Le Pen défie la loi. Et maintenant ?
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Amis de la limonade, amis du café, amis de la justice, cette justice incroyable qui nous a encore réservé un truc de dingue, Extrêmorama spécial avec le plus grand des observateurs, des historiens de l’extrême droite, celui qui refuse pratiquement toutes les propositions, les invitations ailleurs, sauf aujourd’hui ou demain dans La croix. J’ai nommé monsieur Lebourg Nicolas. Alors, monsieur Lebourg Nicolas, bonjour monsieur. Oh la vache, il te reste 34 % qu’est ce que t’es beau. Alors, Monsieur l’historien, bonjour, comment vas-tu, mon cher Nicolas ?
Bonjour mon cher David, très bien.
Très bien, alors écoute, tu m’avais envoyé un petit email il y a trois heures me disant je parie une bière qu’elle ira et que Bardella va filer droit. Tu as gagné ta bière, elle y va et on ne sait pas encore, mais à priori Bardella va y aller. On va passer trois quarts d’heure ensemble, le temps que ton téléphone s'épuise alors que nous admirons les ouvrages derrière toi. Je rappelle que tu es donc historien du Rassemblement National, du Front National. On te doit quantité de livres et notamment cette bible extraordinaire que je suis en train de relire sur Monsieur Duprat François, celui qui avait inventé le Front National, tu as également publié récemment un livre dont on parlera tout à l’heure avec les copains de StreetPress. Aujourd’hui, la cour d’appel de Paris a statué dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front National, devenu RN, car rappelons que cette histoire a démarré sous les couleurs du Front national, portant sur le paiement entre 2004 et 2016 des salariés du parti avec l’argent du Parlement européen pour un montant détourné de plus de 4,4 millions d’euros. Marine Le Pen est accusée d’avoir prolongé un système mis en place par son père, Le Pen Jean-Marie, fondateur du FN, elle est reconnue coupable donc de détournement de fonds publics, de complicité de détournement de fonds. Attends, on me demande de couper la musique, je coupe la musique. Elle est donc condamnée à trois ans de prison dont un an sous bracelet électronique, à 15 mois ferme d’inéligibilité et la cour d’appel a pris en compte la liberté de candidature et la liberté des choix des électeurs en la condamnant à 15 mois d’inéligibilité avec une partie de la peine de prison aménageable. Donc, elle a annoncé tout à l’heure chez ton ami Gilles Bouleau de ton TF1 adoré qu’elle était candidate. Monsieur Lebourg Nicolas, première réaction.
Alors primo, outre bonjour à tout le monde, te dire qu’en propos de François Duprat, j’ai reçu aujourd’hui même de nouvelles dérogations, donc il y aura de nouvelles publications sur François Duprat d’ici peu, le temps qu’on me laisse le temps de travailler les archives et d'écrire. Écoute, j'écoutais Marine Le Pen comme toi tout à l’heure et sans doute comme pas mal de gens j’ai trouvé que c'était assez intéressant d’abord parce que par rapport optimal que je t’avais envoyé, je trouve qu’elle a très bien géré la question du décrochage de Jordan Bardella. Elle l’a raccroché certes en en disant du bien, certes, en parlant de couple politique, mais par-delà, toi-même et beaucoup de gens avaient noté ces dernières semaines la façon dont Jordan Bardella était en train de construire sa propre identité politique, plus libérale identitaire que celle de Marine Le Pen. Elle nous a parlé de quoi ? Elle nous a parlé de Gulliver, la France c’est Gulliver, tenue par des cordes et il faut nous a t elle dit avec Jordan, couper toutes ces petites cordes pour libérer le géant qu’est la France. C’est un discours plutôt de droite libérale, voire même du centre libéral, mais en tous les cas, un discours libéral ce n’est pas du tout un discours mariniste avec ses écluses économiques, avec son protectionnisme intelligent tel qu’elle a répété durant des années. Et puis même tout son discours, beaucoup de gens pariaient, mine de rien, on disait ce qu’elle va faire du Trumpisme, se victimiser, parler de complot, pas du tout, il n’y a pas eu de victimisation. La victimisation, c’est une stratégie interne, ça sert à consolider ses militants, ça sert à consolider son bloc. La normalisation, c’est une stratégie externe et là, elle était clairement dans la normalisation pas dans la victimisation. Le bloc, il a son opinion, ça va très bien. Elle parlait aux autres et ça aussi, c’est quand même quelque chose de marquant. Avec cette façon de vouloir parler à l’extérieur, on a entendu Marine Le Pen parler de droit pénal, aller vraiment sur quelque chose d’assez technique qui fasse très normalisation, justement très banalisation, tout ça est un problème elle a cité, les articles du code, etc. Elle essaie bien de dire que c’est un petit problème juridique et puis on a même eu ce bonheur, et je pense que ça t’a parlé autant qu'à moi, on a entendu Marine Le Pen défendre l’importance du principe de l'état de droit.
De l'État de droit, mais bien sûr.
Et Bruno Retailleau aussi, donc ça c'était quand même un vrai plaisir d’entendre Marine Le Pen défendre le principe de l'état de droit.
En disant que ce n’est pas parce que deux juridictions s'étaient trompées que la troisième ne se tromperait pas. Alors effectivement le tchat me rappelle à l’ordre, mais parce que ça me paraissait évident. Elle annonce effectivement qu’elle va se pourvoir en cassation. On va discuter, il y a déjà débat chez les juristes, d’ailleurs Gilles Bouleau a essayé de lui en parler. Alors toi, tu dis bon. Il n’y a pas eu de grand complot, ça a quand même été le grand complot et d’une certaine manière elle s’en sort avec le petit complot en disant ce n’est pas aux juges de me juger, c’est au peuple.
Oui, elle est dans un discours qui est vraiment dans la fibre du RN, ce qu’on appelle le national populisme, qui est donc le courant auquel elle se rattache, qui est un courant qui naît dans la France de la fin du XIXe siècle, dans les années 1880, avec cet appel toujours au peuple, le peuple qui doit trancher ce peuple auquel justement on est légitime à diriger la France parce qu' on a ce lien profond avec le peuple. Donc elle s’est mise complètement là-dedans. Ça c’est tout à fait certain. Pour ce que tu dis, alors Dieu sait que c’est pas moi, moi je suis historien et politiste, ça occupe mes journées, je ne suis pas juriste. Pour ceux qui auraient eu du mal à suivre la conversation entre M. Bouleau et Mme Le Pen et qui auraient pas lu là-dessus avant parce qu’ils ont autre chose à faire que de s’intéresser au Front National tout le temps, au Rassemblement National, en fait la question c'était de savoir, il n’y a pas eu d’exécution provisoire dans la décision aujourd’hui, ça n’a pas été requis. Donc la question, c’est de savoir si le pourvoi va tout suspendre, bracelet compris, le temps que la cour de cassation statue et c’est là où il y avait un débat entre juristes, où M. Bouleau portait la voix de ceux qui disent « mais non, en fait, en portant l’affaire en cassation, vous repartez sur la première peine ». Et le point de vue d’autre juriste, que reprenait Mme Le Pen bien évidemment, qui était à son avantage et qui lui permettait de me débarrasser de tout. Et j’aurais pas la prétention de le trancher.
Voilà, alors dans l’après-midi, Le Monde avait publié un schéma, un croquis qui est toujours valable avec cette petite discussion. Donc elle a décidé de se pourvoir en cassation. D’ailleurs, le parquet lui-même s’est donné une semaine pour le faire. Le 17 juillet, donc dans 10 jours, c’est la fin du délai pour le pourvoi en cassation a priori sera bon et alors là effectivement c’est à partir de ce moment là qu’il y a un débat est-ce que les peines sont suspendues, c' est ce qu’elle nous a dit Le Pen Marine, tout de suite elle appelle Madame Le Pen, moi je l’appelle “fille de” hein, bon voilà, chacun a son truc monsieur est historien, elle va respecter les sources tout ça, donc les peines sont suspendues jusqu'à l’arrêt de la cour de cassation, ça c’est à priori le droit communément accepté mais d’autres disent non pas du tout, c’est ce que tu viens de dire et c' est ce que Gilles Bouleau a essayé de dire. Non, non, attendez, vous allez peut-être vous retrouver avec votre bracelet, puisque l’idée non seulement du bracelet, ce n’est pas une question d’honneur, c’est simplement une question de pouvoir aller et venir à sa guise pour aller de tel meeting à telle émission de télé ou de radio. Alors là où c' était intéressant dans le schéma, c'était que la Cour de cassation qui a déjà d’ores et déjà dit qu’elle serait rapide, pourrait donner son arrêt début 2027 et alors là c’est là que ça se corse c'était à dire que si la Cour de cassation qui juge effectivement comme le rappelle le chat la forme et pas le fond si la cour de cassation confirme l’appel alors là Bardella il a plus que trois mois pour pour sa campagne
Alors en même temps, elle a bien expliqué que chacun était à sa place et que la place naturelle de candidat à la présidentielle, c'était elle. Elle a même annoncé, alors je ne sais pas si tu as joué comme moi, elle annonçait que dès ce soir, son site de campagne était en ligne. Alors je ne sais pas toi, mais moi mon réflexe, je me suis dit, bon, je vais voir qu’est-ce qu’il y a de beau dedans, qu’elle dit, qu’elle propose, qu’est- ce qu' elle a voulu angler. Si tu y vas, tu risques d'être un petit peu déçu puisqu’il a marqué, il y a La renaissance, alors la renaissance, ça fera plaisir à mon bon vieux maître Roger Griffin, professeur de l’université d’Oxford, qui disait que le cœur idéologique de la question du fascisme c'était la pan agénésie, donc la question de la renaissance, c’est du grec, de la Renaissance, et on voit bien que c'était une question qui était d’accord avec mon bon maître qui traverse tous les extrêmes droites pas que le la fascisme, donc là, mais t’as juste cette page de titres. Juste une page de titres que tu annonces au 20h, ça fait quand même pas super bossé d’avance quoi ?
Voilà, alors là je montre la page qui a du mal à se charger, effectivement il y a une petite vidéo derrière moi je note.
Tu ne peux pas naviguer dedans, tu n’as pas de propositions programmatiques. C’est vraiment juste une manière d’acter qu’elle est candidate. C'était la première fois qu’on annonce une page avec six mots à un JT de 20 heures de TF1. Normalement, il y a quand même un peu plus de contenu. Donc, il y a quand même quelque chose où on voit bien, ça signifie à la fois son désir, qui est totalement intelligible. Elle a connu le Front national dans les zones les plus basses. Par définition, elle a même connu à l'époque groupusculaire enfantin, elle l’a connu dans les phases difficiles à l'époque où Nicolas Sarkozy était président de la République et on lui promet que le prochain président de la République sera du Rassemblement national. On comprend humainement qu’elle a envie d’y aller, mais c’est vrai que cette page est significative d’un désir qui ne se repose peut-être pas sur beaucoup de stratégies. La fameuse professionnalisation du Rassemblement national est quand même toujours quelque chose cent fois sur le métier.
Sur l’histoire du Front National, du Rassemblement National, est-ce que ce qui est en train de se passer, on peut le raccrocher à quelque chose ou est- ce que là il y a une rupture ? Alors par exemple, la relation à la décision de justice. Parce que là quand même, elle défie totalement la loi, elle brave la loi.
Alors son discours, non, c’est « je m’y soumets et j’utilise justement tous les éléments de l'état de droit ». Son discours là-dessus, il fait attention, dans les sondages, si tu regardes, alors autant sa base militante est totalement avec elle dans cette affaire, mais même comme ça, ça a baissé, parce que l’année dernière, lors de la première décision, il y avait, je dis, les chiffres de tête, 90 % à la louche, des sondés qui se réclamaient du Rassemblement national, qui disaient « c'était un procès politique ». Ils ne sont plus que 80 %, ça a perdu une dizaine de points. Mais par contre, très clairement, chez l’ensemble des sondés, il y a 59 % de mémoires des sondages qui te disent « Marine Le Pen, c’est un justiciable comme les autres, ce n’est pas un procès politique, elle doit faire avec. On revient quand même au fond républicain des Français, souvent, des fois on a des doutes, je sais, dans les débats publics, ce fond républicain sur l’idée de l'égalité devant la loi, de l'égalité de traitement, qui est un des legs de la révolution française et un de ses moteurs. Alors ça, c’est effectivement clair, elle est bien obligée de faire avec ! Maintenant, la rupture, je veux dire, il y a eu d’autres affaires. Oui, bien sûr. Le Rassemblement national, il a eu l’affaire du procès de micro parti Jeanne, il y a des affaires avec la Cote, il y a eu des affaires avec Rewall, une des entreprises prestataires du FN/RN tenues par ce qu’on appelle la Gud connection. Des affaires, il en a eu quand même un certain nombre depuis quelques années et du côté effectivement de la base, ça ne pose pas de problème. Peut-être que Marine Le Pen, quand justement, elle a fait beaucoup de bruit, qu’elle avait voulu faire cette scène un petit peu ridicule, ce meeting un petit peu ridicule après sa condamnation, je dis un peu ridicule parce qu’il n’y avait quasiment personne.
Ah oui, sur la place du Trocadéro, enfin à Paris, là, c’est ça, non pas du Trocadéro, mais oui, où il n’y avait personne, oui, c’est ça.
La scène était un petit peu ridicule et peut-être que justement à un moment où toute la stratégie du parti est d’aller parler aux secteurs qui l’ont jusque là le plus boudé pendant des années parce qu’ils étaient plus attachés à la droite, par exemple les retraités, par exemple les CSP+, et c’est peut-être effectivement rendu compte que ce genre de guignolade était plutôt contre-productif. Donc elle fait comme sur son offre politique, je veux dire elle se soumet à la demande. C’est sa stratégie depuis longtemps, depuis la présidentielle de 2017 de revenir à la demande au niveau du discours, je trouvais qu’elle était dans la normalisation. Ça c’est la stratégie qu’elle a, mais depuis 2002, Marine Le Pen, depuis 2002 quand il s’agit pour elle de faire son petit espace à côté de son père, à l'époque bien évidemment, elle est dans cette question d’aller chercher, de ne pas gérer par le scandale, ce n’est pas une communication du scandale. Elle ne fait pas le bruit, la fureur, les cris tel qu’aurait pu le faire avec un verbe très radical, son père. Elle est effectivement allée chercher des articles de droit. Elle est dans une technique de communication qui cherche déjà à aller parler aux autres segments dans leur abattoir à la présidentielle. Je trouve qu’elle n’a pas été mauvaise, elle a fait allier sa base et les autres zones.
Et d’ailleurs, c'était assez malin parce qu’elle s’est rappelé sans doute ses études de droit et puisqu’elle avait été avocate, je rappelle que même elle fut avocate de sans papiers pour faire chier son père, c’est quand même, il y a eu ça dans l’histoire des Le Pen. Et évidemment son aplomb juridique faisait un peu chanceler évidemment Bouleau. Et nous-mêmes, en tout cas moi-même, je me suis trompé puisque Algaddan nous dit dans le tchat, David c' est pire que ça, Marine Le Pen dit que pour ce qui est du bracelet, elle n’en aura pas car la cassation est suspensif, mais elle dit aussi qu’elle a purgé sa peine d’inéligibilité, ce qui n’est vrai que si la cassation n'était pas suspensive, elle pioche donc la suspension ou non suspension selon ce qui l’arrange. Ce que je veux dire par là, c’est que dès qu’on commence à sortir des articles de droits, de trucs de machin, ça fait très sérieux et la beauté du droit, c’est qu' en réalité il y a la loi et l’esprit de la loi. Là visiblement les juges se sont bien amusés cet après-midi, Mais d’un point de vue plus politiste, qu’historien cette fois-ci, finalement est-ce que ce qui se passe là c’est pas presque le pire pour eux deux ? Bardella et Le Pen, c’est-à-dire qu’ils sont quand même, sans mauvais jeu de mots, ou allons-y, suspendus à une autre décision de justice qui va arriver plus tard, elle va quand même traîner ça pendant des mois et des mois, je rappelle quand même qu’elle est condamnée, alors qu’il est avec des termes enfin voilà, de détournement de fonds publics, enfin voilà. Est-ce que tu ne penses pas que c'était aussi une difficulté pour eux ?
Alors il y a deux choses, tu as raison primo je pense, ce n’est pas soldé, on va continuer à lui en parler pendant des mois et on va continuer bien évidemment à enquiquiner tous les cadres et élus du Rassemblement National en leur posant des questions sur mais et si la cour de cassation, ce qu’ils ont vécu, ce qui n’ont pas su gérer. Dans le temps médiatique depuis les municipales, avec cet appel, effectivement la stratégie qu’elle choisit, c’est qu’elle a choisi, les remet un peu dans cette situation. Elle essaye de passer l’accélérateur en se présentant comme candidate, donc en sortant ce site pour l’instant, n’y a rien à faire, mais c' est une situation. D’un autre côté, du côté de Jordan Bardella, c’est plutôt pas mal. C’est plutôt pas mal, parce que c’est bien certain que tout le monde avait un petit peu envie. C'était que Jordan Bardella, il avait peut-être très envie d'être candidat à la présidentielle du haut de ses 30 ans, mais il faut quand même être honnête, la totalité des autres hommes et femmes politiques avait envie que Jordan Bardella soit candidat aussi. En se disant, il va être beaucoup plus facile à démonter, il est beaucoup plus friable, il a beaucoup moins d’assises, il se sait pas improviser, il n’est pas construit. C'était un type qui est élu sur des scrutins de listes au Parlement européen. Ce n’est pas un rapport direct avec le peuple français tel que Marine Le Pen a pu avoir déjà durant trois présidentielles et où sa famille a construit ce lien. Bref, tout le monde avait un petit peu envie, chez les gens qui n’aiment pas beaucoup le Rassemblement National ou qui sont en concurrence avec lui, que ce soit plutôt Bardella. Lui, ça le protégerait s’il est malin, ça le protège plutôt. Franchement, il a plus intérêt à revenir dans cinq ans, soit en ayant été Premier ministre soit en tous les cas en ayant dit j’ai été fidèle à la patronne jusqu’au bout de sa quatrième candidature, que de se cramer à 30 ans, ça je le pense assez, qui fait que la situation pour Jordan Bardella, moi je pense, s’il est rationnel, je pense qu’elle est plutôt bonne. Après, les hommes politiques ne sont pas toujours rationnels.
Et donc pour nous, qui n’aimons pas ce parti, c’est une mauvaise nouvelle, il eut été préférable que ce soit Bardella ?
Moi je vais te dire, je vais être optimiste et positif, c’est une bonne nouvelle parce que la décision des juges est extrêmement conforme à l'état de droit et que tellement conforme qu’effectivement même le Rassemblement national ne peut pas la critique ne peut pas la balayer en disant vous voyez bien qu’il y a un vaste complot politico-médiatico-judiciaire contre nous il y a eu des attaques je faisais tout à la référence à Bruno Retailleau quand il était ministre de l’intérieur encore attaquant le principe même de l’état de droit on sort d’une année extrêmement délicate en la matière entendre la favorite des sondages championne de l’extrême droite, rendre hommage à l'état de droit, je prends, j’achète. C’est un point à marquer. Donc ça, pour une fois, tu sais, toujours pareil, on passe notre vie à se plaindre de comment l’extrême droite gagne la bataille culturelle, comment l’extrême droite gagne ceci, l’extrême-droite gagne cela. Quand c’est elle qui doit reconnaître l'État de droit et que cet État de droit n’est pas critiquable dans la décision qui est prise, ça aussi, ça a un effet et ça a un effet à long terme. Donc, il y a des choses positives pour tout le monde.
Mais tu penses, tu parlais tout à l’heure de normalisation, est-ce qu’on peut pousser le vice jusqu'à dire finalement elle est dans le système, le fameux système que critiquait son père et qu’elle représente, puisque finalement elle est une justiciable politique comme les autres, avec sa petite condamnation et qui fait son petit tour d'état de droit au moment où il ne reste plus que ça pour essayer de sauver son portefeuille.
Eh oui, c’est toute la question. Alors l’ami politiste Alexandre Dézé a fait un très chouette bouquin pour montrer comment toute l’histoire du Front National, je fais exprès de dire Front National par Rassemblement National, c'était un balancement permanent entre démarcation du système et intégration au système. Alexandre Dézé avait très bien montré ça. Cette question-là, on la retrouve ici, elle demeure la candidate qui peut dire qu’elle est anti-système à ses ouailles par les valeurs qu’elle porte, le volontarisme nationaliste. La question de la préférence nationale, bien évidemment. Elle conserve cette charge subversive, par contre effectivement ces proclamations de foi républicaine qui butaient un certain nombre de fois sur son mépris pour les institutions républicaines, dont celle de la justice, là elle s’en est accommodée. Bon, si tu te mets à sa place, pour 50 % plus une voix, c’est pas la pire des stratégies, puisque tu rassembles à la fois ton camp anti-système et que là, pour de vrai, tu donnes des marques et des références effectivement aux autres. C’est pas négatif, surtout que vraiment cette question il ne faut pas oublier dans l’histoire, quand on parle de la passion égalitaire des Français, de l'égalité comme une passion française, c’est une formule très très classique dans le débat intellectuel, c' est pas l' égalité sociale, ce n' est l'égalité économique à laquelle on fait référence, c’est l' égalité juridique. Et c’est vrai que ces derniers mois, on a eu Marine Le Pen et ses soutiens, Nicolas Sarkozy, ses soutiens, etc, etc. J’en oublie sans doute dans toutes les affaires qu’il peut y avoir. Des critiques permanentes de la justice, là, elle a donné l’impression de plus y soumettre tt en janvier, quand on aura la Cour de cassation, le chemin pour attaquer la Cour en janvier paraît délicat quand même.
Tu parles d’affaires, Libération a révélé l’autre jour que Bardella pouvait aussi, enfin il y a Libération et Mediapart, pouvait enfin, faisait l’objet d’une enquête parce qu’il n’a pas tout déclaré au fisc. Il y a aussi à nouveau à Bruxelles de l’argent qui transitera un peu facilement dans ce que tu appelais tout à l’heure la Gud Connection. Est-ce que toi, tu penses que l'électorat du RN, à un moment donné, va être sensible à ces questions-là ? Ou il s’en fout éperdument ?
Pour l’instant, la question de la probité, si tu veux, il s’en est toujours foutu éperdument, ça fait partie de son rapport un peu charnel peut-être au Le Pen et aux partis. Il y avait tu sais, il y a eu un scandale financier très important qu’avait éclaboussé le Parti Socialiste à la fin des années 80 et début des années 90, ça avait traîné plusieurs années et qui est considéré comme ayant pas mal joué dans la débandade que se prend le Parti socialiste.
L’affaire Urba, c’est ça ?
A ce moment-là, Laurent Fabius avait une formule dont je ne me rappelle plus précisément, mais où il disait en fait il y a un truc avec les affaires, quand nous on a des affaires les gens de gauche, on se prend une tannée aux élections derrière parce que nos électeurs nous punissent et c’est pas pareil pour la droite. Il a dit c'était comme ça, notre électorat est beaucoup plus sensible à la question de la morale publique. Alors, j’ai cité Laurent Fabius, je suis chez toi, je vais continuer avec François Mitterrand, l’extrême droite c’est encore la droite. Cette question-là, on peut se demander si c'était toujours vrai, ce que disait Fabius. Mais on a vu l’affaire Fillon, on a eu l'électorat de droite très troublé, par exemple par contre, en ce qui concerne l'électorat d’extrême droite, il y a un désintérêt complet Il y a même un désintérêt encore plus grand, tu viens de citer Libé. J’ai regardé, t’as l’air, moi aussi Libé, fidèle abonné que je suis.
Ah voilà, t’as parlé de Libération et tout d’un coup tu as mis quelque chose devant ton micro, on ne t’entend plus, c’est bon.
Les reporters de Libé en même temps sur le tour de France, alors qu’on est aujourd’hui bien évidemment sur le jour du verdict que tout le monde attend depuis un an sur Marine Le Pen, et les journalistes de Libé racontent qu’ils discutent politique avec des spectateurs qui leur disent que tous les hommes politiques sont pourris sauf leur Rassemblement national. C’est aujourd’hui qu’il y a le verdict, on est sur une affaire à 3 millions d’euros.
4,4 millions, je sais que tu minimises, mais 4, 4 millions.
4 millions de tête ? Non, celle d’aujourd’hui c'était 3 millions ?
Donc 4 millions 4.
Bon, j’ai joué, et puis je ne suis pas habitué.
Marine Le Pen condamnée sur la route du Tour de France, on vote RN peu importe qui est candidat.
Voilà, totalement et des gens qui vont te dire que tout le monde est pourri, sauf ceux là. Ou bien ça va servir, on va être sur un discours, qui est un discours. Alors moi je suis dans un département où le nombre de mises en examen et de condamnations est assez classique. Dans la vie politique, on va te dire bon, c’est chacun son tour de taper dans la caisse et puis c’est pas si grave que ça. Il n’y a pas une demande éthique formidable aujourd’hui.
4 millions 4 au total et 2,8 en fait qui n’ont pas été remboursés, donc on avait un peu tous les deux raison. Le tchat se demande ce que Bolloré va pouvoir penser de tout ça. Tu sais que Bolloré avait plutôt tendance à pousser Bardella, en tout cas c’est ce qu’on sentait, parce que Bardella était le candidat de l’Union des droites. Marine Le Pen, elle n’est pas vraiment là-dedans, même si on peut imaginer que dans l’entre-deux-tours elle pourrait jouer cette carte-là. Qu’est-ce que tu penses de cette réflexion du tchat autour de Bolloré, autour de la caste médiatique pour parler comme le père ?
Alors d’abord, le tchat sur le coup a tout à fait raison je crois, parce qu’il y a un truc sur l’influence de Bolloré, comme les gens qui sont sur le tchat ne lisent peut-être pas forcément les bouquins d’extrême droite, il faut bien voir le dernier bouquin d'Éric Zemmour est une ode au catholicisme français, et le bouquin qu’a sorti Marion Maréchal Le Pen commence par un chapitre assez étonnant où elle parle de miracle quant à un accident qu’elle a eu, fort heureusement ça s’est bien fini, mais où elle le prend d’une manière totalement religieuse, un miracle, c’est-à-dire d’un coup d’un seul, des dévotions assez incroyables au catholicisme, un catholicisme nationalisé, un catholicisme identitaire, qui ressemblent tout simplement des gestes de soumission à Vincent Bolloré, une façon de lui dire, tu sais, on est vraiment d’accord avec toi. On déconne pas, on est sur ta ligne, soutiens-nous. Aujourd’hui, il faut se soumettre, manifestement, pour un certain nombre de gens à Bolloré. Marine Le Pen a plus d'épaisseur que ça. Il faut lui reconnaître, elle est un capital personnel, elle n’a pas à se soumettre directement. Il faut composer avec elle, elle pèse, je veux dire, la dernière présidentielle, elle pèse 42 % des voix. T’as un rapport de force à 42 %. Mais je te disais tout à l’heure, quand elle parle de Gulliver, quand elle fait cette métaphore, je ne suis pas persuadé que tu étais spectateur étaient en train de compulser leur Rabelais juste avant l’interview, tu vois. Et Marine Le Pen, ce n’est pas Jean-Marie Le Pen. Jean-Marie Le Pen a un JT, il pouvait sortir une locution latine et une référence à un fait de l’histoire de France du XIVe siècle. Il trouvait ça cool, ça ne lui posait pas de question. C’est par le fond naturel de Marine Le Pen de partir sur les métaphores et sur les métaphores littéraires. On peut donc penser qu’elle l’a préparée sa métaphore. Et cette métaphore, elle dit une seule chose, c’est qu' elle est moins libérale. Peut-être ce soir qu’avant-hier, en bonne clarté, qu’elle va devoir mettre un petit peu d’eau dans son vin. Mais en même temps tout démontre aujourd’hui que dans l'électorat des droites, si on veut une convergence, Marine Le Pen est trop interventionniste économiquement, c’est comme ça que Nicolas Sarkozy l’avait tapée en 2015 avec succès et que ça avait contribué à sa perte des seconds tours des élections régionales avec à ce moment-là une bonne montée au filet des sarkozistes. Donc il est tout à fait possible que chacun doit faire avec l’autre pour arriver tout simplement à une victoire majoritaire, une victoire majoritaire entre des forces politiques ça veut dire qu’il y a des compromis, ça n’existe pas. Penser qu’on va se présenter à une élection présidentielle, gagner un second tour à 50 % plus une voix, sans faire des compromis avec les forces qu’y a autour de soi, ce n’est pas compliqué, il n’y en a aucun exemple. C’est un acte de foi, c’est un acte de religion, ce n’est pas un acte politique. Marine Le Pen et Vincent Bolloré font de la politique, donc ils vont devoir faire l’un avec l’autre et mettre chacun un peu d’eau dans leur vin.
Erastone te dit dans le tchat que tu te trompes, c’est bien mal nous connaître, on lit tous les bouquins d’extrême droite avec dévotion. Fais tout de même attention. Peut-être une autre question à propos de Le Pen. Est-ce que finalement cette décision, cette défiance, pour toi tu dis qu’elle joue l'état de droit en tout cas voilà sa décision est-ce que ça veut dire que le RN c’est comme le FN ça ne peut être que le Pen est- ce qu’il y a quelque chose de cet ordre là quoi
Le Rassemblement national, c’est le Front National, il n’y a qu’une lettre qui change. Les congrès du Rassemblement national sont numérotés à la suite des congrès du Front National. Le cœur du programme du Front national, c' est la préférence nationale. Le cœur du programme du RN, c' est la préférence nationale. Et ensuite, tout tourne une fois de plus Jean-Marie Le Pen dans les années 80 est capable de défendre une monnaie européenne commune, une défense européenne commune et parle de libéraliser l'économie, il va aller vers des positions beaucoup plus protectionnistes et souverainistes au fur et à mesure du temps dans les années 90, et puis Marine Le Pen également va faire des aller et des retours sur plusieurs points idéologiques, tout peut changer au FN, au RN, c’est extrêmement plastique comme programme sauf la préférence nationale. Le RN ne sera pas le Front National, le jour où le RN dira cette question de la préférence nationale, de faire un référendum qui viole en plus la constitution pour l’imposer, bon tout ça c’et des conneries, on respecte l'état de droit jusqu’au bout, on ne le fait pas. Là on pourra dire d’accord les gars, là effectivement vous avez fabriqué quelque chose d’autre, peut-être nationaliste, tout ce que vous voulez, je sais pas, mais vous avez fait quelque chose d’autre que le FN. Pour l’instant il faut vraiment être Luc Ferry sous acide pour voir une différence entre les deux.
Oh ! vision d’horreur sous acide ! Oui pardon,continue.
Le charisme des Le Pen, alors juste une chose, elle est fondamentale, alors le charisme en histoire, Ian Kershaw par exemple a beaucoup travaillé là dessus, le charisme c’est une production, ça n’existe pas le pouvoir charismatique, démoniaque, etc. C’est une production avec un appareil de propagande etc. Mais il faut quand même avoir du bon matériel à la base si possible. Les Le Pen sont arrivés à faire des choses complètement dingues, il faut se rendre compte, les extrêmes droites en France dès l’entre-deux-guerres c’est une kyrielle de groupuscules totalement impuissants. C’est pour ça qu’il y a un premier front national créé en 1934 et qu’en 1972, on reprend son nom de Front national. C’est la stratégie du compromis nationaliste d’avoir une plateforme commune aux groupuscules. Ce n’est même pas un parti seul en soi. C’est une plate-forme commune au départ, le Front national, en 34 comme en 72. Là-dedans, Jean-Marie Le Pen, le premier, a su s’imposer comme l’arbitre à dire à tous les courants, vous avez le droit d’exister, mais il y a un arbitre, il y a un boss qui tranche et ce boss c’est moi. Il y a eu une scission au Front National très importante en 1999, à partir de là on laisse tomber les équilibres entre les chapelles, c’est juste la soumission à la présidence. Marine Le Pen, elle a récupéré là-dessus, il faut le reconnaître, être de bonne foi, le talent de son père d'être l’arbitre, de dire quand tous s’exprimaient comme vous vous êtes tous engueulés, effectivement. Il y a quelqu’un qui tranche et c’est moi et ça c’est un apport fondamental du Front national tant et si bien que quand tu regardes les transformations historiques des extrêmes droites à partir des années 80 on va se mettre à parler de lepénisme mais jusqu’aux années 80 je disais c’est une kyrielle de groupuscules mais cette kyrielle de groupuscules avec une kyrielle de courant un fasciste tendance Gudard ce n’est pas un fasciste tendance DA qui n' est pas un fascisme tendance Doriot un national catholique c’est pas un maurrassien et le lepénisme va arriver à recouvrir tout ça. A chaque fois que quelqu’un a dit que le problème du FN, RN, c’est Le Pen, c’est lui, elle qui est un mauvais candidat et qu’il a essayé de faire autre chose, il y a eu des scissions, des trucs qui s’appellent l’espace nouveau, il y en a un parti concurrentiel, le parti de force nouvelle c'était dans les années 70-80, mais tout ça aujourd’hui, il y a les patriotes de Philippot qui a ouvert sa propre boutique, à chaque fois qu’on dit on va faire du lepénisme sans Le Pen et ses boulets et on va gagner parce qu’en est tellement malins, les mecs qui sont tellement malins se plantent. Parce que, quoi qu’on veuille, c’est la question, quand à gauche on va critiquer les Le Pen en disant « ouais mais c’est des millionnaires », ou maintenant Jordan Bardella c’est un millionnaire. Oui, bien sûr, au niveau des revenus mais ils ont une fibre populaire, qui est une fibre esthétique, une fibre lexicale, une façon de s’exprimer, une façon se diriger, qu’on voit aussi, j’ai vu Marine Le Pen à des fins de meetings du FN papoter avec des gens de lumpen prolétariat en étant extrêmement cool, extrêmement sympathique avec eux, comme sans doute bien des élus, je suis désolé de le dire, de gauche, de gauche radicale, écologiste, tout ce que tu veux, auraient peut-être eu plus de mal. Mais cette fibre-là, ce n’est pas une question économique, c’est une question de fibre, effectivement quand Jean-Marie Le Pen disait, je suis de la droite nationale sociale et populaire, sa fille lui a repris la formule, elle enlève juste le mot droite, la dernière présidentielle, elle dit un projet, qu’elle a un projet national, social et populaire. C’est une formule de son père. Cette dimension-là fait que les Le Pen restent fondamentaux et le jour où Marine Le Pen devra filer le relais, de toute façon, qu’elle ait été présidente, qu’elle n’ait pas été présidente, c’est certain que ça aura été préparé largement à l’avance. Mais c’est préparé, largement, à l’avance, puisque Bardella a été propulsé, il y a maintenant des années, effectivement, comme le complément, elle a parlé de couple, c’est surtout un complément.
Ils sont nationaux et socialistes, te dit Raptor. Oui, mais tu crois vraiment que par exemple quand elle dit, comme elle l’a dit ce soir, nous, Jordan et moi, c’est la France, c’est les Français. Elle n’a pas dit les Français d’abord, mais ça nous dépasse, a-t-elle dit. C’est quand même un discours qui est tellement rabâché, entendu. Comment expliques-tu que ça fonctionne encore ?
Parce que, mon bon ami, ce sont des identités politiques et des cultures politiques. Si j’utilise des mots qui viennent de la culture politique du mouvement ouvrier depuis le XIXe siècle, voire même, si je parle avec toi, du mouvement libertaire. Si je te parle de Barcelone 36, eh bien, eh oui ! Et tu ne vas pas te dire c’est rabattu, c’est rabâché, parce que ça va correspondre à ta culture politique. Les cultures politiques, ce sont des objets qui ont été travaillés en histoire politique, en particulier à partir des années 70-80, surtout à partir de l’année 70, et qui sont des objets très intéressants. On est à l’intérieur de ce système, avec des références, avec des symboles, avec des mots qui sont pour nous parfois fondamentaux et plus fondamentaux que les programmes même pour certains électeurs. C’est leur système de référence et ce discours-là, à toi, ne te parle pas du tout parce que tu y es très extérieur, c’est le moins qu’on puisse dire, mais c' est aussi rassurant que pour un électeur de gauche, si on lui parle, progrès, égalité, d’autres items qui vont entre les items de sa culture politique.
Mon cher Nicolas, il est 21h39, je sais que tu as des ouvrages à écrire, on ne dira pas lesquels. D’ailleurs, tu as publié un, « Extrême danger connaître et contrer l’extrême droite radicale », avec la joyeuse bande de StreetPress, Daphné Deschamps, Christophe-Cécile Garnier, Nicolas Lebourg c’est toi, Mathieu Mollard, le grand, et Johann Weiss, le petit, voilà c’est la maison StreetPress. Peux-tu nous dire en deux mots de quoi parle cet ouvrage ?
Alors les journalistes de StreetPress ont fait un super travail de compilation de toutes les structures d’extrême-droite en France pour en faire la géographie qu’ils ont classé par courants. Donc moi, très modestement, j’ai juste fait, ils m’ont demandé de faire les petites définitions en 3-4 pages, c’est quoi les nationalistes révolutionnaires, c’est quoi les nationaux catholiques, c’est quoi les maurassiens, de faire des définitions historiques avec l'évolution en travers le temps jusqu'à aujourd’hui au niveau des idées. Mais tout le boulot d’enquête, bien évidemment, moi je n’y ai pas du tout touché, il ne faut pas piquer le travail des copains, c’est eux qui ont fait, je n’ai fait que les notices idéologiques.
Est-ce que tu penses que cette littérature abondante et que nous lisons sur l’extrême droite, est-ce-que tu penses qu’elle pèse dans les têtes des dirigeants du RN où ils se contre foutent complètement de ce qui peut être raconté, dit sur eux, analyser, notre petite émission ou les grandes émissions ? Qu’est-ce qu’ils font de tout ça en fait ?
Ça dépend, parce que ça peut les agacer, un ami spécialiste des extrêmes droites, demandait à Florian Philippot, quand il venait de devenir numéro 2 du parti en 2012, ce qu’il pensait de la personnalité de François Duprat, s’il avait lu ses textes, etc. Et auprès de lui, Florian Philippot s'était agacé en disant « mais ça n’a pas d’importance, je m’en fiche complètement, pourquoi vous diable, me parlez-vous du passé ainsi ? » Et je pense que de bonne foi, Philippot n’avait pas lu les livres de François Duprat. Mais qu’aussi, bien évidemment, il disait, ne me renvoyez pas au passé d’un type qui était fasciste et antisémite notoire, je suis d’une autre génération, d’un notre siècle, je ne veux pas qu’on me colle ce boulet-là. Donc il y a un espèce de rejet, je crois, assez souvent chez un certain nombre un rejet parce qu’on veut tourner la page pour être enfin tranquille. Il y a quand même aussi souvent beaucoup d’appétence. Moi je veux dire, je vais pas dire quels sont les cas du FN ou du RN qui disent du bien de mes bouquins quand on discute avec eux, mais en tous les cas avec assez de détails pour que je sache qu’ils les aient lus pour de vrai. Donc il y a aussi un courant qui, mais là aussi tu sais, c’est une question militante, si tu discutes avec un militant écolo, un cadre écolo par exemple, lise plein de bouquins sur l'écologie ou sur l’histoire de l' écologie, pas aberrant, après tout. Bien sûr. Donc il y a une appétence chez une partie d’entre eux, sur la partie la plus intellectuelle.
Mais qu’est-ce qu’il peut peser pour enrayer la machine ? C’est ça ma question. Là si c’est un plaisir intellectuel, c’est très bien.
Les livres, c’est le marché politique, les victoires d’extrême-droite dans nos sociétés développées européennes sur les dernières décennies, quelle soient à l'échelle locale ou plus globale, mon téléphone à 5 % je te préviens, elles sont dues aux décompositions des autres.
On dirait le chiffre de ta gauche à toi.
C’est autant la décomposition des autres offres politiques que leur force à eux, qui compte. Donc la question, c’est la question de la structuration du reste du marché politique, la structuration du marché politique sans faire les erreurs que fit justement le Front National dans les années 2010, qui est de croire que ça consiste à gagner un premier tour. Une élection en France hormis les européennes, ça se gagne à deux tours.
Mon cher Nicolas …
C’est plein de sous-entendus.
C’est plein de sous-entendus, nous avons bien compris les sous-entendus. Je voudrais te laisser avec tes 4 %, on ne sait jamais, peut-être que tu es appelé par l’AFP ou le Monde, mais c’est à aux aupostiens et aux aupostiennes que tu as réservé tes “décorticages” comme dit le tchat. Merci beaucoup à toi Nicolas, c'était un plaisir. On se retrouvera probablement, peut-être avant, mais je ne pense pas, mais assurément à la rentrée, pour Extrêmorama, mais en studio.
On se retrouve à la rentrée mon très cher ami et puis on se retrouve à la rentrée très chers aupostiens et aupostiennes comme tu dis.
Merci beaucoup et le tchat te remercie, à très bientôt mon cher Nicolas. Si tu savais, je passe mes journées avec tes proses diverses et variées dans les livres, les préfaces, les postfaces, les analyses, les reprises, enfin bon bref, bravo,
Tu leur as dit que Marion Jacquet-Vaillant avait publié son bouquin sur les identitaires le 1er juillet, c’est chez Classique Garnier, ça coûte un bras, ça j’en suis désolé, mais c’est vachement bien. Pour ceux qui s’intéressent à la question des identitaires, ça vient de paraître. Donc Marion Jacquet -Vaillant, les Identitaires, le sous-titre, c' est aux marches de la politique, si ma mémoire est bonne, et voilà, lecture d'été sur les extrêmes droites radicales.
Attends, j’essaie de retrouver le bouquin. Je ne le vois pas je vais le retrouver.
Bon, on l’aura à la rentrée.
Mais bien sûr Marion qui était déjà venue à Extremorama et on va la réinviter. Je vais essayer de trouver ça. Moi je vais rester un petit peu avec les copains et les copines. Bonne soirée à toi mon cher Nicolas et puis ouais comme tu dis ouais. Ciao ciao, merci beaucoup, merci. Voilà les amis, je vais essayer de retrouver le livre de Marion en attendant. Voilà, est-ce que vous avez envie de discuter deux minutes bah bravo, voilà, Euryale, toujours là. Est-ce-que vous voulez qu’on discute un petit peu ? Voilà, c’est une émission qu’on a décidé au débotté hier et j’avoue que moi je pense que vous aussi, je ne m’attendais pas à un tel bordel. Voilà, alors le bouquin de Marion, il est là, Les identitaires, enquête aux marges de la politique. Il est paru le 1er juillet. Merci, c'était super, trop bien Nicolas Lebourg, merci beaucoup, les vrais savent, merci beaucoup. Voilà, on fera peut-être d’autres petits lives impromptus dans l'été, mais là, je peux vous dire que je trouve un ventilo parce que c’est infernal. Qu’est-ce que je voulais dire ? Alors oui, quelqu’un, oui, vous avez entendu le bruit du débotté ? Absolument ! Quelqu’un m’a écrit un petit mail en me disant, ah mais merde, il n’y a plus la matinale ! Non les amis, on se repose un peu, surtout que la rentrée et l’année qui vient s’annonce quand même assez chaude. Donc c’est vrai qu’on ne fait pas la Matinale peut-être qu' on va faire des petites émissions comme celle-ci. Voilà, est-ce que je trouve que les juges ont été cléments concernant la condamnation de Marine Le Pen ? Les choses sont très simples vu les sommes dont la clémence est de mise depuis le début, je veux dire je suis quand même désolé mais il y a des gens qui font de la prise en ferme parce qu’ils ont piqué un paquet de pâtes pour manger ou donner à manger à leurs enfants. Donc là, la clémence, elle est totale, après la décision de justice comme ça, elle est assez maligne. Je ne partage pas forcément, comment dirais-je, la bonhomie de Nicolas Lebourg, je ne suis pas sûr. Moi, j’ai l’impression qu’il y a un petit côté fuite en avant dans la décision de Marine Le Pen. Donc on verra ce que la cour de cassation va dire, la cour d’appel, ce qui me chagrine dans la discussion de la cour d’appel, c’est ce qu’on appelle les attendus, c’est-à-dire les explications. C’est cette idée de dire, on a pris en compte le fait qu’il y avait une élection. Et là, alors oui, on pourrait dire, si tu veux, ça, c’est de la clémence et cette clémence, si elle est accordée à tous les justiciables, et bien, je serai heureux. Mais ce n’est pas tout à fait le cas, il y a des gens qui sont précisément condamnés parce qu’ils ne peuvent pas présenter des garanties de représentation, etc. Donc le fait de ne pas être public les rend encore plus condamnés. Là, il y a un truc que je trouve un peu curieux, je veux dire, ces gens-là ont été élus. Et c’est parce qu’ils ont été élus, qu' ils ont piqué dans la caisse, et en fait on vient nous expliquer que finalement la justice devrait laisser les électrices juger. Bon, alors allons-y, besoin de la justice directe, besoin de démocratie directe. Là si tu veux, voilà, c’est le caractère un peu exceptionnel qui me fait dire oui, il y a de la clémence, mais la clémence qui peut être aussi un piège. Non, nous n’avons pas parlé du vote de l’Assemblée nationale sur la présomption de légitime défense. Voilà, on était sur Marine Le Pen, mais effectivement ça a été voté et donc c’est définitif puisque ça avait été adopté en 2024, je crois, par le Sénat, donc là c'était l’Assemblée. Voilà, la présomption de légitime défense qui était une revendication des syndicats, notamment d’extrême droite de la police. Les amis, il faut que j’aille me sustenter et m’aérer la tête, c'était un plaisir de vous retrouver comme ça dans la journée. J’espère que Euryale va bien. Comment va Euryale ? On est revenu, vous avez vu, au live sur YouTube. Peut-être qu’on fera une émission là-dessus. Vous avez sans doute vu pendant un mois et demi de mi-mai à la fin juin, on avait arrêté les lives sur YouTube, sauf exception, notamment les matinales. C'était plutôt mieux, mais c’est super probablement. Pour nous, c'était beaucoup de travail, et notamment pour Euryale. Un peu en manque de lives, mais ça va. Bah voilà, Euryale, voilà. Sinon, j’ai un petit jeu. Je me disais qu’on pourrait peut-être faire un petit jeu,puis profitez de ce petit jeu pour faire un peu de discussion comme ça entre aupostiens et aupostiennes au coin du jeu, au coin du feu. Je sais pas si ça vous dirait, voilà, on pourrait faire ça le soir de temps en temps pour se retrouver. Moi aussi je suis un peu en manque de live, faut pas le dire. Voilà les camarades, les amis, je vous rappelle que nous avons un site, que c’est ce site qui est le réceptacle de notre travail. Je vous le montre, il est ici, voilà, auposte.media. N’hésitez pas à ouvrir votre compte, n’hésitez pas à vous inscrire aux newsletters, n’hésitez pas. Alors bientôt, bientôt, sachez qu’on va mettre en place quelque chose dont je rêve depuis quatre ans, ce sera une newsletter qui vous enverra sitôt le démarrage d’une émission un petit email pour vous dire ça y est on est en ligne. Voilà donc là on passe pas par les algorithmes de tel ou tel qui favorisent plus ou moins telle ou telle chaîne etc. Même dans l’envoi des notifications, vous pourrez recevoir directement une petite notification. Voilà ! Merci, merci Narrative Boutique, je suis sur YouTube et c’est bien bien, merci beaucoup à toi. Mon cher Loïc ! Qu’est-ce qui se passe ? Ah bah, la caméra est morte.Salut, salut les amis ! Je sais pas, je crois que la caméra est trop chaude ! Oh là c’est le moment ou jamais de vous montrer cette page, la caméra a figé,voilà, n’hésitez pas à vous abonner, n’hésitez pas à donner, si vous donnez, c’est défiscalisé à hauteur de 66 %, si vous vous abonnez, eh bien pour nous c’est un bonheur de savoir que vous attendez les émissions, Si vous vous abonnez, vous avez tout un tas d’avantages sur le site en sachant que toutes les émissions sont toujours disponibles gracieusement, gratuitement pour tout le monde, l’idée que ce soit abonné ou donateur, l’idée c’est la mutualisation, c’est à dire que ceux qui donnent, donnent pour ceux qui ne peuvent pas donner. Merci à vous tous, j’ai peur que ça crache de partout, il fait très chaud ici je vous embrasse, j’espère que vous allez bien. Comptez sur nous pour que l’on marque à la culotte le Rassemblement National, les Zemmour et compagnie pendant toute la campagne. On a quelques idées, on en reparlera tranquillement cet été.
