Live sauvage depuis le Festival international de journalisme à Couthures-sur-Garonne
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Je fais une petite pause, parce que le téléphone est en train de cramer. On va se retrouver à 18h30 pour le débat avec les jeunes. Oh non ! Oh on a une invitée d’Au poste, oh je me marre ! Madame, on est en direct, là. Bien sûr, ça filme. Tenez Madame, bonjour Madame. Bonjour Alice, comment ça va ? Tu vas nous raconter ton enquête ?
Non, je ne fais pas…
Demain tu vas faire pareil ?
Non, non, mais j'écoute attentivement, j’adore.
C’est génial.
Monsieur, il est mis un peu à l’ombre.
Alors, vous êtes là demain, vous faites un débat avec un dénommé Fabrice Arfi.
Tout à fait.
Ça va être quoi ce débat ?
Je ne sais pas si on va débattre ou se battre, c’est sur les enquêtes journalistiques. Je ne veux juste pas parler avec eux.
Au contraire, il faut place aux jeunes.
Alors, on va se battre ou débattre des enquêtes journalistiques que l’on transforme en fiction, de l’intérêt de cela, et voilà, puisque c’est notre point commun, entre autres.
Oui, puisque toi, ton enquête sur la Meuse a été intitulée « Sambre »… La Sambre, oui, la Sambre pardon, pardon, en Meuse, pas loin de la Meuse.
Dans le Nord, mais pas loin de la Meuse, un affluent.
Tu es venue deux fois au poste, le 17 février 2023, pour parler de Sambre, précisément. Et cette année, c'était magnifique, le 16 avril dernier pour parler du film.
Comment tu retiens ces dates-là ?
Moi j’ai tout de tête, non c’est Euryale la modératrice qui met tout dans le tchat. On va reculer un petit peu. Donc oui, parce que toi, ton enquête…
Alors moi, c'était une enquête autour de ce que l’on appelle un fait divers, un terme que je récuse un petit peu, sur un homme qui était accusé d’avoir violé des dizaines de femmes dans le nord de la France. Et c’est plutôt une enquête sur les dysfonctionnements de la police, de la justice et du traitement des victimes. Enquête que j’ai transformée ensuite en série de fiction.
Exactement et donc demain, vous allez débattre.
Et Fabrice Arfi a écrit un livre il y a quelques années qui s’appelle D’Argent et de sang sur la taxe carbone, sur les arnaques, enfin les arnaques, les escroqueries, gigantesques escroqueries à la taxe carbone qui a été également transformé par Xavier Giannoli en série de fiction, deux séries qui sont sorties exactement en même temps.
Voilà, concurrence déloyale, bien sûr, et l’une sur Netflix et l’autre sur…
Non, l’une sur Canal, celle D’Argent et de sang sur Canal et Sambre sur France Télé, sur France 2.
Il n’y en a pas une qui a été reprise sur Netflix ? Ah non, c’est l’histoire de la taxe carbone qui a aussi fait l’objet d’un documentaire.
Parti pris radicalement différent, d’ailleurs.
C’est plutôt proche du carbone. Bon, c’est quoi ce festival ? Est-ce que tu ne trouves pas ça curieux qu’il y ait des milliers de gens qui veuillent voir des journalistes ? Moi je ne comprends pas ça.
Moi non plus, je trouve ça lunaire. En fait, j'étais venue à la première édition, avant que ce soit Le Monde, l'édition de Lancer par 21, ici. J’ai appris que ça faisait 9 ans, je pensais que c'était il y a 3 ans, mais non, c’est… il y en a deux.
Ouais, eh oui.
À l'époque pour présenter les médias Les Jours, enfin. Ah oui ? Je suis très contente de revenir, mais on me dit qu’il y a 10 000 personnes. Je suis comme toi, je suis étonnée, questionnée.
Dis-moi le procès, tu sais que je pense vraiment à cette émission, ce livre que tu as codirigé sur l’affaire French Bukkake, le procès c’est quand ?
On ne connaît pas les dates de procès, parce qu’il y a eu une cassation, donc ça repart en appel. Ça devrait être théoriquement assez rapide, mais c’est des procès qui sont très compliqués à audiencer, parce que là c'était un procès où il y a plus de 40 parties civiles, où il y a un certain nombre, je crois qu’ils sont 16 ou 17, je vais dire deux bêtises, de mises en cause. Donc c’est très long. Beaucoup d’avocats, beaucoup de parties civiles, beaucoup d’accusés et donc c’est très long, c'était très compliqué à audiencer, on saura à l’automne la date du procès. Mais les plaignantes l’attendent avec une certaine impatience.
Et quel est le retour des lecteurs, des lectrices ? Vous avez fait des débats. Est-ce que le bouquin a fait le bruit que vous vouliez ?
J’espère toujours qu’il n’en reste plus.
Ouais.
Mais on est quand même assez heureux de l'écho, des échanges et puis surtout, peut-être que je vais réveiller la bête, mais on s’attendait à avoir un backlash, des réactions. D'être accusé aussi sur le terrain de la morale, parce qu’on avait évoqué ensemble la question du porno, c’est compliqué parce que c’est souvent de passer sur le terrain moral, et pas du tout. Et d’ailleurs, je ne sais pas si t’as suivi, mais les grandes plateformes de porno, Pornhub, etc., mécontentes de la volonté politique de brider l’accès pour les mineurs, bon, voilà, se sont mises en grève. Grève, le mot, je ne sais pas, alors s’il n’y est pas complètement.
Ils ont gelé l’accès en France.
Ils ont gelé l’accès en France en pensant soulever des foules derrière eux et le truc s’est plutôt retourné contre eux en termes d’image en tout cas. Bon après, ils arrivent toujours à obtenir ce qu’ils veulent.
Avec un truc un peu con de baguette ou de béret, je ne sais pas quoi, en disant que la France est le seul pays qui censure.
Je crois qu’ils avaient mis à la place des sites la Liberté guidant le peuple. C’est ça. C'était de mauvais goût, toujours.
Bon.
Mais donc, ça veut dire que les choses ne bougent pas aussi en fait.
Et dernière question, après je te laisse te reposer à l’ombre.
Je me repose bien, j'écoute religieusement.
Tu as des projets, tu as des choses dont on peut parler…
C’est ce qu’il y a ! En fait, c’est assez étonnant quand je viens à ce festival de journalistes, parce que je suis en train de me détacher complètement, tel asperge à la dérive, sur la question de la fiction. Donc les projets que j’ai ensemble sont plutôt des projets…
Ah très bien, très bien.
Mais de fiction, je connais ça.
Documenté ?
À la fois documentés, qui sont une autre manière de raconter le réel.
Tout ça, c’est toujours une façon de raconter le réel.
Donc j’ai le droit quand même d'être ici.
Vous pouvez rester. À demain. Alors, c’est demain votre débat, c’est ça ? C’est à 19 heures. À 19 heures, oui. Je ne sais plus où. T’inquiète pas, j’ai le plan. Bon, super. Je t’embrasse. Merci beaucoup. Et on continue. Alors, qui est donc ce commandant du lac ? Ce commandant du lac. Ciao. Oui, merci beaucoup. Alors on y va, moi j’aimerais bien aller boire un p’tit coup quand même. Donc je vous disais, on va faire une petite coupure si ça vous va, on va faire une petite coupure maintenant pour calmer le téléphone et on va se retrouver à 18h30 pour un débat avec la jeunesse et ce sera le dernier live de la journée. J’aurai le chat avec moi, j’aurai le chat avec moi, donc… Je pense qu’on va parler d’Au Poste, d’Allo Place Beauvau, d’Un pays qui se tient sage. Demain à 12h30, on a aussi une rencontre avec des festivaliers, donc on verra comment ça se passe. Voilà, écoutez, c’est chaud le téléphone il crame et donc parfois il s’arrête. On fait le mieux que nous puissions. Voilà, j’espère que ça vous fait plaisir de vous promener en Lot-et-Garonne, plus exactement. Hop, oh là, voilà. Là, on est dans l’artère principale et donc effectivement, je crois que l’année dernière, il y avait 9000 personnes qui étaient venues. Ils en attendent 10 cette année. Voilà, est-ce que tout va bien pour vous ? Est-ce que tout va bien pour vous, est-ce qu’on se retrouve tout à l’heure, ça vous va ? 18h30, c’est pour vous ? Voilà mon sauveur, Flo Laval, celui du festival de l’imprimé à Bordeaux. Bah tiens Flo, alors ? Je voulais voir pour ton pied moi, le pied ça marche ? Bah le pied, ça marche super, heureusement que t’es là. Ça va très bien, mais c’est le téléphone qui de temps en temps… Bon bref, c’est l’intendance. Oh là là, magnifique. C’est la fine équipe. Bon alors, vous avez éclairci ce mystère, vous qui faites aussi un festival ? Pourquoi les gens sont intéressés à écouter des journalistes parler ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Donc vous, je vous rappelle, c'était au mois de février à Bordeaux, et l’année prochaine on peut annoncer, vous avez une star internationale, Monsieur Jean Massiet.
En mars, le 7 mars, le festival à Bordeaux avec toi. Tu viens toujours ?
Et je reviens avec la décoration Au Poste.
l Magnifique.
Que vous m’aviez faite en bois avec la petite guirlande que j’utilise.
L’année prochaine, on a la grosse journée à Bordeaux, au Rocher de Palmer, à Cenon, à côté de Bordeaux. Donc ça sera pareil comme l’an dernier, le festival imprimé, on fait des confs toute la journée. En plus, on aura un petit bonus, donc on a Backseat qui vient faire l'émission le vendredi soir. Ça c’est chouette, on est contents. On avance aussi sur la programmation. Normalement, on a Mathilde Larrère, Paul Tillement. On a aussi Charles Villa et Florence Aubenas qui ont donné un oui, sauf si tu devais décommander. Donc on a quand même quelques noms qui sont sympas. Et on aimerait faire un appel aussi. On aimerait vraiment que Guillaume Meurice, la dernière, vienne le dimanche. On n’a pas réussi, on n’essaye plus d’appeler le manager. Il n’a pas répondu, donc s’il pouvait nous répondre… On aime ça tout confort.
Je te donne son 06 si tu veux.
Mais vraiment, Guillaume, il faut que tu viennes dimanche, on se fait à la dernière. Et la salle, on prend la grande salle cette année, oui, parce qu’on s’embourgeoise. On prend la grande salle. Ouais on s’est fait avoir. C’est tout, ce n’est pas possible.
On prend la grande salle avec les fauteuils rouges cette année. Aïe aïe. Ça c’est Jean Massiet, c’est l’effet Jean Massiet ça. Ah c’est tout de suite, on prend la grande salle. C’est vrai que c’est un mystère tu vois, je ne comprends pas pourquoi il y a autant de monde à chaque fois, tu dis mais il ne faut pas venir les gens et tout, puis le matin à 10 heures t’as du monde
Non mais en fait, t’as des gens que tu vois tout le temps, dans les médias, etc.
Il y a un côté vedette…
Il y a un côté vedette, puis il y a des gens qui ont envie de se confronter aussi, poser des questions, voir si en live ils comprennent mieux les gens que quand ils les voient dans les médias. Ils se disent qu’ils voient une personne qui…
Attends, je me mets à l’ombre parce que sinon le téléphone…Je pense qu’il y a plein de gens qui aiment bien aller voir les gens en vrai pour voir leur idée sur les personnes. Ce sont des gens qui suivent bien les médias, c’est des gens qu’ils voient tout le temps. Je pense qu'à la fois, ils ont envie de confronter l’image qu’ils ont en réel et à la fois, potentiellement, ils ont envie de se confronter à eux. C’est-à-dire qu’elles ont la possibilité de poser des questions de manière très libre, etc. Il y a vraiment un échange qui se fait sur les dernières minutes et je pense qu’elles sont friandes de ça. Et là, vous faites quoi exactement ?
Alors là c’est encore autre chose, nous c'était le Festival de Couthures, pour nous c’est une histoire quasiment sentimentale. La première année du Festival de Couthures, donc c'était en 2016, à l'époque c'étaient 21, ce n’était pas Le Monde. Et nous on n’avait pas encore lancé Far West, le média, et en fait on était des gros escrocs. On avait un joli logo, un PowerPoint, on s’est dit on est un média, on ne savait même pas comment ça marchait. Moi à l'époque je ne me ferais pas confiance, franchement je ne me ferais pas confiance à l'époque. C’est-à-dire, on ne sait pas comment on se fait, on se catapulte là, ben t’as rien à voir, on est sûr. Et franchement on était vraiment inconscients.
On peut faire de la vidéo, vous savez ? Ah oui, ben venez, alors bye, à très bientôt.
On était gratuits, donc du coup, ils nous ont laissé rentrer, on a dit on fait des vidéos gratuites, donc ils nous ont laissé rentrer. Ils nous ont filé un stand, et on s’est dit qu’en fait ça pourrait peut-être marcher notre truc là, notre blague là. On a commencé grâce à ça. Donc le festival, on y vient tous les ans, on est partenaires tous les ans, et au moins il y a un petit truc de, ouais putain, une année de plus quoi. C’est à l'époque quand on y va la première année, franchement on est vraiment un logo à PowerPoint, on n’y croit pas nous-mêmes. On se donne 6 mois, puis après on verra quoi. Et on se dit, et je me rappelle, on se dit bon, est-ce qu’on se roulera l’an prochain quoi ? Ça fait 8 ans qu’on se donne 6 mois. Et donc du coup, chaque année, est-ce qu’on y sera l’année prochaine ? Pour l’instant, depuis 2016, on y est chaque année.
Et alors vous, vous alimentez notamment, si j’ai cru comprendre, la newsletter du festival d’ici ? Vous faites des petites vidéos pour eux ?
On donne des cours, on donne des ateliers de formation pour former des gens à l’interview avec de vraies personnes. Ce n’est pas juste virtuel, on prend de vraies personnes du festival par qui intervient le festival. Ça prévient les gens. On donne un cours magistral à 5 à 10 personnes qui ne connaissent rien du tout à l’audiovisuel pour dire qu’on fait une interview comme ça mais avec une vraie personne qui va vraiment répondre à de vraies questions avec un journaliste. Et au-delà de ça, on fait des vidéos. Ou… Et on projette des films cette année. Souvent on a présenté notre magazine Popex, le magazine vidéo qu’on faisait avec France 3 et cette année on présente un film qui s’appelle Rap Odysseys qu’on a réalisé sur la scène rap précaire, la scène émergente, tous ces jeunes qui essaient de percer le monde du rap plutôt à Bordeaux, puisqu’on était sur Bordeaux, mais on a suivi ça, on en a fait un 52 qui est disponible d’ailleurs en ce moment sur France.tv, on peut voir… applaudissements.
Qui s’appelle comment ?
Rap Odysseys au pluriel. Like, abonne-toi.
Bon, moi je vais éteindre mon barda le temps qu’il se refroidisse un peu.
C’est pas une blague, c’est pour de vrai ! Ah merde ! Mais vous rigolez ou quoi ?
Et là, il y a des trucs, je n’ai rien compris.
Ah mais c’est un vrai métier en fait ce que tu fais, je ne savais pas.
Oui, on reconnaît Ostpolitik, c’est sympa, attend, qu’est-ce qu’on raconte ? Là, il y avait des gens qui disaient et disaient que certains se plaignaient de la cam de Zoé, mais alors je pense que c'était par rapport à moi, je ne sais pas qui est la cam de Zoé. Vous savez, vous ? Cette image a le mérite de faire travailler l’imagination, on nous dit… Oui, parce qu’en fait, on est un peu pixelisés, donc puisque vous êtes amis avec les organisateurs, depuis le début, vous avez le bras long, ils ne peuvent pas avoir un spot Wifi juste ? On va payer Musk, je sais pas, on va mettre un Starlink au-dessus. Voilà, un petit Starlink des familles, quelque chose… Comme à Bordeaux, quoi ! Votre truc dedans que vous avez là.
C’est parce qu’on est vraiment professionnels.
Ah non, votre équipe là, comment ils s’appellent ?
Jérôme, les ateliers du stream. Les ateliers de stream, ça n'égale pas. Il déchire. Franchement, si tu veux faire une belle captation pour ta chaîne Twitch. Avec autant de café que tu voulais.
C'était génial, c’est vrai, et là je vois c'était quoi, PicoStream, là ?
Alors ça c’est un petit appareil, alors tout cet appareil sert tout simplement à enregistrer les gens, donc voilà, tu sors ces petits trucs, ça marcherait très bien sur cet appareil que tu me brandis, et tu le mets comme ceci là, voilà, et à partir de ce moment-là, la machine… Moi j’ai le même en plus grand, parce qu’il était avant quoi. Voilà, celui-là tu ne peux pas mettre Au Poste en plus, donc c'était chiant. Tu vois ? C’est une différence de taille, on dirait.
C’est plus côté des services, l’application, etc.
Contre leur gré, vraiment.
Ça, ça fait partie du cours d’interview. C’est un cours d’interview, comment faire parler des gens qui n’ont pas envie de parler. Donc c’est un micro tout simplement. D’accord, super, bon les copains,on a fait le tour je crois là, je garde votre pied.
Oui mais franchement 15 euros de l’heure, pas cher, à 15 balles l’heure franchement des coups, tu m’avais pas de problème, garde-le jusqu'à demain.
Alors je crois, chers amis, que c’est un appel caractérisé aux dons. C’est le meilleur appel au don possible. Non mais voilà, pensez à avoir des copains du côté de Bordeaux. Ah d’accord, alors Zoé, elle n’est pas du stream et pas du team, pardon, ils viennent de nous raider, ah je n’avais pas compris, voilà, alors désolé.
J’ai 45 000 ans, j’ai l’impression. Oui, c’est un raid d’une autre chaîne Twitch.
D’une autre chaîne Twitch, pas du stream, qu’on salue et dans leur équipe, il y a quelqu’un qui s’appelle Zoé, qui manifestement doit avoir les mêmes problèmes techniques que moi, et donc il y avait des gens qui disaient, ouais, il y en a qui se disent, bon bref, pas de stream, non, ce n’est pas du string, c’est du streaming.
On l’a déjà fait,
Ah voilà, et donc un raid, c’est vrai que vous, vous êtes toujours dans l’imprimé, vous c'était toujours le 19e siècle, c’est vrai, je rappelle. Donc un raid c’est des gens sur une chaîne, quand ils arrêtent, ils disent « Ah, il y a un mec avec une équipe, ils sont sympas, allons voir ce qu’ils font, c’est un raid amical ». Et là ils tombent sur deux mecs qui sont en train d’essayer de se croquer à un autre type, à 15 balles de l’heure.
Non, non, non.
Manfrotto d’accord ! Crise de position, passe bonjour, bonjour à Position, la revue Position, vous connaissez ? – Bonjour ! – Bonjour, voilà. Merci beaucoup Goethe P, FZR. Merci, excusez-moi, je n’avais pas du tout compris qu’on avait un raid à l’instant, faites un peu le boulot. Où est-ce qu’on est ? C’est quoi ?
Oui, mais le centre-ville, d’où ?
De Couthures.
Qui se trouve ?
Qui se trouve dans le Lot-et-Garonne.On est à 10 minutes de voiture de Marmande, au sud de Marmande…On passe à 1h15 de Bordeaux. On est à trois heures quinze de Strasbourg à peu près, on est là.
Chez Patrick c’est le bar historique de Couthures. Là, c'était le truc où tu finis les soirées de Couthures. C’est là, c’est le croisement où tout commence là.
Monsieur, je peux vous poser une question ? Mes copains sont très intrigués, ils ne comprennent pas pourquoi des gens viennent écouter des journalistes.
Écoutez, je peux vous dire que moi, je suis pareil, je ne comprends pas.
Ok, très bonne réponse, merci, bon festival ! Vous avez peut-être été emmené par madame, c’est ça !
J’ai même été forcé.
Oh là là là, il y a un comité de soutien des amis forcés. Alors Madame, oui bien sûr. Madame, pourquoi ? Quelle drôle d’idée de venir écouter des journalistes, non ?
Pour les voir en vrai, ce qui est pas mal.
Ils sont moins bien qu'à la télé quand même, non ?
Oui, c’est mieux.
Ah, ils sont mieux !
C’est vrai que ça fait un moment que je suis à ce festival et cette année on s’est dit que ce serait pas mal de venir.
Bon. Et vous êtes loin ? Vous êtes du coin ? De Nantes, oh la vache ! Alors justement dans le chat de ce qu’on est en direct, les gens demandent le temps pour venir. Vous avez mis combien de temps pour revenir là ?
Nous, on a suivi un peu le chemin des écoliers, on s’est arrêtés.
À cause de Bordeaux.. C’est le bordel ! Vous parlez devant deux Bordelais qui vont être d’accord avec vous, je pense. Ah, on me souffle dans l’oreille de vous demander qui vous avez écouté et qui vous avez apprécié.
Écoutez, ce matin, on était là pour écouter Nathalie Loiseau.
Nathalie Loiseau, c’est celle qui était d’extrême droite dans sa jeunesse.
Je ne sais pas.
Ils l’ont pas dit ? Ah merci, je vais le montrer alors, merci beaucoup.
J'étais contente de voir Broussard parce que je n’avais pas complètement lu la fin des derniers articles.Alors on y était, effectivement, une formidable enquête et un journaliste extrêmement sympathique. Je me souviens aussi d’un joli t-shirt, regardez. Allez, excusez-moi, les Ramones. Hein ? C’est bon, ça ?
Et là on va écouter Laurence Haïm, c’est ça ?
Laurence Haïm, d’accord, de la maison BFM.
Je ne sais pas.
Pas seulement.
Vous traquez les journalistes ?
Nous on traque les journalistes, c’est juste ça dans le sens, c’est un métier. C’est un métier, c’est un métier, effectivement. Bon débat, amusez-vous bien. Merci beaucoup d’avoir pris le temps, merci.
Et vous faites ça pour rire ?
Pour rire, on fait ça pour rire. On fait ça, pour rire, oui, exactement. Voilà, ça s’appelle Au Poste, Au Poste.fr, je n’ai pas de tracts…
Vous allez me conduire au poste ?
Vous y êtes déjà monsieur. Merci beaucoup, super. Alors on va poser la caméra, on est en direct là. Ah oui oui, toujours, moi je suis toujours en direct. Sinon c’est pas intéressant. Hop, voilà. Alors vous, on m’a dit qu’il fallait vous exfiltrer, quand vous êtes plein au départ, vous voyez, les Ramones c’est oui, etc., et là je vais donc montrer le t-shirt, vous pouvez le décrire monsieur ? Monsieur va décrire mon t-shirt.
Un superbe t-shirt,
Pas si loin !
On voit là ou pas ? Oui mais regarde dans la caméra si on voit là.
Alors l’anarchie en bas…
Non un peu plus loin, plus loin plus loin. Oui mais le petit je ne vais pas lire en bas. Super, encore un peu. C’est en bas, je n’arrive pas à lire. C'était grave.
Ce n’est pas grave, le folklore de la zone mondiale, c’est… Mais, ce qui est important, c’est le grand. Oui, anarchie en Macédoine. Voilà. Et c’est quoi ?
Vous ne savez pas ce que c’est ?
Merci, monsieur.
C’est votre amie, c’est l’amie de Nathalie Loiseau. Non je rigole madame, on est là pour rigoler, non c’est un t-shirt qui est une parodie d’un groupe rock des années 80 qui s’appelait Parabellum et c'était Anarchie en Chiraquie qui lui-même était une reprise du fameux morceau des Sex Pistols Anarchy in the UK. Et donc, voyez, c’est pour ça que c'était le lettrage. Vous rigolez monsieur ? J’ai été le roadie des Sex Pistols.
Je vais y aller.
Merci beaucoup, vous êtes super !
Au revoir, bon festival.
Et vraiment, on est là si vous avez un souci, si vous n’en pouvez plus de ces journalistes, cet entre-soi parisien, n’hésitez pas. Voilà, merci beaucoup. Alors, donc les amis, on n’y peut plus, on n’en peut plus.Non, non, c’est 18h30, là j’ai un chapeau pour le téléphone, si je le mets vous voyez plus rien. Alors on va pas du tout… alors donc les raiders et les raideuses, soyez-les bienvenus, on est donc au festival de Couthures. Le festival de journalisme de Couthures qui existe depuis 9 ans, qui a été lancé il y a 9 ans par la Revue 21 et qui a repris depuis 7 ans par Le Monde. On attend 10 000 personnes, c’est sur 3 jours, chaque année au mois de juillet dans ce village qui s’appelle Couthures. Si l’image est de mauvaise qualité, c’est parce qu’on est en 4G avec deux barres, donc vraiment, c’est le bazar. On va se rendre là où on doit aller, mais d’abord je vais me prendre une petite bière. Alors, je laisse le plan fixe, et ensuite on a rendez-vous. Alors, il faut que je retrouve le plan. On s’est donné rendez-vous, mais j’ai perdu mon plan. Ah non, il est là. On a un rendez-vous. En un rendez-vous. Au même moment, il y a deux rendez-vous. Il y a rencontre avec Daniel Schneidermann, ancien grand reporter au Monde, animateur de l'émission Arrêt sur image, France Télévision, fondateur du site du même nom, spécialiste de la critique des médias. Ou la parole aux jeunes, les jeunes du Lot-et-Garonne, animant des débats sur l’influence des lobbies, sur l’information. Un regard engagé, des questions directes et des échanges ouverts avec David Machin. C’est à 18h30, c’est au verger. Alors le verger, le verger, le verger, le verger, il n’est pas loin. Le verger il est là, il est là. Nous sommes là, donc ce n’est pas trop loin, je vais me prendre une petite bière, plan fixe sur Couthures et je vous reviens.
Bonsoir.
Ah, c’est là-bas la queue ? Les boissons, c’est ici ?
J’attends juste pour payer, mais vous pouvez passer devant. Allez, on va sauter sur l’occasion, il y a une fenêtre de tir.
Mais vous, vous aviez commandé là ou pas ? Vous prenez cette carte-là ?
Abonnez-vous !
Vous avez vu la vidéo ? Oui, absolument ! Fessenheim, c’est ta région ou pas du tout ? Parce que je sors un bouquin qui est en rapport avec les sondages et je serai chez Olivier. Ah ouais ? C’est bon pour vous ? Je peux te mettre en contact avec quelqu’un ? Au groupe EBRAS ? Super ! Et t’es par où maintenant ?
Je suis indépendant. Je suis parti. Tu me diras quand c’est ?
Oui ! C’est en septembre. C’est un bouquin, non mais je peux pas parler parce que tous ils vont tout entendre, ça sort en septembre. Voilà, merci !
Il veut faire un truc avec toi, il veut te faire un « Abonnez-vous au Poste ».
Ah oui, très bien,
Avec le bon micro et l’image, les parents sont d’accord.
Ah, les parents sont d’accord ! Vous êtes la maman ! Alors venez ! Venez, venez, hop, alors attendez on va voir, on va baisser la caméra. Oups, oh là là, oh je suis désolé. Alors toi tu veux faire la technique ou tu veux le faire là ? Regarde, là je vais baisser, tu vois, comme ça on va voir.
Je pense qu’ils vont être tous dans l’image. Voilà, allez-y. Trois, quatre.
Alors attention, d’abord vous êtes d’où vous ?
De Couthures.
Oui, là, moi j’habite là, et…
Ça ne le dis pas, il y a des millions de gens qui écoutent. Vous habitez dans le coin ? Oui. Super ! Et vous aimez les journalistes ?
Oh oui !
Moyen !
Ouais ça va. Lesquels ?
Ah bah lesquels vous n’aimez pas ?
On ne connaît pas leurs prénoms.
Bon, tout va bien, alors on vous écoute, allez-y, attention, cinéma, 3, 4.
Abonnez-vous au Poste.fr et likez la vidéo.
Bravo ! Super !
Bonne soirée à tous, et passez de bonnes vacances, bonne soirée à tous, passez de bonnes vacances. Merci Couthures pour le festival.
Merci à vous ! Super !
Très bien, bravo ! Très bien ! Là, ils veulent regarder, montre sur mon téléphone. Alors, regardez.
Ah mince, ah mince ça vient de passer, attends je sais pas si on peut revenir en arrière.Voilà, t’as vu on t’a entendu ? Merci beaucoup, merci madame. Voilà, et on leur a montré le live.
Ouais c’est déjà en direct, c'était sur la télévision. Ça veut dire qu’ils sont passés à la télé.
Alors, on y va, il faut qu’on se rende au verger, non ? Voilà, oui, vous avez entendu. Je ne sais pas si vous avez bien vu l’image.
Il fait des émissions presque tous les jours. Je le refais. Demain. Tu es là demain, tu habites ici, non ? Parce que là, il doit aller bosser avec des ados. Là où vous allez faire l’activité.
Ah non, attends, les acacias, excusez-moi, je cherche où on doit se rendre. Attends, il faut que je regarde le programme. Alors, on a rendez-vous, on a rendez-vous, on a rendez-vous au verger, ah oui c’est là-bas, ok c'était là où il y avait les acacias, d’accord on y va, allons-y, allons-y les amis. Il faut voir le futur, il faut voir le passé, du bon sang. Voilà, nous sommes donc à Couthures, donc l’image était bonne. Bon, alors ça, c’est curieux. Peut-être le petit repos. Nous allons au débat, alors voilà, les deux débatteurs, là nous avons deux débatteurs. Ah oui ! C’est vous monsieur le juge qui devez parler tout à l’heure, c’est ça ? Ou demain ? Après-demain ? Vous avez parlé tout de suite ! Vous êtes en direct, 2 millions de personnes, un petit peu plus vous regardent parce que l'étape du Tour de France est terminée.
C’est un Belge qui a gagné ou bien…
Toujours, c’est toujours un Belge.
Je suis la génération Eddy Merckx, vous imaginez, 1969.
Est-ce que vous savez qu'à l'époque, Poulidor, savez-vous combien de fois il a eu le maillot jaune ?
Jamais.
C’est ça, et j’ai appris hier.
Le poulidorisme est devenu quasiment une philosophie du second, à ne jamais dire du deuxième, mais du second parce que vraiment là, c'était un homme d’une gentillesse totale, la différence entre lui et les maillots jaunes, vous savez ce que c’est ? C’est que lui était resté étanche, tous les autres avaient des fuites, à cause des seringues.
Est-ce que vous pouvez ouvrir l’enquête, faire quelque chose ? Sur quelle enquête ? Sur Poulidor et sur Merckx. Je veux dire, un truc sérieux, parce que là votre truc c’est ça.
On ne va pas passer son temps à enquêter sur les gens honnêtes. Quoique, il y en a certains qui ont cette spécialité.
Monsieur le juge.
Oui, camarade.
D’accord, je comprends bien pourquoi vous êtes là. C’est curieux, qu’est-ce que vous foutez avec des journalistes ?
Je ne comprends pas parce que les journalistes foutent avec moi, c’est moi qui suis invité finalement.
Ne retournez pas les questions monsieur le juge, c’est moi qui les pose.
Ah mais vous, vous n’avez pas lu mes droits !
C’est chez vous hein ! Non mais rapidement, c’est quoi les relations avec des journalistes quand on est juge ?
Alors, quand on est juge, en réalité, j’ai eu pour mission pendant des années de décrire le modus operandi des fraudes. Je n’ai jamais parlé d’un seul de mes dossiers, ce qui a fait pas mal de journalistes qui auraient tant voulu savoir ce qui s’est passé dedans. Eh bien, c’est non. Par contre, le modus operandi, si vous voulez que maintenant, pendant une heure, je vous décris un carrousel à la TVA ou des trucs aussi passionnants que ça, pas de problème, j’ai fait ça pendant combien de temps. Mais il faut rester cloisonné, mais de l’autre côté… En contact. Par contre, je reconnais l’immense importance du journalisme par rapport à mon combat sur la corruption. Sans les journalistes, sans les lanceurs d’alerte et sans les cellules de renseignement, nous ne pourrions jamais détecter l’existence d’une corruption qui est tout de même… Et ça, actuellement, c’est mon corps de business. Quand on fait contre ce phénomène épouvantable qui gangrène notre société, je peux vous dire une chose, là, sans les journalistes, nous n’arriverons à rien. Et les leaks sont pour moi la reconnaissance absolue d’un métier bien fait qui part d’une infraction pénale, parce qu’il y a pas mal de leaks en réalité qui sont des hackings, hein. Ah bon ? Des pénétrations de systèmes informatiques illégales. J’adore. Et il est très bon ! J’adore !
Alors vous, on vous écoute quand ?
Dimanche à 15h sur Bruxelles, capitale des lobbies, on ne va pas s’embêter beaucoup avec les lobbies légaux, on va rapidement arriver à quelques dossiers un peu plus croustillants et parler véritablement de la chose qui m’inquiète profondément. Donc c’est en réalité la puissance des organisations criminelles. Imaginez-vous que, certes, dans le registre des lobbies, vous n’aurez jamais la Cosa Nostra inscrite comme telle et vous aurez en tout cas… leurs consultants qui vont intervenir de plus en plus parce que ces gens ont beaucoup d’argent. Et croyez-moi bien que l’argent pourrit tout. Et quand on parle des lobbies actuellement, et j’entendais tout à l’heure, qu’est-ce qui fait que les lobbies actuellement connaissent une montée en puissance ? La réponse est simple, c’est parce que l’argent connaît une montée en puissance. Et le pire ennemi de la démocratie, croyez-moi bien, c’est la montée de l’argent.
Le tchat nous dit qu’en Belgique, 30 milliards de fraude fiscale.
C’est moi qui l’ai dit, oui. Non, ce n’est pas moi, c’est le SP Finance. C’est une fraude fiscale simple, organisée un peu, mais c’est la fraude fiscale de ceux qui ont une activité relativement classique. Le producteur de cinéma, par exemple. Le coiffeur, le petit producteur, non, je n’ai pas dit ça, enfin, non je ne sais pas. Les gens qui ont des activités normales, vous avez effectivement 30 milliards non déclarés.
Mais comment on arrive à savoir, si ce n’est pas déclaré, 30 milliards en France, on dit que c’est 100 milliards.
C’est proportionnel.
Oui, enfin si le premier se trompe et que chacun joue…
C’est le chiffre du SPF Finance, ce n’est pas de merde. SPF c’est ? Le ministère des Finances, Bercy, vous appelez ça Bercy.
Et vous vous appelez ça SP ? – SP Finance. On va se revoir d’ici demain, je déambule.
Sous le coup par des organisations criminelles, sans problème. Là, on a un réel souci.
Vous êtes disponible demain 15h ?
Oui chef. Demain à 15h. Alors je pense que la statue du monument aux morts vous sied à merveille, on peut se retrouver au pied mais on n’y restera pas.
Ah oui d’accord. Ah, c’est une invitation à convaincre. C’est chelou !
Ce n’est pas une menace, au contraire, il y a écrit « Honneur et patrie ».Bon, alors la caravane, la caravane ici demain à 15 heures, merci beaucoup. Merci beaucoup, alors c’est juste en deux mots l’après-match, c'était comment ce petit débat là ?
C'était pas un débat, c'était une table ronde et on était bien carrés avec ça. Non ça allait. Non mais c'était très bien passé, j'étais très content d'être invité ici.
Alors, je dois te dire, Antoine, que j’ai un problème. Dis-moi. C’est très simple. T’as dit que ton premier film, il n’y avait pas eu de problème de financement. Non, le deuxième. Alors le deuxième ? C'était pas sympa pour les autres, de dire « ouais, moi, je n’ai pas de problème de financements ».
Alors on m’a demandé si ça avait été dur à financer, j’ai dit non. Le premier a été beaucoup plus difficile à financer. Ça me rassure.
Merci messieurs, à demain ! Avec grand plaisir, merci, j’ai un débat avec la jeunesse. Ah ben vous venez, ah ben les voilà, oh la vache, ça c’est de la graine de journaliste. Ah bien, bien, bien, bien. Je suis désolé, donc il faut prendre rendez-vous avec le juge, demain à 15h, je vais donc reprendre l’ordinateur, on va faire 15h hein ? Oui, j’ai dit à 15h non ? Non, je vais le prendre là-bas. Donc alors, ils sont venus me chercher, ils étaient inquiets, 18h26, c’est juste à gauche là non ?
Ben oui, c’est ça. Il faudra juste faire attention, il y a des escaliers.
D’accord.
Si vous voulez de l’aide…
On va voir, est-ce que vous pensez que je ne peux pas porter ma caméra ? Mais je n’assume pas que tu sois loin de là. Aïe aïe, voilà, on arrive ! Toujours ! On est en direct attention, alors on va au verger. Non, non, je vous remercie. Alors c’est où ?
C’est fini, après ça va.
Ah ok, il faut que je me mette à l’ombre pour la caméra, je suis là, pas d’inquiétude. Je vais avoir le chat sous les yeux et j’aurai besoin de savoir si le son était bon tout à l’heure, si vous entendiez bien l’interlocuteur.
Neuf, c’est le nombre de milliardaires qui contrôlent aujourd’hui environ 90 % de la presse française. Quotidiens, magazines, radios, chaînes de télévision. Neuf, non, mais des millions de lecteurs.
Bolloré possède CNews, Europe 1, le Journal du Dimanche ou encore Femmes Actuelles. Arnault, c’est Le Parisien, Les Échos. Drahi, i24, Saadé, BFM, RMC, La Tribune. Niel possède le journal Le Monde, Courrier international. Křetínský, Franc-Tireur, Marianne ou encore Libération.
Et une seule question. Peut-on encore parler de liberté de la presse quand l’information devient active comme on l’a achetée, à rentabiliser, à contrôler ? Que reste-t-il de l’info quand le titre de presse devient décliné dans un portefeuille de businessmen ? Et nous, journalistes, citoyens, jeunes, étudiants, que nous reste-t-il ? À l'ère des algorithmes, de fake news et de l’hyper-concentration de médias. Peut-on encore parler d’une presse libre, diverse et indépendante ?
Pour trouver des réponses à nos questions nous sommes avec David Dufresne du média Au Poste. Vous avez notamment réalisé le documentaire Un pays qui se tient sage, revenant sur les violences policières durant l'épisode des gilets jaunes. Vous avez travaillé donc sur l’extrême droite française et internationale. Ceux qui possèdent de grands médias, on sait à quel point il est difficile d’enquêter, d'écrire sur les médias détenus par des milliardaires du fait de la chape de plomb qui s'étend parfois sur ces rédactions. Avez-vous déjà subi, connaissez-vous des gens ayant subi des pressions après avoir enquêté sur ces médias ou milliardaires ?
Merci beaucoup d’abord pour l’invitation, il faut saluer l’effort de mademoiselle qui est allemande et qui parle le français depuis un an.
Merci beaucoup.
Vous avez oublié de dire que je suis milliardaire, tant que je ne sais pas ce que je fais ici. C’est faux, évidemment. Je voulais juste préciser, parce que vous avez donné quelques noms de milliardaires qui possèdent, c’est plus compliqué que ça parce que certains ont des parts, certains sont créanciers, etc. En revanche, le chiffre que vous avez donné est exact, 9 milliardaires qui possèdent la majorité des quotidiens. Grâce à BastaMag, on sait maintenant que ces mêmes milliardaires ou d’autres qui ont tous une vision commune du monde, c’est ça qui est important. C’est-à-dire qu'à ma connaissance, il n’y a pas beaucoup de milliardaires de gauche et, en plein, en tout cas, qui financeraient la presse. Donc, c’est 9 milliardaires qui financent une vision du monde qui est la leur, celle des ultra-riches, de la financiarisation de l'économie, du monde ultralibéral, etc. Mais ce qu’on a appris par BastaMag, c’est qu’ils sont en fait aussi propriétaires de suffisamment de radios pour être majoritaires là aussi, ils sont à plus de 50 %, puisque 90 % c'était les journaux en fait, 50 % c’est les radios et pour les télévisions, on n’est pas loin de la même chose. C’est-à-dire qu’en fait, dans les trois compartiments traditionnels… ils sont majoritaires. Après, on parlera, je crois, de nous. Comment peut-on enquêter sur ces journaux ? Non, là-dessus il n’y a pas de difficulté parce que précisément c’est un monde de journalistes et qu’un journaliste mécontent dans une rédaction, il sait que c’est bien de parler à un autre journaliste, notamment de la… Ah oui, je suis très embêté pour vous parce que vous allez vous faire virer parce qu’ici c’est organisé par Le Monde et vous avez dit que Xavier Niel possède Le Monde. Oh là là ! Non, il a des parts dans Le Monde, il ne possède pas Le Monde ! Tant que c’est fini et qu’ils sont en direct, il ne vous arrivera rien, donc faisons gaffe quand même. Enquêter là-dessus, il n’y a pas de problème. En revanche, ce qu’on sait régulièrement, c’est que ces titres-là, notamment les titres d'économie, ça c’est important, Les Échos, ne peuvent pas écrire sur leurs actionnaires. Ça c’est clair, net et précis. Voilà, si c’est des mauvais chiffres de LVMH, ça ne passe pas. Donc, à l’intérieur des rédactions, c’est une véritable chape de plomb. Pour enquêter dessus, il n’y a pas de souci majeur.
Une autre question que l’on a, c’est dans un paysage médiatique de plus en plus privatisé où la logique de marché influence le contenu, quels pouvoirs ont les lecteurs, auditeurs et spectateurs… Ah non, désolée, quels pouvoirs concrets ont les lecteurs, auditeurs et spectateurs pour orienter l’avenir du média et aussi comment peuvent-ils défendre un journalisme indépendant et d’intérêt public ?
Je le disais tout à l’heure, c’est-à-dire participer à une construction d’une presse indépendante. Quand je dis indépendante, je veux dire, indépendante en soi, ça ne signifie rien. Il faut ajouter l’indépendance de tous les pouvoirs, qu’ils soient économiques, qu’ils soient politiques, qu’ils soient sociaux, et qu’ils soient soi-même, c’est-à-dire qu'à un moment donné, il ne faut pas être ivre de son propre pouvoir en tant que média considéré comme au-dessus du lot, etc. Donc je pense qu’ici on est au cœur des gens qui s’intéressent à la construction médiatique et au fait que ce soit le plus pérenne possible, donc ce public-là, il est acquis. Je ne suis pas sûr que pour la plupart des gens, la question même se pose de savoir comment défendre une information libre et éclairée. Je pense que l’audience des gens qui font un tout autre métier avec cette apparence-là, qui sont en train de tout remporter, la question elle est là, c’est-à-dire qu’avant de demander aux gens, « faites un effort », c’est peut-être à nous de se demander quel effort on doit faire pour amener ces gens. Donc hier, CNews et ainsi de suite, à s’intéresser à quelque chose d'équitable, de discutable, au sens où on peut vraiment parler sur des faits et pas sur des fantasmes à longueur de journée.
Je t'écris sans savoir si quelqu’un le lira, sans savoir s’il faut crier pour que l’on m’entende là-bas. Le monde tourne, moi j’observe, à voix basse, parce que dire la vérité, parfois, ça lasse. Je regarde les mots qu’on dit, ce qu’on mentait, ce qu’on défend pour qu’ils brillent. Le journal, c’est plus qu’un miroir, c’est un masque qu’on repeigne chaque soir. Militer peut-être. Mais pour qui ? Pourquoi ? Quand l’info devient arbre ou devient choix ? Je voulais juste dire le réel, rien de plus. Même ici, là, notre réalité a une ruse. Puis, il y a ceux qu’on ne voit jamais, ceux qui n'écrivent rien, mais qui signent les contrats, ceux qui tiennent les fils derrière les logos, qui glissent des chiffres dans les mots. On parle d’objectivité. Mais qui paye la lumière, qui choisit les sujets, les titres, les guerres ? Ce n’est pas un complot, non, c’est plus discret, des silences qu’on s’impose sans qu’on le dise jamais. Moi, je ne veux pas pointer du doigt, je veux juste comprendre pourquoi je me sens si froid quand j’ouvre un journal et que je sens qu’on me caresse plutôt que de me secouer dans ma paresse.
Merci pour votre attention et on remercie David, merci pour être venu, vraiment, merci.
Ouais, les gars, on s’en va. On est 14 jeunes lot-et-garonnais qui ont travaillé sur cette thématique et nous serons là demain, même endroit, même heure aussi, et on va parler de la ruralité, chansons, malédictions, et particulièrement ici, avec d’autres lot-et-garonnais. Ça peut être intéressant. Même heure, même endroit, demain, avec le même groupe. Tu peux savoir si ce changement, ça ne va pas être nous, mais les autres jeunes. Oui, merci beaucoup, beaucoup, et bonne soirée à vous !
Alors il faut que j'éteigne le live, voilà je vais éteindre le live les amis, j’ai plus le chat là, si je l’ai, j’ai l’impression que ça avait coupé à un moment donné, est-ce que je me trompe ou pas ? Attendez, attendez, le chat… ouh bah dis donc c'était fatiguant. Ah le tchat, bon alors attendez je vais me mettre ici parce que là je ne vois rien du tout. Est-ce que vous aimez ? Non, pas de coupure, ok, super. Les amis, on se retrouve donc demain à 12h30 pour une émission, il me donne la parole mais je ne sais pas. Je ne sais si il y aura du monde ou pas mais on sera là en live. Merci GlaudioMAN, n’hésite pas, c’est l’occasion, merci Glaudioman, merci Glaudioman. Donc on se retrouve demain à 12h30 jusqu'à 13h30, ensuite on va faire un débat avec Michel Claise ce juge d’instruction qu’on a chopé au débotté, normalement demain à 15h, et puis on fera peut-être une déambulation. Encore une fois désolé pour les problèmes techniques mais qui ne sont pas de notre fait. Il y a un problème de connexion ici qui est trop trop faible. Voilà, vous avez des remarques ? Des choses à dire, des questions ? Non, c’est bon pour vous. On coupe le live. Merci beaucoup à Euryale d’assurer toujours et encore la modération. Il y a ici, il y a de La Commu, il y a DadaDocDada et Ramonazarate. Et là je vois que même si ça y est là j’ai l’autre. C’est très bien, ça donne espoir, merci tout le monde, à demain les humains, c'était une master class de master class, merci, merci pour le stream, merci beaucoup, c’est super. Encore désolé pour les déboires techniques. Merci beaucoup. Et là, on va se reposer un peu parce que c’est, encore une fois, une ode à la Ligue de l’enseignement. Et là il y a un médiateur qui m’a fait une très bonne blague, qui m’a dit : « Regarde, on fait de l'éducation populaire, mais si le RN arrive au pouvoir, est-ce qu’on fera de l'éducation populisme ? » Pas mal, hein ? C’est pas mal. Merci Roland, j’ai vu que tu avais ajouté dans le chat qu’il y avait un travail humain, évidemment. Et c’est notamment toi qui es à la manœuvre derrière les résumés des émissions. Les amis je coupe, 5, 4, 3… alors non je vais vous faire un petit dernier plan, non allez je coupe, cinq, trois, deux, un. À demain.
