Le tombeur de Castaner : Léo Walter !
Retour à l'émissionTranscription de l’émission
Amis du café et amis de la police. Amis nostalgiques de Castaner. Bienvenue ! Bienvenue ! Bienvenue au poste ! Émission spéciale. Il a pris ses marques hier à l’Assemblée nationale. Il est déjà Au poste dès ce matin. Parce que nous, on est comme ça. Le tombeur de Castaner dans la place, c’est lui, Léo Walter
Bonjour David.
Alors on se connaît un peu puisque tu es l’oncle de mes enfants. Et donc voilà un certain temps qu’on ne s'était pas vu et donc je te vois apparaître sur l'écran de télévision. Dimanche dernier, le tombeur de Castaner. Dis moi, dis moi franchement à quel moment tu sais que c’est bon et qu’est ce que tu ressens à ce moment-là ?
Alors nous on pensait que c'était faisable et possible depuis un bon moment. On savait aussi que ça serait très dur et qu’on pouvait parfaitement perdre. Mais il y a quelque chose qui est monté pendant toute la campagne et qui était destiné, que c'était de plus en plus possible. Après, le jour même, on a fait la tournée des bureaux de vote avec ma suppléante Alice. Et c’est vrai qu’on a constaté dans un certain nombre de bureaux de vote qu’il y avait une augmentation de la participation et en particulier dans quelques bureaux de quartiers populaires, ce qui est plutôt bon signe en général pour notre camp. Donc, au cours de l’après 12 h, on se disait bon ça peut peut-être le faire. Et puis on s’est retrouvé avec les copains. On était très nombreux dans la salle à Forcalquier où sont où sont proclamés les résultats.
J’ai passé des oraux, c’est absolument démentiel. Bon, je me dois quand même de faire rapidement ton portrait. Tu es né en 1972.
C’est ça
Donc tu as 50 ans. Tu sais que c’est une très mauvaise année.
C’est-à-dire. ?
72. Eh oui, c’est l’année de la naissance du Front National.
Et je crois que c'était 74.
Ouais, mais en fait, il y a les deux le RN fête ses 50 ans cette année, ça commence mal. Tu étais jusqu'à dimanche directeur d'école rurale.
Une toute petite école.
C’est-à-dire petite école ?
Là bas, deux classes. Mais j’ai doublé mon score parce que la dernière école où j'étais directeur, il y en avait une classe double.
Deux classe, c’est-à-dire des élèves de CP et des CE1
Non, non, il y a une classe de maternelle, une classe élémentaire,, ça dépend, des années, en fonction du nombre d'élèves et de leur niveau de classe. Mais cette année, il y a une classe qui va de la petite section au CP et moi j’ai la classe qui va du CE1 au CM2.
Ça fait quand même un certain temps, d’après mes fiches que tu as, que tu as été Front de Gauche, que tu as été LFI hein ? C'était la deuxième fois que tu stagnais avec Castaner à Forcalquier et tu l’as mis à terre enfin bon, un peu plus loin encore il me semble. Et d’ailleurs là tu l’as pas mis, mais un petit blouson qui a fait un peu fureur si je puis dire. Sur Twitter, Tonton Harrington révèle quand même tes origines anarchistes, on peut le dire être un compagnon de route de la Confédération nationale du travail, la CNT, non ?
Ce serait me faire beaucoup d’honneur, dire que j'étais un compagnon de route. Mais effectivement, longtemps, longtemps, je n’ai pas voté parce que je ne trouvais pas de force politique qui répondait à mes attentes. Mais j'étais un abstentionniste actif parce que j’allais au bureau de vote le dimanche pour montrer que je n'étais pas parti à la pêche et expliqué que je ne voterai pas à ceux qui voulaient bien me le demander.
Pour moi, le plus important, parce que tout ça, tout ça, c’est bien gentil, mais ça fait un peu fiche de police. Le plus important, c’est que tu es adepte du clash. D’ailleurs j’ai dit dans la bio là, pour annoncer le groupe. Enfin pas que le groupe les Clash. Je veux dire, la fâcherie n’est pas bien accueillie.
Dans ce jeu. Oui, oui, effectivement, on peut, on peut classer par moments. Ouais, mais j’ai appris à l’être de moins en moins.
Oui.
Ah non, non, non, ça t’inquiète pas, t’inquiète pas. Mais non, non. Je veux dire par là que j’ai un caractère effectivement qui peut me pousser vers le clash par moment. Mais j’ai appris forcément un peu à domestiquer au fur et à mesure que ta figure est de plus en plus connue, a de moins en moins le droit de faire certaines choses, on va dire.
Voilà, c’est ça, c’est ça, c’est ça. Et beau clash. Et donc Bruno Gaccio, qui t’a invité plusieurs fois dans sa petite tambouille, là, sur Twitch, là, comment ça s’appelle ?
Prune, Bourbon.
Prune, Bourbon ? Et voilà, il t’a donné un surnom qui est pas mal.
Alors ce n’est pas lui, c’est Sophie Roser qui est dans l'émission ce soir là qui m’a dit T’aimes les Clash ? T’es contre Castaner, tu seras le député Clash Staner. J’ai accueilli ça. C'était sympa.
Et bien le clip
Ton groupe préféré c’est les Clash et présente dans une circonscription face à Castaner. Tu seras donc notre député Clash Staner. C’est le petit surnom qu’on te propose. Si tu es élu à l’assemblée, ça te va ou pas ?
C’est super, Je tenais à eux et c’est bien.
Alors dimanche, tu vas recueillir sans bourrer les urnes. Il faut le dire, tout ça a été fait en parfaite légalité. Toujours pas. J’adore ça. 49 % des suffrages. Le Monde dit que tu renverses l’ancien ministre de l’Intérieur de la majorité présidentielle qui va avoir 48 51 %. C'était quoi la campagne dans les Alpes de Haute Provence par rapport à au débat médiatique burkini et ainsi de suite. La police tue. Est ce que si ces thèmes là étaient dans la campagne ou pas du tout ?
Ça dépend quelle partie de la campagne. Le burkini ? Non, absolument pas, par exemple. Mais alors le mot n’a pas été prononcé, même pas, je crois, par la candidate du RN. La police. Tu es arrivé dans les débats. C’est arrivé dans les débats avec Christophe Castaner.
Quand on considère que la police tue dans ce pays et qu’on la met en cause et qu’on met en cause l’ordre républicain, je pense qu’on n’est pas républicain. De la même façon qu’on remet en cause allègrement la coopération européenne. Je pense qu’on n’est pas républicain. Et quand on ne combat pas le séparatisme dans notre pays, je pense qu’on n’est pas républicain.
Alors je remercie Monsieur Castaner d'être venu sur ce sujet très rapidement. Je citerai simplement les mots de Maître Henri Leclerc, l’ancien président de la Ligue des droits de l’homme, l’autre jour à la télé, qui disait que la police tue. C’est un constat. Le fait est que nous avons eu des morts ces derniers temps. Ça n’a rien à voir. Non, je n’ai pas dit juste.
Un slogan de l’extrême gauche.
Laissez moi terminer, Monsieur Castaner, je ne veux pas m’occuper, je ne dis pas que les policiers tuent, je dis la police, je l’ai essayé. Non, il dit à la police, tu lui dis pas les policiers, tu es maître. Henri Leclerc a dit l’autre jour très clairement Je ne pense pas qu’on puisse accuser Maître Henri Leclerc d'être un excité anti police à constater que la police tuait. Et il dit que la police tue. C’est un constat. La question est de savoir si elle a le droit de le faire. Moi j’ai une pensée ce soir pour Rayan qui a 21 ans. C’est l'âge de mes enfants qui a été abattu par un policier. Et je ne remets pas en cause le policier. Ça, c’est à la justice de le faire. Je remets en cause par contre très clairement une doctrine de maintien de l’ordre qui a été initiée sous Manuel Valls et qui a continué sous le gouvernement Macron qui est une doctrine de maintien de l’ordre qui tourne.
Complètement le dos au principe du maintien de l’ordre qui faisait la fierté de la France dans le monde entier. Depuis le préfet Giraud qui avait été un petit peu entaché par les événements de 86 et qui était une doctrine de respect des manifestants et de ne pas aller au contact et d'éviter justement de créer la violence. Quand on dit que la police tue, on n’attaque pas les policiers, on attaque cette doctrine.
De quoi les gens te parlaient ? Que ce soit les électeurs possibles ou les ou les opposants de quoi les gens parlent concrètement ?
Alors ça dépend de la question que tu me poses dépend un peu des endroits en question. Je parle de la même chose dans un quartier populaire à Manosque, dans une barre qui va bientôt être détruite et qui est dans un état lamentable ou sur le marché d’un petit village des Alpes de Haute Provence. En gros, les retours étaient plutôt. Ça nous a même étonnés au départ. Et puis on a fini par s’y habituer. Les retours étaient plutôt positifs et très enthousiastes.
Et sur Castaner, est ce que tu sentais une colère, une frustration dans ce que des gens te disent sur la personne ? Castaner Quand je dis la personne visée, la personne publique évidemment.
La personne politique, bien entendu, personne ne s’en est jamais pris à sa personne. Enfin si, je dis ça, mais on est un petit, on est un petit pays et il y a des gens qui le connaissent personnellement et il a perdu pas mal d’amis, faut le reconnaître aussi, hein ? Oui, oui, non, c'était là. Nous, on a senti ça très vite. La détestation et la détestation, Il n’y a pas d’autres mots. À Forcalquier, par exemple, les treize panneaux ont été recouverts par Tu sais, cette photo détournée avec Christophe Castaner en gilet jaune avec un oui avec.
Est ce que c'était l’ancien ministre de l’Intérieur qui était attaqué, comme on le voit là sur l’affiche, puisque évidemment pas de pardon ni oubli, Ni, pardon. Sur d’autres affiches, on le voit éborgner en place. Clairement, c’est Castaner éborgneur, comme Mélenchon l’a appelé dimanche. Ou est ce que c'était Castaner l’allié le plus sûr de Macron, c’est à dire le représentant de Macron ? Ou est ce que c'était les deux ?
Alors il y a les deux, mais il y a quelque chose en plus chez nous. Alors très clairement, le mouvement des gilets jaunes a été a été très fort dans le département. On est dans un département qui est très rural et un taux de pauvreté qui est nettement supérieur au taux national. Donc les gilets jaunes ici, ça a été quelque chose, C’est encore quelque chose d’ailleurs. Donc ça a laissé des traces. On a même eu l’honneur d’avoir une manifestation en mars 2019 qui a été réprimée très violemment à Manosque, ce qui était quand même une première dans notre département, avec des scènes où tu vois des gens inouïs. Ils nous ont sorti de la ville, ils nous ont fait courir jusqu’au rond point des gilets jaunes au rond point de l’A51 qui est à deux trois kilomètres du centre ville avec les camions qui avançaient derrière les gaz lacrymos. Pour un petit bled comme ça, ça a été quelque chose de très marquant. Et il y a eu ensuite un fort mouvement contre la réforme des retraites, et puis l'été dernier, contre les lois liberticides, contre le passe sanitaire.
Est ce que je me trompe si son arrogance est arrivée au fil des années ? Au départ, au départ, le gars est moins arrogant quand même.
Mais oui, complètement. Et puis il y a le côté arrogant et courtisan, c’est à dire ce côté complètement je suis le représentant de mon maître. Il a quand même fait, je tiens à le dire. En 2017, la première phrase de sa profession de foi quand il s’est présenté comme député en 2017, j'étais déjà candidat contre lui. À l'époque, il venait d'être nommé porte-parole du gouvernement, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement. La première phrase de sa profession de foi, c'était Les 11 et 18 juin prochains, vous aurez à choisir si les Alpes de Haute Provence ont leur place au gouvernement. C’est à dire que le type qui explique que c’est lui, les Alpes de Haute Provence et puis en même temps il te dit voilà, j’ai l’oreille du roi, je suis votre baron, élisez moi et tout se passera bien.
Tout ce que tu es ce matin, tu nous garantis que dans un an, deux ans, trois ans, tu seras toujours comme ça ?
Je t ai dit d’où je venais tout à l’heure ? Je crois que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument. Et je pense que d’ailleurs, dans le cas de Christophe Castaner, le problème c’est que pendant la crise des gilets jaunes et même après, c'était un pouvoir absolu dont on parlait. Un pouvoir, un pouvoir de violence, un pouvoir de vie et de mort qui est absolument terrifiant. Alors ça c’est la première chose.
Le Monde rappelle ce que Louis Aliot avait écrit. Donc Louis Aliot, c’est une figure du RN. Il y a des cas où notre électorat va s’interroger. Par exemple contre Monsieur Castaner, je pense effectivement qu’il y a des électeurs du Rassemblement national dans sa circonscription qui peut-être même en se bouchant le nez, iront voter contre Castaner, c’est-à-dire qui ils vont voter pour toi ? Qu’est ce que. Qu’est ce qu’on fait de ça ? T’as eu des voix donc du RN contre Castaner.
Mais c’est une évidence. Moi c’est sûr, on ne va pas, on ne va pas se mentir, qu’est ce qu’on fait de ça ? D’abord, je t’avoue qu’entendre Louis Aliot. Je me rappelle l’assemblée générale justement juste après, où j’ai annoncé aux copains que Louis Aliot appelait à demi mot à voter pour nous. Je t’avoue que c'était quelque chose d’assez dingue. Je suis très heureux qu’il ait dit ça comme ça, c’est-à-dire en se bouchant le nez et contre Castaner et qu’il n’ait pas prononcé mon nom parce que ça, je crois que ça aurait été vraiment, vraiment très difficile à vivre. Le RN joue un jeu bizarre depuis toujours avec nous et pendant la campagne. Ils sont venus nous saluer à plusieurs reprises. Et puis avec ce petit côté, comme on écoute Castaner, on est du même côté de la barricade. Moi, j’ai passé mon temps à leur rappeler que non, non, pas du tout,.
On était vraiment pas sur la même barricade.
Oui, c’est ça et dans deux tranchées parfaitement différentes. Et que nous, si on tirait sur Castaner, c’est parce qu’il était entre eux et nous et que c'était vers eux qu’on visait est quand même. Donc ça c’est compliqué, c’est sûr. Il me semble difficile quand même de me dire que quelqu’un qui croit sincèrement aux valeurs du Front National du Rassemblement national puisse aller voter pour nous. C’est des mecs qui nous haïssent, qui nous traitent d islamogauchiste, qui pensent qu’on veut livrer la France aux Arabes, qu’on est des punk à chien en sarouel et qu’on va venir jouer de la musique avec des dreads et qu’on sent mauvais sous leurs fenêtres.
J’ai l’impression qu’il y a chez vous il ya deux courants. Il y a un courant un peu à la Ruffin qui est de dire eh bien justement, il faut aller chercher des fâchés pas fachos et aller sur le terrain social, économique. Et puis d’autres qui seraient plus peut être parisiens d’ailleurs, d’une certaine manière, dans un truc qu’on appelait avant sociétal, c’est à dire sur les idées culturelles, sur des idées peut être identitaires. Est ce que toi tu te situes là dedans déjà dans un ou des deux courants ? Et est ce que cette démarcation que je fais est artificielle ? Par exemple, tu ne l’as pas du tout senti dans la campagne ? Ou au contraire si elle était marquée ?
Alors elle n’est pas du tout artificielle, ça c’est clair. Ce dont Rufin parle effectivement, c’est de ces zones rurales ou périurbaines.
Ou que ce que tu es et que tu représentes toi, pour le coup.
Tout à fait, tout à fait, avec des spécificités qui, acheteuses te dirait peut être lesquelles après et qui changent un peu la donne, mais où effectivement les classes populaires se sont mis à voter soit à ne plus voter du tout et c’est massif, soit à voter RN. Moi il me semble effectivement qu’on doit aller parler à ces gens là et c’est ce qu’on a fait.
On te demande que penses-tu de l’alliance LREM/RN qui se dessine ?
Je ne sais plus qui avait dit au moment de l'élection de Hollande, je n’en attendais rien, mais je suis déçu quand même. C’est un peu ça quoi. C’est à dire que moi je ne pensais quand même pas qu’il allait aller si loin dans la dérive droitière quoi. Mais t’as l’impression que nous, on les a pas vu hier à l’assemblée, on a vu débouler le groupe LR et c’est. C’est particulier ça aussi comme expérience.
Mais revenir à contre un contre.
Ben c’est fou quoi. Le comment dire, le fossé quoi. Dans la manière d'être, dans la manière de faire, dans la manière de s’habiller. C’est terrifiant à quel point tu peux deviner à la seconde qui est dans quel groupe ou quoi, dans la manière de parler aux employés de l’assemblée de se déplacer et de faire face. Voilà. Bref, on en reparlera. Ils sont prêts à tout je crois, pour eux, pour trouver une solution aux problèmes qu’on leur pose. Ouvrir la fenêtre d’Overton de cette manière là, comme l’a fait Dupond-Moretti l’autre jour pour essayer de placer dans le paysage politique cette idée qu’effectivement c’est possible, ça annonce, ça annonce des semaines et des mois qui sont pas rassurants quoi.
Hier, rentrée des classes, nous sommes. Où on est là ? O Et tu vas dire où tu es sur la photo ? Parce que je sais où tu es quand tu dis où tu es passé.
La cour d’honneur de l’Assemblée nationale. Et c’est les marches qui mènent au grand hall de l’Assemblée nationale. Si vous connaissez Eric Coquerel et Bastien Lachaud. Emmanuel Bompard. Bah voilà, je suis au milieu du triangle caché derrière.
On est dimanche soir, ta vie bascule. Le gars du pays, tout à coup, il va voir du pays. Quoi ? Que je vais dire Comment tu fais là où tu étais ? Tu t’es préparé à ça, à te dire J’ai passé trois jours par semaine à Paris, je vais prendre le train. Toute ma vie et celle de mon entourage est bouleversée.
Alors bien sûr que je m'étais préparé et qu’on s’y était préparé. Après, tu sais comment tu te prépares, mais t’es jamais prêt. C’est facile de le dire, de l’intellectualiser, de le construire. Après, sur le moment et une fois que c’est là même encore maintenant, je ne sais pas si c’est très, si c’est très intime, intégré et complètement intégré, ça va se faire petit à petit. Non, ce qui s’est passé dimanche soir, si c’est ça ta question, tu n’imagines pas ce qui s’est passé. C’est le collectif qui était autour de moi à ce moment-là. Les gens qui étaient là, c’est des gens qui militent depuis des années et qui n’ont jamais gagné, jamais.
En écoutant Kiss ?
Non, non, non, je te rassure pas jusque là. Et puis après oui, effectivement, tu vas te coucher en sachant que demain matin plus rien ne sera jamais pareil. D’ailleurs, tu ne dors pas beaucoup Le lendemain, t’as un coup de fil de madame la Préfète qui te convoque à la préfecture, qui t’invite.
Madame la préfète que je connais bien, enfin que je connais bien.
Du temps où elle te convoquait.
Oui, c’est ça. J’ai siégé dans les instances et je suis syndicaliste, des représentants du personnel enseignant et j’ai siégé dans les instances avec cette dame en face, qui d’ailleurs est une préfète qui fait, de mon point de vue, honneur à ses fonctions. Là, elle t’appelle. Monsieur le député, je vous appelle pour vous féliciter pour votre victoire et vous inviter à me voir cet après 12 h. Donc après tu vas à la préfecture, pas dans les salles de réunion où tu vas d’habitude au sous-sol de l’autre côté, mais dans les dans les bureaux.
T’es accueilli du lundi au lendemain du second tour jusqu’au lundi précédant l’ouverture de la première session parlementaire, puisque la rentrée parlementaire, c’est mardi prochain. Je vois sur la photo que Adrien Quatennens a posté avec moi qui fait un buzz pas possible. Je découvre aussi les commentaires d’un certain nombre de trolls. Je ne sais pas si ça vient des fachos ou si ça vient des LREM qui disent prévenez-les quand même qu’il faut qu’ils se mettent au boulot. Les autres députés ont déjà commencé à travailler.
Vous arrivez, il y a les vieux de la vieille on va dire. Il y a Mélenchon par exemple, Mélenchon qui est encore député à ce moment-là, qui a le droit d'être là et qui fait quand même un peu, le directeur de colo ou d'école.
Un peu, un peu, il nous montre le siège de Jaurès. Là, on est dans l’hémicycle, il y a un député RN que tu vois sur le côté, là, qui vient râler parce qu’il explique que ce n’est pas normal qu’on monte à la tribune, etc. Il y a Alexis Corbière qui nous fait des cours d’histoire. Voilà, c’est un moment où on rentre chez vous. Quand tu rentres dans l’hémicycle, il se passe quelque chose quand même.
Qu’est ce qui se passe ?
Bah il se passe que tu y es, quoi t’es es à l’Assemblée nationale là en fait partie quand même d’un courant politique pour qui l’Assemblée nationale, c’est le lieu. Enfin, ça devrait en tout cas être le lieu où se décide la politique de la nation. Et tout est organisé pour ça. Il y a un décorum, il y a une organisation à la fois dans l’espace et dans la manière de gérer cet espace qui t’amène à découvrir ça, quoi. Et quand tu arrives dans l’hémicycle, ben oui, ça fait quelque chose quoi, tu rentres dans cet endroit où se décide la politique de la nation. En tout cas, elle devrait se décider.
Donc là, il y a par exemple Corbière, professeur d’histoire de son état, qui vous fait une petite leçon d’histoire ?
Il nous présente le bronze qui est au-dessus, où on voit Mirabeau prononcer la phrase qu’il n’a jamais prononcée face à face au représentant du roi qui vient leur demander de dissoudre l’Assemblée nationale. Déjà, c’est la première tentative de dissolution de l’Assemblée nationale. Donc on voit les gars quand même qu’on mène les bancs. Et Mirabeau qui dit Nous sommes là par la volonté du peuple et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. Et il nous a raconté aussi le moment de l’occupation où il y a une prise de parole d’Hitler en dessous, devant le drapeau à croix gammée. Bon, tu rentres là et tu te rends compte que ben oui, en fait tu entres à l’Assemblée nationale et tu deviens un des députés qui va tenter de construire la politique du pays pour ses cinq prochaines années. C’est quelque chose d’assez solennel, faut le reconnaître.
Non, il n’y a pas ce côté, enfin moi je n’étais pas vraiment pas du tout dans cet état d’esprit là. La fierté, le côté retrouver les copains et puis aussi retrouver des gens que tu connais d’un peu loin et être auprès d’eux. Tout d’un coup, il y a quelque chose de très fort, n’est ce pas ?
C’est ça ?
Moi j’ai passé ma journée à dire aux gens merci beaucoup, super, bravo parce que franchement, j’ai voulu débarrasser la buvette. Moi je suis habitué à la cantine.
Moi je trouve ça absolument génial parce que c’est la première fois que j’entends ça comme, comment on, comment on devient député. Mais bon, par exemple, t’as quand même Emilecheval qui dit justement ce décorum écrasant. Ne serait-il pas temps de le changer là ? Peut être pas. Peut être pas tout de suite. Que tu en profites trois minutes. Je te comprends très bien. Et est ce que tu as déjà ressenti un décalage entre ce décorum, ce poids de l’histoire, tous ces gens qui sont à ton service, les moyens financiers qui sont là et ce que tu représentes, d’où tu viens.
C’est un décalage qui est ahurissant. A vrai dire, il y a un décalage complètement dingue entre d’où tu viens, comment t’as construit ta campagne, comment j’ai été porté par les copains il y a deux secondes et là, tout d’un coup, et t’es jeté dans ce grand bain, là où il y a une espèce de luxe quand même. Enfin moi ça c’est du luxe quoi. Dans le matériel qu’on nous fournit, dans la manière dont on te traite, je comprends, si tu veux, j’espère que ça ne m’arrivera pas. Mais tu peux comprendre au bout d’un moment que si tu te laisses aller à ça, tu perds complètement le sens des réalités.
À propos de réalité, je reviens deux secondes à l'école dont tu étais encore le directeur tout à l’heure parce qu’il y a plusieurs personnes comme Labelline qui dit et les enfants de l'école ? Ils doivent être tristes non ? Et d’autres qui disent est ce que vu la conjoncture, ton poste de directeur va être remplacé ? Est ce que tu sais ce qui se passe dans ton école ?
Ça me fait super plaisir qu’il y ait des gens qui sachent qu’on n’est pas remplacé parce que ça, peu de gens le savent, ou enfin par ceux qui le subissent au quotidien, mais on est presque plus remplacé dans l’Education nationale. Je répète, je suis dans une école à deux classes depuis le début de l’année. Il y a eu je sais plus. Je crois qu’on est à neuf ou dix jours où l’un des deux collègues n’a pas été remplacé quand il était absent. Et parfois la plupart du temps absent pour raison de service, pas absent pour maladie ou autre. Et donc ça veut dire qu’il a une classe qui ferme pendant la journée, on appelle les parents qui doivent venir chercher. Donc oui, je suis remplacé pour le coup moins parce qu’on l’a organisé à l’avance. J’ai demandé des jours de congé sans solde parce que c’est comme ça que ça se passe pour pouvoir mener campagne sur les quinze derniers jours avant le premier tour et sur la semaine d’entre deux tours. Je dois souligner, parce que c’est important aussi que l’inspection Académique a été absolument parfaite de ce point de vue là. Et donc il y a un remplaçant dans ma classe en fait, depuis le depuis le 30 mai et ce remplaçant va finir l’année. Là, il faut que j’appelle ma collègue de l’autre classe. Par contre, assurer l’intérim de direction jusqu'à maintenant et qui a assuré en fait la direction sur le terrain. Mais je continuais à m’occuper des mails et de tout ça. Il va falloir que je l’appelle pour lui expliquer que là, je vais vraiment lui passer la main surtout et je pense qu’elle va faire la gueule. Excusez-moi Dominique, je suis désolé.
On est là. Alors là, on reconnaît Alma Dufour, on reconnaît quelques personnes qui ont été Au poste. Donc vous rentrez.
On rentre. Je ne sais pas si je peux parler.
Tu peux parler ici, c’est comme BFM, c’est le duplex, on dit bah.
C’est beau, c’est beau. On rentre dans le hall de l’Assemblée nationale, dans le grand hall qui est en haut des marches et je ne sais pas d’où c’est parti, mais ça se met à chanter. On est là, il y a des points qui se lèvent et moi entendre le chant des gilets jaunes dans le hall de l’Assemblée nationale, bah ça fout les poils quoi. Il n’y a pas, il n’y a pas d’autres mots. C'était complètement fou. C'était quelque chose quoi. Voilà, je suis très fier pour le coup, ça, tu vois, par exemple, il y a des trucs où tu te dis, c’est étrange, c’est compliqué, Il y a des contradictions à gérer dans ce qui est en train de m’arriver depuis, depuis dimanche. Là, le fait est que ça fait partie des moments. Voilà, tu sais pourquoi t’es là justement.
Excuse moi, je suis ému, c’est certain. Mais moi j’ai l’impression qu’au-delà de ce que tu racontes, c’est ce que ça signifie. C’est que bon, on ne va pas se mentir. Dans votre groupe, il y a des professionnels de la politique, des gens qui n’ont fait que ça de leur vie. Et puis il y a des gens comme toi qui déboulent après une vie, une vie normale, on va dire sociale. Et qui sont des militants. Et c’est un chant de militants, A priori, on ne sait, on ne saura jamais qui a entonné ce chant là. Mais bon, voilà. Et donc ça, cette ferveur là et cette authenticité, on va dire, comme disaient les NTM Comment vous allez la garder devant les dorures de la République. Devant cette assemblée, il y a des gens qui ont été éborgnés. Il y a Sébastien qui a perdu sa main devant l’assemblée, devant cette assemblée. C’est là aussi que des flics ont fait une manifestation. Donc comment tenir là ?
Comment tenir ? D’abord, il y a enfin je vais sortir des poncifs. Je suis désolé.
T’as pas d'éléments de langage encore. Ce n’est pas arrivé, ce n’est pas arrivé sur un groupe Signal.
Quand tu es quand tu vois mon téléphone Pour le moment, si tu veux autant te dire que les éléments de langage, ils arrivent un peu tardivement. Bref. Non mais il y a d’abord le collectif. C’est-à dire que tu parles, tu parles des différents profils qu’il y a dans le groupe. Moi je connais des gens qui relèvent des deux profils. On est quand même très clairement majoritaires dans le second profil, celui des militants de terrain qui déboule là et pour qui c’est un changement de vie, mais y compris dans ceux qui effectivement ont mené une carrière politique depuis, depuis des années. C’est des gens qui ont été dans les manifs de tout temps et ont toujours fait les deux, qui ont toujours fait la rue et la carrière politique à côté. Je ne sais pas si c’est elle qui a lancé le champ, mais Danielle Simonnet, qu’on voit rentrer à un moment donné, qui est conseillère de Paris. Moi, c’est quelqu’un que je connais de près, c’est quelqu’un d’exceptionnel, c’est quelqu’un qui a une pêche, mais tout le temps et qui est tout le temps sur la brèche et qui est tout le temps en train de lancer des choses. Quoi ? Donc moi, ce collectif là, je lui fais vraiment confiance pour vous, pour rester comme un symbole. Pour moi, c’est la réélection hier en réunion de groupe de Mathilde Panot à la présidence du groupe LFI. Pour moi, c’est quelqu’un de super jeune et qui l'était en tout cas au moment où elle est rentrée à l’assemblée. Elle avait 28 ans et je trouve ça fabuleux qu’on élise une femme de cet âge là, avec le caractère qu’elle a, à la manière qu’elle a de mener les débats, de prendre la parole avec le symbole qu’elle représente depuis cette célèbre scène de la poissonnière.
Alors là, c’est la folle ça je ne sais pas encore qui c’est. Et là, on entend très distinctement la poissonnière. Et donc ça, c’est Pierre-Henri qui est député de Vendée, qui a eu l'élégance de me créer ça juste avant ma prise de parole, au nom de mon groupe, sur l'état d’urgence sanitaire qui était prolongé, d'écouter Madame ensuite qui, je le rappelle, comme me l’a rappelé une amie historienne qui est proféré contre les femmes depuis la Révolution française, puisque les femmes, lorsqu’elles défendaient le peuple et se battaient notamment pour que les femmes puissent participer à la vie politique, était déjà, il y a plus de 200 ans, traité de poissonnière.
On est quand même le groupe où ils ont appelé Adrien Quatennens pendant toute la mandature, le député Call center Caroline Fiat, la députée BAC -2. Donc, moi, je suis très fier d’appartenir à ce groupe là.
On te remet le règlement de l’Assemblée nationale, ce petit livre rouge et bleu que nous voyons si souvent Au poste, quand, notamment à l'époque Bernalicis le brandissait. En fait, tu dois le tenir pour dire je fais un rappel au règlement, c’est ça, tu dois l’avoir.
C’est comme Bible, c’est ça moi, j’ai toujours pensé que c'était important en tant qu’animateur colo, directeur colo ou enseignant. Les rituels sont importants, ça aide à poser les choses, ça aide à construire les choses après. Apparemment, ce qu’on fait, c’est que tu lèves le règlement quand tu sais que tu vas pouvoir le sortir, puis après tu vas regarder à quel article. Parce que si t’as pas levé ton règlement suffisamment tôt, eh bien tu peux pas faire ton rappel au règlement si j’ai bien tout suivi, mais j’apprends, je suis tout neuf.
Donc après, pour entrer, vous organisez des réunions et puis vous partagez un peu les rôles. Non, ce n’est pas ça, il n’y a pas il y a des inscriptions ici ou là, Comment ça se passe ?
Il y a huit commissions à l’Assemblée nationale, Commissions permanente et tous les députés doivent être inscrits dans une commission permanente, dans un certain nombre de places, dans chaque commission permanente. En gros, le nombre de députés divisé par huit, c’est pas plus compliqué que ça. Et on est tenus de siéger en commission. Tout le monde doit y être et ça va se décider aujourd’hui en fait, parce que forcément, il y a des commissions qui intéressent plus que d’autres, en particulier dans un groupe comme le nôtre, qui est très marqué, qui est très, très placé politiquement. Donc forcément, il y a des sujets qui t’intéressent plus que d’autres quand t’es quand t’es dans notre camp. Après, au-delà des commissions, il y a des délégations où là on n’est pas du tout obligés d'être. Mais on peut choisir de participer à des délégations sur des thèmes beaucoup plus précis. C’est des petits groupes de travail. On peut demander aussi à participer à des groupes d’amitié avec d’autres pays pour faire des vœux là dessus.
Donc comme dit Taddéi, c’est Parcoursup à l’Assemblée, vous faites des vœux.
Et c’est un peu ça, C’est un peu plus sympa parce que c’est sur papier, et puis il y a moins de cases à cocher et puis tu auras la réponse le lendemain. Mais et puis ne t’es pas sûr. Enfin t’es pas sur liste d’attente, tu vas attendre de voir si tu remontes dans le classement. Mais oui, effectivement, il faut faire des choix. C’est la différence avec Parcoursup aussi, c’est qu’on peut ordonner les vœux. Donc mes premiers vœux sur Parcoursup Assemblée nationale, c’est la commission culture éducation jeunesse. Mon deuxième, c’est la commission des affaires sociales, troisième si mes souvenirs sont bons. Donc ça j’en suis sûr, c’est l’aménagement du territoire pour travailler sur tout ce qui est ruralité, etc. Parce que c’est aussi quelque chose de très prégnant chez nous. Et puis après je me rappelle plus dans quel ordre j’ai classé les cinq autres, c’est tout. Mais je peux le dire, j’ai mis la défense en dernier.
Question Avez vous déjà vos assistants parlementaires ?
Apparemment, avec l’enveloppe qu’on a, on est en mesure d’embaucher trois équivalents temps plein en les payant correctement. C’est à dire que tu peux aller jusqu'à cinq ans, mais tu commences, tu commences à six. Je crois qu’on peut même en avoir six.
Il faut ubériser là, six.
Voilà, tu commences à avoir des Ubers collaborateurs et Dieu sait que ce n’est pas pourquoi je dis Dieu c’est moi ? Et voilà, ce n’est pas du tout ce que je ce que je compte faire. Il faut que tu embauches aussi tes collaborateurs en fonction de la commission dans laquelle tu vas siéger, etc. Tu vois, parce qu’il faut s’entourer de gens qui sont capables de porter les choses.
C’est quoi le rôle du local quand on est député ? Est ce que ça a toujours un sens ? Est ce que ça a le même sens qu’au cas où ? Qu’au XIXᵉ siècle, par exemple, d'être le représentant local d’une région à Paris ?
Normalement, le représentant du territoire, c’est le sénateur ou la sénatrice. L'élection par circonscription est une modalité d'élection. On pourrait très bien imaginer un scrutin où il y a 577 noms sur une liste nationale. Bien sûr avec des exigences de représentativité, etc. Puis on vote et puis c’est les 35 premiers, quatre 20 premiers qui sont élus. Le fait est que dans la tête des gens, et en particulier dans un dans un département très rural comme le nôtre, oui, tu es le représentant de la circonscription et par exemple, la préfète m’a expliqué dès lundi que voilà, on était les représentants du législatif sur le territoire et qu’on devait travailler avec la représentante de l’exécutif. Quelle était-elle ? Et puis moi, ça me semble très important d'être porteur. Enfin, tu vois, quand tu es, quand tu discutes avec des gens de crise, que t’as une classe qui explique que t’as des CPC 26, deux cm et même deux avec un type qui bosse à Marseille ou à Bordeaux ou à Paris, Il te regarde avec des yeux comme ça parce qu’ils imaginent même pas que ça puisse exister. Donc c’est important d'être porteur de ça. Je prends cet exemple là parce que je le connais bien, mais il y en a plein d’autres. Donc le rôle en circonscription, il y a tout un rôle de décorum. Je vais me renseigner là, très rapidement sur ce que je suis obligé ou pas de faire parce que je suis déjà invité à quinze tonnes, inaugurations de trucs, de machins. Moi je souhaite être présent dans des trucs politiques, pris un certain nombre d’autres célébrations auxquelles j’espère pouvoir me soustraire parce que je trouve que ce n’est pas mon rôle d’aller poser sur la photo avec l'écharpe et de faire le beau dans le journal. Mais par contre, on a déjà commencé à travailler et ça depuis un moment aux liens qu’on allait faire avec le terrain. Je veux surtout pas qu’il ait l’impression et surtout, je ne dis pas que ce soit vrai qu’on est venu faire ça dans la cité et puis qu’après on disparaît pendant cinq ans puis qu’on en a plus rien à foutre. Donc on est en train de travailler à ça aussi. C’est écrit, c’est écrit sur ma petite note, là, tu vois tourner des quartiers, tourner des syndicats. On a noté tous les temps, tous les gens qu’on a rencontrés pendant cette campagne ou qui nous ont interpellés pendant cette campagne, des collectifs, des personnes, etc. Où on a dit on en reparle après, après la victoire et on et on note tout ça parce qu’on veut rien oublier.
Je te remonte une question. Un peu dure, mais je pense qu’elle est intéressante de Jonathan Horus. Ça fait quoi d'être dans une Assemblée où rien ne va se décider, ni dans un sens ni dans l’autre ?
On se prépare à un combat qui va être ardu, qui va être sans doute très violent. On va être accusés, on l’est déjà. Ils ont fait campagne là dessus, pour bloquer et provoquer l’immobilisme de la nation, la paralysie, etc. On va être accusés dès qu’on va voter un truc à l’extrême droite, on va voter la même chose. On va être accusés d'être les extrêmes qui se rejoignent. Je sais que ça va être très, très violent. Ce qui me rassure encore une fois, c’est d'être dans ce groupe où je vois passer des noms dans le tchat. Il y a un certain nombre de noms qui font que bon, c’est que ces copains là, ils sont déjà habitués. C’est quand même plus agréable de militer chez nous que de l’autre côté quoi, Merde quoi. Donc voilà, ça, ça nous porte. Après oui, oui, je pense qu’on va vers cinq années qui vont être particulièrement difficiles.
Il y a Olivier Azam que je salue, qui était à ta place hier, qui dit quelle émotion quand on a montré votre arrivée au chant des gilets jaunes ? Quelle émotion quand cette émotion passera les obstacles du cynisme médiatique et touchera les premiers concernés qui ne se déplacent pas pour voter. On vivra la révolution par les urnes.
On m’a dit poing levé. Alors j’obéis moi.
Alors sache quand même que nous AU POSTE on a une spécialité. C’est qu’on aime bien suivre les débats à l’Assemblée.
J’espère bien. Mais j’espère bien et très important.
Et oui.
Et je compte sur toi. Alors personnellement, là je suis désolé mais là c’est une demande perso de faire comme les copains. C’est à dire que si je déconne, dis le moi s’il te plait, évite.
Très bien, monsieur le député. Bon allez, je t’embrasse, passe une bonne journée et à bientôt plus tard.
Merci à toi pour l’invitation.
Les amis, Je reste avec vous pendant que Léo se débranche. Alors je vais vous dire un truc les interviews des proches, des amis, des potes, des familiers c’est des plus délicates.
