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Les additifs, auxiliaires de mort

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Transcription de l’émission

Nora Bouazzouni
Bonsoir à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Bouffe de la, sur au poste.
Guillaume Coudray
Bonsoir, Nora. C’est trop d’honneur, je ne crois je n’suis pas du tout ennemi déclaré des agro-industriels. Je suis ennemi de certaines formes de mensonges sur certaines formes de toxicité.
Nora Bouazzouni
On va avoir une heure 30 pour de tout ça, Guillaume. Bon, peut-être que vous êtes à l’heure et la nuit, qu’ils font des cauchemars, vous êtes là, peut être qu’ils rêvent de vous planter des fléchettes dans une photo de vous épingler sur les usines, sur la trituration, à l' hexane,au nitrite.
Guillaume Coudray
Alors, pourquoi ? Parce que le nitrite, en fait, c’est un additif qui est utilisé dans la charcuterie, qui est utilisé pour donner une coloration rosée, et pour allonger la durée de vie des produits, et pour simplifier leur production. Et ça, ça m’avait occupé pendant une dizaine d’années. C'était un énorme travail, donc c'était pour ça que je réponds déjà à votre question, Nora, pourquoi il y a eu deux livres, en fait ? C’est que, il y en avait déjà beaucoup Il y avait une enquête historique à faire pour comprendre comment on avait utilisé des nitrites, pourquoi c'était tellement intéressant pour l’industrie et pourquoi l’industrie était tellement attachée à ces additifs un peu magiques. Ils ont fait croire que c'était depuis le Moyen-Âge, voire même depuis l'âge de pierre les lobbyistes n’ont hésité devant rien. C’est-à-dire qu'à un moment, au moment où j’avais commencé à sonner l’alerte sur le nitrite, on avait vu apparaître des sites avec des espèces d’infographies, je crois que c'était en flash à l'époque, où ils mettaient des hommes des cavernes qui fabriquaient du jambon dans leurs caves. Et ils disaient attention, vous savez, il y a du salpêtre dans les caves, Donc il y a du nitrite, donc de tout temps, dès l'âge de pierre, les hommes utilisaient du nitrate ou du nitrite pour faire des charcuteries. Résultat des courses en fait, ce que je racontais dans ces deux livres, c'était l’ampleur du déni, des manipulations venant d’experts, d’industriels, y compris de toxicologues labellisés qui… Très souvent en fait mentait pour protéger le statu quo, tout en essayant secrètement de trouver des façons de gagner en fait sur tous les créneaux. On va parler de ces liens, ces chercheurs entre l’industrie, les chercheurs et chercheuses. Et alors pour répondre à votre question, pourquoi l' hexane,donc après avoir passé beaucoup de temps comme ça sur le nitrite, j’avais gagné quand même une certaine expertise, on va dire, sur ces questions de régulation. Régulation, c’est le mot un peu pédant pour dire tout simplement la façon dont on surveille, dont on gouverne ces substances toxiques. Régulations, ça veut dire, c’est les lois,c’est les règlements, c’est tout ce qui est, voilà. Les normes, etc. Tout ce qui administratif et tout ce qui est le contrôle sanitaire sur les produits chimiques dans l’alimentation. J’ai commencé une enquête en fait, il y avait, bon avec pas mal de collègues on était, ça faisait longtemps qu’on s’interrogeait, il y a avait comme ça une sorte de zone assez obscure sur comment sont alimentés les animaux d'élevage. Parce que l’industrie d' élevage on sait très bien, on regardait les travaux d’Inès Leroux, beaucoup de journalistes ont travaillé sur les questions de l’impact de l’industrie de l'élevage les élevages extensifs, industrielles, élevage de cochons notamment, la Bretagne. Avec les nitrates, cette fois-ci. Avec les nitrates, mais tout ça est très proche. Il y a une question qui était : avec quoi ils sont nourris ? Donc, j’avais commencé une enquête sur la façon dont fabriquent les aliments utilisés pour les animaux d'élevage. Et en fait, assez rapidement en parlant avec des industriels, des fabricants, des courtiers, notamment, ça veut dire des gens qui négocient en fait les aliments d'élevage et les produits qui sont utilisés pour fabriquer les aliments d'élevage, eh bien, j’ai rencontré la question du tourteau. Le tourteau tout simplement, on va avoir largement l’occasion d’en reparler dans cette émission, c’est les protéines qui sont utilisées, qui sont extraites des graines oléagineuses, colza, soja tournesol, notamment, et qui sont utilisés après pour fabriquer une des composantes de ce qu’on appelle les aliments composés, c’est-à-dire ces aliments tout prêts qui sont donnés aux poulets, aux cochons, en porcins et en volailles, notamment. Mais aussi, on peut donner du tourteau. Ça peut rentrer dans la ration alimentaire des vaches, par exemple, même si pour une large partie, elles se nourrissent aussi de foin ou bien de fourrage, et puis elles vont au près pour beaucoup. Mais c’est surtout les cochons et les poulets qui sont très très tributaires du tourteau. Et qu’elle ne fut pas ma surprise, en parlant donc avec des professionnels, de voir qu’il y avait quelque chose qui revenait très souvent, qui était cet hexane, qui m'était décrit assez souvent comme une sorte de secret de polichinelle. C’est-à-dire qu’ils me disaient, bon, il y a ce problème, un jour ça éclatera, mais c' est tellement énorme qu' ils ont peur. Bon, bref, il avait toutes sortes de justifications des acteurs eux-mêmes.
Nora Bouazzouni
Oui, dans le livre, il y a quelques phrases comme ça, des gens qui sont anonymes, qui disent, mais c’est dingue qu’en fait que le grand public ne soit pas scandalisé.
Guillaume Coudray
Ah oui, mais c’est parce que ça c'était très récurrent, moi j’ai parlé même à des chercheurs qui étaient convaincus, des chercheur, des toxicologues ou des pharmaciens qui faisaient des travaux notamment sur des rongeurs par exemple et qui avaient découvert des effets tellement graves sur la reproduction de l' hexane, de l’exposition à l' hexane et je me souviens d’une chercheuse notamment qui me disait De toute façon, cette histoire est tellement grave, tellement accablante, que j’ai moitié confiance que vous allez réussir à le sortir, parce que, en gros, c’est tellement énorme que personne ne veut l’entendre. Donc il y a presque un peu, vous savez, le même phénomène qui s’est passé pendant longtemps autour du tabac, où l’industrie du tabac paraissait tellement énorme dans son déni de toxicité que les avocats ou les lanceurs d’alerte étaient presque découragés avant même de lancer l’alerte.
Nora Bouazzouni
Et en fait c’est tellement énorme et ils sont tellement sûrs d’eux qu’on se dit bon ben ok, c' est pas possible que les dangers soient à ce point graves.
Guillaume Coudray
Visiblement ça passe. Alors je crois que, après, comme dans tous les phénomènes politiques, il y a beaucoup, j pense qu’il y a plein d’explications au fait que c’est simplement maintenant… À partir de 2024, l’EFSA, qui est l’Agence européenne, a rendu un rapport sur l’hexane Avant ça, plusieurs agences avaient commencé à resserrer les taux autour de l' hexane. Je pense qu’il y a plusieurs choses qui font qu’aujourd’hui, on parle de l’hexane c’est pas simplement mon livre, des collègues de Libération avaient fait un papier sur l' hexane l’année dernière, il y a plus d’un an. La cellule investigation de Radio France avait fait une très belle enquête également sur l' hexane, il y a plus de six mois. Donc il y a comme ça, il y a des sujets aussi qui sont dans l’air du temps, tout simplement parce que le déni commence à craquer. Et que moi, ce que j’ai essayé de faire, c’est pas simplement remettre toutes les pièces du puzzle ensemble, mais c'était aussi de comprendre, voilà ce que je vais essayer de faire dans ce livre, comprendre pourquoi en est arrivé là ? Comment se fait-il que alors que la toxicité de l' hexane, sa neurotoxicité, sa reprotoxicité, tous ces effets délétères pour l’humain, on pourra en reparler, alors que ça s’est identifié depuis les années 70, comment ça se fait que pendant un demi-siècle, les consommateurs, sans le savoir, ont continué à utiliser, à absorber des huiles, notamment, mais aussi d’autres produits qui contiennent des résidus d' hexane
Nora Bouazzouni
On va parler de tout ça, je voudrais remercier Fer Dibi qui a lancé un raid. Un raid, c’est quoi ? C’est quelqu’un, je sais pas si vous connaissez, voilà, un raid, j’explique aussi. Quelqu’un qui est sur Twitch et qui envoie sa commune nous voir. Et donc on a 79 personnes qui viennent d’arriver. Merci, bonsoir. Il y a du monde, dis donc, sur le tchat ce soir. Merci Joseph, merci Glickeur, merci Medbel. Vraiment, du monde,merci à tout le monde. Je voulais d’abord, avant qu’on rentre dans le vif du sujet et à définir justement ce que c'était que les nitrites, à quoi sert l’hexane, les différences, les dangers. Je voudrais savoir, est-ce que vous avez subi, sans mauvais jeu de mots, des pressions pendant l'écriture du livre, pendant la phase de recherche et comment s’est déroulée cette phase de recherches rapidement ?
Guillaume Coudray
Alors les pressions, non, je dois dire la vérité, c’est-à-dire qu’il faut être prudent, c' est-à dire qu' il y a des relectures juridiques, on est très vigilants, sur le nitrite par exemple, c' n’est pas moi qui ai été attaqué, c est une organisation qui s’appelle TIJUCA, bien connue, qui a eu beaucoup de difficultés avec… Une certaine fédération d’industriels de la charcuterie. Moi, je n’ai pas eu d’attaque directe en fait, ni juridique, ni plus d’intimidation à la différence, on parlait tout à l’heure d’Inès Léraud de Morgan Large, moi, il n’y a pas eu de boulon enlevé sur ma voiture, Après, il y a une animosité très claire dans certaines attitudes, et je ne suis pas à l’abri d’une action juridique qui peut être sur n’importe quoi. C’est-à-dire qu’il faut être prudent sur le fait que moi,ce qui m’intéresse, c’est d’attaquer une question de toxicité sur un produit. Moi, je ne mets pas en cause spécifiquement un fabricant ou bien une marque.
Nora Bouazzouni
Non, d’ailleurs, dans votre livre, on a des groupes industriels qui sont nommés, mais on n’a pas de marques qui sont nommées, en tout cas, pas de produits précis qui sont nommées justement, c’est pour montrer l’ampleur systémique et l’aspect quasiment systématique de ce recours à l’hexane qui est quand même utilisé par des entreprises qui vont l’utiliser pour extraire 90, 93 % des oléagineux, de l’huile des oléagineux. Est-ce qu’entre les deux livres, donc je parle les trois mais plutôt le premier et le dernier on va dire, est-ce que vous avez changé d’approche ou de méthode dans votre enquête ?
Guillaume Coudray
. Non, je dirais que c’est plutôt ce que j’ai acquis en méthode dans l'écriture du premier, et puis ce que je comprends, si vous voulez, pour tout vous dire. Donc moi, ma formation, à l’origine, c'était la science politique. C’est un travail à partir des archives, donc mon biais, c’est d’analyser ce type de sujets par les archives et avec un angle très historique. C’est-à-dire que je plonge dans les archives de la régulation pour essayer de comprendre comment on est arrivé à la situation actuelle.
Nora Bouazzouni
Bah c’est ça, pardon, qui rend vos livres passionnants, moi c'était ça que j’aimais dans cette écriture, vraiment je vous le redis et je le dis à tous les gens qui nous suivent, ça se lit comme un roman, un peu un thriller historique policier.
Guillaume Coudray
. Il y a cette dimension en fait, c’est pour ça que par exemple dans le livre sur l' hexane, la première partie j’essaie de faire un tableau aussi complet que possible sur les effets. Donc déjà, j’explique comment on utilise l' hexane à quoi ça sert parce que pour la plupart des lecteurs c'était une grande surprise et c’est assez choquant de comprendre comment fonctionne en réalité une usine de fabrication d’huile, l’huiles qu’on retrouve dans les commerces, d’où ça vient. C’est quoi tous les processus en fait pour obtenir cette huile ? Donc la première partie, c’est sur cette fabrication, sur l’usage de l' hexane, sur qu’est-ce que c’est que cet hexane ? Qu’est ce que cet hydrocarbure ? Comment on l’obtient ? Quelle est la vague autour de sa définition ? Parce que c' est un dossier tout à fait scandaleux sur le fait qu’en fait personne ne sait exactement quelle est la composition de l' hexane qui est utilisée pour fabriquer les huiles. À vrai dire, cet hexane, donc cet hydrocarbure, varie de fabricant en fabricant, il varie même de saison en saison. C’est un point que j’ai récemment découvert, c’est-à-dire qu’un fabricant d’huile a expliqué qu’effectivement l’ hexane qu’ils utilisaient, ils étaient en train de faire des tests et que l' hexane pouvait même varier
Nora Bouazzouni
On a des collections printemps-été, automne hiver, c’est intéressant.
Guillaume Coudray
. Des collections printemps-été de neurotoxique, je dirais, et de reprotoxique avec des mélanges différents, sachant que examiner les effets d’un mélange, c’est encore plus compliqué que d’examiner l’effet toxique, neurotoxique ou reprotoxique d’une substance unique. D’un point de vue de la méthode, sur le nitrite, ça m’avait pris énormément de temps, énormément de temps, je dois dire. Donc le livre était sorti, ce livre-là était sorti en 2017, le cash investigation avait commencé à être tourné en 2015, la diffusion c'était en 2016, mais avant ça, il y avait eu des années de recherche, des années dans les archives, en Allemagne, aux Etats-Unis.
Nora Bouazzouni
Ça fait 15 ans que vous travaillez sur ce sujet à peu près.
Guillaume Coudray
. Oui, oui, je dois dire un peu plus même, dans la mesure où, mais il avait fallu, en fait sur le Nitrite, il avait fallu tracer un chemin en fait dans les archives et c’est un peu étrange peut-être à dire, c'était dire qu’il fallait aussi du temps pour admettre que ce que je trouvais était vrai. Ça c’est un peu et pour l’admettre, il fallait faire un détour par les sciences humaines, aller chercher justement chez des chercheurs qui travaillent sur d’autres exemples de produits toxiques dans l’alimentation, dans l’air, dans le sol, pour comprendre en fait que ce que je découvrais, oui, était choquant, était inouï, mais en même temps n'était pas aussi incroyable que ça. La même saga d’un produit toxique banalisé s’est passée sur le plomb. Des grands spécialistes de l’histoire des sciences ont travaillé sur le plomb. D’autres, évidemment le cas de l’amiante, le cas du tabac, dont on repart à chaque fois, mais pas que. Donc sur le nitrite, j’avais passé peut-être plus de temps que nécessaire, parce qu’il avait fallu, déjà j’ai suivi beaucoup de fausses pistes, parce que l’histoire du nitrite dans les charcuteries.Parce qu’il avait fallu tout restructurer, remettre en place pour comprendre comment les industriels avaient compris assez tôt que le nitrite était en réalité cancérogène, provoqué le cancer du colon, mais que quand ils l’avaient compris, ils avaient raconté, ils avait dû inventer, véritablement inventer toute une justification à posteriori que cette justification, ils se disaient, le nitrite, on l’a utilisé pour protéger le public contre des bactéries. Oui, le fameux botulisme, j'étais, et c’est ça qui m’a fait perdre beaucoup de temps, je dois dire, c'était que j’ai été moi-même tombé, je fasse notamment une enquête, donc pendant des mois dans la littérature, dans les publications, mais surtout pendant des semaines en Allemagne, dans des archives départementales, les archives, les bibliothèques aller, là où le botulisme avait été découvert, retrouver les manuscrits du 19e siècle, du fameux découvreur du botulisme, de Wurst Gif, le poisson des saucisses, comme disaient les Allemands à l'époque, pour essayer de reconstruire, essayer de comprendre donc je m'étais, moi-même, voilà, il y avait eu, c'était labyrinthique. C’est un escape game un peu là, hein. Oui, à bien l'étude. Quand on trouve quelque chose puis il faut établir des contacts avec les scientifiques, avec les chercheurs, gagner leur confiance. Donc voilà, il m’a fallu vraiment passer beaucoup de temps pour moi-même gagner en compétences à la fois sur les données scientifiques mais aussi sur les aspects politiques, sur les aspects historiques de la régulation du nitrite. Pour l' hexane cette phase de « non mais c’est pas possible » et de ne pas moi-même y croire a été plus rapide parce que j’avais vu qu’en fait sur le nitrite, ce scénario catastrophe, cette ampleur du cynisme des industriels, qui d’abord était étonné et à laquelle je ne croyais pas. Mais en fait, elle était tout à fait possible. Et quelle était la norme, en fait dans le lobbying ?
Nora Bouazzouni
Oui, vous avez déjà le schéma en tête en fait.
Guillaume Coudray
. Vous savez, très souvent, d’une part, c’est le même schéma. C’est un petit peu la même tragédie, c´est-à-dire qu’en fait, il y a à la base une sorte d’erreur historique. On pense qu’une substance est inoffensive. On l’adopte parce qu’elle permet des rentabilités extraordinaires. Et puis, quelques décennies après, patatras, on s’aperçoit qu’elles n’est pas du tout inoffensives. Et qu’est-ce qu’on fait à ce moment-là ?
Nora Bouazzouni
Voire on s’y en aperçoit tout de suite. Vous parlez d’une structure de carbone, on s’aperçoit quand même très rapidement que les ouvriers, les ouvrières qui inhalent ces substances ont des leucémies… Enfin je veux dire, il y a quand même énormément de solvants. Donc vous parlez, vous faites l’histoire un peu de solvant. On a testé plein de trucs, genre testé, approuvé. Ah bah non, en fait, il y a des gens qui meurent. Ah ! Donc on cherche, on cherche,on arrive à l' hexane qui pourtant est toxique. Mais on verra pourquoi est-ce que l' hexane continue à être utilisé malgré sa toxicité neuro mais effectivement, c’est ça, le schéma est le même, quand même, aussi, c'était possible qu’il y ait autant de choses, autant de substances. On suit le même jeu de piste, au fond, que vous décrivez, qui continue à être utile.
Guillaume Coudray
. Oui, vous avez parlé du sulfure de carbone, c’est une des choses que je raconte dans le livre. C’est qu’il faut comprendre que l' hexane est apparue. Donc encore une fois, l' hexane, qu’est-ce que c'était ? C'était un hydrocarbure. On l’obtient dans les raffineries de pétrole ou de gaz, d’accord ? Il est fabriqué à partir du pétrole qui est extrait du sol ou du gaz, soit du pétrole soit du gaz. Globalement, généralement, on obtient l' hexane à partir du pétrole. Cet hexane, il y en a toujours un petit peu dans le carburant qu’on met dans les véhicules, mais c’est pas une molécule très intéressante pour les moteurs à explosion. Donc, traditionnellement, l' hexane qui était comprise dans le pétrole, était plutôt brûlée, c’est une molécule qui n’est pas intéressante pour des raisons que les chimistes expliquent facilement, c’est pas une molécule qui a beaucoup de valeur comme carburant. Donc on ne va pas mettre beaucoup d' hexane dans le kérosène, dans l’essence, dans le diesel, etc. C’est un carburants, c’est pas une molécule intéressante pour fabriquer de l’essence. A un moment, à Chicago, dans les années 30.. Il y avait de l' hexane comme ça qui était brûlé au sortir des torchères, des raffineries, et on l’utilise pour nettoyer, parce qu’il a un pouvoir solvant qui est intéressant, on l’utilisait pour dégraisser des outils, pour déglacer des engrenages. Et on s’est dit, des chercheurs américains se sont dit bah tiens, l' hexane pourrait être un bon solvant pour séparer la partie grasse qu’il y a dans les graines de la partie protéine. Et pourquoi ont-ils pensé à ça ? C’est parce qu’ils en avaient déjà beaucoup. Parce qu’on était aux Etats-Unis, c'était l'époque où il y avait des grands champs de pétrole qui avaient été découverts au Texas, au Kansas. Et donc il y avait beaucoup d' hexane dont on ne savait pas quoi faire. Et puis on savait donc qu’on avait découvert qu’il avait ce pouvoir de solvant qui était très intéressant. Autre raison pour compléter ce que vous disiez, Nora, c’est que ce solvant permettait de faire la même chose qu’avaient permis d’autres solvants avant. Et moi, dans le livre, j’appelle ça la valse des solvants. C’est-à-dire, comme vous venez de le dire, il y avait plusieurs solvants comme ça. On en essayait un, on l’utilisait, et puis patatra, on s’apercevait souvent soit qu’il était cancérogène, mais immédiatement, comme vous le disiez, très vite, les leucémies apparaissaient dans les ateliers. Très rapidement les femmes ne pouvaient plus avoir d’enfant, par exemple. Donc il y avait des aspects reprotoxicité et des aspects cancéro-génicité. Et puis atrophie musculaire. Exactement, donc c'était très vite. On s' apercevais que c'étaient des vraies cochonneries, pour le coup. Et donc c'était le cas, notamment du benzène, qui était un solvant très utilisé, très utilisable. On est sur le pire du pire, la connexion du benzène. Pire du Pire, parce que c'était, il était cancérogène. Mais il était très utilisée, au début du 20e siècle, il y avait beaucoup de fabriques où on utilisait du benzènes comme solvants. Puis on a utilisé d’autres solvants. Je raconte dans le livre que le tout premier solvant qui est utilisé c’est des français, c'était un certain chimiste qui s’appelle Dice, qui a l’idée d’utiliser ce solvant pour fabriquer, pour enlever la graisse. Alors à l’origine, c’est ça qui est assez cocasse, j’ai envie de dire, c'était que dans les premiers brevets, il avait déjà l’idée que ça pourrait être utilisé pour fabrique de l’huile. Mais à l’origine, quand il le markete la première fois, c’est pour nettoyer la graisse, pour lever la graisse de la laine. Quand vous avez un abattoir ou quand même de l’haleine de mouton, il faut dégraisser en fait l’haleine pour pouvoir la vendre, pour pouvoir faire des pulls, etc. Bon, c’est bien d’utiliser un solvant plutôt que du savon donc pour ça, ils utilisaient du disulfure de carbone. Et ce disulfure de carbones, qui est également appelé sulfure de carbone, bon, on sait aujourd’hui qu’il est parfaitement neurotoxique, mais donc ça a été ça, avec ça d’abord qu’on a fait ce qu' on appelait de l’huile sulfurée. De l’huile aux sulfures, de l’huile au bisulfure de carbone et c'était ça d’abord qui a permis de fabriquer beaucoup d’huiles pour fabriquer du savon de Marseille. Et puis, de fil en aiguille, ça donnait tellement d’huiles que c’est entré dans l’alimentation. D’abord, c'étaient des petits coquins sur les marchés qui ont commencé.
Nora Bouazzouni
Sur les marchés qui ont commencé à truquer. Toute l’histoire, on va pas spoiler tout le livre, parce qu’il faut que les gens l’achètent et le lisent. Donc on n’est pas là pour tout raconter aux gens. Donc, ce qui est hyper intéressant, ce que vous décrivez aussi, c’est qu’au début, c'était les savonneries. Vous dites très bien que cette huile-là, les gens disent, bon, vu la tronche qu’elle a en plus, bof, bon voilà, un petit peu verdâtre, c’est pas terrible, avec le disulfure. Donc, on pense qu’elle n’est pas terrible terrible pour l’alimentation, donc on dit dès le début, ça va de l’huile technique, et ça va en savonnerie. Et c’est un peu plus tard, que quand on réussit à faire une huile qui déjà a une texture, une couleur, et surtout une odeur qui ne rappelle pas, qui n’a pas ce petit truc, cet arrière-goût d’essence, qu’on se dit, ah bah tiens, si ça n’ait pas le goût, ni l’odeur, bah c’est sûrement que c’est comestible. Donc là, même sans test, vous racontez très bien le test, on prend des ouvriers, on leur fait sentir le truc, on met des rats, on dit s’ils crèvent pas, c’est que c’est bon, ça passe quoi. Ça c' est quand même fou, mais on va, dans le vu du sujet déjà, mais alors, donc l’hexane, ça sert à extraire les huiles, donc là on est passé du technique à huile comestible, comme vous dites, on s’est rendu compte, ça donnait tellement d’huile. Qu’on va l’utiliser massivement donc en Europe puis aux Etats-Unis avec l' hexane donc pour ça. Donc on l’utilise depuis très longtemps. C’est un auxiliaire technologique. Le nitrite, on va en parler juste après, est un additif. C' est quoi la différence entre auxiliaires technologiques et additifs ?
Guillaume Coudray
. Alors, la grande différence, c’est que l’additif, vous allez le retrouver sur les étiquettes, et l’auxiliaire, vous n’allez pas le voir figurer sur les étiquettes parce qu’on considère que ce n’est pas un ingrédient. La réalité entre nous, c’est que c'était typologie tout à fait discutable. C’est qu’en réalité, il y a des traces d' hexane dans beaucoup de produits ont été extraits à l’hexane. Donc une des revendications qu’on peut avoir aujourd’hui en termes de démocratie sanitaire c’est tout simplement que ça soit sur les étiquettes de transparence. Bon mais au niveau réglementaire, au niveau des normes, au level des catégories, mais c' est un problème de typologie. Voilà on dit j’ai envie de dire qu’est ce qui est la différence entre optimisation fiscale et fraude fiscale ? Bon tout ça c'était des histoires de mots. Auxiliaire technologique et additif, c’est deux catégories qui sont différentes dans les textes européens et dans les normes internationales. Quelle est la différence ? C’est qu’on postule que l’auxiliaire technologique est utilisé pendant le processus de fabrication, mais il disparaît à la fin du processus.
Nora Bouazzouni
Demande comment on enlève l’hexane de l’huile ? Vous allez nous répondre tout de suite Guillaume.
Guillaume Coudray
. Alors, on enlève, en théorie, l' hexane de l’huile dans des DSTC, des dessolvateurs Toaster. C’est des machines qui, à la suite des extracteurs à l' hexane, vont chauffer le tourteau d’une part, Et d’autre part, vont, du côté des solvants, vont par évaporation, par chauffage, par lavage à la vapeur, vont enlever en fait les résidus d' hexane s. Ce qu’il faut comprendre, il y a tout un aspect assez fascinant dans l’histoire des dissolvants, c’est que l’invention des techniques de désavantage, de solvants, le désolvateur. C’est assez rigolo parce que j’ai envie de dire, qu' à l’origine, on ne parlait pas de désolvateurs, on parlait de défenseurs. C'était pour enlever l’essence, donc le mot français qui avait dans les textes les inventeurs, il y avait un grand inventeur qui s’appelait Bataille, qui avait des usines en France et qui avait comme ça inventé, qui a eu une révélation un jour pour comprendre comment on pouvait, en mélangeant une basse pression atmosphérique et des fortes températures et surtout beaucoup de vapeur d’eau pour enlever, comme ça striper, enlever les odeurs d’essence dans l’huile. Donc comment on enlève l’essence, c’est à dire comment on élève le solvant dans l’huile ou dans d’autres produits, eh bien c' est en utilisant des mélanges, des associations de pression, de questions de pressions et puis surtout la chaleur de la vapeurs d’eau qui va en fait qui va récupérer le solvant qu’il y a dans le produit. Ça peut être dans n’importe quoi.
Nora Bouazzouni
Alors ça c’est super intéressant et il faut vous en parler et justement ça vient, on arrive à ma question qui est pourquoi l' hexane en termes de rentabilité est devenu le solvant aujourd’hui qu’on utilise après tous les tests dont vous parlez là et dont vous parliez très très bien et en longueur et c'était hyper intéressant dans le livre donc on teste un truc, ça marche, oh il y a des gens qui meurent, oh on teste notre truc ça marche oh il y a des gens qui meurent, on teste l' hexane, ça marche, il y a des gens qui meurent. C’est pas grave on continue. C’est quoi les avantages de l' hexane, en termes de coût, en termes de rentabilité et en termes justement aussi ce dont vous parlez de récupérer le solvant, peut-être par rapport à un concurrent ?
Guillaume Coudray
Alors l' hexane il a plein d’avantages c’est un petit peu encore une fois un petit peu comme l’histoire d’une hydrite c'était dire que ces substances il faut pas croire qu’elles ont un seul verrou donc globalement il y a une sorte de verrouillage technologique il y a un verrouillage réglementaire verrouillage technologique autour de leur utilisation il y a plusieurs causes alors d’un part le coût coûte très peu cher. C’est un solvant qui coûte très peu cher, c’est moins cher que l’essence parce que comme je vous l’ai dit tout à l’heure, c' est un sous produit qui n’est pas très intéressant pour les autres usages. Il y a donc énormément d' hexane qui est produit puisque à chaque fois qu’on extrait du gaz ou de l' essence du sous-sol, on peut produire de l' hexane. Donc il y a une abondance d’ hexane, abondances d' hexane ça c’est très important. Donc, grande compétition entre les producteurs, donc coût qui n’est vraiment pas cher. Donc vous pouvez, vous pouvez recharger vos usines en permanence avec de l' hexane bon marché. Le problème de beaucoup de solvants qui sont moins dangereux, beaucoup moins dangereux, je le raconte dans le livre, et plus efficace, c' est qu’ils sont un peu plus coûteux. Alors l'éthanol, mais pas que, il y a même d’autres solvants chimiques comme ça, je raconte à un moment, j’ai trouvé une conférence qu’avait fait un des producteurs d' hexane en disant vous vous demandez peut-être pourquoi on n’utilise pas telle autre molécule plutôt que celle-ci puisque les tests que je viens de vous présenter montrent que ça serait plus intéressant, la réponse est tout simplement que ces autres molécules, on préfère les mettre dans le carburant parce que là c’est plus rentable et on le valorise mieux. Donc il y à cet aspect, donc ça c' est un aspect, le coût. Il y a le fait que l' hexane permet, d’un point de vue technologique, il est très pratique parce qu’il est sélectif. C’est-à-dire qu’en fait, selon les solvants, parce qu’il y a beaucoup de solvants, on pourrait utiliser potentiellement du white spirit, on pourrait utiliser de l’essence, il y a plein de solvant. Voilà, il y a toutes sortes de produits qui permettent de dissoudre les graisses. L’avantage du solvant de l' hexane c’est qu’en termes de température il va se vaporiser en fait à une certaine température qui fait que sur le papier il ne va pas falloir beaucoup d'énergie pour le récupérer comme on parlait tout à l’heure.
Nora Bouazzouni
Oui c’est ça, c'était 60-80.
Guillaume Coudray
. Sa température d'ébullition est relativement basse ce qui fait que pour les récupérer on va pas il va pas falloir dépenser beaucoup d'énergie il y a beaucoup d' autres il y a encore une fois c’est multi c'était il y a une c' est multi avantage c’est pour ça que ça tient c’est le fait qu’il est installé. Vous savez, c’est ce que les sociologues des sciences appellent le verrouillage technologique. C’est-à-dire qu’une fois que quelque chose est installé, que c' est devenu la norme, que c' est accepté par tout le monde, par tous les industriels, bien c' es très difficile parce que le tourteau par exemple, alors ça vaut moins pour les huiles, mais le tourteau que l’on utilise pour fabriquer les aliments qu’on donne aux animaux. Donc il est majoritairement obtenu à l' hexane. Donc on pourra en reparler, il y a des traces d' hexane après qui restent dans le tourteau et qui se retrouvent dans l’alimentation des animaux d'élevage.
Nora Bouazzouni
Et donc dans la viande, et donc dans notre assiette.
Guillaume Coudray
. Voilà, mais le problème, c’est que c' est un marché mondial, c est-à-dire qu' aujourd’hui le tourteau qui est utilisé pour nourrir, pour fabriquer les aliments que l’on donne aux cochons ou aux poulets en France, ou en Allemagne, en Espagne, eh bien, ce n’est pas simplement du tourteau français, qu’il soit à l’exemple ou pas, mais surtout, il y a beaucoup de tourteaux qui est directement importés du Brésil, du Canada.
Nora Bouazzouni
On sait que le soja, produit la déforestation en Amazonie et sert à nourrir le bétail français, notamment.
Guillaume Coudray
. Exactement, et alors comment ? Bah tout ça c’est traité à l' hexane ! Donc il a été transformé, donc il y a des usines, il y a des très énormes, pardon de cette forme, il y a d' énormes usines de trituration à l’exemple au Brésil, au Canada, aux Etats-Unis, en France, effectivement sur le littoral atlantique où le soja arrive directement à Brest, il a une assez considérable usine qui a été fabriquée spécialement, c’est dans les textes des archives, pour traiter le sojas d’importation. Le soja arrive dans les cales, directement par exemple du Brésil ou des États-Unis. Il est débarqué sur le port de Brest. Ça passe directement dans l’usine, sur le port de Brest, à proximité immédiate de la population, puisque ce n’est pas à l'écart. On voit les joggers de Brest qui passent là, sous l’usine de Brest.
Nora Bouazzouni
Ah oui je connais bien la ville, donc je suis allée tout de suite googler quand j’ai vu, je me suis dit ah oui je vois très bien où c’est.
Guillaume Coudray
Vous voyez, c’est intéressant, il y a un lycée qui est à proximité pas très loin, il y à une crèche qui est à proximité également, il y a des cafés avec des terrasses
Nora Bouazzouni
On en parlera après, mais ce qui pose aussi des questions sur les dangers pour la population qui vit autour de ces usines.
Guillaume Coudray
Des dangers en termes d’inhalation, de rejet à la cheminée, mais aussi de dangers de sécurité très concrets en termes d’explosion. La dernière tragédie en date liée à l’ hexane en France, c’est 2018, c'était pas vieux, à Dieppe, une usine d’extraction à l’hexane, c’est-à-dire de transformation en fait d’oléagineux, qui explosent. Au moment d’un nettoyage d’une extraction à l’hexane et deux hommes meurent, explosent en fait avec la machine et bon le fabricant heureusement a décidé de ne pas refabriquer une usine d’extraction à l' hexane, a décidé fabrique là une usines qui n’utilise pas d' hexane.
Nora Bouazzouni
Ce que va compte aussi que ça a été le cas, il y a déjà eu l’une qui va exploser et tout de suite ils ont construit des usines pour les remplacer immédiatement.
Guillaume Coudray
. Ben oui, c’est assez classique en fait, malheureusement, que des usines à l' hexane explosent, l’industrie française de la triture des oléagineux, elle a été même presque fondée suite à un accident à l' hexane au début des années 80,, à Bordeaux, une usine que venait d’inaugurer Jacques Chaban-Delmas, explose, et donc ça a semé..Voilà, ça a été un désastre en fait pour l’industrie française, dés oléagineux, qui s’est réorganisée mais malheureusement ils se sont réorganisés encore autour de l' hexane
Nora Bouazzouni
Euryale a mis le lien, si ça vous intéresse, vers une news sur cette explosion du groupe Avril, donc à Dieppe. Il y avait deux questions que je vais vous poser avant qu’on continue. Dans le live, il y a l’Aven qui dit, je parle d’un système et comment ça se fait que du pétrole et des dérivés soient commercialement bienvenus sur le marché ? Comment ça se fait qu' on autorise des dérivés de pétrole sur le marché alimentaire ?
Guillaume Coudray
. Alors c’est tout l’objet du livre, c' est tout l’objet…
Nora Bouazzouni
C’est ce que j’allais répondre ! J’allai dire, lisez le livre !
Guillaume Coudray
. Alors non mais c’est tout l’objet en fait aussi du travail de Greenpeace autour du rapport qu’ils ont publié également sur le, on en parlait tout à l’heure,disponible en ligne. Également, alors eux plus sur des tests en fait, sur des produits qu’il ont fait récemment, sur les tests des produits du quotidien. Alors, comment ça se fait ? Ben, ça se fait parce qu’il y a des failles dans la régulation, c’est la même chose encore une fois sur le nitrite. Je reviens à ça, c’est-à-dire il y a un parallèle profond entre ces deux, alors l’un est additif alimentaire, c'était le nitrite, on l’a dit, l’autre est auxiliaire technologique, ces deux catégories, mais en fait pourquoi j’en parle, pourquoi j’ai mené l’enquête sur ces deux produits, C’est qu’en fait, il faut comprendre c’est quoi. La succession d'événements politiques de non-choix, de non prises en compte de la science qui a fait que, au niveau de la régulation, au niveau des décideurs, au level même des experts, on a décidé que ce risque était tolérable.
Nora Bouazzouni
C'était ok. Quelqu’un demande aussi, plein de gens demandent dans quoi est-ce qu’on retrouve les traces d' hexane ? Il y a déjà des gens qui ont répondu c’est super chouette merci à Decrypt, Cathédrale qui dit donc huile donc les huiles comestibles, le tournesol, le colza, les beurres, les laits, y compris le lait infantile, ça vous en parlait dans le livre, des viandes justement par rapport via les tourteaux qui alimentent ces animaux d'élevage, donc poulet porc en grande partie, l’huile d’olive demande féminin sa pièce, si elle n’est pas obtenue par pression à froid.
Guillaume Coudray
Non, non, en fait dans l’huile d’olive en fait, il y a tellement d’huiles dans l’olive que il n’y a pas d' huile d’olive qui est fabriquée par contre, il faut être vigilant, j’en parle dans le livre, il faudra être vigilant sur un produit qui s’appelle l' huiles de grignon d' olives, il va falloir bien lire les étiquettes. Alors l’huile de grignons d' olive, j’en vois pas mal dans les supermarchés, elle est un peu moins chère que l' d’olive. Bizarrement, j’en vois pas mal, surtout en période de Ramadan, je ne sais pas pourquoi, peut-être que c’est pour faire des fritures, peut-être qu’il y a besoin.
Nora Bouazzouni
Oui, c’est pour l’utiliser en très grande quantité et que ça coûte moins cher.
Guillaume Coudray
. Voilà que ça coûte moins cher donc il faut bien faire attention. L' huile de grignon d’olive qu’est-ce que c’est ? Donc encore une fois, l’huile d’olive est extraite partout sans hexane par pression tout simplement. On récupère d’un côté l' huile et de l’autre côté justement le grignon. Le grignon ça veut dire en fait c' est le tourteau d' olive. C’est le résidu de la pression et ça et bien à origine, on le passait. Dans du solvant pour récupérer de l’huile avec laquelle on faisait du savon. Du savon, sauf qu’aujourd’hui et bien certains industriels commercialisent cette huile de grignons d’olive à des fins alimentaires. Donc là, c’est presque tout le temps extrait d’ hexane.
Nora Bouazzouni
C’est terrible. Il me reste un peu. On en a déjà 45 minutes de discussion et j’ai même pas passé ma première page. Enfin, Guillaume, vous êtes passionnant. D’ailleurs, je voulais vous dire, je sais plus où est le message, mais quelqu’un,, je crois, disait que vous étiez passionnant, quelque indice. Monsieur parle très bien, c’est un plaisir de l'écouter. Donc voilà, je vous le donne. Plaisir d’offrir joie de recevoir. On va parler de Verwen Venner qui demande sur l’agriculture bio. C'était une de mes questions. Reste là, Verwen, Venner. On va pouvoir vous poser plein de questions qui sont là. Préparer mes émissions à ma place, ça me fera gagner du temps quand même, on est 182 là actuellement, il y a ostpolitik qui a dit bonjour et je vais le saluer. Donc on avait dit l'étiquetage, ça c’est important, je voudrais poser la question d’abord, on a pas mal parlé de l' hexane déjà, sur les additifs, on disait là il y’a une obligation en français, en Europe du coup de mentionner les E, quelque chose, donc les nitrites par exemple,quelque chose ça c'était obligatoire. Aux auxiliaires technologiques, il n’y a pas d’obligation réglementaire de les mentionner. Qu’est-ce qu’il y a d’autre comme auxiliaire technologique, vous avez deux ou trois exemples ou pas à nous donner ?
Guillaume Coudray
. Oui, il y a beaucoup d’anti-mousses anti-moussants, il y a toute une liste en fait, alors une liste qui est restrictive, c’est-à-dire que si ça n’est pas inscrit en fait sur la liste, ça n’est pas autorisé. D’accord. Mais après, toutes ces questions de régulation des additifs et des auxiliaires, c’est quelque chose de tout à fait fascinant. Et qui mérite encore beaucoup d’enquêtes. Il ne faut pas croire que le Nitrite et l’ hexane assèchent le domaine. C’est-à-dire qu’en fait, il y a des problèmes systémiques dans la régulation de ces produits. On pourrait en parler longtemps de la façon de l'époque où ont été prises les normes fondamentales, de qui a pris ces décisions d’autoriser tel ou tel produit. Et puis des fondamentaux, il y a des fondamentaux très problématiques qui ont été notamment pris dans les années 50, qui ont décidé de façon plus ou moins collective entre les industriels et les politiques, notamment dans les 50. Donc c’est les travaux notamment. Il y a en eu beaucoup Alors il y a une scientifique que j’aime beaucoup, qui est historienne des sciences, qui s’appelle Nathalie Jas dont j’aime beaucoup le travail. Et qui travaille beaucoup avec Soraya Boudia et qui a fait beaucoup de travaux très intéressants, très pointus, passionnants donc sur l’aspect strictement historique, sur la régulation en fait de ces substances toxiques, de ces additifs et la façon il y a un article scientifique très intéressant de Nathalie Jarre qui s’appelle une histoire d’accommodement. Une histoire d’accommodement et elle raconte comment par accommodement successif les normes scientifiques, les normes réglementaires ont été comme ça j’ai envie de dire abaissez, affaiblis Approcher de façon plus proche possible de ce que demandaient les industriels, par complaisance et aussi par impuissance, pas impuissances des scientifiques. C’est ce verrouillage technique que vous décriviez aussi le verrouillage réglementaire.
Nora Bouazzouni
Je vous coupe de vue parce qu’on va en parler justement, c’est une des questions Mais vous spoilez toutes mes questions, c’est passionnant, quelqu’un dit c’est passionnant. Pony versus poison, Le Vernet relou dit j’ai peur de lire ces livres, je ne pourrais plus rien manger. Bonsoir, bonsoir. Si, on peut encore manger des trucs. On va en parler justement à la fin, comment est-ce qu' on sait s’il y a des choses là-dedans qui vaut mieux pas manger,sinon je ne retrouve plus Guillaume dans mes questions là. On va parler de ça, de l’accommodement. Je voudrais juste vous poser une question, parce que quelqu’un l’a posée tout à l’heure sur les autorisations mises sur le marché. Est-ce que ces produits, mettons les deux exemples de vos enquêtes Nitrite et hexane, est-ce qu’ils ont dû prouver leur innocuité avant d'être autorisés ou est- ce que je connais la réponse. Où est-ce qu’on a utilisé et puis après on s’est dit bon ben on verra et c’est justement comme vous le dites la réglementation arrive une fois que le mal est fait et que la technique, la méthode est déjà utilisée et massivement
Guillaume Coudray
. C’est ça le cœur, en fait, le cœur du Cluedo, en fait, c’est que non, il n’a pas dû prouver et il serait bien normal de prouver leur innocuité, c’est tout le problème. Si aujourd’hui, si aujourd’hui, en 2025… Un industriel avait, se lever le matin, on fait un peu de toxicologie fiction, se lever ce matin et que l' hexane n'était pas du tout utilisé dans les processus et se disait tiens, je vais aller aux agences sanitaires et leur proposer d’utiliser, d’extraire le soja, le tournesol, le colza, le beurre de cacao, la lécithine de soja les parfums, les cosmétiques, je vais utiliser l’hexane ne sortirait même pas de son lit parce qu’il saurait très bien que ça ne serait jamais admis. Parce qu’aujourd’hui, en 2025, et ça fait déjà un petit moment, il est de règle de formellement interdire l’utilisation en agroalimentaire d’un produit neurotoxique, reprotoxique prouvé. Même chose pour le nitrite ! Jamais de la vie on pourrait imaginer qu’il y aurait un industriel qui te dirait tiens je vais faire autoriser auprès de l’agence de de l’ANSES en France ou bien de l’Ifsa l' agence européenne ou bien de la fda aux états unis je vais fait autoriser un produit qui est cancérogène sur les souris sur les chats sur les humains et je parle d’un nitrite jamais Donc l’explication, encore une fois, ce n’est pas, il n’y a pas à un moment des grands méchants, des gargamels qui se sont mis autour d’une table et qui se sont dit, tiens, on fait un plan machiavélique, on va empoisonner tout le monde. Ce n'était pas passé comme ça. Ça se passe autrement, ça se passe parce qu'à un moment où vous l’avez dit, où on l’adopte, on pense en fait, tout simplement, que c’est inoffensif. On a peut-être quelques doutes, mais en même temps, on est en 1930. On est juste après la crise de 1929, les gens, il faut les nourrir, c’est la misère partout. Le nitrite et l' hexane, ils apparaissent en fait dans des périodes de crise, ils apparaissent au même endroit, il faudra le dire, ils apparaissent chez les grands annulés. Ils apparaissent chez les grands amis. Chez les meatpackers, donc ça c’est le nitrite, et un autre bout de la ville, c'était les extracteurs à l' hexane donc cette ville sauvage, cette ville de la mafia, cette ville du chacun pour soi et cette ville, on peut le dire, toxique d’une certaine façon, à bien des égards, y compris pour la régulation, y compris pour une forme de libéralisme à tout craint. Une forme de corruption organisée, généralisée. Bon, sur le nitrite c’est assez spectaculaire en fait, même quand on comprend qui a initialement signé les autorisations de nitrite. En fait c'était un homme en particulier qui était vraiment dans la poche de l’industrie du meatpacking à l'époque. Donc ça c'était, je parlais de ça dans le premier livre. Mais sur l’hexane c’est un petit peu le même scénario avec plus la corruption scientifique, elle vient plus tard, elle vient parce que je crois, franchement, peut-être que je suis naïf et que l’enquête va encore prouver, que je vais encore trouver d’autres éléments historiques qui vont révéler qu’en fait, les doutes étaient encore plus fort dès le début. Il y a des doutes, je cite à un moment notamment un article de l’inventeur de la boîte qui s’appelle Extractochémie, qui est en Suisse, qui a le brevet sur les extracteurs à l’hexane qui sont implantés à Chicago dans les usines d’ADM Ça sent mauvais j’ai envie de dire, il y a des justifications un peu bizarres, alambiquées déjà où il prend les devants, il dit mais toute façon ça peut pas être toxique, la preuve c’est que les animaux ils le mangent et puis si c'était toxique ça je vous garantis que jamais on aurait l’idée de l’utiliser. Mais quoi qu’il en soit Nora, l’idée c' est qu' à la base, ils postulent et ils ont pour ça des éléments scientifiques qui ont l’air sérieux à l'époque, mais encore une fois, il y a cent ans, il a cent ans la toxicologie…
Nora Bouazzouni
Voilà, j’allais dire, on en est au début de la toxicologie, on n’a pas les mêmes connaissances et les mêmes possibilités de tester les choses. Et puis, c’est aussi, vous parlez des cobayes humains quand même dans votre bouquin sur l' hexane, c’est terrifiant, mais aussi les humains qui ont fait respirer des hydrocarbures pour tester jusqu'à quel moment ils s'évanouissent. Mais on ne connaît pas les risques à long terme.
Guillaume Coudray
. On ignore complètement les risques à long terme et on croit, dur comme fer, que l’hexane est stable. Stable chimiquement parce que l' hexane c’est une molécule qui a une forme assez harmonieuse et donc c’est assez étrange, même dans des entretiens que j’ai fait avec des neuro toxicologues américains, des hommes très âgés en fait, encore en vie, un petit peu encore en activité parfois, mais qui dans les années 70 avaient été parmi les premiers découvreurs de la neurotoxicité de l' hexane. Il me racontait… Dans les entretiens que vraiment il me disait ah mais vous savez quand je me souviens de l’appel de tel type de l’usine Kodak c'était là que se faisaient les premiers tests qui me disaient mais c’est incroyable c' est impossible c' impossible normalement cette molécule ne doit pas changer parce qu’il pensait que cette molécule était stable que l’hexane n'était stable n’allait pas ça veut dire qu’en gros on l’ingérait et qu’on l’excrétait inchangé, dans le pipi ou dans les selles. Et ça veut dire que l' hexane, en fait, traversait notre corps, ça n’avait aucun effet. On l’absorbe ou on l’ingère, ou on inhale, ou l’injecte, pas de problème, ça va partir, c’est éliminé par le corps inchangés. C'était une énorme erreur.
Nora Bouazzouni
Tout ce que vous racontez de façon hyper pédagogique dans le livre, il y a des longues pages, c’est de la science, on parle de molécules, de chimie, on parlait des métabolites. Voilà, et donc là ma question c'était, depuis tout à l’heure on dit aux gens, un peu en teasing, neurotoxique, reprotoxique. Du coup c’est quoi les dangers de l' hexane ? Qu’est-ce que ça veut dire neurotoxiques ? Qu’est- ce que ça veut dire repro-toxique ? Avec ces fameuses métabolites que l' hexane produit en réaction
Guillaume Coudray
Exactement. Donc, en fait, l' hexane en lui-même, donc c’est cette molécule, c’est pas l’hexane elle-même c’est pas cette molécule elle-même qui va être directement délétère dans la plupart du temps pour notre organisme. Quand notre organisme reçoit de l' hexane que ce soit par inhalation, quand on le respire. Donc un gaz, par exemple, dans un atelier, on peut respirer de l’hexane. Il y a eu, c’est le début, en fait, de la découverte de ces dangers. C'était quand des cordonniers ou des nettoyeurs d'écran, par exemple, chez Apple, on a vu ça, utilisent ce solvant pour dégraisser ou bien des garagistes utilisaient à un moment de l hexane pour nettoyer les moteurs qui sont pleins de grasse, pleine de graisse. Là, que ce soit par inhalation ou bien par injection, donc quand on le fait in vivo, sur des animaux de laboratoire, on peut injecter de l' hexane, ou bien, par ingestion, quand on ingère de l' hexane s, notre corps va réagir, va identifier, va repérer que cet hexane, il vaut mieux s’en débarrasser. Et là, le corps humain, notre corps, va utiliser notre organe qui est détoxifiant principal, qui est le foie l’hexane va être décomposé et transformé c’est là que va apparaître en fait la substance toxique. Donc. Vous l’avez dit, le mot c’est métabolique donc ce processus de transformation d’une molécule en d’autres molécules, c' est le métabolisme, c est la métabolisation d' une molécules. Donc l' hexane va être, j’ai envie de dire, décomposé et transformé, notamment en l’oxydant. C’est à dire que le corps, le foie, va transformer cette molécule l’hexane et va donner lieu, va fabriquer à la place comme des sous-produits de l' hexane. Et donc il va faire plusieurs métabolites. Notamment, mais ce n’est pas le seul, une molécule qui s’appelle la 2.5-hexanédione, et le diminutif c’est 2,5 HD. Ce métabolite, la 2, 5 HD, c' est un des plus puissants neurotoxiques qui est connu. C’est-à-dire que moi j’ai été très surpris, on pourra parler des maladies liées aux expositions à l' hexane, mais j'étais très surpris par exemple, quand des neuro toxicologues, c est-à dire des neurologues qui s' occupent des aspects toxicologiques, Neurologues, ça veut dire des spécialistes du système nerveux qui s’occupent des aspects toxicologiques. Quand on m’a expliqué que par exemple, dans certains modèles animaux de la sclérose en plaque, qui est une des maladies neurologiques, bien, pour fabriquer des sortes de sclérose en plaques artificielles, on va utiliser du 2.5 hexane dione. C’est tout dire de la puissance, c’est un très puissant neurotoxique, c’est incontestable. Et puis on va pouvoir parler des autres détails, des autres aspects de la toxicité, ce qui concerne notamment, vous l’avez dit, la reprotoxicité, c’est-à-dire la toxicité pour le système reproducteur. Donc, toxicité pour le système reproducteur, neurotoxicité, toxicité et pour le système nerveux.
Nora Bouazzouni
Toxique pour les hommes et pour les femmes. Donc dans le livre on voit qu’au niveau des canaux pour le liquide séminal, au niveau des testicules, ça donne de gros problèmes de fertilité, que ça carrément, je crois que sur les tests sur les ovules, on a carrément des ovules qui meurent au contact de ce métabolite de 2.5 HD. Comment est-ce que ça se manifeste en termes de symptômes ? Une intoxication, on va dire, à l’hexane. Qu’est-ce qui se passe et pourquoi justement ça fait partie comme le nitrite, et vous parlez des cancers, on va en parler des nitrites, j’espère qu’on aura le temps quand même, mais comment ça se manifeste et pourquoi justement ces espèces de bombes à retardement qui font qu' on se dit ouais, bon, ça va, c’est pas si grave, les gens meurent pas tout de suite, quoi.
Guillaume Coudray
. Alors le problème c’est que par exemple, la reprotoxicité, l’effet repro-toxique pour l’homme, vous l’avez dit, pour l’homme, pour la femme et aussi chez les mammifères, pour les mammifères mâles, les mammifères femelles, cette repro-toxicité elle se manifeste bien sûr de façon beaucoup plus subtile et beaucoup moins détectable que les symptômes neurologiques, d’accord, qui vont concerner le système nerveux. Et pareil, quand on parlera, j’espère, des symptômes, des aspects neurologiques bien certains symptômes, certains effets neurologiques vont se manifester beaucoup plus facilement. Par exemple dans un contexte professionnel, dans un contexte industriel, c’est ce qu’on appelle les neuropathies périphériques. Alors, il faut comprendre que le système nerveux, notre système nerveux est constitué en fait de deux parties. Alors encore une fois, ça c’est des typologies, c'était des catégories que nous, humains, on a décidé pour classifier les choses, hein, mais globalement, le système nerveux, il est un, il y a le schéma, vous verrez page 80, voilà, achetez le livre. Donc voilà, ça c’est le système nerveux avec d’un côté le système nerveux central, ça, c’est le cerveau et la moelle épinière. Et puis le système nerveux périphérique qui est tout le reste, qui est par exemple, je vous rappelle, les fonctions du système nerveux, c’est d’envoyer les informations depuis les cerveaux vers les organes pour bouger les doigts, etc., mais aussi de faire remonter les informations depuis les membres, depuis les organe, depuis toutes les parties du corps vers le cerveau qui est un petit peu comme ça le centre directif et organisateur, coordinateur avec toutes les informations. Cette circulation d’informations dans les deux sens du cerveau et de la moelle épinière vers le reste du corps et la remontée des informations, ça se passe par les nerfs. Par les nerf, et les nerfs, je raconte dans le livre, je rappelle comment ça fonctionne les nerfs, c’est une impulsion nerveuse en fait qui circule à l’extérieur du nerf. Pourquoi ? Elle circule en fait au-dessus d’une gaine qu’on appelle la gaine de myéline qui est une gaine grasse et ça c’est le point capital qui est un gaine grâce qui est pleine de graisse cette gaine myéline, ça s'écrit M Y L I E N E cette gaine de myéline elle est fabriquée par deux types de cellules un type de cellule dans le système nerveux central et un type cellule, dans le système nerveux périphérique l’une c'était ce qu’on appelle la cellule de Schwann et l’autre c'était une cellule qu’ont appelle l’oligo d’endocytose Et ces cellules qui sont très particulières, qui sont là des cellules de support et en même temps des cellule d’entretien, d’accompagnement et de structuration du système nerveux. Et bien ces cellules en fait leur métier globalement c’est de fabriquer de la graisse, fabriquez cette fameuse gaine de myéline, fabriquez cette gaine grasse qui est clé, clé sans cette gaine de myéline. Quasiment impossible d’avoir un système nerveux qui fonctionne de façon performante. C’est-à-dire qu’il transmet les impulsions nerveuses à vitesse normale. Le cas, la maladie endémique aujourd’hui est catastrophique pour beaucoup de personnes, voilà, y compris de nos auditeurs, c’est la sclérose en plaques, c’est une maladie qui attaque en fait, où c' est le système, c est la gaine de myéline qui est attaquée. Donc c’est une maladie très problématique aujourd’hui, qui concerne cette gaine graisse,d’accord ?
Nora Bouazzouni
Tomber un solvant, qui dit sous les graisses ?
Guillaume Coudray
. Quand on met un solvant, les cellules d’autres maladies neurologiques sont également liées à des expositions à des solvants. Alors sur la sclérose en plaque, je fais le topo, je récapitule en fait notamment les connaissances scandinaves sur le rôle des solvants hydrocarbonés dont l’ hexane mais c’est pas le seul solvant d’hydrocarbures, sur le lien en fait on sait les meilleurs travaux des meilleurs épidémiologistes et spécialistes de la mécanique en neurologie scandinave notamment, montré que l’exposition à un solvant hydrocarboné est une condition sine qua non. Pour avoir la sclérose en plaque, sine qua non. Ça veut dire que dans le bouquet causal, il y a comme ça, il y aussi une dimension, il y a une exposition à un virus, BV et puis une barre virus, etc. Il y a d’autres dimensions. Ça veut pas dire que c’est la seule cause, mais c' est une condition sine qua none. Ce n’est pas simplement l’hexane, mais c' est les solvants hydrocarbonés. Sur d’autres maladies, notamment la maladie de Parkinson, le degré en fait de connaissances scientifiques est encore plus avancé. C' est à dire que aujourd’hui, on sait, Je cite à la fin du livre un neurologue de Vos, qui est à Lille, qui dit globalement à propos des solvants, il dit « les solvants pour le cerveau c’est monstrueux parce que notre cerveau c’est une motte de beurre, c' est une mode, c est du gras, il y a beaucoup de graisse donc à partir du moment où de toute façon il y à un solvant qui est lipophile, ça veut dire qu’il aime la graisse, qui est presque, pour parler un peu de façon imagée, l' hexane est presque aimanté en fait, aimantée par la graisse, il va directement. C’est pour ça qu’on parlait de la sélectivité de celui-là. C’est pour ça qu’il a été choisi. Tout à l’heure, Nora, vous me demandiez pourquoi il est si efficace et pourquoi il y a ce verrouillage, mais c’est parce qu’il marche génialement, parce qu' il réagit Il est directement attiré par la graisse, donc là, il va directement en fait s’accrocher à la graisses, décomposer, séparer des protéines
Nora Bouazzouni
Et donc juste les symptômes qu’on peut avoir et les maladies que ça peut engendrer de consommer ces résidus d' hexane ou bien d’inhaler quand on travaille dans des usines ou à proximité. Par quoi ça se traduit ?
Guillaume Coudray
. Alors pour les maladies chroniques, un chronique chrono, ça veut dire c’est le temps, ça veut des maladies qui mettent du temps à apparaître, qui s’accumulent, qui apparaissent au fil du temps. Pour les maladies chroniques la difficulté c'était que très souvent, et je le raconte dans le livre, comment les chercheurs soulignent dès le début, dès la découverte de la neurotoxicité de l' hexane, disent que c'était une maladie insidieuse. C’est-à-dire qu' en fait le moment où vont apparaître les symptômes, ben ça fait déjà un petit moment en fait que l' hexane a fait son travail. C’est-à-dire qu’en fait, par exemple, les phénomènes cognitifs, les déficiences cognitives. Mais c’est très difficile d’identifier. On peut mettre ça sur le compte de beaucoup d’autres choses dans un contexte professionnel…
Nora Bouazzouni
Et c’est multifactoriel, ça qui joue
Guillaume Coudray
. Ou en faveur de ce genre de solvants. Et puis c’est très, quand quelqu’un par exemple commence à voir un peu moins bien, parce qu’il y a beaucoup de phénomènes optiques en fait avec l' hexane, parce que le nerf optique est un des premiers touchés, donc il peut y avoir des différentiels de couleurs. Des différentiels de couleurs, des différentiel de perception, il peut y avoir des phénomènes auditifs, il y a beaucoup de symptômes en fait pour ce qui concerne le système nerveux central. Pour le système nerveux périphérique, c’est ça qui a donné, qui a mis la puce à l’oreille des scientifiques dans les années 60 et dans les 70, c'était que des gens qui étaient exposés à l' hexane à haute dose avaient eux des symptôme très visibles, très vite. Souvent c'étaient des ouvriers par exemple qui tout simplement ne pouvaient plus attraper une pince parce qu’ils ne pouvaient plus manipuler, tout simplement serrer correctement les symptômes. Ce qu’on appelle, le mot technique qui est assez imagé, c’est des neuropathies, des neuropathies c’est-à-dire qu’en fait, on ne sent pas les extrémités. Et il y a une explication, en fait. Biologique à ça, c’est que l' hexane va surtout avoir un effet sur les nerfs les plus longs. Parce qu’en fait, il va y avoir plusieurs endroits où, sur le nerf, la gaine, grâce ou bien d’autres aspects, en fait Beaucoup d’aspects, en fait, de la continuité de la transmission nerveuse vont être atteints. Et donc, nécessairement, ça va être les nerfs les plus longs qui vont être les plus atteints, donc d’abord, les extrémités vont être le plus touchées. J’en profite pour dire que certains industriels et certains experts liés aux industriels voulant cacher la neurotoxicité de l' hexane vont de façon très machiavélique mais très astucieuse mettre en avant des études sur des rats ou sur des souris alors que l’on sait depuis les années 70 que les rats déjà ne métabolisent pas l' hexane de de la même façon que les humains, et aussi que les symptômes apparaissent beaucoup moins bien, beaucoup moins visiblement sur des animaux de petite taille parce qu’ils ont tout simplement des nerfs beaucoup plus courts.
Nora Bouazzouni
Alors il y a plein plein plein de gens, ça fait réagir beaucoup de monde dans le chat, j’ai pas le temps de prendre toutes les questions parce qu’en plus j’en ai encore moi-même plein de questions, mais vous venez de répondre à plusieurs questions. Il y a aussi Feminasapiens qui dit qu’elle prend en charge deux patients actuellement qui souffrent de neuropathie périphérique, l’un semble être génétique, l’autre ils n’arrivent pas à déterminer l’origine, elle a des patients parkinsoniens. Et on a Anis Graffiti aussi qui dit j’utilise toutes les semaines des solvants hydrocarbonés. Il y à Tom qui dit que vous expliquez super bien, Martin qui dit c’est terrifiant. Bon, c’est vrai que c'était terrifiant et c'était vrai que vous expliquez super bien. J’ai encore un milliard de questions, il y a plein de choses qu’il faut vraiment qu’on aborde en plus de ce que vous venez de raconter donc sur la neurotoxicité et la reprotoxicité. Il y a un consensus scientifique aujourd’hui.
Guillaume Coudray
. Sur la toxicité de l’examen ? Mais c’est incontestable. Pour tout vous dire, l’hexane pour être sûr que je le dise, pour être sûr. Ah non, non, mais c'était quelqu’un qui aujourd’hui dirait que l' hexane est un solvant qui n’est pas toxique, ou qui n’est pas neurotoxique, ou qui est pas reprotoxique. Mais c’est pas complètement fictionnel, hein, je raconte dans le livre qu’il y a des fabricants d' hexane qui disent, qui soutiennent que leur hexane n’est pas toxique mais que d’autres hexane s à cause de certaines molécules sont toxiques.
Nora Bouazzouni
Oui, notre hexane à nous est pur, achetez-la, elle est plus pure que les autres.
Guillaume Coudray
. En fait, il joue en fait parce que c’est de la chimie, c' est complexe, comme on l’a dit tout à l’heure l' hexane, ce qu’on appelle l' hexane technique est déjà un mélange de plusieurs hexane s, il y a du N- hexane mais il y à d’autres isomères de l' hexane, donc il y' a plein de façons d’embrouiller le novice et on le voit même, vous savez, il y a un député qui a lancé une mission d’information maintenant sur l' hexane et alors je me régale quand j’imagine le type d'élément de langage que les industriels peuvent présenter. C’est-à-dire que je sais que cette mission d’information dans quelques semaines va donner un rapport. C’est une mission animée par un député qui s’appelle Richard Ramos avec qui j’avais déjà vu le travail sur le nitrite. On parlera de ça après. Ramos devient une sorte de spécialiste des questions alimentaires, j’en suis ravi. Mais en tout cas les industriels se défendent de façon lamentable en disant attention, faites-nous confiance, l' hexane n’est pas Quand il est inhalé, oui, il est toxique. Par contre, lorsque l’on ingère, il n' est pas toxique Il choisit quoi l’hexane ? Ah oui, mais c’est un petit peu c' est fabuleux parce que très souvent, en fait, on a l’impression que les experts sont plus, en tout cas ceux qui envoient au chapitre, ceux qui sont consultés ou ceux qui sont appelés par les industriels pour les défendre, profitent d’une sorte de galon que leur donnerait, alors souvent je veux pas faire de l'âgisme, mais très souvent en fait ce sont des toxicologues retraités qui il y a quelques décennies avaient donné leur label non toxique à l’hexane et qui maintenant font un peu le service après-vente, j’ai envie de dire, en disant, on ne s’est pas trompé ? Oui, je comprends en fait
Nora Bouazzouni
Pour l’occasion d'être de briller à nouveau.
Guillaume Coudray
. Certainement encore qui reprennent un peu de lumière mais de façon lamentable parce que c’est la même chose encore une fois qui s’est passé sur le nitrite. Sur le nitrite, on a vu voir une fine équipe de toxicologues assez proche de l’industrie qui parfois avait, dans les années 90 déjà assurés que le nitrite n'était pas cancérogène et qui maintenant, des années après, de leur propre gré, paraît-il, faisaient le service après-vente pour livrer des rapports accablants sur le fait que les personnes qui dénoncent la cancérogénicité du nitrite étaient des faussaires. Aujourd’hui, en fait, tous ces gens se sont terrés parce que tout simplement, il y a eu des confirmations au niveau de l’ANSES, au niveau la FNSEA et que l’OMS, et puis qu'à un moment, si vous voulez, à un moment il devient difficile de tenir le mensonge. La même chose sur l’amiante, la même chose sur les pesticides, la même chose sur les néonicotinoïdes, la même chose sur le tabac, j’ai envie de dire. On sait aujourd’hui et le public sait qu’un industriel qui fabrique un produit en utilisant des produits toxiques, neurotoxiques ou cancérogènes, l' hexane n’est pas cancérogènes. C’est peut-être un des problèmes qui fait qu’on l’a un petit peu oublié, mais le public sait aujourd’hui, il connaît un petit peu cette sorte de guide de voyage de l’industrie qui triche. On sait quel genre d’embrouille, quel genre de relais ils vont utiliser, quel genre de dialectique ils vont développer. Tout ça est bien connu et donc c’est assez intéressant de voir comment l’industrie est en train de développer des éléments de langage qui généralement vont être de dire c' est toxique par inhalation mais rassurez-vous en ingestion, aucun souci, dormez tranquille. Faites-nous confiance, on sait ce qu’on fait, vous imaginez bien qu' on n’utiliserait pas ce solvant si on avait le moindre doute. La réalité c’est comment n’ont-ils pas eu le moindre doute alors que, pour répondre à votre question sur le consensus, aujourd’hui l' hexane est STOT RE1. Ça veut dire substance qui est donc confirmé, c’est le plus haut degré de toxicité au niveau de l’agent chimique. Et il est en train de passer dans une catégorie qui s’appelle le SVHC, substance of very high concern, substance extrêmement préoccupante.
Nora Bouazzouni
Assez parlé de moi dit, assez parler de moi,mon hexane est l’artisanal et bio, mangez-en, ça ferait qu’il y ait un petit côté de notre hexane.
Guillaume Coudray
. Mais vous savez, je me permets, on a eu un des lobbyistes de l’industrie qui, je crois que c'était sur l’antenne de Radio France, donc quand la cellule investigation de Radio-France a travaillé sur l' hexane qui a dit, mais c’est pas, l' hexane n’est pas un problème parce que c’est un, alors c’est pas verbatim hein, mais en substance c'était, parce que c’est un produit naturel, puisque c' est un produit qui vient du pétrole, c' et naturel.
Nora Bouazzouni
C’est naturel bien oui c’est un voilà bon voilà oui d’accord oui on en est là quand même de tout temps et puis c’est naturel d’accords très bien il y a Yeswell qui demande y a t il une alternative à l’hexane ou bien est ce que la seule alternative est la pression l’extraction mécanique ce qui a d’autres ingrédients d’autre produit qu’on peut utiliser pour remplacer l' hexane
Guillaume Coudray
. Oui, en fait, je raconte dans le livre que depuis le début, il y a toutes sortes d’alternatives. Donc avant même qu’on utilise de l' hexane,on utilisait, par exemple, en France, on utilisait de l’alcool, et les fabricants français préféraient l’alcool puisqu’en fait, on pouvait fabriquer de l’alcool notamment à partir de l’alcool de betterave. La pression c’est évidemment l’alternative idéale, je raconte également dans la conclusion du livre que il y a beaucoup de fabricants qui fabriquent déjà. C’est ça le paradoxe, c’est qu’on a aujourd’hui des fabricants qui fabriquent dans certaines usines qui utilisent de l' hexane et dans d’autres usines qui n’utilisent pas d' hexane. On a d’autre qui sont des pures players sans hexane, je parle notamment souvent de COC, Sante Ouest Céréales qui est dans la Vienne, qui ont une grosse usine dont les débits, dont la rentabilité c’est une usine qui tourne très bien, qui fabrique beaucoup de tourteaux, beaucoup d’huile, et il n’y a pas un gramme d' hexane qui rentre dans la production ?
Nora Bouazzouni
Alors que le groupe Avril, par exemple, qui est cinquième groupe agroalimentaire dans le monde, et qui est, bon, qui a pour patron, quelqu’un le disait au début du chat, qui le président de la FNSEA, donc le syndicat majoritaire de l’agriculture, Arnaud Rousseau, qui utilise ce solvant pour 93 %, je crois, de leur extraction.
Guillaume Coudray
. Alors je ne sais pas si c’est 93 % parce qu’en fait ils ont plein ce qu’il faut voir, c' est que il faut voir que dans leurs usines il faut bien comprendre le processus. Je reviens à dessus parce qu' il faut être très rigoureux, c est que, en fait, déjà ils ont des usines, vous parlez du groupe Avril, le groupe Avryl a d’une part des usine avec solvants, d' autre part des USINES sans solvants. Bien sûr, les plus grosses usines le plus gros de la production c est dans les usines avec solvant. Dans ces usines avec solvants, il y a toute une partie de l’huile qui est extraite sans solvant. Comment ça ? Parce que, voilà, il faut bien revenir là-dessus, c’est-à-dire que même dans ces usine, on pourrait tout à fait se passer d’extraction à l’hexane, c-à à dire il suffirait d’arrêter. La production à un certain moment, sans aller chercher les 10-15 % d’huile supplémentaire. Mais même ces usines font déjà de l’huiles sans solvant. C’est-à-dire qu’en fait, comment ça se passe ? Les camions ou les barges c’est -à -dire les gros bateaux, les péniches Vous voyez ce que je veux dire ? Les navires apportant le soja ou les camions apportent ou les tuyaux, souvent, ça arrive aussi par livraisons diverses à partir de toutes sortes de contenants, qui débarquent les oléagineux, notamment le soja, colza, tournesol. Sont d’abord pressés une première fois. Et ça, ça donne de l’huile, mais comme ça ne satisfait pas en fait en termes de rentabilité, eh bien c’est le résidu de ça qu’on va refaire passer dans la machine. Mais il faut bien comprendre que si demain un industriel voulait arrêter d’utiliser de l' hexane, il pourrait arrêter son processus il abandonne une partie Bon après, c' est vrai que ça ne l’intéresse pas d’abandonner de perdre, entre guillemets, cette belle usine formidable qui lui permet d’assurer ses rendements et ses profits considérables.
Nora Bouazzouni
Bon alors attendez, parce que moi j’ai encore plein de questions. Il est 19h20, c’est incroyable. Est-ce que vous avez un peu plus de temps qu’une heure trente ou pas ? Oui, comme vous voulez, à votre disposition. Ok, très bien Consentement, Guillaume. C’est ok ? Consentements actifs, très bien. Parce que, du coup, sinon on aura pas le temps de parler des nitrites, ce sera quand même très dommage. Tout à l’heure, on a parlé de la réglementation. Vous parliez de cet accommodement, et moi il y a quelque chose il y aa une phrase dans votre livre, un passage entre tous les passages où je me suis dit mais c’est pas bon moi je me suis cassé la tête contre le mur en faisant votre livre où je me suis dit ça c'était hallucinant et je pense que le chat vous avez alors tout le monde hallucine depuis tout à l’heure dans le chat les gens sont là mais c’est pas possible c’est quoi cette histoire quoi les doses maximum d' hexane donc de résidus autorisées n’ont pas été autorisés en fonction de leur dangerosité en fonction des résidus minimums déclarés par les fabricants. Mais ça, c’est du délire. C’est-à-dire qu’en fait, les fabricant ont dit nous, nous, on peut vous garantir qu’on ne peut pas enlever moins que tant. OK, très bien, ça va être la dose résiduelle.
Guillaume Coudray
Bien curieusement, c’est justement, je comprends que ce type de logique vous paraît hallucinant, mais en réalité c'était un peu déjà un petit peu la même chose sur le nitrite. C’est-à-dire qu’en fait, on parle d’accommodement parce que, il y a cette idée alors qu’il est battu en brèche parce que justement on sait comment ça se passe au niveau de la régulation des pesticides ou de la pollution. On sait qu' il y a des rapports de force. C’est de la politique. La régulation des additifs alimentaires c’est pas un scientifique ou un comité scientifique hors du monde qui siège à une table, il faut le voir avec l'œil de la science politique comme on regarde par exemple les violences policières. Ce n’est pas une question technique, c’est une question politique. Pareil pour la régulation des additifs alimentaires ou, globalement, des produits toxiques du quotidien, y compris par exemple des produits de nettoyage. Il y a un rapport de force, ça veut dire qu’il y a des intérêts, il y a aussi des questions de balance commerciale, il y à des questions d’emploi, il y a des questions de chantage à l’emploie, par exemple. Parce qu’on pourrait parler, on n’a pas évoqué pour l’instant la question des impacts sur l’environnement immédiat, en fait, d’une usine d’hexane. Bon, vous imaginez bien que ça s’est passé à Saint-Nazaire, par exemple. À Saint- Nazaire, il y a une usine d’extraction, en plein sur le port, à côté de la base sous-marine de Saint- Nazaire, face à l’omerta. Là, il y a une usine d' extraction d’ hexane J’ai envie de dire que ce n’est pas dérogatoire, c’est un peu une verrue autour de cette jolie ville qui est le port. Là, il y a cette usine qui pue en plus, parce que ça pue les oléagineux. Des fois, il y a les camions qui viennent aussi livrer aussi les oléagineux qui remportent les tourteaux, etc. Bon, pendant longtemps, le maire de Saint-Nazaire a voulu enlever en fait cette vieille usine qui était en plein centre-ville, dans une zone urbaine, juste devant un carrefour, une grande zone commerciale, dans une zone touristique. Les camping-cars viennent s’installer, viennent camper, juste sous quasiment un jet de pierre de l’usine d’extraction qui tourne jour et nuit. Je précise en fait, elle tourne, jour et nuits,.C’est un ronronnement en fait, les habitants de Saint-Nazaire l’ignorent pour la plupart qu’il y a une usine à l’hexane en plein milieu de leur zone la plus touristique puisque la base sous-marine se visite,. Le maire n’a pas réussi à se débarrasser, l’ancienne municipalité n’as pas réussi à se débarrasser de cette anomalie environnementale qu’il y avait en pleine ville et une des raisons c’est parce que le port de Saint-Nazaire a décidé que c'était bien qu’y ait cette usine. Parce qu' en fait une énorme partie des livraisons, du trafic du port de Saint-Nazaire, tenait à ce fameux soja ou de ces fameux oléagineux qui étaient livrés. Donc il y a un rapport, il y à une dimension économique, une question politique, il faut bien.J’ai été très frappé dans les archives, notamment en Bretagne, dans les archives départementales, de voir que la décision d’implantation de ces usines s'était prise au plus haut niveau. C'était au niveau du Premier Ministre, c'était au niveau de la Datar. Ce sont des décisions qui ont été portées par les pouvoirs publics..Il faut comprendre que quand on découvre, des décennies après, qu’une technologie en fait est néfaste pour les consommateurs, et bien les industriels disent au pouvoir public..Vous savez, si vous commencez à nous mettre des bâtons dans les roues pour, alors qu’on a fabriqué cette usine, avec votre consentement, avec souvent vos investissements, parfois vos subventions de l’argent public, bien sûr. Il va y avoir d'énormes problèmes, on ne va pas être content. On va fermer les usines, ça va être moins d’emploi, moins de profit, moins de taxes, ça, va être terrible pour le porc et ça va être terrible. Donc il y a toutes sortes de rapports de force. Ce que je viens de décrire là au niveau d’une implantation industrielle, il faut comprendre. L’EFSA, l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, on l’a vu sur le nitrite, ça a été terrible en fait. Le niveau de pression qu’il peut y avoir déjà parfois, et puis parfois le niveau aussi, il faut le dire, d’incompétence de certains agents. J’ai entendu une représentante de la FNSEA expliquer à un élu français, que attention, vous savez, vous savez, monsieur l'élu, monsieur le député en l’occurrence, le nitrite, c’est pas dangereux. Vous savez, Monsieur le député, moi, mon mari, là, je vous parle d’une des plus hautes gradés de la FNSEA, qui à l'époque a dit ça, a dit en audition, a dit, vous savez, dans mon garage. Il y a des outils par exemple, il y a un marteau, bon moi si je prends ce marteaux c’est dangereux parce que je sais pas l’utiliser, mais mon mari qui est bon bricoleur, pour lui c'était pas dangereuse d’utiliser çà donc comprenez que ce n’est pas dangereux le nitrite parce qu’ils savent ce qu’il font C’est ce qui a été dit, et ça c’est pas dit par voilà..C'était dit à l'époque par une des plus hautes gradés de l’Agence européenne de sécurité alimentaire, un élu français. Il faut comprendre donc que parfois, il y a aussi le mot technique, c’est impéricie. On parle de ça, l’imprécis c'était tout simplement l’incompétence crasse de certains responsables qui tout simplement. Soit se disent, oh c’est trop compliqué, ou bien il y a que des coups à prendre, tant que c’est pas sorti, n’en parlons pas, et puis ou bien tout simplement, qui se disent bon de toute façon y a rien à faire, c' est tellement installé, oh, et on peut rien manger avec ce raisonnement, on peut plus rien dire, on ne peut plus faire, etc.
Nora Bouazzouni
On ne peut plus rien dire, on ne peut rien faire, les gens n’aiment pas l’argent, les gens n’aiment les riches et puis qu’ils vont aussi lire les éléments de langage fournis évidemment par les lobbies, ça a beaucoup. Alors qu’est-ce que je voulais dire ? Oui alors sur la réglementation, alors oui il y a Euryale qui dit déjà Renaud merci pour l’abonnement, 22e mois consécutif d’abonnement 18e mois merci beaucoup, abonnez-vous, abonnez- vous. Euryale l qui a posté un article sur Nasser à l’Assemblée Nationale, les députés approuvent une taxe ? Sur l' hexane ! Absolument !
Guillaume Coudray
. Samedi, effectivement, c’est formidable que ça aille si vite. Les députés ont, à l’initiative de Ramos dont je parlais tout à l' heure,encore lui, je ne sais pas par quel coup habile, il a réussi à faire passer cette taxe. J’espère qu’elle va tenir au Sénat.
Nora Bouazzouni
Oui, parce qu’on me rappelle que ça ne veut pas dire qu’il y a deux chambres qui doivent voter
Guillaume Coudray
. Mais en tout cas, c’est une avancée formidable, ça va totalement dans le bon sens. L’idée maintenant, c’est de bien veiller à ce qu'à aucun moment les industriels répercutent cette taxe sur les consommateurs, mais en fait, ça serait totalement malhonnête s’ils le font, s’il les osent, parce que cette taxe n’a pas été faite pour ça. Alors déjà, elle est très minime, c’est quelques centimes d’euros par litre, et ça ne va avoir aucun impact sur les consommateurs. Mais par contre, c’est un signe, c’est un symbole. C’est pour dire aux industriels, il faut que vous remettiez sérieusement en question votre usage l’étau se resserre. On vous voit quoi. On vous voit idéalement, il faudrait en réalité taxer des centaines d’euros sur tout l’utilisateur d hexane Il faut que politiquement, voilà, il y a un chemin en fait qui fait que déjà l’obtention de cette taxation est déjà un point formidable.
Nora Bouazzouni
C’est énorme parce que en 2024 on avait l’EFSA dont vous parliez qui est l’Agence l’autorité européenne de sécurité des aliments qui avait qui avait dit il faut une réévaluation complète parce que le dernier avis si c’est à ça qu’on l’a pas dit mais vous le dites dans le bouquin qui a conduit à autoriser l’ hexane en alimentation remonte à 1996 et ça n’avait pas été réévalué depuis et que les données étaient insuffisantes je cite et inadéquates car fournis par les industriels eux-mêmes et plus récemment encore mai 2025 la européenne a mandaté l’EFSA pour refaire des recherches là-dessus et la deadline c’est 2027 donc au niveau européen ça bouge aussi j’ai l’impression.
Guillaume Coudray
. Alors ça bouge, et quand même une précision, là où il faut être super vigilant, c’est que l’EFSA, effectivement, dit qu’il faut réévaluer, ce qu’ils ne disent pas, c est que cette fameuse évaluation de 1996, elle avait été prise d’après des données de 1989 fournies par les industriels, effectivement. Et notamment par des fabricants de solvants, qui avaient fait des tests sur des souris. Qui sont pas du tout sérieux par rapport aux données actuelles et aux normes actuelles pour s’assurer de la non-neurotoxicité, non-reprotoxicité. Ça n’avait pas du tous été évalué, notamment sur les aspects chroniques. Mais ce qu’il faut rappeler, et ça va être intéressant, parce que c’est pas parce que l’EFSA s’en occupe, que l’EFSS va donner quelque chose sur le marteau d’une responsable de l’EFSA. L’Efsa, on l’a vu sur toutes sortes de dossiers, notamment sur la perturbation endocrinienne, sur le glyphosate, il y a eu toutes sortes..Il y a quand même un passif alarmant sur, il suffit de regarder les travaux de Stéphane Orell et Stéphane Foucart au monde qui ont beaucoup, voilà, qui ont consacré aux PFAS aussi, voilà le livre, regardez le livre lobotomie de Stéphane Horel sur la façon dont, donc voilà, on rentre dans les mécanismes de l’influence au niveau européen, c’est assez terrifiant également. Bon, qu’est ce qui se passe ? Il n’y a pas d'étanchéité, malheureusement, de cette agence européenne et il faut préciser que l’EFSA n’indique pas un petit détail intéressant sur cette fameuse évaluation de 1996 qui était à la base. C’est que, en fait, quand on va dans le détail des archives. Et des rapports successifs, ça a été un peu un coup de force de faire passer cette réautorisation de l’hexane en 96. C’est-à-dire qu’en fait, ça faisait des années que l' hexane était déjà sur la sellette et qu’il y avait certains toxicologues de l’ASCA, l’ancêtre de l’ASCA qui s’appelait le SCF, le scientific Committee for Food, donc l’ancêtre de l’agence de Parme. Et donc les toxicologues de l'époque avaient dit qu’il y avait en fait des problèmes avec les données des industriels. Et alors il est arrivé une nouvelle équipe, un nouveau président notamment, qui a considéré que maintenant les chiffres étaient rassurants et donc que voilà, que tout pouvait bien se passer. C’est intéressant d’ailleurs de voir qu' il s’est passé un petit peu… Souvent avec les mêmes personnages, un petit peu la même chose en termes d’autorisation. Pas simplement avec le nitrite, mais avec comme ça d’autres molécules on a l’impression qu’il y a comme ça une génération un peu ancienne de toxicologues, capés de l'époque, qui peut-être avaient en tout cas des critères permissifs. Plutôt souple ou bienveillant, ou en tout cas favorable à l’accommodement, et qu’il se disait, on ne va pas tout interdire.
Nora Bouazzouni
Parce que là, on vient d’avoir une bonne nouvelle sur la taxation de l’hexane. Les seuils n’ont pas été révisés, donc on le lisait depuis 1996. Mais là, vous, ce que vous dites depuis tout à l’heure et ce que vous dites dans votre livre, c’est pas il faut réduire. C’est comme les nitrites. Il faut interdire cette substance. Complètement, à partir du moment où on peut s’en passer.
Guillaume Coudray
. On arrive de même à justifier qu’elle soit encore utilisée, comme vous le disiez. Et en plus, quand on descend dans le détail des expositions, c’est-à-dire qu’en fait ce que je raconte dans le livre, c’est que le l’hexane, et on le sait aujourd’hui avec certitude les filtres. C’est-à-dire que déjà, quand on la gère, ça passe dans le sang en fait. Ou ça passe, en fait, quand l’on gère ou quand on l' hexane, ça rentre dans le corps. Ça reste pas dans le tube digestif, contrairement à ce qu’on n’avait pu postuler dans les années 30. Oui, sur l’expression dont vous parlez tout à l’heure. Donc non, pas du tout. Au contraire, l’hexane passe, le filtre en fait… Le filtre de la barrière intestinale, on va dire, et rentre dans le corps. Et là, va aller faire ses méfaits et passer dans le foie, être transformé, être métabolisé, etc. Mais aussi, quand l' hexane est dans le sang, notamment dans le son d’une maman et notamment dans le sang d’un maman enceinte, l’ hexane passe la paroi placentaire. Alors, de façon complètement étonnante, j’ai vu des évaluations canadiennes notamment. Alors il faut savoir que le Canada est assez pro hexane. Peut-être que le fait que leur principal produit d’exportation soit le colza extrait à l’hexane, ce qu’on appelle le canola, peut-être ça joue un petit rôle. Et les sables bitumineux, peut-être qu’il y en a un aussi. Alors, c’est assez, moi j’ai lu un rapport notamment de Santé Publique Canada, une agence de santé publique canadienne qui s’appelle Santé Canada, avec une phrase vraiment troublante, scandaleuse. Donc il y avait deux versions, une version française et une version anglaise en anglais. Et ils disent, oui, alors c’est vrai que les jeunes enfants Alors je sais plus si dans cette phrase-là ils parlent des embryons, mais en tout cas ils parlent des jeunes enfants, ils disent oui c' est vrai que comparativement aux plus jeunes, les nourrissons sont exposés de façon très forte à l’hexane plus encore que les adultes. Mais c’est pas très grave, parce que de toute façon, à cet âge-là, ils sont en train de fabriquer leur système nerveux. Ah oui. Donc, s’il y a des problèmes, ça se répare.Donc c’est proprement scandaleux et de voir ça sous la plume d’une agence sanitaire, alors des gens avec qui j’en parlais me disaient oui mais ça a été écrit par le stagiaire sans doute, c'était stupide, non c’est pas stupide, quand on écrit quelque chose dans un rapport sanitaire qui était ce qu’on appelle, ils appelaient ça le défi, le challenge, pour savoir s’il fallait réévaluer la toxicité de l’examen, c’est pas, ce genre de phrase là n’est pas parallèle, c’est là spécifiquement pour enfumer, pour endormir, pour cacher.
Nora Bouazzouni
On disait les gens qui verrouillent tout ça, on en a parlé, donc vous disiez, il y a aussi des complicités au sein de l’EFSA par exemple, vous parlez aussi… Il n’y a plus à en avoir, je ne parle pas de l’EFSA aujourd’hui, il n’a plus en avoir, ça a été largement documenté. Il y a plus d’en avoir à l'époque, on parlait aussi de l’INRA dans le livre, on parlait de l’ANSES, on parlait des politiques, des lobbies, etc. Avant de parler un peu des nitrites, je voudrais vous poser une question, parce qu’il y a une phrase dans votre livre, c’est un peu la question à 100 000 euros. Vous dites combien de victimes faut-il pour qu’un produit neurotoxique soit interdit ? Bah oui, la question est ouverte. Comment on le prouve ?
Guillaume Coudray
. Oh non, c’est pas, je dirais pas ça,, vous savez c' est plutôt aux, aux, aux utilisateurs, même dans la loi, c’est aux utilisateurs de l' hexane de justifier que c' est inoffensif.
Nora Bouazzouni
C’est ça qu’on disait, l’innocuité,il faut la prouver à 22.
Guillaume Coudray
. On n’a pas le droit, je parle dans l’absolu, on n’as pas le droit de renverser la charge de la preuve, c’est-à-dire qu’aujourd’hui personne ne peut contester que l' hexane est neurotoxique, reprotoxique et potentiellement perturbateur endocrinien c’est un autre un autre volet. Mais en tout cas neurotoxicité, repro-toxicité, je rappelle dans le livre que l’aspect neurotoxicité est identifié et confirmé depuis 50 ans. Ça fait 50 ans, je rappel notamment les premiers cas en France c'était à Cestas à côté de Bordeaux, il y avait des cordonnières, c'étaient souvent des femmes qui utilisaient des colles à l' hexane pour fabriquer des chaussures, C'était la même chose au Japon, c'était le même chose en Italie. Il y a eu des centaines, des milliers de victimes, des centaines en Europe, des milliers globalement autour de l’exposition à l' hexane dans des contextes professionnels. Donc c’est incontestable. Il y à eu même des manifestations en Italie pour interdire l' hexane n dans un contexte professionnel. Donc ça fait 50 ans en fait qu’on sait que les bases théoriques sur lesquelles l’hexane a été adopté, c’est ce que je documente dans le livre, étaient erronées, étaient fausses. C'était qu' on avait cru que cet hydrocarbure était inoffensif, neutre, stable. Patatras, des décennies après, on s’aperçoit qu’il n’est ni inoffensif, ni neutre ni stable, qu’au contraire, il est neurotoxique, reprotoxique. Aujourd’hui, c’est complètement incroyable qu’on ait des agences ou des responsables, donc je parle notamment de l’agence canadienne que j'évoquais tout à l’heure, ou bien des utilisateurs d' hexane qui continuent à faire croire qu’ils ignorent qu’il y ait pu avoir des doutes sur la toxicité. Ça fait depuis 2014 en fait l’ECA, l’Agence Chimique Européenne, l’initiative du BAEA, qui est une agence allemande, est en train de resserrer l'étau. Elle dit qu’il fallait réévaluer. Ça fait donc ça fait déjà 10 ans que le processus, cet étau qui se resserre, est en cours. Aujourd’hui maintenant, les industriels disent bon il y a une évaluation à l’EFSA, il faut attendre les résultats, ça sera en 2017, on va contribuer, on débarque, on est très surpris, nous il y a jamais eu d’alerte, mais pourquoi est-ce que dès qu’on ouvre la page scientifique sur l' hexane et sur la 2.5 hexane dione, on sait qu’il y a des alertes.
Nora Bouazzouni
Oui, puis pourquoi quand on ouvre votre clip, c’est noir sur blanc, pendant 250 pages, une fois qu’on a refermé le bouquin, il n’y a pas de doute possible. Parce qu’il n’y a pas de doutes. Voilà, et que le statu quo est là, donc c'était un réel statu-quo, comme vous le dites, il faut le dire ce mot-là, c' est qu' on le sait et rien ne se passe. Bon, sur cette stratégie de temporiser, c’est intéressant parce que c’est ce qu’ils font ceux qui utilisent les nitrites. Il y a deux stratégies des lobbies. Qui est de temporiser et de nier. Et sur les nitrites, c'était pareil.
Guillaume Coudray
. On a les mêmes stratégies à l'œuvre, c’est ça ? Oui, sur le nitrite, il y a eu un développement très récent, très spectaculaire en fait. Pas complètement inattendu, je dois dire, mais assez satisfaisant par certains aspects. Qui est que samedi dernier, donc en novembre, on a appris par un article dans l’Informé, un article de Morgan Leclerc qui disait que l’autorité de la concurrence était en train de suspecter, je dis bien suspecter..Oui, on soupçonne qu’en fait, il y ait une stratégie calculée volontaire des industriels, de la charcuterie industrielle pour minimiser les dangers du nitrite et pour développer des produits sans nitrite tout en ne nuisant pas à leur gamme avec nitrite. Bon, c’est intéressant en tout cas, c’est saisissant et c' est formidable que l’autorité de la concurrence étudie ce dossier, ils ont des pouvoirs importants notamment, donc ils ont fait des perquisitions, Pour quelqu’un qui a suivi tout le dossier nitri depuis le début, moi j’ai été notamment aux audiences, aux tribunaux, quand la fédération des industriels charcutiers-traiteurs et des fabricants avaient poursuivi en justice Yuka !
Nora Bouazzouni
Oui, je voudrais juste, je vous laisse terminer, mais je voulais juste justement dire ça, parce qu’il y a le lien qui va être, Euryale va le mettre dans le tchat, le lien vers cet article de l’informer qui est passionnant, notamment sur les perquisitions, il y a des passages quand même assez drôles, où un des responsables, je sais pas si c’est ça, la numéro 2, qui dit non non mais il est pas là, et en fait il est là, il est parti s’enfermer, je dis peut-être aux toilettes, j’en sais rien, avec une tablette et un téléphone, et il leur dit non mais…
Guillaume Coudray
. Alors, il est en Angleterre.
Nora Bouazzouni
Oui, il dit non, mais je suis au Royaume-Uni, je sais pas, alors que bon le mec était là, globalement. C'était quand même assez drôle.
Guillaume Coudray
. C'était quand même assez drôle. Alors c’est M. Antoine De Pousse qui possède plusieurs sociétés, qui étaient parmi ceux qui avaient attaqué, notamment Yuka oui.
Nora Bouazzouni
Donc on a le lien dans le tchat, donc c’est la fédération de l’intendance française de charcuterie-traiteurs. Pour donc, vous le disiez, minimiser le danger des nitrites, retarder leur réduction, pas leur interdiction et, ça je tiens à le préciser, on l’a dit deux fois depuis tout à l’heure mais je le précise, ce sont des gens qui harcelaient donc déjà juridiquement depuis 2019 Yuka, avec des assignations, avec vraiment des procédures bâillons finalement, notamment parce que Yuka avait publié avec Foodwatch, qu’on a reçu dans la première émission de bouffe de l’année dernière, elle allait contre le cancer, une pétition pour interdire, donc elle est toujours en ligne, d’ailleurs je crois qu’elle a été signée par 10 millions de personnes, quelque chose comme ça, pour interdire les nitrites dans l’alimentation. Donc on voit ce harcèlement-là. Donc on disait que les nitrites, il y a cette stratégie de retarder et on minimise et on s’entend entre nous. Et l’examen, ce serait dans le même Il y a le même genre de développement ? Pour vous, on va peut-être découvrir ça ?
Guillaume Coudray
. Alors on va voir, une précision sur le plan juridique, je ne sais pas si c'était, je ne pense pas que c'étaient des gens spécifiques qui harcelaient ou quoi que ce soit. Non, non, je disais juste les entreprises, etc. Voilà, c’est plutôt effectivement dans le papier, il y avait ce mot harcèlement qui relève plutôt, je pense, d’une démarche, une sorte de blitzkrieg, de multiples procès. L’avocate en parle dans l’article, bien sûr. Voilà, exactement. Vis-à-vis du cas,donc c'était plutôt ça, cette sorte de ressenti de harcèlement. Sur les questions d’hexane. On va voir. Je pense pas. J’espère, j’ose espérer qu'à la lumière de cette catastrophe en fait qui s’est passée pour la FICT, peut-être que ça a été la fédération des charcutiers des traiteurs, ouais. Bon, je pense qu’aujourd’hui puis la réalité, pourquoi faire toute cette bataille, puisque de toute façon, aujourd’hui, si vous allez dans un supermarché une quantité de produits, par exemple de charcuterie sèche, de jambon de Bayonne,sont sans nitrite l’ont fait en douce, mais ils l’ont fait. Donc finalement, on avait raison. Ce qu’ils m’ont traité de fou et de menteur et de tous les noms lorsque j’avais fait paraître le premier livre, le résultat des courses, il y avait un charcutier qui m’avait dit lors. J’avais d’ailleurs dédié le premier au vrai charcutiers. Et certains charcutiers, notamment un célèbre charcutier français, qui m’avait envoyé un message très sympa en me disant c’est formidable pour l’industrie. En vrai, sur le fond, ça va vraiment changer leur processus, s’ils ont l’intelligence de le lire. Résultat des courses, 10 ans après, ils l’ont fait. Ils ont modifié leur pratique. Alors pourquoi batailler, gagner du temps ? Parfois mentir comme certains pourraient tenter de le faire alors que, en fait, il suffit d’avoir un discours vrai, de dire c’est vrai, on est d’accord avec le fait qu’il y a quand même des grosses inquiétudes sur l’examen. On va déjà vous aider une piste pour les aider dans leur stratégie de transparence, mais par exemple, c' est vrai, ce qu’on va faire, c' est on va mettre sur nos étiquettes quand on utilise de l' hexane, quand on met pas d' hexane et comme ça tout le monde pourra s’y retrouver. Et puis, par exemple, les femmes enceintes ou les personnes qui ont des prédispositions aux maladies neurologiques, les enfants, les cantines scolaires, les crèches, les hôpitaux, les malades de Parkinson qui eux-mêmes ne peuvent pas détoxifier l’hexane correctement, encore moins que les autres, e. Les Parkinson précoces par exemple. Toutes ces personnes qui devraient être d’autant plus vigilantes vis-à-vis des risques neurotoxiques liés à l' hexane, eh bien cela pourra au moins se renseigner et choisir en fonction de ces informations.
Nora Bouazzouni
Oui et puis même, c’est un défaut de transparence qui est quand même évident, on devrait savoir ce qu’il y a, comme pour les nitrites, il y a écrit nitrite de sodium, celle nitrite et vous le dites. Et sur les nitrites, on a maintenant aujourd’hui des jambons, il a écrit sans nitrite. Ils sont vendus plus cher et Foodwatch a fait un gros travail aussi sur les nitrites depuis que vous avez lancé cette alerte. Sur les nitrites vous avez été auditionné devant une commission en 2021 à l’Assemblée nationale qui a été créée d’ailleurs à l’Assemblée grâce à votre livre et votre travail et le complément d’enquête aussi en 2016. Qu’est-ce que vous leur avez dit à la commission en 2020 sur les nitrites ?
Guillaume Coudray
. Alors, je dois dire, je me souviens plus techniquement de ça remonte. Et puis, j’ai beaucoup parlé sur le nitrite, elle est restée longtemps en ligne. Qu’est ce que j’ai dit ? J’ai raconté, qu’est-ce qu’on fait dans une mission d’information. Là, en ce moment, il y a une mission de l’information sur l’examen. Je pense que je vais même raconter mon travail.
Nora Bouazzouni
Vous allez être convoqué au poste et à l’Assemblée.
Guillaume Coudray
. Voilà, donc c’est pas une convocation, voilà,c'était plutôt une mission d’information, c’est plutôt une invitation. Voilà, une invitation, il s’agit en fait d’expliquer, de répondre aux questions des parlementaires et de déclarer sur certains points, alors souvent généralement ils ont déjà beaucoup travaillé, ils ont des administrateurs qui épluchent, ils ont eux-mêmes, voilà on vient pas, on est pas les seuls auditionnés dans ce cadre là. Je sais que Greenpeace sera auditionné demain. Pour tout dire donc eux-mêmes vont devoir dire en fait c’est quoi tous les travaux, les tests qu’ils ont faits et voilà il y a plusieurs intervenants, les industriels donc après il s’agit d'être le plus convaincant possible et puis j’espère de pouvoir puisque je serai passé quand même il y aura eu pas mal d’industriels qui seront venus expliquer qu’il n’y a pas de problème avec l' hexane ou qu’on n’a que que les lanceurs d’alerte tous les journalistes sont des ayatollahs de l’alimentation, des fendeurs de papiers, etc.
Nora Bouazzouni
Et on est contre l’industrie.
Guillaume Coudray
Et qu’on est contre l’industrie et qu’ils n’ont rien compris alors que eux ont des bons experts qu’il ont consultés, qu' ils ont payé, qui leur disent circulez, il n’y a rien à voir, il y a aucun souci. Parce qu’eux les ont payés, c’est que forcément bien c'était peut-être de venir aussi, en tout cas je m’attends à ça, de venir répondre à des contre-arguments, à des éléments de langage, dire, bah, donc voilà, c’est ça qui s’est passé aussi oui, il y a un contre-discours.
Nora Bouazzouni
Oui, il y en a un contre-discours expert et qui est plus, on va dire, un peu moins subjectif et moins intéressant.
Guillaume Coudray
Un discours sur l’histoire, notamment, parce qu’il y a des points sur lesquels je suis plus compétent que d’autres, tout simplement parce que j’y ai passé beaucoup de temps à décortiquer l’Histoire qui s'était souvent inconnue, quand on découvre en fait. Bon, donc voilà, après il y a beaucoup d’autre compétences, d’autres experts qui viennent, et c’est un tout, je pense que les parlementaires après ils font un mélange avec toutes ces données.
Nora Bouazzouni
Quelqu’un demande, et ceux qui n’utilisent pas de nitrite, est-ce qu’ils ont un produit de substitution qui est sûr ?
Guillaume Coudray
. Alors, sur le nitrite, très bonne question alors, le mien…
Nora Bouazzouni
C’est Fémininasapiens qui l’a posée.
Guillaume Coudray
. Alors, sur le nitrite, il y a eu un premier produit de substitution qui était fallacieux, qui était en fait, donc j’en ai beaucoup parlé dans le deuxième livre sur nitrite le scandale, je racontais en fait comment les industriels ont utilisé une stratégie qui était de mettre du nitrite, mais sans le mettre sur l'étiquette. C’est-à-dire qu’en fait, ils en avaient utilisé, une sorte de mélange de légumes à forte teneur en nitrate, qu’ils enrichissent en nitrates dans les champs. Puis après qu’ils ont lyophilisé de façon à avoir en fait une sorte de poudre, un concentré de nitrate, Une sorte de bouillon, de cube de bouillon quoi. Voilà, c'était en fait en l’occurrence c’est une poudre, c'était du nitrate qu’après ils ensemençaient avec des bactéries nitrifiantes, souvent c'étaient des staphylocoques spécifiques en fait, des bactéries très spécifique qui vont transformer le nitrate en nitrite, et que donc, résultat des cours ça vous donnait du nitrite. Il n’y avait pas besoin de le marquer sur l'étiquette, donc c'était un stratagème, voilà. Donc ça c’est le premier substitut qui était fallacieux, après d’autres industriels ont trouvé une autre alternative qui n’utilise pas cette technique fallacieuse et qui permet à la fois d’avoir la couleur, la couleur rosée, donc là c' est ce qu’ils appellent le CSN, conservation sans nitrite, donc ça c est une autre technique qui ne donne pas naissance à du nitrite.
Nora Bouazzouni
Parce que du coup, c’est vrai que s’il n’y a pas. Quelqu’un dit « miam » du staphylocoque. Ah oui, c’est vrai, ça donne vachement envie quand on parle de staphylocoque.
Guillaume Coudray
. En l’occurrence c’est pas le doré, c’est un l’autre cette technique, de toute façon, a quasiment disparu en France. Elle est très habituelle aux Etats-Unis, en Angleterre. Oui, et sur le saumon aussi, ils ont encore beaucoup de problèmes.
Nora Bouazzouni
Le saumon est très très rose en Amérique du Nord, c’est étonnant, d’ailleurs si vous voyez les photos sur les recettes de cuisines, c’est pas la même chose parce que du coup oui, on n’a pas expliqué mais le nitrite ça sert aussi à donner la couleur rose parce que sinon la viande elle est grise.
Guillaume Coudray
. Ben on appelle ça du jambon blanc à la base, donc historiquement si vous voulez, on parlait pas de jambons roses. Mais bon, curieusement, quand sont arrivées la vente en blister, je pense qu’il y avait quelque chose de plutôt psychologique, c'était un bel avion de frais, voilà, elle est rose, donc elle est fraîche, ça ressemble à un petit bébé, tout rose, c’est tout rose.
Nora Bouazzouni
On a envie de manger des petits bébés, des petits bébés porcs. Sur le nitrite, on n’a pas parlé de la cancérogénicité, mais on a parlé un petit peu. Pareil, il y a un consensus. Évaluation 2019, une portion côte, parce que c’est la charcuterie en général évidemment nitrite. L’OMS, on avait parlé en 2015, donc ça fait 10 ans quand même là aussi qu’on a un consensus scientifique. L’OMS, il y a le lien aussi qui sera dans le tchat, alors il y aura le temps de le mettre. Évaluation 2019, une portion quotidienne de 25 grammes de charcuterie entraîne une hausse de 19 % du risque de développement d’un cancer colorectal. A 50 grammes par jour, on a plus 42 % de risques et on a plus 69 % pour une conso de 75 grammes. Donc encore une fois, c’est pas manger du souci sous une tritide, ça donne le cancer. C’est qu’on a aussi des facteurs de risque qui augmentent, même avec des petites doses, on va dire. Malgré ça, les recommandations aujourd’hui d’ailleurs qui vont être révisées pour le plan national nutrition santé les lobbies de la viande ont aussi gagné parce qu’on parle pas de réduction de cette consommation, on parle d’une consommation je sais plus comment c’est, plus modérée ou plus équilibrée, je ne sais plus raisonnable Voilà, donc là aussi, on a, comme pour l' hexane, un consensus scientifique depuis longtemps. On sait qu’on peut faire sans la preuve, les grands industriels qui font avec, ils font aussi sans, et c’est possible, et puis ils l'écrivent dessus. Est-ce qu' on a le droit d’utiliser des nitrites en bio et de l'' hexane en bio ?
Guillaume Coudray
. Très bonne question l' hexane est totalement interdite en bio, c’est-à-dire que les chartes interdisent les solvants chimiques en fait, et toutes les chartes bio. Donc aucune utilisation d' hexane en bio ni… Dans la fabrication des huiles, ni dans la fabrication de la lécithine de soja, ni dans la, dans la fabrication du chocolat, par exemple, ou du beurre de cacao ni dans les aliments bio destinés aux animaux, parce que quand vous faites, quand vous êtes éleveur en bio, vous devez vous sourcer en tourteau bio. Et donc, tourteaux qui, ce qu’on appelle, c’est du tourteau gras, c' est-à-dire du tourteau qui n’a pas été dégraissé à l' hexane Et donc, c' est du tourteau bio. Et donc les animaux ne sont pas nourris avec des aliments qui contiennent des résidus des ânes. Voilà, ce qui est intéressant c’est qu’il y a eu une étude, pendant que je rédigeais le livre, il y a une études par un chercheur, un jeune chercheur de l’INRAE à Clermont-Ferrand qui s’appelle Valentin Ménoury et qui a fait une étude, alors je le cite dans le livre parce que c'était au moment de la rédaction, c'était une étude, en fait ils ont fait une étude sur la façon dont on pouvait détecter des résidus d' hexane dans le lait de vaches qui avait été nourri avec du tourteau à l' hexane effectivement dans je crois quatre échantillons sur cinq à peu près, il y avait dans les échantillons de lait, il y avait des résidus d' hexane qui étaient détectés dans le lait. Mais la même chose après, il faut bien comprendre que la même chose déjà se passe chez les autres mammifères, donc chez la maman par exemple.
Nora Bouazzouni
Oui, le lait maternel, vous le disiez dans le bouquin, les cellules graisseuses dans la poitrine des humains, pourquoi cette poitrine graisseuse chez les humains ne serait pas aussi vectrice de ces résidus d’examen ?
Guillaume Coudray
. Mais c’est fait comme ça, le lait maternel est fait à partir de la graisse maternelle. Donc il y a une sorte de relargage en fait de l' hexane. Encore une fois, l' hexane a été choisi pour sa capacité à se fixer sur les graisses. Il est lipophile, c' est pour ça qu’il marche si bien. Donc comment s'étonner que dans le corps, il réagisse de la même façon ? Et les nitrites en bio ? Alors le nitrite en bio, c’est un chapitre entier. Du 2ème livre que j’ai fait sur le nitrite, c’est un scandale sans nom. En réalité, en réalité c'était interdit, quand on regarde la réglementation, alors déjà historiquement, parce qu’il y a une histoire de la bio, avant que ça devienne une norme européenne, c'était des chartes qui n'étaient pas au niveau européen qui étaient unifiés, harmonisés. Voilà, qui étaient des charts, on va dire, privés un petit peu. Et donc là, au niveau de la naissance du bio, ou de la bio, c’est la même chose, le nitrite était totalement interdit. Parce que voilà, on sait très bien que pour fabriquer du jambon, alors on savait que c'était toxique, pour être rigoureux, que c'était cancérogène. Et on savait aussi que c'était inutile, sauf dans des processus industriels où on avait besoin de produire des gros volumes très vite, avec des longues durées de conservation. Mais alors, au moment de l’unification de l’alimentation biologique, Ça s’est assoupli, en fait certains industriels ont réussi à faire accepter le nitrite en bio de façon totalement scandaleuse. Résultat, à un moment il faut descendre dans le texte, il faut aller voir le règlement. En fait, par exemple en France il y a encore vous rentrez aujourd’hui dans un magasin bio. Très souvent vous allez trouver des charcuteries, ou bien au rayon bio des grandes surfaces, très souvent, vous allez trouver des charcuteries au jambon, ou du chorizo, ou, que sais-je, des lardons du bacon, du salami. Exactement, avec du nitrite, mais bio.Ce qu’il faut comprendre, c’est que, c’est un chapitre entier du deuxième livre que j’ai fait sur le sujet, c' est qu’en fait, la réglementation européenne dit très clairement que le nitrite n’est pas autorisé en bio sauf si c’est indispensable.
Nora Bouazzouni
Pardon, c’est quand même drôle comme phrase.
Guillaume Coudray
. Voilà, sauf si c’est indispensable, c’est ce qu’on appelle un proviso, c' est un astérisque qui renvoie à une note au bas de la réglementation qui dit que c' est aux agences qui gèrent le bio au niveau national qui doivent décider. Alors en France, il se trouve que c’est une agence qui s’appelle l’INAO. C’est la même agence qui gère les labels rouges et tous les labels qualitatifs, etc. Et c’est donc la même Agence qui gère la bio. Qui gère en fait qu’est-ce qui est autorisé. Alors moi j’ai eu des échanges spectaculaires au téléphone notamment avec les responsables, quand je faisais ce deuxième livre, avec le responsable en question, c'était surtout une personne de l’INAO, et qui m’expliquait je lui demandais mais je comprends pas en fait soit je suis bête soit je comprend pas pourquoi vous pouvez me dire d’un côté que vous êtes bien au courant que la réglementation l’interdit sauf si c’est indispensable mais vous voyez bien que dans les magasins Il y a la preuve que c’est pas indispensable puisque le même fabricant sur les mêmes chaînes de fabrication avec la même viande, les mêmes employés, sur les même chaîne de fabrication, fait les deux produits avec nitrite, sans nitrite. Donc comment pouvez-vous ? Alors là on bottait en touche. Ah il y a un dialogue de sourds du coup.
Nora Bouazzouni
Il va pas admettre que vous soulevez un lièvre, quoi.
Guillaume Coudray
. Je pense que c'était un peu plus grave. C'était pas un dialogue de source, c’est plutôt un dialogue UBS que je dirais. C’est-à-dire qu’on a devant nous, alors oui, je comprends, c’est effectivement un dialogue, je dirai, quelqu’un qui ne veut pas entendre que le responsable en question m’avait expliqué qu’il y avait quand même des choses plus graves. En l’occurrence, m’avaient-ils dit, vous savez, il y a la guerre en Ukraine.
Nora Bouazzouni
Oh waouh ! Ah ça me rappelle que nous féministes on nous dit mais il y a plus grave que tel truc, des femmes meurent en tel endroit pour hiérarchiser évidemment parce que bon, tout est grave, rien n’est grave apparemment en label rouge
Guillaume Coudray
Autorisé. Label rouge, ça date d’une époque en fait, ça il faut le comprendre, le label rouge, c’est strictement sur des qualités gustatives. Donc ça a été adopté, c’est un type de classification, de signes de qualité qui a été adopté juste sur des qualités de goût, donc pas du tout sur l’innocuité sanitaire. Pas de bien-être animal.
Nora Bouazzouni
complètement à toutes ces dimensions. Oui, c’est marrant parce que d’ailleurs dans les publicités, il y a vraiment l’image d’Épinal, des poulets qui courent dans les champs, alors que bon, voilà, on sait bien que 80 % de la viande qu’on mange est issue d'élevage industriel, je le rappelle. On arrive, il est déjà, il est 20h03. On ne va peut-être pas dormir ici, même si quelqu’un disait qu’il aimerait bien faire vos courses, ses courses avec vous. Voilà dans mon Biocoop, on trouve la charcuterie sans nitrite, on en trouve encore une fois la preuve qu’en fait ils le font déjà. Les gros industriels qu’on trouve au supermarché le font, ils ont des gammes sans et ils mettent bien en gros sans nitrite dessus, donc c’est possible. Le dossier de nitrite 2022, on a l’ANSES qui reconnaît le lien entre risque de cancer colorectal et exposition au nitrite ainsi qu’au nitrate. Il y a un plan d’action du gouvernement pour limiter mais pas pour interdire, donc encore une temps long on est comme sur la taxe sur l'' hexane
Guillaume Coudray
. Le supplément d’action, si je peux me permettre, est une mascarade très largement télécommandée par les intérêts industriels.
Nora Bouazzouni
D’accord, bon, là on l’a bien compris, les lobbies sont très puissants, de toute façon, j’ai l’impression que notamment au ministère de l’Agriculture. Ouais, j’veux dire, j’suis d’impression qu'à chaque émission de “Bouffe de la” on reparlera des lobbies, notamment le lobby du tabac aussi, qui a été un peu l’architecte des stratégies d’influence moderne, dont on parle aujourd’hui. On a eu le BPA en 2015 aussi interdit, donc on a eu ce fait les mêmes stratégies, avec on va peut-être limiter, peut-être qu’on va taxer, puis finalement on faisait déjà 100, donc pourquoi ne pas faire 100 complètement ? Malheureusement je n’ai pas le temps de vous poser s’il y a d’autres angles de mort sanitaire parce que en fait ça se trouve c’est ce sur quoi vous travaillez et je veux pas spoiler, peut-être que vous êtes sur Je ne me dis pas quoi mais voilà. Ouais ah très bien j’ai hâte. Mais je suis encore beaucoup sur l’examen, il y a encore beaucoup de vides de fila. Il y a des choses qui bougent donc ça c'était vraiment très bien.
Guillaume Coudray
. Et puis je crois, très franchement, je pense que peut-être qu’il y aura un deuxième livre sur l' hexane dans la mesure où, un petit peu comme sur la cochonnerie, en fait l’enquête débroussaille énormément de choses, mais je pense même au niveau des pathologies liées à l' hexane, Je crois que, par exemple, sur la perturbation endocrinienne, sur d’autres levées, sur les liens avec le diabète, notamment sur la réaction des diabétiques à l'' hexane, il y a encore beaucoup, beaucoup de choses à faire. On est au début, malheureusement, oui au début politiquement, en fait, c’est intéressant de raconter, d’observer comment réagissent les acteurs.
Nora Bouazzouni
Et bien les gens pour le savoir peuvent acheter, lire, emprunter votre dernier livre donc de l’essence dans nos assiettes donc sur l' hexane et puis il y a le premier sur les nitrite qui a lancé l’alerte sur cet additif cancérogène, le second la suite avec justement ce qu’on disait sur l’ANSES qui enfin reconnaît qu’il y a ces liens là Il y a une pétition qui est en ligne contre l' hexane de Greenpeace. Pour finir, est-ce que vous avez une reco culturelle ? On va peut-être parler d’autre chose. Est-ce qu’il y a une recommandation culturelle ? Un livre, une série, un film, un podcast, un compte Instagram ? Quelque chose que vous aviez bien aimé récemment ?
Guillaume Coudray
. J’ai pas envie de parler d’autre chose en l’occurrence, peut-être plutôt de donner une ref. Tout à l’heure, j’ai parlé de Soraya Boudia et Nathalie Jas, qui font des chercheuses en histoire des sciences, vraiment, sur l’histoire de la toxicologie. Je pense que c’est très important de comprendre à quel point, même si ça peut être technique parfois, à quel points c' est vital pour la société civile en fait de s’occuper, de ne pas laisser l’expertise sanitaire aux mains de clubs de clubs cooptés parfois très conflictuels d’experts qui entretiennent le statu quo et donc j’invite, il y a un petit livre qui est fabuleux, alors qui est pas… Super encourageant en fait, mais qui est très rigoureux, je pense que là, on n’est plus assez après. Voilà, donc c’est un petit livre qui s’appelle « Gouverner un monde toxique », des deux auteurs que je viens de mentionner, Soraya Boudia et Nathalie Jas donc qui sont des chercheuses académiques très solides. Donc c'était chez Kwaï. Un éditeur académique allemand, petit livre très efficace en fait sur Gouverner un monde toxique qui donne une très bonne introduction parce qu’il y a beaucoup de livres sur ce type de thématiques mais en anglais, donc Powerless Science, des mêmes auteurs. Beaucoup de livres comme ça, très académiques, à comité de… Ou avec des auteurs différents auteurs, mais celui-là, gouverne un monde toxique chez Kwae, petit-livre bleu, très efficace, Très accessible et très révoltant, j’ai envie de dire, où on se dit :C’est inacceptable, il faut que je comprenne comment sont faites ces normes et il faut que j’agisse au niveau local.
Nora Bouazzouni
C’est ça qui est passionnant et vraiment vous allez être révoltés si vous le lisez et vous les lirez, j’espère, les livres de Guillaume Coudray. Merci beaucoup, Guillaume Coudray, d'être resté si longtemps. Merci Euryale, dans le tchat évidemment. Merci Nayan à la réalisation. J’espère que David va lui payer ses heures supplémentaires de travail. Voilà, merci. Alors vraiment, vous étiez nombreux et nombreuses, vous avez mis plein de commentaires. Merci pour les encouragements, merci, vous disiez que c'était passionnant. Voilà, n’hésitez pas à en parler, à partager les liens vers le replay. Donc on a un replay vidéo, un replay en podcast. Voilà, n’hésitez pas à parler des livres, à vous renseigner, à signer les pétitions, à soutenir,. Vous pouvez aller sur l’application du Yuka, par exemple, pour savoir s’il y a des nitrites dans ce que vous mangez, l' hexane, malheureusement. On ne peut pas le savoir comme ça.

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