fond était très intéressant du début, la forme au commencement. Cependant, je pense que. La question de l’espèce de. De mise en fiction. Vraiment ? Du propos peut-être. Ouais, c’est ça, c’est vraiment sympa. Je pensais que c’est plus la manière dont c’est romancé entre guillemets. Ça, c’est plus le format du petit. Ma maman intéressée, la réalisation d’un. Ah je sais plus qui disait dans le tchat, du coup c'était un peu un tournage à l’arrache je ne sais pas, mais un. Mais sa main, ça ne va pas frapper. En tout cas, je le savais. Mais ce point de vue là. Mais le fond est très intéressant en revanche. C’est peut être le lever que je trouve. C’est surtout que ça n’a pas été exploité comme en cas. Moi en tant que spectateur, j’aurais aimé que ce soit le moment ça le soit mais après. Une. Une remarque dans le tchat du streaming si je peux me permettre.
David Dufresne
Allez y
Rémi Lovin
Ici, il y a des items occultés, sauf Les Misérables. C’est plus lucide que la haine sur la conclusion qui est une émeute et non un individu qui décide de tuer un flic. Elle est là la différence. Il ne s’agit pas de meurtres, mais d'émeutes. Il y a eu 2005 entre les deux films, c’est pas pour rien.
David Dufresne
Et oui, mais ici on a des gens super. On n’est pas chez les cons. Je vous le dis tout de suite, oui, il y a des gens qui vont passer VIP, ça ne sert à rien, c’est juste une petite décoration. Non, non, je suis, je suis, Je vomis, Je suis, Je suis. Je suis d’accord. Avec eux. Avec cette idée là. Et ça me fait penser qu’en 2006. Je vais donner un exemple qui contredit totalement ce que je viens de vous raconter. Un film de télévision qui s’appelait L’embrasement, qui avait été réalisé par enfin, qui avait été diffusé par Arte. Et c'était l’histoire d’un journaliste belge qui, arrivé dans les quartiers en 2005 et qui essayait de comprendre ce qui se passait. En gros, c'était un petit peu inspiré de ce journaliste suisse qui est à l’origine du blog suite aux émeutes de 2005 sur le fait qu’il n’y avait pas de...que la parole n'était pas, ne transperçait pas, n’allait pas au-delà du périphérique, etc. Et ce film-là, l’embrasement, moi, j’en ai plutôt un bon souvenir. Justement, sur la question de l’urgence, c’est-à-dire que c’est un film, me semble-t-il, assez courageux. Le souvenir que j' ai pour la télévision, c’est à dire c’est quelques mois après les émeutes de 2005 et c’est Arte qui diffuse ça en disant Voilà, il s’est passé quelque chose, on doit pouvoir en parler. Alors évidemment. On est un peu plus dans mon souvenir, dans une facture téléfilm que film de cinéma, mais là, moi je parle du geste. Le geste était très beau, il y avait cette idée qu’il fallait absolument en parler. Moi, ce que j’aime beaucoup dans Les Misérables, même si c’est discuter, c’est la fin en fait. Donc on ne va pas divulguer. Mais ce que j’aime dans la fin, c’est que, en fait, nous sommes, me semble t il, nous spectateurs, sommés de choisir ce qu’on veut faire. Alors il y a des cinéastes dont je tairai le nom, avec qui j’ai eu des grosses discussions là dessus, ont dit non, ce n’est pas possible, vont pas laisser une fin aussi ouverte, etc. Au contraire, moi je trouve que c’est très habile, Moi ça m’a beaucoup plu cette idée là. Après, il y a effectivement eu. On peut considérer que les policiers ont plus de circonstances atténuantes dans leur descente, dans leur, dans leur immoralité, quand ils en ont que les autres. Donc on peut dire là, il y a un côté un peu comme s’il y avait une mauvaise conscience à montrer, des policiers qui seraient vraiment des gueux, etc. Mais tous les policiers ont des vies de famille, par exemple, ils y ont des souvenirs, des difficultés de l’autre côté, beaucoup moins. Bon, mais pour moi c’est du, c’est du, c’est du détail. Je trouve qu’il y a. Puis alors par ailleurs, c’est complètement annexe, mais. Il y a une chose qui est très vraie, c’est le racisme sur les gens du voyage qui est exprimé, il n’y a personne pour les défendre. Et par ailleurs, les personnages des gens du voyage, donc du cirque, sont absolument extraordinaires. Je vais y aller en termes de casting, c’est le top du hip-hop, comme disait NTM. C’est extraordinaire. Rien que pour ça, je trouve ça super.
Rémi Lovin
C’est vrai qu’il y a une dernière image qui est assez saisissante dans le sens où elle nous laisse vraiment en tant que spectateur et spectatrice face à face. On est, on est forcé de se dire tiens, qu’est ce que je désire ? Quelle image supplémentaire est ce que je souhaiterais voir ? Et c’est en ça que l’on a cette image ouverte. En fait, tout le film. Je trouve en fait l’intérêt.
David Dufresne
Et je trouve vraiment, vraiment, vraiment. Moi ça m’a beaucoup plu. Ça m’a frappé. C’est quelque chose qui m’a vraiment, frappé.
Rémi Lovin
C’est un film aussi qui est un peu le pain. On parlait de tournage à l’arrache. C’est un film qui a été vendu aussi et enfin vendu. Publier en tout cas ou afficher démontrer dans l’espace public par cette image et la mise en parallèle avec les champs, avec la célébration 2018, la foule en liesse,
David Dufresne
Oui, bien sûr.
Rémi Lovin
Aussi de faire, de faire un lien temporel finalement assez proche et de faire en sorte que ce soit un film lui aussi, dans le sillage, comme vous décrivez à propos cervicaux, un film qui est dans le sillage de son, de sa source. Dans Les Misérables aussi, il y a là un marqueur d’un temps qui naît, qui est encore en cours. Et je trouve que 20 tout ça, tout ce dont on parle à propos de de la continuité entre l'œuvre et le présent, la réalité ou le réel dont elle découle, tout ça, ça vient petit peu en complément de ce qu’on décrivait au début de notre conversation, à propos de la fonction spécifique du cinéma, par rapport aux images volatiles, aux images de passage. Et il y a une double participation du film finalement, que ce soit un pays qui se tient sage ou Les Misérables sur Pico, je ne sais pas, peut être pas vraiment, mais en tout cas, ces deux là, il y a aussi une certaine immédiateté je trouve dans l’existence de ces films là qui est complémentaire de du fait que ce soient des œuvres qui sont vouées à durer, qui sont vouées à ce qu’on en parle maintenant, encore après.
David Dufresne
Après, si vous voulez, quand, quand vous réalisez un film, quand vous écrivez un bouquin, vous n'êtes pas responsable de ce qui va se passer derrière vous. Vous ne savez pas, évidemment, vous espérez rencontrer un certain écho, etc. Mais vous ne savez pas de quel ordre il va être, de quelle amplitude, etc. Je pense que l’Algérie porte ces questions là depuis toujours. Euh voilà, pour des raisons qui peuvent. Voilà, il a vécu là, voilà, il a vécu là dedans et moi je porte ces questions là aussi depuis très longtemps. Donc ça, ça arrive à un moment qui n’est pas anodin. Alors, pendant que vous parliez, je voulais juste vous faire un tout petit truc. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais là je vous ai mis la fin. Vous vous ne la voyez pas si vous n’avez pas le retour, mais je vous ai mis l’affiche des Misérables et je vous mets celle d’un paysan sage évidemment, qui a un cousinage. Évidemment, ce n’était pas ce n’est pas un fait exprès, hein, mais quand on a eu cette proposition de affichistes qui se trouve être. Patrick encre de Chine qui se trouve être et ça je l’ai su il y a quelques semaines, être celui qui avait fait l’affiche de la haine. Comme quoi il y a un truc assez étonnant. Mais quand il m’a montré cette affiche là, oui, moi je l’ai, on l’a, on l’a pris, on va dire on y va. Et en partie aussi parce que ça faisait un écho à celle-là. Voilà, comme un clin d'œil, si vous voulez. Voilà un petit donc assez des et des misérables. Tout est dit. Comment ?
Rémi Lovin
Des affiches qui mettent en scène un peu la ligne de mire dans cet axe des champs.
David Dufresne
C’est ça ?
Rémi Lovin
Oui, encore dont dans la fiche de votre film par c'était par le filtre de l’appareil photo 20 du téléphone qui est qui recadre ce secoue, ce cadre déjà qui existe par l’axe, par là le côté géométrique, un peu des Zéro c’est ça ? Est ce que les étudiants ont déserté ? Est ce que. Est-ce qu’ils sont encore là ou sont-ils passés à un autre cours ?
Rémi Lovin
Maintenant, tout le monde est là, tout le monde est là.
Rémi Lovin
Alors oui, on veut une limite un peu horaire vraiment ultra maximale qui est de 15 h 30 après laquelle ?
David Dufresne
Non mais vous partez, Vous êtes chez vous. Ici, vous vous en sortez. Vous voulez tchater ? Vous ne savez pas ?
Rémi Lovin
Il y avait peut être une question de Luna : A propos de l'émotion face une question que je trouve très légitime et récente de vous poser aujourd’hui en votre présence.
David Dufresne
Oui.
Auditrice
Bonjour., je voulais vous demander quel était votre rapport aux images de violence et votre rapport à l'émotion justement lors de la construction de votre film et aussi plus précisément sur l’image de la femme avec la main et tout ? Pourquoi avoir choisi celle- là, qui est une image quand même assez marquante pour le spectateur à la fois ?
David Dufresne
Alors. Il y a eu des moments. Très durs quand je recevais des images de gens qui étaient mutilés, qui étaient, qui ont été blessés, qui étaient, qui étaient, qui étaient vraiment mal faits, qui étaient parfois plus que mal, parce que ça s’accompagnait aussi d’email, de famille, etc. Par exemple, le début du film Gwendal qui perd son œil, son cri, je l’ai encore dans la mémoire. Sa mère qui est extrêmement digne, droite, extraordinaire, qui prend la parole au milieu de la nuit depuis l’hôpital où son fils est opéré. Et elle sait qu’il a perdu un œil et qu’elle s’adresse à Macron. Ça, par exemple, c’est sa fille, C’est à dire c’est la sœur du blessé qui me l’a envoyé au petit matin. Donc si vous voulez, évidemment que c’est des choses qui sont des éléments qui font que ça vous bouleverse, ça vous marque à vie, c’est évident. Après, chacun fait comme il peut et justement pour essayer de transformer cette émotion, en faire autre chose que simplement être. Bouleversée, j’en ai fait un film. Voilà. Pour essayer de comprendre ce qui nous arrivé, ce qui m’arrivait et ce qui est arrivé à ces gens là, etc. Mais quand je vous dis ça, je dois tout de suite ajouter. Évidemment que mon émotion n’est rien comparé à la blessure des. Des gens. Rien. Donc j’ai à peine le droit d’en parler après, ce qui a été très dur. Si vous voulez, c’est que pendant des mois, c'était toutes les semaines. C'était parfois des weekends entiers, des nuits entières à visionner, des images, à en recevoir dans tous les sens, etc. Donc c'était et c'était effectivement. C'était très, très dur. Après, pour l’image de la fin, un doute dont on ne peut pas trop parler parce que j’imagine qu’ici il y a des gens qui ne l’ont pas vu, donc il ne faudrait pas leur. Oui, je n’ai pas demandé de pause café, mais rassurez vous, je vais, je vais. Je ne vais pas tarder à le faire. Hum. C’est une image qu’il y a qui s’est promené dans le montage. Elle a été pendant un temps arrêtée au milieu du film. Pendant très longtemps, on était au tout début du film. Au tout premier montage, à la fin et au dernier montage, elle retourne à la fin. C’est autant vous dire que c’est une image qui n’est pas simple et qui n’est pas ça. C’est une image. Je dois dire que je pense que le monteur ne l’a pas vu jusqu’au bout. Florent ne regardait pas, il montait en baissant les yeux et donc évidemment, je lui disais là, là et là on arrête. Voilà. Ce C’est pas pour faire le malin que je dis ça. Je veux dire qu’il y avait des jours, c'était ici, C'était moi qui. Il nous est arrivé peut être à deux ou trois reprises, d’arrêter le montage au milieu de la journée. On en peut plus, ne sert à rien, on n’en peut plus, on est submergé par les émotions. Mais le film, c’est justement le temps du film, Le temps du montage, c’est justement l’idée de dire qu’est ce qu’on fait de ses émotions ? Soit on en fait un truc pornographique gore, donc on n’en fait rien. Enfin je veux dire, on est en dessous de tout et par pornographique, pour moi ça a des marteaux, ça démarre et voilà. Soit où on le joue, on transforme ça en bouillie, on transforme ça en matière inerte qui prend. Soit on essaie d’en faire autre chose. Après, vous qui êtes des cinéastes en devenir, peut être vous ferez peut être tout à fait autre chose avec les mêmes images. Je ne dis pas que j’ai fait ce qu’il fallait faire. On a fait ce qui nous semblait important de faire pour nous, comme on pouvait le faire nous. Mais d’autres peuvent faire autrement, évidemment. Évidemment.
Rémi Lovin
Merci beaucoup. On en avait un au début, on avait une sorte de découpage un peu thématique de questions qu’on pouvait vous poser. Il y avait un des grands thèmes qui était le rapport entre l'émotion et l’analyse. Et justement, par qui ? Qui a mené à cette question et comment ? Articuler ces images avec une volonté d’analyse. Comment le faire sans neutraliser leur violence intrinsèque et sans ces formes. Vous avez répondu un peu à cette heure, à ce souci là constant de négociation avec l'émotion négociation. Ce qui ne veut pas dire bien sûr, faut pas dire aplanissement quoi veut dire juste la volonté de faire participer cette violence qui reste si tard. Moi j’avoue que moi aussi c’est une image qui j’ai, qui ne m’a pas permis de penser au reste du film pendant longtemps et qui a un peu coûté un peu tétanisant je trouve. Et c’est aussi une des raisons qui a soutenu ma volonté de faire ce cours. C’est d’essayer de revenir sur et de faire dialoguer cette violence avec eux.
David Dufresne
Et sachez que Sébastien, dont il est question là, comme tous ceux qui sont dans le film, dont on voit les mutilations. Tout ça c’est fait avec leur accord. Hum. Et même parfois, ils m’ont fourni des images. Manon dans le Burger King, les images de son téléphone, c’est elle qui me les a données. Six volées. Et ça, c’est le sens de la toute première scène du film où on voit Gwendal et Patrice deux éborgnés et Gwendal qui dit c’est tout, ça va être à moi et avec ou sans le son. Alors là, excusez-moi, je suis ému. En fait, il y a plusieurs choses, c’est qu’il parle justement du son qui est précisément ce qui moi ma vie. Parce qu’au fond, à l’image, on ne voit pas grand chose parce que c’est filmé de nuit, loin, etc. Mais le son est pris et tellement déchirant. Mais c’est surtout une façon de dire au spectateur voilà comment ça s’est passé. On ne les prend pas en traître, Il y a une mise en condition, ça va être à toi, On va regarder ton image est ce que tu es d’accord ? Voilà, c’est ça que ça veut dire. Voilà. Donc je précise, parce qu’il y a eu des gens qui ont eu, qui n’ont pas compris ça, qui n’ont pas saisi ça et qui ont trouvé que c'était obscène de montrer à des mutilés leur honneur, leur mutilation. Bien sûr que non, C’est tout l’inverse et absolument. Pour moi, l’obscénité, c’est de cacher. Elle est là l’obscénité. L’obscénité a été pendant 20, 30 ans de cacher ces violences là. Ça, l’obscénité, la vérité, la véritable vulgarité, la vérité. Étape grossièreté. Mais ça n’empêche que quand on montre des choses aussi brutales, on peut aussi essayer de le faire avec retenue. Avec, je vais employer un terme. Peu à peu des huées règnent avec dignité. Mais c’est aussi parce que. On le doit aux spectateurs. Il ne s’agit pas de jouer avec vous et c’est pour ça que cette image de fin est très compliquée. Elle est très compliquée parce qu’effectivement elle est, elle est, elle est, elle est à la limite, elle est à la limite. Et en fait, pour tout vous dire, on arrête un peu avant la limite. Mais comme visiblement sur le tchat, il y a des gens qui disent qu’ils n’ont pas vu le film. Je ne veux pas rentrer là-dedans. Mais par exemple, il y en avait. Il faut aussi entendre ce que dit la street medic à ce moment-là et elle dit quelque chose qui ouvre le film dans le feu de l’action.
Rémi Lovin
Écoutez, on va devoir s’arrêter là pour des questions pragmatiques d’enchaînement des coups, d’accord ?
David Dufresne
Alors, écoutez, c'était le meilleur zoom du trimestre en ce qui me concerne. J’espère avoir répondu. C’est dommage qu’on n’ait pas pu parler de Weizmann. Vous aviez. Vous aviez prévu quelque chose autour d’eux, autour d’eux, autour de lui ? On mettra, on mettra le lien quand même dans le off, dans le tchat et dans le discord avec son documentaire de 69. Leonardo est évidemment un documentaire absolument incroyable d’immersion dans la police. Voilà. On se reverra donc quand tout le monde aura son diplôme. On refera un petit tour pour savoir où nous serons.
Rémi Lovin
Avec grand plaisir. Merci encore pour votre accueil virtuel, virtuel mais très chaleureux.
David Dufresne
Je vous en prie, c’est un plaisir !
Rémi Lovin
Remarquez ici mes étudiants, mes étudiantes littéraires. Très investis. Et puis tout cela ou presque, c’était un plaisir pour moi également, personnellement. Super bon après midi.
David Dufresne
Et puis non mais sérieux, si vous voulez, dans quelques mois on refasse un truc. Je ne sais pas, on pourrait parler de films précis entre nous, je vous lance ça.
Rémi Lovin
A très bientôt. Merci encore.
David Dufresne
Merci beaucoup.

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