8 024 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
100 % libre et LIVE
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

Le fascisme a un organigramme. La répression (PSG) a des visages. Au Poste montre les deux.

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

00:00:00David Dufresne
Bonjour, bonjour, il est 7 heures 6 minutes, nous sommes le 8 juin 2026, demain, demain c’est la Bollo night. Attends, attends, que je te fasse ça bien, la Bollo night, une soirée spéciale au poste 3-4, vous écoutez France Déter et c’est parti ! C’est parti, mais ça part pas ! Qu’est-ce que c’est ? Trois, quatre ! Bollo night ! Bollo prends garde on arrive ! Amis du café, bonjour amis de la police, bonjour, bienvenus sur France Déter la matinale d’auposte et des caméras un petit peu obliques sur les conseils de Nayan. C’est l’heure, debout les déters ! Comme chaque lundi, auposte va tenter ce matin de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. France Déter accueille des invités, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages, des oiseaux et des luttes, explore le passé et étrille le présent. C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café ! Au menu de ce lundi à 7h30, Antoine Champagne et Riccardo Parreira, ils sont la cheville ouvrière du projet Linked. La cartographie, la nouvelle cartographie de l’extrême droite française la plus complète à ce jour. Personnalité, organisation, médias, groupuscules. Riccardo, Antoine et leur équipe ont croisé et recroisé toute la nébuleuse d’extrême droite, on en parle à 7 h 30 avec eux. A 8h30, Romane Bartoli, avocat au barreau de Paris, elle a assisté un bon nombre de garçons interpellés après la victoire du PSG quand on parle de comparution immédiate, justice expéditive, brutalité policière, elle va nous raconter ce qu’elle a vu, ce qu’elle a entendu et que vous n’avez ni vu ni entendu sur BFM. Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse Antifa, les convocations de la semaine et donc la Bollo night. Alors je réponds tout de suite au tchat. Est-ce que Vincent sera là demain dans la cour de Césure, là où nous avons nos studios, dans le 5e arrondissement de Paris. Je vous rappelle qu’il faut réserver votre place. Et alors je peux vous dire que ça part comme des petits pains. C’est une entrée libre évidemment. Si vous pouvez nous aider à financer ce raout notamment techniquement, parce que là c’est des gros moyens, et bien tant mieux, si vous ne pouvez pas, vous pouvez quand même venir. Comme l’a dit hier Mélenchon à Saint-Denis, et que nous racontons, et nous disons depuis cinq ans ici même, c'était le hasard, à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens. Donc est-ce que Bolloré sera demain sur place, je ne pense pas, dans le tchat c’est sûr. C’est sûr que Bolloré sera là, il y aura aussi tout un tas de gens, notamment Arié Alimi, l’avocat, Virginie Despentes, la punk. Il y a aura qui d’autres ? Attends, je vais vous donner la liste, comme ça ce sera parfait. Les réalisateurs, Joseph Paris, Christophe Cognet, l’exploitante de cinéma Marine Riou ça c’est pour le plateau cinéma. Il y aura Anaïs Massola, Virginie Despentes, Sarah Legrain de LFI et Nicolas Norrito pour le plateau édition et il y aura un plateau média avec le front pour la presse libre et d’autres invités que je dois caler dans la journée. Est-ce que c’est bon là ? Est- ce que c’est bon le son, le truc, le micro, la caméra, est-ce que tout va bien ? Est-ce-que je peux me lancer dans les deux heures ? Il n’y a pas de souci,, bonjour tout le monde, bonjour, Dadadocdada, pas de remarques sur ce truc-là. Bon, j’ai oublié d’envoyer le live sur YouTube, et bien c'était un acte manqué, c’est un acté manqué. Je vous rappelle que depuis trois semaines nous faisons des tests, nous revenons au système ancien qui était le live, il est sur auposte.média, Si vous allez sur le site, vous avez toutes les convocations, tous les horaires. Vous pouvez même vous inscrire à l’agenda électronique d’auposte et vous venez sur notre site. Et ensuite on renvoie les replays, on les met en vidéo nouvelle et l’algorithme de YouTube qui ne nous aime pas. On arrive tout petit peu à jouer avec lui depuis trois semaines. En effet, les vidéos marchent mieux sur YouTube depuis qu’on a arrêté le direct. Et là normalement on gardait les directs pour les France Déter et les émissions exceptionnelles, puis là j’ai oublié. J’espère que tout va bien pour vous, quelles sont les nouvelles de votre côté, sachant que nous allons démarrer avec la main courante dans quelques instants ?
00:06:41Audio
Tu le veux ? C’est le café de M. Martinaud. C'était celui-là ?
00:06:54David Dufresne
Alors médias, ça devrait être ça, ça doit être ça. Voilà, viola la main courante, c’est notre revue de presse du lundi matin avec Le Monde. Israël est à nouveau visé par des missiles iraniens après que l’armée israélienne ait frappé des cibles dans l’ouest et le centre de l’Iran, c’est la une du monde de ce matin. Alors, il y a hier après-midi, c'était une dépêche AFP, et là, il y a un article un peu plus long, visiblement. Présidentielle de 2027 à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon élargit son concept de Nouvelle-France et installe son duel avec le RN. Alors, alors, alors je vous rappelle, je vous rappelle que Bompard était venu au poste il y a quelques jours et il avait déjà élargi le concept de nouvelle France. Et il avait expliqué ce que, exactement, Mélenchon a dit hier, je sais pas si vous l’avez suivi, moi je l’ai suivi. C’est-à-dire que c'était un chiffon rouge, la Nouvelle-France, pour faire croire que c'était que des Noirs et des Arabes. Eh bien non, c’est les femmes, c’est les noirs, les arabes, les migrants, les 3e, 4e génération. C’est les nouveaux genres d’identité sexuelle, c’est en fait toute cette France qui depuis 50 ans est complètement bouleversée, le monde du travail est complètement bouleversé, il a même parlé de connexion etc, la Nouvelle France c’est ça, c' est pas uniquement la Seine-Saint-Denis. Donc là le Monde vous déconnez parce que en réalité ce concept il n’est pas élargi hier, il était là dès le départ. Sauf que, sauf que les uns et les autres n’ont voulu voir qu’une partie, voilà. Et pour Mélenchon, le piège se serait refermé sur eux. Nous verrons, nous verrons si c'était bien un piège. Présent à Saint-Denis, moment magnifique, marée humaine, nous dit José Lito. Moi, je dois dire, je, je doit dire, je dois que Mélenchon quand il lit, Et dis-moi une connerie ! Quand il est en freestyle. Alors, ok, il est très bon en freestyle, très bon, d’accord, mais là, voilà je dois dire, voilà, j’ai trouvé que c'était notamment sur la politique étrangère il n’a pas déconné cette fois-ci. J’ai oublié de mettre le petit logo France Déter. Ça, c’est pas bien, mon vieux. Le logo France Déter voilà, franchement, c'était assez fortiche, je dois le dire, et j’imagine, j’imagine, José Lito que ça devait être assez impressionnant parce que, effectivement, les images l'étaient, énormément de monde. Et je dois dire qu’il y a quelque chose qui ne vous étonnera pas, mais il est toujours bon d’aller vérifier. Hier, le journal de France 2, comme le journal de TF1, n’ont pas dénié faire ce sujet. Alors, LFI annonce 26 000 personnes, allez on va dire qu’il y avait la moitié, mais c’est quand même énorme pour un premier meeting de campagne, allez on va dire 15 à 20 000 personnes peut-être 26000 d’accord, mais même 15 000 et bien les JT de TF 1 et de France 2 on fait que ce qu’on appelle des off, peut-être que l’un des deux a fait un off sonore, c’est-à-dire le présentateur parle sur des images et le sonore met un petit extrait. Dans l'échelle de la hiérarchie de l’information, le top du top, c’est l’invité, ensuite c’est le reportage, ensuite, c’est le off sonore ensuite le off, ensuite la brève, ensuite rien. Mais entre le sujet et l'œuvre sonore, il y a quand même un monde, c’est un choix éditorial qui a été fait par ces chaînes-là, ça leur appartient et ça nous appartient d’en parler. L’Humanité, travailleurs migrants brûlés vifs en Italie, ils travaillaient dans une exploitation agricole gavée aux subventions de la PAC. L’Humanité, qui également a envoyé des reporters à Saint-Denis en meeting. A Saint-Denis, Mélenchon revendique d’incarner le vote utile contre le RN. Alors, c’est vrai, le truc du Trocadéro du RN où il n’y avait personne, malgré plein de bus, c'était partout. Je ne parle même pas des directs, je ne parle pas même pas des directs. Hier, il se trouve que l’actualité terrible faisait qu’il y avait au même moment la marche blanche pour Lyhanna dans son village du Gers, à 15 heures. Mais hier soir, sur les chaînes d’info, c'était la marche blanche et c’est pas grand-chose sur Mélenchon. Mélenchon qui, d’ailleurs, a parlé de Bolloré et du démantèlement du groupe Bolloré. Alors que je vois que les invités de 7h30 sont déjà en train d’arriver en régie alors que ces gars-là, si vous voulez, qui sont des amis, râlaient parce que c'était 7h 30. Vous ne lui dites pas qu’ils arrivent super en avance. Mais s’ils croient me mettre la pression, c’est raté. Moi, je continue ma revue de presse. Alors, voyons voir. Mediapart, justement, marche en hommage à Lyhanna, si la justice avait fait son travail, elle serait encore là. Prisca Borrel était donc sur place à Fleurance dans le Gers hier pour la marche blanche et là, et là je dois dire, je dois dire que je suis indigné par l’indignation de ces gens-là, je parle de Laurent Nunez, je parle de Retailleau, je parle de Bardella, je parle de cette droite et de cette extrême-droite et de cette gauche de droite qui depuis 20 ans empile les lois sécuritaires, fait gonfler les chiffres des prisons fait en sorte que la justice n’ait pas les moyens d'être juste, les prisons débordent, et ces gens-là viennent nous expliquer que c’est une procureur qui a déconné et deux gendarmes. Alors oui, peut-être, l’enquête le dira comme ils le disent, mais au-delà de ça, le problème il est pas là. Le problème c’est que le choix qui a été fait de tout miser sur le répressif et non pas sur le judiciaire ou la justice. Et donc on en arrive là, quoi, voilà. Et après, il y a un véritable problème, évidemment. C’est plus qu’un problème de formation des forces de l’ordre sur la question des violences sexistes et sexuelles. Je ne sais pas si vous avez entendu ces témoignages accablants de cette mère de famille qui avait porté plainte parce qu’elle avait des soupçons au sujet de ce qui aurait pu arriver à sa fille et qui, quand elle appelait la gendarmerie, peut-être était-elle un peu insistante, mais enfin ça se comprend, enfin je veux dire c’est le minimum quoi, elle se serait entendu dire par les gendarmes, si vous continuez à nous appeler, on va déposer une main courante contre vous, on va porter plainte contre vous pour harcèlement, voilà. Donc là, il y a un vrai souci quoi, je veux dire on va arrêter les conneries. Donc, monsieur Darmanin, vous démissionnez, c’est la première chose à faire. Monsieur Retailleau, bon, on vous a vu à l'œuvre, je pense que vous pouvez vous taire. Et voilà, et là, j’espère, j’espère que la question de la justice, qui est quand même une des très très belles questions qui se pose à nous, sera abordée pendant cette campagne électorale de manière un peu plus digne que leur côté, à propos de digne :
00:15:24Audio
Quelle indignité.
00:15:27David Dufresne
Voilà, à propos de Nicolas Sarkozy, demain matin, à 8h, nous serons avec l’Observatoire International des Prisons et avec la linguiste Laélia Véron qui viennent pour leur livre sur Nicolas Sarkozy. Tout ce qu’il n’a pas dit sur la prison, petit livre, passionnant, que je vais terminer aujourd’hui. Ils seront là demain à 8 heures. Mediapart, c'était ça. Libération. Alors, Libération, j’aimerais vous montrer une très, très belle photo. Donc là aussi, reportage sur la photo de Méluche. Bon, OK. Ah, ça recommence je pensais avoir la connexion. Au poste, pas au poste Libé je veux dire. Ah merde, attendez bougez pas. Ah, ça va peut-être le faire, attends, ça peut peut-être le faire. Attendez, est-ce que je voudrais vraiment vous montrer cette photo ? J’espère que ça va fonctionner. J’ai trouvé très très joli. Hier soir, car le dimanche soir, je fais un petit tour de la presse en me disant bah bah demain il faut quand même savoir de quoi, de quoi qu’on cause. Ah bah alors attends, justement, alors Libération au moment où je parle, a changé de une les mecs, vous n'êtes pas sympa. Alors attends, voilà, c’est ça. Je voudrais juste vous montrer une photo. Voilà. Alors moi, j’avoue, je ne l’avais jamais vu ça et je trouve ça génial. Nopa RN magnifique. Vous aviez déjà vu ce jeu de mots ? Nopa RN Ah non, c’est beau, c’est beau c’est le peuple, c’est le peuple de France qui se lève. Et il est d’ailleurs 7h23 sur France Déter, vous avez vu ça ou pas ? Avec la photo des parents se pose la question dans les commentaires, l’utilité d’une telle photo. Alors, Samy, je ne sais pas de quoi tu parles. Je ne sais de quoi, tu parles. Alors, ça c’est la une de Libération. France Info, guerre au Moyen-Orient, l’armée israélienne a mené des, alors excusez-moi, vous le savez ici, on dit pas frappes, on dit bombardements, en Iran, en réponse à des missiles tirés par Téhéran, des explosions entendues à Jérusalem. C’est la une de France Info. Politis, présidentielle Mélenchon à l’assaut de son quatrième tour. C’est une analyse de Politis. Verts populaires, nous rejoignons la campagne de Jean-Luc Mélenchon Julia Mignacca, la porte-parole des Verts Populaires, le collectif qui a quitté les écologistes pour s’allier aux insoumis, constate l’impasse politique des défenseurs d’une primaire et espère que son ancien parti rejoindra la campagne de Mélenchon. C’est parti pour la campagne, Reporterre Ils préfèrent qu’on disparaisse avant l’arrivée des touristes. Le Mondial 2026 chasse les sans-abri dans les villes hôtes. C’est vendu avec la Coupe du Monde, cette histoire-là, on s’en souvient : coupe du monde Jeux olympiques, c’est exactement le même procédé. On vire les pauvres le temps des festivités. Bon pote, changer le système de l’intérieur est possible. Il s’agit d'écologie et visiblement, il nous annonce dans une heure et 33 minutes, une enquête exclusive. Mais ces gens-là sont des malins, c’est flou, donc on ne sait pas de quoi il s’agit et, nous irons vous voir à 9 heures. Contre-attaque, nos copains de Contre-attaque arrêtez avec vos pop-up les uns et les autres, c’est pénible. Contre-attaque à la une le travail tue et ça, c’est toujours déchirant d’apprendre en ce qui me concerne par les réseaux, mais peut-être ça peut être par les journaux, ça peut être par le bouche à oreille. C’est terrible, terrible, terrible, terrible ces jeunes garçons, ces jeunes filles stagiaires alternance en stage d’observation qui meurent sur les chantiers ou alors les jeunes, jeunes apprentis. Jeunesse sacrifiée, le travail tue, la France championne du nombre de morts au travail, fait trimer les jeunes de plus en plus tôt, Daniel, 19 ans, mort d’hypothermie, après avoir été forcé à travailler sur un toit pendant la canicule, Valentin, 15 ans, mortellement blessé par une tronçonneuse lors d’une formation professionnelle c’est la une de Contre-attaque, StreetPress on y reviendra tout à l’heure après la victoire européenne du PSG. Une soirée de violences policières passée au crible. On lira cet article, cette enquête de StreetPress et nous aurons le bonheur, si je puis dire, de converser avec Romane Bartoli tout à l’heure, qui est jeune avocate au barreau de Paris. Et elle a assisté pendant plusieurs jours un certain nombre d’interpellés lors des comparutions immédiates qui ont eu lieu dans la foulée du match. Elle nous racontera ce qu’elle a vu et sachez que StreetPress est donc intéressée par la police. La une d’Arrêt sur image, France 24, fait aussi l’effet de la censure de Canal Plus et de Bolloré. C’est cette histoire absolument invraisemblable d’une attachée de presse de cinéma qui a forcé une journaliste de France 24 a signé un papier stipulant qu’elle ne passerait pas une question parce que la réponse concernant Bolloré, par Nils Schneider, l’acteur n'était pas convaincante. Manifestement, le garçon bredouillait ne savait pas quoi dire. Et donc, on en est là. C’est-à-dire que les attachés de presse imposent, d’une certaine manière, les questions, puisqu’elles imposent les réponses. Enfin, ce qui peut être diffusé ou non. Voilà ça c’est la une d’Arrêt sur image, je vous rappelle que Bolloré c’est demain, la Bollo night Hop hop hop hop, la Bollo night, la Bollo night, demain venez, venez venez c’est entrée libre c’est de 20h à 23h en public et en plein air sur la terrasse de Césure. Trois heures de débats avec Virginie Despentes, Arié Alimi, la SRF, le Fonds pour la Presse libre, le syndicat des libraires indépendants trois plateaux l’un sur le cinéma l’autre sur l'édition et le troisième sur les médias c’est demain à 20h je me dépêche parce qu’il y a les copains de Reflets qui nous attendant, Les jours qui fêtent leurs dix ans à l’Assemblée, l’environnement en dessous des normales saisonnières. Orient 21, France, un prisonnier palestinien a-t-il le droit d’offrir des bonbons ? C’est un article de Raphaël Kempf. Vous savez qu’Orient 21 et Afrique 21 sont partenaires d’auposte, nous faisons des émissions avec eux, c’est eux qui les animent. Et là, il n’y en a pas de prévu tout de suite. Il y en aura une courant en juin, mais ça n’est pas encore déterminé. Ensuite, Frustration, Rob Grams, le cinéma français, art de classe et société sociale et Actu. Avec Paf et Yuna au poste. Alors là, je vous avouerai, la vérité, c’est que je découvre qu’ils ont mis en une la fameuse émission de Nayan qui s’appelle Silence Plato, qui est un nouveau rendez-vous mensuel sur le cinéma où en effet Rob Grams, le rédacteur en chef adjoint de Frustration, était invité pour son livre sur le bourgeois gaze, comment le cinéma français est empêtré dans ses origines sociales, la bourgeoisie, ça c’est la une de Frustration. Alternative économique privatisé, le Rungis lyonnais perd son appétit pour le local depuis 2006 la métropole de Lyon accueille le premier marché de gros privé de France, 20 ans plus tard, alors que d’autres marchés de ce type se tournent vers le privé, des acteurs locaux regrettent ce choix. Basta, face au réchauffement climatique, pêcheurs et scientifiques tentent de sauver le bulot de la Manche. Et qu’est-ce que je vais vous montrer d’autre, et bien Radical Graffiti, le compte BlueSky, préféré de nos services. Eh bien, ce sont des graffitis en l’honneur de Clément Méric, ce jeune antifasciste de 18 ans, assassiné en 2013, le 5 juin 2013 dans les rues de Paris. Et voici un florilège de murs et de banderoles, visiblement en bas à droite, et de banderoles en l’honneur de Clément Méric qui ont été déployées samedi dernier lors de la manifestation commémorative de la mort de Clément Méric. Et là, petit trou,, petit trou, pourquoi ? Parce qu’attends, je ne retrouve pas mes petits, dis donc, qu’est ce que c’est que ce bordel là ? Hop, ça c'était les mêmes. Voilà, voilà, c’est ça que je cherchais.
00:26:23Audio
Ça a commencé ? Oui, ça a commencé. L'émission a commencé ! On est à l’antenne depuis 5 minutes !
00:26:31David Dufresne
Voilà, très bien. Comment allez-vous les uns et les autres alors que je vois que Ricardo Parreira est déjà dans les starting-blocks que je vais ajouter, ainsi que ce bon Antoine Champagne, mais Ricardo également, alors attendez, bougez pas, les gars, tac tac tac. Oh la vache, est-ce que ça marche aujourd’hui ? Je vous écoute, je vous entends, est ce que je vous entends ? Oui. Oui, bonjour. Bonjour, le duo de choc de Reflets, le duo de choc qui accepte de se montrer, car ce n’est pas le cas de tout le monde à Reflets. Vous sortez une cartographie que je vais montrer dans quelques instants qui s’appelle Linked Comment tu dis, Antoine ?
00:27:17Antoine Champagne
Linked
00:27:21David Dufresne
Ah, je viens de comprendre ! ED, extrême droite, oh la vache, au purée, ça y est, c’est monté au cerveau. Bonjour messieurs, alors Ricardo, je ne te présente pas puisque tu es également une cheville ouvrière d’auposte de temps en temps. On te doit cette miraculeuse enquête sur le C9M que nous avions publié au mois d’avril, fin avril, avant le défilé des néonazis à Paris et Antoine, je te mais tu es déjà venu plusieurs fois, tu es le fondateur de ce vénérable et respectable site d’information indépendant né bien avant les autres, je crois en 2011-2013 dans Reflets 2011, 2011, comment va Reflets d’abord ?
00:28:08Antoine Champagne
Ça va bien, on aimerait bien avoir un petit peu plus d’abonnés comme tout le monde, mais ça va.
00:28:14David Dufresne
Bon, là, vous venez pour nous parler de votre nouveau projet que je vais mettre à l’antenne dans quelques instants. Je vous donne le micro de quoi s’agit-il exactement, pourquoi faire une nouvelle cartographie de l’extrême droite française. La vôtre est probablement la plus complète et la plus belle. À vous, pourquoi faire ça ?
00:28:43Antoine Champagne
Je croyais que t’allais montrer le…
00:28:47David Dufresne
Laisse-moi bidouiller ma souris, s’il te plaît.
00:28:53Antoine Champagne
Ouais, désolé, écoute, pourquoi faire ça ? Parce qu’on s’est rendu compte au fil de nos enquêtes que l’espèce de galaxie d’extrême droite qui est à l'œuvre pour amener le RN au pouvoir est très large et que maintenant les choses vont un peu changer parce qu’il y a dedans évidemment c’est tout maintenant des milliardaires avec des moyens considérables qui mettent c’est une partie de leur fortune. Au service de ce qu’ils appellent une croisade civilisationnelle qui n’est évidemment pas la nôtre. L'étendue de cette nébuleuse d’extrême droite nous a paru tellement énorme qu’on s’est dit qu’il faudrait pouvoir la voir dans un seul truc ou fouiller dedans facilement. Donc on devrait faire un site qui ne s’arrête pas à un bout de l’extrême droite qui serait juste des députés ou juste des milliardaires ou juste les groupes d’extrême droite violents, on va mettre tout le monde.
00:30:03David Dufresne
Alors, écoute, c’est l’effet des mots, Antoine, je suis navré, je viens de cliquer sur Marine Le Pen et je vois qu’il y a deux liens qui renvoient à Frédéric Chatillon. Frédéric Chatillon est en double.. Mais ce n' est pas grave, c' est pas grave. C’est l’effet des mots. C’est classique. Je ne sais pas si tu arrives à voir ce n’est pas grave. Vous avez, Ricardo, je ne sais pas si ton micro fonctionne, mais on serait ravi d’entendre tes airs qui roulent. Vous avez cartographié les personnalités, dont Jean-Marine Le Pen, les orgas, les médias, les groupuscules. Et puis voilà, là il y en a un qui est en double, comme s’il n’y en avait pas assez. Mais ce n’est pas grave, je connais Antoine, il est en train de regarder la base là, et il va te corriger ça en direct. Ricardo, qu’as-tu fait, quel a été ton travail dans cette carte ?
00:30:59Ricardo Parreira
Bonjour David.
00:31:01David Dufresne
Ça va bien, ça va bien.
00:31:04Ricardo Parreira
Bien super non tant que moi comme tu sais donc je travaille surtout sur l’extrême droite radicale donc mon travail ça a été surtout de faire l’inventaire des groupuscules radicaux nazillons et ça a été aussi de créer donc Il y a la cartographie, donc nous on a appelé Linked, donc les liens entre l’extrême-droite. Donc dans nos sites, tu peux avoir accès à la cartographie, c’est ça que tu es en train de montrer. Mais il y a aussi pour des personnes qui cherchent seulement des informations plus techniques, les fiches. Donc il peut avoir accès à des fiches directement. Donc dans le moteur de recherche, tu vas choisir l’entité que tu veux trouver. Et donc là tu peux faire des recherches faciles et avoir les résultats que tu veux. Et moi aussi je travaillais plutôt sur les stories, donc ça a été un peu exactement d'échapper à ce côté un peu technique des fiches et de la cartographie et avoir un peu une histoire que ça raconte un peu ces écosystèmes d’extrême droite donc pour le moment on n’a que deux stories donc deux narratifs des environnements et des écosystèmes d’extrême droite donc le financement de Stérin et l’histoire de l’extrême droite.
00:32:39David Dufresne
Alors, là, je vais commencer par le financement de ce terrain. Voilà donc ce que vous appelez une story, c’est-à-dire c' est une enquête à la fois écrite et illustrée. Et il y a, on va voir tout à l’heure dans l’autre, l’histoire de l’extrême droite, qui est une forme de timeline. On va y venir, mais là, voilà, je montre rapidement Donc la Nuit du Bien Commun, en partie financée par Stérin le Fonds du Bien commun, qui est son pognon. Périclès, je vois que le tchat évoque Périclès. On retrouve une carte complète avec les associations qui bénéficient du plan Périclès ou qui, justement, irriguent le plan Périclès. Et peut-être que je peux montrer l’histoire de l’extrême droite, alors que je vois qu’Antoine, là, il est plongé dans la base de données. Est-ce que tu as corrigé Antoine ?
00:33:50Antoine Champagne
Non, j’ai pas corrigé parce que c’est assez curieux comme bug, je suis un petit peu intrigué.
00:33:55David Dufresne
Je suis vraiment désolé, je suis vraiment désolé, ça fait partie du sel, le travail est absolument incroyable. Bon, par exemple, Ricardo, sur ce terrain, qu’est-ce que, pour toi, cette story apporte par rapport au travail, par exemple formidable de l’Humanité, quel est l’intérêt ? C’est d’avoir au même endroit rassembler toutes les informations, c’est ça ?
00:34:25Ricardo Parreira
Le truc c’est que tu en même temps tu lis comme tu as bien dit un genre de mini enquête et là enfin tu n’es pas en train de lire une fiche une par une, il faut être motivé. C’est ça le truc, c’est qu’il faut être motivé pour naviguer dans ce genre d’outils. Et donc l’idée ça a été d’avoir un truc un peu plus facile à naviguer dans lequel tu vois un peu la cartographie parce que quand tu as montré l’histoire, tu vois les stories, tu vois le bout de cartographies, donc tu arrives déjà à facilement assimiler ces petits réseaux là et tu as quand même accès à des fiches si tu veux savoir un peu plus mais tu peux avancer dans cette réseau que grandit au fur et à mesure que tu et comprendre très facilement comment s’est structuré toute cette réseau de de ce terrain qui est financé par ce terrain de voilà pour augmenter la visibilité de l’extrême-droite pour mener cette comme Antoine l’a dit cette bataille culturelle
00:35:32David Dufresne
Alors, j’adore quand tu fais le bateleur, vas-y, alors on est sur le marché, allez acheter ma carte, achetez ma story, elle est fraîche ma story. C’est l’histoire de l’extrême droite qui démarre bien avant Jean-Marie Le Pen puisque nous sommes en 1798.
00:35:50Ricardo Parreira
Voilà pour le coup c’est vraiment aussi un autre petit enquête et que ça aide à comprendre d’où vient l’extrême droite, parce que exactement l’extrême droite, elle n’est pas d’aujourd’hui, elle a une histoire, il y a une une histoire qui est vraiment contre révolutionnaire, anti démocrate, anti républicaine. Et pour les personnes qui partagent ces valeurs, c’est bien de connaître d’où on vient. Qu’est ce que c'était le nationalisme ? Qui sont ces personnes là qui se sont insurgées contre la révolution, contre l'égalité, contre, tu vois, le partage, le système social, etc. Et donc ici, on a l’affaire Dreyfus, c’est quand même assez connu, mais bon, on explique tout. En mettant en même temps exactement la même chose des personnages notables, des groupes notables et tout ça dans un réseau qu’on comprend, et là avec un fris chronologique qu' on comprend à fur et à mesure comment ces choses elles se sont développées dans notre histoire et l’impact qu’elles ont aussi dans les politiques qu’on a aujourd’hui.
00:37:04David Dufresne
Alors, je ne l’ai pas rappelé, mais Antoine est un féru du journalisme augmenté, du hacking, des techniques, des technologies. Moi, ce que j’apprécie, en dehors du sérieux de votre travail et de la somme qui est incroyable, c’est le côté fait maison, fait main. Est-ce que tu pourrais nous expliquer quelles sont les technologies que vous avez employées ? Parce que voilà, t’as pas pris un sachet de thé, tu le laisses infuser et puis hop, WordPress c’est terminé, hop, le site est prêt. Non, non, là il y a du travail de développement quoi.
00:37:47Antoine Champagne
Le site a à peu près 450 fiches qui sont apparues en ligne au moment où l’on l’a ouvert au public.
00:37:58David Dufresne
Il y a quelques jours.
00:37:59Antoine Champagne
C’est le fruit de quatre mois de boulot un peu acharné de quatre personnes, notamment une personne qui a fait le développement. En gros, on a travaillé exactement comme on avait travaillé pour faire le site de Reflets, c’est-à-dire qu’il y a quelqu’un qui maîtrise la technique et qui échange en permanence avec des journalistes de manière tellement itérative. Et donc le code se développe en fonction des besoins. Des journalistes pour rendre l’information accessible. Et d’ailleurs la personne qui a codé a amené énormément de petits trucs en plus pour améliorer encore ce que nous on souhaitait. Donc voilà, c’est vraiment un travail d'équipe. Pour arriver à ça, effectivement, de citer développer une maison, comme les fiches d’ailleurs. On n’a pas dit ça mais les fiches ne font pas plus de 2000 signes pour que ce soit digeste. Donc c’est assez court et nos fiches sont réalisées par des journalistes, pas par des IA ou des trucs comme ça. Donc on fabrique tout maison, avec des produits très bio.
00:39:23David Dufresne
Aucune IA générative utilisée, c’est écrit dans votre FAQ, faut avoir aux questions, toutes les fiches sont rédigées par des journalistes, et évidemment, suggestion d’ajout, signalement d’erreur possible via la page contact, on est dans la relation client la meilleure, c’est-à-dire c’est l’huma, c' est l’huma chez reflets, on va quand même pas déconner. Donc on a vu le réseau, on va y revenir peut-être tout à l’heure, on a vu les stories, on a vu rapidement les fiches, peut-être que je peux… Bon voilà, j’en montre une directement, je vais le faire exprès.
00:40:05Antoine Champagne
Vas-y cherche Lancelot Galey, Lancelot Galey Galet G-A-L-E-Y Oui
00:40:14David Dufresne
Ah, attends. Non, mais peut-être que j’ai eu… Attends, attends, c’est peut-être moi. Voilà, voilà, c’est de ma faute. Hé les amis, c’est moi qui avais mal écrit le nom, hein,il y a un bug, on l’a trouvé tout à l’heure, c’est terminé, le reste c'était une disquette croupe. Alors, Galey qui est ce garçon ? Il est né en 1983 et il milite au goût d’un groupuscule violent et raciste au tournant des années 2010. Sur ses réseaux sociaux, il fait, dans les années 2020, de nombreuses références au régime nazi, quand il ne se revendique pas directement national-socialiste, une périphrase pour dire nazi. Que veux-tu nous montrer concernant cette fiche ?
00:40:51Antoine Champagne
Alors, ce qui est intéressant, c’est qu’on se base sur des enquêtes préexistantes et on leur redonne vie. C’est-à-dire que si une personne n’a jamais eu un article pour parler d’elle, ou si elle n’a absolument aucune visibilité, on risque de ne pas la mettre dans la cartographie. On a besoin que ce soit des personnes pour lesquelles il y a un intérêt public à parler d’elles. Mais là, tu vois, on se base sur de l’existant, mais on y ajoute une petite touche quand on peut, c’est-à-dire de renseignement en source ouverte. Et là, par exemple, on a découvert qu’il avait un compte sous pseudo sur Esmule, et qu’il utilisait une chanson dont les paroles récurrentes étaient « Les juifs dans les chambres à gaz ».
00:41:46David Dufresne
Non, non, non, excuse-moi, c’est pire, si j’en crois votre fiche. Lancelot diffusait une chanson dont les paroles étaient les youpins dans les chambres à gaz.
00:41:58Antoine Champagne
Donc c’est pour te parler de l’extrême droite qui avec sa stratégie de la cravate qui s’est dédiabolisée en fait elle est toujours la même et elle est toujours antisémite évidemment, c'était dans son ADN. Donc en fait, on ajoute parfois des petites touches d’informations spécifiques qu’on trouve nous et on fait revivre les enquêtes, ce que tu vois en bas.
00:42:31David Dufresne
Vous faites allusion aux copains de la Horde, quant au LAP qui fait chanter les fachos, Enquête de la Horde du 3 octobre 2022 et reprise d’une certaine manière par Libération le 19 octobre 2022. Donc, comme au poste, tout est sourcé. Sous nos émissions, il y a tous les liens. Et bien vous, vous expliquez d’où viennent vos informations. Et donc là on voit par exemple la cartographie, donc les liens qui relient les uns aux autres, les organisations aux groupuscules, les groupuscules aux militants, les militants aux cadres et ainsi de suite. Est-ce que tu veux dire autre chose sur les fiches ou nous passons à la carte ?
00:43:22Ricardo Parreira
Non, vas-y.
00:43:23David Dufresne
Alors on peut passer.
00:43:24Ricardo Parreira
Par exemple, si tu vas sur la fiche du comité 9 mai
00:43:32David Dufresne
Oui, alors attends, je vais y retourner.
00:43:35Ricardo Parreira
On n’a pas encore actualisé cette fiche parce qu’on n’en a pas eu de temps, tout simplement. Mais moi je vais lui actualiser cette fiches et quand je vais dire, donc cette année la manifestation néonazie du 9 mai était interdit par la préfecture, puis le tribunal administratif, puis les conseils d'état, Je vais mettre en sauce l’article de auposte dans lequel nous on a parlé de toute cette symbolique nazie parce que je vais décrire après dans la fiche pourquoi elle était interdite et donc ça ça va donner une deuxième visibilité à l' article qui était fait pour auposte Et ça, ça marche avec toutes les médias. Et ça c’est aussi le côté qu’Antoine était en train de parler, que c'était très bien, c’est que l’idée ça a été de base de donner une deuxième vie à toutes ces enquêtes qui ont coûté cher, qu’il y a des journalistes qui sont engagés pour les faire et que parfois ça passe deux, trois jours dans les réseaux sociaux et c' est fini, c est mort. Et donc là l' idée c' était aussi de redonner de la vie à toute ces enquêtes. Je ne veux pas oublier non plus qu’il y a aussi déjà, même si on est au tout au début de coopération avec d’autres médias, il y a donc StreetPress qui nous a permis quand même d’absorber leur cartographie de l’extrême droite radicale. Et donc nous, on a eu d’en coup aussi toute une partie des fiches de StreetPress qui étaient mises dans le site, par le site et que nous on n’a qu'à les actualiser et ça ça a été aussi une coopération avec StreetPress que tu penses que ça a était super et on a envie de faire plus de coopération avec d’autres médias.
00:45:25David Dufresne
Bozotic vous demande des fiches nominatives, ça fait bizarre, non ? Bozotik ajoute, est-ce que c’est légal de mettre des noms propres, des noms de gens comme ça ? Question qui vous est posée et qu'à mon avis vous vous êtes posée.
00:45:44Antoine Champagne
Oui, d’abord c’est parfaitement légal et on revient sur ce que je disais il y a quelques instants c'était que les personnes qui sont dans cette cartographie, il y a un intérêt public à parler d’elles, elles sont pour la plupart des personnes publiques, une activité qui est reliée par la presse et donc il n’y a rien de neuf. On ne va pas, par exemple, je vais essayer de donner un exemple. Un gamin de 15 ans qui a fait un graffiti Vive Hitler sur le mur de son village au fond de la Creuse on va pas en parler parce que ce serait le stigmatisé, peut-être que dans 3 ans il aura changé d’idée et voilà il n’y a pas d’intérêt particulier à raconter ce micro événement Donc voilà, c’est ça le point particulier.
00:46:50Ricardo Parreira
Attends, excuse-moi David, excuse moi David… Après l’idée c’est ce que nous donne la base pour, enfin qu’est-ce que nous permet de mettre, d’indexer une personne dans cette base de données, c’est exactement s’il y a déjà des articles de presse. Ça veut dire que la personne elle était déjà, soit il y a une certaine autorité, soit il y a déjà eu une affaire ou quelque chose qui nous permet, dans la bonne déontologie journalistique, de la mettre dans l’enquête. Sinon voilà on le met pas parce que voilà on n’a pas envie non plus de donner de la visibilité à des fachos qu’on pense qu’ils… C’est pas qu’ils n’ont pas fait aussi de conneries ou qu’ils n'étaient pas aussi racistes, c’est qu’on n’a pas envie de donner de la visibilité à leurs actions fascistes pour des raisons qui sont petites. Je ne sais pas si je m’explique bien.
00:47:49David Dufresne
Non, non, on comprend très bien, non l’ambiguïté c’est effectivement l’idée de lister des gens pour leur appartenance politique aussi odieuse, détestable soit-elle, voilà, c' est une question qui se pose, voilà dans le tchat. Sur la question de la légalité, je pense que tu as tout à fait raison. Et la plupart de ces gens-là, en fait, sont, c’est ce qu’on voulait expliquer, c’est- à dire, sont déjà des personnages publics.
00:48:24Ricardo Parreira
Après, il y a une différence, et c’est ça que parfois les gens ils posent cette question là, il y a une différence déjà quand on parle de journalisme et on parle des gens qui vont diffuser des informations personnelles d’une personne, donc qu’est ce qu’on appelle du doxxing, donc là on n’est pas du tout dans ce cas là, là c'était encadré, donc le rédacteur chef Antoine, il fait son boulot, donc tu vois, on sait qu’est-ce qu’on peut mettre, qu’es-ce que l’on ne peut pas mettre et il en est loin de faire des listes exhaustives, des noms de personnes, tu vois. C’est rien à voir avec ça, c’est des personnes qui ont une influence néfaste dans l’espace public, ce sont des personnes racistes, homophobes, transphobes et antisémites, etc. Et donc nous, on a même un devoir de parler de ces personnes-là parce qu’elles veulent détruire ce que nos ancêtres ont construit pour que nous puissions vivre dans une société apaisée, respectable, égalitaire, etc et tout ça.
00:49:30Antoine Champagne
Comme l’a dit Ricardo, il n’y a pas de doxing, c’est-à-dire qu’en gros dans ces fiches, il y a ni le numéro de téléphone, ni le mail, ni l’adresse de cette personne. La démarche, ce n’est pas que tout le monde aille harceler ces personnes-là, c’est juste de lister le fait qu’ils participent à l’avènement futur putatif, résistible on espère, de l’extrême droite.
00:50:04David Dufresne
C’est la frontière entre délation et information, et vous êtes en fait, vous êtes la garantie de ça. Je montre le dernier dispositif que vous nous proposez, donc en fait c'était à chaque fois une façon différente, hormis peut-être les stories qui sont vraiment un appui rédactionnel, mais les fiches, l’avis au réseau ou les cartes, finalement ce sont les mêmes informations, mais disposées, mises en scène différemment, Donc selon ce qu’on cherche, on peut aller à tel ou tel endroit. Donc là, vous nous faites flipper, les fachos sont partout. Dans les campagnes, dans les atomes, voilà, oui absolument, voilà petit passage sur la carte, comment vous la constituez, qu’est-ce qu’elle signifie pour vous, qu' est-ce qu’elles apportent par rapport au reste ? La météo des FAF, oui c’est ça, c’est la météo des FAF.
00:51:04Antoine Champagne
Comme tu dis, ce sont des manières différentes de naviguer dans la donnée. En fait, tout le site se construit sur la base des fiches et des liens que l’on tisse entre les gens dans les fiches. C’est-à-dire que si j’ai une fiche Marine Le Pen et une fiche Jean-Marie Le Pen, dans la fiche de Marine Le Pen, je vais mettre un lien familial vers Jean-Marie Le Pen. Ça va générer automatiquement la carte graphique que tu as montrée au début et cette carte parce que dans la fiche, on a un champ localisation. Et donc si je mets que Marine Le Pen habite à Saint-Cloud en région parisienne, ils sont en train de vendre. Si je mets ça, elle va être géolocalisée dans une ville ou dans un département. Et on va pouvoir la retrouver dans cette carte parce qu’on s’est dit aussi que nous, on est… Je dis nous, ce n’est pas vrai pour Ricardo, mais moi je suis localisé à Paris. Tout le monde n’est pas à Paris et il y a des gens qui en région aimeraient bien savoir ce qui se passe précisément autour d’eux, quels sont les groupuscules violents. Le député qui a dérapé sur les réseaux sociaux, etc.
00:52:42David Dufresne
Je mets, tout à l’heure c'était l'île de la Réunion, là c’est la Guadeloupe, ce qu’on appelle communément les Dom Tom, vous les n’allez pas oublier, ils sont en bas à gauche, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte, car eux aussi sont gagnés par la fièvre fasciste que nous allons évidemment faire redescendre, parce que l’idée c’est que c’est arrêtez ces conneries. Je voulais te demander, Antoine, tu disais tout à l’heure que votre développeur avait apporté des idées, une sorte d’affinage de la mise en scène. Et ça, ça m’intéresse beaucoup de savoir comment vous, journalistes, vous travaillez avec les développeurs et en quoi l’informatique, pour en parler le vieux termes, peut renouveler le genre journalistique, le genre de l’enquête, le genre de l’investigation. Ça vaut pour tous les deux, Ricardo et toi Antoine.
00:53:43Antoine Champagne
T’as 2-3 heures ?
00:53:46David Dufresne
On pourrait, mais non ! Peut-être peux-tu nous donner quelques exemples ?
00:53:54Antoine Champagne
En fait, si tu veux, depuis le début, c’est cette collaboration entre ce que les gens appellent des hackers, des informaticiens un peu doués, un peu pointus, et des journalistes. Pourquoi ? Parce qu’on a des méthodes de travail qui se complètent, qui peuvent servir à l’un à l’autre et que souvent, on a un but commun qui est celui de faire circuler l’information librement. Voilà, donc là, c’est vraiment le fruit d’un dialogue permanent entre quatre personnes pendant quatre mois. Et là, la carte, c’est le développeur qui dit mais si on mettait une carte aussi, ce serait cool. Et je pense que je peux le faire comme-ci, comme-ça, et voilà, et trois jours après, il y a eu une carte et on a commencé à bien à bien préciser tous les lieux physiques de chaque entité. Donc c’est ça. Après, ça marche pour absolument tout. Nous, on a des outils maintenant d’investigation numérique qui sont extrêmement puissants parce que, depuis quelques années. On travaille dessus pour les mettre à disposition des journalistes parce qu’aujourd’hui nos vies entières sont numérisées et il y a un point si les gens savaient, ils arrêteraient d’utiliser des ordinateurs des téléphones et donc nous ça nous permet d’aller fouiller ces données, c’est très intéressant quand on enquête.
00:55:43David Dufresne
Mon cher Antoine, attention au micro casque, quand tu te caresses le lobe de l’oreille, car ça crée des petites intervalles, mais par exemple ça, ça serait si… Non mais on t’a bien entendu, mais si jamais on avait trois heures on pourrait effectivement parler de ça, c’est à dire que le fichage en réalité aujourd’hui il est facilité par l’auto-fichage et qu’en réalité le fichage il est massif, il est complet, il est permanent et d’une certaine manière c’est la servitude de toutes et de tous et donc la question du fichage ne se pose peut-être pas de la même manière qu’il y a 15 ou 20 ou 30 ans me semble-t-il. Ricardo, tu voulais ajouter quelque chose ?
00:56:26Ricardo Parreira
Oui le truc aussi, l’outil, c’est qu’il y a des journalistes spécialisés dans l’extrême-droite, à peu près comme nous, mais aussi StreetPress, voilà, ou quelques personnages, quelques personnes dans les médias comme Le Monde, Libération, Mediapart, etc. Mais la grande majorité des journalistes en France, ne sont pas du tout spécialisés dans l’extrême-droite, ils ne travaillent pas du tout avec l’extrême droite et cet outil-là, c’est aussi pour eux. C’est que quand un journaliste veut savoir le réseau de l’extrême droite dans sa région pour qu’il puisse comprendre, travailler, qu’est-ce qu’ils font, qui sont ces personnes, comment elles agissent, quelles actions elles ont fait, et bien l’outil, il aide aussi des journalistes, c’est pas que, pas seulement pour le public en général, mais aussi pour les journalistes. Et après, donc pour rajouter quelque chose à ce qu’Antoine a dit, c’est qu' il y a tout un tas d’informations sur l’extrême droite, c’est important de le mettre en avant. Et ça, aujourd’hui, ça se fait beaucoup, c’est quand on va fouiller les réseaux sociaux, qu’est-ce qu’on dit, là on prend le web que les personnes ont laissé. C’est très intéressant parce qu’aujourd’hui les fascistes, soit dans l’extrême droite parlementaire ou dans l’extrême droite extra-parlementaire, essayent de cacher un maximum leur racisme, leur homophobie, leur transphobie et leur haine. Et donc c’est très intéressant le travail qu’on fait parce qu' on met quand même en avant tout tout. Leur vie est un peu cachée, que parfois c’est sur anonymat dans les réseaux sociaux dans lesquels ils passent 24 sur 24 à cracher de la haine, à cracher le racisme, et qu’on ne sait pas qui est derrière ces comptes-là. Et donc je pense que ce travail aussi c' est très important, mais ce n’est pas forcément qu’est-ce qu' on fait, au moins s’il y a des enquêtes, donc ils se rendent dans la cartographie, dans le site Linked, mais l’idée c’est qu'à fur et à mesure que nous on fait nos enquêtes là, on puisse actualiser toujours le site.
00:58:42David Dufresne
Question de Sentierbattant et il faudra terminer cet entretien passionnant. Malheureusement, à part signaler les bugs et les éventuelles erreurs, en quoi cette cartographie est-elle participative ?
00:58:58Antoine Champagne
Alors, elle est participative dans le sens où d’autres journalistes ont déjà commencé à participer et à créer des fiches. Depuis l’ouverture du site, on a créé 26 fiches, j’ai compté hier, dont une partie ont été faites par des journalistes extérieurs. C’est participatif, mais c’est limité, on va dire, on peut faire une règle générale, mais c’est plutôt limité à des journalistes parce qu’on veut que ce soit un travail journalistique et pas une encyclopédie de type Wikipédia qui existe déjà, qui fait son travail très bien. C’est participatif, mais entre journalistes.
01:00:06Ricardo Parreira
Après, excuse-moi David, mais ouais.
01:00:13David Dufresne
Je vous explique pourquoi Ricardo rigole, c’est parce qu’on s’est vus il y a pas très longtemps dans sa bonne ville, et je lui ai dit « Bon, la prochaine fois que tu viens au poste, réponds aux questions au lieu de toujours me dire que ma question est pourrie, que c'était pas la bonne question, qu’il aurait fallu la formuler autrement etc. » Et donc là donc il s’autocensure et rigole comme un âne. Oh, Ricardo, vas-y !
01:00:37Ricardo Parreira
Non mais on a déjà eu des personnes qui nous ont proposé de faire des fiches et on a fait des fiches, Antoine, il y a 2-3 personnes qui…
01:00:45Antoine Champagne
Bien sûr, bien sûr.
01:00:46Ricardo Parreira
Est-ce que tu pourrais faire une fiche sur cette personne-là, sur cette entité-là ou un groupe, etc. Ils ont apporté quelques éléments. Nous on a vérifié, on a rajouté d’autres éléments et on a créé tout de suite, ça a été deux jours après, il y avait déjà des fiches. Les personnes étaient super contentes et heureuses. Et c’est super, ils ont réagi, ils ont même posté sur les réseaux sociaux. C’est déjà fait la fiche et tout, c'était incroyable. Après, ça va dépendre exactement de notre temps. Et c’est là que je reviens donc à le truc ça compte quand même un peu, c' est que nous on a fait tout ce travail avec l’investissement de Reflets mais on a besoin aussi un peu de bifton, d’un peu d’argent pour continuer à faire notre travail. Jusqu'à maintenant ça a été un peu de travail avec reflets, ça a aussi beaucoup de travail de bénévoles mais pour continuer à faire ce travail là que c’est pour tout le monde, c est collectif, nous on aussi besoin des dons et je pense que les gens ils ils comprennent l’importance de ce genre de travail, mais ils ne mesurent pas forcément le travail qu’il y a derrière. Et donc, voilà, les gens peuvent nous soutenir pour que nous, on puisse avancer. Et donc il y a, comme tu montres là, il y a différents paliers. Donc ça veut dire que nous on va jusqu'à 2000 euros. Il faut descendre encore un petit peu le palier collectif. Donc jusqu'à 2000 euros, on continue à actualiser. Après 5000 euros, on fait de nouveaux réseaux, de nouveaux liens. Si on a beaucoup d’argent, on va quand même parler un peu de l’international. S’il y a vraiment beaucoup d’argent, Linked devient une plateforme ouverte, donc tout le monde a accès à la base de données. Et voilà, si les gens veulent que le projet avance, bon, il faut nous aider, parce que toute façon, comme au poste, on est un média indépendant, on survit du soutien qu’on a de nos auditeurs et d’auditrices, et donc il faut soutenir les médias indépendants pour que nous puissions mener cette bataille culturelle de gauche face à l’extrême droite raciste. Voilà
01:02:58Antoine Champagne
Exactement, j’aurais pas dit mieux, Ricardo.
01:03:00David Dufresne
Alors bien c’est absolument parfait. Aidez-nous à cartographier l’extrême droite. Alors là vous êtes à 480 euros, donc là autant dire que le palier, au-delà de 50 000, on s’achète un yacht. On n’y est pas encore quoi, voilà, c' est ça. Mais c’est pour nous une façon de vous soutenir en faisant connaître votre travail et j’allais revenir là-dessus mais tu l’as très bien fait Ricardo puisque à un moment donné tu as dit c'était une question de temps et comme dit l’adage le temps c’est de l’argent etc. Et alors moi j’ai beaucoup de médias qui me sollicitent en disant, on fait une campagne de dons, est-ce que tu pourrais parler de nous ? Moi je dis non, je préfère parler de votre travail et incidemment dire qu'évidemment ce travail doit être financé. Mais venez d’abord parler de votre travail parce que sinon, voilà, des campagnes de dons il y en a 50 000, donc c’est mieux d’utiliser, de s’appuyer on va dire sur votre boulot. Je voulais juste terminer sur un tout petit point, c’est les sous-catégories, je vais remettre la carte. Là je vais par exemple enlever les catégories puisqu’on ne l’a pas dit tout à l’heure, mais par exemple je peux afficher que la catégorie extrême droite culturelle qui est en vert, l’extrême droite médiatique, l' extrême-droite radicale et je crois qu’il y a l’extrême-droite parlementaire. Juste une question comme ça, pourquoi vous avez fait ce découpage-là ? Comment c’est venu ? Après quelle réflexion ? Pourquoi séparer le culturel du médiatique, le médiatique du radical, le radical du parlementaire ?
01:04:55Antoine Champagne
Alors Ricardo ?
01:05:00Ricardo Parreira
En moins d’eux, je peux dire quelque chose, c’est exactement, il y a quand même une différence structurelle entre l’extrême droite parlementaire et l’extrême-droite extra-parlementaire, Donc les cas que l’on appelle les extrêmes droites radicales. Donc un, même si l’extrême droite radicale, c’est la base électorale ou une des bases électorales de l’extrême droite parlementaire, leur fonctionnement, leur structure, c'était complètement différent. Donc ça nous paraît censé les séparer. Mais c' est pour ça qu’il y a toute cette partie des liens. Et donc, c est là qu’on voit comme il y a un genre de porosité, de transfuges entre les deux mouvements, entre l ED radicale violente qui attaque les militants dans le terrain, qui est quand même dans la culture du baston, c’est des néonazis, et les ED parlementaires, donc le RN, Reconquête, les Patriotes, voilà, c’est la grande partie là, et c'était plutôt d’avoir accès au pouvoir via la démocratie représentative mais qu’en fait quand même voilà c’est deux manières de mener leur bataille violente mais voilà dans d’autres domaines différents donc nous on a voulu séparer d’ailleurs toutes les journalistes le font donc pourquoi on ferait différemment ?
01:06:27David Dufresne
Antoine, et ce sera le mot de la fin, tu voulais ajouter quelque chose peut-être ?
01:06:31Antoine Champagne
Non, non, c’est exactement ça, mais c'était un choix journalistique aussi, il y a un moment où tu fais tes choix, tes catégories, il ne faut pas chercher non plus, ça nous a paru logique en fait.
01:06:51Ricardo Parreira
Oui, il y a quand même aussi une différence entre l’extrême droite culturelle, donc la manière comme ce terrain envahit le monde culturel pour réécrire l’histoire de la France, il y a quand même une différence, entre un parti politique et Bolloré, qui est en train de racheter tout le monde médiatique, exactement pour mener cette bataille culturelle aussi suprémaciste blanc, nationaliste blanc. Et donc, pour que les personnes comprennent bien leur ennemi, Il faut que nous, on l’identifie, on le sépare, c’est un peu une méthodologie scientifique, journalistique, le séparer, le connaître, le définir, et après, c’est quoi quand même leur réseau et comment ils s’imbriquent avec le système de droite radicale, le système droite parlementaire, l’Ed culturelle pour les entités du système de l’extrême droite médiatiques. Et on voit, comme ça démontre bien la cartographie, c’est comme un écosystème très complexe qui est très très très lié entre eux. Il se tient et c’est ça que pour le coup c'était la force quand même de l’extrême-droite et c’est ça qu’on essaie de faire de notre côté journalistique, c’était exactement de parler de comment il se structure pour que nous on puisse aussi de notre coté créer aussi une forme de lutte que ce soit engagé dans le journalisme, que ce soit militant pour faire face à l’extrême droite, alors offensive que je tiens quand même à dire que c’est une offensive raciste, homophobe, transphobe, antiféministe, etc.
01:08:26David Dufresne
Merci infiniment à vous deux, à votre équipe, bravo pour le boulot abattu et courage pour le boulot à venir. C'était comme toujours un plaisir que de vous entendre et de vous voir vous lever tôt. Ah ça me plaît, ça me plaît, ça me plaît.
01:08:43Antoine Champagne
Merci à toi de nous avoir invités en tout cas.
01:08:46David Dufresne
Je vous en prie. Merci. Amusez-vous bien. Bon courage, bon courage. Merci beaucoup pour tout ça, vous dit le chat. Merci pour cet entretien. Bon courage pour la suite. Merci à vous, voilà, ça n’arrête pas. C’est des fleurs, c’est pour vous. Prenez, on a besoin de force. Je vous embrasse, monsieur. Ciao ciao. Chers amis, nous allons passer à une autre carte, la météo des luttes, la carte des luttes que j’ai dressée pour vous. Et pour cela, il me faut donc le petit jingle et je vais en profiter pour me refaire un petit café. La météo des luttes, je vous rappelle que pour y figurer, nous avons un petit formulaire que Euryale va vous donner dans le tchat. J’ai oublié de saluer Euryale qui est toujours là, qui vous donne donc notre grande modératrice et qui vous donne les liens au fur et à mesure des entretiens et qui les ajoute sur le site au poste.média, la météo des luttes, c’est dans quelques secondes.
01:09:50Audio
Bella Ciao Bella Ciao Bella Ciao
01:11:19David Dufresne
Aïe aïe, le café n’est pas terminé, si ça y est, non, il continue, je suis désolé. Hop hop hop, je vais vous mettre la météo des luttes. Voici déjà la carte qui s’affiche sous vos yeux et j’attends que le café arrive parce que là j’ai soif. La tendance de la météo des luttes aujourd’hui, cette semaine, elle est simple. Le Fonds Social se structure autour de deux axes, la résistance aux politiques migratoires européennes et l’antifascisme dans la rue. En parallèle, les luttes écologistes et internationalistes prennent de l’ampleur, aujourd’hui même à 19h. Hop hop hop, à 19h, réunion publique à l’appel de la Marche des Solidarités. Une assemblée générale se tient à la Bourse du Travail dans le Trois-Rues du Château d’Eau, dans le 10ème à Paris, pour préparer la riposte contre le pacte européen sur la migration et l’asile. Et le futur règlement retour. Ces textes organisent l’expulsion accélérée des personnes exilées et l’externalisation des frontières. La manifestation est fixée au vendredi 12 juin, 17h place de la République. Mais aujourd’hui à 19h, c’est la préparation. C’est à voir sur le site Paris Luttes Info. Demain à Toulouse, ici. Demain, à Toulouse. Le CRAE, espace anarchiste toulousain, accueille jusqu’en juillet une exposition pour les 90 ans de la révolution espagnole de 1936. Dessins, art graphique, retrace le soulèvement du 19 juillet 1936 contre le coup d'État franquiste porté par les anarchistes de la CNT et les milices ouvrières. À Perpignan, j’aurai le plaisir de vous croiser si vous venez au festival Nostra mar, entre autres, manœuvré par notre ami Nicolas Lebourg, le grand historien de l’extrême droite, avec S.O.S. Racisme. C’est un festival qui dure plusieurs jours, et nous aurons une conférence-débat avec StreetPress, avec Mathieu Mollard de StreetPress dans quelques jours. Ce sera mercredi à 18h30 et Maïté Torres du média Made in Perpignan. Ça se passera donc mercredi 10 juin à 18h30 au Nautilus, entrée libre. Mais il y a beaucoup d’autres rendez-vous qui vont se passer toute la semaine à Perpignan dans le cadre de ce festival Nostra Mar. Le Mans ! Alors ça, ça m’a fait marrer quand j’ai vu ça. Le Mans, une grande parade à roulettes s'élance au Mans pour contester l’hégémonie des 24 heures et revendiquer une ville moins tournée vers la bagnole. L'événement festif et militant entend visibiliser les alternatives de mobilité douce face à des événements automobiles de plus en plus médiatisés au monde. C’est sur le démosphère regardez-moi ça, c’est quand même magnifique ça ! Grande parade à roulettes ça se passe donc au Mans vendredi 12 juin Le même jour, mais cette fois-ci place de la République, la fameuse Marche des Solidarités dont je parlais tout à l’heure, à Montreuil, le 12 et le 13 juin, Global Piracy, Révolution de la Génération Z réunit des militants et militantes issus des soulèvements récents au Maroc, à Madagascar, au Soudan, Kanaki, Géorgie, Serbie, Indonésie, organisé par Génération Pan-Asiatique, les Peuples veulent, que nous avions reçu il y a quelques temps au poste, et les digitales. L'événement se déroule au parc des Guilands vendredi de 15h à 23h, puis à la parole errante samedi de 13h à minuit. Table ronde sur l’auto-organisation populaire, le tournoi de foot internationaliste, des concerts, etc, etc. Mercredi, donc qu’est-ce que je raconte ? Le 12 et le 13 vendredi et samedi à Montreuil. 13, 14, 15 à Villepinte, rapidement. La coalition guerre à la guerre mobilise contre Eurosatory, le salon mondial de l’armement qui ouvre au parc des expositions de Villepinte du 15 au 19 juin, en parallèle au G7 à Evian. Rendez-vous biennale rassemble les marchands d’armes de la planète entière aux portes de Paris. Trois jours d’action, trois jours de formation et de festivités sont prévus avant l’ouverture. Le programme est disponible sur le site guerre-à-la-guerre.net À Cajar, du côté du Lot, du côté de Cahors, le printemps, Photo révolté s’installe. Pour trois jours d'échanges, de résistances et de fêtes contre l’expansion des centrales photovoltaïques sur les terres agricoles et forestières. C’est organisé par la coordination nationale de photo révoltée avec la conf paysanne. L'événement propose des tables rondes avec notamment une porte-parole, une ancienne porte- parole de la confédération paysanne Laurence Marandola, des projections documentaires, des concerts, un carnaval du vivant et David Machin c’est-à-dire moi-même, j’interviendrai samedi soir autour de Françoise D’Eaubonne. Écoféministe, écoterroriste comme pourrait dire Darmanin avant l’heure et donc c’est vendredi de vendredis à dimanche du 12 au 14 juin du côté de Cajar, la ville de Pompidou, Papy Mougeot, les Schmilbliks tout ça bon voilà c' est là ok, hop à Strasbourg enfin vendredi atelier du Hackstub, hackerspace militant strasbourgeois qui tient sa réunion mensuelle sur l'émancipation technologique, les logiciels libres, la souveraineté numérique, les projets collectifs en autogestion, c’est ouvert à toutes, c’est ouvert à tous, sans niveau technique requis. Voilà, c'était la météo des luttes d’auposte préparée avec cœur et amour tout le week-end. Si vous voulez y figurer lundi prochain ou les futurs lundis, vraiment, vraiment de grâce, aidez-nous. On a un petit formulaire pour ça, Euryale va vous le mettre dans le tchat ou sur le site auposte.media et là vraiment ça facilite les choses parce qu’aller chercher des infos un peu partout c’est un petit peu compliqué. Je viens de vérifier, nous sommes bien en live sur le site, on diffuse la version Peertube. Absolument, merci, merci Euryale. Nous allons alors croire que notre future invitée, elle aussi, est en avance. C’est absolument formidable. On va pouvoir discuter avec Romane Bartoli, c’est son nom, elle est avocate au barreau de Paris dans quelques minutes. Mais, d’abord, je dois vous parler d’une certaine manière. C’est la suite de la météo des luttes, je dois vous parler d’un festival de cinéma qui m’est cher. Attends, qu’est-ce qui se passe là ? Hop ! Pourquoi ça part tout de suite là ? Hop hop hop ! Voila ! Hop ! Alors attends, j’enlève la petite musique. Oui, le festival, le Festival Frida… Festival Frida, voilà le festival et rencontres itinérantes du film d’art qui aura lieu à Paris. On est, on va dire, on est partenaire qui aura eu lieu à paris du 27 au 29 juin et alors attention c’est dingo. Présentation d’un film qui avait été montré à Cannes, une vie manifeste qui retrace la vie de Michèle Firk. Michèle Firk qui était, comment dirais-je, une grande critique cinéma et par ailleurs une militante révolutionnaire. Je vais vous montrer la bande annonce. Lundi 29 juin 2026 à 19h45, c’est donc la première parisienne. Le film fête une projection spéciale à Paris en présence du réalisateur. Le réalisateur c’est Jean-Gabriel Périot qui avait été césarisé en 2021 pour Retour à Reims Je pense que certains d’entre vous l’ont vu, c'était son nouveau film. Il y aura les deux réalisatrices du film Alice Diop et l’actrice Nadia Terezkevich, qui sont dans le film, ainsi que Annie Trego, compagnon de route et d'école de cinéma de Michèle Firk, réalisatrice de films d’art légendaires et aussi chef-monteuse d’un dénommé Jean Rouch. C’est donc une projection absolument remarquable qui aura lieu au Mk2 bibliothèque, où le centre Pompidou a plié les gaules, le temps de ses travaux, pendant cinq ans il s’est un petit peu délocalisé, je vous montre la bande annonce et je vous reviens après pour vous dire comment vous pouvez réserver vos places et et surtout en gagner cinq parce que on est comme ça au poste attention 3 4 le la bande-annonce
01:21:28Audio
Michèle Firk, cinéaste, Michèle Firk, combattante révolutionnaire. Voici comment tu t’es toi-même souvent présentée. Tu as rêvé d'être cinéaste à une époque où l'être était réservé aux hommes. Tu as voulu être une combattante révolutionnaire, tu l’as été. Quand on lit aujourd’hui les articles que tu as publiés comme journaliste, tes journaux intimes, des lettres, quand on regarde les images qui nous restent de toi, quand on écoute ta voix, c' est une certitude. Tu as mené une vie de cinéma et d’engagement, et jamais pour toi, l’un n’a laissé l’autre.
01:22:20David Dufresne
Donc Jean-Gabriel Périot, je le disais, on le connaît entre autres pour Retour à Reims. Il avait aussi fait un très bon film sur Ulrich Meinhof voilà, c’est un jeune garçon qui travaille les archives et qui se régale et donc voilà. La première parisienne de son film Une vie manifeste, Michèle Firk, ce sera donc le 29 juin à 19h45, projection spéciale avec ciné-débat comme on sait faire, au poste sera dans la salle et alors pour gagner des places et bien c’est très simple. C’est simple, il suffit d'écrire à, alors il faut être les cinq premiers. Donc là, posez des cartables, posez les affaires pour les gamins que vous emmenez à l'école, posez votre tasse j’allais dire de thé, c’est pas possible, de café, prenez un stylo pour noter l’adresse. L’adresse est comico.com.fr Les cinq premiers qui nous écrivent recevront une invitation pour les autres. Vous avez de la chance parce que le festival FRIDA, festival donc de films sur l’art qui aura lieu à Paris dans différents endroits au cinéma indépendant La Clé, au Grand Palais, au MK2 aura lieu pendant le week-end de la fête du cinéma. C’est-à-dire que toutes les entrées sont payantes, parce qu’il y a des projections gratos chez Frida, mais il y a aussi des projections payantes. Notamment quand les films sont encore en circulation, ce qui est le cas d’une vie manifeste. Eh bien, pendant ce week-end, les entrées seront à 5 euros, donc voilà. Mais si vous voulez, vous pouvez recevoir votre place. Pour une vie manifeste, on est d’accord, c’est cinq personnes différentes pour avoir cinq places, si vous voulez venir accompagné, bah vous payez la deuxième place quoi, voilà. Alors c' est pas une personne qui rafle les cinq, on n’est d' accord quoi, parce que sinon ça ne le fait plus quoi.
01:24:43Audio
Parce que votre histoire de merde là, plus la fatigue, c’est pour ça que je crois que j’ai besoin d’un petit remontant. Je vais demander un petit café, c’est pour cela.
01:24:55David Dufresne
Alors, je vois que notre invitée est ici, attention une petite seconde, je veux vous mettre à l'écran. Une petite secondes, Romane Bartoli, attention, vous êtes à l'écran, bonjour, bonjour. Alors, vous êtes avocate au barreau de Paris, je crois que vous l'êtes depuis peu de temps, depuis deux ans, c’est ça ?
01:25:29Romane Bartoli
Deux ans et demi, tout à fait.
01:25:30David Dufresne
Oh pardon, deux ans et demi, j’ai vu que vous aviez réussi votre, comment on appelle ça, le diplôme des avocats déjà.
01:25:38Romane Bartoli
Le capa.
01:25:40David Dufresne
Le capa, c’est ça.
01:25:40Romane Bartoli
Après avoir prêté serment, j’ai prêté serment il y a deux ans et demi.
01:25:44David Dufresne
Voilà, et depuis, vous vous battez corps et âme et notamment c'était le cas l’autre jour au tribunal judiciaire de Paris où vous assistiez des jeunes hommes principalement qui ont été interpellés dans la foulée du match PSG-Arsenal. Je dois aussi préciser que vous faites partie d’un groupe d’agitateurs et d’agitatrices. On est d’accord ?
01:26:18Romane Bartoli
Plusieurs mêmes.
01:26:19David Dufresne
Ah c’est-à-dire, parce que moi dans ma fiche là, que m’a donnée la préfecture, il n’est question que de Révolution permanente. Mais il y a autre chose ?
01:26:27Romane Bartoli
Je suis militante à Révolution permanente et au collectif d’action judiciaire qui est un collectif d’avocats, de juristes, d'étudiants en droit qui mettent leurs compétences au service des mouvements sociaux, des quartiers populaires, de la jeunesse.
01:26:40David Dufresne
Comparution immédiate, justice expéditive, brutalité policière. Vous allez nous raconter ce que vous avez vu, ce que vous avez entendu la semaine dernière pendant plusieurs jours sur trois chambres différentes. On vous écoute.
01:26:59Romane Bartoli
Déjà, je pense que la première chose à dire, c’est qu’il faut, pour remettre un peu les choses dans leur contexte, c' est que je pense que l’État a mis tous les ingrédients nécessaires pour gâcher la soirée des supporters parisiens. On a beaucoup entendu dans les médias qui ont tourné en boucle pendant de nombreuses heures après la finale, qui avaient eu 45 % d’interpellations supplémentaires par rapport à l’année dernière, etc. Mais ce qu’il faut commencer par rappeler, c’est que l'État a mis en place des dispositifs hors normes, et que c'était ça qui explique ce niveau de répression, parce qu' il y avait 32 % d’effectifs de police supplémentaires par rapport à l’année dernière. Il y a eu 8000 policiers qui ont été déployés par le ministère de l’Intérieur, et je pense qu’il faut déjà commencer par expliquer cette situation comme ça.
01:27:48David Dufresne
Maître, maître, parce que effectivement j’ai oublié de vous appeler maître et là vraiment c’est pas bien. Moi qui adore appeler les avocats, maître, les chiffres que vous donnez c'était pour Paris parce que sur tout le territoire c'était 22 000 policiers, me semble-t-il.
01:28:00Romane Bartoli
Tout à fait, je parle de Paris. C'était 22 000 sur l’ensemble du territoire et 8 000 à Paris. Et à mon avis, un autre ingrédient aussi qui a fait monter les tensions, c’est le fait qu’il y ait eu une interdiction de fan zone à Paris, on vient empêcher les gens de pouvoir se retrouver, de pouvoir regarder le match ensemble et nécessairement ça conduit aussi à la désorganisation. Donc c'était effectivement dans ce contexte qu' il y a eu 890 interpellations. C’est énorme. Ces 890 interpellations se sont transformées, il me semble, en 312 gardes à vue. Et je pense que la première chose à rappeler, c’est que la réponse de l'État à cette joie populaire, ça a été effectivement la répression judiciaire, mais d’abord policière. Parce qu’on a beaucoup entendu dans les médias qu’il y aurait eu de la casse, etc. Mais ce qu' il faut aussi rappeler et ce qu' on a beaucoup moins entendu, c'était une soirée de violences policières très importante. StreetPress a fait une enquête qui vient recenser tous les cas de violences policières. Il faut quand même rappeler qu’il y a eu trois personnes qui ont été gravement blessées au LBD, dont une personne qui est un enfant de 13 ans, qui a perdu son œil par un tir de LBD à Bobigny ce soir-là. Et au-delà de ces trois cas, j’ai vu un certain nombre de personnes qui racontaient des violences multiples, un journaliste qui, malgré son brassard-presse se fait frapper à la tête par des coups de matraque, un homme au sol qui se fait tabasser. On a vu aussi des images de vidéosurveillance de jeunes qui entrent dans un hall d’immeuble pour se réfugier des gaz lacrymogènes et qui se font tabasser par une horde de policiers en sortant, etc. Donc la première chose c’est qu’il y a eu des violences policières très importantes, et je pense que c'était important de le rappeler parce qu’on en a très très peu entendu parler. Et ces violences, elles se sont aussi poursuivies en garde à vue, parce qu’il y a un certain nombre de personnes qui ont été enfermées, notamment des mineurs, qui racontent des séances d’humiliation en garde-à-vue, un jeune qui raconte qu’ils ont eu des insultes racistes, homophobes, etc. Et ça, je pense que c’est aussi un aspect important. Et à mon avis, ça vient rappeler que l'État, les classes dominantes n’ont pas besoin de raison pour criminaliser les jeunes des quartiers populaires, que leur joie suffit. Et toute la séquence médiatique qui s’en est suivie, pour moi, elle vient démontrer que voilà, on veut créer un état de peur permanent envers ces jeunes qui sortent dans la rue simplement pour fêter une victoire symbolique, celle de la victoire de leur club de foot. Et je pense que ça vient aussi rappeler qui a le droit ou non d’occuper l’espace public. On l’a vu aussi quelques jours plus tôt avec les images du Canal Saint-Martin qui ont beaucoup tourné, où en fait c’est des jeunes qui simplement, comme c'était la canicule, veulent se rafraîchir, qui se font interdire les quais du Canal, qui sont pourchassés par la police, etc. Et ce dans un contexte où je rappelle quand même qu’il y a deux ans, au moment des Jeux Olympiques, on nous a fait tout un sketch autour de la Seine qui allait être baignable. On a investi énormément d’argent pour ces JO, pour que la Seine soit baignable, etc. Et deux ans après on se retrouve avec des jeunes pour chasser sur les quais du canal, pour le simple fait de prendre de la joie à se baigner dans un contexte de canicule. Donc le contexte est celui-ci, et de la même façon sur le jour de la finale, moi j’ai trouvé aussi extrêmement ironique la scène où en fait la tour Eiffel est illuminée aux couleurs du PSG mais que par contre au pied de la tour Eiffel soit on a interdiction d’y aller soit en fait on a des scènes de jeunes qui se font chasser par la police et après ça s’ensuit effectivement la violence judiciaire.
01:32:09David Dufresne
Alors là maître, je vous laisse reprendre votre souffle pour mettre un dessin. C’est celui de Ana Pich puisque je vous ai découvert par la chronique judiciaire que nous avons publié d’Ana la semaine dernière où elle a suivi les audiences et on vous voit dans votre robe d’avocate, on vous voit donc en train de plaider. Alors là, il s’agit d’un client qui était à moto sur le périph vers 23 heures. Vous dites qu’il avait des embouteillages, qu’ils s’y retrouvaient bloqués et que la police a chargé et qu' il a été interpellé comme ça. Voilà, et il est resté 24 heures.
01:32:56Romane Bartoli
C’est ça en garde à vue. Ouais, j'étais pas exactement en train de plaider, en réalité j'étais en train de me faire interroger par exemple dans les couloirs et pourquoi ça a son importance c'était parce qu’en fait ce client que je défends, il n’est pas passé en comparution immédiate, il a eu ce qu’on appelle une ordonnance pénale qui lui a été notifiée et en fait ça a concerné un très grand nombre de personnes qui ont été placées en garde à vue puis déférées, c’est à dire que c'était des cas, comme Macron annonce qu’il va avoir une réponse ferme que je ne sais plus ses mots exacts, mais en gros il expliquait qu’ils seraient intraitables avec ceux qui avaient été arrêtés. En fait, ils ont un certain nombre de personnes qui sont interpellées, qui sont placées en garde à vue. Ils ont des tonnes de dossiers vides, comme c’est systématiquement le cas sur des arrestations de masse comme ça, pour faire durer l’humiliation et faire en sorte que les gens sortent le plus traumatisés possible. Ils les défèrent quand même au tribunal et pour un certain nombre, ils leur font des procédures qui ne sont pas des procédures de comparution immédiate quand ils n’ont pas de quoi les poursuivre en comparution immédiate. Moi, le client en question, c’est quelqu’un effectivement qui a regardé le match avec sa famille, qui après la fin du match se dit bon, il y a une fan zone à côté du stade de France.
01:34:16David Dufresne
Oui au Parc des Princes.
01:34:17Romane Bartoli
Au Parc des Princes, voilà, où il y avait le maire de Paris, etc., qui dit « je vais aller au Parc des Princes pour fêter la victoire avec les autres supporters », il prend le périph, il est à moto, et en fait devant lui, ça bloque, parce qu’il y a un embouteillage monstre, qu’il y a des centaines de motards comme lui qui veulent rejoindre la capitale, donc ça bloque. Il attend 5-10 minutes et en tout à coup, tous les motards devant lui font demi-tour sur le périph. Dans la panique, il commence à retourner sa moto pour faire demi-tour en hésitant, parce que c’est dangereux quand même de faire demi-tour sur un périphérique. Et en fait, au moment où il est en train de tourner sa moto pour se faire demi tour, il se fait interpeller par la police, on le met en garde à vue et ce qu’on lui reproche, c'était une entrave à la circulation. En garde à vue, la police lui dit, c’est pas la peine de prendre un avocat, tu t’en sortiras mieux sans et lui demande de reconnaître les faits, alors que lui dit, je ne vois pas en quoi j’ai entravé la circulation, je suis juste à moto sur le périph et la police lui fait avouer les fait en garde à vue, et derrière, il se fait déférer au tribunal, et il a donc une ordonnance pénale, qu’est-ce que c’est qu’une ordonnance pénale ? C’est assez particulier, c' est une peine sans voir de juge. C’est-à-dire qu’on vous notifie une peine, c’est le juge qui prend quand même cette décision, on vous notifie une peine dans les geôles du tribunal, dans les box, et c' est une peine qui est grave parce que c’est une peine inscrite au casier judiciaire, et tout ça sans voir de juge et la façon de pouvoir la contester c’est que vous pouvez dans les 45 jours faire opposition, mais vous êtes convoqué immédiatement en procès. Donc moi je lui ai conseillé de le faire, il va contester. Mais pour beaucoup de personnes qui ne sont pas assistées par un avocat, si vous voulez, c’est hyper intimidant. On vous dit, si tu contestes l’amende qu’on t’a notifiée sans aucune forme de procès, là tu vas être poursuivi, tu vas être convoqué en comparution immédiate, etc. Donc c'était une façon de décourager et c’est pour eux une façon de faire du chiffre. Parce qu’en réalité, il n’y a pas eu tant que ça de comparutions immédiates et il me semble qu’il y en a eu une trentaine. Mais par contre, il y a eu 112 déferrements. Donc en fait, pour tous les autres cas, c’est ce type de procédure. Il y a aussi des CRPC. C’est un peu le même type de procédure. C'était sur la base de la reconnaissance des faits.
01:36:45David Dufresne
C’est le plaidé coupable.
01:36:47Romane Bartoli
Voilà, exactement. C’est le plaidé coupable, c’est tout l’enjeu en ce moment-là sur les réformes judiciaires, mais c’est exactement ça. Donc moi c'était ça, cette situation de cette personne dont j’ai parlé avec Ana, et voilà, je trouve que c' est significatif. C' est à dire qu' on a des gens, lui il avait pas de casier, il se retrouve là, et en plus, lui quand même, le procureur a requis pour lui, au final il a pas eu ça, mais il a requis. Je crois que c'était 1200 jours amende à 10 euros. Non, c'était pardon, 210 jours d’amende, excusez-moi, à 1000 euros, ce qui faisait une amende de 2100 euros. Et s’il ne payait pas cette amende, c’est de la prison, donc c' est quand même une peine très importante. Finalement, il a eu une peine de 300 euros d’amende, mais ce qui reste une peine importante, inscrite au casier. Et une peine sans procès pour le simple fait d’avoir pris le périphérique ce soir-là.
01:37:49David Dufresne
Alors, vous avez exposé, et c’est bien, les violences policières, les violences judiciaires. Le tchat vous dit néanmoins il y a quand même des gens qui ont cassé les vitrines, c’est notamment Nini-Bretagne-RPZ qui vous dit ça. Et on sait bien que le soir même, le RN flanqué d’un certain nombre de chaînes d’infos ont évidemment agi sur ce ressort-là. Donc d’un côté il y a les festivités, le fait de vouloir, y compris bruyamment, célébrer la victoire de son club, puisqu’on a bien vu au tribunal, la plupart avaient leur maillot du PSG du Qatar. Enfin bon, bon, ça c’est un autre sujet. Enfin bon c'était authentiquement des supporters, des fans du PSG bon, il y a eu quand même des choses qui ont permis aux chaînes d’info à l’extrême droite d’appuyer là où ça fait mal. Qu’est ce que vous répondez à ça ?
01:38:57Romane Bartoli
Moi je réponds, la première chose c’est que plus on met un dispositif policier important, plus il y a de tensions et plus il y a de problèmes. C’est la première, c' est mathématique, quand il n' y a pas des dispositifs qui sont aussi importants, ça ne se passe pas comme ça. La deuxième chose, c est qu’effectivement, toute l’extrême droite est venue s’en servir, mais pas que l' extrême droite, à la fois j’ai vu effectivement Bardella, je ne sais plus ce qu’il a dit, mais en gros, il a fait le lien directement avec l’immigration en disant le premier moyen pour arrêter l’insécurité, c’est qu' il faut arrêter l’immigration pareil, Marine Le Pen. Sur CNews, de la même façon, on nous a parlé de racailles de barbares, Bruno Retailleau de la même façon, est venu dire qu’il fallait résoudre les désordres migratoires pour résoudre la crise d’autorité, mais d’ailleurs ce n’est pas le seul, parce que par exemple, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, et même aller jusqu'à parler d’un problème d'éducation et d’un problème culturel. Donc c’est quasiment du racisme ouvert. Et moi je pense que tout ça en réalité, et d’ailleurs là où ce n’est pas que l’extrême droite, c' est que cette situation vient aussi servir l’agenda répressif et raciste du gouvernement, à commencer par exemple par la loi Ripost, qui est une loi portée par Nunez qui est une loi qui vise tout particulièrement la jeunesse des quartiers populaires parce que c’est une loi qui s’appuie sur la figure du délinquant qui serait source d’insécurité etc. Et qui vise à punir encore plus durement ce qu’ils appellent les mortiers d’artifice. Les mortiers d’artifice en réalité ce n’est pas grand chose, on appelle ça des mortiers, c’est juste des feux d’artifices qui sont libres à la vente et il y a un projet de loi aussi qui s’attaque aux rodéos urbains qui veut étendre la vidéosurveillance, etc. Donc, je pense que tout ça, effectivement, sert l’agenda du gouvernement, mais la réalité, c’est que, si vous voulez, on peut inverser les choses. Pourquoi on n’a pas parlé de toutes les violences policières que j’ai citées tout à l’heure dans les médias pendant trois jours et que je pense qu’ils ont mis tous les ingrédients pour que ça se passe mal. Interdiction des fan zones, déploiement policier énorme et que derrière, on a un discours médiatique qui vient servir cette rhétorique-là aussi, du délinquant, etc. Et donc, moi, je sais pas ce que j’ai à répondre, une vitrine, bah écoutez, ça arrive dans tous les phénomènes de joie populaire et en plus, c’est pas nécessairement le cas, parce qu’il y a aussi plein d’exemples de joies populaires, par exemple liées au foot, qui se passent très bien quand il n’y a pas des dispositifs qui sont ceux-ci. Là, ils avaient tout mis en place pour que ça se passe mal.
01:41:49David Dufresne
Je précise que LFI, en tout cas Eric Coquerel a demandé une commission d’enquête parlementaire sur ce qui s’est passé, et notamment sur les violences policières. Comme vous, il déplore l’absence de fan zone comme alternative préventive. Et voilà, donc il y a ce point-là. Et Laurent Nunez, lui, j’aimerais vous entendre par rapport à ce que vous avez vu au tribunal, ce que nous avons entendu, lui il dit, ne parlez pas de maintien de l’ordre. Et là je cite, on est sur la gestion d'émeutes et de violences urbaines, ce n’est pas la même chose. Alors d’abord, il se trompe parce qu’il y a le maintien de l’ordre, le rétablissement de l’ordre, mais le terme violence urbaine, c’est un terme policier et il fait intervenir a priori des policiers du maintien de l’ordre. Si, c’est exactement la même chose, mais évidemment dès lors que l’on parle de violences urbaines ou d'émeutes, on dit autre chose. Qu’est-ce que vous vous répondez à ce point de vue de Laurent Nunez ? En gros, ils ont cherché la bagarre quoi.
01:42:58Romane Bartoli
Non, moi, c’est un peu dans le sens de ce que je disais avant, je pense que c' est l’État qui est responsable et qui, à nouveau, met tous les ingrédients pour que les choses se passent mal. Et je pense aussi qu’ils utilisent sciemment un vocabulaire qui est très orienté, tout comme on parle de mortier à tout va, etc, c' est la même chose. Et à nouveau je pense vraiment que ça vient derrière servir leur agenda politique. Et d’ailleurs, de ce point de vue là aussi, par rapport à ce que pour compléter ce que je disais avant. Mais par exemple, Valls s’en est servi pour dire qu’il faudrait venir couper les allocations familiales.
01:43:36David Dufresne
De qui vous parlez ?
01:43:37Romane Bartoli
Manuel Valls.
01:43:41David Dufresne
Et attendez, mais pourquoi vous parlez de lui ? Qu’est-ce qu’il vous prend chez Révolution ? Je rigole, je rigole !
01:43:46Romane Bartoli
Ce que je veux dire, c’est que toute la classe politique s’en sert derrière pour venir avancer son agenda sur tel ou tel truc. Par exemple, Valls est venu mettre l’accent sur le fait qu’il faudrait, en raison de cette situation et des violences urbaines, couper les allocations familiales des familles, des délinquants. À nouveau, c’est un niveau d’offensive raciste, réactionnaire, etc., que moi je trouve délirant. Et pour moi, c’est très imbriqué avec la façon dont on nous parle des faits sur les médias pendant trois jours, parce qu’en fait, c’est eux qui montent en épingle cette situation, d’abord en amont, en mettant tout en place pour que ça se passe mal, puis après, en nous bassinant avec ça, pendant trois jour, toute la classe politique réagit, etc. Et je pense qu’il faut le comprendre aussi de cette façon.
01:44:41David Dufresne
Alors, je voudrais quand même dire que j’ai assez rigolé sur ce dessin d’Ana Pich, je sais pas si vous le voyez, c’est donc un prévenu né en 2007, donc il est tout jeune quoi, à Bondy, qui n’a pas de casier, il y a énormément de gens qui n’avaient aucun casier et aucun antécédent, etc. Mais j’ai bien aimé sa justification pour le fait d’avoir beaucoup de mortiers dans sa bagnole, les mortiers c'était pour les vendre, pour arrondir les fins de mois c’est possible, c' est possible, enfin bon
01:45:15Romane Bartoli
Moi j’ai assisté à cette comparution je pense que c'était le cas à cette audience et sur le couteau en fait si vous voulez pareil on vient de monter en épingle, c’est quelqu’un qui a en voiture, qui sous son siège, a un opinel un opinel d’ailleurs je crois avec marqué Ile d’Oléron et je crois que c'était ça si je me trompe pas
01:45:33David Dufresne
Ah bah alors il est innocent.
01:45:36Romane Bartoli
Non mais si vous voulez, moi je pense que j’ai peut-être un opinel dans ma voiture. Enfin vous voyez c’est qu’aussi on vient derrière…
01:45:43David Dufresne
Oui mais vous c’est l'île de Ré !
01:45:45Romane Bartoli
Peut-être.
01:45:49David Dufresne
Je me doute, non mais qu’importe, oui oui, donc effectivement, et en fait, il l’explique, c'était pour un barbecue, voilà, et que ça traînait dans sa bagnole, et effectivement, dans une bagnole, enfin voilà, si on ne peut pas avoir un opinel, alors là, ça devient compliqué de vivre, non, mais voilà.
01:46:07Romane Bartoli
Sur les feux d’artifice, effectivement je pense que si vous voulez, finale du PSG, il s’est dit je vais me faire un petit business, je vais acheter quelques feux de d’artifices, aller les revendre sur les endroits où il y a du monde qui font la fête parce que c’est d’usage, c' est culturel de faire des feux d' artifices quand il y a une fête nationale, c’est ce qui se fait au 14 juillet, au nouvel an, donc oui, ça ne choque pas plus que ça.
01:46:39David Dufresne
Je voudrais terminer quand même en évoquant le cas des mineurs. Alors je ne sais pas si vous, vous avez pu assister à des audiences de mineurs, mais je sais que votre consœur et camarade, Elsa Marcel, qu’on avait reçue au poste il y a quelques jours, on a suivi, qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur ces mineurs, d’où ils viennent, ce qu’il aurait été reproché, dans quel état ils étaient, parce que certains étaient vraiment très très jeunes.
01:47:09Romane Bartoli
Bah oui, moi j’en ai pas assisté effectivement, j'étais avec ma consœur Elsa Marcel qui elle en a assisté, c’est du mineur qu’elle, elle a défendu dont je parlais tout à l’heure quand je disais que l’un d’entre eux qui avait je crois que seulement 13 ou 14 ans s’est fait déjà tabasser lors de son interpellation, il s'était fait interpeller à la mi-temps, donc il a même pas pu voir la fin du match, le pauvre il a appris le résultat en garde à vue. Mais surtout ce qu’il racontait c'était qu' il est sorti hyper hyper traumatisé parce qu’en fait pendant 24 heures, ça a été une opération d’humiliation où lui, il a subi des insultes racistes, les policiers lui disaient qu’il était chinois, imiter un accent chinois etc., des choses extrêmement dégradantes, et il avait le malheur de porter un t-shirt du PSG rose, ce qui lui a valu des insultes homophobes tout du long de sa garde à vue. Et je pense que c’est la même, moi j’en ai pas assisté personnellement mais je pense que c’est la logique que j’expliquais tout à l’heure à savoir bien faire comprendre à ces jeunes que l’espace public il ne leur appartient pas et bien les traumatiser en garde à vue pour qu’ils, et c'était des enfants, enfin 13 ans vous imaginez, c'était extrêmement jeune et voilà bien leur rappeler qu’eux ils n’ont pas leur place à Paris, qu’ils n’ont pas leur place dans l’espace public. Et qu’ils n’ont pas le droit de faire la fête à Paris, c’est ça qu’on a voulu leur rappeler. Après, sur les autres dossiers plus précisément, je ne sais pas, en plus ce n’est pas public, donc je n’ai pas plus d’informations sur ça.
01:48:47David Dufresne
Merci beaucoup d'être venue nous voir aujourd’hui, Romane Bartoli, maître Bartoli du Barreau de Paris. Je signale donc deux articles, l’un de Mediapart, de Camille Polony et de Laura Wojcik. Finale de la Ligue des Champions, les méthodes violentes des forces de l’ordre en question. Un article paru le 2 juin. Et l’autre article auquel vous faisiez allusion tout à l’heure, qui date lui du 5 après la victoire européenne du PSG, une soirée de violences policières passée au crible. Si des débordements ont eu lieu en France après la victoire en Ligue des Champions du Paris-Saint-Germain, écrit StreetPress Vincent Victor, qui est le responsable de cette enquête, des policiers ont commis de nombreuses violences. Trois personnes, dont deux mineurs, auraient été grièvement blessées par des tirs de LBD. Et je m’empresse de préciser qu’il y a des enquêtes qui ont été ouvertes par l’IGPN. Mais je m’empresse à nouveau de préciser que ça ne sert à rien. Mais enfin, bon, voilà, c’est comme ça. Merci, merci beaucoup. Bonne journée à vous. C’est quoi un lundi d’une avocate au barreau de Paris ? Vous allez faire quoi aujourd’hui ? Racontez-nous, c’est quoi ?
01:50:11Romane Bartoli
J’ai plein de rendez-vous avec des clients et je vais préparer mes défis sur ce que j’ai cette semaine.
01:50:18David Dufresne
Merci beaucoup, bon courage, c'était un plaisir et merci, merci d'être, d’être là. A très bientôt. Au revoir. Merci beaucoup. Merci beaucoup voilà, chers amis, alors j’aurai pas le temps de lire les deux, les deux papiers en question, si vous êtes un abonné à Mediapart, vous pourrez le faire et StreetPress s’est en accès libre. Il est 8h57. Mais vous fumez, monsieur. Mais pas du tout monsieur, pas du tout. Alors c’est l’heure de la météo du tchat et ensuite on fera Ici Londres la revue de presse sur l’extrême droite. Mais là, la météo du tchat, je vous laisse ouvrir la fenêtre et nous dire où vous êtes et le temps qu’il fait pour savoir comment ça se passe ? C’est la météo du soleil, la météo des nuages avant d’arriver à la météo des orages avec ici Londres. Paris, c’est tout beurk, nous dit Beauzotique, Nantes, gris 16 degrés, il pleut sur Nantes et je me souviens, nous dis Samo, je suis à Saint-Brieuc et il fait couvert, nous dit Cadoc, comme sur le pays, il fait couvert de gris à Nantes nous dit Piscopathe, bleu sublime et doux dans le Var, hélas bien brun, nous dit Lélie, vent et révolte dans un grand ciel bleu à Strasbourg, nous dit Titi, Lyon, grand bleu, grand beau, pardon, à Marseille, Sattrape nous dit, elle nous dit juste à Marseille, bon, 13 degrés à Brest, il pleut, nous dit Renan, 16 et nuageux à Amsterdam, soleil couvert à Rennes, grand soleil à Panissière, Créteil, il fait gris, pas de soleil ! grand soleil, petite brise sympa pour démarrer la semaine dans l’outre-forêt. C’est l’Alsace du Nord, c’est agréable, nous dit NB Twitch. 21 degrés au pied du Canigou, bleu bleu, bleu nous di tla belle Hélène. Nuages au nord de Poitiers, nous dit Didy Blue. Oh, bonjour Didy ! Bordeaux gris et pluie épisodique, nous dire optimistik, gris à Angers. Il est l’heure d’aller voir l’actualité attention, 3, 4, c’est la rubrique tant attendue, les 8h58, de France Déter
01:53:06Audio
Ici Londres, les Français parlent aux Français. Écoutez-nous d’abord quelques messages personnels. Les sanglots longs des violons de l’automne. Je répète : les sanglots longs des violons de l' automne blessent mon cœur d’une langueur monotone. Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand.
01:54:05David Dufresne
Hop, là c’est bon, c' est parti, voilà, il faudra que je le remette, bon hop, ah bah non, non ce n’est pas parti, on est obligé d’attendre, bon bah on se remet une fois et puis voilà quoi, hop, hop. Cette semaine, un maire RN s’attaque au planning familial dès son installation, ça se passe à Carpentras, ça préfigure, ce que serait l’extrême droite au pouvoir sur les droits des femmes. Pierre-Édouard Sterin, encore lui, se présente enfin devant les sénateurs et qui l’assume, la remigration. Le groupe Canal+, sous emprise Bolloré, s’apprête à servir la campagne de Zemmour. Le RN développe son propre outil IA pour formater ses militants en vue de 2027. Et voilà à peu près les articles dont je voulais vous parler. Alors tout d’abord à Carpentras, c’est un article de l’Humanité. A Carpentras, je vais le chercher. Ici, il est là, tac, le voilà, à Carpentras, fraîchement élu, maire de Carpentras, dans le Vaucluse, lors des municipales de 2026, Hervé de Lépinau a fait fissa pour révéler ses priorités idéologiques, suppression de la subvention municipale au planning familial, voté dès le 5 juin. La somme, 3000 euros, est symbolique. La décision, elle, ne l’est pas. Hervé de Lépinau est l'élu qui compare en 2020 l’avortement aux génocides arméniens rwandais à la Shoah au crime de Daesh. Pour justifier la coupe, la mairie évoque d’abord des raisons budgétaires avant d’ajouter que les prises de positions politiques, entre guillemets, du planning contre le RN et ses affiches sur les grossesses chez les personnes trans constituaient des lignes rouges, ouvrez les guillemets. présidente de l’antenne Vauclusienne, n’a pas été surprise. On est dans le combat d’idées, leurs valeurs sont fondamentalement opposées aux nôtres. Voilà ce que c’est que le RN quand il a un tout petit peu de pouvoir. Imaginez, imaginons qu’il en ait plus. Deux articles cette fois-ci dans Mediapart et dans Le Monde à propos de Stérin au Sénat. La remigration, assumée les questions, esquivées. Jeudi dernier, Pierre-Edouard Stérin s’est présenté devant la commission d’enquête sénatoriale sur le financement des fondations privées en politique, mais en visioconférence comme il l’avait déjà fait. Sauf que la dernière fois que nous l’avions, nous, nous le peuple, nous les représentants du peuple plus exactement, on l’avait convoqué en mai 2005, il avait préféré commenter l’audition en direct sur CNews plutôt que de venir devant la Commission parlementaire. Cette fois, la menace de deux ans de prison pour refus de comparution semble l’avoir convaincu de s’y plier. L’homme d’affaires belgeo exilé, fortune smartbox, philanthrope ultraconservateur et financier de l’arrière-ban réactionnaire, a exposé franco ses ambitions. méta politiques entre guillemets Pourquoi la vidéo est écœurante ? Diffuser des idées libérales conservatrices, entre guillemets, obtenir une politique de droite libérale conservatrice dans les prochains mois. Il s’est dit à droite de l’extrême droite sur l’immigration, assumant le concept de remigration chère aux identitaires et prétend simultanément se situer à l’extrême gauche de l’extrême droite sur l'économie non mais les mecs ! Avec une autodérision qui n’a trompé personne dans l’hémicycle. Son projet Périclès révélé un an après son lancement clandestin finance des think tanks, des cercles d’influence, sans participer directement à la compétition électorale, du moins officiellement. Deux articles à lire sur Mediapart et dans Le Monde, qui ont été publiés le 4 juin l’Humanité également, évidemment. Voilà. Alors on rappelle, on rappelle que ce monsieur prétendument patriote, est fuyard fiscal. On ne va plus dire exilé fiscal, parce que ce n’est pas sympa pour les exilés. Donc on va parler de fuyard fiscal, je pense que c’est mieux. Ce monsieur est donc un fuyard fiscal et vient donner des leçons de patriotisme. On se gausse, le monde à nouveau, Canal Plus met Zemmour en campagne, ses propres syndicats se rebiffent. Planète Plus, chaîne du groupe Canal Plus diffusera les 23 et 30 juin une adaptation en 4 épisodes du suicide français, le best-seller d'Éric Zemmour publié en 2014 réédité depuis chez Fayard, maison, elle aussi dans le giron de Vincent Bolloré. Le syndicat autonome Plus Libre a dénoncé vendredi dernier une provocation de la direction, l’accusant de vouloir accompagner le plan de communication de Zemmour, condamné à plusieurs reprises par la justice pour complicité de provocation à la haine. Et probable candidat à la présidentielle 2027, le syndicat rappelle que c’est déjà sur Bolloré rachète, Bolloré réédite, Bolloré diffuse, le système tourne, c’est à lire dans le Monde. Enfin, voilà une information qui va beaucoup plaire à Euryale. Le RN se dote d’un ChatGPT pour former ses militants à un an de la présidentielle, le Rassemblement National a décidé de déléguer sa propagande interne avec un outil d’intelligence artificielle sur mesure. Un agent conversationnel capable de répondre aux questions des cadres et des militants sur le programme du parti au cas où ils ne le connaîtraient pas bien. L’outil sera alimenté par les discours de Marine Le Pen et de Bardella Jordan, les tribunes et les votes à l’Assemblée nationale. Il s’agit officiellement d'éviter les cafouillages de 2024, comme lorsque le député Sébastien Chenu avait défendu sur C8 la suppression de la double nationalité, mesure abandonnée deux ans plus tôt par son parti. En une demi seconde, on sera capable de riposter, félicite déjà un élu, c’est dans France Info, ça date du 3 juin, et ça valait le coup d’en parler, voilà, c'était ici Londres, notre rubrique, les aupostiens parlent aux aupostiens, les aupostiennes parlent aux aupostiens, notre revue de presse de l’extrême droite, qu’est-ce qu’il me reste ? Il me reste, il me reste évidemment les convocations. Les convocations à venir ! Demain matin, Sarkozy en zonzon, ce sera avec Laélia Véron et Julien Fischmester Laélía Véron, vous la connaissez probablement, elle est linguiste, Julien est membre de l’Observatoire international des Prisons. Ensemble, ils publient un petit livre dans la collection Tract chez Gallimard sur Nicolas Sarkozy et ses mensonges et ses silences sur la prison. La prison selon Sarkozy, mensonge, privilège, 100 000 lecteurs. La prison, selon l' OIP, 88 000 oubliés. Nous parlerons donc demain matin, dès 8 heures, avec Laélia Véron et Julien de leur livre et de ce que Sarkozy a dit et de ceux qui n’ont pas dit. Yaskin dans le chat qui dit que le FAP GPT répondra c’est une question piège pour moi Ah ah ah ah C’est quand même pas mal. Ils ne sont même pas capables de lire leur propre programme. Non mais c’est vrai, c'était quand même incroyable. C'était vraiment incroyable ! Voilà, donc ça c’est une invitation demain matin et demain soir, attention, attention ! Demain soir, là, c' est la grande fête. Et donc, c' est la raison aussi pour laquelle je vais bientôt arrêter la matinée parce que j’ai beaucoup de préparations qui m’attendent, puisque il va y avoir trois plateaux, il s’agit de la Bollo night.
02:03:12Audio
Oh merde ! Quoi ? Les flics ? Non ! Si ! Merde !
02:03:21David Dufresne
La Bollo night cinéma, édition, média, c’est demain de 20h à 23h, 3h de débats non-stop, en public et en plein air, aux postes exceptionnels, trois plateaux, trois débats. Que veut et que fait Bolloré. Nous serons avec la dénommée Despentes Virginie, avec la dénommée Legrain Sarah de LFI, avec Anaïs Massola du Syndicat de la Librairie Française, avec Marine Riou du collectif Zappé Bolloré, avec Arié Alimi, avocat, avec Joseph Paris et Christophe Cognet réalisateurs, membres de la société des réalisateurs de films. Nous serons aussi avec François Bonnet du Fonds pour une presse libre, nous serons avec Nicolas des éditions Libertalia. Trois heures donc de débats, c’est ouvert à tous. Attendez, je l’aime trop cette affiche. Une affiche signée par Alexis, notre graphiste, c’est la Bollo night. Mais évidemment, l’automatisme, il n’est pas capable de voir. C’est ça qu’il faut filmer. Ah voilà, vous ne m’entendez plus mais ce n’est pas grave voici, ça c’est l’affiche. Alors par contre, réservez votre place parce qu’il y a déjà beaucoup, beaucoup de monde et à un moment donné on ne va plus pouvoir recevoir. Réservation obligatoire, toujours à prix libre. C’est vous qui permettez ces rencontres, ces captations, ce son, cette lumière. Merci à celles et à ceux qui soutiennent parce que ça coûte un peu d’argent d’organiser de tels plateaux. Mais on est très heureux de le faire. Ça va être super, vous êtes les bienvenus. Si tout va bien, il y aura une petite buvette, c’est en plein air, c’est à Césure, rue Santeuil, Paris 5ème et ce sera évidemment en direct sur le site. Je crois que j’ai fait le tour, tac à tac, ouais, je pense que j’ai fait le tour. Il y avait d’autres trucs, bah c’est pas grave. Qu’est-ce que je peux vous dire d’autre ? Non, bah, c’est tout. Je dois quand même, parce qu’on est lundi matin, il est 9h12 C' est quand-même pas mal de remercier l'équipe qui va encore travailler comme des fous, Euryale évidemment, Nayan Chowdhury à la réalisation, Théophile Massat aux réseaux sociaux, Théophile, voilà, là depuis que Théophile est arrivé, on poste et partout sur Instagram, bravo, bravo Théo ! Les animateurs Mathilde Larrère, Nora Bouazzouni, Nicolas Lebourg, Marc Endeweld, Hélène Assekour l'équipe du site Alexis, le graphiste dont je vais vous montrer les œuvres, Rolland qui s’occupe des biographies, le studio Etamin qui s’occupe de tout ce qui est développement, et les héros de toujours, Olivier, Robin, Muriel, Veuve Chyco, Pimiko, Nicolas et tant d’autres.
02:06:40Audio
David Dufresne, alors lui, il est formidable, David Dufresne.
02:06:50David Dufresne
Merci beaucoup, donc aujourd’hui on n’a pas besoin de coup de main, mais si tu veux venir demain vers 6 heures, 7 heures pour nous aider, pour mettre les tables, les bancs et tout ça, eh bien tu es le bienvenu. Voilà, merci à vous toutes, à vous tous, j’espère que cette matinale vous a vous a convenu, vous a plu, vous à donné de la force, donné des informations, donné du grain à moudre et donc du café. Voilà, merci à vous, encore une bonne France Déter, nous dit Mr Coltrane, salut à vous ! Nous dit Émile Cheval, Florent dit je reprends le, replay, bonjour Émile, répond Euryale à Émile Cheval, bonne journée, génial comme d’habitude, nous dit Beauzoutic, merci beaucoup, je réécouterai, merci a toutes et à tous. Et bien on se retrouve demain 8 heures pour parler de Sarkozy, pour parler de la prison, pour parler des mensonges de Nicolas Sarkozy dans son petit livre best Seller et de 20 heures à 23 heures notre Bollo night. N’hésitez pas à réserver c’est entrée libre. Si vous n’avez pas d’argent vous donnez pas, si vous en avez un peu et bien vous pouvez soutenir la cause. Allez un dernier truc, qu’est ce que je pourrais mettre ? Voilà quelqu’un qui aurait aimé avoir le ChatGPT du Rassemblement national, c'était en 2024. Est-ce que ChatGPT pourra sauver ce genre d’individu ? Dans quelques mois, nous le saurons.
02:08:23Audio
Je suis désolée. Est-ce qu’on pourra couper cette partie ? J’ai vraiment pas compris cette question. Désolé, alors on peut pas couper parce que c’est pas possible.
02:08:33David Dufresne
Voilà chers amis, à demain ! Dites-moi si c’est bien la caméra comme ça ou si vous préférez qu’elle soit en face. C’est comment ? Vous me direz dans le tchat. Euryale je te laisse raider et à tes occupations. Voilà, merci beaucoup, à demain les amis. Merci encore, merci de vous abonner auposte.media c’est le moyen le plus sûr de soutenir au poste à partir de 2 euros par mois, vous pouvez faire des abonnements mensuels, vous pourrez faire des abonnements annuels. Vous pourrez aussi faire des dons qui sont défiscalisables, enfin tout ça vous êtes au courant. Merci d’avance, on compte sur vous comme vous comptez sur nous
02:11:36Audio
La riposte c’est vous, suivez la chaîne, activez la cloche, donnez au poste.

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.