#LesRascals : descente ciné dans le Paris-baston des années 80
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Amis, amis du café, amis de la police, amis du cinéma bien fait, entre cinéma d’auteur, cinéma populaire, ce n’est pas bien clair les Rascals que j’ai vu hier. Coup de bol. On s'était contactés avec Jimmy le réalisateur Jimmy Laporal Trésor. Quel nom Et en sortant du film je lui ai il faut venir au poste et m’a dit, chiche. Et il est là Jimmy Laporal Trésor Bon ton nom dit beaucoup de choses et ton film parle de ça aussi.
Oui. Alors oui, je suis, j’ai un appart dans le 93. Ben oui c’est forcément Ben en même temps un petit peu mes origines, les Antilles, tout le monde connaît Marius trésor, c’est le cousin de ma maman. Et puis bon là pour elle c’est vraiment un nom si ? Si, si. C’est vraiment un nom typique de Marie Galante.
Je lis le pitch du film puisque généralement on passe soit 5 minutes à l'écrire, soit des mois à l'écrire, mais en fait, c’est le truc qui reste et en général il est-il est bien foutu et je ne sais pas si ce sont tes 2 co-scénaristes qui l’ont qui ont écrit le pitch ou si c’est le producteur.
Mais en tout cas je voudrais d’ores et déjà saluer le travail des scénaristes parce que l’histoire est très bien troussée mais je pense qu’on va avoir. On a une petite heure ensemble. On aura le temps de saluer leur travail, les Rascals, une bande de jeunes de banlieue, profitent de la vie insouciante des années 80 chez un disquaire. L’un d’eux reconnaît un skin qu’il avait agressé et décide de se faire justice lui-même. Témoin de la scène, la jeune sœur du skin se rapproche d’un étudiant extrémiste qui lui promet de se venger des Rascals, alors que l’extrême droite gagne du terrain dans tout le pays, la bande d’amis est prise dans un engrenage.
Donc le film démarre les Rascals qui sont à l’affiche depuis mercredi dernier. En fait, samedi je vois. Un tweet de toi en disant très poliment merde, y a pas assez de monde, c'était vendredi, venez ce week-end parce que on l’a déjà dit ici au poste, tout se joue le premier week-end, c’est à dire que si le dimanche soir, les exploitants de cinéma ont pas fait leur beurre et Ben le lundi matin ils disent au Programmateur, bah écoute le film, Je le garde pas à l’affiche déjà demain. Est-ce que le film sera encore bien à l’affiche partout en France ? Si bah je là je ne pourrais pas, je ne pourrais pas te répondre parce que je n’ai pas eu le producteur, enfin le distributeur en ligne. Hier j'étais en déplacement. Ouais, bien sûr donc je ne sais pas du tout du tout ce qui se passe là avec le film.
Moi je continue à le défendre bien sûr. Mon boulot c’est je vais l’appeler tout à l’heure pour savoir. Mais c’est la raison.
C’est la raison pour laquelle tu es là. Donc aujourd’hui, si ceux qui nous écoutent vous voulez voir le film, N’attendez pas jeudi, allez-y aujourd’hui, aujourd’hui, mardi avant mercredi.
Ben je sais.
Comment tu as travaillé cette chose là, comment tu as su que ça se passait comme ça pour reconstituer cette époque ?
Moi pour dire la vérité, j’avais oublié à cette époque hein ? Parce qu’effectivement j'étais jeune. Et puis je suis tombé sur un bouquin de Gilles Hélico qui s’appelle le Kiné Panthère.
Voilà alors ce que ce que je te propose, c’est qu’on on regarde la bande annonce de ton film, on va revenir en effet sur le bouquin.
Alors, comme on a modifié des trucs, voilà, c’est ici, je la mets et on se retrouve dans une minute et 40 secondes. Ils portent leur tête sur leur maison, c’est bouffon. 15 balles, il va se prendre un râteau.
Alors je m'étonne d'être la première fois que j’ai vu la bande-annonce. J’ai trouvé que c'était un film de bande très West Side story, très outsider, très les guerriers de la nuit, et cetera, qui est un genre en soi et qui est un très beau genre.
Mais à l'âge que j’ai aujourd’hui, je me suis dit finalement bon à ce que je bon.Et puis je suis allé au cinéma et je trouve que le que le film on il ne faut jamais juger évidemment un film à sa bande-annonce, mais la bande annonce me semble un petit peu réductrice à dire que je trouve que le film est beaucoup plus politique et social beaucoup plus un film d’auteur qu’un film de genre.
Bien sûr, mais non, bien entendu.Mais comme je pense que les gens qui nous qui nous regardent on ne peut pas forcément attirer tout de suite. Par les films de monde, mais plus par le propos. Je voulais juste dire voilà, attention les amis, vous allez regarder une bande annonce qui orientent le regard plus vers ça et en en fait c’est le regard des on va dire presque des 10 premières minutes où moi j’ai eu l’impression que tu jouais un petit peu avec les codes de ce genre là.
Et c’est là où le scénario arrive. C’est-à-dire qu’en fait il y a tout un tas de l’histoire principale, celle que j’ai résumée dans le dans le pitch qui a un peu résumé en fait dans la bande-annonce, puis après en fait y a tout un tas de récits secondaires qui. Forcément, vont pour certains converger et c’est là où on voit qu’on est dans le cinéma, c’est que là on voit qu’il y a une écriture, c’est-à-dire que là ce n’est pas simplement un truc à l’efficacité. Il y a des subtilités, on va parler évidemment des fachos, les Fachos tu les présentes pas forcément. Comme on pourrait les présenter de manière complètement sommaire.Tu tu, il y a des graduations chez les fachos, voilà, y a des familles de fachos, C’est pas, ce n’est pas tout à fait les mêmes. Mais ce qui fait au départ que toi tu te dis je j’ai envie de faire un film qui revient 40 ans en arrière, c’est quoi le but ? Pourquoi être aussi nostalgique Monsieur Jimmy ? Je ne sais pas si c’est la nostalgie hein. Par contre c’est vrai que nous avec Chirac et déjà il y a cette envie de faire un film de bande. Et quand on commence vraiment à se pencher sur cette époque, on se rend compte que on va parler forcément des skinheads parce que c’est la mouvance centrale dans les bancs des années 80, qui va vraiment transformer le tissu urbain et comment les bandes se constituent aussi à l'époque, ce qu’il y a à partir du moment où les bonnets sont arrivés dans l'équation, les banques qui se sont formées, c'était en réponse au bon aide et ça a vraiment changé la dynamique et la logique de comment les banques se sont constituées.
Peut-être qu’on peut-on peut démarrer par ça en 1984, tu viens de le dire à ce moment-là la terreur, on peut le dire comme ça, elle est menée par les bonnets d’un côté et les skinheads de l’autre qui sont cousins. Enfin bon, on ne va pas refaire la généalogie au départ ce n’est pas les, les skins sont pas forcément d’extrême droite justement, c’est c’est toute l’ambiguïté. Il y a un concert. À la base, non, ils ne le sont pas.
Bien sûr. Et donc il y a un concert de la souris déglinguée qui va apparaître, la souris déglinguée, qui, qui, qui, justement, symbolise cette ambiguïté qu’il peut y avoir dans son, dans, dans son public, puisque à ce moment-là, les skins viennent régulièrement fracasser les fêtes ici ou là, la musique est d’une importance primordiale mais tu viens de le dire, 1984 c’est le moment où le Front national va avoir son plus grand score. On entend ça d’ailleurs dans un autoradio dans le film, Son promis, grand score aux élections européennes de 1984, 10 députés Jean-Marie Le Pen dans la fleur de l'âge, 55 ans, va à ce moment-là, comment commencer à pourrir notre société ? C’est pour ça que quand on va voir ce film en fait. Ça parle d’hier, mais en réalité, ça nous explique aujourd’hui, d’une certaine manière, je trouve. J’ai une résonance totale.C’est vrai qu' en fait, ce qui arrive quand on a fini le film, c’est la chose terrible qu’on évite. C’est qu' on est 40 ans plus tard, on est dans les mêmes questionnements et limite la situation est pire quoi. Parce que bon, à l'époque, on a 11 députés. Enfin 10 députés, 11 députés, c’est une c’est un drame national.Moi je me rappelle qu’en 2002, 1002, 1002, quand Jean-Marie Le Pen est arrivé au 2e tour, ça a été aussi un drame national.
Je me rappelle que Libé avait titré la honte, un truc comme ça. Et aujourd’hui, quand on a 90 députés, c’est dans l’indifférence totale, même limite j’ai l’impression, y a des gens qui sont contents de ça.Et ça fait froid dans le dos vas-y
Non, de toute façon, j’avais fini il y a effectivement là le chat parle du procès des Barjols qui va se tenir là dans quelques jours donc qui s’ouvre, qui s’est ouvert ce lundi je crois. Il y a un retour de la violence physique d’extrême droite totalement décomplexée, qu’on voit qu’on voit à l'œuvre.
Alors ce qui est très intéressant dans ton dans ton film, c’est que on voit aussi qu’il y a une ambiguïté entre les skinheads et le Front national. Il y a des histoires de colère d’affiche.Je laisse les gens qui n’ont pas encore vu le film de découvrir ça, c’est-à-dire que ces gens-là ce que ce qu’on ce qu’on voit à l'écran.
Bon, ce sont quand même les hommes de main du Front national. Donc c’est bien aussi de rappeler qui étaient c’est quoi étaient ces gens-là et qui sont encore e aujourd’hui sur l’aspect purement.Documentaire est-ce que c’est aussi simple pour toi de te documenter sur l’extrême droite de l'époque, sur les tenues, sur les coiffures, sur la gestuelle que par exemple sur les bandes type les Rascals, c’est-à-dire ceux qui vont devenir des chasseurs de skins ?
Alors ce que ce que je trouve très bien fait et à mon sens très pédagogique, c’est on voit très bien comment dans ce film il y a des familles à l’extrême droite et il y a une y a une forme de porosité.Avec, avec notamment un personnage qui est celui du professeur de droit d’Assas qui va jouer un rôle important, c’est-à-dire qu’il y a, il y a vous représentez, et là je là je trouve, c’est la force de la fiction, c’est à dire que vous arrivez à représenter en quelques répliques et en quelques scènes toute, toute une nuance de j’allais dire de brun, c’est à dire y a le prof respectable. Il y a donc ce personnage féminin extrêmement ambigu. Élève du professeur, d’un des skins, il y a le skin un peu élaboré si je puis dire. Et puis il y a vraiment la bidoche, le gros bras, il y a le tôlier d’anciens de bar qui joue différentes formules et ça c’est quelque chose. Par exemple tu as découvert par tes recherches ou tu le pressentais.
Oui, pour être honnête, très bon comme tu l’as dit tout à l’heure. À l'époque, j’avais 8 ans, les années 80, quand ça se finit. Et je suis ado. et pour moi, le skinhead, tous les skins des racistes parce qu'à l'époque, c’est ce qu’on pensait.
Est-ce que tu peux nous parler de ce personnage ? Euh, appeler Frédéric à cette jeune femme comme comment ? Qu’est-ce qu’elle fait dans le film et comment elle apparaît dans votre écriture et quelle place elle a eu Frédéric, c’est une jeune étudiante provinciale qui monte sur Paris pour faire ses études.On apprend bah un petit peu ces origines, elle vient de Moselle. C’est une région de 1000 ou pendant la 2nde Guerre mondiale.
Loki, lui, dans notre histoire, part assez rapidement comme y a à l’adolescence de la maison. Parce qu’y en a marre de ce racisme. Il rejette ce racisme.En tout cas, il part avec cette violence extrême et Frédéric va rester là-dedans. Sauf que on va dire que ce racisme, cette petite graine reste latente, juste qui attend juste en fait le moment qui est une injustice, qui la frappe tout d’un coup tout part. Et nous avec ce personnage là, ce qui nous intéressait.C'était un petit peu notre cheval de Troie, c’est ce qui nous permettait de plonger dans l’horreur de l’extrême-droite, de voir un petit peu exactement quel était le visage de ces parties et de manière comment dire, faire vivre aux spectateurs d'être aux premières loges, c’est à dire ?
Mais par contre toi et l'équipe offrez-vous ça ? Parce que tu vois le repos du travailleur quoi et en partie en partie parce que justement très vite on est, on est, on est pris dans cette histoire même si on arrive avec un c'était mon cas avec un à-priori, c’est-à-dire que moi je suis du côté des Rascals évidemment contre mais je revis ton histoire.
Mais si ça n’avait été que ça et si je n’avais été que alimenté dans cette vue, dans cette perspective, je me sens emmerdé. Or là ce qui est intéressant, c’est que vous nous faites. Comprendre d’autres logiques, vous nous faites. Voilà, entrez chez l’ennemi, quoi.
Alors justement, enfin c’est très compliqué, comment tu dirais toi ? Immigration ultramarine ? Non. Puisque tu n’es français, enfin c’est un paradoxe. Ouais oui mais c’est un paradoxe en fait. Mais nous on dit souvent qu’on est français avec des gueules d'étrangers et c’est un vrai paradoxe et en plus même nous dans notre chair, on le vit.
C’est à dire que moi je par exemple une grand-mère, j’ai toujours entendu des phrases qu’on entend normalement de la part de familles immigrées, genre fais attention, ce n’est pas ton, ce n’est pas ton pays fait pas de vagues. Reste dans le rang alors que Ben en fait normalement je ne devrais pas avoir 30, je n’aurais pas dû avoir ce genre de réflexion mais ça c’est parce que on est une ancienne colonie et ma grand-mère elle est née en 31 donc elle est née en tant que sujet de France bien sûr, et je pense que c’est resté dans sa tête toute sa vie.
Alors parlons des Rascals. Voici, voici l’affiche.Quelles sont à grands traits, puisqu’on est déjà à 09h32 et que tu as un train à 10h13 Hein, et que donc il ne s’agit pas de te le faire rater raconte nous. Quels sont les personnages que nous voyons là sur l’affiche, qui sont-ils et que font-ils ? Alors on va aller de gauche à droite, on va commencer par Bosch, le petit blanc au fond. Alors boboche. C’est les bons plans de la bande en fait, on l’a, on a vu couper au montage donc vous n’avez pas accès à certaines informations.
Lui, il travaille à la radio et filme les bons plans du week-end de sortie et compagnie. Donc c’est pour ça qu’il est au courant de tout, des concerts ou pour faire la fête et tout ça. Et boboche il est, idolâtre. Jepsen, c’est pour ça qu’il a bien un peu comme ça et qu’il cultive sa ressemblance avec des c’est jamais faites attention, il a vraiment une gestuelle, il copie la gestuelle pour ce film. C’est assez intéressant. Après on a Mich est le neveu de Rudy, c’est un jeune garçon d’origine antillaise et puis chez sa grand-mère, effectivement les bons élèves il a la possibilité de rentrer Henri IV parce que il est vraiment très bon élève mais en même temps c’est un petit con. Comment dire un petit rebelle grande gueule.Ça, c’est audio.Qui vient danser le hip-hop parce que.Ouais, Ouais, Ouais, j’ai un petit con moi. Quand j'étais petit, j’ai eu trop une grande gueule.Ah ouais, je me suis assagi avec le temps, mais j'étais insolent du d’une insolence insupportable quand j'étais adolescente.
C’est le pitch, ils vont le retrouver ce type à l'époque était et était skin, etc devient disquaire et est ce que cette politisation ? Moi je, je la vois comme une politisation express par la par la Baston. Est-ce que c’est ce que vous avez voulu dire ou je me suis égaré ?
Non mais non, c’est non. Non, non, c’est le sens de l’histoire.Parce que quand on regarde bien les bandes avant justement, je disais tout un peu plus tôt que les bonnes avec cristallisation une nouvelle logique à nouveau paradigme pour la formation des bords avant leur arrivée. En fait, les gens se rassemblent en bande juste parce que pour le kif par exemple les panthères, quand ils se sont rassemblés.
Alors ce n’est pas les bonnets, c’est les bonnes, voilà, c’est bon
Oui, oui, c’est en fait le je ne sais pas de tête, c’est la tête à l’os, ça veut dire.C’est ça la tête.À ça veut dire tête, c’est tête osseuse, tête osseuse, ça veut dire qu’on est vraiment râble. Ah c’est ça, ce n’est pas mon cas chacun son truc Non, alors ?
Il y a un truc génial dans le film, alors là, qu’est-ce que j’ai été heureux ? C’est le langage parce qu’il y a tout un tas de langues qui sont racontées. Certaines, certaines sont perdues je pense.
Je pense que le Louchébem est perdu. Il y a une scène vraiment très belle, très douce, très innocente, où l’un des où les Rascals ?
Est-ce que tu peux nous raconter cette joie de travailler la langue.
Ouais bah en fait déjà dès le lesquels j’aime la loge mais oui on a tous suscité tout ce qu’on ne peut pas comprendre.On les sous-titre et le créole aussi. Un sous-titre. Absolument, et c’est là où il y a un effet de sens absolument extraordinaire, c’est qu’on comprend pourquoi. Alors pour le non, parce que c’est naturel. Mais pourquoi des gens appliquent une langue qui n’est pas, qui n’est pas officielle ? C’est justement c’est un code. Et si nous, en tant que spectateur, on a besoin de sous-titres, c’est qu’on est exclu de cette conversation. Et donc là je trouve qu’y a un effet de sens qui est. Qui est vachement bien en fait et ce qui parce que comme ça on peut suivre la conversation, mais on voit bien qu’en effet c’est une culture qui est en train de naître, qui est en train de se faire.
Alors comme je n’ai dit que du bien du film, j’aurais 2 petits bémols justement sur la langue.Non non mais ne redresses pas, tout va bien. Plusieurs fois il y a des expressions que j’ai trouvées très actuelles, très contemporaines, le t’es sérieux ? T’es sérieux là ? Je ne suis pas sûr qu’il y a 40 ans il faudra regarder, c’est un détail.
Ouais, on aurait pu se dire sérieusement, peut-être un truc comme ça, mais c’est vrai qu’après, malheureusement, on fait des prises. Et puis des fois on garde la prise la plus dynamique et on a affaire à des comédiens qui ont 20 ans aujourd’hui et donc c’est vrai que des fois ils avaient des fois y a des expressions qui sortaient des scènes, ils sortaient des espaces naturellement ce n’est pas des fois et des fois il y a des oui puis des fois y a l'énergie qui l’emporte pas laisse tomber, on laisse passer. C’est oui, forcément, il y a forcément des erreurs.
C’est pour te titiller, voilà, mais je l’ai écrit pour annoncer l'émission. Je pense que dans ta bande d’acteurs,. Ils sont tous très jeunes.Enfin je ne sais pas il y a un côté presque nouvelle vague là c’est à dire à mon avis il y en a qui vont avoir des propositions là parce que ça joue très bien, tout le monde joue très bien, et cetera, donc c'était juste pour t' embêter en revanche plus, plus, plus important, il y a un grand absent je trouve dans le film, c’est le Sida. Or 84 quatre-vingt-dix-huit. Oui, c’est en fait en 84 si tu te rappelles bien le sida et c’est considéré comme la peste homosexuelle.
Absolument. Et donc comme l’a on est, on n’est pas dans mon voyage, pas dans Bah dans les sphères homosexuelles dans mon truc parce que pour les bandes comme ça, même s’il y a déjà le Sida qui est qui me fait déjà des ravages. Ils ne se sentent pas concernés. Et d’ailleurs moi je sais que les premières personnes que j’ai voulu mourir, c'étaient des amis de mes tantes et tout ça. Ben c'était des gens qui étaient vraiment plus du monde de la nuit quoi, et qui allaient faire la fête dans les discothèques, les trucs comme ça et les bandes. Les premiers morts arrivent un petit peu après mais ça en fait, c'était un truc. C’est plus un truc qu’on va garder pour le projet de série justement on a une arche sur un personnage.
Ah d’accord. Qui effectivement fait partie d’une bande qui aime, qui on va dire comme on dit maintenant et Qatar et qui finalement Ben lui va contracter le virus du sida quoi. Mais après c’est vrai que tu fais un film d’une heure 40 donc tu ne peux pas non plus partir.
Donc j’ai une thématique tu ne veux pas tout t’embrasser ? Mais non mais c’est vrai, t’as raison, on aurait pu le mettre. Comme un truc, tu vois qui comme une menace qui était en train d’arriver justement.Mais voilà, c’est peut-être parce que j’ai quelques années de plus que toi et c'était juste pour te partager ce truc là.
C’est-à-dire que le sida c’est comme je me rappelle quand vous parlez dans le pic de perte d’innocence, là elle est c’est frontal parce que justement la génération d’avant, celle de 68 qui a connu la libération sexuelle, elle, aura pour toujours cette avantage sur la génération des 20 ans dont j'étais dans les années quatre-vingts.
C’était juste. Je vous ai dit, tiens, est ce que à un moment donné ça va apparaître, mais là aussi c’est absolument 1111 détail. Tu parles souvent dans les entretiens il reste 8 minutes de Ciao Pantin et là aussi ça me fait grand, grand plaisir.
Parce que Tchao Pantin, pour toi c’est le Paris Poisseux.Je j’indique à tous ceux qui ne le savent pas que la station-service de Coluche dans Tchao Pantin, elle existe toujours. Elle est à Stalingrad ? Non, tu ne le sais pas génial.
Non, je pensais qu’elle avait été éclatée.Mais donc du coup ouais c’est très intéressant à savoir parce que justement pour notre série, on a besoin d’une station-service encore dans son jus. On y est encore là. Elle est encore là, elle est encore dans son jus et fais pas chier le pompiste parce qu’il en a marre qu’on lui dise ouais c'était là tu vois ?
Non y' a pas plus grand monde, mais elle est oui c’est à Stalingrad, je te promets, c’est au pied du métro, c’est comme dans le film de Claude Berri et bref c’est une référence pour toi. Tu peux nous expliquer en quoi ? Ben totalement en fait, c’est déjà la référence pour comment il dépeint Paris.
Ben le Paris tel qu’on connaît. Nous en tout cas quand on a vécu après à cette époque c'était crade, à un coupe-gorge, c'était dangereux. Ce n’était pas le Paris de carte postale qu’on peut voir dans toutes les fictions. Et puis y a une direction artistique hyper tranchée dans la lumière, la manière dont tu utilises les Lumières rouges, la lumière verte, ça a vraiment une codification hyper forte et ça en fait ce comment on utilise les couleurs aussi devant la lumière comme on les costumes. C’est quelque chose aussi que je suis allé chercher dans ma BA pour signifier des choses de manière inconsciente, par exemple de le rouge dans le film, partout tu vas avoir du rouge, ça soit présence des corps ou dans la lumière, ça,c’est comme si j'étais averti qu’il allait se passer quelque chose de pas très enfin qui que c'était une zone dangereuse quoi. Donc il va forcément se passer, donc on joue avec les codes des couleurs, y a rien, rien, rien n’est laissé au hasard, on a vraiment tout réfléchi, aussi bien la lumière, les costumes, les vêtements aussi évoluent avec au fur et à mesure du film parce que.oui, l'émotion des personnages évolue aussi, donc on a vraiment une réflexion comme ça. Scène par scène avec toute l'équipe artistique qui serait le décor, maquillage, costumes et lumière on a réfléchi tout ça ensemble. C’est le début de la fin du film. Et donc ouais, là moi Tchao Pantin, ça a été un exemple pour ça c’est un film magnifique avec un Coluche extraordinaire et un Richard Anconina.
Sur Netflix, Hein ? Pour ceux qui ne l’ont pas vu.
Ouais, il est sur Netflix. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, je vous invite à le regarder. Aller le voir là vraiment non, c’est vraiment un film magnifique. Tu parles de tu parles du Paris de l'époque, il y a une scène ? Ben on la voit
Voilà, c’est ça,
Et il existe aussi quelques stations fantômes qui peuvent servir de décor pour le cinéma,
Il reste, il reste 4 minutes je voudrais juste expliquer pourquoi le film m’a autant touché. Il se trouve qu’il y a quelques années, j’ai créé un bouquin qui s’appelle le New Moon sur une salle de concert à Pigalle et j’ai retrouvé.En fait, en en rentrant chez moi après le film, Je me suis dit, mais ça, le film me dit quelque chose.
Oui, oui. Alors la série, ça s’appelle Black Mamba donc c’est vraiment raconter l’histoire d’une de 2 jeunes qui se sont organisés en bande justement pour répondre à la à la menace de bonne aide et comment on part d’une idéologie d’autodéfense plutôt légitime et comment en fait cette banque va dériver petit à petit dans la délinquance après être passé par la chasse aux skins.
Donc c’est vraiment raconter ce qui s’est passé dans en banlieue parisienne, la région parisienne, entre 88 et 80. 12 et ce sera pour quand ? Et pour vous. ?
Ce sera pour, on fait ça avec Canal Plus donc du coup nous on est sur le pilote donc on sait quand on commence, on ne sait pas quand on finit quand on commence à écrire une série
Ben en tout cas, bon vent, bon train déjà et mais bon vent à aller voir le film et mon cher Jimmy, je viens de retrouver en même temps que tu parlais la fameuse. Car oui la la fameuse carte de François qui c’est drôle parce qu’aujourd’hui, ça, ça ne me dit rien à personne.
À l'époque, ça avait été un chat à cleese. C’est n’importe quoi cette carte déjà. François. Tu t’en souviens de ça ? C’est complètement fou. C’est un tout petit peu après toi c’est 80.
Absolument alors ça vous caribou, nous dit le film a l’air super. Je négocie pour pouvoir le passer dans notre petit cinoche.Je vous rappelle que vous pouvez le faire effectivement demander si dans votre ville le film n’est pas à l’affiche, vous dites vous allez, vous allez voir Kessy vous dites ? J’ai vu Auposte un gars et sympa, il a un super film, pourquoi il ne passe pas super entretien qui vend super bien le film nous dit Weston premier.
Bah tant mieux, tant mieux, tant mieux. C’était c'était vraiment l’idée quoi et je me suis dit il faut faire ça rapidos allez bon train, vas-y
Jimmy, merci infiniment d'être passé Au poste, merci beaucoup et bravo et bravo et c’est super Bonne journée, ciao, ciao, salut, salut, voilà les amis
