4 668 € récoltés sur 16 000 €
Loyer
Gestion
Transport
Salaires
Divers
Site
Je soutiens Au Poste !
100 % libre et LIVE
Au Poste retourne le réel Pour défendre les libertés et nourrir le débat public 100 % libre et LIVE Sans montage ni formatage

« Les compromis faibles ne construisent rien » — Cyrielle Chatelain

Retour à l'émission

Transcription de l’émission

David Dufresne
Bonjour, il est 7h07 ! France Déter ! Amis, amis du café, amis de la police, bonjour. Bienvenue sur France Déter s, la matinale d’au poste. C’est l’heure, il est 7h08. France Déter, debout, chaque lundi matin. Auposte tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. France Déter accueille les invités. Tiens, des revues de presse particulières, donnent le temps des nuages, des oiseaux et des luttes, explorent le passé et trient le présent.
Jingle
Oh Bella Ciao Bella Ciao Bella Ciao Ciao Ciao
David Dufresne
Je peux prendre mon café, oui ? Météo des luttes, c’est maintenant, il est 7h26. Alors, tendance. Semaine en mobilisation locale et débat critique du Front judiciaire la défense de la violence, la sécurité alimentaire, la critique du capitalisme autoritaire. De nombreux rendez-vous hors de Paris, ancrés dans les solidarités concrètes et les luttes culturelles. Alors on va démarrer avec Nîmes, Nîmes où vous aurez la possibilité le mercredi 12 novembre à 18h30 de vous rendre à la réunion mensuelle de la Sécurité sociale de l’alimentation, ouverte à tous. La réunion permet d’organiser les futures actions autour du droit à une alimentation solidaire et démocratique. Accueille des nouveaux à 18 heures pour une présentation du collectif discussion des dispositifs participatifs Attends, je me suis trompé, excusez-moi, excuse-moi excusez-moi, excuse et moi, je vous ai lu.. Alors là, ce que je viens de vous lire, c’est à Rennes. Excusez- moi, ce que je viens de vous dire c’est à Rennes je disais, il y a un truc qui cloche. C’était le 12 novembre et c'était à 18h30, c’est la réunion mensuelle de la sécurité sociale de l’alimentation. À Nîmes, le 11 village des Alternatives, la COP d’ici, journée d’ouverture du Festival climatique avec animation, répartis vélo, standards associatifs, c’est coordonné par Mémoire verte, Nîmes en transition, le comité de soutien au soulèvement de la terre, Terre des liens et Croco Vélo, objectif relié écologie populaire, circuit court et alternatives territoriales. C’est la météo des luttes qui vous est concoctée par Auposte. À Toulouse, et ici nous aurons deux rendez-vous pour cette semaine. Alors, le 12 novembre à 19h, la cantine populaire avec ce nom magnifique, Les Carottes Râtées. Repas vegan à prix libre, moment convivial autour d’une cuisine collective, de la solidarité de quartier et du droit d’alimentation, participation libre dès 14 heures pour la préparation. Et vous pouvez nous aider aussi à préparer la météo des luttes, vous voulez sur notre Discord, n’hésitez pas à venir nous donner les bons plans. On a vraiment besoin d’une adresse d’une page web qui annonce le rendez-vous. À Toulouse toujours ! Le 12 novembre, toujours mercredi, un peu plus tard à 20h30, rencontre le système Bolloré. C’est à l’espace de Job, c’est un débat autour du rapport d’Attac et de l’initiative Déborder Bolloré. Retour sur l’emprise croissante du groupe Bolloré dans les médias et la culture et sur la collusion entre pouvoirs économiques et idéologie réactionnaire. À Paris, à Paris. Où est-ce que c’est Paris ? C’est là, non ? Voilà, on a plusieurs choses. On a le 15 novembre un festival dès 21 heures de la non-violence, événement militant au point éphémère, atelier, table ronde, concert avec de nombreuses organisations comme l’ANV COP21, Greenpeace, Extinction Rébellion, la Revue Silence, Thème, lutte locale et Alliance pour gagner. Bienvenue les humains, bienvenue dans France Déter On continue notre météo des luttes. Il y aura à Nice. Une petite projection et ce sera le dernier rendez-vous de la semaine. Projection du film The Picker’s Fruits amers, documentaire d’Elke Sasse sur les conditions de travail des migrants agricoles en Europe. Débat impératif autour du commerce équitable dans le cadre des Journées des Solidarités
David Dufresne
Comment allez-vous ? Comment allez-vous chers amis ? Je vous rappelle que vous pouvez retrouver toutes ces annonces sur le site quelques minutes après la fin de notre émission, puisque sur notre site, il y a tout ce qu’on fait. Et il y à notamment tous les liens qui sont mis par Euryale à la fin de chaque émission. N’hésitez pas à vous inscrire sur le site, n’hésitez pas à vous abonner à nos newsletters. C’est le meilleur moyen de savoir ce qu’on concocte. Voulez-vous maintenant radio-police ? Attention. Revue de presse de la Maison Poulaga. Sainte-Soline, le résultat d’une stratégie délibérée du maintien de l’ordre pour Michel Forst, le rapporteur spécial de l’ONU sur les défenseurs de l’environnement. Une excellente interview publiée par Mediapart de Michel Forst, rapporteur donc de l’ONU, que j’avais eu la chance de croiser au moment des Gilets jaunes, qui m’avaient recueilli au sein de l’ONU pour connaître mon témoignage concernant les violences policières. Après on l’a vu dans le film Un Pays qui se tient Sage. Bon bref. Il est toujours sur la brèche et je vais vous donner quelques extraits de cette interview que je trouve absolument remarquable, de limpidité. Je vous rappelle que c’est donc le rapporteur spécial de l’ONU qui nous parle et il nous parle des révélations dont on avait évoqué la semaine dernière. Révélation que vous avez tous vu par Libération et par Mediapart de ce qui s'était passé à Sainte-Soline. Ces vidéos, nous dit Michel Forst, ne sont pas de simples dérapages individuels, comme voudrait le faire croire le gouvernement. Elles démontrent une chaîne de commandement défaillante et une culture institutionnelle où la violence contre les défenseurs de l’environnement est non seulement tolérée, mais encouragée. Rappelons l’effet, plus de 5000 grenades tirées en quelques heures sur des manifestants largement pacifiques. 200 blessés, dont 4 ont failli mourir. Des secours entravés dans leur mission. Le bilan humain est dramatique. Serge Day, touché à la tête, garde des séquelles irréversibles. Michel Forst rappelle que la France est signataire de la Convention d’Aarhus, qui garantit que les personnes exerçant leurs droits en matière environnementale ne doivent pas être pénalisés, persécutés ou harcelés. La désobéissance civile, pacifique et reconnue par le droit international, des droits humains comme une forme légitime d’exercice des libertés. Une enquête administrative ne suffira pas, nous dit Michel Forst. Ces vidéos révèlent des infractions pénales caractérisées. Elles appellent des poursuites judiciaires contre les responsables à tous les niveaux de la chaîne de commandement. Elles exigent une remise en cause profonde des doctrines du maintien de l’ordre en France. Les défenseurs de l’environnement ne sont pas une menace pour la démocratie. La répression dont ils font l’objet, elle en est une. Sainte-Soline en est la tragique illustration. Alors attendez, je crois que j’ai un petit souci de connexion pour Cyrielle je vous reviens. J’envoie l’invitation à Cyrielle Chatelain, et je vais vous laisser la vidéo deux minutes.
David Dufresne
Cyrielle bonjour, est-ce que vous m’entendez ?
Cyrielle Chatelain
C’est bon, je vous entends.
David Dufresne
Fantastique ! Génial ! Merci beaucoup, merci beaucoup. Toutes mes excuses, je m'étais trompé de navigateur vous concernant. Bonjour, comment allez-vous ? Et vous ? Ça va, mais vous n’avez pas dormi.
Cyrielle Chatelain
Non pas beaucoup, on a fini à minuit mais c’est les horaires habituels malheureusement.
David Dufresne
Alors, on va tout de suite parler de ce qui se passe à l’Assemblée nationale. Je vous rappelle que vous êtes la présidente du groupe. Alors, comment on dit, les écologistes ?
Cyrielle Chatelain
On est dans un groupe où il y a plusieurs parties.
David Dufresne
Et vous êtes la patronne. Et vous être la patronne. Ben oui, c’est vrai. La présidente, la présidente. Très, très bien. Vous êtes né le 15 juillet 1987. C’est bien ça ? À Montbéliard. C’est bien ça ?
Cyrielle Chatelain
Oui.
David Dufresne
Vous êtes députée de la deuxième circonscription de l’Isère. Et à l’instant, nous avons montré des images de Sainte-Soline, vous avez sans doute vu ces révélations de Libération et de Mediapart. Qu’est-ce que les députés peuvent faire par rapport à ça ?
Cyrielle Chatelain
Alors, déjà, ce sont des images qui ont été assez choquantes, notamment pour Lisa Belluco qui est une députée écologiste, qui était à Sainte-Soline et qui a vu les tirs sur les blessés et qui nous dit, en fait, on a vu qu’il y avait de la violence, mais à un moment, on s’est dit que ça a dérapé. Et là, ces vidéos montrent quelque chose d’organisé. Donc, c’est profondément dérangeant. Donc, ce qu’on a fait, c’est qu’on a saisi le ministère de l’Intérieur. On est en train de travailler avec Sandra Regol, qui est aussi députée, David Corman, député européen, et Thomas Dossus, sénateur, à un article 40 pour saisir le procureur. L’objectif, c’est d’avoir une enquête approfondie à la fois sur les comportements individuels, mais surtout sur l’organisation, en gros les consignes qui ont été données. En fait, ce n’est pas impossible qu’il y ait autant de dérives, que ça soit filmé, ça fait deux ans et demi, et rien n’a été traité.
David Dufresne
Oui mais quand vous dites que ce n’est pas possible, si c’est possible en fait, puisque ça se passe, vous voyez ?
Cyrielle Chatelain
On parle de gendarmes, d’uniformes, de personnes formées. En tout cas, la formulation, ce n’est pas acceptable, ça ne doit pas être accepté. Quand le ministre de l’Intérieur continue à dire qu’il y a une réponse proportionnée, alors qu’un, il nous explique qu’ils n’avaient jamais vu les vidéos jusque-là et que deux, on voit des vidéos organisées, non, a priori, il faut que toutes les vidéos soient vues, il y a eu quelque chose d’organisé pour blesser. Et en fait, il doit y avoir des sanctions. Clairement dire que le maintien de l’ordre ce n’est pas l’agression, la violence envers les militants.
David Dufresne
Alors, comment ça se passe à l’Assemblée nationale depuis mercredi, j’ai lu dans Le Monde que vous étiez, les députés, fatigués, résignés, que vous vous interrogiez sur les suites. Racontez-nous d’abord ce qui se passe, précisément, et ensuite l'état d’esprit dans lequel vous êtes. Qu’est-ce qui se passe ?
Cyrielle Chatelain
Ce n’est pas depuis mercredi, ce qui se passe c’est qu’on a eu enfin le projet de budget de la Sécurité sociale le 13 octobre. Ce qui veut dire que depuis le 13 Octobre, on est sur un marathon qui va durer jusqu’au 23 Décembre. C’est-à-dire qu’il y a 4 jours pour déposer des amendements, puis à la Commission de finance, et puis après, depuis, je n’ai plus la date exacte, le 22 août 23 octobre, on siège pratiquement tous les jours, 9 heures minuit. Sur le budget et sur le projet de l'État et sur la sécurité sociale. Donc effectivement, on siégera ce week-end, on s’y gérera le week-ends prochain, on s'échelonnera le weekend d’après, parce qu’en fait ce qu’il faut savoir c’est qu’on a un temps constitutionnel pour étudier le budget, on a 70 jours pour le budget de l'État, assemblée et Sénat, et 50 jours sur le sujet de la sécurité sociale. Donc non seulement il faut avoir des débats, mais en plus il faut des débats dans un temps contraint si on veut voter. Donc voilà, on est sur ce marathon. Qui est assez intense mais moi je suis pas résignée alors oui on est tous un peu fatigués parce que voilà on finit à minuit et qu’on enchaîne à 9 heures qu’il faut qu' on soit un peu en circo, c’est une organisation mais c' est aussi la première, enfin sa première fois on peut autant discuter du discuter, du budget ça c' était quelque chose de positif que les débats sont bons et là la bataille qu' ont a c’est d’aller au vote sur le PLFSS, le budget de la sécurité sociale parce qu'à un moment on peut pas nous expliquer que c’est le retour du parlement et qu’on finisse comme toutes les autres années depuis 2022 sans invoqués.
David Dufresne
Alors, vous avez déclaré que vous étiez inquiète par la lenteur des départs et que vous avez même réclamé la tenue d’une conférence des présidents aujourd’hui, c’est bien ça ?
Cyrielle Chatelain
Oui, alors elle n’aura pas lieu.
David Dufresne
Et bah voilà !
Cyrielle Chatelain
Mais en fait c’est lié à ce délai, en fait mercredi à minuit, sur le budget de la sécurité sociale, tout s’arrête. Le gouvernement enverra le budget à la sécurité sociale au Sénat et il l’enverra en choisissant les amendements qui sont retenus ou pas dans la copie. Et en fait nous on pense que ça peut pas se passer comme ça, qu’il faut justement nous expliquer, même si ce n’est pas vrai, vous pourrez y revenir, que c’est le gouvernement qui décide, le parlement qui dessine. Ça veut dire qu’on doit pouvoir voter sur le budget de la sécurité sociale. C’est un budget qui ne nous va pas, qu' on trouve mauvais, mais on pensait que pour une fois fallait avoir les débats jusqu’au bout et avoir un vote sur l’ensemble du budget, ce qui n’est jamais arrivé depuis 2022.
David Dufresne
Je ne veux pas profiter de votre fatigue, mais vous venez de faire un lapsus. Mais non, ce n’est pas ça, vous avez fait un petit lapsus, ça m’arrive aussi tout le temps. Voilà, et vous avez dit, ce n’est pas le gouvernement qui décide, et en fait si, c’est lui qui va décider, il finit. Ce que je veux dire par là, c’est que, je vais être clair, ce ne sont pas votre fatigue qui nous inquiète, c’est le fait qu’un débat de cette importance se tienne dans des conditions aussi nazes.
Cyrielle Chatelain
Ah oui, on a les conditions pour légiférer, je ne connais pas en détail les autres conditions d’Europe, mais clairement c’est catastrophique, ça va très vite, peu de temps d'étudier les textes, des heures de débats dans un niveau de fatigue importante, donc oui, c' n’est pas bon. Après, on va dire qu’on y est habitué, on s’y est préparé. On a un travail qu’on a préparé en amont du budget, heureusement, pour déposer nos amendements. On a quand même une solidité de fond. C’est-à-dire qu’heureusement, on prépare en avant. On a des personnes qui sont spécialisées sur le sujet. Donc je veux dire quand même qu’on arrive dans ces conditions-là à faire le meilleur travail possible pour avoir quelque chose de solide. Après, sur le gouvernement, on a un problème démocratique qui est qu’un gouvernement qui fait croire qu’il a abandonné les pouvoirs alors qu' il a la main sur l’ordre du jour. En fait, c’est lui qui décide quel article on va discuter ou pas. Il a la possibilité, si ce n’est pas fini, de faire traîner les débats d’envoyer la copie qu’il souhaite au Sénat et il y a la question des fameuses ordonnances. Si on n’arrive pas à voter le budget dans les 50 jours, le budget de la Sécurité sociale ou dans les 70 jours sur le budget de l’État, eh bien il peut prendre des ordonnances et là encore il choisit ce qu’il met dedans. Donc il y aura un budget, mais un budget qui n’aura jamais été voté et même je vais aller plus loin, même si on vote sur la Sécurité Sociale le budget en l'État, il peut même faire des décrets, par exemple le doublement des franchises médicales, c’est par décret, c’est le gouvernement qui tient la plume.
David Dufresne
Donc, c’est-à-dire, quand le gouvernement dit « je ne vais pas utiliser les 49.3 », en fait, il en a d’autres déguisés.
Cyrielle Chatelain
Oui, quand le Parlement dit « aujourd’hui, c’est l’Assemblée qu’a la main », c’est faux. C’est un outil de communication.
David Dufresne
Le chat n’est pas très content, Cyrielle Chatelain, je tiens à vous le dire. Hyper Courgette vous dit bonjour vous étiez aux réunions secrètes avec Attal et fort et ensuite vous vous abstenez sur la partie recette. Est-ce que ça a à voir avec votre abstention ? Ensuite, il y a FBAE qui vous dit que l'équilibre entre LFI et le PS est compliqué en ce moment. D’autres vous demandent, allez-vous, donc c’est Merlynck, allez vous vous unir avec la France Insoumise ? Il y a Macie sur YouTube qui dit pourquoi vous laissez passer le projet de loi de finance sur la sécurité sociale, alors le volet recette, en vous abstenant. Et je rajoute, il n’est pas dans le tchat un dénommé Mélenchon Jean-Luc. Qui vous a critiqué, vous et les communistes, pour avoir donné votre soutien, dit-il, aux PS, en vous abstenant ou en votant pour. Tous ces députés ont été élus sur un programme promettant le contraire, celui du nouveau Front Populaire a-t-il dit, affirmant que seul LFI a tenu parole.
Cyrielle Chatelain
Il y avait plein de choses, la première chose, ce qui est impressionnant c’est que là on parle du budget de l’État, et que la seule chose dont nous on nous parle c'était de quel côté vous allez aller, PS, Insoumis ?
David Dufresne
Absolument.
Cyrielle Chatelain
Le débat. Enfin moi je suis fatiguée. Ce qu’on voit, enfin au-delà des horaires, ce qu' on voit dans l’hémicycle c’est un ping-pong constant entre les insoumis, le PS pour savoir, enfin je vous prends un exemple, les insoumis qui expliquent que le PS a rejeté l’impôt universel et que ça empêchera tout de suite contre la fraude et après une heure après on a le PS qui va taper sur les Insoumis en expliquant qu’ils ont voté. Le dégel de l’impôt avec Wauquiez et que vraiment c’est défendu. Moi, j’en peux plus. En fait, à un moment, il faut arrêter de surjouer toutes les différences et de tout voir au prisme des alliances électorales. On n’est pas dans ce moment-là. On est dans un moment où on construit un budget. Non, mais ça veut dire que nous, qui nous motivons, par exemple, ce n’est pas parce qu’on s’abstient qu’on soutient le PS. C’est comme ça qu’on voit la lecture de nos votes. À aucun moment on n’a parlé de, comment on vante les autres. On se dit comment on vote par rapport au budget et par rapport au combat qu’on doit mener. Ça, c’est la première chose. Après, je pourrais revenir sur le fond sur pourquoi on s’est absolu. Mais ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas des marques de vers qui on se rapproche ou pas dans les métiers.
David Dufresne
Alors, absolument, moi je suis tout à fait d’accord, si vous avez le temps, nous on a tout notre temps, vous savez, au poste on a le temps. Voilà, on fait du café, puis ça tourne, il n’y a pas de problème. Donc si on peut aller sur le fond, ce sera bien volontiers, voilà. Mais simplement, vous parliez, ce n’est pas d’alliance électorale, mais justement le tchat vous dit, mais si, nous, on vous parle de la presse, on nous parle du nouveau front populaire, c’est-à-dire on vous parle d’un programme. C’est-à -dire que les critiques ne sont pas des critiques… Voilà. Alors allons-y. Alors, alors allons-y !
Cyrielle Chatelain
Donc moi je reste Deuxième chose, les fameuses réunions au secret, faut quand même, que je le dise.
David Dufresne
Oui, alors.
Cyrielle Chatelain
Secrète, il y a eu une réunion, effectivement, à l’initiative du Parlement. En fait, il a eu plusieurs réunions de travail avec les ministres, mais comme on fait dans tous les budgets, comme font tous les groupes. C’est-à-dire qu'à un moment, il y a un budget, il y a des ministres qu’on va discuter avec eux, on leur dit voilà ce que nous, on veut, voilà pourquoi ça, on n’est pas d’accord. Et oui, il s’est un peu nouveau des réunions entre groupes, mais en fait, pour le coup, moi, je suis profondément parlementaire. On ne peut pas demander une sixième république de proportionnelle et penser qu’il faudra discuter avec les groupes avec lesquels on est d’accord. La question de ces réunions-là, c’est est-ce qu’en fait, effectivement, ça amène à des petits accords qui ne seraient pas assumés publiquement. Ce n’est pas le cas. Nous, on a fait la réunion, on leur a dit ce qu’on voulait, on leur a dit ce que l’on défendait. Par exemple, c’est au moins 10 milliards de plus sur la copie parce que c'était ce qu’il faut pour maintenir en l'état le budget de la Sécu, et on ne l’a pas bougé et on dit les mêmes choses quand on est dans l’hémicycle que quand on en est dans ces réunions-là. Par contre, moi je suis parlementaire et donc j’estime que quand c’est des partis républicains, je mets de côté l’extrême droite et d’ailleurs même les LR n'étaient pas là parce qu’on voit bien que ça commençait à être flou, ils n'étaient pas là. Sur le fond, pourquoi est-ce que c’est clair ?
Cyrielle Chatelain
Oui, c’est-à-dire oui, la recomposition d’une alliance des droites avec qui devient en soutien du RN et ça se voit énormément sur le débat sur la deuxième partie du budget, sur les budgets d’immigration. Enfin, on a une recomposition effectivement qui est là en cours et accélérée de l’alliance avec l’extrême droite, avec les LR. Sur le fond du budget, sur la sécurité sociale. Si on prend l’explication que j’ai faite, on n’a pas un bon budget. La partie recette, elle n’est pas bonne parce qu’on a supprimé des nouvelles recettes qui étaient faites sur le dos de 99 % des Français, par exemple le fait de fiscaliser les tickets restaurants ou les chèques vacances, ça, ce n'était pas possible, donc on a enlevé des nouvelles recettes, mais on n’en a pas fait adopter suffisamment, on a fait adopter quelque chose sur la CSG du patrimoine qui est limité par rapport à ce qu’il déjà sur cette CSG du patrimoine et qui en plus on n’a pas réussi, par exemple, à toucher à tout ce qui est exonération de cotisations sociales. Donc on sait que ça fait partie de la grosse masse des aides aux entreprises. Donc clairement, aujourd’hui, le parti recette n’est pas bon. Qu’est-ce qui se passe sur la partie 2 ? En gros, c'était quoi ce vote-là ? On était entre deux, on a fait la partie recette, on n’avait pas fait la partie dépense. Et c’est vrai qu'étant parlementaire depuis 2022, n’ayant jamais pu voter sur l’intégralité d’un budget… Ayant depuis trois ans, et je crois que tous les groupes ont dit, France Insoumise Comprise, à chaque fois qu’on a eu un 49.3, qu' on voulait aller au débat, qu’on voulait aller au vote, que c'était pas possible, on se dit qu'à un moment, avoir le débat dans l’hémicycle, puis à la fin avoir un vote sur l’ensemble du budget, et pouvoir discuter, comme on l’a fait hier soir, par exemple le fait qu’ils allaient limiter les arrêts de travail, que ça c’est dans la copie du budget et qu’on n’en veut pas, pouvoir discutaient du gel et de la désindexation, donc la perte du pouvoir d’achat. Notamment des retraités, il fallait pouvoir le faire parce qu'à un moment il y a aussi tout ce que les personnes ne savent pas ce qu’il y a dans le budget et deuxièmement de pouvoir voter sur ce sujet là, pouvoir à la fois les rejeter et probablement nous aurions rejeté le budget à la fin à ce stade probablement c’est mal parti pour qu’on aille au vote, mais c'était pas un vote de soutien, c’est un vote qui dit à un moment on assume notre tradition d'être parlementariste et de penser que chaque député doit pouvoir se prononcer sur le budget dans son ensemble et qu’on arrête d’envoyer les copies au sénat comme ça sans pouvoir se prononcer dessus. Il y a aussi une fatigue un peu démocratique de ne jamais aller au bout des budgets.
David Dufresne
Alors je dois vous dire, vous verrez, le tchat n’a pas l’air d'être tout à fait convaincu par vos arguments.
Cyrielle Chatelain
Non, mais je comprends, c’est une position à ce stade qui paraît peu lisible. Moi, le programme de la Nupes, je l’ai défendu, je l’ai coécrit, je le connais et je pense que c'était un devoir de le défendre. La question, c’est, est-ce qu’on défend tous de la même manière ? Effectivement, là, on a une différence, pour moi, qui est une différence stratégique, mais qui n’est pas une différence de fond. La fin des fins de l’histoire, ce sera dans la dernière copie qu’est-ce qu’on vote sur ce budget si on peut pas voter sur le budget s’il y a ordonnance avec qui on porte la censure enfin je pense qu' on peut arriver au même endroit par des chemins différents et qu’il faut moi ça c’est mon sentiment et je ne le fais pas arrêter d’hurler au trait dès qu’un désaccord qui peut être tactique sur un vote parce qu’en fait j’ai l’impression qu’ils prennent tellement de temps à essayer de se regarder les uns des autres et être sûr que c' est exactement qu’ont fait exactement ce qu' il faut à chaque moment qu’on oublie quand même de regarder l’absentéisme macronisme de ce qu’ont parlé, du glissement entre LR et l’extrême droite et qu'à un moment, on ne peut pas mettre notre énergie. Faut choisir, on met notre énergie. Moi, je préfère mettre mon énergie contre la droite et l’extrême droite. Et je pense qu’une des manières de le faire, c’est d’avoir ces débats-là et notamment le débat sur les retraites qu' on demande depuis les dernières manifs de 2023. Mais j’entends que ça ne soit pas convaincant et donc je leur donne rendez-vous. Soit au vote final, soit au moment de la censure. Je pense que c’est là qu’on aura la réalité des positions. En tant que précieux. La complétude des positions !
David Dufresne
Précisément à propos de complétude des positions, est-ce que Sentierbatttant vous demande si la question de la censure est toujours d’actualité ?
Cyrielle Chatelain
Alors la question de la censure, nous on l’a voté, enfin moi je l’ai voté. Le groupe écologiste et social l’as voté Oui, moi j’ai entendu, il y aura probablement une censure spontanée s’il n’y a pas de 49.3 d’ici Noël. La question c’est quand ? Parce qu’en fait on censure un gouvernement sur ses actes donc ça peut être les ordonnances, ça peut-être si vraiment on voit qu’ils font volontairement traîner des débats, il y a plusieurs sujets. Et pour le coup, dans les sujets que j’ai en accord avec la France Insoumise, c’est de la faire au moment où elle peut passer. C’est ce que disait Manuel Bompard hier sur Inter. Il faut savoir qu’en fait, on est limité aussi en nombre de censures spontanées. On n’en a que trois par session, donc il faut les faire au bon moment. Parce que sinon, on fait des censures, ça ne va pas. Et après, on ne peut plus censurer de manière spontanée.
David Dufresne
La taxe Zucman n’a pas été adoptée, les grandes entreprises continuent à payer de moins en moins d’impôts et reçoivent de plus en plus d’aide, ça fait partie du budget de l'État. Comment vous voyez les discussions qui ont eu lieu sur ces questions-là, la question des milliardaires et la défense farouche de vos collègues, comme vous dites, les collègues députés. J’adore quand vous dites « mes chers collègues », je ne comprends pas pourquoi vous dites ça, mais très bien.
Cyrielle Chatelain
Ce n’est pas que ça fasse des heures et des heures ensemble au bout d’un moment.
David Dufresne
Ce sont des collègues, bon, très bien.
Cyrielle Chatelain
On n’est pas forcément ses collègues mais on passe du temps avec eux.
David Dufresne
Ah merde ! C'était bien la peine d'être député. Alors non, mais sérieusement, sur l’histoire de la taxe Zucman, sur les milliardaires qu’est-ce que vous retenez des débats qui ont eu lieu ? Qu’est ce que ça veut dire de l'équilibre politique qui règne en France ?
Cyrielle Chatelain
Un, ça veut dire qu’on parlait de la convergence LR/Extrême-Droite. On voit bien comment ce débat-là révèle ce qu’on dit depuis longtemps, c’est que l’extrême droite est toujours un allié des plus riches et des plus forts. Et là, très clairement, le débat sur Zucman démontre qu’il n’y a pas de volonté. Quand on les met face au vote on doit aller prendre de l’argent sur les 1800 ménages les plus aisés, ils ne sont pas là. Parce qu’il y a une alliance aujourd’hui entre ces milliardaires qui veulent… Garder leur capacité à faire de l’argent en exploitant les travailleurs, en exploitant la terre, eh bien ils veulent garder leurs privilèges et le rassemblement national va leur permettre de les conserver parce qu’en fait eux, ils créent un autre responsable imaginaire qui serait les immigrés. Donc on voit qu’il y a une alliance entre le RN et les pouvoirs, les ultra-riches. Et Vincent Bolloré, nous en avait déjà donné l’exemple. Donc ça, on voit quand même, un, leur positionnement. Deuxièmement, on voit un dogmatisme idéologique de la part des macronistes qui ne veulent pas reconnaître l'échec de leur politique. On a un pays sur lequel il n’y a eu aucun investissement sur tout ce qui est important et qui fait la solidité d’un pays, la santé, l'éducation. Toute la question est quand même de soutien industriel, pas aux grosses boîtes mais aussi aux TPE, aux PME, de comment est-ce qu’on a une politique industrielle sur bien sûr les questions environnementales. On n’a aucune ambition, il n’y a plus rien pour la rénovation. Il n’y a pas de vision, il n’y a pas de planification aussi sur cette question-là. Il n’y a rien sur la question environnementale. Donc ils n’ont rien financier d’important, par contre ils ont creusé les déficits en faisant, vous l’avez dit, des réductions d’impôts aux très grandes boîtes, aux milliardaires. Et ça, ils continuent à nous dire que ça marche. On avait l’impression d'être revenus en 2017 en nous expliquant que non, il faut diminuer les impôts, ça va faire de l’attractivité, ça va ruisseler, etc. Donc, on voit bien qu’on est sur un dogmatisme. Et ce qui s’appelle le camp de la raison qui nous fait des leçons budgétaires, en fait, ils sont dans un prisme idéologique qui est complètement déconnecté de la réalité. Je n’ai qu'à refuser de bouger.
David Dufresne
Que s’est-il passé le 30 octobre dernier quand le RN a été victorieux ? Comment vous avez vous avez vécu victorieuse puisque, pour la première fois, un texte du RN et pas n’importe lequel, un texte qui sentait bon, la colonisation, si je puis dire, a été voté. Qu’est ce que vous avez ressenti ? Qu’est ce que vous aviez vu ?
Cyrielle Chatelain
C'était un sentiment d’uppercut, je sais qu’on est tous sortis, on s'était vraiment mobilisés parce qu’il y avait un risque que ça passe. Et c'était une espèce de choc parce que c’est un texte, une victoire du Rennes, une Victoire qui prend ses racines dans l’idéologie d’extrême droite la plus nauséabonde, les combats de l’OS, tout le passif des propos de Le Pen sur l’Algérie. Donc il gagne vraiment sur quelque chose. D’idéologie qui est de très identifier chez eux avec des propos racistes. Enfin on a une séance d’une violence où imaginez que la personne qui prenait la parole pour notre groupe, Sabrina Sebaihi, elle monte à la tribune, elle est en train de monter, elle n’a pas encore pris la parole et on a, je crois que c’est Julien Odoul qui hurle, ah bah voilà les ingérences étrangères incarnées. Donc on voit que derrière ça, en plus, il y a vraiment l’horlogerie raciste et qui vont peu à peu continuer à essayer d’exclure une partie. De la population française en leur déniant le fait d'être pleinement français. Vraiment, on est sur une victoire, on n’est pas en ce coté. D’ailleurs, même encore maintenant, à la fois, il y a cette victoire-là qui est extrêmement violente et d’autres, il y a le glissement. C’est-à-dire que c’est une victoire qu’ils ont parce que les LR votent avec eux, parce qu’Horizon vote avec eux et parce qu’on a une absence des macronistes. À commencer par le premier d’entre eux, leur présidente Gabriel Attal, qui est une forme de laisser-faire. Donc on voit bien que ce renversement se fait avec ceux qui collaborent avec eux, ceux qui votent avec eux et ceux qui laissent faire.
David Dufresne
Il me reste deux petites questions. Vous avez encore deux minutes ou pas ? Deux, trois minutes ? Ah, génial. Alors une question, une question du chat qui résume à peu tout ce qu’on vient de se dire, c’est-à-dire le budget, la sécurité sociale, les fachos. C’est une question de Supermurgeman. Est-ce que les compromis issus de discussions, négociations n’empêchent pas l’avènement de politiques de rupture en favorisant les avancées les plus molles ? Et des concessions.
Cyrielle Chatelain
Allons-y !
David Dufresne
Vous avez deux heures.
Cyrielle Chatelain
Est-ce que les compromis les plus faibles sont quelque chose sur lequel on peut construire ? Je ne crois pas. Et ça c’est un débat qu’on a beaucoup au sein de la gauche de manière diverse. C’est qu’il y a ceux qui disent, non mais là on voit bien avec ce renversement d’alliances avec les LR et Horizon qui votent avec eux, qu’en gros il faut qu’on se prépare pour la présidentielle et on ne peut pas accélérer la crise, aller vers une dissolution. Donc voilà, il faut tenir, moi je ne fais pas partie de cette vie-là. Je ne suis pas sûre que refuser les petits compromis nous amène aujourd’hui à des victoires sur des propositions de rupture. Parce qu’aujourd’hui, il n’y a pas de rapport de force dans l’Assemblée. Par contre, je suis persuadée que si on donne l’impression d’accompagner pendant un an les macronistes dans leur destruction des politiques publiques et dans leurs dérives, eh bien, on ne sera pas plus fort dans un an. Moi, j’en suis intimement persuadé. Mais donc, on est à ce moment-là où on voit l’extrême droite monter. La question, c’est comment est-ce qu’on arrive à la contenir ? Et ça, je suis à peu près sûre qu’on ne crée pas une dynamique, qu’on n’affronte pas un bloc d’extrême droite sans un blocs de gauche, mais un bloc de gauche écologiste est effectivement radical, qui crée une dynamiques où on ne se dit pas, on va garder le statu quo, on se dit, on va faire autre chose. Moi, ça, donc, je partage en partie l’analyse, je pense que si on accompagne pendant un an par des petites choses, ça sera compliqué d’aller battre l’extrême droite et d’avoir à la fin une politique
David Dufresne
Je vous remonte ce que pense le tchat, il dit que ça y ressemble beaucoup l’accompagnement. Il y a Machek qui vous dit faire des réunions avec Attal, trois points de suspension.
Cyrielle Chatelain
Non mais en fait moi je, mais après ça on va avoir un désaccord. Faire une réunion, être dans une même pièce, quand on a un même mandat, je suis désolée, en fait ça s’appelle le dialogue et le travail parlementaire. En fait, mais on l’a toujours fait, on a fait, mais que ça soit lors des précédents, par exemple on est allé voir le Cornu à Matignon, on l’a vu deux fois, même peut-être trois fois avant la censure, et on a voté la censure. En fait c’est pas parce qu’on a des espaces de discussion, qu’on a des espaces de compromis. Enfin, moi, pour le coup, j’ai vraiment une tradition parlementaire. Je ne considère pas que mener la bataille, ça veut juste dire qu’on ne voit pas les autres, ou on ne le parle pas. Ça veut dire qu’on assume ces positions, y compris dans des réunions, en face à face. En fait, je n’ai pas de discours différent quand Attal t est là. Sauf qu’il ne peut y aller pas un par point et je peux lui expliquer ce que je vous ai dit sur le fait qu’il faut qu’ils bougent sur les milliardaires. Ça ne fait pas bouger, je ne suis pas naïve, mais à un moment je pense qu’il peut y avoir aussi une stratégie qui est d’assumer ces positions à chacun des espaces, et vraiment je pense que la presse a surjoué quelque chose, ça a été une réunion qui n'était pas secrète, déjà, et en fait il n’y a eu qu’une réunion avant le budget, de voir comment même on organisait. Le travail et comment on arrêtait de se parler par presse interposée pour voir exactement ce qui nous séparait. C’est-à-dire qu’en fait, on n’avait même pas avant ça, on a des visions de ce que chacun déclare dans la presse, mais exactement des objectifs sur le budget. Bon, une fois que les objectifs ont été posés, il était très clair qu’on n’avait pas les mêmes. Mais vraiment, moi, je ne pense pas que le dialogue mène forcément à la compromission. C’est un désaccord qu’on peut avoir. Je pense qu’on peut avoir dans la même pièce quelqu’un, lui dire qu’on n’est pas d’accord, respecter le fait qu’il soit député. Et sans pour autant aller à l’accord à la fin, enfin heureusement j’ai envie de dire.
David Dufresne
Comment le peuple de gauche pourrait aider aux rapports de force à l’assemblée puisque vous dites que c’est ça le nœud du problème ?
Cyrielle Chatelain
Comment peut-il aider ? C’est vrai que sur la taxe Zucman, on a eu 6 et on n’a pas gagné dans l'émissaire. On avait déjà gagné en février, mais on n’a pas regagné sur le budget. Mais le fait que ça devienne un sujet aussi important, qu’on en parle, qu’on soit en train d’acquérir une victoire sur le sur le fait que déjà les milliardaires ne soient pas autant imposés que la très grande majorité des Français, ça c’est déjà trouvé quelque chose d’extrêmement solide et ça vient de la mobilisation, des manifestations qu’on a eues, des signatures de pétitions en faveur de la taxe Zucman, du travail de temps de collectif de mobilisation donc ça c’est des choses qui augmentent le rapport de force. Après on a face à nous quelque chose d' hyper dogmatique mais je pense que c'était indispensable la loi Duplomb. En vrai la loi de plomb je pense qu' on n’aurait pas forcément eu la même décision du conseil constitutionnel s’il n’y avait pas eu cette mobilisation cette pétition qui fait près de 2 millions de signataires. On est en train d’avoir le nouveau débat sur la loi du plomb, en fait, il y a des sujets sur lesquels on est en train quand même de faire gagner le débat politique dans la société et ça nous aide forcément pour obtenir des choses dans l’hémicycle. Je pense, par exemple, au-delà de la décision du Conseil constitutionnel, demain, les Macronistes ou LR ne reviendront pas forcément avec l’autorisation de parce qu’en fait, ça a été tellement la honte et ça a était tellement clair que l’acétamipride, c'était dangereux pour la santé C'était cancérigène que pour le moment ils ne vont pas y revenir donc en fait toutes ces mobilisations là elles sont utiles et sans ça on serait encore plus faible et y passerait encore plus de choses dangereuses.
David Dufresne
Dernière question, on sort de France, on sort du Parlement, on sort de la politique agricole et on va à Belém au Brésil, COP 30, Trump n’y va pas, les Chinois n’y vont pas, l’Inde n' y va pas. Comment réagit-on à ça quand on est écologiste comme vous ?
Cyrielle Chatelain
Même, il manque quelque chose dans la liste, c’est quand même une Europe qui est en deçà de ce qu’elle devrait faire. Il y a une France qui ne s’est pas mobilisée pour qu’on rehausse les objectifs, qui est même à freiner l’augmentation des objectifs. On voit bien qu’il y a des dirigeants en Europe qui sont tétanisés par la montée d’extrême droite et qui se disent qu’ils vont arrêter toute ambition, comme ça, peut-être que ça va bien se passer. Ce qui est catastrophique d’un point de vue ambition environnementale et qui est catastrophique d’un point de vue politique. Là encore, un sentiment de victoire de l’extrême droite. Donc déjà, on a un problème chez nous. Et deux, que Trump n’y aille pas, ce n’est pas une surprise, il est climato sceptique, il explique que c’est une arnaque. Mais oui, ça dit quelque chose de cette vague d’extraites-droites réactionnaires qui fait, on parlait, il y a un terme qui était né, qui s’appelait le carbofascisme, c'était à dire l’alliance des fascistes et des très grandes entreprises du pétrole pour garder un système dans lequel ils peuvent tout exploiter à souhait pour faire de l’argent en pétrole. C’est une machine à cash pour des entreprises comme Total. C’en est l’illustration. Donc moi je pense que les COP doivent continuer à exister parce que c’est notamment le seul endroit où des pays qui sont les premières victimes du réchauffement climatique, qui ne font pas partie des G7, des E20, peut s’installer en fait à égalité à la table des grandes nations qui là, malheureusement, les ont snobées ! Désertés mais il reste quand même un certain nombre de grands pays et donc c’est important qu’elles aient lieu. Après à ce stade on voit bien qu’il y a eu plein de COP et pour le moment on n’arrive pas à prendre les mesures pour tenir nos objectifs donc c’est très largement insuffisant. S’il n’y a pas de changement pour le coup, on parlait de politique de rupture, que ce soit en France ou en Europe, on n’arrivera pas à tenir la trajectoire qui nous permet d’avoir une planète vivable.
David Dufresne
Cyrielle Chatelain, merci beaucoup d'être venue au poste de bon matin
Cyrielle Chatelain
On va continuer la discussion sur est-ce que l'échange démocratique, c’est forcément aller vers la compromission, c’est un vrai débat et j’entends les questions et les doutes.
David Dufresne
C’est super, merci beaucoup d’avoir participé à ce jeu démocratique qui consiste à débattre ensemble. Merci beaucoup, à bientôt, merci vous aussi, au revoir.
Huit heures quinze, France Déter 10 novembre 2025, dans quelques instants, dans un petit quart d’heure, Antoine Chao, vieux complice, sera avec nous avec deux de ses complices pour nous parler de leur pièce de théâtre intitulée Radio Lapin. C’est l’heure, c’est leur de la météo du tchat, n’hésitez pas, c’est le moment, n’hésitez pas à nous donner le temps qu’il y a chez vous. Il fait moins 2 au pic de la vieille femme. Qu’est-ce que c’est que ça ? Ça s’appelle comme ça ? Incroyable. Nous avons 8,6 degrés à Pisseleu et c’est nuageux. Marignane, gris mais sans pluie, nous dit Chris Crow. Oh là là, il y a trop de degrés couverts à Amsterdam, mais il faisait beau hier et j’ai bien dormi. La tête haute, nous disait Supermurgman 7 degrés en Catalogne, nord, ciel bleu, blanc, nous dit la belle Hélène. Un voile blanc sur la ville rose, nous disent Aonym. Temps de brun, nous dit Makhno, fraîche à Toulouse, à nouveau nous dit Ramonazarate que je salue 5 degrés brouillard en Alsace du Nord, c’est gris, mais heureusement il y a la matinale, merci beaucoup. C’est un message de NBT Twitch, 67, 11 degrés à Grenoble nous dit Selena, frais et lumineux en Touraine nous dit Sylvie, 11 degrés à Barcelone, magnifique soleil, ça va se balader nous dit Doy. Vingt-huit 28 degrés dans le sud de l'île de la Réunion, près de Strasbourg, brumeux et frais. Voilà la météo du tchat et je vous donne une petite webcam, celle-ci c'était donc la webcam de Lancer dans le 68 où il faisait bien gris, allez-y, on en met une autre, on va voir ici Gallargues, c’est dans le dans le Sud, dans le Midi, petite météo sympathique.
David Dufresne
Et oui, c'était pendant les élections de 2024. Alors attendez, qu’est-ce que je vais vous faire avant Antoine, il arrive à dans 12 minutes. Ouais, on a un petit peu de temps. Alors, la bande annonce, la bande annonce du jour, c’est celle-ci. C’est à propos du film qui sort. Non, il est sorti, pardon. Il est sorti, « L’inconnu de la Grande Arche ». Je vais vous mettre la petite bande-annonce dans quelques instants.
David Dufresne
Voilà, c’est sorti le 5 novembre. Est-ce que certains d’entre vous sont allés voir le film ? Moi, j’ai adoré le précédent de Stéphane Demoustier qui s’appelait « Borgo ». Donc c'était pour ça que je me suis dit, tiens, ça peut être pas mal. J’aime pas du tout le ton du trailer, nous dit Trognon. Alors c’est quoi l’histoire ? Bah l’Histoire, je vais vous la dire, le pitch, 1983. François Mitterrand décide de lancer un concours d’architecture internationale. Pour le projet phare de sa présidence, la Grande Arche de la Défense dans l’axe du Louvre et de l’Arc de Triomphe. À la surprise générale, Johan Otto von Spreckelsen, architecte danois, remporte le coucou du jour au lendemain, ce top de 53 ans, inconnu en France, débarque à Paris où il est propulsé à la tête de ce chantier pharaonique. Et si l’architecte entend bâtir la Grande-Arche telle qu’il l’a imaginé, ses idées vont très vite se heurter à la complexité du réel et aux aléas du politique.
David Dufresne
Alors, je me suis trompé de générique. Attends, quelle heure est-il ? Il est 24 ? Allez, on peut y aller. Londres. 3 4 Les aupostiens parlent aux aupostiens. Revue de presse Antifa résumé express, le RN rêve d’un État policier. Bardella vend une France plus répressive pendant que les médias d’extrême droite prolifèrent dans les couloirs de l’Assemblée en parallèle. La vieille radio-courtoisie se refait une jeunesse brune pendant qu'à Paris, les croisés anti-IVG de la galaxie Bolloré sont condamnés. Le tout dans un climat où le parquet anti-terroriste alerte sur la montée du terrorisme d’ultradroite. Hénin Beaumont, c’est un article de rapport de force Hénin -Beaumont le maire RN s’attaque à un syndicaliste. Le maire RN Steeve Briois relance sa chasse aux militants. Djelloul Khéris, employé municipal et élu au sud, est convoqué le 17 novembre à un conseil de discipline. Pour un prétendu conflit d’intérêts entre son activité associative et syndicale. En réalité, une manœuvre classique de la mairie pour briser les rares poches de résistance syndicales. Briois, déjà coutumier du harcèlement administratif, instrumentalise les conventions culturelles et la mainmise sur le centre culturel, ESCAPAD, pour purger le tissu militant local. La répression syndicale reste la norme dans les municipalités RN. Licenciement, précarisation, intimidation. À un moment, les effectifs municipaux ont fondu de 700 à moins de 500 sous la gestion frontiste. C’est un article de rapport de force. Bardella et le RN veulent faire de la France le pays le plus répressif d’Europe. C'était l’humanité qui nous en parlait le 5 novembre. Voilà, je change de scène, voilà. Bardella a annoncé la semaine dernière sur LCI, son ambition est claire, faire de la France le pays le plus répressif d’Europe. Vous ne direz pas que vous n’avez pas été prévenus. Dans la foulée de son livre et de la bataille pour capter l'électorat sécuritaire, il tente de surpasser Reconquête et les Républicains sur le terrain du tout répressif. Cette stratégie populiste, habillée en promesse d’ordre, cache un programme liberticide, surveillance accrue. Durcissement pénal, marginalisation des contre-pouvoirs. Bardella transforme l’appareil d'État en arme électorale et prolonge la logique identitaire de son parti. C'était dans l’humanité il y a quelques jours. Libération, Libération qui est toujours au top pour ce qui est de parler de l’extrême droite ou pour le reste nettement moins, mais là-dessus. Il faut reconnaître qu’ils sont fortiches et passionnant, passionnant d’articles de notre camarade de jeu, Nicolas Massol, à propos d’une radio qui s’appelle Radio Courtoisie, dont Antoine Chao, qui est en train d’arriver dans les loges, doit un peu connaître lui. Lui, c’est l’exact inverse. Radio Courtoisie, eh bien, se fait, figurez-vous. Une cure de jouvence, le renouveau brun de la vieille antenne. La radio hystérique et historique de l’extrême droite tente un lifting, scoops entre guillemets bidonnés, connexion assumée avec des élus RN. Autour du président Pierre-Alexandre Bouclé nous apprend Libération, un dénommé Bouclé proche de Thierry Mariani. Radio-courtoisie sert de caisse de résonance à l'écosystème identitaire. L’antenne joue la provocation médiatique pour reconquérir une audience vieillissante qui tape à fouet toute éthique journalistique. Ce recyclage médiatique… Nous raconte Libération dans une longue enquête que je viens de vous mettre à l’antenne. Ce recyclage médiatique illustre la continuité des réseaux idéologiques qui relient la droite dure, l’ultra facho, la fachosphère culturelle. Rapidement, je vois que les invités sont en train d’arriver. C’est absolument incroyable. Pour l’instant, j’ai l’impression qu’il y a deux caméras qui fonctionnent. Ils sont deux invités. Donc là, on est sur un succès. Là, pour l' instant on est sûr à succès, c’est super. Rapidement l’ultra-droite, cinq procédures, et oui cinq procédures ouvertes par le parquet national antiterroriste en 2025. Le procureur Olivier Christin, c’est France Info qui nous le disait la semaine dernière, souligne la montée d’une radicalisation polymorphe, groupuscules identitaires, cercle masculiniste, réseau Incel, après le meurtre raciste d’Hichem Miraoui dans le Var, l’alerte est maximale, ces cellules souvent isolées mais connectées idéologiquement au discours d’extrême droite médiatique franchissent désormais le seuil du terrorisme politique, c’est-à-lire sur le site de France Info. Je voudrais rapidement vous parler aussi à nouveau de Libération, décidément très en forme dans cette revue de presse Antifa, à propos d’un dénommé Émile Duport, ex-leadeur du collectif Les Survivants figure du réseau pro vie lié à la galaxie Bolloré, qui a été condamné pour la campagne d’affichage sauvage anti-IVG sur les vélibs parisiens. En 2023, plus de 10 000 vélos avaient été recouverts de slogans culpabilisants et de fœtus dessinés dans le style des vélos municipaux. Le tribunal judiciaire de Paris a sanctionné cette action orchestrée comme un coup de com. réactionnaire symptomatique du retour des offensives antiféministes sous couvert de liberté d’expression, c’est-à lire dans Libération, et c’est signé Coppelia Piccolo. Et enfin, enfin, ben non, je crois qu’on a fait le tour, mais il me semble que j’en ai loupé un. C’est la fin de notre revue de presse antifa, alors que nos invités arrivent.
Antoine Chao
Salut, salut David, salut les aupostiens de la matinale
David Dufresne
Je t’entends mais alors ton son est tout pourri, dans l’histoire de ta vie, tu n’as jamais eu un son comme ça, Antoine que se passe-t-il ?
David Dufresne
Voilà. Merci Antoine. Alice Vannier, vous êtes là ?
Alice Vannier
Ouais, je suis là. C’est comme Antoine, mais ça va.
David Dufresne
Ah non, vous c’est parfait, mais par contre, je vous entends en écho. Bonjour Alice. Alors, je suis désolé de ce bordel, mais ça fait un peu partie de votre spectacle, de certaines manières, qui s’appelle Radio Lapin. Attendez, je remets Antoine. Antoine ?
Antoine Chao
Ouais, ouais, c’est incroyable.
David Dufresne
Ah non, alors ce n’est encore pas ça.
Antoine Chao
C’est peut-être mieux là, ouais.
David Dufresne
Là c’est mieux, là c’est mieux, génial, on est en direct, donc le temps à partie est terminé. Non, je déconne. Bonjour, à ce soir. Voilà, alors, expliquez-nous votre projet radiophonique et scénique intitulé Radio Lapin, qui a lieu, du 10 au 14 à Paris. Vous êtes en tournée. Le temps de retrouver mes esprits, je vais pouvoir mettre des petits sons, des petites choses comme ça. Mais d’abord, bonjour, comment allez-vous ?
Antoine Chao
Eh ben ça va bien, merci, merci d’avoir été invité. Déjà ça fait tellement de bien d’y avoir une matinale sur France des Terres qui soit écoutable. Merci. On est un peu orphelins, moi je suis orphelin de la radio, le matin, parce qu’il n’y a plus d’horreur que ça a été. Et toujours que ce soit, je relève l’honneur de l’audiovisuel, bon pas à toute la République, mais bientôt quoi.
David Dufresne
Alors on t’entend, c’est difficile, je ne sais pas pourquoi ton micro est aussi pas écoutable justement. On a compris ce que tu disais mais ce n’était pas écoutable.
Antoine Chao
Alors ouais, je comprends, c’est embêtant.
David Dufresne
Là c’est mieux.
Alice Vannier
Je suis bien d’accord avec Antoine, merci beaucoup. Pour en aller vite, notre projet, c’est une commande du Telle du Point du Jour à Lyon. C’est la 11e commande où des journalistes et des artistes doivent travailler ensemble sur une question d’actualité ou sur un fait de société. Et on a huit jours pour créer une forme. Du coup, notre compagnie, avec Sacha, Courir à la catastrophe, a eu très envie de travailler avec Antoine et du coup on s’est retrouvés pour faire cette commande et on a décidé de faire une radio-pirate ensemble qui s’appellerait Radio Lapin, où on parle de la question de la bataille culturelle qui est menée par l’extrême droite parce que ça semblait quand même bien lié à la fois le travail d’Antoine qui couvre des luttes écologiques et sociales depuis longtemps, et nous le travail qu’on fait avec la compagnie et le théâtre et la radio etc.
David Dufresne
Voilà alors qu’Antoine essaye de se reconnecter, je vais émettre quelques images de votre spectacle. Il s’agit en fait de retracer les luttes de ces dernières années à travers des luttes sociales, l’ASAD, l'écologie, l’antiracisme, mais sous forme de performances artistiques. Qu’est-ce qu’on voit exactement là ? Je ne sais pas si vous voyez à l’image. Il y a Antoine avec sa chemise à carreaux légendaire qu’il porte depuis ses jeunes années de trompettiste quand il était dans un petit groupe appelé la Mano Negra, pour ceux qui ne le savent pas. On vous voit au centre et puis il y a votre camarade de jeu sur la droite. Qu’est-ce qui se passe sur scène, qu’est ce qu’on entend sur scène ?
Alice Vannier
On est vraiment plongé dans une radio pirate et en fait tout est radio. C’est-à-dire qu’il y a des scènes de théâtre qui font partie de la radio et il y a notre petite table de radio et on entend à la fois des archives d’Antoine qui a suivi beaucoup de buts écologiques et sociaux et là on a beaucoup d’archives quand même du parcours des soulèvements de la Terre qui suit depuis le début et il y a aussi des personnages du passé. Qui reviennent, qu’on incarne avec Sacha et qui viennent témoigner de où ils en sont et de la colère qu’ils ont à être récupérés comme ça.
David Dufresne
Alors, le spectacle s’intitule Radio Lapin et il faut nous dire pourquoi le chat ne comprend pas, ne comprend rien de ce qu’on est en train de faire depuis tout à l’heure. Non, non, non il comprend, il comprend mais ça veut dire quoi Radio Lapins ?
Alice Vannier
Alors, on peut ne l’aurait dit mieux que moi, mais on l’a pris d’une phrase que Daniel Mermet a lui-même repris de Howard Zinn qui l’aurait lui- même repris à quelqu’un d’autre, qui était « Tant que l’histoire des lapins sera racontée par les chasseurs… » Oh là là, je l’ai même plus. J’ai oublié la phrase, mon Dieu. Oui non, tant que les lapins n’auront pas d’historien, l’Histoire sera toujours racontée par les Chasseurs. Voilà, donc on avait adoré cette phrase et donc nous on a décidé de la transformer tant que les lapins n’auront pas de radio. L’histoire sera racontée par les chasseurs. Donc Radio Lapin est parti de là, c’est la radio de l’Histoire des Lapins qui est racontée par les lapins.
David Dufresne
Voilà, c’est ça. Et en fait, au départ, c’est comment on appelle ça ? c’est un proverbe africain. Donc en fait Mermet ne l’a pas pris à Zinn, mais l’as pris directement pour parler de Zinn à l’Afrique. Voilà. Ah, je vois que notre camarade de jeu est revenu. Antoine ? Ah, je sens que ça sature encore. Ah, qu’est-ce qui se passe ?
Alice Vannier
Il était si loin, il était si loin de nous, Antoine, là, non, c’est pire.
David Dufresne
Non, là on t’entend. Alors, est-ce que vous avez des invités à chaque fois ?
Antoine Chao
Je vais mettre ça dans la caméra.
David Dufresne
Alice ?
Alice Vannier
Oui, je peux répondre pendant ce temps-là, bien sûr.
David Dufresne
Ben oui, oui, bien sûr.
Alice Vannier
À chaque fois, il y a un invité d’une lutte locale qui vient sur le plateau de Radio-Lapin. Là, pour le théâtre de la cité internationale, ce sera plutôt sur la question du méga canal, de la Seine. Ce projet est catastrophique. Je ne vous en dis pas plus parce que vous en apprendrez pas mal en venant nous voir. Quand on était à Lyon, il y avait des gens qui luttaient contre l’usine Arkema. À chaque fois qu’on change de lieu, il y a une lutte locale qui vient nous raconter un peu ce qui se passe.
David Dufresne
Alors, je remets Antoine, tu nous entends Antoine ou pas ? Ah ben il vient de se déconnecter. Allo, allo. C’est sportif avec Antoine, c'était sportif. Alors, je voulais faire écouter un petit extrait si vous avez encore le temps et en espérant qu’Antoine puisse se connecter. Je voulais alors où est ce que c’est ?
Alice Vannier
Non mais pendant que tu cherches, je peux te dire aussi que ça Oui
David Dufresne
Oui, vas-y.
Alice Vannier
Qui est complètement méta et où il y a plein de scènes où on revient aussi sur notre rencontre avec Antoine et en fait au moment où on a rencontré Antoine c'était le moment où il était en train de se faire doucement mais sûrement mettre à la porte de France Inter donc c’est aussi un peu tout son parcours depuis qu’on le rencontre jusqu'à maintenant.
David Dufresne
Voilà, parce qu’il y a l’aspect médiatique qui est évidemment évoqué, c’est-à-dire comment les médias rendent compte des luttes. Et toi, par exemple, qu’est ce que tu as appris au contact d’Antoine de ses archives par rapport à ça ?
Alice Vannier
Moi, j’ai appris beaucoup de choses sur le parcours des soulèvements de la Terre, beaucoup de choses sur l'écologie, mais ça a l’air banal, mais en fait pas du tout de tout ce que ça représentait. Je savais bien que ce n'était pas que du jardinage, mais ça m’a appris quand même énormément de choses. Et surtout, j’ai trouvé ce parcours incroyable d’Antoine qui s’est quand même accroché jusqu’au bout, alors qu’il est quand même passé d’avoir une heure tous les jours sur France Inter à se retrouver à 23h30 le dimanche et avoir 17 minutes tout seul. Et qui s’est quand même accrochée jusqu’au bout. Et ça, c’est vrai que je ne connaissais pas du tout son parcours, mais je me disais que c'était quand même ouf de s'être accroché à ce point-là.
David Dufresne
Antoine, tu es à l’antenne. Je ne sais pas si on t’entend.
Antoine Chao
Ouais, ouais, j’suis là. Tu comprends, David, pourquoi j’fais de la radio, et pas d’images.
David Dufresne
Hé, t’es un vrai saboteur, parce que là, on est à un niveau de sabotage.
Antoine Chao
C’est vraiment toute ma bonne volonté, je suis trop content avec toi, avec vous Alice. C'était presque de la radio, il y a juste une image en trop.
David Dufresne
Eh, écoute, là, ça commence à être pas mal. Alors, tu sais, le bazar, c’est quoi le bazar ? C’est que moi, j’avais préparé toute l’interview avec toi. Cette nuit, tu m’as dit, est-ce qu’Alice peut venir ? Je t’ai dit, ah oui, super. Mais je m’attendais à faire une conversation comme ça où on aurait pu inclure Alice. Et là, je me retrouve seul avec elle. C'était quand même très compliqué. Mais là, toi, on t’entend. Je voudrais juste te demander, Antoine, qu’est-ce qu’en 2025 ? À quoi tu t’attends par rapport à l’efficacité des médias alternatifs ?
Antoine Chao
Écoute, je pense qu’il faut mener ce qu’on va là, il y a même Radio Courtoisie qui essaie de reprendre le devant de la cesse, c’est quand même assez dramatique, c’est qu’en en train de serrer. Donc nous si on réagit pas à la hauteur, on n’a pas les milliards de Bolloré ou d’Arnaud, mais on a les idées, on a l’habitude pour nous. Et il faut qu’on reste le maximum de 1, 2, 3, plusieurs radios-lapins et plusieurs matinales de France Téter Parce que là, finalement, des airs, quoi. Évidemment, on sait que ce n’est pas perdu, hein, et tant qu’il y a une fameuse réplique de radios, labos, lapins. C’est perdu, c'était perdu, les gars. Et là, ce qui vient de se passer à New York, c’est quand même très rassurant. Au cœur du boulot, tu vois, voilà, ils sont quand même assez réjouissants et réconfortants, quoi, donc on y va, ouais. On crée des machines, on crée de l'âme à l’homme, et puis avant de qui, voilà. On n’a pas le choix, quoi.
David Dufresne
On n’a pas le choix, mais alors écoute, je vais faire de l’interprétariat directement parce qu’on t’entend très mal, mais en gros tu nous dis, on a entendu à la revue de presse que Radio Courtoisie se bougeait les fesses, donc il faut qu’on le fasse aussi, on n’a pas le choix, on doit faire des radios lapins, on doit faire des matinales. Elles sont chaotiques comme aujourd’hui je voulais savoir donc là vous êtes au théâtre de la cité internationale de ce soir jusqu’au 14 vous étiez à Lyon il y a quelques temps est ce que la pièce va tourner Alice c’est à toi c'était à toi de parler
Alice Vannier
Pour l’instant on n’a pas de perspectives, mais on espère que ça se joue, on aimerait bien que ça tombe.
David Dufresne
Est-ce que tu peux rappeler le nom de la compagnie ?
Alice Vannier
Oui, la compagnie, c’est « Courir à la catastrophe ».
David Dufresne
Et alors, comment peut-on faire pour vous faire venir dans telle ou telle ville ? Comment peut-on vous contacter ? Combien ça coûte de vous faire venir ?
Alice Vannier
Contactez la compagnie courir à la catastrophe, on vous dira un peu tout ça. Et pour nous faire venir, il faut que des professionnels viennent voir le spectacle et ont envie de nous programmer, ou alors nous on a une captation qu’on peut envoyer à des gens et voilà. Et appelez-nous, nous on vient quoi, on vient là où on nous invite avec grande joie.
David Dufresne
Bon, super.
Alice Vannier
Oui, ça se négocie.
David Dufresne
Super, je suis absolument désolé Antoine, je me faisais une telle joie de converser avec toi mais là tu pourras écouter, c’est pire que tout, je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais si ça vient de chez toi ou de chez nous. En tout cas, j’invite tout le monde à vous voir dès ce soir au théâtre de la Cité internationale à Paris pour donc Radio Lapin. Antoine, tu reviendras, mais dans d’autres conditions, pour nous parler de l’autre projet. On va quand même tenter le silence des pantoufles. Est-ce que tu peux m’en dire deux mots ?
Antoine Chao
Le silence des pantoufles c’est un duo qu’on fait avec Cécile Jarsaillon, c'était un duo là en ce moment de noise, antifa, et même si hier on était aux Atlas, aux Assises de la tradition littéraire et on a fait plutôt un duo de IA, mais voilà, c’est un langage qu’on développe, le noise est de l’archi iconique, c’est de l´archiocronique.
David Dufresne
Merci beaucoup à vous deux, désolé pour ces conditions d’entretien, mais on va mettre le lien vers le spectacle, courrez le voir, allez sur le site du Théâtre de la Cité Internationale ou de la Compagnie et je vous inviterai en bonne et due forme dès que possible, d’accord ?
Alice Vannier
Venez ce soir, le son sera meilleur.
David Dufresne
Merci beaucoup Antoine, le tchat a une explication, tout le bon matos d’Antoine est déjà au théâtre de la Cité internationale. On vous embrasse. Merci beaucoup, merci beaucoup. Et voilà, chers amis !

Au Poste est mis à la disposition de toutes et tous selon les termes de la licence Creative Commons Attribution : Pas d’Utilisation commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.