Les rapaces (RN) font main basse à Fréjus (ou « la journaliste qui fait chier »)
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J’enlève la musique. Bonjour tout le monde, Je ne suis pas dans le fauteuil, je suis en régie, notre invitée est là. Camille est là. Bonjour tout le monde ! Nous étions en train de discuter, Camille bonjour.
Bonjour à tous ! Bonjour !
Bon alors l'émission est censée durer 1 h, 1 h et demie on va dire, mais à tout instant on peut arrêter l'émission parce qu’il peut y avoir des choses plus importantes dans la vie. Merci beaucoup d'être venue.
Merci.
Voilà, vous êtes là pour « les rapaces », livre que je vais présenter quand je vais retrouver mes petites notes. Bonjour Camille, Bon café tout le monde. Ah oui, alors. Alors, à l’inverse des invités d’hier, la première chose que Camille m’a dit après bonjour, il me faut un café et un gros. Le bébé est bien parti dans la vie
Il prend beaucoup de café. Il a pris surtout ces dernières semaines avec la sortie du livre. Il a pris beaucoup de café le bébé.
Alors Camille parlez près du micro.
Pardon ? Est ce que c’est mieux là ?
Oui, je pense que c’est bien. Désolée Camille, nous n’avons pas les moyens de France cinq. Nous n’avons pas des gens qui viennent mettre des micros Cravate invisible.
Je suis très bien assise.
Première émission Twitch.
Oui, 32 ans. J’ai déjà l’impression d'être une vieille et de ne connaître que les médias à la papa. Donc je suis hyper contente de cette première fois.
Il faut dire que ça va vous aider. Il faut dire que votre carrière, c’est L’Express, Le Nouvel Obs, c’est à la papa ?
Non mais c’est évident que les. News Magazine, nous avons, comme on dit politiquement. Parlant. Un enjeu sur le rajeunissement. De nos lecteurs. Mais maintenant, j’ai quand même l’espoir de pouvoir informer le plus grand nombre et pas seulement les abonnés retraités.
Mais il n’y a pas un problème pour les pour les idoles, plus qu’il y a 20 ans. Sur l’idée que c’est un rythme qui est très qui semble vraiment d’un autre temps.
Alors moi j’adore le rythme hebdo. J’aime aussi que ce soit à la télé pour ces politiques, que ça soit en presse écrite, pour L’Express ou là pour l’Obs., quasiment uniquement pour des hebdos dans ma jeune carrière et comment. Et j’aime beaucoup ce rythme parce que je trouve que c’est un rythme qui permet à la fois d'être dans l’actu, de ne pas être complètement hors sol. Avec un trimestriel, on déciderait trois mois avant qu’est ce que les lecteurs vont avoir envie de lire ou qu’est ce qui va s’imposer ? Et en même temps, c’est un temps où on fait vraiment du magazine, c’est-à-dire qu’on s’oblige à chaque sujet. Enfin, moi j’ai vraiment en tête de me dire comment je peux proposer quelque chose qu’on ne va pas lire dans le monde. On ne va pas dire dans Libération quelque chose qui va être avec un angle, un peu un pas de côté, qui va apporter autre chose, qui va tenir dans dix jours. Ça, c’est une des grosses difficultés du rythme hebdo et je trouve que c’est important. Et moi je trouve que c’est très, très riche comme format. Et surtout aujourd’hui on a les sites internet, donc on n’est plus tributaire notre papier va être un peu cramé si on a besoin de ça.
Oui, tiens, et voilà.
D’ailleurs, c’est bien que vous disiez ça parce que le Nouvel Obs., enfin le site l’Obs., a été le premier à faire un papier un peu conséquent sur le film, donc au poste des partenaires, avant que les flammes ne s'éteignent et le raid de l’extrême droite contre le film qui a fait baisser la note dans Allociné. Effectivement, c’est le site de l’AFP qui a été le premier, me semble-t-il, à parler de cette affaire. Depuis, Mediapart a fait une enquête etc. Mais bon voilà. Alors ma chère Camille, nous ne sommes pas là pour parler de Jean-Daniel et les autres.
Ils Ne sont pas de ma génération,
Ça c’est évident. On est là pour parler d’un gars qui est de votre génération, en a qui a mon prénom mais qui est votre génération. Donc vous avez, On pourrait dire que. Est ce qu’il est le bienvenu ? Je ne sais pas. Enfin bon, bref, je vais dire la petite présentation que j’ai prévue de faire. Il faut juste que mon petit téléphone se rallume. Voilà, il y a une journaliste qui fait chier.
Ça fait bizarre quand on entend.
La journaliste c’est vous. Celle qu’elle emmerde. Et l’auteur de la phrase, c’est David Rachline, ponte du RN, maire de Fréjus, dont Marine Le Pen a été son directeur de campagne présidentielle et vice -président de son parti à une époque. Autrement dit, le FN au pouvoir, c’est franchement pas joli joli. Du cash, des passes droits, des soirées VIP avec Bardella Jordan, une police municipale en roue libre, l’antisémitisme, le racisme tapi plus ou moins dans l’ombre et parfois noyé dans l’alcool. Il est question de beaucoup d’alcool dans votre dans votre bouquin. Camille Vigogne Le côté on dit Le Coat ?
Oui, c’est breton.
C’est breton, c’est marrant, ça.
C’est ça veut dire du bois.
Du bois mort aussi, du frêne. Alors voilà, Camille sort les rapaces et vous êtes au poste. Merci beaucoup et bravo pour votre boulot. Je précise immédiatement que cette émission a été en partie préparée par Pauline Todesco. C’est la première en fait. Un peu comme les grandes chaînes maintenant. C’est assez extraordinaire en fait. Pauline a analysé des documents envoyés par Roland, notre envoyé spécial permanent dans la Côte d’Azur de la communauté de Post, qui nous a envoyé plein de papiers parce que la presse locale Var-Matin, Nice-Matin s’en prend à cœur joie sur votre bouquin. Et donc on a analysé ce qui est ce qu’ils ont dit. Voilà. David Rachline, c’est qui pour aller très vite.
Pour aller très vite ? David Rachline, c'était le jeudi, c'était parce que c’est un peu différent aujourd’hui, mais c'était le jeune premier du reste du Front national. Le petit génie. Il arrive à quinze seize ans. Il s’inscrit au Front national. À l'époque, il est absolument fana de Jean-Marie Le Pen. Il va jusqu'à s’abonner à son journal et essayer de parler comme lui, etc. Et très vite, il intègre à l'époque le FNJ, donc le Front National de la jeunesse. Il en devient responsable et il fait des allers retours entre le Var et c’est un enfant de Fréjus, entre le Var où il s’implante localement et Paris où très vite il grimpe dans les instances et en l’espace de quelques années, il va gagner des scrutins importants locaux. Il va gravir des postes à Paris, gagner la confiance de Marine Le Pen. Il va devenir un de ses proches. Quand elle prend le parti en 2010, il va vraiment faire campagne, la campagne avec elle pour contre Bruno Gollnisch et il intègre comme ça très vite les jeunes espoirs, le visage de la nuit, de ce que devrait être le nouveau Front national de l'époque. Et ça a atteint son acmé quand il gagne en quatre ans. En 2014, la mairie de Fréjus, à l'époque 53 000 habitants plus grosse municipalité, Front national, une splendide vitrine pour le parti. Après les déconvenues pendant des années ou dans les années passées, le Front national n’avait pas réussi à convaincre sur sa gestion municipale et. Et puis, en plus de quelques mois plus tard, il devient sénateur. Et là aussi, première fois avec Stéphane Ravier. Ils entrent, ils font rentrer le Front National au Sénat, ce qu’on n’avait jamais vu,
Si j’ai bien lu votre livre, je peux vous dire que je ne m’en veux pas..
C’est le signe d’un livre qui est bien lu. Un livre écorné.
Voilà, vous ne voulez pas. Les auteurs ne supportent pas, j’adore.
Moi je dis j’aime beaucoup.
Mais voilà, moi aussi j’adore ça. Je trouve ça bien quand ça devient un objet vivant. Bon bref, et si j’ai bien lu, après vous allez reprendre le petit pont très rapidement. Quand il est sénateur Asselineau, il enlève, quand il va au perchoir, il enlève une fameuse montre dont on va parler parce qu’elle est centrale.
Ce n’est même pas la même montre une Rolex. Une Rolex surtout celle dont on a. Beaucoup parlé, c’est un hublot. Ah ouais, je n’y connais rien en montres, mais là j’ai essayé un peu de m’y mettre.
Je me suis demandé ce n’est pas du placement de produit, c’est une marque de montres.
J’ai appelé, j’ai appelé des copains qui s’y connaissaient, j’ai été voir le bijoutier du quartier pour connaître un peu.
J’ai des montres, Vous avez des copains, Est ce que vous êtes journaliste politique ? Donc vous avez des copains qui ont des Rolex ?
Ah non, non, non, non. Mais je voudrais avoir des copains qui bossent dans des industries qui, qui font qui, qui s’y connaissent, qui connaissent du monde à chaque fois en demandant C’est un boulot de journaliste. J’ai écrit là dessus le BTP, je n’y connaissais rien, je n’y connais toujours pas grand chose, mais j’ai travaillé et c’est la beauté de notre boulot de pouvoir. S’immerger dans des milieux. Qu’on ne connaît pas, y compris quand on parle d’horlogerie et. Et donc oui, à la tribune du Sénat, ils avaient l’habitude avant, avant de parler, d’enlever, d’enlever ça, d’enlever sa Rolex, ce n’est pas. Peuple pour. Pour prendre la parole et d’y aller, d’y aller en après ça c’est un c’est un clin d'œil, Ça pourrait ne pas être si grave si quand on achète des biens de luxe en toute légalité et traçabilité, on va dire.
Donc on va on va reprendre son portrait rapide et. Les jeunes sénateurs. Et ensuite, qu’est ce que. Qu’est ce qu’on peut dire.
Ensuite qu’on peut dire Il ne va pas rester sénateur beaucoup d’années parce que la loi sur le non-cumul des mandats va l’obliger à choisir. Il va choisir la mairie de Fréjus. Mais. Mais ce qu’on peut surtout dire, c’est que c’est un très proche de Marine Le Pen, dont il a gagné la confiance. Elle va décider de faire de Fréjus sa vitrine. C’est pour ça qu’elle y organise chaque année. Donc c’est quasiment dix ans de rentrée parlementaire du Front national, puis du Rassemblement national. Nous les rubricards comme on dit ce qui suit vont la rubrique et l’extrême droite depuis longtemps. On est un peu des habitués. Le nombre d’années se compte en nombre de rentrées, un vrai jusqu'à sept. Et mise à part le Covid ou il y a une année ou deux ou ca a sauté et l’année. Dernière où ça s’est arrêté, les comment les rentrées ont toutes eu lieu là bas ? Généralement le premier weekend de septembre. Il a cette faculté là, David Racine, de se placer toujours dans l’entourage de ceux qui comptent. Il a compris que c’est un parti particulier, le Front national. Dans tous les partis, il y a des allégeances aux chefs, il y a des clans, mais là, il y a vraiment la fidélité absolue. C’est quelque chose qui est très fort à la droite de la droite d’obéissance et de dévotion, quasi au chef. Et lui, il va être, il va être dans une loyauté absolue à Jean-Marie Le Pen, puis dans une loyauté absolue à Marine Le Pen. Quand Florian Philippot était à la mode au sein du parti, il était Philippot. Quand il l'était plus, il a lâché. Aujourd’hui, c’est un des plus proches amis d’Hollande, Bardella il passe quasiment toutes leurs vacances. Il n’y a pas un été où j’allais me balader là, il ne va pas sur la Côte d’Azur passer des vacances avec David Rachline, généralement à Fréjus, parfois dans le golfe de Saint-Tropez, un petit peu plus loin. Et c’est vraiment. Il a cette faculté de se placer, d’avoir la confiance de ceux qui comptent, et ça en fait un homme de premier plan. C’est pour ça qu’aujourd’hui il est vice -président du Rassemblement national. C’est pas n’importe quel titre, ce n’est pas forcément en rapport avec des fonctions, un agenda, un portefeuille qui joue à Paris, ça symbolise vraiment sa proximité, son lien de confiance avec à la fois Delà et Marine Le Pen.
Et si David Rachline n'était pas un homme isolé, une brebis galeuse, mais le symptôme d’une maladie politique plus profonde au sein du parti, sa manière de diriger Fréjus, où il y a les idiots en récupérant les vieux réseaux de la droite classique et son affairisme dans un climat diffus d’antisémitisme et de racisme. Et celle que le parti de Marine Le Pen pourrait étendre demain à la France entière s’il accède au pouvoir. Une loupe grossissante. Ça, c’est ce que vous écrivez page dix. Donc en gros, ce n’est pas on ne va pas parler d’un gars lambda pour vous en faites comme dans les années 90. Fréjus, c’est une ville laboratoire et le RN est aux portes du pouvoir. Il est déjà au pouvoir. Et donc vous dites qu’il faut l'étudier de près en fait.
Oui, et moi j’ai décidé de prendre au mot Marine Le Pen qui, pendant les dernières élections municipales en 2020, disait La gestion municipale du Rassemblement national, elle est exemplaire. C’est juste la gestion RN, Ça marche. Regardez ce qu’on fait dans nos villes. Et aujourd’hui, je pense que pour tous les observateurs de la vie politique et les journalistes particulièrement qui suivent ce parti, il y a une difficulté dans l’appréhension de cette formation politique. Ça fait plusieurs années que Marine Le Pen, elle, adopte une stratégie qui est le moins je dis le mieux je me porte, qui est de rassurer une partie de l'électorat qu’elle veut conquérir, de modérer beaucoup son discours. Et on a du mal à qualifier ce qu’il y a encore, ce parti. Et je pense qu' il y a plusieurs façons de le traiter. Le reportage et l' enquête de terrain en est une. Et moi c’est vraiment celle que j’ai choisie. Je pense que ça en dit beaucoup plus que l’analyse de grands discours qui aujourd’hui sont très aseptisés et ne racontent pas forcément grand chose. Toujours de ce qui est, de ce qu’est aujourd’hui le parti, ça peut être aussi et d’autres l’ont fait, je l’ai fait par moment, l’analyse des votes. On va bientôt être dans un climat, dans un, dans une précampagne pour les élections européennes. C’est extrêmement intéressant d’aller regarder ce qu’on vote. Les députés européens du Rassemblement national à Strasbourg. Je pense que quand on est dans un camp, on est face à une formation politique qui est très, comment dire. Je cherche le mot pas nébuleuse, mais aux contours qui sont assez flous, qu’on a du mal à saisir. Il faut retourner aux racines du journalisme, les faits, l’enquête et le terrain. Et moi, c’est ce que c’est, ce que j’aime.
Ça, c’est ce qu’on dévore en lisant votre bouquin, Je précise on y viendra. Vers la fin de l’entretien, Rachline annonce porter plainte à plusieurs reprises. Il avait déjà annoncé lors d’une enquête qui est un peu le coup d’envoi de votre livre, que vous aviez publié dans L’Express avant de faire le mercato pour le Nouvel Obs. Très bien. Et donc ce matin, on va parler avec cette idée que vous ne pouvez évidemment pas aller plus loin que le livre. Et l’idée n’est pas de vous faire, de vous piéger. Et parce qu’on se doute que cette émission est écoutée.
Je ne sais pas à quel point les doutes ou mes mots sont écoutés ou pas. Je ne me donne pas trop d’importance. Mais ce qui est sûr, c’est que quand on écrit une enquête de ce type là, on pèse chaque mot, on fait attention à quel terme on utilise. Il est, il est important, mais je ne prends pas. Contrairement à ce que insinue Marine Le Pen, je ne suis pas, je ne suis pas magistrate, je ne suis pas policière. Cette enquête, je l’ai faite avec les moyens que j’ai dû de mon journal et que j’avais à la maison d'édition et que j’avais à disposition. En revanche, tout ce que je raconte dedans est étayé par des faits, par des documents, par des registres, par des factures, par des photos, par des enregistrements. Et ça, j’y tiens beaucoup. Parce qu’effectivement, quand on quand on raconte un système aussi vaste et problématique que celui qui existe aujourd’hui, la maille Fréjus, il faut y aller avec des billes. On ne peut pas, on ne peut pas juste parler comme ça.
Il y a quand même des éléments, on va y venir qui sont assez romanesques. Je pense aux carnets des gardiens de la mairie. Vous évoquez à plusieurs reprises des enregistrements clandestins. Il y a une certaine ambiance dans cette mairie, dans le Var David Rachline aime les marques clinquantes et les logos à damiers. Pour plus de discrétion, il met souvent le cap sur Saint-Tropez, où il lui arrive de lâcher un SMIC en une soirée dans une plage privée. VIP Champagne millésimé, espace réservé. L’addition se règle exclusivement en liquide. Quand le maire demande à un fonctionnaire d’aller lui acheter des cigarettes, il sort de sa poche un billet de 500 € pour son poignet. Il possède une collection de montres de luxe, une Cartier,Rolex, une Hublot dont la valeur oscille entre 4000 et 15 000 €, portée ou pas en fonction des circonstances.
Il a aussi une Swatch. Qui met pour les interviews avec la presse non spécialisée. J’ai fait une blague, je n’ai pas noté. J’aurais dit ah.
Ouais oui parce que là je suis en train de me dire merde, je ne l’ai pas vu dans le bouquin. Ce n’est pas sa fonction.
Attention, si vous êtes en train d’en dire plus. Le scoop, Un scoop qui peut aussi m’aider. Et vous savez quoi ? comment là j’ai une jolie montre à. Oui, c’est toi que montre le quartier. C’est la montre de mes 30 ans offerte par mes grands-parents et ma maman, si vous voulez. Tout savoir. Mais la question ce n’est pas combien on a dans ses bijoux, combien on en met dans ses. Fringues ou même dans les bars de plage ? La question c’est. À quel argent dans le rayon ? Moi évidemment, j’ai la facture de ma montre à la maison et je suis capable en cinq minutes d’assurer la traçabilité de tout ce que je possède et qui par ailleurs corrélée à mon salaire de journaliste ou à des événements, ma vie, etc. Là, le problème de David Rachline, est ce que je mets en avant dans ce livre, c’est que d’une son niveau de vie est hyper élevé par rapport à ses émoluments de maire qui sont connus. Il a toujours gagné entre six et 8 000 € à aujourd’hui, c’est autour de 8 000 €. C’est un très. C’est un très bon salaire, mais ça n’explique pas non plus toute cette profusion et ces habitudes dans ces établissements de luxe. Et par ailleurs, il y a surtout le problème que ces achats sont faits en liquide et parfois au nom de tiers, il s’achète une montre à 15 000 €. Tout le monde a le droit de s’acheter une montre à 15 000 € si c’est là dedans quand même.
D’ailleurs, avec les dons d 'Au poste, j’y vais après.
Avec les journalistes, je vais Place Vendôme
Je vois Dupont-Moretti aussi parce qu’il y a un problème en plus classique.
Mais ce que je veux dire c’est que je ne fais pas la. Je ne suis pas la chasse à qui s’achètent des trucs de luxe ou pas, on a le droit.
Alors je dois dire que dans le bouquin, oui, je dois dire que dans le bouquin, parfois il y a des précisions d’ordre privé intime ou vous ne franchissez pas la ligne, mais on est parfois un peu limite.
C’est une question qu’on se pose tout le temps quand on écrit comme ça. C’est. Je pense que pour comprendre ce qui se passe à Fréjus, c’est essentiel de raconter la personnalité du maire, de raconter ses habitudes. D’autant plus qu’on parle de soirée, on parle d’argent liquide. Là en l’occurrence, il a demandé à des proches ou à des salariés de la mairie ou. Du Sénat d’aller lui acheter. En liquide, certains objets de luxe. Donc on est quand même. On n’est pas seulement sur. Il achète des objets de luxe, mais pas à son nom. Il demande à des gens qui ont des liens avec lui, d’avoir des liens de hiérarchiques, d’aller acheter en leur nom, de faire une facture en leur nom pour des achats et en liquide. Il y a quelque chose qui ne colle pas. Ce n’est pas seulement voilà, c'était juste. Si c’est juste raconter que, au Front national, au Rassemblement national, on se moque de lui parce qu’on l’appelle la cagole, L’art de Noël parce qu’il aime bien empiler les marques clinquantes. Quelque part, ça serait facile, mais ça raconterait juste le personnage. Là, ça raconte autre chose, ça raconte un fil de doute sur sa probité.
Allons, allons y. Sur la montre. Et après on reviendra. Parce que, en gros, d’où vient l’argent ? Vous ne le dites pas, mais vous expliquez très bien. On y viendra juste après les liens d’affaires avec le BTP, etc. Et grosso modo, l’idée que Racine soit élu comme Le Pen, c’est son slogan, c’est de dire avec moi, ce sera différent. En réalité, il prend exactement les chaussons du maire précédent et ainsi de suite. Voilà, on va y venir. Mais parlons d’abord de la montre deux secondes, parce qu’elle est évidemment symptomatique. Et là, c’est un travail de Rouletabille que vous avez fait. Vous découvrez qu’il a une montre à son poignet de luxe et en fait vous allez aller chez, si j’ai bien compris, le bijoutier qui tient un registre qui vous dit que ça a été acheté par son chauffeur en liquide, c’est ça ?
Oui, c’est à peu près ça. C’est un peu raccourci, mais. On me parle d’une montre. Il se trouve que j’ai à la fois de la chance et le réflexe à la rentrée parlementaire du Cap d’Agde qui n’a pas lieu pour la première fois à Fréjus. Et je demande à un photographe indépendant qui s’appelle Denis Allard, que j’aime beaucoup. Je lui dis Tu, tu ne voudrais pas ? Il prend en photo la maison de David Rachline. Là, il est assis en premier. Rang et il dit rien, mais personne y va. Là bas, il fait quatre photos, il les envoie. Et moi, pendant six mois, je les garde dans mon téléphone en me disant. Justement, en allant voir. Des bijoutiers, en essayant déjà de trouver le modèle, le nom. Il se trouve qu’après j’enquête et au cours de mon enquête, je découvre, je retrouve la trace de cette montre, je retrouve la trace, je finis par retrouver son propriétaire et là, je tombe des nues parce qu’effectivement je trouve que le propriétaire ne s’appelle pas David Rachline, mais que. Il s’appelle Monsieur Collier et son chauffeur de l'époque, assistant parlementaire au Sénat et chauffeur à la mairie, à la mairie de Fréjus. Et en fait là, je me dis mais pourquoi ? Pourquoi est ce que son chauffeur achète une montre à David Rachline à quinze zéro 0 € en liquide qui est au poignet de David Rachline ? Et c’est en sachant tout ça et avec ces éléments que je vais voir David Rachline en janvier, en janvier dernier à Fréjus, qui m’accorde un entretien d’une heure dans son bureau. Mais lui ne sait pas que j’ai la montre en photo, que j’ai la preuve qu’elle n’est pas à lui, mais qu’elle est à son chauffeur qu’elle que je sais qu’elle a été enfant et réglée en liquide à l'époque. Il ignore tout et ce qui donne cet entretien absolument. Dingue car je sais ce que c’est ça. Que chaque jour je mets en état..
Parce que vos Entretiens avec Rachline, c’est quand même si croquignolesque.
Oui, c’est dingue parce que là, pour le coup, oui, il y a différents types d’entretiens, d’enregistrement. Dans le livre, il y a certains enregistrements qui effectivement sont des enregistrements clandestins. Il y en a aussi qui, et je le précise à chaque fois, là en l’occurrence, je demande à David Rachline que je vois à la même distance que vous, face à face dans son bureau, en lui disant Voilà, est ce que ça vous va ? Je j’enregistre comme ça, c’est plus clair. Et je suis encore en train de prendre des photos. Là. Mais non, mais encore une fois, ce n’est pas un problème de communication. Bien sûr, ce n’est pas le problème. Et si on est un bon vivant, si on picole, si on picole trop. Mais un problème quand ? Quand ça a un impact d’une sur le fonctionnement direct d’une collectivité et de deux quand il y a des soupçons sur la probité. Enfin voilà, c’est sûr, là on touche quelque chose d’important et. Et en l’occurrence, donc pour revenir à cette loi, je le Vois et à quatre. À cinq reprises, il me dit mais, mais j’ai jamais eu cette montre, mais qui vous dit qu’elle est à moi et que j’ai mes photos ? Et tout est dit. Mais on m’a peut être prêté, J’ai mis sont sympa vos copains qui vous frottent des montres à. 15 000 € et il. Dit bah oui, j’ai des copains sympas, puis c’est ma vie privée et je ne l’ai pas eu. Je n’ai jamais eu, je n’ai jamais eu qu’une Rolex. Mais je ne comprends pas parce que du coup moi je vous ai vu avec. Mais qui vous dit que la discussion n’a aucun sens ? Il s’enfonce dans son mensonge à ce moment-là. Quelques mois plus tard, il changera. Il changera de version en racontant qu’il a eu un héritage de son de son père qui est décédé quand il était jeune et que cet héritage en liquide, avait dormi chez sa mère pendant 20 ans et qu’il l’aurait retrouvé et qu’il aurait fait ça avec le. C’est très compliqué à expliquer, sachant que David Rachline, à un moment avant d'être maire, a eu des problèmes financiers, a eu des moments où il dormait sur la permanence de la Beaumont pour économiser des loyers. Et s’il avait eu 30 000 € chez sa mère en liquide ? Pourquoi ? Pourquoi avoir fait ce choix là ? Le truc est quand même assez compliqué. Et quand bien même il aurait retrouvé de l’argent liquide, pourquoi est ce qu’il ne l’aurait pas acheté lui-même ? Et pourquoi avoir fait acheter par un autre proche ? Est ce que je raconte dans le livre ? C’est que ce n’est pas le seul objet, parce que ça, c'était le premier. C'était vraiment celui qui m’a permis de faire mon premier papier, ma première enquête dans L’Express. A l'époque, j’ai la montre et j’ai essentiellement la montre. J’ai connaissance de plein d’autres choses. Je n’ai pas toujours les preuves. Je n’ai pas toujours la place de le publier dans L’Express.
Donc vous ne dites rien.
C’est ce qu’on fait quand on a des éléments mais qu’on n’est pas capable de les étayer. En tout cas, avec suffisamment de sérieux, c’est un peu plus de temps. Donc je publie une première enquête et je me laisse du temps. Mais tout de suite, ça en fait quelques jours, quelques heures à peine après qu’elle soit sortie. Je sais que je veux aller plus loin. Je sais que j’ai beaucoup plus déjà dans mes carnets et sur mon ordi et je sais que je veux aller plus loin et que j’ai besoin de plus de temps, mais que cette histoire n’est pas terminée. Et par ailleurs, je vois la réaction. Il y en aura peut être, mais voir la réaction absolument dingue du parti qui au lieu de se dire il y a peut être un souci, on va faire profil bas organiser comme un seul homme la défense de David Rachline. Mousse raciste ? Complètement. Non pas que je n’ai jamais eu de très bonnes relations avec les cadres du Rassemblement national, mais. Mais j’ai des relations professionnelles en fait. C’est à dire que oui, ce sont des gens que je vois, que je suis content, comme tout journaliste qui a la charge de suivre un parti politique précis. Et là, d’un coup, ordonner de ne plus me parler, je deviens une militante. Qu’est ce que je n’ai jamais eu ?
Ce n’est pas tout à fait exact. Enfin oui, l’ordre est passé de ne pas vous parler, mais vous expliquez vers la fin que vous allez rencontrer des députés RN dans d’autres. Arrondissements, Ils ne veulent pas être vus avec vous, mais certains vous parlent quand même.
Quand on est journaliste, c’est le canard pour lequel on travaille.
C’est depuis la sortie du bouquin ?
Non, c’est depuis la sortie de l’article
L’article et depuis la sortie du bouquin, j’imagine, ça s’est empiré.
Oui, alors là, si j’ai vraiment une sorte de silence radio total, il se trouve que vous l’avez précisé, je suis parti de L’Express pour le Nouvel Obs. où je n’ai plus la charge non plus la charge de suivre le Rassemblement National ou j’ai un poste plus large, moins. Rubrique. Où je vais faire des enquêtes sur la politique, mais de façon plus large et pas exclusivement sur ce site.
Donc c’est votre cadeau d’adieu.
Oui, c’est ça, un peu son cadeau d’adieu, mais je n’aime pas dire comme ça parce que on y met de l’affect, il n’y a pas, il n’y a pas ça du tout. C’est une enquête, C’est la poursuite d’un travail que je mène depuis presque deux ans. Donc c’est ni un cadeau, ni un adieu, ni un truc. C’est ainsi, c’est mon travail, c’est mon travail de documenter ce parti là, comme demain ça sera peut être mon travail, de documenter un autre parti ou de suivre un phénomène sociétal, etc. C’est notre boulot de nous, de nous immerger par moments dans un dans un sujet, de dormir avec, d’y penser, méditer jour, d’enquêter et là, en l’occurrence, pendant quatre ans, c'était sur l’extrême droite, mais ça sera certainement sur et c’est bien, c’est souhaitable que ça soit aussi sur d’autres sujets. Ensuite, et c'était mon souhait et c’est ce qui est en train de se passer.
Donc vous démarrez avec cette idée de suivre l’argent. Il y a cette montre, cet argent liquide, l’homme n’ayant pas une fortune personnelle, d’où vient cet argent ? Et donc on plonge là dans les. Dans les ramifications municipales de Fréjus avec le BTP, le bâtiment et notamment un dénommé Alexandre Barbero qui revient très souvent dans votre dans votre bouquin. Et vous, vous l’avez vu lui aussi. Et d’abord, racontez nous ce que vous pensez des liens entre cet homme immensément riche. Si j’ai bien compris, il a beaucoup de pognon, Il y a beaucoup de restaurants et beaucoup d’affaires. Il a une grosse boîte.
Et il rafle des marchés.
Voilà à peu près. Moi, c’est quelqu’un dont je n’avais jamais entendu parler avant de mettre les pieds à Fréjus, qui est connu. Comme le loup blanc. Dans le Var parce que c’est un des plus gros entrepreneurs et avant lui, avant Alexandre Barbero, il y a eu Alex Barbero, le père. Il avait déjà fondé les bases de cette de cet empire commercial et une holding HD qui fait plus de 80 millions de chiffre d’affaires par an. Donc c’est vraiment quelque chose de très gros qui est essentiellement fondé autour du BTP. Il a le plus gros groupe du BTP de l’Est de VAR. C’est quelqu’un. Qui a tout. Sur un niveau micro local. Après, quand on passe une frontière, on va vers Toulon. Il ne s'étend pas toujours, alors il a quelques maintenant, il a quelques ramifications aussi vers Marseille, etc. Mais vraiment son domaine il le dit je suis et je suis très bon que chez moi c’est Céleste Var. Mais dans l’histoire. Il a tout. Dit. Il y a, il a la cimenterie, il a. C’est lui qui fait tous les raccordements des gros chantiers, c’est lui qui a une position hégémonique sur les appels d’offres. Et en plus de ça, il a mené un travail de diversification. C’est ces dernières années où il a aussi acheté un golf, pas mal d’hôtellerie de luxe. Il y. A. Un domaine viticole, le Clos des Roses, dont je parle beaucoup. Il y a un hôtel à. En fait, elle s’est diversifiée pour ne pas mettre toutes ses billes uniquement dans le BTP. Mais sa force, sa très grosse force, elle vient, elle vient de ce secteur d’activité. C’est quelqu’un qui entretient des liens extrêmement ténus avec à la fois la mairie de Saint-Raphaël, la mairie de Fréjus, mais tout le département, toute l’agglo, toutes les villes autour de villes mitoyennes
Et oui, on en parlera tout à l’heure. Parce que si c’est aussi une hyperbole de ce qui est en train de se passer entre une partie des Républicains et du Front National.
Non mais c’est marrant qu’on ne voit pas souvent le micro local.Beaucoup mieux que de grands discours sur ce qui se passe au niveau national. Et là c’est vraiment ce qu’on retrouve. Est ce qu’on se trouve à Fréjus pour parler de l’union des droites ou du rapprochement ? Ça et RN mais on y reviendra et donc sur cet Alexandre Barbero. Donc très vite, très vite, j’entends effectivement beaucoup, beaucoup de rumeurs. Au début, ce sont des rumeurs sur ses liens avec les politiques, la façon dont il obtiendrait des contrats, le fait qu’en fait il est plus puissant que n’importe quel maire et que c’est lui qui ferait la pluie et le beau temps là. Bas. Au début. Moi, j’interroge à la fois David Rachline et Alexandre Barbero sur leur lien. Les deux me disent qu’on se voit très rarement et comme tout entrepreneur est élu, on se voit uniquement pour parler de foot. Parce que oui, Barbero est aussi président et propriétaire du club de. Foot de Saint-Raphaël. Et de Fréjus, le club de l’Étoile. Et on se voit uniquement pour parler de foot. Et voilà. Là, pour le coup, j’ai énormément de preuves que ce n’est pas que ça. Donc moi je commence déjà à documenter leur relation. Je vois, je découvre avec surprise qu' ils passent des journées entières ensemble. C’est-à dire que dans l’agenda du maire il y a des journées qui sont bloquées. AB Pour Alexandre Barbero, bloquer, JPC pour Jean Pascal, Clément, Jean Pascal vraiment, c’est l’ex beau frère de Barbero et la même famille c’est l’architecte parce que lui, ça marche avec eux. Il y a l’architecte et l’entrepreneur, et ces deux mêmes personnes qui ont déjà été épinglées par un rapport très sérieux de la Cour régionale des comptes. Qui s'était étonné en disant qu’on ne comprend pas que sur ce secteur hyper concurrentiel du BTP qui est, il y a un seul, une seule entreprise qui grosso modo rafle tout. Soit tout seul, soit avec ?
Justement, il y a Gandur qui vous dit que les appels d’offres publics sont soumis à une réglementation précise. Oui. Donc ce que l’on peut dire, c’est que tout ça est fait le plus légalement possible.
En apparence, en apparence, les appels d’offres sont respectés, les procédures sont respectées. Après, on a commencé un travail d’appeler toutes les personnes qui avaient de près ou de loin participé à ces appels d’offres ces dix dernières années. Ça fait neuf ans que David. Rachline est là
C’est là où vous commencez à devenir l’emmerdeuse.
Une journaliste nous emmerde et donc qui ment. Et donc j’appelle tout le monde. Et puis, et puis petit à petit, les langues se délient aussi. Et là j’ai pas mal de témoignages qui me disent oui, on a le sentiment qu’on ne sait pas où exactement, c’est pas à quel niveau, mais on a le sentiment que la procédure est viciée. Les appels d’offres d’Alexandre Barbero sont toujours les meilleurs, sont toujours ceux qui sont très, très proches du prix que veut obtenir la mairie. Et souvent ça va être le dernier à déposer. Sa sont ses enveloppes donc on se demande s’il n’a pas eu accès. Avant à. Ce qu’avaient déposé ses concurrents. Ou alors il propose un prix plus avantageux, mais regardez les avenants. Donc moi je regarde tous les PV municipaux de ces dix dernières années. Et en fait, effectivement, il y a des avenants aux travaux qui eux passent pas par la commission mais qui passent, qui sont votés directement dans les conseils municipaux et les avenants, mais ils font qu’en fait c’est beaucoup plus cher que ce qu’avait annoncé et ce qui avait été annoncé au début. Et ça, ça vient grossir, grossir le contrat. Vous allez me dire, cette entreprise n’a pas plus de contrats avec l’Amérique. Le plombier, je n’ai jamais trouvé de trace du plombier, mais par contre j’ai trouvé rien qu’en regardant même pas les appels d’offres, mais en regardant uniquement ce qui a été validé en mairie qui n’est pas passé par la commission des appels d’offres, qui a été directement voté en conseil, en conseil à la mairie. On est déjà sur des millions, des millions et cette entreprise est là partout et quand elle n’est pas là, c’est toute seule. Elle s’associe avec d’autres entreprises. Donc en fait c’est elle est souvent prestataire aussi. Est ce qu’on dit c’est il y a la partie publique, mais regardez le privé. Et je pense que j’aurais pu aller encore beaucoup plus loin dans le livre. Et qu’il y avait matière à aller encore plus, plus loin. Parce que quand on regarde sur les chantiers privés, il faut savoir que David Rachline, il a vendu des terrains depuis qu’il est arrivé, il vend des terrains, il vend des terrains. C’est sa façon de désendetter la ville. Ça a marché un peu au début, ça marche beaucoup moins maintenant.
C’est ce que vous reconnaissez, c’est à dire qu’au début, il arrive, il prend les rênes d’une ville très endettée et il vend beaucoup. Et effectivement, il est. Il est plutôt salué par la Cour des comptes. Oui.
Après ces essais, il vous faut quand même faire. Est ce que c’est sans cesse demande quand on prend n’importe quelle entreprise et tout ou ego ou une propriété de famille, j’en sais rien et qu’on me dit j’ai des endettés parce que je me suis séparé de la moitié. Bon bah sur le long terme ça ne marche pas avant, ce n’est pas non plus à appliquer.
Non, je veux bien le canapé, je ne vais pas, je ne vais pas avoir le canapé de Ross et Jensen
Mécaniquement, c’est vrai que quand on vend du terrain, ça passe lui en plus je disais oui mais c’est parce que la ville a pas assez de logements sociaux donc ça permet la construction de programmes, c’est que pour vendu que pour construire des immeubles en gros et dedans il y a un tiers, un quart, un cinquième je sais plus le chiffre, mais de logements sociaux, ce qui permet un peu de faire un rattrapage par rapport aux critères de l’État qui oblige chaque commune à avoir des logements sociaux, donc il met ça en avant, etc. Déjà ça ne tient pas parce que y par ailleurs il serait en dette, donc mécaniquement. Ça. Fait que la ville est encore plus endettée aujourd’hui que ce qu’elle était en 2014. Mais, mais surtout, c’est toujours au bénéfice et là c’est pas des appels d’offres. Là on parle juste de vendre à T1, accorder un permis de construire pour un promoteur immobilier national ou régional. Et en fait, ce que je découvre pendant l’enquête, c’est que, en fait, et ça, c’est des confidences qui m’ont été faites par de nombreux acteurs du BTP, de l’immobilier, de la promotion immobilière au niveau local et au niveau national. C’est que pour avoir un permis de construire, pour pouvoir construire telle résidence de logement, bah il vaut mieux passer par Jean Pascal Clément, l’architecte pour ces plans si on veut obtenir le permis de construire de la mairie. Et il vaut mieux passer par Alexandre Barbero pour le Simon pour la VRD. Donc c’est le raccordement des tuyaux.
Des rouages, raccordements
J’ai découvert respecter ces termes là. Mais en gros pour les. Tuyaux, pour le raccordement, pour les routes, pour le ciment et tout. Vaut mieux passer par Barbero. Et si on fait tout ça, y compris quand on est un très grand groupe national, on est obligé. Voilà, C’est pas juste un truc local, c’est y compris les grands groupes nationaux, c’est mieux et on a plus de chance d’avoir le permis de construire et donc de pouvoir mener à bien ce projet. Donc c’est important d’avoir les deux focales. Il y. A. La question des appels d’offres publics ou Barbero, plus ou moins associés à d’autres et toujours hégémoniques. Et la question. Des marchés privés aussi. Et lui il est. C’est pour ça qu’il me dit tout le temps Mais je vous rappelle que deux tiers de mon chiffre d’affaires vient de la construction privée ou il y a aussi un problème manifestement sur du côté, du côté du privé.
Alors il y a les faits et il y a l’ambiance. Et comme là tout d’un coup, il y a beaucoup de monde, je fais de mon monde qui arrive ou je ne sais qui. Donc nous sommes avec Camille Vigogne, le côté autrice de cette enquête Les Rapaces sur David Rachline, maire de Fréjus et d’autres. Aucune enquête à laquelle on s’intéresse parce qu’en fait elle en dit long sur le RN au pouvoir quand il a les mains dans le cambouis. Alors il y a les faits. Et là, ce que vous venez de raconter et l’ambiance, j’adore. Là, on n’est pas dans la discussion avec le fameux Alexandre Barbero se poursuit encore quelques minutes sur ses balades en mer avec David, sur David Rachline. David n’est jamais venu une seule fois sur mon bateau. Si vous écrivez ça points de suspension, lance t il avant de se lever. J’avance que plusieurs témoignages racontent une autre histoire. Vous cherchez quoi avec vos questions ? M’interroge le quinquagénaire. Quelques secondes plus tard, il claque la porte. Le café, c’est pour moi. Hurle t il à la serveuse, qui est aussi son employée. L’entretien a duré douze minutes.
Ouais, ben oui, c’est sportif. On sort. De là.. Et oui. Il y a des entretiens qui sont plus faciles à mener. Il y a des moments où il fait un peu chaud. Y a des moments à l’entretien d’une heure avec David Rachline où vu Nancy, il a bien fait des saluts nazis dans son bureau, c’est chaud aussi. On enchaîne les questions désagréables. Voilà. Mais c’est notre petit, notre travail et c’est des questions qui sont importantes à poser,
Mais ce qui est agréable en vous lisant, c’est que vous ne restituez pas tout ça à la façon de certains journalistes cowboy ou d’investigation un peu testostérone.
Je ne suis pas très testostérone.
Voilà et moi j’aime bien. C’est par petites touches comme ça, où vous arrivez à décrire, à faire le portrait d’une ville sans vous mettre en avant, même si vous racontez l’enquête à la première personne. Parce que, après tout, c’est votre enquête et on la vit avec vous.
Oui, j’essaye. Je pense que les gens qui achètent le livre n’en ont absolument rien à faire de savoir qui je suis, ce que je pense, dans quel état j'étais quand il a fallu écrire cette enquête, etc. En revanche, la réaction que suscite mes questions et les précautions qui y sont prises, le cheminement aussi d’enquête qui a été le mien pendant ces quasiment deux ans. Ça, je trouve que c’est intéressant parce que ça permet de comprendre comment est née cette enquête et c’est aussi une façon d'être un peu transparente avec le lecteur. Donc oui, c'était je me suis beaucoup interrogé, y compris sur ce jeu, parce que moi je ne suis pas un grand fan des jeux qui ne lisent pas dans mes papiers pour ou pour L’EXPRESS et. Et là j’ai trouvé que ça se justifiait, mais que parce que c'était par touches homéopathiques, juste quand il y avait vraiment besoin de comprendre pourquoi. Sinon, je ne suis pas un personnage de cette enquête. Les personnages de cette enquête, c’est la ville de Fréjus,, c’est David Rachline, c’est Alexandre Barbero. Eux sont au cœur de ce système là. Mais moi, clairement, je suis que. L' artisan de cette enquête derrière.
Rolland vous demande si vous avez eu des contacts avec l’opposition de Fréjus.
Oui, dans des moments comme ça,on contacte à peu près tous les acteurs locaux. Qui. Peuvent être sur le sol. Je n’ai même pas appris. Je suis en train de réfléchir, donc je dis parce que je ne les ai pas tous contactés. Il y en a qui sont partis, y a des opposants qui sont partis, que j’avais, que j’ai recontacté par moment pour avoir des précisions parce que je ne retrouvais pas tel ou tel document, tel PV sur le site de la mairie. Ils ne sont pas tous disponibles. Les PV municipaux, ça peut être sur des choses comme ça, mais on va dire que ce n’était pas ça a été des interlocuteurs comme toute personne. Quand on fait une enquête sur un terrain, on appelle les élus mais pas que, les élus d’opposition et les élus de droite du département, etc. J’ai essayé de joindre tout le monde mais ça n’a pas forcément été mes premiers partenaires non plus dans cette enquête.
Sentierbattant vous demande si à l’inverse, vous avez reçu des menaces depuis trois ou quatre ans à la fois sur cette affaire-là et puis sur le fait d’avoir couvert le RN. Alors, il y a des doutes. Vous parlez quasiment de subordination de témoin, on pourrait dire, c’est-à-dire qu’il y a des gens à qui on promet des postes s’ils se taisent, si j’ai bien compris. Mais est ce que vous avez eu des dossiers, des pressions sur vos témoins ?
Oui, on va dire ça comme ça. Mais moi, je reste toujours assez. Je suis toujours hyper discrète là dessus parce que je trouve qu’effectivement les gens qui prennent vraiment des risques, c’est les gens qui sont sur place, qui bossent à la mairie ou qui ont bossé, ou qui bossent au département ou à l’agglo, ou qui ont un fils, une fille, une sœur, une tante. Enfin voilà, ça reste des villes petites, moyennes où beaucoup de gens se connaissent et quand on prend le risque de communiquer des documents, des journalistes, etc. On ne déménage pas comme ça. Moi je suis protégé par une rédaction, par un éditeur, je suis à Paris, c’est plus facile. Clairement. Donc par rapport à eux, je reste hyper humble. Je dédie le bouquin parce qu’ils ont pris des risques. Il y a évidemment plein de gens qui m’ont aidé à faire cette enquête et je ne l’ai pas fait tout seul avec mes petites mains. C’est précieux. Et il faut que ce soit précieux pour le fonctionnement démocratique aussi de notre pays, pour la transparence, etc. Et ce sont par certains aspects de vrais lanceurs d’alerte. Moi quelque part, je ne me mets pas du tout à ce niveau là. Si on fait le si on dézoome par rapport au bouquin et sur la rubrique, c’est évident que c’est une rubrique avec un taux de confidentialité important. Je vais dire ça.
C’est joli.
Le taux de conflictualité. Je n’ai jamais été molesté, on ne m’a jamais cassé la gueule à la sortie d’un meeting. Je pense que ce n’est pas non plus la même chose de suivre le Rassemblement national en 2023 qu’il y a dix, quinze, 20 ans. En revanche, évidemment, les uns, il y a beaucoup d’insultes, il y a eu, il y a beaucoup de cyberharcèlement, il y a beaucoup d’humour. Je n’en fais jamais la publicité. Je pense que je n’ai jamais retweeté un message, que ce soit privé ou public. Je n’ai jamais mis ça en avant. Ça ne veut pas dire que par moment, quand il y a des grosses, grosses vagues, ça peut être par centaines, par deux quand on avait un moment de ouf. Voilà, moi dans ces moments là, je. Laisse un peu mon portable et je vais faire autre chose et je vais boire un verre. Ça va beaucoup mieux. Comment quand on est une femme, c’est renforcé comme dans mes seins. C’est joyeux. C’est pour toute personne, toute femme qui s’expose un peu. C’est renforcé parce que ce n’est pas exactement le même type d’attaque que mes confrères masculins, c’est-à dire qu’ils vont en avoir aussi. Mais moi je vais en avoir beaucoup sur le physique, sur la personne avec qui je partage ma vie, qui sur avec qui je coucherais pour avoir des infos sur comment on va, voilà. Et puis toujours très. Tout de suite dans le sexisme puis toujours de façon très poétique. J’ai gardé quelque part dans mon téléphone une sélection des meilleurs, des trucs les plus, les plus poétiques. Et les plus inspirés. C’est souvent très proche du registre animalier. Voilà. Et encore une fois, ce ce n’est pas quelque chose, c’est quelque chose. Je refuse de prendre en compte en fait, dans mon boulot, je trouve ça dommage. Je sais que vous.
Vous vous racontez dans le livre de mémoire, me semble t il que Rachline, à un moment donné, essayait de savoir qui vous parle, quelles sont vos sources. Il se trouve que dans l’histoire de cet homme est barricadé, il y a des femmes, des ex femmes qui travaillent avec lui, qui travaillent plus avec lui, qui travaille. Il y a des coups d'éclat dans les couloirs de la mairie etc que vous racontez et il a des mots très désobligeants à l'égard de certaines de ses anciennes conquêtes, on va dire.
D’une en particulier. Aujourd’hui, elle est députée.
Aujourd’hui ? Qui est députée aujourd’hui ?
Oui, oui, on parlait de la frontière avec la vie privée ou pas. Alors en l’occurrence, on ne pouvait pas comprendre cette histoire si on ne comprenait pas un moment le rôle qu’a joué Julie, Lechanteux qui est députée du Var, donc aussi l'éclosion de cette histoire. C'était une militante locale, élue locale à la mairie, au département puis au Parlement européen. Maintenant, elle est député. Elle est députée à Paris qui a à un moment une histoire avec David Rachline et qui, à un moment l’histoire ne va plus. Avant un moment, mais ça c’est à moi. Et j’ai eu vent de plein d’autres histoires et que je ne raconte pas parce que parce que je n’ai pas fait la liste des conquêtes de David arrachées, je m’en fous en fait. Là, ce qui est important, c’est qu'à un moment j’ai dit aux gens de prévenir des cadres du Rassemblement national, selon plusieurs témoins d’un système de corruption, en disant : Voilà, je vais tout balancer à Marine. Et j’ai plusieurs témoignages répétés, circonstanciés, précis, qui me relatent qu’elle a écrit à plusieurs. Hauts. Cadres autour de Marine Le Pen pour dénoncer une situation, notamment avec son homme de confiance, Marcel Sabbat, en disant David Rachline touche de l’argent, touche des cadeaux d’un entrepreneur.
Et là, rien ne se passe en fait.
Et là, rien ne se passe. Tout le monde, Philippot, me dit qu’il s’en souvient plus. Avoir une bite me dit oui, elle s'était confiée à moi, mais pas sur cette affaire là, pas sur. On est un peu flou un peu. Je comprends qu’on peut très bien comprendre, mais. Mais en l’occurrence, c'était important de raconter ça parce que. Parce que sinon on ne comprend pas. En fait, on ne comprend pas pourquoi. Pourquoi ils ont été très tôt, pourquoi ils n’ont rien fait, pourquoi le truc est sorti aussi. C’est souvent dans les histoires, dans les histoires politiques, politico financières que c’est les anciennes compagnes. Par ailleurs, dans le cadre d’un divorce, que les affaires sortent parce que souvent les plus proches ont envie de parler à ce moment-là.
Et ça, par exemple, à titre personnel, là, je m’adresse à la journaliste Est ce que ce n’est pas désagréable parfois de recueillir ? Je ne dis pas que vous avez reçu la parole de cette femme en particulier, mais manière générale, justement d’obtenir des informations par des gens qui ont un esprit de revanche, de vengeance, qui sont acrimonieux. Est ce qu’il n’y a pas un côté désagréable.
Dans ce qui est, ce qui. Ce qui peut être désagréable, c’est quand on se demande est ce que je peux être manipulée ou pas ? Tous et c’est pour ça qu’on se base jamais sur. On ne se fonde jamais sur un témoignage, mais comme on en recueille toujours au moins trois pour être à se dire ok, là il commence à y avoir eu un début d’infos. C’est pour ça qu’on cherche aussi des preuves et pas uniquement des témoignages. Évidemment qu’il y a toujours le risque d'être instrumentalisé. Après, il ne m’appartient pas, moi, de sonder les cœurs de qui m’envoie pour quelle raison. Dans les affaires où les gens parlent, on ne sait jamais exactement ce qu’ils parlent parce qu’ils regrettent. Est ce qu’ils parlent parce qu’ils en veulent ? Parce qu’ils veulent le punir un moment, celui avec lequel ils ont été amis ? Mon boulot, c’est de m’attacher à la véracité des faits, c’est de savoir est ce qu’il y a des éléments matériels qui viennent corroborer cette information ? Comment puis-je le recouper ? Comment puis-je le prouver ? Est ce que je dois me balader ? Ça, c’est important. Ça c’est désagréable quand on n’arrive pas à trancher. En revanche, sonder les cœurs et les âmes des uns et des autres, c’est un boulot d’un psy, d’un prêtre. Ce n’est pas le mien. Donc j’avoue, je fais assez vite la part des choses.
Je vous inviterai un jour. Mais moi c’est ce qui m’a éloigné du boulot. Mais voilà. C’est à dire qu'à un moment donné, je trouve qu’il y a quelque chose d’assez désagréable en fait, à recueillir des paroles de gens qui sont blessés. Et après tout ce que vous dites est juste.
Mais je sais, c’est un débat, passons. Et après moi je me dis bon, est ce que c’est intéressant pour le lecteur ?
Vous puisque votre livre ne dit pas En tout cas, je n’ai pas trouvé d’explication. C’est comment Rachline peut être au cœur de ce système. Alors, alors qu’il y a sept députés qui, quand on regarde les questions au gouvernement le mardi ou mercredi plus que le mardi, elle est juste en dessous de Marine Le Pen. Donc, il y a quelque chose de. Il y a une proximité. Donc Marine Le Pen, Bardella, ils savent probablement une partie de ce que vous racontez. Comment se fait-il que Rachline soit toujours là ? Parce que ce bouquin, c’est un brûlot contre le RN, d’une certaine manière.
En tout cas. Et ce n’est pas un élément qui leur a fait plaisir, c’est certain. Mais comment est ce qu’il peut toujours être là, sur cette députée ? Et eux, elle, aujourd’hui, elle nie avoir retenu ses propos. Elle n’est pas. Elle ne revendique pas d’avoir lancé cette alerte il y a maintenant plusieurs années. Mais comment dire ? Mais, mais moi, ce que je veux, ce que je raconte, c’est qu' ils ne peuvent pas ne rien savoir. Ils peuvent peut-être ne pas tout savoir. Je ne mesure pas. Les cœurs et les âmes, l'étendue de leur connaissance. Mais à partir du moment où on va passer tous ses étés à Fréjus, on voit forcément le niveau de vie de David Rachline. Jordan Bardella, c’est quelqu’un qui fréquente avec lui les établissements de nuit, les établissements de plage, Jean Alacapelle, député ou eurodéputé, très proche de Marine Le Pen qui fait systématiquement la bringue avec David Rachline dans des boîtes de nuit où ils prennent des bouteilles hors de prix, etc. Ils voient forcément ce liquide, etc. Par ailleurs. Ils connaissent Alexandre Barbero. Ils fréquentent ces établissements. Marine Le Pen quand elle fait sa rentrée parlementaire à Fréjus, le soir, le gala, le gala un peu paillettes Val c' est petits fours avec les cadres est organisé au Clos des Roses, au sein des établissements, à l’entrée du Clos des Roses. C’est Alexandre Barbero qui ouvre le bal, qui accueille les invités qui accueillent Marine Le Pen,
Promoteur de la ville,
Promoteur de la ville, l’homme au cœur de ce système là, Jordan Bardella, là, selon le témoignage de son ancien, de son ancien communiquant. Va au Touring. Donc l'établissement de luxe de Saint-Raphaël, cette fois-ci, y compris sans payer ou en le payant, qu’une infime partie de son séjour dans cet hôtel. Il s'étonne de répéter que la taxe de. Séjour, que la taxe de séjour et les petits déjeuners, je crois de mémoire, donc très, très loin de ce qu’ils ont, de ce qu’ils ont finalement consommé et de ce qu’ils ont bénéficié. Moi, j’ai pu vérifier que Cuba était un client extrêmement régulier de cet hôtel. Il est connu de tous les serveurs de l’hôtel. Marine Le Pen était encore dans un des établissements avec Bardella avec Rachline, au mois de juin, sur un voilier, elle sort du voilier. Elle arrive par la mer sur l'établissement de plage, elle descend dans l’eau avec un grand chapeau, on lui ouvre l’espace VIP, elle s’installe à l'étage, etc. Donc ils ne peuvent pas. N’avoir rien vu. Et surtout ce que je raconte c’est que on peut tout imaginer mais pas après eux. L’enquête de janvier, à partir du moment où je publie une première enquête en janvier dans l' Express, Libération va au printemps refaire une enquête. Sur certains aspects en poussant plus les montres, l’association sportive, etc. Là, on n’est plus dans du on est vieux, on est on. J’apporte des éléments, des photos, je raconte l’histoire de la montre dont on a parlé, etc. Pourquoi n’y a pas une enquête interne ? Y pas un minimum de prudence qui est apportée dans les propos, dans la seule réaction du parti ? Ça va être de dire que cette journaliste est une militante, Nous vous interdisons, vous élus du Rassemblement national, de lui parler. Ça va être d’appeler des témoins un témoin en disant franchement, tu ne devrais pas parler, tu peux avoir un poste, tu pourrais avoir un poste de groupe à l’Assemblée nationale, ça va être de chercher la taupe. David Rachline va devenir fou à la mairie, il va chercher absolument qui a parlé, Comment cette salope de journaliste a laissé ? Est ce que c’est à cause de cette salope de Legendre ? Il y a beaucoup de saloperies dans la hiérarchie. Voilà Et ça ne va en aucun cas être un bon système de bon, un peu de prudence. Peut être que même si c’est un fidèle, sa gestion n’est peut être pas si exemplaire et on aurait intérêt à prendre un peu de distance, etc. Choses qui. Font un peu. En creux maintenant mine de rien, parce qu’ils sont un peu obligés.
Parce que pour ceux qui se disent parti populaire, c’est dévastateur ce que vous racontez là, il y a un côté, il y a un côté des cadeaux, le Bardella, ce n’est pas du tout le Bardella qui vient nous parler à France info.
Non mais Bardella, là, moi je dis souvent, c’est un coffre fort, il est complètement verrouillé. C’est vrai qu' il fait extrêmement attention à ses prises de parole, à son image. Il est jamais une photo de lui sortir ou il n’est pas en costume, ou il n’est pas tiré à quatre épingles. Il y a rien qui dépasse à vrai juste il présente un autre visage. Je pense que la politique l’a beaucoup privé, qu’il a embrassé adolescent. La vie privée aussi, d’une certaine légèreté et tout qui va retrouver après, juste parce qu’il sent en sécurité avec son copain David Rachline. Donc il va beaucoup faire la bringue etc là bas et c’est sûr que ça vient écorner une image. Après, bon, ça c’est une réflexion plus générale sur les médias, mais je ne sais pas à quel point. On ne convainc jamais que ceux qui sont convaincus on vit dans des telles bulles d’information aujourd’hui que les électeurs du rassemblement national, je ne suis pas sur qui achètent mon bouquin, Je ne suis pas sûr qu’ils aient envie d'être convaincus par autrui.
Alors il faut dire que ce n’est pas fastoche, parce que s’ils font avec votre bouquin ce qu’ils avaient fait avec l’extrême. Vous racontez donc votre première enquête au mois de janvier, je crois. Le jour même, il y a deux trois personnes qui sont allées dévaliser tous les kiosques pour acheter tous les express ou à l’heure d’Internet.
Mais c’est vraiment une technique de pieds nickelés.
Un peu à l’ancienne.
Je pense que c’est pour ça que cette enquête, elle est par certains aspects, elle est très grave, mais par d’autres, elle m’a fait beaucoup rire aussi et je pense que c’est ce qui fait que la lecture, elle est assez, elle peut être, elle peut être assez divertissante aussi, même si on parle de faits qui sont, qui sont lourds parce qu’en fait il y a de telles conneries qui sont faites de telles erreurs de communication, mais il y a beaucoup d’amateurisme aussi que ça donne. Parfois on se dit mais ce n’est pas possible, c’est une caricature quoi. Et là en l’occurrence, c’est une technique politique qui est vieille comme Le monde et la presse spécialisée. Un article qui ne me plait pas dans un journal. Je vais tout acheter. Donc j’envoie tous ses copains. Soit la mairie, soit les restaurateurs vont être dans la glace. Ils vont aller rafler tous les numéros. De. L’Express en l’occurrence. Mais sachant qu' aujourd’hui il y a un site internet et qu’enfin ça ne fonctionne plus du tout. Nous on a fait des super et pour le bouquin, ils ont fait ça ou pas ? Je ne crois pas qu’il y en avait. Mais il est en rupture de stock tout le temps dans le monde, dans le Var, dans l’agglo. Je sais qu’il y a beaucoup été à recommander, notamment à Puget sur Argens. Il y a un gros Cultura, on m’a dit mais il y a plein de lecteurs qui m'écrivent et qui me disent. On le trouve pas Est de ce que la mairie il a tout acheté et franchement j’en sais rien, je ne suis pas allée, je n’imagine pas
Attention, vous allez tomber pour détournement de fonds.
Et en plus on en a livré tellement que je pense que ça leur a coûté assez cher de racheter une centaine d’exemplaires à la librairie. Mais je n’ai pas d'élément là dessus. Mais en tout cas, il y a beaucoup de lecteurs qui. M'écrivent en me disant qu’ils ont recommencé. Je ne sais rien, je crois pas.
On va regarder effectivement un passage qui est assez rigolo, mais je m’empresse quand même de vous faire préciser que, sauf erreur de ma part, à l’heure qu’il est, il n’y a pas eu d’ouverture d’information judiciaire, il n’y a pas d’enquête. Tout ce que vous annoncez, tout ce que vous racontez ici n’a pas fait l’objet d’une curiosité judiciaire d’une manière ou d’une autre.
À l’heure qu’il est. Non ? Je ne sais pas si les choses resteront en l'état. Moi je n’ai pas pris attache avec le nouveau procureur de Draguignan, mais il s’est exprimé dans la presse, notamment dans Var-Matin et aussi je crois de mémoire dans Mediapart. Mais je je le dis de mémoire en disant qu’il se laissait quelques semaines d'étude du dossier. Et qu’il lisait le bouquin, que le bouquin était intéressant et qu’il se laissait quelques semaines pour décider s’il ouvrait ou pas une enquête. Je peux. Je cite de mémoire, mais je ne dois pas être très éloigné de la phrase exacte. C’est tout ce que je sais concernant une enquête sur David Rachline page 68.
Tout va bien, le bébé.
Oui tout va bien
Surtout vous me dites ainsi que les quatre gardiens de la mairie assistent aux allées et venues nocturnes. Alors là, il s’agit de nuisance sonore, notamment pendant le qu’Ovide fait à la mairie qui dure jusqu’au petit matin, les quatre gardiens de la mairie assistent aux élèves venus nocturnes, vigie silencieuse. Leurs silhouettes sont postées de 18 h à 5 h du matin dans une petite loge au rez-de chaussée. Le lit, l'évier et la salle d’eau à leur disposition se trouvent juste en dessous du bureau de David Rachline, séparé de son plancher par quelques centimètres de placo. De quoi tout entendre et tout subir. Pendant des années, ils ont consigné avec minutie sur de grands carnets épais, la vie de noctambule de l'édile. Non mais c’est bidon.
Si vous avez. Inventé ce truc comme un téléfilm de M6 je vous assure, il y a des moments où quand on en récupère certains. Trucs, on va dessiner. Oui, euh là en l’occurrence, moi je me suis procuré une partie de ces registres qui sont extrêmement détaillés et extrêmement instructifs. Ça, c’est vraiment des carnets d'écolier avec marqué Dingo Côté, la date de chaque jour, l’heure de la prise de service qui rentre, qui sort, à quelle heure J’ai fermé les volets, j’ai nettoyé les mégots de cigarettes, etc. Et c’est quand on regarde les heures de sortie des bus et travaille tard. En même temps, il m’avait dit je suis un couche tard, j’arrive tard et je vois partout, partout. Bon après tout, un maire peut bosser jusqu'à 23 h et nuit dans son bureau tous les soirs s’il veut. Déjà, c’est toujours avec les mêmes. Et puis ça raconte aussi une histoire avec qui, qui, qui voit dans son bureau comment et tout. Et puis quand c’est 4 h du matin, 5 h du matin, le maire et la jeune fille, le maire Et là, vous voyez de la vie privée, j’ai envie. Mais non, parce que moi j’ai le nom de toutes les nénettes qui se sont succédé, qui sortent à 5 h du matin. Et encore une fois, ce n’est pas l’histoire, mais ça raconte. Mais oui, mais à quel moment en fait il. Prends comment ? Il se dit qu’il y a une différence entre ce qui appartient à la mairie et ce qui est chez moi du domaine privé et du domaine de ma fonction d'élu. Est ce que ça raconte ? Au-delà de l’anecdote qu 'il picole beaucoup ? Ils font beaucoup la fête, ils crient du Johnny Hallyday et y reçoit plein de filles dans son bureau, à des heures, à des heures,
Moi, je respecte Johnny
Non, Vous avez un petit mot pas sympa alors que sur Sardou vous ne dites rien sur Joe Dassin.
Mais en. L’occurrence sur son site fan de Johnny, il ne possède. Rien. Alors qu’il a. Fait venir à Fréjus. Voilà. Mais comment dire.
Et sur Johnny ?
Attention Je l’appelle idole. Mais comment dire ? Il veut comment ? Mais surtout, ce que ça raconte, c’est que c’est une absence de se dire ok, qu’est ce qui est, qu’est ce que je peux me permettre ou pas assez ? Tout est permis en fait, tout est permis à la mairie de Fréjus. Le maire se permet tout. Et ce qu’on voit aussi c’est que du coup, par ricochet, il y a plein d’adjoints qui se permettent n’importe quoi. Il y a des services municipaux qui se permettent n’importe quoi. Je dis pas du tout qu’il n’y a pas des gens très bien qui travaillent au sein de cette municipalité, mais le fait qu’un édile prenne autant de libertés avec. On est quand dans une situation où il faisait tellement la bringue dans la mairie que des habitants de la. Place. Autour de la mairie appellent le standard pour demander à la mairie au maire de faire cesser ses propres nuisances sonores. Enfin on sait, c’est dingue. Et là où c’est intéressant, c’est par exemple pendant le Covid Là encore tout est permis. Parce que quand le directeur général des services fusibles audio, qui aujourd’hui lui aussi est député du Var, dit Je ne vais pas me faire vacciner, j’ai fabriqué un faux certificat vaccinal, j’en ai rien à foutre du connard de sa mère. Je sais plus quels sont ses termes, mais il parle de Macron de façon plus juste. Pas très polie. David Rachline se marre, ne dit rien et la seule chose qu’il ajoute c’est de dire les ATSEM vont encore glander en disant comme celles qu’Ovide arrête les crèches vont être fermées ou les écoles vont être fermées. Donc les ATSEM qui dépendent de la mairie vont encore demander, c’est tout. Il n’y a pas d’autre réaction ? Ça interroge quand même quand on est censé incarner. L'échelon local, quand on est le premier édile de la ville. Enfin, d’avoir ce genre de rapport, ça raconte beaucoup. Au-delà de l’anecdote, il aime faire la fête. S’il faisait la même chose chez lui, je ne lui aurais jamais écrit. Voilà, j’ai eu plein d’infos sur les soirées branchés David Rachline, plein de soirées, plein de trucs. J’ai rien écrit, je m’en fous de ce qu’il fait chez lui, là en l’occurrence et dans son bureau de maire. Donc ça pose vraiment question.
La LR Connection, un système varois, vous écrivez pas le champ. Alors j’ai sauté des pages parce que c'était la montre, c'était barder. Là, on en a parlé, donc j’avance dans le bouquin. Le mariage secret entre la droite locale et l’extrême droite dépasse de loin le simple cadre de l’intercommunalité. Donc, entre Saint-Raphaël et Fréjus, ville mitoyenne, le département tout entier est devenu le laboratoire de cette union honteuse. Reste que ce qui se passe entre Fréjus et Saint-Raphaël, moi je l’ai lu en me disant tiens, il y a la loi sur l’immigration qui est en train d'être discutée, qui va être discutée lundi. En fait, en puissance, tout est là. C’est-à-dire partage bien compris des intérêts partagés.
Des intérêts partagés. Moi, ce qui m’a beaucoup frappé, c’est la terreur. Des élus de droite du département par rapport au Rassemblement national, il faut, il faut comprendre et effectivement la retrouver. Au niveau national, c’est pareil. Le parti de droite, le grand parti gaulliste ex RPR, UMP, etc. Aujourd’hui est. Mais ce qui reste des Républicains est tout petit dans le Var, on en a là qui était vraiment le gros parti depuis bien des années. Aux dernières législatives, sept députés sur huit ont été élus aux couleurs du Rassemblement national. Donc ils ont vraiment fait un carton, mais historique dans le Var. Et en fait les élus, tous les élus locaux qui restent quand même pour beaucoup des élus, les Républicains. Certains ont rejoint Macron, mais il y en a beaucoup qui sont encore chez les Républicains, terrorisés d'être les prochains à sauter à travers des élus du Rassemblement national parce qu’ils voient que, aux législatives, à la présidentielle, Marine Le Pen a fait 50. Voilà, je regarde dans ma commune, dans mon département, dans mon canton. Combien fait Marine Le Pen et en fait c’est un carton plein. Donc cette angoisse de survie politique les pousse à faire fi complètement du cordon sanitaire qui a pu exister pendant des années. Nourrir et créer des liens dans une sorte de pacte de non agression qui ne dirait pas son nom, voire dans certains cas beaucoup plus, a une excellente entente. Et je parle notamment beaucoup de la relation entre le maire de Saint-Raphaël et le maire de Fréjus. Il faut avoir en tête, pour ceux qui connaissent pas que ces deux villes vraiment quasi mitoyennes qui longe la côte est sont complètement mitoyennes et quand on ne connaît pas, on ne voit pas la séparation entre les deux voies. C’est vraiment de vie jumelle mais en même temps un fort passé de rivalité qui pendant longtemps se sont pas entendus, qui ont toujours été un peu concurrentes etc. Et. Et pendant longtemps, le maire de Saint-Raphaël, Charles Ginesta, a vraiment établi un cordon sanitaire, y compris quand David Rachline a été élu. Ça a complètement changé avec l’arrivée au pouvoir de son premier adjoint. Mais est ce que Frédéric Masculin avait dit Je garderai une énorme distance avec eux ? Et en fait, ce qu’on regarde, si on analyse les scrutins après scrutin, s’il y a une sorte d'échange, de pacte, de non agression entre les deux et ça va vraiment sur telle ou telle élection, j’aimerais bien la gagner, donc. Donc David Rachline va mettre un candidat qui va être moins bon, va débrancher son super candidat pour en mettre un plus jeune et moins expérimenté. A l’inverse, le maire de Saint-Raphaël ne va pas mettre un très bon candidat contre Julie, le chanteur dans sa circonscription. Ça va mettre un candidat moins expérimenté, un novice en politique. Il y a même des listes des scrutins où le RN ne voit personne et ça fait hurler, y compris au sein du parti qui dit mais pourquoi ? Où dans tel ou tel canton où il faut deux candidats ? Est ce que ce n’est pas comme une élection municipale ? Il se trouvait 30, On a mis personne en face du président du département, on a mis personne en face de son bras droit. On n’a pas trouvé le monde. Même si y avait du monde, on les a juste envoyés ailleurs. Je ne comprends pas. Et en fait, il y a plein de trucs comme ça qui mis bout à bout. Racontent beaucoup. Beaucoup sur ce qui se passe aujourd’hui, sur l’entente qu’il y a entre eux, entre eux et eux. Et derrière, on retrouve toujours l’ombre du même homme, du même entrepreneur, parce qu’en plus, ça fait les affaires de qui cette entente au niveau local, ça fait les affaires. Du BTP. Alexandre Barbero et son groupe. Qui peut se dire finalement si tout le monde s’entend bien, on construit des grands projets pharaoniques, on va faire un nouveau gros stade pour le foot alors qu’il est quasiment vide.
Il y a quelqu’un dans le bouquin qui a cette expression assez étrange un trottoir n’est ni de droite ni de gauche.
Oui, bien sûr, il sous entend du très haut ni de droite, ni d’extrême droite. Soit que. Finalement on pourrait. Frédéric Mazet, maire de Saint Val, qui dit Mais nous, on a un accord de copropriété, on s’accorde pour tout ce qui est la copropriété, mais ils font beaucoup plus que ça, ils font beaucoup plus que ça. Ils participent à l’invitation d’Alexandre Barbero, à des ADD et de Jean Pascal, également à des grandes soirées à Monaco. Ils passent des moments ensemble, ils valident des projets. Je parle par exemple. Effectivement, je reviens juste sur l’exemple de ce stade de foot. On a aujourd’hui le stade de Saint Raphaël et de Fréjus. Je suis nul en foot, mais c’est une équipe qui ne va pas très bien, qui est en troisième division je crois et le stade est tout le temps vide.
Et c’est de plus la troisième division.
Je ne sais pas comment ils arrivent.
Bon alors moi j’arrête. Stop, on arrête
. Après ce que je dis moi c’est deux et moi. Bon bref, ils sont dans les choux. Le stade est toujours à moitié vide aujourd’hui et ils veulent. Remplacer le. Stade par un truc géant avec un super gros centre de formation, etc. Et David Rachline a fait voter ça comme un projet prioritaire. Il a poussé pour que ça soit un projet de l’agglomération, donc. Aussi soutenu par toute la droite locale alors que franchement. Dans la cour des comptes, mais que le truc existant déjà rentre pas du tout dans les clous, ça n’est pas plein. Et. Du coup on ne comprend pas l’intérêt si ce n’est pas. Et cette entente entre droite et extrême droite au niveau local bénéficie aux secteurs économiques et en particulier à tous ceux qui veulent faire des très gros chantiers et donc ont besoin de multi-subventions du département Déjà, on dépend de l’aide de l’UMP.
Alors je parlais de votre mémoire, on va voir si elle est bonne. Je vais vous aider. Je vais vous citer. Quelques phrases sur le sport.. Il doit rester un peu d’eau s’il y en a plus. Vous me le dites tous les jours sans café, je pense en faire un. Voilà, là il y a plein de questions qui sont mises de côté. Je vais déposer dans quelques instants la stratégie. Heu pardon. Qui a dit dans votre livre page 102 David, David Rachline ? Attention, les enfants, parce que si c’est assez sale, David a compris comment ça marche une ville. Si on fait très bien la pute, on obtient du budget pour briller. On ne fait que ça, du clientélisme. Si on ne fait qu’avec l’argent de base, on donne juste à manger aux fonctionnaires.
Marc Étienne Lansade maire de Cogolin, c'était un des meilleurs copains de David Rachline avant qu’ils se fâchent. C’est un personnage intéressant et il était au Front national. Il a gagné sa ville, Cogolin, grâce au Front national et depuis, les particuliers et moi donc ils se sont éloignés à cause de ça, mais aussi à cause d’une affaire judiciaire qui a mêlé leur copain commun. Je pense qu’il y aurait un livre à écrire. Je ne vais pas me lancer Mais il a des mises en examen pour plusieurs, plusieurs chefs d’inculpation. Il y a notamment une affaire de camping avec un des meilleurs amis de David Rachline, qu’on retrouve aussi et qui va lui servir à acheter un bijou en son nom avec de l’argent liquide. C’est un peu compliqué de rentrer là et je n’ai pas tous les éléments. Je vais être un peu long,
Mais c’est sur cette conception de la politique de dire. Il y a des procédures, Il y a ce qu’on peut faire légalement et puis il y a tout. Le reste est et on et on ne s’arrête pas. À ce. Qu’on nous donne et à ce qu’on a le droit de faire. Et alors c’est dit de façon très. Crue. Mais, mais j’ai trouvé que cette phrase a été très révélatrice en fait de dit compris comment David Rachline gérait sa municipalité pendant tout le premier mandat. Il était vraiment. Ils passaient leur vie ensemble, ils ont fait énormément la bringue. Ils ont aussi beaucoup inspiré l’un de l’autre pour la gestion de la municipalité. Donc je pense que ça, ça raconte beaucoup. Et c’est une phrase qu'évidemment David Rachline n’aurait jamais prononcée en l'état. Donc elle est assez éclairante.
Il y a un chapitre entier à plusieurs sur. L’antisémitisme, le racisme, les blagues qui sont plus que graveleuses, les blagues racistes, etc. Et les saluts nazis. Il y a notamment Patrick Renard qui adjoint la sécurité. Il y a aussi tout un truc. Je ne sais pas si on aura le temps de parler de la police municipale. Enfin, c’est un poème. Euh. Patrick Renard Un jour où la discussion porte sur des éclairages de Noël, écrivez vous page 122 dans une ancienne artère nommée rue de la Juiverie, il s’esclaffe devant témoins Il faudrait y mettre des fours. Des propos rapportés à David Rachline par une adjointe choquée. Il est un peu excessif. Je vais le calmer, promet alors le maire.
Et en fait. Le rapport de l’incident n’aura, selon mes infos, aucune conséquence et il faudra attendre que ce même adjoint soit pris dans un autre dérapage raciste. Je ne veux pas. Si je veux, il faut parler de dérapage à ceux- là. Si le terme convient, mais pour qu’il décide de le suspendre de ses fonctions. En l’occurrence, il a été épinglé ensuite pour avoir posté sur son compte Facebook une photo de la sécurité routière. C’est un clip de campagne. On voyait un homme et une femme dans le même lit. L’homme est noir, la femme est blanche. Je dis mémoire et c’est marqué le plus important en gros, c’est la vie, l’amour et pas de mourir en voiture quoi. Encore une fois. C’est raconté de mémoire et l’adjoint Patrick Bonin va poster ça en disant trop c’est trop, ça suffit avec des emoji c Pour manifester son dégoût de voir un homme en. Selon lui, encore une représentation de couple mixte qui manifestement le dégoûtait. Cette affaire va faire un peu de bruit. La presse va être reprise par l’opposition et David Rachline va être contraint de suspendre cet adjoint pendant la durée des pendant quelques mois au moment des élections régionales avant de le réintégrer. Et en fait, on voit bien que. Et quand j’en parle à son équipe, on me dit mais il n’est pas raciste, c’est il est maladroit, enfin c’est extrêmement. Maladroit. Et en fait ce que ce que ce que ça illustre je trouve, c’est un laissez passer. Un laissez faire dans les blagues racistes, les propos dégradants et les allusions antisémites qui m’ont été rapportés par beaucoup de témoins en me disant à partir du moment où on passe en mode privé, où on n’est plus devant les caméras, où l’opposition n’est pas là, on se retrouve sans un petit comité dans le bureau de David Rachline, soit en réunion préparatoire. Le langage est fleuri et on peut se permettre énormément de choses. C'était surtout vrai au début. Durant tout le premier mandat de David Rachline, ça allait peut-être un peu moins maintenant, où il fait encore plus attention. Mais. Mais c’est quelque chose qui m’a été beaucoup écrit, beaucoup raconté et qui, encore une fois, est en contradiction avec le discours officiel du parti aujourd’hui, qui est de dire qu' il n’existe plus chez nous.
Alors justement, il y a Citadelle, je te consolerai. Qui dit Pardon, des saluts nazis ? Effectivement, c’est le chapitre douze. Saluts nazis et GUD connexion. Je vous laisse raconter ce que certains peuvent faire
Alors ce que plusieurs témoins ont raconté, c’est que David Rachline avait l’habitude, avec deux de ses amis, particulièrement l’un qui était son chef de cabinet, un de ses meilleurs amis d’enfance, militant du Front national historique comme lui. Maton au début, maton. Mais je garde un surveillant de prison qui nomme à son arrivée chef de cabinet, je crois. Je le dis de mémoire, le titre exact, ça doit être ça. Et qui va comment ? Qui va l’accompagner ? Qui avait pris l’habitude régulièrement de le saluer d’un Heil Hitler à la porte du bureau en claquant les talons sous couvert d’humour, évidemment. Là aussi, des idées, des habitudes que parfois David Rachline, selon ses témoins condamnés dans haussement de sourcils en disant quand même fait gaffe, parfois encouragé notamment plus le soir venu, plus le menu le comité était restreint, plus l’alcool aidant aussi, pouvait favoriser ce genre de choses. Quand j’en ai parlé à David Rachline lors de notre entretien en janvier, je le relate de façon assez détaillée dans le livre. On va dire un truc qui m’est désagréable. J’ai dit à plusieurs témoins me parlant de ça Comment est ce que vous l’expliquez ? Est ce que c’est quelque chose qui vous a échappé de l’humour, un truc ? Et là, gros silence et vraiment gros silence de David Rachline qui dure plusieurs secondes et il me dit. Vous avez quoi ? Vous avez des photos ? Vous avez une vidéo et. Moi je me tais et repose la question Et je trouve qu'à ce moment là, il est hyper révélateur en fait. Alors après, évidemment, il dit qu’il n’y a pas de preuves, ce sont des faits, des ragots, etc. C’est quand même à mettre en relation. On avait une vidéo aussi de David Rachline qui était mort de rire dans la voiture à l’arrière d’une voiture conduit par quelqu’un qui avait un peu l’uniforme du skinhead, crâne rasé, polos Fred Perry et qui faisaient des saluts nazis dans une Mercedes. Et on entendait David Rachline derrière. La voiture du Führer avec une voix un peu gutturale. Voilà. Donc c’est pas c’est pas quelque chose qui sort de tout. C’est quand même quelque chose qui interroge beaucoup, d’autant plus quand on retrace la liste des amitiés de David Rachline. C’est ses dernières années et de ses fascinations successives. Ça a été quelqu’un qui a été quand même très fasciné par Alain Soral. Il a fait partie de ceux qui ont permis son rapprochement avec Jean-Marie Le Pen, en tout cas, qui ont incité à son rapprochement avec Jean-Marie Le Pen. Et qui, assez longtemps, est resté dans une sorte de fascination pour le personnage. Et surtout, c’est toujours un des très proches amis de Frédéric Chatillon, l’ancien patron du GUD, le groupe Union Défense, ce groupuscule violent d’extrême droite et Frédéric Chatillon. On le sait tous ceux qui s’intéressent un peu à cette mouvance, ça reste une figure tutélaire dans ce parti-là, qui a récemment fait des prises de position en défense aux jeunes militants qui défilaient dans les rues de Paris l’année dernière. David Rachline passe chaque année à Rome voir Frédéric Chatillon, Frédéric Chatillon et chaque année à Fréjus et à Saint-Raphaël avec David Rachline, avec Jean Lacapelle, parfois avec Bardella, ils sont comment ? Dire vers Laborde était invité à son mariage. David Rachline est l’un des rares cadres invités au mariage de Frédéric Chatillon à Rome, il y a deux ans. Ce n’est pas des relations où on parle il y a 20 ans ou il y a 30 ans ou quoi. C’est quand même quelque chose qui est encore très nourri, avec des personnalités qui n’ont jamais pris leurs distances avec, avec cette extrême droite la plus radicale et par certains aspects encore assez antisémites.
Comment vous expliquez que les journalistes, les éditorialistes qui pérorent sur les plateaux télé fassent semblant de ne pas savoir tout ça et disent Quelle idée de diaboliser la Marine et que ça n’est plus le parti, que c'était avant et qu’elle fait partie de l’arc républicain. Parce que ce que vous venez de dire là, en deux minutes, disqualifie totalement le parti
Je pense qu’il y a une vraie difficulté. Je ne dirai pas que mes collègues pérorent, il y a plusieurs choses. Déjà, il y a une méconnaissance de la part de beaucoup de ce que cette formation politique, il y en a qui la connaissent très bien parmi les commentateurs et journalistes qui s’expriment, qui ont, qui ont suivi le parti bien avant moi et qui ont en tête tout ça, il y en a qui connaissent peu et qui parfois méconnaissent ce que ce que ce qui est encore le parti.Après il faut aussi reconnaître quelque chose. Le parti a vraiment changé sur certains aspects. Il y a beaucoup moins d’antisémitisme je pense aujourd’hui qu’il y a 20 ou 30 ans. Le FN de Jean-Marie Le Pen n’est pas le RN de Marine Le Pen. La question, c’est dans quelle mesure ? Ce n’est pas non plus François Bayrou et le Modem. Et en fait ça, si, si on s’arrête aux discours et qu’on est feignant et qu’on n’a effectivement pas à regarder, enquêter, creuser. On peut, on peut. Se laisser se laisser conter un autre, un autre discours. La vérité, comme souvent, se situe quelque part entre ces deux, ces de ces deux résistants. David Rachline, les saluts nazis de David Rachline, tels qu’ils m’ont été rapportés par des témoins, ne racontent pas tout ce qu’est le Rassemblement national aujourd’hui. Il y a des personnalités qui ont rejoint Marine Le Pen récemment, qui n’ont aucun lien avec l’antisémitisme et qui ne l’ont pas rejoint pour ces questions là. D’ailleurs, on sait beaucoup que c’est un parti qui a la capacité de renouveler aussi son discours et qui a la haine du juif pendant des années, a remplacé la haine de l’immigré, la peur du musulman et qui aujourd’hui est beaucoup plus présent sur ces thèmes là que sur l’antisémitisme. Donc évidemment, c’est un parti qui a changé et c’est un parti qui est compliqué à attraper, à définir, à catégoriser. C’est pour ça qu’il y a souvent un débat sur est ce qu’on utilise le mot extrême droite ou pas pour, pour le qualifier ? Moi je pense que oui. Il y a toujours en son sein des composantes radicales. Un programme fondé sur la préférence nationale et la refonte des relations internationales qui font qu’il est toujours caractérisé et caractérisé à l’extrême droite.
Mais vous, vous ne voulez pas le faire, vous ne voulez pas, vous ne dites pas fachos.
Non, parce que par ailleurs, moi, je suis très attaché à la définition de l’historien Nicolas Lebourg qui est déjà venu.
Absolument. C’est qui rappelle que le FN, le RN. On aime bien s’y intéresser.
Oui, mais il s’intéresse à lui et lui a vraiment. Une vision que je trouve particulièrement intelligente et fine. C’est de cette formation qui connaît par cœur. Et y. Rappelle toujours que le mot extrême droite a été inventé avant le fascisme, avant le nazisme. Moi, quand je dis cette formation où un Le Pen est d’extrême droite, je ne dis pas que Marine Le Pen est une fasciste ou une nazie. Une nazie ne sert jamais de rasade dans ma bouche, c’est autre chose, ça définit une famille politique et les mots ont un sens. Pourquoi les utilise-t-on ? Pourquoi on les choisit ? J’ai d’autres confrères qui ont fait des choix différents, qui n’utilisent pas ce mot pour eux parce qu’ils considèrent que sur tel et tel aspect, on ne peut pas, on peut plus la relier ou en tout cas plus totalement, etc. On peut avoir des désaccords, mais c’est un choix qu’on doit aussi faire en transparence avec nos lecteurs pour qu’on utilise tel mot. Je suis quand même obligé parfois de catégoriser si on je parle de gauche, de droite, d’extrême gauche, d’extrême droite. Je trouve que c’est important. Et. donc. Et donc voilà. Mais non, les mots ont un sens à dire de quelqu’un qui dit qu’il appartient à la famille politique de l’extrême droite. Ce n’est pas dire de quelqu’un qui dit qu’il est un facho ou un nazi.
Je vais poser quelques questions. Vous avez encore un peu de temps ? Il est 10 h 23, J’ai dit qu’il fallait bouger de temps en temps, alors je fais vite. Mais il y a beaucoup de monde qui nous, qui nous suit, qui, qui réfléchit, qui discute, qui interagit. C’est super ! Avant de prendre des questions, je voulais vous demander au départ, c’est une enquête dans L’Express. Maintenant, vous êtes à l’aube, qui a publié Les bonnes feuilles, mais il y a surtout ce bouquin. Est ce que. Est ce qu’il n’y a plus que la presse écrite pour raconter tout ça ? Est ce que, ou plus généralement, il y a plus que l'écrit pour raconter tout ça ?
Je pense que l'écrit est et reste un refuge pour vous, pour mener ce genre d’enquête. Je le dis d’autant plus librement que moi j’ai un parcours où j’ai aussi entre la télé et la et la presse écrite. J’ai été reporter à la télé où j’ai fait du magazine, J’ai fait du reportage télé pour ces politiques, notamment pendant 20 ans, pendant deux ans et est. La télé d’un média incroyable Quand on arrive à choper une super séquence et que ça passe, que c’est très impactant, c’est très fort. L’extrait peut être coupé, il va devenir viral, il va, il va, il va toucher beaucoup de monde. Mais c’est incroyablement plus difficile d’obtenir parce que par définition, il y a plein de choses qu’on ne peut pas filmer. Il y a plein de témoignages qu’on peut ne pas avoir. Après, il y a des confrères et des concerts de télé, qu’ils le font, qu’ils le font très bien souvent quand même, en se fondant sur des précédentes enquêtes qui ont été faites en presse écrite. Et moi, c’est pour ça que j’ai choisi. J’ai choisi ce médium là pour, pour faire mon boulot.
Un éditeur que vous remercie d’ailleurs, s’appelle les Arènes. Parce que ce bouquin chez d’autres éditeurs aurait peut-être été un peu édulcoré. Il y a une prise de risque juridico judiciaire.
Bien sûr qu’on a, mais qu’on a pesé ensemble. Moi, je suis vraiment allé voir, j’ai publié mon premier avis dans L’EXPRESS et je pense que deux jours, trois jours plus tard, j'étais au bureau de Laurent Beccaria, qui est mon éditeur, avec lequel j'étais en contact depuis des années parce que je. Lui ai proposé un bouquin. Et puis je crois que j’avais pas le temps, je ne trouvais pas la bonne idée et tout. Et là j’ai un truc qui me tient. J’ai une histoire à raconter. La voix et il a. Il n’a pas hésité un instant, il m’a dit ok, on y va. Je dis moi mais tu sais, je vais avoir plein de choses à dire, j’ai plein de choses. Mais bon, c’est quand même un sujet compliqué. Les accusations sont lourdes. Le dossier, enfin c’est quand même un truc où on peut prendre des coups et tout. Il m’a dit tu t’occupes pas de ça, on verra après, on travaillera sur le sujet, sur le livre ensemble, on verra avec l’avocat de la maison d'édition, etc. Mais toi, tu fais ton enquête, tu te concentres que sur ton enquête et tout le reste, tu le mets de côté. Et ça a été, ça a été le fait que quelqu’un vous fasse confiance comme ça et vous dise juste bosse, fais ton enquête à fond, puis on parlera du reste dans l’enquête. Je te pose pas la question, tu cherches, tu cherches ton histoire quoi, et tu l'écris, tu la documentes et tu fais ton boulot. Et je sais, c’est dingue, c’est bon, c’est rare, c’est précieux. Donc voilà, je n’ai même pas été voir une seule seconde un autre éditeur pour ce livre et je n’avais pas idée que ça se passerait aussi bien. Je le dis maintenant durant un mois après la sortie C’est incroyable de bosser avec eux. Ils m’ont fait confiance sur toute la ligne et ils sont hyper présents. Et c’est à la fois une petite maison dans le sens où ce n’est pas un mastodonte hyper professionnel et je n’ai pas trop de doutes. C’est aussi un deuxième livre où est ce qui sera fait.
À la lumière de votre enquête ? Demande Sentier battant même si le Var n’est pas la France entière. Pensez vous que le RN puisse accéder un jour au pouvoir présidentiel ? Et à quoi cela ressemblerait-il à la lumière de votre enquête ou on peut dire de vos connaissances, de vos enquêtes, de votre travail depuis quatre ans sur ces questions-là ?
Moi, je ne fais jamais de politique fiction Je suis une catastrophe en pronostics. Dès que je dis un truc, on peut être sûr que c’est l’inverse.
Donc elle va gagner des élections.
Je ne dis rien.Je ne dis rien parce que je vais forcément dire une connerie. Mais en revanche, l’analyse qu’on peut faire, c’est qu’il y a quand même des plafonds de verre qui sautent. Il y a les législatives. Par bien des aspects, on a quand même été un 89 aujourd’hui 188, mais pas 89 députés élus au Rassemblement national. C’est énorme. Personne ne s’attendait à un tel, à un tel score.
Deux vice -présidents.
, De deux vice -présidents. Ils essayent, Ils essayent de gagner la bataille. De la respectabilité et du professionnalisme. Il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire. Mais on voit que la stratégie, la cravate, le sourire, du présentéisme, tout ça, c’est quelque chose qui tient. On voit aussi, quand on regarde les résultats des sondeurs, des sondages détaillés qui sont faits que là où ils avaient avant uniquement un socle très fort chez les catégories populaires, ils grignotent quand même énormément de parts de marchés électoraux électorale dans les classes moyennes que les retraités qui étaient vraiment un bastion et qui sont toujours ça, ça s’effrite aussi. Il y a quand même pas mal de signaux qui font qu’aujourd’hui, ce qui reste du cordon sanitaire est tout petit. Donc évidemment, ça dessine un schéma où la victoire de Marine Le Pen, je ne sais pas si elle est probable en 2027, mais elle est possible aujourd’hui. On peut plus dire que celui qui arrivera en face d’elle mécaniquement sera balayé par un vote de refuge, un vote contre Marine Le Pen. Je pense que celui qui se dit ça aujourd’hui prend un risque très important.
Mais à quoi ça pourrait ressembler ? Est ce que ce serait, comme à Fréjus, cette idée que. Après tant d’années à ne pas arriver au pouvoir quand on arrive au pouvoir ou on fait exactement comme les autres ?
Et d’un côté, on pourrait se le dire parce que c’est vrai que sur, on pourrait se dire qu’elle va avoir le souci de récompenser ses fidèles, que comme ils ont toujours une logique un peu de citadelle, Marine Le Pen peut être, mettra à des postes clés des personnalités. Elle a quand même un déficit de compétences autour d’elle qui est hyper important, donc qui elle mettra ? Est ce que ce sera des fidèles qui ont des parcours aussi inscrits dans la radicalité par certains, pour certains depuis longtemps, etc. Qui est ce qu’on va retrouver en secrétaire général de l’Élysée ? C’est évidemment des questions. Qu’il est légitime de se poser. Après, si on regarde ce qui on regarde les modèles, il faut aussi regarder ce que font les voisins. Meloni elle avait promis pleins de choses quand elle est arrivée. Moi je sais un pays où je suis beaucoup, où ce qui se passe là bas, elle, elle a beaucoup moins envoyé valser. Il y a des domaines sur lesquels elle s’est beaucoup attaquée, comme la culture qu’elle est vraiment en train de remodeler. Mais en revanche, elle en a d’autres par rapport à l’Union européenne. Par exemple, tout ce qu’elle avait promis, tout ce qu’elle avait dit qu’elle ferait. Elle a tellement besoin des fonds européens qu’elle ne fait pas, qu’elle ne fait rien du tout
Les pauvres morflent sacrément en Italie.
Oui, mais par exemple sur sa sur sa refonte des relations avec l’Union européenne et ses partenaires européens, elle est très en deçà de ce qu’elle avait pu dire dans sa campagne ou dans les années. Dans les années précédentes, comment elle est très contrainte par les questions budgétaires, par la crise économique, etc. Sur ce qu’elle avait promis dans son programme, elle en fait beaucoup moins que ce qu’elle avait annoncé. C’est très compliqué de dire ce qui pourrait se passer, ce qui pourrait se passer si Marine Le Pen arrive au pouvoir. Moi, j’essaye absolument de faire en France, il y a plein d’ouvrages de politique fiction. On imagine avec une majorité dans la majorité, je sais jamais. Par ailleurs, si on joue à se faire peur entre guillemets, si on commence et serait la réalité de l’exercice du rassemblement national, moi je préfère vraiment me pencher sur aujourd’hui. Qu’est ce qu’il y a de plus ?
Je pensais qu’on fasse une enquête comme ça, de manière tout à fait innocente. Il y a, il y a une envie à la fois, évidemment, d’abord de rapporter des faits et de raconter des choses, mais aussi de poser un peu, non ?
On a toujours envie, à partir du moment où on découvre un système qui, à certains égards, est problématique. On a toujours, on a toujours l’espoir de se dire que peut être, quand une enquête journalistique peut assigner une situation qui dit qu’il ne l’est pas.
Et par exemple, une enquête de ce niveau là, de cette qualité là, sur Bardella, sur Le Pen, ça va arriver, ça ou pas ?
En l’occurrence, c’est pas du tout comparable, ils ont pas d’exécutif car ils ont pas d’exécutif locaux Le Pen, Bardella Là on est tout le temps les yeux rivés sur Paris et c’est pour ça que c’est intéressant d’aller regarder ce qui se passe dans les exécutifs locaux. Parce que finalement on parle beaucoup là quand même. Quand on parle des affaires de corruption, de transparence, on a toujours tendance à dire oui, les députés, les ministres, les maires sont souvent ceux qui le plus gros à juste titre sur certains aspects, le capital confiance des citoyens parce qu’effectivement c’est un boulot hyper difficile, qui gère plein de choses, qui s’en prennent plein la figure. Mais c’est aussi, je pense, au niveau local. On a plus de problèmes de baronnies. On a plus ou moins accès, par exemple sur le patrimoine des élus, sur la transparence, elle est moins poussée au moment de l’affaire. Je reviens dans l’intro du livre sur l’affaire Yann Piat, cette ancienne députée qui a été assassinée dans le Var en créant énormément d'émoi. Après, il y a eu un débat national. On avait dit mais pour éviter la corruption des élus, faudrait peut être penser à retirer aux maires leur permis, la possibilité d’octroyer des permis de construire, parce que de là vient quand même beaucoup de choses. Faudrait peut être penser à responsabiliser davantage le préfet sur tel ou tel aspect et ça n’a pas été fait. Et on n’a pas du tout en France, on ne voit pas du tout le côté on a un impensé sur sur la mafia, sur la corruption par rapport à et par rapport à l’Italie par exemple, où le phénomène a évidemment beaucoup plus d’ampleur, mais où c’est vraiment quelque chose qui est intégré dans la réflexion sur la transparence de la vie publique en France, non ? Et donc aujourd’hui, on ne peut pas faire la même chose sur Marine Le Pen et Bardella, là, qui sont sous les feux des projecteurs tout le temps, qui sont à Paris, qui le savent, que ce qu’on peut faire, là, sur une collectivité, sur une collectivité ou quelque part, et les gens passent beaucoup moins de temps et ils s’arrêtent beaucoup moins.
Citadelle écrit : il y a t il de potentielles ramifications avec les puissants réseaux mafieux de la région, région qui pourrait expliquer de longs silences politiques et judiciaires face à ces révélations ? Je vous ai parlé de mafia à l’instant.
Je me suis dit je me suis posé la question des ramifications au niveau politique, c’est certain. Au niveau judiciaire, je n’en sais rien. Je viens et je vais le dire très clairement, je sais que, au tribunal de commerce par exemple, c’est une justice un peu particulière, mais il y a beaucoup de personnes qui ont travaillé ou qui travaillent pour le groupe d’Alexandre Barbero. Au niveau politique, le système dont je parle autour de David Rachline, il n’a pas été créé par David Rachline, c'était déjà celui de son prédécesseur, c’est quand on regarde le nombre d'élus varois qui terminent leur carrière politique par une condamnation pour inéligibilité. C’est impressionnant. C’est fait. Il y en a vraiment énormément. Et c'était le cas d’Elie Brun avant lui. C'était le cas de François Léotard. C'était le cas dans toute la région. Il y en a beaucoup. Donc oui, il y a clairement une spécificité, une spécificité varoise. Après, je pense que ça n’explique pas tout, ça n’explique pas tout et que David Rachline n’a pas seulement récupéré les vieux réseaux, il les a peut être parce qu’il était jeune, peut être parce qu’il manquait de réseaux, peut être encore là, ce ne sont pas les guerres, mais je pense qu’il les a. Il les a vraiment. De ce que j’ai appris. Fait prospérer, prospérer et sont sans aucune prudence en plus.
Le 9 novembre, dans Nice-Matin, ce sera ça. C’est le travail de Pauline Todesco que je salue. Le livre est rempli d’ignominie, de propos diffamatoires et calomnieux, de fausses anecdotes, de faits inventés de toutes pièces de caricature ridicule, tout cela s’appuyant sur des pseudos témoignages anonymes pour la plupart, ou provenant d’anciens collaborateurs éconduits. Ça, c’est Rachid qui dit ça dans Nice-Matin, sur RTL. Il dit aussi "Il y a madame Vigogne, qui a entendu dans café du coin que Monsieur Rachline ne respecterait pas les procédures. Mon avocat va déposer la semaine prochaine une série de plaintes. C'était le 15 novembre, donc on serait dans la semaine. Une série de plaintes dont je n’arrive même plus à voir le nom tellement les sujets sont nombreux. Le 13 novembre, Jordan Bardella à BFM, a dit David Rachline conteste les faits qui sont rapportés par quelqu’un qui est une militante politique. Alors bon, on voit bien, on a parlé de Bardella, donc voilà, manifestement les habitants en sont contents. Voilà. Et qui dit qui ? Qui ? Le 5 novembre, quelques jours avant, avait dit cette chose étrange. Donc c’est Bardella expliquant que le seul juge de Monsieur Rachline, ce n'était pas vous, mais les électeurs, le juge et les juges, si un jour venaient. C’est quand même étonnant cette façon de voir les choses. Bon, bref, Chenu. Sébastien dit de vous la journaliste que vous citez si vous êtes une adversaire politique, elle nous est très hostile depuis toujours.
Alors là, depuis toujours parce que ça fait quatre ans que je suis parti seulement.
Mais alors tout ça c’est très désagréable à entendre
Mais ce n’est pas très grave du tout. Si effectivement ils ont deux angles d’attaque. Le premier c’est ma personne. Bon, c’est vieux comme la politique et c’est avec ça montre qu’ils n’ont franchement pas grand chose à dire sur le livre surtout et le deuxième. Et le deuxième, c’est de dire que les électeurs sont les seuls juges. Mais l’histoire politique récente et moins récente est pleine de personnalités qui ont eu des déboires, un rapport particulier à l’argent public, c’est moi qu’on puisse dire et qui ont été très bien réélu. Ça ne veut rien dire, c’est du populisme électoral. Donc moi j’aurais été plutôt curieuse et je souhaitais qu’on débatte du fond du livre. En l’occurrence, c’est un sujet sur lequel aucun des cadres du Rassemblement national n’a souhaité aller. Le fond de ce livre.
Mais ont ils été interrogés par vos confrères et consœurs sur le fond du livre ?
Oui, certains, certains l’ont très bien fait. C’est comme dans toutes les professions. Il y en a qui l’ont très bien fait. Il y en a qui lui sont restés davantage en surface. Quand ça a été. Bien fait, ça a donné des réponses intéressantes.
Le 27 novembre, Nice-Matin, envoyé par notre correspondant spécial permanent, Rolland, que je salue, il est dans le live, il pose plein de questions.
Merci Rolland.
Absolument, oui, donateur Rolland d’Au poste par ailleurs, le conseil municipal nous dit Nice-Matin, le 27 novembre pour évoquer une délibération, a voté une délibération concernant directement une prise en charge des honoraires d’avocat qui fait suite à la sortie du livre Enquête Les Rapaces. Cela n’a rien d’illégal, précisé dans un arrêt du Conseil d’État du 12 mars 2010. Sans nommer une seule fois le livre, ni même évoqué l’autrice Camille Vigogne Le code, c’est vous. La délibération indique la parution d’un ouvrage le 2 novembre 2023, mettant notamment en cause la gestion des affaires communales du maire de Fréjus. Donc j’aurais dû, résumer les administrés de Fréjus, leurs impôts locaux vont éventuellement payer.
Éventuellement ils vont payer.
S’il y a vraiment une plainte. Parce qu’il vous a déjà fait le coup de porter plainte. Il ne l 'avait pas fait
Alors il a eu, il a communiqué il y a quelques temps sur un dépôt de plainte, on l’a pas encore reçu Il a pris une photo sur tweeter d’une première page de plainte qui serait rédigée, déposée si on n’a rien reçu. Pour le moment, je ne peux donc pas la commenter. Mais je ne pense pas que ce soit à nouveau de l’esbroufe pour le coup. En janvier, quand j’ai publié ma première enquête dans L’Express, c'était Jordan Bardella qui était allé sur un plateau de radio sur RTL pour dire la mairie a porté plainte contre le journal et contre et la commune et un droit de réponse a été envoyé et il n’y a rien eu de tout ça. Donc en l’occurrence, c'était un mensonge à l'époque. Là, l’avocat s’est exprimé dans la presse en détaillant un peu plus ce sur quoi il voulait poursuivre la maison et moi-même. Donc je n’ai pas de raison de penser que ça ne soit pas le cas. En revanche, je suis bien dans la difficulté de commenter, de commenter quelque chose que je n’ai pas encore reçu sur mon bureau. Mais je crois que ces affaires là prennent un peu de temps et que c’est souvent par ailleurs ce qui arrange, ce qui arrange. Et ce qui porte plainte, c’est d’avoir une procédure dans deux ans qui permette de dire qu’entre temps la plainte a été déposée, etc. Mais je ne peux pas, je ne veux pas commenter d’abord.
Tenez nous au courant si jamais il vous emmerde.
Écoutez pour l’instant c’est pas dans ces termes que je donne, mais maintenant je suis surtout très intéressée pour savoir si le parquet de Draguignan ouvrira. Quelque chose. Parce que là, on s’intéressera au fond. Bien sûr, les histoires de presse, c’est évidemment passionnant, mais ce qu’on va regarder, c’est comment j’ai fait mon travail. Est ce que j’ai respecté tel et tel principe qui sont évidemment extrêmement importants. Mais, et c’est souvent compliqué à comprendre, c’est qu’on ne s’intéresse pas au fond, le travail du magistrat sera pas si, plainte il y a, si procès il y a, etc. Il ne sera pas de se dire est ce qu’il y a un souci de probité chez lui C’est des questions qui se poseront par capillarité, mais ce n’est pas ce n’est pas le nœud de l’histoire.
Dernière question : allez La rituelle comme ça les chanteurs pourront nous dire ce qu’ils ont pensé de l'émission et vous remercient de votre aide de votre venue ? On a une question rituelle, c’est que c’est celle ci qu’est ce qu’on a fait pendant presque 2h au poste ce matin ?
On a échangé sur l’information et sur comment on l’a construit et de mon livre et j'étais très confortablement assise, ce qui en ce moment est important.
Et il y a une grande différence entre ça, par exemple qui est audiovisuel et un plateau télé ou pas. À part le fait qu’il n’y a pas de maquilleur et de maquilleuse, vous n’avez pas besoin donc tout va bien.
Mais c’est surtout le côté,c’est le temps dont on dispose. C’est le temps, c’est le temps. C’est rarissime, mais c’est précieux de pouvoir discuter pendant 1 h et demie ou 2 h d’un sujet, de pouvoir prendre le temps de pouvoir faire une digression, revenir au sujet, etc. Donc c’est hyper précieux des espaces comme celui-là. Je pense que c’est ce qui fait partie du succès de ces formats aussi très longs. On prend le temps et on n’est pas là à dire on a sept minutes. Il ne faut pas bafouiller, ça veut dire un mot de travers. Après il y a d’autres choses qui sont aussi chouettes dans les médias traditionnels. Moi je ne veux pas opposer les deux.
Je pense que c’est par l’interaction, le fait que les gens commentent sans filtre de modération mais et que des questions arrivent par rapport à votre travail de chroniqueuse ou de journaliste.
Oui, mais. Ça, ça se fait aussi sur des médias, enfin les médias c’est filtré, là, c’est pas filtré
Non, ici, on a Euryale, modératrice en chef qui empêche tout ça.
C’est chouette d’avoir d’autres espaces de liberté c’est pour ça que je l’ai fait, j’ai eu le temps de faire une rencontre avec les lecteurs et j’espère que dans les semaines qui viendront, dans les mois qui viendront, je pourrais en faire d’autres. C’est génial. C’est super d’avoir des gens qui viennent, qu’on ne connaît pas, qui, qui vous posent 50 questions sur votre métier, qui s’intéressent au fond, qui ont envie de savoir les secrets de l’enquête et pourquoi. Et est ce qu’on fait la même chose sur Macron ? Et pourquoi ce titre ? C. C. C’est hyper précieux pour nous parce que c’est finalement un moment d'échange qu’on a, qu’on a, qu’on a peu. Moi j’ai fait beaucoup de terrain pour eux, pour cette enquête. Mais, mais c’est en amont et après on a peu les retours en fait, les réactions du lecteur grand public on va dire celui qu’on n’a pas croisé
Je vous lis les quelques messages qui déboulent alors après je vous explique, j’enverrai un petit bobino le temps de faire une photo de vous pour la vignette. Après je vous libère, je vous raccompagne à l’escalier, c’est la moindre des choses. Alors déjà, une très bonne nouvelle. Je crois que c’est Rolland justement qui dit : on va monter une cagnotte pour vous si jamais il y avait une poursuite.
Lisez le livre, c’est ce qui me fera le plus plaisir, c’est qu’on ne peut pas aider plus je le dis avec ça, ce n’est pas du chiqué. De plus, les journalistes qui font qui essaient de faire de l’enquête et du coup en achetant les livres et en s’abonnant aux journaux ou en soutenant Au poste c’est ça ? C' est aussi de contribuer à notre boulot en achetant les journaux, en achetant les bouquins. Parce que. Parce qu’en fait, ils sont rares ces espaces, ils sont précieux. Il y en a très peu dans la presse. Moi, je suis ravie d'être à l’heure parce que c’est un canard qui permet ça, qui encourage énormément l’enquête et c’est pour ça qu' ils m’ont embauchée c’est rare il faut, il faut préserver ces endroits.
Merci Camille, c’est super comme d’habitude Merci Camille Vigogne pour vos enquêtes Votre livre je l’ai acquis en numérique et je vais le lire avec beaucoup d’intérêt, nous disant Merci Camille, merci d'être venue Merci pour le livre que j’ai dévoré, on fonce dans la librairie la plus proche Bon bah voilà, ça n’arrête pas.
Merci à vous êtes trop gentil. On est bien reçue au poste.
Merci beaucoup.
